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Marjorie Le Berre Octobre 2017


PrĂŠface


Marjorie Le Berre est une artiste de la rive. Qu’elle l’arpente, la longe, la traverse, ce motif est pour elle une métaphore de la mise en relation. Elle définit la rive comme un intervalle de contact de milieux non miscibles, le lieu du mouvement contradictoire entre mobilité et sédentarité, une métaphore de la rencontre entre deux individus, un « bord à bord » chargé d’imaginaire, concentrant enjeux sociaux et politiques. Se définissant des trajets d’étude, l’artiste part interroger la notion d’ailleurs, recueillir les récits des individus rencontrés, s’emparer des traces laissées, glaner ce qui fera matière à un travail d’assemblage poétique. Les trajectoires qu’elle parcourt sont des fragments d’un mouvement permanent global. Elle utilise ces itinéraires pour laisser place à l’errance, à la bifurcation, à la pensée incarnée, à l’appréhension sensorielle, à l’évolution des points de vue. C’est pourquoi elle travaille librement tous les médiums avec comme dénominateur commun, l’écriture. L’écriture intervient comme guide, qu’elle apparaisse sous forme de vidéo, d’édition, d’enregistrement sonore, pour naviguer entre les différents éléments plastiques offerts. Marjorie Le Berre dispose, construit, découpe, assemble, isole pour mettre en relation. Dessins, images, sculptures et éléments naturels cohabitent. Les installations proposées dans lesquelles le geste performatif trouve parfois sa place, sont des récits à tiroir, une transmission ramifiée de l’environnement traversé. Passant librement de la mythologie à la description du réel, des images visibles à celles invoquées, l’artiste multiplie les chemins, les points de vue pour favoriser le mélange et éviter l’approche univoque. Son travail est un jeu de pistes poétiques et réflexives où les pièces sont reliées à même l’œuvre par le spectateur. Son approche plastique est une transposition du principe de dérive du mouvement situationniste à la rive ; une immersion dans le bruit de fond de notre environnement commun ; une forme de palimpseste où elle interroge, ce que Paul Virilio nomme « le lieu de la dynamique des fluides ».


Chapitre 11 «Hic est ripa»


«hic est ripa» / 2017 installation performée, matériaux divers, dimensions diverses,

Ce projet est née d’une invitation en résidence au Manoir de Soisay, à la Perrière, où Anselme de Fontenay, cartographe et découvreur des sources de l’Huisne, y vécu au XVIIs. Entremêlant des éléments plastiques qui étaient utilisés dans la fabrication des plans en relief au XVIIs, le chant 23 du récit mythologique d’Homère (durant lequel Ulysse informe Pénélope qu’il doit partir à la recherche du lieu où planter la rame qui ne sera plus reconnue comme telle par la personne qu’il rencontrera), et les anecdotes des 21 jours de marche nécessaires pour relier Nantes à la Perrière en longeant les rives de la Loire, la Sarthe puis l’Huisne jusqu’à sa source, l’installation performée est un récit qui interroge largement la notion d’hospitalité. « Hic est ripa » (ici est la rive) est inspirée d’une locution latine « Hic sunt dracones » qui apparaissaient sur les cartes au XVIs et qui, accompagnée de figures mi aquatiques mi ailées, signifiaient les zones non encore explorées. Premier jour d’installation : une vidéo au format de générique de film est projeté sur le mur du fond. Le texte défile et rencontre une carte posée au sol. Sur le mur perpendiculaire, d’autres éléments sont posés sur l’appui d’une fenêtre obturée. La lumière artificielle qui lui fait face révèle les contre-formes. / Première performance : la performeuse obture la vidéo, ferme la carte, déplace une rame, des fils colorés… ça et là elle nous délivre des anecdotes. / Deuxième jour d’installation : une vidéo au format de générique de film est projeté sur le mur du fond. Le texte défile et rencontre les plumes qui jonchent le sol. Une plume fait office de voile sur un losange de terre. Cette embarcation est posée à côté de méandres colorés. / Deuxième performance : à venir Conçue comme une installation évolutive et un récit fragmenté, le second chapitre prolongera cette première étape du récit.performance : à venir


Manoir de Soisay, La Perrière Vue d’exposition


Manoir de Soisay, la perrière Vues de la performance et d’exposition


Manoir de Soisay, La Perrière Vue d’exposition


Chapitre 10

«Nous nous repousserions du pied»


