Page 1

GRATUIT  |  FREE

MagazineLigne.ca

AUTOMNE 2021

05

ARCHITECTURE DESIGN ART OBJETS

ENGLISH TEXTS INCLUDED


05

Éditeur  |  Rédacteur en chef Dave Richard Directeur  |  Rédacteur, art et design Mathieu Jacques Bourgault Rédaction Olivier Boissonnault Mathieu Jacques Bourgault Lorène Copinet Isabelle Pronovost Dave Richard Stagiaires à la rédaction Samuel Gauvreau Des Aulniers Léonie Hottote Lili-Ambre Guinet

EN COUVERTURE Résidence Queen Mary par Atelier Barda Photo | Maxime Desbiens

redaction‌@‌magazineligne.ca Direction artistique Dave Richard

Magazine Ligne  |  Éditions de la Diagonale ISSN 2563-0539 (Imprimé) ISSN 2563-0547 (En ligne)

Graphisme Olivier Boissonnault

Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2021 Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada, 2021

COMMENTAIRES Transmettez-nous vos commentaires à propos du contenu du magazine, nous serons ravis de vous lire !

Magazine Ligne  |  Éditions de la Diagonale 2360, ave Letourneux, bureau 107 Montréal (Québec)  H1V 2P2

MagazineLigne.ca info‌@‌magazineligne.ca

publicite‌@‌magazineligne.ca Gestion de médias sociaux Dave Richard

À la mémoire de Line Pomerleau, notre étoile, nos racines. Toute reproduction, adaptation ou traduction est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Ligne décline toute responsabilité concernant les documents qui lui sont soumis par de tierces parties et les considère libres de droits. L’exactitude des informations fournies par les annonceurs ou les collaborateurs au contenu relève de leur responsabilité. Les prix inscrits dans ce magazine le sont à titre indicatif. Nous ne sommes pas responsables des fluctuations éventuelles. Pour des raisons graphiques, tous les prix sont arrondis au dollar inférieur ou supérieur près. L’éditeur se réserve le droit de publier (en partie ou en totalité) ou non tout matériel fourni par les annonceurs, les agences de relations publiques et les collaborateurs au contenu (architectes, designers et artistes inclus). Les manuscrits et documents non publiés ne sont pas rendus.

Heureux de collaborer avec Kollectif.

Traduction Roxane Hudon Andrea Lindsay Publicité Mathieu Jacques Bourgault

514 268-7120 Par courriel à lignedirecte‌@‌magazineligne.ca ou par courrier à l’adresse ci-contre.

Correction + Révision Véronique Papineau

#jelisbleu  #quiestlarchitecte

Comptabilité Louise Lacroix Carl Moquin

‌MagazineLigne


sommaire

7 | ÉDITORIAL Le luxe des nuances, la richesse du temps

DANS NOTRE MIRE 10 | À LIRE Roxanne Arsenault + Caroline Dubuc Danielle Carignan + Célia Laguitton  |  Carolyne Parent 13 | ACTUALITÉS Circum Architecture | Espaces | La Compagnie Robinson Florence Rivest | Parc Jean-Drapeau | Tero | Branch Basics | Heatworks 18 | EXPOSITIONS Pauline Loctin  |  Passages Insolites

22

22 | À VISITER Hôtel Marriott Château Champlain

DESIGN 24 | ATELIER ZÉBULON PERRON Studio Circonflex 30 | FAUVES Bibliothèque de La Pocatière 34 | HAY × VAN SEVEREN

36

36 | TERRACOTTA

ART 40 | JEREMY LE CHATELIER 44 | MONIQUE STE-MARIE 46 | MÉLINA SCHOENBORN

2

40


sommaire

DOSSIER N° 1 ATELIER BARDA Résidence Queen Mary

50 DOSSIER N° 3 CHEVALIER MORALES Résidence de L’Isle

66

58 DOSSIER N° 2 APPAREIL ARCHITECTURE La Sapinière

DOSSIER N° 4

76

LINÉAIRE ÉCOCONSTRUCTION Maison Ultima Éco™


sommaire

DOSSIER N° 5 MICHAEL GODMER DESIGNER Maison-Boutique Coloniale

84 102 DOSSIER N° 7 SOCIÉTÉ DESIGN Résidence Marlington

94 DOSSIER N° 6 4

MXMA ARCHITECTURE & DESIGN Pearl House


sommaire

111 | ARCHITECTES + DESIGNERS

MOBILIER D’ICI 118 | HUPPÉ 120 | HH_À HAUTEUR D’HOMME 122 | DE GASPÉ 124 | KASTELLA 126 | LOEVEN MORCEL + OH MOBILIER 128 | MESURE 130 | ÉDITIONS 8888 132 | À SUIVRE SUR INSTAGRAM

130

EN BOUT DE LIGNE 136 | QUESTIONS DE GOÛT Dumas 140 | SUR LA LIGNE DU TEMPS Chaise Solair 142 | PORTFOLIO Dupont Blouin 152 | ENGLISH TEXTS 160 | QUELQUES LIGNES Élyse Gamache-Belisle

142


éditorial

LE LUXE DES NUANCES, LA RICHESSE DU TEMPS Nous avons de la chance : notre pays, ce n’est pas un pays, c’est un hiver, un printemps, un été… et un automne ! Nous avons chaque année le plaisir – si nous nous y attardons – de voir, de sentir, de ressentir, de goûter et d’entendre les nuances les plus subtiles du changement de saisons. Un luxe que d’autres au sud et au nord, et pas si loin, n’ont pas. C’est l’une des choses que m’a rappelées ma lecture du charmant livre Une maison organisée ? Oui, je le veux ! de l’organisatrice d’espaces Danielle Carignan, dont nous vous parlons en page 12. Je la cite : « Au Québec, nous n’avons pas encore adopté un mot distinctif pour décrire notre art de vivre. En fait, il nous en faudrait peut-être quatre, car nous avons la chance de jouir de quatre saisons, avec des changements spectaculaires dans la nature. Nous vivons donc au rythme de chacune d’elles et c’est chaque fois une célébration. » Justement ! C’est à une célébration de l’automne que nous vous convions à travers ce nouveau numéro. L’automne qui fait briller la nature de tous ses feux, mais baisse le ton général. La lumière change, l’énergie aussi, le vent refroidit ; on retrouve la maison, toujours fidèle. Tu as passé de belles vacances ? Oui ! Toi ? Plus profond que l’été, plus mature, plus humain, plus… intérieur, l’automne nous ramène à la finitude des choses. En même temps, il incarne leur éternel recommencement, puisqu’il nous invite à retrouver un rythme plus régulier pour entamer la deuxième moitié de l’année. Après avoir refait le plein d’énergie, fait la vie buissonnière, on peut reprendre la routine avec un nouvel allant. L’automne transitoire nous parle du temps, nous montre le temps, chaque feuille sur les trottoirs comme un signe, chaque arbre dénudé comme une preuve. Ainsi va la vie, apprends, profite. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de vous présenter plusieurs bâtiments qui ont connu le passage du temps et que des équipes de conception talentueuses ont rafraîchis, ou carrément métamorphosés. Qu’il s’agisse de la somptueuse remise à neuf du studio Circonflex, de la cure de jouvence subie par la bibliothèque de La Pocatière, de l’agrandissement surprenant de la Résidence Queen Mary ou du nid douillet réaménagé au creux des arbres de La Sapinière, tous ces

lieux vibrent autrement ; ils ont une histoire, du vécu, des vertus d’un autre temps qu’on ne peut imiter ni créer. Ce qui n’enlève rien aux autres projets neufs de ce numéro ; spectaculaires et bien conçus, tous comme leurs aînés ils sont tournés vers l’avenir, prêts à se confronter à leur tour à l’éternité. Nous célébrons également cet automne le mobilier d’ici. Le Québec a toujours été une terre fertile, hautement créative, à tous égards. Nos créateurs de mobilier sont nombreux, extrêmement talentueux et c’est un véritable plaisir pour nous de vous en faire découvrir quelques-uns. Nous en sommes déjà à notre cinquième numéro. La bête a grandi, et vite ! Nous avions annoncé trois numéros de Ligne à paraître cette année, mais nous nous en tiendrons finalement à deux. Nous reviendrons sous forme de magazine en mai 2022. Il est important pour notre petite équipe de bien faire les choses, et pour continuer de le faire, nous devons faire un court arrêt au puits et huiler la machine. Nous ne chômerons pas pour autant ! Il sera plus intéressant que jamais de nous suivre sur toutes nos plateformes cet hiver. De nouveaux articles viendront s’ajouter au gré des semaines sur notre site web, des articles totalement exclusifs – comme un magazine, mais en ligne, en pièces détachées. Merci de partager avec nous le voyage, de suivre les pas d’une danse pas toujours évidente et de permettre à Ligne de grandir à son rythme. Profitez des rayons chauds du soleil – jusqu’au dernier ! Faites le plein de couleurs, de baignade, de rendez-vous au parc et de barbecues, puis quand viendra le moment, rentrez chez vous savourer le plaisir de… rentrer, rassasié.e, pour goûter une autre saison de bonheurs simples, au chaud. Merci de nous lire. Quelle chance nous avons de vous retrouver une fois de plus !

Dave Richard | Éditeur daverichard‌@‌magazineligne.ca   |  et toute l’équipe de Ligne

7


"Les plus belles lunettes au monde sont celles dessinées ici pour vous." MSD

Découvrez nos 300 modèles en ligne ou au Bar à lunettes le plus près: Laval, Montréal, Saint-Lambert et Sherbrooke.


« Le remède à l’ennui, c’est la curiosité. La curiosité, elle, est sans remède. »

|  Anonyme Hôtel Marriott Château Champlain par Sid Lee Architecture. Photo  |  Maxime Brouillet.

DANS NOTRE MIRE


Dans notre mire

KITSCH, MON AMOUR

Roxanne Arsenault a réalisé des études supérieures en histoire de l’art sur le patrimoine kitsch québécois ; Caroline Dubuc est actuellement commissaire au design pour la Ville de Montréal et a précédemment réalisé des études spécialisées en conservation de l’environnement bâti ; ensemble, elles ont répertorié les restaurants, bars-salons et autres lieux dépaysants – parfois déboussolants – du Québec, puis fait paraître au printemps dernier le livre Kitsch QC, qui présente leurs plus fascinantes découvertes, véritable hommage à un patrimoine architectural et culturel en voie de disparition.

10

Ces lieux, ce sont les Beaver Club, Chalet suisse, Madrid, Hôtel Motel Coconut Bar, Grec de Baie-Jolie, Ali-Baba, Bill Wong, Beni Hana, Capitaine Homard, Orange Julep et autres Cheval à Méo. Fondés principalement entre les années 1950 et 1980 par des entrepreneurs d’origines diverses, ces commerces permettaient à leur clientèle de s’évader de son quotidien le temps d’un repas, d’une soirée.

« Notre utilisation du mot “kitsch” est loin d’être péjorative, ou liée à nos goûts. Le goût est subjectif. Pour nous, il est plus intéressant d’observer le kitsch selon une série de caractéristiques formelles comme l’imitation, l’exubérance, l’expérience immersive et sensorielle par l’accumulation jusqu’à la saturation de textures, de matériaux et de couleurs. »

« Pratiquement tous les Québécois qui ont vécu durant ces décennies ont déjà visité l’un ou l’autre de ces établissements », expliquent les autrices. Roxanne, c’est le Waikiki de Saint-Jean­-surRichelieu qui l’a charmée, à 10 ans, et Caroline était encore bien petite lorsqu’on a croqué son portrait devant la baleine géante du Jardin des Merveilles.

En effet, les propriétaires de ces lieux immersifs n’avaient pas peur de la surenchère : décor thématique, nom évocateur, menu exotique, enseigne illustrée, costumes et nationalité du personnel, cartons d’allumettes, bâtons mélangeurs et autres objets promotionnels… Il fallait dépayser à tout prix, marquer les esprits. Alors que certains devaient


faire avec les moyens du bord et une bonne dose d’ingéniosité, d’autres allaient jusqu’à importer des œuvres d’art, des matériaux, des objets iconiques du coin du monde qu’ils souhaitaient recréer. « On considère souvent ces lieux comme des commerces “quétaines” ou de mauvais goût, parfois même problématiques, surtout parce qu’on les regarde avec nos yeux d’aujourd’hui. Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’au fil du temps, notre perception de ces lieux a évolué et continue d’évoluer. Le concept d’appropriation culturelle, par exemple, n’avait pas la même résonnance qu’aujourd’hui en 1960 ou en 1980. C’est vrai que les représentations de certaines cultures au sein de ces établissements ont alimenté les clichés, mais ces établissements ont aussi agi comme une sorte de « passage obligé » alors que le Québec s’ouvrait sur le monde, qu’il avait soif de découverte et de divertissement. Ces lieux ont permis une rencontre, une familiarisation et une appréciation de l’autre. » Aujourd’hui, ces lieux disparaissent rapidement. « Le concept d’exotisme lui-même a changé. Des guerres, des crises et des catastrophes sont survenues, entraînant désillusionnement et perte d’innocence.

Le tourisme s’est démocratisé ; les médias et l’internet nous ont montré le monde et ont changé nos perspectives. En restauration, les modes culinaires se sont succédé et une grande standardisation commerciale s’est opéré… Nous ne comptons plus les fermetures annoncées depuis le début de la rédaction de ce livre. » Abondamment illustré, Kitsch QC catalogue plus de 250 lieux qui ont fait les beaux jours d’un Québec avide d’ouverture sur le monde et retrace la riche histoire d’une tradition nord-américaine unique en son genre. De l’émergence du kitsch jusqu’à son déclin, sans oublier la présentation des commerces de style rustique et maritime, tiki ou encore mimétique, les autrices témoignent de la richesse de ces lieux qui ne laissent personne indifférent, allant du simple amusement au dédain, en passant par l’étonnement ou l’amour-culte ! C’est un livre qui s’adresse tant aux passionnés d’histoire, de patrimoine et de design qu’à ceux et celles qui ont déjà visité l’un de ces endroits singuliers et qui en gardent un vif souvenir. Par-delà le plaisir nostalgique de se remémorer des lieux qu’on a visités, dont on a entendu parler ou qui nous sont chers, la lecture de Kitsch QC leur donne une toute nouvelle dimension, plus profonde, plus sociale, plus humaine.

« Nous souhaitions présenter ces lieux avec amour et passion, avec un respect profond pour leurs propriétaires, dans le but de mieux les faire connaître, mais aussi dans l’espoir de favoriser une réflexion quant à leur place indéniable dans le patrimoine du Québec. Nous souhaitions, bien humblement, redonner leurs lettres de noblesse à ces lieux longtemps discrédités, sous-estimés ; parce qu’en creusant un peu, on découvre vite le contexte qui a mené à leur création et les gens qui les ont créés. On découvre des récits fascinants d’immigrants et d’entrepreneurs créatifs et excentriques qui ont su tirer leur épingle du jeu. L’émergence et la popularité de ces lieux sont l’expression d’une époque précise de notre histoire ; un devoir de mémoire s’imposait parce que ces lieux nous parlent de nous. Ils font partie de nous. » Y aura-t-il une suite ? « Un deuxième livre n’est pas prévu… Mais disons qu’il y a encore pas mal de terrain à couvrir ! » (Rires) Kitsch QC, Roxanne Arsenault + Caroline Dubuc, 300 pages, Éditions Fides, 39,95 $ PatrimoineKitsch.com  patrimoinekitsch 

 patrimoine_kitsch

11


LES JOIES DE L’ORGANISATION Bien peu sont ceux qui peuvent se vanter de vivre au sein d’un espace minimaliste, organisé et zen, surtout au sortir d’une année de branle-bas pandémique ! Si vous faites partie des quelques exceptions, tant mieux ; sinon, la sympathique organisatrice d’espaces Danielle Carignan est là pour vous et vient d’écrire ce petit guide dynamique, chaleureux et sensible pour aider quiconque souhaite mettre enfin un peu d’organisation autour de lui – et apprendre à ne plus semer le chaos. Proposant des mises en situation concrètes, joliment illustrées par Ana Roy, ce livre est une mine d’or d’informations et une source de motivation efficace pour s’atteler une bonne fois pour toutes à la tâche ardue de son premier grand désencombrement. On y apprend à faire le tri, à instaurer des systèmes de classement logiques pour soi, à compartimenter, à mieux consommer. On y apprend aussi comment disposer écologiquement de plusieurs catégories d’objets et comment mieux gérer les émotions diverses,

tout à fait humaines, qui risquent de survenir au cours du processus. Parce qu’apprendre à se séparer de ce qui encombre sa maison ne se fait pas toujours sans heurts… Les objets envahissent nos vies pour une raison, le désordre aussi. L’auteure nous apprend donc finalement à respecter notre rythme, à élaguer sans se brusquer et réussit à nous convaincre que l’organisation est un cadeau qu’on se fait à soi-même, qu’elle élimine les irritants, nous permet de faire de la place – au propre comme au figuré – pour tout ce qui (ad) viendra, pour aller de l’avant d’un pas plus léger et faire de meilleurs choix à l’avenir. Quelle joie ! Une maison organisée ? Oui, je le veux !, Danielle Carignan + Célia Laguitton, préface d’Isabelle Boulay, 200 pages, KO Éditions, 26,95 $ DanielleCarignan.ca  daniellecarignan.ca 

 _carignan_

RÉINVENTER LE VOYAGE La pandémie a grandement affecté l’industrie du tourisme, ces deux dernières années. Les adeptes de voyage ont dû faire preuve de beaucoup de patience et repousser à plus tard leurs envies d’évasion. Plusieurs ont très hâte de pouvoir à nouveau sauter dans un avion pour repartir à l’aventure, mais avant, pourquoi ne pas réfléchir à des façons de voyager mieux ? Pourquoi ne pas donner plus de sens à nos prochaines vacances ? Alors que le déconfinement s’amorçait au printemps, la journaliste de tourisme Carolyne Parent faisait paraître son premier livre, Un monde à voir : 100 aventures à vivre au temps nouveau du voyage, dans lequel elle propose 100 destinations coup de cœur, se trouvant dans 55 pays et territoires, de la Terre de Baffin à la Terre de Feu. À la fois singulières, signifiantes et authentiques, ces destinations ont marqué son périple professionnel, qui se poursuit depuis maintenant 25 ans. En effet, depuis 1996, cette passionnée parcourt le monde pour mieux le raconter aux lecteurs

de plusieurs médias, notamment le quotidien Le Devoir et les magazines Elle Québec et Véro. Les propositions de l’autrice s’accompagnent de précieuses recommandations afin de pratiquer un tourisme plus conscient des enjeux sociaux et environnementaux actuels. Ce livre est d’ailleurs loin du carnet d’adresses de lieux en vogue et d’attraits touristiques populaires. Il constitue plutôt une invitation à voyager autrement. Il propose des rencontres avec l’habitant, des rendez-vous gourmands, des tête-à-tête animaliers et une foule d’autres escales uniques. Les textes sympathiques de l’autrice – et ses superbes photos – risquent de vous donner envie de ressortir enfin vos valises du placard ! Un monde à voir – 100 aventures à vivre au temps nouveau du voyage, Carolyne Parent, 352 pages, KO Éditions, 29,95 $   carolyneparent 

 ofmealsandmen


MÉTAMORPHOSE La firme d’architecture, de scénographie et d’expertise technique Bisson associés se métamorphose, dévoilant une nouvelle identité, un nouveau site web et un nouveau nom : Circum architecture. Développée par Paquebot Design, cette refonte d’image complète témoigne plus que jamais de l’intérêt marqué pour la multidisciplinarité et des valeurs de l’entreprise accumulant plus de 40 années de service et des dizaines de réalisations d’envergure, soit l’expérience humaine, la diversité et les collaborations transversales. Mot latin signifiant « autour de », circum évoque la force de la circularité. La firme Circum architecture rassemble des architectes, designers, scénographes, muséographes, spécialistes du patrimoine et experts techniques unis pas un engagement commun et une passion de concevoir et de construire des lieux inspirants qui marqueront les esprits, raconteront des histoires et façonneront celles à venir. Circum.archi 

 circumarchitecture

BELLES VISITES Ouvrez large vos yeux, passionnés d’espace et d’architecture, attachez vos cœurs bien serrés, ça risque de donner un grand coup ! La nouvelle série documentaire en huit épisodes Espaces, animée par Sarah-Jeanne Labrosse, est bouleversante de beauté. Le fil conducteur de la série : notre territoire, décliné en huit volets, un par épisode. Le fleuve, la campagne, la forêt, la ville… L’équipe documentaire voyage au quatres coins la province, invitée à découvrir des projets résidentiels exceptionnels, luxueux ou modestes, avec pour mission de démocratiser l’architecture. En donnant la parole aux propriétaires et architectes de chaque habitation, la série nous aide à mieux comprendre les choix et réflexions à l’origine de leur conception, leur intégration aux différents sites et l’impact qu’elles ont sur le quotidien de leurs usagers. À la fois fascinantes, chaleureuses et pertinentes, ces généreuses « visites libres » nous en mettent plein la vue, nous informent et nous font rêver. On en sort encore plus amoureux du Québec, de ses beautés, de ses créateurs ingénieux, encore plus fier d’y vivre. Espaces, sur la plateforme Vrai de Vidéotron. Videotron.com/divertissement/vrai 

 vrai.ca

13


Dans notre mire

ART BUISSONNIER

Florence Rivest

La pratique artistique de l’illustratrice Florence Rivest est intimement liée au plein air. Dans chacune de ses œuvres, la nature est omniprésente et toujours colorée. Originaire de Montmagny, c’est son arrivée à Montréal au début de la vingtaine qui lui fait prendre conscience du contact privilégié qu’elle entretenait tout au long de son enfance avec la nature. C’est également au cours d’un été particulier, durant ses études en design graphique, qu’elle reconnecte avec ses pinceaux et ses crayons et développe son univers visuel, mettant au premier plan la nature sous toutes ses formes. Maintenant bien établie comme artiste et ambassadrice pour la marque Arc’teryx, Florence a donné forme en janvier 2021 à un projet qu’elle chérit depuis quelques années : offrir des ateliers d’art en nature. Cette nouvelle aventure, joliment nommée Erre, a par contre débuté à la maison, sous la forme d’un cours d’art d’environ 30 minutes diffusé via un live Instagram tous les mardis soirs. Chaque cours abordait un sujet comme les plantes d’intérieur, les lacs et les rivières, les montagnes, les conifères, les roches ainsi que l’utilisation des couleurs. Depuis le printemps, Florence offre des ateliers de dessin plein-art pour tous les niveaux. Alors que certaines activités proposées ne durent que quelques heures, d’autres s’étendent sur plusieurs jours. C’est en effet au Parc régional du Poisson Blanc qu’a eu lieu la première expérience Erre d’art et canot camping – expérience qui s’est vue renouvelée par la suite. Vous n’êtes pas du type canot-camping ? Tenez-vous au courant des différentes activités qui seront offertes prochainement sur le site web de Erre ou sur Instagram ; il y en aura assurément une qui vous conviendra. Profitez-en pour vous abonner au profil du projet et zieuter les superbes photos des anciens cours. Il y a fort à parier qu’elles vous donneront envie de tenter l’expérience ! Ensuite, il ne vous restera plus qu’à trouver un carnet de croquis et deux crayons différents, le nécessaire pour participer. Erre.land 

 erre.land

POUR LE MEILLEUR ET POUR LE CUIR Attiré depuis toujours par les travaux manuels et la création, inspiré par le souvenir de son grand-père maternel, Marius Robinson, avec qui il avait « patenté » durant son enfance, Patrice Didier décidait en 2016 de troquer Montréal pour les Cantons-de-l’Est, question de se rapprocher de la nature et de développer, avec sa conjointe, un projet qui leur permettrait de gagner leur vie de façon autonome en région. Souhaitant créer des objets durables respectueux de l’environnement, le couple s’est tourné vers le cuir, avec l’idée de le travailler à l’ancienne, à la main : la Compagnie Robinson venait de naître. Pour que ses portefeuilles, ceintures, porte-clés et autres créations puissent être légués en héritage de génération en génération, Patrice Didier développe des accessoires au design simple, intemporels, unisexes et d’une qualité exceptionnelle, allant même jusqu’à les garantir à vie. Il n’utilise que du cuir provenant d’une tannerie américaine réputée pour son tannage végétal qui respecte l’environnement, puisqu’il est biodégradable et ne requiert aucun produit chimique. Le plus beau : ce cuir s’assouplit et développe une patine unique avec le temps. Il utilise aussi du coton ciré de Fairfield, au New Hampshire, l’un des derniers moulin des États-Unis à produire ce tissu. Cet automne, Robinson lancera une première collection d’objets pour le quotidien ; la compagnie a aussi collaboré au projet de grande envergure Beside Habitat, pour lequel il a produit un banc de bois et de cuir. Faites-vous plaisir en découvrant la gamme de produits Robinson sur son site web et dans certains points de vente à travers le Québec; vos enfants pourraient bien vous en remercier un jour. LaCompagnieRobinson.com 

 lacompagnierobinson


RENDEZ-VOUS AU PARC À Montréal, s’il y a une chose que l’on apprécie aussi bien en été qu’en hiver, c’est de profiter des nombreux parcs de la ville. Bien consciente de cet engouement, la Société du parc Jean-Drapeau, en partenariat avec les équipes NIPpaysage et Réal Paul Architecte, a récemment dévoilé un plan de conservation, d’aménagement et de développement pour l’avenir de son parc insulaire emblématique. Le plan, élaboré sur près de 10 ans, présente une version du parc transformé en véritable carte postale et offre diverses expériences nature selon les saisons, invitant les visiteurs d’ici et d’ailleurs, à découvrir ce projet

urbain, contemporain et durable. Il s’agirait d’ailleurs de l’un des plus gros investissements en aménagement urbain des dernières années, ce qui permettrait à la métropole québécoise de positionner comme l’une des plus vertes du monde. Parmi les améliorations prévues, on note l’aménagement d’une promenade riveraine s’étalant sur 15 kilomètres offrant de nombreux points de vue sur Montréal, la création d’une identité nocturne et d’éclairages pour apprécier le parc même en soirée, ainsi que la restauration des accès à l’eau encourageant la pratique des sports nautiques. Tout le concept de réaménagement a

été élaboré dans le respect du patrimoine, en tenant compte des besoins et des enjeux actuels et grâce à la créativité des propositions soumises mettant à profit les meilleures pratiques contemporaines en architecture de paysage. S’il allait de l’avant, ce projet innovant permettrait au parc Jean-Drapeau d’être plus accessible, plus inclusif, plus vert et de diversifier son offre, pour le plus grand bonheur de tous ses usagers. ParcJeanDrapeau.com 

  parcjeandrapeau

15


Dans notre mire RETOUR À LA TERRE Malheureusement, le compostage n’est pas encore l’affaire de tous… Certains croient la chose compliquée, salissante ou encombrante. D’autres craignent les odeurs, les bestioles ou la venue d’animaux sauvages. Bien que plusieurs villes du Québec offrent des collectes à leurs citoyens, surtout dans les grands centres, des municipalités plus éloignées tardent à emboîter le pas. Pourtant, 26 millions de tonnes de déchets organiques sont envoyées dans les sites d’enfouissement chaque année au Canada. Là-bas, ils sont enfouis, et sans oxygène, ces déchets dégagent du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus toxique que le CO2. Se sentant impuissantes face au manque de solutions en matière de compostage dans leur région, Elizabeth Coulombe et Valérie Laliberté ont choisi de consacrer leur projet de fin d’études au baccalauréat en design de produits à la création d’un appareil domestique de gestion des matières organiques résiduelles. « Nous avons été surprises de constater à quel point la gestion des matières compostables était complexe, mais que les citoyens souhaitaient réellement faire leur part pour l’environnement. Malgré un intérêt pour le compostage, ils sont freinés par plusieurs obstacles, craintes et irritants. Nous avons donc décidé de créer Tero pour répondre efficacement à leurs besoins », expliquent les fondatrices.

