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Ca fait peur… Si j’avais su, j’aurai peutêtre pas fait ma Une sur ce sujet. J’avoue avoir un peu grossi le trait, afin d’accentuer le côté caricatural de l’exercice, mais j’ai aussi été aidé par le fait que je n’ai pas été capable de trouver une verticale correcte. Merci Maman, d’avoir fait de moi un être à moitié Elfe et à moitié Hobbit perché.

Free Harvey Dent ! L

e tour est simple : prenez une photo pleine face, coupez-la en deux, inversez chaque moitié pour reconstituer deux visages composés chacun de la même moitié. Si la vraie beauté réside dans l’asymétrie, probable que certains sont plus avantagés, mais quoiqu’il en soit, cette petite technique permet de

mettre en relief -en abime ?- les traits dominants d’un visage. L’un peut paraître plus vieux et plus rieur (que le visage réel), tandis que l’autre présente une rigidité jusque-là mal identifiée, une certaine impassibilité. Toi-aussi, vérifie que le portrait de ton conjoint ne cache pas un sérial killer…

Au sommaire Edito Avant, on envoyait ses vœux Brèves, news, bullshit & stuff Les Nains, conte barjot de Noël

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60’’ movies Looking for Jeeza’ Keep Faith Moonstars

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Work on Progress : Petit 10 guide de survie urbaine Vite fait

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What’s up « La dernière arme » let’s go for a quicky Chanson de marche Toi aussi fait ton journal

Agenda last minute dot com lazy bastard

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La petite régate

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Carton plein pour le jeu de cartes de Manu Fille : 500 ex. vendus. On a testé, ça marche finger in the nose de 6 à 40 ans, à la plage, par terre, sur une table… ±20$ www.lapetiteregate.fr - Manu : 06 16 12 29 62

Retenez le nom de ce groupuscule de mercenaires de l‘édition. Basés à Paris, Pleumeur-Boudou et Tarare, ils sont recommandés par «Babyfoot Mag’» et «Vos Amis les Plantes Vertes WebZine». Que du lourd. Ici, on adore.

Frères Sourire Fabrice et François rodent un spectacle d’une 40aine de morceaux. L’un des deux est sympa et drôle. François joue de la guitare (très bien) et agite sa jambe de bois/ tambourin, Fabrice percute, buggle et souffle dans un Bontempi tunné. Ils prévoient de se produire dans des bars. Sans blague.

Trop tard Fabrice a organisé une expo le week-end du 8 mai dans sa gare de St-Romainde-Popeye. Sculptures, peintures et épinards au vernissage. Trop cool. (300 visiteurs selon la préfecture de Tarare).

N’importe quoi Gabriel s’est encore rasé les couilles. Cette fois-ci, c’est parce qu’il trouve “que ça fait plus jeune”. Sacré Gab’.

INPI La société Luxembourgeoise T-con a breveté son Ethylotest à connerie. Plus tu essaies de souffler, plus t’es con. On avait déjà le radar à pouffes, à quand le sonar à crétins ?

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Champagne (1) Le conseil de l’Ordre a avalisé la refonte et la nouvelle ligne éditoriale du Journal du Barreau de Lyon. Bravo Thomas, merci.

Champagne (2) RESADDERSSE International (Revue Scientifique et Académique de Déontologie, Développement durable, Ethique des affaires, et de la Responsabilité Sociale et Sociétale de l’Entreprise et des organisations) va voir le jour sous

peu. Sous la houlette de François Ecoto, enfin une revue universitaire de haut vol en plusieurs langues dotée d’une très belle maquette.

20 ans après Alain a lancé une nouvelle collection, “Milady”, qui réédite les gros formats “Bragelonne” en poche. Je pense déposer “Pornos”, on sait jamais.

Bich Olivier a organisé un tournoi de Volet à la X-rousse. Bilan; trois participants, 2 morts, et 8 encadrements de fenêtres tout beau tout neuf. Pharaonique.

Jamaïca Même la boîte est belle… Les 12 cartes (format Tarot)de chaque joueur forment de superbes panoramiques, le système de jeu est simple : rock n’roll. 40$, smile!



l’Édito du Bâtonnier - Words of the Batman

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vant, on envoyait ses vœux

Maintenant, on facebouque. Ou on gougueule. On réseaute sur ce qu’on a fait ce week-end ; « Et vous Richard, qu’avez-vous fait ce week-end? » me demande régulièrement Copaindavant/Trombi/TuttiFrutti. J’ai niqué ta mère. Tu m’aurai tutoyé que j’aurai niqué ton père avec.

Cette newsletter m’est venu soudainement. J’ai longtemps cru au pouvoir télépathique qui permettait d’envoyer ses pensées à ceux qu’on ne voit jamais assez. La liste est longue, concentrique. De la famille de sang aux relations lointaines. J’avais sous la main une maquette (modèle déposé) que je pouvais détourner selon mes besoins ; comme d’habitude plein de choses à partager ; et trop de gens que j’aime -d’une façon ou d’une autre- pour




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Provoc’ ? Alors qu’à l’époque on craignait que les Turcs ne l’enlèvent pour la traite des Blanches, Catherine va aujourd’hui directement les provoquer chez eux. Gonflée la Blonde.

English Old School Roxane jumped from 51% to 87%, thanks to Les’ and the educating methods she used to confront the poor innocent children to, when she was a headmistress. Wiplash!

Rock n’roll Glascow à Tarare. L’immense groupe de pop quitte ses caves de St-Priest pour venir enregistrer son 4è album à l’Hacienda en Juillet. Ils auraient attendu un an de plus, et la municipalité aurait pu faire un doublé culturel avec l’élection de Miss Mousseline. Dommage.

Book-athon Still running, best book givers are Jen & Andy. With a special thanks to Jen, with this top 5 book, The Time Traveller’s Wife, the story of a man running naked. No doubt it’s been read.

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Simple question : Why people express their unhapiness towards the weather ? Old beliefs of rain dance’s power ?

Get some Go again Le dernier Henri Rollins sur Deezer. Plus éloigné du Punk que précédemment, ça déménage. Avec une reprise de Thin Lizzy en prime.

Bonne nouvelle Cyril Pruche a fait un rejet de la greffe ses couilles de Bonobo. Question : que va t-il faire de la bite qui allait avec ?