« Sans ordres ni points cardinaux, les condamnant à des errances hors du temps, faisant d’eux des voyants plutôt que les protagonistes d’une véritable intrigue » Jérome Game (Le récit aujourd’hui)

Aux prémices de notre humanité, nous inventions le langage comme technologie sociale pour se révéler à l’autre. Nous avons imaginé des sons, composé une graphie, créé une succession de gestes et de manières. Pourtant malgré toutes ces ruses, qu’entendre? Aurélie Barrière & Justine Sevêtre


l’effet kamal, les conséquences d’une métaphore / 2017 installation sonore, bois mélamiané, corde de chanvre, terreau, jujubier de berbérie, jujubes, son 5’40 ‘‘

Quand de périgrinations en mutabilités, la rencontre se fait échange de matérialité, tout tend à s’abstraire, et à défier le temps. - Comment deux bords se mettent en connexion? Début de la dérive. (...) - Dans l’errance, et quoiqu’il arrive toujours maintenir l’écart! Aurélie Barrière Expérimenter, dériver, se heurter à et rencontrer. Cette installation est une recherche d’interprétation d’un bord à bord. Comment cartographier un rapprochement, une confrontation? Comment construire un espace narratif, un territoire qui ne referme pas sur lui même, un ensemble de relations qui se tissent au delà de la représentation? C’est une recherche de construction métaphorique d’un langage qui existe dans l’espacement de deux individus.

écoute l’effet kamal


Lové, Nantes Vue d’exposition


la marge du 17 janvier au 13 avril 2017 / 2017 édition, 91cmx4m

Journal de recherche autour de la notion de rencontre, cette édition est pensée comme une cartographie de rebonds réflexifs qui questionne la convergence issue d’une mise en relation de deux individus pour lesquels le langage diverge.


conversa(c.t)ion / 2017 vidéo, 5min45

La vidéo, Conversa(c.t)ion, marque le point de jonction du face-à-face, entretenu avec Raùl Valero Lòpez durant 2 mois, la durée de la résidence effectuée ensemble à Lové. Issue d’un travail de dialogue muet entre nous deux, la vidéo suit le principe du cut-up. En détournant les images de leur contexte, la vidéo invente un langage visuel et chaque réponse participe à la bifurcation du sens préalablement perçu.

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Chapitre 9 «Im(passe)age»


de la page à la rue en passant par les rivières (et/ou) la ligne de ponts / 2016 installation, walldrawing, performance, enregistrement sonore matériaux divers, durée et dimension variables

L’installation pensée comme table de recherche est la restitution de l’enquête menée autour du « passage de la poule noire » pendant les deux mois de résidence : documents d’archive, relevé topographique, prélèvement de matières, partitions cartographiques sont autant de documents présentés et activés par une performance le jour de l’ouverture du lieu au public. La trace sonore de cette intervention signe la dernière strate de l’installation. Elle est réintroduite au sein même de l’ensemble des documents proposés à la manipulation durant le laps de temps de l’ouverture du lieu.

extrait performance de la page à


Collectif Centlieues, Nantes Vue d’exposition


Passage de la poule noire, Nantes Vues de la performance et d’exposition


Passage de la poule noire, Nantes Vues de la performance et d’exposition


Chapitre 8 «Rive(s)»


«Le moment du contact romantique avec la mer est aujourd’hui dépassé et nous avons retrouvé une part des premières logiques des modes de peuplement (...) et aujourd’hui l’histoire bascule vers le dernier rivage, océanique, vers la fin du monde,vers le finisterre.» Paul Virilio (Le littoral, la dernière frontière, entretien avec Jean-Louis Violeau)

rive(s) regroupe plusieurs situations d’expérimentation de cette ligne en perpétuelle mouvement qui se joue de sa représentation, de son énonciation, et qui métaphorise de nombreux enjeux sociaux et politiques. Il s’agit de révéler la dualité de cet espace qui, par essence, est celui de la rencontre, heurt d’un milieu liquide sur un milieu solide, et zone d’hybridation.


