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JOURNAL D’INFORMATION DU CENTRE CHORÉGRAPHIQUE NATIONAL D’AQUITAINE EN PYRÉNÉES ATLANTIQUES MALANDAIN BALLET BIARRITZ

OCTOBRE  > DÉCEMBRE 2013

ÉDITO PAGE 3

ACTUALITÉ PAGE 4

BILAN 2012 PAGE 8

DANSE À BIARRITZ #55 PAGE 10

SENSIBILISATION PAGE 16

EN BREF PAGE 18

CALENDRIER Michaël Garcia & Mickaël Conte, Cendrillon © Olivier Houeix

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Silvia Magalhaes, Nathalie Verpecht & Giuseppe Chiavaro Š Olivier Houeix

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ÉDITO

En ayant pour instrument d’interprétation

le corps lui-même, la danse est sans doute l’un des arts qui exprime le mieux la vie, mais comme la rose devant le soleil qui s’éteint, comme l’éphémère qui pour vivre et aimer n’a qu’un seul jour, son destin est de succomber dans l’instant qui l’a vu naître. De l’être au disparaître, de la lumière à l’éternelle nuit, combien aussi sont passagères les heures du danseur. Tôt ou tard, après avoir éveillé le désir, accompli des efforts inouïs et tout donné de lui-même, le temps vient où la vulnérabilité du corps, le répertoire des douleurs l’obligent à tirer sa révérence. C’est ainsi qu’après 19 ans, 17 ans et 11 ans de fidélité et de brillants succès, Giuseppe, Nathalie et Silvia ont récemment fait leurs Adieux à la scène. Il n’y a pas de mots pour honorer des artistes de cette trempe, ni pour nommer l’inoubliable. Seul le silence dont le règne est d’or peut servir de langage aux sombres fleurs de la tristesse. Mais, après la danse, la danse encore. Fondé en 1998, le Ballet Biarritz a aujourd’hui quinze ans. L’occasion de saluer Catherine Trautmann, alors ministre de la culture, Didier Deschamps, conseiller pour la danse, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture qui accompagna la permanence de la troupe, mais aussi Didier Borotra, maire de Biarritz et son adjoint chargé de la culture, Jakes Abeberry. Sans s’appesantir sur le passé, rappelons tout de même qu’en 1991, après des décennies de léthargie, pour renouer avec une coutume voulant qu’à l’apogée de l’été, la ville s’auréole de manifestations chorégraphiques, Didier Borotra et Jakes Abeberry, l’œil en éveil et la main habile, créèrent le festival Le Temps d’aimer. Sept ans plus tard, avec l’ambition de faire de la danse un élément capital de la politique culturelle municipale, soutenus par l’Etat, la Région Aquitaine et le Département des Pyrénées-Atlantiques, les mêmes firent le pari fou d’installer un Ballet dans une cité de 27.000 habitants.

A l’inverse de la danse, l’écriture étant douée de permanence, quinze ans après, le parcours accompli se relie en soixante Numéros. Gommant le médiocre pour ne retenir que le meilleur, ce journal ne dit rien des difficultés traversées, j’en ferai le récit lorsque viendra la saison des confessions et des souvenirs. Car la danse n’est pas le monde merveilleux que nous serions conduits à imaginer, tout n’y est pas joie, gloire et beauté. Surtout pour y survivre à la seule force de son travail, c’est-à-dire sans publicités tapageuses, sans collages politiques, mieux vaut garder le silence. Ennemi des courbettes et des mondanités, mon modèle a toujours été le chorégraphe John Cranko. Certes Biarritz n’est pas Stuttgart, mais il y a dans un coin de tout cœur un amour qui danse, et aujourd’hui à Biarritz, 10.000 personnes assistent annuellement à nos représentations. Ce n’est pas tout, en conciliant à travers la programmation du Temps d’Aimer le respect des traditions et la nouveauté chorégraphique pour contribuer au savoir des hommes, la 23ème édition, en affichant un taux de remplissage de 86 %, a fait un « carton  ». Pauline du même nom, comédienne née à Biarritz en 1884, disait  : « Quand j’étais jeune, j’avais le visage lisse et des robes plissées, maintenant, c’est le contraire. ». Certes sur cette terre, la jeunesse et de nombreuses choses ne durent qu’un matin, aussi basons des sentiments durables sur l’amour de la danse, la générosité et sur les plus riches fleurs qu’il nous reste à cueillir.

n Thierry Malandain, septembre 2013


ACTUALITÉ

Cendrillon à San Sebastián et Biarritz Affichant complet lors du Festival le Temps d’Aimer, Cendrillon sera présenté au Teatro Victoria Eugenia de San Sebastián, les 15 et 16 novembre à 20h, puis à nouveau à la Gare du Midi de Biarritz, le 19 décembre (spectacle famille) à 19h, les 20 et 21 à 20h30 et le 22 à 17h.

LA PRESSE EN PARLE

Billetterie San Sebastián Tarifs de 18 à 32 euros Victoria Eugenia Antzokia / Teatro Victoria Eugenia c/ Republica Argentina 1 Tél. +34 943481818 Antzoki Zaharra / Teatro Principal c/ Mayor 3 Tél. +34 943481970 Servikutxa, Telekutxa Tél. +34 943 00 12 00 www.kutxanet.net

Billetterie Biarritz Tarifs de 10 à 35 euros Office de Tourisme de Biarritz Javalquinto, Square d’Ixelles 64200 Biarritz Réservations tous les jours Tél. 05 59 22 44 66 www.biarritz.fr Ticketnet / Virgin – Leclerc Tél. 0 892 390 100 (0,34€/min) www.ticketnet.fr France Billet / Fnac-Carrefour-Géant Tél. 0 892 683 622 (0,34€/min) www.fnac.com Informations Malandain Ballet Biarritz Tél. 05 59 24 67 19

La chorégraphie ne cesse de passer ainsi du froid au chaud, du grotesque au sensuel. Avec des trouvailles cocasses — comme ce trio de la marâtre et de ses deux filles interprété par des hommes — ou effrayantes, tel ce bal royal où les invités sont doublés de mannequins sans tête portant de longues robes noir corbeau à manches gigot. L’entrée à pas mesurés de Cendrillon (Miyuki Kanei) dans ce monde de la fête a priori hostile est un moment poignant. Vite rayé comme un mauvais souvenir par le duo final entre Cendrillon et le prince. Ils sont joueurs et facétieux, et prennent un évident plaisir à cette danse si créative et si précise qu’on leur offre. Même hors l’environnement des boiseries Louis XV, le Cendrillon de Malandain s’installera partout comme un bel objet,

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Cendrillon © Olivier Houeix

Daniel Vizcayo & Miyuki Kanei, Cendrillon © Olivier Houeix

En juin dernier, l’Opéra royal de Versailles fut l’écrin délicieux du Cendrillon de Prokofiev signé par Thierry Malandain, l’un des rares chorégraphes français à développer sa recherche dans le jardin du néoclassique. A l’opposé du beau et sombre spectacle sculpté autrefois par Maguy Marin (toujours en tournée), Thierry Malandain livre une lecture plus lumineuse, où la figure de l’enfant battu n’est pas gommée pour autant... Cendrillon — souvent accompagnée de sa phrase leitmotiv à pincer le cœur — sera souvent au sol, maniant le chiffon dans une gestuelle résignée. Mais quelle puissance vitale quand elle court en diagonale et prend d’assaut la scène !