16

En octobre 2019, après plusieurs années de recherche et de développement, une campagne de sociofinancement était lancée sur la plateforme Kickstarter, permettant aux gens de précommander un appareil. Un mois plus tard, plus de 1 750 000 $ étaient déjà amassés, confirmant du même coup le besoin criant d’un appareil de gestion de déchets alimentaires dans le quotidien de la population. En quelques heures seulement, Tero transforme jusqu’à 95 % des résidus alimentaires en un fertilisant naturel riche en nutriments prêt à l’emploi. Il peut même recycler et valoriser certains aliments qui ne vont pas dans le bac de compost traditionnel, comme les produits animaliers et laitiers, puisque sa technologie unique de séchage émet une chaleur assez élevée pour y détruire tous les pathogènes nuisibles à l’humain. Son cycle de trois à huit heures est sans odeur, peu bruyant, et permet de réduire le volume des déchets de table de 90 %. Il consomme environ 600 watts par cycle, est automatique et s’arrête lorsque les matières sont sèches et prêtes à être utilisées. La durée de chaque cycle dépend de la quantité d’eau contenue dans les aliments à transformer. Tero est le seul produit au monde qui soit aussi performant et rapide, et il est entièrement conçu et fabriqué par une équipe canadienne. Grâce à sa forme allongée, à son design ergonomique, à ses dimensions compactes et à ses deux

teintes sobres, l’appareil Tero s’agence bien dans tous les types de cuisines. On peut donc le garder à portée de main sur le comptoir pour y déposer ses restes de table et ses déchets de cuisine. Vous préféreriez le dissimuler ? Pas de problème, puisqu’il n’a pas à être branché en tout temps. « Avec Tero, nous espérons créer un impact social et environnemental positif à l’échelle mondiale en inspirant un changement des habitudes quotidiennes de gestion des déchets alimentaires. Nous souhaitons proposer les meilleures solutions de valorisation des déchets organiques afin d’inspirer le plus de gens possible à poser des gestes concrets pour réduire leur empreinte écologique. » Le développement et la fabrication d’un appareil innovant amènent nécessairement leur lot de défis d’ingénierie et demandent beaucoup de temps. Les premiers appareils Tero seront finalement livrés dès la fin de l’été 2021 et se retrouveront ensuite sur les tablettes de certains magasins. Vous pouvez commander le vôtre dès maintenant sur le site web de l’entreprise. C’est notre belle Terre qui vous remerciera. Offert en noir ou en blanc, à partir de 595 $, livraison incluse. TeroProducts.com 

 teroproducts


PUR BONHEUR Marilee Nelson est experte en toxines environnementales, nutritionniste et biologiste. C’est avec sa nièce et la meilleure amie de cette dernière qu’elle a fondé Branch Basics. Les trois femmes le disent d’emblée : elles n’avaient jamais entrepris de vendre du savon. À l’origine, elles avaient plutôt comme mission d’aider les gens à vivre dans des maisons plus saines en leur faisant découvrir le pouvoir de l’air pur – au sens le plus littéral de l’expression. C’est en voulant promouvoir l’élimination des produits de nettoyage toxiques qu’elles en sont venues à concevoir un concentré doux, sûr et efficace qui saurait vraiment éliminer la saleté, la graisse et la crasse, tout en remplaçant des dizaines de nettoyants populaires. Nous l’avons nous-mêmes testé, et ce produit est une merveille ! Le principe est simple : on choisit l’une des bouteilles – Tout usage, Salle de bain, Anti-Traces – et on la remplit d’eau jusqu’à la ligne sur l’étiquette ; on ajoute le concentré jusqu’à la ligne « savon », on secoue un peu et on se met au nettoyage ! Les bouteilles sont rechargeables et recyclables, donc meilleures pour l’environnement et pour le portefeuille ! Si on souhaite augmenter la puissance du concentré et venir à bout de taches plus tenaces, on peut le jumeler au Boost Oxygène, une poudre 100 % naturelle. Le tout est sans parfum, sans agents de conservation, sans OGM, non testé sur les animaux et biodégradable. Retirer les produits de nettoyage toxiques de sa maison est l’un des gestes les plus faciles à faire pour améliorer sa santé. Un grand ménage avant les mois de cocooning qui approchent, ça vous dit ? BranchBasics.com 

 branchbasics

TRAVAILLEUR AUTONOME Le lave-vaisselle de comptoir Tetra pourrait bien faire le bonheur de plusieurs qui n’ont pas l’espace ou les installations nécessaires pour jouir d’un appareil conventionnel. Certains journaux américains ont qualifié le Tetra de « révolution pour la cuisine », mais y a-t-il de quoi en faire un tel plat ? En fait, ce que le Tetra a de révolutionnaire, c’est qu’il est le seul lave-vaisselle entièrement autonome au monde (brevet en instance). Aucun tuyau de remplissage ou de vidange ne lui est nécessaire. Il suffit de soulever son couvercle, d’y verser trois litres d’eau, de charger l’appareil, se sélectionner un cycle et de l’allumer. Une fois le lavage terminé, on retire le réservoir d’eaux grises et on le vide. Un jeu d’enfant ! Puisqu’il est autonome et peut être branché dans une prise électrique, on peut utiliser le Tetra n’importe où – même en camping. De plus, l’appareil nettoie 50 % de vaisselle en plus, en moins de temps et en utilisant 40 % moins d’eau que les lave-vaisselles conventionnels les plus populaires. L’utilisation de Tetra pour faire la vaisselle d’un seul repas par jour, plutôt qu’à la main, permet d’économiser 15 000 litres d’eau en un an. Ses cartouches de produits de nettoyage concentrés permettent quant à elles l’élimination des contenants de détergents en plastique. Déjà primé et très attendu, le Tetra est en vente en précommande aux États-Unis, où il a déjà été certifié ; d’autres demandes sont en cours à l’international, entre autres au Canada. MyHeatworks.com 

 myheatworks

17


Dans notre mire

CORAUX, PAPIER, CISEAUX Dans le cadre de son initiative « Une vitrine sur l’art », le Centre Eaton de Montréal a invité l’artiste sculptrice de papier Pauline Loctin à dévoiler son installation en trois dimensions Coral dans sa vitrine, au niveau de la rue Sainte-Catherine. L’œuvre y logera jusqu’au 28 octobre 2021. Ode à la vie marine, Coral invite à se questionner sur la vulnérabilité de l’environnement ainsi que sur la limite des ressources naturelles et des formes de vie. Grâce à ses pliages complexes et à ses couleurs percutantes, Coral rappelle la valeur unique de la biodiversité des barrières de corail qui protègent la faune océanique tout autour de la planète. Aussi connue sous le nom de Miss Cloudy, Pauline Loctin est une sculptrice de papier française, résidant à Montréal depuis plus de 10 ans. Son étude accrue des papiers et de leur potentiel, ainsi que sa façon de jouer avec les couleurs lui permettent de rejoindre un large public. C’est en pliant, peignant, collant et froissant le papier que l’artiste crée des espaces d’échange humain, où des messages importants, comme le souci environnemental, sont véhiculés. Dans ce contexte, elle se réjouit de présenter sa première installation d’art public, après avoir collaboré avec de nombreux musées, galeries d’art et autres marques. CentreEatonDeMontreal.com  centreeatonmtl 

 centreeaton 

Photos | Bruno Destombes

 paulineloctinart 

 paulineloctin


SUIVEZ LA LIGNE EXMURO arts publics, un organisme à but non lucratif qui a pour mandat de concevoir, réaliser et diffuser des projets artistiques dans l’espace public, se joint pour une huitième fois à la Ville de Québec pour convier citoyens et touristes à ses Passages insolites, qui se déroulent depuis la fin du mois de juin jusqu’au 11 octobre 2021. À partir du Petit Champlain, jusqu’à Saint-Sauveur, en passant par le Vieux-Port, la Place-Royale et Saint-Roch, les visiteurs sont invités à suivre une ligne pointillée jaune s’allongeant sur plus de 5 kilomètres leur permettant de découvrir une vingtaine de propositions artistiques, à la fois surprenantes, intrigantes, inattendues et poétiques investissant la ville avec ingéniosité, humour et audace. Trente artistes, dans une distribution paritaire, participent à cette nouvelle édition. Sources d’enchantement et d’étonnement,

les œuvres permettent de poser un regard neuf sur des lieux emblématiques de Québec, comme le parvis de l’hôtel du Parlement, le Grand Théâtre ou la Citadelle. Pour la première fois cette année, à l’instar des œuvres du parcours, des artistes en chair et en os se mettent de la partie : comédiens, musiciens, danseurs, artistes de cirque décuplent l’expérience et repoussent les frontières entre réel et imaginaire. Pour la première fois également, un catalogue de l’exposition est disponible, objet parfait pour faire entrer l’art chez soi, en apprendre plus sur l’histoire, les œuvres et les artistes participants… et patienter jusqu’au prochain parcours ! PassagesInsolites.com  

 lespassagesinsolites

Photos | Stéphane Bourgeois


Dans notre mire

VIE DE CHÂTEAU 2.0

Conçu à l’origine par les architectes québécois Roger D’Astous et Jean-Paul Pothier en marge de l’Exposition universelle de 1967, le Château Champlain se démarque par sa structure emblématique et les prouesses techniques qui ont permis sa construction. Surplombant la ville de ses 38 étages répartis sur 128 mètres de hauteur, l’hôtel était jadis le plus haut du Canada. À la suite de l’acquisition de l’édifice par le groupe Tidan en 2018, un projet de réfection effectué par Sid Lee Architecture a été enclenché. Il s’agissait alors du premier projet de rénovation majeure de l’immeuble depuis sa construction. Partie prenante du patrimoine architectural québécois et repère visuel d’exception au cœur de la métropole, le Château Champlain jouit maintenant d’un design actualisé valorisant les paysages urbains majestueux qu’offrent ses différents points de vue. Grâce à une signature réimaginée, à la fois élégante et intemporelle, le nouveau Château Champlain réitère sa position parmi les hôtels les plus éminents du Canada et intègre harmonieusement l’esprit de la marque Marriott. La proposition de Sid Lee est originale : mettre de l’avant la beauté des paysages qu’offrent les « balcons » intérieurs de l’hôtel sous leur facette hivernale, opposant le froid à la chaleur hospitalière d’une institution hôtelière. Ce contraste se matérialise dans l’espace par l’entremise de

20

formes organiques, de couleurs désaturées et de finis réfléchissants, ainsi que par l’utilisation de matériaux naturels tels que le bois et la pierre. De nombreux clins d’œil au fleuve Saint-Laurent ainsi qu’aux jardins avoisinants se mêlent également à la facture visuelle, prolongeant leur empreinte au sein de l’édifice. Dès l’entrée, de la porcelaine et de la pierre blanche aux allures de surfaces gelées ont été soigneusement choisies pour recouvrir les arches et le sol. Sur les luminaires et le mobilier intégré, des accents dorés ponctuent l’espace d’une touche chaleureuse, évoquant les réflexions de lumière sur la neige. Malgré cette approche conceptuelle, le Château Champlain demeure un lieu réconfortant, harmonieux et propice à l’observation de la ville toutes saisons. Dans les 614 chambres, le design a été repensé, donnant à chaque fenêtre toute son importance, et mariant formes douces et couleurs complémentaires. Les tapis, revêtements muraux et pièces de mobilier intégré habillent les pièces et procurent calme et confort. MASSIVart a collaboré avec Sid Lee Architecture afin d’intégrer 59 œuvres d’art dans les divers espaces de l’hôtel, de quoi méditer au passage, entre deux promenades en ville. Marriott.com 

 marriottchateauchamplain

Photos | Maxime Brouillet


Tannées de votre bazar ? Tannées de manquer d’espace ? Mais vous ne savez pas par où commencer ? Voici le livre qu’il vous faut pour passer de l’encombrement à l’art de vivre avec l’essentiel ! PARTOUT EN LIBRAIRIE OU À KO-EDITIONS.CA


HAY × Muller Van Severen, vase Arcs. Photo | HAY.

DESIGN « Mon but est d’atteindre deux choses : la simplicité et la clarté. Les bons designs naissent de ces deux éléments. » |  Lindon Leader, designer

23


Localisation

Montréal, Qc

Type de projet Rénovation

24

Réalisation

2019

Conception

16 mois

Travaux

6 mois

Superficie

4 200 pi2

390 m2

Budget

$$

STUDIO CIRCONFLEX Paul-Étienne Côté et Dominic Cabana sont propriétaires du Studio Circonflex qui se spécialise dans l’enregistrement, le mixage et la postproduction sonores pour la publicité. À la suite de l’ouverture d’un premier studio à Paris, le duo a fait appel en 2019 à l’Atelier Zébulon Perron afin de rénover l’intérieur de son nouveau studio montréalais, confortablement installé au cœur du Mile-End – épicentre créatif de la métropole. Le mot d’ordre : unir professionnalisme et convivialité au sein d’un espace à la fine pointe de la technologie.


ATELIER ZÉBULON PERRON

STUDIO CIRCONFLEX

Texte | Samuel Gauvreau Des Aulniers

Photos  |  Olivier Blouin + David Boyer + Justine Rahilly

Design au diapason

Studio Circonflex 5002, boulevard Saint-Laurent Montréal (Québec)  H2T 1R7 514 228-1658 Circonflex.com  

  circonflexprod

25


Les heures passées en studio sont souvent longues ; chez Circonflex, l’objectif était de faire en sorte que ces rencontres créatives soient aussi agréables que productives. Dans cet esprit, les propriétaires se sont tournés vers Zébulon Perron et son équipe, qui savent concevoir des espaces invitants, chaleureux, originaux et plaisants, et dont les projets de design dans le milieu de la restauration se sont maintes fois démarqués au fil des ans. Pour eux, le projet de Circonflex représentait un joli défi, où l’importance de l’acoustique s’imposait comme un paramètre prépondérant, autant que le désir de créer un lieu convivial et beau.

26

Le rez-de-chaussée se divisant en un espace salon et une cuisine est surplombé par une mezzanine suspendue qui propose un deuxième espace lounge, un peu plus intime, mais généreusement éclairé grâce à un large mur fenêtré qui s’étend à l’avant comme à l’arrière de l’édifice. Cette belle luminosité se projette sur la majestueuse bibliothèque pleine hauteur de deux étages construite avec des cubes de noyer qui trône au cœur de l’espace. Agissant comme axe central du projet, cette pièce commune chaleureuse sert parfois d’espace de repos, d’autres fois d’espace de travail où poursuivre la réflexion créative. Elle constitue aussi

l’endroit idéal où tenir des cinq à sept, qui donnent par moments lieu à de petits concerts improvisés. La convivialité est également au rendez-vous dans chacun des quatre studios d’enregistrement de classe internationale. Afin de bonifier la communication entre la régie et la cabine d’enregistrement, l’Atelier Zébulon Perron a installé, entre les deux espaces, de hautes vitres positionnées de biais, de manière à briser la réverbération. Les studios permettent aussi de mettre en valeur une formidable collection de meubles restaurés, acquis avec l’immeuble, comprenant entre


autres des créations Artopex originales et un canapé de Christian Dior. Parfaitement agencés aux palettes de couleurs, aux textures et aux matériaux, les meubles ont permis au terrazzo, au chêne blanc, au marbre Fantastico et au noyer noir de créer un décor homogène et harmonieux. L’aménagement esthétique des studios est complété par de belles références – velours et accents de bois clair – au design suédois des années 1970. Si la recherche de confort a dicté la majorité des gestes design, elle ne s’est pas faite au détriment de la

grande technicité des espaces de travail. Élaboré de pair avec un acousticien, le design avait comme ultime objectif de faire progresser l’expérience d’enregistrement, tant d’un point de vue esthétique que technique. Dans les studios, les designers ont usé d’ingéniosité en dissimulant le câblage derrière des plinthes de bois amovibles. Pour éviter d’avoir recours à des caissons acoustiques visuellement encombrants, Zébulon Perron a plutôt utilisé des lattes de bois décoratives et fonctionnelles, ainsi que du velours, un matériau rarement exploité pour ses qualités acoustiques. De plus, l’immeuble

s’est vu doter d’un système domotique évolué qui centralise et automatise le contrôle de l’éclairage, de la sécurité, de la température et du son, bien évidemment. L’équipe de conception du studio Circonflex a travaillé conjointement avec les propriétaires pour créer un lieu qui leur plairait, mais qui charmerait également leur clientèle. Le résultat intemporel, hors-norme, à la fine pointe de la technologie, sophistiqué et juste assez audacieux offre confort et convivialité, stimule l’imaginaire, la créativité et le partage d’idées.

27


Entrepreneur | Antares Construction Consultant acousticien  |  Nicolas Groulx Ébénisterie [Bibliothèque + Tables sur mesure]  |  Au temps des cigales Planchers + Bois mural  |  Bois Expansion Escalier + Parois de verre + Métal  |  Atelier B Canapés | Perez Collections Cuisine + Armoires  |  Tendance Concept Robinetterie | Ramacieri Soligo Céramique | Daltile Olympia + Ramacieri Soligo + Stone Tile Comptoirs [marbre + terrazzo]  |  Moruzzi Surfaces Luminaires | Union Peinture | Sherwin Williams + Benjamin Moore Papier peint  |  Empire Tissus | CM Textiles + Rémi Carrier + Gilford of Maine Électroménagers | Doyon + Bar de 14 pieds en marbre italien + Bibliothèque en noyer


À la page Localisation

La Pocatière, Qc

Type de projet

Rénovation

Réalisation

2019

Bâti d’origine 1967

30

Conception

6 mois

Travaux

4 mois

Superficie

5000 pi2

465 m2

Budget

$

BIBLIOTHÈQUE DE LA POCATIÈRE La maison de design d’intérieur Fauves a eu pour mission de repenser l’espace de la bibliothèque de La Pocatière. Mandatée par Visages Régionaux qui a accompagné la ville dans la nouvelle identité du lieu, et s’appuyant sur les lignes directrices définies lors de consultations publiques avec la population et l’équipe de la bibliothèque, Fauves a opéré cette transformation en réaménageant totalement l’espace. La philosophie du projet devait refléter l’esprit du tiers-lieu où le silence laisse place à l’échange.


FAUVES

BIBLIOTHÈQUE DE LA POCATIÈRE

Texte | Lorène Copinet

Photos  |  Félix Michaud

La Mosaïque – Bibliothèque de La Pocatière 900, 6e Avenue La Pocatière (Québec)  G0R 1Z0 418 856-3394, poste 1118 LaPocatiere.ca  bibliolapoc

31


Anciennement sombre, encombré et silencieux, comme de rigueur, deux principales interventions ont été réalisées pour dépoussiérer le lieu : l’espace a d’abord été visuellement libéré et les différentes sections ont été modifiées pour les faire cohabiter de façon plus harmonieuse. Hormis une salle fermée dans laquelle on peut lire ou étudier dans le calme, l’espace est à aire ouverte. Ce sont les éléments architecturaux et le mobilier qui définissent les différentes sections, créant un aménagement organique où les espaces cohabitent harmonieusement. Ce sont, par exemple, les maisonnettes sur roulettes qui circonscrivent la section jeunesse, ou encore une série de postes informatiques qui définissent à eux seuls la zone technologique et

32

de réalité virtuelle, piquant ainsi la curiosité d’un plus grand nombre de visiteurs.

il inclut une petite estrade pour l’heure du conte, activité bien appréciée des tout petits.

L’accueil, auparavant au centre de l’espace et contraint dans une structure un peu imposante, est désormais un bureau en bois chaleureux à l’entrée de la bibliothèque. Un babillard axé sur les échanges communautaires et un petit salon viennent le compléter. La salle d’exposition, autrefois dans une salle fermée, a été aménagée au centre de l’espace. Établi comme le cœur de la bibliothèque, l’art devient accessible au plus grand nombre.

Le choix de mettre les livres sur l’ancienne scène surélevée a considérablement libéré l’espace au premier niveau tout en mettant en valeur le rayonnage, plus visible et mieux organisé suivant une trame orthogonale. Le parcours entre les rayons, auparavant de biais, devient alors plus intuitif et plus agréable, et les marches-estrades garnies de coussins nous invitent à la lecture au cœur même de la bibliothèque.

Placé légèrement en retrait dans une aile près des fenêtres, un espace jeunesse et famille a vu le jour. Loin de l’accueil, lieu de passage plus effervescent,

Ancienne salle de spectacle rattachée à l’immeuble de la mairie, l’enveloppe du bâtiment tire son charme de l’architecture moderne des années 1960, caractérisée par ses façades en dents de scie et son corps en béton.


Grâce à des aménagements qui libèrent visuellement la façade, et ses fenêtres longues et étroites, toutes en hauteur, la designer favorise l’entrée de lumière naturelle pour un espace plus ouvert et lumineux. Désormais tout de blanc vêtu, le bâtiment mid-century retrouve ses lettres de noblesse. Sur cette toile de fond qui agit comme une page blanche ressortent le chaleureux mobilier en bois, les accessoires colorés et les œuvres d’art des expositions. La palette qui habille le lieu est douce, avec au passage des punchs de couleurs pour un espace reposant et vivant. Au sol, sur le linoléum clair se découpe un aplat bleu qui s’inspire de la forme singulière du littoral de La Pocatière, où autrefois une météorite créa la grande anse typique de la région. Cette représentation du

fleuve traverse l’espace au complet. « Coulant » sous les murs, ces lignes courbes tranchent avec les formes orthogonales du bâtiment et des installations. Ce geste apporte un dynamisme et une fluidité qui invitent à la contemplation et à la rêverie, propices à la curiosité et à la créativité.