« take that you big blue motherfucker » / 2017 carte postale & graine de zizyphes lotus, 50 exemplaires

Un an après la rencontre avec Ali, jeune étudiant syrien en relations internationales, je recevais un message me confirmant son arrivée en Allemagne. Nous décidions alors de réaliser une édition commune qui faisait lien entre deux gestes de gratitude.


et, te souviens-tu que Reza posait un biscuit à la canelle sur nos verres de thé? / 2016 vidéo , couleur, sonore durée : 4min20s

Ecouter, observer, mémoriser et revenir avec ce que l’autre nous a légué et vouloir le transmettre à son tour. A cet instant des questions surgissent : Où intervient sa subjectivité? Comment rendre compte de l’intersection de deux points de vue? Comment révéler la rencontre qui modifie le langage des deux protagonistes? S’extraire d’un flux d’images documentaires pour apporter un point de vue croisé sur un évènement géopolitique. Cette vidéo est conçue comme un objet d’hospitalité situé dans l’interstice entre un volontaire et un nouvel-arrivant devenu volontaire.

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Captures d’écran


Vue in-situ


prendre la tangente pour l’ [en brassées] / 2014 édition jet d’encre sur papier recyclé dans coffret en carton gris édition 12 x 15 x 2cm (3 exemplaires)

Journal de bord de l’exploration de l’île de Baure sur la ligne définie par la rive, cette édition présente un rendu photographique de l’ouverture de ce nouveau sentier. Celui-ci restait marquée par les brassées de végétaux taillés pour me frayer un passage. Contenus dans une bâche bleue et déposés sur cette ligne de flottaison, ces marquages picturaux et sculpturaux n’ataient visible qu’à distance depuis les quais à l’entour. Projet réalisé dans le cadre de l’exposition «Mesures 17/10/13 – 25/05/14» sur le port de la Ménitré (49).


Chapitre 7 «Quelle direction pensez-vous avoir pris pour venir jusqu’ici?»


«Faire quelque chose qui éprouve l’environnement ou qui réagit face à lui, qui change, qui n’est pas stable, faire quelque chose d’indéterminé qui parait toujours différent, dont on ne peut prévoir précisément la forme (...) faire quelque chose qui vit dans le temps et faire faire au spectateur l’expérience du temps, énoncer quelque chose de naturel.» Hans Haacke (L’idée de nature dans l’art contemporain)

Le lac d’Estom est une étape de fin ou de début de parcours avant de redescendre dans la vallée ou d’aborder le GR qui serpente entre France et Espagne. A ce point, le cirque montagneux est une frontière physique métaphore d’une zone transfrontalière du «nous», et fait raisonner avec des questions existentialistes «Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?» Quand le brouillard apparaît la perspective de passer de l’autre côté se fait avec tatonnement. Lors de cette expérience de marche à l’aveugle, la dérive de la marche amène progressivement à un sentier qui se découvre pas à pas jusqu’au moment où le lâcher-prise fait arriver à un lieu bien loin de celui attendu. C’est alors que l’apparition d’une halte vient ponctuer la marche dans un lieu tel que le refuge.


Millefeuilles, Nantes Vue d’exposition


double mouvement / 2016 vidéo , couleur, sonore durée : 7mi56

«Quelle direction pensez-vous avoir pris pour venir jusqu’ici ?» est le point de convergence de ce court-métrage réalisé dans le parc national des Pyrénées lors de plusieurs mois passés en tant qu’aide-gardien de refuge. Les témoignages des randonneurs interrogent la notion de « direction », l’action de «venir » et la référence spatio-temporelle « ici » en accompagnant une marche dans le brouillard, une marche de myope où la focale se fait sur le dire.

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Chapitre 6

ÂŤA point of no returnÂť


«Là où manquent les mots dans l’expérience de l’image (...) là même s’ouvre un horizon pour inventer des paroles nouvelles, des phrases, des pensées jusqu’alors inenvisagées. Regarder, donc: assumer l’expérience de ne rien garder de stable. Accepter, devant l’image, de perdre les repères de nos propres mots. Accepter l’impouvoir, la désorientation, le non-savoir. Mais c’est là, justement, que réside une nouvelle chance pour la parole, pour l’écriture, pour la connaissance et la pensée elles-mêmes.» Georges Didi-Huberman (Essayer Voir)

Etre aux prises entre possession et dépossession d’une expérience, rechercher un point de balance au sein du mouvement paradoxale entre fixité et dynamique, libérer une circulation entre prise de position et perte de repères, sont autant de questionnement abordées dans le projet «a point of no return». Cet ensemble est conçu comme un phrase-récit où les interstices donnent à voir une recherche d’équilibre, et traduit un voyage de 42 jours en mer sur un porte-container pour traverser l’Atlantique et 42 jours sur terre sur l’île de Trinidad-et-Tobago. Chaque pièce est une escale, un mot-signifiant. Cette proposition invite le regardeur à assembler les éléments du puzzle, comme autant de points de vue interrogeant la ligne, la cartographie, le déplacement physique autant que celui de la mémoire.