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ACTUALITÉ

Jacob Hernandez Martin & Giuseppe Chiavaro, Cendrillon © Olivier Houeix


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de fins escarpins noirs suspendus et alignés comme les motifs répétés d’une toile peinte y composant un magnifique décor...

n Télérama, Emmanuelle Bouchez, 31 août 2013

Cendrillon brille à Biarritz Quel ballet ! Et quelle histoire ! Charles Perrault, les frères Grimm, Massenet, Prokofiev, le Bolchoï, l’opéra-comique... Cendrillon n’en finit pas d’inspirer. Un jour ou l’autre, comme Le Sacre du printemps, ce conte devient un défi pour les chorégraphes. Thierry Malandain n’a pas lutté contre cette attraction et la version qu’il livre, fidèle à celle de Prokoviev et son univers fantastique, est une réussite. Créée en juin dernier à l’opéra Royal de Versailles, la voilà reprise pour l’ouverture du festival « Le Temps d’aimer » de Biarritz. N’hésitez pas à faire le voyage : la qualité, l’ingéniosité, la beauté sont au rendezvous. Avec vingt danseurs seulement, au lieu des quarante de la partition initiale, ce chorégraphe a réussi à esquiver tous les écueils de la sublime écriture de Prokofiev. Dans les couleurs très grises chères à la mode actuelle, - celles de la cendre et du quotidien de Cendrillon -, Malandain expose l’histoire par ellipses, avec un minimalisme qui exalte l’expression des corps. Les tableaux juxtaposent la grâce et la tendresse d’une enfant abandonnée à la méchanceté et à la jalousie que déclenche sa beauté. Le noir devient gris, et l’horizon s’éclaircit grâce à l’irruption de ce prince fou d’amour, qui donne tout son sens au merveilleux de la rencontre et du hasard. Les deux sœurs interprétées, comme le veut la tradition, par deux hommes, les elfes roses, unique touche de couleur dans la morosité des jours de Cendrillon, la marraine gracile, les scènes burlesques du bal et la grâce des pas de deux, les ralentis qui suspendent le temps, toute la magie du conte opère. Alors on aime et on se laisse porter par la danse fluide, l’enchantement des effets, et cette ode à l’amour qui triomphe toujours, et dont ne se lasse pas.

n Le Figaro Magazine, François Deletraz, 2 août 2013

Cendrillon © Olivier Houeix

TranzDanz à Biarritz Dans le cadre du 6ème Colloque International de Biarritz - Chantier Sud-Nord du Théâtre du Versant, en partenariat avec l’Institut Culturel Basque, le Malandain Ballet Biarritz accueille la compagnie hongroise TranzDanz. Outre un atelier donné dans le cadre du LABO de Recherche Chorégraphique sans frontières et une répétition publique, une représentation de Profana aura lieu le 20 novembre à 20h30 au Théâtre du Colisée. Tarifs de 5 à 12 euros Réservations Office de tourisme de Biarritz Tél. 05 59 22 44 66 www.biarritz.fr

Bal au Centre National de la Danse (Pantin) À l’invitation de Monique Barbaroux, directrice du Centre National de la Danse, pour célébrer « le danser ensemble », le Malandain Ballet Biarritz proposera un Bal le 13 décembre à 20h30 au CND. Il sera organisé et conduit par Arnaud Mahouy. Avant cela, lors des Danses partagées, rendez-vous festif et convivial, Richard Coudray et Thierry Malandain animeront une Mégabarre, les 5 et 6 octobre à 17h30 ; Arnaud Mahouy, un atelier le 6 octobre à 15h30 et 17h30, Thierry Malandain, une projection conférence, les 5 et 6 octobre à 15h30. Enfin le 5 octobre à 20h lors des Découvertes, Claire Lonchampt et Arnaud Mahouy interpréteront un extrait d’Une Dernière chanson et un duo intitulé L’Eau à la bouche.

Master classes / Ateliers pour jeunes danseurs et adultes A l’occasion des représentations de Cendrillon à San Sebastián et Biarritz, Dominique Cordemans proposera des master classes et des ateliers de répertoire pour jeunes danseurs ainsi que des ateliers : Voulez-vous danser avec nous ? pour adultes. Au Studio du Teatro Victoria Eugenia de San Sebastián : Master-classes et ateliers, les 9 et 16 novembre. Voulez-vous danser avec nous ?, les 12 et 13 novembre. Au Grand Studio de la Gare du Midi de Biarritz : Master classes et ateliers, les 21 et 22 décembre Voulez-vous danser avec nous ?, les 17 et 18 décembre Renseignements et inscriptions Tél. 05 59 24 67 19

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BILAN

2012

créations ( Une Dernière chanson * et Silhouette ) dont

1 Grand Prix de la Critique *

22 101

danseurs permanents

25 8

spectacles dont à l’international et avec orchestre symphonique

83

2009

94

87

2010

2011

101

2012

nombre de spectacles par année

80.000 20.000 10.000 12.000 6.000

455 291 142 22

© Stéphane Bellocq

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spectateurs dont à l’international à Biarritz à la Maison de la Danse de Lyon au Zenith de Pau

interventions de sensibilisation dont en Aquitaine en France à l’international

compagnies soutenues dans le cadre de l’accueil studio Cie Ariadone Cie Eco Cie Samuel Mathieu Cie Le grand jeté Cie Guillaume Bordier Cie Elirale Cie Adequate Cie Lili Catharsis Cie Ecrire un mouvement Cie Robinson Cie Yann Lheureux Cie Catherine Dreyfus Cie L’Hélice Cie Kukai Cie Maritzuli Cie Etorkizuna

Carlotta Ikeda Emilio Calcagno Samuel Mathieu Frédéric Cellé Guillaume Bordier Pantxika Telleria Lucie Augeai & David Gernez Pierre-Charles Durouchoux & Catherine Vergnes Thierry Escarmant Claude Magne Yann Lheureux Catherine Dreyfus Myriam Naisy Jon Maya Claude Iruretagoyena Chorégraphes invités


BILAN

2012

© Olivier Houeix

3.400.000

1.851.000

euros de budget dont euros de recettes propres Partenaires publics 2012 DRAC Aquitaine / Ministère de la Culture et de la Communication Ville de Biarritz Région Aquitaine Département des Pyrénées-Atlantiques

1.549.000 €

Total

87%

Claire Lonchampt & Baptiste Fisson, Une Dernière chanson © Olivier Houeix

63 20% 12% 5%

730.500 € 362.000 € 301.000 € 155.500 €

collaborateurs dont 38 équivalents temps plein à l’artistique à la technique à l’administratif

Rendez-vous sur le quai de la Gare 2012, 1ère édition

à la direction En partenariat avec la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique et en association avec Biarritz Culture pour les représentations scolaires, le Malandain Ballet Biarritz a proposé les 3 et 4 mai 2012 diverses activités au sein de la Gare du Midi : visites, expositions, répétitions publiques, découverte de la technique du spectacle ... Dédiée au jeune public et aux familles, cette aventure artistique a également impliqué l’Option Art-Danse du Lycée Malraux de Biarritz, le Centre de Formation Professionnelle en Danse de Biarritz GilletLipszyc, le Conservatoire Maurice Ravel Côte Basque et la Compagnie Maritzuli de Claude Iruretagoyena. Plus de 3.000 personnes dont 1.500 enfants ont fait de cette 1ère édition, un beau succès permettant l’organisation d’une 2nde édition en 2013…

BILAN

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Antonine Meunier

londe, souple, expressive, JeanneAntonine Meunier, « une des plus exquises et intelligentes étoiles du corps de ballet de l’Opéra » (1) vit le jour à Vincennes, le 9 août 1877. Elle était la fille cadette d’Anna Meunier, couturière originaire de Metz et compagne de l’écrivain JorisKarl Huysmans. Rond de cuir au ministère de l’Intérieur où il partageait son bureau avec Emmanuel Chabrier, le défenseur des impressionnistes et du naturalisme faisait ses premiers pas dans la littérature. Anna Meunier était employée dans une maison de confection.

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Antonine Meunier • photo Albert Bert

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Se rencontrant en 1872, ils s’établirent ensemble, puis se quittèrent avant de se retrouver en 1877. Mais, selon Francis Baumal, ils s’étaient connus avant 1870, la guerre les sépara et ce n’est que vers 1878 que « leurs cœurs dispersés se rejoignirent » (2). Née en 1877, Antonine fut-elle le fruit de ces retrouvailles ? C’est peu probable puisqu’après avoir écrit dans À rebours (1884): « Quelle folie que de procréer des gosses ! », Huysmans dans ses échanges épistolaires avec Arij Prins, parle clairement de « Tonine, la petite de sa femme » (3). Discrète, pleine d’admiration, le romancier ne conduisit pas « sa femme » devant le maire, mais ils vécurent en ménage 11 rue de Sèvres. On y recevait Mallarmé, Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle Adam, au milieu des tableaux. Par exemple, une danseuse de Degas, des dessins de Forain «  montrant de vieux messieurs au Foyer de la Danse, devant de jeunes sujets enjuponnés de mousseline et haussés sur leurs pointes » écrit Gustave Guiches, qui a tracé d’Anna Meunier le portrait que voici : « Elle a, tout au plus, trente-cinq ans. Ni son aspect ni sa silhouette ne révèlent, d’emblée, sa condition sociale. Elle n’est pas ouvrière et cependant pas tout à fait bourgeoise. Elle est vêtue avec un goût simple, non exempt de coquetterie et que son instinct pousserait à l’élégance, si une lassitude visible ne l’en décourageait. Un mal intérieur s’est attaqué à cette jeunesse qui ne se défend plus. Elle est grande et jolie, sous un blond massif de cheveux. Mais ses yeux sont d’un bleu si pâle, ses lèvres si décolorées, son teint si mat que, dans cette blancheur languissante et cette dorure éteinte, son visage a la grâce défaillante d’un lys blessé à mort. » (4) De toutes celles qui inspirèrent Huysmans, « Anna fut, je crois, la plus tendrement, ou, du moins, la plus fidèlement aimée », note encore Baumal. Elle sera en effet le modèle de Jeanne dans En ménage (1881) et de Louise dans En rade (1887). Pour le reste, lors de ses « crises juponnières », l’écrivain sera fidèle aux « maisons d’amour  ». « Il n’y a de vrai que le boxon, oh oui ! » (5) écrit-il à Arij Prins. Ou, le 6 juillet 1886 : « J’ai été sage depuis votre départ - je suis fidèle à ma femme - laquelle, ignorant nos dévergondages me prie de vous envoyer une bonne poignée de main. »

