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âmes architectes Manihi LEROI CHEZ BRUNEAU GHEZZI ARCHITECTES

MASTER LABORATOIRE HABITER L’ANTHROPOCÈNE SEMESTRE 8

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© Olivier Leroi (mon père)

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INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR L’ÉTUDIANT ET L’ÉTABLISSEMENT D’ACCUEIL ETUDIANT

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DATE DU DÉPÔT DU MÉMOIRE : 17 mai 2018 NOM / PRÉNOM: LEROI Manihi SEMESTRE : 8 LABORATOIRE : Habiter l’anthropocène ENSEIGNANT RÉFÉRENT : SALAMA Franck

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ETABLISSEMENT D’ACCUEIL

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LE PAYS : Saint-Barthélemy, Antilles, France LE NOM DE L’ÉTABLISSEMENT DE L’ACCUEIL : Bruneau Ghezzi Architectes . LE DOMAINE D’ACTIVITÉ : Agence d’architecture . LES REPRÉSENTANTS DE LA STRUCTURE : Yannick Bruneau et Jérémie Ghezzi . ADRESSE : Rue de la paix, Gustavia, Saint-Barthélemy, 97133 . TÉL/ FAX : +590 (0)590 87 89 30 . E-MAIL: contact@bg-architectes.com . LE SITE INTERNET : https://www.instagram.com/bg_architectes/ . LE NOMBRE D’EFFECTIFS : 5 . LA MISSION DE L’ÉTUDIANT DURANT LE STAGE : Participation à une mission recherche et bénévole, élaboration de concepts de projet, participation à des actions bénévoles . TYPE D’ASSURANCE POUR LES STAGIAIRES (PROTECTION SOCIALE / RESPONSABILITÉ CIVILE): . GRATIFICATION : 850 € . LA DURÉE DU STAGE : Du 6 Janvier au 30 Juin -

TUTEUR DE STAGE

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NOM / PRÉNOM: GHEZZI Jérémie POSITION AU SEIN DE LA STRUCTURE : Architecte HMNOP, Directeur général . FORMATION : École d’architecture à Montpelier, ESA . LES LANGUES PARLÉES : Français, Anglais . MAIL : jghezzi@bg-architectes.com . TÉL : +590 (0)590 87 89 30 . PORTABLE: +(590) 0690-72-85-78

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Quel est le rôle d’un architecte exerçant sa profession dans des milieux abîmés habités à risques climatiques et sismiques à l’ère de l’anthropocène ?

4 © Olivier Leroi (mon père)


SOMMAIRE 1.

MON PARCOURS EN TANT QUE STAGIAIRE/ POST-DIPLÔME ENVISAGÉ

1.1 - Architecte...Et après ? ........................................................................................P.6

1.2 - Un stage de fin d’étude aux Antilles...Mais pourquoi ? ..................................P 6

2.

ORGANISME D’ACCUEIL : BRUNEAU GHEZZI ARCHITECTES

2.1 Le produit architectural de l’établissement........................................................P7

2.2 - Le statut juridique de l’établissement...............................................................P8

2.4 Moyens matériels et humains de l’agence Bruneau Ghezzi Architectes..........P9

2.5 Les collaborateurs, les partenaires principaux...................................................P10

3.

MISSIONS EN TANT QUE STAGIAIRE CHEZ BG ARCHITECTES

2.3. L’organigramme de l’établissement...................................................................P9

2.6 L’histoire de l’agence Bruneau Ghezzzi Architectes...........................................P11

3.1 Les missions recherches et bénévoles post Irma entrevues au sein de l’agence........................................................................................................................P12

3.2 La cohérence et la pertinence de projets conçus dans un milieu insulaire à risques climatiques et sismiques ............................................................................................P22

4.

APPORT DU STAGE

4.1 Cohérence des tâches confiées avec les objectifs du stage.............................P 42

4.2 Découvertes administratives et d’exercices professionnels dans le cadre du stage..........................................................................................P 42

4.3 la formation de l’ESA face a la réalité professionnelle.......................................P 43

5.

CONCLUSION...........................................................................................................P 44

BIBLIOGRAPHIE........................................................................................................P 46

3.3 Les missions bénévoles dépassant le métier d’architecte.................................P38

4.4 Réflexion personnelle liée à mon parcours post-diplôme envisagé.................P 43

ANNEXES..................................................................................................................P 47 5


1. MON PARCOURS EN TANT

QUE STAGIAIRE/ POST-DIPLÔME ENVISAGÉ 1.1 - ARCHITECTE...ET APRÈS ? Afin de compléter les enseignements de l’école et divers stages que j’ai effectués à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, mon objectif post-diplôme serait dorénavant d’avoir une expérience en agence à Paris ou dans une autre grande ville du monde, telle qu’en Australie ou encore aux États-Unis. J’ai toujours souhaité avoir une expérience sur des territoires autres que celui où j’ai grandi (Saint-Martin) mais je n’ai jusqu’ici pas eu l’occasion de le concrétiser. Ce besoin d’avoir après mon diplôme une expérience en agence dans une grande ville, est de pouvoir m’imprégner de nouvelles cultures et philosophies de manière plus approfondie que lors d’un simple voyage, de découvrir d’autres modes de fonctionnement d’agences. L’objectif serait de poursuivre les études et d’obtenir la HMNOP afin d’être architecte à 100%. Mais je reste persuadée qu’avant d’entreprendre cette HMNOP il va me falloir acquérir davantage d’expériences afin de comprendre la complexité du métier d’architecte, et si possible suivre un projet dans toutes ses phases. Dans une suite logique, mon rêve ultime serait de monter ma structure d’architecture. 1.2 - UN STAGE DE FIN D’ÉTUDE AUX ANTILLES...MAIS POURQUOI ? Irma, l’ouragan survenu en septembre 2017 au cours de mon semestre 7 a ravagé Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Native de Saint-Martin et victime de cet ouragan qui a emporté la maison de mon enfance, il était pour moi inconcevable d’aller ailleurs qu’aux Antilles pour ce stage de fin d’étude. Ayant la chance de poursuivre des études d’architecture, ce stage me donnait l’opportunité de venir en aide aux populations démunies et en besoin de reconstruction après ce tragique évènement. De plus, étant dans le cadre du master, dans le laboratoire habiter l’anthropocène, il me semblait que les problématiques et thématiques du stage étaient en étroite relation avec les questions abordées dans le laboratoire. Même si Irma est un évènement propre aux Antilles, les solutions qui en découlent peuvent être appliquées à d’autres endroits du monde subissant les mêmes aléas climatiques. On peut par exemple citer le Japon ou encore la Réunion qui sont touchés par des typhons et cyclones. La problématique des zones telluriques est applicable à de nombreux endroits du monde. Je souhaite par la suite orienter mon diplôme sur les Antilles et sur la problématique qui touche ces territoires à risques climatiques et sismiques. Ce stage me permettra d’approfondir mes connaissances sur les traditions de l’architecture locale, sur la manière de construire dans des territoires à risques. Il me semblait important d’être

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immergée au cœur d’une agence traitant de ces problématiques quotidiennement et encore plus après le passage d’Irma, afin d’envisager un diplôme cohérent.

2. ORGANISME D’ACCUEIL :

BRUNEAU GHEZZI ARCHITECTES

2.1 LE PRODUIT ARCHITECTURAL DE L’ÉTABLISSEMENT. L’agence BRUNEAU GHEZZI architectes est située à Saint-Barthélemy, une collectivité d’Outre-mer (depuis 2007) au Nord de l’arc Antillais. Pour comprendre leur philosophie en tant qu’architecte sur ce territoire, il est important de prendre en compte l’échelle et le contexte de l’île. Le territoire de St Barth est composé de plusieurs petites îles étalées sur une surface de 24 km2. Sur ces 24 km2 seuls 21 km2 sont habités (l’île principale). D’autres enjeux sont aussi primordiaux dans la compréhension de ce territoire insulaire. En effet St Barth ne possède aucune source d’eau, ce qui en fait un réel enjeu au quotidien. Sa position géographique impose aussi des risques, notamment climatiques et sismiques. Le risque d’ouragan, de séisme et de tsunami sont permanents. Vivre sur une île telle que St Barth c’est vivre au gré des saisons climatiques, et non des saisons classiques universelles. La saison des pluies, la saison cyclonique, les alizés, la période de sécheresse induisent des modes de vies adaptés à ces risques. Ces données ont permis à Jérémie et à Yannick de développer une philosophie en tant qu’architectes. Leur travail de recherche s’investit dans des projets de développement durable et d’intérêt public. Leurs projets cherchent à s’inscrire dans l’écriture architecturale locale tout en se servant des technologies dont nous avons à disposition afin de répondre aux contraintes que cette île a toujours dû faire face. Telles la récupération des eaux de pluies, le développement des énergies renouvelables, trouver des solutions pour construire mieux face aux ouragans mais aussi participer à de nombreuses actions locales et bénévoles pour faire évoluer l’architecture locale, la carte d’urbanisme, la préservation des plages, la replante de végétaux suite à Irma, etc. La philosophie de leur travail penche vers une architecture vernaculaire locale, respectueuse de son environnement, de sa topographie et de ses contraintes climatiques diverses. Vers une architecture travaillant sur des systèmes de ventilation naturelle, de récupération des eaux de pluies, jouant au caméléon avec la topographie de l’île tout en réinterprétant, déformant, changeant l’échelle de l’architecture traditionnelle des cases, des cabarets communautaires, et des cases à vents.

