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La légende Bourguiba

La chute de Lula

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La Catalogne : un calme précaire….

Issue 1690- Avril 13/04/2018

Un magazine politique hebdomadaire

La visite du Prince Mohammed Bin Salman, une étape supplémentaire pour promouvoir le rapprochement www.majalla.com


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Un magazine politique hebdomadaire

Issue 1690- Avril 13/04/2018

Une initiative de paix crédible 32

L’actualité de la semaine en bref

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Que peut cacher la boule de cristal de Gebran Bassil dans le portefeuille des Une nouvelle poussée des Affaires Étrangères du Liban ? 38 eurosceptiques 28 La

Un magazine politique hebdomadaire

Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Mostafa El-Dessouki

www.majalla.com/eng La

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Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


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Mark Zuckerberg, chef de la direction et fondateur de Facebook Inc., centre, traverse l'immeuble du bureau de Rayburn House après une audience du Comité de l'énergie et du commerce à Washington, DC, mercredi 11 avril 2018. (Getty)

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Les fans de la famille royale sont photographiés à l'extérieur du Lindo Wing de l'hôpital St. Mary alors qu'ils se rassemblent et attendent la naissance du troisième enfant du duc et de la duchesse de Cambridge, à Londres, le 11 avril 2018 (Getty)

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L’actualité de la semaine en bref Par Maymana Azzam %33,9 de grévistes mardi, %29,7 mercredi, mais surtout plus de %70 de conducteurs concernés... la mobilisation est lancée contre la réforme de la SNCF. La grève perlée, prévue 2 jours sur 5 jusqu'à fin juin, a occasionné pour les deux premiers jours de nombreuses perturbations dans les transports. De son côté, le gouvernement assure qu'il tiendra bon dans ce bras de fer engagé. Si certaines universités sont déjà bloquées depuis plusieurs mois, ce mardi matin, de nouveaux établissements leur ont emboîté le pas, dont des lycées pour protester contre la réforme de l'accès à l'université. Une dizaine d'établissements seraient perturbés dans toute la France.

Le mouvement social ne se limite pas au secteur ferroviaire, il touchera le secteur de l'aérien, des déchets, de l'énergie et des universités. Mediaterranée fait le point sur les blocages qui risquent de se produire pour cette journée du mardi 3 avril 2017. La grève sera suivie par près d'un

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cheminot sur deux à la SNCF (contre 35,4 % le 22 mars dernier). Les conducteurs suivront massivement le mouvement dans leur écrasante majorité (77 %). Résultat : un trafic très perturbé. Sur les grandes lignes, la SNCF prévoit un TGV sur huit en moyenne, l’axe Sud-Est étant le plus touché (un sur


Ikea au cœur d'une vaste affaire d'espionnage

10). Même chose pour les Intercités, dont sept lignes ne seront carrément pas desservies. Le patron de l’entreprise, Guillaume Pepy, avait averti que des lignes seraient « fermées ». AAir France, l'intersyndicale a annoncé une nouvelle grève les 10 et 11 avril prochains, restant ferme sur la revendication d'une augmentation générale de %6. D'autres dates ont également été choisies. Chez Carrefour, c'est contre les suppressions d'emplois et pour davantage de pouvoir d'achat que de nombreux salariés se sont mobilisés le week-end dernier.

Le PDG a annoncé vendredi dernier la suppression de 450 emplois, sur

les 1800 que compte l'entreprise de vente de livres. Le chiffre d'affaires de la société aurait été divisé par près de deux en cinq ans. Selon Franceinfo, la firme suédoise aurait eu recours à des espions et des détectives privés pour surveiller ses employés et ses clients. C'est un véritable polar qui se joue entre les travées des magasins Ikea. Le géant suédois de l'ameublement est en effet accusé d'avoir espionné ses employés et ses clients pendant de nombreuses années. Tout commence par un article du Canard enchaîné. En février 2012, le palmipède dévoile qu'Ikea France

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ctualités

Emmanuel Macron

aurait eu recours à une société privée de sécurité pour mettre la main sur des fichiers de police. Le but ? Obtenir des informations confidentielles sur des employés ou des clients en litige avec la firme. Une enquête judiciaire est alors ouverte dans la foulée de la sortie de l'article. Elle s'est terminée en février 2018. Entre-temps, les enquêteurs ont réalisé de nombreuses perquisitions, conduit moult interrogatoires et saisi

pléthores de courriers électroniques. Le parquet de Versailles a requis le renvoi de 15 personnes devant le tribunal correctionnel, révèle Franceinfo. Parmi eux : deux anciens dirigeants d'Ikea France, soupçonnés d'avoir collecté des données personnelles de manière illicite. À chaque 1er avril, des changements interviennent dans la vie quotidienne. Tarifs de l'énergie, nouveau carnet de

Manifestation sur la place de la république de Mamoudzou

santé, un bouton d'urgence dans les voitures… L'éventail est large. Hausse des prestations sociales, baisse des prix du gaz, distribution des chèques énergies, fin de la trêve hivernale. C'est un déplacement sous tension que le président de la République a fait ce jeudi en Seine-Maritime. Un comité d'accueil hostile l'attendait au CHU de Rouen, où il est venu évoquer le futur plan autisme qui doit être présenté aujourd'hui. Le chef de l'Etat a notamment annoncé une enveloppe de 340 millions sur cinq ans. - Le député de la France Insoumise François Ruffin a proposé mercredi l'organisation d'"une grande manifestation nationale commune le samedi 5 mai", pour dénoncer la politique d'Emmanuel Macron. Alors que la majorité des syndicats ont appelé à une levée des barrages lundi, six semaines après le début

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Des défenseurs de la cause animale ont fait irruption à l'Assemblée nationale

du mouvement, la grève continue dans l'île et la sortie de crise s'est de nouveau éloignée. Le nouveau préfet nommé est arrivé sur place vendredi dernier.

interrompus jeudi dernier par des militants de la cause animale, alors que les députés discutaient d’une proposition de loi sur les écoles hors contrat.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé, mercredi 4 avril, la réduction de %30 du nombre de parlementaires et l'introduction d'une dose de %15 de proportionnelle aux législatives, dans le cadre de la réforme des institutions prévue pour 2019.

L'ancien secrétaire d'Etat et sénateur a été arrêté mercredi soir à la sortie d'un bar du 6ème arrondissement de Paris, très alcoolisé. Jeudi soir, sa garde à vue a été prolongée. Il est soupçonné d'avoir insulté successivement une cliente du bar, le vigile puis les forces de l'ordre venues à la rescousse.

Les

débats

ont

été

brièvement

L'ancien secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat et de la simplification Jean-Vincent Placé.

Lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 14 mars 2018.

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Entre 200 et 300 personnes qui occupent la ZAD et qui n'ont pas régularisé leur situation aux yeux de l'Etat risquent l'expulsion. La trêve hivernale étant terminée, elle est désormais possible. Un millier de personnes ont manifesté samedi dernier dans le centre de Nantes pour s'y opposer. Le 6 décembre 2017 Christophe Najdovski (au centre) présentait les deux sociétés en charge de la verbalisation du stationnement à la mairie de Paris avec Xavier Heulin (à


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ctualités

Les gendarmes reprennent les opérations d›expulsion à Notre-Dame-des-Landes

son fils. Une semaine après l'hommage national rendu à Arnaud Beltrame, ce colonel de gendarmerie tué par Radouane Lakdim dans l'attaque terroriste de Trèbes après s'être substitué à une otage, sa mère Nicole s'est exprimée mercredi sur BFM-TV. "Je resterai celle que je suis, pour lui rendre hommage et honneur", a-t-elle notamment déclaré. Radouane Lakdim vivait avec sa compagne dans le quartier Ozanam à Carcassonne. gauche) du groupement CSV (Moovia) et Maxime Autran, DG adjoint de Streeteo. Suite aux fraudes et dysfonctionnements révélés, la municipalité a décider de déposer plainte pour faux, usage de faux et escroquerie à l'encontre de la société de contrôle du stationnement payant. Le succès du film «120 battements par

minute» semble avoir suscité un vrai bouleversement au sein de l'association. Samedi dernier, l'ancienne équipe dirigeante a ainsi décidé de quitter ses fonctions, dénonçant le détournement d'Act-Up par «de jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d'autres luttes». Nicolle Beltrame, mère du colonel de gendarmerie tué par Radouane Lakdim, refuse l'idée d'un sacrifice de La

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sur les réseaux sociaux qu'il n'y ait "pas assez de morts dans les attentats" de l'Aude, a été condamné vendredi dernier à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Carcassonne.

Des militants d’Act Up manifestent lors de la journée mondiale du Sida, à Paris, le 1er décembre 2012.

La justice a confirmé la détention provisoire de Marine P., la petite amie de Radouane Lakdim, le djihadiste qui a tué quatre personnes dans des attaques le il y a deux semaines à Trèbes et Carcassonne. Cette convertie de 18 ans avait été mise en examen le 27 mars pour "association de malfaiteurs terroriste.

hommage aux 3 victimes civiles des attentats de l'Aude, Jean Mazières, 61 ans, Christian Medves, 50 ans et Hervé Sosna, 65 ans - 29 mars 2018. Un jeune narbonnais, qui avait regretté

Après ces attaques, une pétition circule pour que les funérailles de Radouane Lakdim n'aient pas lieu dans la région. Les signataires veulent à tout prix éviter que sa tombe ne devienne un lieu de pèlerinage. Trèbes

(Aude)

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cérémonie

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Photo tirée d'une vidéo, le 27 janvier 2015, montrant des policiers du GIPN arrêtant une personne lors d'une opération antijihadiste à Lunel, dans l'Hérault Le procès de cinq hommes, jugés pour association de malfaiteurs à visée terroriste dans le cadre de la filière djihadiste emblématique de Lunel a débuté jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. Cette petite ville de l'Hérault avait vu une vingtaine de ses jeunes partir pour la Syrie entre 2013 et 2014. Beaucoup de personnes sont absentes à ce procès.


Encouverture Riyad et Paris: La vision du Prince Héritier Saoudien pour construire des partenariats atypiques

La visite du Prince Mohammed Bin Salman, une étape supplémentaire pour promouvoir le rapprochement Par Ahmed Taher Dans les moments de construction ou de reconstruction, tout pays est en besoin de plans atypiques, aussi bien au niveau interne qu’externe, car ces processus nécessitent de nouvelles idées, de multiples échanges et un consensus constructif, qui tiennent compte de la réalité existante, dans le but d’opérer ce changement voulu. Tout ceci en réponse aux évolutions et transformations émergentes. Ce constat s’applique à la lettre aux actions entreprises par le Prince Héritier Saoudien Mohammed Bin Salman, aussi bien pour ses actes à l’intérieur qu’à l’étranger. Tout son programme politique s’articule autour de la «Vision 2030». Vision lancée par le Prince, avec pour but la refonte de l'économie saoudienne basée non seulement, sur des fondements non-conventionnelle, à travers la diversification de sa base de production et la croissance de ses ressources, mais aussi et surtout, un repositionnement du royaume, concernant sa renaissance interne, que son action à l’extérieur. Chose qui va se répercuter positivement sur le quotidien du citoyen, et assurer un avenir radieux à ses enfants. Dessein résumé par le prince Mohammed Bin Salman pendant son intervention lors de la conférence de presse tenue à la fin de sa visite en France: «L'objectif de l'Arabie saoudite est de constituer un point focal entre l’Asie, l’Afrique

et l’Europe conformément à la Vision du Royaume 2030». Il va sans dire que la maitrise du Prince Mohammed Bin Salman des règles nécessaires à une bonne administration et la gestion des affaires de l'Etat, à savoir que le succès interne ne peut être atteint sans des actions en extérieur, qui soutiennent et renforcent cette politique intérieure, ont fait que le Prince accorde une grande importance à la réorganisation de l’action politique extérieure de l’Etat. Car, la politique extérieure ne constitue qu’un prolongement naturel de la politique et des orientations nationales. Dans ce contexte, s’inscrit l'importance de la récente tournée à l'étranger du prince Mohammed Bin Salman, qui a concerné l'Egypte, la GrandeBretagne, les Etats-Unis et la France en quatrième étape, et l’Espagne pour conclure. Tout en sachant que cette tournée n’est nullement la première du genre pour le Prince Héritier. Elle a été précédée par d’autres visites, qui s’inscrivent toutes dans la même vision. Avant de faire la lumière sur la quatrième étape de cette visite, à savoir la France, nous devons souligner deux observations importantes: D'abord, le choix de ces pays n'est pas fortuit, plutôt fait sur la base d’une vision soigneusement planifiée et précise, en relation avec des changements que connaisse l'ordre mondial. A l’instar de la visite du Prince Héritier à

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Moscou au milieu de l'année dernière, vient celle en Occident (aux Etats-Unis et en Europe : Initiée à Londres, capitale du Vieux Monde avant de visiter la capitale du Nouveau Monde), pour montrer, que la politique saoudienne n’est guère une politique d’alliances. Plutôt une approche soucieuse de tracer des voies dans ses relations extérieures, loin de la politique des alliances et de polarisation. Et renforcer en conséquence les relations avec les différentes parties. Cette tournée vient peu de temps avant les réunions qui auront lieu entre les parties concernées par le dossier iranien. Un dossier complexe, qui concerne le sort de l'accord nucléaire conclu l'été 2015, les programmes de missiles balistiques de Téhéran, ainsi que sa politique régionale. Parmi les buts de cette tournée, figure le désir de clarifier l'étendue des risques, auxquels la politique iranienne expose la sécurité et la stabilité de la région. Cette tournée vient également peu de temps avant la rencontre qui aura lieu entre les Présidents américain et son homologue français, le 12 mai prochain, pour discuter un éventuel retrait des États-Unis de l'accord nucléaire avec l’Iran. Chose envisageable. La deuxième observation porte sur la variété des domaines de coopérations initiées par ces visites. A savoir que les visites de ce genre se contentaient généralement des domaines économiques et militaires. Reste que l’observateur peut conclure quant aux résultats de cette tournée.


