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ÉTÉ 2021

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ARCHITECTURE DESIGN ART OBJETS

ENGLISH TEXTS INCLUDED


huppe.net


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Chez Huppé, c’est notre talentueuse équipe d’artisans qui fait de chacun de nos produits une œuvre durable. Quel que soit le meuble créé, Huppé supervise et contrôle chaque étape du processus de fabrication dans nos usines au Québec.


Meubles Design Danois depuis 1952


www.studiomineraldesign.com

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Pour collaborer: hello@studiomineraldesign.com

Design céramique - objets pour l’art de vivre COLLIER SAT Crédit photo: Renaud Robert Assistant photo: Jules Bédard DA: Natacha Filiatrault


éditorial

UNE FLORAISON INESPÉRÉE C’est par ce quatrième numéro que nous amorçons officiellement une nouvelle année de publication de Ligne. Un nouveau cycle, un prolongement. Suivant la même trajectoire et habités d’un désir toujours plus ardent de promouvoir le génie créatif et le talent d’ici et d’ailleurs, nous vous préparons cette année trois numéros plutôt que deux : nous reviendrons donc en août, puis en novembre. Nous sommes ravis à l’idée d’ajouter un rendez-vous automnal à notre calendrier ; le numéro d’août nous permettra de mieux célébrer cette saison transitoire si particulière et d’explorer d’autres aspects de la maison – et de la vie. Mais pas si vite! Voilà d’abord notre numéro d’été, que nous avons voulu optimiste, solaire, coloré et tourné vers la nature. Tout au long de son élaboration, nous avions envie de légèreté, de nature, de simplicité, de fantaisie et d’espoir. Pas étonnant, plongés que nous étions en plein hiver suffocant. Parce qu’on ne se le cachera pas : cet hiver a été long… Il fallait avoir une force de caractère hors du commun pour ne pas céder sous le poids de la lourdeur ambiante. Deuxième vague, confinement, couvre-feu, règles sanitaires, décompte quotidien des morts et des malades, troisième vague, fausses nouvelles, conspirationnisme, violence numérique, brutalité, détresse psychologique, anxiété, isolement, fatigue, mépris, impatience généralisée… L’alouette n’avait même plus l’énergie d’être en colère, la pauvre. « N’en jetez plus, la bulle est pleine! » C’est dans cet esprit que nous nous sommes d’abord mis au travail. Puis c’est là qu’encore une fois la magie s’est produite : le projet a fleuri, littéralement. Il y a d’abord eu cette photo de la charmante maison passive Saltbox, à l’empreinte écologique minimale, surmontant une colline couverte d’herbes vert tendre et d’épis dorés ; c’est elle qui allait donner le ton à ce numéro, en couverture. Puis vinrent se greffer à ce premier projet d’autres réalisations conçues en

communion directe avec leur environnement, que ce soit en milieu sauvage ou en ville, comme les différentes faces d’un cube miroir : la Maison Jardin, la Maison Forêt I, le projet Chambord, avec ses baies vitrées démesurées, le projet d’aménagement paysager Géométrie naturelle, avec son sentier merveilleux… Préparez-vous à en avoir plein la vue! Il y a aussi eu cette invitation merveilleuse de l’équipe des Jardins de Métis, dans le Bas-Saint-Laurent, qui nous conviait à venir explorer son site hors saison et à discuter de la 22e édition du Festival international de jardins qui s’y déroulera cet été et de tous les autres projets qui s’y trament avec son directeur général, Alexander Reford. Puis nous avons découvert le travail fantastique du designer floral et photographe Marc Sardi, les fleurs de papier délicates et fascinantes de la Bouture, les Paysagismes et autres broderies sur papier de Véronique Buist, tous ces livres de fleuristerie et de jardinage qui donnent le goût d’enfoncer ses mains dans la terre pour emplir la maison de pousses et de bouquets radieux. Les morceaux se sont emboîtés au fil des mois comme les pièces d’un surprenant puzzle, pour former un tout organique et foisonnant, un peu échevelé, mais joyeux comme… un jardin anglais. Nous espérons de tout cœur qu’il vous fera du bien de vous y « balader », que vous apprécierez ce que vous y trouverez et qu’il enjolivera vos prochaines semaines. Merci de nous lire une nouvelle fois. Merci de rester curieux.‌euse. Nous nous sentons privilégiés que vous nous accordiez de votre temps. Profitez intensément des mois les plus doux et de la précieuse beauté estivale,

Dave Richard | Éditeur daverichard‌@‌magazineligne.ca   |  et toute l’équipe de Ligne

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PLUS QUE JAMAIS, LA CUISINE EST LE CŒUR DU FOYER. Découvrez notre luxueuse sélection d’électroménagers

8140, DÉCARIE MONTRÉAL 514 344.2425 I 6700, PIERRE-BERTRAND QUÉBEC 418 623.9999

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Éditeur  |  Rédacteur en chef Dave Richard Directeur  |  Rédacteur, art et design Mathieu Jacques Bourgault Rédaction Mathieu Jacques Bourgault Lorène Copinet Isabelle Pronovost Dave Richard Stagiaires à la rédaction Samuel Gauvreau Des Aulniers Léonie Hottote

EN COUVERTURE

redaction‌@‌magazineligne.ca

Maison passive Saltbox par L’Abri. Photo  |  Raphaël Thibodeau Magazine Ligne  |  Éditions de la Diagonale ISSN 2563-0539 (Imprimé) ISSN 2563-0547 (En ligne)

Graphisme Olivier Boissonnault

Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2021 Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada, 2021

COMMENTAIRES Transmettez-nous vos commentaires à propos du contenu du magazine, nous serons ravis de vous lire !

Magazine Ligne  |  Éditions de la Diagonale 2360, ave Letourneux, bureau 107 Montréal (Québec)  H1V 2P2 514 268-7120

Par courriel à lignedirecte‌@‌magazineligne.ca ou par courrier à l’adresse ci-contre.

MagazineLigne.ca info‌@‌magazineligne.ca

Correction + Révision Véronique Papineau Traduction Roxane Hudon Andrea Lindsay Publicité Jean-Pierre Alarie Mathieu Jacques Bourgault publicite‌@‌magazineligne.ca Gestion de médias sociaux Camarade Dave Richard

À la mémoire de Line Pomerleau, notre étoile, nos racines. Toute reproduction, adaptation ou traduction est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Ligne décline toute responsabilité concernant les documents qui lui sont soumis par de tierces parties et les considère libres de droits. L’exactitude des informations fournies par les annonceurs ou les collaborateurs au contenu relève de leur responsabilité. Les prix inscrits dans ce magazine le sont à titre indicatif. Nous ne sommes pas responsables des fluctuations éventuelles. Pour des raisons graphiques, tous les prix sont arrondis au dollar inférieur ou supérieur près. L’éditeur se réserve le droit de publier (en partie ou en totalité) ou non tout matériel fourni par les annonceurs, les agences de relations publiques et les collaborateurs au contenu (architectes, designers et artistes inclus). Les manuscrits et documents non publiés ne sont pas rendus.

Heureux de collaborer avec Kollectif.

Directeur artistique Dave Richard

#jelisbleu  #quiestlarchitecte

Comptabilité Louise Lacroix Carl Moquin

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sommaire

5 | ÉDITORIAL Une floraison inespérée

DANS NOTRE MIRE 16 | ACTUALITÉS d’Armes × Verre d’Onge | Opaline | Studio Minéral Sonos  |  Dusen Dusen × Dims  |  Mon adresse civique EQ3 × Rainville Sansgaré  |  Framery  |  Maison Prunelle 22 | DOMAINE CASSIS MONNA & FILLES DMA architectes 28 | CAFÉ SAISON DES PLUIES Alphabet 33 | RESTAURANT ARVI Patriarche

44

16 ART 39 | GALERIE DURAN | MASHAAL 44 | VÉRONIQUE BUIST 46 | SLEP_SÉBASTIEN LÉPINE 50 | SÉBASTIEN GAUDETTE

DESIGN 54 | LAMBERT & FILS 58 | RICHPORTER LIGHTING 60 | MARIE-SOPHIE DION 62 | GRIS + JAUNE

8

54


sommaire

DOSSIER N° 3 JÉRÔME LAPIERRE ARCHITECTE Projet Chambord

DOSSIER N° 1 L’ABRI Maison passive Saltbox

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90

DOSSIER N° 2 DESK ARCHITECTES 18-042_Résidence B+L

DOSSIER N° 4

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L. MCCOMBER – ARCHITECTURE VIVANTE Maison-Jardin


sommaire

112 DOSSIER N° 5 NATALIE DIONNE ARCHITECTURE Maison Forêt I

122

134 DOSSIER N° 7 ÉQUIPE LOGAN Géométrie Naturelle

DOSSIER N° 6 10

LA SHED ARCHITECTURE Maison JJ Joubert


sommaire

142 | ARCHITECTES + DESIGNERS 148 | ENGLISH TEXTS 154 | MARCHÉ

158 C’EST L’ÉTÉ 158 | JARDINS DE MÉTIS 162 | ACTUALITÉS Enfants sauvages | Demain Dimanche | La Bouture 164 | TECHNO Respira | Click And Grow 166 | LIVRES 168 | VASES 170 | SUR LA TERRASSE 172 | CÔTÉ COUR 174 | CÔTÉ JARDIN

162

176 | ON MANGE DEHORS

EN BOUT DE LIGNE 180 | QUESTION DE GOÛT Azamit 182 | MATIÈRE Yakisugi 184 | SUR LA LIGNE DU TEMPS Habitat 67 184 | PORTFOLIO Marc Sardi 184 | QUELQUES LIGNES En nous, l’horizon

184


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Opaline, objets de verre surcyclé. Photo  |  Mathieu Létourneau

DANS NOTRE MIRE

D’ARMES × VERRE D’ONGE OPALINE STUDIO MINÉRAL SONOS DUSEN DUSEN × DIMS MON ADRESSE CIVIQUE EQ3 × RAINVILLE SANGARÉ FRAMERY MAISON PRUNELLE

« L’homme veut voir. La curiosité dynamise l’esprit humain. » | Gaston Bachelard


Dans notre mire

LUMI-VERRE Chez Ligne, nous suivons avec intérêt et fascination le travail d’Alexandre Joncas et Gildas Le Bars, le duo créatif d’Armes, toujours empreint de poésie et de finesse. Cette fois, c’est de leur collaboration fructueuse avec Jérémie St-Onge, du studio de verre soufflé Verre d’Onge, qu’est née Gigi, une lampe de table à la géométrie franche et pourtant fort délicate. Dans un processus à quatre mains axé sur l’exploration de la matière, la joueuse Gigi alterne opacité et transparence, en dégradés noir, blanc ou colorés. Les différentes teintes de verrerie donnent à chaque exemplaire un caractère et une finition unique. Gigi a aussi une grande sœur : un lampadaire à la géométrie identique, mais aux dimensions décuplées qui lui donnent une allure de monument. Les Gigi sont une réponse à l’approche de la création formelle en tant que processus lié à l’étude de la matérialité et du rapport de celle-ci à la lumière ; une alliance soignée et sensible entre verrerie et luminosité. Grâce à un éclairage qui se tamise vers des couleurs plus chaudes, Gigi crée autour d’elle des ambiances qui inspirent la douceur.  studio_darmes

VerredOnge.com 

AMALGAMES Opaline, c’est un duo de créatrices partageant la même passion pour les trésors vintage. Passionnée par la fabrication d’objets depuis son plus jeune âge et diplômée en design d’intérieur et en ébénisterie, Aki s’occupe de la technique et de l’esthétique de la marque, alors que Gigi, amoureuse des arts créatifs et diplômée en commercialisation de la mode, en signe la direction visuelle et artistique. Au gré de leurs visites dans divers bazars et friperies, les deux femmes ont constaté que l’on y retrouvait souvent le même genre d’objets de verre abandonnés ; l’idée leur est donc venue d’amalgamer ces pièces chéries ou mal-aimées pour en faire des créations renouvelées, charmantes et surprenantes. « Nous voulons embellir le quotidien. Nous aimons travailler à partir de ce qui existe en nous laissant inspirer par les textures, les formes et les couleurs de pièces trouvées. Nos créations sont à la fois d’hier et d’aujourd’hui, à la croisée du moderne et du vintage. » Romantiques, élégantes, poétiques, les délicates créations d’Opaline sont pour l’instant disponibles uniquement sur Etsy et dans un point de vente au Texas. OpalineAtelier.ca 

 opalineatelier

 verredonge

Mathieu Létourneau

dArmes.ca 


CÉRAMOUR C’est clairement un coup de foudre pour la céramique qu’a eu Alexandra Gélinas, fondatrice du Studio Minéral, lorsqu’elle complétait son baccalauréat en design industriel à l’Université de Montréal : « La céramique rend accessibles les géométries complexes. Sa plasticité facilite la concrétisation d’idées et de concepts en produits. La céramique est une matière qui traverse le temps. D’abord littéralement, puisqu’elle est inerte et vieillit très bien sans se détériorer ; ensuite, figurativement, puisque son emploi fait écho à la longue histoire de son usage par l’homme. Elle évoque la familiarité de la matière brute, voire primitive, aussi bien que le raffinement de l’objet savamment pensé et construit. Elle est délicate et précieuse, bien qu’elle soit utilitaire et résistante. J’aime sa froide sensualité de pierre tout autant que la chaleur qu’elle renvoie à travers les formes qu’on lui donne. » Frappée par l’absence de cette matière parmi l’éventail de matériaux dont l’utilisation était suggérée à travers le cursus scolaire, la créatrice a rapidement remarqué que celle-ci n’était, par le fait même, presque jamais employée par les designers au Québec. « J’ai compris que si on n’enseigne pas une technique, on ne l’utilise pas, et vice versa. C’est comme ça que se tarit l’accès local à une expertise, à mesure que ceux qui savent vieillissent. » La designer a tout de même eu la chance de participer à un stage chez Julie Duguay, céramiste utilisant le coulage comme méthode de production, ainsi qu’à une formation chez Louise Bousquet, l’une des seules au Canada à utiliser l’élégante, mais exigeante porcelaine

dure ; cette dernière l’a également présentée à son associé, Guy Maynard, maître mouleur à Limoges, en France, qui lui a beaucoup appris. Après avoir travaillé quelques années pour une importante entreprise d’éclairage architectural, Alexandra Gélinas lançait finalement en 2020 sa propre entreprise : Studio Minéral. « Au sein de Studio Minéral, je me suis promis avec plaisir de ne produire que des séries limitées d’objets ; une façon de faire qui me permettra de mieux respecter mes convictions en liant le développement durable à l’identité du studio et d’opter pour un approvisionnement local, de la matière première à l’emballage. » Un mode de production également dicté par la matière elle-même. « À l’opposé des moules excessivement coûteux nécessaires à la mise en forme des polymères, la confection de ceux en plâtre destinés à la céramique sont abordables ; ils n’entraînent pas l’obligation d’une production de masse pour les rentabiliser. La céramique confère donc la liberté de produire de façon plus ciblée pour un marché de niche, sans avoir à exiger un prix exorbitant. » Studio Minéral permettra aussi à Alexandra Gélinas d’intégrer à sa démarche la technologie comme la modélisation sur logiciel et l’impression 3D. « Mon atelier est en quelque sorte le théâtre de la rencontre de deux mondes. Je me questionne sur les limites entre le design, l’artisanat et l’art. Malgré ma volonté d’optimiser et de moderniser ma pratique, les caprices de la matière demeurent et me font réaliser combien la sagesse de la main de l’artisan est irremplaçable. »

Photos | Renaud Robert

StudioMineralDesign.com  

  studiomineraldesign

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Dans notre mire

SONOS, PARTOUT Sonos continue de nous impressionner par ses prouesses techniques en nous présentant le Roam, un haut-parleur portatif design et élégant, conçu pour offrir une expérience sonore qui dépasse toutes les attentes, que ce soit à la maison, dans la cour… ou en camping ! Polyvalent et intelligent, le Roam se connecte simultanément à votre réseau sans fil et via Bluetooth à votre téléphone pour que vous passiez d’un endroit à l’autre sans interruption. Offert en noir et en blanc, le Roam est fabriqué pour résister à la poussière et à l’eau. Une seule charge vous permettra de profiter de plus de 10 heures de musique en continu. Puissant, le petit dernier de la famille Sonos ! Sonos.com 

TRANSFORMATION Ellen Van Dusen, designer derrière la marque brooklynoise Dusen Dusen, s’est amusée à réinterpréter Cleo, la chaise signature de la designer norvégienne Stine Aas. Peinte à la main de six couleurs différentes, la chaise éditée par Dims rappelle les créations colorées pour la maison de Dusen, toutes plus éclatantes les unes que les autres. Évocatrice du néoplasticisme et du courant Memphis, la pièce est offerte en édition limitée aux États-Unis seulement. Vous pouvez toutefois profiter des autres articles déjantés pour la maison de Dusen Dusen chez plusieurs détaillants canadiens. DusenDusen.com  dims.world 

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 dims

 dusendusen

 sonos


CHIFFRES MAGIQUES Vous emménagerez bientôt dans votre nouvelle maison ou souhaitez redonner un peu de lustre à la devanture de votre propriété ? L’entreprise Mon adresse civique offre plusieurs modèles de chiffres individuels et de plaques personnalisées minimalistes et modernes, faciles à installer, conçus et assemblés par son équipe au Québec. Chaque adresse est livrée dans une boîte accompagnée de tous les accessoires nécessaires pour une installation réussie et sans tracas – une « trousse anti-gros-mots » comprenant des instructions simples, un niveau autocollant, un gabarit de positionnement, un mini-marqueur, du silicone et une mèche pour perceuse tout usage. Grâce au gabarit, les adresses peuvent être disposées à l’horizontale comme à la verticale. Trois tiges filetées sont fixées au dos de chaque chiffre ou de la plaque pour l’installation. Suffit de choisir parmi les styles offerts, les différentes couleurs et les tailles qui conviennent le mieux à son projet, de passer sa commande et de sortir la perceuse. La livraison est rapide et les prix, abordables ; les entrepreneurs bénéficient même d’un rabais et d’un prix fixe pour la livraison. Le tour est joué, et l’installation se fait presque par magie ! Abracadabra ! MonAdresseCivique.com 

 monadressecivique

DU SOLIDE L’entreprise canadienne EQ3 s’est alliée avec les designers industriels montréalais Lambert Rainville et Nicholas Sangaré pour créer une collection de bancs et de tabourets minimalistes et géométriques. Cette collaboration tombait sous le sens pour ce duo créatif dont l’approche transversale du design se conjugue de manière évidente à l’esprit intemporel, transparent et collaboratif du détaillant. Inspirée par l’uniformité de billots de bois empilés pour le transport en camion, la collection Biau a été savamment pensée et usinée dans du frêne, évoquant chaleur, douceur et stabilité. Cette collection se distingue par ses qualités sculpturales et son confort étonnant. Offerts en frêne naturel ou noir, les bancs et tabourets seront en vente dès juin 2021 dans tous les magasins EQ3 et en ligne. EQ3.com 

 EQ3.furniture 

Rainville-Sangare.com 

 EQ3  rainvillesangare


Dans notre mire

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UNE OASIS POUR LES VISIOCONFÉRENCES La firme de design finlandaise Framery, pionnière et leader de la fabrication d’espaces insonorisés pour le travail, lance sa capsule Framery One sur le marché québécois, une innovante cabine acoustique entièrement connectée pensée spécialement pour s’adapter au règne des visioconférences. Ce n’est plus un secret, l’éventuel retour au travail en présentiel sera synonyme de nombreux ajustements. Un nouveau modèle de travail hybride, où les employés oscilleront entre bureau et maison, entraînera son lot de contraintes. Alors que plusieurs compagnies débattent toujours de la formule à adopter, une chose semble sûre : les visioconférences continueront de faire partie de notre quotidien. Que vous soyez adepte de Zoom ou nostalgique des tables rondes, l’inévitabilité des visioconférences force les employeurs à repenser la configuration de l’espace mis à la disposition de leur équipe. Dans cet esprit, la nouvelle capsule Framery One se veut une solution tout-en-un, entièrement connectée, qui rend possible la cohabitation des visioconférences avec une ambiance paisible au bureau. Le principal intérêt de la cabine est son isolation acoustique permettant à l’usager de participer à une visioconférence

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sans monopoliser le paysage sonore du bureau, laissant ses collègues travailler dans le calme. La deuxième grande force du Framery One est sa considération pour l’expérience utilisateur. En effet, le poste de travail individuel est complètement connecté, une première sur le marché des cabines acoustiques, rendant la gestion des réservations simple et intuitive. La conception du reste de l’espace priorise le confort de l’utilisateur: table et siège ajustables, repose-pied, ventilation, porte-manteau, prise de courant, chargeur sans fil et autres. La capsule compacte est aussi dotée de roulettes pour s’adapter facilement aux besoins changeants des espaces de travail. Finalement, la construction de la capsule, fabriquée presque uniquement de matériaux recyclables, s’inscrit dans le désir de la compagnie de concevoir des produits répondant aux problématiques écologiques actuelles, sans négliger les considérations futures. FrameryAcoustics.com  frameryfinland   frameryacoustics Distribution au Québec : Dvision21.com   dvision21 

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CHER À MES YEUX Prolongement de la marque Pink & Brown, fondée en 2003, l’entreprise montréalaise Prunelle vend presque exclusivement en ligne depuis 2015. Spécialisée dans la vente de mobilier sophistiqué et de pièces de décoration inspirés du style mid-century modern, elle a ouvert récemment les portes d’une première boutique sur le Plateau-Mont-Royal, à Montréal. Malgré le contexte de pandémie qui perdure, la décision pour Prunelle d’avoir pignon sur rue a été sagement réfléchie par ses fondateurs, et c’est avec beaucoup d’optimisme et de fébrilité que l’équipe de Maison Prunelle propose pour la première fois une expérience complète de magasinage, où les clients peuvent consulter ses spécialistes afin de transformer leur maison en havre de paix et de confort. Prunelle.ca 

 prunelleca 

 prunellefurniture

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Une transformation qui porte ses fruits

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Localisation

Île d’Orléans, Qc

Type de projet

Réhabilitation + Agrandissement

Réalisation

2016-2017

Bâti d’origine

1872

Conception

37 mois

Travaux

18 mois

Superficie

Moins de 10 764 pi2 | 1 000 m2

Budget

$$


DMA ARCHITECTES

DOMAINE CASSIS MONNA & FILLES

Texte | Isabelle Pronovost

Photos  |  Yves Lacombe

DOMAINE CASSIS MONNA & FILLES

Domaine Cassis Monna & filles 1225, chemin Royal,

Réputée pour la conservation, la réhabilitation et la transformation de bâtiments existants, la firme DMA architectes s’est vu confier le mandat de moderniser ce domaine multifonction destiné à la récolte, à la production et à la commercialisation du cassis. Mais c’est surtout la vocation touristique du lieu qui a inspiré la conception du nouveau bâtiment d’accueil, un espace à la fois bien intégré au site et attirant le regard depuis la route.

Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans (Québec) G0A 4E0 418 828-2525 CassisMonna.com   cassismonna

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C’est au début des années 1970 que Bernard Monna, liquoriste français de quatrième génération, s’établit sur l’île d’Orléans pour y cultiver le cassis. En plus de la culture de ce petit fruit, il produit sur place vins et spiritueux, tout en transmettant, comme ses ancêtres avant lui, sa passion et son savoir-faire à ses deux filles, Catherine et Anne. Héritières de la tradition familiale, les deux propriétaires de Cassis Monna & Filles ont voulu faire évoluer le domaine sans trahir son âme. Question de ne pas perturber les activités commerciales de l’entreprise, les concepteurs de la firme DMA architectes ont imaginé un scénario en trois temps. Le premier consistait à créer un tout nouveau bâtiment attenant à la grange ancestrale pour y déménager et y regrouper toutes les activités de production. Puis la grange a été restaurée et consolidée afin d’en assurer la pérennité. Enfin, le commerce a été agrandi dans

le but de créer de nouveaux espaces d’accueil et de dégustation pour le public. Le nouveau bâtiment d’accueil se veut en continuité avec la bâtisse d’origine de par ses proportions et sa forme, mais en contraste de par son revêtement de cèdre naturel à baguettes verticales. Aussi utilisées en claire-voie et en garde-corps, les baguettes procurent une belle uniformité à l’enveloppe. Choisi pour sa durabilité, ce matériau s’harmonise en outre avec les murs pignons en bardeaux de cèdre de la vieille grange. Les différences en termes d’usure naturelle et de méthode d’assemblage de ces deux revêtements servent à marquer la distinction entre les deux époques de réalisation. La fente créée entre le nouveau et l’ancien volume annonce l’entrée principale. Munie d’une porte coulissante monumentale, l’entrée se prolonge jusqu’à

une large terrasse offrant à la clientèle une vue imprenable sur la grange et le fleuve. Suspendue au-dessus de l’entrée, une seconde terrasse permet quant à elle de percevoir l’étendue des champs de cassis et, plus largement, de contempler les magnifiques paysages environnants. Les matériaux bruts utilisés – bois, acier anthracite pour la structure et les toits, et enfin béton enduit de crépi blanc pour les fondations et le bâtiment d’origine – respectent une palette de couleurs et de textures propres aux bâtiments du secteur, tout en conférant à ce nouvel espace d’accueil une esthétique contemporaine. Ainsi rajeuni, le lieu ne renie pourtant pas ses origines, comme en font foi les prénoms de plusieurs générations de Monna peints sur les contremarches de l’escalier de béton. C’est Louis Monna, premier de cette longue lignée d’artisans dévoués, qui serait impressionné.

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Architectes | DMA architectes Ingénierie de structure  |  Services EXP Inc. Gestionnaire de chantier  |  LEM experts-conseils Structure | Tecno-Métal [Acier] Fondations | Fondation du Québec Bâtiment préfabriqué  |  Métal Sartigan [Cuverie] Revêtement extérieur  |  Spécibois + Micasa [Cèdre rouge naturel et teint] Portes et fenêtres  |  Vitrerie Laberge Toiture | Toitures Ile d’Orléans Inc. + Vicwest [Revêtement métallique] Planchers | Spécibois + Micasa [Sapin Douglas] Céramique | Italbec + Ovation Mobilier intégré  |  Les Ateliers 3/4 Fort Escalier | Gabriel Miller Inc. Parois de verre  |  Vitrerie Laberge Métal | Gabriel Miller Inc. Électricien | Jacques Normand & Fils


Beau temps, mauvais temps

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Localisation

Montréal, Qc

Type de projet

Rénovation

Réalisation

2020

Bâti d’origine

1924

Conception

1 mois

Travaux

1 mois

Superficie

615 pi2 | 57 m2

Budget

$


ALPHABET

#NOSCAFESNOSRESTOS CAFÉ SAISON DES PLUIES

Texte | Léonie Hottote

CAFÉ SAISON DES PLUIES À l’automne 2020, le café Saison des pluies a ouvert doucement, sans faire de vague. Ce nouveau café de quartier situé à l’angle de la rue Guizot et de l’avenue Henri-Julien est le projet d’Erika Lafleur et d’Antoine Lacroix-Vézina. Au mois de mai, seulement quelques mois avant l’ouverture, c’est le local d’un café à vendre dans Villeray qui leur donne l’idée de faire le grand saut et d’ouvrir leur propre établissement. Ce n’était pas vraiment dans leurs plans d’ouvrir un café en pleine pandémie, mais ils se sont tout de même laissé guider vers ce beau projet.