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Leurs parcours les ont amenés à construire essentiellement des villas de luxe et des hôtels sur l’île. Cependant ils ont aussi travaillé sur la nouvelle déchetterie de l’île, concours qu’ils ont gagné, ou encore de travailler sur un concours pour un EHPAD à Aix-en-Provence dont nous attendons encore les résultats. 2.2 - LE STATUT JURIDIQUE DE L’ÉTABLISSEMENT BRUNEAU GHEZZI architectes est une société où Jérémie et Yannick se partagent la paternité de l’agence. Afin de protéger leurs biens propres, ils ont monté une SAS d’architecture. Yannick BRUNEAU est architecte inscrit à l’ordre des Architectes de Corse et Jérémie GHEZZI vient d’avoir sa HMNOP. Leur société est enregistrée à l’Ordre des Architectes de Guadeloupe. À ce jour Yannick est président de la S.A.S. BRUNEAU GHEZZI Architectes a 51% des parts et Jérémie est Directeur général à 49% des parts.

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2.3. L’ORGANIGRAMME DE L’ÉTABLISSEMENT

Yannick Bruneau Architecte HMNOP Président

Jérémie Ghezzi Architecte HMNOP Directeur général

Lydie Lalouel Conductrice de travaux/ Chef de projet

Aurore Boitier Assistante de direction

Collaborateurs Français

Adeline Architecte/ Conductrice de travaux

Collaborateurs Vietnamiens

2.4 MOYENS MATÉRIELS ET HUMAINS DE L’AGENCE BRUNEAU GHEZZI ARCHITECTES.

L’agence BRUNEAU GHEZZI architecte est située à Gustavia (la capitale de St Barth) et se développe dans un open space de 75 m2 de type Start Up. Ce local est très bien équipé, une salle de réunion avec ordinateurs (fixes, portables et tablettes), imprimantes (copieurs et traceurs), appareils photos (numériques et 360°), table à dessin, coin maquette, casques de réalité virtuelle, téléphones ainsi que 3 voitures de fonction. Afin de pouvoir répondre aux problèmes de logement que subit SaintBarthélemy, l’agence dispose aussi de trois logements de fonction pour son équipe. Au-delà de ses moyens matériels, l’agence s’appuie sur une équipe de 4 personnes.

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. Yannick BRUNEAU - Architecte HMNOP associé . Jérémie GHEZZI - Architecte HMNOP associé . Aurore BOITIER - Assistante de direction en CDI depuis le 25 mars 2016 . Lydie LALOUEL - Conducteur de travaux/ Chef de projet en CDI depuis Décembre 2017 Cette équipe s’est renforcée par un nouveau membre à partir du mois d’Avril 2018 : . Adeline - Architecte/ Conductrice de travaux en CDD Pendant ma période de stage nous étions aussi deux stagiaires en stage de fin d’étude. . Carine BONNISSE, étudiante en 4 ème année à L’ESA (laboratoire La Fabrique collective) . Moi même. 2.5 LES COLLABORATEURS, LES PARTENAIRES PRINCIPAUX. ` La particularité de cette agence est sa façon de fonctionner. Le travail sur ordinateur est réduit à son strict nécessaire, le calque prône. Ils défendent leur profession comme étant des concepteurs de matière grise et non comme des dessinateurs sur machine. C’est pourquoi afin de mener à bien leur idéologie de production, l’agence fonctionne sur trois fuseaux horaires. Celui de St Barth, celui de la France (+6h) et celui du Vietnam (+11h). Ainsi ils ont des collaborateurs réguliers qui exécutent la production de plans techniques autocad, ou encore de 3D et de réalité virtuelle. Cette façon de fonctionner leur permet ainsi de gagner du temps et de travailler sur davantage de projets en même temps. Avec une ancienneté d’à peine 4 ans en décembre prochain, ils cumulent déjà soixante projets. D’autres professionnels travaillent aussi régulièrement avec eux comme l’ingénieur béton Tanguy Watcher ou encore des agences de BTP. Leur entreprise travaille aussi en collaboration avec des actions bénévoles, dont une créée suite à Irma afin de dresser un état des lieux pour la reconstruction de l’île et où ils se sont associés avec tous les autres architectes de l’île. Cette action les a amenés à travailler avec la collectivité afin de trouver des solutions préventives en matière de construction. Récemment ils ont aussi collaboré bénévolement avec le festival photo de SaintBarth afin de créer une scénographie de cette exposition avec Marie et Valentine. Leur dernière action consiste en une collaboration avec l’Agence territoriale de l’environnement afin de préserver les plages et la replante de l’île.

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2.6 L’HISTOIRE DE L’AGENCE BRUNEAU GHEZZI ARCHITECTES. Jérémie GHEZZI et Yannick BRUNEAU se connaissent depuis leur début d’étude d’architecture à Montpellier. Depuis, ils sont devenus deux amis inséparables. Après diverses expériences en France, pour Jérémie au sein de Vous Etes Ici architectes à Paris, ou à Saint-Barthélemy, chez Patrick Raffeneau Design, ils décident en 2015 de créer leur agence grâce à une toute première opportunité de projet avec l’hôtel Le Barthélemy et la construction d’une villa 12 chambres. Ainsi le 23 avril 2015 est créée la S.A.R.L Bruneau Ghezzi Architectes. Puis pour des raisons de responsabilité civile et afin de protéger leurs biens propres ils changent le statut de la société en tant que S.A.S le 1er Février 2017. C’est ainsi qu’ils commencent les six premiers mois dans leur chambre pour ensuite se développer dans un premier local de 14m2 pendant douze mois pour aujourd’hui s’établir dans un open space de 75m2 type Start Up. Face à cette réussite, ils réhabilitent actuellement les anciens bureaux d’assurance Allianz afin d’agrandir leur superficie et ainsi accueillir davantage de coéquipiers. Leur souhait serait de s’exporter au delà de Saint-Barthélemy et de concevoir des projets abordant d’autres problématiques. Durant mon stage ils ont d’ailleurs eu l’opportunité de développer un projet en Uruguay, au Brésil et à Cuba. Leur objectif étant d’avoir une entreprise localisée sur Saint-Barthélemy et une en France.

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QUEL EST LE RÔLE D’UN ARCHITECTE EXERÇANT SA PROFESSION DANS DES MILIEUX ÂBIMÉS HABITÉS À RISQUES CLIMATIQUES ET SISMIQUES À L’ÈRE DE L’ANTHROPOCÈNE?

