Page 1

INDES

I NDES

La fenêtre sur I’Inde pour le monde Francophone Numéro 51

Septembre-octobre 2012

Rio+20, le jour d’après

Jabalpur: S’ émerveiller des rochers demarbre

France métropolitaine: 6 €, DOM: 7,20 €, Belgique: 7 €, CAN: 9,95 $CAD, MAR: 70 MAD, Europe et Afrique: 8 €, Autres pays: 9 € Numéro ISSN: 1767-5952

Ayurveda

Au coeur du tourisme indien du bien-être

51

Interview: Subodh Kant Sahay, Ministre du Tourisme


editorial_Tourism.qxd 9/13/2012 11:29 AM Page 3

Editorial

L

e tourisme indien a à faire face au plus grand défi de son histoire : résoudre son absolue absence de propreté. Ses lieux et ses monuments, héritages des siècles, sont soumis à une insupportable pression due, conjointement, à un défaut de tout à l’égout et à un trop plein de touristes. La situation vire ainsi au cauchemar pour un grand nombre de nos destinations touristiques qui croulent sous une pollution de déchets divers et variés (canettes et bouteilles, plastique et papier d’ emballage) telles les bennes à ordures qu’elles paraissent être devenues. Indifférent pendant des années à l’Etat, ce problème a récemment émergé hors de sa fosse d’oubli avec son intronisation par Mr le ministre du tourisme, Subodh Kant Sahai, comme priorité nationale. Dans notre revue, il nous explique comment à travers sa campagne d’ assainissement, « Clean IndiaCampaign », il souhaite sensibiliser son pays et ses concitoyens sur cette issue en impliquant les acteurs du secteur privée et du secteur public en les invitant à se porter volontaires à l’adoption d’un monument ou d’un site pour son entretien. Si les grandes structures ont rapidement répondu présent, c’est à la population locale et aux touristes désormais qu’il reste à faire ce geste, petit pour l’homme mais crucial pour son environnement : jeter ses détritus à la poubelle, ce qui suppose une implantation judicieuse de bacs à ordures et de structures d’entretien à proximité des zones touristiques. Si notre pays ne brille pas par sa propreté, il en est tout autrement de son tourisme du bien-être; initié dans les années 80 avec la construction de centre de soins ayuverdiques, il est devenu au fils du temps et de ses montés successives en gamme, un des produits phares de l’Inde. Parce qu’il faut voir pour croire, dans ce numéro, nous vous promènerons en image à travers certaines des plus belles installations du pays qui nous ont ouverts leur porte pour nous dévoiler leur secret (personnel, méthodes de soins, hébergements, environnements…). Pourtant cela suffirat-il à assurer le succès de l’Inde auprès des voyageurs tant, comme nous l’affirme Mr SégyianePaquiry, leurs attitudes et désirs toujours changeant ne s’accorde pas avec une offre touristique immuable ? Mr le ministre Sahai ne s’en inquiète guère, partie qu’il est à la pêche aux français et aux européens avec dans sa besace la deuxième phase de sa campagnetrès porteuse d’espoir « IncredibleIndia ». Notre curiosité touristiquede ce numérosera Jabalpur dans le MadhyaPradesh. Cette destination, hors des sentiers battus du touriste étranger, présente pourtant tous les attraits d’une destinationdépaysante et de cachet. Nous irons ensuite à Pondicherry, quelques années après notre dernière visite. Cette fois, dans la plus française des villes indiennes, nous revivrons une expérience de la vie coloniale merveilleusement ressuscitée par l’équipe de l’hôtel Villa Santi.■


content_cinema.qxd 9/13/2012 6:00 PM Page 4

Sommaire 6

Interview Subodh Kant Sahay, Ministre du Tourisme....................................................................p6

Dossier Rio+20,le jourd’après....................................................................................................p10

Tourisme Jabalpur, S’ émerveiller des rochers de marbre.............................................................p18

10

Photo Reportage Ayurveda, Au coeur du tourisme indien du bien-être...................................................p22

Profile Séduire le touriste occidental........................................................................................p34 Prêt pour l’envol du rêve Air India................................................................................ p49

18

Culture Les peintures de la tribu des Saurs, arbre de vie de la culture indienne.............................................................................................................p44 Lire l'Inde Café.............................................................................................................. p38 WYPIO, réunir ensemble les jeunes personnes d’origine indienne ........................................................................................................p50

Brèves Brèves Technologie........................................................................................................p52 Brèves Business.............................................................................................................p55

44

4 Indes septembre - octobre 2012

22


Interview

Interview:Subodh Kant Sahay, Ministre du Tourisme

Nettoyer la campagne indienne, clé pour le développement touristique

“De nombreuses entreprises publiques sont

enthousiastes à l’idée de nous rejoindre.

Mr le Ministre, vous avez récemment lancé la campagne ‘Clean India’ (‘Inde propre’). Pourriez vous nous en dire plus sur ses objectifs avoués? L’Inde est un si grand pays et socialement si multiple. La propreté et l’hygiène sont une part importante de l’industrie du tourisme; nous

6 Indes Septembre - Octobre 2012

Depuis sa prise de fonction, il y a de cela deux ans, en tant que Ministre du Tourisme, Subodh Kant Sahai a fixé pour son ministère de doubler le nombre de touristes en Inde. Dans cet objectif, il se tient près à accomplir le nécessaire et plus. Il a aujourd’hui déployé la deuxième phase de sa très réussie campagne Incredible India et impliqué le secteur privé dans l’un des plus audacieux défi qui se présente à l’Inde: le maintien de sa propreté. Dans un entretien avec Ranvir Nayar de Media India Group, Sahai nous livre et nous détaille ses plans nous en rendons compte avec les gens qui nous viennent d’Europe. Quand nous posons ces deux éléments distincts en regard, nous réalisons que les responsabilités sur cette question doivent être partagées par les gouvernements locaux, les entreprises privées et associations. Je motive chacun à adopter un monument, une gare,


Interview

un marché, une destination etc.; ce peut être en fait n’importe que lieu autour duquel gravitent les touristes. Les villes se doteront dans le même temps de leur programme de voirie pour subvenir à leur entretien 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Les réponses de chacun, secteur privé et secteur public, sont encourageantes. C’est un tel pari que d’essayer de maintenir tout les endroits d’un pays aussi immense propres, mais nous y répondons en avançant et travaillant pas à pas à partir des destinations recevant le plus de touristes. Il a donc déjà cours? Oui! Nous avons commencé par Delhi. Des lieux tels ‘Red Fort’‘Qutub Minar’ sont couverts. Les procédures sont en place. Et quels genres de structures privées ou publiques se joignent à votre appel et initiative? De nombreuses entreprises publiques sont enthousiastes à l’idée de nous rejoindre. Libres à elles de choisir les monuments qu’elles veulent adopter. ONGC (major pétrolière indienne est déjà bien en place puisqu’ils ont offerts de tenir les grands monuments déclarés au patrimoine mondial). Notre message trouve parfaitement son écho; les entreprises publiques comprennent ce qu’elles gagnent de leur pays et ce qu’elles lui doivent; elles entendent qu’il est temps de rendre et je puis vous affirmer qu’elles savent que contribuer au maintien de la propreté et de l’hygiène dans notre pays n’est pas le moindre des services rendues. Vous appuyer vous sur des études pour estimer de l’ampleur de votre tâche? Il s’agit plus pour notre pays d’un problème de perception et d’attitude. Nous voulons mener notre action en grand. Dans le même temps, nous voulons démontrer que si nous sommes capables de garder propres les routes, d’autres peuvent également maintenir leur

Indes Septembre - Octobre 2012 7


Interview

Red Fort

localité aussi nette. En résumé, nous avons à allier motivation et action, et pour cela, établir des exemples pour faire évoluer les mentalités. Pensez vous pouvoir appliquer d’autre schéma de Partenariat Public-Privé (PPP) de ce type durant votre ministère? Je vous avais mentionné en début d’interview vouloir doubler le trafic entrant vers notre pays. Pour cela, je souhaiterai augmenter le nombre de destinations touristiques proposées aux touristes étrangers. Pour réaliser l’infrastructure nécessaire de ce vœux et élaborer le modèle de revenus correspondant, nous passerons par les chemins du PPP. D’autre part, nous développons les infrastructures nécessaires au niveau de l’Etat et des états. Nous construisons aussi de nouveaux hôtels, des centres de conventions, des parcs de loisirs à thèmes et tout autre projet susceptible de générer des revenus. Sur ce dernier point, le PPP permet véritablement de grandes avancées. Comment juger vous jusqu’ici l’année 2012 du tourisme indien? La situation globale provoquerait t-elle l’émission des signes de ralentissement de l’activité? Le taux de croissance pour l’Inde ne fut pas si mauvais. Ces derniers mois furent maigres partout et pour tous; l’Inde était aussi concernée. Mais le secteur s’attend à une grosse accélération une fois Septembre et Octobre passées. Avez vous initiez d’autres stratégies ou campagnes pour maintenir la croissance du flux touristique? Oui! Nous comptons frappé un grand coup avec le lancement de la 2e phase de notre campagne ‘Incredible India’ (‘Incroyable Inde’). Elle a jusqu’alors été relayée sur les réseaux sociaux, Internet, les médias et de multiples évènement internationaux dont les JO.

millions de personnes se baignent dans les eaux saintes du Gange tous les 12 ans pendant Kumbh Mela. Je souhaiterai aiguiller ce tourisme fervent vers des voyages plus complets et le canaliser pour le faire rejaillir sur les lieux alentours. Par exemple, si ils viennent à Vaishno Devi, Jammu doit avoir quelque chose à leur offrir pour les retenir. Si 10% des milliers de gens qui chaque jour visitent Vaishno Devi devaient rester, l’économie de Jammu devrait s’en trouver améliorer. Quelque part du bien-être, quelque part du golf, quelque part quelques choses d’autre, peut importe et quoiqu’il en soit, même un parc à thèmes. Quel est notre but me direz vous? De montrer que l’Inde est une destination attractive pour le monde que ce soit pour le tourisme, pour les affaires ou comme marché. Nous devons leur présenter une qualité de vie. Une dernière question à propos du marché français. Comment percevez-vous la faille qu’il représente dans votre plan de développement? Comptez vous y déployer des efforts supplémentaires pour y remédier? Les européens peuvent se féliciter que les indiens visitent leur continent et leur pays, la France y compris. Sans arrêt par Paris, aucun tour européen ne peut s’avérer complet. L’Inde contribue largement à leur trafic touristique. D’un autre coté, nous pensons que plus de français pourrait visiter l’Inde tant elle a à offrir tout ce qu’ils pourraient rechercher: une culture, un héritage, des paysages, de l’aventure, de la spiritualité, un tourisme du bien-être ou un touriste environnemental. Nous comptons exploiter la deuxième phase de notre campagne ‘Incredible India’ pour faire venir les touristes européens, notamment les français. J’ai été en France récemment et y ai eu nombre de réunions prometteuses avec les tour-operators et autres. Je suis confiant; nous devrons sensiblement augmenter le trafic de la France vers l’Inde.Q

A t’elle déjà démarrer? Est elle en marche? Non. Elle est planifiée, dans les tuyaux pour les prochains mois. Une question à propos de votre propre état, le Jarkhland. C’est un état pour le tourisme rural et ethnique plein de promesses et riche en héritage. Avez vous pris des initiatives pour développer le tourisme dans cette région? Comme vous le savez, le Jarkhland a 2 types de tourismes. Le premier est le tourisme spirituel ou les voyageurs sont sensibles à la dimension religieuse. En Inde, il représente une masse immense. Près de 740 millions de gens voyagent pour cette raison. Des lieux comme Vaishno, Tirupati, Kumbh, Shirdi les attirent pour cela. Plus de 10

8 Indes Septembre - Octobre 2012

Qutub Minar


Indiatourism Paris: 13 Boulevard Haussmann Paris-75009 Tel- 0033145233045 Email - indtourparis@aol.com


Dossier 10 Indes septembre-octobre


Dossier

Rio de Janeiro

Rio+20,

le jour d’après La conférence de Rio+20 aurait du être le tournant crucial de notre bataille pour la défense globale de l’environnement; elle vire pourtant au bide du siècle tant Rajendra Shende nous affirme que les plus grandes avancées se produisent hors de son périmètre d’influence.

