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N° 13

PRINTEMPS 2016 5,90 euros

ACTU, MÉDECINE & LIFESTYLE

QUESTION PRATIQUE : GÉNÉRALISTES, ALLER LES ASTUCES POUR S’INST GRAND ENTRETIEN : SIONNAIRE THOMAS DIETRICH, DÉMIS NALE DE SANTÉ DE LA CONFÉRENCE NATIO

DOSSIER

R E G I L B O S U O FAUT-IL V ? R E I F I T R E C À VOUS RE LIFESTYLE

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ACTU

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SALLE DE GARDE

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IDÉES

O, MAÏ-D NE INTER & AINE ÉCRIV

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SOIRÉES


Internes, Etudiez, pratiquez, nous assurons Bénéficiez de privilèges en partenariat avec l’ISNI

Offerte : la carte La Médicale Plus Responsabilité Civile Professionnelle Protection Juridique Protection Individuelle

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RESPONSAB PROFESSIO ILITÉ CIVILE NNELLE

Stéphane

LAROCH

ELLE n°client : 0C25803Y n°contrat : 00958351U date d’expi L ration : 31/ 12/2016


ÉDITO

Certes, l'été arrive et vous avez plus envie de boire un mojito en terrasse en finissant un sudoku que de vous pencher sur l'épineuse question de la recertification des médecins. Ne manquez tout de même pas notre dossier consacré à la question (p.19). Côté job toujours, on est allés à la rencontre de vos collègues d'outreManche, qui sont bien décidés à ne pas se laisser marcher sur les pieds(p.6). On s'est aussi entretenus avec Thomas Dietrich, qui a démissionné de la Conférence nationale de santé et parle démocratie de santé p.26. Et comme on ne voulait pas vous parler seulement de votre taf de tous les jours, on a rencontré Maïdo Hamisultane, qui est psy mais aussi romancière. Son portrait est à lire p.14. Bonne lecture !

La rédac' de « H »

ÉDITO —

1

— Numéro 13


p.17

COUVERTURE DU NUMÉRO 13 : Maï-Do Hamisultane photographiée par Denis Meyer, pour « H »

p.9

p.12

p.4

p.6

SOMMAIRE L'ACTU

PORTRAIT

GRAND ENTRETIEN

VOUS AVEZ LA PAROLE

Maï-Do, interne et romancière PAGE 12

Thomas Dietrich, démissionnaire de la Conférence nationale de santé. PAGE 28

Internes londoniens : pourquoi faites-vous grève ? PAGE 4

RETOUR VERS LE FUTUR : 3 mois d’actu décryptés par la rédaction PAGE 6

DOSSIER

QUESTION PRATIQUE

Les médecins et la recertification PAGE 17

Le guide de l'installation, pour les généralistes PAGE 30

SALLE DE GARDE

LA BONNE NOUVELLE

Limoges PAGE 34

Plaisir des Dieux et le folklore carabin PAGE 9

ACTUS Jungle de Calais : des gynécos mobilisés PAGE 10

À L'ANCIENNE

L’INTERNOSCOPE

Autopsie de la médecine légale PAGE 24

PAGE 36

SOMMAIRE —

2

— Numéro 13


H « H », le magazine des internes en médecine est un bimestriel édité par l'Isni et réalisé par StreetPress.

p.30

Adresse : Magazine « H », c/o Isni,

17 rue du Fer à Moulin, 75005 Paris

Courriel : staff@magazineH.fr

RÉDACTION Rédactrice en chef : Elsa Bastien Éditeur : Mathieu Bardeau Journalistes : Mathieu Bardeau, Elsa Bastien, Johanna Sabys, Marine Vlahovic, Camille Hamet Photographes : Michela Cuccagna

p.34

Illustrations : Marlène Cottin, Oriane Lassus Direction artistique et maquette : Agence KLAR

PUBLICITÉ Mistral Media

Vivian Favro - Directeur commercial 01 40 02 99 00 | vivian.favro@mistralmedia.fr

PARTENAIRES Mathieu Bardeau

06 83 31 59 39 | mathieu@streetpress.com ISSN : 2270-1990. Imprimé par : Leonce Deprez - Barlin (62) Trimestriel - Prix au numéro : 5,90 euros Abonnement annuel (5 numéros) : 14,90 euros p.38 InterSyndicat National des Internes

p.44 p.36

p.28

p.42

Je m'abonne J'aimerais m'abonner à « H » et le recevoir directement chez moi :

PEOPLE

Je m'appelle ................................................................

La soirée de Limoges PAGE 38

Et j’habite ....................................................................

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À LIRE AU(X) CABINET(S)

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(code postal)

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(ville)

Je vous donne aussi mon mail :

PRISE DE POSITION

............................................... @ ................................

par Baptiste Boukebous PAGE 43

Je m'abonne pour 1 an (5 numéros) et je choisis : Abonnement classique : 14,90€ Abonnement de soutien : 100€ Abonnement institutions : 300€ (chèque à l'ordre de l'iSNI)

CAHIER ANNONCES

Par mail : abonnement@magazineH.fr Par courrier : ISNI (abonnement H) 17 rue du Fer à Moulin 75005 Paris

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SOMMAIRE —

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— Numéro 13


met pour « H »

Ha Texte : Camille DR : os Phot

UR À VIF !

Crédit : GARRY KNIGHT, Flickr.

DOCTEUR CŒ

I O U Q R U O P ? E V È R G S I A TU F

Les junior doctors sont en colère, et le font savoir ! Le 12 janvier dernier, les internes des hôpitaux britanniques se mettaient en grève pour la première fois depuis 40 ans. Depuis, ils ont remis ça et ont même organisé une « grève totale » (qui touche aussi les unités d'urgence) sans précédent, soit cinq grèves en quatre mois, au moment où nous écrivons ces lignes. En cause : les nouvelles conditions de travail et de salaire imposées par le gouvernement conservateur de David Cameron. Le nouveau contrat prévoit certes une augmentation de salaire de 13,5 % mais aussi une réduction des heures majorées. Certains horaires auparavant considérés comme étant hors des horaires normaux ne le seront plus et donneront donc lieu à des rétributions plus faibles. Le ministre de la Santé, Jérémy Hunt, dit vouloir améliorer la qualité du service rendu dans les hôpitaux 7 jours sur 7 mais l’opinion publique ne semble pas convaincue. Selon un sondage Ipsos MORI, 65 % des personnes interrogées soutiennent les internes grévistes. « H » a papoté avec certains d’entre eux.

DOCTEUR CŒUR À VIF —

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— Numéro 13


MICRO-TROTT OIR

Kitty Mohan

Holly Ni Raghallaigh

interne en santé publique à Londres

interne en chirurgie urologique à Londres

« Les heures travaillées le samedi étaient auparavant considérées comme étant hors des horaires normaux. Mais si les internes coûtent moins cher le samedi, cette tranche horaire leur sera systématiquement dévolue. Comment feront les internes qui ont des enfants ? Ils devront payer des gardes d’enfants, qui, elles, sont extrêmement coûteuses, alors même qu’ils reçoivent moins d’argent. »

« Nous avons été insultés, diffamés, et accusés d'être des militants induits en erreur par notre syndicat. Nous avons aussi été accusés de contribuer à la surmortalité à l’hôpital le week-end. Sans aucune preuve… Ce qui aurait dû être une discussion respectueuse entre employeur et employé s’est transformé en cyclone politique aux effets dévastateurs. »

Melody Redman

Andrew Collier

Jeeves Wijesuriya

en pré-spécialisation, future interne en pédiatrie à York

interne en psychiatrie à Manchester

interne en médecine générale à Londres

« Aujourd’hui, c’est mon onzième jour de travail d'affilée. Et le gouvernement voudrait que je travaille encore plus ? Ce serait dangereux pour les patients. Un médecin surmené est un médecin qui fait des erreurs. Les gens ne veulent pas monter dans un avion conduit par un pilote épuisé, n’est-ce pas ? Eh bien, pour les médecins c’est pareil. Nous avons autant de responsabilités qu’un pilote d’avion. »

« Il n’y a déjà pas assez de personnel dans les hôpitaux, notamment dans les services de pédiatrie et de gynécologie, mais si le nouveau contrat est mis en place, ce sera la catastrophe ! La crise du recrutement médical tournera au désastre. Moi, en tout cas, j’envisagerai sérieusement de partir à l’étranger pour avoir des conditions de travail acceptables. Et je suis loin d’être le seul ! »

« Je n’aurais jamais imaginé en arriver à faire grève. Mais, après avoir demandé en vain au gouvernement de ne pas imposer son contrat par la force et d’entamer des négociations constructives, nous n’avions plus d’autres options. Elle est organisée de manière à assurer la sécurité des patients, mais les services sont quand même perturbés. Aucun d’entre nous ne voulait en arriver là. »

DOCTEUR CŒUR À VIF —

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— Numéro 13


RVEERSTLEOFUUTURR

en Texte : Elsa Basti rlène Cottin Illustrations : Ma

ACTUALITÉ

MALAISE

À L’HP

Après une visite du centre psychothérapique de l’Ain, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a dénoncé dans un rapport les conditions épouvantables de prise en charge des patients. Sont même évoquées des « atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes hospitalisées. » Et notamment : un « recours à l'isolement et à la contention utilisé dans des proportions jamais observées jusqu'alors ».

DÉCRYPTÉS U T C 'A D IS O 3M DE « H » N IO T C A D É R A PAR L

CHERCHE DOC

PMA

DÉSESPÉREMENT

POUR TOUTES

Médecin généraliste à Saulnot, 840 habitants, en Franche-Comté, depuis 1981, Patrick Laine est prêt à tout pour trouver des successeurs... Et même à poster une annonce sur le Bon Coin. Il y cède son cabinet gratuitement (matériel médical et logements fournis) ! Victime d'un AVC léger, âgé de 66 ans, ce docteur recherche désespérément des successeurs. Seule condition: les deux futurs remplaçants devront garder les deux secrétaires, qui travaillent toutes deux depuis 11 et 5 ans dans le cabinet.

« Nous, médecins, avons aidé des couples homosexuels à avoir un enfant, même si la loi l’interdit.» Voici la tribune signée par 130 médecins et publiée dans Le Monde. Ils assument ainsi avoir bravé la loi en accompagnant des couples de lesbiennes et des célibataires dans leur volonté de devenir parents via la PMA, technique réservée uniquement aux hétéros en France. Don d’ovocytes, analyse génétique de l’embryon... : plus globalement, ils souhaitent que le gouvernement mette « fin aux incohérences de la politique d’aide à la procréation ».

ACTUALITÉ —

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EN BAISSE :

EN HAUSSE :

EN 2025, 20% D'OBÈSES ?

