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Mai / Juin 2009

iPots et autres nouveautés horticoles Les roses nommées d’après des célébrités

Fête des Mères :

des idées en hydro-aéroponie Cultivez vos propres aliments comme Happy Family Farms Le jardin guérisseur Volume 4 – Numéro 3

www.tigmag.com

ISSN : 1718-1097 – Bimestriel PP41129557


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TABLE DES MATIÈRES | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

11 JARDINAGE INTÉRIEUR

8 11 32 48

Le jardin guérisseur

Par Brandon Pillon

Cultivez vos propres aliments : l’expérience de Happy Family Farms

28 BOTANIQUE

28 36 46 58

Curiosité botanique : avec la Stevia rebaudiana, du sucre en puissance

La Justicia carnea, la plume brésilienne

Bien cultiver vos plantes : des substrats de culture aux applications foliaires de micronutriments

Par Bill Sutherland

ÉQUIPEMENT

20

24 40

Le 10 mai, c’est la fête des Mères!

Pensez à offrir un ensemble hydro/aéroponique pour le comptoir de la cuisine Par Vertuda Green

Six pieds sous terre

Par Sylvie Laberge

Par Brian Johns

Par Daniel Fortin

Physiologie des plantes : les racines

Par S. Sainte-Anne

46

Par Guy Arseneau

Les cultivars de roses baptisés d’après des personnalités

Par Bruno Bredoux

Et nos rubriques habituelles :

Éditorial Nouvelles de l’industrie Nouvelles et brèves Q & R

5 10-12-14 54-56-57 64

Hydrotek, comme un phénix

Par Bruno Bredoux

BIOCANNA

Par Ralph B.

N.B. Pour consulter notre table de conversion des mesures, visitez le www.tigmag.com.

Publié par : Green Publications Vertes • Directeurs de la publication : Roxanne Lekakis roxanne@tigmag.com et Stan Daimon • Rédacteur en chef : Bruno Bredoux editor@tigmag.com Directeur des ventes et du marketing : William Fitzmaurice sales@tigmag.com • Comité de rédaction : Helene Jutras, Bruno Bredoux, Roxanne Lekakis, André Faucher, William Fitzmaurice Direction artistique : André Faucher, emanescencedesign.com • Coordination éditoriale : Bruno Bredoux • Ont collaboré à ce numéro : Guy Arseneau, Ralph B., Bruno Bredoux, Stan Daimon, Francine Deschesnes, Daniel Fortin, Vertuda Green, Brian Johns, Helene Jutras, Roxanne Labelle, Sylvie Laberge, Patrick Laberge, Rose Laforêt, Brandon Pillon, S. Sainte-Anne, William Sutherland, vieux bandit. • Traduction : Helene Jutras, trad. a. • Conception de la couverture : André Faucher, d’après une photographie de Megasii Ltd (Hong-Kong) Illustrations : Adobe Photoshop Tutorials • Distribution : voir notre site Internet www.tigmag.com pour une liste complète de nos distributeurs Administration : Roxanne Labelle roxanne@tigmag.com • Renseignements : submit@tigmag.com. Le Jardinier d’Intérieur, Case postale 52046, Laval (Québec) H7P 5S1, CANADA, téléphone : 450 628-5325, télécopieur : 450 628-7758, Site Internet : www.tigmag.com. © 2009, Les Publications Vertes, Laval, QC, Canada Les articles, représentations iconographiques et photographies contenus dans ce magazine ne peuvent être reproduits en partie ou au complet sans l’autorisation expresse de l’éditeur. En cas d’erreur ou pour toute information erronée provenant d’un de nos auteurs, la responsabilité du magazine (Le Jardinier d’Intérieur) et de l’éditeur (Publications Vertes) ne peut être engagée. De même, l’éditeur décline toute responsabilité pour tout problème résultant de l’application infructueuse d’un conseil prodigué par un auteur dans un article de ce magazine. Envoi Poste-publications – Convention no PP41129557. Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux Publications Vertes, case postale 52046, Laval (Québec) H7P 5S1. U.S. Delivery and Subscriptions: Periodicals Postage Rates are paid in Laval, QC (Canada) H7P 5S1 – Post Canada Agreement PP41129557. U.S. Post Master: Return undeliverable items to Green Publications, PO Box 52046, Laval, Québec, H7P 5S1, Canada. Numéro de convention de Poste-publications de Postes Canada : PP41129557 – Dépôt légal : 1er trimestre 2006. Bibliothèque nationale du Canada, No D927565. Bibliothèque nationale du Québec. ISSN : 1718-1097. Imprimé au Canada par Litho Mille-Îles ltée, Terrebonne (Québec) J6Y 1N9.

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LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | ÉDITORIAL

Éditorial

Demeter, ou l’agriculture biodynamique Des « Jean de la Lune », tous ces agriculteurs qui consultent leur calendrier pour vérifier si les phases de la Lune vont de pair avec leur programme de culture : semis, croissance, maturité, récolte? C’est ce que je croyais. Jusqu’à ce que, cet été, je me déplace chez un respectable (et respecté) viticulteur de la Bourgogne, en France. Dans sa cave bien fraîche, je goûtais ses vins (délicieux) quand j’ai avisé une bibliothèque remplie d’ouvrages sur les cycles de la Lune. « Quoi, » me suis-je écrié, incrédule, « vous cultivez votre vigne en fonction des cycles lunaires? » Eh oui, mon bon monsieur, de me répondre le vigneron. Et cette technique n’est pas pour les amateurs d’ésotérisme. Elle est prouvée scientifiquement, et cette preuve remonte aux années 1920. On appelle ça la « culture biodynamique » et c’est un Autrichien qui a tout inventé. Ce mode de culture respecte l’environnement en assurant l’harmonie avec la Nature sur les plans agricole, astronomique et météorologique. J’ai ravalé mes doutes. Plus tard, j’achète un vin de la Loire, et voici ce que je lis sur l’étiquette (un mot du viticulteur) : « Je vous propose l’ensemble de mes vins du Clos Château Gaillard ou du Clos de la Briderie avec le label Demeter de l’agriculture biodynamique. [...] » Encore un « Jean de la Lune », me dis-je! Et Demeter, qu’est-ce c’est? En fait, rien d’autre que la naissance de ce mouvement agricole, ou du moins le label issu des bases jetées par le créateur de la culture biodynamique… en 1924! Rudolf Steiner (1861-1925) est celui par qui tout est arrivé. Fondateur ce qu’on appelle « l’anthroposophie », il a développé des techniques d’enseignement fondées sur la méditation et la psychophysiologie, dont le but est de « restaurer l’harmonie entre l’Homme, l’Univers et les mondes

supérieurs. » Un illuminé? En tout cas, en huit conférences données durant l’été 1924 à Koberwitz, en Silésie, il a jeté les bases de l’agriculture biodynamique. Il n’a pas vécu assez longtemps pour voir les résultats de ses théories, mais les nombreux agriculteurs de l’époque, inquiets de l’industrialisation du monde agricole, trop rapide à leur goût, ont récupéré les données de Steiner, et ce sont eux qui ont réellement développé l’agriculture biodynamique à partir de ses enseignements. En effet, dans les années 1920, l’emploi des engrais chimiques apparaît et commence à détruire la qualité des sols. De plus, des produits phytosanitaires sont aussi employés, et ils détruisent non seulement la vie microscopique du terrain, mais menacent la faune et la flore environnementales. Même si, contrairement à ce que prétendait mon vigneron en Bourgogne, rien n’a jamais été scientifiquement prouvé concernant les méthodes de culture biodynamique, les adeptes y croient dur comme fer! Il faut bien reconnaître qu’une part d’ésotérisme y prend part. En effet, l’un des thèmes majeurs de la culture biodynamique est la concordance des rythmes cosmiques et terrestres. Ainsi est mis au point un calendrier des semis qui associe les constellations (et non pas les signes astrologiques) et les quatre éléments (terre, eau, air, feu). Pour réussir ces semis, les constellations du Bélier, du Lion et du Sagittaire doivent se retrouver en « position » par rapport à l’élément « feu » Franchement, je ne suis pas un initié et je ne peux pas vous expliquer ce que cela signifie dans la réalité de l’observation du ciel! Toujours est-il qu’en plus, pour réussir ses semis, il faut tenir le plus possible compte de la position de la Lune par rapport à ces

constellations. Pas seulement pour les semis, d’ailleurs, mais aussi pour les transplantations, les récoltes et le labourage du sol. Mon Dieu, je veux bien y croire, connaissant l’action des cycles de la Lune sur les marées. Mais l’agriculteur biodynamique fait face au problème de la pérennité des ressources naturelles qu’il doit employer. Normalement, la ferme doit pouvoir fournir sur son territoire toutes les ressources naturelles de fertilisation dont l’agriculteur a besoin. Ce n’est pas le cas du petit jardin du jardinier qui n’exploite qu’un petit lopin. Les apports en maërl ou en algues calcifiées dont il a besoin mettent en péril ces ressources non renouvelables. Cette méthode de culture est donc à double tranchant. Elle fournit d’un côté des produits certifiés 100% organiques, mais de l’autre, elle risque de détruire un certain nombre de ressources naturelles, à trop les exploiter. Franchement, j’ai du mal à me faire une opinion. Pour conclure, j’ajouterais que le label Demeter (baptisé d’après la déesse de la fécondité et mère de la Terre dans la mythologie grecque) a été créé dès 1927 par Günther Wachsmuth. Il certifie l’origine des produits de l’agriculture biodynamique et il est le plus employé dans le monde. Il existe aussi le label Biodyn, réservé aux types de cultures encore en reconversion (de traditionnel à biodynamique) et le label Biodyvin, qui est spécialement conçu pour les produits de la vigne, puisqu’on l’a constaté, les vignerons sont très friands des méthodes de culture biodynamique. Ce soir, je m’en vais observer la Lune en dégustant un verre de vin. Peut-être qu’elle me parlera…

Bruno Bredoux editor@tigmag.com Volume 4 – Numéro 3 | 5


Par Brandon Pillon ’abord, laissez-moi me présenter. Voici maintenant cinq ans que je jardine. Pour cela, je dois remercier mon médecin. Il y a environ huit ans, j’ai commencé à me sentir vraiment déprimé, et j’ai dû être hospitalisé. J’ai perdu beaucoup d’amis (qui ne comprenaient tout simplement pas). J’étais hospitalisé à répétition; les médicaments ne fonctionnaient pas, et mon médecin m’a déclaré invalide. Dans les profondeurs de ma dépression, mon médecin m’a recommandé de jardiner, car cette activité comporte de nombreux avantages thérapeutiques. Cette année-là, j’ai fait ma déclaration de revenus très tôt, et je me suis acheté une lampe au sodium à haute pression de 250 watts, du matériel, et bien sûr, une bible du jardinage intérieur. Dans une petite pièce inutilisée, j’ai commencé à cultiver des piments et des tomates dans un mélange sans terreau, dans des contenants de 10 pouces. Dès que j’ai eu des plantules, le brouillard de la dépression a commencé à se dissiper et mon corps n’était plus si douloureux. J’avais hâte de me lever le matin : c’est un sentiment fantastique que de se sentir revivre. Quand j’ai eu récolté ma

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première tomate fraîche sur le plant, et dégusté mon premier sandwich aux tomates, j’ai confirmé que j’avais la piqûre. En un an, je me suis rétabli. Mon médecin a dit que j’étais en rémission. Maintenant, quand il donne des conférences, il aime utiliser mon histoire. J’ai décidé de retourner à l’école pour étudier l’horticulture. Quand j’aurai suffisamment de connaissances, j’aimerais travailler avec mon médecin pour enseigner à d’autres patients la joie qu’apporte le jardinage intérieur. Quand j’aurai mon diplôme, je veux travailler en serre pour quelques années. Un jour, j’aimerais ouvrir ma propre boutique hydroponique afin de contribuer à diffuser le message du jardinage intérieur. Si vous pouvez m’envoyer des échantillons de produits, ce serait fantastique, car mon budget est très serré et essayer de nouveaux produits est un plaisir immense. Cultivant de plus en plus le bonheur, Brandon P., Windsor, Ontario


NOUVELLES DE L’INDUSTRIE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Station Verte :

numéro 1 des vacances à la campagne

Le site Internet Station Verte (www.stationverte.com) arrive en première place sur le moteur de recherche Google pour la locution « vacances campagne », grâce à une campagne d’optimisation du référencement naturel réalisée par son agence interactive de conception graphique et de communication (i-com interactive). Une « Station Verte » est une destination touristique de loisirs et de vacances, reconnue par son label, et offrant les services et les plaisirs attendus dans l’univers « Nature » : • une Nature respectée et préservée; • une gamme de séjours à décliner selon les envies; • des lieux et des activités à vivre et à partager; • une porte d’entrée des terroirs.

(Source : Double-Clic)

iPot,

offert par Megasii

Les articles ménagers en plastique de Megasii comprennent une lampe en forme de chat et le iPot, un pot à plante qui sert aussi de lampe d’ambiance. Les articles ménagers faits de plastique n’ont plus la réputation de jadis : leur fonctionnalité, leur qualité et leur apparence n’ont rien à voir avec les produits d’il y a quelques décennies. Ils sont polyvalents et remplissent de nombreuses fonctions. Populaires partout dans le monde pour leur aspect pratique et leur durabilité, les articles ménagers en plastique sont peu chers et ont maintenant des qualités additionnelles, comme celles de résister à la chaleur et d’être écologiques. On peut affirmer sans se tromper que chaque pièce de la maison regorge de plastique. Le fabricant Megasii a plusieurs décennies d’expertise dans le domaine du plastique, qui se traduisent dans la vaste gamme de ses produits. Megasii espère que leurs iPot séduiront les jardiniers d’intérieur de partout grâce à leur conception simple et à leur double fonction.

Gestion d’entreprise : la formation Kaïzen

Pour tous les dirigeants d’entreprise, gestionnaires, chefs d’équipe et décideurs, le succès d’une entreprise repose sur l’efficacité des processus. Avec la formation Kaïzen, on améliore les processus pour des équipes performantes. Une bonne démarche d’amélioration des processus d’affaires conduit l’entreprise à réduire ses coûts, à maximiser l’utilisation de ses ressources humaines, à accroître la satisfaction de ses clients et à élargir sa part de marché. De plus, cette démarche permet à tous les membres d’une équipe de développer une culture de l’amélioration, soit le souci d’une recherche constante de meilleures méthodes pour de meilleurs résultats. Kaïzen est une formation d’une journée pour :

• Faire plus avec moins en investissant le temps de son personnel dans les activités qui comptent le plus aux yeux de ses clients (éviter la lourdeur, la paperasse, les attentes inutiles). • Faire bien du premier coup en réduisant les sources d’erreurs et d’oublis. • Réduire les délais de réalisation en simplifiant les étapes de ses processus d’affaires, en les améliorant et en les réaménageant au besoin. • Réduire ses frais d’exploitation en diminuant le nombre d’activités à faible valeur ajoutée dans ses processus d’affaires. • Étonner les nouveaux clients et fidéliser les clients actuels en adaptant ses processus d’affaires à leurs besoins et leurs exigences. • Kaïzen est agréé par Emploi Québec.

Pour en savoir davantage, pour vous inscrire ou pour obtenir les plans de cours, communiquez par téléphone ou visitez le site Web : www.formationsqualitemps.ca. Tél. : 1 450 928-1885 ou 1 877 928-1885 Télécopieur : 1 450 674-2687 (Source : Mélanie L.R., Formations Qualitemps)

Voir : shop.megasii.com. – Vicki Williams La méthode Kaïzen

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NOUVELLES DE L’INDUSTRIE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

MegaWatt fête ses 30 ans avec plusieurs nouveautés

1. Bloombastic La formule « bling bling » pour vos plantes, Bloombastic contient des minéraux biologiques, ainsi que notre nouvelle génération de stimulants biologiques ATA pour créer un additif nutritionnel unique, spécialement conçu pour la floraison et le mûrissement de vos plantes. Bloombastic est élaboré de façon à stimuler le processus enzymatique à plusieurs niveaux pour rendre vos plantes moins sensibles aux facteurs de stress, tels que la chaleur, l’air sec, l’intensité lumineuse excessive, les maladies et les insuffisances nutritives. Bloombastic rehausse le rendement d’un fertilisant de base régulier jusqu’à celui d’un engrais de qualité supérieure, comme les engrais utilisés par les jardiniers chevronnés. Pour une production florale exubérante, une augmentation du taux de sucre, lequel accentuera l’arôme et suscitera un gain de poids important, et la production de grosses fleurs denses et compactes, utilisez Bloombastic durant les quatre à six semaines avant la fin de la floraison ou du mûrissement. Bloombastic convient à tous les substrats : sol, fibre de coco et laine de roche. Bloombastic peut être utilisé de concert avec tous les systèmes d’irrigation : technique de culture sur film nutritif, flux et reflux, goutte-à-goutte, culture aéroponique et irrigation par ajutage. Le dosage de Bloombastic est simple : cette formule hautement concentrée de qualité supérieure se mélange à un taux étonnant de 0,5 ml de Bloombastic par litre de solution nutritive durant la phase de floraison et de mûrissement de vos plantes. Bloombastic est maintenant distribué en exclusivité par MegaWatt à l’échelle du Canada.

