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MARIE - JOHANNA CORNUT

7 rue du dix avril 31500 TOULOUSE + 33 620 647 987 • mariejohanna.cornut@gmail.com http://marie-johannacornut.tumblr.com/


MARIE - JOHANNA CORNUT

Née en 1986 Vit et travaille entre Toulouse et Paris Membre du collectif La mobylette (depuis 2011) N° Siret : 52484284600015 / MDA : C97373

FORMATION 2010 DNSEP avec félicitations du jury 2009 Hochschule für Bildende Künste, Brauschweig, Allemagne

EXPOSITIONS PERSONELLES Une croisière optimale, 2angles, Flers (2014) à venir Open studio, Cité interntionale des Arts de Paris Folkore, Janovas, Huesca, Espagne ( 2011) Encore une fois, Ressac, If Mag, Toulouse (2011)

PERFORMANCES Nuit blanche, St Jean Port Joli, Québec (2012) L’équilibre des forces, Centre d’art visuel, Lille (2012) Sports Factory, Hôtel Europa, Gare St Sauveur, Lille (2012) Lille art Fair, Grand palais, Lille (2012) Ghost Track, Centre d’art contemporain Capture, Royan ‘2010) MoBarnum, Galerie N’a qu’un oeil, Bordeaux (2010) Expoésie, Festival de performance, Périgueux (2007)

EXPOSITIONS COLLECTIVES Résidence Toulouse - Düsseldorf, Institut Supérieur des Arts de Toulouse (2013) Multiples Party II, Chambéry (2013) La désinvolture de nos gangsters, Rencontres Internationales de la performance aux Salaisons, (cur. Arianne Fox et Laurent Guehennec) Romainville (2013) Festival Oodaaq, Rennes (2013) Agent double, IF Mag, Toulouse (2013) Obsolescence programmée, Marenostrum, (Cur: Natacha Détré), Toulouse (2013) Restitution de résidence, Est Nord Est, St Jean Port Joli, Québec (2012) 24, La vitrine, St jean port joli, Québec (2012) + si affinité, VOIRE et embarras du choix , (cur. M.Pomar),Saint-Paul Cap de Joux (2012) Pirineos in progress, Tournefeuille (2012) Multiples Party, Annecy (2012) Unfair Play, Restitution de Résidence, Plateau, La Malterie, Lille (2012) Sports Factory, Hôtel Europa (cur. Julien Carrel), gare St-Sauveur, Lille (2012) Par temps de fête, Cheminements, Toulouse (2012) Parade, (cur. La Mobylette) Marché Delerme, Bordeaux (2012) Petit Papier Noël, (cur. La Mobylette) Marché de noël, BBB, Toulouse (2011) Grande plage, Galerie Sweet Summer, Biarritz (2011) The show must go off, Lieu Commun, Toulouse (2011) Commandes privées, Le Bicoq, Toulouse (2011) Colonial Jelly, (cur. La Mobylette) Lieu Commun, Toulouse (2011) Lanterne Rouge, Permis de Construire, Toulouse (2010)

Jacobeo in Progress, Hecho, Espagne (2010) Imaginez Maintenant, Hôpital La Grave, Toulouse (2010) Fantasmagories, Château de Capdeville,( cur: Point de Fuite), Fronton (2010) Rundgang, HBK, Braunschweig, Allemagne (2009) Bloom Project, Bruxelles, Belgique (2007) Dessin, Festival de la France, Düsseldorf, Allemagne (2006)

COMISSARIATS Sustain, (La Mobylette) avec Benjamin Dufour et Yann Grolleau, St Laurent en Grandvaux (2013) Dropzone II, (La Mobylette) avec Marie Morel, Place Arnaud Bernard, Toulouse ( 2013) Pavillon, (La Mobylette) avec Marie Baur, Festival les Itininerrances, Valence (2013)

RESIDENCES 2 angles, Centre de Création Contemporaine, Flers (2014) à venir Cité des Arts, Paris (2013 / 2014) Sustain, Ecole de musique, St Laurent en Grandvaux (2013) Toulouse - Düsseldorf, Institut Supérieur des Arts de Toulouse (2013) Festival Oodaaq, Rennes (2013) Est Nord Est, Saint-Jean-Port-Joli, Québec (2012) Pirineos in progress, Pépinières Européennes, Tournefeuille (2012) La Quinzaine de l’entorse, Le Plateau, La Malterie, Lille (2012) Hito, Pépinières Européennes pour jeunes artistes, Broto, Espagne (2011) Jacobeo in progress, Pépinières Européennes, Hecho, Espagne (2010)

