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MANZIL Tandhuima MENGO Marielle MOHAMED Anissa MOIRAB Zaianti, Hachim Groupe 4 Licence Sciences Humaines et Sociales L1 Méthodologie d'entretien

L'art-thérapie

Année universitaire 2012/2013 1


Table des matières I Introduction :......................................................................................................................................3 II Présentation de l'étude :....................................................................................................................4 Grille d'entretien :............................................................................................................................6 Analyse des entretiens; sélections des éléments de réponse afin d'établir un tableau comparatif :7 Premier entretien :.......................................................................................................................7 Second entretien : .......................................................................................................................9 Analyse critique du premier entretien :..........................................................................................11 Analyse critique du second entretien :...........................................................................................11 Analyse critique générale :............................................................................................................11 III Conclusion et perspectives :..........................................................................................................12 Références bibliographiques : .............................................................................................13

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I Introduction : Depuis les années 80, on constate un engouement grandissant pour l’art thérapie. Pratique thérapeutique utilisée au début du XIX ème siècle par le marquis de Sade qui mêlait dans ses pièces des comédiens, des infirmiers et des « fous » puis ré-exploité par des grands noms comme Pagés et Charcot. L’art thérapie aujourd’hui se sert de tous les supports d’expression; « expression qui fait évoluer la forme créée » dans un but de création qui transforme. L’art thérapie c’est « créer pour se recréer », un accompagnement thérapeutique de « personnes mises en position de création de telle sorte que leurs parcours d’œuvre en œuvre fasse processus de transformation d’elles même ». Effectivement, « le détour par le support artistique révèle ce que les procédés habituels de la psychothérapie sont parfois impuissants à mettre en évidence[...]inanalysable ». Nous avons donc décidé de nous intéresser aux « retombées bénéfiques de la production sur sont producteur » en rencontrant des professionnels du domaine sanitaire et social qui pratiquent l’art thérapie ou qui sont eux-mêmes art thérapeutes afin de connaître la place de l’art dans une thérapie et donc si elle permet une amélioration de la vie quotidienne des personnes en situation de handicap. Nous nous sommes tourné vers l'hôpital Charcot et l’ADAPEI en rencontrant Brigitte Menon (infirmière et art thérapeute) et Françoise Marvin (monitrice éducatrice, elle même artiste à ses heures et utilisant l’art thérapie dans son travail). Le premier entretien s’est déroulé le lundi 5 novembre à 10h dans une des annexes de l'hôpital, au centre Louis le Guillant à Lanester. Le second, à 11h dans une des annexes de l’ADAPEI (association départementale de parents de personnes handicapées et ses amis) à la maison Kerantoine, 3 impasse des hospitaliers à Kervignac.

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II Présentation de l'étude : La première étape de notre travail de groupe a été d’identifier le thème, le sujet, d’en dégager notre problématique ; à savoir qu’elle est la place de l’art dans une thérapie puis de formuler notre question de départ. Tout d’abord nous avons créé un document texte sur Google drive afin de le partager, ceci nous permettant de mettre en relation nos idées et donc une meilleure façon de traiter le sujet. Nous avons établi une grille d'entretien ainsi qu' une liste de contact d'abord basée sur nos connaissances personnelles. Pour le choix des échantillons, nous avons donc privilégié les structures dont nous en connaissions les missions; par exemple l'ADAPEI qui travail avec des personnes en situation de handicap mental. Par ailleurs, nous avons axés nos recherches sur la profession proprement dite d'art thérapeute. La prise de contact s’est avérée difficile. En effet, certains professionnels étaient indisponibles et certaines structures n'employaient pas d'arts thérapeutes ; entre autres le centre médicopsychologique et le foyer Soleil de Lorient. C'est lorsque nous avons téléphoné à l'ADAPEI de Lorient que l'on nous a conseillé de prendre contact avec le siège à Vannes puis l'annexe «les papillons blancs» à Hennebont. Nous avons enfin pu joindre Françoise Marvin; monitrice éducatrice qui propose des séances d'art thérapie. Madame Marvin a été enthousiaste à l'idée de rencontrer des étudiantes s’intéressant à sa pratique nous obtenions finalement notre premier entretien. Concernant le second entretien, mêmes difficultés ; nous nous sommes tournées vers l'IME (institut médico-éducatif) d'Auray, le Centre Médico-social qui se trouve Quai de Rohan à Lorient, le centre Kerpape à Ploemeur ainsi que plusieurs arts thérapeutes indépendants. Nous avons été orienté vers «la maison des adolescents» qui n'emploie pas d'art thérapeute mais on nous y a suggéré de contacter Brigitte Menon ; art thérapeute à l'hôpital Charcot. Une fois contacté, Madame Menon a accepté de nous rencontrer sans hésiter. Précisons qu'elle travaille avec des patients souffrants de schizophrénie, dépressions... Nous entendrons donc ici ces souffrances comme handicaps étant donné que ces personnes ne peuvent plus participer activement et à juste titre à la société. Par la suite, nous nous sommes répartis les entretien. Les personnes qui feraient le premier on convenu d'une rencontre afin d'accorder leur discours, de s’approprier les questions, de définir les tâches; à savoir celle qui pose les questions celle qui note les gestes et vérifie si toutes les questions on été posées. Le premier entretien s’ est déroulé au centre Louis Le Guillant à Lanester avec Brigitte Menon le 5 novembre à 10h précisément. Il a durée environ un quart d'heure. Une fois arrivées quelques minutes en avance ; nous en avons profité pour se remémorer les questions. Brigitte Menon est venu nous chercher dans la salle d’attente et nous a reçu dans son atelier d’arts-plastiques afin de nous faire découvrir son environnement de travail. Après s'être intéressée à nos études et plus particulièrement à notre recherche, elle a répondu à nos questions de manière claire et concise dans une ambiance détendue et sympathique. L’atelier bien décoré où il y avait de très beaux tableaux, des dessins de patients se prêtait à la création d'ondes positives que nous avons tout de suite ressentie et qui visiblement se transmettaient d'avantage à notre interlocutrice. Son plaisir d'y travailler se fait ressentir. Dans une ambiance assez similaire, Françoise Marvin nous accueillait 06 Novembre à 11h. Précisons que nous avons eu du mal à trouver le lieu du rendez-vous et que nous avons du la contacter deux fois par téléphone avant d'arriver à notre but. Malgré notre retard, notre interlocutrice et sa collègue ( Hélène Ozon) nous on accueilli de manière maternelle, le sourire au lèvre en se moquant gentiment de notre manque d'orientation. Elle nous ont présenté la structures ainsi que les résidents et leurs œuvres. L'entretien qui a duré un 4


quart d'heure s'est déroulé dans son bureau. Après un début hésitant, Françoise Marvin nous a expliqué de manière enjouée et passionnée son travail quotidien. Elle nous a donné l'envie secrète de se mêler à eux pour que nous aussi nous puissions partager ces moments si uniques et à la fois «magiques» de l'univers de ces personnes en situation de handicap.

