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voir la vie en grand présente

l’écho caps] Ce jeudi 31 janvier à 20 h 30

Archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon

des

Ville de Saint-Pierre

Hebdomadaire municipal gratuit n° 1317 25 janvier 2013

≥ Poissons d’eau froide et changement climatique ≥Agenda du Sénateur-Maire

≥ Saint-Pierre Animation

≥ Photographie

Le printemps sera consistant p. 03 à 05

LE TRANSPACIFIC Plus de 40 ans après p. 09

« Pêcheurs des extrêmes » Par Marcel Mochet p.14

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écho des caps n° 1300 • vendredi 6 juillet 2012


≥ patrimoine

Cela fait 10 ans déjà que Michel Le Carduner, de l’association Carrefour Culturel Saint-Pierrais, mène le combat pour sauver la Forge Lebailly et lui redonner vie. Classé monument historique en 2010 et racheté par le Conseil Territorial en février 2012, le bâtiment, construit vers les années 1880 rue du Commerce, pourrait rouvrir ses portes et de nouveau être en activité. La semaine dernière, Pierre Bédar a rallumé le foyer de la forge éteint depuis près de 5 ans. Le Carrefour Culturel Saint-Pierrais à l’origine de la venue de ce forgeron canadien fourmille de projets tout comme le Conseil Territorial. « Sa mission est multiple. La première est de nous faire des recommandations sur les travaux de rénovations du bâtiment, l’acquisition éventuelle du petit outillage, et l’évaluation du projet de l’entourage du Jardin Public du Square Joffre tel qu’il était dans les années 1950 », explique Michel Le Carduner. L’objectif de la mise en place de l’entourage est fixé à 2016 pour le bicentenaire de la rétrocession de l’Archipel à la France le 22 juin 1816 ! L’idée est aussi de faire participer des gens d’ici dans la conception de cet ouvrage en organisant des stages pour ceux qui veulent pratiquer la ferronnerie comme activité de loisir. Pour le Carrefour Culturel Saint-Pierrais, former quelqu’un localement pour exploiter la forge à l’année longue dans la production d’outils et d’objets et l’animation d’un écomusée (ce qui devrait engendrer une activité économique) est dans les cartons. « On est sur de la petite ferronnerie. On pourra répondre à des besoins et en même temps créer aussi une demande. Après il faut voir si financièrement c’est rentable. »

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écho des caps n° 1302 2012 1305 • vendredi 28 19 septembre octobre 2012

© J.-C. L’Espagnol / V. S-P

Forge Lebailly Fais du feu dans la cheminée…

Une partie de l’outillage a également été classée monument historique. L’an dernier, lors d’un chantier avec les élèves du Lycée d’État Émile Letournel, d’anciens outils qui servaient de remblais ont été découverts dans le sous-sol. « Pierre Bédar a les connaissances requises pour déterminer l’état des outils, leur utilisation, leur datation et leur origine car il a une lecture professionnelle que nous n’avons pas ici. » Cela va permettre d’étoffer l’inventaire. • J.-C. L’Espagnol


Les actions du Sénateur-Maire ≥ Examen de Projets de loi, commissions… le printemps sera consistant au Parlement

Les Parlementaires de Saint-Pierre et Miquelon ont regagné Paris cette semaine après la pause des fêtes de fin d’année. Dans l’hémicycle, à l’Assemblée Nationale tout comme au Palais du Luxembourg, les contrats de génération, objets d’un accord syndicats-patronat, figurent en première position des projets de loi en débat, (c’était à compter de ce mardi au Palais Bourbon), alors que le Gouvernement martèle que « l’objectif demeure d’inverser la courbe du chômage d’ici fin 2013 ». Ces contrats de génération visent à « encourager l’embauche de jeunes en CDI et le maintien de seniors dans l’emploi ». Toujours s’agissant de l’emploi, une autre loi, beaucoup plus ambitieuse, est aussi attendue au printemps, transposant l’accord conclu la fin de semaine dernière entre trois syndicats et le patronat. Nul doute cependant que les débats les plus enflammés se dérouleront à partir du 29 janvier, avec l’arrivée en discussion du projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe.

Au Sénat, où les derniers mois de 2012 ont vu le rejet d’une série de textes à la faveur de voix Communistes mêlées à celles de la Droite, la nouvelle année commence avec l’examen du projet de loi relatif à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des délégués communautaires, et modifiant le calendrier électoral, ainsi que son projet de loi organique. Les Sénateurs débattront ensuite du contrat de génération et d’un projet de loi portant diverses dispositions pour les transports. L’année 2013 s’annonce donc chargée ! Pour le porte-parole des députés PS, Thierry Mandon, 2013 sera « presqu’une année pivot au sens où la façon dont la réussite des textes va se dessiner pèsera sur le cours du quinquennat » et où elle lancera « la refondation de tous les grands systèmes grippés de l’État et de la République ». Notez qu’une session extraordinaire du Parlement en juillet n’est pas exclue. •

Sur l’agenda du Sénateur-Maire ≥ La Z.E.E des outre-mer : quels enjeux ? Les rendez-vous se sont enchaînés depuis le retour du Sénateur-Maire à Paris. Parmi ceux-ci, Madame Claireaux a participé aux réunions de la Délégation sénatoriale à l’outre-mer dont elle est membre et dont le thème était : « La Zone Économique Exclusive des outre-mer : quels enjeux ? » Lors de ces travaux ont été auditionnés notamment : • M. Denez L’Hostis, pilote de la mission mer et littoral de France Nature Environnement et administrateur de l’Agence des aires marines protégées. • MM. Jean-Etienne Antoinette et Georges Patient ; ils ont présenté une étude de droit comparé sur les régimes applicables en matière d’exploration et d’exploitation offshore du pétrole. • M. Patrick Roméo, Président de Shell France. • • Avec ses collègues de la Commission des affaires sociales, Madame Claireaux a planché sur la politique vaccinale de la France ; ils ont également nommé un rapporteur sur le projet de loi portant réforme de la biologie médicale. •

Dossier préparé par Jean-Louis Mahé

écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

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Sur l’agenda du Sénateur-Maire ≥ La France dans le Pacifique : quelle vision pour le 21e siècle ?