Le président français Emmanuel Macron accueille le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salman Bin Abdulaziz Al Saoud à l›Elysée le 10 avril 2018 à Paris, en France. (Getty)

A savoir que les différentes étapes, à l’exemple des Etats-Unis, le Prince Héritier a accordé une importance grandiose à la culture et aux nouvelles technologies. Des contrats ont été signés avec Amazon, IMC et Six Flags pour la construction d'un complexe de divertissement. Ceci, vient en ajout aux accords dans les domaines économiques et militaires. Choses analogues pour sa visite à Paris, comme cela sera détaillé. A la lumière de ces observations, la visite du Prince Mohammed Bin Salman à Paris peut être lue à travers trois axes : 1/ les relations franco-saoudienne…. Une longue histoire de rapprochement mutuel. Ce n'est pas un hasard que les relations francosaoudiennes, célèbrent plus d'un demi-siècle d’existence avec la première visite du Roi Fayçal à Paris en 1967, qui a constitué le point d’ancrage principal des relations entre les deux pays. Pour servir leurs intérêts communs, qui peuvent se résumer en plusieurs indicateurs: -1 Diplomatie des Sommets, à savoir que la période récente a connu des visites réciproques au niveau des rois et des princes du Royaume ainsi que des présidents français. Le tableau suivant résume les plus importantes de ces visites:

Le calendrier des visites révèle l'intensité et la régularité des visites réciproques entre les dirigeants des deux pays, ce qui reflète deux choses: Premièrement: La nature de leur partenariat stratégique, qui a permis d'approfondir un dialogue sérieux et de haut niveau tout en offrant un cadre fiable de discussion. D'autant plus que les hauts fonctionnaires des deux pays ont effectué de nombreuses visites pour compléter les démarches tracées par les rencontres entre leurs dirigeants. Deuxièmement: Le souci des deux pays pour développer leurs relations de façon continue, tant chacun reconnait le rôle crucial du partenaire. A savoir que la France insiste quant à l’indépendance de sa politique concernant les questions régionales et internationales. Et par conséquence la nécessité d’activer ses relations avec le monde arabe et musulman. Un espace où Arabie l'Arabie saoudite joue un rôle un rôle primordial et déterminant. Cette position est à l’origine du choix de Paris de renforcer d’une manière continue et soutenue ses relations avec le Royaume. D’autre part, la France est consciente de sa position et du rôle qu’elle joue au niveau mondial, essentiellement, à travers son statut de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies. Ainsi que ses rôles au niveau

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régional, tant au sein de l'UE ou dans d'autres régions, où le Royaume dispose d’intérêts, à l’instar du Moyen-Orient ou l’Afrique. En effet, le Royaume insiste pour le développement de ses relations avec la France d’une manière continue et soutenue. Au point d’inviter l’ancien président français François Hollande à participer aux travaux du sommet du Conseil de coopération du Golfe, qui a eu lieu à Riyad, en mai 2015 en tant qu'invité d'honneur. -2 Echanges commerciaux et renforcement des flux d'investissement: Selon les estimations du président du Conseil des chambres de commerce saoudiennes, Ahmed AlRajhi, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est passé de 6,3 milliards de Dollars en 2005 à environ 8,3 milliards de Dollars en 2016, dont 4,9 milliards de Dollars d'importations saoudiennes. Et 3,4 milliards de Dollars d’exportations saoudiennes vers la France. En ce qui concerne les investissements, la France occupe une place importante dans tous les plans de promotion de l'Autorité Générale pour l'Investissement dans Royaume. Elle est au troisième rang mondial au niveau des flux d'investissements consacrés au Royaume avec des investissements totaux supérieurs à 15 milliards de dollars, répartis


Encouverture entre environ 70 à 80 entreprises investissant dans le Royaume, où le volume de licences accordées jusqu'à présent est de 179 licences pour les entreprises françaises qui investissent directement sur son territoire. Par contre, il existe environ 24 entreprises saoudiennes opérant en France avec un chiffre d'affaires d'environ 900 millions d'euros. Il convient de mentionner que pour promouvoir le volume des échanges et des flux d'investissement entre les deux pays, a été créé le Forum d'affaires franco-saoudien, comme étant le plus grand rassemblement économique franco-Saoudien, qui vise à renforcer les relations économiques, d'investissement et commerciales entre les deux partenaires dans différents secteurs (énergie sous diverses formes, transports, développement urbain, santé, eau et électricité, agro-industries, infrastructures industrielles...). Ce Forum regroupe de hauts responsables des deux pays, en plus d'un certain nombre d'investisseurs, d'hommes d'affaires et de hauts fonctionnaires. Dans ce même contexte, la mise en place de la Commission mixte franco-saoudienne en 1996, a fait face à des obstacles pour son activation, à la lumière de la position des deux parties (l'Arabie saoudite et français). A savoir que chacun considérait que l’autre, était à l’origine du manque de ponctualité dans la tenue des réunions périodiques. Tant la partie saoudienne considérait que la partie française était lente dans une large mesure au niveau de la compréhension de la philosophie du partenariat stratégique et sa dimension entre les deux pays. A savoir que le royaume a besoin de produits et services, d’origine française, dans le cadre d'une plus large prise en compte des besoins du marché saoudien et en même temps le renforcement des investissements financiers et des compétences humaines et des connaissances technologiques. Dans le but d’établir ce processus de développement global sur le territoire du Royaume. A l’inverse de la partie française, qui voit le Royaume dans le cadre du système de régulation du marché des capitaux et des entreprises, en tant que marché d'importation important pour les produits et services français. Au constat de ce handicap entre les deux partenaires, s’inscrit le souci apporté par le Prince Mohammed Bin Salman dans sa «Vision 2030» pour un abandon progressif de cette manière de gestion des Comités mixtes, comme en témoigne la réunion qui a eu

Le président français Emmanuel Macron accueille le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salman Bin Abdulaziz Al Saoud à l›Elysée le 10 avril 2018 à Paris, en France. (Getty)

lieu à Paris en 2015 sous sa présidence, et celle de Laurent Fabius, l’ancien Premier ministre français, où plusieurs accords ont été conclus. Notamment, la mise en place de nouvelles assisses et un processus inédit pour la gestion des relations entre les deux parties. A savoir, la conclusion d'un ensemble d'accords et de contrats entre les deux pays dans les secteurs économiques et de développement, pou plusieurs milliards d'Euros. Avec une insistance concernant un rôle participatif de la France dans la mise en œuvre de la «Vision 2030». Chose qui nécessite l’accélération du rythme de la coopération et du partenariat entre les deux pays. 3 – L’enseignement et la recherche scientifique en apport à la convergence entre des deux pays: le système éducatif saoudien dispose d’une position favorite depuis 2008, date de la signature des deux pays d’un certain nombre d'accords de coopération universitaire. Le secteur de l’enseignement en France attire de plus en plus d'étudiants saoudiens. Environ, mille et quatre cents étudiants saoudiens poursuivent des études en France dans le cadre du programme de bourses d'études, accordées par le Serviteur des deux Lieux Saints, qui octroie plus de cent trente mille bourses à l'étranger. Il y a trois écoles saoudiennes qui enseignent le français, une à Riyad, une à Djeddah et une troisième à Khobar. Le La

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nombre total d'élèves dans ces écoles est de 3200. Il y a aussi trois universités avec des sections pour enseigner le français. Dans le même contexte, s’inscrit le programme de formation des médecins spécialisés, stipulé dans un accord gouvernemental signé entre les deux pays en 2011. Qui permet l'accueil de quelques centaines de médecins dans les centres médicaux français, sachant que les femmes médecins saoudiennes représentent environ un tiers du nombre. Dans le domaine de la recherche, un accord de coopération scientifique a été signé en 2016 entre la Ville du Roi Abdelaziz pour la science et la technologie et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), par lequel des programmes de coopération de haut niveau ont été établis entre les deux institutions. 4 - Culture et patrimoine ... Un ancrage important dans le cours des relations entre les deux pays: Il n'est pas exagéré de dire que le rapprochement franco-saoudien est un modèle pour l'universalité des relations entre les pays. En plus de la coopération politique et économique, les sphères culturelles et civilisationnelles ont été témoins d'une présence remarquable à travers l'organisation d'expositions et d'événements culturels. Dont les plus importants : - L'exposition «Le Royaume d'Arabie Saoudite entre


hier et aujourd'hui», organisée à Paris en 1986, et inaugurée par le prince Salman Ibn Abdelaziz, qui était alors Emir de la région de Riyad. - Exposition «Chefs-d’œuvre du patrimoine du Royaume», organisée au musée du Louvre et qui a duré deux mois en juillet 2010, inaugurée par le prince Saoud Al-Faysal, ancien ministre des Affaires étrangères et son homologue français d’alors Bernard Kouchner. - Les activités des «Journées Culturelles saoudiennes au siège de l'UNESCO» à Paris, qui se sont tenues le 18 avril 2012, et retracent l’histoire du Royaume depuis son unification par le Roi fondateur Abdelaziz Ibn Abderrahmane Al-Saoud et les développements dans le Royaume jusqu'à cette date. En outre, les deux pays coopèrent à l'organisation de divers programmes de formation pour le personnel du secteur archéologique du Royaume. En 2014, l'Autorité Générale pour la Politique Nationale et le Patrimoine du Royaume a organisé des programmes de formation pour ses employés, en partenariat avec l'Institut National du Patrimoine et le Musée du Louvre. Ceci s'ajoute à la présence d'environ sept missions archéologiques françaises sur le sol saoudien. 2/ Le Prince Mohammed Bin Salman à Paris...

