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MagazineLigne.ca

ÉTÉ 2020

02

ARCHITECTURE DESIGN ART OBJETS

ENGLISH TEXTS INCLUDED


éditorial

DEDANS COMME DEHORS, DEHORS COMME DEDANS En février, lorsque nous choisissions finalement cette thématique comme guide à la création de ce deuxième numéro, nous étions bien loin de nous douter de sa pertinence au moment de le publier. Il y a quelques semaines à peine, il n’y avait rien de plus banal que de sortir de chez soi ou que d’entrer quelque part. Nos vies réglées au quart de tour couraient après leur queue et le prochain rendez-vous à une vitesse folle. Dans ce monde d’argent, de données, de fureur et de bruit, nous existions sans regarder, au mépris de la Terre, fonçant comme des flèches vers un but pas toujours clair, prisonniers de nos horaires surchargés, de la pression sociale, de nos repousses à cacher et de nos cartes de crédit. Puis est survenu « l’ennemi invisible ». Le grain de sable dans l’engrenage du monde. Soudainement, pour le bien de tous, il a fallu se confiner et mettre l’époque sur pause. D’étranges semaines ont suivi, où chacun tentait tant bien que mal de garder le moral sans céder à la peur de l’inconnu ou à l’hystérie collective du jour, mais personne n’a pu échapper complètement à la lourdeur ambiante. Ce printemps, rouvrir les portes et les fenêtres revêt une signification viscérale, et plusieurs ont compris dernièrement que le confort à la maison, la fonctionnalité de l’espace et la qualité des objets du quotidien ne sont pas superflus, mais peuvent au contraire tout changer. Au fil de ce numéro, nous vous ferons découvrir des résidences d’ici où il fait bon vivre, en symbiose avec les sites où elles sont implantées et qui brouillent les frontières entre l’intérieur et l’extérieur. Baie vitrée sur le fleuve où passent les navires marchands, crête métallique intime sur le toit au cœur de la ville, portes coulissantes pleine grandeur s’ouvrant sur un jardin moderne… Chacune d’elles regorge d’astuces et d’atouts spectaculaires maximisant le bien-être de ses occupants. D’autre part, nous ignorons encore à quoi ressemblera la nouvelle normalité estivale. Cela dit, une chose paraît certaine : cet été, plus que jamais, les vacances se vivront dans la cour et le jardin, sur la terrasse ou le balcon. Notre équipe a donc sélectionné pour vous quelques objets coups de cœur, trouvailles technos et pièces de mobilier extérieur pour vous inspirer, peu importe l’espace dont vous disposez pour créer votre petit havre au grand air. Vous pourrez aussi découvrir au fil de nos nouvelles chroniques des lieux, des gens et des œuvres qui nous ont particulièrement touchés et vous toucheront sûrement à votre tour.

Ce numéro devait normalement partir en impression à la fin du mois d’avril. Vous devinez que nos plans ont radicalement changé. À la mi-mars, il a fallu réagir vite ; un virage numérique s’imposait. Nous ne pouvions pas publier cette édition en format papier. Bien que décevante, c’est cette décision qui nous a permis, quelques jours plus tard, devant le désarroi économique mondial, mais surtout québécois, d’offrir, par solidarité, tous les espaces publicitaires gratuitement à des artisans, des entreprises et des créateurs d’ici, afin de leur donner un humble coup de pouce en vue de l’inévitable relance des prochains mois. Maintenant, aidez-nous à les aider : portez une attention particulière à nos publicités, soyez curieux, visitez les sites web de nos annonceurs, leurs boutiques en ligne, achetez leurs produits, gâtez-vous, partagez vos coups de cœur sur les réseaux sociaux, parlez-en, vantez-les, offrez-les… Plus que jamais, au cours des prochains mois, nous aurons la chance d’influencer positivement l’avenir économique de notre pays, de notre province, de notre ville et de notre quartier. Chacun aura le pouvoir d’investir dans des entreprises qui lui tiennent réellement à cœur et qui véhiculent des valeurs auxquelles il croit. L’argent manque déjà partout : chaque achat parlera fort. Chaque don, aussi. Et chaque geste. Finalement, bien que les derniers mois aient été mouvementés, étranges, irréels, notre équipe les a passés plongée dans la beauté, le talent et l’inventivité infinie des gens d’ici. À travers la morosité généralisée, nous avons travaillé d’arrache-pied pour célébrer ce que nos créateurs – architectes, designers, artistes, artisans, entrepreneurs – font de mieux et de plus inspiré. Grâce à eux et à leur travail, grâce à leurs mots et à leur passion contagieuse, nous avons pu confectionner, avec enthousiasme, un deuxième numéro de Ligne (double!) qui nous a fait rêver et fait du bien. Nous espérons de tout cœur que vous passerez à votre tour de bons moments à le parcourir. Merci de nous lire une nouvelle fois,

Dave Richard | Éditeur daverichard@magazineligne.ca | et toute l’équipe de Ligne 15


sommaire

DESIGN 15 |ÉDITO Dedans comme dehors, dehors comme dedans 26 | RENCONTRE Jean-Loup Patriarche

54 | ÉDITION - OBJETS CHOISIS 58 | COULEUR Bleu classique

29 | LE DÉCAPSULEUR Packsac Studio 33 | LE GRAND MARCHÉ DE QUÉBEC Bisson Associés + Atelier Pierre Thibault

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16 54 66 ART

43 | GALERIE ROBERTSON ARÈS Derrick Velasquez Kyle Austin Dunn Laura Payne 46 | VANESSA SYLVAIN 48 | FLORENCE GIROUX-GRAVEL 50 | KARINE DEMERS

60 | PORTRAIT Louis-Philippe Pratte

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63 | LUMINAIRES D'Armes Petite friture

En couverture 12-004_Résidence G+C | DESK architectes Photo | Maxime Brouillet

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sommaire

DOSSIER

NO 1

DESK ARCHITECTES 12-004_Résidence G+C

EXTÉRIEUR 72 | JARDIN The Plant Society Jungle Fleur 73 | MOBILIER 74 | CÔTÉ COUR Atelier B 76 | TECHNO

72 76 80 92

DOSSIER

NO 2

ALAIN CARLE ARCHITECTE Maison Koya

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sommaire

DOSSIER

NO 5

DUPONT BLOUIN ARCHITECTES Résidence Lac-Ouimet

DOSSIER

NO 3

ALEXANDRE BERNIER ARCHITECTE Résidence Pontiac

102 124 112 134 DOSSIER

NO 6

LA FIRME McGill 120

DOSSIER

NO 4

BIPÈDE Résidence A MAURICE MARTEL ARCHITECTE Pavillon A

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sommaire

DOSSIER

NO 9

LA SHED Maison Wilson

DOSSIER

NO 7

GUILLAUME PELLETIER ARCHITECTE

142 172

Maison AM+O Résidence Lac aux Chasseurs

DOSSIER

NO 10

REFLEX PAYSAGE Projet Fragments

DOSSIER

NO 8

NATHALIE THIBODEAU ARCHITECTE

156

184

Résidence St-Ignace La loge, une maison ivre

197 | ARCHITECTES + DESIGNERS 204 | MARCHÉ 218 | RÉPERTOIRE Annonceurs Adresses 223 | ENGLISH TEXTS

CULTURE 236 | À LIRE 240 | PORTFOLIO Neil Anton Dumas 246 | EN BOUT DE LIGNE 21


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sommaire

Présidente Sylvie Paquette Éditeur / Rédacteur en chef Dave Richard Directeur / Rédacteur, art et design Mathieu Jacques Bourgault Administration Lise Talbot

Rédaction Dave Richard Mathieu Jacques Bourgault Antoine Laprade redaction@magazineligne.ca

Direction Artistique Dave Richard Graphisme Mathieu Verreault Comptabilité Audrey P. Boivin Nadeau Létourneau inc. Correction et révision Véronique Papineau Traduction Roxane Hudon

Magazine Ligne 107-2360, avenue Letourneux Montréal (QC) H1V 2P2 514 268-7120 MagazineLigne.ca info@magazineligne.ca Les Productions Simone d'Automne inc. ISSN 2563-0539 (Magog, Imprimé) ISSN 2563-0547 (Magog, En ligne)

02

Existe-t-il une version papier du magazine? Le numéro 02 a été publié uniquement en version numérique, dû à la crise sanitaire de la COVID-19. Est-il possible de se procurer la version papier du numéro 01? Vous trouverez bientôt une boutique en ligne sur notre site web. Les exemplaires restants du numéro 01 y seront disponibles. Est-il possible de s'abonner? Vous pouvez télécharger gratuitement les exemplaires numériques des numéros 01 et 02 à partir de notre site web ou de la plateforme ISSUU. Une formule d'abonnement à la version papier est en développement et sa mise en place devrait coïncider avec la parution du numéro 03, en novembre 2020.

Publicité Nicole Labelle, Agence Les Zex Jean-Pierre Alarie Lise Talbot Dave Richard

N'hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos commentaires, suggestions ou si vous avez des questions. Nous serons ravis de vous lire!

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À la mémoire de Line Pomerleau, notre étoile, nos racines.

Toute reproduction, adaptation ou traduction est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Ligne décline toute responsabilité concernant les documents qui lui sont soumis par de tierces parties et les considère libres de droits. L’exactitude des informations fournies par les annonceurs ou les collaborateurs au contenu relève de leur responsabilité. L’éditeur se réserve le droit de publier (en partie ou en totalité) ou non tout matériel fourni par les annonceurs, les agences de relations publiques et les collaborateurs au contenu (architectes, designers et artistes inclus). Les manuscrits et documents non publiés ne sont pas rendus.

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MAGAZINELIGNE.CA

Notre site web sera bientôt revampé aux couleurs de ce nouveau numéro. Actualités, contenu exclusif, archives, boutique... Plusieurs nouveautés s’ajouteront au fil du temps. Passez-nous y voir souvent!

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Rencontre PATRIARCHE

UNE ARCHITECTURE HONNÊTE « Le geste architectural n’est pas le plus important. Ce qui est important, c’est la qualité de vie qu’on offre aux utilisateurs de l’espace. »

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C’est par une belle soirée de mars préconfinement que Ligne a eu la chance de s’entretenir avec Jean-Loup Patriarche, lors de l’inauguration des nouveaux bureaux de sa firme d’architecture à Montréal. C’est à la suite de la fusion avec un cabinet de Québec à l’automne dernier que l’entreprise, déjà implantée à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Chambéry et à Bâle, a décidé de s’établir dans la métropole québécoise. L’antenne de Patriarche, qui est l’une des premières firmes d’architecture française à s’installer au Canada, s’y exercera à offrir et à favoriser un mode de conception collaboratif grâce à la multitude des métiers et des savoirs intégrés à son équipe. Un espace de co-working baptisé Walter est également disponible au sein de ses bureaux pour toute clientèle désirant développer une synergie avec d’autres professionnels de tous les horizons.


L. | Que voyez-vous dans le futur pour l’architecture ? Quelle tendance risque de se dessiner, ici et ailleurs ?

Ligne | Qu’est-ce qui a motivé votre décision d’établir des bureaux à Québec et à Montréal ? Qu’est-ce qui vous a attiré ici ?

Jean-Loup Patriarche | Pour moi, le Québec en général – Montréal en particulier – est un morceau d’Amérique amical. Les gens ici sont faciles d’accès. Ce sont des personnes avec lesquelles je m’entends bien. Mon premier contact avec le Québec a été lors d’un voyage en Gaspésie en 1992. Tous étaient bien surpris de me voir voyager avec mes quatre enfants. Plus tard, ma fille a étudié à HEC ; c’est à ce moment que j’ai pris un appartement sur le Plateau-MontRoyal. De fil en aiguille, mes séjours québécois sont devenus plus fréquents et des firmes françaises pour lesquelles j’avais travaillé m’ont mandaté afin de construire des laboratoires au Québec. Ces mêmes villes où nous avons mené des projets ont apprécié notre vision et la façon dont on dirigeait nos opérations ; elles m’ont ensuite approché pour d’autres projets, entre autres d’urbanisme.

L. | Votre arrivée au Québec s’est donc faite très progressivement ?

J-L. P. | Oui, tout à fait, de manière très naturelle. Par contre, vu toute la gestion de l’entreprise et celle de nos projets ailleurs dans le monde, en particulier en Afrique, c’était très difficile pour moi de m’impliquer davantage dans le développement de nos affaires au Québec. Maintenant que mon fils s’est joint à l’équipe et s’occupe de tout ce qui est transversal, de l’aspect financier, je peux me consacrer entièrement à l’architecture et au développement de notre firme sur le marché nord-américain. Pour une entreprise de notre taille, il n’était pas logique de concentrer nos activités seulement en France.

J-L. P. | Le développement durable deviendra crucial. On ne parle même plus d’une tendance ; la durabilité doit s’inscrire dans tous les projets. Pour nous, cette dimension a toujours fait partie de notre ADN. Ce qui se profile à l’horizon, c’est l’enjeu de la gestion des matériaux. Il faudra trouver des substituts à certains matériaux tels que le béton, devoir apprendre à les recycler et à les réutiliser. Il faudra également trouver d’autres sources d’énergie, plus respectueuses de l’environnement et de la gestion des ressources.

L. | Diriez-vous que les Québécois et les Européens ont un rapport différent à l’archi-tecture et à l’espace ?

J-L. P. | Je trouve qu’il y a de très beaux lieux ici, où l’on sent vraiment l’effort dans l’aménagement de l’espace. Par contre, cette intention ne se reflète pas toujours de la même façon à l’extérieur… Alors qu’on découvre parfois au tournant d’une rue une pépite architecturale et que le milieu regorge d’architectes talentueux, les immeubles modernes d’ici sont souvent très carrés. On sent que leur conception a été dictée par le profit ; le résultat est nécessairement peu inspiré. Peut-être parce que la mesure du plus bas soumissionnaire prévaut dans la construction. Je crois que cette manière de faire peut nuire à élever le niveau d’esthétisme des bâtiments et à l’harmonisation de la trame urbaine.

L. | Y a-t-il un édifice où un endroit au Québec que vous affectionnez particulièrement ? Un type de bâtiment qui illustre bien la manière Patriarche de penser l’architecture ?

J-L. P. | Hier, j’étais dans une cabane à sucre. Là, il y a tout ce qu’il faut. Tout d’abord, la cabane s’intègre très bien à l’environnement. À l’intérieur, il y a l’odeur, l’ambiance, on s’y sent tout de suite bien. Il y a tout ce qu’il faut, que ce soit la machinerie, les espaces communs… Chaque pièce a son usage propre. C’est une architecture honnête, qui prend en compte les besoins de ses usagers ; un endroit dans lequel on a envie de rester. Nous voulons offrir aux Québécois des projets qui mettent de l’avant ces mêmes caractéristiques.

Bien entendu, on sentait que la conjoncture était favorable. Le dynamisme et l’approche moderne de Montréal dans plusieurs domaines, que ce soit dans le cinéma, le design, ou plus personnellement mon amour de l’avion ont encouragé mon choix. Ma rencontre avec Luc Bélanger de chez Parka à Québec a notamment été décisive. Notre fusion a permis d’emmener Patriarche au Québec. Monsieur Bélanger est d’ailleurs directeur des bureaux de Montréal et Québec, qui représentent une seule entité. L. | Qui a été votre plus grande source d’inspiration ? Y a-t-il un mentor envers qui vous êtes particulièrement reconnaissant ?

J-L. P. | Comme beaucoup d’architectes, j’ai été très inspiré par Frank Lloyd Wright, avec ses maisons aux lignes tendues et son souci de les intégrer à leur environnement, à la nature. Sinon, mes sources d’inspiration sont très variées ; toute forme de beauté est inspirante, toujours. J’ai acquis aussi beaucoup d’humilité à force de travailler en Afrique. Là-bas, il est clair que le geste architectural n’est pas le plus important. Ce qui est important, c’est la qualité de vie qu’on offre aux utilisateurs de l’espace. La lumière, la couleur, la sonorité, l’ambiance, la dimension d’un lieu doivent toujours être au service de ses occupants.

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PACKSAC STUDIO

LE DÉCAPSULEUR

PACK DE BIÈRES Dans le quartier Griffintown, à Montréal, deux frères passionnés de développement durable et de produits québécois ont fait appel à Packsac Studio pour aménager l’intérieur de leur boutique de bières de microbrasseries et de vrac, en plus d’en concevoir toute l’identité visuelle. Ayant pour mission de créer un commerce à l’esthétique raffinée, écoresponsable et fonctionnel, le designer Julien Charest s’est inspiré des formes géométriques du post-modernisme, opposant rondeurs et quadrillés, terrazzo et blanc pur dans un tango contradictoire et éclectique.

Photos | Vincent Bernard

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« Pour optimiser l’espace, il était important de trouver une deuxième utilité à certains éléments. Par exemple, la porte d’accès à l’arrière-boutique a été dissimulée par un présentoir coulissant et celle de la salle mécanique par une étagère pivotante. Une troisième étagère de présentation, coulissante elle aussi, a été insérée dans la structure murale et cache une sélection de produits haut de gamme. » Au plafond, un système de lattes de bois sert à mettre en valeur les produits en les organisant par catégories distinctes, un peu comme les chemises d’un classeur. Ce système permet également de camoufler l’imposante mécanique du plafond tout en créant un parcours immersif fonctionnel, chaleureux et agréable. La palette réduite de matériaux met en valeur les étiquettes des produits, plutôt que d’amplifier le bruit visuel en ajoutant couleurs et textures. Les tons neutres du béton et du contreplaqué de merisier russe permettent aussi d’atténuer l’impact de la géométrie inhabituelle de l’espace.

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« Nous sommes fiers d’avoir réussi à intégrer des formes organiques à l’aménagement, par exemple dans le système de lattes de bois du plafond, la structure des comptoirs et le choix des luminaires. Souvent, dans un projet de construction, les courbes sont complexes à réaliser et s’accompagnent de coûts exorbitants, mais ce détail nous paraîssait primordial à ce projet puisqu’il facilite la circulation et adoucit l’expérience générale du lieu. » Un autre aspect fondamental du projet était que son empreinte écologique soit faible. « Nous avons donc opté pour des matériaux solides, durables et peu transformés, comme le contreplaqué et le béton. Le client souhaitait aussi fabriquer lui-même les comptoirs en créant un terrazzo artisanal écoresponsable à partir de béton et d’insertions d’agrégats de verre recyclé. » Le résultat est surprenant, cohérent avec l’esprit de la boutique (le verre recyclé provient de bouteilles) et splendide. À la fois lumineux et accueillant (à l’image du support mural pour bicyclettes qui invite les cyclistes à entrer acheter au passage de quoi se rafraîchir), le Décapsuleur offre à sa clientèle une expérience différente, ludique et positive, en plus d’une sélection de produits à 98% québécois.

Type de projet | Aménagement commercial Superficie | 1000 pi2 / 95 m2 Durée des travaux | 3 mois Année de réalisation | 2019 Entrepreneur | ProtechConstruction.ca Luminaires | LuminaireAuthentik.com

Le Décapsuleur 307, rue de la Montagne Montréal (QC) H3C 2B2 decapsuleur.ca


​Ligne | Pourquoi avoir pris la décision de confier l’aménagement de votre commerce à un studio de design?

Marc-Antoine Laplante, co-propriétaire du Décapsuleur | Nous croyions à l’importance d’avoir une identité visuelle forte, en cohérence parfaite à l’environnement physique de la boutique. Packsac proposait de créer les deux à la fois.

​L. | Pourquoi avoir choisi Packsac Studio?

​M.-A. L. | Dès notre première rencontre avec Julien dans le local vide, sa vision de l’aménagement futur s’accordait à la nôtre. Sa manière d’imaginer l’espace, les possibilités, le fait qu’il ait pu nous montrer ce qu’il envisageait sur support informatique nous a rapidement mis en confiance. Notre communication était bonne.

L. | Quels aspects du travail de Packsac améliorent votre quotidien ou facilitent votre travail?

​M.-A. L. | Julien a priorisé des matériaux durables qui se lavent facilement et une esthétique épurée et minimaliste qui ne se démodera pas et représente donc un bon investissement pour nous. Toutes les zones de circulation ont été savamment pensées et aménagées, ce qui rend l’espace très fonctionnel.

​L. | Parlez-nous de la boutique, de vos produits, de votre clientèle

​M.-A. L. | La boutique est ouverte depuis le 22 novembre 2019. Nous souhaitions offrir aux gens de Griffintown une grande variété de produits québécois de façon écoresponsable, en particulier ceux de microbrasseries comme Noctem, Sir John, 4 Origines et Le Castor. Notre clientèle est très diversifiée. Elle englobe à la fois les jeunes professionnels et les retraités du quartier, les étudiants de l’ÉTS, autant que les cyclistes de passage sur la piste longeant le canal Lachine. 31


menaud


BISSON ASSOCIÉS + ATELIER PIERRE THIBAULT

GRAND MARCHÉ DE QUÉBEC

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COMME UN VILLAGE ​ itué dans l’édifice accueillant S autrefois le Pavillon du commerce d’ExpoCité, le Grand Marché de Québec se révèle aujourd’hui une destination culinaire unique, un lieu rassembleur et porteur des valeurs de la Ville de Québec. Face à un défi de taille, l’équipe d’architectes composée de Bisson Associés et l’Atelier Pierre Thibault ont allié leurs forces pour élaborer une stratégie de rénovation et de requalification de la construction existante mettant délicatement en valeur la structure d’acier, les plafonds de bois et les murs de briques d’origine. 33 Photos | Maxime Brouillet


​ onçu comme un espace invitant, innovant et humain, C le concept du projet s’inspire de la construction des villages: un amalgame de petits bâtiments installés le long d’un système de rues principales et secondaires. Ici, une allée centrale organise l’ensemble et dessert des allées secondaires perpendiculaires. L’usage astucieux de puits de lumière et de fenêtres orientées face au sud inonde le lieu d’une lumière naturelle abondante. Ce concept d’organisation axiale, simple et efficace, permet de faciliter le repérage à l’intérieur du marché, tout en créant de multiples lieux de rencontre et en assurant une circulation fluide et harmonieuse. Une grande place centrale, composée de jardins plantés d’arbres et de végétaux soigneusement choisis ainsi que d’un large gradin de panneaux lamellés-collés, crée un lieu de rencontre informel et incarne parfaitement l’esprit du marché. Imaginé comme un tiers-lieu, le marché regroupe des commerces et kiosques de différents formats: les marchands permanents se trouvent dans des kiosques à l’intérieur de la grande allée centrale ou en périphérie de cette dernière, dans des volumes en bois rappelant des maisons. Les marchands saisonniers profitent quant à eux de l’accès direct aux façades extérieures et sont organisés dans de vastes étals perpendiculaires à l’axe de circulation central. L’alternance des gabarits des constructions accueillant les marchands bonifie l’expérience piétonne et le parcours de la clientèle. Afin de mettre en valeur les produits locaux et créer une architecture biophilique bénéfique aux utilisateurs, bois, le blanc, la lumière naturelle et la végétation ont été mis à l’honneur.

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Le mandat​de conception exigeait une modification importante de l’infrastructure du bâtiment. La nouvelle structure devait reposer sur plus de 500 pieux vissés, têtes de pieux et longrines pour répondre aux exigences parasismiques actuelles sur un site très difficile. La mécanique du bâtiment devait aussi être adaptée aux besoins importants et simultanés de ces différents types d’usagers; il a fallût installer un nouveau système de hottes, des unités de compensation et une quantité importante d’équipements en tous genres. La végétation intégrée dans plusieurs fosses intérieures de plantation et le désir d’augmenter au maximum la luminosité du lieu ont en plus nécessité l’insertion de huit immenses puits de lumière dans la structure presque centenaire. Naturellement, sur le plan spatial, il fallait avant tout rendre possible la cohabitation sous un même toît de plusieurs types de marchands plus ou moins permanents, et donc développer des systèmes complémentaires permettant de les accueillir et d’adapter les installations à leurs différents besoins.

Type de projet | Rénovation, modification, reconversion Superficie | 75917 pi2 / 7053 m2 Études | 18 mois Durée des travaux | 23 mois Bâti d’origine | 1923 Année de réalisation | 2019 Entrepreneur [Phase 1] | Construction-Citadelle.com Entrepreneur [Phase 2] | CRA2000.com Ingénierie | WSP.com + EMS-ing.com Structure de bois | StructureFusion.com Aménagement paysager | FoliaDesign.ca

L’aménagement des kiosques centraux était particulièrement important puisque ceux-ci sont visibles depuis les deux entrées et qu’ils meublent l’ensemble de l’allée principale. Suite à de nombreux essais de typologie, c’est la forme triangulaire qui fut retenue. À la fois simple et présentant l’avantage de n’avoir ni devant, ni derrière, celle-ci rend le kiosque attirant, peu importe le sens d’arrivée des clients. Au-delà du canevas de bois, de céramique carrée blanche et d’acier blanc créant la cohérence de l’ensemble, chaque commerçant était invité à personnaliser son espace selon plusieurs options.

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Au total, plus de 1700 panneaux de CLT (bois lamellé-croisé) ont été nécessaires pour aménager l’intérieur du Grand Marché. L’omniprésence du bois confère d’ailleurs à l’espace des qualités biophiliques et une ambiance chaleureuse et accueillante. Le panneaux de CLT ont été réalisés à l’aide de techniques avancées de fabrication numérique combinées à l’expertise d’artisans menuisiers. La forme organique et fluide des gradins de la place publique centrale a été rendue possible par leur construction entièrement constituée de bois et recouverte d’une finition de panneaux lamellés-collés.

Le Grand Marché de Québec n’est pas simplement un site commercial, c’est avant tout un point de rassemblement, mais aussi un site de production, de transformation, de distribution, de consommation et un lieu de soutien. 15 cuisines commerciales y ont été aménagées, ainsi qu’un système Solucycle de gestion des matières résiduelles permettant d’acheminer les matières organiques au Centre de Biométhanisation de l’agglomération de Québec. L’Institut sur la Nutrition et les Aliments Fonctionnels (INAF) a pour sa part implanté un système d’aquaponie à des fins de recherche et de formation: le grand public, les apprentis-cuisiniers de la Tablée des Chefs de même que les entrepreneurs de l’incubateur d’entreprises alimentaires Mycélium peuvent ainsi en profiter, célébrer, promouvoir et faire évoluer l’industrie agroalimentaire locale.

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Aux détours des multiples kiosques, commerces et autres étalages du Grand Marché, de petits renards métalliques pointent leur nez et d’immenses têtes-de-violon vert vif jaillissent soudainement du sol. Comment vivent les renards dans la clairière laurentienne, une oeuvre fantaisiste des artistes Isabelle Demers et Fanny Mesnard, assoit ainsi la vocation du lieu et met en valeur la nature et la végétation d’ici. « Notre proposition met en scène une plante comestible et un mammifère qui caractérisent la forêt mixte laurentienne, tout en symbolisant la cuisine et la culture maraîchère d’ici et les valeurs de solidarité familiale et communautaire », expliquent les artistes. ​ aute de 20 pieds, cette sculpture imposante H d’aluminium est à la fois accessible et rassembleuse. Pouvant être admirée à partir du rez-de-chaussée, des gradins, des passerelles et de l’étage, les spectateurs peuvent contempler de différents points de vue les renards miniatures dispersés sur les tiges, sous un puits de lumière éblouissant vers lequel ces dernières semblent irrésistiblement attirées. Poétique!

Le Grand Marché de Québec 250, section M, boulevard Wilfrid-Hamel Québec (QC) G1L 5A7 legrandmarchedequebec.com

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etat du chox


| Fake Abstract (Franz Winterhalter) , Lino Lago, 2020, à la Galerie Robertson Arès.

ART

GALERIE ROBERTSON ARÈS VANESSA SYLVAIN FLORENCE GIROUX GRAVEL KARINE DEMERS

« L’art est un mensonge qui nous fait saisir la vérité. » | Pablo Picasso, peintre


Art GALERIE ROBERTSON ARÈS

AUDACE

C O N T E M P O R A I N E

Née en juillet 2019, la galerie Robertson Arès a su créer rapidement une communauté de clients, de passionnés d’art, de gens curieux et créatifs aux idées innovantes et leur offrir un espace chaleureux et accueillant où se rassembler, un espace brisant les tabous normalement associés au monde de l’art contemporain. Ses fondateurs, Emily Robertson et François Arès, anciens collaborateurs de grands collectionneurs du Canada et des États-Unis, par-tagent une expérience combinée de plus de vingt ans dans la vente d’art. Ils sont activement impliqués dans la scène artistique montréalaise et ont participé à de nombreuses foires d’art internationales.

« L’art a toujours fait partie de ma vie, dit Emily. J’ai fais mes études à l’Université Concordia en Art visuel, puis continué en Histoire de l’art. Toute ma vie professionnelle s’est jouée dans des galeries. Il a donc été logique pour moi de choisir d’ouvrir ma propre galerie d’art urbain, qui est pratiquement devenue ma deuxième maison. » La contrainte principale a été de trouver l’endroit parfait. « Nous rêvions d’un lieu où les œuvres en tous genres trouveraient leur place et où chaque visiteur se sentirait accueilli et à l’aise. »

C’est finalement au cœur du Quartier du Musée, à Montréal, juste à proximité du Musée des Beaux-Arts, que les galeristes ont décidé de s’installer. Chez Robertson Arès, c’est l’audace qui prime: jeunesse, puissance évocatrice, dynamisme... On y présente des artistes internationaux aux médiums et aux techniques variés. Les oeuvres s’y conjuguent les unes aux autres, dialoguent entre elles, et leur mariage crée quelque chose de neuf et d’inédit, qui n’existe qu’au présent, dans cet espace précis.

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« Avoir une oeuvre d’art chez soi, c’est entrer en relation intime et privilégiée avec un objet qui nous affecte comme aucun autre. »

| Michelle Benoit

« Chaque oeuvre raconte une histoire qui lui est propre, en même temps qu’une histoire commune: celle de l’art. » | Sydney Blum

Ligne | Une oeuvre d’art, ça change quoi, dans une maison?

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Emily Robertson | Une oeuvre d’art, c’est une panoplie d’expériences. Chacun réagit différemment face à une oeuvre. Le souvenir, la sensibilité, les goûts, l’Histoire sont tous des éléments qui teintent notre regard sur elle. Avoir une oeuvre d’art chez soi, c’est entrer en relation intime et privilégiée avec un objet qui nous affecte et transforme notre espace comme aucun autre.

L. | Acheter une oeuvre: comment on s’y prend?

E. | Le plus important, c’est de suivre son instinct. L’achat d’une œuvre, c’est une démarche personnelle. Le galeriste est là pour éclairer l’acheteur, pour le guider. Parfois, la décision est compliquée à prendre, pour toutes sortes de raison. Il est important de prendre le temps d’apprécier une oeuvre en galerie avant de l’acheter, puis d’y réfléchir plus longuement chez soi.

L. | Quel artiste rêveriez-vous d’accueillir chez Robertson Arès?

E. | C’est le désir d’accueillir des artistes comme Derrick Velasquez ou Sydney Blum, par exemple, qui nous a poussé à nous lancer et ouvrir la galerie, et aujourd’hui, c’est fait! Le 18 décembre 2019, c’est Jon Setter qui a poussé la porte pour nous rendre visite depuis l’Australie. C’était un moment très intense que nous avons partagé avec l’artiste.

L. | Vos derniers coups de cœur artistiques?

E. | Nous avons vu le travail d’Amoako Boafo au Rubell Museum lors de la Miami Art Week 2019. Nous avons adoré son énergie et ses oeuvres! Nous avons aussi savouré notre passage devant l’installation Comedian, de Maurizio Cattelan une banane fraîche collée sur un mur avec un bout de ruban adhésif. Plusieurs discussions s’en sont suivies...