3. MISSIONS EN TANT QUE STAGIAIRE CHEZ BG ARCHITECTES 3.1 LES MISSIONS RECHERCHES ET BÉNÉVOLES POST IRMA ENTREVUES AU SEIN DE L’AGENCE Je suis arrivée à St Barthélemy quatre mois après le passage d’Irma. Afin de se relever de ce tragique événement, l’ile est en pleine reconstruction. Dans le cadre post-cyclonique dans lequel je suis plongée, je vais participer à la mission recherche et bénévole d’utilité publique que Yannick et Jérémie ont lancé quelques jours après le passage de l’ouragan. Les garçons m’ont alors dans un premier temps missionnée afin de réaliser une analyse profonde de l’ile de Saint-Barthélemy. Tant sur son histoire, ses aléas climatiques, ses risques en tout genre, son économie, sa culture, son architecture et tout ce qui définit Saint-Barthélemy. Pour retranscrire cette analyse nous avons produit avec la participation de Carine Bonnisse, une cartographie de l’île à thématiques précises. Dans un second temps ma mission s’est positionnée sur une analyse des dégâts. À travers des analyses sur sites ravagés par le cyclone pour essayer de comprendre pourquoi ces vents l’ont emporté sur les pratiques de constructions architecturales locales. Ces analyses de site post-cyclone nous ont permis de dresser un tableau excel nous indiquant le pourcentage de logements sinistrés sur l’île mais aussi des données chiffrées sur les matériaux, les protections cycloniques, les revêtements de toiture les plus performants face à des vents de 400 km/h. Dans un troisième temps, notre analyse nous a conduits à réaliser des constats sur les zones à risques et sur leur position géographique en lien étroit mais aussi à rechercher des solutions afin de mieux construire pour le futur. Ce qui a abouti à un cahier de préconisation. Après cette brève introduction, je vais vous présenter de manière plus approfondie et détaillée le travail que j’ai pu effectuer au cours de cette mission. Tout d’abord, Irma c’est qui ? • Des vents soutenus supérieurs à 300 km/h • Des rafales enregistrées au-delà de 400 km/h • De la houle cyclonique de 12 m Quelques images post-irma afin de comprendre ce que peut provoquer un tel phénomène (même 6 mois après son passage). 12


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Š Photos Manihi


Maintenant que vous pouvez vous faire une image rapide de ce qu’a pu engendrer un tel phénomène, essayons de comprendre grâce à ce travail de recherche, ce qui caractérise St Barth et déceler l’ampleur qu’un tel évènement peut susciter après son passage. Commençons par un bref retour historique de l’île de Saint-Barthélemy effectué dans le cadre du stage.

© Phrise chronologique réalisé par Manihi L

Cette frise chronologique nous montre que l’île a connu diverses influences culturelles notamment française et suédoise, lui cédant un patrimoine culturel et architectural toujours présent. Ce patrimoine est conservé et l’île continue à respecter cette écriture architecturale tout en la modernisant au fil du temps. L’ouragan Irma a emporté quelques bâtisses suédoises classées au patrimoine qui seront reconstruites à l’identique dans les mois à venir. Cependant il existe toujours certaines cases de l’époque coloniale. On les appelle les cases à vent. Ces constructions anciennes ont fait l’objet de nos recherches puisqu’en effet nos ancêtres avaient beaucoup moins de moyens mais ils réalisaient des maisons bien plus solides et résistantes aux cyclones que certaines construites de nos jours. Afin de comprendre davantage l’architecture locale, j’ai effectué des recherches sur les cases suédoises, les maisons coloniales, les cases à vents et les cases créoles. Cela m’a permis de comprendre que les anciens préféraient une architecture de type petits volumes avec de petites ouvertures permettant une meilleure résistance aux ouragans, à la forte pression atmosphérique, aux vents violents et aux pluies diluviennes. Ci-contre des photos de cases à vents et d’une maison suédoise.

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Photos Š Olivier Leroi (mon père)

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EN QUOI L’ANALYSE POST-IRMA DE SAINT-BARTHÉLEMY EST-ELLE PERTINENTE DANS LE CADRE DE L’AGENCE MAIS AUSSI DANS LE CADRE DU STAGE ?

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Face à l’ère actuelle dans laquelle nous vivons, l’anthropocène, la planète réagit à nos actions, se manifeste, se meut et s’émeut comme le dit Lovelock. La multiplication des catastrophes naturelles, la déforestation, la montée des eaux, l’augmentation de la température de l’eau, la pollution sont des causes à effets de nos actions qui impactent gravement la biosphère, l’atmosphère et l’hydrosphère. Nous pouvons notamment observer à Saint-Barthélemy nombreux de ces exemples. À travers l’analyse (cartographique, analyse sur site ravagé, consultations de cahiers de préconisations locaux) d’un territoire insulaire à haut risque cyclonique, sismique et de catastrophes naturelles, telle que la prolifération de sargasses sur les côtes atlantique de l’île, nous sommes amenés à réfléchir sur de nouvelles philosophies de pensées pour nos modes de vies, sur les manières de construire et sur comment faire évoluer positivement la culture. À travers ce microcosme et ses problématiques, les analyses réalisées dans le cadre post-Irma pourront possiblement être applicable à d’autres macrocosmes. Tel que le risque naissant de cyclone en Europe ou encore des risques sismique et cyclonique aux États-Unis, en Asie, etc. Cette démarche n’est pas une simple analyse, ni une simple résultante d’un cyclone mais bien une quête de réponses pour trouver des solutions architecturales, faire évoluer nos modes de vies, notre futur, à l’échelle de la planète et contribuer à essayer de tendre vers une éthique du care, afin de minimiser nos actions sur Gaïa. Dans un premier temps, cette analyse a démarré par une cartographie de l’île, nous en avons dégagé plusieurs thématiques : 1. Cartographie sur le contexte environnemental (activité cyclonique, sismique, ou encore risque de sargasses) qui nous a permis d’en faire ressortir que SaintBarthélemy est une île avec une attractivité touristique liée à un climat tropical favorable annuel. Doté cependant de nombreux risques environnementaux pour certains qui sont saisonniers (cyclones et sargasses) mais d’autres qui sont constants (séismes). Ces analyses nous ont démontré qu’il y avait une intensification des phénomènes, et l’apparition d’un nouvel enjeu environnemental lié à l’anthropocène : les sargasses. N’étant pas les seuls à subir ces risques, nous en concluons qu’il faut s’inspirer des territoires subissant les mêmes aléas climatiques. Mais qu’il faut aller plus loin afin de trouver de nouveaux moyens de construire, de se servir des contraintes pour en faire un atout, tout en s’adaptant à la topographie et aux contraintes climatiques de l’île.

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2 . Cartographie sur les réseaux de communications (réseaux aériens et maritimes majeurs, réseaux territoriaux, réseaux routiers). Ce travail de carte met en lumière la position insulaire de Saint-Barthélemy reliée mondialement grâce aux réseaux aériens (notamment depuis St-Martin et la Guadeloupe) et qui à son tour génère un tourisme mondial (moteur de l’économie du territoire). Cependant Saint-Barth est une île dépendante de la région (St-Martin, Guadeloupe) pour son approvisionnement (alimentaire, matière première...). Ce qui peut générer des périodes de crise en cas de forte houle, de catastrophe naturelle, etc. De plus au sein du territoire, l’île ne possède qu’un réseau routier territorial restreint. Ceci induit en cas de catastrophe naturelle un acheminement difficile (denrées, matériaux pour reconstruire...). Il faudrait dorénavant se raccorder avec d’autres pays, tel que l’Amérique du Sud ou encore l’Asie (pays en plein développement). 3. Cartographie sur l’activité du territoire (carte sur la culture et l’agriculture du passé, sur le patrimoine culturel et naturel de l’île, sur la préservation de l’île, sur son urbanisation, sur la répartition des hébergements, ou encore sur son activité économique). Ces analyses ont démontré que l’île est attractive par la beauté de son patrimoine naturel et par sa préservation (préservée à 60% ). La densité de population n’est pas la même en rivage ou en crête, et celle-ci est plus importante dans les zones d’activités comme Gustavia, Saint-Jean ou encore Lorient. Ce territoire est cependant saturé par ses flux. Cela soulève des problématiques : - Tendre vers une mobilité douce - Définir des zones propices à l’habitation annuelle ou partielle - Revenir à une agriculture locale - Revenir à l’échelle du quartier 4 . Cartographie sur les risques géo-topographiques que je vais ici plus détailler : - Cartes déterminant les différentes zones à risques que nous avons déterminées après le cyclone, ci dessous un croquis explicatif des 4 différentes zones à risques de l’île :

RIVAGE © croquis Manihi L

CUVETTE 17

MI-HAUTEUR

CRÊTE


Ces quatre zones induisent différents risques : - Rivage = inondations - Cuvette/Plat = inondations + ravines + vent comprimé - Mi-hauteur = Ravines + accélération du vent + effet venturi - Crête = accélération du vent + tourbillonnement Et comme vous allez pouvoir le voir avec la carte suivante, l’urbanisation de l’île est soumise à tous les risques puisque toutes les zones sont construites.

Carte © Carine B & Manihi L

Face à cette île soumise à tous les risques, nous avons étudié les couloirs de vents de Irma afin d’établir les risques de vents en cas de cyclone selon les quatre zones que déterminées préalablement. Ci-contre un schéma explicatif des risques de vents en fonction de la zone où se situe le bâtit.

