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POUPART Mathilde MEMOIRE D’HABILITATION A LA MAITRISE D’ŒUVRE EN SON NOM PROPRE

LE CHANTIER COMME LIEU D’ELABORATION DE L’ARCHITECTURE Comment et pourquoi mettre la pratique du chantier au cœur du métier d’architecte ?

ECOLE NATIONALE SUPERIEURE D’ARCHITECTURE DE NANTES - SEPTEMBRE 2017 Directeur d’études : ROUSSEAU Romain, architecte DPLG Tuteur : ZWEYACKER Nicolas, architecte DPLG Structure d’accueil : MARS-06 Architectes, Bordeaux


Avant tout, je souhaite remercier tous ceux qui m’ont aidée à concevoir et concrétiser ce travail, François Dusseaux et Patrick Moreuil pour la qualité des conférences ainsi que leur engagement et la franchise de leurs interventions, Romain Rousseau pour nos échanges et ses conseils dans la rédaction de ce mémoire, Nicolas Zweyacker et Antoine Guttierez pour les responsabilités professionnelles offertes et les connaissances transmises, Mes collègues « marsiens » pour le partage des savoirs et leur bonne humeur, Les étudiants de la formation et mes amis pour nos discussions et nos débats, Les professionnels qui ont pris le temps de répondre à mes questions pour mieux comprendre les rouages de notre métier et de ceux qui l’entourent, Muriel et Lucie pour la relecture.


SOMMAIRE 07

PREAMBULE

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INTRODUCTION

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PARTIE 1_LE CADRE ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE 1. Mission de base A. Etudes du projet B. Organisation et suivi de chantier C. Un monopole limité 2. Responsabilités A. La responsabilité décennale et les garanties annexes B. L’obligation de souscription à une assurance C. L’assurance dommages ouvrage 3. Le dossier marché A. Les pièces principales B. Le CCTP : des rôles multiples

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PARTIE 2_LA CONDUITE DE CHANTIER : REGARDS CROISES 1. Postures d’agences A. Missions réalisées B. Organisation au sein de l’agence : qui réalise le suivi de chantier ? C. Avantages et inconvénients de la mission de maitrise d’œuvre complète D. Honoraires VS temps passé : le suivi de chantier est-il rentable? 2. Conception en chantier A. Le détail constructif B. Choix des entreprises C. Négociation et dialogue avec les entreprises : établissement des visas et réalisation de prototypes D. Une mise en œuvre valorisée 3. La réhabilitation pour maîtrise d’ouvrage privée : cas d’étude chez MARS-06 architectes A. Importance de la phase chantier B. Un réseau d’entreprises « partenaires » C. L’adaptation constante : le détail réglé sur place

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CONCLUSION

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GLOSSAIRE

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SOURCES

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CARNET DE BORD 1. Variations sur l’existant Ste Elisabeth Judaïque Chartrons La Poste Biarritz 2. Composition Villa Mady 3. Construction neuve Grangeneuve Argonne 4. Au quotidien Etudes capacitaires Comptabilité de chantier Dossier de candidature pour les appels d’offres Rendez-vous avec les fournisseurs Réalisation de nouvelles cartes de visite pour l’agence

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CURRICULUM VITAE


Préambule Rétrospectif et prospectif

Nantes En 2009, je débute mes études supérieures à l’école d’architecture de Nantes, dans un bâtiment récemment livré sur une île en chantier. J’y rencontre des professeurs exigeants et des étudiants passionnés avec lesquels je développe des connaissances théoriques et pratiques. On y conçoit nos premiers projets d’architecture et d’urbanisme, on y fabrique nos premières maquettes et objets expérimentaux. Durant cinq années, j’évolue dans un territoire mouvant : l’île change, de nombreux projets s’y construisent, l’école et ses abords sont progressivement appropriés.

Curitiba En 2011, une belle opportunité s’offre à moi : celle de la mobilité internationale. Je m’envole pour Curitiba au sud du Brésil afin d’y suivre ma troisième année de licence et de me confronter à un autre enseignement, à de nouvelles références et pratiques architecturales. Un voyage de trois mois rythme ce séjour en Amérique du Sud. Brésil, Argentine, Chili, Bolivie, Pérou, je pars à la découverte de paysages magnifiques et extrêmement variés ainsi qu’à la rencontre d’habitants faisant preuve d’un accueil et d’une joie de vivre incroyable. Je développe alors un goût pour l’ailleurs et pour la photographie. Parmi les nouveautés provoquées par cette année brésilienne, il y a également une expérience en agence d’architecture au sein d’une jeune équipe. Très satisfaite de cette première insertion dans le milieu professionnel, je décide de ponctuer mon master de deux stages dans des agences différentes : HUCA, la petite agence nantaise montante et SOA, l’agence parisienne établie menant recherches et expérimentations.

Istanbul En février 2015, j’obtiens mon diplôme en architecture avec un projet de fin d’études réalisé dans l’option Changing cities, Istanbul, dirigée par Susan Dunne. Je m’intéresse à comment l’architecture et l’urbanisme peuvent jouer un rôle dans l’anticipation et le rétablissement d’un contexte physique et social sinistré. Je propose des stratégies d’aménagement alternatives face aux risques naturels (séisme, tsunami, inondation) pour le quartier de Zeytinburnu à Istanbul. Après ce semestre marqué par un travail à grande échelle, je choisis de me confronter au projet urbain en agence et j’intègre le pôle urbanisme chez Jacques Boucheton Architectes, pour une durée de six mois.

Bordeaux En novembre 2015, mon envie d’ailleurs me pousse à découvrir d’autres paysages : ceux d’Aquitaine. J’emménage à Bordeaux et commence à travailler chez MARS-06 Architectes (lieu de la mise en situation professionnelle pour la formation HMONP). MARS-06 est le regroupement sous une appellation commune de deux EURL, Nicolas Zweyacker Architectes et Antoine Guttierez

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Architectes. Depuis 2006, Nicolas et Antoine ont principalement orienté leur pratique sur le terrain de la commande privée notamment dans le domaine du logement individuel ou collectif. Ils ont plus particulièrement développé un goût et des compétences pour la rénovation d’immeubles anciens. L’équipe est composée de deux architectes DPLG associés, de huit jeunes collaborateurs issus de différentes écoles d’architecture, d’un OPC et d’un graphiste. L’agence a axé sa méthode de travail sur une répartition des missions souple et une organisation du travail peu hiérarchisée. Chacun doit pouvoir prendre part aux différentes phases de développement d’un projet et participer aux tâches liées à la gestion quotidienne de l’agence.

En chantier

Peu de temps après mon arrivée, je suis chargée du suivi de chantier d’un projet de réhabilitation d’immeuble comprenant quatre appartements, en binôme avec l’un des gérants. L’objectif est que j’acquiers progressivement de l’autonomie sur cette phase complètement nouvelle pour moi. Je fais mes premiers pas dans un milieu essentiellement masculin dans lequel l’architecte est fréquemment sollicité. En tant que jeune femme diplômée, il n’est pas toujours simple de trouver sa place, mais j’apprécie fortement cette étape de concrétisation du projet. Qui réalise quoi, à quel moment et en combien de temps ? Comment maîtriser les coûts et les délais de construction ? Quelle relation instaurer avec les divers intervenants ? Comment gérer les aléas de chantier ? Comment s’imprégner des modes de mise en œuvre et des éléments techniques ? Autant d’enjeux liés à la phase chantier dont l’apprentissage est à la fois long et passionnant. Je me surprends à rêver de bien connaître le sujet, il me faut encore plusieurs années de pratique avant d’y parvenir.

Formation HMONP

Mon poste chez MARS-06 Architectes représente une opportunité intéressante de mise en situation professionnelle pour réaliser l’habilitation à maîtrise d’œuvre en son nom propre. En effet, à l’agence, j’ai l’opportunité d’aborder les projets dans leurs aspects conceptuels, techniques, réglementaires, relationnelles et économiques. Ainsi, je peux mettre en parallèle mes missions quotidiennes avec les différentes thématiques abordées lors de la formation. Celle-ci constitue un temps de compréhension des droits, des devoirs et des responsabilités de l’architecte maître d’œuvre. La HMONP soulève le désir d’engager une réflexion et de se forger une posture sur les mécanismes et les enjeux liés à l’acte de construire. Je considère que l’on invente sa pratique par opposition et par mimétisme de ce que l’on côtoie, à travers des valeurs qui nous sont propres. Un exercice à plusieurs me semble essentiel face aux difficultés croissantes rencontrées par la profession. S’associer permet l’échange, le soutien, le partage des réussites comme des échecs, la mise en commun des savoirs, des compétences, des tempéraments. Je souhaite continuer à me former et à enrichir mon parcours professionnel grâce à des expériences singulières dans différentes agences avant de co-concevoir en mon nom propre.

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Introduction

Le chantier est un moment unique de concrétisation d’un projet dessiné le plus souvent durant de nombreuses semaines. Des acteurs très variés y prennent part en présence du maître d’ouvrage : architecte, bureaux d’études, OPC, bureau de contrôle, coordinateur SPS, entreprises, concessionnaires, collectivités, commission sécurité. Dans ce tumulte d’intervenants et d’intérêts, il semble primordial que l’architecte n’abandonne pas le chantier afin d’assurer la conformité du projet et de maintenir une exigence architecturale qu’il est souvent le seul à défendre. D’autre part, il subsiste fréquemment des détails à régler sur place ou des aléas de mise en œuvre, de temps, d’argent impactant la construction. L’architecte est celui qui pourra prendre les décisions dans l’esprit de la conception du projet. Pourtant, la tendance n’est pas à favoriser l’architecte sur le chantier. Héritier malheureux d’une mauvaise réputation, il traîne avec lui les clichés du créateur qui ne s’intéresse ni à la technique, ni aux coûts, ni aux délais. « Il y a quelque chose de spécifique à l’architecture qui s’appelle la construction. C’est l’effectuation, le passage à l’acte, pour utiliser un vocabulaire inapproprié. Sans cela, on n’est même pas un peintre, ni un sculpteur, on est seulement des dessinateurs. » Paul Chemetov 1

Comment et pourquoi mettre la pratique du chantier au cœur du métier d’architecte ?

Une première partie traitera du cadre administratif et juridique de la maîtrise d’œuvre. Nous définirons les différentes missions entrant dans ce contexte. Puis, nous aborderons les responsabilités qui en découlent. Enfin, nous dresserons la liste des principaux documents à établir avant le démarrage des travaux, pour des marchés publics et privés. Une bonne connaissance des règles est indispensable pour comprendre les rouages de la profession. Une seconde partie explorera le suivi de chantier en croisant les pratiques de plusieurs agences. Nous nous pencherons sur les choix effectués par les architectes pour accompagner les travaux. Ensuite, nous questionnerons le chantier comme moment de conception à travers l’élaboration de détails et les relations avec les entreprises. Finalement, le lieu de la mise en situation professionnelle servira de cas d’étude en abordant des projets de réhabilitation pour des maîtrises d’ouvrages privées. Cette recherche explore et questionne à la fois la pratique et le cadre qui l’entoure. Ce mémoire s’est nourri des allers-retours entre mes expériences professionnelles, la richesse de la formation HMONP, les documents mis à disposition par le conseil national de l’ordre des architectes, diverses recherches, lectures, conférences et débats. Des entretiens ont été menés avec les gérants de deux agences d’architecture ; des discussions plus informelles ont été réalisées avec des jeunes diplômés travaillant dans différentes structures. L’ensemble des rencontres s’est basé sur des questions établies au préalable, mais a été mené, volontairement, de manière non-directive et sans enregistrement pour une parole plus libre. Les questions servant à lancer la discussion tout en laissant l’interlocuteur réorienter le sujet ou digresser pour laisser apparaître les éléments importants. 1. PICON-LEFEBVRE, Virginie, SIMONNET, Cyrille. Les architectes et la construction, entretiens avec Paul Chemetov, Henri Ciriani, Stanislas Fiszer, Christian Hauvette, Georges Maurios, Jean Nouvel, Gilles Perraudin et Roland Simounet. Paris : Edition Altedia Communication, 1994, p.24.

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PARTIE 1 LE CADRE ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE Cette première partie vise à comprendre et à interroger le cadre réglementaire de la maîtrise d’œuvre. Comment utiliser les règles au service du projet ? Nous verrons quelles sont les missions, leur étendue et leur limite. Ensuite, nous aborderons les responsabilités et obligations qui en résultent. Enfin, nous nous pencherons sur les pièces constitutives du dossier marché, leur sens et leurs rôles. S’approprier les outils juridiques et réglementaires en notre possession est essentiel pour appréhender les pratiques qui nous entourent.

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1. Mission de base A. Etudes du projet B. Organisation et suivi de chantier C. Un monopole limité

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2. Responsabilités A. La responsabilité décennale et les garanties annexes B. L’obligation de souscription à une assurance C. L’assurance dommages ouvrage

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3. Le dossier marché A. Les pièces principales B. Le CCTP : des rôles multiples

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PARTIE 1_LE CADRE ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE

1. MISSION DE BASE La loi du 3 janvier 1977 sur l’architecture n’aborde que brièvement les missions relevant du domaine de compétence de l’architecte (article 3). Au contraire, la loi du 12 juillet 1985 dite loi MOP et le décret d’application du 29 novembre 1993 définissent amplement les tâches que les maîtres d’ouvrages publics peuvent confier à des prestataires de droit privé. Les articles 3 à 14 du décret n°93-1268 déterminent de manière similaire les éléments de missions pour les opérations de construction nouvelle et pour celle de réutilisation ou réhabilitation. D’autre part, la loi MOP donne un cadre précis au rapport entre MOA et MOE, également applicable en marché privé. On peut d’ailleurs remarquer que les contrats types proposés par le CNOA, pour les marchés publics et pour les marchés privés, donnent une composition de la mission de base très proche. Ainsi, les articles utilisés comme référence générale dans ce mémoire sont ceux du décret n°93-1268 pour les opérations de construction neuve de bâtiment. Dans les textes cités précédemment, la mission de base de maîtrise d’œuvre se décompose de la manière suivante : 1_Les études d’esquisse ; 2_Les études d’avant-projets ; 3_Les études de projet ; 4_L’assistance apportée au maître de l’ouvrage pour la passation du contrat de travaux ; 5_Les études d’exécution ou l’examen de la conformité au projet et le visa de celles qui ont été faites par l’entrepreneur ; 6_La direction de l’exécution du contrat de travaux ; 7_L’ordonnancement, le pilotage et la coordination du chantier ; 8_L’assistance apportée au maître de l’ouvrage lors des opérations de réception et pendant la période de garantie de parfait achèvement. 1

A. Phases d’études

ESQ_Les études d’esquisse ou études préliminaires

Cette phase comprend l’analyse du programme et du site choisi ainsi que la prise de connaissance des données techniques, juridiques et financières communiquées par la MOA. Elle aboutit à la proposition d’une ou de plusieurs solutions en adéquation avec les éléments analysés préalablement et exprimant les premières intentions architecturales. L’architecte doit également se positionner sur l’enveloppe budgétaire allouée par la MOA et sur la durée des travaux à prévoir. Pour les opérations de réhabilitation, les études d’esquisse sont remplacées par des études dites de diagnostic. Le niveau de définition de cette première étape correspond généralement à des documents graphiques établis à une échelle comprise entre 1/500e et 1/200e, selon le type et la dimension du projet.

AP_Les études d’avant projet

APS_Avant projet sommaire Lors de cette deuxième phase, l’architecte affine la conception générale en plan et en volume : il détermine notamment les dimensions principales, l’aspect et l’organisation de l’édifice. Il fournit une estimation provisoire du coût prévisionnel des travaux et annonce le délai global de réalisation de l’opération. Les documents sont couramment dessinés à l’échelle maximale de 1/200e avec certains éléments remarquables au 1/100e. 1. Loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’oeuvre privée, article 7, consulté en ligne sur le site Legifrance en 2017.

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APD_Avant projet définitif

Dans la poursuite de l’APS, l’APD correspond à une version plus aboutie du projet. L’architecte détermine les surfaces de l’ensemble des éléments du programme. Il fixe en plans, coupes et façades les dimensions de l’édifice, sa structure, ses matériaux. Il établit également l’estimation définitive du coût prévisionnel des travaux, décomposés en lots séparés. Le niveau de définition correspond fréquemment à des documents graphiques portant l’échelle 1/100e avec des parties significatives à l’échelle 1/50e. Les études d’avant-projet comportent aussi la constitution du dossier de demande de permis de construire et le suivi de son instruction.

PRO_Les études de projet

L’équipe de MOE approfondit la définition et le fonctionnement de l’ouvrage par des plans, des coupes, des élévations et des pièces écrites. Elle détermine la nature et les caractéristiques des éléments structurels et des matériaux, les exigences de leur mise en œuvre, l’implantation des équipements techniques et des réseaux fluides. Les documents graphiques généraux sont couramment dessinés au 1/50e  ; un carnet de détails à une échelle plus précise rend compte des points importants ou complexes du projet. A ce stade d’avancement, un délai global d’exécution et un coût prévisionnel des travaux décomposés par corps d’état sur la base d’un avant métré doivent être fournis afin que la MOA anticipe les coûts de réalisation et d’exploitation.

