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nov. - déc. 2014

de l'info pour agir

AU QUOTIDIEN numéro 2 • www.debout.fr

Un parrain = UN EMPLOI  Arminé exerce le métier de ses rêves grâce au soutien de Xavier

BUDGET P.12

--> Retraite des femmes

QUOTIDIEN P.32

--> Repas de fête avec les Banques Alimentaires

CULTURE P.46

--> La musique contre l'échec scolaire BIMESTRIEL GRATUIT


4 BRÈVES > Ça bouge & Bon plans 8 LA RENCONTRE DE DEBOUT > Maria et Rose 10 LES TROIS COUPS DE… > Alexandre Jardin

MON BUDGET 11 12 14 15 16 18

UN COMPTE SANS BANQUE RETRAITE DES FEMMES LE LANGAGE DE L’ARGENT FAIRE SES COMPTES POUR MIEUX S’EN SORTIR CHAUFFAGE : ÉVITER LA COUPURE RÉPARER SA VOITURE À PETITS PRIX

TRAVAIL 20 DE L’EMPLOI POUR LES JEUNES DES QUARTIERS 22 5 CONSEILS POUR BIEN COMMENCER 23 AUTO-ENTREPRENEUR : DES AVANTAGES, QUELQUES DÉFAUTS 24 REJOUÉ RÉPARE JOUETS ET SALARIÉS 26 ET SI VOUS COLLIEZ VOTRE CV DANS LA RUE ?

LES FICHES DEBOUT 27 TENIR UN BUDGET FAMILIAL 29 DÉCÈS D’UN PROCHE : FORMALITÉS Photo de couverture © Brigitte Couvreur

QUI ?

est édité par une association d’intérêt général sans but lucratif (loi 1901) qui œuvre pour lutter contre la précarité et encourager le lien social. www.debout.fr

POURQUOI ? L’information pratique

est à la base de toute décision et de toute action. donne des solutions concrètes, des conseils adaptés et des idées simples pour agir au quotidien et vivre mieux.

Crédits photos : Page 2, de gauche à droite, et de haut en bas : Académie d’Art Dentaire Isabelle Dutel | Ciné-Sud | DR | Brigitte Couvreur | Jean-Luc Bertini | Compte Nickel | G.Danger/ Urba Images Server | Brigitte Couvreur | Brigitte Couvreur | Sonia Déchamps | Brigitte Couvreur | F.Achdou/ Urba Images Server | R.Thurin/ Urba Images Server | Brigitte Couvreur | Jean-Paul Pelissier Page 3, de gauche à droite, et de haut en bas : Banque Alimentaire | Sonia Déchamps | Morgan Clément | Foissy | Marine Dérien | ESF/ Anne-Julie Mahéo | DR | Martyn Boyd

Sommaire


Brig

itte Couvre ur

31 VIVRE ENSEMBLE > Nouvel an dans le monde

AU QUOTIDIEN 32 NOËL AVEC LES BANQUES ALIMENTAIRES 35 APPRENDRE À RÉPARER 36 SE FORMER À INTERNET 38 CONSULTER GRATUITEMENT UN AVOCAT 39 OBJECTIF : 10 000 PAS PAR JOUR

40 MOTS FLÉCHÉS, MOT MYSTÈRE, SUDOKU, 7 ERREURS…

LE REGARD DE 42 ROBERT DOISNEAU, PHOTOGRAPHE

CULTURE ET LOISIRS 44 LOISIRS CRÉATIFS : UN SAPIN HAUT EN COULEURS 46 LA MUSIQUE CONTRE L'ÉCHEC SCOLAIRE 47 PASSER À LA TÉLÉ 48 DES REPORTAGES DESSINÉS 50 À LA DÉCOUVERTE DU LOUVRE 51 ROMANCIERS SOLIDAIRES 52 PROFESSION : ÉCRIVAIN PUBLIC

53 ILS SONT DEBOUT >  Michel Pouzol 54 SOUTENEZ DEBOUT >  Bulletin de don 55 REMERCIEMENTS ET MENTIONS LÉGALES COMMENT ? Un magazine conçu et réalisé

par une équipe de professionnels, et distribué de la main à la main par un réseau d’ambassadeurs (associations, structures d’action sociale, entreprises, collectivités locales…).

ET DE DEUX…

Un pas, puis un autre. Ainsi commencent toutes les aventures humaines, démarrent tous les voyages, s’accomplissent tous les rêves. Le premier pas est souvent le plus difficile à oser. Et pourtant, c’est celui qui transforme le présent en avenir, les espoirs en réalités. Qui permet de s’ouvrir à l’autre. D’avancer. Notre premier pas, nous l’avons fait le 16 septembre dernier, avec le numéro 1 de . Vous l’avez si chaleureusement accueilli qu’il nous a semblé que vous l’attendiez. Vos marques d’intérêt, vos témoignages d’amitié, votre soutien renforcent encore notre détermination. Avec ce deuxième numéro, c’est une certitude, est en marche !

JEUX

Edito

Je vous invite, plus que jamais, à faire de ce magazine le vôtre. Faites-nous part de vos attentes, de vos besoins, de vos envies. Construisons ensemble un magazine qui vous ressemble et vous apporte les informations dont vous avez besoin, pour faire votre premier pas vers du mieux. Ensemble, faisons bouger les lignes. Ensemble, page après page, pas après pas, remettons-nous . Un, deux… en avant, marche ! Violaine du Châtellier, fondatrice de et directrice de la publication.

COMBIEN ? Pour 2014, le magazine coûte

à l’association Debout 1,70 € par exemplaire, mais reste gratuit pour ceux qui en ont besoin. Aidez à lutter contre la précarité en France, soutenez ! Rendez-vous page 54. n°2 > nov. - déc. 14 >

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ÇA BOUGE

UNE ÉCOLE DE COIFFURE SOCIALE

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50 ans et le cœur vaillant

La Fédération Française de Cardiologie fête ses ­cinquante années de lutte contre les maladies ­cardiovasculaires. L’occasion d’aller sur son site www.fedecardio.org pour recevoir des conseils santé personnalisés invitant, par exemple, à dire non au tabac mais oui au chocolat, à dormir davantage et à trouver chaque jour une raison de rire. Pour soutenir cette fédération qui a du cœur, on peut aussi acheter, pour 6 €, Heureux à deux, il suffit de…, le petit livre de Rica Etienne, aux Presses du Châtelet, qui fait rimer amour, humour et toujours !

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Simple comme un coup de fil

PETITSJOBS.FR

© G.Danger Urba Images Server

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Il y a deux ans, à Tours, l’association Joséphine ouvrait un salon de beauté social pour apporter des soins à celles qui en ont le plus besoin sans en avoir forcément les moyens. L’association fondée par Lucia Iraci vient juste d’ouvrir, également à Tours, une école de coiffure sociale pour former ceux et celles et ceux qui, à coups de brosses et de ciseaux, mettront en beauté les femmes en difficulté. Pour en savoir plus : http://josephinebeaute.fr

« Chômeuse en fin de droits, j'ai investi mes économies dans la création d'un site… d'emploi ! » explique Isabelle Durand. Son idée : utiliser internet pour que chacun puisse proposer ses compétences, ou trouver à proximité la personne qualifiée pour rendre service. C’est sans ins­ cription et totalement gratuit.

SOS Amitié met à la disposition de tous ceux qui se sentent isolés ou déprimés son réseau de 1 600 bénévoles dans toute la France. Les numéros départementaux d’appel gratuit figurent sur : www.sos-amitie.com/carte Mettre des mots sur son mal aide à aller mieux. L’anonymat et la confidentialité sont garantis.

WWW.

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ACHDOU F. / URBA IMAGES SERVER

DES VISAGES ET DES MOTS

Une caution pour les étudiants

Expérimenté en Aquitaine depuis 2006, la CLé (ou caution locative d’étudiant) est un dispositif désormais élargi à toute la France dans lequel l’État se porte garant pour les étudiants qui louent un ­logement. Le montant des loyers est plafonné : pas plus de 500 € en province, 600 € en Ile-de-France et 700 € à Paris. En contrepartie de cette garantie locative, les étudiants devront verser 1,5 % de leur loyer (charges comprises) par mois, avec un plafond de 10,50 € à Paris, 9 € pour l’Ile-de-France et 7,50 € dans le reste de la France. Pour en bénéficier, il faut s’adresser aux Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) ou s’inscrire directement sur : www.lokaviz.fr

1,4 MILLION D’EUROS

C’est le montant recueilli en 2014 par la Fondation Carrefour avec Les Boucles du cœur, son programme de collecte de dons au profit d’enfants en difficulté. Une somme répartie entre plus de 240 associations locales ou nationales. L’association mise à l’honneur cette année, ELA qui lutte contre des maladies génétiques, a ainsi reçu plus de 300 000 €.

Leurs mots pour le dire. Sous ce titre, le Secours Populaire propose sur son site un petit livre de portrait de bénévoles et de bénéficiaires. Comme dans « la ­Rencontre de  » (pages 8-9), cet ouvrage propose des témoigna­ges forts d’aidés et d’aidants qui forment les deux faces d’une même médaille, celle de la solidarité ! À consulter ou télécharger sur : www.secourspopulaire.fr

+2 %

POUR LE RSA Depuis le 1er septembre 2014, le RSA socle représente désormais, par mois : • 509,30 € pour une personne seule, • 763,95 € pour un couple sans enfant, • 1 069,53 € pour un couple avec deux enfants.

Pôle Emploi : ne quittez pas ! Dans ce documentaire, Nora Philippe suit le quotidien des agents du Pôle­ Emploi de Livry-­ Gargan, une commune de Seine Saint-­Denis (93). Sans préjugé ni c­ ynisme, son film nous fait passer de l’autre côté du ­bureau. Il démontre, avec humanité, la grande proximité entre ceux qui cherchent un travail et ceux qui ­s’efforcent de les aider. À découvrir au cinéma à partir du 19 ­novembre 2014. n°2 > nov. - déc. 14 >

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BÉBÉS MALINS Malin comme le nom d’un programme d’aide alimentaire pour les tout-petits, entre 0 et 3 ans, dont les familles ont un budget serré. Pour l’instant disponible à Grenoble, Nancy, Nantes et Villefranchesur-Saône, il offre aux parents des bons de réduction d’une valeur de 230 € par famille, des conseils nutritionnels  et un réseau de professionnels pour les épauler au quotidien. À l’origine de cette initiative : la Croix Rouge, Danone Communities, Blédina et des associations de pédiatrie. À ce jour, 2 000 enfants profitent déjà de ce programme grâce à 125 structures partenaires. Pour en bénéficier, il suffit de s’inscrire sur : www.programme-malin.com Les antennes locales les plus proches de chez vous y sont référencées.

1€

Grâce au Pacte Énergie Solidarité, c’est le prix à ­ payer par les ménages les plus modestes pour ­isoler les combles de leur maison (jusqu’à 70 m2). Une opération simple et rapide qui permet ­d’économiser ensuite près de 25 % sur sa facture d’énergie. Pour bénéficier de ces travaux réalisés par des professionnels, il suffit de s’inscrire sur : www.pacte-energie-solidarite.com

Monkey Business-Fotolia

Grâce à internet, rien de plus facile que de trouver une place dans une voiture, que ce soit pour aller travailler tous les jours, ou pour aller ponctuellement rendre visi­te à des amis à l’autre bout du pays. C’est moins cher que le train et ça permet des rencontres. Pour trou­ver voiture et chauffeur correspondant à votre trajet, rendezvous sur : www.covoiturage.fr www.idvroom.com

Une formation pour un emploi DR

6 000

ASSOCIATIONS CHERCHENT VOLONTAIRES C’est le nombre de structures inscrites dans le réseau France Bénévolat qui depuis 10 ans rapproche bénévoles et associations. Vous aussi, donnez un peu de temps près de chez vous et retrouvez le bonheur de vous sentir utile en vous inscrivant sur : www.francebenevolat.org 6>

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© Isabelle Dutel

BONS PLANS

Covoiturage

Aux côtés des chirurgiens-dentistes, les a ­ ssistantes dentaires accueillent les ­patients, administrent le cabinet, gèrent la salle de soin… L’Académie d’art dentaire ­ Isabelle Dutel propose, à Paris, Bordeaux et Aixe n -­P r o v e n c e , une formation en alter­nance de 18 mois, gratuite, rémunérée et ouverte à toutes les candidates de plus de 18 ans, avec ou sans bac. Une ­formation accélérée de 12 mois est possible pour les adultes en reconversion. Renseignements et inscription sur : www.groupeipso.fr ou au 01 76 21 06 18


G. Danger/ Urba Images Server

Le site du bonheur Vacances pour tous L’ANCV, l’agence publique qui commercialise les chèques vacances auprès des employeurs, mobilise ses partenaires pour rendre les vacances accessibles au plus grand nombre. Sur www.depart1825.com, l’ANCV offre un coup de pouce financier aux 18-25 ans et propose des séjours à petits prix. Pour les plus de 60 ans, un programme leur est dédié avec des aides et un catalogue de destinations adaptées. Faites votre choix sur : http://seniorenvacances.ancv.com

DES PSYS GRATUITS À l’initiative de la Caisse ­ rimaire d’Assurance Maladie (CPAM) de Paris, P l’association Phare Enfants-Parents propose des séances gratuites chez un psychologue aux pari­ siens de moins de 18 ans présentant un risque ­suicidaire. Il leur suffit d’appeler le 01 43 46 00 62 pour convenir d’un premier rendez-vous. Évidemment, les parents ou les assistantes sociales peuvent ­également faire cette démarche à leur place.

UN CHÈQUE POUR LA SANTÉ L’Aide à la Complémentaire Santé (ACS) est destinée aux personnes aux revenus modestes qui ne bénéficient pas de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C). Elle prend la forme d’un chèque dont le montant, qui dépend de l’âge du bénéficiaire, varie de 100 € pour les moins de 16 ans à 550 € pour les plus de 60 ans (au 1er janvier 2014). Renseignez-vous auprès de votre Caisse d’Assurance Maladie.

Ras-le-bol des mauvaises n ­ ouvelles ? Découvrez : www.ma-b-a.org (b-a comme bonne action), le premier site de p ­ artage des petits bonheurs du quotidien. L’inscription est gratuite et la bonne humeur garantie !

