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FEMININE Avril 2012

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Performances Les voix des femmes : faire vivre des MAUX par les MOTS

Déco

Installation poupée dans votre jardin


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p.2 FĂŠminine


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p.3 FĂŠminine


Edito

«Car la nature féminine est un abandon sous forme de résistance.» Kierkegaard dans le Journal d’un séducteur.

De par son sexe, la femme est depuis toujours considérée inférieure. D’Aristote à Freud ce sexe est vu comme un manque, un défaut, une défaillance de la nature. Si pour Aristote la femme est un homme raté, un être incomplet, l’inventeur de la psychanalyse, Freud, lui attribue quant à lui une envie de pénis imputable à une même absence d’ordre anatomique. Par son anatomie et sa biologie, la femme reste passive. Ce n’est qu’au XVIII° siècle, celui des sciences naturelles et médicales, que le sexe est considéré comme fondement de l’identité, aussi bien chez l’homme que chez la femme. Ce siècle sexualise surtout les femmes si bien que la femme devient son propre sexe, dans le sens où elle vit en fonction de lui, avec lui, dans un échange commun. En 1762, Jean Jacques Rousseau écrit «le mâle n’est mâle qu’en certains instants, la femelle est femme toute sa vie; ou tout du moins toute sa jeunesse; tout la rapporte à son sexe, et, pour bien remplir les fonctions, il lui faut une constitution qui s’y rapporte».1 Mais ce qui fait que la femme est rejetée n’est-il pas sa puissante attraction ? En effet, depuis toujours la femme séduit. Femme séduisante, attirante, plaisante; autant d’adjectifs qui nous donnent à voir une image méliorative de la femme. Pourtant l’homme a peur de la sexualité de la femme, sexualité qu’on ne peut jamais satisfaire, avidité d’un puits sans fond qui épuise les hommes, hantise de Stendhal.2 « […] Nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif ou dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité.», déclare Simone de Beauvoir : prémices d’une révolution sexuelle, celle des années 60 et de la lutte pour la condition de la femme.3 C’est dans cette Histoire des femmes que j’inscris aujourd’hui ma démarche plastique, histoire écrite par les féministes , et jalonnée de leurs actions engagées. Mes performances se veulent féministes, mais je les qualifierais aujourd’hui de féminines. En effet, ces artistes de la contestation sont pour moi des figures inspiratrices, et mon travail, la suite féminine des réflexions qu’elles ont engagées. L’artiste d’origine turque Nil Yalter a beaucoup travaillé sur la condition féminine. En 1974, elle a réalisé une œuvre vidéo, La femme sans tête ou la danse du ventre, qui aborde la sexualité féminine. La vidéo montre en gros plan le 1 Émile ou de l’éducation, édition Gallimard, Paris 1969, p.692. 2 Le Rouge et le Noir, édition Gallimard, collection folio classique, Paris 2000. 3 Le Deuxième sexe, édition Gallimard, Paris 1949.