PUBLICATIONS Résidence Tlse - Düsseldorf, Institut Supérieur des Arts de Tlse (2013) Emergence N°3, revue des artistes émergents (2013) 50° Nord, revue d’art contemporain #4 (2013) Carte de voeux, Lieu Commun (2013) Catalogue, AFIAC, + si affinité, VOIRE, Saint-Paul Cap de Joux Nord Eclair, Unfair Play, ou les vestiaires de Sports Factory (2012) I F Mag # 04, Octobre (2011) La lettre des écoles supérieures d’art », N° 05 • 20 Mars (2011) Au revoir ici, maintenant, Catalogue des diplômés de Tlse, Hypertexte (2011) Superstition # 01, Revue d’art contemporain, Lauren Huret (2011) Park # 02 (art magazine) (2011) Affiche, Les châtelains sont mort ici, Point de Fuite (2010) Catalogue Fantasmagories, Point de Fuite (2010) La lettre des écoles supérieures d’art, N° 02 • 28 février 2010

PRIX / DIVERS Toulous’up pour Dropzone II, avec le collectif La Mobylette (2013) Intervenante art plastique, école élémentaire, St Jean Port Joli, Québec (2012) Commande privée, Point de Fuite, (http://www.pointdefuite.net) (2010) Intervenante art plastique, école élémentaire Molière, Toulouse (2010) Stagiaire des Soirées nomades de la fondation Cartier, PDS, Toulouse (2010) Monitrice à l’atelier de moulage et de résine, Beaux-Arts de Toulouse (2007/08)


La fête est finie. Le théâtre peut continuer. Le travail de Marie-Johanna Cornut semble accélérer, jusqu’à l’auto-combustion, les efforts nécessaires à la mise en place des célébrations : des mises à feu, des confettis perforés directement dans l’environnement domestique, des kiosques à musique barricadés et fumants, des rideaux de bandes magnétiques d’où ne sort plus aucune musique, des lustres kamikazes, des châteaux de cartes en ardoise figés comme des maisons ou des roulettes de casino devenues cibles pour une armée de flèches et d’épées. Il en va de même pour le sport et la parodie de la compétition quand l’artiste s’attaque, distord et dégonfle des raquettes de tennis, des sacs de frappe ou des queues de billard. «Les châtelains sont morts ici» (2010), l’une des premières pièces de Marie-Johanna Cornut, fulgurante, réunit la sculpture et la performance dans le domaine d’un château à Fronton. S’y est tenu un étrange rituel, où un cabanon de chasse construit par l’artiste semblait s’embraser pendant que s’affrontaient les trompes de chasse de l’Echo de Lomagne et le groupe de musique expérimentale Voyage, Voyage, Voyage, le temps de la course d’un chasseur et de sa meute de chiens dans la foret lancés sur les traces d’un simulacre (une peau de bête) qui serait ensuite enfermé dans ladite cabane, ajoutant à l’ensemble, le cœur des chiens surexcités. Un rite forestier chorégraphié et une bagarre sonore, un simulacre de chasse et d’incendie qui introduisaient du désordre dans le théâtre des scénarios culturels. Tous ces dispositifs festifs, culturels, sportifs, semblent à l’évidence pédaler avec angoisse dans la semoule de l’absurde. Des objets impuissants et des spectacles désactivés qui paraissent incapables de fournir ne serait-ce qu’un prétexte à constituer et réguler des communautés. Ce rapport conflictuel avec les dimensions fonctionnelles et productives de l’objet va considérablement évoluer dans la suite du travail de l’artiste. S’éloignant progressivement du détournement d’objets, elle s’aventure dans le langage des formes sans boussole, proches parfois de la sculpture abstraite. Certaines des ses dernières œuvres renvoient autant à une génération britannique des années 60 (Phillip King, Anthony Caro), dans leur défi insolent d’alléger le poids et la symbolique de la sculpture, qu’au désir d’une nouvelle génération d’artistes femmes de dégonfler les postures héroïques surjouées de leurs prédécesseurs (Delphine Coindet, Roxane Borujerdi).