C’était le thème du colloque auquel a participé le Sénateur de SaintPierre et Miquelon et qui était organisé au Palais du Luxembourg par la Délégation sénatoriale à l’outre-mer. Quatre tables rondes ont permis de débattre sur : • Les grands enjeux politiques et stratégiques de la présence française dans le Pacifique. • État, collectivités d’outre-mer, Union européenne : quelles coopérations dans le Pacifique ? • Collectivités françaises du Pacifique : apprivoiser les contraintes géographiques et environnementales. • Collectivités françaises du Pacifique : des atouts pour relever les défis du 21e siècle. Le colloque a été clôturé par le ministre des outre-mer, M. Victorin Lurel. •

≥ Les vœux du Président du Sénat

Le Sénateur de l’Archipel a assisté au Palais du Luxembourg à la cérémonie des vœux du Président du Sénat Jean-Pierre Bel, cérémonie à laquelle étaient également conviés le Premier ministre, des ministres, de nombreux ambassadeurs et deux anciens Premier ministres, Lionel Jospin et Edith Cresson. Dans son discours, Jean-Pierre Bel, a souligné que le Sénat est « plus que jamais un lieu d’expression du débat démocratique ». JeanPierre Bel a rappelé qu’à son initiative, le Sénat s’était « ouvert à la diversité et avait pris mieux en compte les spécificités des collectivités ultramarines ». « À cette fin, nous avons installé une Délégation sénatoriale à l’outre-mer. Les travaux de cette Délégation ont porté leurs fruits. La Délégation est désormais porteuse d’une attention permanente pour les outre-mer qui doit se diffuser à tous nos travaux », a souligné le Président PS du Sénat. Le Sénateur de l’Ariège a enfin souhaité que l’année 2013 soit pleine « d’unité, de courage et de réussite pour la France ». •

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écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

Dossier préparé par Jean-Louis Mahé


Sur l’agenda du Sénateur-Maire ≥ Rencontre avec le Président de l’Assemblée Nationale du Québec

En sa qualité de membre du groupe d’amitié France-Québec, le Sénateur-Maire était invité le 16 janvier dernier au petit-déjeuner de travail organisé au Sénat en l’honneur du député libéral de Westmount-Saint-Louis, Jacques Chagnon, Président de l’Assemblée Nationale du Québec, la seule Assemblée parlementaire francophone en Amérique et l’une des plus anciennes au monde. Monsieur Chagnon était à Paris dans le cadre des travaux de la Commission interparlementaire franco-québécoise qui a pour objectif « de développer les actions de coopération menées conjointement par chaque Assemblée ». Les thèmes de réflexion retenus pour cette année sont : « Éthique et déontologie dans la vie politique » et « Le développement des régions éloignées ».

≥ Charles Hedrich présente son projet 2013 aux Parlementaires Madame Karine Claireaux s’est également rendue au Palais Bourbon où le Président de l’Assemblée Nationale, M. Claude Bartolone, organisait le 16 janvier un cocktail en l’honneur de l’Association Respectons la Terre. Lors de ce cocktail, Charles Hedrich a présenté le film de « sa première mondiale réussie » : la double traversée à la rame de l’Atlantique sans escale ni ravitaillement en 145 jours soit 11 000 Km à la force des bras et en composant sans cesse avec les éléments naturels (courants, vents, tempêtes) et les imprévus techniques ou physiques. Une performance physique indéniable pour cet aventurier qui était parti de Saint-Pierre et Miquelon le 9 juillet 2012 et qui a présenté aux invités du Président Bartolone son nouveau défi pour 2013 : le Passage du Nord-Ouest à la rame, une autre première mondiale. Le départ est prévu pour le 15 juin 2013 du Détroit de Béring ; le défi prévoit 3 à 4 mois de mer et 5 000 Km à parcourir entre les Glaces et la banquise du Grand Nord. Charles Hedrich sera accompagné du coureur océanique Pierre-Marie Bazin qui a déjà participé à la Québec-Saint Malo et à la Route du Rhum. Pour se préparer à ce défi Rame 2013, un entraînement en situation grand froid aura lieu dès fin février en mer Blanche entre la Finlande, la Russie et l’Estonie. • Dossier préparé par Jean-Louis Mahé

écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

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[ politique ]

Victorin Lurel

« Réussir ensemble les défis qui sont devant nous »

Lundi 14 janvier, rue Oudinot, le Ministre des outre-mer, M. Victorin Lurel, a présenté ses vœux aux élus, aux parlementaires, aux associations, aux personnalités du monde de la culture et aux journalistes.

« Merci du fond du cœur d’être là, dans cette maison qui est la maison de tous les outremer. Sans exclusive et sans exception », a d’entrée de jeu précisé le Ministre, « tous, chacun dans votre rôle, vous êtes des partenaires de ce ministère. Vous contribuez à faire de cette maison une maison ouverte. Tout au long de l’année, nous cheminons ensemble et s’il est bien une occasion de vous dire combien cela compte à nos yeux, c’est bien une cérémonie comme celle-ci ». Après avoir rendu un hommage appuyé aux soldats français engagés au Mali et en Somalie, dont beaucoup sont originaires d’outre-mer, et aux otages français, dont deux sont également ultramarins, Victorin Lurel a rappelé que « la France traverse une crise économique et sociale sans précédent […] qui fragilise notre modèle social » mais que dans le même temps, « la politique de redressement dans la justice de nos équilibres financiers, ensuite la relance de la compétitivité de notre économie pour

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renouer avec la croissance et enfin la mobilisation de tous dans un grand combat en faveur de l’emploi » ont été déclinées dans tous les territoires. Revenant sur sa méthode de travail « basée sur l’écoute, le respect et le lien avec tous les élus et l’ensemble des forces vives », le Ministre Lurel se fait fort d’avoir une autre exigence, « celle d’aller sur le terrain, me confronter aux réalités, sans jamais fuir les difficultés ». Victorin Lurel en à peine un an aura visité toutes les collectivités ultramarines et il a annoncé son prochain voyage dans l’Archipel. « Je me rendrai dans quelques jours en Polynésie. Puis ce sera Saint-Pierre et Miquelon, au cœur de l’hiver. C’est cela aussi, se confronter aux réalités des territoires ». Pour Victorin Lurel, « 2012 a permis d’ouvrir de nombreux chantiers, […] et parallèlement de nombreuses décisions sont venues confirmer à la fois le retour de l’État dans les outre-mer et le retour des outremer au cœur de la République, conformément aux engagements du chef de l’État.

écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

[…] On ne fait assurément pas de bilan à 6 ou 8 mois, mais je crois pouvoir dire que nous avons fixé un cap, imprimé un rythme et affiché un volontarisme sans lequel, nous le savons tous, rien de déterminant ne peut s’accomplir. 2013 ne doit marquer aucune inflexion, ni dans le cap, ni dans le rythme, ni dans le volontarisme. Je vous propose un grand dessein pour tous les territoires qui permette de briser les chaînes de la fatalité. Ce grand dessein, je vous propose, en 2013, de le nourrir autour de trois grands axes : l’emploi, l’éducation et la transition énergétique. La priorité absolue que nous nous fixons, pour 2013 et au-delà, c’est évidemment l’emploi. C’est un impératif, en particulier pour la jeunesse des outre-mer qui est l’avenir de nos territoires ». En conclusion, le Ministre des outre-mer a formulé le vœu que « tous, ensemble, nous puissions partager ces objectifs et réussir ensemble ces formidables défis qui sont devant nous. Rarement un Gouvernement aura accordé autant de place et autant d’importance aux outre-mer. C’est une occasion historique qu’il faut saisir pour réussir ». • J.-L.Mahé


[ pêche en eau douce ] Par Daniel Gerdeaux

Poissons d’eau froide

et changement climatique Le changement climatique ne se résume pas au réchauffement, mais c’est le facteur qui vient en premier à l’esprit avant la pluviométrie, la nébulosité, le vent.

≥ Mot du Président Le plan de gestion piscicole débuté en février 2011 est maintenant finalisé. Il sera présenté aux pêcheurs lors de l’Assemblée générale qui a été cette année avancée et aura lieu le jeudi 31 janvier 2013 à 18 heures 30 dans la Salle de réunions de la Mairie. Les deux employés du CPPMA, Julien Preynat, chargé de mission, et Loïc Perrin, technicien de rivières, seront présents afin de répondre à toutes vos questions. Ils seront également accompagnés de Daniel Gerdeaux, directeur de recherches honoraires à l’INRA à Thonon-les-Bains, qui nous aide depuis l’année 2000. Il fera d’ailleurs le déplacement pour l’occasion afin de nous aider à mettre en place au plus vite ce plan de gestion. Nous espérons que les pêcheurs viendront très nombreux pour participer à cette réunion afin de nous aider à pérenniser la pêche en eau douce sur notre Archipel. Nous reproduisons ici un excellent article que Daniel Gerdeaux a d’ailleurs rédigé concernant ces poissons qui sont maintenant confrontés au réchauffement climatique et qui pourraient peut-être hélas un jour disparaître. Avant qu’il ne soit trop tard, il est encore temps, venez tous nous aider pour que nos générations futures puissent toujours continuer à pratiquer leur sport favoris qu’est la pêche aux truites sur l’Archipel. Jean-Paul Briand, Président de la Société La Pêche Sportive Saint-Pierre/Langlade, Président du CPPMA.

La température est par ailleurs un facteur essentiel de la vie des poissons d’eau froide comme les salmoniformes, principalement les salmonidés : saumon, omble de fontaine (la truite de l’Archipel), omble chevalier, truite fario, truite arc-en-ciel et corégones. En Métropole, des études ont montré que l’aire de répartition des truites se réduit dans les parties aval des rivières où l’eau devient trop chaude. Pour le saumon, des projections montrent que l’espèce aura du mal à se maintenir dans les rivières du SudOuest français. Pour l’omble chevalier du lac léman (lac de Genève) des études montrent que les générations sont réduites les années où le lac est plus chaud. Les modèles prévoient une température l’hiver qui serait de l’ordre de 7° vers 2070 ce qui empêcherait l’omble de se reproduire et l’espèce risque de disparaître du lac. Prévoir les conséquences de l’élévation de la température est assez facile quand une espèce a une période de sa vie très sensible à une température seuil. Paradoxalement, le corégone du Léman qui lui aussi est une espèce d’eau froide qui se reproduit en décembre est favorisé par le réchauffement actuel. Comme quoi il faut se

méfier de conclusions trop rapides. Comment expliquer cet avantage aujourd’hui ? Les études ont montré que le développement du plancton (nourriture des alevins) débute aujourd’hui environ un mois plus tôt qu’il y a 30 ans. Le corégone, poisson d’eau froide, attend que la température du lac descende en dessous d’environ 7°C pour pondre, ce qui fait qu’aujourd’hui il fraie fin décembre au lieu du début du mois il y a 30 ans. Comme le lac est un peu plus chaud en hiver, les œufs se développent plus vite et ils éclosent à une date inchangée qui correspond aujourd’hui à une période d’un mois de croissance du plancton. Les larves naissent donc dans une eau un peu plus chaude avec beaucoup plus de nourriture : tout va bien pour l’instant pour le corégone qui survit facilement dans une eau qui reste assez froide pour lui en été. Mais qu’en sera-t-il dans 30 ans ? Revenons sur l’Archipel et notre omble de fontaine. On sait que la température de l’eau est optimum pour sa croissance vers 13°C et qu’il commence à être mal à l’aise vers 23°C. La plupart des expériences au Canada montrent qu’à 26°C il commence à perdre l’équilibre de nage. Des études ont montré

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Poissons d’eau froide

et changement climatique

[ pêche en eau douce ]

température de l'eau en °C au fond la pissouse de mi-juillet 2010 à début octobre 2011

que ces chiffres peuvent varier suivant l’origine des populations. Des mortalités importantes dues à la trop forte température commencent à être citées pour l’omble de fontaine. En 2001, dans la rivière Sutton qui se jette dans la baie d’Hudson, une forte mortalité a été observée sur les ombles qui remontaient la rivière. Cette rivière provient des eaux de surface d’un lac dont la température a dépassé 25°C la plupart du temps de mi-juillet à mi-août. 25°C n’est plus chose rare à Saint-Pierre en été. Quand en juillet 2010, on note une température de 26,8°C dans le ruisseau amont de la Pissouse, inutile de regarder s’il reste des poissons. On pense qu’ils se sont réfugiés dans le marais mais sa température n’est guère plus froide (figure 1). Les conditions thermiques de la Belle Rivière en aval sont également limites. Il y a ainsi des habitats très fragiles où l’omble de fontaine risque de ne plus se maintenir : ce sont tous les ruisseaux qui coulent sur la roche avec peu d’abris sur les côtés et aucune végétation arbustive sur les bords. On trouve ces milieux plutôt sur le Nord de Saint-Pierre alors qu’au Sud les ruisseaux sont en meilleur état. Faut-il baisser les bras ou retrousser les manches et se dire qu’on peut agir : s’adapter au changement climatique. Le CPPMA a débuté la démarche d’adaptation au changement climatique en tentant de réimplanter des arbustes le long de certains ruisseaux pour reconstituer une végétation arbustive qui protégerait par son ombre le ruisseau du réchauffement et par ses racines constituerait des abris aux poissons. C’est un travail de longue haleine qui mérite d’être entrepris. C’est ce que l’on appelle une « mesure sans regret », le bénéfice attendu n’est pas uniquement la préservation des poissons, mais la préservation de tout un milieu où vivent des insectes, des grenouilles mais aussi la reconstitution d’un paysage avec des formations d’arbustes qui