ventre de l’artiste ; avec un feutre noir, elle écrit autour de son nombril un passage du livre de René Nelly intitulé Érotique et civilisations.4 Une fois son ventre recouvert de texte, l’artiste commence à danser au rythme d’une musique traditionnelle. Son geste d’écrire sur son ventre a une signification particulière dans sa culture. En Anatolie, jusqu’aux temps récents, les femmes stériles ou désobéissantes étaient amenées à l’imam de leur village, et sur leur ventre, l’imam écrivait des phrases à caractère religieux. Le ventre devenait talisman. Dans sa vidéo, Nil Yalter retourne le sens de cette tradition en dénonçant la négation du plaisir des femmes. Ce geste d’écriture peut se rapporter à la pratique du tatouage. En effet, de façon historique le tatouage s’avère toujours la marque d’un témoignage : d’un acte, d’une condamnation, d’une promesse ou d’un désir, d’une appartenance ou d’une exclusion. Il fait de la peau un mémorial et ouvre aussi à de nouvelles possibilités érotiques : dans le jeu du caché/dévoilé, mais aussi et surtout dans la capacité qu’a le corps tatoué mis à nu, de déployer sous la caresse et la jouissance, les inscriptions tatouées. Cette érotique du tatouage, le cinéma l’a mise en scène, dans La femme tatouée de Yoichi Takabayashi où la femme unit l’acte sexuel et la douloureuse incision de la lame en une même convulsion érotique. On songe aussi au film de Peter Greenaway, The Pillow Book dans lequel l’héroïne, la femme - qui est à la fois support du tatouage et maîtresse du jeu érotique - ayant été tatouée par son père dès l’enfance, fait du corps de chacun de ses amants, le lieu de transmission de cette singulière graphie. Vengeance du tatouage : cette femme fait de l’amant la victime expiatoire et silencieuse recevant l’écriture. L’écriture ainsi que le recouvrement font partie intégrante de ma pratique. Liés à la performance, les mots me permettent d’exprimer des maux. C’est en cueillant ainsi les mots que je veux toucher les gens et faire vivre mes actions.«On ne peut pas écrire sans la force du corps. Il faut être plus fort que soi, pour abolir l’écriture. Il faut être plus fort que ce que l’on écrit.», écrit Marguerite Duras.5 Stoker Marjorie 4 « La femme est à la fois ‘’convexe’’ et ‘’concave’’. Mais encore faut-il qu’on ne l’ait point privée mentalement ou physiquement, du centre principal de sa convexité : le clitoris [...]. Cette haine du clitoris correspond en vérité à l’horreur ancestrale que l’homme a toujours éprouvée pour la composante virile et naturelle de la femme, celle qui, chez elle, conditionne l’orgasme absolu». 5 Écrire, édition Gallimard, 1993.


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Sommaire Performance Les voix des femmes Photogramme et textes lus

p.11

Etre femme p.30 les pionnières des années 60 les féministes contemporaines p.33 Déco votre jardin de poupée

p.36

Cuisine travailler les épices

p.48

Sexo l’intime et le secret

p.52

Actualité les normes

p.56

Jeu peinture jouable

p.60

Prévention fumez vos mégots

p.64

Maquillage body painting

p.70

p.9 Féminine


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Performance Performance, Les voix des femmes, le 6 mars 2012 Performance réalisée dans la bibliothèque de l’univer-

sité. Ci dessous le photogramme (tiré d’une vidéo réalisée lors de la performance)

Passages lus : Simone de Beauvoir Le Deuxième sexe I, éd Gallimard, 1949. Pour entendre leurs voix-les mots des femmes1- il faut ouvrir non seulement les livres qui parlent d’elles, les romans qui les racontent et les imaginent mais aussi ceux qu’elles ont écrits. Feuilleter les journaux, que dès le XVIII° siècle elles ont lancés, et franchir ainsi avec elles les obstacles de leur accès à l’écriture, frontière interdite du savoir et de la création. Les chemins des premières femmes qui écrivirent furent d’abord la religion et l’imaginaire: les voies mystiques et littéraires; l’oraison, la méditation, la poésie et le roman. Sapho la mystérieuse poétesse grecque du VII° siècle, la religieuse Hildegarde de Bingen auteure dès le XII° siècle du Jardin des délices un recueil de chants grégorien, Marguerite Porete avec Le Miroir des âmes simples et anéanties ou Christine de Pisan dont La Cité des dames marquera au XV° siècle une rupture en sont des exemples. Le féminisme, sous toutes ses formes, fut lui aussi un puissant incitatif à cette entrée en écriture des femmes notamment dans la presse. On peut alors aujourd’hui lire les mots des femmes; les maux des femmes. La presse féminine spécialisée est la presse de mode qui se développe dès le XVIII° siècle. Écrite par des hommes la plupart du temps, les femmes vont peu à peu s’y faufiler. Cette presse connaitra un grand essor au XIX° siècle en raison de son succès auprès des femmes en quête de conseils pour une mode obsédante. Le Journal des demoiselles en est un exemple. Ces magazines viseront ensuite à développer l’émancipation des femmes; ambiguïté de cette presse féminine, entre enjeu d’images et de conduites. La presse féministe sera plus engagée, faisant émerger les journalistes femmes qui ont bien conscience du rôle de la presse dans l’opinion publique. Ces écrits, manuscrits et livres sur l’histoire des femmes vont se retrouver dans des bibliothèques spécialisées ainsi qu’à la Bibliothèque nationale. 1 Mona Ozouf Les Mots des femmes. Essai sur la singularité française. Paris, Fayard, 1995 p.11 Féminine