TROIS ARTISTES À VOIR CHEZ ROBERTSON ARÈS EN 2020

LAURA PAYNE Acrylique et paillettes sur panneau Du 15 mai au 6 juin 2020 Artiste visuelle de Saskatoon, en Saskatchewan, Laura Payne est diplômée des beaux-arts. Ses peintures et ses oeuvres en nouveaux médias ont été largement exposées au Canada et aux États-Unis. Pourquoi faut-il voir ses oeuvres? Laura Payne est aujourd’hui l’une des jeunes artistes les plus en vogue au Canada. Elle fait sortir l’art de son cadre, à la fois géométrique et institutionnel. Ses oeuvres - d’une précision technique éblouissante - en appellent à tous nos sens et à notre fonctionnement cognitif en simulant des angles, des effets de lumière et des emboîtements de formes sur des surfaces bidimensionnelles, nous défiant d’en déceler la logique.

KYLE AUSTIN DUNN Acrylique sur toile Du 12 juin au 4 juillet 2020 Kyle Austin Dunn est un artiste visuel basé à Oakland, en Californie. Il est principalement peintre et sculpteur. Ses oeuvres ont été exposées, entre autres, à la First Amendment Gallery de San Francisco, à la Circuit 12 Gallery de Dallas et à la SCOPE Art Fair de Miami.

| laurapayne.net

Pourquoi faut-il voir ses œuvres? Les oeuvres de Kyle Austin Dunn sont un voyage visuel. Les éléments s’y superposent, s’y croisent et s’enchevêtrent. Pour les décomposer, il faut s’adonner à un patient va-etvient entre le détail et la totalité. Ses œuvres se vivent comme un cheminement, une recherche. Soit on s’y attarde une seconde, soit on s’y plonge et s’y perd. C’est un artiste qui pousse la technique du pochoir jusqu’à sa limite. | kyleaustindunn.com

DERRICK VELASQUEZ Vinyl et bois Du 17 juillet au 29 août 2020 Derrick Velasquez est un artiste et organisateur d’expositions basé à Denver. Ses oeuvres ont récemment été exposées à la Heron School of Art and Design, au Museum of Contemporary Art de Denver, à la Robischon Gallery, à Pentimenti et au Black Cube Nomadic Museum. Il dirige également une galerie, la Yes Ma’am Projects, située dans le sous-sol de sa maison de Denver.

Pourquoi faut-il voir ses oeuvres? Esthétique des lignes et des couleurs, volupté des contours, stabilité fragile, équilibre époustouflant... Chaque oeuvre de Derrick Velasquez est une invitation obsédante à la contemplation. « Je tente de faire parler la structure, de questionner nos interactions physiques et psychologiques avec les matériaux manufacturés industriellement qui forment les espaces que l’on habite. Je soumets différentes matières à des forces variées, comme la gravité et la tension, dans l’espoir de faire ressortir leurs qualités évidentes ou cachées. » | derrickvelasquez.com

Galerie Robertson Arès 1490, rue Sherbrooke Ouest Montréal, QC H3G 1L3 514-657-1221 galerierobertsonares.com | @robertsonaresgallery 45


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VANESSA SYLVAIN

Art


« Mon atelier se trouve à la maison, en pleine nature, dans les montagnes. J’ai besoin de calme pour créer. »

MAÎTRISER L’INSTINCT Résidente de Stoneham-et-Tewkesbury, nouvelle maman, peintre de la relève en art actuel, Vanessa Sylvain crée des compositions abstraites envoûtantes, au charme profond comme celui d’une eau miroitante. « J’ai étudié la mode, le design intérieur, la présentation visuelle... Tout ça m’a menée à travailler comme designer-cuisiniste, mais je rêvais de vivre de mon art. Du jour au lendemain, j’ai plongé. Je me suis inscrite à une formation en gestion de carrière artistique et je me suis mise à peindre à temps plein. Ça fait trois ans, déjà. » Plonger. Encore cette image aqueuse, surtout belle parce qu’elle s’accorde parfaitement à ces trainées de couleurs, ces masses fluides, parfois opaques, parfois transparentes, ces formes organiques, souvent lumineuses, vibrantes, d’autres fois paisibles et ténues, ces taches contrastantes ou monochromes, qui se marient, s’entrechoquent, s’éclaboussent au cœur des oeuvres de la jeune peintre, comme des traces laissées par le va et vient des vagues sur une plage. Le langage plastique de l’artiste est à la fois simple et complexe, instinctif et maîtrisé. On sent sa recherche orientée vers le traitement de la matière, la représentation de la ligne, de la forme en soi, l’exploration du mouvement et de la composition. Par l’abstraction, elle met de l’avant la gestuelle en tant que prolongement du ressenti émotionnel, comme moyen de transmission d’énergies positives et vivifiantes. « Ma dernière collection s’inspire du torrent d’émotion que j’ai ressenti lorsque mon fils est né, juste avant Noël, en 2019. Cette collection s’appelle La grande rencontre. Elle a été présentée à Toronto, au Artist Project, en 2020. » Premier prix du Jury au Rendez-vous québécois de la jeune peinture Bell de Thetford Mines et participation à l’ARTEXPO de New York en 2018, expositions collectives et individuelles, commandes et dons d’œuvres, multiples publications... La jeune fille ne chôme pas. « On trouve aussi mes œuvre aux galeries Bloom, sur la rue Saint-Paul, à Montréal, et Ni Vu Ni Cornu, dans la région de Québec. C’est par choix que je m’en tiens à quelques galeries et expositions publiques annuelles. J’ai du mal à leur fournir des tableaux! Il faut dire que j’ai aussi un bel entourage qui m’encourage, un réseau de designers, d’architectes, d’entrepreneurs... Disons que ça va bien! »

vanessasylvain.ca ­ | @vanessasylvain

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Art FLORENCE GIROUX GRAVEL

VALSE CHROMATIQUE

Influencée par la nature, par l’architecture et par des artistes tels que Janet Echelman, Jesús-Rafael Soto, Dan Flavin, Sheila Hicks, Mark Rothko ou Mariette Rousseau-Vermette, Florence Giroux Gravel fait valser ses fils dans un vibrant tourbillon chromatique qui crée des effets de profondeur et de mouvement, produisant ainsi des œuvres à multiples niveaux de perception et aux effets d’optique hallucinants. « Je visite des musées et des galeries et fréquente des événements artistiques depuis mon plus jeune âge, car ma mère est artiste en arts visuels. L’art et la création ont toujours fait partie de mon quotidien ; je m’y consacre à temps plein depuis 2019 en tant qu’artiste professionnelle. Durant mes études en histoire de l’art à l’Université Laval, je voulais devenir commissaire d’exposition, mais à 23 ans, je suis partie faire un Master en arts plastiques et sciences de l’art à Paris. Là-bas, deux professeurs, les artistes Côme Mosta-Heirt et Yann Toma, ont beaucoup fait évoluer ma pratique, et j’ai terminé mes études à l’université de New York grâce à un programme de collaboration avec la Sorbonne. »


« La finesse du fil rend mes œuvres presque immatérielles, comme une peau translucide laisserait voir les structures du corps. »

Récipiendaire d’une bourse de production Artch en 2019 (en collaboration avec Art Souterrain, le Carrefour jeunesse-emploi Montréal Centre-Ville et le Conseil des arts de Montréal), elle a aussi participé à Artch Marché de l’art émergent la même année et a été exposée en solo trois fois, soit au Musée Marius-Barbeau de Saint-Joseph-de-Beauce, à la Galerie AVE de Montréal et chez Ubisoft Montréal en 2020. À l’automne 2019, l’une de ses œuvres a même été achetée par Stephen Bronfman pour intégrer l’impressionnante collection de Claridge. Face à l’intensité et à l’accumulation de fils juxtaposés, les perceptions du champ de vision du spectateur sont ébranlées : son œil traite l’illusion d’optique et mélange les couleurs, mais s’acclimate difficilement à ce déferlement de lignes qui sont comme des ondes frétillantes. Lorsqu’on se déplace autour des œuvres, chaque angle fait naître de nouvelles nuances et révèle une vibration cachée. « Les fils deviennent mes pigments. Mon geste est narratif, répétitif et cathartique. Je me laisse guider par mon instinct, par mon inconscient, comme une araignée tissant sa toile. Pour moi, le processus de création ne se déroule pas seulement en atelier, mais s’amorce bien avant, durant des périodes de recherche qui impliquent beaucoup de réflexion, durant des voyages inspirants, comme ceux que j’ai faits dernièrement en Arizona, en Utah et en Islande. Mes œuvres sont souvent le résultat de longs moments de contemplation de la nature et dévoilent ma vision d’une certaine transparence chromatique, un mélange de visible et d’invisible. »

florencegirouxgravel.com ­ | @florencegirouxgravelartiste

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Art KARINE DEMERS

KARINE

PLUMES DE PAPIER Quelque part entre la peinture et la sculpture, l’artiste montréalaise Karine Demers crée des collages de papier époustouflants où les formes se répètent jusqu’à sembler se mouvoir, les couleurs changer selon l’angle, le matériau se transformer. « L’architecture m’inspire beaucoup; j’étudie attentivement l’influence qu’exerce la lumière sur chaque élément pour déterminer sa place. Plus tard, selon l’endroit où elles se trouvent, mes oeuvres révèlent leurs multiples façettes. Elles dépendent de leur habitat. » Ce sont des oeuvres qui naissent d’une certaine rigidité: lourdeur de la répétition, de l’accumulation innombrable de petites pièces presque usinées, intensité apparente de la production, couleurs vives frappantes, formes anguleuses... L’alternance des vides et des pleins vient donc rythmer l’affaire et permettent qu’émerge un aspect humain. Quand les lignes se brisent, soudainement, on respire, c’est la pause, on se relâche, on ralentit. On s’échappe.

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Photos | Prose Mémoriste + Karine Demers

« J’ai fait des études en arts visuels et en aménagement intérieur, puis en dessin de bâtiments, avant de me diriger vers d’autres domaines pendants des années. Ma reprise journalière de l’art m’a été suggérée par une intervenante en art-thérapie, comme outil pour maîtriser un trouble d’alimentation et un trouble obsessionnel compulsif. De bouche à oreille, mes oeuvres ont obtenu un petit succès qui m’a lentement menée à une première exposition officielle à la galerie de Marc Gosselin, qui m’a généreusement ouvert la porte de son espace en 2018. Suite à une conjoncture de divers événements, j’ai fait le grand saut et suis devenue artiste à temps plein. J’avais le désir d’aller au bout de mon idée, au-delà de la sensation qu’il manquait constamment quelque chose à ma vie, pour enfin m’accomplir et m’épanouir. » Ses tableaux ressemblent d’ailleurs parfois à des ailes, des amoncellements de plumes, des noeuds d’oiseaux. Des envolées figées, que l’œil met lui-même en mouvement lorsqu’il fouille les formes emboîtées. Il suffit de voir les boîtes pleines de petits pliages dans l’atelier de l’artiste pour comprendre la patience qu’il lui faut, la dévotion presque, pour mener à bien chacun de ses collages.


« J’éprouve une grande fascination pour les métiers d’arts; la dentelle, le maillage, le tressage, les petits travaux réguliers et patients. J’aime toucher la fibre, le papier lui-même. » « Il est impossible de créer mes oeuvres rapidement. Le processus est intéressant, mais il évoque du même coup, par la quantité de pièces qu’il nécessite, la contrainte de la tâche, sa monotonie. La beauté du résultat doit faire oublier le travail. » On imagine facilement le nombre d’heures de pliage que s’impose l’artiste, qui a son atelier à la maison. « Ou plutôt, j’ai un coin maison dans mon atelier! L’important, pour moi, c’est d’avoir la luminosité et l’espace maximisé nécessaires pour vivre et pour créer. J’ai de grandes tables qui, une fois vides, me permettent de recevoir facilement 12 personnes. Aujourd’hui, je pense que chacun doit se poser la question: à quoi me sert réellement ma maison? Il faut sortir du modèle établi et cesser de comparer sa maison à celle des autres. Un mode de vie décroissant - vendre des biens et se loger dans plus petit - est plus facile à adopter quand il permet de faire ce qu’on aime. » L’an dernier, l’artiste a remporté quelques prix qui lui ont grandement plaisir et l’ont rassuré face à son choix de se consacrer à temps plein à son art. En 2019, son oeuvre Dreamers remportait le Prix du public de la Galerie Jean-Tal/Infoman et le Prix du public de la Foire d’art contemporain de St-Lambert. La même année, DeSerres lui proposait aussi de faire partie de sa campagne publicitaire mettant en lumière, sous forme de portraits web et télévisuels, des artistes inspirants. « Mes projets les plus marquants ont souvent été créés en utilisant des matériaux papier ayant un sens profond pour certains individus, comme par exemple un portrait composé de photos de famille prises sur plusieurs années, ou un assemblage des tickets de stationnement d’une personne ayant subi plusieurs traitements contre le cancer... J’ai fait une oeuvre sur mesure pour souligner l’achat d’une première maison. J’ai même reproduit pour une cliente la silhouette du MontSaint-Hilaire en me servant des pages du manifeste du refus global! C’est touchant de me permettre d’accéder à des vérités aussi intimes. » Disponibles aux galeries Martine Hénault, dans le Vieux-Montréal, et Michel Bigué, à Saint-Sauveur, les oeuvres de Karine Demers peuvent aussi être admirées et achetées en ligne, à partir de multiples plateformes et réseaux sociaux. « Je ne suis pas représentée officiellement par une galerie, mais celles-ci m’ont encouragée dès le début! »

karinedemersarts.ca galeriemichelbigue.com martinehenault.ca ­ | @karine.demers.artiste

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| Série de vases Bonmatin, faits à la main au Québec par Frédérique Bonmatin

DESIGN

ÉDITION - OBJETS CHOISIS BLEU CLASSIQUE LOUIS-PHILIPPE PRATTE LUMINAIRES

« Tout objet aimé est le centre d’un paradis. » | Novalis, écrivain et philosophe


Design ÉDITION BOUTIQUE

OBJETS À ADOPTER Pour André Gratton, l’ouverture en 2015 d’Édition - Objets choisis marque l’aboutissement d’un long parcours où l’art et le design ont toujours eu leur place. D’abord graphiste et par la suite associé de la boutique Couleurs Meubles et Objets du 20e siècle pendant 16 ans, l’envie d’André Gratton, son propriétaire, de partager ses coups de coeur demeure bien vivante. « Dans un monde de production de masse d’articles homogènes et souvent sans caractère, je désirais créer un lieu de célébration du design en mettant en valeur des objets différents, étonnants et ludiques signés par des designers, des créateurs et des artisans locaux et internationaux. » À l’heure actuelle, sa motivation résonne avec plus de force encore. Quelle meilleure époque pour se réapproprier son intérieur, pour réapprendre à voir la vraie beauté des choses, au-delà de l’agrément ou de la bête accumulation à outrance? Cette beauté qui surpasse la simple parure et transfigure le quotidien pour lui donner une dimension émotive, poétique et crée de la joie. « Pourquoi s’en priver? », nous rappelle André Gratton. « Il faut comprendre que la beauté fait du bien à l’âme ». Chez Édition, les objets sont aussi techniquement bien pensés, bien construits, faits pour la vraie vie et pour durer. Parce que le design, c’est aussi ça: penser l’ergonomie, redéfinir la fonction, la manière, faciliter l’usage. Réinventer les gestes banals et arrondir les coins du jour le jour. En plein coeur du Vieux-Montréal, quartier du passé et de l’avenir, on entre dans la boutique comme dans une galerie où l’on trouve des objets soigneusement choisis; des trouvailles d’ici et d’ailleurs, belles, rares ou exclusives, faites pour les maisons d’aujourd’hui.

Photos | Maxime Desbiens

André Gratton | C’est l’émotion qu’il nous fait ressentir, la manière dont il nous interpelle et sa pérennité dans le temps. Il faut le laisser entrer dans notre intérieur pour cohabiter avec lui. L. | Quelles sont les marques que vous affectionnez particulièrement? A. G. | Les marques scandinaves bien sûr (Iittala, Stelton, Lindform, Klong, ...). La marque allemande Ichendorf pour la qualité de leurs pièces de verre qui sont très abordables. La marque française Animal Fabuleux, dont les créations pour la table, sur porcelaine de Limoges, sont éclatées. Finalement, toutes les créations du designer

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espagnol Jaime Hayon (Hayon Studio). Moi qui suis d’ordinaire plutôt noir, blanc et gris dans mes goûts, j’adore ses pièces très colorées qui respirent le bonheur et la joie de vivre. C’est un artiste avec un coeur d’enfant. L. | Parlez-nous d’un objet en vente à votre boutique que vous n’avez pu vous empêcher de vous procurer. A. G. | Le chandelier Nagel dessiné par Werner Stoff dans les années 60 et réédité par la firme danoise Stoff Copenhagen. C’est d’abord un objet pratique et usuel mais qui, multiplié, devient une sculpture évolutive. J’en possède plus d’une cinquantaine et leur amalgame est fort impressionnant.

| Jaime Hayon

Ligne | Selon vous, qu’est-ce qui rend un objet particulier ou précieux?

L. | Y’a-t-il un objet dans votre vie qui à vos yeux n’a pas de prix? A. G. | Un dessin au plomb très naïf par mon frère Vincent, décédé trop jeune hélas. L. | Être minimaliste et aimer les objets, est-ce possible? A. G. | Absolument! Être minimaliste, c’est choisir de s’entourer seulement d’objets qu’on aime, c’est refuser le superflu et l’inutile; c’est avoir la discipline et la rigueur de choisir un objet qui, au-delà de sa fonction, nous apportera un plaisir esthétique. Chez moi, c’est très zen, mais les objets y occupent une place importante et nécessaire.


TROIS ARTISANS À DÉCOUVRIR À LA BOUTIQUE ÉDITION

GABRIELLE DESMARAIS Joaillière québécoise Créatrice passionnée, elle façonne des bijoux aux formes libres et organiques. Argent sterling, or jaune, or rose, ces matières précieuses sont transformées en pièces uniques, remarquables, quasi sculpturales. Chaque pièce possède une signature personnelle ainsi qu’un grand savoir- faire. Pendentif PSOG-3, argent oxydé et or 14 kt, 295 $

NORMAN FOSTER Architecte britannique — Foster + Partners La première collaboration de cet architecte de renommée internationale avec la marque danoise Stelton est très réussie. Sa collection pour la table, en acier inoxydable, présente des lignes sensuelles et épurées dans une optique compréhensive et minimaliste du design. Carafe et verre, acier inoxydable, à partir de 45 $

KAZUMA IWATA Artisan japonais Traditionnellement, les japonais ont toujours su marier artisanat et design et sa collection Linea en est la preuve. Elle inclut des vases longilignes en frêne massif sculpté et noirci à la main. Produits en éditons limitées, ce sont des pièces à collectionner d’une beauté rare et intemporelle. Vases en frêne, à partir de 595 $

editionboutique.com ­ | @editionboutique

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chez Édition | Objets choisis editionboutique.com

Vases en porcelaine, collection Tide, design Anna Badur, Allemagne | à partir de 125 $ Solaire par Lunetterie Générale, design Julien Couture, Montréal, Canada | 450 $ / 500 $ ch. Boîtes, design Haejoo Lee, acrylique et noyer, érable ou cerisier, Corée du Sud | à partir de 79 $ ch. Assiettes Histoire naturelle, porcelaine de Limoges, design Guilhem Nave, France | 85 $ ch. 56


Design BLEU CLASSIQUE

LE GRAND BLEU Le « Bleu classique » choisi par Pantone comme couleur de l’année 2020 s’avère un choix surprenant et réjouissant. Surprenant de simplicité, et réjouissant, parce que cette simplicité le rend extrêmement polyvalent! La preuve: cette sélection triée sur le volet.


Page précédente - Couverture simple Gravity en molleton, 189$ US, GravityBlankets.com | Acrylique sur toile, Vanessa Sylvain, prix sur demande, VanessaSylvain.ca | Table MAX-BEAM, création Ludovica + Roberto Palomba pour Kartell, 484$, Kartell.com | Carreaux Puzzle en grès cérame, création Barber et Osgerby pour Mutina, 10 po x 10 po, prix sur demande, Stone-Tile.com | BIBIKO Bibimbap Bar, design intérieur et conception du mobilier par Rainville Sansgaré, Bibiko.ca | Gin floral distingué Bleu Royal, 750 ml, 48,75$, BluePearlDistillery.com | Sac à dos végane Dante en coton biologique et polyester recyclé, Sandviqst, 155$, BetinaLou.com | Affichette Vague à l’âme, 15$, PigeonLetterpress.com | Chauffeuse Togo, création Michel Ducaroy pour Ligne Roset, 3332$, MaisonCorbeil.com/Ligne-Roset | Sur cette page - Vase bleu, YYY Collection, Mérida Anderson Ceramic, prix sur demande, YYYcollection.com

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Portrait LOUIS-PHILIPPE PRATTE

Ligne | Nous vivons des temps bien étranges, en ce début de 2020... Comment vis-tu ton confinement?

Louis-Philippe Pratte | Il est vrai que ces moments que nous vivons sont étranges. Ce qui me frappe, c’est qu’ils sont vécus très différemment par chacun d’entre nous. Je trouve qu’ils mettent aussi en lumière les injustices de notre société (bien que je sois aussi conscient et reconnaissant d’être dans un système proposant un filet social). J’espère que nous nous servirons de ces prises de conscience pour aller vers du mieux, du plus humain et du plus écologique.

L. | Où rêves-tu d’aller lorsque nous pourrons enfin sortir de nos maisons et que la vie reprendra un rythme plus normal?

L.-P. P. | Ça varie. J’avoue que l’idée de prendre l’avion et d’aller dans un pays étranger m’apparaît soudainement comme une aventure exceptionnelle et somme toute précieuse. C’est comme si on se rend compte, comme humanité, que nous faisions du fast travelling, sans réellement prendre conscience des effets sur l’environnement. Toutes ces compagnies, entre autres, qui forcent leurs employés à voyager pour tout et pour rien. Cela n’a plus sa place à mon avis. Il faut devenir plus conscient. Sinon, de manière plus locale, j’ai hâte d’aller dans mes bars à vin préférés. J’ai peur que mes commerces de prédilection ne survivent pas et cela me brise le coeur.

L. | Crois-tu que quelque chose de positif émergera de la crise mondiale que l’on traverse cette année?

L.-P. P. | Je le crois oui. Je crois que c’est déjà entrain de se passer en fait. Nous allons devenir plus conscients des conséquences de nos choix en tant que consommateurs. Nous prenons conscience que beaucoup de métiers sous-estimés sont vitaux pour notre société. Nous prenons conscience que nos aînés méritent beaucoup mieux. Nous voulons maintenant devenir plus autonomes sur le plan de l’agriculture. Nous vivons une vie écologique, pour un court laps de temps, sans qu’on l’ait véritablement demandé. C’est peutêtre la chose la plus convaincante pour intégrer une nouvelle vision des choses.

QUESTIONS DE GOÛT Designer industriel et fondateur de l’entreprise À Hauteur d’homme (Hh), Louis-Philippe Pratte conçoit des cuisines et du mobilier en bois local certifié de qualité, durable et d’essences 100% québécoises. Dernièrement, sa réflexion sur la réduction de la quantité de matière utilisée dans la fabrication d’une cuisine l’a mené à la création de Skin, un tout nouveau système sur mesure sans caissons pour repenser l’espace de la cuisine. Ligne a demandé à Louis-Philippe de nous partager ses réactions face aux changements que nous vivons, ses coups de coeur et sa vision du design actuel et futur.

Photo | Martin Beaulieu

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L. | De quoi ne peux-tu pas te passer?

L.-P. P. | D’une cafetière italienne. J'avoue que pour moi, c’est la base d’une bonne journée. J’apporte la mienne en camping, que je sois ici ou à l’étranger. Je me souviens d’ailleurs de quelques moments épiques en Islande, en bordure de route, à me faire un café italien, devant les paysages grandioses. Disons qu’en matière de moments de bonheur, c’est difficile à battre.


L. | Minimalisme ou maximalisme?

L. | Possèdes-tu un objet dont tu ne te départiras jamais?

L.-P. P. | Je dirais que je tends naturellement vers le minimalisme, en raison de ma vision du design, mais que dans les faits mon environnement n’est pas aussi épuré que l’on pourrait le croire. Je me sens bien dans un espace où il y a de la vie; je ne ressens pas le besoin que tout soit classé et ordonné. Bien sûr, j’apprécie un lieu ordonné, mais pas à l’excès. Même que cela me repousse si tout est trop rangé, j’ai l’impression que cela cache autre chose. Encore une fois, pour moi la réponse se trouve dans l’équilibre. Il n’y a rien de mieux que l’équilibre (dans tout).

L.-P. P. | Guillaume Sasseville est à mon avis un des meilleurs designers québécois. J’envisage d’ailleurs m’acheter son banc pour ma prochaine salle à manger. Et le luminaire qu’il a fait pour Lambert & Fils est absolument magnifique. On y retrouve toujours une grande qualité formelle, un équilibre, une douce originalité, comme une personne qui parle peu, mais qui dit beaucoup en quelques mots. Pour moi, ce designer est sans contredit une référence.

L. | Ton dernier coup de coeur design d’ici?

L.-P. P. | J’aime beaucoup le Studio Botté. Je développe en ce moment un produit avec Philippe et au-delà de l’entreprise, j’aime la vision, environnementale et humaine, de cet entrepreneur. C’est d’ailleurs l’une des choses que j’apprécie le plus depuis que je suis dans les affaires, avoir la chance de rencontrer des entrepreneurs que j’admire et de pouvoir travailler avec eux.

L. | Ton dernier coup de coeur artistique?

L.-P. P. | Je ne sais pas si ça s’applique, mais je dirais Samin Nosrat. C’est une chef vraiment inspirante. J’ai complètement intégré ses principes pour la cuisine et je sais que cela influencera ma manière de cuisiner pour le restant de ma vie. C’est la première fois que j’adopte une chef de cette manière. Peut-être parce que son approche va au-delà de la recette. Il y a une vision pour un mode de vie, basé avant tout sur le partage, sur les relations, sur le lien que la cuisine crée.

L.-P. P. | Cela peut paraître étrange, mais j’ai deux roches que j’ai rapportées d’Islande et d’Hawaï. Elles sont symboliques pour moi et j’y accorde beaucoup de sens. Je suis davantage attaché à ces objets qu’à un objet industrialisé.

L. | Quelle pièce es-tu le plus curieux de voir quand tu entres pour la première fois chez quelqu’un?

L.-P. P. | Je dirais la cuisine. Je trouve que ça parle, d’une manière de vivre surtout. On le voit tout de suite lorsqu’il s’agit d’un endroit qui vit, s’il est inspiré, ou pas. S’il s’agit seulement d’un lieu transactionnel, orienté vers l’utilitaire, ou si au contraire, on y consacre du temps.

L. | Dans quel endroit te sens-tu le mieux au monde?

L.-P. P. | Hum, c’est une question difficile. J’aurais tendance à dire que je me suis rarement senti aussi bien qu’en Islande. Il y a quelque chose dans ce pays qui me touche profondément. Je ne compte pas le nombre de moments où j’y ai eu l’impression de vivre un état de grâce. J’y suis allé deux fois dans les dernières années et je sais que j’y retournerai, sans doute plusieurs fois encore. Peut-être qu’une des raisons est que la nature y est très graphique. Il y a un plaisir pour les yeux qui y est infini. C’est comme si la nature y était particulièrement créative. C’est d’une beauté hallucinante, tout le temps, sans arrêt, et je trouve cela absolument fascinant.

L. | Comment imagines-tu nos maisons québécoises dans dix ans?

L. | Quel designer t’inspire, t’influence?

L. | Un endroit au Québec où tu aimes prendre des vacances?

L.-P. P. | L’Île aux lièvres. Un endroit magique. Il faut dormir au camping situé sur la rive nord. Ça permet de voir les couchers de soleil. Il s’agit de l’endroit idéal pour se poser et communier avec la nature, avec notre cher fleuve.

Hh.ca

L.-P. P. | J’aimerais que nos maisons soient plus petites et mieux pensées. J’aimerais qu’elles soient plus créatives, tout en étant intemporelles (oui c’est possible). J’aimerais qu’elles soient à la fois chaleureuses et épurées sur le plan esthétique. J’aimerais qu’elles soient innovantes, mais pas gadget. J’aimerais qu’elles soient fières, tout en étant humbles. J’aimerais qu’elles intègrent la nature dans leur design.

Photo | Pelletier de Fontenay


Comme un bijou que l’on s’accroche au cou ou encore le pschitt de parfum qui fera se retourner les étrangers sur notre passage, le luminaire d’aujourd’hui a bien plus que pour seule fonction d’éclairer. Il est aussi fabuleusement artistique, remarquablement décoratif et peut très bien, à lui seul, changer l’allure et l’ambiance d’une pièce. Voici une sélection de nos envies du moment, des pièces d’ici et d’ailleurs, parfois discrètes, parfois monumentales, mais toujours chics et inspirées.

| Sainte @ LambertEtFils.com Photo | Arseni Kahmzin

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Design STUDIO D'ARMES

LUMIÈRE INTÉRIEURE Fondé en 2016 par le designer Alexandre Joncas et Gildas le Bars, le Studio d’Armes conçoit des luminaires haut de gamme et d’avant-garde, aux lignes claires et pures et aux textures intemporelles, à l’image de leur nouveau luminaire, État des Lieux, qui dégage une aura à la fois mystérieuse et romantique. Par sa silhouette modulaire, ce lustre réinventé se veut un hommage aux paysages montagneux et aux cours d’eau scintillants des Laurentides, nouveau domicile de ses créateurs. Sa structure innovante et son ingéniosité technique en font une suspension polyvalente, pouvant être adaptée d’une multitude de manières et sublimer autant une pièce de la maison qu’un lieu public. Chaque point de lumière bidirectionnel est fait de verre transparent et fumé aux formes arrondies et suspendu par de larges bandes ajustables, permet-tant à chacun de créer un arrangement personnalisé, original et unique... Un nouveau classique ! Verre offert en cinq teintes chaleureuses. Suspension État des Lieux, prix sur demande

darmes.ca ­ | @studio_darmes

Photos | Christine Bellini 64


Luminaires

Suspension Olas Sphera, 1250$, StudioBotte.com | Chandelier Le Royer, 7900$ US, LaroseGuyon.com Suspension Kazimir, crĂŠation Ladies & Gentlemen Studio pour Roll & Hill, 10 983$ US, Lightform.ca Applique murale Rise, prix sur demande, HollisandMorris.com | Suspension Bola Disc par Pablo, 22 po, 915$, EQ3.com

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Luminaires PETITE FRITURE

UNE DÉCENNIE ÉBLOUISSANTE 2020 marque non seulement l’anniversaire de son éditeur, Petite Friture, mais également celui de la suspension Vertigo, pièce de sa toute première collection devenue rapidement emblématique. Créé par la designer Constance Guisset, ce spectaculaire luminaire subjugue toujours autant les professionnels du design et les amateurs de beau, grâce à sa composition toute en contrastes: à la fois graphique et aérienne, légère et imposante (d’une ampleur de 2 m), elle stimule la discussion et la réflexion depuis maintenant plus d’une décennie. Dès sa sortie, Vertigo a séduit par son design et surpris par la simplicité de sa structure en fibre de verre, sur laquelle sont fixés des rubans en polyuréthane posés à la main. Ses lignes graphiques et frémissantes imposent le rythme, le dynamisme et le mouvement dans l’espace. Cette année, deux nouveaux coloris sont offerts : cobalt et scarabée. De quoi raviver les ardeurs pour dix ans encore! Suspension Vertigo, 1675$ - 1988$ lestudiolum.com petitefriture.com ­ | @petitefriture

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Luminaires

Lampe sur pied Superloon, crĂŠation Jasper Morrison pour Flos, 5595$ - 6995$, Lightform.ca Lampe de plancher Colour, crĂŠation Andreas Engesvik et Daniel Rybakken pour e15, 3465$, KlausN.com Suspension Slab 90 Marigold par ANDLight, 1150$, LeStudioLum.com Suspension Piece Collection Terrazzo, prix sur demande, BentuDesign.com

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pub exterieur coop


EXTÉRIEUR

THE PLANT SOCIETY JUNGLE FLEUR ATELIER B MOBILIER + TROUVAILLES TECHNO

« L’été arrive et la vie devient facile. » | Ira Gershwin, parolier, Summertime


Extérieur JARDIN

CONSEILS D’AMI (DES PLANTES) Deux ans après la parution de son premier livre, Plant Society, qui se voulait principalement un guide complet pour jardiniers débutants, l’architecte et designer d’intérieur Jason Chongue publie maintenant Green, traitant de l’importance de choisir ses plantes en tenant compte de différents facteurs, tels que l’espace et la luminosité, et non seulement de l'aspect esthétique. De la salle de bain à la cour extérieure, en passant par la chambre à coucher, l’auteur et horticulteur présente une multitude d’options et de combinaisons pour verdir et styler nos espaces de vie. Tout comme son prédécesseur, ce titre inclut notamment des profils d’amoureux des plantes et de nombreux conseils sur la propagation, le rempotage et l’entretien au quotidien. Un livre abondamment illustré, inspirant et accessible, pour ceux qui souhaitent passer au niveau suivant.