Moëbius Avant de dessiner des petits Mickeys, il faisait des origami. Amusez-vous à couper celuici en deux bandes d’égales largeurs. Son poids en bière à l’innocent qui devine avant le résultat du découpage.

Le chiffre du mois 25 (Robin’s facial hair)

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Tally Ho ! Une course aux trésors où les pirates s’affrontent gràce à un système de jeu propre, efficace et vicelard : tout ce qu’on aime. Manu remets le couvert…

Erratum J’ai balancé du haut de ma connerie que les bouquins de Lee Child étaient équivalents aux SAS français. J’aurai mieux fait de le lire avant de parler, même si la 4è de couv’ était risible. Ma grande gueule et moi…

Conan For Ever Citation du Maître : “Est-ce vraiment votre télé qui a des chaînes ?”

Naheulbeuk 10 ans après, ils sont de retour dans ma maison… Toujours aussi cons, sauf que maintenant j’ai une excuse pour les écouter.

Ils l’ont fait 

trop peu de temps. N’allez pas croire pour autant que je me relise ou que je pèse mes mots ; vous trouverez du français et de l’anglais, rarement traduit et toujours trop approximatif. Parfois vulgaire, mais jamais aussi obscène que les affiches de MegaVixensMag qu’Insert colle à la hauteur des yeux de nos enfants. De toute façon certainement plus concret que des ondes positives télépathiques. J’ai tout pompé sa science de l’édito à PBL, et je

lui ferai honte si je ne me débrouillai pas pour caser ceci : que vous soyez concerné par l’ensemble ou seulement partie de ce journal, n’oubliez pas de considérer que c’est avant tout une véritable histoire d’Homme, avec ses coups de gueule et ses imperfections, et parfois sa magie. C’est parce qu’en lui nous pouvons tous nous reconnaître qu’il nous émeut et que nous l’aimons. Magic Frelling Richy


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Les Nains, conte barjot de Noël (2007) Juan m’avait offert un super dessin : deux nains perdus sur un monticule. J’ai le souvenir de flèches qui leurs arrivaient dessus. On avait prévu d’en faire un livret pour souhaiter la bonne année. Comme je balance pas les potes, je dirai pas que c’est lui qui n’a pas fourni les deux ou trois illustr’ qui manquaient, et donc personne n’a reçu ce conte. Tant mieux ?

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 Le spectateur prendra l’habitude, dorénavant, de se fier aux pieds du nain : invisibles, il est debout, visibles, il est assis. Ou couché. (Dans ce cas, il faudra se référer à l’intensité de la propagation des infrabasses, indice de ronflement).

wifft… swifft… swifft… La peau de chamois glisse sur le plat-bord de la hache, masquant par intermittence les reflets du feu qui mugit à quelques nains de là. - Wow, tu chromes ? demande une profonde voix de basse. L’être barbu poursuit son affûtage sans broncher : « Swifft… swifft… », car c’est ainsi que certains individus aiguisent leur outil de travail. En particulier les gens dont la vie dépend du coefficient de pénétration dudit « outil de travail ». Surtout quand il s’agit d’une hache. À double tranchant. Affûtée par les mains même qui l’ont forgée. De courtes mains. Solides. En fait, des mains à extraire des larmes d’une enclume en la pressant. Des mains de nains. Enfin, des mains de personnes vertically challenged, comme on dit dans le Nouveau Monde. Ici, on dira « nain ». Plutôt « naine » en l’occurrence. - Tout ça parce que j’ai coupé un arbre, dit le Nain, boudeur, en apparaissant dans le cercle de lumière. Il poursuit : - Je vais garder le feu maintenant ; tu peux y aller. » Cette invitation, d’une grande clarté, est la preuve d’une familiarité presque fraternelle. En effet, ce nain contre-

viendrait presque aux règles non écrites de savoir-vivre en vigueur chez nos amis les Nains. (C’est une formule, bien sûr : pour ma part, je fais 1m53. Donc je fais partie des « Grandes Gens ». Et donc, les nains ne sont pas mes amis.) N’empêche, il contreviendrait presque. Car le Nain est pudique. Pudibond même, à la limite de la schizophlébite. Pour faire ce qu’il avait à faire – une « petite » commission, forcément –, il s’est éloigné de milles nains environ, a tourné le dos à la Lune, s’est mis à chanter « Ma serpette est perdue » à tue-tête pendant qu’il officiait en biglant les étoiles. Sans les nains. (En fait, un nain qui pisse ressemble assez à un Grec bourré qui danse le Sirtaki, la chanson en plus : normal, la mélopée tient les congénères au loin. Et non pas « le long pet maintient les conjoints en l’air ». Donc l’allusion à peine masquée à l’existence même de ce type de nécessités est, dans la bouche de ce nain, une provocation. Limite une insulte, zarma ! - Je t’ai dit d’aller chercher du bois, pas de débiter un chêne ! se décide à répondre Uma, pour couper court. - Boarf ! fait le nain en se laissant tomber assis près du feu. La différence n’est pas flagrante. Le spectateur prendra l’habitude, dorénavant, de se fier aux pieds du nain : invisibles, il est debout, visibles, il est assis. Ou couché. (Dans ce cas, il faudra se référer à l’intensité de la propagation des infrabasses, indice de ronflement). - Dis-moi que tu t’en plains, d’not’feu ! se rengorge Gimly. Uma interrompt son affûtage, plie sa peau de bouc, la range dans une poche plate réservée à cet effet. Puis elle fait remonter les coins de sa barbe en plissant des yeux : - Grand fou va… *** - Tu crois qu’on est encore loin ? demande Uma en tenant délicatement une saucisse entre ses doigts boudinés. Petit doigt exclu, bien sûr.


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- Graomarff barblle, répond Gimly, profitant de la double labiale pour projeter deux pelletés de fayots dans le feu, une paire de rondelles de saucissons contre son plastron et un rogaton de tranche de lard sur sa barbe. - Tu penses qu’on est dans la bonne direction ? - Abougra marboul ! éructe le nain, les

voies aériennes encombrées par les pleines poignées de choucroute qu’il vient d’engloutir. - Oui, mais son autre œil indiquait une autre direction, insiste Uma de sa voix de sirène de paquebot. Gimly, dans l’incapacité de moduler le débit du rot qui jaillit du plus profond de ›››


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Pourquoi il m’a dit « J’espère qu’vous n’êtes pas frère et sœur quand même…» ? Mais la question rhétorique se perd une fois encore dans les craquements de l’arbre qui brûle.