Phase 1 : Lecture et écriture de passages choisis

S U O

B A T

« Parmi les tabous qui concernent la femme en état d’impureté, il n’en est aucun d’aussi rigoureux que l’interdiction de tout commerce sexuel avec elle. Le Lévitique condamne à sept jours d’impureté l’homme qui transgresse cette règle. Les Lois de Manou sont plus sévères: «la sagesse, l’énergie, la force, la vitalité d’un homme qui approche une femme souillée d’excrétions menstruelles périssent définitivement.» Les pénitents ordonnaient cinquante jours de pénitence aux hommes qui avaient eu des relations sexuelles pendant la menstruation. Puisque le principe féminin est considéré comme atteignant alors le maximum de sa force, on redoute que, dans un contact intime, il ne triomphe du principe mâle. D’une manière plus imprécise, l’homme répugne à retrouver dans la femme qu’il possède l’essence redoutée de la mère; il s’attache à dissocier ces deux aspects de la féminité: c’est pourquoi la prohibition de l’inceste sous la forme de l’exogamie, ou sous des figures plus modernes, est une loi universelle; c’est pourquoi l’homme s’éloigne sexuellement de la femme dans les moments où elle est plus particulièrement vouée à son rôle reproducteur: pendant ses règles, quand elle est enceinte, quand elle allaite. Le complexe d’Oedipe ne contredit pas cette attitude, mais au contraire l’implique. L’homme se défend contre la femme en tant qu’elle est source confuse du monde et trouble devenir organique. » p254

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« Dans le D déchainement érotique, l’homme en étreignant l’amante cherche à se perdre dans l’infini mystère de la chair. Mais nous avons vu qu’au contraire, sa sexualité normale dissocie la Mère de l’Épouse. Il a de la répugnance pour les mystérieuses alchimies de la vie, tandis que sa propre vie s’alimente et s’enchante des fruits savoureux de la terre; il souhaite se les approprier; il convoite Vénus sortie toute neuve des eaux. C’est comme épouse que la femme se découvre d’abord dans le patriarcat puisque le créateur suprême est mâle. Avant d’être la mère du genre humain, Ève est la compagne d’Adam; elle a été donnée à l’homme pour qu’il la possède et la féconde comme il possède et féconde le sol ; et à travers elle, il fait de toute la nature son royaume. Ce n’est pas seulement un plaisir subjectif et éphémère que l’homme cherche dans l’acte sexuel. Il veut conquérir, prendre, posséder; avoir une femme, c’est la vaincre; il pénètre en elle comme le soc dans les sillons; il la fait sienne comme il fait sienne la terre qu’il travaille; il laboure, il plante, il sème. » p256


Redoutée Souhaitée

« L’hésitation du mâle entre la peur et le désir, entre la crainte d’être possédé par des forces incontrôlables, et la volonté de les capter se reflète d’une manière saisissante dans les mythes de la Virginité. Tantôt redoutée par le mâle, tantôt souhaitée ou même exigée, elle apparaît comme la forme la plus achevée du mystère féminin; elle en est donc l’aspect le plus inquiétant et le plus fascinant à la fois. Selon que l’homme se sent écrasé par les puissances qui le cernent, ou qu’il soit orgueilleusement capable de les annexer, il refuse ou réclame que son épouse lui soit livrée vierge. Dans les sociétés les plus primitives, où le pouvoir de la femme est exalté, c’est la crainte qui l’emporte; il convient que la femme ait été déflorée avant la nuit de noces. » p256