des corps flottants / 2015 performance pour 9 femmes durée : 1heure

En embarquant avec un équipage de marins, la recherche d’équilibre est double : celui du corps sur un îlot mouvant et d’une femme seule au sein d’un groupe exclusivement composé d’hommes. Les 9 femmes recherchent leur point d’appui en visualisant mentalement le mouvement de gîte-contre-gîte d’un bateau. Cette performance donne lieu à un geste hypnotique ténu qui apparaît progressivement comme une recherche perpétuelle de son propre mouvement au sein de celui créé par le groupe, traduction des enjeux de mise en relation des individus entre eux.


Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Angers Vue du DNSEP


silence, bruits de page, de respiration Premier symptôme Si accostage = expiration et désaccostage = inspiration, que se passe-t’il quand la seconde manoeuvre n’a pas lieu? On cherche la houle pour reprendre de l’air… Au coeur du Platon L’échauffement des particules humaines mises en vibration dans la coursive subaquatique dégage une énergie qui contrebalance la perte calorifique d’une troublante absence de prise de position. Jeux de persistences rétiniennes La règle du jeu est simple: faites de l’oeil au soleil lorsqu’il se couche. silence, bruits de page, de respiration (.../...) Si l’on considère la population sur la terre en 2014 à environ 7,2 milliards de personnes Si à un instant t, chaque individu occupe une position propre définie par (x,y,z) Alors on peut s’interroger sur la définition de l’espace qu’occupe cet instant t. L’espace-temps ET serait alors égal à l’instant t élevé à la puissance ‘somme de 1 à 7,2milliards des positions (x,y,z)’ ET=t^E(x,y,z) silence, bruits de page, de respiration (.../...)


la traverser / 2015 installation sonore, piste audio mono, format mp3 durée 29min

Le journal de bord écrit quotidiennement durant les 3 mois, est ici relu de manière lacunaire en n’en révélant que des morceaux choisis. Prise de position, rapport au corps, lien à l’environnement sont les thèmes qui jalonnent l’ensemble de l’enregistrement. Diffusé en extérieur la mise en espace participe à l’évanouissement de l’expérience.

extrait en écoute


mouvement perpétuel, Craby, Kelly, Matthew, Spanish and others fishermen / 2015 installation, bois, verre, azurant optique, papier 200x280cm

L’amarre d’un bateau est l’interstice entre terre et mer, la retenue à une certaine forme de dérive. sa prise d’empreinte traduit un mouvement de rapprochement entre deux individus autant qu’une amplitude de vague qui agite l’embarcation. L’enregistrement du mouvement des amarres s’est effectué durant 7 jours en collaboration avec les pêcheurs du village de « Maracas Bay » vivant en lisière d’un haut lieu touristique de T&T dont ils fournissent le poisson pour le Bake and Shark, sandwich très prisé. L’installation prolonge cet idée de mouvement continue par le changement quotidien du cadre. Chaque jour un dessin différent est visible et/ou une(des) photographie(s) au recto de chaque module, et ce sur un cycle d’une semaine, forme de calendrier perpétuel qui traduit un quotidien rythmé par la pêche.


«A seaman is existing between somewhere» / 2015 série de 8 dessins, papier carbone 480x63cm

« a seaman is existing between somewhere » est la traduction d’un proverbe bulgare, cité par Nikolas, chef ingénieur de la marine marchande, rencontré à bord du porteconteneurs. Ce proverbe signifie que le marin est constamment dans un espace flottant situé entre deux quais sur lesquels il s’apponte. Chaque dessin est réalisé à partir des points GPS relevés sur les cartes de navigation utilisées durant la traversée. L’ensemble reprend les différentes escales en traçant des espace-temps relatifs à l’heure de départ des différents ports, cherchant à révéler «l’hétérotopie par excellence» que représente le navire marchand.


