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Théo Maledon

LES JEUNES BLEUS AU SOMMET N°849- SEPTEMBRE2018 - WWW.FFBB.COM


COUPE DU MONDE U17 FÉMININE >

"LE PUZZLE A ÉTÉ FACILE À CONSTRUIRE" Propos recueillis par Antoine Lessard

FIBA

Sur la lancée de leur titre de championne d’Europe l’an passé, les talentueuses "2001" ont décroché la médaille d’argent à la Coupe du Monde, derrière les intouchables américaines. Arnaud Guppillotte, leur entraîneur, revient sur cette campagne réussie.

peut améliorer l’appréhension technique, tactique, physique, pour pouvoir aller titiller cet ogre américain.

FIBA

Qu’est-ce qui rend spéciale cette génération 2001 ? Cette génération est constituée de tout ce dont a besoin une équipe. On a des joueuses à fort potentiel, à fort talent. Ensuite des joueuses solides qui apportent une spécificité. Et puis des joueuses qui ne sont pas des stars mais qui font une ou deux choses très bien. Le puzzle a été facile à construire. On a un cocktail qui a un très bon goût. On a des leaders, il faut le souligner, parce qu’on en manque parfois en France, des joueuses qui tirent le groupe vers le haut.

Vous visiez une médaille voire le titre dans cette campagne 2018. Votre équipe a assumé son statut de meilleure équipe européenne en Biélorussie. C’est ce que vous avez expliqué aux filles pour atténuer la déception d’avoir déjoué en finale face aux Américaines ? On avait mis des objectifs très haut. On

30 BASKETBALLMAGAZINE

pensait réellement qu’on avait l’équipe pour embêter les Etats-Unis, voire gagner ce titre. Forcément la déception était grande parce que les joueuses sont des grosses compétitrices. Mais à la fin du match, elles savaient en leur for intérieur qu’elles n’auraient pas pu gagner ce match, même en mettant tout ce qui fallait. On reste la meilleure équipe européenne

et la deuxième meilleure équipe intercontinentale. Il faut en être fier ! Dans l’histoire, il y avait eu quatre médailles mondiales chez les filles, toutes catégories confondues, cinq avec la médaille olympique. Cela ne fait pas beaucoup. En même temps, il ne faut pas se contenter de cela et prendre ce qu’on n’a pas réussi à faire comme axe de progression. On

Si on met de côté votre première mitemps contre le Japon, vous n’avez pas été mis en difficulté jusqu’à la demifinale contre l’Australie. Que s’est-il passé en première mi-temps face aux Australiennes (-15 après 20 minutes) ? Vous n’étiez pas préparées à ce type d’opposition ? C’est ce que je craignais quand j’ai vu le bracket (le tableau). Il était favorable pour essayer d’éviter les Etats-Unis en quart et en demi. Ce qu’on a fait en battant le Japon, qui était notre plus solide adversaire. Je savais qu’après notre premier match contre le Japon, la Biélorussie, la Colombie et le Mali n’étaient pas des équipes qui allaient nous poser des problèmes. Avec le jour de repos, on a eu cinq jours où le niveau basket est tombé. On avait bien préparé le match contre l’Australie, une équipe qu’on connait bien, championne

du Monde en titre. On se disait que c’était notre meilleur plan de match depuis le début. Mes joueuses m’ont dit ensuite : "tu as beau nous prévenir, nous montrer les images, tant qu’on ne le vit pas en réel, en direct, on ne le saisit pas." Elles se sont

RÉSULTATS Phase de poule  rance bat Japon 60-53 F France bat Colombie 78-35 France bat Biélorussie 64-34 Huitième de finale

CLASSEMENT FINAL >

France bat Mali 78-57 1-Etats-Unis

9-Canada

2-France

10-Mali

3-Australie

11-Chine

4-Hongrie

12-Nlle-Zélande

5-Italie

13-Argentine

6-Espagne

14-Colombie

7-Japon

15-Bélarus

8-Lettonie

16-Angola

Quart de finale France bat Lettonie 67-43 Demi-finale France bat Australie 68-58 Finale Etats-Unis bat France 92-40

STATISTIQUES CUMULÉES Joueuse

Zoé Wadoux Iliana Rupert Marine Fauthoux Kendra Chéry Yohana Ewodo Janelle Salaun Ewl Guennoc Olivia Yale Eve de Christophie Mahoutou Marie Pardon Anaia Hoard Fayzat Djoumoi

MJ

Min

Pct

Rb

PD

Pts

7 6 7 7 7 7 7 7 7 7 7 5

25 21 26 25 20 17 16 11 14 17 5 10

35,0 37,3 31,2 33,8 29,6 33,3 29,0 39,1 61,5 28,6 41,7 50,0

2,7 8,8 3,0 5,9 4,7 4,7 3,3 1,9 4,0 1,7 1,7 2,0

1,6 0,8 4,4 2,0 2,1 0,7 2,0 0,7 0,1 2,6 0,4 0,2

11,3 10,2 10,1 9,0 5,7 5,1 4,3 3,3 2,6 2,0 1,9 1,4

SEPTEMBRE2018 31


COUPE DU MONDE U17 FÉMININE >

"LE PUZZLE A ÉTÉ FACILE À CONSTRUIRE" Propos recueillis par Antoine Lessard

FIBA

Sur la lancée de leur titre de championne d’Europe l’an passé, les talentueuses "2001" ont décroché la médaille d’argent à la Coupe du Monde, derrière les intouchables américaines. Arnaud Guppillotte, leur entraîneur, revient sur cette campagne réussie.

peut améliorer l’appréhension technique, tactique, physique, pour pouvoir aller titiller cet ogre américain.

FIBA

Qu’est-ce qui rend spéciale cette génération 2001 ? Cette génération est constituée de tout ce dont a besoin une équipe. On a des joueuses à fort potentiel, à fort talent. Ensuite des joueuses solides qui apportent une spécificité. Et puis des joueuses qui ne sont pas des stars mais qui font une ou deux choses très bien. Le puzzle a été facile à construire. On a un cocktail qui a un très bon goût. On a des leaders, il faut le souligner, parce qu’on en manque parfois en France, des joueuses qui tirent le groupe vers le haut.

Vous visiez une médaille voire le titre dans cette campagne 2018. Votre équipe a assumé son statut de meilleure équipe européenne en Biélorussie. C’est ce que vous avez expliqué aux filles pour atténuer la déception d’avoir déjoué en finale face aux Américaines ? On avait mis des objectifs très haut. On

30 BASKETBALLMAGAZINE

pensait réellement qu’on avait l’équipe pour embêter les Etats-Unis, voire gagner ce titre. Forcément la déception était grande parce que les joueuses sont des grosses compétitrices. Mais à la fin du match, elles savaient en leur for intérieur qu’elles n’auraient pas pu gagner ce match, même en mettant tout ce qui fallait. On reste la meilleure équipe européenne

et la deuxième meilleure équipe intercontinentale. Il faut en être fier ! Dans l’histoire, il y avait eu quatre médailles mondiales chez les filles, toutes catégories confondues, cinq avec la médaille olympique. Cela ne fait pas beaucoup. En même temps, il ne faut pas se contenter de cela et prendre ce qu’on n’a pas réussi à faire comme axe de progression. On

Si on met de côté votre première mitemps contre le Japon, vous n’avez pas été mis en difficulté jusqu’à la demifinale contre l’Australie. Que s’est-il passé en première mi-temps face aux Australiennes (-15 après 20 minutes) ? Vous n’étiez pas préparées à ce type d’opposition ? C’est ce que je craignais quand j’ai vu le bracket (le tableau). Il était favorable pour essayer d’éviter les Etats-Unis en quart et en demi. Ce qu’on a fait en battant le Japon, qui était notre plus solide adversaire. Je savais qu’après notre premier match contre le Japon, la Biélorussie, la Colombie et le Mali n’étaient pas des équipes qui allaient nous poser des problèmes. Avec le jour de repos, on a eu cinq jours où le niveau basket est tombé. On avait bien préparé le match contre l’Australie, une équipe qu’on connait bien, championne

du Monde en titre. On se disait que c’était notre meilleur plan de match depuis le début. Mes joueuses m’ont dit ensuite : "tu as beau nous prévenir, nous montrer les images, tant qu’on ne le vit pas en réel, en direct, on ne le saisit pas." Elles se sont

RÉSULTATS Phase de poule  rance bat Japon 60-53 F France bat Colombie 78-35 France bat Biélorussie 64-34 Huitième de finale

CLASSEMENT FINAL >

France bat Mali 78-57 1-Etats-Unis

9-Canada

2-France

10-Mali

3-Australie

11-Chine

4-Hongrie

12-Nlle-Zélande

5-Italie

13-Argentine

6-Espagne

14-Colombie

7-Japon

15-Bélarus

8-Lettonie

16-Angola

Quart de finale France bat Lettonie 67-43 Demi-finale France bat Australie 68-58 Finale Etats-Unis bat France 92-40

STATISTIQUES CUMULÉES Joueuse

Zoé Wadoux Iliana Rupert Marine Fauthoux Kendra Chéry Yohana Ewodo Janelle Salaun Ewl Guennoc Olivia Yale Eve de Christophie Mahoutou Marie Pardon Anaia Hoard Fayzat Djoumoi

MJ

Min

Pct

Rb

PD

Pts

7 6 7 7 7 7 7 7 7 7 7 5

25 21 26 25 20 17 16 11 14 17 5 10

35,0 37,3 31,2 33,8 29,6 33,3 29,0 39,1 61,5 28,6 41,7 50,0

2,7 8,8 3,0 5,9 4,7 4,7 3,3 1,9 4,0 1,7 1,7 2,0

1,6 0,8 4,4 2,0 2,1 0,7 2,0 0,7 0,1 2,6 0,4 0,2

11,3 10,2 10,1 9,0 5,7 5,1 4,3 3,3 2,6 2,0 1,9 1,4

SEPTEMBRE2018 31


Est-ce que vos joueuses ont retrouvé en finale, au moins par séquences, ce niveau de jeu affiché dans la deuxième mi-temps contre l’Australie ? Non. La formule de la Coupe du Monde est telle qu’on termine par trois matches en trois jours. Le match contre l’Australie nous a pompé une énergie mentale et physique forte. On a dû serrer les rotations. Iliana Rupert n’était pas dans le meilleur état physique. Je savais qu’en jouant 34 minutes contre l’Australie, cela allait être compliqué le lendemain, parce qu’il faut être à plein rendement physique contre les Etats-Unis. Le mot d’ordre était de leur rentrer dedans. Et puis j’ai senti dès les premières minutes un manque de concentration. Il n’y avait pas de box-out, pas de transition, de pression tout terrain. J’ai senti une déconcentration mentale et

