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Mars / Avril 2010

Deux méthodes pour

réussir vos boutures! Calibration des contrôleurs en culture intérieure

Culture en terre à l’intérieur comme à l’extérieur Découverte : les Dieffenbachias Volume 5 – Numéro 2

www.tigmag.com

ISSN : 1718-1097 – Bimestriel PP41129557

Souvenirs d’Haïti Oxalis triangularis dans une création de la poterie L’Antre-Pots à Oka (Qc).


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | TABLE DES MATIÈRES

16 PLANTES D’INTÉRIEUR

8 16

Les Dieffenbachias

Par Daniel Fortin, horticulteur

Mon opération de protection ou un chiot face aux plantes d’intérieur

Par Kerrie R. Barney

CULTURE À L’INTÉRIEUR

12

La calibration des contrôleurs : facteur de succès en jardinage intérieur

Par Isabelle Lemay, agronome, et Mélissa Léveillé, Nova Biomatique inc. (Plug’N’Grow)

Réussir vos boutures – 4e et 5e parties

Cultivez à l’extérieur comme à l’intérieur, étape par étape

20 46

Par Pythoff et R. Ridou

Par Sébastien Lachance, horticulteur (St-Jérôme)

N.B. pour consulter notre table de conversion des mesures, reportez-vous à www.tigmag.com.

26

52

PORTRAIT

42

Un tronçon de vie : Antonio Trépanier collectionne les scies à chaîne

Par Sylvie Laberge

DÉCOUVERTE

26 30 52 58

Les arbres de vie – 4 e partie : il suffisait d’y planter

Par Sylvie Laberge

Pâques : la fête du chocolat

Par M. James

Maître en nutriments

Par M. Cubaynes, J. Cuffley et F. Leduc

Par Rose Laforêt

Souvenirs d’Haïti

Et nos rubriques habituelles :

Éditorial Courrier des lecteurs Q & R Nouvelles de l’industrie Bulletin d’abonnement

6 10 36 à 38 56 61

Publié par : Green Publications Vertes • Directeurs de la publication : Roxanne Lekakis roxanne@tigmag.com et Stan Daimon stan@tigmag.com Rédacteur en chef : Bruno Bredoux editor@tigmag.com • Directeur des ventes et du marketing : Stan Daimon stan@tigmag.com Représentant des ventes : Maxime Villeneuve sales@tigmag.com • Comité de rédaction : Stan Daimon, Bruno Bredoux, Roxanne Lekakis, André Faucher, Maxime Villeneuve Direction artistique : André Faucher emanescencedesign.com • Coordination éditoriale : Bruno Bredoux • Ont collaboré à ce numéro : Kerrie R. Barney, Bruno Bredoux, Éric Corbin, Stan Daimon, Daniel Fortin, M. James, Roxanne Labelle, Sylvie Laberge, Patrick Laberge, Sébastien Lachance, Rose Laforêt, Loup-Claude Leblanc, Fred Leduc, Isabelle Lemay (Nova Biomatique), Mélissa Léveillé (Nova Biomatique), Pythoff, R. Ridou, Raymond Viger • Révision, contrôle des épreuves et des traductions : J.-M. Dessureault Conception de la couverture : André Faucher, d’après une photographie de de Bruno Bredoux (Oxalis triangularis) • Distribution : voir notre site Internet www.tigmag.com pour une liste complète de nos distributeurs. • Renseignements : submit@tigmag.com. Le Jardinier d’intérieur, Case postale 52046, Laval (Québec) H7P 5S1, CANADA, téléphone : 450 628-5325, télécopieur : 450 628-7758, site Internet : www.tigmag.com. © 2010, Green Publications Vertes, Laval, Qc, Canada Les articles, représentations iconographiques et photographies contenus dans ce magazine ne peuvent être reproduits en partie ou au complet sans l’autorisation expresse de l’éditeur. En cas d’erreur ou pour toute information erronée provenant d’un de nos auteurs, la responsabilité du magazine (Le Jardinier d’intérieur) et de l’éditeur (Publications Vertes) ne peut être engagée. De même, l’éditeur décline toute responsabilité pour tout problème résultant de l’application infructueuse d’un conseil prodigué par un auteur dans un article de ce magazine. Envoi Poste-publications – Convention no PP41129557. Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux Publications Vertes, case postale 52046, Laval (Québec) H7P 5S1. U.S. Delivery and Subscriptions: Periodicals Postage Rates are paid in Laval, QC (Canada) H7P 5S1 – Post Canada Agreement PP41129557. U.S. Post Master: Return undeliverable items to Green Publications, PO Box 52046, Laval, Québec, H7P 5S1, Canada. Numéro de convention de Poste-publications de Postes Canada : PP41129557 – Dépôt légal : 1er trimestre 2006. Bibliothèque nationale du Canada, no D927565. Bibliothèque nationale du Québec. ISSN : 1718-1097. Imprimé au Canada par Litho Mille-Îles ltée, Terrebonne (Québec) J6Y 1N9.

Volume 5 – Numéro 2 | 3


ÉDITORIAL | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Éditorial

Mars attaque!

Mars, ou lorsque revient le printemps… Un chanteur populaire français (Hugues Aufray) me met les mots à la bouche :

« Les filles sont jolies Dès que le printemps est là Mais les serments s’oublient Dès que le printemps s’en va Là-bas dans la prairie J’attends toujours, mais en vain Une fille en organdi Dès que le printemps revient. (Refrain)

Non, le temps n’y fait rien Oh non, le temps n’y peut rien… » Mars attaque, et d’herbe en herbe, de gazon en gazon, de bourgeon en bourgeon, rien n’est plus pareil, rien n’est plus comme avant, et en même temps, tout est nouveau comme il y a un an! Magie perpétuelle du printemps. Profitez-en avec ce nouveau numéro du magazine Le Jardinier d’intérieur. Bruno Bredoux editor@tigmag.com

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Les

Dieffenbachias Par Daniel Fortin, horticulteur, Centre de la nature de Laval

Parmi toutes les espèces de plantes d’intérieur cultivées par les amateurs, aucune n’est aussi largement répandue que le Dieffenbachia. Le genre compte une trentaine d’espèces, toutes originaires de l’Amérique tropicale. Outre les différentes espèces, les horticulteurs ont développé un très grand nombre de cultivars qui se caractérisent par la beauté de leur feuillage. Ces plantes vivaces tropicales, notamment les Dieffenbachias amoena et D. seguine, peuvent atteindre 1,5 à 2,5 m de hauteur grâce à leurs tiges vigoureuses, généralement non ramifiées, qui deviennent pour les plus vigoureuses un quasi-tronc. Les feuilles souples et épaisses sont oblongues mesurent souvent plus de 25 à 40 cm de longueur et de 7 à 20 cm de largeur, quelquefois plus. Certains amateurs attachent ces tiges sur un quadrillage de bois ou directement sur le parement d’un mur (généralement une surface briquée) pour les faire pousser sur plusieurs mètres de hauteur et de longueur; les tiges de ces plants palissés atteignent des dimensions impressionnantes de plusieurs dizaines de mètres. Notons qu’il existe également des espèces de plus petite taille, notamment le Dieffenbachia picta (syn. D. maculata) dont les tiges ne dépassent pas un mètre de hauteur. Pour l’amateur et même les professionnels, distinguer les espèces entre elles est une entreprise difficile, tant elles se ressemblent et tant la nomenclature varie. Les Dieffenbachias amoena, D. bowmanii, D. hofmanii, D. picta (D. maculata), D. leoniae, D. leopoldii, D. orstedii, D. seguine et les nombreux hybrides issus de ces espèces présentent un grand nombre de similitudes.

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Le limbe (la surface plante) de la feuille est généralement taché de vert clair ou de vert jaunâtre plus ou moins régulièrement de chaque côté de la nervure centrale, entre les nervures secondaires. Certains cultivars portent des feuilles au limbe jaune crème ou blanc, sans tache, mais à bords verts, ou des marbrures vert foncé sur une feuille jaune crème. Le choix des cultivars est diversifié dans la plupart des pépinières et des jardineries. On peut composer de jolies associations de feuillage dans de gros bacs ou de grands contenants avec des spécimens de haute taille à l’arrière et de plus petite taille en avant. Notons que les feuilles des plants, surtout celles des spécimens cultivés à l’intérieur qui souffrent d’un air ambiant peu humide, ont tendance à sécher et à tomber. La plante se dénude avec le temps pour ne porter ses feuilles que dans le haut de la tige. Il convient alors de bouturer ou de marcotter le plant dénudé pour le rajeunir. La sève des Dieffenbachias contient de l’oxalate de calcium, un composé toxique et irritant; il importe de manipuler la plante avec soin pour éviter de toucher à cette sève et, surtout, d’éviter de la


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Plantes d’intérieur

porter à sa bouche ou à ses yeux. Attention aussi à vos animaux domestiques. Lors d’intoxications, il y risque d’inflammation de la gorge, de l’estomac et de l’intestin.

La culture des Dieffenbachias

Les Dieffenbachias demandent une lumière vive, mais pas le soleil direct. Si l’emplacement est trop sombre, le plant s’étiole et les couleurs des feuilles sont moins vives. Un terreau d’empotage de type « plante tropicale » est recommandé pour la croissance de ces plantes. Le sol doit être constamment frais; il faut éviter de laisser sécher le substrat de croissance. On arrose copieusement les plants en évitant de laisser plus d’une journée l’eau stagner dans la soucoupe. Si l’humidité atmosphérique est basse, les bords des feuilles brunissent et sèchent. Il est alors plus facile d’abaisser la température ambiante durant la nuit pour faire remonter l’humidité ambiante que de penser à vaporiser la plante plusieurs fois par jour pour éviter ce dessèchement. Cette plante tropicale ne croît bien que si la température est supérieure à 15°C. En aucun temps la température ambiante ne doit descendre sous les 13°C. Un apport d’engrais soluble favorise la vigueur des plants, mais celle-ci n’est pas une nécessité absolue, surtout si un rempotage annuel est effectué.

La multiplication

Avril et mai sont une excellente période pour rajeunir les plants étiolés. On coupe un segment terminal de la tige feuillée (le sommet) en supprimant quelques feuilles, et on replante ces tiges feuillées dans un terreau contenant un fort pourcentage de mousse de tourbe et de vermiculite. Pour un effet ornemental, on place plusieurs tiges dans un même pot. À l’intérieur, on recouvre nos grosses boutures d’une pellicule (sachet ou sac) de plastique qui fera alors office de petite serre. Les boutures seront abondamment arrosées et placées dans un endroit chaud et lumineux. On vérifie régulièrement leurs besoins en eau en s’assurant que le substrat d’enracinement demeure toujours très humide. Le restant de la tige peut également être utilisé : on prélève des segments comportant des nœuds (c’est-à-dire des bourgeons) et on les

couche sur un mélange d’enracinement en les enterrant à demi. Le bourgeon donnera une nouvelle tige et des racines après quelques semaines. On peut également procéder par marcottage aérien; cette technique plus compliquée est généralement infaillible. Volume 5 – Numéro 2 | 9


Écrivez pour nous! | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Gagnant de 6 chroniques (tirage de décembre/janvier)

Microjets

Par Loup-Claude Leblanc

Les œillets d’Inde sont de petites plantes compactes à tige courte et à lourdes inflorescences qui peuvent être très facilement démarrées dans un jardin rotatif à système gravitationnel à injection. Lancé en 2003, ce système était dévoilé à la Foire du Jardinage intérieur et hydroponique de l’est à Toronto au printemps de cette année-là. Le démonstrateur avait pu me faire voir que les cubes ne dégouttaient pas du tout et demeuraient suffisamment humidifiés pour fournir à la plante tout ce dont elle a besoin pour se développer dans des conditions optimales. L’arrosage des racines au moyen de microjets en est la marque de fabrique incontestable. Et le fait que l’eau, additionnée des éléments nutritifs ne circule qu’une seule fois dans le système, réduit aussi de façon radicale les risques d’infection des racines. L’assemblage de l’appareil est assez simple et est à la portée de tous ceux qui peuvent utiliser des outils courants tels que clés, pinces et tournevis. La conception est faite de telle façon qu’il est facile, pour la très grande majorité des jardiniers amateurs, et un peu bricoleurs tout de même, de suivre les instructions d’assemblage et en deux heures de monter leur système. De toute façon, le montage est le point faible de tous ces systèmes livrés en « kit » et ceux que cela rebute ou exaspère ne doivent tout simplement pas se lancer dans une telle entreprise! La programmation et l’utilisation de l’appareil sont assez simples. Cependant, il peut s’avérer utile d’apporter quelques petites mises au point lors du montage

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de l’appareil afin que ce dernier puisse fonctionner au maximum de son potentiel. Les capteurs, qui contrôlent le moment où les jets doivent se mettre en fonction et s’arrêter, fonctionnent merveilleusement bien. Les infections ou infestations de pathogènes chez les plantes ont été extrêmement rares. La possibilité de changer la taille des anneaux axiaux permet de rapprocher les plants des lampes, si on le désire, et est drôlement avantageuse. Elle permet une économie d’énergie et aux plantes de recevoir davantage de lumière sur toute leur surface. Le système d’arrosage autorise une économie substantielle de solution nutritive, l’absence de réservoir facilite l’entretien de l’appareil, et élimine tout risque de développement d’algues. Les cubes de roche de laine minérale ne s’imbibent pas suffisamment pour dégoutter en dehors du système rotatif, mais tout de même assez pour subvenir aux besoins des plantes. En plus d’être propre et économique, ce système offre la possibilité de commencer avec le petit système le plus économique et, suivant l’évolution des besoins du cultivateur, de rajouter des composantes qui permettent d’agrandir le système de culture en ligne pour pouvoir accueillir plus de plants. Cette machine injecte dans chaque cube de laine minérale exactement la quantité d’engrais liquide requise. C’est une source d’économie majeure d’engrais. Plus besoin de vidanger de grosses quantités d’engrais utilisées chaque semaine (ce qui entraîne aussi de grosses économies d’argent). Plus de cubes de culture trop imbibés qui noient vos plants. Moins d’humidité dans votre jardin intérieur signifie moins de maladies,

donc moins d’insectes ravageurs (comme les mouches à fruit, les moucherons noirs, les thrips, etc.). Chaque dalle de support de cube de laine minérale est un jardin distinct, ce qui empêche la propagation des maladies. Les dalles de support des blocs de laine minérale sont en acier inoxydable, ultra solides et stables. Comme je le disais au début, les œillets d’Inde sont vraiment un bonheur à cultiver dans ce système. Grâce à l’horloge programmable, vous ne freinerez plus la croissance de vos petites plantes en les noyant de solution nutritive parce que vous ne pouvez pas être présent au jardin de façon régulière. Cependant, il est étonnant de voir à quel point les modes s’enchaînent dans le monde de la culture hydroponique. Ainsi, ce jardin rotatif qui fut un temps tout à fait révolutionnaire, se retrouve maintenant sur les sites de vente en ligne de matériel d’occasion comme eBay, et même sur le site de petites annonces d’une chaîne de télévision québécoise populaire. Même s’il peut déjà sembler obsolète à certains, ce système a encore des atouts et un bon système d’occasion peut dépanner pendant quelques années encore. Tout au long de mon expérience de culture avec mon appareil d’occasion, j’ai utilisé les produits Canna, produits dont toute la gamme s’applique à un cycle de culture complet. Alors, n’hésitez pas à visiter les sites d’annonces et de marchés de l’occasion! Bonne culture!


Technologie | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

La calibration des contrôleurs :

facteur de succès en jardinage intérieur Par Isabelle Lemay, agronome, et Mélissa Léveillé, Nova Biomatique inc. (Plug’N’Grow) En jardinage intérieur, l’objectif ultime reste toujours des récoltes de qualité avec un maximum de rendement; les efforts et l’argent investis doivent rapporter! Un jardinier consciencieux prendra soin de mesurer sa récolte pour déterminer le rendement de son jardin après chaque culture. Comment? Ce pourrait être en comptant et en catégorisant les fruits et les fleurs selon leur taille ou encore en pesant les feuilles ou les fruits récoltés. L’important est de trouver la méthode qui convient pour quantifier la ou les parties de la plante qui nous intéressent. Comme le rendement varie d’une culture à l’autre, il est important de bien noter les paramètres utilisés tout au long de la culture.

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De cette façon, on comprend mieux l’évolution du rendement et il devient possible d’identifier la « recette » idéale pour un rendement optimal. Mais pour trouver cette fameuse « recette » et la répéter, encore faut-il travailler avec des instruments précis!

Le principe de la calibration

Le thermomètre de votre jardin intérieur affiche 24°C, l’hygromètre, 58% et le contrôleur de concentration en CO2, 1 048 ppm. Vous pensez que vos plantes sont à l’aise et dans les meilleures conditions. Mais voilà que des feuilles roulent sur elles-mêmes et que des moisissures se développent. Votre récolte s’annonce décevante, moindre en quantité et en qualité. Que se passe-t-il? Depuis le début de la culture, vous prenez pourtant soin de suivre à la lettre votre « recette » habituelle, qui chaque fois vous a apporté un bon rendement. Il se pourrait bien que les appareils de mesure pour la température, l’humidité relative et la concentration en CO2 donnent de mauvaises valeurs. Quel est le problème? Ce pourrait bien être la calibration!