AIDE JURIDIQUE ADUCAF est une association lyonnaise qui apporte un soutien juridique gratuit à tous ceux, en France, qui ont un litige avec leur Caisse d’Allocations ­Familiales (CAF), quelle que soit l’allocation concernée : RSA, aide personnalisée au logement, prestation d’accueil du jeune enfant… Renseignements au 07 81 97 58 40 (téléphone mobile) ou sur www.aducaf.org

Pour les mamans et les enfants

En plein centre de Paris, Happy ­Families réunit, dans un même espace, des ateliers pour enfants (éveil musical, DR motricité, loisirs créatifs, cours d’anglais…) et des activités pour adulte (coiffure, massage, cours de yoga…). Et propose aux mamans, pendant que l’on chouchoute leurs enfants, un bilan de compétences gratuit pour les aider à réussir leur vie professionnelle. Toutes les informations sont sur : www.happyfamilies.fr n°2 > nov. - déc. 14 >

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LA RENCONTRE de Le 2 septembre 2014, Alexandru, 6 ans, et Dan, 4 ans, font leur première rentrée scolaire. Un an plus tôt, ils dormaient dans la rue avec leurs parents et leur petit frère Sebastian… Leur rencontre avec l’écrivain Eliette Abécassis et son amie Rose, a changé leur vie. texte ◊ Nathalie Churlet |  photo ◊ Brigitte Couvreur

MARIA « En Roumanie, on vivait dans une cabane à la campagne. Vasile, mon mari, ne trouvait pas de travail. On nous a dit qu’il y en avait en France. Alors on est partis avec nos enfants… Quand on est arrivés à Paris, on dormait dans la rue. La nuit, Vasile, veillait, pour nous protéger. C’était dur. Heureusement des gens nous donnaient à manger, des couvertures, un matelas pour dormir… Un jour, Madame Eliette nous a trouvés. C’était la nuit, il faisait froid, je dormais. Quand elle m’a réveillée, j’ai eu peur, je ne comprenais pas ce qu’elle disait, je ne parlais pas français. Et puis j’ai compris qu’elle voulait nous aider. Elle nous a trouvé et payé un hôtel et on a pu se réchauffer et dormir.

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Après, elle a continué à nous aider, avec son amie, Madame Rose. Aujourd’hui encore, elles font beaucoup de choses pour nous ! Maintenant on habite dans un hôtel. Vasile cherche un travail. On apprend le français. C’est rassurant de savoir que cet hiver on sera au chaud. Mes enfants, Alexandru et Dan vont à l’école. Sebastian il est trop petit, alors il reste avec moi. Madame Rose vient le samedi, elle apporte des choses à manger, elle joue avec les enfants. Elle vient souvent à la sortie de l’école. Elle est même venue à la réunion des parents d’élèves ! Madame Eliette et Madame Rose sont gentilles, elles nous ont fait confiance. Elles nous donnent l’espoir, la chance et la force pour changer notre vie. »


REPÈRES 2011 -> Arrivée en France de Maria, Vasile et leurs enfants 28 octobre 2013 -> Rencontre avec Eliette Abécassis 20 juin 2014 -> Installation à l’hôtel « longue durée » 2 septembre 2014 -> Rentrée des classes

ROSE « Lorsqu’Eliette m’appelle, je suis mon cœur : on entend dire tellement de choses négatives sur les Roms, alors là, il faut que ça marche !  Un soir d’octobre 2013, devant un café de Saint Germain-des-Près, au centre de Paris, mon amie l’écrivain Eliette Abécassis remarque une femme et ses trois enfants qui dorment sur le trottoir. Elle appelle le 115 : « plus de place ». Elle décide alors de leur trouver un hôtel et recueille des fonds en lançant une chaîne de solidarité sur Facebook. Elle me demande ensuite de l’aider à les sortir de la rue. Je n’hésite pas une seconde. Dès le 15 décembre, ils sont accueillis pendant 3 mois au centre d’hiver de l’association Aurore1. Un lieu où l’on trouve un vrai réconfort. Mais il faut trouver une solution 1

http://aurore.asso.fr

durable. En Roumanie, cette famille avait déjà une forme d’indépendance : paysans, ils vivaient de leur travail manuel. Ils ont de la dignité, veulent s’en sortir. Depuis juin, avec l’aide d’associations, nous avons pu leur trouver un hôtel « longue durée » en banlieue parisienne. Les enfants ont fait leur rentrée des classes. On les aide pour l’achat des fournitures scolaires. Je suis impressionnée par leur motivation  et leur courage. Vasile fait déjà des petits boulots. Inscrit à Pôle emploi, il cherche un travail plus durable. Maria, Vasile et les enfants ne nous ont jamais déçues. Ils sont pleins d’attentions. Ils nous faisaient même des cadeaux alors qu’ils étaient à la rue ! Aujourd’hui ils savent où dormir, ça les a complètement transformés. Nous sommes sept amis rassemblés autour d’eux jusqu’à ce qu’ils se débrouillent seuls. Ils vont y arriver, j’en suis persuadée ! » n°2 > nov. - déc. 14 >

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n-Luc BERTINI J ea

Les 3 coups de… ALEXANDRE JARDIN Auteur et réalisateur, Alexandre Jardin est un homme engagé. On lui doit la création des asso­ ciations Lire et faire lire et Mille mots. Parrain du mouvement Unis-­Cités, il a fondé la plateforme Bleu Blanc Zèbre pour susciter l’engagement citoyen. Voici ce qui, en ce moment, le fait réagir. ◊ Sonia Déchamps

SON COUP DE CŒUR

Sans hésiter, ma rencontre avec Gilles de Labarre, le président de “Solidarités Nouvelles face au chômage, une association qui organise

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l’accompagnement individualisé de chômeurs longue durée. Du coup ceux-ci s’en sortent : 60 % d’entre eux retrouvent un emploi. C’est avec ce type d’homme que l’on fabrique des pays vivants, enthousiasmants ! Des personnes qui courent le risque de rencontrer vraiment les autres en passant à l’action.” www.snc.asso.fr

SON COUP DE MAIN aller vers l’emploi. Pas de blabla, je le sais personnellement : j’y ai envoyé des gens en rade qui, franchement, sont emballés ! C’est très professionnalisant ! Renseignez-vous en allant faire un tour sur leur site : www.webacademie.org et surtout répandez la bonne nouvelle !”

Web@cadémie

connaissez la Web@cadémie ? C’est une école gratuite pour “lesVous jeunes exclus du système scolaire et une vraie solution pour

L’ensemble de notre classe politique continue à croire que nous avons “besoin d’un homme providentiel et non d’un peuple providentiel capable de se prendre en main de manière adulte. Comment peuvent-ils ne pas voir que des solutions en France ne viendront pas d’en haut mais d’en bas ? Tout le monde le sait, sauf eux apparemment. Comment ne voientils pas qu’en trente ans, ils ont tué le marché de la promesse ?” Retrouvez le mouvement citoyen des Zèbres sur : www.bleublanczebre.fr 10 >

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© C.Paris/Urba Images Server

SON COUP DE GUEULE


Un compte SANS BANQUE

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EPUIS LE 11 FÉVRIER 2014,

il est désormais possible d’ouvrir facilement un compte et d’obtenir une carte de paiement, même quand on est interdit bancaire, sans ressource ou sans domicile fixe ! IL SUFFIT POUR CELA DE SE RENDRE DANS

signalisés “Compte-Nickel” (375 à ce jour), muni d’une pièce d’identité, d’un numéro de téléphone mobile, et de souscrire un abon­ nement annuel pour un montant de 20 €. L'UN DES BUREAUX DE TABAC

le compte est ouvert et on obtient immédiatement un compte avec un relevé d’identité bancaire (RIB) ainsi qu’une carte MasterCard de paiement et de retrait utilisable tout de suite partout en France et à l’étranger. EN MOINS DE 10 MINUTES,

SANS DÉCOUVERT POSSIBLE ET SANS

une fois ouvert, le Compte-Nickel est géré à ­distance : téléphone fixe ou mobile, ­internet. C’est au guichet, ­ d irectement

­C HÉQUIER,

­ uprès du ­b uraliste, que se font a les dépôts et retraits d’argent. Des frais sont ­prélevés, 0.50 € à chaque retrait chez un bura­liste, 1 € pour les retraits sur les distributeurs auto­m atiques. Attention, cela peut re­présenter une somme conséquente à la fin de ­l’année… Autre ­ i nconvénient par rap­ p ort aux banques classiques : l’absence d'interlocuteur profes­sionnel de la banque et donc de conseils. QUOIQU'IL EN SOIT, NICKEL OFFRE UNE

pour ­érer son argent au quotidien, g d époser et retirer des espèces, ­ effec­tuer des virements et mettre en place des ­prélèvements en toute sécurité. SOLUTION SIMPLE ET PRATIQUE ­

pour tous ceux qui ont du mal à se faire « accepter » par les banques et se trouvent quotidien­n ement confrontés à la difficulté de vivre dans une société où régler ses achats sans carte bancaire est ­d evenu mission (quasi) impossible ! UNE BONNE NOUVELLE

BUDGET

Le Compte-Nickel est un compte bancaire accessible à tous, sans condition de revenus ! ◊ Nathalie Churlet

Sans découvert possible et sans chéquier, une fois ouvert, le CompteNickel est géré à ­distance : téléphone fixe ou mobile, internet.”

Pour en savoir plus :

www.compte-nickel.fr

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J.C. Jaffré/ Urba Images Server

Épouses d’artisans, de commerçants, d’agriculteurs, elles ont travaillé à leurs côtés toute une vie. Mais quand vient l’heure des comptes, il ne reste plus grand chose. ◊ Guillaume Tixier

G.Danger/ Urba Images Server

BUDGET

Retraite des femmes

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ANS LES ANNÉES SOIXANTE,

j’ai travaillé huit ans dans une usine d’Evreux », se souvient Jacqueline, 83  ans. Puis elle a ouvert avec son mari une pâtisserie-­chocolaterie dans l’Eure. « Il s’occupait des gâteaux et moi du magasin ». Quand ils ont ­cessé leur activité, ils touchaient, à deux, près de 1 500 € de retraite. Mais, au décès de son époux, en mars 2014, tout a basculé pour Jacqueline.

(cf ci-contre). Moins de 400 € par mois pour toute une vie de t­ ravail ! » ­s’exclame-t-elle. Heureusement, elle est propriétaire de la maison qu’elle occupe et peut compter sur le soutien de son fils. Ce qui est loin d'être le cas de tout le monde.

> UNE ALLOCATION DE SOLIDARITÉ dont les maris n’ont pas déclaré l’activité, se retrouvent avec des pensions qui leur permettent à peine de survivre. Elles ont pourtant des droits, même si parfois, comme Jacqueline, elles l’ignorent. Notamment celui de ­percevoir, quand leur retraite est inférieure à un plancher, l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (Aspa) qui a remplacé, en 2006, le minimum vieillesse. DE NOMBREUSES FEMMES,

> 400 € PAR MOIS « C'est mon mari qui s’occupait de toute l’administration. Ça n’a pas été simple de savoir à qui s’adresser et quels papiers fournir pour calculer ma pension de réversion . Finalement, je vais toucher, en tout et pour tout, 300 € d’une caisse de retraite , 35 € d’une autre et 31 € d’une troisième 12 >

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PENSION DE RÉVERSION Attribution au conjoint d’un assuré décédé (avant ou après son départ en retraite) d’une partie de sa pension de retraite.

CAISSE DE RETRAITE Organisme qui gère les différents régimes de retraite (de base et complémentaires) selon les secteurs d’activités : Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), caisses Arrco ou Agirc pour les salariés, RSI pour les artisans et commerçants, MSA pour les agriculteurs, RAFP pour la fonction publique… Si vous avez travaillé dans différents secteurs, vous relevez de plusieurs caisses de retraite…


Gilles Rigoulet

Moins de 400 € par mois pour une vie de travail, vous vous rendez compte ? ”

Faute de connaître ses droits, Jacqueline, retraitée en Normandie, se retrouve quasiment sans ressources à la mort de son époux.

> CONNAÎTRE SES DROITS « Mon mari était ouvrier agricole et je m’occupais de la maison. Avec l’Aspa et la pension de réversion que je perçois depuis neuf ans, j’arrive à 700 € par mois », explique Simone, 79  ans. De quoi subsister dans sa Creuse ­natale, « à condition de ne pas faire de fantaisie et de ne pas avoir de loyer à régler » tempère-t-elle.

i BONNE NOUVELLE L’Aspa a été revalorisée au 1er octobre 2014. Son montant, qui dépend des ressources et de la situation familiale, doit permettre, pour une personne seule, un revenu minimum mensuel de 800 €.

Plusieurs sites permettent de mieux s’informer sur la retraite : www.info-retraite.fr www.lassuranceretraite.fr www.social-sante.gouv.fr

P. Andrieu/ Urba Images Server

Il est également possible d’aug­ men­ter le montant de sa r­etraite si on a eu et élevé des ­enfants. La ­majoration s’élève à 10 % dès trois enfants. Encore faut-il le savoir et le demander à sa caisse de retraite. N’hésitez pas à prendre conseil auprès de votre Centre communal d’action sociale (CCAS) en mairie.

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BUDGET

Le langage de L’ARGENT Difficile de gérer un budget, surtout quand on ne maîtrise pas le ­« langage de l’argent ». Voici un mini lexique pour mieux compren­dre son banquier ! ◊ Sonia Déchamps > AGIOS Quand une personne dépense plus d’argent qu’elle n’en a sur son compte en banque, ce dernier est dit « à découvert ». Un découvert est un crédit : les agios sont des intérêts que l’on rembourse. Leur taux (voir plus bas) dépend du caractère autorisé ou non du découvert, de son montant et de sa durée.

> COMMISSION D’INTERVENTION Somme perçue par la banque lors du paiement d’une opération par chèque, carte ou autre, alors qu’il n’y a pas assez d’argent sur le compte ­(découvert non autorisé ou dépassement de découvert autorisé). La commission d’intervention est perçue en plus des agios. Ces frais ne peuvent dépasser ni 8 € par ­opération, ni 80 € par mois. Ils sont limités à 4 € par opération et 20 € par mois pour les clients ­consi­dérés comme « fragiles ».