Chapitre 4 ÂŤHappenstancesÂť


Happenstances / in progress Photographies numériques

Démarche ouverte, cette série de photographies est une exploration du bruit de fond social et politique. S’extrayant d’une chronologie. les rapprochements se font dans une volonté d’énoncer, de dénoncer et de construire un manifeste visuel.​ Projetées, les photographies sont accompagnées d’un enregistrement sonore qui informe des titres, lieux et dates.


circulation d’air / grèce / 2016 - gigogne / france / 2017

sujet touristique / france / 2017 - décor souterrain / france / 2017

apparition / brésil / 2014 - vitruve / france / 2014


aveuglement sécuritaire / france / 2017 - au bout du rouleau / france / 2013

dénué.e de sens? / france /2017 - monnaie d’échange / turquie / 2016

azimut / océan atlantique / 2014 - horizon / océan atlantique / 2014

extraits de la série


Chapitre 3 «Ensemble»


Ce chapitre présente des initiatives collectives de recherche, tant en terme de forme, d’expérimentation que de production. Chacune de ces expériences révèle une production conjointe et commune où tous les éléments des installations existent grâce et par la réflexion et le dialogue commun.


2

6 7 5 1

4

3

1 tentes 2 abri 3 feu 4 cabanon 5 forĂŞt 6 source 7 Banc

Plan du campement


L’île des oubliés / 2014 Projet collectif réalisé avec Axelle Auguin, Catherine Goutierre, Lise Le Joliff, Sebastien Quentin, Marie Rousseau et Alexis Sergent

L’installation présentée est une reconstitution du camp de base, point de ralliement, zone de vie, de recherche et de travail créé lors d’une pratique de rite de passage. Le rite consiste à s’isoler du groupe une marée durant sur une île à 1h de marche du campement de base: l’«île des oubliés», Gwin Zegal. Projet réalisé dans le cadre de l’exposition «Oblitus Locis», Chapelle Saint-Lazare, Angers.


Chapelle Saint Lazare, Angers Vue d’exposition


Chez Robert | Galerie d'art contemporain

31/08/13 22:35

chez-robert barycentres exposition iouri camicas, marjorie détoc, fabien léaustic et fanny paldacci du 13 mai au 07 juillet 2013 Une vague au va-et-vient à peine visible, à la fois mobile et en suspens – à la verticale, contre le mur de la salle principale. Un banc de sable échoué – au plafond, au bord de la verrière. La trace d’un foyer qui a fait éclater le sol comme la peau d’un fruit, orné le mur aussi délicatement qu’un fusain. Seul volume de l’installation, la rouille qui se dépose entre deux plaques de verre dressées. Les quatre artistes usent de la galerie non comme lieu d’exposition, encore moins de déambulation, mais comme support. Ils l’ont brûlée, détrempée, découpée, comme une éprouvette dans un laboratoire. Les coordonnées spatiales et les lois de la physique en ont perdu leur pertinence. Pas de titres, des chiffres : 482, indice de viscosité ; 390, température en degrés Celsius ; 475, masse de ce sable sans poids ; 000, référence de la limaille de fer que l’air oxyde. On pense au Grand Verre, à la galerie Iris Clert désertée, à la Chambre aux Catastrophes Naturelles de Petites Dimensions de Jacques Julien et Paul Sztulman – cette famille d’œuvres qui dans leur fragilité renferment une idée de l’infini. Davantage encore qu’à une expérience de l’espace, c’est donc à renouveler son sens du temps, cette quatrième dimension, que le spectateur est invité. Tout est déjà passé, et tout se passe encore. De la flambée il ne reste que le noir, mais la vidéo la fait renaître en boucle. Le sable ne s’écoule pas, mais l’oxydation silencieuse du volume sert de sablier. La vague est plus lointaine au moment où elle semble plus proche. Ce temps actif et suspendu est celui que demande la contemplation d’un paysage, d’un visage ou d’une œuvre d’art. C’est aussi celui du mouvement paradoxal de l’artiste, entre retenue et abandon. Le temps du geste rejoint par le temps du regard. Pascale Ratovonony