BYE BYE ZIKA

L’obésité touche aujourd’hui près de 650 millions d’adultes, soit 13 % de la population mondiale adulte et ce chiffre pourrait atteindre 20 % d’ici à 2025, rapporte une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet. Les champions actuels : la Polynésie et la Micronésie, des îles du Pacifique où 38 % des hommes et 50 % des femmes adultes sont en surcharge pondérale.

Sur l'île de Tetiaroa, le biologiste Hervé Bossin, chef du service d'entomologie de l'Institut Louis Malardé de Papeete, la capitale de Tahiti, a lâché depuis septembre 2015 plus d'un million de moustiques mâles biologiquement modifiés. Quand ils s'accouplent avec les femelles du « moustique tigre » qui transmet le virus du Zika et que l'on trouve à Tetiaroa, « le développement embryonnaire se bloque et les femelles se retrouvent stérilisées », a expliqué le chercheur. Les résultats sont prometteurs : 95 % de la population des moustiques est anéantie.

no docs, no médocs Pas de bol : l’Inde, dont l’industrie générique est méga puissante, est aussi un pays où la moitié de la population n’a pas accès aux médicaments d’importance vitale. Selon un rapport du gouvernement, « la part des dépenses personnelles dans l’accès aux médicaments et aux diagnostics est l’une des plus élevées du monde ». En 2012, les frais de santé s’élevaient en moyenne à 6,9 % des dépenses d’un foyer en milieu rural.

CHRONOTHÉRAPIE

Une étude américaine publiée dans la revue Science met en avant l’influence des cycles dans le traitement de certains cancers. Des chercheurs des universités de Harvard et de Cambridge ont ainsi démontré in vitro que les cellules cancéreuses répondent différemment selon le moment où le traitement est administré, explique Le Monde. « Suivant le moment d’administration, on peut potentialiser l’effet du médicament ou l’inhiber. C’est le principe de la chronothérapie ».

ACTUALITÉ —

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AU POIL Le tribunal correctionnel de Paris a été saisi par plusieurs syndicats de professionnels de la santé qui reprochent à huits sociétés d’esthétique parisiennes d’utiliser ce qu’on appelle de la « lumière pulsée », soit une méthode d’épilation définitive. Résultat ? Les enseignes ont été condamnées à des amendes allant de 3 000 à 50 000 euros pour « exercice illégal de la médecine » ou complicité. La défense avait estimé que les médecins étaient plus préoccupés par la défense d'un monopole lucratif que par des impératifs de santé.


4,21 MILLIONS

LE CHIFFRE 4,21 MILLIONS C'est la somme récoltée lors de la 22e édition du Sidaction, en promesses de dons. Soit à peu près le même chiffre qu'en 2015. L'an dernier, les fonds collectés sur l'ensemble de l'année ont notamment permis de soutenir 47 jeunes chercheurs et 53 projets de recherche, selon l'association.

IST EN MASSE

MAUVAIS

alcool

FAUX druide

Les infections sexuellement transmissibles reviennent en force : le nombre de cas de gonococcies a doublé et la syphilis a augmenté de 50 %, a annoncé François Bourdillon, le futur directeur de l'agence Santé publique France, née de la fusion entre l'Inpes et de l'InVS au Monde. « Ces chiffres sont préoccupants dans un contexte où la transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est en très forte augmentation (+ 124%) chez les jeunes gays de 15 à 24 ans. »

25 % des femmes enceintes continuent de boire de l'alcool durant leur grossesse. C’est ce que constate l'Académie de médecine dans un rapport. Au vu des conséquences du syndrome de l'alcoolisation fœtale, des « mesures rigoureuses d’encadrement » s’imposent : « l’information, par les médias, […] la formation de tous les professionnels de santé [...], la prévention ciblée sur la modification du logo apposé sur les bouteilles [...]. Soit « un seul mot d’ordre : tolérance zéro alcool pendant la grossesse. »

Le buzz a été immédiat : face à la pénurie de médecins, un druide a été embauché à la Roche-Derrien (Côtes-d'Armor) répétaient les journaux. Tout cela n’était en fait qu’un canular organisé par un Maire plaisantin. Canular qui égratigne les médias crédules, mais qui fait surtout une pub à peu de frais pour la petite commune de 1000 habitants… Qui cherche toujours un médecin ! Alors, vous vous installez ?

ACTUALITÉ —

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ELLES !

BONNES NOUV

BONNE INITIATIVE

Côme est président de l’association Plaisir des Dieux, consacrée à la préservation des salles de garde et plus généralement du folklore qui entoure l’internat : fresques, roue, règles de vie, économe, bal de l’internat…

Pourquoi faire partie de Plaisir des dieux ? Tout au long de mes études, j’ai côtoyé les salles de garde. Il y en a des superbes ! Du coup, ça m’a donné envie de m’impliquer dans la sauvegarde de ces lieux de vie, et la préservation des traditions qui y sont associées. Surtout qu’aujourd’hui, elles ont tendance à disparaître vu que les hôpitaux sont de plus en plus gérés par des directeurs qui ne sont pas médecins. Résultat : certains gros hôpitaux comme Henri-Mondor n’en ont pas ! Quand est née l’association ? L’association existe depuis la fin des années 90. À l’époque, des internes ont décidé de créer une structure pour mettre en relation les différentes salles de garde, les financer, les aider, les représenter, et surtout, pour faire survivre ce patrimoine et ces traditions. Les salles de garde datent tout de même de la création de l’internat au tout début du xixe : les internes passant beaucoup de temps à l’hôpital, ces lieux de vie ont été créés. Ainsi, tout le folklore qui les entourent, de l’économe au Bal de l’internat, existe depuis deux siècles.

LE BON PLAN

PTMG, PTMA :

LES AVANTAGES DE L'INSTALLATION EN ZONE FRAGILE Dans chaque numéro, « H » pose des questions au ministère de la santé. Cette fois-ci, on a décidé de l’interroger sur les contrats de praticien territorial de médecine générale (PTMG) et ambulatoire (PTMA). PTMG, PTMA... Quel objectif ? L’enjeu est clair : il s’agit de favoriser l’installation et le maintien de médecins libéraux là où l'offre médicale est insuffisante ou difficile d'accès. Quels sont les avantages du contrat de PTMG ? Une garantie de ressources vous est assurée pour sécuriser vos premiers mois d’installation, le temps de vous constituer une patientèle. Sous réserve que vous réalisiez un minimum de 165 consultations par mois, un complément de rémunération vous garantit un revenu mensuel de 6 900 euros brut. Le contrat permet également de bénéficier d’une protection sociale renforcée. Il peut aussi prendre la suite d’un CESP. C’est quoi, « une protection sociale renforcée » ? Concrètement, la prise en charge de votre arrêt maladie pendant toute votre inactivité : au-delà de sept jours, elle s’élève à 1 552,50 euros brut/mois. Et pour la première fois, le droit à un congé maternité : dans la limite d’un trimestre, le complément forfaitaire est de 3 105 euros brut/mois. Qu’offre le contrat de PTMA ? Ce contrat est proposé à la fois aux médecins généralistes et aux autres spécialistes qui souhaitent s'installer – ou sont déjà installés – depuis le 1er janvier 2015, en cabinet ou en tant que collaborateur libéral. Il complète les dispositions du contrat de PTMG en ouvrant au congé paternité : durant trois mois, le complément forfaitaire est de 1 138 euros brut/mois. À retenir : les contrats de PTMA et de PTMG peuvent se succéder mais pas se cumuler.

L’INTERNAT, QUELLE BELLE ÉPOQUE ! Le prochain Bal de l’internat aura lieu le 29 avril prochain, à la salle Wagram, à Paris. Le thème de cette soirée chic ? La Belle Époque. Cet énorme événement dont le Plaisir des Dieux est partenaire est co-organisé par l’Association pour la Préservation du Patrimoine de l’Internat (APPI) aidée de l’Association Pour les Praticiens hospitaliers et Apparentés (APPA).

À quoi est-ce que je m'engage ? Pour PTMG comme pour PTMA, à exercer dans un territoire identifié comme manquant de professionnels et à respecter les tarifs de secteur 1 ou, pour les spécialistes, à adhérer à un contrat d’accès aux soins (CAS). Les contrats peuvent aussi comporter des engagements individualisés sur le dépistage, l’éducation à la santé, la continuité ou la permanence des soins, par exemple.

Et vous enjoignez tous les internes à rejoindre l'association ? Bien sûr ! Vous êtes tous les bienvenus. Globalement, au Plaisir des Dieux, on espère que, de générations en générations, de petits groupes se motivent pour perpétuer le folklore de l’internat. La structure existe, toute idée peut être réalisée ! Rendez-vous sur le site du Bal : www.baldelinternat.com et sur celui de Plaisir des Dieux www.leplaisirdesdieux.fr

Concrètement ? Les contrats se concluent avec les ARS pour une durée de 12 mois pour PTMG et de 36 mois pour PTMA, tacitement reconductibles une fois pour la même durée. Plus de 500 jeunes se sont déjà lancés. Renseignezvous auprès du référent installation de votre ARS ! Article réalisé en partenariat avec le ministère des Affaires Sociales et de la Santé

ACTUALITÉ —

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PUBLI REPORTAGE

CÔME BUREAU : « IL FAUT PERPÉTUER LES TRADITIONS DES INTERNES ! »


BONNE INITIATIVE

CALAIS : DES GYNÉCOS DANS LA JUNGLE Texte : Marine Vlahovic

Richard Matis, gynécologue au CHU d'Armentières (Nord) est vice-président de Gynécologie sans frontières (GSF). Pour « H », il explique leur mission dans les camps de Calais, où 10% des migrants sont des femmes. GSF est une ONG orientée vers l'international. Pourquoi avezvous décidé d'intervenir dans la jungle de Calais ? C'est un hasard qui n'en est pas un. En 2013, on avait déjà travaillé avec des femmes réfugiées dans le camp de Zaatari en Jordanie, qui accueille des centaines de milliers de Syriens. Une sage-femme qui a participé à cette mission exerce à Saint-Omer, à côté de Calais. À son retour, elle a aidé les migrants à titre bénévole dans un camp. Elle nous a interpellé car c’était un copié-collé de ce que nous avions connu en Jordanie. Nous avons débuté la mission le 15 novembre dernier, comme par évidence. Comment s’organise cette mission ? Nous avons une équipe sur place en permanence : une sagefemme et un.e gynécologue se relaient tous les 15 jours. Ce « binôme J15 » [pour 15 jours, ndlr.] a été renforcé par une « équipe H8 » [pour 8 heures, ndlr.]: ce sont des gynécos « nordistes » qui viennent en sortie de garde ou lorsqu'ils ont une journée de libre. Nous travaillons également avec des traductrices arabes et kurdes. Un local de consultation a été installé au nouveau camp de Grande-Synthe et nous parcourons les autres camps à bord d’une camionnette. Ce véhicule nous permet de faciliter le transport d’une cinquantaine de femmes enceintes vers les maternités. On les présente à nos confrères pour qu’ils ne se sentent pas démunis. Les migrantes ont une certaine réticence à rejoindre ces structures : le bruit court que si elles sont hospitalisées, elles vont perdre des chances de pouvoir passer en Angleterre. On essaye donc de créer un climat de confiance par un suivi sur le long terme. Quels soins pratiquez-vous ? Nous faisons d’abord de l’obstétrique avec un suivi classique de femmes enceintes, ce qui équivaut à de la surveillance à domicile, grâce avec notre échographe. Pour les actes plus médicaux comme les gestes, les consultations d’échographies de référence, l'avortement par aspiration et les accouchements, on transfère les patientes. On pratique une gynécologie que l’on rencontre en milieu précaire avec des problématiques d’infections vaginales, urinaires, ou de grossesses non-désirées suite à des viols. Il existe tout un parcours de violences multiples du départ du pays d’origine à l’arrivée à Calais, puis toutes celles qui s’ajoutent

