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Mars - avril 2014

La Lettre Europe Gard-Lozère Réalisée par

La Maison de l’Europe de Nîmes Centre d’Information Europe Direct Gard-Lozère

et le Mouvement Européen France-Gard Editorial Depuis 1950 notre Europe est un vaste chantier. Comme pour tous les très grands monuments, il faudra plusieurs décennies pour le terminer. Des ailes sont quasiment finies comme les politiques communes commerciale et agricole, même si des malfaçons restent à corriger. Un bâtiment a été construit un peu vite (l’euro), sans s’assurer que les fondations étaient assez solides: il a fallu renforcer les murs en urgence. D’autres sont encore en chantier (la politique étrangère commune) mais les copropriétaires manquent d’enthousiasme pour poursuivre les travaux. Quelques ailes sont toujours en projet (la défense commune) et les copropriétaires n’arrivent pas à se décider à poser la 1ère pierre. Le chantier donne une impression d’ensemble mitigée : certaines zones bruissent d’activité, d’autres semblent à l’arrêt. Nous sommes passés de 6 à 28 copropriétaires et il devient plus difficile de se mettre d’accord car il y a des intérêts divergents. Les réunions sont parfois animées, souvent décevantes: beaucoup de déclarations de bonnes intentions ne sont pas suivies d’effets. Le syndic de gestion a du mal à piloter ce grand ensemble. Ainsi va la vie mouvementée d’une grande copropriété en construction! Certains tirent de ces difficultés une conclusion radicale : il faut tout abandonner et reprendre chacun ses billes. Pour faire quoi ? Se retirer dans son « Sam' suffit » derrière des murs gardés par un chien méchant ? Vivre calfeutré, considérant chaque passant comme un cambrioleur en puissance ? En imaginant que l’on peut résoudre seul ses problèmes, sans les autres et même contre les autres ? En faisant croire que l’on résoudra nos difficultés financières en imprimant des billets de Monopoly dans notre cave ? Si nous le faisions, que penseraient nos descendants de ces ancêtres qui auraient renoncé à tout projet commun, laissant à l’abandon un édifice qui, s’il avait été achevé, aurait fait l’admiration du monde ? Ces aïeux qui seraient retournés à la défense hargneuse de leurs petits intérêts immédiats, à leurs querelles nationalistes, à la recherche de boucs émissaires de leurs difficultés ? L’Europe est certes imparfaite, inachevée, parfois bancale mais regardons d’où nous venons. 2 000 ans de rivalités et de guerres ont laissé la place à 60 ans de coopération, d’échanges, de chantiers communs et de réussites. Les querelles de voisinage se règlent devant une cour de justice et non plus sur les champs de bataille. Voulons-nous retourner vers ce passé sanglant ? Non ! Poursuivons le chantier, changeons les équipes s’il le faut, modifions les plans si nécessaire mais n’abandonnons pas la construction de notre maison commune! Le 25 mai, choisissons une nouvelle équipe qui désignera un nouveau chef de chantier. Votons: un seul tour, après il sera trop tard! Frédéric Bourquin, président de la Maison de l'Europe

SOMMAIRE p. 2-3 : Agenda

Partie I : Les actions des deux associations pp. 3-6 : Nouvelles de notre Centre Europe Direct pp. 6-13 : Nos actions de mobilisation pour les élections européennes de mai 2014. p. 14 : L’université d’automne 2014 du Mouvement Européen France sera à Nîmes !

Partie II : En direct de l’Europe pp. 14-17 : L’Ukraine au bord du gouffre pp. 17-20 : Les sujets économiques pp. 20-22: Au fil de l’actualité européenne p. 23 : La soirée grecque du 15 juin : informations, inscriptions.


AGENDA 26 avril après-midi: En partenariat avec la Maison de l’Europe de Montpellier et le Mouvement Européen Hérault, la Maison de l’Europe de Nîmes et le Mouvement Européen Gard ont organisé à Montpellier, dans la salle des rencontres du nouvel Hôtel de ville, une grande réunion publique au cours de laquelle les têtes de liste dans la circonscription Sud-Ouest de trois des principaux partis engagés dans la compétition électorale européenne ont présenté leur programme et répondu aux questions du public. 5 mai, 18h30. Auditorium de la Maison du Département, 2 rue Guillemette à Nîmes: rencontre-débat avec Daniel Cohn-Bendit, député européen sortant qui ne se représente pas. 6 au 21 mai. A la rencontre des citoyens, avec un camping-car, sur les marchés du Gard et même de la Lozère (Mende). 8 mai: Fête de l'Europe à Bellegarde, au Port de plaisance, de 12h à 18h. 9 mai après-midi: Fête de l'Europe à Nîmes, inauguration de la nouvelle Place de l'Europe , entre l'avenue de la Liberté, la rue Gaston Teissier, la rue du Romarin et le Colisée. 10 mai: Village européen à Bagnols-sur-Cèze avec les Comités de jumelages. 13 mai, de 9h45 à 11h30: Parcours « Présence de la République Tchèque à Nîmes » avec plus de 100 enfants des écoles, du boulevard de Prague au chêne tchèque du Jardin de la Fontaine Jeudi 15 mai: Débat entre les candidats au poste de président de la Commission européenne: Jean-Claude Juncker, luxembourgeois, droite – Guy Verhofstadt, belge, centre – Martin Schulz, allemand, gauche socialiste – Alexis Tsipras, grec, gauche anti-capitaliste – José Bové, français ou Ska Keller, allemande, écologistes (ils sont candidats en tandem). Ce débat (avec traduction bien sûr) sera transmis en direct sur LCP-La Chaîne Parlementaire et sur la plate-forme numérique France TV info de France Télévisions Mardi 20 mai: Débats entre candidats aux élections européennes dans chacune des 7 circonscriptions de France métropolitaine.

Dimanche 25 mai: Elections européennes en France. VOTEZ ET FAITES VOTER !! Vendredi 6 juin, 17h: « Zamenhof, un grand humaniste polonais et européen », par Frédéric Bourquin. Coorganisé par l’association Cévennes-Pologne et le Cercle culturel espérantiste nîmois. Pôle culturel et scientifique Rochebelle, 155 faubourg de Rochebelle, Alès. Entrée libre. 15 juin, 18h: Soirée grecque avec l'association franco-hellénique Les Argonautes, à l'occasion de la fin du semestre de présidence du Conseil de l'UE par la Grèce. Musique et buffet dînatoire grecs, à la Maison Samuel Vincent, 42 boulevard du Sergent Triaire à Nîmes. Le Consul général de Grèce à Marseille sera présent. Sur inscription, prix 10 €: voir l'information page 23. 22 au 29 juin : voyage en Pologne organisé par l'association Cévennes-Pologne à Alès (notre amie MarieThérèse Kwiatkowska-Pétry, cevennespologne@orange.fr et 04-66-52-87-16). Il reste peut-être des places. 28 septembre au 4 octobre: deuxième session de la rencontre de jeunes d'Allemagne – France – Pologne sur « L'avenir de l'énergie électrique en Europe », à Heppenheim, près de Mannheim en Allemagne. La première session était fin septembre- début octobre 2013 à Villeneuve-lez-Avignon.

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Ière partie - Les activités de nos deux associations

Nous reviendrons dans la prochaine Lette Europe, avec des photos, sur le déroulement de cette Semaine de l’Europe, chargée et très variée. Seul le débat du 5 mai, qui ouvrait notre Semaine, est décrit dans le présent numéro.

Les nouvelles du Centre d’information Europe Direct Pendant le premier trimestre de l’année, la Commission européenne invite ses relais officiels d’information à

diverses réunions et formations Europe Direct. Du 15 au 17 mars, Michael Stange a participé à une formation à 3


Bruxelles sur l’utilisation des réseaux sociaux dans la communication autour de l’Europe. Cette formation a été organisée par la Direction Générale Communication de la Commission européenne et était réservée aux Centres d’information Europe Direct. Sur les 100 participants, 9 places ont été attribuées aux CIED français. Les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Google+, etc sont considérés par la Commission européenne comme un outil indispensable pour atteindre les citoyens sur les questions européens. Etant le relais d’information pour les citoyens, les Centres Europe Direct sont encouragés à élargir leur présence et activité sur les réseaux sociaux. Nous avons ainsi amplifié notre communication sur ces réseaux en y annonçant quasi quotidiennement des événements européens et des nouvelles. Au mois de mars, la Maison de l’Europe de Nîmes a dépassé les 700 « amis » sur sa page Facebook et il y a maintenant plus de 100 personnes qui sont abonnées à notre compte Twitter.

brochures avec compartiments de stockage pour mettre en valeur et rendre accessible au grand public tous nos dépliants et brochures sur l’Europe. A l'approche des élections européennes, les citoyens venant nous rendre visite peuvent s’informer et se servir eux-mêmes dans de bonnes conditions.

Le 14 avril, la Représentation de la Commission européenne à Marseille a invité les relais officiels d’information français de la Commission à une journée d’échanges sur l’information européenne. Michael Stange a fait une présentation du programme Erasmus + tout en continuant à approfondir les contacts noués avec les membres de ce réseau. En mars, le Centre d’information Europe Direct GardLozère, hébergé et animé par la Maison de l’Europe de Nîmes, a reçu l'évaluation de la Commission Européenne pour 2013, sa première année d’existence: 73 points sur 100 avec un petit commentaire : « Bravo, très dynamique pour un jeune CIED». Cela nous a fait plaisir et nous conforte dans notre décision d’ouvrir nos actions encore davantage au grand public.

Nos actions éducatives et les formations autour de l’Europe :

En 2014, nous avons poursuivi dans ce sens en proposant par exemple en mars et avril à nos adhérents et (en trois occasions) au public des ateliers thématiques autour des élections européennes en mars et avril et en préparant pendant la première quinzaine du mois de mai tout un bouquet d’actions et de manifestations grand public à Nîmes et dans les environs pour sensibiliser les citoyens à la Journée de l’Europe, le 9 mai. Vous trouverez le programme des actions « Journée de l'Europe » dans cette Lettre Europe: voir page 3.

Plusieurs interventions pédagogiques ont été réalisées dans des établissements scolaires à Nîmes, Alès et Rodilhan pendant les mois de mars et avril. Au total, environ 250 scolaires, du primaire au lycée, ont participé à ces activités. En particulier Dorian Agnel, notre dynamique volontaire en Service civique, a rencontré les élèves du lycée Mistral qui ont réalisé la mosaïque européenne maintenant installée sur la nouvelle Place de l’Europe. Il leur a présenté l’histoire de l’intégration européenne et a répondu à leurs questions sur les possibilités de mobilité en Europe. Ayant fabriqué la mosaïque qui représente l’histoire des élargissements européens, les élèves étaient très sensibles à son intervention et ont posé beaucoup de questions.

