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Fatale N째08 Novembre 2012


PARIS - GENEVA Email : contact@t-forme.com TĂŠl. : +33 (0)1 71302003 Fax : +33 (0)1 71302005 Prix sur demande : +33 (0)6 18741257

Photographie Thibault Breton - Graphisme KogiProd

Bagues mythiques, ondes magiques...


SOMMAIRE 07 Edito // 08 L’envie // 28 Convoitise // 38 Rencontre Bruno Aveillan // Cyril Pigot // 42 Focus // 46 New face // 48 Design Swarovski // 50 Expositions // 52 Zoom //

54 Créateur d’ailleurs Gabrielecorto Moltedo // Walter Steiger // 58 Mode // 94 Crédits Mode //

COPYRIGHT 2012 © SPIKE LEE

Novembre 2012

LE BOOK THE REfERENCE fOR fASHION PHOTOGRAPHY, IMAGE-MAKING & PRODUCTION. 4 INTERNATIONAL COLLECTORS’ PRINT EDITIONS PER YEAR NEW YORK, PARIS, LONDON, BERLIN LE BOOK.COM STAY TUNED...NEW WEBSITE WITH EDITORIALS. ADvERTISING CAMPAIGNS AND PORTOfOLIOS. THE vERY BEST Of THE CREATIvE INDUSTRY, ALL IN ONE PLACE CONNECTIONS THE CUSTOM- MADE TRADESHOW fOR THE CREATIvE COMMUNITY – NEXT STOP: CHICAGO, LA, PARIS, NEW YORK, BERLIN & LONDON SHO-NUFF. YA-DIG?

NEW YORK 2012 “DO YOU KNOW?”

PHOTOGRAPHY SPIKE LEE EDITION ILLUSTRATION ART DIRECTION MAGAZINES

WWW.LEBOOK.COM


magazine

L’EDITO

9-11 Avenue Franklin Roosevelt 75008 PARIS - Tél. : +33 (0)952 189 211 - www.leditomagazine.fr Directeur de la rédaction & Directeur Artistique Christian Biyiha Rédactrice en Chef Camille Martin Responsable Photo Marie Juncker-Cotten Assistants du Directeur Artistique Marine Louise Colin Madlein Ritch Secrétaire de Rédaction Mathilde Le Floc’h Responsable Mode Ilona Glapa Responsable du casting Loïc-Kevin Biyiha Anne Carole B Chargée de communication Marine Louise Colin Chargée de développement Ophélie Hassett Responsables des relations internationales Thierry Hab Morgan Valérie Alexandra Conception graphique Cehdrik Tayeb Publicité publicite@leditomagazine.fr

EDITO

08

Ont collaboré à ce numéro : Alyssa Makni - Elisabeth Nimi - Sophie Faucillon - Gaetan Kondzot - Marie Juncker-Cotten - Urivaldo Lopes - Jonathan Mahaut - Rumy Betty Thomas Florent Clodine - Jonathan Saguez - Laure Dansou - Lamia Bernad et Patrick Bordes - Olivier Henry @ Yumikoto Agency Paris Ilona Glapa - Chahrazed Methenni - Samuel Majid GF - Marine Louise Colin - Zafia Nascimento - Laure Dansou Lamia Bernad - Estelle Jaillet @Yumikoto Agency - Loriane Leger - Agathe Simard - Nab@Yumikoto Agency - Patrick Bordes - Vichica Yorn Léa Sauvaigo@Yumikoto Agency - Chiao Chen@Yumikoto Agency - Camille Royer@Yumikoto Agency Céline de Cruz@Yumikoto Agency - Damien Boschi. Tous nos remerciements au Studio WM, - La Durée - Christofle - l’agence YUMIKOTO Paris - Charlie Sy mannequins : Agence WM - Shelby F - Pauline S - Eugenia K - Gwenola - Laura - Marina EF - Natalia N Agence OUI - Raquel Pinto Agence EVIDENCE - Daria - Alina - Hannare - Lia B - Eder Zinho Alves MEGAN IRMINGER @ Women Agency Paris Impression Nevada - Nimifi Directeur de la publication Christian Biyiha Siège social L’EDITO MAGAZINE 9-11 Avenue Franklin Roosevelt 75008 PARIS Tél. : +33 (0)952 189 211 www.leditomagazine.fr L’Edito Magazine est une publication bimestrielle RCS Paris - en cours d'attribution – Durée : 99 ans Tous droits de reproduction réservés. Dépôt légal à parution.

« Les femmes sont comme le suspense. Plus elles éveillent l'imagination, plus elles suscitent d'émotions.  »

- Alfred Hitchcock


L’envie //

08 Glasses Seminal work of the brand Emmanuelle Khanh, the “5050” is reedited in a limited and numbered edition. These glasses, worn by the designer herself, are horn-rimmed. Several declinations of this emblematic model are available: black, bronze, ivory and red The Parsons model is inspired by the Hollywood look of the 50s. Marilyn Monroe and Grace Kelly reflect the core spirit of these glasses. This model is sold in five colors: black, wood, fawn, carretto turtle and Havana red.

Par Camille Martin

Traduction Elisabeth Nimi

Lunettes Modèle icône de la Maison Emmanuelle Khanh, le 5050 a été réédité en édition limitée et numérotée. Ces lunettes, portées par la créatrice elle-même, sont en écaille mouchetée. Noir, écaille bronze, ivoire ou rouge… De nombreuses déclinaisons sont proposées pour ce modèle emblématique. Le modèle « Parsons » d’Oliver Peoples, inspiré du look des années cinquante de Hollywood. Marilyn Monroe et Grace Kelly reflètent l’esprit même de ces lunettes. Ce modèle est vendu en cinq couleurs : noir, bois rougeâtre, chamois, tortue carreto et rouge havane.


L’envie //

10 Minaudières This fall, famous brand Alexander McQueen presents a collection of jewel-looking minaudières. These models, adorn with skeleton heads, the brand’s symbol, are enhanced by Swarovski crystals. The perfect accessory for a minimalist-rock touch. Brand Judith Leiber was devoted to the minaudière and was even elected best brand for luxurious accessories in 2008. Its newest collection continues on this path with precious models. The Jaguar minaudière is an inestimable piece due to its cutting and graphics. The enhanced crystal piece is a masterpiece.

Minaudières Cet automne la célèbre Maison Alexander McQueen propose une collection de minaudières aux allures de bijoux. Ces modèles ornés de têtes de mort, symbole de la marque, sont rehaussés de cristaux Swarovski. L’accessoire parfait pour une touche rock-minimaliste. Judith Leiber a fait de la minaudière son culte et a même été élue en 2008 meilleure marque d’accessoires de luxe. Sa dernière collection continue dans cette veine avec des modèles précieux. La minaudière « Jaguar » est une pièce inestimable par son travail et son graphisme. Rehaussée de cristal, elle constitue une véritable œuvre d’art.


L’envie //

12

Foulards Chez Bulgari, le serpent est à l’honneur. En hommage à Elisabeth Taylor sur le tournage du film « Cléopâtre », il y a cinquante ans, la maison propose une collection qui reprend les caractéristiques du reptile aux couleurs bleues et marron cuivré. Hermès, pour l’hiver 2012 propose un carré géant, nommé « La Fabrique des Rubans ». En twill, ce foulard relate des bobines qui se déroulent sous forme de cercles complexes entremêlés les uns aux autres. Au centre, un carré dans un tissage aux couleurs multiples se dessine. La maison propose un foulard de fils de soie d’une finesse et d’une légèreté incomparable.

Headscarves Bulgari puts snakes in the spotlight. The brand pays a tribute to Elizabeth Taylor’s outfit on the set of the movie “Cleopatra”, shot 50 years ago. The house offers a collection inspired by the features of the blue and brown-copper colored reptile. For its winter 2012 collection, Hermes presents a giant scare named “La Fabrique des Rubans”. This twill-made headscarf features bobbins that unwrap in the form of complex circles entangled within one another. In the middle, a square pattern shows in multicolored sewing. Here the house offers a headscarf featuring silk sewing of extreme finesse and of incomparable lightness.


L’envie //

14

Gloves Born in 1977, Italian brand Blumarine is still top notch. Anna Molinari offers models suited for seductive, romantic and modern women. Unavoidable touch of this winter, made of natural wool and decorated with flowery and flecked prints, Blumarine gloves will keep your hands warm. Famous for its delicately perfumed gloves, Fabre imposed itself as a reference in the glove market. Since 2003, the house associates with important names to present its unique creations. In 2012, your hands can wear gloves designed by Fabre alongside Ann Demeulemees-terr, Haider Ackerman, Stephane Rolland, Victor and Rolf or Kanye West…

Gants Créée en 1977, la marque italienne Blumarine est toujours au top des tendances. Anna Molinari propose des modèles pour des femmes séduisantes, romantiques et modernes. La touche incontournable de cet hiver : composées de laine naturelle et décorées d’imprimés fleuris et tachetés, les paires de gants Blumarine garderont vos mains au chaud. Célèbre pour ses gants embaumés de parfums délicats, la Maison Fabre s’est imposée comme une référence dans l’univers du gant. Depuis 2003, la marque s’associe à de grands noms pour présenter des créations originales et uniques. Pour 2012, habillez vos mains des gants Fabre/Ann Demeulemeester, Haider Ackermann, Stéphane Rolland, Viktor and Rolf ou Kanye West…


L’envie //

16

Macarons 2012 marque les cent cinquante ans de l’une des grandes références du macaron. En effet,  pour fêter cette fin d’année comme il se doit, Ladurée présente deux collections exceptionnelles. Chaque année, la couture s’invite dans la gastronomie. Cette fois-ci, Alber Elbaz, directeur artistique de Lanvin, vous offre une bulle d’enfance nommée « Bubble Gum ». Par ailleurs, rendant hommage aux industries textiles françaises du XVIe siècle, des boites aux coloris qui rappellent la Provence aux arômes de clémentines raviveront vos papilles. La pâtisserie Pierre Hermé a quant à elle mis l’accent sur le marron pour proposer des macarons très alléchants. Dernier né de cette année : le macaron « PX », élaboré à partir de biscuits de marrons, de crème au Pédro Ximenez et de raisins blonds macérés, enchantera vos dîners de fête. Il est très rare que Pierre Hermé ajoute un vin dans une recette, pourtant il jette ici son dévolu sur un cépage blanc de la vallée du Rhin. Enfin, côté création toute aussi surprenante, découvrez le macaron « Jardin Potager » aux accents de pomme, menthe, concombre et roquette.

Macaroons 2012 marks the 150 years of a reference in terms of macaroons: La Durée. In order to celebrate this end of year accordingly, two exceptional collections are released. Every year, designer couture associates with gastronomy, this time the partner’s name is Lanvin. Alber Elbaz offers a bubble named “Bubble Gum” that will bring you back to your earliest years. Besides, it is a tribute to the French textile factories of the 16th century. The colored boxes will remind you of the Provincial flavor of clementines and revive your taste buds. Bakery Pierre Hermé puts the emphasis on brown and proposes mouth-watering macaroons. This year’s newborn, the PX macaroon, made of brown biscuit, of Pedro Ximenez cream and of macerated blond grapes will enlighten your New Year Celebration diners. It is very seldom that Pierre Hermé adds wine to a recipe however he tries a white grape variety from the Rhine valley. Finally, discover the kitchen garden macaroon in flavors such as apple, mint, cucumber, and lettuce.


L’envie //

18 Vintage Born in 1975, boutique Didier Ludot welcomes you at the heart of the 1st arrondissement of Paris. This luxurious secondhand shop features vintage haute-couture and designer clothes. Dazzling items for ladies and gentlemen. Beyond the boutique aspect, Didier Ludot provides a space for mutual exchange and dialogue on the fashion world.

Vintage Créée en 1975, la boutique Didier Ludot vous accueille en plein cœur du Ier arrondissement. Ce dépôt-vente de luxe permet de découvrir des créateurs de haute couture et vintage. Au-delà d’une simple boutique, Didier Ludot est aussi un espace d’échange et de dialogue sur le milieu du luxe. Il y a dix ans, Gabrielle Geppert ouvre les portes de son espace luxe & vintage dans lequel elle laisse libre court à ses envies et ses inspirations. Par ailleurs, ces accessoires vendus en série limitée et fabriqués en atelier ont servi les plus grandes maisons. Quand Gabrielle n’est pas dans sa boutique, c’est dans les salons des antiquaires ou dans les salles des ventes qu’elle repère les pièces les plus impressionnantes. Prenez donc au plus vite rendez-vous avec la reine du vintage.