« EN TANT QUE MÉDECIN, J’ESSAIE DE LEUR DONNER L’IMAGE D’UN ACCUEIL UN PEU DÉCENT. »

ACTUALITÉ —

ici. Les femmes sont vulnérables car les passeurs imposent la prostitution. Vous avez dénoncé des « camps de la honte » de Calais, quelles différences constatez-vous avec votre expérience jordanienne ? D’abord, les camps de Calais sont des bidonvilles, nettement moins confortables que celui de Zaatari qui lui est aux normes du Haut-Commissariat aux Réfugiés. Ensuite, pour notre mission en Jordanie, nous avions reçu des subventions du Ministère des Affaires Étrangères français. Ici, on a pris une grosse claque parce qu’on ne touche rien de la part des collectivités ou de l’État. Encore pire, on essaie de passer des conventions avec les hôpitaux de la région et on est emmerdé par l’ARS qui traîne des pieds. C’est à marcher sur la tête !

« ON PRATIQUE UNE GYNÉCOLOGIE DE MILIEU PRÉCAIRE, AVEC DES PROBLÉMATIQUES D’INFECTIONS VAGINALES OU DE GROSSESSES NONDÉSIRÉES SUITE À DES VIOLS. » En tant que médecin, cet engagement vous parait-il évident ? Il y a une lacune des institutions que des centaines de bénévoles, médecins ou pas, pallient depuis des années. Ce sont des conditions de vie indignes : ces gens nagent dans un bain de boue avec une souffrance terrible. Après avoir parcouru des milliers de kilomètres, on les arrête 30 bornes avant la fin du périple pour des raisons politiques. En tant que médecin, j’essaie de leur donner l’image d’un accueil un peu décent. Comment s’engager si on est interne en gynéco ? On est très demandeurs, que ce soit pour 15 jours ou pour une journée. Il faut d’abord se renseigner sur la mission et s’inscrire sur le site www.gynsf.org. Généralement, les internes sont en fin d’internat. On les accueille avec grand plaisir : un interne est déjà venu pour faire sa thèse et une autre va le remplacer dans les jours prochains.

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U EA UV NO

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en Texte : Elsa Basti » Meyer pour « H nis De : os ot Ph

MEAMÏA-SQDUOE ,

L ET LA PLUME

PORTRAIT

«

S, ULTANE, 31 AN MAÏ-DO HAMIS ET ÉCRIVAINE Y S P N E E N R INTE

Dans ma famille, tous les hommes sont médecins, et toutes les femmes écrivaines ! », rigole Maï-Do Hamisultane. Elle ne s’est pas embarrassée des traditions et a choisi d’être l’un et l’autre. À 31 ans, elle est en stage de psychiatrie dans un hôpital d'Évreux, en Normandie, dans une UFS (unité

fermée sécurisée) et a également publié deux livres aux éditions la Cheminante, Ciboure. PODIUM — Quand on la retrouve pour l’interview, à Paris, elle est étonnamment halée : « Je reviens de Casablanca, au Maroc où j'ai gagné le prix Découverte 2016 de l’hôtel Sofitel pour

« JE N’ÉCRIS PAS SUR MES PATIENTS, EN REVANCHE, JE PEUX M'INSPIRER DE CERTAINES HISTOIRES DE VIE »


mon dernier roman, Santo Sospir », sourit-elle, ses longs cheveux noirs lâchés. Un pays qu’elle connaît comme sa poche : native de la Rochelle, elle a passé son enfance à Casablanca. « J’écris depuis toute petite », raconte celle qui dès son enfance a côtoyé le gratin des intellectuels marocains dans la maison familiale. Mais l'enfance idyllique tourne au cauchemar quand son grand-père, membre de l'intelligentsia de Fès, est assassiné. Ce qui précipite son retour en France, dans le Sud, avec sa mère et sa sœur. Un drame qu’elle évoque dans son premier livre Mira Ventos – écrit à 17 ans – comme pour l’exorciser. KHAGNE — Son bac en poche, elle se tourne vers une prépa littéraire, et non des moindres. Finie la Côte d’Azur, la voici dans une chambre de bonne à Paris, pour étudier au très sélect lycée Janson de Sailly. Une hypokhâgne, une khâgne, puis un échec à Normale Sup plus tard, elle retourne aux sources : Nice, le soleil, et... la médecine. Elle se marre : « J’ai bien vécu ma P1, un amoureux m’a mâché tout le travail ». Maï-Do rit beaucoup, parle pas mal et est difficile à suivre. Une boule à facettes pour qui rien ne semble impossible. Comme concilier une vie faite d’écriture, un internat en psychiatrie, un jeune fils, et toujours cette envie d’aller au bout de ses projets. Santo Sospir, son deuxième roman, c’est l’histoire d’une passion amoureuse, d’une femme qui attend, obsessionnelle-

PORTRAIT —

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QUAND ON EST MÉDECIN, ON PEUT ÊTRE ÉMERVEILLÉ, PASSIONNÉ, DANS LA LITTÉRATURE, ON TOUCHE AU MAGIQUE. »

ment, son amant. Mais loin d’être une victime un peu bébête, la protagoniste de Maï-Do est surtout une femme libre, sensuelle et puissante.

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Les patients se livrent à cœur ouvert, comme dans la littérature. Ces deux univers permettent de voir les choses autrement : c’est de la remédiation cognitive ! » De là à parler de la médecine comme d’un art ? « C'est vrai qu'à chaque patient, il y a un traitement différent, il n’y a pas de recette. Ceci dit, quand on est médecin, on peut être émerveillé, passionné mais on ne créé pas des univers, alors que dans la littérature, on touche au magique. » Songe-t-elle à ne se consacrer qu’à la littérature un jour? « Non j'adore ce que je fais, et j’ai besoin de la médecine pour garder les pieds sur terre ». Bientôt, elle s’envolera pourtant pour un énième voyage, à Tanger cette fois, pour le salon international des livres et des arts.

PSY — « Je l’ai écrit pendant mes week-ends, à la campagne, dans la maison familiale de mon copain de l'époque », raconte-t-elle. Médecine la semaine, écriture le week-end… Ces deux univers seraient-ils hermétiques ? « Marguerite Duras, une auteure que j'adore, s'est inspirée d'une jeune femme qu’elle a rencontrée lors d'une fête dans un hôpital psychiatrique de Villejuif pour écrire le Ravissement de Lol V. Stein. C'est pervers, c'est un vol d'âme. Moi je n’écris pas sur mes patients, en revanche, c'est vrai que je m'en inspire. » Ainsi, la jeune romancière a bouclé une nouvelle sur un patient qui a tué son fils un soir, alors qu'il était ivre. « La littérature, comme la psy, met le doigt sur ce qui ne se dit pas, ne s’écrit pas.

PORTRAIT —

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DOSSIER

RECERTIFICATION : DOIT-ON VOUS OBLIGER À VÉRIFIER VOS ACQUIS ? Dossier : Camille Hamet Illustrations : Oriane Lassus pour « H »

POUR « H », CAMILLE HAMET A DÉCIDÉ DE SE PENCHER SUR LA RECERTIFICATION CHEZ LES MÉDECINS, VÉRITABLE SERPENT DE MER DEPUIS LES ANNÉES 80. CERTAINS GRINCHEUX LA TROUVE VEXANTE, TANDIS QUE CEUX QUI Y SONT FAVORABLES S’INQUIÈTENT PLUTÔT DE SON APPLICATION CONCRÈTE ET DE SON FINANCEMENT.

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qu’ils devront sans cesse réévaluer leurs connaissances, et « les anciens », plus récalcitrants à cette idée. Heureusement pour eux, la recertification les concernerait uniquement sur la base du volontariat : elle ne serait en effet obligatoire que pour les nouveaux inscrits au tableau de l’Ordre.

usqu’ici, les médecins pouvaient exercer toute leur vie sans avoir de véritables comptes à rendre sur le maintien de leurs connaissances et de leurs compétences. Cela pourrait bientôt changer, avec la « recertification périodique », dixième proposition du « livre blanc » du conseil de l’Ordre, présentée le 26 janvier dernier. Une proposition qui est loin de susciter l’unanimité parmi les médecins, et notamment les médecins libéraux. Ont en effet exprimé leur opposition des organisations comme le Syndicat des médecins libéraux, la Confédération des syndicats médicaux français et le Centre national des professions libérales de santé, qui estime cette réforme « superflue » et « vexatoire ».

