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architecture & culture

#5

LE MOUVEMENT


architecture & culture


EDITO EDITO

Mathilde Noirot

Maintenant, le cœur de l’hiver est là. Fort, présent, et bien décidé à rester pour quelques mois encore. L’épaisseur grise qui nous enveloppe jour après jour, plonge le quotidien dans une répétition de lui-même. Tout se ressemble et s’aligne, sans fin visible. Jour après jour, le ciel restera bas, le froid s’éternisera. Décembre déroule ses semaines, dans une lenteur hypnotique. Oui, ici, l’hiver est long. Mais il n’est pas immobile. A l’intérieur de la brume dense et froide, nous sommes en mouvement. Oui, nous sommes mouvement. Intégré dans le cycle continuel des nuits et des jours, des verres qui tintent, des cigarettes écrasées, puis rallumées. Emporté par la danse perpétuelle des samedis soirs, la danse de la nuit et celle de la brise glacée du retour. Entrainé dans le rythme éternel de la ville, de sa vie et de son cœur qui palpite. Nous avançons, toujours en mouvement, toujours vers l’avant. Le temps roule ses minutes, et ses secondes, sans s’arrêter ne serait-ce qu’un instant. Nous sommes à la recherche de l’après, du nouveau, de l’étape suivante. Nous sommes en quête, de cet éternel recommencement, de la nouvelle valse que nous promet la boucle infinie du temps. Tout cela approche. C’est pratiquement demain. C’est presque déjà aujourd’hui. Le mouvement, c’est nous, et c’est maintenant.

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EDITO

« Tout s’en va, tout revient ; éternellement roule la roue de l’être. Tout meurt, tout refleurit, éternellement se déroule l’année de l’être. Tout se brise, tout est assemblé de nouveau ; éternellement se bâtit la même maison de l’être. Tout se sépare, tout se retrouve ; éternellement l’anneau de l’être reste fidèle a lui-même. »

F. Nietzsche Ainsi parlait Zarathoustra

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REDAC' TEAM

Mathilde Noirot

Pour vous chers lecteurs, ce deuxième numéro s'annonce riche et dense. Axé autour du thème du mouvement, il vous fera voyager entre architecture, photographie, culture, littérature et de nombreux thèmes d'actualité et de société. Cette édition s'est voulue, touche à tout, curieuse et avide de nouveauté. Toujours en action, notre rédaction vous a concocté, une compilation de projets, d’évènements, et autres curiosités, suivant l’effervescence programmée de ce nouveau numéro. Nous vous emportons dès maintenant au cœur de nos découvertes, toutes placées sous un signe mouvementé, tourbillonnant et entrainant. Dans une ronde folle, une valse effrénée, résonnante et entêtante, Biche vous fera chavirer à coup sûr.

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TEAM

Alix Gelabert -

Morgane Garcher

Rédaction Culture Mobilité

Rédaction Culture

-

Marie Stémart Rédaction Culture

Coralie Chenard Coordination génerale Rédaction Culture

Mathilde Guilbaud -

Mathilde Noirot

BICHE

Rédaction Chronique Mobilité Culture

Rédactrice en chef Chronique Musique Illustration

Élise Duno Rédaction Culture

Beaucoup d'autre petites têtes et petites mains ont contribué à ce magazine, vous pouvez les retrouver en fin de numéro. • 7 •


SOMMAIRE SOMMAIRE

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SOMMAIRE

ARCHITECTURE 10

INTERVIEW JA 18 MOUVEMENT DISANT*

ART & ARCHITECTURE 20

CENTRE POMPIDOU 22 LA JAPAN EXPO 24 FLAWLESS JAPAN-NESS

CULTURE - STRASBOURG 34

LA FOLIE DE DÉCEMBRE 36 LE MARCHÉ DE NOËL 38 POUR... 46 ET MOINS POUR

MOUVEMENT ET POÉSIE 52

MUSIQUE 56 LECTURE 64 MOBILITÉ 66

LE MOUVEMENT, OU LA POÉSIE DES VILLES L'AILLEURS, STRASBOURG LA MÉLANCOLIE HIVERNALE LA VIE INTENSE L'AILLEURS, STRASBOURG

BICHE 72

MERCI ! 74 BICHE RECRUTE ! EXPOSITION BICHE 9 MARS

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LE MOUVEMENT - LE VOIR, LE RESSENTIR, LE COMPRENDRE -Coralie Chenard - Élise Dunot-

Nous avons la chance d’étudier dans une ville qui consacre 1 mois à l’architecture et Biche a décidé d’en profiter ! La MEA propose de nombreuses activités telles que des conférences, des balades à vélo ou encore des ateliers pour enfants. Dans le cadre des 18 ème Journées de l’Architecture, nous avons pu questionner deux architectes fabuleux, rien que pour vous chers lecteurs ! La Chicagoane (oui elle habite Chicago) Jeanne GANG, conférencière pour l’ouverture du festival au Zénith ainsi que Vincent PARRIERA exerçant à Paris, venu à Mulhouse pour partager avec son architecture avec nous lors de sa conférence « sensualité envie plaisir mouvement ». Deux parcours différents, mais deux passionnés par

leur métier et par l’aspect rassembleur de l’architecture. Jeanne GANG, finaliste pour la rénovation de la tour Montparnasse et auteure de l’Aquatower, a aussi reçu le prix Women in Architecture Award 2016. Projets aux courbes naturelles et un engagement fort dans ces concepts font les particularités de Jeanne GANG et du STUDIO GANG. Quant à lui, Vincent PARRIERA se place comme un architecte engagé, voulant concevoir des projets emplis d’affect avec son agence AAVP. Il a a été lauréat de plusieurs prix d'architecture tel que l’Equerre d’argent. Générosité, sensibilité et proximité dans ses réalisations voilà la signature de Vincent PARRIERA. Avec nous ils évoquent leurs parcours et leurs conseils. ENJOY


RENCONTRE

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ARCHITECTURE

Jeanne Gang Journées de l'architecture - STRASBOURG

6.10.2017

Interviewé par : Coralie Chenard - Élise Dunot Avec la complicité de la MEA - MAISON EUROPÉENNE DE L’ARCHITECTURE – RHIN SUPÉRIEUR

Biche - In the masculine environment of architecture, how do you make yourself a place? How was it when you started ? Jeanne Gang : « I think it’s a good question -laughsI never thought of barriers, you know, I didn't wanted to put myself some limits, about what I wanted of my practice to be, so it wasn’t like other architects. I had seen a lot of things before started, because I wanted to do different things, as working on the environment, landscapes, and so on. I was ready to this. For me, the architecture practice isn't about male or female, or a leader, but about teamwork. It is like a like a tree, everything is connected, and working at the same level, so the organism lives. I think the most important thing is to think the design of the team as a real project. » B - You’ve been called the new Zaha Hadid, what do you think about it? J.G : « I’m not really yet » -laughs-B - Architecture create links between people, is it possible to say that architecture contributes to mind kind hapiness ?

J.G : « I think if the architecture is done well, with it in mind you can create happiness because also the opposite if it’s done badly. So what we need to learn more about to make more productive it’s to study and to research like how people relate. » B - Unfortunately, your project has not been selected for the tour Montparnasse, do you think you will enter a new competition in France or in Europe in a near future ? J.G : « Yes I kind of fell in love with the country and I think that I can bring something that is needed and desired, so I have to find the right opportunity. You know, I have a chance ». B - Why did you become an architect ? What were your motivations ? J.G : « Yes, actually, as a kid I always loved to build things, like treehouse, or fort, and I was also kind of good at maths and arts. The thing is, when I really decided to become an architect, it actually happened in France. Yes, I came here at the very first time for an exchange programme and I learned how important architecture is for culture, for history and I really wanted to do it. »

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RENCONTRE

Chicago magazine,

VB - What movement and fluidity are meaning for you ? It seems to be a very important aspect of your architecture, could you explain why ? J.G : « I’m very interested in lightness and movement, because architecture is something very permanent, and I want to find a way to make the architecture more alive. » B - With the Aquatower you brought nature into architecture, giving a new sens of life to your building, what were your inspirations ? Was it difficult to transpose what you were imagining into a graphic design ? J.G : « A developer who gave us a chance to get this big project, I felt very excited about it ! I had two or three ideas, but one of them, was this vertical landscape and I knew I wanted to do it in 83 concrete cut and when the developer saw the idea, he said to me

« I know how to build that » so the Aquatower, is a mix of many ideas, not one in particular. » B - Where does your interest in architecture come? Why architecture ? J.G : « I like materials and making, construction but I like the way architecture, like art, can answer real issues in the world, but there are some other arts like painting for example, maybe doesn’t have much impact. » B - Many students will read this interview to learn about your experience, what advice would you give to the ENSAS students? J.G : « To ask yourself what is your passion, and try to follow it! It’s not the same for everybody, in my opinion, architecture means diversity. I think there is a lot of different definition to it. »