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manquent aujourd’hui. D’autres mesures de gestion seront proposées dans un plan pour améliorer l’habitat du poisson, comme des aménagements de frayères. Les études ont montré que, dans certains ruisseaux, le stock d’adultes est trop important pour les surfaces de reproduction disponibles ou aménageables, dans ce cas des transferts

Les cadrans choisis sont des pêches scientifiques annuelles qui permettent de suivre la dynamique de populations témoins et des carnets de pêche qui donnent des informations sur la pêche. Depuis 2000, des pêches électriques sur le ruisseau Savoyard montrent que les années se suivent mais ne se ressemblent pas

d’œufs en boites d’incubation pourraient pallier des manques dans d’autres ruisseaux.

toutes. L’année 2003 a été très propice avec beaucoup d’alevins à forte croissance. Pourquoi ? La météo locale en cours d’analyse apportera sans doute des éléments de réponse. La mise en place de statistiques de pêche est un autre cadran indispensable à ce tableau de bord. Un effort reste à faire sur ce point, pour convaincre chacun de son intérêt. La répartition des tailles des poissons dans la pêche est une information utile si on peut la suivre sur plusieurs années. •

Le pêcheur, pour pérenniser son loisir, préserve, restaure et adapte les habitats aux changements. Le plan de gestion piscicole bientôt achevé proposera les pistes à suivre pour la gestion. Pour mesurer les conséquences des changements sur les populations piscicoles et la pêche, il faut disposer d’un tableau de bord pour savoir si la direction prise est bonne.

écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013


[ Saint-Pierre Animation ] Par Marc Dérible

LE TRANSPACIFIC

Plus de 40 ans après

© Robert Beaupertuis

M. Robert Beaupertuis vient d’offrir, au fonds photographique du Musée Archipélitude, 20 clichés qu’il a pris suite au naufrage du fameux Transpacific.

Rares documents ! Parce que, pour la première fois, à notre connaissance, on y voit, notamment, des scènes de son déchargement imprévu par d’efficaces dockers occasionnels. Mais pour comprendre son histoire, rappelons-en quelques épisodes… Le 18 mai 1971, le navire Transpacific (3 865 tonneaux), venant des Grands Lacs et en route vers l’Europe du Nord, avait voulu opérer une escale dans nos eaux, pour une réparation de radar. Cette escale dure toujours. À cause d’un épais brouillard persistant, il s’était échoué entre l’Île aux Marins et l’Île aux Vainqueurs, sur la basse de la MarieRose, secteur particulièrement dangereux. (Des pêcheurs sur zone avaient vainement essayé d’avertir qu’il faisait fausse route.) Plusieurs tentatives pour dégager cet impressionnant cargo, long d’une centaine de mètres, ayant raté, son capitaine Sperling et les représentants de la compagnie Poseidon Linien décidèrent, le 19 mai au soir, d’abandonner le navire. Alors, dès la nuit venue, des doris accostent ce navire perdu. Les équipages y embarquent et commencent à le vider ! En l’absence de connaissements, il paraît bien sûr difficile de dresser l’inventaire complet de ce « sauvetage ». Sauvetage, qui, avec quelque 70 embarcations, va durer plusieurs jours, en prenant parfois des allures

de cambriolage, de mise à sac ou de curée. Mais comme Archipélitude reçoit chaque année, depuis son inauguration en 1988, des objets de ce bateau, et que ces dons s’accompagnent de références, de commentaires, de témoignages, on peut estimer que ce riche butin se décomposerait ainsi… • Souvenirs reconnaissables : cloche, vaisselle, draps, bouées, plan, plaque de moteur, correspondance, baleinière… avec nom, logo, adresse du bateau ou de la compagnie. • Matériel de navigation : compas, pendules, fusées de détresse, barre de secours, appareils de communication… • Équipement et vivres : gravure en allemand, machines à écrire, conserves (pour les 32 hommes de l’équipage et les 12 passagers), tables, portes, serrures, clefs, fauteuils (avec crochet antiroulis), cordages, outils…

tonnes d’huile lubrifiante, d’explosif et autres produits toujours dans les cales… Alors, la compagnie sauva un reste de fret puis, à la demande de l’Administration, mit le feu au navire. Il brûla pendant plus de deux jours. Après, la mer, le vent, la côte, l’hiver, le temps… firent leur œuvre. Aujourd’hui, il n’en reste, visibles, que la proue, sur le rivage, avec son nom que, furtivement, des gens viennent repeindre ; et, plus loin, la machine qui apparaît, régulièrement, à marée basse. Ça suffit cependant pour inspirer promeneurs, conteurs, peintres, photographes, philatélistes… Archipélitude consacre à ce bateau une salle entière qui « recèle » une centaine de pièces, admirées des visiteurs. L’un d’eux a un jour émis l’idée intéressante, de retrouver et d’inviter à Saint-Pierre, un passager ou un membre de l’équipage. Il viendrait, bien sûr, en avion… • •••

• Cargaison : tondeuses à gazon autotractées (on parle de 200 appareils récupérés), plusieurs « juke-box », bois, petits moteurs, costumes, perruques, boissons… Les prises auraient pu être plus importantes mais des responsables ayant été empêchés de monter à bord, un garde-côte chassa ultérieurement les intrus. De plus, le risque de pollution menaçait avec les 300

Remarques

Le bateau datait de 1954. Hambourg était son port d’attache. Le naufrage n’a fait aucune victime. Pour 2012, Archipélitude a récupéré une couverture (don de M. Alain T.) et un appareil à morse (don de M. Jean C.). Il manque toujours une tondeuse au musée…

écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

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écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

© Robert Beaupertuis

© Robert Beaupertuis

© Robert Beaupertuis

© Robert Beaupertuis

© Robert Beaupertuis


© Robert Beaupertuis

Après l’incendie volontaire

© Robert Beaupertuis

© Robert Beaupertuis

© Robert Beaupertuis

© Robert Beaupertuis

Le Transpacific en 1971

écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

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Cloche du bateau (Collection Archipélitude)

© Marc Dérible

Vaisselle avec logo de la Compagnie

Le moteur à mer basse

La proue du bateau sur le rivage de l’Île aux Marins

Dessin d’enfants : Ils n’ont pas oublié de placer le Transpacific…

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écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

© Marc Dérible

© Marc Dérible

Logo de la Poseidon Linien qui figure sur de nombreux objets du musée Archipélitude.