Image de marque  |  Visages Régionaux

Faisant preuve d’un esprit rassembleur, le projet fait cohabiter harmonieusement les espaces entre eux, aidant les visiteurs à se les approprier plus naturellement. Tout en mettant en valeur l’architecture patrimoniale pleine de caractère, Fauves a relevé le défi de créer des espaces qui s’imposent avec douceur et poésie. La bibliothèque de La Pocatière est désormais un lieu lumineux, apaisant et vivant.

33


Design HAY × VAN SEVEREN

RÊVE EN COULEURS Tirant son inspiration de l’art, de l’architecture et de la mode, le studio de design danois HAY lance une nouvelle collaboration avec le couple de designers belge Muller Van Severen. Le duo, composé de Fien Muller et Hannes Van Severen, cherche toujours à offrir des objets et du mobilier sculptural, aux limites de l’art et du design, mettant de l’avant leur passion pour l’architecture et les matériaux novateurs. Pour cette collaboration, les designers de Muller Van Severen ont créé le chandelier et le vase Arcs. Offerts en plusieurs coloris éloquents, ils sont formés d’une chaîne d’arcs qui leur confèrent une allure aussi élégante que moderne. Cette composition est également offerte sous forme d’abat-jour de lampe, qu’elle soit de table, en suspension ou en applique murale. Le duo mise notamment sur la beauté naturelle des couleurs et des matériaux pour nous présenter une série de différents modèles de tables. Alliant des pattes d’acier robuste et un panneau de fibres de bois colorées vibrant, chaque table de la série Two-Colour surprend grâce à son élégance minimaliste, tout en demeurant distinctive et originale. HAY.com  haydk 

 haydesign


Chandeliers Arcs, 35 $ – 60 $ Vases Arcs, 180 $ – 305 $ Lampes Arcs, 280 $ – 370 $ Tables Two-Colour, 1120 $ – 1620 $


Design

Leroy Merlin

TERRACOTTA

PUISQUE LA TERRE BRÛLE Caniculaire, envoûtant et dépaysant terracotta ! On parle ici de la couleur – en français « terre cuite » –, ce brun rougi, tirant parfois sur l’orangé, parfois sur le rose, entre la rouille et la brique, vibrant comme un souvenir de voyage, hâlé et solaire. Nouveau neutre, il trouve sa place partout. Associé au blanc, il rayonne, contemporain et dynamique. Associé au vert, il rassure, millénaire, indémodable et naturel. Il est profond et poreux, et son retour en force dans nos maisons répond à notre besoin d’authenticité, de simplicité et d’évasion.

36


Jardinière de bureau Terrapotta par Kutarq Studio pour Umbra, 60 $, umbra.com  |  Bac de rangement empilable Rue, 299 $, crateandbarrel.ca | Lustre Cirkus par Mars Hwasung Yoo (ByMars) pour AGO, 1 261 $, finnishdesignshop.com  |  Album photo Life In Pictures par PrintWorks, 92 $, trouva.com | Fauteuil Sculpt, 1 199 $, crateandbarrel.ca  |  Vase en verre soufflé Riflessi par Böjte-Bottari pour Paola C, 517 $, pamono.ca | Housse de coussin Kaksoset par Marimekko, 95 $, simons.ca  |  Poêle avec couvercle, panier cuit-vapeur et spatule Always Pan par Our Place, 195 $, fromourplace.ca | Sous-verres Dune de Ben Medansky pour Areaware, 68 $, themodernshop.com | Caméra instantanée Instax Square SQ1 de Fujifilm, 160 $, royalphoto.com

37


Photo  |  Jeremy Le Chatelier

ART « L’art est la seule manière de s’échapper sans sortir de chez soi. » |  Twyla Tharp, danseuse et chorégraphe américaine

39


Art JEREMY LE CHATELIER

ACCEPTER L’IMPERFECTION

De longs clous, un anneau et des pièces informes de tôle rouillés, tous harmonieusement disposés dans un cercle de ciment texturé, lui-même inséré dans un cadre de bois à la géométrie élégante. Un amalgame de corde épaisse, de pierre, de vieilles tiges métalliques et de bois formant un vase aux formes antiques, mais à l’esprit ultra-moderne. D’immenses tableaux où les traits au crayon et les masses d’acrylique s’entremêlent, donnant forme à des oiseaux souriants, des lieux abstraits, des fleurs fines, des croissants de lune et des pignons d’églises… L’univers de Jeremy Le Chatelier est vaste.

Texte | Dave Richard

Photos |  Jeremy Le Chatelier

JeremyLeChatelier.com LuminaireAuthentik.com/collection-solstice  jeremy-le-chatelier   jeremylechatelier

40

Plus tôt, au printemps, nous lancions une invitation sur nos réseaux sociaux ; nous étions à la recherche de vases faits au Québec. Jeremy Le Chatelier fait partie des artistes et artisans qui ont répondu à notre appel. En découvrant son travail exceptionnel, il nous est vite apparu que sa démarche englobait plusieurs disciplines et nous avons eu envie de creuser davantage, de fouiller son œuvre à la fois brute et élégante, poétique et singulière.

et poésie au plus banal des matériaux, au gribouillis le plus imparfait. Au cœur de ses sculptures, la rouille, l’oxydation, les torsions, les fissures, brisures, cassures, déchirures, éraflures, les trous, les nœuds, les marques, les taches, les bulles d’air, les patines sont bienvenus. Sur ses tableaux, il peint et dessine avec l’abandon de l’enfance, mais compose comme quelqu’un qui sait mesurer avec justesse, marier avec goût, s’abandonner sans exagération.

Des traits brouillons aux agencements maîtrisés, des finis lisses aux rebuts réhabilités, Le Chatelier sait faire rimer avec talent les matières et donner profondeur

« Les objets trouvés dans des déchèteries ou sur des chantiers de construction constituent la base de la plupart de mes créations. Je les collectionne ;


leurs textures riches embellissent mes sculptures et mes tableaux. J’aime les présenter dans un contexte propre et minimaliste. Je fais très peu d’esquisses ; je me lance à partir des matériaux que j’ai sous la main. J’aime bien créer le désordre, pour ensuite épurer en me servant de certains concepts de design, entre autres en ce qui a trait à l’équilibre visuel. Je suis très cartésien ; je m’imagine souvent une grille lorsque je travaille, un peu comme les typographes. »

vin que mes parents buvaient pour en faire plus tard des bateaux pour mon bain. Je ramassais ce que je trouvais. Quand on me le demandait, je répondais que je deviendrais ingénieur. » Alors qu’il avait entrepris des études en sciences, le jeune homme s’est rendu compte qu’il n’était peut-être pas à sa place.

Il est vrai qu’une fois que les tableaux de l’artiste sont terminés, leurs formes et leurs couleurs s’équilibrent. Les tons naturels, terreux et doux, semblent aller de soi. Il s’en dégage une liberté palpable. Et c’est avec autant de liberté qu’une fois saturé de peinture, il s’amuse à concevoir des objets en trois dimensions, qu’il considère comme des déclinaisons de ses tableaux.

« Le fait qu’il n’y avait qu’une seule réponse valable durant les examens m’angoissait profondément. J’ai décidé de prendre une pause et de partir vivre une année en Australie. Je me suis acheté un appareil photo et un livre pour apprendre la technique. C’est la photographie qui m’a permis de développer ma sensibilité et d’apprendre à apprécier la beauté des scènes du quotidien. »

« J’ai réalisé récemment que très tôt, disons vers l’âge de 10 ans, lorsque nous partions en vacances en famille, j’avais toujours très hâte de rentrer chez moi pour créer. En avion, je dressais les listes de projets auxquels j’allais me consacrer à mon retour. Je collectionnais les bouchons de liège des bouteilles de

À son retour, Le Chatelier continue d’explorer son talent. Il se met à dessiner sur les murs de sa chambre, à faire des collages à partir de photos qu’il a prises, puis un jour décide de retourner étudier, mais cette fois dans un domaine s’accordant mieux à ses envies créatives : le design graphique.

41


Art JEREMY LE CHATELIER

« Le ready-made de Duchamp m’inspire ; il nous autorise à voir notre environnement comme un grand musée. Je suis fasciné par le trait spontané de Basquiat, le travail sculptural de Twombly et, je dirais, la rigidité de Rothko. Je laisse toujours place à l’accident dans mon travail. Le wabi-sabi permet assez bien de décrire et d’apprécier certaines de mes œuvres : l’acceptation de l’imperfection. »

42


Récemment, Le Chatelier collaborait avec l’entreprise Luminaire Authentik pour créer la collection de lampes entièrement faites à la main Solstice, à partir de matériaux trouvés, puis surcyclés. Chacune des lampes de la collection est une œuvre d’art, signée et numérotée. C’est lui qui a approché l’entreprise pour mettre sur pied cette aventure commune et ajouter une fonction à ses sculptures : celle d’éclairer. Comme un supplément d’âme – comme si elles en avaient besoin ! Quelques pièces sont encore en vente sur la plateforme d’achat de l’entreprise. L’artiste crée aussi des vases de céramique, fait de la photo… Un peu comme un enfant suit son cœur pour jouer à ce qui lui plaît, Jeremy Le Chatelier évolue au gré de ses envies et de ses inspirations, s’adjoignant pour chaque projet la matière qui convient – ou celle qui lui tombe sous la main. Nous avons déjà très hâte de voir vers où son cœur le guidera dans le futur. Peu importe où, nous le suivrons.


Frédéric Bouchard

Art

Leroy Merlin

MONIQUE STE-MARIE

VOYAGE AU BOUT DE LA FIBRE

Passionnée de la matière, de la fibre, Monique Ste-Marie crée des objets en série, au caractère épuré, parfois utilitaires, parfois uniques, ou parfois même miniatures, simplement mis en scène pour former des univers insolites. Seule constance : le fil, qu’il soit fait de papier japonais, de chanvre, ou qu’il s’agisse de crin de cheval. Œuvres d’art, pièces d’artisanat, objets du quotidien… Monique Ste-Marie tisse avec patience, tresse avec délicatesse, fabrique avec cœur et dévotion. Ça se sent, ça se voit.

Propos recueillis  |  Dave Richard

Photos | Monique Ste-Marie

SainteMarieTextile.com  moniquestemarie.objetstextile   moniquestemarie

44

« J’explore les matières textiles qui m’inspirent, explique l’artiste. Je les transforme en revisitant le tissage, la vannerie ou d’autres techniques traditionnelles, pour réaliser des pièces personnelles à l’esthétique actuelle. Je suis fan des milieux du design, de l’architecture et de la mode. Je scrute les magazines à l’affût des nouvelles tendances. Le côté ludique de mes créations provient sans doute de ces univers colorés. Je m’inspire du travail d’artistes que j’admire, comme des tissages de racines végétales de Diana Scherer, des explorations de Sophie Smallhorn ou des magnifique vanneries de joncs de Felicity Iron. Je crois que mon admiration pour la nature teinte aussi mes œuvres de poésie. » Elle cite également toute l’œuvre d’Alexander Calder, sculpteur et peintre américain, populaire pour ses immenses mobiles architecturaux et ludiques, dont elle admire la liberté, l’ingéniosité et la sensibilité.

« J’ai passé mon enfance entourée de pots remplis de boutons aux formes diverses, de rubans colorés et de tissus imprimés, à observer chacun des gestes méticuleux des mains de ma mère couturière. Plus tard, j’ai étudié le marketing, puis les arts plastiques et le design graphique, et j’ai travaillé plusieurs années dans les domaines de la publicité et du multimédia. En parallèle, je m’initiais à diverses techniques artisanales, comme la reliure, la céramique, l’ébénisterie… Au fond, c’est toujours le domaine des arts qui m’a attirée et au détour de la quarantaine, j’ai décidé de poursuivre mon rêve et choisi le textile comme moyen d’expression. » Lors de la visite d’une exposition au Centre des textiles contemporains de Montréal, Monique Ste-Marie est instantanément séduite et s’inscrit à une formation en construction textile. Aussitôt son cours terminé, elle démarre son entreprise artisanale Sainte Marie


« L’engouement instantané pour cette collection m’a rapidement fait connaître et ne se dément pas depuis. » Plusieurs marchés mettant de l’avant le travail de designers québécois l’ont présentée et ont permis à ces corbeilles d’être distribuées au Canada, aux États-Unis et à l’international. En 2019, le Bureau du design de la Ville de Montréal sélectionnait la collection Chanvre pour faire partie du catalogue Code souvenir Montréal et permettait à Monique Ste-Marie de faire partie du Répertoire / Design Montréal, puis en 2021, l’une des pièces rejoignait la collection permanente du Musée des métiers d’art du Québec.

Frédéric Bouchard

Loïc Bard

design textile, au sein de laquelle elle conçoit, produit et met en marché des corbeilles tissées, faites à base de chanvre.

« En 2013, lors de ma première participation au Souk, à Montréal, j’ai rencontré Mami Yoshida, une Montréalaise d’origine japonaise, qui partage mon intérêt pour la matière. Elle m’a fait découvrir des matériaux qu’elle rapporte de ses visites au Japon, dont le fil de papier japonais, qui a été un coup de cœur pour moi et que j’adore manipuler. Sa douce rigidité ne cesse de m’inspirer, elle résonne en moi. » En plus de créer, Monique Ste-Marie enseigne différentes techniques textiles et participe régulièrement à des expositions collectives. En 2018, elle exposait pour la première fois en solo et faisait son entrée en galerie. Représentée par la galerie Martine Hénault, dans le Vieux-Montréal, elle exposait en juin et juillet dernier sa plus récente collection, Variations sur un fil, dans le cadre de l’exposition collective Conversation à la galerie La Guilde. Elle prépare actuellement l’exposition Amadouer le confinement qui sera présentée à

la Maison de la culture Rosemont-La-Petite-Patrie du 8 septembre au 25 octobre 2021. On peut se procurer les pièces de sa collection Chanvre sur Etsy et sur la boutique en ligne Chic & Basta. Impossible finalement de passer sous silence la formidable collection Sand, créée en collaboration avec le talentueux ébéniste Loïc Bard, et signée Loïc & Monique. Présentée au Souk Mtl 2019, apparue un peu partout sur le web, cette délicate famille de brosses et de balais au design unique en bois et en fibres naturelles joint l’utile à l’admirable. « Pour moi, le bel objet est une expression de la sensibilité humaine, et c’est pour ça qu’il suscite l’émotion. D’une collection à l’autre, je vais au bout de ce que la matière m’inspire et je poursuis l’expérimentation jusqu’à ce que mon esprit me mène ailleurs. C’est un voyage sans fin ! »

45


Art MÉLINA SCHOENBORN

POÉSIE D’ARGILE

Partageant déjà son temps entre l’écriture et les communications dans le milieu culturel, Mélina Schoenborn crée des pièces d’argile rugueuses, aux parois à la fois délicates et granuleuses, aux arêtes organiques qui ressemblent parfois à d’imposantes coquilles d’oiseaux rares envolés, parfois à des artefacts d’un autre temps, avec leurs formes primitives, évidentes, et leurs couleurs simples, réconfortantes.

Propos recueillis  |  Lili-Ambre Guinet

Photos | Chantale Lecours

MelinaSchoenborn.com  melina-schoenborn   melina_schoenborn

46

Après des études en histoire de l’art, puis en arts visuels, Mélina Schoenborn suit ses premiers cours de tournage, mais ce n’est qu’il y a cinq ans, à la suite d’un stage où elle découvre la technique du façonnage au colombin, qu’elle décide de se lancer pour de bon dans la pratique de la céramique.

et à la courbe souhaités, je me sers simplement d’un petit outil en métal appelé estèque. Après, j’utilise une râpe pour affiner les parois. Ce processus n’est à aucun moment automatisé. Il n’y a que mes mains, une tournette manuelle sur laquelle je pose ma pièce, et deux outils. »

« J’ai fait partie de la dernière cohorte du département des Arts plastiques de l’Université de Montréal, en 2000 ; un pavillon merveilleux, près du mont Royal, tout décati, mais lieu de moult expérimentations et discussions enflammées sur la fonction de l’art. Depuis mon stage auprès de la sculpteure et céramiste Virginie Besengez, en 2017, j’utilise principalement le façonnage au colombin. Je commence par rouler sous mes mains des dizaines de serpentins d’argile, que je pose ensuite les uns sur les autres pour former un bol ou un vase. Afin d’arriver à l’angle

Quand on lui demande ce qui l’inspire, l’artiste mentionne son intérêt pour le wabi-sabi, un concept japonais qu’elle admire particulièrement et qui célèbre l’alliance entre la simplicité et le calme mélancolique de la nature, l’impact du temps, la trace qu’il laisse. « Le wabi-sabi célèbre la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes. J’essaie de tendre vers une simplicité de fabrication qui laisse toute la place à la poésie des lignes, des formes et des empreintes du corps. »


D’apparence brute, mais pourtant fragiles, les pièces de Mélina Schoenborn racontent des histoires. Elles sont conçues comme des ensembles et dialoguent les unes avec les autres, se font écho, bien qu’elles puissent être vendues ou exposées séparément. « Ce sont des variations sur un même thème, en terme de forme, de taille et de couleur. Depuis 2017, mes œuvres sont non fonctionnelles et relèvent plutôt de la sculpture. Elles sont sans glaçures et répondent à un désir de rendre hommage à la texture et au grain de l’argile. J’ajoute d’ailleurs de la chamotte dans toutes mes pièces, une sorte d’argile concassée qui ressemble à des grains de sable. Chaque œuvre requiert de nombreuses heures de fabrication. On peut donc parler de slow ceramic. » En ce moment, toutefois, l’artiste développe une nouvelle collection de bols, glacés à l’intérieur. Bien que fonctionnelle, cette future collection est aussi inspirée du wabi-sabi. « Je laisse plus de place aux intentions et aux mouvements naturels de la terre, j’essaie moins de la contraindre, de la contrôler. Une approche qui me

fait plaisir, car elle permet une forme de lâcher prise. De plus, ces bols sont plus accessibles ; les gens ont moins peur de les manipuler. » Le travail de celle qui a été finaliste l’an dernier au Prix François-Houdé du Conseil des arts de Montréal a été exposé à la galerie La Guilde, qui la représente depuis. Quelques-unes de ses pièces sont également présentées à la Maud & Mabel Gallery, à Londres. En septembre, Mélina Schoenborn participera à une exposition collective organisée par La Guilde où elle présentera une série de sept vases intitulée Chœur d’argile. « Les formes de ces vases me font penser à des figures primitives, à la fois fragiles et rassurantes. Comme je pratique la méditation chantée en groupe, j’aime imaginer cet ensemble comme un chœur s’exprimant d’une seule voix – celle de la matière. Les particularités de chaque pièce me semblent mises en valeur lorsqu’on les voit comme un tout. » Aucun doute, le travail de Mélina Schoenborn prend peu à peu une belle place dans le monde de la céramique, celui d’ici comme celui d’ailleurs. Entendez-vous chanter l’argile ?

47


Résidence Queen Mary par Atelier Barda. Photo  |  François Olivier-Gouriou.

MAISON

« On ne saurait aller chercher trop loin le plaisir de rentrer chez soi. » |  Paul Morand, diplomate et écrivain français

49


Dossier

ATELIER BARDA

no 1

Dualité assumée

Texte | Isabelle Pronovost

Photos | François Olivier-Gouriou + Maxime Desbiens

Localisation

Hampstead, Qc

Type de projet

Rénovation + Agrandissement

Réalisation

2019

Bâti d’origine

1927

Conception

9 mois

Travaux

10 mois

Superficie

1 300 pi2 / 121 m2

Budget

$$

50

RÉSIDENCE QUEEN MARY Agrandir une maison quasi centenaire d’un quartier patrimonial pour satisfaire les besoins d’une famille de six : voilà le mandat initial du projet Queen Mary, dont a hérité la firme Atelier Barda. L’audacieuse solution proposée par les architectes respecte l’essence historique et le cachet de la maison tout en procurant à ses occupants un espace de vie d’une modernité franche et assumée.


51


Trouver la maison parfaite lorsque la famille compte quatre enfants n’est pas chose aisée. Parfois, il faut procéder par étapes : d’abord trouver la maison… puis la rendre parfaite ! C’est ce qui s’est produit pour les parents de cette large fratrie. Ils se sont laissé séduire par une demeure de style Tudor datant de 1927 dans le quartier Hampstead, à Montréal, pour ensuite confier la construction d’une annexe à la firme d’architecture Atelier Barda.

52

Premier défi pour la firme : composer avec des règlements municipaux visant à protéger les caractéristiques historiques du secteur. Ainsi, le caractère patrimonial de la résidence a été conservé en façade, sur laquelle seuls quelques travaux mineurs ont été effectués (remplacement des fenêtres et rénovation des colonnes et moulures en bois). L’extension arrière, quant à elle, a été pensée en dichotomie avec la partie avant. Puisque le cadre réglementaire était plus souple pour cette portion

moins visible de la résidence, les architectes avaient une plus grande liberté pour le choix des matériaux. Pour le toit, ils ont sélectionné une couverture en cuivre, à la fois noble et d’une grande durabilité, plutôt que les bardeaux d’asphalte traditionnels de la structure existante. Ils y ont associé un parement de bois brûlé de l’entreprise Arbres et Bois, une pionnière au Québec dans la fabrication de ce matériau issu d’une vieille tradition japonaise. Outre ses qualités esthétiques, ce produit est écologique, résistant à l’eau et aux rayons UV et très durable.


« Les contraintes générées par les règlements de la Ville – très stricts – nous ont poussés à élaborer une réponse à la fois novatrice et respectueuse du passé. »

53


54


L’équipe d’architectes a également repensé l’aménagement paysager et la terrasse arrière, autrefois située au même niveau que le rez-de-chaussée surélevé. « L’idée principale était, de par l’extension proposée, de pouvoir reconnecter la maison avec son jardin. La nouvelle terrasse a donc été aménagée de façon latérale et a été imaginée comme un prolongement de la maison vers le jardin plutôt que comme une troisième entité. En venant aménager une pente dans le terrain, on crée une transition douce qui permet de connecter la maison à sa cour, mais on évite également l’ajout d’un garde-corps qui aurait rompu cette continuité, autant visuelle que physique », expliquent les concepteurs du projet.

C’est à l’intérieur que la dualité entre l’ancien et le nouveau est la plus frappante. À cet égard, la firme compare le parcours entre les différentes parties de la résidence à un plan séquence cinématographique. « On entre dans la maison par la partie ancienne : le hall d’entrée, l’escalier vers les étages et le petit salon ont été conservés tels quels et leurs proportions préservées. Puis, lorsqu’on pénètre dans le nouvel ajout, il s’opère une dilatation de l’espace à vivre avec un plafond double hauteur suivant les angles du nouveau volume et son puits de lumière zénithal. » Le nouveau volume, tout de blanc vêtu, est à aire ouverte et contraste avec les pièces plus sombres et

cloisonnées de la maison d’origine. Les matériaux utilisés – plancher de béton poli et comptoir en terrazzo – renforcent aussi cette dichotomie en s’opposant aux boiseries de la partie existante. Ces finis contemporains offrent en outre un arrière-plan neutre mettant en valeur les précieux meubles de famille des propriétaires. Enfin, la grande baie vitrée en verre collé permet aux occupants d’être visuellement connectés avec le jardin. Entre deux époques, entre deux styles, pourtant parfaitement harmonieuse, cette rénovation hors norme prouve une fois de plus qu’en faisant preuve d’élégance et de finesse, il est tout à fait possible de marier patrimoine et innovation, pour le meilleur et pour le mieux.

55


Équipe de conception  | Antonio Di Bacco + Kevin Botchar + Quan Thai + François Olivier-Gouriou Entrepreneur | Atelier LaCarré Ingénierie | Latéral Revêtement extérieur  |  Arbres et Bois Portes + Fenêtres  |  Adurra Comptoirs | Stonix Puits de lumière  |  Velux Sofa | Foraine, Atelier Barba


Dossier

APPAREIL ARCHITECTURE

no 2

Comme un réveil éveillé

Texte | Isabelle Pronovost

Photos | Félix Michaud

Localisation

Montréal, Qc

Type de projet

Rénovation

Réalisation

2021

Conception

7 mois

Travaux

1 mois

Superficie

1 476 pi2 | 137 m2

Budget

$$

58

LA SAPINIÈRE Imaginé par la firme Appareil Architecture pour la rénovation du deuxième étage d’un ancien duplex montréalais, le concept du projet La sapinière s’articule autour des céramiques et des jeux de lumière. Ensemble, ces éléments contribuent à créer un espace à la fois chaleureux, lumineux et intemporel, qui donne envie de s’y attarder même une fois le jour levé.