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son petit être, agite sa main libre. - Quel chien ? Ah, celui qui l’avait mordu…, traduit Uma. Reprenant son souffle, Gimly dessine un cercle avec ses mains : la projection de fines gouttelettes d’huile alimentaire produit un arc-en-ciel de poche ; c’est mignon, presque elfique. Ça fait froid dans le dos, pour un nain, un truc comme ça. Mais Uma, qui est assez terre à terre je dois l’avouer, traduit à nouveau la pantomime : - Celui qui l’avait mordu et qui était donc dans son assiette. Gimly opine machinalement du chef : son esprit s’est subitement désintéressé de la conversation. - J’vais t’chercher des fraises des bois, dit-il d’une voix étranglée. Le kebab cassouletchoucroute lui fait toujours cet effet-là. Il lui fait « faire », pressement. Le début de sa quête de soulagement est salué par un sourire de la prude Uma. Mais, si vous voulez mon avis, elle a pas intérêt à rester sous le vent. *** - Tu m’as ramené des fraises ? La bichette est bordée, barbe brossée et bottes brillantes au pied de son couchage. - T’as pas entendu un bruit là ? interroge un Gimly sincèrement alarmé. D’un bond, Uma la Bougresse se campe en position de garde, car en effet de terribles craquements, accompagnés de sourdes vibrations telluriques, approchent dans leur direction. Les deux nains sont côte à côte, hampe de hache saisie à deux nains ; Uma couvre la droite et Gimly, en fausse garde, s’occupe de la gauche. Tournant le dos au feu, ils voient apparaître un géant, vêtu de cuir noir sans poil. Le golem chausse ses lunettes de soleil, hausse un sourcil en détaillant les serre-livres barbus qui lui font face :

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- Sarah Connor ? gronde la voix aux accents exotiques. Gimly pose sa main sur le coude de sa voisine et répond négligemment en prenant une posture nainvantageuse : - Non Messire, elle est partie par là, chercher des fraises des bois. Le Golem hoche la tête brièvement et part dans la direction indiquée de sa démarche de déforestateur. Lorsque le fracas du géant est devenu inaudible, les nains semblent reprendre vie : - Pourquoi tu lui as dit ça ? presse Uma. - M’inspirait pas confiance : en plus, j’exècre les Alémaniques, gronde Gimly en refoulant son sourire. *** Le ronflement du chêne qui brûle rondement dispute avec âpreté l’occupation de l’espace sonore contre le « Sarah brame tonitruant de Gimly. Connor ? » Uma doit s’y reprendre à gronde la voix deux fois pour parvenir à se aux accents faire entendre du dormeur : exotiques… - C’était quoi déjà, la quête ? demande t-elle d’une relative petite voix. Les nains bénéficient naturellement d’une rare aptitude au microsommeil, aussi Gimly répond t-il aussitôt : - La Félicité. puis il reprend immédiatement, pour devancer la traditionnelle question suivante : « Et y il nous a dit d’aller « là-bas » — une pause – et son regard indiquait le mont Toya – re-pause – mais c’est vrai que son autre œil lorgnait le chien dans son assiette – pause -. Donc oui, nous sommes dans la bonne direction. Et il se rendort instantanément, une fois de plus, au petit dam d’Uma, qui poursuit malgré tout, mais sans élever la voix : - Pourquoi il m’a dit « J’espère qu’vous n’êtes pas frère et sœur quand même…» ? Mais la question rhétorique se perd une fois encore dans les craquements de l’arbre qui brûle. Uma finit par s’endormir à son tour, avec sa frustration en guise d’oreiller et sa déception comme seule couverture. *** L’aube était à peine neuve que les nains cheminaient de nouveau, longeant la berge bucolique qui bordait une rivière vraiment sympa, déchirant légèrement la brume matinale du bout des pointes de leurs jolis pe-


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tits casques cornus. D’un commun accord, ils se séparèrent momentanément pour doubler leur chance de cueillir quelques fraises des bois (sic). Gimly attendait depuis une poignée de nains déjà lorsqu’il entendit Uma : - Aaaaaargh ! Prends ça, bordel d’ours ! Il dégagea le « Décapsuleur » de son étui et se rua au secours de sa comparse en agitant très très rapidement ses petites jambes musclées. Il fut accueilli dans la clairière par un tonitruant cri de victoire et de rage mêlés, poussé par une Uma extra-ordinaire : elle se tenait nue, constellée de projections de sangs aortiques ou carotidiens, barbe échevelée, cheveux aux vents et dents serrées. Seule la serviette de nain était exclue de la pile nette que formait son équipement plié à proximité d’un bosquet (petit bouquet d’arbres nains) : la Bougresse avait été surprise pendant son bain ! Les quelques adversaires jusqu’à présent indemnes encerclaient la guerrière, armes et couleurs au vent, scandant leur haka hypnotique : « Bizounours, on en a plein les bourses, des bizous comme d’une source, aux blondes aux brunes aux rousses ». Gimly fut frappé alors de deux pensées simultanées : - Des Ours Priapiques ? !, émerveillé. - Oh bah v’là que j’ai la trique ! ?, émerveillé. Uma aperçut l’émoi du nain, mais sa fureur barbare la préserva de tout sentiment de culpabilité : dans son souvenir, comme dans celui de Gimly, la scène qui suivit toujours se déroula au ralenti. Elle l’appela, « Gimly », il la nomma – « Uma » — et leur voix respectives emplirent l’Univers. Subitement, Gimly compris qu’Uma serait désormais le centre de son petit être, sa raison de vivre, l’objet de toute son attention. Parallèlement, Uma réalisait qu’elle donnerait sa vie pour lui, qu’elle lui offrirait l’accès à son jardinet secret avec un bonheur partagé, et qu’elle délivrerait une ou deux portées de petits nains avec une indicible fierté. Ils se mirent en marche l’un et l’autre, assoiffés, affamés crevant presque du besoin ultime qu’ils éprouvaient de se toucher, de se sentir, de s’étreindre l’un l’autre à bras raccourcis. Le respect imposé par cet Amour révélé écartait sans effort aucun les terribles Bizounours… Ou peut-être était-ce la distri-

