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SEPTEMBRE / OCTOBRE 2015


Naturally different.

PHOTO / FORMER STEEL-INDUSTRY SITE / ESCH-BELVAL

Let our expertise help you steer a clear path through the challenges and complexities of the legal landscape. With innovative thinking and streamlined solutions we deliver greater efficiencies and smarter outcomes. What sets us apart is our determination to deliver outstanding advice and a proven ability to adapt to all environments.

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Éditorial Septembre / Octobre 2015

HUMAIN

I

l a fallu un cliché pour éveiller les consciences. dans un gant (pas toujours) de velours, s’est depuis maniEt réveiller d’autres clichés. Le corps d’un festée de manières différentes aux quatre coins de l’Europe. gamin syrien échoué sur une plage de Turquie Partout, l’information abondante le dispute à la désinformaa été l’image choc qui laissait les mots sans tion nauséabonde, sur des réseaux sociaux qui fonctionnent poids. Elle est aussi l’image d’une humanité qui comme des réceptacles, des déversoirs ou des porte-voix. a échoué, mais qui espère la rédemption. Parfois, la race humaine – la seule race de l’espèce – sait se C’est humain de voir midi à sa porte. Mais c’est montrer peu digne des droits de l’Homme. Ou au contraire inhumain d’ignorer (voire de dénigrer) le genre humain, remarquable de sociabilité, de tolérance. Car, hélas, dans dont nous faisons tous partie. les larmes et le désarroi, on perçoit bien qu’il n’y a pas que Dans toutes les réactions à la « question des migrants » – le rire à être le propre de l’Homme, qui a un côté sale. qui ne seront vraiment réfugiés que lorsqu’ils auront Pendant ce temps, la vie continue. D’ici, on ne peut que acquis ce statut de leur vivant –, la voix du Luxembourg, mesurer la chance que nous avons de vivre dans des parmi d’autres, discordantes dans le concert, a eu des contrées de paix. Cela doit se mériter chaque jour. Il faut accents justes. De l’initiative citoyenne qui a fait naître aussi ne pas laisser s’installer les relents des va-t-en-guerre, une page Facebook pour inviter au rassemblement des parce que les balanciers de l’Histoire rappellent parfois des bonnes volontés à l’engagement officiel de l’État à jouer contextes passés, trop similaires à ce qui se vit aujourd’hui. son rôle de terre d’asile, il y a de quoi croire encore en La planète agitée – par les pires exactions, qu’aucun nom l’être humain. « Il faut arrêter de dire ou de faire n’importe ne justifie – nous rappelle que, si les hommes et les femmes quoi à propos des réfugiés, ce sont des êtres humains », avait ne naissent pas tous égaux, ils aspirent tous à le devenir. pour sa part souligné Xavier Bettel. Les relations humaines – le vrai réseau social – peuvent Jean-Claude Juncker, humain, touché en tant qu’être voire aussi nourrir les ressources. Le facteur humain peut aussi touchant en assurant, personnellement endeuillé, ses res- distribuer des lettres de noblesse. ponsabilités européennes – dans son discours sur l’état de C’est un choix à poser : chacun a une pierre, qu’il peut mettre au service de l’édifice ou l’Union, devant le Parlement de balancer dans le jardin du voisin, Strasbourg –, a eu aussi les mots Par Alain Ducat, pour un tas de raisons plus ou qu’il fallait pour secouer les certisecrétaire de la rédaction Paperjam moins avouables. Plus ou moins tudes et en appeler à tendre la E-mail : alain.ducat@maisonmoderne.com humaines. ◄ main. La main de l’humain, de fer Twitter : @Ducat_paperjam

― Septembre / Octobre 2015 ― 003


Hommage Jacques Demarque (1933-2015)

PHOTO : JULIEN BECKER (ARCHIVES)

Un homme d’exception Lui qui préférait le grand soleil – comme pouvait en témoigner son teint éternellement hâlé – a choisi un jour d’été pour tourner la dernière page du roman de sa vie. Une saga, plutôt, tant son existence fut remplie de mille et une activités et rencontres précieuses. Un grand homme, un ami, un modèle… les mots manquent pour évoquer la mémoire de Jacques Demarque, restaurateur, critique gastronomique et président d’honneur de Maison Moderne (éditeur de Paperjam, entre autres). Il nous a quittés le 13 juillet dernier dans sa 82e année. Il y a, dans l’âme et le cœur de Maison Moderne, un peu de Jacques Demarque. Il en fut un des collaborateurs de la première heure, dès 1997 (du temps de MKE), pour prendre en main le développement du City Guide Explorator. Jamais il ne compta les heures passées à faire attention à chaque détail écrit, avec la même application qu’un chef surveille ses plats mijotant sur les fourneaux. Normal : la restauration avait occupé une grande partie de sa vie « d’avant ». Les plus anciens se souviendront évidemment de la formidable aventure de L’Astoria, ouvert avec son épouse Blanche (ils allaient bientôt fêter 60 années de mariage). Au cœur de Belair, ce restaurant était un rendez-vous gastronomique incontournable, pour tous publics. C’était aussi la « cantine officieuse » de RTL, dont les émissions françaises étaient produites à la Villa Louvigny voisine. Des stars internationales s’y sont attablées, tels les Rolling Stones… C’est au cours de ces belles années que Jacques prit goût aux médias, en animant des émissions de cuisine sur la chaîne française de RTL. Ainsi, en plus de sa participation active au Guide Explorator, il devint le critique gastronomique luxembourgeois le plus respecté par les professionnels et le plus apprécié par les lecteurs. Il collabora aussi régulièrement à Paperjam, faisant découvrir, au travers d’interviews intimistes, les passions cachées de décideurs de la Place.

Jacques Demarque apporta également son expérience dans l’art de recevoir pour les cocktails et autres événements que nous organisions, créant même un rendez-vous mensuel, ancêtre de ce qui est aujourd’hui le Paperjam Club. Il écrivit aussi un livre, La cuisine du monde à votre table avec 50 chefs du Luxembourg, rendant accessibles 50 recettes de cuisines du monde, soigneusement sélectionnées. Ce Français d’origine aimait tellement le Luxembourg qu’il en prit la nationalité il y a une dizaine d’années. Amateur de cigares cubains, de single malts écossais, de grands crus français et de grandes tables en général, mais aussi pilote d’avion, titulaire d’un permis de navigation maritime et grand sportif (notamment le cyclisme et le tennis qu’il pratiqua en compétition), Jacques, généreux et humble, était un vrai épicurien, amoureux de tous ces plaisirs simples qui donnent de la lumière au quotidien. Cette même lumière qui jaillissait de son regard pétillant et de son sourire « Ultra Brite » qui ne laissait personne indifférent. « Jacques était un homme exceptionnel. Son niveau d’exigence et son exemplarité n’avaient d’égal que son ouverture d’esprit et sa générosité. Sans aucun doute, c’est une des principales rencontres de ma vie, témoi­gne Mike Koedinger, fondateur et CEO de Maison Moderne. Il était mon complice, un vrai ami et mon mentor. Il était infatigable, car il était bien accompagné. Sa force à lui venait de Blanche, l’amour de sa vie. » Nous aimions voir, dans les couloirs de nos bureaux à Bonnevoie, déambuler ce dandy, toujours d’une élégance et d’un raffinement rares. Nous aimions entendre ses récits et anecdotes de voyage. Nous n’oublierons jamais son éternel sourire et l’optimisme dont il faisait preuve en toutes circonstances. Il a tourné sa dernière page, mais le grand livre des souvenirs ne se fermera pas. Et à l’incommensurable tristesse de son départ survivra un arc-en-ciel illuminant sa mémoire : celle d’un homme d’exception. J.-M. G. ◄

― Septembre / Octobre 2015 ― 005


Paperjam Advertorial Interview Tech-IT PSF SA

Apporter une réelle valeur ajoutée dans la gestion des besoins IT

► Parce que les technologies et les besoins évoluent rapidement, les métiers de l’informatique doivent s’adapter. ► Appréhendant avec brio ces enjeux, Tech-IT, prestataire ICT, a largement diversifié son activité. Ses dernières réalisations, chez KPMG ou encore Banco Bradesco, ont été largement remarquées. ► Créée en 2007, la société compte aujourd’hui 40 collaborateurs, contribuant tous à offrir un service à haute valeur ajoutée au bénéfice du client. 006 ―

Monsieur Kaddour, en tant qu’administrateur délégué de Tech-IT PSF SA, pouvez-vous nous présenter votre activité ? « L’activité de Tech-IT PSF SA a été lancée en 2007, par quatre personnes, grâce à la confiance de notre actionnaire principal, Karp-Kneip Investors. Notre volonté a été d’accompagner les clients dans l’adoption de solutions informatiques répondant à leurs besoins, en partant de l’infrastructure pour, au fil du temps, diversifier notre activité. Désormais, en capitalisant sur une forte expertise dans la mise en œuvre et la gestion de l’infrastructure IT, qu’elle soit hébergée chez le client ou dans des data centers, nous sommes capables de prendre en charge l’ensemble de leurs problématiques IT.

― Septembre/Octobre 2015

▲ Avec ActiveMe, Tech-IT développe des tables multimédia spécialisées.

Comment s’est développée votre activité ? « Grâce à nos clients. Dans un marché fortement concurrentiel, nous avons la chance de compter sur des clients qui nous font confiance et que l’on ne veut pas décevoir. Notre préoccupation, à leur égard, est de leur apporter un service à réelle valeur ajoutée. Pour cela, nous capitalisons sur l’expertise dont nous disposons en interne, sur une bonne compréhension des besoins et des enjeux auxquels ils doivent faire face et sur


Paperjam Advertorial Interview Tech-IT PSF SA

une maîtrise des technologies que nous pouvons mettre à leur disposition pour y répondre. Quand nous avons débuté l’activité, nous étions quatre, pour un chiffre d’affaires avoisinant le million d’euros. Aujourd’hui nous sommes 40, pour un chiffre d’affaires qui devrait atteindre 14 millions d’euros en 2015. Comment les besoins des clients ont-ils évolué ? Comment y répondez-vous ? « Quand nous avons débuté notre activité, le cloud et les approches de managed services en étaient à leur balbutiement. Notre activité était centrée sur l’infrastructure. Rapidement, la technologie a évolué, comme les besoins de nos interlocuteurs. Nous nous sommes adaptés. Aujourd’hui, la tendance est à l’externalisation de l’IT. Nos clients souhaitent confier à des professionnels l’ensemble de leurs problématiques IT, de l’infrastructure à l’intégration de solutions et d’applicatifs. Nous pouvons répondre à toutes les demandes, en mettant en œuvre ces solutions ou, en tant que PSF, en gérant des processus opérationnels. Nous pouvons aussi bien mettre en œuvre une solution chez le client, en assurant la maintenance, accompagner tous les enjeux d’intégration, que proposer une gestion complètement externalisée de l’IT, en managed services, depuis l’un de nos data centers. Si je comprends bien, la gamme de vos services s’étend désormais au-delà de l’infrastructure ? « Oui, en nous appuyant sur une infrastructure adaptée, nous mettons en œuvre des solutions à même de répondre aux besoins de divers métiers, comme un système de core banking, un outil de gestion électronique des documents, une solution d’archivage ou un ERP… Récemment, pour une maison de soins pour personnes âgées, nous avons intégralement développé un outil d’accompagnement et de suivi des patients, qui répond spécifiquement aux besoins de l’activité. Il inclut des fonctionnalités de transmission des soins, de suivi des patients, d’alerte, de géolocalisation, de gestion du stock… Le tout est intégré pour faciliter le suivi administratif et la facturation. Le logiciel, pilote, devrait être commercialisé prochainement. Bien sûr, nous continuons évidemment à faire de l’infrastructure pure. Avec, aussi, une diversification sur les aspects multimédias ? « Si, hier, nous nous adressions presque exclusivement aux responsables des départements informatiques, aujourd’hui, nos interlocuteurs

se sont multipliés. Il peut s’agir de responsables financiers, à la recherche de solutions pour réduire les coûts tout en gagnant en efficience, désireux de voir comment la technologie peut les y aider. Nous sommes aussi confrontés à des demandes émanant du marketing, souhaitant mieux exploiter la technologie. Par exemple, dans les nouveaux bâtiments de KPMG, nous avons installé un écran LED de 40 m2, le plus grand jamais mis en œuvre. Derrière se cache une solution technologique de digital signage. Pour l’inauguration, nous avons créé un show de réalité augmentée, avec un hologramme de Xavier Bettel, via notre partenaire ActiveMe. Nous pouvons aussi mettre à disposition des technologies facilitant la gestion des salles de réunion, la communication au sein de l’entreprise, avec la vidéo-conférence, des outils de projection ou encore des solutions en matière de téléphonie. Un autre bel exemple, ce sont les deux tables numériques que nous avons développées avec nos partenaires Arch et ActiveMe, qui interagissent au toucher ou avec des objets spécifiques. Comment envisagez-vous votre développement pour l’avenir ? « En continuant à servir nos clients, à leur apporter une réelle valeur ajoutée, en répondant toujours mieux à leurs attentes. Ce sont nos clients, aujourd’hui, que nous voulons remercier pour la confiance qu’ils nous accordent. Depuis sa création, Tech-IT n’a jamais perdu le moindre client de confiance. C’est pour nous la meilleure preuve de notre capacité à appréhender la technologie et son évolution, dans le but de continuer à les satisfaire. Au-delà, considérant le marché concurrentiel luxembourgeois, nous envisageons aussi les possibilités d’exporter notre savoir-faire vers des marchés porteurs, comme l’Algérie et le Maroc, qui ont de grandes ambitions sur les créneaux digitaux. Au Luxembourg, nous allons continuer à diversifier l’activité, en mettant en œuvre la norme ISO 27001 et en obtenant l’agrément PSDC, pour l’archivage des documents électroniques. Nous sommes d’ailleurs en train d’implémenter, et ce pour répondre aux besoins de l’ensemble du groupe Karp-Kneip, une solution de gestion et d’archivage électronique de documents. Nous sommes aussi intéressés à investir dans les télécommunications via le cloud. Et enfin, récemment, nous avons investi dans l’e-commerce, en développant et en lançant la plateforme de distribution en ligne TipToprice (www.tiptoprice.com), que nous gérons avec un partenaire basé à Hong Kong. » ◄

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Tech-IT présente une offre de services diversifiée, notamment dans le domaine multimédia. Elle a par exemple mis en place l’écran LED géant qui trône dans le hall d’accueil du nouveau bâtiment de KPMG, large de 4m et haut de 10m. Le contenu affiché est géré par une solution digital signage installée, elle aussi, par Tech-IT.

Des tables multimédia interactives Avec son partenaire ActiveMe, Tech-IT développe par ailleurs des tables multimédia, pour différents clients parmi lesquels Naturpark Our. Tactiles, elles constituent des outils pédagogiques ou publicitaires remarquables. Elles permettent aussi d’interagir avec des objets. Découvrez les possibilités offertes par de tels outils en suivant le lien www.tech-it.lu ou www.activeme.be.

«Nous avons la chance de compter sur des clients qui nous font confiance et que l’on ne veut pas décevoir.» Hamid Kaddour, CEO de Tech-IT

― Septembre/Octobre 2015 ― 007


MEET OUR EXPERTS COURSE DIRECTORS Prof. Dr. Pascal Bouvry

Information and Communication Technology (ICT) has evolved over the past years into “smarter” services and devices, affecting almost every area of our lives. Its wide adoption and development can improve performance and productivity, while potentially delivering economic and social benefits. In order to support local stakeholders with embracing new opportunities deriving from technological stride, and as a part of objectives set in the economic development policy, ILNAS* and the University of Luxembourg introduced a lifelong learning programme underpinned by technical standardisation - the certificate Smart ICT for Business Innovation. Designed to foster high-potential ICT talents, the university certificate offers a broad view of Smart ICT concepts, aiming to give a better understanding of ongoing technological developments, stimulating the sense of innovation, so essential in today’s competitive business reality. I warmly encourage you to discover more about experts contributing to the programme in the present publication. Jean-Marie Reiff Director ILNAS* * Institut Luxembourgeois de la Normalisation, de l‘Accréditation, de la Sécurité et qualité des produits et services.

CONTACT ILNAS: tel.: (+352) 24 77 43 70 email: formation@ilnas.etat.lu

CONTACT UNIVERSITY: tel.: (+352) 46 66 44 6617 email: fstc-smartict@uni.lu

http://smartict.uni.lu

Prof. Pascal Bouvry is full professor at the University of Luxembourg. He is the academic director of the certificate smart-ICT for business innovation and director of the doctoral school in computer science and computer engineering. Pascal Bouvry is also faculty member of the SnT (interdisciplinary center for security, reliability and trust), associate editor of IEEE Cloud Computing magazine, associate editor of Elsevier Swarm and Evolutionary Computation journal, founding member of IEEE TC on Cybernetics for Cyber-Physical Systems, and vice communication chair of IEEE STC on sustainable computing.

Dr. Jean-Philippe Humbert Jean-Philippe Humbert earned his PhD on Information and Communication Sciences, at Université Paul Verlaine of Metz, focused on information security and cyber-criminality. Jean-Philippe Humbert is Deputy Director at the Institut Luxembourgeois de la Normalisation, de l’Accréditation, de la Sécurité et qualité des produits et services (ILNAS) of the Grand Duchy of Luxembourg. He is Member of the Board of the GIE ANEC and, in this frame, responsible of the national standardization strategy. Really involved in ICT Technical standardization and Education about standardization, since 2002, Dr. Humbert is also lecturer for the Bachelor of Computer Science at the University of Luxembourg.

LECTURERS Mr. Robert Bielecki With 22 years in IT services he has gained a strong experience in PKI. He was in charge of the EU Open Source Java library for the electronic signature. He acquired an extensive knowledge of the standards and he is engaged in ETSI workshops to help to improve them. His current professional responsibilities lead him to be actively involved in numerous conferences, giving him a good vision of the digital trust across the EU.

Dr. Hermann Brand Hermann Brand received the Dipl.-Ing. and Dr. tech. degrees in electrical engineering from the Technical Universities of Graz and Vienna, Austria. He has held various positions as an engineer and researcher, but also as a technology manager, innovation manager and business developer in the semiconductor, telecommunications and IT industry. Dr. Hermann Brand has been R&D manager in mobile communications before joining ETSI in 2008. As one of the Directors of ETSI he is currently responsible for Innovation.

Prof. Dr. François Coallier François Coallier, is a professor and CIO at the École de technologie supérieure (ÉTS), one of Canada’s leading engineering schools, affiliated with the Université du Québec network. Dr. Coallier has been involved in software and systems engineering standards development since 1984. He is currently international chair of ISO/IEC JTC 1/SC7 and vice-chair of the Canadian technical committee on IT Standardization (TCIT).

Dr. Grégoire Danoy Grégoire Danoy received his Industrial Engineer degree in Computer Science from the Luxembourg University of Applied Sciences (IST) in 2003. He obtained his Master in Web Intelligence in 2004 and his PhD in Computer Science in 2008 from the Ecole des Mines of Saint-Etienne, France. Since 2008, Dr. Danoy is Research Scientist in the Computer Science and Communications research unit (CSC) of the University of Luxembourg. His current research interests include nature inspired algorithms and multi-agent systems for tackling telecommunications, mobile networks, bioinformatics, high performance and cloud computing problems.


CERTIFICATE SMART ICT FOR BUSINESS INNOVATION Dr. Johnatan Pecero Mr. Nicolas Domenjoud Nicolas Domenjoud is currently Project officer ICT and Standardization of the GIE Agency for Standardization and Knowledge-based Economy. He is leading projects on Sector-based standards approach development, Standardization training and awareness and Standards watch to support the national stakeholders competitiveness. Nicolas is also working on the promotion of ICT technical standardization and he is national delegate on the ISO/IEC Joint Technical Committee 1 Information technology.

Mr. Dany Donnen Dany Donnen is speciaized in IT Strategy and business alignment. With his more than 25 years experience (in Media, Automotive, Consulting and Food Service) in ICT he managed many architecture and transformation programs to make ICT smarter and better aligned on business priorities and innovation.

Mr. Ashok Ganesh Ashok Ganesh is Director Innovation at CEN CENELEC and has worked in standardization for nearly 20 years. His current responsibilities include developing new standardization opportunities, standardsresearch integration, supporting SMEs to benefit from standards and Education about Standardization.

Dr. Juan Luis Jimenez Laredo Juan Luis Jiménez Laredo is Project Manager on Smart ICT and Standardization at the ANEC G.I.E, Luxembourg. He received his PhD on bio-inspired and distributed computing at the University of Granada and has served as a scientific researcher at the Universities of Luxembourg and Le Havre.

Mr. Terry Landers First appointed to the Board in 2012, Terry is Microsoft Chief Standards officer for Europe Middle East and Africa, working across a wide range of future and emerging technologies in the Information and Communications area, including Cloud Computing, Internet of Things, Smart Grids and Health Informatics. He is Chairman of NSAI’s ICT standards Consultative committee and is also a Board member of Enable Ireland, and several Microsoft companies.

Mr. Cédric Mauny Cédric Mauny works at Telindus as Head of Technical Unit of Security Department, Risk Manager and member of the Infosec committee. Cédric currently holds the Vice-Chair of the LU committee ISO/IEC JTC1 SC27 on IT Security techniques. He also chairs the LU committee ISO/TC 262 on Risk Management.

SUPPORTING ORGANISATIONS:

DIAMOND PARTNER Class of 2015 Official Sponsor:

Johnatan Pecero earned his Ph.D. in Computer Science from the Grenoble Institute of Technology, (INPG). Johnatan is currently the Head of Standardization Department at GIE ANEC supporting ILNAS in the development and implementation of the national ICT technical standardization strategy, including Education about Standardization. Johnatan is also delegate on the ISO/IEC Joint Technical Committee 1 Information technology, mainly on cloud computing, data centers, and big data.

Dr. Tuan Anh Trinh Tuan Anh Trinh holds a Ph.D. in Computer Science from the Budapest University of Technology and Economics (BME). He founded and is the Head of the Network Economics Group at BME. His recent research interests include socio-economic aspects of networked systems, smart ICT/applications, and sustainability issues of the Future Internet.

Mr. Alain Wahl Alain Wahl is currently the head of Digital trust department of ILNAS. After his Master in Computer Science at University of Fribourg in Switzerland, he worked as Informatics teacher and ICT System administrator for 5 years, before joining the Digital trust department of ILNAS in September 2011.

Dr.-Ing. Laurent Wahl Since 2013, Dr.-Ing. Laurent Wahl is the Head of the ILNAS Standardization Department, Luxembourg’s National Standards Body. Between 2009 and 2013, he worked as research assistant at the University of Luxembourg where he obtained his PhD. Before this, Laurent Wahl studied Mechanical Engineering at the ETH Zurich, where he completed his MSc.

Mr. Mario Wendt Mario Wendt is National Standards Officer at Microsoft based in Hamburg, Germany. He focuses on technology and policy related topics from ICT related Technology Trends like Cloud Computing, Distributed Applications, 3D printing, Advanced Manufacturing, IT Security, IT Privacy, etc and national/international ICT Standardization in DIN/DKE respectively ISO/IEC.

Dr.Ir. Robert van Wessel Robert M. van Wessel holds a Master in Electrical Engineering from Twente University and a PhD in Business Administration from Tilburg University (Department of Information Systems and Management). He is associated with Rotterdam School of Management, Erasmus University. Robert’s research interests relate to the interaction of Business and Information Technology, in particular Business performance and the Value of IT, Enterprise Architecture, Data and Information Management, IT Governance, Information Security Management, Portfolio Management, and IT Standardisation and Standards. Robert is currently Business Architect at a financial services enterprise and founder of ApexIS, a firm providing consultancy services to companies in his areas of research.

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Sommaire Septembre / Octobre 2015

Évolution

14.213 10.255

12.000

10.222

12.163

15.000

13.779

Dette par tête d’habitant en euros

6.549

7.034

9.000

1.158

6.000

1.087

868

546

1.462

971

1.601

1.580

1.666

1.626

1.462

1.307

971

693

659

480

504

387

815

683

1.154

999

1.002

999

866

731

649

565

3.000

Par Florence Thibaut

030

18/06

Les députés votent

Coup de balaila loi instaurant le mariage homosexuel. Outre le grand nettoyage entrepris au Logement, sous▲forme de guerre des chefs, l’axe politique prioritaire reste en deçà des espérances.

2014

Décembre 2013Gouvernement Bettel-Schneider-Bausch DP-LSAP-Déi Gréng

033

2013

2012

2011

2010

Juillet 2009-décembre 2013 Gouvernement Juncker-Asselborn II CSV-LSAP

Force tranquille Le super-ministère d’Étienne Schneider n’a pas encore dépoussiéré la multiplicité des acteurs. Mais la diversification avance et les points forts du pays brillent dans le monde.

La dette publique a pris une autre tendance.

2009

2008

2007

2006

2005

2004

2003

2002

2001

2000

029

Juillet 2004-juillet 2009 Gouvernement Juncker-Asselborn I CSV-LSAP

« Jouer un rôle de guide » L’Université du Luxembourg entame la deuxième phase de son développement, sur le campus flambant neuf de Par Jean-Michel Gaudron, Belval, qui fait sa première ▼ Véronique Poujol et Alain Ducat rentrée. 05/06 Annonce du lancement de la Neuf mois après son introni­ 028 stratégie « Digital Lëtzebuerg ». sation, le recteur a une vision Une vie après l’échec claire pour le futur. Le raz-de-marée des « non » Les fils rouges : international, au référendum a souligné l’inexrecherche collaborative et périence politique de l’équipe 032numérique. ― ― Septembre / Octobre 2015 Bettel. Le Premier ministre reste Différents projets sont encore déçu mais ne regrette pas dans les cartons, dont celui de d’avoir tenté. monter une filière médicale.

1999

1998

1997

Dirty work in progress Après 20 mois de cohabitation au cœur d’une coalition inédite, le gouvernement tricolore a parfois dû effectuer le sale boulot. Et il y en a encore !

Août 1999-juillet 2004 Gouvernement Juncker-Polfer CSV-DP

026

Janvier 1995-août 1999 Gouvernement Juncker-Poos CSV-LSAP

Coverstory

1996

1995

1993

1992

1991

1990

1988

1989

1987

1986

1994

Juillet 1994-janvier 1995 Gouvernement Santer-Poos III CSV-LSAP

RAINER KLUMP

026

Juillet 1989-juillet 1994 Gouvernement Santer-Poos II CSV-LSAP

Grand entretien

Juillet 1984-juillet 1989 Gouvernement Santer-Poos I CSV-LSAP

018

1985

1984

1983

1982

1981

1980

032

L’avenir du paquet Le budget 2016 approche à grands pas. Le Zukunfstpak a déjà livré une série de mesures et de pistes, sur les 258 points détaillés. Surtout, la tendance des finances publiques a pris une tout autre courbe.

038

Rendez-vous dans trois ans L’échéance législative doit intervenir logiquement en octobre 2018. La coalition en place ne s’est pas croisé les bras, a parfois buté sur les pièges, mais a encore du travail à accomplir et du temps pour y arriver.

036

Le temps des réformes En matière d’éducation, de famille ou d’intégration, la transversalité est de rigueur entre ministères. Le gouvernement a voulu une politique globale, où l’enfant est au centre des efforts pour préparer l’avenir.

― Septembre / Octobre 2015 ― 011


Sommaire Septembre / Octobre 2015

072

Le secteur des crèches remue.

040

Économie & Politique 046

Le Statec sur la corde raide Indispensables aux prévisions budgétaires, les données pour le second trimestre 2015 sont attendues début octobre. L’Institut national de la statistique sera-t-il en retard ? Par Véronique Poujol

050

052

La fabrique de rulings au ralenti Les Contributions directes vont introduire des quotas de décisions anticipées. Les praticiens de la fiscalité mettent en cause la gouvernance de l’administration. Par Véronique Poujol

054

Entre asile, travail et fiscalité L’automne sera animé pour l’équipe Bettel, qui doit gérer l’actualité brûlante et poursuivre les réformes de fond.

Le chèque et le service, pour tous Le CSA, pion majeur de la politique de l’enfance, est en évolution législative. Parmi les changements annoncés, l’abolition de la clause de résidence.

Par Véronique Poujol

Par Alain Ducat

068

096

Entreprises 072

Crèche-test de mise Les services d’éducation et d’accueil offrent près de 50.000 places. Le marché « à vocation commerciale » remue. Les nouvelles normes sont décalées à 2018. Par Alain Ducat

076

Place financière 080

Une décennie d’authentification Luxtrust ne cesse de grandir à la mesure de la demande pour ses certificats, qui comptent déjà 400.000 clients. Par Florence Thibaut

082

Réhabilitation L’ancien site industriel de Polfermillen va se transformer en quartier d’habitations. La dépollution des sols est un des enjeux de ce projet immobilier unique en ville.

Une image de marque à soigner Réalisée par Maison Moderne auprès de 100 entreprises, l’étude Brand Duchy 2015 décortique les stratégies de communication des annonceurs du pays.

Par Véronique Poujol

Par Jean-Michel Gaudron

100

104

Par Véronique Poujol

Par Véronique Poujol

102

108

Dans l’arrièreboutique du wealth management De Luxembourg aux Bahamas, plongée dans les coulisses d’une officine de « gestion de fortune » proposant des « solutions » aux fraudeurs et évadés fiscaux.

Une femme, des fonds, le monde Denise Voss, première de cordée de l’Alfi, défend la Place réglementée et ses road shows de promotion dans les endroits les plus adéquats du globe. Par Jean-Michel Gaudron et Alain Ducat

Les coulisses d’un naufrage Espirito Santo, le dernier conglomérat mixte portugais qui avait des têtes de pont à Luxembourg, coulait il y a un an. À Lisbonne, la famille fondatrice se bat pour l’honneur.

Sous la bâche, les salons La BCEE a racheté le château Arbed et y fait des travaux spectaculaires. En manque de place ailleurs, elle y installera des équipes dédiées aux entreprises ou aux clients privés. Par Jean-Michel Lalieu

― Septembre / Octobre 2015 ― 013


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Sommaire Septembre / Octobre 2015

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Désirs 118 CULTURE

Actualités Quelques événements culturels marquants à venir, les personnalités à suivre, les parutions du moment, les dates à retenir.

119 ZOOM SUR…

Zoom Éditions Spécialisée dans le livre pour enfant et l’édition didactique, la petite maison d’édition installée au 1535° lance deux titres multilingues sur tablette. Claudine Furlano présente ses collections. Par France Clarinval

120 SÉLECTIONS

Des concerts et du vélo Pour cette rentrée, nous avons demandé à Yves Stephany, rédacteur culturel sur la radio 100,7, de nous livrer les concerts à ne pas manquer. Le Bicycle Art & Film Festival (BAFF) a pour but de rassembler, d’inspirer et de divertir les amateurs de vélo de tout âge à travers des films, des ateliers, un marché et des parcours.

121 SHOPPING

Poiray en quatre temps La maison de joaillerie et d’horlogerie Poiray, créée en 1975, ouvre un magasin à Luxembourg. Nous vous présentons quatre pièces iconiques de « la jeune fille de la place Vendôme ». Ainsi que l’actualité du commerce à Luxembourg. Par Céline Coubray

122 GASTRONOMIE

La recette de Beet La nouvelle adresse tendance, c’est Beet, au centre-ville. Nicolas Curtil ne propose que des recettes végétariennes et véganes. L’occasion d’essayer un des plats de la carte. L’artisan torréfacteur François Knopes détaille la fabrication de différents types de café. Et l’actualité de la gastronomie. Par France Clarinval

123 INTERVIEW

Le design jusqu’au bout des mots Le designer graphiste et typographe Philippe Apeloig est le prochain invité de Design Friends. En préambule de sa conférence du 21 octobre au Mudam, nous lui avons posé quelques questions sur son travail.

123

Philippe Apeloig sera l'invité de Design Friends.

Par Céline Coubray

― Septembre / Octobre 2015 ― 015


Agenda Événements à ne pas manquer dans les prochaines semaines

À SUIVRE 17/09

22/09

AUDITIONS

CÉRÉMONIE OFFICIELLE

Juncker devant la commission « taxe »

Le Grand-Duc inaugure la nouvelle Uni

Les eurodéputés chargés de plancher sur la fiscalité des multinationales entendront le président de la Commission européenne, 10 mois après les révélations autour des rulings accordés par l’Administration des contributions directes. Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, sera également auditionné. Cinq jours plus tard, ce sera au tour des ministres des Finances allemand, espagnol, italien et français d’être entendus. Pierre Gramegna, en tant que représentant de la présidence du Conseil, pourrait également être présent.

Quelques jours après l’arrivée des étudiants sur leur nouveau campus, le site de Belval sera officiellement inauguré par le Grand-Duc Henri. Seront aussi de la cérémonie, notamment, François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures, Claude Meisch, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Marc Hansen, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. En coupant le ruban, les autorités inaugureront surtout une nouvelle ère pour l’Université du Luxembourg.

17/09

28/09

30/09

07/10

COMMERCE

BILAN FINANCIER

COOPÉRATION ÉCONOMIQUE

TRANSPORTS

Monoprix étend son maillage

Le Fonds Belval détaillé en chiffres

Un quart de siècle d’Italie

La petite reine à la conquête de l’Europe

Un peu plus d’un an après l’ouverture d’un premier magasin dans le quartier Gare, l’enseigne française Monoprix poursuit son essor. Après une boutique de 380 m2 dans la ville haute, c’est un magasin de 340 m2 au Limpertsberg qui ouvre ses portes. Deux autres ouvertures sont d’ores et déjà dans les esprits d’Eliran Hagège et Jacob Erik Amiel, les franchisés luxembourgeois de l’enseigne : un magasin Bio by Nature dans le prolongement du Monoprix du quartier Gare et une enseigne à Esch-sur-Alzette.

Les députés font le point en commission parlementaire sur le coût des grands projets d’infrastructures gérés par le Fonds Belval. Lancé officiellement en 2001 avec le Concours d’urbanisme, le projet de réhabilitation des anciennes friches industrielles a concerné une vingtaine de sites répartis sur 120 hectares au sud du pays.

La Camera di Commercio ItaloLussemburghese fête ses 25 ans. Au-delà de la réception officielle privée, au Cercle Cité, le mercredi 30 septembre, ce sont des années d’activités et de collaborations économiques entre les deux pays qui seront mises en évidence. Parmi les récentes contributions de la Chambre de commerce italo-luxembourgeoise, présidée par Fabio Morvilli, il y a l’organisation, avec l’IFBL et la PwC Academy, d’un master en private equity et fonds d’investissement, qui démarrera le 12 octobre. Inscriptions possibles jusqu’au 18 septembre sur www.masterfinance.eu.

Réunis à Luxembourg, les 28 ministres des Transports vont officiellement débattre « du soutien que l’UE et les États peuvent apporter à l’augmentation de la part modale du vélo dans le transport de personnes et de fret ». De manière symbolique, les dirigeants européens se rendront en vélo au centreville pour le dîner officiel. Un road trip dans les rues de la capitale effectué en compagnie d’Andy Schleck et bien sûr de François Bausch pour guider le peloton.

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― Septembre / Octobre 2015


Grand entretien Rainer Klump ― Interview : Florence Thibaut ― Illustration : Anne Mélan

« Jouer un rôle de guide » ► L’Université du Luxembourg entame la deuxième phase de son développement, sur le campus flambant neuf de Belval, qui fait sa première rentrée. ► Neuf mois après son intronisation, le recteur Rainer Klump a une vision claire pour le futur. Les fils rouges : international, recherche collaborative et numérique. ► Différents projets sont encore dans les cartons, dont celui de monter une filière médicale.

Monsieur Klump, quel premier bilan pourriez-vous tirer de ces neuf mois aux commandes de l’Université du Luxembourg ? « Je suis toujours en phase de découverte. J’apprends tous les jours de nouveaux aspects de cette université. Je suis en train de cerner la culture locale et j’essaie encore de comprendre comment notre institution peut jouer un rôle plus marqué dans la société et ce qu’elle peut apporter à la science et à la recherche mondiale. Je suis très impressionné par l’atmosphère internationale et multilingue qui y règne. Ce n’est pas un vain mot, nous vivons ce multiculturalisme au quotidien. Le corps enseignant est composé de professeurs issus de 25 pays et on retrouve 107 origines différentes dans les 6.147 étudiants que nous comptions à la rentrée passée. On entend presque toutes les langues dans les couloirs ! Chaque réunion du conseil académique se déroule en au moins trois langues, c’est très stimulant et cela illustre le côté ‘laboratoire de l’Europe’ de l’Uni. Une de vos premières tâches était de définir une stratégie robuste pour les 10 prochaines années, quels en seront les piliers ? « Je vois l’Uni comme une porte d’entrée vers l’Europe pour nos partenaires étrangers. Ma plus grande ambition est d’asseoir sa réputation d’université moderne, interdisciplinaire, multiculturelle, et concentrée sur des secteurs de recherche de pointe comme la biomédecine et l’ICT. Pour y parvenir, les clés de voûte seront le numérique, les collaborations interdisciplinaires nationales et internationales, et l’investissement soutenu dans la recherche. Grâce à tout le travail effectué par Rolf Tarrach, mon prédécesseur, l’Uni n’est plus une petite start-up ; il lui faut à présent devenir une institution reconnue. Comment cette stratégie sera-t-elle validée ? « Elle devra être approuvée par le conseil de gouvernance d’ici la fin 2015 et discutée avec les stakeholders externes. Un plan d’action suivra dans la foulée en début d’année prochaine. Il sera, bien sûr, en lien avec nos plans quadriennaux.

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― Septembre / Octobre 2015

Relations internationales

Bâtir des ponts avec l’étranger

Dès sa fondation en 2003, l’Uni s’est pensée comme un acteur international, bien implanté sur le terrain de la recherche mondiale. 60 partenariats ont depuis lors été signés avec des universités en Europe, Asie et Amérique du Nord. « Aujourd’hui, une université ne peut plus fonctionner de manière isolée. Nous visons l’excellence mondiale, l’interdisciplinarité et la pertinence locale dans tout ce que nous entreprenons », indique le recteur. Cette volonté s’illustre dans l’obligation pour les étudiants des 11 bachelors d’aller étudier une année à l’étranger, quel que soit leur choix de cursus. En 2013-2014, 600 étudiants ont voyagé dans une vingtaine de pays. Cette diversité s’incarne également dans les 107 pays d’origine des quelque 6.000 étudiants inscrits l’année passée, dont 11 % en provenance de pays hors UE. Pour donner vie à sa stratégie expansionniste et améliorer la visibilité sur la scène internationale, l’Université du Luxembourg va faire son apparition dans les rankings, ces grands classements académiques. F. T. ◄

Rainer Klump Illustration : Anne Mélan Peinture à l’huile 50 × 40 cm, 2015

Plus que jamais, l’université veut se positionner comme un acteur majeur sur la scène de la recherche inter­na­tionale, que lui manque-t-il encore pour y parvenir ? « Un des aspects qui peuvent être améliorés rapidement est le recrutement de profils reconnus. Pour séduire les meilleurs chercheurs, les processus RH doivent être plus rapides et transparents. Nous allons étendre l’équipe administrative, améliorer les délais. Malgré un contexte financier assez tendu, nous sommes également parvenus, cette année, à recruter cinq professeurs, en mathématique, anglais, droit européen et sciences de la jeunesse. En étant à Belval, l’Uni est à même de couvrir tout le cycle de l’innovation, de la recherche fondamentale jusqu’au soutien de spin-off. Elle a toutes les clés en main pour développer sa renommée. Votre arrivée a coïncidé avec le déménagement effectif à Belval. Quel nouvel élan le nouveau bastion vat-il donner à l’université ? « Le projet Belval est à la fois une opportunité immense de se réinventer et un défi logistique et humain sans précédent. Pour prendre un exemple, la Cité des sciences répond pleinement à un besoin de davantage de ponts entre les disciplines. Creuset d’innovation, ce campus sera équipé des meilleures installations de recherche, ce qui va nous permettre d’opérer un saut qualitatif conséquent. Pour nos doctorants, avoir un accès facilité aux scientifiques du List ou du Liser est plus que précieux. Tout un écosystème est en train de se mettre en place autour de l’Uni, du FabLab au Technoport. C’est clairement un grand pas pour l’avenir de l’Uni et un signal clair de son entrée dans une deuxième phase. Même s’il nous reste beaucoup de travail, la feuille de route est précise et les orientations bien fixées. Les deux années à venir verront les plans des autres sites arrêtés. Le campus du Kirchberg, dédié à l’économie et la finance, sera aussi redessiné. Ce sera notre point de chute en ville. L’aspect « campus », qui faisait défaut auparavant, va-t-il contribuer au rayonnement de l’Uni ? « L’atmo­ sphère d’un campus a un effet très positif sur l’ensei-


PHOTO : CHRISTOPHE OLINGER (ARCHIVES)

Grand entretien Rainer Klump

gnement, j’ai notamment pu m’en rendre compte lors de mon passage à l’université de Francfort. Combiner vie universitaire et vie de quartier est très riche. La Rockhal, le cinéma, les restaurants offrent une qualité de vie agréable et participent à l’attractivité du site. Encore développer le logement est une de nos priorités. D’ici la rentrée, les étudiants pourront compter sur 38 résidences, comprenant un total de 800 unités de logements, situées aux quatre coins de la ville de Luxembourg, ainsi qu’à proximité d’Esch. Nous ouvrons la résidence Maison luxembourgeoise située à BelvalNord et disposant de 45 chambres. D’ici 2017, cette offre sera étoffée. Plusieurs projets actuels vont se matérialiser dans les mois à venir pour atteindre le chiffre de 1.305 unités, situées pour la plupart dans la région sud voisine du site de Belval. Je dois souligner une belle mobilisation des communes avoisinantes. Un élément manque encore à l’appel : un centre sportif, pourtant prévu dans les plans initiaux, mais mis entre parenthèses. Il faudra sans doute encore quatre ou cinq ans avant de le voir sortir de terre.

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Rainer Klump rend volontiers hommage à son prédécesseur (ici, lors de l’event pour son départ) : « Grâce à tout le travail effectué par Rolf Tarrach, l’Uni n’est plus une petite start-up. »

Que fallait-il finaliser pour la rentrée académique du 14 septembre ? « L’administration centrale a désormais pris ses marques dans son nouvel environnement. Dans l’ensemble, les différents services étaient prêts. À la fin août, il nous restait à finaliser le programme de la semaine d’accueil pour les étudiants et les jeunes chercheurs, en grande partie coordonné par le bureau estudiantin. La rencontre prévoyait un petit-déjeuner offert à tous. L’idée est vraiment de célébrer ensemble, étudiants et professeurs, cette rentrée à Belval. Cette première semaine est émaillée de piqueniques, rencontres, etc. Nous devons également encore améliorer la visibilité de l’Uni sur le site même, sans doute grâce à des pancartes et logos supplémentaires et peut-être à l’aide d’une sculpture ou un projet artistique. Savoir se repérer sur le campus n’est pas encore chose aisée pour les non-initiés. Une fois les quelques ajustements nécessaires effectués, je suis certain que tout se passera bien ! Comment conserver l’esprit pionnier qui fait l’ADN de l’Uni ? « Cet esprit du début s’incarne aujourd’hui dans le recrutement. Nous recherchons des académiques


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Grand entretien Rainer Klump

dotés d’une fibre entrepreneuriale. J’ai déjà eu la chance de rencontrer de jeunes chercheurs qui ont cet esprit, osent et ont envie de créer quelque chose. C’est une chance pour l’université. Pouvoir compter sur des ‘intrapreneurs’ est indispensable pour en faire un modèle d’établissement en Europe. Le numérique participe également de cette volonté d’exemplarité. La vague digitale va transformer toutes les disciplines, y compris les sciences dites classiques. L’histoire, par exemple, voit ses pratiques réinventées. L’industrie n’est pas la seule à devoir s’adapter à cette révolution qui balaie tout sur son passage. L’enseignement, l’administration, la communication externe ou interne, ainsi que les liens avec la société en sont transformés. Je suis convaincu que l’Uni, de par sa taille modeste et son histoire récente, a tous les atouts en main pour créer un modèle d’université du 21e siècle innovant et disruptif. Sortir l’université de sa tour d’ivoire fait partie de vos objectifs, comment parvenir à la rapprocher de la société civile ? « L’université doit à mon sens être le fer de lance du ‘nouveau Luxembourg’. Je la vois comme la force motrice de cette société de la connaissance qui se met en place. Elle ne peut plus fonctionner en vase clos. Pour se faire, il faut multiplier les contacts avec le monde politique et le secteur privé. Cette réflexion s’illustre notamment dans le nombre croissant de chaires financées par des acteurs publics ou privés. Depuis 2007, les huit chaires de dotation soutenues par des acteurs comme Atoz Tax Advisors, SES ou ArcelorMittal ont déjà abouti à des recherches pointues. Nous avons de gros efforts à faire pour améliorer notre communication générale pour toucher encore davantage le public. Le projet de Maison du livre peut-il contribuer à cet effort de la rendre plus visible ? « L’ouverture de notre bibliothèque est prévue pour 2018. Je la considère comme le centre de tout. C’est l’unique bâtiment où l’université sera le seul maître à bord. Le lieu, conçu comme un espace vivant d’échanges et de discussions, sera un vrai learning centre. Ouverte au public, si possible 7 j/7 et jusqu’à minuit, elle mêlera ainsi outils numériques, livres, espaces de coworking et possibilités de faire des webinars. Nous voulons en faire une plateforme d’apprentissage pour les citoyens, à l’image de l’Uni, jeune et dynamique. L’université pourrait-elle jouer un rôle accru dans les débats sociétaux ? « Toute université doit faire partie intégrante de la société à laquelle elle appartient. L’Université du Luxembourg veut jouer un rôle de guide, être un lieu de réflexion nationale et de prise de recul, comme c’est le cas dans d’autres pays depuis des siècles. Sa taille actuelle le lui permet à présent. Elle a notamment déjà pu occuper ce terrain lors de la publication du rapport Artuso consacré à l’occupation allemande au Luxembourg ou lors du projet de nouvelle Constitution. Une plus grande ouverture est encore nécessaire pour qu’elle puisse être une vraie médiatrice dans les débats politiques et sociaux. C’est toute une culture à établir. Elle passera notamment par une collaboration encore plus étroite avec l’industrie et l’économie du pays, des liens plus étroits avec nos alumni, ainsi qu’une recherche

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Projet Belval

Multiplier les synergies Notamment mené par Alfred Funk, directeur administratif, et Franck Leprévost, vice-recteur, en collaboration avec le Belval Office, le titanesque déménagement à Belval a été réalisé en plusieurs vagues. Sur les plans IT comme opérationnel, la planification en amont a été extrêmement minutieuse. Projet phare du site de Belval, la Cité des sciences a été évaluée à environ 950 millions d’euros pour sa première phase et prévoit, in fine, 20 immeubles neufs sur la terrasse des hauts fourneaux. On attend encore la Maison du livre, la Maison du nombre et la Maison des arts qui devraient être inaugurées à la fin 2016. La Maison du savoir, épicentre du projet, est, depuis le déménagement, occupée à 80 % par l’administration de l’université. Les 20 % restants seront habités par des start-up et divers centres de recherche. À la fin des travaux, ce sont environ 7.000 étudiants et 3.000 enseignants et chercheurs qui animeront le site. L’installation va permettre de multiplier des synergies avec des acteurs comme le List ou le Liser. « Ce campus va nous permettre d’opérer un saut qualitatif conséquent. Tout un écosystème est en train de se mettre en place autour de l’Uni, du FabLab au Technoport. C’est clairement un grand pas pour l’avenir », se réjouit Rainer Klump. F. T. ◄

L’Uni doit à présent devenir une institution reconnue.

approfondie de nouveaux canaux pour mieux communiquer les résultats de nos recherches au public. Si on prend l’exemple des fintech, l’Uni pourrait jouer une mission d’agrégateur de compétences techniques et financières et rassembler les acteurs concernés. Son rôle premier reste de préparer les leaders de demain. L’avenir de l’Uni passera par l’international, comment œuvrez-vous à la faire connaître hors des frontières grand-ducales ? « Nous visons l’excellence mondiale, l’interdisciplinarité et la pertinence locale dans tout ce que nous entreprenons. Pour être plus visible à l’étranger, l’Uni va faire son apparition dans les rankings, notamment celui du Times Higher Education d’ici 2016. Nous avons déjà commencé à présenter les premières données. Les résultats sont déjà assez bons, surtout au niveau de la recherche. En parallèle, nous avons entamé une campagne de marketing internationale avec l’aide d’un partenaire. Ensuite, nous multiplions les collaborations bilatérales à l’étranger. Un des vice-recteurs est récemment allé à Singapour et je me suis rendu plusieurs fois aux USA, à Berkeley, en Californie, ainsi qu’à Stanford et à Columbia. En Chine, je viens également d’aller à Shanghai. Nous nous considérons comme une université de recherche, mon ambition est toujours de combiner partenariat scientifique et enseignement. Dans le domaine du soutien au développement, nous venons de signer un contrat de subvention avec l’Université de Bamako au Mali. Enfin, les erasmus et 300 échanges d’étudiants dans le monde contribuent aussi à notre réputation internationale. Quelles sont les collaborations que vous souhaitez nouer au sein de la Grande Région ? « L’Uni veut être un acteur majeur de l’Université de la Grande Région aux côtés de l’Université de Liège ou de Saarbrücken. Très vivante, elle permet une multitude de collaborations. Nous travaillons, par exemple, avec les universités de Nancy et Metz dans le cadre de ‘l’université française d’excellence’. Nous avons également un projet de coopération transfrontalière avec Trèves dans le domaine des sciences numériques. Nous allons certainement encore développer d’autres synergies. Je suis heureux de voir qu’elles s’intéressent toutes de près au projet Belval. Il est possible que l’Université de la Grande Région prenne le statut d’asbl luxembourgeoise, ce qui renforcera encore ses liens avec le pays. Qu’est devenu le projet d’école médicale poussé par le précédent gouvernement il y a deux ans ? Est-il toujours d’actualité ? « L’opportunité de ce projet, proposé à mon prédécesseur en 2013, est toujours en train d’être étudiée. Deux études de faisabilité viennent d’être consacrées à ce sujet. La première, concentrée sur l’aspect académique et les possibilités de collaboration avec d’autres acteurs, était positive. La deuxième, orientée coûts, l’était moins. Une troisième étude, en cours, est en train de recalculer les coûts estimés. Le dossier devrait être définitivement validé ou repoussé d’ici 2016. À l’avenir, même si ce projet aboutit, il faudra continuer à trouver plus de places pour les étudiants luxembourgeois à l’étranger. Le pays a besoin d’une centaine de nouveaux


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PHOTO : MIKE ZENARI (ARCHIVES)

Grand entretien Rainer Klump

médecins chaque année. Le projet d’école prévoit 50 places, les besoins ne pourront donc pas être entièrement couverts localement. Quelles vont être vos priorités d’ici la fin de l’année ? « La première chose sera de continuer à développer Belval et le campus du Kirchberg. Ensuite, je terminerai le travail de définition de la stratégie entamé au mois de mars. Je compte également amorcer une réflexion autour du fundraising. Je vois un grand potentiel de financement dans la philanthropie. De nombreuses universités fonctionnent avec des dons privés et financent des doctorats de cette manière. Nous pourrions nous en inspirer, en particulier dans les secteurs de la santé ou l’histoire. Autre tâche à l’agenda, nous allons aussi d’ici peu nous atteler à un travail de réorganisation interne pour doper l’efficacité des différentes unités. À quoi ressemblera l’Uni du futur ? « L’Uni sera digitale, interactive, connectée et au centre des débats publics. Pour y parvenir, nous devons poursuivre nos

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Les universités de la Grande Région, et même par-delà, s’intéressent beaucoup au projet Belval.

L’Uni sera digitale, interactive, connectée et au centre des débats publics.

investissements dans le numérique et réviser nos programmes d’étude pour intégrer ces outils dans chaque discipline et chaque parcours. Il faudra également investir dans le développement personnel du corps académique afin qu’il puisse s’adapter et permettre davantage de formations continues. Continuer à investir dans les capacités multilingues, un de nos grands atouts, sera également essentiel. Nous avons récemment créé un centre de langues afin que chaque étudiant puisse se perfectionner dans au moins trois langues : français, allemand, anglais. Un des buts de l’université est que chaque jeune diplômé maîtrise au moins deux langues étrangères, ce qui correspond aux objectifs européens de Barcelone définis en 2002 et jamais atteints. Enfin, sa dimension de plateforme de réflexion devra être renforcée. Je compte pour cela sur tout le potentiel de Belval. » ◄ En résumé Aux mannettes de l’Uni depuis neuf mois, Rainer Klump, successeur de Rolf Tarrach, a débuté sa mission par la définition d’une solide stratégie. Son ambition : en faire un modèle d’université de recherche au cœur de l’Europe.


Coverstory

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op précipitée », façon peut-être tr de tes Alex Bodry oût 2015. Depuis èdent les socialis nc co Décembre 2013-a pe parlementaire bourg est dirigé (président du grou 20 mois, le Luxem gen (président ent tricolore AP) et Claude Haa LS par un gouvernem oins le parlementaire ais elle « a néanm ité m i) tim rt gi lé pa la à du it, oses inéd fait bouger les ch alition renversait r co oi av La . d’ ue ite iq ér at m m mathé rte n ». tien social, en pe n entrée en fonctio so s dè ainsi un parti chré té ci ssi rappeler ujours très plébis ernement peut au uv go Le de vitesse mais to it abli pour ogramme a été ét du pays, qui laissa s pr ur n te so e ec él qu s le r pa moins de deux tiers salissants. nq années et que ci une série de chan er Un paramètre bition d’incarn ans sont passés. Portée par « l’am idemment toute litique auquel nologique qui a év ro ch le renouveau po ps de itoyens », comme ance dans des tem rt nc po co s im n no so nt re pi as e où tout se sait bule du programm rcommunication, su indiqué en préam n er Bettel, l’actio en temps réel. présenté par Xavi t en ée par l’électorat em nt le t s’est La défiance exprim du gouvernemen sondages de tre pas toujours dans les derniers dessinée, peut-ê n reçoit t en ém eul Jean Asselbor e pas forc (s tr é -ê rit ut la pe , pu te po vi z asse de 50 % d’opinions ulue ni avec toute – largement – plus avec l’habileté vo pétences ssaire. pathie et de com m sy de la conviction néce ltats s es qui n’ont jamai ) et dans les résu br es bl em ra m vo 13 fa ec Av juin illustre de ravant, dont cinq référendum du 7 du été ministres aupa n, us spectaculaire , Corinne Cahe ière on ne peut pl an m (Pierre Gramegna er en oir imposer g, Francine Clos t pas facile de voul es n’ ’il qu Carole Dieschbour  ». gés ouveau politique directement plon en r n) «  l se te an H un c ar M et le sale boulot. dans le grand bain Pas facile de faire de la société civile en t il y a encore gouvernemen t en cours. Mais es C’ de la politique, le e ail. rs plaider l’excus beaucoup de trav place peut toujou e. nc ie ér de l’inexp de la jeunesse et ons is quelques décisi pr Mo de rn e Stu di o « La coalition a tr at io ns  : Ma iso n t – Ill us ol et Al ain Du ca n, Vé ro ni qu e Po uj ro ud Ga el ch Mi Te xt es  : Jea n-

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Coverstory

Référendum

Une vie après l’échec ► Le raz-de-marée des « non » a souligné l’erreur du gouvernement et son inexpérience politique, l’état de préparation du pays aux réformes aussi. « J’aurais vraiment aimé que le résultat du référendum eût été l’inverse. » Xavier Bettel, interrogé par Paperjam, ne cache pas son désarroi devant le raz-de-marée du « non » qui a sanctionné les trois questions posées aux électeurs le 7 juin dernier, en particulier celle concernant l’élargissement du droit de vote aux résidents non luxembourgeois (sous certaines conditions). « Je ne regrette pas d’avoir organisé ce référendum », tempère le Premier ministre, qui avait promis cette consultation populaire et, plus largement, un « renforcement de la démocratie ». L’ampleur du résultat a bien évidemment surpris tout le monde dans la coalition. « Nous n’avons pas suffisamment senti le pouls de la population », concède Eugène Berger, chef de la fraction DP. « Je pense que faute de tradition, faute d’expérience, faute de temps peut-être, nous n’avons pas eu une campagne optimale et assez diversifiée sur les différents sujets, plaide pour sa part Françoise Folmer, présidente de Déi Gréng. Cet ‘échec’ ne doit en aucun cas nous faire reculer, bien au contraire. » Le grand flou qui a précédé le scrutin – même le vice-Premier ministre Étienne Schneider s’était publiquement mélangé les crayons sur les conditions d’accès au droit de vote en jeu – n’a évidemment en rien aidé le gouvernement. Le résultat, cinglant, apparaît néanmoins autant comme une sanction politique « globale » qu’un refus d’ouverture de la part de la population. « Le référendum, les questions posées, la façon de l’aborder, la campagne menée par la majorité gouvernementale, ont été plus qu’une simple erreur politique. Au contraire, je considère que c’était une grave faute politique », tranche Claude Wiseler, chef de file des députés CSV, qui fustige le gouvernement d’avoir joué avec la cohésion sociale du pays. Depuis, la vie a repris, mais il y a une nou-

velle prudence face aux réformes de fond. Enterrée sans doute pour un bon moment, cette question de l’élargissement par le droit de vote du champ démocratique dans un pays où la moitié de la population résidente n’est pas luxembourgeoise, trouvera peutêtre une honorable porte de sortie par une réforme de la législation sur la nationalité. « Nous devons faciliter l’accès à la nationalité luxembourgeoise, sans pour autant la brader », prévient-on du côté du LSAP. ◄

2014 ▼ 03/01

05/12

2013

028 ―

― Septembre / Octobre 2015

Première séance du nouveau conseil de gouvernement au lendemain de l’assermentation de l’équipe Bettel-Schneider.

▼ 10/12

Déclaration sur le programme gouvernemental devant les députés.

Certains médias révèlent que la nouvelle secrétaire d’État à l’Économie, à la Sécurité intérieure et à la Défense a utilisé un véhicule de fonction immatriculé CD (pour corps diplomatique) pour se rendre en vacances.


Coverstory

Économie

Force tranquille ► Le super-ministère d’Étienne Schneider suit les traces mais n’a pas encore dépoussiéré la multiplicité des acteurs. Le LSAP a cet avantage de ne pas être nouveau dans les affaires gouvernementales. Ses figures de proue, comme Jean Asselborn aux Affaires étrangères ou Nicolas Schmit à l’Emploi, prolongent l’action entreprise sous le(s) précédent(s) gouvernement(s), en essayant de garder le cap d’une politique de gauche, jusqu’ici jamais mise à l’épreuve d’un partenaire libéral. Étienne Schneider – adoubé sous le précédent gouvernement en tant que ministre mais au fait depuis longtemps des arcanes économico-politiques en tant que collaborateur très proche de son prédécesseur Jeannot Krecké – est un vice-Premier ministre qui, outre un ministère de l’Économie élargi (aux Classes moyennes, au Tourisme), s’est chargé des moins médiatiques (mais pas moins

exposés au niveau des résistances internes à vaincre) volets de l’armée et de la police. Le « super-ministère » de l’Économie, en partie délégué à la secrétaire d’État Francine Closener, en est encore à déblayer le terrain de sa multiplicité d’acteurs, parfois encombrants ou tenaces. L’idée de fusion des chambres (de commerce et des métiers) ou celle de réduire le nombre d’intervenants dans les fédérations ou dans les organes de promotion du pays n’arrive pas à se frayer un chemin. Grâce à une collaboration renforcée, notamment avec les Finances et leurs ambassadeurs, la visibilité de l’économie luxembourgeoise à l’extérieur s’est encore améliorée. À défaut d’annonces tonitruantes (outre les Tweets que le ministre dégaine volontiers), le succès des secteurs porteurs « made in Luxembourg », surtout dans les (bio)technologies, les startup innovantes ou les applications financières (les désormais incontournables « fintech »), est international. Avec aussi un accent appuyé sur les centres de décision et de gestion globale (plus seulement les sièges sociaux vides) des multinationales, dans des secteurs divers, l’image de la machine à PIB n’est plus seulement celle d’un pseudo-paradis pour l’ingénierie fiscale, mais d’une place internationale capable d’attirer les activités diversifiées et (toujours) en quête de talents. La force motrice, tranquillement, continue à faire tourner d’autres industries. ◄

28/03

Le Luxembourg et les États-Unis signent l’accord Fatca. Xavier Bettel confirme pour le 1er janvier 2015 l’augmentation du taux de TVA.

16/01

Annonce de la mise en place d’une task force chargée de la mise en œuvre d’un processus de simplification administrative.

21/03

18/03

Le Luxembourg et l’Autriche donnent leur accord à l’extension de la directive sur la fiscalité de l’épargne.

Accompagner la création, la transmission et le développement des entreprises : la SNCI baisse les taux d’intérêt de tous ses instruments.

Assermentation de Marc Hansen en tant que secrétaire d'État à l’Éducation nationale, à l’Enfance et à la Jeunesse et à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

▲ ▼ 12/02

Adoption du projet de loi portant création d’un comité du risque systémique.

▼ 20/03

Premier remaniement : André Bauler annonce son départ pour raison de santé. Marc Hansen lui succède.

― Septembre / Octobre 2015 ― 029


Coverstory

Logement

Coup de balai ► À part la guerre des chefs et le grand nettoyage en cours, pas grand-chose en vue, alors que le logement est une priorité. La politique du logement est le maillon faible des gouvernements et l’arrivée de la coalition DP, LSAP et Déi Gréng n’a pas débouché sur les réalisations espérées. Il faut dire que le terrain était miné, et la mission, dont personne ne semblait vouloir, quasi impossible… Les choses avaient mal commencé pour Maggy Nagel. Manifestement, ce mandat du Logement ne semble pas une de ses priorités. Elle passe pratiquement tout son temps au ministère de la Culture et envisage même, pour faire taire les rumeurs qui disent qu’elle consacre à peine une demi-journée de sa semaine au Kirchberg, siège du ministère du Logement, de regrouper les services boulevard Roosevelt dans une annexe des Terres Rouges, abritant la Culture. Elle devra y renoncer face à la grogne des fonctionnaires. Pour l’épauler dans sa tâche de ministre du Logement, il fut décidé d’assigner à Mme Nagel un vieux routard des arcanes du pouvoir, Paul Schmit. Mais ce dernier décline l’offre en mars... Plus tard, c’est une délégation de signature au déjà secrétaire d’État Marc Hansen qui va lui donner, selon la façon de voir, un soutien ou un chaperon. Le clash avec le président du comité directeur du Fonds du logement, Daniel Miltgen, met en lumière le système d’autogestion par un haut fonctionnaire (CSV) se pensant intouchable. Et déclenche une cabale politique. La ministre se cabre, furieuse que certaines informations fuitent au sujet de la fermeture du robinet des crédits par la banque ING. Et cet épisode s’ajoute aux malversations de l’ancien comptable du FDL qui surfacturait ses heures supplémentaires. Au-delà de la guerre des chefs, qui a paralysé l’action du Fonds du logement, il faut s’interroger sur les capacités des pouvoirs publics à rendre le logement plus accessible et enrayer la tendance à l’expatriation des familles aux revenus modestes.

« Même si nous sommes parfaitement conscients que de par sa nature, le problème du logement ne pourra être résolu à brève échéance, nous devrons continuer à déployer tous nos efforts dans ce domaine, martèle Alex Bodry (LSAP), pas tendre avec le partenaire. À cet égard, le retrait du plan sectoriel logement fut certes un échec. Nous devons continuer à réformer les promoteurs publics et augmenter leur productivité pour agir sur l’offre de logements à prix abordable. Nous devons également réformer le dispositif des aides à la pierre. Une première mesure très concrète a pu être mise en œuvre, à savoir l’introduction de la subvention de loyer. Cette mesure aidera de façon ciblée les ménages à faible revenu à payer leur loyer et constitue une extension importante de notre État social. » Certes, des moyens supplémentaires ont été injectés via la Société nationale des habitations à bon marché, autre outil aux mains des autorités pour mettre du logement à coût raisonnable sur le marché. Mais ces 250 logements prévus par an ne devraient pas être en mesure d’inverser la courbe des prix… On peut encore ajouter que le Journal officiel a publié le 2 septembre dernier la fameuse « loi sur les logements vides ». Elle devrait être d’application au 1er novembre. Ce texte met aussi l’accent sur le volontarisme communal en matière de logement, puisqu’il ouvre la porte au recensement des immeubles vides alors qu’ils pourraient être affectés à l’habitat. Les communes pourront aussi « taxer » ou distribuer des amendes (jusqu’à 250 euros par logement) aux propriétaires laissant s’installer le vide. ◄

12/05

02/04

25/04

Première déclaration de Xavier Bettel sur la situation économique, sociale et financière du pays.

030 ―

Annonce de la mise en place d’un Guichet unique électronique pour le commerce international et la logistique (Single Window for Logistics).

― Septembre / Octobre 2015

25/05

Signature de l’accord d’adhésion du Luxembourg à la Banque africaine de développement et au Fonds africain de développement.

Élections européennes : le CSV réalise un gros score, alors que le DP et le LSAP perdent du terrain par rapport à 2009.

▲ ▼ 15/05

Une série d’adaptations sont apportées au projet de loi concernant les aides financières pour études supérieures.


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032 ―

▼ 05/06

Annonce du lancement de la stratégie « Digital Lëtzebuerg ».

― Septembre / Octobre 2015

999 1.002

1984 1985

693

1994

1.601 1.580 1.462

2000 2001 2002

Les députés votent la loi instaurant le mariage homosexuel.

18/06

▲ 2014

2013

2012

1.087

546

868

1.158

6.549

7.034

10.222

10.255

12.000

2011

2010

2009

2008

2007

2006

2005

2004

971

1.626

1999

2003

1.666

1.462

1997 1998

1.307

1996

971

659

1993 1995

480

1992

504

1990 387

683

1989

1991

815

999

1988

1987

12.163 13.779

14.213

15.000

Décembre 2013Gouvernement Bettel-Schneider-Bausch DP-LSAP-Déi Gréng

866

1.154

731

1982 1983

1986

649

1981

3.000

Juillet 2009-décembre 2013 Gouvernement Juncker-Asselborn II CSV-LSAP

Juillet 2004-juillet 2009 Gouvernement Juncker-Asselborn I CSV-LSAP

Août 1999-juillet 2004 Gouvernement Juncker-Polfer CSV-DP

Janvier 1995-août 1999 Gouvernement Juncker-Poos CSV-LSAP

Juillet 1994-janvier 1995 Gouvernement Santer-Poos III CSV-LSAP

Juillet 1989-juillet 1994 Gouvernement Santer-Poos II CSV-LSAP

Juillet 1984-juillet 1989 Gouvernement Santer-Poos I CSV-LSAP

565

1980

Évolution

Dette par tête d’habitant en euros

9.000

6.000


Budget et planification

L’avenir du paquet ► Pour présenter le budget 2016, il faudra faire le point sur l’état d’avancement du Zukunfstpak. Qu’est-il advenu du Zukunfstpak, le paquet d’avenir, en 258 points, voulu et présenté par le gouvernement pour définir à la fois les lignes budgétaires et les orientations politiques ? Il est vraisemblable que le point sera fait, face aux députés, lors de la présentation du projet de budget pour 2016, en octobre. D’ici là, s’il ne semble pas exister de document de synthèse pour suivre cette « feuille de route » pas à pas, on trouve des éléments, dans des réponses ministérielles à des questions parlementaires ou dans le suivi du programme de stabilité voulu par les instances européennes, pour 2015-2019. Car ce paquet d’avenir fait partie intégrante de la stratégie budgétaire pluriannuelle élaborée par le gouvernement. « Cette stratégie est effectivement implémentée depuis le 1er janvier 2015 », rappelait le ministre des Finances, Pierre

Gramegna, en mai dernier, en faisant un point parlementaire sur l’état d’avancement des travaux. Au 31 décembre 2014, près de 90 mesures du paquet d’avenir ont une base légale, soit au travers du budget (30), du Zukunftspak (20) ou de règlements grand-ducaux (10), soit par voie de mesures internes aux ministères (30). « Il est prématuré d’évaluer l’économie effectivement réalisée, commentait le grand argentier du pays. Cet exercice incombe à chaque département ministériel dans le cadre des préparatifs du budget de l’année prochaine. » On s’en rapproche donc à grands pas…

130 mesures en 2015 Dans le calendrier, près de 130 mesures devaient être mises en œuvre courant de

l’année 2015. « La trajectoire des finances publiques présentée dans l’actualisation du programme de stabilité du Grand-Duché de Luxembourg pour la période 2015-2019 est ainsi construite à partir d’une hypothèse d’une mise en œuvre complète, selon le calendrier prévu et avec les impacts budgétaires estimés, du paquet d’avenir. » Selon le ministère des Finances, la nécessité de mesures de compensation éventuelles est en cours d’analyse dans le cadre des travaux de préparation des budgets 2016 à 2019. Et si des compensations devaient survenir pour respecter les engagements budgétaires au niveau national ou communautaire, ces mesures seraient présentées notamment lors du dépôt des projets de loi budgétaires à la Chambre. C’est donc, là aussi, un chantier en cours. ◄

Finances publiques

Tendance favorable ► Sur les 10 dernières années, l’évolution de la dette était spectaculaire. Le gouvernement s’est donc fixé un objectif : arrêter cette tendance au cours de cette période de législation.

Encours de la dette publique du gouvernement central (au 30/06/2015)

► Désormais, le ratio dette/PIB restera stable (autour de 24 %). À politique inchangée, le taux aurait en effet été de 25 % en 2015 et 26,6 % (soit 16,7 milliards d’euros) en 2018. ► S elon les chiffres mis à jour pour le programme de stabilité et de croissance (2015-2019), la dette publique brute atteindra 11,718 milliards en 2015, 12,334 milliards en 2016, 12,891 milliards en 2017. ► L’État, depuis l’entrée en fonction du gouvernement, n’a émis aucun nouvel emprunt (excepté le sukuk à 200.000 euros, qui relève plus de la promotion de la Place que d’un besoin de financement). ► Selon les projections retenues par les études de la Commission européenne, le Luxembourg compterait 600.000 habitants en 2020 et, à un rythme soutenu de croissance, atteindrait le million d’habitants en 2040.

7.482.000.000 € 10/07

Vote de la loi sur les aides financières pour études supérieures.

16/07

Adoption par les députés du code de conduite les concernant.

01/10

Placement du premier sukuk souverain luxembourgeois.

― Septembre / Octobre 2015 ― 033


Place financière

Les grands travaux de Gramegna ► Sorte de « joker », nouveau venu dans le paysage politique, le ministre des Finances s’est attaqué à de gros chantiers, dont l’échange d’informations et la nécessaire transparence.

Lorsqu’il est arrivé au gouvernement, Pierre Gramegna a dû « réparer les dégâts causés par ses prédécesseurs ». En disant ça, il visait Luc Frieden et son staff au ministère des Finances, qui avaient une réputation d’inflexibilité sur le secret bancaire, jusqu’au lâchage assez inattendu du printemps 2013. Pierre Gramegna, très discret mais très exposé, fait figure de marathonien du gouvernement et, dans les ateliers de la rue de la Congrégation, les fonctionnaires n’ont pas chômé. Le ministre s’est d’abord focalisé sur la question de la conformité du Luxembourg aux normes de transparence et d’échange de renseignements à des fins fiscales, après que le Forum mondial sur la transparence – émanation de l’OCDE – eut placé le Luxembourg le 23 novembre 2013 (une semaine avant qu’il prenne ses fonctions) sur la « liste grise » des juridictions non conformes aux standards. Il aura fallu, au pas de charge, corriger les défaillances de la législation financière, sous peine de voir le pays perdre la confiance de grandes organisations financières comme la BEI ou la BERD. En mai 2014, les députés donnaient leur feu vert à l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale ; en juillet, la législation sur les actions au porteur était réformée et, en novembre, l’échange de renseignements fiscaux sur demande était renforcé.

à l’échange automatique d’informations en matière fiscale à partir du 1er janvier 2017, sur les revenus de 2016. Pierre Gramegna, qui a fait passer la pilule Fatca sans encombre en juillet à la Chambre des députés, autorisant ainsi l’administration fiscale à communiquer toutes les informations sur les détenteurs américains de comptes en banque au Grand-Duché, dépose début août un projet de loi sur le Fatca européen, qui est le pendant du texte américain. Le ministre n’est pas pour autant au bout de ses peines. Car il s’agit, dans le même temps, de renforcer les moyens des régulateurs : une nouvelle gouvernance et plus d’indépendance pour la CSSF ; des assises financières renforcées pour la BCL (il lui faut 800 millions d’euros)… Mais avec quel argent ? Dans le même temps, le ministère tente de consolider la place financière et de la diversifier, notamment en s’ouvrant des marchés en Chine. Le gouvernement a aussi donné son feu vert à l’engagement de près de 70 millions d’euros pour participer au capital de la banque asiatique de développement. ◄

Consolider Le ministre des Finances joue aussi la carte de la transparence face à ses partenaires européens et internationaux. Il annonce le 29 octobre 2014 à Berlin que le pays sera l’un des 51 à passer à l’échange automatique selon les nouvelles normes de l’OCDE. Du coup, plus rien ne s’oppose à ce que l’UE passe

18/12

30/10

14/10

Présentation du paquet d’avenir (Zukunftspak) et du budget 2015.

Le budget et le paquet d’avenir sont adoptés par les députés.

Le Luxembourg rejoint le groupe des « early adopters » des pays appliquant le « common reporting standard » de l’OCDE.

▼ 06/11

Premières révélations LuxLeaks.

034 ―

― Septembre / Octobre 2015

▼ 28/11

Annulation de la procédure des projets de règlements grand-ducaux déclarant obligatoires les plans directeurs sectoriels « Transports », « Zones d’activités économiques », « Logement » et « Paysages ».


Vu du CSV

De la vision au concept ► Le parti chrétien apprend l’opposition. Son analyse est évidemment critique, déplorant notamment un manque de vision et de tièdes réformes. Cela faisait 34 ans que le parti chrétien-social n’avait pas été refoulé dans l’opposition. Entre 1979 et 2013, le parti a toujours dirigé le pays, porté par trois Premiers ministres emblématiques : Pierre Werner, Jacques Santer et Jean-Claude Juncker. Il aurait pu en être de même encore au lendemain des élections anticipées d’octobre 2013, mais deux sièges au Parlement ont permis un profond bouleversement du paysage politique au bénéfice d’un attelage tricolore inédit. Une coalition qui, aux yeux de Marc Spautz, président du CSV, souffre d’un manque de vision globale pour l’avenir du Luxembourg. « Le résultat de ce manque de vision est une politique inconstante de pilotage à l’aveugle », indique-t-il à Paperjam. Et de citer l’exemple du blocage de la réforme de l’enseignement en raison de la confrontation entre le ministre (Claude Meisch) et les enseignants ou encore la situation au ministère du Logement « où personne ne sait qui est aux commandes ». Cette « absence de vision » est, pour Claude Wiseler, président de la fraction CSV, « le plus grand échec du gouvernement », faute de réel « concept commun pouvant servir de politique globale et cohérente entre les trois partis de la majorité ». L’un de ces socles communs concerne la modernisation et la réforme de la société, ce qui explique pourquoi, selon M. Spautz, « le gouvernement a surtout réalisé des projets de politique sociétale, comme la législation sur le mariage ou encore celle sur l’interruption volontaire de grossesse ». M. Wiseler met un bémol, rappelant que l’introduction du mariage homosexuel était déjà déposée par l’ancien gouvernement. L’ex-ministre du Développement durable et des Infrastructures accorde par ailleurs volontiers un satisfecit à son successeur – François Bausch – même s’il estime que la politique en matière de transports se base

principalement sur « la mise en place du concept de mobilité durable développé par le précédent gouvernement ». De même, il attribue un bon point à Pierre Gramegna, considérant que « les suites de l’affaire LuxLeaks ont été, après des débuts chaotiques, correctement maîtrisées et les réformes nécessaires mises en place ou préparées ».

Pas de temps à perdre Le constat est beaucoup moins flatteur pour bon nombre d’autres éléments. Outre « la grave faute politique » du référendum (lire par ailleurs), le CSV fustige « l’échec retentissant » (dixit Wiseler) de la politique familiale, l’absence d’idées en matière d’intégration, « qui est pourtant d’une importance primordiale pour notre avenir commun » (dixit Spautz) ou encore les suites du Zukunftspak. « Si mon parti soutient les finalités d’un rééquilibrage budgétaire, explique M. Wiseler, on s’aperçoit aujourd’hui qu’un grand nombre des mesures annoncées ne sont toujours pas réalisées, ont été profondément modifiées voire tout simplement abandonnées. » Du coup, les priorités pour la rentrée ne manquent pas aux yeux du parti chrétiensocial : réformes du congé parental, de la formation professionnelle, de l’enseignement secondaire, de la loi sur la nationalité… liste non exhaustive à laquelle s’ajoutent, évidemment, les travaux préparatoires de la réforme fiscale censée entrer en vigueur en 2017. Quant au budget 2016 qui se profile, Claude Wiseler espère qu’il contiendra « une évaluation véridique des mesures d’épargne qui seront, respectivement ne seront pas réalisées » et tiendra compte « de toutes les promesses que le gouvernement a faites au cours des derniers mois ». Et de conclure : « Le gouvernement n’a pas de temps à perdre s’il souhaite relever les défis qui, aujourd’hui, sont ceux du Luxembourg. » ◄

27/04

5 1 0 2

Présentation de la réforme du congé parental.

▲ ▼ 20/01

Accord entre le gouvernement et les communautés religieuses établies au Luxembourg.

▼ 19/03

Daniel Miltgen est limogé de ses fonctions de directeur du Fonds du logement.

▼ 27/03

Une délégation de signature est accordée au secrétaire d’État Marc Hansen pour le domaine du Logement.

― Septembre / Octobre 2015 ― 035


Famille, éducation, intégration

Le temps des réformes ► Le gouvernement a voulu une politique globale, qui place l’enfant au centre des efforts, pour préparer l’avenir. Claude Meisch était attendu au tournant des responsabilités. L’ex-jeune premier de Differdange s’est chargé les épaules avec un superministère, lui aussi, voué à l’Éducation nationale, l’Enfance et la Jeunesse. Par la force des choses et en vertu des sujets transversaux plaidant pour la collaboration entre ministères – ce qui n’était pas vraiment le cas sous l’ère précédente –, il a dû avancer main dans la main avec le ministère de la Famille, piloté par Corinne Cahen. Et des dossiers chauds, comme celui du chèqueservice accueil, bougent dans une logique intéressante : si, avant même l’entrée à l’école, les inégalités de développement des enfants selon le milieu social sont déjà très prononcées, le gouvernement a voulu, au nom de l’égalité des chances (ce qui implique aussi le ministère de Lydia Mutsch) et de l’intégration (domaine très exposé en vertu de l’actualité, confié à Corinne Cahen), une politique globale, qui place l’enfant au centre des efforts pour préparer le futur. 

 Au-delà des discours, Claude Meisch a déminé le terrain des bourses d’études – héritage de deux ministres CSV, ayant conduit à jeter des milliers d’élèves dans les rues au début du mandat actuel – et s’est attaqué en parallèle au monolithe puissant de l’enseignement, ou plutôt des enseignants. Une affaire, pas gagnée d’avance, à suivre ! La transhumance de l’Université sur Belval s’achève, mais il reste à compléter le puzzle des institutions de recherche et à régler les questions de contrat des chercheurs. En parallèle, Corinne Cahen a bien avancé les pions de la réforme du congé parental et des allocations. Elle s’est aussi positionnée – et avec elle le pays leader et pôle attractif – dans la nébuleuse de la Grande Région. ◄

05/05

To do list

Travail en cours ► La hausse de la TVA de 3 % a relativement bien passé la rampe, malgré l’évidente répercussion sur les prix réels et le pouvoir d’achat. ► L’épineuse question du financement des cultes a été réglée par le gouvernement, donnant plus d’égalité aux cultes reconnus mais conservant un lien conventionnel avec eux. La séparation Église / État n’est pas tout à fait consommée. ► Les infrastructures et les transports poursuivent leur amélioration à marche forcée. Et à investissements constants. Le train (aussi privilégié pour la logistique), le tram, l’électromobilité avancent à pas verts. ► Tant que le pays n’aura pas réglé (ou assumé) la question du poids de la fonction publique, le rapport de forces avec le politique et avec le reste du pays (notamment le tissu économique) sera tendu. Sur ce plan, le gouvernement actuel n’a pas encore trouvé les bons leviers.

Deuxième discours de Xavier Bettel sur l’état de la Nation.

▲ ▼ 21/05

Présentation par Claude Meisch de la stratégie « Digital(4) Education ».

036 ―

― Septembre / Octobre 2015

▼ 07/06

Aux trois questions du référendum, les électeurs votent massivement « non ».

03/07

▼ 09/06

Le gouvernement luxembourgeois présente ses excuses à la communauté juive pour les actes perpétrés lors de la Seconde Guerre mondiale.

Adoption du projet de loi relatif à l’archivage électronique.


LA CONFIANCE COMMENCE PAR LE PARTAGE


Post-scriptum

Rendez-vous dans trois ans Texte : Alain Ducat

Octobre 2018. Cela reste, à l’heure actuelle, l’échéance électorale. Rapidement soumis à un premier test – les élections européennes ne leur ont guère été favorables –, les trois partis de l’exécutif ont pu très vite mesurer combien l’exercice du pouvoir est un chemin pavé de bonnes intentions, mais truffé de surfaces glissantes. Les chantiers de l’équipe Bettel-Schneider-Bausch avaient de quoi rebuter : si l’on voulait moderniser le pays et sa société, si l’on devait maintenir les modèles économiques tout en les assainissant – plus ou moins contraints à une transparence et à une gouvernance nouvelles –, il fallait en mettre un coup, de la cave au grenier. Sur un bail de cinq ans, moins de deux ans se sont écoulés. Trop tôt pour un vrai bilan. Mais pas pour un tour de table gouvernementale, afin de mesurer l’état d’avancement des travaux. Les débuts d’un nouveau gouvernement, surtout quand celui-ci est à ce point inédit – dans sa forme (coalition triangulaire) et dans sa composition (mettant au placard le parti traditionnellement le plus fort) –, ne sont jamais faciles. L’inexpérience politique de certains, l’inexpérience gouvernementale de la plupart – à l’exception des socialistes qui faisaient partie de l’équipe, voire des équipes précédentes – ont laissé passer quelques couacs. De l’exploitation rocam­ bolesque de la voiture de Francine Closener à la communication ambiguë sur l’indexation prochaine, en passant par le flou sur le dossier du Future Fund ou les frasques et déclarations culturelles de Maggy Nagel, l’opposition – elle aussi en phase d’apprentissage sur des bancs inédits – a pu se délecter de

038 ―

― Septembre / Octobre 2015

quelques épisodes. À l’inverse, le nettoyage des placards laissés parfois encombrés par le CSV a pu, aussi, se montrer drastique. Il n’empêche, alors que le budget 2016 approche à grands pas, le « paquet d’avenir » a déjà livré une série de mesures et de pistes, sur les 258 points détaillés. Surtout, la ten­dance des finances publiques, très inquiétante jusque 2013, a pris une tout autre courbe. Et l’image du Luxembourg a vraiment progressé à l’international. Il y aura encore, sans doute, des chan­ gements dans le casting gouvernemental. Mais globalement, le travail d’équipe ne fonctionne pas mal. Il faudra probablement renforcer le rôle des fractions parlementaires – plutôt faible en ce qui concerne le DP, peu visible en dehors des cadors pour le LSAP, important mais aux moyens limités pour les Verts. Il faudra accentuer les démarches proactives et prendre ses responsabilités pour accomplir les missions définies dans le programme commun. Avant d’aller espérer cueillir les fruits du buffet, dans trois ans, il faudra encore s’activer en cuisine et ne pas se contenter de repasser les plats. « Es geht um die Wurst », dit-on, avec truculence, en allemand, pour décrire l’approche de l’objectif, quand on entrevoit la fin du tunnel. Trois ans, c’est encore long, par rapport aux 20 mois passés. Même si rien ne dit que la ligne sera droite, il reste du temps pour accomplir le boulot, sans se laisser effrayer par l’ampleur de la tâche. Être efficace n’est pas toujours populaire. Mais c’est la mission et elle s’accomplit peu à peu. Rendez-vous pour l’état des lieux dans trois ans. ◄


arendt institute

training agenda October 2015

NEW Four major directives in a nutshell: AIFMD, FATCA, EMIR and UCITS V TOPIC NEW La réforme du dialogue social : un changement en profondeur des institutions TOPIC représentatives du personnel

Thu 1

9 a.m. - 1 p.m.

Fri 2

2 p.m. - 5 p.m.

Wed 14

9 a.m. - 12 p.m.

Tax transparency: AEOI ahead!

Thu 15

9 a.m. - 12 p.m.

Lutte contre le blanchiment d’argent pour les sociétés d’assurance et intermédiaires

November 2015 Tue 10

9 a.m. - 12 p.m.

The Limited Partnership in practice in Luxembourg

Wed 11

9 a.m. - 1 p.m.

Risk assessment of fund distribution

Fri 13

2 p.m. - 6 p.m.

Tue 17

9 a.m. - 12 p.m.

MiFID 2 impacts on the fund business

Wed 18

9 a.m. - 1 p.m.

Les fondamentaux des fonds d'investissement

Thu 19

9 a.m. - 1 p.m.

NEW Le bail professionnel : ce que les banques et PSF doivent savoir TOPIC

AML for Investment Funds: from risk assessment to implementing measures

NEW PE/RE Fund Structuring: the must-know and the must-haves TOPIC

Fri 20

9:00 a.m. - 12:30 p.m.

a. Basic session

2 p.m. - 5:30 p.m.

b. Advanced session

Mon 23

2 p.m. - 5 p.m.

"AIFMD" Marketing Intelligence

Tue 24

9:30 a.m. - 4:30 p.m.

Secrétariat sociétaire pour S.à r.l., S.A. et S.C.A.

NEW Single Supervisory Mechanism TOPIC

Wed 25

9 a.m. - 12 p.m.

Thu 26

9 a.m. - 12:30 p.m.

The liability regime applicable to directors and conducting persons – specificities linked to investment funds

Fri 27

9 a.m. - 12:30 p.m.

Anti-Money Laundering and the impacts of the 4th directive

December 2015 Tue 1

9 a.m. - 12 p.m.

Wed 2

9:30 a.m. - 4 p.m.

Collateral agreements under Luxembourg law

NEW EuVECA, EuSEF, ELTIFs: Fund labelling TOPIC

Thu 3

9 a.m. - 12 p.m.

Fri 4

9 a.m. - 12:30 p.m.

FATCA forward: boost your FATCA knowledge

Mon 7

2 p.m. - 6 p.m.

Depositary: new challenges under UCITS V

Tue 8

Play by the rules

NEW Les fondamentaux du nouveau droit des sociétés TOPIC

Thu 10

EW 9 a.m. - 12:30 p.m. N PIC Règlement européen sur les successions internationales TO W 9 a.m. - 12:30 p.m. NE IC Appointment of directors and conducting officers: practical challenges TOP

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Économie & Politique Voici un aperçu des principales informations de ces dernières semaines, à lire en détail sur www.paperjam.lu. Retrouvez ensuite 10 sujets clés sélectionnés par la rédaction. Le projet de loi concernant la modification des décrets sur les fabriques d’église – déposé au Parlement par le ministre de l’Intérieur Dan Kersch en mai dernier – n’est pas du goût du Syndicat des fabriques d’église (Syfel), qui a évoqué, à la mi-juillet, d’éventuelles actions en justice si ce texte devait être voté en l’état. Le Syfel, qui regroupe 258 des 285 fabriques d’église du pays, a évoqué « une ingérence jamais vue dans les droits de la liberté de religion de la population catholique » et s’est dit persuadé que « ceux qui veulent abolir les fabriques d’église choquent profondément les communautés religieuses et une majorité de la population du pays ». L’assurance maladie-maternité a clôturé l’année 2014 sur un boni de 6 millions d’euros. « Mais l’équilibre reste fragile », a indiqué la Caisse nationale de santé (CNS) qui plaide pour des réformes structurelles. Ce résultat engendre une hausse de la réserve globale de la CNS qui a atteint 300,3 millions d’euros en 2014, ou 12,1 % des dépenses courantes. La légère reprise économique et les mesures d’économie instaurées et poursuivies depuis la réforme du système de soins de santé en 2010 expliquent l’amélioration de la situation de l’assurance maladie-maternité.

040 ―

Un avenant concernant la formation professionnelle continue a été signé en juillet en complément de la convention collective de travail du secteur bancaire. Il introduit le principe de formation de réorientation pour assurer une meilleure employabilité des salariés, dans le cas où leur poste devrait évoluer de manière significative – du fait de l’évolution technologique et des méthodes de ­travail qui en découlent – ou être supprimé. Dans les mains du Conseil d’État et de la Chambre des députés depuis le mois de janvier, le texte visant à introduire dans la législation la société à responsabilité C'est, en euros, limitée simpliles frais pour fiée (sàrl-s) – ou une sàrl-s. « société à 1 euro » – a franchi une étape supplémentaire à la mi-juillet, puisque le conseil de gouvernement a validé « les mesures d’exécution nécessaires à la mise en œuvre du projet de loi ». Autrement dit, les procédures de vérification plus strictes liées au fait de l’absence obligatoire d’actes notariés dans la procédure. Ainsi, les futurs créateurs de sàrl-s ne pourront être associés que dans une seule « société à 1 euro ». Pour ce qui est du coût, il sera « réduit aux frais minimaux en vigueur », soit un total de 59,10 euros. Actuellement, les entrepreneurs doivent bloquer la somme de 12.500 euros et obtenir des actes

59,10

― Septembre / Octobre 2015

notariés pour faire apparaître leur société dans le registre luxembourgeois. Pour emménager à Dudelange dans les locaux du Laboratoire national de santé, la biobanque devra finalement attendre le feu vert des députés et le vote d’une loi, et non pas d’une simple motion comme le préconisait le ministre François Bausch, appuyé par le président de la fraction socialiste Alex Bodry. Une étape administrative qui n’a pas interrompu les travaux. Le texte pourrait être élaboré assez vite par le gouvernement, de sorte que la législation pourrait passer le cap de la séance plénière cet automne et l’IBBL s’installer rapidement dans ses nouveaux locaux. En 2014, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique du Luxembourg a

La vente de carburants s'affiche en baisse.

atteint 60,4 %, dont 52,5 % rien que pour l’énergie hydroélectrique. L’énergie verte est en constante progression. Par rapport à 2009, l’Institut luxembourgeois de régulation pointe que sa part dans le mix a été presque multipliée par trois. Désigné pour héberger la capitale européenne de la Culture en 2022, le Luxembourg a officiellement lancé, en juillet, un appel à candidatures et organisera le 28 septembre une première réunion d’information pour les villes qui auront marqué leur intérêt. Les villes candidates devront remettre leur dossier au plus tard le 23 mai 2016. Au 1er semestre 2015, les recettes d’accises se sont élevées à 588,6 millions d’euros pour le budget de l’État. C’est 14 % de


Économie & Politique Brèves La part d’énergies renouvelables continue à grimper dans le mix luxembourgeois. Elle a dépassé les 60 %.

moins que les 685,3 millions d’euros encaissés pour la même période de 2014. Selon le ministre des Finances, Pierre Gramegna, la cause principale est à trouver dans une baisse significative de la vente de carburants (-6,5 % pour le gasoil routier et -7 % pour l’essence) dans les stations luxembourgeoises. Mais le tabac, un autre « fleuron » des accises, accuse aussi une érosion des ventes (11,5 millions d’euros de moins entre 2014 et 2015). La journée « La philanthropie, ça marche », coorganisée par la Banque de Luxembourg, l’Œuvre nationale de Secours GrandeDuchesse Charlotte et la Fondation de Luxembourg, a clôturé fin juillet son appel à projets initié en avril. 142 initiatives seront en lice pour figurer dans les 12 projets qui seront mis en valeur lors de la rencontre du 17 octobre. Initialement prévue jusqu’au 15 juillet, la période de « consultation populaire » au sujet de la nouvelle Constitution a finalement été repoussée à l’automne. Une nouvelle deadline a été fixée au 16 octobre. Depuis la mise en ligne d’un site, à la fin mars, plus d’une centaine d’avis et de remarques ont été récoltés et publiés. La ministre du Logement Maggy Nagel a indiqué fin juillet que, contrairement aux intentions initiales du gouvernement, le Pacte logement ne sera pas réformé, comme cela avait été annoncé il y a un an, mais remplacé par un nouveau concept. Un groupe de travail a été constitué avec le Syvicol, le ministère de l’Intérieur et le ministère du Développement durable et des Infrastructures. Par contre, l’un des derniers conseils de gouvernement avant le break de l’été a approuvé le programme de construction d’ensembles de logements subventionnés, ainsi que les participations de l’État. 51 projets (pour un total de 1.162 unités, 549 destinées à la vente et 613 à la location) supplémentaires ont été validés pour un montant de 131 millions d’euros. Ils s’ajoutent aux 180 projets déjà validés depuis 2014.

Selon le ministre Romain Schneider, en charge de la Coopération et de l’Action humanitaire, l’aide publique au développement du Luxembourg s’est chiffrée l’an dernier à 318,3 millions d’euros, soit 1,06 % de son revenu national brut (RNB). Le Luxembourg a ainsi confirmé – avec le Danemark, la Norvège, la Suède et la Grande-Bretagne – sa position parmi les cinq bailleurs de fonds qui respectent l’engagement pris en 1970 devant les Nations unies de consacrer au moins 0,70 % du RNB à l’aide au développement. L’été a été fécond en nominations pour Héloïse Bock. L’avocate associée chez Arendt & Medernach, nommée en juin à la présidence du conseil d’administration de l’établissement public « Centres, Foyers et Services pour personnes âgées » (Servior), a également été désignée pour succéder à Paul Schmit (DP) en tant que membre du Conseil d’État (lire aussi l’article page 64). La sécurité à la cité judiciaire vient d’être renforcée par des portiques et des détecteurs manuels, au tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Selon un plan en trois phases, répondant au niveau d’alerte national de même qu’à certaines contraintes liées au tribunal lui-même, le public, les prévenus et les témoins (dans une phase verte), voire les fonctionnaires de la justice, les avocats (dans une phase orange) et les magistrats (dans une phase rouge), sont désormais contrôlés. Alors que, fin août, suite à la chute des prix du pétrole, le Statec envisageait la prochaine tranche indiciaire au printemps 2016, dans une interview accordée à Paperjam.lu, le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, a de son côté maintenu que l’indexation se produirait bien en décembre 2015 comme il l’avait déjà annoncé, au plus tard début 2016. Reste qu’à l’heure actuelle, on ne peut toujours pas dire avec certitude à quelle vitesse augmentera l’inflation au cours des prochains mois. L’indice des prix à la consommation n’a d’ailleurs

Étienne Schneider a lancé, avec un Tweet, le débat sur le saut d’index, avant la fin d’année ou pas.

progressé que de 0,97 % entre juillet et août. En valeur annuelle, le taux d’inflation atteint lui 0,6 %. Selon les statistiques du ministère du Tourisme, le nombre de nuitées dans l’hôtellerie au Luxembourg au cours du 1er semestre 2015 a progressé de 1,3 % par rapport à 2014. Le Luxembourg assurant la présidence semestrielle du Conseil de l’Union européenne depuis le 1er juillet, on doit s’attendre à des progressions encore plus fortes d’ici la fin de l’année.

Avec aucun cas de corruption internationale traduit devant la justice au cours des quatre dernières années, le Luxembourg ne respecterait pas ses engagements internationaux, à en croire les conclusions du rapport de Transparency International, publié en août. Près de 15 ans après sa ratification par les autorités luxembourgeoises, la convention OCDE pour combattre la corruption ne serait toujours pas mise en œuvre de manière efficace, selon l’ONG. Elle classe le pays dans la catégorie des signataires qui lutteraient « peu, voire pas contre la corruption », au

Le nombre de nuitées à l’hôtel a augmenté au cours du premier semestre.

Depuis le 1er septembre, les tarifs postaux ont été simplifiés mais aussi augmentés… L’opérateur historique a réduit les échelons de poids et fortement regroupé les zones de destination, passées de 198 à… 24. En outre, les produits « lettres » et « colis » ont été réunis en une seule offre de services. Une opération qui s’accompagne d’une augmentation tarifaire pour les courriers « standard » qui prennent 10 centimes d’euro à 0,70 euro. Selon Post, ses tarifs restent inférieurs de 6 à 7 centimes à ceux de la France et la Belgique. Mais cette hausse de 17 % n’est pas du goût de l’Union luxembourgeoise des consommateurs, qui a dénoncé une opération injustifiée et incompréhensible.

même titre que la Russie, la Colombie ou la Bulgarie... D’après l’édition 2015 du rapport Expat Insider, publié par InterNations, un réseau d’expatriés à travers le monde, le Luxem­ bourg figure en 5e position des pays les plus attractifs pour les expatriés. C’est trois places de moins qu’en 2014. Si l’emploi, les revenus qui y sont liés ainsi que tout ce qui en découle sont particulièrement bien notés, ce n’est pas le cas de l’accueil qui est réservé à ces expatriés. Ils affirment qu’il est difficile de se faire des amis dans le pays. Fin août, face à la question aiguë des réfugiés, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a indiqué qu’entre

― Septembre / Octobre 2015 ― 041


Économie & Politique Brèves « On ne parle pas de marchandises, mais d’hommes » : Xavier Bettel a livré une longue interview au journal belge Le Soir. Il y lance un appel à l’esprit européen, notamment dans le contexte de la crise des migrants.

janvier et juillet de cette année, quelque 650 personnes avaient introduit une demande de protection internationale au Luxem­ bourg. Un chiffre en hausse de 21 % par rapport à la même période de 2014 et composé à plus de 87 % par des ressortissants des pays des Balkans. Deux mois après l’annonce faite par Lufthansa de son intention de vendre ses parts de Luxair, les actionnaires de la compagnie luxembourgeoise cherchent toujours la meilleure solution pour son avenir industriel. Fin août, le ministre du Développement durable et des Infrastructures, François Bausch, n’excluait pas de voir l’État reprendre les parts de la compagnie allemande. Mais pas à n’importe quel prix. L’autre solution serait de faire entrer dans le capital un partenaire industriel stratégique. Selon l’institut statistique européen Eurostat, le taux de chômage dans l’Union européenne affichait 9,5 % à la fin juillet, un résultat qui n’avait plus été atteint depuis plus de quatre ans. Avec un taux de 5,7 %, le Luxembourg reste à la 5e place européenne. Il pèche par contre au niveau du chômage des jeunes où le taux atteint désormais 18,6 %. En suspens durant tout l’été, la décision du ministère des Finances belge d’inscrire le Grand-Duché parmi les paradis fiscaux a été actée début ­septembre. Toutes les transactions de plus de 100.000 euros à destination d’un compte luxembourgeois devront à l’avenir être déclarées au fisc belge. Dans son rapport 2014, la Commission nationale pour la protection des données (CNPD) annonce avoir enregistré 207 plaintes, 2.192 demandes de renseignements et 999 demandes

042 ―

d’autorisation préalable en lien avec des activités présentant « un risque particulier » pour le respect de la vie privée. L’année dernière a été un exercice plaintes record au niveau enregistrées des plaintes. à la CNPD Les recours concernent principalement les demandes d’effacement ou de rectification des données (21 %), des questionnements vis-à-vis de la légalité de certaines pratiques administratives ou commerciales (20 %) ou la transmission déloyale de données à des tiers (18 %).

207

La commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, juge « non pertinent » le rapport intégral de Jeannot Krecké sur la fraude fiscale dans l’enquête de Bruxelles. Entré au gouvernement luxembourgeois en 2004, Krecké avait rédigé ce rapport en 1997 alors qu’il était député LSAP. Les informations de ce rapport, dont il manque trois pages consacrées aux rulings dans la version publique (la version intégrale ne fut livrée par Jeannot Krecké qu’en trois exemplaires, dont un au Premier ministre de l’époque, Jean-Claude Juncker), ne sont donc pas jugées intéressantes pour l’enquête que la Commission européenne a engagée au niveau des 28 États membres sur les aides d’État accordées aux multinationales et leurs pratiques d’évitement fiscal. La Commission ne devrait donc pas pousser davantage ses investigations pour tenter de récupérer une version non épurée du rapport. Le gouvernement de Xavier Bettel n’a pas pu mettre la main dessus, la copie remise à JeanClaude Juncker n’ayant pas été retrouvée dans les archives du ministère d’État. 187 millions d’euros envolés en 2013 ? Selon un rapport de la Commission européenne, l’État luxembourgeois aurait dû percevoir 3,485 milliards d’euros de revenus liés à la TVA mais seuls 3,672 milliards ont bel et bien été

― Septembre / Octobre 2015

enregistrés. Un écart de 5,1 % qui s’expliquerait par « la fraude, l’optimisation fiscale mais aussi les erreurs statistiques », à en croire l’exécutif européen. Selon l’administration de l’Enregistrement et des Douanes, l’écart de TVA s’expliquerait aussi en grande partie par les faillites d’entreprises. En 2012, ces pertes pour l’État luxembourgeois s’étaient élevées à 176 millions d’euros, 115 millions en 2011 et 73 millions en 2010. Cependant, le manque à gagner du Luxembourg reste bien en dessous de la moyenne européenne, fixée à 13,9 %. Mieux, le Grand-Duché fait figure de bon élève, puisque seuls la Finlande,

savoir servira donc de cadre pour l’un des événements phares : les FNR Awards qui se dérouleront le 16 octobre prochain. Le traditionnel classement établi par The Economist Intelligence Unit cite Luxembourg comme la 24e ville la plus agréable au monde (une place de mieux par rapport à 2014). Elle pointe 11e des 22 villes européennes sélectionnées après Vienne (2e), Helsinki (10e) ou encore Stockholm (15e). Ce Global Liveability Ranking and Report, réalisé sur un échantillon de 140 villes, compile une trentaine d’indicateurs quantitatifs et

Luxembourg (24e) est parmi les villes les plus agréables au monde.

les Pays-Bas et la Suède obtiennent un écart de TVA inférieur, à respectivement 4,1 %, 4,2 % et 4,3 %. Le Fonds national de la recherche (FNR) quitte les locaux de la Chambre de commerce au Kirchberg pour rejoindre la Maison du savoir sur le campus d’Esch-Belval. La date du 1er octobre qui avait été avancée a même été anticipée : les équipes seront d’ores et déjà en place dès le 25 septembre. Cela permet de regrouper en un seul lieu différents acteurs autour de la recherche où l’on retrouve, outre l’Université, le List ou encore Luxinnovation. « C’est une carte de visite extraordinaire pour le pays et cela permet de donner une image de marque d’un pays qui avance et investit dans ses ressources », se félicite le président du FNR, Yves Elsen. Le site de la Maison du

qualitatifs répartis en cinq familles : la santé, la sécurité, la culture, l’éducation et les infrastructures publiques. Comme tous les pays de l’UE, le Luxembourg est doté d’un centre Solvit, en charge du recensement des plaintes des citoyens et des entreprises contre une administration. Selon Étienne Schneider (LSAP), ministre de l’Économie, la popularité du service gratuit gagne du terrain. Au cours des cinq dernières années, le centre Solvit Luxembourg a traité un total de 264 dossiers : 134 émanant de citoyens et entreprises luxembourgeois à l’encontre de sociétés européennes, 130 étant des plaintes étrangères concernant des entreprises luxembourgeoises. Pour les citoyens luxembourgeois, les problèmes avec les administrations européennes concernent


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Économie & Politique Brèves Pierre Bley va sortir du Maréchalat de la Cour.

très majoritairement des questions liées à la sécurité sociale. Pour les entreprises du pays, un tiers des plaintes concerne la libre circulation des marchandises. Pour les entreprises étrangères, le domaine des taxes et douanes représente le problème majeur (94 % des plaintes déposées.) Les 6 % restants concernent des questions d’immatriculation de véhicules.

challenge de taille pour Luxroots sera de réunir assez de fonds, environ 100.000 euros, pour opérer une refonte complète du site et de son infrastructure. Les prochaines Journées généalogiques du Luxembourg et de la Grande Région, les 3 et 4 octobre à Hesperange, seront une occasion de susciter de nouvelles vocations.

Camille Gira, Secrétaire d’État au Développement durable, s’est exprimé devant la conférence interparlementaire sur la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), présidée par le député luxembourgeois Henri Kox. Un sujet abordait le changement climatique dans le contexte de la sécurité. Camille Gira a décrit le changement climatique comme étant un multiplicateur de menaces : « Il renforce les tensions et instabilités existantes. » À titre d’exemple, il a cité une projection des Nations unies qui estime à 60 millions le nombre de « réfugiés climatiques » en Afrique en 2060. Orateur dans un des ateliers de la conférence, Marc Angel, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés, a quant à lui plaidé pour un renforcement des missions civiles de la PSDC.

De plus en plus d’actes de kinésithérapie sont réalisés chaque année au Luxem­bourg, provoquant des retards de procédure au niveau de la Caisse nationale de santé (CNS). Le ministre de la Sécurité sociale indique que, en 2014, les kinés étaient 1.066 – kinés sont agréés contre 739 cinq au Luxembourg. ans plus tôt – à avoir presté 243.687 ordonnances (émises par un total de 1.706 médecins). La CNS confirme que les délais de traitement avant remboursement sont de l’ordre de cinq à sept semaines. Romain Schneider met en avant des manques d’effectifs. Dans un second temps, une révision totale de la convention avec les kinésithérapeutes, prévoyant une solution électronique complète – prescription, validation et facturation –, pourrait aussi améliorer la situation. Mais c’est « difficilement réalisable » avant 2017.

Près de 500 actes de mariage, de naissance, livrets de famille ou actes notariés sont quotidiennement mis en ligne par l’asbl Luxroots, fruit du travail minutieux d’une soixantaine de bénévoles férus d’histoire. L’inventaire s’élève aujourd’hui à 1.156.086 documents. Né en 2004 de la folle passion de Georges Eicher, ancien banquier et généalogiste luxembourgeois de 66 ans, le groupe, formé en grande partie par des retraités de la Grande Région, a structuré son action au fil des années. Jusqu’à présent, ce chantier titanesque a été financé par les deniers du fondateur et par la cotisation des 810 membres soutenant la cause. Le prochain

En poste depuis septembre 2013, Pierre Bley (60 ans) se prépare à quitter, avant la fin de l’année, le prestigieux poste de maréchal de la Cour. Il avait succédé à Pierre Mores qui officiait depuis 2007 et qui avait fait valoir ses droits à la retraite. Pierre Bley, ancien de l’Arbed, avait rejoint l’ABBL en 1996 en tant que chargé des affaires sociales. Il fut ensuite le premier secrétaire général de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) en 2001, puis le directeur 10 ans plus tard. En parallèle à son travail au Palais, Pierre Bley est également président de l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte et de

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la Loterie nationale et administrateur de la Fondation de Luxembourg. L’Alia, autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel, créée en 2013, a une mission de service public en assurant la régulation et la surveillance des médias, radios et télévisions, de concession luxembourgeoise. Pour rappel, c’est elle qui attribue les fréquences pour les radios locales et régionales ou

1.066

― Septembre / Octobre 2015

qui place le pays au sixième rang des pays les plus chers d’Europe. C’est sans doute vrai pour les loyers – qui déforment la vision –, mais pas forcément pour les produits de grande consommation, se défend l’organisme qui regroupe les professionnels du commerce, du transport et des services. La CLC a demandé à l’Observatoire de la formation des prix une enquête type « panier de la ménagère ». Celui–ci a donc comparé les prix de vente moyens d’un panier de 343 produits avec le taux de

L’Alia informe notamment sur les évolutions dans le domaine de la régulation des médias audiovisuels.

qui est en charge de la classification des films sortis en salle. Son site www.alia.lu a été mis en ligne le 8 septembre dernier. Instructif, il renseigne sur les évolutions dans le domaine de la régulation des médias audiovisuels (aux plans national et européen), propose les actualités de l’autorité, un espace juridique. Interactif, il ouvre aussi un espace pour, conformément à ses missions, « être à l’écoute des auditeurs et téléspectateurs » : toute personne physique ou morale qui s’estime lésée ou choquée par le contenu d’un service peut porter plainte auprès de l’Alia, directement depuis la plateforme. À noter : la langue officielle du site est le français, mais des adaptations en anglais et en allemand sont prévues à terme, assure l’Alia. La Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC) part en guerre contre les images qui font du Luxembourg un pays cher. Elle vise notamment l’indice total du prix des services et des biens d’Eurostat, publié en juin dernier,

rotation le plus élevé dans les différents rayons des grandes surfaces. L’enquête a été menée en février 2015 au niveau de la Grande Région. Avec quels résultats ? « Dans ce top 300, indique la CLC, l’indice des prix atteste que le Luxembourg est en moyenne 0,95 % moins cher que la moyenne de la Grande Région. »


Économie & Politique Statistiques nationales

01 Le Statec sur la corde raide ► Le directeur de l’Institut national de la statistique et des études économiques, Serge Allegrezza, a présenté des excuses pour le retard de publication des comptes nationaux, aussi assortis d’une marge d’erreur plus grande. ► Un rapport d’experts européens pointe un manque structurel de ressources humaines et financières. ► Indispensables aux prévisions budgétaires, les données pour le second trimestre 2015 sont attendues début octobre. ― Texte : Véronique Poujol ― Photos : Mike Zenari

Le 18 juin dernier, Serge Allegrezza, directeur de l’Institut national de la statistique et des études économiques, le Statec, présentait ses excuses à la presse pour être en défaut de présenter les comptes nationaux pour le 4e trimestre 2014, et a fortiori ceux du 1er trimestre 2015. Les comptes trimestriels pour la fin 2014 auraient dû être disponibles au mois d’avril, selon les normes statistiques imposées par le service de statistiques de l’UE, Eurostat. Leur publication avait été repoussée une première fois, puis une seconde. Ce qui plaçait le Luxembourg en délicatesse avec le droit européen et avait valu l’ouverture d’une procédure d’infraction. Les choses sont rentrées dans l’ordre le 16 juillet dernier avec la publication d’une première estimation du PIB en volume pour l’année 2014, à +5,6 %, et pour le 1er trimestre 2015 (+4,9 % sur un an). L’institut de statistique assortissait cependant ses prévisions d’un « avertissement » sur l’interprétation des données « entourées d’une marge d’incertitude plus importante qu’à l’accoutumée ». Étaient invoquées des « difficultés de nature technique », portant entre autres sur la comptabilisation des exportations de services financiers, un secteur pourtant crucial en raison de son poids dans l’économie luxembourgeoise. Un mois plus tôt, lorsqu’il avait présenté les excuses de la maison, Serge Allegrezza avait aussi fourni des explications sur les raisons de la panne à la comptabilité nationale (un service qui compte une trentaine de personnes), pointant de façon générale les problèmes structurels de sous-effectifs du Statec – il faudrait 200 personnes alors que le service n’en compte que 140 – et une série de maladies de personnes clefs du service des comptes nationaux.

▲ Serge Allegrezza, troisième directeur du Statec, est face à lui-même, aux exigences de plus en plus pointues des organes européens, notamment, et au manque de ressources.

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Économie & Politique Statistiques nationales

La veille, le 17 juin, le Statec s’était fendu d’un communiqué de presse pour évoquer le résultat de son évaluation (peer review) par des experts européens qui y pointaient des défaillances dans la gouvernance, le manque de ressources et le gaspillage de statistiques. Le rapport avait en fait été remis des mois plus tôt, mais c’est seulement la veille de la conférence de presse ayant obligé Serge Allegrezza à reconnaître et exposer au grand jour les défaillances de sa maison qu’il fut révélé. Ce rapport fut aussi au centre de deux réunions (en janvier et en avril) du Conseil supérieur de la statistique (CSS), un organe mis en place en 2012 lors de la réforme du Statec. Au total, le rapport des pairs avait émis 12 recommandations, c’est-à-dire autant de défaillances constatées dans la conformité au regard des standards de gouvernance définis à l’échelle de l’UE. Le CSS jugeait néanmoins le score honorable en comparaison avec d’autres pays européens qui s’en sont sortis moins bien, certains ayant terminé l’exercice avec 20 recommandations. Or, il n’y avait pas de quoi se vanter, car dans la conformité, seuls les Roumains avaient montré des résultats plus mauvais que les Luxembourgeois. « Alors que nous devrions être à l’avant-garde », souligne Serge Allegrezza à Paperjam. Pour lui, la catastro­ phe était inévitable – il avait d’ailleurs lancé plusieurs alertes aux autorités – et le « coup de la panne » pourrait se reproduire une nouvelle fois.

Nomination et révocation du directeur

Gouvernance à revoir

Serge Allegrezza est le troisième directeur du Statec depuis sa création en 1962, c’est dire que diriger l’institut ressemble à un job à vie. D’ailleurs, son actuel occupant, bientôt âgé de 56 ans, en poste depuis 2003, n’a pas l’intention de le quitter de sitôt. « Je ne veux pas m’en aller, et à part les statistiques, je ne sais pas faire grand-chose », plaisante-t-il. Serge Allegrezza avait succédé à Robert Weides, parti à 60 ans tout rond, sans que le poste de directeur fasse l’objet d’un appel à candidatures en bonne et due forme, ni que les compétences requises soient définies. Pas plus que la durée de son mandat. La loi de 2012 ayant réformé le Statec prévoit une limitation à sept ans, renouvelables, mais le dispositif ne s’applique pas à l’actuel dirigeant, nommé avant les changements réglementaires. Robert Weides avait lui-même succédé à Georges Als qui dirigea le Service central de la statistique et des études économiques, de sa création sous sa forme actuelle, en 1963, à 1990. Les experts européens ont recommandé au gouvernement, pour améliorer la réputation du système de statistique luxembourgeois, une révision de la pro-

cédure publique de nomination garantissant que le choix du dirigeant se fera sur base des compétences statistiques, marquant ainsi son indépendance « sans ambiguïté », et pas sur d’autres considérations politiques. Le message a été entendu par le Conseil supérieur de la statistique, qui indique dans un rapport d’avril dernier, sans autre précision, son intention de faire « une proposition quant à la procédure de nomination de son directeur ». Il faudrait toutefois aussi le faire pour le directeur de l’Administration des contributions directes ainsi que pour le directeur du Trésor, où les nominations relèvent du choix discrétionnaire du ministre des Finances. « Ça gène les pairs, car l’éthique européenne prévoit des conditions claires sur les compétences, par crainte de nominations politiques à la tête d’instituts nationaux de statistiques dans l’UE », décode Serge Allegrezza. Des craintes infondées à ses yeux, « car tout est sous le contrôle et la surveillance tatillonne d’Eurostat ». Il promet de s’occuper de la question de la nomination du futur dirigeant du Statec « la veille de (son) départ ». V. P. ◄

« PAS FAISABLE » Les comptes nationaux pour le second tri­­ mestre 2015 sont attendus au cours de la première semaine d’octobre, sans qu’une date fixe n’ait encore été programmée. Serge Allegrezza croise les doigts, d’autant plus que les chiffres sont indispensables à la confection du projet de budget 2016 et à la publication des chiffres des déficits publics. Il espère aussi que la révision des comptes du premier trimestre ne réservera pas de mauvaises surprises susceptibles de nuire à la crédibilité de son institution, comme une révision du PIB qui pourrait se jouer sur plusieurs points de pourcentage. Ça s’est déjà vu, mais à l’heure où le pays est sous les projecteurs de la présidence de l’UE, ça ferait désordre.

« Sous Luc Frieden, j’ai connu des moments difficiles. » Serge Allegrezza (Directeur du Statec)

Les comptes sectoriels non financiers, élaborés pour la première fois au Luxembourg en 2011 conformément à ce que les textes de l’UE prévoient, ne sont pas actualisés comme ils devraient l’être, faute de ressources. « En 2014, indique un rapport du CSS de janvier dernier, le Statec est ainsi en violation avec les règles européennes et risque d’être l’objet d’une procédure en justice européenne. » Ça ne semble pourtant inquiéter personne dans la classe politique. Pas plus que l’on ne s’émeut de l’absence de publication du rapport annuel du Statec pour 2014. Sur la corde raide avec des sous-effectifs chroniques, le Statec doit faire face à des obligations européennes toujours plus pointues fixées par l’institut européen de statistiques, Eurostat, des délais de livraison de plus en plus serrés, que l’institut peine déjà maintenant à respecter (le délai prévu est de 90 jours, mais il devrait être réduit à 60 jours) et des fournisseurs de statistiques au plan national à la qualité pas toujours irréprochable (Ban­ que centrale de Luxembourg, Commission

de surveillance du secteur financier, Admi­ nistration des contributions direc­tes, l’Inspection générale de la sécurité sociale, etc. – il y a ainsi une quarantaine de producteurs différents de statistiques sur lesquels le Statec a peu d’influence) qu’il n’est pas facile de mettre au pas. « Nous ne sommes déjà pas conformes à ce que demande Eurostat en comptabilité nationale, alors si on nous force à publier des comptes nationaux en 60 jours au lieu de 90 actuellement, ce n’est tout simplement pas faisable », assure Serge Allegrezza. Face à la pénurie, des arbitrages s’imposent sur les choix des statistiques, ce qui impose de renoncer à certains calculs. Ainsi, la mise en œuvre du PIB bien-être a-t-elle été repoussée, faute de ressources suffisantes. « J’ai refusé de le faire, car je n’étais pas d’accord de retirer des gens de certains services pour les affecter sur des gadgets. Le PIB bien-être, on peut vivre sans, ce n’est pas une priorité », indique le directeur de l’institut. Idem pour les statistiques dédiées au sport.

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Économie & Politique Statistiques nationales Le procès-verbal d’une réunion en avril du Conseil supérieur de la statistique, où il fut surtout question de l’évaluation des pairs et de leurs recommandations, rend compte des difficultés du Statec – seul point de contact au Luxembourg reconnu par Eurostat – à s’imposer comme autorité de coordination, notamment pour la qualité des statistiques et le respect des standards européens, dans le concert un peu chaotique des nombreux fournisseurs de statistiques au Grand-Duché. Serge Allegrezza y signalait aussi les risques liés à l’insuffisance de personnel, « problème structurel » au cœur d’une des principales recommandations du rapport des experts européens : « Le pire scénario, lit-on dans le rapport du CSS, s’est réalisé : les comptes nationaux annuels et trimestriels (PIB) n’ont pas pu être produits dans les délais impartis par le droit communautaire. Certaines unités opérationnelles du Statec sont très vulnérables quand des éléments indispensables doivent s’absenter. Un remplacement à court terme n’est pas possible à cause d’une très forte spécialisation de ces personnes et d’une absence de back-up pour certaines tâches cruciales. » Serge Allegrezza répondait ainsi aux experts étrangers qui avaient mis en question le « manque de flexibilité » du Statec dans l’utilisation de ses ressources financières et humaines (20 % du staff relève de contrats externes), alors que la loi budgétaire ne permet pas d’engager ou de disposer de ces ressources. « La base légale luxembourgeoise et le fonctionnement de l’État, lit-on dans le PV d’avril, sont tels que le Statec n’a pas de marge de manœuvre. » Le rapport des pairs dit à peu près la même chose en dénonçant les « rigidités » de la législation luxembourgeoise et l’absence de liberté du Statec pour allouer ses ressources financières comme il l’entend.

▲ Selon la direction, certaines unités opérationnelles du Statec sont très vulnérables quand des éléments indispensables doivent s’absenter.

SYSTÈME DE GESTION SÉPARÉE Une « piste à creuser », évoquée par le CSS, pourrait se trouver dans un système de gestion séparée. Le Statec « y réfléchit », assuraiton au printemps dernier, sans pour autant que la réflexion soit très avancée sur le plan politique. De plus, ce serait difficilement concevable, vu le peu de ressources et le système D – comme débrouille – déjà en place à l’Institut national de la statistique, de déshabiller Paul pour vêtir Pierre. Dans l’immédiat, le ministre de l’Économie s’est engagé à l’ouverture de six postes pour renforcer les effectifs de l’institut. L’examen des pairs avait aussi identifié des défaillances au niveau de l’accès aux données administratives, principalement fiscales et financières. Ces défaillances trouvent une explication avant tout dans le terreau politique, en raison de la culture de l’opacité et du secret poussée à l’excès par les anciens dirigeants du ministère des Finances. C’est seulement depuis 2014, signale encore le rapport du CSS, que l’analyse du secteur

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financier peut entièrement être conduite en recourant directement aux micro-données de la Place (sociétés de gestion, auxiliaires financiers, etc.). « Beaucoup de véhicules spéciaux au Luxembourg, note le rapport de janvier, réalisent des opérations souvent opaques et difficiles à saisir. Les micro-données permettront au Statec de mieux distinguer les véritables activités économiques des flux de passage. » Des informations qui furent longtemps considérées comme taboues au Grand-Duché et dont les statisticiens furent privés, alors que le poids économique de ces activités est considérable. « Sous Luc Frieden, reconnaît le directeur du Statec, j’ai connu des moments difficiles. » Des frictions dues à une approche très restrictive que l’ancien ministre CSV des Finan­ ces se faisait de la publication de statistiques en relation avec certains flux entrants et sortants de la place financière. Luc Frieden avait une prédilection pour la culture du secret : moins on donnait d’informations, mieux

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on se portait, au risque d’ailleurs de se mettre en défaut avec la réglementation communautaire. Serge Allegrezza se souvient d’échanges de mails incendiaires avec des fonctionnaires du ministère des Finances au sujet des investissements directs. Le Statec, avec ses exigences de transparence, était volontiers accusé de ruiner la politique du gouvernement pour attirer les investisseurs étrangers grâce aux carottes de l’optimisation fiscale. Cette attitude a changé avec la crise de l’endettement des États qui a mis la lutte contre la fraude fiscale au cœur du débat (avec un durcissement à la suite de l’affaire LuxLeaks sur la fiscalité des multinationales et aux dispositions anti-abus décrétées par la Commission européenne et l’OCDE, dont le projet Beps) et l’arrivée d’un nouveau gouvernement qui a rompu avec les pratiques du passé et les traditions d’opacité qui arrangeaient à peu près tout le monde. ◄ En résumé Le Statec a été incapable de livrer dans les délais requis par la réglementation de l’UE l’estimation du PIB du 4e trimestre 2014. En cause, le manque de personnel et de flexibilité dans les ressources financières, insuffisances que des experts européens ont pointées en janvier dans un rapport d’évaluation. Serge Allegrezza décode les coulisses de l’Institut national de la statistique.


formerly known as


Économie & Politique Dossiers chauds de la rentrée

02 Entre asile, travail et fiscalité

― Texte : Véronique Poujol

Les torpeurs de l’été sont déjà loin. Les devoirs de rentrée s’accumulent sur les bureaux ministériels. Le gouvernement aura un automne animé. Si les dossiers au long cours ne manquent pas, trois cartons dépassent de la pile des to do. Ils sont estampillés « urgent » et portent des étiquettes : politique d’asile, fiscalité des entreprises et des personnes, flexibilité du travail.

UN TOIT ET DU TRAVAIL La question des réfugiés va occuper une place importante dans l’agenda du Premier ministre Xavier Bettel. D’abord en raison de ses responsabilités à la présidence tournante du Conseil de l’UE (lire aussi page 58). Ensuite pour l’accueil et l’intégration au Luxembourg de réfugiés notamment syriens, libyens ou irakiens, alors que les foyers d’accueil sont déjà saturés et qu’il faut trouver dans l’urgence 3.000 lits

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▲ L’accueil des réfugiés (ici à Weilerbach), outre l’urgence humanitaire, se trouve face à la question du logement, voire de l’accès au travail.

supplémentaires d’ici un an et demi. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a demandé aux États membres de se répartir 120.000 réfugiés. Le quota du Luxembourg a été fixé à 440 personnes. Le gouvernement a confié au Haut Commissariat à la protection nationale la gestion des logements des nouveaux arrivants. Le gouvernement ne veut pas installer de camps sous tentes. Les réfugiés seront accueillis dans des containers. Reste à trouver les terrains pour mettre ces structures en

PHOTO : CHARLES CARATINI / SIP

► L’automne sera animé pour l’équipe Bettel, qui doit gérer l’actualité brûlante et poursuivre les réformes de fond. ► Le gouvernement n’a pas les coudées franches pour ajuster le taux d’imposition des entreprises et s’attaquer aux abattements.


Économie & Politique Dossiers chauds de la rentrée

préfabriqué dessus. Où installer ce village de containers ? Serge Kollwelter, ancien président de l’Asti, juge le Kirchberg approprié pour l’intégration des migrants. Un espace serait libre entre l’École européenne et Avallon. Un autre lieu ferait l’affaire à Bereldange, dans un ancien magasin de cuisines qui a fait faillite. Les anciens locaux de l’Université à Walferdange pourraient aussi convenir.

Le quota de réfugiés à accueillir a été fixé à 440 personnes pour le Luxembourg. L’accès du marché du travail aux réfugiés sera une autre question de taille à régler, sachant que le Luxembourg n’est pas l’Allemagne, qui a un besoin pressant de remplir ses usines d’une main-d’œuvre non qualifiée. Une fois son statut de réfugié reconnu, une personne se voit ouvrir le marché de l’emploi. Au Grand-Duché, l’Adem regorge de travailleurs sans qualifications. L’économie luxembourgeoise, notamment le secteur financier, a besoin de personnel hautement qualifié. L’artisanat recrute aussi des gens qualifiés. Dans une prise de position confiée au Wort, Romain Schmit, le directeur de la Fédération des artisans, indique que son organisation n’est vraiment pas demandeuse.

COMPÉTITIVITÉ ET RICHESSE La réforme fiscale est l’autre gros morceau de la rentrée 2015. L’avis du Conseil économique et social est attendu pour le mois d’octobre et pourrait mettre au diapason, une fois n’est pas coutume, patronat et syndicats. Le gouvernement devrait également fina­ liser ses propositions de réforme pour l’automne, sans doute après avoir pris note de la position des partenaires sociaux réunis dans le CES. Il restera un peu plus d’un an ensuite pour en discuter sur la place publique. Jean-Jacques Rommes, directeur de l’UEL, a lancé début septembre sur les ondes de la radio RTL Lëtzebuerg un appel au gouvernement pour une réforme « créatrice de richesse », qui devrait se traduire par une réduction « courageuse » du taux d’imposition des entreprises, théoriquement fixé à 27%. « Il faudra passer en dessous des 20% », a-t-il déclaré, encourageant le ministre des Finances Pierre Gramegna à prendre exemple sur la GrandeBretagne qui a progressivement baissé son taux de 26 à 18 %, attirant de nombreux entrepreneurs.

Étienne Schneider, le ministre LSAP de l’Économie, a déjà annoncé la couleur, mais sans fournir de détails : le taux d’affichage des personnes morales va baisser, mais parallèlement l’assiette sera élargie. En clair, il faudra tailler dans les abattements. La question est d’avoir une vue précise de ce qu’ils représentent. Or, l’Administration des contributions directes ne dispose pas d’une base de données historique optimale sur la gamme luxembourgeoise des déductions fiscales et de leur importance. Il n’y aurait d’ailleurs rien de « lourd » dans la boîte à outils de l’optimisation des entreprises à retrancher pour compenser la baisse d’impôts. La baisse du taux d’affichage relèverait donc du pari hasardeux pour les autorités luxembourgeoises. Le débat porte sur l’opportunité de supprimer certains abattements. Faut-il par exemple toucher au système de provisions des banques sans risquer de donner un signal négatif aux dirigeants de groupes financiers étrangers qui ne reculeraient pas à s’exiler du Luxembourg si la pression fiscale devait s’alourdir ? Pierre Gramegna marche donc sur des œufs et ne devrait toucher qu’aux abattements symboliques, ceux qui alimentent les discussions de comptoir. Le ministre pourrait ainsi s’attaquer aux déductions frappant les voitures de fonction, qui sont actuellement sans limitation, et plafonner la défiscalisation à un certain niveau de cylindrée de manière à ne plus permettre à l’État de subventionner les conducteurs de grosses machines, comme c’est actuellement le cas.

L’avis du CES, attendu pour le mois d’octobre, pourrait mettre au diapason patronat et syndicats. Il y a peu de chance que le ministère des Finances, tenu par un libéral, se plie à l’une des revendications récurrentes de l’aile gauche du partenaire socialiste et rétablisse l’impôt sur la fortune pour les personnes physiques, aboli en 2006 (il est toujours de rigueur pour les entreprises). Par contre, des baisses d’impôts pour les classes moyennes et les petits revenus seraient sur la table. De même qu’une adaptation du barème de l’impôt des personnes physiques, passant comme socialement équitable pour les revenus modestes

et moyens, serait dans les tuyaux. On évoque aussi un ajustement dans la répartition des tranches et, peut-être aussi, l’ajout d’une nouvelle tranche applicable aux gros revenus. Autre sujet politique (et démagogique) : l’imposition des riches. En juillet dernier, à la faveur d’une fuite, un rapport statisti­ que du ministère des Finances en vue de la réforme de 2017 pointait le fait que 1,5 % des ménages – soit un peu plus de 7.000 ménages situés dans la tranche de revenus nets entre 250.000 et plus d’un million d’euros – paieraient à eux seuls 33 % de l’impôt sur le revenu. Un autre chiffre indiquait que près de 60 % des impôts des personnes physi­ ques provenaient de 5 % des ménages affi­ chant un niveau de rentrées annuel entre 110.000 et un million d’euros. Or, ces données sont à prendre avec des pincettes, car elles tiennent compte des revenus des professions libérales et des indépendants (c’est-à-dire leurs bénéfices commerciaux) ainsi que des tantièmes des administrateurs.

LA DURÉE ET LA SOUPLESSE La durée du temps de travail, sans toucher aux 40 heures hebdomadaires, pourrait aussi être au menu de l’agenda de la rentrée sociale. Nicolas Schmit, le ministre LSAP du Travail, s’est engagé à mettre les mains dans le cambouis si les partenaires sociaux ne parvenaient pas à trouver un consensus entre eux. Les discussions entre patrons et syndicats achoppent sur la période de référence d’un mois au cours de laquelle la durée normale de travail est appliquée de façon plus souple pour aller jusqu’à 10 heures par jour et 48 heures par semaine. Pour avoir droit à ces dérogations, un employeur doit obligatoirement établir soit un plan d’organisation du travail, soit un horaire mobile. La période de référence est de quatre mois au niveau européen, plus flexible, contre un mois seulement au Luxembourg. Le très inflexible leader du syndicat OGBL, André Roeltgen, ne serait pas disposé à un compromis sur cette question. Il a même enfoncé le clou au début de l’été en réclamant une sixième semaine de congés payés. Inutile de dire que sa proposition a fait hurler (parfois de rire) dans les rangs des employeurs. ◄ En résumé Le gouvernement de Xavier Bettel a pas mal de plats sur le feu en cette rentrée 2015. Il faudra d’abord gérer la crise des migrants et trouver de quoi loger les réfugiés. Autre belle pièce de l’automne, la réforme fiscale. L’avis du CES est attendu pour le mois d’octobre. Et les conditions de travail repasseront aussi les plats.

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Économie & Politique Administration des contributions directes

03 La fabrique de rulings au ralenti

2.000

ÉVOLUTION DES RULINGS nombre/an

715 DEPUIS 1989

2014

À PARTIR DE 2015

À la grande époque, environ 2.000 rulings tombaient par année fiscale.

L'an passé, l'ACD a produit 715 décisions anticipées, selon son rapport annuel.

L'administration fiscale prévoit de ne pas dépasser 800 rulings à l'avenir.

► En manque de ressources, l’ACD va introduire des quotas de décisions anticipées. ► Les praticiens de la fiscalité mettent en cause la gouvernance de l’administration fiscale. ► Faut-il rééquilibrer les effectifs des services d’imposition des person­ nes physiques, moins productifs que les bureaux des sociétés ? ― Texte : Véronique Poujol

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800

En 2014, l’Administration des contributions directes a « produit » 715 décisions anticipées (ou rulings), selon les chiffres qui apparais­ sent de façon discrète dans son rapport annuel. Un chiffre balancé sans autre commentaire, au chapitre « Avis » du bilan de l’administration fiscale. Les autorités luxembourgeoises, ministre des Finances, Pierre Gramegna, en tête, se refusent obstinément à rendre publics les chiffres de la productivité des bureaux d’imposition en matière de décisions anticipées au cours des exercices précédents. Surtout ceux du bureau 6 d’imposition des sociétés, qui fut très longtemps dirigé par l’emblématique fonctionnaire Marius Kohl (lire aussi l’encadré). Interrogées, voire harcelées par les membres de la commission spéciale taxe du Parlement européen, mise en place après les révélations de LuxLeaks, les autorités grandducales ont conservé un silence stoïque, ne lâchant aucun chiffre sous prétexte que leur révélation violerait le sacro-saint secret fiscal auquel l’administration est tenue. Au niveau national, et malgré les interpellations insistantes du député Déi Lénk Justin Turpel à la Chambre, rien n’y a fait non plus : le ministre des Finances s’est refusé à la moindre concession chiffrée. Pas plus qu’il

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n’a voulu lâcher d’informations renseignant les montants d’impôts en jeu « économisés » (autant de potentielles aides d’État dont la légalité pourrait être remise en cause) par les multinationales du fait de leur résidence fiscale au Grand-Duché.

DANS UNE VIEILLE ARMOIRE Accompagné d’une importante délégation, Pierre Gramegna ne s’était pas montré très convaincant non plus lors de la conférence de presse ayant suivi la venue, au mois de mai dernier, de la délégation de la commission taxe du Parlement européen. Le ministre s’était retranché derrière la législation sur le secret fiscal. Or, ce culte du secret résiste mal à l’analyse juridique, car il vaut pour les cas individuels, pas pour les statistiques. L’ACD se fait une interprétation extensive de son devoir de discrétion et il serait intéressant de voir comment cette vue résisterait à l’examen des juridictions administratives. Les raisons du silence observé par le Luxembourg seraient d’ailleurs plus prosaïques, puisqu’il n’existerait pas de véritable décompte ni de répertoire numérisé des décisions anticipées ayant été signées sous l’ère Marius Kohl. L’homme fut pendant des


Économie & Politique Administration des contributions directes années l’unique interlocuteur des cabinets d’avocats et des grandes firmes d’audit. Les milliers d’accords fiscaux dormiraient dans une armoire et personne n’aurait le cœur ni l’envie d’en faire l’inventaire. Il est d’ailleurs assez étonnant que les décisions prises par le fameux bureau 6 n’aient pas été plus formalisées au niveau de l’administration, alors que les rulings les plus anciens remontent à l’été 1989, lorsqu’une circulaire du directeur de l’ACD les a officiellement lancés. On n’était déjà plus à l’heure de la machine à écrire. Du coup, la moisson 2014 – 715 rulings donc – apparaît plutôt faiblarde par rapport à la quantité d’accords qui devaient sortir, à la grande époque, des ateliers du bureau 6. Il se dit que la production annuelle frisait les 2.000 décisions anticipées… Mais ce niveau ne devrait plus être atteint dans le nouvel environnement règlementaire mis en place depuis janvier 2015 pour mieux encadrer la confection des rulings et les rendre confor­ mes aux standards internationaux de bonne gouvernance fiscale, après leur visa par une commission des décisions anticipées (CDA) mise en place au niveau de l’ACD. Les décisions, sous une forme anonymisée, devraient être partiellement rendues publi­ ques, bien que les modalités de leur publication et leur régularité restent mal définies. Il faudra sans doute attendre le rapport annuel 2015 pour se faire une idée de l’activité aujourd’hui. Toutefois, dans le cadre de discussions entre fonctionnaires du fisc et fiscalistes, il fut indiqué que la capacité de traitement de l’ACD sera désormais limitée à 800 rulings par an. Au-delà de ce quota, la très secrète commission des rulings, présidée par l’étoile montante de l’ACD, Monique Adam, ne pourrait plus assurer son rôle de gardien, afin de vérifier si les montages fiscaux proposés sont susceptibles ou non d’être constitutifs d’un abus de droit. Ça grince des dents dans le petit monde des fiscalistes qui met en cause le caractère « secret » de la CDA, qui les oblige désormais à communiquer presque exclusivement par écrit avec les préposés du fisc. « Le fait que la procédure soit maintenant écrite soulève des problèmes de compréhension », assure un professionnel, qui regrette l’époque de la star du bureau 6. Les griefs ne s’arrêtent pas là. Les firmes d’audit et autres cabinets d’avocats apprécient peu que l’administration fiscale ne

motive pas ses décisions de refus et qu’aucun délai ne lui soit imposé pour répondre à une demande de décision anticipée.

Ex-préposé du bureau 6

EN LIGNE

Marius Kohl est et restera le fonctionnaire luxembourgeois le plus célèbre et le plus secret. Les fiscalistes lui dresseraient volontiers une statue sur la place Guillaume II, tant il a rendu de services au Grand-Duché. Mais l’agent des contributions, jadis à la tête du légendaire bureau 6 sur l’imposition des sociétés et donc ayant droit de vie ou de mort sur les fameux rulings, est désormais à la retraite et n’a jamais répondu présent aux convocations des eurodéputés. Ces derniers aimeraient pourtant l’entendre s’expliquer sur son ancienne activité ainsi que sur le degré de connaissance qu’en avaient ses supérieurs, dont l’ancien ministre des Finances et Premier ministre, Jean-Claude Juncker, aujourd’hui à la tête de la Commission européenne. Cela dit, rien n’oblige – sinon peut-être des considérations morales – l’ex-préposé à accepter de témoigner devant la commission ad hoc. Marius Kohl s’était expliqué une fois sur son job à l’ACD, devant les journalistes du Wall Street Journal, qui l’avaient piégé dans sa cuisine à Eschsur-Alzette. V. P. ◄

La mise en place de quotas de rulings – bien qu’ils ne disent pas leur nom – est liée au manque de ressources de l’administration fiscale, dont les effectifs sont restés stables, en dépit de la hausse impressionnante du volume d’activité. Là encore, les praticiens de la fiscalité enragent, voyant dans ces restrictions une question d’égalité devant la loi. Plus globalement, ils craignent que cette incapacité à traiter plus de 800 dossiers par an pèse négativement sur les décisions des investisseurs et des décideurs, pourtant courtisés par le gouvernement, de structurer leurs groupes à partir du Grand-Duché, à l’heure d’une refondation de la fiscalité internationale. Faut-il repenser la gouvernance de l’ACD et procéder à un rééquilibrage des ressources entre les services attachés à la fiscalité des personnes physiques – un fonctionnaire y traite en moyenne 400 dossiers par an – et les centres d’imposition des personnes mora­ les où la cadence de traitement est nettement plus haute (environ 2.200 dossiers par an par agent), alors que les cas sont souvent plus complexes ? La solution pourrait passer par les décla­ rations en ligne, qui restent marginales au Luxembourg (de plus, les déclarations via Luxtrust sont ensuite réimprimées et réencodées – en tout cas jusqu’à l’année dernière), sans doute en raison de l’absence d’incitant financier à passer à la déclaration tout électronique. En attendant, certaines firmes ont choisi de se passer de l’arbitrage de la commission des décisions anticipées en émettant ellesmêmes des « opinions » sur les montages fiscaux à l’attention des multinationales. Mais les services se font ici payer très cher : les avis des praticiens de la fiscalité comportent plus de risque que les décisions portant le cachet de l’administration. ◄ En résumé Ça grince des dents chez les praticiens de la fiscalité multinationale depuis la mise en place de la nouvelle réglementation sur les décisions anticipées. La production de rulings à l’Administration des contributions directes n’a plus rien à voir avec le volume qui était abattu par l’ex-préposé du bureau 6, Marius Kohl. La capacité de traitement serait limitée à 800 rulings par an.

La productivité est plus élevée dans les centres d'imposition des personnes morales.

Un fonctionnaire traite en moyenne 400 dossiers par an dans les services attachés à la fiscalité des personnes physiques.

Une statue en guise de réponse

PRODUCTIVITÉ DANS LES SERVICES DE L’ACD Service fiscalité // dossiers/an/fonctionnaire

2.200

400 ― Septembre / Octobre 2015 ― 053


Économie & Politique Enfance, accueil et éducation

04 Le chèque et le service, pour tous PHOTO : LALA LA PHOTO (ARCHIVES)

► Le chèque-service accueil est un enjeu majeur de l’évo­ lution de la loi sur la jeunesse, processus entamé en 2012. ► Les derniers amendements gouvernementaux prévoient notamment l’abolition de la clause de résidence. ► Les frontaliers, la scolarisation des enfants, l’autonomie communale et le calcul de la participation financière des parents apparaissent plus qu’en filigrane. ― Texte : Alain Ducat

Mettre en place un système intégré de soutien des enfants, dans lequel l’accueil des petits et l’école publique se complètent : c’est le cœur du projet de loi 6410, repris par le gouvernement. Le texte concerné est en souffrance depuis mars 2012, laissé en héritage par Marie-Josée Jacobs (ministre de la Famille et de l’Intégration à l’époque), qui souhaitait modifier la loi de 2008 sur la jeunesse. Dans sa version actuelle, le projet implique les politiques de la jeunesse, de l’éducation, de la famille, voire de l’intégration, de la cohésion sociale et de la promotion sociale, par l’apprentissage des langues notamment. Ambitieux. Et stratégique. Entre autres parce que, censée bénéficier à tous sans léser personne (et sans prêter le flanc à d’éventuels recours), la réforme prévoit la suppression de la clause de résidence, liée au chèque-service accueil (CSA). Ce qui a des implications économiques (pour les crèches privées et publiques par exemple – lire l’article en page 72), sociétales et politiques. Le 20 juillet dernier, le Conseil d’État livrait son deuxième avis complémentaire. Il avait été précédé par ceux de la Chambre de commerce et de la Chambre des salariés. L’avis du Syvicol (Syndi­ cat des villes et communes), rendu le 10 juillet, ajoutait un peu de piquant. Car une question que

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les communes jugent primordiale, c’est l’impact de « l’exportabilité » du CSA sur leurs structures d’éducation et d’accueil. Le lobby communal craint une surchauffe voire une relative perte d’autonomie sur les critères d’admission prioritaire, si, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, quelque 5.500 enfants non résidents (2.300 de 0 à 3 ans, 3.200 de 4 à 12 ans) pouvaient bénéficier du CSA. Au-delà, le Syvicol juge que « l’imposition d’obligations aux communes en matière de création et de financement de services publics pour des personnes ne résidant pas sur leur territoire est contraire, sinon à la lettre, à l’esprit de la Constitution et de la loi communale ». Il note aussi que la « finalité du CSA est d’appuyer la scolarisation dans l’enseignement fondamental ». Et en conclut qu’il faut modifier le texte « si l’intention du gouvernement n’est pas d’encourager la scolarisation des enfants de frontaliers dans l’enseignement fondamental luxembourgeois ». Observant le même article avec attention, le Conseil d’État constate que la nouvelle mouture prévoit toujours que le montant du chèque-service accueil soit déterminé en fonction de la situation de revenu du représentant de l’enfant bénéficiaire, incluant les notions de revenu minimum garanti ou de situation de précarité sociale. Pour les

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▲ Les activités périscolaires, éveil musical ou stages sportifs sont aussi concernés par l’évolution du CSA.

Sages, on serait donc toujours sous la « menace » que la Cour de justice de l’Union européenne requalifie le système en prestation familiale. Le calcul de la participation financière des parents et des modalités d’adhésion au CSA n’a rien d’anodin non plus. À cet égard, une intéressante affaire est en cours devant le tribunal administratif : un couple est en recours contre divers actes de la Ville de Luxembourg et une décision du ministre de la Famille et de l’Intégration ; le litige porte sur le revenu des parents en regard de l’aide reçue, les fiches de paie venant de la Cour des comptes européenne et de la Commission européenne. La partie étatique souligne que suivre l’argumentation des parents reviendrait à la « situation absurde, où ils pourraient bénéficier d’un tarif de CSA équivalant à un couple qui gagne 2.300 euros alors que leur revenu est quasiment le triple ». L’affaire en question reviendra, fin septembre, devant le tribunal, pour continuer les débats. Le projet de loi modifié a déjà clarifié les choses, et cela fait bondir les communes : l’aide

maximale de l’État au titre du CSA est désormais fixée à 6 euros (au lieu de 7,5 euros) pour le « secteur conventionné », et ce afin de s’aligner sur les valeurs en vigueur dans le secteur commercial. Il y a un gros risque, pense le Syvicol, que les communes aient à éponger une hausse du déficit dans les structures conventionnées, vu la hausse des dépenses parallèles, en vertu notamment de l’accord salarial dans la fonction publi­ que… Le gouvernement, dans ses amendements, a prévu une aide maximale de l’État de 3,50 euros/heure pour les prestations d’un assistant parental, 6 euros/ heure pour les services d’éducation et d’accueil éligibles, avec 4,50 euros pour le repas principal. La participation des parents dans le montant du CSA irait de 0 à 4,50 euros, selon un barème de situation de revenu allant jusqu’à quatre fois le salaire social minimum. Dans tous les cas de figure, les avis restent partagés. On n’a sans doute pas fini de parler de l’accueil, du service et du chèque. ◄ En résumé Promouvoir un système intégré de soutien des enfants, dans lequel l’accueil des plus petits et l’école publique se complètent : c’est l’enjeu central du projet de loi 6410. Le chèque-service accueil (CSA) y a une place de choix. Les derniers amendements gouvernementaux prévoient notamment l’abolition de la clause de résidence.


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Économie & Politique Responsabilité sociétale

05 Préparer la révolution ► Économiste et activiste américain, Jeremy Rifkin sera l’invité d’honneur du Luxembourg Sustainability Forum, le 24 septembre. ► Au cœur de ses théories : la troisième révolution industrielle, entamée à la moitié du 20e siècle, qui repose sur une économie durable, responsable et circulaire. ― Texte : Florence Thibaut

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ou l’ancien Premier ministre italien Romano Prodi, est l’auteur de La troisième révolution industrielle, faisant l’apologie d’une nouvelle ère économique plus soutenable. L’expression, qu’il a popularisée et qui a fait son chemin au sein des instances européennes, fait référence à une révolution économique qui s’écarterait des secteurs d’activité classiques de production pour embrasser tout le potentiel des nouvelles technologies de l’information. « Notre civilisation industrielle est à un carrefour. L’énergie fossile qui constitue l’étoffe même de son mode de vie est à bout de souffle, et les technologies qui en sont faites et qu’elle propulse sont désuètes, écrit-il d’emblée. Les résultats sont clairs. Le chômage monte à des niveaux dangereux dans le monde entier. États, entreprises et consommateurs sont criblés de dettes. Les niveaux de vie s’effondrent. » Enclenchée au milieu du 20e siècle, cette transition, née de la conviction que toutes les grandes révolutions économiques sont nées de la rencontre de nouvelles technologies de communication avec de nouveaux systèmes d’énergie, serait au moins aussi importante que le choc de la mécanisation du 19e siècle. « L’énergie nouvelle permet de créer une activité économique plus interdépendante, des échanges commerciaux plus larges tout en facilitant des relations sociales plus denses et davantage d’inclusion. » Dans son ouvrage réédité en 2011 et tiré à plusieurs millions d’exemplaires, il fait un état des lieux de la manière dont

― Septembre / Octobre 2015

▲ Jeremy Rifkin pose les bases d’un modèle collaboratif. Le théoricien sera à Luxembourg le 24 septembre.

la diffusion d’un pouvoir plus horizontal va changer la donne. « La démocratisation de l’énergie s’accompagnera d’une restructuration des relations humaines », prévoit-il. Globalisée, la révolution à l’œuvre changera donc aussi les rapports de force. Réduisant la dépendance au pétrole, la rupture de civilisation une fois consommée serait, pour Rifkin, la voie royale pour sortir d’une inévitable crise énergéti­ que et se diriger vers une économie « propre » et pauvre en carbone. Sur base d’une production d’énergie non plus « centralisée » mais « distribuée », la mutation se fonde sur une vision de l’énergie circulant en réseau de manière « intelligente », à l’image de la diffusion de l’information sur le web. Grâce à la création de minicentrales électriques, chaque bâtiment pourra disposer de sa propre quantité d’énergie. « Dans l’ère qui vient, des centaines de millions de personnes produiront leur propre énergie verte à domicile, au

bureau, à l’usine, et ils la partageront entre eux sur un internet de l’énergie. » Son dernier ouvrage, La nouvelle société du coût marginal zéro, abonde dans ce sens, décrit les nouvelles règles du jeu de l’économie mondiale face à la mise à mort du système actuel et pose les bases d’un modèle neuf de société collaborative (déjà esquissé dans son précédent titre) et indispensable à un futur développement pacifique et durable. « L’activité économique restera essentielle à la survie, mais elle ne suffira plus à définir les aspirations humaines (…). L’ère coopérative privilégie le jeu créatif, l’interactivité pair-à-pair, le capital social et l’accès à des réseaux mondiaux. » ◄ En résumé Le 24 septembre aura lieu le Luxembourg Sustainability Forum aux Rotondes à Bonnevoie. À l’agenda : tables rondes et workshops, exposition, traditionnel cocktail et lancement du « Luxembourg CEO Sustainability Club ». Le temps fort de la soirée : le keynote de Jeremy Rifkin. Inscriptions sur le site d’IMS.

PHOTO : FOUNDATION ON ECONOMIC TREND / DR

Le 24 septembre se tiendra le Luxembourg Sustainability Forum organisé par IMS (Inspiring More Sustainability). À l’agenda : tables rondes et workshops ouverts à tous, exposition, traditionnel cocktail et lancement du « Luxem­ bourg CEO Sustainability Club ». Autre temps fort de la soirée ? Le keynote speaker, Jeremy Rifkin. Né en 1945 à Denver dans le Colorado, Jeremy Rifkin a consacré une bonne partie de sa carrière à la prospective économi­ que et scientifique. Diplômé en économie de la Wharton School adossée à l’université de Pennsylvanie et en études internationales de l’université de Tufts (Massachusetts), il s’est notamment intéressé à l’impact sociétal et environnemental des avancées technologiques. Orateur star invité aux quatre coins du monde, l’essayiste est également à l’initiative, en 1977, de la Foundation on Economic Trend basée à Washington. Essentiellement financée par des dons privés, elle a acquis une renommée internationale au fil de ses travaux. Face à des enjeux multiples et globaux comme le dérèglement climatique, la raréfaction des ressour­ ces ou les soubresauts économi­ ques, ses chercheurs prônent aujourd’hui un changement de paradigme urgent pour parvenir à une croissance durable et plus égalitaire. Le penseur américain, qui a également conseillé une brochette d’institutions et de chefs d’État, dont la Commission européenne


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Économie & Politique Présidence du Conseil de l’UE

06 Une voix au rendez-vous ► La présidence luxembourgeoise en est déjà au tiers de son mandat et a vu son agenda chamboulé. ► Après un été en pente douce, elle s’est retrouvée sous les feux de l’actualité en étant amenée à gérer – coup sur coup – deux crises, celle des migrants puis celle du secteur agricole. ► Le pays président l’a fait de concert avec la Commission européenne et Jean-Claude Juncker. ― Texte : Frédéric Antzorn

Plutôt discrète durant deux mois, la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne s’est rappelée au bon souvenir de tous en ce début septembre, non pas à la faveur des dossiers dont elle a fait une priorité mais, de manière plus prosaïque, de l’actualité. Si la question des flux migratoires vers le Vieux Continent n’avait jusque-là généré que peu de réactions fortes au sein de l’UE, l’accélération de ces flux durant l’été et les effets sur l’opinion publique (notamment après la publication de la photo du petit Aylan, mort sur une plage turque), ont changé la donne. Jean Asselborn, en charge des Affaires étrangères, a été le premier à véritablement taper du poing sur la table en convoquant un conseil extraordinaire Justice et Affaires intérieures à Bruxelles, pour inviter l’Europe à prendre enfin cette question à bras-le-corps. Évoquant une « pression migratoire » face à laquelle les États membres doivent faire preuve d’une solidarité commune, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a – bien avant cette réunion de crise – mis en avant quelques pistes. Il a évoqué la mise en place d’une juridiction europé­ enne spécialisée dans le traitement des affaires de protection internationale, l’instauration d’un système européen de gardes-frontières et une amélioration des capacités d’accueil nécessaires « dans tous les pays de l’Union européenne », dénon­ çant au passage les barrières de barbelés érigées à la frontière bulgare. Autre représentant du gouvernement de Xavier Bettel à s’être illustré à la reprise, le ministre de l’Agriculture, Fernand Etgen, a dû lui intervenir face à une autre crise, en l’occurrence celle du secteur agricole. Ses représentants ont envahi les rues de plusieurs capitales européennes au volant de leur tracteur pour dénoncer l’effondrement des prix – du lait et de l’élevage en particulier – et de leurs revenus. Résultat des négociations : une enveloppe de 500 millions d’euros débloquée par la Commis­ sion européenne pour permettre de s’attaquer aux problèmes de trésorerie des exploitants agricoles, à la stabilisation des marchés, ainsi qu’au fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement. « L’Union européenne a réaffirmé son soutien au secteur agricole », s’est félicité Fernand Etgen à l’issue de la réunion qu’il avait convoquée, indiquant que les fonds mis à disposition ne provenaient pas de la réserve de crise, mais de la marge du budget de la Commission. De budget, il a été également question, mais à Strasbourg cette fois, où Pierre Gramegna, bon

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― Septembre / Octobre 2015

Le Luxembourg bon élève

Dette publique (en % du PIB)

23,6

Luxembourg

86,8

moyenne UE

élève de la classe (avec notamment une dette publique nationale loin sous la moyenne de l’UE – voir ci-contre) et en tant que chef de file des ministres européens des Finances, a présenté aux eurodéputés le projet de budget 2016 de l’Union européenne. Il est basé sur le principe de la discipline, mais aussi de la relance économique pour la croissance et l’emploi. Le texte présenté par le président du Conseil Écofin laisse apparaître des crédits d’engagement de l’ordre de 153,3 milliards d’euros, en baisse de 5 % par rapport à l’exercice précédent, mais avec lesquels « il faudra faire plus », a précisé Pierre Gramegna, notamment au travers des program­ mes d’aide aux migrants affluant vers l’Europe.

LUXEMBOURGEOIS DANS LA BOUCLE Sur ce point, la commission des budgets du Parlement européen, inquiète de certaines coupes, a plaidé pour que les moyens suivent « si le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, décidait d’ajouter 120.000 migrants à prendre en charge en plus des 40.000 déjà prévus », évoquant dans ce sens un chiffre de 960 millions d’euros nécessaires pour la politique migratoire, bien au-delà de ce qu’avait initialement programmé l’exécutif européen. Ce contingent de 120.000 réfugiés supplémentaires a bien été confirmé par le principal intéressé devant ces mêmes eurodéputés : JeanClaude Juncker a réclamé – lors de son discours sur l’état de l’Union – « responsabilité et solidarité » de la part de tous les États membres, sans qu’il soit question de budget. « C’est tout d’abord une question d’humanité et de dignité humaine et, pour l’Europe, c’est aussi une question de justice au regard de l’Histoire. » Le président Juncker a notamment évoqué un mécanisme de relocalisation permanent activable en cas de crise, quand la pression migratoire devient « extrême » dans un ou plusieurs États membres, une idée qui a été soumise au conseil extraordinaire Justice et Affaires intérieures, qu’avait convoqué Jean Asselborn. D’une présidence à l’autre, la boucle a ainsi été bouclée. Entre Luxembourgeois, serait-on tenté d’ajouter. ◄ En résumé La voix du Luxembourg a eu du mal à percer dans le concert européen, en début de présidence du Conseil de l’UE. L’actualité de cette fin d’été – la crise des migrants, la colère agricole – a en revanche permis aux porte-parole de montrer la place que le Luxembourg, par ailleurs bon élève, occupe dans l’Union.


Économie & Politique Présidence du Conseil de l’UE

Le Luxembourg dans l'Europe

DiplÔmés de l'enseignement supérieur

Taux d'emploi hommes Taux d'emploi femmes

(% des 30-34 ans)

52,7 37,9

Luxembourg

moyenne UE

(en %)

Luxembourg moyenne UE

100 90 80 70 60 50 40 30 20

Croissance du PIB (en %)

Luxembourg moyenne UE

3,1 1,3

10 0

Coût horaire de la main-d'œuvre

78,4

75

65,5

63,5

Proportion d'entreprises innovantes

(en euros)

(en %)

35,9

Recettes fiscales (en % du PIB)

24,6

Luxembourg moyenne UE

39,4

Luxembourg

66,1

48,9

Luxembourg

moyenne UE

Part de la population âgée de 65 ans ou plus (en %)

Consommation par habitant (Indice de standards de pouvoir d’achat)

140

100

Luxembourg

moyenne UE

38,6

moyenne UE

14,1

Luxembourg

18,5

moyenne UE

― Septembre / Octobre 2015 ― 059


Économie & Politique Very Influential People

07 Le poids des élites ► Après le référendum, certains ont parlé d’une rupture entre « élite(s) » et « peuple ». ► Cette rupture est-elle réelle ou fantasmée ? Quelle est la véritable influence de ces élites ?

Les résultats électoraux donnent toujours lieu à des analyses nombreuses des parties prenantes d’un vote. Avec le « non » au droit de vote des résidents non luxembourgeois, la société luxembourgeoise s’est montrée moins ouverte qu’elle ne le pensait spontanément – ou du moins telle qu’elle se voyait médiatiquement. À tort ou à raison ? Pour Adrien Thomas, chargé d’études au Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser), dans de nombreux pays, « l’État-nation a en quelque sorte cessé d’être ce qu’il n’a jamais été », avec la construction européenne et la diminution de la souveraineté nationale. Cette approche est caduque pour le Luxembourg. Le pays n’avait depuis longtemps pas de monnaie propre, et se trouvait intégré dans des conglomérats plus vastes (union douanière avec l’Allemagne puis union économique avec la Belgique). D’une certaine manière, l’euro, avec la création d’une Banque centrale du Luxembourg, a augmenté la souveraineté monétaire nationale. Et, au 19e siècle, « l’industrialisation s’est faite avec des capitaux étrangers. Puis en partie avec une main-d’œuvre immigrée ». Et ce, déjà, pour des postes qualifiés : « En plus de l’immigration italienne dans la sidérurgie, on accueillait des ingénieurs ou des ouvriers qualifiés allemands. » Autrement dit, le poids de l’étranger et des étrangers n’est pas nouveau. Une rupture, réelle, date de 1919, avec l’introduction du suffrage universel. L’élargis­ sement du corps électoral et la création des premiers partis politiques ont amené les élites politiques et économiques à se séparer.

En complément

Une expo, un débat Les Archives nationales ont organisé une exposition sur le thème « Besser Familien », dans leur bâtiment du Plateau Saint-Esprit. En complément, le 30 septembre prochain, le Paperjam Club organise avec les Archives un débat sur le thème des « Very Influential People in Luxembourg ». Plus de détails sur www.paperjam.club

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PHOTO : COLLECTION RICHARD / DR

― Texte : Vincent Ruck et Jean-Michel Gaudron

▲ La famille Norbert Metz-Tesch, une des grandes familles qui ont construit l’histoire du Luxembourg (extrait de l’exposition Besser Familien).

Pour Henri Wehenkel, historien et chercheur, « les élites ont alors perdu le pouvoir politique ». Si les anciennes familles se sont maintenues dans l’économie ou la culture, « en politique, ils n’avaient plus le pouvoir ou une force suffisante au moment des élections. Les familles Metz, Wurth ou Tesch étaient toutefois encore présentes dans la vie sociale pendant cette période ». Elles n’étaient plus sur le devant de la scène, tout en maintenant une certaine influence. Avec le temps, cette dernière s’est nécessairement géographiquement déplacée : « Les grands industriels des années 20-30 devaient avoir un relais politique au Luxem­ bourg. Maintenant, ils doivent d’abord avoir des contacts avec Bruxelles. »

UN DIVORCE, MAIS ENTRE QUI ? Évoquer un divorce entre une élite et un peuple est risqué. En premier lieu, ces deux entités sont composites. Fernand Fehlen,

― Septembre / Octobre 2015

enseignant-chercheur à l’Université du Luxembourg, souligne combien le mot « élite » est toujours trop réducteur : « Il faudrait toujours au moins utiliser un adjectif… Les élites entrepreneuriales, les élites politiques, culturelles… » Mêmes distinctions à faire pour le peuple. La nationalité, par exemple, n’est pas qu’une affaire de filiation : « En 2011, un tiers des Luxembourgeois sont des immigrés de première ou deuxième génération… En 2000, en prenant en compte la génération des grandsparents, plus de la moitié des ‘Luxembourgeois’ ont des ancêtres non luxembourgeois. » Autre faiblesse, l’absence de regard de la société luxembourgeoise sur elle-même : « Les gens instruits se désintéressent d’une réfle­ xion sur leur société, et la laissent à d’autres, qui construisent cette image du Luxembourgeois de souche parlant luxembourgeois, ce qui ne correspond pas à la réalité. » Autrement dit, les élites intellectuelles ont un rôle à jouer, en participant à la construction d’un corpus intellectuel sur ce qu’est le fait d’être luxembourgeois… Le défi sera-t-il relevé ? ◄ En résumé Les caractéristiques sociologiques et démographiques du Luxembourg en font un cas unique en Europe. Le résultat du référendum d’il y a quelques mois ne peut pas être uniquement analysé en termes de rupture entre les élites et le peuple.


Économie & Politique Données corrompues

08 L’affaire Lansky ► Un avocat autrichien, proche du président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, a vu saisies ses archives dans un data center au Luxembourg. ► La bataille judiciaire pour la récupération des documents implique l’ex-gendre de l’autocrate, mort en prison dans d’étranges circonstances.

▲ De Luxembourg à Astana, en passant par les geôles de Vienne, une sombre histoire kazakhe pose souci aux protecteurs de données et de data centers.

Et si la NSA, avec la complicité de la BND allemande, avait déployé de grandes oreilles pour écouter ce qui se passait sur les lignes entre Vienne et Luxembourg en relation avec l’avocat autrichien Gabriel Lansky, proche du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, et l’ancien gendre de ce dernier, Rakhat Aliyev, mort en prison en février dernier ? Tous les ingrédients étaient en tout cas réunis pour susciter l’intérêt du renseignement américain… Rakhat Aliyev a été retrouvé mort dans sa cellule du centre pénitentiaire de Josephstadt à Vienne le 24 février 2015. Il y était détenu depuis juin 2014. L’enquête a conclu au suicide, mais des doutes subsistent. Des traces ADN renvoient à une autre personne non identifiée. Le « suicidé » avait déjà écrit deux livres de souvenirs et en préparait un troisième, consacré aux relations entre son ex-beau-père et les hommes politiques européens. Aliyev, dans sa période faste, avait été directeur adjoint du service secret kazakh. À la tête d’une banque (Nurbank), ayant fait fortune dans le sucre puis le métal, il avait admis avoir été « un pourri » puis, repenti, il s’était mis à dénoncer la corruption endémique dans son pays. En disgrâce, il fut envoyé début des années 2000 comme ambassadeur en Autriche, puis rappelé à Astana, avant de retrouver son poste de diplomate à Vienne. Dans l’intervalle, il fut inculpé, avec deux de ses compatriotes (Alnur Mussayev, ex-chef des services secrets, et Vadim Koshlyak), pour l’assassinat en 2007 de deux banquiers kazakhs. Leurs corps ne furent retrouvés qu’en mai 2011. Le procès s’est tenu en Autriche au printemps dernier, les autorités ayant refusé les demandes d’extradition à Astana. En l’absence de preuves, les accusés ont été blanchis le 10 juillet dernier.

DE SANTER À INTELLI+ L’hypothèse d’un dossier d’accusation « monté » de toutes pièces par Astana s’appuie notamment sur des pièces et documents

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PHOTOS : MAISON MODERNE / MIKE ZENARI / SERVICE D’INFORMATION DE LA PRÉSIDENCE KAZAKHE

Texte : Véronique Poujol


Économie & Politique Données corrompues provenant des services secrets du Kazakhstan. L’avocat autrichien Gabriel Lansky a reçu 14 millions d’euros pour conseiller la partie civile. Proche du président Nazarbaïev, il a, outre la mission de défendre les intérêts des veuves des deux banquiers à Vienne, celle de mettre en place un lobby pour redorer l’image du Kazakhstan, sous pression internationale. Pour l’aider dans cette tâche, Lansky, à l’origine, mise sur l’ancien chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, « son cheval de tête », écrit l’hebdomadaire Der Spiegel. Gusenbauer va solliciter quelques « grands anciens », l’exchancelier Gerhard Schröder, l’ex-président allemand Horst Köhler, l’ancien ministre de l’Intérieur Otto Schily, l’ancien président italien de la Commission Romano Prodi. L’Autrichien tentera aussi de débaucher Jacques Santer (prédécesseur de Prodi). Le Luxembourgeois, après avoir dit oui, déclina finalement la proposition : « C’était très bien payé, mais trop sensible ; le Kazakhstan n’a pas une bonne image », a expliqué l’ancien Premier ministre à Paperjam, confirmant qu’il fut approché. Mais le passage en filigrane de Jacques Santer n’est pas le seul élément du dossier qui ramène à Luxembourg… En 2011, Lansky engage des consultants internationaux pour effectuer l’analyse cri­ minelle des milliers de pièces du dossier. Il s’agit de bétonner les preuves de l’implication d’Aliyev et ses motifs à faire disparaître les deux banquiers. Une firme britannique est initialement retenue, mais elle sous-traite en partie à la société luxembourgeoise d’analyse criminelle Intelli+, qui exploite le logiciel iDetect, un outil spécialisé dans les enquêtes anti-blanchiment. Par la suite, Intelli+ décroche le marché en direct et conseille au cabinet d’avocats de mettre son serveur chez Labgroup au Luxembourg. Les archives basculent au Grand-Duché avec une liaison sécurisée jusqu’à Vienne. Un contrat de leasing est signé, mais Lansky accumule les retards de factures (73.000 euros). Intelli+ annule son contrat à l’été 2013. Les Autrichiens réagissent en introduisant une plainte pour chantage contre les dirigeants de la firme luxembourgeoise. Lansky veut récupérer ses archives. Mais les enquêteurs autri­ chiens s’y intéressent aussi et envoient en août 2013 une commission rogatoire au Luxembourg. Une perquisition est ordon­ née chez Labgroup, des milliers de données sont saisies. Parallèlement à l’action engagée par le Parquet de Vienne, l’ex-gendre de Nazarbaïev initie en décembre 2013 (sa veuve a poursuivi l’action) une procédure pénale au Luxembourg, pour violation de la législation de la vie privée. Il soupçonne Lansky de détenir illégalement, dans les racks luxembourgeois, des preuves potentielles des relations entre l’avocat et le service secret kazakh.

Une longue partie s’engage alors entre Luxembourg et Vienne. Les perquisitions et saisies sont annulées, par la justice autrichienne d’abord, puis réactivées entre 2013 et 2014. En avril 2015, un arrêt de la Chambre du conseil de la Cour d’appel a à nouveau annulé les saisies au Luxembourg et ordonné la restitution des documents. Même si la question de leur propriété se pose dans le cas du leasing entre Intelli+ et Lansky. L’arrêt du 23 avril dernier est à marquer d’une pierre noire pour les opérateurs de l’ICT. Le Grand-Duché mise, dans ce marché ultra-compétitif, sur la sécurité de ses data centers, la confidentialité des informations et la législation sur la protection des données…

COMPÉTENCE TERRITORIALE Les juges de la Cour d’appel ont étonnamment botté en touche sur une question de compétence territoriale, considérant que, si le stockage des données relevait bien de la juridiction luxembourgeoise, la responsabilité du traitement des données était établie en Autriche. Or, une partie du traitement sous la forme d’enregistrement de données sur les serveurs a bien été réalisée au Luxembourg. Mais aux yeux des juges, c’est « sans incidence », parce que le travail a été accompli dans le cadre de l’activité de l’étude d’avocats. Et les supports informatiques sur lesquels les données ont été stockées ne peuvent pas être considérés comme un établissement, même virtuel, en l’absence d’activité effective et réelle au moyen d’une installation stable. Comme la collecte des données a eu lieu en Autriche, leur légalité doit s’apprécier par rapport à la loi autrichienne. Aussi ont-ils ordonné la destruc­ tion des données saisies par la police luxembourgeoise. Les mesures de perquisition et de saisie ne se justifient, a tranché la justice, que si elles ont été ordonnées en exécution d’une commission rogatoire internationale de la part d’autorités étrangères compétentes dans le cadre d’une enquête sur la légalité de la collecte des données. Bref, c’est le serpent qui se mord la queue, car les Autrichiens n’avaient pas formulé leur demande d’entraide dans ce sens et ne s’attendaient sans doute pas à cette position de la part des juges grand-ducaux. « Nous attendons de voir ce que disent les autorités autrichiennes avant de recommencer éventuellement à zéro, de toute façon, d’autres recours sont pendants », nous a fait savoir la procureure générale d’État, Martine Solovieff. Les avocats de la veuve d’Aliyev ont interjeté un recours en cassation, procédure ayant suspendu la destruction des mystérieuses archives de Gabriel Lansky. ◄

Xavier Bettel à Astana

L’influence de Mittal

Alors qu’il venait de se marier, le Premier ministre Xavier Bettel a un peu surpris son monde en se rendant les 21 et 22 mai au Kazakhstan pour prononcer, entre autres, un discours inaugural au 8e forum économique d’Astana, qui se veut le « Davos de l’Asie centrale ». La présence du dirigeant luxembourgeois avait été organisée un peu à la va-vite, car son nom n’apparaissait pas sur la brochure initiale du forum. Il aurait été invité à l’initiative de Lakshmi Mittal, qui a ses entrées à Astana et dont le groupe sidérurgique, avec son usine à Termitau et ses 12 mines de fer et de charbon, est le principal producteur d’acier, sinon l’unique, au Kazakhstan. La visite de Bettel, qui a rencontré le président Noursoultan Nazarbaïev, s’inscrivait dans un contexte particulier. ArcelorMittal a été condamnée à une amende (symbolique) de 3.223 dollars début février pour avoir coupé de 25 % les salaires de ses ouvriers en raison de la dévaluation du rouble, la Russie étant le principal débouché de sa production kazakhe. Un accord fut trouvé à la mi-février pour payer les compléments de salaires ayant été coupés. En marge de ce conflit, les dirigeants du géant sidérurgique avaient fait savoir qu’ils comptaient sur la restitution par les autorités kazakhes de 65 millions de dollars d’impôts, qui auraient déjà dû être rendus depuis 2010. Le 29 juillet dernier, la direction d’ArcelorMittal a annoncé une augmentation de la production de son site de Termitau à 5 millions de tonnes en 2017. V. P. ◄

En résumé C’est une sacrée partie qui se joue entre Luxembourg et Vienne, avec des connexions au Kazakhstan. L’enjeu ? La récupération des archives électroniques de l’avocat autrichien Gabriel Lansky, proche du président Noursoultan Nazarbaïev, entre­posées dans un data center au Luxembourg.

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Économie & Politique Nominations / Mission en Israël

09 État des lieux ► Ces derniers mois, une série de nominations et promotions ont eu lieu, parfois au grand jour, parfois davantage en coulisses. tration de Servior. Henri Grethen (DP), ayant rempilé à la Cour des comptes européenne, a repris à Pierre Gramegna la présidence de la Fondation de Luxembourg, le ministre des Finances y restant administrateur. On notera par ailleurs une vague de nommés à des postes stratégiques de ressorts politiques : Jean-Paul Senninger, Jacques Thill, Paul Konsbruck (ministère d’État – Médias et Communication), Luc Schockmel, Lex Folscheid ou Anne Heniqui (Éducation nationale), Max Theis (Culture), Jean-Paul Marc (Logement), Yves Piron et Dan Theisen (Famille)… Une liste non exhaustive. A. D. ◄

PHOTO : LUC DEFLORENNE (ARCHIVES)

Après la saga qui a maintenu Isabelle Schlesser à la tête de l’Adem, malgré les recours de Mariette Scholtus, écartée jadis par le ministre du Travail, Nicolas Schmit (LSAP), il y a eu celle de l’éviction de Daniel Miltgen, haut fonctionnaire au Logement remplacé en avril par Tania Fernandes, alors que Marc Hansen héritait d’une deuxième casquette de secrétaire d’État, pour « épauler » Maggy Nagel. Le Conseil d’État a entamé sa mue en février. L’avocat Marc Thewes a pu succéder à Roger Molitor sur le banc CSV. Puis le boss d’EY, Alain Kinsch, a été adoubé par le DP pour remplacer Victor Gillen. Sam Tanson (Déi Greng) a repris le siège d’Agnès Rausch. Le DP a aussi fait « monter » (pour Paul Schmit) Héloïse Bock (Arendt & Medernach), déjà à la tête du conseil d’adminis­

► Alain Kinsch (EY) a été adoubé au Conseil d’État.

10 Prospecter et innover sans polémique Du 24 au 28 octobre, la Chambre de commerce et le ministère de l’Économie invitent les entreprises luxembourgeoises à une mission en Israël, destinée à tisser des liens plus forts dans l’ICT, les biotechnologies, la logistique ou les cleantech. Mauvais hasard du calendrier, l’invitation était tombée au même moment que des échos de boycott de produits israéliens par Cactus. Sollicitée par le Comité pour une paix juste au MoyenOrient (CPJMO), la chaîne avait donné son accord pour le retrait de denrées agricoles de ses rayons. Selon le CPJMO, poivrons, dattes et agrumes made in Israël sont issus de colonies en Cisjordanie…

◄ Le business luxembourgeois sera à Tel Aviv fin octobre.

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Face à la polémique et après une rencontre avec Daniel Schneider, nouveau consul honoraire d’Israël au Luxembourg, Cactus a fait machine arrière. Le calendrier a aussi vu le ministre Asselborn effectuer un voyage en Israël. Selon le Statec, Israël est le 34e partenaire économique luxembourgeois (sur 70), avec 0,04 % des importations. En février dernier, Interna­ tional Wealth Insurer (IWI) lançait de Luxem­bourg une solution d’assurance vie sur mesure pour des familles d’Israël. Dans l’autre sens, Raval a posé son industrie automotive à Bascharage en 2002, pour le marché européen. Fin octobre, la mission s’intéressera surtout aux start-up et aux fintech, et un séminaire spécial, à Tel Aviv, se focalisera sur la cybersécurité ou les smart cities. J.-M. H. ◄

PHOTO : MIKE KOEDINGER

► Les entreprises luxembourgeoises fouleront la terre promise du business et du high-tech.


Cette information n’est pas un avis juridique et ne saurait engager la responsabilité de ses auteurs

« Quoi, vous travaillez désormais auprès de notre concurrent ?! Avez-vous déjà oublié votre clause de non-concurrence ? »

« Cette clause n’est pas valable !! »

UNE CLAUSE DE NON-CONCURRENCE, INTERDISANT UN EMPLOI SALARIÉ AUPRÈS D’UN CONCURRENT APRÈS LA FIN DES RELATIONS DE TRAVAIL, EST-ELLE VALABLE ? La clause de non-concurrence prévue par le Code du travail vise uniquement l’interdiction pour l’ancien salarié « d’exploiter » une entreprise personnelle concurrente. Elle n’est en principe pas valable si elle interdit au salarié de travailler au sein d’une entreprise concurrente, en tant que « travailleur salarié ». De plus, l’interdiction de concurrencer son ancien employeur doit en principe être limitée au Grand-Duché, pour être valable. La Cour d’appel a récemment précisé qu’une clause de non-concurrence peut valablement interdire à un (ancien) salarié de conclure un contrat de travail avec un concurrent, même à l’étranger, si les obligations imposées au salarié ne sont pas manifestement excessives. Tel est le cas dans les conditions suivantes : 1) lorsqu’il est par ailleurs permis au salarié de travailler auprès d’entreprises non-concurrentes ; 2) lorsque l’interdiction est limitée dans le temps (ex : 12 mois) ; 3) lorsqu’elle comporte une contrepartie financière ; 4) lorsqu’elle couvre un territoire non excessif (ex : Grand-Duché + Alsace et Lorraine). CASTEGNARO-Ius Laboris Luxembourg est le plus grand cabinet d’avocats spécialisé en droit du travail au Luxembourg, conseillant et défendant exclusivement les employeurs. CASTEGNARO est fondateur et membre de Ius Laboris, une alliance internationale composée des cabinets d’avocats spécialisés en droit du travail les mieux cotés dans leur pays respectif.

www.castegnaro.lu

Take the right decision.


Paperjam Advertorial Interview Strada lex

La bibliothèque virtuelle du droit luxembourgeois

► Strada lex Luxembourg est une bibliothèque virtuelle dédiée à l’information juridique luxembourgeoise et européenne. ► Strada lex Luxembourg a bénéficié de toute l’expérience du groupe acquise avec Strada lex Belgique et ses nombreuses autres bases de données, en termes d’ergonomie, d’efficacité de recherche et d’exploitation de documents. ► Au registre des outils innovants, Strada lex Luxembourg dispose entre autres d’une fonction intégrée dite « cross-language ».

▲ Rui Henriques, éditeur du Groupe Larcier et Marc-Olivier Lifrange, CEO du Groupe Larcier

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Le Groupe Larcier a lancé sa nouvelle base de données, Strada lex Luxembourg, en juin dernier. De quoi s’agit-il ? Marc-Olivier Lifrange, CEO du Groupe Larcier : « Conçue et développée par DBIT, la filiale du Groupe Larcier spécialisée dans l’IT, Strada lex Luxembourg est une bibliothèque virtuelle dédiée à l’information juridique luxembourgeoise mais également européenne, dans la mesure où le Grand-Duché tient une place toute particulière dans ce domaine. Concrètement, elle rassemble toute la législation, la jurisprudence, ainsi que la doctrine de l’ensemble des branches du droit : droit fiscal, droit social, droit de l’immobilier… Elle compte plus de 500.000 références documentaires. Ces contenus font l’objet d’une mise à jour permanente et sont très régulièrement enrichis des analyses et commentaires de nos auteurs, spécialistes reconnus du droit luxembourgeois, comme Alain Steichen, Marc Feyereisen, Jean-Luc Putz et Marc Thewes... Strada lex Luxembourg est consultable depuis un PC, une tablette ou un smartphone. Ces références documentaires sont-elles celles du Groupe Larcier, exclusivement ? Rui Henriques, éditeur du Groupe Larcier : « Non et c’est l’une des valeurs ajoutées de

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Strada lex Luxembourg. Elle donne accès à l’ensemble des informations de notre base de données, aux Recueils de jurisprudence Promoculture-Larcier, au Journal des tribunaux luxembourgeois ou à la nouvelle Revue générale de fiscalité luxembourgeoise de Larcier, et aussi, aux principales sources publiques officielles comme le Mémorial, par exemple. Par ailleurs, elle accueille également les contenus d’autres éditeurs spécialisés dans le droit. La base de données s’avère donc particulièrement riche. Développer des partenariats avec d’autres éditeurs n’est pas une démarche nouvelle. Nous expérimentons ce principe depuis 2004, avec Strada lex Belgique qui permet un accès aux sources d’une quinzaine d’éditeurs français, belges de référence. Le Groupe Larcier a été un précurseur en la matière. Les deux bases de données, belge et luxembourgeoise, sont, bien évidemment, interconnectées. À noter que nous nous apprêtons également à lancer Strada lex Europe, une base de données dédiée au ‘droit européen’. Avec Strada lex Luxembourg, le professionnel du droit dispose d’une information juridique complète, fiable et actualisée. Mais ce qui lui importe aussi, c’est de rapidement trouver l’information qui


Paperjam Advertorial Interview Strada lex l’intéresse, quand il en a besoin. Que permet Strada lex Luxembourg en termes de gain de performance ? R. H. : « Strada lex Luxembourg a bénéficié de toute l’expérience du groupe acquise avec Strada lex Belgique et ses nombreuses autres bases de données, en termes d’ergonomie, d’efficacité de recherche et d’exploitation de documents. Concrètement, pour faciliter sa recherche, l’internaute dispose de différents filtres qu’il peut activer à sa guise afin de circonscrire sa recherche et d’aller à l’essentiel. La recherche d’une information peut ainsi se faire par thématiques, par revues, par motsclés ou bien encore par dates, en sachant que l’utilisateur a la possibilité de combiner tous les filtres. S’il le souhaite, il peut également circonscrire sa recherche à un mot-clé ou demander au système d’y inclure des synonymes et des termes dérivés. Les résultats d’une recherche sont automatiquement triés par pertinence. Au registre des outils innovants, Strada lex Luxembourg dispose également d’une fonction intégrée dite ‘cross-language’. Grâce à cette prouesse technologique, développée par DBIT, l’utilisateur de la base de données peut demander au moteur de recherche ‘intelligent’ d’étendre sa requête en français à d’autres langues, comme par exemple, l’anglais. Strada lex Luxembourg offre-t-elle également la possibilité à l’utilisateur de créer son espace personnel ? R. H. : « Oui, MyStrada permet à chacun de se créer un espace de travail personnalisé. Il offre de multiples services comme la possibilité de sauvegarder des documents, de les classer et de les organiser ou bien encore d’accéder à son historique de recherches. Au registre des outils personnalisables, l’utilisateur de Strada lex Luxembourg peut aussi créer une e-alert afin de recevoir et d’être informé des mises à jour sur une ou plusieurs thématiques. Tout cela se fait très facilement, il suffit de cliquer sur un icone

«€Nous n’opposons pas le papier et le numérique. Au contraire, ce sont deux supports d’information complémentaires. » Marc-Olivier Lifrange

pour activer ou désactiver une fonction. Pour une confidentialité maximale, l’accès à MyStrada se fait à partir d’un code et d’un login personnels. Cette fonction peut donc être utilisée au sein d’une entreprise où la base de données est consultée par différents utilisateurs. Comment Strada lex est-elle commercialisée ? M.-O. L. : « Différentes formules d’abonnement sont proposées. L’utilisateur est facturé selon ses besoins et son utilisation. Mais les abonnements offrent une grande souplesse. Lorsque l’utilisateur a besoin, exceptionnellement, de consulter un document payant auquel il n’a pas accès, il peut toujours le commander directement en ligne. Nous avons également développé une solution ‘pay-per-time’, qui donne un accès à l’ensemble des revues du Groupe Larcier pour une durée préalablement définie. Strada lex Luxembourg permet de consulter toutes les publications du Groupe Larcier. Faut-il en déduire que l’arrêt des revues papier est programmé ? M.-O. L. : « Absolument pas. Nous avons commencé à développer une stratégie dans le domaine du numérique, il y a une quinzaine d’années. Aujourd’hui, le numérique génère une part majeure de notre chiffre d’affaires. C’est un marché en forte croissance. Mais contrairement à ce que tout le monde a pu prétendre, le papier est loin d’avoir disparu. Nous avons publié 250 livres en 2014. Chaque année, nous diffusons également 80 revues. Nos clients sont très attachés au papier. Au sein du Groupe Larcier, nous n’opposons pas le papier et le numérique. Au contraire, ce sont deux supports d’information complémentaires. DBIT développe actuellement des outils innovants qui permettent de bénéficier du meilleur des deux ‘univers’, dans des domaines comme la synthèse vocale numérique automatique et la réalité augmentée. » ◄

250

Le nombre de livres publiés en 2014 par le Groupe Larcier.

Le Groupe Larcier Créé en 1839, en Belgique, le Groupe Larcier est un groupe d’édition spécialisée dans le droit et l’édition professionnelle. Il publie des codes, notamment les Codes Larcier, différentes revues juridiques ainsi que des ouvrages plus généraux. Ces publications, disponibles en version papier ou électronique, s’adressent aux professionnels du droit ainsi qu’à toutes les personnes dont l’activité professionnelle implique d’être au fait de l’actualité juridique : avocats, notaires ou juristes mais également DRH ou experts-comptables. Depuis 2011, et le rachat des Éditions Promoculture, le Groupe Larcier est également actif au Luxembourg. En ce qui concerne DBIT, c’est la filiale du Groupe Larcier spécialisée dans l’IT. Également sise au Grand-Duché, DBIT, qui emploie 23 personnes (équivalents temps plein), assure la gestion de la banque de données de l’ensemble du groupe. Sa mission consiste aussi à développer les outils et les supports numériques innovants mis à la disposition des partenaires, des auteurs et des clients du groupe.

500.000

Le nombre de références documentaires dont dispose Strada lex Luxembourg.

«€MyStrada permet à chacun de se créer un espace de travail personnalisé. » Rui Henriques

www.stradalex.lu – l’accès à la bibliothèque du droit luxembourgeois.

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Huit bases de données mises en marché depuis 2004.

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Entreprises Voici un aperçu des principales informations de ces dernières semaines, à lire en détail sur www.paperjam.lu. Retrouvez ensuite 10 sujets clés sélectionnés par la rédaction. Après Marcel Funk, Peter van de Pas ou bien encore Robert Song, un nouveau membre de la direction de Cargolux a quitté la ­carlingue  : Georges Biwer, vice president Africa, a rejoint le Russe AirBridgeCargo en tant que vice president for scheduled business operations. Depuis la réorganisation au sein de la compagnie liée à l’arrivée des Chinois de HNCA, ce ne sont pas moins de six dirigeants qui ont choisi ou ont été priés de partir. Le groupe Post Luxembourg, par l’intermédiaire de sa filiale d’investissement Post Capital, parraine désormais les échanges avec les start-up du Technoport. Un accord, conclu jusqu’en 2017, a été signé pour « soutenir l’entrepreneuriat technologique », au terme duquel la filiale Capital se pose en « investisseur industriel ». Cela permet à Post de se trouver aux premières loges pour repérer, suivre et, le cas échéant, financer et développer des projets d’avenir. « Ce partenariat stratégique permet, d’une part, de contribuer au développement d’un écosystème attractif pour l’entrepreneuriat au Luxembourg et, d’autre part, de compléter l’offre de services aux start-up », a expliqué Jos Glod, directeur général adjoint de Post Luxembourg (en charge de la branche Capital). Spécialisée dans les systèmes de sécurité et de détection automobile, la société sino-luxembourgeoise International Electronics and Engineering vient de ­s’associer au groupe portugais Kinematix pour conceptualiser une smartshoe équipée d’un dispositif électronique niché dans sa semelle et lié à une application

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téléchargeable sur smartphone ou smartwatch. Un dispositif permettant aux coureurs de monitorer et optimiser leurs mouvements. Des précommandes sont déjà ouvertes. En même temps que Xavier Bettel et Pierre Gramegna étaient en visite officielle au pays du Soleil levant, le tour-opérateur japonais Veltra (12.000 offres de voyage à travers 300 destinations de par le monde) annonce son arrivée au Luxembourg – sous le nom de Veltra Lux – pour consolider ses activités stratégiques et de marketing, et en développer d’autres liées à l’ICT. La concession de la plus grande station-service du monde, située sur l’autoroute E25/A3, à Berchem (25.000 clients par jour), reste entre les mains de Shell : ainsi en a décidé le gouvernement, qui a renouvelé le contrat pour 10 années supplémentaires. Un agrandissement du site est planifié par le pétrolier anglonéerlandais. De l’autre côté, en direction de la France, c’est Aral qui avait vu, lui aussi, sa concession renouvelée en début d’année, pour une même période de 10 ans. C’est la fin d’une success-story autour de l’œuf recalibré pour une nutrition parfaite. Belovo est en déroute, en Belgique comme au Luxembourg. Les sociétés Belovo Engineering Europe, BNL Food International et BNL Investment Company, toutes basées à Wiltz, ont été déclarées en faillite par le tribunal à Diekirch. Belovo Holding, logée à Luxembourg, n’a quant à elle plus rien publié depuis juillet 2009. Et encore : c’était pour les comptes de l’année... 2006 ! Cette information s’ajoute à l’aveu de faillite des sept sociétés du groupe en Belgique. Belovo était la première société à s’être implantée sur la zone industrielle de

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Bastogne, il y a plus de 30 ans, mais connaissait des problèmes financiers récurrents. En 2012, la société accusait une dette cumulée de quelque 13 millions d’euros. On avait alors évoqué la piste d’investisseurs chinois, qui n’a pas abouti.

la main sur Cushman, c’est le nom de cette dernière qui a été conservé pour identifier le nouvel agrégat. La nouvelle entité regroupe 43.000 collaborateurs dans 60 pays. Le bureau luxembourgeois de Cushman & Wakefield, qui rassemble 14 personnes, est dirigé par Koen Nevens, qui chapeaute l’ensemble du Benelux. DTZ Luxembourg, dirigé par Jean-Pierre Lequeux, garde l’enseigne jusqu’à nouvel ordre. Avec une augmentation de 7 % de ménages touchés par rapport à la même période l’an dernier, soit 312 millions de foyers, SES aborde les résultats du premier semestre 2015 avec satisfaction. Ses revenus frôlent le milliard avec 999,1  millions d’euros (+6,4 % par rapport au premier semestre 2014) et le résultat net après impôt atteint 340  millions d’euros (+13,9 %).

La société eschoise B&D Concept vient de lancer à Luxembourgville un nouveau concept de mobilité dénommé GoBike. Des vélos-taxis sillonnent désormais les différents quartiers de la capitale, au service des résidents comme des touristes. Quelques semaines après avoir annoncé devoir abandonner son site de la Grand-Rue à Ettelbruck, le groupe de distribution Cactus annonce son intention de se déployer sur deux autres adresses dans le nord du pays : place MarieAdelaïde à Ettelbruck (à la place de l’ancien magasin Monopol) et rue du Pont, à Wiltz. Les deux transactions ont été conclues avec Mavin Property Fund, propriétaire des deux sites. Le calendrier d’ouverture n’a pas été communiqué. La fusion opérationnelle des deux cabinets s­ pécialisés dans l’immobilier, Cushman & Wakefield et DTZ, est entrée en vigueur partout dans le monde. Même si DTZ a pris

L’entrepreneur Claude Wagner diversifie ses ­activités en reprenant la société WolfMoritz, entreprise familiale plus que centenaire spécialisée dans les cuisines haut de gamme. L’opération a été conseillée et accompagnée par Tenzing Partners. M. Wagner est déjà propriétaire d’autres enseignes bien connues au Luxembourg et en Grande Région : Bati C, Citabel ou les magasins Hoffmann’s. L’acquisition de Wolf-Moritz lui permet de diversifier ses activités tout en jouant sur des synergies afin d’assurer la pérennité de l’entreprise, qui emploie une dizaine de collaborateurs. Spécialisé dans le recrutement, le bureau de conseil RH The Recruiter vient d’intégrer à son


Entreprises Brèves

131.600

C’est le nombre de clients mobiles que compte Orange Luxembourg. L’opérateur de télécommunications revendique 3.200 clients supplémentaires acquis au cours du premier semestre de l’année.

portfolio les services de références professionnelles Doctor Chexs, société fondée en 2007. Luxair et Maison Moderne s’associent pour lancer un blog. Mis en ligne à l’adresse travelblog.eu, le site fait la part belle aux récits, conseils avisés et expériences d’insiders, photos à l’appui.

Les premiers sites ont été déployés au printemps dernier à Luxembourg-ville et à Ettelbruck. Le sidérurgiste Aperam affiche, pour le premier semestre, un Ebitda de 288 millions de dollars, stable par rapport aux 293 millions du 1er semestre 2014.

Travelblog.eu permet la découverte de nombreuses villes d'Europe.

Le lancement s’est accompagné de 400 news dédiées à une quinzaine de villes, de Barcelone à Berlin, en passant par Nice et Porto et bien sûr Luxembourg. Soutenu, le rythme de publication sera ensuite de 365 posts par an, en français et en anglais. L’assureur belge Fédérale Assurance a fait l’acquisition auprès du promoteur luxembourgeois Everop Square 1B de la résidence universitaire Uni-Val 1 de 10.000 m2 à Belval, comprenant 77 chambres et 98 studios. Un premier pied au Grand-Duché, mais deux autres projets seraient en bonne voie. Le montant, qualifié de « très important », n’a pas été précisé. Il s’agit de la plus grande des 36 résidences de l’université et la première sur Belval. Premier opérateur spécialisé dans l’internet des objets, Sigfox vise la fin 2015 pour finir de déployer dans l’ensemble du pays un réseau bas débit longue portée. Il sera aidé dans sa tâche par Post Luxembourg et RMS.lu.

Les loyers repartent à la hausse dans l’immobilier de bureaux un peu partout en Europe. Selon JLL, c’est particulièrement vrai au Luxembourg, avec une croissance de 7 % entre les premier et deuxième trimestres, ce qui représente la plus importante hausse des loyers de bureaux « prime » en Europe. Selon la récente édition du Office Property Clock Index de JLL, Luxembourg pointe en septième position des villes les plus chères d’Europe au m2 loué, avec un tarif moyen annuel de 540 euros par m2 (hors TVA). Elle se situe juste derrière Paris et devant Dublin. Royal Bank of Scotland (RBS), en partance du Luxembourg, a trouvé acquéreur pour son activité de fonds. And the winner is… BlackFin Capital Partners, une société de gestion de capital-investissement indépendante basée à Paris. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué. En juillet dernier, RBS avait annoncé avoir trouvé un accord avec BNP Paribas pour accueillir ses clients bancaires.

Le résultat net, lui, a presque ­doublé, passant de 55 à 108 millions d’euros. À l’instar des autres acteurs du marché de l’immobilier professionnel, CBRE, actif sur la Place depuis six ans, vient de lancer un département Property Management au Luxembourg. Il a été placé sous la responsabilité de Laurent Cooreman, managing director de CBRE, et sous la direction opérationnelle de Manuel Hermoso (exProperty Partners), en tant qu’associate director & ­property manager. Enovos et Post ont signé un partenariat avec l’entreprise de pointe CSide dans le domaine de la domotique pour développer une solution smart home complète et innovante, permettant de contrôler sa maison à distance en matière de gestion d’énergie, de sécurité, d’automatisation du bâtiment, d’électroménager, des systèmes multimédia ou encore de l’encadrement des personnes âgées.

secteur très particulier, nous ne sommes que cinq acteurs au niveau mondial », explique Bart De Wever, docteur en sciences médicales et spécialiste reconnu de la production de tissus humains. Après être passés par le GrandDuché en 2009, les Google Cars, chargées de collecter les images pour Street View, sont de retour. Annoncée par la Commission nationale pour la protection des données (CNPD), cette visite se limitera aux cantons de Luxem­bourg et d’Esch-sur-Alzette, selon Google. Comme l’exige la législation, Google devra flouter les images comportant des personnes ou des biens identifiables. Les visages et les plaques d’immatriculation tout particulièrement. Le magasin Ikea Arlon a rouvert ses portes après avoir réalisé des travaux de réaménagement et d’agrandissement représentant un investissement de 15 millions d’euros dont une verrière, premier aménagement du genre en Belgique. La surface totale du magasin a été agrandie de

Les responsables communaux d'Arlon ont inauguré puis visité les nouvelles surfaces.

Tout récemment constituée au Luxembourg, Atera (pour Advanced Tissue Engineering for Research Applications) entend devenir rapidement un spécialiste mondial du développement et de la production de tissus humains 3D. Ses fondateurs belges se disent séduits par les infrastructures et le niveau de la R&D au Grand-Duché. « C’est un

5.000 m2 pour atteindre désormais 35.500 m2. Une attention particulière a été portée au développement durable avec l’installation de 1.200 nouveaux panneaux solaires qui viennent compléter les 3.000 m2 déjà existants, couvrant à présent un tiers des besoins en énergie du magasin.

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Entreprises Brèves

SAS a annoncé qu’elle cesserait d’exploiter la liaison Luxembourg-Copenhague à compter de cet automne, abandonnant cette ligne à la seule Luxair qui l’exploite depuis deux ans et qui compte la renforcer dès la fin octobre. À en croire un porteparole de la compagnie, cette ligne, exploitée par SAS depuis 2005, ne serait plus rentable. C’est le film Baby(a) lone réalisé par Donato Rotunno et produit par Iris Productions (Luxembourg) et Iris Films (Belgique) qui a été choisi pour représenter le Grand-Duché à la 88e édition des Academy Awards dans la catégorie Best foreign language film award. Verra-t-on un film en luxembourgeois figurer dans la sélection des meilleurs films étrangers aux Oscars 2016 ? Verdict le 14 janvier 2016. Cargolux, qui était jusqu’à présent sous contrat avec quelque 30 transporteurs routiers à travers l’Europe, mène une opération de rationalisation de ses partenariats. L’un des principaux bénéficiaires de cette opération est le transporteur luxembourgeois Wallenborn, qui faisait déjà partie des prestataires vers les pays nordiques via son réseau qui couvre l’Europe. Le Royaume-Uni et l’Italie s’ajoutent à ce portefeuille de destinations. Après avoir travaillé avec plusieurs institutions culturelles françaises (Ballet de Lorraine, Festival d’Aix-en-Provence), le studio luxembourgeois Bunker Palace vient de signer la nouvelle identité digitale de la Maison Christian Lacroix aux images printanières et lumineuses. Le studio prévoit la création d’un bureau à Metz pour mieux toucher le marché français. L’Export Award récompense tous les deux ans les PME qui se démarquent par leurs initiatives et leurs résultats concrets

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à l’international. Il est doté de prix de 5.000 à 15.000 €. Les entreprises candidates ont jusqu’au 15 novembre pour postuler. Un jury, composé de membres de la commission « internationale » de la Chambre de commerce et du Comité Ducroire, évaluera les dossiers de candidature que les PME intéressées ont soumis en renvoyant le formulaire de participation. Marie-Christine Mariani de MCM avait remporté le titre en 2014. Les équipes du Fonds national de la recherche s’apprêtent à emménager dans les locaux de la Maison du savoir, rejoignant

Ambassadrice des cleantech made in Luxembourg, Apateq s’est spécialisée dans le traitement des eaux, principalement pour le secteur maritime ou l’industrie. La première installation industrielle destinée au marché pétrolier est sur le point de franchir l’Atlantique pour être installée dans l’Ohio aux États-Unis. La prochaine étape, pour doper la présence américaine, sera de monter une filiale d’ici l’année prochaine, sans doute à Houston, cœur de l’industrie pétrolière. Chalair, une petite compagnie aérienne régionale française fondée à Caen en 1986, est annoncée

À l’occasion de la visite de Xavier Bettel et Pierre Gramegna au Japon, Yuzo Kano, cofondateur et CEO de la société BitFlyer, a annoncé un futur siège européen de la société au Luxembourg. Entreprise spécialisée dans les monnaies virtuelles, c’est une des plateformes bitcoin qui montent dans le monde des monnaies alternatives, moins sonnantes, moins trébuchantes, mais aussi lucratives. BitFlyer s’est fait connaître, entre autres, par une plateforme de crowdfunding nourrie aux bitcoins. Rapprocher l’art et le monde du travail en créant les conditions d’une rencontre entre la culture et les employés dans leur espace quotidien, tel est l’objectif de l’initiative Le Mudam s’installe chez vous. Un projet dans lequel PwC Luxembourg, mécène du musée depuis son inauguration, s’est engagé en accueillant trois œuvres de la collection Mudam. Entreprise familiale de déménagement et d’archivage, Streff vient d’achever la mise aux normes de son centre de stockage flambant neuf à Windhof. Ultra-sécurisé et écoresponsable, son nouvel entrepôt d’un volume de 30.000 m3 peut accueillir quelque 700 conteneurs. Il sera dévoilé au public lors des journées portes ouvertes des 19 et 20 septembre.

les autres acteurs de la recherche publique. Le projet était dans les cartons depuis quelques années dans le contexte de l’émergence du site d’Esch-Belval – voulu comme symbole de l’économie du savoir du pays –, il devient désormais concret. « C’est une carte de visite extraordinaire pour le pays et cela permet de donner une image de marque d’un pays qui avance et investit dans ses ressources », se félicite le président du FNR, Yves Elsen. Le site de la Maison du savoir servira donc de cadre pour l’un des événements phares du FNR, les FNR Awards organisés chaque année et qui se dérouleront le 16 octobre prochain.

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fin septembre au Findel pour exploiter cinq fois par semaine une liaison entre Luxembourg et Lyon. Patrick Berg, 44 ans, a été nommé directeur général et du marketing au sein des Domaines Vinsmoselle, après avoir débuté sa carrière dans le secteur de l’automobile. Il contribuera à développer l’image de la marque au Luxembourg et à l’étranger. Le calendrier de ses actions sera notamment ponctué par les 50 ans de la coopérative viticole et les 25 ans de sa marque de crémant, Poll-Fabaire.

Lancé il y a trois ans par les Voyages Emile Weber, le service WebTaxi vient de mettre en circulation deux nouveaux véhicules entièrement électriques. Ils s’ajoutent à sa flotte orange et blanche de 35 Toyota Prius Hybrid qui ont déjà parcouru au total plus de 6 millions de kilomètres, sur base d’une moyenne de 15.000 courses mensuelles. Il s’agit de véhicules de type « e6 », produits par le constructeur BYD. Ils seront réservés à des courses dans la ­capitale et sa périphérie.


www.maisonmoderne.com


Entreprises Accueil des enfants

01 Crèche-test de mise

► Avec près de 50.000 places en services d’éducation et d’accueil, une demande forte dans une popu­ lation résidente et non résidente en augmentation constante, la « garde des enfants » est aussi un marché. ► Les nouvelles normes d’agrément des crèches, foyers ou maisons relais, n’entreront pas en vigueur avant 2018, le temps de revoir le texte à la demande des gros bras du secteur. ► Pour les petites structures privées, la vie est dure, alors que les réseaux s’organisent, se diversifient et génèrent parfois une belle croissance. ― Texte : Alain Ducat ― Photos : Marion Dessard

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L’accueil de la petite enfance est devenu un véritable marché, matérialisé par une série d’entreprises, de plus en plus d’initiative privée. « Le nombre de crèches, de foyers de jour, de maisons relais (ou SEA, pour service d’éducation et d’accueil dans le jargon officiel) et d’assistants parentaux n’a cessé de croître », lit-on dans le rapport d’activités 2014 du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse. Précisément, au 31 décembre 2014, le Luxembourg comptait 1.444 agréments délivrés pour cette activité (voir p. 74), avec une part croissante dans le secteur « à vocation commerciale ». Les chiffres sont là : il y avait, en 2004, 7.712 places (sachant qu’une place en crèche, en foyer ou en maison relais peut être occupée par plusieurs enfants, si les plages horaires se complètent, ndlr) ; on en comptait 49.208 dix ans plus tard. 6,4 fois plus ! Entre 2013 et 2014, l’augmentation des places a été de 12,8 % dans les services d’accueil à vocation commerciale. Une autre donnée saute aux yeux. Sur un peu moins de 80.000 enfants (0-12 ans) résidant au Luxembourg, 52,2 % ont été accueillis grâce au modèle du chèque-service accueil

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▲ Des questions de concurrence et d’approche ont rapidement fait leur apparition, quand le secteur de l’accueil de l’enfance s’est diversifié.

(CSA). La proportion était de 34 % en 2009, au moment de l’avènement de ce dispositif d’aide à la prise en charge. Tout le monde s’accorde sur ce fait : le CSA a complètement modifié la donne. Comme le paysage du CSA est en évolution législative (lire l’article en page 54) faisant miroiter un nouveau potentiel de 5.500 enfants frontaliers, et vu la loi de l’offre et de la demande autour des besoins de prise en charge, il n’est pas surprenant que des tensions soient apparues sur le marché. Des questions de concurrence et d’approche ont rapidement fait leur apparition, quand le secteur s’est diversifié : à la dichotomie public-privé, s’ajoutent des critères de taille, de pédagogie de référence, d’appartenance ou non à un réseau ou à une fédération. Tout le monde se prévaut de qualité, voire d’excellence, chacun cherche à séduire. Mais tous n’arrivent pas à suivre les


Entreprises Accueil des enfants

investissements nécessaires, en infrastructures, en équipement, en personnel qualifié, tandis que des acteurs aux reins solides assument le côté mercantile de l’activité, la qualité se payant parfois au prix fort.

DEUX ANS DE SURSIS Le cadre législatif et administratif ajoute du piment dans le plat. Le syndicat des communes (Syvicol) s’était ému face à la mise aux normes. Dans une circulaire du 27 avril 2015, le ministère de l’Éducation nationale invitait les gestionnaires à introduire leur dossier d’agrément au plus tard le 31 décembre 2015 afin que, comme prévu, toutes les structures existantes répondent aux nouvelles prescriptions pour l’été 2016. Parmi les nouveautés du règlement grand-ducal du 14 novembre… 2013, qui allait ainsi entrer en application, figurent notamment l’augmentation de la surface nette minimale à 4 m² par jeune enfant, l’introduction d’une aire de jeux adjacente de 5 m² / enfant, un espace vital de 1 m² / enfant en cas de restauration… Ces prescriptions ne semblaient pas démesurées et ne devraient guère poser problème pour les structures à construire ou à transformer de toute manière. Par contre, celles ne disposant pas de surfaces nécessaires ou… venant d’être érigées sur des bases légèrement différentes, se voyaient sérieusement dans l’embarras. Outre le Syvicol, la Felsea (Fédération luxembourgeoise des services d’éducation et d’accueil pour enfants) avait réagi. Constituée en mars 2013 à l’initiative de plusieurs gestionnaires de crèches privées (emmenés par Pierre Godard du réseau L’Enfant Roi), elle se veut « le porte-parole des crèches, foyers de jour et garderies privées afin de les représenter, de défendre leurs intérêts et ceux des enfants qui fréquentent leurs structures ». Affiliée à la CLC, l’association des crèches « à vocation commerciale » revendique son lobbying. Elle représente, avec une bonne quarantaine de membres (dont les principaux réseaux) environ un tiers du marché privé. Ainsi, les doléances sont remontées. Et, en date du 17 juin dernier, les acteurs publics et privés étaient avisés par le département Enfance et Jeunesse que la période transitoire se voyait prolongée de deux ans, jusqu’en juillet 2018. Dans l’exposé des motifs de modification du règlement, il était question de « permettre aux acteurs sur le terrain de disposer d’un temps suffisant pour adapter leurs structures à la nouvelle réglementation ». La circulaire de juin, signée par le premier conseiller de gouvernement Nico Meisch, parle du délai repoussé de deux ans, « en attendant la révision du texte réglementaire ». Cette modification d’axe ravit aussi la Felsea. Dans un

communiqué daté du 3 août (un mois et demi après la circulaire ministérielle), la fédération, remerciant au passage « le ministre Claude Meisch et son département de l’attention qui a été portée et qui a permis de discuter de manière constructive », disait suivre « également de près la procédure d’amélioration réglementaire de la loi 6410 ». Soit le projet qui, en parallèle aux règlements grand-ducaux, entend organiser l’accueil et l’éducation : il touche au CSA, aux normes d’encadrement et à la formation du personnel (système de contrôle de la qualité pédagogique, définition des statuts et qualifications professionnelles), au volet linguistique (un programme plurilingue pour 2017) ou à la liaison crèche-école. Quant au report d’application du règlement grand-ducal à 2018, « ce n’est qu’une étape, ajoute la porte-parole du groupe Lavorel, gros acteur d’origine française, spécialiste des services à la personne, qui a racheté quelques structures locales déjà fortes. L’objectif des opérateurs, notamment à travers l’action menée par la Felsea, est d’obtenir le retrait pur et simple de la rétroactivité des mesures prévues par la nouvelle réglementation ».

NE PAS ÊTRE PAUVRE… On l’a dit, tout le monde se revendique de la pédagogie et du meilleur accueil pour les enfants. Certains dénoncent, dans le monde des crèches privées, un clivage, un « ciblage » du public ayant davantage les moyens d’apporter des revenus aussi hauts que les prestations annoncées. « Accueillir les enfants, c’est plus qu’un métier, c’est une vocation, un besoin vital, qui vaut pour toutes les familles », résume Barbara Agostino, créatrice et gérante du petit réseau, indépendant et qui tient à le rester, qui s’agrandit doucement autour des Crèches et Foyer Barbara (cinq établissements, au Rollingergrund, à Gasperich, à Born et à Beggen). Cette ancienne institutrice à SainteSophie défend la notion de « service aux parents et d’amour pour les enfants » avant tout. « C’est un métier de pédagogie et d’engagement de nature familiale, pas un passe-temps ou une source de revenus pour banquier ou agent immobilier », pointe-t-elle, dénonçant les « dérives et la poudre aux yeux » d’acteurs privés misant là où ça rapporte avant tout. Le petit groupe a lui-même beaucoup investi ces derniers temps, notamment dans la mise en conformité pour coller au nouveau texte… qui risque d’être modifié dans les deux ans. « Il ne faut pas être pauvre dans le secteur », schématisent Pierre et Dominique Godard qui, en couple puis en famille avec leurs enfants, règnent sur les sites estampillés L’Enfant Roi. « Il y a beaucoup de petites crèches, pour 25-30 enfants. Nous avons fait

Projet de recherche

Observer et décrypter le terrain « Il n’existe que peu de savoir établi en ce qui concerne le service d’accueil privé pour enfants au Luxembourg. » C’est un des éléments qui a fait démarrer l’étude universitaire, menée sur un projet de recherche jusqu’en février 2016. « Doing Quality in Commercial Childcare » (nom de code Eduqua-Com) est piloté par Michael-Sebastian Honig, Annette Schmitz et Martine Wiltzius. L’ambition est de mesurer « les contributions spécifiques des services d’accueil privés » dans un pays où coexistent des structures à but non lucratif et où « les acteurs privés constituent un élément riche en traditions ». Les chercheurs ont choisi de procéder, outre à des analyses documentaires, à des interviews d’experts et à des observations de terrain, pour « clarifier les objectifs du secteur privé, les pratiques quotidiennes au niveau de la prise en charge et de l’éducation, ainsi que les attentes des acteurs prenant part du secteur ». L’équipe de recherche relève que la demande de prise en charge est croissante et qu’elle ne pourrait être satisfaite sans le secteur privé qui concentre presque deux tiers des places d’accueil dans les crèches. Évoquant en postulat global une tendance à la « merchandisation » du service dans le modèle social et économique luxembourgeois, l’Université et ses chercheurs se livrent à un travail de fond, au demeurant bien accueilli par les structures qui ont déjà été visitées. A. D. ◄

79.741 C’est le nombre d’enfants de 0 à 12 ans résidant au Luxembourg, selon le décompte du Statec, pour 2014.

5.500

2.300 enfants (0 à 3 ans) et 3.200 enfants (4 à 12 ans) non résidents pourraient bénéficier du chèque-service accueil en version « exportable » pour les frontaliers.

― Septembre / Octobre 2015 ― 073


Entreprises Accueil des enfants

le choix de structures plus grandes, par exemple 84 places à JFK au Kirchberg, pour pouvoir proposer le top dans les meilleurs endroits et faire bénéficier les familles du ser­ vice le plus pointu. » L’Enfant Roi se définit sans ambiguïté comme une entreprise, « une des premières enseignes nationales ». Dominique Godard, venue du milieu hospi­ talier, a lancé sa première crèche en 1992 à Strassen. Puis, en 2004, est né L’Enfant Roi, toujours à Strassen. La maison relais s’est adossée à une structure d’école privée (maternelle et primaire), arborant la pédagogie de Maria Montessori (une sorte de label international, qui n’est pas protégé cependant). Le réseau s’est étendu, avec deux sites au Kirchberg, un au Findel (EBBC), un à Bertrange (Atrium Business Park). « Nous accueillons plus de 500 enfants et on devrait passer la barre des 150 salariés », sourit Pierre Godard, qui, avec son équipe, évoque fièrement une croissance à deux chiffres, qui est montée jusqu’à 25 % ! « L’objectif est de continuer à investir, de construire, de choisir les emplacements où la demande est forte et où l’on décèle une faille dans l’offre », indique Pierre Godard, qui fixe l’objectif « d’ajouter cinq établissements d’accueil dans les 10 ans. D’importants investissements immobiliers nous permettent d’exercer notre métier en toute sérénité. L’aspect business n’empêche évidemment pas de proposer le meilleur de la pédagogie, de la nutrition, de l’épanouissement, pour une clientèle qui recherche le haut niveau. » « Je pense que le marché évolue positivement, de façon qualitative, car la réglementation impose des règles plus strictes, et de façon quantitative, car la prise en charge à 100 % du chèque-service va certainement conduire à une augmentation de la demande de places au sein des crèches », analyse Malya Zaïm, directrice marketing & communications du groupe Lavorel au Luxembourg. Si l’on entend ici et là des rumeurs d’autres rachats de réseaux locaux, le groupe dément discuter avec d’autres opérateurs. « Nous nous concentrons principalement sur des ouvertures de

▲ Les acteurs voient tous le bien-être de l’enfant au cœur du métier.

nouvelles structures. Pour un fonctionnement sain, il est essentiel d’avoir un grand nombre d’opérateurs. Nous n’avons pas de volonté hégémonique. » Le groupe emploie aujourd’hui 380 personnes, dans 36 structures pouvant accueillir jusqu’à 1.400 enfants. Le projet pédagogique KidsCare est inspiré des principes Montessori et de l’approche d’Emmi Pikler, les structures Villa Wichtel (quatre sites) ont pour langue principale le Luxem­ bourgeois, les structures Ribambelle sont francophones et les Chil­dren’s World proposent des sections anglophones et francophones « pour des parents souvent expatriés ». « Dans tous les cas, il faut vraiment veiller à mettre l’enfant, l’accueil ouvert et la pédagogie au centre de notre métier », conclut Barbara

250.000 « Les cuisines du secteur de l’enfance produisent 250.000 repas par semaine (contre 50.000 dans l’enseignement secondaire) », soulignait Thierry Lutgen, président de l’Entente des foyers de jour, lors de la présentation, fin juillet, du Guide de bonnes pratiques pour une bonne hygiène alimentaire dans les services d’éducation et d’accueil pour enfants.

074 ―

― Septembre / Octobre 2015

Évolution de l’offre totale agréée de places en SEA

2009

Évolution des agréments de crèches, garderies, foyers…

2009

Évolution des budgets du service éducation et accueil (en milliers d’euros)

2009

Agostino, fière de proposer une alternative « à taille humaine et pour tous ». « Ce n’est pas facile dans ce petit monde où la concurrence est féroce », témoigne un futur propriétaire de crèche à caractère familial, prévue pour 2016 à la périphérie de Luxembourg et qui, dans le contexte, préfère garder discrétion sur son projet et anonymat. « Il y a des parts de marché et de grosses sommes en jeu. Certains ne font pas de cadeau. » Les normes et les cadres ne seront pas de trop. Les contrôles justes non plus. Il faudra effectuer des « crèches-tests » et suivre sur le terrain, au-delà des critères de réputation. Aux parents de faire les choix en connaissance de cause, sans se fier aux apparences. ◄ En résumé Les services d’éducation et d’accueil sont devenus un vrai marché, de plus en plus aux mains du privé. Les nouvelles normes d’agrément des crèches, foyers ou maisons relais n’entreront pas en vigueur avant 2018, le temps de revoir le texte à la demande des gros bras du secteur. Pour les petites structures privées, la vie est parfois dure.

24.648

2014

831

2014

2014

86.810

49.208

1.444

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Entreprises Polfermillen

02 Réhabilitation

► L’ancien site industriel de la Vallée de l’Alzette va se transformer en un quartier d’habitations. ► La dépollution des sols sera déter­minante pour la suite de ce projet immobilier unique. ► Le développeur Allfin a racheté au promoteur Corcelli l’ancienne blanchisserie, muée en plateaux pour le business. ― Texte : Véronique Poujol et Fabrice Barbian ― Photos : Sven Becker

076 ―

Lundi 20 juillet à l’hôtel de ville. La bourgmestre DP, Lydie Polfer, a donné rendez-vous aux habitants de la capitale pour leur présenter publiquement la proposition de modification du plan d’aménagement général (PAG) sur une surface de 2,59 hectares (0,05 % de la superficie du territoire de la Ville de Luxembourg) située à Polfermillen (Pulvermuhl). En parallèle à la procédure de PAG, approuvée par le conseil communal le 29 juin dernier, le développeur du site, la société Allfin, a présenté une demande d’approbation du plan d’aménagement particulier du site qui pourrait accueillir entre 300 et 600 habitants et beaucoup d’espaces verts, qui apparaissent comme une réparation pour les erreurs du passé. La réunion d’information a fait se déplacer deux personnes seulement, une riveraine et une ancienne locataire de bureaux qui avaient été fermés en novembre 2003 par décision du ministère de l’Environnement pour cause de « graves troubles » de jouissance compromettant la santé du personnel des sociétés occupant les lieux. Lydie Polfer rappela aux deux dames présentes sa promesse de ne

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▲ L’ancien site industriel a un nouveau destin. Un nouveau quartier devant accueillir jusqu’à 600 habitants. Mais il faudra d'abord dépolluer.

délivrer un permis de construire aux promoteurs du site qu’une fois la dépollution de l’ancien site industriel accomplie. Les officiels s’étonnent de ce peu d’intérêt du public pour un projet immobilier sur un site sensible aux abords de l’Alzette. L’aménagement des lieux est assorti d’un dispositif conditionnant l’urbanisation à la dépollution, permettant ainsi d’interdire toute construction et tout aménagement du terrain tant que les travaux de dépollution n’auront pas été réalisés. « Une attention particulière devra être portée au réaménagement du site due aux pollutions détectées », signalait en juin le premier conseiller de gouvernement du ministère de l’Environnement,


Entreprises Polfermillen Mike Wagner, dans une lettre à l’administration communale. Cette sollicitude actuelle des autorités tranche singulièrement avec leur conduite du passé, où elles laissèrent agir à leur guise un promoteur immobilier sans scrupule, jusqu’à ce que la justice pénale soit saisie et finisse par le rattraper. Pour autant, la décontamination des sols n’est toujours pas réglée. Le dossier Polfermillen, qui est un beau projet d’urbanisation et de réhabilitation de sites industriels, est aussi un des exemples de ce que fut l’incurie du pouvoir dans les années 1990 et 2000. L’aménagement du site, développé par la société Allfin (qui a réalisé des gros projets de bureaux au Kirchberg et à la Cloche d’Or), se fera sur une parcelle de 2,59 hectares (45 ares vont être retranchés et reclassés en « zone de verdure ») que se partagent la société Tractim, regroupant les actifs immo­ biliers du groupe industriel Secalt (2,32 hectares) et Moulin SA, propriétaire de 26,7 ares, notamment de l’ancienne blanchisserie industrielle Express Services, convertie en bureaux paysagers à la fin des années 1990 sans autorisation ni décontamination des sols, comme la loi sur le commodo/incommodo le prévoit.

5 MILLIONS D’EUROS POUR DÉPOLLUER Dans le dossier du PAG, l’administration communale explique que la reconversion du site exploité depuis le 18e siècle et qui n’héberge plus que des services administratifs de la firme Secalt « s’impose dans l’intérêt de la sécurité, de la salubrité, de l’hygiène, de la typologie du quartier d’habitation qu’est Pulvermuhl ». La Ville y ajoute « l’intérêt d’une rénovation esthétique du caractère de cette partie enclavée du quartier ». C’est surtout « le potentiel de développement à l’intérieur d’un tissu urbain existant » qui est visé, à l’heure de la raréfaction du terrain à bâtir, de la sur-urbanisation et de « l’étalement urbain » dans la capitale : « Considérant un niveau élevé des prix des immeubles et des loyers, dû notamment aux prix fonciers, une meilleure exploitation des surfaces disponibles doit être recherchée », explique la VdL. La gentrification du quartier jadis industriel et populaire est déjà en route, même s’il reste un des derniers îlots de la pauvreté dans la capitale. De 2001 à 2011, le loyer moyen par mètre carré y a augmenté de 67 %, mais y est moins élevé que la moyenne : 425 à 795 euros, alors que le niveau moyen pour la Ville se situe entre 663 et 998 euros par mètre carré. Le projet du développeur Allfin prévoit 10 lots destinés à l’habitat, avec une obligation de 10 % réservés au logement social (entre 14 et 27 unités qui devraient être réparties dans l’ensemble pour ne pas créer de « ghettos »). La réhabilitation pourrait faire venir entre 300 et 600 personnes sur une surface constructible brute de 25.000 mètres

carrés minimum à 29.200 mètres carrés maximum. Ce qui suppose de « frapper » l’ensemble des terrains à aménager d’un coefficient maximal d’utilisation (CMU) de 1,85, alors qu’il est actuellement de 0,86 pour le bâti existant. La réalisation d’un nouveau quartier, qui fera du Pulvermuhl pour l’habitat (95 % des surfaces y seront dédiées) ce que l’ancien site des brasseries à Clausen est désormais pour l’entertainment et les bureaux, permettra aussi aux autorités de se retirer une épine du pied. Ce qui explique probablement l’empressement (la pression même) que le ministère de l’Environnement met au réaménagement du site, à commencer par la décontamination des sols selon « un concept global ». « Il est essentiel, signale le dossier de modification du PAG, que les sols pollués soient décontaminés avant le début des travaux de construction. Les terrains ‘Secalt Tratel SA’ et ‘Moulin SA’ sont traités au sein d’un même projet d’aménagement, ce qui permettra de tenir compte des migrations de polluants en sous-sol d’un ter­ rain vers l’autre. » Le dossier de modification du PAG pointe ainsi « les faiblesses » du projet et la contamination du sol et sous-sol « assez importante ». La pollution a été clairement identifiée sur les terrains de Secalt après une analyse « exhaustive » réalisée par l’organisme Luxcontrol. L’inven­taire est plus nébuleux sur la partie « Moulin » sur l’ancien emplacement de la blanchisserie, où la présence de solvants comme le PER (perchloréthylène, tétrachlo­ réthylène et toluène) et d’hydrocarbures volatiles de type Thinner et White Spirit a été identifiée. Luxcontrol a estimé la quantité d’excavation des terres polluées à 32.000 mètres cubes ou 57.600 tonnes, uniquement pour le site Secalt, ce qui correspond à 2.700 camions et une enveloppe budgétaire de 5 millions d’euros. Des investigations furent engagées en 2007, 2008 et 2010 dans le cadre de la cessation d’activités du groupe Secalt pour déterminer à la fois le degré de pollution des structures bâties, des sols et sous-sols. Une étude complémentaire fut effectuée pour analyser la pollution des eaux souterraines. Il a fallu que le ministère du Développement durable et des Infrastructures mette la pression sur le propriétaire pour obtenir un vrai plan d’assainissement. Début janvier, un arrêté du ministre ordonna la remise en état du site. Le second dossier est celui de l’ex-blanchisserie. Express était un établissement de classe 1, et lorsque l’activité de son atelier cessa, ses exploitants optèrent pour la liquidation volontaire, sans faire de déclaration de cessation d’activité auprès de l’administration de l’Environnement, pensant ainsi pouvoir échapper à l’obligation de décontamination du site. Lorsque le site fut vendu pour 14,5 millions de francs luxembourgeois au promoteur et constructeur Pasquale Corcelli et sa société Pasta Mano, pour en faire plus de

Histoire en 14 dates 1797 : Moulin déclaré propriété nationale. 1840 : filature de coton (l’unique du pays) appartenant à J.-P. Kuborn. 1940-1945 : spoliation des biens juifs et réquisition de l’usine par les nazis. Production de lingerie fine et de doublure de chaussures. 1950 : ouverture de la firme de nettoyage à sec Express appartenant à la famille Scholer (magasins Monopole). Liquidation de la Manufacture de draps et de tricots. 1958 : constituée en 1948, Secalt achète les immeubles et terrains de l’ancienne Manu­facture de draps et de tricots en liquidation. 1996 : Express nettoyage à sec placée en liquidation et cédée en décembre 1998 à Pasta Mano (groupe Corcelli) pour 14,5 millions de francs luxembourgeois qui transforme l’usine en bureaux paysagers. 11 mai 2001 : contrat de bail entre Pasta Mano et DS Corporation. 2002 : premiers symptômes d’ennuis de santé par les locataires. Juillet 2003 : les analyses révèlent la présence de solvants chimiques. L’ITM est alertée. 12 novembre 2003 : mise en demeure du ministère de l’Environnement au propriétaire et aux locataires qui dénoncent le bail au 31 janvier 2004. 11 juillet 2013 : Pasquale Corcelli condamné en correctionnelle en sa qualité de gérant de Pasta Mano du chef de violation de la législation sur la prévention et la gestion des déchets. 19 juillet 2013 : constitution par le groupe Corcelli de Moulin SA, qui devient propriétaire du site. 26 mars 2015 : Allfin rachète Moulin. 29 juin 2015 : le conseil communal de la Ville de Luxembourg approuve la modification ponctuelle du PAG.

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Entreprises Polfermillen 1.400 mètres carrés de bureaux paysagers, aucune autorisation ne fut sollicitée. Le dossier du PAG mentionne d’ailleurs faussement une surface de 1.200 m2.

HELMINGER ET PESCH Seules des autorisations de construire furent délivrées par la Ville de Luxembourg entre 1999 et 2000, à cheval entre les mandats de Lydie Polfer, qui entra au gouvernement entre 1999 et 2004, et celui de Paul Helminger qui prit le relais. Un Paul Helminger que l’on retrouve d’ailleurs, aux côtés de Fernand Pesch – l’ancien directeur du Fonds d’urbanisation du Plateau de Kircherg et actuellement président de la firme de construction CLE –, au conseil d’administration de la structure Allfin Holding Luxembourg, contrôlée par la maison mère belge, également actionnaire de l’entité Allfin Lux, développant le nouveau quartier. L’autorisation d’exploitation des bureaux fut stoppée en novembre 2003 par décision du ministre de l’Environnement en raison des problèmes de santé des locataires. Inlouables, les bureaux restent inoccupés depuis lors. En janvier 2007, le ministère de l’Environnement avait ordonné au propriétaire Pasta Mano d’établir un programme analytique pour quantifier la pollution du site, sans qu’il obtempère pour autant. Une partie de yoyo se joua ensuite entre les autorités et le propriétaire qui se fit condamner en juillet 2013 par un tribunal correctionnel pour violation de la législation sur les déchets, après une plainte de ses anciens locataires pour empoisonnement.

La gentrification du quartier est déjà en route, même s’il reste un des derniers îlots de la pauvreté dans la capitale.  Un arrêté du 24 novembre 2014 a ordonné un diagnostic complet du sol, sous-sol et eaux souterraines dans les six mois à compter du 25 mai 2015. Mais dans l’intervalle, Pasta Mano a cédé le site pour 500.000 euros à une autre société du groupe Corcelli, Moulin SA. Cette dernière est désormais passée aux mains d’Allfin. Le diagnostic devait être rendu pour le 24 août dernier et comprendre un plan d’assainissement. Pasta Mano (deux entités, une sàrl et une société en commandite simple) va à vau-l’eau, alors qu’un dernier litige en matière de bail à loyer (une garantie bancaire de trois mois de loyer tirée par la propriétaire) oppose la société à l’un de ses anciens locataires, DS Corporation. L’avocat de cette société,

078 ―

Me Arsène Kronshagen, a fait une dénonciation au Parquet en octobre 2014 pour violation de la loi sur les sociétés commerciales et non dépôt des bilans depuis sa constitution en 1997. La justice s’est alors saisie de l’affaire et le procureur d’État réclama en janvier 2015 la liquidation judiciaire de Pasta Mano sàrl et Pasta Mano sàrl & Cie SECS. Une audience fut fixée pour le 12 février au tribunal siègeant en matière commerciale, mais dans l’intervalle, entre le 29 janvier et le 20 février, le groupe Corcelli fit déposer presque d’un coup ses bilans de 1997 à 2014, à l’exception toutefois de deux exercices, de 2011 et 2012. Pasta Mano s’étant mis en conformité avec la légis­ lation, il n’y avait plus de raison pour le Parquet de maintenir sa demande de liqui­ dation judiciaire. Pour autant, DS Corporation ne relâcha pas la pression sur son ancien propriétaire, même après la condamnation pénale de ce dernier, et introduisit en février une plainte pour des anomalies comptables exhumées dans les bilans de Pasta Mano. Dans un nouveau courrier au procureur d’État, l’avocat Kronshagen s’étonnait qu’entre 2001 et 2002, tous les postes étaient à zéro alors que le propriétaire percevait 11.725 euros de loyers tous les mois. Alors que le problème de pollution était connu en 2003 et 2004, la valeur de l’immeuble était inscrite au montant de 1,78 million. C’est en 2005, après l’engagement de procédures civiles de bail à loyer, que l’immeuble Express a été enregistré à 1 euro. En outre, les comptes 2009 et 2010 font apparaître des dettes considérables, de respectivement 735.782 et 950.482 euros pour une société n’ayant qu’un actif, l’ancienne blanchisserie reconvertie. Autre anomalie détectée dans les bilans, des frais de comptabilité annuels s’échelonnant entre 40.000 et 60.000 euros « pour une société qui n’a pas déposé de bilans pendant plus de 15 ans », observe l’avocat. Qui, dans un courrier à Sandra Kersch, premier substitut du procureur d’État, signale que ses mandantes craignent que le gérant et actionnaire unique Pasquale Corcelli « tente de mettre à l’abri l’actif de la société Pasta Mano (…) de toute condamnation à venir dans la (…) procédure de bail à loyer » et « troubles de jouissance » pour lesquels les anciens locataires réclament 345.000 euros d’indemnités. « Il s’agit là d’une tentative organisée » pour priver les anciens locataires de toute indemnisation. Contactée par Paperjam, l’administration judiciaire n’avait pas connaissance de l’ouverture d’une enquête préliminaire passant au crible plus de 15 ans de comptabilité questionnable du promoteur, qui a entre-temps vendu l’immeuble. ◄

En résumé L’ancien site industriel du Pulvermuhl a un nouveau destin. Il va se transformer en un nouveau quartier devant accueillir jusqu’à 600 habitants. La Ville de Luxembourg ne délivrera les autorisations de construire que lorsque le site sera dépollué. Le dossier traîne déjà depuis quelques longs épisodes.

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Allfin

100 millions investis

Parmi les grosses opérations que pilote Allfin Lux SA actuellement, il y a donc, notamment, celle en cours dans le quartier Pulvermuhl, sur la fiche industrielle de la Secalt. Elle porte sur la création de différents bâtiments pour une surface totale de 26.600 m2. « Le projet prévoit 1.600 m2 de bureaux et 25.000 m2 de logements, précise Olivier Bastin, le CEO d’Allfin Lux. Mais si la demande en bureaux devenait plus importante, nous pourrions ventiler les espaces différemment pour libérer 3.000 m2 de bureaux supplémentaires. La construction d’une vingtaine de maisons et quelques lofts de standing figurent également au programme. » Bénéficiant d’un cadre bucolique, aux abords de l’Alzette, à une dizaine de minu­tes du centre-ville, le site cumule les avantages, affirme le dirigeant : « Il n’y a pas à faire de compromis entre la campa­gne et la ville, on peut profiter des deux. » Les enquêtes publiques étant achevées, la procédure administrative est déjà enclenchée. En ce qui concerne la pollution des sols, toutes les études ont été menées en collaboration avec un organisme de contrôle agréé. Les plans d’assainissement ont été définis et sont également en cours d’examen. « Le chantier démarrera par cette phase de dépollution. Notre ambition est d’entamer les travaux dans le courant de l’année 2017 pour une livraison des logements et bureaux en 2019. La commercialisation pourrait quant à elle débuter en 2016 », précise Olivier Bastin. La société Allfin investit, seule, plus de 100 millions d’euros dans ce projet. F. B. ◄


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03 Une décennie d’authentification ► Première infrastructure à clé publique de la Place, Luxtrust s’est d’abord concentrée sur le marché domestique avant d’explorer depuis peu d’autres contrées. ► e-gouvernement, e-santé, e-commerce ou explosion des transactions en ligne font croître la demande pour ses certificats, qui comptent déjà 400.000 clients. ― Texte : Florence Thibaut ― Photo : Jessica Theis L’aventure Luxtrust démarre au tournant des années 2000, suite à l’union des pouvoirs publics et de grandes banques de la Place au sein d’un GIE destiné à créer un système d’authentification à clés publiques. « La société a fait ses débuts officiels en 2005, avec deux personnes installées à la Chambre de commerce, se remémore Stéphane Ries, administrateur pionnier et CEO depuis mai 2010. Un consortium autour de Clearstream, Cetrel, Hitech et EBRC, a ensuite donné vie à l’infrastructure. » Le premier certificat a été délivré en 2006 et, dès 2007, la nouvelle signature électronique a été utilisée. Depuis, la prolifération des tentatives de phishings, virus et autres trolls, n’a fait que renforcer les questions sur la sécurité en ligne. Luxtrust a gardé le même cœur de métier : protéger l’identité digitale et la sûreté des données des détenteurs de certificats éponymes. « Notre but premier reste la mise en œuvre de la signature électronique à valeur ► CEO depuis 2010, Stéphane Ries prépare activement Luxtrust à sortir de son marché domestique.

12

+5 %

de chiffre d’affaires en 2014 (par rapport à 2013)

employés il y a cinq ans

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employés début 2015

600.000 Chiffre d’affaires (euros) en 2006

de bénéfice net sur un an entre 2013 et 2014 (1,754 million d’euro)

8 Mios Chiffre d’affaires (euros) en 2014

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probante. » Les technologies ont atteint leur maturité dans les années 2000. « L’évolution la plus marquante concerne la mobilité. Le citoyen et le consommateur réclament un système simple fonctionnant sur tablette ou smartphone. Les exigences de nos clients évoluent en permanence, il faut s’y adapter. » Le développement de la société a connu plusieurs jalons. En 2009, elle était accréditée sur base des standards Etsi, promesse d’activités à l’étranger. Au printemps 2010, l’équipe emménageait dans le bâtiment Ivy à Capellen. « L’année 2013 est à marquer d’une pierre blanche, poursuit Stéphane Ries. Notre premier exercice bénéficiaire ! L’année suivante, nous avions plus de 1,7 million d’euros de bénéfice. » Autre tournant, depuis le 1er juillet 2014, Luxtrust fournit les certificats pour les cartes d’identité luxembourgeoises. « Si on regarde dans le rétroviseur, l’évolution la plus notable, selon moi, est la prise de conscience croissante de la valeur de la signature électronique. » Le ratio de clients repose à présent sur 60 % de transactions bancaires mais la tendance pourrait prochainement s’inverser : « Avec le dossier patient et la mouvance de l’esanté, nous allons gagner des milliers de clients d’ici moins d’un an. Notre infrastructure est déjà prête pour absorber cette demande. » Après avoir longtemps fonctionné avec de nombreux sous-traitants, Luxtrust dispose à présent d’une quarantaine de collaborateurs. Elle rend toujours des comptes à une dizaine d’actionnaires, dont l’État luxembourgeois, la SNCI ou la Chambre de commerce. « Au fil de la croissance, il a fallu construire tous les services standards d’une entreprise classique. Un comité de direction a été mis en place, rapidement rejoint par des services administratifs, financiers et commerciaux. L’IT de production est toujours sous-traitée, mais notre équipe de spécialistes en cybersécurité est purement interne et a été récemment étoffée. » Pour faire face à une concurrence de plus en plus rude, en particulier depuis l’arrivée du règlement européen eIDAS qui ouvre le marché, Luxtrust va élargir son équipe et minutieusement planifier sa croissance internationale. « Il aura fallu 10 ans, mais nous sommes parvenus à équiper une grande partie des résidents et frontaliers du Grand-Duché. Il reste encore des entreprises à conquérir sur le territoire national, mais le moment est venu de regarder au-delà. La première chose à faire est de trouver les bons partenaires. Nous ne pourrons pas être partout. Nous sommes en train de constituer un réseau solide. » Si un accord a été signé pour un projet au Sénégal il y a quelques mois, la priorité va aux pays européens dotés d’un marché bancaire mature. Plusieurs prospects devraient être ferrés d’ici la fin de l’année. « Dans notre activité, le plus grand challenge sera toujours d’équilibrer facilité d’utilisation pour les utilisateurs finaux et excellent niveau de sécurité. Si nous continuons à y parvenir, nous serons bien armés pour le futur », achève Stéphane Ries. ◄ En résumé Fondée en 2005 par l’État et plusieurs grandes banques de la Place, Luxtrust est à un moment charnière de son histoire. Après s’être imposée sur le marché domestique, elle doit à présent trouver de nouveaux débouchés hors de ses frontières.


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Entreprises Communication

04 Une image de marque à soigner Sept objectifs à court terme pour les annonceurs :

► Réalisée par Maison Moderne auprès de 100 entreprises luxembourgeoises, l’étude Brand Duchy 2015 décortique les stratégies et les enjeux de commu­ ni­cation des annonceurs du pays. ► Pour valoriser marques et produits, les entreprises considèrent que la presse magazine et les newsletters électroniques constituent deux vecteurs majeurs.

Renforcer la présence de la marque sur les médias sociaux 2 % Fidéliser les clients 7 % Développer la marque au-delà des frontières 9 %

― Texte : Jean-Michel Gaudron

Renforcer la notoriété de la marque 29 %

Développer de nouveaux marchés 15 %

L’exercice était ambitieux et inédit à cette échelle au Luxembourg : interroger 100 annonceurs représentatifs du tissu économique national, afin de dresser un portrait des stratégies et des enjeux de communication des sociétés et, surtout, des marques au Grand-Duché. Ainsi, entre janvier et avril derniers, 100 CEO ou directeurs communication de 100 entreprises établies – et ayant leur centre décisionnel – au Luxembourg ont été interviewés. Ces entreprises pèsent plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel total. Présentée en exclusivité lors du Maison Moderne Media Show à la mi-septembre aux Rotondes, cette étude Brand Duchy 2015 a permis de dégager quelques tendances fortes concernant les besoins et les challenges de ces annonceurs vis-à-vis de leurs marques. En voici les points clés.

Développer la marque au niveau national 13 %

67%

Améliorer l’image de la marque / des produits 25 %

« Le branding, une priorité pour 67 % des entreprises au Luxembourg. »

Objectifs

Challenges 2015

Budget

Pour les deux tiers des entreprises interrogées, développer (13 %), améliorer (25 %) ou renforcer (29 %) la marque ou les produits constituent l’objectif numéro un. Le branding apparaît donc comme une large priorité. La volonté de « faire connaître » et de « faire savoir » passe ainsi avant celle de « faire aimer » et, par extension, de « faire agir ».

Pour les entreprises, maintenir la croissance et continuer d’innover constituent les défis 2015 identifiés. Pour les marques, il s’agit avant tout de renforcer la notoriété et de se différencier par rapport à la concurrence. Pour 11 % d’entre elles, il s’agit en revanche de se repositionner.

La moitié des entreprises ayant accepté de répondre indiquent consacrer plus de 200.000 euros / an à leurs budgets communication. Par ailleurs, seul un annonceur sur deux réévalue son budget communication en fonction de l’évolution de ses résultats annuels.

Cibles

Évolution des pratiques « com » Achat média

C’est principalement dans une optique B2B que les annonceurs communiquent au Luxembourg. Le marché national est d’ailleurs, à la quasi-unanimité, le marché cible actuel (91 %) et celui de demain (92 %). La zone frontalière belge (42 %) vient ensuite, aujourd’hui, devant la zone frontière française (39 %), mais les perspectives de développement sont plus élevées pour la France (+19 %) que pour la Belgique (+12 %).

Parmi les médias traditionnels, la presse magazine reste la plus importante pour les annonceurs : plus de 2,2 points (sur une échelle de 0 à 3), contre 1,4 point pour la presse quotidienne. Dans le digital, en naturelle croissance d’intérêt, les e-newsletters apparaissent comme le vecteur le plus important pour les annonceurs (avec une augmentation des besoins liés à la création de contenu). Parallèlement, les annonceurs investissent de plus en plus en SEO, conscients de l’importance d’un bon référencement sur internet. Et ils considèrent globalement les relations presse comme le moyen le plus important dans leur communication.

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Les emplacements « Premium » (pages de couverture et autres emplacements préférentiels) gardent la préférence des annonceurs pour 40 % d’entre eux. La notoriété du média apparaît comme le premier critère de sélection, alors qu’en termes de stratégie, 70 % des annonceurs misent sur la répétition de leurs messages et des actions récurrentes. En résumé Afin de dresser un portrait des stratégies et des enjeux de communication des marques au Grand-Duché, Maison Moderne a sondé 100 CEO ou directeurs communi­ cation de 100 entreprises ayant leur centre décisionnel au Luxembourg. Ces entreprises pèsent plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel total.


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Entreprises Innovation

05 Dix idées qui vont (faire) bouger ► Le Luxembourg est devenu une véritable galaxie de start-up en tous genres. ► On a sélectionné 10 projets qui montent et qui font parler d’eux. ― Texte : Alain Ducat

Le Luxembourg est bel et bien devenu une terre d’accueil et de développement pour une multitude de projets d’entreprise, de start-up en décollage ou d’idées prêtes à révolutionner le quotidien. Fort de l’exemple de Skype, le pays attire des porteurs de projet, héberge des entreprises débutantes dans ses incubateurs, développe une culture du partenariat, du coworking aux investisseurs entreprenants en passant par les business angels. Et les idées éclosent. Fintech, bio-médecine, objets connectés, plateformes de services, outils high-tech, innovations industrielles ou technologies liées au développement durable, Paperjam a choisi (avec fatalement une subjectivité nourrie aux coups de cœur, aux perspectives dans l’économie réelle, aux levées de fonds glanées, aux récompenses obtenues ou à la renommée internationale grandissante) 10 start-up qui, demain, pourraient faire monter haut les couleurs luxembourgeoises si leur succès se confirmait à grande échelle. ◄

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Airboxlab

Humix

Fruit du Technoport et d’un incubateur parisien, cette entreprise matérialise les objets connectés. Son produit phare est une borne design (Foobot) qui, reliée à une application de gestion, fournit en temps réel une analyse de la qualité de l’air dans les habitations.

Issu des unités de recherche de l’Uni et du Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB), ce projet a concentré une banque de données biomédicales sur une puce, aux fins, entre autres, d’analyser l’impact des bactéries intestinales. Les créateurs, primés par Falling Walls Lab ou Mind & Market, multiplient les conférences internationales.

Esch-Belval 2013/07 JACQUES TOUILLON, fondateur et CEO

Cashcloud

Luxembourg 2010/09 OLAF TAUPITZ, managing director Repérée parmi les fintech les plus prometteuses d’Europe, plusieurs fois primée, Cashcloud, d’origine allemande mais parmi les pionniers du secteur au Luxembourg, propose une solution de e-wallet pour smartphone, rassemblant les cartes de crédit ou de débit, l’échange de paiements ou le couponing.

Coinplus

Esch-Belval 2014/07 YVES-LAURENT KAYAN, cofondateur ; CHRISTIAN BODT, cofondateur et managing director Alignant, depuis son lancement, les souscriptions par tranches de plusieurs dizaines de milliers d’euros, l’entreprise, depuis le Technoport, surfe sur la vague bitcoin, le stockage de monnaie virtuelle et les solutions d’e-paiement adaptées.

Houser

Luxembourg 2014/02 KEVIN COLGAN et MATTI HEIKKILA, cofondateurs Plateforme immobilière regroupant l’ensemble des offres publiées en ligne, Houser les passe à la moulinette d’un comparateur pour une recherche ciblée et analytique, pour l’utilisateur final et le candidat acquéreur.

Esch-Belval En création BACTAVATCHALOU SIVAKUMAR et PRANJUL SHAH

Motion-S

Luxembourg 2014/12 RAPHAËL FRANK, fondateur ; GUIDO VON SCHEFFER, gérant Transférée au boulevard Royal en février dernier, la société, qui s’est notamment distinguée en fournissant une application ludique à Bâloise Assurances, est aussi la première spin-off du centre de recherche de l’Université du Luxembourg. Elle a reçu le principal award du forum Mind & Market au printemps dernier.

Soundytics

Foetz et Luxembourg 2013/05 HUGO BON, CEO Une interface analyse les données musicales de millions de morceaux et recommande des playlists adaptées pour les plateformes de streaming ou webradios, pour les compagnies aériennes ou pour l’ambiance ciblée d’entreprises. L’idée a déjà séduit dans la Silicon Valley. Et le cofondateur, Hugo Bon, avait été finaliste du Cyel 2014.

Swirl

Strassen et Luxembourg 2011/12 JOSEPH HESS, administrateur-délégué, gérant et cofondateur ; MYRIAM et PAUL MULLER, cofondateurs et directeurs Spécialisée dans la fabrication et la commercialisation d’éoliennes urbaines (turbines plates sur les toits d’immeubles) et rurales, Smart Wind Integrated Renewables Lëtzebuerg a notamment séduit ArcelorMittal et présente un beau potentiel à l’exportation de sa technologie axée sur le développement durable.

Synedge

Esch-Belval 2015/03 MICHEL HAZEN, cofondateur et COO C’est la 100e entreprise acceptée (fin février dernier) au Technoport. Synedge, dans laquelle Post Capital a pris une participation, travaille sur un content delivery network (CDN) de nouvelle génération pour délivrer, de façon sécurisée et rapide, du contenu sur tout dispositif mobile selon un modèle de paiement à l’utilisation.

Wondermags Wasserbillig 2013/04 STOJAN RUDAN, CEO

Repérée par Luxinnovation, gagnante du Pitch Your Start-up en avril dernier, la start-up allemande a pris pied au GrandDuché pour développer sa solution de publishing. Elle propose une plateforme de contenants, layouts et autres pages en kit, pour les blogueurs ou éditeurs de sites web notamment, permettant de créer et diffuser des « magazines » interactifs.


Entreprises Innovation

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Entreprises Responsabilité sur le web

06 Veiller sur son

existence numérique

► Militant pour un usage citoyen et égalitaire du web, le Chaos Computer Club Lëtzebuerg (C3L) rassemble des « hackers responsables » depuis 2008. ► À l’initiative du Repair Café ou aux commandes de l’émission Entr0py sur Radio Ara, l’asbl partage son expertise et propose ses conseils techniques. ― Texte : Florence Thibaut ― Photo : Sven Becker

L’aventure du Chaos Computer Club démarre en Allemagne en 1981. À Berlin et Hambourg, une poignée d’activistes milite alors pour moins de surveillance publique dans tous les domaines de la vie sociale. La démarche fait boule de neige et inspire d’autres groupes militants en Europe et aux États-Unis. Le Chaos Computer Club Lëtzebuerg (C3L) naît ainsi en mai 2008. « On a démarré dans un café avec des events dédiés au coding, pour ensuite proposer des démos techniques et différentes tables rondes, explique Jan Guth, jeune président de l’association et éducateur de profession. Les hackers forment une communauté très étroite. Il y a une grande solidarité, on apprend tous beaucoup les uns des autres. » Plusieurs événements, y compris à l’étranger, émaillent l’année du groupe : la Conspiracy Night, les réunions du Book Club ou encore la Science Fiction Movie Night, mais aussi des grands rendez-vous IT comme les conférences Hack.lu ou les congrès du Chaos Computer Club allemand. « Le volet social est très important, affirme Jan Guth. Notre espace est d’abord un lieu de rencontre et de découverte. » Si le fondateur de l’asbl est parti vers d’autres cieux, le C3L compte aujourd’hui une dizaine d’organisateurs, dont quelques étudiants, informaticiens et éducateurs. Intrigués par les nouvelles technologies et leurs usages, les membres viennent de tous les secteurs. « Notre asbl cible tous ceux qui veulent être actifs dans les droits des citoyens. Nous sommes avant tout une organisation locale à taille humaine où ils peuvent avoir droit au chapitre et s’impliquer. » La cotisation est fixée à un euro symbolique. Sans local durant deux ans, le Club, ombrelle pour d’autres projets comme le Repair Café, vient de s’installer au cœur du Limpertsberg. Située avenue Victor Hugo, la nouvelle surface permettra d’organiser plus d’activités, notamment des ateliers pour les enfants. En travaux pour le moment, le hack­ing space sera inauguré le 15 octobre.

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▲ Jan Guth (à droite) et ses acolytes tiennent à l’indépendance et à la neutralité : « Nous ne travaillons qu’avec des organisations qui partagent nos convictions. »

« Le point commun entre toutes nos activités est la défense des libertés individuelles et le respect de l’autre. » Dans la même logique militante, c’est aussi le Chaos Computer Club qui gère les serveurs Tor au Luxembourg. Tor ? Un logiciel permettant un anonymat sur le net, notamment à l’aide d’un browser indépendant. Nourri grâce aux dons et à l’énergie de bénévoles, le réseau est mondial. Le chapitre luxembourgeois est, selon ses promoteurs, responsable de 5 % du trafic global. Le « hacking citoyen » se définit comme une réflexion autour de la manière dont toute personne peut limiter le contrôle des instan­ ces publiques, y compris en ligne, et ainsi défendre ses droits fondamentaux. La philosophie repose sur une sensibilisation massive des utilisateurs, au centre du hacker manifesto. Pour le Club, cela démarre par l’éducation des plus jeunes. « Nous voulons apprendre aux enfants qu’il n’y a pas que Microsoft. L’accès à l’information et le droit à la participation sont des enjeux démocratiques. Nous faisons toutes sortes d’expérimentations, notamment avec le wifi, pour créer et partager des alternatives aux outils qui s’imposent à nous. Nous avons, par exemple, notre propre Skype. »

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Vulgariser l’actualité des technologies fait partie des objectifs de l’émission Entr0py diffusée sur Radio Ara. « Le ton est avant tout pédagogique. Expliquer aux internautes dans un langage simple et accessible comment protéger leurs informations sensibles et leur faire prendre conscience de leurs droits sont au cœur de nos missions. » Plusieurs partenaires, dont la CNPD (Com­ mission nationale pour la protection des données) ou la Ville de Luxembourg, ont choisi de solliciter les lumières des jeunes hack­ers, qui travaillent aussi avec des acteurs culturels comme la radio 100,7. Et Jan Guth de spécifier : « L’indépendance et la neutralité sont nos valeurs les plus précieuses. Nous ne travaillons qu’avec des organisations qui partagent nos convictions. » Les interventions peuvent concerner la mani­ ère de sécuriser des caméras de surveillance, des présentations sur l’oubli numérique ou le danger des fameuses « métadonnées » – les informations attachées aux données – ou encore des avis sur la sécurité des outils. « Nous nous retrouvons sur le terrain de la prévention, explique Nathalie Hanck, head of communication chez Axa, partenaire de l’asbl depuis quelques mois. Nous réfléchissons en interaction avec eux pour choisir les bons axes. Ils nous apportent une bouffée d’air frais et un enthousiasme très stimulant. Ils savent ce qui parle aux plus jeunes. Disposer d’une telle exper­tise est précieux pour une société comme la nôtre. » ◄ En résumé Animé par une poignée d’activistes passionnés, le Chaos Computer Club milite pour un usage citoyen du web. Moins de surveillance en ligne, libre choix des outils et anonymat numérique font partie des piliers de l’asbl, de plus en plus suivie.


Disrupt your city ! European Smart & Living City Conference 2015 1er et 2 décembre 2015 - Hôtel Le Royal, Luxembourg

Co-créez la Living City Luxembourg ! SAVE THE DATE : De retour pour la 3ème année consécutive, Living City prend une dimension européenne. Bloquez d’ores et déjà les dates du 1er et 2 décembre 2015 dans vos agendas ! • • • • •

Qu’est-ce que la Smart & Living City européenne ? Comment l’expansion du digital peut-elle être vecteur de croissance ? En quoi l’acquisition de compétences « Smart » peut-elle favoriser l’inclusion sociale ? Les bâtiments « Smart » peuvent-ils réellement améliorer notre qualité de vie ? Comment transformer des projets phares innovants en modèles économiques durables ?

Workshops et sessions participatives seront organisés pour permettre à tous les acteurs de la ville de co-créer ensemble la Living City Luxembourg tout en identifiant les éléments répliquables à d’autres villes européennes. De nombreux experts nationaux et internationaux reconnus de la ville intelligente seront présents pour vous faire découvrir des solutions « Smart » qui ont déjà fait leurs preuves et partager avec vous leur vision de la Smart & Living City. Venez les rencontrer !

N’attendez plus si vous n’avez pas encore réservé votre place !

Partenaire média

www.livingcity.lu Conseil pour le Développement Economique de la Construction a.s.b.l.


Entreprises Institutions culturelles

PHOTO : CLAUDE PISCITELLI

07 Une décennie fêtée de concert

► La Philharmonie et la Rockhal fêtent quasi simultanément leurs 10 années d’existence. ► Les deux institutions ont été voulues par l’État et ont reçu des missions, notamment éducatives, et des soutiens financiers de sa part pour les assurer. ► En 2014, elles ont chacune attiré 165.000 personnes et cherchent encore à augmenter les chiffres. ― Texte : Jean-Michel Lalieu

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Il y a tout juste 10 ans, entre juin et septembre 2005, le Luxembourg a fait un grand bond culturel en avant. Au début de l’été, la capitale a inauguré en grande pompe la Philharmonie, un chef-d’œuvre architectural dédié à la musique classique situé à l’entrée du plateau du Kirchberg. Trois mois plus tard, la Rockhal ouvrait ses portes sur la friche encore déserte d’Esch-Belval, faisant grimper le taux de décibels sur le futur site universitaire. Dans les deux cas, c’est le gouvernement qui est à la base du projet et qui continue à les subsidier pour qu’ils puissent assurer leurs missions. Une décennie plus tard, les deux entités publiques sont devenues de réels phares culturels du pays. Pour l’année 2014, elles revendiquent d’ailleurs le même nombre d’entrées payantes : 165.000. La comparaison ne s’arrête pas là. Nées de la volonté du politique, les sociétés Salle de Concerts GrandeDuchesse Joséphine-Charlotte (Philharmonie) et Centre de musiques amplifiées (Rockhal) se sont, dès le départ, vues greffées d’une mission éducative. Mais selon des modèles assez différents.

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▲ Tant à la Rockhal qu'à la Philharmonie, la qualité de la programmation et des infrastructures est reconnue unanimement.

« Nous nous sommes fait une spécialité des programmes destinés à faire découvrir la musique aux enfants. L’an dernier, 42 % de nos spectacles ont ciblé le jeune public », explique Stephan Gehmacher, directeur général de la Philharmonie depuis 2012. Sur le site de Belval, outre l’organisation de concerts de musique amplifiée, l’équipe dirigée par Olivier Toth depuis la naissance de la Rockhal a aussi pour objectif de con­ struire un environnement dans lequel les groupes luxembourgeois peuvent développer leurs aptitudes. « Nous voulons à la fois les aider à améliorer leur technique de jeu, leur permettre de comprendre comment fonction­nent les métiers et l’industrie de la musique et les préparer à l’export », résume le CEO du complexe eschois. Qui note au


Entreprises Institutions culturelles passage que, si au niveau du chiffre d’affaires, ce sont les concerts qui assurent l’essentiel des rentrées, en termes de temps et d’énergie dépensés, la mission d’accompagnement des jeunes groupes prend une part importante. En 2013, selon une enquête Eurobaromètre, 52 % des résidents luxembourgeois ont assisté à au moins un concert. Un chiffre qui place le pays à la cinquième place de l’Union européenne, derrière les pays scandinaves et les États baltes. Dans son rapport annuel 2013, la Philharmonie constate que, selon les statistiques du ministère de la Culture, en 2004, on comptait 40.000 visiteurs pour toutes les salles du pays. Quatre fois moins que les résultats aujourd’hui enregistrés rien que par la Philharmonie en vitesse de croisière. « À l’épo­que, l’offre musicale était effectivement assez limitée, note Stephan Gehmacher. Il y a 10 ans, pas grand monde ne croyait en notre succès. » Actuellement, ses trois salles accueillent 400 concerts. Ce qui ne veut pas dire que tout soit devenu simple. Ce serait même l’inverse : en 2011, la Philharmonie, dont la mission principale est de gérer le bâtiment et d’assurer une programmation annuelle, a intégré en son sein l’Orchestre philharmonique du Luxem­ bourg, soit le salaire de ses 99 membres à ajouter à celui des 75 personnes assurant l’administration. La dotation du gouvernement a suivi le mouvement, mais le directeur général note quand même que la situation était financièrement plus « confortable » avant la fusion. En plus, pour l’année 2014, les subsides de l’État se sont montés à 19 millions, un million de moins qu’en 2013. Une réduction qui n’a pas pu être compensée par la billetterie et le sponsoring et qui a conduit à un exercice déficitaire. « Lorsque nous l’avons appris, en février 2014, il était trop tard pour revoir notre programmation », lance Stephan Gehmacher. Pas sûr non plus qu’il en ait eu envie, après avoir habitué le public luxembourgeois à des artistes de grande envergure. Il n’entend pas non plus revenir sur la politique de prix volontairement bas destinée à rendre la musique abordable au plus grand nombre. Reste le levier de la location des salles à des organisateurs privés. Mais, selon le responsable de la Philharmonie, ceux-ci ne se bousculent pas vraiment au Luxembourg. En 2014, ils n’ont assuré que 62 des 430 manifestations organisées sur le site. Stephan Gehmacher refuse toutefois de dramatiser. Pour l’ensemble de l’exercice 2014, les recettes propres ont atteint

«  Il y a 10 ans, pas grand monde ne croyait en notre succès. » Stephan Gehmacher (Philharmonie)

« La Rockhal a été nommée en 2013 et 2015 parmi les cinq meilleures salles de concert en Europe. » Olivier Toth (Rockhal)

7,1 millions (6,4 millions en 2013). « La dotation a à nouveau un peu augmenté en 2015, note-t-il encore. Nous devrions pouvoir revenir à une situation d’équilibre d’ici deux ou trois ans. » La situation économique de la Rockhal est relativement différente. Elle assure son fonctionnement avec une équipe de 32 personnes et bénéficie de subsides du gouvernement à hauteur de 2,4 millions d’euros. Ce qui représente entre un tiers et un quart de son budget global, selon les années. C’est que, à l’image des grands complexes cinématographiques, son bilan annuel dépend des spectacles qu’elle peut proposer, donc des artistes qui sont en tournée. « 2013, par exemple, a été une année extraordinaire avec près de 210.000 tickets vendus. En 2014, en revanche, le nombre de concerts est resté le même mais le public a chuté à 165.000 », constate son responsable. Moins de concerts de grande envergure, c’est donc moins de tickets vendus.

NOT ONLY ROCK ‘N’ ROLL Avec un chiffre d’affaires de près de 9 millions d’euros en 2014, Olivier Toth parle quand même d’une « très bonne année ». Le public vient aussi des trois pays limitrophes du Luxembourg dans un rayon de 100 à 150 kilomètres autour de la salle et parfois de bien plus loin, selon l’exclusivité du concert. « Même si notre situation géographique est assez centrale en Europe, le travail réalisé a contribué à une implantation solide de la Rockhal en Europe et lui a valu deux nominations aux Arthur Awards parmi les cinq meilleures salles de concert en Europe en 2013 et 2015. » Mais, après 10 années de fonctionnement, son responsable évoque l’ambition continue du CMA de satisfaire les goûts de presque tous les styles et catégories de publics. « Nous avons donc commencé à explorer d’autres genres d’événements », explique Olivier Toth. Outre les concerts amplifiés, la Rockhal mise aussi sur les cases family entertainment (grands spectacles, comédies musicales) et comedy (humoristes). « La tendance internationale est de toute manière d’aller vers une plus large palette d’événements », observe-t-il. Mais, contrairement à une capitale comme Londres où les concerts n’arrivent qu’en troisième position, après le comedy et le family entertainment, à la Rockhal, c’est l’inverse. Logique, quand on se situe avenue du Rock ‘n’ Roll… ◄ En résumé La Rockhal et la Philharmonie fêtent leurs 10 ans d’existence. Les deux institutions publiques ont réussi le pari de devenir des phares culturels du Grand-Duché, qui ont amené les résidents (et les autres) à se rendre à des concerts bien plus souvent qu’avant.

Enquête

La Rockhal visée par la Concurrence Olivier Toth livre sa version des attaques subies par le CMA.

En tant que responsable de l’espace de la Rockhal, l’établissement public Centre de musiques amplifiées (CMA) a, entre autres, pour mission à la fois de gérer les salles de concert en les louant à des organisateurs privés et d’organiser luimême des concerts. Cette partie de sa mission n’a pas été appréciée par la société 69 SA  Abraxas, aujourd’hui en faillite. En août 2011, elle a déposé une plainte au Conseil de la concurrence visant tant le CMA que la Philharmonie. Si le dossier Philharmonie a pu être clôturé, le dossier relatif au CMA ne l’est toujours pas. Pour faire bref, ce qui est reproché au CMA, c’est notamment que ses activités de gestionnaire de salles et de promoteur de spectacles le mettraient en position de s’attribuer à lui-même ses salles et espaces. Autre grief : les dotations reçues de l’État permettraient d’organiser des spectacles à perte. Elles donneraient un pouvoir de surenchère auprès d’agents d’artistes, ce que l’établissement récupérerait sur le prix des billets. Le directeur de la Rockhal, Olivier Toth, nous livre son commentaire : « Il est important de constater qu’à ce jour, le dossier ne comprend pas de fait concret qui serait reproché au CMA, mais l’hypothèse de surenchère qui est contestée ne relève pas des pratiques du CMA. Il est un fait certain pour la Rockhal que ses activités d’organisation de concerts de grande envergure s’autofinancent sans un soutien de la part de l’État. Au contraire, l’activité d’organisateur de concerts à connotation commerciale permet de cofinancer l’activité culturelle, impliquant notamment la promotion d’artistes émergents, internationaux et locaux, et le support du développement des carrières des artistes locaux et garantissant ainsi une offre culturelle suffisante et diversifiée à son public. » J.-M. L. ◄

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Entreprises Cluster Biohealth

08 L’âge des premières conquêtes

► Le Luxembourg a fait de la biomédecine un de ses secteurs économiques d’avenir. ► En 10 ans, des bases solides ont été construites pour assurer sa crédibilité. La chasse aux entreprises est désormais ouverte. ► Le secteur est encore très petit mais des sociétés étrangères commencent à se dire séduites par les infrastructures en place. ― Texte : Jean-Michel Lalieu ― Photo : Luc Deflorenne

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Au monde, il n’y a actuellement qu’une poignée d’entreprises capables de produire des tissus humains en 3D. Atera, créée au Luxem­ bourg en juillet dernier, sera de celles-là. Prochainement installée dans la House of Biohealth, à proximité du site de Esch-Belval, elle développera, produira et commercialisera des échantillons de peau et de cornée humaine destinés principalement à l’industrie cosmétique afin d’éviter les tests sur les animaux. Pour son cofondateur et CEO, Bart De Wever – non, pas l’homme politique flamand ! –, l’attrait du Luxembourg vient avant tout des infrastructures développées pour aider la recherche. Pour ce Belge basé à Monaco, actif depuis 25 ans dans le secteur des tissus humains, des collaborations seront possibles avec des instituts tels que le LCSB (Luxem­bourg Centre for Systems Biomedicine) et l’IBBL (Integrated Biobank of Luxembourg) sur des recherches de nouveaux modèles tissulaires. « J’ai été étonné par le niveau de la recherche dans les modèles tissulaires au Luxembourg », observe le docteur en sciences médicales. Atera vise une clientèle mondiale dans l’industrie cosmétique, mais aussi dans la

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▲ La House of Biohealth joue le rôle d'incubateur destiné à accueillir les jeunes entreprises du secteur.

pharmacie et la chimie. Elle vient d’engager son premier cadre et calcule actuellement l’espace de laboratoires dont elle aura besoin. Mais elle veut avancer très vite. « Il y a une demande mondiale très forte pour ces matières, note Bart De Wever. Nous devrions pouvoir engager rapidement de 5 à 10 personnes. » L’arrivée d’une société comme Atera – qui pense déjà entrer en bourse dans trois ans – conforte le choix fait au milieu des années 2000 de créer un axe de développement économique dans la biomédecine. Elle est aussi le signe qu’après avoir établi des bases solides, les responsables du secteur biohealth peuvent cette fois faire miroiter l’attrait du pays dans ce secteur de pointe et inciter des sociétés étrangères à venir s’y installer. « Nous avons désormais un environnement qui fonctionne et des choses à montrer, nous pouvons nous lancer


Entreprises Cluster Biohealth dans un véritable plan marketing », assure Thomas Dentzer, manager du Luxembourg Biohealth Cluster au sein de Luxinnovation. Revenons un instant aux fondations. À la suite d’un rapport de l’OCDE au début de la décennie 2000, le monde politique prend conscience que la finance ne va pas porter éternellement le pays. Il faut d’autres pistes et la biomédecine est alors définie comme une voie prioritaire. « Pour repérer des niches, nous avons regardé ce qui se faisait déjà chez nos voisins », explique Thomas Dentzer. Au final, le Luxembourg a fait le choix de se spécialiser dans la médecine personnalisée, les diagnostics moléculaires, la bio-informatique et les maladies neurodégénératives.

« Nous avons désormais un environnement qui fonctionne et des choses à montrer. » Thomas Dentzer (Luxembourg Biohealth Cluster)

Mais à l’époque, le pays ne disposait pour tout outil de recherche publique que du CRP Santé, fondé en 1989, et de ses 150 chercheurs. Des partenariats ont donc été lancés avec des institutions aux États-Unis dont sont sortis deux grands piliers : l’IBBL (2009), la biobanque chargée principalement du stockage d’échantillons biologiques, aujourd’hui intégrée au Luxembourg Institute of Health (LIH), et le LCSB (2009) qui est rapidement devenu un centre de référence international au niveau des maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson). Pour créer ces bases, les pouvoirs publics ont injecté 140 millions d’euros. Le privé a ensuite pris le relais, notamment au travers de la création de la House of Biohealth, un incubateur destiné à accueillir les jeunes entreprises du secteur. Basé sur un partenariat public-privé, le projet a été porté par trois investisseurs, dont JeanPaul Scheuren, également président du cluster Biohealth depuis 2009. « L’investissement privé tourne autour de 55 millions d’euros, calcule-t-il. L’État intervient en apportant une garantie sur une partie des loyers. » Trois bâtiments construits à l’identique sont programmés. Ils abriteront au total 9.000 m2 de laboratoires et 6.000 m2 de bureaux. Le premier a été inauguré au début de l’année et les travaux du second ont démarré. Actuellement, 150 personnes travaillent dans le bâtiment et le taux d’occupation est déjà de 90 %. D’origine belge, la société Flen Pharma, spécialisée dans les dispositifs médicaux pour le soin des plaies, a établi son siège social au Luxembourg et est désormais établie dans la House of Biohealth. « Nous voulons à nouveau nous lancer dans le domaine de la recherche et investir dans un laboratoire, c’est une des raisons de notre choix », explique Caroline Lamy, responsable de l’entité

luxembourgeoise. La phase de recrutement est lancée et, dans moins d’un an, sa taille devrait avoir doublé – elle compte sept personnes actuellement. Et si le siège est au Grand-Duché, ce n’est pas, assure Caroline Lamy, pour des raisons fiscales mais plutôt pour les canaux de décision relativement courts et l’internationalisme du pays. « Le Luxembourg investit beaucoup dans les bio­ sciences et nous notons un fort soutien de la part du gouvernement », note-t-elle. Jusqu’il y a un an, la société était dans la zone de l’aéroport. Désormais à Belval, sa responsable pointe comme atouts la proximité avec les centres de recherche publics et la philosophie propre au bâtiment. « C’est un nid à idées, on voit vraiment des collaborations qui se créent entre les chercheurs. » Or, c’était bien là un des objectifs des concepteurs de la House of Biohealth : « Le bâtiment a été imaginé pour favoriser la communication entre des scientifiques qui travaillent dans des domaines différents afin que des collaborations deviennent possibles », pointe Jean-Paul Scheuren.

TESTS POSITIFS À partir d’une idée lancée il y a une dizaine d’années, le Luxembourg a donc déjà développé la recherche publique, mis en place un cluster regroupant les différents acteurs et bâti un incubateur. « Cette fois, les bases sont établies et nous pouvons aller de l’avant », se réjouit Thomas Dentzer, calculant que le secteur emploie aujourd’hui quelque 1.600 personnes, réparties de façon équitable entre le public et le privé. Pour accélérer le volet entrepreneurial et faire désormais peser le secteur biohealth sur le PIB national, le cluster veut recruter à l’international. « Il est évident qu’on ne va pas pouvoir créer 100 spinoff à partir des labos luxembourgeois, insiste Jean-Paul Scheuren en tant que président du cluster. Pour dégager une masse critique suffisante pour le secteur, il faut convaincre des start-up étrangères de se développer en Europe à partir de notre territoire. » Le travail sera donc axé sur les petites et moyennes entreprises étrangères en les aidant à pénétrer le marché européen. « Nous avons commencé à faire de la publicité il y a un an et nous développons un programme pour attirer les entreprises que nous lancerons plus tard cette année », précise Thomas Dentzer. Avec comme première étape les États-Unis où les start-up pullulent. Reste donc désormais à bien cibler celles qui entrent précisément dans les domaines d’activité sur lesquels le Luxem­bourg veut se concentrer. Après, c’est une question de moyens. « La règle de base c’est que les startup vont là où il y a de l’argent, note Jean-Paul Scheuren, à nous de pouvoir leur proposer, par exemple, une fiscalité favorable. » ◄

Niches d’avenir

Un point sur la carte Le Luxembourg n’a pas choisi les domaines à exploiter au hasard. Il veut être une référence là où personne n’a tenté sa chance.

Pour se positionner dans certains domaines bien spécifiques de la biomédecine, les responsables luxembourgeois ont passé en revue les forces des pays voisins pour détecter les manques. « La volonté, insiste Thomas Dentzer, responsable du cluster Biohealth, est de placer le Luxembourg sur la carte globale de la biomédecine. » De faire en sorte que, désormais, si des étudiants, des chercheurs ou des entreprises veulent travailler dans le domaine des maladies dégénératives, du diagnostic moléculaire ou du e-health, ils pensent directement au Luxembourg comme à la référence en la matière. Beaucoup de choses restent à faire évidemment pour y arriver. Mais la société Fast-Track Diagnostics est, elle, déjà une référence pour le Luxembourg dans le domaine du diagnostic. Elle est née en 2007 de la collaboration entre le professeur britannique Bill Carman et les Laboratoires réunis de Junglinster. Son point fort est d’avoir développé des kits de diagnostics permettant de détecter plusieurs maladies en un seul test. Installée depuis le début de l’année à la House of Biohealth, elle y développe à la fois la recherche et la production. Un travail essentiellement destiné à l’exportation, Fast-Track Diagnostics collaborant avec le monde entier. « On voit que le secteur devient de plus en plus important au Luxembourg, constate Claudine Graglia, quality manager. Et s’il n’est pas possible de recruter des chercheurs provenant du Luxembourg, il n’y a en tout cas pas de problème pour en faire venir ici de l’étranger. » J.-M. L. ◄

En résumé Après 10 années passées à développer les bases scientifiques nécessaires afin d’attirer des acteurs économiques, le secteur biohealth luxembourgeois entre dans la phase active de recherche de start-up qui viendront donner du corps au secteur. Les premiers résultats sont encourageants.

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Entreprises Médias

09 Une Maison toujours plus Moderne

► Le premier groupe indépendant de médias au Luxembourg, éditeur de Paperjam, aborde la rentrée avec quelques nouveautés et un renforcement digital qui se dévoileront progressivement. ― Texte : Jean-Michel Gaudron ― Photo : Maison Moderne Studio

Maison Moderne, premier groupe indépendant de médias au Luxembourg, s’offre une nouvelle visibilité, en lien direct avec sa propre organisation interne. Né de la fusion, en décembre 2010, des entités opérationnelles MKE (édition), INgrid (studio graphi­ que) et Tempo (régie commerciale), Maison Moderne a décidé de mettre en avant, sur sa baseline, ses quatre piliers d’activité : l’édition, l’agence, la régie et le business club. Et pour appuyer la force de la marque, une couleur unique a été choisie, en l’occurrence un rouge profond (Pan­tone 206 pour les spécialistes…). Ce relooking est le fruit d’un travail graphique entièrement réalisé en interne par Vinzenz Hölzl, directeur artistique, et Jeremy Leslie, directeur créatif. Il est concret en cette mi-septembre, avec un nouveau site internet corporate (désormais accessible avec l’extension .com et non plus .lu), développé en collaboration avec nVision. Sur le front des produits médias, les développements présentés en septembre ou planifiés dans les prochains mois s’inscrivent en parfaite cohérence avec les résultats de l’étude Brand Duchy (voir l’article en page 82), mettant en relief l’importance des supports de presse magazine et des newsletters électroniques pour les grands annonceurs. Dans les faits, cela se traduit, chez Maison Moderne, par une digitalisation appuyée de son média fort, Paperjam. Du reste, le site Paperjam.lu est apparu, pour la première fois, dans les résultats de la dernière étude TNS Ilres Plurimédia publiée cet été. Il y est référencé avec une audience quotidienne de 13.500 résidents (âgés de 12 ans et plus) auxquels il faut bien évidemment ajouter quelques milliers de frontaliers. En plus du rendez-vous bi-quotidien (8 h et 16 h) de la newsletter de Paperjam.lu, désormais bien ancré dans les habitudes, des « Paperjam Coffee Break » vont voir le jour : un ensemble de six newsletters thématiques qui paraîtront à des rythmes différents (entre trois et neuf fois par an) et qui

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s’adresseront aux secteurs et aux métiers principaux (Technologies, Human Capital, Management, Stratégies, Communication et Finance). Ces newsletters seront envoyées à une communauté d’abonnés ultra-ciblés. L’enrichissement du contenu digital passera également par la création de nouveaux dossiers thématiques B2B, qui seront publiés en ligne avec un format inédit et créatif et permettront l’intégration de différents formats éditoriaux multimédias. Cette nouveauté est la conséquence directe d’un changement majeur qui touche le magazine Paperjam, avec la disparition programmée de son second cahier, Paperjam2, au contenu orienté « métiers ». Sa dernière édition sera publiée fin novembre. Dès le 16 décembre, Paperjam redeviendra donc un magazine unique, porté à 164 pages, avec une maquette revue et enrichie et un soin accru pour les visuels. Quant au Paperjam Guide, qui paraîtra également le 16 décembre, il est désormais supporté par une nouvelle version du site internet Paperjam.guide, qui offre une navigation plus aisée et permet aux entreprises de se présenter sur leurs marchés de manière plus

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détaillée. En outre, la partie « biographies », qui contient déjà 1.500 profils, n’est plus réservée aux seuls décideurs, mais est ouverte à toute personne active au Luxem­ bourg (après validation du contenu par la rédaction, néanmoins). Le magazine anglophone Delano, qui est dans sa sixième année, grandit encore, passant de 68 à 100 pages, avec un dos carré. Archiduc, le semestriel de référence dédié à l’architecture au sens large, et édité en collaboration avec le Luxembourg Center for Architecture (Luca), fait également peau neuve à l’occasion de son 11e numéro qui paraîtra mi-octobre. Enfin, City Mag, le magazine édité pour la Ville de Luxembourg et la plus récompensée des publications luxembourgeoises (avec 11 trophées internationaux en matière de design), s’apprête à changer de formule : début 2016, il s’appellera tout simplement CITY et passera au format magazine. ◄ En résumé Maison Moderne fait sa rentrée et continue à évoluer avec ses publics. Des nouveautés concernent l’univers de la marque Paperjam, mais aussi Archiduc ou Delano, entre autres.


EPPUR SI MUOVE

ART ET TECHNIQUE, UN ESPACE PARTAGÉ UNE collaboration avec le Musée des arts et métiers – Cnam, PARIS

09.07.2015 – 17.01.2016 MUDAM LUXEMBOURG

Tableau représentant un phénomène d’interférences exécuté par Pierre Ernest Peuchot en 1882 (détail) © Musée des arts et métiers – Cnam, Paris Photo : Aurélien Mole

MUDAM LUXEMBOURG MUSée D’ART MODERNE grand-DUC JEAN 3, PARK DRÄI EECHELEN L-1499 Luxembourg info@mudam.lu www.MUDAM.lu Exposition sous le haut patronage de Xavier Bettel, Premier ministre. À l’occasion de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union Européenne au second semestre 2015.

PARTENAIRES DE L’EXPOSITION : Fonds National de la Recherche Luxembourg, The Loo & Lou Foundation, abritée sous l'égide de la Fondation de Luxembourg, CFL - Société Nationale des Chemins de Fer Luxembourgeois.

PARTENAIRES MédiaS :


Entreprises Start-up

OBJETS CONNECTÉS ET RELIÉS ► Active dans l’Internet of Things (IoT), vyzVoice a une solution permettant de collecter et agréger des données issues de capteurs multiples, et de les traiter afin de permettre à ses clients de visualiser une information utile. ― Texte : Sébastien Lambotte ― Photos : Olivier Minaire

Chaque mois, Paperjam1 propose un gros plan sur une start-up luxembourgeoise qui sera peut-être un fleuron de l’économie de demain. Ce mois-ci : vyzVoice Son fondateur et CEO : Robert Spicer

LE CONCEPT L’information n’a jamais eu autant de valeur. Disposer des bonnes données, en temps réel, permet de veiller au bon déroulement des opérations, de prendre de meilleures décisions, d’anticiper des comportements. Alors que les objets connectés se multiplient, et avec eux les données et mesures, comment agréger, analyser, visualiser du data issu de sources multiples ? vyzVoice, start-up installée à Windhof, répond à cet enjeu. « Nous avons développé une plateforme qui facilite la collecte, l’analyse de données issues de nombreuses sources afin d’offrir à nos clients une information utile, de la visualiser en temps réel, sur n’importe quel écran, commente Robert Spicer, CEO. vyzVoice permet de rassembler les données, d’en extraire une information, de la rendre accessible et exploitable. Les opportunités cachées derrière le concept de big data deviennent accessibles au plus grand nombre. »

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LE DÉVELOPPEMENT Plusieurs tendances actuelles ont conduit les créateurs de vyzVoice à imaginer leur solution. « Il y a d’abord la démocratisation des outils informatiques et de la capacité de stockage de l’information. On profite aussi d’une connectivité omniprésente, permettant la multiplication des objets connectés. Enfin, il y a un appétit de la population à disposer de l’information en temps réel », commente Robert Spicer. Décelant l’opportunité de créer une plateforme fédératrice, interopérable et sécurisée dans le domaine de l’Internet of Things (IoT) au début de l’année 2014, le CEO et quelques associés créent vyzVoice. En amont de l’interface, il a fallu trouver les moyens de collecter des données venant d’une multitude de sources, de les interpréter en fonction de leur nature et de leur structure, de les traiter en temps réel, de les stocker, en garantissant la sécurité.

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LE MARCHÉ Des offres spécialement conçues répondent à des besoins spécifiques. « Nous avons une solution pour les gestionnaires de parcs de production d’énergie solaire qui permet de collecter et d’analyser les données relatives à plusieurs installations. L’information est restituée de manière vulgarisée et utile, sur un seul et même écran. » La plateforme agrège des informations liées à la consommation d’énergie d’un immeuble, à la qualité de l’air, aux installations techniques, à la production des déchets… « Property managers, facility managers ou responsables CSR des entreprises disposent d’une base utile pour réduire les coûts ou l’empreinte environnementale du bâtiment, améliorer le confort des utilisateurs. Dans l’industrie, les dirigeants disposent d’indicateurs utiles pour s’assurer de la bonne marche des opérations, réduire les coûts et suivre la maintenance des machines. »

LES PERSPECTIVES La start-up entend développer ses activités en commercialisant directement ses produits à l’échelle européenne. « Pour y parvenir, nous allons renforcer l’équipe commerciale et marketing », commente Steve Albrecht, VP marketing de vyzVoice, qui recrute aussi des développeurs front-end et des experts analytics. L’entreprise cherche aussi des partenariats stratégiques avec des fabricants et développeurs de solutions connectées. « Notre plateforme peut traiter tout type de données. Elle peut donc supporter la mise en place de solutions pour tout type d’application dans le domaine de l’Internet of Things et leur commercialisation rapide. » vyzVoice a conclu un partenariat avec la société MBS, active dans la mise en œuvre de passerelles permettant de consolider des données en toute sécurité. La plateforme se veut ouverte, afin de pouvoir s’adapter aux évolutions technologiques ou réglementaires.


DAN NEVEN, DIRECTEUR DE L’AGENCE APART, A DÉCROCHÉ LE GOLD AUX MEDIA AWARDS 2014.

#QuiauraleGold LE 3 FÉVRIER 2016, N O U S L E S AU R O N S . AGENCES, ANNONCEURS, SOUMET TEZ LIGNE SUR MEDIA-AWARDS.LU VOS MEIL LEURS PRO JETS DIRECTEMEN T EN 17H00. TOBRE 2015, C O 19 I D N LU JUSQU ’AU

MEDIA AWARDS

#QUIAURALEGOLD


Place Financière Voici un aperçu des principales informations de ces dernières semaines, à lire en détail sur www.paperjam.lu. Retrouvez ensuite 10 sujets clés sélectionnés par la rédaction. Sur le métier depuis 2012, le projet de loi devant transposer les nouvelles règles de solvabilité dans le secteur de l’assurance devra faire l’objet d’arbitrages supplémentaires. Les 175 amendements présentés par le gouvernement sont insuffisants, selon le Conseil d’État qui a rendu le 10 juillet un second avis sur le texte et a maintenu un certain nombre d’oppositions formelles après celles déjà exprimées en novembre 2012. Les Sages ont notamment critiqué la gouvernance du Commissariat aux assurances, à commencer par sa direction qui, depuis le départ de Victor Rod en début d’année, ne fonctionne plus qu’avec deux personnes (Claude Wirion et Annick Felten).

lancée à travers la Grande Région. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 septembre. Suivra ensuite une présélection des candidatures qui se fera le 5 octobre, avant une sélection finale – les 19 et 20 octobre – qui décidera des projets pouvant se présenter aux investisseurs lors du Seed4Start Pitching Day le 24 novembre au Luxembourg, le 27 novembre en Lorraine et le 2 décembre en Belgique. Au nom des standards de transparence, il n’y aura pas de régime « light » pour les sociétés de participations financières en termes de publication d’informations. L’interprétation laxiste d’une directive de 2013 sur la simplification comptable l’aurait pourtant permis, mais le Conseil d’État s’y oppose.

Le Parlement européen a donné le feu vert à la commission « taxe » qui planche sur la fiscalité des multinationales pour sanctionner les entreprises ou entités n’ayant pas coopéré. Elles pourraient être purement et simplement rayées des fichiers des lobbies. Selon une liste arrêtée au 25 juin dernier, sur les 18 firmes multinationales « sollicitées », trois avaient participé aux travaux (Total, SSE et BNP Paribas) et trois autres devaient encore se plier au principe d’une rencontre…

Le comité consultatif de la réglementation prudentielle, en charge de formuler des avis sur les projets législatifs concernant le secteur financier, a été renouvelé pour une période de quatre ans. Nicolas Buck, vice-président de la Fedil et ancien président de l’Association des PSF de support, n’y siège plus. En revanche, Anouk Agnes, deputy director general de l’Alfi, y fait son entrée.

La quatrième édition de Seed4Start, le forum transfrontalier du capital-risque, est

Dans le cadre de la collaboration entre Post Luxembourg et Banque Raiffeisen autour des

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services financiers postaux, Post entrera dans le capital de la banque verte pour un montant de 30 millions d’euros et sera représentée via deux administrateurs au sein du C’est, en millions conseil d’admid’euros, nistration. l’investissement L’objectif de cette de Post dans synergie pour le capital Post, qui contide Raiffeisen. nuera à gérer les CCP, est de pouvoir offrir d’autres services sur base de ceux de Raiffeisen et de faire entrer ses services financiers dans l’univers connecté via le portail client de la banque coopérative.

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Société Générale Securities Services (SGSS) a lancé un hub au Luxembourg pour accompagner les sociétés de gestion dans la commercialisation de leurs fonds Ucits et fonds alternatifs à l’international. Les gérants ont désormais un point d’entrée unique facilitant l’accès à un réseau local et transfrontalier pour la distribution de leurs fonds en Europe et en Asie. Ce pôle d’expertise est constitué d’une équipe multilingue spécialisée dans la constitution de fonds Ucits et alternatifs et propose une solution d’accompagnement de représentant local pour la distribution de fonds dans 14 pays. En plein processus de fusion avec Petercam, Banque Degroof Luxembourg a connu un changement de gouvernance au début de l’été. Désormais, la

banque n’est plus dirigée que par Geert De Bruyne. L’autre administrateur délégué, Patrick Keusters, qui officiait depuis octobre 2002, a décidé de quitter le groupe. Il ne devrait pas, pour l’heure, être remplacé, en attendant d’en savoir plus sur les orientations stratégiques post-fusion, attendues pour cet automne. L’ancien ministre DP Henri Grethen, actuel membre de la Cour des comptes européenne, succède à Pierre Gramegna, ministre des Finances, au poste de président de la Fondation de Luxembourg, l’instance chargée d’assister les philanthropes dans leurs actions. L’ancien ministre est entré en fonction le 23 juillet « avec nomination directe ». Selon les chiffres de la CSSF, le montant du résultat semestriel avant provisions du secteur bancaire luxembourgeois pour les six premiers mois de 2015 atteint 2,99 milliards d’euros. Il pointe une hausse annuelle de 2,8 %. Après la hausse importante de l’encaissement au cours des trois derniers trimestres de 2014 et la quasistagnation du premier trimestre de 2015, le marché des assurances a enregistré un recul notable au 2e trimestre 2015. Toutes branches


Place financière Brèves Début septembre, Baloise Group a reçu le feu vert de l’autorité de contrôle pour l’acquisition de HDI-Gerling Assurances Luxembourg.

d’assurances confondues, les primes diminuent de 15 % par rapport à la même période de l’exercice précédent. L’encais­ sement global a reculé de 12,98 % en assurance vie, largement alimenté par le fort repli (-40,97 %) de l’encaissement relatif aux produits à rendements garantis.

La BCEE affiche pour le premier semestre 2015 un résultat net de 155,2 millions d’euros, en hausse de 5,7 % par rapport au premier semestre 2014. Son produit net bancaire est en progression de 4,2 % à 333,3 millions d’euros. La Spuerkeess enregistre par ailleurs une progression des dépôts de la clientèle privée (+3,1 % par rapport à fin 2014),

La BCEE gagne du terrain dans la clientèle privée, avec une hausse sensible des dépôts.

Le fonds d’investissement spécialisé Universal Premium, qui capitalisait sur l’extraction de pétrole et de gaz en Roumanie, a été placé en liquidation judiciaire début juillet, six mois après que la CSSF l’a retiré de sa liste officielle. Il existait des liens entre ce fonds et un autre véhicule à l’origine des ennuis de l’assureur Excell Life. Baloise Group a procédé au rachat de l’assureur non vie HDI-Gerling Assurances Luxembourg, qui a enregistré en 2014 un volume de primes d’environ 5 millions d’euros. La transaction, menée auprès du groupe allemand Talanx, s’est faite pour un montant d’environ 10 millions d’euros. « Nous renforçons nos activités non vie et visons le Top 3 des compagnies d’assurance au Luxembourg », a indiqué Martin Strobel, CEO du Baloise Group. L’annonce de l’opération a été faite début août et l’assureur suisse a obtenu le feu vert de l’autorité de contrôle début septembre.

une croissance qui fait plus que compenser la baisse des dépôts du secteur public. ING Luxembourg enregistre au premier semestre 2015 un résultat net de 53,5 millions d’euros, en hausse de 6,3 % par rapport à 2014. « Grâce à une croissance commerciale solide, l’ensemble des métiers commerciaux d’ING Luxembourg ont dépassé leurs objectifs de résultat pour le premier semestre », se réjouit la banque orange qui indique une augmentation de 4 % du nombre d’ouvertures de nouveaux comptes. Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a déposé à la mi-août le projet de loi qui fera basculer au 1er janvier 2017 le Luxembourg dans l’échange automatique d’informations à des fins fiscales, selon le modèle mis en place par l’OCDE. Ce « Fatca européen » va concerner uniquement les non-résidents. (lire aussi l’article p. 114-115)

Selon une information révélée à la mi-août par les médias allemands Süddeutsche Zeitung, NDR et WDR, la banque allemande HSH Nordbank va devoir s’acquitter d’une amende de 22 millions d’euros suite à une fraude fiscale menée par l’intermédiaire de sociétés écrans au Luxembourg. La banque privée Havilland a repris la filiale luxembourgeoise du groupe italien Banco Popolare. Le montant de base de la transaction a été établi à 30,9 millions d’euros pour la totalité du capital. À ce montant de base, il faudra encore ajouter le bénéfice net réalisé entre le 1er janvier 2015 et la date de clôture de la transaction. L’opération a été accompagnée par KPMG. La Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) a prononcé, fin juillet, une amende administrative de 25.000 euros à l’encontre d’un réviseur d’entreprises agréé du cabinet KPMG Luxembourg. Le régulateur se contente de mentionner la sanction dans le Mémorial B, sans pour autant divulguer le nom de la personne concernée, comme cela fut

en lui infligeant une amende de 10.000 euros cette fois, pour des raisons identiques. Le tribunal administratif a confirmé, cet été, qu’il n’y a désormais plus de recours possible contre les demandes de levée du secret des autorités fiscales étrangères. Il a aussi remis en place la politique de l’exemple de Guy Heintz, le directeur de l’Administration des contributions directes, en réduisant l’amende administrative infligée de 250.000 euros à 150.000 euros. Le patrimoine global net des OPC et des FIS a connu une croisNouvelle croissance sance de des OPC. 1,56 % pour le mois de juillet, avec un total de 3.583 milliards d’euros.

+1,56 %

HSBC Luxembourg change de tête : Nigel Fielding, 53 ans, qui occupait la fonction de CEO depuis 2010, a annoncé son

Après moins de cinq ans en tant que CEO, Nigel Fielding a quitté le groupe HSBC.

le cas il y a un peu plus d’un an. On y apprend donc que le professionnel a été sanctionné en vertu de la loi du 18 décembre 2009 sur la profession de l’audit pour « violation des prescriptions légales et réglementaires ». La CSSF avait sanctionné un réviseur d’un autre cabinet en date du 26 juin dernier

départ du groupe. La banque a annoncé son remplacement par Lars Rejding, qui occupe depuis près de 20 ans des fonctions managériales au sein du groupe. Il était, dernièrement, country CEO de HSBC au Kazakhstan.

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Place financière Brèves Kristel Cools est devenue « Madame Fonds » pour le groupe KBL epb. Elle a été nommée group head of asset management.

Le mariage avait échoué au Luxembourg pour créer un service de business process outsourcing (BPO). Avaloq et la Banque internationale à Luxembourg se sont rattrapés en Suisse, puisqu’après six mois de développement, la solution B-Source est désormais opérationnelle au sein de la filiale suisse de la Bil.

même période l’an dernier) que du produit net bancaire, affichant tout de même une légère hausse de 2 % à 687,6 millions d’euros. « Les revenus des activités tournées vers les marchés financiers continuent à être pénalisés par un environnement de taux bas et un contexte réglementaire plus contraignant », a commenté la banque.

Le cabinet EY Luxembourg a La société d’investissesupporté le lancement, ment Luxempart a par le ministère de réalisé au premier l’Économie, d’un instrument visant le sousemestre 2015 un tien aux développerésultat net consolidé Le résultat net consolidé, ments économique et de 47,71 millions d’euen millions d’euros, ros, comparé à 101,08 financier, et l’amélioer pour le 1 semestre ration de l’environnemillions d’euros au de Luxempart. ment réglementaire des premier semestre 2014. PME et entreprises famiLe résultat net global liales siégeant au consolidé, qui inclut les variaLuxembourg : le Business Check. tions de valeur du portefeuille, s’élève à 88,52 millions d’euros au Ce nouvel instrument s’inscrit dans le plan d’action du ministère 30.06.2015 contre 118,40 millions d’euros au 30.06.2014. de l’Économie – DG PME et entrepreneuriat, qui a choisi EY Luxembourg pour l’accompagner KBL European Private Bankers dans l’élaboration du quatrième peut voir venir la seconde moitié plan d’action en faveur des PME. de l’exercice avec confiance. Pour Le principal objectif du Business les six premiers mois, le groupe Check est de mettre à disposition bancaire luxembourgeois affiche des PME un outil visant la pérennité économique de ce secteur clé un résultat net de 72 millions d’euros. Une progression de 44 % par pour le Grand-Duché. rapport aux 50 millions enregistrés l’an dernier au premier Le bilan du premier semestre de semestre. Soucieux de sa croissance, le groupe bancaire BGL BNP Paribas est marqué luxembourgeois devrait annonpar la stabilité, tant du côté du cer une nouvelle acquisition résultat net (174,9 millions d’euros contre 174,7 millions à la avant la fin de l’année. Plus tôt cet été, il a déjà repris les activités de la société britannique Hampton Dean pour s’étendre au Royaume-Uni. Cette fois, ce sont les marchés français et espagnols, plus petits, qui tiennent la corde, mais sans certitude d’y trouver la belle opportunité. « Nous ne cherchons des opportunités de croissance que sur les marchés sur lesquels nous sommes déjà actifs », a encore précisé Yves Stein, Group CEO de KBL epb.

La filiale luxembourgeoise fait partie du package, sans menace particulière : Keytrade Bank est à vendre.

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GGM Capital a lancé GGM Multistrategy. La banque d’affaires spécialisée dans les NTIC a créé son nouveau fonds sous la forme d’un fonds d’investissement spécialisé (FIS) de droit luxembourgeois. Ce nouveau fonds dépassera les 50 millions

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d’euros de capital et constituera un portefeuille diversifié comprenant à la fois des actions cotées, des parts de fonds de private equity ainsi que des obligations ou autres types de dette émise par des entreprises privées.

filiale luxembourgeoise qui fait logiquement partie du package. Celle-ci emploie neuf personnes qui sont dirigées depuis début 2014 par Thibault de Barsy. Keytrade Bank dispose aussi d’une succursale en Suisse.

Dans un contexte macroéconomique jugé difficile, la Banque internationale à Luxembourg (Bil) a réussi à dégager un résultat de 130 millions d’euros avant impôt au terme du premier semestre de cette année. La Bil explique ces résultats – en hausse de 38 % par rapport à juin 2014 – par des plus-values réalisées, et principalement la vente de sa participation dans Luxempart en janvier dernier. Dans le cadre de son soutien à l’économie du pays, la Bil évoque encore une hausse de 5,7 % de ses prêts aux particuliers et aux entreprises.

La commission banque de l’Institut luxembourgeois des administrateurs (ILA), présidé par Raymond Schadeck a organisé, à la demande de l’Agence de transfert de technologie financière (ATTF), une journée de formation autour de la gouvernance des banques et ce au sein d’un executive programme de cinq jours dédié à la problématique de « How to shape the new future of your bank ? ». Le but était de présenter le système de gouvernance luxembourgeois et les changements drastiques qui sont en train d’y être opérés à des professionnels C-level du secteur financier de pays émergents qui sont en charge dans leurs pays respectifs d’adapter leurs banques aux nouvelles exigences, plus rigoureuses en matière de gouvernance, d’appréhender de nouveaux marchés ou de s’adapter à un marché en crise et aux incertitudes portées par celui-ci.

Quelques semaines après avoir annoncé des résultats 2014 encourageants et le passage des 200.000 clients en début d’année, la banque en ligne Keytrade Bank est à vendre. Cette opération, confirmée début septembre par son propriétaire, la banque coopérative belge Crelan, concerne une centaine d’employés en Belgique, ainsi que la


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Place financière Évasion fiscale

01 Dans l’arrière-boutique

PHOTO : KLOTZ / LICENCE CC

du wealth management

► Plongée dans les coulisses d’une officine de « gestion de fortune » proposant des « solutions » aux fraudeurs. ► Où l’on croise des comptes à Nassau ou à Maurice, une banque dépositaire au Luxembourg et la filiale d’un PSF aux Bahamas. ― Texte : Véronique Poujol

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Ce courtier en assurances affirme s’être retiré définitivement des affaires et avoir « laissé ça à d’autres » : Dominique (prénom d’emprunt, pour garantir son anonymat) proposait des « solutions » aux clients de la place financière rétifs à déclarer leurs comptes au Luxem­bourg et a fortiori à payer des impôts. Des investisseurs à la fortune relativement modeste comparée à la taille des dépôts qui ont cours sur la place luxembourgeoise depuis le « changement de paradigme » ou la « révolution copernicienne », selon les termes du ministre des Finances Pierre Gramegna, c’est-à-dire la fin du secret bancaire pour les investisseurs étrangers. Les dentistes belges, les veuves françaises et les mécaniciens allemands, qui avaient permis à Luxembourg d’exister sur la carte du private banking de grand-papa, ont cédé la place à une nouvelle génération de clients alignant plus de zéros sur leurs comptes que leurs prédécesseurs. Et surtout « transparents » du point de vue fiscal.

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▲ West Bay Street, à Nassau, New Providence, Bahamas. Une allée de carte postale qui abrite des sièges d’officines spécialisées dans le offshore.

« Au-delà de 500.000 euros, cela peut coûter cher dans certains pays », note la présentation à propos de régularisation des avoirs. 


Place financière Évasion fiscale

Derrière le discours officiel de la mise au pas du Luxembourg, son passage à marche forcée aux standards de transparence fiscale et de coopération administrative, il y a une réalité qui détonne. Celle de clients étrangers que les banques et gestionnaires « conventionnels » ont mis à la porte, soit parce qu’ils étaient trop petits, soit parce qu’ils refusaient de régulariser leur situation fiscale et de déclarer leurs comptes à leurs autorités nationales. Les chiffres des derniers clients « non régularisés » de la Place restent tabous. Les méthodes commerciales des officines pour les recruter et les mettre à l’abri, en s’expatriant hors d’Europe tout en restant indirectement au GrandDuché, le sont aussi. Les autorités luxembourgeoises se sont toujours montrées réticentes à commander des études (et à les publier) sur l’étendue de l’argent « gris » et ce qui en restait depuis l’annonce du printemps 2012, lorsque Luc Frieden céda à la pression de ses pairs européens et annonça la fin du secret bancaire pour les étrangers.

DÉLOCALISATION LOW COST Pour autant, les « chasseurs » ont été à l’œuvre pour traquer la proie et Dominique fut l’un d’eux, à tout le moins jusqu’à l’automne dernier, avant que l’affaire LuxLeaks mette le Luxembourg sous les projecteurs et que le gouvernement de Xavier Bettel cède aux exigences de transparence et à la pression des pairs. Paperjam a eu accès à sa documentation commerciale. « Sa » solution, essentiellement destinée à une clientèle francophone, passait par une « délocalisation » low cost via une société panaméenne, Matador Advisors Ldd Inc, improvisée gestionnaire de fortune. Dominique était dans une société de courtage en assurances, Montesquieu & Associés, ayant pignon sur rue avenue de la Liberté et opérant avec un agrément du Commissariat aux assurances. La licence a été retirée par le régulateur. La société a depuis lors été revendue à un ressortissant belge et la pancarte décrochée de la façade du siège social. Au fil du Mémorial C apparaît, dans l’actionnariat de Montesquieu, la société offshore Sunvalley International Trading (avec un quartier général à New York, dans une suite de Madison Avenue et un bureau aux Seychelles. Le nom de Sunvalley Interna­ tional Trading est également cité dans la documentation commerciale de Matador pour servir de paravent aux exilés fiscaux. Dominique avait conservé jusqu’à récemment une licence pour le compte d’une société de courtage, qui a dernièrement mis

la clef sous la porte. Sur le site du Commis­ sariat aux assurances, le registre public des courtiers mentionnait encore son existence début septembre. La cible de Matador ? Des clients « moyenne gamme » avec un niveau d’avoirs autour du million d’euros. En dessous de 500.000 euros, la « régularisation » était présentée comme une « bonne solution ». « Au-delà, note la présentation, cela peut coûter cher dans certains pays. » En France, notamment, où les déposants, en délicatesse avec l’administration fiscale, peuvent payer jusqu’à la moitié des montants éludés. Avec des agents du fisc qui peuvent fouiller jusqu’à 10 ans en arrière. À ceci près que l’entraide administrative de leurs homologues luxembourgeois, dans le cadre de la réglementation de l’UE, a des limites et que le directeur de l’Administration des contributions directes ne peut pas demander la levée du secret bancaire… pour 2006 par exemple. La société de wealth management encourageait les clients à transférer leurs avoirs hors d’Europe et à bas coûts, dans des « zones protégées », sous influence américaine, « hospitalières pour les Européens » (les Bahamas et Panama), ou sous influence de la Grande-Bretagne et d’Afrique du Sud. Matador faisait miroiter aux clients européens des économies de plus de 14.000 euros par an sur un portefeuille de 1 million d’euros, sur la base d’intérêts de 40.000 euros. Il s’agissait ainsi d’éviter de payer la retenue de 35 % sur les intérêts, prélevée depuis 2013 dans le cadre de la directive « épargne ». Un texte bientôt obsolète, puisque l’échange automatique d’informations deviendra la norme à partir de 2017.

RÉGLER LE PROBLÈME DE 2015 « Ne rien faire, c’est la pire des solutions. C’est les ennuis fiscaux assurés », assure la documentation commerciale. Matador Advisors, grâce à des accords signés aux Bahamas avec Hottinger Bank & Trust Limited, filiale de la société de participation financière Hottinger Luxembourg (la banque de Nassau a depuis lors changé de nom en Lyford International Bank & Trust, ainsi que d’actionnaire, le groupe Hottinger s’en étant retiré, après sa restructuration, il y a quatre ans) et à Maurice avec Afrasia Bank et Investec Bank (« grande banque d’Afrique du Sud » ayant un bureau à Port-Louis), faisait des offres bon marché aux candidats à une « délocalisation » de leurs avoirs au Luxembourg, sans qu’ils aient à se déplacer. La boîte à outils du « spécialiste du wealth

management » au Panama offrait également du trust néo-zélandais, avec toute une gamme de « facilités » permettant de « garder une discrétion absolue, y compris après 2015 ». « Fuyez les amateurs – appelez nous », vante encore le prospectus. Les clients ayant pris l’option de la « solution mauricienne » se voyaient promettre dans leur package de parfaits fraudeurs du fisc une « carte HNWI » – pour high net worth individual, c’est-à-dire les clients très fortunés –, présentée comme « totalement anonyme », 100 % gérée à Maurice et moins risquée qu’une carte Visa suisse prépayée ne comportant qu’un numéro de compte et permettant des retraits d’argent. L’ouverture d’un compte en banque aux Bahamas, alternative à l’île Maurice, via Hottinger Bank & Trust à Nassau où les informations sur les clients étaient conservées, offrait certains avantages. D’abord, parce que la banque appartenait à un groupe bancaire européen. Ensuite, parce que la banque dépositaire de Hottinger Bank & Trust était à Luxem­bourg. Troisième atout : un back-office réalisé également à Luxembourg. « Bref, souligne la présentation, vous régler (la faute est d’origine, ndlr) le problème de 2015 en restant indirectement au Luxembourg. » Économies promises en cinq ans : 72.000 euros, toujours pour un portefeuille à 1 million d’euros. La question est de savoir combien de clients, avec ou sans la complicité de leurs banques luxembourgeoises, ont cédé aux sirènes de Sunvalley ou de Matador. « Certains établissements bancaires du Luxem­ bourg ont marché », assure une source avisée, qui requiert l’anonymat. Dominique, refusant de répondre à nos sollicitations, nie avoir jamais « développé ce genre de choses », en dépit de la documentation commerciale qui le trahit, faisant apparaître son nom et ceux de Sunvalley International Trade et de Matador Advisors. Les dirigeants de la société de participation financière Hottinger Luxembourg se sont pour leur part formellement distancés de celui qui avait travaillé pour le groupe Hottinger avant de le quitter, il y a plusieurs années. Ils ont en outre fait savoir que le groupe financier n’assurait plus de services de back-office pour la banque des Bahamas et qu’aucun client du Luxembourg, à l’ère de la transparence fiscale, n’y avait été transféré. ◄ En résumé Tous les clients étrangers des banques luxembourgeoises n’ont pas régularisé leur situation avec le fisc de leur résidence. Certains ont refusé la transparence et ont choisi des « solutions » proposées par des petites officines de courtage en délocalisant leurs avoirs aux Bahamas ou à l’île Maurice. Ancienne pratique ?

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Place financière Alfi

02 Une femme, des fonds, le monde ► Après la Global Distribution Conference, l’Association luxembour­ geoise des fonds d’investissement prépare de nouvelles missions. ► Denise Voss, désormais première de cordée, défend la Place réglementée et ses road shows.

C’est un rendez-vous incontournable, récurrent. La grand-messe des fonds d’investissement, made in Luxembourg, réunissant des centaines de spécialistes venus du monde entier… La Global Distribution Conference vient d’éteindre les néons (elle se tenait les 15 et 16 septembre) et d’allumer aussi les projecteurs sur une nouvelle ère. Car, après quatre années de présidence de Marc Saluzzi, l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi), organisateur principal de cet événement, a changé de tête. Ce changement survenu au début de l’été n’est pas passé inaperçu : c’est désormais une femme, Denise Voss, qui tient les rênes de l’association représentative du marché leader européen du secteur. Active dans les fonds d’investissement depuis plus de 25 ans, et membre du board de l’Alfi depuis 2007, Denise Voss est la première femme à accéder à cette responsabilité, au sein d’une industrie qui reste encore extrêmement « masculine ». À ses yeux, pourtant, l’industrie des fonds – en particulier – aurait tout à gagner à recruter davantage de femmes. « Ce serait dans l’intérêt des investisseurs et de l’économie », affirme-t-elle dans le supplément spécial de Paperjam dédié à cette conférence Alfi. Le contexte ne semble pourtant pas forcément favorable, en apparence, à davantage de féminisation dans le secteur. « La plupart des articles que l’on peut lire sur le sujet sont des articles évoquant le faible pourcentage de femmes dans l’univers de la gestion de portefeuille, constate-t-elle. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas améliorer les choses au Luxembourg. » Le chemin sera sans doute encore long. Sur les 24 membres composant le conseil de l’Alfi, une seule autre femme figure au casting : Bettina Graeber-Hendry (Pictet & Cie Europe). « Cela fait partie de mon rôle, ma responsabilité, d’encadrer, d’en parler un peu et de dire aux femmes de lever la main quand il y a un projet ou une opportunité de s’exprimer. Mais encore faut-il oser le faire, même si vous êtes susceptible d’échouer. » Au féminin ou pas, l’univers des fonds reste bon à développer pour le business, malgré les défis. « Nous avons une réglementation », rappelle Denise Voss, qui souligne qu’au « moins

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▲ Denise Voss, qui a succédé à Marc Saluzzi à la tête de l’Alfi, croit beaucoup dans les perspectives des road shows du secteur à travers le monde.

de contraintes » que pourrait réclamer le secteur, elle préfère un « mieux ». « Un des rôles de l’Alfi est de continuer à parler avec les politiciens et les régulateurs, de toute évidence en Europe, au Luxembourg, à Bruxelles, puis à l’extérieur. » Notamment lors des road shows de promotion internationale car « dans certains cas, là où l’on se rend, il y a plus de nos fonds ou OPCVM luxembourgeois enregistrés qu’il n’y a de fonds locaux ». Les prochaines tournées de l’Alfi mèneront les émissaires en Amérique latine en octobre (Chili, Colombie, Pérou, avec un accent sur les fonds de pension), puis en Suisse et aux États-Unis en novembre. Concrètement, le Luxembourg reste un phare dans les rankings mondiaux. Efama, l’association européenne des fonds et de la gestion d’actifs, publiait récemment des statistiques tenant compte de la nouvelle « classification » des fonds, apportée par l’introduction de la directive AIF. Pour le Luxembourg, en valeur absolue, seules quelques dizaines

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de milliards de dollars « basculent » de la catégorie Ucits à celle des fonds alternatifs. Au 31 mars, le patrimoine global net calculé par Efama pour le Luxembourg s’élevait ainsi à 2.955,9 milliards d’euros, conférant au Grand-Duché une part de marché de 35,7 %, très loin devant l’Irlande (17,7 %) et le Royaume-Uni (13,9 %). À noter qu’au cours du premier semestre 2015, l’encaissement net a été le plus fort au Luxembourg, avec un total de 117 milliards d’euros d’argent frais supplémentaires dans les fonds Ucits (soit plus de 40 % de l’encaissement global en Europe). Si la France a ravi la deuxième place (derrière l’Allemagne) sur le segment AIF (le Grand-Duché affiche un montant d’actifs nets de 568,9 milliards d’euros), le cumul des deux classes d’actifs laisse au Luxembourg une domination sans égale. Selon le traditionnel relevé publié par la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), à la fin juillet 2015, le patrimoine global net des organismes de placement collectif (OPC) et des fonds d’investissement spécialisés (FIS) s’élevait au Luxembourg à 3.583 milliards d’euros contre 3.528 un mois plus tôt. Soit une nouvelle augmentation de 1,56 %. Sur un an, cette hausse atteint 23,38 %. ◄ En résumé Denise Voss a pris cet été la tête de l’Alfi. Première femme à ce niveau, elle entend continuer à porter la voix d’un secteur, strictement réglementé mais hyper-compétitif, dans l’univers des fonds, notamment là où les créneaux sont déjà porteurs, à la faveur des road shows.

PHOTO : CHRISTOPHE OLINGER (ARCHIVES)

― Texte : Jean-Michel Gaudron et Alain Ducat


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Place financière Groupe Espirito Santo

PHOTO : DR / PAPERJAM

03 Les coulisses d’un naufrage

► Il y a un an coulait le groupe Espirito Santo, le dernier conglomérat mixte portugais qui avait ses têtes de pont au Luxembourg. ► À Lisbonne, le voile se lève peu à peu sur les circonstances de la chute de la famille fondatrice, qui se bat pour sa réhabilitation. ► Le patriarche Ricardo Espirito Santo Salgado accuse la Banque du Portugal et le gouvernement portugais d’avoir actionné l’ouverture de la trappe. ― Texte : Véronique Poujol

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Leur nom évoquait, au Portugal, une famille princière, comme celui des Agnelli en Italie. Et « leur » banque, Banco Espirito Santo (BES), était présentée dans l’imaginaire de pas mal de Portugais comme celle de « tous les pouvoirs » et des « grandes manœuvres » ayant secoué le paysage politique portugais depuis plus de 140 ans, de la dictature de Salazar aux soutiens de personnalités comme José Manuel Barroso, le prédécesseur de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. BES était aussi et surtout la banque finançant les PME, avec une part de marché de 25 %. Le groupe était également implanté à l’international, notamment dans le « triangle d’or » entre le Portugal, l’Angola et le Brésil. Les gauchistes révolutionnaires qui avaient nationalisé BES en 1975, obligeant une partie de la famille Espirito Santo à l’exil au Brésil, à Londres et en Suisse, n’avaient pas osé toucher au nom. Il a fallu le gouvernement de centre droit de Pedro Manuel Passos Coelho (PPD/ PSD) pour que les symboles tombent. Après des pertes semestrielles de 3,6 milliards, BES disparut des écrans le 3 août, cédant la place à Novo Banco, dans laquelle les actifs sains

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▲ Un des bâtiments emblématiques de la splendeur passée d'Espirito Santo à Lisbonne.

furent regroupés. La « nouvelle banque » fut renflouée à hauteur de 4,9 milliards d’euros. Un an après le démantèlement du groupe Espirito Santo, dernier conglomérat mixte du Portugal, après le « sauvetage » public de son joyau, BES, des interrogations pointent sur les vraies raisons de cette déroute. Sur le rôle, aussi, de la Banque du Portugal (BoP) qui, par une série de décisions improvisées et inspirées politiquement, aurait précipité le naufrage de la première banque portugaise par la taille de son bilan mais aussi un des principaux bailleurs de fonds des entreprises publiques et privées du pays. En mai dernier, un livre, Le cas BES, analyse complète, a été publié par un économiste de la firme d’analyse SaeR et une professeur de la School of Economics and Management de Lisbonne (commandité par Ricardo Salgado, ce qui n’enlève rien à la pertinence de l’analyse des faits).


Place financière Groupe Espirito Santo Le groupe BES était viable d’après l’audit commandé en octobre 2013 par la Banque du Portugal à PwC et les difficultés du pôle non financier du groupe, dont Espirito Santo International (ESI) et Rio Forte, holdings basées au Luxembourg et en liquidation, n’étaient pas insurmontables, soutient inlas­ sablement Ricardo Espirito Santo Salgado, le patriarche de la famille, âgé aujourd’hui de 72 ans, qui a engagé un combat, sans doute son dernier, contre les autorités portugaises pour rétablir l’image et l’honneur de son nom et de sa famille. « GES (Groupe Espirito Santo, ndlr) était économiquement et financièrement viable et la dette soutenable dans un délai jusqu’en 2023 », a-t-il soutenu publiquement.

L’HONNEUR DE LA FAMILLE La bataille de la réhabilitation se joue sur trois fronts : d’abord administratif, suite à la procédure engagée par la Banque du Portugal pour déterminer les fautes individuelles de gestion après un audit de KPMG, ensuite pénal, avec l’enquête autour de pratiques financières illégales et de maquillage des comptes, et enfin politique, le Parlement portugais ayant initié une commission d’enquête pour faire la lumière sur ce naufrage inédit dans l’histoire bancaire européenne. Ricardo Salgado ne s’est exprimé publiquement qu’à deux reprises depuis que lui-même et la famille Espirito Santo ont été écartés de la gestion de BES en juin 2014 : une première fois en décembre et une seconde en mars devant la commission d’enquête parlementaire sur le démantèlement de GES. L’ancien PDG de BES avait profité de cette tribune pour répondre aux accusations de « gestion ruineuse » et de maquillage des comptes lancées par le gouverneur de la Banque du Portugal, Carlos Costa, accusant ce dernier de vouloir « monter un dossier » contre lui, sans preuves formelles. « Par le passé, a-t-il dit devant les députés le 19 mars dernier, je croyais faire de mon mieux pour le pays, la banque et le groupe… que les choix étaient bons (et qui furent) validés pendant de nombreuses années par l’État portugais, la communauté entrepreneuriale nationale et étrangère et les médias. » « J’ai perdu une vie de travail de plus de 40 ans, je tiens à défendre mon honneur et celui de ma famille, à m’expliquer dans le respect du contradictoire en utilisant les mêmes armes. (…) Les années qui me restent à vivre seront consacrées à cette

« Je n’ai jamais eu l’intention d’affirmer que je ne sais rien, que je n’ai rien fait ou que je n’ai rien à voir dans cette affaire. » Ricardo Salgado lors d’une de ses auditions publiques.

lutte », lança-t-il, se disant encore « profondément désolé pour tous ceux qui ont été lésés par l’issue de la situation de BES/GES ». L’heure des règlements de compte est venue. « Je suis sûr d’avoir fait tous les efforts jusqu’au dernier jour pour protéger la banque et sauvegarder l’intérêt des clients, collaborateurs et actionnaires », assura-t-il encore, détaillant devant les parlementaires portugais des faits qui jettent le doute sur les motivations du gouverneur de la Banque du Portugal (BoP), Carlos Costa, à avoir pris la résolution du 3 août 2014 sonnant la mort de BES. À la mi-juillet, sa ligne de défense dans la procédure administrative a fait l’objet d’une fuite dans la presse. Les avocats de l’ancien PDG de BES, le cabinet Uría Menéndez – Proença de Carvalho, y accusent la Banque du Portugal d’avoir porté le coup de grâce à l’institution avec le soutien du gouvernement de Pedro Passos Coelho. BoP a commandé en juillet 2014 un autre audit à la firme Deloitte pointant des « déso­ béissances » et des fautes de l’ancien patron de BES, dont, manifestement, le pouvoir portugais voulait la tête. « Je n’ai pas et n’ai jamais eu l’intention d’affirmer que je ne sais rien, que je n’ai rien fait ou que je n’ai rien à voir dans cette affaire », a admis Ricardo Salgado lors d’une de ses auditions publiques. Pour autant, il exige un « procès » loyal et objectif et accuse la BoP d’en manquer dans l’instruction du dossier administratif, où elle est à la fois juge et partie. Ses avocats assurent, dans un document de 432 pages publié dans les médias, que sans l’intervention du régulateur, le groupe « ne se serait pas effondré » et y voient de la part du gouverneur un geste purement opportuniste qui lui a d’ailleurs valu un renvoi d’ascenseur par le Premier ministre, le renouvellement en mai dernier de son mandat à la tête de BoP et pourquoi pas un poste bientôt vacant d’administrateur à la Banque centrale européenne. Cette ligne de défense est celle que Ricardo Salgado fit valoir le 19 mars devant les députés portugais, évoquant le comportement « stupéfiant » du régulateur et ses tergiversations notamment sur les changements de gouvernance à la tête de BES (le retrait de la famille Espirito Santo), qui contribuèrent à l’instabilité et à la perte de confiance des investisseurs et des clients et les retraits massifs (2 milliards d’euros de « sortie de trésorerie » les 10 et 11 juillet 2014). L’ancien dirigeant a raconté devant les députés comment il avait négocié depuis le mois de mars avec BoP les noms du futur exécutif de la banque. Amilcar Morais Pires devait en devenir le CEO et le régulateur, dans un premier temps, ne s’y opposa pas, mais exigea de Salgado qu’il conserve le silence sur ce nom. Or, les investisseurs n’ont évidemment pas apprécié l’absence de communication des noms du futur exécutif et le cours de bourse de BES a flanché, obligeant, le 20 juin 2014, la Commission des valeurs mobilières (CMVM), le gendarme portugais de la bourse, à suspendre le cours de BES.

Made in Luxembourg

Rio Forte, le pôle non financier La société luxembourgeoise fut lancée en 2009, en pleine crise mondiale, avec un capital de 1,3 milliard d’euros pour devenir la holding unique du pôle non financier de GES, être cotée en bourse et mettre fin aux « problèmes d’organisation, de financement, de profits de gestion et de contrôle ». L’aggravation de la crise en 2011 a retardé la cotation et aggravé le programme de « reconversion » de Rio Forte qui devait passer par la vente d’actifs non stratégiques et un recentrage géographique. La découverte, fin novembre, après un audit, d’une dette cachée de 1,3 milliard dans ESI, l’autre holding luxembourgeoise avec laquelle Rio Forte devait fusionner, n’a rien arrangé. « Lorsque j’ai pris connaissance de ce problème, moi-même, tous les organes du groupe ainsi que l’équipe financière de la banque, avons pris acte des difficultés à le surmonter et de façon consciente et réaliste nous avons cherché des solutions adéquates », signalait le dirigeant en décembre dernier. Le plan d’action ne fut jamais achevé. V. P. ◄

Négociations

Quel repreneur pour Novo Banco ? La Banque du Portugal a engagé début septembre des négociations exclusives avec le conglomérat chinois Fosun pour la reprise de Novo Banco, après l’échec des discussions avec un autre groupe chinois, longtemps favori, l’assureur Anbang, lequel a jeté l’éponge après la dégringolade des marchés chinois et la chute du yuan. Anbang aurait revu à la baisse son offre de rachat de la banque portugaise, de 3,5 milliards d’euros à 3 milliards, soit moins que les 4,9 milliards injectés par l’État portugais et les banques opérant dans le pays. Les discussions avec Fosun s’avèrent compliquées, alors que se profile la campagne des législatives (4 octobre 2015) et que le gouvernement de centre droit du Premier ministre Pedro Passos Coelho peut difficilement perdre la face et demander aux contribuables portugais de financer une augmentation de capital de Novo Banco, indispensable pour passer les tests de résistance que la Banque centrale européenne va réaliser cet automne. L’offre du fonds d’investissement américain Apollo reste le «troisième choix » pour la BoP. Fosun a acquis l’ancienne branche santé du groupe Espirito Santo. Apollo a racheté, pour un prix très concurrentiel, la compagnie d’assurance Tranquilidade, également du groupe ES. V. P. ◄

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Place financière Groupe Espirito Santo Carlos Costa « a lancé un soupçon générique sur l’honorabilité des nouveaux membres proposés et provoqué une méfiance du marché, plus particulièrement des investisseurs, vis-àvis de BES, d’autant plus que M. Amilcar Morais Pires, ancien directeur financier, avait organisé l’augmentation de capital de BES qui venait d’être terminée quatre jours plus tôt », accusa Salgado devant le Parlement. Preuve à ses yeux que « le régulateur n’a pas compris ce qui se passait dans le marché et qu’il fallait assurer sans hésitation la stabilité de BES ». D’autant que le groupe venait de subir un revers après la découverte, dans sa holding de tête à Luxembourg, Espirito Santo Interna­ tional (ESI) une dette cachée de 1,3 milliard d’euros. « Si le problème d’ESI avait provoqué la perte de confiance et la destruction de BES, l’augmentation de capital de mai-juin 2014 n’aurait pas connu cet énorme succès », se défendit l’ex-patron de BES. Il accuse aussi la Banque du Portugal d’avoir compromis les chances de recapita­ lisation de BES, notamment par le fonds américain Third Point LLC, jugeant que la banque n’avait pas besoin de renforcer son capital, alors que le régulateur exigea, deux semaines plus tard, la constitution d’une provision (« aveugle ») de 2 milliards d’euros pour assurer l’exposition de la banque au risque de crédit vis-à-vis d’entités de GES.

Structuration du groupe Espirito Santo (avant l’intégration du ESFG dans Rio Forte au 31 décembre 2013) Espirito Santo Control Faillite le 05.11.2014 Curateur : Alain Rukavina 55,5 % Espirito Santo International Faillite le 27.10.2014 Curateurs : Alain Rukavina et Paul Laplume 49,4 %

Third Point LLC a d’ailleurs introduit un recours administratif contre la BoP pour son intervention jugée inconstitutionnelle et déloyale vis-à-vis des actionnaires de BES et de ses créanciers. De son côté, la liquidatrice des holdings luxembourgeoises ESFG et EFSIL, l’avocate Laurence Jacques, a assigné le régulateur portugais, qui, après son ultimatum de 48 heures, forcera la résolution le 3 août 2014, refusant la mise à dispo­ sition d’un plan de recapitalisation publique, qu’elle avait pourtant explicitement fait entrevoir quelques semaines plus tôt au cas où la banque échouerait à renforcer ses ratios de fonds propres avec l’injection de fonds privés. BoP a soufflé le chaud et le froid. « J’avoue que je ne comprends toujours pas les agissements du régulateur », a déclaré Ricardo Salgado devant les députés. Pour son avocat portugais, Me Francisco Proença de Carvalho, que Paperjam a ren­ contré à Lisbonne au mois de juillet, Espirito Santo sonne désormais comme un patronyme « toxique », et ce bien qu’il n’existe aucune preuve de malversations financières ni de « gestion ruineuse » du groupe comme l’en accuse le gouverneur de la Banque du Portugal, ou de manipulation des comptes pour cacher son endettement colossal. Un rejet qui serait « culturel » pour l’avocat. Pourtant, le 20 juillet dernier, dans la discrétion, Ricardo Salgado, déjà sous le coup d’une autre enquête l’ayant assigné à rési-

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Espirito Santo Financial Group (Lux) Faillite le 10.10.2014 Curatrice : Laurence Jacques

Rio Forte Investments (Lux) Faillite le 08.12.2014 Curateurs : A. Rukaniva, P. Laplume

Pôle financier

Pôle non financier

Banque commerciale

Immobilier

Banque d’investissement

Agriculture

Banque privée et gestion d’actifs

Santé

Assurance

Tourisme

Autres

Énergie

Banco Espirito Santo (Banco Novo après la résolution du 3 août)

Banco Espirito Santo de Investimento (BESI)

LE CHAUD ET LE FROID

ESAF et Banque privée Espirito Santo (Suisse)

Tranquilidade, BES Suguros, Europe Assistance, Advance Care

Espirito Santo Saùde

dence et l’empêchant de sortir du pays, a répondu à une convocation à Lisbonne pour se voir signifier son statut de suspect par le procureur général Jorge Rosario Teixeira, qui est également chargé du dossier de l’ex-Premier ministre, José Socrates. À Luxembourg, où le groupe avait le siège de ses holdings faîtières, une enquête a été ouverte l’année dernière et confiée au juge d’instruction Stéphane Maas, dans le cadre des malversations présumées dans la gestion de la holding Espirito Santo International (ESI), après la découverte d’une dette cachée de 1,3 milliard d’euros, qui a contribué à la défiance des marchés et des autorités. Convoqué formellement le 25 novembre 2014 à une audition par la police judiciaire, Ricardo Salgado n’avait pas pu s’y rendre sous prétexte que sa coopération avec les enquêteurs luxembourgeois pourrait entraver le cours de la justice à Lisbonne. Son avocat luxembourgeois, François Prum, le regrette

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100 %

Espirito Santo Property, Espirito Santo Brazil

Herdade da Comporta, Cobrape, Agriways, CAB, Payco, Mozaco

Espirito Santo Saùde

Herdade da Comporta, Tivoli Hotels & Resort, Espirito Santo Viagen

Georadar, AssetGeo, ERB, Luzboa

et craint là une manœuvre de la justice portugaise pour empêcher une « enquête indépendante » au Grand-Duché. « J’ai demandé au juge d’instruction d’envisager de venir faire l’audition de Ricardo Salgado par commission rogatoire internationale au Portugal », signale l’avocat dans une interview. La balle est donc dans le camp du juge Stéphane Maas. Des officiels suisses de la Finma, l’autorité des marchés financiers, se sont déjà rendus à Lisbonne pour recueillir le témoignage de Salgado. Dans son pays, Ricardo Salgado dit crain­ dre à son encontre l’application « d’une justice de mise au pilori, sans aucun droit de défense ni même droit à un procès digne ». Le patriarche aura-t-il droit à une séance de rattrapage au Luxembourg ? ◄ En résumé Il y a un an, le groupe Espirito Santo, conglomérat mixte portugais avec une base au Luxembourg, était démantelé, sa banque recapitalisée avec des fonds publics et la famille Espirito Santo expulsée. Le voile se lève peu à peu sur les coulisses de ce naufrage à forte connotation politique.


FRANÇOISE REUTER, DIRECTRICE DE L’AGENCE CONCEPT FACTORY, A DÉCROCHÉ LE GOLD AUX MEDIA AWARDS 2014.

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Place financière De l’Arbed à la Spuerkeess

04 Sous la bâche, les salons

► La BCEE a acquis le château Arbed fin de l’année dernière et a projeté des travaux pour l’ensemble de l’année 2015, en respectant l’intérieur emblématique. ► Les équipes qui s’y installeront au début 2016 seront orientées sur l’accueil des entreprises, des collecti­vités locales et des clients privés. ► La banque de l’État manquait d’espaces et ne devrait donc pas céder de gros bâtiments de son patrimoine. ― Texte : Jean-Michel Lalieu ― Photo : Éric Chenal

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Symboliquement, on aurait pu y voir un passage de témoin entre sidérurgistes et banquiers, entre ceux qui ont assuré la prospérité du pays au cours d’une large partie du 20e siècle et ceux qui l’assurent depuis. Mais la vente du « château Arbed » par ArcelorMittal à la BCEE, en novembre 2014, a surtout marqué le retour dans des mains luxembourgeoises d’une pièce essentielle du patrimoine national. La Spuerkeess en avait-elle réellement besoin pour ses services ou a-t-elle juste agi pour le compte de l’État en ajoutant un édifice majeur à ceux qui trônent de manière impériale sur la place de Metz ? « Nous étions effectivement un peu à l’étroit dans l’espace dont nous disposions, confirme Jean-Claude Finck, directeur général de la Banque et caisse d’épargne de l’État. Cette surface supplémentaire va nous permettre d’assurer un cadre de travail adéquat au personnel de la banque. » Le château, bâti en 1922, se situe en plus dans la périphérie directe des bâtiments historiques de la BCEE. Actuellement en rénovation, il se retrouve enveloppé d’une gigantesque bâche qui le fait ressembler à une

― Septembre / Octobre 2015

▲ Emballage de rigueur, façon Christo, pour un château qui entamera sa deuxième vie début 2016.

« Les vastes espaces sont d’une autre époque mais ils font le charme et la valeur d’un tel immeuble. » Jean-Claude Finck (BCEE)

► Sous les ors et les boiseries, ni bonnes ni mauvaises surprises, les lieux avaient déjà été désertés avant la vente par ArcelorMittal. ► Pour restaurer la pierre, on applique un film chimique qui emporte les impuretés quand on l’ôte.


Place financière De l’Arbed à la Spuerkeess

œuvre emballée « à la Christo » et le met plus en ligne avec le pont Adolphe qu’avec le style du siège de la caisse d’épargne. Le bâtiment étant classé monument national, tant pour l’intérieur que pour l’extérieur, les travaux sont limités au rafraîchissement et à la sécurisation de l’immeuble. Une bonne partie du toit est en train d’être refaite et des aménagements visant une meilleure efficience énergétique sont également entrepris. « Mais nous ne touchons pas aux volumes, assure Jean-Claude Finck. Les vastes espaces sont d’une autre époque, mais font le charme et la valeur d’un tel immeuble. » Une fois les travaux terminés, les premières équipes en prendront possession au début de l’année prochaine. Quant à l’affectation destinée aux futurs locaux, son nouveau propriétaire lève un coin de la bâche : « Nous envisageons de regrouper dans ce nouvel espace les services centraux qui ont un contact direct avec la clientèle. » Sa mission principale sera en fait d’accueillir les catégories de clients que l’institution veut pouvoir recevoir ailleurs qu’en agence. Elle abritera donc les services de crédit aux entreprises, PME et collectivités locales et le département de pilotage des agences chargé d’accueillir la clientèle privée.

FORMATION ET RÉCEPTIONS

En résumé La BCEE finalise la phase des travaux avant de transférer ses équipes dans l’ancien château Arbed. Elle y installera principalement les services orientés vers le crédit aux entreprises et la clientèle privée.

Publication

Des bâtiments pour l’histoire

La Spuerkeess a édité en 2013 un livre qui retrace les 100 ans de son siège, 1, place de Metz. Un ouvrage « privé », distribué jusqu’ici très discrètement. Jean-Claude Finck s’en défend, le rachat du château Arbed n’a pas été motivé par le fait d’offrir une image prestigieuse à la Banque et caisse d’épargne de l’État. « En termes de patrimoine immobilier, nous avons déjà des objets d’une grande valeur architecturale. » Des affirmations appuyées par un ouvrage publié en 2013, en édition privée, pour les 100 ans de l’« hôtel de la Spuerkeess » au 1, place de Metz. Richement illustré de photos des différentes époques – depuis la construction du pont Adolphe jusqu’à aujourd’hui – il tire aussi sa valeur des plans du bâtiment, retrouvés un peu par hasard et reproduits. On y voit ainsi que les quelque 30.000 pierres qui composent la façade principale avaient toutes été numérotées avant leur placement. Plus qu’un simple travail sur un bâtiment, ce 1, place de Metz retrace par l’image un siècle d’histoire de la capitale où l’on se rend compte, incidemment, que l’enlèvement des rails de l’ancien tramway ne date finalement que du début des années 60. J.-M. L. ◄

PHOTOS : BCEE / DR

À la fin de la dernière décennie, Lakshmi Mittal avait aussi concrétisé son ambition d’installer une « université Mittal » au sein du bâtiment. Des salles de formation ont donc été installées et que la banque veut récupérer pour assurer, depuis le château,

ses programmes de formation interne. Enfin, dans l’aile droite du bâtiment, sous les toits, l’espace aménagé par le sidérurgiste pour accueillir ses assemblées générales sera transformé en salle de réception d’une capacité minimale de 200 personnes. « Le but, poursuit Jean-Claude Finck, sera de mettre cette salle à disposition des clients de la banque établis au Luxembourg – entreprises, fondations ou associations – pour qu’ils puissent y organiser des événements. » Dans la mesure où la banque manquait d’espace, elle n’envisage pas d’importantes cessions immobilières suite à l’implantation d’une partie du personnel sur l’avenue de la Liberté. « Certaines surfaces seront peut-être vendues, mais en termes de mètres carrés ce ne sera pas très important », note encore le responsable de l’institution. Par contre, l’opération a permis à la BCEE d’obtenir une centaine de places dans le parking souterrain adjacent, dont la propriété avait historiquement été partagée entre la Ville et l’Arbed. « Récupérer autant de places de parking en centre-ville, c’est plutôt une bonne nouvelle », se réjouit Jean-Claude Finck. Mais c’est la seule bonne surprise du rachat. La très belle cave à vin datant de la grande époque Arbed avait déjà été cédée par ArcelorMittal à un négociant privé lors de la décision de ne plus occuper le bâtiment. ◄

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Place financière Crédits

05 De l’argent frais pour innover ► Par le programme « InnovFin », le Fonds européen d’investissement tente de relancer la croissance en Europe en soutenant les crédits aux sociétés innovantes. ► Deux banques luxembourgeoises, ING et la Bil, ont déjà été sélectionnées en tant qu’intermédiaires financiers. ► « InnovFin » doit rendre les banques moins frileuses par rapport aux risques liés à l’innovation.

L’Asie et les États-Unis l’ont compris avant l’Europe : le salut économique ne peut passer que par l’investissement et l’innovation. En Europe, le mouvement est enfin en marche. Le plan Juncker, qui vise la création d’un Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), sera opérationnel à l’automne. Il vise à mobiliser 315 milliards d’eu­ ros d’investissements grâce à d’importants effets de levier. Ce montant pourra être atteint grâce à une garantie de 21 milliards d’euros apportée par l’Union européenne (16 milliards d’euros) et la Banque européenne d’investissement (5 milliards). Mais avant le lancement officiel du plan de la Commission Juncker, le Fonds européen d’investissement (FEI), qui dépend partiellement de la BEI, a déjà lancé – depuis 2014 – le programme « InnovFin » destiné à soutenir l’investissement dans les entreprises innovantes. Principal atout, il offre la garantie du Fonds sur la moitié du capital prêté. Et coup sur coup, deux banques luxembourgeoises ont été sélectionnées par l’institution européenne pour participer au programme dans son volet « petites entreprises » (moins de 500 personnes). ING Luxembourg à la fin du mois de mai et la Bil début juillet. La première peut désormais octroyer des prêts aux PME luxembourgeoises innovantes pour un montant de 50 millions sur deux ans. Dans le cas de la Bil, le montant est de 60 millions. « Les entrepreneurs innovants n’ont plus d’excuses pour ne pas investir », lançait Luc Verbeken, le CEO d’ING Luxembourg, en soufflant sur l’encre de l’accord le 21 mai dernier. D’autant que les conditions fixées par le FEI pour être qualifié d’entreprise innovante, et donc être éligible pour ce type de prêts, ne sont pas très rigoureuses. Sur les 11 critères établis pour pouvoir entrer dans la catégorie, un seul au minimum doit être rempli : détenir des brevets, investir une certaine part du chiffre d’affaires dans la R & D, etc. « En plus, il suffit que l’entreprise soit qualifiée

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▲ La BEI, la Commission européenne et le FEI, avec l’appui de banques de la Place, aident les PME innovantes à obtenir des prêts.

d’innovante pour obtenir un tel prêt, précise Marcel Leyers, directeur corporate & institutional banking à la Bil. Mais l’argent, lui, peut être obtenu pour créer un hangar, pas spécialement pour financer un projet qui apporte obligatoirement de l’innovation. » Les accords signés par la Bil et ING avec le FEI sont similaires dans la forme. La seule différence vient du fait qu’en juillet, lors de la convention signée entre la Bil et le FEI, le programme « InnovFin » est entré dans le cadre du plan Juncker et pourra donc béné­ ficier de moyens encore plus importants. Depuis, le FEI est clairement à la recherche d’institutions financières qui joueront les relais financiers pour relancer l’innovation en Europe. Actuellement, une quinzaine de banques européennes est sur la liste. Au Luxembourg, deux autres institutions sont en négociations, mais les dossiers ne devraient aboutir qu’en 2016. Les banques « élues » ont pour mission d’injecter les montants négociés dans l’économie réelle pour relancer la recherche et l’innovation au niveau européen. Elles disposent théoriquement de deux ans pour le faire et peuvent offrir des prêts situés entre

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25.000 euros et 7,5 millions. Un niveau qui les rend aussi accessibles aux artisans et aux start-up. Les entreprises, de leur côté, bénéficient d’un taux plus bas : environ 25 % inférieur à celui accordé aux prêts pour des nouveaux développements… qui présentent donc un niveau de risque plus élevé. Elles doivent pouvoir rembourser la somme totale dans un délai de 10 ans. « C’est une action importante, poursuit Marcel Leyers. On voit se développer au Luxembourg de nouvelles sociétés qui vont faire bouger le secteur dans lequel elles sont actives par leur côté innovant. Il est important de les accompagner grâce à des produits adaptés à leurs besoins. » Le responsable de la Bil se félicite aussi de la confiance qui est accordée aux banques partenaires. L’octroi des crédits restera de leur entière responsabilité. Le FEI se contentera, pour chaque dossier, de vérifier l’éligibilité de l’entreprise en fonction des 11 critères. Mais, précise-t-il, « l’innovation est un risque qui s’analyse de manière différente des dossiers classiques. Il faut pouvoir analyser la probabilité de succès, voir les initiatives concurrentes et repérer si c’est le bon timing ». La garantie du FEI est donc aussi un excellent outil pour rendre les banques plus audacieu­ ses en matière de prêts. ◄ En résumé Deux banques luxembourgeoises, ING et la Bil, ont été sélectionnées par le Fonds européen dinvestissement dans le cadre d’« InnovFin ». Elles pourront accorder des lignes de crédits aux PME innovantes, dont la moitié sera garantie par le Fonds.

PHOTO : BENJAMIN CHAMPENOIS / MAISON MODERNE

― Texte : Jean-Michel Lalieu


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Place financière Recettes fiscales

06 Les Soparfi devant les banques ► Un rapport du ministère des Finances dresse un aperçu général des recettes luxembourgeoises et de la charge fiscale. ► Les sociétés de participations financières sont devenues, depuis 2014, les contributeurs les plus importants, devant les banques de la Place.

En vue de la grande réforme fiscale annoncée pour 2016, avec effet au 1er janvier 2017, le ministère des Finances a actualisé cet été ses statistiques liées aux rentrées d’impôts (directs et indirects) des personnes physiques et morales au cours de l’année dernière. Il devrait rentrer 12,063 milliards d’euros dans les caisses de l’État en 2015, dont 6,857 milliards au titre des impôts directs, 3,873 milliards d’impôts indirects (contre 4,121 milliards en 2014) et 1,332 milliard de recettes liées aux accises. Le document sur la ventilation des recettes de l’année dernière a été révélé par la radio 100,7. Des statistiques similaires avaient été communiquées par les chefs des administrations fiscales à l’automne 2013, lors des discussions autour de la formation du gouvernement de Xavier Bettel. Les données ont été actualisées, certains détails ont été rajoutés. Reste que le contenu de la réforme fiscale est toujours aussi mystérieux, Pierre Gramegna refusant de livrer la moindre confidence sur la direction qu’il prendra. On ignore par exem­ple si le ministre a l’intention de réta­ blir l’impôt sur la fortune pour les personnes physiques. Ou à tout le moins, de mettre en place un impôt pour les riches, comme le revendique le partenaire socialiste. Il est regrettable que dans le document ayant été « leaké », certaines informations, comme les abattements fiscaux, ne soient pas comptabilisées, même si l’on sait que l’Administration des contributions directes

446,777 millions d’euros au titre de l’IRC pour les Soparfi.

354,948 millions d’euros pour les banques.

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PHOTO : BENJAMIN CHAMPENOIS

― Texte : Véronique Poujol

▲ Les Soparfi contribuent désormais davantage que les banques (ici, le bâtiment de la Banque de Luxembourg)

en dispose. Ce genre d’informations est très attendu, notamment par le Statec, qui n’y a pas accès, ce qui a pour effet de brouiller certaines données statistiques.

TOP 50 DES PLUS GROS CONTRIBUTEURS Quoi qu’il en soit, le document dresse pour 2014, mais sans les nommer, un top 50 des principaux contributeurs de l’impôt sur le revenu des collectivités (49,324 millions pour le numéro 1, 43,262 pour le second et 32,250 pour le troisième) et de l’impôt commercial communal (23,854 millions pour le 1er contribuable personne morale). Il n’y a pas de palmarès pour l’impôt sur la fortune, ni pour les plus gros payeurs d’impôts dans la catégorie des ménages, même si le document mentionne que 405 contribuables ont déclaré l’année dernière des revenus supérieurs à 1 million d’euros, cette poignée de riches rapportant des recettes de 372,8 millions dans les caisses de l’État. Les chiffres montrent que les sociétés de participations financières (Soparfi), activité de la place financière devenue cruciale, ont détrôné en 2014 les banques comme premiers contributeurs de l’IRC (impôt sur le

revenu des collectivités), avec une contri­ bution de 446,777 millions d’euros, contre 354,948 pour les banques, soit 39,26 % du total de l’IRC des activités financières (31,19 % pour les banques dont la part atteignait 48,43 % en 2012). En 2011, l’apport des Soparfi à l’IRC pointait à 308,44 millions d’euros ; celui des banques s’élevait à 472,25 millions. Il était encore de 470,7 millions d’euros en 2013 pour les établissements financiers et 360 millions pour les Soparfi. Le rapport de force entre les deux contribuables majeurs au titre de l’impôt sur le revenu commercial communal (ICC), les banques et les Soparfi, a également été modifié. La part de ces dernières est passée de 18,3 % en 2011 (97,8 millions d’euros) à 30 % en 2014 (112,8 millions d’euros), tandis que le secteur bancaire a connu un affaiblissement clair et net de 53,8 % en 2011 (288,2 millions), combiné à un pic en 2012, à un taux de 38,9 % en 2014 (146,302 millions), signale le rapport. Les sociétés de participations ont en outre été les contributeurs les plus importants à l’impôt sur la fortune (IF) avec un montant de 155,25 millions d’euros (69,7 % de l’IF) rentrés dans les caisses publiques. Les sociétés de gestion de fonds, deuxièmes en importance, ayant payé 21,24 millions d’euros, contre plus de 40 millions un an plus tôt. ◄ En résumé Les sociétés de participations financières (Soparfi) paient désormais plus d’impôts que les banques. Un rapport du ministère des Finances fournit des chiffres actualisés sur les contributions des différents secteurs d’activité aux recettes fiscales en vue de la réforme fiscale annoncée pour 2017, dont on ne sait pas grand-chose.


Place financière Dette grecque / Étude européenne

Addition pas trop lourde

07

► L’impact du plan d’aide à la Grèce est de quelque 740 millions pour le pays. Le haircut n’est pas à l’agenda. Les banques ont déjà réduit leur exposition depuis longtemps.

PHOTO : JESSICA THEIS

Dans une récente réponse parlementaire, le ministre des Finan­ ces Pierre Gramegna n’abondait pas dans le sens du « haircut nominal » prôné, pour alléger la dette grecque, par son collègue Nicolas Schmit. « Une telle mesure ne figure pas parmi les options qui pourraient rallier les suffrages. » L’impact des plans d’aide à la Grèce se chiffre, pour le Luxembourg, à quelque 740 millions d’euros, en prêts bilatéraux (140 millions) et garanties (385 millions via le Fonds européen de stabilité financière et 215 millions via le Mécanisme européen de stabilité). Les banques luxembourgeoises ont dû (et su) limiter

◄ Au Kirchberg, la grecque Eurobank affiche des chiffres rassurants.

Banquiers (a)dorés

le risque, voire l’éliminer. Depuis 2011, elles n’accordent plus de crédit aux organismes publics hellènes ; ces encours représentaient 97 millions d’euros en 2009, selon la BCL. L’exposition des OPC, malgré un tour de vis depuis 2009, était encore estimée à plus de 990 millions d’euros avant le virage de 2015. En août, la CSSF soulignait que toutes les catégories d’OPC à actions avaient connu « un développement négatif face à la situation en Grèce et aux incertitudes liées ». Reste le cas de la banque grecque Eurobank. Elle occupe quelque 80 personnes au Kirchberg et n’a pas semblé trembler jusqu’ici. Évidemment surveillée par la CSSF, Eurobank affiche un ratio de fonds propres à 48 % et un bénéfice de 21 millions d’euros fin 2014. A. D. ◄

08

PHOTO : PAPERJAM / DR

► L’autorité bancaire européenne pointe 16 « super-cadres » millionnaires ; l’Aleba s’étonne. « L’Aleba se demande si ceux qui perçoivent ces rémunérations auront le courage de se dévoiler… » Les responsables du syndicat dédié à la place financière sem­ blent être tombés de leur chaise à la lecture des résultats actua­ lisés (données de 2013) de l’en­ quête menée par l’Autorité bancaire européenne (EBA) sur les rému­nérations dans le secteur. Bien informée pourtant des pratiques en vigueur, l’Aleba dénonce une certaine distorsion entre les 16 banquiers mention­nés (mais non cités) dans l’étude qui leur attribue un gain de 1.323.383 euros par an, dont une large part de rémunération variable (739.989 euros en moyenne). « Il n’est pas question pour l’Aleba de remettre en question les principes du système capita­ liste en vigueur », tempère le syndicat, qui souligne aussi que

les émoluments de ces « superbanquiers » tranchent avec la maîtrise des coûts ces dernières années dans les établissements de la Place : « Les restructurations, les ferme­tures d’établissement, les out­ sourcings à prix cassés, les projets de cost cutting, les licenciements collectifs, les plans sociaux et les conventions d’entreprise ne cessent d’augmenter. » Ces constats aux antipodes traduisent bien les défis d’une place financière qui doit demeurer attractive pour avoir les ressources ad hoc, tout en rationalisant des modèles d’affaires réorientés vers le wealth management, notam­ ment, synonyme d’une demande de services plus pointus et donc a priori moins extensifs en capital… humain. T. R. ◄

― Septembre / Octobre 2015 ― 113


Place financière OCDE

09 L’échange automatique

PHOTO : AXEL SCHMIDT / OCDE (ARCHIVES)

devient monnaie courante

► Le gouvernement luxembourgeois a déposé un projet de loi à la mi-août concernant l’échange automatique de données financières dans le cadre de l’OCDE. ► Les institutions financières doivent se préparer à pouvoir fournir des données sur leurs clients dès le 1er janvier 2017. ► Pour les banques, c’est une nouvelle charge de travail liée aux procédures réglementaires. ― Texte : Jean-Michel Lalieu

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― Septembre / Octobre 2015

La promesse de l’élève modèle semble en bonne voie d’être respectée. Le 14 août dernier, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a déposé le projet de loi concernant l’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers en matière fiscale. Deux semaines avant la fin du délai pour le premier transfert annuel des données dans le cadre de l’accord Fatca avec les États-Unis (voir encadré), le Luxembourg a donc posé un nouveau geste de bonne volonté en matière fiscale vis-à-vis de la communauté internationale. Le pays s’y était obligé en signant à Berlin, le 29 octobre 2014, l’Accord multilatéral entre autorités compétentes concernant l’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers. Le projet avait été mis sur la table dans le cadre du Forum mondial de la transparence et 50 autres juridictions s’étaient également placées en position de précurseurs. Aujourd’hui, on compte plus de 60 juridictions signataires, dont l’ensemble des pays de l’Union européenne.

▲ Le 29 octobre 2014, à Berlin, lors du Forum mondial sur la transparence, 51 pays, dont le Luxembourg, se sont engagés dans l’échange automatique de données financières.

En décembre 2014, le Conseil de l’Union européenne a d’ailleurs adopté une nouvelle directive, qui remplace celle de 2011, afin de suivre la convention modèle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Un échelon plus bas, le Grand-Duché, qui avait promis la rapide transposition en droit national, vient de soumettre le projet à la Chambre des députés. « Le projet de loi va exactement dans le sens du standard international défini par l’OCDE », observe Alain Goebel, avocat et partner au sein du cabinet Arendt & Medernach. Selon le texte, à partir du 1er janvier 2017, l’ensemble des institutions financières de la


Place financière OCDE place luxembourgeoise devront fournir tous les renseignements concernant leurs clients non résidents aux autres pays signataires. « Ça concerne tous les pays de l’UE dans la mesure où ils sont couverts par la directive, les signataires de l’Accord de Berlin, mais aussi les pays qui ont conclu une convention en ce sens avec le Luxembourg et ceux qui doivent bénéficier de la clause de la nation la plus favorisée, comme l’Inde par exemple », note l’avocat. Pour les comptes de moins de 250.000 dollars ouverts avant le 1er janvier 2016, le choix est laissé à la banque de fournir les renseignements ou pas. Par contre, pour ceux qui sont supérieurs à 1 million de dollars, elle est tenue de scrupuleusement vérifier l’identité du client et de ne pas se contenter des renseignements que celui-ci lui aurait fournis. Tout cela pour s’assurer de sa véritable nationalité et donc bien informer l’État qui doit l’être. Or, selon l’Association des banques et banquiers du Luxembourg (ABBL), 80 % des actifs sous gestion en banque privée proviennent de non-résidents. Cela donne une idée du nombre de dossiers à traiter.

COPIE NON CONFORME DE FATCA Les premières données correspondront à l’année 2016. Les institutions bancaires devront pouvoir fournir les coordonnées concernant l’identité, le numéro d’identification fiscale de leurs clients étrangers, mais aussi le solde de leur compte à la fin de l’année. C’est une différence de taille par rapport à la directive Épargne où seuls les intérêts générés par les comptes faisaient partie de l’échange. « Le but est que l’administration étrangère ait une vue complète de la situation financière de son contribuable, note Alain Goebel. Cette fois, on va donc beaucoup plus loin. L’administration dont il dépend peut lui demander des explications concernant l’origine

« Les États vont se transmettre une masse énorme de données. On peut se demander ce qu’ils vont en faire. » Alain Goebel (Arendt & Medernach)

Fatca

Première salve

Les institutions financières basées au Luxembourg viennent de clôturer le premier exercice de transfert vers le fisc américain des données concernant ses ressortissants. L’heure est au transfert de données financières. Le fisc des États-Unis a dégainé le premier en signant des accords avec de nombreux pays les contraignant à communiquer tous les comptes détenus dans leur pays par des citoyens ou résidents américains. Le Luxembourg a signé l’accord Fatca (Foreign Account Tax Compliance Act) le 28 mars 2014. L’Internal Revenue Service (IRS) aurait déjà dû obtenir les données concernant l’année 2014 au 1er janvier 2015, mais le processus législatif a pris du retard au Grand-Duché. C’est donc tout récemment, le 1er septembre 2015, que s’est clôturé le premier transfert de données entre les institutions financières et, dans un premier temps,

de ses capitaux et, éventuellement, l’imposer rétroactivement. » Quant à la procédure à suivre par les institutions financières, elle reviendra pratiquement à un copier-coller de celle mise en place dans le cadre de l’accord Fatca. Dans le cadre de l’échange avec l’Internal Revenue Service, le fisc américain, les pays ont le choix entre deux procédures : soit les banques envoient directement les données à l’IRS, soit l’administration nationale fiscale joue le rôle d’intermédiaire. Le Luxembourg a choisi de faire passer les infos par l’Administration des contributions directes. Ce sera également le cas concernant ce nouveau flux de données financières dans la mesure où c’est clairement la voie choisie par l’OCDE. « Suivre la procédure Fatca est assez logique, analyse le juriste d’Arendt & Medernach. Notamment à cause du poids que pèsent les États-Unis au sein de l’OCDE, mais surtout pour éviter la superposition de normes et permettre aux institutions financières de suivre la même procédure et donc d’éviter de nouveaux frais. » La fiche financière, incluse dans le projet de loi du ministre des Finances, indique que, pour le Luxembourg, l’échange entre les différentes législations engendrera des coûts informatiques initiaux « de l’ordre de 700.000 euros et des coûts en personnel de l’ordre de 590.000 euros par an ». Ce n’est pas rien. Si on fait le calcul selon le nombre d’États concernés, le chiffre devient carrément colossal. « Les États vont se transmettre une masse énorme de données. On peut se demander ce qu’ils vont en faire. Pour bien les exploiter, il faudra de la main-d’œuvre et des infrastructures supplémentaires. Cette débauche de moyens est-elle bien justifiée ? », s’interroge Alain Goebel, craignant une perte de compétitivité du secteur bancaire européen par

l’Administration des contributions directes du Luxembourg. À elle, ensuite, de faire parvenir ces données au fisc américain. Mais comme c’est la première année, une certaine tolérance a été admise et des dossiers devraient continuer à arriver jusqu’à fin septembre. Selon les chiffres de Fundsquare, une société dans l’orbite de la Bourse de Luxembourg et un des deux intermédiaires avec Cetrel pour la communication des données cryptées, 8.400 entités financières sont concernées. Fundsquare a traité avec 6.700 d’entre elles et se prépare désormais à jouer également les intermédiaires dans le cadre du « common reporting standard » mis en place au niveau de l’OCDE. J.-M. L. ◄

rapport à d’autres zones du monde qui n’appliqueront pas ces mesures. « Il est clair que ce projet aura un coût en termes d’heures de travail pour le secteur financier », observe Camille Seillès, conseiller juridique et fiscal auprès de l’ABBL. L’an dernier, concernant les échanges au niveau de Fatca, l’Association des banques, en collaboration avec EY, avait estimé le coût à 75 millions d’euros pour la Place auxquels s’ajouteraient 10 millions de frais annuels récurrents. « On ne peut pas encore estimer les coûts de ce nouveau projet réglementaire, mais c’est en tout cas un ordre de grandeur », estime le conseiller de l’ABBL. Dans le cas du « common reporting standard » de l’OCDE, les procédures et les concepts pourront s’inspirer de la procédure Fatca. « Mais la cible est beaucoup plus large, insiste Camille Seillès, on ne se contente plus de détecter les citoyens américains pour lesquels un passeport était suffisant. Cette fois, il faudra vraiment mener des recherches pour détecter la nationalité des clients. » Il pointe également que, même si des opérations pourront être reprises de Fatca, il s’agit d’un nouveau projet qui imposera de « passer tous les comptes à la moulinette » pour détecter les pays de résidence, de faire un reporting à l’Administration des contributions directes et d’informer les clients que des données les concernant vont être transférées. « On sollicite de plus en plus les clients pour les informer de projets réglementaires, ce qui laisse moins de temps pour leur proposer de nouveaux produits », regrette en outre le responsable de l’ABBL. ◄

En résumé Les institutions financières doivent se préparer à pouvoir fournir des données sur leurs clients dès le 1er janvier 2017. Pour les banques, c’est une nouvelle charge de travail liée aux procédures réglementaires. Fatca et son pendant européen mettent la Place dans les clous de l’OCDE.

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Place financière Déroute asiatique ?

10 Ne pas changer de cap ► Les dévissages de la Bourse de Shanghai cet été ont pu agiter le spectre d’une nouvelle crise d’envergure. ► Les experts des marchés asiatiques au Luxembourg, qui mise beaucoup sur la Chine, ont confiance, entre autres, dans les énormes réserves de devises.

L’été a été émaillé d’inquiétudes venant des marchés asiatiques, faisant craindre une contagion sur les Places mondiales et agitant parfois le spectre d’une nouvelle crise d’envergure. Les mouvements spectaculaires de la Bourse de Shanghai depuis la mi-juin ne peuvent pas passer inaperçus : « Une chute de plus de 40 % ! Quelque 4.500 milliards de dollars de valeurs boursières sont partis en fumée ! », observent deux experts de chez Allen & Overy, Shaohui Zhang (à la tête du bureau Luxembourg-China) et Marc Feider (head of corporate practice). Pourtant, il faut relativiser, ne surtout pas paniquer et mettre cette baisse spectaculaire « en rapport avec la montée encore plus spectaculaire qui avait eu lieu pendant l’année précédant la chute ». Car la Bourse de Shanghai avait alors connu une montée en puissance de plus de 80 %. En outre, « contrairement à d’autres pays tels que les États-Unis, très peu de Chinois sont des actionnaires ; seulement environ 8 % de la population chinoise le sont, d’après nos informations ». Cela signifie qu’il n’y a que peu d’impact direct d’une chute boursière sur la situation de fortune du Chinois lambda. En revanche, il faut constater que « le problème réside dans l’économie réelle chinoise, qui tourne au ralenti depuis début 2015. Se pose maintenant la question de savoir si ce ralentissement est temporaire ou de plus longue durée et, dans les deux cas, quelle sera la vitesse de croissance ». Si les opinions des experts divergent à ce sujet, ils voient du même œil le taux de croissance du PIB chinois prévu pour 2015 autour de 6,5 à 7 %, quand même. « La question est aussi celle de la perception de la Chine comme moteur mondial. Un ralentissement de la croissance en Chine est donc forcément perçu comme un indicateur d’un ralentissement de la croissance économique mondiale. » Le Luxembourg étant devenu une Place centrale pour le business RMB, les banques chinoises et les investissements asiatiques en général, le pays est peut-être davantage exposé que d’autres. Là aussi, il faut relativiser : « Les six banques chinoises de la Place sont la propriété d’entités contrôlées par le

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▲ Plateforme européenne de référence (ici, le lancement du clearing RMB par ICBC, avec Pierre Gramegna, en décembre 2014), le Luxembourg a misé sur les marchés asiatiques et chinois en particulier. Rien à craindre a priori, pensent les experts.

gouver­ne­ment chinois. Les réserves de devises chinoises sont énormes et garantes d’une stabilité économique et financière », signalent MM. Feider et Zhang. Du coup, ils pensent que « le niveau d’exposition directe de la place financière luxembourgeoise par rapport à la Chine est à ce stade tout à fait insignifiant ». Guy Wagner, managing director de Banque de Luxembourg Investments, signalait dans une récente chronique que « la chute du marché chinois a entraîné dans son sillage un certain nombre d’entreprises asiatiques de qualité dont les cours actuels offrent des opportunités attrayantes pour un investisseur à long terme (…). Outre les valeurs de qualité en Asie, des opportunités sont entre autres également apparues dans les secteurs de l’énergie et de la technologie. Nous avons dès lors procédé à des prises de bénéfice sur certaines positions dont le cours s’est nettement apprécié et investi le produit de ces prises de bénéfice dans ces valeurs délaissées. Ce faisant, nous avons diminué le

profil risque de nos fonds, même si l’allocation d’actifs n’a pas été fondamentalement modifiée. » Agir de manière anticyclique nécessite un horizon d’investissement suffisamment long, puisque cette façon d’investir consiste à acquérir des valeurs qui n’ont pas la faveur de la grande majorité des investisseurs. « Le lot d’un investisseur contrarian est généralement d’acheter (et de vendre) trop tôt. Il faut laisser le temps au temps », poursuit le chief economist de la Banque de Luxembourg. Face à ces divers éléments, la politique ou la position du Grand-Duché et des acteurs du marché ne doit pas nécessairement être réévaluée vis-à-vis des Places ou des valeurs asiatiques. Les experts du cabinet Allen & Overy le soulignent : « L’approche générale, à tous les niveaux, doit être maintenue. Il n’y a aucune raison de changer de cap. Nous ne sommes pas encore là où nous aimerions être. » Logiquement, tout concourt à ce que le Grand-Duché poursuive les efforts et valorise ses attraits, par rapport aux banques, aux gérants de fortune ou aux investisseurs chinois. ◄ En résumé Malgré les écarts boursiers spectaculaires de ces dernières semaines, les experts des marchés asiatiques au Luxembourg, qui mise beaucoup sur la Chine, sur les nouvelles fortunes et sur les investissements asiatiques, gardent confiance dans les perspectives de cet énorme marché.

PHOTO : CHRISTOPHE OLINGER (ARCHIVES)

― Texte : Alain Ducat


NOUVELLE CARTE, NOUVELLE GÉRANCE ! Brasserie Hervé « the place to be » dans un endroit trendy et convivial. Afterwork, possibilité de privatiser le lieu pour vos évènements. Ouvert 7 jours sur 7 de 06h30 à 01h00 Cuisine ouverte de 11h00 à 14h30 et de 18h00 à 22h30 . Brasserie Hervé 4, rue Joseph Junk Luxembourg Pour vos réservations : 621 323 36 .


Désirs Culture, sélections, gastronomie, shopping, interview

6.500

Myriam Muller s’est lancée dans une interprétation contemporaine du classique Dom Juan de Molière. Sa création permettra de découvrir à la fois une vision personnelle de cette œuvre et de jeunes talents à suivre. Dom Juan, interprété par Jules Werner, prendra les traits d’un fils à papa, transgressant tous les codes moraux, sociaux et religieux de son temps. Un portrait comme le reflet d’une société en crise, plaçant les envies et les désirs personnels de son héros avant tout, mais n’oubliant pas de questionner le sens de la vie.

Les Archives nationales de Luxembourg ont digitalisé et mis en ligne 6.500 photographies prises entre 1950 et 1970 issues de la collection du Service gouvernemental d’expansion économique et touristique. Téléchargeables, ces photos dressent un portrait orienté sur la nature, le tourisme et l’économie du Luxembourg de ces années.

Dérangeant et énigmatique, le travail de l’Écossaise Rachel Maclean se compose d’œuvres flamboyantes et saturées d’artifices, mêlant vidéo, costumes et sculptures. Interprétant elle-même ses personnages, l’artiste se travestit en une multitude de personnages de tous genres et de tous âges. Une exposition qui risque de faire parler.

Première le 29 septembre, puis 1er et 2 octobre au Grand Théâtre. En tournée en octobre au Théâtre d’Esch et à la Mierscher Kulturhaus.

www.anlux.lu

Inspirée par l’histoire du Renert de Michel Rodange, l’orfèvre danoise Stine Bülow, installée au Luxembourg depuis quelques années, a reçu la commande de 265 paires de boutons de manchettes et 90 bracelets, qui sont offerts aux délégués européens lors de leur arrivée au Luxembourg. Un cadeau qui allie culture et artisanat luxembourgeois, sans oublier le volet « multiculti ». www.stinebulow.com

Dans le cadre de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne, l’artiste luxembourgeoise Tina Gillen est invitée à présenter une exposition au musée Bozar à Bruxelles. À cette occasion, elle réalisera une nouvelle œuvre qui sera exposée dans la Salle du Conseil du Palais des beaux-arts. Un catalogue en lien avec l’exposition est également publié. Du 26 septembre au 3 janvier, www.bozar.be

George(s) est le premier invité à investir le nouvel espace d’exposition mis à disposition par le Cercle Cité, CeCiL’s Box. Une des vitrines de cet espace donne sur la rue du Curé. Christophe Peiffer a choisi d’y installer Follow me fellow, un disque tournant sur luimême et créant un effet d’optique hypnotisant. Un nouvel espace pour la création locale contemporaine.

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24/09

Le nouveau chef de l’Orchestre Philharmonique de Luxembourg, Gustavo Gimeno, donnera son premier concert le 24 septembre, et aura à ses côtés la soprano Anja Harteros. Au programme : György Ligeti (Concert Românesc), Alban Berg (Sieben frühe Lieder) et Gustav Mahler (Symphonie no 1 « Titan »). www.philharmonie.lu

PHOTOS : BOHUMIL KOSTOHRYZ, GEORGE(S), RACHEL MACLEAN, COURTESY TINA GILLEN, STINE BÜLOW

Ok, you’ve had your fun, à partir du 26 septembre au Casino Luxembourg, www.casino-luxembourg.lu


Désirs Culture

ZOOM SUR...

ZOOM ÉDITIONS ― Texte : France Clarinval ― Photo : Jessica Theis

Spécialisée dans le livre pour enfant et l’édition didactique, la petite maison d’édition installée au 1535° lance deux titres multilingues sur tablette. Faire des livres pour le plaisir et pour faire plaisir : c’est avec ce moteur que Claudine Furlano et Nicolas Lefrançois ont créé Zoom Éditions fin 2001. « On s’est aperçu d’un manque de supports pour l’introduction des langues étrangères, d’abord en France, mais au Luxembourg aussi », détaille Claudine, passée par les domaines proches de la sérigraphie et de la librairie. D’où cette envie de publier pour les petits en leur permettant non seulement de trouver des réponses à leurs questions, mais aussi d’apprendre des langues. L’enthousiasme des débuts a connu quelques difficultés, en particulier à cause de la diffusion et de ses multiples intermédiaires, mais la maison a tenu bon et les voilà installés au 1535° à Differdange avec plusieurs collections qui tournent et s’enrichissent. Ainsi, Les P’tit Bili sont des petits contes illustrés bilingues (français et anglais, allemand, espagnol et italien) qui abordent des questions du quotidien et développent un vocabulaire spécifique. On y trouve notamment Ilma n’est pas malade, qui a

aussi été décliné sur tablette, avec le luxembourgeois en plus. L’occasion, en plus de l’histoire illustrée, de proposer du vocabulaire (sur le corps dans le cas présent), des jeux et des ateliers. La collection Zoom en poche est destinée aux petits Luxembourgeois qui apprennent le français, avec un vocabulaire adapté et des histoires qui se passent chez nous. Danse du ventre tourne autour d’une spécialité culinaire plus ou moins exotique (sushi, couscous, speculoos…), Gros béguin rassemble des coups de cœur autour de thématiques contemporaines (réfugiés, adoption, diversité, prison…), Atomes crochus s’intéresse à des questions scientifiques… En tout, c’est une centaine de titres qui sont édités par Zoom, qui propose aussi de nombreux ateliers dans les écoles où les enfants réalisent leurs livres, apprennent la reliure ou l’illustration. « Il faut se battre tous les jours pour proposer aux jeunes autre chose que du Disney. » www.zoomeditions.com

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Désirs Sélections

Yves Stephany Rédacteur culturel, 100,7

Sélection de concerts

RIEN DE TEL QUE LE LIVE

FRANCKY GOES TO POINTE-À-PITRE

SUFJAN STEVENS

Ce trio français (deux guitares et une batterie) joue un « zouk noise tropical rock ». La formation carrément foutraque a réussi à construire un pont entre Chicago, Bamako et les Antilles sans y avoir jamais mis les pieds. Décalé, frais et fun.

THE SOFT MOON

Le concert du chanteur, musicien et compositeur américain est le rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de musique. Son banjo est devenu légendaire et son titre ‛Carrie & Lowell’ a été une des belles surprises du printemps dernier.

Si vous avez raté le concert du groupe de Luis Vasquez à l’Exit07 en 2011, vous avez la chance de (re)découvrir son post-punk dark intense et entraînant dans le cadre improvisé mais intime du Floor.

Samedi 26 septembre, Grand Théâtre

Dimanche 18 octobre, Rockhal

Mardi 23 septembre, De Gudde Wëllen

LITURGY

Oui, c’est du metal. Du black metal, même. Mais l’approche arty du quartette de Brooklyn est bien différente de celle de tous les autres groupes célébrant les clichés du genre. Laissez-vous hypnotiser par leurs rythmes décalés et imprévisibles.

JAGA JAZZIST

Jaga Jazzist est un des grands noms du label britannique Ninja Tune. Après 20 ans de carrière, les pionniers norvégiens du futur jazz proposent un nouveau disque qu’ils présentent à la Rockhal. Lundi 2 novembre, Rockhal

Lundi 2 novembre, Rotondes

PHOTOS : RAFAEL SEVERI, EVAN FORGET, JULIE BONATO, QUIETUS PRODUCTION, ROBIN OTTERSEN

La saison des festivals est passée mais vous voulez encore de la musique ? Petite sélection subjective de concerts à ne pas manquer dans les mois qui viennent.

Gosia Lawer BAFF

Sélection à bicyclette

TROIS JOURS ET DEUX ROUES

Le Bicycle Art & Film Festival (BAFF) a pour but de rassembler, d’inspirer et de divertir les amateurs de vélo de tout âge à travers des films, des ateliers, un marché et des parcours.

Felvarrom

Le monde à bicyclette

«Bikes vs Cars»

Les artistes hongrois Péter et László Szabó recyclent des bicyclettes pour faire des accessoires pour les cyclistes, des vêtements et des pièces d’art. L’exposition présente leurs créations et un workshop propose de créer des ceintures, des trousses ou des porte-clés avec des pièces de vélos.

À travers une conférence illustrée, on revivra le voyage en images d’Alice Goffart et Andoni Rodelgo qui ont parcouru 75.000 km à travers une cinquantaine de pays pendant sept ans, accompagnés de leurs enfants.

Ce film documentaire de Fredrik Gertten suit des activistes à deux-roues dans le monde entier. Ils prouvent que la voiture n’est pas indispensable et que le vélo peut être un formidable outil de changement, que ce soit à São Paulo, Los Angeles ou Copenhague.

Le 19 septembre à 17 h

Exposition à partir du 18 septembre, workshop, le 19 septembre à partir de 10 h

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Le 19 septembre à 19 h

PHOTOS : DR

Aux Rotondes, www.baff.lu


Désirs Shopping Sélections

POIRAY EN QUATRE TEMPS La maison de joaillerie et d’horlogerie Poiray, créée en 1975, ouvre un magasin à Luxembourg. Nous vous présentons quatre pièces iconiques de « la jeune fille de la place Vendôme ». 83, Grand-Rue à Luxembourg (Centre-ville)

MA PREMIÈRE Créée en 1985, cette montre révolutionne son monde avec l’introduction du bracelet interchangeable. Son design est reconnaissable à ses godrons entrelacés qui encadrent un boîtier rectangulaire. Elle existe désormais également en version manchette. Un bar à bracelet lui est dédié dans la nouvelle boutique.

CŒURS ENTRELACÉS Conçus dans différents formats et réalisés dans les trois ors, les Cœurs entrelacés se déclinent en breloque, pendentif ou lourd sautoir. Les entrelacs se retrouvent également sur des manchettes d’or ajouré ou en bracelet plus étroit.

LES TRESSES La marque a fait de l’entrelacé un de ses signes de distinction. Aussi la bague Tresse est-elle emblématique du style Poiray. Elle existe en différents ors et peut être pavée de diamants ou de pierres fines, comme pour ce modèle Tutti-Frutti.

MA PRÉFÉRENCE Emblématique de la liberté et de l’audace de la maison, les bagues Ma Préférence peuvent changer d’allure en un instant. La bague se compose de trois parties que l’on assemble facilement : un corps de bague, une pierre fine facettée que l’on peut changer au gré de ses envies et un anneau réversible que l’on manipule avec aisance.

PHOTOS : SENTOSA, BLITZ, SVEN BECKER

Ouvertures

Paisible et dépaysant

Pour habiller les sols

In English, please

Son nom veut dire « paisible » en malais et est une île de Singapour. Le Spa Sentosa est un espace de détente et bien-être privatif où tout est fait pour que les clients se sentent bien. On choisira Biona (2 à 4 personnes) ou Padawan (2 à 8 personnes) pour un voyage en douceur : sauna, hammam, bain à jets, douches… Deux espaces de soins et massages complètent l’offre menée avec les produits Africology, 100 % naturels. En amoureux, en famille ou en bande, l’expérience vaut le voyage.

Il y a plusieurs années, Claudie Lambert et Tucky Penning tenaient la Coussinerie rue Beaumont. Aujourd’hui, elles se lancent de nouveau dans l’aventure du commerce, en se spécialisant dans la vente de kilims à travers leur showroom Kilims by La Coussinerie. Ces tapis, produits à la main selon des méthodes transmises de génération en génération, déploient des motifs spécifiques qui racontent des histoires. Ils sont produits en Turquie, dans le respect des traditions par des familles de nomades. Les deux expertes en décoration intérieure proposent également un service de conseil.

La chaîne de librairies Ernster a ouvert un nouvel espace de vente dédié aux livres en anglais. C’est à deux pas du Palais grand-ducal, dans l’ancienne librairie Erny Kids, qu’il est désormais possible de se procurer le dernier best-seller ou les grands classiques de la littérature anglaise, sans oublier les biographies, les ouvrages pratiques ou la littérature enfantine, le tout exclusivement dans la langue de Shakespeare.

24, Bohey à Doncols www.spa-sentosa.com

4, rue de la Reine à Luxembourg (Vieille ville) www.ernster.com

18, rue de l’Eau à Luxembourg (Vieille ville), uniquement sur RDV, www.kilims.lu

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Désirs Gastronomie

INVENTIF ET AUDACIEUX

15, rue Louvigny à Luxembourg (Centre-ville) www.ivi.lu

PHOTO : MIKE ZENARI

Au début de l’été, Damien Klein a lancé IVI, un « lieu de rencontre culinaire » novateur et inventif. La créativité a toujours été le moteur du chef. Le voilà à la tête de son restaurant où il peut laisser libre cours à ses envies. Il s’amuse à déstructurer la Bouneschlupp, à ajouter une glace au foie gras, à faire pétiller la tomate ou à enrober le saumon d’un habit de légumes…

RECETTE VÉGANE

SALADE INDIENNE

La nouvelle adresse tendance, c’est Beet, au centre-ville. Nicolas Curtil ne propose que des recettes végétariennes et véganes. L’occasion d’essayer un des plats de la carte. INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES

CONVIVIAL ET À VUE

Dans le cadre de l’aménagement du centre de Bertrange, la commune a voulu une brasserie conviviale. Elle a fait appel à Jan Schneidewind (Windsor) pour créer le B13 : un pavillon de verre posé devant la maison communale. La cuisine se fait à la vue des clients et propose des suggestions différentes chaque jour dans un esprit brasserie. Le bar, ouvert toute la journée, sert des tartines garnies. L’offre est complétée par les pâtisseries qui se sont fait une réputation au Windsor. 13, am Schlass à Bertrange

200 g de pastèque coupée en cubes 200 g de concombre coupé en cubes 12 tomates cerises coupées en deux 100 g de pousses d’épinard 2 avocats Sésame torréfié à la poêle Zestes de citron vert Menthe ciselée Poudre de garam massala POUR LA VINAIGRETTE 50 g de jus de citron vert 25 g de gingembre 150 g d’huile d’olive 5 g de sel 50 g d’huile de pépin de raisin 25 g d’eau

► Mixer finement à grande vitesse les ingrédients de la vinaigrette. ► Dresser les épinards au fond des assiettes avec un peu de vinaigrette. ► Mélanger les concombres, les tomates et la pastèque et bien répartir sur les épinards. ► Couper les avocats en lamelles et poser sur la salade. ► Dresser copieusement avec la vinaigrette. ► Garnir avec les zestes de citron vert, le sésame, une pincée de garam massala et la menthe.

Beet 32, place Guillaume II à Luxembourg (Centre-ville) Tél. : 26 20 13 75

VOUS PRENEZ VOTRE CAFÉ COMMENT ?

Fabien Knopes, artisan torréfacteur, nous sert quelques tasses de café pour nous montrer les différentes variétés.

24 - 28 sec

92 - 95 °C

ESPRESSO Il s’agit d’une méthode de préparation. On pousse l’eau sous pression à travers du café finement moulu et tassé pour un café court et concentré. Temps d’extraction : 24-28 secondes / température d’extraction : 92-95 °C

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30 - 50 ml

100 - 125 ml

60 - 65 °C

CAPPUCCINO Son nom vient de la couleur brune rappelant la bure des moines capucins. Une couche de mousse crémeuse, la douceur du lait et la saveur d’un espresso font de cette boisson un véritable délice. Espresso (30-50 ml) + lait chaud crémeux (100-150 ml) / température du lait : 60-65 °C

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2,30 - 4 min

90 - 95 °C

CAFÉ FILTRE Il retrouve peu à peu ses lettres de noblesse avec le retour des méthodes de préparation manuelles. Cette méthode douce est utilisée pour les cafés de très grande qualité. C’est une boisson délicate, similaire à un thé fin. Temps d’extraction : 2,30-4 minutes / température d’extraction : 90-95 °C

12 - 16 heures

4 - 10 °C

COLD BREW La boisson des amateurs de café durant les périodes chaudes. Le café grossièrement moulu est infusé avec de l’eau fraîche avant d’être filtré et placé au réfrigérateur où il pourra se conserver 7 à 10 jours. À consommer noir ou avec un soupçon de lait. Temps d’extraction : 12-16 heures / température d’extraction : 4-10 °C


Désirs Interview – Culture

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1. Philippe Apeloig 2. Affiche pour l’exposition de Philippe Apeloig au Stedeljik Museum (31 oct. 2015-24 jan. 2016) 1

LE DESIGN JUSQU’AU BOUT DES MOTS Le designer graphiste et typographe Philippe Apeloig est le prochain invité de Design Friends. En préambule de sa conférence du 21 octobre au Mudam, nous lui avons posé quelques questions. ― Interview : Céline Coubray

Monsieur Apeloig, pourriez-vous nous présenter votre parcours ? « J’ai fais mes études à l’École supérieure des arts appliqués (Duperré), puis à l’École nationale supérieure des arts décoratifs (Ensad) à Paris. J’ai également eu l’occasion d’effectuer deux stages dans l’agence Total Design à Amsterdam, où j’ai découvert une approche moderniste du graphisme néerlandais, notamment en ce qui concerne l’utilisation de la typographie. En 1985, un peu plus d’un an avant son ouverture au public, le Musée d’Orsay m’a recruté comme graphiste. J’ai créé l’affiche de la première exposition Chicago, naissance d’une

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métropole qui a été remarquée, me propulsant ainsi dans le monde de la communication visuelle. En 1987-88, j’ai rejoint l’atelier d’April Greiman à Los Angeles. En 1989, j’ai fondé mon bureau à Paris, que je dirige toujours aujourd’hui. J’ai marqué une pause en 1993-94, année pendant laquelle j’ai été pensionnaire à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), où j’ai commencé à dessiner mes propres polices de caractères. De 1998 à 2003, je me suis installé à New York. Là, j’ai enseigné à la Cooper Union School of Art, après avoir été professeur durant sept années à l’Ensad à Paris.

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Pourriez-vous nous préciser comment vous abordez les premières étapes d’un nouveau travail ? « Mes sources d’inspiration viennent de la peinture, de la sculpture ou des arts du spectacle. L’agencement des lettres, des mots et des formes géométriques est le point de départ de mes recherches. L’image figurative m’apparaît souvent inutile, trop narrative. Lorsque je commence un projet, je cherche un concept en même temps que j’élabore un système de grille et de lignes de construction qui servent à structurer la page. Une fois les proportions établies, j’essaie d’aller au-delà de l’aspect purement fonctionnel de la composition. J’aime introduire l’impression de mouvement et surtout une touche d’émotion. Je décompose mes idées, les recolle, les assemble dans un autre ordre, comme un monteur de cinéma, jusqu’à res­ sentir la confirmation que ce que je fais est juste. C’est un processus complexe, un jeu de cons­­truction-déconstruction-reconstruction. Êtes-vous influencé par les autres arts ? « J’ai toujours été intéressé par le dessin, la sculpture, la danse contemporaine, le décor de théâtre. L’architecture et l’écriture me passionnent aussi. En fait, tout ce qui se réfère à l’espace. J’ai beaucoup regardé le constructivisme russe, la peinture de Malevitch en particulier. Pendant mon séjour aux Pays-Bas, j’ai découvert le mouvement De Stijl, Mondrian,

PHOTO : CARLOS FREIRE

PHILIPPE APELOIG


Désirs Interview – Culture

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van Doesburg, van der Leck et Rietveld. Il m’est alors apparu évident qu’il existe un point de rencontre et d’attache entre une pratique artistique et celle plus technique du design. J’aime aussi les sculptures de Brancusi et d’Henry Moore. Enfin, les premières images fortes dont je me souvienne sont les peintures de Corot, Ingres et l’œuvre polymorphe de Picasso. Enfant, j’étais fasciné par sa manière de réinventer perpétuellement son univers. Quelle place accordez-vous aux nouvelles technologies ? « J’ai appris le design sans l’ordinateur. J’ai commencé à travailler avec les outils traditionnels. J’ai vu les premiers équipements numériques chez Total Design, mais c’est lors de mon passage dans l’atelier d’April Greiman à Los Angeles que j’ai compris l’ampleur de cette révolution technologique. April avait intégré l’informatique dans sa boîte à outils, alors que tous les autres graphistes travaillaient encore avec des rotrings et des équerres. L’arrivée de l’ordinateur a été une délivrance et a stimulé profondément la création de nouveaux codes graphiques. Il a enfin été possible de tout modifier, de moduler, d’interpréter, sans être dépendant des techniciens du processus de fabrication. Nos méthodes de travail ont complètement changé. Aujourd’hui, le rythme de ces mutations s’accélère, ce qui est prodigieux. Mais j’aime revenir au crayon et au papier, je me sens libre

3. Chicago, naissance d’une métropole, 1872-1922 au Musée d’Orsay en 1987 4. Affiche de la saison 2015-2016 pour le Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées 5. Afrique contemporaine, pour l’Agence française de développement, 2010

d’y déposer mes idées, de créer intuitivement en échappant à la rigidité mécanique du digital. Et je peux rapidement repasser au dessin sur écran. Je crois qu’il existe quand même une forme d’ ‘humanisme’ technologique. Ma méthode de travail est un va-et-vient d’expérimentations multiples. Je garde mes croquis, des collages et de nombreuses sorties laser qui constituent les archives de mes projets. La typographie tient une place majeure dans votre travail. Pourquoi ? « À partir de la silhouette des lettres, j’aime obtenir un maximum d’effets avec un minimum de moyens. La typographie permet un degré élevé de conceptualisation. C’est l’essence même du dessin, un équilibre de proportions entre le plein et le vide, une matière à la fois poétique et fonctionnelle, une fusion entre concept et forme. C’est pourtant une discipline ingrate, peu connue du grand public. « En effet, la plupart des lecteurs ne prêtent pas attention au dessin des lettres. La typographie appartient au domaine du non-remarquable. Pourtant, il se cache une masse de travail phénoménale dans l’invention d’une police de caractères, tout autant que dans l’utilisation d’éléments typographiques sur une affiche, dans la mise en page d’un livre ou le dessin d’un logotype. Il faut se poser les bonnes questions.

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À quoi un caractère va-t-il servir ? Comment sera-t-il reproduit ? Comment se détacher de l’aspect purement fonctionnel et tendre vers des compositions graphiques abstraites, voire poétiques. Et les grilles de mise en page, comment les utilisez-vous ? « J’ai découvert l’importance de la grille de mise en page chez Total Design. Elle conditionne l’agencement des éléments entre eux, aussi bien qu’elle émancipe le créateur dans sa conjugaison entre la forme et le fond. C’est un mélange de concision, de rigueur, de fonctionnalisme et de grande sophistication. Quelle place la couleur tient-elle dans votre approche ? « Je pense d’abord en noir et blanc, à l’ombre et à la lumière. La couleur n’intervient qu’une fois l’ordonnancement abouti. J’ai toujours eu un peu de peine à m’exprimer directement avec la juxtaposition des couleurs. Quels sont vos projets actuels ? « Je travaille sur la signalétique et l’identité visuelle du Louvre Abou Dabi avec les Ateliers Jean Nouvel. Je vais également avoir une exposition au Stedelijk Museum à Amsterdam à partir du 31 octobre, intitulée Using Type. » www.apeloig.com

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365 personnalités & entreprises ont été citées dans les 132 pages de Paperjam1.

INDEX A ABBL Abraxas Adem Administration des contributions directes (ACD) Afrasia Bank Agnès Anouk Agostino Barbara Aixboxlab Albrecht Steve Aleba Alfi Aliyev Rakhat Allegrezza Serge Allen & Overy Allfin Als Georges Anbang Angel Marc Apex Apollo Arbed ArcelorMittal Archives nationales Arendt & Medernach Asselborn Jean Asti Atera Atoz Tax Advisors Autodiffusion Losch Avaloq Axa

114 89 28 46, 112 100 96 72 84 92 113 102 62 46 116 76, 78 46 105 40 79 105 108 18, 84, 108 60 39, 114 26, 29, 56 50 90 18 132 96 86

B Bâloise 84, 96 Banco Espirito Santo 104 Banco Novo 104 Banco Popolare 96 Banque de Luxembourg 14, 116 Banque Degroof 96 Banque du Portugal (BoP) 104 Banque Raiffeisen 96 Bastin Olivier 76 Baudry Alex 26, 30 Bauler André 26 Bausch François 35 BCE 105 BCEE 80, 96, 108 BCL 34, 46, 60,113 BDO 99 BEI 34 BERD 34 Berger Eugène 28 Bettel Xavier 28, 40, 50, 58, 96, 112 BGL BNP Paribas 80,96 Bil 10, 80, 96, 110 BLI 116 Bock Héloïse 64

Bodt Christian Bon Hugo Bourse de Luxembourg Bourse de Shanghai Brasserie Hervé Buck Nicolas

84 84 114 116 117 96

Francine Closener, secrétaire d’État

D de Barsy Thibault De Bruyne Geert De Wever Bart Déi Greng Demarque Jacques Dentzer Thomas Der Spiegel Dieschbourg Carole Do Recruitment Advisors DP DS Corporation

C

E

Cactus 64 Cahen Corinne 26, 36 Carman Bill 90 Cashcloud 84 Castegnaro 65 CDCL 45 Centre de musiques amplifiées 88 CES 50 Cetrel 80, 114 Chambre de commerce 40, 54, 64, 80 Chambre des salariés 54 Chaos Computer Club 86 Children’s World 72 Christo 108 CLC 72 Clearstream 80 Closener Francine 26, 29 Cluster Biohealth 90 CNPD 86 Coinplus 84 Colgan Kevin 84 Commissariat aux assurances 96 Commission européenne 40, 56, 58 Conseil d’État 28 Conseil de l’UE 58 Conseil national des finances publiques (CNFP) 33 Continents Insolites 43 Corcelli Pasquale 72 Costa Carlos 104 Cour des comptes européenne 96 CPJMO 64 Crèches et Foyer Barbara 72 Crelan 96 CSSF 46, 96, 102, 103 CSV 28

EBA (Autorité bancaire européenne) EBRC École Maria Montessori Efama Elsen Yves Espirito Santo Financial Group Etgen Fernand Eurobank Eurostat EY Luxembourg

annonce paperjam vinoteca 1.4.pdf

in the center of the city

1

6/8/15

Fast-Track Diagnostics 90 Fédération des artisans 50 Fehlen Fernand 60 Feider Marc 116 Felsea (Fédération luxembourgeoise des services d’éducation et d’accueil pour enfants) 72 Felten Annick 96 Fernandes Tania 64 Fielding Nigel 96 Finck Jean-Claude 105 Flen-Pharma 90 Folmer Françoise 28 Folscheid Lex 64 Fondation de Luxembourg 96 Fonds du logement 28, 30 Fonds européen d’investissement 110 Fosun 105 Foundation on Economic Trend 56 Frank Raphaël 84 Frieden Luc 34, 46 Fundsquare 114 Funk Alfred 18

and Angelina Jolie

12, Côte d’Eich - Place du Théâtre • L-2229 Luxembourg • Tel : 26 68 38 43

126 ―

― Septembre / Octobre 2015

113 80 72 102 40 104 58 113 46 96

F

4:58 PM

Château Miraval by Brad Pitt

G, H 96 96 88 28 5 90 62 26 81 28 76

Galerie Bernard Ceysson 25 Garage Intini 17 Gehmacher Stephan 86 GGM Capital 96 Gillen Victor 64 Gira Camille 40 Godard Dominique 72 Godard Pierre 72 Goebel Alain 113 Graeber-Hendry Bettina 102 Graglia Claudine 90 Gramegna Pierre 26, 33, 34, 35, 50, 58, 64, 96, 100, 110, 112, 116 Grethen Henri 64,96 Groupe CK 4 Gusenbauer Alfred 62 Guth Jan 84 Haagen Claude 26 Hanck Nathalie 86 Hansen Marc 26, 64 Havilland 96 Hazen Michel 80 HDI-Gerling Assurances Luxembourg 96 Heikkila Matti 84 Heintz Guy 96 Helminger Paul 76 Heniqui Anne 64 Hess Joseph 84 Hitech 80 Hölzl Vinzenz 90 Honig Michael-Sebastian 72 Hottinger Bank & Trust Limited 100 Hottinger Luxembourg 100 House of Biohealth 90 Houser 84 HSBC Luxembourg 96 HSH Nordbank 96 Humix 84

I IBBL ICBC iDetect Ilnas IMS ING Luxembourg Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS) Institut luxembourgeois des administrateurs (Ila) Intelli+ Internal Revenue Service Investec Bank IWI

90 116 62 8, 9 56 30, 96, 11 46 96 62 114 100 64


Dans cet index sont reprises les entreprises, les personnalités et les publicités apparaissant dans ce cahier

J, K

M

Jacobs Marie-Josée 50 Juncker Jean-Claude 35, 40, 50, 58, 104 Kayan Yves-Laurent 84 KBL epb 96 Kersch Sandra 76 Keusters Patrick 96 Keytrade Bank 96 KidsCare 72 Kinsch Alain 64 Klump Rainer 18 Koedinger Mike 5, 92 Koeners 123 Köhler Horst 62 Kollwelter Serge 50 Konsbruck Paul 64 Koshlyak Vadim 62 KPMG Luxembourg 96 Krecké Jeannot 12, 26, 29 Kronshagen Arsène 76

Maas Stéphane 104 Maison du savoir 40 Maison Moderne 5, 82, 92 Manuel Barroso José 104 Marc Jean-Paul 64 Matador Advisor Ltd 100 Mazda 23 MBS 94 Meisch Claude 35, 36, 72 Meisch Nico 72 Mercedes 21 Metz-Tesch Norbert 58 Michael Page 103 Miltgen Daniel 30, 64 Mind & Market 84 Ministère d’État 28 Ministère de l’Économie 64 Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse 72 Ministère de la Culture 88 Ministère de la Santé 72 Ministère des Finances 112 Mittal Lakshmi 108 Molitor Roger 64 Montesquieu & Associés 100 Morais Pires Amilcar 104 Motion-S 84 Moulin 76 Mudam 93 Muller Myriam 84 Muller Paul 84 Mussayev Alnur 62 Mutsch Lydia 36

Marcel Leyers, Bil

L L’Astoria 5 L’Enfant Roi 72, 37 Labgroup 62 Lamesch 57 Lamy Caroline 90 Lansky Gabriel 60 Larcier Group 66, 67 Lavorel Groupe 72 Lavorel Kids & Baby 72 Lavorel Stanislas 72 Leprévost Franck 18 Leyers Marcel 110 LIH 90 Linklaters 2 Logidev 12 Losch 132 LSAP 28 Lutgen Thierry 74 Lux Events 111 Luxembourg Center of Architecture (Luca) 92 Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB) 84, 90 Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser) 60 Luxembourg Online 31 Luxempart 96 Luxexpo 111 Luxinnovation 84 Luxtrust 80 Lyford International Bank & Trust 100

www.therecruiter.lu

N Nagel Maggy Nazarbayev Nursultan Neobuild NN Life Nurbank nVision Nyuko

30, 64 62 87 49 62 92 71

O, P OCDE 34, 114 OGBL 50 Orchestre philharmonique du Luxembourg 88 Paperjam 5, 92 Paperjam Club 60 Passos Coelho Pedro 104 Pasta Mano 76 Pesch Fernand 76 Philharmonie 88 Pictet et Cie 102 Piron Yves 64 Polfer Lydie 76 Post 80, 96, 131

IT I Telecom

Digital l Mobile

Post Capital Prodi Romano Proença de Carvalho Francisco Prum François

84 56, 62 104 104

Sunvalley International Trading Swirl Synedge Syvicol

100 84 84 72

T-U

R Rausch Agnès Raval Rejding Lars Ribambelle Ricoh Ries Stéphane Rifkin Jeremy Rio Forte Rockhal Rod Victor Roeltgen André Rommes Jean-Jacques Rosario Teixeira Jorge RTL Rudan Stojan

64 64 96 72 83 78 54 104 88 94 50 46 104 5 84

S Salgado Espirito Santo Ricardo 102 Salle de concerts Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte 88 Saluzzi Marc 102 Santer Jacques 35, 62 Scheuren Jean-Paul 90 Schlesser Isabelle 62 Schmit Nicolas 29, 50, 64, 113 Schmit Paul 64 Schmit Romain 50 Schmitz Annette 72 Schneider Daniel 64 Schneider Étienne 26, 28, 29, 40,46,50 Schockmel Luc 64 Scholtus Mariette 64 Schröder Gerhard 62 Seed4Start 96 Seillès Camille 114 Senninger Jean-Paul 64 Servior 64 SES 18 Shah Pranjul 84 Sivakumar Bactavatchalou 84 Skype 84 SNCI 55, 80 SNHBM 30 Société Générale Securities Services (SGSS) 96 Socrates José 104 Sodexo 75 Soundytics 84 Spautz Marc 35 Spicer Robert 94 Statec 46,112 Stein Yves 96 Strobel Martin 96

Cleantech

Tanson Sam Tarrach Rolf Taupitz Olaf Tech IT Technoport Theis Max Theisen Dan Thewes Marc Thill Jacques Third Point LLC Thomas Adrien Toth Olivier Touillon Jacques Trade Immo Traiteur Niessen Tranquilidade Trésorerie de l’État UEL Universal Premium Université du Luxembourg

64 18 84 6,7 84 64 64 64 64 104 60 88 84 61 129 105 33 50 96 18, 60, 72, 84

V Verbeken Luc Vestager Margrethe Villa Wichtel Ville de Luxembourg von Scheffer Guido Voss Denise

108 40 72 54,86 84 100

W vyzVoice Wagner Guy Wagner Mike Wehenkel Henri Weides Robert Werner Pierre Wiltzius Martine Wirion Claude Wiseler Claude Wondermags

94 116 76 60 46 35 72 96 26, 35 84

Z Zaïm Malya Zhang Shaohui

72 116

Industry l Services

― Septembre / Octobre 2015 ― 127


Septembre / Octobre 2015 Paru le 17 septembre 2015

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION WWW.PAPERJAM.LU

SEPTEMBRE / OCTOBRE 2015

PROCHAIN NUMÉRO

 :

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8 octobre 2015

Mike Koedinger

RÉDACTEUR EN CHEF

Jean-Michel Gaudron

24 septembre 2015

COVER Concept : Stephanie Post Photo : Jan Hanrion 5 453000 074017 09 4€

20 m

ois

de co

hab

itat

ion

polit

ique

.

ABONNEMENTS

RÉDACTION Téléphone (+352) 20 70 70-100 Fax (+352) 29 66 19 E-mail press@paperjam.lu Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg @paperjam_lu Jean-Michel Gaudron (J.-M. G.) jean-michel.gaudron@maisonmoderne.com @jmgaudron Rédacteur en chef Alain Ducat (A. D.) alain.ducat@maisonmoderne.com @Ducat_paperjam Secrétaire de rédaction Frédéric Antzorn (F. A.) frederic.antzorn@maisonmoderne.com @FredAntzorn France Clarinval (F. C.) france.clarinval@maisonmoderne.com @franceclar Céline Coubray (C. C.) celine.coubray@maisonmoderne.com @celinecoubray

Rédacteurs Fabrice Barbian Sébastien Lambotte Michaël Peiffer Photographes Julien Becker Sven Becker Charles Caratini Eric Chenal Luc Deflorenne Marion Dessard Gaël Lesure Olivier Minaire Christophe Olinger Jessica Theis Mike Zenari Correction Pauline Berg Muriel Dietsch Sarah Lambolez Cynthia Schreiber

RÉGIE PUBLICITAIRE

STUDIO GRAPHIQUE

Maison Moderne Media Sales Téléphone (+352) 20 70 70-300 Fax (+352) 26 29 66 20 Mail mediasales@maisonmoderne.com Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg

Maison Moderne Studio Directeur associé Guido Kröger

Directeur associé Francis Gasparotto (-301)

Studio manager Stéphanie Poras

Directrice commerciale Luciana Restivo (-302) Assistantes Tania Henriques (-304) Nathalie Sohn (-305) Chargés de clientèle Marilyn Baratto (-316) Laurent Goffin (-315) Assistante commerciale Céline Bayle (-303) Administration Isabelle Ney (-014)

Directeur de la création Jeremy Leslie

Florence Thibaut (F. T.) florence.thibaut@maisonmoderne.com

128 ―

Formule corporate 3 × 10 nos/an : Luxembourg : 80 euros France-Belgique-Allemagne : 145 euros

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Directeur artistique Stephanie Post

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Design original Maxime Pintadu

Applications iPhone + iPad

Coordination Stéphane Cognioul Mise en page Stéphane Cognioul, Bernard Gissinger, Jan Hanrion, Sophie Melai

Applications Androïd smartphone + tablet

Paperjam.TV www.paperjam.TV

IMPRESSION Imprimerie Centrale

Paperjam Guide guide.paperjam.lu EU Ecolabel : FI/11/001

Paperjam.Jobs www.paperjam.Jobs Paperjam Club www.club.paperjam.lu ISSN 2354-4619

ÉDITEUR

Please recycle. Vous avez fini de lire ce magazine ? Archivez-le, transmettez-le ou bien faites-le recycler !

Véronique Poujol (V. P.) veronique.poujol@maisonmoderne.com @vpoujol Thierry Raizer (T. R.) thierry.raizer@maisonmoderne.com @traizer1

Formule standard 1 × 10 nos/an : Luxembourg : 40 euros France-Belgique-Allemagne : 51 euros

UNIVERS PAPERJAM

Jean-Michel Hennebert (J.-M. H.) jean-michel.hennebert@maisonmoderne.com @jmhennebert Jean-Michel Lalieu (J.-M. L.) jean-michel.lalieu@maisonmoderne.com

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Maison Moderne ™ www.maisonmoderne.com Téléphone (+352) 20 70 70 E-mail publishing@maisonmoderne.com Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg Bureaux 10, rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie

― Septembre / Octobre 2015

Fondateur et CEO Mike Koedinger Directeur administratif et financier Etienne Velasti

Maison Moderne est un partenariat de Francis Gasparotto, Jean-Michel Gaudron, Mike Koedinger, Guido Kröger et Rudy Lafontaine. Conseil d’administration : Jean-Claude Bintz (président), Francis Gasparotto, Mike Koedinger, Guido Kröger, Daniel Schneider et Etienne Velasti (membres).

Tous droits réservés. Toute reproduction, ou traduction, intégrale ou partielle, est strictement interdite sans l’autorisation écrite délivrée au préalable par l’éditeur. © MM Publishing and Media SA. (Luxem­bourg) Maison Moderne ™ is used under licence by MM Publishing and Media SA. Conformément à l’article 66 de la loi du 8 juin 2004 sur la liberté d’expression dans les médias, la présente mention est obligatoire « une fois par an, au premier numéro diffusé ». Nous avons choisi de la publier chaque mois. La société éditrice de Paperjam est détenue indirectement, par une participation excédant 25 %, par Mike Koedinger, éditeur domicilié au Luxembourg. La direction générale et la gestion journalière sont de la responsabilité de Mike Koedinger.


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« Alors, le walking dinner ? » est sans doute la question la plus répandue le lendemain d’un événement d’entreprise.

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Le Luxembourg en chiffres

TABLEAU DE BORD 2.586 km

Population totale (au 1er janvier 2015)

3.094,99

3.083,35

3.034,46

3.006,76

62

258.679 étrangers

3.583,11

3.601,53

3.528,13

3.538,59

3.524,79

2,9 2,2

2

1,9

47

2.970,52

2.904,14

81

63 60

56 55 65 58 62

60

89

90 86

72

70 66 71 69

80

86

88

100

46 %

PIB en volume (évolution en %)

2015

108

2014

3.403,87

2014

3.227,01

2013

54 %

Luxembourgeois

OPC (en milliards d'euros)

Nombre de faillites 120

304.279

562.958

2

38

30

20

25 28

30

40

-0,2

Taux d'inflation (en %)

0

3.000

4.

33

AVRIL 2015 : 5.046

DÉC. 14 : -0,61

0,5

OCT. 2014 : 4.522

JUIN 14 : +0,68

5.000 4.000

15 20

14 20

20 13

12 20

Dette publique (en % du PIB)

1,5

0,5 5

11

Nouvelles immatriculations

6.000

1

20

Ju il . Ao 14 ût Se 14 pt . Oc 14 t. No 14 v. Dé 14 c. Ja 14 n. 1 Fé 5 v. Ma 15 rs Av 15 ril 1 Ma 5 i Ju 15 in Ju 15 il . 15

Ao ût

Ju il .

Ju in

Ma i

Av ril

Fé v. Ma rs

Ao ût Se pt . Oc t. No v. Dé c. Ja n.

0

SOURCES : BARREAU DE LUXEMBOURG, CSSF ET STATEC

Superficie

4

23,2 % (2014) -1,7 % par rapport à 2013

2.000 1.000

Prix moyen au mètre carré (en euros)

il. 1 Ao 4 ût Se 14 pt .1 4 Oc t. 1 No 4 v. 1 Dé 4 c. 14 Ja n. 15 Fé v. 1 Ma 5 rs 1 Av 5 ril 15 Ma i1 5 Ju in 15 Ju il. 15

Autorisations de bâtir BÂTIMENT

T3 2014

T4 2014

T1 2014

939

1.072

6,9 %

471

(en juillet 2015) 7,3 % en juillet 2014

T3 2014

T4 2014

T1 2015

44.317

405.909

Emploi total intérieur en juillet 2015

41,96 % 58,04 %

dont 170.318 travailleurs frontaliers

Emploi du secteur financier au 2e trimestre 2015 (hors assurance)

25.669

emplois dans le secteur bancaire 130 ―

Taux de chômage

1.408

1.958 1.227 504

981 1.098

T2 2014

143 (au 31 août 2015) 150 au 21 août 2014

VOLUME (milliers de m2) 2.872 2.989

T1 2015

Nombre de banques

― Septembre / Octobre 2015

41,99 % 58,01 %

18.648

emplois dans les autres secteurs

SOURCES : STATEC ET CSSF

T2 2014

495

1.280 531

T1 2014

LOGEMENT

2.274

5.308,50

4.350,71

5.571,66

4.437,62

4.916,75

4.344,15

5.311

NEUF

4.276

4.882,05

4.217,73

ANCIEN

Ju

No v. 1 Dé 4 c. 14 Ja n. 15 Fé v. 1 Ma 5 rs 15 Av ril 15 Ma i1 5 Ju in 15 Ju il. 1 Ao 5 ût 15

14

Oc

t.

4 .1

ût Ao

Se

pt

14

0

SOURCES : STATEC ET CSSF

-0,5


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Paperjam1 Septembre/Octobre 2015  

Paperjam1 Septembre/Octobre 2015