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— REPORTAGE —

Team Freddy De Jaeger (Knesselare) 1er international Barcelone

Au départ de Barcelone cette année, 15.707 pigeons. La classique catalane y a perdu des plumes. D’un autre côté, presque tous les colombophiles suivent cette classique du marathon. Le vendredi, les prévisions pour la route de l’est étaient moins bonnes, d’où la remise.


Accoupler est un sujet complexe.

Les pigeons de Barcelone étaient donc mis en liberté samedi 7 juillet à 9 heures à Lavern-Subirats, à un bon 30 km à l’ouest de Barcelone. Le vainqueur international, le Team Freddy De Jaeger de Knesselaere en Flandre orientale, constatait son mâle gagnant à 10h14 pour 1087 km, soit une vitesse moyenne 952,23 m/min. Grâce à quoi le team devançait Joost De SmeyterRestiaen de Melden, en Flandre orientale, qui enregistrait sa femelle à 9h49 pour 1055 km (945,22 m/min.), remportant le prix d’honneur international chez les femelles. Le 3e prix allait au Français Ludovic Guirado avec le premier annoncé international à 8h40 pour 942 km (900,56 m/min.). Les 4e et 5e places étaient pour deux amis sportifs hollandais, J.L. de Bruine de Nieuwerkerk (13h02 pour 1151 km) et G. Rigter d’Amstelveen (14h50 pour 1234 km). Si la différence de temps entre les deux premiers pigeons s’élevait à 8 minutes, le vainqueur international avait déjà largement une heure d’avance sur le 3e prix.

Des questions pour le vainqueur international de Barcelone Dans notre numéro d’avril, nous vous présentions le « Team Freddy De Jaeger ». Trois mois plus tard, il remportait le concours international de Barcelone. Comme nous vous en faisons connaître les gagnants chaque année, nous avons repris la route de Knesselare. La fois dernière, nous étions restés sur notre faim pour ce qui concerne les soins spécifiques aux pigeons. Raison pour laquelle nous avons abordé le reportage différemment, les questions suivantes étant proposées à Freddy De Jaeger et à Frank Morre, qu’une

amitié lie à Freddy depuis plus de 40 ans et qui est responsable de l’administration de la colonie depuis sept ans. Quelle système utilisez-vous pour les vieux pigeons et les yearlings ? Nous pratiquons le veuvage classique, les partenaires restent à la maison. Ça vaut pour les mâles comme pour les femelles. Combien de temps vos veufs/vos voyageuses sont-ils restés dans la volière l’hiver passé ? Au cours de cette période, y a-t-il eu une attention particulière au niveau des soins ? Les vieux veufs sont restés six mois dans la volière, de septembre à février. Après la saison, les futurs yearlings déménagent directement aux colombier des veufs où ils peuvent se choisir un casier inoccupé. Les femelles yearlings vont à la volière tout comme les vieilles femelles, mais pas aussi longtemps, puisqu’elles étaient accouplées début janvier pour élever un jeune. Ça valait aussi pour la majorité des vieilles femelles. Les vieux mâles ont reçu leur femelle en mars 2018, ils ont pu couver quelques jours. L’an dernier, ils étaient accouplés fin décembre, ils ont pu élever leurs jeunes et retourner un moment en volière. En changeant le système, nous pensions pouvoir garder la condition plus longtemps, mais ça n’a pas réussi. Avec la chaleur de cet été, nous avons remarqué que certains pigeons de tête abandonnent tout simplement, ils vont se reposer et poursuivent leur course plus tard. Quand avez-vous commencé les entraînements des veufs/des voyageuses ? Les entraînements à domicile ont débuté à la mi-mars.

Quand avez-vous commencé leur écolage, à quelle fréquence et sur quelles distances ? L’éducation se fait en fonction de la météo, elle était bonne déjà début avril. Jusqu’à l’an dernier, nous prenions la route jusqu’à Dottignies soit environ 50 km. Cette année, nous n’avons pas roulé aussi loin : 1x 5 km, 1x 10 km et 1x 20 km. Après quoi nous les avons mis au panier pour Arras (100 km). Nous ne roulons plus 50 km parce que les pertes sont moins importantes, surtout chez les jeunes. A la mi-juillet, par exemples, après 20 km, le 3e tour est parti directement sur Arras. Le soir il en manquait juste 7 sur 104. Quand et combien de temps les veufs/les voyageuses s’entraînent-ils à la maison ? Matin et soir, à chaque fois 45 minutes, au maximum une heure. Nous mettons le drapeau pour les obliger à voler. Quand les femelles refusent de voler, nous roulons une fois par semaine jusqu’à 50 km, mais ce n’était pas nécessaire cette année. L’an passé il a fallu rouler à quelques reprises en pleine saison. Comment nourrissez-vous vos veufs entre 2 concours de fond qui ont lieu toutes les 2 semaines ? Nous utilisons un mélange léger au maïs qui nous sert de base. Les pigeons reçoivent toujours de ce mélange dont il reste parfois un peu d’orge après repas. Les 3 à 5 repas avant l’enlogement, ils ont en complément, dans leur casier, un mélange riche en lipides. Libre à eux de picorer encore du mélange de base dans la mangeoire commune. Quand nos pigeons sont en volière en hiver, ils n’engraissent pas : ils reçoivent 5 / REPORTAGE


