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-ILe 30 Janvier 1959

V

endredi, jour de Vénus, planète de l’amour ! Le temps est clément, la météo annonce des températures qui oscillent entre trois et quatre degrés. Le soleil brille dans les petits villages du Cher. Une petite fille arrive en ce monde après avoir passé un peu plus de neuf mois dans le ventre de sa maman, qui souffrira beaucoup pour enfanter. Selon certains professionnels de la santé, généralistes ou psychiatres, ces grossesses un peu longues sont révélatrices. L’enfant a du mal à quitter la chaleur dans laquelle il évolue dans le ventre de sa maman. Peur de la séparation, appréhension du manque d’amour, découverte d’un monde inconnu… ? Ces enfants sont très sensibles.


En grandissant, ils ont bien du mal à trouver leur place, là où règnent injustice, mensonge et froideur humaine. Ils ont un ressenti très fort et surprennent leur entourage par leurs réflexions, questions ou attitudes qui font penser qu’ils sont… un « peu particuliers ». Ce sont des autodidactes qui vivent leur vérité intérieure profonde sans que l’on puisse les influencer dans leurs pensées. Ils ont besoin d’être eux-mêmes et montrent à la fois, un tempérament déterminé et une écoute attentive à la souffrance qu’ils rencontrent sur leur chemin, que celle-ci les concerne ou non. Ils ne se contentent pas de parler du besoin de « panser le monde », ils sont aussi agissants pour la cause qu’ils défendent. Être en mouvement constamment, se sentir utile, donner leur temps et leur amour, voilà ce qu’est leur priorité sur terre. Ils défendent les enfants et les personnes âgées car ils s’identifient à eux très simplement et revendiquent le droit à la parole de l’âme, à laquelle ils font souvent référence. Ils n’aiment pas se sentir démunis de leur liberté de pensée et d’action. Ils ont le souci de la vérité et font face à l’adversité avec courage. Là où ils se trouvent, ils procurent la paix ou fuient les tensions. Ils ont de l’humour et savent rire d’eux-mêmes. Ils se sentent parfois isolés de leur famille car ils ont conscience de ne pas raisonner comme elle.


Ils s’attristent des séparations amicales ou affectives car pour eux tout doit être compris. Les malentendus affectent profondément leur sensibilité. Ils ont du courage au travail et sont inventifs. Ils possèdent divers talents qui les rendent autonomes et responsables de leurs engagements, qu’ils ne réfutent jamais. Quand une mission leur est confiée, ils l’assument avec souci de perfection et ne relâchent jamais leurs efforts. Ils savent comment retrouver leur énergie pour continuer leur chemin. Ils ne comptent pas sur les autres, même s’ils savent demander de l’aide en cas de grosses difficultés, mais les autres peuvent compter sur eux. Ils ont besoin d’apprendre en permanence. Ils ne se sentent ni homme, ni femme et pratiquent des activités tant masculines que féminines. En amour, ils sont entiers. Ils aiment, ne s’imposent pas et se contentent facilement car leur priorité est de donner, pas de recevoir. Ils souffrent quand ils ne peuvent aimer librement. Ils n’hésitent pas à témoigner pour les causes de la justice, car accepter l’injustice pour eux est synonyme de mort spirituelle intérieure. Ils dérangent par leur gentillesse déterminée et sont adulés ou critiqués. Ils se ressourcent auprès de la nature et de la solitude. Ils sont toujours à la recherche de ce qu’ils peuvent faire pour le mieux-être du monde et investissent beaucoup en ce sens.


Ce bébé fille, attendu garçon, est le troisième d’une fratrie de cinq enfants. Deux filles ont déjà vu le jour, on attend un garçon de pied ferme. Son prénom est tout trouvé, tout est prêt pour l’accueillir. La maman accouche à la maison entourée de deux belles sœurs, du papa et du Docteur Girard, un homme dont le charisme est reconnu de tout le village. Il aura bien du mal à faire comprendre à ce bébé de presque cinq kilos qu’il est temps pour lui de montrer son anatomie. Epuisée par les efforts et déçue d’entendre pleurer une fille, la maman laissa le docteur lui trouver un prénom. Il consulta le calendrier catholique et décida : ― Elle s’appellera Martine! Cette petite fille a l’apparence d’un enfant d’un mois et ses yeux sont déjà grands ouverts. Très vite, elle montre une hypersensibilité qui lui vaudra d’être baptisée « larme à l’œil », dès son entrée à la petite école, surnom qui la suivit très longtemps. Obéissante, d’une grande douceur, sa maman lui dira bien souvent à l’âge adulte, qu’elle a su se faire pardonner d’être une fille par toutes ses qualités. Son tempérament déterminé mais chaleureux, son intelligence particulière et sa gentillesse en feront une petite fille très facile à élever, dont on dira souvent : « cette gamine là, elle n’est vraiment pas comme les autres !» Vers l’âge de sept ans, elle couvre sa tête d’une serviette de