Indes septembre-octobre 2012 11


©UN PHOTO/LOGAN ABASSI

Troublé et découragé, je quittai, au soir du 22 Juin 2012, le couteux palais des congrès du Riocentro, centre de conférence situé dans un quartier moderne de l'Ouest de ce qui est encore, accessoirement, la capitale et la plus célèbre des cités balnéaires du Brésil, Rio de Janeiro. Dernier jour de Rio+20, évènement péremptoirement désigné par une formulation mathématique censée marqué le 20 anniversaire de ce qui fut un jalon histo rique de l'histoire de la civilisation, « Le sommet de la terre ». A l'extérieur, il bruinait; l'air était humide et froid; une question mordante me saisissait « Etait ce le sommet des leaders de ce monde ou la réunion des plus grand parieurs de la terre? » A la sortie, un couple de jeune gens poussait une complainte à la guitare. Etendu face à eux, malade et gisant, « le corps mort presque sans vie » de notre mère la terre incarnée par une jeune fi lle. Tout autour d'elle de petits papiers dispersés encerclent la performance, en appelant à ces diplomates de l'environnement pour qu'ils intercèdent en faveur d'elle, notre mère la terre, endormie sur son lit de mort. Je les ai entendu dire ces gens, pressés de retrouver leurs avions et pénates: « j'en suis fatigué de cette comédie des rues. Assez d'eux. Deux semaine que cela dure. » Peut être n'avaient ils pas remarqué, eux, qu'à Rio, la rue était sombre et extravertie, et que s'y faisaient face des ravines venteuses et leurs sillons interminables de favelas et son carnaval coloré et ses processions flamboyantes de danseurs. Aucune ville ne ressent aussi bien la pulsation de la rue que Rio. Passage au jour d'après Rio+20 : Rio+20+1 jour. Je descendis du bus qui me ramenait du Riocentro à la plage de Copacabana. Dans les profondeurs de l'océan Atlantique

12 Indes septembre-octobre 2012

j'apercevais le reflet des deux dernières semaines de conférence, des deux dernières années de préparation et des vingt dernières années de développement durable. Le soleil se couchait sur Rio. Et sur Rio+20. Echo Rio+20 eu lieu alors que la population de la terre avait déjà franchi le seuil des sept milliards d'habitants. Elle eu lieu alors que jamais les inégalités entre ces sept milliards n'eurent été aussi spectaculaires. Selon l'université des Nations-Unies, le 1% des individus adultes les plus riches de la planète possèdent 40% de ses richesses globales et les 10% près de 85%. « Nous, gens du monde » vivons au delà de nos moyens en exploitant 50% de ressources en plus que ce que la terre puisse produire de manière soutenable. Si chacun de nous devait vivre comme un américain ou un européen moyen, 3 terres nous seraient nécessaires. Aujourd'hui, plusieurs milliards n'ont pas encore les moyens de palier à leurs besoins premiers. Rio+20 avait été planifié dans l'intention d'offrir une suite au sommet de la terre de 1992 qui avait établi les premiers repères conventionnels autour des questions du changement climatique, de la désertification, de la biodiversité ainsi que prit des engagements sur la préservation des forêts, l'éradication de la pauvreté ou l'établissement de plus de justice sociale. Depuis, peu importe que les émissions de gaz à effet de serre aient augmenté de 48%, que 300 millions d'hectares de forêts aient été abattus, que la population dénombre 1,6 milliards d'individus supplémentaires, que le fossé entre la minorité très privilégiée et la multitude des indigents s'étende. Selon les dernières données disponibles, il est une personne sur six à souffrir de malnutrition; ils sont 1,4 milliards à vivre dans l'extrême pauvreté et à dormir le ventre vide; ils sont encore 800 000 millions à manquer d'un accès à l'eau potable, 1,4 mil-


©UN PHOTO/LOGAN ABASSI

Dossier

Plantation programe on progress

Il était originellement planifié par les Nations-Unies pour le début du mois de Juin, entre le 4 et 6, mais fut reporté à la période du 20-22 pour éviter toute collision évènementielle avec les célébrations du jubilé de diamant de la reine d'Angleterre. Avec tant d'objectifs environnementaux et sociaux non atteints, il fut considéré par les organisateurs que cette interférence avec les célébrations de la très chère reine était un faux problème (ou vrai bénédiction?); Elle laissait un délai pour se rapprocher et tenir les objectifs assignés; fort à propos l'éclat du diamant de la couronne d'Angleterre venait à camoufler une ONU prise dans la tourmente poussiéreuse de la crise européenne et mondiale. Néanmoins, la conférence fut tenue et structurée autour de deux thèmes: l'innovation et la tenue des délais, d'un côté une économie verte orientée vers l'internalisation des coûts et valeurs des services rendus par la ressource naturelle, de l'autre l'établissement d'un cadre institutionnel et règlementaire contraignant susceptible d'unifier celui existant, trop morcelé et fragmentaire, pour permettre l'action. Avec près de 500 accords multilatéraux sur l'environnement et autant de réunions, l'implémentation des décisions comme celle relative au changement climatique – challenge ultime de l'histoire de l'humanité – se déroule à la vitesse de formation de la glace quand la concentration en CO2 dans l'atmosphère s'accroit à la vitesse de propagation de la lumière. Le programme environnemental des Nations-Unies devrait-il être refondu sous la forme d'une organisation de l'ONU du type de celle de l'OMC et doté de pouvoirs effectifs pour faire de vraies différences?

liards d'une électricité fiable, 2,5 milliards des commodités sanitaires élémentaires. Confrontés à l'ensemble de ces challenges, les objectifs de la conférence Rio+20 paraissaient pourtant modestes, en tout cas bien en dessous de ce que le par eu exigé. Au lieu d'engager la communauté internationale par des engagements contraignants sur ces objectifs, elle s'est contentée d'actions minimes, menues décisions, lot commun de n'importe quelle autre conférence de l'ONU, comme s'assurer d'un engagement politique renouvelé sur le développement durable, acter les progrès en cours, identifier les fossés à combler et adresser les enjeux émergents. Les dirigeants du monde ont eu l'occasion de le poser sur des rails soutenables. C'était l'occasion unique pour la société de réaliser sérieusement l'obligation d'un développement durable, équitable et inclusif. Mais le sérieux se fit brillamment remarqué par son absence, ce, dès les premiers rounds de préparation.

Quels résultats? Quels aboutissements? Quelles conséquences? Un couple pauvre de sculpteurs élevait sur la plage de Copacabana des châteaux de sable portant les inscriptions 'Rio+20' et 'pour un monde durable' afin de solliciter l'attention et l'agrément des passants. Le jour d'après Rio +20, ils furent démantelés en trois coups de pelles. A la place, ils construisirent les châteaux pour le prochain grand événement de la ville, la coupe du monde de football. Je jetai quelques pièces dans le gobelet des sculpteurs et y observait que Rio+20 y paraissait peu rentable; je le fis remarquer à l'homme qui me répondit avec exaltation qu'à coté, la coupe du monde, ce serait le pactole. En terme simple, alors que le sommet de la terre de 1992 produisit un document de 300 pages, divisé en 40 chapitres, appelé Agenda 21 et dont on considère qu'il définit le schéma directeur du développement durable pour le XXIe siècle à venir, celui de Rio+20, en comparaison quantitative, ne donna lieu qu'à la publication d'un document de 50 pages, intitulé « Future We Want » (« le futur que

Indes septembre-octobre 2012 13


©UN PHOTO/LOGAN ABASSI

Dossier Heikki Holmås (left), Norway’s Minister of International Development, addresses correspondents in Rio+20 UN conference

14 Indes septembre-octobre 2012

pays en développement se tournent vers les pays développés pour l'adaptation de leur modèle de production et de consommation aux besoins de la situation. Les représentants de l'UE suggèrent que cela enclenche un transfert des taxes depuis les travailleurs vers les pollueurs ou les opérateurs de décharge dans une réinterprétation du modèle socialiste sauce verte. Tous « réaffirment » leurs engagements, déjà bien confirmés au long fi l de

©UN PHOTO/LOGAN ABASSI

nous voulons ») et énumérant sur 283 paragraphes des challenges reconnus et des encouragements à leur accomplissement. C'est à peu près tout pour la comparaison 'mathématique' entre les termes. Sur le plan de la substance, un développement important jaillit de la conférence: un plan pour établir des Objectifs de Développement Durable (ODD). Le monde possède déjà les Objectifs pour le Millé naire (OM) qui s'achèveront fin 2015. A ce terme, OM et ODD devront fusionner. Des groupes ouverts de travail de 30 nations traiterons des modalités de cette question d'ici à Septembre 2013. Avant cela, le G77 des nations en développement devra s'assurer que les ODD prennent en compte des volets sociaux et économiques fondamentaux suffisamment complets pour imposer des problématiques comme le financement et le transfert de technolo gies. Sur l'économie verte, les espoirs pour que Rio+20 obligea les gouvernements du monde à basculer vers ce changement de paradigme furent diluer par l'impression que c'était là un nouveau moyen pour les pays développés d'imposer au monde en développement un modèle unique, leur panacée. A la place, l'économie verte fut désignée comme « outils important » mis à la la libre et entière disposition de tous les pays. Parmi le blabla jargonneux, un développement potentiellement prometteur pourtant: le constat et la reconnaissance par les 192 gouvernements qu'un « changement fondamental dans la façon qu'ont les sociétés de produire et de consommer était fondamental à l'achèvement d'un développement global soutenable ». En fait, à boire et à manger, chacun pouvant y trouver son compte. Les

Peacekeepers Provide Medical Assistance After Tropical Storm Isaac in Haiti


Dossier

Volunteers wearing masks representing the problem of hungera at Copacabana beach

nombreux forums, de sortir du cycle du carbone et des énergies fossiles. Sur le plan institutionnel de la gouvernance environnementale, le Programme pour l'Environnement des Nations-Unies (PENU) voit son budget sécurisé, l'extension du nombre de ses membres et l'attribution de pouvoirs accrus dans le développement de nouvelles voies scientifiques ou en matière de coordination globale des stratégies environnementales. Un comité supérieur pour la coordination globale du développement durable réuni en forum sera également établit par et successivement à Rio+20. Mais la primordiale révélation de Rio+20 n'était pas à attendre du palais des congrès du Riocentro mais de l'extérieur. La dynamique était du coté du « sommet du peuple » de 10 jours qui se tenait ailleurs, à Rio. C'est de là que vinrent campagnes et engagements à réduire les taux de matière plastique dans l'océan ou à créer de nouveaux sanctuaires naturels et animaliers dans l'Arctique. Le jour d'après, je marchais sur la plage, ma tête survolait ces énergisantes initiatives venu du monde depuis vingt ans maintenant. Ma conviction se faisait; les efforts attendus, visés et dédiés sont entrepris hors de Rio+20 Barbade, Cambodge, Indonésie, République de Corée ou Afrique du Sud, parmi tant d'autres, ont déjà adopté des stratégies de « croissance verte » fondées sur la limitations et l'efficacité de l'usage de la ressource naturelle, la création d'emplois et l'encouragement du développement des énergies à bas-carbone. Arménie, Azerbaïdjan, Egypte, Kenya, Jordanie, Malaysie, Mexique, Népal, Sénégal ou Ukraine développent pour croitre des technologies vertes dans plusieurs industries, depuis l'agriculture

jusqu'au tourisme. La Chine s'est engagé à s'approvisionner en énergie de sources renouvelables à hauteur de 16% de ses besoins en 2020 et a planifié dans son plan quinquennal 450 milliards de dollars d'investissements dans le recyclage des déchets et les technologies propres. Au Brésil, plus de 500 000 personnes vivant dans les franges marginalisées de la société s'emploient dans la gestion des ordures et leur recyclage. L'Inde, sous la bannière de la loi de garantie de l'emploi agricole (« National Rural Employment Guarantee Act », NREGA) commence à valoriser et payer les gens pour qu'il gère ses ressources, forêts ou points d'eau. Nike a initié un programme nommé « Mata no Peito », une expression familière portugaise traduisible par « relever le gant », en participant à la protection de l'écosystème des forêts brésiliennes. Unilever a proclamé que d'ici 2020 l'intégralité de ses approvisionnement en matières premières sera étiquetée durable. Safaricomm, l'opérateur mobile kényan, a intégré la parité dans sa politique interne afin de créer un environnement de travail adapté aux mères de famille. Microsoft, pendant ce temps, annonce qu'il deviendra bientôt la première firme carboniquement neutre (le gouvernement des Maldives en a fait de même). L'ensemble des entreprises chinoises d'air condition né produisent aujourd'hui des unités 200 fois plus efficientes en terme d'autonomie d'énergie et se diversifient désormais dans d'autres produits à économie d'énergie dont les constructions à énergie positive. Kawasaki, conglomérat japonais, développent des frigos à énergie solaire. Jindal Stell Works, société indienne, consacre 1% de ses profits à des projets socialement responsables, somme majoritairement engagée dans des initiatives contrecar rant au changement climatique. ToughStuff, depuis l'île Maurice, vise à délivrer une énergie solaire fiable et accessible à 33 millions de personnes sur le sol Africain à horizon 2016. Abu Dhabi Energy company travaille à l'électrification des campagnes afghanes et des îles Tonga dans le Pacifique Sud. Au coeur même du bassin du Congo, les pays qui partagent le patrimoine de la fôret primaire d'Afrique central luttent ensemble pour la conservation de la 2e plus grande forêt au monde et contre son exploitation illégale. Le Gujarat, état de l'Inde de l'Ouest, trace sa route plus en avant grâce son « parc solaire » (« solar park ») qui génère plus de 200 MW d'électricité solaire sur un unique site pour un total déjà produit de 700 MW. Il est peu pour que le partie pris solaire du Gujarat ne fasse que sa production ne dépasse le seuil du 1 GW. Son innovation: recouvrir les canaux d'irrigation des cultures locales de panneaux solaires produisant de l'électricité et surtout prévenant de l'évaporation de l'eau. Le Mexique est devenu le premier pays à avoir voté une loi intelligible sur le changement climatique. L'A llemagne s'est désengagé de la voie de l 'énergie nucléaire et fonce sur celle du renouvelable. Sous le règne du pacte de solidarité énergétique,

Indes septembre-octobre 2012 15


©UN PHOTO/LOGAN ABASSI

250 villes se sont engagées à mesurer, reporter et réduire leurs émissions de gaz carboniques. Lors du « Consumer goods forum », 20 des plus grandes compagnies du monde dont Coca-Cola et Unilever ont promis de supprimer toute utilisation des gaz HCF (HydroCarboFluorate, puissante famille de gaz à effet de serre) utilisé pour le conditionnement et la réfrigération dans leur chaine logistique. Nestlé et la Suisse promeuvent avec zèle le passage de la valeur capté à la valeur partagée comme index de mesure référent pour estimer de la responsabilité sociale d'une entreprise. La confédération syndicale internationale pense à prélever 25 000 milliards de dollars dans les fonds de pension pour investir dans la création de jobs verts. La Corée du Sud, enfin, s'est doté d'un « institut du nouveau paradigme » pour étudier, développer et promouvoir l'économie verte. Le 23 juin, j'assistais à la conférence « un jour après Rio+20 » à l'auditorium donnant sur la plage. C'était une conférence de haut-niveau pour disséquer et commenter les avancées et échecs de Rio+20. Parmi les orateurs, L'ambassadeur du brésil, mandaté à suivre le processus de préparation de Rio+20, Achim Steiner, directeur excécutif du PENU et le docteur Rajendra Pachauri, président du PICC (Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique). Limpide comme de l'eau, leur analyse coulait comme jamais. Ils étaient aspergés par un public a fortiori jeune d'un jet de questions à flot continu. « Pourquoi votre assentiment à consommer l'eau en bouteille plastique soigneusement disposé face à vos micro? » « Un verre ne suffit il pas? » « Pourquoi ne pas s'être épargné des frais et de la dépense d'énergie des climatisations ou des luminaires et pourquoi ne pas avoir organisé la conférence au grand air, sur la plage ?». Ils citaient