DCE_ACT_L’assistance pour la passation des contrats de travaux

A partir des documents produits lors des phases APD ou PRO, un dossier de consultation des entreprises (DCE) est réalisé. Il doit permettre aux entrepreneurs de comprendre la nature, la quantité, la qualité et les limites de leurs prestations puis d’émettre une offre. Le DCE comporte : des plans, coupes, élévations et détails cotés à une échelle suffisante, un CCAP, un CCTP, un acte d’engagement. Le maître d’œuvre accompagne la MOA dans la sélection et la consultation des entreprises puis dans l’analyse des offres et des éventuelles variantes reçues. Il établit les pièces constitutives du marché en vue de sa signature par le maître d’ouvrage et l’entrepreneur. Si la MOA choisit une offre d’entreprise avec une variante, le maître d’œuvre doit mettre à jour les documents du dossier en conséquence et déposer une demande de permis de construire modificatif si nécessaire.

B. Organisation et suivi de chantier

EXE/VISA_Les études d’exécution ou l’examen de la conformité au projet

Cette phase est une étape clé avant le démarrage des travaux. En effet, les études d’exécution correspondent à l’élaboration de l’ensemble des documents (plans, coupes, élévations) qui rendent possible la construction de l’ouvrage. Elles décrivent précisément les travaux à effectuer et permettent de vérifier la bonne corrélation entre les divers lots. Cette période a également pour objectif la préparation des devis quantitatifs détaillés par lot ou corps d’état et du calendrier prévisionnel d’exécution des travaux. Le plus souvent, les études d’exécution sont réalisées par les bureaux d’études ou les entreprises, l’architecte vérifie alors la conformité des documents fournis par rapport au projet conçu et appose son visa lorsque ces derniers sont corrects. Durant cette phase, les allers-retours sont nombreux entre l’architecte, les bureaux d’études, le bureau de contrôle et les entreprises.

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PARTIE 1_LE CADRE ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE

DET_La direction de l’exécution du contrat de travaux

Le maître d’œuvre contrôle l’avancement des travaux ainsi que leur conformité avec les études d’exécution et les pièces du marché. Pour cela, il organise des réunions de chantier, généralement hebdomadaires, puis rédige les comptes-rendus et les diffuse aux intervenants concernés. Ces rapports doivent être complets et précis, car ils constituent, en cas de sinistre, une pièce pour apprécier l’origine des dommages et répartir la responsabilité. Le maître d’œuvre dresse les ordres de service et les avenants aux marchés. Il est également chargé du suivi des situations et décomptes mensuels des entrepreneurs, il établit les propositions de paiement pour la MOA. En fin de chantier, il communique le décompte définitif et propose le règlement pour solde.

OPC_L’ordonnancement, le pilotage et la coordination du chantier L’ordonnancement est l’analyse des tâches liées à l’exécution des travaux puis la détermination de leur enchaînement et chevauchement. La coordination cherche à optimiser, temporellement et spatialement, l’ensemble des interventions nécessaires. Le pilotage a pour objet de mettre en application, durant ces travaux et jusqu’à la levée des éventuelles réserves, les mesures définies dans le cadre de l’ordonnancement et de la coordination. La dévolution des marchés de travaux par corps d’état séparés rend essentielle cette mission. Celle-ci est fréquemment confiée à un bureau d’étude spécialisé à partir de la phase PRO. Le pilote est alors l’interlocuteur principal du chantier qui organise tous les acteurs et opérations du dossier. Il établit le planning de chantier et le met à jour régulièrement. Son objectif est de réaliser le projet en respectant l’architecture, la conformité de mise en œuvre et le délai de construction. Cette mission est présentée comme optionnelle dans le contrat type de l’ordre des architectes. AOR_L’assistance apportée au maître de l’ouvrage lors des opérations de réception et pendant la période de garantie de parfait achèvement Le maître d’œuvre accompagne la MOA pour la réception de l’ouvrage : inspection des travaux réalisés, rédaction des procès-verbaux de pré-réception et réception avec l’inscription d’éventuelles réserves qui devront être levées par les entreprises. Enfin, il constitue le dossier des ouvrages exécutés (DOE) nécessaire à l’exploitation future du bâtiment.

C. Un monopole limité L’article 7 de la loi MOP précise que le maître d’ouvrage peut confier l’ensemble ou une partie seulement des missions citées précédemment, à une ou plusieurs personnes de droit privé. L’article 3 de la loi sur l’architecture dispose que : «  Quiconque désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation de construire doit faire appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l’objet de la demande de permis de construire, sans préjudice du recours à d’autres personnes participant, soit individuellement, soit en équipe, à la conception. » Le projet architectural étant défini dans ce même article comme : « L’implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l’expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs » Le monopole de l’architecte est donc limité à la phase de conception d’un ouvrage soumis à une demande de permis de construire. La présence de l’architecte n’est pas exigée pour le suivi des travaux. De plus, il existe de nombreux cas dans lesquels le recours à l’architecte n’est pas obligatoire,

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tels que : - Les travaux soumis à une simple déclaration préalable ou non visibles depuis l’extérieur - Les travaux en dessous des seuils (150 m2 de surface plancher pour les constructions à usage autre qu’agricole, 800 m2 pour les hangars agricoles, 2 000 m2 pour les serres de moins de 4m de haut) - Une grande partie des travaux publics et de génie civil Ce monopole est d’autant plus réduit dans le domaine du logement individuel, car ces dernières années, la surface de plancher moyenne d’une maison individuelle en France est de 122m2 1. Dans les textes, de l’esquisse au PRO, l’avancement est présenté de manière très linéaire prévoyant une élaboration de plus en plus détaillée du projet dans ses dimensions, ses matériaux, ses coûts et ses délais de construction. Le dessin s’agrandit, se précise, se veut exhaustif et représentatif des choix arrêtés par l’architecte en accord avec le maître d’ouvrage. Effectivement, à l’issue de chaque phase, correspondant aussi à des étapes contractuelles, des documents sont remis à la MOA pour approbation. Toutefois, des éléments peuvent être remis en cause et le projet peut être amené à évoluer. L’obtention du permis de construire fige un ensemble de données : implantation, dimensions, volume et aspect extérieur de l’ouvrage. On comprend que la conception s’étend des études d’esquisse au PRO, voir jusqu’à l’assistance pour la passation des contrats de travaux avec le DCE et éventuellement un permis de construire modificatif. A partir de la phase EXE, cette notion de conception architecturale disparaît. A contrario, le paramètre chantier est présent dès la phase esquisse, lorsque l’architecte doit « indiquer les délais de réalisation et […] examiner leur compatibilité avec la partie de l’enveloppe financière prévisionnelle retenue par le maître de l’ouvrage »2. Les coûts et la durée des travaux sont à affiner conjointement à l’avancement de la conception du projet. Avant la consultation des entreprises, l’architecte s’engage sur un délai global d’exécution des travaux, en APS, puis une estimation définitive du coût des travaux, en APD. L’estimation définitive est assortie d’un taux de tolérance, couramment entre 5 et 8 %. Le respect de cet engagement est contrôlé à l’issue de la consultation des entreprises. Si le seuil est dépassé, la MOA peut demander au maître d’œuvre la reprise gratuite des études et lancement d’une nouvelle consultation. De la même manière, le coût final de réalisation des travaux comporte une latitude par rapport aux marchés, dans une fourchette de 3 à 5% généralement. Une pénalité financière, prévue au contrat, peut être appliquée à la MOE en cas de dépassement du seuil de tolérance fixé. En cas de retard concernant l’exécution des travaux, ce sont les entrepreneurs qui subissent les sanctions financières. On comprend alors qu’une des - si ce n’est pas la - préoccupations majeures du maître d’ouvrage est le respect des coûts et des délais. En théorie, la conception s’arrête avant la consultation des entreprises. La DET semble s’attacher seulement au suivi de la bonne réalisation des travaux tels que dessinés auparavant et à la comptabilité de chantier. Qu’en est-il des contraintes et des aléas de chantier, parfois nombreux ? De la difficulté d’anticiper l’ensemble des éléments avant le démarrage des travaux ? Des décisions qui influencent la conformité architecturale ? C’est une part d’évolution du projet que les textes ne prennent pas ou peu en compte en phase chantier. Par conséquence, l’architecte, n’ayant plus de rôle de concepteur de défini, perd d’autant plus la légitimité de sa présence.

1. Ordre des architectes, Archigraphie, chiffres et cartes de la profession d’architecte, 2016, graphique 74, p.95 2. Décret n°93-1268, article 3.

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PARTIE 1_LE CADRE ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE

2. RESPONSABILITES A. La responsabilité décennale et les garanties annexes Dès 1804, le code civil instaure la responsabilité décennale des architectes et des entrepreneurs, pour les vices du sol et de la construction (article 1792). La loi du 3 janvier 19673, celle du 4 janvier 1978, dite loi Spinetta, puis l’ordonnancement du 8 juin 2005 modifient cet article : ils élargissent la responsabilité décennale à l’ensemble des acteurs de la construction et instaurent une garantie de bon fonctionnement et de parfait achèvement. Tout constructeur, défini comme professionnel engagé dans la construction d’un ouvrage neuf ou existant (architecte, entrepreneur, promoteur immobilier, lotisseur, bureau d’étude, bureau de contrôle), ou prestataire lié au maître d’ouvrage par un contrat de louage d’ouvrage, est soumis à un régime de garantie décennale (articles 1792, 1792-1, 1792-2). Il engage sa responsabilité pendant 10 ans à l’égard de la MOA, mais aussi des acquéreurs successifs en cas de revente. Le délai démarre lors de la signature de la réception des travaux, acte contradictoire par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’édifice avec ou sans réserves. L’application de la garantie décennale intervient pour les vices ou les dommages cachés lors de la réception travaux qui : - Compromettent la solidité de l’ouvrage. - Impactent la solidité des équipements indissociables, c’est-à-dire ne pouvant être enlevés, démontés ou remplacés sans détériorer l’ouvrage. - Rendent le bien impropre à sa destination.4 La garantie décennale repose sur la présomption de responsabilité : le constat du dommage suffit à établir la culpabilité des constructeurs. Ces derniers sont exemptés en prouvant qu’ils ne sont pas liés à la cause du sinistre. Le désordre peut être dû à une erreur de conception et/ou un défaut d’exécution. La garantie biennale ou garantie de bon fonctionnement, due par les constructeurs, (article 1792-3 du code civil) exige le remplacement ou la réparation, pendant une durée de deux ans après la réception, de tout élément d’équipement qui ne fonctionne pas correctement. La garantie de parfait achèvement (article 1792-6 du code civil) impose à l’entrepreneur de réparer tous les désordres (vices cachés et défaut de conformité) signalés au cours de l’année qui suit la réception des travaux, quelles que soient leur importance et leur nature. Seuls les entrepreneurs sont assujettis à la garantie de parfait achèvement, toutefois, à travers la mission AOR, l’architecte peut être sollicité par le maître d’ouvrage pour faire revenir les entreprises concernées sur place. Lorsque les dommages ne relèvent pas de la responsabilité décennale ou des garanties annexes, la responsabilité civile de droit commun est appliquée. D’une part, la responsabilité civile contractuelle s’adresse à la réalisation des prestations définies dans les contrats  : entre le maître d’ouvrage et l’architecte, entre le maître d’ouvrage et l’entrepreneur. Elle s’applique aux dommages matériels et immatériels (préjudices financiers) résultant de la mauvaise exécution ou de l’inexécution de prestations prévues. Elle débute à l’accomplissement de la première mission et prend fin 10 ans après la réception des travaux. D’autre part, la responsabilité civile quasi-délictuelle résulte d’un fait envisagé hors cadre contractuel. Elle concerne, soit les tiers à la construction (voisins ou locataires par exemple), soit les participants à la construction tiers entre eux (architecte et entrepreneur, maître d’ouvrage et sous-traitant). Elle s’intéresse aux préjudices matériels et immatériels pendant dix ans 3. Loi relative aux ventes d’immeubles à construire et à l’obligation de garantie à raison des vices de construction 4. L’impropriété à destination doit être appréciée par rapport à l’ensemble de l’ouvrage au regard de la destination d’origine. C’est l’ouvrage dans son entier qui doit être rendu impropre et non la partie d’ouvrage ou l’élément d’équipement atteint de malfaçons. Le simple inconfort n’est pas pris en compte.

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à compter de la réception, et corporels durant dix ans à partir de la consolidation du dommage. Cela signifie, par exemple, que dans le cadre d’une opération où l’architecte et l’entrepreneur n’ont pas de lien contractuel entre eux, il y a quand même la possibilité d’appeler en garantie l’un ou l’autre pour partager ou assumer la réparation d’un dommage. Enfin, si les atteintes constituent une infraction, elles engagent, en plus de la responsabilité civile, la responsabilité pénale.

B. L’obligation de souscription à une assurance Les architectes sont tenus à une obligation légale d’assurance étendue à l’ensemble des responsabilités professionnelles : responsabilité décennale, responsabilité civile contractuelle et responsabilité civile quasi-délictuelle. S’assurer est obligatoire quelque soit le statut : architecte libéral ou associé d’une société d’architecture. La souscription à une assurance de responsabilité professionnelle est rendue obligatoire par la loi de 1977 sur l’architecture : « Tout architecte, personne physique ou morale, dont la responsabilité peut être engagée en raison des actes qu’il accomplit à titre professionnel ou des actes de ses préposés, doit être couvert par une assurance. » (extrait de l’article 16). L’architecte doit transmettre, au conseil régional de l’ordre dont il dépend, une attestation d’assurance pour l’année en cours, au plus tard le 31 mars. Le défaut de justification entraîne, après mise en demeure restée sans effet, la suspension automatique de l’inscription au tableau régional et, par conséquent, l’interdiction du droit d’exercer et de porter le titre d’architecte. L’absence prolongée de régularisation conduit à la radiation du tableau régional. La majorité des architectes1 contracte une assurance de responsabilité professionnelle auprès de la MAF, mutuelle des architectes français2. Le mode de déclaration y est le suivant : les principales informations à communiquer sont le numéro de permis de construire, le montant total des marchés, les coordonnées du maître d’ouvrage, la nature et la localisation du chantier et le type d’ouvrage. S’il y a rétrocession des honoraires, il faut indiquer le nom du sous-traitant et de sa compagnie d’assurances. L’évaluation de la cotisation commence par la définition de l’assiette de cotisation. Celle-ci est calculée sur une base montant de travaux (M), pondéré par le taux de mission (T) ainsi que par la part d’intérêt (P) au sein de l’équipe de maîtrise d’œuvre. Assiette de cotisation = Montant des travaux (M) x Taux de la mission (T) x Part d’intérêt (P) Le montant des travaux (M) correspond au montant total hors TVA des travaux exécutés du 1er janvier au 31 décembre de l’année en cours lors de la déclaration. Quel est le taux de la mission (T) ? 100 %   Mission complète : ESQ APS APD DPC PRO ACT VISA DET OPR DOE   (définition basée sur les contrats type du CNOA et la loi MOP) 110 %   Mission complète élargie d’une ou de plusieurs prestations complémentaires : OPC,   EXE, DQE 60 %   Mission de conception générale sans direction de travaux : ESQ APS APD DPC PRO ACT 30 %   Mission limitée au projet architecturale nécessaire à la demande de permis de construire   ESQ APS APD DPC 1. Entre 80 et 90%, Archigraphie, chiffres et cartes de la profession d’architecte, 2016, p.80. 2.Il existe d’autres sociétés d’assurances telles que : SMABTP, AXA, AGF, GAN, etc.

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PARTIE 1_LE CADRE ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE

Comment calculer la part d’intérêt (P) ? 100 %   Chargé seul de la mission %d’intérêt En cas de partage de la mission avec d’autres participants à la maîtrise d’œuvre   cotraitants et/ou les sous-traitants dûment assurés. Dans le cadre d’une mission limitée au projet architectural, le montant des travaux est évalué à partir d’un coût de construction au mètre carré défini par la MAF. Le taux de cotisation est ensuite calculé par l’assureur à partir de l’assiette de cotisation déterminée. Il est donc lié au montant des travaux, à l’étendue et la répartition des missions de maîtrise d’œuvre, mais n’est pas impactée par le  montant des honoraires perçus. D’après Nicolas Zweyacker3, le montant à payer pour un projet en mission complète avec des honoraires à 10% représente environ 7 % des honoraires.