La calibration d’un appareil de mesure a pour but d’obtenir la valeur exacte de ce que l’on souhaite mesurer. On appelle aussi « étalonnage » l’opération qui consiste à ajuster un appareil de mesure contre une mesure dite « étalon », dont on est absolument certain de la précision. En jardinage intérieur, bien calibrer les contrôleurs de climat est essentiel, puisque des lectures erronées entrainent de mauvaises actions qui, à leur tour, causent des situations indésirables qui affectent le rendement. Avec une telle réaction en chaîne, il devient difficile d’identifier la véritable source du problème.

Quand calibrer

Bien que la majorité des capteurs soient calibrés en usine à la fabrication, il est recommandé de vérifier l’exactitude de la calibration à l’achat, particulièrement pour les capteurs de CO2, beaucoup plus fragiles et sujets à une variation de lecture importante. Un simple choc lors du transport ou de l’installation est suffisant pour le décalibrer. D’après notre expérience, il est recommandé de calibrer les capteurs de CO2 NDIR avant chaque culture, ou chaque trois mois, pour offrir aux plantes les meilleures conditions de


Technologie | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Décalage de la lecture (« offset »)

Lorsque le contrôleur ne peut être calibré, ce qui est souvent le cas pour la température et l’humidité relative, il est tout de même possible de valider sa précision en comparant sa lecture à celle d’un appareil de mesure fiable. On pourra noter la différence sur un bout de papier qu’on collera près du contrôleur pour se rappeler qu’il faut ajouter ou soustraire une certaine valeur à la mesure affichée. Il faudra en plus ajuster la consigne du contrôleur en tenant compte de cette valeur. Par exemple, dans le cas d’un contrôleur qui affiche 2 degrés de plus que la valeur réelle, il faudra ajouter 2 degrés à la consigne demandée pour obtenir la température désirée.

(l’air expiré contient entre 30 000 et 40 000 ppm de CO2!). Alors quelle méthode adopter pour ce type de capteur sensible qui demande une calibration régulière?

La trousse de calibration pour les capteurs de CO2

La méthode de calibration idéale consiste à exposer le capteur ou le contrôleur à un mélange de gaz à concentration de CO2 connue et certifiée. Certains capteurs sont munis d’un circuit de calibration dans lequel on vaporise le mélange de gaz à concentration certifiée. La plupart des contrôleurs horticoles utilisés en jardinage d’intérieur ne disposent pas d’un tel circuit.

Cette méthode peut cependant devenir lassante en plus d’être sujette aux erreurs. Heureusement, il existe des contrôleurs qui permettent de corriger la lecture, en ajoutant ou en soustrayant automatiquement une valeur à la lecture du contrôleur (« offset »). De cette façon, le contrôleur affiche une lecture corrigée et en tient compte dans sa programmation!

Les limites de la calibration avec la mesure d’un autre appareil

Bien que pratique, la calibration à l’aide d’un autre appareil fiable a ses limites. Il faut se rappeler qu’en calcul scientifique de l’incertitude, les erreurs s’additionnent. En d’autres mots, la calibration tient compte du degré d’imprécision des deux instruments utilisés. Prenons l’exemple d’un contrôleur de CO2. Avec une précision de ±75 ppm pour le capteur à calibrer et une précision de ±75 ppm pour l’appareil de référence, on obtiendrait une calibration à ±150 ppm; d’où l’importance d’avoir une référence la plus précise possible. Dans le cas particulier d’un capteur de CO2, la méthode par comparaison comporte aussi d’autres inconvénients. En effet, il faut veiller à ce que la concentration en CO2 soit la plus stable possible pendant toute la durée de la calibration, ce qui n’est pas une tâche facile dans un environnement non isolé. Le simple fait de respirer près des contrôleurs influence significativement les capteurs

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On peut alors placer le contrôleur dans un sac étanche pour le protéger de la respiration humaine, retirer l’air et le remplacer par un mélange de concentration en CO2 connue. Ensuite, il ne reste plus qu’à suivre les instructions du fabricant pour une calibration « manuelle ». Comme pour tous les appareils de mesure de précision, il faut se rappeler qu’un capteur de CO2 est peu précis aux limites de son échelle de mesure, par exemple autour des valeurs « 0 » et « 5 000 » ppm. Pour obtenir la calibration la plus précise possible, l’idéal est de calibrer l’appareil à l’aide d’un mélange de gaz offrant une concentration proche de celle désirée au jardin (autour de 1 000 ppm). Certains magasins et fabricants offrent à coût abordable le service de calibration utilisant cette méthode fiable et précise.

Selon le nombre de contrôleurs et la fréquence de calibration, il peut être avantageux de se procurer une trousse de calibration.

Pourquoi ne pas calibrer le capteur de CO2 à l’extérieur?

Pendant plusieurs années, les fabricants de contrôleurs de CO2 ont recommandé la méthode de calibration à l’extérieur, faute de mieux. Cette méthode suppose une concentration moyenne de CO2 autour de 400 ppm dans l’air extérieur. Ce qui n’est jamais tout à fait certain étant donné les sources émettrices de CO2 qui varient selon les lieux. Par exemple, les véhicules rejettent environ 20% de leur gaz d’échappement en CO2. Imaginez la quantité de CO2 libérée aux heures de pointe dans les villes, et cela sans tenir compte du CO2 produit par les industries. On peut aussi penser aux systèmes de chauffage au bois, au mazout et au gaz. Selon l’heure de la journée, la concentration réelle de CO2 dans l’air se situe quelque part entre 400 et plusieurs milliers de ppm! Il faut également considérer que dans les régions où les hivers sont rigoureux, la variation entre la température extérieure et celle du jardin intérieur fausse la calibration du contrôleur. Il vaut donc mieux éviter cette technique imprécise. Avec tous les aspects que nous venons d’examiner, vous êtes désormais bien renseigné sur la calibration et son importance. Mais une fois votre contrôleur bien calibré, encore faut-il bien connaître les besoins des plantes pour le programmer en vue d’un meilleur rendement. Lors du prochain article, il sera question de deux facteurs climatiques qui ont un impact majeur sur les plantes, soit la température et l’humidité relative. Isabelle Lemay est responsable du soutien technique et contribue à la recherche et au développement chez Nova Biomatique inc., fabriquant des contrôleurs de climat Plug’N’Grow. Agronome, elle possède une maîtrise en sols et environnement et se spécialise dans la culture en serre. Détentrice d’un baccalauréat en communication, rédaction et multimédia, Mélissa Léveillé est directrice des communications et du marketing chez Nova Biomatique.

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Protéger votre chiot…

et vos plantes Par Kerrie R. Barney

Jusqu’à il y a quelques mois, je n’avais vécu qu’avec un seul chien, un magnifique Border collie nommé Jake. Je dis bien « vécu avec » et non pas « possédé », car Jake était plus un frère que mon animal de compagnie. Un cadeau de mes parents dans mon enfance, Jake a grandi avec moi. 16 | Volume 5 – Numéro 2


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Trucs & Astuces

« Quoi, mes plantes? »

C’était vrai. Jusqu’à ce que MacAiogdh se joigne à notre famille, j’avais eu tendance à adopter des plantes comme d’autres des animaux. Non seulement j’en recevais souvent en cadeau de mes amis, mais je venais à la rescousse des plantes négligées que mes collègues apportaient au boulot, et chaque fois que je visitais la jardinerie, quelques nouvelles plantes, je ne sais trop comment, sautaient dans mon panier et me suivaient jusqu’à la maison. Ayant depuis longtemps épuisé l’espace de mes tablettes et comptoirs, j’avais décidé de rassembler les pots sur le plancher de ma cuisine. Avoir mes plantes en un seul endroit et à la hauteur du sol me permettait un arrosage plus facile, et je n’avais que cet espace à essuyer régulièrement. Par contre, avant que Becky ne me le fasse remarquer, je n’avais pas compris à quel point mes vertes amies représentaient un danger attrayant pour un chiot. « Vénéneuses? » Je répétais, la voix éteinte.

« De nombreuses plantes sont vénéneuses pour les animaux de compagnie », m’a répondu Becky. « Et soyons franches… », a-t-elle ajouté en regardant autour d’elle. « Tu en as beaucoup. »

« Vénéneuses ». Becky m’a regardée avec sympathie. « Je crois que ta recherche n’est pas terminée. Allumons ton ordinateur et allons en ligne. »

Quand j’ai commencé à m’intéresser sérieusement au jardinage intérieur, Jake était déjà un paisible membre de l’âge d’or. À huit ans, il n’aurait pas plus songé à grignoter une plante verte qu’à avoir un « accident » dans la maison. Il y a deux mois, j’ai adopté un chiot. Et mon univers a été transformé. J’aime croire que je suis une personne responsable. J’ai trouvé MacAiogdh chez un éleveur local, à cinq semaines. Il était remuant et poilu et parfait. J’ai bien utilisé les semaines avant qu’il ne soit assez vieux pour être séparé de sa mère. J’ai passé des heures en ligne à faire des recherches sur les meilleures diètes, les calendriers d’immunisation, j’ai acheté des douzaines de jouets, des dizaines de livres. J’ai emballé mes trucs fragiles et les ai mis dans des boîtes, j’ai enroulé les fils électriques, je me suis assurée que mes souliers et mes autres articles qui auraient pu être mâchouillés soient bien à l’abri. Je dois cependant confesser que j’ai négligé un élément crucial, jusqu’à ce que mon amie Becky, propriétaire d’animaux d’expérience et ange gardien des nouveaux propriétaires ignorants, me le fasse remarquer. « Et tes plantes? », m’a-t-elle demandé.

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Trucs & Astuces | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR Nous l’avons fait, et j’ai été ébahie. J’ai découvert qu’au moins soixante-dix pour cent de mes plantes, y compris mon adoré pothos doré, Brian, étaient toxiques pour les chiens. Certaines pouvaient causer des dommages neurologiques à l’ingestion. Qu’allais-je faire? Il était temps de démarrer l’opération de protection de mon chiot. Au cours des jours suivants, j’ai trié, taillé, rempoté et établi des listes de priorités. Tailler et rempoter, rien de plus facile. Certaines de mes plantes, comme Brian, le pothos doré, n’avaient besoin que d’une petite taille pour être sécuritaires : Brian étant déjà sur une tablette assez haute, il m’a suffi de tailler ses lianes qui tombaient jusqu’au sol, et le problème était réglé. De même, la plupart de mes plantes au sol devaient être divisées et transférées dans de plus petits contenants qui allaient trouver une place sur mes étagères ou mon bureau. Même avec ces mesures d’urgence, je n’avais pas assez de place pour toutes mes vieilles amies. Avec un soupir, j’ai ouvert mon carnet d’adresses et je me suis mise à appeler tous ceux que je connais.

« Plantes gratuites! », leur disais-je. Je m’attendais à devoir les soudoyer, mais mes amies et les membres de ma famille se sont mobilisés. J’ai dû endurer leurs rires de sympathie et leurs moqueries, mais presque tous ont pu adopter au moins une de mes plantes. Les aloès sont allés à une voisine à la peau sèche, le philodendron à une amie qui voulait une plante facile d’entretien pour égayer sa cuisine. Même ma coiffeuse m’a aidée, prenant plusieurs plantes-araignées pour décorer son salon. En retour, on voulait obtenir la chance de voir le nouveau chiot à son arrivée, ce que j’offrais avec plaisir. Ma maison est un peu esseulée. Je n’ai gardé qu’environ le tiers des plantes que j’avais au départ. Cependant, un chiot heureux et en santé peut remplir ce vide de façon incroyable. Je n’ai pas hâte que MacAiogdh soit assez grand pour atteindre le dessus de mes tables et de mes comptoirs, car je devrai alors réorganiser à nouveau. En attendant, grâce à mes amis et grâce à l’opération de protection décrite ci-dessus, mes plantes et mon chiot peuvent vivre en toute harmonie. Et ça, c’est beau à voir.

Plantes d’intérieur communes et toxiques Cette liste ne renferme que quelques-unes des plantes d’intérieur qui sont à la fois communes et toxiques. Ne tenez pas pour acquis que votre plante favorite soit sans danger parce que vous ne la voyez pas ici! Pour plus de renseignements, consultez la liste des plantes toxiques compilée par le Système canadien d’information sur les plantes toxiques (www.scib.gc.ca/pls/pp/poison?p_x=px&p_lang=fr). En cas de doute, consultez votre vétérinaire et le centre antipoison de votre localité.

Aloès : Bien des humains aiment le gel de cette plante pour ses propriétés apaisantes pour les brûlures et les maladies de peau,

mais, avalée, elle peut être très toxique et causer vomissements, dépression, diarrhée, anorexie et tremblements. Toutes les plantes et tous les produits qui contiennent de l’aloès devraient être entreposés hors de portée de vos animaux.

Amaryllis : Cette plante souvent donnée en cadeau cause chaque année de nombreuses visites chez le vétérinaire durant le temps des fêtes, quand les propriétaires négligent de la garder hors de portée de leurs animaux. Les symptômes d’un empoisonnement comprennent : vomissements, dépression, diarrhée, tremblements et douleurs abdominales. Cyclamen : Les feuilles, tiges et fleurs de ces magnifiques plantes peuvent causer des vomissements et de la diarrhée chez vos

animaux. L’ingestion d’une grande quantité de tubercules peut causer des anomalies cardiaques, des convulsions, et même la mort.

Pothos doré : Les cristaux d’oxalate de calcium du pothos doré (et des autres Aracées, comme le caladium, le lis de la paix et le philodendron) causent des brûlures intenses et de l’irritation aux tissus sensibles de la bouche. Cela peut causer une salivation excessive, des vomissements et de la difficulté à avaler. Tomate : Les feuilles, les fleurs, les tiges et les fruits verts des plants de tomate peuvent causer de nombreux problèmes pour votre animal, y compris les vomissements, la diarrhée, la somnolence, la désorientation, la faiblesse, la dilatation oculaire et le ralentissement cardiaque. 18 | Volume 5 – Numéro 2


Volume 5 – Numéro 2 | 19


TECHNIQUE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Réussir vos boutures 4e et 5e parties Par Pythoff et R. Ridou

L’iris des marais (Iris pseudacorus) Le lis se bouture en prélevant quelques écailles sur la périphérie d’un bulbe et en les plantant dans un terreau pour semis. Plantez les écailles verticalement, la base enfoncée dans le terreau. N’arrosez pas trop au risque de faire pourrir les écailles. Au bout de quelques semaines des bulbilles se développeront à la base des écailles.

4e partie : Le bouturage facile selon Pythoff (GardensCure.com) J’ai expérimenté avec le bouturage pendant environ deux ans avant de trouver la méthode la plus rapide et la plus efficace (qui s’applique à mes techniques culturales). J’ai fait des essais avec la laine minérale, les mélanges de tourbe, le clonage aéroponique, les générateurs de brouillard, les contenants Jiffy, les mélanges de terreau standards, la fibre de coir de coco, et d’autres. Je reviens toujours à la méthode ci-dessous. 20 | Volume 5 – Numéro 2


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | TECHNIQUE

Les facteurs affectant le développement des boutures: • Éclairage – Les néons blancs conviennent parfaitement; on n’a besoin que de 30 watts par pied carré d’espace de culture; • Température – Les clones prennent racine plus rapidement lorsque la température est entre 24 et 29°C; • Humidité – L’hygrométrie parfaite pour le clonage est de 88%; utilisez un dôme s’il le faut; • pH bas – Les clones prennent racine plus rapidement si les solutions nutritives ont un pH entre 5,2 et 5,5;

• PPM des solutions – Ne jamais utiliser plus du cinquième des concentrations recommandées pour les solutions nutritives à utiliser sur des clones; • Contenu en azote – L’azote inhibe la croissance racinaire; si vous choisissez d’utiliser un engrais, utilisez un mélange Bloom au cinquième de sa concentration habituelle. L’eau plate seule fait l’affaire, mais les clones prennent racine plus rapidement avec une solution nutritive.

Des résultats garantis avec un mélange de perlite, vermiculite et sphaigne

Ne pas élaguer les feuilles supérieures. Les clones se trouvent toujours sur la plante mère. 3. Laissez les boutures sur la plante mère pour 24 à 36 heures. Ensuite, mélangez votre substrat : une partie de perlite, une partie de vermiculite et une demi-partie de sphaigne. Mélangez bien. Mélangez ensuite la solution nutritive, à un cinquième de la concentration, et ajoutez trois gouttes de SuperThrive par gallon (3,8 litres) de solution nutritive (incluant l’eau). Placez le substrat dans les pots et arrosez-les jusqu’à saturation. À l’aide d’un bâtonnet, faites un trou d’environ quatre centimètre au centre de chaque pot. Placez le tout dans un endroit approprié pour le clonage.

