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Macron opte pour le confinement

Un pays pris entre le marteau du Hirak et l’enclume du COVID-19

Un magazine politique hebdomadaire

Un magazine politique hebdomadaire

Issue 1791- Mars 20/03/2020

Bill Gates : Symbole de la fortune, et enraciné dans le savoir

Issue 1791- Mars 20/03/2020

www.majalla.com

Covid 19- en Tunisie

La situation sous contrôle mais… un couvre-feu est décrété www.majalla.com


Un magazine politique hebdomadaire

Issue 1791- Mars 20/03/2020

Encore épargnée mais…

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L’insoutenable condition humaine… 26

Il faut lire les peintres orientalistes, hors de l’orientalisme…

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www.majalla.com/eng

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Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Un magazine politique hebdomadaire

En quête de verdure

Mostafa El-Dessouki

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20/03/20

Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


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20/03/20


Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (R) donne au ministre néerlandais des soins médicaux Bruno Bruins un salut du coude afin d’empêcher la propagation du nouveau coronavirus pendant l’heure des questions hebdomadaire à la Chambre basse de La Haye, aux Pays-Bas, le 10 mars 2020 Getty

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20/03/20


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20/03/20


Un partisan du chef de l’opposition vénézuélienne Juan Guaido réagit devant les forces de sécurité vénézuéliennes les empêchant de poursuivre leur chemin vers l’Assemblée nationale à Caracas le 10 mars 2020. Getty

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20/03/20


A

ctualités

L’Afrique en bref Coronavirus

Le CHAN reporté à une date ultérieure

Le 6è championnat d’Afrique des nations (CHAN) de football n’aura pas du 4 au 25 avril, comme initialement prévu. La compétition réservée aux joueurs évoluant dans les championnats locaux africains a été reportée sine die par la Confédération africaine de football (CAF). La faute au nouveau coronavirus qui sème la terreur sur la planète. Les derniers chiffres font état d’au moins 000 190 personnes touchées pour 7 063 morts dans le monde mortes du

La majorité au deux-tiers des 344 députés et sénateurs était nécessaire pour que la révision soit adoptée.

Côte d›Ivoire

L’amendement de la Constitution adopté par le Parlement

Le Sénat et l’Assemblée nationale réunis en Congrès ont voté mardi par 246 voix pour et 2 contre la révision constitutionnelle proposée par le président de la République, Alassane Ouattara, et critiquée par l’opposition.

La majorité au deux-tiers des 344 députés et sénateurs était nécessaire pour que la révision soit adoptée. Le président Ouattara, qui a annoncé le 5 mars qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, avait en même temps dévoilé plusieurs modifications mineures de la Constitution qu’il avait fait adopter en 2016.

Les 34 ministres et dix vice-ministres ont prêté serment lundi lors d’une cérémonie officielle au palais présidentiel.

COVID19- depuis son apparition en décembre dernier en Chine. S’agissant de l’Afrique, 451 cas ont été recensés pour douze décès. Beaucoup de pays multiplient les mesures de riposte et de prévention. Parmi ces mesures, la suspension des liaisons avec les pays les plus touchés. Soudan du sud

Le nouveau gouvernement prête serment Le 6è championnat d’Afrique des nations (CHAN) de football n’aura pas du 4 au 25 avril.

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20/03/20

Quatre jours après avoir dévoilé le nouveau gouvernement, l’exécutif sud-soudanais va devoir s’atteler à


Ce pays d’Afrique australe est plongé depuis une vingtaine d’années dans une crise catastrophique.

de lourds dossiers socio-économiques auxquelles s’ajoutent la gestion de l‘épidémie du Coronavirus. Les 34 ministres et dix vice-ministres ont prêté serment lundi lors d’une cérémonie officielle au palais présidentiel. Réagissant à la pandémie actuelle, le président Salva Kiir a

annoncé des mesures pour contrer la propagation du nouveau coronavirus. “J’ai ordonné l’auto-quarantaine de tous les hauts fonctionnaires du gouvernement qui viennent d’arriver de pays où l’infection locale et la transmission de COVID19sont établies”, a déclaré Salva Kiir,

Président du Soudan du Sud. La composition de ce gouvernement intervient après des semaines de négociations entre Salva Kiir et Riek Machar dirigeant rebelle du Soudan du Sud redevenu vice président en février. Zimbabwe

Le taux d›inflation grimpe à 500 %

L’incident a été causé par un camion qui a heurté des bouteilles de gaz empilées dans une usine de traitement de gaz.

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20/03/20

Au Zimbabwe, le taux d’inflation annuel a encore atteint le chiffre vertigineux de 500 % en février. C’est ce qu’a annoncé lundi son Agence nationale des statistiques (ZNSA), qui n’avait plus publié de statistiques depuis plusieurs mois. Ce pays d’Afrique australe est plongé depuis une vingtaine d’années dans une crise catastrophique, marquée par un chômage de masse, la dévaluation continue de sa monnaie. Le Zimbabwe a en outre renoué récemment avec les pénuries de produits alimentaires, de carburant, de médicaments ou encore d‘électricité, et une inflation à trois


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ctualités

de la NNPC. RDC

Un ex-chef de guerre libéré à Kinshasa

Livré en 2007 à la CPI, M. Katanga, 42 ans, avait été condamné en 2014 à 12 ans de prison pour complicité de crimes de guerre.

chiffres. Nigeria

Indemnisation des victimes de l’explosion du pipeline

Le gouvernement nigérian sous l’impulsion du président Buhari a procédé lundi à la mise en place d’un fonds de soutien aux victimes de cet accident qui a fait près de 20 morts, d’après un bilan encore provisoire communiqué par les autorités. Ce fonds est estimé à 3,2 milliards de

francs CFA soit 2 milliards de nairas (4,8 millions d’euros). Outre cet apport financier, Abuja appelle à la diligence dans l’enquête afin de savoir ce qui s’est réellement passé ce dimanche pour que l’explosion se soit produite. D’après la compagnie pétrolière publique NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation), l’incident a été causé par un camion qui « a heurté des bouteilles de gaz empilées dans une usine de traitement de gaz », selon les explications de Mele Kyari, directeur

Des éléments terroristes de Boko Haram lourdement armés venus à bord d’une vingtaine de véhicules ont attaqué le poste militaire de reconnaissance de Toummour

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20/03/20

L’ancien chef de guerre congolais Germain Katanga, condamné par la Cour pénale internationale (CPI), a été libéré lundi à Kinshasa, vingt quatre heures après la libération d’un autre ex-chef de guerre, Thomas Lubanga, a appris l’AFP de sources concordantes. Livré en 2007 à la CPI, M. Katanga, 42 ans, avait été condamné en 2014 à 12 ans de prison pour complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans l’attaque d’un village en Ituri et qui avait fait environ 200 morts en 2003. Surnommé Simba (“Lion” en swahili) pour sa férocité, M. Katanga était l’un des acteurs du conflit intercommunautaire qui a tué des dizaines de milliers de personnes en Ituri entre 1999 et 2003. Niger

50 combattants de Boko Haram «neutralisés» dans le sud-est

Cinquante combattants du groupe jihadiste Boko Haram ont été “neutralisés” au cours d’un combat dans la nuit du 15 au 16 mars à Toummour, dans le sud-est du Niger, a annoncé lundi soir le gouvernement. “Des éléments terroristes de Boko Haram lourdement armés venus à bord d’une vingtaine de véhicules ont attaqué le poste militaire de reconnaissance de Toummour (région de Diffa). La riposte spontanée de nos forces de défense et de sécurité a permis de repousser l’ennemi”, a déclaré le ministère nigérien de la Défense dans un communiqué. Après l’attaque, des renforts du Bataillon d’intervention spéciale de l’armée nigérienne ont “aussitôt engagé une poursuite contre l’ennemi jusque dans son retranchement, à la rive du


Les combattants “se cachaient dans une maison en chantier” et “six membres (du groupe) sont morts lors des échanges de tirs”.

Lac Tchad”. Les militaires nigériens sûreté nationale (DGSN), en détention ont capturé “plusieurs suspects” et saisi provisoire depuis le 5 juillet 2019. M. Hamel, qui nie les faits qui lui sont “deux véhicules et plusieurs armes”. reprochés, est jugé devant un tribunal d’Alger depuis le 11 mars avec ses trois Algérie fils, également en détention provisoire, Sévères réquisitions au procès d›un sa fille et son épouse, toutes les deux ex-puissant chef de la police en liberté sous contrôle judiciaire. L’accusation a requis 20 ans de Le procès a révélé que l’ex-chef de la réclusion à l’encontre d’Abdelaghani police et les membres de sa famille, à Hamel, ex-directeur général de la la tête d’une immense fortune, avaient

Abdelaghani Hamel, ex-directeur général de la sûreté nationale (DGSN), en détention provisoire depuis le 5 juillet 2019.

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acquis illégalement de nombreuses habitations et des terrains dans plusieurs régions du pays. Le procureur a réclamé la confiscation de tous les biens des accusés. Egypte

Six jihadistes tués dans le Sinaï

Six jihadistes présumés ont été tués par des policiers lors d‘échanges de tirs dans le nord de la péninsule du Sinaï, en proie à une insurrection islamiste depuis plusieurs années, a annoncé lundi le ministère égyptien de l’Intérieur. Dans un communiqué, ce ministère a indiqué avoir mené un assaut sur une “cache” de jihadistes présumés à Bir el-Abed, à l’ouest du chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, al-Arich. Les combattants “se cachaient dans une maison en chantier” et “six membres (du groupe) sont morts lors des échanges de tirs”, selon la même source. Des armes automatiques ainsi que des explosifs ont été retrouvés.


Encouverture Covid19- en Tunisie

La situation sous contrôle mais…un couvre-feu est décrété Tunis-La Majalla Les tunisiens évoquent le virus Covid19avec des trémolos dans la voix. Et pour cause, c’est le pays le plus proche du plus grand foyer européen de cette épidémie à savoir l’Italie où le coronavirus a fait déjà plus de 3500 morts. Mais ce que craignent le plus, les tunisiens, c’est l’incapacité de son système de santé à faire face à une propagation du virus sur leur terre. En effet, pour un pays englué dans une crise économique et financière depuis plus de neuf ans, son système sanitaire est en butte à plusieurs difficultés. En effet, selon les responsables, le pays qui a déjà enregistré plus de 27 cas de contamination, ne dispose que de 200 postes de réanimation, ce qui fait planer l’ombre de la mort par centaines si le virus s’y propage.