juste assez d’un mélange léger, pauvre en graisses, et jeûnent le dimanche. Pendant la mue, ils ont un mélange mue, après quoi ils passent rapidement au mélange pauvre en lipides dès qu’ils sont sortis de la mue, quand la dernière plume de combat pointe à moitié. Quels produits complémentaires utilisezvous au cours de ces 2 semaines ? Le jour où ils rentrent de concours, ils boivent des électrolytes et, le jour suivant, du thé Colombine. Les compléments restants, on les donne en concertation avec le vétérinaire, en fonction de la situation. Comment avez-vous nourri le vainqueur de Barcelone entre Valence et Barcelone ? Comme je viens de l’expliquer, en terminant par 5 repas d’un mélange sport riche en lipides. A ce propos je dois dire que nos voyageurs reçoivent aussi du maïs noir en complément depuis 2017. Dès qu’ils le connaissent, les derniers jours ils en mangent encore un peu plus parce que ce maïs est sucré. Vos voyageuses volent-elles chaque semaine et à quels concours participent-elles ? Les femelles participent chaque semaine au grand demi-fond. En fonction des circonstances, il arrive qu’elles aillent à Fontenay (300 km). Fontenay au lieu d’un concours de vitesse le dimanche, parce que Fontenay se déroule le samedi. Elles ont alors un jour de plus pour préparer le concours suivant. Mais il y a des exceptions. Une demi-sœur du vainqueur internat. de Barcelone (même mère) s’est classée 21e nat. Libourne yearlings ; la semaine suivante elle partait pour Clermont (206 km). La mère du « Lloyd », 1er internat. Barcelone, était la petite dernière de notre « Tsunami » et, à nos yeux, elle est aussi bonne reproductrice que sa mère. Quand elles volent chaque semaine, comment sont-elles nourries ? Les femelles reçoivent au maximum 3 repas du mélange sport énergétique. Comment se présente l’encadrement médical ? Que leur donne-t-on avant que ne commence la saison sportive ? Le vétérinaire Wim Boddaert passe chaque semaine. Il met rarement des trichomonas en évidence, 2 à 3 fois par an et uniquement dans un colombier dont les pigeons ont passé 2 jours au panier. Ces pigeons-là sont soignés par 6 / REPORTAGE

une pilule. Avant la saison, on les contrôle d’abord pour s’assurer qu’un traitement ne s’impose pas. Contre quelles maladies vos pigeons sont-ils vaccinés ? Avant la saison tous les pigeons sont vaccinés contre la paramyxo. Les pigeonneaux 2 fois : lors du sevrage et 3 à 4 semaines plus tard. Nous voulons écarter le risque qu’ils attrapent le virus entre-temps. Seuls les jeunes sont vaccinés contre la variole, à la petite brosse. Prenez-vous des mesures à l’encontre du paratyphus ? Vaccin, cure ou rien ? Avant la saison sportive (mars) et après (octobre), les pigeons sont traités une

L’élevage est la base de tout. dizaine de jours au moyen de l’eau de boisson, et avec 2 remèdes différents. L’un d’eux est le Parastop. Croyez-vous au « coup de boost » grâce à la médication ? Oui, quand on veut se distinguer une ou deux fois par an, au moyen d’antibiotiques. Mais « sans », il est indéniable qu’on peut préserver plus longtemps la condition des pigeons et c’est quand même le but quand on veut un as-pigeon dans son colombier. Montrez-vous avant le départ des veufs/des voyageuses ? Nous montrons toujours, sauf pour les concours internationaux. Mais comme ces concours sont enlogés le lundi, ils ont déjà vu leur femelle le samedi. Nous montrons une demi-heure, aussi bien chez les veufs que chez les voyageuses. Au retour de concours, combien de temps les partenaires restent-ils/elles au colombier ? Quelques heures, en fonction de la pénibilité du concours. Les vieux et yearlings sont-ils occultés et/ ou ont-ils un programme lumineux ? Et comment ? Pas d’occultation mais oui, un programme lumineux à compter du jour le plus long (21 juin), de 5 à 23h.