Cependant, il nous reste encore du chemin à faire pour perfectionner et professionnaliser l’accueil des citoyens au Centre d’information Europe Direct Gard - Lozère. En mars nous avons réorganisé l’accueil à la Maison de l’Europe. Nous avons fait don d'un vieux présentoir à l’association Action Catholique Ouvrière à Nîmes, en installant dans leur local notre premier point d'information décentralisé dans le Gard. En même temps, nous avons acquis un nouveau présentoir de 4


La Maison de l’Europe-CIED Gard-Lozère a réalisé plusieurs formations et conférences européennes auprès de publics d'adultes. Dans le cadre de son programme de formation continue, la Direction départementale de la cohésion sociale a fait appel à la Maison de l’Europe de Nîmes pour animer une formation sur la Citoyenneté européenne. Dans la perspective des prochaines élections européennes le 25 mai, Michael Stange a assuré une première formation le 17 avril. 23 personnes venant de différents horizons (Pôle emploi, Centres de loisirs, monde associatif, Communautés de Communes) de tout le département du Gard ont participé à cette demi-journée de sensibilisation aux enjeux européens. Les thèmes abordés étaient :  Comprendre le sens de l’intégration européenne  Comprendre les défis et enjeux de l’Union Européenne au 21e siècle  Se familiariser avec le concept de la citoyenneté européenne  La citoyenneté européenne active : pour qui, pourquoi et comment l’encourager ?

cette école serait intéressée à installer dans ses locaux un Point Europe d'information décentralisée.

Dans le cadre du programme Comenius Regio : Grandir ensemble en Europe - Nîmes-Prague, le 27 mars la Maison de l’Europe a accompagné environs 35 élèves français et tchèques sur le « parcours tchèque » à Nîmes. En effet l’école du Mont Duplan à Nîmes a accueilli pendant 1 semaine ses correspondants praguois. Dans le cadre de cet échange, la Maison de l’Europe a accueilli les élèves à 10h sur l’Esplanade pour partir, munis de questionnaires et de plans de ville, à la découverte de la présence de la République tchèque à Nîmes. A l’arrivée au Jardin de la Fontaine, nous avons

L’école de langue française Millefeuile Provence à St Geniès de Comolas (près de Roquemaure) a également demandé à la Maison de l’Europe des interventions pour présenter le label Centre d’information Europe Direct et pour parler des enjeux des élections européennes. Cette école accueille tout au long de l’année des étrangers venat essentiellement du monde économique et diplomatique pour des cours de français intensifs, en résidentiel dans un cadre très agréable. Pendant les soirées, ils invitent des spécialistes pour parler de différents sujets. Michael Stange a animé deux soirées. Accueillant plusieurs centaines personnes tous les ans,

organisé un petit accueil en corrigeant les questionnaires et distribuant des lots européens à tous les participants.

************ Les personnes qui travaillent à la Maison de l'Europe enfants, la plus jeune ayant 17 ans, elle est très enthousiaste et active. Après quelques demi-journées de mise au courant avec Isabelle, elle a pris les choses en main et a participé avec beaucoup d’engagement à l'après-midi du 9 mai sur la nouvelle place de l'Europe à Nîmes.

Bienvenue à Yannick qui remplace Isabelle au secrétariat Isabelle Brun, qui assurait notre secrétariat depuis la fin de l'été 2013, a souhaité se concentrer sur la préparation de ses examens en comptabilité, dans le cadre du CNAM. Elle a donc demandé à ne pas prolonger son contrat, tout en assurant la transition avec la personne qui la remplacerait. Isabelle a terminé son travail le 30 avril et nous a fait le cadeau d'adhérer à la Maison de l'Europe: nous la reverrons donc avec beaucoup de plaisir. Pour ce remplacement, que nous voulions en Contrat d'Accompagnement dans l'Emploi (assorti d'une aide publique importante) nous sommes passés par Pôle Emploi qui en quelques jours nous a fait parvenir des CV dont la plupart étaient tout à fait appropriés. Notre choix s'est porté sur Mme Yannick Barrachet, qui habite Alès et sera à la Maison de l'Europe tous les après-midi. Originaire de Grenoble, maman de quatre

Adriana se présente elle-même Je m’appelle Adriana Handrich et de début mars à fin juin je suis stagiaire à la Maison de l’Europe de Nîmes dans le cadre du programme européen ERASMUS Placement. Je profite de cette publication de la Lettre Europe pour me présenter « officiellement » à tous. J’ai 23 ans, je suis d’origine polonaise mais j’ai grandi en Allemagne où je fais des études de langues étrangères (français et italien), ainsi que de sociologie. Presque arrivée à la fin de mes études, j’ai souhaité venir en France afin de perfectionner ma connaissance de la 5


langue française et aussi de prendre du temps pour réfléchir à mon avenir après l’obtention de mon diplôme. Que vais-je faire et dans quel domaine voudrais-je travailler ? C’est pourquoi je suis contente d’être intégrée pour quelques mois à la Maison de l’Europe de Nîmes grâce à ce programme européen pour les stages à l’étranger pour les étudiants, avec lequel j’ai la possibilité d’obtenir une expérience dans le monde du travail. De plus ce stage correspond très bien à mes matières principales et je suis arrivée dans le sud de la France, avec la chaleur et le bord de mer ! Tout ce qu’il faut pour être heureux ! A part cela, je travaille bien sûr et j’ai deux « missions » principales : l’organisation de la fête de l’Europe à Nîmes le 9 mai et la préparation du projet de rencontre trinationale 2014 (Allemagne – France – Pologne) sur l’Avenir énergétique en Europe. C’est un projet fait pour moi parce que je parle ces trois langues et que c’est un

plaisir de le présenter aux jeunes Nîmois, comme lors de l’intervention que j’ai faite à l’université de Nîmes le 15 avril auprès d’étudiants en Master Environnement et Risques, spécialité Risque Nucléaire. En plus j'avais participé à la première rencontre à l'automne 2013, à Villeneuve-lez-Avignon. En ce qui concerne l’organisation du 9 mai, j’ai eu beaucoup de contacts avec les associations volontaires pour participer sur ce qu’elles voudraient présenter ce jour-là. Après un précédent séjour inoubliable et touchant en Erasmus pour des études en Italie, j’espère qu’ici à la Maison de l’Europe j’apprendrai beaucoup et que peutêtre cela me permettra de me faire une idée sur les activités professionnelles vers lesquelles j’aimerais me diriger. Cordialement. Adriana Handrich

NOS ACTIONS DE MOBILISATION POUR LES ELECTIONS EUROPEENNES

Le 25 mai, un seul jour, un seul tour ! Le 17 avril, Michael Stange a également été invité par Radio-Ecclesia pour présenter les actions de la Semaine de l’Europe de la Maison de l’Europe et du CIED GardLozère. Et le 7 mai c’est Radio Nostalgie qui diffusé une interview de Michael sur le rôle du Parlement Européen et les élections européennes.

Nos actions dans les médias Afin de sensibiliser les citoyens aux Elections européennes, les Centres d’informations Europe Direct ont été sollicités par le Parlement européen et la Commission pour réaliser avant le 15 avril, début de la campagne officielle, plusieurs interventions dans les médias locaux et régionaux. Notre Centre d’information Gard-Lozère a privilégié les radios pour animer des émissions et reportages sur le Parlement européen et des sujets européens d’actualité. Radio Alliance + a enregistré et diffusé trois émissions d’une demi-heure chacune sur l’histoire et les pouvoirs du Parlement européen et sur les enjeux des élections à venir. France Bleu Gard-Lozère et Radio Sommières ont favorisé l’approche jeunesse en invitant Dorian Agnel, notre volontaire en Service civique et ancien volontaire européen (SVE) et Adriana Handrich, actuelle stagiaire Erasmus, pour animer des émissions sur la mobilité européenne et le rôle du Parlement européen dans l’aboutissement des directives qui permettent aujourd’hui à la jeunesse de bénéficier de formations et études dans n’importe quel pays européen. Toutes ces émissions peuvent être écoutées sur le site Internet récemment rénové de la Maison de l’Europe,

Nous avons eu plus de difficultés à mobiliser la presse écrite, malgré plusieurs propositions. Midi Libre a publié un article au mois de mars sur une action pédagogique autour du Parlement européen au lycée agricole Marie Durand à Rodilhan. La Gazette de Nîmes a publié des articles sur les élections européennes. Des « web-journaux », diffusés uniquement sur Internet et payés en grande partie par la publicité, se développent à Nîmes comme ailleurs. C'est ainsi qu'Objectif Gard (objectifgard.com) a publié une longue interview de Michael Stange et un reportage sur notre camping car aux couleurs de l'Europe.

LES ATELIERS THEMATIQUES DE LA MAISON DE L’EUROPE A l’approche des élections européennes, nous, membres de la Maison de l’Europe de Nîmes ou du Mouvement Européen du Gard, avons éprouvé le besoin de parfaire

www.maison-europe-nimes.eu 6


notre connaissance des principaux sujets qui allaient être abordés lors de cette campagne. Il nous fallait pouvoir répondre aux critiques dont l’Union européenne est souvent l’objet. Ces débats ont été préparés et animés soit par des membres de nos deux associations, soit par des intervenants extérieurs dont la compétence apportait un éclairage particulier ou plus exhaustif. Dans ce dernier cas, les débats ont été ouverts aux non-membres et ont pris la forme « d’apéritifs européens ». Voici les sujets qui ont été abordés :  Le 4 mars : A quoi sert le Parlement européen ? Par Michael Stange (Maison de l’Europe).  Le 11 mars : Faut-il rétablir les frontières nationales ? Par Frédéric Bourquin (Maison de l’Europe).  Le 21 mars : Faut-il quitter l’Union européenne ? Par Jean-Jacques Smedts (Maison de l’Europe).  Le 27 mars : Faut-il abandonner l’euro ? Par Nicolas Rességuier (Directeur de la Banque de France pour le Gard).  Le 8 avril : L’Europe sociale existe-t-elle ? Par Jean-Luc Bernet (Président du MEF 30).  Le 22 avril : Avec quels pays approfondir l’Europe ? Par Jean Matouk (économiste, ancien professeur d’université) La qualité, l'intensité et la convivialité des échanges avec les participants ont été soulignés par tous les intervenants même si l’on doit regretter que nos adhérents ne soient pas venus en plus grand nombre.

nous avons entamé une tournée des marchés des principales villes du Gard et même de Mende, à la rencontre des habitants. Notre objectif est double :  rappeler que le 25 mai, jour des élections européennes, est un jour important pour nos concitoyens: il faut voter, un seul tour!  répondre aux questions sur l’Europe. A chaque fois, une équipe de 3 personnes au minimum (membres de la Maison de l’Europe de Nîmes et du MEF30) va s’installer pour la matinée au plus près d’un marché. Nous allons dans les allées du marché pour distribuer de la documentation; une partie de l'équipe reste dans le véhicule pour répondre aux questions, proposer de voir une exposition sur le Parlement européen, des films sur l’Europe, éventuellement offrir un café. Evidemment, nous sommes tenus à la plus

grande neutralité vis-à-vis des différents partis et candidats car notre objectif n’est pas de parler de leurs programmes mais de l’Europe.

PARLONS D’EUROPE : NOTRE PRÉSENCE SUR LES MARCHÉS

Le 5 mai 2014, conférence-débat à Nîmes avec Daniel Cohn-Bendit « Parlement Européen: la démocratie avance! »

Avec un camping-car ou en bon français autocaravane 1,

Le 5 mai à 18h30 Daniel Cohn-Bendit, député européen depuis 1994 mais qui ne se représente pas le 25 mai, est venu à Nîmes pour cette conférence-débat organisée par la Maison de l'Europe de Nîmes et le Mouvement Européen France – Gard. Deux candidats aux élections européennes étaient présents dans la salle (l'auditorium de la Maison du Département, confortable et très bien équipé) et ont pu répondre à certaines questions du public: José Bové, tête de liste Europe Ecologie Les Verts pour le Sud-Ouest et Chloé Filot, qui est sur la liste PS-PRG pour le Sud Ouest. José Bové est en plus (conjointement avec l'Allemande Ska Keller) le candidat du groupe Europe Ecologie pour le poste de président de la Commission

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Le terme anglais est motor-home ; camping-car est du franglais uniquement utilisé en France !