> CRÉDIT Somme d’argent que l’on demande à une banque ou à un établissement de crédit de nous prêter. L’argent emprunté est très rarement g ­ ratuit, il faut payer des intérêts et très ­souvent une as­surance, comme par exemple l'as­ surance décès invalidité (ADI). Si un de ces risques survient, l’assurance prend à sa charge le remboursement des mensualités, en totalité ou en partie.

> DROIT AU COMPTE Toute personne qui n’a pas de compte ban­ caire, et à qui une banque a refusé d’ouvrir un compte, a le droit de demander à la Banque de France de lui d ­ ésigner un établissement auprès duquel elle pourra ouvrir un compte. Ce compte, qui inclut 10 services de base (dont une carte bancaire), est gratuit.

> INTERDIT BANCAIRE Procédure que le banquier peut déclencher si l’on fait un chèque sans avoir la somme ­suffisante sur notre compte (on appelle cela un chèque sans ­provision). Elle concerne le compte 14 >

n°2 > nov. - déc. 14

sur lequel le chèque impayé a été émis, ainsi que tous les autres comptes que l’on peut avoir dans d’autres banques. Ses conséquences sont limitées : elle ne vise que l’interdiction d’émettre des chèques. Elle dure 5 ans maximum et prend fin dès lors que l’on a payé ses dettes à ceux à qui on a fait des chèques sans provision.

> RACHAT (OU REGROUPEMENT) DE CRÉDIT Opération qui peut être proposée lorsque l’on ­n’arrive pas à rembourser ce que l’on doit chaque mois. Elle consiste à rassembler plusieurs ou l’ensemble de ses crédits en cours de rembour­ sement en un seul crédit, et souvent à rallonger la durée du crédit pour en diminuer les mensualités. Cela permet de n’avoir plus qu’un seul interlo­ cuteur, une seule mensualité, une seule durée de crédit. Ce système est à uti­liser avec ­prudence car l’opération n’est pas gratuite : on rembourse moins chaque mois, mais plus au total.

> SURENDETTEMENT On parle de surendettement quand une personne qui a emprunté de l’argent n’arrive plus à rem­ bourser ce qu’elle doit, y compris ses factures et ses loyers.

> TAUX D’INTÉRÊT Quand une banque prête de l’argent, il s’agit d’un service qu’il faut payer. Le taux d’intérêt est le prix que l’on doit payer pour profiter, pendant une période donnée, de la somme qui est prêtée par la banque.

i LE SITE, LA FINANCE POUR TOUS

a pour mission d’expliquer simplement les questions d'argent et de finance. www.lafinancepourtous.com


Brigitte Couvreur

pour S’EN SORTIR

P

LANIFIER, C’EST MON MÉTIER ,

affirme Yaël, titulaire d’un master en organisation et gestion industrielle, un diplôme qui ne l’a pas empêchée de se retrouver au RSA. « À l’issue d’un stage, j’ai perdu mes droits au chômage. Pas facile, pour une femme de 43 ans, de retrouver du travail comme conductrice de travaux dans l’univers du bâtiment ! Sans revenu, avec mon fils à élever, je me suis inscrite au RSA en janvier 2013. Je retirais 100 € le lundi, et il fallait tenir jusqu’au dimanche. Je payais tout en liquide, et n’utilisais plus ni carte bancaire, ni chéquier. Pour m’en sortir, je comptais tout, au centime près. J’ai fait un tableau1 où je notais scrupu­ l eusement, chaque semaine, toutes les entrées et sorties d’argent. Suivre de près ses dépenses permet d’en prendre conscience et de les réduire », ­raconte-t-elle.

1 Un tableau semblable à celui de notre fiche « Tenir un budget familial », pp. 27-28.

En 2013, Yaël a perdu son emploi puis son frère. Pour son fils de 11 ans, et parce qu’elle ne baisse jamais les bras, elle a su r­ emonter la pente. Grâce à un tableau et à ses amis. ◊ Guillaume Tixier

éprouvée en plus par la mort de son frère dans un accident de moto, Yaël se bat pour survivre. Ses amis l’entourent, la soutiennent avec tact. Ils l’invitent au restaurant, elle les convie à la maison où elle cuisine des produits frais achetés au marché, bien moins chers que les plats préparés. Elle envoie des centaines de candidatures, passe quelques entretiens. En juillet, elle retrouve espoir avec un contrat de trois mois. Mais conséquence inévitable : six mois plus tard, elle voit ses allocations passer de 450 € à 120 €. PENDANT UN AN,

en avril 2014, un poste de responsable d’entretien et de maintenance dans un établissement public. « C’était une grande chance. Ce contrat d’un an m’a véritablement sauvée. Aujourd’hui, je suis loin d’être ­sécurisée, mais depuis que je ­perçois à nouveau un salaire, je ne suis plus inquiète, explique Yaël. Je sais que j’ai des ressources, et que je suis très bien entourée ! ». HEUREUSEMENT, ELLE DÉCROCHE,

J’ai fait un tableau où je notais scrupu­ leusement, chaque semaine, toutes les entrées et sorties d’argent. Suivre de près ses dépenses permet d’en prendre conscience et de les réduire.”

Sur le site de l’Institut National de la Consommation, téléchargez un tableau comptable Excel, semblable à celui de Yaël. Sur : www.conso.net, cliquez sur Vos droits, puis, colonne de gauche, sur Calculez votre budget.

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BUDGET

Faire ses comptes


Brigitte Couvreur

Brigitte Couvreur

BUDGET Soraya, Fabrice et André aident les familles du quartier à maîtriser leurs dépenses de chauffage ou d’électricité, mais aussi à effectuer des démarches administratives ou à utiliser un ordinateur.

CHAUFFAGE : éviter la coupure

Le froid arrive. Pas facile quand le budget est serré de régler les f­ actures d’énergie. Des gens, dits médiateurs, aident les familles à gérer les ­impayés et à réduire l’addition. ◊ Clarisse Briot L’ASTUCE

Faites un relevé du compteur avant chaque facture, pour ne pas vous retrouver piégé par les estimations sur lesquelles se base le fournisseur d'énergie (EDF, GDF, Eau, …) pour calculer votre facture. Ainsi, c’est la consom­ mation réelle qui sera prise en compte. Pas de mauvaise surprise à l’ouverture du courrier !

D

EVANT UNE FACTURE DE

que l’on ne peut pas payer, un réflexe : les guichets des PIMMS (Point Information Médiation Multi Services), une structure qui fait le lien entre les usagers et les fournisseurs d’énergie, comme EDF et GDF Suez. « La personne se présente chez nous, sans rendez-vous, avec ses factures, explique André Dies, responsable d’une antenne à Paris. Elle est reçue par un médiateur qui analyse sa situation puis téléphone au Pôle ­ soli­darité de l’entreprise pour trouver une solution ». LE MÉDIATEUR NÉGOCIE UN ÉCHÉANCIER

pour permettre un remboursement étalé des impayés. Attention, quand

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Brigitte Couvreur

GAZ OU D’ÉLECTRICITÉ


i Chaque année, les PIMMS mènent, en partenariat avec GDF-SUEZ, dans les quartiers populaires de certaines grandes villes, une campagne de prévention des dangers du gaz et de sensibilisation aux éco­nomies d’énergie. Des médiateurs font du porte-à-porte et, au cours d’une rencontre d’une dizaine de minutes, ils vérifient la conformité des installations de gaz et prodi­ guent des conseils de sécurité en cas de fuite. Ils donnent égale­ ment des pistes pour consommer moins et ainsi faire baisser la facture.

Brigitte Couvreur

LES PIMMS CHEZ VOUS AVEC L’OPÉRATION ISIGAZ

Soraya, une agent du PIMMS Paris, vient directement chez l’habitant vérifier la conformité des installations de gaz.

www.pimms.org

JÉRÉMIE, 42 ANS

les dettes accumulées sont trop importantes, le PIMMS ne peut pas agir. Il faut donc frapper à sa porte le plus tôt possible. « Trop de person­ nes préfèrent ne pas ouvrir leurs factures et repoussent indéfiniment le problème », témoigne André Dies. PRÉVENIR LES IMPAYÉS, les 60  PIMMS repartis sur tout le t er­ ­ r itoire aident également les familles à ­r éduire leur consom­ mation d’énergie. Les médiateurs enseignent des gestes simples, comme abaisser la température dans les chambres, fermer les radiateurs avant d’aérer, laver le linge à 30°, ne pas mettre les appareils en mode veille, prendre des douches courtes ou encore couvrir les casseroles pour faire chauffer de l’eau.

« Il y a trois hivers de cela, j’ai reçu une facture d’électricité de 850 euros. Je suis tombé de haut. EDF m’a dit que c’était une régularisation. Étant au RSA, je n’ai pas pu faire face à cette somme. Sans aide, c’était terrorisant. Alors je me suis présenté au PIMMS, qui a appelé EDF. La coupure a été évitée. Un échéancier a été mis en place, avec remboursement de 50 euros par mois. J’ai pu tout rembourser au fur et à mesure. »

POUR

LES AIDES FINANCIÈRES > Les tarifs sociaux : pour en profiter, il faut être bénéficiaire de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Pas de démarche particulière à faire, la réduction est automatiquement appliquée par le fournisseur d'énergie au vu de votre attestation CMU. > Les aides sociales : faites une demande auprès du Fonds de Solidarité pour le Logement de votre département ou des services sociaux de votre commune.

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Révision, réparation… dans les garages associatifs, les automobilistes participent ! En France, une ­centaine de garages solidaires leur proposent de mettre les mains dans le cambouis pour profiter de petits prix. ◊ Sonia Déchamps

Sonia Déchamps

À PETITS PRIX

D

ERRIÈRE LES LARGES PORTES DU « GARAGE MODERNE 

une vieille caravane fait office de bureau. Accoudée à un comptoir vert foncé, « Domi » accueille les adhérents. « On en compte 5 000 ! », ­précise la chef d’atelier, sans cesse en mouvement. DE BORDEAUX,

> ADHÉRENT OU MÉCANO ? DANS UN COIN NON LOIN DE L’ENTRÉE,

> PARTICIPER POUR ÉCONOMISER DANS

LES

GARAGES

ASSOCIATIFS,

vous avez le choix de participer ou non à la réparation de votre véhicule. « Nous, on préfère que la personne s’investisse, explique Dominique. On veut que les gens s’intéressent, qu’ils puissent se débrouil­ler tout seul si leur véhicule 18 >

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retombe en panne. S’ils nous ­lais­sent juste la voiture, ça leur coûte plus cher ». Au Garage Moderne, la cotisation ­annuelle est de 51 € (35 € pour les étudiants, les chômeurs, les retraités…). Il faut ensuite payer la main d’œuvre : 46 € de l’heure si le ­ mécanicien effectue seul la ­réparation, 28 € si le ­propriétaire du véhicule l’aide. Une pièce à ­changer ? Le garage n’en vend pas,

Sonia Déchamps

combinaisons, blouses, pantalons et chaussures attendent les visiteurs. « Certains arrivent en tongs », s’amuse Dominique. Pas pratique pour faire de la mécanique. À côté du vestiaire : deux hommes concentrés sur un utilitaire Mercedes gris. L’un est en combinaison verte, l’autre en pantalon de travail bleu. Qui est l’adhérent, qui est le mécanicien ? Difficile à dire.

Sonia Déchamps

BUDGET

Réparer sa voiture


Sonia Déchamps

LES VÉLOS DU GARAGE Au fond du garage : l’atelier vélo. L’adhésion annuelle est de 6 €. Le principe est le même que pour la partie auto : la main d’œuvre est facturée 18 € de l’heure, 13 € si le cycliste participe. Il est aussi possible de demander à simplement avoir accès à un poste de travail, pour 5 €. Le Garage Moderne vend aussi des vélos d’occasion à petits prix.

mais Dominique est là pour ­orienter ­l’adhérent : « On connaît tout le monde, on sait où il faut aller. Pas question de se faire arnaquer ».

i

> UNE QUESTION DE SOLIDARITÉ

PLUS D’INFOS

Gilles, l’un des quatre mécaniciens auto, ­ausculte le Combo Opel blanc de Mickaël. Verdict : il faut ­changer le ­répartiteur. «  On va lever la voiture, nettoyer, et regarder la référence exacte », ex­pli­­que Gilles. Vérification faite sur internet  : la pièce à changer coûte aux alen­tours de 250 €. Face à l’écran de l’ordi­nateur installé contre la ­caravane centrale, Mickaël fait ses comptes. Il parle un court ­instant argent avec Dominique, puis la conversation prend une tournure plus ­personnelle. « Les gens ne viennent pas que pour la mécanique », explique Dominique. On veut bien la croire.

www.legaragemoderne.org

UN PEU PLUS LOIN,

Retrouvez le « Garage Moderne » sur :

Où trouver un garage associatif ? Rendez-vous sur : www.selfgarage.org Enfin, Renault, à travers son programme Mobiliz, développe un réseau de garages solidaires qui pratiquent des prix de 30 à 50 % inférieurs à ceux du marché, à l’intention des clients adressés par les asso­ ciations ou les services sociaux…

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DE L’EMPLOI pour

Les jeunes issus de l’immigration sont les plus durement touchés par le chômage. Pour les aider à accéder aux études supérieures et aux postes à responsabilités, des entreprises vont à la recherche de talents dans les quartiers. ◊ Marianne Martin dit Neuvillle

U

NE ADRESSE DANS UNE

un nom d’origine étrangère, une couleur de peau… Certains recruteurs écartent encore des CV juste parce qu’ils sont « différents ». Une pratique pourtant interdite. Heureusement, d’autres au contraire ont compris que des profils variés étaient un atout pour l’entreprise et donnent leur chance à des jeunes d’origines et de milieux sociaux différents. ZONE SENSIBLE,

> FACILITER L’INSERTION DES JEUNES DIPLÔMÉS DES QUARTIERS DES ASSOCIATIONS SE MOBILISENT

pour faciliter l’intégration professionnelle des jeunes issus des quartiers populaires. Mozaïk RH, par exemple, en a fait sa spécialité. Ce cabinet de recrute­ment centré sur la diversité fait le lien entre les entreprises et les jeunes diplômés (Bac+2 à Bac+5). « Souvent ces candidats n’ont pas accès à l’information et manquent de réseau ; nous leur proposons des offres provenant d’entreprises qui cherchent à recruter en sortant des sentiers battus  », explique Estelle Barthélémy, Directrice générale adjointe chez Mozaïk RH. Certains jeunes bénéficient d’un programme d’accompagnement qui les aide 20 >

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Brigitte Couv reu r

TRAVAIL

les jeunes des quartiers

ARMINÉ

a été accompagnée par Mozaïk RH.