Avec “Bermudian Rose” (2011), une sculpture géométrique et organique recouverte de gel coiffant rose qui hésite entre devenir table basse ou plonger dans la science-fiction, avec “Colifichet” (2012), sculpture entre totem amérindien et outil de gymnase, avec “Paree” (2013) sculpture aérienne entre paravent et architecture futuriste façon Buckminster Fuller, l’artiste plonge dans le trouble d’un monde matériel au langage polymorphe. Pour son installation “Année platonique” elle s’aventure dans une mise en scène où les sculptures pourraient jouer le rôle de planètes dans un univers aux orbites fluctuantes. Outils d’alchimistes ou de géomètres hallucinés, l’ensemble est posé comme un décor qui engage un point de vue frontal mais invite aussi à être parcouru comme un paysage. Si parfois elles semblent évoquer des figures (flûte, mer, pastèque), leur langage est surtout composé de déséquilibres, d’obstacles, de changements d’échelle, de jeux entre objet et image. Mais leur arrière plan, une sorte de fond d’incrustation d’un ciel noir romantique, leur donne une qualité de corps célestes à l’intérieur d’une pièce de théâtre mentale qui ne demande qu’à être jouée.

Pedro Morais, historien et critique d’art, 2013


sĂŠlection 2010/2014


COMETA, 2014 Open Studio, CitĂŠ internationale des Ats de Paris Installation, sculpture/ MatĂŠriaux : bois, grillage, satin, papier carton, frange Dimensions : 118 x 120 x 10 cm


ANNEE PLATONIQUE, 2013 Résidence Toulouse - Dusseldorf, Institut Supérieur des Arts de Toulouse Installation, sculpture/ © Yann Gachet Une « année platonique » désigne, en histoire des sciences, une révolution à la fin de laquelle on suppose que tous les corps célestes retournent à leur position initiale. Année platonique est composée de 8 pièces installées comme un décor. Ces « sculptures-images » sont mobiles au sein d’un accrochage qui configure une circulation variable. Elles sont aussi des « sculptures-objets», opérantes ou non. Elles se nourrissent de formes abstraites et de formes figuratives : flûte, mer, pastèque... mais aussi trouées, poinçonnements, cintrages, roulements, glissements, basculements. Elles s’imprègnent de mon environnement, d’une imagerie populaire et de l’histoire de l’art. Pour Année platonique, j’ai exploré certaines questions de sculpture : étirer, assouplir, draper, déséquilibrer, jouer des rapports d’échelle, des couleurs, des matériaux. J’ai travaillé des opposés : l’organique et le géométrique, le terne et le brillant, le réfléchissant et le miroitant. Mes pièces sont situées à la frontière entre la deuxième et troisième dimensions. Elles occupent l’espace physique, et pourtant, font image.


LA ROUE TOURNE, 2013 Une année platonique,ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : bois Dimensions : 250 x 250 x 5,5 cm © Yann Gachet


COLLIER, 2013 Une année platonique,ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : corde, tube PVC, peinture en bombe. Dimensions : 35 x 15 x 160 cm © Yann Gachet


LA MER, 2013 Une année platonique,ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : tissu, bois, peinture en bombe Dimensions : 120 x 20 x 3 cm © Yann Gachet


LA MECANIQUE CELESTE 2013 Une année platonique,ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : tissu, bois Dimensions : 330 x 210 x 280 cm © Yann Gachet


SANS TITRE, 2013 Une année platonique,ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : bois cintrable, peinture Dimensions : 90 x 120 x 8 cm © Yann Gachet


WATERMELON, 2013 Une année platonique,ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : Bois cintrable, peinture en bombe Dimensions : 70 x 140 x 30 cm © Yann Gachet


FLUTE, 2013 Une année platonique,ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : tube PVC, bois et peinture en bombe, boule en acier / Dimensions : 140 x 140 x10 cm © Yann Gachet


LEAF, 2013 Une année platonique, ISDAT , Toulouse Installation, sculpture/ Matériaux : carton bois, boule en bois, papier autocollant, roues / Dimensions : 93 x 75 x 10 cm © Yann Gachet


LE RÉSIDU D’UN MOUVEMENT TRAGIQUE, 2013 La désinvolture de nos gangsters, Les salaisons, Romainville Installation performative / Matériaux : mèche de pétard lente / Dimensions : 0,50 x 7 m / © Lindsay Tunkl Le résidu d’un mouvement tragique est un extrait du texte Mythologies de Rolland Barthes, il joue sur l’aspect tautologique de cette phrase, au rapport entre l’action et son contenu. La mèche se consumant provoque un résidu au sol. Au public de décider si ce mouvement est tragique ou non ?


PAREE, 2013 Marenostrum, Toulouse Installation, sculpture / Matériaux : bois, charnières, chaîne plastique / Dimensions : 120 X 90 cm / © Yann Gachet Sorte de paravent, modulable grâce à ces charnières. Il fait à la fois barrage mais permet aussi au public de s’abriter des regards et de regarder sans être vu .