Comment jouez-vous les pigeonneaux ? Jusques et y compris l’an dernier, nous jouions les jeunes sur la porte coulissante mais, cette année, nous n’avons même pas occulté. L’expérience nous apprend qu’il suffit de bien écoler un pigeonneau si l’on veut qu’il vole bien plus tard. 2x Arras, 3x Clermont et 3x Fontenay, c’est suffisant. On peut les laisser participer à l’occasion à un Blois provincial, mais ce n’est pas un « must ». Nous n’occultons plus parce que ces 5 dernières années ici, notre position n’est pas très bonne aux concours nationaux pour pigeonneaux, en plus le jeu des pigeonneaux ne nous intéresse pas plus que ça, la saison est déjà bien assez longue. Comme système idéal pour les pigeonneaux, je vois : occulter, accoupler tôt, ajouter de la lumière et jouer au veuvage pur avec de vieux partenaires qui restent à la maison. A votre avis, quelles sont les caractéristiques essentielles d’un bon colombier ? • Une bonne ventilation ; • Orienté au sud-est quand c’est possible ; • Quand il est orienté au sud-ouest, attention à la chaleur, utiliser du verre thermique ; • Garder les colombiers propres ; • Une volière amovible à l’avant pour donner le bain aux pigeons et leur donner accès à la volière en dehors de la saison sportive.. Comment se passe la sélection des pigeonneaux, yearlings et vieux pigeons ? Ce qui compte pour les pigeonneaux, c’est qu’ils aient tout ce qu’il faut dans la main. Les yearlings et vieux sont jugés sur leurs performances. Tout petit j’étais déjà colombophile, j’ai eu beaucoup de pigeons entre les mains. Quand on palpe un pigeon, c’est peut-être un bon. En observant sa tête, on voit s’il vaut la peine d’être gardé. Lisez-vous beaucoup sur le sport colombophile ? Dans le temps, j’ai beaucoup lu, plus maintenant. Généralement le vieux vin se fait dans de nouveaux tonneaux. Quand quelqu’un joue exceptionnellement bien, je lis volontiers un reportage à son sujet, mais souvent je n’en apprends pas davantage. Mais je me tiens informé. Mon opinion est la suivante : plus loin on joue, moindre est le rôle de l’amateur. D’un voyageur d’Arras on ne fera pas un Barcelone. Autrefois,


Palmarès national de “Lloyd”, 4014328/2015, 1er international Barcelone 2018

L’aile de « Lloyd ».

2016: 10/6, CHÂTEAUROUX: nat.: 3906/29.591 p. 26/6, AGEN: nat.: 496/2.932 p. internat.: 1268/9.043 p. 24/7, NARBONNE: nat.: 199/3.187 p. internat.: 487/7.811 p.

2017: 28/5, BOURGES: 07/7, BARCELONE:

nat.: 215/23.028 p. 64/244 p. (blessé)

2018: 26/5, BOURGES: nat.: 964/20.280 p. 09/6, VALENCE: nat.: 1239/7.682 p. 07/7, BARCELONE: nat.: 1/7.438 p. internat.: 1/15.707 p.

A l’issue de sa victoire internationale, « Lloyd » a été accouplé à différentes femelles dans un box de reproduction.

Plume blanche Tsunami BE13/4163877

Petit-fils “Old 7x Barca” BE11/4312910 Les parents du « Lloyd », 1er international Barcelone 2018. 7 / REPORTAGE


EN HAUT : Freddy De Jaeger en compagnie de son ami Frank Morre. EN BAS : Le team Freddy De Jaeger dispose de 18 boxes de reproduction.

nous regardions le dos ; un pigeon au dos ferme rentre un jour trop tard du fond. Je compare avec l’athlétisme. Des coureurs du 100 et du 200 mètres sont des athlètes bien râblés alors que ceux qui couvrent de grandes distances sont des petits hommes secs, incapables de sprinter. Le vainqueur de Barcelone, quand est-il rentré l’an dernier et dans quel état ? Il est rentré blessé le mercredi. Localement, il a encore fait un petit prix. Son muscle pectoral gauche était complètement ouvert, mais la blessure avait déjà séché ce qui laisse supposer que l’accident s’était produit quelques jours auparavant. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance pour le maintenir dans l’équipe des voyageurs . Il s’est vite remis. Heureusement son aile n’était pas atteinte ce qui lui a permis de voler à nouveau rapidement avec les 8 / REPORTAGE