L’AIR DU TEMPS — Mais si la proposition du conseil de l’Ordre peut sembler moderne, « dans l’air du temps », pour reprendre l’expression amusée de Géraldine Bloy, la volonté de mettre en place des outils d’évaluation médicale ne date pas d’hier. Ils se sont développés dès les années 1980, au nom de la [LA SUITE, PAGE 20]

« La proposition du conseil de l’Ordre met les libéraux et hospitaliers sur le même plan, mais elle peut sembler plus intrusive aux libéraux, par essence plus libres dans leur pratique », souligne Géraldine Bloy, sociologue et maître de conférence à l’Université de Bourgogne. Selon elle, la ligne de fracture esquissée par le débat de la recertification se situe néanmoins davantage entre « les jeunes », formés en sachant

« LA RECERTIFICATION REPLACE LA NOTION DE SERVICE PUBLIC AU CENTRE DES PRÉOCCUPATIONS DE LA MÉDECINE »

« ON MANQUE DE RECUL POUR DÉTERMINER SI LA REVALIDATION EST BÉNÉFIQUE » Kitty Mohan, interne en santé publique à Londres et membre de la British Medical Association (BMA) et de l'European Junior Doctors. « Le système de revalidation des acquis a un objectif louable ! Il s’agit de s’assurer qu’entre le moment où nous finissons nos études et celui où nous prenons notre retraite, nos compétences et nos connaissances restent à jour. Mais aujourd’hui, il est difficile d’avoir une opinion tranchée sur la revalidation, surtout lorsqu’on est interne. Car même si nos années de formation nous permettent de préparer notre première évaluation une fois médecin, la revalidation ne nous concerne pas pour le moment. Et puis, c’est un système trop récent, qui a à peine quatre ans. Pour savoir s’il est réellement bénéfique, il faut attendre d’avoir un peu de recul. En tout cas, j’ai une inquiétude : que les formalités administratives nous prennent des heures et des heures, des heures qui pourraient être consacrées à nos patients et à nos recherches. » Pour la suivre sur Twitter : twitter.com/drkittymohan

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ET EN EUROPE ? Des systèmes dits de recertification, de réaccréditation ou de revalidation existent dans plusieurs pays européens. « H » a sélectionné trois exemples. Le dispositif de « recertification périodique » proposé par

continue, la participation à un groupe local d’évaluation

le Conseil de l’Ordre des médecins en janvier s’inspire lar-

médicale et un seuil minimal d’activité.

gement du modèle néerlandais. Aux Pays-Bas, l’activité des médecins est évaluée tous les cinq ans par leurs pairs.

Au Royaume-Uni, l’autorisation d’exercer la médecine est

Les médecins doivent prouver qu’ils ont atteint des seuils

subordonnée à un processus de revalidation depuis 2012.

minimaux en heures de formation continue et en heures

Chaque année, les praticiens doivent démontrer qu’ils

de pratique dans leurs spécialités. Ils reçoivent également

exercent leur métier conformément aux principes du code

la « visite » d’une équipe de trois confrères ou consœurs.

de déontologie, mais aussi dans le respect des recommandations édictées pour leur spécialité par les sociétés

En Belgique, c’est l’organisme d’assurance maladie qui

savantes. Les avis de collègues et de patients, ainsi que la

renouvelle l’accréditation des médecins tous les trois ans.

participation à des modules de développement profession-

Instaurée en 1993, cette accréditation n’est pas obligatoire,

nel, sont pris en compte. Ces évaluations sont ensuite ras-

mais elle leur octroie un label de qualité et une majoration

semblées et étudiées tous les cinq ans par un « responsible

de leurs honoraires (d'environ 4 %, à la charge de l’assu-

officer », par exemple un chef de service.

rance maladie). Elle repose sur trois critères : la formation

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qualité des soins et de la maîtrise des dépenses de santé. Devoir déontologique, la formation médicale continue est devenue obligation légale dès 1996. L’évaluation des pratiques professionnelles a été mise en place en 2004. Deux dispositifs, le FMC et l’EPP, finalement englobés en 2013 par le DPC (Développement professionnel continu). « Alors pourquoi diable aller encore inventer autre chose ? », s’agace Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français. D’autant que le terme choisi par l’Ordre, recertification, lui rappelle de mauvais souvenirs : « C’était le terme employé en 1999 par un directeur de l’Assurance maladie qui voulait y subordonner le conventionnement. » Jean-Paul Ortiz soutient que la profession ferait mieux de se concentrer sur le DPC, qui aurait besoin d’être « étendu » et « financé » : « Seulement 40% des médecins libéraux peuvent bénéficier de ce dispositif, les autres sont obligés de se former sur leurs propres deniers », affirme-t-il.

sont pas respectées, notamment en matière de prescription des antibiotiques. » Pour Claude Rambaud, la recertification obligerait les médecins « à mettre enfin le nez dans les dernières recommandations élaborées et validées par leurs pairs ». Tout en valorisant ce travail, avec à chaque recertification un bonus financier pour les libéraux et une évolution statutaire pour les hospitaliers. La recertification pourrait en outre figurer sur l’ordonnancier, ou dans le cabinet, et ainsi s’imposer comme un gage de confiance. « En tant que patiente, j’aurais tendance à choisir un médecin recertifié plutôt qu’un médecin nonrecertifié », insiste Claude Rambaud. INTERROGATIONS — La sociologue Géraldine Bloy pense elle aussi que la recertification est une « bonne idée », qui « replace la notion de service public au centre des préoccupations de la médecine », mais elle reste dubitative quant à sa mise en pratique. « Contrôle des connaissances théoriques ? Mise à l’épreuve en situation ? », fait-elle mine de s’interroger. « Je n’y crois pas du tout. Le conseil de l’Ordre propose un portfolio, mais c’est déjà la tarte à la crème des études de médecine alors je ne suis pas sûre que les internes sautent de joie à cette nouvelle. »

« CELA OBLIGERAIT LES DOCS À METTRE LEUR NEZ DANS LES DERNIÈRES RECOMMANDATIONS »

GAGE DE CONFIANCE — Reste que le DPC, même « étendu » et « financé », présente certaines limites. Le dispositif ne sanctionnerait pas les véritables lacunes. Il ne valoriserait pas non plus les véritables efforts. Et ne serait pas assez contraignant. « Les médecins sont libres de choisir leurs colloques et les acquis sont validés automatiquement », déplore Claude Rambaud, vice-présidente de l’association de défense des patients Le Lien. « Résultat, nous avons pris énormément de retard sur les connaissances scientifiques au niveau international, et les bonnes pratiques ne

Géraldine Bloy se montre particulièrement inquiète pour les généralistes. En effet, leurs études exigent un socle de connaissances et de compétences très étendu, mais leur activité induit une spécialisation informelle, qui dépend de la clientèle, l’environnement et des affinités du praticien. « Comment prendre en compte ce décalage

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« LA PROFESSION EST PRÊTE POUR CE DÉBAT » POUR « H », PATRICK BOUET, PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE L’ORDRE DES MÉDECINS, DÉTAILLE LE PROJET DE « RECERTIFICATION PÉRIODIQUE » DES MÉDECINS.

En quoi consiste le dispositif de « recertification périodique » proposé par le Conseil de l’Ordre ? Il ne s’agit pas de redélivrer un diplôme : nous n’allons pas demander à 220 000 médecins de repasser par l’université ! Il s’agit au contraire de reconnaître leur activité professionnelle. Tous les six ans, les collèges nationaux de spécialité analyseraient les éléments de parcours versés à un dossier électronique individuel (répartition de l’activité, actions de formation, publications etc.), puis émettraient un avis de recertification ou de non-recertification qui devrait être validé par le Conseil de l’Ordre. En cas de non-recertification, un programme de remise à niveau permettrait au médecin d’acquérir les connaissances et les compétences manquantes.

ne concernerait vraisemblablement que très peu de médecins, car les médecins, dans leur immense majorité, sont déjà engagés dans une démarche d’entretien de leurs connaissances et de leurs compétences. Et la sanction de l’insuffisance professionnelle existe, elle ne serait pas

« IL NE S’AGIT PAS DE REDÉLIVRER UN DIPLÔME » introduite par le dispositif de recertification périodique.

« SI NOUS NE NOUS EMPARONS PAS DE CETTE QUESTION, L’ADMINISTRATION LE FERA À NOTRE PLACE. »

Pourquoi avoir choisi une périodicité de six ans ? Cela correspond à deux périodicités du Développement Professionnel Continu (DPC), qui oblige les médecins à suivre un programme de formation continue triennal. Or le DPC peut être un outil de la recertification, en faisant par exemple partie des éléments versés au dossier électronique individuel qui sera étudié par les collèges nationaux de spécialité et l’Université.

Et si le médecin refuse ce programme de remise à niveau ? La question de la sanction, parmi d’autres, devra être tranchée par le débat. Par ailleurs, ce cas de figure

Justement, qu’apporte la « recertification périodique » par rapport au DPC ? Premièrement, le DPC n’a aucun impact sur la carrière des médecins, tandis que notre objectif est bel et

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bien d’inscrire la question de l’évaluation des compétences dans une démarche de valorisation du parcours professionnel. Á chaque recertification correspondrait en effet une accélération de ce parcours. Pour les médecins hospitaliers, par exemple, une recertification entraînerait une amélioration au niveau statutaire. Deuxièmement, notre dispositif permet une plus grande transparence et une meilleure visibilité pour le patient. Dans une société moderne, celui-ci est en droit de connaître le parcours, les activités et le niveau de compétence du professionnel auquel il s’adresse. Pourquoi relancer le débat sur l’évaluation des compétences médicales aujourd’hui ? Mais parce que la profession est aujourd’hui prête pour ce débat ! Selon notre sondage, 55 % des médecins estiment que la recertification doit être un objectif. Et si nous, les professionnels de la santé, nous ne nous emparons pas de cette question, l’administration le fera à notre place. Or nous ne voulons pas qu’elle puisse nous dire des choses comme : « Vous deviez faire 400 mammographies cette année, vous en avez fait 399, vous ne pouvez pas être recertifié ».


entre formation initiale et exercice professionnel ? Comment recertifier une pratique aux contours aussi variables ? », demande la sociologue, sérieusement cette fois. Autre question : le conseil de l’Ordre serait-il encore dans son rôle en devenant un organisme de validation scientifique ? Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français, ne le croit pas, et il dit craindre que l’Ordre ne soit en train d’évincer les autres acteurs du débat (syndicats, université, agences de santé etc.). Cependant, l’Ordre assure vouloir parvenir à un consensus par la discussion. Et précise que

le processus de recertification s’appuierait sur les collèges nationaux de spécialité. Dernier point d’interrogation, et pas des moindres : celui du financement. Comme celui du DPC, le destin de la recertification risque de se jouer sur cette question. En ces temps de disette budgétaire, l’Assurance maladie va-t-elle vraiment accepter de prendre en charge la majoration des honoraires promise par l’Ordre pour amadouer les libéraux ? Et, de leur côté, les médecins accepteraient-ils de contribuer financièrement au contrôle de leurs connaissances et de leurs compétences ?