toilette et dit qu’ « avant, elle était religieuse ». On décèle d’ailleurs chez elle une attirance pour la foi qui lui valut d’entrer dans une école religieuse qui ne lui laissera que de mauvais souvenirs. Ses parents, ses frères et sœurs comptent beaucoup pour elle, même si à plusieurs périodes de sa vie, elle s’est sentie incomprise par eux. Sa clairvoyance se développe et elle surprend de plus en plus les siens, particulièrement dans les situations de dangers. Lorsqu’elle entend la sirène des pompiers de son village natal, elle est souvent capable de décrire avec précision, l’endroit, les causes et les dégâts de l’accident qui vient de se produire. Elle a une douzaine d’années, lorsqu’elle est sur le chemin de retour de l’école. Elle est accompagnée de sa petite sœur. Le soleil brille en ce jour de fin juin et des avions s’entraînent à voltiger pour la représentation du quatorze juillet, qui aura lieu dans quelques jours. Regardant les avions dans le ciel, elle s’empresse de dire que l’un des deux va s’écraser ! Et c’est en effet ce qui se produisit… Devenue femme, sa clairvoyance n’a cessé de s’accomplir et, à dix-neuf ans, elle choisit de la mettre à la disposition des autres. Elle rencontre une grande dame de la numérologie,


Madame Catherine Jan, demeurant sur Paris qui est alors âgée de quatre vingt quatre ans. Cette dame la prend en sympathie et lui transmet son savoir. Elle détecte chez Martine des aptitudes et lui déclare : ― « Ce n’est pas de la numérologie que tu dois faire dans ta vie. Tu as la clairvoyance en toi. Tu n’as besoin d’aucun support pour voir et comprendre les situations qui se présenteront à toi. » Peu de temps après cette grande rencontre, le décès d’un proche avec lequel la communication verbale était rendue impossible compte tenu de son handicap mental et physique fût déterminant. Cette présence qui n’était plus physiquement, allait transformer son existence. Quelques jours après sa disparition, alors qu’elle était seule, elle l’entendit lui murmurer à l’oreille : ― « Je suis heureux maintenant, je ne souffre plus, je suis bien ! Ne sois plus triste, va et dis à tous que la vie existe après la mort et que nous sommes libérés. » C’est alors que la vie et la mort sont devenues pour elle un programme familier et naturel où se confondent réalité et espérance. Elle comprend qu’elle tient sa clairvoyance de la foi


qui l’anime depuis toujours et décide de s’en accommoder avec détermination. Du jour au lendemain, elle organise des réunions publiques au cours desquelles elle parle de l’au-delà sans folklore, avec une simplicité que les journalistes sauront lui reconnaître dans chacun de leur article. « Déjà vécu, paranormal, surnaturel ? » Elle parcourt les rues de ville en ville. Des messages d’amour, d’espérance et de paix rapportés par des personnes ayant rejoint l’au-delà sont remis aux participants qu’elle rencontre pour la première fois. Certains représentants de la presse télévisée lui offrent l’occasion de faire parler d’elle en participant à des émissions très prisées relevant du domaine de la parapsychologie. Elle refusera à chaque fois car, en contrepartie de paraître à une heure où l’audimat est au maximum, il lui est demandé de « faire semblant d’entrer en contact avec des esprits très connus, pour exemple avec Napoléon Bonaparte ! Il lui aurait suffit d’un brun d’audace et d’une couche de malhonnêteté pour faire tourner une table qui aurait été mise spécialement à sa disposition pour l’occasion. Les journalistes de la presse télévisée n’hésiteront pas, en effet, à lui déclarer : « Il ne faut pas vous offusquer de cela, Madame Menneteau, les gens ont besoin de spectaculaire et de sensationnel ! »