Photos | Alphabet

Café Saison des pluies 301, rue Guizot Est Montréal (Québec)  H2P 1M5 514 384-5053  saison-des-pluies   saisondespluies.cafe

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Le duo a choisi l’équipe multidisciplinaire Machine DA pour l’ensemble du design de l’établissement. Alors que le bureau de communication Hue s’est occupé du graphisme, c’est l’atelier Alphabet qui a conçu l’aménagement intérieur et le mobilier. Cette prise en charge complète a permis une cohérence entre design graphique et design intérieur. Par exemple, on retrouve les longues lignes verticales autant dans le logo (sur certaines lettres de la typographie utilisée pour le nom du café) que sur l’un des murs noirs texturés. Les textures, les formes et la matérialité sont justement à la base du concept d’aménagement. Le petit local a été complètement restauré afin d’offrir un lieu lumineux, chaleureux et fonctionnel. En ce sens,

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l’aménagement a été dicté par deux grands gestes : courbe et linéarité. D’abord, les banquettes situées de part et d’autre de la pièce rythment la déambulation jusqu’au fond du café. La linéarité de celles-ci se trouve contrebalancée par les éléments architecturaux verticaux. Le comptoir, lui, évoque douceur et fluidité grâce à sa courbe langoureuse. On retrouve également d’autres courbes dans les plans de tables ovales et les piètements monolithiques circulaires.

luminaires du studio, soit la lampe Île 60 pouces noire et les nouvelles suspensions rondes Aube.

Puisqu’une part importante du travail d’Alphabet est de concevoir du mobilier élégant de grande qualité, le café regroupe plusieurs pièces de sa collection. On y trouve notamment la chaise Topique Automne autour de la grande table centrale et sa version pivotante le long du comptoir. On aperçoit également deux

En moins de trois mois de rénovation, Saison des pluies a pu ouvrir ses portes et offrir à ses nouveaux clients un café délicieux et un menu de nourriture complètement local et sans prétention, dans une ambiance à la fois douce, dynamique et chaleureuse, en toute saison.

Alphabet a pu se permettre une grande liberté de proposition pour l’aménagement et le mobilier intégré, malgré un budget limité alloué au projet, puisque tout ce que l’atelier conçoit est fabriqué à l’interne, dans son atelier du Plateau. Un projet clé en main, de la conception à l’installation.


Identité visuelle + Logo + Enseigne + Signalisation  |  Hue Bar + Comptoir + Ébénisterie + Mobilier + Luminaires  |  Alphabet + Peinture noire + Plantes + Enseigne + Plancher d’origine restauré

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PATRIARCHE

L’expérience ARVI

#NOSCAFESNOSRESTOS RESTAURANT ARVI

Texte | Samuel Gauvreau Des Aulniers

RESTAURANT ARVI Parler du restaurant ARVI, c’est avant tout parler de « l’expérience ARVI », une expérience humaine de restauration complètement réinventée. Dans ce petit établissement de Québec, l’équipe en cuisine est aussi celle en salle. Ce sont tous les membres de l’équipe qui accueillent les clients, qui les guident à travers le menu, qui préparent leurs assiettes, assurent le service aux tables, qui prodiguent les conseils de sommellerie et les initient aux subtilités de chaque plat.

Photos | Jessy Bernier + Maude Chauvin

Restaurant Arvi 519, 3e avenue Québec (Québec)  G1L 2W4 581 742-4202 RestaurantArvi.ca  

  arvi.restaurant

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Localisation

Québec, Qc

Type de projet

Rénovation + Réaménagement

Réalisation

2018

Bâti d’origine

1910

Conception + Travaux

4 mois

Superficie

1 345 pi2 | 125 m2

Budget

$$


C’est en 2018 que le chef lyonnais Julien Masia s’est associé à son ancien patron, François Blais, aussi propriétaire du Bistro B, pour reprendre une ancienne boutique de skateboard dans le quartier Limoilou et la transformer en un restaurant à la mise en scène immersive et anticonformiste, où les cuisiniers jouent aussi les hôtes. Afin de matérialiser sa vision – encore inédite au Québec – le duo a fait appel à l’agence d’architecture Patriarche, reconnue pour son approche pluridisciplinaire et sa quête constante d’innovation. L’objectif : aménager l’espace restreint de façon à maximiser les places assises tout en fournissant à l’équipe un espace de travail efficace et des couloirs de circulation optimisés afin d’offrir une expérience unique et personnalisée aux invités. Le principal défi pour les architectes se trouvait dans l’aménagement de la cuisine. Après plusieurs explorations, l’équipe a opté pour une cuisine ouverte installée en plein centre du local et composée de

trois larges îlots. Cette configuration, audacieuse pour un petit espace, confère une aura scénique à la cuisine et permet à l’ensemble de l’équipe d’aller et venir entre leur espace de travail et la salle à manger. Elle permet à tous les convives de profiter d’une expérience VIP, d’observer la minutieuse et hypnotique valse culinaire s’opérer et de participer au spectacle ; d’autre part, elle procure à l’équipe de travail une vue intégrale des tables et des clients qui facilite la gestion des priorités et l’entraide. Elle permet également à l’équipe de changer de rôle plus facilement et de diminuer les croisements. En ce qui a trait au décor, Patriarche a très habilement joué sur la dualité brut/chic, à l’image du concept même du restaurant où tout est montré, où l’on est témoin à la fois du travail qui mène à l’assiette, où l’on goûte la finesse des plats et savoure des yeux l’élégance, dans une ambiance particulièrement sympathique. L’imposant mur de briques, découvert

pendant les rénovations, a volontairement été laissé à nu et encadré par des murs et une banquette d’un bleu foncé vibrant. Plâtre ancien, bois aux teintes chaudes, pierre naturelle… L’agence a adroitement mis ces textures rugueuses en contraste avec d’autres éléments aux finis raffinés : détails dorés et cuivrés, rideau en velours à l’entrée, boutons de banquettes… Les hauts plafonds et l’éclairage ambré contribuent également à la création d’une ambiance particulièrement confortable. Au final, la collaboration entre le duo Masia-Blais et l’agence Patriarche marie brillamment fonction et esthétisme, tout en développant un concept convivial qui renouvelle l’expérience de restauration aussi bien pour les clients que pour l’équipe de l’établissement. En 2019, l’approche singulière du restaurant ARVI lui valait d’ailleurs le prestigieux titre de meilleur nouveau restaurant au Canada, selon le réputé magazine En Route.

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Architecte | Luc Bélanger Identité visuelle  |  Criterium Design d’intérieur  |  Cynthia Roy Entrepreneur | Construction Rénovation M-F Ébénisterie | GW William [banquettes] Plomberie | Fournier Plomberie [gaz] + Steve Pelletier Électricité | GSM [Martin Trudel] Planchers | Plancher d’origine en béton Céramique | Centura [I Classici de Rex calacatta Gold en 32x32] + Ciot [céramique texturée rouille] Béton | Béton Hébert Métal | Inoxyr [laiton + hotte] Rideaux | San Rococo Couture [velours] Luminaires | Matteo [muraux et suspendus] + Hatto [îlots] Peinture | Benjamin Moore Ventilation + Chauffage  |  ATOM Équipement de cuisine + Électroménagers  |  Atelier du Chef Cellier | Fabrica [meuble] + Vitrerie VD [vitre] + Vinym Grappa [réfrigération] Système de son  |  RPM Audio Vaisselle | Julie Lavoie [céramique]

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ON S’ENNUIE DE #NOSCAFESNOSRESTOS Les propriétaires de cafés et restaurants traversent depuis maintenant plus d’un an une crise sans précédent. Afin de concrétiser notre soutien envers eux, Ligne publiera dorénavant dans chaque numéro et sur le web une série de projets architecturaux et designs mettant de l’avant ces lieux qui nous manquent tant. Amis architectes et designers, faites-nous découvrir vos dernières réalisations en nous soumettant quelques photos de vos récents projets de cafés et de restaurants par courriel à : redaction@magazineligne.ca


venturecarpets.com/collections

venture_carpets


Véronique Buist. Photo  |  Katya Konioukhova

ART

GALERIE DURAN MASHAAL VÉRONIQUE BUIST SLEP_SÉBASTIEN LÉPINE SÉBASTIEN GAUDETTE

« Même une feuille de papier est plus légère si on la porte à deux. » | Proverbe coréen

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Art GALERIE DURAN | MASHAAL

Perles rares et diamants bruts Située sur la rue Sherbrooke, tout près du Musée des beaux-arts de Montréal, la galerie Duran | Mashaal offre une vitrine exceptionnelle aux artistes en début de carrière ou à mi-parcours de leur pratique. Des artistes de tous horizons que chérissent les fondateurs de la galerie et qu’ils sont enthousiastes de faire découvrir aux collectionneurs.

Texte | Isabelle Pronovost

Photos | Galerie Duran | Mashaal

DuranMashaalGallery.com  

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  duranmashaalgallery

Sarah Mashaal et Andres Duran sont deux passionnés d’art. La première fait des études en design d’intérieur et en cinéma, le deuxième en histoire de l’art. Une vingtaine d’années plus tard, ils fondent en 2017 la galerie Duran | Mashaal. L’idée leur vient en discutant avec des collectionneurs montréalais et canadiens qui se plaignent du manque de choix et de diversité dans le paysage artistique local. « Il nous fallait donc leur donner une autre option et apporter de la nouveauté, du beau, du sublime et une expérience différente. Nous avons donc cherché partout pour trouver des artistes dignes d’intérêt qui sauraient susciter la curiosité et l’enthousiasme des collectionneurs. »

Pour satisfaire cet appétit de nouveauté, les deux galeristes décident de mettre de l’avant des artistes émergents ou en mi-carrière. Appréciant l’audace et la détermination de ces jeunes talents, ils mettent tout en œuvre pour les soutenir et les faire connaître, ici comme ailleurs. « Nous avons ainsi lancé la carrière de la peintre espagnole Adriana Oliver et celle du photographe australien Ben Thomas. Et la première exposition solo en Amérique du Nord de Charlie Oscar Patterson s’est vendue au complet en un rien de temps ! Nous avons maintenant de longues listes d’attentes pour ces artistes. »


Adriana Oliver, 1952, 2018, acrylique sur toile, 152 × 152 cm  |  Adriana Oliver, Nobody Phoned, 2018, acrylique sur panneau, 117 × 117 cm  |  Matthew Shlian, Omoplata 29, 2020, papier, 46 × 46 cm  |  Victoria Wonnacott, Sunflower, 2017, acrylique sur toile, 61 × 61 cm  |  Steen Ipsen, Ellipse 23, 2020, céramique et fil de pvc, 32 × 38 × 38 cm  |  David Wightman,Ondine II, 2016, acrylique et papier peint sur toile, 80 × 100 cm

Outre la créativité et l’innovation dont font preuve les artistes qu’ils représentent, Andres Duran et Sarah Mashaal les choisissent également en fonction de la qualité et du professionnalisme de leur travail. Ils ne privilégient pas un style ou un médium en particulier, mais doivent s’entendre sur leurs choix. « Nous sommes ouverts à la peinture, abstraite ou hyperréaliste, à la sculpture et à la photographie. Nous avons aussi des artistes qui travaillent sur des pièces conceptuelles et d’autres, sur des vidéos ou de l’art numérique. Il n’y a pas vraiment de limite. » Ainsi se côtoient sur les deux étages de cette galerie de la rue Sherbrooke photographies en noir et blanc, sculptures en béton ou en céramique, acryliques sur toile en relief et œuvres colorées en papier.

La galerie propose autant des artistes d’ici – Paul Béliveau, France Jodoin, Victoria Wonnacott, Erin Armstrong, Jen Mann, Sylvain Louis-Seize, Simon Andrew – que des talents de l’extérieur du pays : Adriana Oliver, Ben Thomas, Shawn Huckins, Juan Zurita, Tom Blachford, Matt Shlian, Charlie Oscar Patterson et Steen Ipsen, pour n’en nommer que quelques-uns. Devant autant de diversité, il peut être difficile de faire un choix lorsque vient le temps d’acquérir une œuvre pour la maison. Pour les fondateurs de la galerie, le plus important est de l’aimer, tout simplement. « Il faut se poser la question à long terme : vais-je

encore aimer cette œuvre dans 10 ans, 20 ans, 30 ans? On ne doit pas baser nos choix sur ce qui est à la mode ou sur ce que le voisin va en penser – on risque de regretter cet achat dans quelques années quand ce ne sera plus au goût du jour. Acheter une œuvre est une décision personnelle, de couple ou de famille. Il ne faut pas avoir peur d’acquérir un tableau pour nos espaces privés ; c’est le collectionneur qui vit avec l’art qui est dans son domicile, pas la visite ! » Et si une hésitation subsiste, Sarah Mashaal et Andres Duran se feront un plaisir de répondre aux interrogations des acheteurs et de les accompagner afin qu’ils fassent un choix éclairé.

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Art GALERIE DURAN | MASHAAL

Propriétaires | Sarah Mashaal + Andres Duran Sur cette page : Paul Béliveau, Vanitas 21.02.01, 2021, acrylique sur toile, 76 × 152 cm  |  Ben Thomas, Paul’s D (/5), 2016, impression pigmentaire de qualité archive, 84 × 56 cm  |  Paul Béliveau, Vanitas 21.02.05, 2021, acrylique sur toile, 76 × 152 cm  |  Tom Blachford, 1040 W Cielo II (/10), 2019, impression pigmentaire de qualité archive, 90 × 135 cm  |  Tom Blachford, Abrigo Corner IV (/10), 2019, impression pigmentaire de qualité archive, 90 × 135 cm. Page suivante : Juan Zurita, Traffic_43, 2019, huile sur lin, 55 × 55 cm  |  Steen Ipsen, Tied Up 11, 2019, céramique et fil de pvc, 52 × 37 × 37 cm  |  Matthew Shlian, Unholy 216, 2019, papier, 122 × 132 × 10 cm.

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Ouverture | 2017 Galerie Duran | Mashaal 1456 et 1460-B, rue Sherbrooke Ouest Montréal (Québec)  H3G 1K4 514 379-1185


À découvrir à la galerie Duran | Mashaal JUAN ZURITA ACRYLIQUE SUR TOILE

POURQUOI FAUT-IL VOIR SES ŒUVRES ?

Diplômé de l’École des beaux-arts de Saragosse et de l’Université de Barcelone, Juan Zurita (1975) est un artiste espagnol vivant à Lyon, en France. Ses œuvres ont été présentées en Europe dans des galeries et dans quelques musées. Cette exposition sera sa première en solo au Canada.

Ce qui est le plus saisissant dans la récente série d’œuvres de Zurita, Traffic (2016 - présent), c’est cette transparence dans son impressionnante habileté à mélanger des récits hétéroclites afin de former un langage visuel d’une parfaite cohérence. Les thèmes du paysage, de la culture numérique, de la photographie, du domaine urbain, de la surveillance, de la facture picturale et de la technologie transparaissent à travers la manifeste abstraction de ses compositions. À première vue, ce qui semble être des arrière-plans vaporeux et non descriptifs est en réalité des scènes floues de paysages urbains pris par caméra de circulation. Ces arrière-plans brumeux suggèrent une forme de représentation, qui ajoute une couche d'ambigüité visuelle à son œuvre.

EXPOSITION À VENIR EN JUIN 2021

JuanZurita.com

STEEN IPSEN CÉRAMIQUE

POURQUOI FAUT-IL VOIR SES ŒUVRES ?

Steen Ipsen est un artiste danois né en 1966. Depuis ses débuts dans les années 1990, il est reconnu sur la scène internationale pour son travail contemporain en céramique à forme libre. Il est d’ailleurs considéré comme « l’un des artistes les plus doués en céramique au Danemark » par la Danish Arts Foundation. 

Grâce à la combinaison d’éléments simplistes et épurés de la céramique traditionnelle danoise, Steen Ipsen crée des œuvres aux formes hybrides et aux couleurs vives. Ses pièces sont généralement créées en série tout en suivant des thèmes communs basés sur des phénomènes naturels comme la cristallisation, la division et la fission cellulaire.

EXPOSÉ EN PERMANENCE Steen-Ipsen.dk

MATTHEW SHLIAN PAPIER PLIÉ, COLLAGE

POURQUOI FAUT-IL VOIR SES ŒUVRES ?

Matthew Shlian est né au Connecticut en 1980. Il vit présentement à Ann Arbour au Michigan. L’artiste détient un BFA de l’Alfred University (2002) et un MFA de la Cranbrook Academy of Art (2006), et ses œuvres ont été exposées dans plusieurs musées aux États-Unis. Son travail l’a amené à collaborer autant avec la NASA qu’avec la production de la série télévisée pour enfants Sesame Street. Il est devenu assez rapidement l’un des plus importants artistes à travailler le papier. Ses pièces font maintenant office de référence.

Les œuvres de Matthew Shlian sont à la fois spectaculaires et mystérieuses. Le fait que ses pièces soient constituées uniquement de pliage de papier est stupéfiant. La complexité, l’élégance et le mouvement suggéré par ses compositions, conjugués à la précision des plis et de l’assemblage des pièces, laissent quasiment croire au travail d’une machine; pourtant, suffit de les regarder de plus près pour reconnaître le travail manuel. MattShlian.com

EXPOSÉ EN PERMANENCE

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Art VÉRONIQUE BUIST

RELIEF VÉGÉTAL

Maniant aussi habilement l’aiguille à broder que le tamis servant à la fabrication du papier, l’artiste multidisciplinaire Véronique Buist crée des œuvres d’une grande douceur qui évoquent des paysages tantôt naturels, tantôt urbains.

Texte | Isabelle Pronovost

Photos | Katya Konioukhova + Véronique Buist

VeroniqueBuist.com  veroniquebuistartiste  ‌verobuist

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C’est en 2012, deux ans après avoir complété un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’UQAM, que Véronique Buist découvre par hasard la broderie comme médium artistique. « J’habitais Paris à l’époque et je passais beaucoup de mes temps libres à créer en faisant de la photographie argentique. C’est en explorant que j’ai voulu percer le papier, et le fil est apparu comme une façon de remplacer le crayon dans l’action de dessiner. » Naît de cette découverte le projet imposture (2012-2015) dans lequel plus de 80 photos empruntées ont été brodées et exposées en Europe et à Montréal. « Comme son nom l’indique, ce projet m’a accessoirement permis de mettre de côté le syndrome de l’imposteur quant à mon statut d’artiste. » Désormais pleinement assumée, Véronique se consacre depuis 2016 à son art au quotidien. Elle partage son temps entre son atelier à la maison – pour

la partie broderie – et l’atelier Retailles, où elle fabrique son papier. D’ailleurs, sa rencontre avec Sophie Pelletier-Voyer, la fondatrice de Retailles, marque un moment décisif dans sa pratique. « Grâce à elle, j’ai appris à fabriquer moi-même mon papier à partir de mon fil de broderie pour obtenir un ton sur ton parfait avec le motif brodé. Depuis, j’explore différentes matières qui servent à fabriquer le papier, en plus d’avoir développé une amitié des plus précieuses avec elle. Tout ce processus a permis de placer la fibre et le papier au centre de ma réflexion, de ne plus le percevoir comme un support de l’œuvre, mais bien comme une œuvre en soi. » Les inspirations de l’artiste sont multiples : couleurs, matières et textures, notamment celles de la nature. Plus concrètement encore, fleurs et végétation font partie de son langage plastique, ce qui n’est pas étonnant considérant l’autre talent de Véronique. « Je suis


également fleuriste, et le travail de l’organique dans l’espace alimente grandement ma pratique artistique. La notion du paysage, de texture et de mouvement se traduit dans mes broderies comme dans les installations végétales botaniques que je produis. » Elle reconnaît aussi avoir une attirance pour le minimalisme brut, autant dans le domaine de l’art que dans celui du design et de l’architecture. « Je trouve fascinant d’être capable de pouvoir exprimer une intention en réduisant au maximum les éléments pour y parvenir. » Récipiendaire de bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada ainsi que des Offices jeunesse internationaux du Québec, Véronique Buist a présenté en octobre 2019 une exposition solo intitulée fleurs et fêlures et participé en février 2020 à la foire d’art contemporain Artist Project à Toronto. Et celle qui aime opérer par série afin d’aborder des sujets spécifiques qui l’inspirent et

l’interpellent a profité du confinement pour broder deux séries d’œuvres : paysagisme, les plans (des jardins imaginés, comme une sorte d’hommage au printemps manqué) et roche-montagne (un exercice de broderie-dessin d’un élément de la nature qui symbolise à la fois une embûche et un objectif). Son plus récent projet – balise – est exposé à la Maison de la culture Claude-Léveillée dans le quartier Villeray, à Montréal, jusqu’à la fin mai 2021. Les six œuvres grand format de papier brodé sont directement inspirées de photographies de l’architecture du quartier reçues à la suite d’un appel au public. Pendant ce temps, l’artiste planche déjà sur un autre projet : une collaboration avec un danseur contemporain pour lequel elle développe l’aspect scénique autour de la broderie, du textile et de la végétation. Qui aurait pu imaginer tous les usages qu’on peut faire d’un fil à broder?

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Fabie Lépine

Art SLEP_SÉBASTIEN LÉPINE

DE LA MUSIQUE POUR LES YEUX

Bachelier en design de l’Université du Québec à Montréal, Sébastien Lépine crée et imprime depuis 10 ans des affiches sérigraphiées inspirées de musiciens qu’il aime et les leur présente un soir de spectacle. Il commence par écouter une chanson en boucle, se laisse imprégner par la musique, jusqu’à ce que des images se forment dans sa tête. Lorsqu’elles émergent, il commence à dessiner.

Texte | Dave Richard

Photos |  Sébastien Lépine

Slep.info  

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  slep

Au croisement de l’abstrait et du figuratif, les compositions picturales de Sébastien Lépine amalgament une foule d’éléments disparates structurés par une architecture de lignes simples ou d’éléments plus graphiques. Les formes organiques y côtoient les fragments de photos, de dessins ; les corps deviennent formes, les géométries variées se rencontrent et d’heureux accidents poétiques surviennent, tango d’associations et d’oppositions, de mariages et de frictions, à la fois dynamique, pulsatoire et contrasté. Couleurs saturées, ton doux, textures délavées, demi-teintes, trame, maillage, jeux typographiques… Sébastien Lépine fait feu de tout bois, use avec maîtrise du langage imprimé, mais sans trop en faire ni brouiller le message – à moins qu’il ne le faille. On sent clairement le plaisir qu’il éprouve à jouer avec les couleurs, à les agencer de façon étonnante, à marier les teintes pastel aux couleurs vives ou tranchantes, au noir et au blanc.

« Pour moi, les couleurs vibrent, et cette vibration est la matière première de mon travail. En même temps, la sérigraphie m’a forcé à être économe et à travailler avec un nombre restreint de couleurs, une par soie. J’ai dû apprendre à créer le maximum d’impact avec un minimum de couleurs. » Il y a trois ans, il fondait avec deux autres artistes l’atelier Le Temple, dans le Mile-End. C’est là qu’il travaille, libre d’organiser son espace à sa manière. « J’ai cinq gros classeurs, normalement réservés aux plans architecturaux, qui sont pratiquement tous pleins de mes sérigraphies. » En 2017, il créait trois affiches pour le spectacle de l’Opéra de Montréal Another Brick in the Wall. En 2018, on a beaucoup vu le résultat de sa collaboration avec le musicien Dumas, entamée avec la parution de l’album Nos idéaux et prolongée durant les tournées qui ont suivi. La même année, ses affiches étaient


« J’aime les erreurs. J’essaie de faire avec et de les transformer en quelque chose de beau plutôt que de les éviter. »

exposées au Centre de design de l’UQAM dans le cadre de l’exposition Non conforme. Même s’il consacre une grande partie de sa démarche à la sérigraphie et à la création d’affiches, il arrive maintenant à Sébastien Lépine de donner une seconde vie à d’anciens travaux en y intégrant d’autres médiums, comme la peinture et le pastel gras – une sorte de recyclage, d’abord de la matière, mais aussi d’inspiration, puisque le point de départ a déjà une finalité et qu’il faut trouver le moyen de le surpasser, de l’emmener plus loin. La démarche est d’autant plus intéressante du fait qu’à l’origine, les sérigraphies elles-mêmes tiraient déjà fortement parti du vocabulaire rapiécé du collage. La boucle est bouclée. Lorsqu’est survenue la pandémie l’an dernier, il a eu envie de se servir de son art pour offrir son aide. Il a donc organisé des collectes de fonds en vendant des collages réalisés à partir de sérigraphies déchirées. Grâce à ses ventes, il a pu remettre plus de 3 000 $ à six organismes montréalais soutenant des causes diverses comme la lutte contre le racisme et la violence policière, le virage environnement et social ou la solitude des aînés. « Des collages, j’aime en faire une dizaine simultanément ; ça me permet de ne pas trop me concentrer sur un détail, de rester dans

l’improvisation, d’y aller à tâtons, à l’instinct, et de me laisser surprendre par des compositions qui ne seraient probablement jamais nées si je travaillais sur un seul visuel à la fois. » 2021 s’annonce très créative pour Sébastien Lépine – et collaborative. « Plusieurs projets en développement me rendent très enthousiaste. L’automne prochain, je ferai une résidence artistique chez Luminaire Authentik ; je crée présentement des motifs de papier peint et je cherche un partenaire pour développer une collection de céramique. » Luminaires, papiers peints, céramiques… Autant dire que Sébastien Lépine s’apprête à faire son entrée dans nos maisons, et c’est une très bonne nouvelle ! L’artiste parle aussi d’une vingtaine de peintures grand format en chantier qu’il souhaiterait exposer en galerie… À suivre. En attendant, on retrouve les affiches de Sébastien Lépine chez L’Affichiste, dans le Vieux-Montréal, ainsi que sur son site web, où l’on peut aussi admirer et se procurer ses autres créations. Le site de la Fabrique culturelle (Télé-Québec) présente également un fort beau portrait de l’artiste dans le cadre de l’une de ses capsules web, à regarder sans hésitation.

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SLEP_SÉBASTIEN LÉPINE

Art


SÉRIGRAPHIE 101 La sérigraphie, c’est quoi ? C’est un procédé d’impression artisanal.