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Grille d'entretien :

THEMES

SOUS-THEME

QUESTIONS

Parcours de vie

Professionnel

Votre profession avant Qu’est-ce qui vous a de faire de l’art conduit vers l’art thérapie ? thérapie ? -Pouvez-vous nous présenter votre structure ? -Auprès de quel public travaillez-vous ?

Personnel

RELANCES

-Pourquoi travailler avec ce public ?

Les apports de l’art d’un point de vue thérapeutique

L’art comme support

Le rôle de l’art thérapeute

l’accompagnement thérapeutique

Les résultats ou créer pour se recréer

retombées bénéfiques - Comment constate-t- bénéfices de la production sur son on une amélioration producteur des pathologies ? -Le patient se rend compte du chemin parcourut ?

Une thérapie en soi

-Est ce que les patients l’aspect thérapeutique viennent d’eux même ? -Y a t’il des activités plus adaptées a certaines pathologies ? -Quand sentez-vous l’accompagnement que vous devez intervenir ? et de quelle manière ? -Quelles difficultés rencontrez-vous lors des séances et comment les gérez vous ?

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Analyse des entretiens; sélections des éléments de réponse afin d'établir un tableau comparatif :

Premier entretien : -Votre profession avant de devenir art thérapeute. « ça fait trente deux ans que je travaille en psychiatrie [...] j’ai deux métiers puisque je suis infirmière et art-thérapeute. [..] ’ai un parcours un peu atypique [...] les premières... huit premières années j’étais Agent de Service Hospitalier, [...] Et après donc j’ai repris mes études, et je suis devenue infirmière.. -Pouvez-vous nous présenter votre structure? je travaille depuis vingt ans ici à l’hôpital Charcot [...]qui est heu EPS (établissement public de santé mentale).[...] ici on est dans une annexe [..] j’y suis depuis quinze ans.[...] c’est une annexe qui a trois missions : qui est CMP ( Centre Médico-psychologique), qui fait aussi [...] des entretiens [...] de soutien d’aide et d’évaluation [...] faits par des psychiatres, psychologues et infirmiers. Ensuite la structure qui s’appelle le Centre Louis Guillant a la fonction aussi d’être un hôpital de jour, [...] des soins prodigués dans la journée, avec des soins qui sont soit des entretiens, mais aussi beaucoup de..d’activités des médiations, [...] des activités thérapeutiques, [...] et CATTP aussi,[...] Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel. [...]nous proposons à peu près une quinzaine d’activités thérapeutiques. [...] ce sont des activités qui rejoignent autour du corps. [...] tel que la relaxation, tel que le massage, la gymnastique douce. [...]l’art thérapie. [...] la musicothérapie [...] le jeu de rôle, ensuite y a des activités au niveau de la re-socialisation [...] atelier cuisine, atelier sorties

-Auprès de quel public travaillez-vous? on travaille auprès de personnes atteintes de psychoses, [...] la schizophrène, soit de psychose maniaco-dépressive, avec aussi des gens aussi des...des paranoïaques, mais toutes ces personnes là sont stabilisées. Ce sont souvent des personnes qui ont été d’abord hospitalisées à l'hôpital Charcot, -Pourquoi travailler avec ce public? et ce que ça vs apporte? public adulte ? Peut-être parce que déjà moi je me sens plus à l’aise, et puis peut-être aussi heu... notamment en art thérapie, je me sens peut-être plus à l’aise avec ce public là, qu’avec un..un public de personnes âgées, hein, -Est ce que les patients viennent d’eux même? Non ce sont toujours ici des... des prescriptions médicales,[...]Toute activité est prescrite par le médecin. 7


-Y a t’il des activités plus adaptées a certaines pathologies? des psychoses, [...] atteintes de...de névroses plutôt graves, qui ont des difficultés de verbalisation, la médiation permet de verbaliser autrement que par la parole.

-Quand sentez vous que vous devez intervenir? et de quelle manière? si la personne a...ressent des...des...des angoisses, je vais être là. Je vais la...quand je vais l’accompagner, c’est à dire que je n’interviens jamais sur la toile de la personne... mais j’ai aussi des...des petites consignes qui vont..vont aider à...à créer, c’est à dire qu’on peut faire des jeux, ce qu’on appelle le squiggle*, heu...des...on peut faire des jeux ensemble pour l’aider...à...à créer. [...]Tout est mis en œuvre pour que la personne se sente en sécurité.

-Quelles difficultés rencontrez vous lors des séances et comment les gérez vous ? c’est des gens aussi qu’ont jamais osé, et puis la feuille blanche, [...] c’est bien connu que ça peut être très angoissant quoi. Donc, en fait, le... le rôle de l’art thérapeute c’est d’accompagner un geste possible, un mouvement possible.

-Comment constate t' on une amélioration des pathologies? on constate déjà [...] par la personne elle-même, qui peut verbaliser [...] elle est capable de l’exprimer la plupart du temps, [...] la personne va se déplacer dans la salle pour aller elle même chercher son matériel. Ensuite [...] en tant que thérapeute je peux voir aussi de mes observations de départ, parce que je fais des grilles [...] d’évaluation [...] je suis capable de faire des observations écrites et [...]de regarder la progression...ensuite [...] souvent la famille, l’entourage va, va nous ramener que la personne va mieux aussi [...] et puis évidemment le médecin qui revoit la personne et qui va être capable de juger du bien-être ou pas de l’activité. -Le patient se rend compte du chemin parcouru ? la personne elle-même [...] peut verbaliser...autrement [...] souvent nous dit quand elle va mieux […] elle est capable de l'exprimer la plupart du temps. »

*(définition squiggle : WINNICOTT proposait le squiggle comme support de relation aux rencontres avec les enfants et les adolescents. Voici comment il le présente : « Je fais un gribouillis et il le transforme. Il en fait un à son tour et c’est à moi de le transformer…Quelquefois je tarde à le transformer pour lui donner l’occasion de déployer son imagination » Les deux partenaires participent ainsi à la construction d’un objet commun, objet intermédiaire de leur relation. Ce jeu graphique ouvre à l’échange et à la création partagée.)

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Second entretien :

-Votre profession avant de faire de l’art thérapie? « j’ai fait beaucoup de formations continues notamment sculpture, euh dans le domaine artistique donc pour apprendre une méthode, je fais aussi à titre personnel, je fais moi même de la gravure, de la peinture … bien maîtriser la méthode, la pratique et puis j’ai ais une formation aussi pour comment appliquer cette pratique artistique à des personnes en situation de handicap

-Pouvez-vous nous présenter votre structure? ici c’est la structure Kerantoine qui fait partie du foyer Prad Izel qui accueil euh des adultes en situation de handicap intellectuel, handicaps assez lourds.

-Auprès de quel public travaillez-vous? La structure de Kerantoine reçoit plutôt des personnes qui ont une déficience intellectuelle sévère,

-Pourquoi travailler avec ce public? et ce que ça vs apporte? notre travail c’est de maintenir au mieux les acquis de ces personnes puisque se sont des adultes. Dans les domaines de la vie quotidienne mais aussi dans les domaines artistiques et sportif et aussi notre but c’est de leur procurer un bien être qui leur permettent de ne pas avoir un repli trop important sur elle

-Est ce que les patients viennent d’eux même? non,non c’est très difficile pour eux de...de choisir et d’exprimer, c’est des personnes qui ont peu de langage et qui ne savent pas exprimer des choix. Donc on fonctionne beaucoup par photos, pictogrammes, hein comme ça par exemple ça (en nous montrant les photos) ça veut dire musique...là pour la peinture, donc si vraiment on a un choix à leur proposer on leur montre des photos mais c’est pas sure qu’elle saura, qu’elle aura les moyens de nous montrer vraiment ce qu’elle veut. Donc la plupart du temps c’est nous qui proposons.

-Y a t’il des activités plus adaptées à certaines pathologies? c’est toujours des activités calmes, c’est toujours le même endroit, ils repèrent la structure, la pièce, le même matériel donc voilà c’est très important pour ces personnes là.

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-Quand sentez vous que vous devez intervenir? et de quelle manière? en cas de refus [...] on prend [...] la personne en individuel, on essaye aussi de voir ce qui ne va pas : est ce que ça peut être un refus d’activité mais comme c’est des personnes qui ne s’expriment pas ça peut être aussi du à un malaise ou la personne peut avoir mal au ventre, elle saura pas le dire, elle va refuser donc on essaye de voir tous les signes extérieurs sur elle et...ou déjà détecter si y’a pas une autre cause que le refus de l’activité. Ça peut être aussi autre chose et puis après ça peut être un moment ou elles a pas envie et dans ces cas là on laisse, on laisse aussi...y’a pas d’obligations. On estime qu’ il n’y aura pas de plaisir et de bien être si la personne ne se sent pas elle même et ne se sent pas à le faire.

-Quelles difficultés rencontrez vous lors des séances et comment les gérez vous ? oui! ça peut arriver donc un refus ça va se manifester plutôt … une opposition; par l’inertie... donc la personne ne prendra pas les outils, ne fera pas, donc ça ça peut arriver ou bien alors elle fera n’importe comment...

-Comment constate t'on une amélioration des pathologies? on prend des notes, on écrit par rapport à ça puis c’est par rapport à l’observation fine tout le temps [..] donc on ait un bilan par personne une fois par an [...] quand on fait un bilan, après on ait un projet individuel par adultes et les parents sont invités à venir nous rencontrer, on en parle avec la famille.

-Le patient se rend compte du chemin parcouru ? non, non du tout non. Non non, il se... enfin il a pas conscience de ça, ils n’ont pas conscience d’eux même souvent [...]il sent le bien être mais il ne saura pas l’exprimer ni dire je vais mieux. »

E:\tableau art thérapie.odt

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Analyse critique du premier entretien : La richesse de ses interventions nous a permis de récolter beaucoup d'informations pour notre analyse. Anissa a donc interrompu l’enregistrement, dès lors que Mme Menon nous a indiqué n’avoir rien à ajouter, sans anticiper qu’elle poursuivrait notamment sur son statut de formatrice en art-thérapie auprès de professionnels de santé et sur ses interventions à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers de Lorient. Elle a également insisté sur l’importance, pour l’art-thérapeute, de connaître son art, de le pratiquer à titre personnel et d’en connaître les différents courants pour accompagner au mieux les patients dans leur créativité, par exemple en faisant référence à la similitude de leur travail avec celui d’artistes connus afin de les rassurer dans leur pratique. Concernant le déroulement de l'entretien, Anissa, stressée, était plutôt empressée de poser les questions, ce qui a pu parfois bousculer Mme Marvin dans ses interventions. Tand, quant à elle, s'est sentie « inutile », elle n'a pas pris la parole par manque de confiance en elle.

Analyse critique du second entretien : Notre entretien s’étant révélé être très intéressant, il y a plus de questions que prévu qui ont été posées. En effet, nous n’avions pas pensé à toutes les éventualités de réponses lors de la rédaction de la grille d’entretien. Par ailleurs une autre question a été posé lors de la visite de l’établissement: M : “après les vacances d’été, est ce que les patients doivent réapprendre ce qu’ils avaient acquis? FM : oui en effet, c’est clair, ils oublient tout pendant les vacances, c’est un éternel recommencement! Françoise Marvin est une passionnée; elle aime son métier et surtout ses patients. Nous avons ressenti qu’elle prenait beaucoup de plaisir à leur apporter du “bien être” chaque jours comme elle le dit elle-même. Zaianti était très stressée du fait de notre retard et elle s'était dit que Françoise Marvin refuserait de nous recevoir mais son sourire l'a tout de suite rassurée. Comme Tand, elle s'est sentie « inutile » étant donné que Marielle posait les questions. Marielle s'est finalement sentie alaise. Après les hésitations au début de l'entretien, sa voix s'est posée et elle a été aspirée dans le discours de Madame Marvin d'où l'ajout de questions qui n'étaient pas prévus.

Analyse critique générale : Dans l'ensemble, notre mise en œuvre a été efficace. Nous nous sommes documentés avant de poser nos questions et aussi avant les entretiens afin de connaître un maximum d'informations sur les lieux de travail de nos échantillons. Toutefois, nous aurions peut être du partager les questions afin que personnes ne se pense « inutile » Si nous devions réitérer l'expérience, nous réfléchirons certainement mieux à toutes les éventualités de questions afin de respecter notre grille. Mais devions nous réellement ne pas « dépasser le cadre » pour répondre à notre problématique et récolter des informations d'autant plus riches? 12 11


III Conclusion et perspectives : Au regard de cette étude, nous pouvons être sûres que l'art en tant que support thérapeutique a un réel effet bénéfique sur son auteur mais aussi sur les personnes qui encadrent cette méthode. Les deux professionnelles que nous avons rencontré respirent la joie qu'elles ont a exercer cette profession. Une profession dont l’intérêt ne cesse d’accroître et dont l'avenir est plus que prometteur. Nietzsche disait « l'art a plus de valeur que la vérité »...laisser place à l'art, à« sa vérité ». Nous avons eu ici, accès aux preuves concrètes que l'art thérapie est une méthode au moins équivalente à une thérapie ordinaire. Il ressort de nos entretiens, la conviction que les activités artistiques pratiquées dans un cadre thérapeutique présentent un réel bénéfice pour les personnes atteintes de handicaps, permettent une amélioration notable de leur vie quotidienne. Celles-ci le manifeste à leur manière, de façon plus ou moins conscientisée et c’est au soignant que revient ensuite la tâche d’analyser, d’interpréter ces manifestations ; afin d’accompagner au mieux la personne dans son processus thérapeutique. La particularité de ce type d’activités réside dans les supports auxquels elles ont recours. Ces supports - outils manuels, travail sur les sens, la socialisation… ;« une thérapie à immédiat artistique »- offrent aux patients un moyen d’expression autre que la parole. En effet, comme le disait Paul Klee « l'art donne à voir l'invisible », « l'art thérapie passe ainsi d'un inconnu à soi que l'on est à un inconnu de soi que l'on crée ». Concernant notre méthode, nous avons constaté que le travail de groupe est un travail difficile. L'outil Google drive nous a été très utile dès le départ pour faire un brassage de nos idées, d'informations et de suggestions tout au long de cette étude. Toutefois, il nous semble plus évident que nous aurions dû, dans un premier temps, proposer des thèmes et ensuite que les personnes intéressées se rattachent aux groupes les traitant. Ainsi, l’intérêt réel de chacun et l'implication dans le sujet serait plus prégnante. Une connaissance plus approfondie du public avec lequel travaille nos échantillons aurais évité des questions qui parfois ont manqué de fond. Cependant, nous avons eu une bonne cohésion de groupe et notre travail a été efficace dans le sens ou nous avons tenté de répondre le plus fidèlement possible à notre problématique. Une réponse fidèle au regard de nos entretiens.

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Références bibliographiques :

Klein J.P. (éd. 2010), L'art-thérapie, Créer pour se recréer, Que sais je, Puf.


Annexes Retranscription du premier entretien :

Anissa - (Rires) « Bah déjà merci de nous avoir, de nous recevoir pour cet entretien. Heu, je vais vous expliquer rapidement en fait dans quel cadre il s’inscrit. Mme Menon - Ouais A - Donc c’est pour notre cours de méthodologie de l’entretien M - D’accord A - Donc on a choisi un thème de dossier, l’art-thérapie. On est quatre étudiants à travailler dessus et puis donc voilà, on a souhaité rencontrer des professionnels pour nous éclairer un peu plus sur la pratique et voilà. Donc heu... alors heu l’entretien dure environ quinze à trente minutes M - D’accord A - Normalement maximum, et puis heu...voilà. Heu, qu’est-ce que je pourrais vous dire d’autre heu...voilà. Donc heu bah, est-ce qu’on pourrait commencer déjà. Heu, est-ce que vous pourriez un peu nous parler de votre parcours professionnel ? M - Ouais A - Et ce qui vous a conduit à … M - Mon parcours professionnel : alors moi je heu... ça fait trente-deux ans que je travaille en psychiatrie A - D’accord M - Donc heu je suis heu j’ai deux métiers puisque je suis infirmière et art-thérapeute. Donc je travaille dans les hôpitaux depuis 1980 avec heu...au début j’étais...alors moi j’ai un parcours un peu atypique parce que pendant huit années, les premières... huit premières années j’étais ASH, ça veut dire, à l’époque, Agent de Service Hospitalier, mais je faisais les remplacements des infirmières qui partaient en congé maternité. A - D’accord M - Et heu... donc j’ai eu cette chance de pouvoir être en remplacement d’infirmière alors que j’avais pas, à l’époque, les diplômes, mais ça c’était les années 80. Et après donc j’ai repris mes études, et je suis devenue infirmière...où là j’ai travaillé dans différents...donc c’était un autre département...dans différents services, autant avec heu...les enfants, les personnes âgées, comme un public d’adultes, ou j’ai travaillé dans les services d’admission, de réadaptation, de... heu...voilà. Après j’ai muté en Bretagne, où je travaille depuis vingt ans ici à l’hôpital Charcot hein. De Caudan, qui est heu EPS (établissement public de santé mentale) A - D’accord, ici... M - A...à Charcot. A- ...on est dans une annexe ? M- Oui ici on est dans une annexe, et heu...donc dans cette annexe j’y suis depuis quinze ans. Ici on est dans un CM.... c’est une annexe qui a trois missions : qui est CMP (Centre Médico-psychologique), qui fait aussi heu..où là ce sont des..des entretiens heu...heu...de soutien d’aide et d’évaluation ...heu faits par des psychiatres, psychologues et infirmiers. Ensuite elle a...la structure qui s’appelle le Centre Louis Guillant a la fonction aussi d’être un hôpital de jour, où là on prend les personnes heu...ce sont des... des soins prodigués dans la journée, avec des soins qui sont soit des entretiens, mais aussi beaucoup de..d’activités heu... des médiations, hein, des..des activités thérapeutiques, tout ce qui est autour de la médiation, et CATTP aussi, qui est en hôpital de jour. Donc CTTP veut dire Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel, c’est à dire que ça c’est plutôt administratif. Un Centre d’accueil Thérapeutique à Temps Partiel c’est, par exemple, les personnes vont venir deux fois par semaine en soins, alors qu’en hôpital de jour les personnes vont venir plutôt heu..heu cinq, six fois dans la..heu dans...dans la semaine. Hein, c’est..c’est une prise en charge plus intensive que l’ATTP. A - D’accord M - Au niveau des médiations que l’on propose...qui sont des... nous proposons à peu près une quinzaine d’activités thérapeutiques heu.. qui correspondent au plus près de la demande des patients, donc ce sont des activités heu.. qui rejoignent autour du corps... A- hum M- Hein, tout ce qui est corporel, tel que la relaxation, tel que le massage, heu... la gymnastique douce. On a des activités au niveau de l'expression, et là on va voir l’art thérapie. Nous ici en utilisant heu ce que moi j’ai dit, les arts plastiques. A- Et voilà.. M- Il y a la musicothérapie et il y a aussi le jeu de rôle, ensuite y a des activités au niveau de la reso... resocialisation qui vont être plutôt des jeux collectifs. Heu..qu’est- ce qu’y a...atelier cuisine, atelier sorties, voilà. On a à peu près une quinzaine d’activités pour un peu heu répondre au plus près des demandes des patients. A- D’accord. Et justement heu... ce sont les patients qui viennent d'eux-mêmes, qui choisissent leur heu... M- Non ce sont toujours ici des... des prescriptions médicales, mais ça on peut en reparler un petit peu, après je vais finir mon parcours heu...mon parcours professionnel, c’est à dire que moi je suis là depuis quinze ans, donc j’ai...j’ai d’abord animé pas mal d’ateliers et très vite j’ai eu envie heu.. mélangeant heu...heu ma passion qui était autour des arts-plastiques, heu donc je suis allée heu... chercher un diplôme. J’ai un diplôme universitaire que j’ai fait à Paris V à René Descartes, et heu donc je suis heu art thérapeute depuis heu 2009 A - D’accord M - Voila. Ici... donc j’ai deux fonctions ici hein : infirmière et art thérapeute... A- et art thérapeute... M-...en arts-plastiques. A- Voilà, spécialisée en... M- Voilà, donc les activités ce sont des activités heu thérapeutiques donc qui dit thérapeutique... c’est à dire qu’il y a des prescriptions médicales. Toute activité est prescrite par le médecin. Ils sont d’abord vus...heu les patients ici sont d’abord vus par le médecin qui va prescrire une activité... A - D’accord M - …et moi...l’art thérapie... quand y a une prescription je vois toujours en entretien préalable la personne pour évaluer aussi sa demande et la connaître un peu plus. A- Et ce sont donc heu...enfin vous pouvez nous donner des exemples par exemple, d’activités spécifiques à certaines pathologies ou... comment le médecin en fait heu... M - Comment il choisit? A - ..Choisi ? Voilà M- Voilà. Bon on peut prendre l’exemple de...de l’art thérapie en fait. Donc c’est une médiation. Puisqu’on a des entretiens infirmiers.. donc on... qui sont heu... qui permettent de verbaliser, y a... dans les différents pathologies qu’on reçoit ici, heu... notamment des psychoses, ou des personnes heu..heu atteintes de...de névroses plutôt graves, qui ont des difficultés de verbalisation, la médiation permet de verbaliser autrement que par la parole A - que par... M - Voilà, d’accord. Et heu donc le médecin va... évaluer la...la...la personne en disant bah peut être que c’est plus facile de communiq...de heu...de communiquer heu.. avec une médiation et notamment ce qu’elle va...ce qu’elle va chercher à voir c’est au niveau de l’expression, est-ce que la personne heu...a envie de.... de créer, est ce qu’elle a...elle a des capacités au niveau des...des arts-plastiques ou pas, est ce qu’elle a... en tous les cas


parce que pour faire un...un atelier d’arts-plastiques heu...d’ art-thérapie euh on est pas obligé de savoir peindre ni dessiner pour participer à ces ateliers là, hein. Donc déjà on va travailler sur le désir de la personne A - (tousse) M - si déjà elle a envie d'essayer, c’est déjà heu... c’est déjà beaucoup, hein de nouvelle prise en charge. A- D’accord et pourquoi... vous travaillez auprès de quel public en fait heu...? M- Alors heu...heu.... on travaille auprès de personnes atteintes de psychoses, hein, que ce soit la schizophrène, soit de psychose maniaco-dépressive, avec aussi des gens aussi des...des paranoïaques, mais toutes ces personnes là sont stabilisées. Ce sont souvent des personnes qui ont été d’abord hospitalisées à l'hôpital Charcot, en admission, et après ils viennent ici et aussi on a tout un public plutôt de... avec des névroses, des névroses d’angoisse, des névroses phobiques, heu...qu’est-ce qu’on a... des...des gens aussi avec des addictions, alcooliques heu...heu notamment, on a très peu de toxicomanes. Voilà en gros heu... A- D’accord (tousse) et pourquoi vous avez choisi ce public vous...enfin dans votre activité professionnelle ? M- Alors ici c’est un service qui accueille des...des heu... des patients de dix-huit à soixante-cinq ans... A - D’accord M - ...hein. Pourquoi j’ai... j’ai...j’ai préféré... moi je... pourquoi p... le public adulte ? Peut-être parce que déjà moi je me sens plus à l’aise, et puis peut-être aussi heu... notamment en art thérapie, je me sens peut-être plus à l’aise avec ce public là, qu’avec un..un public de personnes âgées, hein, et heu... moi, en tous les cas en art thérapie, je travaille aussi beaucoup sur le potentiel de la personne. Je crois que chacun d’entre nous a un potentiel, un potentiel créateur , et que c’est important de pouvoir heu travailler avec ce potentiel et puis heu... certainement que ce...ce public d’adultes me plaît à ce niveau là quoi, pour heu... A- Réveiller chez eux heu... M - Voilà A - ...des choses heu. D’accord, ok, hum...heu... ça...cette pratique en fait, concrètement qu’est ce qu’elle peut leur apporter? heu... un moyen d’expression? M- Alors ça peut être une revalorisation de soi, une confiance en eux, heu... une meilleur estime de soi, heu de développer la créativité, de verbaliser autrement, hein, parce que heu.. c’est surtout ça aussi hein, c’est d’aller chercher heu..heu autrement heu la parole, heu... un bien-être tout simplement, de développer un potentiel créateur, heu...j’en oublie certainement... A - (rires) c’est déjà pas mal. Ok, heu...Pendant la pratique il vous arrive de rencontrer heu des difficultés avec certains patients ? comment ça peut.... M- Oui souvent, souvent parce que c’est des gens aussi qu’ont jamais osé, et puis la feuille blanche, parce que moi je parle des arts plastiques, et la toile blanche et la feuille blanche, c’est bien connu que ça peut être très angoissant quoi. Donc, en fait, le... le rôle de l’art thérapeute c’est d’accompagner un geste possible, un mouvement possible. Donc heu...après moi je travaille souvent...je vois les personnes d’abord en individuel et après elles passent en groupe, parce qu’en fait c’est une activité de groupe mais je...je...je...souvent la personne a quelques séances d’abord en individuel, hein, pour travailler...plutôt un travail de réassurance, et après elle va passer au niveau du groupe. Moi, mon rôle de thérapeute, c’est aussi d’être...d’être heu...d’avoir un côté très heu...heu...rassurant auprès de...de cette personne, lui donner, lui apporter une confiance, mais tout en heu...en étant heu...j’ai un rôle de...d’accompagnatrice ouais d’un mouvement possible. A - Voilà M - hein... (pas compris), sachant qu’ici ils savent très bien que ici on n’est pas là heu...y a aucun jugement, tout est possible dans la création, mais y a des contraintes, y a des règles, des règles dues heu à l’environnement, à cet espace qui est un espace heu...heu...un...un lieu bien spécifique, avec un...un temps bien spécifique, ce qu’on appelle un espace/temps...heu, y a des règles, hein, qui sont des règles non seulement de l’atelier, mais des contraintes aussi par rapport au matériel...Donc voilà, c’est tout un environnement qui peut être aussi contenant, étayant, et qui permet à la personne de se sentir en sécurité et donc de (pas sûre)...sentiment de sécurité qui va pouvoir la faire avancer, et la faire avancer autrement. A - hum, d’accord. Et...donc heu, vous pouvez intervenir donc heu..devant cette peur de la page blanche M - ouais A - ...enfin de la feuille heu...voilà...heu...vous pouvez intervenir également à quel moment ? Quand est-ce que ça peut coincer? Quand est-ce que... M - Voilà heu...c’est à dire que moi je suis toujours heu...heu attentive à ce qui se passe, à l’écoute, et si la personne a...ressent des...des...des angoisses, je vais être là. Je vais la...quand je vais l’accompagner, c’est à dire que je n’interviens jamais sur la toile de la personne... mais j’ai aussi des...des petites consignes qui vont..vont aider à...à créer, c’est à dire qu’on peut faire des jeux, ce qu’on appelle le squiggle*, heu...des...on peut faire des jeux ensemble pour l’aider...à...à créer. On peut...j’ai...j’ai des propositions de...de consignes qui peuvent être sim...simplement...de se servir heu..y a des propositions au niveau...vous voyez tout le matériel est à portée de main, hein, et...c’est à dire comment l’espace est..est mis en sorte que déjà je...je donne envie à la personne A - hum M - d’essayer, d’expérimenter heu...d’expérimentation...d’expérimenter. Ici on est dans un lieu d’expérimentation, hein, on n’est pas dans un cours heu d’arts-plastiques, on est surtout dans un lieu d’expérimentation A - C’est vrai que ça ouvre à la curiosité … M - Voilà, A - ...de voir toutes ces choses M - ça ouvre à l’envie, heu...du coup la personne peut prendre l’éponge, elle peut passer du pastel à l’acrylique, elle peut travailler...là on est un mur, c’est ce qu’on appelle le mur heu à peindre et heu la personne peut travailler debout, elle peut travailler assise, le tables sont modulables, on peut...elle peut travailler en retrait des autres, heu...elle peut, voyez...c’est heu... A - D’accord M - Tout est mis en œuvre pour que la personne se sente en sécurité. Voilà...hein A - pour créer... M - Voilà A - ...un contexte heu...d’accord. Hum...comment constate-t-on une amélioration des pathologies? M - Alors ouais. on constate déjà par heu...par la personne elle-même, qui peut verbaliser...autrement, qui...qui souvent nous dit quand elle va mieux et...alors déjà c’est elle, elle est capable de l’exprimer la plupart du temps, ensuite heu moi en tant que thérapeute je peux voir aussi de mes observations de départ, parce que je fais des grilles heu...heu des..des...pas des grilles d’évaluation parce je n’aime pas ce mot là mais je fais des...aussi des...je suis capable de heu...de...de faire des observations écrites et je...je suis capable de...de regarder la progression... A - D’accord M - au fur et à mesure des séances, que ce soit heu des progressions par exemple au niveau des couleurs, au niveau des formes, au niveau de...de l’expression graphique, au niveau de..de la...la façon dont la personne va se déplacer dans la salle pour aller elle-même chercher son matériel, au niveau de l’assurance qu’elle va...qu’elle va...qu’elle va avoir dans...dans...dans son...dans son expression, voyez, heu...ensuite heu...souvent la famille, l’entourage va, va nous ramener que la personne va mieux aussi A - avoir des échos M - et puis évidemment le médecin qui revoit la personne et qui va être capable de...de juger heu...du bien-être ou pas de...de l’activité, en tous les cas qui a été porteur ou pas de bien-être, de revalorisation de soi, de...pour la personne. A - D’accord...ok...Eh bien écoutez, je pense qu’on a abordé à peu près tous les points qui nous posaient question. Heu...bah c’est intéressant parce que ça nous permet en fait de voir un peu plus concrètement ce que ça peut être, les apports aussi de l’art d’un point de vue thérapeutique et heu...et de voir un petit peu oui comment peuvent se dérouler aussi les activités et heu...je sais pas, vous auriez quelque chose à ajouter heu...?


M - Pas comme ça, mais parce que bon, c’est heu..mais heu n’hésitez pas en tous les cas à me rappeler si j’ai pas répondu à une question ou si...ou si il faut la développer ou...hein déjà A - D’accord. Mais merci en tout cas (rires). Merci beaucoup M - Mais tant qu’il y a du...c’était Dolto qui le disait un peu comme ça...Françoise Dolto qui disait heu “tant qu’il y a du vivant, y a du possible” et je crois que c’est vrai. Et puis je crois aussi que chacun a un potentiel il suffit d’avoir des endroits pour pouvoir le développer et...et arriver à du mieuxêtre pour la personne en tous les cas. A - Oui M- Ouais A - Hum hum » (rires) *(définition squiggle : WINNICOTT proposait le squiggle comme support de relation aux rencontres avec les enfants et les adolescents. Voici comment il le présente : « Je fais un gribouillis et il le transforme. Il en fait un à son tour et c’est à moi de le transformer…Quelquefois je tarde à le transformer pour lui donner l’occasion de déployer son imagination » Les deux partenaires participent ainsi à la construction d’un objet commun, objet intermédiaire de leur relation. Ce jeu graphique ouvre à l’échange et à la création partagée.)


Retranscription du second entretien : Marielle : “Alors euh... du coup est ce que vous pourriez me présenter brièvement votre structure, le public, Françoise Marvin : d’accord (sourire) M : ce que vous faites, exactement votre fonction? FM : d’accord donc ici c’est la structure Kerantoine qui fait partie du foyer Prad Izel qui accueil euh des adultes en situation de handicap intellectuel, handicaps assez lourds. La structure de Kerantoine reçoit plutôt des personnes qui ont une déficience intellectuelle sévère, M: d’accord FM : des troubles autistiques, hein des troubles envahissants du développement donc c’est un petit peu la particularité. On est deux éducatrices sur la structure, c’est accueil de jour, 9h-17h en continu M : d’accord FM: et notre travail c’est de maintenir au mieux les acquis de ces personnes puisque se sont des adultes. Dans les domaines de la vie quotidienne mais aussi dans les domaines artistiques et sportif et aussi notre but c’est de leur procurer un bien être qui leur permettent de ne pas avoir un repli trop important sur elle-même (la personne en situation de handicap) puisque leur principal difficulté c’est les troubles autistiques; ce sont les troubles autistiques. M : d’accord FM : Donc voilà donc nous on… axe beaucoup notre action sur les arts, arts plastiques en particulier donc peinture, gravure, terre, émaillage (rires mêlés à la joie) voilà parce qu’on estime que c’est quelque chose qui leur permet d’exprimer une certaine créativité et donc on en parlera peut être après et donc du bien être etc. etc. M : d’accord et... FM : donc voilà un peu notre fonction M : d’accord et... FM : mais on a aussi des ateliers à l’extérieur: on va à la piscine, on va au cinéma, on peut aller au restaurant voilà parce que le but est aussi la socialisation autant que faire se peut vue, aux vues de leurs handicaps et de leurs difficultés M : d’accord et les activités artistiques c’est combien de fois par semaines FM : alors c’est assez variable mais on fait bien 3 à 4ois par semaines M : d’accord, oui c’est... FM : ouais c’est quand même quelque chose d’important et de régulier parce que pour que ça ait vraiment des effets positifs sur eux il faut qu’il y ait une régularité parce que ici... enfin pour toutes les personnes avec ce handicap et ces TED (troubles envahissants du développement) il faut toujours une régularité dans les actions qu’on entreprend, si on faisait une fois... M : ça servirait à rien... FM : ça servirait à rien... M: d’accord FM : tout simplement M : et votre fonction... vous êtes éducatrice? FM : je suis monitrice-éducatrice M : et du coup, je dirais... qu’est-ce qui vous a poussé à faire des activités artistiques dans votre travail, c’est euh comment dire … je vais pas dire imposer mais est-ce que c’est de votre initiative personnelle? c’est vous qui vous êtes dit... FM : bien sûr c’est une initiative personnelle puisque ma collègue le fait aussi donc après bah c’est un parcours personnel aussi hein... moi je suis diplômée depuis 1983 (sourire puis rire) donc j’ai quand même une certaine expérience; j’ai ait beaucoup de formations continues notamment sculpture, euh dans le domaine artistique donc pour apprendre une méthode, je fais aussi à titre personnel, je fais moi même de la gravure, de la peinture … bien maîtriser la méthode, la pratique et puis j’ai ais une formation aussi pour comment appliquer cette pratique artistique à des personnes en situation de handicap. Donc c’est un choix qui s’est révélé assez vite comme quelque chose qui pourrait être un plus pour ces personnes là. M : d’accord... FM : donc dans ces cas là ça vient de l’équipe; on fait un projet qu’on propose à la direction et qui a été validé M : d’accord donc ce projet rentre dans le cadre de l’art thérapie proprement dite? ou c’est plutôt des activités qui vont leur permettre comme vous le disiez tout à l’heure de pas se replier sur soit … FM : oui plutôt, on parle pas vraiment d’art thérapie qui fait appel à une vraie formation et vrai... des compétences autres hein que... que là on a pas sans doute mais euh... ça participe de cette là thérapeutique quand même puisqu’on voit bien que les personnes sont...sont plus calmes( dit-elle en faisant de grands gestes pour les designer de l’autre côté de la pièce) notamment bon la, la terre ça recentre bien la personne sur elle-même, ça lui fait du bien, ça la pose, Donc on sent bien, y’a aussi tout c qui est ...oui sensoriel qui est très important pour les personnes en situation de handicap autistique, donc on sent bien que ça participe à une certaine thérapeutie M : d’accord FM : donc nous on est pas art thérapeute parce qu’on est pas art thérapeute M : d’accord FM : on est éducatrices M : et euh...du coup vous constatez qu’il y a des activités qui sont plus adaptées en fonctions des pathologies?... FM : oui oui bien sûre, oui bien sûre, ouais, ouais on voit bien que par exemple euh... des activités ne pourraient pas leur convenir: des activités à l’extérieur avec beaucoup beaucoup de monde ou des activités trop bruyantes qui pourraient agresser la personne autiste donc euh..., que là c’est toujours des activités calmes, c’est toujours le même endroit, ils repèrent la structure, la pièce, le même matériel donc voilà c’est très important pour ces personnes là. M : d’accord, hummmmmmmmmmm (chantonnant en faisant le tour de la grille de question), du coup vous avez répondu à pas mal de question... FM : (éclate de rire) M : non mais c’est très bien... FM : (rit encore) M : c’est très bien...comme ça je ne vous interromps pas, c’est parfait et est-ce que vous rencontrez des euh difficultés lors des séances ? FM : ah oui (lève les yeux au ciel, soupire puis rit) certainement! Je sais pas ce que vous entendez par difficultés mais euh … M : euh difficultés euh... c’est à dire un refus ou alors un énervement si on y arrive pas ou... FM : alors oui, oui! ça peut arriver donc un refus ça va se manifester plutôt … une opposition; par l’inertie... donc la personne ne prendra pas les outils, ne fera pas, donc ça ça peut arriver ou bien alors elle fera n’importe comment... euh oui voilà on rencontre euh ce genre de difficultés. Mais du fait qu’on est ici depuis un certain nombre de temps, toujours le même groupe, les mêmes personnes et qu’il y a cette régularité là; les personnes sont en confiance donc y’a de moins en moins de refus. Quand, quand... si on proposait une activité nouvelle il y aurait une crainte de la part des personnes donc il pourrait y avoir une opposition comme ça qui se manifeste plutôt par un repli sur elle; par l’inertie et du fait que c’est quelque chose qui est vraiment inscrit dans leur quotidien et tout ça et que du coup ça... quelque part il doivent se souvenir quand même que ça va aire du bien puisqu’on a de moins en moins de refus et de difficultés.


M : parce que du coup en cas de refus comment vous, comment vous gérez... comment dire vous attendez que la personne du coup fasse d’elle même ou on enfin... FM : ben dans ces cas là on prend plutôt la personne en individuel, on essaye aussi de voir ce qui ne va pas : est-ce que ça peut être un refus d’activité mais comme c’est des personnes qui ne s’expriment pas ça peut être aussi dû à un malaise ou la personne peut avoir mal au ventre, elle saura pas le dire, elle va refuser donc on essaye de voir tous les signes extérieurs sur elle et...ou déjà détecter si y’a pas une autre cause que le refus de l’activité. Ça peut être aussi autre chose et puis après ça peut être un moment ou elles a pas envie (sa collègue lève les bras pour signifier peu importe, il y a beaucoup de raisons possibles) et dans ces cas là on laisse, on laisse aussi...y’a pas d’obligations. On estime qu’il n’y aura pas de plaisir et de bien être si la personne ne se sent pas elle-même et ne se sent pas à le faire. on va pas les obliger... Zaianti : y’a que vous qui proposez des activités ou ça peut venir d’eux aussi? FM : non non c’est très difficile pour eux de...de choisir et d’exprimer, c’est des personnes qui ont peu de langage et qui ne savent pas exprimer des choix. Donc on fonctionne beaucoup par photos, pictogrammes, hein comme ça par exemple ça (en nous montrant les photos) ça veut dire musique...là pour la peinture, donc si vraiment on a un choix à leur proposer on leur montre des photos mais c’est pas sure qu’elle saura, qu’elle aura les moyens de nous montrer vraiment ce qu’elle veut. Donc la plupart du temps c’est nous qui proposons. M : d’accord, parce que du coup même en ayant fait... admettons plusieurs fois une activité: écouter de la musique FM : hummmmmmmmmmmmmmm M : ou danser ou peu importe, vous montrez enfin je suppose que vous montrez toujours la même image, même au bout de je sais pas 10 séances, la personne va pas forcément reconnaître que admettons ce qu’elle a fait la semaine dernière correspond à telle image? FM : ben la personne saura que ça c’est musique (en nous montrant la photo) mais si je lui met musique ou une photo qui représente la peinture elle ne saura pas forcément choisir M : ah d’accord, oui voilà... FM : elle saura pas le dire en tout cas, pas forcément choisir Sa collègue : mais ça repéré oui... M : d’accord c’est ce que j'essayai de comprendre... FM : oui oui... Sa collègue : il savent que telle pièce correspond à telle activité FM : oui oui...ouais l’environnement chez la personne autiste est important mais doit être toujours le même...structuré...euh faut pas changer de pièce...le même matériel, le même environnement donc y’a pas eu voilà (rires) ils savent à quoi ça correspond. C’est la notion de choix qui est difficile chez eux. M : d‘accord, donc là ce qui fait que les activités que vous faites actuellement euh est-ce que vous en rajouterez une? enfin du coup là vous allez toujours rester sur le même... FM : on rajoute quelques fois des activités pour mettre un peu aussi de diversité à condition que l’activité fasse appel aux mêmes geste euh... aux mêmes outils... par exemple on a mis en place y’a deux ans là peut être maintenant une nouvelle gravure, qui est une activité un peu complexe, donc nous on creuse le lino mais eux passent l’encre sur le lino mais du coup le fait de passer sur le lino c’est le même geste que la peinture donc du coup on peut rajouter des choses qui montrent effectivement que si les gestes même si l'outil change puisque c’est un petit rouleau au lieu d’un pinceau ça reste les même geste donc du coup ça les effraient pas, ça... ils peuvent y accéder mais il faut également qu’il y ait, qu’il soit dans la même pièce, dans les même conditions de sécurité pour eux. Donc du coup on peut rajouter des choses nouvelles si vraiment ça fait appel au même registre... Sa collègue : et puis on en fait... au moment de noël...on fait toujours des créations et puis on fait différemment... FM et sa collègue : (en cœur) le support est différent mais les techniques sont les mêmes... M : d’accord Sa collègue : donc c’est pour ça ça ait une diversité... FM : et qu’on sait aussi leur apporter la diversité (sa collègue sort du bureau, nous dit au revoir et dit “à tout à l’heure” à FM) on a aussi l’importance de la finalité, on fait pas pour faire, on fait aussi pour ce que ça leur apporte et si en plus il y a un objet fini qui leur sera utile, qui leur fera plaisir, qui sera quelque chose à échanger avec leur famille, ils vont pouvoir entrer en communication; on essaye de penser à ça aussi. M : d’accord et euh la plupart des personnes là vivent en foyer ou vivent dans leur famille? FM : dans leur famille, c’est en externat, elles rentrent tous les soirs dans leur famille. M : et les familles... est-ce que, comment dire, euh au sein de la vie à la maison vous constatez que peut-être il y a une amélioration par rapport à la vie de famille... comment, je m’exprime mal !!! (je ris) FM : (elle rit) M : du coup, enfin, on va garder la vie de famille mais comment est-ce que vous constatez que justement tout ce que vous avez fait, toutes les activités euh... FM : leur apport quelque chose? ben ça c’est euh, on prend des notes, on écrit par rapport à ça puis c’est par rapport à l’observation fine tout le temps tout le temps... hein, ouais (en haussant les sourcils et soupirant pour constater du long travail que cela représente) donc on ait un bilan par personne une fois par an M : d’accord FM : ou tous les ans et demi et là, là on fait ces observations là mais euh on peut constater sur un an à peu près quoi M : un an à peu près... FM : oui, oui on a c’est pas très fulgurant hein... M : et les familles elles vous rapportent quelques fois les... FM : quelques fois oui, le travail avec les familles, alors, c’est autre chose d'abord que les adultes qu’on a ont 40 ans à peu près donc des parents souvent vieillissants et tout ça mais quand on fait un bilan, après on ait un projet individuel par adultes et les parents sont invités à venir nous rencontrer, on en parle avec la famille. M : d’accord FM : la famille a aussi un suivi de ce qui se fait ici M : d’accord... très bien... et ben du coup est ce que ben, est ce qu’on peut appeler “patient”? On peut donner ce nom là? FM : bien sûre, ouais M : est-ce que le patient lui-même se rend compte qu’il s’est “amélioré”? Enfin que sa pathologie s’est améliorée? FM : non, non du tout non. Non non, il se... enfin il n’a pas conscience de ça, ils n’ont pas conscience d’eux même souvent euh iiiiiiiii il peut ressentir le bien être par exemple on fait aussi de la relaxation ou des choses comme ça dans la terre y’a aussi de la relaxation (en faisant des gestes d’inspiration avec ses bras vers le bas); il sent le bien être mais il ne saura pas l’exprimer ni dire je vais mieux. M : d’accord FM : donc nous on voit par des infinis détails dans son comportement, dans son attitude qu’il va mieux mais lui ne va pas dire je vais mieux, il ne saura pas. M : au moins il lui reste sa production... FM : voilà c’est ça! et il peut aussi avoir conscience d’avoir fait... une certaine fierté... de savoir dire c’est moi qui a ait ça! parfois il reconnaît ce qu’ils ont donc voilà, ouais! (soupirant) c’est plutôt en ces termes là. M : bon ben écoutez je crois qu’on a ait le tour


FM : ben maintenant vous savez où on est si vous avez besoin de revenir! …”(en souriant) P.S. Nous avons bien évidement remercié notre interlocutrice pour le temps qu’elle nous accordé mais ceci ne figure pas sur l’enregistrement.


dossier Art thérapie