Tout d’abord, considérons la réparation et matériel. Vous aurez besoin des éléments suivants :

• Scalpel ou lame de rasoir (préalablement trempé(e) dans du javellisant); • Perlite et vermiculite : 5 litres de chacun fournira le substrat pour une centaine de clones; • 2 litres de sphaigne ou de fibre de coco moulue finement (agent liant); • pots ou contenants de 2,5 cm ou 7 cm qui permettent un bon drainage; • Hormone d’enracinement liquide ou en gel (Rootech, Clonex, Olivias, Rootmaster, etc.); • Dôme de plastique transparent qui sera placé au-dessus des clones, et qui devra faire au moins 15 centimètres de plus que les clones; • 2 néons 18 W, tubes et fixations; • Petite bouteille vaporisatrice; • Petite quantité de solution nutritive pour l’enracinement ou solution à haute teneur en phosphore (non essentiel); • Petite quantité de SuperThrive (facultatif). 1. Préparez les boutures à l’enracinement alors qu’elles se trouvent encore sur la plante mère. Enlevez les nœuds qui se trouveront sous le terreau en les coupant au ras de la tige. Prévoyez des clones de 10 à 15 centimètres – s’ils sont trop gros, ils pourraient entrer en dormance, le temps pour les racines de pousser suffisamment pour nourrir le plant. Laissez deux touffes de feuilles sur la bouture (qui se trouve toujours sur la plante mère). 2. Élaguez 1/3 à ½ des feuilles du bas en coupant uniquement le bout de la feuille, ce qui donne des feuilles au bout carré, de la moitié ou du tiers de leur taille originale. Volume 5 – Numéro 2 | 21


TECHNIQUE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR 4. Le temps est venu de détacher les boutures. À l’aide d’une lame ou d’un scalpel (stérilisé à l’eau de javel et bien essuyé), faites une coupure diagonale nette au bas du clone, à travers la tige, afin de le séparer de la plante mère. Placez cette bouture (les 2,5 cm du bas) dans un petit verre propre à la température de la pièce. Arrosez. Ne touchez pas à la blessure.

10. Quand vos clones sont tous dans le substrat et ont tous été arrosés, aspergez-les à l’aide d’un vaporisateur et couvrez-les avec le dôme. 11. Vaporisez matin et soir. Si vous avez suivi les instructions, d’ici sept à dix jours, vous aurez une masse racinaire complète, et la bouture sera prête à être transplantée dans un système hydroponique ou dans un autre substrat. Cette méthode fonctionne pour moi à tous les coups. Vous ne devriez perdre aucune bouture. Je n’affirme pas que ce soit la

meilleure méthode, mais elle fonctionne pour moi chaque fois, et me donne des résultats rapides.

5e partie : la méthode de R. Ridou (mysinsemilla.com) La préparation des boutures Voici une méthode qui consiste à couper une branchette sur une plante en croissance. Si possible faire une coupe bien nette juste sous un entrenœud, puis dégager le bas de la tige, la tremper dans du Clonex en gel, et la mettre immédiatement dans un petit godet plein de fibre de coco hydratée. Procédez à des arrosages fréquents. Placez les boutures sous des néons, et en dix jours vous avez des clones. En quinze jours, ils sont en croissance.

5. Répétez pour chacune de vos boutures. 6. Sortez l’une des boutures et grattez gentiment le bas de la tige (1 à 2,5 cm) avec la lame de rasoir, tout le tour de la tige. Ne brisez pas la pulpe : il suffit de la stimuler afin que la plante génère des racines tout le long de sa blessure. 7. Trempez la bouture dans l’hormone d’enracinement, par exemple Rootech, Clonex, Olivias, Clone Master, etc. Assurez-vous de trempez toute la région blessée. 8. Placez la tige du clone dans le trou réservé à cet effet dans le pot. 9. Pressez gentiment autour de la tige du clone et arrosez le substrat avec la même solution nutritive que précédemment.

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Clones, boutures, c’est la même chose. Pour faire des clones, il y a plusieurs méthodes mais le principe de base reste le même : couper une branche d’une plante dite « mère » (pour l’occasion) et lui faire prendre racine afin d’avoir une autre plante génétiquement identique à la plante mère. Pour la taille, la coupe va être faite au niveau du deuxième entrenœud. Ensuite quatre branches se développeront. Si vous voulez faire des clones, ne faites pas de taille n’importe où! Si vous faites une taille au niveau du quatrième entrenœud par exemple, vous devriez avoir huit branches principales, sans compter les branches secondaires. Sur ces huit branches, prenez-en quatre pour faire des clones et faites ensuite une belle taille afin de ne laisser sur vos plantes mères que les branches qui supporteront des têtes. Vous voici donc avec des branches qui ne sont plus rattachées à la plante mère. Elles vont donc subir une sorte de stress. Une branche typique pour faire un clone ressemble plus ou moins à ceci : une paire de feuilles principales, plus une paire de jeunes feuilles en haut de la tige vers le bas et une belle coupure bien nette. Vous pouvez prendre des branches ayant plus de feuilles et retirer les plus grosses, cela limitera la déshydratation. Comment leur faire prendre racine? Question multi-métaphysique que voici. Il leur faut quand même de la lumière, et pas une HPS si possible. Non, des néons sont très bien pour des clones, parfaits même. Ensuite, il faut les mettre dans un substrat ou un milieu humide. N’ayant plus de lien avec la plante mère, ils ne sont plus autant alimentés. L’humidité du milieu de régénérescence doit remédier à ceci. Le substrat doit également être oxygéné. L’oxygénation du milieu de régénérescence ou du substrat comptera pour beaucoup dans la réussite des clones.


TECHNIQUE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR Un collègue met simplement ses clones sous des néons dans de petits pots plein de fibre de coco Il arrose régulièrement avec un peu d’engrais. Le substrat est toujours bien humide et ses clones se portent très bien. Il faut savoir aussi que la fibre de coco est un substrat qui, naturellement, s’aère facilement. La chose ne se passe pas ainsi, ou aussi bien, dans du terreau pas exemple.

La « machine » à clones Un autre collègue à fabriquer une machine à clones, avec un bac de type Curver. Le bac doit absolument être étanche à la lumière. Un long diffuseur d’air plat ou même deux, placés dans le fond du bac et reliés à une pompe à air (matériel d’aquarium) sont nécessaires. Dans le couvercle amovible, faites des trous dans lesquels doivent s’enchâsser les paniers petit modèle. Ces paniers sont plein de petites billes d’argile et le bas de chaque doit toucher le haut de l’eau. Dans les paniers, nous installons les clones dont la tige pourra être enduite d’hormones en gel ou en poudre. Ou bien, ces hormones pourront être rajoutées à la solution nutritive diffusée dans le bac. Dans un bac tel que celui-ci, vous pouvez faire une vingtaine de clones en même temps. Vérifiez régulièrement le niveau d’eau et si possible son pH afin de le faire baisser. Placez cette machine à clones sous deux néons blanc de type éclairage de « lumière du jour » et vous aurez des clones très vite. J’ai longtemps crus que faire des clones était compliqué, et pourtant il n’en est rien, alors ne vous en faites pas, essayez! Qui ne tente rien n’a rien!

La taille La taille, la coupe, l’élagage, ceci mériterait sûrement un livre entier avec des photos, etc. Je vais faire au mieux pour vous l’expliquer. La plante fait une première paire de vraies feuilles. Nous ne comptons pas les deux pré-feuilles rondes. entrenœud

Un premier entrenœud avec une paire de feuilles apparaît. nœud Puis la croissance continue avec un deuxième entrenœud. À chaque entrenœud se situe une paire de feuilles ainsi qu’une (L’entrenœud = section de tige entre deux nœuds adjacents.) paire de branches. Après le deuxième entrenœud, nous avons donc deux paires de branches avec chacune leurs feuilles respectives. Puis la suite de la croissance s’accentue vers le haut. La taille se fait avec une bonne lame, de manière nette et sans bavure. Elle peut être faite dès l’apparition du début de la touffe qui poussera au creux du deuxième entrenœud. Il faut ensuite entretenir les quatre branches sélectionnées. Éliminer tout départ de nouvelles branches et ne pas retirer de feuille du tout. Le feuillage agit comme des panneaux solaires pour la plante. Je ne retire quasiment pas de feuilles durant toute la vie de la plante, sauf si certaines prennent de la lumière à des têtes La ventilation est importante pour ce type de taille. Afin de muscler les branches de la plante, il est aussi possible de se servir de fil gainé de plastique (afin de ne pas abîmer les tiges) pour faire du pliage de branche et pour les mettre toutes au même niveau. Lorsque vos plantes commencent à prendre de la hauteur – lorsque vous avez sélectionné vos plus belles branches – alors vous pouvez passer en floraison. Sachant que même après le passage en floraison, les plantes continuent de grandir pendant environ dix jours voire plus. Pensez-y lorsque vos plantes entreront dans leur troisième semaine de croissance.

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Faire germer les graines Ma méthode consiste à mettre du coton dans le fond d’une assiette. J’imbibe avec de l’eau de bouteille. Je fais couler le surplus. Je pose les graines sur le coton. Je recouvre l’assiette avec un film plastique de type Saran Wrap. Je pose tout ça sur mon moniteur ou derrière mon réfrigérateur, soit une source de chaleur pas trop chaude. Normalement, au bout de deux ou trois jours, les graines germent. J’attends un peu que le germe blanc soit bien sorti pour mettre directement en pot. Ma seconde méthode consiste à mettre mes graines directement dans al fibre de coco dans des godets en plastique de format petit modèle, entre 0,5 et 1 cm du haut. Bien arrosées, toutes celles qui ne sortent pas en dix jours sont considérées comme mortes. Toutes les autres sont nettement plus développées que celles germées dans le coton, puis transplantées dans le coco (à nombre de jours de croissance égal). Ensuite, la lampe doit être allumée 18h par jour, minimum. La lampe doit être assez haute (30 bons centimètres au-dessus pour une 250W) pour ne pas brûler les jeunes pousses. Je mets les graines germées dans le substrat et je les arrose par le haut durant les quatre premiers jours ou un peu plus si nécessaire. Je fais attention qu’elles aient suffisamment de vent, mais pas trop non plus. Il faut qu’elles bougent, mais pas qu’elles s’effondrent. Une fois que toutes les graines sont en pots, j’attends deux jours avant de descendre progressivement la lampe et ce tant que la température en haut des plantes n’atteint pas plus de 25/26°C. Un vent fort et une lumière basse sont une combinaison pour faire des plantes trapues, des troncs très vite forts et des branches qui se développent plus rapidement. Il faut garder à l’esprit que le but n’est pas de faire des plantes avec de longues tiges totalement inutiles, mais bien des plantes avec des branches larges qui pourront supporter plus de poids lors de la floraison. Ce qui veut dire que si vous voyez vos plantes grandirent, c’est bien. Mais trop grand, c’est trop! De grandes plantes ne font pas de grosses têtes. Il vaut mieux que vos plantes soient courtes et larges avec de grosses branches. N.B. : Les parties 1 à 3 de « Réussir vos boutures » ont été publiées dans les numéros de mars/avril à juillet/août 2008 (volume 3, numéros 2, 3 et 4) du Jardinier d’intérieur.


Les arbres de vie quatrième partie

Il suffisait d’y planter Par Sylvie Laberge (sylvie-lab@hotmail.com) Faire du reboisement là où il y a eu coupe demeure une entreprise extrêmement importante. Il est évident que les gestionnaires tentent d’accélérer le processus, de le rendre plus efficace pour le bénéfice de la communauté. Malheureusement, les bonnes idées d’antan se révèlent souvent, après des décennies, être des fiascos. Faire du reboisement avec une espèce non indigène est une autre de ces bonnes idées qui aura mal tourné. En Gaspésie, des ingénieurs forestiers ont recommandé de limiter le reboisement de la forêt à l’aide de l’épinette de Norvège, une espèce exotique. Celle-ci possède une croissance plus rapide que les épinettes blanches et noires, et une fibre plus forte que celle du sapin baumier, toutes trois des espèces indigènes. Malheureusement, l’épinette de Norvège présente un risque de naturalisation très élevé, et pourrait prendre la place des sapins et épinettes natives de nos contrées. Une modification de la fertilité des sols et du cycle de l’eau, ainsi que de nombreuses conséquences sur les espèces de sous-bois seraient néfastes pour l’écosystème.

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Malgré les progrès réalisés par les chercheurs au cours des dernières années sur la compréhension des écosystèmes forestiers, nous sommes à des lieues de connaître tous les rouages de ces milieux. En Colombie-Britannique, en janvier 2009, des biologistes ont fait une découverte pour le moins déconcertante. Sur 76 sites au Canada et aux États-Unis, on a relevé un taux de mortalité deux fois plus rapide sur les grands arbres âgés de plus de 200 ans, par rapport aux données antérieures. Ce taux double maintenant tous les 17 ans, ce qui laisse envisager un avenir incertain pour les forêts de ce type. La pollution de l’air et les incendies font, bien sûr, partie du problème, mais ça ne s’arrête pas là. Le réchauffement climatique y serait aussi pour quelque chose. On a constaté une augmentation de la température moyenne de 0,5°C en 40 ans. Les sécheresses sont maintenant plus nombreuses. Les arbres sont mal approvisionnés en eau et ainsi moins bien équipés pour affronter les épidémies d’insectes, aussi plus nombreuses et dévastatrices. La forêt s’éclaircit doucement, il n’y a que peu ou pas de relève, tout cela mène à la disparition éventuelle de ces sites. Les forêts de la côte ouest sont spectaculaires et encore très denses. Beaucoup sont situées loin des villes, et sont très difficilement accessibles. Tout cela est très bien. Mais quand des infestations se produisent et que les autorités sortent l’artillerie lourde pour en venir à bout, cette distance peut, au contraire, jouer contre leur survie. C’est en Colombie-Britannique que nous nous rendons de nouveau. En 1985, le dendroctone du pin faisait des ravages dans les forêts de cette province. On estimait à 100 000 km 2 la zone détruite par l’insecte. À cette époque, on observait ce qui se faisait du côté américain, où le dendroctone était déjà bien implanté. L’insecticide Glow-On était alors largement utilisé au sud de la


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frontière et les autorités canadiennes acceptèrent aussi son utilisation au Canada. Le principe actif était l’arsenic, un composé très toxique qui devait tuer les insectes en les empoisonnant. Le produit était injecté dans la couche du tronc où les réseaux de sève transportent le précieux liquide. Les insectes creusent des galeries à l’intérieur de ces réseaux et s’intoxiquent alors en consommant la sève empoisonnée. L’arbre aussi meurt, en quelques années seulement. On faisait d’une pierre deux coups en tuant l’insecte et son hôte. Le problème, c’est que les autorités gouvernementales américaines ont estimé que le produit n’était pas efficace et ont rapidement cessé son utilisation, alors que le gouvernement canadien a poursuivi l’expérience, sans tenir compte de ces résultats. Entre 100 000 et 500 000 km 2 auraient ainsi été traités. C’est seulement en 2005 que l’état a mis fin à cette pratique, non sans qu’un battage médiatique soit nécessaire. Le constat est accablant : non seulement les insectes ont-ils survécu aux traitements, développant une sorte de résistance au produit, mais les oiseaux qui s’en nourrissent sont aujourd’hui fortement contaminés à l’arsenic. Leur survie et leur reproduction sont compromises. Les tiges toxiques sont toujours debout.

Pendant des années, les autorités tergiversèrent sur leur devenir : impossible de les couper ou de les brûler, il fallait les laisser en place. La venue des Jeux olympiques de Vancouver a accéléré le processus de recherche de solutions à ce gênant problème. Aujourd’hui, certaines initiatives ont permis de récupérer une partie des arbres tués par le dendroctone pour la construction du toit de l’anneau olympique Richmond, constitué de plusieurs centaines de milliers de pieds-planches de pin Ponderosa ravagé par l’insecte. Comme on peut le constater, l’avenir de la forêt boréale soulève parfois les passions. C’est que cette bande végétale de plusieurs centaines de kilomètres de largeur (dans sa partie la plus étroite) et de milliers de kilomètres de longueur occupe 10% de la surface émergée du globe. Le Canada possède à lui seul 30% de cette forêt. Au Québec, la moitié des espèces de mammifères et d’oiseaux vit dans ce gigantesque écosystème, alors que le tiers de toutes les espèces végétales s’y trouve. L’importance de cette forêt est indéniable. Pourtant, certains minimisent encore sa valeur. Au printemps 2008, une scientifique canadienne avançait que l’attention qui lui est portée était exagérée. Il est évident que la comparaison avec la forêt tropicale en matière de biodiversité ne peut être faite. Cependant, certaines espèces animales et végétales sont uniques à ce milieu. L’argument utilisé était que l’attention portée aux arbres devenait dangereusement plus importante que celle portée aux collectivités forestières, c’est-à-dire les populations qui y vivent et en dépendent. Dans un même ordre d’idée, des chercheurs américains proposaient, en 2004, une nouvelle stratégie de protection des

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Environnement | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR milieux naturels : le « service écologique ». Cette façon de faire préconise l’identification des écosystèmes qui rendent des services à l’homme, dans le but de protéger ces étendues – terrestres ou maritimes – en priorité. L’idée d’intéresser les citoyens pour qu’ils protègent leur habitat, celui où ils vivent et dont ils dépendent, semble tout à fait sensée. En exploitant l’instinct de survie de l’homme, on le pousse, en quelque sorte, à préserver son environnement. Malheureusement, d’une certaine façon, cette stratégie ne ferait qu’entretenir la déplorable habitude qu’a l’homo sapiens de tout centraliser sur ses besoins, de les mettre à l’avant-plan, au mépris de tout. L’homme n’a-t-il pas été, seul, au centre de ses propres préoccupations depuis déjà trop longtemps? Il existe d’innombrables autres dangers pour la forêt; en octobre 2008, des chercheurs américains ont entamé une étude sur le réchauffement climatique et la coloration automnale du feuillage, à la demande du public. Les randonneurs sont persuadés que les températures plus élevées rendent moins vifs les rouges, oranges et jaunes du feuillage. Les résultats ne seront connus que dans plusieurs années. Autre latitude, autre questionnement. Dans la toundra québécoise, on observe une fonte accélérée du pergélisol (qui couvre le quart de l’hémisphère nord), affectant les tourbières nordiques. Les thermokarsts, petites mares formées par l’affaissement périodique du sol dû au gel-dégel printanier, deviennent liquides pendant de plus longues périodes et plus en profondeur. Les micro-organismes qui prolifèrent au fond de ces trous (peu profonds) sont émetteurs de méthane, un gaz à effet de serre 22 fois plus puissant que le CO2. Les bactéries méthanotrophes, maintenant actives plus souvent et plus longtemps, libéreront-elles dans l’atmosphère une plus grande quantité de ce gaz? Les questions sont nombreuses, mais il faudra peut-être compter avec les thermokarsts dans l’élaboration des

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futurs modèles de prévision du réchauffement global, puisqu’ils sont présents en grande quantité en Sibérie et en Alaska, à l’instar du nord québécois et canadien. Il ne serait pas raisonnable de tenter d’énumérer ici toutes les menaces qui planent sur les forêts. Certaines sont encore en gestation, attendant seulement d’être révélées au monde entier par les scientifiques. Certaines initiatives qui auraient pour but d’en apprendre davantage sur les arbres et les forêts sont à noter. Des chercheurs américains ont entrepris de récolter l’ADN venant de milliers d’espèces d’arbres à travers la planète. Ainsi que l’un des participants le faisait remarquer, comment peut-on protéger les espèces si on ne les connaît pas? Comment les protéger si on ignore qu’elles existent? Représentant 25% de toutes les espèces végétales, les arbres à eux seuls nécessiteront un travail colossal. La connaissance des arbres est indispensable pour espérer en apprendre plus sur la forêt. L’aménagement de cette dernière devient un enjeu extraordinaire au 21e siècle. Les erreurs passées doivent être évitées si l’on souhaite continuer à utiliser les forêts pour les besoins de l’humanité. En 1999, un artiste québécois a lancé une bombe dans le petit monde des ministères et industries sylvicoles au Québec. Le film « L’erreur boréale » dénonçait les coupes sauvages et insensées qui avaient lieu au cœur de la forêt boréale et l’énorme danger qui planait sur celle-ci, si les choses ne changeaient pas. Malgré la tempête médiatique soulevée par la sortie de ce film, il aura fallu près de dix ans aux instances gouvernementales pour enfin accoucher d’un programme de développement « durable » pour l’exploitation forestière. Début 2008, le Livre Vert faisait son apparition, soulevant l’ire de certains, inquiets de devoir modifier en profondeur leurs pratiques. On y propose de tout nouveaux types de travaux qui « imitent » les perturbations cycliques et naturelles du milieu forestier : l’aménagement écosystémique. 70% des CAAF (contrats d’aménagement et d’approvisionnement forestiers) seraient soumis à cette loi. Il faudra attendre des années après la mise en place de ce programme pour valider sa pertinence et son efficacité. C’est cependant un très


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grand pas vers une façon de penser diamétralement opposée à la ligne dure et droite largement préconisée par l’industrie jusqu’à tout récemment. Les centres de rénovation devront aussi s’ajuster aux nouvelles normes de respect de l’environnement de plus en plus exigées par les consommateurs. L’un de ces distributeurs québécois a annoncé, fin 2008, qu’il s’engageait à ne faire affaire qu’avec des fournisseurs qui partagaient son engagement. Le bois arborant la norme FSC (Forest Stewardship Council) est de plus en plus présent sur les étalages et il est à souhaiter que, prochainement, tous les matériaux vendus possèdent cette certification. La norme FSC garantit que les matériaux récoltés le seront dans le respect des communautés et de l’environnement. Partout dans le monde, de telles initiatives se manifestent. Même à petite échelle, tous les gestes comptent. À commencer par la protection, localement, autour de soi, de la flore indigène. On dit que 5 000 espèces de plantes et d’animaux disparaissent chaque année. C’est une pression de 1 000 à 10 000 fois supérieure à celle de la nature seule. D’ici 2050, le tiers de toutes les espèces vivantes aura disparu. Il serait temps d’y réfléchir sérieusement. J’ai une petite forêt. Quelques acres d’un boisé magnifique. De mon pupitre de travail, je la regarde. Elle compte de beaux spécimens : quelques bouleaux jaunes d’une centaine d’années, quelques peupliers, qui en ont 75. Des épinettes et des sapins aux troncs massifs. Et puis les frênes, les érables et ce pommier adoré, variété inconnue, vestige d’un autre temps. Cette petite forêt, je la regarde avec un pincement au cœur. Comme on regarde une très vieille dame qui porte les blessures des ans. Pas de ces blessures qui tuent, mais de celles qui rendent plus fort. Elle est sage, elle est expérimentée, elle est ridée. Elle semble solide encore. Le temps joue pourtant. La vieille dame disparaîtra. Robert Dumas a écrit : « si les arbres disparaissent, nous périrons ». Qu’en sera-t-il de ma petite forêt?

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Pâques :

au bonheur du chocolat

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(Theobroma cacao L.)


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Plante de la saison

Par M. James Pâques est là, et oubliant sa signification première et religieuse, on se précipite sur les étalages des chocolatiers, plus qu’à toute autre occasion festive de l’année. La Suisse détient le record du monde de la consommation de chocolat annuelle, avec 11,6 kilos par personne et par an. Rien que durant la période pascale, chaque Helvète en déguste presqu’une livre. Quelque dix millions de lapins et œufs garnis (pour huit millions d’habitants!) envahissent les grands magasins et confiseries du pays, parfois plus de deux mois avant la fête de la résurrection de Jésus-Christ. À ce régime, on parle de « chocomaniaques ». Tout ce qui se rapporte à l’homme ou la femme amateurs de chocolat est dirigé vers la pleine satisfaction de leur expérience avec la friandise noire ou au lait. Après tant d’années à consommer la pâte merveilleuse obtenue de Theobroma cacao L., votre corps sait intuitivement ce dont il a besoin pour que l’effet euphorisant persiste. Vous l’avez deviné : le chocolat rend accroc! Accroc, n’est-ce pas? Le chocolat contient de petites quantités d’anandamide, un composé chimique qui, étonnamment, se manifeste naturellement dans notre cerveau. Tandis que vous auriez à ingurgiter du chocolat pendant des heures pour ressentir un effet, les dérivés de l’anandamide – qui portent des noms encombrants tels N~oleoylethanolamine et N~linoleoylethanolamine – contenus dans le chocolat inhibent le métabolisme de l’anandamide naturellement présente dans votre cerveau. Cela signifie que le surplus chimique apporté par la consommation du chocolat fait que le dérivé chimique reste dans votre système plus longtemps et peut prolonger son effet. L’humain adore tout simplement ces friandises au goût satisfaisant, mais son cerveau utilise assidûment l’arsenal secret des composés chimiques contenus dans le chocolat pour parfaire et prolonger son voyage. Cool, n’est-ce pas? En 1996, des scientifiques ont découvert que l’anandamide touche les mêmes régions du cerveau que le THC, l’ingrédient actif du cannabis. Son effet pharmacologique pourrait jouer un rôle important dans la régularisation de l’humeur et avoir une incidence sur la mémoire, l’appétit et la sensibilité à la douleur. Par contre, personne n’a encore étudié si ces mêmes dérivés de l’anandamide ont un effet sur le

métabolisme du THC. Les expériences sur le prolongement des effets du cannabis ne sont pas bien vues par les bailleurs de fonds de l’industrie chocolatière, mais aucun industriel, universitaire ou scientifique ne vous empêchera de mener votre étude personnelle. On n’a pas besoin d’un doctorat pour savoir que le chocolat procure du bien-être. Ce bon effet, les « chocomaniaques » le rendent pérenne par une consommation (souvent abusive!) de chocolat à plus de 70% de cacao. Le chocolat est-il donc légal simplement parce qu’il est socialement plus acceptable? Pas vraiment. L’anandamide et ses dérivés ne sont que trois des 800 substances chimiques connues contenues dans le chocolat. Tant de complexité pour une simple gâterie!

Les origines du chocolat Les origines du chocolat sont issues de mythes. Dans les cultures mésoaméricaines, le chocolat était vénéré comme une nourriture des dieux et jouait un rôle dans toutes les cérémonies officielles, de la célébration du mariage, aux sacrifices humains en passant par les hommages posthumes. Il était sacré pour les peuples anciens du Mexique tels les Olmèques, les Mayas et les Aztèques et était omniprésent dans tous les aspects de la vie. Les Olmèques – dont la culture née aux alentours du deuxième millénaire dans

la région côtière du golfe du Mexique a connu son apogée entre 1200 et 600 av. J.-C. – ont probablement été les premiers utilisateurs du cacao. La légende aztèque raconte la descente sur terre de Quetzalcóatl, le dieu de la végétation et du renouveau, glissant sur un rayon de soleil sous la forme d’un serpent au corps recouvert de plumes de quetzal. Il apportait des cacaoyers des jardins du paradis en cadeau à ses enfants sur Terre. Il leur enseignait comment cultiver les plants et récolter les cosses remplies de graines de cacao. Les graines étaient fermentées, lavées, séchées au soleil, rôties et ensuite moulues jusqu’à ce qu’elles forment une pâte qui était mélangée à de l’eau chaude, de la vanille, de la poudre de chili et à de la farine de maïs pour en faire une décoction mousseuse et amère. L’élixir permettait à celui qui le buvait d’entrevoir le paradis et lui transmettait la sagesse et la puissance des dieux. Le cacao était vénéré comme une plante sacrée, un pont entre la Terre et le paradis. Les humains sacrifiés pour apaiser les dieux étaient gavés de cacao lors de leur dernier repas. Xochiquetzal

Le cacao a longtemps été associé à l’amour et la fertilité. Xochiquetzal, la déesse de l’amour et de la fertilité, ornait les cacaoyers de fleurs chaque printemps. C’est peut-être ce qui explique pourquoi le chocolat jouait un rôle si important dans les cérémonies nuptiales aztèques. Le couple s’offrait mutuellement un gobelet sacré rempli de l’amer breuvage afin de sceller son alliance. Cette coutume d’origine mythologique se perpétue encore aujourd’hui avec l’ubiquité du chocolat dans la célébration de la Saint-Valentin, la fête des amoureux, et de Pâques, la fête chrétienne de la résurrection qui coïncide avec les anciens rituels de fertilité païens qui avaient lieu au printemps. Volume 5 – Numéro 2 | 31


Plante de la saison | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR Les Espagnols ont découvert la boisson lors de leur conquête du Mexique. Ils ont été accueillis en 1519 par l’empereur aztèque Moctezuma qui leur offrait des gobelets remplis de cacao mousseux ou « cacahuatl » (mélange amer dans le langage nahuatl des Aztèques). Les fèves de cacao étaient si vénérées par la culture aztèque qu’elles furent utilisées comme monnaie d’échange et étaient aussi précieuses que l’or. Les Espagnols ont ramené le cacao en Europe, où il a obtenu la faveur des nobles. Au 18e siècle, le botaniste suédois Carl Linnaeus a embrassé les anciennes croyances en nommant le cacaoyer Theobroma cacao L., un terme d’origine grecque qui signifie littéralement « la nourriture des dieux ». L’origine du chocolat peut provenir des jungles sombres de la Méso-Amérique, mais au final, c’est grâce à l’innovation et à l’ingéniosité des Européens que cette divine sucrerie est si populaire aujourd’hui.

La chimie du chocolat Le chocolat a récemment laissé ses attributs de péché de gourmandise derrière lui pour joindre le rang des aliments nutritifs, tels le brocoli et les bleuets, que les études contemporaines considèrent remplis de composés chimiques naturels et bons pour vous. Les « chocomaniaques » de partout se réjouissent des nouvelles études qui leur permettent de se dédouaner face à leurs excès réguliers. Le chocolat, comme tout autre aliment naturel, contient une foule de composés biochimiques qui ont des effets variables sur la chimie du corps humain. Bien que les scientifiques continuent à découvrir les mystères

chimiques du chocolat, leurs recherches les ramènent souvent vers les anciennes croyances et l’imagerie populaire. Les civilisations anciennes croyaient que la cosse de cacao symbolisait le cœur et le chocolat fondu, le sang, d’où l’offrande faite aux dieux durant les rituels de sacrifices. Les scientifiques ont découvert une abondance de composés phénoliques dans le chocolat. Aussi connus comme antioxydants, ces composés préviennent l’oxydation et, par le fait même, l’accumulation de gras et l’obstruction des artères. Ils éclaircissent le sang et peuvent aider à réduire le risque de maladies coronariennes. Offrir un cœur en chocolat lors de la Saint-Valentin prend désormais une autre signification, même si elle n’est pas tout à fait romantique. L’empereur Moctezuma ne buvait rien d’autre que du chocolat qui lui était servi dans des coupes d’or, tout spécialement avant de visiter son harem. De son origine royale, nous avons appris que le chocolat a longtemps été vénéré comme aphrodisiaque par bien des gens, dont Casanova et le marquis de Sade, qui l’utilisaient pour accroître leur pouvoir de séduction. Les courtisanes dans les cours des rois de France au 18e siècle faisaient bon usage des propriétés du chocolat. Des courtisanes prétendaient que le chocolat était meilleur que le sexe. Cette affirmation est peut-être due à l’effet d’un autre composé, la phénylethylamine

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(PEA), « le composé chimique de l’amour », un type d’amphétamine. Sa forte concentration stimule les zones du cerveau associées au plaisir et favorise les sentiments d’attraction, d’excitation, de légèreté, de communion et d’euphorie. Les niveaux de PEA atteignent des sommets dans votre corps pendant l’orgasme. Cela expliquerait pourquoi la « peinture sur peau » à base de chocolat est la version sophistiquée de la crème fouettée dans l’arsenal des produits érotiques comestibles. Néanmoins, il y a quatre fois plus de PEA dans une portion moyenne de salami fumé que dans une tablette de chocolat. Le chocolat contient aussi du tryptophane, un acide aminé essentiel nécessaire à la production de sérotonine. La sérotonine est une substance chimique libérée par le corps humain qui a un effet euphorisant et réduit ainsi l’anxiété. Des niveaux élevés de sérotonine peuvent causer des sautes d’humeur et même de l’extase. Des études révèlent aussi que manger du chocolat riche en matières grasses déclenche une libération d’endorphines, les opiacés naturels du corps humain. Les structures des endorphines sont identiques à celles de l’opium et de ses dérivés (la morphine, la codéine, l’héroïne, etc.) Elles diminuent la sensibilité à la douleur et leur effet est souvent associé à de grands moments que les sportifs éprouvent, telle « l’euphorie du coureur ». Les endorphines pourraient être responsables de l’effet euphorique associé à la consommation de chocolat.


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Questions et réponses | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

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Bonjour Fred, J’ai lu avec beaucoup d’intérêt ton article (« Marée verte »). J’ai une petite question à te poser sur cette méthode que je voudrais bien exploiter, sauf qu’en ce qui me concerne, il s’agirait d’une culture avec exclusivement des graines, et non des boutures! En effet, après un petit « accident de culture » datant de quelques mois, je me retrouve avec plusieurs centaines de graines d’excellente qualité, toutes viables et donnant des plantes belles et bonnes! Petit problème, j’ai forcément des mâles et des femelles en nombre quasiment égal lors de chaque « saison » de culture. Si je veux exploiter la méthode que tu décris, je dois refaire les calculs, car dans les trois ou quatre semaines qui suivent la mise en floraison, je « sacrifie » les garçons, ce qui veut dire que je dispose à ce moment-là de pratiquement la moitié de la place libérée! As-tu une proposition pour gérer ce problème? Par ailleurs, pour avoir expérimenté la culture hydroponique notamment dans du Gardex, je me demande si la méthode que tu décris ne devient pas un peu « casse tête » pour la gestion des doses d’engrais qui évoluent de semaine en semaine pour chaque cycle! Pour l’instant, je suis revenu à la culture en terre (parce qu’elle ne me pose pas le problème des changements de dose!), tout en sachant que j’y perds aussi en rendement! Merci de ta réponse, Amicalement, – Pheel Defair, France Bonjour Pheel, Comment trouver les plantes mâles plus rapidement, là est la question! La plupart des gens, lorsqu’ils cultivent des plantes de jours courts dichotomes et productrices de résine, souhaitent produire une récolte sans semences. C’est pourquoi bien des gens n’utilisent que des boutures tirées d’une plante femelle. Vous pouvez tout de même produire une récolte sans semences en partant de graines : il suffit de retirer les plantes mâles. Le problème qui se pose est qu’une fois les mâles éliminés, une moitié entière du jardin est vide. Plus les plantes sont grosses, plus le problème prend de l’ampleur! Il vaut mieux retirer les mâles au plus tôt. Il n’est pas nécessaire de cultiver une plante pour six ou sept semaines pour déterminer s’il s’agit d’un mâle : on peut forcer une

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plante dichotome à montrer son sexe prématurément! Lorsque les plantules ont environ deux semaines et que, dans un contenant de cinq à huit centimètres, elle a atteint une hauteur de dix à quinze centimètres, éteignez les lampes pendant douze heures chaque jour. Certaines génétiques montrent leur sexe en aussi peu que trois jours. La plupart montrent leur sexe en sept jours. On enlève les mâles à mesure qu’on les détecte, et on déplace les plantes vers un cycle lumineux de 24 heures pour terminer leur cycle de croissance végétative. Voici quelques trucs pour que le processus se déroule bien et sans perte de temps. Servez-vous d’une loupe pour déceler les femelles aussitôt que possible. Une fois une femelle décelée, rempotez-la immédiatement dans un contenant de 15 centimètres et placez-la sous un cycle lumineux de 24 heures. Chaque jour, vaporisez une solution de 5 millilitres d’ammoniaque dans un litre d’eau sur les feuilles des plantules femelles : cela favorisera une croissance végétative rapide et préviendra la formation de fleurs. Attention : évitez la lumière vive lors de la vaporisation! Forcer et ramener une plantule femelle de cette façon aura comme effet secondaire de transformer les nombreuses petites pousses bourgeonnantes en branches rapprochées, ce qui vous donnera une plante très touffue. – Fred Chers amis du Jardinier d’intérieur, J’aimerais lire en ligne quelque chose comme des bulletins de nouvelles provenant du siège social de votre magazine! Que se passe-t-il avec votre site Internet? Rien… Je l’ai visité plusieurs fois au cours des derniers mois, mais je n’y ai jamais trouvé d’information fraîche! J’aimerais recevoir un bulletin sur mon tout nouveau i-Phone, et utiliser vos conseils dans mes activités quotidiennes de jardinage! Il ne sera pas facile de révolutionner le monde horticole si vous ne transformez pas d’abord votre site… très bientôt! Merci! – Cecilia Forsman, NL Nous travaillons toujours sur ce nouveau projet de site Internet du magazine qui, on vous le promet, devrait être prêt avant l’été! À bientôt en ligne, – La Rédaction


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Questions et réponses

Monsieur Bredoux, Voudriez-vous me faire connaître le tarif de votre numéro spécial relatif à la culture potagère en hydroponie ainsi que les frais de port et le sommaire? Je suis en possession du numéro de mai/juin aimablement prêté par un magasin de vente à Reims (dans la Marne… pays du champagne!). D’avance, je vous en remercie. – Alain Dupont, Haussimont, France Bonjour M. Dupont, Merci pour votre courrier et l’intérêt que vous portez à nos publications. L’ouvrage dont vous nous demandez le prix n’est pas édité par les Publications Vertes, mais par nos collègues des éditions Terre à Terre, également basées au Québec. Cet ouvrage est distribué en France par Mama Éditions, 7, rue Pache, 75011 Paris, au coût de 17,00 € l’exemplaire + frais de port et de manutention. Vous pouvez consulter leur librairie en ligne à : www.mamaeditions.com. Tél. : 01 43 73 24 34, télécopie : 01 43 73 24 35, courriel : info@mamalibrairie.com. Le site Internet de l’éditeur québécois de l’ouvrage cité en référence est le suivant : www.terreaterre.net. Il est aussi éditeur de la revue Fleurs, plantes et jardins. Dans un courrier séparé, nous vous faisons parvenir quelques exemplaires de notre revue. Bonne lecture! – La Rédaction Bonjour, J’ai aimé l’article, dans votre magazine, sur l’utilisation du chanvre pour les pâtes et papiers (Une fibre contre la déforestation, dans l’article sur la protection des forêts). Nous partageons ce rêve. Si seulement le grand public savait! Il est triste que les gens ne connaissent pas les bienfaits du chanvre et de ses produits, ne savent pas que le chanvre produit le papier le plus fin et bien d’autres choses encore, comme vous le savez sûrement. Merci encore d’avoir publié mon histoire dans votre magazine, et pour les deux exemplaires que vous m’avez fait parvenir. – Brandon Pillon, ON Bonjour Brandon, Ah, le chanvre… tout un sujet que nous aborderons bientôt une prochaine édition du magazine, en ce qui concerne les applications industrielles et

papetières qui y sont liées. Vous pouvez aussi consulter notre article sur la fibre de chanvre dans notre numéro de janvier/février 2010 aux pages 54 et 55. Il y a tant d’applications que la place nous manque… Mais nous avons de l’information en stock! – La Rédaction Bonjour, Merci pour vos réponses à mes questions au sujet de la serre facile mentionnée dans les trucs et astuces du Jardinier d’intérieur! J’ai retracé l’auteur, Fred Leduc, par l’entremise de Google, et j’ai avec lui une conservation informative au sujet de la construction des serres. J’espère que cela nous mènera à quelques anecdotes rigolotes au sujet de ce qu’il ne faut pas faire (et de la raison de l’envol des serres!) et de comment réparer du PVC brisé. – Michael Harings, Canada Oui, Michael, il est facile de retracer notre collaborateur Fred Leduc sur Google grâce à son site spécialisé dans les conseils au sujet des cactus de toutes sortes! Voir : www.fredsmagicgarden.com. Bonne continuation avec l’E-Z greenhouse! – La Rédaction Bonjour, Mon dernier numéro du « Jardinier d’Intérieur » est celui de septembre/octobre et depuis... rien! J’avais eu un problème semblable lors de mon abonnement... je ne recevais rien, jusqu’à ce que j’écrive. Même si j’ai attendu tout ce temps, ce n’est pas que je n’aime pas la revue. Je la trouve pleine d’informations pertinentes et scientifiques que l’on ne retrouve pas dans les revues de jardinage habituelles. S.v.p. donnez-moi des nouvelles, j’ai hâte à mon prochain numéro. Merci. – Robert Bourdeau, Long Sault, ON Bonjour Robert, Si vous avez cessé de recevoir la revue, c’est que votre abonnement est arrivé à échéance! Il est facile de se réabonner en utilisant le bon de commande dans ce numéro (p. 61) ou en imprimant le fichier PDF sur notre Internet www.tigmag.com. En effet, il serait dommage de louper un numéro du magazine! – La Rédaction Volume 5 – Numéro 2 | 37


Questions et réponses | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR Bonjour et félicitation pour votre belle revue, J’utilise depuis un certain temps un générateur de CO2 au propane avec un contrôleur électronique pour garder le niveau de gaz carbonique dans l’air à 1500 ppm de manière stable. J’ai remarqué que les plantes consomment beaucoup plus d’eau et donc d’engrais depuis car le délai entre chaque arrosages est passé de 5 jours à 4 jours, ont peut donc dire qu’il y a une augmentation de 20% de la consommation en solution nutritive. Chose qui est fort logique car l’apport en CO2 étant plus élevé les plantes sont en mesure d’extraire plus de carbone de l’air qu’elles utilisent ensuite pour convertir les nutriments en sucre. De plus j’ai remarqué que les plantes semble transpirer beaucoup moins, malgré la température que je maintien à 30 degrés Celsius (pour un meilleur échange gazeux) les taux d’humidité dans l’air sont plus bas qu’auparavant et plus facile à contrôlé. J’utilise le substrat de fibre de coco Canna Coco, dans des pots avec des engrais appropriés, et un pH stable de 5,8. Je calibre la solution nutritive à une valeur maximale de 1,8 EC lors de la mi-floraison, mais le reste du temps je conserve une valeur autour de 1,6 EC maximum (recette suggérée par Canna). Je me posais la question suivante : puisqu’il y a beaucoup plus de CO2 dans l’atmosphère et que les plantes sont en mesure de transformer plus d’engrais en sucre, serait-il préférable d’augmenter les niveaux d’engrais dans la solution nutritive à chaque arrosage, par exemple passer à 2 EC plutôt que 1,6 lors de chaque arrosage pour permettre au plantes d’avoir accès à une plus forte concentration de nutriments? Est-ce qu’augmenter les niveaux d’engrais serait bénéfique ou si au contraire cela affecterait la fragilité des racines? Merci beaucoup de votre réponse que j’attends avec impatience. – Marcel B. & Cindy Mayfair, Qc Bonjour Marcel et Cindy, Vous semblez faire preuve d’une grande expertise dans la recherche de la récolte parfaite! J’ai une réponse radicale pour vous. N’utilisez jamais une formule toute faite de contrôle de la conductivité électrique (EC). Les variétés de plantes sont si différentes qu’on ne peut jamais leur attribuer un niveau d’EC qui serait idéal pour toutes les cultures. Mesurer la conductivité électrique de votre solution nutritive APRÈS l’arrosage de vos plantes est la clé du succès. Si le niveau d’EC baisse après l’arrosage de vos plantes, c’est que les plantes ont absorbés les éléments nutritifs présents dans la solution. Si au contraire le niveau d’EC est plus élevé, c’est que vous donnez trop d’engrais à vos plantes. Souvenez-vous que la conductivité électrique mesure l’aptitude de l’eau à laisser les charges électriques se déplacer librement, autrement dit à permettre le passage des éléments nutritifs de la solution vers les plantes. Plus son niveau est élevé, plus la présence d’éléments nutritifs dans votre solution est importante. Par contre,

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si ce niveau varie, avec tendance à la baisse, vous savez que le métabolisme de vos plantes réagit en absorbant les engrais. Un signal de mauvaise absorption des engrais est évident quand le niveau d’EC continue à augmenter toujours plus après chaque arrosage. L’intérêt de ce signal, c’est que vous pouvez réagir avant qu’il n’y ait un véritable problème de surnutrition de vos plantes et des dégâts qui s’ensuivent, comme la brûlure des pointes des feuilles. L’autre solution pour vérifier si vos plantes absorbent les éléments nutritifs est d’utiliser un réfractomètre (ou aéromètre) qui sert à mesurer en degrés Brix (oB) la fraction de saccharose dans un liquide, autrement dit le pourcentage de matière sèche soluble qui y circule. Vous pouvez en apprendre davantage sur l’utilisation d’un réfractomètre qui mesure l’échelle de Brix d’une solution nutritive en consultant mon article Highly Advanced and Technical Science Applied to your Garden (en anglais) sur mon blogue : http://pgsgrow.com/blog/2009/07/03/highly-advanced-andtechnical-science-applied-to-your-garden. À mon avis, tout jardinier souhaitant de meilleures récoltes tirera les plus grands bénéfices de l’utilisation d’un réfractomètre! Bonne culture. – Peter Kovachevich (Pro Gardening Systems) Bonjour, Dans le no de mai/juin 2009, dans la table des matières, vous annoncez un article sur Hydrotek (page 24) et je ne le vois nulle part. J’aimerais en savoir davantage, car j’aime bien ce fournisseur de matériel hydroponique. Merci. – Benoît B., Qc Bonjour Benoît, Cet article a été décalé d’un numéro. Vous le trouverez dans notre Volume 4, numéro 4 de juillet/août 2009. La mention dans le sommaire n’a pas été ôtée lors de la mise en page du précédent numéro après le déplacement de cet article en dernière minute. Désolé. – La Rédaction


Musique | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Concerto en aHÉROSol,

l’improbable mariage du classique et du hip-hop Par Raymond Viger

Des chorégraphies endiablées, cinquante musiciens professionnels sur scène, des extraits des trames sonores des meilleurs films hollywoodiens, un écran géant… C’est le programme que le Café-Graffiti a proposé lors de son premier concert-bénéfice, Concerto en aHÉROSol, donné à Montréal. Au cœur de cet événement, la musique. C’était l’occasion pour les spectateurs de découvrir l’excellent Orchestre symphonique pop de Montréal, spécialisé dans l’interprétation d’extraits de trames sonores de films, de comédies musicales et de standards de jazz.Le thème de la soirée, l’héroïsme, a inspiré au chef Mark Dharmaratnam tout un programme : James Bond, Spiderman, Lord of the Rings, Mission: Impossible et Star Wars, entre autres, s’y sont côtoyés. Histoire de pimenter le tout et d’y ajouter la touche jeune et dynamique du Café-Graffiti, sept breakdancers investissaient aussi la scène pour en mettre plein les yeux. Des toiles réalisées par les graffiteurs

fréquentant l’organisme ornaient les murs de l’église Saint-JeanBaptiste où a eu lieu le spectacle.Toujours dans l’esprit du Café-Graffiti, le côté technique était assuré par Laurent Verville, 18 ans, en collaboration avec Johanne Pelletier. Un montage multimédia conçu par un autre jeune allumé, Anthony Ranger, a été projeté sur un écran géant de 8 mètres de large sur 4,5 mètres de haut. À la mise en scène, nul autre que Pierre Gagnon, un professionnel qui a travaillé entre autres pour le Festival d’été de Québec et la fête du Canada organisée sur la colline parlementaire à Ottawa. L’animation était quant à elle assurée par Guillaume Girard, comédien de l’émission Frank vs Girard à Vrak TV. Pendant trois ans, le Café-Graffiti a fourni les décors de cette émission. Plusieurs épisodes de Frank vs Girard ont d’ailleurs été tournés au Café-Graffiti ou avec ses artistes.


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Musique

La vidéo de la chorégraphie de breakdance avec l’Orchestre symphonique pop de Montréal est maintenant en ligne pour un visionnement gratuit sur le blogue de Raymond Viger (http://raymondviger.wordpress.com). C’est un extrait de 8 minutes enregistrées sur la trame musicale du film La Matrice. Sept breakdancers y exécutent la chorégraphie de Cindy McAuliffe (Goldy Locks) : Victor Sono (Vicious), Sandy Béland (Sunday), Ricky St-Jusna (Bowtox), Patrick Jean Charles (Prototype), Joe Danny Aurélien (Dingo), Yan Fradette (Asyan) et Johnny Walker Bien Aimé (Skywalker) Pour d’autres événements de la même teneur, consultez le programme du Café-Graffiti sur le site de Reflet de Société (www. editionstnt.com) et tenez-vous ainsi au courant des soirées organisées par l’association et l’OSPM.

À propos des organisateurs :

Café-Graffiti : La mission du Café-Graffiti est d’offrir un milieu de vie pour les jeunes, où ils peuvent se réunir et trouver une oreille attentive à leurs besoins. L’organisme veille à faire reconnaître professionnellement les jeunes artistes, tout en les aidant à combattre l’exclusion dont ils sont souvent victimes. À la fois galerie d’art où sont exposées les œuvres de graffiteurs émergents, plancher de danse où peuvent s’exercer les meilleurs danseurs de breakdance de la métropole et point de rencontre pour les DJ et rappeurs montréalais, le Café-Graffiti offre aux artistes issus de la culture hip-hop l’occasion de se faire connaître tout en étant

rémunérés. Le Café Graffiti fait partie de l’organisme d’intervention sociale et communautaire Journal de la Rue, qui regroupe également le magazine Reflet de Société. Couronné « Magazine de l’année 2008 » par l’Association des éditeurs de magazines du Québec (AQEM), Reflet de Société rejoint plus de 400 000 lecteurs aux quatre coins de la province ainsi que plus de 100 000 visiteurs par mois sur Internet. Orchestre symphonique pop de Montréal : L’Orchestre symphonique pop de Montréal est un brillant ensemble de cinquante musiciens professionnels, dirigés par Mark Dharmaratnam. L’Orchestre symphonique pop de Montréal se distingue en popularisant le répertoire symphonique de manière totalement audacieuse, en puisant dans les éblouissantes trames sonores du cinéma et en soutenant la collectivité par la tenue de concerts-bénéfice en association avec des commanditaires de marque. Fondé en 2006 par le percussionniste Stéphane Savaria et la bassoniste Geneviève Lanouette, l’OSPM est l’un des seuls orchestres à se consacrer entièrement à la musique de film, de comédie musicale, de série télévisée et, à l’occasion, aux standards de la musique de jazz. Pour plus d’information, contactez Raymond Viger, directeur général du Café-Graffiti, tél. : 514 256-4467, courriel : raymondviger@hotmail.com.


Portrait | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Un tronçon de vie Par Sylvie Laberge (sylvie-lab@hotmail.com)

Je mentirais si je disais que je m’y connais en tronçonneuses. Mon voisin, longtemps bûcheron avant de se réorienter et de terminer sa carrière comme fossoyeur, possède une très bonne Poulan. Chez les grands-parents, c’est le même outil qui est utilisé depuis au moins 20 ans : une Husqvarna d’excellente conception. Nous en possédons une aussi. Notre forêt bien-aimée fait un peu moins de deux hectares et un pareil engin est pratiquement indispensable pour dégager un chablis après une tempête. Les tronçonneuses sont, pour moi, des outils extrêmement pratiques, mais purement utilitaires. Il est de bon ton d’entreposer au fond de la remise – entre les usages – cet instrument bruyant et malodorant.

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LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Portrait

Ainsi, c’est avec étonnement que j’ai appris qu’un homme utilisait une partie de ses loisirs et de ses avoirs dans le but de rechercher, d’acquérir et de collectionner des tronçonneuses venues de partout à travers le monde. Angelo Trépanier est originaire des régions boisées de ThetfordMines, en Beauce. Toute sa vie, il l’a passée en forêt. À 16 ans, il était déjà bûcheron. Un peu plus tard, à 17 ans, il s’expatrie à Ste-Thècle, en Mauricie. C’est là qu’il rencontre la femme avec laquelle il partage toujours sa vie. Il aura exercé le métier de bûcheron, puis de contremaître, pendant 28 ans pour une compagnie forestière de la Mauricie. En 1963, il démarre sa première entreprise, en Beauceron qu’il est! C’est une toute petite érablière de 1000 entailles, avec cabane à sucre. M. Trépanier la nomme très justement « l’Érablière aux mille érables ». Les années passent et il achète le

voisin de gauche. Puis, le voisin de droite. Vers la fin des années 80, c’est une véritable érablière commerciale de 30 000 entailles qui l’occupe, mais dès 1980, le bâtiment peut accueillir 350 visiteurs. Pendant quelques années, les touristes français affluent. Le travail est colossal. Son épouse prend en charge le restaurant et la salle de réception. Ses deux enfants lui prêtent aussi main forte. Et puis, un évènement en apparence anodin changera – beaucoup plus tard – le cours de sa vie. En 1980, M. Trépanier récupère qautre tronçonneuses abandonnées dans les déchets. Il les remet en état et les expose dans sa cabane à sucre. Petit à petit, de plus en plus de gens lui apportent des engins, qu’il démonte patiemment, pièce par pièce. Il les nettoie, les dérouille et les affûte à la main. Il visite les revendeurs, les antiquaires, et déniche des modèles différents, rares même.

Mais ce n’est encore qu’un passe-temps comme un autre. Cependant, les choses vont changer. « C’est en 1995 que j’ai eu la piqûre. » Comment? Entre les rencontres avec des collectionneurs (ils sont une vingtaine au Québec, répartis dans toutes les régions), l’organisation d’expositions et l’apprentissage de l’histoire de la scie à chaîne, M. Trépanier se découvre une vraie passion. Sa collection personnelle s’agrandit de modèles rares, comme cette Rexo de conception française. Près de 70 kg, plus de trois mètres de longueur, il faut deux personnes pour la faire fonctionner. C’est un modèle de 1949, dont le numéro de série, un numéro chanceux, est le 9! M. Trépanier ira parfois jusqu’au bout du monde pour trouver la perle rare. C’est ainsi qu’il s’est rendu en Australie à deux reprises. À chaque fois, on lui a fait don de Volume 5 – Numéro 2 | 43


Portrait | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

quatre tronçonneuses, qu’il a précieusement rapportées dans ses bagages. Il aura fait de fréquentes escapades dans l’ouest du pays et aux États-Unis pour visiter et échanger avec d’autres collectionneurs. Des pièces d’une quinzaine de pays garnissent ses rayons : l’Allemagne, la Finlande, la France et la Suède, entre autres. Certains modèles viennent d’aussi loin que la Chine : une scie à chaîne datant de 2002, n’ayant jamais été utilisée, fait maintenant partie de sa liste de morceaux de choix. M. Trépanier possède aujourd’hui environ 500 tronçonneuses, dont un peu plus de la moitié sont fonctionnelles. C’est au milieu des années 20 que les premières tronçonneuses ont été assemblées. La compagnie allemande Sthil, avec son modèle électrique, s’est, la première, lancée dans la commercialisation des tronçonneuses. Ces monstres extrêmement lourds étaient maniés par deux personnes, car leurs lames mesuraient plus de deux mètres. Ces engins étaient très coûteux, et il aura fallu environ trois ans de plus pour que les premiers modèles fonctionnant à l’essence fassent leur apparition. C’est au milieu des années 40 que la démocratisation de la tronçonneuse a eu lieu. Les premières scies mécaniques adaptées au maniement par une seule personne sont apparues. Puis, dans les années 50, de grands changements dans la motorisation de ces outils les ont rendus beaucoup plus légers, rapides, sécuritaires et fiables. Au Canada, quelques compagnies se sont démarquées : entre autres, une entreprise de Vancouver, IEL, a conçu cinq modèles principaux, plusieurs engins à deux cylindres et bien d’autres encore. Précision, une compagnie québécoise, s’est distinguée en fabriquant un outil à forme réellement non conventionnelle : la chaîne court sur un cerceau, qui est déposé contre le tronc

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de l’arbre. Ces deux fabricants furent, au détour des années 50, précurseurs de bien des améliorations. Malheureusement, Précision n’existe plus. Quant à elle, IEL a été vendue à une autre compagnie en 1957. Les tronçonneuses modernes se sont affinées depuis. La technologie n’a cependant pas énormément évoluée depuis l’âge d’or des années 50. Elles sont maintenant accessibles au grand public. Il est possible d’acquérir une tronçonneuse de bonne qualité pour quelques centaines de dollars. Qu’en est-il des engins que M. Trépanier possède dans sa collection? « Certaines pièces payées 50$ ne les valaient pas. D’autres, payées 500$ en valaient beaucoup plus. » Avant d’avoir accès à la planète entière via Internet, ce collectionneur avisé se rendait dans les expositions, passait des petites annonces, s’affichait ici et là. C’était du bouche à oreille dans la plus pure


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Portrait

tradition. Aujourd’hui, il visite tous les jours quelques sites : « je fais ma petite tournée tous les matins ». Au cas-où! M. Trépanier a vendu son érablière il y a deux ans. Il demeure cependant très présent auprès des nouveaux propriétaires : c’est lui qui entretient une partie de la forêt. Maintenant « retraité », ce septuagénaire passe le plus clair de son temps dans la nature, auprès des arbres. C’est un peu un retour aux sources. Dans son sanctuaire boisé, M. Trépanier se sent bien, se sent chez lui. Et puis, les objets de sa passion ne sont jamais bien loin : le

bâtiment dans lequel il travaille sur ses tronçonneuses et où il les expose fait face à la cabane à sucre. Histoire de marier les deux intérêts. Je lui demande, par simple curiosité, la marque de sa tronçonneuse personnelle : « une Husqvarna, je l’ai toujours avec moi ». Ce modèle est-il supérieur aux autres? Avec un peu d’hésitation, il me répond : « c’est un outil de qualité et fiable. Mieux vaut payer un peu plus cher plutôt que d’acheter un de ces joujoux jetables que vous vendent les grandes surfaces. Et puis, il y a le service… ». Conseil à retenir!

À la fin de la conversation, M. Trépanier passe en revue quelques-unes de ses pièces favorites : les « air-comprimé », les « diésel », les « ringsaw », les « moteurs rotatifs », les « deux cylindres », les « électriques » et les « hydrauliques »… Toutes rares ou très en demande. « Beaucoup de gens me demandent ce que je vais faire avec tout ça. » J’opine et lui demande en effet ce qu’il fera de sa collection : « quand je serai vieux, je penserai à ça ». On ne saurait mieux conclure! Si vous souhaitez lui rendre visite et admirer sa collection, M. Trépanier attend votre appel pour prendre rendez-vous au 418 289-2348. N’hésitez pas!


Expérience de culture | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Culture en terre – 3e partie

À l’extérieur comme à l’intérieur (avec recettes de solution nutritive, étape par étape)

Par Sébastien Lachance, horticulteur (St-Jérôme) Une plante traverse différentes phases de culture, mais au bout du compte le jardinier espère qu’elle produira des fleurs et des fruits qui contiennent la précieuse semence. La plante doit donc consacrer la majeure partie de son énergie à former la semence une fois la fleur pollinisée. Vous pouvez manipuler une plante pour la faire croître et fleurir davantage en lui fournissant des éléments minéraux cruciaux à différents moments et en différentes quantités. Mais tout d’abord, il faut préparer le sol ou le substrat où croîtra la plante. 46 | Volume 5 – Numéro 2


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Expérience de culture

La préparation du compost dans un coin du jardin

le mélange de terreau dans les pots ne sèche pas non plus. Utilisez éventuellement un dôme de plastique pour maintenir un fort taux d’humidité. Aussitôt que vous observez l’apparition des bébés à la surface du terreau, soulevant légèrement la terre, retirez le dôme.

Quand le printemps se pointe, il est temps de bêcher la terre... et quand je dis bêcher la terre, c’est en profondeur et en largeur. Il faut aussi l’enrichir. J’utilise du fumier frais de mouton, des feuilles mortes tombées des érables et des algues marines d’Acadie en granulés. Après avoir bien mélangé ces ingrédients à la terre, je saupoudre l’espace avec de la chaux agricole, pour accélérer le processus de décomposition. Les cendres de bois fonctionnent aussi très bien.

La germination des semences

Pendant la germination, jusqu’à l’apparition d’une première paire de feuilles (surtout ne pas confondre Le cycle de germination des graines. ces premières feuilles avec celles qui ouvrent la coquille de la graine), je les arrose avec seulement une goutte de SuperThrive®, une cuiller à café d’algues marines d’Acadie (toujours dilués dans quatre litres d’eau à température ambiante et dont le pH a été ajusté à 6,3). Quand la deuxième paire de feuilles apparaît, ce qui prend environ une semaine et demie, la lampe est rapprochée à 30 centimètres de la tête des plants et la chaleur doit être rétablie entre 20 et 25°C à l’aide d’une turbine d’évacuation d’air.

La croissance des plantules Pousses de radis (À fleur de potager)

L’hiver passé, j’ai consulté mon calendrier lunaire et j’ai démarré mes semences exactement trois jours avant la pleine lune de janvier. J’ai lancé leur processus de germination en les faisant tremper pendant douze heures dans une solution nutritive au pH ajusté à 6,3, composée de cinq gouttes de SuperThrive® et de deux cuillers à café d’algues marines d’Acadie, en poudre soluble, le tout dilué dans quatre litres d’eau à la température ambiante. Les semences ont ensuite été délicatement plantées à moins de 0,6 centimètre de la surface du terreau obtenu avec la recette ci-dessus, dans un pot de dix centimètres de diamètre. Une autre option consiste à remplir les pots d’un mélange d’une moitié de ProMix® BX, d’un quart de fumier de vers de terre et d’un quart de sable. Le contenu des pots a été préparé et arrosé douze heures à l’avance avec le même thé nutritif que pour le trempage, afin de permettre à la terre d’atteindre la bonne température. N’oubliez pas de placer les graines afin qu’elles pointent vers le haut, comme sur le graphique. J’ai par la suite placé ces pots sous un réflecteur muni d’une ampoule SunMaster® Cool Deluxe™ à halogénure métallisé de 400 watts, à une distance de un mètre de la source d’éclairage. Tout au long de la germination, j’ai maintenu la température à 28°C. Le taux de réussite m’a semblé excellent avec cette méthode. Quarante-trois graines ont germé sur les quarante-sept mises en pots. J’ai choisi de leur donner seize heures de lumière par jour, pour diminuer le choc de la régression des heures si je décide d’en transplanter une partie à l’extérieur. Il ne faut pas trop arroser les semences, car elles risqueraient de pourrir, mais assurez-vous que

Une fois par semaine, après avoir rapproché la lampe, il faut nourrir les feuilles par vaporisation, en commençant par le dessous des feuilles, et ce, pour la phase de croissance seulement. Il est très important d’effectuer ce traitement environ une heure après le démarrage du cycle d’éclairage, ou alors une heure avant l’arrêt de l’éclairage, car c’est alors que les stomates sont ouverts à leur pleine capacité et ils sont presque fermés pendant le reste de la journée. Le thé nutritif utilisé pour ces applications foliaires est composé de dix millilitres de Growth Plus®, un produit naturel à base d’algues marines, dilués dans un litre d’eau. Pendant cette même période, la solution nutritive destinée au terreau doit devenir plus riche, car les racines des plantules sont apparues. Dans quatre litres d’eau, j’ajoute une cuiller à café d’Ecogrow®, 3 ml de Super Oxy™ H 2O2 (peroxyde d’hydrogène) de Grotek™, une goutte de SuperThrive® et une cuiller à café d’algues marines d’Acadie, toujours sans oublier de vérifier le pH. J’alimente de cette solution le terreau une fois par semaine, lui donnant entre-temps de l’eau pure au besoin, en laissant toujours le sol sécher entre chaque arrosage. Vingt jours ont passé et il est temps de transplanter les petites plantules dans des pots de 17 centimètres. Je remplis alors la moitié du pot avec du ProMix® BX, j’y ajoute une bonne grosse cuiller à soupe de Mycorise® Pro, une demi-cuiller à soupe de poudre d’os fossile, une demi-cuiller à soupe d’algues marines d’Acadie en poudre soluble et trois grosses cuillers à soupe de fumier de vers de terre. Après avoir bien mélangé, je dépose la motte de racines sur le mélange et je recouvre les côtés de simple ProMix® BX. Pour arroser et pallier le choc de la transplantation, j’utilise le même thé nutritif que pour faire germer les graines. Les pots bien humectés sont placés sous l’ampoule MH de 400 watts montée sur un rail mobile, dont le parcours est parfaitement ajusté Volume 5 – Numéro 2 | 47


Expérience de culture | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

La préparation de boutures pour le jardin extérieur Deux jours après la pleine lune de février, j’ai coupé la tête des plants pour en faire des boutures, que j’ai étiquetées soigneusement en les référençant à leur parent respectif. Ensuite, installées sous un dôme de croissance, elles resteront dans le coin de la salle de culture pendant une semaine, sous l’éclairage de croissance. Puis, au bout d’une semaine, le dôme est transféré dans un placard, sous des néons de croissance, avec l’éclairage réglé à douze heures par jour afin d’optimiser leur cycle de croissance. En coupant la tête des boutures, les branches développent à leur tour des têtes, donc plus d’embranchements, qui me donneront plus de possibilités d’effectuer d’autres boutures au cours du printemps. Dès le début de mars, ce qui coïncidait avec l’après pleine lune de ce mois, j’ai encore coupé chaque tête de chaque plant. J’ai aussitôt transféré les plantules originales de leurs pots de 17 centimètres de diamètre dans des nouveaux pots de 36 centimètres de diamètre. La nouvelle transplantation a été faite durant les 14 jours suivant la pleine lune. J’ai utilisé le même mélange de terre qu’à la transplantation précédente, en faisant passer tous les ingrédients au double de leur dosage initial. Aussitôt la pleine lune d’avril passée, le processus de bouturage a été enclenché. J’ai utilisé des miniserres pour garder un taux d’humidité élevé et comme substrat, je suis passé aux cubes de Jiffy®. Ma solution pour faire gonfler les Jiffy® est composée d’une cuiller à café d’algues marines d’Acadie en concentré liquide, de cinq gouttes de SuperThrive® et d’un quart de cuiller à café d’Ecobloom® 3-35-10, le tout dilué dans quatre litres d’eau à la température ambiante et au pH ajusté à 5,8. Après avoir coupé les boutures en biseau à 45 degrés à l’aide d’une lame de rasoir, je les ai directement trempées dans un gel de bouturage, et les ai plantées dans les Jiffy® humectés. La température est à 21°C à l’intérieur du dôme et il faut éviter les sols froids. Laissez respirer une fois par jour, si possible, et profitez-en pour essuyer le dôme. Les dômes contenant chacun cinquante boutures ont été placés à 1,2 mètre de la lampe MH de 400 watts, avec le rail mobile lui permettant de couvrir toute la surface du jardin intérieur. Deux semaines ont passé et les racines ont transpercé les Jiffy®. Je les ai

Le dôme de croissance est prêt.

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alors transplantés dans des pots de dix centimètres de diamètre. Les meilleures transplantations sont faites pendant les 14 jours qui suivent une pleine lune. Pour éviter les chocs de transplantation, les plants ont été arrosés avec un millilitre de SuperThrive® dilué dans un litre d’eau. J’ai retiré le rail mobile et j’ai installé une deuxième lampe de 400 watts MH pour maximiser la fréquence de lumière sur les plantes. Les deux lampes sont abaissées à 30 centimètres de la tête des boutures. La température est maintenue à 20°C et je leur donne encore 16 heures de lumière chaque jour. Une fois par semaine, en attendant leur sortie extérieure, les boutures ont droit à ce thé nutritif : une cuiller à café d’Ecogrow®, 3 ml de Super Oxy™ H 2O2, une goutte de SuperThrive® et une cuiller à café d’algue marine d’Acadie, dilués dans quatre litres d’eau.

La transplantation au jardin extérieur Selon votre emplacement, – mais ici je parle du Québec – quand le mois de juin se pointe, il n’y a habituellement plus de gel au sol, donc plus de problèmes pour transplanter vos plantules à l’extérieur. Cette année-là, la pleine lune est arrivée quelques jours avant la fin du mois de mai. Alors, sachant qu’après la pleine lune les risques de gel au sol sont passés – c’est un petit truc de fermier –, j’ai transplanté les plants à l’extérieur. Pour chaque plant, j’ai procédé de cette façon : j’ai creusé un énorme trou, où j’ai mélangé une bonne poignée de guano de chauve-souris Croissance 10-3-1 avec un peu de ProMix® BX et un peu de la terre déjà sur place pour former un lit au fond du trou. Sur ce lit, j’ai ajouté une bonne poignée de fumier de vers de terre, ainsi que deux cuillers à soupe de Mycorise® Pro mélangées à un peu de ProMix® BX. Sur ceci, j’ai placé la motte de racines sortie du pot, et je l’ai entourée de ProMix® BX, pour finalement l’enterrer complètement avec la terre déjà sur place. Après avoir transplanté tous ces petits plants, je les ai arrosés avec cette solution nutritive : une cuiller à café d’algues marines d’Acadie, cinq gouttes de SuperThrive® et une cuiller à café de Xatalyst® (un produit naturel de Earth Juice™), dilués dans quatre litres d’eau. L’idéal est de mettre de un à deux litres de solution nutritive par plante, si possible. Avant de laisser mes plantules trouver leur place à l’extérieur, j’ai étendu sur la terre un répulsif naturel du nom de Bon-Zaï® pour éloigner les éventuels animaux friands de boutures fraîches sans nuire à la croissance des plants.

Illustrations par Scotts.ca

au jardin. La lampe doit toujours rester à 30 centimètres des plants. Par la suite, pour les prochains arrosages, il faudra ajouter une cuiller à café d’Ecogrow® de plus à la solution nutritive décrite ci-dessus.

Au début de cet été-là, la pluie était plutôt abondante, alors je n’ai arrosé mon jardin extérieur que deux fois avec ce thé nutritif : deux cuillers à café d’Ecogrow®, une goutte de SuperThrive®, une cuiller à café d’algues marines d’Acadie et 3 ml de Super Oxy™ H 2O2 dilués dans quatre litres d’eau. Le développement des plants s’est bien déroulé, le sol étant suffisamment enrichi. Seulement, pendant la croissance, si c’est possible vaporisez une fois par semaine le feuillage avec un produit comme Growth


Expérience de culture | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR Plus®. Il est très important d’effectuer les vaporisations au début ou à la fin d’une journée, car c’est dans ces périodes que les stomates sont ouverts et donc que les feuilles absorbent mieux les produits. Vers la mi-juillet, il est temps de modifier le thé nutritif apporté aux plants. La nouvelle solution d’engrais est composée de : deux cuillers à café d’Ecobloom®, 10 ml d’Alaska® MorBloom™ 0-10-10 et 3 ml de Super Oxy™ H 2O2 dilués dans quatre litres d’eau. Avant d’arroser, je saupoudre le territoire autour des plants de guano de chauves-souris pour floraison 2-26-0. Entre chaque arrosage, je laisse passer au moins une semaine, selon la fréquence des pluies. Surtout, ne coupez pas les grosses feuilles de vos plantes, que certains considèrent comme des entraves à leur développement. Elles sont les capteurs solaires et, de ce fait même, les poumons de la plante. On peut éventuellement couper seulement les grandes feuilles connectées au tronc, comme sur les roses trémières ou les hortensias. Si votre plantation est constituée de plantes à rendement (fruits ou légumes), il est très important de ne plus donner d’engrais pendant les deux dernières semaines précédant la cueillette. Cela permet aux plantes d’évacuer les nutriments en surplus et cela améliore aussi le goût des fruits ou des légumes.

Pour les plantules restées dans le jardin intérieur

Tableau des différents produits cités dans les recettes et les installations Engrais

Bouturage

Alaska® MorBloom™ 0-10-10 d’Alaska®, une filiale de Lilly Miller® Brands, Walnut Creek, CA (www.lillymiller.com/alaska.html ou 1 503 205-3273);

Dôme de propagation Altitude 7’’ en plastique d’Optimum Hydroponix, Groupe Brite-Lite, Laval, Qc (www.hydroponix.com ou 1 800 489-2215);

Ecobloom® 3-35-10 d’Eco Entreprises, WA, États-Unis; Ecogrow® 20-6-12 d’Eco Entreprises, WA, États-Unis (www.ecogrow.com ou 1 800 426-6937);

Gel de bouturage liquide Roots avec fongicide de Spectrum Brands IP Inc./Wilson, Brantford, ON (www.wilson.nu-gro.com, www.wilsonproducts.ca ou 1 800 268-2806);

Growth Plus® Plant Food 0.5-4-5 de Canadian Wholesale Hydroponics, Winnipeg, MB (www.canadianwholesalehydroponics.com ou 1 877 226-4769).

Jiffy, pastilles de mousse de tourbe compressée, de Jiffy International AS, Norwalk, OH (www.jiffypot.com ou 1 800 323-1047); Pots de 10 cm, 17 cm et 35 cm de diamètre de NewPro Containers/ NewPro Corp., Zionsville, IN (www.newprocontainers.com ou 1 800 869-9285).

• La lampe de croissance (à halogénure métallisé) est conseillée pour effectuer le meilleur développement végétatif au niveau de la grosseur du tronc et de la largeur du plant. Je suggère une lampe à halogénure métallisé qui dégage un spectre à dominante bleutée;

• La lampe de floraison au sodium à haute pression (HPS) convient mieux au développement des fleurs. Elle offre un spectre à dominante plus rougeâtre. Le choix de cette lampe sera le plus important, car celle-ci concerne la période la plus longue et la plus déterminante. Si vous avez seulement une lampe à la maison ou que vous voulez obtenir de meilleurs résultats, je suggère d’acheter un régulateur pour lampe HPS avec une ampoule Hortilux®, plus précisément la Super HPS/ EN™. Cette lumière offre 17% plus d’énergie bénéfique à la croissance et 25% plus d’énergie dans le spectre violet, bleu et vert qu’une lampe au sodium à haute pression ordinaire. Sous un éclairage adéquat, les plantules prospèrent.

1) La lumière

C’est le facteur le plus important : elle sera votre soleil. Il est important de travailler avec un minimum d’au moins 320 watts par mètre cube et, pour obtenir le rendement idéal, de 540 watts par mètre cube. La longueur de votre jardin multipliée par la largeur, divisée par le nombre de watts que dégage votre lumière vous donnera le résultat du nombre de watts que vous possédez par mètre cube. • Les tubes fluorescents de croissance sont idéaux pour enraciner des boutures ou pour démarrer des semences. Ils ne dégagent pas de chaleur et ils ont une faible intensité. Quand vous achetez des néons fluorescents de 40 watts, vérifiez qu’ils portent bien la mention « spectre continu »;

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• Autre option pour la croissance : si possible, utilisez une Hortilux® pour la phase de croissance, comme la lampe Metal Ace™ de conversion, conçue spécifiquement pour la croissance. Elle fonctionne sur le même régulateur HPS que la Super HPS/EN™ et procure un meilleur spectre pour la phase végétative. Si vous possédez des régulateurs MH, je vous recommande les ampoules Sunmaster®, comme la Cool Deluxe™ pour la phase végétative, et la Warm Deluxe™ pour la phase de floraison. Ces ampoules offrent une meilleure énergie pour la photosynthèse et une meilleure distribution pour les spectres que les ampoules conventionnelles.

2) La ventilation

La ventilation est le deuxième facteur en importance à vérifier en culture intérieure après l’éclairage. Il est très important qu’il y ait un renouvellement d’air constant pour que les plantes se développent. Elles consomment le carbone et rejettent l’oxygène dans la molécule du CO2. La température est idéale entre 20°C et 25°C. Un ventilateur est une bonne option pour la régler. Un calcul facile pour savoir quel modèle est idéal pour votre espace consiste à multiplier la longueur par la largeur et par la hauteur de votre salle et de diviser le montant obtenu par cinq. Ceci vous donnera la force idéale d’un


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Expérience de culture

Éclairage

Amendement

Équipement

Insecticide

Tubes fluorescents Gro-Lux® 40 watts à spectre continu d’OSRAM Sylvania, Danvers, MA (www.sylvania.com ou 1 800 LIGHTBULB, 1 800 544-4828);

Bat Guano Croissance 10-3-1 de Down to Earth Fertilizers, Eugene, OR;

Indicateurs colorés acidobasiques de pH de Whatman®/ Schleicher & Schuell, Brentford, Middlesex, UK (www.whatman.com ou 1-800-WHATMAN ou 1-973-245-8300);

Répulsif Bon-Zaï de Passion Krafts International, Neuville, Qc, produit distribué par Aerokure International Inc., St-Élie-d’Orford, Qc (www.aerokure.com ou 1 888 INSECT9).

SunMaster® Warm Deluxe™ de SunMaster/Venture Lighting, Solon, OH (www.sunmastergrowlamps.com ou 1 800 253-4484); Hortilux Metal Ace™ d’Eye Lighting International of North America Inc./EYE Hortilux™, Mentor, OH; Hortilux Super HPS/EN™ d’Eye Lighting International of North America Inc./EYE Hortilux™, Mentor, OH (www.eyehortilux.com ou 1 888 665-2677); Régulateur pour lampes HPS 400 W, 120 V Supernova d’Optimum Electronix®, Groupe Brite-Lite, Laval, Qc (www.hydroponix.com ou 1 800 489-2215); Rail de système mobile IntelliDrive 3.5 de Gualala Robotics Inc., Steamboat Springs, CO (www.lightrail3.com ou 1 303 861-1266); Réflecteur radiant de Hydrofarm, inc., Petaluma, CA (www.hydrofarm.com ou 1 707 765-9990).

Extrait d’algues marines d’Acadie en concentré liquide de Distrival Canada Limitée, Fortierville, Qc; Extrait d’algues marines d’Acadie en granulés de Distrival Canada Limitée, Fortierville, Qc; Extrait d’algues marines d’Acadie en poudre soluble (1 kg, 5 kg ou 20 kg) de Distrival Canada Limitée, Fortierville, Qc (www.distrival.Qc.ca ou 1 800 881-9297);

Lames de rasoir de marques diverses.

Fumier de mouton 18 kg d’Hydromax Horticulture, Montréal, Qc (www.hydromax.ca ou 1 877 384-9376);

Suppléments

Fumier de vers de terre Bio-Vers/ Bio-Worm de Cinagro, Boucherville, Qc (www.cinagro.ca ou 1 888 424-6247);

Mycorise® Pro de Premier Horticulture, Dorval, Qc (www.premierhort.com ou 1 800 667-5366);

Poudre d’os fossile Fossil Bone Meal de McInnes Fertilizers, Stanstead, Qc (www.biobiz.ca ou 1 819 876-7555).

ventilateur qui évacuera l’air de votre chambre de culture en une durée de cinq minutes, ceci étant valable surtout si vous comptez utiliser un système d’injection de CO2 en appoint. Il faut cependant toujours choisir un modèle plus puissant que le résultat de votre calcul. Sinon, un modèle plus petit fonctionnant constamment pourrait faire l’affaire.

3) Le terreau

Testeur d’humidité TotalCheck Three-In-One de Delmhorst Moisture Meters, Towaco, NJ (www.delmhorst.com ou 1 877 DELMHORST);

Pour une croissance saine, la majorité des plantes préfèrent un habitat à bon drainage avec beaucoup de nutriments et un pH neutre, donc équilibré à 7. La plupart des cultivateurs utilisent des terreaux commerciaux stérilisés, comme le ProMix®, qui est parfait pour la culture intérieure. Bien des gens préfèrent enrichir la terre avec des fumiers stérilisés. Un bon ratio est de mélanger une partie de fumier pour cinq à huit parties de terreau, ceci pouvant fournir à la plante tous les éléments nutritifs pour le reste de sa vie. Si vous prévoyez utiliser des fertilisants pendant l’arrosage, il faudra équilibrer les dosages de la terre par rapport à ceux prévus pour l’arrosage. Trop de fertilisants créeront une terre toxique donc un environnement nocif. Je suggère d’utiliser le guano de chauves-souris et le fumier de vers de terre pour mélanger à la terre; ils constituent une bonne combinaison

ProMix® BX de Premier Horticulture, Dorval, Qc;

Super Oxy™ H2O2 (peroxyde d’hydrogène) de Grotek™, Langley, BC (www.grotek.net ou 1 604 882-7686); SuperThrive® de Vitamin Institute, North Hollywood, CA (www.superthrive.com ou 1 800 441-VITA); Xatalyst® (ou Catalyst® aux États-Unis et en Europe) de Earth Juice™ (www.earthjuice.com).

d’ingrédients naturels. Le guano de chauves-souris est le plus riche des fumiers. Les excréments des chauves-souris insectivores sont plutôt conseillés pour la phase de croissance (« Croissance 10-3-1 ») car ils sont plus riches en azote, tandis que ceux des chauves-souris frugivores sont plus adaptés à la phase de floraison (« Floraison 2-26-0 »), ces derniers étant une source plus importante de phosphore.

4) L’eau et les fertilisants

Le choix de la nourriture est très important. Il existe des fertilisants concentrés organiques et chimiques. Je suggère les fertilisants organiques pour des résultats plus naturels, mais l’important est d’offrir à la plante un engrais à haute teneur en azote pour la phase de croissance et un fertilisant contenant beaucoup de phosphore durant la floraison. Un engrais de bonne qualité à base naturelle est l’Ecogrow® (20-6-12) à 20% d’azote, ainsi que son confrère l’Ecobloom® (3-35-10) à 35% de phosphore. Beaucoup de cultivateurs enrichissent la terre pour la période de croissance et ensuite complètent avec des fertilisants dissous dans l’eau pour la phase de floraison. Visitez : www.cultureunivert.com. Volume 5 – Numéro 2 | 51

(Source : www.chanvredunord.com)

SunMaster® Cool Deluxe™ de SunMaster/Venture Lighting, Solon, OH;

Bat Guano Floraison 2-26-0 de Down to Earth Fertilizers, Eugene, OR, (www.downtoearthfertilizer.com ou 1 800 234-5932);


MaĂŽtre en

nutriments Par M.C., J.C. et F.L.


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Produits distribués par

Survol rapide de l’entreprise Fondée en 1996, la compagnie Advanced Nutrients s’est rapidement imposée comme une entreprise spécialisée dans le développement de produits spécifiquement conçus pour les plantes d’intérieur. L’utilisation de ces produits est idéale pour le cultivateur à domicile. Les produits de la compagnie sont recommandés par de nombreux spécialistes en agriculture du gouvernement américain, par des horticulteurs professionnels, par un institut canadien de recherche sur les plantes médicinales et par diverses associations de producteurs horticoles. Advanced Nutrients possède une équipe de cinq diplômés en doctorat, trois chimistes et soixante-cinq employés qui travaillent assidûment afin de vous fournir les meilleurs engrais au monde, spécialement fabriqués pour les plantes d’intérieur. La preuve en est faite… La recherche, les tests et les études que l’entreprise a entamés sur les plantes d’intérieur sont garantis pour offrir aux cultivateurs des plantes robustes dont la santé et la vigueur sont incomparables! Demandez les produits Advanced Nutrients dans votre magasin hydroponique préféré. Et comme le dit un de ses distributeurs autorisés en Mauricie, n’oubliez pas que « l’originalité des idées de marketing met en avant les distributeurs locaux. » Au Québec, vous pouvez vous renseigner auprès de Northern Lites, à Gatineau, pour en savoir plus sur les produits de l’entreprise (au 1 866 9697711). Pour essayer les nouveaux produits, de nouveaux cultivateurs sont les bienvenus.

Une présentation rapide des produits et nutriments les plus fameux Un genre de potion magique pour vos plantes Bud Factor X (0-0-1), c’est comme la potion magique! Il était une fois un jardinier incapable de suivre le rythme de ses plantes. Il se sentait trop fatigué pour s’occuper d’elles. Ses récoltes étaient petites. Un jour, il a rencontré un sorcier qui lui a montré une formule spéciale qui augmentait son énergie et la taille de ses muscles. Sa force retrouvée, il a rencontré et épousé une femme magnifique, et il a été capable de s’occuper de son jardin avec une vigueur renouvelée. Il a vécu heureux pour l’éternité au paradis de l’hydroponie. Comment s’appelait le sorcier? Bud Factor X. Bud Factor X est dérivé de K 2O et contient 1% de potasse soluble parmi d’autres ingrédients précis (et secrets). Nous garantissons que Bud Factor X stimulera vos plantes de façon à ce qu’elles produisent davantage. Vos plantes sont renforcées en prime. Bud Factor X fera de vous un jardinier heureux au moment de la récolte. Instructions : utiliser 2 ml par litre durant les semaines une à six du cycle de floraison. C’est le meilleur stimulant pour vos plantes : obtenez-le maintenant! Volume 5 – Numéro 2 | 53


Portrait d’une entreprise | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Stimuler une floraison plus abondante Pour stimuler la floraison, rien de mieux que Kushie Kush (1-7-17)! Kushie Kush est le seul stimulant de floraison conçu et testé spécialement pour vous offrir des plantes plus puissantes, plus rentables et plus fournies. Nous avons fait des tests avec toutes les sous-variétés importantes de plantes, afin que cette formule contienne exactement les ingrédients dont vos plantes ont besoin pour produire des récoltes plus conséquentes et plus magnifiques. Kushie Kush est le stimulant de floraison que les amateurs de plantes attendaient. Utilisez-le dès maintenant. Vos plantes vous fourniront des récoltes plus volumineuses. Kushie Kush est efficace et facile à utiliser. Instructions : Utiliser 2 ml par litre durant les semaines une à six du cycle de floraison. Garantie environnementale : Les renseignements touchant le contenu du produit et les taux de métaux qu’il contient sont offerts en ligne, au www.aapfco.org/metals.htm.

Des plantes plus robustes grâce au silicate de potassium Avec Rhino Skin (0-0-13), le silicate de potassium est fantastique! Rhino Skin est le produit qui remplace Barricade. Rhino Skin 0-0-13 a été amélioré par

Avec des parois cellulaires renforcées, la plante peut survivre à de tels événements stressants. Résultat : vos plantes réagiront mieux devant le stress, les prédateurs, la chaleur, et les autres problèmes qui pourraient autrement les endommager et réduire vos récoltes. Utilisez-le durant la phase de croissance (1 ml par litre) et durant le cycle de floraison/fructification (2 ml par litre), mais cessez de deux à trois semaines avant la récolte. Rhino Skin fait partie de la nouvelle gamme de nutriments d’Advanced Nutrients, pour lesquelles le pH n’a pas besoin d’être ajusté. On peut donc utiliser pour rehausser le pH en douceur.

Deux parties spécialement formulés pour les plantes dioïques Sensi Grow et Sensi Bloom A et B sont des engrais en deux parties spécialement bien calibrées! Sensi Grow et Sensi Bloom sont des engrais en deux parties (A et B) uniques, formulés pour les plantes dioïques. Ils ont été étudiés et testés pour donner des rendements plus lourds et plus réguliers. Des analyses hebdomadaires de tissus végétaux ont confirmé que le produit contient les taux exacts et précis de macroet micronutriments nécessaires aux plantes. Sensi Grow et Sensi Bloom utilisent des composants que l’on ne retrouve dans aucun autre engrais en deux parties sur le marché. Ces composants additionnels créent une énorme différence dans la façon de croître et de fleurir des plantes traitées avec ces engrais.

Scorpion Juice

l’augmentation du taux de dissolution des silicates que l’on trouvait auparavant dans Barricade. Son fantastique contenu de silicate de potassium renforce les parois cellulaires de la plante pour les rendre plus robustes. Sa formule et la vaste sélection d’additifs qu’il contient accroissent l’épaisseur de la paroi cellulaire et aident les plantes à passer outre au stress. De quel stress parle-t-on? C’est simple : si les plantes sont surexposées à la chaleur, vivent une sécheresse ou subissent une infestation de pathogènes, ces types de stress peuvent affecter leur santé.

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À la question « Qu’en est-il d’un produit comme Scorpion Juice? Est-ce qu’il aide les plantes à croître plus tard en saison? Les rendant plus résistantes au gel? », l’un des co-fondateur de l’entreprise Advanced

Nutrients, Mike, a répondu à notre journaliste ce qui suit : « En fait, plutôt que de résister au gel, il les rend plus résistantes aux maladies et infestations vers la fin du cycle. Si le botrytis (pourriture grise) menace le jardin, il faut pulvériser avant qu’il ne soit trop tard. La plupart des jardiniers savent quoi faire avant que le botrytis ne se développe. Notre produit est le premier antiviral sur le marché. » « Il renforce aussi le système immunitaire des plantes. Quand la plante est touchée, vous pulvérisez Scorpion Juice sur celle-ci et la plante va mettre sa partie infectée en « quarantaine » en créant un écran de cellules mortes tout autour. » « Le produit stimule aussi les plantes pendant tout le cycle de croissance. Il faut l’appliquer toutes les trois semaines, aussi pendant le stade de floraison, et il renforce la plante. Les différences de taille étaient considérables entre nos plantes tests sans apport du produit et celles cultivées avec Scorpion Juice. »

Stimulateurs de croissance variés C’est aussi Mike qui nous parle du succès des stimulateurs de croissance d’Advanced Nutrients, un des plus grand choix de la compagnie : « Les jardiniers aiment utiliser différents produits. Ils ne sont pas obligés d’utiliser tout nos produits. C’est un peu comme une caisse à outils : tu peux choisir ce produit-ci et pas celui-là, tu peux ne pas apprécier tel produit et préférer cette autre marque. Par exemple, nous proposons deux stimulateurs de croissance. Nous avons Bloom Booster et nous avons Big Bud et nous les vendons bien tous les deux. C’est Big Bud qui se vend le mieux mais certains jardiniers désirent toujours utiliser l’autre. En somme, nous avons différents outils pour n’importe quel but. Certaines variétés de plantes croîtront mieux avec un certain type de nutriments qu’avec un autre. »

À l’épreuve de ceux qui n’ont pas le pouce vert Des produits avec lesquels tout réussit au jardinier tueur de plantes? Oui, nous dit Mike : « Nous avons la boîte Sensi Pro qui est à l’épreuve des tueurs de plantes… enfin, c’est ce que nous disons. C’est une dose par semaine, tu mélanges le tout dans un réservoir de 100 litres et tu le distribues aux plantes. Le produit équilibre automatiquement le taux de pH. »


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Portrait d’une entreprise

Nirvana Nirvana est un stimulant biocatalyseur 100% organique contenant tous les acides aminés essentiels à la croissance des végétaux, dérivés de quatre extraits de levures différentes comme les hormones naturellement issues du varech et de la luzerne. Nirvana fournit une gamme complète de précurseurs de normalisation tels que les phytohormones aisément métabolisées pour favoriser un degré plus élevé de production énergétique au niveau cellulaire.

pour augmenter vos récoltes, votre rendement et vous offrir plus de récoltes par an!

Iguana Juice Croissance et Floraison L’Iguana Juice Grow est un puissant mélange organique qui encourage le développement de branches robustes, un

Observez vos plantes fleurir plus vite et produire plus de pointes d’inflorescences! C’est possible avec Bud Ignitor. Déclenchez une éruption de sites d’inflorescences supplémentaires qui arrivent à maturité plus tôt et vous donnent plus de fleurs par centimètre de tige lorsque vous utilisez Bud Ignitor dès le début du cycle pour rendre votre phase de floraison plus rentable. Bud Ignitor contient les taux de phosphore, de potassium et d’autres ingrédients étudiés

large et sain système racinaire, une croissance rapide et des entrenœuds courts qui préparent la plante pour un spectaculaire cycle de floraison. De son côté, l’Iguana Juice Bloom est un puissant mélange organique permettant de produire un maximum de bourgeons, induisant une forte production de fleurs qui offrent un

splendide et frais bouquet aromatique que seul l’organique peut donner.

Bud Candy : comme la barbe à papa de votre enfance! Bud Candy est un rehausseur de floraison formé d’une combinaison des produits Advanced Nutrients Sweetleaf et Carboload. Ce produit entièrement biologique augmente les réserves d’hydrates de carbone pour que vos plantes soient en meilleure santé et produisent des fruits plus gros et plus lourds. Bud Candy réussit cela en fournissant des vitamines, des esters aromatiques et des sucres à vos plantes, tout en réduisant la teneur en carbone et en azote. Il offre à vos plantes saveur et arome et augmente le rendement, tandis que vous profitez des aromes que vous aimiez, enfant, quand vous avez pour la première fois goûté à la barbe à papa. Rappelez-vous cette époque, et ravivez vos souvenirs en ramenant ces saveurs dans votre jardin! Nos produits sont offerts dans les meilleures boutiques. Pour plus de renseignements, composez le 1 866 969-7711. Visitez : www.advancednutrients.ca.

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Nouvelles de l’industrie | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Le Groupe Brite-Lite

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Clonex®, gel d’enracinement, de nouveau offert près de chez vous Clonex, créé en 1989 par Growth Technology™ Ltd, est un gel d’enracinement hautement performant. Il s’agit d’un produit concurrentiel qui reste parfaitement en contact avec la tige pour refermer les tissus de la plante et apporte les hormones nécessaires au développement des racines et des vitamines pour protéger les tissus délicats des racines naissantes. Ce gel contient un éventail complet d’éléments nutritifs minéraux et d’oligoéléments qui assure la croissance des nouvelles racines. Clonex contient également des

agents antimicrobiens protégeant les jeunes racines contre l’apparition de mycoses. Le gel cicatrise les tissus de la tige de la bouture instantanément, empêchant les risques d’infection ou d’embolie. Clonex contient des hormones d’enracinement à une proportion de 3000 ppm, ce qui permet un développement explosif des racines. Son spectre complet d’éléments nutritifs et d’oligoéléments nourrit et renforce les jeunes plantes. Présenté sous la forme d’un gel – une consistance plus

efficace que ses concurrents liquides ou poudreux qui s’écoulent ou se dispersent – Clonex reste parfaitement en contact avec la tige durant toute la période d’enracinement. La marque Clonex, maintenant enregistrée, est fière d’annoncer que son produit est à nouveau offert au Canada grâce au Groupe Brite-Lite. Pour plus d’information, composez le 1-800-489-2215.

Industrie

Un nouvel outil marketing pour votre entreprise! Par Éric Corbin Nous désirons attirer votre attention sur notre nouveau service offert avec nos porte-clefs, spécial campagne de financement. En effet, nous vous proposons un objet « vieux comme le monde » pour réaliser vos campagnes de financement… Maintenant, c’est possible et accessible à moindre coût! Grâce à la mise en place de notre nouveau service « Perdu/Retrouvé », vous réaliserez une campagne de financement originale et rentable à deux niveaux! En effet, en vendant nos porte-clefs « Perdu/Retrouvé », vous offrirez un abonnement de six mois gratuit à votre acheteur au service « Perdu/Retrouvé ». Et suivant l’option choisie par l’acheteur au moment de son enregistrement, vous pourriez avoir un retour de 25 % du chiffre d’affaires et non du bénéfice. En fait, le verso du porte-clefs est composé de notre adresse Internet, d’un code séquentiel, ainsi que des directives à suivre pour que votre client puisse s’enregistrer en ligne à notre service. Il y aura aussi les directives (anglais/français) destinées à la personne qui retrouve le porte-clefs. Au moment d’enregistrer son porte-clefs, votre client sera dirigé vers une page d’accueil aux couleurs de votre entreprise ou association qui contiendra également un lien vers votre site Internet. Une occasion de plus de fidéliser votre clientèle et d’avoir une visibilité supplémentaire tout à fait gratuitement. Votre page d’accueil restera active tant et aussi longtemps qu’au moins un de vos clients sera abonné à notre service. En cas de perte de l’objet (étui pour appareil-photo, clefs, sac de voyage, porte-documents, vêtements, clef USB, etc.) attaché au porte-clefs, il sera possible de le repérer. Seulement, bien sûr, si une personne trouve cet objet et qu’elle nous laisse un message sur notre site. Pour des raisons de confidentialité et de sécurité, nous agirons en tant qu’intermédiaire entre ces deux personnes. Pour tout renseignement ou voir le produit, rendez-vous sur notre site : www.cartepvc.com, ou communiquez avec M. Éric Corbin au 1 418 671-0740, ou par courriel : info@cartepvc.com.

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Destination | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Avant le tremblement de terre

Souvenirs d’Haïti

Par Rose Laforêt

Me voici donc une fois de plus au pays des coqs, diri é dipoulè. Mais le coq de cette histoire n’est pas celui qu’on imagine en premier lieu, même s’il parcourt, sans tête, les rues encombrées de détritus en Haïti. Car cette fois-ci je suis accompagnée d’un authentique « los tabarnacos ». Il s’agit de mon collègue de travail, mieux connu sous le nom du « joyeux petit personnage », nom qu’on lui a donné parce qu’il se promène au bureau en marmonnant, en grognant et en sacrant tout le temps.

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LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Destination

Plantation de canne à sucre (Vallée de Ganthier)

Il est un symbole ambulant du vrai « tourisque ». Chemise hawaïenne, pétalon blanc qu’il ne cesse de salir. J’avais eu un bref aperçu de ce qui m’attendait pendant notre mission en Colombie. Au centre de Bogota, arrivés sur la place de Bolivar, place historique où se recueillent les pigeons, les mendiants, voleurs, arnaqueurs, menteurs, vendeurs… notre ami décide de demander au chauffeur de taxi de prendre une photo de nous. Et voilà, c’en était fini d’essayer de passer inaperçus. Tous les pigeons, mendiants, voleurs, arnaqueurs, menteurs et vendeurs se sont catapultés sur nous. Nous venions d’être identifiés au vu et au su de tous : des « tourisques »! Mon compagnon ayant exposé son « Kodak », il ne lui manquait plus que la casquette des Expos et un T-shirt avec, écrit dessus : « I am a rich touriste with a lot of money dans ma poche de pétalon ». Arrivé en Haïti, il se promène en bedaine au bord de la piscine avec sa casquette portant fièrement le nom « Denis »… au cas où il oublierait son nom! Il parle sans arrêt dans un mélange de québécois et d’espagnol avec la voix et la prononciation de Gerry Boulet. Il boit de la bière, il sacre, il appelle tout le monde « amigo » ou « mon brave homme ».

avec son panier de bananes à vendre. Elle est vêtue de haillons, elle est maigre et probablement malade. Notre joyeux petit personnage passera un bon dix minutes à essayer de lui extorquer les bananes pour moins que rien, quand le prix qu’elle demandait était déjà trois fois rien. Mais le « los tabarnacos » ne se sent pas satisfait tant qu’il n’a pas l’impression d’avoir fourré son prochain.

Le joyeux petit personnage possède également comme caractéristique d’être « gratteux », cheap, radin. Séraphin. C’en est honteux. Imaginez-vous une pauvre femme sur le coin d’une rue

Notre « los tabarnacos » choisit sa nourriture en fonction du prix, car tout est toujours trop cher pour lui. Et cela, malgré le fait que, comme employé du gouvernement, il reçoit une allocation

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Qué-Pousse Laval 940 Bergar Laval,QC (450) 667-3809 Qué-Pousse Walkley 2215 Walkley Montréal, QC (514) 489-3803

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Qué-Pousse Rock-Forest 4394 Boul. Bourque Rock Forest, QC (819) 563-0353

Qué-Pousse St-Jovite 462 Montée Kavanagh Mont-Tremblant, QC (819) 429-6145

Brite-Lite Kitchener 1656 Victoria st N. Kitchener, ON 1-888-670-0611

Brite-Lite Ottawa 1675 Cyrville Road Gloucester, ON (613) 842-8999

Brite-Lite North York 4373 Steeles Ave. W North York, ON (416) 663-2999

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Destination | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR quotidienne pour ses repas, donc ne dépense aucun sou de sa poche. Il veille aux coffres publics, direz-vous. Détrompez-vous : c’est pour acheter sa bière, qui, elle, n’est jamais trop chère. Quand on lui apporte la note, notre joyeux petit personnage fait toujours la même blague : « wouin, wouin, donde esta el banco, amigo? (où est la banque, mon ami?), ha, ha, ha, ha… » Vous pouvez vous imaginer la tête d’un pauvre Haïtien qui a déjà de la difficulté à comprendre le québécois et qui doit maintenant se taper une version en espagnol d’Elvis Gratton. Idem pour les pauvres Mexicains et Colombiens qui doivent essayer de comprendre ce que veut dire : « Ça… euh, mi amigo… ça vient-tu avec des pétates? » Automatiquement, les paires d’yeux de nos interlocuteurs se tournent vers moi avec supplication et interrogation. Je me suis donc improvisée interprète d’un homme qui parle sensiblement bien le français et l’espagnol, mais qui ne semble pas comprendre quand et où il doit utiliser chacune de ces deux langues.

Cuisses de poulet pour apéritif

De mon côté, sans le vouloir, je terrorise mes candidats à l’immigration avec la multitude de piqûres de mosquitos qui couvrent mon corps et mon visage. On dirait que j’ai attrapé la marmicelle. De plus, ayant une grippe de chien, je tousse et je crache. Ce n’est pas tant d’être malade qui est dangereux ici, mais plutôt de vous faire soigner. Tout le monde veut vous faire ingurgiter des potions et des mixtures vaudou. J’aime mieux avoir la grippe que de me retrouver avec une tête réduite. Même si je me répugne moi-même. Heureusement, il y a plus répugnant que moi. Les rues sont encore jonchées d’ordures, les mêmes que lors de mon précédent voyage si on s’en remet à cette odeur de putréfaction familière qui règne sur toute la ville. C’est vrai qu’il est dangereux de se promener dans les rues, non pas parce que l’on peut se faire attaquer, mais bien parce qu’on peut mourir d’asphyxie ou attraper je ne sais quelle maladie virulente qui fourmille ou sommeille dans les tas d’ordures en décomposition tout autour des marchés et des édifices de commerce. L’ex-maire Bourque de Montréal aurait du travail à faire ici avec les petits sacs blancs. La pauvreté et la misère en Haïti poussent les gens à manger des galettes de boue, à laquelle on a mélangé eau, sel et beurre. Le prix des aliments augmente sans cesse. Ça fait réfléchir lorsque nous nous plaignons de manger tout le temps la même affaire ou de ne plus savoir quoi faire à manger... Je fais quand même vaillamment mon marché (un coq et du riz!) et j’en profite pour vous donner une recette locale fort simple que j’ai eu l’occasion de goûter en Haïti et que j’ai moi-même adaptée. La cuisine haïtienne peut évidemment être beaucoup plus

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sophistiquée, mais la « classe moyenne » (si on peut parler d’une telle classe dans l’un des pays les plus pauvres au monde) dispose de vraiment peu de moyens pour réaliser des recettes un peu plus élaborées au quotidien… Pour 6 personnes, il vous faut les ingrédients suivants : - 1 poulet de 1,5 kg; - 3 cuillers à soupe d’huile d’olive; - 500 g de riz long; - 250 g de gruyère râpé; - 5 tomates bien mûres; - de l’ail; - des fines herbes; - un peu de chapelure.

Couper le poulet en morceaux et les faire dorer dans l’huile, de façon à obtenir une fricassée. Désosser les morceaux et hacher la chair. Faire cuire le riz dans deux fois et demie son volume d’eau. Dans un plat allant au four, étaler une couche de riz, une couche de gruyère râpé. Répéter l’opération jusqu’à épuisement des ingrédients, en terminant par une couche de poulet. Saupoudrez de gruyère râpé. Puis faire une sauce tomate maison avec vos cinq tomates, l’ail et vos fines herbes. Napper le plat de cette sauce tomate, puis parsemer le dessus de votre préparation avec de la chapelure et faire gratiner au four. Servir bien chaud avec un « ti-punch » haïtien. Haïti, c’est comme une diète aux Nutribars : tu toffes la première semaine, pis après t’es juste pu capable!

Aidez Haïti sans tarder : www.croixrouge.ca/faitesundonenligne.


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Le Jardinier d'interieur mars avril 2010