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CUVETTE ENTRE 2 MORNES -

Vent comprimé Accélération du vent

MI-HAUTEUR -

Accélération du vent Effet venturi

CRÊTE -

Aspiration du vent Vent tourbillonnant

Croquis © Carine B & Manihi L

Notre mission s’est alors orientée vers une recherche de solutions face à ces risques : Nous avons d’abord cherché avec Carine des solutions pour les toitures que je vais illustrer par quelques croquis. Nous avons tenté de trouver des alternatives qui par leur symétrie, leur asymétrie ou encore leur ventilation permettraient de réduire les risques en cas de cyclone, et d’empêcher au maximum le soulèvement des toitures provoqué en cas d’ouragan. Ces croquis de recherche travaillent sur la symétrie et l’asymétrie afin de palier aux risques de soulèvement en cas de cyclone, visent à créer des zones de sûreté en cas de cyclone et selon leur positionnement minimiserait le risque de ravine lorsque le bâtiment est situé en crête ou mi-hauteur.

Croquis © Carine B & Manihi L

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Ces recherches travaillent davantage sur la ventilation de la toiture afin de réduire la pression atmosphérique en cas de cyclone et ainsi réduire le risque de soulèvement. De plus cela la ventilation des toitures permet tout au long de l’année d’offrir une ventilation naturelle au bâtiment non négligeable.

Croquis © Carine B & Manihi L

Notre mission s’est aussi orientée sur les risques sismiques et cycloniques en matière de fondation et en fonction de leur position géographique locale : rivage, mi-hauteur ou en crête.

Croquis © Carine B & Manihi L

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Croquis © Carine B & Manihi L

Cette mission recherche et bénévole s’est déroulée tout au long du stage à intervalles variés, ce qui permettait de prendre du recul sur les analyses précédentes (étude encore à ce jour). Nous allons par la suite rechercher des solutions à l’échelle d’un quartier précis avec l’élaboration d’un projet en parallèle. Ce qui nous donnera une vision complète de cette mission, tant sur le plan analytique que sur le développement d’un projet en adéquation avec son milieu et ses risques. Yannick et Jérémie ont laissé libre cours à notre imagination. Tous deux ont été très pédagogues nous aiguillant à tour de rôle tout au long de nos recherches. Ce fut à la fois un travail autonome et une collaboration.

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3.2 LA COHÉRENCE ET LA PERTINENCE DE PROJETS CONÇUS DANS UN MILIEU INSULAIRE À RISQUES CLIMATIQUES ET SISMIQUES

Introduction Ce stage m’a permis d’entrevoir des projets divers tels que réhabilitation, création de verger, conception de villas créoles, analyse de territoire étranger, aménagement de logement ou encore conception de logements collectifs. Tous les projets entrevus au sein de l’agence devaient obligatoirement être réalisés à la main. L’une des dialectiques de l’agence étant de tout faire sur calque, d’user du calque et de n’utiliser l’ordinateur qu’en phase finale, uniquement quand le projet est abouti et qu’il peut être déposé pour enclencher la demande de permis. Cette méthode de conception est nouvelle dans mon parcours de stagiaire, en effet le temps passé sur calque était de 90% et le reste était sur la mise au propre à l’ordinateur. Les débuts au sein de l’agence étaient de ce fait un peu déstabilisants mais en regardant le parcours accompli durant ces quelques mois, je me suis rendue compte que cette méthode était très efficace et que cela m’avait libéré de l’appréhension que j’avais du travail de recherche à la main. Le suivi de Yannick et Jérémie était journalier accompagné de débriefings autour de la table de réunion afin de rebondir au maximum sur la conception d’un projet. Cette énergie mêlée à un travail sur différents projets dans la même journée permettait de les faire évoluer plus rapidement et de ne pas se bloquer sur des idées. Au delà de cette méthode de travail, Yannick et Jérémie ont soif d’enseigner leur connaissances. L’autonomie face aux projets était pour eux un point très important. La conception de tous les projets sur lesquels j’ai été missionnée devait venir de mes propres recherches. Par la suite c’est eux qui, au cours de nos entrevues quotidiennes, me donnaient des conseils afin d’améliorer le travail d’esquisse et surtout de pointer les éléments techniques dont je n’avais pas encore connaissance. Je vais ainsi vous présenter quelques projets sur lesquels j’ai eu l’opportunité de travailler.

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PROJET 1 : ETAT DES LIEUX + PROPOSITION D’AMÉNAGEMENT D’ANCIEN BUREAUX D’ASSURANCE POUR LES TRANSFORMER EN AGENCE BG’ Ma première mission en tant que stagiaire chez BG fut de réaliser un état des lieux suite à Irma, d’anciens bureaux d’assurance, mais aussi de diagnostiquer l’état de vétusté des locaux. Ma seconde mission fut de travailler sur plusieurs aménagements possibles pour les futurs locaux de l’agence. Il a fallu prendre en compte que le plateau de 170 m2 serait divisé en trois. Trois programmes au sein d’un même local, l’agence, un bureau pour le propriétaire des lieux et deux à trois bureaux supplémentaires pour des infographistes. Face à l’agencement actuel des bureaux, j’ai tout d’abord réalisé un plan des éléments porteurs que nous ne pourrions pas modifier et réaménagé les espaces afin d’offrir un lieu d’accueil agréable composé d’un espace collectif pour se restaurer. L’un des autres objectifs fut de proposer une nouvelle façade pour le bâtiment en restant dans les codes de l’architecture locale tout en y apportant une touche contemporaine et novatrice. Pour des soucis d’assurance nous avons du mettre en stand-by l’avancement du projet, je vais donc vous présenter en croquis les premières pistes de réflexions effectuées.

version 1

version 2

Croquis, plan © Manihi L

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PROJET 2 : RÉALISATION D’UNE DÉCLARATION DE TRAVAUX POUR LA CRÉATION D’UN ENROCHEMENT POUR UN VERGER COMPOSÉ D’ARBRES FRUITIERS À ce jour l’île est en quête d’autonomie face à la dépendance totale des territoires avoisinants de la France et des Etats-Unis pour s’approvisionner en nourriture. La collectivité souhaiterait revenir à une agriculture locale comme nos ancêtres ont pu le faire avec le coton, le tabac, l’indigo, le sel, les arbres fruitiers, la pêche, et l’élevage de bœufs. Ce qui depuis des décennies a totalement disparu faute de volonté, moyens financiers, manque d’eau ou encore aléas climatiques. Un des clients de l’agence, jardinier et passionné d’agriculture, propriétaire d’une parcelle de 6553 m2 en zone naturelle et ne pouvant entreprendre aucune construction sur cette zone, souhaiterait mettre à profit cette parcelle pour la réalisation d’un enrochement et la création d’un verger. Cela rejoindrait cette quête d’indépendance de l’île et pourrait à la fois alimenter le nouveau marché de SaintBarth et sensibiliser les jeunes à un retour vers une agriculture locale. Ma mission fut alors de réaliser une déclaration de travaux afin qu’il puisse déposer son dossier à la collectivité et mettre en œuvre cette idée. À travers ce projet j’ai, sous la tutelle de Jérémie, conçu le dossier de déclaration de travaux, réalisé des coupes de principe et une mise en situation. Quelques mois plus tard nous recevions un retour défavorable de la collectivité qui depuis début avril avait décidé de freiner toute construction sur l’île. Leur postulat étant d’empêcher de nouveaux investisseurs de construire mais de favoriser les locaux. Une révision de la carte d’urbanisme est d’ailleurs en cours, ainsi tout dépôt de permis effectué début mai ne pourra obtenir une réponse qu’à partir du mois de janvier suivant. Malgré un avis défavorable reçu en avril, j’ai donc écrit une lettre de recours gracieux répondant à leur refus semblant injustifié. La collectivité avait rejeté notre demande évoquant que les enrochements en pierre prévus dans le projet n’étaient pas conformes à l’article N2 stipulant que dans la zone verte N, les constructions nouvelles sont interdites. Or l’intervention visait simplement à aménager le paysage de façon naturelle afin qu’il puisse réaliser un verger sur un terrain en pente. Ce n’était en aucun cas une construction et cela n’engendrait aucun chantier. Cet article notifiait aussi que toute installation ne devait pas atteindre à la sauvegarde du paysage. Nous avons donc redéposé le dossier prouvant que cet aménagement paysager était dans la dialectique d’un retour vers une agriculture locale et qu’il ne dénaturait pas le paysage. Qu’il avait bien une vertu et qu’il pouvait sensibiliser les plus jeunes à l’agriculture. D’une certaine façon que notre client mettait son terrain à disposition de la collectivité pour le développement de l’île, induisant un intérêt collectif avec une plus-value pour l’économie locale tout en promouvant le développement durable.

