MAGAZINE LIGNE | 07 | HIVER 2022

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HIVER 2022 MagazineLigne.ca
ARCHITECTURE DESIGN ART OBJETS

huppe.net

Créer une île rassurante dans un espace architectural

EN COUVERTURE

Maison Lac Jasper par Architecturama

Photo | James Brittain

Magazine Ligne | Éditions de la Diagonale

ISSN 2563-0539 (Imprimé) ISSN 2563-0547 (En ligne)

Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2022 Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada, 2022

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Magazine Ligne | Éditions de la Diagonale 2360, av. Letourneux, bureau 107 Montréal, Qc H1V 2P2

T 438 816-8182

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Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.

07Éditeur | Rédacteur en chef Dave Richard Directeur Mathieu Jacques Bourgault Rédaction

Lorène Copinet Laurence Hélie Léonie Hottote Isabelle Pronovost Dave Richard

redaction@magazineligne.ca

Collaborateurs

Danielle Carignan Guillaume Bougie Riopel Célia Laguitton Sarah Nagué

Direction artistique Dave Richard Graphisme Olivier Boissonnault Yannis Hardy

Correction + Révision Véronique Papineau Publicité Mathieu Jacques Bourgault publicite@magazineligne.ca Gestion de médias sociaux Dave Richard

Comptabilité Louise Lacroix Carl Moquin

À la mémoire de Line Pomerleau, notre étoile, nos racines.

Heureux de collaborer avec Kollectif et Sous la fibre.

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sommaire 7 | ÉDITORIAL DANS NOTRE MIRE 10 | JEREMY LE CHATELIER + RAVI HANDA | LASCLAY 11 | AMAURY D’HULST 12 | JEAN PROUVÉ × VITRA | LIGNES DE DÉSIR 13 | BSH ÉLECTROMÉNAGER 14 | STÛV AMERICA 16 | ATELIER SPEAKEASY | SAMSUNG 17 | GASPARD PREMIER | SWASH 18 | LIGNE ROSET 20 | NOOK 21 | HAY × HERMAN MILLER 22 | CAFÉ CONSTANCE ATELIER ZÉBULON PERRON 26 | DOYLE ATELIER ZÉBULON PERRON 30 | VOYAGE À MAMANEK LORÈNE COPINET ART 34 | À LIRE 35 | YAYOI KUSAMA 36 | JEAN-MICHEL BASQUIAT | DIANE ARBUS 37 | ESPACE RIOPELLE 38 | SOUS LA FIBRE × LIGNE 40 | GALERIE C.O.A. 44 | MARIE-JOSÉ GUSTAVE 46 | OLIVIER ROBERGE 48 | NATHALIE THIBAULT Yayoi Kusama, 2020. Photo par Yusuke Miyazaki. © Yayoi Kusama Avec l’aimable permission de David Zwirner, Ota Fine Arts et Victoria Miro

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sommaire MAISONS 52 | MAISON LAC JASPER ARCHITECTURAMA 62 | RÉSIDENCE DU MONT-ORFORD ATELIER PIERRE THIBAULT 70 | RÉSIDENCES MI-1 + MI-2 DUPONT BLOUIN ARCHITECTES 82 | PROJET LA GRANDE FORGE KEVLAR HABITATION 90 | MAISON DES TULIPES MICROCLIMAT 100 | RÉSIDENCE DES MÛRIERS MATIÈRE PREMIÈRE ARCHITECTURE + NU DRŌM 108 | RÉSIDENCE CHARLOTTE-DENYS SOCIÉTÉ DESIGN C’EST NOËL 118 | STUDIO MINÉRAL + GRÉTA JONCKHEERE | FERM LIVING 119 | TH3RDWAVE | MARCHÉ DE NOËL ALLEMAND DE QUÉBEC 120 | DÉSENCOMBREMENT + ORGANISATION 121 | JARDINAGE 122 | DÉCO 124 | CARTES DE SOUHAITS 126 | GUIDE CADEAUX 2022 140 | MARCHÉ 144 | RÉPERTOIRE

RETOUR À L’ESSENTIEL

Nos grands-mères étaient sincères quand elles di saient être trop pauvres pour acheter bas de gamme. Elles avaient compris que la qualité a un prix et que la durabilité s’avère en général, avec le temps, l’option la plus économique. Ça semble si simple. Nos grands-mères n’avaient pas non plus tendance à gaspiller. Elles ré paraient, repeignaient, raccommodaient, repassaient, reteignaient, récupéraient, réchauffaient, prêtaient, empruntaient, échangeaient, troquaient, conservaient, donnaient, léguaient… Elles payaient comptant avec de l’argent qu’elles avaient. Elles achetaient local. Ça pa raît logique. Pourtant, plusieurs de ces bonnes habi tudes, plusieurs de ces mœurs responsables, comme la restreinte volontaire, le souci de chérir, le désir de partager et de transmettre, se sont perdues au fil des ans, au profit de l’industrialisation, de la production de masse, des modes, de l’accès facile au crédit, de l’obso lescence programmée. Les courants étaient puissants, tout le monde s’y est laissé prendre d’une manière ou d’une autre, nos grands-mères avec.

La mienne n’était ni riche ni pauvre. Chaque printemps et chaque automne, elle faisait son grand ménage. Elle entretenait sa maison avec ardeur. Elle sortait la coutellerie d’argent, les verres en cristal et le service à thé en porcelaine de Chine et les lavait, les frottait et les astiquait avant de les retourner dans le haut des ar moires de la cuisine, toujours propre. Pour être franc, il ne s’agissait peut-être pas d’argent, ni de cristal, et la porcelaine n’était probablement pas importée de Chine, mais ce qui me touche, c’est que ma grand-mère les traitait comme tels. Je l’ai vue recouvrir elle-même ses canapés fatigués de tissu flambant neuf, armée de son agrafeuse et de sa machine à coudre. Je l’ai vue sabler les meubles de sa salle à manger pour les repeindre avec soin plus d’une fois, et ils lui ont survécu. Dernièrement, j’ai récupéré son hachoir à viande en fonte, une anti quité. Je trouve formidable que cet objet de son quo tidien, sans grande valeur sur le marché, mais qui lui a servi à nourrir toute notre famille durant des généra tions, se retrouve chez moi, imprégné de cette histoire et en parfait état. Ça m’émeut et me donne à réfléchir.

Surtout que plusieurs des entreprises avec lesquelles nous nous sommes entretenus ces derniers mois nous ont parlé de leur mission allant en ce sens, relevant en quelque sorte d’un retour en arrière. On nous a maintes fois mentionné qu’une part grandissante de la clientèle renouait main tenant avec des valeurs responsables comme la qualité,

la durabilité et le respect de l’environnement, plutôt que de simplement se soucier du prix d’un produit. On s’en doutait, mais c’était réjouissant qu’on nous le confirme.

Par exemple, animé par un sincère souci de qualité et du détail, Antoine Carignan-Turcotte, de l’Atelier Speakeasy, a choisi d’opter pour un mode de conception et de fa brication à échelle humaine, quitte à devoir garder sa production slow et artisanale. Chez Stûv, on a fait de poêles et de foyers, autrefois purement fonctionnels, des objets de beauté contemporains, sobres et épurés, permettant d’ajouter une dimension émotive à l’expé rience de chauffage. Quant à elle, l’entreprise Doyle op tométristes & opticiens a entamé ces dernières années une refonte physique de ses boutiques à travers le Québec afin de revoir en profondeur leur concept pour remettre le savoir-faire au cœur de l’expérience client.

Finalement, quand Lorène Copinet, l’une de nos fi dèles collaboratrices, nous a proposé de publier son court récit de fiction Voyage à Mamanek, où son héroïne Jeanne part à la conquête d’une île rêvée où l’écores ponsabilité serait reine, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’il y avait quelque chose de symétrique dans tout ça, quelque chose comme les vrais signes d’une révolution responsable, d’un retour à l’essentiel – au risque de paraître naïf.

Et vous, constatez-vous que vos habitudes changent depuis quelque temps ? Remarquez-vous que vous consommez autrement, de façon plus judicieuse ?

Au nom des membres de la petite famille de Ligne, je vous fais tous nos meilleurs vœux pour le temps des Fêtes. Que 2023 vous permette de connecter davantage avec ceux que vous aimez et ce qui vous passionne. Qu’elle vous permette de ralentir, de mieux voir, de mieux res sentir et de mieux comprendre la préciosité de la vie et du monde, de ce qui est là, tout autour. Qu’elle fasse naître en vous des projets stimulants, comme des points de fuite vers lesquels tendre. Qu’elle soit signifiante et positive.

Bon hiver et bonne lecture,

| et toute l’équipe de Ligne

éditorial
Dave Richard | Éditeur daverichard@magazineligne.ca

DANS NOTRE MIRE

« Demain ne sera pas comme hier.

Il sera nouveau et il dépendra de nous.

Il est moins à découvrir qu’à inventer ! »

| Gaston Berger, philosophe français

Amaury D’Hulst , miroir Manatsu . © Amaury D’Hulst

Dans notre mire

AVEC FINESSE

Fruit d’une collaboration entre l’architecte Ravi Handa et l’artiste multi disciplinaire Jeremy Le Chatelier, la Combchair est constituée d’une base en béton, de laquelle émergent ses fins renforcements d’acier, taillés de façon à former un siège. Sculptural, ce « meuble d’art » est exclusivement fait de béton et d’acier, chaque matériau s’appuyant sur l’autre, tant sur le plan esthétique que pratique. Le béton ancre la chaise au sol grâce à sa masse et à sa résistance à la compression, alors que le siège naît de l’extension élégante de l’armature requise à la création de la base de béton qui, autrement, n’aurait qu’une fin utilitaire. Ainsi mariés, les deux matériaux ultrarésistants évolueront de façon naturelle dans le temps, développant une patine commune. « Notre intention était d’explorer le chevauchement de l’art et du design en créant un objet tangible et re connaissable », explique le duo. Vue de face, la chaise disparaît presque ; de profil, elle s’impose, moderne et audacieuse. La Combchair se dé cline en deux versions : l’une naturelle, l’autre blanche.

AU CHAUD DANS LA SOIE D’AMÉRIQUE

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous connaissez bien l’asclé piade. Il s’agit de cette plante indigène qui colonise les champs inexploités, les terrains en friche et les bords de route d’Amérique, avec ses fleurs en ombelles et ses fruits bourrés de longues soies blanches, d’où s’écoule parfois un latex blanchâtre semblable à du lait. Les asclépiades jouent un rôle important au sein de leur éco système, et même essentiel dans la vie de nombreux insectes et animaux pollinisateurs, dont les papillons monarques. Maintenant, grâce à des entreprises innovantes comme Lasclay, ces plantes polyvalentes s’invitent également dans notre quotidien, puisque les fibres attachées à leurs graines ont une structure tubulaire presque parfaitement ronde, les rendant particulièrement effi caces comme isolant thermique. Elles sont aussi naturellement enduites d’une cire qui repousse complètement l’eau. Les vête ments et produits isolés à l’asclépiade gardent donc au chaud… et au sec ! Les produits de Lasclay – mitaines, foulards, bandeaux, cache-cous, glacières – sont locaux, fabriqués de façon respon sable et véganes ; non seulement leur isolant est plus respectueux de l’environnement, mais à long terme, tout porte à croire que la culture à plus grande échelle de l’asclépiade pourrait s’avérer très bénéfique pour des espèces comme le monarque, peut-être même le sauver de l’extinction. « Notre mission est de démocrati ser la place de l’asclépiade dans les vêtements hivernaux afin de remplacer les isolants moins responsables. Nous croyons qu’il est possible et nécessaire de faire des produits localement, de la ré colte jusqu’à la confection », explique l’entreprise.

JeremyLeChatelier.com jeremylechatelier RHA.works rhaworks
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AmauryDhulst.com amaury.dhulst

ÉMERVEILLEMENT VISUEL

Né en France, Amaury D’Hulst a étudié le design de produit à Lille, puis l’esthétique de l’objet en Belgique. Depuis 2019, il ex plore la cocréation entre designer et intelligence artificielle dans le cadre d’un projet de maîtrise à l’Université du Québec à Montréal. En 2021, son miroir Manatsu remportait la certification bronze de la catégorie Étudiant – Design industriel / Objet / Mobilier aux Grands Prix du design.

Pour faire de ce miroir primé un objet fonctionnel, mais aussi un objet de réflexion, de contemplation, le designer s’est inspiré de l’expérience humaine et du souvenir. Teintée d’un dégradé de cou leurs chaudes, la surface facettée découpée en cercle parfait du Manatsu reflète une image pixelisée et chaleureuse, plus rythmée, plus profonde, entre le passé et le présent – un travail graphique exécuté par la machine, élaboré grâce à un algorithme de traite ment de la couleur.

Prolifique et inventif, le jeune designer a déjà plusieurs autres créa tions à son actif, dont la charmante collection de nichoirs Mooka,

la lampe de bureau transparente E.OLY, l’élégante table basse en granit Sidebord, la collection de chandeliers Calorkolt, fabriquée à partir de chutes de production de marbre noir et blanc de carrare, et l’assise à monter soi-même Amily, à mi-chemin entre le tabouret et le siège d’appoint. Poussant un peu plus loin les recherches en tamées avec Manatsu, il a aussi imaginé un deuxième miroir, Wong, celui-là anguleux et tout en dualité. Enfin, la très jolie bibliothèque Yu, élégante et légère, réinterprète la typologie classique de l’es thétique scandinave en y intégrant une touche de poésie japonaise.

« Mes dessins sont la retranscription d’une sensibilité personnelle que je tente de partager dans chaque objet avec son utilisateur », explique D’Hulst. « Cette sensibilité s’exprime à travers la matière, la forme ou la fonction. Mon rôle en tant qu’artiste et designer est d’offrir aux gens une expérience d’émerveillement visuel susci tant un bien-être émotionnel. » Le Studio Amaury D’Hulst est ac tif et ouvert à développer des pièces uniques pour des projets de particuliers et de professionnels, en plus de continuer à créer ses propres objets. À suivre !

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AU CŒUR DU DÉVELOPPEMENT

DE LA VILLE

La Société de développement Angus est une entreprise d’économie so ciale et un organisme à but non lucratif, spécialisée dans le développement et la revitalisation urbaine. En collaboration avec la pratique d’architecture Provencher_Roy et avec le soutien financier de l’agence de création, de marketing et de communication lg2, elle présente depuis le 15 septembre, Lignes de désir, une série web en deux volets – trois web-épisodes et trois balados – comprenant au total près de deux heures trente de contenu origi nal, au fil desquelles architectes, urbanistes, experts en développement et universitaires soulèvent certains enjeux au cœur du développement de la ville, notamment le verdissement, le logement, la densification et l’aborda bilité. Lignes de désir présente des témoignages authentiques et touchants d’acteurs du développement, mais aussi de citoyens, comme l’actrice et dra maturge Christine Beaulieu, qui partage sa vision toute personnelle de son quartier et parle d’enjeux sociaux et économiques urbains qui la touchent. Réalisée par Nadine Gomez et Philippe-David Gagné, la web-série propose des images saisissantes, sur quatre saisons, de différents lieux de Montréal, dont les Habitations Saint-Michel Nord, le Parc Frédérick-Back, les serres sur toits des fermes Lufa et le Technopôle Angus. Les trois épisodes en balados sont quant à eux réalisés par l’équipe de Magnéto et animés par la journa liste Karima Brikh. Une série à voir, à écouter… et à méditer, pour aménager dès aujourd’hui, de façon plus humaine, la ville de demain.

SDA-Angus.com/lignes-de-desir societededeveloppementangus sda_angus

INDÉMODABLEMENT VÔTRE

L’œuvre de Jean Prouvé lui a valu une place importante dans l’histoire de l’architecture et du design. Depuis 2002, le fabricant suisse de mobilier Vitra travaille en étroite col laboration avec la famille du constructeur iconique pour rediffuser certaines de ses créations sous forme de réé ditions. Vingt ans plus tard, cette collaboration demeure toujours aussi fructueuse et vivante: en effet, Vitra réédi tait cet automne l’Abat-Jour Conique réalisé par Prouvé en 1947 pour la lampe murale Potence, le Tabouret No 307, le Tabouret Métallique et le Rayonnage Mural, conçu par Prouvé en 1936 pour l’École Nationale Professionnelle de Metz. En même temps, Vitra mettait à jour sa collection Prouvé en l’offrant dans de nouvelles couleurs que ce der nier avait lui-même développées. Ainsi, au Deep Black, au Japanese Red et au Blanc Colombe déjà offerts s’ajoutent le Gris Vermeer, le Bleu Dynastie, le Blé Vert et le Bleu Marcoule, ainsi qu’une variante nommée Métal Brut en acier enduit d’un vernis protecteur transparent qui laisse apparaître le matériau brut. Comme quoi il suffit parfois d’un peu de couleur pour recontextualiser des formes indémodables !

Vitra.com vitra
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FINE CUISINE

Filiale du plus grand fabricant d’électroménagers d’Europe, BSH Électroménager fabrique et commercialise les produits Gaggenau, Thermador et Bosch dans toute l’Amérique du Nord. Cette année, elle inaugurait sa nouvelle salle d’exposition, L’Atelier Studio d’Électro ménager, située dans le quartier Griffintown, à Montréal. Conçu pour créer une expérience immersive et accueillante, ce nouvel espace à la fois très beau, bien pensé et ultrafonctionnel rehausse l’expérience de la visite en salle d’exposition en permettant des démonstrations de cuisine en direct, des consultations et des séminaires. En tout temps, une équipe d’experts est sur place pour discuter cuisine et design afin de guider les visiteurs et de les aider à choisir les appareils qui leur conviennent de la façon la plus éclairée qui soit.

« L’emplacement historique de la nouvelle salle d’exposition est idéal pour accueillir nos marques qui ont également un riche héritage », ex plique Steve Preiner, directeur du marketing chez BSH Électroménager.

Depuis 1683, Gaggenau offre des appareils d’une qualité inégalée –littéralement ; techniquement parfaits, ils comblent les chefs les plus exigeants. Les luxueux appareils Thermador, quant à eux, jouissent d’une conception qui fusionne l’art et la science à un design clas sique depuis plus de 100 ans. Finalement, la marque Bosch propose des produits qui simplifient la vie tout en surpassant les attentes des consommateurs en matière de silence, d’efficacité et de design.

Les consommateurs et les professionnels de l’industrie sont invités à prendre rendez-vous pour une consultation ou une démonstration culinaire en direct avec l’un des chefs cuisiniers de la salle d’exposition.

L’Atelier Studio d’Électroménager 61, rue Peel, Montréal, Qc H3C 0W3

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StuvAmerica.ca stuvamerique stuv_america

LE FEU D’ABORD

Fondée en Europe en 1983, l’entreprise de conception et de fabrication de poêles et foyers Stûv est synonyme de qualité et de beauté. Depuis 2007, ses appareils sont adaptés et certifiés au Canada grâce à un couple de Québécois, Vincent Boudreau et Nadia Gilbert, qui a eu la brillante idée, par un après-midi de feuilletage de magazines, d’importer ces appareils exceptionnels en Amérique du Nord.

« En tombant sur une publicité Stûv européenne, Vincent a été happé par la présentation artistique du produit – une approche peu courante dans le domaine des appareils de chauffage », raconte Nadia Gilbert. « C’est lui qui a été l’entrepreneur visionnaire qui a tout de suite vu le potentiel et la pertinence d’impor tation de la marque en Amérique du Nord. À l’époque, l’entreprise connaissait une énorme croissance en Europe, alors qu’en Amérique du Nord, des appa reils de chauffage au bois au design contemporain, il n’y en avait pas. Rapidement, Vincent a contacté l’entreprise en Belgique, mais les gens là-bas n’envi sageaient pas de percée du marché nord-américain. Ils nous ont quand même invités à venir visiter leurs installations. Il était d’ailleurs très important pour Vincent d’aller confirmer que la qualité des produits correspondait à l’image véhiculée par la marque. Sur place, nous avons rencontré des gens très simples, des gens d’action et de cœur, qui défendaient des valeurs qui correspondaient aux nôtres. Nous avons

vécu un coup de foudre humain ! Nous avons aussi découvert des produits vraiment innovants qui sur passaient toutes nos attentes. »

Vincent Boudreau est donc rentré au Québec avec une entente d’importation et de distribution des appareils Stûv en Amérique du Nord. Au départ, les appareils étaient importés de Belgique, dé montés, modifiés pour correspondre aux normes nord-américaines, puis remontés, ce qui doublait la main-d’œuvre d’une partie de la fabrication et cau sait d’inévitables pertes matérielles.

« Les certifications ont été très longues et très oné reuses à obtenir. Au moins deux ans se sont écoulés avant qu’on puisse commercialiser deux ou trois mo dèles américains… Puis la certification EPA qui régu larisait pour la première fois les taux d’émissions de particules est entrée en vigueur et il a fallu entamer un nouveau processus de certification. »

|
+
Texte
| Dave Richard Photos
Stûv America
Oblica + Audric Gagnon – PENGUIN
Dans notre mire 14

C’est à peu près à cette époque que Vincent a de mandé à Nadia de se joindre officiellement à l’entre prise. Pour eux, il s’agissait de l’occasion d’une vie.