2. Gel de bouturage Rootech Rootech est un gel de bouturage unique et exceptionnel contenant de puissantes hormones, des vitamines et des nutriments spécialement formulés afin de promouvoir un développement rapide des racines en période de croissance. Étant un gel riche et épais, Rootech adhère bien au tissu fraîchement coupé des boutures et prévient à la fois choc, infection et embolie. Dès son application, Rootech garantit le soutient des boutures en enrobant la tige d’une composition unique de vitamines et de nutriments.

Avec une concentration de 0,55% (5,5 g/L) d’IBA, Technaflora a fait de Rootech un des gels de clonage les plus puissants sur le marché. En plus de la puissante hormone d’enracinement IBA, le procédé de fabrication de Rootech assure que le gel hautement concentré soit répandu de façon uniforme et protège bien les petites racines et les tissus en plein développement. Rootech est idéal même pour la propagation des plantes les plus difficiles à enraciner. Il peut aussi être dilué avec de l’eau sur des boutures plus faciles d’enracinement. Le gel de bouturage Rootech peut-être utilisé directement de son contenant puisqu’il est très large et que l’on peut tremper plusieurs boutures à la fois, sans aucun risque de faire des dégâts ou de le faire basculer. Le gel de par sa consistance garantit un usage facile tout en évitant le risque d’avaler des poudres poussiéreuses. Technaflora fabrique fièrement Rootech à Vancouver, et les généreux résultats de même que le prix compétitif font en sorte que Rootech demeure le premier choix des jardiniers. Rootech est un gel de bouturage puissant, qui donne de façon constante des clones robustes avec des racines saines et d’expansion rapide. Contactez directement MegaWatt en composant le 1 800 575-2515.

Nouveau site Internet pour la photographe

Marielys Lorthios

Collaboratrice des agences i-com interactive et Photographic depuis 1984, Marielys Lorthios est une photographe spécialisée en photographie culinaire, dont nous avons déjà utilisé les services au Jardinier d’Intérieur. Elle produit également de nombreuses photos d’ambiance et de compositions photographiques. Marielys Lorthios, accompagnée par tous ses collègues, a créé le graphisme avant-gardiste de son nouveau site : c’est peut-être pour cela qu’il reflète bien sa personnalité et son style. Basé sur le CMS WordPress, le site Internet permettra à Marielys Lorthios de diffuser à un large public toutes ses dernières réalisations photos, mais aussi ses sources d’inspirations grâce à une rubrique musique et vidéos. Voici l’adresse pour aller visiter le nouveau site de Marielys Lorthios, photographe publicitaire à Dijon, et ainsi découvrir ses meilleurs clichés : http://www.marielys-lorthios.com. – Source : Double Clic.com

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Encourage le système immunitaire à se défendre contre les pathogènes, autant au niveau racinaire que foliaire.

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NOUVELLES DE L’INDUSTRIE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Verdir l’intérieur avec Sentier Urbain Par Sentier Urbain

Les activités de verdissement extérieur offertes par l’organisme se sont temrinées à l’automne pour 2008, mais tout ne s’arrête pas en automne chez Sentier Urbain. C’est au mois d’octobre que des aménagements horticoles intérieurs ont regagné les murs d’écoles et d’organismes communautaires dans le quartier Centre-Sud. À une époque de l’année où la végétation se fait discrète, l’équipe du Sentier Urbain continue à verdir l’intérieur des bâtiments en y apportant plantes tropicales, volières d’oiseaux, cascades d’eau et poissons rouges. En effet, lorsque les jardins de l’organisme ferment leurs portes avant l’arrivée du froid, les volières d’oiseaux et les végétaux en pots qui meublent ces jardins tout l’été sont transférés dans des écoles primaires et à d’autres endroits. C’est ainsi que les écoles Marguerite-Bourgeoys et Garneau, le projet « 80, Ruelle de l’Avenir », le Comité social Centre-Sud et l’organisme l’Atelier des lettres ont su accueillir cette faune et cette flore pour l’hiver. Chaque année, environ 850 élèves de l’école Garneau assistent à des ateliers thématiques dans un local horticole rempli de plantes et d’oiseaux. Ce local élaboré par l’organisme depuis quelques années est un lieu d’apprentissage exceptionnel pour aborder les thèmes de l’horticulture et de l’environnement, tout en étant un lieu de production horticole. En 2008, le projet ambitieux « 80, Ruelle de l’Avenir » a vu le jour aux abords de l’école Garneau, pour accueillir les écoliers du quartier dans ses locaux thématiques, dont celui dédié à l’horticulture. Ce nouvel édifice où l’éclairage naturel a été maximisé accueille aussi une variété de plantes, sur tout l’étage. Sentier Urbain fait partie des partenaires pour l’aménagement de ce local. Par ailleurs, les plantes installées dans les couloirs de l’école Marguerite-Bourgeoys agrémentent le quotidien de plus de 230 élèves et employés de l’école. Le Comité social Centre-Sud, un organisme de première ligne qui accueille quotidiennement plus d’une centaine de personnes en offrant des repas et divers services à la population, a lui aussi vu son environnement intérieur transformé, grâce à l’arrivée d’arbres tropicaux et de jeux d’eau en cascades. Quant à l’Atelier de lettres, c’est une trentaine de personnes qui bénéficient d’une végétation et d’une ambiance apaisante, dans leurs apprentissages en alphabétisation. Ces enfants et adultes bénéficient des effets des plantes sur leur qualité de vie. Il est maintenant reconnu que les plantes ont bel et bien un effet sur la santé de l’homme. En effet, les plantes d’intérieur détiennent un pouvoir dépolluant réel, allant même jusqu’à l’association de certaines espèces végétales à des molécules polluantes précises (benzène, toluène, etc.). Jean-Claude Vigor rappelait récemment dans un article

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du journal Le Devoir, que les plantes tropicales sont bénéfiques, voire indispensables pour décontaminer l’air intérieur de nos bâtiments. « Dans un espace clos, la qualité de l’air intérieur est un facteur de performance intellectuelle », affirme l’horticulteur. Les plantes sont capables d’absorber de grandes quantités de polluants présents dans notre environnement immédiat et reconnus comme étant dommageables pour la santé. Au plan psychologique, la simple contemplation des plantes et le souci de leur entretien auraient une influence positive sur le moral, voire une réduction des tensions psychologiques. Nous vous invitons à visiter les lieux de verdissement intérieur en communiquant avec nous au Sentier Urbain : 1710, rue Beaudry, local 3.10, Montréal (Québec) H2L 3E7, Canada, tél. : 1 514 521-9292, téléc. : 1 514 524-0222, www.sentierurbain.org, courriel : sentierurbain@videotron.ca. Sources :

– Dumont, Bertrand, 250 gestes au quotidien pour contrer les changements climatiques, Bertrand Dumont éditeur inc., Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2008, 144 pages. – Vigor, Jean-Claude, « Les plantes tropicales : votre joker antipollution », chronique Couleur horticole, Le Devoir, 11 et 12 octobre 2008. Livre à consulter sur le sujet :

– Boixière, Ariane / Chaudet, Geneviève, Les plantes dépolluantes, Éditions Rustica, collection Planète jardin, 2007, 128 pages.


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Cultivez vos propres aliments :

l’expérience de Happy Family Farms Par Brian Johns

L’idée de notre ferme est née de notre frustration. Nous voulions ce que tant d’autres gens veulent : nourrir notre famille avec des fruits et des légumes cultivés naturellement, sans le prix ridicule qui les accompagne. Les aliments cultivés à l’autre bout du monde, couverts de pesticides et d’engrais commerciaux, n’étaient simplement plus une option. Nous devions aussi nous soucier de nos finances. 16 | Volume 4 – Numéro 3


Brian Johns a pour passion de transformer la façon dont les gens pensent à l’agriculture. Ayant un long historique familial d’agriculture, Brian a grandi en comprenant la relation authentique entre les gens et la planète. Il se concentre sur chaque élément de la production naturelle de nourriture, du choix des semences à la consommation par le consommateur, des jardins en sol aux fermes hydroponiques.

Nous avons donc commencé à cultiver nos propres aliments, une solution parfaite pour notre famille. Nous voulions cependant faire une différence pour ceux qui n’avaient pas le temps, l’espace ou les connaissances pour faire de même. Lorsque nous avons reçu un terrain agricole, nous savions exactement ce qu’il nous restait à faire, et notre ferme est née. Nous avons effectué des recherches sur divers modèles de fermes commerciales, et en particulier sur l’agriculture communautaire. Nous avons créé quelque chose de différent. Le modèle Happy Family Farms est unique de diverses façons. Nous offrons un abonnement annuel de 100$, qui donne à nos membres un passeport permettant de magasiner sur la ferme. Nos membres magasinent en ligne ou par téléphone, et peuvent acheter tout ce qu’ils souhaitent. Ils n’ont pas à participer aux activités de la ferme. Bien sûr, si un membre souhaite venir à la ferme et nous aider, nous ne l’en empêcherons pas, mais ce n’est pas une exigence de l’abonnement. Les membres reçoivent également une cyberlettre, de la formation « verte », un droit de vote (ils peuvent goûter les échantillons de notre jardin de test et voter pour les ajouts aux prochaines récoltes), et plus encore. Les gens ont tout de suite adopté le concept, et nous avons bientôt acquis un autre terrain pour augmenter notre production.

Brian Johns

Brian a fait de sa passion une carrière. Il possède et opère Happy Family Farms à Flint, au Michigan, où il habite avec son épouse et partenaire d’affaires, Becky, et leurs trois enfants, Sara, Stephen et Noah.

Vous pouvez communiquer avec Brian Johns à l’adresse suivante : Happy Family Farms 2001 Pierce Street Flint, Michigan, 48503, USA 810 280-7007

BrianJohns@HappyFamilyFarms.com www.HappyFamilyFarms.com

a très peu de renseignements disponibles sur la production alimentaire hydroponique pour les cultivateurs commerciaux de petite envergure ou pour les gens ordinaires qui veulent pouvoir produire leurs aliments eux-mêmes à la maison. Nous voulions voir cette information offerte à tous, et nous avons compris que nous étions ceux qui devaient prendre les choses en main. Au départ, nous voulions préparer un DVD de formation, mais plus nous avons parlé aux gens, plus notre petit projet a grandi.

Nous avons très rapidement appris l’importance de cet enjeu pour les consommateurs, de même que pour les entreprises agricoles et hydroponiques. Cette technologie à la fine pointe existe depuis longtemps, et elle peut apporter une valeur incroyable à la production alimentaire. Nous avons établi des partenariats avec des entreprises américaines et internationales qui souhaitent avoir une incidence sur le marché international en termes d’accessibilité d’aliments de qualité à un

Par contre, comme nous sommes au Michigan, les conditions climatiques limitent nos activités. La culture en sol ne peut se dérouler que six ou sept mois par année si la température le veut, et les mois d’hiver nous forçaient à tout stopper. En effectuant des recherches sur les méthodes de production hivernale, nous avons été attirés par l’hydroponie (la culture des aliments dans l’eau plutôt que dans le sol). Nous avions utilisé cette technologie avec certains de nos semis à la ferme pour les préparer à être plantés plus rapidement et pour augmenter l’uniformité de la récolte. En fait, durant certains de nos tests initiaux, nous avons été très surpris de constater que nous pouvions produire la majorité de nos récoltes beaucoup plus rapidement en hydroponie, et dans la plupart des cas, en augmentant leur qualité. Nous avons rapidement dressé des plans pour une ferme hydroponique. Nos recherches nous ont fait comprendre qu’il y Volume 4 – Numéro 3 | 17


EXPÉRIENCE DE CULTURE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

coût raisonnable. Ces entreprises sont des meneurs qui ne se satisfont pas des tendances actuelles de la production alimentaire ni de la santé des gens de par le monde. De plus, nous avons la chance de travailler avec Certified Naturally Grown, un programme de certification à but non lucratif pour l’utilisation des méthodes naturelles, afin de créer le premier ensemble de normes pour la certification naturelle de la production alimentaire hydroponique. Notre documentaire est en cours de production. Il racontera le lancement de notre ferme hydroponique, puis sera monté pour devenir un DVD d’instructions sur la production alimentaire hydroponique. Nous visons un lancement international en juillet 2009. Ce sera le premier d’une série de DVD éducatifs au sujet de la production alimentaire, de la consommation d’aliments biologiques et du mode de vie écologique. Plus précisément, nous expliquerons comment, à l’aide de certaines avancées technologiques (éclairage DEL à haut rendement, pompes à faible voltage, etc.), on peut enfin marier les principes biologiques et hydroponiques afin de

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rendre le jardinage intérieur plus facile et plus rentable. Historiquement, la production d’aliments biologiques a été restreinte à la production en sol, car c’est le sol qui contient les organismes vivants, les bactéries bénéfiques qui contribuent biologiquement à nourrir et à faire croître la plante. On peut utiliser ces éléments dans la production d’aliments hydroponiques, rendant ainsi la production biologique. Nous vous montrerons comment. De la construction de nos lits de laitue et de l’installation des systèmes hydroponiques à la gestion des cultures et à la dégustation de notre première récolte hydroponique, nous partagerons le processus entier avec vous. Happy Family Farms est fière d’offrir à ses membres, aux visiteurs des marchés et aux distributeurs nationaux des aliments cultivés naturellement. Le DVD offrira une valeur additionnelle à nos clients ainsi qu’aux autres professionnels qui peuvent profiter de ces renseignements. Nous souhaitons modifier la façon dont les producteurs et les consommateurs pensent à la production et à la consommation des aliments.

Pour en apprendre davantage sur Happy Family Farms ou sur Brian Johns, envoyez un courriel à brianjohns@happyfamilyfarms.com.


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Le 10 mai,

c’est la fête des Mères!

Pensez à offrir un ensemble hydro/aéroponique pour le comptoir de la cuisine La main verte n’est pas un don sexiste. Femme ou homme, nous sommes tous destinés à l’avoir… ou pas! Les papas à la main verte ont de gros joujoux qui leur sont destinés sur le marché, comme les roues de culture Omega Garden ou l’Éco-System. Ce que l’on sait souvent moins, c’est que les mamans à la main verte qui ne veulent pas se coltiner des appareils de culture démesurés ont aussi des joujoux à leur format. Et c’est une bonne idée de cadeau pour la fête des Mères.

Les ensembles de culture AeroGrow® L’entreprise AeroGrow, dirigée par Michael Bissonnette à Boulder, au Colorado, a inventé et développé les premiers systèmes hydro/aéroponiques horticoles de format compact pour l’utilisation à domicile en cuisine qui, grâce à leur encombrement extrêmement réduit, peuvent être directement placés sur un comptoir. Ainsi, vous aurez toujours à portée de main des fines herbes ou des laitues fraîches pour cuisiner. Les appareils AeroGrow utilisent la technique hydroponique développée par la NASA au cours des essais de culture de plantes dans un substrat autre que le terreau et dans un milieu autre que celui de notre bonne vieille planète Terre, c’est-à-dire dans une station spatiale ou sur la planète Mars (on trouve aussi une spectaculaire démonstration de ce type de culture hydro/aéroponique d’avant-garde à Epcot Center, dans le parc Walt Disney d’Orlando en Floride, et si vous avez lu l’entrevue du professeur Mike Dixon de l’université de Guelph, vous savez aussi

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que la recherche pour faire pousser des plantes dans l’espace se poursuit de façon intensive – JdI, vol. 4, numéro 4). Les différents modèles d’AeroGrow permettent de faire croître les plantes plus rapidement et avec une meilleure qualité en utilisant une combinaison d’air et de vapeur d’eau. On peut y cultiver des laitues, des fines herbes, des fleurs, des baies et d’autres végétaux sains, de façon biologique, sans sortir de son domicile. Jusqu’à présent, presque tous les systèmes développés pour la culture intérieure et hydroponique étaient soit trop onéreux, soit trop encombrants pour être utilisés dans les pièces d’habitation et de vie commune d’une maison. AeroGrow, cependant, a conçu des systèmes qui sont abordables, simples à utiliser et pour lesquels il est facile de trouver un emplacement dans son cadre de vie quotidien. Le premier système AeroGrow a été présenté à la foire Bang-Knudsen Seattle Showroom en janvier 2006, puis à la foire National Housewares and Gourmet Cookware, et il connaît un succès croissant depuis. Offertes depuis trois ans (le premier modèle a été mis en marché au printemps 2006 dans certaines boutiques spécialisées), les unités pour la maison sont livrées avec des paquets de semences de démarrage et de l’engrais biologique. Une fois l’unité installée et ses contenants remplis d’eau, d’engrais et de semences, vous pourrez y faire pousser de la laitue ou des fines herbes beaucoup plus rapidement que dans la Nature. La lampe et les minuteries conçues spécialement pour le système simulent les conditions du jour et de la nuit, ainsi que la bonne quantité d’humidité requise à la croissance rapide des plantes. Les cuisiniers peuvent ainsi

facilement avoir à portée de la main un jardin de laitues ou de fines herbes fraîches où puiser une récolte à même le comptoir. Les fines herbes comme la coriandre ou le basilic peuvent être coupées et cultivées en cycle continu. Parmi les autres récoltes offertes dans les paquets de semences de l’entreprise, on retrouve tomates, laitue, fraises, fleurs, et d’autres s’ajouteront. Lorsque vous achetez un jardin hydro/aéroponique AeroGrow, vous trouverez dans l’emballage tout ce dont vous aurez besoin pour démarrer, et notamment : • le système de base AeroGrow; • les sachets de semences; • les ampoules pour votre système d’éclairage intégré; • les instructions sur la manière d’assembler le tout; • un livret de recettes pour vous montrer comment profiter de vos herbes fraîchement cultivées; • un plateau de soubassement de votre système de 35,5 cm sur 20,5 cm (14 po sur 8 po) dans la couleur de votre choix, soit blanc ou noir; • un dôme de 40 cm sur 48 cm et d’une hauteur de 26,5 cm (15,5 po sur 19 po sur 10,5 po), comprenant l’éclairage, et qui se soulève comme un chapeau jusqu’à une hauteur de 56 cm (22 po). De nombreux avantages étonnants vous attendent lorsque vous commencerez à jardiner de cette façon. Pouvez-vous imaginer vos herbes croissant cinq fois plus vite que si elles étaient plantées dans le terreau bien ordinaire de votre jardin extérieur? Pourtant, c’est bien ce qui se passera. Il n’y a pas d’emploi de pesticides ou

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d’herbicides requis. Les mauvaises herbes sont naturellement bannies d’un tel système. Ainsi, votre plantation produira l’équivalent de trois à six mois en terreau de récoltes de fines herbes en seulement 28 jours. Vous serez plus que satisfaits des résultats obtenus. Au début, toutes les entreprises ne distribuaient pas les différents modèles d’AeroGrow, mais l’année 2008 a permis à l’entreprise de conquérir de nouveaux marchés et surtout d’étendre son réseau de distribution. Pendant longtemps, Bang-Knudsen (www.bang-knudsen.com) a été l’une des premières entreprises à présenter ce système révolutionnaire de jardinage à domicile aux boutiques spécialisées. AeroGrow a aussi désigné Bang-Knudsen comme son représentant exclusif pour tout l’Ouest de l’Amérique du Nord. Le produit a pour originalité de trouver son réseau de distribution dans le commerce de grande échelle plutôt que dans le domaine spécifique des boutiques hydroponiques. On trouve maintenant les jardins AeroGarden chez Target, Kohl’s, Bed Bath & Beyond, Sears, JCPenney, Macy’s et des centaines de distributeurs indépendants. Dans l’Est, et particulièrement ici au Canada, on trouve maintenant des modèles d’appareils AeroGrow pour le comptoir de la cuisine chez Canadian Tire. Vous pouvez aussi bien sûr commander directement sur le site Internet de la compagnie au www.aerogrow.com.