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Européenne: pour la première fois, le choix de ce président sera fait en fonction du résultat des élections européennes. La salle, 240 places, était pleine et des personnes ont même dû rester debout. Avec Daniel Cohn-Bendit, pas besoin d'animateur, il le fait très bien lui-même! Jean-Luc Bernet s'était chargé de veiller à l'horaire et de répartir la parole à la salle au moment des questions.

travail des députés européens est important, et que France Télévisions ne retransmette pas le débat européen du 15 mai entre candidats au poste de Président de la Commission et préfère organiser des débats entre candidats français aux élections européennes: c'est une forme de repli sur le national. On accole souvent le mot « bureaucratique » à l'Union européenne: ouvrons les yeux, tous les étages de tous les États membres sont bureaucratiques!

Pour Daniel Cohn-Bendit l'Union européenne est un miracle : désormais les conflits entre Etats européens ne se règlent plus dans le sang mais par un débat au Parlement européen. La paix n'est pas une valeur de grand'papa, les Balkans occidentaux et l'Ukraine ne sont pas loin de nous!

Le repli national sur des frontières rétablies entre la France et ses voisins est un mirage! Concernant l'euro, qui a permis un niveau très bas des taux d'emprunt depuis plusieurs années (un gain direct pour tous les emprunteurs), Daniel Cohn-Bendit est favorable, pour un contrôle démocratique sur l'euro, à créer un sous-ensemble du Parlement européen pour les Etats de la zone €, en attendant que tous les Etats membres aient l'€ comme monnaie. Aujourd'hui il n'est pas normal que le Royaume-Uni participe aux décisions sur l'euro en le refusant comme monnaie.

Daniel Cohn-Bendit est favorable à des Etats-Unis d'Europe, avec un budget européen porté de 1 % du PIB (actuellement) à 5 % du PIB (à titre de comparaison le budget fédéral des USA est de plus de 25 % de leur PIB). Comment financer ce budget? D'abord par des réductions de dépenses faites aujourd'hui par les Etats membres. Deux exemples:  le total des armées des Etats membres est 1, 8 million de militaires, une armée européenne commune serait très efficace avec un effectif de 300 000!  pourquoi y a-t-il 28 ambassades des Etats membres à Kuala Lumpur (pour ne citer qu'un pays tiers...)? Ensuite par des impôts ou taxes européens: TTF (taxe sur les transactions financières), taxe sur les messages par téléphone mobile, affecter au budget européen les deux premiers points de TVA, ... et plus du tout par une contribution des Etats membres. Il souhaite que le Parlement européen ne soit plus composé entièrement de députés élus chacun dans un Etat membre, mais qu'il y ait un certain nombre de députés élus sur des listes européennes communes à tous les États membres: par exemple 500 députés « nationaux » et 251 députés de listes européennes. Il propose aussi que le Président de la Commission européenne soit élu au suffrage universel. Il est en faveur d'un grand développement de la mobilité européenne: il souhaiterait que la mobilité européenne concerne 2 millions de personnes par an et que la citoyenneté européenne s'acquière directement et pas par l'intermédiaire obligatoire de la citoyenneté d'un Etat membre.

On parle beaucoup des lobbies: il y a 15 000 lobbyistes à Bruxelles: 70 % pour les entreprises, 20 % pour les associations, 10 % pour les Etats. Pourquoi autant de lobbyistes à Bruxelles ? Parce que le pouvoir est là et plus dans les capitales des Etats membres! Les accords bi-latéraux, comme l'accord actuellement en négociation de libre échange entre USA et UE: attention dit Daniel Cohn-Bendit, libre échange signifie acceptation des normes de l'autre partie: OGM, volailles lavées au chlore, etc. Certains courants d'opinion veulent relocaliser les normes (normes par Etats membres ou même, par régions). Daniel Cohn-Bendit y est opposé: si on régionalisait les normes sur la qualité de l'eau, il est probable que les normes bretonnes seraient nettement plus laxistes qu'aujourd'hui et il n'y aurait aucun progrès. Daniel Cohn-Bendit a fait quatre mandats de député européen: deux en ayant été élu en Allemagne, deux en ayant été élu en France. Pour lui il n'y a pas eu de différence entre ces deux origines d’élection: il a constamment pris en compte et défendu l'intérêt général européen. Son « pronostic » est qu'aucun des groupes politiques du Parlement européen n'obtiendra une majorité suffisante pour s'imposer et qu'il faudra faire une coalition et même probablement une « grande coalition » droitegauche (comme c'est le cas aujourd'hui en Allemagne).

A propos d’ALSTOM il préfèrerait que ce soit l’occasion de créer un poids lourd européen des équipements d’énergie et de transports ferroviaires avec Siemens plutôt que de voir une partie d’ALSTOM reprise par General Electric. Il regrette que souvent en France être député européen soit considéré comme un lot de consolation, alors que le

Voir sur notre site l'intégralité de l'intervention de Daniel Cohn-Bendit : www.maison-europe-nimes.eu Jean-Jacques Smedts

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Le débat grand public du 26 avril à Montpellier: Comment rapprocher l'Europe des citoyens? L'Europe sociale: une réalité, un projet Les Mouvements Européens Gard et Hérault et les Maisons de l'Europe de Montpellier et de Nîmes ont mis sur pied ensemble un grand débat public qui s'est tenu le 26 avril (4 semaines avant les élections européennes) à partir de 14h30, à Montpellier, dans la Salle des rencontres du nouvel Hôtel de ville. Ce débat réunissait les têtes des listes principales de la circonscription Sud-Ouest pour les élections européennes du 25 mai. Les listes dont le programme est que la France quitte l'Union européenne n'avaient pas été invitées: des partis politiques allant de la droite à la gauche sont membres de la direction du Mouvement Européen France au niveau national, et ce sont les têtes de listes de ces partis qui avaient été invitées: (par ordre alphabétique) José Bové (liste Europe Ecologie Les Verts)

– Franck Proust (liste UMP: il n'est pas tête liste mais n° 2 et Michèle Alliot-Marie était retenue par d'autres obligations) - Robert Rochefort (liste UDI-MoDem) – Virginie Rozière (liste PS-PRG). Malheureusement Franck Proust a eu un empêchement imprévu et n'a pas pu participer à ce débat, animé par Sophie Vaneecke, journaliste à Nîmes et vice-présidente de la section France de l'Association des Journalistes Européens. Ce débat a réuni 250 personnes qui ont posé de nombreuses questions aux candidats sur leurs programmes pour les 5 années à venir du Parlement européen.

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peuvent rejeter le budget en bloc. [pouvoir budgétaire]  Ils posent des questions écrites et orales à la Commission et au Conseil des ministres de l’UE Ils peuvent renverser la Commission européenne. Ils mettent en place des commissions d’enquêtes pour vérifier la bonne application des règles de l’Union Européenne [pouvoir de contrôle]  Ils élisent le Médiateur européen, chargé d’examiner les plaintes des citoyens vis-à-vis des institutions et administrations européennes.

A SAVOIR POUR CES ELECTIONS Qui élit-on ? Les députés européens qui représentent les peuples des 28 Etats de l’Union européenne au Parlement européen. Chaque État élit un nombre de députés calculé en fonction de sa population : 74 pour la France.

Comment ? Au suffrage universel direct, scrutin proportionnel, ce qui permet aux partis minoritaires d’espérer avoir un ou plusieurs députés. Il y a un seul tour. Chaque parti politique peut proposer une liste dans chacune ou dans certaines des circonscriptions correspondant à ce vote, le nombre d'élus qu'il obtiendra dans chaque circonscription sera proportionnel à la part des voix que sa liste aura obtenue dans cette circonscription. Les listes comportent alternativement une femme et un homme ou vice-versa.

Quels sont les partis représentés au Parlement européen ? Toutes les sensibilités politiques sont représentées, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Les sept groupes politiques européens présents actuellement au Parlement européen sont les suivants (entre parenthèses, les partis français qui sont membres de ces groupes):  Parti populaire européen - PPE (UMP, Nouveau centre).  Alliance progressiste des socialistes et démocrates - S & D (PS)  Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe - ALDE (Modem, Avenir démocrate, Parti radical)  Verts/Alliance libre européenne - Verts/ALE (Europe Ecologie Les Verts, Régions et peuples solidaires)  Conservateurs et réformistes européens - CRE (pas de parti français affilié)  Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique - GUE/NGL (Parti communiste, Parti de gauche).  Europe des libertés et de la démocratie - ELD (Mouvement pour la France)

Pour quelle durée ? Pour cinq ans Qui peut voter ? Tous les citoyens européens inscrits sur les listes électorales

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A quoi servent les députés européens?  Ils étudient et, après y avoir souvent apporté des modifications, votent les « lois européennes » (appelées directives ou règlements) et les dépenses de l’UE. [pouvoir législatif]  Ils voteront l’investiture du président et des commissaires de la future Commission européenne, qui se mettront au travail après ces élections.  Ils partagent le pouvoir budgétaire avec le Conseil des ministres de l'Union européenne (qui représente les gouvernements des Etats membres de l'UE). C’est le Parlement qui arrête le budget définitif de l’Union européenne et les députés 9


Certains députés ne sont pas inscrits à un groupe politique. Pour créer un groupe politique au Parlement européen, et avoir ainsi une plus grande influence sur les textes présentés au vote, il faut au moins 25 députés élus dans au moins 7 des 28 Etats membres.

- José Bové, en tandem avec l’allemande Ska Keller, pour le groupe Verts/ALE - Alexis Tsipras (grec) pour le groupe GUE/NGL

Sites Internet utiles : - du Parlement européen pour les élections 2014 : elections2014.eu/fr - de la Fondation Robert Schuman : electionseuropeennes.robert-schuman.eu/

Pourquoi ces élections sont-elles particulièrement importantes ? En 2014, pour la première fois les chefs d'Etat ou de gouvernement, réunis en Conseil européen, proposeront au Parlement européen un candidat à la fonction de Président de la Commission en tenant compte impérativement du résultat de l'élection européenne. Ce candidat sera élu par le Parlement européen mais s’il ne recueille pas la majorité, le Conseil européen devra proposer un nouveau candidat. Cette élection est plus transparente que les précédentes et chacun des grands groupes politiques européens sera incarné par un visage dans la campagne électorale. En effet cinq des sept groupes politiques européens ont désigné leur tête de liste européenne, qui sera leur candidat au poste de président de la Commission européenne. Ces candidats sont : - Jean-Claude Juncker (luxembourgeois, qui a longtemps été président du groupe des pays de la zone Euro et premier ministre du Luxembourg) pour le groupe PPE - Martin Schulz (allemand, actuellement président du Parlement européen) pour le groupe S&D - Guy Verhofstadt (ancien premier belge) pour le groupe ALDE

Les nombres sont ceux des députés à élire dans chaque circonscription.