Des mesures supplémentaires

D’ailleurs, c’est la raison qui a poussé le président de la République, Kaïs Saïed, a

décrété un couvre-feu à partir du mercredi 18 mars, de 18h00 jusqu’à 06h00. Dans une déclaration, mardi soir, aux Tunisiens, Kaïs Saïed a fait savoir qu’ Après concertation avec le chef du gouvernement, le président du parlement et des experts, il a décidé de prendre ces mesures drastiques qui s›imposent pour tenter de lutter contre la propagation du Covid19-. « La Tunisie pourrait aussi avoir recours à d’autres mesures », a-t-il dit, relevant qu’aucune mesure « ne peut atteindre ses objectifs sans une sérieuse prise de conscience des Tunisiens », a-t-il lancé, appelant à éviter de se déplacer, sauf en cas de force majeure.

? La situation sous contrôle

« La solution est entre vos mains, il faut faire preuve d’une grande rigueur et beaucoup de discipline eu égard à la situation actuelle que nous vivons », a-t-il ajouté, exhortant les Tunisiens au respect total des mesures préventives décidées

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Le Chef de l’Etat s’est adressé aux tunisiens dans une adresse télévisée.

pour lutter contre cette pandémie. Il est à noter que le chef du gouvernement, Elyes Fakkhfakh, qui a assuré que «la situation est encore sous contrôle », avait annoncé, la veille, une série de nouvelles mesures visant à lutter contre la propagation du coronavirus. Il a, dans ce sens, annoncé qu’il a été décidé de suspendre toutes les liaisons terrestres, maritimes et aériennes de transport des passagers, sauf les vols consacrés au rapatriement, d’interdire les rassemblements et d’adopter le régime de la séance unique, à raison de cinq heures par jour et en deux temps différents et de reporter toutes les manifestations et activités sportives y compris les championnats nationaux.

Se conformer à l’auto-isolement

Toutes ces nouvelles mesures ont été décidées, lors d’un conseil ministériel restreint et après concertation avec le président de la République et le président du parlement ainsi qu’avec les

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Kaïs Saïed décrète un couvre-feu et appelle les Tunisiens à la solidarité et à la responsabilité présidents des organisations nationales, interviennent à la suite des derniers développements dans le monde et en Europe, en particulier. Il n’empêche, ces nouvelles mesures préventives ont été prises étant donné que certaines personnes ne se conforment pas aux procédures de l’auto-isolement. Il est à souligner que le chef du gouvernement a mis en place deux plans d’action. Le premier concerne une stratégie de prévention dans le cas d’une nouvelle phase de propagation du virus, et ce, en mobilisant des lits d’hôpitaux, du personnel de santé nécessaire, des médicaments et de mettre en place des espaces pour la prise en charge médicale,


en collaboration avec toutes les parties des répercussions économiques et sociales concernées y compris le secteur privé et la sur les acteurs économiques et sur les Tunisiens. Ainsi, des mesures seront coopération internationale en la matière. décidées incessamment afin de soutenir les entreprises et venir en aide aux citoyens. Deux plans d’action Le deuxième plan d’action du «Nous annoncerons d’ailleurs des mesures gouvernement consiste en l’évaluation dans les plus brefs délais», a-t-il affirmé. Par ailleurs, le chef du gouvernement a fait appel à l’élan de solidarité des hommes d’affaires, des entreprises, de la société civile et des Tunisiens afin qu’ils ne ménagent aucun effort pour soutenir le fonds d’appui au secteur de la santé publique et financer la stratégie de lutte contre la propagation du Covid19-. Ainsi, tous les appareils de l’Etat, soutenus par les organisations nationales et la société civile, sont mobilisés pour lutter contre la propagation de ce fléau.

« La solution est entre vos mains, il faut faire preuve d’une grande rigueur et beaucoup de discipline eu égard à la situation actuelle que nous vivons », a-t-il ajouté, exhortant les Tunisiens au respect total des mesures préventives décidées pour lutter contre cette pandémie.

Un appel

« Je lance un appel à tous pour continuer d’aider la Tunisie en cette circonstance difficile et j’en appelle aux personnes

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La Tunisie manque de postes de réanimation.


Des opérations de désinfections dans les stations de bus et métro dans la capitale.

en quarantaine à respecter les mesures relatives à l’auto-isolement », a-t-il lancé. Pour éviter une nouvelle phase de propagation rapide du virus, il nous faut impérativement respecter les mesures préventives décidées. «Nous avons encore la possibilité de contenir ce virus». Dans le même sillage, le président de la République a mis en avant l›importance de la solidarité entre les Tunisiens en cette phase délicate, les invitant à faire don d’une partie de leur salaire. Il a promis d’être au premier rang en ces responsabilité de tous ». circonstances exceptionnelles. Et de souligner l’impératif de « consacrer Sur un autre plan, le Chef de l’Etat la valeur de la solidarité, non pas comme a appelé les institutions financières internationales à prendre conscience slogan, mais en comme pratique ». Il a, aussi, tenu à saluer le corps médical, de la situation que vit la Tunisie et les paramédical et les agents de la santé autres pays du monde, mettant l’accent publique ainsi que les forces de l’ordre, sur l’impératif d’œuvrer désormais non qui veillent au respect de la loi, pour leur pour la paix et la sécurité internationales dévouement, leur abnégation, rappelant dans leurs sens classique, mais pour que la lutte contre le Covid19- est « la l’Homme ou qu’il soit.

Le pays qui a déjà enregistré plus de 27 cas de contamination, ne dispose que de 200 postes de réanimation, ce qui fait planer l’ombre de la mort par centaines si le virus s’y propage.

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Encouverture Coronavirus en France

Macron opte pour le confinement Tunis-La Majalla Le président de la République française a pris la décision de demander aux Français de se confiner chez eux presque totalement, et cela pour au moins 15 jours, pour “limiter au maximum les contacts” et lutter contre l’expansion du coronavirus. La mesure est entrée en vigueur mardi dernier. La crise sanitaire liée au coronavirus

Pour protéger les entreprises et les foyers, le Parlement et le Sénat vont statuer sur des mesures d’accompagnement car il faut pouvoir voter des textes, et en même temps, ne pas risquer d’accélérer le processus de contamination.

en France bat son plein. L’épreuve par laquelle passe ce pays, avec un bilan de plus de 264 décès avec un doublement des cas tous les jours et avec toutes les régions qui sont touchées, impose de « l’unité, un rassemblement nécessaire ». Sur les annonces présidentielles, le chef de l’Etat français a lâché le mot de «confinement ». En effet, dans son allocution lundi 16 mars, Emmanuel Macron a souligné que l’épreuve exige de la responsabilité, car c’est de « la responsabilité de chacun que va dépendre la santé de tous ».

Unité, responsabilité

Pour lui, « il faut aussi de l’unité, un rassemblement nécessaire, car c’est une épreuve à surmonter ». Macron a indiqué que « la France a toujours su affronter ses épreuves quand elle était rassemblée». A cet effet, le locataire de l’Elysée a annoncé, lors de sa deuxième allocution en quelques jours, de nouvelles mesures drastiques pour gagner “la guerre sanitaire” contre le Covid-19. Et face à la propagation du coronavirus

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Emmanuel Macron a pronocé son discours à la télé

dans l’Hexagone, Emmanuel Macron a demandé aux Français “d’être responsables tous ensemble et de ne pas céder à la panique”. Dans le détail, les déplacements seront interdits sauf et uniquement à condition d’être munis d’une attestation pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail dès lors que le télétravail n’est pas possible, faire ses achats de première nécessité dans les commerces de proximité autorisés, se rendre auprès d’un professionnel de santé, se déplacer pour la garde de ses enfants ou pour aider les personnes vulnérables à la stricte condition de respecter les gestes barrières, faire de l’exercice physique uniquement à titre individuel (pas de pratique sportive collective donc), autour du domicile et sans

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L’Hexagone est confronté à une terrible épreuve, à un moment de gravité. aucun rassemblement.et promener son chien, qui est permis, mais en limitant les sorties.

Une terrible épreuve

C’est que l’Hexagone est confronté à une terrible épreuve, à un moment de gravité. C’est ainsi que la lutte contre l’épidémie va bloquer l’économie française, sans toutefois pas bloquer la démocratie. Ces décisions ont été prises pour pro-


Encouverture

téger les Français. Mais pour protéger les entreprises et les foyers, le Parlement et le Sénat vont statuer sur des mesures d’accompagnement car il faut pouvoir voter des textes, et en même temps, ne pas risquer d’accélérer le processus de contamination. En effet, les ordonnances sont des instruments utiles dans une crise. Et il ne faut pas oublier que c’est le Parlement qui habilite le gouvernement à légiférer et permettre de contrôler l’action du gouvernement à travers ses ordonnances. Mais comme

La lutte contre l’épidémie va bloquer l’économie française, sans toutefois ne pas bloquer la démocratie.

on ne peut, quand on est confronté à une situation d’état de guerre, se reposer sur la bonne volonté de chacun, il faut assumer des mesures de confinement total sur l’ensemble du territoire français et avec des sanctions que pourront dresser des policiers ou des gendarmes. L’objectif est de ne pas transformer une crise provisoire en crise définitive. Il n’empêche, pour préserver l’appareil de production, l’Etat paiera, et cela coûte que coûte pour préserver le tissu économique français. Ainsi, des aides aux entreprises, artisans et autres travailleurs laissés sans ressources, seront accordées. D’ailleurs Macron a aussi indiqué que les loyers et les factures d’eau, gaz et électricité allaient être suspendus pour ces dernières. Il a aussi assuré “qu’aucun Français ne serait laissé sans ressources”, grâce au chômage partiel et à un “fonds de solidarité”.