« Après un bac+5 dans le tourisme et plusieurs stages et contrats à durée déterminée, j’avais absolument besoin de trouver un emploi stable. Je cumulais les désa­van­ tages : d’origine arménienne, j’étais issue des quartiers et je postulais dans une filière qui ne recrute pas. J’ai rencontré Mozaïk RH et j’ai eu la chance d’être s­ oute­nue par un parrain. Aujourd’hui, je travaille dans le tourisme d’affaires, le métier de mes rêves. Mais j’ai appris une chose : la discri­mination existe vraiment, elle peut toucher tout le monde. On peut être rejeté pour son âge, sa taille, parce qu’on n’habite pas au bon endroit… Finalement le fond du problème n’est pas là. Pour trouver du travail, il faut créer son propre réseau. Inscrivezvous aux associations de votre quartier, dites que vous ­cher­chez un emploi, prenez un job même si c’est pour un mois… L’essentiel est de multiplier les rencontres ! Un jour, ça paye. » à trouver un travail à la ­hauteur de leurs c­ompétences. Mais, ­précise-t-elle, «  les demandes sont ­supérieures aux offres et il reste encore beaucoup à faire pour que la diversité soit considérée par tous comme un atout de performance ». AUTRE EXEMPLE, NQT (NOS QUARTIERS ONT DES TALENTS). Grâce à un système

de parrainage, cette ­ a ssociation

i BON À SAVOIR Les Missions locales épaulent les jeunes dans leur recherche d’emploi, de formation ou même de logement : www.mission-locale.fr


Brigitte Couvreur

Arminé et son parrain, Xavier, directeur de projets chez SAP, un groupe leader dans le secteur du logiciel informatique.

aide les jeunes diplômés Bac+4 et plus, issus de quartiers dits « prioritaires » ou de milieux sociaux défavorisés, à décrocher un emploi. En 2013, plus de 4 000 jeunes ont bénéficié du dispositif.

> PROMOUVOIR L’ÉGALITÉ DES CHANCES DES PLUS JEUNES

MÊME

COMBAT

POUR

L’INSTITUT

qui donne un coup de pouce à des collégiens et lycéens brillants et motivés issus de milieux défavorisés. Les jeunes sélectionnés bénéficient d’un soutien financier et d’un tutorat (ils sont accompagnés pendant leur scolarité par un salarié d’entreprise). Grâce à 32 entreprises partenaires, plus de 500 jeunes ont obtenu le soutien de Télémaque ­depuis 2005. TÉLÉMAQUE

DES DISPOSITIFS COMME PASSEPORT

accompagnent les étudiants issus de milieux populaires jusqu’à l’obtention de leur diplôme dans les grandes écoles ou dans les filiè­res d’excellence. Depuis 2005, 13 960 étudiants ont ainsi bénéficié pendant leur sco­larité du soutien de professionnels, d’ateliers collectifs (recherche de stage, préparation aux épreuves orales, découverte des métiers…) ou encore de cours d’orthographe ou d’anglais. AVENIR

www.mozaikrh.com www.nqt.fr www.passeport-avenir.com www.institut-telemaque.org

Pour trouver du travail, il faut créer son propre réseau. L’essentiel est de multiplier les rencontres ! Un jour, ça paye.”

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5 CONSEILS pour

bien commencer

TRAVAIL

Jean-Marc Fleury, expert en ressources ­humaines, explique comment réussir son arrivée dans une nouvelle entreprise ◊ Sonia Déchamps 1 > SOIGNEZ VOTRE ARRIVÉE Les premières impressions sont importantes. « Pour être sûr d’être à l’heure, prévoyez d’arriver en avance, conseille Jean-Marc Fleury, directeur général de Canopée, un cabinet de conseil en ressources humaines. Il faut soigner son apparence, avoir les ongles propres, être coiffé, ne pas avoir de tâches sur ses vêtements… », prévient l’expert qui a été directeur des ressources humaines dans de grands groupes français.

2 > PRÉSENTEZ-VOUS Prenez le temps de vous présenter simplement à vos collègues et supérieurs : « Bonjour, je m’appelle Martine, je suis la nouvelle vendeuse. » Vous sortez d’une période de chômage ? Inutile de raconter votre vie. Laissez les autres salariés parler d’eux, de leur parcours. Montrez que vous êtes à l’écoute des autres.

3 > INTÉGREZ-VOUS Soyez attentif : vouvoiement, tenues vestimentaires, pauses, horaires, etc. Observez et… faites comme les autres. « Si, le matin, vos collègues prennent le café ensemble, accompagnez-les, recommande Jean-Marc Fleury. De manière générale : montrez que vous êtes content d’avoir intégré l’équipe. Souriez ! Vous êtes observé. »

4 > ÉCHANGEZ AVEC VOTRE RESPONSABLE « Pour répondre aux mieux aux attentes de votre employeur, allez voir votre chef, conseille JeanMarc Fleury. Posez-lui des questions concrètes : qu’est-ce que vous attendez de moi ? Comment voulez-vous que je fasse ? » Il verra ainsi que vous êtes investi.

5 > SOYEZ RESPECTUEUX DU MATÉRIEL « Pensez à manier les outils de travail avec ­précaution  », comme s’il s’agissait de vos propres outils. « N’empruntez rien, même temporairement  » et soyez attentif à ne rien emporter chez vous sans le vouloir, ne serait-ce qu’un stylo.

VOUS ALLEZ RÉUSSIR ! On vous a recruté car on pense que vous avez toutes les qualités requises pour ce poste. Ayez confiance en vous ! Ne vous mettez pas trop la pression et tout va bien se passer.

CARTON ROUGE Attention à ne pas dire du mal de votre ancien patron et à ne pas comparer votre nouveau poste à vos précédents emplois. C’est maladroit. De même, ne vous renseignez pas sur les congés dès les premiers jours !

F. Achdou/ Urba Images Server

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DR

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AUTO-ENTREPRENEUR : En France, on compte plus d’un million d’autoentrepreneurs. En cinq ans d’existence, ce régime a séduit salariés, chômeurs, étudiants, retraités… Envie de créer votre petite entreprise ou d’avoir un revenu complémentaire ? Avant de vous lancer, pesez le pour et le contre ◊ Marianne Martin dit Neuvillle

DES AVANTAGES… > Une simple déclaration sur internet suffit : pas besoin d’immatri-

TRAVAIL

des avantages, quelques défauts Pour en savoir plus :

www.lautoentrepreneur.fr 0821 08 60 28 (0,15 € TTC/min)

www.apce.com

L. Bertau/ Urba Images Server

culation au Registre du Commerce et des sociétés (RCS) ou au Répertoire des métiers1. > Vous payez vos cotisations sociales en fonction de votre chiffre d’affaires. Pas d’activité = pas de charges sociales. > Sous certaines conditions, vous pouvez opter pour le versement libé­ ratoire de l’impôt. Cela consiste à payer l’impôt en même temps que les charges sociales. > Une comptabilité ultra-légère : il suffit de tenir un livre des recettes et des dépenses. > Vous ne facturez pas de TVA, donc pas de déclaration à faire… et des tarifs plus bas. > Pendant trois ans, vous êtes exonéré de contribution économique territoriale (ex-taxe professionnelle).

… ET QUELQUES INCONVÉNIENTS > Le chiffre d’affaires annuel est limité à 82 200 € pour les activités

R. Thurin/ Urba Images Server

de ­commerce et de fourniture de logements, et à 32 900 € pour les prestations de services (montants des plafonds en 2014). > Vous ne pouvez pas déduire vos frais professionnels de votre chiffre d’affaires pour le calcul des impôts. >  Vous ne récupérez pas la TVA payée sur vos dépenses et investis­ sements (informatique, etc.). >  Pour valider des trimestres de retraite, vous devez réaliser un ­minimum de chiffre d’affaires. >  Il n’y a pas de différence entre vos patrimoines personnel et ­professionnel  : si vous avez des dettes, vos biens personnels peuvent être saisis. > Toutes les activités n’ont pas accès au statut d'auto-entrepreneur. >  Bon à savoir : l’auto-entrepreneur peut bénéficier, sous certaines ­conditions, du maintien partiel de son allocation chômage. Mais en cas de cessation d’activité, il ne sera pas pris en charge par Pôle Emploi et ne ­pourra pas recevoir d’allocation chômage. 1 Sauf pour une activité artisanale exercée à titre principal.

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jouets et salariés

Brigitte C ouv re ur

REJOUÉ RÉPARE

TRAVAIL

L’association Rejoué donne une seconde vie aux jouets usagés tout en permet­tant à des personnes éloignées de l’emploi de revenir dans la vie active. Allons voir comment opère la magie. ◊ Concepcion Alvarez

D

ERRIÈRE DES PILES DE JEUX

entre des cartons remplis de figurines, Zohra, blouse blanche sur le dos, s’active. À 58 ans, cette mère de cinq enfants, a retrouvé la joie de vivre ici, à l’atelier de Rejoué. « C’est un bonheur de venir travailler. Je répare un jouet comme si c’était mon chef-d’œuvre. Mes enfants sont fiers de moi. » Licenciée pour raisons économiques en 2011, elle ne parvient pas, sans doute en raison de son âge, à retrouver un emploi. Jusqu’à sa rencontre avec l’association Rejoué. DE SOCIÉTÉ,

REJOUÉ EMBAUCHE CHAQUE ANNÉE 14

en contrat d’insertion et propose des formations adaptées au profil de chacun, ainsi que des stages en entreprise. Un accompagnement social et professionnel est mis en place. « On règle d’abord les problèmes de logement, de santé, de papiers, avant de s’attaquer au travail, explique Pascale Latalud, la responsable de l’atelier, puis on réfléchit avec eux à leur avenir. Ici, ils ont un an pour faire le point. » C’EST CE TEMPS DONNÉ À LA RÉFLEXION

la quarantaine. Pendant douze ans, il a enchaîné les CDD dans la logistique événementielle. « C’était épuisant, j’avais envie de me reconvertir. » Chez Rejoué, il s’occupe de trier QUI A CONVAINCU PHILIPPE,

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Brigitte Couvreur

SALARIÉS

FÊTEZ NOËL AVEC REJOUÉ La boutique propose des jouets en parfait état, entre 50 et 70 % moins chers que le prix du marché. Une bonne action pour l’association mais aussi pour votre porte-monnaie. > Centre commercial Gaité | 80 avenue du Maine | 75014 Paris (ouverte du mercredi au samedi de 11h à 19h) > Des ventes sont également organisées sur : http://rejoue.asso.fr/catalog/


Brigitte Couvreur

INFOS PRATIQUES

i

> Contrat de travail de 26 heures hebdomadaires.

Brigitte Couvreur

> Salaire : 1 073,75 e bruts par mois (tickets-restaurant et moitié du Pass Navigo remboursée)

UN AN APRÈS, QUE SONT-ILS DEVENUS ?

Brigitte Couvreur

FATOU, 34 ANS, VENDEUSE DANS LE PRÊT-À-PORTER POUR ENFANTS

DR

les jouets. Un sacré travail puisque, chaque année, l’association en collecte 12 à 13 tonnes et en remet à neuf un peu plus de la moitié. « C’est un vrai centre de tri », ditil en ­plaisantant. Il ne sera donc pas dépaysé quand il occupera son futur poste. Philippe a choisi de devenir facteur et s’apprête à suivre une formation à La Poste. « Il faut être acteur de sa vie, conclut Pascale Latalud, et tout tenter. »

« À la fin de mon année d’insertion, Rejoué m’a aidé à trouver un stage comme vendeuse qui s’est très bien passé. C’est par le bouche-à-oreille que ma patronne a entendu parler de moi. Quand j’ai signé mon CDI, je n’arrivais pas à y croire, je n’aurais pas pu rêver mieux. Depuis la rentrée, je suis une formation pour prendre de nouvelles responsabilités. Rejoué m’a appris à donner le meilleur de moi-même et ça fonctionne. »

GILLES, 42 ANS, EN BTS MANAGEMENT

« J’ai découvert les métiers de la vente avec Rejoué et je me forme actuellement pour être responsable de magasin. L’insertion m’a regonflé à bloc, m’a mis le pied à l’étrier et m’a redonné confiance en moi. À l’époque, je sortais de la rue, j’avais cette étiquette de perdant. Aujourd’hui, je bosse comme un fou, j’ai trouvé ma voie et je suis sûr de m’en sortir. » n°2 > nov. - déc. 14 >

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i

Jean-Paul Pelissier

TRAVAIL

SE FAIRE AIDER PAR CVSTREET > Si vous cherchez du travail activement à Marseille, > Si vous avez envie d’aider les autres, > Si vous acceptez de coller votre cv dans la rue, Envoyez votre cv à :

cvstreet.org@gmail.com

Demandeurs d'emploi, collez VOTRE CV DANS LA RUE

L’association CVStreet, lancée à Marseille en juillet 2012, s’est donnée pour mission d’aider les chômeurs à retrouver un emploi en s’appuyant sur l’entraide. Tout simplement. ◊ Concepcion Alvarez

E

T SI LA SOLUTION ÉTAIT

C’est en tout cas comme ça que l’association CVStreet voit les choses. Pour lutter contre le chômage de façon concrète, elle a affiché des ­portraits grandeur nature de personnes en recherche d’emploi… dans les rues de Marseille. On a ainsi pu ­croiser « Fleuriane, rédactrice chevron­née », ou encore « Denis, jardinier rapide et efficace ». D’OSER ?

« CE N’EST VRAIMENT PAS COMPLIQUÉ

de trouver du boulot à quelqu’un quand on s’y met à plusieurs », assure Cyril Slucki, le fondateur du projet. Il a ainsi réuni un groupe de bénévoles devenus coachs. Au programme : aide à la rédaction des CV et lettres de motivation, mais surtout partage du carnet d’adresses et mise en réseau. « Notre mot 26 >

n°2 > nov. - déc. 14

d’ordre c’est l’entraide. Je demande à chaque personne qui a retrouvé un travail grâce à nous, d’accompagner à son tour quelqu’un ou de monter une association afin de propager nos idées. Ensemble, nous pouvons innover », explique Cyril Slucki.