Visite spéciale et un nouveau partenariat: Une visite spéciale de trois jours, en réponse à une invitation officielle du président français, la deuxième du genre du Prince Mohammed Bin Salman, Prince Héritier et Vice-Premier ministre et Ministre de la Défense, s'est déroulée à Paris du 9 au 11 avril 2018, où il a des rencontres avec Emmanuel Macron, et plusieurs grands responsables français. «Cette visite est particulièrement importante à l'heure où le Royaume vit une nouvelle phase de réformes économiques, sociales et politiques», a déclaré le Dr. Khalid Al-Anqari, Ambassadeur de Riyad à Paris, soulignant l'importance de construire un nouveau partenariat entre les deux pays… Avant d’ajouter que «le partenariat entre le Royaume et la France puisse inspirer, soutenir et conforter ces transformations, non seulement pour approfondir, mais aussi pour rétablir le partenariat stratégique franco-saoudien sur des projets communs dans différents domaines.». Ce qu’a dégagé la réunion du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, présidé par le prince Mohammed Bin Salman et le président Emmanuel Macron. Une lecture attentive des résultats de la visite dans son ensemble révèle des résultats de la réunion du Conseil sur les trois axes des relations entre les deux pays: -1 L'économie, un pilier essentiel pour renforcer les relations entre les deux pays: L'économie dans son sens le plus large constitue l’axe de renforcement des relations francosaoudiennes, tant la 39ème conseil des affaires entre les deux pays, a coïncidé avec la visite, et a connu la participation d’environ 300 sociétés françaises, qui ont insisté pour soutenir le Conseil. Mais aussi porter un apport au Royaume dans la «Vision 2030», en proposant des opportunités aussi bien d’investissements industriels que de concrétisations de projets. Chose qui dénote de l’importance qu’accorde la France au renforcement de la coopération avec le Royaume. Surtout à la lumière des potentilles dont dispose le Royaume, mais aussi ses capacités compétitives dans le cadre de la «Vision 2030», qui vise à améliorer l’environnement des affaires et promouvoir le secteur privé, ainsi que l’amélioration de sa part dans l’économie nationale. Mais aussi, surmonter les difficultés auxquelles il fait face en supervisant les initiatives. Dans ce contexte, au cours de cette visite, ont été signés 19 protocoles d'accord entre des sociétés saoudiennes et françaises, d'une valeur totale de plus de 18 milliards de Dollars. Ces protocoles concernent l'industrie, comme la pétrochimie et les secteurs de traitement des eaux. Aussi, le tourisme, la culture, la santé et l'agriculture. Parmi les plus importants de ces accords, un entre la société La

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française Total et Saudi Aramco, pour une valeur approchant sept milliards de Dollars, concernant le développement conjoint d'un site pétrochimique à Jubail à l'Est de l'Arabie Saoudite, où le groupe français dispose déjà de sa plus grande raffinerie du monde. Parmi les entreprises françaises concernées par ces accords, on trouve SUEZ groupe, Veolia, Schneider Electric, Safran, Orange, et JC France Industrie. Mais aussi, le fonds d'investissement saoudien français Five Capital, qui a présenté ses deux premiers investissements avec le groupe de médias et technologie, Wipedia, spécialisé en industrie du divertissement, en partenariat avec le groupe Suez. -2 La culture est fortement présente dans les relations des les deux pays: Conformément à la vision du Prince Mohammed Bin Salman d'ouvrir plusieurs axes dans les relations extérieures du Royaume des Affaires dans le cadre de la «vision de 2030» et comme il a été noté pour la visite aux Etats-Unis, la visite de la France a connu une forte dimension culturelle, à savoir : - Organiser un programme des manifestations culturelles en Arabie Saoudite sous le titre «kolly», dans le but de faire la lumière sur la scène culturelle et artistique du Royaume. - Accord concernant la formation d'un orchestre national et la création d'un opéra en Arabie Saoudite avec l'aide de la France, tout en permettant au Royaume de participer avec des courts métrages au Festival de Cannes. - Signature d'un protocole de coopération dans le domaine du tourisme visant à échanger des expériences dans le domaine de la gestion des destinations, développement des ressources humaines opérant dans le secteur touristique et des produits touristiques, ainsi que classification des hôtels, tourisme culturel, environnemental, des affaires et maritime. - Signature d'un accord de coopération relatif au développement du patrimoine et des sites historiques de la province d'Al-Ola, d'une superficie d'environ 22500 kilomètres carrés et situé à environ mille kilomètres à l'ouest de la capitale Riyad. La région est célèbre pour ses sites archéologiques tels que Madain Saleh, une ville de 000 2 ans qui remonte aux Nabatéens et est construite dans la roche du désert du nord, où des archéologues français ont opéré des fouilles pendant plus de 15 ans. Existent aussi des camps romains et gravures rupestres, des sites du patrimoine islamique et les vestiges de la ligne de chemin de fer Hijaz, qui remonte à l'époque ottomane et a été étendu de Damas à la ville au début du XXe siècle. L'accord comprend l’effort de participer à l'élaboration de conceptions futures


En

couverture

pour le projet et le développement du patrimoine culturel et à long terme du tourisme, de protéger et de développer les sites patrimoniaux et historiques de la province d'Al-Ola, pour parvenir à une transformation durable dans la province et permettre aux visiteurs locaux, de la région et du monde entier, de reconnaître la richesse du patrimoine culturel, historique et naturel, et l'héritage du Royaume en général. Mais aussi de la civilisation arabe ainsi que ses valeurs locales. Il convient de noter que l'objectif de ce projet et d'autres projets touristiques, consiste à faire augmenter la recette touristique aussi bien des locaux que des visiteurs, à 46,6 milliards Dollars en 2020 pour 27,9 milliards en 2015. - Un protocole de coopération dans le domaine du patrimoine, visant à échanger des savoirs dans le secteur du patrimoine, gestions des sites historiques et transfert des connaissances et des expertises dans le domaine des expositions et de la gestion des musées. Aussi, la création d’une agence des sites archéologiques gérée par la France et financée par l'Arabie Saoudite. - Il va sans dire que cette présence culturelle n'était pas la première du genre: les deux pays ont également pris des mesures importantes pour renforcer leur rapprochement culturel à la lumière de leur patrimoine culturel respectif, qui vise à renforcer leurs liens communs. -3 Politique ... Compatibilité ne signifie pas congruence: Les pourparlers, qui ont eu lieux entre le Prince Héritier Mohammed Bin Salman et le président et les hauts fonctionnaires français, ont porté sur l'ampleur du consensus entre les deux pays sur plusieurs crises dans la région, explicitement souligné par le ministre des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir lors de sa rencontre avec les journalistes et les médias en marge de cette visite. : «Les positions du Royaume d'Arabie Saoudite et de la République française sont compatibles concernant de nombreuses questions, en plus de la coordination conjointe dans le dossier de la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme, et les deux pays coopèrent étroitement dans divers domaines». Chose qui est apparu clairement de la position envers la crise yéménite, comme l’a souligné le président français Macron concernant l'intention de son pays de convoquer une conférence internationale sur le Yémen d'ici l'été prochain pour examiner ce qui se passe et ce qui devrait être fait. Ce qui permettra de nouvelles initiatives humanitaires vers ce pays. Il en va de même pour la coopération sur le continent africain, évoquée par le

président Macron: «Les deux pays ont travaillé à la sécurité de la mer Rouge, soutenu la guerre contre le terrorisme en Somalie et l'Arabie Saoudite a fourni 100 millions de Dollars pour soutenir la force commune africaine. Et a accepté de porter une aide aux programmes de développement». Cependant, il ne faut pas oublier que ce consensus ne signifie pas que les positions sont complètement identiques. Car existent des divergences sur d'autres questions. Ce qui est cohérent avec la nature de la politique étrangère des pays et qu'il est inacceptable que les positions et politiques des pays soient pleinement conformes, concernant les mêmes questions, en raison des différents arrangements pour la sécurité nationale d'une part, et les intérêts nationaux d'autre part. Raisonnement qui s'applique à la position du programme nucléaire iranien. Au temps où le président français Macron voit qu'il «est d'accord avec l'Arabie Saoudite sur la nécessité de freiner l'expansion de l’Iran dans la région et son programme de missiles balistiques», mais croit toujours que «l'accord nucléaire iranien devrait être maintenu». Par contre, le Prince Héritier Mohammed Bin Salman a insisté que «Le gouvernement iranien ne sert pas les intérêts de son peuple, et n'a pas investi les fonds récupérés après l'accord nucléaire pour la prospérité du peuple iranien ou son développement. Et c'est grâce à l'accord nucléaire, 150 milliards de dollars ont été récupérés, mais pas un Dollar n’a été investi pour lancer un projet ou ouvrir une route. Au contraire, elle a œuvré à répandre l’extrémisme et soutenir le terrorisme».Le Prince Héritier a ajouté : «Il est impératif d’empêcher l'Iran de se doter d’armes nucléaires, nous ne voulons pas revivre les événements de 1938, et provoquer une nouvelle guerre mondiale». En référence au Traité de Munich, signé par l'Allemagne nazie, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie le 30 Septembre 1938, et en vertu duquel s’est faite l'approbation des ambitions d'Adolf de Hitler concernant Europe. Après avoir invoqué la protection des Allemands dans la zone frontalière entre la Tchécoslovaquie et l'Allemagne. Prétexte qui lui a permis plus tard d'envahir ce pays et d'autres pays européens. En conclusion : Chercher à apaiser Hitler de la part des grands pays, selon les historiens, a conduit à la mort de millions de personnes, pour avoir entrainé le du monde dans une spirale Guerre mondiale. Comme a détaillé par le ministre saoudien des Affaires étrangères lors de sa conférence de presse : «L'accord nucléaire iranien comporte de nombreuses lacunes en ce qui concerne les mécanismes d'inspection, qui doivent La

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Le prince héritier d›Arabie Saoudite, Mohammed bin Salman Al Saud (à gauche) et le président français Emmanuel Macron (à droite) tiennent une conférence de presse conjointe à l›Elysée à Paris, en France, le 10 avril 2018.

être plus précis, afin d'empêcher l'Iran d'acquérir l’arme nucléaire», avant d’ajouter qu’il existe «deux visions au Moyen-Orient. La première est une vision ambitieuse qui cherche à développer l'éducation, l'économie et les domaines qui servent l’humanité. Et œuvre pour combatte l’extrémisme et le terrorisme. Rôle dans lequel s’inscrit le Royaume. A l’inverse, existe une vision du mal, qui cherche à interférer dans les affaires des autres pays, à répandre la haine, à armer les milices terroristes, et à soutenir l'extrémisme, le terrorisme et les terroristes, et c'est ce que font le régime iranien et ses affiliés. L'Iran n’a pas cessé son interférence continue à travers ses tentacules et ses milices dans la région». Le Royaume a condamné l'attaque chimique contre la Douma et a appelé les organisations internationales à condamner les responsables de l'attaque, a déclaré le prince Mohammed Bin Salman, avant d’ajouter: «Le Royaume peut prendre part à une riposte internationale en Syrie si nécessaire et a demandé à ses partenaires et alliés internationaux de le faire». Cette position confirme ce qui mentionné précédemment que compatibilité ne signifie pas congruence, plutôt une différence de visions selon l’intérêt de chacun, ainsi que les exigences de sa sécurité nationale. Chose qu’assimile bien Paris dans ses relations avec le Royaume d'Arabie Saoudite. Macron a tenu à souligner le soutien de son pays à la position du Royaume en rejetant l'ingérence


de l'Iran dans les affaires des pays de la région. Position exprimée clairement: «Nous ne voulons pas d'intervention iranienne dans les élections qui auront lieu en Irak». Aussi, a exprimé d’une manière explicite son refus des allégations de certaines associations et organisations françaises à cesser les ventes d’arme au Royaume : «Toutes les ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite observent scrupuleusement les règles du droit international», avant d’ajouter que «les deux pays ont signé nouvel accord intergouvernemental de vente d’armes», comme a indiqué par le ministère français de la Défense «La France a lancé une nouvelle stratégie pour l'exportation d'armes vers l'Arabie Saoudite, qui a été traitée jusqu'à présent l'entreprise «ODAS» que défendait les intérêts de la Défense française en Arabie Saoudite ... Selon cet accort, cette société va conclure les contrats en cours». Un certain nombre de mémorandums et d'accords ont été signés dans le domaine de la coopération militaire pour la promotion des forces armées saoudiennes, le transfert et l'installation de technologies, et la formation et la création d'emplois dans les deux pays. Ainsi que l'achèvement des procédures nécessaires pour soutenir la force interarmées des pays du Sahel africain pour combattre les organisations terroristes. 3/ Arabie Saoudite et France… Quelle destinée ? Les relations entre l'Arabie saoudite et la France relèvent d’une grande importante, pour cause des

changements mondiaux et régionaux rapides qui nécessitent un échange de vues et une coordination des positions entre les deux pays pour assurer la sécurité et rétablir la stabilité et la paix dans la région. Ceci à la lumière des relations historiques entre eux d'une part, et de la nature des attitudes françaises vis-à-vis de certaines questions de la région, qui convergent avec les orientations saoudiennes d'autre part. La visite du Prince Héritier Mohammed Bin Salman à Paris vint confirmer que les deux partenaires disposent de visions justes et approches profondes pour ajuster les relations entre les deux pays dans un cadre au service intérêts communs, et instauration de la paix à travers le monde. Au regard du passé, nous constatons que deux visites ont constitué deux pierres angulaires dans le renforcement de cette relations. La première, est celle effectuée par le défunt Roi Abdallah Ibn Abdelaziz (qu'Allah lui accorde miséricorde) en France le 21 Avril 2005, alors il était prince héritier : La déclaration clôture d’alors, a insisté quant à la profondeur des relations et la compréhension mutuelle entre les deux partenaires, en dépassant toute approche traditionnelle, pour des relations stratégiques. Même discours prononcé et confirmé par l'ancien président français Jacques Chirac lors de sa visite au Royaume en 2006, devant le Conseil de la La