Les émissions à sensations surnaturelles sont plus que jamais d’actualité. Mais Martine regrette que l’on adresse au monde, des images qui le leurrent, l’impressionnent, l’éloignent du beau, du vrai et surtout de toutes les talents « naturels » qui sont mis à sa disposition depuis toujours. Elle donne aussi des consultations privées au cours desquelles elle s’efforce de redonner espoir et confiance aux personnes cherchant leur chemin. Elle milite contre ceux et celles qu’elle appelle : « les charognards du désespoir », qui promettent la chance au tiercé, le travail rêvé, le retour de l’être aimé… moyennant quelque argent en échange de rituels artificiels ! Chez elle, pas d’odeur d’encens, de chouette sur l’épaule ou de gri-gri, juste une paix qui donne envie de se remettre au volant de sa vie dans un élan de confiance. Son papa et sa tante, la sœur de celui-ci, sont ses confidents ! Ils sont croyants. Son papa ne pratique pas, mais il fait chaque soir une prière avant de s’endormir. En mille neuf cent quatre vingt un et en hiver mille neuf cent quatre vingt quatre, elle reçoit ses premiers messages prophétiques. Prémices d’une longue série… Ses confidents lui conseillent de ne pas les divulguer, car ils connaissent sa sincérité et veulent lui éviter de souffrir d’erreurs de jugement. Ensemble, ils parlent beaucoup du mystère de la vie, de la mort, évoquent Dieu,


les prophètes et échangent sur les messages qu’elle reçoit. Son papa et sa tante la mettent en garde : ― « Ma petite fille, quoi qu’il arrive dans ta vie, prends du recul avec l’église, s’il le faut, mais ne te détourne jamais de Dieu ! » Ils avaient tous les deux raison. Les années ont passé mais son écoute et sa disponibilité pour les autres sont restées intactes. Après la mort de ses confidents, les messages spirituels continueront de peupler l’univers de Martine, plus ou moins régulièrement. Vingt ans plus tard, elle eut envie de partager cette foi qu’elle ne pratiquait pas avec son église. Elle répondit donc à une de ces annonces qui recherchaient des bénévoles pour œuvrer au sein de la liturgie et de la catéchèse. Organiste de surcroît, c’est avec bonheur qu’elle animait musicalement les offices dominicaux. Le Père Mario, qui était là depuis peu et pour une courte durée, était heureux de voir son église se remplir chaque dimanche un peu plus. Entourée de quelques amis, une chorale se créa qui fit le bonheur des paroissiens. Les homélies du Père Mario étaient conformes à ce qu’il recherchait : amener les âmes à l’amour de Dieu, qu’il appelait si gentiment « papa ». Tout était donc dans l’entendement, jusqu’au jour où il dût retrouver son pays natal. Un autre prêtre fût nommé ! Celui-ci n’envisageait pas l’avenir


spirituel aux côtés d’une « visionnaire. » Très maladroit, il commença par la chasser de la liturgie, puis la remplaça à l’orgue et, pour finir, après une mise en quarantaine, il lui interdit la catéchèse. Il échappait aux explications, arguant sans cesse qu’il y avait incompatibilité d’entente avec elle, due à sa clairvoyance ! Il mit une année pour la renvoyer, après avoir utilisé des stratagèmes peu « chrétiens » pour la soumettre à partir. L’évêché, informé de cette situation délicate, trancha en faveur du prêtre superstitieux. Martine fut autorisée à œuvrer au sein d’une autre paroisse, ce qu’elle refusa, considérant que cette bénédiction flirtait avec l’hypocrisie et ne « tombait » pas du ciel. Les mises en garde de son papa et de sa tante devenaient réalité… L’intelligence de l’amour ne se trompe jamais ! En cette fin d’année deux mille deux, elle assista à un office religieux au cours duquel une dame d’origine étrangère distribuait gracieusement des petits fascicules à la sortie de l’église. Il s’agissait des « révélations de Notre seigneur à Ste Brigitte », les quinze oraisons. Elle remettait ces petits recueils en précisant que celui ou celle qui faisait scrupuleusement les oraisons obtiendrait la grâce de voir Jésus, peut-être même celle de lui parler. Elle l’avait déjà rencontré dans le passé, il était temps qu’ils se revoient. Rejetée par son