UNE PHILOSOPHIE QUI PORTE SES

le taux de réussite est de 90 % parmi les demandeurs d’emplois. L’objectif maintenant est «  de transformer les spectateurs en acteurs » pour que chacun se mobilise contre ce fléau qui touche cinq millions de personnes. « On connaît tous quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un… qui cherche à embaucher. » Le tout est d’enclencher cette chaîne de solidarité et d’oser. FRUITS :

UN FILM POUR ALLER PLUS LOIN Pour inspirer le plus de monde possible, l’ensemble de la démarche de CVStreet a été filmé et a donné naissance à CVStreet le film, un docu-fiction de 92 minutes, qui sortira en salle en 2015, et dont la bande annonce est disponible sur le Net. www.cvstreet.org/film


fiche n°1 TENIR UN BUDGET FAMILIAL ◊ Anne-Sophie Novel

À QUOI SERT UN BUDGET ? Prévoir et gérer son budget familial permet d’éviter les mauvaises surprises

en fin de mois.

Noter ses revenus et ses dépenses au fur et à mesure donne une marge de manœuvre

pour faire plus facilement face aux imprévus.

Excellent outil aussi pour éviter les recours excessifs au crédit.

L’ARGENT QUI SORT

  

> Identifier les charges fixes en début de mois. Il s’agit des dépenses auxquelles vous ne pouvez échapper : loyer ou rembour­ sement d’emprunt immobilier, pensions alimentaires, cartes de transport, mutuelle, abonnements internet et téléphone, remboursement de mensualités de crédits divers. Leur montant est généralement identique d’un mois sur l’autre. > D’autres dépenses reviennent tous les mois mais leur montant varie selon votre consommation (facture d’électricité, chauffage, eau, téléphone, etc.) On peut les anticiper en faisant la moyenne des dépenses des mois précédents. > Certaines charges peuvent être mensua­ lisées pour mieux prévoir. Par exemple, les assurances voiture et habitation, les impôts, taxes foncière et d’habitation, ou les charges de copropriété. Il suffit de diviser par douze le montant annuel. Le total de toutes ces charges représente ce que vous dépensez chaque mois. 2

L’ARGENT QUI RENTRE

  

> Lister l’ensemble de vos rentrées d’argent. Salaires, allocations chômage, indemnités maladie longue durée, pensions de retraite, aides (allocations logement, RSA, etc.), pen­ sions alimentaires perçues… Tout cela forme les recettes de votre budget.

En soustrayant les charges fixes aux recettes, on obtient un montant appelé le « reste à vivre ». Ce qu'il reste pour manger, s’habiller, se soigner, sortir... 3

L’ÉPARGNE

  

Essayez tant que possible, chaque mois, de mettre un peu d’argent de côté. Cela permet de disposer d’une réserve en cas d’urgence. Même si cette somme est petite (10 € par mois par exemple), elle vous permet de créer une respiration dans votre budget. Le mieux, pour la constituer, est de program­ mer un virement automatique du compte sur lequel arrivent vos revenus à votre compte épargne. Ainsi, vous économisez pour faire une grosse dépense exceptionnelle, partir en vacances ou monter un projet qu’il faudra financer. 4

LE SUIVI

  

Bien gérer son budget, c’est aussi prendre de bonnes habitudes : faire ses comptes régulièrement, chaque semaine ou une fois par mois. Conservez les tickets de caisse, les factures, les relevés de comptes, les talons de chèques afin de reporter les montants dans le tableau de suivi de votre budget (voir au dos). Classez l’ensemble de ces documents dans des pochettes ou des classeurs.

n°  2 > nov. - déc. 14 >

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LA SUITE AU DOS

1


GRILLE DE BUDGET JANV

FÉV

MARS

Solde du mois précédent

Salaire

Allocation chômage / RSA

Revenu de formation

Bourse étudiante

Aides sociales ou aides au logement

Aide de la famille

   

   

   

Téléphone/internet

       

       

       

Téléphone mobile

     

     

     

     

     

     

   

   

   

ÉPARGNE

 

 

 

SOLDE (L’ARGENT QU’IL ME RESTE)

RESSOURCES

Ressources/ Dépenses

Pensions

Autres

TOTAL RESSOURCES Loyer et charges Eau Electricité Gaz

DÉPENSES FIXES

Logement

Assurance habitation Taxe d’habitation Santé

Mutuelle Assurance véhicule

Transport

Abonnement/billet bus/train

Impôts Scolarité, études et formations Crédit(s) en cours Autres TOTAL DÉPENSES FIXES RESTE À VIVRE (RESSOURCES – DÉPENSES FIXES)

Alimentation, entretien, hygiène

DÉPENSES VARIABLES

Essence, entretien, réparation véhicule Frais médicaux Dépenses imprévues ou exceptionnelles Habillement Sorties, vacances Autres TOTAL DÉPENSES VARIABLES

TOTAL DÉPENSES

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> n° 2 > nov. - déc. 14


fiche n°2

DÉCÈS D’UN PROCHE > Déclarer la mort à la mairie du lieu du décès. Toute personne peut s’en charger, y compris les pompes funèbres ou l’hôpital. La mairie fournira un acte de décès, un certificat d’héré­ dité (pour la succession) et l'autorisation d'enter­rement ou de crémation. Pièces à fournir : • document d’identité du déclarant • document d’identité ou livret de famille du défunt • certificat médical établissant le décès Pensez à demander une dizaine de copies de l’acte de décès.

> Contacter les pompes funè­bres. > Renseignez-vous auprès de votre ­employeur pour un congé spécifique.

DANS LES 7 JOURS > Envoyer un courrier avec accusé de réception (voir modèle au verso) : • à l’employeur du défunt ou à Pôle Emploi • à la Caisse de retraite et à la Caisse de retraite complémentaire • aux établissements bancaires du défunt • à l’assurance maladie (CRAM ou MSA) • à la mutuelle complémentaire • à la Caisse d’allocations familiales

DANS LE MOIS > Envoyer un courrier (voir modèle au verso) : • au centre des impôts • aux sociétés d’assurance habitation/véhicule • au bailleur, si le défunt était locataire Le préavis est alors d’un mois • aux fournisseurs de téléphonie fixe/mobile, d’électricité/gaz, d’eau • aux sociétés de crédit. Faites jouer l’assu­ rance décès invalidité (ADI) qui peut prendre à sa charge les mensualités restant à rembourser

> Dans le cas où le défunt avait prévu un testament ou que son patrimoine comporte des biens immobiliers, contacter un notaire pour obtenir un acte de notoriété héréditaire et régler la suc­cession. À savoir : dans le cas où le défunt aurait laissé des dettes, vous pouvez refuser la suc­cession. > Contacter l’AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) par courrier simple pour savoir si vous êtes béné­ficiaire d’un contrat ­d’assurance-vie ou ­d’assurance-décès contracté par le défunt. Joindre une copie de l’acte de décès. AGIRA : 1, rue Jules Lefebvre 75431 PARIS CEDEX 09

> Résilier les abonnements télé, internet, salle de sport, presse…

DANS LES 6 MOIS > Faire une déclaration fiscale de succes­sion auprès du Trésor public et s’acquitter des éven­ tuels droits de succession (pour les héritiers). > Changer le nom sur le certificat d'immatriculation du véhicule. > Transformer le compte joint en compte personnel par simple demande à la banque.

DANS L’ANNÉE > Déclarer les derniers revenus du défunt.

i > Il est possible de déclarer un décès à plusieurs organismes sociaux en même temps sur : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/ F909.xhtml

LA SUITE AU DOS

FORMALITÉS DANS LES 24H

◊ Concepcion Alvarez

> Les banques ont l’obligation de vous verser jusqu’à 5 000 e pour payer les obsèques, en puisant sur le compte bancaire du défunt. Pour les personnes dépourvues de ressources suffisantes, les frais d’obsèques peuvent être pris en charge par la commune du décès.

n°  2 > nov. - déc. 14 >

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MODÈLE DE LETTRE Prénom et Nom Adresse Téléphone

Adresse de l’organisme destinataire À ……………………, le …..……/…………./………..

Lettre recommandée avec avis de réception Objet : Déclaration de décès Référence : numéro d’allocataire pour la CAF ou de sécurité sociale pour les organismes sociaux

Madame, Monsieur, En ma qualité de ……(lien de parenté), j’ai le regret de vous informer du décès de …… (prénom et nom du défunt), survenu le …./…../……, né(e) le …. /…./……. et domicilié(e) au …….(adresse du défunt). Vous trouverez ci-joint un extrait d’acte de décès. Je vous remercie de … (* Insérer ici le paragraphe correspondant ci-dessous) Par ailleurs, vous voudrez bien m'indiquer en retour, les formalités à effectuer auprès de votre organisme. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. Signature Pièce(s) jointe(s) : acte de décès (et copie du livret de famille pour les organismes sociaux)

* Pour l’employeur : … procéder au versement des sommes restant dues et de me faire parvenir un certificat de travail, l’attestation de présence dans votre entreprise, une attestation de salaire et les derniers bulletins de salaire. * Pour la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) : … m'indiquer les formalités permettant le versement du capital décès et me transmettre l’imprimé de demande d’allocation veuvage (dans le cas du décès d’un conjoint). * Pour la CAF (Caisse d’allocations familiales) : … bien vouloir me notifier le nouveau montant de l’allocation que je pourrai percevoir compte tenu de ma nouvelle situation. * Pour la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) : … m’adresser le formulaire de demande de pension de réversion (pour les ayants-droit, conjoint, enfants). 30 > n° 2 > nov. - déc. 14


VIVRE ENSEMBLE

NOUVEL AN

D. Schneider/ Urba Images Serve r

La nouvelle année ne commence pas pour tous au 1er janvier. À chaque culture son calendrier. Et autant d’occasions de faire la fête !

Patrick Escudero/ Hémis

dans le monde

CHINE s Le 19 février 2015, les chinoi s entreront, avec des pêtard et des dragons de papier, dans l’année de la Chèvre.

Hémis

RUSSIE Le nouvel an orthodoxe des Russes ou des Grecs, se fêtera le 13 janvier 2015.

mis

IRAN La nouvelle année, Norouz, commencera avec le printemps, le 21 mars 2015…

INDE a Pirappu, teront Varsh fê ls u o m ta Les 15. , le 14 avril 20 leur nouvel an

EGYPTE Chrétiens, les coptes égyptiens ont célébré leur nouvel an le 11 se ptembre 2014 !

Bruno Amsell em/ Sig nat

RUSSIE Le nouvel an orthodoxe, des Russes ou des Grecs, se fêtera le 13 janvier 2015

ures

Boisvieux/ Hé

Les musulmans du monde entier entameront leur 1437ème année le 13 octobre 2015, un mois après les juifs qui, dans la nuit du 14 septembre 2015, fêteront l’an 5776 !

Christophe

i

n°2 > nov. - déc. 14 >

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© Chloé Liss

AU QUOTIDIEN

NOËL avec

les Banques Alimentaires ◊ Anaëlle Penche

Du foie gras, de la dinde, du faisan… En cette fin d’année, la Banque Alimentaire de l'Hérault a glissé quelques surprises dans ses distributions. De quoi égayer les repas de fêtes pour près d’un million de Français en difficulté.

M

»

ÊME AVEC UN PETIT BUDGET,

Alain Ferret leur concocte un menu spécial pour seulement 4 € par personne. L’an dernier, ils se sont régalés de verrines de concombre et concassé de tomates, d’escalopes farcies aux champignons, de crumble de ­carottes, de mousseline de légumes, de galettes de pommes de terre et de bûche au citron meringuée. Séduits par ces recettes simples mais pleines de goût, plusieurs participants les ont reproduites chez eux pour Noël, notamment les verrines et la bûche qui ont rencontré un franc succès auprès des gourmands ! TOUS LES ANS POUR LES FÊTES,

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n°2 > nov. - déc. 14

ELIANE, 61 ANS, iss

retraitée, participe aux ateliers depuis deux ans.

L oé hl

« Ayant eu cinq enfants et un mari ouvrier, j’ai toujours cuisiné à la maison. Mais avec l’atelier, j’ai appris à préparer de bons petits plats avec peu d'argent. Cela a changé ma façon de cuisi­ner et je gère mieux mon budget. Je cuisine beaucoup les légumes, j’achète de la dinde plutôt que du poulet – c’est moins cher et aussi bon – et je fais des desserts aux fruits. Pour Noël, je concocterai pour mes six petits-enfants le menu que l’on aura préparé à l’atelier. L’an dernier, tout le monde était ravi du repas de réveillon ! » ©  C

on peut composer un délicieux menu de Noël », affirme Alain Ferret. Cet ancien professionnel de la restauration organise depuis trois ans, pour la Banque Alimentaire de l’Hérault, des ­ateliers de cuisine dans tout le dé­ partement. « J’apprends aux participants à faire des plats jolis, savoureux et bons pour la santé, explique-t-il. J’improvise en fonction des produits distribués et de ce que chacun a envie de faire. » Durant deux heures et demi, Alain et ses « élèves » mitonnent leur repas de A à Z, avant de le déguster ensemble. Un vrai moment de convivialité qui permet aussi de sortir et de rencontrer d’autres gens.

i LES BANQUES ALIMENTAIRES, C’EST QUOI ? Lancé il y a 30 ans, ce réseau animé par 5 000 bénévoles, collecte chaque jour des denrées alimentaires auprès de la grande distribution et de l’industrie. Après les avoir contrôlées et stockées, ses antennes locales, présentes partout en France, les distribuent, au travers plus de 5  300 associations. En 2013, plus de 1 400 000 personnes ont été ainsi aidées. Les Banques Alimentaires organisent plus de 4 000 ateliers cuisine dans les associations pour partager un bon moment et échanger des recettes, des astuces et de la chaleur. Enfin, ce sont elles qui distribuent .


DES INITIATIVES PRÈS DE CHEZ VOUS Les Banques Alimentaires présentes partout en France organisent de nombreux événements dans leurs associations partenaires durant les fêtes de fin d’année. Par exemple : > Grâce au don de 5 000 faisans de l’association Interprochasse (qui réunit des chasseurs, des armuriers et des éleveurs de gibiers), elles distribueront l’équivalent de 20 000 repas, au moment de Noël, dans plusieurs régions.