LE SOLIDE DE PLATON, 2013 Marenostrum, Toulouse Installation, sculpture / Matériaux : bois, chaîne plastique/ Dimensions : 90 X 90 X 90 cm / © Yann Gachet Le dodécaèdre a été d’abord démontré par Platon, dans une classification des polyèdres qui étaient censés représentés les différents éléments naturels (le feux, la terre, le vent.. ) Il est le plus puissant des cinq polyèdres parfaits de la géométrie composé de pentagones, il figure la quintessence, l’éther. Il fait ici référence à l’obsolescence programmé.


OBSOLESCENCE PROGRAMMEE, 2013 Marenostrum, Toulouse Installation, sculpture / Matériaux : bandes magnétiques/ Dimensions : 120x 220 cm / © Yann Gachet Objet culte devenu maintenant obsolète ces bobines de bandes magnétiques, objet de mémoire forment ici un rideau épais.


CONCEPTUAL FLOORING (Sol L), 2012 (détail) Est Nord Est, St Jean Port Joli Installation, sculpture / Production : Est Nord Est / © Baptiste Grison Matériaux : bois / Dimensions 280 x 200 x cm (dimensions variables) Reprenant la forme du cube cher à Sol Lewitt, ce parquet construit en bois rentre en relation directe avec le lieu d’installation. Jouant sur la perception spatiale et mentale du spectateur, ce parquet psychédélique met en valeur les rapports plein / vide de la forme du cube.


COLIFICHET, 2012 24, La vitrine, St Jean Port Joli Installation, sculpture / Production : Est Nord Est / Matériaux divers (bois, boule laqué, métal, chaîne, bandes de satin, plastique) Dimensions 280 x 100 x 34 cm Entre le totem amérindien et le panneau multisports, Colifichet interroge dans un premier temps sur son statut. Présenté dans une vitrine, il rentre en résonance avec le contexte des magasins de décorations et de souvenirs environnant où l’essentiel des produits sont fabriqués en chine.


ÉTAT DES POSSIBILITÉS, 2012 Est Nord Est, St Jean Port Joli / Installation, dispositif / © Baptiste Grison Production : Est Nord Est Matériaux : bois, caoutchouc / Dimensions : 75 x 75 x 1,5 cm Ce jeux de pliage en papier bien connu des écoliers la cocotte, est ici mis à l’ épreuve du bois. Grâce à l’élasticité des attaches en caoutchouc de nombreux pliages sont possibles.


CÔTÉ JARDIN, 2012 VOIRE Art et embarras du choix, AFIAC + si affinité, St Paul Cap de Joux Production : AFIAC / © Yann Gachet / Installation / Dimensions : 4,60 x 4,20 m / râteau : 6 m 25 / Matériaux : bois, gravier, rocher, galet, mousse, fleur, râteau Il faut tout d’abord traverser la maison par un long couloir pour accéder à la salle de bain. A première vue, un manche sort de la fenêtre. En montant sur des marches pieds on découvre un long râteau ainsi qu’un jardin japonais en contre bas. En contradiction avec la vue, le site délabré et les voitures qui circulent, ce jardin sec appelle a être contemplé tel une composition. Jouant sur l’esthétique du jardin et ses stéréotypes, Coté jardin remet à l’échelle du lieu un jardin japonais miniature.


SANS TITRE (variation autour de 6 raquettes de tennis), 2012 Unfair Play, Restitution de résidence, Le Plateau, la malterie, Lille / Production : L’Entorse, La Malterie Installation, Sculpture, En collaboration avec Marion Brusley / Matériaux : Raquette de tennis, crochet, fil de cordage / Dimensions : 68,5 x 29,21 cm (variables) A la lisière de la sculpture et de l’objet usuel, Variation autour de 6 raquettes de tennis se veut absurde et humoristique. Entre détournements et déclinaisons sur le motif du cordage de la raquette, ces changements d’usages interrogent le statut et la fonctionnalité de cet objet par des impossibilités à jouer ou à gagner.


INAPROPRIATE BAG, 2012 Unfair Play, Restitution de résidence, Le Plateau, la malterie, Lille Prod : L’Entorse, La Malterie / Installation, Sculpture / Matériaux : Skai, rembourrage, set de chaînes / Dimensions : 280 x 35 x 115 cm Un sac de frappe est accroché au plafond. Signe de puissance et de vigueur, celui-ci est avachi sur lui-même, il est d’une certaine manière inadéquat : de par sa taille et ses dimensions. Objet symbolisant la force et le dynamisme, Inapropriate Bag est lui en revanche mou et lâche. On est plutôt appelé à se lover dedans comme un pouf.


