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margaux croixmarie

Architecture

portfolio


sommaire


démarche curriculum vitae ARCHITECTURE_ENSAPBX Projet + Mémoire de Diplôme : Necropolis, avenir spatial des vies passées (WIP) Espace public généreux : des Hédonismes Insolites Ruralité délaissée : une ferme de permaculture Politique aujourd’hui : un Palais Présidentiel

ARCHITECTURE_concours Musée du Nil Ancien Sanctuaire à la gloire du site : Monsanto, Portugal Base d’exploration sur Mars Non-musée Frontière USA / MXQ A House for David Bowie (3ème prix)

aaaside à côté Design graphique Design mobilier Typographie Illustration numérique Illustration analogique Photographie


dĂŠmarche


Toute pensée est pré-conditionnée par le langage en lequel est elle est formulée. L’intime expérience que j’ai du processus de projet est, dans un premier lieu, une réflexion écrite - une recherche absolue de finesse et justesse de propos ; poser un regard orienté. Le sens donné aux mots, gestes, actes est primordial et introductif. La démarche assume la subjectivité indéniable des intuitions et des convictions, de la prise de position quant au sujet au et site. La création incessante d’un univers de projet, fait du lieu, du territoire, d’arts, d’architecture nourrit constamment le processus. En parallèle, la recherche sur l’espace et ses qualités a toujours pour but une composition de géométrie radicale, essentielle. Un équilibre entre la simplicité apaisante et la composition enrichissante. Matière, pensée et références cherchent alors l’alchimie pour faire du projet un récit évocateur et pertinent.


curriculum vitae


margaux

margaux.croixmarie@ gmail.com portfolio :

CROIX MARIE

https://issuu.com/margaux.croixmarie

instagram : @aaaside

EXPERIENCE

PROFIL

Margaux Croixmarie, étudiante de 24 ans en Master 2 à l’École d’Architecture de Bordeaux ENSAPBx. Le projet d’architecture est, à mes yeux, un récit fait de matière. Il résulte d’une multitude d’enjeux, au-dessus desquels l’expérience spatiale, dans une recherche de richesse et de poésie, doit toujours primer. Je m’attache à sublimer l’essence des choses, donner du sens, combiner finesse et radicalité. Avec passion, curiosité insatiable et exigence.

2011 - 2015 ENSAPBx Diplôme Licence d’Architecture 2011 Lycée Sud des Landes Saint Vincent de Tyrosse Baccalauréat Scientifique mentions Bien + Option Européenne Espagnol + Option Danse

Laurent G.-Beauchamps dplg (2 mois), Bordeaux, 2015 Municipalité de Soustons,

service Urbanisme,

2013

Concours internationaux

finaliste Arquideas : museum of the ancient Nile finaliste NonArch : showing, the future museum finaliste ArchStorming : unbuild the wall finaliste ARKxSITE : Portugal site sanctuary participation ING creative festival : the circle 2016 participation Mars Exploration Base participation ReThink

COMPETENCES

3ème prix Icarch : A house for David Bowie

Conception, représentation Design graphique, édition, médias Communication, arts oratoires Rédaction (synthétique, dissertatif...) Illustration(s), typographie, maquettes Français, Anglais, Espagnol courants Néerlandais débutant /// Apprendre

Lecture Photographie Typographie

Municipalité d’Ajaccio, workshop logement social, 2015

2017 participation Drawing of the Year : Everyday Utopias

2015 - 2018 ENSAPBx Diplôme Master d’Architecture + année césure stage

Ar/t/chi Dessin Écriture

TCAU - T.Concko Archs Urbs (4 mois), Amsterdam, 2016

2018 participation Fondation Wilmotte : Fort de Villiers

FORMATION

INTERETS

Stages

MHJV - Hessamfar & Vérons (5 mois), Bordeaux, 2017

Logiciels AutoCAD SketchUp Photoshop Indesign Artlantis Excel Illustrator

2015 participation Pixelpin Photo Award : landscape participation Drawing of the Year : sustainability 2014 finaliste Drawing of the Year : transformation