C. L’assurance dommage ouvrage Parallèlement à la garantie décennale, un maître d’ouvrage à quant à lui l’obligation de souscrire à une assurance dommages-ouvrage avant l’ouverture d’un chantier4. L’obligation d’assurance de dommages à l’ouvrage est régie par les articles L. 242-1 et L. 243-1-1 du code des assurances. En cas de sinistre, l’assureur procède aux remboursements ou à l’exécution de toutes les réparations faisant l’objet de la garantie décennale, sans attendre qu’intervienne une décision de justice. Il se charge ensuite de faire un recours contre le ou les constructeurs responsables. L’assurance dommages-ouvrage couvre les dégâts compromettant la solidité de l’ouvrage construit ou qui le rendent impropre à sa destination, et qui, en principe, sont apparus après le délai de la garantie de parfait achèvement. Elle expire en même temps que la garantie décennale. Pour recourir à une assurance dommages-ouvrage, la présence d’un bureau de contrôle technique est obligatoire. Dans le but d’améliorer la qualité des constructions, leur solidité ainsi que la sécurité des personnes, la loi Spinetta a encadré le contrôle technique. La norme NFP 03-100 définit le contrôleur technique comme un acteur de la construction qui doit « contribuer à la prévention des aléas techniques et à la fourniture des avis correspondants ». Il intervient en phase de conception, durant l’exécution, lors de l’achèvement puis en expertise, en cas de sinistre. Le contrôleur technique remplit plusieurs missions : - Solidité - Sécurité incendie - Accessibilité handicapés - Thermique - Acoustique - Fonctionnement, hygiène et santé Par sa maîtrise des réglementations, sa capacité d’analyse des risques, son expérience de retour sur sinistralité, le contrôleur technique est un conseillé pour l’architecte et un garant pour le maître d’ouvrage.

3. Nicolas Zweyacker, architecte, tuteur de la mise en situation professionnelle, MARS-06 architectes 4. L’état et les collectivités publiques sont leurs propres assureurs.

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3. LE DOSSIER MARCHE A. Les pièces principales Il est impératif que le dossier marché soit bien monté, car il constitue la référence en cas de litige durant le chantier. Les principales pièces qui le composent sont les suivantes : - L’acte d’engagement pour chaque lot fixant le montant des travaux à réaliser par l’entreprise et l’échéance qu’elle s’engage à tenir ; il lie le maître d’ouvrage et l’entrepreneur et constitue la pièce contractuelle primordiale. - L’ensemble des pièces du DCE signées par les entreprises et plus particulièrement le CCTP, cahier des clauses techniques particulières, contenant la description technique des prestations prévues. - Un planning d’exécution des travaux - Le CCAG, cahier des clauses administratives générales, uniquement dans le cadre d’un marché public ; c’est un texte approuvé par arrêté qui précise et complète le code des marchés publics. - Le CCAP, cahier des clauses administratives particulières, détaille les modalités de facturation, de règlement, de révision des prix, de résiliation du marché et de pénalités ; il complète ou remplace le CCAG. Le contrat prend effet à la date de réception de l’ordre de service par le soumissionnaire retenu qui est l’entreprise titulaire du marché. L’OS est une décision écrite du pouvoir adjudicateur, la MOA, formulant les modalités prévues au marché pour l’exécution des prestations. Dès la signature de l’OS par le maître d’œuvre, le chantier démarre avec le mois M0 de préparation, période pendant laquelle les plans d’exécution doivent être émis et les visas établis. Un ordre de priorité entre les documents doit être déterminé pour régler toute contrariété entre plusieurs dispositions du marché. Les règles générales sont : - Les documents administratifs prévalent sur les documents techniques. - Les documents particuliers à une opération prévalent sur les documents généraux. - Les documents contractuels prévalent sur les documents indicatifs. - La hiérarchie des pièces constitutives du marché dans la norme NF P 03-001. Toutefois, il est possible de définir un ordre de priorité spécifique dans le CCAP. Durant l’exécution des travaux, d’autres documents contractuels s’ajoutent aux pièces initiales du marché : les avenants. Ce sont des écrits qui modifient ou complètent une ou plusieurs des dispositions de l’accord antérieur. Ils actent, le plus souvent, un changement dans la nature des ouvrages. Les avenants sont de véritables contrats en eux-mêmes : les nouvelles dispositions énoncées priment sur les clauses initiales visées par la modification. Les éléments pouvant générer un avenant au marché sont, par exemple, les demandes de travaux supplémentaires, les modifications de phasage ou de délai de réalisation des travaux.

B. Le CCTP : rôles multiples Le CCTP est organisé en chapitres correspondant aux différents lots définis ; il fige l’étendue et les limites des prestations de chaque corps d’état. Il suit couramment la trame ci-dessous. Tout d’abord, le CCTP énonce la consistance des travaux, il spécifie les DTU et normes à appliquer, il rappelle la nécessité de coordination avec les autres corps d’état, il détaille la qualité et la mise en œuvre des matériaux. Il fixe également les conditions d’évacuation des déchets, de nettoyage et de protection des ouvrages finis qui peuvent être sources de conflits au sein du chantier. Ces premières

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PARTIE 1_LE CADRE ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE

pages sont des règles générales, applicables à différents dossiers. Ensuite, le CCTP détermine et localise l’ensemble des ouvrages à exécuter par le lot concerné. Cette seconde partie est propre au bâtiment décrit et cherche à être la plus exhaustive possible. L’élaboration du CCTP mobilise la capacité de l’architecte à narrer le projet et à exprimer les intentions architecturales, par voie orale si le CCTP est réalisé par un tiers, par écrit s’il en a lui-même la tâche. Sa rédaction demande une connaissance étendue des matériaux et des modes de mise en œuvre. Le CCTP fait partie du DCE et complète les pièces dessinées (plans, coupes, élévations, détails). Ensemble, ils permettent aux entreprises de chiffrer les prestations requises. Le CCTP est également indispensable en phase chantier. D’une part, il permet aux responsables de la DET et de l’OPC de savoir ce qui est prévu dans chaque lot, et ainsi de surveiller ou organiser correctement l’ensemble des tâches. D’autre part, en tant que document contractuel, il scelle ce que l’entreprise doit au titre de son marché. Ainsi, la MOE et la MOA peuvent s’en servir si une entreprise ne réalise pas l’ensemble des prestations écrites. Il faut parfois argumenter pour faire exécuter correctement les travaux prévus, la question financière étant la principale source de conflit ou du moins de confrontation. Le CCTP est alors le garant de l’exécution correcte de l’ouvrage face à la plus ou moins bonne volonté de l’entreprise. Quelle est la marge de manœuvre pour les entreprises ? Quelques formules permettent une certaine flexibilité notamment : « y compris toutes sujétions pour une parfaite mise en œuvre », « … ou équivalent ». De plus, il est intéressant de faire figurer dans le CCTP des demandes de prototypes et d’échantillons, afin de se laisser la possibilité de peaufiner ou d’ajuster un élément du projet avec l’entreprise, en cours de chantier. Par exemple : « l’entrepreneur devra à la demande du maître d’œuvre la fourniture des échantillons des matériaux employés. Il devra la fourniture d’échantillons des ouvrages à exécuter suivant les dimensions demandées par le maître d’œuvre. Il devra la fourniture de prototype à grandeur réelle posé sur le site pour validation avant la mise en fabrication. Toute exécution de travaux sera conditionnée par l’approbation des échantillons et prototypes après modifications et mises au point éventuelles ». Ces prescriptions permettent également à l’entreprise de chiffrer plus justement le travail à fournir et donc un chantier mieux maîtrisé.

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PARTIE 2 LA CONDUITE DE CHANTIER REGARDS CROISES Cette seconde partie s’intéresse à des architectes donnant de la valeur à l’acte de construire. Pourquoi et comment sont-ils présents en phase chantier ? Nous aborderons les tâches réalisées et l’organisation de plusieurs agences au regard des spécificités de la mission. Nous verrons en quoi le chantier est un moment de conception, à travers l’élaboration de détails, de visas, de prototypes et des relations avec les entreprises. Enfin, nous nous attacherons à la pratique de MARS-06 architectes, lieu de la MSP, qui intervient principalement sur des projets de réhabilitation pour des maîtres d’ouvrage privés, et qui valorise le chantier et les relations avec des entrepreneurs locaux.

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1. Postures d’agences A. Les missions réalisées B. Organisation au sein de l’agence : qui réalise le suivi de chantier ? C. Avantages et inconvénients de la mission de maîtrise d’œuvre complète D. Honoraires VS temps passé : le suivi de chantier est-il rentable ?

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2. Conception en chantier A. Le détail constructif B. Choix des entreprises C. Négociation et dialogue avec les entreprises : établissement des visas et réalisation de prototypes D. Une mise en œuvre valorisée

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3. La réhabilitation pour maîtrise d’ouvrage privée : cas d’étude chez MARS-06 architectes A. Importance de la phase chantier B. Un réseau d’entreprises « partenaires » C. L’adaptation constante : le détail réglé sur place

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PARTIE 2_LA CONDUITE DE CHANTIER : REGARDS CROISES

1. POSTURES D’AGENCES Les missions réalisées A l’instar de nombreux architectes, Jacques Boucheton1 se bat pour que son agence joue un rôle durant la phase chantier. Il se positionne contre la disparition de l’architecte après l’obtention du permis de construire et affirme que la conception se fait aussi pendant la construction. Il y a souvent des arbitrages à faire, notamment sur des éléments techniques qui n’ont pas été dessinés auparavant. Par exemple, les sorties de ventilation sur une toiture : l’architecte, considérant que ces éléments seront visibles depuis le grand paysage, choisira de les aligner ou de les positionner pour qu’elles soient en adéquation avec le rythme de la toiture, alors que l’entreprise ou l’OPC ne verront pas l’intérêt d’un calepinage particulier. L’architecte sait apporter une réponse dans l’esprit du projet et des intentions architecturales définies. L’agence Jacques Boucheton Architectes (JBA) est présente sur l’ensemble des chantiers des projets menés, en mission complète ou en mission partielle, qu’elle nomme «  DET light  ». Cette dernière consiste à établir les visas et à être présent à une ou deux réunions mensuelles. JBA fait fréquemment appel à un OPC extérieur, car elle considère qu’il est difficile de gérer correctement à la fois la DET et l’OPC. En marché public, JBA réalise des DET complètes, en marché privé, elle négocie à minima une « DET light ». Effectivement, en promotion immobilière privée, les promoteurs souhaitent rarement attribuer le suivi de chantier aux architectes. D’après Jacques Boucheton, ils font peu la distinction en OPC et DET et ils ont une mauvaise image de l’architecte pour la phase chantier. Cela est peut-être dû à la mauvaise qualité de la production architecturale des années 7080 : il y a un manque de crédibilité des architectes depuis cette période. Réputation à laquelle Jacques Boucheton souhaite tordre le cou. Pour Marc Boixel2, également, il faut refuser de travailler pour des MOA qui n’accordent pas le suivi de chantier à l’architecte car il est indispensable que celui-ci « reste maître de la conception ». L’agence Garo-Boixel est assez atypique dans son organisation  : elle fonctionne avec une équipe réduite de trois personnes sur des projets pourtant conséquents. Elle traite un dossier en phase études à la fois et n’est pas structurée pour répondre à l’intégralité des tâches d’une mission complète. Elle choisit de centrer son travail sur la conception des projets et la bonne maîtrise de celle-ci. Elle délègue les tâches qu’elle ne peut réaliser faute de moyens humains ou qui ne l’intéressent pas, notamment la comptabilité de chantier. Elle n’a pas le volume d’activité nécessaire pour dédier une personne à cela et elle n’a pas le désir de la faire elle-même. Toutefois, l’agence ne confie à un tiers que les tâches n’impactant pas la conformité architecturale. Elle réalise toujours les visas des plans à 60-70 %. Elle vérifie minutieusement les documents communiqués, car il peut y avoir des écarts entre le projet tel que conçu par l’agence et l’interprétation ou la méthodologie de l’entreprise. La vigilance de l’architecte est alors primordiale. L’établissement des visas est partagé avec les BET pour les vérifications techniques pour lesquelles l’architecte n’a pas les connaissances. Pour les « gros » projets (130 logements collectifs par exemple), l’agence réalise 30 à 40 % de la mission DET, le reste étant exécuté par un prestataire extérieur avec la mission OPC. Dans ce cas, l’agence ne réalise pas non plus l’intégralité de la réception de chantier. Elle a mis en place la méthode suivante: elle passe une demi-journée avec l’entreprise générale à visiter quelques appartements afin de définir des points de vigilance et un niveau de finition à tenir. D’après Marc Boixel, c’est une mission lourde, 1.Jacques Boucheton, architecte, urbaniste, gérant de l’agence Jacques Boucheton Architectes (JBA) à Nantes, création en 2000, équipe constituée d’une douzaine de personnes. 2. Marc Boixel, architecte, co-gérant de l’agence Garo-Boixel architectes, à Nantes, création en 1991, équipe constituée de 3 personnes.

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répétitive, peu intéressante et l’entreprise a normalement l’obligation d’autocontrôle. Pour les « petits » chantiers (30 logements collectifs par exemple), l’agence réalise 80 % de la mission DET, souvent à la demande de la MOA. Elle délègue la comptabilité de chantier, mais effectue l’intégralité de la réception des travaux. D’une manière assez similaire, l’agence Topos architecture1 se consacre uniquement à ce qui relève de la conformité architecturale en phase chantier. Elle ne réalise pas de DET complète et ne prend pas en charge l’OPC. Elle ne se préoccupe pas des points qu’elle juge comme annexes : comptabilité de chantier, planning, PIC, suivi des entreprises. D’autre part, elle estime que ne pas avoir l’OPC permet de ne pas s’inquiéter du respect des délais ; l’objectif étant de tenir une exigence architecturale, même si cela se fait au détriment du planning. L’agence Garo-Boixel a actuellement un projet en conception-réalisation en cours d’exécution2 à Nantes. La conception-réalisation, prévue dans la loi MOP (article 18), regroupe dans un même contrat le concepteur et le réalisateur. L’entreprise générale est alors mandataire du groupement. Il y a aujourd’hui de plus en plus de projets en conception-réalisation. Initialement exceptionnelle et réservée à des projets requérant une technicité importante, cette forme de groupement a tendance à se généraliser. Elle est plus confortable pour les maîtres d’ouvrage, notamment pour les bailleurs sociaux, qui y voient un gain de temps et une diminution des risques financiers. Effectivement, l’entreprise générale s’engage sur un coût de travaux dès qu’elle est retenue avec l’architecte. Marc Boixel, récalcitrant à ce mode opératoire, reconnaît toutefois que le projet se déroule convenablement. L’entreprise générale est une PME plutôt « bienveillante », et non pas une major du BTP français, avec laquelle l’agence entretient une relation de confiance et un dialogue régulier. Marc Boixel est présent à une réunion de chantier par semaine avec l’entreprise mandataire et les éventuels entrepreneurs concernés par les points à traiter. Ces postures d’agences témoignent du caractère essentiel de la présence de l’architecte en phase chantier. Il est nécessaire de négocier auprès des maîtres d’ouvrages une présence minimale durant l’exécution des travaux. L’architecte maître d’œuvre est celui qui a la plus forte exigence de conformité entre ce qui est dessiné et ce qui doit être réalisé, quitte à parfois se mettre en conflit avec l’OPC, la MOA ou les entreprises.

B. Organisation au sein de l’agence : qui réalise le suivi de chantier ? « Tout ce que l’on fait sur le chantier est totalement réintégré dans le processus de conception future des projets. », Gilles Perraudin34 Au sein de l’agence JBA, l’ensemble des chefs de projet assurent des DET car il apparaît indispensable que ces derniers soient formés au suivi de chantier. Généralement, la DET est effectuée par celui qui a réalisé les phases d’études. En cas d’un nombre de chantiers trop important, la mission peut être confiée à un autre chef de projet. Avant l’exécution des travaux, il est établi une liste de « cibles architecturales » par Jacques Boucheton et le collaborateur concerné. Elle fixe 1. Topos architecture, agence nantaise créée en 1989, 3 associés, Thomas Bonnier, Antoine Pucelle et Jean-François Mauras, 3 collaborateurs permanents. 2. 84 logements, 10 ateliers d’artistes, 3 locaux d’activités, Parc des Chantiers, île de Nantes, avec André BTP 3. PICON-LEFEBVRE, Virginie, SIMONNET, Cyrille. Les architectes et la construction, entretiens avec Paul Chemetov, Henri Ciriani, Stanislas Fiszer, Christian Hauvette, Georges Maurios, Jean Nouvel, Gilles Perraudin et Roland Simounet. Paris : Edition Altedia Communication, 1994, p.145. 4. Gilles Perraudin, (1949, France), architecte français, se préoccupe du respect et de l’économie des ressources, utilise la pierre massive comme principal matériau de construction, prix de l’équerre d’argent en 1987.