Après avoir fait vie commune, « Anna se retira chez elle, où elle avait un petit atelier de couture. Mais, elle ne cessait pas de le voir pour cela et il leur arrivait de passer les vacances ensemble » poursuit Lucien Descaves (6). En effet, en 1885 et 1886, en compagnie de ses deux filles, Antonine et Joséphine, Anna séjournera avec Huysmans près de Provins, au château de Lourps. C’est lors du dernier séjour que le romancier écrit En rade. Il y relate l’histoire de Louise et Jacques, un couple parisien à la dérive qui trouve refuge à la campagne. Dès les premières pages, est évoqué le mal mystérieux dont souffre Louise, « usées par la lime des nerfs ». En clair, atteinte d’une paralysie gagnant les membres et les organes, Anna Meunier, « au désespoir de Huysmans » (7), sera admise à SainteAnne le 13 avril 1893. Revenant chaque dimanche « désorbité », il ne cessa jamais de rendre visite à « sa pauvre folle » qui décéda le 12 février 1895. Agée de dix-huit ans, Antonine était alors quadrille à l’Opéra dans la classe d’Elisa Piron. Comment affronta-t-elle ces épreuves ? Nul ne le sait. De même, on ignore tout de ses débuts. Dans Mon Vieux Quartier, Pierre Champion rapporte que c’est François Coppée, ami de Huysmans qui la fit entrer au Palais Garnier. Il est vrai que le poète s’était déjà mêlé de chorégraphie en livrant à Auguste Vaucorbeil, directeur de l’Opéra, deux sujets de ballets : les Fleurs mortelles, resté dans les cartons et la Korrigane, qui offrit un triomphe à Rosita Mauri en 1880. Prenant les eaux à Salies-de-Béarn où elle possédait une villa et l’Hôtel de France et d’Angleterre ouvert en 1886 (8), « la Mauri », fréquenta Biarritz. En quittant la scène en 1898, elle fut désignée par le successeur de Vaucorbeil, Pedro Gailhard, propriétaire important à Biarritz, pour diriger une classe de perfectionnement. « Le Ballet ne va plus, se dit-il. Ces demoiselles, dès qu’elles se croient étoiles, ne viennent plus aux leçons, et le soir la représentation manque d’entrain ; on se permet même de finir ses variations sur demi-pointes, cela ne peut durer. D’autre part, Mauri me coûte très cher, je puis réaliser un double bénéfice : la résilier, créer à la place une nouvelle classe de danse dont elle aura la direction et réveiller ainsi l’émulation de tout le monde, tout en faisant une sérieuse économie. » (9). Au vrai, l’ouverture de cette classe ne résolut pas le manque de zèle du Ballet, lequel de l’aveu même de son chef, le belge Joseph Hansen, « était un des plus indisciplinés et des plus flegmatiques qui soient en Europe  » (10). Quoiqu’il en soit, une canne noire à pomme d’or à la main, Mauri n’aura qu’une ambition, avoir comme professeur le succès qu’elle avait eu comme danseuse. Sous « son sourcil autoritaire  », Antonine, promue petit


LA DANSE À BIARRITZ # 55

Ainsi, le 19 juin 1901, elle fera merveille à l’Automobile Club, dans Pierrot salutiste, pantomime de Jean Michaud d’Humiac, Etienne Rey pour la partition. Le 20 juin 1903, auprès de Carlotta Zambelli, Berthe Sirède et Marceline Rouvier, c’est au Cercle de la rue Royale qu’elle joue la Vieille Revue, due à la plume du marquis de Massa. Autrement, son répertoire de soirées mondaines comprend un frénétique Cake-Walk dansé avec Berthe Sirède (1903), la Gavotte et la Chaconne d’Armide de Gluck avec Marcelle Lozeron (1906), des danses javanaises (1907), des danses des XVIIème et XVIIIème siècles avec Marthe Urban (1980), enfin avec Jeanne Chasles des danses du Premier Empire sur des airs arrangés par Edouard Mathé (1909). Mais revenons au Palais Garnier. En 1889, âgée de douze ans, dans un costume de libellule gouaché par Charles Bianchini, elle participe à la création de la Tempête sous le nom de Meunier 2ème. Le programme se souvient aussi de Meunier 1ère, ce qui invite à penser que Joséphine, sa sœur aînée, entra à l’Opéra avant d’emprunter une autre voie. En effet, selon Lucien Descaves, encore mineure, elle épousa un médecin et Huysmans fut désigné comme tuteur sur le faire-part du mariage. Après la Tempête, en dehors du répertoire courant, Coppélia, la Maladetta, etc., Antonine parut dans l’Etoile en 1897, puis dans Bacchus où en 1902, elle remplace au pied levé l’un des deux faunes. En 1904, dans Faust, que l’orchestre jouait par cœur, la direction n’ayant qu’un but : faire travailler les jeunes ! Elle danse la variation du miroir dont elle notera les pas comme nous le verrons ultérieurement.

Antonine Meunier, le Cid • photo Albert Bert, Fonds Gilberte Cournand, Médiathèque du Centre National de la Danse

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En 1902, tout en poursuivant sa carrière de danseuse-chorégraphe, Antonine se tourna vers l’enseignement. On peut se demander où elle trouva le temps. Mais sensible aux questions féminines et sociales, elle accueillit avec enthousiasme l’idée d’enseigner au Conservatoire populaire de Mimi-Pinson, fondé par Gustave Charpentier. Le compositeur de Louise et des Impressions d’Italie, rêvant d’offrir « un peu de poésie, un peu de gaîté, un peu d’art, à celles que le dur labeur retient du matin au soir dans les ateliers, pour un salaire dérisoire » (11), les ouvrières pouvaient suivre gratuitement le soir des cours de chant, de piano, de solfège, de harpe et de danse. Cette initiative fut l’objet de vives attaques, les bons bourgeois reprochant au musicien de « vouloir donner le goût du théâtre à des jeunes filles, qui devraient s’en tenir à celui du pot-au-feu » (12).Pour d’autres, il aurait fallu ouvrir partout des Conservatoires populaires. Bien plus, créer des Mimi -  Pinson masculins ! Quoi qu’il

Joris Karl Huysmans

...

Le premier, la Parade, mis en musique par Maurice Ravel encore élève au Conservatoire, fut créé au Palais des BeauxArts de Monte-Carlo en 1896. Toujours à Monaco, les Joujoux perfectionnés, dansé avec Jeanne Barbier sur « une pimpante partitionnette » d’Henri Hirschmann, obtiendra « un vif succès » en mars 1903. Les salons de la haute-société ayant aussi leurs soirées, ce ballet sera repris à d’autres occasions. Autrement, les Danses de chez nous sur une musique de Maurice Jacquet, le Parc enchanté, Qui trop embrasse et la Catherinette, une chanson sur laquelle nous reviendrons, sont également de sa main. Elle régla toutefois d’autres titres à l’instar de Rose et poète, fantaisie de Paul Ferrier, musique de William Marie, créée le 1er avril 1909 au Cercle littéraire et artistique. Puis, le 20 avril 1909, une évocation des saisons de l’année « en quatre danses charmeresses » au Five o’clock du Figaro. Aux premiers rangs se trouvaient : le prince et la princesse Nashimoto, cousins de l’empereur du Japon, des ministres, des ambassadeurs, etc. Il n’est donc pas besoin de dire que les apparitions d’Antonine seront très suivies

par les carnets mondains. Au reste, les parcourir permet de s’assurer qu’elle ne chôma pas.