Comment ça fonctionne ? La sérigraphie, c’est une sorte de casse-tête où des couches de couleurs, opaques ou translucides, se superposent. À l’aide d’une raclette, on fait passer de l’encre à travers un écran de soie où une image a été imprimée grâce à un procédé chimique. Chaque couleur exige une soie différente. C’est un procédé qui demande du temps, mais quand il fonctionne bien, il est très satisfaisant.

Pourquoi sérigraphier plutôt qu’imprimer ? Comme son nom l’indique, la sérigraphie est un procédé d’impression qui permet d’imprimer plusieurs fois la même image, de façon artisanale. J’imprime par exemple 70 copies de mes affiches et une douzaine de mes impressions artistiques. La principale différence reste sans aucun doute le résultat final. On peut y percevoir au toucher la texture de l’encre posée à la main sur le papier, et les superpositions de couleurs en créent de nouvelles dont on ne se serait pas nécessairement servi autrement. Le côté artisanal provoque aussi des effets de textures intéressants où l’imperfection et l’imprécision sont valorisée.

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Virginie Tardif

Art SÉBASTIEN GAUDETTE

FAUX PAPIERS

Le papier : l’un des matériaux les plus communs, de ceux que l’on intègre au plus tôt de l’enfance. Accessible, démocratique et d’une simplicité désarmante, il est symbole d’apprentissage, de créativité et de tous les possibles. Sébastien Gaudette s’en sert d’abord comme sujet ; dans son œuvre, il est omniprésent, tant au propre qu’au figuré, dans le fond comme dans la plastique. Sébastien Gaudette sculpte, peint, dessine. Il alterne les techniques et les matériaux pour développer un imaginaire ludique et coloré, avec en plein cœur son attachement obsessif de la Feuille – avec un grand F.

Texte | Dave Richard

Photos | Sébastien Gaudette

SebastienGaudette.com   sebastien_gaudette

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Ses sculptures suspendues de pages de cahier à spirale gribouillées, de feuilles mobiles déchirées, pliées, triturées, imitent à merveille vieux coloriages, copies d’enfant d’école, barbouillages, feuilles brouillon, textes non achevés, rejets et rebuts. Elles sont pourtant bel et bien faites d’aluminium sculpté, puis peintes; des trompe-l’œil parfaits qui forment une heureuse mascarade où l’éphémère devient inaltérable, où les matériaux s’échangent leurs propriétés pour gagner en poésie, en profondeur. S’ajoute à ces sculptures leur représentation dessinée, délicieuse mise en abîme, sans parler de ces installations de

feuilles lignées géantes, théâtrales et fascinantes. Et impossible de passer sous silence ses immenses nuages, eux faits de papier de soie ou métallique froissé, qui semblent se dématérialiser. « Je ne considère pas le papier comme une surface bidimensionnelle, mais plutôt comme un matériau qui se laisse modeler et dont l’altération même est au cœur de mon processus de composition picturale. » Il y a quelque chose de festif dans le rendu des œuvres de Sébastien Gaudette – grâce aux éclats de couleur, notamment, et aux échos manifestes de l’enfance –, mais aussi une profondeur qui frappe et touche l’air de rien. L’artiste parle d’ailleurs de la boule de papier comme d’un symbole d’échec, de ratage, de rejet. Malgré tout, la feuille que l’on jette annonce aussi celle qui suivra, le prochain essai et la réussite à venir.


« Mes œuvres constituent des trames narratives de froissements, de plissages et de déchirements. Elles sont les empreintes, les traces persistantes de gestes, de mouvements qui ont évolué vers une forme complexe. »

Autrement, la page arrachée d’un cahier, lorsqu’elle est faite de métal, n’est plus quelconque : elle est soudainement immuable, tout comme ce qu’on y a marqué. Un vol d’identité qui abolit l’éphémère. La pratique de Sébastien Gaudette, qui est dans le domaine des arts depuis 15 ans, a fait un bond gigantesque ces cinq dernières années. « J’ai toujours dessiné, bricolé. Très jeune, j’ai développé une fascination pour les arts. D’abord autodidacte, je me suis plus tard inscrit à l’Université du Québec à Montréal où j’ai obtenu en 2015 un baccalauréat en arts visuels et médiatiques qui m’a donné l’occasion de participer à plusieurs expositions et résidences de création un peu partout dans la province. Après avoir été artiste à temps plein pendant plusieurs années, je conjugue aujourd’hui travail et création; je crois avoir trouvé un bel équilibre. » À l’été 2019, il participait à une résidence de recherche et de création d’un mois au Vermont Studio Center regroupant 40 artistes provenant des quatre coins du monde. L’an dernier, il recevait

la mention Talsom à l’occasion de la Foire d’art contemporain de Saint-Lambert. Dernièrement, la Biosphère de Montréal faisait l’acquisition de son installation Froisser pour/et mieux penser afin de l’inclure au cadre de l’exposition MTL+ et en avril, son œuvre Nocturne était mise aux enchères à l’encan virtuel des Printemps du Musée d’art contemporain de Montréal. La Galerie Youn présentait également jusqu’au 1er mai dernier son exposition Le lexique des lignes troubles. « Le concept de l’exposition était d’unir deux approches superposées de lignes de crayon : d’abord au sein d’un système rigide et linéaire, comme la grille; ensuite, combinées à une gestuelle aléatoire et non contrôlée, ou des perturbations comme des froissements du papier, des gribouillis et des éclaboussures de peinture. Ce contraste permettait un dialogue entre deux systèmes de composition opposés. » La Galerie Youn, sise à Montréal, représente d’ailleurs l’artiste depuis cinq ans et expose ses œuvres en permanence.

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JUAN ZURITA JUAN ZURITA du 10 juin au 10 juillet

D U R AN | MASH A AL

1460 rue Sherbrooke Ouest, suite B, Montreal, QC H3G 1K4 www.duranmashaalgallery.com @duranmashaalgallery (514) 379-1185


Lambert et fils, vue du showroom à New York. Photo  |  Chris Mottalini

DESIGN

LAMBERT & FILS SHOWROOM RICHPORTER LIGHTING MARIE-SOPHIE DION JAUNE + GRIS

« Le design, c’est de l’art dont les gens se servent. » | Ellen Lupton

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Design LAMBERT & FILS

NOUVEAU CHAPITRE

À l’heure de célébrer son 10e anniversaire, le studio de création de luminaires montréalais Lambert & Fils emménage à New York et s’offre une magnifique salle d’exposition qui se veut autant une rétrospective du chemin parcouru qu’une assertion des ambitions de l’entreprise. En 10 ans, Samuel Lambert en a fait du chemin. En 2010, le fondateur de Lambert & Fils mettait une croix définitive sur son passé de gestionnaire de création en signant le bail d’une humble boutique sur la rue Beaubien. Dès son ouverture, les Montréalais y ont découvert des lampes élégantes et raffinées, dont certaines, comme l’Atomium, n’ont jamais quitté le catalogue de l’entreprise. À l’époque, Samuel Lambert travaillait seul. Aujourd’hui, le studio compte une cinquantaine d’employés qui œuvrent à partir d’un grand atelier en plein cœur de Montréal. Ses créations illuminent aussi bien des projets résidentiels que commerciaux et publics, et ce, à l’international. Célébré partout, Lambert & Fils met maintenant le cap sur l’épicentre du design américain : New York. Un rêve qui se réalise et une consécration pour le fondateur. Texte | Samuel Gauvreau Des Aulniers

Photos | Chris Mottalini

LambertEtFils.com  

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  lambertetfils

C’est au rez-de-chaussée du Schepp Building, situé en plein cœur du quartier Tribeca, que Lambert & Fils a décidé d’installer son nouveau pied-à-terre new-yorkais. Là-bas, Samuel Lambert fait honneur au nom de son entreprise et s’allie à son fils ainsi qu’à la firme d’architecture brooklynoise re-a.d. pour signer le design de la salle d’exposition ; moderne et sobre, celui-ci s’appuie sur l’architecture hétéroclite existante – notamment des colonnes datant du début du 20e siècle – pour donner aux pièces d’éclairage et au reste du mobilier

une élégance hors du temps. La zone d’exposition et la salle de réunion ont été séparées par de larges tentures, donnant une théâtralité poétique à l’espace. Installée au croisement des rues Hudson et Duane, la boutique bénéficie de la généreuse luminosité de cinq vastes – et fastes – fenêtres, permettant une intéressante mise en abyme où les luminaires présentés, copieusement éclairés, s’affirment comme protagonistes. Le studio montréalais profite de l’ouverture de la salle d’exposition pour lancer sa nouvelle gamme de produits Atelier, laquelle est composée de neuf luminaires d’envergure imaginés exclusivement pour l’espace new-yorkais. Atelier puise dans les archives du studio pour réinterpréter ses créations les plus populaires. Décomplexée, libérée des contraintes d’un design utilitaire, l’équipe adopte une approche plus expérimentale en se distanciant de l’objet fonctionnel pour assumer une visée ornementale. « Je voulais revisiter le vocabulaire créé avec chaque collection, et imaginer les nouvelles phrases qu’on pourrait inventer avec les mêmes mots », explique Samuel Lambert. Ouverte en décembre dernier, la nouvelle salle d’exposition new-yorkaise de l’entreprise montréalaise Lambert & Fils souligne ses réussites en marquant le début d’un nouveau chapitre, qu’on devine déjà brillant.


LAMBERT & FILS

Design


Propriétaire | Samuel Lambert Ouverture | 2010 Showroom à New York  |  2020 Showroom à New York 53 Hudson Street (coin Duane) New York NY  10013 États-Unis 1 518 672-3366 Bureau et atelier 6250, rue Hutchison, bureau 100 Montréal (Québec)  H2V 4C5 514 394-0762

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Chris Mottalini

Design RICHPORTER LIGHTING

REGARDER LA LUMIÈRE

Texte | Dave Richard

Photos | Richporter Lighting

RichporterLighting.com  

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  richporterlighting

Il faut plus qu’un simple éclairage pour faire d’un espace une expérience sensorielle véritablement positive, voire immersive. Pareillement, lorsqu’elle est contrôlée, l’acoustique d’un lieu peut être modulée, façonnée, pour créer des zones sonores et des ambiances enveloppantes, accueillantes ou stimulantes. L’entreprise montréalaise Richporter Lighting a vu le jour il y a un peu plus de 10 ans, avec pour mission d’offrir aux architectes, aux designers, aux promoteurs et aux entrepreneurs généraux une expertise enrichissante en conception et en gestion de projets d’intégration de systèmes d’éclairage et de traitement acoustique. « Nous sommes avant tout des facilitateurs », explique François Lahaie, directeur général. « Notre mission, c’est de bonifier l’expérience des futurs usagers d’un espace en accompagnant et en conseillant le professionnel qui le conçoit. Notre travail, c’est de lui proposer les meilleures intégrations d’éclairage et solutions acoustiques disponibles pour son projet, de l’aider à concrétiser – parfois même transcender – sa vision. » Dans tous les types de projets, Richporter Lighting offre une prise en charge totale ou partielle des volets d’éclairage et d’acoustique. Ses services vont du concept initial d’éclairage et de traitement acoustique jusqu’au service après-vente, en passant par l’étude de conception préliminaire, la réalisation des simulations et rapports photométriques, celle des schémas, des

rendus 3D et la supervision de l’installation. Ainsi impliqués de A à Z, ses spécialistes peuvent adapter leurs recommandations aux besoins spécifiques de chaque site et proposer des solutions et produits sur mesure en effectuant des simulations d’éclairage, en rénovant et en automatisant l’éclairage existant pour réduire les coûts et le gaspillage et en calculant la consommation énergétique éventuelle. « Nous collaborons avec les plus grands manufacturiers d’équipements d’éclairage en Amérique du Nord. Cet accès à une vaste gamme de produits nous permet d’offrir un rapport qualité-prix hors du commun. Nous sommes également les agents exclusifs des systèmes acoustiques architecturaux Arktura, une entreprise internationale récipiendaire de plusieurs prix, dont celui remis par la prestigieuse plateforme


numérique Architizer. Le volet acoustique de notre entreprise nous permet d’élargir notre offre de service et de rendre la vie de nos clients plus simple. » Richporter Lighting est fièrement québécoise, et son équipe de passionnés aime créer des partenariats durables avec les entreprises d’ici. Depuis 2017, par exemple, Richporter Lighting a collaboré au processus de renouvellement de l’image des concessionnaires Hyundai à travers la province. Elle a illuminé l’élégante succursale du restaurant Sésame dans le Vieux-Montréal, celle du Bilboquet sur le boulevard Saint-Laurent et a optimisé l’éclairage de la boutique Point G sur l’avenue du Mont-Royal, tout en améliorant son efficacité énergétique. C’est aussi ses spécialistes qui ont assuré l’éclairage des supermarchés Avril – des projets comportant plusieurs zones

distinctes, chacune avec des besoins bien spécifiques. Capable d’habiller de magie un pont-passerelle pour piétons et cyclistes, puis d’offrir aux employés d’une entreprise numérique un éclairage aussi ergonomique que design leur assurant un confort visuel exceptionnel, Richporter Lighting fait flèche de tout bois, capable de poésie, d’élégance et d’efficacité. Propriétaires | Patrick Richardson « Il est bien sûr très important de respecter les délais et les budgets, mais il est primordial de se mettre au service de la marque au cœur de chaque projet et de lui rester fidèle. Notre travail est de souligner l’architecture d’un lieu, de mettre en valeur son design ou les produits qui s’y trouvent. Au final, lorsqu’il est réussi, notre travail s’efface pour laisser place à celui de nos partenaires – à la fois essentiel, bien présent, mais parfaitement harmonieux. »

+ François Lahaie Ouverture | 2009 Richporter Lighting 3550, 43e avenue Montréal (Québec)  H1A 3A7 514 395-3795


Design MARIE-SOPHIE DION

ARCHITECTE DU VISAGE

L’art d’harmoniser une monture à un visage n’a plus de secret pour l’opticienne et designer Marie-Sophie Dion. Forte de près de 30 ans de carrière dans le domaine, elle a su démontrer à sa clientèle que tous les visages sont beaux lorsqu’on trouve la monture qui leur sied parfaitement. C’est derrière le comptoir des quatre Bars à lunettes – un concept unique au monde – que Marie-Sophie et toute son équipe de spécialistes de l’optophysionomie et du style guident leurs clients pour trouver la monture qui saura s’accorder aux traits de chacun, à leur style et à leur personnalité.

Texte | Mathieu Jacques Bourgault

Photos |  Bertrand Exertier

BarALunettes.com  

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  baralunettes

L’optophysionomie en 15 points est une méthode d’analyse du visage, créée par cette opticienne à l’œil aiguisé, où sont considérées une quinzaine de mesures, dont la hauteur et la forme des sourcils, la largeur des tempes, le format du nez et la hauteur de l’oreille. Cette technique permet de proposer au client une monture parfaitement ajustée, qu’elle fasse partie de l’une des collections importées des quatre coins du monde disponibles en boutique ou encore de l’une des créations originales fabriquées sur place. En effet, depuis 2005, Marie-Sophie Dion imagine et dessine sa propre collection de montures prêt-à-porter.

Auparavant fabriqués en Europe, ses modèles sont maintenant manufacturés dans son atelier, ici au Québec. Elle est la seule opticienne en Amérique du Nord à produire une collection en série en plus de concevoir des modèles sur mesure pour ses clients. Ce concept haute couture sans pareil garantit un ajustement personnalisé, un confort inégalé et une mise en valeur optimale du regard. Chaque nouveau modèle est appelé par le nom du client qui l’a inspiré et ce nom est gravé sur la branche de la monture. Cette année, 30 nouveaux modèles s’ajoutent à la collection prêt-à-porter : modernes, novateurs, tantôt sophistiqués, tantôt ludiques, à l’image même de leur créatrice. Améliorer la qualité de vie de ses clients en leur offrant des lunettes d’exception leur procurant confort, performance visuelle et un style à faire tourner les têtes : telle est la mission que s’est donnée cette spécialiste qui a de la vision !


ÉTAPES DE CONCEPTION D’UNE MONTURE SUR-MESURE Photo et mesures de votre visage

Analyse et choix des détails

L’opticien(ne) prend une photo de votre visage vu de face, et celle-ci est calibrée à l’aide de la mesure entre vos deux pupilles pour pouvoir dessiner la monture grâce à un logiciel. Vous pouvez opter pour l’un des 300 modèles existants qui seront adaptés à vos mesures faciales, ou décider d’y aller d’une nouvelle création signée Marie-Sophie Dion.

L’opticien(ne) relève les 15 détails du visage : la taille, la répartition et la forme des yeux, la largeur des tempes, la forme du nez, la longueur de la joue, la hauteur de l’oreille, etc. À l’aide d’échantillons, vous serez conseillé quant aux coloris qui rehausseront votre teint et vos yeux, aux différents finis, et aux détails sur les branches !

Esquisse envoyée par courriel Une fois dessinée, l’esquisse vous sera présentée via courriel afin d’en valider l’allure ou, éventuellement, d’y apporter des changements. Lorsque le dessin sera approuvé, la production pourra être lancée. Ce seront ensuite les appareils assistés par ordinateur qui se mettront à l’œuvre, suivi de plusieurs étapes de finition à la main, pour aboutir à une monture parfaitement esthétique et ultra confortable.

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Design GRIS + JAUNE

UNE FORCE TRANQUILLE C’est à la suite d’une année 2020 difficile que Pantone a dévoilé ses couleurs phares pour 2021, jumelant l’optimisme d’un jaune éclatant, Jaune lumineux, à la force tranquille d’une subtile nuance de gris, Gris ultime. Belles séparément, mais charmantes en paire, il n’est pas surprenant de constater que plusieurs marques et créateurs ont choisi de donner raison à l’institut américain en usant à profusion des deux tonalités contrastées ! Vêtements, accessoires, chaussures, électroménagers, objets déco… Le mariage est parfait – et partout ! Dans la maison, le jaune en accent énergise le quotidien, alors que le gris réconforte – calme, solide et intemporel.


P a g e p r é c é d e n t e   : C h a i s e B a s i l p a r C a l l i g a r i s , 3 2 9  $ , MarietteClermont.com  |  Tryptique de planches illustrées Hollywood Africans, 1983 par Jean-Michel Basquiat × The Skateroom, 684 $, GoodeeWorld.com | Canapé modulaire MIX, trois pièces, 6835 $, GusModern.ca | Lampe Spot, 99 $, Article.com  Sur cette page : Grande corbeille ovale tissée par Monique Ste-Marie, 180 $, SainteMarieTextile.com  |  Évier de béton Thali Terrazzo, 750 $, BetonJohnstone.com | Commode six tiroirs Da-Do par Alf Dafrè, 2449 $, MarietteClermont.com | Fauteuil Chanel, 769,99 $, MustSociete.com | Lampe suspendue en métal Wink, 539,99 $, MaisonCorbeil.com | Ottaman Melpot par Natuzzi Italia, prix sur demande, JCPerreault.com


Dépassez les Limites

Mega Panneaux de Verre Coulissants

Conçu et testé pour résister aux infiltrations d’air et d’eau ainsi qu’à la charge structurelle du vent Verre haute clarté avec 89% de transmission de lumière Panneaux à verrouillage multipoints

Les Lignes Ultra-Fines du CERO de NanaWall créent un maximum d’espaces lumineux

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Quatre options de seuil Rail de sol réglable en hauteur

Pour information: Marcel Besner Le Groupe CUBO Portable: 514 992 6892 Bureau: 514 344 8383 marcel@cubo.ca | nanawall.com


Maison Forêt I, Natalie Dionne Architecture. Photo  |  Raphaël Thibodeau

MAISON

MAISON PASSIVE SALTBOX 18-042_RÉSIDENCE B+L PROJET CHAMBORD MAISON-JARDIN MAISON FORÊT I MAISON JJ JOUBERT GÉOMÉTRIE NATURELLE

« L´architecture est le jeu savant, correct et magnifique, de formes assemblées dans la lumière. » | Le Corbusier

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Dossier

L’ABRI

no 1

Sous le soleil exactement

Texte | Isabelle Pronovost

MAISON PASSIVE SALTBOX

Photos | Raphaël Thibodeau

Résultat d’une fructueuse collaboration entre les clients, l’entrepreneur, la consultante PHIUS, les ingénieurs et l’équipe de L’Abri, la maison passive Saltbox emprunte au langage architectural du passé tout en étant avant-gardiste en matière de performance énergétique. L’habitation discrète et intemporelle, qui épouse parfaitement la topographie du lieu, veille au bien-être de ses occupants… et de la planète.

Localisation

Bromont, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2020

Conception

10 mois

Travaux

9 mois

Superficie

2480 pi2 / 231 m2

+ Garage 734 pi2 / 68 m2

Budget

$$

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Le mandat était en apparence simple : concevoir une maison contemporaine pour une famille de quatre sur les flancs du mont Gale, à Bromont. Les clients souhaitaient qu’elle soit adaptée au site et mette en valeur les vues, mais surtout, ils la voulaient ultraperformante sur le plan énergétique. Après avoir choisi leur entrepreneur et la consultante PHIUS – lequels avaient construit la deuxième maison passive au Québec –, les clients se sont adjoint les services de la firme L’Abri pour mettre en forme leur vision. « Le caractère naturel du site et le patrimoine bâti de la région nous ont poussés à nous tourner vers une forme architecturale historique », explique l’architecte Francis Martel Labrecque. « Avec son implantation en “L”, ainsi que la combinaison de deux types de pentes de toit, la maison emprunte sa silhouette au vocabulaire des bâtiments ruraux de type saltbox, qui apparaissent dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre au milieu du 17e siècle et qui sont encore bien visibles dans les campagnes de l’Estrie. »


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L’architecture saltbox est née de l’ingéniosité des propriétaires de maisons coloniales de cette région des États-Unis. Lorsqu’ils se sentaient trop à l’étroit dans leur demeure à deux étages, ils construisaient un appentis d’un étage à l’arrière afin d’ajouter à peu de frais de l’espace habitable pour leur famille grandissante. Puis ils prolongeaient le toit existant vers le nouveau volume. Les habitations devenues ainsi asymétriques évoquaient les boîtes en bois avec couvercle dans lesquelles on conservait jadis le sel. Au fil du temps, ce qui était au départ une solution pratique est devenu un style architectural propre.

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Au-delà de ses lignes, c’est par sa dimension écoénergétique que la maison Saltbox de Bromont se démarque. La construction s’est faite selon les lignes directrices de la norme Passive House américaine, notamment une enveloppe très isolée et très étanche à l’air et une récupération de chaleur supérieure du système de ventilation mécanique. En outre, le plan de la maison a été orienté plein sud afin de favoriser le chauffage solaire passif. Percés de trois grandes ouvertures à triple vitrage, les espaces de vie s’avèrent confortables et lumineux. Un grand bloc central blanc – regroupant la cuisine, le garde-manger, le mudroom et la salle d’eau – s’appuie sur le corridor du deuxième étage qui dessert des chambres et le petit boudoir en mezzanine. La réduction du bilan carbone a aussi été au cœur de la démarche. La cellulose – un matériau issu du recyclage de journaux non distribués – a servi d’isolant thermique, et le bois – une ressource locale qui emprisonne de surcroît le carbone – a été choisi pour les revêtements extérieurs. Et difficile de faire plus local que les murs de soutènement, qui ont été construits avec la pierre d’excavation. L’une des grandes fiertés de Francis Martel Labrecque est « d’avoir atteint le niveau de performance énergétique d’une maison passive sans faire de compromis sur la qualité des espaces et sur le concept architectural ». Un résultat digne d’un exceptionnel travail d’équipe !


La maison passive Saltbox a été certifiée LEED Platine et PHIUS+ 2018. Ces certifications en font la 3e maison passive certifiée au Québec.

Entrepreneur | Construction Rocket Ingénierie | Geniex Revêtement extérieur  |  Espace Bois [Cèdre brûlé] + Maibec [Planches d’épinette pré-peintes] Portes + Fenêtres  |  NZP Toiture | Vicwest [Acier] Luminaires | Luminaires Authentik Ventilation | Zhender Chauffage | Mitsubishi + Planchers de béton coulé + Escalier sur mesure + Armoires en placage de noyer sur mesure


CONFORT CERTIFIÉ Comment survient l’idée de se faire construire une maison passive ? Qu’est-ce que ce type d’habitation change au quotidien ? Les propriétaires de la maison passive Saltbox, Thierry et Marjo, ont gentiment accepté de répondre à ces questions et de nous parler de leur quotidien au sein de cette maison d’avenir.

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Pourquoi avoir choisi de vivre dans l’une des premières maisons passives au Québec ?

En fait, nous n’avons pas choisi d’emblée de vivre dans une maison passive. Le processus s’est fait par étapes. Nous cherchions avant tout deux choses : un design soigné et réfléchi et une qualité d’exécution exceptionnelle. C’est un peu par hasard que nous avons rencontré Will de Construction Rocket et ce fut pratiquement une illumination pour nous ! Son discours sur la qualité et la durabilité sonnait comme de la musique à nos oreilles. Nous avons d’abord fait appel à Rocket à titre de consultant, mais suite à de longues rencontres, discussions et lectures, leur équipe nous a convaincus des bienfaits des certifications Passive House et LEED sur la qualité de conception et d’exécution.

Pourquoi avez-vous choisi de faire appel à l’équipe de L’Abri pour concevoir la maison ?

Le choix d’une équipe d’architectes est un choix très personnel. Il doit y avoir une chimie qui s’installe. Le client doit sentir que ses besoins sont entendus et compris. Il faut que les inspirations et les aspirations des deux parties soient alignées. Ce n’est pas un choix qui doit être fait à la légère. Parallèlement à nos démarches avec Construction Rocket, nous étions à la recherche d’une firme d’architecture pour concevoir la maison et voulions prendre notre temps pour choisir la mieux adaptée à nos besoins. L’enthousiasme avec lequel l’équipe de L’Abri a embrassé l’idée de la maison certifiée nous a définitivement convaincus qu’elle était la bonne firme pour nous. Alors que plusieurs autres semblaient voir la démarche de certification comme une contrainte, on sentait que L’Abri la percevait comme un défi.


CONSTRUIRE MIEUX Avez-vous participé à l’élaboration de la maison ?

Bien sûr ! D’abord, il faut mentionner que Rocket a agi comme consultant dès les premières ébauches de L’Abri. L’idée était d’assister en amont les décisions architecturales pour éviter des éléments de design trop complexes à exécuter, trop dispendieux ou pouvant nuire à la durabilité du bâtiment. À mesure que le concept progressait, Rocket s’assurait de maintenir le cap qui allait permettre de faciliter la construction et la certification et de contrôler le budget. Il s’est écoulé environ dix mois entre le lancement du projet et le design final de la maison. Les différentes itérations sont passées une à une au tamis et seuls les éléments qui nous plaisaient vraiment ont été conservés. Nous pourrions difficilement être plus satisfaits du résultat !