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Les déplacements ont été limités sauf pour des cas extrêmes


Les décès suite à des contaminations ont 19-au Covid dépassé le cap morts 240 des en France

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L’Algérie

Un pays pris entre le marteau du Hirak et l’enclume du COVID-19 Par Yahia Maouchi Il a fallu attendre plus de trois semaines après l’apparition des premiers cas de coronavirus en Algérie, pour que les autorités commencent à annoncer les premières mesures pour contrer la propagation de l’épidémie, telles que la fermeture des lieux de rencontres et de fêtes, arrêt de toutes les activités sportives et fermeture d’établissements publics. Mais malgré l’augmentation du nombre de personnes contaminées, plus de 75 cas enregistré au 18 Mars courant, le gouvernement semble toujours hésiter à édicter le confinement, du moins pour les villes les plus touchées. Si les autorités ont vite décidé de fermer les écoles, crèches, universités, et mosquées, elles n’arrivent pas à trancher sur le reste. C’est ainsi qu’il a été décidé, la fermeture de toutes les infrastructures sportives, de jeunesse et de loisirs jusqu’au 5 avril, le report de toutes les manifestations sportives, le report des activités liées à la mobilité des jeunes et autres jumelages entre les auberges de jeunes également jusqu’au 5 avril, le report, pour la même période, de toutes les activités de jeunesse, festivals, rencontres, expositions et salons prévus au niveau local, régional et national, le report de toutes activités de sortie en plein air, etc. Mais il est temps que soit élargi ce spectre de mesures. L’hésitation a coûté cher à d’autres pays, à l’instar de l’Italie, de la France, des États-Unis ou encore de l’Iran qui ont tergiversé avant de prendre des décisions radicales. Face à cette situation peu reluisante, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a annoncé, sur les ondes de la radio nationale, qu’un dispositif avait été mis en place, notamment dans les zones sensibles, Blida et Boufarik, (épicentre du coronavirus) pour cerner le virus. Un dispositif s’apparentant à une mesure de confinement qui ne dit pas son nom. Cette décision s’avère judicieuse pour casser la dynamique de l’épidémie qui a démarré de Blida et qui est en train de se propager très vite d’une wilaya à une autre. Les enquêtes épidémiologiques menées jusque-là ont confirmé que la courbe ascendante de l’infection en Algérie est dominée par des cas re-

censés dans l’entourage de la famille de Blida qui avait hébergé un émigré de 83 ans ou par des personnes venues d’Espagne ou de France. « Comme le monde entier, nous avons été surpris par cette pandémie, et nous essayons avec les compétences et les ressources humaines que nous avons et le matériel dont nous disposons d’y faire face. En une semaine, nous avons importé pour plusieurs millions de dollars de matériels, de caméras thermiques, de kits, de gans pour pallier les insuffisances que nous avions au début. Outre un avion qui est arrivé des Emirats arabes unis. En tout, un budget de 4 000 milliards de centimes est alloué pour lutter contre le nouveau coronavirus », rassure le Premier ministre. Cette épidémie mettra, sans aucun doute, le système national de santé, déjà décrié, à rude épreuve.

Instrumentalisation du coronavirus

Par ailleurs, le Premier ministre, s’est défendu contre l’accusation portée par des militants du Hirak contre la tentative d’instrumentalisation du coronavirus pour les empêcher de manifester. A cet effet, le chef de l’Exécutif a évoqué, pour la première fois, « la poursuite des manifestations », tout en met-

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tant en garde contre les manipulations. Pour le Premier ministre, le gouvernement n’est nullement en quête d’une instrumentalisation politique du mouvement, à l’instar de certains. « Que voulez-vous que je vous dise face à l’absurdité. Aujourd’hui, le pays est face à une pandémie mondiale et on accuse le gouvernement d’être derrière cela ; du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas », s’est exclamé M. Djerad. Dans ce sens, il a appelé les Algériens qui sortent les vendredis à faire attention, à être vigilants et à prendre leurs précautions, car il s’agit de leur vie, de leur santé de celle de leurs voisins, de leurs parents et de leurs enfants. «Quand je vois des dames, nos mères, nos sœurs, sortir, je ne veux pas leur interdire de le faire. Mais je leur dis que c’est un moment très délicat, où il faudrait que vous compreniez que nous sommes dans une situation exceptionnelle et il faut des mesures exceptionnelles », a soutenu le Premier ministre, qui, plus loin, pense que « le hirak du 22 Février n’est plus le hirak d’aujourd’hui » et les Algériens, de son avis, le savent. « Au niveau du hirak, certains croient que le gouvernement cherche à trouver des justifications politiques pour l’interdire », a-t-il relevé, invitant les Algériens à faire attention aux manipulations et aux voix qui souhaitent amener le pays vers le chaos. De son côté, le ministre de la santé, Abderrahmane Benbouzid a tenu à appeler les algériens à stopper les marches populaires estimant qu’il était « très dangereux scientifiquement » de poursuivre le mouvement populaire (Hirak). « Au delà des revendications populaires que je respecte, le Hirak est avant tout un regroupement de personnes parmi lesquelles il pourrait y avoir des porteurs du coronavirus qui risquent de contaminer d’autres. Donc, scientifiquement, il est très dangereux de poursuivre le Hirak », a-t-il soutenu. Pour sa part, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a

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un large consensus national se dessine sur la nécessité de surseoir aux marches hebdomadaires et autres regroupements citoyens potentiellement dangereux pour la Santé publique voire pour la sécurité nation annoncé ce 17 mars, un train de mesures préventives pour faire barrage à la pandémie de coronavirus, notamment la fermeture des frontières terrestres de l’Algérie, jusqu’à nouvel ordre, sauf cas exceptionnel. Dans son allocution aux Algériens, le président de la République a également annoncé l’interdiction des marches et autres rassemblements publics, dans une allusion aux marches hebdomadaires du Hirak, ainsi que la fermeture des mosquées devant les fidèles, avec maintien d’El Adhan (l’appel à la prière). Le président Tebboune a en outre dénoncé les commerçants qui provoquent des pénuries en retirant les marchandises afin de faire flamber les prix et prévient que des poursuites pénales seront engagées contre les spéculateurs. Les auteurs des fake news qui contribuent à alimenter la psychose et la panique au sein de la population seront poursuivis et identifiés, a promis le président Tebboune qui a fait état d’enquêtes qui seront menées à ce propos par les services de sécurité.


Faut-il suspendre le Hirak

Ainsi, face à certains irréductibles qui préconisent inconsidérément la poursuite des marches hebdomadaires en ces temps extrêmement dangereux de propagation du COVID-19, des voix sages se font heureusement et de plus en plus entendre pour appeler les algériens à savoir raison garder. C’est le cas de l’avocat et militant des droits de l’homme Mostafa Bouchachi, qui a prêché la sagesse et invité les marcheurs à faire une pause. « La sagesse impose la suspension momentanée des marches afin de préserver la santé publique. En attendant l’évolution de la situation, il s’agit de la meilleure voie pour préserver le caractère civilisé du hirak, tout en réfléchissant ensemble à des alternatives », a-t- écrit sur sa page Facebook. De son côté, le militant politique Djamel Zenati a pris ses responsabilité et estimé que cette pandémie « doit interroger davantage les consciences eu égard à l’état de délabrement de nos structures sanitaires et l’irresponsabilité des gouvernants ». Sur sa page Facebook, Djamel Zenati qui n’ignore pas la tentation du pouvoir de tuer opportunément le Hirak, n’en est pas

le ministre de la santé, Abderrahmane Benbouzid a tenu à appeler les algériens à stopper les marches populaires estimant qu’il était « très dangereux scientifiquement » de poursuivre le mouvement populaire (Hirak)

moins conscient des dangers que le Coronavirus fait peser sur les algériens. « Aussi, notre devoir en ce moment crucial consiste à concilier protection et protestation et non les opposer. Autrement dit, conjuguer détermination et responsabilité. Cela est possible pour peu que l’on s’accorde sur les formes de lutte adaptées à ce contexte exceptionnel et conjoncturel » écrit-il. Pour sa part, l’ancien diplomate Abdelaziz Rehabi également hirakiste abonde dans le même sens. Dans un message posté sur son compte Twitter il a plaidé en faveur d’une suspension temporaire des marches. « La suspension temporaire des marches, en raison des risques sanitaires avérés, s’impose dès lors comme un devoir national et patriotique », a écrit M. Rahabi sur son compte Twitter. Il affirme que l’Algérie vit un état d’urgence sanitaire non déclaré en raison de la gravité de la pandémie de coronavirus, de l’impréparation de notre système sanitaire. Il a ajouté que « cette mesure participera à préserver notre pays et notre peuple des graves conséquences sur la situation générale de l’Algérie », soulignant que cette mesure n’entamera en rien le droit inaliénable et permanent à manifester librement pour une Algérie plus juste et plus forte. Abondant dans le même sillage, le leader du RCD Mohcine Belabbas n’en pense pas moins. Hirakiste de la première heure, il a appelé les algériens à faire prévaloir la raison. « Faire prévaloir et prioriser la santé des Algériens est de la responsabilité de tous », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Son prédécesseur Saïd Sadi a lui aussi conseillé aux marcheurs d’observer un arrêt obligatoire. Avec le sens de la formule qu’on lui connaît il a résumé la situation en deux mots : « En révolution, la raison prime sur la passion. Pour vivre libre, il faut être vivant ». De son côté, le sélectionneur des Verts, Djamel Belmadi, n’a pas manqué d’appeler les algériens à faire preuve de vigilance. « En ces temps un peu flous et perturbés, je voulais en tant que citoyen et en tant que sélectionneur m’adresser à tous mes compatriotes là où ils se trouvent. Avant toute chose, je veux leur dire de prendre soin d’eux et

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de leur famille, de prendre toutes les mesures nécessaires que nous connaissons tous concernant ce fléau », affirme-t-il dans un message audio posté sur le site de la Fédération Algérienne de Football (FAF). En outre, de nombreuses autres personnalités nationales et autres influenceurs bien connus à l’instar du scientifique de la NASA, Nourredine Melikchi et du journaliste Hafid Derradji, ont appelé à la raison. En somme, si le Hirak ne prête pas trop attention aux communicants officiels dont il soupçonne la volonté de profiter du danger réel du Coronavirus pour euthanasier le mouvement de protestation, il ne pourra pas rester sourd aux appels de raisons lancés par des personnalités dont le soutien à l’insurrection citoyenne n’a jamais été démentie. Tout compte

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fait, un large consensus national se dessine sur la nécessité de surseoir aux marches hebdomadaires et autres regroupements citoyens potentiellement dangereux pour la Santé publique voire pour la sécurité nation. Contraints d’observer une pause après plus d’une année de mobilisation sans arrêt, les hirakistes font ainsi preuve d’un sens élevé des responsabilités et marquent des points en termes de patriotisme et de discernement. Une attitude qui disqualifie toutes les étiquettes qu’on a tenté en vain de leur coller puisque la grande majorité a pris la mesure de la gravité de la situation et à décidé de faire cause commune pour vaincre l’ennemi public numéro 1: le COVID-19. Enfin, il faut le souligner haut et fort, pour mieux combattre le coronavirus, il faut connaître ses points forts et ses points faibles. A ce jour, les médias nationaux n’en font pas assez, ne sont pas assez imaginatifs dans le traitement de cette information capitale, ne considèrent pas l’épidémie comme un sujet dominant dans l’actualité nationale et ne donnent pas vraiment l’impression d’être véritablement concernés. Il faut que cela change, pour que le pays parvienne à éviter le stade 2 et 3 de l’épidémie, synonyme de confinement généralisé et les graves désagréments que cela suppose, en sus de la dégradation de la situation sociale et économique du pays. Il est vrai que pas mal de médecins prennent l’initiative de poster des vidéos sur les réseaux sociaux pour alerter les citoyens, mais cela ne suffit pas. Il est urgent que l’offensive contre le risque que représente le coronavirus soit massive. Il faut que l’Algérie mette toutes ses armes médiatiques dans la bataille. Il faut faire comprendre aux Algériens que ce qui arrive en Europe nous arrivera fatalement, si nous ne prenons pas instamment nos précautions. Le message doit être limpide, fort et asséné très régulièrement. Les images que transmettent les télévisions étrangères ne produisent pas une réaction des algériens à la hauteur du danger. Et c’est normal. Il faut que ce soit des algériens qui parlent à leurs compatriotes, pour que ces derniers prennent réellement la mesure de la catastrophe sanitaire qui s’annonce.