MONOTYPES, 2012 Unfair Play, Restitution de résidence au Plateau, La malterie, Lille / Production : L’Entorse, La Malterie / Sculpture / Matériaux : bois, cuir / Dimensions : 165 x 35 x 9,5 cm / Entre la maquette et le prototype, Monotypes, est une déclinaison de possibilités autour de l’objet sportif qu’est la queue de billard. Par analogie ou correspondance formelle elle peut parfois s’apparenter à une baguette chinoise ou bien une allumette. Un peu plus grand que la taille réelle, entre la maquette et l’objet, Monotypes incite à d’autres possibilités de jeux, de nouvelles règles.


PRIS POUR CIBLE, 2012 Sport Factory, Gare St Sauveur, Lille Production : L’Entorse, La Malterie Installation / Dimensions : 250 x 250 x 280 cm Matériaux : bois, épées, dagues, fleurets, flèches, boule de bowling Différents éléments perçants sont postées au plafond, comme en attente. Au sol, une cible est fractionnée en plusieurs morceaux. Une boule de bowling est posée sur celle- ci. Pris pour cible pose une situation, celle d’un danger latent. Ici, les règles sont renversées. Le joueur n’est plus le maitre du jeu.


L’ ÉQUILIBRE DES FORCES, 2012 L’équilibre des forces, Centre d’art visuel, Lille Production : L’Entorse, La Malterie Performance, en collaboration avec Marion Brusley et Rémi Groussin Combien de temps peut on tenir ensemble sur un socle de 30 x 30 cm ?


CONFETTIS, 2012 Par temps de fête, Cheminements, Toulouse Installation, sculpture en collaboration avec Marie Sirgue © Yann Gachet Matériaux : Sac, palme, tapis, jeans, plante verte, veste en cuir, chapeau, gant en plastique, revue, nappe, calendrier... / Dimensions : 170 x 250 x 90 cm (dimensions variables) A la manière d’une manufacture, le but a été d’opérer le meilleur rendement de chaque objet pour en extraire le plus de confettis possible. Evidé de leurs formes, de leurs matières ces résidus ont été poinçonnés jusqu’à les mettre en lambeaux. Entre le filet de camouflage et la dentelle ces déchets sont les souvenirs de cette action passée.


CONFETTIS, 2012 Par temps de fête, Cheminements, Toulouse Installation, sculpture en collaboration avec Marie Sirgue © Yann Gachet Matériaux : Sac, palme, tapis, jeans, plante verte, veste en cuir, chapeau, gant en plastique, revue, nappe, calendrier... / Dimensions : 170 x 250 x 90 cm (dimensions variables)


STORE CORBEILLE, 2011 Folkore, Janovas, Espagne Installation, sculpture / Production : pépinières européennes / Matériaux : Structure métallique, toile de bâche, 2 x 1,15 x 0,50 m Cet objet utilitaire, mais aussi décoratif vient en général signaler, décorer une enseigne. En l’allongeant, je propose en quelque sorte un contrepoint, poétique et absurde à sa fonction traditionnelle


FLECHES, 2011 Folkore, Janovas, Espagne / Installation / Production : Pépinières européennes / Matériaux : Bois, plume, fils, 1,40 m / Installation de 11 flèches aztèque dans, ce qui pourrait être des impacts de balles sur différents pans de mur d’ un village abandonné.


FLECHES, 2011 ( détail ) Folkore, Janovas, Espagne / Installation / Production : Pépinières européennes / Matériaux : Bois, plume, fils, 1,40 m / Installation de flèches aztèque dans, ce qui pourrait être des impacts de balles sur différents pans de mur d’ un village abandonné.


BERMUDIAN ROSE, 2011 Colonial Jelly, Lieu Commun, Toulouse / En collaboration avec Marie Baur, Sculpture, Installation / Production : La Mobylette / Matériaux : Gel effet mouillé, machine à fumée, néon, bois, acrylique / Dimensions : 130 x 170 x 150 cm Cette soucoupe volante ou encore table basse tout droit sortie d’un univers de science fiction est surélever par de petites roulettes renforcées par la lumière d’un néon. Elle lévite au dessus du sol tel un drone en stand by. Son odeur perturbe l’ensemble de la salle. A certaine occasion, elle déverse sont trop plein de chaleur en évacuant une étrange fumée disparate qui vient contaminer le paysage globale.