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sujet en 1898, fera un travail énorme, incessant, passionné. Cependant, le répertoire restait monotone. Sans entrer dans les détails, puisque les causes sont variées, disons simplement que Gailhard et ses bailleurs de fonds (gens du monde, financiers, industriels) privilégiaient l’art lyrique au détriment de la danse. Par ailleurs, la plus grande part des recettes était fournie par les abonnés peu enclins à goûter les nouveautés. Certes, Faust, Don Juan, Samson et Dalila, les Huguenots, le Cid… comportaient des parties dansées, mais des semaines entières pouvaient s’écouler sans qu’aucun ballet ne soit affiché. En conséquence, n’étant pas une personnalité banale, comme une poignée de ses camarades, Antonine multipliera les activités hors de l’Opéra à commencer par la composition de ballets d’après ses propres livrets.

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LA DANSE À BIARRITZ # 55 en soit, près d’Antonine, mais aussi de Virginie Hugon, Julia Souplet, Jean Bucourt de l’Opéra et de Jeanne Litini de l’OpéraComique, des ouvrières et employées pourront suivre des cours de « danse classique, danses anciennes, danses de caractère et danses populaires françaises et étrangères ».

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Antonine Meunier, Georges Wague, Giorgo Nuibo, ... Couronnement de la Muse du peuple, Nancy, 15 août 1909

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La danse de «Mimi-Pinson» • 1908

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Notons que le fondateur de Mimi-Pinson trouva refuge à Biarritz, rue de l’Océan chez Madame Brassier en 1941. Un séjour discret dont se souvient la famille de Louis Constantieux, puisque Charpentier aimait entendre sa fille Marguerite, qui chantera plus tard auprès de Luis Mariano.(13) Rappelons aussi qu’en septembre 1918, lors de l’exode de l’Opéra-Comique à Biarritz, Louise, son chef d’œuvre, sera joué au Casino municipal. Au 4ème tableau, les deux protagonistes réunis dans une chambre dominant Paris invoquent la ville afin qu’elle protège leur amour. Un cortège d’artistes et de grisettes les surprend et

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couronne Louise « Muse de Montmartre ». Amplifiant cette scène, Charpentier créera Le Couronnement de la Muse, spectacle pour orchestre, voix solistes, chœur et ballet. Cette solennité artistique dont l’ambition était d’élever les masses populaires par la culture, verra le jour à Paris en 1897 avant de mettre en liesse des villes entières. Devant des marées humaines, elle débutait par un cortège conduit par la Muse, une ouvrière élue par ses camarades. A Saint-Etienne, 1500 jeunes filles se présenteront pour choisir la Muse et ses demoiselles d’honneur parmi 24 prétendantes désignées par la municipalité. Le spectacle ouvrait par un ballet à la fin duquel la « Beauté » posait une couronne de roses sur la tête de la Muse assise sur un trône surplombant la scène. Un hommage lui était alors rendu par le « Poète », suivi d’une pantomime où Pierrot, figure de la souffrance humaine,

finissait agenouillé à ses pieds. La Muse devait alors apaiser ses peines sous le regard bienveillant de la Beauté et du Poète. L’Art et le Peuple se voulant ainsi réconciliés, après un dernier ballet, le chœur interprétait en apothéose un texte de Saint-Georges de Bouhélier. Parmi des centaines d’exécutants, il serait long d’énumérer tous les artistes qui prêtèrent leur concours à ces fêtes. Notons seulement qu’à la suite de Cléo de Mérode, Blanche Mante, Alice Gillet et Lina Campana, Antonine incarnera « la Beauté idéale et rêvée » à Saint-Etienne, Nancy, Cambrai, Arras, Enghien-les-Bains et Toulouse entre 1906 et 1914. Parallèlement, elle s’illustre au Palais Garnier dans Ariane, opéra de Jules Massenet créé en 1906, puis en 1907, dans le Lac des Aulnes, dont Gustave Vanara, « sous-maître de ballet », régla les pas. En travesti, elle y incarne le génie Elfen. L’année d’après, André Messager et Leimistin Broussan remplacèrent Pedro Gailhard. Arrivé en droite ligne de Lyon, Broussan, qui prenait ses quartiers d’été à Saint-Jean-de-Luz, dirigera dans les années 20 les saisons du Casino municipal. Egalement connu à Biarritz comme chef d’orchestre, Messager était le compositeur des Deux Pigeons. Créé avec éclat en 1886, ce ballet, qui n’avait pas été donné depuis 1894, sera repris en 1908 au Cercle de l’Union Artistique, puis en 1912 à l’Opéra. Antonine à nouveau en travesti y personnifia « le glorieux et volage Pepio ». Le fait de jouer un personnage qui n’est pas de son sexe est une tradition ancienne au théâtre. Ainsi, pour rechercher un effet burlesque, un homme interprétera un rôle féminin. Mais à l’époque d’Antonine, bien que la troupe disposât de danseurs, Albert Aveline, Paul Raymond, par exemple, changées en homme, des femmes remplissaient le maillot d’amoureux. En jetant un regard en arrière, longtemps, hommes et femmes occupèrent sur scène une place égale. Mais après 1830, l’apparition des pointes va conduire le danseur à ne devenir qu’un accessoire servant de support aux ballerines. L’usage des pointes n’explique pas tout. Avant la Révolution de 1830 et ses bouleversements culturels et sociaux, « la danse entrait dans l’éducation de la société, elle en était le complément indispensable, on rencontrait des amateurs qui exécutaient mieux que beaucoup de nos premiers danseurs actuels », écrit le chorégraphe Arthur Saint-Léon (14). Au temps des banquiers et des industriels, ce n’était plus le cas. Pressé de satisfaire un public peu expert qui allait au théâtre par bon ton et attendait de ne pas y mourir d’ennui, en pleine époque Romantique qui exalta la femme sous deux espèces : divine ou maléfique, les librettistes vont offrir aux hommes des rôles sans étoffe. Songeons à Théophile Gautier, le poète de Giselle,


LA DANSE À BIARRITZ # 55

Dès lors, on s’étonnera qu’Antonine Meunier, femme érudite, ait réclamée cette « spécialisation ». En témoigne les lettres envoyées à Rouché de 1916 à 1920 : « Je me permets d’insister auprès de vous pour une modification définitive de ma situation présente. J’ai tenu à plusieurs reprises et je crois avec succès des rôles de travesti et je serai heureuse désormais d’être spécialisée dans cet emploi » (16). Quatre ans plus tard, expliquant pour la énième fois : « J’ai l’honneur de vous confirmer que mon engagement signé par Messieurs Messager et Broussan, me reconnaissait le titre de 1ère danseuse, 1er travesti. Quoique mon engagement de 1912 ne mentionne pas ce titre de 1er travesti, j’ai cependant continué ainsi que les affiches peuvent vous le prouver, à remplir ces deux fonctions » (17). Au vrai, tout en tenant sa place de 1ère danseuse classique dans Faust, Suites de danses, Guillaume Tell, etc., de 1ère danseuse de caractère dans le Cid, Aïda, le Roman d’Estelle, etc., Antonine paraîtra en effet en 1er travesti dansant dans le Lac des Aulnes, les Deux Pigeons, Hamlet et Frantz de Coppélia. Sauf qu’en 1920, âgée de 43 ans, ne voulant plus paraître dans « les danses classiques », elle ne saisit pas que le travesti est passé de mode : « Si je vous ai bien compris ce soir, votre désir serait que je remplisse ces rôles ou de semblables, mais plus comme pensionnaire, au cachet, et seulement quand il vous plairait de me faire demander. Je ne crois pas avoir mérité cette situation et je me permets de vous répéter, que première titulaire de la place de 1er travesti, je devrais continuer à en tenir les rôles au lieu qu’ils soient confiés à des figurants mimes ou à des danseurs qui n’ont jamais pu occuper de première place. »

En 1909, la nomination comme chef de ballet de Luigia Manzini, alias Louise Stichel, fut un évènement à l’Opéra, mais cessant de plaire pour vouloir rompre avec certains usages, en 1911, la direction appela le russe, Ivan Clustine. Stichel aura toutefois le temps de régler la Fête chez Thérèse, ballet dans lequel Antonine personnifia la Folie avec « spirituelle aisance, ardeur et grâce piquante »(20). Encore en 1909, « la charmante Mlle Meunier, professeur à Mimi-Pinson et officière de l’Instruction publique » fit l’actualité des faits divers : « Le 14 mai, elle passait en taxi-auto au coin de la rue de Sèze, quand un autre taxiauto tamponna la voiture. Mlle Meunier fut assez grièvement blessée à la figure par des éclats de verre  »  (21). En dommagesintérêts, elle obtiendra 8.500 francs, une somme supérieure à ses appointements annuels. Au reste, en janvier 1912, le corps de ballet fera grève pour revendiquer une augmentation des salaires des

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Antonine Meunier, la Fête chez Thérèse «La Folie» • photo Albert Bert, Fonds Gilberte Cournand, Médiathèque du Centre National de la Danse

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pour lequel un danseur était quelque chose de monstrueux et d’indécent qu’il ne pouvait concevoir. Lâchés par l’opinion, les meilleurs vont choisir l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Russie. Par ailleurs, la technique masculine allant en se dégradant, accusant le discrédit dans lequel le danseur était tombé, les autres vont jouer les utilités ou s’illustrer dans les rôles mimés. Prisé pour son ambigüité, le travesti, « danseuse d’une technique incertaine, mais à la poitrine et aux cuisses dodues, ce qui plaisait beaucoup aux abonnés du parterre » (15), va alors devenir de rigueur. C’est Serge Lifar en 1930, avec le soutien de Jacques Rouché, directeur de l’Opéra de 1914 à 1945, qui mettra fin à ce ridicule dénoncé par beaucoup.