32 BASKETBALLMAGAZINE

physique sur des joueuses majeures. Or, si tu n’es pas mentalement et physiquement dans le match contre les Etats-Unis, tu exploses. Il faut aussi préciser que cette équipe américaine était particulièrement forte… Jean-Pierre Siutat me disait avoir discuté avec la coach américaine des A. Pour elle, c’est la plus forte génération depuis 30 ans. En plus elles ont encore haussé leur niveau en finale. On les avait jouées en scrimmage juste avant la Coupe du Monde. Elles ont joué à 50%. Là, elles ont relevé tous les curseurs. C’était un rouleau compresseur. Il y en avait une ou deux qui dunkaient à l’échauffement ! Après avoir été MVP de l’Euro U16, Iliana Rupert a été élue dans le meilleur cinq de la compétition. Quel bilan dressezvous de son Mondial ? Le bilan est très positif. Au départ, Iliana n’a pas un capital physique hyper explosif, hyper puissant. À la fin de la saison dernière, elle a eu des pépins qui nous ont empêché de la préparer à 100% de ses capacités physiques. Cela a un peu tronqué son Mondial, et notamment son dernier match. Mais elle a été monstrueuse contre le Japon et l’Australie. C’est une gamine très intelligente, presque une seconde meneuse à l’intérieur. Elle sort des standards des postes actuelles. On

peut l’utiliser à toutes les sauces. Ce qui lui manque pour l’instant, c’est un gros corps, une capacité à enchaîner les efforts, à ne pas être tributaire des petites pétouilles. Mais je n’avais jamais vu une intérieure comme elle auparavant. Peut-être Alexia Chartereau, mais plus sur un poste 4. Iliana, c’est du talent à l’état pur. Elle a les capacités pour faire du très haut niveau. Il va falloir qu’elle passe ce cap de l’âpreté, de l’engagement physique à outrance. En cela, ce sera intéressant de suivre son évolution à la rentrée en Ligue Féminine et en EuroLeague avec Bourges… Ce sera très bien pour elle parce qu’elle va s’entraîner tous les jours avec les meilleures joueuses intérieures françaises et parmi les meilleures joueuses européennes. Elle va goûter au très haut niveau. C’est juste ce qui lui manque. Parce que tout le reste, elle l’a. En plus, c’est une chouette gamine. Vos autres leaders, Marine Fauthoux, Zoé Wadoux, Kendra Chéry, ont-elles répondu à vos attentes ? J’ai eu peur au début avec Marine. Marine, c’est une sorte de (Milos) Teodosic. C’est une joueuse qui a une grande maîtrise du ballon, qui est dans la créativité, qui n’a pas de point faible. Elle peut tirer extérieur dans toutes les situations. Elle est experte en pick-and-roll, elle maîtrise les rythmes. Défensivement et physiquement, elle

Zoé Wadoux a apporté de la sérénité au collectif, sa maturité, en plus de sa qualité intrinsèque de shooteuse… Elle est très mature dans sa façon de jouer, elle est sous contrôle, elle sait ce qu’elle fait. Tout le monde la considère uniquement comme une shooteuse mais ce n’est pas vrai. C’est une très bonne passeuse, notamment dans le jeu rapide. Elle est capable d’attaquer les intervalles. Et elle a besoin d’un centimètre et d’une demi-seconde pour tirer. Elle a mis dedans sachant qu’elle jouait avec une cheville pas en bon état, un bout de cartilage qui se baladait. Elle a joué sur la pointe des pieds pendant toute la Coupe du Monde. Est-ce que certaines filles vous ont surpris positivement pendant cette Coupe du Monde? Il ne faut pas oublier Kendra Chéry parmi les leaders. Elle était un peu en délicatesse avec le scoring. Elle voulait sortir de son rôle de super défenseur et s’est mis un peu de pression. On peut l’utiliser en 4, 3 ou 5 chez les jeunes. C’est une bête physique. Son engagement en défense est monstrueux. Elle peut emmener son adversaire où elle veut. Elle a fait une très belle campagne, sur les mêmes standards que l’année dernière. Après, Yohana Ewodo n’avait pas fait l’Euro l’année dernière parce qu’elle était blessée au coude. Elle est montée en puissance sur toute la Coupe du Monde. Pour moi, c’est une joueuse d’une intelligence incroyable, qui sent les besoins de l’équipe, complète les

besoins de l’équipe au moment où il faut le faire. Ce n’est pas la plus grande star balle en main, mais elle est très complète. Elle était la "colle" de l’équipe. Vous avez besoin de moi ? Je suis là ! On suppose que vous aimeriez continuer à coacher cette génération l’année prochaine chez les U18 pour la troisième campagne d’affilée ? Entre le désir et ce qui va se passer, il y a un écart (rires). Ce n’est pas moi qui décide, mais bien sûr que j’aimerais continuer. Être dans une continuité permet de gagner du temps d’autant plus qu’il y aura trois joueuses en milieu pro et qu’il faudra diminuer un peu le volume de prépa. Jacky Commères et Alain Contensoux vont décider de l’organisation. J’ai envie de re-travailler avec elles parce qu’il y a une alchimie entre le staff et les joueuses. Je connais bien les égos de l’équipe. On gagnerait du temps et de l’efficacité. Cette belle génération des 2001 sera-telle un vivier important pour l’Équipe de France A dans quelques années ? Sur le papier, oui, cela devrait. Les quatrecinq joueuses que j’ai citées, plus Janelle Salaun, qui a un cursus basket particulier. Elle n’a pas fait de Pole, pas de sélection. C’est une 4-3 moderne, une stretch 4 avec un vrai tir à trois-points, qui peut driver, poster. Elle manque de culture basket pour l’instant mais c’est une belle joueuse sur qui il va falloir compter. Je pense aussi à Tenin Magassa, qui n’était pas avec nous cet été, si son genou veut la laisser tranquille. C’est Diandra Tchatchouang dans un corps d’1,96 m. Elle peut jouer 3-4-5, avec des qualités d’explosivité extraordinaires. Si on peut aligner Iliana et elle en-dessous, ce sera impressionnant. Toutes ces joueuses peuvent prétendre jouer un rôle chez les A. Il y a un bassin important. Après, il ne faudra pas qu’elles

FIBA

Zoé Wadoux

s’arrêtent aux succès qu’elles ont eus en jeunes. Je voudrais ajouter que ce qu’on a fait est la partie émergée de l’iceberg. Il faut mettre un coup de projecteur sur le système fédéral et des gens qui le font vivre. On récolte les fruits de ce qui s’est passé depuis 15 ans. Ces gamines, je ne les ai pas entraînées pendant l’année, ce sont mes collègues du Centre Fédéral, Gregory Halin et Julien Egloff, avec qui on travaille main dans la main. On a des moyens intéressants pour se préparer le mieux possible. Ce résultat est la conséquence de tout cela, pas seulement du travail qu’on fait sur un mois et demi. Les premiers entraîneurs de Zoé Wadoux étaient présents à la Coupe du Monde. C’est un signal fort.

Marine Fauthoux

SEPTEMBRE2018 33

FIBA

aperçues que les Australiennes sont hyper dures au sol, qu’elles jouent un basket très discipliné. Leur joueuse majeure s’est révélée contre nous. À la mi-temps, il a fallu un peu tout changer. Changer l’état d’esprit, déjà. J’ai eu un discours un peu rugbystique à la mi-temps. Il fallait changer aussi la manière de jouer en attaque, se libérer, lâcher les bras, trouver la fluidité qui fait notre force. Défensivement, il fallait les surprendre, en faisant de la zone press, des trappes dans tous les sens pour les faire bugger. Cela a fonctionné (+25 sur les deux derniers quart-temps).

FIBA

Iliana Rupert

a du travail à faire. Elle n’aime pas trop la préparation, mais elle va le voir directement à Tarbes. L’année dernière, je lui reprochais d’être trop tête brûlée. Cette année, elle ne voulait pas se blesser et elle est devenue une meneuse gestionnaire pendant la préparation. J’avais peur qu’elle perde son style de jeu, de créatrice et de scoreuse. Elle m’a dit "t’inquiètes, je me réserve pour les matches." Elle a une belle maturité, son papa est là derrière aussi, il y a de l’ADN. Quand il y a eu besoin d’elle, elle était là. Sinon, elle a fait jouer ses partenaires. Elle n’a pas pensé à ses stats une seule fois. Elle a été très juste. Ce qu’elle fait est fabuleux. Son niveau de communication avec le staff, pour un coach c’est un délice.


Est-ce que vos joueuses ont retrouvé en finale, au moins par séquences, ce niveau de jeu affiché dans la deuxième mi-temps contre l’Australie ? Non. La formule de la Coupe du Monde est telle qu’on termine par trois matches en trois jours. Le match contre l’Australie nous a pompé une énergie mentale et physique forte. On a dû serrer les rotations. Iliana Rupert n’était pas dans le meilleur état physique. Je savais qu’en jouant 34 minutes contre l’Australie, cela allait être compliqué le lendemain, parce qu’il faut être à plein rendement physique contre les Etats-Unis. Le mot d’ordre était de leur rentrer dedans. Et puis j’ai senti dès les premières minutes un manque de concentration. Il n’y avait pas de box-out, pas de transition, de pression tout terrain. J’ai senti une déconcentration mentale et