SANS - TITRE, 2010 Lanterne Rouge, Permis de Construire, Toulouse Sculpture, en collaboration avec Marion Brusley Matériaux : raquette de tennis, fil de cordage/ Dimensions : 68,5 x 29,21 cm Cette exposition interroge des notions telles que la maîtrise, la performance, le réussite ou encore l’échec par glissements de formes et de sens opérés sur des objets et des comportements empruntés à l’univers sportif. C’est un jeu d’allers - retours entre espace d’exposition et territoire propre à une activité physique. Il s’agit de questionner leurs contradictions et leurs liens en créant de nouvelles règles de jeu à accomplir, de nouvelles valeurs à affirmer.


LAS CARTAS, 2010 Jacobeo in progress, Hecho, Espagne / Installation en collaboration avec Marie Sirgue/ Production : Pépinières européenes / Matériaux: ardoises, façade, Dim : 1,50 x 1,10 m Clin d’oeil à l’architecture, à la manière d’un châteaux de cartes, les plaques d’ardoises dialoguent avec l’architecture traditionnelle d’Hecho. Ce château se termine par trois petites ouvertures postées en haut de cette bâtisse. Cette installation précaire et ludique prend ainsi corps avec le village.


LUSTRE, 2010 Rotonde de l’école des Beaux-Arts de Toulouse / Installation / Matériaux : Mèche de pétard lente, rapide, extincteur, 4 x 3 m / Durée : 3 min 16 s / Le fil rouge s’illustre ici, par une mèche de pétard qui se consume lentement en défiant les lois de l’apesanteur pour arriver à destination. Ce lustre s’embrase après une longue attente. Le potentiel est condensé dans le moment de l’explosion, le passé se coagule dans l’instant éclaté. La pièce s’auto- détruit une fois le processus irréversible commencé.


AMPHITHEATRE, 2010 Ecole des Beaux-Arts, Toulouse Installation, En collaboration avec Kirill Ukolov, 2010 Matériaux : Bois, lino, peinture glycéro, colle, 117x 30 x 45 cm ( dimensions variables ) La répétition à l’infini des marches y rend non seulement impossible l’accès à l’estrade comme position d’autorité, mais pointe avec ironie l’absurdité de cet ajout de construction. Réflexion sur la transmission du savoir.


AMPHITHEATRE, 2010 Ecole des Beaux-Arts, Toulouse Installation, En collaboration avec Kirill Ukolov / Matériaux : Bois, lino, peinture glycéro, colle, 117x 30 x 45 cm ( dimensions variables ) En haut à gauche : deuxième partie de l’installation. Image à gauche et ci - dessus : Amphithéâtre avant la construction des marches supplémentaires.


LES CHATELAINS SONT MORT ICI, 2010 Fantasmagories, Château de Capdeville, Fronton / Production : Point de Fuite - © Yohann Gozard Sculpture, Installation / Matériaux : Bois et projecteurs, brande de bruyère/ 200 x 220 x 260 cm Cabanon de chasse construit avec le parquet d’origine du château en pleine réhabilitation. Au coucher du soleil, le public attiré par la lumière marche à travers la forêt pour la découvrir.


SANS TITRE, 2010 Fantasmagories, Château de Capdeville, Fronton / Performance en collaboration avec les sonneurs de trompe de chasse de l’Echo de Lomagne, Mr Merle et sa meute de chiens et le groupe de musique Voyage, Voyage, Voyage. / Durée : 10 min environ / Au rythme d’une fanfare et d’un groupe de musique expérimentale, un simulacre de chasse à courre évolue dans la forêt. Au fil des déplacements du public dans la forêt, ce mélange anachronique provoque une confusion sonore. Sorte de duel ou de bataille auditif entre les différents participants.


Ci dessus : le groupe de musique Voyage, Voyage, Voyage posté sur le toit du château pendant la performance, Mr Merle, chasseur de Fronton et sa meute de chiens de chasse durant le simulacre et enfin les sonneurs de trompe de chasse de l’écho de Lomagne.