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apport

Afrique subsaharienne et Coronavirus

Encore épargnée mais… Par La Majalla Dans le monde entier, des centaines de millions de personnes, en ouvrant les yeux, avant de penser au petit-déjeuner, cherchent à savoir le nombre de contaminés par le Coronavirus, mais aussi le nombre des morts. Dans ce triste et combien lugubre, l’Afrique reste (encore) en bas du classement.

)Une bonne étoile (encore

Guinée, au Kenya, en Ethiopie et au Soudan. Les dirigeants africains l’ont répété depuis le début de la pandémie, leurs pays n’y échapperont pas. «Cela va se transformer en crise nationale», a lancé dès la semaine dernière le chef de l’Etat sud-africain Cyril Ramaphosa, président en exercice de l’Union africaine (UA). L’épidémie de Covid-19 fait peser une menace inquiétante sur le continent en raison de la vulnérabilité de ses systèmes sanitaires.

Heureusement, l’Afrique reste encore largement épargnée par l’épidémie de coronavirus qui sub- Menaces et espoirs merge le reste de la planète, mais elle redoute le pire, Malheureusement, la pandémie intervient au mo�» qu’elle s’efforce de retarder en limitant et en isolant ment où le système de santé du Zimbabwe est au plus bas (...) et incapable de gérer le coronavirus», a .les cas «importés» d’Asie et d’Europe Près de 200 contaminations par le virus avaient ainsi regretté le Dr Norman Matara, de l’Association été officiellement recensées vendredi dans 14 pays des médecins du Zimbabwe pour les droits humains d’Afrique subsaharienne, selon leurs autorités na- .)(ZDHR tionales, avec un premier mort confirmé au Soudan. La presque totalité des cas africains a pour l’heure L’Afrique du Sud est avec 24 cas - tous des patients été «importée» d’Europe, selon le terme utilisé par qui ont voyagé en Europe - le pays le plus touché du l’Institut sud-africain pour les maladies contagieuses (NICD). continent. Ces chiffres paraissent anecdotiques au regard des L’essentiel des efforts des autorités consiste donc à 135.000 personnes contaminées et plus de 5.000 empêcher les contaminations locales à partir de ces décès dénombrés dans le monde depuis l’apparition patients. Des conférences ou des événements sportifs et culdu virus en Chine en décembre. Mais, très lentement, le nouveau coronavirus a turels ont été annulés dans plusieurs pays. Le Kenya commencé à faire son chemin aux quatre coins de a temporairement suspendu les rassemblements publ’Afrique. Ces dernières vingt-quatre heures, les pre- lics d’importance, comme les vols de sa compagnie miers cas ont été signalés au Gabon, au Ghana, en nationale vers l’Italie, le principal foyer de la mala-

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die dans le continent européen. Le Soudan du Sud a interdit jusqu’à nouvel ordre tous les vols en provenance des principaux pays touchés. Quant au Gabon, il a interdit son territoire aux voyageurs en provenance de Chine, puis de Corée du Sud et d’Italie. En matière de prévention des risques, le Rwanda a mis des bassins d’eau et du savon à la disposition des usagers des transports en commun. Les experts internationaux estiment que les pays africains ont tiré les leçons des récentes épidémies de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo et en Guinée et sont désormais mieux préparés face au Covid-19. «On peut partir du principe que les systèmes de santé, les plateformes de coopération et communication et le «monitoring» se sont développés”, a estimé Dorian Job, responsable de programmes pour Médecins sans frontières (MSF) aux Burkina, Niger, Nigeria et Cameroun. Mais dirigeants, experts et populations restent inquiets.

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Au Kenya, l’annonce vendredi de la première infection a suscité la ruée dans les magasins de Nairobi. En Afrique du Sud, les habitants de Polokwane (nordest) renâclent à l’idée d’accueillir ce week-end près de leur ville une centaine de compatriotes de retour de Chine, même sous stricte quarantaine. Au Nigeria et au Cameroun, deux cas de contaminations locales ont déjà été répertoriés. «Nous sommes au stade où il est primordial d’endiguer le virus», a insisté Richard Friedland, patron du Netcare, le plus important réseau de cliniques privées sud-africain. «Si nous échouons, nous aurons la même situation qu’en Italie», a-t-il ajouté en redoutant la propagation du virus dans les quartiers d’habitations informelles difficiles à isoler. «L’impact pourrait être catastrophique» pour l’Afrique sur le plan sanitaire, mais aussi sur le plan économique, ont déjà mis en garde de nombreux responsables africains.


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Centre du Mali

L’insoutenable condition humaine…

Par La Majalla

elle n’est pas restée confinée aux vastes étendues désertiques septentrionales. Le responsable de l’ONU dans le centre du Mali, Des groupes armés, se proclamant djihadistes est bien placé pour observer que la situation de pour certains, ont pris pied dans le centre, autla région du centre du Mali, et celle du pays, et our de Mopti, vers les frontières avec le Burkina même le plus apte à la décrire. D’un ton amer, Faso ou la Mauritanie. Cette structure terroriste il considère que la situation «ne cesse de se s’est facilement greffée sur d’anciens antagonisdégrader», avant d’ajouter : «Tous les jours, on mes liés à la terre, fertile mais disputée, entre nous remonte un incident d’une extrême gravité. éleveurs et agriculteurs, entre ethnies et au sein Et chacun arrive avec un déplacement de popula- même de ces communautés. tions», avant de conclure : «Avant même que tu n’éteignes un incendie, le feu se déclare ailleurs». Ils ont utilisé à leur avantage le sentiment solideIl faut rappeler que le centre du Mali est pris dans ment ancré d’abandon par l’Etat, proposant un un tourbillon de violences depuis cinq ans. Le discours religieux, mais aussi social et économbureau du Haut commissariat pour les réfugiés ique, à des populations souvent pauvres. Ils (HCR) dans la région, est bien là, mais ne peut ont offert protection à certains groupes contre contenir toute la misère humaine, d’une popula- d’autres et embrigadé des hommes guidés par la conviction religieuse ou l’opportunisme. tion aux abois. Depuis 2015, la région est le théâtre d’exactions en tous genres : attaques contre le peu qu’il reste Greffe terroriste Cette région du Mali, a été longtemps, rela- de l’Etat, massacres de villageois, règlements tivement épargnée, par les révoltes séparatistes de comptes et actes crapuleux. Les violences menées très loin de là, dans le Nord. Mais quand ont pris un caractère communautaire accru, la crise actuelle a éclaté en 2012, avec les offen- notamment entre Peuls et Dogons. Des milices sives des rebelles touaregs alliés des djihadistes, d’autodéfense se sont formées.

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Un groupe affilié à Al-Qaïda et emmené par l’imam peul Amadou Koufa sème la terreur. La milice Dan Nan Ambassagou, qui s’est érigée en défenseure des Dogons, est accusée d’exactions.

Etat absent

Selon un humanitaire sur place, sous le couvert de l’anonymat : «Ce sont les villages, fantômes : il ne reste que les huttes et rien d’autre. Tout le monde est parti», avant d’ajouter que «peu de jours passent sans attaque. Les violences intercommunautaires ont vidé des dizaines de villages peuls, notamment près de la frontière burkinabè. Boureima Barry, 56 ans, compte au nombre des déplacés. Il a fui son village à quelques kilomètres de Bandiagara. Il ne cite pas le nom, car il souhaite y revenir un jour sans craindre de représailles. «Dans notre village, nous avons été les premiers

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à nous échapper en avril 2019, mais en peu de temps, tout le monde a dû fuir. Depuis un an, la situation ne s’est jamais améliorée», raconte-t-il, assis sous une tente dans un camp dressé pour les déplacés dans un stade de foot de Sévaré. Alioune Tine, expert indépendant envoyé par les Nations unies en février, a constaté que ni l’armée malienne, ni la Mission de l’ONU (Minusma) «ne sont capables de protéger de façon appropriée les personnes civiles», avant d’avancer comme preuve le sort d’Ogossagou. Une trentaine de civils y ont été assassinés en février, moins d’un an après le massacre de quelque 160 villageois peuls, alors que l’armée malienne et l’ONU avaient conscience de la menace. Et de conclure : «Si on a une nouvelle attaque à Ogossagou un an après, cela veut dire que la protection des civils n’est pas là».


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Dakar

En quête de verdure… Par La Majalla Les villes africaines, les grandes agglomérations surtout, ont toujours souffert du manque d’espaces verts. La question environnementale est déjà au goût du jour, essentiellement chez les jeunes, surtout. Un de ces jeunes, Mamadou Sakho, 34 ans, a lancé en janvier une pétition pour transformer l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor en un Central Park local où les Dakarois viendraient s’oxygéner.

lant dans les espaces verts et la sensibilisation à l’environnement. Cette pétition compte déjà près de 20.500 signatures. Vue du ciel, la presqu’île de Dakar, à la pointe occidentale de l’Afrique, est une mosaïque de rues et de bâtiments où dominent les couleurs grise et sable. Les rares portions inexploitées dans cette région autrefois appelée Cap-Vert en raison de sa luxuriante végétation sont prises d’assaut par les promoteurs immobiliers ou par l’Etat.