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ARCHITECTURE

Vincent Parreira Journées de l'architecture - Mulhouse, La Fonderie

17.10.2017

Interviewé par : Coralie Chenard - Élise Dunot Avec la complicité de la MEA - MAISON EUROPÉENNE DE L’ARCHITECTURE – RHIN SUPÉRIEUR B- Pensez vous que votre expérience dans le bâtiment en tant que manoeuvre a influencé votre vision de l’architecture ? Vincent Parreira : "Pas du tout ! ... Quand j’étais jeune, je pouvais pas aller draguer les meufs. J’ai eu un parcours hétéroclite. Ça veut dire que quand t’es un quartier hétéroclite tu as aussi un parcours hétéroclite même si j’avais tout l’amour de mes parents ... C’était deux étrangers qui vivaient en France, ils se parlaient en Français parce qu’ils venaient de deux pays différents, et moi je parlais le français comme eux avec des difficultés et c’est pas ça le problème ça veut dire qu’eux ils feront plein d’efforts pour que tu réussisses comme tous les parents du monde. Après mon père était dans le bâtiment et ma mère femme de ménage, c’est un peu banal. Et mon père qui avait un travail difficile avait toujours besoin de petites mains et moi j’avais de bonnes petites mains pour lui ... Ça m’a sûrement influencé sur quelque chose mais je dirai indirectement. J’ai été dans le bâtiment très jeune et j’ai pris plaisir à aller sur les chantiers que plus tard. Je me suis fait viré de mon collège, j’ai fini en CAP, puis un BEP, brevet technicien,

université et j’ai eu mon diplôme. Donc oui j’étais dans le bâtiment mais involontairement au départ et c’est qu’après que j’ai compris que ça pouvait me servir. J’ai commencé très tôt à travailler en agence et parallèlement je continuais les chantiers avec mon père. C’était pas des gros chantiers mais c’est avec ça que tu apprends ce que c’est une poignée de porte, un bâti de porte, une charnière. ... Le chantier c’est obligatoire parce que t’apprends plein de trucs que t’apprendras jamais ailleurs." B - Vous êtes parti travailler au Brésil, puis vous avez monté votre agence en France, est ce que ce voyage à changer votre vision des choses ? À apporter quelque chose de plus ? V.P : "Pour plus de précisions, je suis sorti diplômé, je me suis mis à mon compte mais pas par volonté mais parce que le travail et les acteurs qu’étaient les architectes proposaient plus de statut d'indépendants que de salariés alors je me suis mis indépendant par défaut. Quand j’ai été diplômé c’était la crise en France, alors j’ai passé des concours et j’en ai gagné un qui s’appelait « l’envers des villes » de la Villa Médicis hors les murs. J’ai gagné de l’argent sur une étude d’une ville au Brésil

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RENCONTRE

AAVP Vincent Parreira – Immeuble Less à Paris que j’avais cherché qui est une ville sublime. Et j’ai cherché en me disant « mais y a pas de boulot en France » concrètement j’avais pas de travail en France à avoir des prix, des financements, ect... J’ai eu cet argent et je me suis barré. J’ai tout vendu en France et je me suis barré. Évidemment j’ai remonté mon agence parce qu’en revenant j’ai travaillé pour d’autre et je sentais que j’en avais plus envie. Cette expérience ça m’a apporté quelque chose que je vous conseille fortement c’est voyager, tu peux pas savoir la claque que ça te met. La galère que c’est de pas parler la langue, d’avoir ton sac à dos avec toi. Je suis de père portugais et mère espagnole et je vais au Brésil sans parler portugais. Tout réapprendre, d’être confronté à des situations du quotidien et le voyage pour ça c’est extraordinaire.

Alors séchez les cours, voyagez un peu pour découvrir des trucs qui vont vous transformez le cerveau. Sans déconner c’est vraiment important." B - Votre conférence s’appelait « sensualité envie plaisir mouvement » , pourquoi ces mots ? VP : "C’est les premiers mots auxquels je pense le matin. C’est des choses qui font partie de ma vie, c’est l’amour que tu as eu dans ta jeunesse de tes parents, des gens. C’est les choses que j’ai envie de partager, quand je me lève j’ai envie que la journée soit bien. Tu es conforté dans ton quotidien à 50% voire 80% de connards ou de connasses donc à un moment tu peux essayer de te dire que ton entourage construit dans ton agence, les personnes avec lesquelles tu travailles,

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ARCHITECTURE

sont le plus important, car tu veux te sentir bien. On vit dans un pays extraordinaire et à la fois assez miséricordieux. Les gens qui sont juste blasés de la richesse que ne voient pas qu’ils ont. C’est pour ça que le voyage t’apporte énormément de choses, parce que t’es confronté à toi même. C’est extraordinaire on vit dans un pays qui n’est pas guerre à part avec le terrorisme, on a échappé au Front National. On échappe à plein de choses et faut y penser. Je dis pas que je souris tout le temps, moi aussi j’ai envie d’en cartonner deux ou trois de temps en temps mais c’est bien de penser à l’amour, au plaisir... C’est bien de se lever et d’avoir envie. Quand tu fais ce métier d’architecte c’est important parce que c’est un métier très difficile mais c’est pas plus difficile que quelqu’un qui bosse dans une mine dans une casse auto ou je sais pas quoi. T’as lachance de faire des études."

que tu voulais travailler dans l'architecture et pour l’architecture, faut que y trouver du plaisir et pas être dans la contrainte. T’as 5 années où tu auras droit à « t’as fait tes devoirs » « ah ton rendu il est pourri ». Vous avez l’avantage d’avoir une qualité architecturale territoriale extra-nationale qui est du high level mais vous avez peut être pas la maturité intellectuelle de la comprendre alors allez-y. Soyez curieux, soyez naïfs. Et il n’y a pas que l’architecture, y a l’amour, tes plaisirs personnelles qui sculptent ta personnalité et qui fera de toi un bon concepteur, qui pensent aux autres, intransigeant. Faut pas être fataliste vis à vis de ce métier parce beaucoup le sont mais ce métier t’ouvre à beaucoup d’autres choses parce que lavie te fait des rencontres improbables. Faut faire confiance à la vie, à vos vies."

B - Votre interview sera lue par de nombreux étudiants de notre école, auriez- vous un ou des conseils pour eux ? VP : "Fais ce que tu as envie. Soit jamais influencé. Attendez vous avez quel âge ?? - 19 ans Hein ? Moi je me prendrai une année sabbatique et je me casserai. Le problème c’est qu’on veut vous briser. Tu rentres en école d’architecture, où t’as que des sermons de vieux cons comme moi. 19 ans quoi, si vous avez cette capacité à aller voir ailleurs faites le. Si vous avez des stages barrez vous à l’étranger, tu peux pas savoir comme ça va changer la donne. Moi à 20 ans je suis parti aux États-Unis avec mon sac à dos et mon meilleur ami. Il faut arrêter d’écouter ces gros cons qui te font la morale à la mormalemeu. Si t’as considéré que ces études c’étaient celles que tu voulaient faire, • 16 •


RENCONTRE

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ARCHITECTURE

MOUVEMENT DISANT* Des chiffres à donner le tournis : suivrons-nous la cadence les 10 prochaines années ?

N'étant pas économiste, je m'abstiens de commentaires sur les crises qui ont fait tressaillir les "courbes"... Néanmoins, quand on parle de "prix", se pose la question des coûts de production et de transformation - notamment quand on conçoit et transforme des bâtiments et des villes, non? On pourrait aussi s'interroger sur les coûts "d'accès" à certaines de ces matières premières : à l'eau potable comme aux métaux rares (utilisés pour les smartphones et de très nombreux composants électroniques)… le fait que ces matières suivent une "courbe" s'envolant comme prise dans un peloton de course de côte, les méninges commencent à frémir, un peu ? oui, non? pas du fou ? Pour tout objet fabriqué, on consomme de la matière première, c'est entendu. Si l'on observe cette courbe, et qui met en perspective l'augmentation de la population mondiale et des consommateurs que nous sommes, qu'on y ajoute quelques aléas climatiques …voilà du "mouvement" qui devrait nous inciter à mesurer l'effet de nos choix, entre les échelles "globale" et "locale"… et regarder différemment le "cours des choses". Ce questionnement contemporain et futur est éminemment important dans le domaine architectural, et de nombreuses agences et collectifs tentent de remédier • 18 •

ou tout du moins de proposer des hypothèses à leur niveau. C’est le cas des Saprophytes, qui développent des projets artistiques et politiques autour de préoccupations sociales, économiques et écologiques. Architectes, paysagistes, plasticiens, constructeurs, graphistes, les Saprophytes revendiquent une esthétique relationnelle qui met l’accent sur l’expérience sociale comme acte artistique et constructif fondateur. Le processus de fabrication collective du projet est aussi important que sa forme finie. Cherchant les spécificités et les potentiels de chaque lieu, nos projets de micro-urbanisme, d’urbanisme concret se faufilent entre les échelles de territoire et s’expriment à travers différents types d’actions. En conférence à l’ENSAS, le 17 janvier 2017, Les Saprophytes ont mis l’accent sur


ARCHITECTURE

une forme d’Action sur le long terme sur des territoires spécifiques visant à constituer des groupes d’habitants-constructeurs de projets collectifs pour leur quartier. Une stratégie qui permet de remettre en question notre façon de construire, et de consommer les ressources naturelles et autres matières premières. La vidéo de la conférence des Saprophytes est accessible sur le site de l’Ensas, dans le menu "replay des conférences". Le collectif fête actuellement ses 10 ans, avec un livre „Les Saprophytes, urbanisme vivant“, entretien avec Amandine Dhée (Ed. La Contre Allée, novembre 2017)

Lise Lançon, Responsable de la recherche et des partenariats, entamant bientôt sa 10ème année à l’Ensas dans l’équipe administrative. *Disant ou 10 ans

Source : Harvard Business 2017-janvier 2018)

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Review

(décembre


ART & ARCHITECTURE

CENTRE POMPIDOU METZ, PROGRAMMATION EN

EFFERVESCENCE « Trois expositions et une dizaine de concerts et spectacles, posent un nouveau regard sur le Japon, de l’histoire moderne de son architecture à ses expressions artistiques les plus contemporaines.Tandis que la mondialisation lisse les frontières géographiques et culturelles, l’archipel nippon a conservé une écriture singulière, une identité artistique." Une première manifestation intitulée Japanness. Architecture et urbanisme au Japon depuis 1945 explore sept décennies de culture architecturale, de 1945 à nos jours, au

coeur du bâtiment emblématique de Shigeru Ban. À travers le concept de Japan-ness (japonité) l’architecte Arata Isozaki a tenté de saisir les caractères proprement japonais qui relient les créations de ce pays. C’est cette singularité, tantôt ouverte et poreuse aux influences extérieures, tantôt recluse en ellemême, souvent frappée par l’Histoire et par la Nature (conflits, crises, séismes, catastrophe nucléaire...) et ainsi toujours contrainte de se redéfinir, que le Centre Pompidou-Metz met ici en lumière. Du 9 septembre 2017 au 8 janvier 2018, Grande Nef

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ART & ARCHITECTURE

Cette première exposition interroge: comment la ville japonaise, et son urbanisme tentaculaire depuis la reconstruction de l’Après-guerre, a-t-elle défini de nouveaux modes d’habiter? Avec quels modèles et dans quel contexte social, politique, culturel, émergent. ses plus importants architectes – Kenzo Tange, Tadao Ando, Toyo Ito, Kengo Kuma? Du 9septembre 2017 au 8 janvier 2018, Galerie 2 et 3.