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PARTIE 2_LA CONDUITE DE CHANTIER : REGARDS CROISES

les points de vigilance du projet, les éléments architecturaux sur lesquels il faudra apporter une attention particulière, car ils sont l’essence du projet et la « fierté de l’agence ». Sur un dossier comme Plaisance5, le chef de projet, architecte expérimenté, consacre deux jours par semaine au suivi de chantier incluant une réunion hebdomadaire, la rédaction du compte-rendu, la mise à jour des plans, les réponses aux divers mails et appels. Dans l’agence dans laquelle je travaille et parmi mon entourage, l’attribution à l’ensemble des collaborateurs de tâches relatives à l’exécution des travaux est assez fréquente. Le chantier est très formateur : une même erreur est rarement commise deux fois, un élément omis en phase de conception qui se révèle au cours de l’exécution sert de leçon pour le prochain projet. Le suivi de chantier permet de capitaliser une expérience importante pour la conception qui ne doit toutefois pas être un frein à la création architecturale. Il faut être capable d’anticiper les problématiques de mise en œuvre sans pour autant se censurer ou se restreindre lors des phases d’études. De la même manière, il faut connaître parfaitement les normes (réglementaires, constructives) mais être capable de les réinterpréter. La compétence de l’architecte réside ainsi dans sa capacité à dépasser les contraintes et à composer avec. Au contraire, certaines agences préfèrent créer un pôle chantier, on peut citer Cobe6 ou ABP7. En effet, constatant qu’elle donnait une grande importance au chantier, ABP a récemment créée une structure de maîtrise d’œuvre d’exécution nommée PBA. Le but est de transférer progressivement l’ensemble des suivis de chantier sur cette société et de former une équipe solide constituée de trois conducteurs de travaux, une secrétaire, un économiste et, éventuellement, quelques architectes de l’agence ABP. Ce mode d’organisation semble déjà être porteur d’une légitimité plus grande auprès des promoteurs et faciliter l’obtention de mission complète (OPC inclus). La structure dédiée comme gage de crédibilité  ? C’est un choix intéressant qui toutefois est plus propice à des agences avec un effectif relativement important et un volume de commandes stable. Cela pose aussi la question de la possible scission entre un pôle dessin et un pôle travaux qui finalement permettrait de gagner en efficacité et fiabilité, mais perdrait l’aspect formateur auprès des chargés de projet, qui semble pourtant être un apport majeur pour les architectes.

C. Avantages et inconvénients de la mission de maîtrise d’œuvre complète Les listes suivantes synthétisent les inconvénients et avantages du chantier ; elles sont bien sur non-exhaustives, mais rendent compte des principaux points évoqués par les architectes lors des entretiens menés. Les avantages fondamentaux énoncés sont : - La gratitude de voir ce que l’on a conçu prendre forme. - La possibilité de porter les idées développées sur un temps long. - La maîtrise du projet jusqu’à sa livraison. - Le contact avec les entreprises, les échanges et discussions pour faire évoluer le projet. - L’acquisition de connaissances techniques qui permet de mieux concevoir et dessiner par la suite. On apprend énormément en se rendant sur le chantier  : on commet des erreurs qu’on ne refera 5. ANRU Plaisance, réhabilitation de 197 logements, d’un local associatif et construction de 46 logements neufs, architecte associé BLOCK architectes, chantier en cours, durée 3 ans 6. Cobe, agence parisienne, créée en 2002, équipe constituée de 25 personnes, implantée à Paris et Bordeaux et structurée autour de 4 pôles  : architecture, urbanisme, paysage, technique. Le pôle technique est constitué d’un directeur technique, d’un directeur travaux, d’un coordinateur travaux et d’une assistante technique. 7. ABP Architectes, agence rochelaise, créée en 2002 par Vincent Chervier, Julie et Bertrand Pourrier, équipe constituée de 17 personnes, implantée à La Rochelle et Paris.

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pas, on découvre des modes de mise œuvre, des éléments techniques et des points de vigilance pouvant être réinvestis en phase de conception. Une bonne connaissance des modes de construction, de l’organisation d’un chantier, des différents lots, des croisements ou succession des tâches peut également permettre de faire des économies de temps et d’argent. Les inconvénients majeurs sont : - Les délais raccourcis, les coûts tirés vers le bas, les marchés des entreprises fortement négociés, il est donc difficile, par la suite, d’obtenir de la souplesse de la part des entreprises. - Il faut être présent sur un temps long : c’est une mission énergivore, parfois chronophage, dans un milieu dur. - Les responsabilités induites. - La pression subie pour tenir les coûts et les délais. - La surveillance des entreprises : « flicage ou maternage », peu intéressants. - La gestion administrative et financière du projet qui n’est pas notre cœur de métier. - L’importance du temps passé.

D. Honoraires VS temps passé : le suivi de chantier est-il rentable ? Les phases d’études représentent entre 56 et 63 % des honoraires, la phase chantier entre 37 et 44 %. Délaisser le chantier, c’est aussi renoncer à une partie des honoraires. Il existe deux types de facturation pour cette mission. Le montant total des honoraires de la mission DET est divisé par le nombre de mois de chantier et réparti mensuellement de manière équitable. Cela permet d’avoir une régularité des paiements et d’assurer un apport constant d’argent sur lequel l’agence a une visibilité ; cela constitue aussi un gage de sérieux auprès des banques. Le second type de facturation est l’obtention des paiements au prorata de l’avancement des travaux par les entreprises. Il peut y avoir à certains moments un décalage important entre le montant versé et le temps réel passé par l’architecte, notamment en début de chantier lors de l’établissement des visas. Le problème majeur d’un point de vue économique est la prise de retard du chantier : il n’est pas ou peu concevable de demander des honoraires supplémentaires. L’architecte peut donc passer du temps sur un chantier sans être payé. C’est une habitude dans le métier à laquelle il faudrait pourtant remédier. PROJET

MOA

PROGRAMME

SURFACE PLANCHER

MONTANT TRAVAUX

DUREE DES TRAVAUX

HONORAIRES ARCHITECTE

JUDAIQUE

privée

réhabilitation immeuble - 4 appts

280 M2

300 000 € HT

16 SEMAINES

10,0 %

CHARTRONS

privée

réhabilitation immeuble - 6 appts

460 M2

620 000 € HT

48 SEMAINES

10,0 %

MINVIELLE

privée

réhabilitation immeuble - 10 appts

684 M2

1 300 000 € HT

58 SEMAINES

7,5 %

RUE FRERE

privée

réhabilitation immeuble - 4 appts

225 M2

228 000 € HT

28 SEMAINES

11,0 %

STE ELISABETH

privée

surélévation maison ind.

165 M2

250 000 € HT

16 SEMAINES

9,0 %

SIEA

publique

neuf: bureaux, atelier

185 M2

220 000 € HT

52 SEMAINES

8,0 %

COUT ET BENEFICE DE LA MISSION SUIVI DE CHANTIER CHEZ MARS-06 ARCHITECTES A. Heures consacrées pour les réunions de chantier hebdomaires, les éventuels passages supplémentaires sur place, les réunions et échanges par mail ou téléphone avec les bureaux d'études, les entreprises ou la maitrise d'ouvrage. B. Montant prenant en compte les salaires et les coût de fonctionnement de l’agence mais n’incluant pas les cotisations MAF. 30


PARTIE 2_LA CONDUITE DE CHANTIER : REGARDS CROISES

Chez JBA, le suivi de chantier est une phase économiquement rentable : les missions DET représentent 25 à 35 % du chiffre d’affaire mensuel de l’agence. Pour Garo-Boixel, il serait plus lucratif d’assurer l’intégralité de la mission DET. L’agence consacre beaucoup d’heures au suivi de chantier, même en DET partielle, définie à 30-40 % de la mission donc payée entre 30 et 40 % des honoraires. Cela n’est pas suffisant face à l’engagement nécessaire et au temps passé. Selon Marc Boixel, avoir l’intégralité de la mission ne leur prendrait finalement pas beaucoup plus de temps ; sur leurs dossiers, la majorité des honoraires est obtenue lors des phases d’études. Chez Topos, qui réalise également des DET partielles, les associés sont stricts sur les sujets à évoquer en réunion de chantier : ils ne souhaitent aborder que les points liés à l’architecture de l’ouvrage et optimisent ainsi le temps passé. Pour certaines agences, la rentabilité de la phase chantier tient à la bonne réalisation du DCE et à un nombre faible d’aléas (Hall Volatron1). Pour d’autres, elle est liée à la maîtrise du programme traité et à la récurrence des partenariats avec les entreprises (ABP). Elle est également dépendante de l’implication de la MOA et des partenaires de l’équipe de MOE. Un chantier avec un promoteur immobilier ou un OPC extérieur peu investi est souvent à l’origine de nombreux TMA ou réserves qui rendent la mission DET déficitaire. La rentabilité dépend surtout du temps passé. Chez Mars-06, tous les chantiers ne sont pas lucratifs. Avec l’un des associés, nous avons établi un tableau (ci-après) récapitulant, pour plusieurs dossiers, les honoraires perçus, le temps passé, le coût que cela représente pour l’agence, le bénéfice ou le déficit résultant. La répartition des honoraires est en moyenne de 60 % pour les phases d’études, 40 % pour le suivi de chantier. Sur les six projets choisis, la moitié n’est pas rentable. Chartrons est presque à l’équilibre ; Rue frère est déficitaire à cause d’un suivi des entreprises et des travaux très prenant pour pallier le manque de rigueur de certains entrepreneurs ; pour le SIEA des portes de l’entre deux mers, le temps passé était optimisé, mais les honoraires perçus n’étaient pas assez élevés. Ce tableau peut devenir un outil par la suite afin de mieux évaluer le nombre d’heures à consacrer et répartir les rôles, entre le responsable d’agence qui passe sur le chantier une semaine sur deux, son collaborateur qui assure un suivi plus régulier et l’OPC. De plus, le suivi de l’exécution des travaux est une phase à bien calibrer et négocier en amont avec les MOA. Il est important de faire de la pédagogie auprès de ces dernières pour justifier l’intérêt du temps passé par l’architecte, concepteur du projet. HONORAIRES CHANTIER

TEMPS PASSE PAR GERANTA

TEMPS PASSE PAR COLLABORATEUR A

TEMPS PASSE PAR RESPONSABLE CHANTIER A

COUT POUR L’AGENCEB

BENEFICE POUR L’AGENCE

40,0 % 12 000 €

40 H

112 H

0H

7 274 € HT

4 726 €

35,0 % 21 700 €

72 H

240 H

192 H

2 2479 € HT

-779 €

37,5 % 36 563 €

116 H

290 H

232 H

28 709 € HT

7 854 €

40,0 % 10 032 €

28 H

112 H

112 H

11 081 € HT

-1 049 €

40,0 % 9 000 €

30 H

112 H

0H

6 740 € HT

2 260 €

35,0 % 6 160 €

52 H

52 H

104 H

9 289 € HT

-3 129 €

1. Agence Hall Volatron, à Poitiers, création en 1995 par Alain Volatron, équipe constituée de 4 personnes .

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PARTIE 2_LA CONDUITE DE CHANTIER : REGARDS CROISES

2. CONCEPTION EN CHANTIER A. Le détail constructif « Entre la liberté de concevoir et l’obligation de construire »1 Le détail correspond à la relation entre différents matériaux ou éléments d’un ouvrage. Il est l’articulation, la jonction ou encore l’interface de plusieurs composants. Elément à la fois technique et esthétique, il réfère à l’acte de construire, à la mise en œuvre d’une discontinuité matérielle, formelle, dimensionnelle ou encore fonctionnelle. Le détail, traduisant l’intention architecturale, subit l’épreuve de la réalité constructive et des compétences des entreprises. Il représente, à la fois, la maîtrise du projet par l’architecte et la maîtrise du projet par l’ouvrier. Ainsi, il témoigne du partenariat qui doit se mettre en place avec les entreprises. Pour Roland Simounet2, Georges Maurios3, Gilles Perraudin et Stanislas Fiszer4, le détail est lié au registre du faire ouvrier. Georges Maurios et Gilles Perraudin le considèrent d’ailleurs comme le garant de la bonne exécution. Leur objectif commun est de tendre vers le maximum de perfection, mais leurs stratégies divergent. George Maurios privilégie l’émission de consignes détaillées afin que l’ouvrier sache précisément ce qu’il doit réaliser : il contraint le geste constructif à son dessin. A l’inverse, Gilles Perraudin soumet son dessin au travail ouvrier. Il met en place un accompagnement auprès des ouvriers pour les encourager à se dépasser. Le détail révèle alors le savoir-faire manuel et constructif. Quand faut-il réaliser les détails ? Quel niveau de précision doivent-ils avoir ? Il semble y avoir deux écoles : - Celle qui ne dessine pas tout avant de lancer les appels d’offres, car les entreprises risquent d’augmenter fortement le montant du marché face au niveau d’exigence demandée. - Celle qui fournit un carnet de détails au 1/20 ou 1/10 annotés lors de la consultation afin que le chiffrage soit le plus juste possible. Cela empêche d’être pris à défaut par la suite et qu’une entreprise affirme qu’un élément n’était pas dessiné, pas prévu donc pas chiffré. C’est aussi une preuve de sérieux auprès de la maîtrise d’ouvrage qui assurera davantage son soutien en cas de litige avec une entreprise. Jacques Boucheton défend la seconde option et regrette qu’en France, il n’y ait pas, comme dans les pays anglo-saxons ou en Espagne, une forte culture du détail et de l’écriture. Il soulève également l’importance d’avoir un dossier de consultation complet, sans erreur, notamment dans le CCTP afin d’être en position de force lors de l’exécution des travaux et de ne pas être redevable. Ainsi, l’agence JBA réalise les détails en phase EXE en même temps que les quantitatifs en MOA publique, et en phase DCE en marché privé. Les CCTP sont rédigés en interne par l’économiste en relation étroite avec l’architecte. D’autre part, Jacques Boucheton fait preuve d’une forte exigence pour la qualité de la mise en œuvre. Il se rend peu sur les chantiers (deux à trois fois par an) mais les éléments importants sont vus régulièrement avec le chef de projet lors de réunions à l’agence via des photos, des échantillons. 1. PICON-LEFEBVRE, Virginie, SIMONNET, Cyrille. Les architectes et la construction, entretiens avec Paul Chemetov, Henri Ciriani, Stanislas Fiszer, Christian Hauvette, Georges Maurios, Jean Nouvel, Gilles Perraudin et Roland Simounet. Paris : Edition Altedia Communication, 1994, p.192. 2. Roland Simounet, (1927 Guyotville, Algérie – 1996 Paris, France), architecte français, mena des recherches sur la résorption des bidonvilles, construisit de nombreux logements, quelques équipements universitaires et culturels, reçu l’Equerre d’argent en 1982 et le Grand prix national d’architecture en 1997. 3. George Maurios, (1934), architecte français, vit et travaille à Paris et en Grèce, proche des collaborateurs de Le Corbusier, diplômé de Harvard, influencé par Louis Kahn, s’intéresse particulièrement aux logements. 4. Stanislas Fiszer (1935, Varsovie), architecte français d’origine polonaise, nombreux projets d’urbanisme, de logements collectifs et d’équipements publics, juxtapose les références, joue avec les matières et les textures.

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L’agence Garo-Boixel, également très attentive à la qualité de ses réalisations, dessine de nombreux détails pendant le PRO. Ils sont annotés précisément : matériaux, procédés de mise en œuvre, dimensionnement des éléments. Les CCTP sont écrits par un économiste extérieur après discussion avec l’architecte. Selon Marc Boixel, il est important de savoir que personne ne regarde les carnets de détails. « Le détail ce n’est pas la culture de l’entreprise. » Cette dernière s’intéresse aux éléments qui influent sur le coût à facturer, mais pas sur ceux d’ordre esthétique. Il est alors indispensable que l’architecte soit présent en réunion de chantier pour brandir le carnet et porter l’attention des entrepreneurs sur le respect de ce qui a été dessiné. L’agence n’hésite pas à produire de nouveaux dessins durant le chantier si nécessaire. Dans le processus d’élaboration du projet, l’agence Mabire-Reich1 réalise, relativement tôt, un nombre important de pièces graphiques et écrites détaillées. Dès l’APS, elle cherche à avoir un projet très dessiné. Sa posture, influencée par Lacaton-Vassal, est de proposer une plus-value architecturale à la demande initiale, tout en restant dans le budget imposé. Les détails produits deviennent, pour elle, les garants de la maîtrise économique et qualitative de la construction. Ils permettent également de donner une bonne compréhension du projet aux entreprises. L’architecte est-il concrètement payé pour la réalisation d’un carnet de détails ? Est-ce une mission spécifique qu’il faudrait valoriser  ? Dans le cas de logements en promotion immobilière privée avec des honoraires à 6,5 %, il semble difficile de passer du temps à dessiner de nombreux détails architecturaux. Ce n’est pas au cœur des préoccupations de la MOA. De plus, les délais raccourcis, notamment pour la réalisation du DCE, poussent à reporter le traitement de certains éléments à la phase EXE ou DET, directement avec les entreprises.