William Murray, constructeur certifié PHIUS, et Sarah Cobb, consultante certifiée Passive House, travaillent ensemble depuis maintenant 15 ans. C’est à force de rénover des maisons souvent malsaines qu’ils en sont venus à apprécier encore plus les nouveaux procédés qui permettent désormais d’assurer la durabilité et l’efficacité de leurs constructions. La forte empreinte carbone des matériaux de construction et la quantité d’énergie que l’on consomme en chauffant et en climatisant les ont également poussés à se tourner davantage vers la science du bâtiment ; modélisation énergétique, optimisation de l’orientation solaire, membranes intelligentes, infiltrométrie et analyse hygrothermique sont autant de techniques que le duo met de l’avant.

Y a-t-il un lieu dans la maison que vous affectionnez particulièrement ?

La maison répond parfaitement à nos besoins ! Chaque pièce a quelque chose d’unique à offrir. Nous affectionnons particulièrement la suite des maîtres, qui comprend la chambre et le walk-in menant vers la salle de bain. C’est une pièce très confortable. L’inspiration de chaque détail provient d’une sélection des meilleurs éléments des chambres d’hôtel que notre travail nous a permis d’apprécier. Le résultat frôle la perfection !

L’architecture de la maison influence-t‑elle votre quotidien ?

Définitivement. Nous y savourons chaque moment. C’est la beauté d’avoir fait appel à des architectes, qui arrivent à maximiser l’espace et à y intégrer tout ce que nous imaginions dans notre maison rêvée. Le résultat dépasse nos attentes, même que l’appréciation se bonifie avec le temps

« Nos bâtiments peuvent non seulement nous protéger, en étant plus résilients et moins vulnérables aux fluctuations de température, mais aussi nous permettre de mitiger certains dommages environnementaux, notamment en stockant le carbone des matériaux et en consommant moins d’énergie pour nous garder au chaud ! »

Vous êtes des précurseurs ; comment convaincre d’autres d’opter pour un projet de maison passive ?

Dans la réalité énergétique du Québec, l’argument de l’économie d’énergie ne pèse pas très lourd dans la balance. L’argument écologique n’est pas non plus séduisant pour les masses. L’intérêt pour ce type d’habitation reste encore aujourd’hui bien marginal. Je crois que l’avantage le plus clair qu’ont les certifications est celui d’assurer la qualité de la construction et la durabilité du bâtiment, et le sceau de certification offre cette garantie non seulement aux premiers occupants, mais aussi aux acheteurs futurs. L’avenir nous le dira, mais je crois qu’avoir une certification passive est le meilleur moyen de protéger à long terme son investissement. Et dans l’intervalle, nous jouissons d’un milieu de vie sain dans un confort inégalé !

Construction Rocket

À titre de constructeurs et consultants Passive House pour la première maison neuve ayant obtenu la certification PHIUS au Québec en 2017 – la maison des Sources –, ils ont été à même de constater que les bienfaits des principes de la maison passive, tels que les économies énergétiques et le confort inégalé, ne sont pas seulement théoriques.

ConstructionRocket.com

24B, rue Principale Sud

  constructionrocket 

Sutton (Québec)  J0E 2K0

  rocketconstruction

450 525-1663

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Dossier

DESK ARCHITECTES

no 2

Mise en contexte

Texte | Lorène Copinet

18-042_RÉSIDENCE B+L

Photos | Maxime Brouillet

Souhaitant quitter la ville pour venir s’installer dans les Laurentides, non loin du chalet familial, un jeune couple désirait se faire construire une résidence aux lignes contemporaines et pérennes, assez spacieuse pour fonder une famille et qui se fondrait à l’environnement nordique.

Localisation

Morin-Heights, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2018

Conception

9 mois

Travaux

8 mois

Superficie

2 200 pi2 | 205 m2

Budget

$$

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Dans ce secteur de Morin-Heights où la végétation est principalement composée de conifères créant une canopée dense tous les mois de l’année, le site choisi par les clients a constitué un beau défi pour les architectes de DESK. Les nombreux arbres matures, dont la hauteur rehaussée par la topographie et l’emplacement ombrageait le terrain, complexifiaient l’accès à la lumière directe.


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Comme dans chacun de leurs projets, Kévin Sylvain et Étienne Duclos ont abordé leur conception architecturale par une analyse rigoureuse du lieu. Grâce à une étude d’ensoleillement permettant d’obtenir un portrait précis des emplacements qui recevaient le plus de lumière directe selon le moment de la journée, les architectes ont implanté le bâtiment de sorte à maximiser l’apport de lumière naturelle dans les différentes pièces, et notamment d’organiser la pièce de vie de la résidence. Fenestrée sur trois côtés, celle-ci profite d’un généreux ensoleillement, dès les premières lueurs du jour jusqu’en début d’après-midi, tout en évitant la surchauffe en été grâce à son orientation sud-est. En hiver, alors que les ombres portées sont plus longues et que la période d’ensoleillement est plus courte, la forte présence de neige agit comme

un réflecteur de lumière naturelle. La terrasse principale, elle, est orientée nord-ouest afin de profiter du soleil réchauffant les fins de journées fraîches au printemps et en automne. Cette étape cruciale a permis de composer un programme plutôt atypique pour une résidence unifamiliale : des pièces de vie situées à l’étage et les pièces de nuit au rez-de-chaussée. Les terrasses extérieures ont été aménagées au deuxième niveau, les connectant ainsi directement aux espaces de vie. Le bâtiment de deux étages est programmé en trois zones distinctes s’organisant autour d’un puits de distribution verticale : un bloc de jour, un bloc de nuit et un bloc technique. L’organisation des fonctions permet de tirer parti des qualités du site, de limiter les surfaces

d’enveloppe et d’optimiser le plan intérieur. En effet, les circulations devaient être minimales pour assurer qu’une majorité des pieds carrés construits soit utilisable. Dans cet esprit, les pièces sont positionnées en considérant la course du soleil. La stratégie d’élever les pièces comme la cuisine, le séjour et la salle à manger a permis d’augmenter leur exposition à la lumière naturelle et de les mettre en contact avec les terrasses extérieures, elles-mêmes surélevées pour se protéger des moustiques très présents dans la région. D’autre part, en positionnant les trois chambres au rez-de-chaussée, les architectes ont souhaité donner l’impression de se réveiller tous les matins dans la nature grâce aux fenêtres de plain-pied.

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Cette résidence est un projet qui s’inscrit respectueusement dans le paysage naturel, mais aussi dans l’architecture environnante. Étudiant les bâtiments avoisinants qui semblaient les mieux intégrés à l’environnement, les architectes ont dégagé quelques constances qui ont inspiré la mise en forme du projet : des volumes simples, des terrasses surélevées et des toitures traditionnelles. C’est à la suite de l’analyse du contexte naturel et bâti que les architectes ont assis le parti architectural du projet : un volume orthogonal, couvert d’un toit à deux versants, et duquel sont soustraites des sections pour couvrir une entrée ou dégager une terrasse. La volumétrie est assurément l’élément fondamental du projet. Elle a été travaillée de façon à devenir le langage du bâtiment, permettant d’en faire une lecture double en soulignant la cohérence de l’architecture extérieure et intérieure : le faîte du toit décentré s’aligne sur la circulation intérieure de la résidence, les alcôves architecturales découpées du volume principal sont habillées d’un bois de teinte chaude qui contraste avec le parement noir de la maison.


L’enveloppe converse avec l’intérieur, mais aussi avec le paysage montagneux : les planches et couvre-joints créent un effet de relief sur la façade et font écho à la dénivellation environnante, tandis que le décalage des sections de parement noir entre les différents niveaux, souligné par des lignes blanches, vient renforcer l’idée de strates topographiques caractéristiques du site. Les percées dans l’enveloppe sont également des occasions d’unir l’intérieur à la nature environnante. Elles ont été traitées et positionnées avec beaucoup d’attention par les architectes, soucieux d’atteindre l’équilibre entre en limiter la quantité, cadrer

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judicieusement les vues et assurer un apport abondant en lumière naturelle. À l’étage, où un relief montagneux se dessine au loin entre les arbres, les grandes fenêtres du séjour et de la salle à manger prennent l’allure de tableaux vivants, tandis que la longue fenêtre de la cuisine donne l’impression de s’affairer dans la nature. La palette de couleur sobre utilisée à l’intérieur met en valeur le paysage. La 18-042_ Résidence B+L, avec son volume simple sculpté au gré d’espaces lumineux et signifiants, est un projet généreux et efficace, où la cohérence interne et externe fait de l’architecture une évidence.

Ingénierie | MA-TH Entrepreneur | RevNor Revêtement extérieur  |  Maibec Portes + Fenêtres  |  Fabelta Foyer | Stüv Comptoirs | Caesarstone Toiture | MAC Métal architectural [Métal] Luminaires | Luminaire Authentik Mobilier intérieur  |  EQ3 + IKEA + BoConcept


« Avec ces prémisses, et en les travaillant de façon contemporaine, nous sentions que nous pouvions créer un bâtiment  unique. » – Kévin Sylvain, architecte

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Dossier

JÉRÔME LAPIERRE ARCHITECTE

no 3

Carré parfait, horizon infini

Texte | Lorène Copinet

Photos | Maxime Brouillet

Localisation

Chambord, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2019

Conception

12 mois

Travaux

6 mois

Superficie

1 875 pi2 | 174 m2

Budget

$$

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PROJET CHAMBORD C’est en visitant le site en plein hiver que la vision d’une maison de plage est apparue à l’architecte Jérôme Lapierre. Un volume bas qui se dépose délicatement sur le sable et dont la forme linéaire épouse l’horizon du lac Saint-Jean. Le projet Chambord est un dialogue audacieux entre la simplicité de son architecture et l’immensité du paysage.


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À l’image d’un pavillon de plage, cette résidence d’été se déploie sur un seul niveau, maximisant le rapport avec le sol et amplifiant la ligne d’horizon infinie. Totalement vitrée sur les façades avant et arrière qui donnent vers le lac, elle se laisse traverser du regard depuis l’entrée, donnant l’impression de s’effacer devant le paysage. Les fenêtres de plain-pied qui ceinturent le pavillon abolissent les frontières entre l’intérieur et l’extérieur et accentuent le sentiment d’ouverture vers la plage, le lac et le ciel. La toiture en porte-à-faux, déposée sur le volume principal, amplifie le flottement au-dessus des terrasses et souligne l’horizon, resserrant la vue vers la monumentalité du paysage. Le grand percement dans une partie du toit permet d’offrir une terrasse non couverte pour profiter du soleil et pour faire entrer une lumière étonnante dans les espaces contigus.


« C’était en hiver ; le lac était d’une grande beauté. Un horizon parfait et infini, créé par la neige et la glace blanche du lac, combinées à un ciel parfaitement bleu. J’imaginais à ce moment une maison d’été qui permettrait des va-et-vient constants entre l’extérieur et l’intérieur. » – Jérôme Lapierre, architecte

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De la toiture plate se détache un généreux canon de lumière qui tourne le dos au lac pour mieux offrir un cadre aux couleurs de fin de journée. Placé au cœur de la résidence, il offre l’opportunité d’élever son regard vers le ciel pour y contempler les mouvements des nuages et de créer un moment de verticalité dans le projet où l’horizontalité prédomine. « Dans le processus de conception, le canon de lumière est apparu comme une itération marquante en termes de qualités spatiales, lumineuses et tectoniques », explique Jérôme Lapierre. Le plan de la maison est organisé en un carré parfait divisé en neuf trames à la fois intérieures et extérieures

dans lesquelles les fonctions sont clairement définies. Le cœur du projet accueille la cuisine, la salle à manger, le séjour, la pièce moustiquaire et la terrasse non couverte qui s’ouvrent les uns sur les autres, afin de favoriser une circulation vers les espaces extérieurs. Les espaces de vie sont séparés des espaces de nuit plus compacts, permettant de maximiser les vues sur l’horizon. La chambre des parents donne sur la plage. Les chambres des garçons sont identiques et disposées symétriquement de part et d’autre d’un grand mur coulissant qui, une fois ouvert, connecte les deux pièces et permet d’agrandir l’aire de jeu.

Reposant sur pilotis, la maison minimise son empreinte au sol tout en protégeant la construction à proximité de l’eau ; une réponse sensible à son contexte. Ce geste de surélévation participe à l’impression de flottement du pavillon et témoigne d’une délicatesse de l’architecture. Le choix des matériaux est intrinsèquement lié à l’esprit de la maison de plage : cèdre teint blanc, cèdre grisonnant et cèdre naturel légèrement blanchi. La toiture en acier clair qui renforce le grand plan horizontal dissimule les gouttières et loge les gargouilles. Des stratégies qui favorisent la simplicité et le soin du détail.

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Prenant place dans un contexte boréal, la maison de plage Chambord est une proposition inattendue, dont la simplicité programmatique et la générosité des espaces et des vues séduisent. Le projet puise sa force à épouser le paysage environnant en privilégiant la transparence, dans un contexte où le voisinage se trouve à proximité. Une mise à nue qui n’a rien à cacher, juste à contempler la force et la beauté du paysage québécois.

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Entrepreneur | Sequoia Constructions Ingénierie | Douglas Consultants Ébénisterie | Jérôme Lapierre + Armoires AD Plus Aménagement paysager  |  Réflex Paysage Poêle à bois  |  Stûv America Œuvre d’art  |  Vanessa Sylvain + Parement extérieur de cèdre de l’est + Portes et fenêtres en aluminium anodisé + Planchers de chêne blanc


FIERTÉ PARTAGÉE Comme le disait le populaire designer et architecte américain Charles Eames : « Les détails ne sont pas les détails. Ils sont la conception. »

De votre point de vue, quels ont été les principaux défis du projet Chambord ?

La simplicité du projet Chambord est constituée de détails complexes ! Une firme d’ingénierie a dû nous accompagner durant la construction afin que la résidence réponde à toutes les exigences structurelles. Le projet comportait aussi l’utilisation de matériaux précis qui nous ont obligés à faire appel à des fournisseurs particuliers à l’extérieur de la région. Je dois également mentionner que la construction du projet a débuté à l’automne pour se terminer au printemps seulement, ce qui nous a forcés à étanchéifier le bâtiment rapidement avant l’arrivée de l’hiver ; l’attente des fenêtres sur mesure a compliqué l’affaire… Nous avons dû isoler temporairement les ouvertures, ce qui s’est avéré plus complexe que prévu étant donné la grande quantité de fenêtres faisant face aux vents dominants du lac.

Qu’est-ce qui définit une bonne relation entre architecte et entrepreneur ?

La relation entre l’architecte et l’équipe de construction est la base de la réussite d’un projet d’envergure. Ce sont souvent les plus petits détails qui font toute la différence ; il est donc primordial que le concepteur et l’exécutant soient sur la même longueur d’ondes tout au long des travaux. Je crois qu’un bon entrepreneur doit avoir l’ouverture d’esprit nécessaire pour respecter la vision créative de l’architecte. Inversement, je crois qu’un bon architecte doit aussi se montrer à l’écoute des suggestions et questionnements de l’équipe de construction afin d’assurer la meilleure exécution possible. Fondamentalement, les deux parties se retrouvent à créer un projet commun – souvent hors du commun – et ont le même souhait : que le fruit de leur travail les rende fiers.

Dans quelle mesure l’entrepreneur influence-t-il le résultat final d’un projet ?

Dans tout projet et à chaque étape, c’est à l’architecte que reviennent les décisions finales. Par contre, plus le chantier avance, plus l’équipe de construction en vient à expérimenter le site à hauteur d’homme ; les changements de saison, de température, de vues, les dimensions réelles, les entrées de lumière naturelle… Il est intéressant que l’architecte tienne compte du point de vue et des propositions des gens sur le site lorsque c’est nécessaire. J’adore personnellement documenter chaque projet au fil de son évolution pour que l’architecte puisse la suivre de près.

Si l’architecte imagine un projet dans ses moindres détails, c’est à l’entrepreneur et à son équipe que revient la tâche de les concrétiser. La relation entre les deux parties influence donc grandement le rendu des idées proposées sur plan, ainsi que le résultat du bâti final. Nous avons eu envie de discuter avec l’entrepreneur du projet Chambord de sa collaboration étroite avec l’architecte Jérôme Lapierre. Félix Mercier, de Sequoia Constructions, a répondu à quelques questions.

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Dossier

L. McCOMBER ARCHITECTURE VIVANTE

no 4

Jardin de ville

Texte | L. McComber – architecture vivante + Isabelle Pronovost

Photos | Raphaël Thibodeau

Localisation

Montréal, Qc

Type de projet

Rénovation + Transformation

Réalisation

2019

Bâti d’origine

1944

Conception

6 mois

Travaux

8 mois

Superficie

2 260 pi2 | 210 m2

Budget

$$

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MAISON-JARDIN Comment préserver les caractéristiques architecturales et le charme d’une maison d’après-guerre tout en l’adaptant aux besoins d’une famille du 21e siècle ? C’est le défi qu’a relevé avec brio et ingéniosité la firme L. McComber – architecture vivante en transformant une maison canadienne de la Cité-Jardin du Tricentenaire.


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La Cité-Jardin du Tricentenaire est un projet domiciliaire de 167 propriétés situé dans l’angle sud-est de la rue Viau et du boulevard Rosemont, à Montréal. Ce projet a été conçu dans les années 1940 par l’Union économique d’habitation (UÉH), une association citoyenne visant la construction de maisons unifamiliales pour la classe ouvrière. Pour le réaliser, l’UÉH s’est alors inspirée du concept d’urbanisme britannique de la cité-jardin, une façon novatrice de repenser la ville, en opposition au quartier industriel (trop pollué) ou à la campagne (trop éloignée). La conception d’une cité-jardin repose sur trois principes : une faible densité d’habitations dans des rues cul-de-sac pour réduire la circulation, beaucoup de verdure et d’arbres pour favoriser un air pur, et la

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présence d’éléments publics comme des parcs et des lieux culturels. Le Jardin botanique est mandaté pour assurer la réalisation de l’aménagement paysager ainsi que le remplacement des arbres au fil des ans. Pour le bâti, les principaux modèles proposés sont la maison canadienne – déclinée en deux versions – et le chalet suisse, pour ceux qui désirent une habitation plus spacieuse et cossue. Afin de préserver le patrimoine historique et architectural de la Cité-Jardin, la Ville de Montréal et l’Arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie se sont dotés en 2013 d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA). Ce plan limite les transformations apportées aux habitations ; il est notamment interdit de modifier l’apparence d’origine des façades.

Lorsqu’ils acquièrent une maison canadienne dans le quartier, les propriétaires sont conscients de cet enjeu. Mais comme la propriété doit tout de même être adaptée aux besoins de la famille, le couple fait appel aux services de L. McComber – architecture vivante pour réaliser ce projet. Avec ces contraintes en tête, la firme choisit donc d’agrandir… par la lucarne arrière ! Cette ingénieuse solution permet d’augmenter la surface habitable tout en conservant l’empreinte au sol originale. La nouvelle section en porte-à-faux ajoute 150 pieds carrés de plus à l’étage et loge la chambre des parents ainsi que la salle de bain familiale. Au centre du deuxième étage, un petit walk-in et une grande salle de lavage sont aménagés.


Comme la salle de bain – qui était autrefois située sous la lucarne – a été déplacée vers l’arrière, les architectes décident d’utiliser l’espace ainsi libéré pour créer une double hauteur. La nouvelle fenêtre, dont le vitrage a été maximisé, inonde le couloir et l’escalier central d’une belle lumière. Au pied de cet escalier se trouve l’entrée munie d’un tapis de céramique qui mène vers un long banc avec garde‐robe et penderies intégrés. Au rez-de-chaussée, les aires de vie sombres et désuètes sont retravaillées. Comme la firme a davantage de latitude pour modifier l’arrière de la propriété, elle déplace cuisine et porte-patio du côté ouest, là où la vue sur la cour est la plus intéressante. À partir du grand îlot, les parents peuvent aisément surveiller les enfants dans la cour comme dans le salon, l’entrée ou la salle à manger. La cuisine se prolonge harmonieusement vers le salon grâce à une longue banquette-bibliothèque, qui invite autant à la détente solitaire qu’aux rassemblements pour un cinq à sept. Enfin, la salle à manger avec vue sur le plan d’eau de la piscine offre une ambiance plus intime pour les repas en famille


S’harmonisant avec les planchers de merisier brut de l’époque, la palette utilisée pour la céramique et le stratifié du mobilier intégré est douce et enveloppante. L’escalier d’origine est restauré avec ses marches et contremarches en merisier massif. Il est ceint de nouveaux barrotins en tubes d’acier laqués blancs devenant merisier en franchissant le plancher de l’étage, lequel a été teint en blanc afin de masquer les traces d’usure. Cet intérieur apaisant offre d’ailleurs un agréable contraste avec la végétation luxuriante du site, un des aspects qui font justement de la Cité-jardin du tricentenaire un lieu si convoité.


Architecte | Laurent McComber Chargé de projet  |  Patrice Lebel Ingénieur | Nan Xu, ing. structure Ébénisterie | Tandem Aménagement paysager  |  Argento Toiture | MAC Métal architectural [Profilé d’acier MS 1 + Enduit acrylique Adex] Revêtement extérieur  |  Maxi-Forêt [Lambris de bois V-Groove] Portes + Fenêtres  |  Dionne Architectural + Portes et fenêtres Nocra Planchers | Armand Malo Foyer | Heat & Glo Robinetterie | Riobel + Dupont Plomberie Céramique | Ramacieri Soligo Comptoirs | Caesarstone Luminaires | Hamster + Schoolhouse + Sistemalux Papier peint  |  Empire Papier Peint Piscine | Trevi Électroménagers | JC Perreault

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Dossier

NATALIE DIONNE ARCHITECTURE

no 5

Hommage à la forêt MAISON FORÊT I

Texte | Natalie Dionne Architecture + Dave Richard

Photos | Raphaël Thibodeau

Localisation

Bolton-Est, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2020

Conception

12 mois

Travaux

16 mois

Superficie

650 pi2 | 60 m2

Budget

$$

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Grâce à sa proximité avec Montréal, la région des Cantons-de-l’Est est devenue un lieu de villégiature et de vie de plus en plus populaire chez les adeptes du télétravail souhaitant s’éloigner de la ville. C’est justement là que Natalie Dionne et son équipe ont conçu une maison qui rend hommage à la forêt vivante. Insérée discrètement entre les imposants rochers d’un site aux atouts naturels exceptionnels, au cœur d’une forêt peuplée de pruches, d’érables et de bouleaux, la Maison Forêt I concrétise le rêve longuement caressé par un couple de professionnels montréalais de vivre en pleine nature.


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Ce projet de Natalie Dionne Architecture s’ajoute au riche portfolio résidentiel de l’agence montréalaise, bien connue pour son approche contextuelle, sa créativité et son souci du détail, tant en milieu urbain que naturel. Le terrain de trois acres des propriétaires présentait un défi de taille ; accidenté et parsemé de talus rocheux, il a fallu qu’architectes et clients l’arpentent de long en large afin de déterminer l’emplacement le plus approprié où y construire une maison qui soit à la fois entourée d’arbres et baignée de lumière naturelle. L’idée de génie : faire de la présence d’un

massif rocheux l’élément clé du projet, permettant de surélever la maison à trois mètres au-dessus du sol et d’en faire une « maison dans les arbres ». Appuyé sur le rocher d’un côté, le bâtiment repose à l’autre extrémité sur un socle de béton posé à même le sol. Du fait qu’elle se retrouve ainsi perchée, la Maison Forêt I profite de vues spectaculaires – sa perspective s’ouvrant sur le paysage au loin – et son impact au sol est grandement minimisé. On accède à la grande terrasse de la maison par un escalier extérieur qui se loge contre la paroi de l’escarpement rocheux. Avec son spa et ses chaises

longues, cette terrasse conçue pour la détente constitue l’extension de l’aire de vie intérieure. Une fois le seuil franchi, les espaces se succèdent, la cuisine et la salle à manger s’ouvrent sur le séjour, puis on retrouve finalement la suite du couple à l’extrémité sud du bâtiment linéaire. Vitré de part et d’autre, le séjour est inondé de lumière naturelle. Côté Est, le regard se porte sur la cime des arbres, en raison de la forte pente du terrain. Quelques alcôves se projettent hors de la façade et captent la lumière du Sud, élargissant aussi cuisine, salle à manger et salle de bain.

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Seule pièce du rez-de-chaussée pouvant se fermer, la chambre du couple bénéficie de plusieurs fenêtres pleine hauteur. L’une d’entre elles se trouve le long d’un axe de circulation offrant une perspective sur la forêt et les rochers d’un bout à l’autre de la maison. Dans la salle d’eau, une place toute spéciale a été réservée à la baignoire ; insérée dans une baie totalement vitrée, on en a fait un lieu de contemplation et de repos parfait. Logé entre le mur du foyer du séjour et la chambre, un escalier mène à l’étage inférieur où se trouvent l’entrée principale et la chambre d’amis.


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Le bois est partout dans cette maison qui se veut en symbiose totale avec la forêt. La structure du toit, laissée apparente, est faite de bois d’ingénierie lamellé-collé d’épinette noire blanchie provenant du Nord-du-Québec. Telle la canopée d’un arbre mature, cette structure a une présence imposante et aérienne. Elle rythme le bâtiment linéaire en changeant de direction à chaque travée structurale, permet des volumes en porte-à-faux et une division de l’espace sans cloisons. Grâce à la conception, à la précision des dessins et à la fabrication en usine, la mise en place sur le chantier s’est effectuée aisément tel un grand jeu d’assemblage. Le résultat reflète parfaitement la complicité entre artisans de la construction et concepteurs.


Le revêtement extérieur est, quant à lui, constitué de planches de cèdre blanc grisonnant, sur lesquelles on a appliqué un accélérateur de vieillissement. À l’intérieur, c’est l’érable qui a servi à confectionner les îlots de la cuisine, les vanités, l’escalier et sa passerelle, alors que l’ensemble du mobilier intégré est fait de contreplaqué russe. Ainsi, les nuances de bois blond et blanchi se fondent aux teintes discrètes du gypse peint blanc, du béton gris poli et de l’aluminium anodisé naturel des fenêtres. Cette palette douce capte la lumière et s’adapte au jeu des saisons. En été, elle contraste avec la forêt alors qu’en hiver elle ne fait qu’un avec la blancheur du paysage. Harmonieusement liée à la nature environnante, la Maison Forêt I est la première d’une série de résidences en forêt sur lesquelles travaille l’équipe de Natalie Dionne Architecture, reflétant sa préoccupation grandissante de créer une architecture en symbiose avec son environnement naturel.