Communication, Médias

Jury diplôme BTS design d’espace, académie Bordeaux 2018 Tutorat d’étudiant de Licence, 2017-18 Représentante de promo M1 + M2, 2015-16 + 2017-18 (siège, débat et vote à la Commission Pédagogie Recherche)

Danse Musique Collage

Philosophie Questionner /// Curiosité

Questions de Choix avec Noël Mamère, France3, 2016 Questions de Choix avec Alain Juppé,

France3, 2016

Enquête de Régions, avec Xavier Leibar, France3, 2015


ARCHITECTURE ENSAPBX


espace public généreux :

hédonismes insolites


ruralitĂŠ dĂŠlaissĂŠe :

une ferme dans les landes


Une question bien posée pour une réponse juste Le fondement de la question soulevée repose sur la mémoire et l’intellect collectifs. La permaculture comme une alternative savante - loin des préconceptions. Un rassemblement de toutes les intelligences de l’Homme, de tous temps en tous lieux, transcendant le clivage de Culture. Dans la dynamique de l’Évolution, que l’on peut positivement qualifier de Progrès, l’Homme moderne use de sa capacité de mémoire pour concentrer les intelligences mises en œuvre en d’autres moments, en des ailleurs. Le projet s’inscrit dans son temps; l’époque et le lieu ne permettent rationnellement pas une reprise de tous les codes qui constituent la ruralité Française, ou les ruralités. Le projet se permet de bousculer ces codes. Sans dédain, il s’agit de repositionner la problématique dans les remous et chahuts contemporains. Le constat glaçant et insupportable de l’anonymat de ceux qui nous nourrissent doit impérativement laisser place à un univers bavard, évocateur, noble et superbe. L’amour de la terre, de la perpétuation de cycles fruits de la Nature créatrice, l’humble maîtrise humaine de ce que la terre a à offrir: une abnégation au-delà du louable. À la fois archaïque, originelle, et absolument noble. Au-delà de repenser un modèle social établi, le projet d’architecture auquel on s’attache pose les termes d’un besoin impérieux: la nécessité d’une architecture qui rende fier.

Intuition de projet et univers en gravitation Aux prémices, sur une intention de la manière de projeter une réponse, a pris le dessus une intuition, d’un univers en naissance. Circulaire, un univers aux racines simples et complexes, conscientes et inconscientes, qui s’identifient et se croisent. I CYCLE Le cercle est la représentation visuelle du cycle, de la perpétuation. Le temps comme une boucle, le mouvement temporel comme le mouvement d’une roue, la lumière tournant sur le cadran solaire. Le paramètre cyclique est indissociable du cercle comme il l’est de la permaculture. II INFINI Il n’existe qu’une seule figure géométrique sans point d’accroche, sans début ni fin. Il n’a pas de diagonales identifiables mais une infinité de diamètres. Le cercle délimite une surface précise et finie, mais sur sa limite, unique et continue, le regard glisse sans début ni fin. III NON-ORIENTÉ Aucun point d’accroche pour donner un sens de lecture, une orientation. Le cercle n’a pas de côté, pas de nord, pas de base, mais une infinité de diamètres, il naît cercle et se lit initialement dans cette pureté. Seuls des éléments extérieurs peuvent altérer son identité initiale pour l’orienter. IV FÉCONDITÉ Symbole de la fécondité, le cercle est maternel. Il est l’essence de la poitrine, des hanches, du ventre fécond. Il est le symbole absolu de la Femme, de la grâce. Il est l’embryon, le noyau, la cellule initiale qui se scinde vers une complexification. Terre nourricière, cercle maternel. V PERFECTION Tous les points constituant le cercle sont à même distance du centre. Les autres figures géométriques portent la différence en leur essence. Le cercle est la perfection, conçu sans aucune irrégularité. Il est la figure géométrique pure la plus représentée dans la Nature, bien plus que le carré ou le triangle. Souvent imparfaite l’émerveillement de l’Homme devant la bulle de savon témoigne de la haute idée de Perfection que nous accordons à la Nature. VI EMBRASSER Le cercle est enveloppant, protecteur. Il embrasse l’espace de sa courbe unique, en tension. Il ceint un univers autonome, autarcique. VII ABSOLU Le cercle, le disque, la sphère portent en leur essence une certaine