B. Choix des entreprises Les agences JBA et Garo-Boixel souhaitent être présentes pour le choix des entreprises, car il est dans l’intérêt de tous d’avoir une bonne entente durant le chantier. Par retour d’expérience, les agences savent qu’il y a des entreprises avec lesquelles il vaut mieux ne pas travailler et en informent les maîtres d’ouvrage. D’autre part, les promoteurs immobiliers ont quelquefois des idées préconçues sur certaines sociétés qui ne les poussent pas vers les meilleurs choix. En marché public, la sélection des entreprises est très encadrée et rationalisée par un système de notation portant sur différents éléments pondérés selon leur importance ; le barème est fixé par la maîtrise d’ouvrage. « Pour attribuer le marché au candidat qui a présenté l’offre économiquement la plus avantageuse, le pouvoir adjudicateur se fonde : 1_Soit sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l’objet du marché, notamment la qualité, le prix, la valeur technique, le caractère esthétique et fonctionnel, les performances en matière de protection de l’environnement, les performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l’agriculture, les performances en matière d’insertion professionnelle des publics en difficulté, le coût global d’utilisation, les coûts tout au long du cycle de vie, la rentabilité, le caractère innovant, le service après-vente et l’assistance technique, la date de livraison, le délai de livraison ou d’exécution, la sécurité d’approvisionnement, l’interopérabilité et les caractéristiques opérationnelles. D’autres critères peuvent être pris en compte s’ils sont justifiés par l’objet du marché ; 1. Mabire Reich Architectes, agence nantaise créée en 2006 par Antoine Mabire et Marie-Hélène, équipe constituée d’environ 7 personnes.

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2_Soit, compte tenu de l’objet du marché, sur un seul critère, qui est celui du prix. »2 La mise en place de plusieurs critères permet la prise en compte des compétences des entreprises et ainsi d’éviter que l’attribution se fasse uniquement en faveur du moins-disant. Le choix reste malgré tout « une pochette-surprise »3 : le déroulement des travaux dépend essentiellement du savoir faire et de la bonne volonté de l’équipe mise en place par l’entrepreneur. D’autre part, dans son offre, une entreprise peut proposer des variantes à certains produits ou modes de mise en œuvre décrits dans le CCTP. Celles-ci sont acceptées ou non, notamment au regard du montant global des travaux résultant de l’appel d’offres. Il est important que l’architecte soit présent afin d’accepter uniquement les variantes ne compromettant pas l’aspect esthétique ou la qualité de l’ouvrage, la MOA favorisant principalement l’aspect budgétaire. La marge de manœuvre avec les entreprises peut dépendre des rapports avec ces dernières, de la désignation des lots, des conditions de signature des marchés, de l’équilibre financier du projet ou encore du seuil de tolérance acté sur le coût de réalisation des travaux.

C. Négociation et dialogue avec les entreprises : établissement des visas et réalisation de prototypes « Derrière un dossier d’exécution, pour un architecte, Il y a encore de la forme, du dessin, Il y a un dispositif architectural, Alors que pour l’entrepreneur, Il y a essentiellement du travail et du temps à gérer (remarque de l’auteur) Ils ont raison de gérer du travail et du temps mais il faut cultiver les entrepreneurs pour qu’ils gèrent aussi autre chose. C’est aussi pour cette raison que toutes les tentatives pour couper les architectes du chantier sont catastrophiques : les architectes cultivent les entrepreneurs sur le chantier et se cultivent grâce à eux », réponse de Paul Chemetov4 Parmi les pratiques des agences auxquelles je me suis intéressée, le traitement des détails se fait principalement en phase PRO/DCE avant le lancement des appels d’offres. Ils sont ensuite ajustés et parachevés en phase EXE. Au cours de cette période, les entreprises émettent les plans d’exécution qui sont ensuite vérifiés et visés par l’architecte, les BET et le bureau de contrôle. Cette étape offre l’opportunité aux entreprises de réfléchir à ce qu’elles vont réaliser et de montrer leur savoir-faire. Elles portent un regard critique différent de celui de l’architecte  ; elles anticipent davantage les problèmes de mise en œuvre et de maintenance future. Les détails sont alors amenés à évoluer. Les visas valident, recadrent ou adaptent ce qui a été dessiné. L’échange peut permettre l’amélioration grâce à l’expérience de l’entreprise. A l’inverse, cette dernière peut essayer de minimiser le traitement d’un point particulier, par économie de temps, d’argent ou par manque de savoir-faire.  Elle peut 2. Article 53 du code des marchés publics. 3. Entretien avec Marc Boixel. 4. PICON-LEFEBVRE, Virginie, SIMONNET, Cyrille. Les architectes et la construction, entretiens avec Paul Chemetov, Henri Ciriani, Stanislas Fiszer, Christian Hauvette, Georges Maurios, Jean Nouvel, Gilles Perraudin et Roland Simounet. Paris : Edition Altedia Communication, 1994, p.36-37.

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aussi avoir transposé différemment une intention architecturale. La présence de l’architecte est donc majeure pour veiller à la concordance du projet. L’émission des visas institue le premier rapport de force avec les entreprises pour tenir les exigences architecturales. Le temps qui s’écoule entre PRO/ DCE et EXE permet aussi au projet de mûrir dans l’esprit des concepteurs. L’OPC est le garant de ces allers-retours avec les entreprises durant le mois de préparation de chantier. Avant de débuter les travaux, il s’assure d’avoir, idéalement, rassemblé tous les plans EXE visés, les carnets de détails, les fiches techniques et les échantillons pour l’ensemble des lots. L’agence ABP réalise des prototypes sur chaque projet, sans exception, pour les points techniques considérés comme essentiels. Il faut alors batailler avec les entreprises qui pensent perdre du temps et privilégient la simplicité d’exécution. De la même manière, pour Marc Boixel, la réalisation d’un modèle à échelle 1 permet d’ajuster les éléments particuliers du projet, d’une part la mise en œuvre pour l’entreprise, d’autre part l’aspect esthétique ou pratique pour l’architecte. L’agence Garo-Boixel porte une grande attention aux façades et à leurs détails tels que la finesse d’une couvertine, l’alignement de plusieurs éléments entre eux, les modénatures, l’aspect du béton. Toutefois, il peut y avoir des écarts entre le prototype qu’on a pris le temps et le soin de réaliser, voir de recommencer et ensuite la cadence à tenir sur l’ensemble de la réalisation. D’autre part, Marc Boixel rappelle l’importance du logement témoin pour définir avec les entreprises le niveau d’exigence et les points importants.

D. Une mise en œuvre valorisée « Matériau, texture, assemblage, détail, modénature… Toutes ces dimensions de l’esthétique architecturale sont issues, à des degrés divers, de l’univers constructif concret, celui des entrepreneurs, des marchés, des ouvriers. Or ces facteurs d’esthétique, ces moyens d’expression, qui sont la contrainte et la liberté de l’architecte puisqu’il les subit mais aussi les prescrit, ont un pouvoir de fertilité différemment exploité et apprécié. Il se pouvait bien alors qu’un des paramètres importants de la stylistique architecturale soit compris dans la façon qu’a le concepteur de gérer plastiquement la trace constructive et ouvrière. »1 Tel un élément fonctionnel ou un motif, Roland Simounet a tiré profit de l’arrêt de coulage2. Le geste ouvrier est devenu un principe d’ordonnancement de la façade. L’architecte semble alors respecter le rythme et les contraintes du chantier. On peut parler d’adéquation entre la conception et la mise en œuvre : la prescription est clairement inspirée du mode constructif. L’empreinte ouvrière, c’est également ce qui séduit Rudy Ricciotti3 dans l’usage du béton. Dans son livre, L’architecture est un sport de combat, les anecdotes de chantier sont nombreuses, il évoque notamment un moulage raté dans le Pavillon noir4. Un coffrage s’est rompu au moment du coulage, malgré le résultat difforme, Rudy Ricciotti a souhaité le conserver en mémoire du travail effectué et 1. PICON-LEFEBVRE, Virginie, SIMONNET, Cyrille. Les architectes et la construction, entretiens avec Paul Chemetov, Henri Ciriani, Stanislas Fiszer, Christian Hauvette, Georges Maurios, Jean Nouvel, Gilles Perraudin et Roland Simounet. Paris : Edition Altedia Communication, 1994, p.183 2. Étape du chantier de mise en place du béton. En raison de ses incidences techniques et esthétiques, cette phase est indiquée sur les plans d’exécution. 3. Rudy Ricciotti, (1952, Kouba, Algérie), architecte et ingénieur français, fervent défenseur du béton, pour sa plastique, ses potentialités, son caractère local et disponible, il refuse l’homogénéisation de l’architecture et des mots, il a été lauréat du grand prix national de l’architecture en 2006. 4. Centre chorégraphique national d’Aix en Provence inauguré en 2006

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comme acceptation de l’imperfection du travail manuel. Ce qui l’intéresse d’ailleurs, c’est de faire des bâtiments dans lesquels il y a un gros coefficient de main d’œuvre. Il se dit ébloui par le travail des coffreurs, des maçons, des ferrailleurs…5 Dans sa conférence Double entrée, Armand Nouvet6 aborde l’architecture selon le thème suivant : « Une construction peut se décrire comme un objet concret, un patrimoine futur, issu d’idées et réflexions précises. Elle peut aussi se décrire comme un objet révélateur des conditions de production qui l’ont déterminée. »7 Cela signifie qu’un bâtiment revêt une double réalité. Il contient d’une part l’esprit de l’agence, les concepts et les idées développés. D’autre part, il émane de l’histoire même dans laquelle il s’inscrit. Armand Nouvet raconte alors l’histoire de l’ESMA8 au regard des intentions architecturales portées par son atelier, mais également du contexte politique et urbain, de la passation entre les deux équipes d’urbanistes de l’île de Nantes et des aléas rencontrés. Il compare le chantier à des poupées russes avec un emboitement d’échelles et de paramètres, certains que l’architecte maîtrise, d’autres qui lui échappent. Pour le chantier de l’ESMA, une entreprise générale d’Espagne a été retenue afin de réaliser le projet à moindre coût. Elle a marqué l’entrée de la banche espagnole à Nantes. Plus étroite et moins haute que celle utilisée en France, elle créé un béton layé verticalement. Le projet étant défini comme un bâtiment en béton brut, l’usage de cette banche distincte a eu impact sur l’aspect du bâtiment. Un travail spécifique et des essais ont été réalisés avec l’entreprise pour s’adapter à cette nouvelle banche et en déterminer le calepinage. Un autre élément a bénéficié d’une attention particulière et de la réalisation de prototypes : l’entourage de baie. Armand Nouvet évoque d’ailleurs ce détail comme étant celui qui raconte le plus l’histoire du projet. En effet, la qualité première des chambres étudiantes réside dans le large dimensionnement des ouvertures et la vue panoramique qu’elles offrent. L’objectif était d’éviter l’ajout de bavette ou d’accastillage et de masquer au maximum la menuiserie afin de percevoir la fenêtre comme un trou dans le béton. Les baies présentent un ébrasement inverse et un caniveau en partie basse. Le détail se veut « rustique » valorisant le travail du maçon. De même que Roland Simounet, Armand Nouvet souhaite intégrer la construction dans le dessin et s’inspire des gestes ouvriers. Le coulage successif des lits de béton, étage par étage, dans un sens puis dans l’autre, créé un décalage léger des baies. Le motif résultant en façade est lié à un travail de béton le plus simple et pur possible. Armand Nouvet reconnaît une évolution du bâtiment lors du chantier, une forme d’illusion du dessin et une incarnation de celui-ci lorsque le projet est construit. Il explique aussi que l’architecte est celui qui doit anticiper les aléas et tenir les intentions architecturales grâce à ses prescriptions.

5. RICCIOTTI, Rudy. Carte blanche à l’architecte, conférence organisée par Archinov en partenariat avec le CSTB et Le Moniteur, 26 octobre 2011, Paris. [en ligne]. 6 minutes. 6. Armand Nouvet, architecte français, gérant de l’atelier Armand Nouvet architecture et urbanisme depuis 2011, à Paris, s’intéresse aux enjeux des territoires actuels et à la manière dont une construction agit au-delà d’elle même. 7. Descriptif de la conférence disponible en ligne sur le site de l’ENSAN Nantes : http://www.nantes.archi.fr/fr/ armand-nouvet 8. Ecole Supérieure des métiers artistiques, campus, logements étudiants, projet situé sur le boulevard de la Prairie aux Ducs sur l’île de Nantes, livré en 2014.

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© Garo-Boixel © Stéphane Chalmeau

Logements et ateliers d’artistes sur l’île de Nantes, Garo-Boixel

Logements étudiants et ESMA sur l’île de Nantes, Armand Nouvet (BNR)

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© JBA

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© modernismepompidolien.tumblr.com

Logements à St Jacques De La Lande, Jacques Boucheton Architectes

Ecolde d’architecture de Grenoble, Roland Simounet

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3. LA REHABILITATION POUR MAÎTRISE D’OUVRAGE PRIVEE CAS D’ETUDE CHEZ MARS 06 ARCHITECTES A. Importance de la phase chantier La pratique du chantier fait partie de la culture de Mars-06 architectes. Nicolas Zweyacker et Antoine Guttierez ont un goût prononcé pour cela. Ils sont à la tête d’une équipe grandissante constituée aujourd’hui de huit jeunes collaborateurs diplômés en architecture. Les deux gérants affichent la volonté de leur confier des responsabilités sur l’ensemble des phases. Ils considèrent qu’il est important de suivre le projet, de l’esquisse jusqu’à la livraison du bâtiment. Ils les forment notamment au suivi de chantier. Ils les soutiennent dans cette étape en se rendant, avec eux, aux réunions hebdomadaires. Cela est probablement aussi présent dans leur pratique car eux même ont débuté en assurant des missions DET pour l’agence bordelaise BLP Architectes1. Ils capitalisent désormais une dizaine d’années d’expérience, qui leur permet d’être réactifs et pertinents face aux questions des entreprises et aux aléas de chantier. D’autre part, les chantiers rythment véritablement la vie de l’agence. Tout le monde, ou presque, a au moins un chantier à suivre en permanence, certains en ont plusieurs, la taille réduite des programmes le permettant2. La plupart des projets sont accessibles à pied, en vélo, en tram ou en scooter depuis nos bureaux. Cette proximité facilite et augmente la cadence des passages sur place. Il est également fréquent de visiter les chantiers entre collègues. En tant que jeune diplômé, cela accélère les confrontations aux modes de mise en œuvre des différents lots. Cela permet aussi le partage des erreurs et des connaissances. Le chantier prenait d’ailleurs tellement de place que l’agence a choisi de recruter en interne un « responsable chantier » assurant principalement le rôle d’OPC, mission dont les jeunes collaborateurs en binôme avec les associés avaient auparavant la charge avec la DET. Cela leur permet de passer moins de temps à gérer les entreprises, à traiter leurs mails et leurs appels. D’autant plus que l’agence préfère faire réaliser les travaux en lots séparés et a principalement à sa charge des projets de réhabilitation qui demandent une vigilance accrue lors de l’exécution des travaux et un temps important sur place, car rien ne déroule jamais vraiment comme prévu. Les collaborateurs se concentrent sur la conformité architecturale du projet en cours d’exécution et peuvent traiter un autre dossier en cours de conception. De plus, le passage régulier de l’OPC sur place permet la résolution quasi immédiate des problèmes sans attendre la réunion de chantier suivante.

B. L’adaptation constante : le détail réglé sur place Le goût pour le chantier est doublé par l’habitude des gérants de se laisser le temps de réfléchir et de préférer aborder certains sujets avec les entreprises pendant les travaux ; de nombreux points sont vus sur place : détails techniques, détails d’assemblage et finalisation des plans parfois. Cette méthode est notamment influencée par le fait qu’en réhabilitation, il faut d’autant plus être capable d’improviser et de réadapter. Généralement, le chantier démarre par un lot démolition, lancé après la signature de l’ensemble des marchés. Cette première étape consiste à supprimer les cloisons, les doublages, les faux plafonds, à retirer les menuiseries extérieures et intérieures, les 1. BLP pour Brochet Lajus Pueyo, agence créée en 1986, avec aujourd’hui une équipe de 41 personnes, installées à Bordeaux et Paris, compétence reconnue dans de nombreux domaines : réhabilitations, espaces urbains, logements et équipements culturels, en France et à l’étranger. 2. Maison individuelle, réhabilitation d’immeuble comportant entre 4 et 12 logements, petit équipement public

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équipements sanitaires, certains réseaux, à démolir parfois des parties structurelles. Cette purge permet de retrouver le volume initial de l’édifice. Il peut parfois y avoir de bonnes découvertes, tel un plenum libérant une hauteur sous plafond plus importante, un faux plafond acoustique dévoilant des moulures en parfait état, ou des mauvaises surprises comme une cave enfouie, des infiltrations d’eau, une charpente davantage rongée par les termites. Il faut alors être capable de réajuster des lots. Par exemple, des plus-values de dernière minute peuvent contraindre à simplifier certaines prestations afin de rééquilibrer le budget ou un allongement du temps des travaux suite à ces imprévus peut pousser à modifier le mode de mise en œuvre. Les associés se laissent également la possibilité de faire évoluer les plans s’ils considèrent que cela va améliorer la qualité des espaces. Ces modifications intérieures sont facilitées par le fait que les plans de niveaux ne fassent pas partie des pièces constitutives du dossier de demande de permis de construire. Dans le cas de changements impactant les surfaces déclarées ou l’aspect extérieur de la construction, nous déposons un permis de construire modificatif, aussi nommée « permis balai », à la fin des travaux. Cette manière de gérer le projet est également liée aux nombres importants de projets en cours à l’agence et aux délais imposés par les maîtres d’ouvrage. La tendance est à lancer l’appel d’offres et démarrer le chantier rapidement. Nous prenons alors le temps nécessaire pour redessiner certains éléments lorsque les travaux ont démarré et que le maître d’ouvrage se fait moins pressant. L’inconvénient majeur est la facturation de travaux supplémentaires par les entreprises, toujours difficiles à faire accepter à la MOA. Toutefois, le fait de travailler régulièrement avec les mêmes « petits » promoteurs privés ou marchands de biens, sur des appartements de standing, offre une flexibilité plus grande. Le prix de vente des appartements à Bordeaux, actuellement très élevé, nous permet de faire valider plus facilement les avenants aux marchés. Nous justifions l’ajout de certains éléments comme porteur d’une plus-value incontestable. Pour les travaux supplémentaires, une marge de manœuvre de 5 % est fixée entre le coût des travaux après signature des marchés et le décompte final. Ce mode de fonctionnement est aussi rendu possible grâce à la récurrence des collaborations avec les entreprises.