église, elle était déterminée à comprendre l’épreuve qu’elle subissait. Elle décida d’entreprendre ce petit rituel le soir même et de le continuer, à raison de deux heures par jour environ, pendant un an. Le but de cette démarche était que sa clairvoyance disparaisse si celle-ci ne venait pas de la divinité. Elle savait que Jésus lui apporterait un éclairage sur ce sujet en temps et en heure. Les accusations portées contre elles se faisaient de plus en plus pesantes : « vous êtes le diable déguisé en ange de lumière », « vous allez payer très cher le pacte que vous avez passé avec le mal. » Les mois passèrent sans qu’elle ne pût s’endormir sans cette intimité de prière. Non seulement sa clairvoyance ne disparut pas, mais elle se renforça. Les messages prophétiques se succédèrent régulièrement dès le commencement de ces oraisons et n’ont jamais cessés depuis. Ils abordent le sujet des guerres, du désordre humanitaire et spirituel actuel, de l’avenir du monde et de la nature. Aujourd’hui, grâce à cette épreuve spirituelle difficile, elle se sent encore plus forte. Elle défend la cause des religieux dont les sentiments de justice et d’obéissance à l’église sont paralysés par le pouvoir d’une hiérarchie pontificale trop rigoureuse. Ils sont, pour la plupart, soumis à une obéissance mécanique qui fait d’eux des âmes souffrant de ne pouvoir être vraies.


Elle met en garde les personnes à la recherche de réconfort de ne pas tomber sous cette emprise et appelle au renouveau spirituel. L’homme a besoin de croire et de partager sa croyance. Ses expériences de la foi en l’intelligence de Dieu et des religions lui permettent aujourd’hui de témoigner. Défendant l’intérêt des plus vulnérables et des plus naïfs, elle remet avec simplicité à l’ordre du jour la place de l’amour de Dieu dans la vie de l’homme. *

Sur sa route elle a l’occasion de rencontrer des personnes qui lui ressemblent intérieurement. Quand il s’agit de quelqu’un de jeune, elle l’aide à évoluer plus sereinement dans ce monde si déroutant. Mickaël fait partie de ceux-là. Il est marié à une très jolie et agréable jeune femme. Ils ont un adorable petit garçon. Il a connu la pension et chantait au sein « des petits chanteurs à la croix de bois », tout un programme. Depuis toujours, il se sent différent des autres mais ne peut l’expliquer. Il souffre de la rigueur de la foi catholique qui lui semble décalée par rapport à ses ressentis personnels. La sensation du « déjà vécu » l’isole souvent des siens qui ne comprennent pas toujours son fonctionnement même s’il se sent aimé d’eux. Sa priorité : la justice et la défense des plus humbles et des plus faibles.


De ceux qui « valent le coup », comme il dit. Regarder les étoiles et chercher à retrouver son monde, voilà quels sont ses repères. Il a bien du mal à trouver sa place même au milieu de ce monde si différent. Dans le cadre de sa scolarité, son esprit est « ailleurs », ses résultats sont médiocres, mais ses questions sont très pertinentes. Il se sent plus à l’aise dans les cours qui réclament une analyse logique même s’il ne recherche pas à faire des performances. Sa clairvoyance est très développée et le met parfois dans l’embarras. Il dit avoir une mission à accomplir et ne « décolle » pas du sol pour autant. Il est simple, ouvert et généreux. Il n’aime pas le mensonge et l’hypocrisie. Il a le sens de l’écoute et a besoin d’aider et de se sentir utile. Il est hérissé par la misère médiatisée qu’il rejette systématiquement. Son souhait, voir le monde rassemblé pour lutter ensemble contre l’adversité et faire la chasse à l’injustice. Tout au long de cet ouvrage, vous aussi, vous aurez le sentiment de reconnaître une personne de votre entourage ou peut-être même de vous reconnaître. Prenez soin de cette personne et prenez soin de vous. *


