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Voyage en Bretagne

la flo re exotique

Margaux Savorgnan 3A ENSNP 2011

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Sommaire Introduction

p. 4 - 5

Le conservatoire botanique de Brest p. 6 - 23

Le jardin exotique de Roscoff p. 24 - 37

L'ĂŽle de Batz

p. 38 - 47

Les jardins de Kerdalo

p. 48 - 57

Conclusion bibliographie

p. 58 - 59

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Introduction Un voyage de trois jours en Bretagne pour étudier les plantes exotiques ! Quelle drôle d’idée ! La Bretagne synonyme de grisaille, pluie et mauvais temps ? Pas tout à fait, la pluviométrie annuelle est effectivement élevée (petites pluies de courte durée mais régulières «pour arroser les plantes» comme diraient les Bretons) mais le climat est peu contrasté : frais l’été et doux l’hiver ce qui permet aux plantes exotiques de se développer avec plaisir. Cette douceur du climat est due à la présence du courant marin chaud le Gulf Stream : il engendre une humidité thermique élevée, des températures douces et une faible amplitude thermique quotidienne. Un voyage de trois jours le long des côtes bretonnes, de Brest à Kerdalo, pour découvrir une grande variété de plantes exotiques de l’hémisphère sud dans des contextes variés : conservatoire botanique, jardin privé, île anthropisée... Ce carnet retranscrit chronologiquement mon expérience de ce voyage, les plantes qui m’ont plus particulièrement intéressé, les paysages rencontrés...

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ĂŽle de Batz

Kerdalo

Roscoff

Brest

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Le conservatoire botanique de Brest

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Petite histoire du conservatoire

Le plus vieux jardin botanique a été créé à Montpellier il y a 400 ans, les jardins botaniques avaient pour fonction à l’époque de cultiver des plantes à des fins médicinales, c’est pour cela qu’ils étaient souvent couplés à des facultés de médecine. Assez rapidement, un système de classification des espèces a dû être introduit pour différencier les plantes et ne plus se tromper lors de leurs récoltes et donc de leurs utilisations. Au 18ème siècle, les naturalistes ramènent de nouvelles espèces végétales et animales des autres contrées (ex: à Paris jardin des plantes est associé à une ménagerie). Un des enjeux des jardins botaniques est la démonstration des nouvelles espèces importées et l’étude d’espèces sauvages communes. Le conservatoire botanique, lui a pour mission de préserver des espèces végétales, en mettant en culture ces plantes pour ne pas que leur espèce ne s’éteigne. En 1975 est créé le 1er conservatoire botanique à Brest. Le fondateur Jean-Yves Lesouëf a implanté ce conservatoire à Brest parce que la Bretagne est un des lieux en France où les hivers sont les plus doux et parce qu’à ce moment là la ville de Brest a eu l’opportunité de racheter un site d’anciennes carrières. Aujourd’hui d’autres conservatoires ont été créés notamment à Nancy et sur l’île de Porquerolle. Cependant il n’y a pas d’équivalent des conservatoires botaniques nationaux à l’étranger.

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Le site Ce site de 50 hectares fut une carrière jusqu’à 1966, puis il est devenu une décharge sauvage. Après son rachat il est devenu le premier espace vert péri-urbain de la ville de Brest. Le conservatoire s’est installé sur 30 hectares du site. C’est une vallée très encaissée traversée par le ruisseau le Stang Allar qui donne au site une allure de jardin naturel. Il y a eu création d’étangs artificiels pour éviter des accidents d’éboulements, ils sont alimentés par des sources naturelles et de nombreux canards migrateurs (foulques, poules d’eau, canard morillon...) y font halte. Le conservatoire possède 4 grandes serres et 95% des plantes dans celles-ci sont en voie de disparition. 2 méthodes de multiplication sont utilisées : la multiplication sexuée et la multiplication végétative. Les cultures in vitro ne sont pas réalisées sur place car elles sont trop chères. Les températures minimales au sein du parc ne sont jamais en dessous de -2°c, ce qui permet la culture de plantes exotiques en extérieur.