32 BASKETBALLMAGAZINE

physique sur des joueuses majeures. Or, si tu n’es pas mentalement et physiquement dans le match contre les Etats-Unis, tu exploses. Il faut aussi préciser que cette équipe américaine était particulièrement forte… Jean-Pierre Siutat me disait avoir discuté avec la coach américaine des A. Pour elle, c’est la plus forte génération depuis 30 ans. En plus elles ont encore haussé leur niveau en finale. On les avait jouées en scrimmage juste avant la Coupe du Monde. Elles ont joué à 50%. Là, elles ont relevé tous les curseurs. C’était un rouleau compresseur. Il y en avait une ou deux qui dunkaient à l’échauffement ! Après avoir été MVP de l’Euro U16, Iliana Rupert a été élue dans le meilleur cinq de la compétition. Quel bilan dressezvous de son Mondial ? Le bilan est très positif. Au départ, Iliana n’a pas un capital physique hyper explosif, hyper puissant. À la fin de la saison dernière, elle a eu des pépins qui nous ont empêché de la préparer à 100% de ses capacités physiques. Cela a un peu tronqué son Mondial, et notamment son dernier match. Mais elle a été monstrueuse contre le Japon et l’Australie. C’est une gamine très intelligente, presque une seconde meneuse à l’intérieur. Elle sort des standards des postes actuelles. On

peut l’utiliser à toutes les sauces. Ce qui lui manque pour l’instant, c’est un gros corps, une capacité à enchaîner les efforts, à ne pas être tributaire des petites pétouilles. Mais je n’avais jamais vu une intérieure comme elle auparavant. Peut-être Alexia Chartereau, mais plus sur un poste 4. Iliana, c’est du talent à l’état pur. Elle a les capacités pour faire du très haut niveau. Il va falloir qu’elle passe ce cap de l’âpreté, de l’engagement physique à outrance. En cela, ce sera intéressant de suivre son évolution à la rentrée en Ligue Féminine et en EuroLeague avec Bourges… Ce sera très bien pour elle parce qu’elle va s’entraîner tous les jours avec les meilleures joueuses intérieures françaises et parmi les meilleures joueuses européennes. Elle va goûter au très haut niveau. C’est juste ce qui lui manque. Parce que tout le reste, elle l’a. En plus, c’est une chouette gamine. Vos autres leaders, Marine Fauthoux, Zoé Wadoux, Kendra Chéry, ont-elles répondu à vos attentes ? J’ai eu peur au début avec Marine. Marine, c’est une sorte de (Milos) Teodosic. C’est une joueuse qui a une grande maîtrise du ballon, qui est dans la créativité, qui n’a pas de point faible. Elle peut tirer extérieur dans toutes les situations. Elle est experte en pick-and-roll, elle maîtrise les rythmes. Défensivement et physiquement, elle

Zoé Wadoux a apporté de la sérénité au collectif, sa maturité, en plus de sa qualité intrinsèque de shooteuse… Elle est très mature dans sa façon de jouer, elle est sous contrôle, elle sait ce qu’elle fait. Tout le monde la considère uniquement comme une shooteuse mais ce n’est pas vrai. C’est une très bonne passeuse, notamment dans le jeu rapide. Elle est capable d’attaquer les intervalles. Et elle a besoin d’un centimètre et d’une demi-seconde pour tirer. Elle a mis dedans sachant qu’elle jouait avec une cheville pas en bon état, un bout de cartilage qui se baladait. Elle a joué sur la pointe des pieds pendant toute la Coupe du Monde. Est-ce que certaines filles vous ont surpris positivement pendant cette Coupe du Monde? Il ne faut pas oublier Kendra Chéry parmi les leaders. Elle était un peu en délicatesse avec le scoring. Elle voulait sortir de son rôle de super défenseur et s’est mis un peu de pression. On peut l’utiliser en 4, 3 ou 5 chez les jeunes. C’est une bête physique. Son engagement en défense est monstrueux. Elle peut emmener son adversaire où elle veut. Elle a fait une très belle campagne, sur les mêmes standards que l’année dernière. Après, Yohana Ewodo n’avait pas fait l’Euro l’année dernière parce qu’elle était blessée au coude. Elle est montée en puissance sur toute la Coupe du Monde. Pour moi, c’est une joueuse d’une intelligence incroyable, qui sent les besoins de l’équipe, complète les

besoins de l’équipe au moment où il faut le faire. Ce n’est pas la plus grande star balle en main, mais elle est très complète. Elle était la "colle" de l’équipe. Vous avez besoin de moi ? Je suis là ! On suppose que vous aimeriez continuer à coacher cette génération l’année prochaine chez les U18 pour la troisième campagne d’affilée ? Entre le désir et ce qui va se passer, il y a un écart (rires). Ce n’est pas moi qui décide, mais bien sûr que j’aimerais continuer. Être dans une continuité permet de gagner du temps d’autant plus qu’il y aura trois joueuses en milieu pro et qu’il faudra diminuer un peu le volume de prépa. Jacky Commères et Alain Contensoux vont décider de l’organisation. J’ai envie de re-travailler avec elles parce qu’il y a une alchimie entre le staff et les joueuses. Je connais bien les égos de l’équipe. On gagnerait du temps et de l’efficacité. Cette belle génération des 2001 sera-telle un vivier important pour l’Équipe de France A dans quelques années ? Sur le papier, oui, cela devrait. Les quatrecinq joueuses que j’ai citées, plus Janelle Salaun, qui a un cursus basket particulier. Elle n’a pas fait de Pole, pas de sélection. C’est une 4-3 moderne, une stretch 4 avec un vrai tir à trois-points, qui peut driver, poster. Elle manque de culture basket pour l’instant mais c’est une belle joueuse sur qui il va falloir compter. Je pense aussi à Tenin Magassa, qui n’était pas avec nous cet été, si son genou veut la laisser tranquille. C’est Diandra Tchatchouang dans un corps d’1,96 m. Elle peut jouer 3-4-5, avec des qualités d’explosivité extraordinaires. Si on peut aligner Iliana et elle en-dessous, ce sera impressionnant. Toutes ces joueuses peuvent prétendre jouer un rôle chez les A. Il y a un bassin important. Après, il ne faudra pas qu’elles

FIBA

Zoé Wadoux

s’arrêtent aux succès qu’elles ont eus en jeunes. Je voudrais ajouter que ce qu’on a fait est la partie émergée de l’iceberg. Il faut mettre un coup de projecteur sur le système fédéral et des gens qui le font vivre. On récolte les fruits de ce qui s’est passé depuis 15 ans. Ces gamines, je ne les ai pas entraînées pendant l’année, ce sont mes collègues du Centre Fédéral, Gregory Halin et Julien Egloff, avec qui on travaille main dans la main. On a des moyens intéressants pour se préparer le mieux possible. Ce résultat est la conséquence de tout cela, pas seulement du travail qu’on fait sur un mois et demi. Les premiers entraîneurs de Zoé Wadoux étaient présents à la Coupe du Monde. C’est un signal fort.

Marine Fauthoux

SEPTEMBRE2018 33

FIBA

aperçues que les Australiennes sont hyper dures au sol, qu’elles jouent un basket très discipliné. Leur joueuse majeure s’est révélée contre nous. À la mi-temps, il a fallu un peu tout changer. Changer l’état d’esprit, déjà. J’ai eu un discours un peu rugbystique à la mi-temps. Il fallait changer aussi la manière de jouer en attaque, se libérer, lâcher les bras, trouver la fluidité qui fait notre force. Défensivement, il fallait les surprendre, en faisant de la zone press, des trappes dans tous les sens pour les faire bugger. Cela a fonctionné (+25 sur les deux derniers quart-temps).

FIBA

Iliana Rupert

a du travail à faire. Elle n’aime pas trop la préparation, mais elle va le voir directement à Tarbes. L’année dernière, je lui reprochais d’être trop tête brûlée. Cette année, elle ne voulait pas se blesser et elle est devenue une meneuse gestionnaire pendant la préparation. J’avais peur qu’elle perde son style de jeu, de créatrice et de scoreuse. Elle m’a dit "t’inquiètes, je me réserve pour les matches." Elle a une belle maturité, son papa est là derrière aussi, il y a de l’ADN. Quand il y a eu besoin d’elle, elle était là. Sinon, elle a fait jouer ses partenaires. Elle n’a pas pensé à ses stats une seule fois. Elle a été très juste. Ce qu’elle fait est fabuleux. Son niveau de communication avec le staff, pour un coach c’est un délice.


COUPE DU MONDE U17 MASCULINE >

Propos recueillis par Jérémy Barbier

Derrière une équipe américaine archi-dominante, la génération 2001 a parfaitement confirmé les attentes placées en elle pour décrocher une médaille d’argent inédite pour la France dans cette catégorie. Sélectionneur des nouveaux vice-champions du Monde, Lamine Kebe retrace le fil de la compétition et de cette performance historique.

d’aller jouer cette finale, nous nous sommes préparés en conséquence. Nous étions contents plus que soulagés car le résultat correspondait au travail abattu par les joueurs et le staff. Nous n’avions pas peur d’échouer, il y avait beaucoup de confiance. Quatre jours seulement avant le début du tournoi, vous chutiez pourtant lourdement contre les Etats-Unis, grands favoris de la compétition (46-82). Est-ce que cela a été un mal pour un bien en prévision des premières rencontres ? Oui, ce match a été très positif pour le début de la compétition car il a signalé un point d’alerte. Les Américains étaient bel et bien les meilleurs du Monde et si nous ne mettions pas tous les ingrédients pour affronter ce type d’équipe, nous allions être en grande difficulté. A l’issue de cette défaite, nous avons fait une réunion collective assez longue où beaucoup de choses ont été dites. A son issue, j’ai senti que quelque chose avait changé. Jusqu’à ce match, et même si les garçons étaient concentrés et impliqués, je trouve qu’il manquait la petite étincelle de la compétition. Cette défaite a permis au staff de faire encore mieux entendre son discours. Si nous voulions effectivement rejouer les Etats-Unis, il valait quand même mieux les jouer le plus tard possible. Pour ça, il fallait terminer en tête de la poule.

FIBA

Plusieurs semaines après le terme de cette Coupe du Monde, comment appréciez-vous la performance historique de votre équipe ? Nous savions que c’était un résultat très important mais c’est effectivement en prenant un peu de recul que nous avons

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réellement pris la mesure de ce qui a été réalisé. Au-delà du résultat, qui était inédit pour la France dans cette catégorie, je retiens une belle aventure entre les joueurs et le staff. C’est une compétition qui marquera nos esprits pendant très longtemps.

Sur le papier, on savait cette génération capable de grandes choses sur cette compétition. Y avait-il une forme de soulagement de voir ces attentes se confirmer sur le terrain ? Du soulagement, oui et non. Nous avions l’ambition de remporter une médaille et

Lamine Kebe

Y avait-il un petit excès de confiance de la part de vos joueurs à l’aube de la compétition ? Non, je ne dirais pas ça. C’est une confiance justifiée. Ils connaissent leurs forces et ils ont travaillé dans ce sens. A chaque fois que nous avons orienté les joueurs tactiquement, ils ont pris la mesure de ce que nous demandions. Après, individuellement, ils savaient qu’ils répondraient présents. C’est vrai que cet état d’esprit est assez nouveau, ce n’est pas quelque chose que l’on retrouve chez toutes les équipes. Cette conscience de leur force a permis aux garçons de travailler dans la sérénité. C’est une génération assez surprenante dans le sens où elle ne doute pas. Quand, dès

Killian Hayes

février, nous avons posé la question de savoir quels étaient leurs objectifs pour cet été, seuls les mots médaille, finale ou même champions du Monde ont été prononcés. Cette confiance totalement assumée est souvent la marque des équipes américaines… C’est vrai, il y a certaines similitudes. Le point commun, c’est cette volonté de vouloir faire mal à l’adversaire et de lui faire mal en permanence. Souvent, lorsqu’une une équipe mène largement, elle relâche la pression. Avec cette équipe, si nous pouvions gagner de 40 ou 50 points, nous allions le faire. C’est

quelque chose que l’on retrouve chez les Américains qui n’ont effectivement jamais de pitié pour leurs adversaires. L’idée des garçons n’était pas seulement de montrer qu’ils étaient meilleurs, ils désiraient prouver qu’ils étaient largement meilleurs que les autres.