-IIMessages du ciel ! Juin 1981 : « Marie !» Je suis seule à la maison. Il est cinq heures de l’après-midi. Nous sommes en juin mille neuf cent quatre vingt un ! Je suis bouleversée par ce que je viens de vivre. Je me réfugie chez papa pour lui raconter : ― « Papa, j’ai vu la Sainte Vierge ! Elle était toute de blanc vêtue, comme une mariée. Ses mains étaient jointes et elle priait. Des larmes coulaient de ses yeux. Elle me demande de prier avec elle pour le monde. » Papa ne douta pas un seul instant de ce que je lui dis et me conseilla de n’en parler à personne. Conseil que je suivis. Le soir, nous sommes restés dîner ensemble. Nous regardions les informations nationales. Les


journalistes annonçaient l’apparition de la Ste Vierge à des enfants dans un petit village à des milliers de kilomètres de chez nous, à Medjugorje en Ex-Yougoslavie plus exactement. Elle leur était apparue dans les mêmes circonstances et à la même heure. Nous nous sommes regardés papa et moi, et nous nous sommes compris. Nous avons compris ce jour-là qu’elle invitait le monde à prier. Le monde a besoin de prières… Depuis toutes ces années, les hommes et les religions souffrent davantage, les êtres humains ne cessent de se battre aux quatre coins du monde, la pauvreté prospère et la foi disparait peu à peu… * Hiver 1984-1985 : « N’aie pas peur… !» Cette année là, la neige et la glace ont envahi notre pays et trop de personnes meurent chaque jour du froid et de l’indifférence. Les bulletins météorologiques annoncent des températures oscillant entre moins dix-sept et moins vingt-cinq degrés selon certaines régions de France. Le sud n’échappe pas à cette vague de froid et l’acheminement du bois de chauffage dans les maisons n’est pas toujours facile compte tenu de l’état des routes. Et puis, il y a des hommes et des femmes dont le froid a


paralysé non seulement les membres mais aussi et surtout le cœur. Ils se cachent dans des murs qui abritent parfois une température descendant jusqu’à moins dix degrés assis devant une cheminée qui restera vide, faute de moyens financiers pour l’alimenter. Ils partagent leur chaleur humaine, recouverts de couvertures plus ou moins chaudes avec, dans leurs bras, un enfant ou un animal. Tout près d’eux, sur une table très ordinaire, une rose rouge, dressée vers le ciel montre la droiture de sa beauté intérieure. L’eau du vase est gelée mais c’est la rose qu’ils regardent. Les yeux dans le vague, ils se souviennent et espèrent encore… La nuit tombe très vite sur toutes les maisons et le sommeil tarde à arriver tant il fait froid. L’ambiance est au recueillement, mon petit garçon s’est endormi et voici ce que je vois : Je suis dans une chambre très spacieuse. Tout est d’une blancheur éclatante : les voilages, les murs, les sols... Je suis endormie dans le lit qui se trouve au milieu de cette pièce. Des draps blancs recouvrent mes jambes. Soudain, un vent très doux et tournoyant ouvre mes yeux. Une grande clarté inonde la pièce. C’est alors que devant moi, au pied de mon lit, apparait notre ami, Jésus le Christ. Lui aussi est tout de blanc vêtu. Je suis très impressionnée et tire le drap sur moi comme


pour me cacher. Me souriant, il ouvre ses bras et se met à me parler d’une voix très douce : ― N’aie pas peur, viens… ! Chez moi il ne fait jamais froid. » Puis il disparut ! J’ai compris que le message qu’il m’adressait concernait chaque personne qui souffrait du froid de l’âme. Qu’il ne faut pas avoir peur et garder confiance. Que ceux et celles qui vivent selon l’enseignement qu’il nous a transmis ne seront plus jamais seuls et n’auront plus jamais froid. Ce vent que j’ai ressenti n’était autre que le vent de l’esprit. Peu importe d’où il vient ni où il va, l’important est que ce vent souffle pour tous et qu’il est en mesure de chasser ce qui nous empêche de vivre libres. Être ensemble, ne pas nous replier sur nousmêmes, demander de l’aide et exprimer sa volonté et son désir d’exister. Ne pas avoir honte des épreuves que nous traversons, nous rassembler sans cesse. Il nous faut méditer sur la misère des hommes qui transparait à travers les images que reflète la presse télévisée, écrite et parlée de notre temps. La solidarité dont la nature humaine fait preuve dans les moments de grande souffrance, doit nous faire penser que l’homme est rempli de cette bonté nécessaire à son épanouissement mais qu’il épuise dans le doute, l’angoisse, la peur…