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Mme Bernier Josiane Cul-De-Sac 91333 St-Barthélémy

BRUNEAU GHEZZI ARCHITECTES Rue de la Paix / Gustavia 97 133 Saint-Barthélémy Tel : 0590.878.930 Mail : contact@bg-architectes.com

coupe de principe RÉALISATION D’UN ENROCHEMENT POUR CRÉATION D’UN VERGER PLAN / COUPE DE PRINCIPE

DT

23-01-2018

PROJET AVANT

PROJET APRES

Mme BERNIER Josiane Cul-De-Sac 91333 St-Barthélémy

BRUNEAU GHEZZI ARCHITECTES Rue de la Paix / Gustavia 97 133 Saint-Barthélémy Tel : 0590.878.930 Mail : contact@bg-architectes.com

Coupe de principe et mise en situation DT © Manihi L

RÉALISATION D’UN ENROCHEMENT POUR CRÉATION D’UN VERGER VISUALISATION DU PROJET DANS SON CONTEXTE

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23-01-2018

IND:

IND:


PROJET 3 : RÉALISATION DE 6 LOGEMENTS

Croquis © Manihi L

À Saint-Barthélemy la problématique du logement est plus qu’une réalité. De nombreux riches investisseurs, des stars et des personnes fortunées sont venus sur cette île construire des villas plus belles les unes que les autres en tant que maison de vacances ou encore pour de la location saisonnière. Dès 1957 Saint Barthélemy devient une destination de prestige avec notamment la construction de la maison de Mr Rockefeller. Cependant cet état de choses pose problème pour les locaux, les saisonniers et toutes les personnes qui font vivre cette île. Trouver un logement à Saint-Barth est très compliqué. Pour vous faire une idée, c’est encore plus compliqué et plus cher qu’à Paris. Notre client, natif de l’île et conscient de cette problématique est venu à la rencontre des garçons afin de réaliser six logements composés de quatre studios et de deux chambres de 30 et 60 m2 pour les résidents St Barth. La conception, l’implantation et les premières pistes de réflexion pour ce projet m’ont été confiées. Puis nous avons travaillé en binôme pour régler les derniers détails. J’ai ensuite repris le projet dans ses phases d’aménagement et de mise au propre à l’ordinateur pour la préparation du PC. Sur ce projet, nous avons exclusivement été suivies par Jérémie puis par Yannick, pour les conseils supplémentaires. L’une de mes premières missions était de m’assurer de la faisabilité du projet, le terrain se situant à moins de 30 m de la zone verte. En effet, à St-Barthélemy lorsqu’un terrain est proche d’une zone verte il faut faire passer l’Agence Territoriale de l’Environnement (ATE) afin de s’assurer qu’aucune espèce protégée ne soit présente sur la parcelle. Un rapport sans contre indication a bien été confirmé. Une fois le terrain défriché, je suis entrée en contact avec un géomètre afin qu’il nous fournisse un plan topographique de la parcelle. Le site est un terrain de 1074 m2 situé en zone UR (zone résidentielle destinée exclusivement à l’habitation; toute autre construction est interdite sauf commerces, bureaux et services de moins de 100 m2 et de 200 m2 pour les restaurants, les réhabilitations ou agrandissements de commerces ou entreprises artisanales et les entrepôts indépendants de moins de 50m2 ). En zone UR, la surface constructible pour les habitations sauf hôtel pour les terrains de 0 à 1000 m2 est de 20% en SHON et de 30% en SHOB. Pour les parcelles de plus de 1000 m2 comme celle-ci ont un droit à construire de 10% en SHON et de 20% en SHOB. À cela s’ajoute 50 m2 constants (surface hors œuvre nette + surface hors œuvre brute). 26


Ce terrain nous offre alors un SHON de 250m2 et un SHOB de 375 m2. Chaque module construit ne peut pas excéder plus de 150 m2 au total. Ceci induit qu’à Saint-Barth il est préférable de créer plusieurs petits volumes au lieu d’un seul grand volume. Si cela est forcément applicable à St-Barth c’est par soucis d’écriture architecturale et de respect de l’architecture locale qui préfère les petits volumes aux volumes imposants dans le paysage.Une autre loi est aussi importante et non négociable : toute construction ne peut excéder 6 m à l’égout en tout point du terrain (en se basant sur le terrain naturel). En dehors du logement, St-Barthélemy est aussi victime de la problématique du stationnement. Ainsi la carte d’urbanisme impose à chaque construction de logement l’obligation de la création de deux places de parking. Cela peut augmenter en fonction du nombre de chambres dont dispose le logement. Ainsi pour ce projet de 6 logements, nous devons inclure 12 places de parking au programme. Le client cherche à construire le plus économique possible et face aux évènements survenus, l’une de ses attentes principales est d’avoir des locaux techniques accessibles le plus facilement possible en cas de cyclone. Ce terrain situé en zone UR offre un calme tout au long de l’année. Par sa position géographique il offre une percée vers la mer en partie haute du terrain, ce qui au prix d’un terrain à Saint-Barth est un sacré avantage à ne pas mettre de côté dans la conception d’un projet. Aux Antilles, à cause des fortes chaleurs, on évite d’orienter les volumes plein Sud ou encore plein Ouest car ces deux expositions rendent l’habitation invivable sans climatisation artificielle. Il est alors préférable de choisir d’autres orientations, certains locaux demandent même d’être orientés Nord pour plus de fraicheur au sein de leur habitat. Afin de respecter tous les paramètres du site et de la carte d’urbanisme, la recherche s’est d’abord consacrée à orienter les volumes de façon à leur offrir du r+1 une vue dégagée vers la mer, tout en ne dépassant pas les 6 m à l’égout selon le terrain naturel et en ayant les douze places de parking. L’un des autres objectifs fut de trouver une disposition des logements qui soit en adéquation avec les modes de vies des futurs locataires. Notre postulat s’étant basé sur le fait que les studios seraient globalement destinés aux jeunes, aux célibataires ou encore aux saisonniers et que les 2 chambres seraient davantage destinés aux familles. Par souci du collectif, nous avons disposé d’un coté les studios et de l’autre, les deux chambres, tout en offrant un logement avec accès PMR et ayant la possibilité, en studio ou en 2 chambres, d’avoir soit la vue mer avec un espace terrasse ou un espace jardin seul. Par souci de place, de coût et de dénivelé nous avons décidé de positionner en bordure de site la plupart des places de parking. De ce fait il semblait judicieux d’avoir plusieurs séquences d’entrées afin de ne pas se garer à l’autre bout du site pour rentrer chez soi. De plus, ces séquences d’entrées permettent d’établir une coupure entre l’espace de stationnement et la porte d’entrée. Ceci réduisant les nuisances sonores causées par la route. L’une des problématiques les plus importantes fut de trouver l’emplacement optimal du projet afin qu’il s’intègre au mieux au terrain et à l’environnement. Ainsi depuis la rue, le projet est à peine perceptible, celui-ci venant s’encastrer dans le terrain et permettant d’alléger l’emprise des volumes sur le terrain. 27


Proposition d’implantation des volumes (étude) : Par souci de confort nous avons disposé d’un côté les familles (logement 2 chambres) et de l’autre les studios qui devraient engendrer plus de bruit (soirées, jeunes, saisonniers...). Chaque studio ou deux chambres ont des qualités différentes. Les logements au premier ont une vue mer mais n’ont qu’une terrasse en contrepartie. Les logements au rez-de-chaussée ont accès à un jardin mais n’ont pas accès à la vue mer. - à droite se trouvent les deux chambres. - à gauche les deux volumes comprennent chacun d’entre eux deux studios superposés l’un sur l’autre. - 12 places de parking + une handicapé (n°7) avec accès direct au studio adapté + air de retournement pratique. - Chaque logement au r+1 dispose d’une terrasse et chaque logement au RDC dispose d’un jardin. - Deux entrées dont une entrée principale avec accès handicapé. L’esquisse présentée ci-dessous est le résultat de recherche avant mise au propre et aménagement de chaque logement. Par la suite, le projet a donc évolué. Pour des raisons techniques et pratiques les citernes et vides sanitaires on changé de position, le volume accueillant les deux chambres s’est dilaté afin d’offrir des espaces plus qualitatifs. Le parking a évolué légèrement afin d’offrir plus de place où nous créons une dalle afin d’optimiser et rentabiliser sa création. Vous trouverez en annexe les dessins finaux du projet que j’ai réalisés.