missions du conservatoire Il est agréé par l’état et doit s’occuper de son territoire d’agrément qui est constitué de la Bretagne, la basse Normandie et des Pays-de-la-Loire. Ses principales missions sont : -Un travail de connaissance de la Flore : collecte d’informations sur les plantes du territoire d’agrément (création de cartes de répartition des espèces, suivi régulier de ces espèces et création d’Atlas départementaux) - La préservation des espèces menacées In situ et Ex Situ - Informer et renseigner sur les espèces sensibles ex: la Narcisse des Glénands est une sousespèce endémique, Eryngium viviparum est une espèce importante au point de vue patrimonial car elle ne se trouve que dans le Morbihan et dans la Galice - Sensibiliser le public

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plan du conservatoire botanique de Brest et du parc paysager

http://www.cbnbrest.fr/site/html/visite/PlanParc.htm

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les affleurements rocheux, souvenirs de l’activité de carrière du site

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Le conservatoire botanique de Brest a la particularité de s’occuper des plantes menacées d’Europe et des îles. Il participe à des programmes internationaux de préservation des espèces menacées d’autres régions du monde. 50% de la collection du conservatoire est constituée d’espèces naturelles menacées. La disparition des espèces est due majoritairement à la destruction de leur milieu ou à l’introduction d’espèces animales et végétales invasives. Il est important de noter qu’une espèce invasive dans une région ne l’est pas forcément dans une autre. Les espèces invasives sont souvent des espèces ornementales venues des jardins particuliers. Ex : Crassula de Helms est une plante aquatique dont les micro-boutures sont transportées par les canards. Aspartine est un hybride americain-français très vigoureux qui fait de la concurrence à Lymonium Umile. En effet, elle freine le courant et entraîne un dépôt de vase qui permet alors à ses stolons de se développer. Pour éviter son développement il est nécessaire d’enlever la vase (cf photo ci-contre). Blocage des racines de l’Aspartine par des plaques de plexiglas 12

Le conservatoire botanique conserve les plantes gélives et les plantes les plus menacées d’extinction dans 4 serres de 1000 m2 . Chacune d’entre elles reconstitue l’un des 4 climats des milieux insulaires tropicaux : Lymonium Umile

Eryngium viviparum


serre 1 : montagnes tropicales humides

serre 2 : les îles océaniques subtropicales

serre 3: les zones tropicales sèches

serre 4: les forêts tropicales humides

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Serre 1 : Les montagnes tropicales humides Cette serre présente les plantes d’altitude (1000 à 2000 m) des régions tropicales ex : forêt humide à la Réunion où il y a 12 m d’eau par an, îles d’ Hawai et Tahiti. Elle présente une température de 18°/20°c et une forte hydrométrie : 90 à 95 %.

Hibiscadelphus Giffardianus : espèce endémique des îles Hawaii En 1930 il y a eu extinction naturelle des derniers plants sur les flancs d’un volcan. La fleur en forme de tube arqué garde un nectar bu par un oiseau dont la forme du bec est adaptée. L’homme a progressivement détruit le pollinisateur de cet arbre, ce qui a induit l’extinction de l’arbre. La réalisation de boutures et de semis de cet arbre sont faciles à réaliser, cependant il n’est pas nécessaire de réintroduire cette plante dans son milieu naturel sachant que son pollinisateur n’existe plus Cylindrocline lorencei : en 1977 seul Cylindrocline commersonni était connu. C’est le créateur du conservatoire qui en le découvrant a prélever les première graines. Cet arbuste est considéré comme éteint en 1990 mais la culture in vitro l’a sauvé et sa réintroduction sur l’île est aujourd’hui envisagée. 14


3 2 nom :Cylindrocline commersonni 1 famille :solanaceae origine :australie

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http://en.wikipedia.org/wiki/ File:Hibiscadelphus_giffardianus_flower.jpg

nom :Cylindrocline lorencei 2 famille :solanaceae origine :ĂŽle maurice nom

:

Hibiscadelphus

3 famille :asteraceae

Giffardianus

origine :australie

1

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Serre 2 : îles océaniques subtropicales

Cette serre présente un climat que l’on trouve dans les îles Canaries et de Madère entre autres. Dans cette serre de nombreuses espèces sont endémiques de ces îles. En France métropolitaine seulement 2% des plantes sont endémiques alors que sur les îles le pourcentage est bien plus élevé : à la Réunion 30% , Nouvelle Guinée 90%, ... C’est surtout sur les îles que les espèces disparaissent, en effet il y a disparition de la végétation naturelle à cause de l’introduction d’animaux tels que les vaches et les moutons qui n’étaient auparavant pas présents sur l’île. Ces animaux en broutant enlèvent le système racinaire des plantes. A Madère par exemple le site a été trop dégradé et il serait trop difficile ou trop coûteux de réintroduire des espèces. Pourquoi maintenir un patrimoine végétal ? Ces plantes peuvent être utiles dans de nombreux domaines : textile, médecine, alimentaire, cosmétique, religion et coutumes, paysage, cycle de l’eau et du carbone, biodiversité, ...

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Normania triphylla : cette plante annuelle est la seule espèce du genre. Un botaniste en a trouvé un plant à Madère où il a récupéré des graines . Des semis ont été réalisés à Brest, puis le 1er essai de réintroduction en nature a échouée, la 2ème réintroduction en culture jardinée par des gardes forestiers a réussi.


3 2

nom :Geranium maderense 1 famille :geraniaceae origine :madère nom :Aeonium mascaense 2 famille :crassulaceae origine :canaries nom :

Sideritis sp

3 famille :lamiaceae origine :canaries

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nom : Normania triphylla 4 famille :solanaceae origine : madère

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Serre 3 : zones tropicales sèches Trochetia boutoniana sterculiaceae

Deux types de végétation sont visibles dans cette serre au climat sec : des plantes succulentes et des arbres et arbustes feuillés. Ces plantes proviennent par exemple de Madagascar (climat sec par effet de Foën), du Maroc ou de l’île de la Réunion... Ruizia cordata : appelé «Bois de senteur», cette plante dioïque fut découverte par Philibert Commerson. A l’ époque, il découvre des plantes de cette espèce avec des feuilles différentes : l’une aux feuilles très découpées et l’autre aux grandes feuilles pendantes. Il différencie le Ruizia cordata du Ruizia stellata, qui sont en fait la même plante dont les feuilles matures et juvéniles diffèrent énormément. Cette différence dans le feuillage est une adaptation à la sécheresse : la pilosité blanche des feuilles matures permet de réfléchir le soleil, et les feuilles juvéniles fines diminuent la perte d’eau en attendant que le système racinaire soit plus développé. En 1977, il ne restait plus que trois plants à la Réunion, 500 plants ont ensuite été réintroduits en nature mais ils n’ont pas survécu, alors que ceux plantés dans les parcs et espaces publics se développent pleinement. 18


nom :Euphorbia cedrorum 1 famille :euphorbiaceae origine :madagascar

nom :Astrophytum myriostigma 2 famille :cactaceae origine :mexique

nom : Ruzia cordata nom :Pachypodium rosulatum famille :sterculiaceae famille : apocynaceae 4 3 origine : rĂŠunion origine : madagascar

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Serre 4 : forêt tropicale humide Cette serre présente une atmosphère chaude et humide (24 à 30°c) que l’on trouve en Indonésie, dans les îles Fidji... Arum titan Amorphophallus titanum : est l’une des plantes phare du conservatoire de part sa floraison brève et spectaculaire. C’est une plante à bulbe qui pendant les dix premières années produit chaque an une feuille : elle stocke de la nourriture dans le tubercule qui peut alors peser 30 kg. Elle produit alors une fleur de très grande taille (1.50 m au conservatoire) qui ne reste ouverte qu’une seule nuit. Sa spathe rouge et son odeur de cadavre mime un animal mort pour attirer les mouches qui voudront pondre leurs oeufs, elles permettront ainsi la pollinisation. La plante chauffe au sommet du spadice pour diffuser l’odeur. L’inflorescence est en fait composée à sa base d’anneaux de fleurs mâles et d’anneaux de fleurs femelles : l’auto-pollinisation s’ajoute à la pollinisation croisée. Cette plante étonnante est originaire de Sumatra en Indonésie, elle est très rare dans la nature car il y a un trafic des bourgeons floraux . 20