idée de la perfection. Ils sont totalité, exception, néant. Ils sont absolu.

Les Landes Le site de projet s’inscrit aux franges du sujet, aux franges du délaissé. L’intérieur des Landes se retrouve souvent rapidement dans une situation de proximité, d’influence avec les pôles d’attention que sont Dax, Hossegor, et Bayonne. Port-de-Lanne se situe comme à égale distance de ces trois territoires, le quatrième sommet du parallélogramme, en recul de la côte. Il reste néanmoins dans l’univers que je connais; la culture landaise, l’architecture locale me sont familières, bien que je n’aie jamais eu besoin de connaître bien au-delà d’Hossegor… Port-de-Lanne est bien à l’image des Landes: un territoire d’eau, une conquête sur les barthes, la confluence de l’Adour avec les Gaves Réunis. Son nom porte la mémoire de qui en a fait la grandeur; le commerce fluvial. L’intérêt pour Port-de-Lanne a mené spontanément le regard vers un lieu qui fait face à son petit bourg sur la rive de l’Adour, sur l’autre rive, donc. Et l’on se retrouve sur les terres de SainteMarie-de-Gosse. La courbe maternelle de l’Adour a sculpté un arc de cercle magnifique, creusant un territoire qui regarde le ‘front’ bâti d’en face. Une évidence émane de ce lieu. L’agriculture, la chasse, la campagne, le bourg, dans ce qui reste malgré tout un relatif bassin de population, font de ce lieu un terreau pour un projet à éclore. L’intuition circulaire résonne dans ce territoire, embrassant l’enjeu, le paysage, dans une géométrie absolue.

Du territoire au projet

ADOUR

/ AMOUR

/

MAUDIT

L’Adour, un fleuve passionné. Il a façonné l’Histoire du territoire. Il en a influencé la faune, la flore, a permis le commerce, a nourri et causé de sinistres, capable de refléter l’or du soleil comme la noirceur de ciels orageux. Des crues et des grands travaux lui ont donné pour embouchure d’abord un delta, appelé Trossoat, puis Capbreton, Vieux Boucau, Bayonne… Sa puissance d’arrachage est telle que lorsqu’il se jetait encore à Capbreton, il a creusé le fond océanique d’une faille, que l’on a appelé Gouf, d’1,5 km de profondeur jusqu’à la grande déclivité océanique, 50 km au large. L’eau à la verticale du Gouf est toujours calme, c’en est la spécificité des sorties en mer à Capbreton. À Bayonne, entre les deux digues qui s’avancent dans l’océan et la mouvance des bancs de sables, la rencontre entre l’Adour et l’Atlantique est freinée par ce qui s’appelle la barre, rendant les sorties et entrées parfois bien plus difficiles. Le fleuve traverse des paysages bien divers, accueille une vie riche aux facettes et reflets multiples. Le projet devient une manifestation architecturale de la rencontre entre mémoire du fleuve avec l’intuition initiale. La paroi circulaire entre en écho entre l’intuition architecturale et la courbe du fleuve. Elle délimite un volume, le contient, le protège. Comme la barre de Bayonne, elle freine mais ne clôt pas. Elle invite à une déambulation spécifique, des vues choisies; une expérience particulière du site. L’apparente cohérence est lacérée d’une faille comme le Gouf, la composition des masses suit les lignes de force de ce site brutal, à la fois droit et courbe, inflexible et souple, figé et dansant. La composition des lignes architecturales suit une envie de géométrie pure. Les spatialités intérieures expriment une richesse interne et protégée à l’image de l’univers de vie du fleuve. La matière est minérale, rugueuse, spécifique avec les galets de l’Adour, et vibrante avec la brique grise. Si elle ne reprend pas tout à fait les traditions du passé, elle entre ainsi en harmonie. Les cultures basses du premier ensemble enlacent le projet dans une ronde chamanique invoquant l’eau et le soleil, redoutant les gels et fêtant chaque renaissance.


