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# 01 | Mars 2009 |

STYLES

SIMPLEMENT NOIR ET BLANC

RENCONTRE ROMAINE

FRÉDÉRIC MITTERRAND

BIJOUX

LES SERPENTS SOUS L’ŒIL DE NAN GOLDIN

CAMBODGE

LE PRINTEMPS DES TEMPLES D’ANGKOR

ANTOINE COMPAGNON LE ROMAN DU FUTUR

Supplément au Monde n° 19 940 daté jeudi 5 mars 2009 | Ne peut être vendu séparément

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LE MONDE

MARS 2009

MARS 2009

LE MONDE

mitterrand PRINCE en son palais

Deux siècles d’histoire, presque autant de polémiques, la villa Médicis, foyer de l’Académie de France à Rome, a hérité d’un nouveau directeur. frédéric mitterrand souhaite donner un nouveau souffle à la vénérable institution. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE-LINE ROCCATI

14

À

# 01

n’est ni souhaitable ni possible. Je désire ouvrir largement cette maison sans que cela ne devienne pour autant un « Luna Park ». Je n’aime ni l’idée des « lieux de vie culturels », ni le gratuit.

Vous présidez aux destinées de la Villa Médicis depuis six mois. Que comptez-vous y faire ? Per-

De manière ponctuelle, cela veut dire ? Tous les

FAITS &GESTES

1971-1986

D’où viennent alors ces rumeurs récur­rentes ? On se fait une fausse

Direction de salles de cinéma idée de ce lieu : on se dit qu’il doit coûd’art et d’essai à Paris. ter très cher parce qu’il est splendide 1981-2006 et aussi très fragile. Très modestePrésentateur, animateur ment, dès le moment où je mettrai en de nombreuses émissions œuvre exactement ce que je veux faire, de télévision et de radio. ce lieu va aussi rapporter de l’argent 1981 et il va faire la preuve de son utilité Film Lettres d’amour culturelle. Son ouverture régulière au en Somalie. public en est un des moyens.

1983

Livre Lettres d’amour en Somalie.

Vous souhaitez des changements profonds ? Les choses ont beaucoup

1991-1992

changé entre l’époque de Balthus et aujourd’hui. Cet immense artiste a d’abord été frappé par l’aspect mystérieux, secret de la maison, dans une Rome qui était très provinciale et où la créativité venait surtout du cinéma. C’est donc sans états d’âme, d’autant que cela lui correspondait profondément, qu’il a refermé les portes sur lui-même et sur les pensionnaires, confortant durablement cette image d’un monde à part. Aujourd’hui, ce

Livre Destins d’étoiles.

1995

Film Madame Butterfly.

1997

Livre Les Aigles foudroyés.

2008

Livre La Mauvaise Vie. Directeur de la Villa Médicis, à Rome.

MON7880-14-RENCONTREfg.indd 14-15

15

Rome, c’est déjà le printemps. Une lumière ambrée auréole les monuments, transportant le visiteur d’un jour dans un temps irréel. La Villa Médicis domine un paysage urbain qui ressemble si peu à celui d’une ville. Vus à travers les hautes fenêtres du Salon bleu de cet improbable palais, les toits de tuiles roses semblent danser autour des coupoles des églises ; plus loin, les sombres pins maritimes décoiffent les crêtes des collines quand les demeures des princes de la Renaissance encerclent les ruines de l’Empire. Entre jardins et dômes, silence et clameur, Frédéric Mitterrand, l’homme qui aime tant le cinéma, a posé ses valises dans le décor d’une escale romaine. En retard, enrhumé, enflammé, il décline avec l’élégance qui est sienne toute la gamme de sentiments que lui inspire cette cité lumineuse depuis son arrivée en septembre dernier. Aujourd’hui apaisé, après cette période de « mélancolie historique », qui frappe, diton, la plupart des nouveaux résidents, il affirme et confirme son envie d’éveiller cette belle endormie.

pétuer sa mission. Le procès permanent qui lui est fait depuis deux cents ans – ça coûte cher, des enfants gâtés qui ne font rien… –, tout ça me semble à côté de la plaque, d’autant que le budget de la Villa Médicis n’est pas aussi considérable que ça. Et quand bien même… Que la République française ait permis à Bruno Mantovani de terminer ses études musicales, 1947 cela me paraît absolument normal et Naissance à Paris. utile. (Il a gagné en 2009 une Victoire de 1968-1971 la musique comme compositeur, ndlr). Professeur d’histoire, géographie et économie.