TEXTE / presse


Texte de Manuel Pomar pour le catalogue de l’exposition Voire, Art et embarras du choix Côté jardin (…) Marie-Johanna Cornut jette son dévolu sur une petite cour cachée. Dans cet espace exigu qui jouxte la route et que surplombe la salle de bain, elle crée un jardin zen où le gravier, matériau principal, symbolise l’eau. Les rochers, la mousse et l’unique fleur sont les composants de cette image idéalisée de la nature. Sorte d’interface entre espace privé et public, placé idéalement près d’une source, la salle de bain. C’est depuis la fenêtre de celle-ci, à l’aide d’un râteau de plus de six mètres spécialement fabriqué par un menuisier de la région, que les visiteurs peuvent modeler à leur gré le jardin. Fidèle à la tradition, composé rigoureusement dans une économie de moyens, il peut être contemplé ou recomposé. Tout comme l’art, les jardins japonais exigent un effort du regard. Un effet si loin si proche fait de cette proposition une sorte de jardin frustrant. Même si le râteau est là, adossé à la fenêtre, il est lourd, imposant, peu maniable et son usage entraînerait à coup sûr un saccage. Environnée du bruit des automobiles cachées par la palissade, c’est une zénitude pratiquement hors de portée. Comme si aujourd’hui il était impossible d’aménager un endroit propice à la relaxation et à l’abstraction. (…) Manuel Pomar A propos de Coté jardin Voire, Art et embarras du choix, A FIAC, 2012


http://www.rennesacoupdecoeur.fr/ Focus sur l’exposition du festival Oodaaq aux Ateliers du Vent écrit par Eléna J. le 21 mai 2013 • On vous a parlé du festival d’art vidéo et d’images nomades, Oodaaq, qui se déroule en ce moment à Rennes, jusqu’au 26 mai. Nous sommes allés à la captivante exposition qui a lieu aux Ateliers du vent. Petit compte rendu. (...) Suite de notre périple dans la constellation d’Oodaaq : une installation amusante des artistes Marie-Johanna Cornut et Marie Sirgue, intitulée « Confetti ». Un salon complètement troué. Des trous, des petits trous partout ! Du canapé, au tapis, en passant par la lampe, rien n’est épargné. Bêtise d’un gamin auquel on aurait confié une poinçonneuse ? Presque. Car cette abondance de trous, semble avoir été fait avec facilité, à travers des matières qui sont pourtant dures et résistantes. Tous ces éléments de la vie quotidienne sont fragilisés par cette déconstruction des matières, des formes. Ces artistes nous permettent finalement d’avoir un autre regard sur notre confort quotidien, à travers la décomposition de celui-ci. Sur le vide que représente en fin de compte ces objets. Par contre, on aurait bien aimé faire voler les confettis ….

Performance Trial art fair, performance de Rémi Groussin, Marion Brusley, Marie-Johanna Cornut, artistes accueillis en résidence à la malterie en partenariat avec la Quinzaine de l'entorse (avril-mai 2012) Parallèlement à leur travail de création à la malterie et pour l'exposition Sports factory, les trois artistes toulousains ont réalisé des performances qui ont ponctué toute la durée de leur résidence à Lille. Les trois artistes se mettent en scène, à l'image d'acrobates professionnels, en composant des figures acrobatiques où l’imprécision désarçonne les ficelles du spectacle et dont la précarité et l'absurdité poussent la notion du spectaculaire à son paroxysme. N'hésitant pas à faire participer les éléments du décor dans la construction de leurs acrobaties, ils accentuent la notion de danger physique et prennent à parti le fait que l'artiste doit être capable de bien des contorsions aériennes pour se placer au devant de la scène artistique actuelle. L'artiste, entité scénique spectaculaire et spéculative, devient objet d'art articulé devant briller pour s'exposer.

Par ailleurs, tout au long de leur résidence, les trois artistes ont proposé à diverses occasions des versions, toutes différentes de leur performance Trial Art Fair, qui joue de l'équilibre et de l'imprécision : A Lille Art Fair 2012, au Centre d'arts plastiques et visuels de Lille à l'occasion de l'exposition L'Equilibre des forces organisée par la malterie, à la Gare St Sauveur à l'occasion du vernissage de l'exposition Sports factory.

Confetti - Marie-Johanna Cornut et Marie Sirgue


Marie-Johanna Cornut Présentation générale du travail A l’Ecole des beaux-arts de Toulouse où elle a été étudiante de 2005 à 2010, Marie-Johanna Cornut s’est rapidement distinguée par son inventivité et sa capacité à trouver les interstices dans lesquelles elle venait loger une ironie fine et déconcertante. Après cinq années passées à Toulouse, entrecoupées d’un semestre à l’ Akademie für Bildende Künste de Braunschweig, elle a été reçue au Diplôme national supérieur d’expression plastique avec les félicitations du jury, menant de front dès cette époque la préparation de son diplôme et une activité déjà soutenue d’expositions et de performances.