© Chloé Liss

> À Mulhouse et Strasbourg, les Banques Alimentaires fournis­ sent 800 à 900 kg de produits aux associations d’aide aux sans-abris pour un repas spécial, le soir du 24 décembre. > Dans l’Orne, l’association distribue 500 barquettes de dinde cuisinée à ses associations partenaires, peu avant les fêtes. > Renseignez-vous auprès des associations ou de la Banque Alimentaire de votre commune.

© Chloé Liss

Avec l’atelier, j’ai appris à préparer de bons petits plats avec peu d'argent. Cela a changé ma façon de cuisi­ner et je gère mieux mon budget.” AI-JE LE DROIT À UNE AIDE ALIMENTAIRE ?

© Chloé Liss

Pour le savoir contactez, une assistante sociale, qui après évaluation de vos ressources et de vos charges, vous orien­tera vers une association ou un centre ­com­ munal d’action sociale (CCAS) affilié qui bénéficie des produits de la Banque Alimentaire (elle ne distribue pas aux particuliers). « Une petite part de vos courses peut aider une famille ». La collecte annuelle des Banques Alimentaires aura lieu partout en France dans les magasins partenaires les 28 et 29 Novembre 2014. Chacun peut alors donner des aliments à la hauteur de ses moyens. n°2 > nov. - déc. 14 >

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La bûche au citron meringuée

AU QUOTIDIEN

RECETTE

d’Alain Ferret

© C

hloé Liss

DR

Pour environ 8 personnes Ingrédients pour la crème citron : 4 citrons 2 cuillères à soupe de fécule de maïs 3 œufs 150g de sucre 100g de beurre

© Chloé Liss

Ingrédients pour la génoise : 4 œufs 120g de sucre 50g de farine 50g de fécule de maïs

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POUR LA CRÈME CITRON Presser les citrons et conserver le jus. Battre les œufs avec le sucre. Ajouter la fécule puis le jus de citron. Verser le tout dans une casserole. Faire chauffer sur feu doux sans cesser de remuer. Ajouter le beurre au fur et à mesure. Arrêter le feu lorsqu’il est fondu et que la préparation est prise. Laisser refroidir.

POUR LA GÉNOISE Séparer les blancs et les jaunes des œufs. Battre les jaunes avec le sucre jusqu’à ce qu’ils blanchissent. Ajouter la farine et la fécule. Monter les blancs en neige très fermes. Les incorporer progressivement à la préparation liquide jusqu’à obtenir un mélange homogène. Faire préchauffer le four à 180°C. Étaler du papier cuisson sur une plaque allant au four. Verser la pâte à génoise et bien l’étaler. Faire cuire au four durant une dizaine de minutes, jusqu’à ce qu’elle blondisse. Sortir du four et déposer un linge humide sous le papier sulfurisé. Rouler le tout ensemble et placer au réfrigérateur environ 10 à 15 minutes : l’humidité du torchon va décoller la génoise du papier. Dérouler la pâte, étaler la crème dessus et rouler l’ensemble bien serré. Enrouler le boudin ainsi obtenu dans le papier sulfurisé et placer au réfrigérateur. Vous pouvez décorer votre gâteau comme vous le souhaitez : d’une meringue, de tranches de citron…


AU QUOTIDIEN

Apprendre à RÉPARER

Le premier Repair Café est né aux Pays-Bas. Aujourd’hui, le concept se dévelop­pe un peu partout en France. Le principe est simple : offrir à des propriétaires d’objets cassés l’aide de bricoleurs bénévoles, pour réparer au lieu de jeter ! ◊ Sonia Déchamps

Sonia Déchamps

R

un samedi après-­ m idi. Devant le Centre social et culturel, des personnes font la queue, visiblement surprises d’être si nombreuses. Qu’importe l’attente : elles sont bien décidées à réparer l’objet qu’elles ont apporté. À l’intérieur, dans la petite salle où a été installé l’atelier de réparation, il y a foule. Pour faire patienter les visiteurs, des bénévoles proposent du café, du thé et des pains au chocolat. Une après-midi dans la convivialité et la bonne humeur. UE RIQUET, PARIS,

« Un petit coup de fer à souder et ça s’est remis à m ­ archer. » Monique, les yeux brillants confie : « Cela faisait ­longtemps que ce poste ne fonctionnait plus. Mais je ne ­l’aurais jamais jeté, j’y tiens beaucoup ». quitte les lieux avec un poste en état de marche, mais aussi avec le souvenir d’un moment très agréable : « Je trouve que la façon de faire est géniale. On suit le raisonnement qui mène à la réparation. On m’a expliqué comment fonctionnait l’électricité ! » Car ici, quand on répare, on échange, on partage. Avant de laisser sa place, Monique glisse une dernière question : « Je vous dois combien ? » «  Rien bien évidemment, lui répète Christophe, vous savez, nous aussi on est content quand on y arrive ! ». MONIQUE, HEUREUSE,

CHRISTOPHE, UN BADGE REPAIR CAFÉ

bien en vue sur sa chemise bleue, est en train de remonter le radiocassette de Monique. Première réparation de la journée, première réussite. « Il y avait un problème avec l’alimentation », ­explique-t-il. Sourire aux lèvres, il poursuit  :

ORDINATEUR,

Sonia Déchamps

­im­ primante,

TÉLÉPHONE

PORTABLE,

tourne-disque, appareil photo, grille-pain, bouilloire, mixeur, casque audio… Ce samedi, sur 57 objets passés entre les mains des 12 répa­ rateurs, 32  auront évité la poubelle !

AUX BRICOLEURS ET BRICOLEUSES ! Et pourquoi ne pas devenir vous-même bénévole ? Pas besoin d’être un champion du bricolage, il faut juste être prêt à essayer, avec l’aide des autres, et le sourire  !

i SE RENSEIGNER Réguliers ou ponc­tuels, les Repair Cafés changent souvent de lieux. Pour plus d’informations sur ce qui se passe près de chez vous : http://repaircafe.org/fr/

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A. Jarocinski/ Urba Images Server

AU QUOTIDIEN

SE FORMER à internet Plus de 5 000 lieux en France proposent d’apprendre gratuitement à utiliser un ordinateur pour aller sur internet… ◊ Anne Daubrée

M

ES NEVEUX, MES NIÈCES

EN FRANCE, PLUS DE 5000 LIEUX

M’ENVOIENT DES PHO-

­PUBLICS SONT ÉQUIPÉS D’ORDINATEURS

On échange des mails. Pourtant, au départ, je ne connaissais rien à l’informatique », raconte Paul. Ce retraité de plus de 80 ans a appris à se servir des ordinateurs à l’espace numérique du Relais 59, à Paris. « Je me suis inscrit aux cours de Yann. Il a une bonne méthode et il est d’une gentillesse absolue », se souvient Paul. Communiquer avec sa famille, chercher un emploi, trouver une information, gérer son dossier avec la Caisse d’allocations familiales ou avec l’école : de plus en plus de démarches passent par internet. Parfois, cela simplifie vraiment la vie. Et on évite ainsi les numéros de téléphone surtaxés ou les déplacements.

connectés à internet disponibles gratuitement, avec l’assistance de « médiateurs numériques », tels que Yann. Généralement appelées «  Espaces Publics Numériques  » (EPN), ces structures peuvent disposer de leur propre local ou être installées dans d’autres lieux (mairies, bibliothèques, missions locales, points info jeunesse, maison pour l’emploi…). Tous les publics y sont les bienvenus : séniors, jeunes, personnes i­solées, demandeurs d’emploi…

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TOS PAR INTERNET.

APPRENDRE

À

ENVOYER

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Je ne connaissais rien à l’infor­ matique. Je me suis inscrit aux cours de Yann. Il a une bonne méthode et il est d’une gentillesse absolue.”

MAIL,

Les EPN proposent de nombreuses formations. Le but est de répondre CHERCHER UN EMPLOI…

DR

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n°2 > nov. - déc. 14


YANN, MÉDIATEUR NUMÉRIQUE ET CHEF DE PROJET AU CENTRE SOCIAL RELAIS 59

AU QUOTIDIEN

m e Mo rga nC lé

nt

« Ici, ce n’est pas comme à l’école. On avance lentement et en utilisant beaucoup les images. Je m’occupe davantage des person­nes qui ont le plus de difficultés. Et ceux qui avancent plus vite aident les autres. Pour que ça marche, il faut simplement avoir vraiment envie d'utiliser internet dans son quotidien et ne pas se décourager. Cela peut prendre du temps, mais on y arrive ».

i à chaque besoin sur internet : se débrouiller dans la vie quotidienne, mener un projet professionnel ou personnel. La première étape  : apprendre à se servir d’un ordinateur, écrire un texte, chercher une information… Cette formation est gratuite dans tous les lieux qui affichent le label « net public ». Il existe des accompagnements en groupe et individuel. Les EPN proposent aussi des ateliers sur des sujets précis. Par exemple  : se servir d’internet pour chercher un emploi ou effectuer des démarches ­administratives.

COMMENT TROUVER UN LIEU D’ACCÈS ET DE FORMATION À INTERNET ? > Demander à votre mairie l’EPN le plus proche de votre domicile.

> Regarder ou demander à quelqu’un

d’aller sur le site www.netpublic.fr Dans la rubrique « Espaces publics numériques », une « carte des EPN » permet de trouver le lieu le plus proche de chez vous.

A. Jarocinski/ Urba Images Server

Mairies, bibliothèques ou ancienne Halle au blé, comme ici à Alençon dans l’Orne, la France regorge de lieux d’accès gratuit à internet…

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AU QUOTIDIEN

CONSULTER

M. Zoladz/ Urba Images Server

gratuitement un avocat

V

OUS ÊTES CONFRONTÉ À UN PROBLÈME J ­ URIDIQUE

(conflit avec la famil­ le, un employeur, votre propriétaire….). Pour vous renseigner sur vos droits et vous faire accompagner gratuitement dans vos démarches, adressez-vous aux Maisons de justice et du droit (dans les quartiers des grandes villes) ou aux Points d’Accès au Droit (dans tous les ­départements). Ces structures ne peuvent pas vous représenter dans un procès, mais elles proposent des rendez-vous ­gratuits avec des avocats. Par la

Pour se faire représenter lors d’un procès comme pour obtenir un simple conseil, les services d’un avocat ont un coût. Il est néanmoins possible de bénéficier d’une aide gratuite. ◊ Clarisse Briot conciliation ou la médiation, elles permettent également de résoudre un conflit à l'amiable. Les mairies et les tribunaux proposent aussi des permanences. Enfin, vous pouvez vous renseigner auprès des barreaux d’avocats 1 qui dispensent des consultations ­gratuites. En cas de procédure devant un tribunal nécessitant obligatoirement un avocat, les personnes à faibles ressources (notamment les bénéficiaires du RSA socle) peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle, c’est à dire d'une prise en charge partielle ou totale des frais de justice.

1 Attachés à tous les tribunaux de grande instance, les barreaux sont des organismes représentant les avocats.

OÙ S’ADRESSER ?

2 CONSEILS POUR UNE CONSULTATION RÉUSSIE Selon Karine Ballu, coordinatrice d’un Point d’Accès au Droit à Paris

> Préciser le plus possible sa demande, pour que la réponse soit la mieux adaptée. > Se présenter au rendez-vous avec les documents pertinents (contrat de bail en cas de litige avec un propriétaire, jugement en cours en cas de conflit familial…).

i

> Des étudiants en droit, qui se forment avec des cas pratiques, reçoivent également le public, par exemple  « La clinique juridique » en Seine-Saint-Denis (01 49 40 65 29)  ou « La clinique du droit » à Bordeaux (05 56 84 62 87). > Une adresse internet : le portail « Justice en région » du Ministère qui recense, en fonction de votre lieu de résidence, toutes les permanences juridiques situées à proximité : www.annuaires.justice.gouv.fr

> En cas de litige avec l’administration, vous pouvez aussi contacter le Défenseur des Droits, au 09 69 39 00 00. 38 >

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AU QUOTIDIEN

Objectif : 10 000 PAS PAR JOUR

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 10 000 pas quotidiens sont nécessaires pour se maintenir en forme, préserver sa santé et maintenir son poids. Quelques astuces pour y arriver sans trop d’efforts. ◊ Concepcion Alvarez

T

ROIS QUARTS DES FRANÇAIS

n’atteignent pas l’objectif de 10 000 pas par jour 1. Mais sans le ­savoir, nous en faisons déjà 7 000 en moyenne. Il nous en manque donc 3 000 mais les idées ne manquent pas pour les atteindre.

enfants. Garez-vous un peu avant votre ­travail, et continuez à pied. Pareil avec les transports en commun, descendez une ou deux stations avant. Il ne suffit souvent que de 30 minutes par jour. Inscrivez dans votre agenda un temps pour cela, comme si c’était un rendezvous chez le médecin.» LE WEEK-END, pas question de s’affaler

« PAS BESOIN DE S’INSCRIRE À UNE

explique Sandrine Lecossec, en charge du programme activité physique, diabète et obésité, au sein de l’association Siel Bleu qui aide les personnes âgées à renouer avec l’activité physique. La marche est accessible à tous. Dès que vous avez un peu de temps libre, ­profitez-en pour faire un tour. Allez vous balader en forêt avec vos

sur le canapé. Alors que c’est le moment où l’on a normalement le plus de temps, c’est là que les Français se bougent le moins, avec une baisse d’activité de 10 % par rapport à la semaine. Désormais, vous n’avez ­ plus d’excuses !

SALLE DE SPORT,

1 Enquête Assureurs Prévention - IRMES - BVA, 2014.

La marche est accessible à tous. Dès que vous avez un peu de temps libre, profitez-en pour faire un tour. Il ne suffit souvent que de 30 minutes par jour.”