Un songe de verdure…

De moins d’un million en 1976, la population de Un projet à la fois personnel, citoyen et entrepre- Dakar est passée à 3,5 millions en 2017 et devrait neurial. Il a touché une corde sensible chez bien dépasser les 4,3 millions en 2025, selon l’Agence des Dakarois mais devra surmonter des intérêts nationale de la statistique. contraires: ceux de l’armée, qui occupe les lieux re- Mamadou Sakho, né en France, chérit le souvenir de convertis en aérodrome militaire, et ceux de la pro- la partie de son enfance qu’il a passée sur les plages motion immobilière, qui capitalise sur l’explosion dakaroises, au bord de l’Atlantique. démographique dakaroise et ne manquerait pas de convoiter une telle manne foncière si elle se libérait. De l’espoir, mais… L’initiative paraît illusoire. Pas de quoi décourager «Après quelques années à l’étranger, quand je suis revenu, je n’ai pas reconnu Dakar. On n’avait plus Mamadou Sakho pour autant. «Ce qui me motive, c’est d’être un leader du change- accès à la mer. La ville était polluée. Je n’avais plus ment et de créer une dynamique notamment auprès cette sensation de la nature, ni des odeurs, ni des des jeunes», explique ce diplômé en marketing ges- paysages», se désole-t-il. tion des entreprises, créateur d’une société travail- Le constat a guidé son engagement environnemental

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et, récemment, le projet de végétaliser les pistes de Senghor. Sur les images satellitaires, les trois pistes de l’aéroport Senghor et de leurs aires de dégagement, dans le quartier de Yoff, dessinent un ample «H» vert, rare exception dans la grisaille avec le parc forestier du quartier de Hann. Ces 600 hectares sont sous-utilisés depuis l’ouverture de l’aéroport international Blaise-Diagne fin 2017 à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Ils n’accueillent plus que des vols militaires et de rares délégations officielles. Mamadou Sakho s’est emparé de l’idée de parc avancée par certains Dakarois sur les réseaux sociaux, même si rien n’indique une volonté des autorités de changer l’affectation de la plate-forme. «Cet aéroport a été confié par l’Etat à l’armée. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur une pétition dont nous ne sommes pas informés», a indiqué le porte-

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parole des armées, le colonel Mactar Diop. Mamadou Sakho peut se prévaloir de signaux encourageants émis par la municipalité. La maire Soham El Wardini, fervent soutien, a assisté fin février, avec des entrepreneurs, des officiels, des jeunes, à la projection du film qu’il a réalisé pour appuyer son projet. «Si nous parvenions à avoir ce lieu et à en faire un parc de loisirs, de détente, ce serait formidable», assure Bamba Ngom, chef de la division des espaces verts à la mairie. La municipalité est prête à accompagner l’initiative, promet-il. Ibrahima Mbengue, habitant du quartier d’Ouakam, proche de l’aéroport, adhère totalement. «Dakar est devenu si étroit qu’il n’y a plus d’endroit où se promener, la ville n’a plus d’espace vert, et même les trottoirs sont occupés. Un parc naturel serait le bienvenu», estime le jeune homme de 27 ans.


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ulture

Amor Ghedamsi, artiste plasticien et critique d’art à «Majalla»

Il faut lire les peintres orientalistes, hors de l’orientalisme… Par Nasreddine Ben Hadid Amor Ghedamsi, est journaliste, critique d’art et plasticien. Son coté singulier, est ce réflexe incessant de tout placer dans un contexte historique, et expliquer tout par l’art même, mais aussi par l’au-delà de l’art, à savoir le social et le politique. Il est parmi les rares critiques des arts plastiques, à entretenir une vision structurelle de l’expression artistique humaine.

Dans cette interview à «Majalla», il va au-delà de l’apparence d’un monde et d’un marché, pour braquer la lumière sur des dimensions encore méconnues, et même pour certains, inconnues * Dans quelle mesure peut-on dire que les arts plastiques en Tunisie représentent une expression culturelle nationale avec des outils occidentaux ? Si on désigne par «art plastique», le chevalet, la sculpture et

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Amor Ghedamsi, Plasticien et critique artistique

la gravure, je conviens bien qu’on est face à une expression artistique, qui nous est parvenue, dans le sillage du Protectorat français, qui s’est installé en Tunisie en 1881, à l’instar des autres colonies. Par contre, si on considère l’art comme étant une expression artistique, par le biais des formes et des couleurs, on conviendrait alors, qu’il trouve ses origines dans toutes les sociétés, cultures et civilisations. Son développement en Occident, s’est constitué sur la base des adoptions et inspiration des autres cultures. Le mouvement impressionniste, qui a constitué un tournant essentiel dans le parcours de la modernité, a été fortement influencé par l’art des estampes japonaises. Sans omettre l’influence des arts pharaoniques, africains, et islamiques. Me concernant, je ne me vois nullement gêné, car j’appartiens à héritage civilisationnel, qui me permet de me déclarer, faisant partie de la modernité, avec ses avantages et ses tares. Le problème fondamental, à mon avis, concerne la différence de contextes sociétaux et culturels, avec le cas européen. Ce dernier a vu le jour suite à une gestation douloureuse, qui a engendré ce moment historique qui a permis à l›art de se constituer en expression libre, créative et subjective. Notons que l’artiste dans nos sociétés a trouvé sa quête dans ces grandes valeurs. Par contre, il reste prisonnier de son contexte sociétal et culturel, qui considère l’art comme étant une contamination satanique, ou encore un outil gratuit de distraction. Même, un complément décoratif. En parallèle, ce même artiste, partage avec ses semblables du monde entier, une recrudescence, de ce que Bourdieu considère comme forces extra-artistiques, qui déterminent les caractéristiques de l’art. Jusqu’à quelques décennies, l›art produisait de la richesse. Par contre, de nos jours, le constat est clair : La richesse engendre de l’art. Ce cheminement est peut-être légitime, étant donné que la modernité artistique qui remonte à un artiste comme Giotto, résulte à son tour, d’une évolution des idées, qui a conduit à l›instauration de la libre entreprise dans l›économie, et à la naissance du capitalisme, qui vit aujourd›hui une phase différente des valeurs pour lesquelles il a été fondé. À mon avis et en réponse à votre question, j›estime que l›art constitue un indicateur important, pour mesurer le degré de dynamise d’une société. Plus les expériences artistiques sont diverses et plus les expériences de nos artistes disposent de plus de moyens d’exprimer sa propre liberté, et l’originalité individuelle. Cette logique témoigne du développement de l’inertie interne de la société, ainsi que sa capacité à engendrer des individus, disposant d’une pensée indépendante, et se distinguant par l’authenticité d’une expression libre. Jusqu’aux premières décennies de l›indépendance de la Tunisie, le concept de culture nationale était diffus, pour des raisons logiques, en liaison avec le souci d’affirmer ses propres spécificités face à la culture du colonisateur, d›une part, et face aux menaces géopolitiques, que faisait peser les courants nationalistes arabes, d›autre part. Dans ce contexte, s’est développé un discours culturel, disposant d’expressions artistiques analogues, mettant l’accent, sur ce qu’on appelait alors, la spécificité culturelle de la nation tunisienne. Ce discours culturel résonne encore aujourd›hui, mais n›est plus en mesure de présenter des réponses

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Les arts plastiques en Tunisie souffrent de «la malédiction hollandaise»… qui touchent aux questions, que la société et notre réalité nous posent. Cela ne signifie pas que nous avons réussi à formuler un discours culturel alternatif. Je crois que nous vivions une phase de transition majeure qui touche tous les domaines, et suppose la reformulation des concepts de la relation entre ce qui est local, national, mondial, et mondialisé. Nous sommes en train d›essayer de comprendre et assimiler ce qui pourrait nous permettre de poser plus de questions, que les réponses que nous sommes capables de formuler. * «L›école de Tunis» représente-t-elle la première pierre dans le fondement de l›art plastique en Tunisie ? Il faut d›abord observer un moment de réflexion concernant le terme «école» en soi, sachant que groupe n’était autre qu’un ensemble d’artistes, unis par l›amitié et la convergence d›idées, plus que toute autre considération. Ceci a été confirmé par l’une des figures les plus notoires de ce groupe, à savoir, l›artiste Jalal Ben Abdallah. Au regard de leurs œuvres, nous constatons une disparité d’un artiste à l’autre. Les œuvres d’Abdelaziz Gorji, ultime président de ce groupe, dénote d’une dimension figurative libre et enfantine, qui nous fait rappeler les œuvres de Picasso. Par contre, les œuvres de Hédi Turki penchent vers l’abstrait. Certains comparent ses œuvres à celles de l›artiste américain Mark Rothko. Quant aux œuvres d›Ammar Farhat, elles reflètent l›atmosphère de l’ambiance traditionnelle tunisienne, mais avec une façon de colorer, complètement différente de celle de Zoubeir Turki, qui a traité le même sujet, mais usant de la technique du dessin. Je pense que la place importante qui revient à «l’Ecole de Tunis», remonte à la période postérieure à l›indépendance, et plus précisément au niveau de la politique culturelle que le leader Bourguiba a voulu enraciner, dans l’élaboration, ce qu›il a appelé «la nation tunisienne», où l›accent était mis sur l’usage de la culture et les arts pour mettre en valeur l›identité tunisienne avec ses caractéristiques locales. Bien sûr, en plus de la fonction pédagogique et éducative, que cet homme politique allouait aux arts. Chose qu’il a explicitement détaillé lors de son célèbre discours concernant le théâtre en Novembre 1962. La Tunisie doit bien à ce groupe, sa réussite à placer les arts plastiques, comme partie intégrante de sa vie culturelle, dans laquelle nous constatons la présence de critiques, écrivains, hommes de théâtre, et hommes politiques. Ils ont probablement bénéficié, de cette vision globale, qui se résume dans le concept de «la culture nationale». En dehors de ce contexte, les expériences d›artistes de ce groupe, comme Ammar Farhat, Zoubeir Turki, Yahya Turki, Ali Bellagha, et Abdelaziz Gorgi, constituent parmi les importantes expériences en Tunisie.


