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LA MÉDITERRANÉE Voyage d’étude - septembre 2009

Margot Chabert - ENSNP 4A


SOMMAIRE -

Introduction Le milieu méditerranéen : climat, caractéristiques, végétation… La Côte d’Azur : paysage naturel ou anthropisé ? Le massif de l’Esterel, forêt et maquis méditerranéens Le Mont Vinaigrier et la Grande Corniche Le Jardin de Serre de la Madone L’arboretum des Cèdres Le Jardin Thuret et la reconnaissance des palmiers Le jardin de Hanbury Annexe 1 : Les forêts sclérophylles du monde Annexe 2 : l’adaptation des plantes à la sécheresse et au passage du feu Conclusion Bibliographie

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INTRODUCTION Mortola Menton

Monaco St Jean Cap Ferrat

Nice

Durant une semaine, nous avons sillonné la Côte d’Azur en long et en large à la découverte de ce paysage si familier et si stéréotypé, et pourtant si plein de surprise...

Grace

Antinbes Cannes


De Nice à Menton, puis Saint Jean Cap-Ferrat, Antibes et même l’Italie, nous avons affronté la pluie insistante (et c’est peu dire !) pour voyager à travers un monde végétal extraordinaire tant ce milieu est riche et propice à l’acclimatation de végétaux venus des lointains pays. Nous avons eu la chance de découvrir parmi les plus beaux jardins au monde, et, même si cela fut rapide et mouillé, la beauté de ces lieux n’en est pas moindre pour autant. La Côte d’Azur est un paysage que je connais bien, ancré dans mes souvenirs les plus lointains et les plus proches, et je ne cesse de le redécouvrir avec un regard différent. Du regard d’enfant au regard d’adolescente, puis de jeune paysagiste et après de ce voyage, je suis émerveillée par la beauté de ces espaces restés « naturels », de ces parcs et jardins aux mille richesses végétales, je suis sensible aux pressions que subit ce milieux, à ce qui l’affaiblit et à ce qui le rend plus fort, et je suis témoin de l’influence de


l’Homme sur un tel paysage, de tous ses gestes qui l’ont transformé, l’ont abîmé, l’ont détruit… Ce carnet de voyage détaille tous les jardins que nous avons visité, mais aussi les caractéristiques du milieu méditerranéen, en France et ailleurs dans le monde, son climat et sa végétation, et bien sur les palmiers, point fort de cette semaine sur la Côte. À défaut de croquis (la météo n’ayant pas été très clémente), ce dossier sera illustré du mieux possible par des photographies !


LE MILIEU MÉDITERRANÉEN Le climat méditerranéen est un climat tempéré, caractérisé par une saison chaude et sèche en été (30°C à 40°C), et assez douce et humide en hiver, avec très peu de gel (on note cependant de grandes variations des températures entre le bord de mer et l’arrière-pays). La sécheresse estivale est une caractéristique des milieux méditerranéens qui fragilise les écosystèmes et favorise le départ de feux. La fréquence des précipitations représente un autre aspect déterminant du climat méditerranéen. En effet, contrairement aux idées reçues, et comme nous avons pu le constater durant les 6 jours du voyage, il ne fait pas un temps magnifique et ensoleillé toute l’année sur la Côte d’Azur ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, les précipitations annuelles sur la côte sont celles de la moyenne française - à titre comparatif, il pleut en moyenne 767

3000 2500 2000 1800 1400 1200 1000 900 800 700 600 500 400 300 200 100 0

hauteur totale des précipitations en mm (2006) d’après http://www.terre-finance.fr


mm d’eau par an à Nice, et 642 mm à Paris… La grande différence, c’est le régime de ces précipitations : elles ont une répartition très irrégulière, sous forme de gros orages qui s’étalent sur une courte période. Pas de pluie en été, mais essentiellement en automne et au printemps. Moins de 100 jours par an cumulent 90% des précipitations annuelles ! Enfin, le vent est également un élément clé du climat méditerranéen. C’est une région très ventée, dominée par deux principaux courants : le Mistral et la Tramontane. Ces vents sont secs, froids et violents et représentent un autre obstacle à surmonter pour les plantes. Les conditions méditerranéennes les plus extrêmes se concentrent autour de la côte Espagnole, de la France et l’Italie : les conditions du sol sont très pauvres, le climat de pluviométrie extrême, des sécheresses très fréquentes…

3000 2900 2800 2700 2600 2500 2400 2300 2200 2100 2000 1900 1800 1700 1600 1500 1400

moyenne d’ensoleillement en heure (1998-2007) d’après http://forums.infoclimat.fr


Ce climat très particulier est peu favorable à la végétation. Les plantes ont pour la plupart développé des caractères morphologiques adaptatifs performants pour résister et survivre au mieux dans ces milieux. À titre d’exemple, on pourrait citer le feu qui est un élément très présent et régulier dans les milieux méditerranéens, et qui façonne les paysages. C’est un élément à part entière des milieux méditerranéens, qui régénère la biodiversité et rythme la vie des plantes. En effet, beaucoup de plantes, dites « pyrophytes », ont développé des stratégies pour survivre au passage du feu (voir annexe sur l’adaptation des plantes à la sécheresse et au passage du feu) ou même se multiplier grâce à celui-ci (pyrophytes géospores). L’adaptation et la résistance au feu des végétaux connaissent évidemment des limites, et l’augmentation continue de la fréquence des incendies depuis quelques années est un sujet préoccupant qui menace ces écosystèmes

un paysage méditerranéen reconquérit par les cistes après un incendie


En plus du bassin méditerranéen, d’autres régions du monde sont soumises au climat méditerranéen : les îles Canaries, la Californie, l’Australie, le Chili central, l’Afrique du Sud (plus particulièrement la région du Cap), et la Nouvelle-Zélande. Elles se trouvent toutes entre le 30e et le 40e parallèle, hémisphère nord et sud. Chacune de ces régions méditerranéennes présente une inhabituelle richesse spécifique, et un fort taux d’endémisme. On parle de « syndrome d’insularité », car ces régions au climat méditerranéen fonctionnent un peu comme des îles (l’isolement favorisant l’endémisme). La plupart d’entres-elles sont en effet prises en sandwich entre des zones plus humides et plus arides, ce qui favorise un brassage des plantes de communautés voisines. Cette position de « transition » a également permis la diversification des plantes survivantes lors des changements climatiques des âges glaciaires. le climat méditerranéen dans le monde


La biodiversité des régions méditerranéennes est remarquable car elles abritent 10% des plantes à fleurs du monde, sur seulement 2% de la surface terrestre ! Au niveau de la Méditerranée on trouve environ 13000 plantes endémiques, soit 50% de la flore totale méditerranéenne. C’est, au niveau mondial, la deuxième région en terme de richesse pour les plantes endémiques. Cette biodiversité remarquable n’est pas sans poser des problèmes : il y a aujourd’hui environ 5000 espèces de plantes méditerranéennes classées comme plantes menacées. Attention cependant à ne pas se tromper, même s’il existe des forêts sclérophylles ailleurs dans le monde que sur le bassin méditerranéen, le cortège végétal de chacune de ces régions est très différent des autres. Au niveau des cortèges de végétation, on retrouve en Méditerranéen trois séries : sur sol acide (Massif de l’Esterel, des Maures, Pyrénées-Orientales) il y a la série du chêne-liège (Quercus suber), et ailleurs, sur sol calcaire (de Menton à Nice) on retrouve la série de l’Oléastre (ou Olivier sauvage) et du Caroubier (Olea europaea et Ceratonia siliqua) et la série du pin d’Alep (Pinus Halepensis)


la méditerranée et ses nombreux paysages...

le massif des Maures

la côte du Rayol

le massif de l’Esterel


LA CÔTE D’AZUR : PAYSAGE NATUREL OU ANTHROPISÉ ? Que nous évoque le Sud ? La réponse est facile : la plupart d’entre nous imaginent du soleil et des palmiers… Mais le paysage méditerranéen n’a pas toujours été comme il est aujourd’hui, l’homme l’a totalement modifié. On parle de paysage importé - il a été modelé par les végétaux introduits au fil des ans. En effet, les palmiers sont, depuis la période coloniale, un symbole de l’ailleurs, de l’exotique. C’est cette notion de l’ailleurs qui a poussé les gens à progressivement modifier le paysage dans lequel ils vivaient. En un peu plus d’un siècle, l’urbanisation a explosé, la mode du palmier en a fait la plante indispensable à tout jardin, à tout espace public, et le paysage les palmiers qui font rêver...