16 Indes septembre-octobre 2012

Mahatma Gandih ces brillants orateurs, « soyez le changement que vous voulez voir » leur disaient-ils, mais les réponses ne convainquaient pas. La société ne questionnait plus uniquement l'hypocrisie, elle pointait la marche à suivre. Au soir du 23, je m'en suis allé voir le célèbre Corcovado, le Christ Rédempteur, bras en croix face à la mer, la figure symbolique tutélaire du Brésil et le plus beau panorama possible sur la baie de Rio de Janeiro. Ma curiosité et la proximité du gardien m'ont poussé à lui demander si il était au courant, informé, de la conférence Rio+20 et de la réunion de 192 pays dans sa ville pour discuter du développement durable. Il s'excusa presque de ne rien entendre à ma question, sinon le nom de sa ville, Rio de Janeiro, dont il était très fier. Mais d'évènement, il en connaissait un qui s'amenait à grande foulée, dans deux ans, la coupe du monde de football; il me souhaitait d'y être, en tribune. Je me tournais vers le Christ Rédempteur qui se tenait dos au Riocentro, là même où se tenait Rio+20. La statue dans la nuit faisait face à la mer et lui ouvrait les bras. Depuis 2 semaines les diplomates du monde jouent avec la terre comme on le ferait d'un ballon de football, sans pour autant marquer le moindre but, qu'il soit du millénaire ou soutenable. Il va s'en dire que d'autres buts, plus électrisant ceux là, seront marqués pendant cette coupe du monde; Le 284 paragraphe du « Future We Want » des brésiliens ne dit-il d'ailleurs pas: « Nous prenons note que, d'ici deux ans, le monde se réunira ici, à Rio, pour jouer le vrai jeu, le seul, celui pour lequel aller au but, marquer, est l'unique objectif » ‘Rajendra Shende est président du Centre de politique de TERRE et ancien directeur de programme des Nations Unies pour l’environnement”. 


Bhedaghat, Jabalpur

S’ émerveiller des rochers de marbre A environ 1 000 km au Sud de New Delhi, au coeur de l’Inde, est Jabalpur, ville d’histoire dont la genèse ramène au 3e siècle avant JC et l’essor à l’émergence de la culture indienne. Jabalpur est aussi pour un touriste l’endroit de saisissants panoramas de cascades ou de vertigineuses perspectives depuis les rochers de marbre. Suivons Shivani Pandey dans sa découverte

18 Indes septembre-octobre 2012


Madhya Pradesh

Jabalpur

Bhedaghat in Jabalpur

Ma première surprise quand se précisa mon projet de visiter Jabalpur fut la possibilité de m'y rendre par avion. En soit, ceci m'inspira, en seconde instance, l'image d'une destination qui devait être inondée d'un flux touristique permanent. Pourtant, il n'en est rien. Jabalpur est loin de figurer en tête de liste des destinations touristiques les plus prisées. Plus surprenant, alors qu'elle propose tous les ingrédients de la parfaite escapade du week-end, elle est même peu goutée du public indien; l'énoncé des ingrédients en est pourtant savoureux et mon imagination infuse déjà les images de ma traversée d'une forêt dense et verte percée de chutes d'eau. Comme capitale culturelle de l'état du Madhya Pradesh, Jabalpur est le plus souvent appelée Sanskardhani; elle

est une ville importante d'Inde, située dans la région de Mahakauskal; son climat, typique du centre du pays, est humide et subtropical. A Bhedaghat, au sommet des rochers de marbre, débuta mon excursion. Je parcourus quelques centaines de mètres et fut accueilli aux abords du lac par une troupe de jeunes garçons désireux de m'exposer leur talent d'acrobates. L'eau calme diffusait la fragrance d'un exotisme délicat quand le soleil initia sa lente descente. La parfaite photo fut prise quand, sur ce fond idyllique, un des gamins, d'un saut périlleux prompt et sauvage, suscita mon déclic. Mon regard s'éveilla ensuite aux environs et j'aperçus deux hommes au bord de l'eau méditant puis un enfant descendant des marches depuis l'autre rive et leur faisant face. Exercice

Indes septembre-octobre 2012 19


Narmada fleuve

de lucidité du style que de savoir saisir et distinguer dans l'altérité d'un instant, inspiré par la placidité plastique d'une atmosphère, entre la nécessité d'exprimer sa volonté créatrice par la grâce du mouvement du stylo sur la feuille ou l'abandon pur et simple de toute intention pour laisser sombrer sa raison et ses sens dans la magie du lac; mon temps sur place se partagera entre photo et méditation. Après m'être acquitté du pourboire coutumier que méritent les garçons pour leur performance, je m'apprêtai à remettre la main à la poche pour une autre personne méritante: l'imitateur Ramdas Jha. Ses mimiques outrancières font quotidiennement glousser son public. Dans une récitation de 20 minutes, il met en scène et en mot la poésie de son lieu, convoquant à son récital aussi bien les fables légendaires que les derniers ragots des acteurs de Bollywood, car si depuis les années soixante le site est l'un des préféré des équipes de production, le plan d'un bateau naviguant entre les 2 rochers de marbre est devenu une figure obligée pour tout caméraman. Hors les frivolités, Jabalpur jouit surtout d'un grand héritage spirituel comme terre de naissance de deux des plus grands gourous: Maharishi Mahesh Yogi et Osho Rajneesh. Historiquement elle prend racines dans le Mahabharata comme cité antique de Tripuri, mais c'est à Avanti que nait vraiment, au 3 siècle avant JC , la moderne Jabalpur. Avanti fut sous l'emprise de multiples rois sous de nombreuses dynasties jusqu'au 8e siècle: Sungas, Guptas et Harshas. Ce fut ensuite au Kalchuris de régner et d'en faire leur capitale, ce jusqu'au 13e siècle et l'accession au trône des

20 Indes septembre-octobre 2012

Gonds qui présidèrent au destinée de la cité jusqu'aux dernières lueurs du 16e siècle. Puis vinrent les grandes invasions, marquée, d'abord, par le virage de la défaite du royaume Gond face aux troupes du grand empereur mongol Akbar, événement dont la légende raconte qu'il aurait conduit au suicide de la reine Gond Durgawati. Enfin, suivirent Les Murathas qui, fascinés par les lieux, surent parfaitement les exploiter dans des actions de guerrillas qui font encore mémoire aujourd'hui mais qui ne purent empêcher les forces britanniques de s 'octroyer le contrôle de la ville et de sa région au 18e siècle. Je montai les marche et frayai à travers plusieurs échoppes proposant des objets d'artisanat en marbre, au demeurant peu chères. Les artisans y offraient de vous graver toute sorte d'inscriptions, noms ou évènements sur les différentes pièces de leur production. Je choisis de m'offrir quelques uns de ces bibelots autant pour leur simple beauté que pour célébrer le souffle artistique qui anime leurs créateurs. Je prolongeai mon effort jusqu'aux majestueuses chutes de Dhuandhaar. Impossible de considérer complet tout périple sur cette terre littéralement vierge sans approcher les rebords des falaises qui lèchent ces chutes. Leur nom vient de l'adjonction de deux locutions Hindous, Dhuan fumée et Dharr cascade. Mon sens de l'observation eu parfaitement supplée la connaissance de la langue tant le spectacle est éloquent: la chute étourdissante de la rivière Narvada qui s'effondre avec fracas depuis une hauteur de 35m. L'étude même de la topographie du cours de la rivière révèle une trajectoire destinée à l'apothéose: elle serpente,


Tourisme

bonhomme, entre les rochers de marbre; elle se tasse, ensuite, concentrant son énergie, résistant au fatal; elle plonge, enfin, inéluctablement... avec fumée. Le Narmada est l'un des 5 fleuves sacrés d'Inde, les autres étant le Gange, le Yamuna, le Godavari et le Kaveri. Egalement nommé Rewa c'est le 5e plus long d'Inde central. De ces 5 fleuves il est aussi dit que toute immersion lave de tous les péchés. La légende affirme que quand le Gange,

Marble Works

Dhuaandhar Falls

fleuve des fleuves, rivière des rivières, se sent croupi et usé d'avoir purifié les milliers de pèlerins qu'y s'y baignent quotidiennement, il se jette dans un élan qui le fait paraître à une vache noire dans les eaux saintes du Narmada. Un téléférique me conduit en une dizaine de minutes au sommet des chutes. Le temps de l'ascension j'affute mon déclencheur et tire quelques clichés aériens. Je me dis que c'est l'endroit idéal pour l'amateur de photographie d'étrenner son matériel et surtout ses objectifs grand angle. Puis, une impression de déjà-vu me crochète alors que je m'approche du rebord; mon souffle se fait plus haletant, tumultueux, grondant; je me crois au Niagara. Je me ressaisi aux balustres et me rappelle: ces chutes sont les plus imposantes d'Inde. Je m'absente dans la pensée de l'étourdissement et de l'isolement que provoque ses éclats d'eau ou son silence vrombissant; le promontoire qui émerge des brumes offre un spectacle divin. Mon aventure prend fin. Me voilà rajeuni, ragaillardi par l'hypnotique beauté des paysages. Peu paraissent profiter de cette nature qui attire avec faste et gronde comme un lion. Même le casse-croûte ou snack du coin dont je raffole se met à hauteur et s'impose, différent. C'est une sorte de fusion entre le yoghourt du nord de l'Inde et le Bhelpuri populaire dans les environ de Mumbai. Je suis fait. Conquis. Pour tout ceux qui recherche la vibration de l'authentique, Bedaghat comblera vos voeux. M'en retournant abasourdit d'avoir assisté aux spectacles du déchainement de la nature, j'incline ma tête à dieu et lui rend gloire. 

Indes septembre-octobre 2012 21


Photo Reportage

Ayurveda

Au coeur du tourisme indien du bien-être Le tourisme du bien-être fleurit en Inde. Depuis des années, les centres thérapeutiques éclosent à travers le pays et prodiguent leurs soins pour le bonheur des locaux et des voyageurs. Petit détour en photos par quelques une des plus belles plantes de la médecine ayurveda indienne.

22 Indes Septembre - Octobre 2012


Photo Reportage Indes Septembre - Octobre 2012 23


Photo Reportage

Environnement

Eastend Ayurkshethra

Nattika beach Resort

24 Indes Septembre - Octobre 2012

Nikks Nest Resort


Photo Reportage

Deluxe Villa, Nattika Beach Resort

l’ayurveda ou “science de la vie” est enseigné etpratiquée en Inde depuis 5000 ans. Elle traite les maladies qu’ engendrent les déséquilibres entre les différents systèmes du corps (physique,énergétique, émotionnel et spirituel). Son diagnostic est le produit d’une observation physique (pouls, langue.. et d’un entretien. L’Inde est bénie pour ses richesses curatives et la paix de l’esprit que généreusement lui accorde sa nature. L’Occident lui a apporté le confort de ses spas et établissement thermaux qui fleurissent au Kerala, Himachal Pradesh, Rajasthan, ou Rishikesh.

Indes Septembre - Octobre 2012 25


Photo Reportage

Une mĂŠdecine traditionnelle

26 Indes Septembre - Octobre 2012


Photo Reportage L’ ayurveda soigne par des médicaments naturels fait de plantes, racines ou herbes garantis sans effets secondaires.elle ne croit pas aux antidotes et antigènes. Elle ne perturbe bas les systèmes corporels et s’attaquent à la racine du mal à l’entier bénéfice du corps et de l’esprit

Indes Septembre - Octobre 2012 27


Photo Reportage

Se Soigner

Abhyangam

Les centres ayurvedique du Kerala proposent un large éventail de formules: pour des traitements spécifiques comme uzhichil ou pizhichil, pour des soins curratifs ou des soins de beauté du corps et des cheveux, pas de meilleure choix que le Kerala.

28 Indes Septembre - Octobre 2012


Photo Reportage

Dhara

Sirovasthy

Nasyam

Indes Septembre - Octobre 2012 29


Photo Reportage

Rajeunir

Rose petal bath

Lors d’un traitement en Spa ayuverdique, votre relaxation des nerfs et des muscles sera placée entre les mains expertes de la nature. Adieux maladies et tensions intellectuelles, bienvenue énergie et corps sain

30 Indes Septembre - Octobre 2012


Photo Reportage

L’ayurveda au delà d’un traitement curratif peut être aussi un soin holistique préventif apportant relaxation et rajeunissement. Les savoirs et techniques de cette médecine sont aujourd’hui reconnus comme efficaces et prouvées par les autorités mondiales de santé publique. Herbal Face Pack

Head massage

Karnapooranam

Indes Septembre - Octobre 2012 31


Photo Reportage

Le Yoga Ayurveda et Yoga sont deux sciences qui cheminent ensembles et se nourrissent l’une de l’autre à travers l’histoire. Le Yoga est une de nos traditions chères qu’il faut avoir essayé pour comprendre comment ses efforts répétés et réguliers sur l’équilibre du corps et de l’esprit ammène à une conscience totale et sereine de son être. Les étirements apaisent les tensions, les exercices de respiration apportent l’éveil des sens, les exercices de postures allongent, renforcent et tonifient le muscle, la méditation, enfin, conduit à la paix intérieure.