Green, par Jason Chongue de The Plant Society (Hardie Grant Books, 2019) Cache-pot Aloe 10 en aluminium noir, H15 po x L12 po, 195$ AllStudio.co

Jardinière 8 po avec soucoupe intégrée en grès blanc de Areaware, 85$ BoutiqueLovasi.ca

LIVRAISON SPÉCIALE Les bouquets se suivent, mais ne se ressemblent pas! Grâce à son service de livraison et de cueillette, Jungle Fleur, entreprise fondée en 2014 par Laurie Perron et Sarah Quesnel Langlois, vous permet de garnir votre intérieur d’un bouquet de fleurs locales, cultivées au Québec, de mai à octobre. À partir de son site web, vous pouvez choisir le type d’abonnement qui vous convient. Les prix varient entre 75 $ et 250 $, selon la fréquence et les assortiments de fleurs sélectionnés. Une initiative colorée qui vous permettra de découvrir semaine après semaine une foule de plantes ornementales qui poussent près de chez vous. Photo | Sarah Quesnel Langlois

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JungleFleur.com

Vase Water Ripple gris foncé, H12 po ou 14 po, 109$ - 139$ BoConcept.com


Extérieur

Ensemble table et bancs d’extérieur Palissade, anthracite, 1680$, HAY.com | Housse de coussin multicolore Näbbfly, 20 x 20 po, 4,99$, IKEA.ca Chaise d’extérieur Verro verte, 199$, CrateandBarrel.ca | Glacière noire sur roulettes, 449$, CB2.ca Sofa modulaire Corvos rouge safran, 629$ - 649$ ch. module, Article.com 73


Extérieur CÔTÉ COUR

C'EST PAS DU RESTO ! Atelier B, une entreprise montréalaise reconnue pour son utilisation du béton comme matériau noble, présente le tout nouveau four à bois Chibouki, nouvel atout culinaire pour votre terrasse cet été. Entièrement conçu et fabriqué à la main, à Montréal, ce four extérieur conjugue style industriel et raffinement grâce à son aspect brut et à ses lignes épurées. Lauréat 2020 des Grands prix du design de Montréal, il épatera non seulement vos invités, mais ravira également leurs papilles grâce à sa cuisson rustique qui conférera des saveurs uniques à vos mets préférés - pizza, pizza, pizza! Il est offert avec les outils et ustensiles nécessaires à son utilisation. Il ne vous reste qu’à enfiler votre uniforme de chef et à explorer tout son potentiel. Four à bois Chibouki AtelierB.ca

Tablier Dahls en denim, 94$, CestBeau.co | Plateau de service Bentwood en bois, 16 po x 12 po, 38$, ZoneMaison.com Chope de bière en porcelaine satinée par Atelier Make, disponible à la Fabrique 1840, 45$, Simons.ca Ensemble de 3 plateaux Vitra, 139$ et Pichet isotherme EM77 de Stelton, 128$, JamaisAssez.com 74


Extérieur

Fauteuil de détente d’extérieur Lollygagger, 970$, EQ3.com | Serviette de bain à rayures Dusen Dusen, 100$, DWR.com Escabeau Hasegawa Lucano 2 marches, 195$, JamaisAssez.com | Petite table Attila par Philippe Starck pour Kartell, 515$, Skedio.ca Fauteuil avec capuche Traveler Outdoor, prix sur demande, Roche-Bobois.com 75


Extérieur TECHNO

UN ÉTÉ À BALCONVILLE La saison s’annonce belle et chaude, mais nous la passerons sans doute à la maison, sur nos balcons et terrasses, ou encore dans nos cours, pour les plus chanceux. Nous avons réuni quelques coups de coeur qui vous permettront de passer du bon temps à l’extérieur avec les mêmes commodités technologiques qu’à l’intérieur. On est en 2020, après tout!

En 2020, on ne siffle plus en télétravaillant, on transporte plutôt son Sonos Move sur la terrasse pour s’installer dans une ambiance légère et vaquer à ses occupations au grand air. La nouvelle enceinte Bluetooth portable Move du système Sonos (à droite) a été conçue expressément pour l’extérieur, même si elle s’avère aussi performante à l’intérieur. Elle est construite pour résister aux chutes, aux coups, à la pluie, à l’humidité et même au soleil, donc pas de crainte de l’abîmer! Utilisez-la facilement avec les assistants de Google, d’Amazon ou encore d’Apple. Sa pile offre une autonomie de plus de dix heures de lecture en continu. Profitez donc d’une qualité sonore inégalée, tout en parcourant les milliers de stations et listes de lecture créées par des artistes renommés offertes sur le nouveau service Sonos Radio. 499$, Sonos.com


Page précédente, de gauche à droite - Lampe de table en bambou Misterhult, 39,99$, IKEA.ca | La canicule viendra bien assez tôt, alors soyez prêt à vous rafraîchir grâce à ce ventilateur Dyson qui multiplie jusqu’à 15 fois la circulation normale de l’air, 299$, DysonCanada.ca | Pour alimenter la terrasse, utilisez cette jolie barre d’alimentation au câble en nylon résistant. Faite de bois, elle peut s’installer sur un crochet du même matériau ou un pratique support métallique (offert séparément). Création Justin Champaign. À partir de 95$ US, MostModest.com | Lampe de table sans fil Carrie avec chargeur USB, création Norm Architects pour Menu, 258$, JamaisAssez.com | Gardez les mains libres en transportant le portable à l’extérieur. Le boîtier de protection pour téléphone intelligent de XouXou s’accroche en beauté à votre cou, ou même en bandoulière, selon le modèle, 98$ pour un boitier et un cordon tissé assorti, XouXou.com | N’oubliez plus jamais d’arroser vos plantes! Le détecteur d’humidité ChiIipulver vous préviendra grâce à sa lumière bleue quand elles manqueront d’eau, 4,99$, IKEA.ca | Lampes sans fil, pile d’une autonomie de 8 à 20 heures en continu, contrôlable avec votre téléphone intelligent par Smart & Green. À partir de 180$, DWR.com 77


Construisons la ville de demain. Faisons plus de place à la nature en milieu urbain. Nous installons et prenons soin de ruches d’abeilles en ville partout en Amérique du Nord pour (re)connecter les citadins à la nature.

alveole.buzz


| 12-004_RÉSIDENCE G+C, DESK Architectes | Photo: Maxime Brouillet

MAISONS

12-004_RÉSIDENCE G+C MAISON KOYA RÉSIDENCE PONTIAC RÉSIDENCE ET PAVILLON A RÉSIDENCE LAC-OUIMET MCGILL 120 MAISON AM+O RÉSIDENCE LAC-AUX-CHASSEURS LA LOGE, UNE MAISON IVRE RÉSIDENCE ST-IGNACE MAISON WILSON PROJET FRAGMENT DE GLACE

« Si le soleil entre dans la maison, il est un peu dans votre coeur. » | Le Corbusier, architecte


Dossier

DESK ARCHITECTES

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12-004_RÉSIDENCE G+C Le mandat était clair : sur le terrain aux abords du fleuve Saint-Laurent qu’ils venaient d’acquérir, les clients souhaitaient faire construire une résidence familiale idéale, qui répondrait à leurs besoins présents et futurs et constituerait leur première et dernière demeure.

Texte | Dave Richard Photos | Maxime Brouillet

Localisation | Sorel-Tracy, Qc Type de projet | Construction neuve Réalisation | 2017 Conception | 36 mois Travaux | 18 mois Superficie | 4500 pi2 / 420 m2 Budget approximatif | $$$

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Sur la rive du Saint-Laurent, l’implantation de la maison tire profit de la topographie naturelle du site. Depuis la route, le terrain long et étroit est relativement plat sur la majorité de sa superficie, sauf en fond de lot, où un dénivelé important permet de rejoindre le fleuve. Cette caractéristique s’est avérée déterminante dans le choix de l’emplacement du bâtiment. Il s’agissait pour l’architecte d’une occasion d’offrir un rez-de-chaussée de niveau avec la cour avant tout en dégageant le sous-sol pour en faire un rez-de-jardin. De la rue, la résidence semble donc n’avoir que deux étages, à l’instar des voisins immédiats. Depuis le fleuve, les trois niveaux apparaissent dans toute leur splendeur, s’ouvrant entièrement sur le paysage. Représentation conceptuelle de l’adage qui veut que la forme suive la fonction, l’organisation programmatique de la résidence 12-004 a été transposée dans sa forme architecturale. Dès les premières esquisses, l’intention de l’architecte Étienne Duclos, de DESK architectes, était de mettre de l’avant la structure organisationnelle du futur bâtiment en recouvrant les façades selon la fonction des espaces qu’elles allaient encloisonner. Il en résulte une résidence programmée en trois grands volumes dédiés à trois fonctions précises : un bloc de services, un bloc de jour et un bloc de nuit. Le bloc de services et le bloc de jour sont recouverts de bois et sont bien ancrés au sol, question de marquer la relation qu’ils entretiennent avec l’extérieur. Le bloc de nuit, quant à lui, est recouvert d’acier noir et déposé sur les deux autres blocs ; un empilement qui rappelle celui des conteneurs chargés sur les navires de marchandise qui défilent quotidiennement sur le fleuve à l’horizon.


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« Fondamentalement, l’architecture la plus écoresponsable, c’est celle qui est la plus pérenne. » - Kévin Sylvain architecte et designer urbain

C’est l’agencement des trois volumes qui crée l’espace traversant de circulation, fenêtré sur le fleuve, où logent le grand escalier et l’entrée principale. L’organisation de la résidence permet de répartir clairement les fonctions, tout en optimisant les zones de circulation et en limitant l’étendue des services mécaniques et de plomberie. Bien que toutes les chambres soient rassemblées à proximité les unes des autres dans le bloc de nuit, une série de stratégies a été mise sur pied afin d’assurer l’intimité de chacune des pièces. Réparties sur deux niveaux dans le bloc de jour, le séjour, la salle à manger, la cuisine et son

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arrière-cuisine sont réunis au rez-dechaussée et accueillent les activités familiales quotidiennes, alors qu’au rez-de-jardin, le bloc de jour contient une grande pièce commune et les quartiers des invités. Les pièces fonctionnelles comme le garage, le bureau, la salle de sport et la salle de lavage sont situées dans le bloc fonctionnel ; accessibles, mais discrètes. Si à l’extérieur les finis délimitent les différents volumes, à l’intérieur, au contraire, ils servent plutôt à atténuer les frontières entre le dehors, le dedans et les étages, comme aux endroits où le


cèdre du parement extérieur se prolonge sur les murs et les plafonds des zones de circulation, ou quand les planchers de béton de l’entrée et de la terrasse pénètrent au rez-de-chaussée et au rezde-jardin. L’acier, à l’intérieur, sert quant à lui à accentuer la verticalité, recouvrant l’escalier et la « boîte noire », un bloc de distribution de la mécanique apparent dans le séjour sur deux niveaux. Les emplacements des ouvertures ont aussi été choisis avec soin, de telle sorte que chaque corridor débouche sur une fenêtre et que chaque porte s’ouvre sur le paysage environnant, mariant tous les espaces de la maison au panorama.

C’est dans un esprit de pérennité qu’a été conçue la Résidence G+C. Ses volumes sobres, ses lignes simples et son organisation efficace ne se démoderont pas. La structure en acier et en béton, les parements extérieurs de qualité et les fenêtres à haute efficacité énergétique en font un bâtiment résilient.

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« L’acte de construire implique une quantité significative de ressources financières et matérielles; les bâtiments qui sont bien conçus et bien construits traversent les époques. On a tendance à les rénover ou les transformer, plutôt que les démolir et les remplacer. »

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Entrepreneur | KDGconstruction.ca Ingénierie | Pierre Gosselin inc. Ébénisterie + armoires | Omega Cuisines et Salles de bain Revêtement extérieur | GroupeSidex.com + MACmetalArchitectural.com Portes + fenêtres | Adurra.com Béton | BetonPrestige.com Comptoirs | Caesarstone.ca Escalier | Claude Fortin inc. Métal | Soudure FH inc.


Dossier

ALAIN CARLE ARCHITECTE

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Texte | Dave Richard Photos | Raphaël Thibodeau

MAISON KOYA Aux abords de la ville de Saint-Sauveur, dans les Laurentides, sur un site faisant partie d’un développement immobilier, des propriétaires ont fait le pari de construire une maison où trois générations pourraient cohabiter harmonieusement. Ils ont donc fait appel à l’architecte Alain Carle, qui a créé pour eux un lieu remettant en question les normes urbanistiques établies tout en les contournant et en s’intégrant élégamment au contexte environnant. 92


Localisation | Saint-Sauveur, Qc Type de projet | Construction neuve Réalisation | 2019 Superficie | 7500 pi2 / 696 m2 Budget approximatif | Confidentiel

Revêtement extérieur [Tôle noire] | ToitMetal.com Portes + fenêtres | Alumilex.com + Revêtement de cèdre rouge, clair de noeuds, teint noir + Revêtement de cèdre de l'est, clair de noeuds, teint brun cognac + Planchers d'ardoise et de bois de chêne + Murets de béton architectural avec coffrage de planches + Dallage de pierre SaintMarc guillotinée + Bacs en acier Corten


« Le lien avec le territoire en tant que source d’altérité, et non d’identité, est au cœur de notre pratique. » — Alain Carle architecte

Le site se trouvant en zone montagneuse de deuxième périphérie de Montréal, les clients souhaitaient s’y établir afin de combiner un mode de vie en nature et les commodités d’une petite ville de région. Ils désiraient aussi construire une résidence intergénérationnelle. Cette idée constituant l’essence même du projet, les recherches de l’architecte et de son équipe se sont concentrées sur le rapport au temps, présent – les clients voulaient que leurs enfants et les grands-parents puissent profiter pleinement de la maison – et futur – celle-ci devrait subvenir aux besoins éventuels de la famille et anticiper le déplacement de chacun de ses membres dans l’espace au fil du temps. Ce sont d’ailleurs ces recherches qui ont dicté la morphologie du projet, qui distingue de façon matérielle les éléments plus permanents de la résidence, en béton, et ses composantes plus éphémères, en bois. L’idée d’intemporalité a aussi structuré son mode d’implantation, lié aux caractéristiques topographiques, plutôt qu’à la logique des demeures unifamiliales en rangée, typique des banlieues.

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À l’image d’un bas-relief sculptural, les principaux axes de circulation sur le site deviennent les deux axes de composition de l’ensemble. Différents murs de soutènement en béton, plateaux et escaliers transitionnels restructurent le site de façon déterminante pour la suite des choses. Des forages profonds de géothermie « ancrent » la composition dans la pérennité et adressent les enjeux énergétiques actuels sur un plan métaphorique, plutôt que strictement technique.


Trois volumes de bois sont déposés en apparence sur cette nouvelle topographie minérale et logent la part « changeante » de la maison. Ces volumes sont installés en porte-à-faux des ouvrages de béton, en situation instable, et pointent respectivement dans des directions opposées. Le bâtiment qui en résulte se distingue donc catégoriquement des compositions conventionnelles des résidences de banlieue, qui tirent souvent simplement profit des façades avant et arrière, au détriment des façades latérales. La Maison Koya cherche plutôt à établir un rapport avec le site dans son ensemble. « En tenant compte du site au sens large, nous établissons une posture critique par rapport à l’hégémonie des normes urbanistiques semblables d’une ville à l’autre, desquelles découlent au final des arrangements spatiaux uniformes qui banalisent le rapport entre la vie et l’espace. » La morphologie de la Maison Koya tente plutôt, au contraire, de profiter au maximum des différents points de vue naturels, sans égard à la structure des lots ou à une composante paysagère unique. D’ailleurs, ici, le panorama posait un problème intéressant. « L’idée de privilégier un point de vue unique sur le paysage en observateur dominant semble un problème récurrent, en architecture, découlant d’une pensée faisant de l’édifice un « objet » ne tenant pas compte du réel tel qu’il s’offre, dans toute son ambiguïté et son impureté, et qui légitimise une approche stylistique, plutôt qu’une démarche basée sur l’altérité de la forme. »

Malgré le fait qu’il se définissait selon un tracé cadastral typique de banlieue, les composantes paysagères du site de la Maison Koya étaient véritablement singulières : un grand plan en pente douce, constituant un plateau intermédiaire entre deux pentes abruptes, l’une d’elles dégageant un point de vue panoramique sur le mont Saint-Sauveur. Plutôt que de mettre en valeur uniquement cet horizon spectaculaire, on a décidé de permettre au bâtiment de développer une relation plurielle avec son environnement et de multiplier les vues. Par le fait même, ses accès sont également multiples et ne comportent pas de hiérarchisation spécifique. En continuité avec le paysage, ceux-ci ont un rapport fluide avec les espaces intérieurs où le système de circulation est lui aussi indifférencié. Seul un espace central situé à l’intersection des trois constructions de bois constitue un lieu de convergence pour les trois générations. Il s’agit d’une certaine manière du « lieu de rencontre », sorte de place publique au cœur de la structure de béton. C’est le lieu fondateur, la permanence inscrite dans le mouvement. Dans un contexte suburbain où il n’est souvent question que de répétition et de solitude, la Maison Koya innove et offre à ses propriétaires et à leur famille – toute leur famille – un cadre enchanteur où s’épanouir ensemble, mais chacun à sa façon, et pour longtemps. Son type d’usage ouvert promet la possibilité de reconfiguration à l’infini des espaces, au fil des besoins et des désirs de ses occupants, d’une génération à une autre. Bien ancrée dans le présent, la Maison Koya regarde non seulement vers l’horizon, mais vers l’avenir.

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« L’idée n’est pas de travailler l’ambiguïté pour l’ambiguïté et d’en faire un style en soi, mais plutôt d’accepter que le réel peut se configurer à l’infini. »

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ALEXANDRE BERNIER ARCHITECTE

no 3

RÉSIDENCE PONTIAC C’est à Montréal, à quelques pas de l’effervescence des rues St-Denis et Mont-Royal, sur une petite rue étroite, que s’érige la charmante Résidence Pontiac. Sous une vigne luxuriante couvrant l’entièreté de sa façade, elle s’insère dans le paysage résidentiel dense du Plateau, à la fois mystérieuse et discrète, mais surprenante, comme une oasis de fraîcheur végétale surgie de l’asphalte. Caouronnée d’une crête métallique tendue vers le ciel, elle semble embrasser le soleil.

Texte | Mathieu Jacques Bourgault Photos | Maxime Brouillet

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Localisation | Montréal, Qc Type de projet | Rénovation et agrandissement Bâti d'origine | 1885 Réalisation | 2018 Conception | 8 mois Travaux | 8 mois Superficie | 1350 pi2 / 125 m2 Budget approximatif | $$

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« Par le contraste, le nouveau peut entrer en relation avec l’existant sans le dénaturer » — Alexandre Bernier architecte

Les propriétaires désiraient augmenter l’espace habitable de cette maisonnette construite aux environs de 1885. Vu la densité et le caractère exigu des pièces de vie et de la cour arrière orientée plein nord, l’architecte Alexandre Bernier a dû user d’imagination pour offrir à ses clients un maximum de luminosité et un espace de vie extérieur qui ne nuirait pas à leur intimité. Premier défi : comment créer une barrière psychologique entre la rue et la maison lorsque l’entrée principale se situe au même niveau et à moins d’un mètre du trottoir? Malgré le remplacement nécessaire de la brique, la décision a rapidement été prise de conserver la vigne. Envahissante mais esthétique, elle offre une impression de recul par rapport à la rue. De plus, sa conservation s’inscrit dans la logique écoresponsable plus large du projet, car elle tempère naturellement le climat intérieur de la résidence, filtre les rayons solaires et, mieux encore, confère un effet enveloppant pour les occupants. Il fallait ensuite, pour répondre aux désirs des clients, décloisonner l’espace intérieur. Relativement restreints (le premier et deuxième étage n’offrent que 550 pi2 chacun), les murs du rez-de-chaussée ont tous été abattus pour créer une aire ouverte, donnant une nouvelle impression de grandeur à la petite maison. De prime abord, les pièces du rez-de-chaussée étaient très sombres. Le plan carré de la demeure était composé d’espaces compacts et pour la plupart inadéquats à la vie contemporaine. Pour amener la lumière jusqu’à cet espace de vie, l’aménagement d’une mezzanine sur le toit ainsi que d’un puits de lumière permettent de faire voyager celle-ci jusqu’au rez-de-chaussée. Pour s’assurer de ne pas perdre de surface habitable, le puits a été aligné à la cage d’escalier qui relie le rez-de-chaussée, l’étage (où l’on retrouve trois chambres) et la mezzanine. Cette percée verticale permet d’offrir des pièces lumineuses sur tous les étages.

Bien que le désir était fort de concevoir un espace contemporain, léger, désencombré et aux tonalités apaisantes, le propriétaire et l’architecte souhaitaient honorer le passé ouvrier du bâtiment. Cette manière de penser a permis de conférer à la résidence authenticité et chaleur. L’idée de conserver et de mettre en valeur les gros madriers de bois, typiques des années de sa construction, était simple et efficace. D’autre part, le bois d’origine se marie parfaitement aux nouvelles surfaces aux teintes pâles. On sent un lien entre la maison rurale et la demeure contemporaine nouvellement réaménagée. L’aménagement de la toiture, lui, permet de profiter d’un maximum d’espace au sein de la maison, et c’est cette idée d’ouvrir vers le haut qui a guidé toute la conception du projet. Cet ajout à l’espace bâti demandait une matière métallique noble, ancestrale, naturelle et très durable. C’est ainsi que le zinc s’est imposé, également comme écho aux autres toits métalliques du quartier. Il fait en sorte de différencier le nouveau et l’ancien, sans toutefois perdre l’idée d’unité formelle et de continuité.

L’ajout en toiture de la mezzanine est sans aucun doute l’élément clé de la réussite et de la cohésion de ce projet. Tout d’abord, l’idée formelle était de délimiter la fin du bâtiment comme les mansardes pouvaient le faire à l’époque, évoquant l’idée d’un couronnement marquant la fin d’un volume, en relation avec le ciel. Après tout, c’est le dernier étage d’un bâtiment qui crée le paysage urbain. La pièce qui s’y trouve devient un lieu de contemplation donnant sur la terrasse extérieure orientée plein sud. On s’y retrouve comme un enfant dans sa cachette dans l’arbre – un refuge urbain idéal pour la réflexion et le rêve. La verdure en terrasse renforce l’idée d’émergence de la végétation en façade, ainsi que l’impression de nature en ville.

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Entrepreneur | JPCconstruction.com Ingénierie | Atelier MZ inc. Ébénisterie | Meuble architectural M. Lambert inc. Planchers [Érable] | UnikParquet.com Robinetterie | Aquabrass.com Céramique | LaTuilerie.com Comptoir [Pierre frittée] | Neolith.com Luminaires fixes | HamsterCo.com Luminaires mobiles | LambertEtFils.com Puits de lumière | Alumilex.com + Revêtement extérieur en zinc anthracite + Brique rouge coloniale + Vignes + Terrasse en cèdre rouge + Escalier en érable, merisier et métal peint

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Dossier

BIPÈDE

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Texte | Antoine Laprade Photos | Adrien Williams

sol aire Écli pse sol aire RÉSIDENCE A

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En 2017, à Saint-Bruno-de-Montarville, cette maison typique des années 1980 a subi une rénovation majeure doublée d’un agrandissement. Le résultat obtenu grâce à l’équipe de Bipède est si réussi et si différent du bâtiment d’origine qu’on peut pratiquement qualifier la résidence rajeunie de construction neuve, éclipsant le passé. C’est d’abord le site enchanteur qui a attiré les propriétaires : un petit ruisseau y longe gracieusement un vaste terrain peuplé d’arbres matures ; une très haute haie de cèdres y offre suffisamment d’intimité avec les maisons voisines et un joli boisé inhabité s’étend à l’arrière, une rareté dans ce quartier résidentiel. Par contre, la maison qui s’y trouvait ne convenait ni aux besoins ni aux goûts des propriétaires, avec ses plafonds bas, ses aires de circulation déficientes et ses espaces de vie compartimentés. À l’exception de l’aile du garage et d’une partie des fondations, tout a été démoli et entièrement reconstruit.


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Localisation | Saint-Bruno-de-Montarville, Qc Type de projet | Agrandissement Bâti d'origine | 1982 Réalisation | 2017 Conception | 8 mois Travaux | 14 mois Superficie | 8140 pi2 / 760 m2 Budget approximatif | $$$

Les clients rêvaient d’une demeure familiale vaste et lumineuse, sur trois niveaux, incluant le sous-sol, à l’intérieur minimaliste et chaleureux, qui entretiendrait un rapport intime avec la cour et la végétation environnante. Les designers ont donc cadré les vues : de généreuses ouvertures télescopiques surplombent maintenant la cour arrière, tandis que des percées positionnées en hauteur laissent pénétrer la lumière naturelle, tout en protégeant des regards. Afin d’atténuer l’impact visuel des nouvelles proportions de la maison, désormais plus grande que la majorité des résidences du quartier, Bipède a dû user de différentes techniques. En plus de trouver un juste équilibre entre des plafonds de bonne hauteur à tous les étages, une volumétrie en façade a été conçue à partir de différents blocs détachés en volumes distincts, avec des reculs pour alléger l’ensemble. La maison a aussi été posée sur un socle, lui constitué de bacs de plantation en béton, créant un deuxième niveau de terrain – une bande verte qui atténue la hauteur du bâtiment. Le fait que la demeure soit entourée d’arbres matures et d’une haie de cèdres très haute a également aidé à conserver un rapport équilibré entre elle et son environnement. À l’intérieur, les espaces de vie s’organisent sur tout l’axe allant de l’avant vers l’arrière. Du mobilier intégré rend les pièces fonctionnelles et fait écho au programme des pièces, définissant la personnalité de chaque zone. Au cœur de la résidence, la cuisine fait office de trait d’union, à la fois spatiale et sociale, et cohabite avec un bac de végétation luxuriante couronné d’un jet de lumière provenant de l’étage par le majestueux escalier, axe de circulation verticale. Celui-ci, sans contremarches, semble très léger et n’obstrue pas la vue. Une paroi d’acier mince sert de garde-corps et le bac végétal s’y adosse. Au deuxième étage, une passerelle architecturale de lattes de bois marque le passage à la partie la plus privée de la maison : la suite des maîtres. Elle agit également comme un filtre et laisse entrer la lumière naturelle. Le salon en dénivelé, situé à l’arrière, sert quant à lui de point pivot entre l’extérieur et l’intérieur. Au plancher, le béton remplace ici le bois, qui lui se retrouve plutôt projeté au plafond, se prolongeant verticalement sur le volume extérieur de la chambre principale à l’étage. Le béton recouvre aussi le manteau du foyer, lui donnant beaucoup de prestance. Les trois étages bénéficient tous de larges portes vitrées avec accès extérieur. Grâce à la cour anglaise longeant le côté sud, le sous-sol se retrouve pratiquement inondé de lumière naturelle et crée un lien direct entre la salle familiale et la cour. C’est l’érable, une essence de bois locale, qui a été privilégiée dans la Résidence A. Cette matière en est le fil conducteur et définit globalement la matérialité du lieu. Il s’étend au plancher de tous les étages tout en constituant les éléments forts de l’aménagement. On le retrouve sous forme de panneaux, de lattes, sur les murs, au plafond, sur la passerelle, dans le mobilier intégré… En somme, il ponctue le projet. Une essence secondaire, le noyer noir, vient ici et là réchauffer l’espace. On retrouve également de l’ardoise, du marbre et de la porcelaine blanche dans toutes les salles de bain. Dans l’ensemble, les matières nobles et naturelles ont été privilégiées et créent un univers sensoriel reposant et intemporel. 115


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Entrepreneur | ConstructionNDeslauriers.com Ingénierie | LateralConseils.com Collaboration aux plans de construction | Rouge-Architecture.com Aménagement paysager | VertigePaysage.com Ébénisterie + armoires | Kastella.ca Revêtement extérieur | BeldenBrick.com Déclin de bois | JusteDuPin.com Panneau d'aluminium | Panfab.com Planchers [bois franc] | SoluHardwood.com Foyer | FoyerUniversel.ca Robinetterie | Ciot.com Céramique | RamacieriSoligo.com Béton | AtelierB.ca Comptoirs | ComptoirsSt-Denis.com Escalier | Kastella.ca + ArtisanAcier.ca Métal | ArtisanAcier.ca Soudure | RThibault.net Luminaires | LambertEtFils.com + EDPinc.ca Armoires | Kastella.ca Peinture | BenjaminMoore.com Papier peint | HyggeAndWest.com Ventilation + chauffage | ExcelClimatisation.com Plantations intérieures | EnvirozoneDesign.com Terrasse | PiscineBonaventure.com Papier peint | HyggeAndWest.com

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Maisons MAURICE MARTEL+ BIPÈDE

été sans fin Un été sans fin Texte | Antoine Laprade Photos | Adrien Williams

PAVILLON A

Un été 120

Les propriétaires de la Résidence A – en cours de conception – ont demandé à l’équipe de Bipède de construire également dans la cour un pavillon quatre saisons, détaché du bâtiment principal, pour y abriter une piscine. L’objectif : créer une oasis de chaleur et de verdure où faire durer l’été même au cœur de nos hivers les plus froids.

Les clients envisageaient une structure principalement constituée de vitrages pouvant s’ouvrir en été et recouverte d’un toit qui laisserait pénétrer un maximum de lumière. Ils souhaitaient aussi y retrouver un spa, un espace pour y faire du yoga, une salle d’eau avec douche et une terrasse extérieure donnant sur la forêt. Les designers de Bipède leur ont alors proposé de s’associer avec l’architecte Maurice Martel pour concevoir ce bâtiment singulier, et de collaborer avec lui à son aménagement intérieur. Dès le départ, les demandes étaient très claires : le pavillon a été pensé comme un élément intangible cédant toute la place à la nature et au


Localisation | Saint-Bruno-de-Montarville, Qc Type de projet | Construction neuve Réalisation | 2017 Conception | 3 mois Travaux | 10 mois Superficie | 1530 pi2 / 142 m2 Budget approximatif | $$$

paysage. L’idée était aussi de bâtir une « pièce » distincte de la maison, qui s’en différencierait par son style, tout en en gardant l’esprit. Inspiré par la Glass House de Philip Johnson, Maurice Martel a créé une toiture parsemée de sept lanterneaux aux dimensions variées et amincie aux extrémités, supportée par une structure légère d’acier aux lignes pures positionnée à l’extérieur des parois vitrées, de sorte à laisser l’espace intérieur libre de tout obstacle. De généreux bacs de végétation creusés à même le sol réchauffent le lieu et installent une ambiance tropicale joyeuse et conviviale.

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Afin de pouvoir le vitrer à 100 %, le pavillon devait être positionné sur le site à une distance raisonnable de la résidence ; on l’a donc installé aux limites de la propriété, obtenant par le fait même un vaste espace de jeu pour les enfants, côté nord, et une terrasse, côté sud. D’abondantes parcelles de végétation creusées à même le sol du pavillon prennent le relai et inspirent la convivialité dans une atmosphère tropicale. Petite, mais spectaculaire, la salle d’eau cylindrique avec douche a été parée de tasseaux de cèdre rouge. Elle complète le pavillon et s’y intègre comme un élément autonome géométrique et sculptural. À l’extérieur, un banc de rangement et des crochets d’acier noir concentrent les besoins utilitaires en une station unique, alors qu’à l’intérieur, le petit espace surmonté de son propre lanterneau regorge de lumière naturelle, décuplée par son reflet sur la mosaïque blanche. La porte a été parfaitement intégrée au volume et semble disparaître, une fois fermée. La transition vers l’intérieur de la salle d’eau a aussi été marquée au sol, où est installée une céramique ronde gris anthracite.

Dans cet espace rêvé, on se sent transporté vers un ailleurs où le temps relâche son emprise, brouillant les saisons. En créant le Pavillon A, Maurice Martel et l’équipe de Bipède ont en quelque sorte redéfini le « voyage intérieur ».

Entrepreneur | ConstructionNDeslauriers.com Ingénierie | LateralConseils.com Design intérieur | Bipède.ca Aménagement paysager | VertigePaysage.com Ébénisterie + armoires | Kastella.ca Portes et fenêtres | Alumilex.com Planchers | Stone-tile.com Parois de verre| Plani-Verre.com Luminaires | Lampe.ca Peinture | Sico.ca Ventilation + chauffage | ExcelClimatisation.com Plantations intérieures | EnvirozoneDesign.com Terrasse [Garapa] | LangevinForest.com Piscine| PiscinesBonaventure.com Plomberie | ConstructionNDeslauriers.com

« La plus belle réussite de ce projet, c’est son apparente légèreté, sa transparence et l’impression que la petite salle de bain cylindrique est le seul élément supportant la toiture. » — Maurice Martel architecte

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Localisation | Mont-Tremblant, Qc Type de projet | Rénovation Bâti d'origine | 1982 Réalisation | 2019 Conception | 4 mois Travaux | 14 mois Superficie | 3200 pi2 / 300 m2 Budget approximatif | $$$


Dossier Texte | Antoine Laprade

no 5

harmoniser l'avenir au passé

DUPONT BLOUIN ARCHITECTURE

Photos | Olivier Blouin

RÉSIDENCE LAC-OUIMET Bien installée aux abords du lac Ouimet à Mont-Tremblant, cette maison construite dans les années 1960 a été conçue originalement par les architectes Bédard, Charbonneaux, Langlois. Le passage du temps et des saisons ayant fait leurs effets, un projet de rénovation s’imposait pour en rafraîchir l’aspect et l’adapter aux réalités contemporaines.

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Le mandat reçu par la firme Dupont Blouin était de transformer cette résidence en refuge pour une famille trigénérationnelle souhaitant s’y rassembler et s’y ressourcer, tout en s’assurant d’honorer les qualités modernes du travail de ses concepteurs originaux. Pour ce faire, les nouveaux architectes ont donc rafraîchi les finis intérieurs et extérieurs, réduit les barrières visuelles et décloisonné la cuisine. La majorité des qualités d’origine de cette maison étaient toujours d’actualité ; un travail d’amélioration ne pouvait donc que s’inscrire en continuité avec l’existant. Le plan en L initial organise les espaces de vie et de nuit en deux ailes distinctes. La première, parallèle au lac, offre une vue exceptionnelle sur celui-ci grâce à une généreuse fenestration, procurant beaucoup de lumière aux espaces de vie. La seconde, quant à elle, s’étire vers l’arrière et s’éloigne du lac, créant une zone intime et calme, idéale pour les chambres et les salles de bain.

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Par sa nature et son usage, la cuisine se révèle souvent le cœur d’une maison; dans ce cas-ci, l’ancienne cuisine a été retirée et décloisonnée pour faire place à une version complètement nouvelle. La pièce, auparavant séparée, se retrouve maintenant directement implantée dans l’espace de vie principal, rejoignant ainsi la salle à manger et le salon. Son organisation linéaire assumée s’insère dans la trame et propose une perspective dramatique du volume de l’espace. Le mobilier intégré se divise en trois modules : l’impressionnant comptoir en granit noir cambrien du Québec long de 24 pieds comprend un espace déjeuner avec vue panoramique; le module de rangement haut fait office de paroi à l’escalier vers le sous-sol, alors que l'îlot de cuisson, par son positionnement central, constitue maintenant le noyau fondateur des interactions sociales. La cohérence des espaces, obtenue par l’harmonisation de plusieurs éléments constitutifs continus tels que le plafond en lattes de bois, le plancher de grès cérame des espaces de vie qui se prolonge à l’extérieur et la fenestration mur à mur, fait en grande partie le succès de cette rénovation. Pour mener à bien cette cure de rajeunissement, les architectes ont restauré et repensé les nuances et textures, au-dedans comme au-dehors, dans leur totalité. La palette, assez simple, se divise en seulement deux catégories de matériaux : la pierre sombre et le bois blond. Utilisées abondamment à travers l’ensemble de la résidence, les variantes de teintes et de textures ont été codées selon des usages et environnements définis. En somme, on retrouve peu de surfaces monochromes unies. Les bois, la pierre de rivière, le grès cérame et le marbre arborent plusieurs teintes, motifs et textures.

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Pour le bois, des matériaux d’origine québécoise et ontarienne ont été privilégiés. Dans les espaces communs, c’est le chêne blanc qui recouvre l’ensemble des murs. Laissé naturel dans le salon, le vestibule et le couloir des chambres pour sa douce chaleur, on le retrouve ailleurs teint anthracite pour créer un jeu de contrastes, bien qu’il retienne tout de même la texture de son grain. Finalement, la cuisine et le mobilier de la salle à manger sont aussi faits de chêne blanc, signalant l’ensemble des interventions nouvelles. Bien que le revêtement mural des chambres dans les espaces de nuit soit quant à lui fait de merisier russe, celui-ci suit tout de même la trame verticale des panneaux de chêne.


Fermant le sas d’entrée, une impressionnante paroi de verre teinté reproduit le jeu de couleur naturel / anthracite du bois de l’autre côté. Les salles de bain du rez-de-chaussée sont entièrement recouvertes de marbres somptueux ; un Marquinia noir à l’étage principal, et un Carrara blanc lumineux au rez-de-jardin.


Nombre d’éléments structuraux définissent l’ambiance de cette demeure depuis sa construction. Le parement extérieur en lattes de pin a été refait sur mesure afin de conserver les proportions des pièces d’origine, puis teint anthracite. Au plafond, le platelage de bois a été restauré afin de reprendre sa couleur d’origine. Les colonnes et poutres de sapin de Douglas teintes elles aussi anthracite s’harmonisent au ton sombre de l’ardoise et des meneaux des nouvelles fenêtres, équilibrant et simplifiant la palette. Le retrait des parties opaques au bas des fenêtres a permis de dégager le mur de pierre. Son cadrage de colonnes et poutres foncées participe à équilibrer sa présence dans l’environnement. Cela dit, il en reste néanmoins une composante grandiose. Plutôt qu’à cheval entre deux époques, le projet de réfection de la Résidence Lac Ouimet prouve qu’une construction de qualité conserve sa pertinence au fil du temps et qu’une intervention contemporaine peut embrasser le passé pour le prolonger dans l’avenir, avec panache et respect.

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Ébénisterie | CuisineSteam.ca + Frank Minerva Plomberie | Batimat.net Revêtement extérieur [Pin teint anthracite] | JusteDuPin.com Portes et fenêtres [Aluminium anthracite] | Alumico.com Robinetterie | AgapeDesign.it + Aquabrass.com + Blanco.com + Dornbracht.com + Julien.ca Luminaires | Flos.com + Luceplan.com + LambertEtFils.com Armoires | CuisineSteam.ca Électroménagers + cellier | Miele.ca + Thermador.ca Mobilier intérieur | Minotti.com + MontaukSofa.com + Kastella.ca Mobilier extérieur | JardinDeVille.com Audio + vidéo | Bang-Olufsen.com + Planchers d'ardoise, de chêne blanc et de marbre + Foyer d'origine en pierres de rivière + Céramique de marbre noir Marquinia et de marbre blanc Carrara + Comptoirs de Cambrien du Québec + Escalier en chêne blanc + Parois de verre fumé gris 12mm


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Texte | Dave Richard Photos | Ulysse Lemerise

Dossier

LA FIRME

no 6

MCGILL 120 L’équipe de La Firme, avec à sa tête le designer Louis Béliveau, a converti un étage d’un ancien bâtiment historique du VieuxMontréal en espaces habitables délicieusement chics et confortables, tout en célébrant le passé industriel du lieu.

Localisation | Montréal, Qc Type de projet | Conversion Bâti d'origine | 1895 Réalisation | 2018 Superficie | 1600 pi2 / 150 m2 Budget approximatif | Confidentiel


Le bâtiment, aujourd’hui un immeuble à condos, était à l’origine une ancienne fabrique de bonbons et datait de 1895. Le client était propriétaire de deux unités de mêmes dimensions couvrant un étage entier et souhaitait redistribuer l’espace afin d’en habiter environ les trois quarts, puis louer l’autre quart. Il souhaitait par le fait même pouvoir ajouter à son logement une chambre d’amis et en refaire complètement l’intérieur. « Une rénovation était nécessaire. », explique le propriétaire. « Disons que l’endroit manquait d’amour. »

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Les deux appartements étant situés dans un très vieil immeuble chargé d’histoire, les designers souhaitaient conserver l’ambiance de l’ancien entrepôt tout en y ajoutant beaucoup de refinement. Pour ce faire, il fallait s’en tenir à une palette simple de matériaux, mais les choisir avec soin, et surtout paufiner l’ensemble dans les moindres détails. Le code du bâtiment imposant l’ajout d’un certain nombre d’éléments difficiles à mettre en place dans une structure vieille de 125 ans, l’entreprise s’est avérée plus complexe que prévu. Par exemple, l’un des défis a été de renforcer et mettre au niveau les planchers avant de couler le béton pour la nouvelle dalle radiante qui allait remplacer ceux en bois de l’ancienne usine, lourdement abîmés et brûlés par endroits. Le client insistant pour récupérer les planches, il s’est retroussé les manches et les a patiemment retiré une à une.


« Il souhaitait ajouter une texture au plafond de la chambre et utiliser le reste des planches pour construire un immense îlot-table de 20 pieds de long pour la cuisine », explique Louis Béliveau. « Dans la chambre, les planches ont été peintes en blanc, une fois au plafond ; leur bois avait une texture brute intéressante, mais les teintes étaient dépareillées. En ce qui concerne l’îlot, notre ébéniste a accompli un travail exceptionnel en taillant les planches, les assemblant et les couvrant d’epoxy pour en faire un genre d’immense planche à découper. » La cuisine constitue d’ailleurs le coeur de l’appartement, complètement ouverte sur les espaces de réception - pièce à vivre, salle à manger... Le propriétaire a insisté pour qu’il s’agisse d’une vraie cuisine commerciale. Il voulait des appareils robustes, des portes qu’on claque avec le pied quand on a les mains pleines, de l’espace pour cuisiner tous les jours, plusieurs fois par jour.

« En tant que designer », explique Béliveau, « on nous demande souvent de construire des cuisines exceptionnelles qui lookent, parce qu’on a les moyens... François (le propriétaire) cuisine pour vrai. Il a travaillé en restauration, il reçoit, il cuisine pour ses invités, il cuisine pour lui-même tous les jours, il fait des conserves... Chez lui, la cuisine méritait qu’on y mette les efforts et qu’on fasse les bons choix. » L’îlot géant est surmonté d’une rangée de cylindres noirs halogènes très graphiques, indémodables, faits sur mesure. « Nous installions des lampadaires cylindriques dans les boutiques en 1990 et on en installe encore aujourd’hui... Ça traverse le temps et ça a un côté vintage, en même temps. Aussi, j’insiste pour m’en tenir aux halogènes. C’est ce que j’utilise dans 95% de mes projets, contre vents et marées. À mon avis, c’est ce qui se rapproche le plus de l’éclairage parfait. Je considère que la technologie LED n’est pas encore au point... La gradation est tellement plus intéressante avec l’halogène. »

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Face à la cuisine, se trouve le deuxième point structurant de l’aménagement: l’imposant volume noir de HDF, enveloppant l’entrée et constituant, avec un second volume de chêne blanc, tout le rangement de l’appartement. « Au fond, nous avons divisé l’espace - un grand rectangle, grâce à deux volumes de rangement qui servent aussi de divisions. Tous les rangements y sont intégrés. Elles servent de garde-manger, cachent la litière du chat, la machine à laver et la sécheuse, en plus de permettre de ranger des tonnes d’équipements sportifs et même des vélos. » D’une certaine façon, la chambre d’invités est aussi cachée dans le volume noir, puisqu’elle est constituée d’un lit escamotable et d’un immense pan de mur pivotant permettant de créer une pièce fermée, véritable tour de force de l’ébéniste. Lorsqu’il ne sert pas de chambre, cet espace demeure simplement vide, grand hall menant à l’une des salles de bain.

Les espaces communs de l’appartement principal sont tous regroupés à l’avant, alors que les espaces privés ont été rassemblés à l’arrière, au sein d’une seule et même pièce ouverte. Le lit a été créé sur mesure par les designers de La Firme, comme presque tous les objets qui constituent leurs projets. La salle de bain privée constitue assurément l’un des éléments les plus frappants de l’appartement. Immense, elle donne directement sur la chambre. Comprenant deux douches pluie, un plancher radiant et des panneaux de verre plafond-planchers livrés par grue, sa mosaïque blanche carrée lui donne un air de bain public, alors que son mobilier intégré de chêne réchauffe l’atmosphère. Tout comme dans le reste de l’appartement, le système de gicleurs et la tuyauterie du plafond ont été gardés apparents. Peints blancs, ils sont mis en valeur, mais se fondent à l’espace.

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« Nous avons aussi exposé la brique d’origine au maximum, parce qu’elle porte toute l’histoire du lieu », continue Louis Béliveau. « Nous l’avons ensuite peinte en blanc pour qu’elle réfléchisse la lumière naturelle du jour à l’intérieur et illumine l’espace. Si on l’avait laissée rouge, elle aurait trop alourdi l’espace. Nous avons privilégié la texture plutôt que la couleur. Nous avons par contre choisi de peindre le mur avant noir pour faire disparaître les cadrages et révéler la vue. » Le résultat est à la fois réussi, porteur de sens et d’histoire, et contrairement à ce qu’on sous-entend souvent des lofts industriels, incroyablement convivial et chaleureux. « C’est l’un de nos projets résidentiels que je préfère. Quand j’y reviens en tant qu’invité et que je vois François cuisiner, préparer à boire, quand je vois comment il utilise l’espace et le rend vivant, je sens bien à quel point les efforts en valaient la peine. C’est très gratifiant. »

Entrepreneur | Pastel Studio Ébénisterie | Atelier Niconova Luminaires sur mesure | LaFirme.ca + Lampolite.ca Luminaires | Hubbell.com + SchoolHouse.com Rails halogènes | JunoAcuityBrands.com Lit sur mesure [Chêne blanc] | LaFirme.ca + Atelier Niconova Bancs et chaises | Hay.com Table à café de marbre recyclé | LaFirme.ca Canapés | Togo, Ligne-Roset.com

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Localisation | Montréal, Qc Type de projet | Rénovation + agrandissement Bâti d'origine | 1951 Réalisation | 2018 Conception | 19 mois Travaux | 5 mois Superficie | 650 pi2 / 60 m2 par étage Budget approximatif | $$


Dossier

GUILLAUME PELLETIER ARCHITECTE

no 7

RÉSIDENCE AM+O Installer sa famille dans une maison existante en plein coeur de Montréal amène nécessairement son lot de défis; pour ce couple dans la mi-trentaine et ses deux enfants en bas âge, l’espace manquait et il fallait trouver une solution. Leur petite maison de vétéran du quartier historique Cosmos, dans l’arrondissement Saint-Laurent, était trop petite pour leurs besoins. Ils ont donc fait appel à l’architecte Guillaume Pelletier pour qu’il invente ce domicile dont ils rêvaient et leur fasse voir la vie en grand.

Texte | Mathieu Jacques Bourgault Photos | Saul Rosales

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« Je n’avais pas d’intérêt particulier pour l’architecture ou le design, au début de nos démarches », raconte Andrée-Madeleine, la propriétaire. « Je croyais, comme pas mal de gens, que l’architecture, c’était construire de beaux bâtiments. Je pensais aussi que le design consistait à « agencer des couleurs et choisir les bons coussins ».

« Je suis tombée par hasard sur une websérie produite par la Fabrique culturelle, au sujet de l’Atelier Pierre Thibault. Chaque épisode a été pour moi une épiphanie esthétique qui a complètement modifié mes attentes : je ne voulais plus des pieds carrés, je voulais un concept. Je ne voulais plus une rénovation, je voulais de l’architecture. Et de la beauté, surtout. »

En 2015, lorsque le couple prend la décision d’agrandir la maison pour mieux y cohabiter avec leur fils et leur fille, ils demandent conseil à des voisins qui les réfèrent à un technicien d’expérience. Celui-ci leur dessine des plans semblables à ceux de tous les agrandissements du quartier. Pourtant, pour des raisons de règlementations municipales, le projet ne peut aller de l’avant. « Heureusement », continue la propriétaire.

De manière spontanée, elle a écrit aux gens de l’Atelier Pierre Thibault qui l’ont référée à des architectes ayant travaillé pour eux dans le passé, dont Guillaume Pelletier, avec qui la famille s'est toute suite sentie en confiance. « Il a changé notre vie ! Avec le recul, nous comprenons bien l’impact qu’a eu l’implication d’un professionnel dans ce projet. Guillaume nous a guidés face aux innombrables décisions à prendre, il nous a éduqués sur le plan esthétique, nous a accompagnés dans les très

longues et très lourdes démarches d’obtention de permis... Il a marqué durablement notre vision de l’architecture - par ses maquettes impressionnantes, entre autres ! » Dans ce genre de quartier historique, les travaux d’agrandissement sont rarement de tout repos... La bureaucratie, les règlements municipaux et les standards à respecter peuvent freiner les plus vives ardeurs. Dans le cas de ce quartier, la ligne qui rencontre le mur mitoyen entre les deux propriétés doit obligatoirement faire un angle de 45 degrés. Bien qu’il constituait une contrainte importante, cet angle s’est finalement avéré un élément créatif déterminant dans la volumétrie du projet. L’architecte, inspiré de la Rosemary Residence, un projet torontois de Kohn Shnier Architects, en a fait un atout; la forme particulière du volume ajouté sert maintenant à différencier le neuf de l’existant.


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« Pour s’intégrer, un agrandissement doit parfois se camoufler et imiter l’existant, avec le danger de pouvoir le déformer. Dans le cas présent, il était préférable d’établir un contraste clair pour mettre en valeur la maison, marquer les époques de construction et respecter l’existant », explique Guillaume Pelletier. « Comme la règlementation municipale exigeait aussi l’utilisation du même type de revêtement, nous avons fait le choix d’une brique blanche, par opposition à la maison d’origine au parement rouge ». En plus de répondre aux besoins de luminosité et de fonctionnalité formulés par les occupants, l’agrandissement fournit maintenant l’espace pour accueillir au rez-de-chaussée les aires de vie, soit une plus grande cuisine et un vaste salon ouvert sur le jardin. À l’étage, on retrouve les aires de repos, comprenant les chambres et la salle de bain. L’escalier d’origine en forme de « L » a pu être conservé pour desservir tous les étages. Il a d’ailleurs été mis en valeur de manière toute simple, par une coloration noire. « Ce qui était auparavant laborieux - contourner des meubles, trouver de l’espace où s’asseoir, changer de pièce, trouver un carré de soleil où se réchauffer - est devenu une danse ! », raconte la propriétaire. « Je crois aujourd’hui qu’on doit changer la vision populaire de l’architecture. Elle n’est pas un luxe. Elle ne devrait pas être un privilège. Elle change la vie et les gens. Elle devrait être considérée comme essentielle. »

Renouvelée, métamorphosée, ouverte sur cour et chaleureuse, la Résidence AM+O a maintenant tout d’un nid douillet ludique, coloré et familial. Elle prouve que la ville aussi s’avère un terreau fertile au bonheur des enfants autant que des parents, et qu’une architecture simple et une économie de moyens peuvent suffire à organiser et embellir les vies d’aujourd’hui les plus mouvementées.

Entrepreneur | BenoitBeaumont.com Ingénierie | COSEB.ca Revêtement extérieur [Briques Melville Normand gris alpin] | Permacon.ca + Planchers de bois franc

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L. | Quel aspect du projet vous semble, à l’usage, le plus réussi ?

A.-M. | Sur le plan fonctionnel, la fluidité de nos déplacements a été grandement améliorée. Les espaces ouverts et désencombrés, ainsi que les pièces bien calibrées, nous permettent de déambuler de manière intelligente. Sur le plan « spirituel », je répondrais : la possibilité de contempler. Avec une fenestration abondante et bien orientée, un design dépouillé, des matériaux simples, mais de qualité, une lumière naturelle qui se promène d’une pièce à l’autre, le rythme change. C’est comme si l’espace en se dilatant, étirait aussi le temps.

L. | Avez-vous trouvé difficile de rénover avec des enfants?

A.-M. | Les rénovations représentent une épreuve de taille pour qui que ce soit. Alors oui, ce fut éprouvant de rénover avec deux jeunes enfants de trois ans et six ans, mais c’est surtout la lourdeur des démarches auprès de l’arrondissement qui ont failli avoir raison de notre détermination. En fait, nos enfants ont plutôt eu l’effet d’un moteur à la réalisation du projet. C’est en grande partie pour eux que nous avons décidé d’apporter des modifications majeures à notre maison, pour qu’ils puissent en profiter dès leur plus jeune âge. Considérant les coûts, les risques et l’énergie qu’il fallait mobiliser, cette aventure devait être vue comme un projet durable et rentable à long terme, la concrétisation d’une réflexion sur le mode de vie et les valeurs que nous voulions leur inculquer; et deux ans plus tard, en pleine pandémie, on n’a plus que jamais l’impression, que ça en valait la peine !

L’ARCHI AU TEMPS DU CORONA Nous avons eu envie de savoir quel impact la rénovation et l’agrandissement de leur maison a eu sur la petite famille propriétaire de la Résidence AM+O, surtout en ces temps étranges de confinement. AndréeMadeleine, la généreuse maman, a répondu à quelques questions.

Ligne | Y a-t-il un nouveau coin de la maison qui vous ravit particulièrement ?

Andrée-Madeleine | La pièce principale, au rez-de-chaussée, est certainement celle où nous profitons le plus souvent et le plus concrètement de notre nouvelle réalité augmentée. Il y a un grand axe visuel depuis la porte d’entrée qui mène tout droit à l'agrandissement, en ligne directe avec la vue du jardin. La perspective est fluide, zen et impressionnante. Cette grande pièce décloisonnée, abritant les zones cuisine, salle à manger et salon, est aussi mise en valeur par la cage d’escalier, imposant volume noir, comme un trait d’union entre la bâtisse d’origine et l’agrandissement. Au départ, cet élément n’était pas prévu. Il est pourtant devenu l’un des éléments forts du projet.

L. | Avez-vous l’impression que la rénovation a eu un impact sur leur vie aussi, qu’ils sentent la différence?

A.-M. | Les enfants vivent l’architecture de manière intuitive, sans préjugés, ni attentes, ni a priori. Ils l’expérimentent physiquement, avec leur corps. Ils courent dans les espaces ouverts, s’étourdissent autour des poutres, tentent d’y grimper, passent leurs têtes par les ouvertures... C’est comme ça qu’ils apprécient leur milieu de vie. On a tendance à croire que les enfants ont besoin de milieux remplis de couleurs vives et d’un tas d’objets stimulants et de décorations ludiques. En créant des lieux plus dépouillés, on crée en même temps pour eux de l’espace et du temps pour la musique, pour la lecture, pour contempler la nature. Mes enfants ont des jouets. Ils ne méditent pas à longueur de journée. Par contre, je crois que l’agrandissement leur a permis de trouver leur place à eux et à ce niveau-là, je suis sûre qu’ils sentent la différence. Je crois aussi que le fait d’avoir assisté à toutes les étapes du projet les a sensibilisés à ce qu’est réellement l’architecture et à l’importance qu’elle peut avoir dans la vie quotidienne. 147


L. | Nous vivons depuis quelques mois une situation peu commune. Sentezvous que la rénovation a un impact sur votre quotidien confiné?

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A.-M. | Rester à la maison était déjà une tendance naturelle, pour nous, surtout depuis que la maison a été rénovée. Notre quotidien n’a pas été chamboulé. L’agrandissement rend certainement la maison beaucoup plus fonctionnelle. Nous disposons maintenant de l’espace adéquat pour le télétravail, l’école à la maison, la cuisine en famille et le brassage de bière, mais en ce moment, c’est surtout notre santé mentale qui semble en profiter. Même si nous ne sommes pas complètement à l’abri du stress et de l’anxiété, nous avons le privilège d’être confinés en beauté, dans une maison qui reflète nos valeurs, nos goûts et nos besoins.

Ceux-ci ont influencé nos choix, mais ont aussi été modelés par la réflexion que nous avons eue grâce à Guillaume, tout au long de la conception et de la réalisation du projet. Il nous a beaucoup parlé de la modestie, qui est au coeur de sa démarche. Celle qui se matérialise dans le choix des matériaux, dans la simplicité des plans, des lignes, mais aussi celle qui se vit en faisant preuve d’humilité par rapport au monde et aux événements qui s’y produisent, comme ceux que l’on vit en ce moment. C’est une philosophie qui teinte maintenant nos interactions sociales et notre rapport à la consommation. C’est une compréhension du design qui est complètement aux antipodes du design jetable, instagrammable et de la décoration compulsive.


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Maisons GUILLAUME PELLETIER ARCHITECTE RÉSIDENCE LAC AUX CHASSEURS

Rusticité renouvelée

Conçue comme une cabane de chasse dans la forêt, la résidence Lac aux Chasseurs s’intègre parfaitement à la nature environnante. Installée sur la clairière entourée d’arbres matures d’un terrain en bord de lac, la résidence a été construite avec des produits locaux et un parement de bois naturel. Chaleureuse et efficacement aménagée, elle offre toutes les commodités du confort contemporain, tout en redéfinissant les contours d’une rusticité nostalgique typiquement québécoise.

Texte | Mathieu Jacques Bourgault Photos | Alain Lavergne 151


C’est le désir de construire une résidence sur mesure répondant parfaitement aux besoins de sa famille qui motiva le propriétaire à faire appel à Guillaume Pelletier. « Au départ, les esquisses du client présentaient un volume linéaire, difficile à implanter sur le site », explique l’architecte. Améliorant et bonifiant l’idée initiale de son client, Pelletier a donc procédé à la fragmentation des différentes aires de vie. En créant de plus petits volumes, l’intégration de la résidence devenait plus délicate et naturelle. Les points de vue du nouvel ensemble s’en trouvaient multipliés et les espaces privés et public se séparaient de manière plus logique. « La fragmentation du projet et son positionnement en décalage sur le site ont résolu tous les problèmes organisationnels. » Localisation | Morin-Heights, Qc Type de projet | Construction neuve Réalisation | 2019 Conception | 2 semaines Travaux | 9 mois Superficie | 2750 pi2 / 255 m2 Budget approximatif | $$

Paradoxalement, maintenant divisé en trois petits volumes, le projet semble plus uni, mieux connecté à ce qui l’entoure. Un premier volume abrite un garage, un deuxième, les chambres et un troisième, les aires de vie. Le volume des chambres, plus intime, avec son grand dortoir à l’étage, se trouve en retrait de l’aire de vie commune.

Le volume principal, quant à lui, occupe la double hauteur du bâtiment, impressionnant grâce à son magnifique plafond cathédrale. Face au lac, une grande pièce ouverte regroupant cuisine, salle à manger et salon, s’avère propice aux rassemblements en famille et entre amis. De plus, la nouvelle configuration en quinconce permet aux différents volumes de bénéficier de fenêtres sur toutes leurs façades. Leur glissement crée quant à lui une spacieuse terrasse à l’est et l’agréable pièce moustiquaire à l’ouest. Rendant à la fois hommage à la simplicité des constructions forestières ancestrales, mais prolongeant leur héritage dans le présent, plus fonctionnel et convivial, la résidence Lac aux Chasseurs invite au farniente, à se laisser bercer par le hamac, et offre un cadre propice à la contemplation des frétillements de la nature - lac, feuillages et vent, percées solaires, chants d’oiseaux, coassements.

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« Je crois beaucoup à la « modestie », en architecture. Je crois que les petits espaces sont plus intéressants que les grands. J’ai une façon de travailler qui est flexible. Le client participe à chaque étape du projet. J’encourage une méthode de travail qui est plutôt de type artisanal et cela produit des projets très humains. ».

— Guillaume Pelletier architecte

Entrepreneur | Autoconstruction + Revêtement extérieur de bois naturel + Portes et fenêtres hybrides + Planchers de bois franc + Foyer à conbustion lente.

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Dossier

NATHALIE THIBODEAU ARCHITECTE

no 8

RÉSIDENCE ST-IGNACE Située au cœur des îles de l’archipel du lac Saint-Pierre, dans la municipalité de Saint-Ignace-de-Loyola, cette magnifique résidence offre à ses habitants de profiter au maximum de la vue sur le fleuve, ainsi que du formidable environnement qui l’entoure. Malgré la proximité de la route, la conservation du boisé a permis de mettre en valeur les qualités intrinsèques de l’endroit et d’en préserver l’intimité.

Texte | Mathieu Jacques Bourgault Photos | Maxime Brouillet

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cadre enchanteur


Localisation | Saint-Ignace-de-Loyala, Qc Type de projet | Construction neuve Réalisation | 2019 Conception | 12 mois Travaux | 60 mois Superficie | 1800 pi2 / 167 m2 Budget approximatif | $$

Les maîtres des lieux – qui habitent Montréal, mais qui sont originaires de la région – désiraient renouer avec ce coin de pays qu’ils affectionnent depuis l’enfance. Comme l’un des propriétaires est artiste plasticien, le couple souhaitait jouir d’une demeure qui, en plus de pouvoir être aussi bien une résidence secondaire que principale, serait en mesure d’abriter un atelier de production, mais qui serait plus qu’un simple chalet au bord de l’eau. Évidemment, il importait de pouvoir y profiter de la beauté du fleuve et du passage des bateaux, mais également d’autres points d’intérêt, tels que le bosquet de peupliers noirs, la cour avant verdoyante et l’usine en aval. Le bâtiment devait offrir plusieurs points de vue particuliers. Pour développer son concept, l’architecte Nathalie Thibodeau s’est inspirée des aménagements pavillonnaires des fermes situées aux alentours, sur l’île Saint-Ignace. Encore incomplet, le projet global comptera au final quatre pavillons.

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À la maison et à l’atelier s’ajouteront éventuellement un pavillon moustiquaire et un hangar à bateau. L’aménagement de chaque pavillon sur le terrain s’articule à la manière de tableaux disposés dans une galerie d’art, rappelant la vocation d’artiste de l’un des occupants. Dans le but de démarquer les périodes de travail et de repos, l’atelier a été érigé en recul de la maison. Les deux bâtiments séparés mettent en vedette les peupliers noirs et le pavillon principal. Bien que la vue sur le fleuve s’en trouve partiellement cachée, celle-ci se dévoile dans toute sa majesté à l’intérieur. Une fois qu’on entre, de nouveaux tableaux s’offrent tout à coup, tels que la vue sur le jardin, ou encore celle sur les porte-conteneurs qui naviguent au large. Le choix judicieux du revêtement de cèdre blanc participe grandement à la réussite de ce projet, puisqu’il intègre parfaitement la résidence à son environnement. Grâce à lui, les bâtiments évitent d’entacher le paysage. Ce matériau et sa couleur sont en effet les plus employés sur l’île ; l’architecte a tout de même décidé de le retravailler à la verticale afin de l’actualiser. « Étonnamment, le revêtement de bois a représenté un joli défi », explique-t-elle. « Nous souhaitions utiliser un bois blanc, sans créer une masse trop blanche. Le choix de teinte a donc nécessité beaucoup d’attention et une collaboration serrée avec l’artisan. » Une autre « contrainte » a représenté un défi lors de la conception : l’usine d’acier sur l’autre rive offrant un visuel particulièrement austère. « Au lieu de camoufler cette vue, nous avons fait avec et tenté de mettre en contraste la beauté du paysage naturel et le mouvement perpétuel du panorama industriel. La course constante des eaux du fleuve, les bateaux qui vont et viennent, les oiseaux en vol… »

« Le projet a été conçu de manière à mettre en scène la vie sur le fleuve et sur le terrain. Et ça fonctionne parfaitement ! » La simplicité des volumes, la délicatesse des détails et la forme des pavillons font écho aux conteneurs des bateaux, qui deviennent presque des sculptures mouvantes, mais contrastent avec la rudesse des engins.

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« La maison agit comme une sorte de cadre devant lequel on s’installe pour admirer un tableau vivant. »

Entrepreneur | ConstructionJFMorel.com Ingénierie | LateralConseils.com Revêtement extérieur [Cèdre blanc de l'est] | Eco-Cedre.com Portes et fenêtres | Alumico.com Oeuvres d'art | René Morel


TOUT LE MONDE EST INVITÉ

Texte | Mathieu Jacques Bourgault Photos | Maxime Brouillet


Maisons NATHALIE THIBODEAU ARCHITECTE LA LOGE, UNE MAISON IVRE « La loge, une maison ivre » : un nom particulier, mais qui convient fort bien à cette résidence dont les propriétaires sont de vrais épicuriens, adorant la bonne bouffe, recevoir et faire la fête, puisque c’est justement cette prédilection pour les petits plaisirs et cette gourmandise de la vie qui ont guidé l’architecte Nathalie Thibodeau dans l’élaboration du programme de son agrandissement et sa rénovation.

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Localisation | Montréal, Qc Type de projet | Rénovation et agrandissement Bâti d'origine | 1949 Réalisation | 2016 Conception | 6 mois Travaux | 9 mois Superficie | 2200 pi2 / 205 m2 Budget approximatif | Confidentiel

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Les propriétaires souhaitaient qu’elle conçoive pour eux des espaces dédiés à diverses activités festives ; elle devait donc leur permettre d’accueillir un bon nombre d’invités, en plus de répondre aux besoins quotidiens de tous les membres de cette famille recomposée et d’offrir à madame un bureau à domicile. La solution résidait naturellement dans la conception d’espaces ouverts et modulables. Ce dernier critère allait permettre également d’offrir plus d’intimité pour les activités régulières. Outre la rénovation de la façade avant et des espaces intérieurs, c’est l’agrandissement vers la cour arrière qui constitue l’élément le plus important de ce projet. Tous regroupés, les espaces fonctionnels de la maison s’intègrent de manière à former un grand cube noir vertical. Au rez-de-chaussée, il permet de joindre la cuisine intérieure, munie d’un grand garde-manger walk-in, à celle extérieure, qui inclut un bar. À l’étage, on trouve la salle de lavage et la salle de douche. Pour intégrer le nouveau volume au style des bâtiments du voisinage, l’enveloppe arrière a été recouverte de brique blanche, rappelant les appentis existants de crépi blanc des alentours. Par opposition, le cœur de la façade, le cube vertical, présente un parement de bois de couleur noire. Cette façade se module au gré des usages, formant une succession de pleins et de vides. La grande baie vitrée du rez-de-chaussée permet de créer le lien entre l’extérieur et l’intérieur. En hiver, la cour devient un véritable tableau à contempler. Comme la cour arrière n’a qu’une superficie de 750 pi2 (70 m2), il fallait l’aménager le plus efficacement possible. C’est pourquoi plusieurs espaces y assument une double fonction. Par exemple, le carré vert en gazon synthétique peut servir de stationnement, alors que le salon et la salle à manger peuvent servir de piste de danse. En plus de ces espaces multifonctions, la cour comporte un cabanon, qui sert aussi d’écran d’intimité derrière le spa, une douche et un potager.

« L’intérieur agit comme un prolongement de la cour extérieure – ou l’inverse. » L’idée était justement de créer une transition fluide entre les deux faces de la résidence. Ce qui incarne le mieux cette idée est probablement le bloc de bois noir qui entre dans la maison. L’escalier ajouré du hall d’entrée, fait d’acier, de bois et de verre, souligne de façon magistrale l’axe vertical de la maison et crée dès qu’on pousse la porte une impression de grandeur, en plus d’inviter à monter. C’est d’ailleurs à l’étage que l’on découvre les appartements du couple : la chambre et une salle de bain complète s’y trouvent, cette dernière intégrée dans la continuité du volume noir. La chambre est spacieuse et impressionnante, avec son bain autoportant sur podium et ses grandes portes vitrées ouvrant sur un balcon avec vue sur la cour. C’est justement ce balcon haut perché qui a donné son nom à « la Loge ». Partout dans la maison, de petits clins d’œil ludiques ponctuent les pièces, parfois poétiques, souvent charmants, mais toujours esthétiques. Au bureau, c’est une balançoire qui détend l’atmosphère, parfaite pour répondre à un appel ou tout simplement pour se dégourdir un peu. On y trouve aussi, en plus des bureaux et modules clairs, un téléviseur, un canapé et des accents de couleurs vives. Travailler, c’est bien, mais… À la Loge, on profite du temps qui passe trop vite et on accueille qui veut bien se joindre à la fête. Comme au théâtre, tout le monde est invité.


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Entrepreneur | Le Groupe Exclusif Ingénierie | LateralConseils.com Ébénisterie + armoires | Atelier 13 Aménagement paysager | Carlos Ipser Revêtement extérieur [Bois teint noir] | Maibec.com Clôtures | ScierieMSG.com Portes et fenêtres | Adurra.com Robinetterie | CeragresLesBains.ca Céramique | Ceragres.ca + RamacieriSoligo.com Fer ornemental | Jacques St-Denis Luminaires | EQ3.com Mobilier extérieur | JardinDeVille.com + Crépi blanc

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Dossier

LA SHED ARCHITECTURE

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RÉSIDENCE WILSON Un peu plus de 100 ans après sa construction, cette demeure nécessitait une rénovation majeure. Les propriétaires ont donc fait appel à l’équipe de la SHED architecture et leur ont donné comme mandat principal de réorganiser la distribution des espaces, tout en conservant l’âme de cette maison familiale.

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Texte | Antoine Laprade Photos | Maxime Brouillet

Localisation | Montréal, Qc Type de projet | Rénovation Année de réalisation | 2017 Bâti d’origine | 1916 Études | 8 mois Travaux | 8 mois Superficie | 3300 p2 / 310 m2 Ingénieur | Géniex


Dans son ensemble, l’intervention des architectes comprend la transformation complète de l’arrière de la résidence, son décloisonnement, afin d’augmenter au maximum l’entrée de lumière naturelle, ainsi que l’aménagement du sous-sol – jusque-là utilitaire – en lieu de vie ouvert sur l’extérieur. Par sa nature, le projet exigeait une approche consciencieuse de l’histoire de la demeure et du contexte dans lequel elle s’inscrit. Par respect pour le paysage urbain, les architectes ont conservé l’aspect de la devanture et ses qualités d’origine. L’aménagement paysager sobre et contemporain introduit le ton de cette intervention. À l’intérieur, les éléments anciens se font gardiens du passé et guident l’intégration des nouvelles interventions à l’histoire de la maison. L’arrière, quant à lui, permettait d’intervenir plus librement, et de manière plus contemporaine, tout en respectant l’environnement urbain et l’esprit des lieux. Malgré une modification d’envergure, la maison s’harmonise toujours au voisinage par la forme de ses volumes et la sélection de ses matériaux.

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Auparavant, une extension, semblable à plusieurs du quartier, limitait l’entrée de lumière et refermait la résidence sur elle-même. Ces agrandissements accueillent généralement des pièces sombres et cloisonnées, servant de bureau ou de salle d’eau surmontée d’un petit solarium. Maintenant, une version esthétiquement plus aboutie aux espaces mieux répartis remplace l’ajout préexistant. Le choix des matériaux contrastants, tels que la brique, le verre et le crépi, s’inscrit dans les méthodes de construction usuelles du voisinage. En ce sens, la brique de l’ancienne extension recouvre maintenant un nouveau volume de rangement extérieur sur lequel se dépose la terrasse. Cette réinterprétation contemporaine d’une typologie caractéristique du quartier présente l’avantage d’être ouverte, permettant à la lumière naturelle d'entrer à profusion sur les trois étages. De plus, l’intérieur et le jardin interagissent pour la première fois, en symbiose, proposant une efficience fonctionnelle et un confort accrus pour la famille. À l’étage, logée dans l’agrandissement, la suite des maîtres profite d’une large fenêtre donnant sur le jardin et la nature de la ruelle adjacente. La salle de bain partiellement ouverte laisse circuler la lumière, tout comme un généreux puits surplombant la douche. Dans son ensemble, l’espace est à la fois contemporain et intemporel ; ce sont de petites choses qui révèlent les origines de la maison, par exemple le bain sur pattes et les détails à l’ancienne du nouveau mobilier. Au rez-de-chaussée, la tuile blanche laisse place à une tuile de marbre qui s’accorde aux riches boiseries de l’étage. D’un côté, un plancher de bois franc s’étend du salon à la salle à manger – deux pièces peu touchées par les rénovations et toujours décorées de leurs nombreuses boiseries. La salle à manger est assurément la pièce la plus décorée de la maison avec ses murs lambrissés qui se courbent pour rejoindre les moulures du plafond. En contraste avec cet espace presque intact, une immense ouverture finement découpée dans le mur extérieur offre une vue en plongée sur la cour. Son intégration subtile et dénudée marque de façon tranchante la nature contemporaine de l’intervention dans un contexte d’une autre époque.

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« Par sa nature, le projet exigeait une approche consciencieuse de l'histoire de la résidence et du contexte dans lequel elle s'inscrit. »

Ingénierie | Geniex.ca Robinetterie | ZucchettiKos.it + CabanoBath.com Comptoirs | Corian.com Luminaires | Aim + IC, Flos.com Armoires laquées sur mesure | LaSHEDarchitecture.com Électroménagers | Miele.ca Chaises | Normann-Copenhagen.com Sectionnel | Domino, Romanosofa.com Ottoman | Ligne-Roset.com Table à café | DLM, Hay.com Tabourets | C401, Kastella.ca Lit sur mesure | LaSHEDarchitecture.com Mobilier extérieur | Cane-Line.com

L’autre moitié du rez-de-chaussée se distingue par son caractère contemporain, délimité par un plancher en tuiles de marbre hexagonales. Un autre puits de lumière surplombe le couloir de l’entrée double hauteur, et va jusqu’au-dessus du palier d’escalier ajouré, offrant un pan de ciel visible dès l’entrée. Les paliers en lattis à clairevoie permettent à la lumière abondante de descendre jusqu’au sous-sol. Reprenant la matérialité du chêne, ces derniers s’harmonisent avec les éléments d’origine, dont l’escalier qu’ils desservent. Afin de décloisonner la maison et de laisser champ libre à l’éclairage naturel, le mur de l’escalier côté cuisine a été remplacé par une paroi de verre. Pour ce faire, l’escalier a dû être démonté et réassemblé afin d’y intégrer une structure autoportante. Délimitée d’un côté par le mur en verre de l’escalier, la cuisine immaculée s’étire vers l’extérieur pour se terminer sur un coin entièrement vitré. L’escalier derrière sa vitrine et le déplacement du vaisselier intégré de la salle à manger témoignent de l’histoire de la maison à la manière d’objets de collection.

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+ Revêtement extérieur de brique existante récupérée, de crépi d’acrylique et cèdre de l’est + Portes et fenêtres en aluminium + Planchers de chêne rouge et de mosaïque de marbre + Foyer d’origine + Céramique de pâte de verre + Béton poli + Escalier en chêne rouge + Terrasse en pavés de brique

Un large espace commun et un bureau, organisés autour d’une cour anglaise, se trouvent maintenant au sous-sol, auparavant peu utilisé. Les espaces, divisés par des parois complètement vitrées, sont baignés d’un maximum de lumière. Des rideaux pleine hauteur permettent un ajustement sur mesure de la luminosité et du besoin d’intimité des occupants. À l’extérieur, la réflexion d’un charmant bassin d’eau illumine elle aussi l’intérieur. De la cour anglaise, on peut retourner vers la terrasse par un escalier de béton, composé de marches individuelles et entrecoupé d’un palier en lattis, semblables à ceux de l’escalier intérieur, harmonisant par le fait même la circulation de haut en bas, de l’intérieur à l’extérieur.


RÉFLEX PAYSAGE

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Dossier

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PROJET FRAGMENTS À Saint-Gédéon, sur une pointe de sable aux abords du lac Saint-Jean, les propriétaires d’une impressionnante résidence architecturale ont fait appel à Réflex Paysage dans le but de concevoir et de construire un aménagement extérieur et paysager inspiré de la surprenante beauté des épaves de glace flottant au large en hiver. Face aux différents facteurs de complexité du projet et du site, l’équipe de Réflex Paysage s’est attardée à chaque détail pour que le résultat respecte les désirs ambitieux des propriétaires, afin qu’il soit spectaculaire et réalisable.

Texte | Dave Richard Photos | Dave Jean

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« Je crois que le fait que nous concevons et construisons nos projets nous rend plus conscients des enjeux techniques de chaque site, dès le départ. » — Dave Jean designer et chargé de projets

Localisation | Saint-Gédéon de Grandmont, Qc Type de projet | Construction et aménagement neufs Réalisation | 2016 Conception | 12 mois Travaux | 3 mois Superficie | 10 000 pi2 / 929 m2 Budget approximatif | $$$


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La proximité du fournisseur permettait à Réflex de passer des commandes au fur et à mesure qu’avançait le chantier, ce qui, dans ce cas précis, était capital puisque le dénivelé du terrain et la construction de l’escalier principal en paliers nécessitaient une prise de mesures par étape. C’est d’ailleurs cet escalier qui incarne probablement le mieux l’inspiration de départ du projet : les fragments de glace sur le lac en hiver, derrière la maison, formes blanches brisées sur l’eau presque noire ; ces masses constituant autrefois une seule formation, maintenant dispersées, mais qui, à vol de drone, suggèrent encore leur agencement passé et font inévitablement penser à la pierre, avec leur allure d’élégant terrazzo. L’escalier a donc été divisé en paliers, construits les uns après les autres, chacun conçu sur mesure par rapport au précédent, en calculant au gré de la conception la hauteur idéale de chaque contremarche, en dessinant la forme appropriée de chacune des pièces de granit et en prévoyant l’emplacement le plus logique où prolonger agréablement la descente. « Nous commandions une partie de la structure de métal, puis commandions les pierres et croisions les doigts pour que tout soit parfait à l’installation. Puis nous recommencions au palier suivant. Cet escalier a nécessité une attention constante. »

« Nos concepts tiennent initialement compte des bons choix de matériaux, des meilleurs emplacements des structures, des contraintes à contourner – fosse septique, tuyaux à cacher, machinerie à camoufler… Ça nous fait gagner un temps précieux et c’est rassurant pour nos clients. » Les clients souhaitaient un aménagement déconstruit, organique, parfaitement intégré au paysage environnant. Ils désiraient imiter la nature, sans la reproduire, donner à l’aménagement une impression de construction aléatoire, alors qu’en réalité, certaines pièces relèvent du travail de moine, par exemple la construction sans mortier des murets de pierre naturelle, à l’avant de la demeure. Normalement, le mortier permet de faciliter l’empilement des pierres en fournissant à l’artisan une marge de manœuvre – ce qui n’était pas le cas, ici. Finalement, les clients voulaient un aménagement qui soit malgré tout organisé et linéaire, complémentant les lignes pures de la maison, mais évitant les courbes et les angles à 90 degrés. Il était important, autant pour les clients que pour Réflex Paysage, de choisir des matériaux en lien avec l’architecture de la résidence, mais aussi naturels, afin de réduire au minimum l’empreinte écologique du projet : granit noir, pierre de rivière, acier Corten, aluminium peint noir, verre… Les matériaux de pierre provenant de la carrière Granicor, située à seulement cinq kilomètres du chantier, étaient on ne peut plus locaux.

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« Il fallait trouver un moyen de faire « flotter » du granit. Sur les premières esquisses, j’avais dessiné de grandes marches de granit noir, qui semblaient flotter, ce qui rendait l’escalier léger, malgré les masses de pierre lourdes. Je voulais concrétiser cet effet-là »

Celui-ci devait naturellement respecter les normes, mais il fallait trouver un moyen d’utilisr le moins de garde-corps possible et de camoufler au maximum ceux qui s’avéraient nécessaires. On a donc décidé d’installer des garde-corps en verre, qui se fondent impeccablement à l’aménagement, complété par les murets de pierre de rivière. De larges bacs en acier Corten portant des arbustes touffus ont aussi été intégrés, ainsi qu’un éclairage d’appoint constitué de petits lampadaires métalliques. À l’arrière de la résidence, des bacs d’aluminium peint noir servent de jardin et rappellent la structure de l’escalier avant. Un second garde-corps de verre et d’aluminium sécurise ici aussi la pente, et un chemin dallé permet une circulation agréable. Finalement, il fallait verdir tout ce métal et cette maçonnerie. Les clients souhaitaient s’en tenir à du feuillage et de la verdure, et mettre de côté les fleurs. Surmontant les murets, ce sont des plantes grimpantes qui ont été plantées, avec l’idée de les faire « dégrimper », dans le but d’inverser leur tendance naturelle et en les forçant à épouser la pierre. Réflex a aussi décidé de faufiler ici et là des espèces coups de cœur, par exemple l’érable de l’Amur, une variété à troncs multiples. « Le projet n’est pas encore complété, conclut Dave Jean. Tout l’aménagement du pan face au lac reste à terminer. » Parions tout de même que les (chanceux) propriétaires de cette maison passeront un bel été, confinés ou pas, sur ce terrain de rêve.

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Escalier [Granit noir Peribonka] | Granicor.co Pavés | Umbriano, Rocavale.com Lampadaires en cuivre | LuboLighting.com + Garde-corps en verre, poudre de granit en surface + Terrasse en cèdre rouge de l'ouest + Bacs en acier Corten et en aluminium peint noir + Murets de pierres naturelles de schiste + Érable de l'Amur à troncs multiples + Vigne vierge + Fougères + Spirée Grefsheim + Dièreville chèvrefeuille

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ARCHITECTES + DESIGNERS

ALAIN CARLE ARCHITECTE ALEXANDRE BERNIER ARCHITECTE ATELIER PIERRE THIBAULT BIPÈDE BISSON ASSOCIÉS DESK ARCHITECTES DUPONT BLOUIN ARCHITECTES LA FIRME GUILLAUME PELLETIER ARCHITECTE MAURICE MARTEL ARCHITECTE NATHALIE THIBODEAU ARCHITECTE PACKSAC STUDIO RÉFLEX PAYSAGE LA SHED

« Mon projet préféré? C’est le prochain. » | Frank Lloyd Wright, architecte


Architectes + Designers

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Alain Carle Architecte 3643, boul. Saint-Laurent, bur. 400 Montréal (QC) H2X 2V5 T. 514 989-1739, ext. 105 info@alaincarle.ca | alaincarle.ca

Alain Carle Architecte

| Enseignant et chercheur au programme de Maîtrise à l’École d’Architecture de l’Université de Montréal, Alain Carle oeuvre dans le milieu de l’architecture depuis une vingtaine d’années. S’appuyant à la fois sur sa démarche pédagogique et sur une démarche critique de la représentation dans le processus de conception, il élabore au sein de sa firme des projets de d’architecture à différentes échelles, pour des organismes publics et privés, au Québec et à l’international. Assisté d’une équipe stable, créative et audacieuse plaçant l’écoute et l’ouverture au cœur de la relation architecte-client, Alain Carle conçoit des projets sur mesure qui font régulièrement l’objet de publications variées (ArchDaily, Azure, Dwell, Dezeen, Le Devoir) et de marques de reconnaissance dans le milieu. Il participe également à titre de consultant aux études du Service du développement de la Ville de Montréal en lien avec divers projets d’aménagement urbain. Création | 2000 — Employés | 12 Dirigeant | Alain Carle, Architecte Spécialités | Aménagement intérieur + Développements résidentiels + Mobilier sur mesure + Projets résidentiels, commerciaux Secteurs d’activité | Architecture + Architecture de paysage + Design d’intérieur + Urbanisme Projets marquants | Restaurant Le Monarque, Montréal, Québec – Collaboration avec Aesop, succursales de Westmount, Seattle, Houston et Petite-Bourgogne | Résidence MG2, Wentworth-Nord, Québec Prix et mentions | True North - Grands Prix du Design 2018, catégorie Espace résidentiel de plus de 3200 pi2 | Aesop Petite-Bourgogne - Médaille de bronze du concours international Shenzhen Design Award 2019 | Résidence Les Marais Prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec en 2013, catégorie Bâtiment résidentiel de type unifamilial

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Alexandre Bernier Architecte 4755, rue Pontiac, Montréal (Québec) H2J 2T4 T. 514 980-5557 contact@ab-architecte.ca ab-architecte.ca

Alexandre Bernier Architecte | Après des études en design de l’environnement et en architecture, Alexandre Bernier fonde, en 2015, son atelier de design architectural et de mobilier basé à Montréal. Sa pratique transdisciplinaire intègre le design à différentes échelles, allant de l’objet au paysage, dans le but de créer des environnements adaptés et sur mesure, toujours contemporains, épurés et sophistiqués. Plaçant la matière et l’expérience spatiale au cœur de sa recherche, il travaille en collaboration constante avec d’autres architectes et acteurs du milieu du design, et favorise l’intégration du savoir-faire actuel des artisans locaux. Création | 2015 — Employés | Pigistes et collaborateurs variés Dirigeant | Alexandre Bernier, Architecte Spécialités | Projets résidentiels + Aménagement intérieur + Mobilier sur mesure Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur + Design de produit ou industriel Projets marquants | Cathouse, Montréal, Québec | Maison des champs, Inverness, Québec | Zone de rencontre Simon-Valois, finaliste au concours de présentation publique, Montréal, Québec

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Atelier Pierre Thibault 373, rue Saint-Jean Québec (Québec) G1R 1N8 418 694-1377 atelier@pthibault.com pthibault.com

Atelier Pierre Thibault

| Fondé en 1988 par Pierre Thibault, l’Atelier est le résultat d’une réflexion sur l’impact des es-paces construits, sur leur beauté, sur la qualité de vie des gens. Inspiré, influencé et enrichi par le pouvoir exceptionnel de transformation des saisons québécoises, le processus de conception de la firme vise au développement d’une architecture en dialogue direct avec le paysage, qu’il soit naturel ou urbain. En plaçant en interaction constante l’humain et le lieu à vivre, l’Atelier crée des projets uniques s’inscrivant délicatement dans leur environnement, tant du point de vue spatial et matériel que constructif et fonctionnel. La qualité du travail et des réalisations de Pierre Thibault et de son équipe résulte d’une recherche soutenue et d’une grande maturité architecturale et a maintes fois été primée au Québec, au Canada et à l’international. Création | 1988 — Employés | 12 Dirigeant | Pierre Thibault, Architecte Spécialités | Projets résidentiels, commerciaux, industriels et institutionnels Secteurs d’activité | Architecture + Architecture de paysage + Design d’intérieur, urbain et événementiel Projets marquants | Belvédère de Val-Jalbert, Val-Jalbert, Québec | L’Abbaye Val Notre-Dame, Saint-Jean-deMatha, Québec | Collège Sainte-Anne, Dorval, Québec Prix et mentions | Belvédère de Val-Jalbert ­— Prix d’excellence de l’Ordre des Architectes du Québec 2015, catégorie Bâtiments industriels | Caisse Desjardins de Louiseville — Merit + Prix d’excellence Cecobois des Wood Design Award 2014 | Résidence La Grande Percée — Prix d’Excellence de l’Ordre des Architectes du Québec 2019, catégorie Bâtiments résidentiels de type unifamilial en milieu naturel

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Architectes + Designers

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Bipède

| En 2008, Élaine Fortin et Virginie Lamothe fondent Bipède, un studio de design multidisciplinaire œuvrant en aménagement résidentiel et commercial ainsi qu’en création de meubles et d’objets. Né du désir de concevoir des espaces de vie et de travail confortables, décontractés, conviviaux et durables, conjuguant forme et fonction, Bipède place l’usager au cœur de son processus créatif et propose des solutions de design flexibles et adaptables multipliant les scénarios d’usage. Remodelages et aménagements résidentiels, conception de bureaux et de commerces, création de meubles et d’objets, participation à la fondation de Coop Établi… Usant d’une expertise riche dans différentes sphères du design, Bipède varie les projets, qui se nourrissent les uns les autres, interagissent, tout en mettant en valeur la qualité des matériaux et les créateurs d’ici. Création | 2008 — Employés | 4 Dirigeantes | Élaine Fortin, Designer associée / Virginie Lamothe, Designer associée Spécialités | Projets résidentiels et commerciaux + Mobilier sur mesure Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur + Design de produit ou industriel

Bipède 160, rue Saint-Viateur Est, suite 804 Montréal (Québec) H2T 1A8 T. 514 273-0500 info@bipede.ca | bipede.ca

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Bisson Associés 465, avenue Marconi Québec (Québec) G1N 4A6 T. 418 688-0700 ba@bissonassocies.com bissonassocies.com

Projets marquants | Résidence Cité-Jardin, Montréal, Québec | Atelier Anfibio & Co, Montréal, Québec | Chaise Punt, conçue pour le Fogo Island Inn, Terre-Neuve et Labrador Prix et mentions | Résidence A – Grands Prix du Design 2020, catégorie Mention Valorisation du bois en aménagement Pavillon A – Grands Prix du Design 2020, catégorie Mention Salle de bain | Café District, tour Deloitte – Ex æquo, Grands Prix du Design 2019, catégorie Café et comptoir alimentaire

Bisson Associés

| Regroupant une foule de talents créatifs provenant d’horizons multiples et œuvrant au développement et au rayonnement de l’architecture d’ici, la firme Bisson Associés est née en 1997 de l’association de Claude et Jonathan Bisson. Son approche repose sur une pensée architecturale qui conjugue art et science, rigueur et délicatesse; une démarche minutieuse, respectueuse et cohérente avec l’environnement, l’histoire et la fonction du site. Imaginant des lieux porteurs de sens pour les citoyens, Bisson Associés propose à ses clients et collaborateurs une expertise touchant à toutes les sphères du bâti. L’implication professionnelle de son équipe, son engagement, son approche humaniste et ses réalisations transdisciplinaires lui ont permis d’acquérir une notoriété à l’échelle provinciale et nationale. Création | 1997 — Employés | 17 Dirigeant | Jonathan Bisson, Architecte associé principal, Gestionnaire de projets, PA LEED Spécialités | Projets résidentiels, commerciaux, industriels, culturels et institutionnels Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur + Scénographie + Expertises techniques Projets marquants | Pavillon d’interprétation du Mémorial national du Canada, Vimy, France | Musée du Monastère des Augustines, Québec, Québec | Bibliothèque Laure-Conan et hôtel de ville de La Malbaie, La Malbaie, Québec Prix et mentions | Le Grand Marché de Québec – Grands Prix du Design 2020, catégories Espaces commerciaux de plus de 5400 pi2 et Valorisation du bois dans un aménagement | Résidence L’Envol – Canadian Property Awards 2018, catégorie Meilleur développement résidentiel | Résidence du Domaine Forget – Prix d’excellence Cecobois 2017, catégorie Bâtiment multirésidentiel

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DESK Architectes

| En 2018, à la suite d’une collaboration fructueuse à plus d’une trentaine de projets de nature variée échelonnés sur près d’une décennie, Étienne Duclos et Kévin Sylvain s’associent pour fonder DESK Architectes, un bureau d’architecture contemporaine basé à Montréal opérant dans plusieurs régions du Québec. Né du désir des deux architectes de participer à la réalisa-tion d’une architecture signifiante, inspirée par les clients et réalisée au bénéfice des futurs occupants, DESK fournit des services professionnels en architecture et en design, que ce soit pour des projets résidentiels (rénovations, agrandissements ou constructions neuves) ou des projets commerciaux, industriels ou institutionnels. Création | 2018 — Employés | 3 Dirigeants | Étienne Duclos, Architecte associé principal / Kévin Sylvain, Architecte associé principal, Designer urbain Spécialités | Projets résidentiels, multirésidentiels, commerciaux et de mobilier sur mesure Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur

DESK Architectes 5141, 3e Avenue Montréal (Québec) H1Y 2W4 T. 514 543-3375 info@deskarchitectes.com deskarchitectes.com

Projets marquants | 18-041_Agrandissement D+M, Saint-Bruno-de-Montarville, Québec | 18-042_Résidence B+L, Morin-Heights, Québec | 19-055_Rénovation C+G, Longueuil, Québec

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Architectes + Designers

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Dupont Blouin architectes 1035, rue Loranger Montréal (Québec) H2P 1S5 T. 514 220-8755 info@dupontblouin.ca dupontblouin.ca

Dupont Blouin architectes

| Basée à Montréal, la firme Dupont Blouin architectes tente de développer de nouveaux moyens singuliers de conjuguer des espaces uniques et non conventionnels aux gestes et aux activités du quotidien. Les architectes Marie-Josée Dupont et Olivier Blouin se rencontrent lors de leur passage à l’École de design de l’UQAM, puis cheminent côte à côte à la Faculté de l’aménagement de l’UdeM. En 2017, le duo s’associe et cherche à créer des lieux d’exception sur mesure, intemporels et, plus largement, une architecture à échelle humaine, rassembleuse, adaptée aux réalités actuelles, mais à la matérialité pérenne. Création | 2017 — Employés | 2 Dirigeants | Marie-Josée Dupont, Architecte associée principale / Olivier Blouin, Architecte associé principal, Photographe Spécialités | Projets résidentiels et commerciaux + Aménagement intérieur + Mobilier sur mesure Secteurs d’activité | Architecture + Art public + Design d’intérieur + Design de produit ou industriel Projets marquants | Résidence Ryan, Dollard-des-Ormeaux, Québec | Résidence Patricia, Greenfield Park, Québec | Bureaux du siège social de Rubino, Saint-Léonard, Québec Prix et mentions | Résidence du Lac-Ouimet — Grands Prix du Design 2019, catégorie Cuisine

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La Firme 7080, rue Alexandra, bureau 200 Montréal (Québec) H2S 3J5 514 663-3163 info@lafirme.ca | lafirme.ca

La Firme | Formée d’une équipe multidisciplinaire jeune et créative, incluant designers, graphistes et entrepreneurs, La Firme réalise des projets d’architecture résidentiels et corporatifs, crée du mobilier et des objets sur mesure et développe des images de marque originales. Elle offre un service clé en main, prenant en charge l’ensemble des étapes d’un projet, à petite comme à grande échelle, avec rigueur, curiosité et raffinement, tant sur le plan technique qu’esthétique. Son équipe possède une solide expertise dans la gestion de chantiers, connaît à fond les matériaux et les défis de chacun des corps de métier et sait faire preuve d’une écoute attentive des besoins de sa clientèle, en termes d’espace, de fonctionnalité, d’image et de budget. Depuis 2009, La Firme a remporté de nombreux prix et distinctions au Québec et au Canada. Création | 2009 — Employés | 4 Dirigeant | Louis Béliveau, Designer principal et associé Spécialités | Projets résidentiels, commerciaux, institutionnels + Objets sur mesure Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur, graphique, industriel et de produits Projets marquants | Mimi La Nuit, Montréal, Québec | La Grange, Potton, Québec | 38 McGill, Montréal, Québec Prix et mentions | Mimi La Nuit ­— Prix du jury au Commerce Design Montréal 2015, catégorie Bars + Prix du jury aux Grands Prix du Design 2015, catégories Bars et lounges et Éclairage | 38 McGill — Finaliste au DeZeen Awards 2019, catégorie Intérieurs – Intérieur d’appartement + Finaliste au Concours international de cuisine Sub-Zero/Wolf/Cove 2019, catégorie Cuisine moderne + Grand Prix du jury au Concours international de Design APDC*IDA 2018, catégorie Design d’intérieurs + Prix du jury aux Prix du design Fantini — Amérique du Nord 2018, catégorie Résidentiel

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Guillaume Pelletier Architecte (GPA) 8989, rue Lajeunesse, suite 102 Montréal (Québec) H2M 1S1 514 943-9264 guillaume@gp-architecte.com gp-architecte.com

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Guillaume Pelletier Architecte

| Après avoir travaillé sept ans comme concepteur architectural au sein de firmes japonaises de renommée internationale (Kengo Kuma & Associates et Yokomizo Makoto Architects), puis six ans en tant que chargé de projets à l’Atelier Pierre Thibault, Guillaume Pelletier a fondé en 2013 sa propre firme basée à Montréal. Son équipe se spécialise dans la conception, l’exécution et la gestion de projets de construction et de rénovation résidentielles et institutionnelles. Mariant son expérience acquise au Japon au contexte architectural québécois, Guillaume Pelletier place la « modestie » au cœur de son approche créative. La contemplation, la simplicité en plans, les choix de matériaux naturels et l’étude de la lumière sont pour lui des concepts fondateurs et générateurs d’une architecture vivante, humaine et respectueuse de son environnement. Guillaume Pelletier est aussi chargé de cours aux facultés d’Architecture et de Design industriel de l’UdeM ainsi qu’à l’Université Concordia. Création | 2013 — Employés | 4 Dirigeant | Guillaume Pelletier, Architecte Spécialités | Projets résidentiels et institutionnels Secteurs d’activité | Architecture + Gestion de projets Projets marquants | Résidence La Cascade, Les Laurentides, Québec | Résidence Shirley & Clyde, Greenfield Park, Québec | Résidence Buttes-aux-Pruches, Mont-Tremblant, Québec Prix et mentions | Kojima House — Premier prix au Yokohama Residential Competition 2004, catégorie Architecture


Architectes + Designers

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Maurice Martel architecte 3700, rue Saint-Patrick, suite 236 Montréal (Québec) H4E 1A2 T. 514 224-0326 m@mauricemartel.com mauricemartel.com

Maurice Martel architecte

| Fondée en 2016, la firme Maurice Martel architecte crée des bâtiments et des espaces singuliers qui repoussent les limites de la conception dans le but d’éveiller l’imaginaire tout en améliorant la qualité de vie des usagers. Après une écoute attentionnée des besoins du client, son équipe repense de façon créative le design, la matérialité, la structure et la construction afin d’y répondre par des solutions personnalisées respectant les tendances architecturales, les réalités contemporaines et le contexte urbain. La firme a aussi pour vocation de stimuler les milieux de l’architecture et du design d’ici à travers des travaux de recherches critiques, des expositions et des écrits. Création | 2016 — Employés | 5 Dirigeant | Maurice Martel, Architecte Spécialités | Projets résidentiels, multirésidentiels, commerciaux et recyclage de bâtiments existants Secteurs d’activité | Architecture Projets marquants | Résidence M, Blainville, Québec | Habitation Waverly, Montréal, Québec | Siège social de Lareau assurances, Napierville, Québec Prix et mentions | Siège social de Lareau assurances — Grands Prix du Design 2018, catégorie Meilleur projet de bureau Pavillon A — Grands Prix du Design 2020, catégorie Meilleur projet de salle de bain | Projet Perles et Paddock — Sélection au Restaurant & Bar Design Awards 2018

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Nathalie Thibodeau Architecte 3645, boulevard Saint-Laurent, bureau 400 Montréal (Québec) H2X 2V5 T . 514 373-7200 info@ntarchitecte.ca ntarchitecte.ca

Nathalie Thibodeau Architecte

| Quelques années après avoir terminé des études d’architecture à Montréal, incluant un passage à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse, Nathalie Thibodeau fonde en 2006 Nathalie Thibodeau Architecte (NTA), une firme se spécialisant dans la conception de projets résidentiels, commerciaux ou d’aménagements urbains, allant de la construction neuve en milieu naturel à la transformation de plex montréalais. Favorisant une approche sensible de chaque projet, son équipe propose des solutions spatiales raffinées tenant compte, avant tout, des motivations sous-jacentes à l’occupation d’un lieu, afin de répondre le mieux possible au contexte et aux besoins de chacun. Collaborant aussi avec plusieurs municipalités, Nathalie Thibodeau documente pour elles certains secteurs ciblés afin de les développer ou de requalifier l’espace urbain. Création | 2006 — Employés | 3 Dirigeante | Nathalie Thibodeau, Architecte Spécialités | Projets résidentiels et commerciaux + Aménagement intérieur Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur + Design urbain Projets marquants | Résidence Coloniale, Montréal, Québec | Résidence Saint-Ignace, Saint-Ignace-de-Loyola, Québec La loge, une maison ivre, Montréal, Québec

Prix et mentions | La Mie Goudène ­— Grands Prix du Design 2017, catégorie Petit budget | Résidence Saint-Ignace — Présélection aux Prix d’excellence en architecture 2020

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Packsac Studio

| Packsac Studio est né en 2015 de la complicité professionnelle de Julien Charest et de Marie-Claude Lafrance. L’alliance d’une personne issue du milieu artistique et d’une autre du domaine de l’administration et de la gestion partageant les mêmes ambitions, des valeurs similaires et une passion commune pour les projets à la fois ludiques et rigoureux leur a permis dès le départ d’exercer un contrôle total de leur processus créatif. Offrant des services dans trois champs d’expertise complémentaires, soient le design, l’architecture et le numérique, Packsac Studio a l’avantage de pouvoir assurer une cohérence dans la stratégie de marque et d’image de sa clientèle, tout en lui proposant des solutions efficaces et différentes à ses besoins. Création | 2013 — Employés | Pigistes et collaborateurs variés Dirigeants | Julien Charest, Designer et cofondateur / Marie-Claude Lafrance, Chargée de projet et cofondatrice Spécialités | Aménagement intérieur + Espaces publics + Projets commerciaux Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur, urbain, graphique

Packsac Studio 6245, 1re Avenue Montréal (Québec) H1Y 3A9 T. 418 554-9391 info@packsac.ca | packsac.ca

Projets marquants | La Marinade, Québec, Québec | Pentagone, projet stratégique d’aménagement pour la rénovation et l’ouverture de nouvelles boutiques | Productions 4 éléments, refonte de l’identité visuelle

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Architectes + Designers

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Réflex Paysage

| Fondée par René Jean et Louise Beauregard, Réflex Paysage offre depuis 1989 un service de conception et de réalisation d’aménagements paysagers ainsi que d’entretien horticole, que ce soit dans le cadre de projets ruraux d’envergure ou de projets urbains à plus petite échelle. Repoussant les limites de la créativité tout en respectant le contexte environnant et l’architecture des bâtiments adjacents, l’entreprise, à laquelle se sont joints Dave et Frédéric, fils des fondateurs, privilégie une approche clé en main et une expérience client unique, et crée des espaces extérieurs innovateurs de grande qualité. Au fil des ans, les concepts distinctifs et les constructions soignées de son équipe pluridisciplinaire ont permis à Réflex Paysage de se spécialiser dans les projets comportant un niveau de complexité élevé et de remporter de nombreuses distinctions, tant au Québec qu’à l’étranger. Création | 1989 — Employés | 25 Dirigeants | René Jean, Président directeur général / Louise Beauregard, Horticultrice, directrice / Dave Jean, Designer, directeur des opérations / Frédéric Jean, Directeur des ventes et estimations Spécialités | Projets résidentiels et urbains + Terrasses et jardins Secteurs d’activité | Architecture de paysage + Design urbain + Gestion de projets + Construction

Réflex Paysage 2568, rang Saint-Paul Saguenay (Québec) G7K 1G1 T. 418 545-8014 amenagement@reflex.qc.ca reflexpaysage.com

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La SHED Architecture 77, rue Duluth Est Montréal (Québec) H2W 1G9 T. 514 277-6897 info@lashedarchitecture.com lashedarchitecture.com

Projets marquants | Fragments de glace, Saint-Gédéon, Québec | Rectiligne, Saint-Lambert, Québec 45 degrés, Montréal, Québec Prix et mentions | Grand Prix du Garden Illustrated Magazine 2012, Londres, Royaume-Uni | Station service — 1er prix de l’APPQ 2018, catégorie Idée novatrice | Le vent, la mer et les sept îles — 1er prix de l’APPQ 2018, catégorie Métamorphose réussie

La SHED Architecture

| Fondée en 2009 par trois jeunes architectes passionnés d’architecture, de design et de la ville de Montréal, Sébastien Parent, Yannick Laurin et Renée Mailhot, la SHED s’est vue couronnée d’un succès d’estime dès le dévoilement de ses premiers projets. Installée dans un ancien dépanneur rénové ayant pignon sur rue, la firme promeut une architecture accessible, démocratique, fonctionnelle et résolument contemporaine, au style sobre intemporel qui privilégie les matières naturelles, locales et authentiques. Son équipe conçoit chaque projet en complicité avec le client, afin d’inventer ou de réinventer son cadre de vie. En posant un regard nouveau sur la conception d’espaces résidentiels et commerciaux, la SHED souhaite transformer concrètement et durablement la vie à la maison et le vivre ensemble des Québécois. Création | 2009 — Employés | 13 Dirigeants | Renée Mailhot, Architecte, fondatrice / Sébastien Parent, Architecte, fondateur / Yannick Laurin, Architecte, fondateur Spécialités | Projets résidentiels, commerciaux + Aménagement intérieur + Terrasses et jardins Secteurs d’activité | Architecture + Design d’intérieur Projets marquants | Maison J.-J. Joubert, Laval, Québec | Maison Wilson, Montréal, Québec | Le Livart, Montréal, Québec Prix et mentions | Maison Wilson ­— Prix d’excellence en architecture de l’Ordre des architectes du Québec 2017, catégorie Bâtiment résidentiel de type unifamilial | Prix Ronald-J.-Thom de design architectural du Conseil des arts du Canada pour candidat en début de carrière, 2018 | Prix du cabinet d’architecture de la relève de l’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC), 2016

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Notre nouveau Marché propose plusieurs avantages: des espaces esthétiques, simplifiés et économiques. Suffit de nous fournir une photo, un logo, un court texte descriptif (facultatif) et l'adresse de votre site web. Nous nous occupons du reste!

Contactez-nous par téléphone, courriel ou en messagerie privée sur nos réseaux sociaux. Il nous fera plaisir de répondre à vos questions! Une proposition publicitaire peut vous être envoyée en quelques heures. info@magazineligne.ca 514-268-7120

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NANY Montréal offre des sacs réutilisables uniques, chics et écologiques, faits de lin à 100%, à la main et au Québec par des entreprises d’insertion sociale. Une bande transparente de vinyle recyclé insérée sur le devant des sacs permet de voir leur contenu. La dernière collection urbaine propose des sacs en tyvek, ultra-légers durables et recyclables. Un achat éco-responsable qui encourage les gens d’ici!

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Idéal tant pour la cuisine que pour la salle de bain, notre savon à mains à base d'huiles essentielles de romarin et d'huile d'olive est un must pour la maison. Lorsqu'il est utilisé en fragrance, le romarin offre des bienfaits thérapeutiques et médicinaux, en plus d'être un antibactérien naturel. Entièrement conçu et fabriqué à Montréal.

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Des basics faits au Québec.

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Boutique-univers pour les petits et les grands, où les maîtres-mots sont émerveillement et découverte, Comme des enfants est un lieu rassembleur et unique. La boutique offre non seulement ateliers et événements, mais mille et un coups de coeur jouets, vêtements, livres et objets déco, durables et beaux, pour les 0 à 10 ans.

Bouche bée est fièrement installée dans le quartier Hochelaga depuis 2018. Une sélection d’artisanat local et d’importation y est proposée, faisant de cette joyeuse adresse un incontournable pour des cadeaux, papeterie, produits de maison. L’enseigne a développé une gamme de produits éponyme, dont notamment leurs bougies de cire de soja bio.

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Bref est une galerie, une boutique et un lieu d’évènement, en constante évolution, présentant à travers des thématiques éphémères le travail d’artistes et créateurs émergents d’ici et d’ailleurs. Son espace permanent est situé dans Mile End, à Montréal.

brefmtl.com

Des enfantillages, c’est une collection de jouets minimalistes et colorés, confectionnés avec une approche ludique, poétique et responsable, pour le bonheur des petits et des grands.

desenfantillages.com


Baltic Club est une marque de papeterie et de produits conçus pour la vie quotidienne. Nous créons des objets originaux et inspirants qui suscitent le bonheur et embellissent les espaces de vie. Notre mission est de provoquer des émotions positives et de stimuler l’émerveillement avec simplicité. Photo | Simons

HOTELMOTEL crée des sneakers et des accessoires unisexes de cuir. La marque explore la dualité entre luxe exclusif et humanité inclusive, quelque part où l'artisanat rencontre l'innovation, le minimalisme rencontre la perfection et le sérieux rencontre le jeu.

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YYY est un studio de design de céramique créant des objets décoratifs et sur mesure pour la maison. À la fois minimalistes et audacieuses, les pièces sont conçues et réalisées à la main à Montréal par l’artiste Mérida Anderson. Vases sculpturaux, tasses, cruches de fermentation... Les créations ludiques de YYY illuminent tous les espaces.

Tonic c’est avant tout deux filles passionnées qui se sont donné pour mission de t’aider à adopter de nouvelles habitudes de vie en te proposant des alternatives véganes, écoresponsables et zéro déchet, disponibles en ligne comme dans notre coquette boutique de Rosemont-Petite-Patrie. Viens nous visiter, on n’est pas sorteuses!

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Buk & Nola, c’est une charmante boutique de décoration, un service de design d’intérieur et un excellent prétexte pour se balader sur l’avenue Laurier à Montréal. C’est une occasion de découvrir de jolis objets déco, de la papeterie fine, des bijoux de créateurs locaux et de mignons accessoires pour enfant. Et c’est surtout le bonheur de dénicher le cadeau parfait et la petite touche finale à un décor.

Nous souhaitions créer la jardinière parfaite, celle que nous avions cherchée ardemment, sans succès, depuis longtemps; un objet qui s'harmoniserait avec les fleurs et les plantes qui vivraient en elle... La voilà! Avec ses couleurs vives, notre jardinière est à l'image de l'effervescence estivale et son style minimaliste porte sans aucun doute la signature Butine qui ne cesse de faire tourner les têtes!

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Garnotte est un studio de design montréalais spécialisé dans la conception et la fabrication d’accessoires en béton coloré. En plus de sa production locale et durable d’objets du quotidien, Garnotte offre également ses services de design, de prototypage et de moulage sur mesure.

Merci d’encourager les artisans locaux comme bigarade, beau temps, mauvais temps. Nous sommes fiers de participer à l’effort collectif pour atténuer la courbe. Nous travaillons sans relâche à fabriquer des masques, tout en maintenant notre production artisanale - ce qui nous tient à coeur. Grâce à vous, le savoir-faire québécois rayonnera comme l’été à nos portes.

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Bouquet est une marque d'articles de cuir fondée par Véronique Orban de Xivry à Montréal dans le Mile End. Les sacs bouquet sont tous conçus et fabriqués à Montréal en quantités limitées. La couleur et la prédominance de la forme et du style sur la fonction sont ce qui les caractérise. Une attention toute particulière est accordée aux détails et la finition. On peut aussi personnaliser des éléments de notre sac sur demande. Comme un bouquet de fleurs, le sac bouquet prend progressivement forme. Il peut être simple ou complexe, sobre ou coloré, mais il doit être à l'image de son destinataire. Enfin, le sac bouquet a l'avantage d'être beau, unique et de faire plaisir à son propriétaire. C'est sa raison d'être. Photo | Naomiet

bouquetmtl.com


Evive smoothie offre des smoothies santés qui se préparent rapidement pour obtenir un smoothie en 30 secondes! Faits de fruits, légumes, superaliments et protéines végétales, ils sont biologiques, végans et sans sucre ajouté. En forme de cubes congelés, notre innovation permet de préparer un smoothie complet, et ce, sans malaxeur. Les 13 saveurs sont disponibles en achat en ligne et en épiceries partout à travers le Canada.

PilKi offre des tisanes à base de thé du Labrador aux saveurs innovantes, faites à partir d’ingrédients sauvages cueillis à la main dans la forêt boréale et les prés du Québec. Un vrai délice pour les papilles!

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SÜK, c’est l’histoire d’une fille qui n’aimait pas le café, mais qui adorait le chocolat chaud! Au fil des expérimentations, elle a créé SÜK. Déclinés en 5 saveurs (noir, au lait, épicé, chai et moka), les chocolats chauds SÜK sont faits avec des ingrédients de toute première qualité : chocolat belge Barry Callebaut, cacao hollandais, sucre de canne biologique et épices biologiques.

Personne n'aime être rejeté, pas même les aliments. LOOP, c’est un projet d’économie circulaire issu d’un groupe de rêveurs qui se sont rassemblés pour une cause qui leur tient à cœur : mettre fin au gaspillage alimentaire. Le concept est simple : redonner de la valeur aux aliments rejetés en les transformant en produits extraordinaires.

sukchoco.com

loopmission.com


Le tout nouveau prêt-à-boire Spritz les Iles se traduit en un mélange harmonieux d’amertume et d’une douce acidité. Frais, pétillant et doté d’une légère touche vanillée et florale, c’est l’été à porter de main!

Du kombucha livré chez vous. Bienvenue dans le Club! Magasinez maintenant sur notre site web.

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Oatbox est une entreprise québécoise qui confectionne de façon artisanale des produits sains et délicieux pour le déjeuner faits à partir d’avoine biologique canadienne. Visitez note site web pour placer votre commande et profiter de meilleurs matins!

Näak est une entreprise québécoise qui fabrique des barres énergétiques à partir de poudre de grillon, une des sources de protéines les plus écoresponsables sur la planète. Les produits Näak sont entièrement naturels, contiennent 10 à 20g de protéines complètes, et sont fabriquées au Québec. Prenez une Barre Näak pour vos entraînements ou pour combler une faim.

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Plus de 50 Créateurs locaux - Mode, Art, Déco, Beauté Visitez-nous en ligne ou au 838 avenue du Mont-Royal Est Montréal, QC

Situé au coeur du Mile-End, Pastel Rita offre des petites assiettes composées de produits locaux, du café importé directement des agriculteurs et du vin nature provenant de petits vignerons fous de leur terroir. Lieu inspirant et coloré, Pastel Rita vous fera rêver et vous sentir comme chez vous. Photo: Félix Michaud

cafemrkt.com

pastelrita.com

Wolfgang Social Club est un salon de tatouage jumelé à un café Thirdwave où tous sont les bienvenus. L’environnement créatif, lumineux et intime est la clé de l’ambiance irréprochable du club. En attendant la réouverture, vous pouvez aussi vous approvisionner en café à partir du site web.

De délicieux cafés de spécialité torréfiés à Montréal

wolfgangsocialclub.com

sainthenri.ca

Depuis nos débuts en 2011, nous visitons à chaque année les fermes des meilleurs producteurs afin de trouver des micro-lots de café uniques et exceptionnels. Merci d’avoir la curiosité de les essayer !


hĂŠlicoptaire


Jungle MTL transforme les espaces intérieurs et extérieurs en véritables oasis urbaines grâce aux plantes. Du verdissement d'espaces de bureau et d'appartements à la réalisation de plantations extérieures, Jungle MTL offre des services personnalisés de conseil, de conception et d’installation dans la région de Montréal.

jungleMTL.com

Clé en main pour vos événements corporatifs: lancements, vernissages, réceptions, etc. Service personnalisé et créatif pour adapter vos événements au contexte actuel. info@veoproductions.com Photo | Lanty

veoproductions veoproductions.com

Reconnue des designers, des architectes et des clients pour son jugement artistique et la qualité d’exécution de ses encadrements, Martine Hénault fait preuve d’une expertise inégalée. Elle propose également sur place une sélection d’oeuvres originales que l’on peut acquérir, créées par des artistes montréalais.

martinehenault.ca

Vous rêvez d’un espace de vie ordonné et libre d’irritants? Vous ne savez pas par où commencer? Vous êtes parfois découragée? Vous en avez assez de perdre du temps à chercher vos affaires? Vous déménagez et vous vous dites que ce serait l’occasion de faire un grand tri? Je suis là pour vous!

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Formée de passionnés perfectionnant sans cesse leurs connaissances en conception de toitures et de gouttières métalliques sans joints, l’équipe de Vaillancourt a réalisé au fil des ans plusieurs projets d’envergure au Québec, au Canada et à l’international. Elle constitue une référence sur le plan de la production sur mesure en chantier et l’installation de revêtements métalliques de qualité.

Fabrication sur mesure de portes de douches, de portes de celliers et de cloisons murales au style européen. Les Portes Boréales, une équipe de passionnés de précision et design.

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Accompagnement et service de haut standard. info@lesportesboreales.com 418 473-5086

Construction N. Deslauriers inc. est une entreprise oeuvrant dans la gestion de projets de construction ou de rénovation résidentielle. Elle oeuvre dans la région de Montréal. L’entreprise offre un service personnalisé pour mener à bien vos projets de rénovation ou de construction. Nous évaluons de façon constante vos besoins, les spécifications et objectifs du projet afin d’utiliser la méthode la plus efficace pour atteindre ces buts. Nous nous engageons à vous offrir en toute honnêteté l'information sur les coûts et les échéanciers de façon détaillée pour vous permettre de prendre des décisions éclairées. Construction N. Deslauriers a reçu en 2011 le prix Domus, au concours organisé par l'APCHQ basé sur la qualité de construction, dans la catégorie Rénovation résidentielle de plus de 150 000$ et de moins de 350 000$.

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Annonceurs

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D

M, N

1111 Atwater | 1111atwater.com

Danielle Carignan | daniellecarignan.ca De Gaspé | degaspe.ca Des Enfantillages | desenfantillages.com Dinette | dinettemagazineboutique.com Du Chanvre | duchanvre.com

M-S Dion - Bar à lunettes | baralunettes.com Maguire | maguireboutique.com MDT Mobilier | mdtmobilier.com Menaud | menaud.ca Miljours | miljours.studio Näak | naakbar.com NanaWall | nanawall.com NANY Montréal | nanymontreal.com Napoleon | napoleon.com Nöge | nogehebergement.com

A Alvéole | alveole.buzz Appareil Atelier | appareilatelier.com Atelier Anaka | atelieranaka.com Atelier B | atelier.ca Atelier Gris | ateliergris.com Hotel Motel | atelierhotelmotel.com Atelier Mock/Up | ateliermockup.com Ateliers Jacob | ateliersjacob.com

B Baltic Club | thebalticclub.com Beside | beside.media Bigarade | bigarade.io Bosquet | bosquetmagazine.com Bouche Bée | bouche-bee.ca Bouquet | bouquetmtl.com Boutique Lovasi | boutiquelovasi.com Bref | brefmtl.com Brossard Cadillac | brossardcadillac.ca Buk & Nola | buknola.com Butine | butine.ca

C C’est Beau | cestbeau.co Café MRKT | cafemrkt.com California Closets | californiaclosets.ca Celadon | celadoncollection.com Ceratec | ceratec.com Club Kombucha | clubkombucha.ca Comme des enfants | commedesenfants.com Construction N. Deslauriers | constructionndeslauriers.com Coop Établi | etabli.ca Corsé | corsemag.com

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E, F Édition Boutique | editionboutique.com Élément de base | elementdebase.com Équipe Bardagi | bardagi.com Essai Mobilier | essai.work État de choc | etatdechoc.com Evive Smoothie | evivesmoothie.com Fabrique 1840 par Simons | simons.ca Figures de style | figuresdestylemag.com Formel | formel.ca Formes | formes.ca Frank And Oak | frankandoak.com

G Gabrielle Desmarais | gabrielledesmarais.com Galerie Martine Hénault | martinehenault.ca Galerie Robertson Arès | galerierobertsonares.com Garnotte | garnottestudio.com Groupe EMD - Batimo | emd-batimo.ca

H, I, J, K, L Hélicoptère | helicopteremtl.com Hh - À hauteur d’homme | hh.ca Hotel Motel | atelierhotelmotel.com Huppé | huppe.net INTER Luminaires | interluminaires.com Jamais Assez | jamaisassez.com Jungle Mtl | junglemtl.com Lambert & Fils | lambertetfils.com Ligne Roset | ligne-roset.com Loop | loopmission.com Luminaire Authentik | luminaireauthentik.com

O, P, Q, R Oatbox | oatbox.com Paperole | paperole.com Parva Fabrica | ramacierisoligo.com.boutique Pastel Rita | pastelrita.com Pilki | pilki.ca Portes Boréales | lesportesboreales.com

S, T Saint-Henri | sainthenri.ca Saul Rosales | saulrosales.com Shalwin | shalwin.ca Simone Records | simonerecords.net Sir John | brasseriesirjohn.com Strøm spa nordique | stromspa.com Sub-Zero | subzero-wolf.com Sük chocolat chaud | sukchoco.com SUUM | suum.ca Toiture Vaillancourt | toitmetal.com Tonic | tonicmtl.com

U,V, X, W, Y, Z VéO Productions | veoproductions.com Wolfgang Social Club | wolfgangsocialclub.com YYY mérida anderson ceramic | yyycollection.com


Adresses

A

G, H

O, P

Adrien Williams | adrienwilliams.com Adurra Portes et Fenêtres | adurra.com Agape | agapedesign.it Alain Lavergne | alainlavergne.ca Allstudio | allstudio.com Alumico | alumico.com Alumilex | alumilex.com Aquabrass | aquabrass.com Article | article.com Artisan de l’acier | artisanacier.ca Atelier B | atelierb.ca Atelier Mock/Up | ateliermockup.com

Galerie Bloom | galeriebloom.com Galerie Martine Hénault | martinehenault.ca Galerie Michel Bigue | galeriemichelbigue.com Galerie Ni Vu Ni Cornu | nivunicornu.com Galerie Robertson Arès | galerierobertsonares.com GENIEX | geniex.ca Grand Marché de Québec | legrandmarchedequebec.com Granicor | granicor.com Gravity Blanket | gravityblankets.com Hamster | hamsterco.com HAY | hay.com Hollis + Morris | hollisandmorris.com Hubbell | hubbell.com Hygge & West | hyggeandwest.com

Olivier Blouin | olivierblouin.com Panfab | panfab.com Patriarche | patriarche.fr Permacon | permacon.ca Petite Friture | petitefriture.com Phaidon | phaidon.com Pigeon Letterpress | pigeonletterpress.com Piscines Bonaventure | piscinesbonaventure.com Plani-Verre | plani-verre.com

B Bang & Olufsen | bang-olufsen.com Batimat | batimat.net Belden | beldenbrick.com Benjamin Moore | benjaminmoore.com Bentu Design | bentudesign.com Betina Lou / Marmier | betinalou.com Béton Prestige | betonprestige.com Bibiko Bibimbap Bar | bibiko.ca Blanco | blanco.com BluePearl Distillery | bluepearldistillery.com Bo Concept | boconcept.com Boutique Lovasi | boutiquelovasi.com

C C’est Beau | cestbeau.co Cabano | cabanobath.com Caesarstone | caesarstone.ca Canadian Architect | canadianarchitect.com Cane-line | cane-line.com CB2 | cb2.ca Céragrès | ceragres.ca Céragrès-Les-Bains | ceragreslesbains.ca Ciot | ciot.com Comptoir Saint-Denis | comptoirst-denis.com Construction K.D.G. | kdgconstruction.ca Construction N. Deslauriers | constructionndeslauriers.com Corian | corian.com COSEB | coseb.ca Crate and Barrel | crateandbarrel.ca Cuisines Steam | cuisinesteam.ca

D, E, F Décapsuleur | decapsuleur.ca Derrick Velasquez | derrickvelasquez.com Design Within Reach | dwr.com Dornbracht | dornbracht.com Dyson | dysoncanada.ca Éco-Cèdre | eco-cedre.com Édition Boutique | editionboutique.com EDP | edpinc.ca Envirozone | envirozonedesign.com EQ3 | eq3.com Excel Climatisation | excelclimatisation.com Florence Giroux-Gravel | florencegirouxgravel.com Flos | flos.com Foyer Universel | foyeruniversel.ca

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I, J IKEA | ikea.ca Jamais Assez | jamaisassez.com Jardin de Ville | jardindeville.com Construction J-F Morel | constructionjfmorel.com JPCG | jpcgconstruction.com Julien| julien.ca Jungle Fleur | junglefleur.com Juno | juno.acuitybrands.com Juste du Pin | justedupin.com

K, L Karine Demers | karinedemersarts.ca Kartell | kartell.com Kastella | kastella.ca Klaus | klausn.com Kyle Austin Dunn | kyleaustindunn.com La Tuilerie | latuilerie.com Lambert & Fils | lambertetfils.com Lampolite | lampolite.ca Langevin Forest | langevinforest.com Larose Guyon | laroseguyon.com Latéral | lateralconseil.com Laura Payne | laurapayne.net Lightform | lightform.ca Ligne Roset | ligne-roset.com Luceplan | luceplan.com Luminaires & Cie | lampe.ca

M, N MAC Métal architectural | macmetalarchitectural.com Maguire | maguireboutique.com Maibec | maibec.com Maison Corbeil | maisoncorbeil.com Maxime Brouillet | maximebrouillet.org Miele | miele.ca Minotti | minotti.com Montauk Sofa | montauksofa.com Neil Anton Dumas | neilantondumas.com Normann Copenhagen | normann-copenhagen.com

Q, R Ramacieri Soligo | ramacierisoligo.com Raphaël Thibodeau | raphaelthibodeau.com Réalisations Benoît Beaumont | benoitbeaumont.com René Morel | renemorel.com Roche Bobois | roche-bobois.com Rocvale | rocvale.com Romano | romanosofa.com Rouge Architecture | rouge-architecture.com

S, T Saul Rosales | saulrosales.com Schoolhouse | schoolhouse.com Scierie MSG | scieriemsg.com Sico | sico.ca Sidex | groupesidex.com Simons | simons.ca Skedio | skedio.ca Solu | soluhardwood.com Sonos | sonos.com Soudure René Thibault | rthibault.net Stone Tile | stone-tile.com Studio Botté | studiobotte.com Studio d’Armes | darmes.ca Studio Luminaires | lestudiolum.com SUUM | suum.ca Taschen | taschen.com The Plant Society | theplantsociety.com.au Thermador | thermador.ca Toiture Vaillancourt | toitmetal.com

U,V Ulysse Lemerise | osaimages.com Unik Parquet | unikparquet.com Vanessa Sylvain | vanessasylvain.ca Vertige Paysage | vertigepaysage.com Vincent Bernard | vincentbernard.com

X, W, Y, Z XouXou | xouxou.com YYY Collection | yyycollection.com Zone Maison | zonemaison.com Zuchetti. KOS | zucchettikos.it

Erratum | Une erreur s'est glissée dans notre premier numéro. Le crédit des photos du dossier numéro 4, mettant en vedette l'Atelier Boomtown, indiquait v2com, et non Maxime Brouillet. Toutes nos excuses.


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ENGLISH TEXTS

EDITORIAL LE DÉCAPSULEUR GRAND MARCHÉ DE QUÉBEC 12-004_G+C RESIDENCE KOYA RESIDENCE PONTIAC RESIDENCE A RESIDENCE & POOL PAVILION LAC-OUIMET RESIDENCE MCGILL 120 AM+O RESIDENCE LAC-AUX-CHASSEURS RESIDENCE LA LOGE, UNE MAISON IVRE RESIDENCE ST-IGNACE RESIDENCE WILSON RESIDENCE FRAGMENT DE GLACE PROJECT

« With languages, you are at home anywhere. » | Edmund de Waal, artist


LOOKING OUT, 15 INSIDE OUT SIDE LOOKING IN --—­

EDITORIAL

In February, when we decided on the theme that would guide this second issue, we had no idea how pertinent it would eventually become. A few months ago, there was nothing more trivial than stepping out of your house or entering somewhere else. Our lives, defined by a quarter turn at a time, were turning in circles, seeking out the next social interaction at break-neck speed. In a world revolving around money, data, fury and noise, we exist without reflection, in total disregard of our planet, flying forward like arrows towards unspecified targets, prisoners of our busy schedules, of social pressure, of the roots we're trying to hide, of our credit cards. And then came the "invisible enemy," this grain of sand that stopped the world. Suddenly, for the wellbeing of all, we had to self-isolate, to put everything on pause. Strange weeks followed, during which we tried our best to keep our spirits up without giving in to the fear of the unknown, to mass hysteria, but no one could hide completely from this ambient lethargy. This spring, re-opening windows and doors takes on a visceral and symbolic new meaning. Many now understand the importance of comfort at home, the functionality of one's space and of everyday objects; these aren't superfluous, but can change absolutely everything. Throughout this issue, you will discover homes where living is easy, homes that exist in harmony with the land on which they stand and that blur the lines between the inside and the outside. Bay windows overlooking a river where glide merchant ships, a metallic crest atop a rooftop at the centre of a city, sliding doors opening on a modern garden... Each home bursts with brilliant ways of maximizing the wellbeing of its inhabitants. On the other hand, we still ignore what this new normal will look like this summer. Only one thing is for sure: this summer, our vacations will take place in our backyards and gardens, on our decks or balconies. Our team thus selected a few favourite items, gadgets and outdoor furniture pieces to inspire you, no matter what type of space you have, to create your own outdoor haven. Through our new articles, you will also discover places, people and artworks that particularly moved us and which we think will move you too. This issue was meant to be printed at the end of April. As you might have guessed, our plans were radically changed. Mid-march, we had to react quickly; a digital shift seemed inevitable. We could not publish this issue in print format. Despite being disappointing, this decision helped us, in the face of economic turmoil around the world and in Quebec, to offer up advertising spaces for free to local artisans, businesses and creators, in a show of solidarity, but also, to help them get back on their feet during the months to come. Now, we're asking you to help us help them. Pay particular attention to our advertisers, be curious, visit their websites, their online stores, buy their products, treat yourselves, share your favourites on social media, talk about them, flaunt them, gift them... Now more than ever, we have the chance to make a positive impact on the economic future of our country, our province, our city and our neighbourhood. Each one of us has the power to invest in local businesses that hold a special place in our hearts and that reflect values we believe in. Money is amiss everywhere. Each purchase makes a difference. Each donation too. And each gesture. Finally, even though the last months have been hectic, strange and unreal, our team has spent them soaking in the beauty, talent and infinite ingenuity of people from here. Throughout this general sense of dread, we worked incredibly hard to celebrate what our creators—the architects, designers, artists, artisans and contractors—do best. Thanks to who they are, thanks to their hard work, thanks to their words and contagious passion, we were able to enthusiastically put together a second issue of Ligne, one that made us dream and brought us joy. We truly hope that you will also experience happiness as you browse through these pages. Thanks for reading us once more,

Dave Richard Editor-in-chief | and the entire Ligne team

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29 PACK OF BEERS -——­

LE DÉCAPSULEUR | PACKSAC STUDIO

In Montreal's Griffintown neighbourhood, two brothers, both passionate about sustainable development and Quebec-made products, called on Packsac Studio to forge the visual identity and renovate the interior of their microbrewery beer and bulk store. With the mission of creating a commercial space that is aesthetically refined, eco-responsible and practical, designer Julien Charest was inspired by post-modernist geometric shapes bursting with contradiction: rounded and squared forms, terrazzo and pure white hues caught in an eclectic tango of opposition. "To optimize the space, it's important to find a second functionality for certain elements. For example, the entrance to the back store is concealed by a sliding display case, while a pivoting shelf hides the one to the machinery room. A third display shelf, which also slides, was mounted on the wall to hide a selection of high-end products." A wood-slat ceiling efficiently showcases the different products by organizing them in distinct categories, like folders in a file cabinet. This system also conceals the imposing machinery of the ceiling while creating an immersive path through the space that is both practical and welcoming. The minimal palette highlights the product labels instead of amplifying the visual noise with additional colours and textures. The neutral tones of the concrete and Baltic birch plywood also balance out the impact of the space's unusual geometry. "We're proud that we managed to integrate organic shapes to the design, especially with the wood-slat ceiling system, the construction of the counters, and the choice of light fixtures. Often with construction projects, curved shapes are complicated to achieve and usually come with excessive costs, but this detailing seemed essential to the project, considering it facilitates circulation and softens the overall experience within the space." Another essential part of this project is its small environmental footprint. "We opted for materials that were solid, sustainable and barely processed, such as plywood and concrete. The client also wanted to build the counters himself by creating an eco-responsible artisanal terrazzo with concrete and inserts of recycled glass aggregates." The result is surprising, splendid and consistent with the store's spirit, since the recycled glass originates from beer bottles. Bright and welcoming (just like the wall brackets for bikes inviting cyclists to pop in and purchase refreshing drinks on their way!), Le Décapsuleur offers its customers a unique and positive experience, as well as a selection of products that are 98% from Quebec. Ligne | Why did you decide to trust a design studio with this construction project? Marc-Antoine Laplante, co-owner of Le Décapsuleur | We believed in the importance of having a strong visual identity that perfectly co-exists with the physical environment of the store. Packsac promised to do just that. L. | Why did you choose Packsac Studio? M.-A. L. | During our first meeting with Julien in the empty store, his vision for its furnishing aligned with ours right away. His way of imagining the possibilities of the space and how he demonstrated it digitally quickly inspired our confidence. Our communication was good. L. | Which elements of Packsac's work improve your everyday or facilitate your work? M.-A. L. | Julien prioritised durable materials that can be easily cleaned and boast a refined and minimalist aesthetic that will stay on-trend, thus representing a good investment for us. All the circulation areas have also been wisely thought out and designed, which makes the space very functional. L. | Talk about your store, your products and your customers... M.-A. L. | The store is open since November 22, 2019. We want to offer the inhabitants of Griffintown a wide variety of Quebec products in an eco-responsible way, particularly those from microbreweries like Noctem, Sir John, 4 Origines and Le Castor. Our clientele is diverse. It includes the neighbourhood's young professionals and retirees, as well as ÉTS students and cyclists riding along the Lachine Canal.


33 LIKE A VILLAGE ——­

LE GRAND MARCHÉ DE QUÉBEC | BISSON ASSOCIÉS + ATELIER PIERRE THIBAULT

Located in the building that once hosted ExpoCité's Trade Pavilion, the Grand Marché de Québec has blossomed into a unique gourmet destination, as well as an important gathering place representative of Quebec City's values. Facing this great challenge, the architects of Atelier Pierre Thibault and of Bisson Associés joined forces to establish a renovation and requalification strategy for the existing construction that would subtly showcase the original space's steel structure, wooden ceilings and exposed brick walls. Conceived as a welcoming, innovative and humanist space, the project was inspired by the layout of a village: an amalgamation of small buildings lining a series of principal and sec-ondary streets. Here, a main aisle cuts through the space, leading to smaller passages that run perpendicularly to it. The clever use of skylights and south-facing windows floods the space with abundant natural light. The axial, simple and efficient organization concept facilitates lo-cating yourself within the market, while also creating multiple meeting places and ensuring a fluid and harmonious circulation. Decked with gardens teeming with carefully selected trees and vegetables and a large bench built with laminated panels, a vast central space becomes an informal meeting place that encapsulates the spirit of the market. Imagined as a third place, the market gathers shops and kiosks of various sizes: per-manent vendors are located within the main aisle or near it, in wooden structures that resemble houses. Meanwhile, seasonal vendors enjoy direct access to the exterior facades and are or-ganized in large stalls perpendicular to the central circulation area. The various structures housing the different vendors vendors enrich the pedestrian experience and the customers' journey. In order to showcase local products and create a biophilic architecture benefitting its consumers, wood, white, natural light and greenery are honoured here. The design's mission required an important change to the building's infrastructure. The new structure had to sit on 500 screw piles, pile heads and beams to meet aseismic requirements on very difficult terrain. The engineering of the building also had to be adjusted to meet the important and concurrent needs of different types of users. They had to install a new system of hoods, ventilation units and an impressive array of equipment .The vegetation integrated into interior tree wells and the desire to increase the lighting of the space also required the insertion of eight enormous skylights into a structure that is almost a century old Naturally, on a spatial level, they had to ensure the seamless coexistence of different vendors under one roof by developing complementary systems, as well as installations adapted to their various needs. The design of the central kiosks was especially important, considering these are visible from both entrances and line the entirety of the main aisle. Following a bit of trial-and-error with different types, the triangular shape won in the end. Simple and with the added value of not displaying any obvious front or back, this shape lends a particularly welcoming allure to the kiosk, no matter which direction the customer is coming from. Beyond the wood, white-tile ceramics and whitened steel that make up the framework of each kiosk, each vendor was also encouraged to personalize his or her space by selection from several, variable options. In total, more than 1,700 CLT (Cross Laminated Timber) panels were used to furnish the interior of the Grand Marché. The wood's omnipresence lends a biophilic quality to the space, as well as a warm and welcoming ambiance. The CLT panels were produced thanks to the advanced techniques of digital manufacturing and the expertise of artisanal carpenters. The organic shape of the benches adorning the central public place owes its fluidity to its structure entirely composed of wood and covered with laminated panels. The Grand Marché de Québec isn't merely a commercial space; it's a gathering place above all, but also a place of production, transformation, consumption, and a support system. Fifteen commercial kitchens have been installed, as well as a Solucycle system for recovering organic waste and transporting it to the biomethanation plant serving the greater Quebec City region. The Institute of Nutrition and Functional Foods (INAF) has also implemented an aquaponics system to fuel research and training. The public, apprentice cooks from La Tablée

des Chefs and even entrepreneurs from the food company incubator that is Mycélium will all be able to enjoy, celebrate, promote and incite the evolution of Quebec's agri-food sector. Between the Grand Marché's multiple kiosks, shops and stalls, small metallic foxes poke up their noses and giant, electric-green fiddleheads suddenly emerge from the ground. "Comment vivent les renards dans la clairière laurentienne" (How foxes live in a forest clearing) is a fantastical work from the artists Isabelle Demers and Fanny Mesnard. It establishes the market's vocation, while highlighting Quebec's landscapes and vegetation. "Our work showcases an edible plant and a mammal characteristic of the forests of the Lau-rentians, while symbolizing local gastronomy and farming, as well as our community spirit and family values," explain the artists. With its 20-foot stems, this imposing sculpture composed of aluminum is an accessible rallying point. Easily admired from the entrance, the walkways and the ground floor, visitors can con-template the miniature foxes scattered amid the stems from different angles and under the bright light of the skylights they seem so attracted to. So poetic!

80 --— —­ WHERE SHIPS SAIL BY

12-004_RESIDENCE G+C | DESK ARCHITECTES

The mandate was clear: the clients wanted an ideal family home built on the land they had recently purchased along the banks of the Saint Lawrence River. It had to meet their current and future needs, as well as represent their first and last place of residence. The establishment of a home on the banks of the Saint Lawrence enjoys the benefits of the area's natural topography. From the road, the land is long, narrow and relatively flat for the most part, except for the end of the lot, where a pronounced vertical drop leads down to the river. This characteristic helped guide the location of the building. For the architect, it offered an opportunity to create a ground floor on the same level as the front yard. From the road, the house seems to only have two floors, just like neighbouring buildings. But from the river, the three floors appear in all their glory, basking in the surrounding landscape. Conceptually embodying the adage demanding that form follows function, the programmatic organization of the 12-004 residence was implemented in its architectural form. From his first sketches, DESK's architect Etienne Duclos wished to prioritize the organizational structure of the future building by covering up facades based on the function of the spaces that they would enclose. The result is a residence split up into three large blocks, each dedicated to three distinct functions: service, day, and night. The service and day blocks are covered in wood and well anchored to the ground in order to reflect their relation to what's indoors. Meanwhile, the night block is covered in black steel and placed atop the two other blocks, which are stacked up like the cargo containers of the commercial ships that can be seen sailing on the river in the horizon. The way these three blocks are stacked creates a space for circulation between them, a space with riverfront windows where you'll find the main staircase and entrance. The residence's organization allows for a clear separation of each block's functions, while optimizing circulation areas and limiting the span of utilities and plumbing. Even if all the rooms are located in close proximity from each other within the night block, various strategies were explored to insure the intimacy of each space. Spread out between the day block's two levels, the living room, dining room and kitchen with its utility room are all located on the ground floor where the focus revolves around daily family activities. Meanwhile, at garden level, the day block is home to a large communal room, as well as the guest rooms. All functional rooms, such as the gar-age, the office, the gym and laundry room can all be found in the service block. They are easily accessible, but discreet. If the finishing defines each block from the exterior, from the interior, it softens the bor-ders between the outdoors, the indoors and the different floors, for example, the areas where the exterior cladding's cedar continues onto the interior's walls and ceilings, or when the en-trance's and deck's concrete floors continue onto the ground floor and garden level. Inside, steel accentuates verticality, covering the staircase and the "black box," a block distributing utilities that can be seen from

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the two-level living room. The location of each opening has also been carefully planned. Each hallway leads to a window and every door leads to a neighbouring landscape, linking the house's many spaces to the surrounding scenery. "Fundamentally, architecture that is eco-responsible is also the most longlasting," — Etienne Duclos, architect. The Residence G+C was created in the spirit of sustainability. Its subdued blocks, sim-ple lines and efficient organization will always be on-trend. This is a resilient building thanks to its structure of steel and concrete, high-quality exterior cladding and energy-efficient windows. "The act of building implies a significant amount of financial and material resources. Buildings that are well designed should withstand the test of time. We have the habit to reno-vate and transform, instead of demolishing and replacing."

92 ——­

SUBURBAN PERMANENCE KOYA HOUSE | ALAIN CARLE ARCHITECTE

Bordering the town of Saint-Sauveur in the Laurentians, on a site that is part of a housing development, the owners bet they could build a house where three generations would live together in harmony. They thus called upon architect Alain Carle, who created a place that questioned established urban-planning norms by circumventing them and integrating them to their surrounding environment. With a terrain located in a mountainous area outside of Montreal, the customers wished combine a more rural lifestyle with the practical amenities of a small town. They also wanted to build a multi-generational home and this goal constituted the very core of the project. Thus, the architect and his team focused on the building's relationship with time. Presently, the owners want their children and grandparents to fully enjoy the house, whereas, in the future, the house should still meet the eventual needs of the family and anticipate each member's movement within the space as time passes. This research dictated the project's morphology, which distinguishes in a material way between the house's permanent elements, comprised of concrete, and its ephemeral parts, made of wood. This idea of timelessness also structured its installation, which was based on the topography's characteristics rather than on the usual logic behind typically suburban singlefamily townhouses. "The relationship with the land as a source of alterity and not of identity, lies at the core of our practice." – Alain Carle, architect Resembling a sculptural bas-relief, the land's main thoroughfares become the two key elements of the ensemble's composition. Transitional concrete supporting walls, boards and stairs change the structure of the site, defining its future use. Deep geothermal wells timelessly "anchor" the composition, while tackling current environmental issues on a metaphorical, instead of strictly technical, level. Three wooden volumes are seemingly dropped atop this new mineral topography and host the "changing" part of the house. These volumes are installed on a cantilever concrete structure that is somewhat unstable and point in opposite directions. The resulting building is categorically distinct from the conventional compositions of suburban homes that often only make the most of front and back facades while ignoring the lateral ones. The Koya House tries to establish a connection with the site from all sides. "By taking into account the entire site, we establish a critical position towards the hegemony of urban-planning norms that are identical from one city to the next and lead to the uniformity of spatial planning. This trivializes the relationship between our lives and our living spaces." In contrast, the Koya House's morphology tries to reap the benefits of the different natural viewpoints, without strictly sticking to the structure of the lot or to a unique landscaping element. In fact, the panorama represented an interesting challenge. "The idea to privilege a particular viewpoint of the landscape by making it the prevailing lookout point seems to be a recurring problem in architecture.

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This stems from the idea of treating a building as an "object," and ignoring the reality of what it offers, in all its ambiguity and impurity, which legitimizes a stylistic approach, instead of a process based on the shape's alterity. The idea is not to work ambiguously for the sake of it, but to do so with flair, to accept that reality can be configured infinite ways." Despite their limitation within a cadastral layout typical of the suburbs, the landscaping elements of the Koya House's terrain were truly singular: a vast, gentle slope constitutes an intermediary plateau between two more abrupt inclines, one of which reveals a panoramic view of Mont Saint-Sauveur. Instead of simply showcasing this spectacular horizon, we chose to allow the building to harbour a pluralist relationship with its surroundings and to multiply the views. In continuity with the landscape, these views have a fluid relation to the interior spaces where the circulation system is also undifferentiated. The central space located at the intersection of the three wooden volumes is the only meeting point for the three generations. It's a kind of "gathering place," like a public place at the heart of the concrete structure. It is the foundation, the moment of permanence within the constant movement. In a suburban context where repetition and solitude thrive, the Koya House innovates, offering the owners and their family—their whole family—a charming environment in which they can grow together, but each in their own way, for a long period of time. The building's usage is open to the possibility of infinite changes to the spaces' configuration, according to the needs and wants of its inhabitants, from one generation to the next. Anchored in the present. The Koya House not only looks to the horizon, but to the future.

AIM FOR THE SKY 102 ---——­

PONTIAC RESIDENCE | ALEXANDRE BERNIER ARCHITECT

It's in Montreal, a few steps away from the bustling streets of Saint-Denis and Mont-Royal, on a small and narrow street, that you'll find the charming Pontiac Residence. Beneath a luxurious vine masking its entire facade, the building mingles flawlessly with the leafy residential landscape of the Plateau. Mysterious and discreet, but still surprising, it springs from the asphalt like a refreshing and verdant oasis. Crowned by a metallic summit surging towards the sky, it appears to reach for the sun. The owners wanted to expand the living space of this small house built around 1885. Considering the density and somewhat cramped character of the living rooms and of the backyard facing due north, architect Alexandre Bernier needed to call on his imagination to offer his clients a certain brightness and outdoor living space that wouldn't impact their intimacy. First challenge: how does one create a psychological barrier between the street and the house when you have a street-level main entrance that is less than a metre away from the sidewalk? Despite the necessary substitution of the brick, a decision was quickly made to preserve the vine. Invasive but aesthetic, it creates a natural barrier from the outside world. Plus, its conservation fuels the project's larger eco-responsible mandate, because it naturally controls the residence's indoor temperature, as well as filtering sun rays, and creating a cocooning effect for the house's inhabitants. To meet the clients' expectations, it was then necessary to open up the inside space. Relatively small (the 1st and 2nd floors cover 550 ft2 each), the walls of the ground floor were all demolished to allow for open space, gifting the house with grandeur. Originally, all rooms on the ground floor were quite dark. The house's square plan included several small spaces ill suited to a contemporary lifestyle. To brighten up this living space, the installation of a mezzanine and skylights on the roof, allows light to shine directly through to the ground floor. In order to not lose any living space, the skylights were aligned with the staircase that links the ground floor with the first floor and its 3 bedrooms, as well as the mezzanine. This vertical opening brings light to the rooms on every floor. The addition of a mezzanine on the roof is the key driver of this project's cohesive success. First of all, the idea was to finish off the building the way attics used to, evoking a conclusive crowning of the building's shape in relation to the sky. After all, it's a building's final floor that defines it within the urban landscape. The room


within this mezzanine acts as a space for reflection, leading to an outdoor deck facing due south. It makes one feel like a child, hiding at the top of his or her tree house, as if inside an urban shelter ideal for daydreaming. The deck's greenery feeds this idea of vegetation spawning from the building, of nature thriving within the city. Even though the mandate was to create a light and airy contemporary space basking in soothing tones, the owner and architect also wanted to honour the building's working class past. "Through contrasts, new elements co-exist with existing ones without overpowering them" - Alexandre Bernier, architect This way of thinking brings an authenticity and warmth to the residence. The method chosen to preserve and showcase the large wooden planks that are typical of the building's year of construction was simple and efficient. The original wood is seamlessly integrated to the new, lightly coloured surfaces. One feels a relationship between the rustic home and the contemporary, newly renovated one. The renovation of the rooftop maximizes the amount of space within the house and it's this idea to open up the building towards the top that guided the whole project. This new addition to the building required a noble, ancestral, natural and durable metallic material. Enter zinc, which pairs perfectly with the neighbourhood's other metallic roofs. It creates a differentiation between new and old, without losing the idea of a formal and continuous unit.

the plant container. On the second floor, a slatted wooden walkway marks the passage to the most private place of the house: the master bedroom. It also acts as a filter, allowing natural light to shine through. The sunken living room, located at the back, is the pivot point between the exterior and the interior. Concrete replaces wood for the floor, a material mirrored on the ceiling, extending vertically to the volume outside of the master bedroom on the second floor, as well as on the fireplace's mantle, which gives it polish. The three floors each enjoy large, windowed doors with exterior access. Thanks to an areaway along its southern side, the basement is basically flooded with natural light and becomes the direct link to the family room and backyard. Maple, a local tree species, is privileged throughout the A Residence. This material is its common thread and defines the materiality of the building. It can be found on every floor throughout the house, and even comprises the furniture's strongest elements. One finds it in panels, slats, on the walls, on the ceiling, on the walkway, in the built-in furniture... it punctuates the project. Black walnut is the second tree species that comes in and warms up the space. We also find slate, marble, and white porcelain in all the bathrooms. Overall, natural and noble materials were privileged to create a calming and timeless sensory world.

ENDLESS SUMMER 120 ---——­

SOLAR ECLIPSE 112 ——­

A RESIDENCE | BIPÈDE

In 2017, in Saint-Bruno de Montarville, a typically 80s house went through a major renovation that included an expansion. The result, brought on by the team over at Bipède, is so successful, so different from the original building, that we could even say the rejuvenated residence was a new construction, now eclipsing the past. The enchanting terrain first attracted the owners, defined by a small creek graciously neighbouring a vast land populated by mature trees. A towering cedar hedge promises privacy from the neighbouring houses and a pretty, inhabited woodland stretches towards the back, a rare sight in this residential neighbourhood. However, the house that was there did not meet their needs, nor their tastes, with its low ceilings, its deficient circulation areas and its cramped living spaces. Aside from the garage and part of the foundation, everything was demolished and entirely rebuilt. The owners dreamt of a vast and luminous family home, boasting 3 floors, including the basement, with a warm and minimalist interior and an intimate relationship with the backyard and the surrounding scenery. The designers thus framed the house's views with generous, telescopic openings overlooking the backyard and others at top to let the natural light in, but still protect from outside gazes. To attenuate the visual impact of the house's new proportions, now much larger than the majority of the neighbourhood's other houses, Bipède had to resort to different techniques. As well as finding the right balance between ceilings of adequate heights on all floors, a volumetric facade was created through different blocks that are separated into distinct volumes, with some distance between to lighten the ensemble. The house was also placed atop a base constituted of concrete planters, creating a second tier of terrain, a green band that attenuates the height of the building. The fact that the house is surrounded by mature trees and a cedar hedge also helps to create a balance between the house and its setting. Inside, the living spaces define the axis from front to back. Built-in furniture makes the rooms functional and reflects each one's purpose, defining the personality of each area. At the centre of the house, the kitchen serves as a link, spatial and social, sharing a space with a luxurious plant container crowned by a ray of light emanating from the top floor thanks to a majestic staircase, which is the vertical axis of circulation. This staircase, devoid of risers, appears light and does not obstruct the view. A slender steel wall serves as a bodyguard against which leans

PAVILLON A | BIPÈDE + MAURICE MARTEL

During the design period, the owners of the A Residence asked the Bipède team to build a four-season pavilion in the backyard, detached from the main building, to house a pool. The objective? Create an oasis of verdant warmth where summer lives forever, even amid our coldest winters. The clients pictured a structure mainly comprised of glass panes that could be opened in summer and covered with a roof that would let in the maximum amount of light. They also wanted to have a spa, a space to practice yoga, a washroom with a shower and an exterior deck facing the forest. Bipède's designers suggested collaborating with the architect Maurice Martel, in order to create this singular building and work with him on the interior design. The requests were clear from the beginning; the Pavilion was thought of a tangible element giving way to nature and the surrounding scenery. The idea was to build a distinct "room" in the house, which differed in style, while maintaining its spirit. Inspired by Philip Johnson's Glass House, Maurice Martel created the roof dotted with seven skylights of various sizes, supported by a light steel structure comprised of pure lines positioned outside of the glass panels in order to remove any obstacles from the indoor space. Large bins of vegetation dug into the floor warm up the room and bring a joyous and welcoming tropical ambiance. In order to entirely surround it with glass, the Pavilion should be positioned a reasonable distance away from the residence. It was installed near the outer border of the property, thus gaining a vast playground for children to enjoy on the north side and a deck on the south side. Abundant parcels of vegetation dug into the pavilion's floor inspire a welcoming, tropical atmosphere. Small, but spectacular, the cylindrical washroom with a shower was decked with cleats of red cedar. It completes the Pavilion and integrates itself to the space like an autonomous, geometric and sculptural element. "The most beautiful success of this project is its light appearance, its transparency, with the impression that the only thing supporting the roof is the small, cylindrical bathroom." - Maurice Martel, architect From the exterior, a storage bench and black steel hooks unite all the utilitarian needs within one unique station, while indoors, the small space topped with its own skylight bathes in natural light, heightened by its reflection on the white mosaic. The door has been seamlessly integrated into the volume, seeming to disappear once closed. The transition between the interior and the washroom is also marked on the floor, where an anthracite grey ceramic circle has been installed. In this dreamy space, one feels transported to the outdoors, where time releases its grip and seasons blur into each other. By creating the Pavilion A, Maurice Martel and the team at Bipède re-defined the "inner journey."

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HARMONISE THE FUTURE 124 --— —­ WITH THE PAST

LAC-OUIMET RESIDENCE | DUPONT BLOUIN ARCHITECTES

Tucked into the banks of Lac-Ouimet in Mont-Tremblant, this 60s-era house was originally designed by the architects Bédard, Charbonneaux, Langlois. Due to the impact of passing time and seasons, a renovation project was needed to refresh the building's appearance and adapt it to a contemporary reality. The mandate received by the Dupont Blouin firm was to transform this residence into a shelter for a multi-generational family looking to congregate and unwind, while honouring the modern quality of the original designers' work. To do this, the new architects refreshed the interior and exterior finishes, reduced the visual barriers and opened up the kitchen. The majority of the house's original qualities were still current; an enhancement project only needed to build upon the existing and continue it. The initial L-shaped plan organized the living and night spaces in two distinct wings. The first, parallel to the lake, offers an exceptional lake view thanks to generous fenestration, which also brings an abundance of natural light into the living spaces. The second wing stretches towards the back, pulling away from the lake and creating a calm and ideal area that is ideal for the bedrooms and bathrooms. By its nature and function, the kitchen is often the very heart of a home. In this case, the former kitchen was removed and opened up to make place for a completely new version. Previously separated, the room now finds itself directly implemented into the main living space, thus joining the dining room and living room. Its linear organization inserts itself into the grid and offers a dramatic view of the space's volume. The integrated furniture is divided into three units: an impressive, 24feet long countertop of Cambrian black granite from Quebec, which includes a breakfast space with a panoramic view, the storage unit that serves as a wall to the staircase leading to the basement, and the kitchen island, which, by its central position, constitutes the founding core of all social interactions. The spatial coherence, encouraged by several, continuous and harmonious elements, such as the wood-panelled ceilings, the living spaces' porcelain stoneware floors that extends towards the exterior and the wall-to-wall fenestration, all contribute to the success of this renovation. To achieve their process of rejuvenation, the architects completely restored and re-thought nuances and textures, inside and out. The simple palette is divided into two categories: dark stone and light wood. Abundantly used throughout the house, the variety of hues and textures were coded according to their specific uses and environment. In sum, one rarely finds unified monochrome surfaces. The wood, river stone, porcelain stoneware and marble harbour various hues, patterns and textures. For the wood, original Quebec or Ontario-sourced materials were privileged. In the common spaces, white oak completely covers the walls. Left to its natural state to bring a soft warmth to the living room, entrance and the hallway leading to the bedrooms, one finds it elsewhere in an anthracite hue to create a contrast, even though it still retains the texture of its grain. Finally, the kitchen and dining room furniture are also made of white oak, signalling the coherence of the new interventions. Even though Baltic birch covers the bedrooms' walls, it follows the same vertical grid as the oak panels. Creating a closed space within the vestibule, an impressive tainted glass wall reproduces the contrast of natural colour/anthracite of the wood on the other side. The ground floor's bathrooms are completely covered in sumptuous marble: a black Marquina on the main floor and luminous Carrara white on the garden floor. Numerous structural elements define the house's ambiance since its construction. Its exterior cladding comprised of pine slats was custom-made to conserve the proportions of the original pieces, and then dyed anthracite. On the ceiling, wooden planking was restored in order to honour its original colour. The Douglas fir columns and beams, also dyed anthracite, are in harmony with the slate and mullion of the new windows, balancing out and simplifying the palette. The removal of the opaque parts at the bottom of the windows cleared up the stone wall. A framing of dark columns and beams balances out the house's presence within its environment. This being said, it still stands out as one of its most important components.

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Saddling two eras, the renovation project of the Lac Ouimet Residence proves that a high-quality construction can stay pertinent through time and that a contemporary intervention can embrace the past by extending it to the future with panache and respect.