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« UN MÉDECIN BIEN FORMÉ NE DEVRAIT AVOIR AUCUN MAL À ÊTRE RECERTIFIÉ » SELON FRÉDÉRIC BIZARD, ÉCONOMISTE, ENSEIGNANT À SCIENCE PO PARIS ET AUTEUR DE L’OUVRAGE POLITIQUE DE SANTÉ : RÉUSSIR LE CHANGEMENT (ÉDITIONS DUNOD), LA RECERTIFICATION DOIT FAVORISER L’ÉQUITÉ ENTRE MÉDECINS FORMÉS EN FRANCE ET MÉDECINS FORMÉS À L’ÉTRANGER. Le recours aux médecins formés à l’étranger pose-t-il un problème de qualité des soins ? Bien entendu. Si certains pays ont un niveau de formation initiale équivalent à celui de la France, c’est loin d’être le cas partout ailleurs ! Et si le recours aux médecins formés à l’étranger n’a pas encore eu d’impact sur la qualité du système de santé en général, c’est que leur part est longtemps resté très minoritaire. Mais aujourd’hui, 25 % des médecins qui s’inscrivent au Conseil de l’Ordre à la fin de leurs études ont un diplôme étranger. D’où l’intérêt grandissant d’un dispositif de recertification ? C’est ce qui a été mis en place au Royaume-Uni, où la part des médecins formés à l’étranger est de 33%, et je pense que c’est la voie à suivre. Néanmoins, la mise en place d’un système équivalent en France doit être réalisée de manière à être bien vécue par les médecins. Il doit notamment rétablir une forme d’équité entre les médecins qui ont fait des études extrêmement sélectives, et les autres. Si le système est bien fait, un médecin qui a reçu une bonne formation initiale et qui continue de se former ne devrait avoir aucun mal à être recertifié.

Quelles autres mesures devraient être prises ? Il faut commencer par agir au niveau de l’Union Européenne. Car s’il existe en Europe une équivalence des diplômes, en revanche il n’existe pas d’équivalence des niveaux de formation. Les pays d’Europe de l’Est, comme la Roumanie, ont clairement

« CELA PERMETTRAIT DE RÉTABLIR UNE FORME D’ÉQUITÉ ENTRE CEUX QUI ONT FAIT DES ÉTUDES EXTRÊMEMENT SÉLECTIVES, ET LES AUTRES. » un travail de rattrapage à mener... Pour ce qui est des personnes qui ont fait leurs études de médecine en dehors de l’Union Européenne, et qui viennent de les terminer, on pourrait par exemple leur demander de repasser par l’internat en France, afin d’avoir une période d’acclimatation, et éventuellement de mise à niveau. Comment expliquer l’augmentation du nombre de médecins formés à l’étranger ? Le recours aux médecins formés à l’étranger s’est développé en am-

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bulatoire avec le phénomène de la désertification médicale. Des communes se sont mis à recruter des médecins à l’étranger, en leur offrant d’ailleurs des conditions d’installation exceptionnelles, mais des problèmes d’adaptation et de qualité des soins sont rapidement apparus. Et beaucoup de ces médecins repartent à l’étranger au bout de quelques mois. Alors comment enrayer ce phénomène de désertification ? La première chose à faire est de rendre leur attractivité aux territoires. Mais nous pourrions également faire évoluer nos structures médicales. Par exemple, nous pourrions créer des centres ambulatoires universitaires dédiés à la formation des généralistes, bien sûr, mais aussi des médecins dont la spécialité est à forte dominante ambulatoire. Aujourd’hui, ils sont presque exclusivement formés à l’hôpital, ce qui ne les prépare pas à la réalité de leur métier et ne favorise pas les liens sociaux. Supprimer la liberté des médecins de s’installer où bon leur semble serait une erreur, mais le passage des internes concernés dans ce type de structures pourrait être rendu obligatoire, ce qui permettrait d’apporter des ressources humaines là où elles font défaut.


E D E I S P O T AU INE LÉGALE re pour « H »

fèv Texte : Sarah Le

LDEAL'AMSSASÉSINDAET DCE CÉSAR À LA DÉCOUVERTE

À L'ANCIENNE

DE L'ADN

UNE MORT SUSPECTE, ET VOILÀ QU’UN MÉDECIN DÉBARQUE ET JOUE LES EXPERTS AUPRÈS DE LA JUSTICE. POUR « H », MARIANNICK LE GUEUT, MÉDECIN LÉGISTE, POSE SON SCALPEL ET RETRACE L’HISTOIRE DE LA MÉDECINE LÉGALE. CESAR — 15 mars de l’an 44 av JC. Au petit matin, César, tout juste nommé dictateur à vie, est alerté par sa femme d’un danger imminent. Elle a eu une vision pendant la nuit. Lorsque César pénètre dans l’enceinte sénatoriale, Brutus, son fils, ainsi que Longinus et toute une tripotée de sénateurs frondeurs le trucident à coups de poinçons. Ce cadavre, il fallait désormais le faire parler. C’est MÉDECINE LÉGALE, Antistius qui s’y colle, l’un UNE SPÉCIALITÉ de ses proches. « Son histoire À PART ENTIÈRE fait partie des vieilles lunes de Mariannick Le Gueut, professeure la médecine légale, résume de médecine légale, Université de Mariannick le Gueut profesRennes 1 :« Après la Révolution, les premiers cours de médecine seure de médecine légale et légale apparaissent : une chaire de droit de la santé au CHU de pour chaque faculté de médecine. Rennes. L’homme n’était pas C’est devenu une compétence à part entière après la 2ème guerre médecin mais suivait César mondiale mais il faudra attendre sur les champs de bataille. Il 2017 pour que cela devienne un avait vu tellement de bosses DES (diplôme d’études spécialisées) comme toutes les autres spécialités. et de plaies qu’il devait en Aujourd’hui, c’est encore un DESC déduire ce qui faisait mourir (diplôme d’études spécialisées ou non. » Antistius juge qu’un complémentaires)! » seul des 23 coups de dagues, à la poitrine en l'occurence, a

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provoqué la mort de l'empereur. Ainsi s’achève la première romance médico-légale à la sauce occidentale. La pratique de l’autopsie – qui, étymologiquement, consiste à « voir soi-même » – est encore bien loin d’être révolutionnaire à l’époque de César. « On observe les plaies, on les écarte mais c’est encore très superficiel », commente Mariannik le Gueut. D’autant que l’Église met le holà… pendant des centaines d’années : « Elle interdit toute dissection humaine et ouverture de corps, car c’est un acte épouvantable, un blasphème ! » Et si l’autopsie a été autorisée en 1241 par Frédéric II, il faut attendre la création de la première faculté de droit et de médecine à Montpellier en 1289 par le pape Nicolas IV pour que la pratique connaisse de réelles avancées. JUSTICE — C'est aux xvie et xviie siècles que la pratique vit un rebond, avec, en précurseur incontesté, Charles Quint et sa lex Carolina de 1532. « Ce contemporain de François 1er, impose alors une intervention de médecin avant tout jugement pour meurtre, viol ou empoisonnement », résume la Prof. Plusieurs médecins

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La Leçon d'anatomie du docteur Tulp (1632), de Rembrandt, représente une autopsie. (Crédit : Musée Mauritshuis, La Haye (Pays-Bas))

fois dans la morgue parisienne construite par le Baron s’emparent ensuite de la question et théorisent la médeHaussmann à la fin du xixe siècle. cine légale. Comme Ambroise Paré, considéré comme l'un des précurseurs de la médecine légale. Ce chirurgien et anatomiste CHOU À LA CREME — Les grandes découy consacre d’ailleurs tout un chavertes du xixe siècle marquent profondément « PENDANT pitre dans ses « œuvres complètes » le champ médico-légal. Le toxicologiste (publiées en 1575) dans lesquelles il Mathieu Orfila, par exemple, met au point DES CENTAINES insiste par exemple sur les rapports D'ANNÉES, L’ÉGLISE un protocole strict : observation du corps, entre le chirurgien et la justice ou sur découpe des vêtements, ouverture du thoINTERDIT TOUTE l'intégrité de l'expert. Dans l'édition rax et analyse organe par organe du corps de 1575, il rajoute même des commendu défunt. Cet homme a aussi une lubie : les DISSECTION taires sur les empoisonnements et les poisons. Son Traité de 1818 recense un max HUMAINE poisons. de substances naturelles et chimiques dangeCAR CE SERAIT Quant à Pierre Dionis, chirurgien de reuses ainsi que leurs effets. La première enMarie-Thérèse d’Autriche, il recomcyclopédie toxicologique est née. Bluffée par UN BLASPHÈME » mande de pratiquer les autopsies ses compétences, en 1840, la Cour de justice le plus rapidement possible après de Tulle demande à Orfila d’intervenir en tant l’heure du décès. Les cadavres sont qu’expert pour un procès somme toute banal. alors laissés à l’air libre trois jours durant jusqu’à l'appariUne certaine Marie Lafarge est accusée d’avoir empoisontion des morgues réfrigérés, mis en place pour la première né son mari à l’arsenic. Elle aurait injecté quelques gouttes

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dans un chou à la crème. Orfila trouve bien des traces d’arsenic lorsqu'il autopsie le corps : la culpablité de Marie se précise… Mais quand son avocat réclame une contre-expertise, un duel scientifique s’amorce. Le chimiste Raspail débarque. L’homme est alors célèbre pour son Nouveau système de chimie organique et son intérêt humaniste pour les conditions de vie dans les prisons. Il conteste la méthodologie d’Orfila soulignant que l’on ne connaît pas la quantité d’arsenic injectée. Marie n’ira pas sur la potence mais aux travaux forcés à perpétuité. A posteriori, on se demande surtout si le chou à la crème - qui a voyagé trois jours et contient du lait non pasteurisé - ne serait pas la cause de la mort du mari... À LA TRACE — Qu’aurait-on pu oublier, si ce n’est une empreinte ? « La méthode a révolutionné toute l’histoire de la médecine légale », résume la médecin. Ce sont les Britanniques qui s’en servaient à la fin du xixe siècle aux Indes pour leurs registres. « Les empreintes faisaient office de signatures pour identifier les militaires indigènes qui ne savaient pas écrire. Et se sont vite aperçus qu’il n’y en avait pas une identique ». À la même époque, Henry Faulds, médecin anglais, pense en faire une preuve scientifique. En France, le criminologue Alphonse Bertillon de la police parisienne, rendu célèbre par la première résolution d’un crime grâce à cette méthode (en 1883) en récolte les lauriers quelques années plus tard.