© Marc Dérible

Fauteuil dans un grenier de Saint-Pierre

© Marc Dérible

© Marc Dérible

« Juke-box » (Collection Archipélitude)

© Marc Dérible

Le Transpacific en 2013


≥ animation

© J.-C. L’Espagnol / V. S-P

Autour de la Saint-Valentin et de Mardi Gras Il était un conte en 3 dimensions…

« Le but est d’abord de proposer une activité aux petits âgés de 4 à 6 ans en les intéressant à la lecture et à la création », explique Angélique Autin, animatrice et prestataire de services (qui a répondu à un appel à candidatures). Depuis le 4 janvier, à la Bibliothèque-Médiathèque de Saint-Pierre, ils sont une dizaine à se pencher sur la réalisation d’un livre en 3 dimensions « qui s’animera au fur et à mesure que l’on tournera les pages ». La confection de petites marionnettes serviront de support à l’histoire dont le scénario est tenu secret. Mais on s’autorise à penser que l’on parlera sûrement de la Saint-Valentin et de Mardi Gras. Une petite présentation du travail, spécialement réservée aux parents et aux amis, est au programme. • J.-C. L’Espagnol écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

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≥ envie de lire

Pêcheurs des extrêmes Marcel Mochet, photographe

≥ hockey

Hockey Sporting Club Les Missiles en Métropole

Photographe à l’Agence France Presse pendant des décennies et maintenant à la retraite, Marcel Mochet a embarqué avec les derniers géants de la grande pêche française. Il a ainsi mis son sac à bord des derniers grands chalutiers-usines de Saint-Malo : le Grande Hermine (61 mètres de long • 35 marins) et le Joseph Roty II (90 mètres de long • 59 marins). Pendant six mois, il a partagé le quotidien de marins pêcheurs et nous a ramené un superbe livre dont les photos parlent d’ellesmêmes. « Ils sont français, polonais, malgaches ou ukrainiens et embarquent sur nos grands bateaux-usines pour servir dans nos assiettes et sur nos meilleures tables, les produits de leurs longues campagnes de pêche. Des quarantièmes rugissants, dans les mers australes, aux berges inhospitalières du Spitzberg, en mer de Barents, ces laboureurs de la mer restent peu connus du grand public », écrit-il. Il a partagé la vie de ces pêcheurs et vécu comme

eux, 24 heures sur 24. « Ça représente pratiquement un an d’embarquement », explique le photographe. « Quand tu arrives, ils te regardent de travers. Se demandent ce que tu viens faire là. Comme tu sais que tu vas vivre deux mois avec eux, tout partager et sans aucune échappatoire, tu as l’obligation de t’adapter. Tu as le temps. Donc les premiers jours à bord, c’est tout en douceur. Tu ne prends pas tes appareils photo, tu laisses faire. Tu es une vraie verrue quand même. Et un jour, il y en a un qui te dit : “Ben, qu’est-ce que tu fous-là, à bord, tu devais pas prendre des photos ? Eh ben, vasy !”. Et là, tu as gagné, tu peux aller chercher tes appareils. » Marcel Mochet, originaire de Lorraine a travaillé trente ans comme photographe à l’AFP, essentiellement en Bretagne. « La spécialisation maritime est venue naturellement. À la fin, tout mon temps était consacré aux régates, à l’offshore, à la pêche. » • Les pêcheurs des extrêmes • Éditions du Rocher • Disponible à la librairie Lecturama. • J.-C. L’Espagnol

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© J.-C. L’Espagnol / V. S-P

Du 2 au 16 février prochains, les Missiles du Hockey Sporting Club (18 joueurs et 4 encadrants) seront sur la glace métropolitaine. Leur dernière tournée remonte à l’année 1981, celle de « la force tranquille ». « C’est une idée qui date de ma prise de fonction à la présidence du club en 2002 », explique Jean-Pascal Dodeman. Une dizaine d’années plus tard, après de gros efforts financiers et beaucoup de travail, le projet se réalise enfin. « Pour pouvoir économiser, on a évité de se déplacer à l’extérieur de l’Archipel durant ces 5 dernières années. Le club a apporté trente mille euros et quarante mille euros proviennent des subventions de l’État, de la Ville de Saint-Pierre, du Conseil Territorial, de la Réserve Parlementaire et de commanditaires. »

Le parcours durant ces deux semaines ? Disputer des rencontres dans les trois régions représentées sur le drapeau de l’Archipel (Bretagne, Normandie et Pays Basque). « Sur le plan sportif, ce genre de déplacement permet aux joueurs d’aller voir ce qui se fait de l’autre côté. Il faut savoir qu’en Métropole le hockey est d’un très haut niveau et cela permettra aux Missiles de se mesurer à des équipes françaises. » Le Hockey Sporting Club a pour mission, lors de son séjour, de prendre des contacts pour organiser, d’ici deux à trois ans, des rencontres à Saint-Pierre avec les équipes de Bretagne, de Normandie et du Pays Basque. (Voir en 4e de couverture le programme des matchs.) • J.-C. L’Espagnol


[ ligue de football ] Propos recueillis par Didier Gil

Coupe de l’Outre-Mer 2012

« Ils étaient l�� pour apprendre » Une jeune sélection de football de l’Archipel a disputé en septembre dernier la Coupe de l’Outre-Mer, en Île-de-France, avec les résultats peu flatteurs que l’on sait. Bilan… Une sélection locale a participé à la Coupe de l’Outre-Mer, la troisième édition du genre, une compétition de football créée par la Fédération Française de Football (FFF) et la Ligue du Football Amateur (LFA) qui oppose les sélections des différentes ligues de l’Outre-Mer. Cette compétition a été créée pour remplacer la Coupe des clubs champions d’Outre-Mer. La première édition de cette compétition a eu lieu du 24 septembre au 4 octobre 2008 en Île-deFrance. Le trophée décerné au vainqueur présente une forte ressemblance avec le trophée « Charles Simon », attribué à la Coupe de France de football. Cet automne encore, la compétition s’est déroulée en Île-de-France du 22 septembre au 29 septembre 2012. Précision d’importance : les organisateurs assument tous les frais. Notre équipe a subi de cuisantes défaites, mais nos jeunes joueurs étaient là pour apprendre, ce qui a été relevé dès l’issue de son premier match par la presse nationale, à commencer par Le Parisien. Dans son édition du 11 décembre dernier, ce fut au tour de France Football / L’Équipe d’y revenir dans un sujet croisé intitulé « Français des bouts du monde », précisant « situés aux antipodes sur le plan géographique, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon incarnent deux réalités méconnues du football national ». Et les chiffres cités parlent d’eux-mêmes : « 7 500 habitants et 550 licenciés » pour Saint-Pierre-et-Miquelon, « 186 000 habitants et 9 200 licenciés » pour Mayotte. Ce n’était pas la première expérience du genre pour la sélection locale qui avait déjà participé à cette coupe en 2010, avec pour bilan en série « 3 défaites, 28 buts encaissés, 0 marqué ». Et ce ne fut pas mieux en 2012 : défaites 0 à 13 contre la Guadeloupe ; 0 à 10 contre la Réunion ; 1 à 11 contre la Guyane. Bilan : « 3 défaites, 34 buts encaissés », mais « 1 marqué ». Ouf… quelque part l’honneur était sauf. Malheureusement, vint ensuite l’horrible match de classement pour les 7e et 8e