politique aujourd’hui : un palais prÊsidentiel


dans une naissance en négatif, se pose en opposition à l’image d’un palais. Bien que sémantiquement, ‘palais’ signifie aussi la simple notion de résidence présidentielle, l’inconscient collectif attaché au terme de ‘palais’ renvoie à des impressions de luxe, d’opulence, d’ostentation, de faste. L’architecture devient une incarnation de la Sagesse, une représentation physique d’une décence politique.

Impulsion de projet_ Naît alors le projet d’un Monastère Laïc Républicain. L’idée se matérialise par un programme essentiel en parallèle d’une architecture en résonnance avec l’épaisseur de l’Histoire et le poids du Temps. L’illustration allégorique du Mensonge fuyant les Quinconces prend place. Il ne me semble pas absurde d’imaginer le Président dans un contexte spatial bien plus sobre, plus dépouillé, presque plus ‘pauvre’, que son actuel écrin doré.

Reconversion_

Genèse_ Posture_ Tout part d’une conviction intime, politique et morale, de longue date, selon laquelle aller vers une sobriété, humilité, essentialité (au sens de l’essence des choses), serait bénéfique. Bénéfique pour la Politique, pour la Société. Au-delà du projet architectural, l’idée s’étendrait à une désacralisation de la personne physique incarnant le pouvoir (surtout pas le Pouvoir en lui-même), trouvant un aboutissement dans un modèle de VIème République. Cela s’illustre par une image mentale d’un président-roi, étayée de ce constat d’Einstein que partage absolument: «L’effort d’unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement». Cette absence de sagesse trouve deux facteurs d’existence: l’accélération du temps politique (avec l’accélération du Temps de manière globale) -comme le montrent les réseaux sociaux par exemple- et, dans une analyse plus subjective, une sorte de morale autocentrée, où chaque élection n’aurait pour but qu’une réélection. Dans la continuité s’est amenée une réflexion sur le Pouvoir et l’idée de Grandeur, partageant l’analyse de Shakespeare: «Le mal de la grandeur, c’est quand du pouvoir, elle sépare la conscience». Cela appuie l’impression de déconnexion de la Réalité de l’élite d’avec le peuple qu’elle gouverne. J’imaginais le Président regardant simplement par la fenêtre, ayant la vue directe sur une façade des Quinconces, comme une reconnexion physique à la réalité. Comme un anéantissement de la Bulle Dorée.

Essentialité_ La sobriété, humilité, essentialité, se retrouvent tant dans le fond que dans la forme. En effet, le programme incarne l’essence, et uniquement l’essence-même du Pouvoir. Le superflu, le dispensable, n’y ont plus leur place. Et l’architecture,

Nous sommes dans l’univers de la Res Publica, la chose publique, du peuple; il semble légitime de redonner ce lieu aux citoyens de manière directe. Une sensibilité personnelle me fait voir, dans une optique assez Freudienne, l’Art comme une Salvation -une des sublimations possibles de nos passions. Et je vois l’art partagé, comme un enrichissement. Ce lieu d’exercice du Pouvoir deviendrait un lieu d’exercice de Représentations du Monde (car c’est la définition que je vois à l’Art) intellectuelle et/ou plastique (les formes d’expression sont plurielles). Il s’agirait d’un lieu d’exposition de ces Représentations, pour partager le Travail effectué; mais, et à l’immense différence d’un musée, il serait avant tout un lieu de fabrication. Un ensemble d’espaces pour travailler, créer, réfléchir, mettre le monde en question, mettre les esprits en ébullition et le corps en action, partager des réflexions et productions; mais où il serait tout aussi possible d’aller chercher une chaise, s’asseoir, et regarder la vie qui se crée. La boucle du projet se conclut: l’exercice du Pouvoir, au même titre que le processus de Création, sont des dynamiques cérébrales continuelles. L’engagement intellectuel est du même ordre d’intensité. Travail politique ou travail artistique, le projet est un Territoire de la Pensée.