RÉSULTATS Phase de poule France bat Argentine 82-50 France bat Philippines 95-54 France bat Croatie 79-51 Huitième de finale

CLASSEMENT FINAL > 1-Etats-Unis 2-France 3-Porto-Rico 4-Canada 5-Turquie 6-Australie 7-Croatie 8-Montenegro

France bat Nouvelle Zélande 88-48

9-République Dominicaine 10-Serbie 11-Argentine 12-Mali 13-Philippines 14-NouvelleZélande 15-Chine 16-Egypte

Quart de finale France bat Turquie 86-70 Demi-finale France bat Porto-Rico 78-73 Finale Etats-Unis bat France 95-52

STATISTIQUES CUMULÉES Joueur

Killian Hayes Théo Maledon Malcolm Cazalon Timothé Crusol Essome Miyem Melvin Ebonkoli Maxime Carene Matthieu Gauzin Lorenzo Thirouard-Samson Samuel Eyango-Dingo Victor Diallo Léo Billon

MJ

Min

Tirs

Rb

PD

Pts

7 7 7 7 7 7 7 7 7 6 6 6

27 27 25 22 18 17 16 14 11 10 8 5

50,0 38,5 47,0 48,0 44,4 58,3 73,3 43,9 47,4 52,4 33,3 -

3,6 6,1 4,4 2,4 2,9 2,7 3,3 2,3 3,3 3,7 2 1,7

3,3 4,1 2,1 2,1 0,4 0,6 0,6 1 0,4 0,2 0,5 -

16,1 11,1 16,4 9,1 4,6 2,6 4,6 8 3,1 4,3 0,7 -

SEPTEMBRE2018 35

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"ILS SAVAIENT QU’ILS RÉPONDRAIENT PRÉSENTS"


COUPE DU MONDE U17 MASCULINE >

Propos recueillis par Jérémy Barbier

Derrière une équipe américaine archi-dominante, la génération 2001 a parfaitement confirmé les attentes placées en elle pour décrocher une médaille d’argent inédite pour la France dans cette catégorie. Sélectionneur des nouveaux vice-champions du Monde, Lamine Kebe retrace le fil de la compétition et de cette performance historique.

d’aller jouer cette finale, nous nous sommes préparés en conséquence. Nous étions contents plus que soulagés car le résultat correspondait au travail abattu par les joueurs et le staff. Nous n’avions pas peur d’échouer, il y avait beaucoup de confiance. Quatre jours seulement avant le début du tournoi, vous chutiez pourtant lourdement contre les Etats-Unis, grands favoris de la compétition (46-82). Est-ce que cela a été un mal pour un bien en prévision des premières rencontres ? Oui, ce match a été très positif pour le début de la compétition car il a signalé un point d’alerte. Les Américains étaient bel et bien les meilleurs du Monde et si nous ne mettions pas tous les ingrédients pour affronter ce type d’équipe, nous allions être en grande difficulté. A l’issue de cette défaite, nous avons fait une réunion collective assez longue où beaucoup de choses ont été dites. A son issue, j’ai senti que quelque chose avait changé. Jusqu’à ce match, et même si les garçons étaient concentrés et impliqués, je trouve qu’il manquait la petite étincelle de la compétition. Cette défaite a permis au staff de faire encore mieux entendre son discours. Si nous voulions effectivement rejouer les Etats-Unis, il valait quand même mieux les jouer le plus tard possible. Pour ça, il fallait terminer en tête de la poule.

FIBA

Plusieurs semaines après le terme de cette Coupe du Monde, comment appréciez-vous la performance historique de votre équipe ? Nous savions que c’était un résultat très important mais c’est effectivement en prenant un peu de recul que nous avons

34 BASKETBALLMAGAZINE

réellement pris la mesure de ce qui a été réalisé. Au-delà du résultat, qui était inédit pour la France dans cette catégorie, je retiens une belle aventure entre les joueurs et le staff. C’est une compétition qui marquera nos esprits pendant très longtemps.

Sur le papier, on savait cette génération capable de grandes choses sur cette compétition. Y avait-il une forme de soulagement de voir ces attentes se confirmer sur le terrain ? Du soulagement, oui et non. Nous avions l’ambition de remporter une médaille et

Lamine Kebe

Y avait-il un petit excès de confiance de la part de vos joueurs à l’aube de la compétition ? Non, je ne dirais pas ça. C’est une confiance justifiée. Ils connaissent leurs forces et ils ont travaillé dans ce sens. A chaque fois que nous avons orienté les joueurs tactiquement, ils ont pris la mesure de ce que nous demandions. Après, individuellement, ils savaient qu’ils répondraient présents. C’est vrai que cet état d’esprit est assez nouveau, ce n’est pas quelque chose que l’on retrouve chez toutes les équipes. Cette conscience de leur force a permis aux garçons de travailler dans la sérénité. C’est une génération assez surprenante dans le sens où elle ne doute pas. Quand, dès

Killian Hayes

février, nous avons posé la question de savoir quels étaient leurs objectifs pour cet été, seuls les mots médaille, finale ou même champions du Monde ont été prononcés. Cette confiance totalement assumée est souvent la marque des équipes américaines… C’est vrai, il y a certaines similitudes. Le point commun, c’est cette volonté de vouloir faire mal à l’adversaire et de lui faire mal en permanence. Souvent, lorsqu’une une équipe mène largement, elle relâche la pression. Avec cette équipe, si nous pouvions gagner de 40 ou 50 points, nous allions le faire. C’est

quelque chose que l’on retrouve chez les Américains qui n’ont effectivement jamais de pitié pour leurs adversaires. L’idée des garçons n’était pas seulement de montrer qu’ils étaient meilleurs, ils désiraient prouver qu’ils étaient largement meilleurs que les autres.

RÉSULTATS Phase de poule France bat Argentine 82-50 France bat Philippines 95-54 France bat Croatie 79-51 Huitième de finale

CLASSEMENT FINAL > 1-Etats-Unis 2-France 3-Porto-Rico 4-Canada 5-Turquie 6-Australie 7-Croatie 8-Montenegro

France bat Nouvelle Zélande 88-48

9-République Dominicaine 10-Serbie 11-Argentine 12-Mali 13-Philippines 14-NouvelleZélande 15-Chine 16-Egypte

Quart de finale France bat Turquie 86-70 Demi-finale France bat Porto-Rico 78-73 Finale Etats-Unis bat France 95-52

STATISTIQUES CUMULÉES Joueur

Killian Hayes Théo Maledon Malcolm Cazalon Timothé Crusol Essome Miyem Melvin Ebonkoli Maxime Carene Matthieu Gauzin Lorenzo Thirouard-Samson Samuel Eyango-Dingo Victor Diallo Léo Billon

MJ

Min

Tirs

Rb

PD

Pts

7 7 7 7 7 7 7 7 7 6 6 6

27 27 25 22 18 17 16 14 11 10 8 5

50,0 38,5 47,0 48,0 44,4 58,3 73,3 43,9 47,4 52,4 33,3 -

3,6 6,1 4,4 2,4 2,9 2,7 3,3 2,3 3,3 3,7 2 1,7

3,3 4,1 2,1 2,1 0,4 0,6 0,6 1 0,4 0,2 0,5 -

16,1 11,1 16,4 9,1 4,6 2,6 4,6 8 3,1 4,3 0,7 -

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"ILS SAVAIENT QU’ILS RÉPONDRAIENT PRÉSENTS"


LE BILAN,

ESSOMÉ MIYEM

"Un championnat de très haut niveau, récompensé par une place dans le meilleur cinq de la compétition. C’est un attaquant de très grande qualité avec un état d’esprit irréprochable. Le plus impressionnant, c’est qu’il y a beaucoup de choses sur lesquelles il peut encore progresser. Sa seule limite, ce sera lui. En conservant cette envie de progresser, il ira très loin."

"Notre pivot titulaire, qui a parfois été en difficulté car nous avons joué des équipes avec des joueurs plus petits et plus mobiles. Malgré cela, il a été très précieux dans les moments importants. Il a pris des rebonds et il a fait ces choses qu’on ne voit pas dans les stats. Il a posé de bons écrans pour que les scoreurs alimentent la marque."

MELVIN EBONKOLI THÉO MALEDON "Le capitaine, un joueur d’un talent exceptionnel qui a sécurisé beaucoup de situations, même sur les rencontres qui semblaient faciles. Il a été très fort dans les matches décisifs. Théo a une maturité vraiment exceptionnelle pour son âge. Je pense, certainement avec un manque d’objectivité, qu’il aurait mérité d’accompagner Killian dans le meilleur cinq de la compétition."

MALCOLM CAZALON "Il a fait une très grande compétition, d’autant plus que c’était sa première et qu’il découvrait ce niveau. C’est un attaquant incroyable avec une qualité de finition impressionnante sur le jeu en transition. Défensivement, c’est un client puisqu’il s’est souvent occupé du meilleur joueur adverse. Il a fait beaucoup de mal à ses opposants."

TIMOTHÉ CRUSOL "Il est dans une génération où il y a beaucoup de talents à son poste. Dans trois générations sur quatre, il aurait probablement été le meilleur joueur. Il est sorti du banc et il a magnifiquement accepté ce rôle. A chaque fois qu’il a été sur le terrain, l’équipe a été meilleure. Il est le joueur qui a amené le plus de stabilité." 36 BASKETBALLMAGAZINE

"Le guerrier en sortie de banc, un état d’esprit irréprochable. J’ai parfois tendance à le comparer à Florent Pietrus dans le sens où c’est un bon soldat qui défend très dur à chaque fois qu’il entre. Lorsque nous étions en difficulté face à l’agressivité de l’adversaire, mon premier réflexe était de le relancer dans le match."