D’autres jardins portatifs (pas nécessairement pour les mamans) 1) Le projet de pot aéroponique Broto™ de Gabriela Mombach Pour ceux qui trouvent l’AeroGarden™ laid et un peu « lourd » dans la catégorie décor intérieur, la conceptrice Gabriela Mombach (www.instablogs.com/gabriela-mombach) vient de réaliser un projet beaucoup plus esthétique. Pas encore commercialisé, son projet offre aussi lumière, eau et technique aéroponique de culture aux amoureux des plantes de comptoir. Même si la créatrice semble un peu se moquer de la référence constante des concepteurs des produits sur le marché aux techniciens au pouce vert de la NASA, le pot Broto™ est équipé d’ampoules DEL, prend moins de place sur le comptoir et offre une touche décorative non négligeable. Selon le blogue de la conceptrice, le pot Broto calcule automatiquement le taux de pH, la température, le niveau de concentration des éléments nutritifs, l’hygrométrie et l’avancée de la photosynthèse… en plus d’avoir du style et de rendre les plantes heureuses de pousser dans un tel concept. À surveiller…

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2) La miniserre hydroponique de table Hydro Greenhouse™2 Représente-t-elle la technologie agricole de l’avenir? Probablement, car malgré son format portatif, on peut y faire pousser des fruits, légumes, fines herbes, plantes et fleurs en utilisant un engrais liquide spécial au lieu de terreau! Elle est sécuritaire pour vos enfants, qui peuvent ainsi apprendre le jardinage sans sol, car elle fonctionne sans électricité et peut donc être placée à l’intérieur comme à l’extérieur. De plus, elle est facile à utiliser, alimentant les plantes en engrais de façon automatique pour une durée de deux semaines d’autonomie entre les approvisionnements nécessaires en éléments nutritifs. Elle peut être placée sur une table ou un comptoir. Ajoutez simplement des semences et regardez-les croître! C’est toutefois un appareil destiné davantage aux enfants (de plus de huit ans) qu’aux mamans. L’ensemble comprend une serre repliable de germination (48,25 cm de longueur sur 25,40 cm de largeur sur 30,50 cm de hauteur), un réservoir de solution nutritive, les éléments nutritifs (pour un an), le substrat de croissance, un treillis intégré, un outil de jardinage multiusage et un manuel illustré du jardinage hydroponique. L’ensemble de recharge pour l’Hydro-Greenhouse 2 est également offert par le même distributeur. Il comprend le substrat, le mélange de nutriments et la mèche de transfert des nutriments. On peut également la commander en ligne, directement du fabricant. Offert au : www.speedydog.net.

3) Portable Farms (Fish Don’t Fart®) Les « Portable Farms », qui existent en quatre formats (et ne sont pas à proprement parler « portables »), sont des systèmes de culture aquaponique qui vous permettent d’élever en symbiose plantes et poissons comestibles. Le plus petit modèle fait 1,85 sur 2,45 m et permet de faire pousser 400 végétaux et d’obtenir 45 kg de poisson d’élevage. Ensuite, la compagnie propose un modèle de 3 m sur 6 m (pour 1 100 végétaux et 180 kg de poisson), puis un modèle de 6 m sur 9,15 m (pour 3 600 végétaux et 630 kg de poisson) et enfin un modèle de 30,50 m sur 30,50 m (pour 60 000 végétaux et près de 10 tonnes de poisson – on parle là d’une production industrielle – on n’est plus dans le « portable »!). Voir www.portablefarms.com pour en apprendre davantage sur l’entreprise qui offre ces systèmes.


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Nouvelles de l’industrie | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

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LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Nouvelles de l’industrie

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Nouvelles de l’industrie | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Canna Terra : L’union des forces

CANNA Terra Professional Plus complète la gamme CANNA TERRA, un programme de culture complet, de grande qualité, facile à utiliser. Il comprend tout ce dont vous avez besoin : un substrat et deux engrais en une seule partie pour la croissance et la floraison. Tous les produits CANNA TERRA sont conçus pour travailler ensemble afin de vous procurer le meilleur résultat possible. SUBSTRAT CANNA TERRA : Terra Professional Plus CANNA Terra Professional Plus est conçu pour fonctionner et interagir avec les engrais CANNA TERRA. C’est un terreau à base de tourbe, fait d’ingrédients de grande qualité. Il est composé de plusieurs fractions, de grossières à fines, qui entreposent les nutriments et permettent une porosité idéale. L’écorce (partiellement décomposée) ajoutée comporte des propriétés antiseptiques et d’aération. Ces ingrédients ne font pas appel à la perlite. Ils vous offrent une bonne fertilité

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et un excellent drainage. Ils favorisent également un développement racinaire extraordinaire et la formation de tiges plus robustes. Le métabolisme accéléré et le faible taux de maladies vous garantissent une production accrue. Le pH du substrat est ajusté pour le contrôle à long terme, et le substrat contient une charge de chaux suffisante pour un cycle entier. Terra Professional Plus complète la gamme CANNA TERRA : • Sa charge de nutriments minéraux ajuste le taux initial des nutriments jusqu’à l’obtention d’une bonne charge initiale, corrigeant les rapports pour qu’ils fonctionnent parfaitement avec les engrais CANNA TERRA. • Sa charge de pH est plus élevée que dans les mélanges sans sol en vrac couramment vendus en Amérique du Nord, afin qu’il vous offre les meilleurs résultats lorsque vous le combinez aux engrais CANNA TERRA. ENGRAIS CANNA TERRA : Terra Vega et Terra Flores CANNA Terra Vega

est conçu pour subvenir aux besoins de la plante durant sa croissance. Il est riche en azote, ce qui permet une meilleure absorption de l’eau et des nutriments. Il vous procure des plantes ayant de grosses pousses vigoureuses et un développement racinaire luxuriant. Ce sont là les caractéristiques d’une croissance saine et vigoureuse, qui forment la base requise pour une floraison abondante. C’est la prochaine étape, au cours de laquelle la plante aura besoin de potassium et de phosphore. La disponibilité et la composition des nutriments jouent donc un rôle crucial. CANNA Terra Flores renferme tous les éléments nutritifs dont une plante a besoin pour la floraison. Il stimule la formation des fruits, et est directement assimilable et absorbable par la plante. Les engrais CANNA Terra sont des engrais en une partie, donc très faciles à utiliser. CANNA TERRA : l’ensemble est plus grand que la somme de ses éléments ! Pour plus de renseignements sur CANNA TERRA ou pour télécharger l’InfoPaper CANNA TERRA, visitez le www.canna-hydroponics.ca.


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Nouvelles & brèves | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Spécial « Conseils à suivre dans la cuisine » Danger :

L’eau (seule) ne devrait JAMAIS être réchauffée au four à micro-ondes De nombreuses personnes ne sont pas au courant... Je ne l’étais pas. Il y a quelque temps, mon fils de 26 ans a décidé de se faire une tasse de café soluble. Il a pris une tasse d’eau et l’a mise dans le four à micro-ondes pour la réchauffer (ce qu’il avait déjà fait à maintes reprises). Je ne sais pas à combien de temps il a réglé la minuterie, mais il m’a dit qu’il voulait amener l’eau à ébullition. Lorsque la minuterie s’est arrêtée, il a enlevé la tasse du four. En prenant la tasse, il a noté que l’eau ne bouillait pas. Soudainement l’eau dans la tasse lui a « explosé » au visage. La tasse est demeurée intacte jusqu’à ce qu’il la lâche, mais toute l’eau lui avait déjà arrosé le visage en raison « d’une accumulation d’énergie ». Il a des cloques sur tout le visage et a subi des brûlures aux premier et deuxième degrés. Il en restera probablement marqué à vie. De plus, il a perdu partiellement la vue dans son œil gauche. Lorsqu’il est arrivé à l’hôpital, le médecin qui le traitait a mentionné que c’est un fait courant et que l’eau (seule) ne devrait JAMAIS être réchauffée au four micro-ondes : « Si l’eau est pour être réchauffée de cette manière, quelque chose devrait être introduit dans la tasse, comme une cuiller en bois ou un sachet de thé (sans agrafe) afin de diffuser l’énergie. » Voici ce qu’il a ajouté sur le sujet :

« J’ai déjà constaté ce genre d’événement dans le passé. Ceci est causé par un phénomène connu sous le nom de suréchauffement. Ça se produit lorsque l’eau est chauffée au four à micro-ondes et plus particulièrement lorsque le contenant est neuf. Ce qui se produit est que l’eau se réchauffe plus rapidement que les bulles de vapeur ne peuvent se produire. Du fait que les bulles ne peuvent se former et libérer la chaleur accumulée, le liquide ne bout pas, donc il se réchauffe en dépassant son point d’ébullition. Lorsque l’eau est déplacée soudainement, il se produit un choc suffisant pour causer la création rapide de bulles qui expulsent l’eau chaude. La formation rapide de bulles est également la raison pour laquelle les liquides gazeux (cola, champagne) jaillissent lorsqu’on brasse les bouteilles avant de les ouvrir. »

D’autres conseils pour la cuisine

• Ajoutez une cuillerée d’eau lorsque vous faites frire du bœuf haché. Cela contribuera à éloigner le gras de la viande durant la cuisson.

• Pour réussir des œufs brouillés ou des omelettes très riches, ajoutez deux cuillerées de crème sure, de fromage à la crème ou de crème riche et mélangez le tout. • Réchauffez vos restes de pizza dans une poêle sur un rond de la cuisinière, à feu moyen doux, jusqu’à ce qu’ils soit chauds. La croûte restera croustillante. Fini, la pizza au four à micro-ondes toute molle. • Conservez vos morceaux de fromage dans du papier d’aluminium. Ils resteront frais plus longtemps et ne pourriront pas!

• Tasses à mesurer : avant de mettre une substance collante dans une tasse à mesurer, remplissez celle-ci d’eau chaude. Jetez l’eau, mais ne séchez pas la tasse. Versez-y votre ingrédient, comme du beurre d’arachides, et vous verrez qu’il s’enlève facilement. • Verre brisé : utilisez une boule d’ouate ou un coton-tige humide pour ramasser les petits éclats de verre difficiles à déceler.

• Réouverture d’une enveloppe : si vous scellez une enveloppe, puis réalisez que vous avez oublié d’y ajouter quelque chose, placez cette enveloppe au congélateur pour une heure ou deux. Elle s’ouvrira facilement. – F.D.

Connaître ce phénomène, c’est prévenir et éviter à de nombreuses personnes des blessures graves et de la souffrance. D’autre part, et contrairement à la légende urbaine, l’eau réchauffée au four à micro-ondes – soi-disant pour la stériliser – n’est pas meilleure pour la croissance des plantes que l’eau filtrée. Voir la photo comparative de deux plantes à neuf jours ci-dessous arrosées avec de l’eau stérilisée selon les deux méthodes. La plante arrosée avec de l’eau filtrée est en bien meilleure santé. – Francine Deschesnes, infirmière, B.Sc.

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À gauche, la plante à neuf jours a été arrosée uniquement avec de l’eau stérilisée au four à micro-ondes, tandis qu’à droite, son arrosage a été constamment fait avec de l’eau filtrée.


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Construire

sa propre table à marée

pour démarrer des boutures Par C. Blanc

Pour démarrer vos boutures, une table à marée de base, réalisable en quelques minutes, est l’instrument idéal pour tout jardinier intérieur qui veut reproduire ses plantes préférées dans les meilleures conditions. Elle est facile à réaliser, peu onéreuse et au final, très efficace.

Il vous faudra le matériel suivant : • 2 plateaux de table à marée d’environ 51 sur 152 cm; • 1 dôme de propagation en plastique transparent laissant bien filtrer la lumière, de mêmes dimensions que les plateaux; • 2 drains en plastique; • 1 perforateur (ou pyrograveur); • 1 petite pompe pour aquarium; • 2 tuyaux du même diamètre que les drains et suffisamment longs pour raccorder les drains à votre source d’alimentation en eau (ou réservoir de solution nutritive); • 1 marqueur argenté pour faire vos marques sur le plastique du plateau; • 1 espace laissant puissamment filtrer la lumière du jour, ou encore mieux, un néon spécifiquement conçu pour la propagation. Afin d’assurer la rigidité et le maintien de votre table à marée, je vous conseille de commencer par insérer deux plateaux de mêmes dimensions l’un dans l’autre. Ainsi, en doublant le plateau, vous aurez une table plus solide et plus aisée à déplacer, avec les boutures à l’intérieur si nécessaire. Une fois que cela est fait, retournez les deux plateaux encastrés et marquez à l’aide du feutre argenté l’endroit où vous souhaitez percer pour insérer les deux drains. Vous aurez en effet besoin de fixer deux drains sous votre table, le premier assurant l’entrée de la solution nutritive dans la table à marée grâce à son raccord à la pompe, le second pour que la marée se retire (enfin, pour la vidange… vous l’aurez compris!).

Dessinez ensuite le diamètre du drain sur le fond du plateau et découpez le trou simultanément dans les deux plateaux à l’aide du perforateur ou du pyrograveur. Si vous ne disposez d’aucun de ces deux derniers instruments, vous pouvez toujours chauffer un clou ou une très grosse aiguille métallique à blanc à l’aide d’un chalumeau et tenter de percer les plateaux avec le clou (ou l’aiguille) maintenu par une pince multiprise, mais la qualité de la précision sera moindre et l’effort, au moins triplé! Répétez l’opération pour percer l’accès du second drain. Lorsque vos trous sont nets et que les bords surchauffés pour la coupe auront refroidis, insérez-y les deux drains. Raccordez alors les tuyaux aux drains, puis reliez chacun d’entre eux au réservoir de solution nutritive (le premier, pour l’entrée de la marée, sera fixé directement sur la petite pompe d’aquarium accotée au réservoir et le second arrivera bien au-dessus du réservoir pour permettre le recyclage de la solution nutritive). Lorsque ces raccords sont faits, assurez-vous que l’inondation de la table se fait sans inconvénient majeur et sans précipitation en actionnant la pompe. Si l’eau immerge le plateau sans le submerger et qu’une légère inclinaison de la table vous permet de procéder à un début de vidange, vous êtes alors fin prêt pour démarrer vos boutures. Placez vos boutures fraîchement prélevées dans des cubes de laine minérale. Après avoir calculé combien de cubes de laine minérale votre table peut contenir, placez-y autant de cubes que possible, avec les boutures en place, sans toutefois trop serrer les cubes, car ils vont gonfler à l’arrivée de la solution nutritive. Démarrez alors la pompe en la laissant fonctionner le temps que l’eau nécessaire à l’imbibition de vos cubes soit déversée dans la table à marée. Dès que les cubes de laine minérale sont suffisamment humidifiés, arrêtez la pompe. Inclinez alors légèrement la table à marée pour la débarrasser de son surplus en eau. Placez ensuite le dôme de propagation au-dessus du plateau et disposez votre table à marée sous la lumière (naturelle, ou encore mieux, des lampes spécifiquement conçues pour la propagation des racines). Maintenant, vous n’aurez plus qu’à pratiquer l’opération d’inondation de votre table à marée une fois par jour. Au bout d’une semaine de ce régime, vous devriez commencer à voir apparaître des racines sur les pourtours des cubes de laine minérale. Un dernier conseil : j’ai une préférence pour la solution d’enracinement aux vitamines B-1 B’cuzz produite par la compagnie Atami. Quant aux cubes de laine minérale, j’utilise toujours ceux de la marque Oasis.