2008

ISABELLE LéVY-LEHMANN

Rencontre

Rencontre

FrédériC

Pourquoi le gratuit ? Gratuit, cela veut dire que les

défuntes, en quelque sorte. C’était évidemment faux et tout à fait injuste pour les pensionnaires et pour mes prédécesseurs.

Quel patrimoine avez-vous trouvé en arrivant à la Villa Médicis ? J’ai d’abord trouvé un héritage

choses n’ont pas de valeur. Je crois à la vertu de ­l’effort. Le prix ne doit ni exclure ni dissuader, mais payer l’entrée d’un musée ou d’une exposition a du sens. Je suis très admiratif du fonctionnement de Giverny. C’est un lieu où se mêlent tourisme et culture pour le meilleur. Et si parfois il nous semble un peu victime de son succès, pensons aux visiteurs venus du Japon ou des États-Unis et imaginons ce que ce lieu représente pour eux. En tout cas, cette réussite indique la direction vers laquelle il faut aller.

plus important que ce que je pensais. Il remonte ­essentiellement à ce xixe siècle longtemps méprisé. La Villa en a été le réceptacle. Et, comme dans une sorte de méconnaissance de soi, les plâtres étaient stockés dans la plus parfaite indifférence dans les caves. Les tapisseries du xviiie siècle étaient rangées dans des réserves, les antiques disposées au petit bonheur la chance sans être véritablement assumées. Même l’héritage de Balthus posait problème.

Mais à la différence du Giverny de Claude Monet, aucun artiste, fût-il Ingres ou Balthus, n’incarne ce palais. Comment allez-vous le rendre attractif ? Que voulez-vous montrer ici ? D’abord, de ma-

comme un nouvel aca­démisme…

nière régulière, les jardins restaurés, l’atelier, les plâtres, le Studiolo, les Niobides de Balthus. Tout cela sera ouvert toute l’année. Et, de manière ponctuelle, l’appartement du directeur. Et puis c’est la succession des grands artistes qui incarne la Villa.

étés. Simplement parce qu’il est plus difficile de ­m onter une exposition thématique l’été, selon une tradition décrétant qu’il n’y a personne en ville pendant les vacances. Nous avons tenté l’expérience à Noël et nous avons fait le plein de visiteurs. L’été, nous proposerons donc la découverte de la maison. Il y aura aussi des concerts et un atelier lyrique. Imaginez qu’il y a sept pianos ici. Ils ont tous été accordés. Aucun n’était utilisable. Quand il y avait un concert, il fallait en louer un huitième.

# 01

Pourquoi selon vous ? Peut-être a-t-il été considéré En fonction des jugements de l’histoire de l’art ? Oui. On voit bien les réévaluations que cette science opère sur la durée. De toute façon, l’académisme fait partie de l’histoire de l’art et je reste très prudent sur mes propres jugements. Il faut aussi se laisser guider par ses émotions. En découvrant ces plâtres, j’en ai trouvé certains très beaux. Je les ai donc sortis de l’oubli où ils étaient relégués, et je les ai accrochés pour qu’on puisse les voir. D’ailleurs, on va les réunir pour l’été prochain et on va créer dans le parc, dans le « Pavil­ lon 4 », un véritable musée du plâtre ouvert au public. Le lieu, vaste et très haut de plafond, s’y prête remarquablement. Actuellement, il y a soixante-cinq plâtres dans les couloirs des bureaux que personne ne voit, excepté les personnes qui travaillent ici. On va les mettre en place en expliquant que ce sont les sculptures qui ornent la colonne Trajane de Rome. Ce qu’ils nous révèlent est d’autant plus intéressant que les reliefs de la ­colonne s’effacent à cause de la pollution. Certaines scènes sont en train de disparaître du marbre… En même temps, je voudrais souligner l’énorme dette que j’ai à l’égard de mes prédécesseurs, à commencer par Balthus et jusqu’à Richard Peduzzi, qui ont tous accompli une œuvre considérable pour la Villa, chacun avec sa sensibilité et sa personnalité propre, et si j’ouvre à mon tour de nouveaux chantiers, ce n’est absolument pas pour déplorer qu’ils ne l’aient pas fait en leur temps. Cette maison est énorme et vénérable, l’institution est exigeante et il est impossible de tout faire. J’hérite de multiples enrichissements de mes prédécesseurs et je m’inscris dans la continuité de chacun en bénéficiant de leurs apports.