59


Un étage consacré au repos et aux rêves : voilà l’espace que la firme Appareil Architecture avait le mandat d’aménager au sein d’un duplex transformé en résidence unifamiliale. Plus spécifiquement, les architectes devaient intégrer trois chambres à coucher et deux salles de bain dans un plan à la forme étroite et allongée. Les concepteurs du projet ont tiré profit de cette configuration typiquement montréalaise pour offrir au jeune couple propriétaire une chambre principale presque indépendante du reste de l’étage.

60


« Pour renforcer ce changement de lieu, le plancher de bois laisse place à de larges carreaux de céramique terracotta qui apportent une ambiance chaude et chaleureuse à la chambre et au walk-in. »

61


62


De fait, les clients souhaitaient retrouver dans leur décor des touches de couleur, tout en s’assurant que celui-ci demeure intemporel. Pour respecter cette volonté, une palette naturelle composée de terre cuite, d’argile et de blanc chaud a été sélectionnée. En outre, les murs ont été recouverts d’une peinture à la chaux afin de créer des surfaces moins lisses, plus texturées. Sur le mur auquel est adossé le lit, la chaux vert foncé donne presque l’illusion que les branches du grand sapin de la cour se prolongent jusque dans la chambre – sapin qui a d’ailleurs inspiré le nom du projet ! En plus de la couleur, la lumière constituait un élément clé de la rénovation, en particulier pour les pièces centrales. Dans la salle de bain secondaire – où

les larges tuiles terracotta du plancher de la chambre s’affichent cette fois sur les murs – une vitre termine la cloison au-dessus du bain. Quant à la salle de bain principale, c’est par la cloison entièrement vitrée séparant cette pièce du corridor que la lumière naturelle peut s’infiltrer. Faire des rénovations en pleine pandémie peut réserver des surprises ; dans le cadre de ce projet, un retard dans la livraison de la céramique de la salle de bain principale a donné des sueurs froides à l’équipe. Heureusement, le fournisseur a eu la bonne idée de découper la céramique existante en trois formats différents pour compenser l’absence des autres carreaux commandés. C’est peut-être le fait d’avoir

si brillamment surmonté cette contrainte qui incite aujourd’hui la firme à considérer cette pièce comme sa plus belle réussite : « La salle de bain principale monochrome séduit par son raffinement et son minimalisme. Les accessoires sur mesure, les armoires encastrées et la vanité réduite mettant en valeur le lavabo contribuent à optimiser l’espace, tout en lui apportant son cachet. Le comptoir en béton renforce le style intemporel du design. » Au goût du jour, mais hors du temps, il règne dans cette Sapinière lumineuse une ambiance vaporeuse et délicate, comme entre deux mondes ; une douce parenthèse où venir se déposer et s’isoler de la vie urbaine trépidante.

63


Entrepreneur | Les Deux Marteaux Ébénisterie | L’Autre Atelier Plomberie + Robinetterie + Céramique + Peinture [Pure & Original]  |  Ramacieri Soligo Planchers | Mitis Comptoirs [Terrazzo]  |  Béton Multi-Surfaces Escalier | L’Autre Atelier Parois de verre  |  Costal Métal | Arrebeurri Atelier Luminaires | Luminaires Authentik Vanités | Miralis + Portes de 8 pieds en bois sur mesure + Fenêtres hybrides


65


Dossier

CHEVALIER MORALES

no 3

En ton sur ton, comme une évidence

Texte | Isabelle Pronovost

Photos | Adrien Williams + Chevalier Morales

Localisation

Boisbriand, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2018-2019

Conception

8 mois

Travaux

12 mois

Superficie

6 243 pi2 | 580 m2

Budget

$$$

66

RÉSIDENCE DE L’ISLE Un intérêt pour l’architecture des années 1950, un site enchanteur, une forme géométrique simple : voici les éléments qui ont servi de point de départ à la firme Chevalier Morales pour la conception de la Résidence de l’Isle. Incursion dans le processus de création de cette maison singulière, qui se veut un nouveau commentaire sur la vie suburbaine d’aujourd’hui.


67


Propriétaire d’un terrain aux abords de la rivière des Milles Îles, à Boisbriand, un couple désirait faire équipe avec des architectes afin de concevoir sa maison de rêve, dans laquelle il allait vivre longtemps avec ses enfants. Les tourtereaux n’avaient pas d’échéancier précis ni d’idée préconçue quant à leur future habitation. Leur liste de demandes était en outre très courte : une suite pour les invités et un garage quadruple. En l’absence d’un mandat bien défini, deux éléments ont servi d’inspiration aux architectes de Chevalier Morales. En premier lieu, un recueil d’images issues du design et des maisons américaines modernes du milieu du 20e siècle, présenté par les clients. Pour la firme, cette plongée au cœur des années 1950 a été l’occasion de « revisiter et de réinterpréter de façon

contemporaine quelques-uns des éléments clés de cette architecture aujourd’hui célébrée comme étant le reflet d’une époque où banlieue et automobile rimaient avec progrès et enthousiasme ». Deuxième élément d’inspiration : le terrain lui-même. « Lors de notre première visite, nous avons en effet découvert un site aux qualités exceptionnelles avec ses grands pins blancs matures, sa vue complètement ouverte sur la rivière et son exposition solaire sud-ouest. Une “clairière” d’environ 100 pieds sur 100 pieds et baignée d’une lumière naturelle délicate s’est rapidement présentée comme l’endroit où implanter la maison, permettant du même coup de préserver un maximum d’arbres », racontent les concepteurs du projet. Ainsi est née l’idée de créer un carré parfait pour la résidence.

69


Pour mieux définir les espaces et amener la lumière naturelle au cœur de la demeure, deux cours rectangulaires ont été insérées au sein de cette forme géométrique simple. La première, située tout au bout du chemin qui donne accès au garage et à l’entrée de la maison, est pourvue d’un charmant jardin au milieu duquel trône un conifère. La deuxième cour se trouve à l’arrière et abrite terrasse et piscine. C’est le long de cette terrasse avec vue sur la rivière que se déploient les espaces de vie, dont le salon surbaissé. Ce dernier est surplombé par une mezzanine sise dans un édicule de verre, laquelle permet aux

70

occupants de bénéficier d’une vue supplémentaire sur le paysage avoisinant.

alors que d’autres ont été végétalisées. La maison est également chauffée et ventilée par géothermie.

Pour les matériaux – dont la palette s’agence à la couleur de l’écorce des arbres – des matières naturelles ont été privilégiées : brique d’argile de format allongé pour les murs, bois pour les soffites et pierre pour le revêtement de sol. Quelques accents en laiton et un revêtement métallique viennent se greffer à l’ensemble. Et question d’ajouter une dimension écologique au projet, certaines zones du toit ont été recouvertes d’une membrane à granules blanches

Intégrée en ton sur ton avec son environnement et implantée en retrait de la rue, derrière une végétation abondante, la Résidence de l’Isle se veut discrète malgré son volume imposant. Pour les architectes du projet, la nouvelle demeure s’insère sur le site comme une évidence, « comme si elle y était depuis toujours, sur les traces, en somme, d’une ancienne résidence disparue et oubliée ». Nul risque toutefois que cette maison d’exception tombe un jour dans l’oubli.


« Ainsi, pensée au départ comme une maison de plain-pied,  elle propose néanmoins  une variété d’expériences spatiales. »

71


72


Équipe de conception  |  Stephan Chevalier + Sergio Morales Ingénierie | Latéral [structure] + Aéro Mécanique Turcotte [mécanique] + Gravitaire [civil] Entrepreneur | St-Laurent Construction Ébénisterie | Créations de la Sablonnière Aménagement paysager  |  Fabrique de paysages + Revêtement extérieur de brique d’argile de format allongé [mur] et de bois [soffite] + Comptoirs de corian + Escalier de laiton et d’acier


75


Dossier

LINÉAIRE ÉCOCONSTRUCTION

no 4

Traditions d’avenir

Texte | Isabelle Pronovost

MAISON ULTIMA ÉCO™

Photos | Stéphane Bourgeois

Maison-modèle pour l’entreprise, chalet locatif pour les curieux et banc d’essai pour la science de l’écoconstruction : la chaleureuse maison écologique Ultima Éco™ est le nouveau projet aux multiples facettes de Linéaire Écoconstruction. Plus qu’un simple bâtiment, elle se veut un milieu de vie sain et respectueux de l’environnement de par le choix de ses matériaux ainsi que ses techniques de construction à la fois ancestrales et contemporaines.

Localisation

L’Islet, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2019

Conception

12 mois

Travaux

10 mois

Superficie

2 300 pi2 | 214 m2

Budget

$$

76


77


En 2006, les frères Samuel et Dominique Pépin­Guay fondent à L’Islet, dans Chaudière-Appalaches, Linéaire Écoconstruction, puis Hubert Champagne se joint à l’équipe en 2017. L’entreprise propose d’abord des charpentes en bois massif faites de bois local, puis développe en parallèle un service d’écoconception. Une quinzaine d’années plus tard, les deux cofondateurs se lancent dans une nouvelle aventure : construire une maison-modèle intégrant tous les concepts d’écoconstruction mis de l’avant par l’entreprise au fil des ans. Ainsi est née la maison Ultima Éco™, un projet visant à raffiner le design et les méthodes de construction tout en intégrant un

78

volet de recherche afin de faire avancer la construction écologique au Québec. Les principaux éléments qui définissent le projet sont la charpente en bois massif tenon et mortaise fabriquée à la main, le système Murs-Bois™ – des panneaux de finition structuraux composés de lambris de bois utilisés comme alternative au gypse –, et une enveloppe perspirante en chanvre et fibre de bois. « Étant donné que notre concept repose en majeure partie sur une préoccupation à l’égard de l’analyse du cycle de vie et du bilan carbone des matériaux,

nous avons scrupuleusement choisi les matériaux en fonction de ces deux concepts : leur bilan carbone, leur provenance, leur durée de vie, leur teneur en COV, leur “démontabilité” et leur ”récupérabilité”, leur impact en fin de vie, etc. Au final, les matériaux biosourcés (bois massif, chanvre, fibre de bois) sont gagnants sur toute la ligne », explique l’entreprise. Pour bien mesurer les impacts environnementaux de la maison-modèle, l’entreprise a fait équipe avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec ainsi qu’avec un vaste consortium de chercheurs. L’ambitieux projet de recherche, qui vise à


80


évaluer des éléments tels que l’efficacité énergétique, le solaire passif et la quantification carbone, culminera avec un calculateur d’impact écologique à la fin de 2021. Selon Linéaire Écoconstruction, les avantages de sa maison écologique préusinée sont nombreux : précision et qualité des assemblages en bois puisque fabriqués en atelier, rapidité au montage et diminution du temps de chantier, artisans en lien avec l’équipe de conception et contrôle des aléas de la météo. La maison Ultima Éco™ se décline également en minimaison ou

en cabine ; selon son format, elle peut servir de petit chalet locatif, de refuge forestier, de cabine retirée en nature ou même de maison de jardin. Outre ses dimensions, le style intérieur de la maisonmodèle peut être personnalisé pour refléter un look contemporain ou plus traditionnel. « En fait, l’adaptabilité est un des grands avantages du concept Ultima Éco™. Selon le projet, il est possible de modifier et de faire varier plusieurs paramètres afin de s’adapter aux besoins du client (design global, essences de bois, type d’isolant, niveau d’isolation,

coupe de mur, etc.). L’aspect écoconstruction doit par contre toujours faire partie du projet. » La maison-modèle comporte un atout supplémentaire pour quiconque serait intéressé par une autoconstruction ou un projet clés en main : la possibilité d’y séjourner pendant quelques nuits ! En effet, la Ultima Éco™ est disponible à la location pour des séjours de deux à quatre nuitées. Quoi de mieux pour apprécier son design et son confort tout en profitant de vues magnifiques sur le fleuve Saint-Laurent et les montagnes de Charlevoix ?

81


Design intérieur  |  Isabelle Landry Ingénierie |  ASP Expert-Conseil Entrepreneur | Construction Philippe Dubé + Les Maison de Jadis Ébénisterie | Linéaire Écoconstruction Plomberie | Plomberie Martin Pelletier Aménagement paysager  |  Wen Rolland – Design Écologique Portes + Fenêtres  |  Lepage Millwork [Bois d’eucalyptus FSC] Murs intérieurs  |  Linéaire Écoconstruction [Système Murs-Bois™ en tremble sélect naturel] Plafonds intérieurs  |  Linéaire Écoconstruction [Système Murs-Bois™ en pin rouge noueux huilé naturel] Foyer | Pacific Energy Armoires + Comptoirs  |  Linéaire Écoconstruction [Merisier massif écoforestier + Huile Kunos 244 de Livos] Escalier | Linéaire Écoconstruction [Limon en métal + Marches en merisier massif écoforestier + Huile Kunos 244 de Livos] Ventilation | Venmar Thermopompe | Thermopompe Ouellet Canada Radiateurs | Écorad Système hydronique  |  BT Énergie Terrasse | Linéaire Écoconstruction + Revêtement extérieur de cèdre blanc de l’est + Teinture Alis de Livos + Plancher en pin rouge 7,25 pouces + Huile Kunos 244 de Livos + Isolation murs R48 et toit R58 avec isolant de chanvre Natur-Chanv/Hemp de Nature Fibres + SONOclimat ECO4 de MSL + Murs coffrés de 8 pouces standards avec dalle polie + Véranda en bois massif


Dossier

MICHAEL GODMER DESIGNER

no 5

Texte | Lorène Copinet

Photos | Maxime Brouillet

Localisation

Montréal, Qc

Type de projet

Rénovation

Réalisation

2019 + 2021

Bâti d’origine

1885

Conception

6 mois + 12 mois

Travaux

6 mois + 3 mois

Superficie

1 600 pi2 | 149 m2

Budget

$$

84

Pignon sur rue

MAISON-BOUTIQUE COLONIALE L’architecture et le design sont plus qu’un bonbon pour l’œil, ce sont des expériences à vivre, à toucher, à ressentir, et ça, Michael Godmer et Mathieu Turgeon l’ont bien compris. Pourtant, il est assez rare pour un designer d’ouvrir les portes d’une résidence privée pour montrer son travail à ses clients. C’est donc dans cette optique que son conjoint et lui ont eu l’ingénieuse idée de faire de leur résidence principale leur bureau, mais aussi un espace de diffusion du travail de Michael et son équipe, tel un portfolio vivant.


85


86


Ce projet concrétise les collaborations pérennes du designer avec les artisans locaux et les fournisseurs avec qui il travaille. Loin de la salle d’exposition où le décor change fréquemment, ici, les matériaux sont là pour rester, vivre, vieillir, se patiner. Cette décision de marier espaces personnels et professionnels traduit aussi l’envie d’une plus grande indépendance pour le designer.

Le concept de la maison-boutique Coloniale prend place dans une ancienne maison victorienne datant de 1885. Pour les deux propriétaires concepteurs, il était important de faire revivre l’âme de cette résidence, dont certains éléments avaient été dénaturés à la suite d’une rénovation dans les années 1980. Le majestueux escalier central, les portes d’origine et les impostes du salon sont les seuls vestiges restants.

« Ayant loué plusieurs espaces commerciaux pour occuper mon atelier de design, j’avais une envie de liberté. Celle de ne pas avoir de pression financière dirigée par le choix et le type de projet que nous prenons », explique Michael Godmer.

« Il était primordial pour nous de conserver et de restaurer les quelques éléments d’origine ayant survécu au fil des époques et d’utiliser des matériaux nobles et intemporels pour assurer la pérennité des interventions tout en magnifiant cette maison atypique. »

Le plancher d’origine en terre cuite étant en trop mauvais état pour être conservé, les designers ont choisi des céramiques du même matériau pour habiller l’ensemble de la résidence : du parquet d’entrée extérieur au plancher de cuisine, en passant par le sol et les murs de la salle de bain. Le terracotta véritable – difficile à trouver – donne du caractère et une chaleur méditerranéenne à cette résidence du Plateau-Mont-Royal. Les teintes ocre rehaussent le reste de la palette claire et mettent en valeur le grain du bois, le veinage du marbre et le laiton. Une belle démonstration de la qualité du travail artisanal et local, donnant à vivre des espaces riches et bien équilibrés.

87


Pour le couple de créateurs, le projet a été l’occasion d’expérimenter en termes de normes et d’ergonomie. Afin de créer des espaces généreux et fonctionnels dans cette maison à la largeur atypique de 10 pieds pour une profondeur de 50 pieds, les designers ont pris la liberté de repenser les standards. Dans la cuisine, l’îlot central a été aménagé à 24 pouces du mur, tandis que, dans la salle de bain, un puits de lumière naturelle et des cloisons en verre givré participent à agrandir visuellement l’espace et à rendre confortable une douche de 27 pouces ouverte sur le bain.

88

La maison se répartit très simplement sur trois niveaux, avec de bas en haut les espaces semi-publics, semi-privés et privés. L’escalier, au cœur de la résidence telle une colonne centrale, scinde chaque palier en deux. Au rez-de-chaussée, légèrement en contrebas avec la rue, sont situés les espaces semi-publics de l’atelier : les bureaux d’un côté, la salle d’eau ainsi que la salle de rencontre avec les clients de l’autre côté. Au premier étage, dans les espaces semi-privés, on peut visiter le salon côté rue, et, côté jardin, la salle à manger et la cuisine avec une terrasse cloisonnée à l’image d’une cour intérieure. Puis, au dernier étage, les espaces privés accueillent la chambre principale

côté nord, et la chambre secondaire ainsi que la salle de bain, côté sud. L’absence de corridor ouvre les pièces les unes sur les autres et permet de faire circuler la lumière à tous les étages. Espace d’exposition de jour, maison de soir, la maison-boutique Coloniale marie les usages et les fonctions avec fluidité, permettant à un atelier de design, à des espaces de vie et des espaces privés de cohabiter harmonieusement. La force du projet est de trouver un équilibre entre diversité et identité, créant un espace unique et intemporel.


« Un peu à l’idée d’un laboratoire d’exploration, ça nous a permis de tester des espacements que nous n’aurions pu faire chez des clients et de nous rendre compte que ça fonctionnait bien, que c’était très agréable. »

89


Design d’intérieur  |  Michael Godmer + Mathieu Turgeon Entrepreneur | Les Constructions St-Dominique + Groupe construction Dubé Ébénisterie | Les Constructions St-Dominique + Lousco, Jérôme Lavoie Plomberie | Ramacieri Soligo Portes et fenêtres  |  Fenêtres Marvin + Alumilex Planchers  |  Bois d’origine + Ramacieri Soligo [Terracotta de Seneca Tile] Robinetterie | Ramacieri Soligo Céramique | Ciot [Terrazzo] + Ramacieri Soligo [Terracotta de Seneca Tile] Comptoirs | Ciot [Marbre Calacatta Arabescatto + Marbre Da Vinci] Parois de verre  |  Jacques Ladouceur Luminaires | Artemide + Lambert & Fils + Herman Miller Armoires | Les Constructions St-Dominique [Chêne blanc] Peinture | Sherwin Williams Électroménagers | Almar Mobilier intérieur  |  Herman Miller + &Tradition + Muuto + Hay + Skagerak + Crate & Barrel + Frama + Floyd Mobilier extérieur  |  Ikea + EQ3 + Coop Établi Œuvres d’art  |  Caroline Monnet + Yan Pocreau + Galerie Division Accessoires |  Ramacieri Soligo + Marc Sardi + Guy Lemyre + Céramik B + Jamais Assez + École de Pensée + Brique et pierre d’origine + Escalier d’origine peint avec carpette Tretford d’Andrée Pellicano + Terrasse de cèdre teint opaque + Laiton non laqué


93


Dossier

MXMA ARCHITECTURE & DESIGN

no 6

Précieux écrin

Texte | MXMA Architecture & Design + Isabelle Pronovost

Photos | Annie Fafard

Localisation

Montréal, Qc

Type de projet

Rénovation + Transformation

Réalisation

2018

Bâti d’origine

Années 1960

Conception

6 mois

Travaux

10 mois

Superficie

2 128 pi2 | 198 m2

Budget

$$$

94

PEARL HOUSE Conçue par l’architecte Maxime Moreau de la firme MXMA Architecture & Design, la Pearl House a été pensée comme une coquille innovante et protectrice abritant un trésor : une famille. Une famille qui souhaitait un nouveau départ dans une maison décloisonnée et ouverte sur l’extérieur afin de passer ensemble des moments privilégiés.


95


À la suite de leur arrivée au Québec en 2008, Min et Yuong élisent domicile dans un petit condo au sommet d’un grand bâtiment résidentiel de Montréal. Dix ans et deux enfants plus tard, ils sentent le besoin d’offrir à leurs bambins la possibilité de s’amuser librement dehors. Après quelques recherches, le couple originaire de la Corée du Sud tombe amoureux d’un bungalow érigé sur un vaste terrain en coin de rue et entouré d’arbres matures dans l’arrondissement de Saint-Laurent, au nord de Montréal.

l’intérieur, ajouter une chambre principale et aménager la cour arrière comme un prolongement des espaces de vie. En outre, il souhaite que le nouveau langage architectural de la maison exprime la figure d’un seul bâtiment contemporain, par opposition à un assemblage de volumes architecturaux distincts. Après avoir rencontré plusieurs firmes, Min décide de travailler avec Maxime Moreau, l’architecte et le fondateur de la firme montréalaise MXMA Architecture & Design.

Min, un passionné de design, a plusieurs idées pour moderniser sa future maison : il désire décloisonner

L’architecte imagine le bâtiment comme une grande boîte qui contient le volume de la maison d’origine

et la nouvelle chambre principale. Puis, il retire une portion de cette boîte de manière à créer un vide – la cour intérieure –, un lieu protégé qui met en valeur le grand érable au milieu du jardin. Cette soustraction permet également à la lumière naturelle de traverser tout le plan de la résidence. À l’arrière de la maison, les parois verticales et les soffites qui composent la nouvelle toiture sont recouverts de planches de cèdre rouge de l’Ouest canadien. Le même matériau est utilisé pour la grande terrasse qui encadre le rez-de-chaussée et permet aux espaces intérieurs de se poursuivre vers l’extérieur, tout en donnant l’impression d’une demeure plus vaste.

97


La maison en forme de « L » est organisée en quatre zones. Les chambres des enfants – aménagées dans la maison d’origine – tirent parti des fenêtres existantes, ce qui permet de minimiser les travaux sur les façades. La chambre principale, quant à elle, se situe dans le nouvel agrandissement. Elle comprend une grande salle de bain et une pièce-penderie. Une porte-fenêtre d’une largeur de 20 pieds permet au couple de profiter pleinement du jardin depuis sa chambre. À l’autre extrémité se trouvent les espaces fonctionnels, soit un garage et un vestibule avec un coin laverie. Au centre, le salon, la cuisine et la salle à manger sont regroupés pour former une grande pièce

98

de séjour au cœur de la maison. Avec une hauteur de 15 pieds et de généreuses fenêtres du plancher au plafond, cette pièce spacieuse invite les membres de la famille à passer ensemble des moments privilégiés tout en profitant d’une lumière naturelle abondante et d’une vue apaisante sur la végétation extérieure. La couleur noire, qui dans la culture coréenne représente l’existence et la maîtrise, se déploie sur différentes surfaces. La coquille de métal noir qui enveloppe le corps de la maison se replie à l’intérieur pour devenir un grand meuble noir : il s’étend de la cuisine au salon et offre de généreux espaces de

rangement d’un esthétisme minimaliste. Cette riche couleur – qui contraste avec la clarté des sols en chêne blanc – est également reprise pour l’îlot et les comptoirs. Ainsi, le style intégral de la cuisine donne au cœur de la maison l’image d’un nouveau départ, une représentation culturelle très importante pour les propriétaires. Souhaitons que cet invitant sanctuaire conçu par l’architecte Maxime Moreau constitue non seulement une nouvelle étape dans la vie de cette famille, mais aussi un lieu qui continue de leur ressembler pour au moins les 10 prochaines années.


99


Équipe de conception  |  Maxime Moreau + Isabelle A. Jolicœur + Gabrielle Morin Collaboration | GMV3D [Francis Raymond] Ingénierie | NCK Inc. Entrepreneur | Demonfort Revêtement extérieur  |  Groupe Concept PV Portes + Fenêtres  |  Alumilex Planchers | Italbec Mobilier intérieur  |  Kastella + Mobilia

101


Dossier

SOCIÉTÉ DESIGN

no 7

Au gré des saisons

Texte | Société Design + Dave Richard

RÉSIDENCE MARLINGTON

Photos | Phil Bernard

Dans une campagne anglaise des Cantons-de-l’Est, en plein cœur d’un terrain de plus de 180 acres, Société Design a été invitée à concevoir une somptueuse propriété familiale offrant une vue imprenable sur les montagnes à l’horizon. Entourée d’herbe, de vallons et de forêt, la résidence Marlington siège discrètement sur le plateau le plus élevé du faible dénivelé du terrain, bénéficiant du plus large point de fuite possible et d’une totale intimité.