Sémantique_ Le nom de l’Idée, Monastère Laïc Républicain, se décompose en trois notions qui portent l’essence du projet. L’univers convoqué est celui du monastère, de l’abbaye. Un lieu qui invite au recueillement, à la sagesse, au silence même, à prendre le temps, qui aujourd’hui coule entre nos doigts; un lieu chargé du poids de l’Histoire. La laïcité doit contrebalancer immédiatement toute notion à connotation religieuse, par conviction, et surtout par principe national. Ainsi, le vocabulaire employé, les images convoquées, doivent être compris dans leur dimension conceptuelle, systématiquement dépouillés du dieu auquel ils font normalement référence. Enfin, la République est mentionnée pour convoquer l’univers du Pouvoir qui est en fait l’essence-même du programme.


Matière interne_ L’idée d’architecture monacale convoque assez immédiatement un imaginaire collectif architectural fait de parois lourdes, de pierre, d’ombre, de galeries, de cours, de voûtes, d’austérité, de décors en quantité mesurée, de percements parcimonieux. Or tout acte architectural s’inscrit dans un contexte culturel, fait d’espace et de temps. Un lieu, une époque. Est-il donc légitime de ré-employer ce vocabulaire littéralement? Il semble évident que non. On peut alors imaginer une réinterprétation de ces codes, et c’est là tout l’enjeu de composer avec l’Histoire. L’architecture comme une représentation des mécanismes intellectuels qu’elle abrite. La complexité, le réseau, l’arborescence; tout autant de caractères du travail intellectuel qui pourraient prendre corps dans une symbiose de l’espace avec son usage. S’est additionnée à cela l’idée d’un dédale, illustrant l’importance de la déambulation, notamment dans la question du Temps. La marche comme un élément méditatif, forçant à laisser libre cours à son esprit pendant que le corps amène d’un point A à un point B.

Matière contexte_ Espace historique, et touristique clef, à deux pas de l’amarrage des plus gros bateaux de croisières, l’implantation d’un tel projet sur la Place des Quinconces serait un nouveau lieu de pèlerinage. Un pèlerinage laïc de reconquête de la Vie par le peuple, vers un espace de Possible Politique comme vers l’espace de foisonnement de Création qu’il deviendra par la suite. L’usage actuel de la place des Quinconces me semble incompatible avec le projet. Dans une dynamique d’introspection, une invitation tant pour le Pouvoir de travailler dans la sagesse que pour le peuple de s’investir des questions politiques, il semble antithétique de laisser l’espace public à une occupation évènementielle de masse. Ces usages évènementiels trouveraient désormais refuge ailleurs: sur les quais, Place de la Victoire, parc Lescure, mais surtout le futur pont Jean-Jacques Bosc (OMA). Il est nécessaire d’assumer la nouvelle Identité de l’espace et de son contexte, car ce n’est que dans cette symbiose que repose la fabrication de l’essence d’un Lieu. Le projet prendra d’abord la forme d’une épaisseur de sol distincte, mince (moins de 18cm) mais assez haute pour constituer entité de sol à part entière. Il s’agit d’opérer à une différenciation symbolique (entre l’espace public global et celui rattaché au palais présidentiel) par une appréhension matérielle du vide profane, pro-fane (au sens latin ‘avant le lieu’), qui est tout autant constitutif du Symbole, du Sens. Je vois l’espace public, le vide laissé sur l’esplanade en négatif du projet construit, en partie comme un espace de liberté non maîtrisé; il ne s’agit pas de prévoir un amphithéâtre pour que le peuple constitue des groupes de réflexion, mais au contraire de laisser les individus maîtres d’initiatives, de fabrication d’espace social. Être autour, embrasser. Mais avant toute appropriation indéterminée, de constituer une entité physique, portant un sens profond.