LE CHOIX DU FUTUR PRÉSIDENT DE LA COMMISSION EUROPÉENNE président de l'Eurogroupe (ainsi que celui de secrétaire Que dit le traité de Lisbonne ? général de l'OTAN) seront également renouvelés en 2014.

L'article 17 alinéa 7 du Traité de Lisbonne (1ère partie : Traité sur l’Union européenne) stipule : « En tenant compte des élections au Parlement européen, et après avoir procédé aux consultations appropriées, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission. Ce candidat est élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent. Si ce candidat ne recueille pas la majorité, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose, dans un délai d'un mois, un nouveau candidat, qui est élu par le Parlement européen selon la même procédure. Le Conseil, d'un commun accord avec le président élu, adopte la liste des autres personnalités qu'il propose de nommer membres de la Commission. Le choix de cellesci s'effectue, sur la base des suggestions faites par les États membres, conformément aux critères …»

Source :Traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 (les mentions en gras ont été ajoutées par l’auteur de l’article)

Le calendrier après les élections :  22-25 mai 2014 : élections européennes dans les 28 États membres  26 mai 2014 : lancement des réunions informelles sur la formation des groupes parlementaires  27 mai 2014 : réunion informelle du Conseil européen en vue de discuter des résultats électoraux et du processus de négociation pour choisir le président pressenti de la Commission européenne  26-27 juin 2014 : lors d'une réunion du Conseil européen, choix du président de la Commission qui sera proposé au vote du Parlement européen  1-3 juillet 2014 : séance plénière du Parlement européen nouvellement constitué

A noter: le poste de haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, ceux de président du Parlement européen et de 10


 14-17 juillet 2014 : au cours de sa 2ème séance plénière le Parlement vote sur la nomination du président de la Commission par le Conseil européen  Été 2014 : le nouveau président de la Commission propose la composition de son équipe, les futurs commissaires feront l'objet d'auditions individuelles au Parlement en septembre

 Oct. 2014 : le Parlement européen devrait confirmer la composition de la nouvelle Commission  1er nov. 2014 : date butoir pour l'entrée en fonction de la nouvelle Commission.

Frédéric Bourquin Source : Euractiv

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Les listes pour les élections européennes dans notre circonscription Sud-Ouest Depuis plusieurs années l'euro a réduit l'inflation à moins de 2 %... mais l'inflation reparaît de façon inattendue dans le nombre de listes (25 !!) qui se présentent dans notre circonscription Sud-Ouest (de Nîmes à Bordeaux). Le 25 mai, 10 députés européens seront élus dans cette circonscription, à la proportionnelle (donc un seul tour, ne l'oubliez pas!). La réglementation impose d'une part une alternance entre femme et homme sur chaque liste, d'autre part que chaque liste comporte 20 noms (2 fois le nombre de députés européens à élire). Cela semble contraignant, mais n'empêche pas que 25 listes se présentent à vos suffrages. On voudrait tourner en ridicule ces élections extrêmement importantes qu'on ne s'y prendrait pas autrement. L'enveloppe que vous recevrez avec les programmes et les bulletins de vote sera épaisse! Les élections européennes seraient-elles devenues le dernier truc à la mode pour faire parler de soi? Cela rappelle un peu les élections présidentielles des années 60 et 70... le sympathique Marcel Barbu, par exemple, parfait inconnu pour l'immense majorité des électeurs, qui voulait simplement trouver une tribune pour parler d'une cause qui lui tenait à coeur! Les règles de parrainage pour les présidentielles ont mis fin à cette prolifération de candidats.

Espéranto. C'est sympathique mais cela ne va guère audelà. Que reste-t-il pour les citoyens qui veulent voter « utile », d'autant plus qu'il faut se décider tout de suite puisqu'il n'y a qu'un seul tour? On retrouve les grandes tendances politiques françaises, de l'extrême gauche (Lutte ouvrière, Programme libertaire, Pour une Europe des travailleurs, Front de gauche) à l'extrême droite (liste Bleu marine) ou au souverainisme (Debout la France, UPR Sud-Ouest). En démocratie toutes les tendances peuvent s'exprimer, mais ces dernières listes ont évidemment l'objectif affiché de détricoter l'Union européenne. Le nombre se réduit si on veut envoyer au Parlement européen des députés européens qui agiront de façon constructive pour l'Union européenne. Citons ces listes dans l'ordre inverse de celui du paragraphe précédent, par souci d'équilibre: la droite modérée (Pour la France, agir en Europe, menée par Michèle Alliot-Marie, le nîmois Franck Proust est n°2 sur cette liste), le centre (UDI Modem, menée par Robert Rochefort), la gauche modérée (Choisir notre Europe, menée par Virginie Rozière, la nîmoise Chloé Filot est n° 7 sur cette liste), les écologistes (Europe écologie, menée par José Bové). Toutes ces tendances sont déjà représentées au Parlement européen où elles font partie de groupes politiques reconnus et actifs. Pour terminer et arriver au total de 25, il faut enfin ajouter des listes minoritaires (de gauche comme Nouvelle Donne) ou de droite, ou encore sans orientation pouvant clairement se rattacher à l'éventail politique habituel (3 listes: Europe citoyenne, dont en France la seule personnalité connue est Corinne Lepage – Nous citoyens – Démocratie réelle).

Vous pouvez trouver les listes complètes pour les élections européennes sur le site Internet du Ministère de l'intérieur: elections.interieur.gouv.fr/ER2014 . Les noms des listes sont parfois très explicites, parfois plus obscurs. Un petit décryptage pour essayer de vous aider à vous y retrouver. Certaines listes mettent en avant une cause régionale (liste Occitanie) ou même très locale (liste basque Euskadi), d'autres une cause sociale (liste Féministes, liste Force vie) ou une cause politique très marginale (liste « antiremplaciste », liste « pour une France royale », liste « SO Pirate ») ou ne pouvant guère mener à une action réelle (liste « Citoyens du vote blanc »... il y a une contradiction interne évidente entre prôner le vote blanc et présenter une liste!). Les têtes de ces listes sont évidemment des inconnu(e)s. Ajoutons des listes à tendance vraiment européenne voire universaliste mais qui ont fort peu de chance d'avoir des élus: liste « Parti fédéraliste européen », liste

Ca y est, le compte est bon, 25... Il est certain que beaucoup de ces listes n'atteindront pas les 3 % des suffrages exprimés nécessaires pour obtenir le remboursement de certains frais de campagne (impression des bulletins de vote et affiches, frais d'affichage). Ce remboursement est limité à 47,5 % du plafond de 1 265 000 € autorisé pour le total des dépenses de campagne. Apparemment cet obstacle financier n'est pas un frein au nombre de listes... Terminons en rappelant que José Bové, notre célèbre moustachu, est (en binôme avec Ska Keller, allemande) 11


candidat pour Europe écologie au poste de Président de la Commission européenne.

Jean-Jacques Smedts

*** Factchecking ( = vérification des faits) : les eurodéputés sont-ils trop payés ? Les ressources des eurodéputés font souvent polémique, des vidéos sur ce sujet «bidonnées» et racoleuses circulent sur Internet: le tournage en soi-disant «caméra cachée» est populaire, mais sous couvert de plus grande authenticité il permet aussi tous les détournements et falsifications ! A l'approche des élections européennes, EurActiv.fr décortique le vrai du faux sur la rémunération de ces élus ultra mobiles. Indemnités, frais de voyages, frais généraux, salaires...les sources de financement des députés européens sont multiples et souvent contestées. Mais après examen, elles s'avèrent plus transparentes que celle du Parlement français. Et grosso modo équivalentes.

voyages. Étant gelées depuis 2012, ces indemnités n’ont pas augmenté sur la période 2012-2014. Le prochain Parlement européen, élu en mai, décidera de maintenir ou pas le gel des indemnités parlementaires. L’indemnité journalière, aussi appelée « indemnité de subsistance », permet de couvrir l’hébergement et les coûts annexes pour chaque jour de présence des eurodéputés au Parlement, en période d’activité parlementaire. Versée sous réserve de la signature d’un registre qui atteste de leur présence, elle est de 304 euros par jour. Et de 152 euros par jour pour les réunions organisées en dehors de l’UE. L’indemnité de frais généraux est quant à elle de 4 299 € par mois, elle couvre les frais de location de bureaux, de téléphone, d’achat d’ordinateurs et d’appareils téléphoniques. Pour les députés qui n’assistent pas à la moitié des séances plénières au cours d’une année parlementaire, elle est réduite de moitié. Enfin, les eurodéputés peuvent se faire rembourser leurs frais de transports, lorsqu’ils participent aux sessions plénières de Strasbourg ou Bruxelles, aux réunions des commissions parlementaires et aux réunions des groupes politiques du Parlement européen. Ce qui entretient la polémique sur le coût du Parlement européen dans la capitale alsacienne. « Ils sont tenus de fournir des preuves de paiements et le remboursement est plafonné pour chaque trajet au tarif correspondant à un billet d’avion en classe affaires, à un billet de train en première classe, ou à 0,50 € par kilomètre en cas d’utilisation d’une voiture », précise le règlement du Parlement.

Combien gagne un eurodéputé ? Depuis juillet 2009, tous les députés du Parlement européen perçoivent la même rémunération. Soit 7 957 € brut, ce qui équivaut à un salaire net de 6 201 €.

Avant l’instauration du statut unique, les eurodéputés étaient payés en fonction des rémunérations des parlementaires nationaux de leur pays, ce qui engendrait de grandes inégalités. Certains comme les Britanniques recevaient des traitements très élevés, d'autres des queues de cerise. Le salaire finalement adopté est plutôt en haut de fourchette par rapport aux 28 pays européens. Seuls les députés britanniques bénéficient d'un traitement plus important. Ce changement de régime, qui est aussi destiné à limiter la tentation de corruption, est apprécié à sa juste valeur à Strasbourg. « L’adoption du statut unique est une bonne chose, car le régime antérieur créait des différences liées au pays d’origine, ce qui n’est pas normal » assure Sylvie Goulard, eurodéputée du MoDem. « Il me paraît normal que les députés européens aient tous le même statut et la même rémunération pour effectuer leur travail parlementaire » précise Corinne Lepage, eurodéputée du mouvement Europe Citoyenne. En plus des 6 201 € mensuels, les eurodéputés reçoivent une indemnité journalière, une indemnité de frais généraux ainsi que les remboursements des frais de

L’enveloppe destinée à payer les assistants parlementaires Pour mener à bien leurs missions parlementaires, les eurodéputés sont secondés par des assistants parlementaires. Les députés disposent d’une enveloppe mensuelle de 21 209 euros pour rémunérer ces

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assistants. Un eurodéputé peut avoir jusqu’à trois assistants parlementaires accrédités. « Un assistant parlementaire accrédité est un assistant travaillant au Parlement européen à Bruxelles, Strasbourg ou Luxembourg2, et bénéficiant d’un contrat de droit européen établi directement avec le Parlement» explique l’administration du Parlement européen. Par exemple, les eurodéputés Corinne Lepage et Sophie Auconie (Union des Démocrates et Indépendants) ont chacune trois assistants parlementaires accrédités. Sylvie Goulard précise avoir trois assistants accrédités à Bruxelles et un assistant parlementaires en France, pour les questions liées à la circonscription.

