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OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE 2001

édito C’est par des remerciements adressés à toute l’équipe du Temps d’Aimer, Biarritz Culture et son président Jakes Abeberry, que je souhaite ouvrir cet édito. Sans leur confiance et leur active collaboration, cette onzième édition du Festival n’aurait pu rencontrer une si large audience. Durant quinze jours la danse a investi les théâtres de Biarritz, mais aussi d’autres lieux, où, librement le public pût voir, entendre, comprendre, voire être rassuré. On ne le dit pas assez, mais la danse est toujours victime de préjugés. Qu’ils s’expriment par la crainte d’entrer dans un théâtre ou par l’exclusivité donnée par certains à un genre chorégraphique, tous relèvent pour moi d’une semblable méconnaissance. Dans ce contexte, l’éclectisme de la programmation et son environnement pédagogique favorisa, sans nul doute, la découverte et le croisement des publics. Parmi les nombreuses propositions en extérieur, la Gigabarre est certainement appelée à devenir l’emblème du Festival. Cinquante mètres de barre, plus de cent personnes de tous les âges, s’offrant face à la mer quelques exercices académiques. À elle seule, cette barre donne le ton de ce que fût cette nouvelle édition du Temps d’Aimer. Un événement populaire où l’on pu découvrir à travers la diversité des compagnies invitées, loin des interrogations conceptuelles sur la nécessité de savoir ou non danser, que « la danse qui danse » est pleine de vitalité. Comme tout le monde, nous fûmes déboulonnés de nos fières certitudes lorsque des avions de mauvais augure pénétrèrent nos esprits. Choqués, impuissants face à l’ampleur de l’adversité, c’est à Itzik Galili que revint ce 11 septembre, la charge de nous faire oublier la haine. Le Temps d’Aimer devint gravement à propos, et le chorégraphe israélien par la dimension humaniste et spirituelle de son travail, fit osciller dans nos têtes la lourde interrogation d’André Malraux : sera ou ne sera pas ? Le lendemain, Ballet Biarritz resta, au sol et ne put se rendre à Miami où il devait se produire.

Avec le soutien de l’Association Française d’Action Artistique -Ministère des Affaires Étrangères et de l’AFAA-Ville de Biarritz pour ses tournées à l’étranger

sommaire l’événement Soirée de répertoire à Biarritz

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sensibilisation à la danse

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accueil studio : cie Hoogenraad

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la danse à Biarritz #7

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accueil studio : cie Robinson

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vu d’ici : nouveaux danseurs

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en bref...

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calendrier #10

C’est donc à Morlaàs, que le Centre Chorégraphique National débutera sa saison. Dans le cadre du Festival Cultures d’Automne organisé par le Conseil Général des Pyrénées Atlantiques, cette cité du Béarn accueillera Un Hommage aux Ballets Russes, une façon si besoin était de reprendre pied avec les choses simples. Thierry Malandain Septembre 2001

Photographie : Jean-Charles Federico


l’événement

Soirée de répertoire

Sonatine Photographie : Julien Palus

à la Gare du Midi de Biarritz A l’invitation de « Biarritz Animation », le Centre Chorégraphique National participe cette année aux « Fêtes de Biarritz ». Dans ce cadre, il offrira une représentation composée de chorégraphies de son répertoire le mardi 6 novembre 2001 à 21h. AU PROGRAMME

Gnossiennes musique Eric Satie Danses qu’on croise musique Johannès Brahms Sonatine musique Karl Stockhausen . Karol Szymanovski Ballet Mécanique musique George Antheil

Parallèlement, en collaboration avec «Biarritz Culture», trois représentations scolaires de Ballet Mécanique et Danses qu’on Croise seront proposées: Lundi 5 novembre 2001 à 10h et 14h30 (Collèges) Mardi 6 novembre 2001 à 14h30 (Lycées)

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LA PRESSE EN PARLE K.O après le «direct» assené par le dernier ballet: debout pour applaudir longuement et bruyamment un spectacle à couper le souffle, aussi réussi sur le plan esthétique que dans l’émotion qu’il véhicule./.../ Thierry Malandain a du punch à revendre et un humanisme communicatif. L’ensemble du spectacle pourrait Ítre regardé comme un hommage à l’Homme. Ce fut l’Homme poète, plein de raffinement, mais également l’homme social et solidaire avec «Gnossiennes». Ce fut ensuite, l’Homme timide, ridicule, pathétique, traité avec humour et tendresse avec «Danses qu’on croise» /.../ Venait enfin le «coup de grâce» avec «Ballet Mécanique» . Sur un ring, l’Homme est enfin résistant. Face à toutes les vicissitudes, à la violence, il rebondit et renaît «naturellement bon» comme chez Rousseau. Le final particulièrement merveilleux (dans toutes les acceptations du terme) ne peut que déclencher l’admiration. Sud Ouest 10 avril 2001