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PLANTE D’INTÉRIEUR | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

La Justicia carnea,

la plume brésilienne par Daniel Fortin

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La famille des Acanthacées accueille un grand nombre de plantes d’intérieur de culture relativement facile, notamment, la plante zèbre (Aphelandra squarrosa), la plante crevette (Beloperone guttata), le Crossandra infundibiliformis, la plante mosaïque (Fittonia verschaffeltii), l’Hemigraphis alternata et la plante sucre d’orge (Pachystachys lutea), dont nous avons traité dernièrement. À ce groupe, il faut ajouter la Justicia carnea. Cette espèce est également connue sous le nom de Jacobinia carnea. Il semble cependant que le nom Justicia ait préséance. Il regrouperait présentement un certain nombre d’espèces autrefois associées aux genres Adhatoda, Beloperone, Drejerella, Jacobinia et Libonia. Pour le jardinier d’intérieur, ces problèmes de nomenclature botanique sont très secondaires.


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | PLANTE D’INTÉRIEUR

La Justicia carnea est un arbuste tropical, de 1 à 1,80 m de hauteur et de 0,70 à 1 m d’étalement. Il est originaire de l’Amérique du Sud, notamment du Brésil. Ses tiges multiples et plutôt grêles, dressées, portent des feuilles nettement nervurées, de vert moyen à vert foncé, ovales lancéolés, d’environ 15 à 20 cm de longueur et de 7 cm de largeur. Ce n’est point pour le feuillage que cette plante est aimée, mais pour sa floraison. Les fleurs tubulaires rose bonbon, à deux lèvres, sont groupées en grappes terminales, de 10 à 15 cm de hauteur, au sommet de tiges feuillées. Sans être continue, la floraison est généralement remontante et survient plusieurs fois par année. Cette espèce est régulièrement offerte dans le commerce. Comme les boutures des tiges terminales s’enracinent facilement, il est possible de multiplier quasi à l’infini un plant mature pour le plus grand plaisir de la parenté et des amis. Une autre espèce apparentée, la Justicia aurea, originaire du Mexique et de l’Amérique centrale, est également connue des botanistes. Il se distingue de J. carnea par ses fleurs jaune vif plutôt que roses. Malheureusement, cette variété est rarement offerte dans le commerce.

La culture

Les deux espèces, Justicia carnea et J. aurea, requièrent une lumière vive avec trois ou quatre heures de plein soleil par jour. La température idéale de croissance se situe entre 20 et 28°C. Bien que la croissance soit normalement continue, sous notre latitude et avec la diminution tant quantitative que qualitative de notre luminosité, une période de repos hivernal est bénéfique à ces espèces. La température minimale ne doit pas descendre sous les

12°C. En période de croissance, les Justicia exigent des apports d’eau abondants et réguliers. Un apport d’engrais soluble tous les 15 à 20 jours entre la fin mars et la mi-septembre accroît la vigueur et la floribondité des spécimens en culture.Un terreau pour plantes tropicales avec un ajout de perlite ou de vermiculite est le milieu de croissance idéal pour ces plantes. Les proportions idéales sont 2/3 du volume en terreau pour 1/3 de perlite ou de vermiculite. Ces arbustes, de grande taille, doivent être fréquemment taillés pour éviter une croissance tout en hauteur; la taille permet de ramifier les plants et de les garder plus compacts.

La multiplication

Les boutures de tiges terminales, de 10 à 15 cm de long, s’enracinent facilement entre la fin mars et le début juillet. On taille sous un nœud et on enlève les feuilles pour n’en conserver que deux ou quatre au sommet de la bouture. On plonge la base de la bouture dans une poudre d’hormone d’enracinement et on les plante dans un pot contenant moitié terreau d’empotage et moitié vermiculite ou perlite. On arrose abondamment le pot et on laisse de l’eau dans la soucoupe. Il est conseillé d’enfermer le pot contenant les boutures dans un sac de plastique transparent. On remet de l’eau au besoin pour maintenir le milieu d’enracinement toujours très humide. L’enracinement se produit généralement au bout de trois ou quatre semaines. Une fois enracinées, les boutures seront transplantées dans un contenant de terreau pour plante tropicale amendé de perlite ou de vermiculite.

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Université de Sydney

Science et Recherche en Agriculture

Dr. John Vella

Systèmes propres = plantes heureuses!

Ça marche!

Volume 4 – Numéro 3 | 35


DÉCOUVERTE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Six pieds

sous terre

Par Sylvie Laberge Quelle est l’épaisseur de l’atmosphère? En tout, l’atmosphère représente plus de 500 km de couches différentes, essentielles à la vie. La troposphère, plus près de nous, fait plus de 10 km. Quelle est l’épaisseur de l’autre couche essentielle à toute vie terrestre, la pédosphère? La question mérite deux réponses : la réponse pratique, qui nous dit qu’elle mesure entre 30 centimètres et 5 mètres, selon l’endroit où l’on vit. L’autre, plus théorique, nous explique ce qu’est la pédosphère : c’est la couche de sol arable, cultivable, celle où la vie peut prendre racine, celle sur laquelle nous posons les pieds tous les jours, celle que l’on ignore, néglige, détruit, retourne, remblaie, recouvre et asphyxie. 36 | Volume 4 – Numéro 3

Comme l’air que l’on respire et l’eau que l’on boit, la terre peut être polluée et dégradée, et celle que l’on cultive peut être pauvre et improductive. En fait, qu’est-ce que le sol? C’est un assemblage « réf léchi » d’horizons (couches horizontales). Au départ se trouve la roche-mère, l’horizon le plus profond. Elle peut être constituée de roche magmatique, comme le basalte et le granite, de roche métamorphique, comme le gneiss ou, enfin, de roche sédimentaire, comme le calcaire. Puis suivent différentes successions de mélanges de minéraux et d’humus (dans lesquels les minéraux dominent largement). Plus près de la surface, l’humus de matière organique est la couche la plus importante, puisque c’est elle qui contient les cultures. Enfin, il y a la litière à la surface du sol, qui n’est pas encore décomposée. On demande au sol de nourrir plus de six milliards d’êtres humains. Pour ce faire, les engrais chimiques et les pesticides sont universellement utilisés. Les sols ainsi traités deviennent, pour un temps, très productifs, mais sont ensuite incapables d’assurer leur autorenouvellement. L’arrêt de l’utilisation des produits chimiques signifie la « mort » presque assurée de la parcelle, qui s’échelonnera sur des années. Laissée à elle-même, cette terre ne sera plus productive pendant au moins une génération. Il faudra réintroduire la vie bactérienne, les animaux, les insectes et la matière organique pour redémarrer le cycle du vivant. Avec l’aide de l’humain, quelques années seulement seront nécessaires à son retour à la vie. Le complexe argilohumique est la clé de cet engrenage. Tous les éléments mentionnés sont indispensables à la formation de ce complexe argilohumique.


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | DÉCOUVERTE

D’abord, l’humus. Il est formé de débris végétaux et animaux presque totalement décomposés par les microorganismes. Il faut un renouvellement annuel de cette matière non décomposée sur le sol pour maintenir le processus de la formation de l’humus. Sans cet apport de matériel frais, l’humus non renouvelé perdra ses composés biologiques et vivants à raison de 2% par année. Certains de ces composés sont absorbés par les plantes pour se nourrir, ou lessivés par la pluie. Ensuite, il y a l’argile : c’est une roche sédimentaire dégradée composée de minéraux bien précis. Elle forme de petites plaquettes disposées en feuillets empilés et microscopiques. Une particule d’argile mesure moins de 0,002 mm. Son pouvoir d’absorption est pourtant immense : un gramme d’argile a une surface totale de 900 mètres carrés. L’humus et l’argile combinés dans le sol ne pourraient former ce complexe argilohumique si important sans la présence de calcium (entre autres). En effet, cet élément minéral possède une charge positive (+) qui fait office de pont entre l’argile et l’humus, tous deux de charge négative (-). Ce complexe -+- est à l’origine de la formation d’agrégats, petites boulettes de terre formées de milliers de ces liaisons, et responsables de la structure du sol. Entre les agrégats, l’eau et l’air voyagent, indispensables au maintien de la vie. Ces deux éléments composent 50% du sol, alors que l’humus n’est présent qu’à raison de 2 à 12%. Les particules minérales occupent le reste de l’espace, jusqu’à 45%. La part du vivant dans cette équation est phénoménale. On estime à un milliard le nombre de bactéries dans un gramme de bonne terre. Les algues microscopiques présentes dans ce gramme de

terre ne vivent qu’à la surface, puisqu’elles ont besoin de lumière pour compléter le cycle de la photosynthèse. Ce qui explique leur « faible » prévalence, à 100 000 individus par gramme. Les champignons constituent un poids important dans le sol : jusqu’à deux tonnes par hectare. Leur rôle est crucial : ils sont les seuls à pouvoir décomposer la lignine, cet élément fibreux et coriace qui forme la structure du bois. La lignine est aussi la source principale d’humus dans le sol. Puis, il y a les actinomycètes, organismes intermédiaires entre le champignon et la bactérie. On en trouve environ une tonne par hectare. Leurs rôles sont variés, allant de la décomposition de la litière à la fixation de l’azote; ce sont des employés multifonctionnels. Les fourmis brassent le sol comme aucune autre machine ne le fera jamais : en respectant les horizons, le rythme et l’intégrité du sol. Les rongeurs et fouisseurs, comme les taupes, creusent des galeries qui permettent l’entrée massive d’air et d’eau dans le sol. Parmi les insectes, les acariens, les cloportes et les iules sont responsables de la très grande perméabilité du sol, car ils creusent des microgaleries à la surface, conférant au sol une très forte porosité. En effet, au cours d’une averse, le sol d’une forêt absorbe 150 millimètres d’eau par heure, alors que le sol d’un champ en culture traditionnelle (avec herbicides, pesticides, fongicides, insecticides, acaricides...) n’en absorbe qu’un seul! Le ver de terre n’est pas le moindre de tous les laboureurs : il est quasi indispensable. Il vit dans des terriers verticaux. Il prend la litière à la surface et la descend sous terre pour la consommer. Ses excréments forment un humus de grande qualité. On en compte jusqu’à quatre tonnes par hectare, un poids important.

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DÉCOUVERTE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

On a tendance à rejeter toute matière rocheuse quand on construit un potager ou une plate-bande. Pourtant, près de 50% d’une poignée de bonne terre est constituée de granules fines de minéraux. Ils sont produits par le gel, le dégel et l’action des lichens sur la roche-mère, et transportés par l’eau et les vers de terre, entre autres. Le minéral est partie intégrante du complexe argilohumique. En 2008, un chercheur québécois a présenté une nouvelle théorie qui est venue changer la perception que certains avaient de la roche-mère. Selon les plus vieilles idéologies, celle-ci n’aurait peu ou pas de lien avec la matière vivante. La récente étude suggère une avenue tout à fait différente. Les bactéries (organismes vivants les plus nombreux sur Terre) pourraient être à l’origine de la création de centaines de nouveaux minéraux tout au long de l’évolution de la Terre (l’hypothèse de l’apparition des premières formes de vie [bactéries] il y a 3,4 milliards d’années soulève toujours la controverse). Les principaux éléments de base de la formation de la plupart des roches sont bien connus : l’oxygène, le silicium, l’aluminium, le fer, le magnésium, le calcium, le potassium et le sodium. De 12 minéraux à l’origine, notre planète en compterait aujourd’hui plus de 4 300. Voilà un autre indice, si besoin est, que tout est relié, que cette chaîne ne peut perdre un maillon sans que nous en subissions les conséquences. La forêt et son sol, tout comme la prairie naturelle et son sol, forment un ensemble tricoté serré. Comme le corps humain perd de son efficacité lorsqu’il est amputé d’un membre ou d’une fonction, l’ensemble sol-forêt ou sol-prairie perd sa capacité à retenir tous ses éléments lorsqu’une perturbation survient. Il faut entre 50 et 100 ans pour obtenir une forêt mature et parfaitement rodée. La coupe à blanc pratiquée dans toutes les parties du monde, comme nombreuses autres agressions, vient détruire le processus argilohumique du biotope. La plante naît grâce à la mort d’un organisme. Celui-ci, animal ou végétal, aura été « traité » pour le rendre assimilable par des bactéries, des champignons, des vers, des insectes, des mammifères, des milliards d’organismes travaillant en collaboration, dans un cycle sans fin... du moins en théorie. Les éléments qui constituent la plante seront, à sa mort, retournés au sol par l’action des « microbes », microfaune et macrofaune, champignons, pluie, vents, gels et dégels. Le déboisement massif met un terme brutal à ce cycle. L’érosion s’annonce, sans les racines vivantes pour retenir le sol lors de fortes pluies. La sécheresse menace et l’humidité ambiante devient pratiquement inexistante, faute de végétation pour la retenir. La matière organique disparaît inexorablement. Le rythme de vie de la faune s’altère, certains animaux « déménagent » sous des cieux plus cléments. L’environnement perturbé mettra des années à se relever. Le réchauffement climatique viendra augmenter les conséquences déjà néfastes de ces évènements. L’engrenage naissance-vie-mort perd une roue. Les coupes à blanc libèrent 18% de gaz à effet de serre. Ces gaz proviennent du dérèglement du cycle naissance-vie-mort. Le CO2 n’est plus absorbé par les plantes, les débris animaux et végétaux pourrissent, libérant des gaz nocifs (comme le méthane). Les activités humaines aux alentours polluent encore plus, puisque rien n’absorbe le dioxyde de carbone et les poussières produites par nos véhicules et nos travaux. Le sol s’acidifie, les cours d’eau

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environnants font de même, la biodiversité s’appauvrit, c’est un champ de bataille après le dernier combat. À l’Université de Toronto, une équipe de chercheurs et d’étudiants menait, fin 2008, une expérience fort révélatrice : une augmentation de 3 à 5°C de la température du sol dans les 20 premiers centimètres de profondeur cause des dommages apparemment irréparables à la chaîne de vie. À cette température, les champignons responsables de la dégradation de la lignine sont hyperstimulés (ils prennent moins de temps pour la décomposer) et cet élément disparaît beaucoup plus rapidement qu’en temps normal. La composition du sol change radicalement, les microorganismes ont du mal à s’adapter, certains disparaissent. La cire des aiguilles de conifères devient presque impossible à digérer, et s’accumule donc. C’est un enchaînement difficile à arrêter. Voilà pour les sols des forêts. Il existe une infinité d’autres façons de détruire le sol. La compaction, le remplissage, les déversements toxiques et le retournement, plus communément appelé le labour, sont des exemples. Les horizons successifs du sol sont durement affectés par le labour, inventé par les Chinois en 2800 avant Jésus-Christ, mais transporté en Europe beaucoup plus tard, soit environ six siècles après Jésus-Christ. La bactérie, le champignon ou l’algue qui vit à la surface du sol meurt lorsque celui-ci est retourné. On ne retrouve tout simplement plus les conditions nécessaires à sa survie à 30 centimètres de profondeur. La matière organique enfouie ne pourra pas être travaillée par ces organismes et s’accumulera en sous-sol pour former, à l’aide du piétinement, une semelle imperméable, et ensuite pourrir. Regardez le sol de la forêt ou de la prairie naturelle : il n’est pas labouré. Pourtant, sa productivité est phénoménale. Chaque élément vivant participe en douceur à l’aération et à la décomposition de la matière organique, bouclant le cycle. La superficie des terres émergées sur notre planète est de près de 150 millions de km 2. Le quart de ces sols pourraient être cultivés. De cette aire, 60% seulement le sont, le reste étant inaccessible, trop froid, trop chaud, etc. En 1991, environ 10 millions de ces km 2 de terres agricoles étaient dégradés, soit 6,6%. À travers le monde, on estimait en 2003 que 14 millions de km 2 – tous sols confondus – étaient perturbés, incapables de produire et de conserver la biomasse nécessaire à la vie. Quatorze millions de km 2, c’est une fois et demie le Canada. Chaque année, 73 000 km 2 de forêt sont éliminés. C’est une crise mondiale, mais silencieuse. On parle beaucoup de la pollution de l’air et de l’eau, mais on a tendance à sous-estimer la pollution du sol. L’accumulation de métaux lourds – les dépotoirs à déchets électroniques se multiplient – les changements climatiques, les inondations, les sécheresses, les mauvaises pratiques culturales… tous ces éléments contribuent à la dégradation de la qualité de notre sol. Celui-ci, devenu corrompu, ne peut plus produire l’aliment sain et nourrissant auquel chaque être humain a droit. Que ce soit ici ou à l’autre bout du monde, il faut prendre conscience que ces quelques centimètres de terre sont plus que précieux, aussi précieux que O et H 2O. « Parle à la terre, et elle t’enseignera. » Ces paroles sont vieilles de plusieurs milliers d’années, mais toujours d’actualité. À nous maintenant de ne pas les oublier.