Ten years ago, Gabrielle Geppert opened the doors of her luxury & vintage space, a space where she lets her envies and inspirations be free. Besides, these limited edition items made in design studios have served the most prestigious brands. When Gabrielle isn’t at the boutique, she goes to antique shops or auctions where she sometimes spots the most surprising pieces. Make an appointment with the queen of vintage.


L’envie //

20 Bijoux Shamballa Jewels revisite pour cet hiver le classique duo noir et blanc pour ces bracelets. Une inspiration venue du concept du Ying et du Yang, afin de rappeler que l’équilibre de chacun est entre ses mains. Ces bracelets réversibles évoquent un mélange entre l’esprit orientaliste et le design danois. La Maison GAS Bijoux s’est inspirée des thèmes chers au mouvement Art déco et notamment l’Egyptomanie pour la ligne « Art Décorama ». Les broches, les colliers, les bracelets et les manchettes sont rehaussés d’un motif papillon estompé en laiton. La broche est parsemée d’émail, tandis que le collier est en tissage macramé, le bracelet quant à lui, est habillé de strass. Enfin, la manchette est constituée d’acétate. Des matériaux particuliers pour une ligne toute en légèreté.

Jewels This winter Shamballa Jewells revisits the classical combination of black and white in bracelets. An inspiration coming straight from the “yin and yang” concept, meant to remind us that one’s balance lays in one’s hands. These reversible bracelets offer a mix between oriental spiritualism and Danish designing. Gas Bijoux found inspiration in the “Egyptianism” displayed by the Art Deco movement in its “Art Decorama” collection. Brooches, necklaces, bracelets and cufflings are enhanced with butterfly pattern faded in brass. The brooch is sprinkled with enamel whereas the necklace is made of macramé sewing. The bracelet is covered with sequins. Finally the cufflinks are acetate-made. These particular materials were selected for their lightness.


L’envie //

22

Make-up At Shiseido’s, the make-up will be red gloss. One item blends the simplicity of a lip-gloss with the intensity of a lipstick: Laque de Rouge. With its intense pigments, it will be an asset to your palette as it offers both pure coloration and long-lasting glow. The collection is declined in eight colors ranging from red to orange tones that will satisfy all types of women. Viva Glam! This exclamation comes from the heart of MAC, whose new collection is signed by Nicki Minaj and Ricky Martin. The two pop stars have imagined products that will set off and sublime your lips. A lipstick, a moisturizer and a lip-gloss that you should acquire immediately since it is in limited edition. And if you are still hesitant, know that beauty is also the synonym of solidarity since the tax gains will go to MAC’s fund for AIDS.

Maquillage Chez Shiseido, le maquillage sera laqué rouge. Un seul code pour mêler simplicité du gloss et intensité du rouge à lèvres : « Laque de Rouge ». Avec sa couleur aux pigments intenses, cet atout de votre palette de maquillage offre une couleur pure et une brillance laquée longue durée. Cette collection se décline en huit couleurs : des tons rouges aux tons orangés pour toutes les femmes. « Viva Glam ! » C’est le cri du cœur de MAC pour sa collection signée Nicki Minaj et Ricky Martin. Ces deux stars de la pop ont imaginé trois produits pour sublimer et pulper vos lèvres. Rouge à lèvres, hydratant et lip-gloss à se procurer au plus vite, édition limitée oblige ! Enfin si vous n’étiez pas convaincu, la beauté est aussi synonyme de solidarité puisque la TVA récoltée est reversée pour la lutte contre le SIDA.


L’envie //

24 High Tech Pour les fêtes de fin d’année, Bang & Olufsen ont conçu des enceintes au design épuré et dotées d’une connexion sans fil, à emporter partout. « BeoSound 8 » » est de retour mais en version améliorée et avec la fonctionnalité Air Play pour connecter Iphone et Ipad tout en gardant un son de haute qualité. Plus besoin de réglages, les enceintes reconnaissent automatiquement tout appareil compatible et proposent directement la playlist. Vos soirées deviendront bien vite bi-directionnelles, symétriques et dynamiques ! Dernier né dans la série des « Wave Music System », ce nouveau modèle de la troisième génération intègre de nouvelles fonctions. Au-delà de l’amélioration de réception de la radio, il permet de capter la radio numérique terrestre. Enfin, les nouvelles possibilités de connexions telles que le Bluetooth, le kit de connexion et le chargeur 4 CD, offrent des performances améliorées. Le « Wave Music System » de Bose est donc le plus petit système offrant le meilleur son.

High Tech For New Year Celebrations, Bang & Olufsen releases refine wireless speakers that can be easily carried around. BeoSound 8 is back and upgraded with Air Play functions that make it compatible with Iphones or Ipads. Resetting is no longer needed; the speakers automatically recognize any compatible device and directly provide their playlist. Bi-directional, symmetrical and dynamic, they will become the secret weapon of your party-planning. Newest member of the Wave Music System series, this third generational model integrates new functions. Not only does this new version get broader radio signal but it also allows watching DTT. Other ways to connect are available and upgraded, for instance Bluetooth, the connection kit and the 4 CD chargers. The Wave Music System is the small device offering the best sound quality.


L’envie //

26 Mocassins Miu Miu décline des chaussures façon loafer au style hyper féminin et parées de détails précieux et ludiques dans la veine du style des ultras désirables. Imaginés par Miuccia Prada, ces chaussures glitter un peu show-off se déclinent aussi en vernis avec pompons et en python. Des souliers qui se suffiront à euxmêmes et parferont les looks les plus simples. Jimmy Choo dévoile sa collection de chaussures mi-mocassins mi-slippers pour de l’ultra confortable. Côté design, on préférera la version cloutée. Tous les modèles sont proposés dans des coloris noirs en toile brillante et en velours. La touche confort mais hyper hype de votre style fin 2012.

Loafers Miu Miu declines loafers in a hyper-feminine style and decorates them with precious and playful details that. Designed by Miuccia Prada, these glitter shoes are a tad show-off. A varnished pythonmade version also exists with pompoms. These shoes themselves will be enough to complete the simplest of looks. Jimmy Choo presents its semi-loafers semi-slippers, offering maximum comfort. The studded version is the most original in terms of design. All the models are presented in dark colors of shiny-cloth and velvet. They will be the comfortable-but-hype touch of your late-2012 looks.


Convoitise // Roederer

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Les trois temps de

Roederer

Pour la fin d’année, la maison rémoise Louis Roederer propose trois étuis au graphisme inédit contenant chacun une cuvée différente de son champagne. Par Camille Martin Telle une valse enivrante et pétillante, la cuvée du Brut Premier enrubanné d’or jaune, d’or blanc et d’or noir côtoie le Brut Vintage 2006, la vibration joyeuse d’un vin de grandes origines ainsi que le Brut Rosé 2007, la danse du plaisir…  Par ailleurs, le coffret « Collection » qui réunit ces trois fleurons du vignoble Roederer est également à l’honneur en cette fin d’année. Ainsi va la nouvelle campagne signée « A la Recherche de l’Œuvre» qui place, pleine de promesses, la dégustation de son champagne sous le signe de l’Art.


Convoitise // Buccellati

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Buccellati

 L’art

italien au service de la haute joaillerie

Révélatrice de son savoir-faire artisanal, le célèbre joaillier    milanais dévoile sa collection de boucles d’oreilles « Cocktail » transformables en pendentifs et empreintes d’érotisme et de séduction. Par Alyssa Makni

Boucles d’oreilles « Cocktail » or gravé, diamants et tanzanites A travers ces boucles d’oreilles, Gianmaria Buccellati rend hommage au style précieux insufflé par le fondateur de la Maison joaillière éponyme, son père, Mario. L’or jaune est ici brodé de diamants fins pour offrir une création bijoutière unique, digne des plus beaux palais italiens de la Renaissance avec des ronds solaires qui renferment un trésor en leur cœur : une sublime tanzanite.

Boucles d’oreilles « Cocktail » or gravé, rubellites et saphirs Cette paire au design raffiné sublimera le visage féminin avec élégance. Telle une couronne de feuilles, elle incarne tout le savoir-faire artisanal de Buccellati avec son allure précieuse par des diamants délicatement sculptés à de l’or jaune. Etourdissantes de beauté, on ne saurait d’ailleurs résister à leur ballet de saphirs bleus et de rubellites.  

Boucles d’oreilles « Cocktail » or gravé, jade gravé et diamants Boucles d’oreilles « Cocktail » or gravé, saphirs et diamants Tels des flocons de neige tout droit tombés d’un ciel étincelant, ces boucles d’oreilles incitent à la fascination. Les diamants délicatement taillés autour de l’or jaune se mélangent à la perfection avec les saphirs bleus. Une création joaillière d’une valeur inestimable.

Dignes des plus grandes princesses du XXIème siècle, ces boucles d’oreilles présentent une forme ovale qui épouse à merveille la largeur du cou pour mieux sublimer celui-ci. Les baguettes en or fin sont méticuleusement disposées avec les diamants pour attirer le regard sur les deux magnifiques émeraudes centrales. www.buccellati.com


Convoitise // David Yurman

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David

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Yurman

Bague Cable Wrap Iconique, la bague « Cable Wrap » est la signature mythique de David Yurman. Ses lignes arrondies et ses extrémités ornées de pierres précieuses sont devenues un classique incontournable. Synonyme de continuité et de tradition, deux mots chers au joaillier, ce modèle séduit par son allure unique déclinée sous toutes les coutures à chaque nouvelle saison.

Le joaillier américain favori des stars d’Hollywood s’offre les services de Gisèle Bündchen en tant qu’égérie pour présenter une collection hivernale Par Alyssa Makni lumineuse et graphique.

■ Bague Cable Wrap, en argent, topaze bleu et diamants.

■ www.davidyurman.com

Bague Pave Quatrefoil Quand simplicité rime avec élégance. Cette fois-ci le joaillier a voulu légèrement modifier sa technique de « la chaîne Cable » en lui offrant des airs de bague de fiançailles idéale pour sa touche discrète et luxueuse des temps modernes. L’étoile que ce bijou représente se confondrait presque en un trèfle à quatre feuilles pour vous permettre de réaliser vos vœux les plus fous pour le Réveillon. ■ Bague Pave Quatrefoil, en or jaune et diamants.

Bague Diamond Starlight  Inspirée par la beauté et le romantisme qui se dégagent du ciel parisien lors des soirées hivernales, la « Diamond Starlight », qui signifie « la lumière des étoiles » impressionne par sa luminosité. Telle une poussière d’étoiles imagée par les diamants incrustés, elle invite ses détentrices au rêve. Comme au clair de lune, les reflets provoqués par le mouvement la font scintiller de mille feux. L’un des plus beaux hommages du joaillier à la « Ville Lumière ».

Une bague tout en volume qui joue sur l’alliance délicate des pierres précieuses et des diamants. Le rouge, le rose et le violet des pierres sublimeront nos tenues hivernales. Très abstraite par ses variantes de taille, la « Multi-Stone Oval Mosaic » rappelle également l’image du cœur humain. En somme, le modèle idéal pour déclarer sa flamme à sa moitié.

■ Bague Diamond Starlight, en argent, rhodium noir et diamants.

■ Bague Multi-Stone Oval Mosaic, en or jaune, diamants et tourmaline rose.

Bague Multi-Stone Oval Mosaic 


Convoitise // Lancel

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Lancel à l’heure des it bags Des sacs aux couleurs vives et scintillantes placés sous le signe de l’amour pour une « French Légèreté » hivernale à l’état pur.