2

1

nom :Amorphophallus titanum 1 famille :araceae origine :sumatra

nom : Costus congestiflorus 3 famille :zingiberaceae origine :surinam

nom :Lycaste powellii 2 famille :orchidaceae origine :panama

nom : Eichhornia azurea 4 famille : Pontederiaceae origine : brĂŠsil

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Le parc paysager

Les cinquante hectares du site sont divisés en deux parties : 30 hectares dédiés à la conservation des plantes en voie de disparition en partie basse et 20 hectares de jardin public en partie haute. Dans ce jardin public on peut admirer les affleurements de gneiss crées à l’époque de la carrière. Cette roche de qualité médiocre était principalement utilisée pour les remblais du port de Brest. Le cheminement au creux du vallon du Stang-Alar est rythmé par la présence et l’écoulement de l’eau .

Mes impressions

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Les serres du conservatoire botanique sont comme des écrins emplis d’une richesse végétale immense. Je pourrais y rester des heures, dans cet atmosphère chaude, pour y découvrir à chaque recoin des espèces rares et menacées d’extinction. J’ai découvert que chaque jour, pendant que nous vaquons à nos occupations, des botanistes se battent pour sauver des espèces menacées d’extinction et essayent de les réintroduire dans leur milieu naturel. Le parc public est un lieu où la flânerie est de mise, la coloration des affleurements rocheux jouent avec celle des plantes exotiques au gré de l’ensoleillement. Le cheminement en fond de vallon, le long du ruisseau est rythmé par des ambiances végétales contrastées et permet de s’émerveiller d’un instant à un autre.


un air de printemps avec 1 la floraison des magnolias l’étonnante bi-coloration 2 du feuillage du rhododendron les fougères arbores-

3 centes créent un paysage 3 1

néo-zélandais

le jaune-pâle des fleurs 4 de rhododendron

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Jardin exotique de Roscoff

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Le jardin exotique de Roscoff a été créé en 1987 à l’initiative de Daniel Person et Louis Kerdilès, il s’est agrandi en 1990 et 1995. Il a aujourd’hui une superficie de 1.6 hectares, même si cette surface est relativement petite le jardin paraît en se promenant plus grand grâce à un aménagement judicieux des cheminements et de l’espace (créations de reliefs par exemple). Ce jardin est géré par l’association GRAPES (Groupement Roscovite des Amateurs de Plantes Exotiques Subtropicales) et il présente plus de 3000 espèces originaires de l’hémisphère sud (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Chili, Argentine, Mexique. Le jardin est situé directement en front de mer, un grand chaos granitique de 18 m de haut et des haies d’Olearia traversii le protègent des embruns et des vents marins. Le climat doux sous l’influence du Gulf Stream a permis l’adaptation des plantes exotiques.

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vue panoramique depuis le rocher granitique sur l’ensemble du jardin

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flo raisons atypiques

nom : Hakea Orthorrynchum 1 famille :proteaceae

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Voici une sélection de plantes qui m’ont beaucoup intéressé de par la forme de leur fleur, leur couleur ou bien leur insertion sur la plante. Je n’avais encore jamais vu ces Proteaceae et elles m’ont plu. Quant au port vertical de l’inflorescence des Aloe et Kniphofia, il structure délicatement un jardin.

nom : Grevillea Jenkensii 2 famille :proteaceae

nom : Grevillea ‘Fire 3 famille :proteaceae m

Warks’


nom :Aloe arborescens 1 famille :asphodelaceae

nom :Kniphofia sp 2 famille :liliaceae

nom :