C. Un réseau d’entreprises « partenaires »

Depuis sa création en 2006, MARS-06 architectes a constitué un réseau d’entreprises locales « partenaires » avec qui elle travaille fréquemment. Les projets de l’agence sont le plus souvent menés en corps d’état séparés. Pour les gérants, c’est une stratégie pour conserver le suivi de chantier sans se faire éjecter par la MOA au profit d’un conducteur de travaux d’entreprise générale. De plus, cela permet de réaliser les travaux à un coût moins élevé tout en maîtrisant le choix des entreprises sur l’ensemble des lots. Le lancement de la consultation constitue le premier partage du projet avec les entrepreneurs. La récurrence des collaborations présente plusieurs intérêts. Tout d’abord, elle fait gagner du temps sur la description des travaux à réaliser. Les entreprises connaissant les habitudes et les attentes de l’agence, répondent de manière plus pertinente. En évoquant une réalisation précédente, on s’assure que l’on parle bien de la même chose ou parce que nous avons été particulièrement attentifs sur un sujet lors d’un chantier ultérieur, l’entreprise l’anticipe la fois suivante. De plus, nous connaissons la qualité des prestations de l’entreprise. Cela est particulièrement appréciable pour certains lots,

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tels que la menuiserie bois, extérieure ou intérieure, liée à un savoir-faire précis. D’autre part, cela permet de négocier plus facilement un geste commercial ou de se faire excuser un oubli. Bien connaître les entreprises locales permet également de les choisir en fonction de leurs tarifs et de leurs compétences et d’orienter l’appel d’offres au regard du budget des maîtres d’ouvrage et de leur niveau d’exigence. Enfin, l’avantage à mon sens le plus intéressant consiste à se perfectionner ensemble sur plusieurs dossiers successifs. Cela permet un dialogue sur un temps plus long que le simple chantier. Par exemple, en second œuvre, le lot plâtrerie/isolation fait preuve d’une banalisation et simplification croissante. Représentant entre 10 et 15 % du montant des travaux dans ses projets, l’agence essaye d’y réinjecter des qualités. Elle incite certaines entreprises, « formées sur le tas  », à dépasser le simple vissage de plaques. Elle travaille sur la mise en place de creux dans les fauxplafond, l’intégration de bandeaux led dans les doublages, la mise en valeur des moulures existantes ou encore sur le traitement des jonctions avec la pierre apparente. Elle cherche aussi à apporter un soin particulier aux ambiances lumineuses dans les entrées d’immeuble et les appartements. Ainsi, les collaborateurs consacrent un temps important à vérifier, discuter les plans électriques avec l’entreprise concernée et à faire en sorte qu’elle soit porteuse d’idées. L serrurerie est également un lot sur lequel les artisans ont beaucoup à nous apprendre, notamment sur la réalisation des escaliers ; le mode de mise en œuvre influe énormément sur l’esthétique que l’on veut donner et inversement. Toutefois, ces partenariats posent le problème du respect des délais : à solliciter trop souvent les mêmes entreprises, composées de petites équipes, les chantiers prennent du retard. Les artisans ont tendance à accepter beaucoup de dossiers, à se laisser surcharger de travail et à ne pas pouvoir tenir les délais. Il faut alors savoir les recadrer. Cette démarche est également moins applicable sur des ouvrages publics pour lesquels les procédures et les conditions d’attribution des marchés sont davantage encadrés. Face à la nécessité d’avoir de bonnes entreprises pour que le chantier se passe bien, on comprend mieux la récurrence des collaborations. La relation avec les entreprises se situe entre respect, entraide, bonne entente et fermeté. Il faut être à l’écoute des ouvriers et des problèmes qu’ils peuvent rencontrer, trouver des solutions conjointement, être juste, mais se faire entendre pour porter les intentions architecturales jusqu’au bout. L’équilibre n’est pas simple à trouver pour un jeune diplômé mais l’exercice est stimulant.

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© Mathilde Poupart © Mathilde Poupart

Immeuble Chartrons, lots platrerie, parquet, peinture, électricité, Mars-06 Architectes

Immeuble Chartrons, lots platrerie, parquet, peinture, menuiserie extérieure bois, Mars-06 Architectes

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© Mathilde Poupart

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© Mathilde Poupart

Immeuble Chartrons, lots serrurerie, électricité, ravalement MARS-06 Architectes

Immeuble Chartrons, lot serrurerie, MARS-06 Architectes

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Conclusion

Le chantier comme lieu d’élaboration de l’architecture Comment et pourquoi mettre la pratique du chantier au cœur du métier d’architecte ?

Nous avons étudié à travers ces pages le cadre de notre profession réglementée, les missions qui nous sont accessibles et comment les architectes s’en emparent. Nous nous sommes intéressés aux aspects administratifs et juridiques de la maîtrise d’œuvre. L’élaboration d’un bâtiment se déroule au cours de nombreuses étapes successives impliquant d’importants engagements vis-à-vis du maître d’ouvrage, ainsi que de lourdes responsabilités professionnelles. La connaissance et la gestion des règles à respecter puis des pièces à produire sont primordiales pour mener correctement un projet. Si dans les textes, le moment de conception est bien distinct du temps des travaux, il l’est moins dans la réalité. Le chantier est la mise à l’épreuve du dessin : choc, joie, perception réelle, proche et lointaine, aléas, modifications… Il persiste des adaptations nécessaires pendant l’exécution des travaux. Pourtant, la place de l’architecte sur le chantier n’est pas acquise. Nous avons alors exploré les postures, les stratégies et les méthodes de plusieurs agences pour suivre la construction d’un ouvrage, au regard de la complexité des tâches et du souci de rentabilité. Le chantier est bel et bien un moment de conception, c’est d’ailleurs ce qui rend la présence de l’architecte si essentielle. Le chantier est un univers complexe par son rapport au sol, l’absence de distinction entre lieu de production et ouvrage produit, la prédominance du travail manuel, son caractère unique, le manque d’objectivité du processus de production, sa limite dans le temps et l’espace. L’architecte, pris dans une réalité technique et sociale, doit s’intéresser à ce qui est produit, mais également à comment cela est produit. Concevoir et construire sont deux éléments intimement liés qui ne peuvent être scindés. La fin de l’architecte sur le chantier, c’est la fin de l’architecte maître d’œuvre dans son rôle complexe et complet, capable de faire la synthèse entre un besoin, une réponse créative adéquate et un espace construit. L’architecte, pédagogue et narrateur, doit embarquer l’ensemble des intervenants dans le projet et en faire une histoire commune. Les savoir-faire des entreprises, les gestes des artisans et des ouvriers nourrissent la conception. L’architecte présent jusqu’à la livraison du bâtiment est une posture qu’il me semble nécessaire de tenir pour la défense d’une profession et d’une architecture de qualité représentant un partage d’intérêts, de compétences, de savoirs et non pas uniquement un produit fiscal. Le chantier est un vaste terrain d’apprentissage pour un jeune diplômé en architecture. C’est à la fois une compétence très longue à maîtriser et un catalyseur d’expériences donc de connaissances. J’aspire à progresser dans la gestion de cette phase et à la garder au cœur de ma future pratique. De même, il me semble important de continuer à questionner les responsabilités, pas seulement juridiques, également sociales, afin de trouver l’organisation, les méthodes et les partenaires qui font sens.

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Glossaire

ABF ACT AOR APD APS AVP BET CAP (loi) CCAG CCAP CCG CCTG CCTP CNOA DCE DET DOE DP DPC DQE DTU ESQ EXE HMONP MAF MOA MOE MOP (loi) MSP OPC OPR OS PC PCG PIC PLU PRO RICT ZPPAUP

Architecte des bâtiments de France Assistance aux contrats de travaux Assistance aux opérations de réception Avant-projet définitif Avant-projet sommaire Etudes d’avant projet Bureau d’études techniques Création architecture patrimoine Cahier des clauses administratives générales Cahier des clauses administratives particulières Cahier des Clauses Générales Cahier des clauses techniques générales Cahier des clauses techniques particulières Conseil national de l’ordre des architectes Dossier de consultation des entreprises Direction de l’exécution des travaux Dossier des ouvrages exécutés Demande préalable de travaux Dossier de demande de Permis de Construire Devis quantitatif estimatif Document technique unifié Etudes d’esquisse Etudes d’exécution Habilitation à la maitrise d’œuvre en nom propre Mutuelle des architectes français Maitrise d’ouvrage Maitrise d’œuvre Maitrise d’ouvrage publique Mise en situation professionnelle Ordonnancement, pilotage, coordination Opération préalable à la réception Ordre de service Permis de construire Projet conception générale Plan d’installation de chantier Plan local d’urbanisme Etudes de projet Rapport Initial de Contrôle Technique Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager

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Sources

LIVRES / ARTICLES _BERNARD, Pierre. Le chantier. Criticat, 2008, numéro 2, p.100 à 111. _HUET, Michel. L’architecte maitre d’œuvre, cadres et outils juridiques, conseils pratiques, questions/ réponses. Deuxième édition. Paris : Editions du Moniteur, 2004, 304 pages. _PICON-LEFEBVRE, Virginie, SIMONNET, Cyrille. Les architectes et la construction, entretiens avec Paul Chemetov, Henri Ciriani, Stanislas Fiszer, Christian Hauvette, Georges Maurios, Jean Nouvel, Gilles Perraudin et Roland Simounet. Paris : Edition Altedia Communication, 1994, 219 pages. _RICCIOTTI, Rudy. L’architecture est un sport de combat. Paris : Les Editions Textuel, 2013, 96 pages. _SIMONNET, Cyrille. L’architecture ou la fiction constructive. Paris : Passion, 2011, 160 pages. _PAUL, Caroline, SAUVAGE, André. Les coulisses d’une architecture, l’école d’architecture de Nantes avec Lacaton & Vassal. Paris : Archibooks + Sautereau Éditeur, 2013, 111 pages.

CONFERENCES ET VIDEOS _MEUNIER, Christian. Fernand Pouillon, Le roman d’un architecte. [DVD]. France, 2003, 52 minutes. _NOUVET, Armand. Double entrée une conférence du cycle En chantier. 21 mai 2015, ENSA Nantes, 71 minutes. _RICCIOTTI, Rudy. Carte blanche à l’architecte. Conférence organisée par Archinov en partenariat avec le CSTB et Le Moniteur, 26 octobre 2011, Paris. [en ligne]. 6 minutes. Disponible sur : http://www. lemoniteur.fr/video/carte-blanche-a-l-architecte-rudy-ricciotti-15669875 (consulté le 24/07/2017)

SITES INTERNET www.architectes.org www.lemoniteur.fr www.maf.fr www.marche-public.fr www.service-public.fr

ORDRE DES ARCHITECTES _Contrat d’architecte pour travaux neufs, CCG Cahier des clauses générales. [en ligne]. 01/07/2011, mise à jour 14/01/2014, 16 pages. Disponible sur : http://www.architectes.org/contrats-pour-travauxneufs (consulté le 18/06/2017). _Marché public de maitrise d’œuvre, Bâtiments neufs, Cahier des Clauses Techniques Particulières Contenu des éléments de mission. [en ligne]. 08/09/2005, mise à jour 2014, 10 pages. Disponible sur: http://www.architectes.org/mod%C3%A8le-de-march%C3%A9s-publics-b%C3%A2timents-neufs (consulté le 18/06/2017). _Archigraphie, chiffres et cartes de la profession d’architecte. [en ligne]. 2016, 118 pages. Disponible sur : http://www.architectes.org/archigraphie-chiffres-et-cartes-de-la-professiond%E2%80%99architecte-2015-0 (consulté le 18/06/2017).

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LOIS _CODE CIVIL, articles 1792, 1792-1, 1792-2, 1792-3. [en ligne]. Disponible sur : https://www.legifrance. gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721 (consulté le 30/06/2017). _LOI n° 67-3 du 3 janvier 1967 relative aux ventes d’immeubles à construire et à l’obligation de garantie à raison des vices de construction. [en ligne]. Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte. do?cidTexte=LEGITEXT000006068303 (consulté le 30/06/2017). _LOI n° 78-12 du 4 janvier 1978 relative à la responsabilité et à l’assurance dans le domaine de la construction. [en ligne]. Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte. do?cidTexte=JORFTEXT000000522720 (consulté le 30/06/2017). _LOI n°77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture. [en ligne]. Disponible sur : https://www.legifrance. gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000522423 (consulté le 17/06/2017) _LOI n°85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée. [en ligne]. Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte. do?cidTexte=JORFTEXT000000693683 (consulté le 17/06/2017). _DECRET Décret n°93-1268 du 29 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d’œuvre confiées par des maîtres d’ouvrage publics à des prestataires de droit privé. [en ligne]. Disponible sur : https:// www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000518067&categorieLien=cid (consulté le 17/06/2017). _LOI n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (1). [en ligne]. Journal officiel n°0158 du 8 juillet 2016. [en ligne]. Disponible sur : https://www. legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032854341&categorieLien=id (consulté le 17/06/2017).

ENTRETIENS / QUESTIONNAIRES _BADIQUE, Eliott, collaborateur au sein de l’agence Topos architecture à Nantes, création en 1989, équipe constituée de 6 personnes _BOIXEL, Marc, architecte, co-gérant de l’agence Garo Boixel architectes à Nantes, création en 1991, équipe constituée de 3 personnes _BOUCHETON, Jacques, architecte, urbaniste, gérant de l’agence Jacques Boucheton Architectes (JBA) à Nantes, création en 2000, équipe constituée d’une douzaine de personnes _CARO, Valentin, collaborateur au sein de l’agence ABP Architectes à La Rochelle et Paris, création en 2002, équipe constituée de 17 personnes _EID, Charles, collaborateur au sein de l’agence Barré Lambot, à Nantes, création en 1999, équipe constituée d’une douzaine de personnes _FOULONNEAU, Lucie, ancienne collaboratrice au sein de l’agence Hall Volatron à Poitiers, création en 1995, équipe constituée de 4 personnes

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FORMATION HMONP SESSION 1 _ Le cadre juridique de l’exercice de la maîtrise d’œuvre en son nom propre: une profession réglementée _GUEGAN, Lauriane, déléguée générale au CROA PDL et ARNAUD, Adeline, juriste au CROA PDL, La loi sur l’architecture et les obligations juridiques des architectes _MORANCAIS, Philippe, économiste, LIVORY, Claire, avocate auprès de la MAF, La responsabilité des acteurs de la construction _SAYEN, Catherine, architecte, élève et dernière compagne de Fernand Pouillon, La figure de l’architecte Fernand POUILLON SESSION 2_Le cadre administratif de l’exercice de la maîtrise d’œuvre en son nom propre : accès à la commande et contractualisation _RAÏSKI, Nicolas, responsable du service des marchés publics direction des finances, du contrôle et des marchés région des Pays de la Loire, Le marché public SESSION 3_ La question économique _BOUCHETON, Jacques, architecte, agence JBA à Nantes, DUSSAUX, François, architecte, agence DLW à Nantes, MOREUIL, Patrick, architecte, agence TETRARC à Nantes, Les honoraires _BRETON, Sylvain, directeur du développement, SOUBIRAN, Marc, directeur du développement, Le marché privé : la promotion immobilière, _MABIRE, Antoine, architecte, agence MABIRE- REICH à Nantes, GASTE, Sylvain, architecte, agence ALTERSMITH à Nantes, Rencontre: économie et projet architectural SESSION 4_ L’organisation du chantier et les conditions de travail de l’équipe de maîtrise d’œuvre _De ALZUA, Jean-Philippe, responsable du BET d’étude fluide ELOGIA, DURAND, Samuel, responsable du BET structure MECA, Les relations aux bureaux d’études _DUSSAUX, François, architecte, agence DLW à Nantes, MOREUIL, Patrick, architecte, agence TETRARC à Nantes, La conduite de chantier par l’architecte _MOLIE, Frédéric, associé responsable du pôle travaux au sein de ECMS à Rezé, La conduite de chantier, le métier d’OPC _ROUILLARD, Fabien, chargé d’affaire contrôle technique SOCOTEC, Les contrôleurs techniques SESSION 5_L’architecte organisé et responsable _De BUREN, Yves, architecte et expert auprès de la MAF, Témoignage d’un architecte expert en bâtiment

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CARNET DE BORD Cette partie rend compte des principaux projets suivis chez MARS06 Architectes depuis mon arrivée en décembre 2015. Les programmes majoritairement traités à l’agence sont des logements collectifs et individuels pour des maîtrises d’ouvrage privées avec intervention dans un contexte bâti préexistant. Il faut alors tisser un lien entre l’ancien et le neuf. Le bâtiment existant, dont on cherche à révéler les qualités, constitue le point départ de la conception architecturale. Il est la composante principale du projet à laquelle on ajoute une strate pour écrire une nouvelle histoire. Rénovation, réhabilitation, extension, surélévation sont les principaux sujets auxquels j’ai été confrontée. Ma mise en situation professionnelle témoigne également de la rencontre avec de nouveaux partenaires tels que les promoteurs, les ingénieurs, les entrepreneurs, ainsi que de mes premiers pas sur un chantier. D’autre part, mon travail à l’agence m’a permis d’apprendre certaines tâches relevant de la gestion quotidienne d’une société d’architecture. Chaque projet est présenté par une fiche donnant les principales caractéristiques du programme, la liste des activités auxquelles j’ai participé ainsi qu’un retour critique.