Le Dalidol  Clin d’œil au sac original créé par Salvador Dali dans les années soixante-dix pour la Maison Lancel, cette nouvelle édition en reprend les mêmes codes. On y aperçoit « les daligramas », ces motifs issus de l’alphabet de l’amour que le peintre surréaliste avait inventé pour s’adresser à sa muse Gala. Un sac unique, aussi bien pour ses motifs que pour sa bandoulière originale aux airs de chaîne de vélo en or et cuir, symbole de l’attachement sincère entre deux énergies qui vont dans la même direction. En somme, le romantisme à l’état pur. ■ Dalidol, édition limitée. Toile Jacquard brodée et cuir végétal, coloris naturel/bourbon.

Par Alyssa Makni

Premier Flirt

L’Angèle Privilégiez la couleur ! Le dernier modèle de la célèbre Maison de maroquinerie française est à l’image de sa créatrice : audacieux, coquet, ingénieux et surtout séducteur. Dans le Paris des années folles, Angèle Lancel destinait ses créations aux femmes qui avaient de l’esprit. Un siècle plus tard, son vœu est enfin exaucé : le sac à main Lancel est devenu le complice idéal des femmes dans leur quotidien. Avec son allure de sac cartable féminisé par deux fermoirs élégants et un miroir délicatement placé à l’intérieur pour pouvoir effectuer ses retouches maquillage à tout moment, « l’Angèle » n’a pas fini de séduire. Véritable hommage à la créatrice. ■ L’Angèle. Sac shopping cuir lisse végétal.

Figure emblématique du slogan « French Légèreté » si cher à la Maison Lancel, le sac « Premier Flirt » séduit par son allure à la fois chic et casual. Pratique, il dispose de multiples rangements avec notamment une pochette à rabats sur le devant pour y glisser ses indispensables. Son côté tressé lui apporte une touche délicate et ses reflets scintillants en font le cadeau idéal pour les fêtes. « Destins croisés, amours entrelacés et vies rêvées », une citation qui en dit long sur les pouvoirs de ce sac qui vous rappellera inévitablement votre premier amour. ■ Premier flirt. Sac seau entrelacé, cuir lisse. www.lancel.com


Convoitise // belles montres

Lorsque l’horlogerie prend des airs féériques… A l’occasion du salon international de l’horlogerie de prestige, petit tour d’horizon des plus beaux modèles de haute joaillerie. Par Alyssa Makni

Montre à secrets Limelight Inspiration Feuille de Piaget Repousser toujours plus loin les confins de l’émerveillement, telle pourrait être la devise de Piaget. Et quand il s’agit de présenter des modèles uniques en édition limitée, cette citation prend tout son sens. Ode au thème de la nature et des jardins, la montre  « Inspiration Feuille »  représente l’alliance parfaite entre l’art joaillier et l’art horloger. Mystérieuse, telle une forêt enchantée qu’il faut délicatement traverser pour pouvoir découvrir son cadran, elle incarne la pureté du monde végétal en pierres précieuses. ■ Limelight Inspiration Feuille. Or blanc, or rose et diamants.  www.piaget.fr

Tourbillon Squelette de Audemars Piguet 

New Diamond Flower de Perrelet D’un rouge intense, la « New Diamond Flower » illuminera vos journées hivernales pour le plus grand plaisir de vos yeux. Un cadran avec un décor soleil à l’intérieur duquel on retrouve neuf index de pétales de fleurs dont trois sublimés par des diamants. Une fleur de lotus vient d’éclore dans un jardin inédit.

Constellation de Omega 

■ New diamond Flower. Bracelet en crocodile. www.perrelet.com

Telle une œuvre d’art dédiée au cosmos et à ses étoiles, la montre « Constellation » séduit par son élégance. Scintillante de mille feux avec ses diamants taille brillant au motif neige, elle présente une véritable harmonie. Le must ? Le fermoir papillon du bracelet serti d’un diamant unique dans lequel le logo Omega a été gravé. Une première dans l’histoire de la marque qui en fait un modèle irrésistible en cette fin d’année.

Emblématique du savoir-faire de la maison suisse, le modèle « Tourbillon » révèle ses dessous cachés. Et période de fêtes oblige, il scintille de mille feux avec ses quatre-vingt-quatre diamants taille brillant sur sa lunette et ses saphirs sur le cadran. Des tons bleutés qui s’accordent à merveille avec la couronne sertie d’un saphir cabochon bleu et d’un bracelet crocodile à grandes écailles carrées et platine. ■ Tourbillon squelette à remontage manuel. Boîte en platine 950, cadran en nacre blanche, bracelet bleu, diamants. www.audemarspiguet.com

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■ Constellation. Or rouge et verre saphir bombé inrayable, cadran en nacre blanche et diamants, étanchéité cent mètres. www.omegawatches.com

Hampton 10025 de Baume & Mercier  Serpenti de Bulgari Icône de la marque depuis les années quarante, le serpent se voit encore une fois sublimé par le joaillier italien. Figure mythologique symbolisant la jeunesse éternelle et l’immortalité, le voilà transformé en trésor des temps modernes. En or rose avec plus de mille pierres précieuses comme le saphir rose, le quartz violet et les diamants traditionnels, impossible de lui résister. Tel un bracelet à enrouler délicatement autour du poignet, il vous suffit de suivre les yeux du reptile représentés par deux saphirs bleus pour avoir l’heure. ■ Serpenti. Or et saphir rose, diamants, quartz violet. www.bulgari.com

 Un modèle blanc immaculé qui rappelle la pureté de la neige pendant l’hiver. Inspirée d’une pièce de musée des années quarante, la dernière née de la collection « Hampton » séduit par son côté vintage : boîtier rectangulaire, cadran serti de diamants et bracelet en alligator blanc. ■ Hampton 10025. Montre acier, diamants, cuir blanc, quartz, rectangulaire, taille moyenne. www.baume-et-mercier.fr

Quantième Rétrograde de Blancpain 

Tourbillon Manège de Révélation

A la fois féminine et contemporaine, la « Quantième Rétrograde » incarne le raffinement horloger à l’état pur avec sa lunette sertie de quarante diamants, et surprend par son cadran nacré et ses affichages hors du commun : la présence d’un motif lune au centre d’un ciel étoilé à douze heures et une aiguille serpentine bleue montée d’une étoile dédiée à la lecture de la date. Quant au quantième, il est indiqué par une aiguille rétrograde qui permet d’un saut de revenir au premier jour du mois. Magique. Comme une berceuse.

Qui aurait cru qu’un jour les rouages d’une montre deviendraient de véritables œuvres d’art ? C’est chose faite avec ce modèle mixte issu de la gamme « Tourbillon Manège » un mouvement de rotation unique possédant un système réglant tournant hors du commun. La marque suisse créée en 2007, présente un modèle innovant à souhait avec une lunette en verre que l’on peut ouvrir pour mieux en admirer le mouvement.

■ Quantième Rétrograde. Or et diamants, fond saphir, calibre 2650RL. www.blancpain.com

■ Tourbillon Manège. Or rose. www.revelation-watches.ch


Bruno Aveillan

la magie de l’image

Bruno Aveillan est un magicien de l’image. Au travers de publicités, d’arts plastiques et de livres, il explore une vision sublimée du monde qui nous entoure.  par Camille Martin

En 2012, son nom a résonné comme celui de l’un des plus grands réalisateurs de films publicitaires. En mars, le film l’Odyssée de Cartier apparaissait sur nos écrans (cette formulation est préférable car on pourrait croire que le film est sorti il y a longtemps sinon) et a remporté en septembre le Grand Prix du luxe 2012. Cette collaboration est née d’une rencontre humaine « faite d’échanges et de dialogues, ce qui est essentiel pour un projet qui contient autant d’enjeux. » Raconter l’histoire d’une marque de légende comme Cartier n’a pas été chose facile. « Cartier voulait un film épique, spectaculaire, universel et intemporel » et c’est un vrai voyage onirique au pays de la marque qui a été réalisé. De cette aventure, Bruno Aveillan se souvient qu’elle a été « d’une incroyable intensité » d’autant qu’il a fallu transporter une panthère sur des glaciers, dans la neige, dans le désert et enfin sur la Place Vendôme : un vrai challenge magnifiquement relevé.

Soulignons que Bruno Aveillan n’en était pas à son coup d’essai avec ce film. Il avait déjà collaboré avec Louis Vuitton, Swarovski et le groupe Shangri-La. A chaque projet, le défi était le même : « bien saisir l’ADN de la marque et surtout comprendre le message de celle-ci ainsi que les tendances qu’elle défend. Tout étant une question d’humain car Bruno Aveillan, très humaniste, pense que l’homme est au centre du monde du luxe. L’homme est celui qui l’aide à choisir les personnalités avec lesquelles il décide de tourner. Pour la publicité du parfum Oxygene de Lanvin, il avait fait appel à « un jeune top model qui n’avait encore jamais fait de film. Elle s’appelle Gisele Bündchen. » Bruno Aveillan a aussi une fascination pour la danse. On peut imaginer qu’il a découvert cet art grâce à sa sœur danseuse et son mari, Philippes Combes, ancien danseur et chorégraphe. Avec lui,  deux projets expérimentaux ont été mis en place

avant sa mort. C’est ce même univers qu’il nous dévoile dans le livre « Bolshoi Underground. » En 2010, le réalisateur est appelé à poser son regard sur le travail du réalisateur Vasily Barkhatov. Il décide alors de ne pas s’arrêter là et demande l’autorisation de réaliser des portraits. Il rencontre ainsi des gens étonnants vivant « dans un monde sous tension mais incroyablement romanesque », notamment cette femme de quatre-vingt dix ans à l’histoire surprenante et qui a son âge est encore chef décoratrice sur les plateaux. Un ouvrage inédit à découvrir au plus vite en attendant le prochain, prévu pour le printemps 2013, sur lequel il travaille déjà. Enfin, on pourra retrouver Bruno Aveillan sur deux longs métrages aux Etats-Unis dont un conte de fée en collaboration avec Universal.

© Martin Coulais

Rencontre // Bruno Aveillan

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Rencontre // Cyril Pigot

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41 Cyril Pigot

pour l’amour d’Hermès Alors qu’Artcurial est la seule maison de ventes aux enchères à proposer un département vintage, nous avons fait la rencontre du responsable de ce dernier, Cyril Pigot qui, depuis, dix ans développe cette activité.  par Camille Martin Cyril Pigot a toujours travaillé dans le marché de l’Art et surtout dans le contemporain et la photographie. Mais quand l’opportunité lui a été donnée de développer le département Hermés Vintage pour Artcurial, il a tout de suite accepté aimant l’idée de retrouver une pièce ancienne pour la faire sortir de l’oubli. La renommée de la maison de ventes aux enchères Artcurial s’est développée autant avec les ventes de bandes dessinées qu’avec celles de l’automobile et enfin celles du département vintage. Ces dernières sont des niches que la société de ventes a su développer sur un terrain vierge et c’est Cyril Pigot qui s’en est chargé. Pour faire de chaque vente un évènement, il a eu l’idée de les associer à des œuvres caritatives. Mais avant l’association à une personnalité, c’est principalement avec la Maison Hermès que le travail se fait main dans la main. Celle-ci possède une sorte de « droit de regard ». Artcurial a une obligation envers elle qui se concentre sur la provenance des objets et la véracité des fiches descriptives. En cas de doute, Cyril Pigot n’hésite pas à faire appel. Par ailleurs, ce sont quatre personnalités qui ont prêtées leurs noms à ces ventes. La première en date étant Jane Birkin. En 2007, Cyril Pigot la contacte afin de vendre le sac qui porte son nom et qu’elle a préalablement dédicacé au profit de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. En 2008, pour le sac « Kelly », Cyril Pigot est allé à Monaco rencontrer la Princesse Stéphanie qui a accepté de vendre le sac de sa mère dont l’argent a été reversé à son association : Figh Aids Monaco. En 2009, le célèbre mannequin, Naomi Campbell vend son sac « Birkin » pour l’association The White Ribbon Alliance. Enfin, l’ex première dame, Carla Bruni-Sarkozy fait donation d’un petit