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ADN — Et les empreintes génétiques ? Mariannick Le Gueut rembobine : « Au début de ma carrière, en 1976, ce n’était pas une technique utilisée. L’ADN, c’est Alec Jeffreys dans les années 80 qui l’a mise au point et ce n’est que dans les années 85-86 que l’on a commencé à se dire qu'il pouvait être utile pour identifier un criminel ». Après le meurtre de la jeune Dawn, le 31 juillet 1986 pour être précis. Dans une commune du Leicestershire, en Angleterre, la fillette est violée et tuée en rentrant chez elle. Le corps est retrouvé recouvert d’herbes folles. Trois ans plus tôt, une première victime avait été retrouvée non loin avec les mêmes stigmates. Les deux meurtres auraient-ils le même coupable ? Un suspect, Richard Buckland, est arrêté : il admet avoir tué Dawn mais pas l’autre enfant. L’enquête stagne. Les enquêteurs décident d’utiliser les nouvelles méthodes d’empreintes génétiques pour comparer les traces de spermes retrouvées. Buckland est innocenté par son sperme. En revanche, le coupable du second meurtre, Colin Pitchfork, sera bel et bien retrouvé, condamné à perpétuité et célèbre comme le première homme trahi par son empreinte génétique, après que la police a analysé le sang de 4000 hommes des environs. TARDIEU — Il y a un autre homme, trop souvent oublié auquel Mariannick Le Gueut aimerait rendre hommage avant de refermer cette page : Auguste Ambroise Tardieu. « J’ai appelé mon service le pavillon Tardieu car c’est lui qui a pour la première fois parlé de maltraitance à l’enfant », souligne-t-elle. D'où, par exemple, les « taches de Tardieu » pour qualifier les ecchymoses sous-pleurales observées lors de la mort d’un nourrisson par strangulation ou suffocation. Les Français l'ont un peu oublié contrairement aux anglo-saxons qui l’admirent encore et parlent même de Tardieu’ syndrome pour parler d’enfants battus.

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Bastien Interview : Elsa yer pour « H » Me nis Photos : De

THOMAS D« LIAEDÉTMORCRIATCIEHEN S:ANTÉ

IEN

GRAND ENTRET

N'EST PAS UN GADGET ! »

SA DÉMISSION FIN FÉVRIER DE LA CONFÉRENCE NATIONALE DE SANTÉ AVAIT FAIT COULER BEAUCOUP D'ENCRE. IL DÉNONÇAIT LES « PRESSIONS » DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ SUR CET ORGANISME CONSULTATIF ET LE MANQUE DE DÉMOCRATIE SUR LES QUESTIONS DE SANTÉ.

GRAND ENTRETIEN SOMMAIRE —

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Dans sa lettre de démission de 28 pages de la Conférence nationale de santé (CNS), Thomas Dietrich manie le verbe avec talent : il parle de « comité Théodule », et cite pêle-mêle Cioran, Bertolucci ou Astérix en Corse. Rebelote lorsqu'on le rencontre dans un joli café du 14e arrondissement de Paris : volubile, le diplômé de Sciences Po Paris de 25 ans parle de l'importance de la démocratie en santé, évoque son ancien poste de secrétaire général de la CNS, et parle aussi de son dernier roman, une histoire d'amour en Afrique.

VOTRE DÉMISSION DE LA CONFÉRENCE NATIONALE DE SANTÉ (CNS) A FAIT GRAND BRUIT. VOUS VOUS Y ATTENDIEZ?

LA CNS, C’EST QUOI EXACTEMENT ?

Pas du tout, c'est inquiétant d'ailleurs ! Qui connaissait la CNS avant ? J'ai simplement pris mes responsabilités et j'ai démissionné. La CNS est censée être indépendante, or on me demandait de faire relire les avis par le cabinet, en amont de leur publication, pour expurger tout ce qui n'allait pas. Je trouvais indécent qu'on fasse venir, de loin parfois, des usagers bénévoles sachant que tout le monde se foutait de leur avis. C'est une mascarade. Considérant que je ne pouvais plus changer les choses, j'ai pris mes cliques et mes claques.

C'est une sorte de Parlement de la santé, 120 membres, des élus, des représentants d'usagers, les partenaires sociaux, les médecins, les caisses d'assurance maladie... Vous avez tout le monde, c'est très large ! Trois missions : rendre des avis, un rapport annuel sur le respect des droits des usagers, et les débats publics. L'idée lors de sa création était de fournir des retours des « vraies gens », du terrain. Des critiques pour leur permettre d'améliorer les textes, eux qui sont dans des bureaux du 7e arrondissement, coupé des réalités. Parce que quand on parle de santé, derrière les chiffres, il y a des gens avec des situations difficiles : on perd 4 ans d'espérance de vie quand on prend la ligne du RER B à Paris. De Saint Michel à Aulnay sous bois, on ne soigne pas les gens de la même manière. C'est ça que les acteurs ont à dire dans ces instances là. VOUS AVEZ ÉTÉ BEAUCOUP REPRIS… MÊME PAR DES ANTI-VACCINS NOTOIRES. LA POLÉMIQUE VOUS A DÉPASSÉ ?

Qu'on reprenne mes propos ! Il n'a jamais été question de dire si j’étais pour ou contre la vaccination, on s'en fout, je ne suis pas légitime pour en statuer. Ce que je dis, c'est qu'il faut un vrai débat public, parce que la couverture vaccinale baisse. Il y a des cas de tétanos, ou de rougeoles dans le Haut-Rhin ! C’est un vrai problème. Quand, en face, une pétition récolte plus d’un million de signatures [celle du Pr Henri Joyeux, anti-vaccins notoire, ndlr], il faut se poser des questions. La parole institutionnelle

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n'a pas été suivie, c’est un discours inaudible. POURQUOI UNE TELLE MÉFIANCE ?

Il y eu tellement de scandales sanitaires, du Mediator à celui, actuel, sur le Meningitec - des enfants ont failli passer ad patres ! Aujourd'hui, nous portons une plus grande attention aux effets secondaires. A l’époque où on avait encore la polio ou la diphtérie, on ne s’attardait pas sur les effets secondaires parce qu'on sauvait des gens. Ces maladies ont depuis disparu donc on les regarde plus. C'est normal que les gens s'interrogent. Sur la santé, on ne plus laisse plus les gens s'exprimer, ils se demandent : qu'est ce qu'on nous cache ? Sur la vaccination, la volonté de Marisol Tourraine d'organiser un débat nordcoréen, où les réponses sont définies avant les questions, ça renforce la méfiance ! Les citoyens se rendent compte que le débat est biaisé, et même s'il n'y a rien derrière, ça alimente les fantasmes. Or, les méfaits de la démocratie ne sont remédiables que par plus de démocratie.. PAR EXEMPLE, MOI QUI NE SUIS PAS MÉDECIN, J’AI VOIX AU CHAPITRE SUR UN SUJET AUSSI IMPORTANT QUE LA VACCINATION ?

On peut considérer que les citoyens lambda n'ont pas leur mot à dire parce que c’est technique. Mais les gens peuvent apporter un regard neuf sur ces questions. Ça a été fait sur la fin de vie: un jury citoyen a été mis en place par le Comité national consultatif d'éthique, fin 2013. En était sorti un avis citoyen très tranché en faveur de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette expression citoyenne est importante. Sur la vaccination, on ne va pas demander aux gens s'ils pensent qu'il y a des effets secondaires sur le vaccin de l’hépatite B... Mais on peut débattre de pourquoi certains vaccins sont obligatoires et d'autres recommandés, réfléchir aux lieux de vaccination et à qui vaccine, se demander s'il ne faudra pas un DPT simple...


Thomas Dietrich, ex-secrétaire national de la CNS, une sorte de « parlement de la santé ». Paris, mars 2016

FACE À CELA, VOUS ÊTES UN FERVENT DÉFENSEUR DE LA DÉMOCRATIE EN SANTÉ. QU’EST-CE QUE RECOUVRE CE CONCEPT ?

C’est la loi Kouchner de 2002 qui l’a instaurée. L’idée est de permettre au patient d'être acteur de sa santé – qu’un médecin ne décide pas tout pour lui - mais également d’être acteur de la santé, c'est un double processus. Le but de la démocratie en santé n'est pas d’aller “contre”, contre le gouvernement, contre les médecins etc, mais de co-construire les politiques de santé. C’est une reconnaissance pour les associations Vih/sida ou dans le champ du handicap mental qui se sont battus parfois contre le système et se voient reconnaître une place dans le système. En bref, la démocratie sanitaire n’est pas un gadget ! C’en était un à la CNS, c'est pourquoi j'ai démissionné.

« LES CITOYENS LAMBDAS PEUVENT APPORTER UN REGARD NEUF SUR LES QUESTIONS DE SANTÉ. IL FAUT LES ÉCOUTER ! »

social et politique. Mon père était médecin humanitaire en Afrique. J’y ai vécu de nombreuses années. Je dénonce beaucoup la Françafrique qui continue avec une vraie persévérance ! Je suis également engagé aux côtés du peuple tchadien, contre la dictature d’Idriss Deby. Un engagement que les gens ont du mal à comprendre : un Français qui a fait Science-po et qui s'engage pour une terre qui est à 6000 km… Pas facile d'intéresser les gens à des réalités qui ne sont pas les leurs, mais c'est la plus belle chose que j'ai faite de ma vie.

CE QUI VA VOUS DONNER DU TEMPS POUR VOS ROMANS. VOUS AVEZ PUBLIÉ LÀ OÙ LA TERRE EST ROUGE ET DERNIÈREMENT LES ENFANTS DU TOUMAÏ (ED ALBIN MICHEL). ON Y DÉCÈLE UNE AUTRE FORME D'ENGAGEMENT, CONTRE LA FRANÇAFRIQUE NOTAMMENT.

DANS VOTRE LONGUE LETTRE DE DÉMISSION, VOUS AVEZ ÉVOQUÉ DON QUICHOTTE : CE N’EST PAS FATIGUANT D’ÊTRE UN DON QUICHOTTE AU QUOTIDIEN ?

Mon dernier roman est d’abord une histoire d'amour, sur fond de contexte

Quand on a pas d'ennemis, c'est qu'on n’a rien fait disait Clemenceau !

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ATIQUE

QUESTION PR

S E D I A S E D E LE GUID N O I T A L L A T S N À L’I ÉNÉRALISTES

INS G T : LES MÉDEC PREMIER VOLE bys

Par : Johanna Sa

Allocations, primes, défiscalisation… Pour lutter contre les déserts médicaux, tous les moyens sont bons. Le hic, c'est que vous êtes très peu à les connaître. « H » prend les choses en main.

QUESTION PRATIQUE —

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!