sensibilisation à la danse... Parce que la sensibilisation est un enjeu majeur du développement de l’art chorégraphique, Ballet Biarritz déploie dans ce domaine une politique dynamique. Si des initiatives comme les ateliers: « Voulez-vous dansez avec nous ? » animés par certains danseurs de la compagnie, sont spécifiquement destinés aux adultes, notre engagement privilégie les interventions auprès du public scolarisé. Ce secteur d’activité est aujourd’hui placé sous la responsabilité de Françoise Dubuc, et bénéficie de la collaboration de Dominique Cordemans. D

iverses et variées, ces actions ont pour objet de sensibiliser les enfants à la danse, par la pratique, mais également par une présence aux spectacles. C’est pourquoi ces interventions sont souvent réalisées en amont d’une représentation. Sur Biarritz et les communes environnantes, la proximité favorise un travail et des échanges plus nourris, comme le parrainage de classes par les danseurs. Pour certains projets, le travail durant l’année scolaire permet d’aboutir à une production spectaculaire. C’est le cas en Pyrénées-Atlantiques, mais également dans le Lot-et-Garonne où des projets sur le long terme sont mis en place grâce au soutien de l’Office Départemental d’Action Culturelle. Parce que jamais distantes de l’activité chorégraphique du Ballet, ces interventions, où les scolaires abordent la danse par une pratique adaptée, permettent également de les initier aux exigences de la profession. Si danser est un plaisir, plaisir qui n’est pas réservé qu’aux filles, ils découvrent aussi que cela peut être un métier dont l’apprentissage exige discipline et persévérance. Lorsqu’en période de création, un parcours culturel les conduit du studio, à l’atelier de couture ou sur la scène, pour assister au montage technique et qu’ils terminent la journée par un atelier chorégraphique, ils sont chargés d’images et de sensations qui donnent sens aux propos que nous tenons. Ils assistent au spectacle, ils connaissent les danseurs, alors tout devient plus familier. Certes beaucoup vont en rester là ; mais quelques classes vont développer le travail avec l’enseignant, certains enfants exprimeront le désir d’une pratique plus assidue. À leur intention, nous avons édité un répertoire des écoles de danse. (suite page 9)

Parcours artistique de Françoise Dubuc et Dominique Cordemans

Françoise Dubuc Formée par Marika Besobrasova à l’Académie Princesse Grace de Monte-Carlo, Françoise Dubuc est engagée en 1974 par Rudi Van Dandzig au Het National Ballet d’Amsterdam. En 1978, elle rejoint le Ballet Théâtre Français de Nancy où elle sera promue Soliste Principale en 1981. Elle y travaille notamment avec John Taras, Janine Charrat, Serge Lifar, Birgit Cullberg, Hans van Manen, mais aussi Viola Farber, Douglas Dunn et Moses Pendleton. A partir de 1982, elle danse avec Rudolf Noureev,au Teatro Colon de Buenos-Aires, Liceo de Barcelone, au Coliseum de Londres, au Théâtre du Châtelet, etc... En 1986, elle participe à la création de la Compagnie Temps Présent, puis met un terme à sa carrière d’interprète pour enseigner la danse. Après l’obtention du diplôme d’état, elle ouvre à Pau sa propre école en 1987. À compter de 1995, elle retrouve le milieu professionnel et travaille en qualité de professeur invité au Matsuyama Ballet à Tokyo, au Ballet de Saragosse, au Ballet Preljocaj et à Grenoble chez Jean Claude Gallota. En 1998, elle rejoint l’équipe de direction de Ballet Biarritz. Responsable des actions de sensibilisation, Françoise remonte également les chorégraphies de Thierry Malandain à l’étranger.

Dominique Cordemans débute la danse à Bruxelles et poursuit sa formation à l’École du Ballet Royal des Flandres. En 1978, elle est engagée dans la compagnie, puis rejoint la Compagnie Actino Ballet à Bruxelles. Attirée par l’enseignement, elle crée sa propre école. En 1981, Dominique quitte la Belgique pour rejoindre Nancy où durant six années, elle enseigne au sein de l’École du Ballet Théâtre Français de Nancy, tout en donnant parallèlement les classes aux danseurs de l’Opéra de Nancy. En 1987, elle rejoint la Compagnie Temps Présent et renoue avec sa carrière d’interprète jusqu’en 1996, date à laquelle elle quitte définitivement la scène. Après avoir suivi la formation « danse à l’école », elle se consacre aux actions de sensibilisation conduites par la Compagnie Temps Présent, alors en résidence à Saint-Étienne. Elle prend part également aux actions menées par l’Esplanade Opéra et son secteur Jeune Public. Parallèlement, elle est chargée de la formation danse au Centre Dramatique National de Saint-Étienne et à ce titre, collabore chorégraphiquement aux mises en scène. Elle aborde également les spectacles de rues ou les spectacles équestres, et intervient auprès de jeunes compagnies et dans le cadre de stages, en tant que professeur invité, répétitrice ou animatrice d’ateliers chorégraphiques. En 2000, elle rejoint l’équipe de Ballet Biarritz.