INDUSTRIAL CHIC 134 --——­

MCGILL 120 | LA FIRME

The creative team at La Firme, with its head designer Louis Béliveau, converted the floor of an ancient, historic building in Old Montreal into living spaces that are deliciously chic and comfortable, while celebrating their location's industrial past. The building, which is now a condo building, was originally a candy factory built in 1895. The customer owned two units of the same dimensions, covering a whole floor. He wanted to re-distribute the space in order to inhabit three quarters of the space and rent out the remaining quarter. He also wanted to add a guestroom and completely redesign the interior. "A renovation was necessary," explains the owner." Let's just say that the place needed some love." Considering the two apartments were located in a very old building bursting with history, the designers wanted to preserve the ambiance of this former factory, while also polishing it up. To do this, they had to stick to a simple, carefully selected palette of materials and refine every detail of the ensemble. The building's code required the addition of certain elements that are difficult to install in a 125-yearold building. The whole project proved more complicated than predicted. For example, one of the challenges was to reinforce and level the floors, in order to pour concrete for the new radiant floor that would replace the old factory's wooden one, which was heavily damaged and burnt in some areas. The customer insisted on recuperating the floorboards, stepping up to the plate and patiently removing them himself one by one. "He wanted to add texture to the bedroom's ceiling and use the rest of the boards to build a giant, 20-feet long kitchen island," explains Louis Béliveau. "In the bedroom, the boards were painted white. Once on the ceiling, their wood displayed an interesting raw texture, but their shades were mismatched. As for the island, our cabinetmaker did an exceptional job by cutting the boards, putting them together and covering them with epoxy to make the ensemble into a kind of giant cutting board." The kitchen constitutes the centre of the apartment, completely open on all reception areas: living room, dining room, etc. The owner insisted that it behaves like a real commercial kitchen. He wanted robust appliances, doors that slam shut with your foot when your hands are full, space to cook every day, several times a day. "As a designer," explains Béliveau,"I'm often asked to build exceptional kitchens that look sharp because one has the means to do so... François (the owner) actually cooks. He works in restaurants, he hosts dinners, he cooks for his guests, he cooks for himself every day, he's into canning. In his home, the kitchen deserved additional work and thoughtful choices." The giant island is topped by a row of cylindrical halogen lights that are very graphic, timeless and custom-made. "We were installing these cylindrical lights in stores throughout the 90s and we're still installing them today. They are still on-trend today, while somehow maintaining a vintage flair. I always insist to use halogen lights. It's what I use in 95% of my projects, through thick and thin. In my opinion, they are the closest to perfect lighting. I don't think LED technology is quite there yet. The gradation is so much more interesting with halogen." Facing the kitchen is the design's second main structural element: the imposing black HDF volume surrounding the entrance and comprising, with another oak volume in white, all the storage space of the apartment. "At the back, we divided the space: a large rectangle, thanks to the two storage volumes, also serves as a divider. All the storage space is built-in here. They serve as a pantry, while harbouring the cat litter, washing machine and dryer, as well as a ton of sports equipment, including bikes." In a way, the guestroom is also "hidden" by the black volume, since it consists of a retractable bed and of a


large wall section that pivots to create a closed room, a true tour de force from the cabinetmaker. When this space is not used as a bedroom, it simply remains empty, serving as a large hallway leading to one of the bathrooms. The common areas of this main apartment are all gathered at the front, while the private spaces are at the back, in one open room. The bed was custom-made by the designers of La Firme, just like almost every object that makes up their projects. The private bathroom is one of the most striking elements of the whole apartment. Giant, it leads directly to the bedroom and includes two rainfall showers, a radiant floor, and floor-to-ceilings glass panels that were delivered by crane. Its square white mosaic gives it a public bathhouse look, while its built-in oak furniture warms up the ambiance. Just like the rest of the apartment, the sprinkler and piping systems are still visible across the ceiling, highlighted with white paint, but still melting into the space. "We also exposed the original brick as much as we could, because it embodies the building's history," continues Louis Béliveau. "We then painted it white so it could reflect natural light inside and brighten the space. If we had left it red, it would have just weighed down the space. We thus privileged its texture over its colour. We also chose to paint the front wall black to camouflage the framing and focus on the view." The result is quite an achievement, carrier of history and perspective and, contrary to what one often hears about industrial lofts, is incredibly warm and welcoming. "This is one of my favourite residential projects. When I come back as a guest and I see François cook or make drinks, when I see how he uses the space, brings life to it, I see how our hard work was worth it. It's very gratifying."

LIVING LARGE(R) 142 --——­

AM+O RESIDENCE | GUILLAUME PELLETIER ARCHITECTE

Moving your family to an old house in the middle of Montreal comes with its own challenges. For this couple in their mid-thirties with two kids, space was lacking and they needed a solution. Their small veteran house of the historic Cosmos neighbourhood in the borough of Saint-Laurent, was too small for their needs. They thus called on architect Guillaume Pelletier to invent their dream home where they could live large, or, at least larger. "I had no particular interest in architecture or design at the beginning of this process," explains owner Andrée-Madeleine. "I thought, like many people, that architecture revolved around creating nice buildings. I didn't think that design could also consist in pairing colours and choosing the right pillows." In 2015, when the couple decided to expand their house in order to improve living with their son and daughter, they asked their neighbours for advice and were referred to an experienced technician. He drew up plans that were very similar to the other expansions found across the neighbourhood. However, due to municipal regulations, the project could not move forward. "Thankfully," adds the owner. "I randomly found a web series, produced by La Fabrique culturelle, which featured the Atelier Pierre Thibault. Each episode revealed itself to me as an aesthetic epiphany that completely altered my expectations. I no longer wanted to hear about more square feet, I wanted a concept. I didn't want a renovation, I wanted architecture. And beauty, especially." She spontaneously wrote to the people from the Atelier who then referred her to architects they worked with in the past, including Guillaume Pelletier, who the owners immediately trusted. "He changed our life! With time, we understand the impact of a true professional's role on this project. Guillaume guided us through countless decisions we had to make. He educated us on an aesthetic level and accompanied us through the often very long and very arduous process of acquiring permits. He also defined our vision of architecture with his impressive mock-ups, among many other things!" In this type of historic neighbourhood, expansion projects are rarely very relaxing... Even the most vivid passion can be reigned in by all the bureaucracy, municipal regulations and standards to follow. In the case of this neighbourhood, the line that meets the common wall between two properties must make a

45-degree angle. At first representing quite a challenge, this obligation became an important creative driving force for the project's volumetry. Inspired by the Rosemary Residence, a Toronto-based project from Kohn Shnier Architects, the architect transformed it into an asset; the particular shape of this additional volume serves to differentiate between the new and the existing. "To integrate itself, an expansion must sometimes be camouflaged or must reproduce the existing part. In this case, it was preferable to establish a clear contrast between the two to showcase the house, define the different periods of construction and respect what already existed," explains Guillaume Pelletier. "Since municipal regulation required the use of the same type of exterior cladding, we chose a white brick, in contrast to the original house's red cladding." As well as delivering the brightness and functionality requested by the inhabitants, the expansion provides space to welcome living spaces on the ground floor, including a larger kitchen and a vast living room that opens up to the garden. On the first floor, one finds the rest areas, including the bedrooms and the bathroom. The original L-shaped staircase was kept to connect all floors. It was even highlighted in a simple manner: with bold black colouring. "What once was hard work, moving around furniture, finding space to sit, changing rooms, looking for a sunny spot to warm up in, has become a dance!" exclaims the owner. " I think we need to change popular opinion on architecture. It's not a luxury. It shouldn't be a privilege. It changes people's lives. It should be considered essential." Renewed, transformed, open to the outdoors and basking in warmth, the AM+O Residence is now a cozy, quirky and colourful family nest. It proves that a city can also be fertile ground for an entire family's happiness, and that simple architecture and an economy of means can suffice to organize and embellish busy modern lifestyles. We wanted to know the impact of the house's renovation and expansion on the family who owns the AM+O Residence, especially in these strange lockdown times. Andrée-Madeleine, the generous mom, answered a few of our questions. Ligne | Which part of the project seems to be the most successful? Andrée-Madeleine | In terms of functionality, the fluidity of our movements was greatly improved. Open and uncluttered spaces, as well as well-calibrated rooms, let us roam through the house in an intelligent way. On the spiritual side, I would answer: the possibility to reflect. With the abundance of well-orientated windows, a stripped-down design, simple but high-quality materials, natural light that weaves from one room to the next, our rhythm of life changes. It's as if the expansion of space, also expanded time. L. | Do you have a favourite corner in the house? A.-M. | On the ground floor, the main room is definitely one where we enjoy the most frequently and practically our new augmented reality. There is a visual axis from the entrance straight to the expansion, in a straight line with a view of the garden. The perspective is fluid, zen and impressive. This vast, opened up room, home to the kitchen, dining room and living room, is also highlighted by the stairwell, this imposing black volume which acts as the link between the original building and the expansion. This wasn't planned from the beginning, but it became one of the project's strong points. L. | Did you find it difficult to renovate with children? A.-M. | Renovations represent a challenge for anyone. So yes, it was quite challenging to renovate with two young children of three and six, but it was really the difficulty of dealing with the borough that almost defeated us. In fact, the children became the motivation behind the project. It's because of them that we decided to make major modifications to our house, so they can enjoy it from a young age. Considering the costs, risks and energy required, this adventure had to be perceived as durable and sustainable in the long term. It represented the embodiment of the lifestyle and values we want to teach them and, two years later, in the middle of a pandemic, we realize now more than ever that it was worth it! L. | Do you think that the renovation had an impact on their lives too? Do they feel the difference? A.-M. | Children experience architecture in an intuitive way, without any biases or expectations. They experience it physically, with their bodies. They run across open spaces, dizzy themselves around beams while trying to climb them, poke their heads through openings... That's

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how they appreciate their living environment. We have the tendency to believe that children need a space bursting with vivid colours and a ton of stimulating objects or quirky décor. By creating uncluttered spaces, we also created more time for them to enjoy music, reading and to contemplate nature. My children have toys; they don't meditate all day long. However, I think this expansion allowed them to find their own space and, in that way, I think they feel the difference. I also think that witnessing every step of this project sensitized them to what architecture really is and the important role it can play in everyday life.

Honouring the simplicity of ancestral forest homes and extending their legacy to the present by making them more friendly and functional, the Lac aux Chasseurs residence incites idleness, lulling hammock hang-outs, and the kind of soothing contemplation sparked by nature's best... the lake, leaves bristling in the wind, rays of sunshine, and the soothing melodies of birds and amphibians. "I believe in modesty in architecture," I believe that small spaces are more interesting than larger ones. I have a way of working that is flexible. The client participates in every step of the project. I encourage a methodology that leans towards the artisanal and this leads to projects that are very human." - Guillaume Pelletier, architect

L. | We've been living through unusual times for several months now. Do you think the renovation had an impact on your life in confinement? A.-M. | Staying home was already a natural habit for us, especially since the house was renovated. Our everyday wasn't totally disrupted. The expansion certainly makes the house more functional. We now have the adequate space for working and studying from home, as well as cooking with the family, brewing beer, but right now, it's really our mental health that is benefitting the most. Even if we're not completely sheltered from anxiety and stress, we have the privilege to be confined in a beautiful space, in a house that reflects our values, our tastes and our needs. These influenced our choices, but were also modelled by the reflection we had thanks to Guillaume, throughout the design process and the construction period. He talked a lot about modesty, which lies at the core of his approach. It's embodied by the choice of materials, in the simplicity of plans, lines, but also, by a lifestyle that demonstrates humility in the face of the world and world events, like what's happening now. It's a philosophy that now seeps into our social interactions and the way we consume. It's this understanding of a design that is completely at odds with a disposable, Instagram-ready design defined by thoughtless décor.

RUSTIC REVIVAL 150 ---——­

LAC AUX CHASSEURS RESIDENCE | GUILLAUME PELLETIER ARCHITECTE

Imitating a hunter's lodge hidden in the woods, the Lac aux Chasseurs residence integrates seamlessly into nature. Located amid a clearing surrounded by mature trees and facing a lake, the house was built with local products and its exterior cladding is comprised of natural wood. Warm and efficiently furnished, it offers all the comforts of contemporary living, while re-defining a nostalgic rusticity that is typically québécois. The desire to build a custom-designed house meeting all of his family's needs motivated the owner to call upon Guillaume Pelletier. "At the beginning, the client's sketches portrayed a linear volume that would have been hard to implement on the land," explains the architect. To improve and enhance his client's original idea, Pelletier proceeded to fragment the different living spaces. By creating smaller volumes, the residence's integration became more natural and delicate. The vewpoints of this new ensemble were multiplied and the public and private spaces were separated in a more logical way. "The fragmentation of the project and its offset positioning on the land resolved many organizational problems." Paradoxically, now divided into three small volumes, the project seemed more unified, more connected to its environment. A first volume houses the garage, while a second welcomes the bedrooms and a third, the living spaces. With its large dormitory on the first floor, the more intimate section, which includes the bedrooms, stands apart from the communal living area. Meanwhile, the main section doubles the building's height and dazzles with its magnificent cathedral ceiling. Facing the lake, the vast open room with the kitchen, dining room and living room, is ideal for gatherings between friends and family. Plus, the new, staggered configuration allows the different sections to benefit from multiple windows on each of their facades. Their sliding mechanisms create a spacious deck to the east and a pleasant screened room to the west.

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A KIND OF FRAME 156 --——­

ST-IGNACE RESIDENCE | NATHALIE THIBODEAU ARCHITECTE

At the centre of the islands comprising the archipelago of Saint-Pierre Lake, in the municipality of Saint-Ignace-de-Loyola, this magnificent residence allows its inhabitants to fully enjoy views of the lake and the stunning, surrounding scenery. Despite the road's proximity, the preservation of the nearby woodland honours the intrinsic value of the location, while maintaining its intimacy. Originally from the area, but living in Montreal, the owners wanted to rediscover this part of the country they cherished since childhood. Since one of the owners is a plastic artist, he wanted a home that could include a workshop, be more than just a lakefront cottage, and that could easily alternate between being a secondary or primary residence. Obviously, one had to be able to admire the beauty of the lake and boats gliding by, but also, other attractions, such as the grove of black poplars, the verdant front yard and the factory on the opposite bank. The building should offer several, particular viewpoints. To develop the concept, architect Nathalie Thibodeau was inspired by the pavilion-like layouts of nearby farms located on the island of Saint-Ignace. Still incomplete, the final project will include four pavilions. A screened pavilion and a boathouse will eventually be added to the existing house and workshop. The placement of each pavilion on the land evokes the way artworks adorn an art gallery, honouring the artistic calling of one of the inhabitants. In order to separate work and leisure, the workshop was built away from the house. The separation of the two buildings showcases the black poplars, as well as the house, which is the main pavilion. The river seems hidden at first, but then its majestic beauty is exposed once inside. From the interior, new paintings are suddenly revealed: stunning views of the garden or of container ships navigating in the distance. The judicious choice of white cedar for the exterior cladding greatly adds to the success of this project, considering it integrates the residence into its environment. Thanks to this wood, the buildings don't taint the landscape. This material and its colour are the most popular on the island; the architect decided to work with it vertically in order to modernize it. "Surprisingly, the wood cladding represented quite a challenge," she added. " We wanted to use a white wood, without creating volume that was too white. The choice of a right hue thus necessitated a lot of attention and a close collaboration with the craftsman." Another "constraint" that was quite challenging for the design: the steel factory sitting on the opposite riverbank and offering quite an austere visual. "Instead of covering up this view, we dealt with it and tried to create a contrast between the natural beauty of the landscape and the perpetual motion of this industrial panorama. The constant flow of the river's waters, the ships that come and go, birds flying by... " "The project was designed in order to showcase life on water and on land. And it works perfectly!" The simplicity of the volumes, the delicate detailing and the shape of each pavilion evoke ship containers that appear as moving sculptures, but contrast with the harshness of the engines. "The house acts as a kind of frame in front of which one sits and admires a living painting."


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EVERYONE IS INVITED LA LOGE, UNE MAISON IVRE | NATHALIE THIBODEAU ARCHITECTE

"La Loge, une maison ivre" is a particular name, but it just happens to suit this house perfectly. Eager epicureans, the owners love good food and hosting great parties. It's this penchant for a good time, this passion for life's finer things, that guided the development of architect Nathalie Thibodeau's plan for the home's expansion and renovation. The owners wanted her to create spaces dedicated to various festivities. She had to make sure these spaces could host a sizeable amount of guests, while still meeting the daily needs of this blended family and offering a home office to the lady of the house. Naturally, the solution resided in the creation of open and modular spaces. This also allowed for more intimacy during everyday activities. In addition to the front facade and the interior spaces, the expansion towards the backyard constituted the most important part of this project. All together, the house's functional spaces blend into each other to shape a large, vertical black cube. On the ground floor, the interior kitchen, equipped with a large walk-in pantry, now joined the exterior one, which includes a bar. A laundry room and shower room are located on the first floor. To integrate the new volume to the style of the neighbouring buildings, the sides were covered in white brick, reminiscent of the surrounding white-plastered leantos. In total opposition, the facade's core, the vertical cube, showcases a black wooden exterior. This facade modulates according to how it's used, forming a series of solids and voids. The ground floor's large bay window creates a link between the exterior and the interior. In winter, the backyard becomes a portrait to admire. Since the backyard boasts a surface area of only 750 ft2 (70 m2), its layout had to be efficient. That's why many of its spaces serve two functions. For example, the green square of artificial grass can be used as parking, while the living room and dining room can double as a dance floor. In addition to these multi-functional spaces, the backyard includes a shed, which also serves as a privacy barrier for the spa, as well as a shower and a garden. The interior behaves as an extension of the backyard, and vice versa. The idea was to create a fluid transition between the home's two "faces." This idea is best embodied by the block of black wood that enters the house. The entrance's open staircase, made of steel, wood and glass, highlights the vertical axis of the house in a majestic way, creating the impression of grandeur from the moment you enter and inviting one to climb up. It's on the second floor that you'll find the couple's quarters: the bedroom and bathroom are there, located in the black volume, with its podium and large glass doors that open up to a balcony with a view of the backyard. It's this balcony that inspired the name "La Loge." Throughout the house, quirky flourishes punctuate every room, sometimes poetic, often charming, but always aesthetic. In the office, a swing adds a laidback atmosphere, perfect to answer a call or to stretch out a bit. In addition to desks and clear units, there is also a television, a sofa and bright pops of colour. Working is fine, but... Here, in La Loge, one learns to savour time that passes by too quickly and welcome those who want to join in the festivities. Just like the theatre, everyone is invited.

LIFE ON DISPLAY 172 ---——­

MAISON WILSON | LA SHED ARCHITECTURE

In its very nature, the project demanded an approach that was sensitive to the building's history and its surroundings. To respect the urban landscape, the architects kept the original look and characteristics of the front facade, highlighted by the subdued and contemporary choice of landscaping. Inside, historical elements become guardian angels to the past and guide the integration of new elements into the house's history. As to the back of the house, they were able to more freely apply contemporary changes, while respecting the urban environment and the spirit of the house. Despite one major modification, it still flawlessly fits into the neighbourhood with the shape of its sections and the selection of materials. Before, an extension similar to those found across the neighbourhood limited natural light and closed the house in on itself. These extensions usually enclose dark and cramped rooms serving as an office or a washroom topped with a small solarium. Today's version is more aesthetically polished, with rooms more spread out than they were in the previous extension. The choice of contrasting materials, such as brick, glass and rough plaster, matches the construction methods typical of this neighbourhood. Thus, the brick of the former extension now covers a new exterior storage volume on which rests the deck. This contemporary reinterpretation of a typology popular in the neighbourhood offers a beneficial openness, allowing natural light to shine on all three floors in abundance. Plus, the interior and the garden interact in symbiosis, creating a functional efficiency and a comfort level ideal for the family. On the first floor, located within the extension, the master bedroom benefits from a large window overlooking the garden and the greenery of the neighbouring alleyway. The bathroom is partially open to enable light filtering in, like the wide skylight atop the shower. Overall, the space is both contemporary and timeless. It's the little things that reveal the historical side of the house, such as the clawfoot bathtub and the new furniture's antique detailing. On the ground floor, white tiles give way to marble tiles that pair perfectly with the top floor's luxurious woodworking. On one side, a hardwood floor stretches from the living room to the dining room—two rooms barely touched by the renovation and still adorned in woodworking. The dining room is still the most decorated room of the house, with its panelled walls that curve to reach the ceiling's mouldings. In contrast with these rooms, a vast opening finely cut into the exterior wall offers a bird's eye view of the backyard. Its subtle and bare integration boldly defines the contemporary nature of the renovation in the context of another era. The other half of the ground floor stands out by its contemporary character, defined by its hexagon marble tile floor. Another skylight overlooks the hallway of the high-ceilinged entrance, reaching the top of the open staircase and offering a slice of sky that's visible right when you walk in. The tiers of wood lathes and clerestory allow the light to reach the basement. Repurposing the materiality of oak, these steps are also in harmony with the elements that made up the original staircase. In order to open up the house and let the natural light freely flow in, a glass panel replaces the wall of the staircase on the kitchen-side. To do this, the staircase had to be pulled apart and put back together in order to install a self-supporting structure. Bordered by the staircase's glass wall, the immaculate kitchen stretches out from the exterior and finishes in a completely windowed corner. The staircase behind the window and the movement of the dining room's integrated cabinet honour the history of the house just like just like the showcasing of collector items. A vast communal space and office, built around an areaway, are now in the basement, which was previously neglected. These spaces, divided by glass walls, are submerged in light. Floor-length curtains allow the adjustment of light and offer more intimacy if needed. On the outside, the reflection of a charming water pond also brightens the interior. From the areaway, one may return to the deck by a concrete staircase, composed of individual steps and interspersed by wood lathes that are similar to those of the inside staircase in order to create harmony from top to bottom, and from the inside out.

Over 100 years after its construction, this family home needed major renovation. The owners called on La Shed Architecture to re-organize the spatial distribution of their home, while preserving its historic soul. In sum, the architects' work included the complete transformation of the back of the house, its de-partitioning in order to increase the amount of natural light, and the transformation of the basement from a strictly utilitarian space to a living space that opens up towards the outdoors.

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FRAGMENTATION 184 ---——­

FRAGMENTS PROJECT | REFLEX PAYSAGE

In Saint-Gédéon, on a sandy bank along Lac Saint-Jean, the owners of an impressive architectural home asked Réflex Paysage to design and build an outdoor space and landscape inspired by the surprising beauty of ice fragments floating by during winter. Facing various complications pertaining to the house and the project, the team at Réflex Paysage tackled every minute detail to deliver an end result that reflected the owners' ambitious ideas and that was both spectacular and feasible to complete. "I think the fact that we design and build our own projects makes us conscious from the beginning of every technical challenge." - Dave Jean, designer and project manager Our initial designs take into account the right choice of materials, the best setting for each structure, and existing obstacles, such as septic tanks, pipes to hide, equipment to camouflage, etc. It helps us gain time and reassures our customers." Dave Jean, designer and director of operations. The customers wanted a deconstructed and organic outdoor space, which would seamlessly melt into the surrounding scenery. They wanted to imitate nature without reproducing it, which would give the space the appearance of having been haphazardly constructed. In reality, most of the elements are the result of painstaking work, such as the dry-stacked river stone low walls in front of the house. Normally, mortar makes it easier to stack the stones by giving the craftsman room to manoeuvre, but that wasn't the case here. Finally, the customers wanted an outdoor space that was organized and linear to complement the pure lines of the house, but that would also avoid curved shapes or 90-degree angles. It was important for both the customers and Réflex Paysage to choose materials related to the architecture of the house, but that were natural, to reduce the project's environmental footprint: black granite, river stone, Corten steel, aluminium painted black, glass... Purchashing stone from the Granicor quarry, located only 5 kilometres away from the site, is as local as you can get, allowing Réflex to place orders as their work progressed. This proved necessary, because the uneven terrain and the construction of the main staircase required a step-bystep measuring process.

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In fact, this staircase best evokes the inspiration behind the project: ice fragments floating along the lake in winter. Behind the house, these white shapes broken up on a body of water that is almost black in hue once constituted a whole, that is now scattered. From the sky, one can spot how they all once fit together, with their elegant, stone-like terrazzo appearance. "We had to find a way to make granite "float." In my first sketches, I had drawn large black granite steps that seemed to float, which lightened the staircase, despite the use of heavy stones. I wanted to embody this effect," The staircase was thus split up with landings, built one after the other, each custom-made in comparison to the other by measuring the ideal height for each riser, drawing the appropriate shape for each piece of granite, and by predicting the most logical way to extend the way down. "We were ordering part of the metallic structure, and then ordering the stones, but we kept our fingers crossed that everything would work out during installation. We would then continue on to the next landing. This staircase required very minute work and great attention to detail." It also had to respect safety standards, but there had to be a way to reduce the use of guardrails as much possible and to camouflage those that were absolutely necessary. We thus decided to install glass guardrails that flawlessly melt into the landscape, which is completed by the river stone low walls. Large containers in Corten steel were built to hold leafy shrubs, while small, metallic lampposts were installed for mood lighting. At the back of the house, containers in aluminium painted black serve as a garden and reflect the structure of the front staircase. A second glass and aluminium guardrail secures the slope and a paved way allows for pleasant circulation. Finally, we had to infuse greenery into all this metal and masonry. The customers only wanted foliage and greenery without flowers. To conquer the low walls, creepers were planted in a way that would reverse their natural instinct to climb up by forcing them to embrace the stone. Réflex also decided to scatter favoured species, like Amur maple and other various trees. "The project is still not finished," concludes Dave Jean. The space that faces the lake still needs to be completed" We bet that the (lucky) owners of this house will spend a lovely summer, in lockdown or not, amid this dreamy terrain.


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| Photos extraites du livre Bauhaus, édition actualisée, Magdalena Droste (Taschen, 2020).

CULTURE

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« La créativité, c’est l’intelligence qui s’amuse. » | Albert Einstein, physicien théoricien


À lire

Prière de ne pas déranger En cet étrange début d’année où le temps semble figé et le monde changé à jamais, nos vies battent soudainement au rythme d’une musique nouvelle, passant des éclats pétaradants de la peur aux notes plus douces et plus lentes de notre nouveau train-train de lions encagés - distanciation sociale, école buissonnière, télétravail. Une fois la crise derrière nous, les portes, les fenêtres et les frontières rouvertes, est-ce qu’apprivoiser (de force) les plaisirs quotidiens aura dompté nos rages d’aventure? En viendrons-nous à redéfinir les concepts de vacances, de voyage? Une chose est sûre: nous aurons grand besoin de revoir la planète dans toute sa splendeur, de nous remettre à rêver. Nous aurons envie de profiter, plus respectueusement que jamais, de la nature et de la vie. Et c’est exactement l’invitation que nous lance ce magnifique ouvrage photographique: découvrir, aux quatre coins du globe, des lieux naturels exceptionnels auxquels s’harmonisent des maisons à couper le souffle incitant à la détente, au bien-être et à la contemplation.

Living on Vacation: Contemporary Houses for Tranquil Living (Phaidon, 2020)

Beau Canada Dans leur nouvelle anthologie du patrimoine architectural canadien moderne et contemporain, Elsa Lam, éditrice du magazine Canadian Architect, et Graham Livesey, professeur à la Maîtrise en architecture de l’Université de Calgary, ont spécialement commandé, puis réuni, quinze essais abondamment illustrés aux plus éminents spécialistes et critiques du milieu. On y parle, entre autres, des courants internationaux ayant influencé les architectes d’ici, des tendances régionales, incluant l’héritage autochtone, mais aussi, finalement, de l’avenir du paysage bâti du pays. À la vue des photos d’archives de l’Expo 67, en introduction, regorgeant de structures avant-gardistes, presque martiennes, mais toujours pertinentes, on ne peut qu’imaginer cet avenir plein de promesses.

Canadian Modern Architecture, 1967 to the present (Princeton Architectural Press and Canadian Architect, 2019). Page couverture: Musée d'anthropologie de UBC, Vancouver, Colombie-Britannique. Erickson/Massey, 1976. Photo | Christopher Erickson

Faire école En 2019, l’école d’art et de design du Bauhaus fêtait déjà les 100 ans de sa fondation. Il est presque incroyable de penser qu’un mouvement d’avant-garde n’ayant duré qu’une période totalisant quatorze années, incluses entre les deux grandes guerres du siècle dernier, ait pu chamboulé à ce point le monde moderne, dans une si vaste variété de domaines, grâce aux oeuvres et aux idées de ses principales têtes d’affiche, des monuments comme Walter Gropius, Ludwig Mies van der Rohe ou Wassily Kandinsky. Véritable guide de référence incluant 550 illustrations, photographies, plans architecturaux et autres documents tirés du Bauhaus-Archiv de Berlin et rassemblés par Magdalena Droste, l’une des plus grandes expertes de l’endroit, ce livre dresse un portrait excessivement complet d’une révolution créative dont la fulgurance continue d’inspirer encore aujourd’hui.

Bauhaus, édition actualisée, Magdalena Droste (Taschen, 2020).

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Portfolio NEIL ANTON DUMAS

PAR LES FENÊTRES

Soumis à notre tout premier concours de photographie, les clichés colorés (ou pas) de Neil Anton Dumas, ces images d’immeubles aux mille fenêtres, presque abstraites, et pourtant vibrantes, évocatrices, nous ont charmés. Quadrillés complexes, courbes lisses, dégradés de rose, de jaune, de vert, tracés noirs sur fond blanc... On regarde ses photos envoûtantes et l’on cherche un point où s’accrocher, l’anomalie qui révèle le réel, qui rend humaines ces géométries parfaites. Ce coeur de posts-it qui fait sourire. Cette vitre unique sans reflet, attirante comme le trou d’une serrure. Ces balcons meublés, qui prouvent que des vies se déroulent bel et bien là où l’on ne voit pourtant personne.

Ligne | Qu’est-ce qui vous a inspiré cette série?

L. | Qu’est-ce qui vous inspire, en général?

L. | Vous faites de la photo depuis longtemps?

Neil Anton Dumas | J’ai voulu faire plusieurs métiers durant mon enfance, dont celui d’architecte. J’ai redécouvert récemment cet intérêt, notamment par la photographie. Je travaille principalement les portraits, le fine art et la photo architecturale. Mon travail questionne l'être humain sur ses schémas, ses routines, les barrières qu’il s’impose. Je pense que les créations humaines sont des représentations de qui nous sommes. J’ai tenté de voir l’humain à travers l’architecture.

N. A. D. | Je pense que l'essentiel quand on cherche l'inspiration, c'est de bouger, de voir de nouvelles choses. Les expériences amènent les idées. On peut trouver de l'inspiration n'importe où et à n'importe quel moment. Je peux être inspiré par la visite d’un musée aussi bien qu’en pleine nature.

N. A. D. | J'ai obtenu mon premier appareil photo en 2012, et j’ai appris seul, au fur et à mesure. Au début, les autoportraits m’ont beaucoup appris; c’est intéressant d’être des deux côtés de l’objectif. Ça m’a beaucoup aidé plus tard, quand j’ai dû diriger des modèles.

L. | Des projets? N. A. D. | Beaucoup de mes projets sont sur pause dans les circonstances actuelles. Ce temps d’arrêt forcé nous oblige tous à réfléchir au fonctionnement de nos sociétés et à nos façons de vivre. Il nous rappelle que nous ne sommes pas tout-puissants, plutôt fragiles, et que nous allons devoir très vite revoir notre rapport à la vie. Et tout ça m’inspire beaucoup.

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­ | @neilantondumas


EN BOUT DE

REMERCIEMENTS DE L’ÉDITEUR Merci à Lise Talbot. Merci à Sylvie Paquette. Merci à Jean-Loup Patriarche, Julien Charest, Marc-Antoine Laplante, Loïc Lefebvre, Sandrine Gaulin, Émily Robertson, Vanessa Sylvain, Florence Giroux Gravel, Karine Demers, André Gratton, Louis-Philippe Pratte, Alexandre Joncas, Kévin Sylvain, Ariane Bernier, Isaniel Lévesque, Alexandre Bernier, Élaine Fortin, Maurice Martel, Marie-Josée Dupont, Louis Béliveau, Guillaume Pelletier, Andrée-Madeleine Clément, Nathalie Thibodeau, Simon Isabelle, Christian Laporte, Dave Jean et Neil Anton Dumas. Merci à Maxime Brouillet, Olivier Blouin, Adrien Williams, Ulysse Lemerise, Saul Rosales, Alain Lavergne, Raphaël Thibodeau, Vincent Bernard, Prose Mémoriste, Martin Beaulieu, Maxime Desbiens, Arseni Kahmzin, Christelle Bellini et Sarah Quesnel Langlois. Merci à Mathieu Jacques Bourgault, Antoine Laprade, Mathieu Verreault, Roxane Hudon, Véronique Papineau, Nicole Labelle, Jean-Pierre Alarie, Marc Létourneau, Audrey P. Boivin, Danielle Lépine et Simon Renaud. Merci à Philippe de L’Étoile, Milenson Jean-Baptiste et Isabelle Bergeron. Merci à tous ceux qui ont participé au rayonnement du numéro 01! Sans votre générosité, ce numéro 02 n’existerait pas. Merci à tous les architectes et designers qui nous ont fait parvenir leurs projets. Ce n’est que partie remise! Merci à tous les annonceurs qui nous ont fait confiance. Nous vous souhaitons tout le meilleur pour les mois à venir et nous espérons de tout coeur que votre participation à Ligne vous sera bénéfique. Bon été!

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MAGAZINE LIGNE - 02 - ÉTÉ 2020  

Ligne est un magazine québécois d'architecture, de design et d'art offert gratuitement au Québec. Ce numéro d'été, notre numéro 02, est un n...

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