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Choura saoudien, où il a qualifié les relations de solides et exceptionnelles. Sur ce point, la récente visite du Prince Héritier Mohammed Bin Salman représente la troisième pierre angulaire, pour noter l’importance de ces relations. Car les résultats de la visite ont dévoilé quant à l’importance la consultation continue entre les dirigeants des deux pays, aussi bien pour améliorer les relations mutuelles que résoudre les crises et les problèmes que connaisse la région. Concertation qui sera approfondie comme lors dans la prochaine visite du président français Macron au Royaume au cours l’année courante, comme indiqué dans son discours : «accepter l’invitation apporté par le Prince Héritier saoudien, au nom du Serviteur des Deux Lieux Saints le Roi Salmane Ibn Abdelaziz, pour se rendre en Arabie Saoudite cette année». Sachant qu’au cours de cette prochaine visite, sera procédé à la signature d’un document stratégique. Chose qui devrait renforcer le partenariat stratégique à quatre volets entre les deux pays, a déclaré le président français Macron. Tenant compte du fait que le renforcement de ce partenariat nécessite l’activation des efforts sur deux niveaux: Premièrement : offrir plus d'opportunités aux entreprises françaises d’accéder en territoire saoudien. Il est important que ces entreprises réalisent qu'il existe des opportunités prometteuses sur ce marché grâce à l'attractivité de l’environnement d'investissement créé par «Vision 2030». Deuxièmement : Les dirigeants français comprennent les dangers des mauvaises politiques menées par certaines parties internationales et régionales dans le traitement des questions et des problèmes de la région. Au premier plan, les interventions de Téhéran visant à déstabiliser la région et la sécurité de ces pays en fournissant des armes aux terroristes dans certains pays. Et le soutien en l'argent et en des armes à certaines organisations actives d'autre part. En conclusion : La tournée d’un mois du Prince Mohammed Bin Salman dans cinq pays arabes et quatre occidentaux, vise non seulement à développer les relations existantes du Royaume, mais aussi à forger pas uniquement de nouveaux partenariats différents, de la vision que portaient ces pays de l'Arabie Saoudite en tant que grand pays pétrolier. Il vise à consolider sa vision du Royaume dans sa nouvelle position exprimée dans «Vision 2030», une vision basée de la multiplicité des ressources, de la richesse et des énergies, pour construire l'avenir de l’Arabie Saoudite. Tout en mettant le pays en écart des fluctuations des prix du pétrole. En plus de réduire le taux de chômage et augmenter la profondeur stratégique du Royaume. Ainsi que l’accrut des investissements étrangers.


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L'ex-président brésilien en prison

La chute de Lula Par Chokri Ben Nessir

quotidien brésilien A Noticia.

Inculpé par le juge anti-corruption Sergio Moro en appel à 12 ans et un mois pour corruption et blanchiment d'argent, l’ex-président du Brésil Lula ne pouvait plus éviter la prison. Après s’être retranché pendant deux jours au siège du syndicat des métallurgistes, Lula a décidé de se rendre à la justice de son propre chef. «Je vais me conformer au mandat de dépôt», a dit la figure emblématique de la gauche latinoaméricaine à des milliers de sympathisants venus le soutenir dans cette épreuve. Cependant, le fils des favelas ne cache pas son indignation, « Je suis un citoyen outré, je ne pardonne pas que l'on dise au pays que je suis un voleur » a-t-il asséné. Promettant de prouver son innocence, il a affirmé vouloir «regarder dans les yeux» ses accusateurs, assurant avoir écarté de nombreuses suggestions de fuite ou d'asile à l'étranger.

Empêché une première fois par des militants de quitter le siège du syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo, dans la banlieue de la capitale économique du Brésil, là où a démarré la formidable ascension de ce leader de la gauche, et où il a assisté à une messe en mémoire de son épouse, Marisa Leticia, décédée en 2017.

Selon l’AFP, ses avocats auraient négocié avec les autorités les conditions de sa détention. Selon l’accord, il doit occuper une cellule d'à peine 15 mètres carrés avec toilettes et douche privatives au siège de la Police fédérale de Curitiba, avant un transfèrement à une autre prison. Cette cellule a été spécialement aménagée en raison du statut d'ex-chef d'Etat de Lula, «à l'écart des autres prisonniers, sans aucun risque pour son intégrité morale ou physique», a expliqué le juge Moro au

Un long discours Après avoir prononcé un long discours dans ce syndicat des métallurgistes que Lula avait dirigé dans les années 1970, sous la dictature militaire, défiant ainsi les autorités en laissant passer l'ultimatum pour se rendre, le leader de 72 ans a été obligé de retourner à l'intérieur des locaux, où il est resté confiné près d'une heure après avoir annoncé devant des milliers de sympathisants qu'il allait se livrer à la police. Ceux-ci, très émus, en larmes ou en colère, lui avaient crié «ne te livre pas» ou «Lula libre !». Un service d'ordre moins dépassé a ensuite pu, au prix d'empoignades viriles, ouvrir la voie au départ de Lula, malgré un nouvel afflux de ses partisans, rapporte La Voix du Nord. Après une soirée agitée, c'est en avion qu'il a effectué le trajet de Sao Paulo à Curitiba. Il est arrivé à bord d'un hélicoptère sur le toit du siège de la police fédérale de Curitiba (sud),

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la capitale de la lutte anti-corruption. Tandis que l'appareil se posait, plusieurs centaines d'opposants vêtus de jaune et vert, les couleurs nationales, ont tiré des feux d'artifices et tapé sur des casseroles pour célébrer ce moment. Selon, l’AFP, Certains criaient : «Vive la République de Curitiba ! Vive Sergio Moro !», en référence au juge qui a ordonné l'incarcération de Lula. Au même moment, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, emplissant l'air d'un épais nuage. Huit personnes ont été légèrement blessées, dont une par une balle en caoutchouc, selon les pompiers. C’est ainsi que Lula Da Silva, l'ex-président brésilien, a commencé dans la nuit du 7 au


L'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, avec l'ex-présidente Dilma Rousseff destituée, au siège du syndicat des métallurgistes où une messe catholique a été célébrée à la mémoire de sa défunte épouse Marisa Leticia le 7 avril 2018 à Sao Bernardo do Campo section de Sao Paulo, Brésil. (Getty)

8 avril à purger une lourde peine de prison, au terme des plusieurs jours mouvementés qui marquent la chute de cette figure de la gauche mondiale.

La condamnation Selon l’acte d’accusation, Luiz Inacio Lula da Silva a été condamné pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer offert par une entreprise de BTP. Ce bien aurait été donné en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics. Ce qui nie farouchement Lula. «Moro a menti», a affirmé l'ancien président (2010-2003) au sujet de son ennemi intime, le juge qui a mené l'enquête tentaculaire «Lavage express» autour du groupe

public Petrobras, et dont Lula a été la plus grosse prise. Lula,qui clame son innocence, s'estime victime d'une machination «des élites» destinée à l'empêcher de se présenter à un troisième mandat. «Leur obsession est d'avoir une photo de Lula prisonnier», a-t-il lancé. Il fait pourtant l'objet de six autres procédures, essentiellement pour corruption, un cancer qui ronge le Brésil.

Candidat quand même Mais même en détention, Lula pourrait toutefois techniquement s'enregistrer comme candidat à la présidentielle, bien qu'il semble désormais hors course, à six mois d'un scrutin de plus en plus incertain. C'est la

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justice électorale qui trancherait in fine sur l'éligibilité de celui qui a près de 20 points d'avance dans les intentions de vote sur son suivant immédiat, le député de droite dure Jair Bolsonaro.

La classe politique muette Mais si l'arrestation de Lula a secoué le Brésil, la classe politique nationale fait au contraire preuve d'une grande discrétion, nombre de dirigeants étant sous le coup d'une enquête pour corruption. Ce silence est d'autant plus assourdissant que le fait de voir l'icône de la gauche brésilienne et le favori de la présidentielle d'octobre derrière


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les barreaux rebat les cartes de ce scrutin. Le président Temer lui-même est resté silencieux sur la question, à part un appel au retour de l'"optimisme" et de la "paix sociale", lors d'une rencontre avec des entrepreneurs. Il faut dire que l'actuel président a déjà échappé à deux mises en examen grâce au soutien du Parlement qui, jusqu'à présent, a refusé de faire lever son immunité. Mais une troisième mise en accusation pourrait venir prochainement. "L'Opération Lavage-express est allé bien plus loin que ce que tout le monde croyait, les principaux partis, les grandes figures du Parlement et (le président Michel) Temer luimême", déclare à l'AFP Sylvio Costa, fondateur du site d'actualité politique Congreso em Foco. "Dans leur tête, ça n'irait jamais aussi loin. Ils sont stupéfaits", ajoute-t-il. "Si Lula, qui est si populaire et en tête des sondages cette année, va en prison, que va-t-il m'arriver?", doivent-ils se demander les autres, juge M. Costa. En effet, selon le site Congresso em Foco, près de %40 des députés et sénateurs brésiliens sont actuellement dans le viseur de la justice pour détournements supposés de fonds publics ou pour avoir reçu des pots-de-vin. Même Jair Bolsonaro, grand nostalgique de la dictature militaire (1985-1964), n'a pas fait usage de son agressivité habituelle et a opté pour un ton plus modéré afin de ne pas envenimer la situation. "Le Brésil a marqué un but contre l'impunité et contre la corruption, mais ce n'est qu'un but. L'ennemi n'est pas encore vaincu", a-t-il déclaré, appelant à élire un président qui "soit honnête". Rodrigo Maia, le chef de la chambre des députés et ancien candidat présidentiel, également dans le collimateur de l'enquête « Lavage express », a déclaré que "nul responsable politique dans aucun pays ne devrait se réjouir qu'un mandat de dépôt ait été émis contre un ancien chef de l'Etat". Les célébrations les plus bruyantes résonnaient

Lula n’est pas le premier ni le dernier président à connaitre ce sort sinistre. En effet, il y a quelques semaines, c’est l’exprésident français Nicolas Sarkozy qui a été mis en garde à vue puis sous surveillance pour avoir reçu «un financement libyen»

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sur les réseaux sociaux également, mais en provenance d'organisations de la société civile ayant soutenu en 2016 la destitution de Dilma Rousseff, la dauphine et protégée de Lula.

Ces ex-présidents qui ont fini en prison Cependant, Lula n’est pas le premier ni le dernier président à connaitre ce sort sinistre. En effet, il y a quelques semaines, c’est l’ex-président français Nicolas Sarkozy qui a été mis en garde à vue puis sous surveillance pour avoir reçu « un financement libyen » pendant sa campagne électorale. D'autres anciens chefs d'Etat ont eu également à passer par la case prison. C’est ainsi que l'ancienne présidente SudCoréenne Park Geun-hye a été condamnée à vingtquatre ans de prison pour corruption, abus de pouvoir et coercition, vendredi 6 avril. Elle devra aussi régler une amende de 18 milliards de wons (soit 13 millions d'euros) La femme politique, destituée et interpellée en mars 2017, est impliquée dans une vaste affaire de trafic d'influence menée auprès de grands groupes coréens tels que Samsung et Lotte, qui a débouché sur une véritable crise politique et économique en Corée du Sud. En mai 2016, Hassine Habré, qui dirigea le La

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Tchad de 1882 à 1990 a été condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre par un tribunal spécial africain à Dakar au Sénagal. Il a été jugé responsable de la mort de centaines de milliers de personnes. Cette condamnation a été confirmée en appel en 2017. L'ex-président égyptien islamiste, Mohamed Morsi, a été aussi condamné à vie. La peine prononcée en 2016 contre l’ex-chef d'Etat, destitué par l'armée trois ans plus tôt, a été


Les partisans de l›ancien président brésilien (2011-2003) Luiz Inacio Lula da Silva brandissent des banderoles sur lesquelles on peut lire: «Ne le laissez pas être condamné. Ne le laissez pas être arrêté en attendant devant le bâtiment du syndicat des métallurgistes à Sao Bernardo do Campo, dans la métropole de Sao Paulo, au Brésil, le 7 avril 2018. (Getty)

confirmée en septembre 2017 par la cour de Cassation du pays. L'ex-chef d'Etat péruvien Alberto Fujimori, a été condamné à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité, en 2009. Pendant son mandat de 1990 à 2000, il est accusé d'avoir commandité deux massacres. Toutefois, l'affaire a connu un rebondissement,

fin 2017, quand le président Pedro Pablo Kuczynski, qui a par ailleurs démissionné en mars, a décidé de le gracier. Président de l’état sioniste de 2000 à 2007, Moshé Katsav a été condamné à sept ans de prison ferme pour viols, harcèlement sexuel, subornation de témoins et entraves à la justice. Il est accusé d'avoir agressé deux de ses La

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collaboratrices quand il occupait le poste de ministre du Tourisme dans les années 1990. Alfonso Portillo qui a dirigé le Guatémala en 2000 et 2004, accusé en 2013, de blanchiment d'argent notamment dans des établissements américains, a été extradé vers les Etats-Unis, a été condamné par la justice américaine à cinq ans et dix mois de prison.