Total : entre 30 000 et 40 000 euros en fonction de l'activité parlementaire Au total, le coût d'un député européen évolue en fonction de son activité, de sa présence et du nombre de ses trajets. Les députés chypriotes coûtent plus cher que les Français en raison des remboursements de transport par exemple, mais ils fréquentent plus rarement le Parlement à Strasbourg et à Bruxelles. Mais au final, le coût global d'un député européen évolue entre 30 000 et 40 000 euros par mois. En France, l'enveloppe budgétaire d'un parlementaire national est quasiment équivalente. Entre le salaire, quasiment équivalent (7 100 euros bruts) et l'indemnité de frais globale (5 770 euros), auxquels s'ajoutent un crédit ouvert de quasiment 10 000 euros pour rémunérer des collaborateurs, les députés nationaux français coûtent un minimum de 22 000 euros par mois à la collectivité. Un montant auquel il convient d'ajouter la « réserve parlementaire », soit une somme de 13 000 euros par mois et par député, répartie entre partis et circonscription. Des montants qui terminent en subventions à des associations ou en aides diverses dans les départements, mais dont l'attribution est peu transparente. Au final le coût d'un député français est donc d'au moins 35 000 euros. Comme celui d'un eurodéputé.

Difficile de connaître le salaire exact d’un assistant parlementaire européen, toutefois, la députée UMP (Union pour un mouvement populaire), Constance Le Grip indique: « Les assistants parlementaires sont payés en fonction de leur niveau d’études et d’ancienneté, dans une fourchette comprise entre 2700 euros et 3500 euros par mois ». Dans l’ensemble, les eurodéputés interrogés par EurActiv considèrent que les moyens dont ils disposent sont suffisants. «Les listes de vote de plénière, comme les nombreuses interventions, mettent à rude épreuve mes collaborateurs qui vérifient chaque liste de votes. Pourtant je considère que si l’équipe est réellement dédiée à l’activité parlementaire, cette enveloppe est suffisante pour assurer un travail solide. J’ai un regret tout de même sur la faiblesse des moyens des secrétariats de commission qui, s’ils ont des collaborateurs de très grande qualité, ne disposent pas des moyens techniques pour les épauler sur certains sujets. Je pense en particulier à des profils scientifiques dans les deux commissions dans lesquelles je siège » précise Corinne Lepage. Seule Sophie Auconie estime que l'«enveloppe ressources humaines» pourrait être plus large. « Je considère que les moyens «ressources humaines » ne sont pas suffisants compte tenu du travail colossal que représente la publication d'un rapport et plus largement, l'ensemble du travail législatif. En effet, le travail d'investigation et d'information que nous devons faire afin de pouvoir rédiger des amendements en connaissance de cause représente une charge lourde. Si je compare avec les moyens donnés aux parlementaires américains par exemple, ou même à ceux de la Commission européenne et du Conseil de l'UE, nos « partenaires législatifs », les moyens dont disposent les députés européens me paraissent insuffisants » assure l'eurodéputée.

Le «rendement» des élus en question Une étude réalisée par des chercheurs de la London School of Economics aboutit à montrer que la rémunération des députés n'influencerait pas nécessairement leur volume de travail; au contraire, les chercheurs estiment que l'implication des eurodéputés serait dans certains cas inversement proportionnelle à leur rémunération. Le travail parlementaire s'avère très variable d'un député à l'autre au niveau européen (comme au niveau national), mais la production apparente est plus importante au Parlement européen dont le fonctionnement est très transparent. Toutes les interventions, questions, rapports des eurodéputés sont en effet accessibles sur Internet. Enfin les eurodéputés mâchent le travail de leurs collègues, puisqu’entre un tiers des lois (en France) et la moitié (en Pologne) par exemple découlent directement du droit communautaire. Euractiv.fr 26 mars 2014

2 Les réunions plénières sont à Strasbourg, les autres réunions à Bruxelles et le secrétariat du Parlement européen est à Luxembourg.

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CET AUTOMNE LE MOUVEMENT EUROPEEN FRANCE SE RASSEMBLE A NIMES ! Le Mouvement Européen France a confié à notre section du Gard le soin d’accueillir l’université d’automne 2014 du Mouvement. Cet événement aura lieu les 7, 8 et 9 novembre 2014, pour l’essentiel au lycée Daudet grâce à la collaboration de son proviseur, Mme Barbé. La Ville de Nîmes nous a également promis son appui matériel et une collaboration est prévue avec la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Le 8 avril deux personnes du Mouvement Européen France au niveau national sont venues passer une journée à Nîmes et sont reparties avec une très bonne impression des dispositions que nous avons prévues localement. Jean-Luc Bernet

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IIème partie – En direct de l'Europe L’Ukraine au bord du gouffre

Le but de cet article n’est pas de vous donner les dernières informations concernant la situation en Ukraine : il serait déjà périmé dès le dernier mot écrit. C’est le rôle de la radio, des chaînes d’information en continu ou d’Internet. On peut tout au plus résumer la situation en rappelant qu'aux échecs, le jeu roi en Russie, les pions avancent pas à pas mais ne reculent pas : voir le précédent de la Géorgie, depuis août 2008 l'armée russe n'a pas reculé d'un pouce, occupant toujours l'Abkhazie et l'Ossétie du sud. Dans le cas de l'Ukraine, nous éprouvons tous le besoin d’un certain recul par rapport à un flot d’informations non triées, non hiérarchisées et parfois non vérifiées. Revenons à l’histoire qui souvent explique beaucoup de choses. Des suzerains multiples et successifs Au début de notre ère, ce qui correspond à l’Ukraine d’aujourd’hui est peuplée par des nomades, les Scythes, les Sarmates et les Cimmériens. C’est une terre de passage qui voit déferler successivement des Goths et des Huns qui ne se fixent pas. A la fin du IXe siècle, les Varègues (Viking orientaux, ancêtres des Russes), venus de Scandinavie, s’installent dans la région de Kiev et y fondent un empire qui s’étend de la Baltique à la Mer Noire. 14


Au XIIIe siècle, le royaume de Kiev est anéanti par les Tatars (ou Mongols). Les Lituaniens et les Polonais combattent les Tatars ; la Lituanie leur prend Kiev et l’Ouest tandis que la Pologne met la main sur la Galicie (la partie ukrainienne de la Galicie est la région de Lvov, Lviv en ukrainien). Au XIVe siècle, les Tatars dominent le Sud et l’Est de l’Ukraine, le royaume de Pologne et de Lituanie (Union des deux peuples en 1386) contrôle l’Ouest et le Centre tandis que la Hongrie accapare une petite partie de l’Ouest. Entrée en scène des Russes Au XVe et XVIe siècles, les Russes contrôlent la partie septentrionale de l’Ukraine, les Cosaques (Ruthènes orthodoxes refusant la domination de la Pologne catholique) la partie orientale, les Turcs le littoral de la Mer Noire et la Crimée, les Polonais la partie occidentale. Au XVIIe siècle, les Russes s’emparent de la majorité de l’Ukraine et vassalisent les Cosaques. Seuls la Crimée et les bords de la Mer Noire restent turcs. Au XVIIIe siècle, lors des partages de la Pologne par la Prusse, l’Autriche et la Russie, la Galicie et la Bucovine sont transférées à l’Autriche, la Ruthénie subcarpatique (au-delà des Carpates) reste à la Hongrie (possession de la Maison d’Autriche) et la Crimée et Odessa tombent entre les mains de la Russie. Les Turcs gardent une partie du littoral ukrainien de la Mer Noire. Au XIXe siècle, la Russie s’empare de ce qui reste des possessions turques au bord de la Mer Noire ainsi que de la Moldavie. L’Ukraine est, certes, développée économiquement par la Russie mais cette dernière impose une russification brutale : interdiction de la langue ukrainienne, rattachement autoritaire de l’Eglise uniate (catholiques mais de rite orthodoxe) à l’Eglise orthodoxe russe. Dans la partie rattachée à l’Empire austro-hongrois, l’Eglise uniate est respectée puisque reconnaissant Rome, et des foyers intellectuels et culturels en langue ukrainienne se développent. Ils donnent naissance au nationalisme ukrainien. De 1853 à 1856, les Français, alliés aux Britanniques et aux Turcs, affrontent les Russes pour limiter leurs tentatives de dépeçage de l’Empire ottoman. La guerre de Crimée est la première guerre moderne utilisant les nouveaux moyens techniques (télégraphe, bateaux à vapeur). Mais la Crimée reste russe et abrite à Sébastopol une partie importante de sa flotte.

paix séparée à Brest-Litovsk avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie.  les bolcheviks fondent (25 décembre 1917) une république soviétique d’Ukraine à Kharkov, dans l’Est.  les nationalistes de Galicie établissent (9 novembre 1918) une République d’Ukraine occidentale à Lemberg (Lvov). Une guerre oppose les armées polonaise, bolchevique, russe blanche (partisans de l’ancien Tsar), nationaliste ukrainienne avec intervention des franco-britanniques. Une série de traités tentent de régler la liquidation de l’Empire austro-hongrois (Traité de St Germain, 10 septembre 1919 et de Trianon, 4 juin 1920) : la Bucovine est cédée à la Roumanie, la Ruthénie subcarpatique à la toute nouvelle Tchécoslovaquie et la Galicie à la Pologne. L’inclusion dans l’URSS Les bolcheviks prennent le dessus sur les nationalistes et la République soviétique d’Ukraine est intégrée (30 décembre 1922) à l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). La capitale de l’Ukraine est installée à Kharkov (elle sera transférée à Kiev en 1934). L’Ukraine est durement touchée par la politique stalinienne qui cherche à décimer la paysannerie et à briser le nationalisme ukrainien : une terrible famine (l’Holodomor) tue plusieurs millions de personnes (entre 2,5 et 5 millions, selon les estimations), des déportations et des purges frappent les Ukrainiens. La Seconde guerre mondiale Le déclenchement de la Seconde guerre mondiale rebat les cartes et l’URSS (dans le cadre du pacte germanosoviétique) en profite pour « faire son marché » au détriment de la Pologne et de la Roumanie. Mais l’Allemagne, suivie par la Hongrie et la Roumanie, se retourne contre l’URSS (juin 1941) et envahit l’Ukraine. Certains Ukrainiens, par anticommunisme ou par nationalisme, se rangent aux côtés des Allemands ; jusqu’en 1954, ils luttent les armes à la main contre le pouvoir soviétique. La Seconde guerre mondiale laisse 8 millions de morts en Ukraine L’agrandissement de l’Ukraine soviétique L’effondrement de l’Allemagne nazie redistribue de nouveau les cartes. Sont attribuées à l’Ukraine soviétique :  la Ruthénie subcarpatique, arrachée à la Tchécoslovaquie.  La Galicie orientale au détriment de la Pologne.  La Bucovine détachée de la Roumanie. Curieusement, pour équilibrer les sièges attribués à des Etats de l’ouest de l’Europe, la République soviétique d’Ukraine, pourtant incorporée à l’URSS, obtient un siège à l’ONU.