PEUR DESIR


« Certains peuples s’imaginent qu’il y a dans le vagin un serpent qui mordrait l’époux au moment de la rupture de l’hymen; on accorde de terrifiantes vertus au sang vaginal, apparenté au sang menstruel et susceptible lui aussi de ruiner la vigueur du mâle. » p257


« Mais c’est alors qu’il va expérimenter avec la plus grande évidence l’ambiguïté de sa condition charnelle. Il n’assume orgueilleusement sa sexualité qu’en tant qu’elle est un mode d’appropriation de l’Autre: et ce rêve de possession n’aboutit qu’à un échec. Dans une authentique possession, l’autre s’abolit comme tel, il est consommé et détruit […] Un des rêves du mâle, c’est de ‘’marquer’’ la femme de manière qu’elle demeure à jamais sienne; mais le plus arrogant sait bien qu’il ne lui laissera jamais que des souvenirs et que les plus brûlantes images sont froides au prix d’une sensation. Toute une littérature a dénoncé cet échec. On l’objective sur la femme qu’on appelle inconstante et traîtresse, parce que son corps la voue à l’homme en général et non à un homme singulier. Sa trahison est plus perfide encore: c’est elle qui fait de l’amant une proie. Seul un corps peut toucher un autre corps; le mâle ne maîtrise la chair convoitée qu’en devenant lui-même chair; Ève est donnée à Adam pour qu’il accomplisse en elle sa transcendance et elle l’entraîne dans la nuit de l’immanence; cette gangue ténébreuse que la mère a façonnée pour son fils et dont il veut s’évader, la maitresse en renferme autour de lui la glaise opaque dans les vertiges du plaisir. Il voulait la posséder: le voilà lui-même un possédé. » p272


Toutes les lèvres des femmes, apparentes et cachées, sont la preuve que les mots, publics ou intimes, naissent nécessairement du rapport à l’autre. Bernard Pivot.


Phase 2 : lancer les cheveux jusqu’à épuisement des forces

p.27 Féminine


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Etre femme Les annĂŠes 60

Michel Journiac,

Kubota, Vagina Painting, 4 juillet 1965

Yoko Ono, Cut Piece, 20 juillet 1964

p.30 FĂŠminine


Escalade non anesthésiée, 1971

24 heures de la vie d’une femme ordinaire, 1974

Autoportraits, 1973

Gina Pane

p.31 Féminine


Marina Abramovich, Rythm 0, 1974

Nil Yalter, La femme sans tĂŞte, 1974

p.32 FĂŠminine


A travers la force créatrice et la beauté de son œuvre poétique, Neshat explore les barrières culturelles et religieuses érigées entre hommes et femmes dans les sociétés islamiques contemporaines, cherchant à révéler toute la complexité de la culture musulmane, loin du regard stéréotypé porté par les Occidentaux. Rejetant toute victimisation des femmes orientales, cette artiste s’emploie au contraire à révéler la force, le courage et l’obstination qui se cachent derrière leur voile,

Gilles Berquet, photographie sans titre, 1995

Son médium, la photographie. Sa «  matière  », le corps des femmes. Son point de vue, une obsession tenace du cadrage des jambes, de la silhouette qui se doivent d’être : esthétiquement parfaits. Gilles Berquet invente des images où le corps dénudé de la femme apparaît dans des mises en scènes érotiques, centre d’intérêt d’une «  réalité  », privée du bavardage des couleurs, il livre les infinies subtilités évocatrices, intimes et perverses de sa complexe aura érotique.