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Emmanuel Macron à l'épreuve de la grève SNCF et autres Les français disposent d’un lien particulier avec le transport ferroviaire. Longtemps a été le moyen des pauvres. Mais aussi la Société Nationale des Chemins de Fer français, connue sous ses initiales SNCF, entreprise étatique, est une fierté nationale. Chacun a un parent «cheminot». Des cheminots qui jouissent de «salaires confortables» et surtout de «primes exorbitantes» pour certains.

était annoncée en baisse par la direction de la SNCF, avec %29,7 de grévistes «en milieu de matinée» (après %33,9 la veille). Mais les trois quarts des conducteurs restaient mobilisés (%74, contre %77 mardi) et il y avait davantage de contrôleurs (%77 contre %69) et d'aiguilleurs (%46 contre %39) en grève.

Un bras de fer qui va durer et ne semble pas se conclure demain. La reprise de la grève est prévue dès D’où l’importance de la grève des samedi 7 avril 20 h, pour deux jours agents de la SNCF que vit la France à nouveau, jusqu'à mardi 10 avril 7 h actuellement. A la fois, un symbole 55. Des mobilisations sont également est en jeu, mais aussi le transport de prévues les 13 et 18 ,14 et 23 ,19 et 24 millions de voyageurs. En absence d’un et 28 et 29 avril. En l'absence d'accord accord qui mettrait fin à ce conflit, la avec le gouvernement, cette grève situation n’ira pas dans l’amélioration. intermittente, de deux jours chômés sur cinq, devrait durer jusqu'au 28 juin. Tant les grèves sont une affaire de participation, et des taux qui expriment Comme si la SNCF ne semble pas l’engagement dans cette action, il faut suffire une ambiance sociale plus que noter que mercredi 4 avril, deuxième tendue, Air France, vient de faire son jour du premier épisode de grève, la premier pas dans cette danse, mercredi participation globale des cheminots 4 avril. Dénonçant un «simulacre de

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négociation» avec la direction dans un communiqué transmis à l'AFP, l'intersyndicale du groupe affirme qu'elle «reste déterminée à poursuivre le combat jusqu'à obtention d'une augmentation de 6 % des grilles de salaires» pour tous. Aussi les étudiants ont versé leur eau dans le moulin des grèves. Les blocages d'universités contre la loi «orientation et réussite des étudiants» (ORE), qui fixe des pré-requis pour l'inscription des étudiants, et la nouvelle plateforme d'inscription Parcoursup, se multiplient. Une douzaine d'universités


Le président français Emmanuel Macron (R) s'entretient avec des membres de la sécurité aux côtés du PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, alors qu'il arrive à la gare Montparnasse pour voyager avec le TGV inaugurant la ligne entre Paris et Rennes le 1er juillet 2017 à Paris. (Getty)

et facultés étaient bloquées mardi, selon le syndicat étudiant Unef. Il s'agit des sites de Tolbiac à l'université Paris1- Panthéon-Sorbonne, Clignancourt à Sorbonne Universités, Paris8- à Vincennes (Val-de-Marne) et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), PaulValéry, à Montpellier, Toulouse, Nice, Limoges, Poitiers, Rouen Normandie, Bordeaux-II, et la faculté de lettres de Nantes. La Coordination nationale des étudiants en lutte (CNL), qui a lancé

dimanche un appel à participer à une manifestation nationale à Montpellier le 14 avril, a prévu des initiatives pour «rejoindre les actions des cheminots» et elle appelle mercredi «à organiser des actions de blocage des flux, notamment routiers». Les experts s’accordent pour conclure que tous ces conflits dépassent, et de loin, la cause annoncée. Une peur de l’avenir range tous les grévistes, et une partie non négligeable de la société française. Un autre «Mai 68» est en train de «bouillir» dans la «marmite»

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sociale. Une partie grandissante des français, veulent garder les privilèges dont elle jouissait. Essentiellement dans les entreprises étatiques. Une crise de confiance, mais une crise de société. Le modèle sociale qui a garantie depuis les années soixante-dix, au moins, une paix sociale relative, ne peut plus être garant de cette paix. La France, sous Macron, veut entreprendre de grandes «réformes». Des «réformes» que le Gouvernement juge nécessaire, mais qui font peur au peuple dans sa majorité.


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La Catalogne : un calme précaire…. Par Majalla Le calme que vit la Catalogne est précaire, tant la crise indépendantiste reste sans dénouement de fond. Les dernières élections législatives ont porté des résultats qui ne peuvent trancher. Un mal qui ronge la région et

par conséquence l’Espagne, et même toute l’Europe, tant le scénario catalan peut être copié et collé ailleurs. Aussi bien en Italie qu’en France dans une moindre mesure. Aussi, sans un dénouement de l’affaire Carles Puigdemont, l’ancien Président

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indépendantiste de la Catalogne, a mené une confrontation contre Madrid, et a voulu organisé un référendum pour l’indépendance. Après près de deux semaines d'incertitude, il a finalement été libéré par la justice allemande, qui n'a pas donné suite au mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne. Il a dû


qui l’attendaient, il a exhorté le gouvernement de Mariano Rajoy à «entamer le dialogue» sur la question de l'indépendance de la Catalogne. A ce ton de la main tendue et de réconciliation, il a joint la fermeté en exigeant la «remise en liberté immédiate» des neuf indépendantistes catalans détenus en Espagne, dont six anciens membres de l'exécutif de la région et l'ancienne présidente du parlement catalan : «Avoir des prisonniers politique dans l'Union européenne constitue une honte.» Il faut rappeler que Carles Puigdemont, est accusé par Madrid d’avoir organisé un référendum «illégal», au cours duquel les Catalans ont majoritairement choisi l’indépendance. Indépendance qu’il a déclarée quelques jours plus tard. La justice espagnole le poursuit par conséquence pour «rébellion», un crime passible d’une peine pouvant aller jusqu'à vingt-cinq ans de prison.

Pourquoi la Catalogne fait peur à toute l’Europe, et pourquoi toute l’Europe s’est mise derrière Madrid, lors de la confrontation avec les indépendantistes. Tout simplement, par peur que cette expérience indépendantiste, ne devienne un exemple à suite, aussi bien pour demander l’indépendance, que pour réveiller un sentiment d’appartenance à autre chose que l’Etat-nation. Les piémontais en Italie, sans oublier les siciliens et calabrais, et pourquoi pas d’autres régions. En France, la Corse est la première concernée par ce «parfum indépendantiste». Avec l’exemple du Brexit, quitter l’Europe et prendre son indépendance, est passé du rêve et de l’espoir, au réel et à la concrétisation.

Certes, la Catalogne est loin d’être indépendante, tant un fort courant souverainiste y existe. Et surtout l’indépendance ne semble pas pour les plus optimistes, visible dans les Le tribunal du Schleswig-Holstein, années à venir. Mais avec la crise qui a statué sur sa remise en liberté, économique, et le rêve d’une «version a estimé que Carles Puidgemont local» du Brexit, les vents peuvent ne pouvait pas être extradé pour changer de direction. Déjà en France, «rébellion». Chef d'inculpation qui le Front National, veut organiser un Le leader séparatiste catalan Carles n'est pas recevable au regard du droit référendum pour «faire décider» le Puigdemont s'adresse aux médias le lendemain de sa libération d'une prison allemand. La justice allemande doit peuple, comptant sur un fond agricole allemande le 7 avril 2018 à Berlin, en donc désormais examiner le deuxième et surtout sur une classe ouvrière plus Allemagne. (Getty) motif d'accusation avancé par la justice proche de la précarité et du chômage, espagnole : le détournement de fonds que du travail. s'acquitter d'une caution de 75.000 publics en lien avec l'organisation du euros. référendum. Une décision devrait être Ainsi, l’Espagne et l’Europe rendue dans les semaines à venir. derrière, veut à la fois gagner mais «Nous avons demandé un dialogue sans humilier les catalans. Car, pendant des années et obtenu pour L'Espagne a annoncé respecter la de l’avis des spécialistes, seule la seule réponse violence et répression», a décision du tribunal allemand, selon le confiance réciproque peut instaurer déploré Carles Puigdemont à sa sortie porte-parole du gouvernement, Inigo une paix durable et un calme de prison. Devant les journalistes Mendez de Vigo. continu.

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Viktor Orban remporte les législatives Hongroises

Une nouvelle poussée des eurosceptiques Par Chokri Ben Nessir Les élections législatives hongroises ont donné Viktor Orban, Premier ministre et candidat à un troisième mandat d'affilée, gagnant. Il sort renforcé par l'écrasante victoire de son parti nationalconservateur, qui consolide sa position de meneur des droites identitaires en Europe et annonce de nouvelles batailles sur les questions d'Etat de droit et de démocratie. Il assomme l'opposition et devance de près de trente points le Jobbik, une formation d'extrême droite qui a abandonné la rhétorique xénophobe face à la surenchère nationaliste du gouvernement. Après une campagne axée sur la

résistance à l'immigration et l'affichage de succès économiques, le parti Fidesz, dirigé par Viktor Orban, obtient %48,8 des suffrages, améliorant son score d'il y a quatre ans. Avec une mobilisation des électeurs en hausse (%69,2), le Premier ministre devrait décrocher au moins 133 sièges sur les 199 du Parlement soit une "super-majorité" des deux tiers, comme en 2010 et 2014, qui permet de faire voter des révisions constitutionnelles. Le Premier ministre souverainiste victorieux, Viktor Orban et son parti le Fidesz, ont de nouveau triomphé dans les campagnes, tandis que la capitale offre un visage plus beaucoup plus

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contrasté et favorable aux partis d'opposition. Quelque 7,9 millions de Hongrois ont été appelés à prendre part à ce scrutin qui a débuté dimanche à 06H04( 00H00 GMT) et s‘est déroulé jusqu'à 19H17( 00H00 GMT). Crédité d'une avance de 20 à 30 points dans les sondages et avantagé par un mode de scrutin à un tour combinant majorité simple par circonscription et proportionnelle, le parti nationalconservateur Fidesz du dirigeant hongrois était assuré de l'emporter, selon les analystes. L'opposition, qui est partie divisée, a fait campagne en dénonçant le clientélisme, la déliquescence des


ne sont pas apparus comme des solutions alternatives crédibles.

Un parcours ascendant Viktor Orban, cet ancien opposant au régime communiste a fondé son parti Fidesz en 1988 comme un mouvement progressiste tourné vers les nouvelles générations et défendant la démocratie parlementaire. Cependant, Viktor Orban a fait progressivement évoluer sa formation dans un sens de plus en plus conservateur. Vainqueur des élections de 1998 et Premier ministre à 35 ans, il perd de justesse le scrutin de 2002 et considère que cette élection lui a été volée par les socialistes -anciens communistes-, contre lesquels il développe une rhétorique agressive. Il est revenu au pouvoir en 2010, et a lancé une "contre-révolution" qui a mis en lumière les fractures entre l'est et l'ouest de l'Europe.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban (Getty)

services publics et un pouvoir d'achat insuffisant, malgré un taux de chômage au plus bas (%3,8). Cependant, un point met tout le monde d'accord: le manque de clarté et de conviction, expliquent pourquoi les partis d'opposition sont arrivés loin derrière le Fidesz. Pourtant, le Fidesz a essuyé en février un sérieux coup de semonce: un candidat unique de l'opposition avait alors remporté à la surprise générale des municipales dans un fief réputé imprenable du Fidesz, Hodmezovasarhely. Il n’empêche, la gauche et les libéraux, qui dénonçaient la déliquescence des services publics de santé, l'émigration des jeunes, les pratiques douteuses et le clientélisme des cercles du pouvoir,

Les huit années au pouvoir du Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui brigue un troisième mandat d'affilée, ont été jalonnées d'initiatives perçues comme des provocations par les défenseurs des droits de l'homme et ses partenaires européens. A peine revenu au pouvoir en 2010, M. Orban engage une vaste révision constitutionnelle gravant dans le marbre les valeurs du "christianisme" et de la "famille traditionnelle". La réforme accroît par ailleurs l'emprise du gouvernement sur la justice et cimente le pouvoir du parti Fidesz de M. Orban dans toutes les institutions, y compris les contre-pouvoirs. Une autorité des médias est créée, qui peut sanctionner les organes de presse pour diffusion d'informations "non nuancées". Mais ce discours, qui se définit comme "illibéral" --assumant un certain autoritarisme et relativisant le primat des droits de l'Homme--, n'est plus isolé dans un contexte de montée des mouvements populistes sur l'ensemble du continent. Admirateur revendiqué du président russe Vladimir Poutine et chantre d'une démocratie "illibérale", il a assumé un style de gouvernement limitant certaines libertés au nom de l'"intérêt national", reprise en main de l'économie, des médias et de la justice à la clé. L'opposition et de nombreux observatoires internationaux accusent ces réformes d'avoir porté atteinte à l'Etat de droit et entraîné un recul

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des valeurs démocratiques. Sous sa gouvernance, la Hongrie a également signé en 2014 un prêt controversé avec la Russie pour financer l'extension de l'unique centrale nucléaire hongroise. La même année, M. Orban, a cité la Russie comme modèle pour son "Etat non libéral".

Une économie « illibérale » Chantre autoproclamé d'une économie "illibérale", Viktor Orban s'est assuré le contrôle de fait de la Banque centrale. Les attaques contre l'indépendance de cette dernière conduisent fin 2011 à une suspension de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Le gouvernement adopte une série de lois augmentant la fiscalité pesant sur les grandes banques, toutes étrangères. A la suite du renchérissement du franc suisse en 2015, il impose un taux de change favorable aux nombreux particuliers hongrois qui avaient souscrit un emprunt immobilier dans cette devise. Avec une croissance de %4 en 2017 et un chômage à son plus bas historique (%3,8 en décembre), la Hongrie jouit aujourd'hui d'un indéniable dynamisme économique, en partie grâce aux fonds structurels européens dont elle est une grande bénéficiaire. Ouvertement hostile à l'accueil de migrants qui, selon lui, menace de "dissolution" l'identité de la Hongrie et de l'Europe entière, M. Orban fait ériger en 2015 une clôture barbelée de plusieurs centaines de kilomètres aux frontières serbe et croate, et adopter une des législations les plus restrictives d'Europe en matière de droit d'asile. Il s'oppose au plan de répartition de réfugiés dans l'UE adopté par les Etats membres et organise en octobre 2016 un référendum sur cette question. Des milliers d'affiches assimilant directement les migrants au "terrorisme" sont placardés dans les rues. Le "non" à l'accueil des migrants l'emporte mais la participation est insuffisante pour que la consultation soit validée. Toute la campagne électorale de Viktor Orban pour les législatives s'est focalisée sur la "menace vitale" représentée par "l'invasion migratoire". Pour sa part, le politologue Jacques Rupnik, spécialiste de l'Europe centrale, le dirigeant a l'intuition de s'adresser à "l'autre Hongrie", celle des


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laissés pour compte de la transition vers l'économie de marché et celle sensible aux traumatismes de l'histoire nationale -comme le Traité de Trianon de 1920 qui a disloqué "la grande Hongrie". Il élabore à leur intention un discours prônant un Etat fort et une nation protectrice et professe finalement son admiration pour Vladimir Poutine. Cette rhétorique empreinte de patriotisme trouve un terrain fertile car la fin des années 2000 signe "l'épuisement du cycle libéral" entamé après 1989 dans l'espace post-communiste, relève Jacques Rupnik. Ce cycle a permis à l'Est de faire "une triple transition vers l'économie de marché, la démocratie et l'intégration à l'UE". Mais, relève le chercheur, ces trois marqueurs de l'Ouest sont ébranlés les uns après les autres: crise financière de 2008, attaques terroristes, crise migratoire et Brexit. Face à ces désillusions, la Hongrie, suivie par la Pologne, prêche une "contre-révolution culturelle": gouvernement démocratiquement élu mais restriction de certains droits (justice, médias, ONG), de libertés économiques et sociétales (refus du multiculturalisme), au nom de la défense de la nation et de la majorité souveraine.

Les méthodes de Poutine Viktor Orban a également contribué à réactiver l'alliance régionale du groupe de Visegrad dont les membres --Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie-- sont notamment unis par leur hostilité à l'immigration et jouent régulièrement les trublions au sein de l'UE. Selon les groupes de défense des droits de l'Homme, le gouvernement hongrois s'est inspiré de certaines méthodes de M. Poutine en s'attaquant aux institutions indépendantes, aux ONG et à la liberté de la presse. Outre les migrants, les entreprises étrangères, la Commission européenne et le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Viktor Orban a tourné sa vindicte contre le milliardaire américain d'origine hongroise Georges Soros, élevé ces derniers mois au rang d'ennemi numéro un. Selon le Premier ministre, Georges Soros veut

inonder la Hongrie et l'Europe d'immigrants musulmans et africains, et les organisations qu'il finance - dont la prestigieuse Université d'Europe Centrale à Budapest - ne sont qu'un moyen pour atteindre cet objectif. Un nouveau projet de loi intitulé "Stop Soros" veut rendre la vie encore plus difficile aux ONG.

Un cauchemar pour l’Europe Mais ce dirigeant de 54 ans aux diatribes contre "l'invasion migratoire", le multiculturalisme et l'ingérence supposée de "Bruxelles", incarne aussi une droite européenne décomplexée et assume, depuis huit ans, une centralisation croissante du pouvoir. De ce fait, Viktor Orban est devenu "le principal cauchemar de l'UE", a ironisé Nigel Farage, l'ancien leader du parti indépendantiste britannique Ukip et héraut du Brexit. La

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Avant l'élection, le Premier ministre avait dit vouloir prendre des mesures "morales, politiques et juridiques" contre ses adversaires dans la foulée des législatives, laissant craindre un nouveau tour de vis envers les organisations de la société civile, la liberté d'expression et le pluralisme. Un nouveau train de mesures, planifié avant les législatives, envisage de taxer les ONG "qui soutiennent l'immigration". "C'est un raz-de-marée pour le Fidesz, qui donne à M. Orban une énorme légitimité en raison du taux de participation élevé, y compris au plan international", a dit à l'AFP le politologue Daniel Hegedus, de l'observatoire des libertés Freedom House, prédisant un renforcement "des attaques contre la frange critique de la société civile". Il n’empêche, à l’issue du scrutin, Viktor Orban a engrangé aussi bien les félicitations de la grande


électeurs de faire un choix "en toute connaissance de cause". Les médias publics "ont clairement favorisé la coalition au pouvoir".

Un rappel à l’ordre Bien que saluée au plus haut sommet de l'UE et par sa famille politique, la victoire écrasante du parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, n’a pas échappée à un rappel clair au dirigeant controversé quant à au nécessaire respect des valeurs européennes. Ainsi, Donald Tusk, le président du conseil européen, l'instance des Etats membres, lui a adressé un bref message de félicitation. "Cher Viktor, au nom du Conseil, je veux vous féliciter pour le résultat de l'élection et je compte sur vous pour jouer un rôle constructif au cours de ce nouveau mandat pour maintenir l'unité dans l'Union", lui a-t-il écrit.

famille démocrate-chrétienne du Parti populaire européen (PPE), dont le Fidesz est membre, que des mouvements nationalistes qui ont le vent en poupe sur le continent et pour lesquels il incarne un modèle de gouvernement.

En plus de l'axe formé avec ses voisins d'Europe centrale, Viktor Orban a affirmé pendant sa campagne vouloir travailler avec l'Italie et l'Autriche à une alliance de pays hostiles à l'immigration musulmane.

"L'inversion des valeurs et l'immigration de masse prônées par l'UE sont à nouveau rejetées", s'est réjouie la patronne du Front national français, Marine le Pen, dont les félicitations se sont ajoutées à celles du député néerlandais anti-islam Geert Wilders, de représentants du parti nationaliste allemand AfD ou du député britannique favorable au Brexit Nigel Farage.

Cependant, les félicitations de la Commission européenne ont été assorties d'une mise en garde sur le nécessaire respect des "valeurs" communes au sein de l'UE. En effet, le Fidesz étant accusé d'avoir muselé de nombreuses institutions et contre-pouvoirs en Hongrie, comme les médias et la justice, mais aussi l'économie et la culture, le tout légalement, grâce à sa "super-majorité" au Parlement, inquiète l’UE.

Le dirigeant du parti italien d'extrême droite La Ligue, Matteo Salvini, qui convoite le poste de chef du gouvernement depuis les élections du 4 mars, a applaudi la Hongrie qui "a voté avec son cœur et sa tête, ignorant les menaces de Bruxelles".

A cet effet, les observateurs de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) ont estimé que "la rhétorique xénophobe" et la "partialité des médias" dans la campagne avaient empêché les La

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Pour sa part, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souligné que "La Commission a hâte de travailler avec le nouveau gouvernement hongrois sur les nombreux défis communs qui nous attendent dans les mois à venir", selon le porte-parole en chef de la Commission Margaritis Schinas. Cependant, les félicitations de l'exécutif européen ont été assorties d'une mise en garde. "L'Union européenne est une union de démocraties et de valeurs. Le président Juncker et la Commission pensent que la défense de ces valeurs et de ces principes est un devoir commun de tous les Etats membres sans exception", a insisté M. Schinas, en réponse à une question sur les lois controversées sur les ONG et les universités promulguées en Hongrie. Il n’empêche, Viktor Orban et son parti Fidesz sont membres du Parti populaire européen, la famille politique conservatrice de Jean-Claude Juncker, de Donald Tusk et de la chancelière allemande Angela Merkel. Le président du groupe PPE au Parlement européen Manfred Weber a été l'un des premiers à lui adresser un message de soutien au lendemain des élections, via Twitter. "C'est un succès démocratique pour lui et pour son parti", a-t-il ensuite expliqué dans un entretien à l'AFP. Mais le PPE attend de M. Orban qu'il respecte les "valeurs fondamentales de l'UE". "Pour le moment il (les) a toujours respectées", même s'il a parfois fallu lui forcer la main, a reconnu M. Weber. Si cela devait s'arrêter, "il serait exclu" du PPE, a-t-il averti.