Les volières amovibles devant les colombiers des veufs permettent de donner le bain aux pigeons et leur donnent accès à la volière en dehors de la saison sportive.

autres veufs. Comme yearling, il s’était bien positionné dans les prix sur Agen et Narbonne. Pouvez-vous décrire l’arrivée du vainqueur de Barcelone ? Je ne l’ai pas vu arriver. J’ai été informé de son retour de concours par le système de constatation électronique via mon GSM. Il a dû arriver de très haut, de la bonne direction. On ne pouvait pas voir qu’il avait Barcelone dans les ailes. Le père du vainqueur de Barcelone est un pigeon de grand fond et sa mère, un pigeon de grand demi-fond. Ont-ils été accouplés sciemment ? Oui, c’était le but d’élever un pigeon de grand fond qui puisse rentrer d’une traite. Sa mère est fille de « Tsunami », elle-même fille du « Bliksem » de Gaby Vandenabeele. Ces pigeons ont la vitesse et la distance nécessaires dans le sang. Le père est un

marathonien d’Etienne Meirlaen. Maintenant nous l’avons accouplé à une sœur du « Mariano », 1er national Brive, mais aussi à une fille du 1er national Barcelone de Hugo Batenburg. Par la suite nous allons l’apparier avec des femelles de Noël Peiren. De cette façon, nous espérons élever des pigeons pour 700 km et d’autre part, pour 900 km. Comment accouplez-vous vos pigeons ? Il s’agit d’un sujet complexe. Nous regardons les pedigrees et la qualité du pigeon. Papa parlait de race et de sang. Gamin, je me rappelle encore l’avoir accompagné chez Gérard Vanhee (en 1964). Il avait 100.000 francs belges en poche et comptait se procurer un couple de reproducteurs. « Ça n’est pas à vendre », a déclaré Gérard Vanhee. Mon père a rétorqué : « Il est actuellement 10 heures et ce n’est pas encore à vendre, mais il n’est


Pedigree 4014328/2015

4364240/03

“OLD 7X BARCA”

1 international Barcelone er

7x Barcelone

4325296/10 Fils

“OLD 7X BARCA”

6111972/08 Ludo De Kock Fille Primus Inter Pares 2003

4312910/11 Petit-fils

“OLD 7X BARCA” Etienne Meirlaen

4056720/01 4284612/10 Fille

“MARSEILLE” et petite-fille “Starlight”

“LE MARSEILLE” 21e nat. Carcasonne

4358884/08 Fille

“STARLIGHT”,

4014328/15

Freddy examine son vainqueur international de Barcelone avec le sourire.

2e internat. Tarbes

“LLOYD”

1er internat. Barcelone (1087 km) 2018

4244050/08

“DON PEDRO” Fils “Tsunami”

pas encore minuit. » Il était en effet fort tard quand Papa est rentré à la maison avec un fils du « Millionnaire » de Peeters de Biomont (Herve) et une femelle. Je présume que Vanhee a vendu ce couple à Papa pour qu’il lui fiche la paix. L’année suivante Papa remportait les 4 premiers prix du Tours provincial avec 4 rejetons de ce couple ! Pour ce qui concerne la qualité, j’apprécie un pigeon bien musclé, avec une bonne aile qui ne soit pas fermée. Pour le grand fond, un pigeon ne doit pas être trop grand, pour le fond, il peut être un peu plus grand. Puis il y a encore la force de volonté du pigeon qu’on ne peut pas voir. L’élevage est la base de tout. Je m’en occupe beaucoup, raison pour laquelle j’emporte mon PC portable quand je pars en vacances.

4336490/09

“WITSLAG PEDRO”

4163877/13

Demi-frère “Warrior”, 1er as-pigeon national de fond 2015

4316098/03

“ANJA” Marcel Aelbrecht

“PLUME BLANCHE TSUNAMI” Fille reproductrice de base

3230937/04

“TSUNAMI” Stamduivin Reproductrice de base Fille “Bliksem” Gaby Vandenabeele

3158062/98

“BLIKSEM” Gaby Vandenabeele

3003668/02

“MANUELA” Gaby Vandenabeele

— Patrick Philippens 9 / TITEL

Pigeon Rit Septembre 2018  
Pigeon Rit Septembre 2018  
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