Testez votre niveau d'activité physique et trouvez plus de conseils sur : www.onvabouger.fr

PETITS PAS, GRANDS BÉNÉFICES Selon l’Organisation mondiale de la santé, une activité physique régulière telle que 10 000 pas quotidiens permet de diminuer jusqu’à 39 % le risque de cancer du sein, de 26 % le risque de cancer colorectal, de 25 % le risque d’attaque cérébrale et de 34 % le risque de diabète.

illustrations © Jean-Pierre Foissy

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Jeux Le MOT MYSTÉRIEUX

par Michel Duguet

D’après la liste ci-dessous, rayez tous les mots de cette grille qui y figurent dans huit sens différents. Une lettre peut être commune à plusieurs mots. Avec les 5 lettres restantes, retrouvez le mot qui correspond à la définition ci-dessous : Un pays d’Europe : — — — — —

ALGÉRIE

JAMAÏQUE

ARMÉNIE

LIBAN

BELGIQUE

MALI

BRÉSIL

MALTE

CHINE

NIGER

FRANCE

RUSSIE

GRÈCE

SUISSE

INDE

TUNISIE

IRAQ

ZAMBIE

ISRAËL

A R M E N I E L S E

A E A E C H I N E U

L E L C E S I E L Q

G I T E E D U L E I

E S E R Z Q N C A A

R S B G I A N I R M

I U S G B A M Q S A

E R L I R E A B I J

VRAI ou FAUX ? Le RSA fait l’objet de nombreux abus. Réponse √ Faux : En réalité, environ la moitié de ceux et celles qui y ont droit n’en font même pas la demande.

40 >

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D E L F U R E G I N

B T U N I S I E U E


JEU des 7 ERREURS

par Foissy

7 erreurs se sont glissées entre ces deux dessins. Saurez-vous les retrouver ?

La moulure au-dessus de la fenêtre de droite √ La queue du chat qui grimpe sur le toit √ Les cheminées de gauche sont moins hautes √ Une cheminée (en haut à droite) a disparu √ Le lierre (partie gauche) est plus long √ La tasse (atelier) n’est plus là √ La queue du chat sur le muret est différente

SUDOKU

par Michel Duguet

par Michel Duguet

MOTS FLÉCHÉS POMMES DE TERRE

T

BONBON TOUT MOU

ELLE CALME BÉBÉ

T

SE LANCE AU STADE

COMME

T

DÉCHIFFRER

DES POINTS EN CAS DE BLESSURE

Y A A

UN MARIN

E

(A) RESSUSCITÉ

Y

DÉFAIRE UN NŒUD

E

1000 POUR UN ANCIEN

NOTE DE MUSIQUE

E

À PAYER

A

Y

A

A, B OU C

E

Complétez cette grille avec les chiffres de 1 à 9 de façon à ce qu’un même chiffre ne figure qu’une seule fois par ligne, par colonne et par carré délimité de 9 cases.

5 6 7 4

4 8

1 7 5 5

3 5

8 6

2 3 9 6 5 1 9 8 6

6 5 7

n°2 > nov. - déc. 14 >

1 7 8 2

41


© Robert Doisneau

Le regard de…

42 >

n°2 > nov. - déc. 14


ROBERT DOISNEAU Dans cette rubrique, demande à un grand photographe de vous offrir un de ses clichés et d’expliquer les raisons de son choix. Francine Deroudille est la fille de Robert Doisneau. Elle gère, avec sa sœur Annette, les archives photographiques que leur a léguées leur père. Elle a offert et commenté une de ses photos pour vous.

◊ www.robert-doisneau.com « Le monde que j'essaie de montrer est un monde où je me serais senti bien, où les gens seraient aimables, où je trouverais la tendres­se que je souhaite recevoir. Mes photos sont comme une preuve que ce monde peut exister. » disait Robert Doisneau dont cette mystérieuse photographie de 1952 témoigne de la grande complicité qu’il entre­tenait avec le Père Noël !


LOISIRS CRÉATIFS

UN SAPIN

haut en couleurs Du papier de couleur et un peu de patience suffisent pour habiller un sapin de Noël ! création et photographies ◊ Marine Dérien, avec le soutien de Cultura.

  -> 20 MINUTES PAR PAMPILLE

HORS SÉCHAGE

  -> 5 € POUR 30 PAMPILLES  ->  RÈGLE | STYLO | CISEAUX  

MATÉRIEL -> > 30 sous-chemises de couleur (feuilles

de papier fin pliées en 2 servant à classer les dossiers : 2,50 € environ le paquet de 30) (les pampilles peuvent aussi être réalisées avec des feuilles de papier blanc pliées en 2) 

> 1 bâton de colle  > du fil à coudre > 1 pièce de monnaie  > 1 emballage cartonné (type paquet de gâteaux ou boîte de céréales)

1 1• En s’inspirant de la photo, tracer puis découper dans l’embal­lage cartonné des formes de 10 cm de hauteur, toutes droites sur leur côté gauche et avec des courbes différentes sur leur côté droit. Réaliser autant de formes différentes que de modèles de pampilles souhaités.

Tracer puis découper 44 >

n°2 > nov. - déc. 14


(A)

2

(B)

(C)

2• Il faut une sous-chemise par pampille. Placer la chemise devant vous (pli à gauche). À la règle, tracer dessus 3 bandes hori­zontales égales (A). Découper les 3 parties. Plier et rabattre le tiers droit de chaque bande vers la gauche comme indiqué en pointillés sur la feuille verte (B). Découper le long de chaque rabat, pour obtenir 3 rectangles pliés en 2 par bande découpée, 9 au total (C).

Une sous-chemise nécessaire par pampille

3 3• Empiler précisément les 9 rec­tangles 3 par 3, avec le pli du même côté. Reporter au stylo, sur le 1er rectangle de chaque tas, une des formes en carton découpées précédemment. Découper les rectangles 3 par 3 en suivant le tracé de la forme.

Empiler les 9 rec­tangles 3 par 3

4

4• Couper une longueur de fil de 30 cm. Déplier une des 9 formes, la placer la devant soi, à plat, pli vers le haut, puis mettre de la colle sur toute sa surface. Poser le fil dessus, le long du pli. Sur la partie droite de la forme, coller une 2e forme laissée pliée, dos à dos. Encoller ensuite l’autre dos libre de cette 2e forme pour poser dessus une 3e forme pliée. Recommencer pour les autres formes, la 9e viendra se coller sur la partie gauche, restée libre de la 1e forme utilisée, ­fermant ainsi la pampille.

Couper une longueur de fil de 30 cm

5

5• Tracer 9 cercles en contournant au stylo la pièce de monnaie sur des sous-­chemises de couleurs différentes; puis les découper. Plier chaque cercle en 2 et procéder de la même manière qu’à l’étape 4 pour les assembler en une boule, directement sur le fil de la pampille. Recommencer l’opération pour réaliser d’autres pampilles et les laisser sécher quelques heures avant de les accrocher.

Tracer 9 cercles en contournant au stylo la pièce de monnaie n°2 > nov. - déc. 14 >

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en avant la musique ! La musique peut être une arme contre l’échec, l’exclusion et la violence ; l’orchestre, un moyen d’éducation. C’est le message d’El Sistema qui propose un programme éducatif inédit en France. ◊ Sonia Déchamps > EL SISTEMA, DU VENEZUELA… « LA PAUVRETÉ SIGNIFIE LA SOLITUDE,

la tristesse, l’anonymat. Un orches­ tre est synonyme de joie, de motivation, de travail en équipe, ­d'ambition. » Ces mots sont ceux de José Antonio Avreu, économiste et musicien à l’origine d’El Sistema. L’aventure a commencé il y a 39 ans à Caracas. Le projet  : permettre à des enfants de quartiers défavorisés d’avoir accès à la musique, un loisir qui coûte cher. AUJOURD’HUI,

GRÂCE

À

EL

SISTEMA,

plus de 500 000 jeunes vénézuéliens ­participent à un orchestre. José Antonio Avreu en est persuadé : la musique permet de protéger les enfants en difficulté, sociale ou fami­liale, d’améliorer leurs résultats ­scolaires et de prévenir les comportements délinquants. «  L’orchestre et le chœur sont bien plus que des structures artistiques : ce sont des écoles de vie sociale, parce que chanter et jouer ensemble signifie “coexister” intimement en tendant vers la perfection et en ­suivant une discipline stricte. » 

et CM2 d'une école de la commune de Gorges (près de Nantes), ont pu s’essayer à la musique, à raison de dix heures de cours par semaine. Et ils recommencent cette année ! Depuis un an, il joue du violoncelle. Il se souvient encore des premières ­leçons : « Personne ne savait jouer. Au ­début, ça cassait un peu les oreilles. Mais en dix mois, j’ai fait beaucoup de progrès ! » À la question de savoir ce que la musique lui a apporté, Lilian répond sans hésiter : « Avant j’étais turbu­ lent. Apprendre la musique m’a ­ ­ calmé. Cela m’a appris à rester ­concentré, LILIAN A 11 ANS.

La musique est la meilleure prévention contre tout ce qui peut dégrader la vie d’un enfant.” José Antonio Abreu, fondateur d’El Sistema.

ESF-Yannick Coupannec

CULTURE & LOISIRS

EL SISTEMA :

> … À LA FRANCE DE 40 PAYS développent El ­ istema dans le monde. En France, S le projet a été repris par l'association Les Apprentis d’Auteuil. L’année ­dernière, pour la toute première fois, 46 élèves des classes de CE2, CM1 PLUS

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même dans les autres ­ matières. Quand on fait de la musique, il faut écouter, partir au bon moment, regar­ der le chef d ­’orchestre. Et depuis qu’on a ces cours, je m’en­ tends mieux avec les autres élèves. »

En savoir plus

www.elsistema-france.org


CULTURE & LOISIRS

Bernard Barbereau/ FTV

Passer à la télé

L

au bas des Champs-Elysées, à Paris, deux cents personnes environ viennent s’enfermer plusieurs heures à l’intérieur du Studio Gabriel. Venues d’un peu ­partout en France, elles se sont inscrites pour assister à l’enregis­ trement de « Vivement Dimanche », la célèbre émission de Michel Drucker sur France 2. ES MERCREDIS APRÈS-MIDI,

la scène se répète pour « On n’est pas couché », le rendez-vous de Laurent Ruquier diffusé le samedi. Pour d'autres émissions, cela se passe à La Plaine-Saint-Denis, au nord de Paris, où sont concentrés les plus grands studios de télévision. C’est là que sont tournés les divertis­ sements de Patrick Sébastien ou les jeux de Nagui et Julien Lepers. LE JEUDI SOIR, AU MÊME ENDROIT,

LES

PRODUCTEURS

DE

TÉLÉVISION

gagnent ainsi un public attentif et bénévole. Les spectateurs, eux, ont le plaisir d’approcher l’animateur et ses invités, de découvrir l’envers du décor, puis de se voir un peu plus tard sur le petit écran. C’est ­gratuit.

◊ Philippe Lemaire

Encore faut-il faire les bonnes ­démarches. Tout passe par internet. Une dizaine d’agences ­spécialisées sélectionnent le public des grandes émissions. C’est à elles qu’il faut adresser une fiche d’inscription ou un mail (voir ci-contre). la réponse se fait parfois attendre. Le jour où l’on est appelé, il reste à bien choisir sa tenue (des couleurs vives, mais pas de logo ni de rayures) et à se présenter à l’heure au studio. Là, on est guidé par un « chauffeur de salle », chargé de mettre l’ambiance. Il place parfois quelques figurants au premier rang et indique quand applaudir. Mais une fois qu’on y a goûté, on a de grandes chances d’être recontacté. LES VOLONTAIRES SONT NOMBREUX,

i OÙ S’INSCRIRE ? Plusieurs agences se partagent le « casting » des spectateurs pour les grands chaînes. Il faut s’inscrire sur leur site : www.acces-public.com www.casting-events.com www.claponline.com www.emissions-tv.com www.idille.com www.jrproduction.tv www.vip-tv.fr www.emissions-tv-lni.fr

GARE AUX FRAIS À des rares exceptions près, les émissions se tournent en Île-de-France. Comme ni les déplacements, ni l’héber­ ge­­ment ne sont pris en charge par les produc­tions, être spectateur peut finalement coûter assez cher…

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DESSINÉS

Une image en dit parfois bien plus qu’un long récit. Dans les carnets de Damien Roudeau, textes et dessins se mêlent. Résultat : des témoignages d’une grande richesse. ◊ Sonia Déchamps DR

CULTURE & LOISIRS

Des reportages

Damien Roudeau en Chine, lors d’un de ses voyages-reportages.

> DAMIEN ROUDEAU : LA RENCONTRE PAR LE DESSIN

> EMMAÜS : LE REPORTAGE FONDATEUR

« Je suis un banlieusard qui ­dessine

« En 2003, j’ai été contacté par

sur le vif. Quand j’étais étudiant, j’avais quatre heures de transport par jour. Je prenais plaisir à passer ce temps à remplir des carnets de croquis. Je rencontrais des gens qui, voyant que je les dessinais, venaient naturellement me parler. Découvrir que le dessin pouvait être une oc­casion de rencontre et de partage a été une révélation. Pour mon tout premier reportage, j’ai suivi pendant six mois six hommes qui vivaient dans la rue. Le dessin m’a facilité l’accès à ces personnes. Il y a dans cette discipline un côté sympathique qui renvoie un reflet plus doux, plus bienveillant qu’une photographie. Parce que je passe du temps à dessiner un portrait, la ­personne se confie et je la découvre. Le dispositif est très léger : un crayon et une feuille de papier suffisent. Ce qu’on offre, c’est du temps. Cette relation a quelque chose d’un peu magique. Je croque1 l’instant présent, mais le dessin me permet aussi de redonner vie à des histoires que l'on m’a racontées. » 1

Croquer : dessiner sur le vif

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la présidente d’une communauté Emmaüs. Le réseau allait fêter ses 50 ans. Elle m’a demandé de venir pour rendre compte du quotidien du lieu et des gens. Je pensais y consacrer deux mois, cela m’a occupé dixhuit mois. Quand on passe ­autant de temps avec des personnes, on crée du lien. On élargit son cercle de fraternité. »

EN LIBRAIRIE ! Être là vient de paraître aux éditions Futuropolis. Des reportages de Christophe Dabitch, illustrés par quatorze dessinateurs, à la rencontre de ceux qui luttent pour leurs droits partout dans le monde. Une bande dessinée en partenariat avec Amnesty International. 24 €.