32 Indes Septembre - Octobre 2012


Photo Reportage Indes Septembre - Octobre 2012 33


Photo Reportage

Dhara

Sirovasthy

Nasyam

Indes Septembre - Octobre 2012 29


Profile

Sylvain Paquiry,

Séduire le touriste occidental

Sylvain Paquiri contribue grandement dans notre numéro d’Indes de ce mois à décrypter les tendances du tourisme européen. Le récit de son parcours, à cheval entre deux rives et deux cultures, est l’occasion pour lui de s’arréter sur les grands évolutions qui ont marquées les échanges touristiques entre la France et l’Inde et sur les avantages conccurentiels que doit développer un voyagiste/Tour-opérateur pour attirer les voyageurs d’Europe

J

’ai intégré le secteur du tourisme dans les années 90. Après quelques expériences du voyage, j’en étais alors arrivé au constat que plus l’on voyageait, plus l’on découvrait, non seulement, les autres, mais aussi, soi-même. Mes origines indiennes,

34 Indes Septembre - Octobre 2012

tout comme mon attachement à mon autre pays, la France, m’ont fortement motivé à démarrer ma vie professionnelle en tant que voyagiste. Fin 90 donc, j’étais embauché par l’un des plus anciens tour- opérateurs spécialiste de l’Inde à Paris (Le Monde de l’Inde et de


Profile

l’Asie).Cette agence me permettait de faire le lien entre mes deux pays,de maintenir le contact avec eux. A cette période, en Inde, la libéralisation économique commençait tout juste à se mettre en place, marquant ainsi le début de son actuelle période de prospérité. Peut-être l’histoire, par un clin d’oeil à mon second pays, appellera t-elle cet âge d’or les 50 glorieuses. En France, pendant ce temps là, comme dans d’autres domaines des services, le tourisme et, en particulier, les agences de voyages connaissaient les premiers grands bouleversements de leur organisation par l’introduction des technologies de l’information et de la communication dont, surtout, Internet. C’est en tant qu’acteur que j’ai participé à ces deux évolutions conjointes : celle de l’Inde en tant que destination touristique et celle en France des agences de voyages. Vingt ans plus tard, Quels ont été les conséquences de ces grands bouleversements économiques sur l’Inde, en génral, et sur son tourisme, en particulier ? Comment l’Inde se définit-elle en tant que destination touristique ? Comment les spécialistes des voyages se sont-ils adaptés à ces contextes nouveaux ? Jusqu’au début des années 90, l’Inde était une destintion touristique réservée à une clientèle avertie : passionnés d’histoire et de culture ou adeptes de dépaysement total. On pouvait y ajouter une clientèle d’affaire. Le sous-continent était alors encore présentée comme le plus grand pays du tiers monde avec, comme principales caractéristiques, sa pauvreté et ses castes ! Le manque d’infrastructures, en général, et touristiques, en particulier, rendait difficile les déplacements à travers le pays : les routes étaient impraticables et y conduire la fameuse Ambassador relevait de la séance de musculation intensive. L’offre hôtelière sur le segment moyen de gamme était quasiment inexistante. Les compagnies aériennes internationales desservant Delhi et Bombay étaient rares et chères. Dans ces conditions, l’agence de voyage traditionnelle plus qu’un recours était souvent le moyen incontournable pour une personne de voyager en Inde. Rappelons qu’il y a 20 ans, elles étaient les principaux interlocuteurs des voyageurs ; elles offraient aussi un contact direct avec les compagnies aériennes, autre acteur fondamental de l’industrie du voyage. Ces derniers ne manquaient pas, en ces temps, de nous gâter: cadeaux (maquettes, champagne, chocolat, agenda…), soirées de gala ou billets gratuits. Souvenez-vous de vos billets d’avions quand ils ressemblaient à des chèques cadeaux d’aujourd’hui, avec leurs feuillets carbonées sur lesquelles nous inscrivions quantité de chiffres ou codes que seuls nous, voyagistes, comprenions ! Mais les années 90 ont apportés de larges modification à l’organisation du travail dans les agences de voyages en impactant fortement leurs habitudes et process. D’un côté, l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes, de l’autre, l’arrivée d’Internet. Les compagnies aériennes issues des pays du Golf et d’ Europe de l’Est sont venues bousculer l’hégémonie des grandes compagnies européennes, américaines ou asiatiques. En cassant les prix, elles ont entrainé la réorganisation du marché, aboutissant à des alliances aériennes. Internet va lui modifier, petit à petit, les rapports entre les acteurs du tourisme (touristes, agents de voyages, compagnies aériennes et hôteliers) ainsi que le comportement du consommateur.L’organisation d’un voyage devint alors,grâce aux sites de réservation en ligne, un acte simple. Il l’est d’autant que les billets électroniques firent leur apparition : exit les billets papiers. Autre

Indes Septembre - Octobre 2012 35


Profile changement majeur : Internet a entraîné une baisse rapide des commissions sur les billets d’avion, ces commissions finissant par disparaître touchant lourdement l’activité billetterie des agences ainsi que leurs revenus. Année après année, les clients s’éloignèrent toujours plus des agences : ayant accès aux outils nécessaires à l’élaboration de leurs propres choix, la possibilité de réserver eux-mêmes leurs billets… en résumer, la main sur l’organisation de leurs vacances. Le client devint son propre agent de voyage. Ce changement de comportement a fini par toucher tous les secteurs d’activité du tourisme : réservation d’hôtel en ligne, réservation de voiture en ligne… Pourtant, dans ce climat, certaines agences spécialisées sont sorties presque indemnes de la vague Internet des années 90 en exploitant leur point fort et atout : l’expertise et le conseil. De nombreuses agences ont ainsi pu réagir, et préserver leur place sur un marché du voyage bouleversé, grâce à leur connaissance pointue des pays et la personnalisation des voyages : un service sur mesure au client d’une exigence à laquelle Internet ne peut encore se mesurer.Aujourd’hui, préparer son voyage soi-même en ligne est certes possible, mais cela exige encore, pour l’Inde du moins, de fastidieuses recherches tant les sites en ligne sont nombreux, et l’information qu’ils délivrent pas toujours claire, ni précise, voire même fiable… Parallèlement à ces changements du métier de voyagiste en France, l’image de l’Inde en tant que destination touristique se transforme, et même s’améliore au cours des années 90. Elle est due en en grande partie à la libéralisation de l’économie indienne au début des années 90 que nous avons évoqué. Le boom des services informatiques et des infrastructures aéroportuaires, la popularité de son industrie cinématographique au-delà de ses frontières (Bollywood, Sharukh kahn et Aishwaria Rai sont reconnus partout en Europe), la vitalité de sa démocratie ou encore sa richesse culturelle et géographique vont petit à petit avoir raison des éternels clichés du passé, rendant l’Inde enfin plus attrayante pour l’extérieur. Les investissements lourds du pays dans les infrastructures bénéficient alors au tourisme : amélioration des infrastructures routières ou aéroportuaires, explosion du parc automobile et, enfin, augmentation de l’offre hôtelière moyen de gamme. Ces transformations font du pays et de ses régions un endroit bien plus accessible surtout si on y ajoute la multiplication des liaisons aériennes internationales vers des villes secondaires comme Madras, Cochin, Bangalore. Ainsi, entre 1995 et 2010, le nombre de touristes étrangers en Inde va quasiment triplé pour atteindre 5,8 millions

36 Indes Septembre - Octobre 2012

(en 2010). Aujourd’hui, 20 ans après le début de la libéralisation économique, le géant au pied d’argile continue sa route. Le pays fait face à des défis énormes qui pourraient aussi être des freins pour son développement, notamment touristique : la bureaucratie, l’inflation et autre… Les aéroports se sont certes développés, mais ils restent insuffisants comparés à la croissance rapide et à la multiplication des liaisons aériennes internationales et domestiques. Toujours en lien avec les transports, la circulation dans les villes indiennes devient de plus en plus dense et problématique. Malgré tout, le potentiel touristique est bel est bien là, tant le pays regorge de merveilles et de régions encore inexplorées.En 1995, 80 000 touristes français ce sont rendus en Inde. En 2010, ils étaient 225 000. A titre de comparaison la Thaïlande voisine en a accueillie 480 000 la même année. Dans les années à venir, ce potentiel devrait donc permettre aux agences de voyages en France de proposer une offre inexistante sur la majorité des sites de vente en ligne. Cela passera bien sûr par un gros travail de prospection préliminaire pour dénicher de nouveaux produits sur le terrain.Pour les agences, proposer des voyages totalement nouveaux et inexplorés en Inde sera certainement l’une des clefs pour se maintenir dans la course. Ce que mon expérience enseigne comme étant leur chance: prendre le contrepied des sites en ligne en proposant des prestations essentiellement basées sur le conseil et la qualité. Q


VOTRE UNIQUE FENETRE SUR L’INDE Media india publie cinq magazines: Indes (français), India & You (anglais) et Destino la india (espangol), Biz@India (anglais) et India Outbound (anglais). Les magazine on pour but la promotion des relations entre l’europe et l’inde dans des domaines divers comme tourism, business, cinéma, culture etc. Nous sommes I’UNIQUE fenêtre sur l’Inde en langues française et espangol et seule nous avons les magazines sur I’Inde en langue anglaise ayant une cible internationale.

Indes, India & You, Destino La India

Contact : 12 rue d’isly, Paris 75008, Tel: 0033 (0) 1 44 69 83 01, contact@mediaindia.eu

www.mediaindia.eu


Culture

Lire l'Inde Café A Paris, l'Inde à son café littéraire et philosophique, que cela soit dit! Autour d'un diner aux saveurs de là-bas péparé par des chefs locaux, une équipe d'amoureux du pays s'évertu à vous faire partager sa passion pour ses arts littéraires. Laissons leur le soin de nous présenter leur formule pour un voyage en mots et sans indigestion

A

liette Armel a fait deux séjours à Pondichéry. Elle en a rapporté un roman, Pondichéry à l’aurore (éditions Le Passage, janvier 2011). Elle continue à explorer et à approfondir ce qu’elle a découvert et rencontré en Inde du Sud. Gilles Guillot a vécu en Inde plusieurs années. Il y retourne régulièrement, particulièrement pour y accompagner les voyages qu’organise sa société, Un regard sur le monde, fondée en 2009. Pratap Lall, son associé, est né dans l’état de l’Orissa et a grandi à Pondichéry. Il partage son temps entre la France et l’Inde depuis près de 20 ans. Il accompagne également les circuits d’Un regard sur le monde.Vous êtes des curieux, des connaisseurs, des lecteurs, des voyageurs, des découvreurs, des flâneurs. Le partage passe par votre écoute, vos questions, vos interventions, vos lectures. Best of India, restaurant qui

38 Indes Septembre - Octobre 2012

propose des spécialités cuisinées par des chefs indiens et fait voyager ses convives au cœur des épices et des saveurs, nous accueille le mercredi, avant l’heure du dîner, autour d’un chai, d’un lassi ou d’une bière indienne. Les livres de fiction ayant l’Inde pour cadre et sujet, écrits à diverses époques par des auteurs de toutes origines pratiquant la poésie, le roman, l’autobiographie ou le récit de voyage, seront au cœur de nos échanges. La lecture est en effet un merveilleux outil de découverte et de voyage. La littérature permet la transmission d’émotions tout autant que de connaissances, d’approcher la réalité de l’intérieur en suivant le point de vue d’un auteur. L’écrivain est doué d’une capacité à inventer des personnages et des situations, d’une sensibilité à travers laquelle il perçoit ce qui, souvent, reste caché, d’une


Culture

technique dans le maniement des mots lui permettant de faire éprouver à d’autres ce qu’il a compris et ressenti. Aliette Armel est critique au Magazine Littéraire depuis 1984. Elle a publié des essais, des biographies et des romans et anime des ateliers d’écriture. Elle a enseigné, particulièrement à Paris IV un cours intitulé Voyager en livres et en films. Elle mettra cette expérience au service de la présentation et de l’analyse de quelques livres en ouverture de chaque séance. Gilles Guillot et Pratap Lall interviennent en contrepoint, autour du thème choisi pour la séance, partageant leur expérience d’une autre nature : connaissance et pratique personnelle de l’Inde, de ses artistes et écrivains tout autant que de sa civilisation et de son quotidien. Dans la troisième partie de la séance, les participants apportent d’autres idées, posent des questions, le partage de points de vue permettant de tisser un dialogue, éventuellement par des lectures en relation directe avec les auteurs et la thématique abordés. Depuis le 25 janvier, il y a eu une petite dizaine de réunions. Plus d’une centaine de personnes sont déjà venues ; il y a des fidèles, d’autres qui ne viennent qu’une fois ou de façon irrégulière. Tous, lecteurs, amoureux de l’Inde, écrivains ou traducteurs, voyageurs ou

artistes, Français ou Indiens, sont là pour écouter, pour un moment de partage. Les mots, les idées, déclinant des images de l’Inde, réelles ou symboliques, mais toutes, apportant un peu plus de lumière et de compréhension sur un sous-continent indien, mouvementé, riche, complexe, passionnant et grouillant d’histoires.Notre Café Lire l'Inde reprend ses activités le 19 septembre. Programme rentrée littéraire avec les derniers livres de Tarun Tejpal (La Vallée des masques), de Aravind Adiga (Le Dernier homme de la tour) et d'Abha Dawesar (Sensorium), tous récemment traduits en français et publiés.Vous pouvez déjà noter les dates des prochaines soirées : 3 et 17 octobre - 14 et 28 novembre - 12 décembre.Le programme de ces soirées vous sera indiqué ultérieurement.Q Informations pratiques Participation aux frais : la séance est gratuite. Chacun paye la consommation de son choix à Best of India. Café Lire l’Inde Un ou deux mercredis par mois - 18h30 – 20 heures Restaurant Best of India170 Rue du Faubourg Saint Denis ~ 75010 Paris

Indes Septembre - Octobre 2012 39


Villa Shanti, l’autre luxe hôtelier Pondicherry, Puducherry comme elle est aujourd’hui appelée, caresse une corde toujours sensible au coeur de l’âme française. L’ancienne colonie, libre depuis 1962, maintient presque inchangé en son sein un équilibre culturel que six décennies n’ont su altérer. Elle devient même ces dernières années un phare pour le tourisme indien. Elle attire, grâce à des évolutions remarquables dans la qualité d’accueil de ses hôtels, un nombre croissant de touristes de France et d’Europe. Penchons nous avec Alexandre Seviran sur un établissement de la ville admirablement balancé entre les deux cultures et sur son propriétaire bicéphale, Sylvain Paquiry.