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Plan masse © Manihi L


Les esquisses ci-dessous sont l’étude en coupe de l’implantation des logements face au dénivelé de la parcelle et du besoin potentiel de remblais et de terrassement de la parcelle éventuelle. Le but recherché est de réutiliser la terre déblayée pour la remblayer en position basse de la parcelle. D’autant plus qu’on sait qu’un m3 de terre extraite donne en volume beaucoup plus (moins compacte après extraction du sol). Le but étant ici de trouver un bon équilibre terre extraite/terre remblayée pour que cela n’engendre pas de surcoût.

Coupes © Manihi L

Étude de l’approche en façade du projet, vue depuis le jardin. Façade © Manihi L

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PROJET 4 : RÉHABILITATION ET AGRANDISSEMENT D’UNE BATISSE ANTILLAISE TYPIQUE SUITE À IRMA

Ce projet fut un réel enjeu au cours de mon stage. Comment ne pas dénaturer l’architecture locale de cette maison vieille de 200 ans tout en offrant plus de place et en apportant de nombreuses modifications au projet. Cette maison est le foyer d’un patrimoine de génération en génération depuis 200 ans. Malheureusement suite à Irma de nombreux éléments se sont fragilisés ou envolés. Traumatisés par les évènements survenus, la demande n’était pas seulement de réparer la maison et de l’agrandir mais d’y ajouter un espace boomker où se réfugier en cas de cyclone. Suite à la rencontre du client j’ai compris l’enjeu de ce projet puisqu’en effet j’allais agir sur un patrimoine mais aussi sur tous les souvenirs qu’une famille a construit durant deux cents ans. C’est ainsi qu’après la visite des lieux, j’ai décidé de garder au maximum les éléments de la maison. De proposer de restaurer et de reconstruire à l’identique. Notamment la citerne typiquement antillaise, qu’on ne trouve plus dorénavant sur l’île, et qui est pourtant un élément historique des premières découvertes de nos ancêtres pour récupérer l’eau des toitures afin de la réutiliser au sein de l’habitat. Le but était de sauvegarder le patrimoine au maximum. A travers cette réhabilitation, l’enjeu était de créer deux nouvelles chambres et de réorganiser le séjour qui est à ce jour uniquement extérieur avec les chambres au centre de la maison. J’ai profité du terrain en pente pour venir encastrer un studio sous la terrasse actuelle et créer une dépendance pour les amis ou encore comme élément sécurisé de la maison en béton, doté d’une cuisine d’appoint et d’une salle d’eau reliée à la citerne en cas d’événement post-catastrophe. Par la suite il a été question de réorganiser l’espace de vie et de disposer aux alentours les nouvelles chambres. Le séjour qui était autrefois exclusivement extérieur se transforme en un séjour semi ouvert qui cependant en cas de pluies, de vents ou de cyclone peut se cloisonner par le biais de volets en bois coulissants. L’ancienne cuisine est transformée en bureau et une nouvelle cuisine est connectée à l’ajoupa (cuisine extérieure avec barbecue). Le travail des toitures a été aussi un enjeu. Afin de conserver l’esprit des cases à vents, j’ai mêlé les toitures à 4 pentes et à pans cassés pour la nouvelle chambre et le séjour. Pour rappeler les cuisines d’époque, la cuisine s’habille d’une toiture terrasse qui sert en même temps de point d’accroche pour la toiture à pans cassés. Les pans cassés permettant à leur tour d’offrir aux circulations extérieures une protection en cas de pluies.

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RDC

STUDIO R-1 Plans © Manihi L

ÉLÉMENTS EXISTANTS CONSERVÉS

CROQUIS DU PROJET AVEC MODIFICATIONS Croquis © Manihi L

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PROJET 5 : RÉALISATION DE 2 VILLAS 3 CHAMBRES La demande du client fut d’avoir deux maisons sur une portion de parcelle équivalente, d’avoir des places de parking pour les deux villas et une piscine pour chacune d’entre elles. Chaque maison possède trois chambres tout en laissant assez d’espace pour une quatrième chambre dans le futur. À travers ce projet l’objectif est de réaliser deux villas trois chambres sur une même parcelle légèrement en pente tout en respectant l’écriture architecturale antillaise et en la réinterprétant afin de l’adapter aux risques sismiques et cycloniques. Le deuxième enjeu est de réussir à intégrer ces deux villas dans le paysage afin qu’elles jouent avec la topographie et se mêlent au site. Différents enjeux se sont alors présentés, notamment la question de vis-à-vis et d’orientation de ces deux villas, qui, étant sur la même parcelle, ne doivent pas se gêner et empiéter sur la vue de l’autre. L’une de mes premières missions fut de trouver une implantation adéquate tout en éclatant le plus possible les volumes, afin de respecter l’architecture antillaise qui se compose de petits volumes et d’une vie en extérieur. En effet l’élément de vie principal aux Antilles se développe autour de l’ajoupa, des terrasses, ou si il y a en une, de la piscine. Ceci induisant de créer en extérieur par le jeu des toitures, un salon et un espace de salle à manger en extérieur. Par la suite, la question de la prise au vent rentre en jeu. Quelle toiture utiliser? Je rappelle qu’aux Antilles les toitures doivent être à 80% à quatre pentes et de 30 à 35° afin de résister au vent, les autres 20% peuvent être des toitures terrasses. Les analyses post-Irma nous ont démontré qu’une toiture plate résiste mieux en cas de cyclone, cependant leur performance en cas de séisme sont elles très mauvaises et provoque des risques d’effondrements. Ayant ces deux types de risques présents sur Saint-Barthélemy, il fallait alors prévoir des espaces «boomkers» en cas de cyclone, dotés de toiture terrasse et de petites ouvertures; et en cas de séisme, des toitures à quatre pentes qui elles résistent mieux aux efforts. Afin de résumer les quelques lignes précédentes, voici quelques croquis explicatifs et la proposition d’un entre deux pour le projet.

Croquis et réflexions © Jérémie G & Manihi L

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Carbet traditionnel Espace de vie ext vernaculaire commun

Carbet comme espace commun ext de liaison entre les autres parties du programme Croquis et réflexions © Jérémie G & Manihi L

Cette réinterprétation de la case antillaise mêlée à la maison contemporaine permet aussi d’éviter les surchauffes en toiture et de créer une ventilation naturelle. Ce qui ici est l’une des problématiques les plus complexes étant donné qu’il fait 30° toute l’année et que par souci de l’environnement, il faut éviter au maximum la climatisation artificielle. Ci-dessous quelques croquis sur des solutions de ventilation naturelle.

Croquis et réflexions © Jérémie G & Manihi L

La dernière contrainte est celle du droit à construire, qui autorise en SHON 350 m2 constructible et 450m2 en SHOB (SHON + terrasses). Après avoir pris en compte tous ces éléments, nous sommes arrivés à une solution qui mêle toutes ces contraintes climatiques, géologiques et topographiques.

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À travers ce projet, c’est Jérémie qui m’a suivie tout le long du processus d’esquisse. Nous ne sommes pas allés plus loin (du moins pour ma part) que le travail au calque. J’ai tout de même pu mener à bien ma mission avec l’aide précieuse de Jérémie qui m’a accompagnée et aiguillée tout le long du processus de recherche, qui sur ce projet, m’est apparu plus compliqué que les autres.

Plan masse © Manihi L

PLAN MASSE

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Croquis © Manihi L

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PROJET 6 : ANALYSE DE PROJET EN URUGUAY

A travers ce «projet» ma mission fut d’établir une recomposition photographique en plan du site à l’aide de photographies prises en drone tout en le mêlant à un plan dwg. L’une de mes autres missions fut, à l’aide de vidéos et photos prises sur site par les garçons, de réaliser une analyse du parc et de réfléchir à des éléments de programmes futurs pour ce domaine privé. Je ne pourrais pas communiquer tout le travail fourni sur ce projet à la demande des garçons. Cependant je peux vous faire part des premiers documents d’analyse que j’ai pu réaliser.