Une seconde exposition, Japanorama. Nouveau regard sur la création contemporaine, porte un regard sur quatre décennies de création contemporaine et d’affirmation d’une culture visuelle (art, mode, photographie, manga...). Cette exploration révèle un Japon multiple, qui ne se limite pas au cliché de l’opposition entre minimalisme zen et déferlante Kawaï-Pop. L’art contemporain au Japon, c’est aussi une poétique de la résistance, un engagement militant, une réflexion commune avec la mode sur le rapport au corps et le post-humanisme, ou bien sur la place de l’individu dans la société, la notion de communauté, la relation à une tradition insulaire et le dialogue avec les cultures populaires et underground. Du 20 octobre 2017 au 5 mars 2018

Une troisième exposition spectaculaire est consacrée au collectif Dumb Type, pionnier des nouvelles technologies mises au service de l’art. Mêlant spectacle vivant et installation multimédia, Dumb Type dénonce une société superficielle saturée d’informations, noyée dans la consommation et soumise aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cette diversité

s’exprime aussi avec les 10 Evenings, une riche programmation d’événements conviant quelques grandes figures de la scène japonaise (danse, musique, théâtre, performance...) tout au long de la saison, avec des spectacles parfois présentés en France pour la première fois. Durant cette saison, c’est toute l’institution qui vit à l’heure japonaise proposant aussi des ateliers jeunes publics sur le Japon ou transformant la Capsule en Game Center! » Du 20 janvier 2018 au 14 mai 2018, Galerie 1

LAW OF PERIPHERAL UNITS, du 9 septembre 2017 au 5 mars 2018, forum 10 EVENINGS, du 08 septembre 2017 au 04 mars 2018 : LORSQUE L’HUMIDITE CHANGE, LE MONDE CHANGE, performance, dimanche 10 décembre 2017, 16h SUPERCODES, concert, vendredi 19 janvier 2018, 20h UN MONDE PARFUME, performance, samedi 20 janvier / dimanche 21 janvier 2018, en continu ABSOLUTE ABSENCE, installation danse, samedi 27 janvier / dimanche 28 janvier 2018, 16h TRISTAN ET ISOLDE, hors les murs danse, vendredi 9 février 2018, 20h NIPPON CHA CHA CHA, installation performance, samedi 24 février 2018, 16h DIS.PLAY, concert performance, samedi 03 mars, 20h / dimanche 4 mars 2018, 15h

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Marie Stémart


ART & ARCHITECTURE

nippone est très ouverte tout en conservant ses valeurs, il désigne cette particularité par le terme "Japan-ness".

dessin de Kiyonori Kikutake

JAPAN-NESS Une découverte de l'architecture et de l'urbanisme du Japon

Depuis le 9 Septembre jusqu' au 8 janvier, vous aurez la chance de pouvoir visiter l'exposition Japan-ness au Centre Pompidou de Metz. Cette exposition intéresse spécifiquement notre école puisqu'elle retrace l'histoire de l'architecture du Japon et de son urbanisme depuis 1945. Elle met en lumière des œuvres déterminantes de l'architecture nippone qui ont enrichi le monde de l'architecture. On observe une architecture qui s'incarne dans de nombreux mouvements internationaux (brutalisme, minimalisme...) tout en entretenant un lien avec sa tradition. L'architecte Arata Isozaki choisit de mettre en avant, tout au long de cette exposition, le fait que l'architecture

La première partie de l'exposition est consacrée au contexte de l'après guerre avec les dévastations engendrées par les bombes atomiques. L'intervention à la radio de l'empereur Shôwa, considéré par le peuple comme "le fils de Dieu", a pour conséquence d'humaniser ce dernier et entraîne une rupture importante dans la civilisation nippone très religieuse qui s'ouvre alors à la culture occidentale. L'identité japonaise devient une question majeure. On remarque que les sanctuaires nippons sont sans cesse détruits et reconstruits : cela amène une idée de permanence à l'architecture japonaise. En revanche, la notion de maison traditionnelle et d'identité architecturale du Japon n'apparaissent que dans les années 1930. Pour illustrer ces idées on peut observer des représentations du sanctuaire d'Ise plusieurs fois reconstruit. Des vidéos montrant l'humanisation de l'empereur qui se présente à la foule en costume cravate et non pas en tenue traditionnelle et également des extraits du film "Hiroshima mon amour" d'Alain Resnais mettent en scène les vestiges laissés après les bombes atomiques. Dans un second temps, on découvre une salle d'exposition où nos yeux sont immédiatement attirés par l'abondance de représentations graphiques (plan, perspectives...) que l'on pourrait contempler pendant des heures sans se lasser. Cette partie traite de l'architecture au Japon de 1945 à 1955, la question de la place de l'homme y est abordée comme on peut le voir avec le projet du Mémorial de la paix (1952-1955) de Kenzô Tange. Les architectes nippons s'inspirent de la

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ART & ARCHITECTURE

vision humaniste de Le Corbusier et l'on peut retrouver, sur certains plans, des éléments propres à l'architecture moderne tels que les pilotis... On observe aussi des architectes tels que Kunio Mayekawa ou encore Junzô Sakakura qui, pour des raisons de reconstruction, s'orientent vers une architecture brutaliste avec une approche plus économique et sociale. De 1955 à 1965, l'architecture japonaise moderne s'affirme et s'impose dans la scène internationale notamment avec la réalisation emblématique de Kenzô Tange du Stade national de Yoyogi à Tokyo pour les jeux olympiques de 1964.

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ART & ARCHITECTURE

structure flottante de Kiyonori Kikutake

Ensuite, l'exposition présente une "nouvelle vision" de l'architecture avec l'Exposition universelle d'Osaka de 1970 qui marque la consécration du mouvement métaboliste (1965-1975) et lui donne une dimension internationale. On trouve des exemples d'architectures modulaires comme par exemple la mégastructure construite sur la mer de Kiyonori Kikutake , qui est un projet non réalisé ( 1958-1963) qui propose, pour pallier un problème de population urbaine trop dense, de construire une structure flottante avec un équipement énergétique intégré et constitué d'unités d'habitations que l'on pourrait jeter dans la mer une fois usagées car elles serviraient ensuite de "récif corallien" pour la faune maritime. La tendance est à une architecture hypertechnologique. En réaction à cette idée de société de consommation, des artistes réagissent tels que Tadanori et le mouvement Gutai. On observe aussi

simultanément une architecture d'inspiration pop avec, pour l'illustrer, les projets de Kijô Rokkaku ou encore Minoru Takeyama. Vient ensuite la partie sur l'architecture de la disparition (1975-1995), qui décrit une architecture conceptuelle qui naît dans un contexte de consolidation des liens avec l'Occident. Les architectes retournent vers des typologies plus simples en réaction aux architectures technologiques faites auparavant qu'ils jugent trop industrielles. Leur architecture est minimaliste et est influencée par le structuralisme, elle rencontre immédiatement une reconnaissance au niveau international. Certains architectes se démarquent avec notamment Tadao Ando et son architecture faite de béton et de lumière. On observe comment Itsuko Hasegawa invente la light architecture composée de résilles métalliques qui font disparaître la

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ART & ARCHITECTURE

structure et comment cette architecture trouve son accomplissement dans le travail de Toyö Itô.

de son graphisme expérimental qui témoigne d'une architecture conceptuelle où l'usage du dessin change la compréhension de la ville et de l'habitat.