Localisation

Cantons-de-l’Est, Qc

Type de projet

Construction neuve

Réalisation

2015

Conception

18 mois

Travaux

13 mois

Superficie

4 300 pi2 | 400 m2

Budget

$$$

102


103


La demeure a d’abord été imaginée sur un seul niveau, mais la chambre principale, le walk-in, une salle de bain, un bureau et un coin lecture ont finalement été aménagés sur un second étage, étant donné une empreinte au sol s’étendant déjà sur plus de 4 300 pi2. Ce nouvel étage, comme un genre de suite isolée du reste de la maison, a aussi permis l’ajout d’un potager et d’une terrasse sur le toit du garage. Puisque l’accès à la propriété est situé du côté opposé au panorama, la découverte de la résidence se fait progressivement. Dès l’arrivée, une suite de panneaux sculpturaux perforés en acier Corten longent le chemin menant à la porte

104

d’entrée principale, créant un couloir avec le garage double. Ces panneaux ont l’effet d’un bijou, ajoutant à eux seuls une touche résolument moderne et originale au bâtiment et réchauffant son aspect général, autrement sobre, revêtu majoritairement d’aluminium gris ou brun foncé. À certains moments de la journée, les perforations de l’acier créent des jeux de lumière jusque dans la maison. Les mêmes panneaux ont aussi été installés à l’arrière, près de l’entrée du séjour des enfants et longeant la dalle de béton menant au spa. À l’intérieur, le programme des pièces suit une progression logique : vestibule, mudroom, escalier adossé à la mécanique, d’abord ; puis le séjour ouvert sur la salle à manger et la cuisine, presque

entièrement fenêtrés ; une buanderie discrète adossée au garde-manger walk-in. Le design intérieur est sobre, mais chaleureux, et s’accorde à la nature omniprésente. Les fluctuations du paysage inspirent des couleurs accent chaque saison. Différentes hauteurs de plafond délimitent les espaces intérieurs à aire ouverte. De plus, toute une section de la maison a été réservée aux enfants de la famille, séparée par une porte coulissante. Les enfants ont même eu la chance de choisir les finis de la section. Sur les murs, on y trouve d’ailleurs du pin noueux, qui n’a été utilisé nulle part ailleurs dans la maison. Cette section comprend deux chambres, un séjour, une salle de bain et un bureau.


105


« La propriétaire souhaitait au départ un plan sur un seul niveau par souci de durabilité ; elle souhaitait habiter la maison longtemps, et parfois, avec l’âge, les escaliers deviennent problématiques. Par contre, elle craignait que le niveau unique soit trop vaste et crée une impression de vide. Un compromis a donc été trouvé. »

106


« On entre dans la résidence et c’est comme si, lentement, elle s’ouvrait ; les pièces s’élargissent et l’immense fenestration donnant sur le paysage se déploie tout au fond, décloisonnant complètement l’arrière de la maison. L’effet est impressionnant. » Difficile de ne pas faire éloge du magnifique escalier sur mesure, de toute beauté, à la fois massif à sa base, puis léger, aérien, en hauteur. Sa dualité est saisissante et poétique, tout à fait organique. Ses marches basses en béton poli, larges et pleines, ont été ornées de pièces de noyer noir, très chic. Dans la seconde section, le béton disparaît, le noyer s’amincit et de fins tuyaux de métal servent de soutien et de garde-corps, éliminant du coup les contremarches. À l’étage, il ne reste plus qu’un garde-corps de verre.

La transition est complète : l’escalier semble s’être dissout dans l’air. « Le projet a été conçu avec un souci écologique constant. L’idée d’un foyer de masse a d’abord été envisagée comme moyen principal de chauffage, mais a vite cédé place à l’option de la dalle radiante conjuguée à une orientation solaire passive plein sud. La palette simple de matériaux a également été choisie en tenant compte de leur durabilité et de leur besoin d’entretien minimal. » Béton, bois chauds, métal noir, verre… Conjugués au blanc pur des murs et des plafonds, les finis sont pratiques et sans prétention, pour laisser toute la place au panorama, à la lumière, mais aussi à la vraie vie de famille.

« Nous avons réussi à intégrer harmonieusement la résidence dans son environnement. Elle n’obstrue pas la vue et se moule à la pente douce du terrain. Le majestueux escalier sur mesure est assurément un coup de cœur sur le plan du design. Finalement, la fenestration valorisée au sein de chaque espace laisse entrer un flot de lumière naturelle exceptionnel, tout en cadrant le paysage qui change saison après saison, véritable galerie vivante. » Comme un nid chaleureux dans la nature, un précieux refuge, la résidence Marlington offre à ses propriétaires splendeurs, tranquilité et luxe au quotidien. Élégant écrin, lumineuse et vaste, elle leur permet de jouir confortablement des tableaux perpétuellement nouveaux alentour.

107


Luminaire | Aim, de Flos [cuisine] + Panneaux perforés d’acier Corten + Revêtement mural en pin noueux + Armoires de cuisine et îlot de noyer noir sur mesure + Dalle radiante de béton poli


110


ARCHITECTES + DESIGNERS ATELIER BARDA 5795, avenue de Gaspé, bureau 214 Montréal (Québec)  H2S 2X3 514 360-2223 AtelierBarda.com | contact@atelierbarda.com Création : 2014 ­|  Employés : 8 Dirigeants principaux Antonio Di Bacco, architecte OAQ, cofondateur + Cécile Combelle, m. arch. cofondatrice + Kevin Botchar, architecte OAQ. + Kim Sansregret, m.arch + Thomas Guilhen, m.arch + Basile Van Laer, m.arch + Fabrice Doutriaux, designer, B.A.,T.P. arch + François Olivier-Gouriou, designer d’intérieur Secteurs d’activité Architecture Design d’intérieur

Fondé en 2014, l’Atelier Barda est un cabinet d’architecture dont la pratique s’appuie sur un désir commun d’articuler une pensée constructive et une approche sensible de l’espace afin de répondre de la façon la plus appropriée aux besoins de chaque client, avec pour principe de « redéfinir pour mieux expérimenter ». Son équipe place la singularité de chaque projet et son contexte au cœur même de sa méthodologie.

Projets marquants • Maison Gauthier (Mont-Tremblant, Qc) • Résidence Alma (Montréal, Qc) • Résidence Villeneuve (Montréal, Qc)

Prix + Mentions : • Architect’s Directory – 20 Promising Emerging International Practices, Wallpaper* Magazine, UK, 2020 • Canadian Interior Award au Best of Canada Design Awards, catégorie Résidentiel, Appartement St-Laurent, 2017 • Canadian Interior Award au Best of Canada Design Awards, catégorie Résidentiel, Résidence Villeneuve + Maison Gauthier, 2018

Spécialités Projets résidentiels + commerciaux

APPAREIL ARCHITECTURE 5520, rue Chabot, bureau 301 Montréal (Québec)  H2H 2S7 438 875-6960 AppareilArchitecture.com info@appareilarchitecture.com Création : 2010 | Employés : 10 Dirigeante principale Kim Pariseau Secteurs d’activités Architecture Design d’intérieur Design de produit ou industriel Design d’intérieur Mobilier

Fondée par l’architecte Kim Pariseau en 2010, Appareil Architecture est une firme multidisciplinaire dont la mission est de concevoir des environnements de qualité, sur mesure et uniques, à l’image de leurs occupants. Les projets d’Appareil sont enracinés dans la culture nordique, tant du point de vue des techniques de construction, de l’esthétisme, du choix des matériaux et de l’application d’un savoir-faire local. Chaque mandat fait l’objet d’un travail concerté entre les membres de l’équipe et leurs collaborateurs, dans le but de tirer profit des contraintes de chaque projet afin de concevoir une architecture significative. Aujourd’hui, l’équipe se compose d’architectes, de designers, de technologues ainsi que de nombreux collaborateurs. Tous s’intéressent à une architecture intemporelle fortement inspirée de nos origines.

Projets marquants • Chalet Grand-Pic (Austin, Qc) • Pastel Rita (Montréal, Qc) • BESIDE Cabins (Rawdon, Qc)

Spécialités Aménagement intérieur Mobilier sur mesure Projets résidentiels + commerciaux

111


ARCHITECTES + DESIGNERS ATELIER ZÉBULON PERRON 6250, rue Hutchison, bureau 402 Montréal (Québec)  H2V 4C5 514 844-6357 ZebulonPerron.com | info@zebulonperron.com Création : 2008  |  Employés : 13 Dirigeants principaux Zébulon Perron, directeur créatif et fondateur Anik Mandalian, architecte associée Spécialités Projets commerciaux Bars + restaurants

Fondé en 2008, Atelier Zébulon Perron est un cabinet de design spécialisé en aménagement commercial ayant développé une expertise reconnue en hôtellerie dont certains bars et restaurants sont devenus des incontournables de la scène montréalaise. L'Atelier signe aujourd’hui plus d’une centaine de projets, tous conçus en étroite collaboration avec ses clients. Fermement engagé envers la qualité et le succès de ses projets, Atelier Zébulon Perron se positionne aujourd’hui comme un acteur de référence dans le milieu, se distinguant notamment par son attention particulière portée à l'élaboration de détails ainsi que par la création d'objets, luminaires et meubles conçus sur mesure.

Projets marquants • Four Seasons Hôtel (Montréal, Qc) • Un Po Di Piu (Montréal, Qc) • Café Gentile (Westmount, Qc)

Prix + Mentions • Grand Prix du Design 2019, catégorie Bar, lounge et boîte de nuit Marcus / Four Seasons Hôtel Montréal

Secteurs d’activités Architecture Design intérieur Design d’objets Mobilier sur mesure

CHEVALIER MORALES 5605, avenue de Gaspé, bureau 605 Montréal (Québec)  H2T 2A4 514 273-9277 ChevalierMorales.com | info@chevaliermorales.com Création : 2005  |  Employés : 35 Dirigeants principaux Stephan Chevalier, architecte Sergio Morales, architecte Spécialités Projets résidentiels + culturels+ institutionnels Secteur d’activité Architecture

112

Au printemps 2005, Stephan Chevalier et Sergio Morales joignent leurs efforts en créant l’agence Chevalier Morales. Motivé par un désir commun de concevoir une architecture sensible et responsable et animé d’un désir d’excellence et de rigueur, le duo s’intéresse particulièrement à la manière dont une lecture sans cesse renouvelée du contexte, au sens large, peut donner naissance à une architecture prenant racine dans son territoire culturel. Au cours des dernières années, le travail de Chevalier Morales a été récompensé par de nombreux prix et distinctions. En 2018, l’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC) a décerné à la firme son Prix du cabinet d’architectes de la relève.

Projets marquants • Bibliothèque de Drummondville (Drummondville, Qc) • Maison de la littérature (Québec, Qc) • Résidence Roy-Lawrence (Sutton, Qc)

Prix + Mentions • Grand Prix d’excellence de l’OAQ 2019 + Médaille du Gouverneur général en architecture 2020 Bibliothèque de Drummondville • Grand Prix d’excellence de l’OAQ 2017 + Prix d’excellence de l’OAQ 2017, catégorie Bâtiment culturel + Médaille du Gouverneur général en architecture 2018 + Mérites d’architecture de la Ville de Québec 2016, catégorie Bâtiments municipaux Maison de la littérature • Prix d’excellence de l’OAQ, catégorie Résidence unifamiliale Résidence Roy-Lawrence, 2015


ARCHITECTES + DESIGNERS FAUVES MAISON DE DESIGN INTÉRIEUR Montréal + Kamouraska (Québec) 514 707-3121 MaisonFauves.com | info@maisonfauves.com Création : 2017  |  Employée : 1 Dirigeante principale Zoé Grenier-Laroche, designer fondatrice Spécialités Projets résidentiels + commerciaux + institutionnels + corporatifs

Fauves est une maison de design d’intérieur québécoise œuvrant dans les milieux ruraux ou urbains, dans les secteurs commerciaux, corporatifs, institutionnels et résidentiels. Zoé Grenier-Laroche, la designer fondatrice, croit fermement que le design d’intérieur a une influence positive sur le bien-être, le confort physique et psychologique des usagers d’un espace. La maison planifie, conçoit et administre des projets d’aménagement intérieur adaptés aux différentes réalités de ses clients, avec sensibilité, astuce et professionnalisme où les espaces engendrent des expériences sensorielles stimulantes, que ce soit grâce à des éléments de design biophilique ou d’autres qui font appel aux souvenirs et à la nostalgie.

Projets marquants • Bibliothèque municipale de La Pocatière (La Pocatière, Qc) • Résidence Foucher (Montréal, Qc) • Bureaux de Web Hosting Canada (Montréal, Qc)

Secteurs d’activité Design d’intérieur

LINÉAIRE ÉCOCONSTRUCTION 177, boulevard Nilus-Leclerc L’Islet (Québec)  G0R 2C0 418 607-0697 Lineaire-Ecoconstruction.com info@lineaire-design.com Création : 2005  |  Employés : 10 à 12 Dirigeants principaux Samuel Pépin-Guay Dominique Pépin-Guay Hubert Champagne Spécialité Projets résidentiels Secteur d’activité Architecture

Fondée en 2005, Linéaire Écoconstruction propose une vision du bâtiment d’aujourd’hui basé sur le métissage des méthodes ancestrales de charpenterie et des techniques contemporaines de construction. C’est après plusieurs années dans le domaine de la récupération de bâtiments anciens, de la restauration patrimoniale et du mobilier sur mesure que ses fondateurs ont réussi à réunir les deux passions qui les animent : la charpente traditionnelle à tenon et mortaise et le bâtiment écoresponsable. Avec pour objectif premier de créer des espaces sains et respectueux de l’environnement tout en offrant une remarquable qualité de conception et de fabrication, l’entreprise a su faire sa place en réalisant plus d’une centaine de projets aux quatre coins du Québec.

Projets marquants • Maison-modèle Ultima Éco™ (L’Islet, Qc) • Maison Lowry, en collaboration avec Rocket Construction (Sutton, Qc) • La Grande Lucarne, en collaboration avec Boon Architecture (Saint-Denis-de-la-Bouteillerie, Qc)

Prix + Mentions • Galons de la semaine APCHQ • Projet de recherche avec l’aide du Ministère de l’Économie et de l’Innovation Maison-modèle Ultima Éco™ • Living Building Challenge Maison-modèle Ultima Éco™ en cours de certification

113


ARCHITECTES + DESIGNERS MICHAEL GODMER DESIGNER 3826, avenue Coloniale Montréal (Québec)  H2W 2B6 514 616-1656 Godmer.com | info@godmer.com Création : 2017  |  Employés : 3 Dirigeant principal Michael Godmer

C’est en 2017 que Michael Godmer met sur pied son atelier du même nom ayant pour désir de consacrer sa pratique à la rénovation résidentielle de bâtiments d’époque. Grâce à ses formations en design d’intérieur et en design de l’environnement, ainsi que son expérience au sein de mandats d’envergure, il met de l’avant une approche multidisciplinaire dans le but de créer des espaces intemporels, simples et authentiques, où cohabitent l’histoire des lieux et celle de ceux qui l’habitent. Avec son équipe, il s’assure que chaque projet soit réalisé avec soin et que tous les éléments s’assemblent pour composer des espaces s’adaptant aux besoins de ses clients.

Projets marquants • Résidence Esplanade (Montréal, Qc) • Résidence Coloniale (Montréal, Qc) • Résidence Elmwood (Montréal, Qc)

Spécialités Aménagement intérieur Mobilier sur mesure Projets résidentiels Secteur d’activité Design d’intérieur

MXMA ARCHITECTURE & DESIGN 4211, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 302 Westmount (Québec)  H3Z 1P6 514 746-9057 MXMA.ca | admin@mxma.ca Création : 2016  |  Employés : 4 Dirigeant principal Maxime Moreau Spécialités Projets résidentiels, commerciaux Terrasses et jardins Secteurs d’activités Architecture Design d’intérieur

114

MXMA Architecture & Design est une firme d’architectes passionnés par la conception et la réalisation de projets d’architecture. Leurs réflexions singulières surpassent la fonction et le statu quo homogène. MXMA souhaite produire des expériences, offrir un sens aux lieux qu’elle aménage et, par-dessus tout, inspirer les gens grâce à une pratique rassembleuse. Elle favorise le travail d’équipe et le partage des intuitions pour générer des solutions innovatrices. Chaque œuvre architecturale y est pensée de manière distinctive dans le but de créer des atmosphères qui conviennent au bâtiment, puis d’éveiller la curiosité des occupants et de leur procurer des émotions, et ce, peu importe l’échelle du projet.

Projets marquants • Studio RCA Victor (Montréal, Qc) • Résidence Rockland (Montréal, Qc) • Résidence LeJeune (Montréal, Qc)


ARCHITECTES + DESIGNERS SOCIÉTÉ DESIGN 514 458-3090 SocieteDesign.ca | info@societedesign.ca Création : 2011  |  Employés : 2 Dirigeants principaux Simon Sauvé Maryse L’Archevêque Spécialités Aménagement intérieur Mobilier sur mesure Projets résidentiels Transformation de bâtiments existants

Société Design est née de la complémentarité de deux humains partageant un puissant désir de créer des espaces de vie adaptés à chaque client. C’est en 2011 que Maryse L’Archevêque et Simon Sauvé fondent leur firme de design spécialisée dans la création et la transformation d’architecture résidentielle. Leur signature au style épuré met à profit l’architecture, l’ergonomie et la lumière naturelle dans l’espace habitable. Le duo perfectionne chaque design et rehausse la qualité du livrable avec leur ligne de mobilier sur mesure. Cette approche intégrale, avec une prise en charge complète d’un projet, leur permet de créer des environnements hautement personnalisés.

Projets marquants • Résidence des Gouverneurs (Repentigny, Qc) • Résidence des Saules (Montréal, Qc) • Résidence de l’Érablière (Cantons-de-l’Est, Qc)

Secteurs d’activités Architecture Architecture de paysage Design d’intérieur Gestion de projets

115


Design & fabrication écologique sur-mesure.

116

hh.ca


Vue de la collection Wet Metal de Éditions 8888. Photo  |  Alex Blouin.

MOBILIER D’ICI « Le point de départ est souvent l’utile, avant la recherche du beau, même si les deux sont indissociables. » |  Guillaume Delvigne, designer

117


Mobilier d’ici HUPPÉ

TOUJOURS PLUS HAUT (DE GAMME)

Texte | Huppé + Dave Richard

Photos | Huppé

118

Fondée en 1967 par Raymond Hamel, Aurèle Huppé et Sylvio Huppé, Huppé est fièrement canadienne et bénéficie du savoir-faire d’une équipe d’artisans chevronnés et de designers de grand talent depuis plus de 50 ans. À ses débuts, l’entreprise ne fabriquait que des coffres en cèdre, mais profitait déjà d’une réputation enviable en raison de leur durabilité. Aujourd’hui, les pièces de mobilier de son catalogue sont extrêmement variées et distribuées dans plus de 250 magasins en Amérique du Nord. Les collections de Huppé sont intemporelles, contemporaines et haut de gamme ; on y trouve de tout pour la maison, allant du mobilier de bureau à celui de la salle à manger, en passant par la chambre et le salon. Huppé s’est même associée dernièrement à la marque d’éclairage indépendante From Lighting pour ajouter une gamme de luminaires aussi ludiques que fonctionnels à son offre.

Il faut une vingtaine d’étapes de fabrication pour qu’un meuble Huppé passe de l’atelier à la maison de l’acheteur ; à chacune de ces étapes, l’équipe de Huppé travaille avec minutie et dans le plus grand soin, pour que chaque pièce dure longtemps. L’étape de finition à elle seule comporte une dizaine d’interventions différentes, toutes effectuées à la main, selon l’effet désiré de chaque client.

« À une époque pas si lointaine, c’est la qualité qui guidait l’achat d’une pièce de mobilier plutôt que son prix. Trop souvent, aujourd’hui, les meubles paraissent haut de gamme, mais ne sont pas durables ; ils brisent, s’abîment ou se démodent. », explique Joël Dupras, designer à la tête du département design et direction artistique.

« Je crois que l’ergonomie et le style sont aussi importants l’un que l’autre. » L’ergonomie, le style… Mais aussi la qualité des matériaux et le savoir-faire artisanal. Chez Huppé, les cuirs sont véritables, pleine fleur et traités d’une coloration semi-aniline qui atténue les marques naturelles de la peau et augmente l’homogénéité du fini ; les tissus


sont variés et de qualité supérieure, coupés à la main au ciseau et cousus avec des fils hautement résistants ; les bois sont massifs, d’apparence riche et élégante. La structure des sofas Huppé est garantie à vie. La combinaison des techniques de collage et de vissage de chaque meuble est assurée par des menuisiers attentionnés pour qu’il réponde aux plus hauts standards et soit d’une robustesse à toute épreuve. En tant qu’entreprise citoyenne responsable, Huppé s’est engagée à adopter, chaque fois que possible, des pratiques favorisant la protection de l’environnement. Elle a par exemple investi 350 000 $ dans l’achat et l’installation d’un système de récupération de chaleur et d’échange d’air qui lui permet de récupérer la chaleur émise dans ses chambres d’application de teinture et de vernis pour chauffer

l’usine. Par le fait même, elle réduit sa consommation de gaz naturel de 75 % et diminue sa production de gaz à effet de serre de 104,5 tonnes nettes de gaz par année. Pour chaque lit vendu, Huppé verse également 4 $ à Arbres Canada pour qu’un arbre soit planté en son nom. Dès 2017, 2 500 arbres étaient plants grâce à l’entreprise, et ce nombre augmente d’année en année. « Acheter local, c’est créer des emplois locaux, avec de bonnes conditions de travail, et développer une expertise locale. Je crois que les produits de mobilier québécois, en ce qui a trait à leur qualité et leur style, n’ont rien à envier à celles des grands manufacturiers européens. » Suffit de parcourir le catalogue de produits de Huppé pour s’en convaincre.

Huppé 225, rue de la Jacques-Cartier Victoriaville (Québec)  G6T 1Y1 819 758-1529 Huppe.net  huppemeubles   huppefurniture

119


Félix Michaud

Mobilier d’ici HH_À HAUTEUR D’HOMME

CRÉER POUR DE BON

À Hauteur d’homme (Hh) nait en 2009 de la volonté de concevoir des pièces de design de manière responsable. L’idée première était de travailler avec une matière renouvelable comme le bois, afin d’offrir une option écologique et durable dans le domaine du mobilier résidentiel sur mesure, et plus particulièrement le design de cuisine. « J’ai démarré Hh à mon retour de maîtrise en Allemagne. J’avais envie de mettre sur pied une entreprise qui valoriserait le bois et qui serait moderne dans son approche, qui aurait des valeurs de son temps », explique Louis-Philippe Pratte, son fondateur.

Texte | Lorène Copinet

Photos | Hh_À Hauteur d’homme

120

Dix ans plus tard, il continue la réflexion et va au-delà du simple fait d’utiliser un matériau durable : il prône une forme de décroissance, en abordant en abordant, entre autres, la question de la réduction des ressources ainsi que la notion de « réparabilité » dans les designs qu’il conçoit. Avec ses associés Benoit Paquette et Marco Miner, il développe une entreprise

qui veut faire les choses autrement, à la hauteur des défis qui nous attendent collectivement. Les lignes simples et épurées qui caractérisent les cuisines et pièces de mobilier du catalogue de la compagnie montréalaise sont le reflet d’une étude en profondeur pour minimiser son impact écologique. Hh est connue pour concevoir du mobilier sur mesure à l’aide de produits écologiques, locaux autant que possible et à partir de matière recyclée selon la disponibilité. Dans les dernières années, Hh a développé un système sans caissons pour la cuisine qui mise sur une


structure en acier afin de remplacer les nombreux panneaux de particules de bois, réduisant ainsi considérablement le temps en atelier, les coûts de transport, en proposant une alternative à cette matière qui n’ajoute pas véritablement de valeur à la cuisine. Selon Louis-Philippe, la surconsommation omniprésente est rendue problématique, et les entreprises doivent prendre leurs responsabilités afin de ne pas nourrir les excès et les besoins inutiles : « Dans ma démarche de designer, je me pose toujours la question : comment répondre à une fonction avec le moins de matière possible ? »

Créer des produits qui durent. Créer pour longtemps, pour de bon. Réduire et réparer. Pour durer, un produit doit pouvoir se réparer dans 10, 15 ou 20 ans. Nombre de produits offerts en ébénisterie sont propres aux tendances - notamment en ce qui a trait aux finis - et la compagnie veut avoir encore accès aux matières utilisées le temps venu. Ainsi, À Hauteur d’homme souhaite contribuer à la réflexion avec ses clients, qu’il s’agisse de projets résidentiels avec les particuliers, lors de collaborations avec des architectes, ou encore à travers des projets de grande échelle, comme par exemple Beside Habitat.