Recomposition photographiques © Manihi L

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Analyse et production du document Š Manihi L

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3.3 LES MISSIONS BÉNÉVOLES DÉPASSANT LE MÉTIER D’ARCHITECTE MISSION BÉNÉVOLE 1 : SCÉNOGRAPHIE DU FESTIVAL PHOTO DE SAINT-BARTHÉLEMY Ce stage m’a aussi permis de toucher d’autres domaines que l’architecture en ellemême. Bruneau Ghezzi architectes a souhaité proposer son aide bénévole afin d’assister le collectif d’organisation du festival photo de Saint-Barthélemy pour une recherche conceptuelle sur ce que pourrait devenir la scénographie du Festival de la photographie dans le futur. Cette démarche s’inscrit dans une logique de promotion de la culture de l’île. L’objectif de ce travail est d’élargir la scénographie et l’exposition des œuvres aux paysages, aux éléments du patrimoine, au bâti environnant, afin de surprendre, d’interroger et d’inciter le public non averti, en attisant l’intérêt du plus grand nombre. La dynamique initiée par l’association «St Barth île d’art» doit au sens de BG architectes être encouragée et appuyée pour que cet évènement devienne pour les habitants de l’île et pour les visiteurs occasionnels, une habitude. A travers ce projet nous avons, avec Carine, participé à la réflexion de la scénographie du festival photo de Saint-Barth. Notre mission fut de trouver des concepts dans un espace public typique de l’île. Notre réflexion s’est alors tournée vers une intervention en trois temps : - L’appel : positionné au point de vue du haut de Grand Fond (quartier d’exposition que nous avons eu pour l’étude conceptuelle). - L’intrigue : Perception partielle de l’exposition en voiture - Le détail : découverte des photos à pieds

Croquis © Carine B

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Au delà d’avoir une exposition en trois temps nous voulions celle-ci aussi comme une expérience en trois interventions : - À l’échelle du paysage : Nous entendons par ici des transcriptions géographiques avec les éléments constitutionnels de Grand-Fond ou encore en mettant en évidence sa cuvette, ses mornes ou encore son coté sauvage et son aridité. - Linéaire : en ligne continue ou discontinue - Ponctuelle : sur les anciennes épiceries, mettre en valeur l’écriture architecturale des cases antillaises. 1) Soit par le biais d’une mise en valeur des éléments architecturaux traditionnels à différentes époques - Différentes échelles à différents points de vue. - Mise en scène des photographies sur un élément architectural de la case (poteaux, mur en béton, parpaing, volets en bois) retraçant l’évolution architecturale de la construction antillaise. 2) Ou bien une intervention ponctuelle liée à Irma, puisque nous serons en pleine saison cyclonique et ainsi : - Pointer les éléments architecturaux endommagés : toiture, ouverture. - Par des points de vues inhabituels (d’en haut ou d’en bas). Intervention linéaire en croquis

Croquis © Manihi L

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Interventions Ponctuelle en croquis 1) - Recouvrir un élément significatif des moyen de construire de l’époque : ici le béton ou le parpaing

- Souligner le profil des cases antillaise traditionnelle

- Souligner la galerie typique de l’architecture traditionnelle.

Interventions ponctuelle 2)

- Placer les photographies sur les éléments fréquemment endommagés par les cyclones. - S’inspirer d’un accident en toiture pour en faire quelque chose d’artistique - Emballer l’ensemble d’une case pour en faire un évènement intriguant 40

Croquis © Manihi L


MISSION BÉNÉVOLE 2 : PARTICIPATION À LA CRÉATION D’UN CHEMIN PÉDESTRE EN ZONE NATURELLE + À LA REPLANTE D’ARBRES Cette mission m’a physiquement sortie du cadre de l’agence. Je me suis retrouvée sur un site préservé en collaboration avec l’agence territoriale de l’environnement, pour la création d’un chemin pédestre par le biais d’aménagements paysagés et la replante d’une mangrove. Ceci afin de redonner au site les qualités qu’il avait avant le passage de l’ouragan et d’observer une partie de la réserve de Saint-Barthélemy, de la barrière de corail, tout en s’amusant à confectionner des escaliers grandeur nature; des jardinières naturelles, des barrières de rochers en cas de forte houle, des chemins praticables, et de replante de palétuviers pour la mangrove. Cette mission bénévole nous dévoile qu’être architecte est un métier touchant à de nombreux domaines, et qu’il s’implique naturellement dans la préservation et l’entretien de l’environnement. Ci-dessous quelques images des réalisations auxquelles j’ai pu participé.

Photographies © Carine B & Manihi L

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4. APPORT DU STAGE 4.1 COHÉRENCE DES TÂCHES CONFIÉES AVEC LES OBJECTIFS DU STAGE . Je souhaitais, avant ma recherche de stage, axer mon diplôme de fin d’étude sur la reconstruction des territoires touchés par des catastrophes naturelles. Tel l’ouragan Irma, survenu en septembre 2017 sur les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Je désirai développer un projet axé sur les milieux habités en danger, puisqu’il semblait inévitable qu’en prévision des futurs cyclones, il faille revoir la philosophie en matière de reconstruction. Ainsi, je souhaitais, avant ma proposition de diplôme, avoir la possibilité d’être au cœur de la reconstruction afin d’acquérir davantage de connaissances. Les tâches confiées comme énoncées auparavant ont été totalement en accord avec mes objectifs de stage et les ont même dépassés. Je n’aurais pas pu rêver d’un stage plus complet, passionnant, et actif que celui que j’ai eu la chance de poursuivre durant ses 6 mois. 4.2 DÉCOUVERTES ADMINISTRATIVES ET D’EXERCICES PROFESSIONNELS DANS LE CADRE DU STAGE Ayant eu la chance d’être dans un cabinet d’architecture en petit comité, j’étais en contact avec les garçons (patrons de l’agence) au quotidien. Je pouvais découvrir comment fonctionne une agence d’architecture. De plus Yannick et Jérémie donnent de manière récurrente des conseils pour le futur en tant qu’architectes. Recommandations pour gérer une agence, conseils pour les relations clients/ architectes ou encore certains détails comme la gérance du data d’une agence. Cela m’a permis d’être plus consciencieuse sur la façon de gérer les différentes phases d’études d’un projet sans pour autant perdre les données des jours précédents. Ces six mois de stage m’ont aussi donné l’opportunité de participer à l’élaboration d’un permis de construire ou encore d’une déclaration de travaux. J’ai ainsi pu aborder pour la première fois dans sa globalité, les différentes phases d’un projet, de l’esquisse, AVP, APS, APD à la conception détaillée d’un bâtiment jusqu’à l’étude et plans d’exécution. Ce qui a aussi été selon moi vraiment bénéfique, fut de concevoir des projets en tenant compte des lois, des restrictions de la carte d’urbanisme de Saint-Barth ou encore de réaliser un projet qui ne doit pas dépasser un budget et qui doit de surcroit satisfaire un client, ce qui dans le cadre des études ne nous permet pas d’être entrevu. M’étant liée d’amitié avec la conductrice de travaux, Lydie, j’ai pu grâce à sa patience et son désir d’enseigner, découvrir à travers son travail, les phases d’assistance aux contrats de travaux (ACT) et de direction de l’exécution des travaux (DET), ce qui m’a fait découvrir toute la complexité du travail d’architecte.

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Toutes ces modalités de fonctionnement administratif ou encore de production d’exercice professionnel découverts au sein de l’établissement, m’ont aidé à améliorer ma vision pour mon futur parcours post-diplôme, notamment dans une future agence ; me sentir plus en confiance avec ce qu’est le métier d’architecte, qu’on ne découvre finalement réellement qu’en pratique. Beaucoup d’illusions s’envolent alors et nous nous voyons confrontés au réel métier d’architecte, autant envoûtant et passionnant que compliqué. Les thématiques abordées au cours du stage et en particulier la mission bénévole post-Irma, m’ont aidé pour la poursuite de mes études et l’obtention du diplôme, à acquérir des outils d’analyse et des automatismes que je n’avais pas avant et qui, je pense, seront indispensables dans l’élaboration de mon sujet de diplôme. De plus cette expérience, ayant eu lieu dans un cabinet consciencieux de l’environnement, de l’utilisation de matériaux locaux, au sens aiguisé de la recherche de bâtit, dialoguant avec le paysage, les éléments, la nature, le respect de l’environnement, semble bien dans la continuité de l’enseignement acquis au cours du laboratoire habiter l’Anthropocène et dans la cohésion de mon sujet de diplôme. 4.3 LA FORMATION DE L’ESA FACE A LA RÉALITÉ PROFESSIONNELLE L’enseignement de l’ESA, porté sur la créativité, la liberté, la théorie, l’ouverture d’esprit et bien d’autres domaines encore, nous prépare, et c’est une évidence, à nous insérer dans la vie professionnelle en douceur. En effet que cela soit dans la conception, la réflexion et les échanges avec les garçons, les premières armes fournies par l’école m’ont été plus qu’utiles. Les cours philosophiques, artistiques, historiques et théoriques m’ont énormément apporté dans tous les domaines concernant l’architecture et mon parcours au sein de cette agence. Les ateliers tout aussi variés les uns que les autres nous forgent un esprit critique et ouvert, ce qui je pense est indispensable pour ensuite réussir à s’intégrer dans une agence. 4.4 RÉFLEXION PERSONNELLE LIÉE A MON PARCOURS POST-DIPLOME ENVISAGÉ Le travail d’architecte est avant tout un travail mêlant plusieurs domaines de compétences et qualités. Tels que la culture, la technicité, un sens aiguisé de l’interprétation, la curiosité, la capacité à retranscrire des concepts, la perception de l’espace, un intérêt pour la structure, pour l’art, pour la nature, pour les matériaux et tant d’autres domaines. Cependant il me semble encore nécessaire de travailler sur l’importance des mots pour être plus apte à communiquer des idées sur un projet à un client. Ce stage m’a appris à sortir du cadre, à me remette en question et surtout à ne pas me restreindre à un ordinateur quand armé d’un stylo et d’un rouleau de calque il