L'exposition nous invite alors à parcourir une promenade architecturale où une soixantaine de panneaux présentant divers projets sont suspendus du plafond et invite le visiteur à s'y attarder. On y découvre des architectures avec des formes plus géométriques et qui utilisent de nouveaux matériaux comme l'agence SANAA ou encore l'architecte ShigeruBan. Enfin, le visiteur achève l'exposition en retrouvant plusieurs exemplaires de livres et revues qui ont largement diffusés l'architecture japonaise qui s'est affirmée comme un véritable mouvement dans les années 19601970 et qui s'impose notamment au travers

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Mathilde Guilbaud


ART & ARCHITECTURE

FLAWLESS JAPAN-NESS DE L'EXPOSITION JAPANORAMA

Article : Mickael Giraud Photo : Mickael Giraud Regard porté sur « Japanorama » ,exposition au Centre Pompidou Metz , visites jusqu’au 5 Mars 2018

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ART & ARCHITECTURE

C’est aux Galeries 2 et 3 du centre de Shigeru Ban, que vous devez vous rendre si vous voulez plonger dans la culture du pays du soleil levant. (Alors que celui ci se couche de plus en plus tôt afin de nous laisser divaguer dans les vapeurs douces du Glühwein de Noël). L’exposition retrace l’évolution culturelle du pays, à partir des années 1970 lorsque le Japon oscille entre globalisation et affirmation de son identité changeante depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Vous retrouverez donc les débuts matérialistes et/ou conceptuels de l’art japonais, s’affranchissant de l’influence occidental dont le Japon a fait preuve sous tutelle américaine, puis l’évolution futuriste post-moderne des années 80, imageant le redynamisme de Tokyo en tant que ville Internationale. Vous vous retrouverez aussi en plein cœur des années 90 dans la culture dite « Superflat », conjuguant esthétique pop art et kitsch, ambiancée « kawaii », trouvant racine dans les mangas et autres dessins animés. Les années 2000 ne sont pas en reste, avec l’avènement de la technologie et des questions sociétales tel que des question d’individualisation, lorsque la société voit peu à peu s’éroder la frontière entre sphères publique et intime, à l’aube de la conscience écologique qui fait suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Bref vous l’aurez comprit, le Japon se réveille de décennies en décennies et le centre Pompidou vous prends la main dans un beau voyage au travers d’ambiances nippones ( scénographie signée SANAA) plus folles les unes des autres. Biche vous propose alors une sélection non exhaustive d’œuvres qui a marqué notre sens de la dérision critique et esthétique.

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ART & ARCHITECTURE

MIEKO SHIOMI ENDLESS BOX 1963/1990 34 boites en papier Museum of contemporary art Tokyo.

œuvre d’art, installation, travail probable de scénographie, Endless box se décline en plusieurs installation que l’artiste propose donc depuis les années 1960, et sont présentes un peu partout dans le monde ( MoMa New York entre autres).

Le travail de Shiomi explore le temps, le lieu, l'équilibre, la direction, l'ombre, la gravité et les concepts connexes. Il est ancré dans les expériences quotidiennes, invitant un large éventail d'interprétations et créant un champ de signification qui se dilate comme de l'eau. Ce travail s'étend à un domaine où les sons, les mots, les images animées et les objets sont interchangeables selon certaines règles et forment un tout intégré. Cette installation de boites blanches forme un tout qui pressent le minimalisme japonais dans la conception de l’espace. A la fois • 28 •


ART & ARCHITECTURE

YAYOI KUSAMA INFINITY MIRROR ROOM (1999) ayoi Kusama est une artiste contemporaine Japonaise présentant son travail depuis plus de soixante ans à travers le monde. Son travail tourne autour du motif a répétition, du poids comme vision du monde (sa propre vision physique de l’environnement qui l’entoure). Les pois seraient apparus alors qu’elle regardait le motif à fleurs d’une nappe. L’empreinte serait restée sur sa rétine alors qu’elle regardait le plafond. A l’allure délirante, elle se fait remarquer dès les années 1970 par le milieu artistique et propose de nombreuses collaborations, notamment avec Karl Lagerfeld ou encore la maison Louis Vuitton. Artiste marquée à jamais par Hiroshima, elle

sombre dans la folie, la présentant comme un ressort de sa création (elle effectua plusieurs aller retour en hôpital psychiatrique où elle continua a travailler). Dans Infinity Mirror Room, l’utilisation du pois devient systématique dans de nouveaux « environnements ». Dans un espace clos, des miroirs démultiplient les pois à l’infini autour du visiteur. Yayoi vous plonge alors dans un milieu féérique, démultiplié à l’infini, entre lumières galactiques et bassin miroitants, cette expérience vous marquera à jamais. Cinq minutes d’apesanteur, de voyage cosmique au cœur du cerveau de l’artiste japonaise la plus excentrique encore vivante. Un seul conseil : rentrez dans la salle, fermez la porte, et rêvez !!!!

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YELLOW MAGIC ORCHESTRA (YMO), NAUGHTY BOYS, 1983, POCHETTE DE DISQUE (LP)

de vinyles vous plongent dans l’atmosphère délirante du groupe. Préparez vous à en prendre plein les yeux et les oreilles dans cette petite salle qui vous amène droit dans un disquaire tokyoïte.

Ce groupe de synthé pop japonais formé en 1978 et dissout en 1984, a marqué la culture musicale du japon, avec la nouveauté de son électroniques samplés sur les tout premiers ordinateurs de l’époque. Utilisant abondamment les synthétiseurs, leur influence s'est étendue au-delà du Japon, ce qui mène à considérer le groupe comme un défricheur de la musique pop électronique. Le centre Pompidou vous accueille dans une black room où il ne faut pas hésiter à remuer corps et âmes, puisqu’une vidéo d’un de leur Live show est présentée (maquette de la scénographie à l’appui), sur fond de couleur fluo et formes géométriques. Les couvertures • 30 •


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CHIM POM SUPER RAT ( DIORAMA), 2008 Ce collectif d’artiste nippons s’est amusé a capturer des rats dans le quartier « Center Gai Street » de Tokyo afin d’en faire des performances artistiques nommées Super rat (faisant écho aux capacité supposée des rats à résister au poison fabriqué par l'homme). Les transformant en Pikachus-Godzilla, envahisseur de ville, le collectif s’amuse avec la taxidermie pour rendre encore plus « cute » l’un des animal les plus détesté de notre société.

Pom), déclarait s’être inspiré des nouveaux codes vestimentaires à l’éffigie de la petite créature jaune electrifiante : « that is the type of girls that hang around Center Gai dressed up as Pikachus. These girls are most likely tweens and sort of harmless. But also...they dress up as Pikachus. Soooooo yeah. Boo that type of girl! » Chez Biche ont ne Booo pas, on aime Pikachu autant que les KurryWurst de la Weindorf ! On vous laisse apprécier.

Les influences et références sont claires : le monde animé japonais, marqueur de culture, envahissant la ville au même rythme que les rats. L’un des membres du collectif (Chim • 31 •


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KOHEI NAWA FORCE, 2015 La gravité en slow motion. Voilà ce que nous propose Kohei Nawa, avec son installation Force, ce qui impose le silence. Le système sensoriel humain est invité dasn un mouvelent infini vertical, où un mélange de silicone et d’huile noire coule du plafond blanc immaculé, s’enfoncant dasn un bassin noir miroitant de lumière. La texture , les sons, le mouvement, tout est réfléchi pour créer l’illusion d’un rideau de pétrole défilant sans fin devant vos yeux. Les moteurs créent un bruit sourt ( certains l’auront comparé aux battements du cœur), dasn un environnement splendidement mis en scène. La pluie sombre est elle solide ou fluide ? Difficile de répondre a cette question en simple observateur, vu qu’il reste difficile d’acceder à la plateforme

(initialement prévue à l’accueil des visiteurs). Vous vous retrouverez face à un diagramme gravitationnel, jouant avec l’attraction réciproque des masses. L’installation provoque une suspension du temps, remettant en cause l’effet que chacun connaît lorsqu’un objet tombe. La sculpture en mouvement est en constante évolution. L’artiste vous dévoile un conflit entre les matériaux solides et liquides, à l'intérieur duquel le corps humain doit trouver sa place. A chacun d’interpréter ce chef d’œuvre contemporain minmaliste selon son imaginaire. Respirez, regardez, Profitez !!!!!!!!!

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STRASBOURG La folie de Décembre

Article : Coralie Chenard, Marie Stemart.

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Photo : Guillaume Sanseigne. • 35 •


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IL EST DE RETOUR ... Article : Coralie Chenard, Marie Stemart.

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Fondé en 1570 et accueillant pas moins de 2 millions de visiteurs chaque année, le marché de Noël de Strasbourg est aujourd’hui énoncé comme un évènement des plus forts d’Europe. Strasbourg en ébullition durant la douce période de l’Avent c’est pas moins de 300 chalets, 600 manifestations, des dizaines d’artisans, des produits locaux, illuminations et décorations, mais aussi l’occasion de la 3ème édition du marché OFF, du festival PayeTonNoël, de nombreux évènements et d’une flânerie au village islandais. De plus, cette année un nouveau quartier se dévoile le quartier Saint-Etienne, Place Mathias Merian et Place du Marché Gayot. Vivons ensemble Noël à Strasbourg et Biche est là pour vous faire partager ses découvertes

POUR OU CONTRE ?

BICHE VOUS OFFRE DEUX VISIONS DU MARCHÉ DE NOËL, ENTRE PARADIS ET ENFER, NOUS VOUS LAISSONS CHOISIR

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MARCHÉ OFF « Vivez un Noël décalé avec la 3e édition du OFF, qui investit différemment les traditions de Noël. Proposé en parallèle des marchés de Noël traditionnels, le OFF, c’est l’opportunité de vivre les fêtes de fin d’année sous un autre angle, celui de l’achat responsable, grâce à un marché où vous découvrirez des modes de consommation qui font sens. Les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les commerçants, artistes et associations du quartier Gare vous ont concocté un programme plein d’originalités et de nouveautés ! Laissez-vous surprendre... » Du 24/11 au 24/12, tous les jours de 11h à 20h et jusque 22h les samedis

Vous n’avez pas pu les louper, les dômes et containers du marché OFF ont finalement fait leur apparition place Grimmeissen. Présents depuis le 24 novembre et ce, jusqu’au 24 décembre, ils sont l’occasion de se laisser emporter dans un univers aux produits variés, responsables et originaux, aux meubles vintage, habillement customisés et créations originales. Vous pouvez également y retrouver afterwork, débats, animations, concerts, conférences, ciné-débats, ateliers DIY (Do It Yourself) ou performances. Les 4 semaines de l’évènement seront guidées par différents thèmes, à savoir:

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FESTIVAL PAYE TON NOËL Le festival Strasbourgeois, immanquable, reviens du 2 au 16 décembre pour la 11è édition. L’association Pelpass qui Paye son Noël, c’est des festivités, du son, des jeux, des courts- métrages, ateliers, arts de rue et spectacles. Cette année, plus de 40 artistes sont attendus pour ces 3 semaines hautement festives. D’abord Place Grimmeissen du 2 au 5 décembre dans le cadre du Marché Off et Place de Zurich du 8 au 10 décembre. jours, le 16 décembre, « Tropical Festif ». Le 12 décembre, le rappeur américain P.O.S, le 14 décembre, Swift Guad et Mani Diez au Molodoï, le 15 décembre,

Le Père Noël a décidé de prendre des vacances au soleil. Oubliez les Schoko Lebkuchen et le chocolat chaud au coin du feu, cette année, on fête Noël les pieds dans le sable et un cocktail à la main ! Du 2 au 16 décembre 2017

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POUR ! POUR ! POUR ! POUR !