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barycentres iouri camicas, marjorie détoc, fabien léaustic and fanny paldacci exhibition from 13 may to 07 july 2013 A wave sways to and from barely visible, both mobile and unresolved – vertically against the wall of the main room. A beached sandbar – on the ceiling, on the edge of the glass roof. The traces of the hearth, which broke the ground like the skin of a fruit, decorated the wall as delicately as a charcoal sketch. The sole object of the installation, a display of rust trapped between two standing glass plates. The four artists have designed the gallery not as an exhibition, even less as a place to walk around, but as support. They have burnt it, soaked it and cut it up, experimenting with the space like a specimen in a laboratory. Spatial volume and the laws of physics lose all relevance. No titles, only numbers: 482, viscosity grade; 390, temperature in Celsius; 475, the mass of the sand without weight; 000, reference for the fillings of oxidized iron. It reminds us of Grand Verre, of Iris Clert’s deserted gallery, of La Chambre aux Catastrophes Naturelles de Petites Dimensions by Jacques Julien and Paul Sztulman – this family of works, which in their fragility encase the idea of infinity. Even more than experiencing the space, the viewer is invited to renew his sense of time, this fourth dimension. Everything is already gone, and everything is still happening. From the blaze there is only darkness left, but the video brings it back to life over and over again. The sand doesn’t flow, but the silent oxidization of the volume serves as an hourglass. The wave is the farthest away at the moment it seems the closest. Reining in the movement is what requires contemplation of a landscape, a face or a work of art. It’s also the paradoxical movement of the artist, caught between restraint and abandon. The action of doing joins the action of looking.

www.chez-robert.com - espace d'art - 2007-2013

contact | links | credits | site mdlx


Barycentre / 2014 Exposition collective réalisée avec Iouri Camicas, Fabien Léaustic et Fanny Paldacci

Projet réalisé au sein de la galerie chez-robert autour de la problématique d’anti-gravité. Le projet n’existant que par le biais de photographies visibles sur le site de la galerie, les interventions possibles sur l’espace d’exposition ont permis d’expérimenter diverses manipulations du support, nous incitant à travailler autour de la gravité.

http://www.chez-robert.com/


Sans Titre 482 et Sans Titre 000 Vue d’exposition


Annexes


Marjorie Le Berre

Née à Fontainebleau le 14 janvier 1978 Vit et travaille à Rezé

06 64 10 66 73 marjorie.leberre@laposte.net http://marjorie-leberre.com

N° SIRET 512 746 975 00022 / MDA LE25300

Expositions personnelles 2017 «Hic est ripa», Manoir de Soisay, La Parrière, Orne 2015 «A point of no return», Hôtel d’Olonne, Angers, Maine-et-Loire 2014 «Blue Devil», Alyce Yard, Port of Spain, Trinidad & Tobago

Expositions collectives 2017 2016 2014 2013

«A la rue, tous!», Rue Paul Nizan, Nantes, Loire-Atlantique «Nous nous repousserions du pied», commissariat Aurélie Barrière, Justine Sevêtre, Atelier Lové, Nantes, Loire-Atlantique «L’œuf ou la poule», Nantes, Loire-Atlantique «Rendez-vous au sommet», Millefeuilles, Nantes, Loire-Atlantique «Mesures», La Ménitré, Maine-et-Loire «Oblitus Locis», Chapelle St Lazare, Angers, Maine-et-Loire «Le rythme et l’allure», Galerie CROUS, Paris «Barycentres», www.chez-robert.com

Résidences 2017 2016 2014

Manoir de Soisay, La Perrière, Orne Atelier «Lové», Nantes, Pays de la Loire Passage de la poule noire «collectif Centlieues», Nantes, Loire-Atlantique Alice Yard, Port of Spain, Trinidad&Tobago

Ateliers / interventions 2017 2016 2015

Ateliers d’écriture, Centre d’hébergement d’urgence Halte de nuit, Nantes, Loire Atlantique Projection débat, «Crossing borders Conference», Université d’Aegan, Lesvos, Grèce Médiation et atelier pour scolaires, Mobilis in Mobile 3:4 «In situ» d’Arthur Chiron, Saint Florent le Vieil, Maine-et-Loire

Diplômes 2015 2001

DNSEP - École Nationale Supérieure des Beaux Arts d’Angers Ingénieur chimiste - ESCOM - Cergy pontoise

Publications . «Chez-robert – Michel Delacroix, Frac Franche-Comté», textes de Sylvie Zavatta, Michel Delacroix, Jacques Py, Julián Zugazagoitia, Editions Les Presses du Réel, paru en avril 2015

Presse . «Le manoir de Soisay ouvre aux Journées du patrimoine», ouest-France.fr, 09/09/2017 . «Marjorie Le Berre explore et se joue des éléments», Ouest-France Orne, Lundi 7/08/2017 . «Alice Yard shares : Marjorie Le Berre – one night action», arcthemagazine.com, 21/10/2014 . «Marjorie Le Berre: one-night action at Alice Yard», aliceyard.blogspot.co.uk, 19/10/2014