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Une initiative de paix crédible

Par Dennis Ross *

Mohammad bin Salman ne craint pas le changement. Il l'accueille. Il rejette les conventions et les habitudes de pensée qui ne reflètent pas la réalité ou qui rendent impossible l'adaptation à de nouvelles circonstances et de nouvelles possibilités. Nulle part cela n'est plus vrai qu'en Arabie Saoudite; il est déterminé à transformer la société en une société fondée sur la connaissance et comprend que pour ce faire, des changements économiques et sociaux profonds seront nécessaires. Son approche du changement n'est clairement pas limitée au Royaume. Sa politique étrangère est plus activiste et plus affirmée que les politiques saoudiennes traditionnelles, reflétant sans doute sa perception de l'expansionnisme iranien et de l'hésitation américaine dans la région. Cette semaine, nous avons également été témoins de sa disposition à remettre en question les anciennes orthodoxies sur le conflit israélo-palestinien. Jeffrey Goldberg, le rédacteur en chef du magazine Atlantic, lui a posé la question suivante: «Croyez-vous que le peuple juif a droit à un État-nation dans au moins une partie de sa maison ancestrale?» Et, le prince héritier a répondu: "Je crois que chaque peuple, n'importe où, a le droit de vivre dans sa nation pacifique. Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le droit d'avoir leur propre terre. " Pour beaucoup de Palestiniens, on a craint que si l'on reconnaît la légitimité du mouvement national juif, cela annule d'une manière ou d'une autre la cause

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nationale palestinienne. Il doit en quelque sorte saper le récit des Palestiniens. La vérité est, il ne fait ni l'un ni l'autre. Le mouvement national palestinien est réel; ce n'est pas artificiel. Il est enraciné dans la même terre sainte. Ce qui a toujours rendu ce conflit difficile à résoudre, c'est qu'il y a deux mouvements nationaux en compétition pour le même espace - deux identités nationales qui veulent la même terre. En deux mots, il y a deux «droits» à concilier. C'est pourquoi deux Etats pour deux peuples sont nécessaires et peuvent fournir la seule solution durable à ce conflit. Tant que les Palestiniens et les Arabes n'ont pas voulu reconnaître la légitimité d'Israël, cela a alimenté les soupçons parmi les Israéliens que toute paix sera temporaire et non réelle; En effet, tant qu'Israël n'est pas considéré comme légitime, il est acceptable de le terroriser ou d'essayer de le délégitimer. Ceux qui sont sur la droite politique en Israël ont certainement exploité ces craintes parmi le public israélien pour résister au genre de mesures ou de concessions qu'Israël devrait faire si un résultat à deux états devait être atteint. Nécessairement, le Prince héritier demande également qu'ils acceptent également les besoins des palestiniens et pour citer le reste de sa réponse à la question Goldberg, il a également précisé que "nous devons avoir un accord de paix pour assurer la stabilité pour tout le monde et avoir des relations normales. "


Plutôt que de saper la cause palestinienne, il essayait de promouvoir une paix qui satisferait les aspirations nationales palestiniennes. Cela fera-t-il une différence? Cela a peut-être été remarqué en Israël. Au fil du temps, il pourrait être plus facile pour les Palestiniens de surmonter leur faiblesse et leur sentiment de rancune - deux attributs qui ont constamment favorisé leur déni de la légitimité du mouvement national juif. De plus, à court terme, cela pourrait donner un nouvel élan à l'objectif déclaré de l'administration Trump de présenter un plan de paix pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. Le fait que le prince héritier ait franchi un seuil et essentiellement brisé un tabou devrait rappeler à l'administration qu'il existe une possibilité, qu'il y a des signes de changement et que les dirigeants arabes peuvent être disposés à jouer un rôle en faveur d'une initiative de paix crédible.

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Mais crédible est le mot clé ici. Le prince héritier reconnaissait implicitement au moins que les deux parties avaient des besoins et des droits. Le plan de paix de l'Administration doit répondre aux besoins et aux droits des deux parties de manière à ce que les résultats soient équitables et dignes. Les Palestiniens (et les Arabes) doivent voir que ses éléments ne sont peut-être pas tout ce qu'ils veulent, mais que le plan répond aux aspirations nationales palestiniennes d'une manière crédible. Peut-être que les paroles du prince héritier, en franchissant un seuil, rendront cela plus probable. Espérons-le. * L'envoyé américain au Moyen-Orient Dennis Ross a servi dans les administrations des présidents Jimmy Carter, Ronald Reagan, George H.W. Bush, Bill Clinton et Barack Obama, et est conseiller et Distinguished Fellow au Washington Institute for Near East Policy à Washington.

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Commémoration du décès du Combattant Suprême

La légende Bourguiba Par Chokri Ben Nessir Le 6 avril 2008 nous quittait à jamais Habib Bourguiba premier président de Tunisie, l’homme qui avait su mobiliser le peuple dans sa quête de dignité, l’homme qui avait dirigé la lutte nationale, qui avait fondé un État moderne et avait assuré à son pays une place de choix dans le concert des nations. Dix-huit ans après son décès, plus que jamais, Bourguiba et le bourguibisme reviennent en force en Tunisie. Non pas à cause de la majorité des partis qui composent la mosaïque politique et qui se réclament dépositaire du legs du libérateur de la Nation et de la construction de l’Etat moderne, mais surtout à cause des jeunes qui voient en lui un leadership politique et la pérennité d’une vision avant-gardiste. Mais c’est aussi une occasion pour revenir sur la fin tragique d’un homme qui a servi son pays mais qui est mort dans une résidence surveillée. En effet, le film de sa vie maintiendra la succession des soleils et orages qui l’ont tissé. Le destin n’a pas été très généreux avec Bourguiba. Prisons et épreuves allaient « écœurer sa carcasse » dont on décèlera plus tard les séquelles : 1967 : défaillance cardiaque, 1969 : hépatite virale dextrement grave, 1970 : dépression nerveuse etc. Il faut reconnaitre que la Présidence impose un rythme de vie épuisant. Il n’hésite pas, pour mieux affirmer la personnalité de son pays, à rôder la terre entière. Il est reçu en grand

seigneur à Washington par John Kennedy. Il voit Nasser au Caire, Ould Daddah à Nouakchott, Boumédienne à Alger. Le voici successivement chez Senghor, chez Houphouet Boigny, chez Tito. Le voici au Niger, au Cameroun, en Turquie, en Arabie saoudite, en Extrême-Orient. Et de se rendre à Londres, ou à Genève, ou à Ottawa. Et de nouer des relations même avec le Vatican de Jean XXIII. Soleils et orages ont tissé la trame d’une vie devenue légende. En effet sa vie pourrait aisément s’illustrer en images d’Epinal ou un beau livre d’Heures. C’est pourquoi il fait bâtir dans le cimetière de sa cité natale un mausolée qui sera aussi superbe que celui d’Ataturk à Ankara ou de Franco en Espagne et c’est pourquoi aussi, au grand Palais décorée du Conseil des ministres, dans la vaste salle richement le Combattant Suprême figure déjà en buste, au même rang que les autres grands hommes de la Tunisie éternelle, Hannibal, Jugurtha, Saint-Augustin et Ibn Khaldoun.

Un personnage de légende C’est que Bourguiba pouvait être aussi fervent que Nasser et aussi efficace que Sadate, aussi volontaire que Tito et aussi rusé que Bhutto, aussi épique qu’un De Gaulle et aussi réaliste qu’un Helmut Schmidt, aussi cultivé qu’une Senghor et aussi «sorcier» qu’un Houphouet. Parfois, il apparaît sous le signe de des magiciens, et parfois avec la règle la plus strict calculateur.

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Tantôt il peut chanter comme un poète et tantôt sévir comme un Robespièrre. Il lit du Zola et dessine lui-même ses Palais. Il reste de la civilisation de Renan ou d’Auguste Comte, mais veut connaître les messages les plus hardis des plus jeunes penseurs. Il maintient d’émouvantes vénérations pour certaines traditions antiques ou certaines survivances de la vie tribale. Il est à la fois d’avant-hier et de demain, tribun du peuple et rêveur du désert, amant de la mer et amoureux de l’oasis, lutteur dans la tempête et prince de la solitude. Il ne ressemble à aucun. Les épreuves de force On ne reviendra pas, ici, sur les épreuves de force qu’il a enduré avec courage et dignité, celle de 1936, celle de 1938 puis celle de 1952, à l’issue desquelles


Le président tunisien Habib Bourguiba s›adressant à la nation lors d›une allocution radio en 1957 de son palais de Carthage. (Getty)

le Néo-Destour sortait toujours plus fort. Mais on reviendra sur son sens politique et sur sa stratégie de développement qui, en un quart de siècle, ont impulsé à un pays spolié par 75 ans de colonisation un essor exceptionnel. En fait, Bourguiba considérait la démocratie, stade suprême de l’évolution d’une société, comme le meilleur des régimes. Amor Chadly, son médecin personnel, assure à cet effet que Bourguiba partageait l’opinion de l’astrophysicien chinois Fang Lizhi qui considérait que «la démocratie venue d’en haut n’est pas la démocratie, ce n’est qu’un relâchement de contrôle». Au journaliste Roger Stéphane, Bourguiba déclarait : «Vous savez, je suis démocrate, mais pour un peuple qui n’a jamais

connu l’existence de la démocratie, c’est un risque de faire son apprentissage dans une période de grande tension. La porte est alors ouverte à toutes les démagogies et on ne sait pas où ça peut mener». Face à une population comprenant plus de %80 d’illettrés à l’époque, face aux pesanteurs historiques, à la fragilité de la texture sociale qui opposait citadins et nomades, à l’esprit de clan et au tribalisme dans les campagnes, Bourguiba, pour engager le pays dans la voie du développement, n’avait pas d’autre choix que de tenir le gouvernail. Un pays riche de ses enfants Estimant que la richesse d’un pays réside dans la valeur de ses hommes, une fois l’indépendance acquise, il engagea la Tunisie dans un mouvement

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socioculturel et économique sans précédent. Le leader, sans haine ni faiblesse, se transforma en un véritable pédagogue, dispensant dans ses discours et ses émissions radiophoniques hebdomadaires des leçons de vie dans un langage clair et facilement accessible à tous. Il qualifiait le combat engagé pour l’édification de l’État de «grand combat» (Jihad al akbar), l’opposant au «petit combat» (Jihad al asghar) mené pour l’accès à l’indépendance. Son charisme, sa légitimité historique et sa clairvoyance l’imposaient comme chef incontestable. Il était à la fois président de la République et chef de gouvernement. Afin d’engager les secrétaires d’État — triés sur le volet pour leur compétence, leur intégrité et leur dévouement à la cause nationale


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— à ne pas réduire leur rythme de travail, il leur servait d’exemple, convaincu que la Tunisie ne pouvait s’imposer dans le monde que par le travail et l’effort. Depuis quelques années déjà, Bourguiba souffrait d’insomnies qu’il arrivait à réguler avec une thérapeutique classique. Face à son surmenage et à la crise consécutive à l’échec du système des coopératives, cette thérapeutique était devenue inopérante. On fit alors appel à des psychiatres qui le soumirent à une thérapeutique drastique et inadaptée qui provoqua une véritable maladie iatrogène. La persistance de ses insomnies et l’état de fatigue qui les accompagnait l’amenèrent à réduire ses activités. Il remplaça en 1969 les secrétaires d’État par des ministres coiffés par un Premier ministre, véritable chef du gouvernement, et limita la fonction de président à la nomination du Premier ministre, à la désignation des membres du bureau politique parmi les élus du comité central du PSD, au contrôle de la bonne marche du pays et à l’exercice des fonctions de représentation. De ce fait, l’année 1969 constitua une rupture avec le passé. Depuis, les intrigues débutèrent.

Des intrigues Le premier gouvernement responsable fut celui de Bahi Ladgham (7 novembre 2 – 1969 novembre 1970) qui fut marqué par la condamnation de Ahmed Ben Salah, accusé le 31 mars 1970 d’abus à l’égard du chef de l’État. Bahi Ladgham devait déclarer plus tard que son départ était dû surtout aux intrigues qui avaient commencé à partir du moment où on avait vu en lui le successeur du Président, l’héritier présomptif, ajoutant: «Le Président était sous tutelle, son entourage faisait tout». Selon le témoignage de son médecin personnel, ces intrigues s’intensifièrent avec le gouvernement Hédi Nouira (2 novembre 26 – 1970 février 1980) qui connut deux événements graves ayant nécessité l’intervention de l’armée pour rétablir l’ordre. Celui du 26 janvier 1978 consécutif à la grève générale décidée par le secrétaire général de l’Ugtt, Habib Achour, et celui de l’attaque de Gafsa le 27 janvier 1980 fomentée par un groupe d’opposants soutenus par Kaddafi. Il note à cet effet que depuis 1969, Bourguiba n’avait cessé de se ranger aux décisions

de ses Premiers ministres. C’est ainsi par exemple qu’il avait accepté d’adopter la position de Hédi Nouira au sujet de l’accord de Djerba du 12 janvier 1974 et de gracier, à la demande de Mohamed Mzali, en 1984, les islamistes condamnés en 1981 à 10 ans d’emprisonnement. Chedli Klibi, son ministre directeur du cabinet présidentiel de 1974 à 1976, confirmait l’engagement de Bourguiba de confier à son Premier ministre les décisions gouvernementales. Dans son ouvrage Radioscopie d’un règne, il déclarait: «Après 1969, le pouvoir sera exercé au nom de Bourguiba par des Premiers ministres qui n’en réfèreront au chef de l’Etat que de loin en loin, souvent pour l’informer, plus que pour le consulter». Le gouvernement Mohamed Mzali (23 avril 1980 8 – juillet 1986) connut lui aussi un événement grave, celui de la crise du pain de janvier 1984. Le gouvernement Rachid Sfar (8 juillet 30 – 1986 septembre 1987) comptait déjà Zine El Abidine Ben Ali comme ministre de l’Intérieur. Ce dernier procéda à la provocation et à la persécution des étudiants et des islamistes qu’il utilisa comme pions avec l’enjeu de s’imposer, aux yeux du Président, comme le seul capable de dompter les islamistes et de venir à bout des grèves des étudiants pour remettre l’Université sur les rails. Au moment de sa déposition, le 7 novembre 1987, Bourguiba avait refusé de quitter le palais de Carthage pour Dar Al Hana à Sfax qu’on lui avait fixé. Le 9 novembre, ayant accepté la résidence du Mornag, il s’y est rendu, le 10 novembre, en hélicoptère, accompagné de Hamadi Ghedira, son fils et Amor Chadly son médecin personnel.