Hh_À Hauteur d’homme 2260, avenue Aird, bureau 104 Montréal (Québec)  H1V 2W6 514 419-2429 Hh.ca  

  ahauteurdhomme

121


Mobilier d’ici DE GASPÉ

MOINS, MAIS MIEUX

C’est en 2014 que le studio de design et d’ébénisterie montréalais De Gaspé a été fondé par quatre amis – Nicolas Turgeon, Robin de Millo Terrazzani, Frederic Landry et Benoit Therrien – souhaitant combler l’écart existant entre la production massive de pièces de mobilier standardisées et la production de pièces créées complètement sur mesure. Les fondateurs se donnaient alors comme mission d’offrir à leurs clients des meubles adaptés à leurs besoins, vendus à des prix raisonnables et qu’ils ne retrouveraient pas chez tout un chacun. Ils ont donc concentré leur pratique sur la conception d’un mobilier au design simple et personnalisable, confortable, produit localement, élaboré à partir de matériaux de qualité et réalisé grâce à des procédés respectueux de l’environnement.

Texte | Léonie Hottote

Photos | De Gaspé

122

« Nous réalisons nos ventes, entres autres, par l’entremise de notre site web et de notre salle de montre. Que ce soit en personne ou sur internet, le client choisit d’abord le modèle qu’il convoite, puis l’essence de bois et les dimensions. Notre plateforme web, bien conçue et conviviale, permet d’avoir un

aperçu du résultat avant de passer sa commande. Chaque meuble est ensuite fabriqué à la pièce selon ses spécificités, dans un délai de 12 semaines », explique l’entreprise. C’est en réalisant la marge de vente exigée par les commerces de meubles que l’équipe de designers a modifié son approche, prévoyant jusque-là se consacrer uniquement à l’ébénisterie. Aujourd’hui bien établie, l’entreprise vend son mobilier au même prix qu’elle l’aurait vendu aux boutiques. Le fait d’éliminer un intermédiaire permet d’optimiser le rapport qualité-prix de chaque pièce. Promouvant une vision à long terme, De Gaspé prône la maxime : « Achetez moins, mais achetez


mieux. » En ce sens, la qualité de ses produits et leur simplicité esthétique sont pour elle d’une grande importance, assurant leur pérennité. Dans l’absolu, De Gaspé aspire à ce que ses clients puissent conserver ses produits toute leur vie, qu’ils durent même au-delà. C’est aussi avec un souci constant pour l’environnement et l’achat local que De Gaspé fabrique ses différentes collections. Pour réduire le transport de ses matières premières, elle utilise uniquement du bois et de l’acier qui proviennent de forêts et d’aciéries canadiennes. En partenariat avec Eden Reforestation, elle s’est même engagée à planter 100 arbres par meuble acheté sur son site web, afin d’assurer que ceux-ci aient une empreinte carbone neutre.

« Nous offrons également des solutions en ameublement pour le marché commercial, d’entreprise et éducationnel et créons des environnements humains adaptés au travail post-pandémie. On trouve sur notre boutique en ligne une gamme complète de produits qui correspondent à l’ensemble des besoins d’une organisation : des îlots de travail, des tables conférences, des tables collaboratives, etc. Et parce que nous savons à quel point il est important que les locaux d’une compagnie soient en cohérence avec son ADN, nous concevons et fabriquons aussi des meubles sur mesure lorsque nécessaire », précise l’entreprise. Présentement en rénovation, la salle de montre de la marque ouvrira sur l’avenue du Parc, à Montréal, dans le courant de l’automne. Il nous tarde de la découvrir !

De Gaspé 1415, rue Mazurette Montréal (Québec)  H4N 1G8 514 383-4538 DeGaspe.ca  degaspe 

  degaspe_

123


Mobilier d’ici KASTELLA

PRENDRE LE TEMPS

Texte | Samuel Gauvreau Des Aulniers

Photos | Kastella

124

Avant d’avoir pignon sur rue en plein cœur de Montréal, Kastella produisait ses meubles sur mesure en bois massif à partir d’un petit atelier. Maintenant un incontournable du design de mobilier au Québec, Kastella a su rester fidèle à la vision de son fondateur, Jason Burhop, toujours à la tête de l’entreprise 20 ans plus tard, et continue de concevoir des pièces intemporelles, où la simplicité laisse tout de même place à l’ajout de détails réfléchis. Dans la boutique du boulevard Saint-Laurent, le temps semble ralentir. Le brouhaha urbain s’arrête dès le passage de la porte. Le béton laisse place au bois ; massif et soigneusement travaillé. En observant les meubles – chaises, tables, bibliothèques et lits –, c’est la finesse artisanale qui saute aux yeux ; on reconnaît la signature Kastella grâce à son traitement contemporain des bois durs. Une approche que Jason Burhop et son équipe qualifient de « fondamentalement montréalaise ».

Bien que l’entreprise crée maintenant du mobilier standard, la confection de meubles sur mesure est toujours centrale. Depuis la fondation de Kastella en 2001, Burhop a conçu une soixantaine de modèles ; la collection officielle actuelle compte plus de 30 pièces, et chacune d’entre elles est réalisée sur commande et finie avec des huiles naturelles ou des laques à base d’eau. En parallèle de l’offre en boutique, Kastella continue de signer des meubles personnalisés


pour des projets résidentiels en collaboration avec des architectes et designers locaux. La forte philosophie de l’entreprise règne aussi dans son large atelier de 12 000 pieds carrés. L’équipe de minutieux ébénistes travaille avec des bois durs comme le noyer noir, le chêne blanc d’Amérique et l’érable du Québec, qui sont durables et résilients. Ils les traitent avec un évocateur mélange de

techniques traditionnelles et modernes. Ce choix de matière première permet à la compagnie d’offrir des pièces de haute qualité s’adaptant à tous les types d’espaces et qui ont le potentiel de durer toute une vie. Depuis ses débuts, Kastella refuse de succomber aux tendances et reste fidèle à sa mission première : fabriquer des meubles de qualité et prendre le temps de bien le faire.

Kastella 5355, boulevard Saint-Laurent Montréal (Québec)  H2T 1S5 514 270-2444 Kastella.ca   kastella 

  kastella_furniture

125


Mobilier d’ici LOEVEN MORCEL + OH MOBILIER

EN CONSTANTE ÉVOLUTION

Depuis la fondation de l’ébénisterie architecturale Loeven Morcel, au début des années 1990, son équipe a développé une expertise hors pair dans la création de mobilier haut de gamme sur mesure. À l’approche de son 30e anniversaire, la compagnie montréalaise lance OH Mobilier, sa toute première collection de mobilier traditionnel. On y retrouve la même finesse et la même attention aux  détails qui ont forgé la réputation de Loeven Morcel au fil des ans. En 1991, Alain Morcel et Frédéric Loeven prenaient possession d’un atelier de 1 200 pieds carrés sur la rue Masson, à Montréal, et y fondaient Loeven Morcel. Rapidement, les habiletés d’ébéniste du duo se sont fait remarquer et le sceau de la compagnie est vite devenu synonyme de haute qualité.

Texte | Samuel Gauvreau Des Aulniers

Photos | Loeven Morcel

126

En 1996, un an après le départ de Frédéric Loeven pour l’Ouest canadien, Alain Morcel devenait seul propriétaire de l’entreprise et déménageait son atelier dans un plus grand espace, sur la rue Fullum. Cet agrandissement – nécessaire – lui permettrait

durant les années suivantes de poser les fondations d’une croissance organique, qui a notamment mené à la numérisation du processus de création de l’atelier, grâce à l’implantation du contrôle numérique et de la fabrication assistée par ordinateur. La progression de Loeven Morcel s’est ainsi poursuivie jusqu’en 2011, conduisant à un nouveau déménagement, cette fois-ci dans un espace de 17 000 pieds carrés, abritant à la fois son usine et ses bureaux. En 2015, c’est Éric Daigle, employé depuis 2000, qui devenait associé et directeur de l’usine. Cette évolution constante culminait enfin en 2020, alors que l’entreprise, à ce


jour uniquement spécialisée dans la réalisation de mobilier sur mesure, prenait la décision de lancer en parallèle une collection de mobilier haut de gamme. Fidèle à ses standards rigoureux, cette première collection, Halo, se compose de pièces raffinées, entièrement conçues et fabriquées sur demande à Montréal. Comprenant une table de chevet, deux commodes-buffets et un bureau ajustable permettant de travailler assis et debout, la collection met en vedette différentes essences de bois, conjuguées de manière à créer des motifs. La gamme OH Mobilier est

aussi, pour Loeven Morcel, une occasion de mettre à profit les retailles de ses projets sur mesure, notamment dans la fabrication des boîtes de livraison des tables d’appoint Halo 01. Il y a 30 ans, Loeven Morcel voyait le jour dans un petit atelier de la rue Masson ; en privilégiant la qualité, sans compromis, à la quantité, la compagnie montréalaise est devenue une référence positive dans l’industrie, et sa collection OH Mobilier risque fort de consolider son statut.

Loeven Morcel 2300, rue Dandurand Montréal (Québec)  H2G 1Z7 514 948-5155 LoevenMorcel.com  

  loevenmorcel

127


Mobilier d’ici MESURE

DIMENSION NOUVELLE

Texte | Léonie Hottote + Dave Richard

Photos | Mesure

128

Née de l’idée d’offrir des produits et du mobilier conçus avec un souci du détail et une qualité sans compromis à un prix démocratique, l’ébénisterie Mesure a été fondée par Lambert Rainville, Nicholas Sangaré et Jean-François Gagnon. Aboutissement d’une réflexion commune quant à l’attrait et à la pertinence d’entretenir une proximité entre designer et fabricant, Mesure combine un design approfondi à une expertise et des matières locales afin d’offrir des solutions cohérentes et durables pour la fabrication de mobilier résidentiel et la réalisation de projets commerciaux. Son catalogue se compose de chaises, de tables, de bibliothèques, tous conçues et fabriquées dans une vision de pérennité. C’est à la suite de ses études en design industriel que Jean-François Gagnon s’est d’abord joint au duo fondateur du studio pluridisciplinaire Rainville Sangaré afin d’y pendre en charge la fabrication d’éléments de bois dessinés par Lambert et Nicholas, mais très vite, il prit également part aux étapes de conception. Ces premières collaborations étroites ont permis aux trois créateurs de constater un meilleur rendement autant dans l’utilisation des ressources premières que des méthodes de fabrication utilisées en atelier. Lentement, l’idée de mettre sur pied Mesure a germé, puis en 2020, la nouvelle entreprise voyait le jour, s’installant dans un atelier du quartier Rosemont, à Montréal.

« Ultimement, pour nous, le but de Mesure est de développer une expertise, un savoir-faire dans la fabrication d’éléments en bois massif. En plus de bâtir un catalogue propre à Mesure, nous souhaitons aussi développer des produits en collaboration avec des clients, avec d’autres designers, avec des architectes… Mesure est aussi membre de la Coop Établi, une coopérative québécoise de designers et de fabricants. En tant que membre, Mesure peut également fabriquer toutes les pièces du catalogue de la coop. » La vision des fondateurs de Mesure est d’ailleurs très proche, inévitablement, de celle des membres


de la Coop, c’est-à-dire d’offrir du mobilier résidentiel d’une qualité exceptionnelle à un prix pouvant convenir à un large éventail de clients. Même chose en termes de développement durable : tout comme la coopérative, Mesure privilégie et encourage la sélection d’essences de bois recueillies localement et l’utilisation de produits de finition naturels. Le bois est une matière noble, durable et surprenante ; tous les produits de Mesure sont faits de bois certifié FSC et chaque projet est conçu dans une vision de pérennité. L’équipe de Mesure met de l’avant sa créativité et ses connaissances diverses en conception de mobilier pour optimiser et tirer avantage des techniques de fabrication modernes, permettant une plus grande efficacité et une plus grande précision, même si, au

final, c’est le travail soigné de l’ébéniste qui assure la réussite de chaque pièce et la rend unique. En plus de proposer sa collection de meubles résidentiels, l’ébénisterie réalise du mobilier sur mesure pour des projets commerciaux. Mesure a ainsi participé à l’aménagement du restaurant Bibiko, sur la rue Saint-Viateur dans le quartier Mile End, à Montréal, ainsi qu’à ceux de la boutique Quartz Co et de la boutique temporaire de l’entreprise montréalaise Goodee au Whitney Museum de New York. C’est justement la diversité de son offre et l’approche transversale du trio de créateurs, son souci du travail complémentaire, qui a toutes les chances de faire le succès de Mesure.

Mesure 174A, avenue Bernard Ouest Montréal (Québec)  H2T 2K2 514 289-6146 Mesure.ca   mesure.ca

129


Mobilier d’ici ÉDITIONS 8888

MOUVEMENT BRUSQUE

Texte | Dave Richard

Photos | Éditions 8888

130

Regroupant plus de 25 créateurs québécois sous le thème « Wet Metal », la première collection d’une quarantaine de pièces proposée par Éditions 8888 est brutale – dans tous les sens du terme. Acier perforé, béton armé, cuir, spandex, uréthane, chrome, linoléum… La collection s’inspire de la contre-culture, du postmodernisme, des musiques noise, punk et métal, de la science fiction… Et de la culture skate des années 1980 ! Se démarquant franchement du reste de la production design québécoise actuelle, Éditions 8888 souhaite, grâce à Wet Metal, « rejeter les aprioris contemporains, célébrer la matière sans artifices et le geste spontané, sans compromis, rompre avec la banalité de la production de masse et faire l’éloge de l’imperfection et du grotesque ». Une philosophie qui se résume au vocable « Brutaluxe™ », du cru de son fondateur Jean-Michel Gadoua.

Éditeur, designer, styliste et commissaire, Gadoua jouissait déjà d’une solide réputation dans le milieu du design contemporain. Designer graphique de formation, il avait également œuvré dans les milieux de la musique expérimentale, du design d’intérieur et du commerce de luxe en tant que directeur de création et acheteur chez Celadon Collection. Il y avait d’ailleurs développé le projet Celadon Éditions, qui avait produit des objets à tirage limité conçus par des designer québécois.


« L’intention de 8888 est de créer un collectif, d’essayer de mettre sur pied un mouvement artistique québécois, de provoquer. Je m’intéresse à tout, donc difficile pour moi de n’éditer que du mobilier. Je veux éditer autant une table que du parfum. »

La première cellule de collaborateurs est donc naturellement constituée d’un groupe multidisciplinaire, parmi lesquels on retrouve, entre autres, Alexandre Joncas (Studio d’Armes), Guillaume Ménard (Ménard Dworkind), Rachel Bussin, Devon Corman, Gauley Brothers et Simon Johns. Difficile de passer sous silence la collaboration créative de 8888 avec le studio Feed qui a conçu

l’impressionnante signature visuelle du projet, minimaliste et évocatrice. Bien que le mobilier se retrouve au cœur de la première collection, celle-ci compte également des accessoires, des vêtements, de la musique, des sculptures, des produits de soins corporels et une collection de skateboards. Pour explorer l’univers d’Éditions 8888, il vous suffit de passer visiter son site web.

Editions8888.com  

  editions8888

131


Trois autres fabricants de mobilier d’ici à suivre sur Instagram

WILL CHOUI

JACQUES ET ANNA

STUDIO 6910

Les créations de Will Choui sont d’avant-garde, exaltantes, juste assez extravagantes pour demeurer accessibles. Transparence, velours côtelé, acrylique fluo, marbre, métal… Le designer fait flèche de tous bois et atteins la cible plus souvent qu’à son tour. Son fil Instagram, cohérent, est un plaisir pour les yeux.

Jacques et Anna est un studio de design basé à Montréal se spécialisant dans la conception de luminaires. Les modèles de leurs dernières collections sont produits sur commande, à l’exception de quelques pièces exposés dans la boutique qu’ils ouvraient en juin dernier, sur l’avenue du Parc à Montréal. Certains luminaires, comme ceux de la collection Les Tours, sont surprenants ! Un fil Instagram inspirant… et lumineux !

Au printemps, nous découvrions la magnifique salle d’exposition du Studio 6910, au cœur du quartier Mile-Ex, où se marient luxueusement meubles et objets haut de gamme, classiques et contemporains. C’est exactement le même mélange qui se retrouve sur le fil Instagram du studio ; suivez leurs propositions au quotidien afin de découvrir leurs marques exclusives et leurs pièces minutieusement sélectionnées. La boutique y promeut aussi ses ventes – ce qui peut s’avérer pratique lorsqu’on souhaite s’offrir un petit trésor!

  willchoui

  jacquesetanna

  studio_6910

132


En quelques heures seulement, Tero transforme vos déchets organiques en fertilisant naturel pour vos plantes votre potager ou votre pelouse.

Recyclez facilement vos déchets alimentaires

teroproducts.com

133


LA RUE NE VIENT PAS AVEC UN MODE D’EMPLOI.


Dupont Blouin Architectes, œuvre tirée de l’exposition Parasites architecturaux (détail). Photos  |  Olivier Blouin.

EN BOUT DE LIGNE

« Ce qui importe, ce n’est pas d’arriver, mais d’aller vers. » |  Antoine de Saint-Exupéry, écrivain, poète, aviateur et reporter français

135


DUMAS

Questions de goût

v

BÊTE DE SCÈNE, MORDU DE CULTURE

Propos recueillis  |  Dave Richard

Photo | Louis-Philippe Eno

dumasmusique.ca  dumasmusique   dumasdumas_

136

Figure estimée de l’univers musical québécois, Dumas est l’un des plus doués et prolifiques auteurs-compositeurs-interprètes de sa génération. En 20 ans de carrière, il a créé 12 albums et de nombreuses chansons marquantes, en plus de devenir une formidable bête de scène, avec plus de 1 000 concerts à son actif. Réalisateur et auteur pour d’autres artistes, compositeur de trames musicales pour des documentaires et des films, de thèmes publicitaires et télévisuels, Dumas est un créateur infatigable.

En août 2020, son opus phare Le cours des jours, lancé en 2003, ressortait en version vinyle remastérisée pour célébrer le Jour du disquaire, créant un engouement extraordinaire qui l’a convaincu de réunir ses musiciens de l’époque pour revisiter l’album en intégralité le temps de quelques spectacles spéciaux prévus cet automne un peu partout au Québec. Curieux, brillant, boulimique d’art et de culture, il a accepté de partager avec nous ses fins coups de cœur avec enthousiasme et générosité.


Jordan Nickel

Qu’est-ce qui t’a le plus manqué l’an dernier ?

Que retiens-tu de positif de la crise sanitaire que nous venons de traverser ?

Depuis mon adolescence, je me nourris de spectacles ; je voyage dans les grandes villes pour visiter des expos ou voir des concerts. J’imagine donc que, petit à petit, ma passion pour l’art vivant reprendra le dessus. Premier spectacle à voir sur ma liste : American Utopia, de David Byrne, présenté de nouveau à Broadway. Je suis un solitaire de nature, mais la pandémie m’a fait réaliser à quel point j’aimais créer en équipe, échanger des idées, et la synergie de se retrouver plusieurs à travailler ensemble à un projet commun. J’ai compris l’importance de la résonance dans ma vie. J’essaierai donc de faire en sorte que mes prochains projets aillent dans cette direction. J’ai envie de provoquer des rencontres et de privilégier les œuvres collaboratives. J’ai l’impression qu’on a tous pris un temps d’arrêt, pour réfléchir et méditer, remettre en question nos valeurs et nos priorités, en quelque sorte. J’ose espérer que ça aura un impact sur nos choix à l’avenir, autant d’un point de vue personnel que global.

Chez toi, c’est comment ?

Grand, blanc, ouvert et lumineux. Les espaces blancs, ça me rappelle la maison de John Lennon à Tittenhurst Park. Je crois que c’est bon pour l’esprit, la paix intérieure et la création. J’habite à quelques pas du parc La Fontaine. Chez nous, il y a des livres et des magazines un peu partout ; mon fils et moi sommes de grands lecteurs ! J’ai réuni au fil des ans quelques œuvres de l’artiste Jordan Nickel, que j’aime particulièrement ; elles apportent de la couleur à notre appartement.

Minimaliste ou collectionneur ?

Je dirais « collectionneur minimaliste »? J’essaie d’éviter l’accumulation d’objets, en général, mais j’ai un faible pour certains trucs précis, comme les figurines de collection Warhol, de Kid Robot, ou celles de Gorillaz. J’essaie de ne pas surcharger mon environnement… Déjà que j’abuse avec les disques vinyles ! (Rires)

Pour toi, l’environnement de création idéal, c’est quoi ?

Je dirais que la ville me nourrit ; elle m’emplit d’idées et d’images. Par contre, en fin de processus créatif, j’ai besoin de me retirer en nature pour faire le ménage dans ma tête et revenir à l’essentiel. C’est comme ça que sont nés Le cours des jours et Nos idéaux. Avec le temps, j’ai compris que l’isolement en nature m’est profitable pour clore un projet ; je crois que ça me donne du recul. J’aime bien créer à proximité d’un lac… Sinon, isolé quelques jours à Manhattan ! KidRobot

Tu es un artiste, mais aussi un grand consommateur de culture ; cette première rentrée post-pandémie, tu l’imagines comment ?

137


Questions de goût DUMAS

Possèdes-tu un objet dont tu ne te départiras jamais ?

De quoi ne peux-tu pas te passer ?

Quelle pièce es-tu le plus curieux de voir quand tu entres pour la première fois chez quelqu’un ? Dans quel endroit te sens-tu le mieux au monde ? Quel lieu t’a le plus marqué ?

Quel courant artistique te fait particulièrement vibrer ?

De musique. Peu importe l’endroit, les époques et le format, la musique a toujours été essentielle à ma vie. La musique, c’est le « design et l’architecture de l’âme » ! Je me rappelle qu’à l’époque des CD, la discothèque était mon premier arrêt en entrant chez quiconque ! Maintenant que la musique s’est dématérialisée, je privilégie la bibliothèque. Je trouve toujours intéressant de découvrir ce que les gens lisent. Il s’agit d’une bonne façon de briser la glace, de cerner les intérêts de l’autre et de provoquer des discussions intéressantes. Dans une grande ville : New York, Londres, Paris… Au bord de la mer, aussi, comme dans le Maine, où j’arrive vraiment à décrocher et à tout oublier. J’essaie d’ailleurs d’y aller tous les ans. Le Tate Museum, à Londres. Ce fut un choc tant par rapport au design qu’à l’architecture : une ancienne centrale électrique transformée en musée d’art contemporain… Un must ! J’adore Londres. J’ai très hâte d’y retourner. Ces temps-ci, je suis obsédé par le mobilier et les maisons mid-century, comme celle du musicien John Frusciante à Hollywood.

Préfères-tu partir en tournée ou revenir de tournée ?

J’adore rouler en voiture, écouter de la musique, mais je suis aussi quelqu’un d’hyper anxieux, d’exigeant et perfectionniste. Je dirais qu’il n’y a pas de sentiment plus apaisant que celui du devoir accompli en rentrant de tournée. Cela dit, les heures passées sur la scène sont les plus satisfaisantes – un état de grâce inégalable, un véritable nirvana !

Tu as souvent chanté Montréal ; qu’est-ce que te plaît le plus de cette ville ?

Son mélange de beauté et de chaos. J’ai un attachement profond pour le chemin Olmsted et le mont Royal. J’y cours plusieurs fois par semaine ; pour moi, c’est un lieu de méditation. Quelle chance d’avoir cet espace vert en plein cœur de Montréal !

Ton dernier coup de cœur design d’ici ?

Ton dernier coup de cœur design hors Québec ?

138

L’encadrement d’un mot personnel d’Alain Bashung. Pour moi, c’est un objet qui représente mes idéaux de jeunesse – rêver de faire de la chanson, rencontrer mes idoles, comme Bashung. J’aime ce genre d’objets qui nous rappellent d’où l’on vient. Ils agissent comme des points de mire, nous aident à ne pas dévier de notre trajectoire.