La première indépendance La Première guerre mondiale voit s’affronter des Ukrainiens incorporés dans l’armée austro-hongroise et ceux enrôlés dans l’armée russe. La révolution de 1917 a des conséquences en Ukraine :  les nationalistes ukrainiens proclament (20 novembre 1917) une république nationale d’Ukraine à Kiev et signent (9 février 1918) une 15


De 1945 à 1990, une politique de russification est menée, d’une manière plus ou moins brutale selon les humeurs des maîtres du Kremlin. Les Tatars de Crimée, accusés d’avoir collaboré avec les Allemands, sont déportés ; ils ne reviendront en Crimée qu’après l’indépendance. Le 25 février 1954, pour marquer le 300e anniversaire de la réunion de l’Ukraine à la Russie, cette dernière cède la Crimée à l'Ukraine.

2005 mais elle est vite remplacée: en 2006, Viktor Ianoukovytch redevient premier ministre et cohabite avec son rival de l’élection de 2004, le président Viktor Iouchtchenko. Suite à une dissolution contestée du Parlement, des élections sont organisées en septembre 2007 et donnent la victoire au Parti des régions de Viktor Ianoukovytch mais le parti Notre Ukraine et celui de Ioulia Tymochenko font alliance et cette dernière redevient premier ministre. Malgré des tensions liées à une réforme constitutionnelle visant à réduire les pouvoirs du Président au profit du premier ministre, elle arrive à se maintenir au pouvoir grâce à une coalition. En octobre 2008, le Parlement (Rada) est dissous mais l’élection est reportée à une date indéterminée. En janvier 2010, de nouvelles élections présidentielles sont remportées par Viktor Ianoukovytch contre Ioulia Tymochenko.

La seconde indépendance Suite à la proclamation (juin 1990) de la souveraineté de la Russie vis-à-vis de l’URSS, l‘Ukraine fait de même le 16 juillet 1990. Elle proclame son indépendance le 24 août 1991 et adhère le 21 décembre 1991 à la Communauté des Etats indépendants (CEI), sorte de confédération aux liens très lâches fondée sur les décombres de l’URSS.

Le pays dans la centrifugeuse En novembre 2013, l’Ukraine, sous la pression de la Russie, renonce à signer un accord d’association avec l’Union européenne et décide de relancer le dialogue avec Moscou. Cela provoque des manifestations sanglantes à Kiev, notamment sur la place Maïdan. Le 22 février 2014, Viktor Ianoukovytch s’enfuit dans l’est de l’Ukraine qui lui est favorable puis, après sa destitution par le Parlement, en Russie. Le 11 mars, le Conseil suprême de Crimée proclame l’indépendance de la république autonome puis le 16 mars, le rattachement à la Russie est demandé par référendum. Certaines parties de l’Est font sécession avec l’aide de la Russie. Une élection présidentielle devrait avoir lieu le 25 mai. Ce sera, décidément, une date importante pour l’Europe !

En Crimée, un « parlement » proclame unilatéralement l’indépendance de la province (29 avril 1992); une intervention de l'armée ukrainienne y met fin, mais la Crimée obtient (2 novembre 1995) le statut de république autonome au sein de l’Ukraine. Le 5 décembre 1994, l’Ukraine entérine le transfert à la Russie de l’arsenal nucléaire soviétique, contre la garantie de son intégrité territoriale par cette dernière, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et plus tard la France et la Chine (Mémorandum de Budapest).

Un passé tourmenté, un présent sombre, un avenir incertain Que retenir de cette histoire chaotique :  L’Ukraine n’a été indépendante que de 1917 à 1920 et depuis 1991.  L’Ouest, l’Est et la Crimée ont subi la domination de maîtres très différents qui ont laissé chacun sa marque.  La langue ukrainienne, longtemps interdite par les Russes, reste pratiquée, surtout dans l’Ouest alors que le russe est la langue de l’Est et de la Crimée.  La religion catholique de rite oriental (uniate) est pratiquée dans l’Ouest tandis que la religion orthodoxe imprègne l’Est.  Au moment de l’indépendance (1990), l’Ukraine et la Pologne avaient des populations comparables (46 millions d’Ukrainiens, 39 millions de Polonais) et des PIB par habitant proches (Ukraine 1 569 $, Pologne 1 694 $). En 2011, la Pologne atteint 13 352 $ et l’Ukraine seulement 3 615 $.

L’instabilité politique et la prédation économique Après l’indépendance, la prédation des ressources économiques par les anciens apparatchiks, la corruption, l’absence de réformes économiques obèrent les potentialités de ce pays riche en terres à blé et en charbon. La lutte des clans pour le pouvoir à coup de fraudes électorales engendre une instabilité politique chronique. Un ancien communiste, Leonid Koutchma, devient Premier ministre (1992-1993) puis accède à la présidence de la République (1994-2005, il a été réélu en 1999). Viktor Ianoukovytch, qui est son premier ministre entre 2002 et 2005, gagne les élections présidentielles de 2004 au moyen d’une fraude massive : cela provoque une contestation appelée « révolution orange ». Viktor Iouchtchenko, ancien Premier ministre de 1999 à 2001, devenu chef de l’opposition, est finalement déclaré vainqueur de l’élection et devient Président. Ioulia Tymochenko devient son premier ministre en 16


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La Russie a signé l’accord de Budapest (5 décembre 1994) par lequel elle garantit l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine en contrepartie du renoncement de cette dernière à l’arme atomique. La Russie est membre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et donc du décalogue des accords d’Helsinki (1975). Sur ces dix principes, six méritent d’être rappelés :  Egalité souveraine et respect des droits inhérents à la souveraineté.  Non recours à la menace et à l’emploi de la force.  Inviolabilité des frontières.  Intégrité territoriale des Etats.

Règlement pacifique des différends. Non intervention dans les affaires intérieures des Etats.

Quels scénarii pour l’avenir ? Laissons cela aux politologues mais constatons qu'en Europe personne n’est prêt à risquer la vie d’un seul soldat pour l’Ukraine et que, d’autre part, la Russie est trop dépendante économiquement des pays occidentaux pour se couper d'eux. Quant aux Ukrainiens, le précédent de la Yougoslavie démontre malheureusement que même de nos jours des gens proches, voisins ou parents, peuvent parfois se déchirer avec la pire cruauté. Mais le pire n’est jamais sûr ! Frédéric Bourquin

Les sujets économiques

La mondialisation bouscule les positions acquises, les avantages comparatifs et le modèle même de la construction européenne, ajoutant à la crise économique une série de remises en question cruciales pour l’avenir de l’Europe. Mais la mondialisation met aussi en valeur les atouts considérables de l’Union sur la scène internationale, à charge pour ses responsables de les reconnaître et de les mettre en œuvre.

innover, à maintenir un marché du travail équilibré ainsi que ses différents systèmes de retraites (notamment les systèmes par répartition). Pour sa puissance économique, les chiffres sont éloquents: la part de L’UE dans le commerce international se contracte (16% en 2010 contre 19% en 1999) au profit des économies émergentes. Le spectre de la stagnation et de la récession hante les économies européennes. Pour son énergie l’Europe est dans une dépendance alarmante: elle s'approvisionne à plus de 60% dans les zones les plus instables de la planète (Russie, Moyen-Orient et Afrique), et elle a peu de capacité à influencer politiquement ces régions.

Le processus de globalisation que le monde connaît depuis le début des années 1980 présente de nombreux facteurs allant à l’encontre de la construction européenne.

Le second risque pour l’UE est une marginalisation politique croissante, qu’il s’agisse de la gestion de la sécurité internationale ou de l’écriture des nouvelles règles de la gouvernance mondiale. Cela s’explique, d’une part la faiblesse de son intégration politique l’empêche de constituer un pôle d’influence efficace (elle n’a aucune représentation réelle en tant qu’Union Européenne dans les principales organisations internationales économiques ou politiques à l’exception de l’OMC), d’autre part l’inexistence d’une politique étrangère commune interdit à l’Union de peser sur l’évolution de son environnement géopolitique. Les Européens se sont en effet divisés sur la plupart des dossiers majeurs tels que la position face à l’Iran, les mesures vis-à-vis du régime syrien de Bachar El Assad, le processus de paix israélo-palestinien, la politique à mettre en place concernant la Russie ou encore les révolutions arabes.

L’Union Européenne face à la mondialisation

Le premier risque est l’affaiblissement relatif du poids de l'Europe sur la scène internationale. Même si l’Europe reste la première puissance économique et commerciale, elle subit une érosion systématique de sa prépondérance au niveau mondial. Le rétrécissement est d’abord démographique: le continent européen représentait à la fin du XIXe siècle 22% de la population mondiale, ce que pèse la Chine actuellement alors que l’Europe ne représente plus que 7%. En plus sa population vieillit (en 2015 il y aura plus de décès que de naissances) ce qui pose question sur sa capacité à

Cumulées ces tendances concourent à la crise majeure que traverse l’Europe actuellement. C’est avant tout le modèle européen qui est en crise : ni les citoyens européens ni les partenaires extérieurs de l’Union ne considèrent plus la construction européenne comme 17


une réussite exemplaire. Appauvrissement, récession économique, renforcement des mouvements nationalistes et anti-européens, méfiance voire ressentiment des citoyens vis-à-vis des institutions européennes, fracture Europe du Nord - Europe du Sud de plus en plus marquée, tels sont les éléments qui entachent de plus en plus le processus de construction européenne. Tout cela s’explique en partie par une crise identitaire profonde suite aux élargissements successifs notamment en Europe centrale et orientale. Cette dynamique brouille les frontières de solidarité minimale, le « vouloir vivre ensemble » de Jacques DELORS. Crise identitaire à l’Ouest : se fondre dans un occident globalisé dirigé par les Etats-Unis ou créer un pôle d’identité et d’influence « alternatif »? Crise d’efficacité: l’Europe ne distribue plus les bienfaits que les générations précédentes s’étaient habituées à recevoir. Pire, elle est perçue comme un acteur « ultralibéral » dont les choix sont tenus pour responsables de la situation économique et sociale des classes moyennes. La crise économique a mis en lumière les limites de l'efficacité du fonctionnement de l’Union européenne, ce qui pose la question de la pertinence du Traité de Lisbonne. Crise de projet : « il n'y a plus d'accord entre Européens sur son rôle et sa finalité dans la mondialisation ». Doit-elle se concevoir comme une protection collective contre les dérèglements de la mondialisation ou comme un tremplin pour réussir au sein d’un système économique de plus en plus intégré et globalisé ? Doit-elle subir les règles d’un monde global ou au contraire participer pleinement à son façonnement aux côtés des principaux acteurs de la mondialisation? Le projet européen n’est plus lisible d’où le manque de confiance des citoyens européens. Ces questions centrales pour l’avenir de l’Europe restent pour l’instant sans réponses. Le projet européen a-t-il encore un sens dans un environnement mondial globalisé ? La croissance est-elle encore le seul pivot et horizon inévitable des économies mondiales?

son savoir-faire juridique et politique sont également des atouts centraux qui expliquent le désir de nombreux pays d'adhérer à l’Union européenne, preuve de sa forte attractivité. Troisième atout : son mode de gouvernance. Partage du pouvoir entre ses membres, redistribution des richesses, négociations permanentes et recherche de compromis équitables, telles sont les caractéristiques essentielles définissant le système de gouvernance européen. C’est bien ce modèle qui pourrait influencer l’architecture d’une gouvernance mondiale équilibrée, à condition qu’un réel travail de promotion soit fait par les institutions européennes et les gouvernements des Etats membres. Quatrième atout : son modèle économique et social caractérisé par une régulation politique des échanges mondiaux, par un contrôle renforcé des opérateurs financiers ou encore par des systèmes de protection favorisant la cohésion sociale. Cinquième atout : sa vision de la sécurité internationale, qui repose avant tout sur des principes essentiels qui ont été validés dans les faits par les événements géopolitiques des deux dernières décennies. Ne pas imposer la démocratie par la force, privilégier la voie diplomatique, le dialogue et la négociation pour la prévention et la résolution des conflits, lutter avant tout contre la pauvreté et le terrorisme, facteurs principaux d’insécurité dans le monde: tels sont les principes que défend et applique l’UE. Surtout le grand avantage de l’Union concerne son effet de masse par rapport aux nations prises isolément. Non que les nations soient devenues inutiles, mais en termes d’efficacité collective durable, leur prétention à l’autosuffisance est contredite par les faits (changements climatiques, sécurité internationale, lutte contre le terrorisme).