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Variations sur l’existant Ste Elisabeth Judaïque Chartrons La Poste Biarritz

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Composition Villa Mady

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Construction neuve Grangeneuve Argonne

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Au quotidien Etudes capacitaires Comptabilité de chantier Dossier de candidature pour les appels d’offres Rendez-vous avec les fournisseurs Réalisation de nouvelles cartes de visite pour l’agence

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© Mathilde Poupart

Variations sur l’existant

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CARNET DE BORD

© Mathilde Poupart

SAINTE ELISABETH

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LOCALISATION PROGRAMME SURFACE DE PLANCHER MAITRISE D’OUVRAGE MISSION DE L’AGENCE COUT DES TRAVAUX LIVRAISON

12_Peinture

7% 11_Parquet

Bordeaux Surélévation maison individuelle_4 pièces 165 m² Privée Mission complète 182 000€ HT (hors piscine et jardin) Mars 2017 (7 mois de travaux)

5%

2% 01_Démolition

2% 10_Carrelage_faïence 09_Menuiserie intérieure bois 9% 10%

08_Electricité_vmc_chauffage

7%

02_Gros oeuvre 03_Ravalement_enduit

3%

04_Charpente_couverture ossature bois_terrasse bois

1 103 € HT/M2

9% 06_Platrerie_isolation 10%

07_Plomberie_sanitaire

23%

05_Menuiserie extérieure aluminium

13%

« Ste Elisabeth » est un projet de transformation d’un petit pavillon datant des années 60 sur un terrain délaissé en une grande maison familiale ouverte sur un jardin aménagé avec terrasse et piscine. L’emprise bâtie de la maison est maintenue à l’identique mais l’apparence et l’organisation de cette dernière sont fortement modifiées. L’organisation du rez-de chaussée est intégralement revue, le cloisonnement intérieur est démoli, les ouvertures côtés jardin sont agrandies et un étage est créé en ossature bois. Ce dernier est recouvert d’un bardage bois ajouré à claire-voie alors que le rez-de-chaussée maçonné est enduit en gris foncé. PHASES SUIVIES De décembre 2015 à mars 2017 Développement du projet et suivi de l’ensemble des phases sous la tutelle de l’un des associés, Antoine Guttierez FAISABILITE DU PROJET ARCHITECTURAL ET AUTORISATION_ESQ_ APS_APD_ DPC _Visite du site, relevé de l’existant et reportage photographique _Etude du terrain, de la construction existante, du contexte et du PLU puis confrontation de l’ensemble de ces éléments aux souhaits de la MOA _Définition des intentions architecturales avec Antoine _Esquisse puis approfondissement des plans, coupes et façades avec retours réguliers d’Antoine (échelle 1/100) _Réunions et discussions avec la MOA, seule ou avec Antoine, échanges par mail ou téléphone _Prise en compte des remarques de la MOA : évolution du projet et mise à jour des pièces graphiques du dossier

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CARNET DE BORD

_Présentation du projet au service instructeur avec Antoine : vérification de la conformité réglementaire du projet avec le PLU en vigueur _Montage du dossier de demande de permis de construire, établissement de l’ensemble des pièces demandées à l’exception du volet paysager (les images sont réalisées par le graphiste de l’agence) CONCEPTION DETAILLEE DU BATIMENT_ PRO _Établissement des plans, coupes et façades (échelle 1/50) _Dessin de l’escalier, de la cuisine, des placards, des meubles des salles de bain et de détails pour les façades (échelle 1/20 et échelle 1/10) _Choix des équipements sanitaires, électriques, des revêtements de sols et muraux en accord avec la MOA PLANIFICATION DE LA CONSTRUCTION_DCE_ ACT_VISA _Réalisation des documents détaillant chaque lot _Rédaction des CCTP _Choix des entreprises à consulter avec Antoine (lots séparés, en moyenne 3 entreprises différentes par lot) _Convocation individuelle des entreprises pour remise du dossier en main propre, explication du projet et des travaux à réaliser, visite de site si nécessaire _Analyse des offres reçues et établissement d’un tableau comparatif _Négociation et sélection des entreprises avec Antoine et la MOA _Etablissement du planning prévisionnel des travaux _Préparation des marchés dévolus à chacune des entreprises GESTION DU CHANTIER_DET_ OPC_ AOR _Réunion de chantier hebdomadaire avec Antoine, en présence de la MOA _Rédaction des comptes rendus de chantier et mise à jour du planning _Visites inopinées afin de vérifier les effectifs sur le chantier et de régler les éventuels problèmes soulevés par les ouvriers _Réalisation de détails suite à des modifications ou des nécessités de précision (calepinage du carrelage et de la faïence ou pose des équipements plomberie par exemple) _Échanges avec les entreprises sur des détails de mise en œuvre _Traitement des situations des entreprises et établissement des certificats de paiement _Examen des devis de plus-value et moins-value pour validation avant transmission à la MOA _Tenue du tableau de décomptes des travaux (bilan financier de l’opération) _Organisation des opérations préalables à la réception des travaux avec Antoine, suivi des réserves formulées lors de la réception des travaux jusqu’à leur levée _Constitution du DOE et du DGD

RETOUR SUR EXPERIENCE « Ste Elisabeth » constitue le premier projet que j’ai suivi dans son intégralité, depuis l’esquisse jusqu’à la livraison de la maison. Une première aventure ayant durée 15 mois sur laquelle j’ai acquis progressivement l’autonomie nécessaire à la gestion d’un projet. La simplicité du programme m’a permise d’être rapidement seule sur ce projet, l’associé en charge du projet n’intervenant que ponctuellement. J’ai découvert l’ossature bois, système constructif léger et rapide dont le principe est aisément applicable à des projets plus grands et plus complexes. Durant le chantier, j’ai du établir un planning de chantier et apprendre la superposition et l’enchainement des différents lots. J’ai également eu à gérer la maitrise d’ouvrage, ses doutes et ses demandes de modification de dernière minute.

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CARNET DE BORD

© Noemie Gatesoupe

JUDAIQUE

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LOCALISATION PROGRAMME SURFACE DE PLANCHER MAITRISE D’OUVRAGE MISSION DE L’AGENCE COUT DES TRAVAUX LIVRAISON

4% 11_Carrelage_faïence 10_Menuiserie intérieure bois

13_Peinture 12_Parquet

Bordeaux Réhabilitation immeuble ancien_4 appts 280 m² Privée Mission complète 269 000 € HT Mai 2016 (5 mois de travaux)

5% 01_Démolition

7%

6%

9%

961 € HT/M2

14%

1%

02_Gros oeuvre 03_Ravalement_enduit 04_Charpente_couverture ossature bois_terrasse bois

09_Electricité_vmc_chauffage

8%

4% 5% 05_Menuiserie extérieure aluminium 8% 06_Menuiserie extérieure bois

15% 07_Platrerie_isolation

08_Plomberie_sanitaire

14%

« Judaïque » est un projet de petit immeuble collectif de centre ville comportant quatre appartements avec une transformation intérieure sans modification du volume existant. Les façades et les ouvertures ont été conservées à l’identique, l’ensemble des menuiseries a été remplacé : des menuiseries en bois traditionnelles ont été installées côté rue alors que de grandes menuiseries en aluminium gris anthracite ont pris place côté cour. Les planchers existants ont été maintenus et presque intégralement purgés pour permettre une reconfiguration complète des appartements. Chaque niveau abrite un appartement trois pièces avec une triple orientation. PHASES SUIVIES De janvier 2016 à septembre 2016 Développement du projet et suivi des phases sous la tutelle de l’un des associés, Nicolas Zweyacker, à partir de la demande de déclaration préalable. AUTORISATION_ DP _Montage du dossier de demande de déclaration préalable CONCEPTION DETAILLEE DU BATIMENT_ PRO _Établissement des plans, coupes et façades (échelle 1/50), échanges réguliers avec Nicolas

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CARNET DE BORD

_Dessin des cuisines et des placards (échelle 1/20) _Choix des équipements sanitaires, électriques, des revêtements de sols et muraux en accord avec la MOA PLANIFICATION DE LA CONSTRUCTION_DCE_ ACT_ VISA _Réalisation des documents détaillant chaque lot _Rédaction des CCTP _Convocation individuelle des entreprises pour remise du dossier en main propre, explication du projet et des travaux à réaliser, visite de site si nécessaire avec Nicolas _Analyse des offres reçues et établissement du tableau comparatif avec Nicolas _Négociations et sélection des entreprises avec Nicolas et la MOA _Préparation des marchés dévolus à chacune des entreprises GESTION DU CHANTIER_DET_ OPC_ AOR _Réunion de chantier hebdomadaire avec Nicolas, en présence de la MOA _Rédaction des comptes rendus de chantier _Visites inopinée afin de vérifier les effectifs sur le chantier et de régler les éventuels problèmes soulevés par les ouvriers _Réalisation de détails suite à des modifications ou des nécessités de précision (calepinage du carrelage et de la faïence ou pose des équipements sanitaires par exemple) _Échanges avec les entreprises sur des détails de mise en œuvre _Traitement des situations des entreprises et établissement des certificats de paiement _Tenue du tableau de décomptes des travaux (bilan financier de l’opération) _Organisation des opérations préalables à la réception des travaux avec Nicolas, suivi des réserves formulées lors de la réception des travaux jusqu'à leur levée _Constitution du DOE et du DGD

RETOUR SUR EXPERIENCE « Judaïque » est le premier chantier que j’ai suivi. Nicolas m’a rapidement fait confiance et épaulé dans cette mission. Les entreprises ont également été une source d’aide importante. Les travaux relativement simples avec peu de gros œuvre se sont déroulés sur quelques mois seulement. Ils ont constitué une première approche condensée de l’univers du chantier et des éléments techniques et administratifs que l’architecte doit maîtriser. Je constate que l’apprentissage va être à la fois long et passionnant. Ce projet est également une première approche de l’architecture traditionnelle bordelaise.

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© Mathilde Poupart


CARNET DE BORD

© Mathilde Poupart

CHARTRONS

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LOCALISATION PROGRAMME SURFACE DE PLANCHER MAITRISE D’OUVRAGE MISSION DE L’AGENCE COUT DES TRAVAUX LIVRAISON

14_Serrurerie_ferronerie

Bordeaux Réhabilitation immeuble ancien_6 appts 460 m² Privée Mission complète 650 000 € HT Juin 2017 (11 mois de travaux)

4% 3% 01_Démolition

02_Gros oeuvre 6% 6% 03_Ravalement_enduit 4% 12_Parquet 6% 04_Charpente_couverture 11_Carrelage_faïence 6% 17% ossature bois_terrasse bois 10_Menuiserie intérieure bois 4% 2 1 413 € HT/M 11% 09_Electricité_vmc_chauffage 10% 05_Menuiserie extérieure aluminium 13_Peinture

06_Menuiserie extérieure bois

08_Plomberie_sanitaire

9%

12%

2%

07_Platrerie_isolation

« Chartrons » est un immeuble positionné perpendiculairement à la Garonne sur une parcelle longue et étroite. L’escalier en pierre existant, situé au centre du bâtiment, est conservé et permet de desservir deux appartements aux étages, un premier avec vue sur les quais, un second donnant sur une impasse et sur le cœur du quartier des Chartrons. Deux puits de lumière sont créés ainsi que des balcons sur la façade arrière. Le volume bâti, composé de deux parties distinctes, est agrandi par un glissement de faitage sur la partie avant et par la création d’un niveau supplémentaire et d’une toiture plate sur la partie arrière. Cette surélévation en ossature bois est traitée en zinc telle une nouvelle strate posée sur la pierre bordelaise. PHASES SUIVIES D’avril 2016 à juin 2017 Développement du projet et suivi des phases sous la tutelle de l’un des associés, Nicolas Zweyacker, à partir du dossier de consultation des entreprises. Durant le chantier, Jérôme a rejoint l’agence en tant qu’OPC afin de réduire le temps passé par les architectes associés ou les collaborateurs à suivre l’exécution des travaux. PLANIFICATION DE LA CONSTRUCTION_DCE_ ACT_VISA _Réalisation des documents détaillant chaque lot avec Mathieu, collaborateur

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CARNET DE BORD

_Rédaction des CCTP avec Mathieu, collaborateur _Choix des entreprises à consulter avec Nicolas (lots séparés, en moyenne 3 entreprises différentes par lot) _Convocation individuelle des entreprises pour remise du dossier en main propre, explication du projet et des travaux à réaliser, visite de site si nécessaire _Analyse des offres reçues et établissement du tableau comparatif _Négociations et sélection des entreprises avec Nicolas et la MOA _Préparation des marchés dévolus à chacune des entreprises GESTION DU CHANTIER_DET_ OPC_ AOR _Réunion de chantier hebdomadaire avec Jérôme et Nicolas (présent une semaine sur deux), en présence de la MOA _Réalisation de détails suite à des modifications ou des nécessités de précision (calepinage du carrelage et de la faïence ou pose des équipements sanitaires par exemple) _Échanges avec les entreprises sur des détails de mise en œuvre _Gestion d’éventuels mécontentements du voisinage ou de la mairie de quartier _Traitement des situations des entreprises et établissement des certificats de paiement _Tenue du tableau de décomptes des travaux (bilan financier de l’opération) _Organisation des opérations préalables à la réception des travaux avec Jérôme _Constitution du DOE et du DGD

RETOUR SUR EXPERIENCE Le projet « Chartrons », dans la continuité de « Judaïque », m’a permis de poursuivre l’apprentissage de réhabilitation d‘immeuble avec davantage de travaux et un budget supérieur. Les entreprises avec lesquelles l’agence travaille régulièrement n’étant pas toutes disponibles pour réaliser les différents lots dans les délais impartis, nous avons élargi nos demandes. Il y a eu de bonnes et de mauvaises découvertes. Nous avons notamment du gérer deux entreprises défaillantes, celle pour le lot menuiserie extérieure aluminium et celle pour le lot carrelage / faïence. Il a particulièrement fallu renforcer le suivi de l’exécution des travaux pour ces deux entreprises et établir un rapport de force avec ces dernières. L’arrivée de Jérôme, OPC, a permis une nouvelle répartition des tâches concernant le suivi de chantier, un allègement du temps passé sur place et une priorité donnée à ce qui relève de la conformité architecturale pour ma part.