Je désire ouvrir largement cette maison sans que cela ne devienne pour autant un « Luna Park ». Je n’aime ni l’idée des « lieux de vie culturels », ni le gratuit.

Vous préférez ouvrir en grand les portes ? Oui. Afin qu’à certaines périodes de l’année, le public puisse découvrir les collections permanentes qui sont le fonds de la maison. Tout n’est pas toujours de premier plan, mais le parcours historique est passionnant. Cet été, nous retracerons son passé grâce aux pièces que nous avons sur place et à de nombreux prêts.

Mesurez-vous à quel point la Villa Médicis, ce qu’on y fait et à quoi elle sert, est totalement ignoré ? Certains ont trouvé formidable ma nomination, pour des raisons plutôt ambiguës. Ils voyaient en moi une sorte de carambolage entre Balthus et Jacques Chazot et, au fond, ils pensaient que cela n’avait guère d’importance. En vérité, personne ne savait ce qu’on faisait ici, ni a quoi ce lieu servait, à part peut-être au prestige de la France. Le déficit de communication qui a duré de très longues années a accrédité l’idée qu’on se prélasse mollement sur la colline du Pincio et que le directeur y recueille les fruits d’une semi-carrière. Un parking des ambitions

Pensez-vous renouer ainsi avec le destin de la Villa ? La Villa n’a jamais rompu avec son destin. Elle a tout à la fois cassé et construit quelque chose. Elle a rompu le lien avec l’Académie des beaux-arts. C’est une ancienne blessure qu’on devrait maintenant panser. On devrait renouer des relations différentes,

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LE MONDE

MARS 2009

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mitterrand PRINCE en son palais

Deux siècles d’histoire, presque autant de polémiques, la villa Médicis, foyer de l’Académie de France à Rome, a hérité d’un nouveau directeur. frédéric mitterrand souhaite donner un nouveau souffle à la vénérable institution. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE-LINE ROCCATI

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À

# 01

n’est ni souhaitable ni possible. Je désire ouvrir largement cette maison sans que cela ne devienne pour autant un « Luna Park ». Je n’aime ni l’idée des « lieux de vie culturels », ni le gratuit.

Vous présidez aux destinées de la Villa Médicis depuis six mois. Que comptez-vous y faire ? Per-

De manière ponctuelle, cela veut dire ? Tous les

FAITS &GESTES

1971-1986

D’où viennent alors ces rumeurs récur­rentes ? On se fait une fausse

Direction de salles de cinéma idée de ce lieu : on se dit qu’il doit coûd’art et d’essai à Paris. ter très cher parce qu’il est splendide 1981-2006 et aussi très fragile. Très modestePrésentateur, animateur ment, dès le moment où je mettrai en de nombreuses émissions œuvre exactement ce que je veux faire, de télévision et de radio. ce lieu va aussi rapporter de l’argent 1981 et il va faire la preuve de son utilité Film Lettres d’amour culturelle. Son ouverture régulière au en Somalie. public en est un des moyens.

1983

Livre Lettres d’amour en Somalie.

Vous souhaitez des changements profonds ? Les choses ont beaucoup

1991-1992

changé entre l’époque de Balthus et aujourd’hui. Cet immense artiste a d’abord été frappé par l’aspect mystérieux, secret de la maison, dans une Rome qui était très provinciale et où la créativité venait surtout du cinéma. C’est donc sans états d’âme, d’autant que cela lui correspondait profondément, qu’il a refermé les portes sur lui-même et sur les pensionnaires, confortant durablement cette image d’un monde à part. Aujourd’hui, ce

Livre Destins d’étoiles.

1995

Film Madame Butterfly.

1997

Livre Les Aigles foudroyés.

2008

Livre La Mauvaise Vie. Directeur de la Villa Médicis, à Rome.