Où il est question de pluralité et d’ouverture / 2016 Le travail de Marjorie Le Berre se construit au fil du temps. Rien n’est pré-écrit, le départ comme l’arrivée sont floues, pour que l’on puisse à n’importe quel moment être assez libre pour bifurquer, et revoir le parcours depuis un autre point de vue. Car il s’agit aussi de ça, dans la démarche de son travail : parcourir, se frotter au dehors, à ce/ceux qui le composent. Mais comment faire percevoir ce visible au niveau du sens ? C’est à dire, les sensations, les fragments de vie, le territoire, en évitant le déterminisme sociologique. C’est pourquoi son travail plastique est pluridisciplinaire souvent fait d’installations, avec une belle place faite au récit. C’est un travail fragmentaire, comme un jeu de piste où les cohérences se relient à même l’œuvre, où les coordonnées de départ sont incertaines pour mieux les multiplier ainsi que les chemins qui en découlent, pour favoriser les mélanges. Marjorie Le Berre nous raconte des histoires du réel, avec ou sans la présence du langage, quand il y a une narrativité elle joue entre la description et la fiction, entre le passé et le présent, entre les mots eux même et les images qu’ils convoquent. Si les trajectoires sont multiples, à la source de sa production Marjorie Le Berre opère un véritable travail de sélection, de découpe, de superposition, de documentation pour nous proposer par cet exercice de montage une réflexion à la fois esthétique, éthique et politique de ce que veux dire être au monde.

Johana Simon


one-night action / 2014 Artist Marjorie Le Berre, in dialogue with Alice Yard, invites you to view, for one night only, an installation developed from her collaborative investigations at Maracas Bay. As suggested by the artist, “Based on the rhythm of the tide and on the ideas of ‘repetition and difference’ of Deleuze,” the project consists of a series of drawings produced over a week in collaboration with fishermen and children at Maracas Bay. The drawings consist of recordings of the movement of the tide, the swell, when the ropes of moored pirogues touch paper placed on the shore, making marks on the paper and in the sand. Local Crown brand blue laundry pigment, which is also used for blue devil performances, was rubbed on the ropes to produce the drawings. The titles reflect the time of day and dates. Le Berre is a contemporary artist based in France, and has been visiting Trinidad reconnecting with the site of her childhood memories of living here, contrasting them to her current investigations of the island. She is concerned with nomadism and identity.

Christopher Cozier


Barycentre / 2014 Une vague au va-et-vient à peine visible, à la fois mobile et en suspens – à la verticale, contre le mur de la salle principale. Un banc de sable échoué – au plafond, au bord de la verrière. La trace d’un foyer qui a fait éclater le sol comme la peau d’un fruit, orné le mur aussi délicatement qu’un fusain. Seul volume de l’installation, la rouille qui se dépose entre deux plaques de verre dressées. Les quatre artistes usent de la galerie non comme lieu d’exposition, encore moins de déambulation, mais comme support. Ils l’ont brûlée, détrempée, découpée, comme une éprouvette dans un laboratoire. Les coordonnées spatiales et les lois de la physique en ont perdu leur pertinence. Pas de titres, des chiffres : 482, indice de viscosité ; 390, température en degrés Celsius ; 475, masse de ce sable sans poids ; 000, référence de la limaille de fer que l’air oxyde. On pense au Grand Verre, à la galerie Iris Clert désertée, à la Chambre aux Catastrophes Naturelles de Petites Dimensions de Jacques Julien et Paul Sztulman – cette famille d’œuvres qui dans leur fragilité renferment une idée de l’infini. Davantage encore qu’à une expérience de l’espace, c’est donc à renouveler son sens du temps, cette quatrième dimension, que le spectateur est invité. Tout est déjà passé, et tout se passe encore. De la flambée il ne reste que le noir, mais la vidéo la fait renaître en boucle. Le sable ne s’écoule pas, mais l’oxydation silencieuse du volume sert de sablier. La vague est plus lointaine au moment où elle semble plus proche. Ce temps actif et suspendu est celui que demande la contemplation d’un paysage, d’un visage ou d’une œuvre d’art. C’est aussi celui du mouvement paradoxal de l’artiste, entre retenue et abandon. Le temps du geste rejoint par le temps du regard.

Pascale Ratovonony


Dossier artistique Marjorie Le Berre  

Dossier artistique version Octobre 2017 / français

Dossier artistique Marjorie Le Berre  

Dossier artistique version Octobre 2017 / français

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