s’est transformé, la végétation s’est métamorphosée. Cette abondance de palmiers qui illustre les cartes postales d’aujourd’hui s’est substituée au paysage de lande (Ceratonia siliqua, Cistus sp., Pistacia sp., Arbutus unedo…) que l’on pouvait voir avant. La forte urbanisation de la côte marque très fortement le paysage. Alors que la bande côtière de Nice à Menton ne fait pas plus d’une soixantaine de kilomètres de long sur 5 de large, elle compte 1.200.000 habitants ! Cela en fait une des zones les plus densément peuplée en France. La pression touristique est très forte, en particulier l’ été, ce qui augmente la spéculation immobilière, fait voir le jour à de nouveaux hôtels régulièrement et entraîne des dégradations im la populaire Promenade des Anglais à Nice


portantes (végétation, pollution…) à cause du surpeuplement. Le bétonnage de la côte semble infini tant il s’étend loin sur les collines et dans les terres, et il n’est pas rare que les rares zones « naturelles » qui subsistent soient ravagées par des incendies en période de sécheresse. Un peu plus loin dans les terres, le paysage a également été modifié. La forêt méditerranéenne, qui est aujourd’hui sous pression et coincée entre des zones urbanisées, était autrefois beaucoup plus étendue. L’intervention de l’homme est la principale cause de cette régression, avec l’exploitation du bois pour le chauffage, la menuiserie ou l’ébénisterie. Le pâturage du bétail (chèvres et moutons) est Nice : une ville dense


aussi coupable de la dégradation des forêts, car ces animaux coupent les plantes herbacées, piétinent le sol et le désagrègent, créant des conditions favorables à l’érosion. Le paysage actuel de la côte méditerranéenne est donc un paysage fortement transformé par la main de l’homme, et qui subit de très fortes pressions le menaçant sans cesse. L’étalement urbain, l’accroissement du tourisme, les constructions de toutes sortes réduisent constamment les surfaces naturelles, landes et forêts, sur tout le long des côtes. Il est indispensable aujourd’hui de contrôler cette évolution, restreindre et raisonner l’expansion de l’homme afin de préserver les quelques zones naturelles existantes, et d’en restaurer d’autres. le soleil, la mer, les palmiers, et des touristes qui sont contents !


le charme du vieux Nice

le contraste entre le vieux Nice...et le r茅cent

une urbanisation incessante de la c么te


Nice

Grace

Antinbes

Cannes

Le Massif de l’Esterel


LE MASSIF DE L’ESTEREL, FORÊT ET MAQUIS MÉDITERRANÉENS Situé entre Saint-Raphaël et Mandelieu-la-Napoule, l’Estérel est un massif volcanique qui s’étend sur 32 000 hectares, avec 6 000 hectares de forêt domaniale. Son point culminant, le mont Vinaigre, culmine à 614 m d’altitude. L’Esterel est en plein cœur de la Provence siliceuse, et sa roche magmatique (rhyolite) donne une couleur très rouge à la terre. Coincés entre une urbanisation très dense d’un côté, l’autoroute et la mer des autres, les 6 000 hectares de forêt domaniale sont gérés avec le plus grand soin par l’ONF. Avec l’aide financière du Conseil général des Alpes-Maritimes, le Conservatoire du Littoral a également acquis en 1997 et 1998, un domaine de 700 hectares d’espaces naturels littoraux, en vue d’en assurer la protection définitive. Il constitue l’extrémité Est du massif de l’Estérel, sur les communes de Théoule-sur-Mer et Mandelieu-La Napoule.


L’ONF a plusieurs missions sur le site, la première étant le façonnement du paysage pour mettre en valeur des espaces non touchés par les incendies, et qui se concrétise par la sylviculture, la coupe de certains végétaux, etc… Le paysage du massif de l’Esterel est en effet particulier car peu de zones n’ont jamais étaient atteintes par un incendie. Il est, dans le meilleur des cas, constitué de forêts (dites forêts sclérophylles), et d’un maquis largement étendu.


La formation végétale associée à ce milieu est la forêt de chêne liège (Quercus suber) et de pin maritimes (Pinus pinaster), par endroits accompagnés de chêne vert. Cette végétation, symbole de la région méditerranéenne, est composée en grande partie d’essences à feuilles persistantes, qui profitent pleinement de l’ensoleillement de printemps, après le repos hivernal et avant la saison sèche. La forêt de chêne vert se développe principalement à basse altitude, et sur tous les substrats, calcaires ou siliceux, tant qu’ils sont relativement secs. Elle résiste très bien à la sécheresse. Le maquis fait quant à lui référence à un paysage plus ouvert. Il remplace la forêt de chêne liège dégradée par l’homme, avec une végétation plus rase (1 à 3 m), toujours sur sol siliceux, mais comportant une strate herbacée et arbustive bien développée et une strate arborescente moins dense. Malgré la qualité très pauvre du sol, le fort ensoleillement et les conditions climatiques du milieu, le cortège floristique du maquis est assez riche et très intéressant car il présente des plantes adaptées à ces sécheresses régulières et au passage du feu.


Une autre mission de l’ONF, certainement celle qui demande aux forestiers le plus de temps et d’énergie, est la lutte contre les incendies. En effet, le feu reste la principale menace pour la végétation, et ce malgré l’importante mobilisation et prévention mise en place : des tranchées par feu ont été créées pour limiter la progression du feu, des pistes dégagées pour permettre aux véhicules des pompiers de mieux circuler, des points d’eau enterrés pour ravitailler les engins en cas d’urgence, et surtout une surveillance physique continuelle. En tout, depuis 1964, plus de 20 000 hectares du massif ont été brûlés. Après le passage du feu, différentes actions sont menées pour entretenir les lieux, comme le « gommage visuel », qui consiste à couper les arbres calcinés les plus visible (surtout en ligne de crête) pour limiter l’impacte visuelle de l’incendie, mais aussi le recépage des chênes lièges et la trace d’un «récent» incendie est bien visible


également la replantation des espèces disparues ou d’autres espèces plus adaptées. Aujourd’hui, après le passage du feu, seulement 5% de la surface sera reboisée. Sur le reste, on laissera la nature reprendre ses droits. Dans ce cas, la végétation basse (cistes et bruyères) est la première a repousser, suivie des pins maritimes. On tend tout de même à une dégradation de la forêt, avec prédominance de maquis à cause des incendies à répétitions qui ont pour cause d’épuiser la végétation, les gros sujets ayant du mal à repartir après… L’ONF exploite également une petite zone du massif (chênes lièges, et quelques fleurs pour les bouquets séchés et les pharmacies), mais son autre mission importante est de faire en sorte que tous les uti-


sateurs du site (promeneurs, cyclistes, chasseurs, cueilleurs…) cohabitent le mieux possible. En effet, la forêt accueille plus de 200 000 visiteurs à l’année ce qui exerce une pression très forte sur le milieu et nécessite des aménagements particuliers.

l’accueil des groupes est aussi une activité des gardes forestiers de l’ONF


Voici un aperçu des plantes que nous avons pu observer... Quercus suber - FAGACEAE Eucalyptus sp. Chêne liège Eucalyptus

Arbre à croissance lente, atteignant 5 à 15 mètres. son écorce spongieuse-subéreuse est très épaisse, elle est récoltée pour faire des bouchons en liège. feuilles coriaces, persistant 2 ans.

MYRTACEAE

Arbres aromatique à croissance très rapide. sa production d’eucalyptol en fait un arbre extrèmement inflammable, et il est aujourd’hui interdit d’en planter à moins de 50m d’une maison dans le sud de la France.

Pin maritime

Pinus pinaster - PINACEAE

pin à deux aiguilles, très longues et très épaisses. croissance rapide, même sur sols sablonneux. atteint fréquemment 35m de haut. son écorce peut porter de très belles couleurs.


Mimosa

Acacia dealbata - FABACEAE

Attention plante envahissante ! de croissance très rapide, il est presque impossible de s’en débarasser. l’arrachage manuel est la seule solution efficace, mais n’est pas la plus pratique à grande échelle...

Arbousier

Arbutus unedo - ERICACEAE

Arbre à croissance peu rapide. fruits comestibles, surtout utilisé pour faire des confitures. c’est un arbre de petite taille possédant un lignotuber, ce qui lui permet de se régénérer de la souche après le passage d’un incendie.