J’aime beaucoup les vêtements de la marque québécoise Vallier, taillés tout en finesse, avec bon goût, à partir de lignes épurées. Vallier fait maintenant partie des incontournables de ma garde-robe de scène autant que de ma garde-robe de tous les jours. Je dirais le Domino Park, à Brooklyn, un petit chef-d’œuvre d’aménagement. Les concepteurs ont réussi à intégrer des éléments industriels à ce parc qui redonne aux citoyens accès aux berges de la East River. La même équipe avait déjà conçu la fameuse High Line, il y a quelques années. Le Domino Park, c’est tout simplement magnifique ; on voudrait pouvoir y passer du temps tous les jours. J’éprouve également un attachement particulier pour ce parc, puisque la photo qui se trouve sur la pochette de mon album Nos idéaux y a été prise alors qu’il était en construction. J’y étais aussi par hasard, avec ma famille, lors de la journée de son inauguration ; c’est donc un lieu qui a marqué une partie importante de ma vie.


KidRobot

Ton dernier coup de cœur artistique ?

Un restaurant qui te fait craquer ?

Un endroit du Québec où tu aimes prendre des vacances ?

Le premier album de Robert Robert. La relève musicale québécoise est en pleine effervescence. Le disque de Robert Robert est original, tout en étant très accrocheur et dansant. Un jeune talent à surveiller, que j’ai très hâte de voir en concert.

Quand on veut te faire plaisir, on t’offre quoi ?

Qu’est-ce qu’on te sert à boire ?

Je me considère maintenant comme un spécialiste du sans alcool. Le marché a d’ailleurs explosé ces deux dernières années ; il est devenu facile de trouver des produits de qualité puisque l’offre s’est décuplée. J’opterais donc pour un cocktail à base de Seedlip, premier spiritueux sans alcool produit en Angleterre, mais qui se trouve maintenant au Québec. Vraiment excellent.

Des projets ?

En ce moment, mon principal projet est de mettre de l’ordre dans toutes les idées de chansons accumulées au cours des deux dernières années. Je serai sur la route tout l’automne, pour souligner la réédition en vinyle du Cours des jours. Les artistes et le public vivent quelque chose de spécial et d’inédit depuis la reprise des spectacles. Quand j’imagine l’avenir, j’ai un fort désir de me recentrer sur ma musique; j’ai donc l’impression qu’un nouveau projet musical devrait paraître avant longtemps!

Les restaurateurs ont dû se montrer très créatifs afin de survivre à la dernière année. J’ai la chance d’habiter près du Mousso ; son équipe a fait un travail incroyable tout au long de la pandémie. J’ai très hâte de retourner y manger en salle. Antonin Mousseau-Rivard est incroyable, un vrai génie ! En 20 ans de tournée, j’ai eu l’impression de parcourir le Québec de long en large, mais l’an dernier, en vacances, j’ai découvert par hasard la route 216, entre Clapham et Saint-Jacques-de-Leeds. Il s’agit sûrement de l’une des routes québécoises les plus méconnues, avec ses panoramas appalachiens à couper le souffle ! La preuve qu’il me restera toujours un coin du Québec à découvrir !

De la poésie. Je ne sais pas si c’est la pandémie qui a réveillé en moi d’anciennes amours, mais je me suis remis à lire de la poésie comme à l’adolescence.

139


Maxime Brouillet

Sur la ligne du temps CHAISE SOLAIR

DU MOTEL AU MUSÉE

C’est sans doute grâce à son ajout dans la collection des Arts décoratifs du Musée national des beaux-arts du Québec en novembre 2007, par Paul Bourassa, que la chaise Solair suscite de nouveau un fort intérêt. Perçue jusqu’alors comme une pièce de mobilier banale, utilitaire, voire ordinaire, l’entrée au musée de cette « chaise de motel » a permis à plusieurs de la redécouvrir, d’un œil plus attentif – et à la communauté du design de rendre à Solair ce qui revenait à Solair. Enfin !

Texte | Léonie Hottote

Designers

Fabio Fabiano

+ Michel-Ange Panzini

Réalisation

1972

Matériaux

Polypropylène

+ Fer forgé peint

Dimensions

70,7 x 73 x 75 cm

Production

Saint-Damien, Qc

140

L’histoire de la Solair est une histoire toute simple. Pendant les années 60, la firme québécoise de plastique IPL, qui offrait un service de moulage par injection, produisait une chaise panier inspirée d’un modèle français, mais celle-ci n’était pas très confortable. Alors que plusieurs acheteurs exprimaient leur mécontentement au manufacturier, Julien Métivier, qui était à cette époque directeur des ventes de l’entreprise familiale, a demandé aux designers industriels Fabio Fabiano et Michel-Ange Panzini de concevoir une nouvelle chaise en polypropylène injecté, mieux dessinée, plus ergonomique, destinée à orner les devantures des motels nord-américains. Elle devait avoir un faible coût de production, résister aux intempéries, aux hivers québécois et exiger un minimum d’entretien. Structurellement, IPL imposait également aux concepteurs un piètement en

fer forgé peint et une assise en plastique s’insérant dans un cerceau, un système déjà éprouvé par la chaise existante. Le duo de designers avait préalablement conçu d’autres produits pour le fabricant de Saint-Damien­de-Buckland dont, entre autres, un range-couverts et un pichet pouvant contenir un sac de lait. La collaboration entre Fabiano et Panizi n’a, malgré tout, été que de courte durée ; après avoir étudié ensemble le design industriel à l’Université de Syracuse, dans l’État de New York, les deux Montréalais d’origine italienne avaient démarré leur firme, mais à la suite de l’Expo 67, le design industriel traversait une période difficile au Québec et Fabio Fabiano décidait en 1973 de retourner vivre en Italie. La chaise Solair reste donc leur dernière collaboration.


Tristan Gevaux

C’est d’ailleurs en un seul week-end de 1972 que les deux designers ont conçu cette chaise iconique. Pour répondre aux exigences d’IPL, Fabiano et Panzini ont modifié le précédent piètement, en arquant les éléments de fer, afin de permettre un meilleur dégagement au niveau des pieds des utilisateurs. Sa coquille ajourée sert à la fois à limiter la quantité de plastique nécessaire à sa fabrication, à réduire son coût, à laisser filtrer l’eau de pluie, ainsi qu’à offrir plus de souplesse à la matière ; cette malléabilité augmente considérablement son confort, peu importe la morphologie de l’utilisateur. Considérant sa solidité, son confort et sa simplicité de fabrication, on comprend bien qu’il s’agit d’un excellent produit. Son allure joyeuse, invitante, sa forme typique et sa disponibilité en de multiples couleurs vives la rendent d’autant plus attrayante. Son seul défaut : il est impossible d’empiler plusieurs chaises séparer les coquilles de leurs piètements. Après avoir été produite par IPL pendant des années, vendue dans les magasins Sears, dans les années 70, après avoir été étalée en façade d’une multitude de motels partout à travers le monde, la production de la Solair est passée entre les mains des Industries Émile

Lachance, une autre manufacture de la région de Bellechasse. À partir des années 1990, les ventes de chaises Solair se sont mises à décliner considérablement ; la manufacture en est donc venue progressivement à ne produire que des coquilles de remplacement. Toutefois, à l’approche des années 2010, au moment où elle joignait la collection nationale des beaux-arts, un nouvel engouement à son égard s’est fait sentir, cette fois-ci par les réseaux sociaux. IEL a donc décidé de relancer la production, allant jusqu’à en fabriquer entre 5000 et 10 000 exemplaires chaque année. Le retour de la Solair a d’abord envahi le marché canadien avant de s’étendre internationalement. Il est heureux que cette chaise modeste, ayant marqué les esprits dans les années 1970, retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse. Devenue une véritable icône du design industriel québécois, son utilisation dépasse maintenant largement sa vocation initiale. On la retrouve désormais dans toutes sortes de contextes : projets résidentiels, commerciaux, publics, luxueux ou plus modestes. Sans nécessairement la savoir de production locale, très peu de Québécois peuvent nier connaître cette chaise mythique, qu’elle soit pour eux un souvenir ou une pièce de mobilier du quotidien.

141


Portfolio DUPONT BLOUIN

Défiguration Créée par l’association de Marie-Josée Dupont et Olivier Blouin, Dupont Blouin est une firme d’architecture et de design basée à Montréal spécialisée dans la création de projets sur mesure où chaque détail est pensé, chaque matériau privilégié pour sa pérennité et chaque couleur choisie dans le but de créer des intérieurs harmonieux d’exception mettant à profit leur amour de la nature, des lignes pures et précises et des systèmes organisés et intégrés. Pas étonnant que ces concepteurs minutieux aient eu l’idée de documenter ce qu’ils nomment les « parasites architecturaux ». Depuis les années 1990, la technologie évolue à un rythme exponentiel. Sur les toits et les façades des bâtiments se greffent des antennes de téléphonie cellulaire, des soucoupes de télévision numérique, des caméras de surveillance, des conduits de fils électriques, tels des parasites contaminant l’architecture. Ils sont partout, au point de faire partie du paysage. Naturellement, la construction nécessite l’installation de certains systèmes, le plus souvent inesthétiques et archaïques. Alors qu’à une époque les gargouilles s’avéraient des éléments architecturaux aussi fonctionnels que décoratifs, aujourd’hui les gouttières s’accrochent aux toitures des maisons comme dernier détail en fin de projet, tout comme les sorties de sécheuse, les bouches d’aération et les climatiseurs, apparaissant comme des corps étrangers qui enlaidissent les bâtisses, protubérances défigurant les façades – quand ils n’endommagent pas l’enveloppe. La série de photos Parasites architecturaux de Dupont Blouin met en lumière les dérives d’une technologie et d’une industrie responsables d’une pollution visuelle et matérielle considérable, afin d’amorcer une réflexion pour une meilleure intégration de ces excroissances dans le futur.

Texte | Lorène Copinet + Dave Richard

Photos | Olivier Blouin + Marie-Josée Dupont

Pour des impressions sur demande info@dupontblouin.ca dupontblouin.ca  dupontblouin 

  dupontblouin

143


144


Comment vous est venue l’idée de documenter en photos les parasites architecturaux ?

Comment ce projet a-t-il pris forme ?

Nous nous intéressions depuis longtemps à ces éléments hétéroclites qui parasitent l’architecture. Nous étions stupéfaits de constater la multitude d’équipements installés de façon aléatoire sur les bâtiments, notamment en bordure des autoroutes. Nous avons développé une sorte d’obsession pour ces objets tentaculaires. Nous souhaitions partager ce constat pour conscientiser nos pairs à ce qui nous semble un non-sens, d’abord esthétique, mais aussi éthique, politique et écologique. Lors de l’exposition Parasites architecturaux, présentée au Livart en mai dernier, nous avons été surpris par le nombre de visiteurs qui nous ont confié avoir des antennes désuètes toujours installées chez eux.

Le projet est né en bordure de l’autoroute 40, à Ville Mont-Royal ! Marie-Josée a lancé : « Nous devrions faire une exposition au sujet des parasites architecturaux. » Olivier a ensuite soumis le projet à la Maison de l’architecture du Québec, qui l’a retenu. Nous avons peu à peu commencé à répertorier les parasites lors de nos sorties, puis Olivier a pointé sa caméra ! En fouillant dans nos archives respectives, nous avons retrouvé des photographies prises un peu partout dans le monde rassemblant des caméras, des compteurs électriques, des systèmes de climatisation, des antennes de toutes sortes, etc. Cet « acné architectural » a été capté sur une période d’environ 15 ans, principalement en Amérique du Nord, mais aussi en Europe, en Asie et en Afrique.

Est-ce que l’exposition Parasites architecturaux sera reprise ailleurs ?

Nous aimerions beaucoup faire voyager cette exposition. Nous avons actuellement environ 150 images imprimées qu’il est possible d’exposer. Nous sommes ouverts à toute proposition ! Pour le moment, les images sont exposées à la maison et dans nos bureaux, ou rangées dans des boîtes. Elles peuvent toutes être produites en quantités limitées, sur demande. Il est possible de nous contacter par courriel à ce sujet à info@dupontblouin.ca​.

Y aura-t-il une suite ?

Certainement, puisque le sujet nous préoccupe fondamentalement ! Comme architectes et designers, nous sommes constamment interpelés par l’impact visuel engendré par ces parasites. Comme citoyens, nous sommes extrêmement inquiets de la somme de déchets produits par la surconsommation et par la production industrielle frénétique de nouvelles technologies. Comme parents, nous sommes soucieux de l’impact global que nous avons sur notre planète et de l’empreinte écologique que nous laisserons aux futures générations.

Des projets ?

En ce moment, nous nous consacrons majoritairement à trois chantiers de résidences sur mesure, tous situés au bord de la rivière des Mille-Îles ; trois projets dont la réalisation était prévue en 2020, mais repoussée en 2021 à cause de la crise sanitaire. Nous développons également plusieurs projets de différentes envergures, en mobilier, en design et en architecture.

« Ces images mettent en lumière les dérives d’une technologie et d’une industrie responsables d’une pollution visuelle et matérielle considérable afin d’amorcer une réflexion pour une meilleure intégration de ces excroissances architecturales. »

145


146


147


148


149


150


151


ENGLISH TEXTS

7

THE LUXURY OF SHADES, THE WEALTH OF TIMEN

Editorial We are lucky: our country is not a country, it is a winter, a spring, a summer... and a fall! Each year we have the pleasure, if we dwell on it, to see, smell, taste and hear the subtlest nuances of the changing seasons. A luxury that others in the south and north, and not so far away, do not have. This is one of the things that reminded me of reading the charming book Une maison organisée ? Oui, je le veux ! from space organizer Danielle Carignan, whom we tell you about on page 12. And I quote: “In Quebec, we have not yet adopted a distinctive word to describe our art of living. In fact, we might need four, because we are fortunate enough to enjoy four seasons, with dramatic changes in nature. So we live to the rhythm of each one and every time it is a celebration.” Exactly! We invite you to a celebration of fall with this new issue. Fall, which makes nature shine in all its beauty, but lowers the general tone. The light changes, so does the energy, the wind cools; we find our home, always faithful. Did you have a great vacation? Yes! You? Deeper than summer, more mature, more humane, more ... interior, fall brings us back to the end of things. At the same time, it embodies an eternal renewal, as it invites us to return to a more regular pace to enter the second half of the year. After refuelling and indulging in truant life, we can resume daily life with a new attitude. Transient fall speaks to us of time, shows us time, each leaf on the sidewalk as a sign, each bare tree as evidence. So goes life, learn, enjoy. This is one of the reasons why we have chosen to present several buildings that have seen the passage of time and that talented design teams have refreshed, or downright transformed. Whether it is the sumptuous refurbishment of the Circonflex studio, the makeover undergone by the La Pocatière library, the surprising expansion of the Residence Queen Mary or the cozy nest refurbished in the hollow of the trees of the Sapinière, all these buildings vibrate differently; they have a history, experience, virtues from another time that cannot be imitated or re-created. This does not detract from the other new projects in this issue, spectacular and well designed. Like their elders, they are forward-looking and ready to face eternity in their turn. We are also celebrating local furniture-makers this fall. Quebec has always been a fertile land, highly creative in all respects. Our furniture designers are numerous, extremely talented and it is a real pleasure for us to show you some of them. We are already on our fifth issue. The beast grew, and fast! We had announced three issues of Ligne to be released this year, but ultimately, we will stick to two. We’ll be back in magazine form in May 2022. It’s important for our small team to get it right, and to keep doing that, we need to make a short pit stop and check up on the machine. However, we will not be idle! It will be more interesting than ever to follow us on all our platforms this winter. Every week, new articles will be added to our website, totally exclusive articles, like a magazine, but online, in fragments. Thank you for sharing the journey with us, for following in the footsteps of a dance that is not always easy and for allowing Ligne to grow at its own pace. Enjoy the warm rays of the sun—until the very last moment! Fill up on colours, swimming, going to the park and barbecues, then when the time comes, go home to savour the pleasure of ... coming home, satisfied, to taste another season of simple happiness and warmth. Thanks for reading us. How lucky we are to meet you once again!.

Dave Richard | Editor daverichard‌@‌magazineligne.ca   |  and the entire Ligne team

152


24

GOOD VIBES ONLY Circonflex studio  |  ATELIER ZÉBULON PERRON

Paul-Étienne Côté and Dominic Cabana are the owners of Studio Circonflex, which specializes in music and sound recording, mixing, and post-production for advertisement. Following the opening of their first studio in Paris, the team called on Atelier Zébulon Perron in 2019 to renovate the interior of their new spot in Montreal, comfortably located in the creative hub of the Mile End. The main goal: blending professionalism and friendliness within a space at the cutting edge of technology. Hours spent in the studio are often long; at Circonflex, the goal was to render these meetings as pleasant as they are productive. That’s why the owners chose the team at Zébulon Perron, known for their stand-out design projects for the restaurant industry and their creation of spaces that are welcoming, warm, and unique. For them, the Circonflex project proved to be quite a challenge, with the importance of acoustics as a dominant parameter, equal to the need for a friendly and beautiful space. The ground floor, split up into a living room and a kitchen, is overlooked by a floating mezzanine where hides a more intimate lounge space, generously

brightened by a vast windowed wall that stretches from the front to the back of the building. This gorgeous luminosity shines across the majestic full-height, two-story bookcase, composed of walnut wood cubes and reigning over the heart of the space. Acting as the project’s central axis, this welcoming common room serves sometimes as a rest area, other times as a workspace ideal for creative reflection. It’s also the perfect place to enjoy happy hour, which often leads to improvised concerts. A convivial spirit defines each of the four worldclass recording studios. To strengthen communication between the control room and recording booth, Atelier Zébulon Perron installed two high, angled windows between the two spaces to reduce reverb. The studios also showcase a fabulous collection of restored furniture acquired from the building, including original Artopex creations and a Christian Dior couch. Perfectly paired with the palette of colours, textures and materials, the furniture blends with the terrazzo, white oak, Fantastico marble, and black walnut to create a décor that is harmonious and homogenous. The studio’s aesthetic is completed by beautiful

references to 1970’s Swedish design, like velour and light wood accents. If a need for comfort dictated the majority of design decisions, it didn’t take away from the technical aspect of the workspaces. Conceived in collaboration with an acoustician, the design aimed to evolve the recording experience, from an aesthetic and technical perspective. In the studios, the designers ingeniously concealed cabling behind mobile wood skirting. To avoid the use of bulky acoustic boxes, Zébulon Perron opted for decorative and functional wooden lathes, as well as velour, a material that is rarely used for its acoustic properties. The building was also equipped with a home automation system that centralizes and automates the control of lighting, security, temperature and, of course, sound. Studio Circonflex’s design team worked closely with the owners to create a space that they would love, but that would also charm clients. The result is timeless, unconventional, at the cutting edge of technology, sophisticated, imaginative, comfortable, warm, and ideal for creativity and collaboration..

board focused primarily on community exchanges as well as a small sitting area complete the look of the reception zone. The exhibition room, formerly located in the closed-off room, was moved to the center of the space. Existing within the heart of the Library, the art on display is readily accessible to a larger number of visitors. Slightly setback in a little wing beside the windows, a family and youth section was created. Further from the reception zone, it is a more animated passage area, which includes a small platform for story time, a much-appreciated activity with the little ones. The choice to put the older books on the former, raised stage, considerably frees up the area on the first level while at the same time putting an emphasis on the shelving style, which is more visible and better organised, following orthogonal textures. The journey between the aisles, formerly on an angle, henceforth becomes more intuitive and more pleasant, and the platform walk filled with cushions invites us to read at the heart of the Library. As a former theatre outfitted with the town hall’s furniture, the general atmosphere of the building is that of a 1960’s, mid-century modern type architecture, characterized by its serrated façades and its concrete shell. Thanks to the interior design, which visually frees up the façade and the long, narrow windows, the

designer was able to put the emphasis on access to natural lighting creating an open and luminous space. Henceforth, all dressed in white, this mid-century building reclaims its original noble atmosphere. On this canvas, which acts as a clean slate, the warm wood furniture stands out along with the colourful accessories and the exposition’s works of art. The palette used for the space is soft, allowing vibrant punches of colour thus creating both a relaxing and lively space. On the ground, displayed on the light linoleum one can see the defined blue markings in the singular shape of the La Pocatiere coastline, where, long ago, a meteorite created a large cove which is very characteristic of the region. This representation of the river crosses the entire space. “Flowing” under the walls, the curvy lines cut into the orthogonal shapes of the building and its installations. This gesture brings a dynamic quality as well as a certain fluidity to the space which invites contemplation, encouraging dreams which favour curiosity and creativity. Demonstrating a unifying spirit, the project harmoniously combines the different spaces, helping visitors to naturally make them their own. All while highlighting the patrimonial character of the space, Fauves rose to the challenge, creating zones, which stand out with a certain poetic softness. The La Pocatière Library is a luminous space, which is both calming and lively.

30

A NEW CHAPTER La Pocatière library  |  FAUVES

The interior design company Fauves was given the task of rethinking the look of the La Pocatière library, mandated by Visages Régionaux, which is accompanying the city in finding its new space identity. Relying on pre-established guidelines that were defined during public consultations with the population and the Library staff, Fauves performed this transformation by completely rearranging the space. The project’s philosophy revolves around the idea of a third-place where silence makes way for the art of exchange. Formerly dark, cluttered and quiet, as to be expected, two main interventions, were realised in order to renew the space: Firstly the entire area was visually freed up before the various sections were modified so that they could co-exist together more harmoniously. Besides one closed-off room allowing reading or studying within a calm environment, the space is all open concept. It is the architectural elements as well as the furniture that define the different sections. There are, for example little houses on castor wheels, which mark out the children’s section. There are also a series of computer stations that define the technological and virtual reality section, regularly peaking the curiosity of a large number of visitors. The reception area, once constrained within an imposing structure, is now housed at a warm wood desk located at the Library’s entrance. A bulletin


50

PROUD DUALITY Queen Mary project  |  ATELIER BARDA

Expanding an almost 100-year old house in a patrimonial neighbourhood to meet the needs of a family of six was the original mandate for the Queen Mary project, inherited by the firm of Atelier Barda. The ingenious solution presented by the architects respects the house’s historical spirit and cachet, while providing its inhabitants with a refreshing and undeniably modern living space. Finding the perfect house when your family includes four kids is no walk in the park. Sometimes, you need to go step by step: first, find the house… then make it perfect! That’s what happened for these parents of this large clan. They were charmed by a Tudor-style home built in 1927 in Hampstead, in Montreal, and then trusted the construction of an annex to the architectural firm of Atelier Barda. The first challenge for the firm: build, while respecting municipal laws implemented to protect the neighbourhood’s historical characteristics. “Constraints generated by city laws, which are very strict, pushed us to opt for an innovative approach that respects the past,” explain the project’s architects. As such, the residence’s patrimonial character was preserved by the façade, which only underwent minor work (replacement of the windows, revamping of the columns and wooden molding).

The extension at back was designed to encourage a dichotomy with the front part. Considering the regulatory framework was more flexible for this less visible portion of the house, the architects enjoyed greater freedom in the choice of materials. For the roof, they chose copper, which is both elegant and sustainable, instead of the original building’s traditional asphalt shingles. They also added charred wood cladding from Arbre et Bois, a Quebec business that’s a pioneer in the construction of this material from an ancient Japanese tradition. Aside from its aesthetic qualities, this product is eco-friendly, resistant to water and UV rays, and very sustainable. The team of architects also reimagined the landscaping and back patio, which was once located at the same level as the elevated ground floor. “The main idea behind the extension was to reconnect the house with the garden. The new patio was changed laterally and imagined as an extension of the house towards the garden, rather than a separate entity. By adding a slope to the land, we created a soft transition that allows a connection between the house and its yard, but we avoided the addition of a guard-rail, which would have broken this visual and physical continuity,” explain the project’s designers.

Inside, the duality between the old and the new is at its most striking. The firm compares this path between the different parts of the house to a cinematographic sequence shot. “You enter the house through the ancient part: the hallway, the staircase to the other floors and the small living room were kept as is and the proportions preserved. Then, when you enter the new addition, you experience a dilation of the living space with a high ceiling that follows the angles of the new volume and its zenithal skylight.” The new volume, all dressed in white, is completely open, contrasting with the darker, partitioned original house. The materials used—polished concrete floors and terrazzo countertops—reinforce this dichotomy by opposing the existing part’s wooden surfaces. These contemporary flourishes add a neutral background, which showcases the valuable furniture of the owners’ family. Finally, the large fiberglass bay window allows the inhabitants to remain visually connected with the garden. Between two eras and styles, but still perfectly harmonious, this unconventional renovation proves that by displaying both elegance and sophistication, it’s possible to blend heritage and innovation, for the best and the better.