avion Hermès pour la fondation qui porte son nom et qui a pour vocation de faciliter l’accès à l’éducation, à la culture et aux pratiques artistiques. Toutes ces collaborations ont fait d’Artcurial une maison renommée qui vend « une part de rêve en y trouvant une impulsion sincère. » Pour organiser toutes ces ventes, ce sont de nombreux particuliers, de tout horizon, qui mettent en vente leurs lots de chez Hermés. « Ce qui est très intéressant c’est que tout le monde a du Hermés. » Selon lui, c’est aujourd’hui la plus grande maison héritière du savoir-faire français, c’est une institution qui touche de sept à soixante-dix-sept ans dans toutes les catégories sociales. Cyril Pigot va même plus loin en affirmant que cette maison fait partie de l’ADN. Côté acheteurs, on retrouve le même éclectisme, avec un attrait toujours aussi fort. Alors quand on lui demande avec qu’elle autre maison il aurait pu le faire, la question semble bien simple, puisque sa réponse est : « aucune ». D’autant que pour Artcurial, Hermés est la seule maison de couture qui ait une réelle valeur en second marché pour la revente. Seule difficulté aujourd’hui : les records d’enchères qu’ atteignent certains lots car certains vendeurs espèrent des estimations toujours plus hautes. Ce qui est en contradiction avec l’esprit initial des ventes vintage qui est de permettre à quiconque de repartir avec un petit peu d’Hermés chez soi : « on peut y acheter un carré à cent euros. » Alors, tout le problème reste celui de convaincre les vendeurs d’accepter des prix attractifs. Mais que se passe-t-il une fois que la magie de la vacation s’est arrêtée ? Pour Cyril Pigot, c’est à ce moment que tout devient difficile : « il faut trouver entre six cents et huits cents lots entre huit à seize semaines, tout recommencer. » C’est aussi pourtant ce stress qui le galvanise et qui lui permet de se lancer dans de nouveaux défis comme celui de trouver la personne avec qui collaborer. « Cela peut prendre entre deux et trois ans, de convaincre quelqu’un. » La vente de chacun de ces objets phares fait écho à une valeur affective chez la personne, et toute la difficulté est dans le fait d’arriver à la convaincre de proposer un lot qui a une valeur sentimentale. C’est là que le rôle de l’association prend tout son sens.


Focus // Saga de marque

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Gucci

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la Maison perdurant le savoir-faire italien

C

inq lettres résonnent, illustrant ainsi le savoir-faire italien dans le monde entier. Gucci est un plenum du chic et de l'élégance agitant dans un premier temps Florence, puis les clochers de la mode des quatre coins du globe. Qui n'a jamais entendu parlé des légendaires sacs « Jackie » ?  Par Sophie Faucillion Un rêve d'enfant

Florence, fin du 19ème siècle. Guccio Gucci, après avoir longé l'Arno, se précipite via Tornabuoni s'émerveillant devant chaque boutique et tout particulièrement devant les maroquineries, dans lesquelles il ose parfois se faufiler. Làbas il s’approprie entièrement l'odeur et la texture du cuir des sacs et des accessoires tous plus magnifiques les uns que les autres. Sa mère en rêve ! C'est décidé, un jour, il lui en offrira un encore plus sublime qu'il façonnera lui-même. Famille désargentée, Guccio s'embarque pour Londres, l'ascenseur du Savoy nécessite un « liftboy » : une vitrine idéale pour le luxe suprême ! De retour à Florence il tombe amoureux d'Aida Calvelli. Ensemble, ils ouvrent une maroquinerie via della Vigna Nuova. Au fond de la petite boutique, Guccio s'évertue à créer des bagages et de la maroquinerie à partir des meilleurs cuirs de Toscane, d'Allemagne et de Grande Bretagne. L'entreprise et la famille Gucci ne cessent de s'agrandir. Ces trois fils s'attèlent au développement de l'affaire familiale : Rodolfo, le financier, Vasco, l'artisan et Aldo, le visionnaire. Un trio complémentaire qui parvient à mondialiser la Maison à New York, Londres, Paris, Palm Beach, Los Angeles. Synonyme d'élégance artisanale et d'innovation, notamment avec le sac à anse de bambou, Gucci affole le tout Hollywood, la haute société et les fashionistas. Jackie Kennedy est accro, le « Jackie » s’impose comme un incontournable. La diversification est inévitable, comment pourrait-on résister à Grace Kelly ? Rodolfo lui dédie un foulard aux mille plantes, fleurs et insectes, une nouvelle icône est née : le « Flora » !

Une trouble saga

Serait-ce l'Arno qui emporta lors de ses crues assassines la famille Gucci dans un naufrage sans fin ? Une lignée en appelle une autre et la saga ne fait que continuer et renforce son aura pour mieux l'ébranler. Paolo, le digne fils d'Aldo, créé sa propre ligne. La famille le réfute, une infernale guerre intestine se déclare : Paolo témoigne contre son père pour fraude fiscale alors que Maurizio, fils de Rodolfo prend le contrôle de Gucci. Maître Domenico Del Solo, avocat d'affaires est nommé par Maurizio à la tête de Gucci America, un nom qui en dit long. Il persuade Maurizio de s'associer à Investcorp et de gommer toute sa lignée. Le glas sonne chez les Gucci. Maurizio nomme Dawn pour redorer le blason de la Maison et lui donner une nouvelle image. Elle engage une nouvelle équipe de stylistes et met l'accent sur l’habillement. Tom Ford en sera le maître d'œuvre. Une nouvelle ère commence.

Les années Tom Ford

Les conflits se perpétuent. Maurizio est contraint de céder ses parts à Investcorp. Plus de Gucci chez Gucci ! Tom Ford devient le nouveau directeur artistique et la famille Gucci continue d'alimenter la presse à scandale ! Tom Ford, comme Paolo, est un visionnaire. Il anticipe l'approche et l’attente d'une clientèle en quête d'une nouvelle aventure vestimentaire. Un pur succès. Le tout Hollywood ne jure que par Gucci et les créations de Tom Ford. Créateur insatiable, il est lassé de voir la foule des fashionistas arborant des sacs Fendi ou autres. Il propose à Frida Giannini, jeune créatrice de sacs, de s'aventurer avec lui dans la saga Gucci. Elle est nommée directrice artistique pour les sacs à main et entre dans l'univers de Ford aux lignes noires adoucies par ses frasques colorées. Elle s'inspire de l'histoire de la Maison et de

ses grands classiques tels que « le Bambou », le « Jackie » et le « Flora » bien sûr. Elle encanaille les influences du studio de Tom Ford par ses imprimés éclectiques, ses perles colorées de marché aux puces, ses souvenirs de voyage autour du monde, et le glamour des anciennes stars d'Hollywood.

L’arrivée de Frida Giannini

Comment de telles sources d'inspiration n'auront-elles pas pu contribuer à son ascension ? De directrice des sacs à main, elle devient celle de la maroquinerie et accessoires. Tom Ford et Domenico Del Solo quittent Gucci. La seule personne s'imposant à leur succession, c'est évidemment Frida. Soucieuse de l'historique de la marque, elle transfère le siège de la société de Londres à Florence afin de revenir sur les lieux d'origine de Gucci. Son premier défilé : 2005 ! Les papillons, les fleurs et les insectes du « Flora » emportent les silhouettes. C'est une renaissance pour la Maison. Considérant les priorités de Gucci, elle s'ouvre à l'extérieur et veille à l'expansion de la marque dans le monde. Evidemment, Frida est d'une grande créativité et se laisse naturellement emporter vers la philanthropie, un engagement à l'UNICEF lui décerne le prix inaugural « Women and compassion ». Interpellée par le statut des femmes, elle siège aussi à la fondation PPR pour la dignité et les droits des femmes. « Vous n'êtes pas seulement en train de façonner du cuir, vous façonnez l'histoire de la mode », affirmait Guccio à ses employés. Par sa profonde humanité, son respect des artisans et son engagement indéfectible pour la qualité, Frida possède la vision parfaite de la créatrice idéale. Elle parvient à prouver qu'une marque légendaire comme Gucci peut évoluer sans oublier ses profondes et précieuses racines. Preuve en est : le nouveau sac « Soft Stirrup », un ultime écrin de cuir !


Focus // Maison Michel

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Maison Michel ou l’art et le récit de la distinction

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etite fiction et histoire vraie : Gabrielle se faisait un point d’honneur d’arriver chaque matin à la fac coiffée d’un élégant chapeau qui soulignait une allure déjà savamment étudiée. Je la soupçonnais d’être à l’image de ces héroïnes de Marivaux qui prennent le temps dans le secret de leur salle de bain à composer une image de soi qui ne souffrirait nulle trace d’un manque de style.Par Gaëtan Kondzot

Contrôle et maîtrise de son image. Tout, son langage, son corps, sa voix, ses gestes et vêtements trahissaient une superbe volonté de distinction. Une distinction qu’elle magnifiait chaque matin par un feutre, panama, capeline, trilby ou accessoires de tête, et qui la rendaient étrangère à ce biotope d’étudiants d’où sévissait selon ses dires un insupportable discours gauchiste. C’est là, dans cette université dite de gauche qu’elle luttait, toujours selon ses dires, contre une uniformisation du style. Elle se voulait différente et entendait le rester, un point c’est tout. « Un tel sens de la distinction n’est-ce pas un peu too much ? lui demandai-je - Parle pour toi mon chou qui porte des nœuds papillons. Et puis ce ne sont pas des chapeaux. Ils appartiennent à Michel !  - Michel ? Etait-ce sa manière de me signifier qu’elle avait déjà un nouvel amant ?  - Mais oui, la Maison Michel mon grand bêta ! Laisse-moi te dire quelque chose, c’est important, tu vas voir… - Je t’écoute mon sucre. J’étais soulagé. - Voilà. Elle prit un temps, me fixa intensément comme pour réclamer toute mon attention et poursuivit. Tu vois mon ignorant adoré, dans ce pays qu’est la France, terre d’excellence du luxe, ce pays héritier d’un savoir-faire unique des plus grands artisans dans tous les domaines qui irriguent l’industrie de la mode… Hé bien, il est une maison vénérable qui, depuis 1936, permet aux hommes et aux femmes qui aiment porter le chapeau, et qui sont en quête de beauté et de distinction, de trouver l’objet de leur adoration. Canotier, Cache mignon, serre-tête, Bert, Borsalino ou toute autre coiffure précieuse insolite. Là, dans le secret des ateliers, attendent plus de trois mille formes à l’ovale parfait et sculpté dans du bois de tilleul. De ces formes inertes et magiques, une trinité détentrice d’un savoir-faire précieux va élaborer et créer l’objet de convoitise. Il y a d’abord le chapelier qui va mettre en forme, la modiste qui interprète une idée puis réalise le prototype. Voici enfin la couseuse qui va coudre, garnir et finir le chapeau. Magie d’un chapeau Michel, unique, esthétique, qui s’éloigne de son utilité pratique pour se parer des plus beaux atours d’une élégance qui flirte aussi avec sens de la dérision et légèreté. Depuis, vois-tu mon chéri, cette tradition se poursuit, avec Chanel qui en 1997 reprenait la marque et lui insufflait ce vent de légèreté en nommant en 2006 comme directrice de la création Laetitia Crahay également responsable accessoires / bijoux chez Chanel. Voilà mon beau béotien, tu sais tout ! Je te propose maintenant de sécher le cours de littérature comparée pour aller découvrir leur dernière collection. Laetitia Crahay, j’en suis sure, s’est encore surpassée ! Allez viens et suis-moi ! » Il y avait dans son attitude un je-ne-sais-quoi de désinvolte. Je l’aimais davantage…


Monica Sarti,

volupté d’une étole Porter une écharpe ou une étole Faliero Sarti, c’est faire un voyage émotionnel où tout ne serait que luxe, calme et sensualité. Douceur impalpable de la matière « qu’on peut porter directement sur la peau comme une lingerie et qui procure une agréable sensation de chaleur. Comme l’impression d’être embrassé, consolé et protégé », ainsi parle Monica Sarti, directrice et héritière de l’illustre maison Faliero Sarti.