LORENZO THIROUARD-SAMSON "Très efficace sur un poste 2-3, avec une belle capacité à prendre des rebonds. Il a aussi été une valeur sûre sur le tir extérieur, un joueur qui possède une très bonne culture de jeu. Il a été très rentable en peu de temps. C’est toujours intéressant pour un coach d’avoir ce type de joueur sur le banc."

SAMUEL EYANGO DINGO "Un bébé du basket puisqu’il a très peu de vécu avec seulement une année en U18 France. Il est plein d’énergie et de volonté. Il a beaucoup apporté en dehors du terrain en accompagnant les autres en permanence. Sur le terrain, il faisait très mal aux adversaires avec de bons écrans. Il va se développer car il a tout découvert cette année."

Malcom Cazalon

De l’extérieur, les matches de poule ont ressemblé à une formalité. +32 contre l’Argentine, + 41 face aux Philippine, +28 devant la Croatie… Les résultats ont été bons mais tout n’a pas été si simple que ça. Contre l’Argentine, dans une salle comble, on arrive sur le terrain sous une bronca énorme. Le terrain était hostile mais notre équipe aime bien ça. Face aux Philippines, je n’oublie pas que nous avions seulement six points d’avance à la mi-temps. Face à des joueurs plus petits, nous avons eu du mal à tenir les duels. Il a fallu monter le ton défensivement. La Croatie a été le match le plus dur, face à des joueurs qui ne sont pas encore aboutis physiquement mais qui possèdent déjà une très bonne technique. Nous jouons notre match le plus sérieux, c’est ce qui explique l’écart.

"La révélation du tournoi car il est monté en puissance au fil des matches. En U16, il découvrait un peu. Cette année, il est arrivé avec plus de stabilité et de responsabilités. Elles ont grandi pendant le tournoi parce qu’il a été bon. En demi-finale et même en finale contre les Américains, il a répondu présent. Je pense que nous tenons un joueur de très bonne qualité pour le futur."

VICTOR DIALLO

MATTHIEU GAUZIN

LÉO BILLON

Sans minimiser la dimension tactique du jeu, vous avez vraiment dominé vos adversaires sur le plan physique. Comment expliquer cette si grande différence avec les autres nations ? Nous avons dominé athlétiquement sur les postes à l’arrière, c’est peut-être lié à cette génération. Des garçons comme Théo, Killian, Timothé ou Matthieu ont de l’explosivité, de la vitesse et du coffre. Ils ont plutôt le même profil même si ils ont des qualités différentes qui permettent de les faire jouer ensemble. Ils sont quasiment tous de la même taille, ils possèdent des similitudes physiques mais ils sont différents techniquement. A l’inverse, sur le secteur intérieur, nous avons plutôt été dominés, même face à des équipes d’un moindre niveau comme la Nouvelle Zélande ou les Philippines. Nous avons joué face à des intérieurs plus petits et plus mobiles, ça nous a mis en difficulté.

"Un booster pour cette équipe. Il sortait du banc pour mettre une pression tout terrain et mener la contre-attaque. Il a aussi une capacité à mettre des tirs extérieurs donc c’était une valeur importante pour nous. Il a été un parfait complément de Théo. Il aurait été dans le cinq majeur de beaucoup d’autres équipes."

"Comme Victor, un comportement parfait. Même en peu de minutes, il a été bon à chaque fois qu’il est entré. Il faut faire des choix et c’est souvent lui qui jouait en dernier mais je ne l’ai jamais vu tirer la tronche. Il a toujours été positif et prêt à sortir de sa fonction, dans un poste qui n’était pas forcément le sien."

Il y avait un vrai déséquilibre entre le jeu extérieur et le secteur intérieur… Je ne pense pas que c’était déséquilibré, nous avons seulement manqué de mobilité, notamment des très grands. A mon sens, ce secteur intérieur qui, aujourd’hui, peut sembler un peu en difficulté, dominera dans quelques années. Nos grands ne sont pas encore aboutis mais ce genre de compétition va les aider à franchir des étapes.

MAXIME CARENE "C’est quelqu’un de très écouté dans l’équipe. Il a ce rôle, en relais de Théo, de leader vocal. Au regard de son peu de temps de jeu, il a eu un comportement exemplaire. Formé sur le poste intérieur, il a commencé à jouer en 2-3 ou 3-4 au Centre Fédéral cette saison. Avec une année de plus, il sera un autre joueur."

Théo Maledon

Comme attendu, Théo Maledon, Killian Hayes et Malcolm Cazalon sont sortis du lot. De manière générale, quelle a été leur influence sur le reste de l’équipe ? Ils ont présenté un niveau incroyable sur l’ensemble de la compétition mais leur influence a vraiment été différente. Théo était le capitaine avec un rôle très important en dehors du terrain grâce à une maturité impressionnante par rapport à son âge. Killian était plus un leader de jeu, qui donnait beaucoup de confiance aux autres. Quand Killian allait bien, tout le monde allait bien ! Malcolm, audelà du jeu, a apporté beaucoup de fraîcheur. C’était sa première compétition, il a insufflé cette envie et cette confiance. Il n’était jamais inquiet sur ce qui pouvait advenir du match. Ils avaient trois rôles différents mais trois rôles très complémentaires. Sur le chemin de la finale, la rencontre la plus compliquée aura été la demi-finale contre Porto Rico. Avez-eu peur, en fin de match, quand votre adversaire est revenu à quelques points ? Déjà, c’était un match compliqué car quand le monde du basket a vu que nous rencontrions Porto Rico, tout le monde a pensé que nous étions déjà en finale. Or ils n’étaient pas là par hasard. Il a fallu mobiliser les garçons sur le fait que nous n’étions pas encore en finale. C’était une équipe très atypique avec cinq petits, il a été compliqué de gérer les duels en défense. La domination athlétique que nous avions pu avoir sur les autres adversaires commençait à disparaitre face à la vitesse de joueurs plus petits. Malgré tout, nous faisons un bon match en creusant l’écart par deux fois. Mais cet adversaire avait du cœur, ils ont mis des gros tirs et, de notre côté, nous avons perdu deux ou trois ballons importants. Pour autant, je n’ai pas eu peur. Je voyais dans le regard de mes joueurs qu’ils n’avaient pas d’inquiétude. Il a fallu deux gros tirs de Théo et un de Killian pour vraiment boucler le match mais je n’ai pas eu peur. La finale tant espérée contre les EtatsUnis devenue une réalité, comment avezvous préparé cette ultime confrontation ? Nous avions observé qu’ils avaient un pourcentage très faible à trois-points et sur le secteur extérieur en général. Leurs points

venaient essentiellement dans la raquette avec une relation assez puissante entre les intérieurs et beaucoup de jeu de relance. Alors que nous avions tendance à défendre très haut, nous avons reculé un peu pour les laisser tirer. Ils n’ont pas mis les paniers mais nous avons été en difficulté sur le rebond. A la mi-temps, ils avaient déjà tiré près de 20 fois de plus que nous. Le plan de jeu a fonctionné car ils ont tiré de loin sans marquer mais ils sont tellement monstrueux au rebond offensif… Ils ont encore beaucoup de choses à apprendre tactiquement mais malgré des approximations collectives, ils ont tellement d’énergie et d’impact sur le rebond offensif que cela compense tous leurs échecs. Comment expliquez-vous que l’Équipe de France, si forte athlétiquement, puisse à ce point être dominée dans le registre physique par les Américains ? Ils sont au-dessus de nous mais pas dans tous les secteurs. Athlétiquement, sur la ligne arrière, on répondait  ! Leurs grands ont de meilleurs appuis, une meilleure capacité à bouger. Nous avons également été en difficulté sur les rebonds longs. Nos joueurs arrières, au regard de leurs qualités athlétiques, ont l’habitude de les capter sans forcément produire un effort supplémentaire. Sauf que là, il y avait une telle agressivité en face qu’ils ont été surpris. Sur la pose d’écrans, la libération d’espaces, nous avons encore beaucoup de travail à fournir. Compte-tenu de l’ambition de vos joueurs, comment cette lourde défaite en finale a-telle été vécue ? Sur le moment, ils étaient déçus. Cependant, comme l’écart est monté assez vite dans le troisième quart-temps, nous avons pu commencer à leur expliquer certaines choses et à anticiper la défaite. Au final, ils sont très contents de ce qu’ils ont réalisé, de cette première médaille en Coupe du Monde. C’est une génération très prometteuse. L’Euro U18 en 2019 sera très difficile mais ils pourront s’y rendre avec de grandes ambitions. Ce groupe est déjà une vraie équipe, avec ses règles, son fonctionnement interne. Le basket français est fait de générations  : les 1988, les 1992, la génération de Tony Parker… Je pense que pour cette génération 2001, il y a de très belles choses à écrire.

SEPTEMBRE2018 37

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KILLIAN HAYES

FIBA

JOUEUR PAR JOUEUR


LE BILAN,

ESSOMÉ MIYEM

"Un championnat de très haut niveau, récompensé par une place dans le meilleur cinq de la compétition. C’est un attaquant de très grande qualité avec un état d’esprit irréprochable. Le plus impressionnant, c’est qu’il y a beaucoup de choses sur lesquelles il peut encore progresser. Sa seule limite, ce sera lui. En conservant cette envie de progresser, il ira très loin."

"Notre pivot titulaire, qui a parfois été en difficulté car nous avons joué des équipes avec des joueurs plus petits et plus mobiles. Malgré cela, il a été très précieux dans les moments importants. Il a pris des rebonds et il a fait ces choses qu’on ne voit pas dans les stats. Il a posé de bons écrans pour que les scoreurs alimentent la marque."

MELVIN EBONKOLI THÉO MALEDON "Le capitaine, un joueur d’un talent exceptionnel qui a sécurisé beaucoup de situations, même sur les rencontres qui semblaient faciles. Il a été très fort dans les matches décisifs. Théo a une maturité vraiment exceptionnelle pour son âge. Je pense, certainement avec un manque d’objectivité, qu’il aurait mérité d’accompagner Killian dans le meilleur cinq de la compétition."

MALCOLM CAZALON "Il a fait une très grande compétition, d’autant plus que c’était sa première et qu’il découvrait ce niveau. C’est un attaquant incroyable avec une qualité de finition impressionnante sur le jeu en transition. Défensivement, c’est un client puisqu’il s’est souvent occupé du meilleur joueur adverse. Il a fait beaucoup de mal à ses opposants."