3

Echium pininana qui fait des fasciations (virus)

famille :boraginaceae

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1

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2

5

3

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nom : Cannomois virgata 1 famille :restionaceae nom : Eriocephalus Africanus 2 famille : asteraceae

3

nom : famille :

nom : Lomatia Silaifolia

4 famille :

proteaceae

formes insolites

Voici une sélection de plantes qui m’ont beaucoup intéressé de par la forme inhabituelle d’un de leurs organes : feuilles, fruits, bourgeons... Ce sont encore une fois des plantes que je n’avais jamais rencontrées, et qui par leurs caractéristiques insolites pourront être intégrées à des aménagements paysagers. La forme des inflorescen.ces le long de l’extrémité des tiges des Callistemon leur a donné le nom de «rince-bouteille».

nom :Callistemon speciosus 5 famille :myrtaceae

6

nom : Eucalyptus ficifolia famille :myrtaceae

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nom : Strelizia alba famille :Strelitziaceae

Voici une sélection de plantes qui m’ont plu pour leur influence sur l’ imaginaire : elles véhiculent un air d’exotisme dans l’espace où elles sont implantées.

Les feuilles linéaires de 70 à 100 cm, d’un vert foncé sont caractéristiques du Cordyline australis. Cet arbre peut atteindre 20 m de haut dans son milieu naturel (Nouvelle-Zélande). Ici les sujets atteignent déjà 6 m

Les tiges bicolores du Cannomois virgata rappellent celles du bambou, elle forment un buisson d’environ 4 m de haut. La germination des graines en milieu naturel a lieu après le passage d’un incendie.

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exotisme, exotisme, .... nom :Cordyline australis famille : agavaceae 1 nom :Cannomois virgata 2 famille : restionaceae

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nom : Cyathea medullaris 3 famille : cyatheaceae

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1

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3

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Le chaos granitique Cet espace rocheux permet à une grande collection d’Aeonium de se développer . Ce genre rassemble des vivaces, des succulentes arbustives persistantes, caractérisé par une forme en rosette. Au printemps, des épis pyramidaux de fleurs rouges blanches ou jaunes apparaissent. nom : Aeonium ‘Kastell Paol’ 1 famille : crassulaceae nom :Aeonium sp 2 famille : crassulaceae nom : Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’ 3 famille : crassulaceae

4 nom : Crassula perfoliata var. coccinea 5 famille : crassulaceae

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nom :Protea eximia ‘Pink Ice’ famille :Proteaceae

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Mes impressions

Malgré sa petite superficie, le jardin exotique de Roscoff sait nous transporter d’une ambiance à une autre. L’aménagement du jardin est judicieux avec une micro-topographie et des sentiers sinueux cachant puis révélant des points de vue. Ici, c’est surtout la taille des végétaux qui est impressionnante : une seule envie, se hisser en haut du rocher pour englober du regard cette masse végétale. La diversité et la richesse des collections présentées apportent une qualité exceptionnelle à ce jardin.

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l'ĂŽle de Batz

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http://www.carte-france.info/ville-29253-ile-de-batz/

Entre agriculture et exotisme Cette île atypique est peuplée presque uniquement de plantes exotiques, on observe très peu de plantes autochtones. Les plantes exotiques d’abord concentrées dans les jardins privés ont été utilisées pour leur esthétisme, puis elles se sont évadées sur toute l’île et ont été utilisées dans un but fonctionnel : création de haies coupe-vent. L’île de Batz est plus tournée vers la terre que vers la mer, en effet la pêche n’est pas un secteur très développé par rapport à l’agriculture. Ici les terres sont de très bonne qualité, la production de pommes de terre, choux, oignons, artichauts s’étend sur toute l’île.: C’est une agriculture diversifiée et de qualité. Le climat doux et océanique est dû à la présence du Gulf Stream. Autrefois couverte de landes de joncs, les terres ont été dès le 19ème siècle exploitées pour l’agriculture. L’identité agricole de l’île est très affirmée, la pression touristique ne l’a pas défiguré. Quelques chiffres 320 hectares 3.5 km de long /1.5 km de large 25 exploitants agricoles 50% des exploitations bio 39