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bution de coupures, lacérations, décapitations, amputations et toute autre sorte de blessure infligées par des armes définitivement affûtées qui les tinrent cois, et à l’écart, et silencieux, et immobiles. Morts quoi. Uma et Gimly cueillirent donc des fraises des bois. Avec beaucoup de chantilly, youpi !! Ils connurent la Petite Mort et la Félicité. Mais alors, comment finirent-ils perchés, voie de retraite coupée, haches perdues, poursuivis par des vilains qui leur jetaient des flèches en disant des gros mots sur leurs mères, en haut d’un piton situé très très haut, à beaucoup de nains d’une belle cité aussi fortifiée que mystérieuse ? Quel poney de bataille étaient-ils allés enfourcher, mais que diable allaient-ils faire dans cette guêpière ? Se peut-il, supputons, se peut-il que cette image représente allégoriquement le cheminement qu’il appartient à tout à chacun de faire et, partant, illustre une symbolique « croisée des chemins » à laquelle nous marquons tous le pas ? Faut-il y voir cet instant sublime où nous nous devons de nous surpasser afin de franchir certain gouffre terrible, de ceux qui infléchissent le cours d’une vie ? Ou alors, ils sont simplement dans la merde. Comme Uma et Gimly, toi aussi, prends ton courage à deux nains ; alors bonne cueillette, et bonne année 2007.

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Elle se tenait nue, constellée de projections de sangs aortiques ou carotidiens, barbe échevelée, cheveux aux vents et dents serrées. Seule la serviette de nain était exclue de la pile nette que formait son équipement plié à proximité d’un bosquet (petit bouquet d’arbres nains) : la Bougresse avait été surprise pendant son bain !




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ith my true friend Olivier, we spent an evening -in Timisoara- trying to imagine stories to be filmed with a mobile phone. (The choice was quickly made ; the other option was go see the local Ladies…) Movies had to last 60’’. Finally,

we ended up with 3 (some days after). One was totally made up [Jeeza!]. I kind of witnessed the second one [Keep faith]. I sware I did the third one for real, december 2006, when Tony & Marine came to Lyon for XMas.

Looking for Jeeza’ Jeeza, c’est la transcription de l’exclamation qui s’échappe de la bouche d’un mâle Anglophone lorsqu’il voit une très très belle fille ; « Jésumarie! », pour Le Glaude ou La Denrée.



Une chambre d’ado, un PC sur un bureau. La caméra est à côté de l’écran, tournée vers les deux ados qui se promènent sur la Toile, à la recherche de belles images de filles : « - Regarde celle-là… - Ouais, mais je préfère les Blondes… - Oh nan, t’es trop grave toi, elle est trop bien elle. - Viens, on appelle Vince. -… - Allez, fait pas ton lourd. » Le môme se lève sans rien dire, reviens et trouve son pote en train de regarder la Blonde. « - J’en étais sûr, hein Vince j’te l’avais dit. » La navigation reprend, à trois interlocuteurs. Commentaires (Filles de la classe, Top 5, classement des profs). Vince n’est pas convaincu par les beautés photoshopées RVB. Arrive la mère de l’hôte –voix off-, de l’autre côté de la porte entrouverte : « Bonjour Benjamin, tiens salut Max », puis on l’entends reprendre sa conversation : « Attends, je cherche mon portable, sur çui-là j’ai dépassé mon forfait… Oui, je te rappelle tout de suite » pendant que les ados fébriles préparent leur alibi : cahiers et livres s’ouvrent sur le bureau. Max a le portable dans la main ; il s’est finalement rangé du côté de Vince. Ils sont en train de conclure leur conversation : « Ouais, t’as raison, aujourd’hui on peux plus faire confiance à ce qu’on voit sur les écrans, avec leurs trucages et tout ça… -… - Ouais, des vrais meufs ; pour de vrai ouais. -…»

La mère barouffe de plus en plus : on l’entend approcher de la porte : - Oui oui, je suis d’accord avec toi… Attend, t’es con… Bouges pas, je te rappelle. » Les trois ados se regardent, attendant l’irruption de la trouble-fête. « - Benjamin, c’est encore toi qui a pris mon portable ? », visiblement énervée. Dernière image, dans laquelle la femme apparaît dans l’encadrement de la porte, un peu excédée, ce qui n’enlève rien à sa remarquable beauté ni à son charme manifeste. Commentaire off de Vince : « -Jeeza !»


entre

Raconter

des

Keep Faith Un quai de métro, à Lyon. Un homme d’une bonne cinquantaine d’années, au visage commun, habillé avec une appartenance certaine à la classe des indépendants, conseil en entreprises, assimilé « profession libérale ». Un ado noir, d’une vingtaine d’années, vêtu de la traditionnelle batterie des signes d’appartenances à une quelconque tribu urbaine. Une svelte jeune fille enveloppée d’un imperméable clair qui laisse apercevoir des chevilles protégées d’épaisses chaussettes surmontant de fines baskets noires. Attendent le métro. Arrivent une petite fille de trois ans, concentrée sur son univers, qu’une mamie remorque avec la poigne de

conneries

ou

Aller

l’habitude. Tous attendent la rame, autant d’univers distincts qui partage le même espace-temps matériel, la même musique d’ambiance « TCLesque ». La mémé relâche son emprise sur la petite, le temps de réajuster sa coiffe. L’enfant lève alors son regard sur les gens du quai : elle voit. - L’homme qui, à la faveur d’un report machinal de son poids d’une jambe sur l’autre, libère une cheville et frappe une mesure de claquettes, à la volée, impromptue, parfaitement naturelle. - L’ado rouler des hanches et envoyer du bout des doigts l’impalpable impact de sa frappe ondulatoire, propagation aveugle. - La jeune fille, qui s’élève presque

Moonstars Point de rencontre de la gare de la Part-Dieu. Un homme, bien habillé, look remarquable (cheveux longs détachés, pilosité faciale originale) s’assure du panneau « Point rencontre » et s’arrête à l’aplomb. Il sort la feuille que contenait la chemise qu’il portait sous le bras, vérifie d’un coup d’œil qu’il la dispose correctement sous les deux élastiques de la pochette rigide, et tient son panonceau à l’italienne, angle inférieur calé dans le creux de son bras. Le déplacement de la foule connaît une période de remous qui en divise les flots, autour de l’homme au panneau : comme un rocher posté au milieu du lit d’une rivière, sa présence réorganise le flux, qui tend à ralentir à son approche, s’épaississant, pour lentement regagner sa vitesse d’origine. Les gens lisent le panneau, puis dévisagent l’homme, puis réalisent que leur intérêt va à l’encontre des règles de bienséance et tentent de s’interdire ce dernier regard qu’ils jettent tous, leur inconscient malaxant déjà les informations captées. Certains sont gênés, d’autres rougissent, certains encore essaient de masquer leur jalousie par un commentaire acerbe mais intérieur, tandis que d’autres rongent de frustration leur curiosité inassouvie. Une occasion unique, en chair et en os… L’homme lui demeure monolithique, impassible, bien que peut-être légèrement condescendant, d’une façon nonverbale. Le temps passe, le flot sans cesse renouvelé répète le même schéma de ralentissement-division. L’homme se

voir

les

putes…

dans les airs et prétexte un déplacement pour effectuer un pas de danse, à son insu, à l’orée de sa conscience, mais aérienne ; angélique. Dans le dos de la mamie la petite fille avance d’un pas – son pied arrière vient rejoindre l’autre –, puis d’un autre pas, et elle se décide à sauter un gouffre qu’elle seule connaît, d’un bond à pieds joints. Le ciel bleu, le sifflement des ailes dans l’air, les nuages… Elle atterrit, sourire aux lèvres, et regarde les autres ; cherche leur approbation, une reconnaissance. La rame arrive, et la main de la mamie reprend sa place autour du jeune poignet. Le moment de grâce est parfait .

prête au jeu, puis se lasse et reporte son attention vers le pied de l’escalier qui lui fait face : l’arrivée d’un train délivre un nouveau peloton d’individus qui vient s’additionner au flot de la foule en mouvement. Parmi eux, un voyageur repère l’homme au panneau, éclate de rire et se prête au rituel de l’étreinte fraternelle. Puis les frères partent en riant, bourrades et tapes sur l’épaule. Sur la feuille qui vole au sol on lit, écrit en petits caractères : 7e Salon de l’Érotisme à Lyon. Et dessous, en gros : Monsieur Rocco Siffredi. Je l’ai fait. Après l’avoir écrit, j’ai eu l’occasion rêvée de le faire. J’étais beaucoup moins sûr que le gus dans le script, assez gêné par les réactions des femmes d’un âge certain, amusé par les jeunes, et très mâle Alpha devant les autres mecs potentiellement contestataires. Je n’avais pas prévu qu’un agent de la sécurité vienne me filer un coup de main. Plus par curiosité qu’autre chose ; il ne comprenait pas pourquoi j’étais le centre des attentions. Puis il est resté avec moi. Quand mon frère est arrivé, avec un retard de 10’ merci TGV, il m’a dit : «T’es vraiment un connard », avec sa façon de sourire. Je dois toujours avoir la feuille quelque part dans mes archives. Curieusement, et a posteriori, je me souviens avoir pensé pour me motiver que je regretterai de ne pas l’avoir fait. C’est vrai.




WoP: PETIT GUIDE de survie UR

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En ce moment, sur mon écran, dans mon calepin, je termine de prendre des notes pour pondre un livre petit format, comme le titre l’indique, un guide de survie. La vérité première de cette petite entreprise, c’est qu’il y a 2 types de gens qui écrivent ; les écrivains, qui tâchent de publier, et les écrivants, qui ne peuvent pas s’en passer. Je sais depuis longtemps que je fait partie à coup sûr de la seconde catégorie, mais être aussi dans la première assurerait ma retraite. Vous avez sous les yeux le premier jet : fallait bien que je remplisse ce numéro 1. Lorsqu’il sera terminé, je l’enverrai un peu autour de moi, afin que chacun puisse y aller de son chapitre. Je garde les tunes, mais j’offre la bière. Bonne lecture. Préambule : Je suis passé de l’autre côté de la barrière, celui où on préfère donner des conseils plutôt que d’en recevoir. Dans une vingtaine d’années, ça me paraîtra risible, voire prétentieux. Aujourd’hui, je trouve l’entreprise amusante. Je suis quelqu’un habituellement doté d’un certain sens de l’humour, mais le tribut à payer pour le retranscrire sur le papier peut rendre certaines tentatives maladroites. (Si vous me connaissiez mieux, vous ne vous attendriez pas à des excuses). Mais je m’en fous. Alors

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- P r o b a b ly M ay M MIX

appropriez-vous le contenu de ce guide comme vous l’entendez, pesez les chapitres, mâchez avant d’avaler ; faites de ce bouquin un livre de gogues si c’est là votre méthode de méditation préférée. (Personnellement, je vais toujours pisser quand j’ai besoin d’être encouragé. Je sais, c’est prétentieux. Mais je m’en fous, on est pas mariés, vous n’avez pas à me supporter.) Juste, lisez ce bouquin, essayez d’en retenir ce que vous pouvez, mais surtout tâcher de comprendre ce qu’il y a derrière les mots. Et sachez que j’ai été sincère du début à la fin. Merci.


Dire que j’essayais de sourire

Les jambes possèdent de grands groupes musculaires, dont le propos ici n’est pas d’être énumérés, muscles fessiers, quadriceps, fascia lata et son tenseur –magnifique pièce-, et autres jumeaux (aussi nommés « mollets »), mais plutôt d’être analysés afin d’en optimiser l’utilisation. Car l’application du développement musculaire maximal favorisera une croisière agréable, alors qu’un acharnement aveugle n’entraînera qu’épuisement ; déception ; démotivation ; abandon ; et voire suicide. Analyse

RBAINE Le pédalage, chapitre Archimède Physiologie - Mécanique

Archimède a beaucoup –en fait, presque intégralementplagié le grand philosophe pré Antique Conan le Barbare. Il a effacé les anachronismes, remplacé les références et a tenté de moderniser la pensée du Maître. On attribuera ainsi à l’Athénien cette citation « Donnez-moi le levier adéquat, et je soulèverai le monde ». J’estime qu’il était nécessaire d’ effectuer cette mise au point, rendre à Conan le Barbare ce qui lui appartient. À l’époque, c’était plus prudent. D’aucuns seraient même allé jusqu’à lui donner plus qu’il ne lui appartenait, vils opportunistes. Mais, comme le Maître disait, « revenons à nos moutons ».

Bien que cette analyse ne prenne pas en compte la position dite de danseuse, au cours de laquelle le cycliste se tient debout sur ses pédales, exerçant ainsi une poussée équivalant à l’intégralité de sa masse répartie sur les deux pédales , le principe final de ce chapitre reste applicable quelle que soit la position de pédalage utilisée. Pour faire simple, l’action conjointe des muscles des fesses et des cuisses entraîne le mouvement du pédalier. Cette force est transmise par la partie du pied en contact avec la pédale. Un appui du talon peut paraître solide, c’est-à-dire suffisant, mais pourquoi se priver de la puissance des jumeaux ? L’appui du bol du pied (la

pédalant], permettant ainsi à la totalité des muscles qui la compose de délivrer leur puissance maximale. Conclusion

Conférant de la sorte à votre démarche, Mesdemoiselles, la grâce qui fait sortir le loup du bois ; à vous Messieurs, une prestance du meilleur aloi ; et aux divinités de la Petite Reine grand contentement à voir son avatar si bien utilisé.

Le direct, chapitre Eui Sun Choï Mécanique - Baston

Le Maître avait coutume de dire : « Je considère dans tous les cas la violence comme un moyen peu économique de parvenir à mes fins. Il y a toujours de meilleures méthodes, encore qu’elles soient parfois moins directes. » Puis il ponctuait son mot d’esprit d’une large tarte dans la gueule de son bouffon. Aurait-il bénéficié d’un certain enseignement, son geste aurait été plus efficace, plus pur. J’annonce : Analyse

Il ne viendrait à l’esprit de personne d’essayer de planter un clou tordu dans une matière dure : en effet, la force imprimée par le marteau (sa masse x sa vitesse2, pour rester simple) ne serait retransmise qu’imparfaitement à la pointe du clou qui est en contact avec la dite matière, puisque la « pliure » du clou ferait non seulement fonction 11 Un appui du talon peut paraître d’amortisseur, mais suffisant, mais pourquoi se priver en plus elle servirait d’échappatoire de la puissance des jumeaux ? à la force engagée, et plierai. D’où clou définitipartie située en avant du pouce vement tordu, doigt écrasé, de pied, celle qui laisse une tableau pas accroché, dispute, empreinte aussi profonde que divorce, puis suicide. le talon) a pour conséquence Nous venons de voir dans la l’engagement actif des musdémonstration ci-dessus le cles du mollet dans l’équation fondement de l’adage « clou considérée. Nous retiendrons tordu, peine perdue ». Un pas donc que pour un mouvement plus loin, et nous admettrons à rendement optimum, la pour valable l’implication jambe doit être en complète suivante : l’énergie fuit par extension à son périhélie [cf. le la pliure. dessin de la jeune femme nue, St P, S F  - W o r k

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Considérons maintenant l’ensemble d’articulations formé par le coude, le poignet et les phalanges. La forme finale du bras, au moment de l’impact, doit être celle d’un clou intacte, c’est-à-dire que non seulement le coude doit être tendu, mais les deux phalanges principales (métacarpiens de l’index et du majeur ) qui entrent en contact avec la matière dure doivent impérativement être dans l’axe ! Ce qui signifie, en pratique, que par rapport à une position de direct instinctive, l’ensemble poing est légèrement abaissé et orienté vers l’extérieur. Ainsi la cohésion de l’axe « humérus / cubitus-radius / métacarpiens » est garantie, transmettant l’intégralité de la puissance de frappe, sans risque de blessure. Conclusion

Rectifiez votre position de direct instinctive, et vous ne rentrerez plus bredouilles des soldes Messieurs ; vous aurez l’assurance d’une technique efficace, Mesdemoiselles, tout en préservant vos poignets délicats.

La mécanique des fluides, chapitre Ayerdal Mécanique – Société

Prenez n’importe quel verre plein : soit A un verre plein d’un liquide « a ». Prenez maintenant une cruche, pleine d’un autre liquide ; soit B la cruche, 12 et « b » l’autre liquide. Remplissez le verre A, contenant le liquide « a », avec le liquide « b » contenu dans la cruche. Ça déborde. Le verre A sera toujours plein, désormais d’un liquide verdâtre, et le dessus de table sera inondé d’un liquide plus ou moins semblable. Humide, mais logique. Il aurait fallu vider A de « a » afin de pouvoir le remplir correctement de « b ». D’où la vérité topologique suivante : pour remplir totalement un contenant, il doit d’abord être vide. S av e

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Appliquons cette formulation évidente à un cas pratique : les transports en commun. Et, plus particulièrement, au métro. La rame –bondée- arrive à quai. La foule se masse aux ouvertures de portes, à l’extérieur comme à l’intérieur. Figeons la scène. Deux possibilités : laisser le contenant se vider, afin de pouvoir réceptionner le nouvel aréopage, ou frapper sec (voir chapitre précédent). L’empirisme a démontré la validité du « vider d’abord, emplir ensuite ». Il faut être cerebraly challenged pour aller à l’encontre de ce principe, qui n’est ni une règle de politesse arbitraire, ni une coutume locale. Conclusion

Mesdemoiselles, Messieurs, honorez Darwin en piétinant les crétins qui font mine de s’engouffrer alors que vous n’êtes pas encore sortis de la rame. Que la pensée du Maître vous habite : « Ripe ou je t’explose, fils de chien ». Vous êtes du côté du bon droit.

De la politesse en tant que vaseline sociétale

Société – Manipulation

- Hé vas-y, file moi un clope. -Je veux un billet pour Brest. -Yo mec, j’t’ai vu au festival de Jongle : t’as pas une pièce ? » Postulat

Partons du principe que les individus qui nous entourent ont tous (ont tous eu, auront tous), à peu près : des parents, des amis, des enfants. De la même façon, la plupart d’entre eux ont aussi (idem) : des patrons, des quotas, des factures, des taxes. Et bien peu sont dépourvus de (and so on…) : rêves, désirs, peurs. Faisons donc preuve d’un peu d’empathie, afin de mieux appréhender la suite.

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La suite

Le Maître (Conan le Barbare) avait coutume de dire : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent ». Certains ont cru comprendre qu’il ne

s’agissait là que d’une injonction à les faire passer de vie à trépas avec un minimum d’efficacité. Un peu limitatif. Quoiqu’il en soit, voici l’application du principe, en corrélation avec le postulat abordé plus haut. La densité de population a exigé la mise en place de règles, afin de fluidifier les échanges. Le premier niveau de lecture de ce système de règles, appelé génériquement « politesse », semble être considéré de plus en plus comme un ensemble de manières désuètes et inutiles. Et pourtant. Le deuxième niveau de compréhension permet de saisir que la politesse est la façon urbaine de signifier à l’autre son respect ; « bonjour » est le code tacite qui permet de valider chez le récepteur l’existence du respect de sa personne de la part de l’émetteur. Grossomodo, si je te dis bonjour, c’est que je reconnais que tu existes. D’où ; le troisième niveau. Il concerne la conscience de la possibilité de manipulation (relative) de son interlocuteur, son orientation vis-à-vis de soi. C’est-à-dire être poli, tout en étant conscient de l’être, est non seulement la solution la plus agréable, mais c’est aussi la solution la plus efficace. Conclusion

Le respect de l’autre (« bonjours » « s’il vous plaît » « merci » et « au revoir ») facilite les relations de l’un vers l’autre & vice versa. S’en passer, c’est aller à l’encontre du sens commun, et aller à l’encontre de vos intérêts. Messieurs, considérez la politesse comme une sorte de vaseline sociétale, et vous Mesdemoiselles, emportez la parole du Maître dans votre cœur : « Avec un peu de patience et beaucoup de vaseline, l’ours des Pyrénées parvient à enculer la fouine. »


Voici le sommaire actuel du guide, plus ou moins ordonné, plus ou moins complet. Une fois le premier jet achevé, j’ai bien entendu d’uniformiser la structure de l’ensemble ; intro, analyse, développement, conclusion, parsemé de citations du Maître. Quant à la photo juste là Ò, c’est juste parce que j’avais de la place et que c’est du pur Rock n’roll. le pédalage, chapitre Archimède le direct, chapitre Eui Sun Choï la mécanique des fluides, chapitre Ayerdal de la politesse en tant que vaseline sociétale la posture ouverte le crochet, chapitre Piété la police, chapitre Anthony le soleil dans le dos, chapitre Raphaël

les côtes flottantes, chapitre à toutes fins utiles la supercherie des adultes la compensation topologie synesthésie le nord les habitudes

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la prise de décision la typologie

la conscience, M. Mc Luhan

l’œuf et la poule

les roms, chapitre Mia

noosphère

l’auto-stop, chapitre niçois

Ci-contre, le T-shirt qui fera fureur cet été sur les plages. C’est moi qui l’ai fait. Nicko a affiné le concept dont je lui parlais ; moi, je voulais juste une gonzesse. Et maintenant, un peu de recyclage : Quant à la photo juste là , c’est juste parce que j’avais de la place et que c’est du pur Rock n’roll. St P, SF - W o P


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Breaking bad

« La dernière arme »

www.fedbac.tv

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orry for the English readers, but it seems this one hasn’t been translate yet. Anyway… Not only the main character seems sometimes to be a special kind of ass (in fact, his Mum’ was Japanese & his father a Navajo, excusez du peu), he also has this very upseting way of answering with « koans ». For those among you who don’t know, let’s say a koan is just an upseting way of answering a question, pretending you have answered it, without giving any clue about what you meant. Two aspects of this book make it worth reading. First, its thickness. Which means you’ll have time enough to dive deep in; a very important factor for me. Second, the «action» scenes are great, everything happens at very fast speed, the hero doens’t seem to even breath while jumping, thinking and fighting. The tale chasings 14 are fluids like a stream, and

there the hero (what’s his name? Nathan Love… ridiculous) prooves his computing skills in extrem situations. The only problem remains in the amount of those scenes: I mean, once clever thinker and fighter is cool. One 100% adrenaline moment is alright, from times to times. (Remember the Holywwod n°1 rule: «You have 3 minutes to make the hero a nice cool slightly aboce average guy, including one humoristic tric and one violent scene to trap your public».) But, not only those kind of scenes occur too frequently, but they also are too much violent… I know how, coming from me, it may seem weird, but, as the great philosopher Conan the Barbarian used to say «Too much sex kills sex». So, the real interest of this book is the structure of the plot, taking you in a direction, then revealing another layer, then another direction, still intricated with the whole picture, to finally become more personnal, more direct, and end up logically but with maestria. To be read, not bought. a

®

Philippe Le Roy, app. 600 pages, Le Diable Vauvert ou Point.

Vite fait

U

n ours rentre dans sa caverne : « Qui c’est

qu’a bu tout mon whisky ? » Puis « Qui c’est qu’a bouffer toute ma réserve de cassoulet ? » Puis encore « Qui c’est qui m’a piqué tous mes disques de Sinatra ? » Sort une petite souris d’un trou en bas d’un mur. Elle fait : « Hips!! », « Prouttt… » & « Strangers in ze nite ».

P

our une fois, c’est Papa qui fait manger les enfants.

Il leur a préparé la recette de sa propre mère, du lapin à la moutarde. Les enfants regardent dans leur assiette et demandent ce que c’est. Le père, couillon, répond : «Je vais vous mettre sur la piste ; parfois, Maman m’appelle comme ça…». Alarmée, la fillette crie à son frère : « Crache, c’est du trou du cul ! »

D

éjanté et trash. Un prof de chimie de Fac décide, à un tournant de sa vie, de fabriquer du Crystal Meth. Et ça part en couille, big time. Entre son associé, pur white trash, les dealers en place, sa casse-bonbon de femme et les cadavres à dissoudre, le pauvre mec, rigide dans ses certitudes obsolètes, essaie paradoxalement de survivre, alors qu’il est atteint d’un très efficace cancer du poumon. Jouissif.

M

ention spéciale à Anna «Skyler» Gunn, MILF of the Month. a

let’s go for a quicky

B

ear comes back in his cavern : «Who drank

all my whisky?». Then «Who ate all my beans?» And then «Who stole all my Sinatra’s ?» Comes a tiny mouse out of its hole down the wall. It goes : « Hips!! », « Prouttt… » & « Strangers in ze nite ».

F

or once, Dad cooks dinner for the kids. He

made his mother’s special, some honey bunny. Kids are watching their plates, asking what it is. The father, naïve, answers : «I’m going to give you a clue; sometimes, Mummy calls me by this name…». Alarmed, daughter yells to her brother : «Spit it, it’s ass hole!»