TIMOTHÉ CRUSOL "Il est dans une génération où il y a beaucoup de talents à son poste. Dans trois générations sur quatre, il aurait probablement été le meilleur joueur. Il est sorti du banc et il a magnifiquement accepté ce rôle. A chaque fois qu’il a été sur le terrain, l’équipe a été meilleure. Il est le joueur qui a amené le plus de stabilité." 36 BASKETBALLMAGAZINE

"Le guerrier en sortie de banc, un état d’esprit irréprochable. J’ai parfois tendance à le comparer à Florent Pietrus dans le sens où c’est un bon soldat qui défend très dur à chaque fois qu’il entre. Lorsque nous étions en difficulté face à l’agressivité de l’adversaire, mon premier réflexe était de le relancer dans le match."

LORENZO THIROUARD-SAMSON "Très efficace sur un poste 2-3, avec une belle capacité à prendre des rebonds. Il a aussi été une valeur sûre sur le tir extérieur, un joueur qui possède une très bonne culture de jeu. Il a été très rentable en peu de temps. C’est toujours intéressant pour un coach d’avoir ce type de joueur sur le banc."

SAMUEL EYANGO DINGO "Un bébé du basket puisqu’il a très peu de vécu avec seulement une année en U18 France. Il est plein d’énergie et de volonté. Il a beaucoup apporté en dehors du terrain en accompagnant les autres en permanence. Sur le terrain, il faisait très mal aux adversaires avec de bons écrans. Il va se développer car il a tout découvert cette année."

Malcom Cazalon

De l’extérieur, les matches de poule ont ressemblé à une formalité. +32 contre l’Argentine, + 41 face aux Philippine, +28 devant la Croatie… Les résultats ont été bons mais tout n’a pas été si simple que ça. Contre l’Argentine, dans une salle comble, on arrive sur le terrain sous une bronca énorme. Le terrain était hostile mais notre équipe aime bien ça. Face aux Philippines, je n’oublie pas que nous avions seulement six points d’avance à la mi-temps. Face à des joueurs plus petits, nous avons eu du mal à tenir les duels. Il a fallu monter le ton défensivement. La Croatie a été le match le plus dur, face à des joueurs qui ne sont pas encore aboutis physiquement mais qui possèdent déjà une très bonne technique. Nous jouons notre match le plus sérieux, c’est ce qui explique l’écart.

"La révélation du tournoi car il est monté en puissance au fil des matches. En U16, il découvrait un peu. Cette année, il est arrivé avec plus de stabilité et de responsabilités. Elles ont grandi pendant le tournoi parce qu’il a été bon. En demi-finale et même en finale contre les Américains, il a répondu présent. Je pense que nous tenons un joueur de très bonne qualité pour le futur."

VICTOR DIALLO

MATTHIEU GAUZIN

LÉO BILLON

Sans minimiser la dimension tactique du jeu, vous avez vraiment dominé vos adversaires sur le plan physique. Comment expliquer cette si grande différence avec les autres nations ? Nous avons dominé athlétiquement sur les postes à l’arrière, c’est peut-être lié à cette génération. Des garçons comme Théo, Killian, Timothé ou Matthieu ont de l’explosivité, de la vitesse et du coffre. Ils ont plutôt le même profil même si ils ont des qualités différentes qui permettent de les faire jouer ensemble. Ils sont quasiment tous de la même taille, ils possèdent des similitudes physiques mais ils sont différents techniquement. A l’inverse, sur le secteur intérieur, nous avons plutôt été dominés, même face à des équipes d’un moindre niveau comme la Nouvelle Zélande ou les Philippines. Nous avons joué face à des intérieurs plus petits et plus mobiles, ça nous a mis en difficulté.

"Un booster pour cette équipe. Il sortait du banc pour mettre une pression tout terrain et mener la contre-attaque. Il a aussi une capacité à mettre des tirs extérieurs donc c’était une valeur importante pour nous. Il a été un parfait complément de Théo. Il aurait été dans le cinq majeur de beaucoup d’autres équipes."

"Comme Victor, un comportement parfait. Même en peu de minutes, il a été bon à chaque fois qu’il est entré. Il faut faire des choix et c’est souvent lui qui jouait en dernier mais je ne l’ai jamais vu tirer la tronche. Il a toujours été positif et prêt à sortir de sa fonction, dans un poste qui n’était pas forcément le sien."

Il y avait un vrai déséquilibre entre le jeu extérieur et le secteur intérieur… Je ne pense pas que c’était déséquilibré, nous avons seulement manqué de mobilité, notamment des très grands. A mon sens, ce secteur intérieur qui, aujourd’hui, peut sembler un peu en difficulté, dominera dans quelques années. Nos grands ne sont pas encore aboutis mais ce genre de compétition va les aider à franchir des étapes.

MAXIME CARENE "C’est quelqu’un de très écouté dans l’équipe. Il a ce rôle, en relais de Théo, de leader vocal. Au regard de son peu de temps de jeu, il a eu un comportement exemplaire. Formé sur le poste intérieur, il a commencé à jouer en 2-3 ou 3-4 au Centre Fédéral cette saison. Avec une année de plus, il sera un autre joueur."

Théo Maledon

Comme attendu, Théo Maledon, Killian Hayes et Malcolm Cazalon sont sortis du lot. De manière générale, quelle a été leur influence sur le reste de l’équipe ? Ils ont présenté un niveau incroyable sur l’ensemble de la compétition mais leur influence a vraiment été différente. Théo était le capitaine avec un rôle très important en dehors du terrain grâce à une maturité impressionnante par rapport à son âge. Killian était plus un leader de jeu, qui donnait beaucoup de confiance aux autres. Quand Killian allait bien, tout le monde allait bien ! Malcolm, audelà du jeu, a apporté beaucoup de fraîcheur. C’était sa première compétition, il a insufflé cette envie et cette confiance. Il n’était jamais inquiet sur ce qui pouvait advenir du match. Ils avaient trois rôles différents mais trois rôles très complémentaires. Sur le chemin de la finale, la rencontre la plus compliquée aura été la demi-finale contre Porto Rico. Avez-eu peur, en fin de match, quand votre adversaire est revenu à quelques points ? Déjà, c’était un match compliqué car quand le monde du basket a vu que nous rencontrions Porto Rico, tout le monde a pensé que nous étions déjà en finale. Or ils n’étaient pas là par hasard. Il a fallu mobiliser les garçons sur le fait que nous n’étions pas encore en finale. C’était une équipe très atypique avec cinq petits, il a été compliqué de gérer les duels en défense. La domination athlétique que nous avions pu avoir sur les autres adversaires commençait à disparaitre face à la vitesse de joueurs plus petits. Malgré tout, nous faisons un bon match en creusant l’écart par deux fois. Mais cet adversaire avait du cœur, ils ont mis des gros tirs et, de notre côté, nous avons perdu deux ou trois ballons importants. Pour autant, je n’ai pas eu peur. Je voyais dans le regard de mes joueurs qu’ils n’avaient pas d’inquiétude. Il a fallu deux gros tirs de Théo et un de Killian pour vraiment boucler le match mais je n’ai pas eu peur. La finale tant espérée contre les EtatsUnis devenue une réalité, comment avezvous préparé cette ultime confrontation ? Nous avions observé qu’ils avaient un pourcentage très faible à trois-points et sur le secteur extérieur en général. Leurs points

venaient essentiellement dans la raquette avec une relation assez puissante entre les intérieurs et beaucoup de jeu de relance. Alors que nous avions tendance à défendre très haut, nous avons reculé un peu pour les laisser tirer. Ils n’ont pas mis les paniers mais nous avons été en difficulté sur le rebond. A la mi-temps, ils avaient déjà tiré près de 20 fois de plus que nous. Le plan de jeu a fonctionné car ils ont tiré de loin sans marquer mais ils sont tellement monstrueux au rebond offensif… Ils ont encore beaucoup de choses à apprendre tactiquement mais malgré des approximations collectives, ils ont tellement d’énergie et d’impact sur le rebond offensif que cela compense tous leurs échecs. Comment expliquez-vous que l’Équipe de France, si forte athlétiquement, puisse à ce point être dominée dans le registre physique par les Américains ? Ils sont au-dessus de nous mais pas dans tous les secteurs. Athlétiquement, sur la ligne arrière, on répondait  ! Leurs grands ont de meilleurs appuis, une meilleure capacité à bouger. Nous avons également été en difficulté sur les rebonds longs. Nos joueurs arrières, au regard de leurs qualités athlétiques, ont l’habitude de les capter sans forcément produire un effort supplémentaire. Sauf que là, il y avait une telle agressivité en face qu’ils ont été surpris. Sur la pose d’écrans, la libération d’espaces, nous avons encore beaucoup de travail à fournir. Compte-tenu de l’ambition de vos joueurs, comment cette lourde défaite en finale a-telle été vécue ? Sur le moment, ils étaient déçus. Cependant, comme l’écart est monté assez vite dans le troisième quart-temps, nous avons pu commencer à leur expliquer certaines choses et à anticiper la défaite. Au final, ils sont très contents de ce qu’ils ont réalisé, de cette première médaille en Coupe du Monde. C’est une génération très prometteuse. L’Euro U18 en 2019 sera très difficile mais ils pourront s’y rendre avec de grandes ambitions. Ce groupe est déjà une vraie équipe, avec ses règles, son fonctionnement interne. Le basket français est fait de générations  : les 1988, les 1992, la génération de Tony Parker… Je pense que pour cette génération 2001, il y a de très belles choses à écrire.

SEPTEMBRE2018 37

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KILLIAN HAYES

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"TOUS ONT COMPRIS LEUR RÔLE"

devait se mettre minable à l’entraînement pour retrouver le rythme. Il a fait les efforts et il a progressé de match en match. J’ai retrouvé le vrai Joël, celui que j’avais vu au Centre Fédéral l’an dernier, capable d’actions d’éclats extraordinaires. Le match qu’il nous sort contre la Grèce et sa seconde mi-temps contre la Russie resteront dans les annales de cet Euro. Il n’était pas seul. Il a eu besoin de joueurs autour de lui. Respect pour Mathis Dossou Yovo qui a été d’une régularité, d’un courage dans le combat… Yohan Choupas, qui a été blessé jusqu’au mois de mai, a fait un super Euro. Il termine à 14 sur 26 à trois-points ! Dans un registre défensif, Jacques Eyoum a été très précieux… Tous ont compris leur rôle.