Bruyère arborescente

Erica arborea - ERICACEAE

Plante au feuillage persistant pouvant atteindre jusqu’à 2m de haut. parfois appelée «buryère blanche» à cause de la couleur de ses fleurs. Son rhizome est utilisé dans la confection des pipes (pipes de bruyère).


Bruyère à balais

Erica scoparia - ERICACEAE

Arbrisseau atteignant 1m, à fleurs verdâtres, très nombreuses et très petites en forme de grelots.

Bruyère multiflore

Erica multiflora - ERICACEAE

Sous-arbrisseau n’atteignant pas 1m. tiges tortueuses, floraison automnale, rose et en grappes compacte en automne.

Ciste à feuille de sauge

Cistus salvifolius CISTACEAE

arbrisseau à port buissonnant et à feuilles gaufrées et épaisses. floraison blanches, s’étalant de mars à juin.


Ciste cotonneux

Cistus albidus - CISTACEAE

arbrisseau de petite taille. le mot latin albidus, signifie « blanchâtre » et fait référence aux feuilles duveteuses caractéristiques. feuillage persistant, gris clair et fleurs roses aux pétales «chiffonées».

Genêt épineux

Genista scorpius FABACEAE

aussi appelé genêt scorpion. arbrisseau de 1 à 2 mètres, très épineux et très ramifié. feuilles simples légèrement pubescentes en dessous. floraison jaune et nectarifère.

Lavande sauvage

Lavandula stoechas - LAMIACEAE

aussi appelée lavande à toupet ou lavande papillon. sous-arbrisseau de 30-60 cm, tomenteuxblanchâtre. floraison longue et colorée, elle porte les plus grosses fleurs de l’espèce


Fougère aigle

Pteridium aquilinum DENNSTAEDTIACEAE

aussi appelée Grande fougère ou fougère commune. elle est en effet très commune et cosmopolite. on la retrouve jusqu’à 2000 m d’altitude. elle est considérée comme toxiques en raison de sa teneur en aquilide A et aux dérivés du cyanure.

Euphorbe hérisson

Euphorbia acanthothamnos EUPHORBIACEAE

Immortelle

Helichrysum stoechas ASTERACEAE

aussi appelée Immortelle commune ou Immortelle curry. plante vivace très rameuses à la base. feuillage persistant vert pâle, floraison jaune d’or, aromatique (l’odeur rappelle le curry).


Le Mont Vinaigrier

Grace

Nice

Antibes

Cannes


LE MONT VINAIGRIER ET LA GRANDE CORNICHE LE MONT VINAIGRIER À l ‘extrémité Est de la ville de Nice, le Parc Naturel Départemental du Vinaigrier est l’un des rares espaces naturels aussi proches de la ville. C’est une propriété du Conservatoire du Littoral qui, avec l’aide de subventions du Conseil Général des Alpes-Maritimes, l’a acquit en 1987. Le Mont Vinaigrier est constitué d’un plateau calcaire d’une altitude de 370 m, jouissant d’un panorama exceptionnel (que nous n’avons malheureusement pas eu la joie d’observer à cause de la météo) sur la Baie des Anges et la rade de Villefranche-sur-Mer. L’un de ses versants est relativement abrupt, et sur l’autre versant, plus doux, on trouve des sols plus épais.


Le Conservatoire du littoral est un établissement public créé en 1975, et membre de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN). Il mène une politique foncière qui vise à protéger de manière définitive des espaces naturels et des paysages du littoral français (et territoire d’Outre-mer), ainsi que dans les communes riveraines des estuaires et des deltas et des lacs de plus de 1000 hectares. Pour ce faire, il acquiert des terrains fragiles ou menacés, et, après avoir fait des travaux de remise en état si nécessaires, il en confie la gestion aux communes, à des collectivités locales ou à des associations. La manière dont ces sites doivent être aménagés et gérés, ainsi que leurs utilisation (agricole, loisirs…) est déterminée à l’aide de spécialistes afin d’assurer la qualité des paysages et la richesse du patrimoine naturel. Aujourd’hui, le Conservatoire est confronté à de grands enjeux pour une protection durable du littoral, comme l’érosion côtière, à gérer en prenant en compte l’élévation du niveau de la mer, la gestion des risques de feu dans les forêts fréquentées par le grand public, la maîtrise de l’urbanisation sur la bande côtière du littoral, de plus en plus convoité, etc… Au 1er janvier 2003, le Conservatoire assurait la protection de 125 000 hectares sur 500 sites, représentant 861 km de rivages soit plus de 10% du linéaire côtier.


Depuis 1992 le Conservatoire du Littoral mène des travaux de réaménagement dans le parc : réhabilitation de la partie agricole et adoption des mesures visant à protéger les éléments de ce paysage, très caractéristiques des coteaux niçois du XIXe siècle. En effet, le parc du Vinaigrier s’étend sur une ancienne exploitation agricole, comme en témoigne la présence de restanques (terrasses de culture) - aujourd’hui restaurées - et d’un système d’irrigation particulier : ce terrain, calcaire, possède des cavités karstiques et une couche de marne imperméable à mi-hauteur sur le plateau, qui permet de stocker et récupérer l’eau (grâce à des galeries creusées). Dans la partie basse les restanques


domaine, qui correspond aux anciennes zones agricoles, on trouve aujourd’hui un verger reconstituer avec plantation d’amandiers (qui demandent relativement peu d’entretien). Enfin, la partie haute du plateau est une zone forestière qui présente des forêts mixtes. Trois ensembles végétaux s’étagent entre le plateau, la falaise et son talus. Ceci s’explique par l’exposition au soleil et la nature du sol. Sur le bords du plateau exposé sud-ouest, possédant un sol peu profond, une forêt de pins d’Alep et de chênes verts s’est formée. Sur la falaise abrupte et exposée au soleil, on trouve quelques rares chênes verts. Enfin, sur le talus orienté nord-ouest, et recouvert d’un sol plus épais et plus humide, se trouve une forêt dense est sombre de frênes à le verger restauré


fleurs et de chênes verts, ponctuée par quelques grands pins d’Alep. En 1992, le parc a reçu le label « Paysage de Reconquête », décerné par le Ministère de l’Environnement pour ses efforts en terme de réhabilitation de ce paysage niçois typique. Aujourd’hui, un jardin sec est en court d’aménagement sur les anciennes restanques afin de servir d’exemple au public et montre que l’on peut réaliser de jolis aménagements ornementaux avec des plantes qui demandent très peu d’eau et se trouvent en pépinière.


Voici un aperçu des plantes que nous avons pu observer : Pistacia lentiscus spinosa Pistachier Calicotome épineux CalicotomeFABACEAE ANACARDIACEAE lentisque

arbrisseau de 1 à 3 mètres, à odeur résineuse désagréable. feuilles persistantes, coriaces, luisantes en dessus, mates et pâles en dessous. la résine est utilisée en médecine traditionnelle.

Aussi appelée Cytise épineux. arbrisseau de 1 à 2 mètres, dressé, à rameaux épineux. fleurs solitaires ou groupées par deux à quatre.

Viorne thin

Helichrysum stoechas ASTERACEAE

aussi appelée Immortelle commune ou Immortelle curry. plante vivace très rameuses à la base. feuillage persistant vert pâle, floraison jaune d’or, aromatique (l’odeur rappelle le curry).


La Grande Corniche - Faute d’un équipement inadapté à la météo (en sandales et sans parapluie…) je n’ai malheureusement pas pu assister à la présentation du site. Je vais essayer au mieux de retranscrire les éléments que mes camarades m’ont racontés sur cette visite. Le parc Naturel Départemental de la Grande Corniche, d’une superficie de 660 hectares et surplombant tout le littoral, est propriété de Conseil Général des Alpes-Maritimes, qui en assure la gestion. Au XIXe siècles, la position stratégique du site a conduit les autorités militaire à y faire bâtir des installations défensives. C’est en 1970 seulement que l’armée céde le terrain. Cette occupation militaire a permis au site d’être bien préservé puisque seuls quelques baraquements y ont été édifiés, et la pression immobilière du littoral n’y a pas accédé. Le parc se développe sur des plateaux calcaires, et représente l’une des dernières zones possédant une végétation de garrigue caractéristique des écosystèmes littoraux des Alpes-Maritimes. On y recense 450 espèces de végétaux, dont une grande partie sont protégées sur le plan national. Cet aspect « naturel » et préservé du site est quelque peu contradictoire avec l’image que nous renvoie le parking à l’entrée... Je souhaite réellement retourner sur ce site afin de découvrir ce qui se cache derrière cet étrange et immense parking et qui, j’en suis sure, sera bien plus agréable que l’idée que je m’en fais.