Mais reprenons le fil des évènements laissé en 1908. Cette année-là, Broussan et Messager ressortirent Namouna, le chefd’œuvre d’Edouard Lalo. La chorégraphie de Lucien Petipa fut refaite par Léo Staats, le successeur de Joseph Hansen mort en 1907. « La grâce et la distinction faites danseuses » (18), Antonine paraît alors dans le rôle d’Helena. En juillet 1908, le baron et la baronne de Rothschild, dans leur hôtel du faubourg Saint-Honoré, offrirent Amour et Hyménée. André de Fouquières, homme de lettres qui participa aux événements mondains de Biarritz, écrit : « J’ai un très précis souvenir de cette soirée féerique où, dans le parc dont les frondaisons se confondent avec celles des Champs-Elysées, un ballet de Charles des Fontaines nous fut offert. Soixante virtuoses interprétaient la partition de Charles Cuvillier. Rosita Mauri avait réglé la chorégraphie et Staats la mise en scène. Zambelli fut une ensorcelante Du Barry et Antonine Meunier un bien troublant berger ». (19)


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Lucien Gabaroche

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sujets- femmes, mais aussi pour demander le renvoi de deux danseuses réintégrées dans la troupe après une longue absence. Les grévistes auront gain de cause sur les salaires, mais point sur le congé de Marietta Ricotti et Marceline Rouvier. Campant sur leur position, ils verront leurs contrats résiliés avant d’être presque tous réengagés. Il n’est qu’Antonine qui ne voulut pas rentrer. Avant la grève, explique le journal l’Aurore, « elle était 1ère danseuse. Or, l’engagement qu’on lui fait signer, si nos renseignements sont exacts, a l’air de contenir ce que les militaires appellent une rétrogradation, puisqu’il lui fait obligation de paraître dans les ensembles, obligation dont sont dispensées les premières danseuses... Mais il n’y a que malentendu, paraît-il et Mlle Meunier, qui ne prit même pas part à la grève, fera sa rentrée bientôt. » (22) Antonine fit effectivement sa rentrée tout en dansant au profit d’œuvres sociales ou lors de réunions mondaines. Le Bal des pierreries, donné le 10 juin 1914 chez le prince et la princesse Jacques de Broglie, est un exemple. Portant diamants, rubis et turquoises, saphirs, topazes et coraux, les femmes s’y succédèrent richement habillées par Paul Poiret qui possédait à Biarritz la villa Casablanca. Jusqu’au tableau final où elle brilla elle-même, chaque entrée était accompagnée de danses qu’elle avait réglées. Cette féerie au luxe insolent signa la fin de la Belle époque. Le 1er août, la France décréta la mobilisation générale. Pour cause de guerre, l’Opéra ferma ses portes et ne rouvrit que dix-huit mois plus tard. Infirmière bénévole, d’après le souhait de Charpentier qui transforma MimiPinson en Œuvre de Guerre, Antonine participa à des galas de bienfaisance tout en donnant plus de 200 représentations aux Armées.

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La Catherinette, Chanson vers 1910 chantee par Yvonne Gabaroche • Partitions et Songbooks Variété Francaise Chanson

« Jouer au Théâtre aux Armées, écrit Béatrix Dussane de la Comédie-Française, ce n’est ni un acte héroïque ni une partie de plaisir. Il ne s’agit ni de braver la mitraille, ni de passer quelques jours en divertissements variés. Aller aux armées, c’est apporter aux gars de France le très humble témoignage de quelques gens de bonne volonté. C’est se lever très tôt, voyager dans des trains aux horaires incertains, dans des autos fatiguées de leurs longs services ; c’est dormir peu, avoir froid en hiver et chaud en été, manger à des heures inusitées, ou supprimer des repas, jouer en plein air, au grand soleil ou dans la brume nocturne, être étouffé de chaleur dans une salle trop petite, ou glacé minutieusement par les courants d’air d’un hangar ouvert à tous vents, c’est donner souvent trois représentations par jour, à 9 heures, 14 heures et 18 heures ; c’est changer de costume en se rôtissant sur un poêle ou en se gelant près d’une fenêtre, se maquiller

sur le pouce, mesurer ses mouvements pour danser sur une scène de quatre mètres carrés sans se brûler aux chandelles qui forment la rampe. C’est, parfois, improviser un divertissement sur Tipperary (23) , n’est-ce pas, Zambelli et Antonine Meunier ? » (24) En reconnaissance de ses services rendus aux Armées et de son dévouement à l’Opéra, en juillet 1932, le général Gouraud, gouverneur militaire de Paris, lui remit la Légion d’honneur. La cérémonie, « le plus beau jour de ma vie » dira-t-elle, se déroula dans le bureau de Rouché, en présence de quelques amis, parmi lesquels Yvonne et Gaston Gabaroche. « Chanteuse et danseuse agréable  », Yvonne Gabaroche sous le nom d’Yvonne Sarrut était compositrice d’airs à succès comme Sympathy (1914), l’Inoubliable (1921) et la Catherinette sur des paroles d’Antonine. Gaston Gabaroche, né à Bordeaux, débuta en 1905 comme pianiste au Casino de Saint-Jean-de-Luz, avant de devenir compositeur, chansonnier, acteur et directeur de théâtre. La famille de ce mélodiste fécond était intime des parents d’un professeur de danse réputé à Biarritz : Gina Bartissol. Riche de mille anecdotes sur la société biarrote, Gina, en contemplant ses souvenirs d’enfance, garde en mémoire les leçons de piano qu’elle prenait avec l’auteur de Papillons de nuit. Il ne s’est pas non plus effacé de son esprit la gentillesse de « tante Yvonne ». Le couple occupait à Biarritz la villa des Mimosas, 12 avenue de Londres. Par anecdote, le jardinier Mr Pacôme, n’était autre que le grandpère de Maria Pacôme, dont les parents étaient originaires de Biarritz. L’actrice passera d’ailleurs ses années de jeunesse au quartier de la Négresse. Parmi d’autres souvenirs, Gina se rappelle également de Mlle Meunier qui avait pour rituel de passer ses vacances chez les Gabaroche. Vers 1925, elle suivra ses leçons dans la salle à manger de la villa des Mimosas. Le Tout Paris de la chanson et du théâtre fréquenta les Gabaroche, mais des artistes de la danse firent aussi partie de leur cercle, à l’instar de Paul Raymond et de Zambelli qu’Yvonne Sarrut accompagnera de sa voix dans les Danses alsaciennes et lorraines, représentées avec Antonine de 1914 à 1921. Entre temps, en 1917, Rouché fit approuver par le sous-secrétaire d’Etat des Beaux-Arts un nouveau règlement de la danse à l’Opéra. Il visait entre autre à instituer une section, non pas de danses modernes comme le tango, bête noire des prêcheurs de vertu, mais de danse antique renouvelée sous le nom de danse rythmique et plastique. Ses sujets seront recrutés parmi la troupe à l’exemple d’Alice Bourgat ou d’Yvonne Daunt. Mais des enfants, garçons ou filles, âgés de huit à douze ans, pourront également