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il est possible de trouver 50 solutions différentes. Si cette approche «croquis tout à la main» il y a encore 6 mois me faisait peur, aujourd’hui elle me semble être un atout indispensable dans mon futur parcours post-diplôme. Ce stage m’a également permis de me questionner sur le rôle déterminant que la structure joue sur la construction en cas de cyclone ou de séisme. 5. CONCLUSION Je tiens avant tout à remercier l’équipe qui m’a très bien accueillie durant ces 6 mois de stage. Une équipe dynamique, toujours prête à partager ses connaissances, présente et efficace lorsque je rencontrai des problèmes, et toujours prête à répondre à mes questions. Un grand merci à Yannick et Jérémie qui m’ont fait grandir durant ses 6 mois. Ce stage a parfaitement répondu à mes attentes dans le cadre de cette immersion en agence post-cyclone. En plus d’avoir appris énormément de choses sur le rôle d’un architecte exerçant sa profession dans des milieux abîmés habités à risques sismiques et cycloniques, j’ai pu découvrir l’univers des garçons, leur approche de l’architecture, leur réflexion, leur engagement pour la sauvegarde des paysages, leur bataille pour l’entretien de cette île et sur l’amélioration des lois d’urbanisme. J’ai pu me rendre compte de la difficulté d’être architecte dans un milieu tel que Saint-Barthélemy qui pourtant est une île minuscule mais qui est touchée par une multitude de problématiques. Construire aux Antilles demande beaucoup de réflexion et même étant natif de l’île de Saint-Martin (l’île voisine) je n’avais jamais encore décelé cette complexité. Ce fut un réel bonheur de découvrir ce métier dans de telles conditions. Cette expérience professionnelle m’a rendue plus forte et m’a ouvert les yeux sur le métier d’architecte. Elle a enrichi mes connaissances sur l’organisation d’une agence, sur les différentes étapes d’un projet ainsi que sur les termes techniques du métier d’architecte. J’ai aussi pu découvrir que la conception d’un projet prend en compte d’autres paramètres que ceux des études, tels que l’aspect financier, les contraintes techniques, ou encore les notions d’accessibilité. Au niveau personnel, j’ai su m’intégrer dans l’équipe que j’apprécie fortement. J’ai également gagné en autonomie et pu mener à bien toutes les missions qui m’ont été confiées. C’est pourquoi j’ai vraiment eu le sentiment de faire partie de l’agence durant ce stage, pour avoir pu apporter ma touche personnelle dans les conceptions des projets. J’ai ainsi gagné en confiance. De plus je pense avoir amélioré mes capacités d’analyse.

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J’ai eu la chance d’effectuer un stage dans la même dialectique que le laboratoire «habiter l’anthropocène». Ce qui pour moi a été un réel tremplin après le semestre et m’a permis d’aborder le diplôme plus sereinement. L’enseignement reçu à l’ESA et dans le cadre du laboratoire a selon moi été énormément bénéfique. Puisqu’en effet sans ces notions de base inculquées j’aurais surement été déboussolée. Tant sur le plan professionnel que social cette expérience a été très positive. J’ai pu mettre à profit mes connaissances acquises à l’ESA et les utiliser dans un cadre professionnel. Cette expérience a su mettre en avant mes aptitudes et aussi révéler mes points faibles. Ce qui pour la suite me permettra d’avancer avec de nouveaux objectifs jusqu’à l’obtention du diplôme d’architecture.

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BIBLIOGRAPHIE - Arlette MAGRAS, Parfums d’antan, la vie à Saint-Barth de 1976 à nos jours, éditions St Barthélemy, 191 pages. - Carte d’urbanisme de Saint-Barthélemy, 2017 - stIEDOM, St-Barth, 2016 - Jack BERTHELOT, Martine GAUMÉ, Kaz antiyé jan moun ka rété, l’habitat populaire aux Antilles, éditions perspectives créoles, 2002, 167 p - Jean-Luc CAILLEUX, Nathan HERARD, Philippe HOCHART, Architecture SaintBarth, une île et ses maisons, les éditions latanier, 1989.

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ANNEXES

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ÉVALUATION DE L’ORGANISME D'ACCUEIL PAR LE STAGIAIRE

LEROI Manihi Nom et prénom de l’étudiant : ............................................................................................ GHEZZI ARCHITECTES Nom de l'Organisme d'Accueil : BRUNEAU .......................................................................................... Missions confiées Vos missions étaient en rapport avec votre formation �oui �non Les missions effectuées étaient bien celles décrites au départ �oui �non Vous avez eu la possibilité de mettre en pratique vos connaissances et compétences �oui �non Vous avez pu gérer votre temps et organiser votre travail �oui �non Vous avez pu apporter des idées nouvelles, des solutions �oui �non Conditions du stage Vous avez bénéficié d’un bon accueil général �oui �non Votre tuteur vous a présenté l’organisme d’accueil (organisation, fonctionnement) �oui �non Votre tuteur vous a aidé et conseillé quand cela était nécessaire �oui �non Vous avez pu réaliser vos missions dans de bonnes conditions �oui �non Vous étiez autonome �oui �non Votre travail a été reconnu et apprécié par l’organisme �oui �non

École Spéciale d’Architecture Association d’enseignement supérieur et de recherche fondée en 1865, reconnue d’utilité publique en 1870 et par l’état en 1934 254 boulevard Raspail 75014 Paris tél. : +33 (0)1 40 47 40 47 fax : +33 (0)1 43 22 81 16 o siret n 78457366900016 APE 803Z www.esa-paris.fr info@esa-paris.fr

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Intégration globale dans l’organisme d’accueil Vous avez participé à des réunions �oui �non Vous avez travaillé en équipe �oui �non Vous avez posé des questions et reçu des réponses appropriées �oui �non Valorisation et apports du stage Votre stage a été une expérience positive �oui �non Votre stage a été une étape importante dans votre parcours professionnel �oui �non Votre stage vous a permis de faire le point sur vos compétences �oui �non Votre stage sera mentionné sur votre CV �oui �non Recherche de stage Moyens de recherche �Candidatures spontanées �Offres diffusées sur l'intranet de l'ESA �Fichiers d'adresses de l'ESA �Relations personnelles �Réseau des anciens élèves �Autre Durée de recherche �1 à 2 semaines �2 à 4 semaines �4 à 6 semaines �6 semaines et plus

École Spéciale d’Architecture Association d’enseignement supérieur et de recherche fondée en 1865, reconnue d’utilité publique en 1870 et par l’état en 1934 254 boulevard Raspail 75014 Paris tél. : +33 (0)1 40 47 40 47 fax : +33 (0)1 43 22 81 16 o siret n 78457366900016 APE 803Z www.esa-paris.fr info@esa-paris.fr

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PROJET 3 Après l’étude en calque, le projet s’est affiné pour en arriver à cette proposition, où j’ai pu préparer les documents pour le permis de construire qui sont à ce jour encore en cours.

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École Spéciale d’Architecture Laboratoire Habiter l’Anthropocène Mémoire de stage de fin d’études Printemps 2018

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Manihi leroi mémoire stage 20180517  
Manihi leroi mémoire stage 20180517  
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