Les plantes du port Cupressus macrocarpa Tamaris cordyline autralis

pins maritimes

phormium agaves carpobrotus edulis

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Dès la sortie du bateau faisant la navette entre Roscoff et l’île de Batz, on peut observer une étonnante large variété de plantes exotiques. Les Cordyline australis, les griffes de sorcières se développent pleinement. Les plantes exotiques font partie intégrante du quotidien de l’île, les habitants les utilisent à des fins ornementales dans les jardins particuliers mais aussi dans les espaces publics.


1 2 1

3

5 3 4

nom :Convolvulus cneorum famille :convolvulaceae nom :Cordyline sp famille :liliaceae nom : Osteospermum famille :asteraceae nom :Fatsia elata famille :Araliaceae

nom :Geranium maderense 5 famille :geraniaceae

4

2

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le phare Cupressus macrocarpa

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A l’entrÊe du port

Cupressus macrocarpa macrocarpa Cupressus phoenix canariensis Phenix canariensis

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Les haies Les haies jouent un rôle important dans le paysage de l’île. En effet, le territoire est divisé en petites parcelles lanièrées séparées les unes des autres par des haies. Ces haies sont constituées de plantes exotiques telles que les Olearia qui ont un système racinaire fin de surface ne faisant pas concurrence aux cultures et ont un feuillage coriace résistant au vent. Ces haies ont une fonction de coupe-vent : protection des champs des embruns. La première espèce introduite pour sa qualité de brise-vent est le Cupressus macrocarpa, paradoxalement on ne la trouve pas dans les haies mais on peut l’apercevoir un peu de partout sur l’île : par son port élancé comme balayé par les vents elle marque fortement le paysage de l’île.

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Arbutus unedo 1 ERICACEAE Olearia traversii 2 ASTERACEAE

1

3

5

Eleagnus x Ebbengei 3 ELEAGNACEAE Olearia virgata 4 ASTERACEAE Eonymus japonica 5 CELASTRACEAE

4

2

Olearia solandri orea 6 ASTERACEAE s’utilise isolé

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Mes impressions

L’île de Batz, petite île atypique que l’on peut parcourir de tout son long en une après-midi, m’a totalement dépaysé. La végétation exotique ici est omniprésente, dans les jardins de particuliers, dans les espaces publics, dans les espaces agricoles mais aussi dans le moindre recoin de mur ou de terre ! C’est cette omniprésence qui confère à l’île un réel caractère exotique. Les plantes de l’hémisphère sud se sont bien acclimatées et présentent des tailles parfois semblables à leurs cousines dans leur pays d’origine! Cette île m’a rappelé mon stage de première année en Nouvelle-Zélande par la végétation luxuriante mais aussi par le climat humide et venteux. 46


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Jardin de Kerdalo

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Ce jardin est l’oeuvre de Peter Wolkonsky, artiste peintre originaire de Russie. Déjà passionné par les plantes il décide de créer un jardin en utilisant des plantes calcicoles (iris, pivoines...) chez lui, dans la banlieue parisienne. Cependant le sol et le climat peu cléments lui font revoir ses projets. En Bretagne, en 1965, une ancienne ferme à l’abandon, entourée de champs de petites tailles est mise en vente. Peter Wolkonsky achète cette ferme à flanc de colline, dominant un vallon où s’écoule un petit fleuve. Il entreprend de nombreux aménagements paysagers dans ce domaine de 17 hectares : tout d’abord il ajoute une tourelle au corps de ferme pour donner une unité à l’ensemble du bâtiment, puis implante des terrasses dans la zone la plus ensoleillée. Il a voulu créer un jardin où il pourrait insérer certaines de ses créations : comme la grotte, le miroir d’eau... Le choix des végétaux s’est fait avec l’association de grands pépiniéristes anglais comme Sir Harold Illier, il a recherché de nombreuses plantes rares. Il a utilisé beaucoup de plantes à floraison éclatante ( magnolias, camellias, daphné...) et des plantes à feuillages et écorces accentués pour créer tout au long de l’année des tableaux paysagers dans le jardin. L’eau dans le jardin est omniprésente sous différentes formes : petits bassins, canal, ... 49