LA DANSE À BIARRITZ # 55 s’y inscrire. Ces « rythmiciennes » se produiront dans divers spectacles. Ainsi avant 1974, date de la création par Rolf Lieberman du GRCOP de Carolyn Carlson, on dansa pieds nus à l’Opéra. Pour le coup, sensible à ce modernisme, Antonine qui suivait déjà les cours de Jane Erb au Club de gymnastique rythmique JaquesDalcroze de la rue Vaugirard, demandera à Rouché en 1918 la permission de les suivre à l’Opéra. Ce club dispensant les principes d’Emile Jaques-Dalcroze était dirigé depuis 1914 par « deux généreux et fidèles disciples du maître » : Emmanuel Couvreux et la propre fille de Rouché, qui deviendra bientôt Lucienne Couvreux. Enfin, c’est une autre histoire, mais soulignons que sous la direction de Gaston Coste, eut lieu à Biarritz en 1910, la première audition des Jumeaux de Bergame de Dalcroze. Toujours à Biarritz, le 20 septembre 1922, en présence d’Alphonse XIII, du Shah de Perse et des plus hautes notabilités françaises et étrangères, Antonine régla les danses et les entrées du Bal SecondEmpire (25). Quelques mois plus tard, retraitée de l’Opéra, elle se consacra à l’enseignement, à la chorégraphie et mettant à profit son expérience, elle s’attacha à établir un système d’écriture de la danse. « Pourquoi, serait-il impossible de fixer sur le papier les mouvements de la danse, dont chacun à sa physionomie particulière et bien déterminée, alors qu’on peut représenter par signes, dans ses moindres nuances, une partition d’orchestre ? » (26) se dit-elle. C’est ainsi qu’en écho à la méthode établie par Arthur Saint-Léon en 1852, elle publia en 1931 : la Danse classique, école française. Figures, Sténochorégraphie, Dictionnaire. Cette mise à l’honneur de la technique française peut se justifier par le fait que l’école russe, via les cours de Mathilde Kschessinska, Lioubov Egorova, Olga Preobrajenska et Alexandre Volinine, s’imposait alors à Paris. Le danseur Robert Quinault, explique aussi qu’à l’exception de Léo Staats, l’Opéra ayant fait appel à des chefs de ballet étrangers, belges, italiens et russes, « les différentes écoles troubleront fortement la troupe et la technique sera de ce fait indécise » (27). Dans Le Figaro, Pierre-Barthélémy Gheusi, ex directeur de l’Opéra-Comique et propriétaire à Biarritz de la villa des Sables et du château d’Ilbarritz argue aussi la défense d’un art national : « Il était moins cinq pour sauver de la disparition totale le souvenir de la danse classique française de l’époque, que l’avenir appellera la Subra-Maurytano-Zambellique, du nom conjugué de ses trois étoiles-types. Mais voici surgir le joli bouquin technique d’une de leurs prêtresses les plus érudites, Antonine Meunier, dans une splendide édition de Firmin-Didot. Et le rituel d’un art essentiellement national est fixé du même coup. Eh oui il était temps le groupe de Carpeaux s’effrite sur la façade

mégalithique de Garnier, rongé par les infiltrations de la pluie dans la loggia. La tradition classique fiche le camp à toutes jambes. Antonine Meunier, refusant de ne laisser après elle, dans quelques trente ans, qu’un renom très parisien, de beauté, de talent et d’esprit, se fait annaliste impeccable, éducatrice rare, fondatrice surtout d’une sténochorégraphie qui va sauver de l’oubli les mises en scène de nos ballets. » (28) Le livre débute par l’évocation des systèmes d’écriture de la danse depuis le XVIème siècle. L’auteur propose ensuite le sien, en s’appuyant sur des extraits de ballets comme la variation du miroir empruntée à Faust. Un lexique des termes chorégraphiques, des photographies et un dictionnaire sténochorégraphique complètent l’ouvrage. La méthode n’aura guère de succès, Dominique Sordet faisant remarquer « qu’il existe un moyen assez simple de fixer pour la postérité et pour les besoins de l’enseignement, le vocabulaire de la danse : ce moyen, c’est le cinéma. » (29) Après la publication de ce volume, «  réservant, mon modeste savoir à mes jeunes camarades, et, estimant que seuls les professeurs de l’Opéra sont qualifiés pour l’enseignement des professionnels », Antonine se refusa d’enseigner en dehors de Mimi-Pinson. Parallèlement, elle s’occupa d’un grand nombre d’œuvres philanthropiques. Membre de la Société J.-K. Huysmans, elle sera ainsi à l’initiative d’une pétition tendant à faire inscrire sur les plaques parisiennes de la rue Huysmans, les deux initiales J.-K. Elle confiera également un portrait inédit de l’écrivain à cette Société en 1933. La même année, apprenant que Charlotte Van Goathem donnait sa démission de professeur, elle renouvela à Rouché « son très vif désir de diriger le matin une classe à l’Opéra »  (30). En dépit de « sa longue et brillante carrière à l’Opéra, ayant toujours donné à ses camarades un parfait exemple de régularité dans le travail et d’attachement à la Maison » (31) sa demande resta sans suite. Antonine Meunier s’éteindra à Paris, le 12 mars 1972.

n TM

(1)

Le Figaro, 21 avril 1909

Les Belles-Lettres, Francis Baumal, février 1920

(2)

Lettres inédites à Arij Prins, Librairie Droz, 1977 - Lettre 20, 11 juillet 1886

(3)

(4)

Le Banquet, Gustave Guiches, 1926

(5)

Lettre 90, 31 octobre 1889 et lettre 17

Lucien Descaves, exécuteur testamentaire de Huysmans, président de la Société J. K. Huysmans à laquelle Antonine Meunier adhéra en 1927, dans En Marge, 1927

(6)

Lettre de Louise Read au Dr Seligmann, 18 novembre 1887

(7)

L’hôtel sera dirigé par son père, Pedro Mauri, jusqu’en 1906

(8)

Revue d’art dramatique, Maurice Ravidat, 1898

(9)

(10)

Le Gaulois, 22 février 1893

(11)

L’Universel, 24 septembre 1903

Bibliothèque universelle et Revue suisse, 1902 (12)

(13) Information communiquée par Rosine Delmotte (14) De l’état de la danse actuelle, Arthur Saint-Léon, 1856

La Danse en France sous la IIIe République, Robert Quinault, 1948

(15)

(16) Lettre à Jacques Rouché, 18 décembre 1916 (17)

Lettre à Jacques Rouché, 21 avril 1921

(18)

Gil Blas, Charles Bert, 30 mars 1908

Mon Paris et ses Parisiens, André de Fouquières, 1960

(19)

(20) Le Figaro, Robert Brussel, 14 février 1910 (21)

La Lanterne, 12 juillet 1909

(22)

L’Aurore, 28 janvier 1912

It’s a Long Way to Tipperary, écrit par Jack Judge & Harry Williams en 1912. (23)

Les Annales politiques et littéraires, 14 janvier 1917

(24)

(25)

Evènement raconté dans le N° 57

(26)

Ric et Rac, 17 septembre 1932

La Danse en France sous la IIIe République, Robert Quinault, 1948

(27)

Remerciements

(28)

Le Figaro, 25 mai 1931

(29)

Ric et Rac, 17 septembre 1932

à Juliette Riandey, Médiathèque du Centre National de la Danse

Lettre à Jacques Rouché, 29 Octobre 1933

et à Romain Feist, Bnf Bibliothèque, Musée de l’Opéra.

(31) Lettre de Jacques Rouché, 15 décembre 1931

(30)


SENSIBILISATION

Stage International de Danse de Biarritz © Johan Morin

En amont de la représentation jeune public et du spectacle, un documentaire sur la création de Cendrillon sera visionné dans les établissements scolaires. Dominique Cordemans animera par ailleurs des master classes, des ateliers de répertoire pour les élèves des écoles de danse et du Conservatoire de Périgueux, ainsi qu’un atelier découverte pour une classe de CM1 de l’école Clos Chassaing. Enfin, nombreux assisteront à la classe et à la répétition des danseurs, tandis que Thierry Malandain rencontrera le public avant la représentation.

Cholet Théâtre Saint-Louis 30 novembre Cendrillon

Rencontres Interuniversitaires UPPAdanse Du 1er au 8 septembre, sous la direction de Dominique Cordemans et en partenariat pour la 9ème année avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, les lauréats primés en danse jazz, contemporaine, hip hop et classique aux Rencontres Interuniversitaires UPPAdanse d’avril 2013 ont travaillé la scène du Bal de Roméo et Juliette. Le 8 septembre, au terme d’une semaine intensive, les 14 étudiants venus des facultés de Bayonne, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Brest et Paris, ont présenté leur travail aux Scènes Ouvertes du Festival le Temps d’Aimer devant plus de 500 spectateurs.