Shirin Neshat, The Women of Allah, 1997

p.33 Féminine


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Déco Installation-performance, Mon jardin de poupée, le 11 avril 2012 La poupée est un jeu d’enfant, qui a un double sens. C’est un jeu joué par les enfants et qui a traditionnellement pour objet un enfant. Mais c’est aussi un jeu d’adulte car l’enfant se projette dans l’avenir et traditionnellement dans le rôle de mère. Pourtant avec Barbie la poupée est d’un âge indéterminé, prétendument adolescente mais en réalité femme. Avec cette poupée la question se pose alors du rapport de l’enfant à la poupée. Celleci n’incarne plus le rôle de mère mais de femme. Avec la poupée Barbie, la fonction de parent disparaît ; l’enfant qui joue n’est pas censée jouer à la mère, et les parents que l’on pourrait attendre n’existent pas dans la famille de Barbie. Ils n’apparaissent donc ni en joueurs ni en jouets à la différence d’autres marques qui fabriquent des familles avec parents. Pendant que le pouvoir de séduction de l’adolescente s’affirme au cinéma ; avec des icônes telle Marilyn Monroe dont le côté enfantin rappelle les stars adolescentes et le sex-appeal la femme voluptueuse ; la poupée Barbie affirme ce même pouvoir. Ses activités au début sont caractéristiques de celles des adolescents : elle fait du baby-sitting, elle va danser… Certes Barbie évolue dans le temps : elle est étudiante dans les années 1970 et elle fait carrière dans les années 1980. Mais elle pratique le sport et elle suit toujours la mode, celle-ci étant, en quelque sorte, le fil conducteur de son évolution. Néanmoins, jusqu’à une époque très récente, Barbie est restée fidèle à l’idéal féminin des années 1950, à l’écart de toute activité professionnelle et au physique de rêve. Selon la documentation Mattel France, « Barbie avait la silhouette idéale dans l’optique de la culture occidentale : jambes élancées, longs bras, taille fine, long cou… la beauté à l’état pur ». Au même moment les mannequins deviennent des vedettes et la photo de mode est de plus en plus sophistiquée. Les magazines de mode propagent le concept de beautiful people, en s’inspirant de célébrités qui pour leur richesse et leur goût sont l’objet de reportages innombrables dans les magazines. Seront d’ailleurs incluses dans les nouveaux modèles Barbie des vedettes de la télévision, sans oublier Miss America. La naissance de la poupée Barbie s’est accompagnée de la création d’un univers, peuplé d’autres poupées et surtout d’objets, d’accessoires, d’équipements de toutes sortes, allant des patins à roulettes à l’ordinateur en passant par la boîte à maquillage, les yachts, la « maisons de rêve »... La présentation de Barbie est une « mise en situation », constamment renouvelée, qui préfigure les installations.

p.36 Féminine


Dans une installation autour de la poupée, je mettrai en scène mon corps et poursuivrai ainsi mon travail de performance pour le dernier projet du semestre. Dans une société où depuis toujours les normes sont imposées, ma performance visera à défendre ces codes dictés qui sont sources de problèmes chez les jeunes femmes. En effet, Barbie est belle ; les filles doivent être belles. Notons que de la poupée-femme à la femme-poupée il n’y a que quelques points de suture puisque de nombreuses femmes tentent de lui ressembler en ayant recours à la chirurgie esthétique. Barbie a un petit ami ; les jeunes femmes se doivent de ne pas rester seules. Barbie suit la mode ; les femmes ont à se tenir informées et dépenser régulièrement. Barbie est donc en un sens un code à elle seule. En tout cas pour les jeunes femmes. Les féministes des années 1960-1970 ont, pour leur part, insisté particulièrement sur le rôle de consommatrice et sur l’image de la sexualité féminine. À leurs yeux, Barbie incarne d’abord les fantasmes de la consommation qui caractérisent la société des années 1950, et plus généralement de la société contemporaine. De plus, le corps éminemment anti-naturaliste de la poupée est chargé de puissance érotique. A la fois innocent et pervers, ce corps de l’enfant-femme-poupée se plie au désir du regard masculin mais donne aussi sa puissante rébellion. La poupée est entre soumission et rébellion ; innocence et perversité


Les Plexi Girls luttent également contre l’image de la femme-objet. Ce sont «  Cinq filles de chair et de sang intégrées à des structures de plexiglass et d’aluminium qui reproduisent à échelle humaine de banals gadgets érotico-kitsch objéifiant la femme  », dans un «  happening ludique et troublant qui révèle la perversité raffinée de nos représentations figées de la femme »1 Et c’est comme elles, de manière ironique, que je souhaite réaliser mon installation-performance. Elles abordent la révolte du corps objet, réinterrogent ainsi la dualité objet/humain, évoquent des symboles, clichés ou fétiches de notre société avec une dérision et une folie post-féministe ; que je nomme aujourd’hui dans mon travail, révolte féminine. Je ne qualifierais pas mon travail de féministe à proprement parler, bien que cela est sans conteste inclus dans ma démarche ; mais je pense que sont féministes les premières performeuses des années 60, qui ont lutté et défendu la femme pour la première fois. Aujourd’hui mon travail prend pour référence ces artistes féministes, mais ré-interprété en fonction de notre société, il se veut féminin. Elles ont été féministes ; je serai féminine.