Matière temporelle_ L’ancrage dans le Temps est acquis, dans l’idée d’un monastère présidentiel. La deuxième dimension indissociable du Contexte

est l’insertion dans l’Espace. La façade des quais bordelais est répertoriée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans une réflexion sur la notion de symbole, il paraît fertile d’imaginer l’édification du patrimoine dans une dynamique constante, où un édifice, élevé au rang de monument ne serait-ce que par la noblesse de sa fonction, viendrait compléter cet ensemble déjà constitué, ajoutant une matérialité, mais avant tout un Sens nouveau, contemporain, et présent, à la notion de patrimoine.

Contrepied totémique_ Notion critiquée très en amont, se rattachant péjorativement à la catégorie d’architecture-objet (cour du Louvre), il a semblé dans un premier temps ironique de rapprocher le totem de l’axe d’humilité posé dès le départ. Historiquement, le totem est défini dans les sociétés ancestrales d’Amérique du Nord comme un être mythique (animal, végétal ou plus rarement objet) vénéré en tant qu’esprit protecteur du clan. Physiquement, il est défini par la représentation de l’être-totem, souvent matérialisé par un poteau de bois sculpté. Enfin, par le sociologue Georges Gurvitch, il est analysé comme le symbole d’une force sacrée, anonyme et impersonnelle, émanant du clan, et le dominant. Cette dernière définition illustre magistralement la pertinence d’une transposition au symbolisme de la République. Le projet devient donc la matérialisation de cette force supra-individuelle qu’est la République. Le travail s’acharnera toujours à la recherche de l’humilité; amenant donc à l’idée de projet paraissant antinomique d’objet humble. Des ‘Ors de la République’, du poids des murs imprégnés d’histoire aristocratique, les citoyens français devront passer à l’acceptation d’une représentation frugale, essentielle. Ceci n’étant jamais contradictoire avec le travail de finesse, de justesse, de complexité ou de désirable; à l’image du simplissime et frugal poteau de bois, sublimé dans sa fonction par le sculptage et la pigmentation. Il ne s’agit pas de penser pauvre pour apparaître pauvre. Une forme pure, essentielle. En lien avec le contexte par des percements tramés minimaux pour abstraire toute appréhension d’échelle. Une matérialité à la teinte non-uniforme, surface vibrante.

Appréhender matériellement le vide pro-fane, ressentir le symbolisme totémique en déambulant autour ; pour les Citoyens. Absorber le poids du temps, s’obliger à la décence ainsi que l’investissement total du Soi ; pour le Gouvernant.

posture - ESSENTIALITÉ contextualité - TOTEM spatialités - DÉDALE -


ARCHITECTURE concours


MusĂŠe du Nil ancien


binĂ´me morgan baufils


Portugal SITE MUSEUM


binĂ´me morgan baufils


mars exploration base


non-musĂŠe


binôme morgan baufils

THE non-ojbect :