Les jardins d'un peintre

DiffĂŠrentes ambiances au fil de l'eau

Le canal et son kiosque

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La terrasse et ses calades en damier


La grotte et les jeux d’eau

cascade

les terrasses de plantes exotiques

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Le corps de ferme restauré , élément central autour duquel s’organise le jardin.

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variations colorées L’association de végétaux aux couleurs de feuillages contrastés a permis la créations de fonds colorés visibles de loin dans le jardin. L’utilisation de pittosporum est très intéressante, dans le jardin, ils sont aujourd’hui âgés d’environ 30 ans.

nom :Lonicera nitida 1 famille :caprifoliaceae nom :Cryptomeria

japonica elegans

2 famille :taxodiaceae

nom : Berberis stenophylla 3 famille :berberidaceae m

nom : Pittosporum tenuifolium 4 famille : pittosporaceae

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nom : Euonymus japonicus ‘Aureo

5 1

3

4

famille : nom :

5

6

7

2

marginatus’

6

celastraceae

Ilex aquifolium oreo margi

nata

famille : nom :

aquifoliaceae

Chamaecyparis lawsoniana

stewartii

famille :

cupressaceae

nom : Cornus alba 8 famille : cornaceae

7

8

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flo raisons Les fums rents Voici

fleurs éphémères aux couleurs éclatantes, aux pardélicats ou aux formes variées ponctuent les difféespaces du jardin et contribuent aux ambiances créées. une sélection de fleurs qui m’ont particulièrement plu.

Mes impressions Ce jardin par sa structure m’a fortement fait pensé au Bois des Moutiers, en effet la sélection et l’agencement des plantes est très travaillé pour créer des plans colorés en fonctions des perspectives. Se promener au sein de ce jardin permet de s’évader avec des ambiances différentes. Le jeu des formes, des couleurs, de l’ombre et de la lumière donnent un air enchanté à ce jardin.

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1 5

2

1 3

3 6

4

nom :Helleborus niger famille : RANUNCULACEAE nom : Camellia sp famille : THEACEAE nom : Cornus mas famille : CORNACEAE nom :Daphne bolua famille : THYMELAEACEAE

nom :Pieris japonica 5 famille : ERICACEAE

4

nom :Clematis armandii 6 famille : RANUNCULACEAE

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conclusion Après ces trois jours de voyage bruineux, ventés, gris, c’est la tête remplie d’exotisme que je reviens à Blois. Étonnée au départ par la présence de cette végétation exotique, elle me semble aujourd’hui partie intégrale du paysage Breton que nous avons visité. J’ai pu découvrir au cours de ce voyage différentes utilisations ou gestions de ces plantes exotiques : utilisation agricole en haies coupe-vent sur ‘île de Batz, utilisation dans la structure des tableaux paysagers au jardin de Kerdalo, multiplication et conservation des plantes menacées au conservatoire botanique de Brest, présentation d’une grande collection de plantes exotiques au jardin de Roscoff... Il a été très intéressant de découvrir ces plantes aux ports, feuilles et floraisons que nous n’avons pas l’habitude de voir,. et comment elles ont modifié le paysage de l’île de Batz et participent aujourd’hui avec l’agriculture à l’identité de celle-ci.

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bibliographie

www.cbnbrest.fr www.jardinexotiqueroscoff.com www.geoportail.fr Atlas de la flore exotique des Côtes d’Armor, D. Philippon, R Prelli, L. Poux édition Silöe 2006

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Voyage d'étude en Bretagne 2011  

Voyage d'études des végétaux exotiques en Bretagne, cours de botanique à l'ENSNP en 2011.

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