Mais, cela ne doit pas non plus nous faire oublier la valeur des expériences de leurs contemporains, qui ne faisaient pas partie de ce groupe, comme Amara Debbèche, Hatem El Mekki, et Aly Ben Salem, qui ont choisi chacun, un parcours propre, loin de «l’Ecole de Tunis», pour des raisons ou motifs personnels. * Quel est le rôle des artistes étrangers, résidents et de passage, dans l›émergence de cet art en Tunisie? Bien sûr, avec l›avènement du colonialisme français, la Tunisie a vu passer un grand nombre d’artistes, Français et Italiens, surtout. Certains s’y sont installés. Aussi, la visite de plusieurs grands artistes, dont le plus important reste «Paul Klee», avec sa visite à Kairouan et son cri profond, dans lequel il déclaré : «La couleur et moi ne faisons qu’un. Je suis peintre». En 2014, a été commémoré, le centenaire de sa visite en Tunisie. D›ailleurs, de nombreuses études et articles ont été publiés, et ont évoqué la valeur de Paul Klee, ainsi que la place qu’occupe cette visite dans son expérience, qui a constitué une nouvelle naissance artistique. Certaines de ces études et articles ont versé dans le folklorique et la vision touristique, dans un langage évoquant le soleil et les couleurs tunisiennes. A travers un article, intitulé «Paul Klee ne s›est pas encore rendu en Tunisie», j’ai exprimé mon point de vue, considérant que la visite doit être prise et comprise dans son contexte européen spécifique. A savoir que l’art moderne en Occident, a été toujours lié, à travers l’histoire,

L’acquisition par l’Etat d’œuvres artistiques, est l’oxygène qui entretient les arts plastiques.

aux migrations, voyages, et la recherche des sources… Mais aussi, nomadisme et voyage à travers la géographie et les lieux. Nous mentionnons dans ce domaine, les voyages de Kandinsky, Gauguin, Matisse et autres, ou des voyages autres, à savoir l›enfance, la folie, ou l›art brut. Le surréalisme et son voyage à travers le subconscient. Ou à travers une vision de l’Orient, qu’Edward Saïd décrit comme une invention occidentale à travers l›art orientaliste. Ceci est peut-être le destin de l’art, depuis qu’il s’est déconnecté de sa référence classique, avec l’avènement de l’art académique. D›un autre côté, Paul Klee a visité la Tunisie en 1914, alors que notre découverte réelle de cet artiste, en particulier au niveau sa conception créative, ne s’est faite que des décennies d’influence de l›art orientaliste qui a accompagné l›arrivée et le séjour d›artistes étrangers dans notre pays, à l’instar du russe Alexandre Roubtzoff. Un art qui convenait, à son époque, les années soixante et soixante-dix, à notre vision de l›art comme expression de l›identité. Bien sûr, la question ici doit être clarifiée, car ceux qui rédigent l’histoire en Tunisie, poussent leur analyse jusqu’à dire que cette vision de l›art, qui en fait une expression de l›identité collective, constitue la résultante de l›influence d›artistes orientalistes étrangers. Par contre, je pense qu’elle est le résultat de notre culture conservatrice traditionnelle, basée sur le souvenir, la récupération et la mémorisation. * Quel est l’apport des instituts des beaux-arts en Tunisie ? Les instituts des beaux-arts ont accompli et accomplissent déjà, un rôle d›enrichissement de la vie artistique, comme nous le constatons à travers les générations d›artistes tunisiens en général, diplômés de ces instituts. Ils ont pu engendrer un apport au niveau créatif, mais aussi de la critique, où certains professeurs de ces instituts ont joué un rôle dans l›enrichissement des lectures critiques, loin et en négation des écrits, littéraires et impressionnistes. Reste, que ces instituts ont besoin, à mon

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Amor Ghedamsi, Plasticien et critique artistique


Œuvre de maherzia ghaddab

avis, d›une révolution au niveau de leurs contenus éducatifs et de formation, que ce soit en pratique ou en théorie, afin qu›ils puissent jouer un plus grand rôle dans la vie culturelle et créative, en plus de leurs tâches originales comme institutions d’enseignement. * Qu’en est-il de la confrontation entre autodidactes et universitaires ? Personnellement, je la considère comme une lutte sans aucun fondement, et dénote plutôt d’un souci de positionnement, car l’art s’exprime uniquement à travers l’œuvre. Comme il existe des académiciens incompétents, existent aussi des autodidactes dans la même situation. Je crois que cette lutte imaginaire, revient à deux raisons principales. La première trouve ses racines dans nos traditions culturelles. A savoir toute référence cognitive, qui prétend être dépositaire de la vérité et d’un pouvoir symbolique divin. Cette mentalité s›est infiltrée dans la vie culturelle par le biais d›universitaires prétendant être les gardiens d’un temple inexistant, et qui ne peut coexister avec les fondements de toute vie culturelle active, qui requiert d’une manière implicite la diversité, la non-conformité, le sens critique et la divergence dans les limites des idées et au niveau des projets. La deuxième raison est due à l›absence d’un concept clair et bien défini du statut de l›artiste, aussi bien au niveau notre politique culturelle, que des mécanismes de soutien et d›acquisition des œuvres artistiques. Chose qui a ouvert la porte au chaos, la prétention, la ruée, et toute cette culture de victime. Aussi bien, sous prétention du statut d’académicien que d’autodidacte. Pour être plus précis,

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ce que j’entends par chaos n›est pas le nombre extraordinaire de ceux qui s’adonnent à la pratique de cet art, ou ceux qu’on considère comme parasites, étant donné que toute personne dispose du droit de s’exprimer et communiquer à travers ce qu’il considère comme étant un art. Et nul ne peut lui interdire de se considérer artiste. La question se pose plutôt, lorsqu’il s’agit l›argent public, consacré au soutien des artistes. Sachant que l’Etat constitue le meilleur client, en termes d’acquisition des œuvres artistiques. Dans ce sens, ont été établies des mécanismes de soutien aux arts, ne comportant aucun critère définissant le statut d’artiste. J’ai déjà qualifié cette situation comme une forme de «malédiction hollandaise». Sachant que pendant la deuxième Guerre mondiale, l’Etat hollandais a décidé d›aider les artistes, pour à faire face à l’absence d’acheteurs. Une commission du ministère des Affaires sociales, avait pour mission de rendre visite aux artistes dans leurs ateliers, et acquérir leurs œuvres. Aussitôt, des gens d’autres métiers et des artisans, se convertis en artistes. Cette affaire a été soulevée par l’Etat hollandais au début de ce millénaire, et a révélé qu›il ne pouvait plus couvrir les frais de conservation et de restauration des acquisitions, surtout qu’une proportion dominante est sans aucune valeur créative ou historique, à l›exception de quelques œuvres d›artistes tels que Guillaume Corneille. * Quelle est la place de «l›art naïf», qui vient de l›extérieur des contextes des arts plastiques prédominants ? Historiquement, l’art naïf fait partie intégrante des parcours multiples de l›art moderne en Europe. Henri Rousseau, un


des pionniers de l›art naïf, se considérait comme un artiste réaliste et disait à Picasso : «Nous sommes les deux plus grands artistes de cette époque. Vous, au niveau de l›art égyptien, et moi dans le style réaliste». Le critique et professeur d›histoire à l›Université de Londres, Alan Bowness, se référant à ce que Henri Rousseau a fait allusion principalement à toute œuvre d›art, sans aucune liaison avec le cadre de la tradition convenue dans l›art classique et de la Renaissance, avec l›autorité de la critique, et enracine le concept de l›art naïf. Cette forme artistique est devenue dans les années soixante et soixante-dix du siècle, l›objet d›un intérêt idéologique dans les pays de l›Europe de l›Est, sous prétexte que cette forme artistique, est celle qui exprime l’imaginaire populaire. Tant de congrès et conférences, ont été tenus dans ce sens. Excepte ce «cadre», l’art naïf est bien antérieur à Henri Rousseau même. De même, cette forme artistique a précédé le terme. Car tous les peuples ont toujours connu des artistes venus du bas de la société, et ont engendré des œuvres, n’observant à aucune restriction, ni académiques, ou ayant une liaison avec les traditions esthétiques. Ou encore tenant compte des problématiques, qui se posaient alors les institutions artistiques. Sauf que leurs œuvres étaient toujours sujettes au mépris et dégradation, de la part des artistes disposant d’un titre académique. Il a fallu attendre l’avènement de la pensée moderne et rebelle à la fois, pour assimiler cet art, et le considérer comme faisant partie du contexte de l›histoire de l›art contemporain. Existe un poème d’Arthur Rambaud, ayan t pour titre «L’Alchimiste», de son recueil «Mauvais Sang», où il glorifie et met en valeur l›esthétique de l›art naïf, bien avant sa naissance officielle, à travers l›histoire de l›art. Je pense

que le développement dans les domaines de la communication et d›autres causes, a métamorphosé l›art naïf de sa dimension spontanée en un produit touristique et commémoratif. Je suis en accord total avec l›historien de l›art et spécialiste de l›art naïf, le Roumain Radu Ionescu, qui m’a accordé une interview, publié dans le supplément «Galerie», du quotidien Essahafa en date du 5 mars 1997, où il m’a dit : «L›art naïf est fini. Il se maintient en vie grâce à une transfusion sanguine, émanant du marketing touristique». Nous ne pouvons soustraire l’art naïf tunisien à ce verdict. Nous disposons de plusieurs noms, appartenant à ce courant. La plupart ne sont plus de ce monde, ou d’un âge très avancé, et ne peuvent plus peindre. Les œuvres d›artistes tels qu’Ali Guermassi, maherzia ghaddab, et Baghdadi Chniter, font partie de ce formidable patrimoine d›artistes, qui ont traité l›art comme une expression de l›identité tunisienne, en transplantant des scènes de l›environnement local avec les détails de la vie quotidienne, à savoir le travail des artisans, les marchés, les joies et les peines aussi. En revanche, nous trouvons d›autres artistes considérés comme naïfs, à l’instar de Ali Jtita et Othmane Khadhraoui, dont les œuvres sont moins portées sur cette fonctionnalité anthropologique de l›art, et plus libres de ces stéréotypes stylistiques que l›on trouve dans l›art naïf, car leurs œuvres se caractérisent par beaucoup d›audace et de spontanéité. Il est regrettable de mentionner à cette occasion, que les œuvres d›Ali Jtita ont complètement disparu, et ce qu›il en reste n›est pas connu, en particulier, au niveau de la restauration et l’entretien, dont elles pourraient avoir besoin. Quant aux œuvres d›Othmane Khadhraoui, elles se distinguent par la diversité de la matière et des techniques, telles que le dessin sur verre, cristal et la gravure

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Œuvre de Jalel Ben Abdallah


Œuvre de Baghdadi Chniter

sur bois. Elles sont disponibles, mais également menacées. J’ai eu personnellement un entretien avec cet artiste, peu d’années avant sa mort, et j›ai constaté qu›il croit que ce qu›il fait est un art et que l›art est un métier, et qu›il peut léguer cet héritage à un de ses fils. Chose faite. * Comment se détermine le marché des arts plastiques en Tunisie, et comment se fixent les prix ? Comme je l’ai déjà mentionné, l’Etat se place en tête des acquéreurs, très loin devant les galeries et les collectionneurs privés. Cette réalité porte indubitablement des côtés positifs, notamment au niveau de la richesse du patrimoine artistique, mais aussi de l’aide portée aux artistes à travers l’achat de leurs œuvres. Avec le temps, cette politique a engendré des cotés négatifs : Ce patrimoine nationale regorge d’œuvre sans nulle valeur artistique. Au constat des limites des capacités de l’Etat, la croissance du nombre des artistes, et l’absence de critères clairs d’octroi, ce patrimoine est menacé au niveau de sa qualité. En effet, l›acquisition se décide en fonction du prix de l’œuvre et non pas de sa qualité. L’aide portée aux excellents artistes est devenue plus onéreuse, car en contrepartie, il faut porter une aide à des dizaines d›artistes novices, qu’on appelle «peintres du dimanche». Cette politique patriarcale, où le côté social l’emporte aux dépens du créatif, peut être considérée, d’un point de vue économique, comme une politique protectionniste. Elle comporte des cotés positifs. Par contre, elle a consacré une situation de dépendance, de paresse créative, et a scindé le marché en deux. Un officiel, représenté par les acquisitions de l›État, et basé sur des prix inventés et une forme de complaisance populiste. Un