Équipe de conception  |  Natalie Dionne [architecte] + Corinne Deleers + Rosemarie Faille-Faubert + Martin Laneuville Ingénieur | Latéral Structure | Charpentes Montmorency Revêtement extérieur + Terrasse  |  MaxiForêt Portes + Fenêtres  |  Shalwin Foyer | Stûv America Luminaires | Contraste Lighting + Sistemalux Cuisine | Cuisine Memphré Électroménagers | Bosch + Venmar [hotte] Baignoire | Produits Neptune Rouge [modèle Florence F1 3266] Divan | Maison Corbeil [modèle Chicago]

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Dossier

LA SHED ARCHITECTURE

no 6

California dreamin’ MAISON JJ JOUBERT

Texte | Dave Richard + La Shed architecture

Photos | Maxime Brouillet

Localisation

Laval, Qc

Type de projet

Rénovation

Conception

La Shed architecture

Réalisation

2018

Bâti d’origine

1950

Superficie

1 400 pi2 | 130 m2

Budget

$$

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À Laval, dans les années 1950, des promoteurs s’inspirent de l’architecture californienne de l’époque et décident de construire au sein de leur projet immobilier une série de maisons de style ranch, reconnaissables à leur toiture basse et à leur forme allongée. C’est parmi celles-ci qu’a été bâtie la maison JJ Joubert, dont la rénovation a été confiée à l’équipe de la Shed architecture en 2018. Avec finesse et respect, les architectes ont su redorer ce joyau, lui redonner son panache d’origine et le projeter vers l’avenir.


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Dès le début de sa conception, les architectes ont pris en compte l’environnement dans lequel s’inscrivait le projet : un quartier au caractère suranné, certes, mais élégant et homogène. L’aménagement du terrain a été pensé avec sobriété afin de mettre en valeur la résidence. La nouvelle toiture et son rebord noir contrastent avec la brique blanche de la façade. Les cadrages d’acier noir autour des fenêtres mettent en valeur les ouvertures, et leur agrandissement en hauteur apporte un rythme vertical à l’horizontalité du bâtiment. À l’entrée, les lattes d’acier noir sont une modernisation de la colonnade d’origine. Dans un souci d’harmonisation des éléments, la matérialité et les couleurs utilisées à l’extérieur se retrouvent à l’intérieur.

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Les rideaux en voilage, le bois foncé, la cuisine à aire ouverte et la porte d’entrée de couleur s’inspirent du style mid-century modern. Le tour de force du projet réside dans l’heureux mariage des styles vintage et contemporain, qui ne tombe jamais dans le kitsch. La transformation de la résidence a été complète et toutes les composantes ont été conçues sur mesure par les architectes : de la grille de ventilation à la tringle de la garde-robe, en passant par la plaque d’adresse et les barres de serviettes de bain, assurant un esthétisme soigné et harmonieux. Au cœur de la résidence, la cuisine, la salle à manger et le salon se côtoient et forment un espace de vie central cohérent grâce à un mobilier sobre et élégant qui alterne entre tonalités claires et foncées. Deux grandes parois de rangement en noyer délimitent l’espace à aire ouverte ; le noyer est d’ailleurs omniprésent dans la maison : planchers, placards, mobilier. Loin de surcharger l’espace, il lui apporte chaleur et raffinement. Les lignes naturelles du bois amplifient la verticalité des murs et affinent l’espace.


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Les rideaux de voilage habillent de plain-pied les fenêtres, grâce aux tringles encastrées dans le plafond, et renforcent l’effet de grandeur. Ils laissent passer la lumière tout en préservant l’intimité. Dans la cuisine, au-dessus d’une partie du comptoir, est suspendu un élément de rangement en verre dépoli, qui vient encadrer l’espace et dissimuler la hotte. Le comptoir avec son rebord surélevé dérobe à la vue le possible désordre présent sur l’îlot. Un geste simple, discret et efficace. Simplement séparée de la chambre à coucher par une paroi en verre dépoli, la salle de bain se démarque par son aménagement moderne. L’aspect massif et minimaliste du mobilier impose et apaise. La double circulation latérale dans la salle d’eau apporte une fluidité entre le lit, la salle de bain, le dressing et la toilette, et induit un parcours intuitif à la routine quotidienne.


La salle de bain secondaire se distingue par la délicatesse des lignes arrondies qu’on retrouve dans la mosaïque et autres détails architecturaux. Un des partis pris du projet a été de faire la part belle aux matériaux naturels : de l’ardoise des larges dalles de l’entrée et de la cour arrière à l’imposant lavabo en pierre naturelle, en passant par les planchers et placards en noyer noir. Cette palette authentique donne au projet un caractère intemporel, raffiné et chaleureux. La matérialité et les formes intemporelles assurent la pérennité du design. Le résultat final démontre une grande maîtrise d’exécution permettant l’atteinte d’un équilibre parfait entre vintage et contemporain, reflétant un amour certain des concepteurs pour l’architecture américaine des années 1950 et le style international, mais aussi une vision résolument inscrite dans la continuité.


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La Maison JJ Joubert a remporté le Prix d’excellence en architecture 2019 de l’Ordre des architectes du Québec, catégorie Bâtiments résidentiels de type unifamilial en milieu urbain, et les Grand Prix du Design 2019, dans les catégories Prix espace résidentiel de 1 600 pi2 ou moins et Prix salle de bain.

Design d’intérieur  |  la Shed architecture Stylisme des photos  |  la Shed architecture Ingénierie | Géniex Robinetterie | Aquabrass [salle de bain principale] + Zucchetti [secondaire] Céramique | Centura [Penny Round blanc mat] Électroménagers | Miele Mobilier intérieur  |  Kastella [table et bureau] + Maison Corbeil [sofa et fauteuils] + chaises vintage Mobilier extérieur  |  Jardin de ville Comptoirs | Corian [cuisine] + Marbre [meuble de salle de bain sur mesure] Parois de verre  |  Verre dépoli ultra clair Armoires  |  Noyer + MDF laqué Terrasse  |  Ardoise du Québec Revêtement extérieur  |  Brique d’argile peinte Portes et fenêtres  |  Aluminium intérieur et extérieur Planchers | Noyer

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Dossier

ÉQUIPE LOGAN

no 7

Marier architecture et nature

Texte | Isabelle Pronovost

Photos | Colombine Drouin

Localisation

Saint-Sauveur, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2017

Conception

3 mois

Travaux

6 mois

Superficie

115 000 pi2 | 10 684 m2

Budget

$$$

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GÉOMÉTRIE NATURELLE Inspirée par le contexte environnant, Équipe Logan entrepreneur paysagiste a su agencer avec doigté le naturel et le bâti pour créer un aménagement qui se démarque. Au cœur de ce projet : un sentier tout en contrastes qui se veut une expérience faite d’émerveillement et d’apaisement.


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Établir un lien entre une construction contemporaine et la forêt dense qui l’entoure : voilà le point de départ de ce projet qui consistait à créer une entrée hors du commun pour une résidence de Saint-Sauveur. Marier l’architecture et la nature. Point fort de l’aménagement paysager, un grand sentier de dalles de béton surélevées – dont la géométrie reflète les lignes de la maison – mène à l’entrée principale. Véritable parcours bucolique à travers la végétation environnante, il intrigue et enchante. Le soir venu, des lumières judicieusement placées sous les dalles guident et surprennent à la fois les visiteurs. Le choix des végétaux, quant à lui, a été influencé par le contexte boisé. Ils se caractérisent par leurs feuillages légers, leur délicatesse et leurs floraisons simples et intemporelles. « Les plantations à la fois douces et délicates positionnées de façon géométrique sont pour nous une réussite. Les floraisons et intérêts sont variés et contrastent aux bons endroits avec les éléments structuraux. » Une notion de contraste parfaitement illustrée par la fine arenaria verna qui vient se lover contre les masses de béton.


« Nous avons pris soin d’intégrer le maximum de plantation possible, tant autour du sentier que sous ce dernier afin de créer l’illusion que les dalles flottent sur la verdure. »

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Puisque les clients avaient aussi en tête d’incorporer au projet des zones apaisantes, un bassin d’eau peu profond a été inséré à proximité de la porte d’entrée. Juste au-dessus de ce dernier flotte une passerelle en bois d’ipé, un matériau résistant qui pourra perdurer dans le temps. Les concepteurs ont également eu l’idée d’ajouter un deuxième bassin près d’une pièce de vie munie de larges fenêtres. « Étant pratiquement sans courant et de couleur charbon, ce dernier permet de créer un reflet de l’environnement perceptible depuis l’intérieur. Il ajoute à l’effet zen recherché par les propriétaires. » Au-delà du bassin d’eau, c’est tout l’aménagement paysager qui est en dialogue avec la maison. C’est que les plantations autour de la résidence ont aussi été planifiées en prenant en compte les vues depuis l’intérieur. « Sur un des côtés de la maison, nous avons notamment implanté un pommetier blanc composé d’une floraison printanière unique. Ce dernier est positionné face à une très grande fenêtre, de sorte que nos clients puissent profiter d’un de leurs arbres coup de cœur autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. »


Architecte paysagiste  |  Josiane Léger Stylisme des photos  |  Colombine Drouin Entrepreneur | Équipe Logan entrepreneur paysagiste Coffrages | Sylvain Doucet Ébénisterie  |  François Bonneau + Terrasse en ipée + Piscine en fibre de verre + Végétaux [Arenaria verna + Amelanchier canadensis + Chrysanthemum superbum ’Becky’ + Calamagrostis acutiflora ’Karl Foerster’ + Iris sibirica ’Rimouski’ + Adiantum pedatum + Microbiata decussata]


ARCHITECTES + DESIGNERS ALPHABET 5425, rue de Bordeaux, local 103 Montréal (Québec)  H2H 2P9 514 523-0790 AlphabetMobilier.com | info@alphabetmobilier.com Création : 2014 Employés : 12 (chez Machine incluant Alphabet) Dirigeant principal Joël Desmarais Secteurs d’activité Design d’intérieur Design de produits + industriel

Le studio de design Alphabet conçoit des espaces originaux, du mobilier et des luminaires intemporels qui mettent de l’avant la beauté des lignes pures et l’utilité de la forme. Ayant à cœur de concevoir et de produire des pièces durables, Alphabet fabrique tous ses produits dans son atelier de la rue de Bordeaux grâce à sa petite équipe d’artisans qualifiés qui assurent une finition de la plus haute qualité. Ses aménagements minimalistes mettent en valeur des pièces de mobilier choisies – souvent conçues par le studio lui-même – et les attributs singuliers de chaque site, avec élégance, convivialité, ergonomie et un fin souci du détail. Alphabet est une division de Machine.

Projets marquants • Café Saison des pluies (Montréal, Qc) • Hinterhouse (La Conception, Qc) • SOUK HABITAT (Montréal, Qc)

Spécialités Projets résidentiels + commerciaux Mobilier, luminaires et objets

DESK ARCHITECTES 3442, rue Masson Montréal (Québec)  H1X 1R7 514 543-3375 DeskArchitectes.com | info@deskarchitectes.com Création : 2018 | Employés : 3 Dirigeant principaux Étienne Duclos, Architecte associé principal Kévin Sylvain, Architecte associé principal et designer urbain Spécialités Projets résidentiels, multirésidentiels, commerciaux Mobilier sur mesure Secteurs d’activités Architecture Design d’intérieur Mobilier

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En 2018, à la suite d’une collaboration fructueuse à plus d’une trentaine de projets de nature variée échelonnés sur près d’une décennie, Étienne Duclos et Kévin Sylvain s’associent pour fonder DESK Architectes, un bureau d’architecture contemporaine basé à Montréal opérant dans plusieurs régions du Québec. Né du désir des deux architectes de participer à la réalisation d’une architecture signifiante, inspirée par les clients et réalisée au bénéfice des futurs occupants, DESK fournit des services professionnels en architecture et en design, que ce soit pour des projets résidentiels (rénovations, agrandissements ou constructions neuves) ou des projets commerciaux, industriels ou institutionnels.

Projets marquants • 18-041_Agrandissement D+M (Saint-Bruno-de-Montarville, Qc) • 18-042_Résidence B+L (Morin-Heights, Qc) • 19-055_Rénovation C+G (Longueuil, Qc)


ARCHITECTES + DESIGNERS DMA ARCHITECTES 655, rue Desnoyers, bureau 204 Montréal (Québec)  H4C 3E1 514 288-4251 DMA-Arch.com | dma@dma-arch.com Création : 1957 | Employés : 50 Dirigeants principaux Jozef Zorko, Architecte senior principal associé François Lemoine, Architecte senior principal associé Colin J. Hanley, Architecte associé Philippe Ashby, Architecte associé Spécialités Réhabilitation de bâtiments existants Projets commerciaux, institutionnels, patrimoniaux, éducationnels Secteurs d’activités Architecture Gestion de projets

ÉQUIPE LOGAN ENTREPRENEUR PAYSAGISTE 889, rue Principale Prévost (Québec)  J0R 1T0 450 335-3330 EntreprisesLogan.com | info@entrepriseslogan.com Création : 2013 | Employés : 20-25 Dirigeant principal Patrick Logan Spécialités Projets résidentiels Terrasses et jardins

DMA Architectes s’est forgée au fil du temps une forte réputation dans les domaines de la conservation, de la réhabilitation et de la transformation de bâtiments existants. Que ce soit pour le Cours Le Royer dans le Vieux-Montréal, la transformation de l’ancienne aluminerie de Shawinigan en centre d’art contemporain, celle de la chapelle Bonsecours en musée Marguerite-Bourgeoys ou la réhabilitation du Faubourg Sainte-Catherine, DMA Architectes poursuit son travail dans le respect du patrimoine bâti, du savoir-faire, de la détermination et de l’inventivité, valeurs chères aux fondateurs de la firme. Façonner des milieux de vie en proposant des solutions inventives, sur mesure et de grande qualité, telle est la promesse faite aux entreprises, institutions et acteurs de tous les secteurs sensibles aux défis de l’architecture avec lesquels DMA Architectes collabore.

Projets marquants : • Bibliothèque du Parlement (Ottawa, On) – Conservation, réhabilitation et modernisation • Gare Windsor (Montréal, Qc) – Restauration de la maçonnerie et remplacement des fenêtres • Polytechnique Montréal (Montréal, Qc) – Plan stratégique de redéveloppement sur le campus du mont Royal

Prix + Mentions : • Médaille du Gouverneur général Bibliothèque de Drummondville (Drummondville, Qc), 2020 • Concours d’architecture Lab-École Agrandissemen, École primaire Pierre-Elliott-Trudeau (Gatineau, Qc), 2020 • Grand Prix d’excellence de l’OAQ Bibliothèque de Drummondville (Drummondville, Qc), 2020

L’Équipe Logan entrepreneur paysagiste offre une gamme complète de services allant de la consultation à la conception de plans jusqu’à l’exécution des travaux. Son travail est guidé par sa passion pour la nature et son désir de concevoir des aménagements paysagers qui donnent vie aux espaces extérieurs. Constituée de paysagistes professionnels, d’horticulteurs spécialisés, de designers, d’architectes paysagistes et de technologues en architecture, l’Équipe Logan s’engage à développer des solutions durables en choisissant des matériaux et des procédés ayant le moins d’impact environnemental possible. Ses membres croient que la création d’espaces personnalisés favorise le plaisir de vivre à l’extérieur ; c’est pourquoi ils placent les besoins spécifiques de leurs clients au cœur de chaque projet.

Prix + Mentions • Grand prix international du design, catégorie Architecture de paysage résidentiel Géométrie naturelle (Saint-Sauveur, Qc), 2020 • Concours annuel de l’Association des paysagistes professionnels du Québec Lauréat des quatre premières places, 2020 • Prix HortiCompétences, catégorie Horticulture d’été, 2017

Secteurs d’activités Architecture de paysage Aménagement paysager

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ARCHITECTES + DESIGNERS JÉRÔME LAPIERRE ARCHITECTE 244, rue Crémazie Ouest Québec (Québec)  G1R 1X9 418 264-2282 JeromeLapierre.ca | jerome@jeromelapierre.ca Création : 2020 | Employés : 2 Dirigeant principal Jérôme Lapierre, architecte Spécialités Projets résidentiels Aménagement intérieur Mobilier sur mesure Design urbain Secteurs d’activité Architecture Design d’intérieur Design urbain

L’ABRI 277, rue Saint-Zotique Ouest Montréal (Québec)  H2V 1A4 514 293-0123 LAbri.ca | info@labri.ca Création : 2013 | Employés : 9 Dirigeants principaux Francis Martel Labrecque, Architecte et Concepteur Maison Passive Certifié (PHI) Nicolas Lapierre, M. Arch. Francis Pelletier, M. Arch. Spécialités Développements résidentiels Projets commerciaux Projets LEED Projets résidentiels Secteurs d’activité Architecture Design d’intérieur Design urbain 144

Jérôme Lapierre est un architecte œuvrant en pratique privée (Jérôme Lapierre architecte) et dans le domaine de l’enseignement universitaire (il est chargé de cours à l’École d’architecture de l’Université Laval). Prix de Rome en architecture – début de carrière, il combine plusieurs années d’expérience au Québec et à l’étranger en architecture et design urbain. Il a travaillé à l’Atelier Pierre Thibault pendant plus d’une dizaine d’années sur différents projets primés de moyenne et grande envergure, tant à l’échelle architecturale qu’à l’échelle urbaine. Il a travaillé à l’agence danoise Gehl Architects où il a pu contribuer à la conception de projets à l’échelle humaine dans plusieurs villes du monde. Il a également été chef de chantier Environnement physique au Lab-École où il a participé à divers titres à la mise en place du premier concours d’architecture depuis 50 ans pour la réalisation de cinq écoles primaires dans différentes régions du Québec. Sa firme célèbre l’ordinaire du quotidien en offrant des espaces de qualité qui améliorent la vie des gens qui l’habitent et marquent positivement le territoire en créant des lieux significatifs dans la mémoire des gens.

Projets marquants • École primaire Lab-École Québec Esquisse (Conception Lab-École + Jérôme Lapierre architecte) • Festival international de jardins, Jardins de Métis – Ex-muros Installation architecturale sur les toits du Musée de la Civilisation de Québec, en cours • Résidence du Lac-Kénogami (Saguenay, Qc)

Prix + Mentions • Prix de Rome en architecture – Début de carrière du Conseil des Arts du Canada (2013) • Les 20 de 2020 par Tabloïd – 20 jeunes Québécois à surveiller dans leur secteur d’innovation • Reconnaissance de Diplômé influent – Université Laval, ADUL

Basé dans le quartier Mile-Ex à Montréal, L’Abri est un atelier d’architecture fondé en 2013 par trois diplômés de l’Université de Montréal. Il offre des services d’architecture personnalisés pour des projets de rénovation majeure et de nouvelle construction. Créative, rigoureuse et toujours prête à sortir des sentiers battus, son équipe se spécialise dans les projets résidentiels et commerciaux, en plus d’offrir des services de construction selon une formule clé en main. L’approche de L’Abri est collaborative et se base toujours sur les besoins, les moyens et les désirs de ses clients. Pour l’équipe, chaque mandat est une occasion de réaliser un projet responsable, différent, mais toujours ancré dans son contexte. Porté par la mission de construire de manière écologique et responsable, sans toutefois réduire la qualité architecturale, L’Abri croit qu’un bâtiment peut être à la fois esthétique, en harmonie avec son environnement et performant et ainsi participer à la transition obligée – mais excitante – vers une architecture plus respectueuse de l’environnement.

Projets marquants • Rivard (Montréal, Qc) • La Pointe (Parc régional du Poisson Blanc, Notre-Dame-du-Laus, Qc) • Maison passive Saltbox (Bromont, Qc)

Prix + Mentions • Concours Design Montréal, Finaliste – Zone de rencontre Simon-Valois (Montréal, Qc) • Concours Backnang West Neighbourhood, Finaliste (Stuttgart, Allemagne)


ARCHITECTES + DESIGNERS LA SHED ARCHITECTURE 77, rue Duluth Est Montréal (Québec)  H2W 1G9 514 277-6897 LaShedArchitecture.com | info@lashedarchitecture.com Création : 2009 | Employés : 14 Dirigeants principaux Renée Mailhot, Architecte et fondatrice Sébastien Parent, Architecte et fondateur Yannick Laurin, Architecte et fondateur Spécialités Projets résidentiels, commerciaux Aménagement intérieur Terrasses et jardins Secteurs d’activités Architecture Design d’intérieur

L. McCOMBER ARCHITECTURE VIVANTE 6009, rue Saint-Hubert Montréal (Québec)  H2S 2L8 514 948-5669 LMcComber.ca | info@lmccomber.ca Création : 2005 | Employés : 9 Dirigeants principaux Laurent McComber, Architecte fondateur Olivier Lord, Architecte associé Pascale Barrette-Brisson, associée directrice administration Spécialités Aménagement intérieur Projets résidentiels, commerciaux, industriels, institutionnels Mobilier sur mesure

Fondée en 2009 par trois jeunes architectes passionnés d’architecture, de design et de la ville de Montréal, Sébastien Parent, Yannick Laurin et Renée Mailhot, la Shed s’est vue couronnée d’un succès d’estime dès le dévoilement de ses premiers projets. Installée dans un ancien dépanneur rénové ayant pignon sur rue, la firme promeut une architecture accessible, démocratique, fonctionnelle et résolument contemporaine, au style sobre intemporel qui privilégie les matières naturelles, locales et authentiques. Son équipe conçoit chaque projet en complicité avec le client, afin d’inventer ou de réinventer son cadre de vie. En posant un regard nouveau sur la conception d’espaces résidentiels et commerciaux, la Shed souhaite transformer concrètement et durablement la vie à la maison et le vivre ensemble des Québécois.

Projets marquants • Maison du Parc (Montréal, Qc) • Maison Wilson (Montréal, Qc) • Eidos-Montréal (Montréal, Qc)

Prix + Mentions • Prix d’excellence en architecture de l’OAQ, catégorie Bâtiments commerciaux et industriels Au Gré des Champs (Saint-Jean-sur-Richelieu, Qc), 2020 • Prix Ronald-J.-Thom de design architectural du Conseil des arts du Canada, catégorie Candidat en début de carrière, 2018 • Prix de l’Institut royal d’architecture du Canada, catégorie Cabinet d’architecture de la relève, 2016

L. McComber est une firme d’architecture et de design réputée pour la justesse de ses interventions et pour sa grande sensibilité au contexte. De la construction d’unités d’habitation sur des lots irréguliers à la conception de commerces de niche, en passant par la transformation de résidences exiguës ou mal-aimées, chaque réalisation combine la force d’évocation à la rigueur d’exécution. Les nombreux prix et les diverses publications dont la firme fait l’objet témoignent de l’intérêt du milieu pour son œuvre. Avec son mot d’ordre « construire moins, construire mieux », L. McComber cherche constamment à innover pour mieux optimiser nos précieuses ressources. Toutes les stratégies mises de l’avant par l’équipe convergent vers une empreinte carbone réduite et une architecture vivante.

Projets marquants • Maison-Jardin • Off Plaza • Bonnes Grâces

Prix + Mentions • AZ Awards, Finaliste – Off Plaza (Montréal, Qc), 2020 • Grand Prix du Design, Lauréat – Off Plaza (Montréal, Qc), 2020 • Est-Nord-Est résidence d’artiste, Porposition finaliste, 2018

Secteurs d’activité Architecture Design d’intérieur 145


ARCHITECTES + DESIGNERS NATALIE DIONNE ARCHITECTURE 4238, rue d’Iberville Montréal, (Québec)  H2H 2L6 514 525-1265 NDArchitecture.net | info@ndarchitecture.com Création : 2000 | Employés : 4 Dirigeants principaux Natalie Dionne, Architecte Spécialités Projets résidentiels, commerciaux Secteurs d’activités Architecture Design d’intérieur

PATRIARCHE ARCHITECTURE 85, rue Saint-Paul Ouest, bureau 260 Montréal (Québec)  H2Y 3V4  438 380-2969 291, rue Saint-Vallier Est, bureau 106 Québec (Québec)  G1K 3P5  581 742-7487 Patriarche.ca | info@patriarche.ca Création : Fondée en 1960 en France, établie au Québec depuis 2011 Employés : 18 au Québec + 350 à l’international Dirigeants principaux Jean-Loup Patriarche, architecte président Damien Patriarche, architecture D.G Luc Bélanger, architecte associé Spécialités Projets commerciaux et institutionnels Secteurs d’activité Architecture Design d’intérieur Design graphique Gestion de projets 146

Le travail de Natalie Dionne Architecture se caractérise par une constante recherche de solutions novatrices et par une approche globale intégrant paysage, architecture et mobilier. Reconnue pour son travail résidentiel, la firme s’est vu décerner en 2020 un prestigieux prix d’excellence en architecture de l’Ordre des architectes du Québec pour La Duette, son plus récent projet d’insertion urbaine. C’était d’ailleurs la seconde fois que l’OAQ saluait l’ingéniosité de la firme, sa compréhension de sites complexes et son habileté à concevoir des projets hors du commun. Influencés par un parcours antérieur en cinéma et en arts visuels, Natalie Dionne et son partenaire Martin Laneuville possèdent une expertise unique en matière d’effets scéniques et de connaissance des matériaux. Cette expérience multidisciplinaire se traduit aujourd’hui par leur capacité d’introduire audace et poésie dans chacun de leurs projets.

Projets marquants • Maison Forêt, Bolton-Est, Qc • La Duette, Montréal, Qc • Maison de Brique, Montréal, Qc

Prix + Mentions • Prix d’excellence en architecture de l’OAQ, catégorie Bâtiments résidentiels de type unifamilial en milieu urbain – La Duette (Montréal, Qc), 2020 • Prix d’excellence en architecture de l’OAQ, catégorie Bâtiments résidentiels de type unifamilial en milieu urbain – Maison de Brique (Montréal, Qc), 2020 • Prix d’excellence en architecture de l’OAQ, catégorie Bâtiments résidentiels de type unifamilial en milieu urbain, Finaliste – Boîte Noire II, 2018

Bien établie localement, Patriarche est une firme d’architecture qui bénéficie d’une structure internationale grâce à son siège social situé en France. Implantée dans le milieu de l’architecture au Québec depuis 2013, à la suite d’une fusion avec la firme PARKA, Patriarche s’est spécialisée dans la réalisation de projets institutionnels et privés. Avec ses deux bureaux à Montréal et à Québec, l’entreprise s’implique dans la vitalité architecturale québécoise, grâce à une architecture de qualité, durable, sensible et tournée vers l’humain en plaçant les utilisateurs et leurs besoins au centre de son processus. Passionnée par la conception identitaire, Patriarche prend toujours plaisir à développer une signature exclusive, propre à chaque projet.