back to the jewelery case

Les musées sont des pièces de théâtre où les œuvres d’art sont les acteurs, les bâtiment les théâtres, les salles d’exposition les scènes, les commissaires d’exposition les metteurs en scène. Le constat que l’on établit aujourd’hui est que l’on tend à visiter les musées plus pour les édifices en euxmêmes que pour l’art qu’ils abritent. L’objet architectural fait de l’ombre aux œuvres. L’écrin vole la vedette en devenant le bijou. Le projet cherche donc à aller à l’encontre de ce phénomène actuel, à redonner le premier rôle aux œuvres d’art. Que le bijou reprenne son rôle d’écrin. Pour arriver à cela, l’espace architectural accepte son second rôle. Enterré, sans façades visibles, il est un non-objet architectural. Niant presque des années de tradition du musée, d’édifices impressionnants. Il se met au service des œuvres, pouvant être modelé par les artistes, grâce à ses parois relevables. Elles transpercent la toiture, devenant le négatif de l’intérieur du musée sur l’espace public. L’espace public ainsi sculpté par ces parois mobiles prend sens à l’échelle de la ville. N’importe quelle ville. Du moment que le principe de conception demeure, et la formalisation s’adapte au contexte.

Museums are theater plays where works of art are the actors, edifices are the theaters, exhibition spaces – the stages, and curators – the stage directors. Today, one can notice that one tends to visit museums for the edifices themselves rather than for the art they host. The architectural object overshadows the works of art. The case steals the limelight by becoming the jewel. The project thus seeks to counter this current phenomenon, by giving the premier role back to the artworks. So that the jewel gets back to its case role. To reach this, the architectural space accepts its second role. Underground, without any visible façade, it is a non-architectural object. Nearly negating years of museum tradition of impressive buildings. It devotes itself to the artworks, allowing artits to mold it, thanks to its liftable walls. They pierce the roof-top, becoming the inner museum’s negative on the public space. The public space thus sculpted by these movable walls makes sense at the city’s scale. Any city. As long as the conception principle remains, and the formalization makes sens with the new context.


frontière usa / mxq


volumetric binôme morgan baufils

limit

level+3

The violence of the line_____________________________

What does make a frontier, that is full of geographical and political problems, end up being nothing but a physical representation of violence, of tearing ? It mainly is because of the extreme punctuality of a border : it is nothing but a line. It only is an abstract line, having no thickness unit, no volume unit, no pixel number ; it only is a series of dots, one aside the other, having the function of separating two states. Seaking to «step on the other side» has for only goal to pass through this line.

From a line to a volume____________________________

The «humanization» of the border then has to be the thickening of the limit, making the line becoming a real surface. Seaking to «step on the other side» no longer is the shock of a body crossing a steel membrane, but a progressive path through several space sequences.

On which side are we ?_____________________________

Three complementary devices take place in order to annihilate the current frontier’s violence. In the crossing axis, five spaces concatenate, symmetrically on either side for the equity of nations and peoples, making the crossing more progressive. In the border’s axis, the program takes places in the thickness of a volume straddling the frontier, blurring it, making it more abstract, more generous, less tense. Beyond these programmatic spaces in the border’s axis, what is built evolves, along the administrative limit, in a wall that is inhabited in its thickness : architectural design and public space unit to reinvent the notion of border.

level+2

To repare the torn town of Nogales ; to give humanity and beauty to an administrative aberration. To experiment an architectural wall, reproducible along the whole border.

level+1 from a line . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . to a volume

ground leve

crossing axis : to pass through / to meet


space sequences for a progressive crossing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

3

a memorial within public space . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

to give the spaces a real signifiance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

secondary amphitheaters to give some space for meeting . . . . . . . . . . . . . .

2

symbolic crossing in both axes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

memory and contemplation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

1 the symbolic crossing of doors . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

the highest volume : a hidden amphitheater in the very middle . . . . . . . .

the amphitheater : the center of the cross, hosting the mixing of people . .