STRASBOURG VOIT PLUS GRAND

Article : Morgane Garcher Photo : Mickael Giraud

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En effet, cette année le Marché de Noël s’agrandit ! Vous verrez bien plus que l’immense beauté de la Cathédrale et le grand malheureux qui a fait tant parler de lui le Grand Sapin place Kléber (3 fois remplacer ne l’oublie on pas cette année, une vraie histoire pour la collectivité). C’est pourquoi Biche vous livre ses dernières découvertes. Le Vin chaud et le goût des délices de Noël n’ont plus de secrets pour vous, voyez plus larges. Le quartier de la Cathédrale regorge d’endroits insolites, de bonnes adresses et de merveilles à essayer et goûter. À l’écart des amas de foules, accessibles par ses ruelles emblématiques qui font le charmes de notre ville ; les Places Saint-Etienne Mathias Merian et celle du Marché Gayot accueillent dorénavant les plaisirs de Noel autour d’une ambiance chaleureuse et familiale à travers des animations pour promouvoir la tradition alsacienne. La place Saint-Étienne Venez découvrir l’expérience des stammtisch, grande tablée autour d’un repas et bières/vin de Noel à ciel ouvert et des animations musicales Tribu des gourmets : les jeudis de 17h à 20h, les vendredis de 17h à 21h, les samedis de 14h à 22h et les dimanches de 14h à 19h. La place Mathias Mérian Venez profitez de cette ambiance cocoon de cette place cachée des regards. Au programme animations pour vivre et partager toute la magie de Noël entre amies et famille. La place du Marché Gayot Lieu emblématique des soirées strasbourgeoises, cet endroit vous fais découvrir son village de Noël en famille, entre amis, colloc’, partenaires de projets et je passe. Cette place fait vibrée le cœur des strasbourgeois depuis longtemps et c’est pourquoi le marché de Noel devait s’y rendre. Vous y trouverez ateliers de confection sur place les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h pour les enfants et les parents. Et si vous souhaitez vous posez loin de la foule autour d’un bon chocolat chaud et d’une douce et confortable couverture c’est le parfait endroit ! Cette place réputée pour ces cafés et restaurants délicieux vous fera perdre pied et ferons passer un très bon moment. Maintenant c’est à vous d’y aller, n’hésitez pas foncer ! • 43 •


CULTURE

POUR ! POUR ! POUR ! POUR !

L'ISLANDE AUX PORTES DE STRASBOURG

Article : Marie Stémart

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« Les Islandais fêtent Noël en 13 jours et, traditionnellement, la cérémonie est centrée sur les plaisirs culinaires et la famille. Cette fête est profondément ancrée chez la plupart des islandais, car elle coïncide avec la période la plus sombre de l'année et au moment où les jours commencent à s'allonger. En conséquence, les Islandais œuvrent pour apporter de la lumière à leurs festivités. Les Islandais décorent leurs maisons avec des lumières éclatantes de Noël à l'intérieur et à l’extérieur. » Vous avez toujours rêvé d’un voyage en Islande, d’observer les aurores boréales en pleine session chill dans le Blue Lagoon ou encore de gravir les volcans et faire du trekking sur glaciers ? On vous donne alors rendez-vous à Strasbourg dans un cadre un peu moins froid et un peu moins idyllique mais à l’ambiance traditionnelle festive. En effet, après le Portugal en 2016, c’est au tour du féérique pays de l’Islande de poser bagages pour la période d’ouverture du marché de Noël. Chants, danses folkloriques, spécialités culinaires et produits typiques, animations pour les enfants et ouïe de mots pour le moins surprenants. Liqueurs et hot dog islandais, skyr, jolaglögg, huiles et gélules de foie de morue, de quoi satisfaire l’ensemble de vos envies de découvertes. De nombreuses et diverses activités sont à découvrir place Gutenberg du 24 novembre au 30 décembre : CONCERT DU CHOEUR DE SUÔURLANDS, Björg Thórhallsdóttir (soprano), Hrólfur Sæmundsson (baryton), Elísabet Waage (harpiste), Eydís Franzdóttir (hautbois), Hilmar Örn Agnarsson (orgue) et les Choeurs de Suðurland. L’ensemble sera dirigé par le chef d’orchestre Hilmar Örn Agnarsson

Eglise St Guillaume, 13/12, 20h Eglise St Pierre Le Vieux, 14/12, 20h PROJECTION D’UN FILM DE GRIMUR HAKONARSON, « BELIERS » Cinéma STAR, 14/12, 20h Cinéma STAR, 18/12, 18h KARAOKES GEANTS EN ISLANDAIS Chaque samedi et dimanche de 17h à 18h Gleðileg jól ! Joyeux Noël !

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CULTURE

MOINS POUR! MOINS POUR! MOINS POUR! MOINS POUR!

UN MOIS D'ENFER

Article: Alix Gelabert Photo : Mickael Giraud

Strasbourg, une métropole européenne, une ville parfaite pour les étudiants, une ville verte ... mais c’est surtout, la capitale de Noël, dont la principal institution est le marché de Noël qui s’y installe tout le mois de décembre ! C’est beau, c’est chaleureux, c’est magique... Mais à vivre un mois entier, chaque année ça devient vite un défi. • 46 •


CULTURE

Cette année encore, la Grande-île devient une forteresse au coeur de la ville. Plus de voiture, mais pas de routes désertes! La sécurité autour du marché est renforcée: contrôles à chaque pont permettant d’y accéder. Aux heures de pointes et aux entrées principales, tu devras te munir de patience. Un conseil d’ami,le Pont Kuss est à bannir, les touristes y font vérifier leur valise en sortant de la gare. Ne sois pas étonné si tu te fais recaler par un agent quand tu vas jeter tes bouteilles de verre dans une borne (le recyclage c’est bien, mais pas en décembre!), c’est son job il n’y peut rien -il le fait même très bien! D’ailleurs, si tu t’aventure plus loin dans le périmètre sécurisé, tu en croiseras sûrement d’autres -toujours très sérieux- dans leur fourgons bleus; même si la plupart des gens que tu croiseras seront euphorique et heureux! Mais si les ruelles du centre ville sont pour toi comme ta poche, elles sont le labyrinthe infernal de tous les touristes venant découvrir l’univers magiques du Marché de Noël de Strasbourg. Pour les éviter, il faut les repérer! Ils sont souvent en groupe, parfois derrière un père noël. On voit à leur trajectoire incertaine qu’ils sont perdus, s’ils sont téméraires ils te demanderont leur chemin en frôlant la collision! (ça m’est arrivé trois fois en une heure). Pire encore, ils s’arrêtent tous les cinq mètres pour photographier les lumières de noël, rendant ainsi la démarche des strasbourgeois difficile. Si tu pensais prendre ton vélo pour aller plus vite, oublie tout de suite, tu risque soit d’écraser un enfant sans surveillance, soit de te retrouver à pousser ton vélo à travers la foule. Ah oui, si tu avais l’idée de prendre les tram, n’oublie pas de regarder les modifications d’arrêts En bref, si tu habites le centre ville, va squatter chez un pote, tu ne perdras pas de temps! Mais si les ruelles du centre ville sont pour toi comme ta poche, elles sont le labyrinthe infernal de tous les touristes venant découvrir l’univers magiques du Marché de Noël de Strasbourg. Pour les éviter, il faut les repérer! Ils sont souvent en groupe, parfois derrière un père noël. On voit à leur trajectoire incertaine qu’ils sont perdus, s’ils sont téméraires ils te demanderont leur chemin en frôlant la collision! (ça m’est arrivé trois fois en une heure).

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CULTURE

Pire encore, ils s’arrêtent tous les cinq mètres pour photographier les lumières de noël, rendant ainsi la démarche des strasbourgeois difficile. Si tu pensais prendre ton vélo pour aller plus vite, oublie tout de suite, tu risque soit d’écraser un enfant sans surveillance, soit de te retrouver à pousser ton vélo à travers la foule. Ah oui, si tu avais l’idée de prendre les tram, n’oublie pas de regarder les modifications d’arrêts En bref, si tu habites le centre ville, va squatter chez un pote, tu ne perdras pas de temps! Fuie le centre-ville, parce que pendant ce doux mois de décembre, nos amis étrangers ne se contenteront pas de visiter les alentours de la cathédrale ou de la Petite France. Ils ne profiteront pas uniquement des petits chalets en bois qui proposent toute sorte d’objet, de petits en-cas ou de vin chaud. Il seront partout autour de nous!