Stage International de Danse de Biarritz

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Transmission du répertoire

Du 4 au 9 septembre, lors de la 24ème édition du Stage International de Danse de Biarritz organisé par l’Ecole de Ballet Gillet Lipszyc, Dominique Cordemans a animé des ateliers autour du répertoire de Thierry Malandain. Près de 70 jeunes danseurs, issus du Conservatoire National Supérieur de Danse de Paris et de Lyon, de l’Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille, de l’Ecole Supérieure de Danse de Cannes Rosella Hightower, de l’Académie de Ballet Vaganova et du Conservatorio Superior de Valencia ont ainsi pu apprendre la scène du Bal de Roméo et Juliette et la présenter en public à la fin du stage.

Actions de sensibilisation autour de la programmation Soustons Espace Culturel Roger Hanin 24 novembre Programme mixte Le cours et la répétition des danseurs seront ouverts à des élèves du Collège François Mitterrand et aux classes de danse du Conservatoire des Landes.

Périgueux Théâtre de l’Odyssée 28 novembre Cendrillon

En amont du spectacle, un documentaire sur la création de Cendrillon sera présenté dans les écoles de danse et au Conservatoire de Musique, de Danse et d’Art Dramatique du Choletais. Dominique Cordemans animera également des master classes, des ateliers de répertoire, tandis qu’au Théâtre Saint-Louis, des élèves assisteront à la classe et à la répétition des danseurs.

Activités du LABO de Recherche Chorégraphique sans frontières Ateliers Les ateliers de pratique chorégraphique pour adultes amateurs, dirigés par Gaël Domenger (chorégraphe et chargé de la formation au CCN), ont repris depuis le 7 octobre à la Gare du Midi. Ils sont gratuits et ont lieu tous les lundis de 20h à 22h, hors vacances scolaires. Le lundi 14 octobre, l’atelier sera dirigé par Perrine Fifadji, chanteuse, conteuse, danseuse et chorégraphe en résidence de création au CCN. Inscriptions Malandain Ballet Biarritz Tél. 05 59 24 67 19 Par ailleurs, la compagnie Co&Cie danse dirigée à Biarritz par Deva Macazaga proposera dès le 11 octobre un atelier d’improvisation danse contact, ouvert aux personnes atteintes d’un handicap, qui se tiendra dans le Grand Studio du CCN, le vendredi de 20h à 22h. La participation est également gratuite. Informations et inscriptions Deva Macazaga Tél. 06.19.26.43.24


ET FORMATION Debussy 3.0 : ballet augmenté LE LABO de Malandain Ballet Biarritz et l’école d’ingénieurs ESTIA, à travers son service recherche et de sa plate-forme PEPSS, vont se réunir autour de La Mer de Claude Debussy, pour proposer la représentation d’un ballet augmenté par des interactions et des projections numériques. Ce projet danse et nouvelles technologies associera dès octobre artistes et chercheurs en informatique, pour une résidence de création de trois mois à Biarritz. Ce projet est soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication et la Région Aquitaine dans le cadre de Fabrique BNSA-Région Aquitaine. Représentation en partenariat avec l’ESTIA (Ecole Supérieure des Technologies Industrielles Avancées) le 15 décembre au Casino municipal de Biarritz. Renseignements Tél. 05 59 24 67 19

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Participent à cette résidence de recherche et de création : Irma Hoffren / artiste chorégraphique de MBB Mickaël Conte / artiste chorégraphique de MBB Gaël Domenger / chorégraphe en charge du LABO de MBB Alexis Clay / docteur en informatique Julien Conan / ingénieur en informatique Axel Domenger / infographiste Frédéric Néry (Yocom) / consultant en communication Johan Morin / Photographe

Répétitions publiques 17 octobre à 19h Grand Studio de la Gare du Midi Cie Résonance / Perrine Fifadji Chanteuse, conteuse, danseuse et chorégraphe Perrine Fifadji, en AccueilStudio au CCN du 7 au 18 octobre, proposera sa nouvelle pièce  :  Pépé la flamme. Un manifeste artistique à même le corps, l’histoire de trajectoires et de la construction d’un « soi » féminin.   13 novembre à 19h Errenteria Malandain Ballet Biarritz Extraits du répertoire en présence de Thierry Malandain et ses danseurs 18 novembre à 19h Grand Studio de la Gare du Midi Cie TranzDanz Compagnie hongroise reçue dans le cadre du 6ème Colloque International de Biarritz Chantier Sud-Nord du Théâtre du Versant, en partenariat avec l’Institut Culturel Basque et le CCN. 20 novembre à 18h Grand Studio de la Gare du Midi Cie Artincidence /  Annabel Guérédrat Dans le cadre du 6ème Colloque International de Biarritz - Chantier SudNord du Théâtre du Versant, Annabel Guérédrat, chorégraphe et performer reçu en Accueil Studio  au CCN du 18 au 23 novembre proposera Women,  qui aborde la question du féminisme noir. 5 décembre à 19h Grand Studio de la Gare du Midi Malandain Ballet Biarritz Extraits du répertoire en présence de Thierry Malandain et ses danseurs   Entrée libre sur réservation Tél. 05 59 24 67 19

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© Olivier Houeix

EN BREF

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Nouveau venu

Hugo Layer, né à Sens. Il étudie la danse au Conservatoire de Sens jusqu’en 2007, puis au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Durant son cursus, il participe à la création de Rhapsody in blue avec Cathy Bisson, joue dans le film de Christian Faure et Marie Dô, Fait danser la poussière et obtient le rôle de soliste pour Clowns de la compagnie Pietragalla/Derouault. Il entre au Malandain Ballet Biarritz en 2013.

Le Sang des étoiles au Ballet de l’Opéra national du Rhin Françoise Dubuc, maîtresse de ballet au Malandain Ballet Biarritz, assistée des danseurs Giuseppe Chiavaro et Frederik Deberdt, a remonté Le Sang des étoiles de Thierry Malandain au Ballet de l’Opéra national du Rhin. Ce ballet sera présenté au Théâtre de La Sinne à Mulhouse du 16 au 19 octobre, au Théâtre municipal de Colmar les 3 et 5 novembre et à l’Opéra de Strasbourg du 13 au 17 novembre. Informations http://www.operanationaldurhin.eu/

Flash mob à Biarritz Le 7 août, avec le soutien de la marque 64 et sous la direction de Richard Coudray, le Malandain Ballet Biarritz et l’Ecole de Ballet Gillet-Lipszyc ont organisé une Flash mob sur le parvis du Casino municipal, à laquelle participèrent 64 danseuses et danseurs du Stage International de Danse de Biarritz.

Mégabarre à Arcachon Le 22 septembre, Richard Coudray, maître de ballet au Malandain Ballet Biarritz, a animé une Mégabarre dans le cadre du Festival Cadences d’Arcachon.

Le nouveau Cuvier CDC d’Aquitaine

En deux mots… à Ekaterinbourg Le 23 octobre, au Théâtre académique de drame de la région de Sverdlovsk aura lieu la première représentation de En deux mots… création chorégraphique de Gaël Domenger pour la compagnie Danse Théâtre d’Oleg Petrov, basée à Ekaterinbourg. Ce programme sera constitué de deux œuvres distinctes : Le Diable, d’après Léon Tolstoï sur les notes électroniques d’Alva Noto & Ryuichi Sakamoto, et Le Nuage en pantalon d’après Vladimir Maïakovski sur des compositions de Venitian Snares et George Crumb.

200ème de Boléro

Le 27 septembre, le Malandain Ballet Biarritz a participé à l’inauguration des nouveaux locaux du Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine, Le Cuvier d’Artigues, près Bordeaux, avec un duo créé pour l’occasion par Thierry Malandain  : l’Eau à la bouche de Serge Gainsbourg et Alain Goraguer, interprété par Irma Hoffren et Mickaël Conte.

Le 22 septembre, lors d’une soirée du groupement pharmaceutique Giphar, le Malandain Ballet Biarritz a donné aux Arènes de Bayonne la 200ème représentation de Boléro, créé en 2001 par Thierry Malandain sur la musique de Maurice Ravel.