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SANTÉ DES PLANTES | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

causer des problèmes. Cela est d’autant plus vrai dans le cas des métaux lourds. Ces éléments indésirables peuvent se déposer dans le substrat, causant des problèmes de salinité et de toxicité, ou traverser dans la plante, où ils demeurent jusqu’à ce que le jardinier les consomme ou jusqu’à ce qu’ils se dégradent dans le substrat.

Biologique, minéral :

de quoi parle-t-on?

Par Geary Coogler, horticulteur Biologique, inorganique, minéral, naturel, entièrement naturel... Qu’est-ce que tout cela signifie? Examinons ensemble la réelle signification de ces termes et ce qu’ils signifient pour le jardinier. Commençons par quelques définitions de base : 1. Minéral : Les sels inorganiques, y compris le sodium, le potassium, le calcium, le chlore, le phosphore, le soufre, etc. On les appelle des minéraux, car ils sont (ou étaient) obtenus par des opérations minières. Ils ne sont pas nécessairement naturels. 2. Biologique : Chimiquement, il s’agit d’une substance qui contient du carbone dans ses molécules (à l’exception des carbonates et du cyanure). Les substances d’origine animale et végétale sont biologiques. Les matières biologiques ne sont pas nécessairement naturelles. 3. Inorganique : Ce qui n’est tout simplement pas biologique. Voir la définition de « minéral ». Les matières inorganiques ne sont pas nécessairement naturelles. 4. Naturel : Présent dans la nature ou produit par la nature. La définition pourrait se poursuivre sur dix pages. En ce qui nous concerne, « naturel » signifie qui n’a pas été fait par l’humain, mais a été récolté ou traité dans la nature. 40 | Volume 4 – Numéro 3

5. Synthétique : Fait par l’humain, plus

précisément, non naturel : artificiel.

Maintenant que nous comprenons ces définitions, passons-les en revue et examinons en quoi elles ont trait au choix des composantes des systèmes de culture. Les racines peuvent se montrer sélectives quant aux éléments qu’elles laissent traverser les membranes cellulaires et pénétrer dans la plante. Elles forment un système formé de nombreuses composantes qui fonctionnent en permettant l’accès par la diffusion à tous les éléments plus petits qu’une taille précise, déplacent activement des molécules très précises, comme les nitrates ou les éléments plus volumineux, ou utilisent des méthodes variées. Les éléments minéraux sont ceux qui vont se dégrader le plus rapidement. Comme tous les éléments doivent exister comme élément unique afin de traverser la paroi cellulaire et que les composantes fournies biologiquement sont toujours des molécules complexes qui doivent être plus amplement dégradées pour devenir utilisables, les minéraux synthétiques inorganiques réagiront plus rapidement avec une plante et pourront être contrôlés avec plus de précision. Malheureusement, lorsqu’on les donne jumelés à des composantes indésirables ou lorsque l’élément n’est pas pur, les impuretés et les composantes indésirables peuvent

Le terme « biologique » suggère deux concepts de base. Le premier est matériel : la source de l’azote est une molécule biologique et contient du carbone. Elle doit être dégradée pour devenir disponible. Le second veut que la qualité biologique s’applique au produit fini, la plante ou le fruit, qui est récolté ou utilisé. Il faut comprendre qu’un produit combiné, comme un engrais, peut avoir des composantes biologiques et des éléments minéraux, et peut être biologique ou non, selon ces deux composantes. Les composantes biologiques sont synthétiques ou naturelles. Lorsqu’on parle d’engrais, on travaille principalement avec l’azote. L’azote naturel biologique est fourni par des composantes entières d’éléments issus du vivant, de plantes ou d’animaux : du fumier, du compost, de la farine de sang, etc. Ces éléments ont besoin d’organismes pour finir de les dégrader. L’azote synthétique biologique comprend des composés comme l’urée, qui sont relâchés selon les microbes, la température, le pH ou d’autres conditions du substrat. L’azote est disponible assez rapidement, bien qu’une certaine dégradation soit requise. Plus l’azote est disponible rapidement, plus les éléments sont absorbés rapidement par la plante et plus grandes sont les chances de brûlures. C’est uniquement en optant pour les éléments minéraux requis pour la décomposition, en choisissant les bons microbes pour dégrader les éléments et en créant un chemin pour la décomposition que les engrais biologiques, comme BioCanna Vega et Flores, peuvent contenir une valeur précise et connue de nutriments. Utiliser un mélange de composantes dérivées de plantes et d’animaux procurera presque tous les éléments


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SANTÉ DES PLANTES | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

requis, mais pas tous. Un jardinier qui utilise une alimentation entièrement biologique ne maximisera jamais sa récolte. Certains composants, comme le calcium, sont requis en grande quantité, mais sont consommés dans le processus de dégradation. La meilleure option consiste donc à suppléer ce qui est requis pour obtenir les bons taux en ajoutant des éléments naturellement disponibles, comme la chaux ou le phosphate minéral. On ne peut toutefois plus qualifier le produit de biologique : il est maintenant naturel et biologique. Cette même description pourrait être utilisée pour un azote synthétique biologique ou pour un phosphate contaminé aux métaux lourds. La confusion règne. On voit que les termes « biologique » et « naturel » signifient bien des choses. Pourtant, on peut les utiliser en même temps pour obtenir de meilleurs résultats. Que faire? Il faut d’abord comprendre certaines choses. Certains composés existent dans presque tous les sols naturels minéraux cultivables. Le calcium est fourni dans la chaux. Le phosphore existe également dans tous les sols, qu’il soit lié ou libre. Le phosphate est sous forme oxydée et survient dans tous les sols minéraux (la majeure partie en est fixée sous forme d’interactions entre le phosphate et le calcium et demeure non disponible). L’utilisation de composantes naturelles biologiques requiert un bon environnement racinaire, qui contient les microbes requis pour dégrader les composantes biologiques. Les conditions physiques comme la température, l’humidité et le pH auront une incidence sur le processus. Il faut en tenir compte. La culture biologique nécessite non seulement le bon engrais, mais que chaque composante respecte également les normes biologiques. Les semences ou les boutures doivent être biologiques, le contrôle des insectes doit être naturel ou dérivé de composés naturels végétaux ou animaux. Les matériaux utilisés pour produire les composantes des systèmes biologiques doivent aussi être biologiques. La culture biologique demande du temps, car les matériaux 42 | Volume 4 – Numéro 3

utilisés pour nourrir les plantes requièrent du temps pour se dégrader suffisamment pour fournir ce dont la plante a besoin. La culture naturelle biologique requiert l’établissement d’un microcosme pour traiter les composantes biologiques ayant besoin d’être dégradées. Vous pouvez ajouter tout le fumier, toutes les déjections de vers de terre et toute la farine de sang que vous voulez au substrat : sans vie microscopique, rien ne se produira. Il pourra se dégrader quelque peu en s’oxydant, mais pas suffisamment pour nourrir une culture. Il faut que des organismes se nourrissent des protéines brutes ou des autres composants, puis que d’autres organismes se nourrissent de ces sous-produits, puis d’autres, jusqu’à ce que le mélange devienne utilisable pour les plantes. La faune et la flore microscopiques doivent être présentes au bon moment. Tout cela doit se produire dans la zone racinaire, dans un substrat qui le supportera. Notre système est donc limité aux substrats de terreau et aux substrats sans sol à base biologique, généralement de la tourbe, car ses valeurs fonctionnent bien avec les composantes biologiques. La meilleure alimentation à utiliser est celle qui est aussi proche que possible du stade final de la dégradation. Cela réduit la variabilité et les risques. Les « thés » biologiques, ou composts liquides, sont un exemple de produits se rapprochant du résultat final. Dans un monde idéal, de grands réservoirs de fermentation recevraient les matières premières et les transformeraient en engrais liquide grâce à des ajouts soigneux de microbes du sol, qui effectueraient la première étape. Une fois qu’ils auraient digéré tout ce qu’ils pouvaient, on pourrait les retirer et les remplacer par les microbes de la prochaine étape. On répéterait l’opération avec les mêmes microbes, conçus pour produire des composés très précis, jusqu’à l’étape finale. Je rêve peut-être en couleur, mais les technologies futures le permettront. Une entreprise (Canna) offre un engrais pour le substrat biologique de terreau ou sans sol, qui est produit précisément de cette façon. Il est vendu sous les noms BioCanna BioVega et BioFlores.

Des organisations ont été mises sur pied pour certifier les composantes et les processus que l’on peut qualifier de biologiques. Cela est fait afin de s’assurer que les consommateurs obtiennent ce qu’ils croient obtenir. Des organisations comme l’OMRI (Organic Materials Review Institute) et les organismes de contrôle de l’Union européenne regardent les matériaux que l’on étiquette comme biologiques ou produits biologiquement et certifient les produits et les processus utilisés. Il s’agit là de services payés qui garantissent à la fois le produit et le processus. Les gouvernements, d’un autre côté, devraient fournir des contrôles pour l’utilisation de ces mots sur les étiquettes des produits. Certains gouvernements gèrent la conception et le contenu des étiquettes des engrais et des pesticides. La plupart ne permettent pas l’utilisation des mots « biologique » ou « naturel » sur une étiquette si le produit ne répond pas à certains critères. Certains sont beaucoup plus stricts, ne permettant l’utilisation du mot « biologique » que lorsque toutes les composantes d’un produit sont dérivées de plantes ou d’animaux. La certification est conçue pour protéger l’acheteur et les consommateurs des entreprises illégitimes. C’est là un résumé du problème. Il est difficile de ne pas être confus! Informezvous quant au contenu minéral du produit, découvrez d’où provient la technologie, utilisez des produits certifiés, apprenez comment ils sont produits et utilisez-les correctement. Quelle culture entreprenez-vous (certaines espèces ne réussissent pas aussi bien dans les systèmes biologiques)? Que pouvez-vous raisonnablement espérer de cette méthode? Si vous voulez cultiver de façon biologique, utilisez des produits certifiés. Voici mon conseil : cultivez la simplicité! Comprenez comment tout fonctionne et les limites de chaque élément, mais profitez des avantages que vous procure la culture biologique. Sources : Answers.com, A Dictionary of Food and Nutrition (Oxford University Press), American Heritage Dictionary of the English Language (Houghton Mifflin).


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CONTROVERSE | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Curiosité botanique

Avec la Stevia rebaudiana, du sucre en puissance

Concentré sucré en puissance! Une plante des forêts d’Amérique du Sud, jusque-là ignorée de beaucoup, terrorise actuellement les producteurs mondiaux de sucre et d’édulcorant, ainsi que les législateurs européens, après avoir finalement conquis les limonadiers américains. En effet, la Stevia rebaudiana dissimule dans ses feuilles un pouvoir sucrant qui serait 150 à 200 fois plus puissant que celui du sucre traditionnel. De plus, la Stevia rebaudiana, utilisée comme agent sucrant, bénéficie d’un apport nul en calories. Sa feuille séchée et réduite en poudre donne un édulcorant que l’on peut utiliser comme du sucre fin. Une autre application industrielle consiste à extraire les molécules responsables du goût sucré de la plante (stéviols, stéviosides et rébaudiosides) afin d’en faire un produit de synthèse qui servira de sucrette. On peut utiliser ce produit entièrement naturel dans de nombreuses applications culinaires : sauces, confiseries, boissons, plats cuisinés, produits lactés, pâtisseries… C’est ce que certains marchés viennent de découvrir. Pourquoi la plante a-t-elle été ignorée pendant si longtemps? Pressions de l’industrie sucrière? Peut-être. En tout cas,

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Par G. Arseneau au Japon, elle s’est installée depuis 35 ans, au point de dominer actuellement 40% du marché des produits du sucre et d’y gagner encore chaque année de nouvelles parts de marché. Aux États-Unis, les producteurs de soda comme Coke ou Pepsi commencent à s’intéresser à cette plante pour l’introduire dans la fabrication de leurs produits dits « diètes ». Ils prévoient de façon imminente d’introduire un composé de la plante Stevia rebaudiana dans leurs boissons sucrées « diètes », ce qui ne devrait absolument pas en changer le goût et ainsi passer inaperçu auprès des consommateurs, mais pas des producteurs traditionnels de sucre qui craignent pour leurs bénéfices en ces temps de crise. Si les géants américains du soda s’apprêtent à substituer Stevia au sucre habituel, cela terrorise les pays producteurs de sucre de canne ou de betterave, et en Europe, et en France en particulier, on tente de freiner l’invasion de Stevia rebaudiana. En effet, en France, la Stevia rebaudiana est peu connue et entre dans une catégorie de la législation qui lui laisse peu de marge de commercialisation. En effet, une plante qui n’est pas consommée dans son intégralité, mais dont on ne consomme que

des extraits, entre dans une régularisation très précise où elle est considérée comme nouvel aliment ou nouvel ingrédient alimentaire, au même titre que les plantes OGM. Les adeptes de Stevia rebaudiana trouvent cela scandaleux, car la plante est utilisée depuis des millénaires par les Amérindiens et est considérée comme une toute nouvelle découverte en Europe. Hypocrisie! La loi est dénoncée par la directrice d’une société nommée Guayapi Tropical qui vend essentiellement des plantes d’Amérique du Sud et en particulier d’Amazonie. Cette femme, Claudie Ravel, a même déjà été condamnée pour « tromperie » parce qu’elle a vendu de la poudre de feuilles de Stevia sous l’intitulé de « complément alimentaire à fort pouvoir sucrant ». Alors complément alimentaire ou nouvel aliment? C’est la question que Mme Ravel aimerait voir résolue au plus vite. Elle tente depuis dix ans de faire enregistrer la plante sous l’appellation de complément alimentaire. En vain. Le marché européen est des plus compliqués. Il faut en effet qu’un produit soit officiellement consommé dans au moins un des pays de l’Union pour pouvoir y bénéficier d’une sorte de droit d’exister. Or comme la Stevia rebaudiana vient d’Amérique du Sud, qu’elle y a une implantation ancestrale et qu’elle n’est pas reconnue pour son pouvoir sucrant en Europe, elle échappe à la législation et à la reconnaissance officielle de son existence. À la Direction générale française de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes, on déclare : « La Stevia rebaudiana est un aliment qui n’était pas consommé de façon significative en Europe avant 1997. À ce titre, elle dépend du règlement européen Novel Food [sic], relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires. Elle doit faire l’objet d’une autorisation de mise sur le marché. » Selon ses détracteurs, la Stevia aurait aussi un pouvoir contraceptif. En effet, une rumeur selon laquelle les femmes autochtones de l’Amazonie s’en servaient comme contraceptif a déclenché plusieurs vagues de recherches. En 1968, le professeur Joseph Kuc de l’Université Perdue, travaillant pour l’Université de la République, à Montevideo en Uruguay, est parvenu, après une étude sur des rats, à une conclusion négative. Cependant, Kuc a reconnu avoir mal dosé les extraits de la plante pour cette expérience. Ses résultats ont été remis en cause. Mais les défenseurs de la Stevia en ont profité à l’époque pour


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À ce jour, seuls la FDA et les législateurs européens se donnent cette mauvaise traduction comme référence. Les détracteurs de la Stevia répètent à qui mieux mieux qu’un produit naturel n’est pas forcément sans danger, et ils pointent

certaines compagnies de limonades pour leur permettre d’utiliser un dérivé de la plante dans la mixture de leurs produits « diètes ». Les conglomérats industriels du sucre édulcoré que sont Merisant et Cargill avaient déposé auprès de la FDA une demande d’autorisation suite à des requêtes de leurs clients Coca-Cola et PepsiCo. Les limonadiers ont plus que confiance en ce nouvel édulcorant. Coca-Cola lance actuellement un Sprite Green à base de Stevia, ainsi que de nouveaux jus de fruits, sous le nom d’Odwalla, qui sont rehaussés de dérivés de Stevia. De son côté, PepsiCo prévoit sous peu le lancement d’eau aromatisée à trois nouvelles saveurs, additionnée de dérivés de Stevia, et d’un nouveau jus d’orange, le Trop50, qui grâce à son sucrage à la Stevia, se démarquera de ses concurrents en offrant 50% de calories en moins.

le tabac comme exemple. S’appuyant sur des études partielles et mal retranscrites, les autorités insistent sur les effets secondaires de la plante et leurs doutes sur son innocuité créent un obstacle majeur à sa commercialisation. Ainsi en Europe et en France, les autorités locales ont tout misé sur son potentiel contraceptif pour interdire sa mise sur le marché. Depuis 1968, les études contradictoires s’enchaînent. En Belgique, le président de l’Association européenne de la Stevia, Jan Geuns, professeur à l’Université de Louvain, milite pour la révision de ces croyances tronquées. « En juin 2008, le comité d’experts de l’OMS a enfin défini une dose journalière admissible. Si la Commission européenne met des bâtons dans les roues de la Stevia, c’est parce qu’elle est achetée par le lobby du sucre », s’emporte-t-il. De plus, même aux États-Unis, la FDA est revenue sur ses premières conclusions. En effet, le 19 décembre 2008, la Food and Drug Administration a donné son accord à