Et Romano Ricci créa

Juliette has a Gun 

Sortons de la torpeur du triste quotidien où même les plus fameux parfums semblent nous échapper. « Une femme "sans parfum" n'est-elle pas une femme sans avenir ? » (sic) © Philippe dubessay

New face //

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Par Gaëtan Kondzot

Par Sophie Faucillion

Marco Mencacci

Designer ou magicien de la matière « Ce qui m'a toujours habité, c'est de percer le secret de la fabrication et de la transformation d'une pièce selon le créateur, les époques, les textures et les couleurs. La réinvention est perpétuelle. » Marco Mencacci est depuis son enfance possédé par l'Objet avec un immense « O ». Diplômé de l'école Nicolò Barabino et architecte DPLG de ParisBelleville, Marco s’amuse à retracer tout espace, toute substance, tout objet qui croisent son regard. Designer, architecte d'intérieur, scénographe, designer textile ou industriel… rien, ni personne ne peut entraver l'alchimie de ses philtres esquissés. Sa magie en a envouté plus d'un et pas des moins prestigieux : Cartier, Chanel, Chloé, CRAFT Limoges, Hermès, Louis Vuitton…  Sa force sibylline, il la régénère à travers l'art, le cinéma, ses rencontres, ses voyages, ou les enseignements qu'il prodigue dans les universités et les écoles des quatre coins de l'Europe. Hypnotisé le plus souvent par de petits détails, il s'enflamme de leur composition, leur forme ou leurs nuances. Ses projets : le développement de nouvelles textures chez Saint Gobain Glass, la création de nouvelles pièces uniques toujours fusionnées dans les fours à verre de Murano (ce ne pourrait être nulle part ailleurs)…  La liste ne pourrait être plus exhaustive ! Il existe vraiment des hommes peu ordinaires, dont les profondeurs cérébrales semblent impénétrables. Alors plongez dans le milieu des "A BYS", les fascinations abyssales de Marco. Elles vous murmureront sûrement des secrets qui vous sont encore inconnus. ■ www.marcomencacci.com

« Quelle Juliette êtes-vous ? Lady Vengeance durant un an, me voilà Mad Madame… Avec mon métier de créatif et mon fort caractère, j’aime montrer que j’ai un « quelque chose » pas comme les autres, sans tomber dans l’ostentation… » Errements intéressants pour toutes celles voulant déglinguer les conventions et ne plus se fondre dans l'immensité du commun des mortels. Pour Romano, un parfum est une arme de séduction, sa Juliette a un « gun ». « Lady Vengeance, Miss Charming, Citizen Queen, Midnight Oud et Mad Madame sont des fragrances qui dévoilent chacune, l'une des facettes de notre personnalité. » Il aime les femmes imprévisibles, surprenantes et indomptables : un jour ange diabolique, un autre dangereuse dominatrice ou encore ensorcelante provocatrice… Chaque essence est un jeu olfactif soulignant l'humeur vagabonde.  Son nouveau projet : un concept store beauté, Nose, dédié aux marques de créateurs et dont l'idée maîtresse est d'établir son propre diagnostic parfum. Romano ne coopte pas avec la grande distribution. Il tient à garder sa liberté et à interpréter olfactivement ses rencontres ou plutôt les Juliette de sa vie ! Alors chères dames et demoiselles, avant de vous précipiter pour acquérir le nouveau flacon parfumant l'air du temps, replongezvous dans Shakespeare « Viens douce nuit, viens vite amoureuse au front noir, donne-moi mon Roméo…» et faites un détour chez Nose pour une reconnaissance olfactive. Cessez d'être clone car vous le valez bien ! ■ Nose - 20, rue Bachaumont 75002 Paris - www.nose.fr

Forte_Forte,

Poésie et esthétique d’un style Dans la pénombre, je remarquai son feutre rouge qui laissait échapper sa chevelure blonde. Pour parure, une longue jupe d’un pourpre sombre rehaussée d’un smoking blazer bleu. Elle me toisait du regard, timide et sans complexe. J’étais troublé, ne sachant d’où surgissait cette apparition nocturne. Elle vint à ma rencontre et d’une voix douce me susurra ces deux mots étranges : Forte_Forte. Forte_Forte fête ces dix années d’existence au service d’un vestiaire féminin pointu et délicat empreint de réminiscences du style des années trente. Il se retrouve dans la silhouette et les belles matières qui structurent chaque collection. À la tête de Forte_Forte, une fratrie : Giada et Paolo Forte. Chez les Forte, les rôles sont clairement définis. Giada, la sœur, se charge de la création et Paolo, le frère, du développement commercial. Une séparation des pouvoirs mais un binôme qui travaille en parfaite harmonie selon Giada et « où rien ne serait possible l’un sans l’autre ». Pour Giada, la création du label répondait au désir de proposer « une sorte d’armoire personnelle. Le but n’était pas tant de faire une ligne de vêtements mais plutôt un univers empreint de passion et de vérité ». Chez Forte_ Forte, chaque collection peut se lire comme une invitation à un voyage poétique et esthétique qui se jouerait du temps et de la nouveauté sans toutefois sombrer dans une nostalgie vintage. La recherche de Forte_Forte ? Selon Giada : « transmettre de l’émotion à chaque collection. » La collection capsule Printemps-Été 2012/2013 célèbre les dix ans de Forte_Forte et propose une réinterprétation de dix silhouettes iconiques de la marque. Une ligne inspirée par un voyage au Sri Lanka au cours duquel Giada a aimé « ce mélange entre la culture anglaise et indienne ». Elle rajoute avec enthousiasme que c’est « un pays qui offre une modernité sociale où se côtoient rigidité, couleurs, exotisme, élégance, l’emprise du temps et de la nonchalance. Ma collection s’inspire de cette dualité. J’ai gardé la structure et l’élégance anglaises et puisé dans les couleurs et matières indiennes. Ce qui donne une silhouette à la fois fraîche et moderne ».

Ce fut à Prato, en Toscane, importante place financière durant la Renaissance où fut crée la Lettre de change, que Faliero Sarti fonda en 1948 la maison éponyme, spécialisée dans la filature et le textile et qui deviendra, avec son fils Roberto, le fournisseur en tissus nobles privilégié des plus grands noms de la mode tels que Chanel, Dior ou Lanvin. En 1991, Monica Sarti assure la relève et l’héritage en créant une ligne de foulards, étoles et chèches qui rivalise de préciosité, d’élégance et d’un savoir-faire. Ce qui prime chez elle c’est la recherche constante dans la qualité des matières naturelles comme le cachemire ou la soie en laquelle elle voit une grande sensualité. Pour la prochaine collection, elle est allée chercher son inspiration à Istanbul, imaginant une union entre l’Orient et l’Occident. Monica Sarti prône le culte et la tradition de la qualité. Un mantra qu’elle tient d’une famille qui lui a appris très jeune cette recherche de l’excellence. Recherche qu’elle met aujourd’hui au service d’une clientèle d’hommes et de femmes pour qui la beauté compte avant tout.


un nouvel écrin

Swarovski

Design // Luxe

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C’est place de la Madeleine que la marque Swarovski a choisi d’ouvrir en septembre sa nouvelle boutique-écrin. Immersion dans le haut lieu du cristal le plus célèbre.

Par Camille Martin

En plein cœur du VIIIe arrondissement de Paris, ce nouveau lieu a été pensé, construit et aménagé aux couleurs de la maison. Dans un écrin au nouveau concept « Crystal Forest » et à la façade moderne et épurée : Swarovski attire. Sur une base grise argentée qui rappelle les métaux utilisés et sublimés par la maison grâce à une finition précieuse et transparente, le décor est un clin d’œil au célèbre cristal qui a fait sa réputation. L’alliance réussie attire l’attention des passants en réfléchissant la lumière tel un miroir. Ce nouvel espace fait partie du relooking des boutiques Swarovski. Afin de donner un nouveau visage à la griffe, c’est le designer Tokujin Yoshioka qui a été nommé. Ce dernier est  artiste, architecte, commissaire d' expositions, musicien, designer (du mobilier aux flacons de parfum). Il est notamment l’ancien assistant d'Issey Miyake. Enfin, trois œuvres d’art ont été créées pour l’occasion : le lustre « Chrysalis » et deux rideaux « Chrystal Strand ». Ce nouveau concept a vu le jour afin d’incarner toute la créativité et la volonté d’innovation que la maison défend depuis cent dix-sept ans.  ■ Swarovski : 146, avenue des Champs Elysées, Paris VIIIe.

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Expositions //

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Rosemarie Trockel, un espace d’étude Le New Museum présente les trente dernières années de création de Rosemarie Trockel. Son univers imaginaire se combine de nombreuses références aux lieux qui ont orienté ses intérêts artistiques.

A mind intoxicated with love, 1965 ©McDERMOTT & McGOUGH. Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont

McDermott & McGough, le pop art La galerie Jérôme de Noirmont propose de dévoiler douze peintures inédites de l’œuvre de McDermott & McGough. « In Dreams you’re mine » dévoile l’intérêt de ces deux artistes pour l’Amérique des années quarante aux années soixante. Entre images de films hollywoodiens et comics romantiques sur des aplats aux couleurs pop et aux formes géométriques, les artistes peignent la condition humaine. Passionné par l’esprit humain et ses tumultes, Peter McGough est un féru de l’instant, celui où une décision est à prendre : « Ce que je cherche dans un film, c’est le moment où le personnage atteint la fourche qui se trouve sur son chemin. Vous le voyez dans ses yeux ou dans l’expression de son visage. » Pour

cette série, l’artiste met à l’honneur les femmes confrontées au désespoir et à l’attente. L’attente d’un mari, d’un amour. Entre drame et solitude, ces femmes subissent leur condition de l’époque. Une vision qui frôle la caricature, un sentiment pathétique qui est mis en lumière par des aplats aux antipodes de ces figures. Cinq sculptures peintes à la main rappelant la société de consommation de ces années côtoient ces peintures. Petit clin d’œil à Andy Warhol : nous retrouverons les cartons d’emballage remplis de comics.

Films, vidéos, peintures, projets pour les enfants… Cette exposition présente un travail intuitif et très prolifique mais dénué de toute signature. Pourtant on retrouve souvent la touche féministe qui lui est propre. Ces œuvres ont pour vocation de mettre en parallèle le créateur et l’artiste professionnel ou encore la célébrité et l’anonymat. Le point d’honneur de son œuvre est le « Cosmos » : une petite pièce carrelée dans laquelle se mêlent fantastique, érotisme et perversion. Pour mettre en lumière son travail, le New Museum a décidé de lui consacrer trois étages, chaque espace offrant des possibilités différentes d’analyse des œuvres, avec des points de vue modifiés. Le premier espace est dédié au travail de la céramique, construit sur l’idée de la reproduction. Le deuxième est consacré au travail de l’artiste à partir de la laine qu’elle chérit tout particulièrement. Le troisième espace présente des œuvres réalisées par des anonymes, non reconnus comme des artistes mais qui selon elle, sont liés par l’esprit. Beaucoup d’entre eux sont des autodidactes dont les objets sont des outils pédagogiques mais tout aussi appréciés pour leur beauté. Cette exposition a donc pour objectif de laisser libre cours à la découverte et à l’imagination sans aucune limite. ■ Rosemarie Trockel. A cosmos. New Museum. Jusqu’au 20 Janvier. 235 Bowery New York. Rosemarie Trockel, « Grater 2 », 2006. The Art Institute of Chicago. Courtesy Sprüth Magers Berlin / London, and Gladstone Gallery New York / Brussels ©Rosemarie Trockel / VG Bild – Kunst Bonn, 2012.

Dalí,

■ McDermott & McGough. Galerie Jérôme de Noirmont. Jusqu’au 23 Janvier 2013. 38, avenue Matignon, Paris VIIIe. 01 42 89 89 00.

maître intemporel autant aimé que détesté C’est à l’une des figures les plus incontournables du XXe siècle que le Centre Pompidou rend hommage. Dalí, artiste aussi prolifique que complexe, provoque par son art souvent controversé et engagé. Toute la force de son œuvre réside dans une personnalité de génie qui s’exprime au travers d’outrances.

