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Les pôles au coeur de la machine climatique

Les régions polaires sont aux avant-postes du réchauffement climatique. L’évolution du climat dans ces régions devrait être l’une des plus accentuée du globe. D’après le GIEC, « le recul général des glaciers et des calottes glaciaires se poursuivra au XXIe siècle, et l’on prévoit que, dans l’hémisphère Nord, la couverture neigeuse ainsi que les glaces de mer continueront de diminuer. »

Recul de la banquise dans l’océan Arctique nord

• Le pergélisol2 risque de fondre et de relarguer dans l’atmosphère de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre puissant. • La diminution de l’étendue de la couverture de neige et de glace hautement réfléchissante amplifiera le réchauffement. En effet, la neige et la glace ont la propriété de réfléchir une part importante du rayonnement solaire (albédo3 élevé) et s’opposent donc au réchauffement. • La fonte des glaces de mer diminue le pouvoir réflecteur de la banquise, ce qui accélère encore sa fonte. Elle facilite le réchauffement de l’océan qui, à son tour, accélère sa fonte.

© CNRS Photothque / Claude DELHAYE

Ces changements affecteront les pratiques de chasse et de cueillette des communautés autochtones et pourraient ainsi menacer leurs traditions et leurs modes de vie ancestraux. Les populations développées sur le plan de la technologie devraient probablement s’adapter assez facilement aux changements climatiques en adoptant des modes de transport différents et en augmentant leurs investissements pour tirer parti des nouvelles possibilités commerciales et économiques. En effet, le réchauffement climatique aura également des conséquences bénéfiques, notamment la réduction de la demande d’énergie pour le chauffage, et l’ouverture de routes maritimes et l’écotourisme favorisés par la réduction substantielle de l’étendue de la banquise dans l’océan Arctique.

Avec le réchauffement climatique, de nombreux facteurs « internes » au système climatique changent et modifient à leurs tours le bilan radiatif terrestre par des mécanismes dits de « rétroaction ». A cet égard, la cryosphère1 pourrait bien jouer un rôle important dans les mécanismes amplificateurs du réchauffement :

© CNRS Photothèque / Xavier FAIN

L’Arctique est extrêmement vulnérable aux changements climatiques : le GIEC prévoit des conséquences notables du réchauffement sur les écosystèmes boréals avec des migrations importantes. Certaines espèces pourraient devenir menacées (par exemple les morses, les phoques et les ours polaires), tandis que d’autres pourraient se développer davantage (par exemple les caribous et certaines espèces de poissons).

Dans l’Antarctique, les changements climatiques prévus se feront sur des périodes de temps plus longues. Les répercussions lentes mais constantes sur les glaciers continentaux pourraient être irréversibles pendant de nombreux siècles à venir et provoqueront des changements ailleurs dans le monde, notamment une élévation du niveau de la mer.

Cimetière d’icebergs près de la péninsule antarctique. Ils sont accrochés au fond et sont donc en train de fondre.

• Comme la glace de mer contient moins de sel que l’eau de mer, sa fonte provoquerait une arrivée massive d’eau douce qui pourrait modifier suffisamment la densité de l’eau et perturber la circulation thermohaline4. Les conséquences de ces phénomènes pourraient être dramatiques pour la Terre, pour l’Homme et pour toutes les espèces vivantes.

Cryosphère : composante du système climatique correspondant à l’ensemble des régions du globe qui sont, en permanence ou pas, recouvertes de neige et de glace. Pergélisol : sol gelé en permanence (permafrost en anglais). 3 Albédo : pouvoir de réflexion du rayonnement d’une surface. Les surfaces enneigées ont un albédo élevé ; les surfaces couvertes de végétation et les océans ont un faible albédo. 4 Circulation thermohaline : circulation permanente à grande échelle de l’eau des océans engendrée par des différences de densité liées aux écarts de température et de salinité des masses d’eau. La circulation thermohaline joue un rôle déterminant pour ce qui est du transport thermique dans l’océan Atlantique Nord où la circulation thermohaline consiste en un déplacement vers le nord des eaux chaudes de surface et en un déplacement vers le sud des eaux froides des grands fonds, entraînant un transfert net de chaleur vers le pôle. 1 2

Conception et réalisation : MAGALI EYRIEY (APPA Alsace) / Collaboration scientifique : PATRICE PAUL (Faculté de Géographie, ULP) et PHILIPPE MIRABEL (Centre de géochimie de la surface, ULP/CNRS)

Fête de la science 5  

Panneaux d'exposition "Les régions polaires : indicateurs du réchauffement lié à la pollution de l'air"