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A l’imprimerie Dessalles Saint Brieuc

Premier jour :

(Le poste de travail de Jean-François, mon tuteur) Il est 8H00, L’imprimerie Dessalles n’est pas tout à fait réveillée. Deux, trois personnes vaquent à leurs tâches quotidiennes. Seul l’un d’entre eux a commencé la journée à six heures, il s’occupe de la machine OFFSET quadrichromie durant toute la journée.

(Machine OFFSET KOMORI) Mon « responsable de stage » n’étant pas là ce matin, je commence alors l’observation de la chaine graphique à l’envers. Me voici donc au ROUTAGE :


David, Germain et Xavier s’occupent d’emballer des centaines de magazines sous un film plastique.

Le procédé est très mécanique : Xavier recharge les magazines dans les endroits réservés à cet effet, Germain réceptionne les paquets qu’il classe ensuite dans les bacs (en fonction des secteurs) pour envoyer le midi même a la poste (les délais sont à respecter). David, responsable de la boite est le seul à mettre en route la machine, il en contrôle aussi son bon fonctionnement. Travail à la chaine automatisé, les magazines s’enchaînent et sont marqués de l’adresse où ils doivent être envoyés en fonction d’une liste donnée. (Logiciel spécial) La machine à du mal à démarrer, des problèmes mineurs gâchent (souvent) la rapidité du processus, David doit intervenir. Une fois lancée, le travail va bon train.

Commande urgente entre temps, un client vient une demie heure plus tôt chercher ses colis. On se met alors à quatre pour « ficeler » des milliers de billets/tickets pour le salon de l’habitat que l’on place ensuite dans des colis.


Demande livrée en temps et en heure. Je fais le tour de l’imprimerie ; cette dernière, en 10 ans, s’est agrandie de tous côtés. On me montre la machine KOMORI avec ses plaques OFFSET (Chaque plaque correspond a une couleur, l’encre y est en gel). On règle les intensités colorées et on cadre bien pour pouvoir tirer en grand nombre. Système d’attraction et de répulsion.

Xavier, est le seul à utiliser les « machines à typographie », de vieilles Heidelberg, il compte m’en montrer le processus dans la semaine. Elles ressemblent toutes deux aux machines vu au musée de l’imprimerie.


On me montre le Massicot, (qui va être bientôt remplacé) ; puis la plieuse et la relieuse.

Un peu plus loin, Xavier et Germain s’occupe aussi de tout ce qui est autocollants.


(Xavier m’indique d’ailleurs qu’ici, et sûrement un peu partout, on apprend sur le tas, on découvre des machines qu’il faut ensuite savoir utiliser, c’est le cas de la machine à faire des autocollants…)

Il y en deux : Une très grande et une petite. Une qui semble se déplier vers l’extérieur, et l’autre, processus sur étages. Les deux sont tout aussi performantes. On place des « cliché » (gabarit généralement en plastique, de ce que l’on veut imprimer) sur des rouleaux, la feuille passe alors entre chaque rouleau quand on met la machine en marche. Encre gel.

Un format de rouleau autocollant s’appelle une « lèse », il existe différentes tailles. (Ex lèse 125) B.A.T. : Bon à Tirer

Petite interview : « Ce métier est un métier « de problèmes », que ce soit pour les machines ou pour tous le processus ; des gens modifient au dernier moment leur fichier, fichiers qui ne sont pas forcément bien adaptés selon leur demande. (Word, PowerPoint …) » Observation de la machine à l’arrière des ateliers : c’est la machine qui s’occupe de l’assemblage ; agrafages/pliages ; et reliage/massicotage.


Mardi :

Fièvre, Malade, je ne peux pas venir ….

Mercredi et Jeudi : Je viens quand même, malgré mon « état vaporeux ».

Je travaille avec Jean François, mon « mentor », c’est lui qui s’occupe de toute la partie infographie/ Prépresse, composition et création finale de l’idée du commanditaire. Je rencontre ainsi, en même temps que J.F., les clients venus le voir pour des modifications ou de nouvelles demandes. Je me suis occupée aujourd’hui de la mise en page d’un encart pour des chaudières à granules ÖKOFEN. (Le client a fait une composition pour un format à l’italienne, mais le tirage se fait au format « français », il faut donc ré agencer ses éléments).

Puis j’ai commencé, à l’aide d’éléments déjà donné par le client et d’un cahier des charges, La mise en page de carton d’invitation 30cm X 15cm pour les noces d’or d’un couple.  50 ans ça se fête ! Logiciels utilisés : La suite Adobe + Quark Xpress Passport. Travail (exclusivement donc) sur MAC

Des clients viennent dans le bureau de mon mentor, règlent leur petits problèmes et repartent, sinon la cadence du travail continue. Il a l’air d’en avoir pas mal d’ailleurs. J.F. me laisse me débrouiller toute seule, il me donne les indications de départ comme le ferait un potentiel client, puis je manipule les outils pour parfaire ma composition.

Vendredi :

Comme promis, avant de finir mes compositions sur ordi, Xavier m’explique le fonctionnement de fameuses machines « Heidelberg » : A la fois machines pour typographie et découpages/pliages, elles sont très efficaces pour l’imprimerie, malgré leur grand âge. 1). Quelques petites informations sur la typographie :


Les machines datent de 1961 – 1962 mais fonctionnent toujours très bien, on parle de machines allemandes très robustes. Xavier me rappelle ce qu’on a vu au musée de l’imprimerie de Nantes ; il me montre certaine de ses compositions. « Une erreur et on recommence tout. » Pour les compositions, tout fonctionne par multiple de 3.

De vieilles compositions (flyer ; Bon de commande ….) On parle des Cicéro (Rappel : Caractère d'imprimerie ayant douze points (environ 4,5 mm), qui sert d'unité de mesure en typographie.)

Cicéro, ici, de 4 ,5 ,6 ,7 ,8 ,9 ,10 ,12 ,15 ,20 ,25.

Les différents Cicéro ….

Xavier, passionné, m’explique que la typographie est un Art, même si elle a tendance à être (dans un véritable processus de composition sur machine) abandonnée pour l’OFFSET.


2). Pour ce qui est du découpage et du rainage : Toujours massicoter les bords qu’on ne va pas « utiliser » (car « sans massicot, un imprimeur n’est pas un bon imprimeur ») et faire des essais de réglages avant de se lancer dans la production grande échelle. II faut d’abord commence par régler la partie « découpe » et ensuite le « rainage ». On cale bien la feuille en fonction du modèle/gabarit choisi. La partie « rainage » est un peu plus délicate, afin d’obtenir des plis biens net et précis, on dispose, sur la taule, une contrepartie qu’on appelle « Channel » ou « gouttière ».

BILAN : Un stage très intéressant, et apports d’une connaissance des moyens, techniques et relation clientèle essentielle pour notre futur domaine d’emploi.



Stage A : Imprimerie Dessalles