Mathieu Mercier

l’objet sous toutes ses coutures Au-delà d’être un artiste, Mathieu Mercier est aussi commissaire d’expositions. C’est à lui que l’on doit en 2007 l’exposition « Dérive » organisée à la Fondation d’entreprise Ricard. Il y revient cette fois-ci mais de l’autre côté dans une exposition personnelle. Depuis cinq ans, aucune exposition ne lui avait été consacrée. Mathieu Mercier développe des sculptures et des installations au sein desquelles il s’interroge sur la notion de la place de l’objet du quotidien. Tout son travail réside dans le statut de celui-ci. Il le repousse aux frontières de l’abstraction. Chaque œuvre doit être comprise comme la matérialisation des données d’un problème au sens scientifique : il faut lui trouver une solution satisfaisante. Mathieu Mercier mène toute sa réflexion sur l’objet dans la société de consommation mais aussi dans le domaine de l’art. Ce questionnement perpétuel lui a valu l’obtention du Prix Marcel Duchamp en 2003. Entre Kasimir Malevitch et Marcel Duchamp, tout objet est mis en forme de façon à engendrer sa production, sa multiplication ou encore sa standardisation lui donnant une fonction précise. 

©Mathieu Mercier

■ Mathieu Mercier. Fondation d’entreprise Ricard. Jusqu’au 12 Janvier. 12 rue Boissy d'Anglas, Paris VIIIe. 01 53 30 88 00.

SALVADOR DALÍ Guillaume Tell, 1930

Plus de deux cents œuvres seront exposées selon un parcours chrono-thématique : l’ultralocal et l’universel présentent le territoire de l’enfance comme un lieu empli de magie. Les rochers, les cyprès, la plaine, la mère sont omniprésents dans sa pensée. C’est dans ces lieux que la personnalité double de Guillaume Tell prend tout son sens. De la « Residencia de Estudiantes » aux voies du surréalisme, le peintre est confronté à la génération des « vingt-sept », groupe littéraire espagnol. Au sein de celui-ci, nous retrouvons poètes, écrivains, peintres et cinéastes. C’est à ce moment que, nourri par l’esprit de Arp, Ernest, Miró,

il développe l’aspect surréaliste de son art. Le surréalisme et la méthode paranoïaquecritique permettent de décrire avec subtilité la sexualité de l’artiste à travers sa rencontre avec Gala Eluard. Son esprit paranoïaque lui fait développer les images doubles, l’ambiguïté visuelle dont il sera le précurseur. Les mythes et l’Histoire font référence à l’aspect engagé mais aussi troublant des rapports entretenus par Dalí avec les détenteurs du pouvoir absolu tels que Hitler, Franco, Lénine. Face à ces œuvres, une question persiste : fascination, abjection ou critique, objet désirable ou de projection ? Ecran : Peu de gens le savent, mais Dalí a été approché par le cinéma hollywoodien pour réaliser des décors et des costumes. Cet aspect de son travail reste assez méconnu. Science, mystique et théorie : Nagasaki, Hiroshima et la fin de la seconde guerre mondiale opèrent des changements indéniables dans la peinture de Dalí. Tout en révélant que sa foi reste incertaine, le peintre s’identifie à Saint-Jean de la Croix. Autoréférence et grandes machines : l’occasion de redécouvrir les plus grands chefs-d’œuvre d’un peintre mystique aujourd’hui exposé au côté des plus grands artistes espagnols de Vélasquez à Picasso. ■ Dalí. Centre Pompidou de Paris. Jusqu’au 25 mars 2013. Place Georges-Pompidou, Paris IVe. 01 44 78 12 33.

par Camille Martin


Zoom // Parfums

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Parfum

un élixir indispensable Petite sélection de dix parfums à sentir d’urgence. Leur ingrédient incontournable et envoûtant ? Le patchouli. Par Camille Martin

Jimmy Choo Le charme de l’Indonésie

Féminité, luxe et élégance sont les trois notes sensuelles du parfum du créateur. En ajoutant cette fragrance à ces créations, Jimmy Choo propose un incontournable à la femme qu’il aime. Sur des senteurs vertes de l’orchidée mélangées au caramel et au patchouli, c’est la note de tête indonésienne que l’on retiendra.

Nina Ricci La senteur du rêve Boucheron Le bijou parfumé

La maison de joaillerie fait renaître son flacon mythique en forme de bague drapée, en version noir laqué. La fragrance de l’année 1988, intacte, est mise en lumière par une mandarine et une fleur d’oranger. Enfin, la note de jasmin embrasse la vanille et le santal ambrés.

Chanel  L’hommage à Venise

C’est la ville préférée de Gabrielle Chanel : ses canaux, ses palais baroques, la place du clair-obscur. Une ambiance si particulière qui se retrouve dans « Coco Noir ». La fragilité de la rose alliée aux agrumes, aux encens et au patchouli en font une essence particulière.

Hermès  Le génie merveilleux

Sensuelle et mystérieuse, la femme de « l’Ambre des Merveilles » est à mi-chemin entre féminité et délice. Sur fond d’ambre, elle se révèle lorsque la vanille se mêle au labdanum et au patchouli. Une promesse non seulement de bonheur mais surtout d’éternité.

Issey Miyake La source de l’eau

Ce créateur a fondé sa réputation sur sa technique du plissé, il l’a reprend aujourd’hui pour un parfum. « Pleats Please » est interculturel : entre Orient et Occident, ce japonais tisse des liens insondables. Sur une base de Nashi, un fruit asiatique, le parfum est un mélange de pivoine, vanille et patchouli.

« Princesse d’un jour », raconte l’histoire d’une femme élevée à son plus haut rang. Les fraicheurs des notes de fond, façon citron jaune et citron vert, englobent la pomme avant de révéler toute sa richesse dans le musc et le cèdre. L’enveloppe célèbre de la pomme est ici sur fond carmin rouge et scintillante de feuilles argentées.

Lanvin La haute couture de la senteur

Le nouveau parfum de la marque s’appelle « Jeanne Couture » en hommage au prénom de la créatrice de la maison. Les notes fruitées rose, violette, pivoine et magnolia proposent la touche sensuelle. L’élixir est enfermé dans une bouteille rehaussée par un gros nœud qui ne demande qu’à être défait.

Lancôme : La beauté de la vie

Julia Roberts incarne parfaitement l’image de cette senteur aux notes facettées d’iris, de jasmin, de violette toutes caramélisées par le mélange de la vanille et de la praline. Un parfum au message plein de vérité : La vie est belle. La bouteille comporte un ruban d’organza noué comme deux ailes qui vous emmènent vers la liberté.

Balenciaga La modernité au service de la féminité

Coty Prestige et Balenciaga créent « Florabotanica » au caractère floral et très séduisant. Entre œillet, menthe, rosier et ambre : un mélange inattendu pour un design contemporain et attrayant. La femme Balenciaga est moderne, sensible et intelligente dans sa singularité.

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Gabrielecorto

Moltedo Le luxe émane de l’ensemble de ses créations et l’essence même de son originalité vient de ses multiples échantillons culturels  : Gabrielecorto Moltedo est né à New York, de parents italiens, et a vécu à Paris. Après avoir obtenu son diplôme d’Histoire de l’Art, il se consacre à la création de sacs, minaudières et pochettes, de toutes formes et de toutes tailles, dont les seuls points communs restent les couleurs sensationnelles et la qualité des peaux utilisées. Bienvenue dans la caverne merveilleuse de Corto Moltedo !  Par Marie Juncker-Cotten

artiste pop

Créateur d’ailleurs // Gabrielecorto Moltedo

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Comment avez-vous réussi à mettre autant de distance entre vos créations et celles de la Maison Bottega Veneta, fondée par vos parents Laura et Vittorio Moltedo, et quelle vision du luxe vous ont-ils transmise ? Venant d'une famille qui a travaillé dans l'industrie du luxe pendant de nombreuses années, j’ai pu apprendre à leurs côtés et aiguiser mes compétences tant dans la conception que le design, tout cela en passant mes étés dans l’usine

Comment avez-vous mis en place votre projet et quelle est, selon vous, la clef de votre réussite ?  J’ai été élevé dans le grand respect du métier, fort de la tradition italienne, où il faut que les peaux et les matières soient parfaites et trouvent une exécution tout à fait noble. Parallèlement à cela, j’ai voulu garder une approche espiègle, bien loin de la dynamique de la mode industrielle. De cette manière, il n’était pas trop difficile de mettre en place mon projet au début. J’ai passé des années à étudier l’art, à voyager, à apprendre les ficelles du métier et dès que j’ai enfin eu la liberté de commencer à créer des sacs, des minaudières, des bijoux, j’étais prêt à exprimer mon point de vue. C’est un grand défi parfois, mais c’est cela même que je trouve stimulant. Mes sacs sont des pièces utilitaristes qui ont la qualité de dévoiler l’identité, le style et l’attitude de la femme qui les porte, partout dans le monde car nos « trunk shows » nous permettent d’avoir une clientèle en plusieurs lieux dont le Mexique, la Turquie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Inde… Notre réussite et notre fierté est aussi d’être présent dans tant de pays différents et pouvoir être porté par Madonna, Sophie Marceau ou Kate Hudson !

familiale de fabrication. Mes parents ont ensuite décidé de se séparer de la Maison Bottega Veneta quand je n’avais que vingt ans et j’ai saisi l’occasion d’établir mon propre atelier, ce dont j’avais toujours rêvé ! Corto Moltedo est alors devenue, et restera, une marque indépendante, d’autant plus quand je vois le climat économique dans lequel nous vivons… Mes créations ont pour but d’exprimer mon propre point de vue en retournant à l’essence même de ce que je pense être le luxe : il doit être personnel, unique, qualitatif, séduisant, élaboré, exclusif, créatif et apprécié par une clientèle sélective. En bref, naître dans une famille de créateurs et s’élever comme apprenti du commerce du cuir sert à créer une idéologie : je suis passionné par la création des sacs haut de gamme qui expriment un avis tout à fait personnel. Il existe une réelle différence entre les créations de la maison fondée par mes parents et celles de ma maison car j’ai mon propre style « pop-luxe-chic » qui montre ma fascination pour les couleurs. Mais cela m’a évidemment aidé d’avoir des liens de parenté avec des personnes aussi reconnues, c’est quelque chose très difficile à nier. Vous êtes très inspiré par vos nombreux souvenirs de voyage, l'Art et la musique. Pourriez-vous nous raconter quelques créations directement liées à vos références et influences culturelles ?  Mes voyages ont toujours eu une énorme influence dans ma vie. Pour moi, étudier les métiers d’artisans locaux, partout dans le monde, est essentiel tout comme l’étude des tendances. Comme vous l’avez déjà dit, je suis ainsi inspiré par des paysages ruraux et urbains, la musique, l’art, et le cinéma. Je cherche toujours à m’exposer à ces nouvelles inspirations. J’adore l’art contemporain, le pop’art et l’art asiatique. Côté musique, j’adore l’électro ainsi que le rock classique comme The Rolling Stones, The Beatles, et Led Zeppelin. Tous ces éléments font partie de ma conception : la musique est une source importante d'inspiration pour mes créations, elle influe même mes choix de couleurs. Un de mes sacs a des nuances que j'ai trouvées sur la couverture d'un album de Pink Floyd, un autre a été crée alors que j’écoutais la chanson Jessie’s Girl du rocker Rick Springfiel. Ma marque est un mélange de ces cultures hip-hop et rock qui font partie de mes références culturelles. J’ai aussi eu la chance de rencontrer Priscilla Presley et je lui ai rendu hommage en donnant son nom à l’un de mes sacs . Les femmes qui m’entourent, qu’elles soient connues ou non, sont toujours très présentes dans mes créations, comme peut l’être mon amie Susan Bender ou ma mère par exemple. En ce qui concerne mes attaches, j’ai délibérément choisi l’Italie comme lieu pour mon atelier, c’est là que se trouvent les meilleurs artisans de cuir du monde. Cependant, je serai toujours originaire de Venise et New York, les deux. Décrivez-nous la « femme Corto Moltedo ». Je suis amoureux de la « femme Corto » : elle est moderne, active, curieuse, facile à vivre et attachée aux valeurs traditionnelles du luxe dont je vous parlais précédemment. Elle aime voyager, elle aime l'Art, elle est contemporaine, indépendante, avec une forte personnalité et un sens aigu de l’élégance... En fait, la femme pour qui je conçois mes créations est vraiment comme moi !