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Rome, c’est déjà le printemps. Une lumière ambrée auréole les monuments, transportant le visiteur d’un jour dans un temps irréel. La Villa Médicis domine un paysage urbain qui ressemble si peu à celui d’une ville. Vus à travers les hautes fenêtres du Salon bleu de cet improbable palais, les toits de tuiles roses semblent danser autour des coupoles des églises ; plus loin, les sombres pins maritimes décoiffent les crêtes des collines quand les demeures des princes de la Renaissance encerclent les ruines de l’Empire. Entre jardins et dômes, silence et clameur, Frédéric Mitterrand, l’homme qui aime tant le cinéma, a posé ses valises dans le décor d’une escale romaine. En retard, enrhumé, enflammé, il décline avec l’élégance qui est sienne toute la gamme de sentiments que lui inspire cette cité lumineuse depuis son arrivée en septembre dernier. Aujourd’hui apaisé, après cette période de « mélancolie historique », qui frappe, diton, la plupart des nouveaux résidents, il affirme et confirme son envie d’éveiller cette belle endormie.

pétuer sa mission. Le procès permanent qui lui est fait depuis deux cents ans – ça coûte cher, des enfants gâtés qui ne font rien… –, tout ça me semble à côté de la plaque, d’autant que le budget de la Villa Médicis n’est pas aussi considérable que ça. Et quand bien même… Que la République française ait permis à Bruno Mantovani de terminer ses études musicales, 1947 cela me paraît absolument normal et Naissance à Paris. utile. (Il a gagné en 2009 une Victoire de 1968-1971 la musique comme compositeur, ndlr). Professeur d’histoire, géographie et économie.

2008

ISABELLE LéVY-LEHMANN

Rencontre

Rencontre

FrédériC

Pourquoi le gratuit ? Gratuit, cela veut dire que les

défuntes, en quelque sorte. C’était évidemment faux et tout à fait injuste pour les pensionnaires et pour mes prédécesseurs.

Quel patrimoine avez-vous trouvé en arrivant à la Villa Médicis ? J’ai d’abord trouvé un héritage

choses n’ont pas de valeur. Je crois à la vertu de ­l’effort. Le prix ne doit ni exclure ni dissuader, mais payer l’entrée d’un musée ou d’une exposition a du sens. Je suis très admiratif du fonctionnement de Giverny. C’est un lieu où se mêlent tourisme et culture pour le meilleur. Et si parfois il nous semble un peu victime de son succès, pensons aux visiteurs venus du Japon ou des États-Unis et imaginons ce que ce lieu représente pour eux. En tout cas, cette réussite indique la direction vers laquelle il faut aller.

plus important que ce que je pensais. Il remonte ­essentiellement à ce xixe siècle longtemps méprisé. La Villa en a été le réceptacle. Et, comme dans une sorte de méconnaissance de soi, les plâtres étaient stockés dans la plus parfaite indifférence dans les caves. Les tapisseries du xviiie siècle étaient rangées dans des réserves, les antiques disposées au petit bonheur la chance sans être véritablement assumées. Même l’héritage de Balthus posait problème.

Mais à la différence du Giverny de Claude Monet, aucun artiste, fût-il Ingres ou Balthus, n’incarne ce palais. Comment allez-vous le rendre attractif ? Que voulez-vous montrer ici ? D’abord, de ma-

comme un nouvel aca­démisme…

nière régulière, les jardins restaurés, l’atelier, les plâtres, le Studiolo, les Niobides de Balthus. Tout cela sera ouvert toute l’année. Et, de manière ponctuelle, l’appartement du directeur. Et puis c’est la succession des grands artistes qui incarne la Villa.

étés. Simplement parce qu’il est plus difficile de ­m onter une exposition thématique l’été, selon une tradition décrétant qu’il n’y a personne en ville pendant les vacances. Nous avons tenté l’expérience à Noël et nous avons fait le plein de visiteurs. L’été, nous proposerons donc la découverte de la maison. Il y aura aussi des concerts et un atelier lyrique. Imaginez qu’il y a sept pianos ici. Ils ont tous été accordés. Aucun n’était utilisable. Quand il y avait un concert, il fallait en louer un huitième.