« Soudainement, ça simplifiait tout, à la fois au point de vue familial et entrepreneurial », explique Nadia. « Nous avions des forces complémentaires ; c’est alors devenu un projet de couple, un projet commun. »

Alors que les architectes et designers québécois s’emballaient littéralement pour les produits nouvel lement disponibles, les premières approches auprès de détaillants se sont révélées ardues.

« On prétendait qu’il n’y avait pas de marché, mais les mentalités ont ensuite rapidement changé. Les gens se sont tout à coup mis à vouloir un appa reil de chauffage surpassant la fonction, un appareil autour duquel on peut se rassembler, décrocher, renouer avec la lenteur… En offrant une pleine vue

sur le feu, en tentant de faire disparaître au mieux l’appareil au lieu de le mettre en valeur, Stûv était la réponse parfaite à ces désirs-là. Elle réinventait l’ex périence de chauffage en y ajoutant une dimension émotive – et à l’époque, elle était encore la seule à le faire. Stûv était également précurseure sur le plan du design ; ses appareils contemporains, sobres et épurés n’avaient soudainement plus besoin d’être cachés au sous-sol et pouvaient très bien être intégrés à la cuisine, à la salle à manger ou à la salle familiale. Parce qu’ils savaient qu’ils allaient profiter davantage de leur achat, et plus longtemps, les consommateurs étaient également prêts à investir plus. »

Aujourd’hui, Stûv America est une entité à part entière qui fabrique ses propres poêles et foyers à sa manufacture de Bromont. Quand la demande locale devient trop forte, la Belgique peut cepen dant intégrer les commandes nord-américaines à sa production.

Actuellement, les appareils Stûv sont vendus chez des détaillants multimarques, souvent au sein de « Stûv Studios », de petits magasins dans de plus grands magasins où les produits peuvent être mis en scène dans un esthétisme inspirant et branchés pour qu’on puisse les voir brûler. L’ouverture éven tuelle de boutiques monomarque est cependant en visagée « parce que c’est la clé pour comprendre la valeur ajoutée de Stûv – l’effacement de l’appareil, la vision maximisée sur le feu. Tant qu’on n’a pas ex périmenté un foyer Stûv, ça reste une boîte éteinte, mais dès que le feu s’allume, on ne l’oublie plus. »

En région nordique, comme au Québec, mieux concilier chauffage et écologie devient primordial. Grâce à une entreprise comme Stûv, engagée depuis ses débuts à concevoir et à fabriquer des appareils d’une qualité exceptionnelle, fondamentalement beaux et intrinsè quement performants, on peut envisager l’avenir des systèmes de chauffage avec davantage de confiance.

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DE BOUCHE À OREILLE

À contre-courant de la production de masse, l’Atelier Speakeasy opte pour un mode de conception et de fabrication à échelle humaine, slow et artisanal. Chaque meuble et objet produit par l’Atelier est conçu à la main avec un sincère souci de qualité et du détail par Antoine Carignan-Turcotte, artisan fondateur, qui souhaite offrir des objets et pièces de mobilier durables esthétiquement, fonctionnel lement et émotionnellement. Diplômé en ingénierie, mais attiré de puis toujours par la création, le jeune entrepreneur a d’abord tâté le cuir en transformant des valises vintage en haut-parleurs inusités, puis, lentement, c’est le travail du bois qui s’est imposé à lui, jusqu’à devenir une passion. Maintenant ébéniste autodidacte, il offre un service de conception de meubles sur mesure, tout en dévelop pant des collections thématiques, comme Solstice, la première, qu’il lançait au début de 2022 et qui s’inspirait du Japandi, un courant conjuguant le style minimaliste scandinave au design épuré japo nais. « L’Atelier Speakeasy, c’est un secret bien gardé ; on le connait de bouche à oreille parce que mon mode de production artisanal ne me permet d’offrir que quelques produits à la fois », explique Antoine Carignan-Turcotte. « À travers chaque collection, je déve loppe un style de plus en plus personnel et me surprends à surpasser mes limites techniques. La lenteur de ma production promeut un retour à l’achat d’objets de qualité, uniques, durables et sains, plutôt qu’à une quantité d’objets standardisés et bas de gamme. Je favo rise l’utilisation de matériaux nobles, en particulier le bois local, et priorise la distribution à plat pour les produits de mes collections, dans le but de limiter son impact environnemental. » Passez le mot !

SpeakeasyMTL.com speakeasy.mtl atelier_speakeasy

ÉLECTROS EN COULEURS

Grâce à sa gamme d’électroménagers sur mesure Bespoke, Samsung propose une expérience plus holistique et multiplie les possibilités d’aménagement en présentant de nouvelles op tions de conception personnalisables, des services connectés plus intelligents ainsi que des solutions durables pour prolon ger le cycle de vie de ses produits. Réfrigérateurs, cuisinières, fours à micro-ondes, lave-vaisselles, laveuses et sécheuses sont maintenant offerts dans des couleurs élégantes et des finitions haut de gamme, et avec des fonctionnalités mises à jour. Conçus pour être flexibles, durables et efficaces, les appa reils de la famille Bespoke peuvent être personnalisés à l’achat, puis modifiés par la suite – lors d’une rénovation, par exemple. Certains appareils jouissent de caractéristiques innovantes, comme la fonction « Sense-to-Open », qui ouvre la porte du four Bespoke d’une simple pression rendant possible un de sign élégant et minimal sans poignée. La laveuse et la sécheuse Bespoke IA peuvent quant à elles laver et sécher des vêtements en une heure seulement grâce aux fonctions « Super Speed Washer » et « Super Speed Dry ».

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Samsung.ca samsungcanada samsung_bespoke

NET ET PRÉCIS

Swash est le premier détergent à lessive liquide de la société Whirlpool. Conçu pour mieux nettoyer, mais aussi pour pro téger les tissus, il simplifie la routine de façon astucieuse. Le capuchon doseur précis de sa bouteille compacte élimine les approximations lorsqu’on mesure la bonne quantité de dé tergent, et sa formule huit fois plus concentrée lave quatre fois plus de brassées que le détergent traditionnel le plus concen tré. Swash permet donc de laver plus avec moins de détergent, c’est-à-dire jusqu’à 83 brassées. Il est très facile à utiliser,spé cialement conçu pour augmenter la capacité de n’importe quelle laveuse à combattre les taches. Offert en deux versions, Swash rafraîchit les vêtements d’un parfum léger et classique, ou sans parfum ni colorant, dans sa version neutre. Au fil du temps, l’utilisation d’une trop grande quantité de détergent peut cau ser des odeurs, laisser des résidus nuisibles dans la laveuse et sur les vêtements, ou les décolorer ; Swash prévient ces désa gréments. C’est probablement pour ça qu’il a été élu gagnant de la catégorie des produits ménagers lors du 29e gala annuel du Grand Prix canadien des nouveaux produits !

NOTES DE CŒUR

Liberté, nature sauvage, sensualité : CHALET, la première fragrance unisexe créée par Gaspard Premier en petit lot, à la main, à Montréal, évoque avec subtilité les es capades en forêt, les soirées romantiques auprès du feu, les nuits à la belle étoile… Développée durant cinq ans, CHALET harmonise des notes de cèdre, de vétiver et de Cade fumé et se décline en une famille de produits com posée d’une huile de corps et de cheveux, d’une eau de parfum, d’une brume d’ambiance et de cônes d’encens. Faite à partir d’un mélange d’huile de jojoba bio et d’un complexe de vitamines B et E, l’huile dégage un parfum léger et riche tout en maintenant la peau confortable ; elle aide aussi à la réparation des cheveux. La brume d’ambiance et les cônes d’encens sont quant à eux par faits pour parfumer le lit ou la maison. Finalement, l’eau de parfum sera bientôt disponible et contenue dans une bouteille unique conçue artisanalement par un souffleur de verre. « Pour nous, une fragrance bien faite permet de créer de façon intime des moments spéciaux et de prendre soin de soi », explique Raphaël Gaspard, fondateur de la marque. Gaspard Premier développe une production responsable et n’utilise que des ingrédients véganes, naturels et botaniques, choisis dans le but de réduire au minimum l’impact de ses produits sur l’environnement.

GaspardPremier.com gaspardpremier.wildperfumes

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LUXE « MADE IN FRANCE »

Depuis 1860, les meubles exceptionnels de la marque française Ligne Roset sont synonymes d’élégance et témoignent d’un savoir-faire unique dans le domaine du mobilier haut de gamme. Arrière-arrière-petit-fils du fondateur de la marque, Antoine Roset en est aussi le directeur marketing. Nous avons eu le privilège de le rencontrer lors de son dernier passage à Montréal pour discuter avec lui du riche patrimoine de Ligne Roset et de quelques pièces iconiques du fabricant, dont le légendaire Togo qui fêtera ses 50 ans en 2023.

« Mon arrière-arrière-grand-père, qui s’appelait aussi Antoine Roset, avait investi dans une roue à aubes qui permettait d’activer un outil pour tourner le bois. En phase avec la mode féminine de l’époque, il s’en servait pour fabriquer des cannes pour ombrelles. Il employait alors une trentaine de salariés, mais mal heureusement, les modes ont changé et les omb relles ont lentement été abandonnées. C’est à ce moment-là qu’il a eu l’idée de reconvertir ses tours à bois pour fabriquer des pieds et des barreaux de chaises, puis rapidement, il est passé à la fabrication de chaises complètes. »

Sans le savoir, Antoine Roset – l’aïeul – venait alors de mettre au monde l’une des marques de mobilier les plus réputées du monde et de changer à jamais l’histoire du design français, même s’il faudra at tendre le milieu des années 1960 pour que l’entre prise Roset prenne l’ampleur qu’elle a aujourd’hui, première et seule marque française à tenir les rôles de fabricant, d’éditeur et de distributeur.

« Le fait d’être éditeur-fabricant-distributeur nous donne une liberté totale. Je crois qu’aujourd’hui, cette liberté est essentielle pour n’abîmer ni le des sin, ni la qualité, ni les relations humaines qui mènent au produit. Il faut souvent beaucoup de recherche pour créer une pièce qui se rapproche le mieux pos sible de son dessin. Chez Roset, nous avons la liberté d’aller au bout de ce processus. Pour apprécier un produit et pour le faire connaître, il ne suffit pas non plus de le mettre en marché ; les succès instantanés sont rares. Pour apprécier et faire connaître un pro duit, il faut du temps, et chez Roset, nous avons aussi la liberté de prendre ce temps. »

À la fois sobres et audacieuses, les collections Ligne Roset réinventent année après année le confort mo derne et l’art de bien vivre à la maison, conçues par les plus grands talents du mobilier contemporains. C’est d’ailleurs une rencontre à la fin des années 1960 entre Jean Roset, qui tenait alors les rênes de la

Dans notre mire
Texte | Dave Richard
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Photos | Bonnallie Brodeur
Ligne-Roset.com ligneroset

marque, et un créateur visionnaire, Michel Ducaroy, qui a propulsé Ligne Roset dans la modernité.

« Suite aux deux grandes guerres, notre société tra vaillait étroitement avec l’État pour reconstruire la France en fabriquant du mobilier institutionnel d’ins piration scandinave : bois, lignes simples, design sage, propre et lisse… Nos meubles étaient destinés à de grands organismes sociaux, des collèges et des ly cées, des hospices civils, des centres universitaires, des maisons de retraite. Pressentant l’explosion créative des années 1970, mon grand-père voulait pérenniser l’entreprise et réorienter son activité. C’est à cette époque que nous nous sommes lancés dans l’édi tion et la distribution et que nous avons commencé à collaborer avec des designers. Michel Ducaroy sor tait de l’École Nationale des Beaux-Arts de Lyon ; il était passionné par les nouveaux matériaux, comme la mousse, la ouate et le plastique thermoformé. Il a proposé à mon grand-père de concevoir pour Roset des assises faites uniquement de mousse, sans

structure de bois. Mon grand-père a trouvé l’idée si intéressante qu’il a nommé Ducaroy directeur artis tique. En 2021, nous rééditions le sofa modulable Asmara, créé à cette époque par Bernard Govin. C’est un sofa où il est plus facile de s’étendre que de s’assoire… C’était très audacieux de proposer ça en 1967 ! Roset, Ducaroy et Govin avaient déjà senti venir la révolution. »

Puis en 1973, Ducaroy crée lui-même le Togo, siège culte à l’allure intemporelle, à la silhouette capi tonnée conçue entièrement de mousse, sans point dur, vendu à plus de 1 280 000 exemplaires dans le monde et qui n’a jamais cessé d’être fabriqué depuis.

« À sa sortie, le Togo n’a pas connu un succès ter rible. Les deux ou trois premières années, les ventes n’étaient pas au rendez-vous. Les gens avaient du mal à s’y voir ; ils comprenaient mal sa forme relâ chée, ne savaient pas comment s’y assoire… C’est la nouvelle génération, celle des soixante-huitards

révolutionnaires, qui a vu dans l’ADN du Togo un symbole de liberté, de rupture avec la norme et une vision nouvelle de la vie domestique. C’est cette génération qui l’a adopté. Le Togo, on s’assoit par terre et on s’y adosse, on s’en sert comme coussin, on s’y couche, on s’y vautre… Soudainement, grâce au Togo, on développait une nouvelle façon d’être au salon, d’être ensemble. Soudainement, le canapé devenait un lieu de vie. »

Il y a déjà plus de 40 ans que Ligne Roset est dispo nible au Québec, grâce au partenariat de la marque et de Maison Corbeil.

« Chez Ligne Roset, nous aimons travailler avec des designers peu ou pas connus, pour les aider à se dé velopper et construire avec eux des partenariats très longs. Nous aimons l’esprit de famille. Nous avons la même attitude au point de vue commercial; nous ai mons nous lier à des entreprises qui partagent nos valeurs et bâtir sur ces bases des relations solides. »

Texte | Léonie Hottote Photos | Alex Lesage Atelier Zébulon Perron 6250, rue Hutchison, bureau 402 Montréal, Qc H2V 4C5 514 844-6357 ZebulonPerron.com zebulonperronetassocies atelierzebulonperron
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LE CONFORT EST DANS LA BOÎTE

Nook, c’est la marque sœur de la jeune entreprise montréalaise Cozey, première compagnie de divans vendus en ligne et livrés en boîte au Canada. Nook, c’est aussi une nouvelle marque innovante en matière d’ameublement modulaire fa briqué localement, qui bénéficie de la riche histoire manufacturière et artisanale de l’industrie du meuble canadien. Nook reprend la modularité et la simplicité de l’assemblage sans outil mis au point par Cozey permettant une personnalisation et une configuration infinie de ses canapés. Ce système d’assemblage polyva lent en instance de brevet permet de monter, mais aussi de démonter, de dépla cer, de reconfigurer et d’ajouter des modules à son canapé Nook – ce qui peut en faire le seul canapé dont on a besoin tout au long de sa vie. Grâce à l’exper tise de Cozey sur le plan de la conception et de l’efficacité de son processus de distribution dans des boîtes standardisées, Nook arrive sur le marché avec des meubles hauts de gamme garantis à vie faits de tissus très résistants, de cuirs ita liens de première qualité, de structures en bois solides et de couches combinées de mousse à haute densité. Reflétant la confiance de la marque envers ses pro duits, Nook offre une période d’essai de 100 jours sur ces derniers.

En plus d’offrir sa gamme de canapés modulaires, Nook travaille également en partenariat avec des designers locaux afin de créer des collections exclusives d’accessoires. Cet automne, l’entreprise dévoilait le fruit de trois premières col laborations avec ALLSTUDIO, Flavio et Luminaire Authentik. Avec ALLSTUDIO, Nook a élaboré la table Loop au look moderne et minimal et offerte en quatre teintes inspirées de la nature, avec deux tailles de plateaux et deux hauteurs de pattes à agencer au gré de ses envies. Avec la designer Flavie Lechat, alias Flavio, qui utilise des textiles recyclés et de source éthique afin de créer des vêtements et des accessoires aux couleurs vibrantes, Nook a conçu un trio de coussins fa briqués à la main. Finalement, Nook a imaginé avec l’équipe du populaire fabri cant Luminaire Authentik une série de lampes sur pied ou à pince aux formes ludiques et aux teintes douces. Excitantes, ces trois premières associations nous réjouissent et laissent envisager de belles choses à venir chez Nook, et chez nous – au propre comme au figuré !

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NookLiving.ca

FILIATION

L’histoire de l’entreprise de mobilier Herman Miller s’est construite au fil de col laborations créatives. Il y a plusieurs années, la compagnie approchait Rolf et Mette Hay, cofondateurs de la maison de design danoise HAY, en leur deman dant ce que pourraient faire ensemble les deux sociétés de design qu’elles ne pourraient pas faire indépendamment. Une question à la fois simple et com plexe, à laquelle elles répondent enfin après des années de réflexion, de re cherche et de tests, en dévoilant une collection unique en son genre de huit pièces conçues à l’origine par Ray et Charles Eames pour Herman Miller et judicieusement réinventées par HAY pour plaire à une nouvelle génération. Parmi elles, le support à manteaux Eames Hang-It-All, la table basse Eames Wire Base, les populaires chaises en plastique moulé et la Eames Wire Chair faite de fils de fer. La nouvelle palette de couleurs de la collection s’inspire d’un textile, Jacob’s Coat, conçu pour Maharam par Alexander Girard, un collaborateur des Eames. La palette de matériaux a également été élargie, intégrant entre autres du verre et du plastique recyclé post-industriel. Difficile de ne pas voir dans cette proposition charmante la cristallisation d’un lien créatif et spirituel presque filial entre les Eames et les Hay – deux couples de design partageant un même amour pour la couleur, pour les formes pures et l’expérimentation, concevant des objets simples pensés pour le grand nombre, sans se canton ner dans un style précis et qui savent tirer parti des possibilités de leur époque.

HermanMiller.com

CHARMANT SPECTACLE

C’est officiellement en janvier 2022 qu’est entré en scène le Café Constance, dont le nom honore celui de Constance Pathy, membre du conseil d’administration et mécène hors pair des Grands Ballets canadiens œuvrant à faire rayonner les arts de la scène au Québec ; un choix judicieux pour ce café aménagé dans le hall d’entrée de l’édifice Wilder, bâtiment consacré à la danse et où logent plusieurs compagnies et écoles telles que l’Agora de la danse, Tangente, l’École de danse contemporaine de Montréal et les studios des Grands Ballets.

Localisation Montréal, Qc
Type de projet Rénovation Réalisation 2022 Superficie 1 390 pi2 | 130 m2 Conception 4 mois + Travaux (non consécutifs)
Texte | Léonie Hottote Photos | Alex Lesage Atelier Zébulon Perron 6250, rue Hutchison, bureau 402 Montréal, Qc H2V 4C5 514 844-6357 ZebulonPerron.com zebulonperronetassocies atelierzebulonperron Café Constance 1435 rue De Bleury, Montreal, Qc H3A 2H7 438 788-1202 cafeconstance CAFÉ CONSTANCE ATELIER ZÉBULON PERRON 23

C’est l’Atelier Zébulon Perron – dont la notoriété n’est plus à faire en ce qui a trait à la conception d’espace raffiné dans le domaine de l’hôtellerie et de la res tauration – qui a assuré la conception de ce nouveau lieu de rencontre romantique, poétique et élégant.

Jouant de contrastes avec l’architecture contempo raine et minimaliste du nouvel immeuble, l’équipe de création a opté pour une approche art déco. « L’objectif derrière ce projet était de faire une pro position tout à fait hors propos de l’environnement existant », explique Zébulon Perron, fondateur et designer principal de l’Atelier.

C’est donc avec de magnifiques et délicates sus pensions roses aux allures de jupes de danseuses que chaque client est accueilli à toute heure de la

journée. Qu’il s’agisse des visiteurs qui assistent aux représentations, du personnel de l’immeuble ou des artistes eux-mêmes, tous se côtoient dans un espace qui transite entre l’ambiance de café, en journée, et celle d’un bistro, les soirs de spectacles.

Pour donner à l’espace un aspect spectaculaire, les concepteurs ont usé d’une extravagante palette de couleurs et de matériaux, mariant papier peint et tapis à motifs floraux, banquettes recouvertes de cuir et de tissu fleuri, lampes à abat-jours à franges dorées, mobilier de bois, accents métalliques, teintes de jaune, de rose poudre, de lilas et de bleu sarcelle.

Ajoutant au charme de la pluralité des textures, cer tains éléments du décor, comme les célèbres chaises en bois courbé Thonet, rappels des cafés européens,

et la marquise surplombant le bar évoquant les loges de théâtre, soulignent autant la singularité de cet en droit que le génie et la grande sensibilité de l’équipe de Zébulon Perron à amalgamer des styles architec turaux d’époques rigoureusement différentes.

Empreintes d’élégance, de grâce et faisant écho au mouvement, les pièces de mobilier permettent éga lement la déambulation fluide des clients. Les jeux de volumes et de hauteurs pondèrent la hauteur sous plafond du hall de l’édifice Wilder et créent une ambiance intime digne des boudoirs de l’époque victorienne. Idéal pour discuter de nouveaux pro jets ou commenter les performances artistiques, le Café Constance risque de devenir rapidement une adresse chouchou du centre-ville montréalais.