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autre parallèle, à savoir le secteur privé, actif dans un espace limité et ne peut se convertir en activité d›investissement, en raison de ce que nous avons appelé la politique protectionniste du secteur, qui fait partie de la politique générale, et du concept de l›État-providence, qui maintient la paix sociale au détriment du développement. D’où l’absence de tout barème de prix, ou des indications permettant d’établir une valeur pour tout œuvre d›art. * Cet art, est-il tombé dans la logique de «produire au gré des besoins du marché» ? Les préoccupations, que pose le marché artistique, sont à la fois multiples et multidimensionnelles, aux niveaux des concepts que des orientations. Certains sont plus intéressés par les œuvres des pionniers, pour la charge émotionnelle et patrimoniale. D’autres sont plus versés dans les expériences artistiques originales et contemporaines. Je crois sur la base de mes observations, que la question de la production au gré du marché, est une question qui se pose, au constat des modes qui se répandent à travers le monde. Aussi, le fait de les prendre pour chose acquise, pensant qu’elles assurent un rayonnement à la fois local et international. Ceci a été notamment visible au niveau de l’hyperréalisme, l’art contemporain, ou même l’art des métiers, tant nous assistons un retour en force de cette forme artistique, après la réussite de la promotion de l’artiste tunisien à travers le monde. Sans oublier, les œuvres qui sont créées à l’intention exclusive des institutions artistiques européennes, qu’on peut classer dans la case de l›orientalisme contemporain. A savoir un emploi de la décoration typique arabo-islamique, par exemple, ou ce


Un magazine politique hebdomadaire

Issue 1791- Mars 20/03/2020

Bill Gates : Symbole de la fortune, et enracinĂŠ dans le savoir

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rt des expositions de groupe des photographes pratiquement accomplis, détectés sur les réseaux sociaux, avec des talents formés à la Maison de l’Image dans le cadre du projet «Vision solidaire», qui vise les jeunes des quartiers défavorisés.

Mohamed Dib à l’étude…

L’objectif de cette rencontre, selon les organisateurs, est de lutter contre l’oubli et de perpétuer l’œuvre majeure de l’un des précurseurs de la littérature maghrébine. Une Journée d’étude portant sur l’œuvre du romancier Mohamed Dib aura lieu le 28 mars prochain à la bibliothèque communale de Larbaâ Nath Irathen (Algérie), apprendon des organisateurs. L’initiative émane

«Pégase»: Identités perdues…

Presque une dizaine d’années après sa sortie, le film «Pégase» de Mohamed Mouftakir (Etalon d’or Ouaga 2011) garde toujours la fraîcheur de son langage cinématographique et l’actualité d’une obsession qui ronge les sociétés arabes en général. Il a été présenté dans le cadre du cycle «Aspects du cinéma marocain» à la Cinémathèque tunisienne. «Rihana est une jeune fille, la vingtaine environ, issue de la campagne. Victime d’un traumatisme aigu, elle se retrouve hospitalisée dans un asile psychiatrique. Elle croit être violée par un démon qui veut la tuer parce qu’elle est enceinte de lui. Cet acte vat-il être approuvé par le seigneur du Cheval, un esprit vénéré par son père ? Pour percer ce mystère, Rihana est confiée à Zineb, une psychiatre, afin qu’elle fasse parler cette

jeune fille qui n’est pas très coopérante».

Des talents sur les réseaux sociaux…

La Maison de l’Image, à Tunis, continue à défricher de jeunes compétences férues de photo. Six artistes en herbe sont présentés à la salle d’exposition de l’espace autour d’un thème permettant une expression libre : «Nature et contre-nature». La Maison de l’Image continue son travail à la fois de pédagogie et d’exploration de nouveaux talents dans le domaine de la photographie. Un projet a été lancé récemment par Wassim Ghozlani, directeur des lieux, et ses acolytes, les deux photographes, Hamideddine Bouali et Amine Landoulsi, également animateurs et formateurs à la Maison de l’Image. La dernière idée du trio s’appelle : «Nouveau Regard», ou comment mêler dans

de l’animateur du café littéraire et philosophique de Tizi Ouzou Malek Amirouche. Les communicants Nadjet Khadda, Aziz Namane, Daoudi Samia, Sabeha Benmansour et Djoher Amhis aborderont le thème «La quête du sens et le sens le la quête dans l’œuvre de Mohammed Dib». Malek Amirouche, également responsable de l’Etablissement d’organisation de manifestations culturelles, économiques et scientifiques (Emev) déclare : «On a tenu plusieurs rencontres pour célébrer les grandes personnalités du monde de la culture et les figures emblématiques de la littérature algérienne.

Hocine Zaourar à l’honneur…

La présence de la Fondation néerlandaise World Press Photo pour la première fois à Constantine, à l’occasion d’une exposition inaugurée, jeudi dernier, au palais Ahmed Bey, par Son Excellence l’ambassadeur des

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Pays-Bas à Alger, Robert van Embden, a été une belle occasion pour la jeune génération des journalistes de faire la connaissance de Hocine Zaourar, un vieux routier du photojournalisme, dont le nom est resté lié à la photo mythique, devenue une icône mondiale du photojournalisme, baptisée «La madone de Bentalha». Elle qui avait fait la Une de 755 journaux et magazines dans le monde à l’époque de la décennie du terrorisme. «C’est un honneur pour nous d’être présents dans ce magnifique palais dans cette ville pour honorer celui qui avait été le premier photojournaliste de l’Afrique et du Moyen-Orient à recevoir le prestigieux Grand Prix de la Fondation World Press Photo en 1998», a déclaré Son Excellence.

sur la scène dramatique nationale, tellement son œuvre demeure inégalable et son legs si précieux. A quelques jours de la célébration de la Journée mondiale du théâtre, le 27 mars, les amateurs des planches vouent

toujours une nostalgie sincère pour celui qui a grandement contribué à la fondation des bases d’une expression théâtrale authentiquement marocaine, en faisant du patrimoine national le socle de ses productions et en allant puiser ses idées au fin fond de l’imaginaire collectif. Aux premiers balbutiements du théâtre dans la période postcoloniale, Tayeb Saddiki, en plus de son côté égocentrique néanmoins attachant, va se distinguer par sa créativité débordante, sa grande maîtrise conceptuelle et son audace à se lancer dans des expérimentations d’avant-garde aux plans, local, régional, voire international.

La littérature marocaine a su trouver son public à Bruxelles… La littérature marocaine a su trouver son

Tayeb Saddiki, l’immortel…

Quatre ans après la disparition du doyen du théâtre marocain, Tayeb Saddiki (19352016), son souvenir reste toujours impérissable et son absence a laissé un grand vide public à Bruxelles, ont estimé les organisateurs de la Foire du livre organisée du 5 au 8 mars dans la capitale européenne, avec le Maroc comme pays d’honneur. Faisant le bilan de la participation marocaine, les organisateurs de la Foire du livre de Bruxelles ont souligné que le pavillon marocain, qui a accueilli des centaines de visiteurs, a été construit comme un hommage aux professionnels du livre, et à l’investissement considérable du Royaume dans la culture. De nombreuses rencontres ont abordé des sujets variés et nourri les débats sur la scène du pavillon marocain à l’honneur, avec des auteurs venus du Maroc, de Belgique, de France et des Pays-Bas. Le pavillon du Ma-

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rt seul registre. C’est une vraie balade musicale qui slalome entre le Jazz, le blues, et bien sûr les rythmes dynamiques et pleins de vie du pays Kasena.

Révolutionner l’accès à la lecture…

Bibook, le premier éditeur numérique africain élaboré par la «start-up» We’re solution, un collectif de jeunes maliens basé à Bamako, permet l’accès au livre gratuitement. C’est un élan majeur d’incitation à la lecture et à l’écriture qui voit le jour au Mali. Dans quelques jours, Bibook*, le nouvel éditeur numérique africain, permettra à des milliers de personnes, en Afrique et même au-delà, d’accéder à des livres gratuitement, grâce à une application elle-même gratuite qui permettra de les télécharger. BiBook éditera

roc a donné à voir une mosaïque de cultures, de langues, de paysages, de civilisations et proposé aux visiteurs des rencontres multilingues, en français, en arabe, en néerlandais et en amazigh, soulignent les organisateurs.

Ous Hebié dédicace son troisième album «Yahigô». L’artiste musicien, Burkinabé, Ousmane Hebié, de son nom d’artiste Ous Hebié, était face aux journalistes de la ville de Bobo-

Dioulasso, dans l’après-midi du dimanche 15 mars 2020. C’était à l’occasion de la dédicace de son troisième album intitulé «Yahigô». Artiste engagé, Ous Hebié chante pour éveiller les consciences à travers un concept qu’il a mis en place, baptisé «Reggae Gounsâgue». Dans ses chansons, Ousmane Hebié parle beaucoup plus des problèmes sociaux tels que l’abandon des valeurs locales, l’absence de liberté dans les actes, l’exclusion, le mariage forcé et la mal gouvernance. A travers son nouvel album, intitulé «Yahigô», qui veut dire «Entente» en langue turka, l’artiste appel ainsi à l’unité, à la réconciliation, à la cohésion sociale et au civisme.

Bil Aka Kora de retour…

L’artiste musicien Bil Aka Kora a présenté à la presse, son sixième album intitulé «fulu» (éventail en langue kasena), le samedi, 14 mars 2020, à Ouagadougou. Composé de 11 titres, l’opus signe le retour du roi du Djongo. Ses fans l’attendaient avec impatience. Bil Aka Kora aura mis six ans pour leur revenir. Le sixième opus du roi du Djongo. Un titre qui donne un aperçu sur le contenu de l’œuvre qui compte 11 titres. «Fulu», c’est un album de maturité et pleinement diversifié dans lequel l’artiste n’emprisonne pas son inspiration dans un

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aussi des livres payants, mais à un tarif défiant toute concurrence : «Le fonctionnement de BiBook est fondé sur une application mise au point par la start-up We’re solution, un collectif de jeunes informaticiens bamakois, explique Jean-Louis Sagot Duvauroux, écrivain dramaturge et initiateur du projet. L’abonnement est gratuit. L’utilisateur crée un compte qui va lui permettre de disposer sans délai, sur son téléphone ou sa tablette, d’ouvrages gratuits ou encore de livres à seulement 3 euros. Le téléchargement se fait en une fois et la consultation des ouvrages est alors hors connexion».