el

t

offices for the ones that protect the others . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

crossing the void . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

sections : along the border’s axis

undefined spaces waiting for appropriation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

on which side are we ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

utW0517036


A house for david bowie


u n e m a i s o n d e s d e r n i e r s i n s t an t s Il y a tellement de manières d’aborder le travail de l’Icône, pour le comprendre, poser des mots, pour en extraire une idée, et spatialiser un habitat à la hauteur de la force créatrice dont il a fait preuve. Mais ce qui apparaît comme dominant l’Œuvre, comme émanant du Talent, comme absolu et total face aux parties, est l’Esprit. Car c’est l’esprit qui crée, qui se torture et se structure, dans le processus de mettre bas une Œuvre. Il s’agirait alors d’un maison pour l’Esprit. Pour l’unicité de son esprit ; une maison pour l’Esprit de Bowie. Mais son esprit fut caméléon, jamais où l’on ne l’a attendu, créateur de génie, de génies. Alors, quel esprit, quelle maison? Synthétiser cet esprit comportant tant de facettes, cette âme multiple? Cela ne fait pas sens. Il faut choisir. On ne peut pas faire face à tant, faire avec tant, faire pour tant. Alors, ce qui apparaît comme le plus grandiose, le plus élégant, l’absolu du génie, c’est l’esprit créant le testament. Une mélodie de fin. Comme la conclusion d’un parcours, en même temps qu’une ouverture vers la mémoire éternelle, en même temps que le contraire: un modèle, une introduction pour les esprits créateurs à venir. C’est une maison pour un testament, une maison des derniers instants. Une maison qui regarde derrière, qui prend de la hauteur, mais qui regarde toujours devant, car il reste un morceau de chemin à parcourir. Une maison kaléidoscopique, comme un collage de ses facettes, ses innombrables facettes, qui brillent comme un diamant aux reflets changeants. Changeants, aléatoires, imparfaits. Les reflets noirs d’une étoile opaque, d’une lumière d’illusions optique. La maison est une manifestation architecturale possible des mécanismes intellectuels, créatifs: un assemblages d’informations simples,

un résultat complexe. D’une géométrie pure, accoucher d’un collage. Une imbrication d’éléments de base, comme les milliards de connexions dans le cerveau de l’Homme. Les informations se superposent, se télescopent, s’entrechoquent, se croisent ou bien s’ignorent. Certaines dominent, d’autres se replient dans les tréfonds de la mémoire. La composition d’espaces témoigne d’autant d’aléatoire que de maîtrise. Le parcours spatial, cette quatrième dimension, n’est pas minimaliste ou fonctionnel ; il est riche, changeant, étrange et inconstant - imposé et libre. La déambulation comme un acte méditatif, dans une société de la seconde. Le parcours tordu, complexe, irrationnel et non nécessaire. L’apogée du parcours, le coeur du dispositif, le but ultime de la pénétration dans cette maison, l’espace dans lequel on se retrouve lorsque le temps est compté - il est au centre, il est introverti, il est aveugle, mais il se donne à voir. Il s’élève, comme un escalier vers les cieux. L’esprit s’élève alors en son sein, et ainsi s’évanouissent les dernières minutes. Il bourdonne, se torture et crée, résonne le long des parois, hurle puis se tait. Les derniers mots sont prononcés, la dernière mélodie est jouée. On ne naît qu’une seule fois, on ne vit qu’une seule fois, et ainsi on ne meurt qu’une seule fois. Alors, ce n’est peut-être une maison que l’on n’investit qu’un seul jour, que quelques heures; mais ce sont les dernières, et elles doivent être différentes, singulières. Ce n’est peut-être une maison que l’on ne parcourt qu’une seule fois, d’une unique manière. Non-reproductible.


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conception d’un meuble + communication visuelle

pluri-usages : assises, végétation, rangements...

matériau : osb

atelier de design

encadré par

M.-A. FLoRIN


conception d’un meuble pluri-usages : hauteur de comptoir,

client & usager : marché des douves, bordeaux

rangementS, assises ponctuelles

( tiroirs renversés ), ...

atelier de design

matériau : contreplaqué

encadré par M.-A. FLORIN


Merci. margaux.croixmarie

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MARGAUX CROIXMARIE ARCHITECTE PORTFOLIO  

portfolio architecture / école / concours / projets parallèles ____________________________________________________ architecture portfolio...

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