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accueil studio Compagnie Hoogenraad La compagnie de Renatus Hogenraad est accueillie au Centre Chorégraphique National du 7 au 14 octobre 2001 pour un travail autour de sa prochaine création: Men on the Moon Le chorégraphe et la compagnie D’origine hollandaise, Renatus Hoogenraad étudie la danse au Conservatoire Royal des Pays-Bas à la Haye. Après ses études, il danse au Ballet Royal de Wallonie, avant de rejoindre le Ballet du Nord en 1986. Depuis 1990, il a créé une dizaine de chorégraphies au Ballet du Nord et a participé deux fois au Concours International de Chorégraphie de Tokyo. Avant de quitter le Ballet du Nord pour se consacrer entièrement à la chorégraphie, il présente Blind date en octobre 1998. En septembre 1999, dans le cadre du Festival de Danse - Le Temps d’Aimer, il crée Et, puis un jour... pour les danseurs de Ballet Biarritz. Peu après, il fonde à Mulhouse sa propre compagnie et réalise Intimidées pour les « Émergences » de la Scène Nationale de SaintQuentin-en-Yvelines. Puis la compagnie présente son premier spectacle à Mulhouse en mars 2001 avec un programme composé de Intimidées et deux créations Those who say don’t know et Scalpel. Parallèlement, Renatus Hoogenraad a été invité au Ballet du Rhin pour signer Snatch , à l’École du Ballet Royal de Flandres pour Charabia et son ballet Blind Date est entré au répertoire de la compagnie hollandaise EuregioDans. Aujourd’hui la compagnie bénéficie du soutien du Ministère de la Culture- DRAC Alsace, du Conseil Général du Haut Rhin et de la ville de Mulhouse.

Men on the Moon - 60’ Chorégraphie Renatus Hoogenraad Compositeur, musicien Denis Scheubel Création lumières Patrick Méeus Création costumes Marie-Jo Gebel Interprètes Virginie Lauwerier, Caroline Teillier, Léonard Rainis, Renatus Hoogenraad Création au Théâtre la Coupole de Saint-Louis le 24 novembre 2001. Coproduction : Compagnie Hoogenraad, le Théâtre de la Coupole, Centre Chorégraphique National / Ballet du Nord, Centre Chorégraphique National / Ballet Biarritz

Cette création parlera des hommes et de leurs rêves. Le thème central sera la métaphore de la lune. Nous explorerons la fine séparation entre le réel et l’imaginaire, le vrai et le mensonge. Devons-nous automatiquement croire tout ce que nous voyons ? Cette pièce jouera sur le registre d’une identité, d’une danse à plusieurs échelles. D’abord, l’échelle immense, ou la difficulté de l’être humain à concevoir les distances. Ensuite l’échelle humaine (réelle) et l’échelle des petits êtres que nous sommes et que nous portons en nous - La Compagnie.

Ce projet trouve sa source dans une anecdote... .... à la fin de l’année 1969, un américain de pure souche est interwievé par un journaliste d’une télévision locale. Des astronautes de son pays ont marché sur la lune. Le journaliste lui demande ses sentiments vis à vis de cette nouvelle conquête des américains. L’homme se met en colère et proclame que le monde entier s’est fait leurrer. Bien évidemment il n’y a jamais eu d’hommes sur la lune ...Il se dit convaincu que cette histoire est fabriquée de toutes pièces et que les images envoyées sur les ondes ont été tournées à Hollywood.

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CLÉO DE MÉRODE Cléo de Mérode (1875-1966) a marqué la « Belle Époque » par sa beauté et son talent. Ce n’était pas une « cocotte », mais une personnalité que le public porta au premier rang. Elle se produisit à Biarritz, au mois de mars 1906 dans « Le jour et la nuit », fit du Pays Basque, son lieu de villégiature à compter de l’été 1909, puis y résida pendant la « grande guerre ».