Serre de la Madone Monaco

Nice Grace


LE JARDIN DE SERRE DE LA MADONE À Menton, sur le flan d’une colline abrupte dans la vallée de Gorbio, et en retrait de la mer, se trouve un mystérieux jardin d’une discrétion absolue : c’est le Jardin de Serre de la Madone, réalisé par le Britannique Sir Lawrence Johnston. Ce site de 6,5 hectares se divise en deux parties : une partie basse, de 3 hectares, ouverte au public, et une partie haute, milieu forestier, pour l’instant fermée au public mais faisant l’objet de réflexions sur l’aménagement d’un sentier dans le bois pour faire découvrir la faune et la flore méditerranéenne au public. Sir Lawrence Johnston est un célèbre botaniste et jardinier anglais, qui doit sa reconnaissance au premier jardin qu’il a créé à partir de 1907 : le Hidcote Manor. Ce jardin, véritable laboratoire botanique et esthétique a été racheté par


le National Trust en 1948. Il est maintenant internationalement connu pour la beauté et l’audace de ses compositions, largement inspirées par le mouvement lancé par Gertrude Jeckyll : « Art and Craft » (art et artisanat). Johnston était un grand voyageur qui rapportait beaucoup de plantes de ses lointains voyages, et souhaitait les acclimater dans son jardin. Le climat d’Angleterre n’étant pas favorable à de tels projets, c’est dans le sud de


France qu’il ira chercher un domaine pour y créer un nouveau jardin. Lorsqu’il vient à Menton, il tombe véritablement amoureux de cet endroit, un domaine agricole niché au creux d’une végétation dense et humide, et loin de l’agitation de la côte. Il achète de 1924 à 1935 dix parcelles agricoles qu’il réunit, et élabore un plan d’aménagement prenant en compte les reliques des exploitations : il conserve les terrasses et tous les arbres présents sur le site. L’existant sert donc de base aux créations audacieuses qu’il réalise. En contrebas de l’imposante demeure située à mi-hauteur, quatre plates-formes se succèdent, donnant sur un jardin d’eau, une longue terrasse dallée creusée de deux bassins et ornée de pots en terre cuite et de statues. Le jardin se déploie ensuite, toujours en terrasses, de plus en plus étroites jusqu’à l’entrée. Une multitude d’ambiances sont recrées sur le site, toutes différentes mais intimes, liées, et parfaitement intégrées dans le paysage.


C’est un jardin très différent des autres jardins de la Côte d’Azur, à l’opposé du « classique type de la Riviera ». Ici, pas de palmiers, et pas de clichés. Johnston ne s’est pas inspiré du paysage des colonies mais du paysage local, méditerranéen. Il voulait recréer un jardin très discret qui se fond dans le paysage, et dont même la décoration (statues, pots, escaliers etc…) est l’oeuvre d’artisans locaux. Malheureusement, le destin de ce magnifique jardin s’acharne sur lui. Un premier événement qui endommage grandement le jardin est la Guerre Mondiale. Johnston, contraint de quitter la région, laisse son œuvre aux mains des Italiens et des Allemands qui tour à tour le pillent et le détruisent. Lorsque Johnston revient, en 1949, il ne reste presque plus. Grâce à ses amis, il reçoit un grand nombre de graines et de boutures provenant de ses propres plantes et parvient, après de nombreuses années, à reconstituer le jardin à l’identique.


Avant de mourir, Johnston lègue Serre de la Madone à son jardinier en chef. La fille de ce dernier en hérite, et va être obligé de revendre un grand nombre de plantes de collections pour financer son entretien. Elle fini par le vendre à un Anglais, qui lui-même le revend à un Suisse qui n’y porte aucun d’intérêt et fini par disparaître. De 1975 à 1986 le jardin est donc laissé à l’abandon et finit par s’embroussailler jusqu’à la friche. Il tombe alors dans les mains d’une société immobilière qui envisage un énorme projet d’habitation. Heureusement, les vents de ce projet révoltent les voisins qui se mobilisent et sonnent l’alarme. La mairie intervient pour éviter le drame, et sollicite le Ministère de la Culture et des Monuments Historiques qui décide de classer le jardin « Monuments historiques », une grande première et aujourd’hui encore une exception dans l’histoire des jardins. En 1999, le Conservatoire du Littoral rachète


Serre de la Madone et se lance dans un grand projet de réhabilitation. Pendant trois ans, sur les conseils de Gilles Clément et de l’architecte des monuments historiques, une équipe a été créée pour faire renaître des cendres le jardin. Le but n’est pas de le recréer à l’identique, ce qui serait impossible faute d’archives et de documentation, mais de restaurer ce qu’il y a sous les arbres, recréer des massifs à l’image de ceux qu’il y avait avant, conserver les ambiances… le tout dans l’esprit de Johnston. Une fois de plus, le mauvais temps ne nous a pas permis de profiter pleinement de ce jardin, réputé pour être l’un des plus beaux au monde… J’en garde néanmoins une belle image en souvenir, accompagnée de cette déception de n’avoir pas pu prendre le temps de le découvrir.


N’ayant pas eu la posisbilité de faire des croquis, je vais essayé de retranscrire au mieux les différentes ambiances du jardin et une séléction de plantes rencontrées à l’aide de photographies.

une végétation dense et humide qui donne une atmosphère très intime, cachée du reste du jardin


les nombreux petits escaliers tĂŠmoignent de la structure en terrasse du jardin


sur une terrasse ou deux s’entremèlent des plantes de climat aride, telle une rocaille

le verger restaurĂŠ, encore jeune


les statues parsemée ici et là dans le jardin lui donne un air très romantique

la grande villa surplombant le jardin, visible depuis q’un des trois grands pin est tombé


Menton

Monaco

Nice

Grace

L’arboretum des Cèdres


L’ARBORETUM DES CÈDRES Les Cèdres est un jardin botanique privé situé dans la presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le domaine compte 14 hectares parmi lesquels on retrouve 10 hectares de parc (dont 1 ha de serres) et 4 hectares de végétation méditerranéenne plus « sauvage », typique de garrigue et uniquement fauchées deux fois par an pour tout entretien. 14 000 espèces de plantes tropicales sont entretenues ici, les plus fragiles étant conservées dans vingt-cinq serres chauffées. Le jardin occupe à plein temps une quinzaine de jardiniers.


Après avoir appartenu à de nombreux propriétaires différents, le domaine des Cèdres est acquis en 1924 par Alexandre Marnier-Lapostolle, créateur du célèbre Grand Marnier mais aussi grand amateur de plantes rares et exotiques. C’est à lui et à son fils que l’on doit l’aspect actuel du jardin. La composition du jardin, d’un style plutôt classique, est constituée de grandes allées offrant d’im


pressionnants points de vue et perspectives. On y découvre une collection de plus de 16 000 espèces de zones tropicale et sub-tropicale comprenant de curieux et étonnants spécimens qui nous font voyager aux quatre coins du monde. Des milieux tout entiers sont même reconstitués, comme la forêt humide ou la serre tropicale ; ainsi que d’autres ambiances tout aussi remarquables telles la grande allée de pins et celle de palmiers, le grand bassin où flottent ces grandes soucoupes… Les abords de la demeure principale contrastent avec l’ensemble du domaine sans pour autant s’y opposer. L’ordre côtoie sans complexe le désordre, et le passage des terrasses d’inspiration italiennes aux masses végétales denses formées par les collections se fait avec étonnement mais harmonie.


Ce grand jardin est très particulier compte tenu du nombre d’ambiances différentes qu’il contient. La plupart de ces ambiances végétales m’ont beaucoup plu, et j’ai trouvé l’agencement des végétaux entre eux remarquable. J’ai également pu admirer de bien jolies plantes, dans le parc et dans les serres.


Un jardin romantique...

Il m’est impossible d’illustrer un ja rdin aussi grand, aussi subtilement aménagé et aussi riche en espèces végétales par un nombre réduit de photos. Voici donc une balade au fil de ce magnifique jardin, de ces incroyables ambiances, en un grand nombre de photographies...