Faut-il pour autant en conclure à une disparition de l’influence et de la place de l’Union Européenne dans la mondialisation? Non ! Plusieurs éléments et atouts ouvrent des perspectives de progrès pour l’UE. Premier atout : sa puissance économique qui, même si elle s’érode, reste néanmoins prégnante. Avec 19% du PIB mondial l’Europe est toujours la première puissance économique du monde et un marché très supérieur à celui des Etats-Unis et du Japon. Sa part dans les échanges internationaux est de 20%. L’Europe reste donc toujours à l’heure actuelle un acteur majeur du commerce international. C’est aussi une grande zone de stabilité démocratique (28 pays). Deuxième atout : son pouvoir d’attraction sur le plan monétaire puisque l’euro est considéré comme la deuxième monnaie de réserve au monde. Sa culture et

A partir de ces atouts, comment relancer le projet européen ? Il est essentiel de sortir du modèle d’avant crise et notamment des critères de Maastricht et du pacte budgétaire qui empêche d’envisager une sortie de crise à court terme du fait de politiques d’austérité déconnectées des réalités économiques de chacun des pays. Il faut donc réintroduire dans le débat le thème du fédéralisme doublé d’une solidarité de fait entre les différents membres de l’Union. Il faut que l’Europe 18


s’engage dans un processus d’intégration plus poussé en matière économique et monétaire. Il faut aussi dépasser le clivage historique entre la défense des souverainetés nationales et le chemin vers plus d’intégration. Les nations européennes, par leur taille, n’ont plus l’efficacité nécessaire au regard des enjeux globaux et des bouleversements que connaît notre monde aujourd’hui. Il faut repenser l’ensemble de notre modèle démocratique en Europe pour l’adapter aux enjeux de la mondialisation, afin qu'il conserve son attractivité, qu’il continue à jouer son rôle de référent dans le monde.

Le modèle actuel est en effet remis en cause et concurrencé par des modèles extérieurs alternatifs (non démocratiques) qui allient autoritarisme et croissance économique. Le cas de la Chine est représentatif de cette mouvance. Mais la remise en question est également interne: le ralentissement économique, le sentiment de paupérisation des classes moyennes, les fractures identitaires, le développement des nationalismes, sont autant de sonnettes d’alarme qui doivent faire prendre conscience aux décideurs politiques européens qu’il est urgent d’agir pour donner un nouvel élan à l’UE et lui permettre de faire face aux défis de la mondialisation. L’Europe a des atouts majeurs, faisons en sorte qu’elle les mette en avant et qu’elle les emploie afin de démarrer un nouveau cycle de croissance plus durable et de rétablir une plus grande équité économique sociale et politique pour ses citoyens. L’Europe doit impérativement sortir de son silence et imaginer un nouveau modèle du vivre ensemble. Lucile Simoni - Source : L’Europe dans la mondialisation, Nicole Gnesotto, vice-présidente de Notre Europe/Institut Jacques Delors

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L'euro fait toujours parler de lui… A propos de l'euro c'est un peu le concours Lépine pour trouver comment concilier les commodités qu'offre la monnaie « commune et unique » et le caractère très imparfait (pour le moment) de la convergence économique et fiscale entre les Etats de la zone euro.

Du côté des inconvénients de la monnaie unique, une rigidité certaine tant que les politiques économiques et fiscales des Etats de la zone euro ne seront pas mieux coordonnées, voire intégrées dans le futur. Pour les pays en difficulté il n'est plus possible de dévaluer la monnaie pour que les entreprises retrouvent (au moins temporairement) leur compétitivité. Les seuls ajustements possibles sont sur les coûts, notamment salariaux (c'est ce qui a été fait récemment en Estonie, en Espagne et en Grèce, à une échelle inconnue jusquelà) et sur la fiscalité pour attirer des entreprises (l'Irlande le fait depuis longtemps, avec un taux très bas de l'impôt sur les bénéfices des sociétés). C'est pour limiter les divergences à l'intérieur de la zone euro que les critères de convergence ont été établis: limitation du déficit public à 3 % du PIB et de la dette publique à 60 % du PIB, limitation de l'inflation. La crise financière puis économique venue des USA a fait voler en éclats ces limites pour de nombreux pays et les politiques de resserrement budgétaire (ou rigueur, ou austérité... suivant l'orientation politique qu'on veut lui donner) sont pesantes.

Chacun peut voir concrètement les facilités qu'offre l'euro: plus d'argent à changer quand on voyage dans la zone euro, virements entre comptes de pays de la zone euro aussi faciles et au même prix qu'à l'intérieur de la France. Pour les entreprises de la zone euro, la suppression des frais et des risques de change (risques de changement des taux entre la signature d'un contrat et le paiement des factures) est une simplification et une économie importantes, alors que 60 % des échanges internationaux des entreprises françaises se font à l'intérieur de la zone euro. Pour tous, l'inflation et les taux d'intérêt des prêts sont à un niveau durablement bas: là aussi une économie importante et de meilleures certitudes sur les budgets personnels à court et moyen termes.

Les Géo Trouvetout de l'économie ont de l'imagination! Exemple: un livre écrit récemment par des journalistes économiques: « Casser l'euro pour sauver l'Europe ». Un titre choc. Il ne s'agit pas d'abandonner l'euro, mais de le faire évoluer de « monnaie commune et unique » en « monnaie simplement commune ». Le moyen proposé: revenir aux monnaies nationales et les relier à l'euro par un « système monétaire européen », avec des taux de 19


change euro/monnaie nationale « fixes mais ajustables » (du pur Edgar Faure, qui proposait pour le Maroc et la Tunisie « l'indépendance dans l'interdépendance »...).

La dette publique libellée aujourd'hui en euros? Aucun problème pour les auteurs: « Un Etat peut de façon discrétionnaire modifier le libellé de sa dette sans en affecter la valeur nominale »... on peut toujours l'affirmer mais une chose est certaine: les prêteurs ne prêteraient pas deux fois! Créer une usine à gaz pour revenir en arrière tout en disant qu'on va vers l'avant ne ferait à l'évidence pas progresser la situation des presque 350 millions d'habitants de la zone euro! Sans l'euro les Français savent ce qu'ils perdraient mais ils n'ont aucune idée de ce qu'ils gagneraient... si tant est qu'ils gagneraient quelque chose, mon avis personnel est bien le contraire! Les marchands d'illusions sont un phénomène ancien et toujours d'actualité, ne nous y laissons pas prendre. Alors que faire? La seule solution crédible est en deux volets: sur le plan national, stabiliser et assainir les finances publiques tout en diminuant leur poids sur les entreprises (les emplois ne se créent pas ailleurs), sur le plan européen progresser vers la coordination puis l'intégration des politiques économiques et fiscales. Jean-Jacques Smedts, d’après des éléments fournis par Lucile Simoni

Quid des transactions entre pays de la zone euro? Elémentaire mon cher Watson (mauvais exemple, Sherlock Holmes était sujet de Sa très gracieuse Majesté, qui utilise toujours la livre sterling...): chacune des monnaies nationales serait au départ calée sur la parité avec l'euro. Nous aurions donc en poche des « eurosfrancs » ou « francs-euros ». Pourvu que ça dure... et on peut être sûr que cette parité ne durerait pas!

Au fil de l'actualité européenne La Grèce et le Portugal retrouvent le chemin des marchés financiers. Le 10 avril, la Grèce est sortie de quatre ans d'isolement financier. Quatre années au cours desquelles le pays a été placé sous la tutelle du Fonds monétaire international et de l'Union européenne, faute de pouvoir emprunter sur les marchés. Cette page est désormais presque tournée. Et les dirigeants grecs se sentent pousser des ailes. «Aujourd'hui la Grèce a fait un pas décisif de plus vers une sortie de crise », a déclaré le Premier ministre, Antonis Samaras. « La confiance à l'égard de notre pays a été confirmée par le plus objectif de tous les juges : le marché. » (voir ci-dessous la courbe des taux des prêts à la Grèce)

d'emprunter 2,5 milliards et a finalement emprunté 3 milliards. Autre prouesse : le coût de financement, à 4,95 %, sous le seuil symbolique de 5 %. Les équipes en charge de l'opération ne s'attendaient pas à un taux aussi faible. « La distribution géographique est large et la typologie des investisseurs plus classique qu'on ne l'imaginait », souligne HSBC. Il faudra maintenant voir si l'effet est durable et si Athènes arrive à attirer des investisseurs plus conservateurs lors d'une prochaine levée de dette. Les taux grecs à 10 ans se tendaient après le placement, alors qu'ils avaient chuté sous 6 % ces derniers jours. Certains traders criaient d'ailleurs à la «bulle sur le marché grec». Si les voix officielles se sont relayées pour saluer ce retour de la Grèce, des avertissements ont été adressés au gouvernement. « Il faut que cela soit une raison de maintenir le train de réformes », a déclaré la Commission

L'objectivité du marché reste un sujet de débat, mais l'emprunt grec à 5 ans a été incontestablement plébiscité. La demande des investisseurs, a dépassé 20 milliards d'euros alors que la Grèce projetait 20


européenne. « Pour avoir un accès durable aux marchés et pour le bien de l'économie et du peuple grecs, il est fondamental de poursuivre les efforts budgétaires et de prouver que le pays met en oeuvre des réformes structurelles (...). » Un message qu'Angela Merkel, en visite à Athènes le 11 avril, a aussi porté. Six semaines avant les élections européennes, Angela Merkel a adressé aux Grecs un message d’espoir, tout en défendant le chemin des réformes et sa politique de rigueur durant la crise de l’euro. «Je crois fermement qu’après une phase très, très difficile, qui dure encore pour beaucoup de gens en Grèce, ce pays recèle un potentiel incroyable qui n’a pas du tout été exploité et sur lequel on peut construire», a déclaré la chancelière allemande au cours d’une visite éclair à Athènes. «Les choses vont dans la bonne direction, estime Gunter Dufey, professeur de finance allemand et investisseur basé à Singapour, détenteur d’obligations grecques. La pression imposée par Angela Merkel et le Fonds monétaire international en échange des programmes d’aide financière a fonctionné. Bon gré mal gré, la Grèce a avalé la potion et fait les réformes nécessaires». Un point de vue qui correspond à celui de l’Allemagne. Mais cette vision fait l’impasse sur les effets négatifs de l’austérité, estime Christos Katsioulis, directeur du bureau d’Athènes de la Fondation Friedrich-Ebert, proche du Parti social-démocrate allemand (SPD). «Le développement est nettement plus fragile qu’on le laisse penser», dit-il, rappelant le taux de chômage de 28 %, la dette publique de 320 milliards d’€, la croissance atone ou l’absence de financement des PME. «Le pays a besoin de stabilité pour permettre des investissements», dit-il. Le bilan provisoire de la crise de l’euro devrait jouer un rôle central aux élections européennes du 25 mai, surtout en Grèce où la gauche radicale du Syriza est au coude à coude dans les sondages avec le parti du Premier ministre Antonis Samaras. La crise et sa gestion influencée par Angela Merkel est aussi un sujet en Allemagne. La CDU de la chancelière espère en profiter aux élections européennes.

De fin 2011 à fin 2013, les effectifs de la fonction publique ont diminué de 9 %, avec un temps de travail porté de 35 à 40 h et des réductions importantes de rémunération. Le taux de TVA a été alourdi, ainsi que l'impôt sur les revenus, et une taxe sur le patrimoine a été introduite. Le salaire minimum est gelé depuis 2011 à 565 € par mois. Le Portugal semble récolter les fruits de ses efforts, qui se poursuivent en 2014. L'économie est repartie vers la croissance plus vite que prévu et le chômage a commencé à refluer: de 17,7 % de la population active début 2013, il était de 15,3 % fin 2013.

Le millefeuille territorial : diversité en Europe.

Le big bang territorial, qui secoue depuis quelques jours le Landerneau des élus locaux français, n’est pas unique en son genre. Si la France et ses 36 500 communes – soit davantage qu’aux Etats-Unis – reste une exception, de nombreux pays européens ont eux aussi, entrepris ces dernières années de réformer leurs institutions locales. «Les réformes territoriales se sont amplifiées et accélérées sous l’effet de la crise financière. De nombreux pays se sont mis à simplifier leur organisation administrative territoriale, à diminuer le nombre d’élus, à fusionner des collectivités ou à mutualiser pour rechercher des économies d’échelle», souligne Isabelle Chatry, analyste à l’OCDE. L’Italie, mais aussi la Grèce, le Portugal, l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède: les exemples se multiplient. Si l’Europe des collectivités locales n’est pas uniforme, poids de l’histoire oblige, certaines entités semblent prendre l’ascendant sur d’autres: dans de nombreux pays, le bloc dit «communal» (à savoir les métropoles, les intercommunalités, etc.) et les régions ont le vent en poupe. A contrario, des échelons intermédiaires hérités de l’histoire (provinces, départements) paraissent décliner ou perdre du pouvoir politique. Un phénomène constaté notamment en Belgique et en Italie. De nombreuses réformes touchent au premier chef l’échelon communal, souvent accusé d’être le plus dépensier. En Grèce, la réforme de l’administration locale Kallikratis a divisé par trois le nombre de communes. En Allemagne, le nombre de communes a fondu de 7 % en quatre ans. Des fusions tantôt incitées (Finlande, Pays-Bas), tantôt imposées (Lettonie, Grèce),

Le Portugal.

Quelques jours plus tard le Portugal a confirmé qu'il sortirait le 17 mai du plan d'aide apporté par la troïka FMI, BCE et Union européenne. Le plan d'aide a apporté des prêts de 78 milliards au total, débloqués par tranches au fur et à mesure des efforts d'économie du pays. 21


et dont la mise en œuvre prend parfois des chemins de traverse. L’Espagne a ainsi renoncé aux fusions, trop sensibles, au profit de regroupements intercommunaux, plus faciles à faire accepter. C’est notamment grâce à cette coopération intercommunale qu’émergent un peu partout des métropoles (Portugal, Grande-Bretagne, etc.), dotées de pouvoirs économiques et politiques accrus. Les régions sont «le bon échelon de coordination» Autre phénomène commun, l’émergence du fait régional. «Les régions montent en puissance, notamment sur le plan économique et social, parce qu’elles sont le bon échelon de coordination entre espaces urbains et ruraux, parce que c’est à ce niveau que se joue la compétition internationale, mais aussi parce que la Commission européenne a une politique régionaliste, via la distribution de ses fonds», note Isabelle Chatry. De nombreux pays vont commencer à fusionner leurs régions pour atteindre une taille critique (Pays-Bas, Suède). La France, dont les budgets et les compétences régionales restent très restreints (415 € par habitant contre sept fois plus en Italie, et dix fois plus en Allemagne), se lance à son tour. «La France, comme l’Italie, est plutôt en retard en matière de rationalisation de la carte administrative, comparée aux autres pays européens qui l’ont amorcée dans les années 1970. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la dénonciation du “millefeuille” est un argumentaire commun aux deux pays», observe Vincent de Briant, spécialiste des collectivités locales à l’université Paris-Créteil. Dans bon nombre de pays, les mutualisations et les fusions ont fait émerger des collectivités plus puissantes, qui se sont vu transférer de nouvelles compétences, accélérant en parallèle le phénomène de décentralisation. Il y a, néanmoins, des exceptions comme la Hongrie qui recentralise. «Le fédéralisme peut coûter plus cher s'il crée des doublons», remarque Vincent de Briant. lesechos.fr 11 avril 2014

Les débats se concentrent souvent sur les ouvriers du bâtiment venus d’Europe de l’Est ou du Sud, mais la statistique est différente: parmi les salariés détachés en France, on retrouve aussi massivement... des Français !!! En 2012, ils étaient ainsi 17 000, soit 10 % du total. C’est loin des 28 000 enregistrés en 2009, mais cela place la France en deuxième position des nationalités représentées parmi les salariés détachés dans notre pays, derrière la Pologne (20 100 détachés) mais devant le Portugal, la Roumanie ou encore l’Espagne. S’il s’agit dans certains cas de Français établis à l’étranger et envoyés au pays par leur employeur local le temps d’une mission, dans le strict respect de l’esprit et de la lettre de la loi, d’autres situations sont plus litigieuses. Selon les rapports de la Direction générale du Travail, une majorité d’entre eux sont ainsi envoyés par des entreprises d’intérim, et différents rapports s’inquiètent de la prolifération d'agences d’intérim dans des zones frontalières, en particulier au Luxembourg. Certaines se sont fait une spécialité d’attirer des salariés français résidents en France pour leur faire accomplir une mission... en France en tant que détaché. A la clé : un coût du travail moindre puisque les cotisations sociales sont alors dues dans le pays de la société d’intérim. Cette dernière y gagne un avantage concurrentiel et l’entreprise cliente réduit ses coûts, mais sur le dos du salarié, qui aura quelques surprises au moment de sa retraite, et de l’Etat, ainsi privé de recettes, comme l’a dénoncé le sénateur Eric Bocquet, dans un rapport d’information sur le travail détaché. Il a défendu, en vain, un amendement posant «une règle simple : on ne peut pas être détaché dans le pays dont on est ressortissant». Tout en reconnaissant l’existence d’une telle dérive, le ministre du Travail François Rebsamen a jugé cette parade inadaptée car elle porterait «atteinte au principe de libre circulation des travailleurs» et pénaliserait les expatriés français «normalement» détachés en France. Pour lutter contre un tel dévoiement du système, l’exécutif préfère miser sur les dispositions prévues dans l’accord européen de décembre 2013, qui définit une batterie de critères pour apprécier la réalité d’un détachement, et par extension mieux contrôler et sanctionner les abus. D’après lesechos.fr 8 mai

Travail en Europe. LA QUESTION DES FRANÇAIS DETACHES... EN FRANCE ! En 2012, 10% des 170 000 salariés détachés en France étaient... des Français, deuxième nationalité la plus représentée après les Polonais. De nombreux Français sont détachés en France par des entreprises d’intérim installées dans les zones frontalières.

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LES ARGONAUTES Association Franco-Hellénique les-argonautes@orange.fr

La Maison de l’Europe de Nîmes, le Mouvement Européen France-Gard, et l’association Franco Hellénique Les Argonautes vous invitent à une soirée festive grecque, à l’occasion de la fin des six mois de la Présidence grecque du Conseil de l’Union Européenne.

Dimanche 15 juin 2014 à 18 h 00 à SAMUEL VINCENT 42 Bd Sergent Triaire - NÎMES

Musique grecque avec PALIOPAREA, le groupe de l’association les Argonautes.

Ce moment musical sera suivi d’un buffet de spécialités grecques… préparé par les membres du groupe théâtre de l’association. Les recettes de cette soirée grecque permettront le financement partiel du déplacement de la troupe de théâtre de l’association les Argonautes sur l’Ile de Kalymnos (Grèce) pour deux représentations fin août 2014. .................... .............................................................. Pour une bonne organisation du buffet, merci de vous inscrire le plus tôt possible : Monsieur ou Madame . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Inscrit . . . . . . . personnes à cet instant musical et au buffet de spécialités grecques 10,00 € par personne, soit . . . . . . euros, par chèque à l’ordre des "Argonautes"

à adresser à

Maison de l’Europe de Nîmes 3 place Hubert Rouger 30000 NÎMES

ou à

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Association Les Argonautes Secrétariat : Geneviève Polge 92 impasse du Mas des Gendarmes, 30000 NÎMES


La Maison de l'Europe de Nîmes, association sans but lucratif, a été créée en 1966 à l'initiative d'Édouard THIBAULT, député du Gard et ami personnel de Robert SCHUMAN. Elle se situe en dehors de tout parti politique. Ses objectifs essentiels sont:  Informer les habitants de Nîmes et sa région et susciter leur réflexion sur les sujets européens, afin de les inciter à devenir des citoyens européens conscients et responsables.  Développer la connaissance mutuelle entre les citoyens des pays de l'Union européenne, notamment en accueillant des groupes de conversations en plusieurs langues européennes Depuis le 1er janvier 2013 elle est agréée comme Centre d’Information Europe Direct Gard-Lozère et est ainsi un relais officiel d’information des institutions de l’Union européenne. Elle est membre de la Fédération Française des Maisons de l'Europe et du réseau européen EUNET (European Network for Education and Training). *****

Le Mouvement Européen Gard, section locale du Mouvement Européen France qui existe depuis 1948, s'est constitué en association sans but lucratif en 2005. Ses objectifs sont le partage de réflexions et l'organisation d'actions d'information sur les évolutions possibles de l'Union européenne: le Mouvement Européen souhaite, en dehors de tout parti politique, soutenir toutes les initiatives susceptibles d'aider à aller vers une intégration européenne plus forte. *****

La Maison de l’Europe accueille le Mouvement Européen Gard dans son local et met à sa disposition des moyens matériels. Un certain nombre d'adhérents sont communs aux deux associations, qui organisent ensemble une grande partie de leurs actions d'information, notamment la Lettre Europe et des interventions dans les établissements scolaires.

Maison de l'Europe de Nîmes et sa région

Mouvement Européen Gard

Courriel: info@maison-europe-nimes.eu contact@mouvementeuropeen30.eu Site Internet: maison-europe-nimes.eu mouvementeuropeen30.eu Page Facebook : Maison de l’Europe de Nîmes Twitter : @MdEuropeNimes Président: Frédéric BOURQUIN Président: Jean-Luc BERNET L'Aigoual – 3 place Hubert Rouger 30900 NIMES Téléphone: 04 66 21 77 50

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Lettre europe mars avr2014