Si le chimiste analyse le noir de la trace, Marie-Johanna Cornut porte son attention sur cette flamme qui traverse l’espace et brûle encore longtemps après s’être définitivement éteinte. Le spectaculaire de l’événement ou de la découverte surprenante inscrit l’objet dans une histoire dont les éléments sont inaccessibles : Flèches (2011) imagine une guerre aztèque en Espagne, Confettis (2012) collectionne les trous d’une « action passée », Store corbeille (2011) invente une boutique dans une maison en ruine, Pris pour cible (2012), entre casino et tir, place littéralement le joueur sous la menace.

Le travail artistique de Marie-Johanna Cornut repose sur la transformation des espaces par des ruptures de plans, la pose d’obstacles, la surprise. Ainsi A crampons tondus (2007), une performance dans laquelle elle faisait hacher menu par une tondeuse à gazon des plaques de polystyrène dans une salle de l’Ecole : la situation est incongrue, l’atmosphère est vite irrespirable, le bruit insupportable. Plus tard, elle construit Amphithéâtre (2010) dans une des deux salles en gradins de l’Ecole. La répétition complexe et jusqu’à l’absurde des marches de l’estrade y rendait non seulement impossible l’accès à cette position d’autorité, mais pointait l’inutilité de cette surélévation professorale. A l’inverse, la montée des marches vers les rangées de sièges se poursuivant jusqu’à la hauteur de la fenêtre, invitait pour ainsi dire à se jeter dans le vide.

Obsolescent, éphémère, inappropriate sont non seulement les adjectifs favoris de l’artiste, mais disent aussi le moment du basculement, où l’objet, l’histoire échappent à celui qui croit la tenir, et où il est vain de s’opposer au cours des événements. Les objets de Marie-Johanna Cornut, raquettes de tennis (Sans titre, 2012), sac de frappe (Inapropriate Bag, 2012), queues de billard (Monotypes, 2012) parodient ceux du sport, de la compétition : mais que reste-t-il lorsque le sac est mou, que les raquettes s’effilochent, que l’objet n’est autre qu’une matière sans forme ou qu’il s’évade de sa forme initiale ? Conceptual Flooring (Sol L) (2012), répétition des cubes de Sol LeWitt, rend patent un vide tautologique, et Côté jardin (2012) isole, insère et privatise les motifs sacrés des jardins japonais dans un espace incongru. Malgré le paravent Parée (2013), l’intimité, cette valeur tant souhaitée du public dans la foule, se révèle illusion, et Le Solide de Platon (2013) ne peut défaire sa perfection des chaînes qui le retiennent prisonnier.

Ainsi le geste quotidien, schématisé, simplement répété, se fait-il trébuchement, jouant et se jouant, par absence d’inattention, d’une attente déçue ou dépassée du spectateur. Tout bascule alors, et on n’en reste pas à des guirlandes bavardes, un chandelier surprise, un kiosque fumeur, le cabanon des chasseurs n’est pas qu’un mystère de lumière dans l’obscurité de la forêt. La récente intervention de cette jeune artiste aux Salaisons de Romainville, Le Résidu d’un mouvement tragique (2013), donne a posteriori le ton de ce qu’elle ne cesse de construire au long de son parcours. Ecrivant au mur sous forme d’une guirlande la phrase éponyme de Roland Barthes, la mèche de pétard lente laisse derrière elle en brûlant une trace du passage de la flamme. L’allusion de Barthes au pistolet que dans les films le gangster sort en toute désinvolture, tandis que sa victime, sur l’image qui suit, s’effondre touchée à mort, rend présent, au moment suprême où l’ensemble s’enflamme, son dernier sursaut sous une balle imaginaire. Ce que Barthes nomme le « tragique » eut lieu ailleurs, en un autre temps, et de cela il ne reste qu’un résidu fait du noir et d’une balle qui n’existe pas, pas plus que toutes les explosions que l’on voit au cinéma.

Marie-Johanna Cornut joue. Son jeu possède la légèreté de celui de l’enfant. L’enfant joue, il refait le geste de l’adulte des centaines et des milliers de fois : son mimétisme est un apprentissage. Marie-Johanna Cornut imite, elle marche dans les pas de l’autre. Son jeu, même lorsqu’il reprend ceux de l’enfant comme la cocotte en bois d’Etat des possibilités (2012), remet à chaque instant tout en question : aucune nouvelle partie ne dépend de la précédente, aucune position n’est acquise. Le jeu n’est plus qu’évanescence des choses, inanité, et fait signe vers la propre évanescence du sujet, et son inanité. Michel Métayer Directeur de l’Ecole des beaux-arts de Toulouse (2000-2012) Membre de l’AICA


Marie - Johanna Cornut, Tous droits réservés, Paris, février 2014


13 02 2014