58

LIKE A BRIGHT AWAKENING La Sapinière project  |  APPAREIL ARCHITECTURE

Conceived by the firm of Appareil Architecture for the renovation of the second floor of an old duplex in Montreal, La Sapinière is defined by ceramics and light shows. Together, these elements contribute to the creation of a space that is warm, luminous and timeless, evoking the desire to stay in even once the sun has risen. A floor dedicated to rest and dreams: this is the space that Appareil Architecture had the mandate to renovate in the heart of a duplex transformed into a single-family home. More specifically, the architects had to integrate three bedrooms and two bathrooms into a plan that would be both narrow and elongated in shape. The project’s designers made the most of this classic Montreal configuration to offer the young owners a master bedroom that is almost independent from the rest of the floor. “To reinforce this change, the wooden floor gives way to large ceramic terracotta

154

tiles that bring a warm and welcoming ambiance to the room and walk-in,” explains the firm. In fact, the clients wanted to see touches of colour throughout the décor, while ensuring everything remained timeless. To respect their wishes, a natural palette consisting of terracotta, clay and warm white hues was chosen. Furthermore, the walls were covered with lime wash, in order to create surfaces that were textured rather than smooth. On the wall behind the bed, the dark green lime paint gives the impression that the branches of the backyard’s large fir tree extend into the bedroom–the same tree (or sapin) that gave the project its name! Besides the colour, the lighting constitutes a key element of the renovation, particularly for the central rooms. In the second bathroom, where the large terracotta tiles from the master bedroom’s floor continue along the walls, a glass panel completes the partition above the bath. As for the main bathroom,

natural light filters through a glass partition, which separates this room from the hallway. Renovating during the height of a pandemic can lead to unexpected twists and turns. During this project, a delayed delivery of ceramics for the main bathroom gave the team cold sweats. Thankfully, the supplier had the great idea to cut existing ceramics into three different formats to make up for the missing material. It’s perhaps due to this ingenious idea that the firm considers this room as its greatest success: “the monochromatic bathroom charms thanks to its detailling and minimalism. The bespoke accessories, encased cabinets and reduced vanity emphasizing the sink contribute to optimizing the space while gifting it cachet.” Reflecting today’s trends, while remaining timeless, an airy and delicate ambiance reigns across this luminous Sapinière, as if between two worlds, like a soft parenthesis in which one can rest and shelter from a bustling urban life.


66

TONE ON TONE, IN EVIDENCE De L’Isle project  |  CHEVALIER MORALES

An interest in 1950’s architecture, a charming site and a simple geometric shape—these are all elements that served as a starting point for the Chevalier Morales firm while designing Résidence de l'Isle. An investigation into the creative process of this unique house, which symbolizes a commentary on modern suburban life. Owners of land along the banks of the Mille Îles River, in Boisbriand, a couple wanted to team up with architects to create a dream house where they could live for a long time with their kids. Without a specific deadline or pre-existing design ideas about their future house, their list of demands was short: a guestroom and a four-place garage. Lacking a well-defined mandate, two things inspired the architects of Chevalier Morales. Firstly, the clients provided a collection of images of mid-century American houses. For the firm, this deep dive in the heart of 1950´s design was the perfect occasion to “revisit and reinterpret in a contemporary way certain key elements of this architecture, celebrated today

for reflecting a time when suburbs and cars meant progress and enthusiasm.” The second inspirational element: the land itself. “During our first visit, we discovered a site of exceptional quality with large and mature white pine trees, a completely open view towards the river and a south-western sunlight exposure. A “clearing” of about 100 square feet by 100 square feet, basking in a delicate natural light, quickly became the obvious choice for where to build the house, allowing to preserve a maximum number of trees,” explain the project’s designers. Thus, was born the idea to create a perfect square for the house. To better define the spaces and bring natural light to the heart of the residence, two rectangular backyards were inserted within this simple geometric shape. The first, located at the end of the road leading to the garage and the main entrance, features a charming garden dominated by a coniferous tree at its centre. The second is at the back of the house, where also hide a terrasse and a pool. Along this river-facing terrasse unfurl the living spaces, including a sunken living room. Above it reigns a mezzanine within a glass

encasing, gifting its inhabitants with additional views of the neighbouring scenery. “As such, even though it was conceived as a single-story home, it still offers a variety of spatial experiences,” add the architects. As for the materials, defined by a palette paired with colours of the tree bark, natural materials were preferred: clay brick in elongated shapes for the walls, wood for the soffits and stone for the floor covering. A spattering of brass accents and a metallic covering mesh together, and, for an ecological touch to the project, certain parts of the roof are covered with a white granular membrane, while others boast plants. The house is also heated and ventilated by geothermy. Blending in tone on tone with its environment and hidden from the back street thanks to abundant vegetation, the Résidence de l’Isle remains discreet despite its imposing volume. For the project’s architects, the new house inserts itself within the site like a relic, “as if it had been there forever, following the footprints of an ancient, disappeared and forgotten residence.” However, there’s no chance this exceptional house risks ever being forgotten one day.

76

TRADITIONS OF THE FUTURE Ultima Éco™ ecological house  |  LINÉAIRE ÉCOCONSTRUCTION

A model home for the company, a rental chalet for the curious and a test bench for the science of eco-construction: the warm, ecological house Ultima Éco™ is Linéaire Écoconstruction's new multifaceted project. More than a simple building, it aims to be a healthy living space that respects the environment through the choice of its materials, as well as construction techniques that are both traditional and contemporary. In 2006, brothers Samuel and Dominique PépinGuay founded Linéaire Écoconstruction in L’Islet, in the Chaudière-Appalaches region. The company first offered solid wooden frames made from local wood, then developed an eco-design service in parallel. About 15 years later, the two co-founders embarked on a new adventure: building a model house incorporating all the eco-construction concepts explored by the company over the years. Thus was born the Ultima Éco™ house, a project aimed at refining design and construction methods, while integrating a research component in order to advance ecological construction in Quebec. The main defining elements of the project include handcrafted mortise-and-tenon wooden frames, the

Murs-Bois™ system—structural finishing panels composed of wood instead of gypsum—and a breathable shell of hemp and wood fibers. “Considering our concept is mainly based on a concern for the analysis of the life cycle and the carbon balance, we meticulously chose materials based on these principles, as well as according to their origin, lifespan, VOC content, “demountability” and “recuperability ”, end-of-life impact, etc. In the end, bio-based materials (solid wood, hemp, wood fibres) are winners across the board," explains the company. To properly measure the environmental impacts of the model home, the company teamed up with the Quebec Ministry of Economy and Innovation, as well as with a large consortium of researchers. The ambitious research project, which aims to assess things like energy efficiency, passive solar and carbon quantification, will culminate with an ecological impact calculator at the end of 2021. According to Linéaire Écoconstruction, the advantages of their prefabricated ecological house are numerous: the precision and quality of wooden joints manufactured in the workshop, speed of assembly and reduction in construction time, collaboration

between craftsmen and the design team and the control of weather factors. The Ultima Éco™ house is also available as a mini-house or as a cabin. Depending on its size, it can serve as a small rental chalet, a forest shelter, a cabin tucked away in nature or even a garden house. In addition to its dimensions, the interior style of the model home can be customized to reflect a contemporary or more traditional look. “In fact, adaptability is one of the great benefits of the Ultima Éco™ concept. Depending on the project, it’s possible to modify and vary many of the parameters, in order to adapt to the customer's needs (overall design, wood or insulation type, level of insulation, wall sections, etc.) The eco-construction aspect must always be a part of the project. " The model house has an additional advantage for anyone interested in self-construction or a turnkey project: the possibility of staying there for a few nights! In fact, the Ultima Éco™ is available for rent for stays from 2 to 4 nights. What better way to appreciate its design and comfort, while enjoying magnificent views of the St. Lawrence River and the Charlevoix mountains? 155


84

BEHIND THE FACADE Boutique-house Coloniale  |  MICHAEL GODMER DESIGNER

Architecture and design are more than just eye candy, they are experiences to be lived, to be touched, to be felt, and that, Michael Godmer and Mathieu Turgeon understood. Yet it is quite rare for a designer to open the doors of a private residence and show his work to his clients. With this in mind, Godmer and his wife had the ingenious idea of ​​turning their home into their office, as well as a space from which to share Michael's team work, like a living portfolio. This project embodies the long-lasting collaboration between the designer, local artisans and suppliers with whom he works. As opposed to exhibition halls, where the décor changes frequently, the materials used are here to stay, live, age, and shine. The decision to combine personal and professional spaces also reflects the desire for greater independence for the designer. "Having rented several commercial spaces to occupy my design studio, I wanted the freedom of not having financial pressure driven by the choice and the type of project we take,” explains Michael Godmer. The concept of the boutique-house Coloniale takes place in an old Victorian house dating from 1885. For the two designers and owners, it was important to revive the soul of this residence, certain elements of which had been distorted following a renovation in the 1980s. The majestic central staircase, original doors and transoms in the living room are the only remnants.

"It was essential for us to conserve and restore the few original elements that have survived eras and to use noble and timeless materials that ensure the sustainability of the interventions, while enhancing this atypical house. " Since the original terracotta floor was not in good enough condition to be preserved, the designers chose ceramics in the same hue to cover the entire residence: from the exterior entrance parquet and the kitchen floor to the bathroom floor and walls. Terracotta gives character and Mediterranean warmth to this Plateau Mont-Royal residence. The ochre shades enhance the rest of the light palette and highlight the grain of the wood, the veining of the marble and the brass. A beautiful demonstration of the quality of local artisans’ work, it gives life to rich and well-balanced spaces. For the designer couple, the project was an opportunity to experiment in terms of standards and ergonomics. To create generous and functional spaces in a house featuring an atypical width of 10 feets and a depth of 50 feats, the designers took the liberty of rethinking the standards. In the kitchen, the central island was fitted 24 inches from the wall, while a natural skylight and frosted glass partitions in the bathroom help to visually expand the space and make a 27-inch open shower comfortable.

“Much like the idea of ​​an exploration lab, it allowed us to test spaces that we could not have done with clients and to realize that it worked well, that it was very pleasant." The house is very simply spread over three levels, with semi-public, semi-private and private spaces from the bottom up. The staircase, at the heart of the residence like a central column, divides each landing in two. On the ground floor, slightly below the street, are the semi-public spaces of the workshop: the offices on one side, the bathroom, as well as the meeting room for clients, on the other side. On the first floor, in the semi-private spaces, you can visit the living room on the street side, and, on the garden side, the dining room and the kitchen with a partitioned terrace like an interior courtyard. Then, on the top floor, the private spaces accommodate the master bedroom on the north side, and the second bedroom and bathroom on the south side. The absence of a corridor opens the rooms onto each other and allows light to circulate across all floors. Daytime exhibition space, evening house, the boutique-house Coloniale effortlessly blends use and function, allowing a design studio, living and private spaces to coexist harmoniously. The strength of the project is to find a balance between diversity and identity, creating a unique and timeless space.

94

LIKE A SHELL Pearl House  |  MXMA ARCHITECTURE & DESIGN

Designed by architect Maxime Moreau of MXMA Architecture & Design, the Pearl House was designed as an innovative and protective shell housing a treasure: a family. A family who wanted a new start in an open-plan house open to the outside in order to spend special moments together. Following their arrival in Quebec in 2008, Min and Yuong took up residence in a small condo at the top of a large residential building in Montreal. Ten years and two children later, they felt the need to give their toddlers the chance to have fun outdoors. After some research, the couple from South Korea fell in love with a bungalow erected on a large lot on a street corner and surrounded by mature trees in the borough of Saint-Laurent, north of Montreal. Min, a design enthusiast, had several ideas for modernizing his future home: he wanted to open up the interior, add a master bedroom and develop the backyard as an extension of the living spaces. In addition, he wanted the new architectural language of the house to express the figure of a single contemporary building, as opposed to an assemblage of distinct architectural volumes. After meeting several firms, Min decided to work with Maxime Moreau, the

architect and founder of the Montreal firm MXMA Architecture & Design. The architect imagined the building as a large box containing the volume of the original house and the new master bedroom. Then, he removed a portion of this box to create a void—the inner courtyard—a protected place that highlights the large maple tree in the middle of the garden. This subtraction also allows natural light to filter through the entire plan of the residence. At the rear of the house, the vertical walls and soffits making up the new roof are covered with planks of western Canadian red cedar. The same material is used for the large terrace framing the ground floor and allows the interior spaces to extend outwards, while giving the impression of a larger residence. The L-shaped house is organized into four zones. The children's rooms, present in the original house, take advantage of the existing windows, which made it possible to minimize work on the facades. The master bedroom is located in the new extension and includes a large bathroom and walk-in closet. A 20-foot-wide patio door allows the couple to fully enjoy the garden from their bedroom. At the other end are the functional spaces, a garage and a vestibule with a laundry area.

In the centre, the living room, the kitchen and the dining room are grouped together to form a large living room in the heart of the house. With a height of 15 feet and generous floor-to-ceiling windows, this spacious room invites family members to spend special moments together while enjoying abundant natural light and a calming view of the outdoor vegetation. The colour black, which in Korean culture represents existence and mastery, unfolds on different surfaces. The black metal shell that envelops the body of the house folds inside to become a large black piece of furniture: it extends from the kitchen to the living room and offers generous storage spaces in a minimalist aesthetic. This rich colour, which contrasts with the clarity of the white oak floors, is also used for the island and the countertops. Thus, the integral style of the kitchen gives the heart of the house the image of a new beginning, a very important cultural representation for the owners. Let us hope that this inviting sanctuary designed by architect Maxime Moreau will not only constitute a new stage in the life of this family, but also a place that will continue to be like them for at least the next 10 years.


102

SEASON AFTER SEASON

Marlington project  |  SOCIÉTÉ DESIGN

In the English countryside of the Eastern Townships, in the heart of more than 180 acres of land, Design Company was invited to create a sumptuous family property with breathtaking views of the mountains on the horizon. Surrounded by grass, valleys and forest, the Marlington Residence sits discreetly on the highest plateau of this shallow terrain, benefitting from the widest possible vanishing point and complete privacy. First imagined on a single level, the master bedroom, walk-in closet, bathroom, office and reading corner were finally installed on a second floor, given the first floor already extends over 4,300 sq. ft. This new floor, a kind of suite isolated from the rest of the house, also allowed the addition of a vegetable garden and a terrace on the roof of the garage. “The owner initially wanted a single-level plan for the sake of sustainability; she wanted to live in the house for a long time, and sometimes, with age, the stairs become problematic. On the other hand, she feared that the single level would be too large and create an impression of emptiness. A compromise was therefore found,” explains Maryse L’Archevêque of Société Design. Since access to the property is located on the opposite side of the panorama, the discovery of the residence is gradual. Upon arrival, a series of sculptural and perforated Corten steel panels line the path leading to the main entrance door, creating a hallway with the double garage. These panels are like jewels, adding on their own a resolutely modern, original touch to the building and

warming its general appearance, which is otherwise simple, mainly clad in white or dark brown aluminum. At certain times of the day, the perforations in the steel create a play of light throughout the house. The same panels were also installed at the back, near the entrance to the children's living room and along the concrete slab leading to the spa. Inside, the different pieces follow a logical progression: vestibule, mudroom, suspended staircase first, then the living room open to the dining room and the almost entirely windowed kitchen, followed by a discreet laundry room leading into the walk-in pantry. The interior design is simple, yet warm, blending in with the ubiquitous nature. Fluctuations in the landscape inspire colour accents in each season. Different ceiling heights define the interior open spaces. Also, a whole section of the house has been reserved for the children of the family, separated by a sliding door. The children even had the chance to choose the finishes for the section. Knotty pine, which has not been used anywhere else in the house, can be found on the walls. This section includes two bedrooms, a living room, a bathroom and an office. “You enter the residence and it is as if, slowly, it opens up to you; the rooms widen and the huge windows overlooking the landscape unfold at the far end, completely opening up the rear of the house. The effect is impressive.” It's hard not to praise the magnificent made-tomeasure staircase, which is so beautiful, at the same time massive at its base, then light and airy in height. Its duality is striking and poetic, quite organic. Its low

polished concrete steps, wide and solid, were adorned with very chic pieces of black walnut. In the second section, the concrete disappears, the walnut thins out and narrow metal pipes serve as support and guardrails, eliminating the risers at the same time. Upstairs, only a glass railing remains, completing the transition to a staircase that appears to dissolve in air. “The project was designed with constant ecological concern. The idea of ​​a mass fireplace was initially considered for the main heating unit, but was soon abandoned for a radiant slab combined with a passive, south-facing solar orientation. The simple palette of materials was also chosen for their durability and minimal maintenance requirements.” Concrete, warm wood, black metal, glass… Combined with the pure white of the walls and ceilings, the finishes are practical and unpretentious, to leave plenty of room for the view, the light, but also real family life. “We have succeeded in harmoniously integrating the residence into its environment. It does not obstruct the view and moulds to the gentle slope of the terrain. The majestic custom-made staircase is definitely a design favourite. Finally, the windows, expanded in each space, filter in an exceptional flood of natural light, while framing the landscape that changes season after season, like a true living gallery.” Like a warm nest in nature, a precious refuge, the Marlington residence offers its owners splendour, tranquility and luxury on a daily basis. Elegant, bright and spacious, it allows them to comfortably enjoy the constantly new surroundings..

157


Répertoire

À HAUTEUR D’HOMME Hh.ca BAR À LUNETTES  |  MARIE-SOPHIE DION BarALunettes.com DANS LA RUE DansLaRue.org

ANNONCEURS

ESPACES Videotron.com/divertissement/vrai KO ÉDITIONS KO-Editions.ca NANAWALL Nanawall.com NAPOLÉON Napoleon.com RAUMPLUS Raumplus.com PAPIER 2021 PapierMontreal.com TERO TeroProducts.com

CET HIVER nous vous donnons rendez-vous en ligne en pièces détachées Architecture art design sélection d’objets le même contenu au quotidien des nouveautés chaque semaine Pour ne rien rater assurez-vous de vous abonner à toutes nos plateformes et à notre infolettre magazineligne.ca

158


MAGAZINELIGNE.CA

NOTRE SITE WEB A ÉTÉ REVAMPÉ AUX COULEURS DE CE NUMÉRO. ACTUALITÉS, CONTENU EXCLUSIF, ARCHIVES… PASSEZ-NOUS Y VOIR SOUVENT !

SUIVEZ-NOUS SUR FACEBOOK

Suivez nos actualités au jour le jour, parlez-nous de vous et de vos coups de cœur ! On adore vos commentaires et vos partages !

‌MagazineLigne

ABONNEZ-VOUS À NOTRE COMPTE INSTAGRAM

CONSULTEZ NOS TABLEAUX PINTEREST

Des nouveautés tous les jours, des concours, des exclusivités… Une dose quotidienne de beauté, ça fait du bien !

Architecture d’ici et d’ailleurs, design, art, mobilier, objets, illustrations, décoration… Vous trouverez chaque fois de quoi vous inspirer !

‌MagazineLigne

‌‌MagazineLigne

159


Quelques lignes

OUI, JE CAN ! Depuis plusieurs années, je rêve d’avoir MA maison dans le quartier Villeray, à Montréal, un quartier où j’habite depuis plus de la moitié de ma vie. Avec mes deux jeunes enfants, nous participons activement à la vie de notre quartier. Nous nettoyons les ruelles au printemps, nous achetons dans les commerces locaux, nous célébrons avec nos voisins de ruelle, nous aidons la voisine âgée, nous marchons jusqu’à l’école en saluant de nombreuses connaissances… Bref, nous y sommes « chez nous ». Cependant, à cause de la flambée des prix de l’immobilier et de la surenchère actuelle, il est pratiquement impossible d’acheter une habitation à Villeray, ou même d’assurer notre avenir à Montréal. Bientôt, il ne sera même plus possible d’y louer un appartement, encore moins pour toutes les personnes issues de la diversité économique, sociale ou culturelle. Je crains que mon quartier se vide de ce qui le rend si unique : ses gens. Dans ce contexte, devrais-je abandonner mon rêve ? Jamais ! Je n’arrive pas à m’y résoudre… J’ai donc choisi de tenir tête à la situation.

Texte | Élyse Gamache-Belisle

Photo | Tuan Bob

 projetmisedefonds

160

Au printemps, j’ai décidé de me lancer dans un projet… de taille. Je me suis donné le défi d’amasser une somme de 115 000 $ en un an grâce à la consigne de cannettes et de bouteilles, montant qui me servira de mise de fonds pour l’achat d’une habitation dans Villeray. Yes, I can ! Oui, oui, je CANette ! Concrètement, je passe de 20 à 30 heures par semaine à consigner, et ce, sans négliger mes vies professionnelle et personnelle déjà bien remplies par mon « vrai » job, mes deux enfants et mes ami.es. Je ne veux pas quitter Villeray, est-ce que ça paraît ? Au début, je doutais beaucoup de la possibilité d’atteindre mon objectif, mais, au moins, je faisais parler de la problématique d’accès à la propriété. C’était déjà

une réussite et une façon d’aider les autres dans ma situation. Cependant, au fil des semaines, j’ai atteins 0,5 %, 1 %, 2 % de mon objectif et j’ai commencé à y croire réellement. Le plus touchant, c’est que mon rêve est rapidement devenu un projet collectif. Mes ami.e.s, mes voisin.e.s et plusieurs inconnu.es se sont mis.es à déposer sous le balcon devant chez moi des quantités variables de canettes et de bouteilles. Certains me remettent même directement l’argent de leur consigne annuelle. Évidemment, j’ai failli abandonner, car ce n’est pas reposant comme projet, mais les gens y croient, se mobilisent et contribuent. Leurs gestes, petits et grands, me touchent et m’énergisent. Ils me rappellent que les clichés ne sont pas des clichés pour rien : ensemble, tout est possible. Je ne serais pas rendue à 10 % de mon objectif sans eux et elles. Quand je rêve au moment où j’habiterai chez moi grâce à tous les efforts personnels et collectifs déployés, des larmes de fierté et de reconnaissance me montent aux yeux. J’ai déjà hâte de mettre en valeur une canette sur la devanture de ma future habitation afin de ne jamais oublier tout le chemin parcouru pour réaliser mon rêve. Nos généreux.ses donateurs. trices, mes enfants et moi sommes en train d’écrire ensemble l’histoire de ma (future) maison, et c’est une belle histoire ! Vous aimeriez y ajouter quelques mots, vous aussi ? C’est simple : déposez vos canettes et bouteilles sous le balcon du 7201, rue Boyer dans Villeray à Montréal et partagez la page Facebook de mon projet. Merci !

Élyse L’irréductible Villeroise


À Olivier Boisonnault, Mathieu Jacques Bourgault, Lorène Copinet, Samuel Gauvreau Des Aulniers, Lili-Ambre Guinet, Léonie Hottote, Roxane Hudon, Andrea Lindsay, Véronique Papineau, Isabelle Pronovost. À Roxanne Arsenault, Olivier Blouin, Jason Burhop, Dominic Cabana, Danielle Carignan, Stephan Chevalier, Paul-Étienne Côté, Cécile Combelle, Élizabeth Coulombe, Marie-France Daigneault Bouchard, Antionio Di Bacco, Patrice Didier, Caroline Dubuc, Steve Dumas, Marie-Josée Dupont, Joël Dupras, Raphaël Ettore, EXMURO, Pénélope Fortin, Jean-François Gagnon, Élyse Gamache-Belisle, Rosemonde Gingras, Olivier Goulet, Zoé Grenier-Laroche, Michaël Godmer, Charlotte Hohorst, Agathe Jolly, Valérie Laliberté, Maryse L’Archevêque, Patricia Larivière, Jeremy Le Chatelier, Célia Laguitton, Loïc Lefebvre, Marie Létourneau, Pauline Loctin, Jennifer Magher, Sergio Morales, Alain Morcel, Maxime Moreau, François Olivier-Gouriou, Carolyne Parent, Samuel Pépin-Guay, Louis-Philippe Pratte, Justine Rahilly, Lambert Rainville, Akilah Reynolds, Émilie Robitaille, Nicholas Sansgaré, Simon Sauvé, Mélina Schoenborn, Monique Ste-Marie, Diane Thérien, Mathieu Turgeon, Zoé Verdier À Loïc Bard, Phil Bernard, Alex Blouin, Frédéric Bouchard, Stéphane Bourgeois, David Boyer, Maxime Brouillet, Tuan Bob, Maxime Desbiens, Bruno Destombes, Louis-Philippe Eno, Annie Fafard, Félix Michaud, Florence Rivest, Adrien Williams À Louise Lacroix, Carl Moquin, Francine Martel, Alexandre Da Silva, Lise Talbot, Sylvie Paquette, Jean-Pierre Alarie, Camille Bilodeau. À Line Pomerleau. À tous les architectes, designers, artistes, artisans, invités, photographes et collaborateurs qui ont permis que prenne forme ce nouveau numéro. Aux annonceurs qui nous ont fait confiance. À tous ceux qui participent, de près ou de loin, au rayonnement de Ligne. À tous ceux qui nous lisent, nous suivent et nous accompagnent.


Profile for Magazine Ligne

MAGAZINE LIGNE | 05 | AUTOMNE 2021  

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded