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Nature &Ville Les respirations végétales dans le tissu urbain

Rapport d’études Marie Cugney . S6 . ENSASE 2013 Enseignant référent : Olivier Ocquidant

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« Si on ne réfléchit pas à ce qu’est la nature dans la ville, on la condamne ». Gilles Clément.

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SOMMAIRE Avant propos Introduction

……………………………………………………………..………………………………..… 4

…………………………………………………….…………………………………………...… 5

1. Définitions & Généralités ………………………………………………………………… 8 1.1 1.2 1.3 1.4

La ville …………………………………………………………………………………………8 La nature……………………………………………………………………………………. 8 La nature dans la ville………………………………………………………………. 9 Quelle nature en ville ……………………………………………………………... 10 1.4.1 Les parcs urbains 1.4.2 Les jardins urbains 1.4.3 Les squares 1.4.4 Les boulevards 1.4.5 Les promenades

2. Approche personnelle : La pratique des espaces verts à Chambéry Quelle articulation y a-t-il entre ces coupures vertes et leurs tissus urbains ? ..........……….……. 12 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6

La nature à Chambéry…………………………………………………………………. 13 Le Parc de Buisson Rond …………………………………………………………….... 14 Le jardin du Verney, Le jardin des senteurs ……………………………….. 16 Les squares ……………………………………………………………………………………... 19 Le boulevard de la Colonne ……………………………………………………….. 21 La promenade Jean Monnet ……………………………………………………… 22

3. Les ressentis des usagers des espaces verts

............……….………. 23

Que représente la nature pour les citadins?

Conclusion : La nature dans la ville : élément vital ? ...........……………. 25 La nature rend-elle la ville plus habitable ? Quel est l’avenir de la nature et celui de la ville ?

Bibliographie / Webgraphie...........……………………………………………………….…. 26

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Avant propos Depuis la première année de licence, on nous apprend à composer l’espace. L’espace intérieur, l’espace extérieur, mais aussi l’espace avec son environnement et donc le paysage qui l’entour. Cependant nous avons un manque de connaissance sur ce sujet. C’est donc par curiosité et par intérêt j’ai choisi de développer ce sujet. La question que je me suis posée et de savoir comment le végétal vient composer avec l’architecture et de façon plus précise comment la nature vient s’articuler avec l’architecture de la ville ? Il me semble que l’architecture et la nature sont deux notions indissociables. Cet été j’ai réalisé un stage chez un paysagiste (Olivier Cusin à Chambéry). C’est la première approche réelle que j’ai pu avoir avec ce sujet. Ce stage m’a permis de suivre deux chantiers avec des jardins de grandes propriétés. Ce fut très intéressant, j’aurais apprécié de travailler sur des espaces publics plutôt que sur des propriétés privées, je me suis adapté aux projets en cours de réalisation et ce fut passionnant. C’est donc grâce à des recherches personnelles que j’ai développé ce sujet d’études. Traiter le végétal au sein de la ville dans mon rapport d’études, est une manière pour moi d’en apprendre davantage sur la conception de ces espaces verts : -

Quel est le lien entre l’architecture et le végétal ? Qu’apporte –t-il à la ville ? Vais-je concevoir des espaces verts dans ma vie professionnelle ? Quel est l’avenir de l’espace vert en ville ? Peut- on s’en passer ? Qu’en sera-t-il demain ?

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Introduction Cette étude porte sur la nature dans la ville et principalement sur ma ville d’origine, Chambéry. Elle propose de s’intéresser sur l’articulation des espaces verts avec leur milieu et leur tissu urbain. La notion d’espace vert est défini dans l’ouvrage « L’espace urbain » comme : « Espace libre consacré au vert et destiné à la récréation, au sport, aux jeux ou à l’agrément visuel. » 1 Dans les agglomérations, l’espace vert est associé à des terrains encore non bâtis, végétalisés ou arborés, boisés ou agricoles. On les identifie aux parcs, jardins, squares, plantations d’alignement d’arbres, ainsi qu’aux bois, forêts, espaces naturels et ruraux périurbains qui sont également considérés comme des espaces verts. Aujourd’hui la végétation occupe une place importante dans le tissu urbain des villes occidentales. Elle est de plus en plus désirée par les citadins. En effet c’est une manière de supporter la ville, de l’accepter dans les pratiques et usages quotidiens. Les espaces verts sont des lieux de détente et de récréation. Les apports de la nature sont évidents : pour les citadins, elle est une source de bien-être et de plaisir et au sein de la ville, elle aide à la réduction de certains défauts urbains comme la pollution de l’air. C’est ainsi que l’on peut la qualifier de « respiration » végétale. « Respiration : Ensemble des phénomènes permettant l'absorption de l'oxygène et le rejet du gaz carbonique par les êtres vivants. » 2 Mais sans parler d’absorption d’oxygène ou de rejet de carbone qui est responsable du réchauffement de la planète. La végétation vient purifier l’air que nous respirons. Sa présence a surtout une influence positive sur la santé physique et morale des individus. Elle favorise ainsi la détente et l’épanouissement.

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GAUTHIEZ Bernard, Espace urbain vocabulaire et morphologie, Monum Editions du patrimoine, Paris, 2003 (Page 180). 2

LAROUSSE Encyclopedie, « respiration » http://www.larousse.fr consulté le 15/05/2013

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En effet, de nos jours, une majorité des français choisissent leur futur lieu de vie en fonction de la présence d’un espace vert à proximité de leur habitation. « Le besoin de « nature » apparaît, depuis quelques années, comme une aspiration profonde des sociétés urbaines à la recherche de leurs racines et de leur équilibre face au mal-être de la ville. » 3 Ce travail tente grâce à une première approche générale d’apporter une définition simple : - sur un espace que nous côtoyons quotidiennement, la ville ; - et sur l’élément essentiel qui nous apporte une sensation de bien être dans cet univers, la nature. Nous tenterons par la suite d’expliquer le fait d’avoir besoin de la présence de la nature en ville. Dans une seconde approche dite personnelle dédiée à la pratique, j’analyserai différents espaces verts qui me sont familiers et que je fréquente ou que j’ai fréquentés depuis mon enfance. Ces lieux très appréciés par les chambériens sont producteurs d’urbanité. « L’art de faire société ensemble, issu de la ville. » 4 En effet la mixité sociale dans l’espace apporte le frottement des âges, le mélange des cultures et la confrontation des goûts. Elle ne favorise pas toujours la sociabilité, mais s’adapte à l’évolution sociale. Ce sont les pratiques sociales qui réunissent les citadins dans l’espace qu’il soit public ou privé. En outre, dans une dernière partie, mes interrogations reposent sur le ressenti des citadins sur ces espaces. A savoir : -

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quels sentiments se dégagent lorsque l’on pénètre dans un espace dédié à la nature ? Qu’est ce que cela produit sur notre propre personne ? Peut-on se passer de la nature en ville ?

« Nature » et urbanisation. Un enjeu pour les aires métropolitaines méditerranéennes.

Introduction », Rives nord-méditerranéennes, 2001, Page 11 DONADIEU Pierre, La société paysagiste, Editions Actes Sud, coédition Ecole nationale supérieure du paysage, 2000. Page 26 4

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Enfin, ce travail renvoie au métier d’architecte par ces recherches traitant avant tout d’une matière qui complète l’architecture mais qui fait aussi architecture en elle-même.

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1. Définition & Généralité 1.1

La ville :

Chaque personne a une image de la ville, parce qu’on y vit ou parce qu’on en parle souvent. Mais qu’est ce qu’une ville exactement ? Nous percevons bien ce qu’est une ville, mais ses limites ne sont pas précises, on a du mal à estimer où elle commence et où elle finit. Autrefois, les fortifications délimitaient clairement la ville. Si aujourd’hui nous pouvons encore admirer les ruines de nombreux remparts, elles ne représentent plus grand-chose à notre époque. Alors comment peut-on définir une ville aujourd’hui ? Faut-il inclure les quartiers périphériques, ou bien faut-il se limiter au centre ? Larousse définit la ville comme étant une agglomération, une entité. A l’école d’architecture nous lui donnons un sens différent. Une ville est bien plus qu’un territoire, elle est là ou la société se trouve, là où les infrastructures créent la vie. Quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme, la ville joue et jouera un grand rôle dans notre vie quotidienne.

1.2

La nature : « La nature…qu’y a-t-il sous elle ? Peut être rien. Peut être Tout ». Cézanne

La nature se définit dans un premier temps par tout ce qui n’est pas transformé par l’homme. « Elle représente ce qui de l’univers minéral, végétal et animal est donné réellement, matériellement, sans artifice et sur quoi les hommes ne peuvent pas agir.»5 Cette étude portera particulièrement sur la notion de la nature végétale et notamment sur les espaces verts qui composent une ville. L’espace vert est défini dans l’ouvrage « l’espace urbain » comme un espace 5

DONADIEU Pierre , op.cit ,Page 23

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consacré au vert. Il est destiné à la récréation, au sport, aux jeux ou à la contemplation et relaxation. La nature éveille nos sens. L’ouïe, l’odorat, la vue et le toucher sont mis à l’épreuve. Chaque arbre, chaque fleur a son propre parfum. La nature est source de vie, de bien-être et de bonheur. La nature en ville se présente sous plusieurs formes, allant de l’espace fleuri de quelques mètres carrés au vaste parc urbain. Cette nature est associée à l’introduction de végétaux et donc d’une intervention humaine. L’espace vert est fait d’une portion nature recomposé à l’intérieur de laquelle on a tiré parti du « meilleur de la nature ».

1.3

La nature dans la ville

Se retrouver au milieu de la végétation en pleine ville permet de retrouver le contact de la nature et d’effacer de son esprit les aspects négatifs de la ville tel que le stress, le bruit ou l’agitation. L’espace vert se définit alors en termes de calme, de lutte contre le bruit, de relaxation, de détente, etc. En d’autre terme la fréquentation de ces espaces permet de se ressourcer. L’idée de fuir et de faire oublier la ville est une envie très répandue chez les citadins, le souhait est de « quitter » le milieu urbain pour un temps, de prendre une bouffée d’oxygène avant de replonger en apnée. L’espace vert est donc une échappatoire pour le citadin afin de bénéficier d’une pause dans la dynamique de la ville. D’un point de vue historique, les espaces verts se réfèrent, dans le domaine de l’urbanisme, aux hygiénistes du 19ème siècle qui souhaitaient éclaircir l’espace urbain de manière à ce que les habitations et les habitants puissent avoir accès au soleil et à l’air pur. Ces théories hygiénistes influencèrent de nombreux architectes et urbanistes comme Rambuteau (préfet de la première moitié du 19ème siècle) qui déclarait « Je n'oublierai jamais que mon premier devoir est de donner aux Parisiens de l'eau, de l'air et de l'ombre ». Ainsi il fait moderniser les réseaux des égouts et construit de nombreuses fontaines, dont certaines sont toujours en fonction dans les jardins publics de Paris. C’est lui aussi qui intègre l’arbre à la rue, avec des aménagements le long des avenues et qui développe les espaces verts. Ces idées ont été menées à bien par Haussmann sous le Second Empire. En 1933, Le Corbusier reprit cette idée au cours de l’aboutissement de la Charte d’Athènes, dont le thème était « la ville fonctionnelle », il affirme 9


« Les matériaux de l’urbanisme sont le soleil, l’espace, les arbres, l’acier et le ciment armé, dans cet ordre et dans cette hiérarchie ». Le docteur Pierre Winter déclarait « notre rôle et le vôtre, aujourd’hui est de restituer la nature à l’homme, de l’y intégrer ». Les espaces verts sont nés de la volonté de donner une plus grande place à la nature au sein même de la ville.

1.4

Quelle nature en ville ?

A ces débuts la nature dans la ville était le plus souvent synonyme de parcs. Aujourd’hui parcs, jardins, squares, allées plantées constituent des éléments essentiels de la qualité du cadre de vie en ville. Dans cette partie nous tenterons d’apporter une définition à chacun de ces termes afin de comprendre la place qu’ils jouent dans la ville. 1.4.1

Les parcs urbains

Ce sont des jardins publics largement plantés d’arbres et généralement de grandes dimensions. On distingue trois typologies de parcs : -

les parcs d’agglomération à l’échelle de l’agglomération, de l’ordre d’une centaine d’hectares. Les jardins publics, à l’échelle de la ville, de quelques hectares. Et enfin à l’échelle du quartier le square, de moins d’un hectare.

Les parcs sont le lieu de promenades faciles à proximité des habitants, ils sont considérés comme des refuges. « Il est indispensable qu’ils présentent de grandes pelouses et de l’ombrage pour les jours et les heures de délassement et de repos. » 6 1.4.2

Les jardins urbains

Les jardins publics sont des espaces verts généralement enclos qui sont accessibles au public et pouvant être agrémenté d’édicules et d’installations diverses telles que des aires de jeux, buvette, roseraie etc.

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FORESTIER Jean Claude Nicolas, Grandes villes et systèmes de parcs, Editions Norma, Paris,

1997 Page 61.

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Du fait de leurs tailles plus appropriées à l’échelle de la ville, la principale préoccupation est qu’ils soient accessibles et à la portée de chacun des citadins. « Si chaque famille doit pouvoir trouver à moins de 1000m un terrain de récréation d’enfants […] les champs de jeux ne doivent pas exiger u déplacement de plus de 1 500m à 2 000 m » 7 1.4.3

Les squares

Ce sont des petites places comprenant un jardin public central, il est souvent clos de grilles. Il peut entourer ou côtoyer un édifice. Ils sont appréciés des ménages avec des jeunes d’enfants. La fréquentation d’un square est fortement tributaire des rythmes scolaires. S’il est un espace vert multifonctionnel, il est avant tout un lieu d’échange, de discussions et de rencontres.

1.4.4

Les boulevards

Un boulevard est une voie relativement importante, il permet de contourner la ville. Il est généralement planté d’arbres disposés régulièrement avec d’amples trottoirs ou de contre- allées. Les boulevards apparaissent en France au 18ème siècle à Paris, ils deviennent utiles pour pouvoir contourner les enceintes de la ville. Cette idée s’est encore plus développée sous le Second Empire lorsque Haussmann décide d’aérer la ville et de créer des axes de promenades.

1.4.5

Les promenades

La promenade est une avenue accompagnée de d’aménagements publics, de part et d’autre de la chaussée.

jardins

ou

Elles sont destinées à servir les voies de communication dans la ville et à rendre agréable l’accès aux espaces verts. Elles peuvent aussi contribuer à mettre en valeur les points de vue, les berges de rivières.

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FORESTIER Jean Claude Nicolas, op.cit, Page 62.

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2. Approche personnelle : La pratique des espaces verts à Chambéry Quelle articulation y a-t-il entre les espaces verts et le tissu urbain ? Quelle morphologie des espaces verts en découle ? « Et si c’était le végétal qui ordonnait l’urbanisation ? » 8 C’est ainsi que débute l’ouvrage de C. Stefulesco sur l’urbanisme végétal. L’idée est de regarder et penser la ville à travers ses interstices végétaux. En important de la végétation en ville, en aménageant et en entretenant les espaces verts, on influe sur les pratiques de l’espace. Ces usages peuvent être identifiés facilement. Ils sont divers et déclinables en termes de temps, de fréquences, d’implication et de composition. Différentes typologies peuvent être proposées. Il est possible de distinguer les usages itinérants tels que la marche, la promenade, la balade et les trajets, mais aussi certaines pratiques sportives (footing, vélo…) ou visites. Les pratiques sédentaires en sont alors le complément. Elles sont alors constituées de la surveillance des enfants, de la lecture, de la détente, des parties de sports collectifs … L’utilisation de l’espace dépend de la forme de l’espace. L’espace est jalonné par des trajets plus ou moins obligatoires : domicile-travail, domicilecommerces, domicile-équipement public.

STEFULESCO Caroline, L’urbanisme végétal, Editions Institut pour le développement forestier, collection mission du paysage, 1993, Page 11. 8

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2.1 La nature à Chambéry Une bouffée de verdure, c’est possible même en plein cœur de la ville. Chambéry possède près de 140 hectares d’espaces verts et autours de 7000 arbres bordant les rues. Par rapport à son nombre d’habitants, c’est l’une des villes les « plus vertes » de France. Le choix des espaces étudiés s’est opéré en partant de la pratique personnelle.

Localisation des espaces verts étudiés dans la ville de Chambéry.

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2.2 Le parc de Buisson Rond C’est le plus vaste espace vert de Chambéry. D’une superficie de 22 hectares, il est défini comme le poumon vert de la ville par les citadins. C’est un espace bien ordonné dans lequel le loisir a une place importante. Situé en arrière de la piscine couverte et de la patinoire, il dispose d’un grand espace de jeux pour les enfants, d’une piste cyclable qui le traverse et d’un centre équestre.

Photos Personnelles 05/05/2013

Photo personnelle 13/04/2013

Photo http://www.chambery.fr Consulté le 02/05/2013

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C’est sur les hauteurs du parc, derrière le château, que l’on découvre un espace de tranquillité. On découvre ce lieu au fur et à mesure que l’on parcourt les allées délicates en gravillon fin qui traversent la roseraie. C’est ici que l’on se sent coupé du monde urbain, aucun bruit de circulation ne vient déranger le chant des oiseaux et l’écoulement paisible de l’eau de la fontaine. On se croirait à des kilomètres du centre ville !

Photo personnelle 13/04/2013

Photos Personnelles 05/05/2013

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2.3 Jardins publics :

Le Jardin du Verney Situé au centre ville et à proximité de la gare, c’est le jardin dit historique de Chambéry. L’ensemble des bâtiments qui l’entourent est de l’ordre du culturel, entre le palais de justice, une école maternelle, et la cité des arts construite en 2000. Le jardin vient créer une entrée à la cité des arts. Celle-ci offre une architecture nouvelle et contemporaine à contrario du palais de justice édifié en 1860. Photo http://www.google.fr/images Consulté le 02/05/2013

Photos Personnelles 05/05/2013

Ce jardin séduit aussi bien par la beauté de ces arbres que par la netteté de ces vastes parterres de gazon protégé du soleil. Il fait place à la détente. De nombreuses allées en courbes agrémentées de bancs offrent différents parcours entre les grandes étendues d’herbe. Une grande allée piétonne et cycliste linéaire traverse le jardin du coté du boulevard.

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Le jardin est enrichi par une grande surface de jeux pour les enfants et d’un skate parc très fréquenté par les adolescents. Ce jardin est ainsi pratiqué par toutes les générations. Les usagers recherchent une rupture avec la ville, un contact avec la nature ainsi qu’une zone de calme, sans bruit. En d’autres termes, le parc est perçu comme un havre de paix au sein du tumulte urbain.

Photos Personnelles 05/05/2013

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Jardin des senteurs Un jardin à toucher et à sentir. Son intention première est pour les personnes mal voyantes. Pour leur faciliter l’accès, ceux-ci ont été recouverts d’un revêtement souple qui guide leurs pas, ainsi que des panneaux d’information sur les quarante essences écrits en braille et en écriture courante.

Photos Personnelles 13/04/2013

Ce petit jardin situé à proximité de l’hôpital se compose, à l’entrée ouest du jardin, d’une aire de jeux. L’espace centrale est destiné aux différentes essences, une rangée d’arbres du coté de la route vient nous couper des désagréments dus à la circulation. J’ai encore le souvenir de l’odeur qui s’échappait du thym ou de la lavande en les froissant entre les doigts. Ce jardin est très apprécié dans ce quartier, il est situé au cœur de hauts immeubles. Il est encadré du coté ouest par l’hôpital et du coté est par le château des ducs de Savoie. Ce jardin est donc une manière de substituer la ville aux sens, comme la vue, le toucher, l’ouïe et l’odorat.

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2.3 Squares :

Square d’Albstadt

Photos Personnelles 13/04/2013

Ce square est situé proche du boulevard de la Colonne. Il marque l’entrée de l’annexe de la mairie de Chambéry. C’est un endroit paisible. J’ai fréquenté ce lieu lors de mon stage en juillet dernier, pendant ma pause de midi. L’espace est très agréable grâce à la fraicheur des arbres et au calme. Il est agrémenté de quatre bancs. L’endroit est très fréquenté par des habitants qui viennent faire leur pause déjeuner.

Square Robert Marcon

Photos Personnelles 05/05/2013

Fréquenté par les gens du quartier, c’est un tout petit écrin de verdure qui permet de trouver un peu de fraicheur et de calme dans un quartier ou le bâti est dense. 19


Square du Musée Savoisien

Photos Personnelles 05/05/2013

Il appartient au musée mais reste accessible aux citadins. C’est plutôt de cet usage qu’il s’agit, ce ne sont pas des visiteurs du musée qui pratiquent ce lieu mais bien les habitants du quartier. Il est situé à proximité du boulevard de la colonne mais il apporte un moment de calme en plein centre ville.

Square Jules Ferry

Photos Personnelles 05/05/2013

Ce square est équipé pour les enfants et les adolescents, il est divisé en trois espaces bien distincts séparés les uns des autres par des clôtures et des haies. C’est une manière de sécuriser les lieux car les voitures peuvent circuler autour de ce square. Une fois dans les espaces nous sommes complètement coupés de la rue, grâce à la végétation dense on ne perçoit plus l’extérieur. Le square se compose d’une aire de jeux pour les enfants et d’un city-stade, le reste est dédié au repos et au délassement. 20


2.4 Boulevard de la colonne

Photos Personnelles 05/05/2013

C’est un endroit situé en plein centre ville. Iil est devenu un centre d’échange pour les bus. La plupart des chambériens fréquentent ce lieu, c’est le lien pour accéder aux périphéries de la ville. J’ai pratiqué ce lieu pendant mes quatre années de lycée. Deux fois par jours je traversais d’un bout à l’autre le boulevard. Aux heures de pointes, c’est un lieu très vivant qui grouille de monde, on ressent une ambiance de stress car souvent les gens courent pour prendre une correspondance. Cet espace central piéton est véritablement destiné aux gens qui prennent le bus. En effet les citadins qui doivent traverser le boulevard passent plutôt par les passages piétons situés du côté des commerces. S’il n’y a pas d’espace engazonné, les arbres apportent un équilibre à l’espace. Ils rendent le boulevard plus agréable en apportant de la fraicheur et de l’ombre.

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2.5 Promenade Jean Monnet

Photos Personnelles 05/05/2013

Cet espace appelé « promenade » n’est pas vraiment l’image que l’on peut avoir d’une promenade en ville. En effet cette promenade est matérialisée par une alignée d’arbres plantés. Elle vient guider le visiteur du parking de la Falaise jusqu’aux espaces culturels. Ainsi elle marque une séparation entre des espaces culturels (médiathèque et salle de spectacle) et des immeubles de bureaux.

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3. Les ressentis des usagers de ces espaces verts Le ressenti se définit par le fait d’éprouver une émotion, une sensation, une manière d’être affecté agréablement ou péniblement lorsqu’on pénètre dans un lieu. Il est intimement lié aux caractéristiques d’un espace et aussi aux façons de pratiquer l’espace. Soit parce que la perception de l’espace est particulière à la pratique réalisée (la perception peut changer selon que l’on est en train de courir, de marcher, en position assise ou allongée sur l’herbe par exemple) soit parce que la présence d’autres usagers influe sur l’ambiance de l’espace (cris d’enfants ou zone calme.) Le ressenti peut être difficile à cerner, il est souvent problématique pour une personne de traduire ses émotions par des mots. Qu’il s’agisse d’une ambiance conviviale, d’un sentiment de bien être, de détente ou d’une émotion esthétique, le ressenti est dans la quasi-totalité des cas agréable. Lors de la pratique de ces espaces j’ai pris le temps de questionner les citadins qui fréquentaient les lieux. J’ai pu remarquer qu’il y a une différenciation suivant le sexe des usagers sur les espaces urbains végétalisés. En effet les hommes admettent fréquenter moins régulièrement ces espaces que les femmes. Celles-ci apprécient la proximité des espaces verts, qu’elles soient maman ou sans enfants à charge. Elles avouent avoir besoin de les savoirs présents et si possible d’avoir une vue d’une fenêtre de leurs logement. En revanche les hommes disent s’adonner davantage aux pratiques des montagnes proches qu’à la fréquentation de parcs ou de jardins. L’espace est en effet vécu quotidiennement par ses habitants qui ont chacun une pratique personnelle du lieu. Mais l’espace peut être également perçu et représenté, il met donc à l’épreuve l’imaginaire des individus tel qu’ils le voient ou le ressentent. La dimension cognitive est très importante dans la compréhension d’un espace, qu’il soit vécu, perçu ou représenté. Son expression de la représentation est celle de l’espace perçu, puisque la perception fait appel à des récepteurs sensoriels. Par conséquent un espace vert peut être vu comme un espace représenté et vécu. Ainsi celui-ci est bien un espace de vie fondé sur des pratiques quotidiennes. 23


D’un point de vue personnel, il me semble important d’avoir des séquences de nature dans cet environnement urbain afin d’avoir un cadre de vie des plus agréables pour palier au mal-être de la ville. Ces séquences sont des ponctuations dans le parcours de la ville, comme on l’a vu auparavant. Elles sont de différentes tailles mais cela à peu d’importance, le corps humain s’adapte à la morphologie du lieu dont il a besoin et se sent bien. Ce besoin peut être dû à la nostalgie d’une enfance passée à la campagne. Une personne qui a grandi en milieu rural et qui pour des raisons personnelles ou professionnelles doit s’installer en ville pourra avoir un besoin de nature dû à sa nouvelle manière d’habiter. Aussi, il peut être une simple réponse au fait qu’il procure une sensation de bien être. Pour chaque personne ce besoin de nature est personnel.

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CONCLUSION La politique actuelle menée par les municipalités consiste à redensifier le bâti existant en construisant « la ville sur la ville » afin de résister à l’étalement urbain. Cette densification va amplifier la minéralisation du milieu et laisser peu de place à la nature en ville. Pourtant la présence de la nature en ville s’est aujourd’hui imposée comme un facteur clé dans la qualité de vie urbaine. Les lieux de détente, de récréations, les lieux de promenade sont des espaces verts très prisés des citadins. Au-delà de leur rôle social, les parcs, les jardins, les squares sont gérés et entretenus, ils composent les respirations d’une ville. Dans le décor urbain, la végétation est plus qu’une simple décoration, elle est indispensable pour ressentir une bonne qualité de vie. Plus la ville est verte et les espaces verts nombreux et plus la ville sera agréable à vivre. Les espaces verts sont des milieux travaillés par l’homme. La végétation nécessite un entretien régulier. Les endroits verts délaissés, les friches urbaines, les bords de routes, ou les rives de cours d’eau, tous ces espaces étaient à l’origine des espaces naturels dévalorisés mais aujourd’hui, ils prennent une place importante et marquante dans la ville grâce à des paysagistes comme Gilles Clément. Pour lui la friche inspire le jardin en mouvement, c’est un espace laissé libre au développement de la végétation qui y pousse naturellement. Jacques Weber déclare que la nature sauvage ne trouve pas encore sa place au sein de la ville. En effet une friche est souvent associée à un terrain vague. Elle renvoie à une image d’abandon. En confiant aux paysagistes des morceaux de ville, ils prennent en compte le rapport esthétique et symbolique des citadins. D’un point de vue personnel il me semble que les espaces verts sont indispensables pour la vie et l’accroissement de la ville. Ils répondent à un besoin de lieu de respiration non construit et permettent de pratiquer des activités de plein air sans sortir de la ville, ils permettent également de garder un contact au rythme de la nature. « Les agglomérations tendront à devenir des villes vertes ». Le Corbusier C’est ce que précisait Le Corbusier en 1957 dans la charte d’Athènes. Ce qui se confirme aujourd’hui, la priorité est d’apporter une meilleure qualité de vie en ville. Si la nature joue un rôle important dans le bien être des citadins. Est-elle la seule solution pour rendre agréable le quotidien des citadins ? Cependant améliorer la ville ne veut pas forcement dire créer de nouvelles infrastructures La réponse serait-elle d’innover où rénover l’existant ? 25


BIBLIOGRAPHIE WEBGRAPHIE Ouvrages : DEMANGEON Alain, WERQUIN Ann-Caroll, Le végétal dans les cités-jardins, Editions Thalès, Coédition Ministère de l’urbanisme et du logement, Paris, 1984 DONADIEU Pierre,La société paysagiste, Editions Actes Sud, coedition Ecole nationale supérieure du paysage, 2000. FORESTIER Jean Claude Nicolas, Grandes villes et systèmes de parcs,Editions Norma,Paris, 1997 GAUTHIEZ Bernard, Espace urbain vocabulaire et morphologie, Monum Editions du patrimoine, Paris, 2003 JUTTET François, Chambéry. Lecture d’une ville patrimoine architecture urbanisme, Editions Comp’act, Chambéry, 2005 MOLLIE Caroline, Des arbres dans la ville, l’urbanisme végétal, Editions Acte Sud cité verte, Bouches-du Rhône, 2009 PIOLLE Xavier, Les citadins et leur ville, Editions Privat, Toulouse, 1979. STEFULESCO Caroline, L’urbanisme végétal, Collection mission du paysage, Editions Institut pour le développement forestier, Paris, 1993 YOUNES Chris, « Ville contre-nature, philosophie et architecture », Editions La découverte, Paris, 2010

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CALENGE Christian, « Idéologie verte et rhétorique paysagère » in Persée, 2003 http://www.persee.fr, consulté le 15/03/2013 WOEIKOF A. « De l’influence de l’homme sur la terre » in Persée, 1901, http://www.persee.fr, consulté le 03/05/2013

Vertigo.revues.org : LOTFI Mehdi,WEBER Christiane, Di PIETRO Francesca, SELMI Wissal. « Évolution de la place du végétal dans la ville, de l’espace vert a la trame verte » in Vertigo, 2012, http://vertigo.revues.org/ consulté le 03/03/2013 LONG Nathalie, TONINI Brice, « Les espaces verts urbains : étude exploratoire des pratiques et du ressenti des usagers » in Vertigo, 2012, http://vertigo.revues.org/ consulté le 05/03/2013 CUNHA da Antonio, DAGENAIS Michèle, DEBOUDT Philippe, DUCHEMIN Eric « Nature et métropole » in Vertigo, 2012 http://vertigo.revues.org/ consulté le 05/03/2013

Rives.revues.org : TELEMME « Nature et Urbanisation. Un enjeu pour les aires métropolitaines méditerranéennes. » in Rives, 2001 http://rives.revues.org consulté le 08/05/2013.

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Rapport d’étude Avant l’école d’architecture J’ai choisi en troisième de suivre une orientation professionnelle à savoir un BEP des techniques de l’architecture et de l’habitat, puis de continuer par un Brevet de technicien Collaborateur d’Architecte. Ces études en 4 ans ont été très importantes dans mon parcours scolaire et m’ont permis de définir ce que je voulais réellement faire comme métier. J’ai pu découvrir et apprendre à maîtriser des outils m’offrant la possibilité d’exprimer mes idées. Ces 4 ans m’ont permis grâce aux cours, de conception, de structure, de résistance des matériaux, d’histoire de l’architecture, d’arts plastiques… mais également grâce aux deux stages effectués en entreprise, de développer ma culture générale et mon esprit critique. Sortie de ces 4 ans d’études, j’avais la possibilité de travailler dans des agences en tant qu’architecte salariée. Mais cette idée me déplaisait, je n’avais qu’une envie, c’était d’approfondir davantage mes connaissances. Je me suis donc rendue aux journées portes ouvertes des écoles de Grenoble, Lyon et Saint Etienne. J’ai assisté aux présentations des écoles tenues par les élèves eux même et aux conférences. Je me suis alors rendue compte que c’était vraiment ce qui m’intéressait : pouvoir intervenir à différentes échelles pour répondre aux besoins de différentes populations.

Retour sur la licence Au cours de ces quatre années passées à l’ENSASE, chaque enseignement, lecture, ouvrage, revue, m’ont permis de construire ma propre culture architecturale. Aujourd’hui je peux clairement identifier les étapes de mon évolution. La première année m’a permis de revoir certaines bases comme la représentation, l’histoire de l’architecture et la structure. Elle m’a également appris beaucoup sur la façon de penser et de concevoir l’espace. C’est pendant cette première année que j’ai compris ce qu’est réellement projet. Le petit point négatif concerne l’enseignement général, il n’y a pas de rapport direct avec projet. Chaque matière est une notion différente et on ne cherche pas à mettre en lien les différentes disciplines. C’est à partir du second et du troisième semestre que j’ai pris conscience à m’approprier des projets sur des sites réels. C’est aussi à cette 28


période que nous avons été confrontés aux travaux de groupes. L’enseignement était très constructif pour la suite. Le redoublement du deuxième semestre a été une véritable révélation pour moi. J’ai affirmé mes choix et pris beaucoup de plaisir et de liberté à réaliser des projets. Lors du quatrième semestre, le programme s’étendait sur trois exercices en groupe. La troisième année m’a permis à la fois de construire une méthode de travail personnelle, de me confronter à d’autres sites réels et à des normes de constructions. C’est au cours de cette année que l’on met en pratique ce que nous avons appris tout au long du cursus. Ce fut aussi l’année de tous les questionnements sur mon futur. Quel architecte voudrais-je devenir ? Quel master est le plus approprié pour y parvenir ? Faut-il changer d’école ? C'està-dire changer de ville et donc commencer une nouvelle vie… Ce rapport d’étude est une manière pour moi d’approfondir sur une première notion qui est le paysage. C’est sur cette notion, qui mêle architecture et paysage, que je compte m’orienter pour la poursuite de mes études et ma vie future.

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Cugney marie nature&ville les respirations végétales dans le tissu urbain  

Rapport d'étude 3ème année ENSASE