# 01

Pourquoi selon vous ? Peut-être a-t-il été considéré En fonction des jugements de l’histoire de l’art ? Oui. On voit bien les réévaluations que cette science opère sur la durée. De toute façon, l’académisme fait partie de l’histoire de l’art et je reste très prudent sur mes propres jugements. Il faut aussi se laisser guider par ses émotions. En découvrant ces plâtres, j’en ai trouvé certains très beaux. Je les ai donc sortis de l’oubli où ils étaient relégués, et je les ai accrochés pour qu’on puisse les voir. D’ailleurs, on va les réunir pour l’été prochain et on va créer dans le parc, dans le « Pavil­ lon 4 », un véritable musée du plâtre ouvert au public. Le lieu, vaste et très haut de plafond, s’y prête remarquablement. Actuellement, il y a soixante-cinq plâtres dans les couloirs des bureaux que personne ne voit, excepté les personnes qui travaillent ici. On va les mettre en place en expliquant que ce sont les sculptures qui ornent la colonne Trajane de Rome. Ce qu’ils nous révèlent est d’autant plus intéressant que les reliefs de la ­colonne s’effacent à cause de la pollution. Certaines scènes sont en train de disparaître du marbre… En même temps, je voudrais souligner l’énorme dette que j’ai à l’égard de mes prédécesseurs, à commencer par Balthus et jusqu’à Richard Peduzzi, qui ont tous accompli une œuvre considérable pour la Villa, chacun avec sa sensibilité et sa personnalité propre, et si j’ouvre à mon tour de nouveaux chantiers, ce n’est absolument pas pour déplorer qu’ils ne l’aient pas fait en leur temps. Cette maison est énorme et vénérable, l’institution est exigeante et il est impossible de tout faire. J’hérite de multiples enrichissements de mes prédécesseurs et je m’inscris dans la continuité de chacun en bénéficiant de leurs apports.

Je désire ouvrir largement cette maison sans que cela ne devienne pour autant un « Luna Park ». Je n’aime ni l’idée des « lieux de vie culturels », ni le gratuit.

Vous préférez ouvrir en grand les portes ? Oui. Afin qu’à certaines périodes de l’année, le public puisse découvrir les collections permanentes qui sont le fonds de la maison. Tout n’est pas toujours de premier plan, mais le parcours historique est passionnant. Cet été, nous retracerons son passé grâce aux pièces que nous avons sur place et à de nombreux prêts.

Mesurez-vous à quel point la Villa Médicis, ce qu’on y fait et à quoi elle sert, est totalement ignoré ? Certains ont trouvé formidable ma nomination, pour des raisons plutôt ambiguës. Ils voyaient en moi une sorte de carambolage entre Balthus et Jacques Chazot et, au fond, ils pensaient que cela n’avait guère d’importance. En vérité, personne ne savait ce qu’on faisait ici, ni a quoi ce lieu servait, à part peut-être au prestige de la France. Le déficit de communication qui a duré de très longues années a accrédité l’idée qu’on se prélasse mollement sur la colline du Pincio et que le directeur y recueille les fruits d’une semi-carrière. Un parking des ambitions

Pensez-vous renouer ainsi avec le destin de la Villa ? La Villa n’a jamais rompu avec son destin. Elle a tout à la fois cassé et construit quelque chose. Elle a rompu le lien avec l’Académie des beaux-arts. C’est une ancienne blessure qu’on devrait maintenant panser. On devrait renouer des relations différentes,

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LE MONDE

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28

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# 01

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SOPHIE Chapeau en tulle noir, Dolce & Gabbana ; robe bustier longue en organza noire, Moschino.

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2/03/09 9:24:48


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LE MONDE

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SOPHIE Chapeau en tulle noir, Dolce & Gabbana ; robe bustier longue en organza noire, Moschino.