L’équipe de Saint-Pierre qui a débuté la compétition face à la Guadeloupe. Au 1er rang, derrière les enfants (de gauche à droite) : Nicolas Lemaine, Olivier Morel, Aymeric Tillard, Xavier Delamaire. Au 2e rang (de gauche à droite) : Rémi Audouze, Olivier Blanchet, Gary Urdanabia, Mathieu Demontreux, Maxime Gautier, Tristan Girardin, Mickaël Lucas. (Photo : LP/Éric Balédent.)

places : 1 à 16 contre la Nouvelle-Calédonie. À titre de comparaison, Mayotte a d’abord battu la Polynésie (3 à 1) ; puis la NouvelleCalédonie (2 à 0) ; et s’est inclinée (0 à 3) contre la Martinique, elle-même finaliste malheureuse de l’épreuve contre la Réunion (2 à 2 puis 10 tirs au but à 9) ; et a perdu d’un petit but (0 à 1) contre la Guadeloupe lors du match pour la 3e place. Cet automne, nous avons voulu laisser le temps à la Ligue de Football locale de dresser le bilan de cette opération et d’en tirer ses propres conclusions en interne avec toutes les parties prenantes. Nous y revenons aujourd’hui avec une interview de son président, Hervé Huet. Écho : Hervé Huet, je sais que vous n’étiez pas du voyage cette année. Que pensezvous des résultats de la sélection locale ? Quels échos en avez-vous ? H. Huet : Je savais que la tâche allait être dure et je m’attendais un peu à ces résultats. Sur les 18 joueurs proposés à cette

occasion par Pascal Lafleuriel, le cadre technique qui est venu sur l’Archipel du 18 juillet au 10 août derniers, 7 et non pas des moindres, n’ont pu se libérer pour diverses raisons. Avec les éducateurs, nous avons dû recomposer une équipe encore plus rajeunie. Dans cette sélection, seulement 5 joueurs avaient participé à l’édition de 2010, pour les autres c’étaient la découverte d’une grande compétition. Par contre pour les échos que j’ai eus, les joueurs ont donné le maximum et ont été exemplaires lors des trois premières rencontres. Écho : Quel bilan la Ligue locale et son encadrement dressent-ils de cette opération, à la fois sur le plan technique et humain ? H. Huet : Début novembre, avec le staff technique qui encadrait la sélection, nous nous sommes réunis, nous avons dressé un bilan, tiré des conclusions et élaboré des pistes pour qu’à la prochaine édition nous présentions une équipe plus compétitive.

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Coupe de l’Outre-Mer 2012

« Ils étaient là pour apprendre »

[ ligue de football ]

Nous sommes unanimes pour dire que nous étions dépassés au niveau technique et physique. C’est sur ce dernier point que des améliorations pourraient être apportées. Il a pu être constaté que les fins de match étaient difficiles pour les joueurs, en raison du manque de condition physique. La Ligue est prête à mettre les moyens pour que les joueurs se préparent dans les meilleures conditions pour la prochaine édition de l’Outre-Mer. Mais c’est aussi à eux (les joueurs) de le vouloir et de faire des sacrifices. Écho : Peut-on envisager une amélioration du niveau de jeu de cette sélection et quels sont les moyens qui peuvent être pris pour y parvenir ? H. Huet : Comme je le disais plus haut, nous allons axer la préparation sur l’aspect physique. La Ligue va essayer de programmer avec la NLSA (Newfoundland and Labrador Soccer Association) des rencontres entre des sélections seniors mais aussi des jeunes de l’Archipel (U13, U15, U17) avec des équipes de Terre-Neuve, car les joueurs qui ont participé à la Coupe de l’Outre-Mer, n’avaient préalablement jamais joués en sélection. Il faut prévoir l’avenir et cela passe par nos jeunes licenciés qu’il faut préparer pour les prochaines échéances. La Ligue va aussi prochainement mettre en place au sein de son institution, une Commission Technique qui aura en charge de faire des propositions pour que le niveau du football local progresse. Écho : Dans quels délais vous paraît-il possible d’arriver à cette amélioration ? H. Huet : Si la politique que nous souhaitons mener arrive à se mettre en place, j’ai bon espoir que déjà pour la prochaine édition de la Coupe de l’Outre-Mer en 2014, nous montrions une autre image du football de l’Archipel. Il est clair que nous n’y retournerons pas pour gagner cette compétition, l’écart est trop important avec les autres sélections, mais nous pouvons le réduire. Si nos joueurs ont de l’ambition, de la volonté et de la ténacité nous y arriverons. Écho : Croyez-vous que la FFF et la LFA continueront de financer un tel déplacement si elles n’ont pas la garantie d’une progression certaine ? H. Huet : Ces instances m’ont bien fait comprendre lors de mon déplacement à l’Assemblée Fédérale de la FFF en décembre

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Hervé Huet (à gauche), le Président de la Ligue locale de Football, lors de la remise des trophées de fin de saison – ici la Coupe EDF – à l’issue de la finale de la Coupe de l’Archipel, début septembre dernier. (Photo : VSP/J.-Ch. L’Espagnol.)

dernier, qu’elles souhaitent que nous mettions en place une politique de développement pour notre sélection, sinon, il n’y avait aucun intérêt à revenir à cette coupe. D’un point de vue personnel, je suis pour le maintien de notre participation à cette Coupe de l’Outre-Mer, quoi qu’en dise l’opinion publique. Nous faisons partie intégrante de l’Outre-Mer français au même titre que les sept autres sélections. Louis Quédinet, qui a été Président de la Ligue de Football de 1990 à 2008, s’est battu pour que Saint-Pierre et Miquelon intègre cette coupe. Après un premier refus en 2008, la FFF nous a acceptés pour l’édition de 2010. C’est une victoire qu’il ne faudrait pas perdre maintenant. C’est la seule compétition nationale qui nous est ouverte au niveau du football en extérieur. Si nous perdons cet acquis, il ne nous restera plus rien à proposer à nos jeunes. Écho : Avez-vous lu les articles consacrés à notre sélection locale par la presse nationale, et qu’en pensez-vous ? H. Huet : Par rapport à notre première participation en 2010, où aucun article dans la presse nationale ne nous avait été consacré, j’ai eu cette année la joie de voir que Le Parisien et France Football – qui tirent respectivement à 470 000 et 105 000 exemplaires – avaient rédigé chacun un article d’une page sur le football de l’Archipel. Ils ont pu ainsi faire découvrir à bon nombre de leurs lecteurs l’existence de Saint-Pierre