40 Indes septembre-octobre 2012


Profile

Villa Santi, établissement de la rue Suffren, est de ces hôtels unique qui jouent sans détour la carte de la différenciation par le style, l’ambiance et les services. Montée par un tour-opérateur français qui travaillait déjà intensément avec l’Inde et Pondicherry, la Villa Santi a été pensée et conçue pour vous renvoyez au temps des colonies: Façades et décors séduisants, service discret et élégant. Ségiyane Paquiry, dont nous publions un témoignage dans ces pages, fut à l’initiative de ce projet. Partenaire du groupe Votre Monde, structure sur laquelle il s’est appuyé pour le concrétiser, il se satisfait tant de ce premier succès qu’il a jeté les plans d’un nouvel établissement, encore plus luxueux, à quelques encablures de son premier vaisseau. « Plus nous voyageons, plus nous avons conscience de ne rien savoir ». ce sont ces mots qui ont guidés les premières bordées de Ségiyane dans le monde du tourisme. Il s’en souvint lorsque lui vint en 2006 l’idée folle de se lancer dans l’activité hôtelière Il évoque alors l’ampleur d’un projet, la hardiesse de la tâche, pour lui, authentique novice dans la partie. Certes depuis 1996 il est partenaire de l’agence de voyage ‘Le Monde de l’Inde et de l’Asie’, l’hôtellerie est alors un parmi de multiples prestataires à l’endroit desquels il était libre de formuler désirs et attentes. Ils nouent pendant ces années de solides amitiés qui le suivent et le soutiennent encore aujourd’hui, Michelle de Coulange, Brigitte Berretta, Sanjay Razdan, ses associés. Il se félicite d’avoir écouter les conseils, forcément précieux, que lui délivra Pierre-Jean Chagniot sur le meilleur cap à suivre pour faire de son intention une conquête. Il reconnaît, enfin et surtout, sa chance: sa famille, d’abord, pour son soutien et sa patience entre les allers-retours, et les architectes, ensuite, Yves Lesprit et Tina Trigala, du cabinet

parisien Lesprit et partenaires, pour avoir su traduire sa volonté professionnelle en un hôtel plein de charmes. Ce pari, il s’en souvient, les termes en était simple. Dans un secteur défaillant à l’aube des années 2000, réussir à créer un hôtel rentable, sur place, pour héberger les clients de l’agence selon les exigences qu’elle leur vend: qualité et personnalisation. Son principal risque: assurer un remplissage maximal de l’établissement sachant que l’agence jamais ne suffira seule à assurer le seuil minimal de 450 nuitées par mois; aucune synergie supplémentaire sur laquelle compter autre que le partage du client. Une fois les dés jetés, la volonté faite, la priorité fut de déterminer un emplacement qui convienne à assurer une offre touristique suffisante et qui donne une image valorisante de l’agence. La première tentation fut de s’installer en 2004 au Rahajastan, en rachetant une haveli dans la région de Shekhawati; l’envolée des prix les en dissuada et reporta la décision d’implantation. Une opportunité se présenta alors dans le Sud, du coté de Pondichery, la terre natale de Ségiyane. Les travaux entrepris, s’ouvrait le Villa Shanti. Le cabinet Lesprit avait parfaitement oeuvré, ajoutant à cette grande maison coloniale une aile moderne réinterprétant les codes de l’architecture coloniale à partir de l’usage de matériaux traditionnels dans un bâtiment de facture actuelle épargné de tout kitsch rétro. La mise en regard de cette novation et de motifs d’ornement d’artisanats populaires offrait un contraste de style à même de bouleverser les réflexes perceptifs des voyageurs et de les lover en douceur dans un environnement totalement dépaysant. Après 3 ans de construction, le rêve était devenue une réalité; il avait, dès lors, aussi son prix, 1 millions d’euros.

Indes septembre-octobre 2012 41


Profile Pour transformer l’essai, il fallait un plan. Syavain l’entrevit en deux temps. Premièrement, dépoussiérer le luxe, adopter un positionnement non conventionnel d’hôtel de charme en rupture des habituels établissements de backpackers ou palaces 5 étoiles, conjuguer un personnel abordable et attentionné avec un luxe brut repoussant aux calendes les standards locaux de l’hôtellerie. Adieu l’accueil guichet dans le hall d’entrée, sa grosse horloge, les serveurs en livrée noeud pap’, bonjour le sourire, la joie et tous ces détails qui forment l’expérience inoubliable, celle la même que Ségiyane travaille à offrir à ses partenaires, pour leurs clients, ses clients. Deuxièmement, promouvoir son travail et le pérenniser ensuite. D’un coté, communiquer inlassablement pour faire connaître sa maison des agences ou tours-opérateurs français, puis développer sa popularité numérique, de l’autre, s’assurer par la formation et des conditions d’emploi harmonieuses l’entière et totale implication de son personnel. Aujourd’hui, l’hôtel tourne avec un taux de remplissage de

42 Indes septembre-octobre 2012

50% partagé entre un public français et indien. Il complète ses revenues grâce au succès de son restaurant sur le modèle frugal d’innovation culinaire qui allie sur sa carte la modernité des textures et tours de main utilisés par les chefs avec les saveurs authentiques et saisonnières des produits locaux. Ségiyane ne vit plus seulement son rêve. Il en vit. Mieux, il lui ouvre de nouvelles fenêtres, de nouveaux projets, de nouvelles ambitions. L’année qui vient est déjà biffée; il ouvrira son second établissement, à quelques mètres du Villa Santi, dans la vieille ville de Pondichery. Ce sera un établissement affinant son positionnement moyen supérieur et son concept de luxe brut: Une villa de 6 suites de 40 à 60 m2 avec une piscine et une cuisine à la demande, la disposition des lieux offrant moultes possibilités de services innovants et nouvelles expériences. Au delà ? ‘le ciel est la limite, n’est il?’. Les projets de reprises d’établissements commencent à affluer sur son bureau; il espèrent maintenant en des investisseurs qui croient en sa vision de l’hôtellerie. 


Culture Saura Paintings

Les peintures de la tribu des Saurs, arbre de vie de la culture indienne L’Inde tribal est une abondante source de formes d’art anciennes, répandues à travers le pays. Nombreuses sont, pourtant, aujourd’hui celles menacés par le déracinement des tribus au gré des projets industriels ou autoroutiers. Arpentant les forêts denses du Sud Odisha, Shashi Sahai recense pour nous une de ces formes dangereusement menacées, les peintures saures, et les efforts vigoureux entretenus par les organisations non-gouvernementales pour défendre et préserver pour les générations futures le témoignage de cet art.

L

’Inde est un camaïeux de cultures et d’identités; c’est un fait, une caractéristique prégnante du peuple indien. Parmi cette diversité, une proportion conséquente est constituée par les peuples tribaux, habitants originels des terres de ce pays. L’esprit de ces cultures tribales infuse dans toutes les inclinaisons de la culture et de la civilisation indienne. Leurs coutumes dépeignent leurs foi avec simplicité; la plupart ont leurs dieux et déesses pour manifester de leur dépendance à la nature. L’une d’entre elle, dont la trace remonte au temps de Ramayana et de Mahabharata, est la tribu

44 Indes septembre-octobre 2012

des Saurs. Les Saurs sont répandus sur pratiquement l’ensemble de l’état d’Odisha. Leur principaux foyers de peuplement sont concentrés dans les districts de Ganjam, Gajapati, Koraput. Ils répondent à plusieurs noms dont Saurs, mais aussi Sabaras, Soras, Sauras, etc. et affichent de proches affinités raciales d’avec les tribus proto-aborigènes (‘proto-australoid’) du sud et du centre de l’Inde. Aujourd’hui, on les rencontre à Bihar, Odisha, Andhra Pradesh, Madhya Pradesh, Maharastra, et le Bengale de l’ouest; dans les états du nord-est comme Assam et Tripura, leur population n’est


Culture

guère non plus négligeable. D’apparence, ils sont dits ressemblants au tribus pré-dravidienne. Leur tête est longue et leur nez plat. Leur front et cavités sinusiques sont proéminentes. Leur cheveux sont ondulés et frisés; le cheveux raide existe mais est une rareté. Leur couleur de peau va du marron au marron foncé; les nuances de teints ne manquent cependant pas de complexité. Leur trait remarquable: une grande agilité pour gravir et arpenter leurs collines. L’habit saur est assez indistinct. Celui de l’homme est de lin, long d’environ 1m80, large d’une vingtaine de centimètres. Il peut être uni ou décoré d’un liserai rouge à ses extrémités. Il est noué à la taille et tombe en 2 bandes devant-derrière, celle de derrière état la plus longue; c’est d’ailleurs elle, ressemblant à une queue, dite Lanja en dialecte Odiya, qui leur vaut leur surnom de Lanja Saur. Il porte un collier de perle autour du cou. La femme saure porte à la taille un pagne à bordure grise qui lui tombe aux genoux. A la saison hivernale, elle se couvre le buste d’un autre vêtement. Elle se pare de simples ornements pour s’embellir: quelques colliers de perles, de bracelets de bois, des anneaux d’herbes noués aux jambes en spirale, des bracelets de métal aux chevilles, des grelots en métal ou aluminium aux doigts et orteils, des petits anneaux dans le nez. Le langage parlé par les Saurs les classe dans la famille des peuples de langue Munda. Langage primitif, il est dépourvu de tout systémisme ou standardisation. Purement oral, il ne s’appuie sur aucun texte, ne génère aucun écrit. Leur population a présenté une démographie sans cesse ascentionnelle depuis

l’indépendance et son premier recensement officiel de 1951. D’après les données démographiques nationales, ils sont passés de 19 401 individus à un incroyable 403 710 individus 40 ans plus tard. Malgré leur retard social et éducatif, les saurs présentent une étonnante société hors de toute discrimination de genre, jouissant d’une parfaite égalité homme/femme. Leur respect de la femme leur interdit tout féticide féminin, se que confirme le ration sexuel de 1030 femmes pour 1000 hommes. La Polygamie est fréquente pami les Saurs. Les villages sont principalement situés dans la jungle d’Odisha. Difficile d’accès, il se cache dans des collines recouverte de fôrêts. Les maisons sont bâtis le long de sentier ou à flanc de collines. Il sont regroupés sur une concentration d’environ 200 maisons, donc familles, par village. Les plus grands villages sont constitués de hameaux épars. Quoiqu’il en soit les villages saurs ne se réduisent à aucune typologie d’installation. Leur habitat est de base rectangulaire avec une belle hauteur sous toit; les murs sont de pierres et de boue, peints de terre rouge et présentent une haute véranda; L’espace ouvert sert à la préparation du riz; la couche saure est un amoncellement de feuille de palmier. Leur économie repose sur une agriculture itinérante et est complétée par la chasse et la pêche; leur spécialité: l’agriculture en terrasse. Socialement, leur structure est original, ne reposant sur aucun clan ou organisation interne; le mariage est une affaire simple, le rite de mort celui de la crémation et leur religion un enchantement élaboré; il vénère leurs ancêtres pour qu’ils leur apportent paix, tranquilité et prospérité. L’aspect le plus remarquable du peuple et de la culture Saur,

Indes septembre-octobre 2012 45


Culture celui qui les rend à part d’autres tribus, réside très certainement dans ses peintures. Illustration du religieux, décor à ses cérémoniaux, elle est une description haute en couleur de la vie et du lien entre l’homme saur à sa nature. La richesse, la variété, l’élégance, la charme des motifs dépendent d’associations esthétiques et rituelles, fait contribuant au remarquable de ses peintures. L’importance de ses peintures dans la vie des Saurs est telle que ces splendides pictogrammes tiennent lieu de littérature et de philosophie La tradition saur consacre la prière pour le bien-être des ancêtres comme primordiale. Elle s’accompagne de rituels et cérémonies pour les naissances, les mariages, les récoltes, les maisons construites etc. La marque de chacun de ses rituels est une peinture faite sur un mur intérieur dans un coin sombre de la maison Souvent appelés « Ekons », ces peintures visent à s’attirer la bienveillance de leur dieu régnant invoqué lors des célébrations, « Edital ». La teneur de ces invocations est peinte à travers un assortiment de dessins et symboles évoquant la vie quotidienne, les mythes et les objets de cultes, chacun ayant son propre système de signification. La peinture Saure est désignée par le terme « Arbre de Vie » car elle centre et articule ses motifs autour de la figuration d’un arbre dit de vie. Ses branches sont des perchoirs à oiseaux. Les hommes et les singes sont assis sous son ombre. Des figures d’animaux l’encerclent et le surplombent. A sa base, des signes de la vie domestique, huttes de glaise, arbres, femmes et leur panier, hommes en chasse avec leurs arcs et flèches. Travail d’artiste aujourd’hui,

46 Indes septembre-octobre 2012

ces peintures étaient coutumièrement la chasse gardée des Kudangs, prètres de la communauté, qui avaient l’exclusivité de l’exécution des Ekons et la qualification pour les raconter lors des réunions de tribus. Une caractéristique de l’art Saur est l’utilisation d’un cadre géométrique pour ces réalisations. Cet effet est produit par le tracé d’une bordure d’abord puis par son remplissage avec des motifs figurant de gens, des arbes, des animaux, un soleil, une lune. Autre de leur trait caractéristique: une iconographie particulière qui fait paraitre les hommes, les dieux et les animaux à des figurines en allumettes. Dans une classification typologique moderne des styles de peinture, le style Saur rappelle en fait l’approche dite « filet à poisson » (« fish-net approach »). Autre caractéristique, commune aux autres arts tribaux celle là, l’utilisation de pigments naturels pour la couleur: le blanc et le noir sont produits à partir du mélange d’eau et de poudre de riz séché écrasé ou de la suie issue des lampes; ils sont ensuite mélangés avec un jus d’herbes et de racines pour former des pâtes à leur couleur respectives; ses teintes seront appliqués grâce à des pinceaux en bambous. Chaque peinture ou ‘Edital’ prend son sens dans la vie quotidienne même des Saurs. Pour illustrer ce constat, 2 exemples d’icône: Jananglasum et Jodisum

1° Jananglasum

Jananglasum célèbre la cérémonie du premier jour de l’année où sont consommés les patates douces (ou racines de la jungle). Les


Culture

divinités sont alors priées pour soigner les maladies et accorder leurs grâces L’Edital peint en cette occasion sur un tissu de soie est d’une complexité remarquable: divisé en 5 sections, surmonté d’un autel triangulaire et entouré de nombreux motifs symboliques.