QUESTION PRAT

IQUE

1 / COUP DE POUCE FINANCIER CESP. « Les médecins prêts à partir en retraite et qui cherchent un successeur nous disent tous : Viens, ce sera bien, on va s’arranger ! », sourit Benjamin, heureux signataire d’un Contrat d’engagement de service public (CESP), en dernière année d’internat dans le Nord de la France. Ces contrats proposent une allocation mensuelle brute de 1200 euros aux étudiants de 2e année et plus, jusqu’à la fin de leurs études. En échange, les jeunes médecins s’engagent à exercer à un tarif conventionnel dans l’une des zones reconnues comme déficitaires par l’ARS. « C’est une chance énorme. Je voulais m’installer rapidement, et j’aurais peut-être attendu un an de plus », affirme-til, en doutant néanmoins de son efficacité. « Le contrat ne change pas le destin des gens, c’est une erreur politique. Ceux qui signent voulaient aller dans ces zones. »

2 / UN PARCOURS QUADRILLÉ

Et ils ne sont pas si nombreux à être prêts à faire le grand saut, dans l’année suivant la fin de leur internat. « Les jeunes médecins ont plutôt tendance à remplacer et à se laisser porter », constate Benjamin. Le contrat offre pourtant une grande flexibilité. Le médecin engagé peut changer de poste, de région, à condition de rester dans une zone concernée pour une durée équivalente à celle du versement de l’allocation. « C’est très peu contraignant, et l’on peut demander un report d’installation », précise Yann, remplaçant en pleine paperasse, moins d’un mois avant son installation dans le Pas-de-Calais. « Il faut être honnête, c’est une belle opportunité financière. Quand j’ai vu que je pourrais avoir la zone de mon choix, j’ai signé tout de suite. Je leur dois six ans, après, je peux me barrer à Paris si je veux », lance t-il.

PAPS. Les Plateformes d’appui aux professionnels de santé sont là pour informer et faciliter l’orientation des médecins dans chaque région.

BOURSES RÉGIONALES. Sous la forme d’aides au logement et au déplacement, ou de bourses d’études, les collectivités territoriales ont leurs propres subventions. Exemple : depuis 2006, le Conseil général de l’Allier propose une allocation allant de 700 à 1500 euros, entre la 1re et la 3e année d’internat, aux étudiants prêts à s’installer dans les zones déficitaires de son territoire pour une durée d’au moins 6 ans.

OÙ S’INSTALLER ? Les cartes interactives C@rtosanté de l’ARS permettent d'avoir une idée de l'offre et de la consommation de soins, ainsi que les caractéristiques d’une population par tranches d’âges aux niveaux régional, départemental et même communal. « Travailler seul à la campagne, ça peut faire peur. J'ai regardé les âges des médecins alentours, pour être sûr qu’ils ne vont pas tous partir à la retraite

QUESTION PRATIQUE —

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RÉFÉRENT INSTALLATION. Mesure emblématique

du « Pacte territoire-santé », il est l’interlocuteur spécifique dans chaque région pour orienter, conseiller et accompagner les jeunes médecins. Efficace ? Pas toujours… Matthieu, 27 ans, vient tout juste de poser sa plaque à Bourg-la-Reine dans les Hauts-de-Seine, sans aides. Pourtant intéressé par un contrat de praticien territorial, 6 mois après, il attend toujours une réponse de son référent. Yann atteste : « Il faut se renseigner tout seul, nous ne sommes pas suivis pendant le contrat. Après la signature de mon CESP, je suis resté deux-trois ans sans nouvelles ».

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E

IQU QUESTION PRAT

dans les cinq ans », raconte Benjamin. Le taux de natalité peut être un bon indicateur, « c’est pas mal d’avoir une population assez active », pour varier les plaisirs. Seulement, attention, les cartes évoluent tous les cinq ans. « Je savais que la zone de mon choix resterait sous-médicalisée, mais des médecins ont vu leurs projets tomber à l’eau à cause d’un changement de zonage. Il faut se tenir au courant », met en garde Yann.

LA CHECK LIST DE MON INSTALLATION INSCRIPTION AU TABLEAU DE L'ORDRE

Je fais enregistrer mes diplômes pour obtenir le fameux numéro d’identifiant du Répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS). Rappel : toute modification de mon activité doit être déclarée au Cnom.

3 / UNE FOIS INSTALLÉ PRIMES DE L’ASSURANCE MALADIE. Depuis 2011, l’option démographie, l'une des aides à l'installation proposée par l'assurance maladie, offre une aide égale à 10 % du montant de l'activité, assortie d'une aide à l'investissement de 5 000 euros par an pendant trois ans, aux médecins s’engageant auprès de zones sous dotées. Avec l’option santé solidarité territoriale, un engagement d’un an et un minimum de 28 jours par an, permet d’obtenir une rémunération complémentaire égale à 10 % de l'activité réalisée, plus une prise en charge des frais de déplacement.

AFFILIATION AUPRÈS DE L'ASSURANCE MALADIE

Je fais valider mon activité libérale auprès de la CPAM. Une fois affilié, je reçois ma Carte de professionnel de santé (CPS). IMMATRICULATION AUPRÈS DE L’URSSAF

Dès le début de mon activité, je dois être immatriculé dans le Centre de formalités des entreprises de mon lieu d’exercice.

CADEAUX FISCAUX. Les médecins qui s'établissent

dans une commune de moins de 2 000 habitants peuvent être exonérés de la Cotisation foncière des entreprises (CFE) pendant deux à cinq ans. De plus, lors d’une nouvelle installation en « zone de revitalisation rurale » ou en « zone franche urbaine », le médecin peut profiter d’une exonération d’impôt sur le revenu plafonnée, temporaire et dégressive dans le temps.

INSCRIPTION À LA CAISSE DE RETRAITE

Je dois adhérer à la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) dans le mois qui suit le début de mon activité libérale. SOUSCRIPTION D'UNE ASSURANCE RESPONSABILITÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

NOUVEAUX STATUTS. Depuis 2013, les praticiens

territoriaux bénéficient d’un complément de rémunération de l’ARS pendant deux ans, grâce au statut de praticien territorial de médecine générale, PTMG. « J’ai signé aussi, par sécurité, mais je n’en aurais pas besoin. J’atteins facilement mes 300 actes par mois, mais j’ai un ami que ça a bien aidé », commente Yann. Le statut de collaborateur libéral est quant à lui un bon compromis entre installation et remplacement, il permet de se lancer en douceur. Enfin, le remplaçant en zone sous dotée a le droit aux mêmes avantages que le praticien. Un moyen supplémentaire d'attirer de jeunes médecins dans les zones désertées.

QUESTION PRATIQUE —

Je n’oublie pas de souscrire à une RCP, obligatoire pour l’exercice libéral.

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La recherche clinique, c’est aussi notre métier !

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E

SALLE DE GARD

SALLE DE GARDE —

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À LIMOGES Tout au fond de l’hôpital, il y a une très grande pièce. Dans cette pièce, une salle à manger, mais aussi une salle de repos, un bar et plein de mètres carrés bien pratiques pour les fêtes de l'internat. À l'étage du dessous, il y a une cave, qui elle, est bien pratique pour les afters des fêtes. Et en haut, il y a les chambres des internes. Bref, un internat tout en un. Au milieu, il y a Michela, la photographe de « H » venue immortaliser les fresques Limougeaudes. Photos : Michela Cuccagna pour « H »

SALLE DE GARDE —

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E P O C S O N R L'INTE rdeau

Ba Texte : Mathieu

U OTRE CERVEA V R U O P E R U IT DE LA NOURR TRE ES DU TRIMES L B A U Q N A M LES IM

3 EFFETS SECONDAIRES : LE SCANDALE FRANÇAIS ANTOINE BÉGUIN, JEAN-CHRISTOPHE BRISARD ET IRÈNE FRACHON (ÉD. FIRST) ENQUÊTE Après avoir révélé l'affaire du Mediator il y a 5 ans, la pneumologue Irène Frachon est de retour, et elle n'est pas seule. Avec elle, l'avocat Antoine Béguin et le journaliste Jean-Christophe Brisard font un état des lieux de la sécurité des patients vis-à-vis des médicaments. Et selon eux, une pharmacie est à peu près aussi dangereuse qu'un transformateur EDF. Ils mettent notamment en cause des processus laxistes de mise sur le marché des médicaments, constatant ainsi que l'alerte lancée en 2010 n'a pas eu l'effet concret attendu.

CULTURELLE ORDONNANCE

4 CRUELLE FLORENCE DUPRÉ LA TOUR (ÉD. DARGAUD)

1 KERSTEN PAT PERNA ET FABIEN BEDOUEL (ÉD. GLÉNAT)

BD Florence n'est pas vraiment un enfant méchant, elle a seulement tendance à tuer tous les animaux qui ont le malheur de se trouver sur sa route. Lapins, cochons d'Inde, tout y passe. Et problème: elle n'arrive même pas à être triste. Voilà, le titre de cette histoire, Cruelle, prend désormais tout son sens à travers ces quelques explications, et si vous aimez autant les comptes enfantins que les décapitations animales, vous allez être servis. Et joie: ce n'est que le 1er volet d'un tryptique autobiographique de l'auteure !

BD Que ça vous plaise ou non, il n'y a pas que Jean Moulin dans la vie. La 2ème guerre mondiale a aussi connu son lot de héros de l'autre côté du Rhin, mais ça, personne ne vous l'apprend à l'école ! Felix Kersten était par exemple masseur à Berlin et s'est retrouvé malgré lui au service du sympathique Himmler. À mesure qu'il le soulageait d'atroces douleurs, il obtint de lui qu'il annule des déportations et libère des milliers de prisonniers. Un héros, on vous dit, et au passage, une grande BD en deux tomes.

5 LES DÉSAXÉS DOMINIQUE HENNEBAUT (ÉD. AAARG !)

2 JUSTIN GAUTHIER (ÉD. DELCOURT)

BD Par la force des choses, on peut parfois être amenés à péter un boulon. Quand on se fait tabasser tous les jours à la sortie du lycée comme Eddy, ou encore quand on se fait cocufier tous les jours par son mari comme Leslie. Leslie qui, en guise de réponse, juge opportun de planter une dizaine de couteaux et hachoirs dans le crâne de son époux. Elle comme Eddy sont des Désaxés, ces gens qui sortent un tout petit peu du cadre. Ambiance 50's et film noir tarantinesque pour cette suite d'histoires courtes directement héritées de la culture des nouvelles américaines. Gage de qualité: certaines d'entre elles ont été publiées dans l'excellente revue Aaarg.

BD Justin s'appelle bien Justin, mais il fut un temps où il s'appelait Justine. Enfin, elle s'appelait Justine. Enfin non, pour lui, il s'est toujours appelé Justin. Mais officiellement, c'était Justine. Bref, Justin est un garçon trans qui, entre séances de psy qui tournent au sketch et difficulté à trouver sa place dans une société transphobe, a du faire un loooong chemin pour exister. C'est raconté avec beaucoup de simplicité et une capacité étonnante à adapter le point de vue du personnage selon ses âges successifs.