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© Mathilde Poupart


CARNET DE BORD

© Justin Tussau

LA POSTE BIARRITZ

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LOCALISATION PROGRAMME SURFACE DE PLANCHER MAITRISE D’OUVRAGE MISSION DE L’AGENCE COUT DES TRAVAUX

Biarritz Réhabilitation immeuble art déco_12 appts 1 000 m² Privée Mission complète 1 500 000 € HT

Le projet prend place dans un immeuble art déco constitué de deux bâtiments accolés datant pour la partie la plus ancienne du début du XXème siècle. Sont maintenus à l’intérieur : La Poste, la Police Municipale et Orange (éléments techniques/antennes). Il s’agit d’un « immeuble urbain » avec de fortes contraintes patrimoniales à prendre en compte dans le projet. Ce dernier prévoit la transformation de bureaux et de deux logements existants en appartements et l’optimisation du parking. Les menuiseries vont être changées et les façades ravalées mais ces dernières ne peuvent subir de transformations majeures. Les plateaux existants vont être libérés et purgés. Des planchers supplémentaires seront montés dans les volumes libérés afin de créer des appartements en duplex. PHASES SUIVIES Depuis mai 2016 Développement du projet et suivi de l’ensemble des phases sous la tutelle de l’un des associés, Antoine Guttierez FAISABILITE DU PROJET ARCHITECTURAL ET AUTORISATION_ESQ_ APS_APD_ DPC _Visite du site et reportage photographique _Lecture et analyse du PLU ainsi que des précédentes études techniques et de faisabilité menées puis confrontation de ces éléments aux souhaits de la MOA _Définition des intentions architecturales avec Antoine _Esquisse puis approfondissement des plans, coupes et façades avec retours réguliers d’Antoine (échelle 1/200 et 1/100) _Réunions et discussions avec la MOA et Antoine, échanges par mail et téléphone _Prise en compte des remarques de la MOA : évolution du projet et mise à jour des pièces graphiques du dossier _Présentation du projet au service instructeur avec Antoine : vérification de la conformité réglementaire du projet avec le PLU en vigueur, négociation concernant le nombre de places de stationnement _Prise de contact avec l’ABF _Montage du dossier de demande de permis de construire, établissement de l’ensemble des pièces demandées CONCEPTION DETAILLEE DU BATIMENT_ PRO _Établissement des plans, coupes et façades (échelle 1/50) _Réunions et échanges avec les bureaux d’études structure et fluides, adaptation du projet si nécessaire

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CARNET DE BORD

_Choix des équipements sanitaires, électriques, des revêtements de sols et muraux en accord avec la MOA PLANIFICATION DE LA CONSTRUCTION_DCE EN COURS _Réalisation des documents détaillant chaque lot avec BE _Rédaction des CCTP avec BE

RETOUR SUR EXPERIENCE La première difficulté dans ce projet a été la communication laborieuse avec l’architecte des bâtiments de France et la quasi-impossibilité d’évoquer autre chose que la restauration à l’identique, la conservation des ouvertures sans modification, la pose de menuiserie traditionnelle en bois avec petits bois. Nous avons également essuyé un refus pour la création de terrasses en toiture. Nous avons toutefois pu organiser une visite sur place avec l’architecte conseil afin de discuter des attentes pour la restauration des façades. La seconde complexité est liée à l’occupation partielle du site durant toute la durée des travaux. Nous avons d’ailleurs faire appel à un OPC local pour permettre une organisation précise des lots et une présence régulière. L’agence se rendra sur place toutes les deux ou trois semaines, selon les phases.

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Š Mathilde Poupart

Composition

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CARNET DE BORD

VILLA MADY LOCALISATION PROGRAMME SURFACE DE PLANCHER MAITRISE D’OUVRAGE MISSION DE L’AGENCE

Andernos Les Bains Rénovation + neuf_5 ch. d’hôtes et maison 460 m² Privée Mission complète

« Villa Mady » comporte la mise en place de cinq chambres d'hôte et la création d’une maison familiale neuve. Le projet vise à faire coexister sur un même terrain une maison typique de l'architecture arcachonnaise du début du XXe siècle avec une extension sobre et contemporaine. La villa Mady est remise en valeur en maintenant ses principales caractéristiques : toiture en tuiles de Marseille avec débords, sous-face bois, balcon et véranda, façade enduite comportant des appareillages de briques. Le corps central est conservé et doté de deux ailes latérales. L'aile ouest est démolie puis reconstruite, l'aile "est" est créée en symétrie de la première. L'extension dessine une ligne horizontale se dissimulant derrière la villa et parmi la végétation. Son rez-de-chaussée, à l'instar d'un grand préau, offre des espaces dont la limite entre extérieur et intérieur est volontairement flou. L'étage est largement vitré pour offrir un fort rapport au paysage environnant. PHASES SUIVIES Depuis juin 2017 Développement du projet et suivi de l’ensemble des phases sous la tutelle de l’un des associés, Nicolas Zweyacker

FAISABILITE DU PROJET ARCHITECTURAL ET AUTORISATION_ESQ_ APS_APD_ DPC _Visite du site et reportage photographique avec Nicolas _Etude du terrain, de la construction existante, du contexte et des règles d’urbanisme (commune actuellement sous RNU) puis confrontation de l’ensemble de ces éléments aux souhaits de la MOA _Définition des intentions architecturales avec Nicolas _Esquisse puis approfondissement des plans, coupes et façades avec Nicolas (échelle 1/100) _Réunion avec la MOA et Nicolas _Montage du dossier de demande de permis de construire, établissement des pièces demandées avec Nicolas _Permis de construire en cours d’instruction RETOUR SUR EXPERIENCE La conception a été réalisée avec Nicolas en peu de temps car le permis de construire devait être déposé rapidement. Une période importante devra être consacrée à la réalisation du dossier PRO pour pallier à la rapidité des phases précédentes. L’enjeu du projet est de concilier l’espace dédié aux chambres d’hôtes, à la fois privatif et commun à la clientèle, avec l’espace personnel de la MOA

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© Noémie Gatesoupe

Construction neuve

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CARNET DE BORD

© Noémie Gatesoupe

GRANGENEUVE

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LOCALISATION PROGRAMME SURFACE DE PLANCHER MAITRISE D’OUVRAGE MISSION DE L’AGENCE COUT DES TRAVAUX LIVRAISON

12_Peinture 11_Parquet 2% 2% 10_Carrelage_faïence

Bordeaux Création maison de ville_3 pièces 70 m² Privée Après obtention PC 155 500 € HT Octobre 2017 (6 mois de travaux)

3% 5%01_Démolition

08_Electricité_vmc_chauffage 5% 3% 07_Plomberie_sanitaire 7%

09_Menuiserie intérieure bois

06_Platrerie_isolation

9%

2 221€ HT/M2

39% 02_Gros oeuvre

10%

05_Menuiserie extérieure aluminium

04_Charpente_couverture ossature bois_terrasse bois

6% 03_Ravalement_enduit

9%

« Grangeneuve » est une petite maison de centre ville sur trois niveaux s’intégrant dans un tissu urbain constitué d’échoppes et de maison de ville en pierres bordelaises. Le rez-de-chaussée accueille deux places de stationnement voiture et l’entrée de l’habitation ; les chambres, wc, salles de bain prennent place au 1er étage ; la pièce de vie avec cuisine ouverte se trouve au dernier niveau et profite d’une terrasse. La maison reprend la pierre bordelaise en façade tout en intégrant des éléments contemporains : menuiseries et soubassement en aluminium gris anthracite, habillage des encadrements de fenêtres en Red Cedar. PHASES SUIVIES Depuis mars 2017 Développement du projet et suivi d’une partie des phases avec Noémie, collaboratrice, à partir de la phase PRO. Toutes les tâches suivantes ont été réalisées en binôme. CONCEPTION DETAILLEE DU BATIMENT_ PRO _Établissement des plans, coupes et façades (échelle 1/50) _Dessin de l’escalier, des placards, des meubles des salles de bain et de détails pour les façades (échelle 1/20 et 1/10)

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CARNET DE BORD

_Choix des équipements sanitaires, électriques, des revêtements de sols et muraux en accord avec la MOA PLANIFICATION DE LA CONSTRUCTION_DCE_ ACT_VISA _Réalisation des documents détaillant chaque lot _Rédaction des CCTP _Consultation des entreprises (lots séparés, en moyenne 3 entreprises différentes par lot) _Analyse des offres reçues et établissement du tableau comparatif _Etablissement des visas sur les lots gros œuvre et menuiserie extérieure aluminium CHANTIER EN COURS _Réunion de chantier hebdomadaire _Échanges avec les entreprises sur des détails de mise en œuvre (calepinage des pierres de parement en façade, traitement des encadrements des ouvertures, pose de l’habillage aluminium en rez-dechaussée)

RETOUR SUR EXPERIENCE La simplicité de la construction nous permet à Noémie et moi-même de la gérer de manière autonome, en faisant peu appel à Nicolas. Les honoraires étant relativement faibles, le projet n’est pas rentable pour l’agence. Nous devons donc le suivre correctement sans y passer trop de temps. Les principaux points d’attention définis sont : l’exécution du lot gros œuvre et la réalisation de la façade sur rue faisant intervenir trois lots différents (gros œuvre, charpente, menuiserie aluminium). L’entreprise de maçonnerie ayant pris du retard sur le démarrage des travaux, nous avons réadapté le planning de chantier, tout en prenant en compte les congés estivaux. Nous avons condensé les interventions des entreprises de second œuvre pour minimiser le temps perdu.

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© Mathilde Poupart

Façade avant sur rue

Façade arrière sur jardin

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CARNET DE BORD

ARGONNE LOCALISATION PROGRAMME SURFACE DE PLANCHER MAITRISE D’OUVRAGE MISSION DE L’AGENCE

Bordeaux Création d’un petit immeuble_3 appts 330 m² Privée Projet abandonné

Le projet « Argonne » recrée un front urbain sur cette perspective d'entrée de ville. L'écriture architecturale choisie est celle de la sobriété mettant l'accent sur des matériaux et des mises en œuvre qualitatifs: le bois, la pierre, l'acier et le verre. Sur cette dent creuse, les deux pignons latéraux doivent être traités sans fenêtre. A l'inverse, les façades avant et arrière sont largement ouvertes afin que les appartements soient baignés de lumière. La façade sud, sur le cours de l'Argonne, est constitués de larges baies fixes et d'ouvrants à la française reprenant les gabarits des ouvertures des immeubles bordelais en pierre voisins. Le rez-de-chaussée est constitué d'une grille métallique ajourée qui dévoile discrètement une perspective jusqu'au fond de la parcelle. La façade nord, sur l'arrière, est très vitrée et possède un balcon filant. Elle est animée grâce à un système de panneaux coulissants ajourés, en pierre et en acier. PHASES SUIVIES De janvier 2017 à mai 2017 Développement du projet sous la tutelle de l’un des associés, Antoine Guttierez FAISABILITE DU PROJET ARCHITECTURAL ET AUTORISATION_ESQ_ APS_APD_ DPC _Visite du site et reportage photographique _Etude du terrain, de la construction existante, du contexte et du PLU puis confrontation de l’ensemble de ces éléments aux souhaits de la MOA _Définition des intentions architecturales avec Antoine _Esquisse puis approfondissement des plans, coupes et façades avec retours réguliers d’Antoine (échelle 1/100) _Prise en compte des remarques de la MOA : évolution du projet et mise à jour des pièces graphiques du dossier _Présentation du projet au service instructeur avec Antoine : vérification de la conformité réglementaire du projet avec le PLU en vigueur _Montage du dossier de demande de permis de construire, établissement de l’ensemble des pièces demandées à l’exception du volet paysager (les images sont réalisées par le graphiste de l’agence)

RETOUR SUR EXPERIENCE Le projet a été abandonné après l’obtention du permis de construire. Les clients se sont rétractés à cause de plusieurs recours des tiers de la part du voisinage. Les conditions suspensives fixées dans le compromis de vente ne permettaient pas de prendre le temps de traiter ces recours.

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CARNET DE BORD

Au quotidien ETUDES CAPACITAIRES _Appréhension des données du site : localisation, environnement bâti, topographie _Analyse des dispositions réglementaires du PLU de la zone de projet afin d'en définir les modalités: capacité constructible, hauteur maximale, stationnement, pleine terre _Réalisation de schémas de synthèse constituant une base de donnés pour l'étude _Etablissement d’un ou plusieurs scénarios d’implantation schématiques respectant le PLU

COMPTABILITE DE CHANTIER _Réception des situations établies par les entreprises, vérifications de celles-ci en fonction de l’avancement des travaux, établissement des certificats de paiements puis envoi à la maitrise d’ouvrage pour règlement _Etablissement du tableau de décompte général des travaux et mise à jour régulière de celui-ci _Gestion des travaux supplémentaires et des avenants

DOSSIER DE CANDIATURE POUR LES APPELS D’OFFRES La majorité de l’activité de l’agence est aujourd’hui liée à des commandes privées .Toutefois, nous gardons un œil sur les appels d’offres publics et répondons à ceux pour lesquels nous pourrions être retenus soit en tant que mandataire soit comme architecte associé d’une structure plus importante. A l’agence, le montage des dossiers de candidature est géré par Noémie et moi-même sous la direction de Nicolas. Les tâches dont nous nous chargeons sont les suivantes : _Création d’un dossier de présentation type et mise à jour régulière de celui-ci : présentation de l’agence, des moyens humains et techniques, des chiffres d’affaires des trois dernières années et compilation d’attestations diverses _Constitution des DC1 et DC2 _Prise de contact avec les bureaux d’études _Rédaction de la note méthodologique et présentation de l’équipe de maitrise d’œuvre avec Nicolas _Choix des références avec Nicolas _Création des fiches références manquantes _Compilation de l’ensemble des documents et envoi du dossier

RENDEZ-VOUS AVEC LES FOURNISSEURS _Rencontres avec plusieurs commerciaux et représentants de fournisseurs _Découverte de nouveaux produits pour d’éventuelles utilisations dans les futurs projets de l’agence (destination, solidité, gamme de prix, mise en œuvre) _Prospection dans des magasins spécialisés pour le choix des équipements à installer tels que les revêtements de sols, les équipements sanitaires et électriques

REALISATION DE NOUVELLES CARTES DE VISITE POUR L’AGENCE

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POUPART MATHILDE Née le 22/10/1991 16-18 Rue Louis Mie 33 000 BORDEAUX 06 10 73 95 66 poupart.mathilde@hotmail.fr http://issuu.com/mathildepoupart

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CURRICULUM VITAE

FORMATION 2015

Architecte DE, École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, _Projet de fin d’études, félicitations du jury, studio Changing cities, Istanbul, «Zeytinburnu, pilot network for traumatic events» (option en anglais)

2012

Licence d’architecture, École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes

2011_2012

Mobilité internationale à la Pontifícia Universidade Católica do Paraná, Curitiba, Brésil

2009

Baccalauréat scientifique, mention très bien, section européenne

EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES DEC_2015

Contrat chez MARS 06 ARCHITECTES, Bordeaux, actuellement _Secteur abordé: marché privé, rénovation d’immeubles anciens (logements collectifs) et maisons individuelles _Gestion des projets en collaboration avec l’un des associés pendant les différentes phases, depuis l’esquisse jusqu’à l’exécution, suivi de chantier inclus _Participation à la gestion administrative de l’agence, élaboration de documents graphiques, montage des dossiers pour les appels d’offres

2015

Contrat chez JACQUES BOUCHETON ARCHITECTES, Nantes, 20 semaines _Assistance sur dossiers d’urbanisme: études urbaines (diagnostic, enjeux, scénarii), charte architecturale et paysagère, AVP et DUP de Zac

2014

Stage chez SOA ARCHITECTES, Paris, 8 semaines _Réalisation de documents graphiques et techniques pour un concours de bureaux _Participation à deux projets de logements collectifs en phase DCE

2013

Stage chez HUCA ARCHITECTURE, Nantes, 8 semaines _Participation à un concours de logements collectifs _Participation à la gestion administrative de l’agence

2011_2012

Stage chez ATELIER UM+D, Curitiba, Brésil, 20 semaines _Participation à deux concours d’équipements scolaires et à un permis de construire de logements collectifs _2e place d’un concours national pour l’extension d’un campus universitaire

COMPÉTENCES Informatique _Microsoft Office et Open Office _Autocad, Vector Works, Photoshop, InDesign, Illustrator, Sketchup _Rhinocéros, Revit Langues _Anglais, total de 965 sur 990 au TOEIC, niveau C1, utilisateur expérimenté _Portugais (Brésil), utilisateur indépendant Tempérament _Grande capacité d’apprentissage et d’adaptation _Bonnes qualités relationnelles Titulaire du permis B

CENTRES D’INTÉRÊT ET LOISIRS Voyages & photographie _Amérique du Sud, Europe, Asie centrale Sorties culturelles _Cinéma, théâtre, ballets, expositions Sport _Course à pied, cardio boxe 81


POUPART Mathilde MEMOIRE D’HABILITATION A LA MAITRISE D’ŒUVRE EN SON NOM PROPRE

Aujourd’hui, les architectes apparaissent de plus en plus contraints dans l’exercice de leur profession, par des délais raccourcis, des honoraires abaissés, des maîtres d’ouvrage insatiables ou encore des coûts de construction diminués. Par souci d’économie ou par manque de confiance, les maîtres d’ouvrage tendent à écarter l’architecte au commencement des travaux. Pourtant, le chantier apparaît comme l’étape clé pendant laquelle les phases d’études prennent tout leur sens. Elles se concrétisent et se heurtent à la réalité, souvent complexe, de l’environnement dans lequel le projet s’inscrit. Il semble primordial que l’architecte soit présent durant cette période et garde les choses en main jusqu’à la livraison du bâtiment. Ainsi, il peut ajuster et maîtriser le projet dans ses moindres détails. Ma mise en situation professionnelle a été marquée par une immersion rapide et importante dans l’univers du chantier. Territoire inconnu au départ, il est devenu une composante quasi-quotidienne de mon travail. Comment et pourquoi mettre la pratique du chantier au cœur du métier d’architecte ? Ce mémoire sera l’occasion de s’intéresser aux enjeux administratifs, juridiques et économiques du suivi de chantier, de porter intérêt aux méthodes de plusieurs agences et d’approfondir l’usage des détails architecturaux.

conception_construction_chantier_détail_méthode_agence

Mémoire HMONP  
Mémoire HMONP  
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