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et Miquelon par le biais de son équipe de football. Le sport peut-être dans ce cas une vitrine touristique de l’Archipel. En contrepartie, je déplore que localement, malgré nos médiocres résultats, nous n’ayons très peu reçu de soutien ou de message d’encouragement. Écho : Avez-vous d’ores et déjà des informations sur la prochaine édition de cette Coupe de l’Outre-Mer ? H. Huet : Il avait été évoqué en 2011 de délocaliser cette Coupe de l’Outre-Mer aux Antilles (Guadeloupe et Martinique) pour l’édition 2014. Mais cela reste encore à définir au niveau hébergement et surtout financier. Écho : Un mot de conclusion ? Par exemple – et parce que je l’ai beaucoup entendu dire en ville lors de la diffusion des matchs – pensez-vous qu’une telle sélection au sein de « nos belles équipes des années 80 » aurait fait mieux que de nos jours ? H. Huet : Il est difficile de répondre à cette question. Je pense surtout que ce sont les mentalités des joueurs qui ont changé, mais l’évolution sociale y est pour beaucoup. Les valeurs qui existaient il y a 30 ans, ne sont plus les mêmes aujourd’hui et cela se ressent dans le comportement des footballeurs d’aujourd’hui, et pas uniquement à Saint-Pierre et Miquelon car il suffit pour cela de regarder l’attitude de certains joueurs de l’équipe de France. •


Pharmacies de garde

Agenda des marées

du lundi 21 jan. 9 h au lundi 28 jan. 9 h

Les jours croissent de 52 minutes

janvier 2013

BASSES MERS

Pharmacie CHFD

PLEINES MERS

du lundi 28 jan. 9 h au lundi 04 fév. 9 h Pharmacie SPM

55 28 02

Numéros d’appels d’urgence

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urgence médicale

février 2013 Les jours croissent de 1heure 24 minutes

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gendarmerie

Vendredi 1er - Ste Ella (Énora) 06:07 18:28 00:19 12:41 Samedi 2 - Présentation du Seigneur 06:57 19:16 01:07 13:30 Dimanche 3 - St Blaise - St Anatole - L : D.Q 07:56 20:14 02:02 14:27

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sapeurs-pompiers

sudoku

Le jeudi 31 janvier à 20 heures 30 D’Anne Le Ny, avec Vanessa Paradis et Samuel Le Bihan

L’histoire :

Problème n° 1317 • niveau : difficile

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Solution du n° 1316 5

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1

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4

5

5

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6

Règles du jeu : Vous devez remplir toutes les cases vides en placant les chiffres 1 à 9 une seule fois par ligne une seule fois par colonne et une seule fois par zone de neuf cases. Chaque zone de 9 cases est marquée d’un trait plus foncé. Vous avez déjà quelques chiffres par zones pour vous aider.

3 Niveau difficile

9

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La presse en parle Pour TéléCinéObs : « Anne Le Ny, qui signe une véritable lettre d’amour à la Bretagne, fait entendre sa petite musique acidulée habituelle, tout en offrant un de ses plus beaux rôles à Vanessa Paradis. »

4

1317 Sudoku grille 1317 2 1 2

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7

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5 5

3

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4 2

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« Odile est une jeune femme indépendante et rationnelle à l’existence bien réglée. Pourtant, alors qu’elle prend possession de la maison de sa tante dont elle vient d’hériter en Bretagne, la réalité, petit à petit, commence à lui échapper… Est-ce l’endroit qui est hanté ? La mémoire d’Odile qui, en se réveillant, lui joue des tours ? Ou bien Loïc, son prétendu “ami d’enfance retrouvé”, qui l’entraîne vers d’étranges chemins ? Dans les brouillards de cette Cornouaille mystérieuse, rien ne se passe comme Odile l’attendait… »

1 2

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voir la vie en grand présente

Samedi 26 - Ste Paule - Ste Mélanie 02:10 14:49 08:45 21:01 Dimanche 27 Ste Angèle - Pleine Lune 02:49 15:23 09:24 21:40 Lundi 28 - St Thomas d’Aquin 03:26 15:57 10:02 22:18 Mardi 29 - St Gildas - Marée : 90 04:04 16:31 10:39 22:56 Mercredi 30 - Ste Martine 04:42 17:07 11:17 23:36 Jeudi 31 - Ste Marcelle 05:22 17:45 11:57

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Cinéma

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7 1

6

1317 Sudoku grille 1317 Niveau difficile

Voir la vie en grand… Anne Le Ny est d’abord une actrice. Souvenez-vous elle était Yvonne dans « Intouchables ». « Cornouaille » est son troisième film en tant que réalisatrice. Amoureuse de la Bretagne, elle nous propose un joli voyage dans les paysages de ses ancêtres. On sent son attachement à cette terre mythique riche des légendes celtes. Si bien que la maison prend une place importante devenant presque un des personnages principaux du film : « C’est un lieu mouvant qui devient positif ou négatif selon la perspective ». À défaut de chanter « la chanson d’Émilie Jolie et du grand oiseau », Anne Le Ny définit le rôle joué par Vanessa Paradis comme une nouvelle Alice aux pays des merveilles, courant après des souvenirs enfouis ou perdus. L’actrice s’est d’ailleurs sentie très rapidement à l’aise avec son personnage à la lecture du scénario et sur le tournage également, appréciant l’exigence de sa metteur en scène. Pour les paysages bretons absolument magnifiques, pour une Vanessa Paradis resplendissante, pour découvrir un film atypique et sensible et pour… voir la vie en grand ! • Cédric Lebailly écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

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≥ DTAM Consultation * La Direction des Territoires, de l‘Alimentation et de la Mer communique : Une consultation est lancée dans l’Archipel pour la réfection des réseaux électriques du môle frigorifique Nord à Saint-Pierre. Les entreprises intéressées pourront se procurer le dossier à l’accueil de la DTAM, tous les jours ouvrables de 8 h 30 à 11 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30 (15 h 30 le vendredi). Les offres devront parvenir à l’accueil de la DTAM pour le 18 février 2013 à 15 h au plus tard.

