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Catégorie Scolaire Classe de 4è 5 DM 41 J. Newton Vie d’un aviateur. Cette histoire est la mienne, et elle remonte dans les années 1940 lors de la 2ème Guerre Mondiale en Allemagne. Elle raconte selon moi la plus importante partie de ma vie. Je m’appelle Jacob Newton, ma mère est d’origine Américaine et elle est venue habiter en Allemagne pour suivre son jeune époux, à présent mon beau-père, qui travaille en tant que général dans l’armée allemande. Lorsque ma mère le rencontra, j’étais encore dans son ventre, mon père biologique venait de mourir à la guerre ; je fus donc élevé par mon beau-père, que je considère dorénavant comme mon père. Me voici âgé de 21 ans, enfin l’âge de la majorité et j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser enfin mon rêve, un rêve qui me suivait depuis que j’étais enfant et, il faut le dire, ce n’est pas un rêve anodin, ce rêve dont je parle était de piloter un avion. Ainsi, lorsque l’armée vint frapper à ma porte pour me rappeler mon devoir de citoyen, j’hésitai un peu au début, car je devais m’occuper de mes trois jeunes frères et de mes deux jeunes sœurs, mais finalement j’y allai, pour essayer de vivre mon plus grand rêve. Lorsque je commençai, ce fut en tant que simple officier, mais je montai vite en grade, je pense que je gravis rapidement les échelons grâce à cette ambition qui malgré moi m’obsédait. Lorsque l’armée eut besoin d’aviateurs, je me proposai sans beaucoup d’espoir, mais à ma grande surprise ils me sélectionnèrent et après une courte formation, ils m’acceptèrent en temps que pilote. Mais cette histoire commence réellement le 15 mai 1940, cette date fut marquée dans ma mémoire à jamais. Ce fut mon premier vol. Jamais je n’aurais cru avoir cette sensation, ce fut sûrement un de mes plus beaux souvenirs. Rapidement je devins un des meilleurs, pour enfin devenir Le meilleur. On m’envoyait dans toutes les missions risquées, même les plus périlleuses, j’étais le plus agile des pilotes. C’est sûrement à cause de ça que tout le monde me détestait. Au début, j’étais assez populaire et j’avais même réussi à me faire des amis, ce qui pour moi était rare, j’étais un solitaire et je n’avais jamais aimé la compagnie des autres. Mais lorsque je devins pilote, les personnes qui convoitaient mon poste me détestèrent et bientôt tout le monde les suivit.


Je me retrouvai donc à nouveau seul, mais cela ne me dérangea pas, cela m’évitait de souffrir, car lorsque l’on se fait des amis à l’armée et qu’ensuite ces mêmes amis meurent à la guerre, cela fait beaucoup de mal. Je décidai donc de rester seul et de me concentrer sur ma carrière. Le 12 mai 1941, après plusieurs vols spectaculaires, l’armée allemande décida de m’envoyer en reconnaissance sur un terrain qui ne devait normalement pas être dangereux. Je partis donc seul, car personne n’avait voulu m’accompagner ; à l’aube j’étais dans mon avion. La mission se passa sans encombre, mais lorsque je fis demi-tour pour rentrer à la base, je me rendis compte que mon niveau de carburant était plus bas que je ne l’aurais pensé. L’avion commença à chuter sans que je ne puisse le redresser. Mais pourquoi n’avais-je pas vérifié le niveau du carburant avant de partir ? Je pensais que toutes les vérifications avaient été faites ; visiblement mes anciens amis et maintenant mes nouveaux ennemis avaient tenté de m’éliminer. Sûrement pour essayer de prendre ma place. Je réussis à redresser un peu mon avion, je regardai sous moi pour voir des champs, il n’y avait que des champs et rien d’autre, il fallait que j’essaie d’atterrir sans détruire l’avion. Je fis donc mon possible pour essayer de poser mon avion dans un champ de blé qui se trouvait sous mon appareil. Une fois mon avion atterri, bien que déboussolé, je réussis à m’extraire de l’appareil. Aussitôt sorti, je fus pris de violents vertiges, qui m’étourdirent ; sentant une odeur de carburant, je me précipitai pour me mettre à l’abri d’un rocher, mais je ne fus pas assez rapide et, lorsque l’avion explosa, des projections de l’avion volèrent dans tous les sens. Ne m’étant pas assez éloigné, je me pris dans l’épaule un des projectiles et sur le coup du choc je m’évanouis. A mon réveil, la nuit était déjà tombée. Je me demandai combien de temps j’étais resté inconscient. Je regardai autour de moi, pour voir s’il n’y avait pas une route, un chemin ou une maison, un endroit où chercher de l’aide pour soigner ma blessure et trouver de la nourriture. Je ne trouvai rien pendant très longtemps jusqu'à ce que je tombe sur un petit chemin isolé ; je décidai de le suivre pour voir où il pouvait bien mener. Je marchais depuis des heures lorsque de loin j’aperçus un immense bâtiment. Je fus intrigué par cette Bâtisse, je me demandais qui pouvait bien y habiter, dans un coin perdu au milieu des champs. Même si j’étais épuisé, je décidai de m’avancer, pour pouvoir observer sans être vu. Je progressais, impatient, excité de tomber enfin sur un endroit où je pourrais trouver du repos et de la nourriture. De loin, je n’avais pas vu qu’autour du bâtiment il y avait du fil de fer barbelé.