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Diffusions sur Mezzo Don Juan, Magifique, Roméo et Juliette, l’Après-midi d’un faune, le Spectre de la rose et Une Dernière chanson, filmés par Sonia Paramo, Les Films Figures Libres, sont diffusés en septembre et octobre sur la chaine Mezzo. Plus d’informations sur www.mezzo.tv

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Saison Danse 2013-2014 en Côte Basque Scène nationale de Bayonne / Sud Aquitain 9 janvier 20h30, Cie Gilles Baron 25 mars 20h30, Cie Alias – Guilherme Bothelo

Le Ballet de l’étudiant à Biarritz

29 et 30 avril 20h30, Cie Écrire un mouvement - Thierry Escarmant

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Depuis 2004, dans le cadre des Rencontres Interuniversitaires UPPAdanse initiées par l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, des étudiants venus de la France entière sont accueillis au mois de septembre en résidence au CCN. Dominique Cordemans, chargée de la transmission du répertoire auprès des jeunes, leur transmet alors un ballet de Thierry Malandain.

8 juillet 20h30, Cie Ursula Lopez Renseignements Tél. 05 59 59 07 27 www.snbsa.fr

Biarritz / Gare du Midi Entractes Organisations 1er novembre 20h30, Irish Celtics 29 novembre 20h30, St Petersburg Ballet Theatre, Casse-Noisette 1er décembre 17h30, Bollywood express 28 décembre 20h30, Soy de Cuba 31 décembre 20h30, Antologia de la zarzuela 1er janvier 17h, Gala Viennois 9 mars 17h, St Petersburg Ballet Theatre, Le Lac des cygnes 28 mars 20h30, Broken tango 29 mars 20h30, St Petersburg Ballet Theatre, La Bayadère Renseignements Tél. 05 59 59 23 79 www.entractes-organisations.com entractes-organisations@wanadoo.fr

Anglet / Salle Quintaou (ouverture) 23 et 24 janvier 20h30, Cie DCA, Philippe Decouflé, Panorama Renseignements Tél. 05 59 58 73 00 Ballet de l’Etudiant © Johan Morin

Caroline de Otero et Catherine Guillaud de Boisakré Productions ont suivi en 2012 les trois étapes de cette collaboration : en avril, le concours des Rencontres Interuniversitaires UPPAdanse ; en septembre, la résidence des lauréats au CCN et le travail autour de l’Amour sorcier ; en octobre, la tournée régionale de ce ballet dans les villes universitaires d’Aquitaine (Bayonne, Pau et Bordeaux). A partir de cela, Caroline de Otero et Catherine Guillaud ont réalisé un documentaire intitulé, le Ballet de l’étudiant, présenté au Cinéma le Royal, le 5 septembre en ouverture du Festival le Temps d’Aimer.

Malandain Ballet Biarritz 6 au 9 février, Théâtre du Colisée et Grand Studio de la Gare du Midi : Regards croisés (répétitions publiques, ateliers, spectacles de compagnies venant du Pays Basque sud) en partenariat avec la Fundición de Bilbao, l’Institut Culturel Basque et l’Institut Français de Bilbao 18 au 20 mai, Gare du Midi : Rendezvous sur le quai de la gare, manifestation dédiée au jeune public et aux familles. Représentations scolaires organisées par Biarritz Culture, visites, expositions, répétitions publiques, spectacles… en partenariat avec la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique. 1er août, Théâtre du Casino, Gala Bournonville avec la participation du Malandain Ballet Biarritz dans le cadre de l’Académie Bournonville à Biarritz 7, 9 et 12 août, Gare du Midi, Cendrillon lors des Estivales du Malandain Ballet Biarritz.

EN BREF

Renseignements Malandain Ballet Biarritz Tél. 05 59 24 67 19 www.malandainballet.com


CALENDRIER

OCTOBRE > DÉCEMBRE 2013 centre chorégraphique national d’aquitaine en pyrénées atlantiques Gare du Midi 23, avenue Foch • F-64200 Biarritz Tél. : +33 5 59 24 67 19 Fax : +33 5 59 24 75 40 ccn@malandainballet.com

Représentations en France 05/10

Tremblay en France

Roméo et Juliette

05/10

Paris / CND

Une Dernière chanson (extrait), l’Eau à la bouche

19/11

La Rochelle

Magifique

20/11

La Rochelle

Magifique

24/11

Soustons

Silhouette, la Mort du cygne, le Spectre de la rose

28/11

Périgueux

Cendrillon, représentation scolaire et tout public

30/11

Cholet

Cendrillon

13/12

Paris

Bal au CND

17/12

Arcachon

Cendrillon, représentation scolaire et tout public

19/12

Biarritz

Cendrillon, représentation famille

20/12

Biarritz

Cendrillon

21/12

Biarritz

Cendrillon

22/12

Biarritz

Cendrillon

Représentations transfrontalières 15/11

Espagne / San Sebastián

Cendrillon

16/11

Espagne / San Sebastián

Cendrillon

25/11

Espagne / Pampelune

Cendrillon, avec l’Orchestre Symphonique d’Euskadi

Président Pierre Durand Vice-Président Pierre Moutarde Trésorière Solange Dondi Secrétaire Richard Flahaut Directeur / Chorégraphe Thierry Malandain Directeur délégué Yves Kordian Maîtres de ballet Richard Coudray, Françoise Dubuc Artistes chorégraphiques Ione Miren Aguirre, Raphaël Canet, Mickaël Conte, Ellyce Daniele, Frederik Deberdt, Baptiste Fisson, Michaël Garcia, Aureline Guillot, Jacob Hernandez Martin, Irma Hoffren, Miyuki Kanei, Mathilde Labé, Hugo Layer, Claire Lonchampt, Fabio Lopez, Nuria López Cortés, Arnaud Mahouy, Patricia Velázquez, Laurine Viel, Daniel Vizcayo Professeurs invités Angélito Lozano, Bruno Cauhapé Pianistes Alberto Ribera, Miyuki Brickle, Jean-François Pailler Sensibilisation des publics et transmission du répertoire Dominique Cordemans Formation et accueil studio Gaël Domenger Administrateur Jacques Jaricot Comptable Arantxa Lagnet Responsable de communication Sabine Lamburu Assistante de communication, responsable de la numérisation Mélissandre Lemonnier Accueil, logistique, diffusion, secrétariat technique Lise Philippon Chargée du développement transfrontalier Carine Laborde Directeur de production / Concepteur lumière Jean-Claude Asquié

Allemagne / Russelsheim

Roméo et Juliette

11/10

Allemagne / Ludwigsburg

Roméo et Juliette

12/10

Allemagne / Ludwigsburg

Roméo et Juliette

13/10

Allemagne / Ludwigsburg

Roméo et Juliette, 2 représentations

14/10

Allemagne / Ludwigsburg

Roméo et Juliette

15/10

Allemagne / Ludwigsburg

Roméo et Juliette

16/10

Allemagne / Ludwigsburg

Roméo et Juliette

17/10

Allemagne / Ludwigsburg

Roméo et Juliette

19/10

Allemagne / Friedrichshafen

Roméo et Juliette

25/10

Espagne / Avilés

Roméo et Juliette

02/11

Russie / Ekaterinbourg

Magifique

03/11

Russie / Ekaterinbourg

Magifique

Régisseur général Oswald Roose Régie lumière Frédéric Eujol, Christian Grossard Régie plateau Chloé Bréneur Technicien Plateau Jean Gardera Régie son Jacques Vicassiau, Nicolas Rochais Réalisation costumes Véronique Murat Régie costumes Karine Prins Construction décors & accessoires Frédéric Vadé Techniciens chauffeurs Thierry Crusel, Guy Martial Agent d’entretien Ghita Balouck Mécénat / Partenariat Georges Tran du Phuoc Attaché de presse Yves Mousset  /  MY Communications Consultant en communication Frédéric Néry  /  Yocom Photographe Olivier Houeix Suivi et prévention médicale des danseurs Romuald Bouchbacher, Jean-Baptiste Colombié, Aurélie Juret San Sebastián Centre Chorégraphique Transfrontalier Malandain Ballet Biarritz Yves Kordian, directeur délégué Carine Laborde suivi du projet Mélissandre Lemonnier communication Arantxa Lagnet, relations partenaire, traduction basque Teatro Victoria Eugenia Amaia Almirall directrice Norka Chiapuso direction de programmation Maria Jose Irisarri suivi administratif Koldo Domán suivi des actions Numéro Directeur de la publication Thierry Malandain Conception & réalisation graphique Frédéric Néry Imprimeur IBL (Hendaye) ISSN 1293-6693 - juillet 2002

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09/10

www.malandainballet.com

Représentations à l’étranger

Numéro 60 - Octobre/Décembre 2013  

Malandain Ballet Biarritz © Yocom

Numéro 60 - Octobre/Décembre 2013  

Malandain Ballet Biarritz © Yocom