Alors, apparemment, les Américains n’ont plus peur de devenir stériles en buvant des boissons rehaussés de Stevia. En France, c’est une autre histoire pour les producteurs locaux. Un entrepreneur, Joël Perret, y a créé une entreprise dont l’activité est d’extraire les molécules sucrantes de la Stevia rebaudiana, et de les intégrer dans des produits transformés. Greensweet, cette entreprise, a fait une demande d’autorisation en 2006, mais la réponse a été cinglante. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments a d’abord estimé que « le risque sanitaire de l’emploi de glycosides de stéviol, extraits de Stevia rebaudiana, en tant qu’édulcorant, ne pouvait pas être précisément estimé. » Après un recours en appel, l’Agence a émis un deuxième avis autorisant l’usage d’un seul composé de la Stevia, le rébaudioside A. Cet avis est ridicule selon M. Perret : « Pourquoi cet avis ne peut-il être étendu à l’ensemble des extraits de la Stevia? » La production de son entreprise est stoppée

écrire à la FDA (Food and Drug Administration) américaine que : « ... si les effets [de la plante] sur la reproduction des rats étaient réels et pouvaient être extrapolés à la race humaine, alors il y aurait des régions entières du Paraguay où le taux de natalité serait en baisse alarmante. » Une deuxième étude, réalisée en 1988 au Brésil, aurait aussi donné des résultats négatifs, mais l’étude traduite du portugais par un employé de la FDA aurait alors été tronquée dans sa version anglaise.

depuis presque trois ans, et il envisage de se tourner vers des partenaires suisses, car l’industrie agroalimentaire de ce pays autorise l’usage de tous les glycosides extraits de la Stevia depuis septembre 2008. Cette peur de la Stevia rebaudiana a créé un marché parallèle où vendeurs et consommateurs détournent les lois en proposant des appellations ou des formules détournées. Ainsi, la Stevia est très présente sur les rayons des magasins de cosmétiques et de produits bio. On y vend aussi la plante naturelle en pot. Patrick Merland, le patron de la Maison de la Stevia (www.lamaisondustevia.com) au Havre, dans le nord-ouest de la France, révèle ce que vendeurs et acheteurs pratiquent : « Elle est vendue comme plante d’ornement, mais officieusement, elle est consommée à la place du sucre. » La Maison de la Stevia vend annuellement de 4 000 à 5 000 plants. Des chefs cuisiniers et pâtissiers européens commandent aussi les extraits de la plante par Internet sur des sites canadiens (www.uppercanadastevia. com, www.abconlinepharmacy.com, http://smartcanucks.ca, etc.). Le Canada n’a pourtant pas encore approuvé l’usage de la Stevia dans l’alimentation (seuls une douzaine de pays, dont la Chine et le Japon, l’ont fait à ce jour). Selon M. Merland : « Les choses bougent. La plante n’a pas changé, mais les gens qui déposent les dossiers, eux, ont changé. » En effet, les clients sont, grâce au succès mondial grandissant de la Stevia comme extrait sucrant, plus conscients que c’est l’industrie traditionnelle du sucre raffiné qui met des barrières dans les roues de l’exploitation d’un produit 100% naturel, bio et sain. L’exemple de Coca-Cola et PepsiCo inspire les consommateurs européens et les amateurs de Stevia frustrés comptent sur la puissance de ces corporations pour imposer leurs choix à l’Europe et faire revenir les législateurs sur leur blocage anti-Stevia. Sources : Laure Noualhat, Stevia, la plante sucrante étouffée en Europe, Libération/Terre du 30 janvier 2009, http://blogs.webmd.com/healthy-recipe-doctor, www.lamaisondustevia.com et www.stevia.net/safety. htm. Légendes : Cette plante est cultivée en Amérique du Sud. À trop vouloir remplacer nos mauvaises habitudes de consommation par des produits « sains » ou naturels, c’est encore une culture et une économie locale que nous allons bouleverser au profit des grands industriels, disent les mauvaises langues. La « Stevia rebaudiana » est cultivée et consommée en Amérique du Sud (photo : Jorge Adorno / Reuters).

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Bien cultiver vos plantes :

des substrats de culture aux applications foliaires de micronutriments

Par Bill Sutherland Une plante traverse différents stades de culture, mais à la fin, elle doit produire une semence. Ce sont habituellement les fruits ou les fleurs qui contiennent la semence. Une fois sa fleur pollinisée, une plante peut utiliser la majeure partie de son énergie pour former sa semence. On peut manipuler la croissance d’une plante, comme on le fait pour les bonzaïs, en restreignant ses besoins. De la même façon, vous pouvez manipuler une plante pour la faire croître et fleurir davantage en lui fournissant des éléments minéraux cruciaux à différents moments et en différentes quantités. D’abord, vous devez choisir le substrat où croîtra la plante. 48 | Volume 4 – Numéro 3


I - Avant de planter Il existe de nombreux types de substrats de culture, mais je préfère le coco. La tourbe de coco est un substitut écologique au terreau et un conditionneur de sol entièrement fait des résidus de la coque de noix de coco. Il n’est pas prélevé dans une tourbière locale. Son pH est neutre, entre 5,4 et 6,8, et sa capacité d’échange cationique va de 60 à 130 mEq/100 g. Il est entièrement biologique et peut retenir de huit à neuf fois son poids sec en eau. C’est également un excellent amendement à mélanger au terreau ou aux mélanges sans sol. Les mélanges sans sol contiennent très peu de minéraux pour les plantes. D’un autre côté, les cubes de laine minérale aident les boutures et les semences à pousser pour devenir des plantes fortes, saines et productives. Ces cubes sont faits de matière organique compostée,

de microéléments et de champignons bénéfiques, qui se combinent pour donner aux plantules le meilleur démarrage possible. Avant la plantation, vous devrez ajouter différents produits pour préparer votre substrat. Ajoutez d’abord des extraits marins. L’un d’eux est le varech (ou goémon) en poudre, une poudre très fine qui se décompose rapidement et relâche de nombreux régulateurs de croissance et éléments minéraux naturels. Le varech contient plus de cinquante éléments minéraux connus. Une fois vos plantes dans le substrat de culture, utiliser une solution afin de leur offrir plus de varech. La solution est faite de varech liquide, qui se dissout rapidement dans l’eau et sera transporté dans le terreau; on peut aussi l’utiliser en hydroponie avec succès. Attention cependant à vos tuyaux menant aux goutteurs, qui pourraient être bloqués par les fins sédiments.

II – En terreau ou en substrat : la transplantation Une fois votre emplacement prêt, placez vos plantes dans le jardin. Si vous avez démarré des semis ou des boutures, trempez la masse racinaire dans un polymère enrichi de vitamines qui collera aux racines et ne sera pas facilement lessivé. Vous pouvez également mélanger votre hormone végétale favorite, comme un produit de vitamine B1, à l’hormone d’enracinement, pour une stimulation accrue. Les propriétés uniques des hormones d’enracinement retiennent l’humidité et les minéraux dans la zone des racines, exactement là où la plante en a besoin pour démarrer sa croissance. Vous pouvez mélanger votre hormone végétale favorite, comme un produit de vitamine B1, à l’hormone d’enracinement, pour une stimulation accrue lors de la transplantation. L’hormone d’enracinement garantira que ces solutions ne seront pas lessivées. Utilisez une vaporisation foliaire pour ralentir l’évaporation de

l’humidité par les stomates. Les boutures bénéficieront de l’absence de transpiration d’eau par les feuilles, car elles n’ont pas de système racinaire pour leur fournir un apport en eau adéquat. Si les parois cellulaires s’effondrent trop, elles ne pourront pas se réhydrater. Utilisez le produit en toute confiance, et vous augmenterez le taux de réussite de vos boutures. Utilisez un supplément vitaminique riche en goémon pour réduire le choc de la transplantation. Vous pouvez aussi l’utiliser en vaporisation foliaire, avant l’usage d’un pesticide, pour améliorer la santé végétale, et ensuite, pour lessiver le surplus de pesticide. Cela contribuera à nettoyer les stomates, ce qui permettra un échange gazeux naturel. C’est un excellent supplément pour tout programme de fertilisation et on peut l’utiliser à tout stade de Volume 4 – Numéro 3 | 49


développement. Ce n’est pas un nutriment, mais bien un mélange de vitamines et d’hormones végétales naturelles soigneusement formulé pour l’utilisation durant toutes les phases de développement de la plante. Les chimistes de la plupart des fabricants ont découvert une façon unique d’extraire le précieux potentiel de croissance du varech, l’une des plantes qui croissent le

plus rapidement au monde. Le produit qui en résulte aide vos plantes à survivre durant les périodes de stress de la croissance, surtout lors du démarrage des semences, de la transplantation et de la prise de boutures. Il assure également une croissance végétative plus forte et vigoureuse, et, durant la floraison, donnera des fleurs plus impressionnantes et des fruits de meilleure qualité!

III - Bonne culture Maintenant que vos plantes sont dans leur substrat, aidons-les à bien pousser. Les fabricants d’engrais ont développé des produits précis pour accroître la vigueur des plantes et aider à réduire les effets du stress, qui diminue le rendement des récoltes. On trouve sur le marché des engrais en une, deux et trois parties. Chacune est conçue pour contribuer à un stade précis de la croissance. Le stress ne se limite pas à l’eau, aux nutriments et aux conditions environnementales. La croissance végétale normale (germination, division cellulaire, embranchement, production de feuilles, floraison) entraîne certains des facteurs de stress importants que subit une plante. La plupart des plantes traversent des types de stress similaires qui se traduisent par un manque au plan du rendement ou de la qualité. Rehausser la santé et la vigueur de la plante augmente sa capacité à surmonter le stress. La croissance et le rendement sont gouvernés par le nutriment dont l’approvisionnement est le plus faible, et non par ceux qui sont abondamment fournis. Une formulation complète comprenant des nutriments primaires et secondaires instantanément assimilés rend ces nutriments immédiatement disponibles pour la plante. La plupart des nutriments sur le marché sont non toxiques, biologiquement dégradables, instantanément disponibles et écologiques. Pourtant, il faut les choisir soigneusement. Pour répondre aux besoins précis de votre culture, vous pouvez ajouter une application foliaire, conçue pour augmenter la production d’huiles essentielles des plantes. Ce sont les huiles qui renferment la saveur. Plus d’huiles, plus de goût! Vaporisez quatre jours après avoir fourni le nutriment de floraison. Il est maintenant temps de donner de la nourriture à vos plantes favorites. Tous les engrais végétaux sont faits à partir des mêmes treize éléments, mais la source de ces éléments fait une différence. Par exemple, si vous souhaitez ajouter du calcium, lequel choisir parmi ceux-ci : nitrate de calcium [Ca(NO3)2], chlorure de calcium [CaCL2-6H 2O], sulphate de calcium [CaSO4-2H 2O], oxyde de calcium [CaO], phosphate monocalcique [Ca(H 2PO4)2], chaux calcique [carbonate CaCO3], superphosphate triple [CaH4(PO4)2] ou hydroxyde de calcium [Ca(OH)2]? Chacun a son utilisation précise dans la nutrition végétale. La plupart des fabricants de formules de sels fertilisants fabriquent chaque type de fertilisant

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selon une certaine solubilité. Il faut soigneusement les choisir de façon à ne pas se tromper. De nombreux fabricants conçoivent leurs engrais à un pH stable. Les tampons de pH comme l’acide 2-(morpholin-4-yl) éthanesulfonique (MES) stabilisent la solution nutritive. D’autres fabricants conçoivent leurs engrais sans stabilisateur du pH, ce qui permet au jardinier de surveiller la solution nutritive et de régler une situation avant qu’elle cause un problème de rendement. En surveillant le pH de la solution nutritive hydroponique, le jardinier peut surveiller la santé des plantes. Si le pH de la solution nutritive augmente sans cesse, la plante est saine et se nourrit activement. Ne laissez pas la solution nutritive dépasser 6,5. Remplacez la solution, même si son remplacement est devancé. Le pH de la solution peut baisser pour deux raisons principales. L’une d’elles est que le volume de solution offert est insuffisant. Si le volume d’eau contenant des minéraux n’est pas suffisant, les ions alcalins comme le nitrate d’ammonium (NH4+), le potassium (K+), le calcium (Ca 2+) et le magnésium (Mg2+) seront utilisés plus rapidement par la plante. Utilisez un lecteur de conductivité électrique (vous donnant une lecture en parties par million [ppm]) pour surveiller la concentration de la solution nutritive. Lorsque la solution décroît de 200 ppm, vous devez la remplacer. Utilisez deux litres de solution nutritive tous les quatre jours pour les plantes petites ou jeunes, et jusqu’à 10 litres pour de grands plants de tomates. La deuxième raison est que la plante combat une invasion de « mauvaises » bactéries dans la masse racinaire. Pour nourrir vos plantes, vous avez plusieurs choix : des formules nutritives en une partie, en deux parties et même en trois parties. Commençons avec une formule nutritive en deux parties (généralement nommées A et B). Ce genre d’engrais comprend des formules de croissance et de floraison à utiliser en terreau, en culture sans sol et en jardinage hydroponique. Vous pouvez aussi utiliser un nutriment en une seule partie, que l’on peut utiliser comme programme de nutrition unique dans les applications de jardinage intérieur, ou comme un magnifique complément au programme complet en deux formules. Que vous cultiviez des plantes qui requièrent ou non une forte alimentation, vous trouverez l’équilibre approprié dans ces gammes de produits.


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IV - Fructification et floraison Vous voulez obtenir les mêmes résultats que votre ami, et vous voulez savoir quel produit il utilise! Je suis ici pour vous apprendre sa méthode. Utilisez un poids lourd, un engrais de floraison qui améliorera les inflorescences grâce à sa capacité d’augmenter la production de fleurs. La plupart des plantes réagissent quelques jours après la première application. Suivez le cycle naturel des plantes. En général, les stimulateurs de floraison sont des formules chimiques éprouvées et uniques qui produisent une abondance de grandes fleurs, que ce soit pour vos fruits cultivés ou pour vos plantes ornementales. On peut utiliser le stimulant de floraison en poudre durant la troisième et la cinquième semaine de la floraison.

On peut aussi l’utiliser durant la période entière de floraison. Je recommande son usage seulement durant la troisième et la cinquième semaine, selon le rythme naturel des plantes à fleurs. Lorsque les plantes fleurissent très rapidement, elles utilisent des éléments minéraux importants qui doivent être remplacés. La meilleure façon de les remplacer est de réaliser une vaporisation foliaire. Les fabricants de produits ont reçu énormément de demandes de gens qui souhaitaient augmenter la taille des fleurs. Ils sont rendu cela possible grâce à leurs produits. Complétez votre formule nutritive avec un engrais précis pour les plantes à fruits ou à fleurs (ou une formule de floraison en deux parties).

V - Vos plantes sont malades? Les solutions faites d’éléments minéraux purs sont conçues pour améliorer la santé d’une plante malade. Elles procurent la meilleure qualité d’éléments minéraux, pour que la plante ait la force de combattre la maladie. De telles solutions peuvent également être utilisées lorsque la surface du feuillage est terne, pour lui redonner son éclat. Même lorsqu’elles sont en pleine santé, les plantes peuvent profiter d’une utilisation occasionnelle de ces solutions. Attention à la croissance excessive. N’appliquez la solution d’éléments minéraux purs qu’à la zone des racines. L’acide humique améliorer les échanges ioniques de la plante, ce qui fait que plus d’éléments minéraux circulent dans le système vasculaire. L’acide humique relâche quantité de minéraux, de vitamines, d’acides aminés et de composés améliorant la croissance, pour une croissance plus rapide et une formation florifère plus prolifique. L’acide humique a également des capacités de tamponnage du pH et du contenu en sel, et favorise un meilleur taux de germination des semences. On peut utiliser l’acide humique dans le terreau, les mélanges sans sol et en hydroponie. L’acide fulvique est un sous-produit de l’acide humique. C’est un extrait organique et un antioxydant naturel qui rend les éléments minéraux plus facilement assimilables par la plante. Les plantes croissent donc vite et produisent plus de fleurs. Si les insectes rappliquent, huile de margousier (neem) vous aidera. Elle est formulée pour traiter ces indésirables. Elle ne les tuera pas, mais préviendra leur mue, leur alimentation et leur

reproduction. L’huile de margousier provient de Azadirachata indica et est entièrement naturelle. Pour oxygéner votre plante, utiliser une formule d’O2. Ces formules sont généralement faites de peroxyde d’hydrogène de qualité alimentaire à 35%. Comme le peroxyde d’hydrogène à 3% que nous utilisons à la maison, il pétille au contact de la matière organique, comme le terreau et les bactéries, produisant de l’oxygène chimique, ce qui permet aux plantes de respirer lorsqu’elles sont immergées. Il fonctionne bien en terreau ou en hydroponie. Cependant, ne l’utilisez pas avec des nutriments biologiques. Enfin, une solution de rinçage permettra à la plante de poursuivre sa croissance tout en utilisant les éléments accumulés. Remarquez bien que je souligne que la plante poursuivra sa croissance. Certains jardiniers utilisent de l’eau pure pour rincer les nutriments accumulés, mais cela enlève à la plante les éléments dont elle a besoin. Certaines formules de rinçage commercial lessivent les nutriments des plantes une semaine avant la récolte, laissant derrière elles cette saveur familière et amère d’engrais. La plupart des formules de rinçage sont faites de vitamines, de sucres et d’hydrates de carbone afin de promouvoir la croissance végétale tout en maintenant la vigueur. On souhaite fournir à la plante suffisamment de carburant et d’énergie, tout en la forçant à utiliser les fertilisants qu’elle contient toujours. Cela pour résultat que la plante demeure saine durant sa période de rinçage, mais se lessive des nutriments pour devenir un produit à la saveur supérieure.