Résidence surveillée Ainsi, après 32 ans au pouvoir, le président Bourguiba a été déposé par le Premier ministre de l’époque, Ben Ali, aidé en cela par les Américains d’une part, et les services secrets italiens, sur ordre de l’Otan, au cas où l’opération rencontrerait des difficultés, d’autre part. Bourguiba fut donc assigné à résidence surveillée et gardé fortement par des troupes de choc pour le cas où un commando viendrait un jour à tenter de le libérer et le remettre à la tête du pouvoir, ce qui serait la perte certaine de Ben Ali, et ses collaborateurs, à l’époque, dans la garde nationale. La

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La plainte Trois années après avoir été déposé par Ben Ali, Bourguiba, un vieil homme de près de 90 ans, prend lui-même sa plume pour déposer plainte, le vendredi 2 février 1990, auprès du procureur de la République, contre Ben Ali, celui qui l’avait déposé et enfermé illégalement. Chose qu’il ne comprend et n’accepte pas. Ce qu’il demande dans cette lettre, c’est d’être jugé pour toute accusation qui lui serait imputée après tant de combats au service de la nation. Pour appuyer sa requête, Bourguiba demande à être reçu afin de soumettre de plus amples détails et fournir photos et documents à l’appui. «Je suis retenu dans la résidence du gouverneur(…), ne pouvant en sortir que sur son autorisation, et ne pouvant recevoir les membres de ma famille (…). Certes, je bénéficie des commodités d’hébergement et de restauration, mais je ne peux même pas sortir » insiste-t-il.


personnes, qui depuis la déposition de Bourguiba jusqu’à sa disparition, à s’être battu avec ténacité pour obtenir la levée de sa résidence surveillée. Dans une lettre que l’ancien biographe de Bourguiba avait adressée le 25 avril 1990 à Ben Ali. Sayah écrit: «J’ose, avec votre permission, saisir encore une fois pareille occasion pour vous adresser un appel plein d’espoir pour donner vos instructions en vue de mettre fin dans les plus brefs délais à l’isolement de notre leader et lui permettre de revoir au moins tous ceux avec qui il se sent à l’aise et souhaite personnellement rencontrer». Amor Chedly témoigne :« L’autorisation qui m’était attribuée se limitait à deux visites par semaine, de 17 à 23 heures. Elle a été maintenue jusqu’au 15 février 1988. Ce jour-là, je trouvais Bourguiba furieux et irrité… Il me demanda d’aller voir les ambassadeurs de France, d’Angleterre et des USA et de dénoncer sa captivité. Lui ayant déclaré que j’effectuerai cette mission, je fus, le 17 octobre, démis de mes fonctions à l’Institut Pasteur et interdit de visite. De son côté, Bourguiba fut privé de toute visite en dehors de celle de sa famille directe.

Il demande à quitter cette résidence surveillée et revendique son droit à la liberté : «Je veux retrouver mes amis et tous les habitants de Monastir». Et d’insister sur sa demande d’audience, y voyant sans doute l’occasion de porter son affaire devant l’opinion publique.

novembre 1997, une lettre dans laquelle il plaidait pour la libération de Bourguiba. La lettre de Adda était émouvante. Elle traduisait la fidélité de ce grand patriote à l’homme qui a conduit la lutte du peuple pour l’indépendance, et qui a présidé par la suite à l’édification de l’Etat.

Ce document, retrouvé dans les archives de la présidence après 2011, suscite beaucoup d’interrogations. Etait-il parvenu effectivement à son destinataire, le procureur de la République de Monastir? Et si oui, pourquoi n’y avait-il pas donné suite, en recevant Bourguiba ou en ouvrant une instruction ? Le plus probable, c’est que la requête de Bourguiba avait été interceptée à son insu et remise à Ben Ali.

« Aujourd’hui, je suis affligé, lorsque je vois dans mon pays un de mes vieux compagnons de camp de concentration être le plus vieil interdit de liberté du monde. Je suis attristé de voir que le grand dirigeant qu’il fut ne vive pas libre à Tunis ou dans sa banlieue, près de sa famille et au milieu de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Je vous prie, Monsieur le Président, de rendre pleine et entière liberté à Habib Bourguiba. Vous rendrez ainsi un grand service à la Tunisie qui n’aura plus alors le privilège d’être le pays où vit le plus vieux interdit de liberté ».

Mais cette lettre ne sera pas l’unique missive adressée à la présidence pour solliciter sa libération. Georges Adda, un dirigeant bien connu du Parti communiste tunisien, avait adressé à Ben Ali, le 4

Mohamed Sayeh est aussi l’une des très rares La

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C’est à partir de cette date qu’il adressa, d’une part, des lettres à Ben Ali lui demandant de bénéficier de certaines libertés et, d’autre part, une requête au procureur de la République lui demandant à être jugé pour répondre de ses actes. Son isolement s’est poursuivi même après le 23 octobre 1988, date à laquelle Ben Ali l’a autorisé à rejoindre Monastir. Il a fallu attendre la visite de Ben Ali aux États-Unis et probablement l’intervention du président Bush père pour voir sa captivité s’adoucir. À partir de 1990, certaines personnes ont été autorisées à lui rendre visite, parmi lesquelles Bahi Ladgham, Hassen Ben Abdelaziz, Mohamed Sayah, Ahmed Kallala et moimême. Beaucoup de demandes restaient cependant lettre morte ». Malgré toutes ces sollicitudes, Bourguiba sera maintenu dans sa résidence surveillée jusqu’à son décès le 6 avril 2000, à l’âge de 99 ans. Les funérailles du Père de la Nation, a suscité l’amertume des Tunisiens qui ont été empêchés de lui rendre un dernier hommage. Il a également suscité des commentaires dans les médias étrangers. Libération écrivait : «Le régime de Ben Ali a tout fait pour escamoter les obsèques de son prédécesseur». Ailleurs, ce même quotidien déclarait: «En enterrant le Combattant suprême presque en catimini, Ben Ali n’a fait que souligner l’attachement du peuple tunisien à son ancien leader».


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Que peut cacher la boule de cristal de Gebran Bassil dans le portefeuille des Affaires Étrangères du Liban ? Par : Moncef Mezgheni Dessin : Ali Mendalaoui 1 - Dans le département de Batroun, est né Gebran Georgy Georgy Bassil en 1970, A l’instar des enfants de sa génération au Liban, il attendait d’intégrer l’école, pour acquérir savoir et éducation, Mais, à ses 5 ans, a éclaté la guerre civile, qui attendait le Liban au tournant de 1975 Cette guerre n’a cessé alors, de battre ses tambours, et faire combattre ses phalanges, à traves leurs slogans, armes, et choix sectaires. Sans oublier les intérêts entrelacés, et les alliances volatiles dans la mer de cette guerre en ébullition et ses vagues destructrices. 2 - Si la conscience d’un enfant est réceptive en période de paix, elle grandit à un vitesse vertigineuse pendant la guerre, La conscience de Gebran Bassil n’a cessé de s’éveiller pendant la guerre, et sa sensation devenir plus aigue à la dureté de la vie politique dans un pays à l’instar du Liban. Surtout lorsque la patrie devient avide de paix et d’harmonie, suite aux rixes entre ses enfants. 3 - Les discussions politiques acharnées étaient monnaie courantes, lors de son enfance et sa jeunesse.

Il a choisi d’étudier la construction (au temps de la destruction) : Se spécialisant en génie civile. Aussi, il a obtenu un Magister en Télécommunication à l’Université Américaine de Beyrouth. Peut-être cette orientation scientifique et civile, a été dictée par une envie profonde et ardente Dans la conscience du jeune Gebran pour : Construire et bâtir ce qu’a été détruit par la guerre et criblé de balles Gebran n’avait d’outils que : Un parti politique, à savoir «le Courant Patriotique Libre», fondé par le Général Michel Aoun. Qui va devenir le leader politique de Gebran et son gendre -4 L’enfant Gibran a ouvert les yeux sur des scènes de guerre. Son ouïe s’est affiné aux bruits des armes toutes proches, Son âme cherchait la paix, qui mettra du temps à s’instaurer suite à une civile longue, épuisante et ennuyeuse (Exceptée la voix de la cantatrice «Ferouz», qui s’est opposée à la guerre à travers une chanson d’amour à un Liban vert et uni, rassemblant tous les belligérants). 5 - Dans cette ambiance politique libanaise spécifique et aigue, Gebran s’est trouvé

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dans l’ambiance de la politique, son monde, ses cauchemars et ses coulisses, aussi bien le parti que la secte. Il a bataillé jusqu’avoir trois portefeuilles ministériels en dix ans, à savoir de 2008 jusqu’à nos jours. Portefeuilles : La Télécommunications, ministère de l›Énergie et de l›Eau, pour finir au ministère des Affaires Étrangères et l’immigration 6Sa femme par contre, fut un choix civique, politique et partisan, Elle est «Chantale» la fille de son président au «Courant Patriotique Libre», Ils ont pour enfants : Yara, Gabriel et Georges. 7 - Gebran n’avait de choix que l’action partisane et politique, du moment où le Liban avait besoin de solutions politiques, et de consensus entre les sectes. Sans oublier des concessions pour en vue de stabilité politique. Suite à une guerre civile épuisante pour toutes les forces politiques et partisanes de diverses factions, et tendances idéologiques, avec des intérêts souvent contradictoires. 8 - «Le Courant patriotique Libre», est un parti politique, qui est venu au monde, avec acharnement contre l’intervention de


la Syrie dans les affaires du Liban. «Le Courant» du Général Michel Aoun est soucieux de l’intérêt du Liban en premier, sans autre désir de choix pour le Liban que le choix libanais, Loin de toute allégeance, et proche des choix des Libanais et de leur consensus, Gebran est devenu président du «Courant Patriotique Libre», succédant au doyen dont il a épousé la fille: Chantale. 9 - Bassil a été rompu au travail gouvernemental à travers ses divers postes ministériels (Télécommunications, de l›Energie et de l›Eau, et le portefeuille du Ministère des Affaires Etrangères, lui a été attribué en 2014 et jusqu’à nos jours). 10 - Il faut noter que certains observateurs ont constaté ce qui suit: Gebran Bassil dispose de points en commun avec le Président français Emmanuel Macron, dont : Une ressemblance par l’apparence et l’âge, Sans oublier une attention précoce pour l’activité politique, Les deux ont gravi les échelons des postes partisans et politiques. En revanche, d’autres points les séparent : Gebran Bassil est entré en politique dans un pays, où l’amalgame existe entre secte, parti et pouvoir. Emmanuel Macron a grand dans un pays, disposant d’une grande tradition de travail partisan, dans une France ayant des institutions prestigieuses. Une autre nuance, à savoir que Macron a épousé son professeur qui a guidé ses pas à grande vitesse vers le palais présidentiel Gibran a frappé à la porte du Général Michel Aoun, a épousé sa fille, et présidé son parti, et à l’instar de son gendre, caresse peut-être l’envie de présider le Liban. 11 - Quel destin pour Gebran Bassil gendre du Général Michel Aoun ? Cette question nécessite une réponse de la part… De la voyante avec sa boule de cristal, et da la balance politique d’un pays comme… Le Liban.

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La visite du Prince Mohammed Bin Salman, une étape supplémentaire pour promouvoir le rapprochement  
La visite du Prince Mohammed Bin Salman, une étape supplémentaire pour promouvoir le rapprochement