Propos recueillis par Antoine Lessard

Votre objectif était de terminer dans les cinq premiers de cet Euro, afin de vous qualifier pour la Coupe du Monde U19 l’an prochain. Vous l’avez dépassé en récoltant le bronze. C’est seulement la deuxième médaille des U18 depuis 2010. Avez-vous le sentiment d’avoir "surperformé" avec cette équipe sans "star" ? J’avais dit aux garçons que si on était dans les cinq, on décrocherait une médaille. Mais c’était dans les plus beaux rêves. Quand on a perdu Babacar Niasse quinze jours avant l’Euro en Serbie, on ne savait pas du tout où on allait  ! Les garçons n’ont pas volé leur médaille. Cela s’est bien goupillé. L’an dernier, j’étais resté sur un quart de finale perdu d’un point après prolongation. Cette fois la pièce est tombée du bon côté. Dans cette catégorie, il y a beaucoup d’équipes très proches les unes des autres. Je suis certain que si on changeait la configuration des poules et qu’on rejouait l’Euro dans deux mois, le classement serait différent tellement c’est dense. On avait mis le focus sur le quatrième match (le 1/8e de finale). J’avais dit aux garçons qu’il ne serait pas plus dur que nos matches de poule. Celleci était très relevée. On a failli qualifier en quarts les quatre équipes de notre poule, parce qu’il faut dire que la Turquie s’est fait voler sur la dernière action du match contre la Lettonie. Votre équipe a montré beaucoup de caractère pour battre la Grèce en huitième, puis le Monténégro en quart de finale après prolongation, et encore une fois sur la petite finale contre les Russes. On a vu beaucoup de cohésion, des joueurs impliqués sur le banc… Tout à fait. À partir du moment où on n’avait pas des joueurs référencés, on

38 BASKETBALLMAGAZINE

FIBA

Les efforts ont payé. Sans grands repères avant l’Euro, l’Équipe de France a ramené de Lettonie une inattendue médaille de bronze. Frédéric Crapez, son entraîneur, revient sur cette campagne.

attendait une identité collective, avec une grosse défense et un jeu de relance. C’était les deux mots d’ordre avec le partage du ballon et le rebond. Les gars ont cru en eux jusqu’au bout et ont toujours eu les ressources mentales pour arracher les matches importants. On attendait d’eux qu’ils se mettent minables en défense. La demi-finale contre la Serbie nous a laissé un goût de frustration parce qu’on a senti qu’on est passé à côté de notre match. On n’a pas joué pleinement. Et contre la Russie, les deux premiers quart-temps étaient dans la lignée du match de la veille (-12 après 20 minutes). On leur a dit à la mitemps qu’il ne fallait rien regretter quand on sortirait du terrain, qu’il fallait prendre des risques. Ils ont entendu le message et cela a marché. Je suis très content pour eux parce qu’ils ont joué ensemble et nous ont donné beaucoup de satisfaction. On a

accordé autant d’importance au gars qui joue 3 minutes qu’à celui qui joue 25. Les garçons ont bien compris et accepté leur rôle, à l’image de Lucas Bourhis, Hugo Robineau et d’autres. On ne peut que les féliciter pour cela. Joel Ayayi a été élu dans le meilleur cinq de l’Euro. Vous ne saviez pas trop quoi attendre de lui sachant qu’il n’avait pas joué de la saison (il s’est entraîné avec l’équipe de Gonzaga sans disputer de match officiel). Comment l’avez-vous trouvé sur ce championnat d’Europe ? Dès le début de la campagne, on a vu tout de suite qu’il manquait de rythme, de compétition. Les entraînements et les premiers matches étaient difficiles pour lui. On a eu plusieurs discussions. Je lui ai dit qu’il ne restait plus beaucoup de temps et que s’il voulait faire un bon Euro, il

Karlton Dimanche a noirci toutes les colonnes statistiques (voir ci-dessous) et terminé meilleur intercepteur de l’Euro. Il a failli réaliser un triple-double en quart de finale (11 points, 11 rebonds et 9 interceptions !). Comment analysezvous son Euro ? C’était l’Euro de la découverte et un peu de la révélation au niveau international même s’il a eu du mal à terminer sur les deux derniers matches. J’espère que cela lui servira d’expérience et qu’il va en revenir encore plus fort à Cholet. Il faut qu’il travaille son tir et son adresse en général, parce que tout le reste il l’a. Il a plein de qualité. Au sortir du Mondial avec les U17, Timothé Crusol vous a bien aidé sur le poste de meneur… Tout à fait. Timothé c’est la justesse dans le jeu, un très bon investissement défensif une super lecture. Je tiens à le remercier ainsi qu’Essomé Miyem de nous avoir rejoints parce que le résultat n’aurait pas été le même sans eux, j’en suis persuadé. Avez-vous détecté d’autres joueurs à fort potentiel à l’occasion de cette campagne ? Ah oui, Kenny Baptiste a un potentiel énorme. Il est vraiment au début de quelque chose. Maintenant il faut qu’il devienne beaucoup plus dur qu’il ne l’est. J’espère que cet Euro lui aura fait comprendre cela.

FIBA

U18 MASCULINS >

Ensuite, à lui de s’investir à l’entraînement dans son club du Mans. Il a les qualités pour devenir un très fort joueur. S’il est exigeant vis-à-vis de lui-même, il réussira. Au final, estimez-vous que cette cuvée 2000 a-t-elle un meilleur potentiel que prévu ? Cela demande confirmation. Je ne veux pas m’enflammer. Le haut niveau c’est répéter la performance. On verra ce qu’ils feront à la Coupe du Monde l’an prochain. Il faut que chacun travaille encore pour revenir plus fort. Il ne faut pas croire qu’après cette médaille les portes des équipes professionnelles vont s’ouvrir. Ce

n’est qu’une étape. Je tiens à ajouter que le staff, et notamment le staff technique a été extraordinaire. Mehdi Mary et Romain Chenaud ont été des collaborateurs très précieux. On a fait un bon boulot tous ensemble. On a tout mis sur la table, toutes nos connaissances et chacun a apporté pour cette équipe. Le résultat d’une équipe dépend de tous ces facteurs.

RÉSULTATS Phase de poule  ussie bat France 82-80 R France bat Turquie 78-67 Allemagne bat France 93-76 Huitième de finale

CLASSEMENT FINAL > 1-Israël 2-Lettonie 3-France 4-Russie 5-Lituanie 6-Allemagne 7-Gde-Bretagne 8-Monténégro

France bat Grèce 86-81

9-Espagne 10-Italie 11-Croatie 12-Turquie 13-Finlande 14-Grèce 15-Ukraine 16-Bosnie-Herz.

Quart de finale France bat Monténégro 76-74 Demi-finale Serbie bat France 78-67 Match pour la 3e place France bat Russie 79-70

STATISTIQUES CUMULÉES Joueur

Mathis Dossou Yovo Joël Ayayi Yohan Choupas Karlton Dimanche Lucas Bourhis Timothé Crusol Kenny Baptiste Joel Eyoum Hugo Robineau Essome Miyem Florian Leopold Marko Coudreau

MJ

Min

Pct

Rb

PD

Pts

7 7 7 7 5 7 7 7 7 7 6 3

29 26 28 26 9 21 17 18 11 9 8 9

51,9 50,0 53,5 35,7 45,5 32,5 41,0 56,0 53,8 50,0 46,2 50,0

8,1 3,6 3,4 5,9 0,6 4,4 3,9 2,9 1,0 2,1 2,5 -

1,7 2,3 1,3 3,4 0,4 2,6 0,7 1,1 1,0 0,1 -

16,4 15,7 9,4 8,6 5,8 5,7 5,0 4,9 2,6 2,3 2,2 2,0

SEPTEMBRE2018 39


"TOUS ONT COMPRIS LEUR RÔLE"

devait se mettre minable à l’entraînement pour retrouver le rythme. Il a fait les efforts et il a progressé de match en match. J’ai retrouvé le vrai Joël, celui que j’avais vu au Centre Fédéral l’an dernier, capable d’actions d’éclats extraordinaires. Le match qu’il nous sort contre la Grèce et sa seconde mi-temps contre la Russie resteront dans les annales de cet Euro. Il n’était pas seul. Il a eu besoin de joueurs autour de lui. Respect pour Mathis Dossou Yovo qui a été d’une régularité, d’un courage dans le combat… Yohan Choupas, qui a été blessé jusqu’au mois de mai, a fait un super Euro. Il termine à 14 sur 26 à trois-points ! Dans un registre défensif, Jacques Eyoum a été très précieux… Tous ont compris leur rôle.

Propos recueillis par Antoine Lessard

Votre objectif était de terminer dans les cinq premiers de cet Euro, afin de vous qualifier pour la Coupe du Monde U19 l’an prochain. Vous l’avez dépassé en récoltant le bronze. C’est seulement la deuxième médaille des U18 depuis 2010. Avez-vous le sentiment d’avoir "surperformé" avec cette équipe sans "star" ? J’avais dit aux garçons que si on était dans les cinq, on décrocherait une médaille. Mais c’était dans les plus beaux rêves. Quand on a perdu Babacar Niasse quinze jours avant l’Euro en Serbie, on ne savait pas du tout où on allait  ! Les garçons n’ont pas volé leur médaille. Cela s’est bien goupillé. L’an dernier, j’étais resté sur un quart de finale perdu d’un point après prolongation. Cette fois la pièce est tombée du bon côté. Dans cette catégorie, il y a beaucoup d’équipes très proches les unes des autres. Je suis certain que si on changeait la configuration des poules et qu’on rejouait l’Euro dans deux mois, le classement serait différent tellement c’est dense. On avait mis le focus sur le quatrième match (le 1/8e de finale). J’avais dit aux garçons qu’il ne serait pas plus dur que nos matches de poule. Celleci était très relevée. On a failli qualifier en quarts les quatre équipes de notre poule, parce qu’il faut dire que la Turquie s’est fait voler sur la dernière action du match contre la Lettonie. Votre équipe a montré beaucoup de caractère pour battre la Grèce en huitième, puis le Monténégro en quart de finale après prolongation, et encore une fois sur la petite finale contre les Russes. On a vu beaucoup de cohésion, des joueurs impliqués sur le banc… Tout à fait. À partir du moment où on n’avait pas des joueurs référencés, on

38 BASKETBALLMAGAZINE

FIBA

Les efforts ont payé. Sans grands repères avant l’Euro, l’Équipe de France a ramené de Lettonie une inattendue médaille de bronze. Frédéric Crapez, son entraîneur, revient sur cette campagne.