Tous ces sentiments nous font prendre conscience que, tels des enfants, nous sommes infiniment petits et que nous avons besoin de l’infiniment grand pour nous prendre par la main et nous montrer notre chemin. Nous serons beaucoup plus nombreux à partager nos peines que nos richesses, hâtons-nous donc de nous rassembler en toute humilité. * 13 Décembre 2001 : « La salle d’attente ! » Le vendredi quatorze au soir, je dois donner une conférence au cours de laquelle nous devons parler du destin. Qu’en est-il exactement ? Est-il tout tracé ? Est-il possible que tout soit inscrit dans un livre d’or qui concernerait chacun d’entre nous ? Toutes ces années d’observation m’ont amené à dire non ! ― « Non, le destin n’est pas une fatalité. Ensemble construisons-le ! » Nous devons nous sentir un tant soit peu responsables les uns des autres afin d’éviter à autrui d’avoir à rendre comptes de ses agissements. Le loup et l’agneau dormiront-ils ensemble ? Lorsqu’une dame âgée vient d’être violentée pour quelques centimes d’euros, ou que des enfants sont exploités dans leur corps par des hommes ayant une maladie psychiatrique, peut-on imaginer un sort équitable entre eux et


ceux qui s’efforcent de vivre dans la justice de Dieu ? Il était important pour moi d’apporter des réponses cohérentes à toutes ces questions auxquelles, je le savais, je n’échapperais pas ! Alors, avant de m’endormir, je me suis adressée à la source d’intelligence et lui ai demandé de m’expliquer ce qu’il advenait des justes et des injustes de la terre quand ils arrivent dans l’au-delà. Et, au beau milieu de la nuit, voici ce que j’ai vu : Une grande échelle est dressée vers le ciel. Des personnes y montent doucement mais d’un pas assez sûr. Nul ne peut y échapper ! J’ai le sentiment qu’aucune d’entre elles ne sait ce qu’il va advenir d’elle mais qu’elles vont en toute confiance… Je reste là à les regarder disparaître en haut de cette échelle, quand je me décide à aller les retrouver. Lorsque j’arrive au sommet, un couloir très étroit sépare deux pièces. La première, sur ma gauche, est fermée par une très large porte en arc de cercle à petits carreaux de verre cathédrale. Je ne distingue rien au travers et n’entends aucun bruit. Je suis intriguée par le silence et l’ambiance qui règnent. Un homme qui vient de décéder arrive. Il ne me voit pas et entre directement dans la salle sur ma gauche. Je réalise que je suis invisible, qu’il s’agit pour moi de comprendre ce qu’il advient de chaque


être dans l’au-delà et d’en témoigner sur terre ! Lorsqu’il ouvre la porte immense, j’en profite pour voir un grand nombre de personnes qui sont assises. Certaines ont leur tête entre les mains comme si elles attendaient depuis longtemps. D’autres ont le regard dans le vide mais ne semblent pas marquées par l’inquiétude. Je remarque que cette pièce n’a pas de mur. Et pour cause, le nombre de personnes qui doivent l’occuper est trop important. À ma droite, une petite porte en bois plein. Elle aussi a une ouverture orientale. Il y a une petite serrure qui laisse passer une lumière couleur soleil. Tout à coup, elle s’ouvre. L’homme qui venait d’arriver passe devant moi et entre dans la pièce. J’ouvre grand les yeux tant je suis éblouie par toute cette splendeur qui s’offre à moi. Devant lui, Jésus est là, les bras ouverts. Une chaleur et une lumière indéfinissables se dégagent de lui. L’homme s’en approche et baisse sa tête. Jésus le serre dans ses bras, prend son visage entre ses mains et lui sourit. ― « Quel bonheur! » Je comprends mieux maintenant ! Comme ce doit être difficile d’attendre son tour pour approcher cette chaleur. Je la compare à la santé que l’on souhaite tant lorsque l’on craint de mourir de maladie, à la nourriture lorsque l’on a faim et qu’une corbeille de fruits