Pourquoi mettre du barbelé alors qu’il n’y avait personne aux alentours… ? Peut-être pour se protéger des bêtes sauvages, mais je n’avais pas vu de traces d’animaux, ni même entendu leurs cris. Alors pourquoi ce bâtiment était-il si bien protégé ? Je m’approchai jusqu'à ce que je voie des hommes armés. A la nuit tombée, je décidai de m’infiltrer dans le bâtiment : je passai sous le grillage. Une fois rentré à l’intérieur, je découvris ce qu’il s’y passait. Des hommes retenaient des pauvres personnes innocentes et les sélectionnaient, ne gardant que les personnes jeunes et en bonne santé. Les autres, ils les faisaient entrer dans une pièce fermée sans fenêtres et avec une porte qu’ils verrouillaient quand toutes les personnes étaient à l’intérieur. Je me cachai pour voir les uniformes de ces assassins. Lorsque je les aperçus enfin, j’eus un énorme choc en découvrant les uniformes à l’effigie de l’armée que j’avais servie pendant des années. C’étaient bel et bien des allemands. Je les observai pendant plusieurs jours, jusqu’au moment où je décidai qu’il était temps d’agir. Toute l’action se passa la nuit où pour la première fois je sortis de mon abri pour aller chercher plus d’informations. Je m’infiltrai dans un bâtiment où étaient entassées des centaines de personnes dans un tout petit local. En m’apercevant ils eurent peur, mais après plus d’une heure d’explications, ils comprirent que je ne leur voulais aucun mal, et enfin ils m’écoutèrent et surtout me racontèrent ce qu’il se passait dans ce lugubre endroit. Ces pauvres gens étaient juifs et les allemands les avaient emmenés en les entassant par centaines dans un train, où la plupart étaient morts car ils étaient trop fragiles, trop vieux ou encore trop malades pour supporter ce long voyage sans nourriture, sans eau et sans repos. Il fallait agir et vite. Je pris donc la décision de les faire évader. Toute l’action se passa un soir d’hiver glacial. On s’était préparés pendant des jours. Tout était au point. Ils s’évadèrent en passant par-dessus le grillage et comme la nuit était froide, il n’y avait aucun garde dehors. Alors que nous étions presque tous passés de l’autre côté, un des gardes donna l’alerte, tout le monde était passé sauf moi, je leur fis signe de s’enfuir avant que les gardes ne les rattrapent. Quant à moi, ils m’attrapèrent et lorsqu’ils virent que je ne faisais pas partie du camp et que je n’étais pas juif, ils m’emprisonnèrent et me torturèrent pour que je parle et leur dévoile mon identité, en attendant que les chefs supérieurs arrivent. Lorsqu’ils arrivèrent, j’étais dans un sale état et je n’avais rien bu ni mangé depuis plusieurs jours ; sous l’effet de la torture j’avais perdu toute notion de temps et d’heure. Lorsque le général vint me voir, je le reconnus. C’était mon beau-père. Il ordonna de me torturer encore. Je perdis connaissance. Lorsque je me réveillai, ils étaient en train de me déposer au milieu d’une forêt sombre et lugubre.


Comment mon beau-père, cet homme qui m’avait aimé et élevé comme un vrai père, avait il pu me faire ça ? Lorsqu’ils partirent en me laissant seul, je rampai avec le peu de force qu’il me restait pour me mettre à l’abri et me protéger d’éventuels dangers. Pendant plusieurs semaines, je me soignai comme je pus puis après avoir repris des forces, je me dirigeai vers une ville où je pourrais prendre un bateau pour l’Amérique. J’eus toutes les peines du monde pour atteindre enfin une ville. Je pris donc un bateau, le premier que je trouvai, pour mon pays natal. Après plusieurs jours de voyage, j’arrivai à destination ; je mis plusieurs mois avant de réussir à reprendre le cours d’une vie normale. Normale, comment aurais-je pu reprendre une vie normale après ce que j’avais vu. Cependant je réussissais, jusqu’au jour où je reçus une lettre de mon beau-père, je ne voulais pas l’ouvrir, mais après plusieurs jours je l’ouvris enfin. Lorsque je la lus, pour la première fois je pleurai, dans cette lettre il m’expliquait tout, absolument tout. En me faisant torturer il m’avait aidé à sa façon, il m’avait fait torturer car ils voulaient me tuer, il leur avait promis de me tuer après mais ne l’avait jamais fait. Car c’était lui qui, après que les soldats chargés de me torturer furent partis, m’avait mis dans sa voiture, m’avait déposé dans la forêt en faisant croire aux autres que je m’étais évadé. Maintenant ils devaient fuir avec ma mère et mes frères et sœurs. Quelques mois après, ma famille venait d’emménager à côté de chez moi, et moi je venais d’ouvrir mon école de pilotage. Pour moi tout allait bien, même si je n’arriverais jamais à oublier ce qui s’était passé pendant ces années-là.



J.Newton, vie d'un aviateur