Je vous en offre ici une première lecture par section de dessins:

• au centre du triangle (autel) un homme est béni par Jananglasum, une prétresse arborant une guirlande se tenant à sa droite. A l’extérieur du triangle, trois gardes armées se tiennent sur la droite alors que sur la gauche se trouvent 3 adoratrices lestées d’offrandes. • Dans la première ligne du rectangle en partant du haut, le buya (prêtre mâle) offre un cochon au dieu, représenté par un monticule de pierre. Derrière lui, de nombreux croyants portant leur dons: poulet, vin, eau, chêvre. • Dans la seconde, l’esprit du mal est chassé par divers rites accompagnés du chant de la flûte. • Dans la troisième, la fertilité est représentée par 8 hommes sarclant la terre. • Dans la quatrième, deux Ildas (esprit des anciens) chevauchent des chevaux et des éléphants suivis de leur suite et servants; • Dans la tranche inférieure, le jardin de la déesse terre est peuplée de ses créatures : lézard, crabe, scorpion, escargot, porc-épic. • A la périphérie, les grandes activités de la vie saure sont représentés, la chasse au paon et au cerf par exemple, ou un

homme affronte même un tigre. Des singes grimpent les côtés de l’autel triangulaire, des oiseaux sont perchés au branches, des hommes boivent le jus des cocos près de l’arbre ou vendent des pots en terre, la fanfare des percussions et instruments à vent accompagnent la procession des danseurs;

2° Jodisum

Le dieu Jodisum est dépeint par deux totems de bois aux formes humaines plantés à l’entrée d’un village Saur. Il est la divinité de ce village. L’Edital marque la vénération qu’il porte à son dieu et qu’il célébre lors du rassemblement pour le premier grand repas avec la récolte de l’année. Sont offerts ce jour en offrande les premiers fruits de la dernière récolte aux dieux et ancêtres avant qu’un rituel élaboré ne suive cette cérémonie. •En haut, sept femmes prêtresses (« idaibois ») prient Jodisum pour garder le village de l’esprit mauvais. • A gauche, un prêtre répand le vin et un homme s’apprête à sacrifier une poule. • En dessous, cinq personnes prient le dieu portant quantité de lentilles « redgram » pendant le sacrifice par un prêtre d’une chêvre. • En dessous encore, sept personnes jouent de la flûte, des percussion et du gong, des singes encadrant les deux côtés de la composition. • A droite, deux demoiselles charrie des paniers de nourritures

Indes septembre-octobre 2012 47


Culture sacrificielles. • En dessous, le tigre, véhicule du dieu de la terre, matérialise sa présence. • A gauche, deux prêtres (« idaimars ») sont posés sur un lézard de la jungle. Comme ces exemples, il existe des séries entières de ces œuvres dédiées à toutes les occasions de la vie sociale et religieuse, par exemple Andumjappur, pour l’ensemencement des graines Sarpalasum, pour le dieu des chemins, Sidangpur, pour les bonnes récoltes, Gangsum, pour prévenir de la variole, Isarsum, pourle départ des défunts vers l’autre monde. Malgrè l’héritage millénaire de leur culture, le peuple saur doit malencontreusement subir une dénaturation de son identité avec l’extinction de son art. Ces peintures se trouvent aujourd’hui dévitalisé de leur pouvoir symbolique par leur production exclusive pour la commercialisation touristique. Les Saures ne peignent plus mes murs de leur maison pour illustrer leur récit de vie mais sur du papier ou de la soie pour vendre aux populations des villes en mal de nouveautés décoratives; le medium a changé...Les téléviseurs, les voitures, les cars figurent désormais comme des éléments de figurations à part entière des peintures qui ne respectent plus, en raison de la massive utilisation d’encre noir, l’équilibre traditionnel des teintes. Les peintres ont arrété d’honorer les dieux par leur talent artistique, ils gagnent désormais leur vie. La sauvegarde de cet art, si elle est souhaitable esthétiquement et culturellement, doit elle passée par cette mercantilisation à marche forcée? Doit elle pour survivre abandonner son rôle traditionnel de narration modeste mais essentielle de la quotidienneté de la tribu au profit d’une dissolution de son art au rang de motifs folkloriques pour papier peint? Peut être un artiste en des temps futurs saura et peindra sur son mur le sort qu’auront réservé les temps qui viennent à l’arbre qui porte les racines et les feuilles de sa culture. Espérons pour lui qu’il ne termine pas en table basse ou bois de chauffage.

48 Indes septembre-octobre 2012


Publirêdactionnel

Air India

Prêt pour l’envol du rêve

A

IR INDIA est présent sur le marché Français depuis plus de cinquante années et est un acteur incontournable de l’activité entre la France et l’Inde. La compagnie indienne vous propose un vaste réseau domestique et un vol quotidien opéré en 777-200 tri-classes ( Première, Affaire, Economique) au départ de Paris CDG 2 C tous les soirs à 22 Heures . La compagnie est équipée d’une toute nouvelle flotte de 777-200 et 777-300 pour son réseau international et attend une livraison de 23 Boeing 787 Dreamliner à partir du mois d’Août 2012 . Ces appareils seront mis en place progressivement sur le réseau international : d’abord vers Londres , l’Australie (Melbourne et Sydney) et ensuite Paris sans doute dans le courant de l’année 2013. Pour son réseau domestique en Inde , AIR INDIA a passé commande de 44 Airbus A320 321 qui ont été livrés à la compagnie . La nouvelle flotte d’ une moyenne d’âge d’environ 5 ans composée de 111 nouveaux avions est donc un mélange d’Airbus et de Boeing. La consolidation dans le secteur de l’aéronautique civile ( la fusion avec l’ancienne compagnie Indian Airlines ) a provoqué récemment un mouvement social d’envergure au sein des pilotes de la compagnie . Les activités et les opérations reprennent progressivement avec un quatrième vol vers Paris en Septembre et une reprise prévue de nos vols quotidiens vers Paris au 01 Octobre 2012. AIR INDIA vous propose des correspondances vers l’ensemble des villes indiennes ainsi que vers Bangkok et Katmandou avec des vols directs via la plate-forme de Delhi (nouveau terminal T3 intégrant les activités domestiques et internationales) selon les horaires que vous trouverez sur http://www.airindia.fr/ HORAIRES%20AI.htm . Si vous voyagez vers l’inde ou la Thaï-

lande et si vous achetez votre billet avant le 15 Octobre, Air india vous propose une série de tarifs « super value » à des niveaux très attractifs pour des départs entre le 20 Août et le 15 Novembre 2012 et ceci à partir de 510 TTC. Ces prix sont disponibles en agence de voyages ou sur les principaux portails internet .Afin de faciliter les conditions de votre voyage ,nous avons également décidé d »augmenter depuis le12 Août notre franchise bagage de 20 à 28 Kilos vers l’ensemble des villes indiennes pour l’ensemble des passagers voyageant en classe économique .Cette franchise est portée à 48 Kg en classe Affaire et à 58 kg pour les passagers voyageant en première classe . Profitez également du confort de nos vols directs en classe Affaire ,un espace privilégié où se conjuguent les affaires et les loisirs .Notre classe Exécutive au départ de Paris sur nos 777-200 comprend 35 sièges ainsi que des slumberettes inclinables , la distance entre les sièges est d’ un mètre quatre vingt treize, la largeur de quarante neuf centimètres , les conditions de confort sont donc parmi les meilleures existantes sur le marché , vous pourrez ainsi voyager dans des conditions optimales. Un comptoir d’ enregistrement ,ainsi qu ‘un salon privatif vous est particulièrement destiné dans la majeure partie des aéroports. Ce confort vous est proposé à des tarifs extrêmement compétitifs disponibles en agence de voyages Si vous voyagez souvent vers l’Inde et l’Asie, devenez membre de « flying return » notre programme de fidélisation et retrouvez nous sur https://www.flyingreturns.co.in/html/ fr.php ,e programme vous permettra de bénéficier de nombreux avantages . 

Indes septembre-octobre 2012 49


WYPIO

Réunir ensemble les jeunes personnes d’origine indienne Les 30 millions de POI disséminés à travers le monde présnete une large brochette de jeunes. Jusqu’ici, peu fut entrepris pour les relier à l’exception de cette heureuse initiative guadelopéenne qui vit se rassembler des JPOI de 25 nations. Homme discret, Hautement cultivé, à la chevelure blanche, Michel ROGERS ingénieur de formation, issue d’une des plus grandes écoles de FRANCE, après avoir parcouru le Monde, vit paisiblement sa retraite avec son épouse sur les hauteurs de la commune de Baillif. Passionné d’histoire, riche d’une vie d’expérience, il passe aujourd’hui, le plus clair de son temps aux archives départementale de la Guadeloupe à effectuer de manière bénévole des travaux de recherche sur la généalogie des familles guadeloupéenne. Depuis un peu plus d’un an, il a décidé d’orienté ces travaux de recherche sur l’immigration indienne en Guadeloupe. c’est ainsi qu’il réalise pour le Gopio Guadeloupe des recherches sur la généalogie des familles indiennes de Guadeloupe.c’est dans le cadre de ces travaux, qu’il découvrait en début d’années 2012, que de 1860 à1874, 35 indiens, jeunes pour la plus part dont une femme avaient été déportés à l’ilet cabri de la commune de Terre de Haut et incarcérés à la “maison de correction” pour insoumission selon les documents d’archive et en sont morts dans des conditions atroces, de même que des dizaine d’autres pendant leur période de quarantaine à leur arrivée en Guadeloupe. Ainsi, grâce à ces travaux, un pan de l’histoire de l’immigration indienne en Guadeloupe est mis au grand jour. A la mémoire de ces indiens, une stèle à été inaugurée par le Maire Louis Mmolinie, lors du Global Meet of Young PIO

50 Indes septembre-octobre 2012


WYPIO

Réunir ensemble les jeunes personnes d’origine indienne Les 30 millions de POI disséminés à travers le monde présnete une large brochette de jeunes. Jusqu’ici, peu fut entrepris pour les relier à l’exception de cette heureuse initiative guadelopéenne qui vit se rassembler des JPOI de 25 nations. Homme discret, Hautement cultivé, à la chevelure blanche, Michel ROGERS ingénieur de formation, issue d’une des plus grandes écoles de FRANCE, après avoir parcouru le Monde, vit paisiblement sa retraite avec son épouse sur les hauteurs de la commune de Baillif. Passionné d’histoire, riche d’une vie d’expérience, il passe aujourd’hui, le plus clair de son temps aux archives départementale de la Guadeloupe à effectuer de manière bénévole des travaux de recherche sur la généalogie des familles guadeloupéenne. Depuis un peu plus d’un an, il a décidé d’orienté ces travaux de recherche sur l’immigration indienne en Guadeloupe. c’est ainsi qu’il réalise pour le Gopio Guadeloupe des recherches sur la généalogie des familles indiennes de Guadeloupe.c’est dans le cadre de ces travaux, qu’il découvrait en début d’années 2012, que de 1860 à1874, 35 indiens, jeunes pour la plus part dont une femme avaient été déportés à l’ilet cabri de la commune de Terre de Haut et incarcérés à la “maison de correction” pour insoumission selon les documents d’archive et en sont morts dans des conditions atroces, de même que des dizaine d’autres pendant leur période de quarantaine à leur arrivée en Guadeloupe. Ainsi, grâce à ces travaux, un pan de l’histoire de l’immigration indienne en Guadeloupe est mis au grand jour. A la mémoire de ces indiens, une stèle à été inaugurée par le Maire Louis Mmolinie, lors du Global Meet of Young PIO

50 Indes septembre-octobre 2012


Qu’est-ce que c’est que le WYPIO ? Le WYPIO est une structure associative, dont l’objet est de permettre aux Jeunes PIO du monde de se rencontrer, d’échanger, de réfléchir, de s’exprimer et surtout de tisser des liens d’amitiés. qu’ils peuvent entretenir et développer grâce au formidable outils que constitue le web. Après des décennies de silence, éparpillés aux quatre coins du monde, fuyant la pauvreté et la misère, l’heure est venue aujourd’hui pour les jeunes PIO du monde de se rencontrer, pour mieux se connaître, pour tisser un réseau de relations et d’amitié forts, un socle de solidarité prêt à toute épreuve afin de mieux se faire connaitre et mieux se faire entendre. Pour atteindre ces objectifs les jeunes disposeront de deux outils: le WEB qui leur permet d’échanger, de développer leurs relations de manière permanente notamment avec les réseaux sociaux, mais aussi le GLOBAL MEET qui est la grande rencontre annuelle au cours de laquelle le contact est direct et qui se déroule chaque année dans un Pays différent. Quel était le but de la manifestation? Le but de la manifestation était de permettre aux jeunes PIO du monde de se rencontrer en Guadeloupe, de connaitre ce pays et de participer au programme d’activités prévues (forum, visite de l’ile, animations culturelles). L’hébergement chez l’habitant, à permis de lien très forts entre ces jeunes et leurs hébergeurs

malgré la barrière de la langue ce qui était l’objectif principal? la chaine de télévision Guadeloupe Première à fait un excellent reportage. Quels sont les Pays représentés et qui sont les VIP présents? Une vingtaine de Pays était représentée (Inde, Malaisie, Sri Lanka, Afrique du Sud, Ile Maurice, Réunion, France, Italie, Allemagne, Trinidad and Tobago, Surinam, Saint Lucie, Martinique, Saint Martin, Sin Maarten, en plus de ces délégations, des jeunes originaires Dominique, Jamaïque, St Kitts de Saint Domingue... qui vivent en Guadeloupe étaient présents. Certains Invités n’ont pas pu participé à cette manifestation faute de places dans les avions, mais aussi en raison du prix du billet excessivement cher pendant cette période de haute saison. Parmi les Personnalités présentes on notait la présence de Monsieur Utchanaha, de Desarath Chetty, Sam Vijay, Selvakumar Ramachandran, Raj Charbe Président de l’association des commerçants de Saint Martin , le Professeur de médecine Eusthase Janky, Marcellin Chingan du Comité du Tourisme de Guadeloupe, du philosophe et Écrivain Laurent Farrugia, Gérard Cesar, Jude Sahai, Journalistes, des Maires des Communes ou de leur représentants. Pour une première édition il y a lieu d’être satisfait. Gageons qu’à l’ile Maurice à la même période la manifestation va prendre une autre dimension avec la participation d’une centaine Pays annoncé par le Président Mahen Utchanah. 