Projets marquants • Pavillon d’accueil à la Base de plein air de Sainte-Foy (Québec, Qc) • Centre multifonctionnel de Saint-Apollinaire (Saint-Apollinaire, Qc) • Siège social de Probewell Lab inc. (Québec, Qc)

Prix + Mentions • Prix d’excellence de l’OAQ, Pavillon d’accueil à la Base de plein air de Sainte-Foy (Québec, Qc), 2021 • Prix d’excellence CECOBOIS 2021 Pavillon d’accueil à la Base de plein air de Sainte-Foy (Québec, Qc), 2021 • Mérite d’architecture de la Ville de Québec Pavillon d’accueil à la Base de plein air de Sainte-Foy (Québec, Qc), 2021


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ENGLISH TEXTS


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AN UNEXPECTED FLOWERING Editorial

It is with this forth issue that we officially begin a new year of publication with Ligne. A newcycle, an extension. In the same ambiance, filled with an ardent desire to promote creative genius as well as talent from here and from abroad, we have prepared three editions rather than two this year: meaning we will be back in August and again in November. We are thrilled at the idea of adding a fall publication date to our calendar. The August issue will allow us to celebrate this unique, transitional season while exploring other aspects of life and home. But not so fast! First, here is our summer edition, for which we aimed to be optimistic, luminous, colourful and nature focused. During the process of its development we had lightness, simplicity, fantasy and hope in mind. It is not surprising that we were right in the middle of a stifling winter. Because we will not hide the fact that this winter has been a long one… We had to have a certain, sub-human force of character in order not to fold under the weight of the heavy ambiance around us. Second wave, confinement, curfew, sanitary measures, daily tally of deceased and ill, third wave, fake

news, conspiracy theories, digital violence, brutality, mental distress, anxiety, isolation, fatigue, contempt, general impatience…It is as if we do not even have the energy these days to be angry anymore. “Do not add another thing, the bubble is already full!” It’s in this context that we initially put ourselves to work. It’s also in this vein that we started to see the magic unfold: the project literally flourished. Firstly there was the picture of the charming passive Saltbox house, with a minimal ecological footprint, overlooking a hill covered in tender green grasses and golden ear plants; it was this house that would set the tone for the cover and the issue. Then, to this first project came other realisations conceived in direct communion with their environment, whether it be in a rural or an urban setting, like the different faces of a mirror cube: The Garden House, the Forest House, the Chambord project with it’s oversized bay windows, the natural, geometric landscaping project with it’s wonderful paths… Be ready to take it all in! There was also the superb invitation from the Jardins de Métis team hailing from the region of the bas-Saint-Laurent, inviting us to come explore its site off-season and discuss the 22nd edition of the

Festival international de jardins. The festival will take place this summer along side of many other projects that the team’s general manager Alexander Reford is working on. We also discovered the fantastic work of floral designer and photographer Marc Sardi, the delicate and fascinating paper flowers from La Bouture, the landscaping and embroidered paper by Véronique Buist, all of these floristry and gardening books that give us the desire to sink our hands into the earth in order to fill our homes with greenery and radiant bouquets. The pieces came together over the months like a surprising puzzle, to form an organic and abounding whole, a little dishevelled but joyous like…an English garden. We hope with all our hearts that it will do you good to “wander” within the pages, that you will appreciate what you find within this issue and that you will discover things that will enliven these next weeks for you. Thank-you for reading us yet again. Thank-you for staying curious. We feel privileged to have been granted your precious time. Take full and intense advantage of the gentle and beautiful summer months ahead.

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A TRANSFORMATION BEARING FRUIT Cassis Monna & Filles estate  |  DMA Architectes

Known for the preservation, restoration and transformation of existing buildings, the firm of DMA Architectes was trusted with the mandate to modernize this multi-functional estate destined for the harvest, production and sale of black currant (cassis in French). But it’s really the touristic calling of the place that inspired the design of the new visitor centre, a space that is beautifully integrated within the site and that catches the eye from the road. In the early 1970s, Bernard Monna, a fourth-generation French liquors stillman, moved to Île d’Orléans to harvest black currant. As well as the harvest of this small fruit, he also produced wines and spirits, while transmitting his passion and know-how to his daughters Catherine and Anne, like his ancestors before him. Heiresses to a strong family tradition, the two owners of Cassis Monna & Filles wanted to develop the estate without betraying its soul. In order to avoid

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disrupting the estate’s business activities, the designers at DMA Architectes imagined a three-stage approach. The first step consisted in creating a new building adjoining the ancestral barn that would now host all production activities. The barn was then restored and solidified to ensure longevity. Finally, they expanded the shop to create new spaces to welcome visitors and host tastings. This new visitor centre complements the original building with its proportions and shape, while also contrasting due to its exterior cladding of natural cedar vertical bars. While also serving as skylights and guard-rails, these bars add a nice uniformity to the building envelope. Chosen for its durability, this material blends seamlessly with the gable walls made of cedar shingles from the old barn. The differences in terms of natural wear and assembly methods of these two exteriors help delineate between the periods of construction.

The separation between the new and old volumes heralds the main entrance. Fitted with a massive sliding door, the entrance extends towards a large terrasse, offering visitors a breath-taking view of the barn and river. Hanging above the entrance, a second terrasse looks out on sprawling black currant fields and invites customers to admire the stunning, surrounding landscapes. The raw materials used—wood, anthracite steel for the structure and roofs, concrete coated in rough white plaster for the foundations and the original building—follow a certain palette of colours and textures preferred by the buildings in the area, while bringing a contemporary feel to this new visitor centre. Now rejuvenated, the space does not deny its roots, represented by the names from several Monna generations painted along the risers of the concrete staircase. Louis Monna, the first in a long line of devoted artisans, would certainly be impressed.


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NO MATTER THE WEATHER Café Saison des pluies  |  Alphabet

In the fall of 2020, café Saison des pluies slowly opened, without making waves. This new neighbourhood café located on the corner of rue Guizot and Avenue Henri-Julien is Erika Lafleur and Antoine Lacroix-Vézina’s new project. It was in May, upon seeing a café for sale in Villeray, only months before the launch that the two decided to take the plunge and open their own establishment. It was not really in their plans to open a café in the middle of a pandemic, but just the same, they allowed themselves to be naturally steered towards this wonderful project. The duo chose the multidisciplinary team Machine DA to design the whole of the café. Their communication office Hue took care of all graphic design and it’s their workshop Alphabet that conceived the development of the interior including the furniture. The complete handling of all tasks fostered a coherence between the graphic design and the interior design. For example, one can find long vertical lines in the logo (in certain letters of the typeface used in the café’s name) as well as on one of the textured black walls. The textures, shapes and materiality serve as the base for the concept of this installation. The small café was completely restored in order to offer a bright, welcoming and functional space. In this vein, the development of the café was driven by two large trends: curves and linearity. For example, the staggered

bench seats placed on either side of the room create a rhythmic pattern all the way to the back of the café. The linearity of the benches is balanced out by the vertical architectural elements. The counter evokes a softness and fluidity due to its languid curves. One can also find other curves in the design of the oval tables and in their monolithic circular bases. Because an important part of Alphabet’s work is to conceive high-quality, elegant furniture, the café is comprised of several pieces from this collection. One can notably find Topique Autonome chairs around the large central table as well as the pivoting version along the counter. One can also find two studio light fixtures, the black île 60" and the new round suspended Aube lamps. Despite the project’s limited allocated budget, Alphabet was able to take great liberties with their development plan as well as in the fabrication of the paired furniture, as all pieces the workshop conceived were made internally at their Plateau location. A turnkey project from conception to realisation. After less than three months of renovations, Saison des pluies opened it’s doors to offer its clients delicious coffee with a completely local, down to earth food menu in an ambiance, which is light, dynamic and welcoming in any season.

WE MISS OUR COFFEE SHOPS AND RESTAURANTS Coffee shops and restaurant owners have been going through an unprecedented crisis for over a year now. In order to show our support for them, Ligne will publish from now on, in each issue and on the web, a series of architectural and design projects highlighting these places that we miss so much. Architect and designer friends, please let us know about your latest coffee shop and restaurant projects by submitting some photos by email to: redaction@magazineligne.ca

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THE ARVI EXPERIENCE Restaurant ARVI | Patriarche

To describe the restaurant ARVI, one must first talk about the “ARVI experience”, a down to earth restaurant encounter that has been completely re-invented. In this small establishment located in Quebec City, nothing separates the team in the dining area from the team in the kitchen. It is the whole team who welcomes clients, guide them through the menu, prepare the food as well as present their meal, provide sommelier advice, describing in detail the subtilities of each dish. It was in 2018 that Lyonnais chef Julien Masia teamed up with his former boss, François Blais, also the owner of Bistro B, to take a former skateboard store in the district of Limoilou and transform it into a restaurant set up to be both immersive and anti-conformist, where the chefs also play host to the clients. In order to manifest their vision – still a novel idea in Quebec – the duo called on the architectural firm Patriarche, known for their multidisciplinary approach as well as for their constant dedication to innovation. The objective: to arrange the limited space in order to maximize seating while at the same time supply the team with an efficient workspace. They

also needed to allow hallway space, to optimize circulation and ensure that clients receive a unique and personalized experience. The main challenge for the architects was in arranging the kitchen. After several explorative strategies, the team opted for an open kitchen, installed in the heart of the restaurant, composed of three islands. This configuration, audacious for a small space, provides a scenic aura in the kitchen and allows all the employees free range between their workspace and the dining area. It allows all guests to be treated to a “VIP” experience, as well as observe the meticulous and hypnotic culinary waltz unfold before their eyes, making them a part of the experience. On the other hand, it gives the team a full view of the tables and the clients, facilitating the management of priorities and mutual aid. This set-up also allows the team to more easily change roles, reducing the chance of tasks overlapping. As far as the décor is concerned, Patriarche very skilfully played on the brut/chic duality, staying with the restaurant’s image where everything is in view,

and we are at once witness to the work put into each plate, to tasting the finesse of each dish, and to taking in the elegance with one’s eyes in a particularly welcoming environment. The imposing brick wall, discovered during renovations, was purposefully left bare and is framed by walls and vibrant, dark blue bench seats. Old plaster, warmly tinted woodwork, natural stone… The firm skilfully paired these rough textures in contrast with other finished and more refined details: gilded and brass touches, velvet curtains in the entranceway, tufted gold-buttoned bench seats… The high ceilings and the amber lighting also contribute to creating a particularly comfortable ambiance. Lastly, the partnership between the duo MasiaBlais and the firm Patriarche brilliantly blends function and aesthetics, while developing a convivial concept, which renews the restaurant experience for both the clients as well as the establishment’s team. In 2019, restaurant ARVI’s singular approach was awarded with the prestigious title of best new restaurant in Canada, according to the reputed magazine En route.


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RIGHT UNDER THE SUN Saltbox Passive House  |  L’Abri

The fruit of a productive collaboration between clients, contractor, engineers and the team at L’Abri, the Saltbox Passive House borrows from an architectural language of the past, while offering cutting-edge energy performance. This timeless and discreet house, blending seamlessly with the area’s topography, ensures the wellbeing of its inhabitants… and of the planet. The mandate was simple: design a contemporary home for a family of four along the side of Mont Gale, in Bromont. The clients wanted it to fit in with its surroundings and showcase scenic views, but mainly, to be extra energy-efficient. After hiring their contractor, who actually built Quebec’s first passive house, the clients also added the services of L’Abri to better shape their vision. “The site’s natural character and the region’s built heritage pushed us to choose a historical form of architecture,” explains the architect Francis Martel Labrecque. “With its L-shaped set-up and its combination of two types of roof pitch, the house borrows

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its silhouette from saltbox-type rural buildings, which were popular across New England’s colonies in the middle of the 17th century and which can still be seen today around Estrie’s countryside.” Saltbox architecture spawned from the genius of people who owned colonial homes in this region of the United States. When they felt too cramped within their two-story houses, they built a one-story lean-to at the back, in order to affordably add some space for their growing families. They then extended the existing roof towards the new volume. These now-asymmetric dwellings resembled those lidded wooden boxes once used to store salt. Over time, a once simply practical solution became an actual desired architectural style. Beyond its lines, Bromont’s saltbox house stands out thanks to its energy efficiency. The construction followed the guidelines set by the American standards for a passive house with a very isolated and airtight building envelope, as well as a high-quality mechanical

IN CONTEXT

18-042_ B+L Residence  |  DESK Architectes

Hoping to move from the city to the Laurentians, near the family cottage, a young couple wanted to build a home that would be contemporary and perennial, while offering enough space to start a family and blending into the surrounding northern landscapes. In this region of Morin-Heights, where the mainly coniferous vegetation creates a dense canopy yearlong, the site chosen by the clients proved to be a real challenge for the architects at DESK. The variety of mature trees, heightened by the topography and shading the terrain, complicated the access to direct natural light. Just like all their other projects, Kévin Sylvain and Étienne Duclos began their architectural design by rigorously analyzing the location. A study of the sunlight in the area allowed for a precise understanding of which places received the most natural light throughout the day. The architects thus installed the building in a way that would maximize natural light across different rooms, as well as organize the home’s living space. Boasting windows on three sides, the house benefits from abundant sunlight from dusk to the start of the afternoon and avoids over-heating by facing southwest. In winter, when cast shadows are longer and sunny periods are shorter, the abundance of snow acts as reflector of natural light. Meanwhile, the main terrasse faces north-west to enjoy the sun heating up the final hours of cooler days during spring and fall. This crucial step allowed them to opt for an organization that is atypical for single-family homes:

living spaces on the second floor and night quarters on the ground floor. The exterior terrasses were installed along the second floor, thus connecting them directly to the living spaces. The two-story house is organized and distributed vertically in three distinct zones: day, night, and technical. The organization of services fully benefits from the site’s characteristics, limits exterior surfaces, optimizes the interior plan. In fact, passageways should be minimal to ensure that the majority of square footage is usable. In that spirit, the rooms are positioned to align with the sun’s path. The strategy to elevate rooms like the kitchen, the living room and the dining room, permitted their increased exposure to natural light and connected them to the exterior terrasses, which are also elevated to be protected from the flies that plague the region. By setting three bedrooms on the ground floor, the architects also wished to create the impression of waking up immersed in nature thanks to floor-level windows. The 18-042_ B+L Residence is a project that respectfully blends into its natural habitat, while also meshing with the architectural environment. By studying the neighbouring buildings that best integrated to their surroundings, the architects made a few observations that inspired their own project: simple volumes, elevated terrasses, and traditional roofs. Following this analysis of the natural and constructed context, the architects decided on the project’s architectural scheme: an orthogonal volume covered by a gabled roof with sections removed to cover an entrance or to

ventilation with heat recovery. Furthermore, the plan of the house faces south, in order to favour passive solar heating. Pierced by three, large triple-glazed windows, the living spaces are both comfortable and luminous. A vast central block, including the kitchen, pantry, mudroom, and bathroom, leans on the second floor’s passage, which leads to the bedrooms and the mezzanine’s small boudoir. A reduced carbon budget was also central to the construction process. Cellulose, a material created from recycled, non-distributed newspapers, was used for thermal insulation, and a local wood that traps rising carbon was chosen for the exterior cladding. However, it’s hard to get more local than the support walls, built with excavation stones. One great source of pride for Francis Martel Labrecque is “reaching a passive house’s level of energy efficiency, without compromising on quality for the rooms and the architectural design.” The result is worthy of exceptional teamwork!

clear a terrasse. “With these propositions, and by implementing them in a contemporary way, we feel that we can create a unique building,” says Kévin Sylvain. The volume measurement is the fundamental feature of this project. It became the building’s main language, with two ways of reading it encouraged to highlight the coherence of the exterior and interior architecture. The uncentred roof’s peak aligns with the house’s interior circulation, while architectural alcoves jutting out from the main volume are covered in a warm wood that contrasts with the house’s black siding. The building envelope complements the interior, as well as the mountainous landscape: the planks and joint covers create a tiered texture, reflecting the differences in level of the surrounding scenery, while the off-set black siding between the two floors, highlighted by white lines, reinforces the topographic characteristics of the site. The openings across the building envelope also present opportunities to unite the interior to the natural environment. The architects planned and placed them meticulously to achieve a balance between limiting quantity, strategically framing views, and ensuring an abundance of natural light. On the second floor, where a mountain rises in the distance between trees, the living and dining rooms’ wide windows become living paintings, while the kitchen’s long window creates the impression of idling amid nature. The subdued colour palette used inside further showcases the landscape. With its simply sculpted volume boasting luminous and significant spaces, the 18-042_ B+L Residence is a generous and efficient project where an internal and external coherence shines a spotlight on the architecture.


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PERFECT SQUARE, INFINITE HORIZON Chambord Project  |  Jérôme Lapierre Architecte

It’s a visit to the site in the middle of winter that inspired a vision of a beach house for architect Jérôme Lapierre. A low volume that is gently set on the sand, boasting a linear shape that aligns with the horizon of Lac-Saint-Jean, the Chambord Project introduces a clever discourse between the simplicity of its architecture and the immensity of the landscape. “It was winter; the lake stunned with its beauty. A perfect and infinite horizon, created by the lake’s white snow and ice, combined with a flawless clearblue sky. In that moment, I imagined a summer house that would encourage constant movement between the exterior and the interior.” explains the architect. Just like a beach pavilion, this summer home extends only across one level to maximize the relation to the ground and amplify the infinite line of the horizon. With its window-covered front and back façades facing the lake, it allows one’s gaze to pierce through it from the entrance, creating the impression of disappearing amid the scenery. Floor-level windows circling the pavilion erase borders between the interior and the exterior and highlight the feeling of openness towards the beach, lake, and sky. The cantilevered roof, placed atop the

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main volume, accentuates a sense of floating above the terrasses, re-framing the view towards the monumentality of the landscape. The large opening along part of the roof allows for a non-covered terrasse ideal for soaking up the sun and for letting astonishing light into the adjacent rooms. A generous light cannon pulls away from the flat roof and turns its back on the lake to frame the colours that brighten each end of day. Placed at the heart of the house, it offers the chance to look up towards the sky and admire moving clouds, thus creating a vertical moment in a project dominated by horizontality. “During the design process, the light cannon appeared like a defining iteration in terms of spatial, luminous and tectonic characteristics,” explains Jérôme Lapierre. The house’s plan is organized in a perfect square, divided into nine frames, interior and exterior, where function is clearly defined. The heart of the project holds the kitchen, the dining room, the living room, the insect screen room and the non-covered terrasse. Each room opens to the next to favour circulation towards the outdoors.

Living spaces are separated from the more compact night spaces to increase the views towards the horizon. The master bedroom leads to the beach, while the boys’ rooms are identical and organized symmetrically. A sliding wall, once open, connects the two spaces and expands the play area. Resting on stilts, the house minimizes its footprint on the ground, while protecting the construction near the water, a sensible reaction to its context. This heightening adds to the impression that the pavilion is floating and demonstrates an architectural finesse. The choice of materials is intrinsically linked to the spirit of a beach house: white stained cedar, weathered cedar, and lightly whitewashed natural cedar. The bright-steel roof reinforces the horizontal plan, hides the gutters, and hosts the guttering spouts. These choices favour simplicity and attention to detail. Located in a boreal context, the Chambord beach house is an unexpected project of charming simplicity, generous spaces, and seductive views. The project finds it strength in a harmony with the surrounding scenery by prioritizing transparency in a setting where neighbours are near. This exhibitionist aspect hides nothing, baring a contemplation of Quebec’s natural beauty.

CITY GARDEN

Maison-Jardin  |  L. McComber – Living Architecture

How do you preserve the architectural characteristics and charm of a post-war residence, while adapting it to the needs of a 21th-century family? That was the challenge enthusiastically and ingeniously taken on by the firm of L. McComber – Living Architecture when they transformed a Canadian house of the Cité-jardin du Tricentenaire neighbourhood. The Cité-jardin du Tricentenaire is a residential project housing 167 properties and located in Montreal, at the south-east corner of Viau and Rosemont Boulevard. It was created in the 1940s by the Union économique d’habitation (UEH), a citizen organization dedicated to the construction of single-family homes for the working class. To achieve their goal, the UEH was inspired by the British method of urban planning called “garden city,” an innovative way of re-thinking cities that contrasted with industrial districts (too polluted) and rural areas (too remote). The design of a garden city relies on three principles: a low density of dwellings along dead-end streets to reduce circulation, a lot of greenery and trees to favour clean air, and the presence of common spaces like parks and cultural sites. The Botanical Garden was mandated to ensure the landscaping, as well as the substitution of trees through the years. For the built environment, the main models proposed were two interpretations of the Canadian house and the

Swiss chalet, for those wanting a more spacious and cozy home. To preserve the historic and architectural heritage of Cité-jardin, the city of Montreal and the borough of Rosemont–La Petite-Patrie nabbed an Architectural installation and integration plan (PIIA) in 2013. This plan limits changes to housing, notably forbidding the modification of the original facades. When purchasing Canadian houses in the neighbourhood, owners are aware of the stakes involved. Since the property needs to be adapted to the family’s needs, the couple called on the services of L. McComber – Living Architecture to complete this project. With these constraints in mind, the firm decided to expand… from the dormer window at the back! This ingenious solution increased the living space, while maintaining the original building footprint. The new cantilevered section added 150 square feet to the floor and is now home to the master bedroom, as well as the family bathroom. At the centre of the second floor are also located a small walk-in closet and a large laundry room. Considering the bathroom, previously located below the front dormer window, was moved to the back, the architects decided to use the now-liberated space to create a double height. The new window, boasting maximum glazing, floods the hallway and

central staircase with beautiful light. At the foot of this staircase is the main entrance featuring ceramic tiling that leads to a long bench with built-in closet and wardrobe. On the ground floor, sombre and outdated living spaces were reworked. Since the firm had more leeway with modifying the back of the property, they moved the kitchen and the patio door to the western side, where the view of the backyard is more interesting. The parents can now easily keep an eye on the kids playing in the yard from the large kitchen island, as well as from the living room, entrance, or dining room. The kitchen extends harmoniously towards the living room via a long bookshelf-bench, which is perfect for solitary relaxation or happy hour gatherings. Finally, the dining room, boasting a view of the pool, offers a more intimate ambiance for family meals. In harmony with the original birch floors, the palette used for the ceramic and laminate of the built-in furniture is soft and warming. The original staircase was restored with solid birch for the steps and risers. It is encircled with white-lacquered steel beams that become birch once you arrive on the second floor, which was stained white to hide wear and tear. This calming interior pleasantly contrasts with the site’s lush vegetation, one of the elements that makes the Cité-jardin du Tricentenaire such a sought-after place to live.


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TRIBUTE TO THE FOREST

Forest House I  |  Natalie Dionne Architecture

Due to its proximity to Montreal, the Eastern Townships has quickly become a popular vacation spot for people working remotely and looking to get away from the city. This is where Natalie Dionne and her team designed a home that pays homage to the living forest. Their Forest House I is discreetly tucked between the rocky landscapes of a naturally breath-taking site, amid a forest teeming with hemlock, maple, and birch trees. For a young couple of professionals from Montreal, this house has made their dream of living at the heart of nature come true. This project from Natalie Dionne Architecture adds to the impressive residential portfolio of this Montreal firm known for its contextual approach, creativity, and attention to detail, both in an urban and natural setting. The owners’ three-acre terrain, uneven and dotted with rocky slopes. presented a sizeable challenge. The architects and clients needed to survey the length and breadth of the land to determinate the most appropriate place to build a house that would be surrounded by trees and bathed in natural light. Their genius idea? Making a large rock mass the project’s key element to elevate the house three metres above the ground and turn it into a “house within the trees.” While one side leans on the rock, the other sits on a concrete pad, nestled right in the ground. From this perch, the

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Forest House I enjoys spectacular views of the scenery in the distance, and its ground impact remains minimal. The house’s large terrasse is accessible by an exterior staircase located along the wall of a rocky escarpment. Designed for relaxation with a spa and lounge chairs, this terrasse extends the area dedicated to interior life. Once inside, the rooms follow each other, the kitchen and the dining room lead to the living room, until one finally reaches the master bedroom at the southern end of the linear building. Surrounded by windows, the living room is flooded with natural light. From the eastern side, the gaze is drawn to the treetops, thanks to the terrain’s steep slope. A few alcoves stick out of the façade to capture light from the south, also expanding the kitchen, dining room and bathroom. The only closed room on the ground floor, the master bedroom benefits from several full-height windows. One of them is located along the main hallway, offering a view on the forest and the rocks from one end of the house to the next. In the washup room, a special place next to a bay window is reserved for a bathtub, making it an ideal spot for rest and reflection. Located between the living room’s fireplace wall and the bedroom, the staircase leads to the bottom

floor where can be found the main entrance and the guest bedroom. Wood is everywhere in this house, suggesting true symbiosis with the forest. The roof’s structure, left exposed, is made with glue-laminated and bleached black spruce from northern Quebec. Particular care has been taken to the design and finishing of structural elements, staggered in regular spaces of 3.9 metres on each side. The exterior cladding consists of greying white cedar planks treated with an ageing accelerator. Inside, maple was used for the kitchen islands, vanities, staircase, and ramp, while all the built-in furniture is made of Russian plywood. The shades of blond and bleached wood blend in with the discreet hues of the white painted gypsum, the polished grey concrete, and the natural aluminium of the windows. This soft palette captures the light and adapts to each season. In summer, it contrasts with the forest, while in winter, it merges with the whiteness of the landscape. Harmoniously connected to the surrounding nature, the Forest House I is the first in a series of forest homes currently being worked on by the team at Natalie Dionne Architecture, reflecting their growing preoccupation with the creation of an architecture in symbiosis with its original environment.

CALIFORNIA DREAMIN’

Maison JJ Joubert  |  La Shed Architecture

In 1950s Laval, promoters inspired by Californian architecture at the time decided to build within their real estate project a series of ranch-style homes defined by low roofs and elongated shapes. This is where you’ll find the one built with Maison JJ Joubert and renovated by the team at SHED architecture in 2018. With finesse and respect, the architects found how to gild anew this gem, to return its original panache and propel it into the future. From the very steps of design, the architects took into account the surrounding environment of the project: a neighbourhood that was slightly outdated, sure, but also elegant and homogeneous. The landscaping of the terrain was subtly organized to best showcase the house. The new roof with its black curb contrasts with the white bricks of the facade. Black steel frames highlight the windows, while their increased height brings a vertical rhythm to the building’s horizontality. At the entrance, black steel laths modernize the original colonnade. To blend in elements, materials and colours used outdoors are also repeated indoors. The veil curtains, dark wood, open concept kitchen and colourful front door are all inspired by mid-century modern style. The project’s strength lies in the perfect

balance of vintage and contemporary styles and the avoidance of kitsch. The house enjoyed a complete transformation, with every component custom-made by the architects, from the ventilation grid and the closet rod, to the mailing plate and towel racks, ensuring a meticulous and harmonious aesthetic. At the centre of the house, the kitchen, dining room and living room interact to form a central, coherent living space thanks to subdued and elegant furniture that alternates between light and dark hues. Two large walnut storage walls delineate the open concept space. Walnut can be spotted all over the house: along the floors, cupboards, and furniture. Far from over-crowding the space, it brings warmth and sophistication. The wood’s natural lines amplify the verticality of the walls, while refining the space. Veil curtains cover the full width of the windows thanks to rods embedded in the ceiling, reinforcing a sense of grandeur. They filter in light, while preserving privacy. In the kitchen, a glass storage unit hangs above a part of the counter, framing the space and concealing the hood. The counter’s elevated edges prevent disorder on the island—a subtle, simple and efficient addition!