attendait une identité collective, avec une grosse défense et un jeu de relance. C’était les deux mots d’ordre avec le partage du ballon et le rebond. Les gars ont cru en eux jusqu’au bout et ont toujours eu les ressources mentales pour arracher les matches importants. On attendait d’eux qu’ils se mettent minables en défense. La demi-finale contre la Serbie nous a laissé un goût de frustration parce qu’on a senti qu’on est passé à côté de notre match. On n’a pas joué pleinement. Et contre la Russie, les deux premiers quart-temps étaient dans la lignée du match de la veille (-12 après 20 minutes). On leur a dit à la mitemps qu’il ne fallait rien regretter quand on sortirait du terrain, qu’il fallait prendre des risques. Ils ont entendu le message et cela a marché. Je suis très content pour eux parce qu’ils ont joué ensemble et nous ont donné beaucoup de satisfaction. On a

accordé autant d’importance au gars qui joue 3 minutes qu’à celui qui joue 25. Les garçons ont bien compris et accepté leur rôle, à l’image de Lucas Bourhis, Hugo Robineau et d’autres. On ne peut que les féliciter pour cela. Joel Ayayi a été élu dans le meilleur cinq de l’Euro. Vous ne saviez pas trop quoi attendre de lui sachant qu’il n’avait pas joué de la saison (il s’est entraîné avec l’équipe de Gonzaga sans disputer de match officiel). Comment l’avez-vous trouvé sur ce championnat d’Europe ? Dès le début de la campagne, on a vu tout de suite qu’il manquait de rythme, de compétition. Les entraînements et les premiers matches étaient difficiles pour lui. On a eu plusieurs discussions. Je lui ai dit qu’il ne restait plus beaucoup de temps et que s’il voulait faire un bon Euro, il

Karlton Dimanche a noirci toutes les colonnes statistiques (voir ci-dessous) et terminé meilleur intercepteur de l’Euro. Il a failli réaliser un triple-double en quart de finale (11 points, 11 rebonds et 9 interceptions !). Comment analysezvous son Euro ? C’était l’Euro de la découverte et un peu de la révélation au niveau international même s’il a eu du mal à terminer sur les deux derniers matches. J’espère que cela lui servira d’expérience et qu’il va en revenir encore plus fort à Cholet. Il faut qu’il travaille son tir et son adresse en général, parce que tout le reste il l’a. Il a plein de qualité. Au sortir du Mondial avec les U17, Timothé Crusol vous a bien aidé sur le poste de meneur… Tout à fait. Timothé c’est la justesse dans le jeu, un très bon investissement défensif une super lecture. Je tiens à le remercier ainsi qu’Essomé Miyem de nous avoir rejoints parce que le résultat n’aurait pas été le même sans eux, j’en suis persuadé. Avez-vous détecté d’autres joueurs à fort potentiel à l’occasion de cette campagne ? Ah oui, Kenny Baptiste a un potentiel énorme. Il est vraiment au début de quelque chose. Maintenant il faut qu’il devienne beaucoup plus dur qu’il ne l’est. J’espère que cet Euro lui aura fait comprendre cela.

FIBA

U18 MASCULINS >

Ensuite, à lui de s’investir à l’entraînement dans son club du Mans. Il a les qualités pour devenir un très fort joueur. S’il est exigeant vis-à-vis de lui-même, il réussira. Au final, estimez-vous que cette cuvée 2000 a-t-elle un meilleur potentiel que prévu ? Cela demande confirmation. Je ne veux pas m’enflammer. Le haut niveau c’est répéter la performance. On verra ce qu’ils feront à la Coupe du Monde l’an prochain. Il faut que chacun travaille encore pour revenir plus fort. Il ne faut pas croire qu’après cette médaille les portes des équipes professionnelles vont s’ouvrir. Ce

n’est qu’une étape. Je tiens à ajouter que le staff, et notamment le staff technique a été extraordinaire. Mehdi Mary et Romain Chenaud ont été des collaborateurs très précieux. On a fait un bon boulot tous ensemble. On a tout mis sur la table, toutes nos connaissances et chacun a apporté pour cette équipe. Le résultat d’une équipe dépend de tous ces facteurs.

RÉSULTATS Phase de poule  ussie bat France 82-80 R France bat Turquie 78-67 Allemagne bat France 93-76 Huitième de finale

CLASSEMENT FINAL > 1-Israël 2-Lettonie 3-France 4-Russie 5-Lituanie 6-Allemagne 7-Gde-Bretagne 8-Monténégro

France bat Grèce 86-81

9-Espagne 10-Italie 11-Croatie 12-Turquie 13-Finlande 14-Grèce 15-Ukraine 16-Bosnie-Herz.

Quart de finale France bat Monténégro 76-74 Demi-finale Serbie bat France 78-67 Match pour la 3e place France bat Russie 79-70

STATISTIQUES CUMULÉES Joueur

Mathis Dossou Yovo Joël Ayayi Yohan Choupas Karlton Dimanche Lucas Bourhis Timothé Crusol Kenny Baptiste Joel Eyoum Hugo Robineau Essome Miyem Florian Leopold Marko Coudreau

MJ

Min

Pct

Rb

PD

Pts

7 7 7 7 5 7 7 7 7 7 6 3

29 26 28 26 9 21 17 18 11 9 8 9

51,9 50,0 53,5 35,7 45,5 32,5 41,0 56,0 53,8 50,0 46,2 50,0

8,1 3,6 3,4 5,9 0,6 4,4 3,9 2,9 1,0 2,1 2,5 -

1,7 2,3 1,3 3,4 0,4 2,6 0,7 1,1 1,0 0,1 -

16,4 15,7 9,4 8,6 5,8 5,7 5,0 4,9 2,6 2,3 2,2 2,0

SEPTEMBRE2018 39


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Pour suivre l’actualité des clubs et des équipes de France, revivre les moments historiques du basket ou encore retrouver des conseils techniques et pratiques.

Par Jérémy Barbier

UN GOÛT D’INACHEVÉ Malgré un début de compétition tonitruant, les cadets ont finalement échoué au pied du podium, affaiblis par la blessure de l’un des leurs.

46 BASKETBALLMAGAZINE

moins reluisant, la sélection étant archi-dominée dans le secteur qui avait fait la différence jusqu’alors. "Avec une rotation en moins, nous avons tiré sur certains joueurs et ils ont explosé lors du dernier match contre une équipe de Turquie surdimensionnée à l’intérieur." Après des débuts sincèrement prometteurs, le groupe a accusé le coup de cette fin de compétition au goût amer. "Il y avait beaucoup de frustration. Le dernier carré était vraiment costaud et au complet, nous pouvions jouer les yeux dans les yeux contre n’importe quel adversaire." Une chose est certaine, la génération 2002 aura des atouts à faire valoir dans les années à venir. "C’est une équipe qui a travaillé dur pour atteindre un très bon niveau. L’état d’esprit est là et la marge de progression me semble importante." .

Juhann Begarin

FIBA

Successeurs d’une génération 2001 sacrée championne d’Europe en 2017, les nouveaux cadets français abordaient leur première compétition européenne avec l’intention de perpétuer le savoir-faire tricolore. "Je ne sais pas s’il faut parler de comparaison mais nous avons constaté que les joueurs qui arrivaient en U16 voulaient suivre la voie de leurs prédécesseurs", confirme Bernard Faure. "C’est bien d’avoir de l’ambition mais il faut savoir ce que cela demande en amont au niveau du travail." Or à ce sujet, le sélectionneur national nourrissait encore quelques interrogations au début de l’été. "Finalement, j’ai rarement vu une équipe monter autant en régime au cours d’une préparation. Même avec la génération 2001, nous n’avions pas cette qualité d’entraînement. De fait, nous sommes arrivés à l’Euro en pleine possession de nos moyens." En poule, Italie (+28), Géorgie (+52) et Estonie (+9) ont même permis aux Bleuets de franchir un cap quant à la maitrise de leur sujet. "Ce sont des cadets donc nous ne savons jamais vraiment comment ils vont réagir dans le contexte d’un premier Euro mais il est vrai que nous avons passé ce premier tour avec facilité. C’est le résultat de beaucoup de travail en amont." Sur leur lancée, les jeunes basketteurs ont parfaitement négocié leur huitième de finale contre l’Allemagne (+27) avant de faire tomber la Serbie, nation hôte de cette édition. Malgré la qualification dans le dernier carré, ce succès marqua également un tournant dans le parcours des tricolores. "Il y a eu une réelle cassure suite à la blessure importante de Daniel Batcho dans ce match." Le forfait pour le reste de l’Euro de celui qui était l’un de leurs meilleurs éléments (8,8 points et 7,0 rebonds) a fortement impacté ses coéquipiers. Et pas uniquement sur le parquet. "Psychologiquement, c’était pire", confirme leur entraîneur. Dans ces conditions, les néointernationaux ont manqué de lucidité dans les derniers gestes face à la Croatie. "Quand nous revenons à trois points en fin de match, nous ratons un panier facile sous le panier et derrière, tout s’enchaine mal. Pour autant, nous faisons un match plus qu’honorable contre l’équipe qui termine championne d’Europe." Le match pour la troisième place sera lui

RÉSULTATS Phase de poule France bat Italie 78-50

56

France bat Géorgie 106-54 France bat Estonie 66-57 Huitième de finale

CLASSEMENT FINAL > 1-Croatie 2-Espagne 3-Turquie 4-France 5-Serbie 6-Grèce 7-Lituanie 8-Lettonie

France bat Allemagne 83-56

9-Allemagne 10-Israël 11-Estonie 12-Italie 13-Slovénie 14-Monténégro 15-Pays-Bas 16-Géorgie

Quart de finale France bat Serbie 78-71 Demi-finale Croatie bat France 65-58 Match pour la 3e place Turquie bat France 82-59

STATISTIQUES CUMULÉES Joueur

Juhann Begarin Yvan Ouedraogo Moussa Diabate Daniel Batcho Louis Lesmond Rudy Demahis-Ballou Ibrahim Magassa Clément Frisch Jayson Tchicamboud Hugo Cosse Lucas Beaufort Naoll Balfournier

MJ

Min

Pct

Rb

PD

Pts

7 7 7 6 7 7 7 7 6 7 7 5

25 24 26 17 13 24 13 13 13 12 21 5

41,3 44,6 42,9 58,1 35,7 31,1 36,1 44,8 34,6 24,1 17,9 50,0

3,0 9,7 10,3 7,0 1,4 2,6 1,3 4,1 2,0 1,1 2,0 0,6

1,7 1,1 0,7 1,6 0,3 3,3 0,3 0,7 1,8 1,6 1,3 -

15,6 12,7 11,1 8,8 6,3 5,6 4,7 4,3 3,5 2,9 2,4 0,8

75,60 84,70

Minimag 849  

Les jeunes bleus

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