Indes septembre-octobre 2012 51


Brêves technologie Les défis de l'industrie Biotech indienne

L'industrie biotech indienne est dans une conjoncture difficile. Alors que sur les 5 dernières années son taux de croissance annuel moyen était de 19%, la firme d'audit Ernst & Young révèle dans sa dernière étude qu'elle s'est heurtée concomitamment à un ensemble de difficultés qui l'ont empêchée de passer à un stade de développement supérieur. Sur l'année fiscale 2010-2011, la valeur de l'industrie s'était stabilisé à 4 milliards de dollars. C'est à 60% dans l'industrie biopharmacologique qu'opère l'industrie biotech indienne; années après années grâce à son taux de croissance de 21% elle a porté sa valeur à 2,3 milliards de dollars, soit 15% de la valeur globale du secteur pharmaceutique indien. Vaciin, insuline, erythropoietine, anticorps monoclonaux sont les piliers de cette bioindustrie. Le rapport E&Y reporte pourtant, hors ses performances en terme de croissance, un nombre conséquent de point bloquant qui

52 Indes Septembre - Octobre 2012

entrave sa marche en avant. Sur le marché domestique, la cadence de mise sur le marché d'innovation est insuffisante. La multiplicité des cadres règlementaires ralentit d'autant le rythme qu'elle y introduit la même multiplicité de délais. Les sociétés les plus innovantes souffrent aussi d'un trop grand isolement et d'une taille critique insuffisante pour suffisamment peser sur l'industrie et le marché. Leurs capacités de financement sont limités par l'objection des investisseurs à coopérer des les stades initiaux des projets. Ajit Mahadevan, associé chez E&Y, le confirme en ces termes: l'Inde est engagé dans une compétition à couteaux tirés avec la Chine, la Corée du Sud, Singapour et, depuis peu, la Malaisie. Les multinationales sont séduites par les excellentes conditions proposés par ces pays: meilleures infrastructures, compétences technologiques et scientifiques, exemptions fiscales et douanières, réglementations simples et favorables. L'appel lancé au gouvernement est explicite: il faut agir, la priorité devrait être donnée aux réformes réglementaires, au développement des infrastructures et aux incitations financières à l'industrie biopharmaceutique pour qu'elle continue à imprimer sa croissance. Le rapport en appelle également à l'industrie pour qu'elle se concerte sur un plan d'action visant à l'optimisation de l'exploitation des ressources et des infrastructures et pour une innovation plus créative. Le gouvernement, anticipant cette dernière injonction, a introduit plusieurs schémas de financement de start-up. Pour motiver la R&D interne, il propose une éxonération fiscale de 200% sur tout investissement dans l'innovation; le coup de pouce durera jusqu'en 2017. Pour pallier au manque d'infrastructures, il a, depuis 5 ans, établi, sur la base de PPP, plusieurs parcs biotech à travers le pays. Sur ce dernier point, l'industrie biopharmacologique remet en cause l'efficacité de la démarche tant elle dénonce une appropriation de cette ressource par les activités de diagnostic ou de services biotech. Elle préfèrerait à ces parcs des terrains à tarifs subventionnés dont l'Etat garantirait un approvisionnement continue en énergie à des prix compétitifs, ainsi que l'accès à l'eau courante couplée à des systèmes de traitements des effluents pour améliorer l'efficacité et la productivité de ses entreprises. En 2011, l'industrie biopharmacologique a produit

un CA global de 83,4 milliards de $, soit sur une base normalisée, 10% de croissance par rapport à 2010.

Piramal investit en Allemagne

La major indienne de la santé Piramal a investi dans la technologie d'imagerie moléculaire allemande suite à son rachat de Bayer-santé-imagerie moléculaire. Dans une stratégie qui mise sur une évolution du marché vers une médecine personnalisée, le contrat paraphé en Avril de cette année devrait permettre à la major indienne d'oeuvrer à la détection de cas d'Alzheimers. Autre bijou dans la corbeille de mariage, la molécule de florbetaben qui représente un potentiel de revenus de 1,5 milliards de $. Après cette prise, Piramal a axé son développement sur la R&D en travaillant dans ses laboratoires allemands sur la tomographie à émission de positron (TEP), technique d'imagerie nucléaire. Dans une conférence de presse, Ajay Piramal, PDG du groupe, commente sa stratégie: l'imagerie médicale est la clé qui ouvre le chemin à la médecine et au diagnostic individualisé. Notre acquisition dans ce champs d'un puissant pipeline est une pierre impor-

tante sur notre route vers l'innovation pharmaceutique. Florebten, la plus avancée des molécules traceuses pour la TEP, permet la détection des dépots de bétâ-amyloid dans le cerveau.

NTT consolide ses activités en Inde

Après l'acquisition de Netmagic solutions, société basée à Mumbai, le géant japonais


Wipro empoche un contrat d'Outsourcing

La dernière acquisition de Wipro, Promax Applications, un éditeur de logiciel d'analyse

employés, Promax génère un revenu de 15 millions de dollars australiens. Wipro mise pour rentabiliser cet achat sur les ventes croisées de produit Wipro aux clients de Promax et inversement. «Cet achat nous offre une présence globale dans l'industrie de l'emballage, mais nous avons l'objectif d'investir des secteurs au delà tels la santé ou l'énergie» ajoute Sanjiv après avoir confirmé la désormais totale intégration de Promax dans Wipro. La plateforme, commercialisée en SaaS ('Software as a Service') permet à son client utilisateur de collecter un maximum de métriques sur la promotion de ses ventes sur plusieurs lignes produits et magasins.

Fujitsu en passe de doubler ses résultats en Inde

La troisième plus importante firme IT mondiale Fujitsu espère une croissance à deux chiffres sur le marché indien. A Mediapersons récemment Mark Wilson

Brêves technologie

des télécommunications NTT est à l'affût de nouvelles opportunités sur le marché indien. Le management a déclaré chercher acheter des sociétés qui permettraient le développement de plusieurs segments de ses services en Inde et à l'étranger. Jeffrey Womack, à la tête du marketing et des alliances pour la filiale américaine NTT Data, a ainsi dit récemment vouloir grandir organiquement et par acquisition en investissant en Chine et en Inde pour pouvoir adresser les besoins des marchés locaux et développer des produits globaux. Cette attitude n'est pas sans brouiller la traditionnelle image conservatrice habituellement accolée aux firmes japonaises. Ces dernières années, NTT a acheté 6 sociétés, mais, avec un ration de dette de 0,38 et un bas de laine de 2 milliards de $, elle a épargné suffisamment de munitions pour d'autres opérations. Encore Mr Womack: « l'Inde est vitale pour nous. Elle est le pilier fondation de notre stratégie globale de services. Jusqu'à l'année dernière, elle ne travaillait qu'avec les USA, mais elle est aujourd'hui un hub global communiquant avec les zones EMEA et Asie-Pacifique ». D'après lui, la Chine à travers les 4000 salariés de NTT data constitue le deuxième hub. Hors Netmagic, NTT data s'est appropriée Vertex en 2007 et Intelligroup en 2010, offrant à la companie une présence dans six des principales villes indiennes. Malgré ses effort, NTT subit encore la puissance d'autres multinationales, tel Capgemini ou Accenture, qui ont aussi lourdement renforcées leur présence en Inde ces dernières années.

australien, a mis la main sur un contrat d'outsourcing de 5 ans et de plusieurs millions de $ qui exploitera sa plateforme technologique. Il s'élèverait à 10 millions selon les récentes déclarations aux médias de KR Sanjiv, directeur de l'activité d'analyse chez Wipro. Son nouveau client, qui opère sur près de 15 pays dans l'industrie des biens de consommation, était LE client à avoir pour TK Kurien, PDG de Wipro. Ce dernier avait massivement investi l'année dernière pour se doter d'une équipe de cracks commerciaux, 'chasseurs' à même de finaliser ce genre d'opérations. Cet achat a couté 35 millions à Wipro et lui amène une base de clientèle américaine et européenne qui exerce dans l'emballage de produits industriels. Annuellement, avec ses 45 clients et 71

déclara: « cette année nos revenus ont certes globalement stagnés mais pas en Inde où notre croissance fut de 73%. Nous espérons encore cette année prolonger le momentum ». Dans cet objectif, Fujitsu rafraichit son portfolio mobile et introduit de nouveaux produits pour délivrer une mobilité et une productivité supérieure pour ses consommateurs grands-comptes. La société a également lancé deux nouvelles tablettes pour le marché indien. L'année dernière, la firme TIC japonaise a généré 55 000 milliards de $ et employé 1 700 000 salariés. Parmi ses clients en Inde, hôpital Appolo, les constructions L&T, Benett & Colemen, le Hindustan Times.

Pas de changement de chez Infosys

Le président non excécutif d'Infosys

KV Kamath a déclaré aux médias qu'un changement de management à la tête du groupe n'était pas d'utilité et que son board était parfaitement aligné avec le leadership. il ajouta que toute modification ne serait

Indes Septembre - Octobre 2012 53


Brêves technologie

dans certains secteurs. Mais sur une perspective plus large notre stratégie recueille l'assentiment de nos clients. »

Expedia double sa R&D indienne

apporté que si nécessaire. Il oppose ainsi les choix stratégiques de sa société qu'il estime justes sur le long terme et ceux de la concurrence: « Infosys est sortie grandie de chaque crise traversée pr le marché de l'IT ». Lors d'une autre interview, SD Shibulal, PDG & directeur général d'Infosys admettait que le marché était plutôt atone ces derniers temps: « Nous avons fourni nos résultats trimestriels il y a 45 jours, depuis l'environnement est resté inchangé, nous subissons l'attentisme de nos clients dans leurs prises de décisions et nous observons que les gros deals se ficellent à travers plusieurs niveaux de spécifications pour contourner le peu d'appétence à la dépense

52 Indes Septembre - Octobre 2012

Le voyagiste internet basée aux USA, Expedia, établit actuellement un centre de R&D à Guargon, près de Dehli. Avec déjà 100 personnes en place et encore 200 attendues, Expedia possèdera bientôt la plus grosse infrastructure R&D des voyagistes online en Inde. «C'est un investissement stratégique qui devrait permettre d'accroitre notre volume d'affaire dans le pays. Nous investissons des millions de $ dans cette structure» dit Edmond Merosbian, directeur technologique chez Expedia. Parmi les autres voyagistes, Yatra.com possède une structure équivalente de 35 employés à Hyederabad. MakeMyTrip.com et Cleartrip. com s'appuient eux sur des équipes produits & innovations pour développer leur technologies et applications. MakeMyTrip.com a récemment reçu le renfort de Sanket Atal, transfuge de computer Associates, comme chief technology officier. Pour Merosbian: « nous croyons que pour être une grande companie globale, nous devons être un grand acteur

local. Pour notre centre technologique, nous recrutons des talents indiens, équipes de manageurs chevronnés et jeunes ingénieurs. ». Pour Expedia, ce sera son plus grand centre de R&D en Asie-Pacifique, avant ceux de Chine et Singapour. Il travaillera avec les équipes de recherche globale pour adresser les réponses aux problèmes technologiques de la marque tout autour du monde. Sa principale tâche: développer des solutions logistiques pour accroitre l'empreinte d'Expedia en Inde. Quand on s'interroge sur pourquoi la compagnie n'a pas sous-traité, comme elle l'eut fait sur d'autres marchés, Merosbian fait l'éloge du pool de talents unique qu'offre l'Inde.Q


Brèves Business

Volkswagen investit 100 millions d'Euros en Inde

Le groupe Volkswagen vise, après investissement, un accroissement sa production de 10 à 15% dans ses usines de Aurangabad et Chakan dans le Maharastra. Pour John Chacko, représentant local du groupe, le fabriquant automobile allemand engagera quelques améliorations et reformes mineures du modèle de production des deux sites. Cette argent bénéficiera aussi aux opérations locales de ses marques Skoda et Audi. A Chakan, les chaines de montage de Polo, Vento et Skoda Fabia crachent 130 000 véhicules annuellement quand celle de Aurangabad ne délivrent que 6 000 véhicules mais de haut-standing. Chacko annonce également une future offre sur un motoriste local afin de s'épargner des coûts croissants d'importation de moteurs. « Nous statuerons d'ici la fin de l'année; si oui, la production débutera en 2014 » dit-il. Il ajoute qu'un plan plus massif d'investissement a été mis entre paranthèse, le temps, pour le gouvernement du Maharashtra, de clarifier sa position sur les allègements fiscaux et, pour Volkswagen, d'envisager une implantation dans un autre état.