Un grand jardin...


Un jardin de collections...


Un jardin exotique...


Un jardin tropical...


Un jardin de serres...


Victoria d’amazonie Victoria Regia NYMPHACEAE Origine : Amérique du Sud Cette plante aquatique est originaire d’Amérique du Sud. Elle resiste très peu au froid (10°C minimum), ce qui oblige les jardiniers du jardin à l’enlever à l’approche de l’hiver pour la reseme en serre, puis à la remettre dans le bassin au printemps. Ses feuilles peuvent atteindre jusqu’à 3m de diamètre.


Aeonium CRASSULACEAE Origine : Îles Canaries et bassin méditerranéen Les Aeoniums sont des plantes originares des Îles Canaries. Leur feuillage est persistant et possède des feuilles charnues en rosette qui constituent une réserve d’eau pour résister à la préiode de sécheresse.


Sedum (ou orpins) CRASSULACEAE Le genre Sedum est composé de plus de 400 espèces de plantes succulentes que l’on retrouve à travers l’hémisphère nord. Les sédums peuvent être des plantes de rocaille ou de petits arbustes. Comme les aeoniums, ils stockent de l’eau dans leurs feuilles. Cela les rend très peu résistant au gel.


Encephalartos ZAMIACEAE Cette plante originaire d’Afrique ressemble beaucoup au Cycas. Elle n’est en fait pas de la même famille mais du même ordre : les Cycadales. Les Encephalartos ont de nombreuses feuilles pennées aux folioles épineuses. Le nom (du grec cephale, tête, et artos, pain) fait référence à la farine obtenue à partir du tronc de certaines espèces et consommées par les peuples locaux.


Les bambous POACEAE Les bambous constituent la sous-famille des Bambousoideae qui compte environ 80 genres et plus de 1200 espèces. Ils sont caractérisés par des tiges formées d’un chaume creux à la croissance très rapide.


Aristolochia grandiflora ARISTOLOCHIACEAE C’est une liane originaire d’Amérique Centrale. Son feuillage est caduc en climat tempéré doux, et persistant en climat tropical.


Nice Grace

Cannes

Le jardin Thuret


LE JARDIN THURET ET LA RECONNAISSANCE DES PALMIERS Le jardin botanique de la Villa Thuret, situé à Antibes, appartient depuis 1927 à l’INRA. Il a été créé à partir de 1857 par Gustave Thuret, un algologue et botaniste, qui voulait concevoir un arboretum pour étudier le comportement des plantes (notamment au niveau de l’acclimatation), le tout dans un soucis de conception. Il a été repris ensuite par Charles Naudin puis Georges Poirault, qui tous deux ont poursuivit le travail de Thuret. L’ensemble de ces travaux a fortement contribué à la création du paysage actuel de la Côte d’Azur.


Cet arboretum est très particulier. Il a le dessin classique des jardins romantiques du XIXe siècle, mais il est avant tout consacré à la culture expérimentale d’arbres et d’arbustes. En effet, il s’agit d’un arboretum d’élimination. Depuis sa création, quelques 80 000 espèces méditerranéennes ont été testées ici. Bien sûr, elles ne sont pas toutes conservées : la plupart sont transférées ailleurs dès que les


expérimentations sont finies. Les données récoltées d’après les observations de comportement des espèces introduites sont ensuite analysées et interprétées. Elles permettent d’avoir une meilleure connaissance de chaque espèces sur le plan morphologique et horticole, mais aussi de répondre à des demandes de professionnels concernant l’aménagement du paysage urbain méditerranéen.


L’entretien des plantations est minimal : un arrosage léger la première année seulement (afin d’aider les arbres à s’installer), et un élagage ou taille exceptionnel pour assurer la sécurité du public. Si les plantes ne tiennent pas le coup, cela veut dire qu’elles ne peuvent pas être adaptées au climat, au sol, au conditions… Les herbes sauvages sont maintenues car elles constituent une couverture végétale efficace pour pro


téger le sol contre l’érosion et le maintenir relativement frais. Chaque année, 50 à 100 ligneux sont implantés ici pour les tester. Cela pose parfois des problèmes sanitaires (champignons), comme partout où il y a des plantations denses. Dans ce cas, tous les végétaux sont enlevés, le sol est nettoyé et préparé, puis d’autres végétaux sont replantés.


LES PALMIERS Parmi les plantes importées sur la Côte d’Azur, le palmier est celle qui marque le plus fortement le paysage. Il est présent dans tous les jardins, mais aussi dans les aménagements urbains où les alignements de palmiers remplacent volontiers les classiques platanes… La nomenclature : > Embranchement des Spermaphytes (plantes à graines) > Sous-embranchement des Angiospermes (plantes à fleurs) > Classe des Monocotylédones > Ordre des Arecales > Famille des Arecaceae


Les origines des palmiers remontent au début du Tertiaire, il y a plus de 85 millions d’années. La famille des Arecaceae compte 226 genres et 2800 espèces de climat chaud (75% des espèces sont de climat tropical, 25% de climat subtropical ou méditerranéen). Seul le Chamaerops humilis est endémique du Sud de la France. Les palmiers ne sont pas des arbres ! Ce sont des monocotylédones arborescentes, ils n’ont pas de bois véritables ni de cernes de croissance car le diamètre du tronc (appelé stipe) ne s’accroît pas. Le cœur du stipe est constitué par une moelle formée de faisceaux de fibres molles. Les feuilles de palmiers ne sont pas caduques, une fois desséchées elles persistent longtemps, pendantes, et ne tombent que par usure du pétiole, ce qui laisse un moignon ligneux. Ce dernier finit par disparaître, laissant un anneau, ou base foliaire, autour de la tige et donne cet aspect si caractéristique aux stipes des palmiers.


Dans de nombreux pays, le palmier ne représente pas une plante décorative mais a un enjeux économique important. Parmi les diverses utilisations que l’ont fait du palmier on peut citer le cocotier pour sa noix, son huile (le coprah) et sa fibre (Coco nucifera), le palmier pour ses dattes (principalement Phoenix dactylifera), les palmiers à sucre (Borassus flabellifer…), le palmier à huile (Elaeis guineensis et copernicia), le palmier à miel (Phoenix reclinata et Jubea chilensis), les cœurs de palmiers (Euterp edulis, Livistona australis…) etc…


pinnules

palmes pennées

stipe

palme palmées (ou costapalmées)

Comment reconnaître un palmier ? Le port du palmier, ses feuilles et ses couleurs constituent des éléments déterminants lors de sa reconnaissance. - le stipe : unique ou multiple ? Sa taille et son diamètre, sa couleur, sa texture. - les feuilles : pennées ou palmées ? Droites ou « crochues » ? Leur couleur, la base des pinnules (indupliquée ou redupliquée)… - la floraison : intrafoliaire (entre les feuilles), suprafoliaire (au sommet de la plante), ou infrafolaire (sous les feuilles)

suprafoliaire

intrafoliaire

infrafoliaire

inflorescences de palmiers


WASHINGTONIA FILIFERA Californie

Palmier atteignant 15 m, au stipe unique, élancé, dégagé, à l’état naturel recouvert d’une importante jupe (souvent taillée pour raisons esthétiques). Feuilles palmées, très larges, vertes et pourvues de longs filaments argentés, rachis épineux. Il résiste aux froids secs mais pas aux froids humides.


CHAMAEROPS HUMILIS Méditerranée

Palmier atteignant 1 à 5 m, stipes multiples, aime les sols calcaires, résiste bien au froid (-12°C) et à la culture en bacs, drageonne et se ressème facilement. Feuilles palmées très découpées, de couleur vert foncé, pinnules indupliquées, pétiole piquant sur toute sa longueur.


JUBEAU CHILENSIS Chili

Palmier atteignant 25 m, à l’énorme stipe gris et lisse, feuilles pennées, glauques, pinnules larges, plates et indupliquées. Ses palmes sèches tombent toutes seules, laissant une légère empreinte sur le stipe. Ce sujet photographié est certainement le plus vieux sujet en France, il a été planté dans les années 1870.


BUTIA CAPITATA Amérique du Sud

Palmier de grand développement, au stipe unique, robuste et dégagé, de couleur grisée et rugueux. Feuilles pennées, très arquées, bleu / glauques, grande jupe. Fructification intrafoliaire, qui reste au cœur du palmier. Craint le gel.


PHOENIX CANARIENSIS Îles des Canaries

Palmier atteignant 12 à 14 m, stipe unique et gros, très marqué (grosses cicatrices foliaires), croissance lente. Palmes de grande taille, plus ou moins orangé l’intérieur, pinnules très épineuses près du cœur puis deviennent pus souples avec le temps.


PHOENIX DACTYLIFERA Afrique

Palmier atteignant 25 à 30 m, stipe unique et élancé, plus fin que le Phoenix canariensis, et ayant des palmes plus petites. Feuilles pennées et vertes, palmes non-engainantes, pinnules resserrées, couronne aérée, stipe marqué par de grosses écailles. Il aime les sols légers et croit lentement.


LIVISTONA AUSTRALIS Australie

Palmier à grand développement, stipe unique, dégagé, élancé, marqué par des cicatrices régulières en forme de crêtes verticales. Feuilles palmées, quasiment costapalmées, vert foncé, dans deux plans et à l’aspect « crochu » (les pinnules retombent). Jeunes sujets épineux.


SABAL PALMETTO Amérique du Nord

Palmier de petit développement, buissonnant, stipe unique dépourvu d’épines, feuilles costapalmées, vertes, inermes. C’est un palmier qui ne supporte pas le froid.


BRAHEA ARMATA Mexique

Palmier atteignat 14 m, stipe unique, robuste, couronne bien équilibrée, feuilles légèrement costapalmées, inermes, de couleur glauque / bleutées, cicatrices foliaires horizontales. Floraison intrafoliaire qui descend très bas.


BRAHEA EDULIS Mexique (île de Guadalupe)

Palmier à atteignant 12 m, stipe unique, robuste. Feuilles légèrement cotsapalmées, inermes, vertes, «encombrantes». Dans son habitat d’origine, il peut pousser jusqu’à 1000 m d’altitude. Ses comestibles sont consommés, en Amérique centrale.


TRITHRINAX CAMPESTRIS Amérique du Sud

Palmier de petit développement (3 - 4 m), multistipe, recouvert d’épines de 10 à 15 cm de long, très dures et très dangeureuses. Feuilles palmées, vertes claires sur le dessus et bleutées sur l’envers. Ce sont peut-être les feuilles les plus dures de tous les palmiers. Très rustique, il résiste bien au froid et à la sécheresse.


TRACHYCARPUS FORTUNEI Chine

Palmier à grand développement, stipe élancé, recouvert de fibre (le sujet sur la photo est en mauvais état, normalement le stipe est plus gros). Feuilles palmées, de couleur vert foncé sur le dessus et légèrement glauque dessous. Croissance rapide , se re-sème très bien, résiste très bien au froid (-18°C). C’est l’espèce la plus cultivée parmi les palmiers rustiques.


SYAGRUS ROMANZOFFIANA Amérique du Sud

Palmier à grand développement, stipe unique, élancé. Feuilles pennées, très engainantes (la moitié du stipe est verte chez les jeunes sujets), longues palmes à l’aspect « plumeux », pinnules souples sur deux plans. C’est un palmier très gracieux, très décoratif qui ressemble un peu à un cocotier élancé.


NANNORRHOPS RITCHIEANA Afghanistan

Palmier de très petit développement, buissonnant, multistipes dépourvus d’épines, feuilles costapalmées, inermes, bleutées, pinnules indupliquées. Il résiste bien au froid (jusqu’à -15°C), mais pas à l’humidité.


PHOENIX RECLINATA Afrique Tropicale

Palmier atteignant 15 m, multistipe avec cicatrices foliaires, feuilles pennées, vert brillant à folioles rigides, piquantes. Il aime les zones humides, à nappe souterraine plus ou moins affleurante, et résiste jusqu’à -7°C. « Reclinata » signifie que le tronc s’incline à l’âge adulte.


Menton

Le jardin Hanbury Monaco

Nice Grace


LE JARDIN DE HANBURY En Italie, aux portes de la frontière française, sur le Cap de la Mortola, se trouve l’immense et magnifique jardin de Hanbury. À l’origine, ce terrain de 18 hectares est couvert d’oliviers, de pins d’Alep et de terrasses agricoles. Lorsque Thomas Hanbury, riche financier anglais qui fit fortune dans le commerce d’épice, découvre ce cap en 1867, il en tombe amoureux. Avec son frère Daniel Hanbury, botaniste confirmé, ils décident d’acheter la propriété et entreprennent de gros travaux de restauration des bâtiments existants, et aménagent un grand jardin. Peu à peu, la flore spontanée reprend possession de l’espace, et les deux frères implantent de nombreuses espèces végétales venues des quatre coins du monde. La proximité de la mer, la topographie du terrain et la présence des montagnes environnantes permettent au site de jouir


d’un microclimat idéal pour l’adaptation de toutes ces plantes venues d’ailleurs en créant des milieux variés sur un petit espace. Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, le jardin est délaissé. La Seconde Guerre Mondiale finit d’achever l’œuvre remarquable des frères Hanbury et le jardin est bombardé et saccagé. Tant bien que mal, les héritiers de Thomas Hanbury tentent de restaurer le jardin, mais faute de moyens,


ils doivent le revendre à l’État Italien en 1960, ce qui le met définitivement à l’abri de tout programme immobilier ou de rachats par des investisseurs privés. En 1987, le terrain est confié à l’Université de Gênes. Aujourd’hui, sur les 18 hectares, 9 sont occupés par des espèces spontanées (pins d’Alep, maquis…). Les 9 autres abritent une flore exotique internationale magnifiquement mise en scène et incroyablement riche de plus de 7 000 espèces. Ce jardin a la particularité de s’adapter merveilleusement bien à son environnement. Il épouse la topographie du site en se découpant en terrasses, reliées par une multitude de rampes et d’escaliers, et offrant d’impressionnantes percées visuelles sur la mer. La composition du jardin s’en ressent car c’est un véritable dédale de petits lieux, de petites entités à l’atmosphère travaillé avec subtilité et finesse, qui


fonctionnent à la fois individuellement, mais forment aussi un tout cohérent. La baisse de fréquentation (par les visiteurs mais aussi par les universitaires) et le manque d’entretien se fait cependant ressentir, notamment dans certaines zones mal entretenues où les plantes de collection disparaissent derrière les herbes sauvages. Une fois de plus, la pluie était au rendez-vous ce jour-là. La découverte d’un jardin, même aussi incroyable et magnifique que celui-là, en est forcément un peu gâchée. On ne prend pas le temps de découvrir et d’observer les collections et les ambiances recréées au fil ne notre descente vers la mer, tels des chevaux guidés par leurs œillères on regarde droit devant nous, guidé par la capuche dans laquelle on a enfoncé le plus loin possible notre tête…


les allées percent la végétation pour dégager des points de vue fuyants


la structure en terrasse du jardin offre des vues remarquables sur la mer


les nombreuses pergolas invitent le promeneur à circuler à travers ces couloirs de végétation


une végétation dense et exotique


un verger d’agrumes

un rocaille de cactĂŠes, agaves, yuccas...


LES AGAVES J’aime particulièrement les Agaves, que je trouve très graphiques et très beaux, et le jardin de Hanbury ayant une belle collection de ces plantes, j’ai choisi d’approfondir mes connaissances sur cette famille et de présenter les espèces observer par une séléction de photographies représentatives de leurs caractéristiques. Les agaves sont des Monocotylédones appartenant à la famille des Agavaceae. Ils font parti des plantes succulentes, plantes qui emmagasinent l’eau dans les cellules des tiges et des feuilles charnues pour pouvoir survivre durant les périodes de sécheresse. Principalement originaire du Mexique, la famille des Agavaceae regroupe plus de 300 espèces. C’est au 18 ème qu’ils commencèrent à être planté le long des côtes de la Méditerranée, puis introduits dans les parcs et jardins du reste de l’Europe. Ils sont aujourd’hui très largement cultivées dans le monde entier (principalement zones méditerranéennes et tropicales) pour leur intérêt décoratif.


Les agaves sont constitués d’une rosette de feuilles charnues, rigides et fibreuses, à épiderme sclérifié (dur, sec), qui, la plupart du temps, se terminent par une pointe effilée et très piquante. Beaucoup d’espèces portent sur le bords de leurs feuilles de nombreuses épines en dent de scie. Une des principales caractéristiques des agaves est qu’ils sont « monocarpique », c’est-à-dire qu’ils ne fleurissent qu’une seule fois dans leur vie, au bout d’un cycle de 10 à 20 ans. En effet, l’énergie demandé pour produire leur inflorescence (une grande hampe florale pouvant dépasser 10 m de hauteur) est telle qu’elle épuise totalement la plante et la vide de ses réserves. La floraison peut durer un à deux mois, puis dépérit lentement. Les agaves sont utilisées par l’homme depuis très longtemps. Elles occupent une place importante dans la mythologie mexicaine précolombienne. En effet, les pointes des feuilles peuvent servirent de clou ou d’aiguille, les fibres (appelées sisal) d’une solidité surprenante sont utilisées pour tresser des cordages et des textiles, le bois des inflorescences peut servir de matériaux de construction, et enfin, par fermentation du jus contenu dans les feuilles, on obtient une boisson alcoolisée (le pulque) qui, par distillation, donne la célèbre « téquila ».


Agave macroacantha Mexique


Agave subsimplex Mexique, Sud de la Californie


Agave sebastiana Mexique


Agave lechuguilla U.S.A.


Agave palmeri Mexique, U.S.A.


Agave schottii U.S.A.


Agave neomexicana U.S.A.


Agave schidigera Mexique


Agave utahensis U.S.A.


Agave cerulata Subsp. nelsonii Mexique


Furcraea selloa Colombie


Dasylirion logissimum Mexique


Agave attenuata Mexique


D’autres plantes que j’ai beaucoup aimé...

Graptopetalum paraguayense

ALoe lateritia

CRASSULACEAE

LILIACEAE


Duranta erecta

Olea europaea

Acacia x hanburyana

VERBENACEAE

OLEACEAE

MUMOSACEAE


Ephedra altissima

Schinus molle

Pinus canariensis

EPHEDRACEAE

ANACARDIACEAE

PINACEAE


ANNEXES


ANNEXE 1 : LES AUTRES FORÊTS SCLÉROPHYLLES DU MONDE LES ÎLES CANARIES les îles volcaniques des Canaries sont situées aux confins de la région méditerranéenne. À la différence des îles de Méditerranée, l’archipel des Canaries est baigné par un courant froid qui limite les excès de chaleur et apporte une hygrométrie importante. Comme dans beaucoup d’îles, le taux d’endémisme y est très élevé (1400 plantes dont 140 espèces exclusives), et l’absence de prédateurs herbivores a permis le développement inhabituel de certaines plantes, avec notamment un grand nombre d’herbes géantes. On retrouve sur ces îles différents paysages, comme le matorral côtier, ou malpaìs, qui est un paysage de lave très ensoleillé, où l’on trouve beaucoup de grandes euphorbes et autres plantes xérophytes. On retrouve aussi les bosquets

http://www.doitintenerife.com/fotos/tenerife


thermophiles, qui sont des formations végétales singulières, où l’on trouve notamment les derniers dragonniers et palmiers phoenix, mais aussi des aeoniums, des grandes vipérines… Aujourd’hui ce paysage est fortement dégradé et menacé de disparition à cause des activités humaines. Enfin, sur les sommets de l’île, on retrouve une couverture forestière appelée le pinar, constitué de pin canariens et au sous-bois presque inexistant. Quelques plantes typiques : - Aeonium sp. - Dracaena draco (dragonnier) - Echium sp. (vipérine) - Euphorbia sp. (euphorbe) - Pinus canariensis (pin des Canaries) - Rubia fructicosa (Garance des Canaries) etc...

http://www.routard.com/images_contenu/communaute/photos


LA CALIFORNIE La région méditerranéenne de Californie est limitée aux zones côtières par les chaînes de montagnes. Cette région des ÉtatsUnis est la seule représentan¬te du biome des forêts sclérophylles en Amérique du Nord. Le Chaparral est la formation végétale dominante en Californie, constituée de nombreuses espèces tropicales et tempérées. On y retrouve une végétation basse et buissonnante, les arbres ne dépassent pas les 2,5m de haut. La saison sèche du Chaparral est particulièrement pauvre en précipitations, sachant que 85% des 507 mm d’eau en moyenne qu’il pleut par an tombent entre novembre et mars. À la fin de la saison sèche, le chaparral est tellement déshydraté qu’il brûle très fréquemment. Le feu fait partie du processus naturel de cette formation végétale, il permet la régénération et le développement de beaucoup d’espèces végétales. Aujourd’hui, la côte californienne est très densément peuplée

http://www.laspilitas.com/comhabit/pictures


ce qui a modifié le paysage et transformé une grande partie du Chaparral en terres agricoles ou zones constructibles. On retrouve trois étages de végétation dans le Chaparral californien : le Chaparral de la côte, marqué par la présence d’une brousse douce composées de nombreuses sauges ; le Chaparral des contreforts, à l’intérieur des terres, constitué d’une mosaïque de végétation héritée d’incendies répétés ; et enfin le Chaparral des montagnes, dans les régions où il n’y a eu ni incendie ni pâturage au cours des 50 dernières années (comme les îles Catalina et Santa Cruz), où une forêt de chênes verts s’est développée. Quelques plantes typiques : - Escholtzia californica (pavot de Californie) - Ceanothus sp. - Pinus coulteri - Yucca brevifolia (Joshua tree) etc...

http://kentsimmons.uwinnipeg.ca


L’AUSTRALIE Aux alentours de Perth, Adélaïde et Sydney, la bande côtière soumise au climat méditerranéen est entourée du désert d’un côté, et de la mer de l’autre. La diversité floristique de cet endroit est exceptionnelle, et aucune autre flore au monde n’est aussi extensivement et exclusivement associée au feu. En effet, depuis toujours des millions d’hectares brûlent régulièrement sous les orages d’été, ou allumés par les aborigènes pour la culture sur brûlis, la pratique de chasse ou de rituels. On retrouve deux paysages différents dans cette région : la brousse du Mallee, située dans deux régions du sud de l’Australie séparées par la plaine aride de Nullarbor. La végétation est dominée par une brousse épineuse et sempervirente, qui, par la couleur dominante bleu-grise des Eucalyptus, paraît uniforme dans sa composition. De nombreuses espèces sont cependant représentées, notamment des plantes aromatiques.

http://www.anbg.gov.au/anbg/introduction


Dans les régions plus humides, la végétation se densifie et constitue de véritables forêts d’Eucalyptus. Contrairement à toutes les autres formations méditerranéennes où les plantes bourgeonnent au printemps, les plantes du Mallee ont une croissance maximale au début de la saison sèche. Le Kwongan est le deuxième paysage rencontré. Il est proche, par sa physionomie et sa richesse floristiques, du Fynbos d’Afrique du Sud. Située sur la partie occidentale de l’Australie, la richesse floristique de cette région est exceptionnelle (plus de 30 espèces par mètre carré). Cela est dû, entre autre, à la présence de nombreux pollinisateurs vertébrés (oiseaux, reptiles, marsupiaux…) spécialisés dans la consommation de nectar, et assurant ainsi le transport de pollen d’une fleur à l’autre. Le terme « Kwongan » désigne les landes dans la langue aborigène.

photographie personnelle


LE CHILI CENTRAL Le Chili est une longue et fine bande de terre aux multiples paysages : on retrouve la Cordillère des Andes à l’Est, l’océan Pacifique à l’Ouest qui rafraîchit la côte de ses eaux froides, des régions chaudes et désertiques au Nord et un climat plutôt froid au Sud. Au milieu de tout cela, on retrouve une région méditerranéenne au climat tempéré et à la végétation dense : le Matorral. Tout comme le Chaparral, le Matorral est constitué d’un mélange de plantes tropicales et tempérées, et la flore est composée d’un grand nombre d’espèces épineuses. Le surpâturage datant de la période coloniale espagnole est un des facteurs expliquant la dominance de ces brousses épineuses. Les floraisons sont étagées en fonction des latitudes et altitudes : plus on avance dans la saison, plus il faut rechercher le printemps au sud ou en altitude.

http://www.caminomozarabe.es/gestor/ficheros


Dans cette vallée centrale du Chili, lorsque le Matorral est dégradé par l’homme (pâturage, exploitation du bois…) un paysage de savane dominé par l’Acacia caven s’installe. C’est l’Espinal. Quelques plantes typiques : - Peumus boldus (Boldo) - Acacia sp. - Quillajaceae sp. - Alstromeria sp. (lys des Incas) - Puya sp. etc...

http://www.juntadeandalucia.es/averroes/


L’AFRIQUE DU SUD Onze ethnies, sept couleurs au drapeau, trois langues officielles. L’Afrique du Sud établit ses bases sur la diversité… Et cela se ressent aussi sur ses paysages. Parmi le Renosterveld, les fourrés subtropicaux, le Karroo et la forêt Afromontane, on trouve le Fynbos. Situé dans la région du Cap, le Fynbos est la végétation dominante d’Afrique du Sud (on retrouve 80% des espèces sur 50% de sa surface), caractéristique des milieux méditerranéens. C’est la végétation la plus riche en espèces au monde. Les brouillards sur les zones d’altitudes constituent un précieux apport d’eau qui entretient la végétation. Les plantes du Fynbos sont réputées pour leur beauté et leur originalité. Chaque famille botanique y présente une grande diversité, comme le genre Protea, qui compte 69 espèces endémiques. Comme en Australie, le Fynbos trouve son équilibre avec le feu. Les incendies naturels sont fréquents et il est

http://www.capeofgoodhope.co.za/images/fynbos.jpg


rare de trouver des Fynbos âgés de plus de 20 ans. De ce fait, les arbres sont complètement absents de ce paysage. Quelques plantes typiques : - Ericaceae sp. - Restionaceae sp. - Proteaceae sp. - Geranium - Aizoaceae sp. - Crassulaceae sp. - Euphorbiaceae sp. - Aloeaceae sp.

http://www.ecoafrica.com/Directors/images/grootwinterhoek


LA NOUVELLE-ZÉLANDE les forêts néo-zélandaises témoignent de la végétation dense et humide qui régnait sur le Gwondana, au temps du Crétacé. Le détachement de l’archipel à cette époque l’a épargné des grands bouleversements que connurent les autres continents, comme l’extinction massive de nombreux être vivants et l’apparition de plantes à fleurs. Aujourd’hui, la plupart des forêts pluviales primaires ont disparues de l’archipel. Du Nord au Sud, on retrouve les arbres fougères, des conifères et de nombreuses autres espèces dont on ne voit jamais les fleurs. Dans les régions abritées des vents pluvieux, la forêt cède la place à des formations basses. Les paysages sont caractérisés par des steppes herbeuses. Cette région vallonnée est soumise à un climat sec avec des précipitations peu abondantes. Dès que la végétation n’est plus soumise au pâturage, l’herbe domine, rêche et parfois épineuse et de couleurs blonde ou

http://flyfishingspirit.com/UserFiles/Image/newzealand


rousse. Comme en région méditerranéenne, la présence de certaines plantes est liée au passage du feu. Après un incendie, des maquis à manuka se développent, avant de laisser place à la forêt. Si le feu devient régulier, les paysages de maquis se maintiennent. Quelques plantes typiques : - Carex sp. - Cyathea sp. - Cordyline australis - Leptospermum scoparium - Phormium tenax - Rhopalostylis sapida - Muehlenbeckia complexa etc...

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/voyages


ANNEXE 2 : ADAPTATION DES PLANTES À LA SÉCHERESSE ET AU PASSAGE DU FEU Le climat méditerranéen est propice aux incendies naturels à cause de sa longue saison chaude et sèche. C’est pour cela que l’on retrouve des plantes qui présentent des adaptations convergentes pour survivre à la sécheresse de l’été et au passage du feu. Les plantes du feu sont emblématiques des « pyropaysages », régions du monde où la dynamique du feu a façonné les milieux. Dans les régions méditerranéennes, la période critique pour les plantes n’est pas l’hiver mais l’été, la saison sèche. Ainsi, le cycles biologique des plantes semble inversé car elles sont visibles l’hiver, et disparaissent pendant l’été. On observe différentes stratégies qui permettent à la végétation méditerranéenne de survivre pendant l’été :


- Disparaître pendant l’été : les plantes à bulbes, comme l’Acanthe, accomplissent leur cycle biologique de l’automne au printemps. À la fin de celui-ci, les feuilles fanent et il ne subsiste du végétal qu’un bulbe caché dans le sol. - Économiser l’eau en transpirant moins : de nombreuses espèces méditerranéennes se sont adaptées en réduisant leur surface évaporante (diminution de la grandeur et du nombre de feuilles). Par exemple, le Tamaris possède des feuilles très petites. - Les plantes aromatiques : la nuit, les plantes aromatiques (lavande, romarin…) produisent des huiles essentielles qui sont libérées pendant la journée. Cette évaporation de l’huile va consommer de la chaleur, et donc refroidir la plante. - Réduire la vitesse de transpiration : les feuilles qui possèdent une cuticule épaisse et une consistance coriace transpirent très lentement. Parmis ces plantes dîtes sclérophytes,


on retrouve le chêne vert. De même, une disposition particulière des feuilles par rapport au soleil (Eucalyptus) ou une disposition du végétal en forme de coussin (euphorbes) permet de ralentir la transpiration. Les plantes qui survivent au passage du feu sont appelées pyrophytes. Elles utilisent deux grandes stratégies : en survivant au passage du feu, c’est-à-dire en étant capable de repousser après un incendie : - Survivre en étant caché : les plantes herbacées à bulbes, ou à tubercules souterrains. On les appelles les « pyrophytes passives », et l’on retrouve les Asphodèle, les Acanthes, les Fougères… - Se régénérer de la souche après l’incendie : cette adaptation au feu est de loin la plus répandue. Les parties essentielles de la plante se trouvent sous terres, dons protégées


des flammes. On parle de « pyrophytes à lignotuber », et c’est le cas de l’arbousier et de la bruyère… - Une écorce à l’épreuve du feu : les plantes dîtes « pyrophyte à cuirasse ignifuge » ont la particularité d’avoir une écorce épaisse et non inflammable qui les protègent des flammes. C’est le cas, par exemple, du chêne liège et du Grass tree (originaire d’Australie). Ou en assurant la survie de sa descendance, donc en produisant des graines résistantes au feu. Dans ce groupe, il faut distinguer les espèces qui stockent leurs graines dans le sol, et les espèces dîtes « sérotines », qui les stockent dans des structures ligneuses portées par les rameaux : - Une banque de graine pour assurer son avenir : on parle de pyrophytes géospores, et c’est le cas des Cistes. Leurs graines germent massivement après le passage d’un incendie.


- La sérotine, une assurance incendie : les fruits sont durs et ligneux, rassemblés dans une sorte de cône qui protègent les graines du feu. On parle de pyrophytes bradyspore, ou sérotine (Pins, Banksia, Calistemons…). Pour la plupart de ces plantes, le passage du feu est obligatoire pour ouvrir les fruits durs et permettre la dispertion des graines (plus précisément, c’est la chaleur et la fumée dégagée par les flammes qui permet leur ouverture).


CONCLUSION


Entre un paysage urbanisé à outrance, des massifs sensibles et protégés, des jardins magnifiques et d’une richesse végétale époustouflante, la Côte d’Azur est un paysage de paradoxe et de contrastes. Un paradoxe paysager, mais aussi économique lorsque l’on prend conscience des restrictions de budget que subissent certains jardins, et du désintérêt total dont fait preuve parfois les administrations. En quelques décennies, la côte méditerranéenne a connu un essor trop rapide dont elle est aujourd’hui prise au piège. Elle est devenue victime de sa beauté et de ses paysages exotiques. C’est un milieu riche mais aujourd’hui menacé, sensible et convoitisé, qu’il est urgent de protéger afin de conserver cette incroyable richesse de paysages, de plantes, d’odeurs et d’ambiances qui en font son identité.


BIBLIOGRAPHIE

Arbres de France et d’Europe Occidentale - A. Mitchell & J. Wilkinson Éd. Flammarion - 2006 Encyclopédie des Arbres - D. More & J. White Éd. Flammarion - 2005 Plante de Méditerranée - coll. Guides Nature Gros Plan - W. Lippert & D. Podlech Éd. Nathan - 2005 Flore forestière Française - Région Méditerranéenne - J.-c Rameau, D. Mansion, G. Dumé & C. Gauberville - 2008 Documentation interne du Domaine du Rayol et notes personnelles du stage 1A

Internet : http://www.conservatoire-du-littoral.fr http://www.tela-botanica.org/ http://fr.wikipedia.org/wiki http://www.plantes-ornementales.com http://nature.jardin.free.fr Illustrations : photographies personnelles & internet (sources citées)


La Mediterranee