Pourquoi avoir choisi les arcades du Palais Royal pour installer votre boutique parisienne et à quoi ce lieu vous fait-il penser? J’ai déménagé à Paris en 1997 avec mon meilleur ami afin d’étudier l’Art. Je ne savais même pas que cette expérience allait changer ma vie ! Là, j’ai loué un appartement rue Jean-Jacques Rousseau, à côté de la boutique Christian Louboutin, et j’ai passé des aprèsmidi interminables à me promener sous les colonnes du Jardin, sachant qu’un jour, je ferai partie de sa communauté d’artistes et créateurs : les jardins du Palais-Royal étaient le havre que je recherchais… Milan et Paris sont les deux meilleures villes pour la mode et la création ; je les ai choisies prudemment. Pour le moment, je vais rester basé dans ces deux villes essentielles tout en continuant de faire voyager mes modèles grâce aux « trunk shows » pour ne pas oublier nos clientes exclusives. Avez-vous de nouveaux projets dans un futur proche? Un de mes points forts est de rester à la fois flexible et enraciné dans le présent, ça veut dire ne pas planifier trop loin dans le futur !

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Vous avez arrêté de créer des chaussures et des vêtements ; pour quelle raison ? Pensez-vous y revenir par la suite? Avec quels créateurs et artistes aimeriez-vous particulièrement collaborer aujourd'hui? Les sacs sont vraiment des objets de beauté grandioses, des spectacles merveilleux, des choses à chérir ! Je ne pense donc pas revenir aux créations de chaussures et de vêtements par la suite mais j’ai déjà travaillé avec des créateurs comme Illesteva pour des lunettes, MYMU pour des chaussures, et Tom Binns pour des sacs. J’aimerais bien continuer à collaborer avec ces créateurs car ils sont très talentueux ! Travailler avec Zaha Hadid par exemple ou avec Mark Ronson serait aussi de beaux projets. 


Walter Steiger bottier de père en fils

Une question me taraude parfois l’esprit : le talent peut-il être inné ou héréditaire ? Sans dénigrer les efforts de Walter Steiger et cette réussite amplement méritée, il est vrai qu’une telle créativité peut surprendre et que l’on pourrait tomber dans une explication caricaturale en ce qui le concerne, étant fils de cordonnier. Pourtant la courbe de ses modèles n’appartient qu’à lui…  Par Marie Juncker-Cotten

Vous avez évoqué le rôle que votre père a joué dans votre carrière : est-ce le savoir-faire de l’artisanat qui vous a permis de créer vos modèles à la manière d'un créateur de haute couture? La passion de mon père pour son travail m’a effectivement conduit à faire mes classes chez Molnar à Zürich où j’ai appris à fabriquer des chaussures sur-mesure. Cet apprentissage m’a sûrement stimulé, toutes ces années durant, dans ma quête de la perfection. Chaque créateur a sa manière de procéder. En ce qui me concerne, je commence par dessiner ma collection, les lignes étant ma priorité. Ensuite je pense aux couleurs : celles-ci sont décidées en fonction des tendances et des défilés car il faut toujours faire attention à ce qui se passe autour de nous et apprendre à ne pas être égoïste en ne mettant que les couleurs que l’on aime… D'où vous est venue l'idée de créer ce fameux talon en « virgule » en 1984 ? Mon travail en tant que designer est de travailler « l’architecture » de la chaussure. Il faut savoir créer des lignes harmonieuses, pures. De ce fait, l’idée m’est venue de suivre le mouvement naturel du talon, de faire une continuité avec cette forme plutôt que de la casser avec une verticalité. C’est ce qui a donné «  the curved heel ». J’ai présenté ce concept à Karl Lagerfel, qui défilait pour Chloé à cette époque. Il a tout de suite été enthousiaste face à ces nouveaux modèles et me les a commandés sur le champ ! A vos débuts, Michelangelo Antonioni vous a demandé de créer les modèles du film mythique « Blow Up ». Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ? Depuis la fin de la récession d’après-guerre, l’économie était favorable et les tendances affluaient. Cette période connaissait une liberté sexuelle sans précédent. Cela se répercutait sur la mode : minijupes, robes à imprimés psychédéliques et mannequins ultra-maigres devinrent des objets de désir et les hommes commencèrent à être de plus en plus audacieux, remplaçant le style de loubard américain pour un style plus bohême, avec des costumes ajustés, des pulls en mohair ou cachemire, et des « winklepickers ». Ce film nous offre un panorama du Londres Underground de l'époque… J’ai dessiné les chaussures en collaboration avec la « costume designer », très en vogue : Jocelyn Rickards. C’est

avec elle et sur les directives de Michelangelo Antonioni que j’ai créé tous les modèles du film. Pensez-vous qu'il faille « être femme jusqu'au bout des ongles » selon l'expression et comme sur la photographie de couverture de votre livre ?  La beauté chez une femme est surtout pour moi synonyme d’élégance, de bon goût, de délicatesse… Je n’ai pas de muse pour m’inspirer mais si je devais en avoir une, cela pourrait être Laetitia Casta qui représente à mes yeux la féminité par excellence ! Comment avez-vous vécu Mai 68 et quelles conséquences cela a eu sur vous, votre métier et vos créations? Très honnêtement, Mai 68 n’a pas vraiment eu de conséquences directes sur mes créations dans le sens où cela restait plus du domaine de la politique que de la mode… Mais cela engendrait une atmosphère particulière où tout le monde échangeait, cela créa une euphorie stimulante pour ma création, tout me semblait possible : elle n’avait plus de limite ! De l’autre côté de la Manche, le « Swinging London » était en plein essor : la mode pop explose, David Bailey photographie le mannequin Twiggy, Blow Up est en tournage, John Pasche dessine la célèbre langue des Rolling Stones… L’ambiance générale de ces années était propice à la création ! J’en garde de très bons souvenirs. Vous avez choisi le rouge vif pour votre signature, Christian Louboutin pour ses semelles. Que représente cette couleur ? Le rouge est la couleur de la façade de ma première boutique ouverte à Paris, rue de Tournon, en 1974. Bien que les décors aient changé par la suite, j’ai toujours voulu garder cette couleur pour ma marque, elle est donc devenue ma signature. Pourquoi ? Parce que vous avez effectivement le noir et le blanc qui sont très présents quotidiennement mais viennent ensuite les couleurs primaires qui sont le vert, le bleu et le rouge. Le rouge est pour moi celle des trois qui a le plus de caractère. Vous aviez une réelle admiration pour Christian Dior, que pensez-vous de Raf Simons ? Christian Dior, en plus de créer une mode, a rendu les

© Pierre Belhassen

Créateur d’ailleurs // Walter Steiger

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vêtements plus purs et plus forts car il disait qu’un vêtement était prêt quand on ne pouvait plus rien lui enlever : c’était très novateur ! Claude Montana, Karl Lagerfeld, Calvin Klein, Thierry Mugler, Azzedine Alaïa sont des créateurs avec qui j’ai collaboré, sans oublier Victoria Beckham avec qui je travaille depuis trois saisons, et dont j’apprécie le travail car ils ont une identité, une image. Raf Simons, lui, représente plus un style... Il a fait ses preuves chez Jil Sander, la presse semble apprécier son travail. Imaginons que l'on organise un défilé de haute couture dans une station de sports d'hiver, en Suisse. En vous souvenant des travaux effectués à l’atelier de votre père, pourriez-vous nous faire une esquisse d'une chaussure de ski ? Non ! Je ne serai pas capable de faire une chaussure de ski car elles sont beaucoup trop techniques aujourd’hui… En revanche je pourrais faire un après-ski en fourrure !


extase Photographe // Urivaldo Lopes

Robe Stella Forest  // Lunettes Sky Eyes // Couronne et Voile Murmure by Spirit Paris // Boucles d’oreilles Gas bijoux // Broche « Nœud » Reine Rosalie // Sautoir de perles Reine Rosalie // Col Clotilde //


Robe Azzedine Alaia Couture // Collier  Nuit N°12 // Bracelets & bagues Franck Montialoux // Bras armure Phyléa //


Robe Julien Fournier Couture // Soutien Gorge Phyléa // Torque « triangle » Viveka Bergstrom // Torque « pyramide » Hélène Zubeldia // Bague Blumarine // Boucles d’oreilles Hélène Zubeldia // Bracelet Mr Honore // Pendentif argenté Franck Montialoux // Body Couture Clarisse Hieraux  // Coiffe Epi Alu AND-i // Collier Hadji Sc pour Phyléa //


Robe Christian Dior Couture // Veste en cuir plissé Defined Moment // Croix Phyléa // Pochette Azzedine Alaia // Gants Minna Parikka // Couronne AND-i //

Robe Nevra Karaca N°7 // Couronne Bonnie exclusive Phyléa // Collier bouche Blumarine // Bracelets AND-i // Bracelet & Bague pierre cuir Scooter // Ceinture Maje // Voile  Murmure by Spirit //


Robe  Christian Dior Couture // Mitaine Agnelle // Boucles d’oreilles Hélène Zubeldia // Crête vinyle Rafika Bird pour Phyléa // Collier Shourouk // Bracelets et Bagues Scooter // Bracelets PP FROM LONGWI // Bracelet Mr Honore //

Robe Caroline Seikaly Couture // Harnais en métal Phyléa // Masque & Casque Phyléa // Pistolet strass Phyléa // Bracelet Vintage //


Robe,bottes,masque MAISONMARTINMARGIELA // Pendentif Imai //


Robe Caroline Seikaly Couture // Masque & Casque Phyléa // Pistolet strass Phyléa // Bracelet Vintage // Styliste // Jonathan Mahaut Assistant Styliste // Rumy Betty Assistant Lumiere // Thomas Florent Clodine Assistant Lumiere // Jonathan Saguez Make up // Laure Dansou Assistant Make up // Lamia Bernad et Patrick Bordes Coiffeur // Olivier Henry @ Yumikoto Agency Paris Model // Megan Irminger @ Women Agency Paris Retouche // Sebastian Bar


LA SCENE

Photographe // Urivaldo Lopes


CRéDITs SERIE MODE

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LA SCENE

Photographe // Urivaldo Lopes Réalisation // Christian Biyiha Assistant lumière // Thomas Clodine-Florent 1er Assistant Styliste // Ilona Glapa Assistants Styliste // Chahrazed Methenni // Samuel Majid Fethazzar // Marine Louise Colin // Zafia Nascimento // Chef Makeup // Laure Dansou 1er Assistant Make-up // Lamia Bernad Assistants Make-up //Estelle Jaillet @Yumikoto Agency // Loriane Leger // Agathe Simard // Nab@Yumikoto Agency // Patrick Bordes // Vichica Yorn Chef Coiffeur // Olivier Henry@Yumikoto Agency 1er Assistant Coiffeur // Léa Sauvaigo@Yumikoto Agency Assistants Coiffeur // Chiao Chen@Yumikoto Agency // Camille Royer@Yumikoto Agency // Céline de Cruz@Yumikoto Agency Retouche // Damien Boschi Tous nos remerciements au Studio WM

Eder Zinho Alves Robe en tulle Alexandre Vauthier // masque Tara Byakko chez Phyléa // collier Louis Vuitton // Main gauche : manchette Isabelle Michel // sac à main Loewe // Main droite : manchette Isabelle Michel // bracelet Gas // bracelet Poggi // boots Kenzo // sacs à main Lanvin //

Marina  : manteau en cuir Valentino // boucles d'oreilles Boucheron // bracelets Gas // collier Viveka Bergstrom // pochette Corto Moltedo // bottes Versace // Natalia : robe Versace // collier Graal Joaillier // boucles d’oreilles Isabelle Michel // bagues Van Cleef&Arpels // pochette Stella McCartney // escarpins Lanvin // Eder Zinho : masque Tara Byakko for Phyléa // Lia : robe et bottes Lanvin // diadème Moye&Da // bague Isabelle Michel // collier Alexis Mabille // Raquel  : robe Dilek Hanif // collier rond Gas // pendentif “croix” Poggi // minaudière Corto Moltedo/Tom Binns // Hannare : robe Valentin Yudashkin // collier Van Cleef&Arpels // bracelet Poggi // pochette Alexis Mabille // bottines Pierre Hardy // Shelby  : robe Valentin Yudashkin // bague « Tortue œil de tigre» Boucheron // collier Graal Joaillier // manchette Isabelle Michel // pochette Valentino // boots Vic Matié //