VI - Carences précises : l’utilisation des micronutriments en vaporisation foliaire Si des carences nutritives se produisent dans une récolte en croissance, on peut souvent réussir à lui fournir les nutriments qui font défaut, par le sol ou grâce à des applications foliaires, afin de « sauver » la récolte. La réussite d’une telle opération dépendra des nutriments requis et du stade de la croissance au moment où la carence est confirmée. Des nutriments supplémentaires, en particulier les micronutriments, ne devraient pas être fournis à moins qu’une carence soit confirmée, car les utilisations non nécessaires peuvent causer des effets néfastes. On peut fournir des nutriments de façon très efficace par vaporisation foliaire. Prenez garde cependant : il ne faut utiliser que de petites quantités pour

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chaque traitement, sans quoi le feuillage peut brûler. L’alimentation foliaire est particulièrement utile dans le cas de nutriments secondaires ou de micronutriments, lorsque les besoins de la plante sont relativement faibles. Pour les nutriments importants, comme l’azote, il est souvent nécessaire d’utiliser plusieurs applications foliaires afin de fournir suffisamment de nutriments pour améliorer le rendement ou la qualité de la récolte (source : www.gov.pe.ca). Pour une expérience de culture fantastique, vous devez utiliser l’une ou l’autre de ces excellentes formules d’alimentation!


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Nouvelles & brèves | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Carte postale

Big Apple : biscuits chinois et New York Country Apple Pie Par Rose Laforêt

Biscuits chinois

Après une semaine à New York, j’étais sur le point d’exposer au grand jour la conspiration des biscuits chinois. Le soir de mon arrivée, je me suis rendue dans un resto chinois pour casser la croûte. À la fin du repas, j’ouvre mon petit biscuit chinois, curieuse d’y découvrir le message qui m’attend… Une série de six chiffres chanceux. De retour à mon hôtel, je téléphone rapidement à ma mère pour lui transmettre la série de chiffres afin qu’elle mise pour moi au Lotto 6/49. C’est un signe, j’en suis certaine. Pourquoi six chiffres? Pourquoi pas quatre ou sept? Pourquoi pas le message habituel incompréhensiblement traduit comme les instructions IKEA? Eh ben, justement! Ces six chiffres, ça y est, j’en suis certaine, c’est un signe! Deux jours plus tard, je retourne au même resto chinois (parce que c’est ben bon) et puis à la fin du repas, de nouveau la découverte du message dans un biscuit. Là je m’attends à « La nuit porte conseil » ou « Il ne faut pas mordre la main qui vous donne à manger ». À ma grande surprise, une autre série de six chiffres. C’est clairement une conspiration entre Loto-Québec et ce resto chinois pour me faire jouer à la loterie. Un collègue de travail a dit un jour : « Ce n’est pas parce que tu es paranoïaque que tu n’es pas suivie ». Ce n’est pas parce que l’idée d’une conspiration de biscuits chinois est complètement folle que cela n’existe pas.

Des bébelles à foison

Depuis cette histoire, j’ai fait la découverte de deux autres conspirations : celle des trucs genre étuis en plastique pour brosse à dents et celle des petits manteaux coupe-vent. Il n’y en a pas! Le gouvernement américain refuse que ses citoyens se protègent de la pluie et du vent. Il préfère que ceux-ci se promènent avec des parapluies Made in China qui retournent à l’envers au moindre souffle. Il semblerait aussi que le gouvernement est contre l’hygiène dentaire, ou du moins contre le fait que l’on transporte sa brosse à dents à l’extérieur de son domicile. Peut-être pour nous forcer à acheter une autre brosse à dents… Made in China. À la suite des événements du 11 septembre, la rumeur voulait que tout objet arborant les tours du World Trade Center prenne une valeur inestimable vu la disparition tragique des deux tours. Plusieurs se sont empressés de se procurer cartes

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postales, reproductions, bibelots et bidules quelconques afin de s’assurer une fortune dans un avenir proche. C’était bien mal connaître les Américains. Huit ans plus tard, au lieu de faire face à une rareté ou carrément à une pénurie d’objets souvenirs avec les tours, nous faisons face à une inondation incontrôlable de bébelles, cossins, machins, bidules, trucs, choses, gugusses avec les tours jumelles! En prime, il y a maintenant des We Will Never Forget (déjà postdatés des 11 septembre des années à venir), We Remember, photos de pompiers, de policiers, de Rudy le King, des United We Stand, Never Again et encore et encore… Si seulement la construction de la Freedom Tower sur le site avançait plus vite, on aurait quelque chose de différent à acheter comme souvenir, mais son inauguration n’est pas prévue avant septembre 2012! Voir : www.nyc-tower.com. À propos, la plupart des « souvenirs » patriotiques des É.-U. sont Made in China. Je dis ça comme ça…

Croquez la pomme new-yorkaise (la vraie)!

À part le foisonnement de restaurants chinois plus ou moins glauques, New York est aussi un État qui produit les meilleures pommes aux États-Unis. Pas le choix, quand on ose s’appeler « the Big Apple »! La New York Apple Association est une association à but non lucratif qui représente les 674 producteurs commerciaux de pommes opérant sur tout l’État de New York. L’industrie agricole de la pomme dans la région de New York produit chaque année environ 25 millions de boisseaux (1 boisseau = approximativement 36 litres) de pommes de première qualité, pour une valeur de 137 millions de dollars. Cette production gigantesque en fait l’un des secteurs de tout premier plan dans l’agriculture new-yorkaise. Les producteurs de pommes de l’État de New York ont perfectionné leurs méthodes de culture des pommiers depuis plus de 300 ans. Leur expérience, leur héritage et le constant entretien des premiers vergers en Amérique du Nord ont fait leur succès. On peut maintenant manger des pommes new-yorkaises à longueur d’année. Les variétés vont des classiques McIntosh à la croquante pomme du terroir, l’Empire (New York s’appelle aussi l’Empire State). On peut dire de New York que la région aura toujours la pomme que vous désirez! Vous aussi, venez à New York à la saison des pommes pour faire votre propre cueillette. Vous pourrez savourer la qualité, le goût du fruit local et partager la fierté des producteurs new-yorkais.


LE JARDINIER D’INTÉRIEUR | Nouvelles & brèves

Ma recette

D’habitude je termine toujours mes billets en vous faisant partager l’une de mes recettes favorites du lieu visité, mais cette fois-ci j’ai trouvé la recette de la tarte paysanne aux pommes de la New York Apple Association tellement parfaite, que je me contenterai de vous rediriger vers ce lien : www.nyapplecountry. com/classicpie.htm. Alors que nous sommes encore au printemps, profitez des pommiers en fleurs. En avril, ils égaient certaines rues et avenues de la Grosse Pomme, en étant les premiers arbres à nous faire profiter de leur beauté et de leurs parfums! Au mois, s’il y a une chose qui ne vient pas de Chine ici, c’est bien la « New York Country Apple »! Qu’on se le dise…

Chia Obama édition spéciale

Après son célèbre « Chia Cat-Grass Planter » représentant Titi et Sylvestre, sa série de « Chia Pets » et ses différentes têtes de personnages de dessins animés qui se laissent pousser une chevelure d’herbe (Shrek, Garfield, Scoubidou, etc.), voici que Joseph Entreprises lance son « Chia Obama », offert seulement en ligne. Le principe est toujours le même : une tête en terre cuite réalisée à la main d’après le visage du nouveau président, avec des trous dans le cuir chevelu pour laisser croître une belle chevelure d’herbe au personnage. Trois paquets de semences sont fournis avec la tête. Les herbes fournies donnent une chevelure de verdure esthétique et égalisée. Mais vous pouvez aussi semer dans la tête de votre célébrité du basilic ou du thym. Même si l’effet décoratif sera moins réussi, au moins votre plantation sera utile!

Voir www.chia.com et www.chiaobama.com. Volume 4 – Numéro 3 | 57


Les cultivars de roses

baptisés d’après des personnalités Par Bruno Bredoux

Bref historique Les cultivars de roses sont innombrables. Au fil des siècles, des générations et des générations d’horticulteurs ont laissé leur marque sous forme d’hybrides multiples. Mais la rose en tant que plante ne date pas d’hier, ni d’avant-hier! Elle date de bien longtemps avant notre ère et de bien avant-hier l’apparition de l’homme. Ainsi, des fossiles ont révélé aux chercheurs que les roses poussaient déjà sur la Terre il y a 40 millions d’années. En Égypte et en Crète, on a retrouvé des représentations de roses peintes ou sculptées sur des tombes ou dans des mausolées. Les historiens s’accordent cependant à dater le début de la culture des roses à des fins horticoles il y a seulement un peu plus de 5 000 ans en Chine. Dans la Rome et la Grèce antiques, on retrouve déjà des variétés connues décrites par Pline l’Ancien vers la fin du cinquième siècle avant Jésus-Christ. Ainsi, on peut avancer avec certitude que les Romains connaissaient au moins deux variétés de Damas : la Damas d’été (Rosa gallica x Rosa phoenicea) et la Damas quatre saisons ou ‘Bifera’ (Rosa gallica x Rosa Moschata). Cependant, l’engouement pour les roses ne survit pas à l’effondrement de l’Empire romain et il faut attendre le Moyen-Âge pour voir réapparaître les roses dans les monastères et les couvents, où elles rejoignent, dans les jardins de simples, d’autres plantes médicinales. Les roses sont alors cultivées pour leurs vertus médicales supposées. Au retour des Croisades, cependant, la rose acquiert une nouvelle symbolique qui la transporte dans les champs de l’amour et de

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la religion. Le fameux Roman de la Rose la propulse comme la représentation idéale de l’amour courtois, tandis que la rose rouge est censée symboliser le sang des premiers martyrs, ses cinq pétales illustrant pour leur part les plaies du Christ. Parallèlement, la rose blanche sans épine sera dès lors indissociablement liée à la représentation de la Vierge Marie. De leur côté, les Arabes distillent l’eau de rose, qui agit ainsi comme symbole et comme purificateur religieux. Après les Croisades, les Arabes purifient ainsi à l’eau de rose les mosquées souillées par les chrétiens, comme la mosquée d’Omar qui avait été convertie en église par les Croisés. À cette époque, la variété la plus courante est la rose centfeuilles (probablement un hybride de Rosa gallica x Rosa alba). On en retrouve les premières représentations picturales dans les tableaux des écoles flamandes et hollandaises. On peut conclure que, jusqu’au XVIIIe siècle, les roses de la famille des Gallicanae sont les seules roses connues dans tout le monde occidental. Cette famille comprend les Rosa Gallica, R. Alba, R. Damas, R. Centfeuilles, R. Mousseux (mutation du rosier centfeuilles), et R. Portlandica (R. Gallica ‘officinalis’ x R. Damas ‘Bifera’).


La mode de la « personnalisation » des noms de cultivars de roses La « révolution » arrivera, si l’on peut dire, vers le milieu du XVIIIe siècle, avec l’arrivée en Suède en 1752 d’une première rose de Chine. À partir de 1780, les roses de Chine commencent vraiment à conquérir l’Europe, d’abord en Angleterre, où on la nomme ‘Old Blush’ ou plus fréquemment (et bizarrement, vu son origine) « Rose du Bengale ». Parallèlement, des explorateurs rapportent de Calcutta (!) la véritable rose de Chine, Rosa chinensis ou R. indica en 1792. À partir de cette date, trois autres importantes variétés de roses chinoises vont conquérir le marché occidental. D’abord, en 1792, arrive la R. China rouge ou ‘Slaters Crimson’, puis en 1809, c’est au tour du premier type de rosier thé de remodeler la culture des roses à l’occidentale, avec l’introduction en Europe de Rosa indicata odorata ou ‘Hume’s Blush’. Enfin, en 1824, la R. China jaune ou ‘Parks Yellow’ vient compléter le trio et, dès lors, permettre l’apparition de toutes sortes d’hybrides nouveaux. Il faudra cependant attendre jusqu’en 1850 pour qu’apparaissent les premiers hybrides de rosier thé. En 1799, l’impératrice de France, Joséphine de Beauharnais, achète la fameuse propriété de Malmaison et exprime le souhait d’y créer la première véritable roseraie d’Europe. C’est chose faite quelques années plus tard, et elle lance la mode des roses hybrides qui vont se multiplier grâce à l’embauche des plus grands horticulteurs de l’époque par l’impératrice. Dupont et Descemet sont alors au fait de leur gloire et en 1915 Descemet (1761-1839), « un pépiniériste d’exception » comme l’indique le titre de sa biographie par François Joyaux, introduit la rose ‘Impératrice Joséphine’ qui lance la mode des cultivars portant des noms de personnalités. Comme vous pourrez le constater dans le tableau aux pages suivantes, au début, les roses sont principalement baptisées d’après des personnalités du monde politique et aristocratique français du Premier Empire, puis de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. C’est d’ailleurs encore un phénomène essentiellement français, même si l’horticulteur belge Parmentier est aussi une célébrité de l’époque. En 1834, celui-ci lance d’ailleurs une sous-catégorie des cultivars de roses portant des noms de célébrités, en baptisant un de ses hybrides ‘Félicité Parmentier’ d’après un membre de sa propre famille. Dès lors, une autre vague de noms empruntés à l’état civil va venir des noms des horticulteurs eux-mêmes ou du nom d’un des membres de leur famille. Ainsi, à cette époque, Cochet, le jardinier personnel de l’amiral Bougainville, est l’un des plus grands rosiéristes du temps. Puis la mode des noms de rosiers va se porter sur des figures historiques du passé, avec ‘Charlemagne’ (1836), ‘Robert Le Diable’ (1837) ou encore ‘Cardinal Richelieu’ en 1847, encore une création du Belge Parmentier. Au milieu du XIXe siècle, l’Angleterre fait une timide percée avec la rose ‘Charles Lawson’ introduite en 1853 par l’horticulteur du même nom, puis avec Aaron Ward, qui introduit en 1862 la rose ‘John Hopper’ un hybride aux parents français, eux aussi célèbres, puisque c’est un croisement de ‘Jules Margottin’ et de ‘Mme Vidot’. Un autre horticulteur anglais, William Paul, introduit en 1868 le cultivar ‘Duke of Edimburgh’. Apparaît aussi une mode éphémère où une rose est créée pour une occasion spéciale, comme des funérailles de personnalités (par exemple ‘Deuil du Dr Raynaud’ – Pradel,

Rose Jean Kenneally

France, 1862 – ou ‘Souvenir de Pierre Vibert’ – Vibert, France, 1867). Vers la fin du siècle, ainsi qu’au début du XXe siècle, les horticulteurs allemands, autrichiens, luxembourgeois, belges, hollandais et irlandais s’y mettent à leur tour, maintenant cependant toujours la tendance des noms inspirés de personnalités du monde de la politique, de l’aristocratie, de l’horticulture ou de personnalités emblématiques du passé. À partir des années 1950, les Américains rejoignent cette tendance avec des cultivars à nom de personnalités, même si les horticulteurs comme le fameux Meilland restent les plus grands pourvoyeurs de cette mode depuis plus d’un demi-siècle. À partir de ce moment, les noms donnés aux cultivars de roses se « démocratisent », si l’on peut dire. On retrouve alors une rose nommée d’après un pasteur irlandais ‘Arthur Bell’ (pour Arthur Bell Nicholls) en 1951 ou d’après deux des cantatrices les plus célèbres de leur temps, ‘Kathleen Ferrier’ (1952), chanteuse contralto anglaise (1912-1953) et l’inévitable ‘Maria Callas’ (1965). Même une chanson est immortalisée sous forme de rose en 1959 par l’horticulteur allemand Kordes : c’est, bien sûr, ‘Lili Marlene’. Dès lors, le domaine des noms de cultivars « à saveur célèbre » va rejoindre le monde grandissant du show-business et du spectacle pour le spectacle. Stars de cinémas (‘Catherine Deneuve’, ‘Elizabeth Taylor’, etc.), chanteurs populaires (‘Bing Crosby’, ‘Tino Rossi’, etc.), chanteurs ou chanteuses folk et de country (‘Marjorie Fair’, ‘Buffy Sainte-Marie’, etc.), architectes (‘Charles Rennie Mackintosh’, etc.), écrivains, sportifs (‘Gabriela Sabatini’, eh oui, mes amis!) vont rejoindre les personnages aristocratiques d’autrefois, maintenant bien menacés par la populace. On atteindra même les tréfonds avec une rose nommée d’après le télévangéliste ‘Billy Graham’ ou des starlettes comme ‘Liv Tyler’ ou ‘Arielle Dombasle’, ou encore des personnalités du petit écran comme ‘Rosie O’Donnell’. Enfin, il faut noter l’originalité de certains horticulteurs qui perpétuent la tradition des noms issus de personnages historiques du monde des arts, des lettres, des sciences, de l’exploration, et il faut saluer l’arrivée tardive du Canada dans ce domaine, avec ses séries Explorateurs et Artistes canadiens. Enfin, même un vignoble français s’y illustre avec la ‘Rose de Tavel’, à admirer, un verre de vin à la main! Volume 4 – Numéro 3 | 59


Un comique laisse une rose en héritage Enfin, je terminerai sur un cas particulier, celui du grand acteur comique français Louis de Funès, qui avait aussi la passion de l’horticulture et qui a donc mis au point la rose ‘Louis de Funès’ qui perpétue son nom dans le monde de l’horticulture. Son succès, et la fortune allant avec, lui avaient permis de racheter le château de Clermont, près de Nantes, construit vers le milieu de XVIIe siècle pour le compte du Duc de Montmorency, et dont le domaine était revenu en 1861 à la famille Nau de Maupassant. Louis de Funès étant l’époux de l’arrièrepetite-nièce de l’écrivain Guy de Maupassant, il souhaitait offrir en cadeau à sa femme la propriété familiale, qui avait été mise sur le marché par les derniers héritiers. Le parc offrait des arbres majestueux et centenaires et Louis de Funès, entre deux films, y revenait régulièrement pour assouvir sa passion de la culture des roses. Il développa ainsi une magnifique roseraie, l’une des plus belles qu’on ait connu dans le Pays de Loire et qui, malheureusement, n’existe plus aujourd’hui, Louis de Funès étant décédé en 1983. Louis de Funès améliora considérablement l’état du parc de sa propriété du Cellier (Loire-Atlantique). Il y planta de nombreuses variétés de fleurs, d’arbres fruitiers et de légumes. Mais sa principale passion, ce fut les roses. C’est dans ce château aux 366 fenêtres donnant sur la Loire que l’acteur a mis au point, avec la complicité de l’horticulteur Meilland, sa fameuse rose ‘Louis de Funès’ qui ne verra malheureusement le jour que l’année suivant sa mort, en 1984. Son nom complet est Rosa x ‘Louis de Funès®’ Meirestif. C’est un magnifique rosier tige, pouvant atteindre une taille de 1 mètre à 1,70 m, dont l’envergure des fleurs se situe entre 13 et 14 cm. Le coloris des fleurs est d’un orange capucine très Rose Frederic Mistral

Rose Louis de Funès

contrasté avec des variations de jaune. Le rosier fleurit généralement sur toute la saison, soit de mai à septembre (il faut le planter entre octobre et avril). Son feuillage est fourni, d’un vert lustré et profond, et ses feuilles sont caduques. Les fleurs, généreuses et lourdes, sont très odoriférantes, avec un parfum tenace. Vous pouvez la commander directement sur le site de Meilland (www.meilland.com, site en anglais, français et espagnol).