Issue

de la branche autrichienne d’une authentique noblesse, Cléopâtre Diane de Mérode est née à Paris. Elle a huit ans lorsque sa mère la présente à l’école de danse de l’Opéra de Paris. Reçue dans la classe de Melle Théodore, elle gravit sans peine tous les échelons pour entrer dans le corps de ballet à l’âge de onze ans. On murmure qu’elle est le « chouchou » du directeur Pedro Gailhard (propriétaire de la villa des Sables à Biarritz). Admiratif de son jeune talent, Il se prit pour elle d’un intérêt si bienveillant que depuis son entrée à l’école, elle bénéficie d’un fixe pour ses parutions sur scène. À treize ans, de « choryphée » elle est nommée « petit sujet », ce qui lui donne le droit de fréquenter le foyer de la danse où elle fait la connaissance de Marcel Proust, Reynaldo Hahn et de nombre d’abonnés. À cette époque, elle adopte une coiffure en bandeaux qui devient légendaire. Les critiques la couvrent de fleurs et tout le monde s’empare de son image en la soulignant de compliments lyriques. En 1896, elle est élue « reine de beauté » par les lecteurs du journal L’illustration. On lui propose alors de créer Phrynée de Louis Ganne au Casino de Royan. Pedro Gailhard donne son accord et devant le corps de ballet de l’Opéra de Bordeaux, elle obtient un triomphe. On sait que Léopold II lui porte grande admiration. Sa supposée liaison avec le roi de Belgique, enflamme les esprits : on parle de « cléopold », elle proteste, mais la rumeur de favorite royale restera attachée à son nom. Pour y échapper, après avoir reçu une nouvelle autorisation de l’Opéra, elle part en Amérique : un agent lui fait un pont d’or, elle s’y produira avec un succès considérable. Les propositions affluent, elle doit choisir entre y répondre ou rester à Paris. Finalement, elle quitte la maison qui l’a vu naître et débute une immense carrière internationale, remplissant souvent les théâtres plusieurs semaines. En 1900, on peut l’admirer à l’Exposition Universelle dans une suite de Danses Cambodgiennes, aux Folies Bergères dans Lorenza que règle pour elle Mariquita, ou bien encore dans Tanagra en 1905. Souvent ses partenaires sont des femmes. Ainsi pour Endymion et Phoebé, le rôle est tenu par une certaine Régina Badet :« C’était une partenaire idéale ; elle me soulevait comme une plume, et je me sentais devenir élastique entre ses mains. Le couple que nous formions ne devait pas être

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désagréable, car la critique usa de sa rhétorique la plus flatteuse pour nous vanter ». L’époque n’est pas à la danse masculine, cette pratique va être balayée par la tornade des Ballets Russes. Cléo est admirative lorsqu’ils déferlent en 1909 au Théâtre du Châtelet. « On eut dit que le tapis volant des Mille et une nuits se fut posé sur notre ville pour y apporter tous les sortilèges ». Cet été là, elle découvre le Pays Basque « il me séduisit, et j’y retournai en vacances chaque année, jusqu’à la guerre ». Lorsque la guerre est déclarée, elle se réfugie à Bordeaux, mais son hôtel étant réquisitionné par le gouvernement qui arrive, elle est alors accueillie par des amis à Hossegor. La ville abritait une colonie de littérateurs, il y avait là entre autre Léon Blum, alors critique dramatique de Comoedia. Après un mois, sur les conseils de son ami Luis de P. , elle choisit Biarritz comme port d’attache. « Je trouvai un gîte agréable dans une belle et grande pension de famille. La Maison carrée, très près du Carlton. Toute une partie de celui-ci était convertie en hôpital de la Croix-Rouge. Le directeur du Carlton organisait des spectacles pour les blessés ; il me demanda d’y participer. Je ne me fis pas prier. J’étais heureuse de contribuer à distraire ces garçons qui nous avaient défendus et dont beaucoup allaient retourner au combat. La première fois que je dansais devant eux, je fus très émue. On avait placé au premier rang les soldats amputés, qui d’un bras, qui d’une jambe. Leurs yeux étaient jeunes, leurs figures fraîches ; des enfants… et toute leur vie à vivre mutilés ! Cette vision me bouleversa. Je devais en retrouver de semblables en face de moi, bien des fois… et m’y habituer. Ce fut si long, tout cela ! Mon répertoire plut beaucoup à ce public si nouveau pour moi, et qui m’était plus cher que tous ceux que j’avais eu ailleurs. Quand on connut dans la région ma présence à Biarritz, de tous côtés, les organisateurs de la Croix-Rouge me sollicitèrent de venir danser dans leurs hôpitaux. C’est ainsi que j’allais divertir les blessés à Bayonne, où une représentation fut donnée à leur bénéfice au Grand Théâtre, à Dax, à Saint-Jean de Luz, à Oloron. La « Belle Epoque » semblait dater d’avant le déluge ! La guerre en avait sonné les funérailles ». Cléo de Mérode rentre à Paris en 1915. À chaque instant, on lui propose des rôles, elle danse à l’Opéra Comique, puis quitte Paris pour gagner Pau. Elle danse à nouveau pour les blessés, et offre quelques leçons de danse à des enfants, qui se produiront au Théâtre SaintLouis. Après l’armistice, L’indépendant des Basses Pyrénées lui adresse des remerciements au nom de la ville. « Aux nom de nos glorieux blessés, de nos pauvres, de nos réfugiés pour qui elle a prodigué le prestige et l’éclat de son art, nous voulons saluer le départ de Melle de Mérode d’une pensée reconnaissante ». Après la guerre, elle reprend le cours de sa carrière et reçoit longtemps les faveurs du public. En 1934, après ses succès dans la Revue 1900, on lui propose de nouvelles tournées, mais elle préfère en rester là. « Ma vie était assez pleine et assez intéressante, partagée entre mes amis et mes petites élèves, pour qu’aucun regret de m’effleurât » « J’ai aimé, adoré la danse ; et, faire ce que l’on aime, n’est-ce pas un des plus grands bonheurs que puisse donner la vie ? » - « J’ai souffert, moi aussi, j’ai subi de lourdes épreuves. Qui peut s’en dire exempt ? Mais j’ai trouvé que la somme des joies dépassait celle des tristesses, que la splendeur du monde en faisait pardonner les laideurs. Je reste optimiste, et je garde une immense gratitude au destin pour tout ce dont il m’a comblée. Je n’oublie pas mes aimés disparus, mais j’espère les retrouver dans l’autre vie, à laquelle je crois » - Cléo de Mérode Bibliographie Le ballet de ma vie, Cléo de Mérode - Pierre Horay Éditeur.