Gail établit un « parc plastique » dans l'Uttar Pradesh

la major public indienne du gaz naturel, GAIL, a signé un «memorandum de compréhension» (Memorandum of Understanding, MoU) avec l'état de l'Uttar Pradesh et sa compagnie de développement industrielle (UPSIDC) pour participer à la création d'un « parc plastique » à Auraiya où GAIL est sur le point de faire passer la capacité de production de polymères de son complexe pétrochimique local de 490 000 tonnes à 900 000 tonnes par an. «L'initiative devrait participer à accélérer le développement économique de la région» argumente un communiqué de la

compagnie. UPSIDC a programmé le lancement d'un véhicule innovant pour participer au développement du parc. GAIL assurera, lui, la fourniture de matières premières à des tarifs préférentielles, assurera un support technique sur le traitement du plastique et construirades hangars pour répondre aux besoins des diverses unités industrielles. L'état offrira des terrains à bas-prix, la construction d'infrastructures routières, la fourniture d'eau, et la fourniture d'éléments de sécurisation aux activités prospectives. Le MoU est étendu aux adhérants du syndicat indien des industriels du plastique; il invite tous les entrepreneurs de la filière à venir peupler le parc.

Assistance Israélienne dans la formation agricole

Dans une annonce pariant sur « la réplication du succés » d'Israel dans le secteur agricole, le gouvernement du Guajarat a planifié la création d'une ferme éducative universitaire en collaboration avec

que le CII (Confédération de l'Industrie Indienne), partenaire national, et Price Waterhouse Coopers, le partenaire intelligence économique.

Mercedes investit 160 millions en Inde

le fabriquant de voiture de luxe Mercedes-Benz a prévu un accroissement de ses investissements de 160 millions d'euros à horizon 2014. Il a déjà engagés auprès de ses partenaires, 31 showrooms et 41 points de ventes et services dans 31 villes indiennes, 68 millions d'euros. «Nous sommes dingues du marché indien, nos investissements le prouvent. Les 8,5 premiers milliards de roupies devront permettre de renforcer notre position et nos capacités opérationnelles eu égard à l'offensive commerciale que nous nous apprétons à formuler à partir de notre gamme » s'emporte le PDG de Mercedez-Benz Inde, Peter T. Honegg. Rappelons qu'en 1994, Mercedes fut un pionnier de l'automobile de luxe en Inde. En 2009, elle s'installait à Chakan pour un investissement de 35,5 millions d'euros, investissement qu'elle poussa à 70 millions d'euros pour se doter d'un atelier de peinture équipé de sa technologie à l'eau, d'une de capacité de production actuelle de 20 000 unités (extensibles à 40 000). Mercedes assemble à Chukan ses véhicules de classes C, E et S. L'Inde sera parmi les premiers pays à produire la nouvelle classe M, signe de l'importance nouvelle de son marché.

Piramal s'invite dans la défense l'état d'Israël et offrant des formations doctorales et post-doctorales ainsi que des stages d'application dans les universités israéliennes. Israël a aussi programmé, pour assurer le transfert de technologie, la création de trois centres d'excellence sur les légumes, les mangues et les pratiques d'après-récolte pour dattes et bananes. Ces engagements ont été rapporté par le ministre en chef de l'état, Narenda Modi, lors de la convention nationale sur «la prochaine nouvelle frontière de l'agri-business et de ses technologies» et lors de l'Agri- Asiatech 2012. Cet événement de 2 jours début septembre est le fruit de l'initiative du bureau d'extension industrielle du Gujarat et de ses industries agricoles et remercie l'état d'Israël,son partenaire étranger, ainsi

Piramal Enterprises, le groupe dirigé par Ajay Piramal, est de ces sociétés indiennes qui croient en des opportunités grandissantes dans l'industrie militaire. Piramal a fait l'acquisition de 27,83%

Indes Septembre - Octobre 2012 55


Brèves Business

Sahara entre dans la distribution

des parts du fabricant israélien de drones,Bluebird Aero Systems, pour 57 millions d'euros. Ce deal, unique parce qu'à l'initiative d'anciens ingénieurs des forces armées israéliennes, permet à Bluebird de pénétrer le marché indien. Il profitera de l'accord avec Bengalore's Dynamatic technologies pour manufacturer et commercialiser des mini et micro drones tactiques dans le pays. Des groupes tels Tata, Mahindra ou L&T ont également investi le secteur pour profiter de l'effet d'aubaine que crée la loi qui impose à tout importateur dans le secteur de la défense de détenir des parts dans des acteurs nationaux (loi FIPVB). la part nationale du budget de la défense est en hausse cette année de17¨% à 38 milliards de $. Rossel India, diversifié depuis peu dans la fourniture au secteur, a lancé une joint-venture avec le canadien CAE pour développer des outils de simulation et d'entrainements (répartition 74/26). Cette union a été déclaré conforme à la loi FIPVB par le ministre et habilité à fournir ses services à la défense indienne. Plus tôt, Mahindra et la new-yorkaise Telephonics corporations avait initié leur joint-venture pour établir une offre de surveillance aérienne avancée et des systèmes de télécommunications militaires et civils. Le contrat de mariage envisage l'établissement d'un site de production à Bangalore qui fournira Hindustan aeronautics en matériels et services radar. Tata a laché 85 millions d'euros dans le développement d'un nouveau véhicule de transport de troupes. La compagnie s'appuie d'ores et déjà sur sa possession de 40% de parts du marché local des véhicules militaires et 75% de celui de la sécurité privée.

56

Indes Septembre - Octobre 2012

Le conglomérat Sahara India est la dernière des majors nationales à investir le secteur de la distribution. Pour inaugurer au 15 aout les magasins de sa marque, 'Q', dans 60 villes de 5 états, la compagnie a dépensé 425 millions d'euros. Elle espère étendre ensuite sa présence à 1000 villes et localités d'ici à fin 2013 et prévoit plus de 7 milliards de revenues. Ses premiers états d'implantation: l'Uttar Pradesh, l'Uttarakhand, le Rahajastan, le Bihar et le Jharkland.Subrata Roy Sahara, PDG du groupe: «l'Inde est un marché gigantesque, mais la contrefaçon et le frelatage d' authentiques problèmes. C'est une décision émotionnelle: pourquoi ne pas commercialiser des aliments sains? Tout le monde y gagne: le pays, les affaires et la compagnie. Notre priorité n°1: la qualité. ». Les magasins 'Q' proposerons 73 catégories de produits de consommation, des aliments de base et plats cuisinés au produits

Phillippe Barouk, Directeur Général du groupe Auchan, cache à peine la joie que lui procure cette alliance: « Nous partageons la même vision de la distribution avec Max, un opérateur connu et établi dans son pays, et sommes pressés d'échanger nos savoirfaire pour accélérer le développement de nos affaires et de notre marque sur ce marché dynamique et à forte croissance ». Le changement de nom s'opèrera au 4e trimestre 2012. D'ici un an, Auchan espère donnée naissance à 15 nouveaux magasins à travers le pays.

Tata et Reliance musclent leur jeu dans la distribution

de beauté et de bien-être, chacun certifié par des tests de qualité interne intransigeant.

Exit Spar, place à Auchan.

Les hypermarchés Max India se sont mariés au géant français Auchan pour ouvrir des magasins franchisés affichant l'enseigne hexagonale en Inde. Plus tôt dans l'année, Max s'était séparé de Spar, le concurrent néerlandais, son ex-partenaire depuis 2004; ils continueront individuellement leur conquête du marché national. « notre groupe à un plan de croissance des plus agressifs, avec Auchan, nous croyons avoir trouvé la bonne franchise pour pouvoir continuer à établir des normes de références pour la distribution indienne » dit Ramanathan Hariharan, son directeur. Pour Max, c'est également la possibilité de renforcer sa chaîne d'approvisionnement et ses process.

Tata, qui construit actuellement un mall à Amritsar, prévoit de déveloer nationalement sa marque de mall, Trillium, pour compléter son offre de distribution et héberger le toujours plus lucratifs secteur retail du pays. Tata Reality & Infrastructure ouvrira les 500 000 m2 de son petit dernier au plus tard au début de l'année prochaine. Elle sera suivi des 3 ouvertures projetées dans le pipe: Nagpur, Bangalore et Gurgaon qui ouvriront, au plus tard, d'ici à 3 ans. Tata se dit près à passer à l'action en grand en construisant dans toutes les villes principales et de catégorie 2,du pays pour


Brèves Business

peu que se présentent des opportunités intéressante en terme d'emplacements. L'autre géant, Reliance Industries développent aussi son maillage de malls pour héberger ses enseignes ainsi que pour la location à des tiers détaillants. Une de ses filiales, Reliance Retail, s'appuie sur une présence nationale à travers des boutiques segmentés par valeurs et spécialités. Le groupe aurait dejà sous sa main des terrains dans 150 villes du pays et est actuellement en train de construire plusieurs millions de m2 d'espace de vente en Inde du nord. A Dehli même, c'est 20 terrains qui sont à

disposition pour des malls. Le groupe cherche à instaurer un modèle de mall captif dont l'offre maison est complétée par la location à des marques en situation de non concurrence avec lui. Selon un porte parole de la marque: « il est spéculatif de dire que nous construisons à travers le pays. La compagnie prend des leasing sur des terrains pour ses magasins et développe ses espaces propres dans des villes où elle ne trouve pas d'emplacement. Nous développons notre propre réseau pour répondre à nos formats et accélérer notre croissance. Si la superficie est trop grande pour nos besoins, nous louons à des distributeurs qui complètent notre offre. Notre modèle, la taille et l'organisation de nos malls se différencient de celui des promoteurs immobiliers ». Tata et Reliance ont élaboré leur mue pour, un, contourner le gouffre financier que représente traditionnellement la location immobilière (10% du CA d'un magasin), deux, acceuillir une offre complémentaire et de grandes marques internationales.dns le même temps, un troisième larron s'invite au festin. Barthi Enterprise, associé à Wallmart dans une joint-venture est aussi à fond sur la

brêche construisant un mall de 350 000 m2 à Ludhiana, terre de Sunil Bharti Mittal son fondateur et son mall partagé dans l'aérocité qui jouxte l'aéroport international de Dehli. En fin conniasseur et commentateur de l'industrie, Anuj Puri qui siège à la tête du cabinet de conseil jones Lang Lasalle se réjouit de cette émulation: « c'est excitant de voir des entrepreneurs avisés s'engager dans l'immobilier commercial, secteur qui nécessite patience, capital et capacité à gérer sur le long cours le fonctionnement et l'animation de ses temples du shopping. » Q

Mahatma Gandhi ji Restaurant

Chaussée- d’ Antin- La Fayette. Ouv 12h - 14h30, 19h 23h 30. Fermé1er mai et déc. Formules déj 13,50 euro - 16,50 euro ; le soir, menus 21-32 euro. Digestif maison( le soir) offert sur pré- sentation de ce guide. Ahir Arvnd est un ambassadeur de la cuisine indienne. Dans sonrestaurant, vous pourrez apprécier tout ce qui fait le piment et la saveur de la cuisine de l’ ouest de l’ Inde. Ses mets sont divinement épicés et pimentés selon votre degré de tolérance. Régalez- vous avec sa caille tandoori ou son agneau Madras, accompagnés tous deux d’un naan. Métro: Chaussée-d'-Antin-La-Fayette Horaires d’ouveture Ouvert après 23h Ouvert le dimanche Address Gandhi Ji’s:12 rue la Fayette, 75009 Paris, Tel: 01 45 23 21 52

Indes Septembre - Octobre 2012 57


Directeur de la publication: Ranvir Nayar Rédacteur en chef: Ranvir Nayar Directeur éditorial: Ravinder S Bhatia Chargé de Communication: Marc Seviran Conseiller rédactionnel: Rajendra Shende, Yogen Gupta Responsable création: Pratap Singh Graphistes: Debjyoti Mukherjee Webmaster: Manoj Upadhyay Redaction: Ameeta Agnihotri Megha Bajaj Anusha Gill Mireille - Joséphine - Guézennec Priya Gupta Suhaas Joshi Naren Karunakaran Venkata Krishna Christine Nayagam Gayatri Ramanathan Alexandre Seviran Luice Simonel Manjeet Singh Shivani Unnikrishnan Samyukta Vatsya Photographes: Ira Gur- Aryeh, Ishan Sharma, Piyush Sekhsaria, Shivani Pandey, Shashi Sahai Bureaux: Siége social: 12 rue d’lsly Paris - 75008 Tel: 0033144698301 New Delhi(NCR): Suite 302 , A-7, 3rd Floor, Sector 10 , Noida 201301 Tel: 0120- 6498490-95 Fax: 0120- 4281628 Mumbai: Kothari House 3rd Floor 5/7 Oak Lane, Fort, Mumbai- 400023 Tel: 022- 22631420, Fax: 022- 22631421 Chennai: 8/1 State Bank Street, Mount Road, Chennai-600002, Tel/Fax 0091 4442114545 Banglore: K. Ganesh Tel./Fax: 0091 8025658274 L’équipe Marketing(sales@mediaindia.eu) K.Ganesh , Sonal Garg Publié par MEDIA INDAI SARL au capital de 20 000 euros No SIREN: 453 030 371 Commission paritaire:0708 K 84914 ISSN: 1767-5952 Dépot Légal: Septembre 2012 contact@mediaindia.eu Date de parution du no 51: Septembre 2012

.......................................................................................... ................................................................................................................................. ................................................................................................................................ ............................................................................... ........................................... ................................................. .............................................................................. ............................................ .................... ..................................................... .................................................................................................................................


One Among The 50 Top Wellness Destinations in The World

Kairali -The Ayurvedic Healing Village

INDES: Sept - Oct 2012  

Indes is our flagship French magazine. It’s the only French magazine which promotes India as a tourism destination in European Union.Indes i...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you