Parfois tu en verras qui ne comprennent pas les caissières des supermarchés, dans les centres commerciaux pour faire les listes de cadeaux (€€€), dans les petits restaus où tu as l’habitude de retrouver tes potes en fin de journée ... Il te faudra donc trouver d’autres petits coins sympa un peu plus loin de chez toi! Mais si tous les bars sympas que tu connais son pleins a craquer, tu as une option. Te rabattre sur un vin chaud au pied du grand sapin Place Kléber et vite repartir pour manger chez des amis (avant de te faire engloutir par une marée humaine, telle qu’on en voit rarement). Le point positif en ce (pré)hiver, c’est que tu peux profiter d’une ambiance conviviale et chaleureuse dans la rue (bondée) que tu ne retrouveras pas ailleurs.

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CULTURE

LA VOIX DU PEUPLE: «C’est la tradition, et puis on trouve toujours des cadeaux pour tout le monde!» affirme un Alsacien. «Une après-midi oui, mais je fuis le centre pendant un mois!» témoigne un Strasbourgeois. «Les bars où on a l’habitude de sortir sont souvent plein pendant le mois de décembre, on fait plus de soirée entre amis chez nous, le marché de noël c’est l’enfer» nous raconte un petit groupe d’étudiants. «On adore, on vient tous les ans en famille pour redécouvrir la magie du marché pendant un weekend» raconte une mère joyeusement. «J’adore les gaufres avec BEAUCOUP de chocolat !» ajoute sa fillette barbouillée de chocolat.

Pour finir sur cette note positivement gourmande, même si tu ne dois pas t’éterniser, tu DOIS voir le marché de Noël de Strasbourg au moins une fois dans ta vie, pour baigner dans la tradition (un peu moins traditionnelle qu’avant) qui attire les foules du monde entier! Mais, à moins de vouloir profiter d’un verre de vin chaud et d’une chaleureuse soirée au marché de Noël avec tes potes, évite de t’enfoncer trop profondément dans la forteresse strasbourgeoise. Sinon ce sera à tes risques et périls!

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Alix Gelabert


MOUVEMENT POETIQUE

LE MOUVEMENT, OU

LA POÉSIE DES VILLES

Texte : Juliette Frasie ∙Photo : Nikki Vente

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MOUVEMENT POETIQUE

Une langue noire d’asphalte La lumière pour seul mouvement Des lanternes vidées Deux yeux dans la nuit Attirent les êtres vivants Comme des papillons


MOUVEMENT POETIQUE

Je pousse sur les pédales pour avancer Les mains prêtes à freiner, Je me faufile entre les autres usagers Le marché ouvert En uniforme il dirige La foule affamée

Les noms des rues à peine lisibles, Les lettres des devantures défilent J’accélère devant l’orange qui brille

Sous des lampions Entre des regards croisés High-five policier

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MOUVEMENT POETIQUE

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MOUVEMENT POETIQUE

Debout sans bouger Yeux fermés, esprit tranquille J’aère mes pensées

Mes côtes soulevées, J’expulse les ondes négatives Sans te regarder

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MOUVEMENT POETIQUE

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- MUSIQUE Chronique: Mathilde Noirot

A l’instar de notre ciel bas et gris, les sorties musicales de cet hiver se font sombres et mélancoliques. Elles brassent les sentiments refoulés, de ceux que l’on enfouit au fond de soi pour les laisser dormir durant les nuits froides. Ici, pendant l’hiver, ils resurgissent, et révèlent toute leur splendeur. Au cœur d’un spleen charmeur, les émotions sont mises à nues et sublimées. Peine et tristesse se parent de lumière, et nous enveloppent d’une atmosphère sombre, au gout de chagrin d’amour, dans laquelle, avouons-le, il est bon de se complaire.

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MUSIQUE

FUTURE ISLAND J. Gerrit Welmers, William Cashion, Samuel T. Herring Greenville, Caroline du Nord, 2006. ••• Wave Like Home, 2008 In Evening Air, 2010 On the Water, 2011 Singles, 2014 The Far Field, 2017

C’était il y un mois maintenant, une nuit froide dehors, un vent glacial. Et quelque part, un monde de chaleur, un monde sauvage, transpirant, intense. La Laiterie s’est embrasée ce soir-là. Une vague brulante et enivrante à submergée l’assistance. Future Island était là, debout, portant leurs mélodies et leurs émotions à bout de bras. Au cœur de nuées bleues, roses, et mauves, les premières notes résonnent. C’est avec une montée lente, et puissante que se déroulent les différents titres de leur dernier album, The Far Field. L’ambiance nostalgique et douceâtre de l’album ampli la salle. Les corps se balancent et les têtes battent doucement le rythme. Le concert prend de la profondeur et se teinte de couleurs mélancoliques. La voix intense de Samuel T.Herring se brise parfois. C’est presque dans un cri qu’il chante la tristesse immense de The Far Field. Le groupe évolue dans un nuage de lumière, leurs ombres se détachent sur un rideau brillant, et se déplacent, lents fantômes aux mouvements saccadés. L’énergie est là et elle grandit, la musique monte en puissance. Le ton est donné, le rythme frappé sur le

torse, l’énergie transpirée, les émotions exacerbées. Une tempête de couleur s’abat sur la salle, enveloppe le groupe et illumine les visages de doré, d’argent et de rose. Samuel T.Herring se met à nu, se donne au public, dans toute sa puissance, dans tous ses déhanchés. La force des paroles et l’intensité des mélodies transforment le concert en un moment délirant, mêlant euphorie, larmes et cris. Plus personne ne s’arrête de danser. La musique est à présent physique, elle enveloppe les corps en sueur, elle enveloppe les cœurs. Mais, par-dessus tout, c’est l’honnêteté et l’authenticité de l’instant qui convaincra chaque spectateur, et chaque danseur. C’est la présence vraie, sans apparat, sans faux semblant, d’un groupe venu pour donner et pour partager.

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MUSIQUE

"The Far Field" arrive comme une surprise, un point marquant dans l’évolution de ce groupe fort de quinze années d’expérience. A la première écoute, L’album résonne comme une légère frustration, comme si quelque chose s’était perdu en court de route. Si l'on retrouve bien les mélodies légères et la voix profonde et suave qui caractérisent la production de Future Islands, ce nouvel album commence par laisser son auditeur inattentif, comme bercé par une quelconque et énième musique trop radiophonique. Les mélodies s’enchainent, faciles, simple et sages. On attend l’étincelle, et l’envolée folle qui marquait chacun de leur ancien album. On attend une nouvelle Season, ou l’explosion de Dream of You and Me. Mais il n’y aura rien de cela. Car « The Far Field » est une implosion. C’est un album qui s’écoute et qui s’apprend. Un recueil construit de façon subtile et intime, qui ne se révèle à son auditeur que si celui

fait l’effort de l’observer, attentivement. C’est un album qui s’écoute et qui s’apprend. Il s’écoute au réveil, dans les vapeurs du sommeil et la chaleur d’un rêve qui s’efface. Il s’écoute en marchant dans le soleil froid de décembre, la brume qui colle à la peau. Il s’écoute le soir, un verre à la main, les pieds qui battent la mesure dans la douce lumière rose d’un salon. The Far Field, est une œuvre temporelle, une évolution profondément mature qui éclipse la douce folie de Singles. C’est un album qui est parvenu a su dépassé les premiers succès du groupe, et les dangereuses limites d’un coup de projecteur sur un pas de danse envoutant. Construit sur des notes mélancoliques, sur un récit teinté d’une peur sans nom, The Far Field évoque la puissance déchirante des histoires d’amour qui s’effacent et s’éteignent lentement. Les mélodies mineures forment un écho désenchanté au souvenir d’un Futur

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MUSIQUE

Island étincelant de vie. Mais les cinq autres albums sont derrières eux. Future Island va alors au -delà de la réinvention, ils profitent de l'émotion intense qui règne sur leur synthpop, pour en créer un monde au paroxysme du sensible, au bord des larmes, au limite de soi-même. C’est au cœur de l’album que tout prend forme, et que l’on réalise l’entendue de l’univers créé. C’est au travers des roses que tout se joue. Bercée d’une peine saignante, et d’une peur à nue, Throught the Roses, est le reflet cru, et terrible des moments de perdition qui nous attrapent soudainement. La réalisation et l’acceptation de la peur, l’honnêteté et la force d’assumer la peur, de dire « I’m scared ». La force de Futur Islands est d’avoir toujours compris que leur particularité résidait dans l’exubérance sans faille, qui permet à chacun de laisser transparaitre toute émotion refoulée. Trought the Roses la révèle cette fois-ci. Forte et

puissante. The Far Field, retrace l’epopée sentimentale menant vers un lieu inconnu, vers la pointe extrême d’un monde intérieur. C’est un voyage de douze mélodies, plus cathartiques et dévastatrices que jamais. Et bien que l’album ne situe pas sur de nouveaux terrains musicaux, et joue contre la réputation d'excès de Future Islands, le chagrin à couper le souffle de The Far Field est un renouvellement magistral.

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MUSIQUE

MUDDY MONK Fribourg, Suisse, 20 ••• Première Ride. 2016 Le Code. 2017 En Léa. 2017

Voix lointaines, paroles ciselées avec soin, nappes sonores sorties directement de l’atmosphère vaporeuse des années 70, Muddy Monk évolue dans une nostalgie tendre et sublimée. Un univers flottant, doux et langoureux, dont on peut déjà deviner les couleurs vives des néons au travers de la brume nocturne. Sorti en 2016, Première Ride fait une apparition discrète, mais dont la New Wave Française résonne encore. L’année passée, l’artiste de Fribourg, paraissait deux fois dans les découvertes et nouveautés des Inrocks, en l’espace d’un mois seulement. Une arrivée surprise, douce et charmante, qui trouvait sa force dans Il faut dire que le garçon avait su charmer par son environnement atypique. Aujourd’hui, il sort un premier album subtil et tendre. Cette année, c’est le Single « En Léa » qui dessine la suite de ce voyage mélancolique et sensuel. Tout se déroule avec la lenteur d’une nuit d’été, où les corps se balancent au rythme indolent de la brise tiède. C’est une ode à l’amour, un hymne érotico-synthétique, susurré par des claviers vibrants, et les multiples échos d’une voix murmurante.

qui appartient à la nuit, à la chaleur humide de soir d’été, à l’obscurité qui enveloppe les corps. Tout se tient entre deux mondes, entre un spleen presque désuet et le charme de mélodies romantiques à souhait. C’est une vague d’il y a trente ans qui nous submerge, une époque imaginée et fantasmée, tout droit sorties des VHS poussiéreuses. La fièvre du Ride, une moto dans la nuit, le galbe d’un sein, et la courbe d’une hanche. Plus que l’évocation d’un univers sensuel, les mélodies de Muddy Monk, aux sonorités calmes et dépouillées, soulignent aussi la plume de l’auteur. L’artiste Fribourgeois, produit, compose et écrit, et appose à ses productions le charme du lyrisme français, se positionnant entre un Laurent Voulzy et un Sébastien Tellier. La poésie de Muddy Monk séduit par sa justesse et sa maîtrise et le rêve dans lequel il sait envelopper le tout.

Entre la balade et le flirt, entre un geste tendre et une caresse brulante, les mélodies oscillent, se jouant des sensations et des évocations. Muddy Monk créé une musique • 60 •


MUSIQUE

THE GEORGE KAPLAN CONSPIRATY Gabriel Afathi, Bastien Francoulon, Valerian Marguery Dijon, France . 2012 ••• Feel That Show. 2016 The Light Inside. 2017

Again and again. Un taxi. Une clope. Les lumières de la ville. Le paysage défile, comme un décor insaisissable, une image qui ne sera jamais nette. Des notes flottantes, distendue, étirées. Une voie à l’écho charmeur. Une mélodie enivrante. Les tours défilent, la fumée s’envole lentement. Une escalade, une montée douce et suave. Les vapeurs s’accumulent dans l’habitacle. Un moment entre rêve et réalité. Tout devient filmique, tout simplement cinétique. La scène se finira dans un club, rouge et bleu roi. L’instant sera ralenti par le flash d’un stroboscope, détachant chaque mouvement, chaque position, marquant chaque note. Tout ça a l’air d’une scène extraite d’un film de Dolan. C’est cet univers qui est développé par The George Kaplan Conspiracy, un monde qui est immanquable sur leur titre Again.

(claviers, électroniques), le groupe se forme autour d’une passion commune pour LCD Sound systeme, Neil Young, ou encore Giorgio Moroder. Claviers galactiques, guitares acérées et voix magnétiques, les codes sont présents, revus et revisités par le trio Français. Multiples influences et multiples facettes, leurs mélodies fluctuent entre années 70 et 80, entre une pop aux accents anglais, et un coté house tirant quasiment sur le disco. Le jeune groupe est une large palette à lui seul, qui façonne une musique particulière, à la fois mélancolique et entêtante. Encore très discret, le groupe est cependant à suivre, porteur de la promesse d’un monde en apesanteur, aux couleurs pastelles délavées. Un monde au ralentis, qui pourrait ne jamais se finir, ou peut être tarder jusqu’aux heures claires de l’aube.

Entre New wave flottante, et une certaine Brit Pop claquante, The George Kaplan Conspiracy délivre un univers poétique et enivrant. Crée en 2012 par Gabriel Afathi (voix, guitare, basse, claviers), Bastien Francoulon (guitare, basse, clavier) et Valerian Marguery • 61 •


MUSIQUE

BAXTER DURY Wingrave, Angleterre, 2001 ••• Len Parrot's Memorial Lift. 2002 Floor Show. 2005 Happy Soup. 2011 It's a pleasure. 2014 Prince of Tears. 2017 Miami, évocation d’un soleil ardent, de large plage, et de corps nus. Et pourtant, quand sors le Single de Baxter Dury, c’est une vision tout autre qui s’offre au monde. Une déclaration d’un amour rageur, une déclaration cynique, frôlant le narcissisme. Avant-gout de l’album à suivre, Miami est ici la compilation d’heures sombres, de dérive sans but dans la nuit amie, celle qui offre toutes les possibilités, et tous les oublis. Le caractère dandy de ses mélodies n’a pas changé, l’élégance y est même accentuée et surexposée. Miami devient grandiloquent et les chœurs, féminins, légers, éthérés, répondent ainsi à la violence orgueilleuse des paroles saccadées. L’album est à l’image de Miami, il crache sa tristesse et sa peine, dans un décor de velours. Les mélodies noires bercent les paroles Gainsbouriennes, déroutées, et perdues parfois, mais toujours enveloppées d’une ambiance somptueuse. Prince of Tears, revêt très clairement les habits royaux, et donne à ses larmes un caractère sacré. Les différents titres s'accompagne d'une boucle élégante de basse, de quelques notes de guitare presque discos, d’un piano très classique ou de quelques nappes de synthétiseur vaporeuses, tout comme un océan de violons, qui accentuent le côté dramatique des récits. Baxter Dury nous

plonge dans ses errances désabusées, seule conducteur à bord, il nous entraine dans ce voyage sans but et sans arrivée déterminée. Cette traversée, ce grand délire triste est au final, un témoignage d’un esprit en déroute, une image crue d’un moment de perdition comme ceux dont parlait Future Islands. Le discours prend tout son sens dans cet ensemble sublime et fébrile. Les sentiments se cachent juste derrière ces mots crachés, expulsés. Ils se cachent derrière le phrasé saccadé si typique, et derrière cette attitude nonchalante. C’est une confidence fait à demi-mot, avoué à moitié, comme si une dernière barrière de pudeur retenait le Prince des larmes, de s’abandonné totalement. L’album en devient d’autant plus touchant, qu’on le sent se dissimuler derrière ce dernier rempart de timidité, qui veut que l’on se cache derrière quelques apparats. Prince of Tears nous enveloppe de son chagrin majestueux, et de la beauté de son aveu.

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MUSIQUE

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LECTURE

LECTURE AU COIN DU FEU - LA VIE INTENSE -

Texte : Guillaume Sanseigne ∙Photo : Editions Autrement

Intense, tu l’es malgré toi. En tout cas c’est ce que Tristan Garcia dirait de toi. Homme intensif, car ton intensité t’as été imposée. L’intensification ultime de ton existence: ta quête, ton devoir, ton désespoir. Plus besoin de verbes dans un monde où la comparaison d’une chose avec elle même est devenue la règle, la norme, l’unique manière de faire. Pourvu qu’elle soit intense, la prose n’a plus besoin de répondre aux règles, aux conventions ou à la morale. Une prose sans verbes, une prose intense: une prose qualifiée, une prose sensible et donc vivante. La vie comme but ultime. L’ultra conscience de soi comme échappatoire à la mort. Mais ne serait-ce pas qu’une illusion aujourd’hui dépassée?

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LECTURE

Telle est la question posée par Tristan Garcia. En distinguant la morale de l’éthique - qui pour lui relève de tout à chacun - Garcia tente de dépeindre notre monde, qui allant de désillusions en désillusions, doit se trouver une manière d’agir lorsqu’il n’a plus rien à offrir que la simple expérience de vivre. Lui c’est l’éthique qui l’intéresse. Et c’est peut-être mieux comme ça. Comment mettre tout le monde d’accord sans heurter leurs principes, leurs valeurs? En leur parlant de leur manière de faire, quoi qu’ils fassent ou croient. Merci Tristan. Tu peux croire à tout ce que tu veux, peu importe, et il en importe d’ailleurs peu à Tristan. Ce qu’il essaye de te démontrer, c’est que malgré tes principes et tes valeurs, tout ce que tu fait, tu le fait de manière intense. Mais cette intensification - consciente ou non - tu ne l’as pas inventé tout seul, tu l’as hérité, malgré toi, comme un gène. Impossible de se défaire de cette éthique de l’intensité pour l’homme intensif que tu es. Intensifier la vie jusqu’à son paroxysme, tel est ta seule raison de vivre, ou du moins, ton seul moyen de “sur-vivre”. Jusqu’à un point où l’intensification de soi et de sa vie passe par l’annulation de celle-ci. Tristan Garcia démontre comment, êtres complètement dégénérés et schizophréniques que nous sommes, le sommes devenus. Comment nous sommes devenus des hommes

électriques, des hommes intenses puis des hommes intensifs. Cette recherche d’intensité qui a même faillit un jour nous persuadé qu’elle nous mènerait à l’ultime expérience de la conscience de soi. La conscience de soi, l’être sensible et donc vivant, c’est tout ce que nous promettait l’éthique de l’intensité. Avoir conscience de soi, de son soi électrique par son intensité. Être soimême, intensément! Électrique, électrisante, du baiser de Leipzig, à la bourse au début des années 2010, l’intensité était notre priorité. Junkies de l’intensité que nous sommes, nous avons dû trouver des subterfuges à cette inévitable annulation de l’intensité, qui par son absolutisation meurt inévitablement et instantanément, emportant alors avec elle l’expérience de la conscience de soi. Pour Garcia, la réapparition contemporaine du Salut comme objectif de vie, trouve son explication dans cette intensité imposée à l’homme intensif. Aujourd’hui, cette éthique de l’intensité n’aurait-elle plus rien d’autres à offrir que désillusions et désenchantements? Un épuisement en vain qui ne promettrait plus rien? Comment continuer lorsque l’on connait les limites et les conséquences de l’absolutisation de nos manières d’agir?

Les propos de Tristan Garcia sont très fortement recommandés à toutes personnes ayant vécu, vivant, ou allant vivre, entre l’apparition de l’électricité et la disparition de celle-ci, quand Dingo épousera Kim.

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MOBILITE

L'AILLEURS,

CHRONIQUE DES MOBILITÉS ET ERASMUS

Témoignages des étudiants Erasmus présents à l'Ensas.

Article : Alix Gelabert∙ • 66 •


MOBILITE

Après avoir publié les témoignages de nos compatriotes partis à l’aventure, nous nous intéressons aux étudiants qui passent ou qui ont passé quelque temps dans notre école. Nous avons donc pu recueillir quelques témoignages, malgré les charrettes! Malu est Brésilienne, Christina est Allemande (mobilité en 2016-2017) et Yara est FrancoLibanaise (mobilité en 2016-2017); elles nous racontent leur expérience.

ENSAS

Tout d’abord, qu’est ce qui t’as poussé à faire ton Erasmus à Strasbourg? Malu : En fait, je n'ai pas eu le choix. mon école d'origine, à Rio, à choisi l'ENSAS par rapport à mes intérêts. Je ne savais pas quoi attendre, je n'avais jamais entendu parler ni de la ville, ni de l'école. Je partais vraiment pour l’inconnu! Mais c'était une très belle surprise ! Yara  : Je suis née à Colmar mais je vis au Liban et je connais bien l’Alsace, je voulais faire l’expérience de vivre à Strasbourg en tant qu’étudiante et non comme touriste. Je voulais ainsi faire la connaissance d’étudiants de différentes cultures, apprendre une nouvelle méthodologie dans la conception de projets et mieux connaître l’histoire de l’architecture en Europe. Christina  : Je suis Allemande et je voulais améliorer mes connaissances de Français. Strasbourg m’a beaucoup plu à cause de sa petite taille et son architecture.

Quelle a été ton expérience les premiers jours ? Malu : C'est toujours difficile de partir. J'ai laissé le soleil de Rio et je suis arrivée dans une ville où faisait gris comme tout! Mais dès le premier jour j'ai pu apercevoir le charme de Strasbourg. Et quand le soleil est finalement apparu, c'était encore mieux! Au début c'était la galère pour faire les premières démarches toute seule, je ne connaissais personne pour m'aider. Trouver une banque, surtout, c'était • 67 •


MOBILITE

Christina: Le stress du départ était énorme! Je n’avais pas encore de logement et je suis venue avec ma mère 3 jours avant le début du semestre pour visiter des appartements. J’ai réussi à en trouver un, mais j’avais encore beaucoup de questions et de doutes (où acheter des outils de bricolage? Comment ouvrir un compte de banque? Où manger le midi? …). C’était une vraie aventure! L’école nous a donné un accueil chaleureux avec tous les informations concernant l’administration, la vie à Strasbourg et des astuces pour choisir les cours. On a eu une semaine de sorties pour voir la ville et l’Alsace. Aussi, on nous a offert un cours de langue intensif pendant une semaine, ce qu’était très pratique!

a porté bonheur pour le semestre. Pas de stress durant le voyage, beaucoup trop de motivation et d’impatience pour stresser!

Yara : Les premiers jours du voyage étaient vraiment inoubliables, on a pris le soin de nous faire visiter les lieux emblématiques de l’Alsace que je connaissais pas auparavant. C’était un accueil très chaleureux qui nous

Christina : Tout d’abord, la langue. Les profs, je les ai bien compris. Mais les autres étudiants  ! Et la dame de la caisse du supermarché ! Ils ont eu besoin de beaucoup de patience! Aussi, il n’y avait pas d’atelier

Qu’est ce qui a été le plus difficile pour toi pendant ton séjour? Malu : Le manque de soleil, il fait trop froid ! Et ce n'est pas facile de trouver un boulot étudiant quand on n'est pas européen ! Yara  : Au début la méthodologie à utiliser dans les projets pour répondre aux critères demandés par les professeurs était un peu complexe à comprendre, mais j’ai su m’adapter.

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MOBILITE

Yara : La gastronomie Strasbourgeoise est incomparable. Il y a toujours quelque chose de délicieux à manger! J’aime bien la facilité du transport et tout les magasins restaurants centre commerciaux etc  sont proches ou que l’on soit. J’adore les petits magasins artisanaux typiques Alsaciens, surtout autour de la petite France.

Tout s’est-il passé comme tu l’imaginais ? Malu : Mieux même !

de fabrication (pour travailler avec le bois ou le métal), comme j’en avais à l’université de Munich. Je ne le savais pas et je n’avais pas des grands outils avec moi. Communiquer avec les autorités de l’état était aussi difficile, mais j’ai réussi. Par contre faire du vélo n’était pas si facile comme la ville le promettait: beaucoup de trafic, pas beaucoup de piste cyclables...

Quelle est la chose la plus extraordinaire que tu aies découvert à Strasbourg? Malu : J'ai découvert une vie en vélo, et ça c'est magnifique ! Je pense que Strasbourg à une très bonne qualité de vie. J'aime bien comme la ville se modernise et garde quand même son coté historique, et j'aime beaucoup aussi être si proche de l'eau, avec l'Ill et le Rhin. Et sur la vie alsacienne, je trouve amusant avoir des lardons partout ! Hahaha

Yara : Honnêtement, non. L’accueil était au dessus de mes espérances, je m’attendais pas à ce que l’on prenne soin de nous faire visiter l’Alsace et être toujours présent pour nous aider en cas de problème. Les profs sont très compréhensifs et les cours d’histoire très intéressants. Christina: Mieux! J’avais la possibilité de choisir tous les cours que je voulais prendre, n’importe le semestre. S’il y avait un problème administratif, on s’est toujours occupé pour moi à l’administration. Et pour les autres problèmes, mes collègues m’ont aidé. Finalement, qu’as tu pu tirer de cette expérience ? Christina  : L’université petite et seulement pour les étudiants d’architecture m’a beaucoup plu. Je pouvais bien me concentrer et j’ai beaucoup appris  ! La ville, beaucoup plus petite que ma ville d’origine, était formidable aussi. J’ai aimé aller partout à vélo. Le mode de vie français est plus léger, moins sincère que l’allemande. J’ai emmené un peu de cette légèreté avec moi.

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MOBILITE

Yara : C’était une expérience vraiment inoubliable, je n’avais pas imaginé qu’elle allait être aussi riche, j’ai appris plein de nouvelles choses, j’ai approfondi ma connaissance sur l’Alsace, son histoire, sa gastronomie et son architecture. Le retour était triste, je me suis vraiment attachée à cette merveilleuse ville, à l’Ensas et aux amis que je me suis faits à l’école. J’espère y revenir l’année prochaine pour continuer mon Master! Pour ces étudiante, comme pour les étudiants de l’ENSAS partis à l’étranger, l’aventure continue! Alix Gelabert

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MOBILITE

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MERCI !!!!!!!!!!!!

BICHE ENVOIE DES BISOUS à tous ceux qui ont contribué à ce numéro, de près ou de loin. Merci

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MERCI !!!!!!!!!!!!

ONT PARTICIPÉ À CE MAGAZINE : Guillaume Sanseigne : Rédaction La Vie Intense, Couverture du magazine, Page centrale. Martin Journot : Maquette du magazine. Mickael Giraud : Rédaction Flawless Japan-ness, Photographie, Affiche vernissage. Nikki Vente : Photographie, "Le mouvement, ou la poésie des villes" Justine Frasie : Textes poétiques, "Le mouvement, ou la poésie des villes" Lise Lançon : Rédaction, "Mouvement Disant" Thibaut Martelly : Organisation du vernissage

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Biche Recrute ! Biche, c'est avant tout un magazine écrit par des étudiants et pour des étudiants !

Il est ouvert à tous, que vous ayez un talent pour l'écriture, un coup de gueule à passer, ou que vous ayez simplement envie de partager tout plein de choses : un retour de mobilité, un voyage, une de vos création, un coup de cœur architectural, musical ou littéraire... Des textes, des photos, des illustrations, des collages, tout est possible, ou presque ! Nous attendons vos bonnes idées avec impatience

De plus, le prochain numéro de Biche se

verra accompagné d'une grande exposition, et vous êtes bien évidemment tous invité à y participer ! Venez donc exposer votre première aquarelle, votre chef d'oeuvre sur toile, vos assiettes en porcelaine, votre poterie du dimanche, vos séries de photos, vos collages et autres dessins, que nous savons magnifiques ! Envoyez-nous vos trésors avant le 31 Janvier 2018, et décrochez une place dans notre exposition-vernissage. Les sélections se dérouleront du 1 Février au 15 Février.

EXPOSITION VERNISSAGE ÆNCRAGE N&B HALL ENSAS 9 MARS Thème : ÆNCRAGE Médium : Noir et blanc, uniquement ! Contribuez contribuez ! L'équipe de Biche

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Photographie de couverture : Guillaume Sanseigne

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BICHE #5 - Hiver 2017  

Le mouvement. « Tout s’en va, tout revient ; éternellement roule la roue de l’être. Tout meurt, tout refleurit, éternellement se déroule l...

BICHE #5 - Hiver 2017  

Le mouvement. « Tout s’en va, tout revient ; éternellement roule la roue de l’être. Tout meurt, tout refleurit, éternellement se déroule l...

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