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LE MONDE

Styles

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LE MONDE

32

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# 01

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ALLA (en haut à gauche) Veste en soie noire, Lanvin ; chemise à pied de col gansé en lin blanc, Hermès ; gilet en laine noir, G-Star ; combinaison en résille noire, Phylea ; boucles d’oreilles, Pomellato. AXEL M. (en haut, à droite) Veste en toile de laine noire, Dior Homme ; chemise en popeline de coton blanche, Dior Homme ; pantalon en soie ivoire, Gucci ; montre, Breguet. AXEL H. (en bas, à gauche) Veste en viscose et soie beige, Yves Saint Laurent ; tee-shirt en coton noir, Yves Saint Laurent ; pantalon en tissu mohair noir, Prada ; montre, Rolex. SYRI (en bas, À DROITE) Pantalon en coton noir, Kenzo ; robe victorienne en satin de soie blanche, Alexander McQueen ; bracelets, Tod’s. VLADA (CI-CONTRE) Soutien-gorge canette antique en popeline noir, Prada ; veste de smoking épaulée en soie blanche, Balmain ; jupe-pantalon en crêpe de laine noir, ceinture cage en cuir verni et bottes cage en cuir verni noir, Yves Saint Laurent ; corset en laine rayé noir, Céline ; bague, Breguet.

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LE MONDE

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ALLA (en haut à gauche) Veste en soie noire, Lanvin ; chemise à pied de col gansé en lin blanc, Hermès ; gilet en laine noir, G-Star ; combinaison en résille noire, Phylea ; boucles d’oreilles, Pomellato. AXEL M. (en haut, à droite) Veste en toile de laine noire, Dior Homme ; chemise en popeline de coton blanche, Dior Homme ; pantalon en soie ivoire, Gucci ; montre, Breguet. AXEL H. (en bas, à gauche) Veste en viscose et soie beige, Yves Saint Laurent ; tee-shirt en coton noir, Yves Saint Laurent ; pantalon en tissu mohair noir, Prada ; montre, Rolex. SYRI (en bas, À DROITE) Pantalon en coton noir, Kenzo ; robe victorienne en satin de soie blanche, Alexander McQueen ; bracelets, Tod’s. VLADA (CI-CONTRE) Soutien-gorge canette antique en popeline noir, Prada ; veste de smoking épaulée en soie blanche, Balmain ; jupe-pantalon en crêpe de laine noir, ceinture cage en cuir verni et bottes cage en cuir verni noir, Yves Saint Laurent ; corset en laine rayé noir, Céline ; bague, Breguet.

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LE MONDE

MARS 2009

MARS 2009

LE MONDE

Sous l’emprise du serpent

Le reptile à l’ambivalent pouvoir de séduction, sulfureux, fascinant, regagne les faveurs des joailliers et des femmes de caractère.

Joaillerie

Joaillerie

NAN GOLDIN réalisation spela lenarcic-spinoza

36

37

# 01

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VICTORIA (à gauche) Robe noire, Roberto Cavalli ; guêpière noire, Cadolle ; montre manchette Volute en or blanc, diamants et saphirs roses, Chanel Joaillerie ; bague Il Peccato en or blanc et diamants, Pasquale Bruni ; bague Serpent en or blanc pavé de diamants, Repossi ; collier en argent Snake, Elsa Peretti pour Tiffany & Co. DOLORÈS DOLL (en haut) Corset chair, Cadolle ; bague anneau serpent Initiée en or rose, yeux en rubis, mise en collier, Sylvie Corbelin ; bague Eva en or rose mat et camée, Pomellato. VICTORIA (en bas) Boucles d’oreilles serpent en or jaune et rose, diamants, rubis et émail couleur turquoise, commande de María Félix à Cartier Paris (1971).

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MARS 2009

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Sous l’emprise du serpent

Le reptile à l’ambivalent pouvoir de séduction, sulfureux, fascinant, regagne les faveurs des joailliers et des femmes de caractère.

Joaillerie

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NAN GOLDIN réalisation spela lenarcic-spinoza

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VICTORIA (à gauche) Robe noire, Roberto Cavalli ; guêpière noire, Cadolle ; montre manchette Volute en or blanc, diamants et saphirs roses, Chanel Joaillerie ; bague Il Peccato en or blanc et diamants, Pasquale Bruni ; bague Serpent en or blanc pavé de diamants, Repossi ; collier en argent Snake, Elsa Peretti pour Tiffany & Co. DOLORÈS DOLL (en haut) Corset chair, Cadolle ; bague anneau serpent Initiée en or rose, yeux en rubis, mise en collier, Sylvie Corbelin ; bague Eva en or rose mat et camée, Pomellato. VICTORIA (en bas) Boucles d’oreilles serpent en or jaune et rose, diamants, rubis et émail couleur turquoise, commande de María Félix à Cartier Paris (1971).

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Rampazzo - Monde M