≥ DTAM Consultation * La Direction des Territoires, de l‘Alimentation et de la Mer communique : Une consultation est lancée dans l’Archipel pour la fourniture et la livraison de matériels de mesure de courant et les systèmes de mouillage correspondants. Les entreprises intéressées pourront se procurer le dossier à l’accueil de la DTAM (Bd Constant Colmay), tous les jours ouvrables de 9 h à 11 h 30 et de 14 h 30 à 16 h 30 (15 h 30 le vendredi) ou télécharger les documents de la consultation sur le site http://www.marchespublics.gouv.fr Les offres devront parvenir à l’accueil de la Direction des Territoires, de l‘Alimentation et de la Mer pour le lundi 18 février 2013 à 12 heure au plus tard.

≥ Greffe du Tribunal Avis * GREFFE DU TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE DE SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON • DATE : Jugement du 16 JANVIER 2013 constatant la cessation des paiements et prononçant l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire ordinaire sans ouverture d’une période d’observation à l’égard de : • DÉNOMINATION SOCIALE : SARL BOROTRA FRÈRES • FORME JURIDIQUE : Société à Responsabilité Limitée • RCS de Saint-Pierre-et-Miquelon : 67 B 87 • N° Siren : : 378 630 610 • N° Siret : 378 630 610 00012 • SIÈGE SOCIAL : 33, rue Abbé Pierre Gervain, BP 4219 à Saint-Pierre (97500 Saint-Pierre-etMiquelon) • ACTIVITÉ EXERCÉE : Vente de voitures et pièces détachées automobiles • DATE DE CESSATION DES PAIEMENTS : 20 novembre 2011 • LIQUIDATEUR JUDICIAIRE : E.M.J. MANDATAIRES JUDICIAIRES, 62 Boulevard de Sébastopol à Paris (75003) – Tél : 08 99 02 68 78 – Fax : 08 99 02 47 27 Les créances doivent être déclarées entre les mains du liquidateur dans un délai de DEUX MOIS à compter de la publication au BODACC. Pour extrait certifié conforme le 17 janvier 2013, Le Greffier.

Ville de Saint-Pierre

Numéros utiles

* Outre le numéro du standard à utiliser durant les heures d’ouverture des bureaux, vous pouvez également joindre la Mairie de Saint-Pierre par télécopie. D’autres numéros peuvent aussi vous être utiles, notamment en cas d’urgence.

Mairie standard : 41 10 50 Pôle Voirie : 55 80 77 ou 55 80 65 Pôle bâtiment : 55 80 78 ou 55 57 18 Traitement des eaux : 55 80 61

[Fourrière Fourrière ] Service Fourrière : 55 19 75 Journal édité par la Ville de Saint-Pierre Site internet www.mairie-stpierre.fr Fondateur Albert Pen (Février 1982) Directeur de la publication et Éditorialiste Karine Claireaux Codirecteur Claude Arrossaména Rédacteur en chef Didier Gil : 05 08 41 10 91

Journaliste Jean-Louis Mahé : 05 08 41 10 92

Secrétaire de rédaction et accueil Clarisse Hacala : 05 08 41 10 90

Infographistes Steve Yon et Jean-Christophe L’Espagnol 05 08 41 10 95

Des nouvelles de l’Archipel ? N’hésitez pas… abonnez-vous ! Profitez de nos nouveaux tarifs : • SPM nominatif : 13 euros • Métropole : 28 euros • DOM-COM et Pays africains : 44 euros • Canada et USA : 36 euros • Autres pays : 59 euros

Impression Yannis Lepape : 05 08 41 10 93 — 05 08 41 10 94

Photographes Jean-Christophe L’Espagnol (J.-C. L’E.) jclespagnol@gmail.com Jean-Luc Drake (J.-L. D.) jean-luc.drake@cheznoo.net

Nom : …………………..................................................................................................................

Dessins d’actualité

Prénom : ……………...................................................................................................................

Benoît Germe

Adresse : ………………………........................................................................................................ Ville : ………………………………...................................................................................................... Code postal : …………………….....................................................................................................

Pour nous joindre L’Écho des Caps Hebdo, rue Georges Daguerre • BP 4213 • 97500 SPM • Tél. 05 08 41 10 90 • Fax 05 08 41 49 33

À renvoyer avec votre chèque à : L’Écho des Caps Hebdo Rue Georges Daguerre - BP : 4213 - 97500 Saint-Pierre et Miquelon.

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Courriel echohebd@cheznoo.net Tirage 2 900 exemplaires Commission paritaire numéro 68511

écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013


[ partenaires de la semaine] Ce n t re C omme rcial Marce l DAGORT Arrivage de Fromages et Charcuteries en provenance de France .

Cette semaine

Complainte des landes perdues Les Chevaliers du pardon 2 : Le Guinea lord • 3 : La fée Sanctus Delaby - Dufaux Éditions Dargaud Bande dessinées

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Deuxième cycle des Complaintes des landes perdues, les Chevaliers du pardon regroupe tous les éléments qui ont fait le succès du premier. Ces chevaliers font partie d’un ordre de moines guerriers, inspiré des Templiers. Sur fonds de légendes celtiques, sorcières, fées et chevaliers se livrent une lutte sans merci pour la victoire des forces du bien ou du mal. Cet univers médiéval et fantastique est servi par les textes de Dufaux et le très beau dessin de Delaby. • ••• Rubrique animée par Josée Gautier

Bibliothèque-Médiathèque de Saint-Pierre

≥ philatélie

« Histoire de géologie » De Nicolas Allen-Mahé

Ets Pascal HACALA Tél :(508) 41 32 54 - Fax : (508) 41 59 40 Cel : (508) 55 32 54 - p.hacala@gmail.com

Détaillant SHELL Grossiste Détaillant Distributeur Horticole

6 rue du 11 novembre - B.P :59 - 97500 Saint-Pierre & Miquelon

Une émission philatélique a eu lieu ce mercredi 23 janvier. Il s’agit du septième timbre de la série « Coup de cœur ». Intitulé « Histoire de géologie », il a été réalisé d’après une photo de Nicolas Allen-Mahé, primée par la Commission philatélique dans le cadre du concours organisé par le musée de l’Arche. Ce timbre, à la valeur faciale de 0,90 €, a été tiré à 80 000 exemplaires, dont 5 000 pour l’Archipel. L’émission « premier jour » s’est tenue au Bureau Philatélique, place du Général De Gaulle, avec la mise en vente de l’enveloppe et de la carte « premier jour ». La vente généralisée du timbre dans les bureaux de Poste Philatélique de Métropole sera effective ce samedi 26 janvier. • D.Gil écho des caps n° 1317 • vendredi 25 janvier 2013

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