ORDONNANCE CULTURELLE —

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6

LA VIDÉOTHÈQUE DE L'INTERNE TROP CULTIVÉ

LE SYNDROME DU PETIT POIS DOMAS (ÉD. LA BOÎTE À BULLES) BD Quand Max apprend que sa mère, touchée par quelques absences, n'a pas Alzheimer, il est rassuré. Sauf qu'elle est en fait atteinte d'atrophie corticale postérieure, ou syndrome de Benson, ce qui pour lui signifie à peu près la même chose: elle va progressivement perdre la boule. On suit alors le chemin de croix de ce fils dévoué mais paumé, entre l'accompagnement de sa mère, l'éducation de sa fille et la disparition de sa libido dans son couple. Ou comment un événement fait basculer, lentement mais sûrement, une vie entière. Une autobiographie sincère et attachante.

L'ÉVEIL, PENNY MARSHALL, 1991 Un jeune neurologue vient de passer 5 années passionnantes à extraire un décigramme de myéline à partir de 4 tonnes de vers de terre. Au moment de changer de poste, alors qu'il croit rejoindre un laboratoire de recherche peinard, il se rend compte qu'il va désormais devoir traiter des patients humains. Et plutôt du genre agités. Enfin, sauf Leonard, dans le coma depuis de très longues années. Ce médecin va réussir à l'en sortir, et c'est leur relation qui devient vite le cœur du film: un neurologue introverti un peu relou et un patient qui n'a rien vu du monde depuis 30 ans, bien décidé à profiter de chaque plaisir de la vie. C'est parfois un peu attendu et chargé en bons sentiments, mais bon, comment passer à côté d'un film réunissant Robin Williams et Robert de Niro ?

7 EVERYTHING YOU'VE COME TO EXPECT LAST SHADOW PUPPETS (ABSOLUTE MANAGEMENT / BARCLAY) POP ÉLECTRONIQUE 8 ans qu'on attendait le nouvel album des Last Shadow Puppets, formé de Miles Kane (the Rascals) et Alex Turner (Arctic Monkeys). Toujours porté par un souffle lyrique, le duo confirme qu'on n'avait pas aussi bien assemblé guitares et violons dans le rock UK depuis bien longtemps. Et qu'ils sont définitivement les vrais héritiers de Lennon et McCartney, Yoko Ono en moins.

MÉDECIN DE CAMPAGNE, THOMAS LILTI, 2015

8 MÉMOIRES VIVES GRAND BLANC (ENTREPRISE)

L'installation dans un bled paumé, ça vous parle ? Affronter les oies pour arriver jusqu'à la chambre d'une patiente, participer à la soirée country du village dans la salle des fêtes, être réveillé à toute heure de la nuit, chaque nuit... C'est pourtant bien ce qu'a choisi Nathalie à la sortie de l'internat. Elle rejoint le cabinet de Jean-Pierre, bourru et solitaire, mais atteint d'une tumeur qui va l'obliger à lever le pied. À travers l'arrivée mouvementée de la jeune médecin, c'est toute la question des déserts médicaux qui est abordée ici. Et comme dans Hippocrate, Thomas Lilti (interviewé dans le n°7 de H) parvient à traiter le sujet avec beaucoup de justesse et une excellente connaissance de la situation, grâce à sa double-casquette de réalisateur-docteur.

MUSIC Quand on demande à Grand Blanc d'où vient leur musique, ils invoquent autant le surréalisme et Booba que Joy Division ou Dire Straits. Autant dire qu'il y en a pour tous les goûts dans ce 1er album froid et nerveux, qui oscille entre électro indus et chanson cold-wave et fait du groupe une des grandes sensations pop hexagonale de ce début d'année. En clair, si vous voulez accéder à la hype en 2016, c'est Grand Blanc qu'il faut écouter. Ce qui, pour des gens venus de Metz, n'était pas gagné d'avance.

9 MARABOUT JUNIORE (LE PHONOGRAPHE) MUSIC Décidément, après Grand Blanc, on a beaucoup écouté les trouvailles du label Entreprise ces temps-ci. Juniore, c'est un retour aux 60's et à une surf music classieuse, emmené par Anna Jean, musicienne multicasquettes qui a déjà roulé sa bosse dans des projets aussi bien folk qu’électro. Pour l'instant, il n'y a que cet EP de 6 titres à se mettre sous la dent, mais de notre côté, c'est déjà suffisant pour le faire tourner en boucle à la rédaction.

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PEOPLE

LIMOGES N O I T C E N CON Photos : Michela

Cuccagna pour

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QUAND ? LE 18 MARS 2016 OÙ ? À L'INTERNAT DE LIMOGES QUI ? 150 INTERNES DU TOUT LE SUD-OUEST

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ELSAN, 2ème groupe d’hospitalisation privée recherche des praticiens pour ses cliniques multidisciplinaires. De nombreux postes à pourvoir ! Gynécologie obstétrique Clinique de Keraudren - Brest (29) Clinique de l’Occitanie - Muret (31) Centre Clinical - Soyau (16) Hôpital Privé Saint-Claude - Saint-Quentin (02)

Neurochirurgie Clinique Conti - L’Isle Adam (95) Polyclinique de Poitiers - Poitiers (86)

Gastro-entérologie Pôle Santé du Villeneuvois - Villeneuve-sur-Lot (47) Clinique du Ter - Lorient (56) Polyclinique du Sidobre - Castres (81)

Chirurgie vasculaire & thoraco-vasculaire Pôle Santé Sud - Le Mans (72) Clinique des Cèdres - Brive (19) Clinique de L’Orangerie - Strasbourg (67)

Chirurgie viscérale et digestive Clinique Toulouse-Lautrec - Albi (81) Clinique de La Plaine - Clermont-Ferrand (63) Clinique Bouchard - Marseille (13)

Cardiologie Hôpital Privé Saint-Claude - Saint-Quentin (02) Clinique du Pays de Seine - Romilly sur Seine (10) Polyclinique de La Manche - Saint-Lô (50)

Gériatrie Polyclinique Notre - Dame - Draguignan (83) Clinique de l’Elorn - Landerneau (29)

Anesthésie-réanimation Polyclinique de Gascogne - Auch (32) Hôpital Privé Saint-François - Montluçon (03) Clinique du Tertre Rouge - Le Mans (72)

Pneumologie Hôpital Privé Océane - Vannes (56) Clinique du Pont de Chaumes - Montauban (82)

Urgences Polyclinique de Gentilly - Nancy (54) Polyclinique du Parc - Caen (14)

Chirurgie gynécologique Polyclinique Montier la Celle - Saint André les Vergers (10) Clinique de l’Archette - Olivet (45)

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Eaubonne TEP Sarcelles Poissy Stains St Louis L’Estrée Levallois Vitry Hartmann

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Cambrai Cambrésis

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MedPics TE POSE UNE COLLE MedPics est une application mobile de partage de cas cliniques et de discussion entre professionnels de santé, créée par le Dr Safia Slimani.

1er CAS : CETTE ENFANT NE S'ALIMENTE PAS...

2e CAS : CET HOMME A UNE SENSATION DE BLOCAGE À LA RESPIRATION...

CE QUE VOUS SAVEZ...

Voici une enfant de 8 ans qui présente des douleurs abdominales depuis 10 jours avec constipation et vomissements les premiers jours. Puis se rajoutent les symptômes suivants : perte d'appétit pour les solides et liquides sans fièvre ni point d'appel infectieux. Voici l'imagerie.

CE QUE VOUS SAVEZ...

Voici un patient âgé de 57 ans, qui présente une douleur thoracique rétrosternale sans irradiation et en antécédent tabac à 40PA. L'examen clinique est sans particularité. Voici le tracé ECG. Que voyez-vous ? SCA ST + ou non ? Du coup, coro ou pas coro en urgence ?

ALORS VOTRE DIAGNOSTIC ?

Si vous ne trouvez pas, vous pouvez au choix repasser les ECN ou renverser le mag.

ALORS VOTRE DIAGNOSTIC ?

Si vous ne trouvez pas, vous pouvez au choix repasser les ECN ou renverser le mag. Indice : La réponse se trouve sur sa tête...

Un cas proposé par Bones sur MedPics

Premier cas, le diagnostic : C’est un trichobézoard par trichophagie donc. L’examen clinique est non spécifique. Mais y penser devant une installation progressive des symptômes digestifs avec altération de l’état général. L’examen clinique peut noter la présence d’alopécie, d’une masse épigastrique ou d’un syndrome de sténose pylorique. Le traitement est chirurgical par laparatomie et extraction du contenu gastrique.

Un cas proposé par clandestino30 sur MedPics

C’est un ST + : l'intérêt de cet ECG est de montrer que quand on a un sus décalage ST non significatif en aVr associé à un sous décalage dans au moins 6 dérivations il faut le considérer comme un équivalent SCA ST + et amener le patient directement sur table de Coro. Donc PEC = coro immédiate. Deuxième cas, le diagnostic : LOISIRS —

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Par : Baptiste Boukebous, Président de l'ISNI

PRISE DE POSITION

« Le combat autour des conditions de travail doit absolument porter ses fruits » Nous sommes actuellement dans une période riche et très dynamique. Les dossiers phares comme celui de la réforme du troisième cycle et celui portant sur les conditions de travail des internes avancent à grand pas.

• Réforme du troisième cycle des études médicales Depuis plusieurs mois, l’ISNI contribue très activement aux travaux concernant la réforme. L'interSyndicat est force de propositions. Du fait de l’augmentation constante du nombre de médecins, l'enjeu est de continuer à proposer une formation de qualité aux futurs internes, homogène sur tout le territoire. Aujourd’hui, la formation des internes se poursuit souvent après l’internat. L'enquête nationale « aspirations professionnelles des jeunes médecins » en 2014 démontrait très clairement que les postes de post-internat sont utiles pour la formation. Leur conservation et leur intégration dans la formation est primordiale. • Conditions de travail des internes J'ai une pensée émue pour l'ensemble des internes ayant mis fin à leurs jours. Ces événe-

PRISE DE POSITION —

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ments tragiques confortent l'idée que le combat que nous menons autour des conditions de travail, depuis plus d'un an, doit absolument porter ses fruits rapidement. L'ISNI lance son questionnaire national sur le temps de travail des internes afin d'effectuer un état des lieux précis, un an après la parution du décret « des 48 heures ».

« IL FAUT CONTINUER À PROPOSER UNE FORMATION DE QUALITÉ, HOMOGÈNE SUR TOUT LE TERRITOIRE, AUX INTERNES. » Enfin, nous rentrons dans une phase offensive de tolérance zéro à l’égard des établissements qui ne respectent pas le repos de sécurité des internes à l'issue d'une garde. La démarche est nationale. L’ensemble des villes sont mobilisées et sont pleinement soutenues par l’ISNI. Je vous souhaite à tous un très bon début de semestre.

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CAHIER ANNONCES —

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Dossier : la recertification

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