Simply separated from the bedroom by a frosted glass barrier, the bathroom stands out with its modern layout. The massive and minimalist appearance of the furniture compels and calms. The dual, lateral circulation in the washroom adds fluidity between the bed, bathroom, wardrobe and toilet, eliciting an intuitive path for the daily routine. The second bathroom stands out by the softness of the rounded lines visible across the mosaic, as well as in other architectural detailing. One of the project’s highlights is the use of natural materials: from the large slate tiles of the entrance and backyard and the impressive natural stone sink, to the floors and closets in black walnut. This authentic palette gives the project a timeless, refined and warm character. Timeless materials and shapes ensure the design’s longevity. The final result demonstrates an executive control allowing for a perfect balance between vintage and contemporary, reflecting the designers’ true love for international style and American architecture from the 1950s, but also, for a vision truly anchored in continuity.


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COMBINING ARCHITECTURE AND NATURE Natural Geometry  |  Équipe Logan

Équipe Logan, Natural Geometry. Photo  |  Colombine Drouin

Inspired by the surrounding environment, the landscape contractors of Équipe Logan found how to deftly pair natural and built settings to create a unique layout. At the heart of this project: a path bursting with contrasts and offering an experience steeped in wonder and tranquillity. This project’s starting point? Establishing a connection between a contemporary construction and the lush forest that surrounds it by creating an original entryway for a house in Saint-Sauveur, one that would blend architecture and nature. The landscaping’s strong point, a wide path of elevated concreted slabs—geometrically shaped to reflect the lines of the house—leads to the main entrance. A truly bucolic trail through the surrounding vegetation, it intrigues and charms. “We carefully

integrated the maximum amount of plants possible around, as well as under, the path to create the impression that the slabs were actually floating above greenery,” explains the team behind the project. At night, strategically placed lights below the slabs guide and sometimes even surprise visitors. The selection of plants was influenced by the wooded context. They are characterized by their light and delicate foliage, and their simple and timeless blooms. “Placing soft and delicate plants in a geometric way was a successful idea for us. The variety of blooms contrasts at the right places with structural elements.” This notion of contrast is perfectly illustrated by soft green moss crawling up to the heavy concrete. Since the clients also wanted to include calming areas to the project, a shallow water basin was placed

near the front door. Just above it floats a footbridge made of ipe hardwood, a resistant material that will endure through the years. The designers also had the idea to add a second basin near the large windows of one of the living spaces. “With its charcoal colour and still water, this basin creates a reflection of the environment visible from the inside. It adds to the zen effect sought by the owners.” Beyond the water basin, the entire landscaping encourages a discourse with the house. The plants around the residence were also positioned in relation to the views from the inside. “For example, on one side of the house, we planted a white crab-apple tree that flowers beautifully in the spring. It faces a very large window so the clients can enjoy their favourite trees while inside and out.”


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Festival international de jardins

Jardins de Métis

200, route 132 Grand-Métis, Québec

www.jardinsdemetis.com

26 juin— 3 octobre 2021  Jardins de Métis La magie est dehors  22e édition


LIVRES VASES SUR LA TERRASSE CÔTÉ COUR CÔTÉ JARDIN ON MANGE DEHORS

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C’EST L’ÉTÉ

JARDINS DE MÉTIS ENFANTS SAUVAGES DEMAIN DIMANCHE LA BOUTURE RESPIRA CLICK AND GROW

« L’été s’impose et contraint toute âme au bonheur. » | André Gide

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Gisèle Tessier

C’est l’été JARDINS DE MÉTIS Texte | Mathieu Jacques Bourgault

Photos  |  Jardins de Métis

Jardins de Métis 200, route 132 Grand-Métis (Québec)  G0J 1Z0 418 775-2222 FestivalInternationalDeJardins.com JardinsDeMetis.com  

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  jardinsdemetis

De nature festive Créé en 2000, le Festival international de jardins a accueilli depuis sa fondation plus d’un million de visiteurs. Il est d’ailleurs le plus important festival de jardins contemporains en Amérique du Nord. Servant de canevas de création, le festival accueillera cette année encore un groupe d’architectes, d’architectes paysagistes et d’artistes de professions variées pour faire vivre aux visiteurs une expérience exaltante où les frontières entre le design, la nature et l’humain seront momentanément dissoutes

Articulée autour du thème La magie est dehors, ce sont cinq nouvelles installations qui viendront s’ajouter à la vingtaine d’œuvres d’éditions précédentes déjà présentes sur le site. Les nouveautés ont été choisies parce qu’elles ont le potentiel d’apporter de l’espoir, de stimuler la créativité et de mettre de la couleur dans notre monde éprouvé par la pandémie mondiale et le long confinement qui en a résulté.


Jean-Christophe Lemay

Martin Bond

CHOOSE YOUR OWN ADVENTURE Balmori Associates [Noémie Lafaurie-Debany, Javier Gonzalez-Campana, Simon Escabi, Chris Liao, Cristina Preciado, paysagistes et urbanistes] New York, États-Unis À la suite des mois de confinement que nous venons tous de traverser, cette installation invitera les visiteurs à parcourir différentes plantations pour vivre une expérience sensorielle particulière afin de repenser le rapport que nous avons avec la nature à travers nos sens. Le souffle du vent, l’écorce mouillée, l’ombre musquée, l’air sec, une odeur florale, une pierre chaude, le gravier qui crisse… Ce sera le moment de sentir, de toucher, d’écouter, de goûter ou de regarder.

HÄSSJA Emil Bäckström, architecte Stockholm, Suède Hässja est une installation inspirée de l’art de sécher le foin à l’ancienne, sur de grandes structures. Faites à partir des plantes mêmes qui les entoureront, les trois structures qui seront présentées au festival ne seront pas uniquement éducatives, elles seront aussi formées et disposées pour mettre en évidence l’héritage de ce savoir-faire agricole qui se perd. Contrairement aux structures traditionnelles de séchage, chacune sera dotée d’une chambre intérieure: de petits espaces constituant un refuge contre le monde d’aujourd’hui et proposant une réflexion sur la relation de l’homme avec la nature et sur ses façons, passées et futures, d’habiter la terre.


C’est l’été

MIROIRS ACOUSTIQUES Emmanuelle Loslier, architecte paysagiste, Camille Zaroubi, architecte paysagiste Montréal, Qc, Canada

JARDINS DE MÉTIS

Le miroir acoustique est un dispositif passif qui réfléchit et concentre les ondes sonores. Installées dos à dos, deux paraboles en aluminium, l’une orientée vers le site du festival, et l’autre vers le boisé et le fleuve, permettront aux visiteurs d’expérimenter deux univers sonores tout à fait opposés et de se sentir à proximité des bruits qu’ils entendront. Au sol, un marquage permettra aux visiteurs de se positionner au point focal idéal. Un trou au centre de la parabole les invitera à observer le paysage de l’autre côté et d’ainsi positionner leur tête au point précis de concentration des ondes sonores.

OPEN SPACE legaga [Gabriel Lemelin, Francis Gaignard, Sandrine Gaulin, stagiaires en architecture] Québec, Qc, Canada Une maison, symbole de celle dans laquelle on est confiné depuis plus d’un an, ouvrira grand ses portes, ses fenêtres, mais également ses murs! Telle une boîte que l’on désassemblerait pour la mettre à plat, cette installation invitera les visiteurs à marcher sur ses murs, à laisser pendre leurs pieds par sa porte, à discuter autour de son escalier ou encore à s’asseoir sur sa cheminée. Un espace dorénavant ouvert sur la nature où il fait bon rêver !

PORTE-BONHEUR David Bonnard, architecte DE-HMONP, Laura Giuliani, paysagiste, Amélie Viale, artiste plasticienne Lyon, Villefranche sur Saône et Lissieu, France Cette installation a été imaginée à la suite de la dernière année, pendant laquelle il fallait garder notre porte fermée pour se protéger du reste du monde. Elle invitera les visiteurs à ouvrir grand des portes, pour réapprendre à les franchir, à oser sortir s’émerveiller dehors et retrouver la nature.

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Louise Tanguay

Robert W. Reford

Louise Tanguay

LES JARDINS DE MÉTIS EN BREF Situé dans la région de La Mitis, entre les sommets des Appalaches et le fleuve Saint-Laurent, les Jardins de Métis jouissent d’un microclimat unique qui en fait l’endroit idéal pour cultiver quelques 3500 espèces et variétés de plantes, dont le fameux pavot bleu de l’Himalaya. Au départ un camp de pêche construit pour le plaisir de Lord Mount Stephen, cofondateur du Canadien Pacifique, c’est sa nièce Elsie Reford qui transforma les lieux pour créer les fameux Jardins de Métis dès 1926. C’est à la suite de recommandations de son médecin, qui lui interdit de pratiquer des sports et lui recommanda le jardinage, qu’Elsie Reford décida de s’y consacrer avec fougue et passion. Elle refusa notamment de faire appel à des aménagistes et dessina elle-même les jardins. Elle en est, toute seule, la grande architecte. De nos jours, les Jardins de Métis sont dirigés par Alexander Reford, arrière-petit-fils d’Elsie Reford, et désignés lieu historique national et site patrimonial.

Ils sont ouverts au public depuis 1962. En 2021, ce sera la 22e édition du Festival international de jardins qui s’y tiendra du 29 mai au 3 octobre. On y présentera plus de vingt-cinq installations architecturales, horticoles, contemporaines et interactives imaginées par des architectes de paysage, architectes et artistes du monde entier. C’est également en 2021 que sera construit et inauguré l’Atelier du Futur, premier hub créatif au Canada dédié à l’architecture, à l’architecture de paysage, à l’horticulture et à la gastronomie. Ce hub créatif, dont le bâtiment a été conçu par l’architecte Pierre Thibault, fait partie d’un grand plan de développement mis en place en vue du centenaire des Jardins de Métis en 2026.

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C’est l’été

ILS ÉCOUTENT POUSSER LES FLEURS L’an dernier, la pandémie a donné lieu à une sérieuse prise de conscience quant à l’importance de développer la production d’ici et de privilégier l’achat local, toutes industries confondues, ainsi qu’à un sincère engouement pour les commerces de proximité. Située à Stanstead, en Estrie, la ferme de fleurs locales et écoresponsables Enfants Sauvages, appartenant au couple formé d’Alice Berthe et Thierry Bisaillon-Roy, tient aussi lieu de studio de design floral, de destination agrotouristique et de centre de formation pour les agriculteurs de demain. Tous deux apiculteurs urbains, c’est très naturellement que leur est venue l’idée de conjuguer leurs passions des abeilles et des fleurs pour se lancer dans la fleuristerie écologique, important la tendance du slow flower au Québec. « Si les gens savaient ce que contiennent les fleurs dans la fleuristerie traditionnelle, ils ne les achèteraient pas », explique Alice Berthe. Actuellement, la majorité des fleurs coupées que l’on trouve sur le marché proviennent des Pays-Bas, de l’Équateur, de la Colombie et du Kenya. L’empreinte écologique de cette industrie est catastrophique, et la concentration des pesticides que contiennent ses produits dépasse parfois la limite supérieure autorisée au Canada. Enfants Sauvages propose des abonnements floraux, à la mode des paniers de légumes bios. La ferme produit une soixantaine de variétés de fleurs et cueille uniquement celles qui seront utilisées – pas de gaspillage ! L’entreprise n’a pas pignon sur rue ; c’est donc grâce à des points de chute à Montréal, à Sherbrooke, à Magog et à Ayer’s Cliff que ses bouquets sont accessibles. Lieu d’éducation et de sensibilisation, la ferme accueille également des étudiantes et étudiants du Centre de formation professionnelle de Coaticook afin de leur transmettre savoir et expertise en entrepreneuriat. À terme, les propriétaires d’Enfants Sauvages souhaitent que leur ferme s’impose comme une étape incontournable du circuit agrotouristique de la région.

Texte | Marie Létourneau + Dave Richard

Photos + Source  |  Enfants Sauvages

EnfantsSauvages.ca  enfants_sauvages_fleurs 

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LA BOUTURE DU PLAISIR ACCOTÉ ! C’est en emménageant dans un appartement offrant un balcon beaucoup trop petit pour recevoir une table que Joëlle-Alexandra Desmarais Lauzon et Jeremy Duhamel, tous deux diplômés de HEC Montréal, ont eu l’idée du bar à balcon : un petit comptoir qui s’installe sur la balustrade, pour y poser son café, son cocktail, son livre ou seulement pour s’accoter. Fabriqué entièrement à Montréal, il est offert dans deux finis, naturel ou vernis, et peut s’installer sur une rampe droite ou ronde. Fait de cèdre de l´ouest et d’une structure en aluminium, il résiste facilement aux intempéries de la saison estivale. De plus, il s’installe sans outils, de quoi en profiter aussitôt l’arrivée du beau temps ! Comptoir 5@7, 185 $ DemainDimanche.com 

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La Bouture, c’est l’entreprise de Marie Malgorn, une designer graphique adepte de différentes techniques artistiques, élevée à la campagne et jardinière depuis toujours, qui est tombée par hasard dans une bibliothèque sur un livre de Bobby Pearce sur la création de fleurs en papier « pas kitsch, comme on pourrait le penser ». Elle a testé quelques modèles, puis découvert qu’il était possible de créer des fleurs très réalistes en utilisant du papier crépon. « J’ai continué à créer, à expérimenter et me renseigner sur la fleuristerie en papier, puis un jour, j’ai eu le déclic pour lancer ma compagnie ! » Ces fleurs qui ne meurent jamais nécessitent jusqu’à trois heures de fabrication chacune lorsqu’un gabarit existe ; lorsqu’il faut créer ce gabarit, la réalisation d’une seule fleur peut prendre plus d’une semaine ! « La création de fleurs en papier répond aux préoccupations actuelles de réduction d’impact environnemental. Elles peuvent susciter les mêmes émotions que les fleurs fraîches, tout étant durables, écoresponsables et uniques. Mes fleurs sont fabriquées à la main à Montréal, un pétale à la fois. Pas de risque d’allergie au pollen, pas besoin d’eau, juste d’un joli vase qui les mette en valeur ! » Les créations de La Bouture sont disponibles en ligne sur Etsy et à l’occasion dans certaines boutiques, dont Bref Mtl. LaBouture.com 

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C’est l’été

UN AIR D’ÉTÉ

TECHNO

C’est poussé par les changements importants imposés par la pandémie et l’obligation pour plusieurs de travailler à la maison que Respira a vu le jour. New Earth Solutions, une entreprise spécialisée dans les installations commerciales de verdure depuis 2018, a saisi l’occasion de réorienter ses opérations pour offrir une solution de purification de l’air innovante et esthétique qui dynamiserait nos intérieurs grâce à sa connexion directe avec la nature. C’est par biofiltration que ce jardin hydroponique intelligent optimise l’habileté des plantes à retirer les polluants de l’air qui nous entoure. Respira demande peu d’entretien, soit un simple arrosage régulier. Vous pouvez d’ailleurs contrôler l’appareil grâce à son application pour téléphone intelligent. Cultiver des plantes dans son environnement est reconnu pour améliorer la santé mentale et réduire le stress ; Respira pourrait donc s’avérer un atout à la fois sain et beau dans nos maisons à l’avenir. Respira, 829,99 $ Respira.ca 

VERDURE INTELLIGENTE L’entreprise Click & Grow présente son plus récent modèle de jardin intelligent, le Smart Garden 9 PRO. Ce petit jardin connecté fonctionne un peu à la manière d’une machine Nespresso, mais plutôt que d’utiliser des capsules de café, il emploie des capsules biodégradables, chacune remplie de semences de légumes, de fruits ou d’herbes. En plus d’offrir un système efficace d’irrigation de l’eau, le Smart Garden procure la lumière nécessaire à la croissance de vos plants grâce à ses ampoules DEL réglables de manière automatique sur une application pour téléphone intelligent, qui vous fournira également des conseils de jardinage coordonnés au cycle de croissance des pousses que vous aurez choisies. C’est confirmé : le futur sera délicieux ! The Smart Garden 9 PRO, 329,95 $ ClickAndGrow.com 

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C’est l’été

À VOS PELLES ET RÂTEAUX

LIVRES

Que vous soyez débutant ou expert, ce précis de jardinage urbain est l’outil idéal pour démarrer un potager dans sa cour ou sur son balcon. Dans ce livre pratique savamment illustré par Simon L’Archevêque, vous découvrirez une foule de conseils pour choisir vos semences, faire vos semis et maximiser le succès de votre potager sans vous casser la tête. Bernard Lavallée, aussi connu sous le nom de nutritionniste urbain, partage sa passion pour que vous découvriez le plaisir simple de déguster vos récoltes, produites on ne peut plus localement ! Le petit guide illustré du potager, 16 $ NutritionnisteUrbain.ca  

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LE PLUS SIMPLEMENT DU MONDE « Jardin » est un mot tendre qui évoque chaleur, abondance, verdure et ciel bleu soleil. « Jardiner » est un verbe simple, qui évoque douceur, tranquillité et amour du vivant. Le nouveau livre du duo Jungle fleur, formé de Laurie Perron et de Sarah Quesnel-Langlois, parle de tout ça. L’objectif derrière leur guide pratique Jardiner tout naturellement est d’orienter la pratique de l’horticulture vers une approche contemporaine de la culture locale et du respect de la nature. Avec en poche un diplôme en horticulture et en architecture de paysage, Laurie a fondé Jungle fleur en 2014, sur un terrain appartenant à sa mère, avec l’objectif de faire profiter le plus de gens possible de sa passion pour les fleurs locales. Sarah collabore avec Jungle fleur depuis 2018 à titre de photographe, designer et horticultrice en herbe. Comme elle préfère les fleurs sauvages, naturelles, sans teinture ou engrais chimique, et surtout sans livraison par avion ni emballages de plastique, Laurie considère que la meilleure solution est de les cultiver soi-même, à la maison. Jardiner tout naturellement offre une foule de conseils pour cultiver autant des fleurs et de la verdure que des aliments, et ce, peu importe la grandeur de son potager. On dévore chaque page de cet ouvrage magnifiquement illustré avec le sourire et l’envie de transformer sa cour ou son balcon en massif luxuriant. Jardiner tout naturellement (Parfum d’encre), 29,95 $

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JARDIN FACILE Au fil des pages de ce cahier pratique, on apprend que cultiver un jardin en carrés, c’est organiser ses récoltes pour produire plus et travailler moins, le livre idéal du jardinier relax. L’ouvrage propose des idées de carrés « prêts-à-planter », lesquels sont regroupés par thèmes, pour que chaque amateur de jardinage puisse y trouver facilement son compte. De la conception du jardin à l’entretien hors saison en passant par les principes de la culture bio, vous découvrirez comment prendre soin de votre carré de verdure et y associer judicieusement les espèces adaptées à ce mode de culture. Des carrés potagers pour tous les goûts (Solar Éditions), 14,95 $ LesLibraires.ca  solareditions 

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PENSER LA COULEUR Les couleurs évoquent des émotions. Elles peuvent transformer un espace ou encore vous faire sentir totalement différent. Fleurs : la théorie des couleurs est le deuxième ouvrage de Darroch et Michael Putnam, célèbre duo de fleuristes new-yorkais. Ils y présentent 175 arrangements floraux, tous aussi originaux les uns que les autres – ils y marient des fleurs, mais aussi des fruits – et y exposent l’art de combiner les couleurs. Grâce à des outils complémentaires comme les cercles chromatiques, des suggestions de vases et des palettes de couleurs détachables, ces artistes expliquent comment la couleur peut être source d’énergie, d’inspiration et d’émotions, peu importe l’occasion. Un livre instructif et apaisant, lumineux et joyeux, qui donne envie d’aller faire un tour chez le fleuriste. Fleurs : la théorie des couleurs (Phaidon), 45 $ Phaidon.com 

QUAND L’ART IMITE LES FLEURS Que ce soit pour leur éclatante couleur, leur délicatesse ou leur symbolisme romantique, les fleurs sont source infinie d’inspiration créatrice. Le livre Flowers : Art & Bouquets, publié chez Assouline, propose une ode aux fleurs vues à travers les yeux de grands artistes, poètes, designers et créateurs : des maîtres peintres néerlandais des années 1600 aux photographies de Robert Mapplethorpe, en passant par les œuvres impressionnistes de Manet et Van Gogh, notamment, et par les illustrations botaniques de Georg Dionysius Ehret, jusqu’au pop art de Andy Warhol. En plus d’un plongeon dans les archives, Flowers : Art & Bouquets présente l’impressionnant travail de plus de 40 artistes floraux contemporains originaires de Londres, Paris et New York. Les magnifiques images sont accompagnées de pertinentes citations des artistes et d’un enrichissant texte retraçant l’histoire de l’imagerie florale dans plusieurs sphères, lequel est signé par la journaliste Sixtine Dubly qui couvre le monde artistique et du design depuis plus de 15 ans. Flowers : Art & Bouquets (Assouline), 95 $ US Assouline.com  assoulinepublishing 

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C’est l’été VASES Sur cette page : Vase Mini Mini Bluettes par Dasha Valakhanovitch, 25 $, DaCeramics.com | Petits vases par Mathilde Roy, 30 $ ch., MathildePoterie.com | Vase Pauline par Marie-Ève Dompierre, 70 $, MarieEveDompierre.com | Vase No.16, 80 $, MaisonStoi.com | Vases Air par John Zabawa, 49,99 $ – 69,99 $, EQ3.com | Vases Aura I et Aura II, 79 € ch., SchneidStudio.com | Vase Géant no.01 par Marilyn Champagne, 215 $, ChampagneCeramique.com | Vases #73, #78, #83 par Martin Condomines, 200 € – 220 €, TheoTourne.fr | Page suivante : Objets décoratifs Cartocci par Paola Paronetto, 288 $ – 458 $ US, Anthropologie.com


C’est l’été SUR LA TERRASSE 170

Chaise d’extérieur Remind 3735, 170 $, DeGaspe.ca | Coussin de sol tressé en jute, 139 $, CB2.com | Chaise pliante par Børge Mogensen pour Carl Hansen & Søn, 1 165 $, DWR.com | Table à dîner d’extérieur Winston, régulier 2124 $, membre 1699 $, RoveConcepts.com | Cabaret Salon par Normann Copenhagen, 189 $, JamaisAssez.com


Parasol, suspendu avec socle, inclinable Seglarö / Svartö, 309 $, Ikea.ca | Housse de coussin Fransine, 14,99 $, Ikea.ca | Fauteuil d’appoint suspendu intérieur et extérieur Nelle, 899 $, Mobilia.ca


C’est l’été CÔTÉ COUR

Vaiselle moderne en mélamine, 6,50 $ US – 34 $ US ch., Westelm.com ­|  Table en terrazzo rose par Serax, prix sur demande, Studio6910.com  |  Tapis tressé en jute Kool Banane par Elitis, prix sur demande, Studio6910.com ­|  Caisse de couleur, 10 $, Hay.com  |  Lit de soleil Riviera par Skagerak, 2 734 $, GoodeeWorld.com 172


Parasol compact Escapade d’un week-end par Basil Bangs, 425 $, Simons.ca  |  Assiette à salade en bambou Fragments par Poketo, 11 $ ch., BrefMtl.com | Chaise Shadowy par Tord Boontje, 1830 $ US, Moroso.it | Coupes Rialto en verre, ensemble de deux, 62 $ US, SirMadam.com  |  Serviette de bain Kaksi Raitaa, 63 $, MarimekkoVancouver.com


C’est l’été CÔTÉ JARDIN

Mangeoire à oiseaux par Pidät, 85 $, BrefMtl.com | Pot sur pied fait à la main, 299 $ AU, AngusAndCeleste.com | Bain d’oiseaux, 189 $, CB2.ca | Arrosoir cylindrique noir, 40 $, Simons.ca | Lombricomposteur par Urbalive, 279,95 $, Wormbox.ca | Cache-pot en céramique, 60 $, CollageCrafting.com 174


Jardinière verticale en bois par Gro Products, 290 $ US, Westelm.com | Pot Confetti par Nicholas Karlovasitis & Sarah Gibson, 225 $ AU, DesignByThem.com | Jardinière Bellwood, 140 $, Umbra.com | Jardinière moyenne Umanoff, 239,95 $ US, MenuSpace.com | Banc avec jardinière, 1 099 $ US, IndustryWest.com | Outils de jardinage Orte par Giulio Iacchetti pour InternoItaliano, 246,99 $ US, CasaLivingDesign.com


C’est l’été ON MANGE DEHORS 176

Barbecue Prestige 500 avec brûleurs infrarouges arrière et latéral, 1 599 $, Napoleon.com | Ustensiles à barbecue Grilltider, 19,99 $, Ikea.ca | Ensemble pour four à pizza Emile Henry, 90 $ US, CrateAndBarrel.com | Articles de cuisine gris chambray, 10,95 $ – 29,95 $ US, CrateAndBarrel.com | Grils à granulés de bois Regal 500 Pro par Broil King, 1 899 $, JCPerreault.com


Brasero par Henrik Pedersen pour Gloster, 3 750 $, DWR.com | Glacière Roadie 24, 279,99 $, Yeti.com | Barbecue portatif, 84 $ US, Kikkerland.com| Barbecue Cube par Everdure, 280 $, BbqToGo.ca | Trio de mélanges d’épices Barbecue, 39,85 $, LaPincee.ca | Petit tabouret intérieur extérieur en résine composite, 129 $, UrbanBarn.com


Libérez vos sens


Photo | Marc Sardi

EN BOUT DE LIGNE

AZAMIT YAKISUGI HABITAT 67 MARC SARDI

« L´heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. » | Colette

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Royal Gilbert

Questions de goût AZAMIT

FIGURE DE STYLE

Figure incontournable de la scène d’avant-garde montréalaise, bâtisseuse de marque et idéatrice infatigable, Azamit n’a besoin que d’un prénom – comme les icônes – et s’affaire à mettre en relation les différents acteurs de toutes les disciplines créatives locales en orchestrant des rencontres expérientielles aux formules uniques qui enchantent à tout coup les sens, toujours satisfaisantes et révélatrices. Portée par ses intérêts multiples et sa riche expérience en mode, en commissariat et en événementiel, inspirée par son engagement indéfectible pour la création d’ici, elle a entre autres mis sur pied le très prisé rendez-vous annuel SOUK, le nouvel espace expérientiel SOUK HABITAT et In Toto – une firme de narration visuelle qui célèbre et met en valeur le design contemporain, avec élégance et style.