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Construction | Archetype Construction Équipe de conception | Zébulon Perron + Christopher Barrie + Mathieu Belen + Adréanne Guillemette + Adam Robinson

Localisation 12 des 21 boutiques

Type de projet Rénovation

Réalisation 2018 à aujourd’hui

Superficie

+ Budget

+ Conception

+ Travaux Selon la boutique

BIEN VU

L’entreprise familiale québécoise œuvrant dans le milieu de l’optique Doyle célébrait en 2018 son 40e anniversaire et s’offrait pour l’occasion un nouveau concept de boutique complètement repensé au design épuré signé par Atelier Zébulon Perron. Regroupant 55 optométristes et 65 opticiens au sein d’un réseau de 21 boutiques à travers le Québec, Doyle souhaitait que cette refonte physique permette surtout une remise du savoir-faire au cœur de l’expérience client. Cela allait de soi, la première boutique à avoir subi sa mise au point est aussi la première ayant été ouverte en 1978 dans le quartier Saint-Henri à Montréal. Graduellement, le même modèle sera décliné dans toutes les boutiques du réseau, dont la moitié ont été réaménagées jusqu’à maintenant.

DOYLE Texte | Communiqué + Dave Richard Photos | David Boyer + Jimmy Hamelin + Guillaume St-Amand Atelier Zébulon Perron 6250, rue Hutchison, bureau 402 Montréal, Qc H2V 4C5 514 844-6357 ZebulonPerron.com zebulonperronetassocies atelierzebulonperron DOYLE 21 boutiques à travers le Québec Doyle.ca Doyleopto ATELIER ZÉBULON PERRON 27

« On évolue dans une industrie traditionnelle », ex plique Patrick Doyle, président de Doyle optomé tristes & opticiens. « Pourtant, au fil des ans, nous en sommes venus à constater que le parcours classique d’une visite chez l’optométriste provoquait certains irritants chez le client. On déplorait des présentoirs trop chargés qui, au final, compliquaient la sélec tion de la bonne monture ; on déplorait également l’aspect peu invitant du comptoir de réception dès l’entrée et le réflexe traditionnel de ne montrer que la lunetterie à l’avant en cachant tous les autres ser vices, comme les salles d’examens et de tests préli minaires ou le laboratoire de façonnage des verres. »

Les boutiques Doyle ont toujours été fortement an crées dans leur communauté et se sont toujours as surées d’être le reflet de la réalité locale. Il était donc évident pour elles de s’associer à un designer mon tréalais pour procéder à cette réinvention d’enver gure. L’entreprise souhaitait aussi débarrasser ses

boutiques de leur ambiance « clinique », sans sacri fier la fonctionnalité nécessaire au bien-être de ses professionnels. En ce sens, la grande expertise en de sign de restaurants d’Atelier Zébulon Perron s’avérait fort pertinente. Doyle souhaitait ses établissements confortables, intemporels, usant judicieusement de la lumière et intégrant du mobilier sur mesure.

« Dès les premières rencontres avec Zébulon Perron, avant même de discuter d’une signature gra phique, j’ai senti qu’il tentait de comprendre notre réalité opérationnelle. Il voulait savoir comment les choses se passent chez nous : comment circulent les gens ? Où vont-ils ? À quel endroit leurs trajets convergent-ils ? À quel endroit il y a des blocages ? Cette approche a vraiment été rassurante pour nous. Elle a confirmé que nous avions tous la même vision du projet, les mêmes préoccupations. Nous voulions tous que le design soit d’abord pertinent, parce que le désir de beauté allait de soi. »

À titre d’exemple, il fallait décloisonner les zones d’ajustements et de réparations pour donner à voir le travail des opticiens sur place et le mettre en va leur. Pour repenser en profondeur tous ces aspects, plusieurs optométristes et opticiens de Doyle ont aussi été mis à contribution; grâce à eux, certaines interactions ont pu être simulées et l’organisation de l’espace éprouvé. Des présentoirs en acier avec éclairage encastré ont été conçus pour mettre en va leur les produits et simplifier l’essayage de montures.

Un autre changement clé a été de revoir la dispo sition des postes de consultation, où les clients et les opticiens sont traditionnellement assis face à face. Grâce à l’aménagement de nouveaux postes constitués de chaises de barbier et de grands miroirs, le client est accueilli dans un environnement confor table et bien éclairé, et profite d’une prise en charge optimisée par les équipes en boutique. Autant que possible, on a fait appel à des fournisseurs québécois,

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« On a fait subir une cure de jeunesse et tout un processus d’épuration de l’expérience et du bruit visuel qui permettent aux gens de se sentir plus à l’aise et mieux guidés à travers l’espace »

comme les artisans de l’Atelier gris de Saint-Henri, qui ont fabriqué le mobilier sur mesure, ou ceux de Tungstene et Luminaire Authentik, dans le sud-ouest de Montréal, qui ont minutieusement façonné un éclairage idéal pour chaque zone.

Les premières rénovations servent aujourd’hui de ré férents, de « boîtes à outils » pour la conception des autres espaces ; sur le plan du design, quatre chartes cohérentes de finis, de matériaux et de couleurs ont été élaborées par Atelier Zébulon Perron et l’une d’elles est choisie pour chaque lieu, en tenant compte de la réalité du bâtiment existant et de son secteur.

« Le marché de la lunetterie est trop souvent axé uni quement sur le produit et son prix, négligeant tout le volet qui concerne le service des professionnels. Notre nouveau concept a été réfléchi de sorte à mettre en valeur les lunettes, mais également tout le savoir-faire de notre équipe », conclut Patrick Doyle.

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Quelques lignes

Voyage à Mamanek

Alors que le bateau reprenait le large, elle se souvenait de la première fois qu’elle avait entendu parler de cette île. C’était au cours d’une entrevue de William McDonough, où il partageait à quel point ce lieu, où l’écoresponsabilité était reine, avait transformé sa vision d’architecte et avait nourri la rédaction de ses livres sur le design circulaire. Elle avait alors dévoré tout ce qu’elle avait pu trouver sur l’histoire de l’île.

Un livre qu’elle avait consulté sur le bateau racontait que l’île avait été inhabitée pendant plusieurs décennies après que sa population avait été décimée au complet par une zoonose. L’île s’était ensuite repeuplée tranquillement au courant des années 1970, et construite de nouveau en s’inspirant de la philosophie écoféministe et des travaux d’écodesign de Victor Papanek. Apprenant des erreurs du passé, ses habitants avaient redessiné les grands axes de circulation du pays autour de la faune animale, respectant les parcours de migrations et remettant au cœur du design urbain la relation avec la nature.

Cela faisait plus de trois ans qu’elle attendait de pouvoir poser le pied sur cette île mythique. Mamanek avait la particularité de recevoir un nombre limité de touristes par année, afin d’accueillir le plus chaleureusement possible chacun d’entre eux dans le respect de ce que les infrastructures et l’agriculture locale pouvaient soutenir. Il fallait s’armer de patience pour avoir la chance de visiter ce lieu unique. Le droit d’y entrer n’était pas réservé à une élite financière, mais à ceux qui avaient à cœur de contribuer à enrichir l’île en partageant un savoir-faire, une pièce d’art, des techniques artisanales, etc.

Jeanne apportait avec elle dans le bateau le fruit de ses dernières années de recherches sur un design de climatisation en terre cuite servant à rafraichir de manière soutenable des étés de plus en plus chauds. À défaut d’intéresser les investisseurs de son pays,

Ils avaient pris du retard. Le bateau avait fait une escale pour éviter l’ouragan de catégorie 4 qui sévissait en pleine mer.

Jeanne avait profité de ces quelques jours de répit de ses nausées pour relire ses notes sur la conférence qu’elle s’apprêtait à donner.

Leur arrivée sur l’île de Mamanek était prévue dans deux jours.

qui voyaient d’un œil douteux l’usage de matériaux naturels comme la terre, considérée trop instable selon eux – ce qu’elle trouvait assez ironique —, elle savait qu’à Mamanek son travail serait apprécié.

Elle avait choisi d’y venir en cette période de l’année pour participer à sa célèbre biennale de design. Philippe Madec, Francis Kéré et Lucas Munoz, qu’elle avait croisés sur le bateau, seraient là. Elle se rappelait les photos de l’édition de l’année précédente, avec ses gigantesques pavillons en mycélium, et cette année, c’était l’algue qui serait à l’honneur. Pendant une semaine, de nouvelles formes, de nouvelles façons d’habiter l’espace animeraient l’île et seraient compostées à la fin du festival. Plus qu’une sélection de pièces de mobilier, cet évènement était une expérience qui proposait à chaque édition un nouveau rapport au matériel. La conception de l’objet allait au-delà de ses formes et les designers y interrogeaient son usage. L’important, ce n’était pas le canapé, l’assiette ou le luminaire qu’on y présentait, mais surtout la conversation qui s’y déroulait, le repas qui y était servi ou encore la pertinence de ce qu’on éclairait. Elle avait entendu dire que les habitants de Mamanek avaient un rapport bien différent à la propriété. La terre appartenait à tous ceux qui prenaient soin d’elle. S’approprier des terres ou des habitations était aussi saugrenu pour eux que s’approprier l’air.

Si une partie d’elle partageait ces valeurs, une autre ne pouvait s’empêcher de les trouver irréalistes. C’est comme si son cerveau n’était pas programmé pour penser en dehors de la vision économique et sociale qui avait conditionné toute sa vie. Tout autre système que le sien – aussi destructeur pouvait-il être – lui semblait sectaire ou dictatorial. Elle réalisait sa limite à imaginer une autre façon d’être au monde, plus vertueuse et en harmonie avec son environnement. Et tandis que l’île se dévoilait doucement à l’horizon, elle sentait combien ses repères allaient être bouleversés.

Ce territoire naturo-futuriste, à la fois autonome mais connecté, lui semblait un mythe, mais lorsqu’elle mit enfin le pied sur Mamanek, après un mois de traversée, elle put confirmer ce qu’elle avait lu et entendu à son sujet. Tout y était différent de ce qu’elle avait connu. La qualité de l’air, l’énergie des gens, la beauté de la nature et du bâti était partout. Sous ses yeux se dressait une gigantesque résille de bois aux lignes sinueuses comme une vague. Canevas d’une architecture vivante, les colonnes de ce pavillon d’accueil n’étaient nul autre que de vrais troncs d’arbre centenaires, nid d’une faune et d’une flore luxuriante. À l’image de bonsaïs géants, une partie des branches de ces immenses arbres avait été tissée et défoliée. Et dans certaines trouées de cet ouvrage de bois hors du commun, des algues séchées étaient tendues comme du cuir. Le soleil jouait au travers, peignant des lueurs proches des aurores boréales, tandis que le vent sifflait dans les autres brèches mises à nu comme dans des coquillages. Les yeux rivés sur cette voûte végétale, elle n’arrivait pas à détourner son regard, comme une enfant tombée dans le trou d’un kaléidoscope.

Suivant la foule qui se dirigeait vers le pavillon d’accueil, elle fut éblouie par les murs en pisé incandescents sous les rayons du soleil. Avec ses strates de terre de différentes couleurs, allant du rose saumoné, au beige, en passant par le jaune ocre et l’orangé, le bâtiment se fondait littéralement avec le paysage. En entrant dans l’édifice en terre crue, tous ses sens furent stimulés – par la lumière jaillissant des trous du dôme central qui donnait une impression de voûte étoilée, même de jour, et par les murs de terre crue dont émanaient une chaleur et une atmosphère incomparable; la qualité acoustique était surprenante au cœur d’un lieu si grandiose, comme si les murs écoutaient et buvaient toutes paroles. Et alors, aussi étrangère fût-elle, un bien-être rare lui donna soudainement l’impression d’être chez elle sur cette île où l’essentiel rencontrait la beauté.

Lorène Copinet est rédactrice dans le domaine du design. Fidèle collaboratrice de Ligne depuis deux ans, elle nous propose pour la première fois un court texte de fiction, Voyage à Mamanek, où elle nous fait découvrir, à travers les yeux de Jeanne, une île rêvée où l’écoresponsabilité serait reine, parce qu’elle considère que le monde mérite qu’on explore de nouvelles possibilités, entre autres en racontant de meilleures histoires.

Texte | Lorène Copinet
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Collage | Guillaume Bougie Riopel

« L’art doit être créé pour la vie, pas pour le musée. »

| Jean Nouvel, architecte français

Jean-Michel Basquiat, Beat Bop , 1983. Collection Emmanuelle et Jérôme de Noirmont. © Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York
ART

SCULPTER LE TERRITOIRE

Artiste visuelle canadienne au parcours remarquable, récipiendaire de prix et de nom breuses bourses et lauréate de plusieurs concours d’art public, Yechel Gagnon expose à l’échelle nationale et internationale. Cette année, elle faisait paraître une monographie autoéditée et bilingue présentant une rétrospective de ses œuvres et dévoilant les mul tiples facettes de sa pratique, de ses dessins éphémères à grande échelle à ses installations d’art public, en passant par ses contreplaqués sculptés. On y retrouve aussi des essais de l’architecte américaine Mira Locher, de la commissaire canadienne Virginia Eichhorn et de l’écrivain québécois Jean-Marc Desgent, dont les réflexions accompagnent et pré sentent près d’une centaine d’œuvres reproduites en couleur – des œuvres envoûtantes, intensément poétiques, romantiques, qui parlent de notre rapport à la nature, au territoire, au temps, entre intimité et vastitude. Réalisée par Réjean Myette, grand spécialiste de la publication muséale, la conception graphique de ce très beau livre a remporté un prix de la Société Alcuin pour son excellence. La reliure cabriolet apparente, surprenante, et la couverture rigide font écho à la matérialité intrinsèque du travail de Gagnon. L’objet de beauté, qui est distribué par Kama Pigments, peut être acheté en ligne ou en boutique.

Yechel Gagnon : Monographie, Yechel Gagnon, 144 pages, 79,95 $

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EN ATTENDANT LA SUITE

Nommé en 2016 conseiller en patrimoine au Conseil du patrimoine culturel du Québec, Laurier Lacroix a enseigné à l’Université Concordia et à l’UQAM, mené plusieurs expositions avec le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec, tout en menant des projets de recherche. Son ouvrage abondamment illustré Oser sa voix : La Galerie Roger Bellemare (1971-2021) retrace l’histoire de cette galerie ayant exposé au cours de ses 50 premières années une foule d’artistes marquants du Québec, en même temps que le parcours passionnel d’un artiste-collectionneur voulant de tout cœur promouvoir l’art contemporain à Montréal. Jadis apparte ment, atelier d’artiste, espace itinérant, occupante depuis 2000 d’un espace de l’édifice Belgo ayant pignon sur la rue Sainte-Catherine, la Galerie Roger Bellemare a connu plusieurs incarnations ; entrelaçant la parole du galeriste à celle de l’auteur, Oser sa voix les raconte et les cé lèbre. Visite guidée à travers le temps, les amitiés et les rencontres.

Oser sa voix: La Galerie Roger Bellemare (1971-2021), 176 pages, Laurier Lacroix, Les Presses de l’Universite de Montreal, 39,95 $

PUM.UMontreal.ca

BellemareLambert.com bellemarelambert galeriebellemarelambert

Art 34

GOÛTER À L’INFINI

Née en 1929 à Matsamuto, Yayoi Kusama est l’une des artistes multidis ciplinaires contemporaines les plus populaires au monde, surtout depuis les dix dernières années, alors que les réseaux sociaux ont fait connaître son œuvre à un plus large public. Son exposition Dancing Lights That Flew Up To The Universe [Un ballet de lumières envolé dans l’Univers] est la pre mière exposition individuelle de la Japonaise en sol québécois. L’exposition regroupe trois de ses fameux bronzes en forme de citrouilles, une sélection de peintures tirées de sa série My Eternal Soul [Mon âme éternelle], une galerie de photos présentant une chronologie de sa vie et de sa carrière, une salle de lecture, deux salles d’observations avec miroirs et deux de ses Infinity Mirrored Rooms [Salles de miroirs infinis]. Difficile de ne pas sourire en expérimentant ces deux dernières installations où l’on se retrouve plongé dans une étendue sans fin de points de lumière. On s’y sent comme un en fant, comme au cœur d’un rêve, le temps de quelques secondes, à peine, même si l’impression est pénétrante et durable ; c’est plus tard, quand on y repense, que la pleine poésie de ces deux immersions fantasmagoriques nous frappe, tout comme leur profondeur philosophique. Un rendez-vous incontournable présenté à la Fondation PHI, à Montréal.

Jusqu’au 15 janvier 2023

Fondation.PHI.ca fondationphi

Vues d’installation, Yayoi Kusama : Dancing Lights That Flew Up to the Universe, 2022, Fondation PHI.

Yayoi Kusama

Infinity Mirrored Room ⁠— Brilliance of the Souls, 2014 My Evanescent Dream Within a Dream, 2022 © Fondation PHI pour l’art contemporain. Photos | Richard-Max Tremblay

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DIANE ET LES AUTRES

Célèbre pour ses portraits de rue immortalisant des personnages étranges et aty piques, à la frontière du familier et du marginal, l’avant-gardiste photographe améri caine Diane Arbus (1923-1971) a révolutionné l’art par son style direct, profondément sensible et vigoureusement moderne. Jusqu’à son suicide en 1971, elle a brossé, pen dant 15 ans, un portrait troublant de l’Amérique des années 1960. Organisée par le Musée des beaux-arts de l’Ontario en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal, l’exposition Diane Arbus : Photographies, 1956-1971 met en lumière l’évolution de l’artiste en regroupant près d’une centaine de ses clichés en noir et blanc présentés de manière chronologique. Révélant d’abord une femme fasci née par la diversité de l’humanité et la vie telle qu’elle se déroule dans la rue, ces photos marquent ensuite son émergence en tant que chasseuse d’images mature de grand talent. En alternance avec les photographies présentées, des citations de l’artiste s’offrent comme autant d’observations sur ses choix, ses intentions et ses difficultés techniques, de même que sur le hasard heureux de ses rencontres et découvertes. À une époque où la diversité est de plus en plus célébrée, il est fort intéressant de la revoir au passé à travers le regard d’Arbus qui, elle, on s’en rend bien compte, avait déjà compris jadis sa beauté.

Jusqu’au 29 janvier 2023

MBAM.qc.ca mbamtl

Diane Arbus (1923-1971), Trois travestis, N.Y.C., 1962, épreuve à la gélatine argentique, feuille : 27,9 × 35,6 cm. Musée des beaux-arts de l’Ontario, don anonyme, 2016.

Copyright © Estate of Diane Arbus

RÉSONANCES

Organisée en collaboration avec le Musée de la musique – Philharmonie de Paris, l’exposition À plein volume : Basquiat et la musique se déroule au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 19 février 2023. Cette première grande exposition multimédia consacrée à la part intégrante de la musique dans la pratique picturale de Jean-Michel Basquiat, considéré comme l’un des artistes les plus novateurs de la seconde moitié du 20e siècle, réunit une centaine d’œuvres de l’artiste, ainsi que de nombreux extraits sonores, films et documents d’archives. L’exposition porte un regard approfondi sur sa car rière de musicien, sur les sons qu’il a traduits en peinture et sur les musiciens qui l’ont inspiré, de Beethoven aux artistes de la scène underground new-yor kaise des années 1970 et 1980, en passant par Charlie Parker, Miles Davis et Maria Callas. Un rendez-vous vibrant, exalté et plein d’éclat qui jette un nou vel éclairage sur les techniques de composition picturale d’un artiste incom parable, souligne son engagement au sein de la diaspora africaine et face à la politique raciale aux États-Unis et la place qu’occupe son œuvre dans la culture contemporaine.

Jusqu’au 19 février 2023 MBAM.qc.ca mbamtl

Jean-Michel Basquiat (1960-1988), Sans titre, 1984. Collection particulière. © Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York

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(ART)CHITECTURE

Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) dévoilait en septembre le concept préliminaire gagnant du concours d’architecture du futur Espace Riopelle, dont l’inauguration est prévue entre la fin de 2025 et le début de 2026 et qui abritera la plus grande col lection publique au monde d’œuvres de Jean Paul Riopelle. Après une étude minutieuse de quatre can didatures finalistes, le jury a choisi le concept proposé par Les architectes fabg. Réputée pour la qualité de ses réalisations, l’agence est à l’origine de projets in novants sur les plans technique et environnemental et s’est souvent démarquée dans le milieu muséal en réalisant des projets comme la transformation du Musée d’Art de Joliette, celle de l’ancien pavillon amé ricain d’Expo 67 en musée de l’Environnement ou de la restauration du Musée Stewart.

« Notre objectif premier était d’entrer en résonance avec Riopelle », explique Éric Gauthier, architecte as socié de la firme lauréate. « Inspirés par une expres sion révélatrice de l’artiste, qui se disait “toujours en fuite”, nous avons voulu créer un bâtiment à l’image de son œuvre en mouvement perpétuel. Nous avons

donc imaginé un parcours ascensionnel, qui allait créer une tension dynamique, en multipliant les per cées visuelles sur le fleuve et la nature, à l’instar de son atelier dans les Laurentides. »

L’équipe de conception a su proposer des solutions originales pour redéfinir le complexe muséal du MNBAQ afin d’offrir aux futurs visiteurs une expé rience plus fluide et contemplative, mais également afin de conjuguer les exigences d’un bâtiment à vo cation artistique au cadre naturel remarquable et aux bâtiments patrimoniaux environnants.

« La notion de territoire, indissociable de l’identité québécoise et des œuvres de Riopelle, a nourri admi rablement l’inspiration de la firme lauréate », explique Christiane Germain, présidente du conseil d’admi nistration du MNBAQ. « En plus de faire rayonner l’œuvre monumentale de Jean Paul Riopelle, […] le nouveau pavillon permettra de revisiter l’expérience globale du MNBAQ pour la rendre encore plus mé morable. Le futur Espace Riopelle deviendra un fu tur objet de fierté collective. »

L’architecture du nouveau pavillon évoquera tantôt l’atelier de l’artiste, grâce à ses hauts plafonds de bois, tantôt la nordicité et les paysages de l’Isle-aux-Grues, grâce à ses terrasses vertes aux essences variées. Baigné de lumière naturelle, un espace circulaire en hauteur consacré au chef-d’œuvre de Riopelle, l’Hommage à Rosa Luxemburg (1992), constituera le point culminant du futur parcours, offrant un point de vue spectaculaire sur les plaines d’Abraham et le fleuve Saint-Laurent.

« Ce nouveau pavillon deviendra assurément un haut lieu de rassemblement et de contemplation pour ad mirer l’œuvre inestimable de Riopelle, mais aussi une source d’inspiration inépuisable pour les artistes de de main », souligne Michael Audain, président du conseil d’administration de la Fondation Jean Paul Riopelle.

L’inauguration de l’Espace Riopelle sera le point culminant des célébrations entourant le centenaire de la naissance de Jean Paul Riopelle.

MNBAQ.org

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Animé et réalisé par la journaliste Claire-Marine Beha, le fascinant balado Sous la fibre invite des artistes visuels à faire partager ce qui se cache derrière leurs œuvres à travers des « audio-portraits ». Ligne et Sous la fibre ayant pour mission commune de démocratiser l’art, une collaboration allait de soi !

SOUS LA FIBRE × LIGNE Chronique
Texte | Claire-Marine Beha
SousLaFibre.com souslafibre
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Le cycle inspirant de la nature

KARINE LOCATELLI

Dans les œuvres de Karine Locatelli, qui vit et travaille aux Éboulements, la vie végétale et les massifs se dévoilent dans leurs plus captivants détails. L’artiste dessine principalement à l’encre de Chine appliquée à la plume sur des toiles brutes de coton ou de lin. La répétition de traits fins revêt une place omniprésente dans son travail et traduit le rapport sensible et poétique qu’entretient l’artiste avec la nature.

« C’est en passant beaucoup de temps en forêt et à la campagne dès mon enfance que la nature m’est apparue comme une nécessité. La représenter est pour moi un besoin absolu, explique-t-elle. J’admire aussi la flore boréale, sa délicatesse, sa beauté, sa force, alors qu’elle croît dans un environnement aride. Côtoyer ces plantes m’inspire et j’aspire à avoir leur résilience dans ma propre vie d’artiste. »

Les bribes de paysages qu’elle crée parviennent avec une simplicité désarmante à nous bercer – on y sent les odeurs, les sensations et la robustesse sauvage de la forêt et du fleuve. On se perd avec joie entre les nombreuses lignes sinueuses qui se dévoilent plus on les observe. On peut presque palper la dureté de la roche, sentir les épines sous nos pieds, observer le mouvement du vent sur les feuilles…

Karine Locatelli ne fait pas que témoigner de la singularité de la nature locale, elle vit également sa nordicité en harmonie avec les saisons, et non malgré elles. Tandis que durant le printemps, l’été et l’automne, elle passe beaucoup de temps à l’extérieur pour pratiquer des activités en plein air qui l’inspirent et la nourrissent –randonnée, cueillette, vélo, pêche, photographie, dessin, etc. –l’hiver, elle « s’encabane » davantage et trouve le calme hivernal particulièrement propice à la réalisation de grands formats des paysages observés.

La mort et la renaissance incessante de la nature inspirent l’être humain et engendrent des émotions vives depuis toujours. C’est le paysage local qui les fascine et devient leur principale muse : plein phare sur trois artistes visuelles qui interprètent les reliefs, les végétaux, les forêts et les littoraux du Québec à l’aide de la peinture et du dessin. Leurs œuvres nous incitent à contempler les espaces naturels, à ressentir toute leur puissance, à cultiver notre curiosité et à les préserver.

JOSIANE LANTHIER

C’est lors de la pandémie que l’artiste peintre a quitté Montréal pour Baie-Saint-Paul, un changement radical et salvateur. Elle l’assume, Josiane Lanthier se sent au meilleur d’elle-même entre fleuve et montagnes, rivières et champs. « J’entretiens un lien profond avec le territoire charlevoisien au quotidien. Tous les dimanches, je vais au marché fermier, je marche et je reviens avec mes gros sacs remplis de légumes multicolores et si beaux. Je vais souvent voir les maraîchers présents et je les remercie de nous nourrir. Le maraîcher et l’artiste se ressemblent beaucoup : ils doivent faire preuve de patience et de lenteur, ils sont constants et essentiels. »

Pas étonnant que Josiane Lanthier porte une attention particulière aux couleurs qui jalonnent son quotidien, puisque l’artiste se démarque par ses tableaux ultrapigmentés et pittoresques, où le paysage nous paraît à la fois familier et tout droit sorti d’un rêve intense. « Je m’intéresse à la couleur avant tout. Ce qui m’inspire le plus ce sont les teintes et les textures présentes dans la nature. J’aime identifier et reconnaître les plantes, les champignons, les algues, les oiseaux, les animaux de la ferme. J’aime connaître ce qui m’entoure », relève l’artiste, enthousiaste à l’idée d’avoir encore de nombreux végétaux et animaux à découvrir.

Si c’est parfois le coloris attrayant d’un fruit qui l’inspire, l’artiste est également très sensible aux jeux de lumière et à leurs effets sur la géographie environnante. De plus, le coucher du soleil demeure son moment préféré. « J’aime les montagnes de Charlevoix rendues lilas dans le ciel orangé, rose et fluorescent. J’aime aussi les textures que font les vagues à la marée basse, les roches sur les montagnes remplies de lichen orangé, les forêts de bouleaux à la fin de la journée qui deviennent bleu pâle, et j’aime particulièrement voir le vert dans le ciel à la tombée du jour. »

En collectionnant toutes les subtilités des couleurs de la nature, la peintre se permet l’émerveillement et leur rend hommage en peinture.

Page précédente :

Karine Locatelli, Les Morios, 2022, encre et acrylique sur toile, 76,2 × 76,2 cm. © Karine Locatelli

Josiane Lanthier, 16 h 00, 2021, acrylique et aérosol sur bois, 91,5 × 122 cm. © Josiane Lanthier

Josiane Lanthier, La mort lumineuse, 2021, acrylique sur toile, 51 × 61 cm. © Josiane Lanthier

Stéphanie Robert, Forêt de soi, 2021, acrylique, collage et crayon de bois sur toile, 101,5 × 101,5 cm. © Stéphanie Robert

STÉPHANIE ROBERT

Ré-enchanter notre rapport au territoire : telle est la mission que poursuit Stéphanie Robert en donnant vie à des tableaux fascinants. Ses œuvres font converger abstraction et figuration, avec délicatesse. Les oies des neiges, très présentes dans sa création, semblent nous guider vers des formes évocatrices des éléments naturels, sans pour autant contraindre notre imaginaire.

« J’ai toujours ressenti l’urgence de vivre la nature et de la sauver, carrément. C’est l’enjeu qui m’est le plus cher et ça transperce certainement tout ce que je m’applique à créer », confie l’artiste qui s’inspire de la complexité du territoire, mais aussi de la résilience des vivants. « Je m’incline devant l’adaptation dont font preuve les plantes, les arbres, les animaux et les insectes. »

Sur le plan esthétique, l’artiste est une fervente admiratrice des quatre saisons très marquées du Québec et des multiples variations de couleurs, de textures et d’ambiances qu’elles engendrent. Celle qui réside à Cacouna essaie de s’ancrer le plus possible dans la nature environnante ; elle a même pris la décision de s’initier à l’ornithologie et à la cueillette de plantes et de champignons sauvages comestibles. Insatiable, l’artiste recherche l’équilibre entre l’envie viscérale de jouer dehors et le repli parfois nécessaire à la pratique artistique.

Les monadnocks la fascinent particulièrement et lui insufflent de nombreuses idées pour son art. « Ce sont des massifs secs où s’érige une végétation nordique. Près de chez moi, je côtoie également la forêt boréale qui se marie parfois avec des zones de toundra, le fleuve majestueux qui borde le Bouclier canadien en face, puis quelques petits morceaux de terres agricoles en foin. En fait, il y a une variété de paysages et de perspectives qui m’inspirent la création à tout coup. »

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Photos

+ Sylvain Granier

Galerie C.O.A.

6405, boulevard Saint-Laurent Montréal, Qc H2S 3C3 (514) 655-6870

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POUR QUE RÉSONNENT DE NOUVELLES VOIX FORTES

Située sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, à la frontière entre l’éclectique Mile End et la bouillonnante Petite Italie, la Galerie C.O.A. représente et expose depuis 2014 de nombreux talents en art contemporain, souvent en début de carrière, mais qui ont toujours un panache assumé et qui font de leur différence une véritable force artistique, portant un regard singulier sur le monde. L’acronyme C.O.A. signifie d’ailleurs – avec justesse –« Créateurs d’Œuvres Atypiques »… À la Galerie C.O.A., l’audace est reine !

Parmi ces voix discordantes – c’est-à-dire en rupture avec les tendances, divergentes, différentes –, on peut nommer Alexandra Levasseur, Valérie Gobeil, Laurence Philomène, Danny Gretscher ou encore Adam Handler. Si leurs médiums sont divers (pein ture, sculpture, textile, photographie, etc.), toutes et tous engendrent des pièces qui ne laissent pas indif férent, que ce soit par leur forme percutante, leurs couleurs captivantes ou les émotions fortes qui se dégagent de leur travail.

« La galerie présente uniquement des artistes dont nous tombons follement amoureux », lance d’emblée le propriétaire Jean-Pascal Fournier. « Nous travail lons avec des artistes sensibles qui vont souvent pui ser dans leur propre vulnérabilité pour créer et qui sont 100 % libres dans ce qu’ils font et ce qu’ils sont. Nous ne recherchons pas des démonstrations de force, mais des regards empathiques et complexes posés sur qui nous sommes. »

Souvent très colorées, les œuvres qui s’affichent dans la galerie incitent au dialogue, à la contemplation et possèdent le pouvoir d’émouvoir et d’émerveiller un large public.

« Qu’elles soient poétiques, gestuelles, politiques ou esthétiques, les œuvres se répondent par leur uni cité et le fait qu’elles sont créées sans compromis. »

La démarche d’inclusion est sincère chez C.O.A., qui a à cœur d’exposer le travail d’artistes marginalisés comme des personnes atteintes de déficiences phy siques, neurodivergentes ou encore non binaires, sans toutefois s’en vanter outre mesure. Le propriétaire et la directrice, Claire Crombez, misent avant tout sur la présentation de créations atypiques et aiment éta blir des ponts entre les générations et les influences pour façonner des expositions riches et vibrantes.

GALERIE C.O.A. Art
Propos recueillis | Claire-Marine Beha | Jean-Michael Seminaro
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« C.O.A., c’est la galerie où l’on présente ce que j’ai cherché sans le trouver nulle part ailleurs ; c’est un lieu où peuvent résonner des voix artistiques qui mal heureusement n’ont pas de plateforme de diffusion », indique le galeriste qui défend avec joie les artistes plutôt outsiders. « Il est impératif pour nous de don ner une première chance à des artistes. Nous voulons faire découvrir de nouvelles voix fortes qui parlent de notre époque sous des angles différents. »

S’il est parfois intimidant de pousser la porte d’une galerie d’art, chez C.O.A., l’accueil est chaleureux, décontracté ; on s’y sent immédiatement attiré par les œuvres qu’on aperçoit bien de la rue. Consciente de l’importance de démocratiser l’art contemporain, l’équipe de la galerie met tout en branle pour que les vi siteurs apprécient leur expérience – même les moins connaisseurs sont invités à oser poser leurs questions sur la démarche d’un artiste ou sur les rouages du marché de l’art !

« Dans un monde de plus en plus compliqué, démo cratiser l’art est un engagement important », soutient la directrice en poste depuis huit ans.

D’ailleurs, les lettres C.O.A. font aussi écho au « certi ficate of authenticity » ou « certificat d’authenticité », document qui atteste de la valeur d’une œuvre d’art lors de son acquisition. Un rapprochement qui plaît beaucoup à Jean-Pascal Fournier, puisque la gale rie accompagne et conseille avec soin sa clientèle, de l’évaluation à l’achat, en plus d’offrir son expertise sur le collectionnement.

« Il faut vraiment acheter une œuvre avec laquelle on tombe en amour », souligne le propriétaire. « Au-delà du pouvoir esthétique, vivre avec une œuvre d’art au quotidien permet d’établir une communication avec celle-ci. C’est aussi laisser entrer une autre vision du monde dans notre intimité. »

Page précédente : Danny Gretscher, Forgotten Planet, 2022, techniques mixtes sur panneau de bois, 180 × 333 cm.

Sur cette page : Toma-L, vue de l´exposition Encre là !, 2022. Valérie Gobeil, vue de l´exposition Quêtes, 2022.

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À voir prochainement à la galerie C.O.A.

KARINE LOCATELLI

Artiste multidisciplinaire Exposition solo | Décembre 2022

Le travail de Karine Locatelli tourne principalement autour de la représentation paysagiste sur toile brute à l’aide de plume et d’encre de Chine. Elle cherche à ajouter un caractère multidisciplinaire à sa démarche en y joignant différents médiums et techniques : ins tallation, sculpture, céramique, broderie, peinture, etc. L’artiste désire que ses œuvres fassent écho à la poésie des lieux qu’elle traverse et à des enjeux complexes tels que la politique, la sociologie, l’en vironnement, la géographie ainsi que le rapport de l’humain à son territoire.

POURQUOI FAUT-IL VOIR SES ŒUVRES ?

« Le travail de Karine nous plonge dans un état de plénitude et de recueillement. Ses œuvres tout en finesse nous font prendre conscience de la fragi lité de notre environnement, tout en le magnifiant. Ses expositions font du bien à l’âme. »

BENOIT BLONDEAU

Peinture + Textile Exposition collective | Janvier – Février 2023

Les tissus et les motifs jouent un rôle primordial dans le travail de l’artiste, matériellement, mais aussi émo tivement : ce sont souvent des tissus qui lui rappellent des visites à la kermesse, les courtepointes confec tionnées par sa grand-mère ou les draps psyché déliques de son enfance. Ces tissus recouverts de peinture sont alors dotés de mouvements et vibra tions supplémentaires et donnent vie à des œuvres qui se démarquent par leurs formes colorées, la plu part du temps abstraites ou évocatrices d’éléments du quotidien.

POURQUOI FAUT-IL VOIR SES ŒUVRES ?

« Le travail de Benoit Blondeau séduit par ses cou leurs, compositions et textures. Les tableaux parlent de la mémoire et du passage du temps. Ce sont des courtepointes picturales où la peinture, les tissus et la toile se répondent. »

FRANCE TRUDEL

Techniques mixtes Exposition en duo avec Moe Piuze | Mai 2023

Objets du quotidien, faciès non genrés ou silhouettes parfois mi-humaines et incertaines partagent l’es pace des tableaux de France Trudel. Des scènes à l’esthétique brute s’y dévoilent, mariant le figura tif et l’abstrait, mettant de l’avant des personnages dont le rôle n’est défini que par celui qui regarde. Narrations déconstruites et colorées, ambiances à la fois ludiques et inusitées, voire spirituelles, peuplent l’univers de cette artiste.

POURQUOI FAUT-IL VOIR SES ŒUVRES ?

« Les œuvres de France Trudel parlent de la liberté de créer. L’artiste saute dans le vide pour découvrir ce qui se cache dans l’inconscient et cherche toujours à se surprendre et à se redécouvrir. »

Page précédente : Benoit Blondeau, Le désir !, 2022, acrylique sur tissus cousus, 52 × 142 cm.

Karine Locatelli, Le bout de l’isle II, 2022, encre sur toile brute, 81 × 81 cm.

France Trudel, Travers #10, 2021, techniques mixtes sur toile, 101 × 101 cm.

Sur cette page : Laurence Philomène, vue de l’exposition Puberté/Puberty, 2022.

KarineLocatelliArtsVisuels.com
BenoitBlondeau.com
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AU-DELÀ DES LIMITES DU PAPIER

C’est toute la polyvalence du papier que nous offre d’admirer Marie-José Gustave. Au premier regard, les formes de ses œuvres sculpturales qui font écho à la nature nous happent, puis des détails méticuleux et captivants se dévoilent, derrière lesquels on imagine les longues heures de découpage, de pliage, d’entrelacement, de modelage, de tressage… À travers sa fascination pour la matière et les méthodes artisanales qui lui donnent vie, l’artiste visuelle originaire de la Guadeloupe parle de quête plastique autant que d’émotions et d’identité.

Lorsque Marie-José était enfant, sa mère l’a initiée au tricot, au crochet et à la couture ; l’artiste a plus tard étudié en France la production du vêtement. Elle y a appris à concevoir des patrons, à apprivoi ser les possibilités offertes par les textures des tis sus. Elle s’est alors découvert une véritable passion pour les travaux manuels minutieux. Cet apprentis sage des volumes a également posé la base de son travail artistique en trois dimensions.

En 1998, Marie-José Gustave s’est installée à Montréal et a développé une collection de bols et de lampes en carton. « Puis, intriguée par les ca ractéristiques du papier, j’ai commencé à faire des expérimentations en lui associant des techniques artisanales, comme la vannerie, le tissage, le tricot et le crochet », se souvient-elle. « C’est donc instinc tivement que mes premières œuvres sont nées. »

Depuis, la créatrice autodidacte n’a cessé d’explorer le papier en le détournant de sa fonction utilitaire. Elle transforme cette matière polyvalente et repousse toujours plus loin les limites de sa fibre grâce aux nombreux procédés artisanaux traditionnels. Fils de papier et carton se muent alors en textile, prennent l’apparence du bois, de la céramique ou du plastique.

« Que ce soit pour donner un volume au fil de papier, modeler la pulpe, coudre du Tyvek… L’idée est tou jours d’amener ce matériau là où on ne l’attend pas, de lui conférer une nouvelle dimension, d’utiliser ses attributs de souplesse et de rigidité pour surprendre – moi la première ! »

L’artiste réalise souvent des sculptures de très grand format, massives, qui génèrent alors une tension avec la légèreté initiale du papier. Impressionnant par sa

MARIE-JOSÉ GUSTAVE Art
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MarieJoseGustave.com mariejosegustave
Texte | Claire-Marine Beha Photos | Nicolas Aubry
Marie-José Gustave
Mike Patten
Guilde
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qualité d’exécution, l’art de Marie-José Gustave touche également à des sujets humains. Elle perçoit d’ailleurs le papier comme étant l’illustration parfaite de la ré silience nécessaire aux êtres humains et à la société face au monde, au temps, à l’adversité. Elle considère que la tradition artisanale par laquelle naissent ses œuvres les rend intelligibles pour tous. « La matière et le geste sont les moteurs principaux de ma pratique ; je tricote, je tresse, je crochète, comme tant de femmes et d’hommes l’ont fait avant moi. Mes œuvres parlent de transmission et d’universalité, puisque ces tech niques artisanales sont pratiquées depuis des géné rations dans le monde entier, sous une forme ou une autre. À travers elles, je crée un point de rencontre entre les cultures. »

Dans sa série Métissage, liens tissés, elle place au cœur de son travail le thème de l’identité. Les œuvres de

couleurs brunes, blanches et jaunes, qu’elle regroupe grâce à leurs symboliques et à leurs différences, vé hiculent l’idée que leur convergence est synonyme de richesse et de complexité. C’est en sculptant le papier – et en mariant allègrement artisanat et art contemporain – que l’artiste rend visible la nécessité du métissage et son abondance.

Le sujet environnemental est aussi très présent au sein de ses séries. Plusieurs de ses sculptures revêtent des formes évocatrices : écume, corail, écorce, co quillage, chute d’eau, végétal, etc. Il émane toujours une sorte de simplicité poétique qui nous convie à la contemplation et à la réflexion.

Une autre façon de saisir toute la puissance des œuvres de l’artiste est de tourner autour d’elles ; entre chaque sculpture et son ombre se développe un dialogue qui

change selon la lumière et la perspective. Encore une fois, grâce à Marie-José Gustave, le papier s’érige et se permet d’incarner toute réalité.

L’été dernier, son travail a été présenté à la Maison du Conseil des arts de Montréal ainsi qu’à La Guilde, à Montréal. En 2023, l’artiste exposera à Révélations, la Biennale internationale des métiers d’art et de la création de Paris.

Marie-José Gustave, Chute (détail), 2017, installation constituée de 3 000 pastilles de porcelaine et 600 boules de papier nouées entre elles par du fil de papier. Papier, fil de papier, porcelaine. Techniques : papier mâché, argile modelée, nouage. Photo | Marie-José Gustave ; Génération, 2014, carton, pulpe de papier. Technique : collage. Photo | Marie-José Gustave ; Coraux (détail), 2022, fil de papier, porcelaine. Techniques : vannerie, modelage. Photo | La Guilde ; Sur la Rive, 2017, fil de papier, porcelaine sur cadre de bois.

Technique : Tricot, modelage, broderie. Photo | Mike Patten.

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NATURES MINIATURES

Les œuvres d’Olivier Roberge sont de véritables écosystèmes à part entière, époustouflantes de détails et de technique. Mais ce qui frappe à première vue par son réalisme est aussi truffé de paradoxes. À travers ses dioramas, Roberge nous invite à explorer des paysages naturels et à y déceler des éléments fascinants qui reflètent plusieurs facettes de la condition humaine.

Depuis une dizaine d’années, l’ébéniste devenu ar tiste interprète la nature sous forme de miniatures à l’échelle 1:87, un format bien connu des amateurs de modélisme ferroviaire. « En fait, je ne me sou cie guère d’être très précis dans le respect de cette échelle. Je suis beaucoup plus intéressé par ce que le diorama peut raconter », confie-t-il.

Olivier Roberge fabrique des paysages captivants, souvent couverts d’une végétation dense où la pré sence humaine se laisse observer ou ressentir : un graf fiti sur un rocher, un belvédère érigé pour observer la vue d’un sommet, des personnes qui font un feu, un homme qui boit une bière devant sa caravane… Chaque sculpture nous raconte une histoire sans ja mais nous dévoiler l’entièreté des protagonistes, ni l’évolution de l’intrigue, ni l’époque dans laquelle elle se déroule. Le décor est planté, mais le récit se bâtit à travers l’imaginaire du spectateur. « J’ai toujours aimé

la formule “Il était une fois…” au début d’une histoire. J’aime pouvoir observer le monde à travers un po tentiel narratif », déclarait l’artiste en 2020 dans une discussion avec le Centre d’artistes Caravansérail.

Il n’est pas étonnant d’apprendre qu’Olivier Roberge s’intéresse depuis toujours aux arts narratifs et notam ment au théâtre de marionnettes pour adultes. Jeune, ce qu’il préférait, c’était admirer les maquettes dans les musées. De cette curiosité inhérente à l’enfance, il a conservé son envie d’interroger notre compréhen sion du monde et notre rapport à l’environnement. C’est pourquoi ses paysages sculpturaux – au-delà de leur caractère bucolique – regorgent de contra dictions et d’étranges combinaisons.

Des tensions sont engendrées par la présence d’ob jets apparemment incompatibles, comme un mo nolithe aux couleurs de l’arc-en-ciel se trouvant à

OLIVIER ROBERGE Art
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Texte | Claire-Marine
Beha
Photos | Geneviève Moreau + Olivier Roberge ORoberge.com oroberge

côté d’hommes des cavernes, ou encore une an tenne géante de communication sur le toit d’une église, des panneaux publicitaires sur une montagne, une licorne Olivier Roberge désire ainsi créer des contrastes, confronter des idées antagonistes et ouvrir le champ des possibles tout en donnant vie à des objets esthétiquement attrayants et percutants.

Selon l’éclairage, l’œuvre a également le potentiel de se transformer et de suggérer une tout autre lec ture : c’est encore une fois une dualité intéressante (ombre-lumière) que nous propose l’artiste, une autre façon de brouiller les pistes entre le décor et le réel, le faux et le vrai.

« Le diorama, on le reconnaît pour ce qu’il est : une re présentation. L’attitude que nous avons devant l’ob jet-maquette relève de l’émerveillement et touche une part d’enfance enfouie en nous, nous incitant

à chercher de nouvelles perspectives et à révéler ce qui peut être dissimulé. Cela crée une ouverture chez le spectateur, qui l’aide à avoir une observation créative plutôt que statique », explique-t-il dans le cadre de sa récente exposition Transsubstantiation.

Cette invitation à la contemplation atteint son pa roxysme avec l’impressionnante œuvre Hoc est corpus meum, une maquette monumentale qui submerge celui ou celle qui la regarde et transgresse complè tement l’utilité primaire de représentation de la ma quette. Ce n’est plus l’être humain qui surplombe l’allégorie du réel, mais bien l’inverse.

Pour ses futures miniatures, Olivier Roberge désire être « un peu plus trash ». « J’ai envie de me libérer de ce perfectionnisme très présent dans le monde du design et des métiers d’arts, dit-il. C’est d’ailleurs pour cela que je traite toujours les éléments architecturaux

dans mes œuvres comme étant dépassés ou appar tenant à une autre époque. »

Il mentionne être inspiré par l’artiste David Altmejd, qui mêle avec justesse virtuosité technique et une certaine vulgarité esthétique. C’est donc sans peine qu’on imagine Olivier Roberge développer son uni vers onirique singulier, qui parvient déjà à tisser des liens entre des éléments que tout oppose au pre mier regard.

Olivier Roberge, Monolithe ou Don't Fight The Rainbow, 2019, béton, verre, styromousse, MDF, peinture acrylique, flocage, figurines et autres matériaux divers, 25 × 15 × 15 cm ; Territoires 2.0 (Parc des rapides, Montréal), 2021, acier, contre-plaqué, styromousse, LED, bois, flocage, peinture acrylique, figurines HO et autres matériaux divers, 306 × 366 × 366 cm. Coproduite avec Exmuro arts publics ; Hoc est corpus meum 2.0 (Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville, Montréal), 2021 ; Let It Grow, 2020, gypse, styromousse, MDF, peinture acrylique, led, flocage et autres matériaux divers 25 × 7,5 × 35 cm.

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Photos | Ivan Binet GalerieA.ca galerieaqc

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RIVÉE SUR LA MATIÈRE

Nathalie Thibault a obtenu une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval sous la direction de Richard Mill, figure majeure de la peinture abstraite au Québec ; c’est aussi durant ses études qu’elle a rencontré l’artiste et professeur Marcel Jean, qui est devenu pour elle un mentor. Inspirée par les deux hommes, Nathalie Thibault développe une œuvre énergique et pulsionnelle, faite d’aplats colorés aux contours variés, où dansent des formes organiques libres, généreuses, chacune la trace d’un geste, d’un élan, chaque tableau, la matérialisation d’une improvisation créatrice.

« J’ai une approche téméraire, performative de la peinture », explique l’artiste. « Quand je peins, j’es saie d’ouvrir un espace au présent, un dialogue entre moi, mes surfaces de travail et mes outils. Mon at tention est rivée sur la matière et c’est cet état de disponibilité aux choses qui connecte mon corps en mouvement aux différentes forces agissantes qui m’entourent. J’oublie le travail effectué précédem ment et je m’engage avec les matériaux. J’embrasse l’imprévisible, parfois jusqu’à la gaucherie. Ma pra tique picturale est nonfigurative, intime et éphémère. Elle conjugue intention et intuition, chance et maî trise ; toutes s’influencent et s’entrelacent, comme les pièces d’une puzzle, pour tenter de résoudre le tableau en cours. »

Les tableaux de Nathalie Thibault sont des instanta nés, des émotions captées sur le vif. Les composantes disséminées naissent de l’immédiateté, d’une trans figuration de son environnement matériel. Même si on comprend bien qu’elle traduise surtout la charge émotive d’un moment, de quoi se composent concrè tement le lieu de création de la peintre et ces outils qui l’inspirent tant?

« Je travaille avec des outils de peinture plutôt tradi tionnels – pinceaux, grattoirs —, mais depuis quelques années, j’utilise régulièrement le rouleau. Il me permet d’élargir le spectre de mes interventions, de produire des marques imprévisibles et surprenantes, et d’ap pliquer dans un même élan deux ou trois couleurs à la fois. En peinture, chaque nouvel outil modifie le

NATHALIE THIBAULT Art
Texte | Dave Richard
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geste. Quant à mon atelier, j’y ai passé sept belles an nées avec une collègue et amie artiste mais nous avons dû quitter le local en août 2022 ; l’édifice a été vendu et sera transformé en condominiums de luxe… Nous venons donc d’emménager dans un nou vel espace du quartier Limoilou, à proximité de chez moi. Je n’y suis pas encore parfaitement installée, à cause de travaux qui ont tardé à se concrétiser, mais j’aime y créer. Le plafond y est haut, l’espace ouvert… Je peux y ranger mon matériel en hauteur pour lais ser plus de place à la création. »

En 2017, Nathalie Thibault prenait part à l’ex position collective Entangled : Two Views on Contemporary Canadian Painting présentée à la Vancouver Art Gallery et regroupant une trentaine

d’artistes à l’échelle nationale. La même année, elle collaborait au projet La Phase I : Objets Matières de l’artiste Mélanie Bédard. « Mélanie et moi avons créé un tableau pour une installation vidéo où lente ment un bouquet de fleurs se transforme en tableau abstrait. C’était très stimulant, » raconte la peintre.

L’an dernier, elle concevait et animait un pro jet de médiation culturelle intitulé Jouer de l’art avec Nathalie Thibault au MNBAQ dans le cadre des Soirées 5 à 9 Lemoyne, en lien avec l’exposi tion Lemoyne. Hors jeu. On retrouve aujourd’hui les œuvres de NathalieThibault dans plusieurs col lections privées et institutionnelles, dont celles de Desjardins, de la Banque Scotia et du Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec.

« Depuis 2018, je suis représentée par la Galerie a de Québec, fondée par Anne D’Amours Mc Donald, ma principale collaboratrice. C’est là que se tiendra ma troisième exposition en solo, l’an prochain. J’y présen terai dix nouveaux tableaux sur supports atypiques; la forme de l’un des canevas est d’ailleurs inspirée du contreventement du plafond de la galerie, un élément architectural. »

L’exposition se tiendra du 12 janvier au 5 février 2023, au 261, rue Saint-Vallier Est, à Québec. Une chance rare de voir en même temps l’oeuvre et son inspiration !

Vue de l´exposition Entangled : Two Views on Contemporary Canadian Painting, Vancouver Art Gallery, 30 septembre 2017 – 1er janvier 2018.

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Photo : Maegan Hill-Carroll, Vancouver Art Gallery

MAISONS

« Vous ne pouvez pas toujours dire ce qu´il y a de beau dans un lieu, mais son image restera gravée dans votre mémoire. »

| Tadao Ando, architecte japonais

Dupont Blouin Architectes, Residence MI-1 . Photo | Olivier Blouin.

Dossier no 1

Localisation Chertsey, Qc Type de projet Construction neuve Réalisation 2014 Conception 2010-2011 Travaux 2011-2015 Superficie 1 884 pi2 | 175 m2

Budget $

Architeturama 5867, avenue Papineau Montréal, Qc H2G 2W3 95, rue Jasper Nord Chertsey, Qc H2G 2G4 514 509-1082

Architecturama.ca architecturama

La vie panoramique

MAISON LAC JASPER

Sur un terrain en pente au cœur de la forêt lanaudoise, avec en contrebas un petit lac de barrage et un marais, s’élève la Maison Lac Jasper – un volume simple, cubique, se mariant à la nature environnante grâce entre autres à son revêtement de cèdre grisonnant et à son emplacement symbiotique au site, mais y opposant du même coup un langage moderne, des lignes pures et une touche de couleur. C’est cependant la structure intérieure de la maison qui bouscule toutes les conventions : deux imposants gradins de bois modulables s’y croisent à angle droit – servant à la fois de mobilier surdimensionné, de dispositifs de circulation, d’agora, de filtres, de parois, d’étagères, de bibliothèques, de supports –, permettant des reconfigurations fréquentes et une redéfinition infinie des espaces de vie.

ARCHITECTURAMA
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Les propriétaires de cette étonnante résidence en fo rêt souhaitaient vivre seuls, nombreux ou en famille, dans un lieu décontracté et convivial, « comme au chalet », mettant en relation les espaces et les gens avec raffinement, au sein d’une architecture pré sente, vivante et enthousiaste qui ferait appel aux sens. Ils souhaitaient également que la maison ait une empreinte environnementale réduite ; le processus de conception impliquait donc une réflexion quant aux fonctionnalités des espaces et à leur optimisation.

« Le site a été choisi avec soin, principalement pour sa morphologie et son orientation propices à la ré alisation d’un projet combinant un potentiel de vues impressionnantes à l’exploitation du chauf fage solaire passif. La position élevée du bâtiment et son orientation permettent une ventilation na turelle efficace. Vue de loin, l’étonnante résidence semble perchée », expliquent Sylvain Bilodeau et Nicolas Mathieu-Tremblay d’Architecturama.

La forme cubique de la maison, avec un ratio enveloppe-volume habitable avantageux, contribue à son efficacité énergétique et permet une empreinte au sol plus petite. La limite entre le bâti et le site natu rel est claire : en dehors du cube, les formes, les maté riaux et les végétaux qui servent aux aménagements sont indigènes et recréent le contexte préexistant. Laissées naturelles, les planches de deux épaisseurs recouvrant l’extérieur forment un motif captant la lumière et que le vieillissement mettra en évidence.

L’enveloppe présente des niveaux d’isolation supé rieurs. Un large débord de la toiture, dont le dimen sionnement a été planifié en fonction de la course du soleil, empêche la surchauffe estivale tout en laissant pénétrer profondément le soleil hivernal. Des fenêtres ouvrantes, en partie basse à l’avant et en partie haute à l’arrière, permettent de tirer profit à la fois de l’effet de cheminée et des pressions dif férentielles. À l’exception de celles de la face sud, les fenêtres sont toutes de petites dimensions et faites de verres performants.

Toute la partie avant prolonge la maison à l’extérieur : sous l’avancée du toit et derrière une colonnade, un espace couvert orienté vers le sud donne accès au sol sur toute la longueur de la façade et offre en tout temps des zones ombragées, ensoleillées, plus ou moins exposées au vent ou à l’abri de la pluie.

« La lumière naturelle entre à profusion par le mur-ri deau ; des fenêtres secondaires permettent d’éviter l’effet de contrejour d’une source unique et ajoutent complexité et qualité à la lumière. Ces ouvertures nombreuses permettent aussi de sentir le passage du temps ; tôt, le matin, le soleil entre directement à l’endroit où l’on déjeune. »

À l’intérieur du bâtiment aux dimensions restreintes, sous un plafond atteignant 22 pieds de hauteur, des espaces « minimaux » renfermant les usages nécessi tant des aménagements fixes et inflexibles – comme la cuisine, les salles de toilette et la salle mécanique – ou une plus grande intimité – les couchettes – sont empilés du côté nord. Un espace « maximal » conte nant toutes les autres fonctions occupe quant à lui le côté sud et permet une appropriation libre, ouverte à l’interprétation et à la transformation.

Justement, c’est au cœur de cet espace principal que se déploient les deux impressionnants gradins de bois, geste architectural audacieux et fondamen tal du projet. Assemblées à partir de pièces de bois standards, teintes, aux arêtes arrondies, leurs struc tures sont légères, poreuses et peuvent être modi fiées grâce à des blocs libres déplaçables à volonté pour servir de table d’appoint, de dossier, de marche, ainsi qu’à des paliers intermédiaires boulonnés à la structure déposée sur la dalle de béton. L’un des gra dins, teint bleu, est plus ouvert, grâce à ses surfaces horizontales ajourées ; cette ouverture augmente l’impression de suspension dans l’air.

L’intersection des plans des gradins forme deux petits sous-espaces : l’un sert de vestibule et d’axe principal de circulation entre le haut et le bas, et l’autre consti tue une sorte d’antichambre par où l’on accède à la chambre principale. Ce deuxième sous-espace offre un accès vers l’extérieur grâce à une porte-fenêtre. On peut accéder directement à la cuisine en mon tant le gradin qui longe le mur est. Les déplacements hors norme au sein de la structure rendent l’expé rience plus physique ; on s’y sent plus sensible aux perceptions et aux mouvements du corps que dans un espace typique.

« Sol en caoutchouc souple dans la cuisine, moquette dans la couchette principale, carreaux de céramique dans la douche… À la Maison Lac Jasper, les surfaces des espaces sont à découvrir pieds nus, car elles va rient beaucoup. Les plateaux en bois des gradins ont une présence chaleureuse et une surface légèrement texturée, tandis que dans le bureau, le système radiant hydronique installé dans la dalle de béton apporte un confort thermique pendant les saisons froides et une fraîcheur très appréciée pendant les jours d’été chauds et humides. »

Sur les faces sud et ouest, les gradins rejoignent le niveau du sol extérieur ; leur inclinaison prolonge à l’intérieur de la maison la forme du site, tout en l’accentuant. En partie haute, ils atteignent plutôt les hauteurs de la canopée environnante, permettant de profiter de la vue. La rencontre des deux construc tions forme au-dessus une sorte d’agora propice aux interactions. Solennel et spirituel, cet espace s’anime

et devient tout autre lorsque plusieurs personnes l’oc cupent. Un foyer, un projecteur pour le cinéma ainsi que des coussins de plume permettent d’en profiter au maximum. Dans la zone où se trouve la cuisine, le gradin devient un espace de travail attenant ou une table où peuvent s’assoir huit personnes.

Sous les gradins, l’espace est bas, dense et replié sur lui-même. La lumière filtrée y est complexe et chan geante. La foison de fines colonnes prend l’aspect de troncs d’arbres dans une forêt ; vers l’est, une grande fenêtre carrée offre la vue d’un sous-bois et la pers pective d’un chantier forestier. Des ouvertures sont laissées libres à des endroits stratégiques, créant des raccourcis ou fermant chaque accès potentiel où la dénivellation est plus grande. Un système de surfaces amovibles pouvant être élevées et abaissées permet d’y aménager un atelier, du rangement ou un dortoir. D’ailleurs, tous les espaces de la maison peuvent se transformer en dortoir. L’antichambre peut recevoir quatre lits individuels, installés sur des paliers à des niveaux différents et que l’on sépare par des rideaux temporaires accrochés aux structures.

C’est par des ouvertures percées dans le mur inté rieur du volume arrière qu’on accède aux espaces « minimaux ». Par exemple, de la chambre principale, on accède par le gradin est-ouest à la salle de toilette qui se trouve directement en dessous. La deuxième couchette, réservée aux invités, se trouve quant à elle dans le coin supérieur nord-ouest de la maison, et l’accès à sa salle de bain se fait par la partie haute du gradin. Le soir venu, les parcours des invités et des propriétaires ne se croisent donc pas.

« Les espaces minimaux sont enveloppants avec leurs finis moelleux, sombres et riches. Tapis à poils longs, plancher de caoutchouc recyclé, granit noir, rideaux épais… On s’y sent à l’abri, à l’aise. Comme dans une – très jolie – caverne. »

Le principal défi du projet consistait à concevoir et à construire les gradins de manière simple et écono mique, mais suffisamment solides pour permettre des solutions et des adaptations au fil du temps ; l’ou verture de la totalité de la façade sud sans recourir à l’utilisation de supports structurels et la fermeture de cette ouverture grâce à la technologie du mur-rideau dans un contexte d’architecture résidentielle com portaient également des enjeux importants, mais Architecturama a su remporter son pari.

« La maison est comme suspendue entre les cimes des arbres. Dans cet observatoire, on a l’impression d’être à la fois protégé par le bâtiment et projeté dans le paysage, vers l’horizon. La nature, les saisons et la lumière s’animent, se déploient, changent, offrant un spectacle organique fascinant. »

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« Les espaces minimaux sont enveloppants avec leurs finis moelleux, sombres et riches. Tapis à poils longs, plancher de caoutchouc recyclé, granit noir, rideaux épais…

On s’y sent à l’abri, à l’aise. Comme dans une — très jolie – caverne. »

«

La maison est comme suspendue entre les cimes des arbres. Dans cet observatoire, on a l’impression d’être à la fois protégé par le bâtiment et projeté dans le paysage, vers l’horizon. La nature, les saisons et la lumière s’animent, se déploient, changent, offrant un spectacle organique fascinant. »

Ingénierie | WSP [anciennement Genivar]

Entrepreneur | Les Entreprises Sylvain Lachance Revêtement extérieur | Éco-Cèdre Foyer | Don-Bar Revêtement extérieur en planches de cèdre de l’est embouvetées, coupées sur mesure par une scierie locale et laissées naturelles + Revêtement intérieur en cèdre de l’est peint blanc + Plancher de béton + Plancher de cuisine en caoutchouc + Planchers de salles de bain en céramique + Fenêtres ouvrantes à battant ou auvent + Mur-rideau en aluminium avec portes-fenêtres et fenêtres oscillo-battantes intégrées + Comptoirs de mélamine et de granit + Gradin de bois recouvert d’une teinture semi-opaque pour gradins + Lampes à pince intégrées au gradin

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La Maison Lac Jasper a été finaliste aux Prix d’excellence en architecture remis par l’Ordre des architectes du Québec en 2015 et a remporté le Award of Merit dans la catégorie Intérieur résidentiel aux Azure Awards 2016, une mention aux American Architecture Prize et le Prix du mobilier intégré aux Grands Prix du design en 2016.

Dossier no 2

ATELIER PIERRE THIBAULT

Localisation Eastman, Qc Type de projet Construction neuve Réalisation 2020 Conception 14 mois Travaux 12 mois Superficie 2 250 pi2 | 209 m2 Budget $$

Atelier Pierre Thibault 373, rue Saint-Jean Québec, Qc G1R 1N8 418 694-1377

PThibault.com atelierpierrethibault

Comme une ombre à travers les arbres

RÉSIDENCE DU MONT-ORFORD

L’Atelier Pierre Thibault est reconnu pour incarner une architecture sensible, à l’écoute du mode de vie de ses habitants et du paysage qui les entoure. La Résidence du Mont-Orford en est un bon exemple. Pour un couple amoureux de plein air, les architectes ont conçu un lieu de vie en symbiose, été comme hiver, avec l’environnement naturel d’Eastman, dans les Cantons-de-l’Est.

Texte | Lorène Copinet
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Afin de profiter des nombreuses pistes de ski et de randonnées aux alentours, un des volumes de la ré sidence a la spécificité d’être consacré au matériel de plein air. Inspiré par le concept du ski in, ski out, cet espace offre un lieu où l’on peut se chausser et se déchausser à l’abri, tout en laissant la neige dehors.

Après l’effort, la détente. Intégré élégamment à la galerie, le spa situé entre l’atelier de ski de fond et la chambre principale est un arrêt suggéré. L’ouverture légèrement décalée au-dessus du bain permet de garder le contact avec le ciel pendant la relaxation, tout en restant protégé.

« La routine quotidienne des clients a été minutieu sement étudiée afin de maximiser l’alternance de la séquence intérieur-extérieur », explique l’Atelier Pierre Thibault. La maison sur un seul étage favorise le tête-à-tête avec le territoire. La pièce moustiquaire et les galeries couvertes agissent comme des zones tampons entre l’intérieur et l’extérieur. Des gestes qui tissent un dialogue constant entre la nature et l’architecture et participent à la magie du lieu.

Inspiré par la typologie des cloîtres, la résidence re prend le concept du jardin intérieur et la forme du quadrilatère adaptée à l’architecture contemporaine.

Loin d’être repliée sur elle-même, la maison en forme de U est totalement accessible sur son côté sud afin de profiter de la vue sur le mont du Pic de l’Ours et d’ouvrir son cœur à un ensoleillement constant, tout en se protégeant des vents dominants. Les archi tectes ont veillé à créer les conditions idéales à un microclimat propice à réchauffer les hivers québé cois. « Les qualités des cloîtres, à savoir l’ambiance incitant au recueillement et à la contemplation, sont ainsi combinées à la perméabilité et à la fluidité des maisons contemporaines à plan ouvert. »

Les trois ailes de la résidence accueillent trois dif férentes fonctions. La première, côté ouest, loge les espaces de vie. La douce lumière du nord éclaire le bureau et la chambre des invités, tandis que dans l’aile est, plus privée, se trouve la chambre principale.

Le toit à double versant devient dans la maison un toit cathédral brisant la monotonie du classique qua drilatère. Les plafonds tout de bois vêtus apportent une chaleur et contrastent avec les murs vierges de la maison. À l’image de toiles blanches, les murs laissent le paysage environnant s’exprimer.

La façade intérieure de la maison dessine un U droit, tandis que la façade extérieure joue de retraits et de

débordements offrant une richesse de points de vue depuis l’intérieur. Que ce soit à travers la grande fe nêtre au-dessus du banc intégré dans la cuisine, par la petite lucarne au-dessus de l’évier, ou depuis le petit coin jardin baigné de lumière zénithale à l’entrée de la chambre principale, chaque pièce, chaque heure de la journée et de l’année, amorce une conversa tion avec la forêt avoisinante.

Le travail d’alignement des ouvertures et des cir culations contribue au caractère apaisant des lieux. L’architecture inspire à la sobriété et à la contemplation.

« Entièrement monochrome, la maison presque noire semble être une ombre s’étant glissée délicatement à travers les arbres, sans les déranger. Camouflée par leur feuillage en été, elle contraste joliment l’hiver venu avec la neige au sol, à la manière des troncs. »

À l’époque des intérieurs cocons, la Résidence du Mont-Orford invite constamment à ouvrir une porte et à mettre un pied dehors. Avec ce doux projet, l’Atelier Pierre Thibault démontre la capacité de l’ar chitecture à faire des ponts quotidiens entre l’hu main et la nature.

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«

La routine quotidienne des clients a été minutieusement étudiée afin de maximiser l’alternance de la séquence intérieur-extérieur. »

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Équipe de conception | Pierre Thibault + Laurence Gaudette + Charlène Bourgeois Entrepreneur | Construction Pierre Ruel Ébénisterie | Cuisine Simard Plomberie | Batimat Revêtement extérieur [bois] | Maibec Portes et fenêtres | Shalwin Contemporain [ Aluminium] Foyer | Stûv Luminaires | EQ3 + Jamais assez + Armoires en placage de merisier + Comptoirs de quartz + Céramique blanche 4 × 4 + Plancherx de béton poli

Dossier no 3

DUPONT BLOUIN ARCHITECTES

Texte | Lorène Copinet

+ Dave Richard

Photos | Olivier Blouin

Localisation Laval, Qc

Type de projet Constructions neuves Réalisation 2019-2022

Superficie 2 000 pi2 | 186 m2 [MI-1] 1 700 pi2 | 158 m2 [MI-2]

Budget $$

Dupont Blouin Architectes 1035, rue Loranger Montréal, Qc H2P 1S5 514 220-8755

DupontBlouin.ca dupontblouin

Règle de trois

RÉSIDENCES MI-1 + MI-2

Ce n’est pas tous les jours qu’une même famille approche une firme d’architecture avec le projet de concevoir… trois résidences ! Un triptyque architectural, partageant un langage commun, une palette de matériaux semblables, une correspondance de lignes et de formes ; l’histoire en trois parties d’un père souhaitant vivre auprès de ses enfants, mettant la main sur trois parcelles de terrain le long de la rivière des Mille-Îles et proposant que chacun s’y installe avec sa famille ; une partition en trois mouvements, MI-1, MI-2, MI-3, s’harmonisant indéniablement, mais aux personnalités distinctes, aux résonances singulières.

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Vêtue de briques blanches sur lesquelles se peignent les saisons et qui lui apportent un caractère unique dans le quartier, la première résidence, MI-1, est la plus lumineuse des trois. Inspirée par le langage ver naculaire de l’architecture lavalloise du temps où l’île était un lieu de villégiature, elle propose une réinter prétation contemporaine du chalet traditionnel ca nadien avec son toit à deux versants et se compose de… trois volumes. Le premier, parallèle à la rue, comprend le garage, le hall d’entrée et les espaces de vie, alors que les deux autres, qui lui sont perpen diculaires, accueillent les espaces de repos ; nichée dans l’angle se trouve l’entrée principale. Le volume le plus proche de la rue comprend deux chambres et une salle de bain. Un second volume le surplombe, celui-là destiné à la suite principale, qui jouit de son caractère plus privé, mais aussi de l’ampleur de son toit cathédral et de sa vue dominant la rivière.

Vu l’emplacement de la résidence MI-1, les architectes souhaitaient trouver des stratégies pour maximiser l’intimité et créer des espaces à l’abri du voisinage et de la circulation du boulevard des Mille-Îles. L’une de ces stratégies a été de concentrer les vues sur la rivière à l’arrière pour renforcer l’impression d’être en nature plutôt qu’en banlieue. Ils ont également ins tallés les lieux de vie en contrebas, sous le niveau de la rue, en phase avec la rive. Pour compenser cette orientation vers le nord et avoir accès à l’ensoleille ment, les architectes ont eu recours à des puits de lumière; leur lumière zénithale baigne les pièces d’un éclairage uniforme et majestueux. En complément de ces percées verticales, les architectes ont fenê tré de chaque côté le corridor des chambres afin de créer un axe lumineux qui fait circuler la lumière du sud au nord.

Tel un ruban se déployant à travers la maison, une paroi multifonctionnelle sert tour à tour de garde-manger et de vaisselier à la cuisine, d’étagère à la salle à manger et de rangement au salon, de garde-corps à l’escalier,

puis de vestiaire au rez-de-chaussée. Ce geste élé gant et structurant enveloppe les espaces communs, les protégeant un peu plus de l’extérieur. Les salles de bain ont été habillées de céramique blanche et de terrazzo. Ailleurs, les planchers d’érable canadien sont mis en valeur par les murs crème. Cette palette minimaliste de matériaux clairs crée une ambiance lumineuse et apaisante dans cette maison-refuge.

Le terrain de la résidence MI-2 manquait d’attrait et d’intimité ; sa taille limitait l’implantation de la mai son. Dupont Blouin a donc privilégié une architec ture enveloppante et paisible, jouant avec les vides et les pleins, en plan comme en élévation, et optimisé ses 1 850 pieds carrés, incluant le garage. Sa teinte de brique gris clair, son jeu de pentes de toit métal lique couleur champagne et son claustra dynamique la placent chromatiquement au centre du triptyque.

Contrairement à ses deux sœurs, MI-2 n’est pas di rectement au bord de l’eau. Encerclée par des voi sins d’un côté, un terrain à l’arrière, le boulevard des Mille-Îles à l’avant et une rue privée sur le second côté, les architectes ont pris le parti de refermer la maison sur elle-même et de limiter les ouvertures sur l’extérieur. La plus large ouverture, qui donne vue sur la rivière, étant orientée nord, ils ont eu l’idée de placer une cour intérieure au sud pour faire péné trer la lumière au cœur du bungalow tout en créant de l’intimité. À l’image de la porte d’entrée qui se dérobe de la façade et dont le renfoncement crée naturellement la marquise, la cour intérieure naît du vide généré entre la façade avant et le salon. Cet axe lumineux transversal éclaire la résidence et met la maison en relation avec la rivière. La trame ajou rée que composent les briques imprime des motifs lumineux dans la cour, ainsi que sur le plancher et les murs de la maison.

La cour intérieure permet de jouir de l’extérieur et de la lumière naturelle en tout temps, en toute saison,

à l’abri des regards et du reste du monde. Se levant dans le bureau, le soleil continue sa course dans le salon, dans la salle à manger, et se couche dans la cuisine. Par les grandes portes vitrées, l’extérieur s’invite à l’intérieur et inversement. Seules les deux chambres et les salles d’eau ne profitent pas de cette effusion de lumière, se trouvant à l’extrémité ouest de la maison. Cependant, de hautes fenêtres de plain-pied placées à des endroits stratégiques apportent la lumière nécessaire dans les chambres tout en limitant le vis-à-vis. Dans les salles de bain, la lumière entre par des fenêtres en bandeau. Pour évi ter de perdre de la place avec un couloir, les pièces de vie se chevauchent et créent naturellement un axe de circulation jusqu’aux chambres.

À la résidence MI-2, plusieurs éléments font écho à ceux de la résidence MI-1, sans les répéter : par exemple, l’érable abondamment présent dans la première fait place au chêne dans la deuxième ; ici, le blanc pur cède certaines surfaces au gris clair, le terrazzo est plus vif, plus joyeux. Mis en relation, les deux projets dialoguent, essentiellement liés par leurs lignes et leurs volumes simples, leur minima lisme élégant, tous deux lumineux et confortables. En même temps, ils ont chacun une âme, une raison d’être singulière, étroitement liée à leur site.

On sait la résidence MI-3 pleine de caractère, plus contrastée, mais prolongeant logiquement les gestes et palettes des résidences MI-1 et MI-2. Au moment d’écrire ces lignes, la touche finale n’y a pas encore été apportée, ce qui nous force à attendre un pro chain numéro pour vous la présenter. Cette saga ar chitecturale en trois temps, entamée en 2019, aura donc finalement duré près de trois ans, vu certaines complications causées par la pandémie de COVID-19, mais les fort beaux résultats des deux premiers vo lets prouvent coup sur coup que la patience est une vertu et laisse présager une conclusion qui remplira sans le moindre doute ses promesses.

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MI-1

Entrepreneur | Le client Ingénierie | Dahl Marzin

Ébénisterie | Frank Minerva + Cédric Duplessis

Revêtement extérieur | Belden [Brique Modular – Alaska White] + MAC Métal [Profilé MS1 – Blanc]

Portes et fenêtres | Alumico [Aluminium – Blanc Arctique] Foyer | Jøtul [GF 370]

Robinetterie | MGS [Spin en laiton] Éclairage | EDP

Luminaires | Lambert & Fils [Laurent 02 + Laurent 05 + Laurent 10]

Ventilation + Chauffage | York Décoration de la chambre d’enfant | Marie-Pier St-Onge [Plume Pompon] Mobilier extérieur | Jardin de Ville

Accessoires | Smeg + Nespresso [Latissima] Peinture | Sico [6222-11 ZEN]

Céramique | 41ZERO42 [Biscuit] Terrazo | Moruzzi [M942]

Comptoirs | Caesarstone

Cuisinière au gaz | Bertazzoni

Four combiné micro-ondes | Miele Mobilier | Kastella [Table T107 + Chaises C205 + Banc C110 + Banc C401 + Lit B107 + Bibliothèque S305, tous en érable blanc] Audio + Vidéo | Kébecson

+ Planchers d’érable blanc d’ingénierie + Acier peint blanc + Escalier d’érable blanc + Terrasse en cèdre blanc + Armoires en érable blanc et cannage

MI-2

Entrepreneur | Le client

Ingénierie | Dahl Marzin

Ébénisterie | Frank Minerva + Cédric Duplessis

Revêtement extérieur | Arriscraft [Opale – Architectural Linear Series]

Toiture | MAC Métal [MS1.2 + Peinture métallique Firestone Champagne] Portes et fenêtres | Alumico [Aluminium anodisé – Champagne]

Terrazzo | Stonix [Murano]

Robinetterie | Aquabrass

Céramique | Ciot [Mosaïque de porcelaine beige Santori] Comptoirs | Caesarstone [Quartz Fresh concrete #4001 + Quartz Primordia #4043] Éclairage | EDP

Luminaires | Lambert & Fils [Mile 04 – Beige]

Peinture | Benjamin Moore [OC-25 Nuage voilé]

Ventilation | York

Cuisinière au gaz | Fulgor Milano [Sofia Pro]

Réfrigérateur | Fisher & Paykel

Hotte | Falmec [Vulcano]

Machine à espresso | Rocket

Mobilier | Kastella [Table T107 + Chaises C205 + Lit B107, tous en chêne blanc]

Audio + Vidéo | Kébecson

+ Planchers radiants de chêne blanc d’ingénierie + Armoires en placage de chêne blanc laqué + Terrasse en cèdre blanc

Dossier no 4

KEVLAR HABITATION

Photos | Phil Bernard

Localisation Trois-Rivières, Qc

Type de projet Construction neuve Réalisation 2020

Conception 12 mois Travaux 7 mois

Superficie 2 700 pi2 | 251 m2 Budget  $$$

Kevlar Habitation 71, rue Notre-Dame Est Victoriaville, Qc G6P 3Z4 819 460-0224 254, rue Hermine Québec, Qc G1K 1Y8 581 984-5527

KevlarHabitation.ca menarddworkind

Au cœur de la vie

PROJET LA GRANDE FORGE

Située dans un écoquartier de Trois-Rivières, la résidence La grande forge est le résultat d’un fructueux travail de collaboration entre un constructeur et ses clients. Inspirée à la fois de l’architecture québécoise et scandinave, la maison se révèle un lieu de repos et de ressourcement pour ses propriétaires.

Texte | Isabelle
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C’est en se rendant à une pendaison de crémaillère que les clients découvrent en 2015 l’Écodomaine Des Forges, un quartier de Trois-Rivières axé sur le dé veloppement durable. Ils tombent sous le charme de ses arbres matures, de ses bassins floraux de ré tention d’eau ainsi que de la qualité de ses maisons. Ils y achètent donc un terrain en 2018 et entament la construction de leur future résidence en 2020 avec l’aide de KEVLAR habitation, dont les propriétaires sont des amis de longue date.

L’objectif consistait à créer une habitation pouvant accueillir un couple de jeunes professionnels et, éven tuellement, une famille. Les clients souhaitaient un design intemporel, simple et épuré. Les matériaux bruts devaient en outre être à l’honneur, pour que la maison s’harmonise avec la forêt environnante. À la recherche d’inspiration, ils regardent du côté de l’architecture scandinave et de celle de l’Atelier Pierre Thibault, dont la Résidence des stagiaires sert de point de départ au projet.

À l’issue d’un travail de réflexion entre clients et constructeur, la maison prend peu à peu forme. Elle se caractérise par son asymétrie, sa fenestration abondante et l’absence de débords de toits. Son im plantation est pensée en fonction de l’aménage ment d’une cour intérieure et d’une future piscine creusée. Un angle dans la façade avant vient créer un lien avec le garage. Des matériaux durables sont choisis pour son enveloppe : cèdre blanc de l’Est pour le revêtement, métal pour le toit et aluminium pour les fenêtres. À l’intérieur, du merisier russe habille le plafond cathédrale et du béton revêt les planchers.

Geste peu fréquent, les clients ont mis la main à la pâte en prenant eux-mêmes en charge certaines étapes de la construction, dont l’excavation et la cou lée de la dalle de béton, en plus de dessiner – avec l’aide d’un cuisiniste – la cuisine et le mobilier inté gré du bureau et de la pièce-penderie. Comme le chantier coïncidait avec le début de la pandémie, des contraintes en lien avec la chaîne d’approvision nement ont causé quelques soucis.

Plus de deux ans plus tard, les clients apprécient beaucoup leur demeure, particulièrement la salle de bain principale, véritable havre de paix après une journée bien remplie. Ils affectionnent aussi l’aire de vie, où ils prennent plaisir à recevoir leurs proches. La propriétaire des lieux estime que l’architecture de la maison influence son humeur quotidienne. « Ici, on se sent bien, on se sent zen, on sent l’air pur. Commencer sa journée avec l’ensoleillement passif nous permet de nous gorger d’énergie. Tout le monde qui nous visite le dit : c’est un vrai ressourcement de venir chez nous ! »

La fenestration généreuse permet non seulement de profiter des chauds rayons du soleil, mais égale ment d’admirer les changements de saisons. À l’hi ver succède le printemps, avec ses bourgeons bien apparents, puis l’été, chatoyant de verdure, et enfin l’automne, vibrant de couleurs. Habiter la résidence La grande forge, c’est vivre au cœur de ce constant renouvellement de la vie.

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« Ici, on se sent bien, on se sent zen, on sent l’air pur. Commencer sa journée avec l’ensoleillement passif nous permet de nous gorger d’énergie. Tout le monde qui nous visite le dit : c’est un vrai ressourcement de venir chez nous ! »

Équipe de conception + Entrepreneur | KEVLAR Habitation Ébénisterie | Cuisines Jacques Bernier Plomberie | L’Eaudace Design d’intérieur + Aménagement paysager | Karina Poliquin Stylisme des photos | M ton intérieur Portes et fenêtres | Shalwin Contemporain Planchers | Novo Béton Foyer | Maison Chaleur et Confort Robinetterie | Thalassa Plomberie décorative Parois de verre | Vitrerie ML Métal | Camital Luminaires | Luminaire Authentik Peinture | Peintures MF [Tout juste blanc] Électroménagers | Ameublements Tanguay [Fisher & Paykel] Cellier | Ameublements Tanguay [Vinopazzo, Avantgarde] Mobilier intérieur | EQ3 Mobilier extérieur | Wayfair Œuvres d’art | Laurence Beaulieu-Roy Accessoires | EQ3 + nüspace + V de V + Norka Living + Zara Home + IKEA

+ Armoires de merisier russe + Comptoirs de quartz + Échangeur d’air + Escalier conçu par les propriétaires et fabriqué en merisier russe + Mobilier sur mesure conçu par les propriétaires + Plancher radiant + Revêtement extérieur en cèdre blanc de l’Est + Terrasse en cèdre naturel

INSPIRER SIMPLIFIER RÉUSSIR Depuis 1949
DARTMOUTH MONTRÉAL
QUÉBEC TORONTO WINNIPEG
CALGARY
OTTAWA

Dossier no 5

MICROCLIMAT

Localisation La Conception, Qc Type de projet Construction neuve Réalisation 2019-2020

Conception 12 mois Travaux 12 mois Superficie 3 706 pi2 | 344 m2 Budget $$

Microclimat 5812, boulevard Saint-Laurent Montréal, Qc H2T 1T3 514 596-5888

Microclimat.ca microclimatarchitectureconstruction microclimat_architecture

Prendre racine

MAISON DES TULIPES

Située sur la route du même nom, la Maison des Tulipes constitue un nouveau départ pour un couple qui désirait adopter un mode de vie plus agricole. Propice aux réceptions, aux rencontres et au partage, la résidence conçue par Microclimat prend racine dans un lieu où prairie lumineuse et forêt ombrageuse forment un décor enveloppant et inspirant.

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«

La valorisation du travail artisanal de la pierre répondait à toutes ces intentions en plus de créer une palette riche et élégante en agencement avec le revêtement de cèdre et la tôle de la toiture métallique. »

Ressentant l’appel de la terre, Thierry et Pierre-Luc souhaitaient quitter la ville afin de démarrer une ferme maraîchère biologique dans les Laurentides. Parcourant la route 117, ils trouvent le terrain idéal dans la municipalité de La Conception. Ne restait qu’à y ériger leur future maison. Cette demeure, ils la voulaient chaleureuse et fonctionnelle, parfaite pour accueillir famille et amis lors des week-ends de récolte ou de toute autre occasion festive.

En plus du champ dédié à la production agricole, le terrain se démarque par la présence d’une forêt de sapins baumiers, de bouleaux et d’érables rouges. Ce contraste prairie/forêt a inspiré la géométrie et l’orientation du projet. « Le profil bas de la maison visait à mettre en valeur la dualité du site, soit en avant-plan un champ et une végétation basse, florale, typique de la vallée de la Rouge, et un arrière-plan majestueux de feuillus et de conifères presque cen tenaires. La maison s’inscrit donc dans le paysage comme un trait d’union entre ces deux environne ments », explique la firme Microclimat.

La résidence longe l’orée du bois et offre une géné reuse ouverture sur les champs, permettant à ses

occupants de se sentir enveloppés par les massifs forestiers tout en profitant d’une vue dégagée vers le pré fleuri et l’horizon. Une longue pergola marque l’entrée principale et brise la linéarité de la maison. Cette trouée participe en outre à la démarcation des environnements intérieurs : aires de vie commune à l’est et section plus privée à l’ouest. Les invités ont leurs quartiers au rez-de-jardin, afin de bénéficier d’un peu d’intimité. Les trois chambres qui leur sont réser vées s’ouvrent sur une cour anglaise généreusement végétalisée. La chambre à coucher des propriétaires se trouve juste au-dessus, et un balcon leur assure une vue sur le soleil couchant. Un sauna avec accès direct sur l’extérieur complète cet espace de détente.

L’aire de vie ouverte, qui comprend une cuisine –bleue ! —, une salle à manger et un salon, se révèle propice au partage. Une grande terrasse couverte, à l’exception d’une percée vers le ciel judicieusement positionnée, borde les espaces communs et permet de les étendre vers le champ, en plus d’offrir une pro tection contre les chauds rayons du soleil. Un salon extérieur traversant l’extrémité est de la résidence propose quant à lui une immersion en forêt.

La maison est enveloppée d’une pierre naturelle en grès de silice, rappelant les murets de roche qui délimitent les pâturages. Le choix de ce matériau a été guidé par la volonté d’utiliser des ressources lo cales et durables, mais aussi par celle d’assurer une intégration harmonieuse au paysage rural environ nant. « La valorisation du travail artisanal de la pierre (dénichée dans une carrière du coin) répondait à toutes ces intentions en plus de créer une palette riche et élégante en agencement avec le revêtement de cèdre et la tôle de la toiture métallique », indiquent les architectes du projet. Cette pierre, dont la cou leur s’étend de blanc-sable à ocre-argile, orne éga lement quelques murs intérieurs et la cheminée du salon, s’harmonisant à merveille avec le chêne blanc des planchers et le blanc texturé des murs.

À voir le résultat final, nul ne pourrait se douter qu’un incendie a ravagé la propriété alors que le chantier était aux trois quarts complété. Les artisans du projet ont dû retrousser leurs manches et tout reprendre à zéro, incluant les fondations. Une persévérance qui fait aujourd’hui le bonheur de Pierre-Luc et Thierry.

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Équipe de conception | Olivier Lajeunesse-Travers + Maggie Cabana

Ingénierie | Geniex

Entrepreneur | Les Constructions du Nord Portes et fenêtres | Fabelta [Aluminium anodisé clair]

Foyer intérieur | Foyers Renaissance [Linéaire 50]

Foyer extérieur | Valor [H5]

Robinetterie | Rubi

Céramique | Ramacieri Soligo [Ceppo Di Gre + Tierra]

Comptoir + Armoires | Fenix [Blu Fes]

Peinture | Adex

Mobilier intérieur | Atelier Vaste [Table, chaises + tabourets]

+ Élément de base [Canapé]

+ Revêtement extérieur en moellons de pierre naturelle (80 % grès de silice)

+ Planchers de chêne blanc et de béton poli

+ Escalier et armoires en chêne blanc

MATIÈRE PREMIÈRE ARCHITECTURE + NU DRŌM

Localisation Magog, Qc Type de projet Construction neuve Réalisation 2020

Conception 12 mois Travaux 6 mois Superficie 2 915 pi2 | 271 m2

Budget $$

Nu Drōm 817, rue Principale Ouest, bureau 200 Magog, Qc J1X 2B4 819 201-0043

NuDrom.com

nudrominc

Harmonieuse singularité

RÉSIDENCE DES MÛRIERS

Un quartier étonnamment homogène, des règles architecturales très strictes et un terrain fortement escarpé : voilà les prémisses du projet Des Mûriers, conçu et réalisé par Matière Première Architecture et Nu Drōm. De ces contraintes est née une résidence qui s’accorde à ses semblables, tout en manifestant sa singularité.

Dossier no 6
Texte | Isabelle Pronovost Photos | Ian Balmorel
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Situé aux abords du lac Memphrémagog, le Domaine des Villas de l’Anse se veut un havre de paix en harmonie avec la nature, mais pas seulement : l’harmonie règne aussi entre les différents éléments bâtis qui composent ce coquet quartier résidentiel en périphérie de Magog. L’association des propriétaires s’y est dotée d’un règlement architectural contenant des lignes directrices pour la construction de maisons neuves ou la rénovation de résidences existantes : du rouge pour les toits, du blanc pour les fenêtres et des planches de bois comme revêtement extérieur. Aucune possibilité d’intégrer de la maçonnerie, même pour ériger une cheminée. « Ce sont des critères de conception assez stricts, mais ils nous ont stimulés et donné envie de réaliser le plus beau projet pos sible », explique Marc-Antoine Chrétien, stagiaire en architecture et associé chez Matière Première Architecture et Nu Drōm.

En usant à la fois de créativité et de persuasion envers le comité architectural du domaine, les concepteurs sont parvenus à proposer une résidence contem poraine qui se distingue de ses voisines construites entre les années 1970 et 2000. N’étant pas d’emblée emballés par l’idée d’un toit rouge, ils ont proposé une couleur moins saturée, proche du bourgogne. Une teinte qu’ils ont ensuite décidé d’assumer plei nement en l’utilisant pour les bandeaux qui bordent les toits et se poursuivent sous le volume de l’étage.

Pour les fenêtres, ils ont fait approuver un gris gra nite très près du blanc. Enfin, une couleur sur me sure pour le bois a été développée avec l’entreprise Maxi-Forêt, soit un gris s’agençant bien avec le rouge bourgogne. Autre astuce employée pour se démar quer des voisins : poser les planches de bois tantôt à l’horizontale, tantôt à la verticale sur les différents volumes de la maison. « Changer l’orientation du re vêtement extérieur a aussi permis de dynamiser la façade », note Marc-Antoine Chrétien.

L’autre contrainte majeure à laquelle a été confrontée l’équipe de Matière Première Architecture concerne le terrain, le dernier qui restait au bout de l’impasse des Mûriers. Environ 80 % de sa superficie consis tait en une pente abrupte au niveau de la cour ar rière, ne laissant qu’un petit plateau disponible pour construire la maison. Une implantation d’avant en ar rière aurait nécessité la création d’un rez-de-jardin, ce que ne souhaitaient pas les clients. Ils voulaient plutôt profiter d’une vue sur la canopée. Ainsi, une implantation élancée et parallèle à la topographie a été privilégiée, et le sous-sol a été remplacé par un deuxième étage dédié aux espaces privés. Un peu plus large que le rez-de-chaussée, il semble flotter au-dessus de ce dernier.

Parmi les autres demandes des clients, mentionnons l’utilisation de gabions – des paniers rectangulaires

de treillis métallique remplis de pierres – comme murs de soutènement. Ce système, plus commun dans le domaine commercial que résidentiel, met en valeur le fort dénivelé du terrain au lieu de le dissi muler. Les clients ont aussi évoqué le plaisir de rece voir leurs petits-enfants, raison pour laquelle la pièce au-dessus du garage leur a été consacrée.

Ce qui distingue également ce projet, c’est qu’il a été construit par Nu Drōm, la compagnie sœur de Matière Première Architecture. Selon Marc-Antoine Chrétien, offrir aux clients un service de conception-réalisation (de l’anglais design build) permet davantage de ri gueur au chapitre de l’exécution des travaux sur le chantier ainsi qu’un plus grand souci du détail lorsque vient le temps de faire la finition. « L’avantage que nous offre le partenariat MPA-Nu Drōm, c’est que ce sont toujours les mêmes équipes qui construisent nos projets ; elles connaissent donc bien les détails architecturaux demandés. »

À la ligne d’arrivée, la capacité de l’équipe à surmon ter les nombreux défis liés au projet s’est avérée une grande source de fierté. Quoique parfaitement inté grée à son environnement naturel et bâti, la résidence Des Mûriers n’en demeure pas moins singulière ; mieux encore, elle fait entrer le Domaine des Villas de l’Anse dans une nouvelle ère.

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« Ce sont des critères de conception assez stricts, mais ils nous ont stimulés et donné envie de réaliser le plus beau projet possible .»

Architecte | Étienne Chaussé Entrepreneur | Nu Drōm Ébénisterie | Atelier Versatyl Revêtement extérieur | Maxi-Forêt Portes et fenêtres | Shalwin Contemporain Foyer | Stûv [21-85]

Robinetterie | JM Grégoire Céramique | Céragrès Escalier | Finition K Parois de verre | Vitrerie Magog Métal | Bilo-Forge

Luminaires | Luminaire Authentik

Armoires | Atelier Versatyl Ventilation + Chauffage | Réfrigération Gagné

+ Portes et fenêtres gris granite + Revêtement de bois horizontal et vertical V-Joint, brut, peint opaque 2 tons

Dossier no 7

SOCIÉTÉ DESIGN

Photos | Phil Bernard

Localisation Boucherville, Qc

Type de projet Transformation majeure Réalisation 2021

Conception 5 mois Travaux 8 mois Superficie 4 780 pi2 | 444 m2 Budget $$$

Société Design 514 466-3090

SocieteDesign.ca sctdesignarchitecture design_societe

D’une sobriété remarquable

RÉSIDENCE CHARLOTTE-DENYS

Il règne une élégance paisible à la résidence Charlotte-Denys. Dès qu’on ouvre les portes coulissantes en verre givré qui ferment le vestibule, on découvre son majestueux escalier, mariant bois blond et blanc chaud, conjuguant courbes du passé et matériaux bien d’aujourd’hui, accueillant comme un vieil ami. Entre vestiges des années 1980 et prestige contemporain, le duo de concepteurs de Société Design a su élaborer un concept fluide, épuré, remarquable, mais sobre, où c’est avant tout la retenue qui charme.

Texte | Dave Richard
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« Les propriétaires souhaitaient avant tout s’éta blir dans un secteur populaire et fort apprécié de Boucherville, pour sa quiétude et son environnement verdoyant et mature », explique Maryse L’Archevêque, de Société Design. « Malheureusement, il y avait dans ce quartier pénurie de propriétés. Celle qu’ils ont choi sie ne convenait pas vraiment à leurs besoins et exi geait qu’on revoie le plan d’aménagement intérieur complet, mais le budget le permettait. On a égale ment apporté certaines améliorations extérieures. »

Très sombre et cloisonné, le bâti d’origine avait les airs typiques de la période de sa construction. Sa trans formation a notamment permis d’apporter un flot de lumière naturelle plus abondant et plus constant dans toutes les pièces de la maison. Les pièces de vie ont été redistribuées à l’arrière de la résidence, per mettant de jouir d’une grande aire ouverte côté so leil face à la cour totalement aménagée et de mieux relier les espaces intérieurs et extérieurs, alors que les pièces plus privées et fonctionnelles ont été re groupées à l’avant.

Des espaces vastes sans fonction précise ont aussi été prévus, comme celui qui se trouve au pas de l’esca lier. Ces espaces agissent comme une respiration, ils rythment le plan et donnent une impression de gran deur, surtout maintenant que la lumière circule bien.

« Nous n’avons conservé que l’enveloppe de la mai son et les cages d’escaliers ; tout le reste a été revu : électricité, plomberie, fenestration, finition intérieure, aménagement paysager… Nous avons littéralement redessiné toutes les divisions sur trois niveaux. C’est stratégiquement que nous avons décidé de conser ver l’enveloppe sans ajout ni retrait, afin d’éviter des délais importants liés aux demandes de permis en période de pandémie. Nous avons plutôt retravaillé les ouvertures déjà en place en les maximisant de haut en bas », précise Maryse L’Archevêque.

Les propriétaires rêvaient d’une maison harmo nieuse ; les designers ont donc favorisé une charte généralement pâle, ponctuée de quelques teintes contrastantes servant à souligner certains volumes. Ils ont également privilégié les matériaux nobles et ajouté beaucoup de textures pour donner du ca ractère à la maison et pour la rendre plus sensuelle, comme en choisissant des panneaux acoustiques de fines lattes de bois afin de tapisser une partie du salon et de chics parois de verre texturé pour fermer le vestibule – celles-ci créent un sas qui protège le reste de la maison des courants d’air. La main cou rante blanche de l’imposant escalier central s’efface au premier coup d’œil, mais très vite, ses formes tra vaillées séduisent.

« Initialement, nous devions concevoir un escalier architectural minimal et très moderne, en remplace ment de l’original. En tant que designers, nous étions très emballés par l’idée ! Par contre, les hausses de coûts, les pénuries de matériaux auxquels on faisait face en 2020 et 2021 et les délais qui s’étiraient ont impacté le projet au point où nous avons dû rééva luer ce poste budgétaire, puis le sacrifier. Mais par fois, ce genre de compromis se révèle au final une bénédiction, et ça a justement été le cas à la résidence Charlotte-Denys », raconte Maryse L’Archevêque.

« Nous avons composé avec l’escalier d’origine tout en rondeurs et ajouté des courbes ailleurs dans la maison. Le résultat de l’ensemble est plus organique, plus doux et conserve un cachet d’un autre temps, une histoire. »

En design, il ne s’agit pas toujours d’en ajouter. À la résidence Charlotte-Denys, dans chaque pièce, certains éléments suffisent. Au salon, le magnifique foyer de bois encastré au fini d’acier Corten vole la vedette. Inondant la cage d’escalier d’une lumière douce, le puits de lumière fait honneur à la construc tion d’origine. À la salle de bain principale, le coulis

ton sur ton de la mosaïque la rend discrète, mais elle ajoute géométrie et structure, texture et raffinement et se marie harmoniquement au verre, au miroir et à la robinetterie chromée. Une arrière-cuisine permet de camoufler une zone de travail et une tonne de rangement ! À l’avant, la zone principale reste donc dégagée et ordonnée.

La chambre principale a été pensée comme une suite luxueuse, enveloppante, un espace pour soi, le cocon absolu ! Du tapis au papier peint, en passant par la paroi de verre teinté séparant l’espace walk-in de la zone de repos, tout y est riche en textures.

Dans la pièce bureau de la résidence Charlotte-Denys, l’ambiance convient aussi bien aux vidéoconférences qu’aux exigeantes périodes de concentration… Palette sereine, mobilier chic et solide, une touche d’art élégante et le tour est joué !

Les propriétaires étant de grands amateurs de mu sique, l’acoustique a été rigoureusement étudiée pour déterminer les meilleurs choix de revêtements, no tamment au rez-de-chaussée et au sous-sol. Les ma gnifiques panneaux acoustiques de lattes de chêne et de noyer ont été retenus.

« Nos clients rêvaient d’une maison fonctionnelle, très classique, mais qui comprendrait certains éléments qui piqueraient la curiosité. Les circonstances et la maison elle-même nous ont permis de surpasser ce mandat, en nous orientant vers des avenues que nous n’avions pas envisagées au départ. Chaque époque revêt son lot de beauté et les années 1980 ne font pas exception à la règle ; en nous forçant à repenser notre design autour de certains éléments que, de prime abord, nous souhaitions éliminer, la résidence Charlotte-Denys nous l’a rappelé de belle façon.

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« Nos clients rêvaient d’une maison fonctionnelle, très classique, mais qui comprendrait certains éléments qui piqueraient la curiosité. »

Foyer | Stûv [21, fini acier Corten]

Robinetterie | Batimat

Parois de verre et de métal | Kadrium [Acier + Verre Flutex]

Armoires | Société Design

Panneaux acoustiques | Print International [Chêne + Noyer]

Table | Calligaris

Sofa | Montauk

Œuvre d’art | Arcade Latour

+ Revêtement extérieur original

+ Escalier original rafraîchi

+ Planchers de chêne blanc

« Celui qui n’a pas Noël dans le cœur ne le trouvera jamais au pied d’un arbre. »

| Roy Lemon Smith, historien américain

Photo | Ferm Living
C’EST NOËL

NEIGE ÉTERNELLE

On aime beaucoup les créations en céramique d’Alexandra Gélinas, du Studio Minéral, mariant design minimaliste, production ar tisanale, technologies modernes et savoir-faire traditionnel. On aime aussi beaucoup Noël, et ça tombe bien, puisque cette année, Alexandra collaborait à la création d’une élégante boule de Noël en porcelaine avec l’artisane Gréta Jonckheere, la pre mière d’une série annuelle dont les itérations seront toutes uniques et formeront, au fil des ans, une précieuse collection. Produites en quantité limitée, ces boules de Noël sont la consé cration d’un rêve de longue date pour les deux femmes, ainsi que le symbole de leur amitié née d’une collaboration précé dente : celle, étroite, où elles ont conçu une pièce du luminaire Hyphen pour le studio de design d’Armes, lancé lui aussi cette année. « Intemporelle, locale et durable, cette boule de porce laine mate ajoutera à votre décor la douceur et la volupté d’une neige éternelle », promettent les deux céramistes. Les boules sont vendues à l’unité ou au sein d’un kit de suspension.

À l’unité, 65 $ | Kit de suspension, 375 $

StudioMineralDesign.com studiomineraldesign AtelierG.ca greta.ceramiste gretaceramiste

RITUELS ET POÉSIE

Cette année, la marque danoise Ferm Living nous souhaite un doux Noël, empreint de poésie et réconfortant. Le temps des Fêtes est plus qu’une simple période de l’année, ce sont surtout des jours précieux où l’on renoue avec certains rituels souvent transmis au fil des générations et qui nous invitent à nous rap procher des gens qui nous sont chers. Noël représente une oc casion de partager beauté et luxes simples entre amis, en famille, pour vivre de petits moments magiques. Inspirée du charme des vieilles traditions et du plaisir de retrouver la chaleur et le confort de la maison alors que les nuits deviennent glaciales et les jours raccourcissent, la nouvelle collection des Fêtes de Ferm Living comprend un vaste assortiment de décorations pour le sapin –certaines brodées, certaines en céramique, d’autres en verre –, plusieurs magnifiques chandelles et cierges, tout le nécessaire pour dresser des tables festives exceptionnelles, des bas de Noël, des vases et des modèles de calendriers de l’Avent en tissu ré utilisables… Pour ne nommer que tout ça ! Visitez le site web de la marque pour découvrir l’offre complète.

FermLiving.com
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fermliving

LA JOIE DU MARCHÉ

Depuis 15 ans, le Marché de Noël allemand de Québec réunit des dizaines d’exposants au cœur du Vieux-Québec, quelques semaines avant le temps des Fêtes. Prenant la forme d’un pe tit village aménagé pour recréer le plus fidèlement possible l’ambiance festive et chaleureuse des grands marchés de Noël européens, grâce à ses traditionnels kiosques en bois dé corés, ses jeux de lumières féériques, ses animations gratuites pour toute la famille, sa musique de Noël et ses dégustations de produits allemands et de produits du terroir, l’événement propose à ses visiteurs une expérience unique et inoubliable à vivre en famille ou entre amis et les plonge à coup sûr dans la magie des Fêtes ! C’est la destination parfaite pour dégoter des cadeaux originaux, fabriqués avec amour par des artisans québécois, allemands et européens et sélectionnés avec soin. Envie de savourer un bretzel frais, de boire un bon vin chaud et de rayer quelques noms de votre liste d’achats de cadeaux ? L’événement se déroulera du 24 novembre au 23 décembre 2022, c’est votre chance !

SOUVENIRS RETROUVÉS

La mission de Th3rdwave, fondée à Montréal, est de faire dé couvrir les cafés et torréfacteurs indépendants grâce à diverses initiatives, dont une application mobile permettant de géolo caliser les établissements à proximité. Elle vend également des passeports qui procurent des rabais dans des cafés sélection nés ainsi que des abonnements à des boîtes de café en grains livrées chez soi. Pour une deuxième année, l’entreprise propose un calendrier de l’Avent à boire, disponible en deux éditions, la première mettant en vedette 24 torréfacteurs du Québec et la deuxième, regroupant des torréfacteurs de partout au Canada. Chaque calendrier contiendra 24 sacs de grains surprise, pro venant de 24 torréfacteurs différents. On trouvera dans chaque sac, une fois ouvert, une carte informative au sujet du café du jour. Un cadeau ludique et délicieux, à offrir ou à s’offrir, en sou venir de la tradition chocolatée de son enfance !

Th3rdWave.coffee th3rdwave

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Offrir en mode écolo

Décembre est là. Il fait froid, même très froid et depuis deux jours, la neige a recouvert la ville de Montréal d’un blanc manteau. L’ambiance est au cocooning. Deux copines, Tamara et Delphine, consacrent leur dimanche à la préparation des fêtes de fin d’année. Au programme : musiques de Noël, pain d’épices, chocolats chauds à la cannelle, décoration du sapin et discussions autour des cadeaux.

Delphine — Cette année, je vais proposer à ma fa mille un concept d'échange de cadeaux écolos. On s’offre trop de babioles inutiles qui finissent par nous encombrer ! Et à la fin du réveillon, on croule sous les emballages.

Tamara — En même temps, c’est tellement charmant de voir tous les paquets emballés sous le sapin…

Delphine — Oui, mais j’ai lu dans le livre Une mai son organisée ? Oui, je le veux ! , une statistique hallucinante sur la quantité de papier d’emballage que les Canadiens consomment pendant le temps des Fêtes. Je te lis le passage : « Selon les données rassemblées en 2017 par l’organisme Zéro déchet Canada, les Canadiens jettent en moyenne chaque année 540 000 tonnes de papiers d’emballage et de sacs cadeaux. Pour ceux qui sont visuels, c’est l’équivalent de 100 000 éléphants ! »

Tamara — C’est impressionnant… Et culpabilisant !

Delphine — Delphine - Mon idée d’échange fera en sorte que chacun n’ait qu’UN cadeau à offrir, mais un cadeau bien pensé et qui fera vraiment plaisir à celui ou celle qui le recevra. Si possible, une expérience de type culturelle ou sportive ou du temps consacré à

l’autre, ou encore quelque chose dont la personne a vraiment besoin. Deuxièmement, j’aimerais qu’on emballe les cadeaux avec un matériau recyclé ou réutilisable comme un morceau de tissu, un vieux magazine, un dessin ou encore une ancienne carte routière. C’est une technique qui vient du Japon et qui se nomme Furoshiki

Tamara — Ça me fait penser que l’autre jour, en faisant mon tri, j’ai justement trouvé des cartes routières, et je m’apprêtais à les jeter. Cela dit, ça ne fait pas très « Noël », comme emballage.

Delphine — Il suffit d’ajouter une décoration, comme par exemple, une petite branche de sapin, un bâton net de cannelle, des feuilles séchées ou tout autres ornements biodégradables. Les changements d’habi tudes demandent une certaine adaptation, mais cela entraîne notre créativité. N’est-ce pas ludique de cher cher des idées originales de cadeau et d’emballage ?

Tamara — Tu as raison, moi aussi j’ai envie de proposer le concept aux membres de ma famille. Rien n’em pêche de lancer l’idée et de voir comment ils réagissent. En ce qui me concerne, je vais terminer mes anciens rouleaux de papiers et ensuite adopter le Furoshiki !

Si vous souhaitez participer à la diminution de la quantité d’emballages, il existe des alternatives écologiques et amusantes. Vous pouvez choisir un tissu réutilisable comme un linge à vaisselle qui fera aussi office de ca deau. Vous pouvez couper un morceau de tissu dont le motif est attractif dans de vieux draps, de vieilles che mises ou de vieilles nappes. Évitez autant que possible le papier collant et enrobez vos cadeaux de jolis rubans qui pourront être réutilisés. Agrémentez le tout d’ornements biodégradables : des branches de sapin, des feuilles séchées, des baies, etc. Faites preuve d’imagination, votre effort sera un vrai cadeau pour notre planète ! Pour terminer, si vous ne savez pas sous quel type de sapin déposer vos cadeaux écolos cette année, consultez le site de David Suzuki au DavidSuzuki.org

Texte | Danielle Carignan + Célia Laguitton Photo | Ensemble de 3 linges furoshiki, Pascale Faubert créations, Simons.ca, 114 $ DanielleCarignan.ca daniellecarignan.ca _carignan_ L’organisatrice d’espaces Danielle Carignan a écrit avec Célia Laguitton un livre pratique et amusant intitulé Une maison organisée ? Oui, je le veux ! expliquant des méthodes de désencombrement et d’organisation simples et efficaces. Les deux comparses signent aussi pour nous des chroniques où différents personnages mettent de l’ordre dans leur chaos quotidien… De quoi nous inspirer à les imiter !
DÉSENCOMBREMENT + ORGANISATION 120

Noël vert

Lorsqu’on leur offre des cadeaux qui s’accordent à leur passe-temps préféré, nos êtres chers ne peuvent qu’être ravis ! Voici quelques idées de cadeaux à offrir à votre passionné de jardinage préféré.

Pour le jardinier également amateur de mixologie, cet ensemble qui allie jardinage et accessoires de bar est tout indiqué.

Ensemble cocktail et jardinage 68 $, ModSprout.com

Cette année, initiez-vous à la culture des plantes en intérieur ou invitez un proche qui est aussi amateur de bonne bouffe à faire pousser des plantes comestibles. Offrez par exemple un ensemble de micro-pousses à Noël à la personne qui vous recevra pour le Nouvel An. Vous pourrez déguster la première récolte ensemble, puisqu’elle prendra de 5 à 7 jours à germer !

Ensemble de micro-pousses, 64 $, GetUrbanLeaf.com

Connaissez-vous les ollas ? Très populaires en Europe, ces contenants de terre cuite permettent un arro sage continu et adapté aux besoins de vos plantes. Le cadeau idéal pour le ou la novice, ou encore pour les grands voyageurs.

Olla en terre cuite, à partir de 40 $, AlmaPlantes.com

MissBoon.ca

JARDINAGE
Texte | Sarah Nagué En 2018, Sarah Nagué fondait la boutique végétale en ligne Miss Boon qui vend à la fois des plantes populaires et recherchées, des plantes de collection importées, ainsi que des accessoires pour la mai son, pour le jardinage et des cache-pots stylés de qualité. Ce printemps, elle ouvrait à Montréal une jolie boutique physique. Rédactrice de profession, elle nous fait profiter chaque moi de son savoir vert !
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QUE J’AIME TA PARURE

Ça y est, le moment est revenu d’insuffler un air de fête à travers la maison. Lumières charmantes, ornements colorés, verdure hivernale et guirlandes ludiques se conjuguent pour créer la magie ! Qu’ils soient modernes ou traditionnels, minimalistes ou excentriques, tous les décors renouent avec la joie de Noël.

Arbre de Noël Tannenbaum en acacia, à partir de 149,95 $, CrateAndBarrel.ca | Ensemble de 4 ornements des Fêtes en bois, 24,50 $, Indigo.ca | Ornements Rennes des Fêtes en zinc, à partir de 19,95 $, CrateAndBarrel.ca | Ornements des Fêtes Confetti System, 25 $ US chacun, FredericksAndMae.com

DÉCOR C’est Noël
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Chandelle torsadée Twist par Lex Pott, 52 $, Nordstrom.ca | Ornements de Noël Kiwi en bois et laiton, 8,95 $ chacun, CrateAndBarrel.ca | Ensemble de 8 or nements de Noël Bordeaux noir et blanc, 109,95 $, CB2.ca | Arbre de Noël accordéon en papier, 19,50$, Indigo.ca | Bas de Noël en coton bouclé, 44 $ US, Anthropologie.com | Support de sapin de Noël Skei en bois, 199 $ CrateAndBarrel.ca | Ornement Frida Kahlo par St. Nicolas, 30 $, Store.Moma.org

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JOYEUX, JOYEUX NOËL

Le feu danse dans la cheminée, dehors on tremble de froid… Alors à vos crayons : il est temps de réchauffer le cœur de vos êtres chers en leur rédigeant vos meilleurs vœux.

Carte Forest Animals, création Lily Sabbagh Art, 5,95 $, Etsy.com | Boîte de 10 cartes Mitaines, création Mömy, 28,99 $, Indigo.ca | Boîte de 8 cartes Seasonal Succulents, 24,95 $ US, Store.Moma.org | Carte Raymonde de Noël, création Anne-Julie Dudemaine, 6 $, AnneJulieDudemaine.com

Noël
CARTES DE SOUHAITS C’est
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Carte Esprit de Noël, Mimi & August, 6 $ MimiAndAugust.com | Carte Elfe, création Geneviève Lebleu, 5,95 $, Paperole.com | Carte Poinsettia, création Henri Atelier, 6,95 $, Etsy.com | Carte HOHOHO, création Tone on Tone Paper, 7,95 $, Etsy.com | Carte Joyeuses Fêtes - Paysage enneigé, création Marie-Laure Plano, 5,50 $, LiliGraffiti.com | Carte Lait de Poule , création Citron & Miel, 6 $, CitronEtMiel.com | Carte Augustin, création Mimosa Design, 6,25 $, MimosaDesign.ca | Carte La criss de paix, création Marie-Claude Marquis, 7 $, MerciBonsoir.fun | Carte Meilleur Vœux, création Paperole, 5,95 $, Paperole.com

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GUIDE CADEAUX 2022 C’est Noël
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Yayoi Kusama, Every Day I Pray for Love, David Zwirner Books, 60 $, SimonAndSchuster.ca | Eleanor Nairne, Jean-Michel Basquiat, Taschen, 275 $, Simons.ca | André Butzer, André Butzer, Taschen, 135 $, Indigo.ca | Norman Mailer et Bert Stern, Marilyn Monroe, Taschen, 100 $ US, Taschen.com
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Ai Weiwei, The Liberty of Doubt, Ridinghouse/Kettle’s Yard, 49 $, Artbook.com | Philippe Thomé , Ettore Sottsass, Phaidon, 100 $, Phaidon.com | Muller Van Severen, Dialogue, Walther König, 109,95 $, Artbook.com | Louis Vuitton, Virgil Abloh, Assouline, 120 $ US, Assouline.com | David Sokol, Hamptons Modern: Contemporary Living on the East End, Monacelli, 74,95 $, Phaidon.com

DES LIVRES SOUS LE SAPIN

Le temps des Fêtes, c’est aussi la saison des beaux livres. À offrir en cadeau ou à ajouter à sa propre liste, ces quelques nouveautés devraient ravir les amateurs d’architecture, de design et d’art.

L’historien de l’architecture et urbaniste François Rémillard et le photographe de l’architecture patrimoniale Brian Merrett racontent l’histoire des habitants de Québec à travers l’architecture de ses plus belles demeures privées habituellement inaccessibles au public.

Avec l’éditeur Phaidon, IKEA présente un nouveau livre explorant les façons d’améliorer le quotidien grâce au design pour le rendre plus durable. À travers la vie familiale de 12 personnes ordinaires, du Mexique à Moscou, de Bali à Beyrouth, ce livre met en lumière les petits gestes que nous pouvons poser pour rendre notre monde un peu meilleur.

Dans son deuxième livre, le photographe Drowster propose une ballade en images à travers Montréal, sa ville natale, mais aussi à travers le temps, puisqu’il a posé sa caméra aux mêmes endroits inusités de la métropole à chacune des quatre saisons.

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François Rémillard et Brian Merrett, Belles demeures historiques de Québec et de sa région, Éditions de l’Homme, 64,95 $, Editions-Homme.com | Eugénie Émond, Savoir faire : Histoires, outils et sagesse de nos grands-parents, Cardinal, 49,95 $, Editions-Cardinal.ca | Drowster, Saisons de Montréal, Cardinal, 59,95 $, Editions-Cardinal.ca | Maisie Skidmore, Us & Our Planet: This is How We Live [IKEA] , Phaidon, 39,95 $, Phaidon.com | Sarah Cruddas, Moon Paradise, Assouline, 124 $, MaisonLipari.ca

DES CADEAUX À SOI, DE SOI

L’année a été longue ? Il est temps de vous gâter un peu : profitez des vacances pour vous reposer, vous recentrer et vous préparer à affronter 2023 du bon pied. Vos résolutions n’ont qu’à bien se tenir, vous ne leur ferez pas de cadeaux !

Ensemble

GUIDE CADEAUX 2022 C’est Noël
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de savons Le Quartet par Orris, 84 $ US, OrrisParis.com | Ensemble d'encens Waboku par Obakki 68 $, Obakki.com | Ensemble Best-sellers (gel douche, déodorant, crème pour le visage et chandelle) par Salt & Stone, 125 $, SaltAndStone.com | Bloc de yoga Inner Flow, 34 $, Lululemon.com

La technologie brevetée à l’origine de l’appareil Helight, conçu au Québec, s’inspire de travaux de la NASA sur les troubles du sommeil des astronautes en orbite. Émettant une lumière d’un rouge pur à 630 nanomètres et s’éteignant après 14 minutes, il permet de s’endormir plus facilement, plus rapidement et de bénéficier d’un sommeil plus profond.

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Diffuseur de parfum d'ambiance Flavo par Blomus, choix de 3 fragrances, 89 $, Kelli.shop | Bougie de soja dans un récipient de verre recyclé par Goodee, 79 $ US, GoodeeWorld.com | Serviette verte à motif fleuri, création Carne Bollente, 105 $, Ssense.com | Duo massage facial (Gua sha et huile hydratante), 69,99 $, AlderNewYork.com | Manteau d´intérieur Homecoat par Offhours 295 $ US – 395 $ US, Offhours.co | Lumière Helight Sleep, 139,99 $, Helight.ca
GUIDE CADEAUX 2022 C’est Noël Tablier 100 % lin fabriqué à Montréal, 115 $, ConfettiMill.com | Vaisselle en grès, 6,99 $ – 39,99 $, HM.com | Sous-plat Tressage # 3 en grès brun foncé et glaçure satinée noire, création Marie-Eve Dompierre, 102 $, MarieEveDompierre.com | Ensemble de plats allant au four, 250 $, FromOurPlace.ca | Mandy Wolfe, Rebecca Wolfe et Meredith Erickson, La bonne table de Mandy : 120 recettes santé réconfortantes, Éditions La Presse, 39,95 $, EditionsLaPresse.ca 130

FESTIN FESTIF

Nul autre moment dans l’année n’est plus propice aux festins partagés que le temps des Fêtes. Grâce à ces quelques trouvailles culinaires, vous ferez le bonheur de vos foodies préférés –et le vôtre.

La blogueuse culinaire Geneviève Plante répertorie dans son nouveau livre 30 recettes de soupes, crèmes et potages et partage quelques idées de garnitures franchement appétissantes De quoi nous réchauffer le cœur et nous ravir les papilles tout l’hiver.

Dans son cinquième livre cuisine, l’autrice foodie Marilou suggère près d’une centaine de recettes simples à cuisiner en une trentaine de minutes. Elle propose également des recettes vide-frigo à personnaliser. De quoi nous faciliter la vie, tout en la rendant délicieuse.

L’heure de la soupe : des recettes originales pour surprendre vos papilles, Éditions La Presse, 26,95 $, EditionsLaPresse.ca | Panettone du Restaurant Elena, 38 $, CoffeePizzaWine.com | Ensemble de 4 ser viettes de table en lin avec broderie, 197 $, MisetteTable.com | Marilou, 3 fois par jour: Tout simple, Cardinal, 39,95 $, Editions-Cardinal.ca | Cafetière Quindio Alba en céramique et chêne, 315 $, WolfMiu.com

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Décanteur de la collection Tank, création Tom Dixon, 258 $, HarryRosen.com | Porte-bouteilles de vin Lina, 168 $ US, Anthropologie.com | Dry gin St-Laurent par Distillerie du St. Laurent, 700 ml, 44,75 $, SAQ.com | Chaise en bois massif Bice par E-ggs, 855,04 $, 1stdibs.com | Bonbonnières Gianni, 44,95 $-59,95 $, CB2.ca

GUIDE CADEAUX 2022 C’est Noël
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IL FLOTTE UN AIR DE FÊTE

Au cœur des célébrations des Fêtes, il y a surtout le plaisir d’être ensemble, de se retrouver et de partager des moments de joie. Recevoir, c’est un geste d’amour, alors, faisons-le en grand. Paix, bonheur… et santé !

La marque canadienne Fable fabrique des objets pour la maison durables au design simple et intemporel, aussi beaux qu’éthiques, faits à partir de matériaux de qualité. Leurs verres délicats et leurs ensembles de vaisselle en argile ont toutes les chances de devenir vos nouveaux atouts à table, au quotidien aussi bien qu’aux grandes occasions !

Le seltzer à la vodka de qualité supérieure Aupale est naturellement aromatisé et sucré avec des fruits parfaitement bons et sauvés du gaspillage. Il est pressé à froid, non pasteurisé, ne contient pas d’arômes artificiels et a une faible teneur en calories. On aime sa bouteille en verre recyclé de petit format et son goût de pamplemousse rafraîchissant, juste assez amer.

Ensemble de 4 coupes à champagne par Fable, 130 $, Fable.com | Ensemble de 3 couteaux à fromage Helms, 29,95 $, CB2.ca | Chandeliers en lai ton, création Space Copenhagen, à partir de 162 $, AndTradition.com | Seltzer à la vodka au pamplemousse Aupal, 17 $ pour 4, SAQ.com | Plateau à fromages Pebble, création Normann Copenhagen, 115 $, TheModernShop.com

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ENTRE NOËL ET LE JOUR DE L’AN

GUIDE CADEAUX 2022 C’est Noël
de cartes Eames Hang-it-all, 18 $ US, ArtOfPlay.com | Jeu Scrabble Édition Deluxe
229 $, CB2.ca | Bean Bag bordeaux, 345 $, Arico.ca | Jeu de soccer
table RS4
création Raphaël
RSBarcelona.com 134
Entre deux réveillons, quoi de mieux que de profiter de la maison ? Musique, marathon de cinéma, jeux de société… Seul, en famille ou entre amis, on se met bien à l’aise et on savoure le moment présent. Jeu
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sur
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Rodriguez, prix sur demande,
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Affiche Tulipe des marais, collection Les Jardins Exotiques, 70 $, MaisonLacombe.ca
Lampes de table Parade, 245 $ – 370 $, Hay.com
Casse-tête Nutcracker en forme de sapin de Noël, Rifle Paper Co, 34 $ US RiflePaperCo.com
Livres de la collection 100 most compelling movies of the decade, Jürgen Müller, 70 $ chacun, Taschen.com
Jeté 100 % coton Bassett, création Thomas Heinz, 250 $ US, SlowDownStudio.com
Fauteuil modulaire sans bras Nuage, 1 099 $, Mobilia.ca
GUIDE CADEAUX 2022 C’est Noël
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Lunettes de soleil Andromeda en denim solidifié, création Jack Spencer, 416 $ US, Mosevic.com | Botte pour homme Héritage M120 en suède vert olive, Fracap × Simons, 450 $, Simons.ca | Poncho Sunrise Orange réversible par Poler, 100 $ US, Poler.com | Gants de hockey noir et crème, 273 $, ModestVintagePlayer.com | Lunettes de planche à neige OP-1 bleu marine par Yaak Optics, 225 $, Ssense.com

VIVE LE VENT D’HIVER

Chauffe-main de 12 heures par Zippo, 45,95 $ Zippo.ca | Sleeping bag pour cellulaire Hot Poc Sleeper, 34,99 $, HotPoc.ca | Mitaines imperméables 1902 par Milo & Dexter, 65 $, Simons.ca | Montre solaire Solar par Solios, bracelet en maille noire et boîtier en or rose, 340 $, SoliosWatches.com | Verre isotherme Shimo kaki par Snow Peak, 470 ml, 55 $, SnowPeak.com | Casque d’écoute AirPods Max par Apple, 779 $, Apple.com | Habit de neige Hebe multicolore par Molo Bébé, 250 $, Ssense.com

Emmitouflez-vous bien dans vos manteaux et sortez prendre une bonne bouffée d’air froid ! Sortez skier, patiner ou vous batailler de boules de neige… Plus tard, le vin chaud n'en sera que meilleur..
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N’OUBLIE PAS MON PETIT SOULIER

Ça y est : l’atelier du père Noël roule à fond de train. Les petits guettent sa venue, d’un dodo à l’autre… Nous vous proposons ces trouvailles charmantes à poser sous le sapin et qui leur feront plaisir à coup sûr, parole de lutins.

La réputation de la marque LEGO n’est plus à faire, mais quelle surprise nous avons eue en découvrant leur jolie collection botanique ! Construire un arrangement de succulentes, une orchidée ou un bonsaï vous semble saugrenu ? C’est maintenant possible ! Une idée zen et poétique, pour les jardiniers en herbe.

Bibliothèque pour enfants, collection Petit Bosc, à partir de 440 $, Atelier-Bosc.myshopify.com | Cuisine pour enfants, Kid´s Concept, 327 $, Smallable.com | Ensembles Les succulentes et L’orchidée, collection botanique, 69,99 $ chacun, LEGO.ca

GUIDE CADEAU C’est Noël
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Illustrée avec humour, cette série d’albums jeunesse en six tomes de Patrick Couture et Martin PM raconte la fascinante histoire de l’évolution des animaux du Québec, offrant une foule d’informations scientifiques accessibles et souvent étonnantes qui émerveilleront les jeunes, tout autant que les moins jeunes !

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Kit de poterie DIY, à partir de 75 $, ClubTerracotta.ca | Mini éléphant Eames, création Charles et Ray Eames pour Vitra, 182 $, DWR.com | Casse-tête en bois Scène de la nativité, création Nynke Tynagel, 140 $, Store.Moma.org | Kit du paresseux imprimé sur papier carton, à partir de 30 $, SofsDesigns.com | Patrick Couture et Martin PM, La préhistoire au Québec, Éditions Fides jeunesse, 48 pages, 19,95 $ chacun, EditionsFides.com | T-shirt à manches longues en coton biologique, création Stella McCartney, 83 $, Smallable.com

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ERRATUM

À la page 141 de notre numéro 06, la fiche technique concluant la présentation du projet Lignes et horizon, conçu par Regard Vert, aurait dû mentionner que les pavés Industria sont des produits Techo-Bloc. La publicité qui faisait suite à l’article a pu laisser croire qu’il s’agissait de produits Rinox. Nous nous excusons sincèrement pour la confusion que la mise en page a pu causer.

Répertoire
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SEULEMENT CHEZ Luc Doyle, optométriste.