Dr Seydou Kanté retrace certains grands événements… Dr Seydou Kanté a présenté son livre aux Tambacoundois. «La géopolitique du Sénégal de Senghor à l’élection de Macky Sall» est un ouvrage qui retrace la vie politique


sorti la chanson «Mu sé vidé» consacré au Togo, Meiway récidive. Cette fois-ci, c’est vers le Cameroun que ses attentions sont tournées. La chanson intitulée «Tu dis que quoi», a été publiée le lundi 16 mars 2020. Et l’on y redécouvre, les points importants de la richesse du Cameroun. Ce clip, réalisé entièrement au Cameroun, est extrait de l’album «Légende» de Meiway. Une vraie carte postale musicale des habitudes, mœurs et expressions orales du pays, de l’Est à l’Ouest, du nord au sud en passant par le centre. dans ce pays, des indépendances jusqu’à l’avènement de l’accession de l’actuel locataire du Palais présidentiel au pouvoir. La géopolitique du Sénégal, de Senghor à l’élection de Macky Sall est un livre du Dr Seydou Kanté, un fils de la région qui a voulu réserver la primeur aux siens en faisant la dédicace du livre à Tambacounda. L’ouvrage de 73 pages et coédité avec l’éminent professeur de la Sorbonne, Gérard François Dumont, traite de trois chapitres fondamentaux : les fondamentaux de la géopolitique, le Sénégal un modèle de géopolitique en Afrique et de grands événements. «Il condense les grands événements qui ont ponctué l’histoire politique du pays», souligne l’auteur. Des indépendances à l’élection de Macky Sall, beaucoup d’événements marquants se sont passés.

une nouvelle chanson, l’artiste ivoirien fait les éloges du pays de Paul Biya. «L’Afrique en miniature» a selon lui de vraies richesses à valoriser. Deux ans après avoir

Le festival Argungu rouvre au Nigeria

Le festival international de pêche et de culture d’Argungu est l’un des événements culturels les plus célèbres du Nigeria. Le spectacle qui attire des milliers

Après le Togo le Cameroun…

Meiway amoureux du Cameroun. Dans de pêcheurs chaque année, a récemment eu lieu pour la première fois après une interruption de dix ans due aux troubles dans le nord du pays. «Le fait que cet événement n’a pas eu lieu depuis dix ans a en fait suscité l’enthousiasme des gens qui ont travaillé très dur, coopéré avec le gouvernement pour nous donner trois jours passionnants», a déclaré Lai Muhammed, Ministre de l’information et de la culture du Nigeria. Le point central du festival est un concours de pêche traditionnelle dans les eaux boueuses de la rivière Sokoto, dont les plus belles prises sont ensuite fièrement exposées aux visiteurs.

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Bill Gates : Symbole de la fortune, et enraciné dans le savoir, et le combat contre l’ignorance, la maladie et la pauvreté

Texte : Moncef Mezgheni Dessin : Ali Mendalaoui

1. Un singulier pluriel : Bill Gates est : Un homme d’affaires américain, programmeur, informaticien, philanthrope, mécène, inventeur, financier, joueur de bridge, investisseur, acteur, mari et père, et une position en haut du podium des hommes les riches du monde. 2. Naissance et enfance dans une famille aisée : - Bill Gates est né le vendredi 28 octobre 1955 à Seattle (État de Washington) aux États-Unis d’Amérique dans une famille aisée. Son père, William Henry Gates II, est un avocat d’affaires. Sa mère, Mary Maxwell Gates, est professeur, et a été à la tête de certaines entreprises et banques. 3. Ecole et informatique : - Bill Gates a découvert les ordinateurs à la très sélective, Lakeside School de Seattle. Pour ensuite produire avec son ami d’enfance Paul Allen, leur premier programme informatique : Le jeu de TicTac-Toe. - En 1968, à l’âge de 13 ans, il fonde le Lakeside Programmers Group, avec Paul Allen et quelques autres amis. Certaines entreprises utiliseront par la suite les talents de ce groupe, principalement pour améliorer les systèmes et applications existants, écrits en langage assembleur. 4. De l’université à la programmation : - En 1973, à l’âge de 18 ans, Gates a rejoint l’Université de Harvard, où il rencontre Steve Ballmer, futur PDG de Microsoft. Ensuite, il décide d’abandonner les études, pour se consacrer exclu-

sivement à la programmation informatique.

5- Incontournable dans la liste des hommes les plus riches du monde : - En 1992, Bill Gates rejoint la première place dans le club des hommes les plus riches du monde, pour y rester encore en 2020. Avec une fortune en milliards. Certains, pauvres, et même riches, auront du vertige, rien qu’y pensant. 6- Bill Gates et son gendre égyptien : - En 1994, Bill a épousé Melinda Gates, et ont eu Jennifer Catherine, Voip Adal et Rory John Gates… - Sa fille, Jennifer Catherine Gates, cavalière, a rencontré dans l’un des clubs équestres, le chevalier de ses rêves, Nael Nassar, un jeune Egyptien qui est également riche. Tous deux diplômés de la prestigieuse université de Stanford, et sont déterminés à se marier. Les informations indiquent que la fortune de Nael Nassar dépasse la part de sa fiancée, dans la fortune de ses parents, Bill et Melinda. 7- Gates, l’homme le plus riche, a décidé de consacrer 95% de la fortune, au combat contre la pauvreté, l’ignorance et la maladie : - Bill Gates n’était pas avare, mais pris par la peur concernant l’avenir de ses enfants, devant cette richesse. - Il a pensé à concrétiser des projets caritatifs : En 2006, Bill Gates décide de consacrer 95% de sa fortune, à la lutte contre les maladies et l’analphabétisme dans les pays du Sud. Aussi, aider des étudiants pauvres du monde à accomplir leurs études. La Fondation Bill & Melinda Gates a dépensé 9,26 milliards de dollars, en particulier, pour vacciner 55 millions d’enfants.

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8- Virus au-lieu de la guerre nucléaire : Bill Gates, savait-il que Corona allait envahir le monde ? - 2015 (il y a 5 ans), lors d’une célèbre conférence TED Talks, et dans un théâtre bondé d’un large public, Bill Gates s’est levé pour avertir de ce qui suit, avec ces mots : Quand j’étais jeune, nous étions plus que préoccupés par les catastrophes, à savoir les guerres nucléaires. De nos jours, le plus grand risque de catastrophe mondiale n’émane pas des guerres nucléaires, mais des «virus». 9- Gates futuriste : - Et Bill Gates (2015) a déclaré: «Si quelque chose peut tuer plus de 10 millions de personnes, dans les prochaines décennies, ce sera probablement un virus très contagieux, au lieu de la guerre», avant d’ajouter : «non pas des roquettes, mais des microbes. Cela s’explique en partie par le fait que nous avons investi des sommes colossales dans le domaine de la détection nucléaire, par contre très peu dans un système qui aide à prévenir les épidémies. De ce fait, nous ne sommes pas prêts pour la prochaine pandémie». 10- Un chiffre ou un être humain ? - Bill Gates, est-il au courant, 5 ans à l’avance concernant le COVID-19 ? - Ou a-t-il voulu se contenter d’avertir, sur la base d’informations dont il disposait ? L’auditoire l’a ru ou non ? Ou ce public l’écouterait avec plus de sérieux, en 2020 ? Année du Coronavirus. - Avec l’espoir qu’elle sera l’année de la victoire contre sur le Corona. - On pourrait dire un jour : Il est certain que la personne Bill Gates a gagné, de sorte que l’histoire n’en retient pas un chiffre oscillant dans la liste Forbes des riches du monde.


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Attentisme coupable La crise du coronavirus a produit un véritable désordre, un séisme mondial. Son impact économique est déjà grave et risque de plonger tous les pays dans une récession dont nul aujourd’hui ne peut évaluer la durée, ni la profondeur. Les prix du pétrole n’ont jamais été aussi bas depuis la guerre du golfe. C’est un vrai choc de la demande qui se profile, les pays exportateurs étant importateurs de biens. Mais le choc de l’offre est, lui, déjà en place. Trente pour cent des biens manufacturés sont produits en Chine. Cela signifie que des secteurs comme l’automobile, la téléphonie, les textiles, l’industrie du luxe seront obligés d’arrêter leur production faute de composants chinois.

Par: Ahmed Charaï

Le transport aérien a déjà perdu des milliards de dollars et les compagnies les plus fragiles déposent le bilan. Le tourisme est en détresse absolue. Les économistes les plus sérieux redoutent un effet domino, qui plongerait l’économie dans une récession dont il faudra des années pour se relever. A moins de croire à la baraka, le Maroc, malgré sa faible intégration à l’économie mondiale, ne peut en sortir indemne. Le tourisme est déjà en crise. Les annulations se succèdent en cascade et les projections sur la période estivale sont très pessimistes. Même la demande interne est en baisse. Les transports, l’hôtellerie, la restauration sont en souffrance. L’impact sur l’artisanat sera lui aussi certain. Mais que dire des agences de voyages, des entreprises de l’évènementiel, qui voient tous les événements annulés, des traiteurs, etc… Nous parlons d’une vraie menace sur la viabilité de milliers de PME et de dizaines de milliers d’emplois. L’agriculture, déjà impactée par la sécheresse, ne tiendra pas son salon annuel, ni les différentes foires régionales qui permettaient la commercialisation. Nos principaux partenaires, la France, l’Espagne et l’Italie sont lourdement touchés, ce qui handicapera nos exportations déjà très faibles. Que fait le gouvernement pour sauvegarder ce qui peut l’être ? Rien, absolument rien, et ce n’est pas une tournure polémique. Le chef du gouvernement est allé faire campagne à Laâyoune pour le PJD alors qu’il n’y a aucune urgence électorale. Il n’y a pas eu une seule réunion dédiée à la situation économique, pas le début de ce qui pourrait s’apparenter à une réflexion. Et pourtant des mesures de soutien s’imposent. Un moratoire sur la fiscalité et les charges sociales, par exemple, n’a besoin que d’un décret, le ministre des finances doit vite bouger! Le rôle de la CGEM ce n’est pas de vulgariser les gestes-bannières uniquement, pour contribuer à freiner la propagation, on attend toujours ses propositions, ses revendications pour protéger l’économie nationale. L’aspect sanitaire de la pandémie est important parce qu’il met en jeu des vies humaines, mais son impact économique est encore plus marquant. Face à cette évidence, l’attentisme du gouvernement est coupable et sape la confiance déjà entaché . Le réveil tardif risque d’être amer.

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La situation sous contrôle mais…un couvre-feu est décrété  

La situation sous contrôle mais…un couvre-feu est décrété  

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