L’an dernier, le SOUK s’est déroulé en virtuel, en raison de la pandémie de COVID-19 ; quel bilan faites-vous de cette première édition en ligne ?

Depuis le début de la pandémie, le SOUK se réinvente pour apporter son soutien aux créateurs montréalais. Au printemps 2020, nous avons rendu disponible notre base de données afin d’encourager l’achat local, et en fin d’année, le SOUK a pris un virage virtuel pour sa 17e édition qui a duré près d’un mois et demi, plutôt que cinq jours, comme à l’habitude. Cette dernière édition a permis à la clientèle d’entrer directement en contact avec les designers via notre plateforme virtuelle et d’acheter leurs produits grâce au nouveau site transactionnel. Ce fut une belle occasion pour notre équipe de repenser le modèle d’affaire du SOUK et d’accélérer la mise en place des projets que nous envisagions à plus long terme. Ces réajustements nécessaires nous permettront de continuer à faire rayonner le design local autrement, avec un élan renouvelé.

Préparez-vous un retour à une formule plus traditionnelle pour la fin de cette année ?

Absolument ! Nous devrons naturellement voir comment les choses évolueront au cours des prochains mois avant de prendre une décision définitive, mais nous le souhaitons vraiment. Nous sommes prêts à nous ajuster et à adapter la formule aux règles sanitaires qui seront en vigueur.

Propos recueillis  |  Dave Richard

SoukMtl.com  

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  soukmtl


Depuis un an, on semble assister à une prise de conscience populaire de l’importance de consommer local, d’investir dans les entreprises et commerces d’ici. Vous en réjouissez-vous ?

Minimaliste ou maximaliste ?

À la mode ou hors du temps ?

Oui, et quelle belle aventure, ce projet ! Quand j’ai lancé le SOUK en 2003, je rêvais de mettre en valeur le design montréalais dans un contexte d’appartement et sous forme expérientielle. Grâce à un partenariat avec la filiale immobilière Ivanhoé Cambridge, le SOUK a pris racine l’an dernier au 20e étage du 1, Place Ville-Marie, à Montréal, dans un espace de 9 300 pi2 offrant une vue magnifique sur la métropole. Pour l’aménagement, nous avons collaboré avec la firme de design Machine, qui a surpassé nos attentes, malgré tous les enjeux pandémiques et dans un très court délai. À compter de ce printemps, le SOUK HABITAT présentera une programmation en continu, de nouvelles collections et de nouveaux produits au sein de son espace évolutif. Les visiteurs y seront accueillis sur rendez-vous seulement, afin de respecter les mesures de sécurité et de bénéficier du suivi personnalisé de notre équipe. Nous avons très hâte !

C’est certain que je m’en réjouis ! Depuis presque 20 ans, le SOUK promeut le design local en offrant une vitrine aux créateurs qui ont besoin d’une plateforme pour permettre à leur savoir-faire de rayonner. On sentait déjà un certain engouement pour l’achat local depuis quelques années ; la pandémie l’a simplement exacerbé. Elle nous a fait prendre conscience de la richesse du talent d’ici. Les messages des différents paliers de gouvernement et autres accélérateurs de diffusion se sont aussi fondus au nôtre durant les derniers mois, et ça a agi comme un moteur. Cela dit, il ne faut pas confondre design local et économie locale, qui sont pour moi deux sujets totalement différents ! J’espère que le retour à une « nouvelle normalité » ne freinera pas le mouvement qui s’est amorcé. Quoi qu’il en soit, au SOUK, nous continuerons notre travail de sensibilisation en mettant en valeur les designers et leurs produits au sein d’expériences innovantes, d’événements pointus et de contenu de qualité.

Qu’aimez-vous le plus de Montréal ?

Quel quartier vous plaît particulièrement ?

Votre dernier coup de cœur design ?

Vous êtes une femme de projets… Qu’est-ce qui mijote ?

C’est une ville qui tarde à se définir. D’un point de vue créatif, elle bouillonne ; c’est formidable de vivre ce momentum et d’avoir la chance d’y participer !

Le Vieux-Montréal ! C’est un quartier qui définit bien l’esprit de la ville : entre passé et futur, entre l’est et l’ouest, tranquille et actif… Ce quartier, c’est l’harmonie des contradictions ; c’est Montréal exactement comme je l’aime !

L’espace Still Room, à Anvers, créé par Cédric Etienne, le designer et cofondateur du Studio Corkinho. J’ai eu la chance de visiter les lieux dans leur état original et de voir les maquettes et tableaux d’inspiration du futur projet. Les travaux se sont terminés juste avant la pandémie. L’âme de l’espace est aussi authentique et magique qu’avant la transformation, sinon plus ! J’ai très hâte de pouvoir visiter ce « sanctuaire ».

Ah, mais ce ne sera plus une surprise, si je vous en parle… Et moi, j’adore les surprises ! (Rires)

Francis Rudman

Vous avez aussi inauguré en décembre dernier un nouvel espace expérientiel, le SOUK HABITAT. Malgré les nombreux confinements et déconfinements des derniers mois, est-ce que les gens sont au rendez-vous ?

On doit trouver et assumer son style ! J’oscille entre les deux… Je choisis ce que j’achète et suis sélective, donc minimaliste… Mais en ce qui a trait à mon environnement et à mon travail, je dirais plutôt maximaliste ! Ce n’est jamais bon, les extrêmes, de toute façon. (Rires)

J’aime ce qui est personnel. C’est bien d’être dans l’air du temps, mais on ne doit pas en être victime ni suivre les tendances à la lettre. On possède les choses pour soi-même et non pour les autres ; on doit s’entourer d’articles qui nous font du bien et qui nous procurent du plaisir. 181


Matière YAKISUGI

DON DE LA NATURE

Utilisé durant des centaines d’années dans l’ouest du Japon comme revêtement extérieur ou pour la construction de clôtures des maisons traditionnelles, le Yakisugi est un bois de cèdre japonais qu’on a carbonisé légèrement en surface pour augmenter sa durabilité. En fait, le processus traditionnel et authentique de carbonisation de la surface du bois améliore tant ses performances de résistance aux intempéries, au feu, aux insectes, à la décomposition et à la pourriture que ses adeptes le considèrent davantage comme un don de mère Nature qu’une technique de construction inventée par l’homme.

Texte | Dave Richard

Photos |  Japan Yakisugi

Japan-Yakisugi.com  

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Communément appelé « cèdre japonais » ou « Sugi », le Cryptomeria Japonica est un conifère mince, pyramidal, à feuillage toujours vert. Ses branches horizontales sur plusieurs niveaux tombent légèrement aux extrémités. C’est une espèce de résineux largement répandue au Japon, de l’extrémité nord de l’île principale jusqu’à l’île de Yakushima, beaucoup plus au sud. Il peut atteindre une hauteur de 50 mètres et une circonférence de cinq mètres. Son bois de cœur est typiquement d’un brun rougeâtre, de clair à foncé, alors que son bois de sève est plutôt de couleur paille et délimité clairement de son bois de cœur. Les nœuds y sont courants ; son grain est droit, de taille moyenne. Il a une odeur très distincte et intense. Le processus de séchage du Sugi est rapide, et il est généralement facile de le travailler manuellement ou avec des machines-outils. À l’origine, tout le processus de carbonisation du bois Yakisugi était effectué

à la main. Depuis les années 1970, la mécanisation s’est généralisée ; on utilise aujourd’hui des brûleurs à haute température, surtout pour carboniser le bois prévu à des usages extérieurs. Très utilisé en architecture japonaise traditionnelle, puis délaissé en cours d’évolution des styles de logements et des méthodes de construction, le bois brûlé Yakisugi a fait un retour en force ces dernières années. En raison de sa résistance aux intempéries et de son esthétique unique étonnamment moderne, il a su reconquérir le cœur des architectes et designers du Japon, mais aussi de partout ailleurs. Pour en apprendre plus, nous nous sommes entretenus avec Julien Victor Hakoun, vice-président des ventes internationales et du marketing de Japan Yakisugi, qui fabrique au Japon depuis plus de 75 ans ce matériau exceptionnel à partir des cèdres de leurs propres forêts, l’importe et le distribue au Canada.


Que signifie « yakisugi » ?

En japonais, « yaku » signifie « brûler » et « sugi » signifie « cèdre ». Le « Yakisugi » est donc le nom donné à la technique de carbonisation du cèdre japonais. Il s’agit d’une appellation d’origine contrôlée, comme celle du champagne. Pour qu’un bois soit véritablement du bois brûlé Yakisugi, il doit s’agir de cèdre japonais, être fabriqué au Japon et avoir été carbonisé selon la technique traditionnelle japonaise.

Est-ce que le bois Yakisugi convient bien aux températures québécoises ?

La carbonisation du cèdre japonais lui procure une durabilité hors norme, le rendant imputrescible et résistant à tous les climats, même les plus extrêmes. L’île d’Hokkaido au Japon connaît d’ailleurs des variations de température semblables à celles du Québec.

Est-ce que le bois Yakisugi peut prendre feu ?

Comme le bois Yakisugi a déjà été brûlé, il sera le dernier matériau à prendre feu lors d’un incendie. Au Japon, son indice de propagation de la flamme (IPF) est de classe B, ce qui correspond à un indice de classe A en Amérique du Nord, le rendant parfait également pour des projets commerciaux.

À quels usages se prête le bois brûlé Yakisugi ?

Il s’utilise aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, en pose verticale, horizontale, ou même en chevrons. Certains clients s’en servent aussi pour la fabrication de meubles – je pense par exemple à une récente cliente de Miami qui s’est procuré notre Shikkobu de la collection Sai pour en faire une table de salle à manger sur mesure.

Le bois Yakisugi est-il un produit haut de gamme? Est-il cher?

Le savoir-faire ancestral japonais et le produit qui en résulte sont définitivement haut de gamme. Malgré tout, le prix reste accessible à toutes les bourses. D’ailleurs, comme il s’agit d’un matériau extrêmement durable ne nécessitant qu’une couche de maintenance à réaliser tous les 10 ou 15 ans, le rapport longévité-prix est très avantageux.

Le bois Yakisugi est-il facilement accessible ?

Seulement trois scieries japonaises fabriquent le véritable bois brûlé Yakisugi, et l’une d’entre elles n’offre son produit qu’au marché domestique. Par contre, nos bureaux nord-américains le rendent facilement accessible ici. Nous pouvons aussi compter sur des représentants et des distributeurs qui assurent son approvisionnement dans plusieurs pays d’Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans le reste du Canada et aux États-Unis.

Traditionnellement, c’est le cèdre japonais qui sert à faire le bois brûlé Yakisugi. Se sert-on aujourd’hui d’autres essences ?

Il est possible d’appliquer la technique du Yakisugi sur d’autres bois, mais le rendu esthétique et les performances de durabilité varieront selon l’essence et ne seront pas celles du cèdre japonais, même en utilisant une autre variété de cèdre. De plus, la technique traditionnelle du Yakisugi nécessite impérativement les hauts fourneaux japonais; un simple brûleur ne permet pas d’atteindre le même degré d’efficacité 183


Sur la ligne du temps HABITAT 67

Éternel depuis 1967

HABITAT 67

Texte | Léonie Hottote

Photos | Safdie Architects

Architecte

Moshe Safdie

Localisation

Montréal, Qc

Réalisation

De 1965 à 1970

Superficie

238 000 pi2

2 2 160 m2

Nombre d’étages 12 Budget

17 M $

Habitat67.com SafdieArchitects.com

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Perché dans le secteur de Cité-du-Havre, une péninsule artificielle entre le Vieux-Port de Montréal et le fleuve Saint-Laurent, Habitat 67 prend, depuis plus d’un demi-siècle, des airs de monument historique. En plus d’être une icône de la ville, cette prouesse architecturale est reconnue dans le monde entier. Bâtiment hybride, à la fois immeuble résidentiel et petit village utopique, Habitat 67 est l’œuvre de Moshe Safdie, qui l’a conçu alors qu’il était étudiant en architecture à l’Université McGill. Expo 67 a été la première grande exposition universelle en Amérique du Nord. Elle a également été l’événement le plus important des festivités du centième anniversaire du Canada. À cette époque, l’ouverture sur le monde en pleine effervescence a orienté la thématique de l’expo vers « Terre des hommes », un titre faisant référence à l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry. L’objectif de l’exposition était de mettre de l’avant l’humain et son génie créatif dans les domaines de l’architecture, du design industriel, du design graphique, des médias et de la mode. Habitat 67 s’est ainsi retrouvé à partager le site d’exposition avec d’autres bâtiments conçus par les architectes les plus prisés de l’époque. Lors des grandes expositions universelles, il est coutume que les pavillons les plus emblématiques et

témoins des progrès techniques soient conservés. Comme la tour Eiffel de l’exposition de Paris en 1889 ou le Crystal Palace de la toute première exposition de Londres en 1851, Habitat 67 a survécu à la fermeture du site. D’abord loué par le gouvernement fédéral, le projet est devenu une copropriété d’habitation au milieu des années 1980. Durant l’exposition universelle, l’appartement le plus haut offrait une vue sur l’ensemble du site; pour les organisateurs, il s’agissait donc d’un lieu de prédilection pour assurer la sécurité de l’endroit. Après avoir subi certaines modifications au cours des années, à la fin de 2017, cet appartement a été entièrement remis à son état d’origine. Il appartient aujourd’hui à nul autre que son concepteur.


Photo | © Timothy Hursley

Photo © Jerry Spearman


Sur la ligne du temps HABITAT 67

Construit selon les idéologies du projet de thèse de Safdie, Habitat 67 cherchait à devenir une dichotomie pour un projet immobilier à haute densité cumulant les avantages de la maison individuelle privée. Cette réflexion tentait de répondre aux problèmes d’étalement urbain observable depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cohabitant avec les modules, les passerelles, les rues piétonnes, les terrasses suspendues, les espaces aériens et les grandes esplanades extérieurs d’Habitat 67 proposent un hybride entre la vie à la ville et une sensation de celle à la campagne.

était une exploration des méthodes de réduction des coûts de construction. En plus de la structure extérieure bâtie selon le principe de préfabrication, chaque salle de bain était également constituée d’une capsule entièrement construite avant son arrivée sur le site.

La gigantesque sculpture qu’est Habitat 67 a été conçue sur le principe d’un module unique, préfabriqué et répété. Les 354 modules en béton armé fabriqués dans une usine à proximité ont été positionnés de manière à créer 158 appartements en 15 typologies de logement différentes. Chaque unité d’habitation comprend d’un à cinq modules, d’une à quatre chambres et offre une vue sur trois côtés. L’utilisation du module préfabriqué dans le projet

En 2009, Habitat 67 est devenu le premier édifice moderne à être classé dans le répertoire du patrimoine culturel du Québec. Son statut s’appuie autant sur sa valeur historique dans le cadre d’Expo 67 que sur ses prouesses architecturales. Et comme la meilleure façon d’en découvrir davantage sur un tel projet est de l’explorer, la société d’Habitat 67 propose des visites guidées sur place (hors contexte pandémique) d’une durée approximative de 90 minutes.

Ces différentes approches de préfabrication insufflant une nouvelle proposition de la conception de logements haute densité ont permis à Moshe Safdie de rayonner par la suite à l’international.


Photo  |  Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Photo | © Timothy Hursley

Photo | © Sam Tata


Portfolio MARC SARDI

Fleurs salvatrices Après des études en biologie de la faune et en horticulture ornementale, Marc Sardi a travaillé en tant que biologiste de terrain sur des projets liés, entre autres, à la conservation des oiseaux, puis durant plusieurs années à titre de spécialiste en biodiversité urbaine au sein d’organismes à but non lucratif. Parallèlement, il caressait l’idée de démarrer un jour une entreprise horticole, « peut-être à la retraite ». Mais en novembre 2017, souffrant d’ennuis de santé liés au travail, il décidait de « prendre une retraite hâtive », à 42 ans, et de lancer son entreprise de design floral. « Les fleurs m’ont littéralement sauvé la vie. » Les œuvres de Marc Sardi sont doubles, au sens propre : à la fois arrangements floraux somptueux et photographies fascinantes. Chez lui, le fond est la forme, et vice versa. Le sujet est une œuvre en soi. C’est d’ailleurs la photo qui complète l’œuvre première, et non le contraire. Les fleurs, d’abord – et quelles fleurs ! Décadents et généreux, romantiques et mystérieux, truculents et sensibles, les bouquets et compositions du designer font rêver, comme survenus d’un autre temps, mais aussi, ils font regretter l’éphémérité et la fragilité du vivant. Facile de comprendre que lui soit venue l’envie de les archiver pour la postérité. De la beauté pareille, on s’y accroche, il faut que ça dure.

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Qu’est-ce qui vous inspire lorsque vous créez des arrangements floraux ?

Quels sont vos services ?

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer des imprimés de vos bouquets ?

J’ai longtemps observé la nature et les interactions entre les espèces qui y vivent pour reconnaître les motifs, les schémas et les comportements des plantes, et je m’efforce de les reproduire dans mes créations. Aussi bien en photographie qu’en design floral, je cherche constamment à capturer, puis à immortaliser, une lumière, des formes et des couleurs, la relation entre l’objet et le vivant, le plus harmonieusement possible. J’essaie de donner à voir des parcelles de jardins anglais ou de sols forestiers – ou des mélanges des deux ! Bien entendu, mon style est aussi très inspiré par les œuvres de natures mortes des peintres européens des 16e, 17e et 18e siècles.

J’offre un service de design floral sur mesure. Les personnes intéressées à acheter une composition florale – qu’il s’agisse d’un bouquet d’anniversaire, d’un arrangement corporatif ou pour un petit événement – peuvent commander en ligne via mon site web. Comme je n’ai pas pignon sur rue et que je travaille de chez moi, on ne peut pas simplement passer me voir pour choisir des fleurs à la tige : mes clientes et mes clients me font confiance. Les demandes spéciales quant au style, aux couleurs ou aux fleurs à utiliser sont les bienvenues, dans la mesure du possible bien entendu. Les commandes peuvent être livrées dans un petit rayon, ou récupérées sur place sur rendez-vous. Mon offre comprend également des ateliers privés pour quiconque souhaite développer ou perfectionner ses habiletés en design floral.

Ayant longtemps pratiqué la photographie, il m’a paru naturel d’immortaliser mes créations afin de les rendre visibles au plus grand nombre de gens, que ce soit à travers ma page Instagram ou mon site web. Avec le temps, de nombreux clients et proches m’ont suggéré d’imprimer mes photographies et de les rendre accessibles pour la vente, et je me suis dit : « Pourquoi pas ?»  

Des projets ?

Ma plus grande ambition est de poursuivre et de développer la culture urbaine de mes propres fleurs. En 2020, 15 % de toutes les fleurs que j’ai utilisées dans mes designs provenaient de mon jardin sur Le Plateau-Mont-Royal et d’un petit carré que me prête gracieusement mon ami Michel dans sa cour d’Hochelaga-Maisonneuve. En 2021, je souhaite accroître ce pourcentage à 25 %. Je suis d’ailleurs à la recherche de petits espaces urbains à emprunter afin d’aller au-delà de mes objectifs dans les années qui suivront.

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« En 2016, lors d’une visite au Vermont, j’ai rencontré les propriétaires de la ferme Ardelia, Thomas et Bailey, qui cultivent des fleurs absolument magnifiques qu’ils vendent aux marchés fermiers locaux. Leurs spécialités sont les pois de senteur, mais aussi les renoncules et les lisianthus. J’y ai vu des serres et des champs inondés de couleurs et de passion. C’est là que l’étincelle s’est embrasée en moi. J’y suis retourné à plusieurs reprises, j’ai mis les mains dans la terre et sué à planter des pivoines, entre autres. Nous sommes devenus amis et ce sont notamment leurs encouragements qui ont catalysé mon changement de carrière. » — Marc Sardi

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David Burrows

MarcSardi.com   marcsardi.designfloral   marc_sardi

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Répertoire

Bar à lunettes  |  Marie-Sophie Dion BarALunettes.com Bocci Bocci.com BoConcept BoConcept.com

ANNONCEURS

Cime CimeDecor.ca Décor Imprimé DecorImprime.com Demain Dimanche DemainDimanche.com Duran Mashaal DuranMashaalGallery.com Duvernois Duvernois.com | RomeosGin.com Festival International de Jardins FestivalInternationalDeJardins.com Filo Filo.earth Huppé Huppe.net NanaWall Nanawall.com Napoléon Napoleon.com Raumplus Raumplus.com Richporter Lighting RichporterLighting.com Savons Milca SavonsMilca.com Signature Bachand Électroménagers SignatureBachand.com Strøm spa nordique StromSpa.com Studio Minéral StudioMineraldesign.com Tero TeroProducts.com

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Venture VentureCarpets.com

EN AOÛT 2021 nous célébrerons le bien fait main local le retour à la nouvelle routine le passage du temps les derniers jours tendres et les premières fraîcheurs


Quelques lignes

EN NOUS, L’HORIZON L’an dernier, alors que nous préparions le deuxième numéro de Ligne, nous recevions une charmante invitation de l’équipe des Jardins de Métis : une retraite d’écriture de quelques jours dans la Résidence des Stagiaires, l’un des bâtiments adjacents du site officiel, question de nous permettre de visiter celui-ci en privé, de visiter la belle région de La Mitis et d’en profiter pour mettre les touches finales au magazine - en groupe, en pleine quiétude naturelle. Le genre d’invitation qui séduit flatte et fait rêver : nous étions ravis ! C’était quelque part en février 2020. La retraite était prévue en avril. Toujours plongés dans la belle insouciance pré-COVID, nous acceptions avec joie ! Naturellement, en avril, la retraite n’a pas eu lieu. Ou devrais-je dire : la retraite n’a pas eu lieu en avril 2020, puisqu’un an plus tard, en avril dernier, nous emportions notre bulle familiale, notre sac de rechange, glacière, bières et portables et quittions Montréal, direction Bas-Saint-Laurent. Nous ne serions finalement que deux, règles sanitaires obligeaient ; il allait pleuvoir de notre arrivée à notre départ, mais, peu importe, puisque nous l’ignorions et que de toute manière nous partions le coeur soulagé de simplement… partir. D’ordinaire, je n’ai pas la fuite facile. Je suis plutôt casanier ; les voyages me déstabilisent. C’est le but, je sais, mais j’aime l’ordre du quotidien, son efficacité confortable. Je préfère l’effervescence bourdonnante de la ville à la lenteur bucolique de la campagne. D’ordinaire.

Texte | Dave Richard

Photo | Maxime Brouillet

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Puisque force est d’admettre que les derniers mois de confinement, de restrictions, de privation, de feu couvert et d’air recyclé ont éprouvé ma patience et ma résilience - et pas que les miennes. Ce n’est pas nécessairement que l’on s’ennuie, ça ressemble plutôt à de la fatigue. Le coeur a faim, la tête a soif. Nous vivons englués dans un désir collectif de retour à la normale qui empêche trop de choses d’avancer, et ça plombe l’ambiance.

Il était clair que quelques jours d’évasion ne pouvaient que nous faire du bien… La route et ses paysages défilant, la Résidence, simple et confortable, son silence et ses vues cadrées, son éloignement. Nous avons travaillé, écrit, dormi, rêvé, visité, photographié, même chanté - quand on habite en ville, on ne gaspille jamais le temps passé en voiture. Nous avons regardé fondre la dernière neige et poindre les premières fleurs. Nos poumons se sont relâchés au grand vent mouillé d’une promenade sur la berge de Pointe-au-Père. Nous sommes rentrés repus d’air frais, et mieux. Alors que j’écris ces lignes, le gouvernement de la province vient d’annoncer en grande pompe son plan de déconfinement, que nous attendions tous avec (dés)espoir et je ne peux m’empêcher de me rappeler la joie pure qu’a provoqué le tour de clé au démarrage de la voiture louée, alors que nous nous apprêtions à prendre la route vers La Mitis. C’est un peu la même joie, mais prudente, que je ressens maintenant en lisant des mots comme « ouverture des terrasses », « permission de rassemblements privés » et « événements publics extérieurs ». En chacun de nous bourdonne un instinct nomade, une pulsion curieuse qui allume des phares à l’horizon de nos vies. C’est cette pulsion qui nous guide depuis la nuit des hommes. Elle nous a portés sur les mers vers de nouveaux continents. Elle nous a menés sur la Lune, bientôt sur Mars. Elle peut aussi simplement nous donner l’élan qu’il faut pour faire le premier pas. Dieu sait où il nous mènera. On n’apprivoise pas les chats sauvages. Cet été, dépaysons-nous. Repaysageons-nous. Allons voir ailleurs si nous y sommes, puisqu’on se trouve le plus souvent dans l’inconnu, qui nous révèle. Pas besoin d’aller loin ; la découverte commence dès qu’on emprunte un nouveau chemin.…


À Mathieu Jacques Bourgault, Olivier Boisonnault, Lorène Copinet, Isabelle Pronovost, Samuel Gauvreau Des Aulniers, Léonie Hottote, Jean-Pierre Alarie, Véronique Papineau, Roxane Hudon, Andrea Lindsay, Julia Rompré, Vanessa Girard. À Francis Martel Labrecque, William Murray, Sarah Cobb, Thierry Levasseur et sa conjointe, Kévin Sylvain, Étienne Duclos, Jérôme Lapierre, Félix Mercier, Laurent McComber, Olivia Daigneault, Natalie Dionne, Rosemarie Faille-Faubert, Christian Laporte, Bianka Bisaillon, Meaghan Gervais, Clothilde St-Pierre, Marie-Ève B. Sévigny. À Sébastien Lépine, Sébastien Gaudette, Véronique Buist, Andres Duran, Sarah Mashaal, Alexandra Gélinas, Marie-Sophie Dion, Julien Victor Akoun, Delphine Canse Perras, Stéphanie Dubernard, François Lahaie, Olivier Lapierre, Alexander Reford, Azamit, Marie Létourneau, Marc Sardi. À Raphaël Thibodeau, Maxime Brouillet, Colombine Drouin, Renaud Robert, Yves Lacombe, Jassy Bernier, Maude Chauvin, Katya Konioukhova, Fabie Lépine, Virginie Tardif, Chris Mottalini, David Burrows, Royal Gilbert, Francis Rudman, Michael Vhrenwald / Esto. À Milenson Jean-Baptiste, Louise Lacroix, Francine Martel, Alexandre Da Silva, Lise Talbot, Sylvie Paquette. À Line Pomerleau. À tous les architectes, designers, artistes, artisans, invités, photographes et collaborateurs qui ont permis que prenne forme ce nouveau numéro. À tous les annonceurs qui nous ont fait confiance. À tous ceux qui participent, de près ou de loin, au rayonnement de Ligne. À tous ceux qui nous lisent, nous suivent et nous accompagnent.


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MAGAZINE LIGNE | 04 | ÉTÉ 2021  

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