Les Plexi Girls, Le stylo, performance, hauteur 2,50m, diamètre 55cm.

1 Revue internet technikart, http://www.technikart.com/

archives/1335-femmes-objets, Valérie Zerguine, consulté le 17/03/2012


Je prendrais également pour référence Jocelyne Grivaud qui reprend des œuvres connues mais en y intégrant la poupée Barbie. Et ce pour unir deux images emblématiques ; celle de la poupée, et celle d’une œuvre.1

Magritte, L’Evidence éternelle, 1930. Jocelyne Grivaud, Sans titre, 2010.

Helmut Newton, photographie sans titre. Jocelyne Grivaud, Sans titre, 2010.

2 « Alors un jour, comme ça, l’idée de prolonger, dans les images que

j’aime, ce morceau d’enfance, a pris forme. Barbie est souvent critiquée, car trop blonde, trop superficielle, trop maigre, trop «idéal marketing», trop ci, trop là. C’est justement ce profil si célèbre que j’ai voulu appliquer à d’autres images emblématiques. » Barbie ma muse, http://www.barbiemamuse.com/barbie_ga_newton. php, consulté le 22 mars 2012.


Pour certains de ses travaux, Joël Hubaut crée des environnements uniquement constitué d’objets d’une seule couleur. Il travaille ainsi avec des objets, des corps et des mots. Associant écriture, ready-made, monochrome et corps, Clom Pink est une référence notable pour mon travail.

Joël Hubaut, Clom pink, 2001

Joël Hubaut, Clom red, 2001

p.46 Féminine


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Cuisine Performance personnelle, Sans titre, le 22 décembre 2011 Travail autour des épices. Sensation-Odorat-Evanescence.

p.48 Féminine


Respiration, photographie personnelle

p.49 FĂŠminine


While nothing happens

Pollen de noisetier, 220x240 cm, 1996

Cinq montagnes que l’on ne peut escalader, pollen de dent-de-lion, 7 cm de haut, 1994


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Sexo Performance personnelle, Le secret, le 16 décembre 2011 Travail autour de l’intime. Garder-Cacher-Se renfermer.

p.52 Féminine


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Actualité Performance personnelle (réalisée avec une autre élève), Normées, le 31 janvier 2012 Travail sur un fait d’actualité choisi. Imposer-Regarder-Participer.

p.56 Féminine


p.57 FĂŠminine


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Jeu Performance personnelle, Traces, le 4 novembre 2011 Travail autour du jeu participatif. Participer-Ressentir-Marquer.

p.60 FĂŠminine


Règles du jeu : Lancer les dès, prendre la peinture, laisser une trace sur le corps.

p.61 FĂŠminine


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Prévention Performance personnelle, Battement, le 21 novembre 2011 Travail autour de l’addiction. Consommer-Jeter- Prendre conscience . Performance qui débute lors de la «récolte» des cigarettes. Environ trois jours entiers aux arrêts de tramway et université Bordeaux 3. Données par des amis également. Performance participative à l’intérieur ; les gens fument autour du tas de cigarettes.

p.64 Féminine


L’absurdité est un plaisir fugace, comme une cigarette que l’on fume en riant, tout en sachant qu’elle est nocive. Norman Mayler

p.65 Féminine


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Maquillage Modèle pour l’atelier peinture d’une élève, le 16 décembre 2011 Réalisation d’une durée de 4h30. Exposée pendant 30 min dans la salle d’expo de l’université.

p.70 Féminine


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