se trouve à proximité… Combien de temps ces personnes qui ont intentionnellement cherché à nuire à autrui devront-elles attendre? Combien de temps passeront-elles dans cette salle d’attente, quand on sait que le temps ne s’égraine pas dans l’au-delà ? Cela risque t-il d’être long. Très long ? Est-ce le temps qui passe qui nous met en souffrance, ou bien est-ce la frustration de ne pouvoir être accueillis dans cette chaleur « particulièrement »rassurante, réconfortante ? Karl Marx (1818-1883), créateur du marxisme et des mouvements athées les plus influents disait face à la mort : « Ainsi donc, j’ai manqué mon ciel, je le sais avec certitude. Mon âme qui appartenait à Dieu est destinée à l’enfer. Ah, l’Éternité, ce sera notre souffrance éternelle… » L’éternité dont il parlait ressemble à cette salle d’attente par laquelle devront passer les casse-cous que nous pouvons tous être… Mon Dieu, fait pour eux que le temps passe vite ! Amen ! * 20 Décembre 2001 : « Le pommier d’amour ! » Nous sommes le cinq avril mille neuf cent soixante huit, je suis en cours moyen première année. Il fait beau, le printemps est installé. Nous entrons en classe ! Le maître a un air grave sur le visage. Il commence son cours et nous transmet une information qui va me


bouleverser pour le reste de ma vie. Un homme, prix Nobel de la paix et apôtre de la non-violence et de l’amour vient d’être assassiné. Défenseur de l’égalité raciale, le rêve de Martin Luther King¹, « I have a dream² », s’effondre, abattu par balle le quatre avril mille neuf cent soixante huit à dix-huit heure zéro une minute. Nous sommes au lendemain de ce drame, le soleil brille dehors, pourtant, mon cœur est en deuil. Je ne comprends pas grand-chose à cette mort, mais du haut de mes neuf ans, je ressens une profonde injustice vis-à-vis de cet homme, dont notre maître d’école dresse un portrait touchant. Ce weekend sera, pour moi, rempli d’une grande tristesse et d’interrogations qui resteront sans réponse. Je n’aurais jamais cru que trente cinq ans plus tard, j’allais moi aussi faire un rêve et me trouver en présence de Mr Martin Luther King. Il venait me transmettre un message essentiel… Je n’ai pu révéler ce songe que bien plus tard à mon ami Henri de confession protestante. ― Je me trouve dans une pièce très sombre, un homme s’approche de moi à pas de velours, comme pour ne pas m’effrayer. Je ne l’ai jamais vu, mais j’entends clairement son nom, il s’agit de Monsieur Martin Luther King ! __________________ Martin Luther King¹- Pasteur Baptiste, c’est un militant non violent contre la discrimination raciale. Il défend la paix et lutte contre la pauvreté- I have a dream² - J’ai un rêve.


Je n’ai aucune crainte, je suis plutôt très sereine. Il fait très noir dans cette pièce, mais quelque chose de lumineux va se produire, je le sais, je le sens, je suis en attente. Le temps est interminable, tant je suis impatiente de le rencontrer. Le voilà près de moi. Entre ses mains, j’aperçois une très belle plante chargée de grappes de petites boules d’un rouge très vif. C’est un pommier d’amour ! Ces grappes pèsent lourdement sur cette plante. Ce qui m’interpelle, c’est qu’il n’y a aucune feuille. Il me remet ce pommier d’amour entre les mains et me tend deux branches qui se transforment au contact de mes mains en une croix recouverte d’épines, semblables à celles que Jésus portait sur sa tête. Je suis très flattée de ce cadeau et m’approche de son oreille pour lui dire tout bas : ― Vous verrez… attendez ! Un jour vous serez surpris ! » Lorsque je me suis réveillée, j’étais encore empreinte de cette visite et je souhaitais comprendre ce qu’elle signifiait. Je me souvins alors de mon enfance, et de la souffrance que j’avais ressentie lors de l’annonce par mon maitre d’école de la disparition de cet homme. Tout me revint en mémoire. J’avais la sensation qu’il me connaissait depuis toujours et qu’il attendait le bon moment pour venir vers moi. Mais qu’attendait-il de moi ? Après une grande période de silence, de réflexion et


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"Ni Sainte... Ni Folle...". Le monde en crise vu d'en haut  

Réflexion philosophique et spirituelle. La plus belle histoire d'amour de tous les temps.

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