> VILLIERS REBELLE : À LA RENCONTRE D’UN QUARTIER «  Entre 2010 et 2013, je me suis

régulièrement rendu dans le quartier de la Cerisaie, à Villiers-leBel (95). La demande venait de la muni­cipalité qui m’avait juste dit de faire “quelque chose avec les habitants”. J’ai décidé de les des­siner. Je me suis posé sur un trottoir et j’ai fait un premier portrait, qui en a amené un deuxième, etc. Je me suis retrouvé avec 120 portraits ! Ils ont été exposés dans la maison de ­quartier. ­Jamais autant d’habitants n’y étaient entrés. J’ai ensuite proposé des activités avec l’école primaire, j’ai fait des ateliers de graff… Toutes ces expériences ont nourri ce carnet : Villiers Rebelle. Les habitants voulaient montrer qu’ils étaient autre chose que ce que les médias avaient présenté à la suite des émeutes de 2007. Sur la couverture du livre, on peut le voir : tous les habitants sont souriants. »

De Bric et de Broc, l’album issu du reportage de Damien chez les Compagnons d’Emmaüs.

Les visages de « Villiers Rebelle ».

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Gratuit pour les bénéficiaires de minima sociaux ou pour les demandeurs d’emploi, le musée du Louvre accueille régulièrement des groupes désireux de s’imprégner de la culture française… Suivez le guide. ◊ André Béneau

Brigitte Couvreur

MUSÉES À VOLONTÉ

EN LANGUE FRANÇAISE.

Tous étrangers, les jeunes adultes qui l’accompagnent découvrent avec elle le plus célèbre musée de France. Penawessonme, qui vient du Mali, s’émerveille tandis que Lamine prend la pose devant « le sacre de Napoléon », un tableau DEVANT LA JOCONDE,

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du peintre David. « Napoléon est célèbre dans mon pays, alors je m’intéresse à lui. Dans une conversation, je peux en parler. C’est ma fierté », explique le jeune ivoirien qui vit en France depuis trois ans. MOMENT PHARE DE LA VISITE, LA SALLE T­ACTILE  : la seule du musée où on peut

toucher les œuvres exposées. Les visiteurs se prêtent au jeu. Les yeux fermés, ils essayent, en suivant leurs contours avec les mains, de deviner ce que représentent les sculptures. L’occasion de pratiquer le français sans vraiment s’en rendre compte…

Brigitte Couvreur

O

URIDA EST FORMATRICE

Brigitte Couvreur

CULTURE & LOISIRS

À la découverte DU LOUVRE i

Pratiquement tous les grands musées de France ouvrent gratuitement leurs portes aux demandeurs d’emploi, aux titulaires du minimum vieillesse, aux bénéficiaires du RSA… C’est le cas des principaux musées parisiens, mais aussi, par exemple, du musée des Abattoirs de Toulouse, du musée d’art contemporain de Bordeaux, du Palais des beaux-arts de Lille, du musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée de Marseille, du muséum d’histoire naturelle de Nantes, du Louvre de Lens…

Notez que, d’octobre à mars, le 1er dimanche de chaque mois, l’entrée est gratuite pour tous !


CULTURE & LOISIRS

Romanciers © MARTYN BOYD

SOLIDAIRES

P

ENDANT UN AN, C’ÉTAIT LUI

Voilà de bonnes nouvelles : treize histoires écrites par treize écrivains prestigieux au profit des Restos de Coeur. Pierre Lemaitre, lauréat du prix Goncourt 2013, témoigne. ◊ Philippe Lemaire

DOUZE AUTRES ÉCRIVAINS CONNUS ONT

En nov­ embre 2013, Pierre Lemaitre a reçu le prestigieux prix littéraire pour son roman Au-revoir là-haut. Le livre a connu un énorme succès : vendu à 600 000 exemplaires en France, traduit dans 30 langues. La vie quotidienne de l’auteur a changé : sans cesse invité par les ­médias ou les foires du livre, il voyage beaucoup. Lui et sa compagne ont pu enfin acheter un appartement près de son lieu de travail à elle, à Courbevoie.

OFFERT UN TEXTE.

« MAIS CE PRIX NE M’A PAS CHANGÉ, MOI  «,

Lemaitre. « Dans une période et un pays où la crise atteint un degré de violence extrême, je me sens à contrecourant : je m’enrichis quand les autres s’appauvrissent, je sors du lot quand d’autres “disparais­sent”. Je n’ai pas mauvaise conscience, mais j’ai la responsa­bilité de m’engager. »

« LE GONCOURT  «.

affirme ce romancier de 63 ans, né en Seine-Saint-Denis, qui a dû attendre la cinquantaine pour être enfin ­publié. Aussi, quand son éditeur lui a demandé d’écrire un texte au profit des Restos du coeur, il a foncé. « J’ai signé les yeux fermés ce contrat où je cède mes droits d’auteur ». Entre deux trains ou deux avions, il a trouvé le temps de bâtir cette ­histoire de 12 pages, dans laquelle un vieil homme se lance dans un ­d îner de famille trop lourd et compli­qué pour lui.

La présence d’un « Goncourt » parmi eux est un atout pour ce recueil. Mais c’est aussi une question de principe pour Pierre

Treize romanciers français ont accepté d’offrir un court texte inédit sur le thème du repas au profit des Restos du Cœur. Ce recueil de nouvelles est sorti en librairie début novembre. Chaque livre vendu rapporte l’équivalent de trois repas. 13 à table, éditions Pocket, 5 e

SON ÂGE ET SON EXPÉRIENCE L’AIDENT À

« Je sais que, pour avoir le Goncourt, je n’ai pas travaillé 600 fois plus qu’un auteur vendu à 1 000 exemplaires. J’ai juste eu la chance de tomber au bon moment ». Cette chance, d’autres ne l’ont pas et Pierre Lemaitre ne les oublie pas. GARDER DU RECUL.

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Pour faire valoir un droit ou rendre compte de sa situation, il faut faire une lettre ou remplir un dossier. Les écrivains publics de l’Atelier Graphite accompagnent ceux qui ont du mal à écrire ou ne connaissent pas toujours leurs droits. ◊ Sonia Déchamps

A

UJOURD’HUI, GAËLLE R ­ EÇOIT DANS LES LOCAUX DE L’ASSO­

en plein cœur des quartiers Nord de Bordeaux. L’Atelier Graphite, c’est son idée : « J’ai fait mes études à Toulouse, dans un quartier très pauvre. J’étais une des seules jeunes filles à aller à la fac, donc tout le monde pensait que je pouvais l’aider à résoudre ses problèmes. Je suis donc écrivain public depuis l’âge de 17 ans. J’ai continué à le faire en même temps que mon travail et la naissance de mes trois enfants. Un jour, un ami m’a invité à en faire ma seule activité. J’ai dit “chiche”. Et on a créé une association. » CIATION,

LES PERSONNES QUE REÇOIVENT GAËLLE

et son ami Dimitri, leur sont adres­sées par des structures partenaires (centre com­mu­nal d’action sociale, maisons de quartier, ­maisons départemen­tales de la solidarité et de l’insertion…) « Nos services sont totale­ ment ­gratuits  », explique Gaëlle.

CE MARDI, ENTRE 9H ET 11H, la ­pétillante

quarantenaire a reçu quatre per­ son­n es. « La première est venue pour contester les documents que lui avait remis son employeur à la fin de son CDD. On lui a écrit une lettre pour réclamer les papiers manquants sans lesquels cette person­ne ne pouvait s’inscrire à Pôle Emploi ». Autre demande, « la plus fréquente » : rédiger un CV. contestation d’un avis d’inaptitude du médecin du travail, déclaration de perte de la carte vitale, demande de CMU… les journées sont souvent longues, mais quand Gaëlle parle de son métier, ses yeux brillent. Avec son ­accent chantant, elle ajoute : « Nous, on a des solutions. Les gens qui viennent nous voir repartent avec LA lettre. Celle qui signifiera peut-être la fin de la galère. Ça donne une pêche d’enfer ! » DEMANDE DE RSA,

Les gens qui viennent nous voir repartent avec LA lettre. Celle qui signifiera peutêtre la fin de la galère.”

i Dans toute la France, des écrivains publics proposent de tels services. Renseignez-vous sur : www.ecrivains-publics.fr ou auprès de votre mairie.

Sonia Déchamps

CULTURE & LOISIRS

PROFESSION : écrivain public

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Sur son site, l’asso­ciation propose 250 modèles de courrier en libre accès : www.atelier-graphite.fr


du RMI à la politique D’un cabanon de 20 m2 à la salle des débats de l’Assemblée ­Nationale, Michel Pouzol se bat aujourd’hui pour que chacun ait sa chance. ◊ Sonia Déchamps grâce à une association1 recom­ mandée par une assistante sociale. Ils nous ont sauvé la vie. Les ennuis financiers n’étaient pas terminés, mais c’était plus grand, plus confortable. Il faut accepter d’être aidé. Seul, on n’y arrive pas ».

Le Cherche Midi

> S’INVESTIR

D

ANS LA VIE, TOUT PEUT

du mauvais comme du bon côté. Michel Pouzol, fils d’ouvrier et petit-fils de paysan, a été endetté, chômeur et RMIste. Avant de devenir député de l’Essonne. BASCULER,

> SE FAIRE AIDER Il y a 12 ans, Michel habitait dans un cabanon de 20 m 2 avec une femme enceinte et les deux enfants de ­celle-ci. Il siège aujourd’hui à ­l’Assemblée Nationale. « Nous n’avions plus rien. Criblés de dettes après des déboires professionnels, nous ne pouvions plus payer notre loyer à Paris. Nous avons alors déménagé dans un cabanon sans chauffage à Brétigny-sur-Orge (91). Notre petite fille y est née, c’était ­extrêmement ­précaire. Nous ­avions peur qu’on nous retire les e­ nfants. Après 18 mois dans le cabanon, on a pu déménager dans une maison

Déménager a permis à Michel de reprendre confiance en lui. Le reste a suivi : « Un mois après avoir retrou­ vé un toit, j’ai réussi à décrocher un ­boulot. J’avais repris confiance en moi et ça devait se voir.  » Et puis, presque par hasard, la politique. Il rencontre Benoit Hamon à un ­meeting du Parti Socialiste à Brétigny, en 2008, qui conseille à ce « mec qui vient de la vie » d’être candidat aux élections cantonales. Les électeurs lui donnent raison. Aujourd’hui, Michel se bat pour ses concitoyens, dont il connait et comprend les galères. « On a besoin que la politique soit plus représentative de la population française. On n’a pas, ou peu, de petits commerçants, de patrons de PME, de jeunes issus des banlieues, d’agriculteurs… C’est le même bonhomme qui était dans le cabanon qui est aujourd’hui à l’Assemblée. J’ai gardé les mêmes valeurs, les mêmes qualités, les mêmes défauts. Ses dettes, Michel Pouzol a fini de les rembourser il y a tout juste quelques mois. « La vie est pleine de surprises. Personne ne peut vous dire ce que demain sera. Il faut s’accrocher. » 1 Solidarités nouvelles pour le logement

www.snl-union.org

ILS SONT DEBOUT

MICHEL POUZOL,

MICHEL EN 3 DATES 1962 Naissance à Clermont-Ferrand 2002 Première nuit, avec femme et enfants, dans un cabanon sans confort 2012 Premiers pas à l’Assemblée Nationale

J’aime beaucoup cette phrase du judoka Jigoro Kano : on ne juge pas la qualité d’un homme au nombre de fois où il tombe, mais au nombre de fois où il se relève.”

Pour en savoir plus : Le livre de Michel Pouzol, Député, pour que ça change aux éditions du Cherche Midi, 2013. n°2 > nov. - déc. 14 >

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I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I CODE POSTAL I_I_I_I_I_I VILLE I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I_I EMAIL  DATE I_I_I / I_I_I / I_I_I_I_I SIGNATURE Vous avez une question sur les modalités de votre don ? Écrivez à : faireundon@debout.fr (1) Si vous êtes imposable, le montant de votre versement est déductible de votre impôt sur le revenu à hauteur de 66 % de son montant, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable (Article 200 du CGI). Autrement dit, un don de 20 € ne vous coûte réellement que 6,80 €, un don de 50 € que 17 €, etc. (2) Les informations recueillies sont indispensables au traitement de votre don. Elles sont enregistrées dans le respect de la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978. Vous béné¬ficiez, sur simple justification de votre identité, d’un droit d’accès, de regard et de rectification sur toutes les informations vous concernant contenues dans nos fichiers.

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Le magazine est édité par debout, association d’intérêt général. Siège social > Association debout | 13 rue Mansart | 92170 Vanves Présidente fondatrice > Violaine du Châtellier Directrice générale > Alix de Saint-Aulaire Directeur de l’action sociale > Stéphane Nicolaï Immatriculation au RCS sous le numéro SIRET > 799 454 947 00018 est une marque déposée. Dépôt légal > novembre 2014 ISSN > 2271-5916 Commission paritaire > demande en cours d’instruction

Directrice de la Publication > Violaine du Châtellier Rédacteur en chef > Guillaume Tixier Conseil éditorial > Jean-François Moruzzi Directrice de la photographie et de l’iconographie > Brigitte Couvreur Directrice artistique et maquette > Isabelle Jovanovic Secrétaire de rédaction > Thomas Thierry Rédacteurs > Concepcion Alvarez*, André Béneau, Clarisse Briot*, Nathalie Churlet, Anne Daubrée, Sonia Déchamps, Marine Derien, Philippe Lemaire, Marianne Martin dit Neuville, Anne-Sophie Novel, Annaelle Penche*. * Collectif L'ESSentiel Jeux > Michel Duguet Illustrateur > Jean-Pierre Foissy

Ce numéro a été imprimé à 130 000 exemplaires. Tous droits de r­ eproduction réservés.

Photographes > Atelier Robert Doisneau, Brigitte Cheminade Couvreur, Sonia Déchamps, Gilles Rigoulet Agences photos > Urba Images Server, Hémis, France 2

FABRICATION Photograveur > Bussière Imprimeur > STIGE France Le Point cardinal, 10 passage Ronsin, 77300 Fontainebleau Ce magazine est imprimé sur papier certifié PEFC TM Pour écrire à la rédaction > redaction@debout.fr www.debout.fr n°2 > nov. - déc. 14 >

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Numéro 2  

Hiver 2014

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