 S t P,

S F  -

D

o n e

,

r e a d

,

s e e n

,

l i k e d

Heard

,

p l a y e d

Played

Mighty Mo Rodgers, Redneck Blues

Midnight Club 3

http://musique.fnac.com/a1958719/Mighty-Mo-Rodgers-Redneck-Blues-CD-album#ecoutes

God help me I’m addicted… not.

S

P

ome of you will not understand the joy such a game can give. Too bad. Driving like mad -on tv- takes a lot of concentration, and gives shivers when you slide just between an incoming bus and a van at midnight, foggy weather, driving your overboosted Lotus Elise at an evil speed. I will not talk about the bonuses, such as buying and transforming your vehicles into some obscene jewel a pimp would not even care to watch. The root, the substantifique moëlle of this kind of approx. realistic driving/racing game lies on its focusing part: because your only real opponent is yourself. So, when you speed like crazy, you’re just racing versus yourself, the unique worthy opponent. Run Forrest run. a

icked up at random at the public library, I just fell in love with the atmosphere of this record. Didn’t have a clue of what redneck blues could be ; haven’t be disapointed. Mo Rodgers has a deep slightly rocky voice -sorry for the b/w cliché-, the arrangements are great (some banjo of course, a bit of trumbone, harmonica…), but above all, the lyrics worth a battle, this old battle of denigrated niggers, a fight for justice. Especially this song where he explains that, after a slave riot lead by John Brown, his masters had him burned and took his ashes in a sand-clock, to have him work for them, till the end of times. Touching, very much human-wide purposed, and good music. You may try some thanks to the adress above. a

Comic

A distant neighborhood (2 vol.)

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verybody knows how hard it is to make someone laugh with a comic book. Calvin & Hobbes usually does the trick for me. Now, make someone cry with a comic book is even harder. Then you should try this one. As usual, Master Taniguchi draws realistic magnificient black and white landscapes, he sure knows to input rythm in a double page, variating his angles and focus. You could try any of his books, and still be amazed of the quality of his production, wherether he has writen the story or not (refering to «Summit of the Gods», in which you can feel the icy winds of the Hymalayans). But this one piece… It could sound childish, easy, because after all it’s the unbelievable story of a 40ish Japanese man who misteryously goes back at the time of his early teenages. A sweet dream ? A «been there / done that / even bought the frelling T-shirt» fantasy ? Not at all; a tale that will drive its way straight to the point, the deep your heart, and boy you’re gonna cry, because it is so beautifull. Please read it, and backfire your reactions to me.

Chanson de marche

Q

uand j’étais petit, j’étais un pirate.

Mes frères mes copains, c’était des pirates. Sur notre gros bateau, on prenait la mer, Comme des héros on faisait la guerre.

O

n pouillait tout le monde, à gros coups de sabre,

Y avait du sang partout, de la sueur et des larmes. On en a bouffé, du vieux rat pourri ; Y avait pas de nouilles, que des spaghettis On buvait de la bière, du rhum et de la bière, On faisait peur aux chiens, aux petits, aux grands-mères.

M

aintenant je pète plus, je suis bien poli, Je suis pas en prison, c’est à cause de ma chérie…

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Toi aussi fait ton journal

J

’ai plus d’idées et il faut que ça sorte : écris ton article ici, je le publierai dans le prochain numéro. Attend bouge pas, je vais te faire des lignes.


A

g e n d a

d o n t

t o u t

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m o n d e

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Cousinade

Anniversaires

30 Mai. Quelque part dans le Pilat.

Pour pas avoir l’air d’un con

Encore une excuse pour boire plus que de raison, et avoir une chance de raconter mes blagues préférées.

t a p e

Prochain numéro

Directeur de la publication : H. de Leckaut

Directeur de la rédaction : A. Piété Conseil & production éditoriale : E. Fille

Save the Planet, Stop Farting n˚2

Photographe : J. Seu

On verra bien,j’ai toujours plein de conneries à raconter.

Week-End à Vaudanou

Conception & mise en page : Magic Richy Impression : ton imprimante

Résultats du concours

Le 5-6-7 Juin Avec Céc’, Manu, Augustin & Louise. Chasse aux Trolls, barbecue, Donjon Twister et bières…

mm i x

13 rue Savoy - 69170 Tarare

Semaine 25 C’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Mais c’est toujours un grand pied de voir son journal en kiosque, avec son nom dedans.

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Save the Planet, Stop Farting

Marine : 12 ans aujourd’hui Robin, le 17 mai - 13 ans Richy, le 30 juin. Les 40, c’était l’année dernière Manu, 40. Quelque part en Août J’en oublie plein, mais je suis une burne avec les dates.

Bouclage du JdBL n˚1

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La plus belle coupe de cheveux

Dépôt légal : à parution numéro ISSN : à parution

Portes ouvertes

StP,SF would like to thank :

Tout l’été

StP,SF parution aléatoire

Chez Ugal, à Grasse. Il sait choisir ses vins,et sa une PS3 est branchée sur un joli écran plat. Prévoir des chaises supplémentaires.

à diffusion confidentielle

Prochain numéro : Surprise !!

Mauvais plan

Vanves (Près de Paris, pour les ploucs).

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Gagné par forfait de Nicko Subway. Toute façon, j’avais pas la place de mettre deux photos, puis je fais pas un concours où on gagne rien juste pour perdre.

Si tu vas chez Nicko, il te laissera pas son lit. Par contre, belle bibliothèque.

last minute dot com

T

02

lazy bastard

he title sound cool, now I just have to fill in the blanks.

So, maybe you could try «www.granddictionnaire.com», a translation dedicated canadian site, which proposes many acceptation of the word’s meaning, depending on its context. Whith that tool, you’ll now be able to translate accuratly what you meant.

A

nother cool site,

www. deviantart.com : lots of drawings, pictures, CG, all of them free. Usefull when you look for pictures when you have a blank in your columns…

W M

hat has four legs and 3 arms and runs in a kindergarden ? A rottweiler. (I know, it’s not funny, but I sware those voices made me do it Mum’.)

ahatma Gandhi, as you know, walked barefoot most of the time, which produced an impressive set of calluses on his feet.

He also ate very little, which made him rather frail and with his odd diet, he suffered from bad breath. This made him .. a super-calloused fragile mystic vexed by halitosis.

I

wondered why the baseball kept getting bigger.Then it hit me.

Save the Planet, Stop Farting  

Kind of weird personnal newspaper, 70% en français, 30% in english. Made it all myself. Short stories, revues, news and stuff.