Daria  : veste, jupe, maillot et bracelets Hermès // collier Mawi // ceinture Dsquared² // boots Christian Louboutin // sac à main Roberto Cavalli // Eugenia  : robe Elie Saab // montre Van Cleef&Arpels // chaussures Versace // pochette Valentino // chapeau Madeleine // Laura  : robe Dsquared² // montre Van Cleef&Arpels // bagues Boucheron // sac Jean Paul Gaultier // Pauline  : robe Alexandre Vauthier // pendentif« Hérisson » Boucheron // montre Van Cleef&Arpels // boucles d’oreilles Poggi // bague Graal Joaillier // sandales Gucci // Gwenola  : robe Alexis Mabille // boucles d'oreilles Isabelle Michel // lunettes de vue Traction Production // minaudière Elie Saab // chaussures Kenzo // Alina  : veste Christian Dior // jupe Stella McCartney // collier et escarpins Louis Vuitton // bracelets Poggi // boucles d’oreilles Gas // bague Hélène Zubeldia // sac bordeaux Longchamp // Lia  : robe et bottes Lanvin // diadème Moye&Da // bague Isabelle Michel // collier Alexis Mabille // minaudière Sylvia Toledano chez L’Eclaireur //

Laura : manteau Moschino // gants Glove Story // boucles d’oreilles Gas // bottines Walter Steiger // sac à main Patricia Pepe // Daria  : veste Etro // pantalon Gucci // boucles d’oreilles  Gas // chaussures Kenzo // collier Mawi // bracelets Poggi // minaudière Lanvin // Alina  : t-shirt Zadig&Voltaire // jupe Emporio Armani // cape en tulle Jantaminiau // collier Louis Vuitton // bracelets Poggi // bague Hélène Zubeldia // boucles d’oreilles Gas // sac bordeaux Salvatore Ferragamo // escarpins Robert Clergerie // Raquel  : manteau Blumarine // chapeau Madeleine // collier rond Gas // collier « croix » Poggi // bottes United Nude // Eugenia : manteau Patrizia Pepe // montre Van Cleef&Arpels // ceinture Phyléa // collier « tète de panthère » Lanvin // sac à main Corto Moltedo // chaussures Bally // Gwenola  : manteau Longchamp // boucles d'oreilles Isabelle Michel // chaussures Kenzo //

Marina  : manteau Dior Vintage chez Didier Ludot // bracelets Gas // serretête Cherry Chau // boucles d'oreilles Boucheron // Hannare  : manteau Loewe // culotte Cadolle // gants Glove Story // boucles d’oreilles Isabelle Michel // chaussures Pierre Hardy // Natalia  : manteau Prêt pour Partir // gants Glove Story // boucles d’oreilles Gas // manchette Isabelle Michel //


CRéDITs SERIE MODE

96 Lia  : manteau Jean Paul Gaultier // gants Glove Story // collier Alexis Mabille // t-shirt transparent Andrea Cruz // sac à main Longchamp // bottes Lanvin ; Bottines bicolores Pierre Hardy // manteau noir Loewe // Au fond : manteau bordeaux Fatima Lopes // pull orange et veste en fourrure Maliparmi // chapeau Louis Vuitton // collier Graal Joaillier // gants bordeaux Dsquared² // manchette dorée Isabelle Michel // manteau doré Dior Vintage chez Didier Ludot // main droite : bracelets fins Gas // main gauche : bracelet Hélène Zubeldia // sac vert Elie Saab //

Alina  : top et jupe Roberto Cavalli // ceinture « libellule » et ceinture à clous Gucci // ceinture double Stella McCartney // collier doré PP from Longwy // bracelet Poggi // bague Hélène Zubeldia // boucles d’oreilles Gas // chaussures Valentino // Raquel  : pull Guy Laroche // robe Kenzo // ceinture Hadji SC pour Phyléa // turban PP from Longwy // collier « croix » Poggi // collier rond Gas // escarpins Walter Steiger // Eugenia  : combinaison Martin Grant // collier Lanvin // chaussures Versace // gants Glove Story // main droite : manchettes Gas // main gauche : manchettes « chaines » Gas // manchette avec strass Poggi // sac à main Dsquared2 //

Hannare  : top Anne Fontaine // culotte Cadolle // bas Rosy // plastron en métal Césarée // bracelets Sonia Rykiel // boucles d’oreilles Isabelle Michel // bottines Pierre Hardy // escarpin dans la main Dukas chez L’Eclaireur // Marina : veste et jupe Moschino // collier Lanvin // bracelets Roberto Cavalli // chaussures Salvatore Ferragamo // Laura  : soutien-gorge Cadolle // jupe Loewe // ras de cou Hadji SC pour Phyléa // collier doré Césarée // boucles d’oreilles Gas // cuissardes Robert Clergerie //

Hannare  : top Anne Fontaine // culotte Cadolle // bas Rosy // plastron en métal Césarée // bracelets Poggi // boucles d’oreilles Isabelle Michel // bottines Pierre Hardy // Raquel: pull Guy Laroche // turban PP from Longwy // bottines Walter Steiger // Lia: combinaison Valentino // pendentif Alexis Mabille // manchette tressée Poggi // bracelet imprimé Gas // boots Christian Louboutin // Natalia : robe Gucci // collier Lanvin // boucles d’oreilles Gas // pochette Salvatore Ferragamo //

TABLE De gauche à droite : porte mignardise Christofle // boots Christian Louboutin // bracelet et croix Poggi // collier doré Césarée // collier fin Alexis Mabille // escarpins bleus Giuseppe Zanotti Design // bouteille de champagne Louis Roederer Brut 2007 // botte rouge Giuseppe Zanotti Design // minaudière noire et sac à main marron Lanvin // bougie Gucci // sac a main orange et noir Versace // bracelets Poggi // manchette noire cloutée Phyléa // porte mignardise et macarons La Durée // minaudière avec papillon Gucci // sac à main bordeaux Longchamp // plat ovale Christofle // lunettes de ski Gucci // bracelet multicolore Hermès // collier doré Rosantica chez L’Eclaireur // minaudière dorée Elie Saab // sac à main bleu Stella McCartney // bouteille de champagne Louis Roederer Rose 2007 // assiette de présentation Christofle // boite à macarons Lanvin pour La Durée // minaudière dorée imprimée léopard Sylvia Toledano chez L’Eclaireur // Sous la table : à gauche : cartable Corto Moltedo // loafers Giuseppe Zanotti Design // à droite : sac à main Roberto Cavalli // boots Kenzo //

Daria: robe Elie Saab // manches en fourrure Maison Martin Margiela // boucles d’oreilles Jean Paul Gaultier // col en métal Louis Vuitton // collier Gas // cuissardes Pierre Hardy // Natalia : robe Gucci // top bustier Versace // collier Lanvin // boucles d’oreilles Gas // sac « cœur » Minna Parikka // cuissardes Hôtel Particulier // Shelby : top, pochette et chapeau Stella McCartney // robe Zadig&Voltaire // ceinture Sonia Rykiel // bracelet vert Louis Vuitton //

TABLE De gauche à droite : bouteilles de champagne Louis Roederer Rose 2007 et Louis Roederer Brut 2007 // minaudière noire Lanvin // boite à macarons Lanvin pour La Durée // colliers dorés Césarée // macarons La Durée // masque Tara Byakko for Phyléa // manchette cloutée Phyléa // sac à main bleu Versace // sac à main bordeaux Gucci //

Pauline: veste Christian Dior // robe Zadig&Voltaire // bottines Kenzo // Gwenola: veste et jupe Lanvin // escarpins Moschino // sac à main Bally // Eder Zinho: chapeau Naco Paris // Lia: combinaison Valentino // pendentif Alexis Mabille // manchette tressée Poggi // bracelet imprimé Gas // boots Christian Louboutin //


Points de diffusion de magazine

L’EDITO CONCEPT STORES Colette 213 rue Saint-Honoré 75001 Le 66 Avenue des champs Elysées 75008 L'Eclaireur 10 rue Boissy D’anglas 75008 Iglaïne 12 de la Grande Truanderie 75001 Artcurial 7 Rond-point champs Elysées 75008

hôtels Hôtel Westminster Paris 13 rue de la paix 75002 maxim's (Residence Pierre cardin) 42 avenue gabriel 75008 Hôtels jardins de trocadéro 35 benjamin Flanklin 75116 Hôtel Mathis 3 rue de Ponthieu 75008 The Westin 234 rue de Rivoli 75001 Hôtel Sofitel Le faubourg 15 rue boissy d’anglas 75008

Traiteurs Hediard traiteur fauchon

Lieux D'expositions et Librairies Espaces Pierre Cardin 1 avenue Gabriel 75008 Galerie 13 Jeanette Mariani 36 rue du mont Thabour 75001 galerie 208 chicheportiche 208 boulevard saint germain 75006 Librairie du Palais de Tokyo 13 Avenue du président wilson 75116 Le 7L rue de Lille 75007 Librairie Adelaïde 322 rue Saint-Honoré 75001 Librairie La Hune 170 Boulevard saint-Germain 75008 Librairie Du musée d!art moderne 9 rue gaston de Saint Paul 75116 Librairie Les Mots à la Bouche 6 rue Saint croix de la Brotonnerie 75004

cafés et Restaurants La maison Blanche 15 avenue Montaigne 75008 Café de l'homme 17 rue du trocadéro 75008 Emporio Armani Café 149 boulevard Saint germain 75006 L'avenue 41 Avenue Montaigne 75008 Maxim's 8 rue Royale 75008 Café Marly 93 rue Rivoli 75001 Le Mathis Bar 3 rue pouthieu 75008 Café Flore 172 boulevard Saint germain 75006 Rival de luxe 3 avenue Matignon 75008 George 5 restaurant 49 avenue georges 5 75008 Le flandrin 4 place tattegrain 75016 6 New york 6 avenue de new york 75016 Le café chic 126 rue Faubourg saint Honoré 75008 Music-Hall 63 avenue Franklin Roosevelt 75008 L'alcazar 62 rue Mazarine 75006 Café de L'esplanade 52 rue fabert 75007 L'aventure 4 avenue Victor Hugo 75116 Café brassac 37 avenue Kléber 75016 Café de la grande armée 3 avenue de la grande armée 75016 Le cou de la girafe 7 rue paul baudry 75008 Le fumoir 6 rue de l’amiral coligny 75001 café Beaubourg 43 rue saint Merri 75004 Le saut du loup (musée des arts décoratifs) 107 rue de rivoli 75001 Le comptoir du sept 39 avenue de la Motte-Picquet 75015 Le Findi 24 Avenue Georges V 75008 Le Madrigal 32 Avenue des Champs-Elysées 75008 le first 234 rue de Rivoli 75001 Café Le faubourg 15 rue boissy d’anglas 75008 Angélina 226 rue de Rivoli 75001 Pershing hall 49 rue pierre Charron 75008 La plage Parisienne port de Javel-le -haut 75015 Osmose 31 Avenue de versailles 75016 Villa Spicy 8 Avenue Franklin Roosevelt 75008 Casa del Fox 41 rue du colisée 75008 Toi 27 rue du colisée 75008 Hortense 49 rue paul Cezanne 75008 Le Bon restaurant 25 rue de la pompe 75008 Le Zébra Square 3 place Clément Ader 75016 Etienne marcel 34 rue Etienne Marcel 75001 Le Bosquet 46 Avenue de bosquet 75015 Le carré 18 rue du temple 75017 Le Mini Palais 3 Avenue WInston churchill 75016 Le Murano 13, boulevard du temple 75003 L'Atelier De Joel Robluchon 5, rue Montalembert 75007 Café moderne 40, rue Notre-Dame des Victoires 75002 Les Grandes Marches 6, place de la bataille 75012 La Lorraine 2, place des ternes 75008 La Bagatelle route de sèvres Neuilly Le carré 18, rue du temple 75017 Sydr 6, rue de Tilsitt 75008...

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+33 (0)1 42 44 42 40 | www.boucheron.com *En 1893, Frédéric Boucheron est le premier des grands joailliers contemporains à ouvrir une Boutique sur la place Vendôme


L'EDITO Magazine 8