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accueil studio Compagnie Robinson / Claude Magne La Compagnie Robinson présentera sa création [iowi] le 24 novembre 2001 à l’Entrepôt des Jalles - Le Haillan La chorégraphe Claude Magne découvre la danse à l’âge de 20ans pendant sa formation d’éducateur spécialisé parallèlement à une pratique de l’aïkido… À 21 ans il décide de partir seul pour un voyage d’un an en Amérique du Sud où il rencontre les indiens d’Amazonie et des hautsplateaux Boliviens avec lesquels il s’initie aux danses rituelles et aux pratiques sacrées de la transe et de l’extase… Après ce parcours initiatique, il rentre en France et suit les enseignements de Sylvie Tarraube, Hideyuki Yano, Jacques Patarozzi, Jean Cébron et Lucas Hoving. Il partage la vie de la Compagnie Épiphane pendant 7 ans et complète sa formation auprès de Jean Masse et Jacques Garros. En 1998, il fonde avec Anne Maurin la Compagnie Robinson. La compagnie La danse de Robinson est un engagement, une manière d’être au monde, aiguisés, disponibles, une alchimie où l’invisible devient visible, une métamorphose où la forme, le mouvement, le corps tentent d’exprimer le par-delà… Une danse expressive, non figurative, qui combine humour et drame, légèreté et gravité, expérience corporelle et métaphysique, qui brise en chacun de nous le social, la façade, le superficiel et en même temps accepte notre inconsistance, témoigne de l’éphémère dans un monde en perpétuel mouvement…

[iowi] « on y va » est l’expression cynique, explosive, souvent drôle d’un petit monde enfermé dans un improbable lieu de transit. Voulant toujours être ailleurs et dépasser les limites du connu, les personnages essaient de mettre de l’ordre et de la mesure dans leur existence, face aux irruptions spasmodiques des forces et de la barbarie. Étourdis par les fluctuations de l’ego et la recherche insatiable du plaisir, ils dressent un portrait sans concession de notre humanité civilisée. Tel est le monde de [iowi] : un essai de sociologie en mouvement. Ce questionnement sur l’état de notre société, conduit à interroger le rapport acteur-spectateur et à abolir la traditionnelle frontière entre la scène et la salle. Ce qui produit ici, n’est pas le fait de quelques-uns, mais concerne chacun dans son intimité.

[iowi] chorégraphie Claude Magne musique originale Pierre Vasseur scénographie Dominique Pichou lumières Jean Grison costumes Odile Béranger régie son Jean-Claude Reynaud design graphique René Boelens interprètes Anne Maurin, Barbara Blanchet, Concha Castillo, Karen Juan, Marion Rosseel, Laurent Falguieras, Francis Albiero, Marc Lacourt. Coproduction : IDDAC, l’Entrepôt des Jalles - le Haillan, Opéra de Bordeaux, C.C.N. Ballet Biarritz, Cie Robinson et le soutien du Conseil Général des Landes, ADAM Landes, les Villes d’Arcachon, de Mimizan et Saint-Médard-en-Jalles. Représentations 24 novembre 2001 Entrepôt des Jalles, Le Haillan 4 Décembre 2001 Théâtre Fémina, Opéra de Bordeaux 7 Décembre 2001 Théâtre Leygues, Villeneuve sur Lot 21 Décembre 2001 Palais des Congrès, Arcachon 25 Janvier 2002 Le Parnasse, Mimizan Production / Diffusion Anne Reynaud tél. 05.56.50.16.38

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vie de la compagnie Sept nouveaux danseurs intègrent Ballet Biarritz. Amaya Iglesias est née à Saragosse en 1975 et y étudie la danse auprès de Maria de Avila. En 1991, après avoir recu le premier prix du Concours de l’Eurovision à Helsinki, elle est engagée par Pierre Lacotte au Ballet National de Nancy. Nommée Étoile après sa première de Giselle dansée avec Laurent Hilaire, elle créera l’Ombre remontée par Pierre Lacotte au côté de Noella Pontois, puis Alexandra Ferri, Julio Bocca et Vladimir Malkahov, tout en étant l’interprète de nombreux autres ballets : Paquita, Thème et variations, Marco Spada, etc ...En 1994, elle est engagée au Deutche Oper de Berlin comme Principale, puis rejoint en 1995 le Northern Ballet Theatre en Grande Bretagne où elle danse Don Quichotte, Giselle, Roméo et Juliette, mais aussi des oeuvres de Balanchine, Van Manen, Petit, etc ... En 1998, Amaya entre au Ballet Florida (USA) où elle interprète Nebrada, Balanchine, Wainrot, Stevenson, etc ... Invitée au Ballet de Saragosse, elle y a dansé Raymonda tout dernièrement.

Roberto Zamorano Vasquez est né en 1965 à Cali (Colombie) et étudie à l’Institut de Ballet Classique de Colombie. En 1986, il est engagé au Ballet de Cali, il sera nommé Principal, interprétant les grands rôles du répertoire classique : Giselle, Don Quichotte, Coppélia, etc ..., ainsi que des oeuvres plus contemporaines. En 1993, il est danseur principal au Ballet Contemporaneo de Caracas et reçoit le Prix du meilleur danseur du Vénézuela en 1995. En 1996, il est engagé comme soliste au Northern Ballet Theatre en Grande Bretagne et y interprète : Le Lac des Cygnes, Roméo et Juliette, et Dracula créé pour lui, etc... En 1998, il rejoint l’Aterballetto (Italie), danse les oeuvres de Mauro Bigonzetti, mais également Apollon de Balanchine. En 1999, il est engagé au Ballet Florida (USA) où il interprète Balanchine, Nebrada, Wainrot, Stevenson, etc...

Rosa Royo est née en 1970 à Bilbao. elle étudie la danse au Jeune Ballet de Bilbao et obtient un Prix d’honneur au Conservatoire Royal de Madrid. En 1987,elle danse au Ballet d’Euskadi, puis au Théâtre Public de Guipuzkoa en 1994. En 1995, elle est engagée par Victor Ullate où de Soliste elle sera nommée Principale. Elle interprètera les chorégraphies de Victor Ullate, mais également celles de Balanchine, Van Manen, Christie, Béjart, ainsi que les rôles principaux dans Giselle, Don Quichotte et les Sylphides. En 1998, elle est invitée par la compagnie québécoise La La La Human Steps et participe à la création de Salt d’Edouard Lock.

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Annalisa Cioffi est née en 1982 à Lausanne. Elle étudie la danse auprès de Rosanna Gorgoli à Pesaro, puis à Monaco avec Marika Besobrasova. En 1999, elle rejoint l’École de Danse de Genève dirigée par Sean Wood et Patrice Delay et intègre le Ballet Junior où elle interprète des oeuvres de Crandall, Mancini, Hoogenraad, Malandain, Allen. Anna Ajenjo Soto est née en 1980 à Madrid. Elle étudie la danse au Conservatoire Royal de Madrid. Dans le cadre de sa scolarité, elle travaille avec le chorégraphe Juan Carlos Santamaria qu’elle retrouve en 1998 pour la création de CasseNoisette. Entre temps, elle est engagée par Victor Ullate pour Giselle, avant de rejoindre le Ballet de Saragosse en 1999 où elle interprète les chorégraphies de Robert North, Jean Christophe Blavier, Luc Bouy, mais également le répertoire classique. Roberto Forleo est né en 1977 à Bari (Italie). Il étudie la danse auprès d’Alessandra et Stefania Lombardo, à l’Ecole de Ballet Classique Cosi-Stefanescu, puis à Rudra Béjart Lausanne. En 1996, il est engagé au Brésil à Grupo Corpo où il danse les oeuvres de Rodrigo Pederneiras. En 1998, il rejoint le Béjart Ballet Lausanne. En 2000, il travaille avec la Rambert Dance Company où il interprète les chorégraphies de Mats Ek, Christopher Bruce, Jiry Kylian, Merce Cunningham, etc... Frederik Deberdt est né en 1981 à Izegem (Belgique). Il étudie la danse à l’Ecole du Ballet Royal des Flandres et interprète des chorégraphies de Maurice Béjart, Jiry Kylian, Nacho Duato, Thierry Malandain et Mac Millan. En 1999, il est finaliste au Concours de l’Eurovision et entre au Ballet Royal des Flandres où il danse le répertoire classique, Casse Noisette, Giselle, la Belle au Bois Dormant, mais également les créations de Mark Bogaert et Maurizio Wainrot.

Photographies : Jean-Charles Federico


en bref... NOUVELLES D’ACCUEIL STUDIO La Compagnie l’Instant de Mickaël d’Auzon reçue récemment à Ballet Biarritz dans le cadre de l’ Accueil Studio présente les 6 et 7 octobre 2001 au Théâtre Gérard Philipe de Frouard (54) sa dernière création : À la recherche de la caresse.

BONNE NOUVELLE Dans son édition consacrée à l’année 2001, le magazine allemand Ballet Tanz fait figurer Ballet Biarritz parmi les compagnies importantes de l’année - Danke sehr !

CINÉ-DANSE À BIARRITZ Biarritz Culture et le Centre Chorégraphique National poursuivent les Ciné-Danse. Après un partenariat avec l’Association Terpsichore dirigée par Claire Sombert, c’est la Cinémathèque de la Danse qui nous propose trois rendez-vous : le 17 novembre 2001, Tap Dance de Nicholas Brothers, le 9 février 2002, Yvette Chauviré, une étoile pour l’exemple de Dominique Delouche, le 6 Avril 2002, Los Tarantos de Francisco Rovira Beleta. Informations: Biarritz Culture 05 59 22 20 21

APPEL À TÉMOINS Le 1er janvier 1999, le Centre Chorégraphique National lançait « Numéro ». Ce bulletin d’information consacré aux activités de Ballet Biarritz souhaite aujourd’hui faire une place à ses lecteurs. Aussi, serions-nous heureux de recevoir vos réflexions à l’adresse suivante : Ballet Biarritz - Appel à témoins - 23 avenue Foch 64200 Biarritz.

(suite de la page 3) Beaucoup d’enseignants sont aujourd’hui initiateurs de projets, dans ce cadre et à leur demande, nous commençons à mettre en place des stages de formation. Par ailleurs, lorsque des compagnies sont reçues en Accueil Studio, nous essayons dans la mesure du possible d’organiser des répétitions publiques, ainsi que des ateliers, offrant ainsi l’opportunité d’une autre approche de la danse. La sensibilisation est également une activité que nous développons auprès des écoles de danse. Dans le département du Lot-etGaronne, la saison dernière, une chorégraphie fut montée avec les élèves de différentes écoles privées. Elle fit l’objet d’une présentation en première partie d’un spectacle donné à Nérac. Localement, tant avec les écoles privées qu’avec le Conservatoire de Région de Bayonne, les collaborations visent au rayonnement de la danse en général. Le Centre Chorégraphique est devenu le partenaire naturel de nombreuses initiatives, comme le Stage International de Danse ou le Concours International de Danse de Biarritz. Les Ciné-Danse organisés en partenariat avec « Biarritz Culture » sont également une initiative leur étant destinée. Par ailleurs, les premières sont toujours précédées d’ateliers chorégraphiques animés par Richard Coudray (maître de ballet). Sur le thème du spectacle, ils sont

« La sensibilisation n’est pas seulement une ouverture nécessaire vers le public, mais aussi un outil pour rompre les a-priori sur la danse » ouverts aux élèves résidant des deux côtés de la frontière. En effet, la sensibilisation dépasse le cadre de l’Aquitaine et s’étend jusqu’au Pays Basque espagnol. À ce titre, Adriana Pous Ojeda, actuellement danseuse à Ballet Biarritz prendra prochainement à San Sebastian, la direction de ce secteur. Depuis trois ans, le Centre Chorégraphique déploie une belle activité dans le domaine de la sensibilisation. Elle n’est pas seulement une ouverture nécessaire vers le public, mais aussi un outil pour rompre les a-priori sur la danse. Un travail de longue haleine, déconcertant parfois tant il y aurait à entreprendre, mais encourageant lorsqu’il permet la rencontre de gens motivés qui réussissent avec nous à éveiller les curiosités.

STUDIO STORY Vous souhaitez être enfermé une journée dans nos locaux sous le regard discret de nos quatorze danseurs, assister aux répétitions, vivre la danse en direct, c’est possible en composant le 05 59 24 67 19 (0,22 F/mn).

Sensibilisation - Présence en Aquitaine 2000-2001 Communes dont la population scolaire a été touchée au cours de la saison 2000-2001

Biarritz Bayonne Anglet St Pée sur Nivelle St Jean de Luz Cambo St Jean Pied de Port Ustaritz Urrugne Arnéguy Lacarre Lantabat St Etienne de Baigorry Bidarray St Martin Arrossa Mouguerre Pau Serres-Castet Hendaye La Bastide Clairence Louhossoa Orthez Bosdarros Navailles Escaunet Bédeille Pontiacq Bizanos Espoey Montardon LANDES Peyrehorade St Vincent de Tyrosse GIRONDE Bordeaux St Loubès LOT-ET-GARONNE Agen Fumel Nérac Monsempron-Libos.

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

Un atelier chorégraphique, avec le Lycée de Capbreton.

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Gare du Midi 23, avenue Foch F-64200 Biarritz tél. 33 5 59 24 67 19 fax. 33 5 59 24 75 40 PRÉSIDENT

André Dachary TRÉSORIER

Pierre Durand SECRÉTAIRE

Jacques Pavlovsky • artistique DIRECTEUR/CHORÉGRAPHE

Thierry Malandain MAÎTRE DE BALLET

Richard Coudray COORDINATRICE ARTISTIQUE RESPONSABLE SENSIBILISATION

Françoise Dubuc INTERVENANTE SENSIBILISATION

Dominique Cordemans PROFESSEUR INVITÉ

Angélito Lozano DANSEURS

Ana Ajenjo Soto Giuseppe Chiavaro Annalisa Cioffi Frederik Deberdt Roberto Forleo Amaya Iglesias Mikel Irurzun del Castillo Cyril Lot Adriana Pous Ojeda Magali Praud Christophe Romero Rosa Royo Nathalie Verspecht Roberto Zamorano Vasquez

© Photo Bernard

• administratif

calendrier

ADMINISTRATEUR

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Yves Kordian ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ MISSION TRANSFRONTALIÈRE

représentations en France

Filgi Claverie

je 11 octobre

Orthez

Un hommage aux ballets russes

sa 20 octobre

Draguignan

Un hommage aux ballets russes

ma 23 octobre

Bordeaux Bordeaux Biarritz Biarritz Villeneuve-sur-Lot Dijon Dijon Figeac Massy Thiers St-Étienne Biarritz

Un hommage aux ballets russes

me 24 octobre ve 02 novembre lu 05 novembre ve 09 novembre me 14 novembre je 15 novembre ve 30 novembre di 02 décembre ve 07 décembre lu 10 décembre di 23 décembre

ASSISTANTE ADMINISTRATIVE CHARGÉE DE DIFFUSION

Françoise Gisbert AIDE-COMPTABLE

Rhania Ennassiri

Un hommage aux ballets russes Boléro Gnossiennes - Sonatine - Danses qu’on Croise - Ballet Mécanique Un hommage aux ballets russes Un hommage aux ballets russes Pulcinella (JEUNE PUBLIC) Un hommage aux ballets russes Un hommage aux ballets russes Gnossiennes - Sonatine - Danses qu’on Croise - Ballet Mécanique Un hommage aux ballets russes Pulcinella

• technique CONCEPTEUR LUMIÈRE DIRECTEUR DE LA PRODUCTION

Jean-Claude Asquié RÉGISSEUR GÉNÉRAL

Oswald Roose TECHNICIEN LUMIÈRE

Frédéric Béars TECHNICIEN PLATEAU

Panxoa Claverie COSTUMIÈRE

Véronique Murat RÉGIE COSTUMES COUTURIÈRE HABILLEUSE

Karine Prins RESPONSABLE CONSTRUCTION DÉCORS

Michel Pochulu

représentations transfrontalières

TECHNICIENS STAGIAIRES

sa 06 octobre ma 16 octobre

Azkoitia Bilbao

Gnossiennes - Sonatine - Danses qu’on Croise - Ballet Mécanique Un hommage aux ballets russes

Chloé Breneur Raphaël Tadiello TECHNICIENNE DE SURFACES

Annie Alégria

représentations à l’étranger 24, 25 novembre

Oviedo

13, 14 15, 16 décembre Valencia 20, 21 décembre

Liechstenstein

Numéro

Casse-Noisette

directeur de la publication / rédaction :

Un hommage aux ballets russes

conception graphique :

Thierry Malandain Jean-Charles Federico

Casse-Noisette

federico@worldonline.fr imprimeur :

Imprimerie des Cordeliers (Biarritz)

#10

E ccn@balletbiarritz.com

B www.balletbiarritz.com

Numéro 12 - Octobre/Décembre 2001  

Malandain Ballet Biarritz 2001

Numéro 12 - Octobre/Décembre 2001  

Malandain Ballet Biarritz 2001