Liste non exhaustive depuis le début du XVIIIe siècle (année d’introduction, nom de la rose, horticulteur, pays d’origine) 1700 : 1750 :

‘Charles de Mils’ (horticulteur inconnu, Pays-Bas) ‘Celsiana’, d’après Jacques-Martin Cels (horticulteur inconnu, Pays-Bas)

1800 : ‘Duc de Cambridge’ (Laffay, France) 1813 : ‘Marie-Louise’, d’après Marie-Louise d’Autriche, impératrice de France (horticulteur inconnu, France) 1815 : ‘Impératrice Joséphine’ (Descemet, France) 1818 : ‘Jeanne d’Arc’ (Vibert, France) 1816 : ‘Reine du Danemark’, d’après Marie-Sophie Friederike (Booth, Danemark) 1821 : ‘Duchesse d’Angoulême’ (Vibert, France) 1824 : ‘Profilera de Redouté’, d’après Pierre-Joseph Redouté (horticulteur inconnu, France) 1826 : ‘Adélaïde d’Orléans’ (Jacques, France) 1828 : ‘Aimée Vibert’ (Vibert, France) 1829 : ‘Duchesse de Montebello’ (Laffay, France) 1831 : ‘Madame Hardy’, ou Félicité Hardy (Hardy, France) 1834 : ‘Laura (ou Laure) Davoust’ (Laffay, France – cultivar repris en 1920 par Francis E. Lester, Monterey, CA, É.-U., d’où l’autre appellation de ce même cultivar : ‘Marjorie Lester’) 1834 : ‘Félicité Parmentier’ (probablement Parmentier, Belgique) 1836 : ‘Charlemagne’ (horticulteur inconnu, France) 1835 : ‘Madame Plantier’ (Plantier, France) 1836 : ‘Louis-Philippe’ (Hardy, France) 1837 : ‘ Robert Le Diable’, dit aussi « Le Magnifique » (horticulteur inconnu, France) 1839 : ‘Duchess of Sutherland’ (Laffay, France) 1842 : ‘Marquise Bocella’, ou Marquise Cesare Bocella (Desprez, France)

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1842 : 1842 : 1842 : 1843 : 1843 : 1843 :

‘Céline Forestier’ (Trouillard, France) ‘Jenny Duval’ (horticulteur inconnu, France) ‘Souchet’ (Souchet, France) ‘Yolande d’Aragon’ (Vibert, France) ‘Catherine de Württemberg’ (Robert, France) ‘Souvenir de la Malmaison’ et ‘Souvenir de la Malmaison’ grimpant (Béluze, France et grimpant par Henry Bennet, Grande-Bretagne, 1893) ‘Princesse Marie’, d’après Marie-Christine, Princesse d’Orléans (Parmentier, France) ‘Nuits de Young’, d’après Edward Young (Laffay, France) ‘Paul Ricault’ (Portemer, France) ‘Cardinal Richelieu’ (Parmentier, Belgique) ‘Duchesse de Rohan’ (Lévêque, France)

1845 : 1845 : 1845 : 1847 : 1847 : 1850 : 1850 : 1851 : 1851 : 1851 : 1851 : 1851 : 1852 : 1853 : 1853 : 1853 : 1855 : 1855 : 1856 : 1856 : 1856 : 1856 : 1857 : 1857 :

1858 : 1858 : 1858 :

‘Princesse de Lamballe’ (horticulteur inconnu, France) ‘Sombreuil’, d’après Marie-Maurille Virot de Sombreuil (Robert, France) ‘Duchesse d’Abrantes’ (M. Robert, France) ‘Duchesse d’Orléans’ (Quétier, France) ‘Jeanne de Montfort’ (Robert, France) ‘Madame de la Roche-Lambert’ (Robert, France) ‘Louise Odier’, ou ‘Madame de Stella’ (Bourbon & Margottin, France – certaines sources citent Margottin père comme seul horticulteur) ‘Henri Martin’ (Laffay, France) ‘Maréchal Davoust’ (Robert, France) ‘Général Jacqueminot’ (Rousselet, France) ‘Charles Lawson’ (Lawson, Grande-Bretagne) ‘William Lobb’ (Laffay, France) ‘Souvenir d’Elise Vardon’ (Marest, France) ‘Botzaris’, d’après Markos Botzaris (horticulteur inconnu) ‘Comtesse Cécile de Chabrillant’ (Marest, France) ‘Impératrice Eugénie’ (Guillot, France) ‘Général Kléber’ (Robert, France) ‘Duchesse de Brabant’ (Bernède, France) ‘Maréchal Niel’ (Pradel, France – cultivar repris par Verdier, France, en 1864) ‘Anna de Diesbach’ (Lacharme, France) ‘Édith de Murat’ (Ducher, France) ‘Empereur du Maroc’ (Guinoisseau, France)

1881 : 1881 : 1882 : 1882 : 1884 : 1884 : 1886 : 1886 : 1886 : 1886 : 1887 : 1888 : 1888 : 1889 : 1890 : 1890 : 1890 : 1891 : 1892 : 1893 : 1893 : 1894 : 1894 : 1894 : 1896 : 1897 : 1898 : 1899 :

‘Madame Isaac Péreire’ (Garçon) ‘Reine Olga de Wurttemberg’ (Nabonnand, France) ‘Lady Mary Fitzwilliam’ (Bennet, Grande-Bretagne) ‘Ulrich Brunner fils’ (Levet, France) ‘Souvenir d’Alphonse’ Lavallée (Verdier, France) ‘Grace Darling’ (Bennet, Grande-Bretagne) ‘Ännchen von Tharau’, d’après Anna Neander (Geschwind, Allemagne) ‘Princesse de la Couronne Viktoria’ (Vollert, Allemagne – cultivar repris en 1888 par Späth, Allemagne) ‘Vicomtesse Folkestone’ (Bennett, Grande-Bretagne) ‘Mme Chevalier’ (Pernet père, France) ‘Mrs. John Laing’ (Bennett, Grande-Bretagne) ‘Madame Ernest Clavat’, née Marie Perrin (Schwartz, France) ‘Claire Jacquier’ (Bernaix) ‘Première Dame Mary Washington’ (horticulteur inconnu) ‘Souvenir de Victor Landeau’ (Moreau-Robert, France) ‘Mme Dubost’ (Pernet père, France) ‘Madame Caroline Testout’ (Pernet-Duchet, France) ‘Impératrice Auguste Victoria’ (Lambert, Allemagne) ‘Comtesse Festetics Hamilton’ (Nabonnand, France) ‘Captain Hayward’ (Bennet, Grande-Bretagne) ‘Maman Cochet’ et ‘Maman Cochet grimpant’ (Cochet, France) ‘Lady Penzance’, d’après Mary Pleydell-Bouverie (Penzance, GrandeBretagne) ‘Marie-François Sadi-Carnot’ (Pernet-Ducher) ‘Francis Dubreuil’ (Dubreuil, France) ‘Princesse Marie-Adélaïde du Luxembourg’ (Soupert et Notting, Luxembourg) ‘Baron Girod de l’Ain’ (Reverchon, France) ‘Mrs. Anthony Waterer’ (Waterer) ‘Conrad Ferdinand Meyer’ (Dr. F. Müller, Allemagne)

1900 : ‘Noëlla Nabonnand’ (hybride de ‘Reine Marie Henriette’ (HT grimpant) x ‘Bardou Job’ (Bourbon x HP), Nabonnand, France) 1901 : ‘Mrs B R Cant’ (Cant of Colchester, Royaume-Uni) Rose rouge

1860 : ‘Comte de Chambord’ (Moreau & Robert, France) 1860 : ‘Enfant de France’, d’après Napoléon Eugène Louis Jean Joseph (Lartay, France) 1860 : Catherine Guillot’ (Guillot fils, France) 1861 : ‘Charles Lefebvre’ (Lacharme, France) 1861 : ‘Prince Camille de Rohan’ (Verdier, France) 1862 : ‘Lady Emily Peel’ (Lacharme, France) 1862 : ‘Deuil du Dr Raynaud’ (Pradel, France) 1862 : ‘John Hopper’ (Parents : ‘Jules Margottin’ x ‘Mme Vidot’, Ward) 1863 : ‘Président Lincoln’ (Granger) 1863 : ‘Sophie de Marsilly’ (Moreau & Robert, France) 1864 : ‘Prince Eugène de Beauharnais’ (Moreau-Robert, France) 1864 : ‘Eugénie Guinoisseau’ (Guinoisseau, France) 1864 : ‘Prince Napoléon’ (Pernet, France) 1864 : ‘James Veitch’ (Verdier, France) 1865 : ‘Madame Knorr’ (Verdier, France) 1865 : ‘Souvenir du Président Lincoln’ (Moreau-Robert) 1867 : ‘Souvenir de Pierre Vibert’ (probablement Vibert, France) 1868 : ‘Baronne Caroline von Rothschild’ (Jean Pernet, père) 1868 : ‘Duke of Edinburgh’ (Paul, Grande-Bretagne) 1868 : ‘Jacques Cartier’ (Moreau & Robert, France) 1868 : ‘Zéphirine Drouhin’ (Bizot, France) 1869 : ‘Comtesse d’Oxford’ (Guillot, France) 1870 : ‘Henri Foucquier’ (horticulteur inconnu, France) 1871 : ‘Princesse de Galles’, d’après Alexandra, Princesse de Galles (horticulteur et origine inconnus) 1871 : ‘Annie Vibert’ (Vibert, France) 1872 : ‘Reine Victoria’ (Labruyère et Schwartz, France) 1873 : ‘Deuil de Paul Fontaine’ (Fontaine, France) 1874 : ‘Commandant Beaurepaire’ (Moreau-Robert, France) 1878 : ‘Madame Pierre Oger’ (Oger, France) 1878 : ‘William Allen Rich’ (Ducher, France) 1880 : ‘Mademoiselle Cécile Brunner’ (Ducher, France) 1881 : ‘Archiduchesse Élizabeth d’Autriche’ (Moreau & Robert, France)

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1902 : 1902 : 1902 : 1904 : 1907 : 1907 :

‘Comtesse du Cayla’, d’après Zoé Victoire Talon (Guillot, France) ‘Souvenir de Pierre Notting’ (Soupert et Notting, Luxembourg) ‘Mme Driout’ (Thirat, France) ‘Mme d’Enfert’ (Vilin, France) ‘Madame Aaron Ward’ (Pernet-Ducher, France) ‘Mrs. Dudley Cross’ (William Paul, Royaume-Uni)

1990 : 1991 : 1991 : 1992 : 1992 : 1993 :

‘Yvonne Rabier’ (Turbat, France) ‘Lady Hillingdon’ (Lowe et Shawyer, Royaume-Uni) ‘General Superior Arnold Janssen’ (Leenders, Pays-Bas) ‘Lady Hillingdon grimpant’ (parents ‘Papa Gontier’ x ‘Mme Hoste’, Hicks, R.-U.) 1919 : ‘Souvenir de Sainte-Anne’ (Campbell, Irlande – cultivar repris par Hilling en 1950) 1919 : ‘Kathleen Harrop’ (Dickson, R.-U.) 1920: ‘Souvenir de Gilbert Nabonnand’ (Nabonnand, France) 1924 : ‘Henry Nevard’ (Cants) 1926 : ‘Conseiller d’État Rottenberger’, d’après Regierungsrat Friedric Leo von Rottenberger (Praskac, Autriche)

1993 :

1910 : 1910 : 1912 : 1917 :

1932 : ‘Amelia Earhart’ (Reymond, France) 1935 : ‘Betty Prior’ (Prior) 1942 : ‘Madame Chiang Kai-Shek’ (Carl G. Duehrsen) 1951 : 1952 : 1954 : 1959 :

‘Arthur Bell’ (McGredy) ‘Kathleen Ferrie’ (Buisman) ‘Reine Elizabeth’ (Dr Walter Lammerts, É.-U.) ‘Lili Marlene’ (Kordes, Allemagne)

1960 : 1963 : 1964 : 1965 : 1968 :

‘Louis Bugnet’ (Bugnet, France) ‘Papa Meilland’ (Meilland, France) ‘Mister Lincoln’ (Swim et Weeks) ‘Maria Callas’ (Meilland) ‘Baronne Edmond de Rothschild’ (Meilland)

1974 : 1976 : 1977 : 1978 :

‘Charles de Gaulle’ (Meilland, France) ‘Sally Holmes’ (Fryer) ‘Margaret Merril’ (Harkness) ‘Honest Abe’ (quatrième rose nommée d’après Abraham Lincoln – Christensen) 1978 : ‘John Cabot’ (Svejda, Canada) 1978 : ‘Marjorie Fair’ (Harkness) 1979 : ‘Helmut Schmidt’ (Kordes) 1981 : 1981 : 1983 : 1984 : 1984 : 1985 : 1987 : 1988 : 1988 : 1988 : 1988 : 1989 :

‘Bing Crosby’ (Weeks) ‘Catherine Deneuve’ (Meilland) ‘William Baffin’ (Svejda, Canada) ‘Cardinal Hume’ (Harkness) ‘Louis de Funès’ (Meilland) ‘Lichtkönigin Lucia’ (Kordes) ‘William Shakespeare’ (David Austin) ‘Charles Aznavour’ (Meilland) ‘Princesse Caroline de Monaco’ (Meilland) ‘Charles Rennie Mackintosh’ (David Austin) ‘Charlotte Rampling’ (Meilland) ‘Gina Lollobrigida’ ( Meilland)

1994 : 1994 : 1994 : 1995 : 1995 : 1995 : 1996 : 1996 : 1997 : 1997 : 1997 : 1997 : 1998 : 1998 : 2000 : 2001 : 2002 : 2003 : 2005 : 2005 : 2005 : 2005 : 2005 : 2005 : 2005 : 2005 : 2006 : 2006 : 2006 : 2007 : 2007 : 2009 :

‘Tino Rossi’ (Meilland) Mlle DeSombreuil ‘Paul McCartney’ (Meilland) ‘Niccolò Paganini’ (Meilland) ‘Arielle Dombasle’ (Meilland) ‘Gabriela Sabatini’ ‘Comtesse du Barry’ (Verschuren, Pays-Bas) ‘Henri de Toulouse-Lautrec’ (Meilland) ‘Honoré de Balzac’ (Meilland) ‘Léonard de Vinci’ (Meilland) ‘Jean Giono’ (Meilland) ‘Colette’ (Meilland) ‘Frédéric Mistral’ (Meilland) ‘Pierre-Auguste Renoir’ (Meilland) ‘Marcel Pagnol’ (Meilland) ‘Buffy Sainte-Marie’ (Select Roses, Canada – cultivar repris par Carl Pallek and Son Nurseries, Canada, en 1998-99) ‘Marie Curie’ (Meilland) ‘Alphonse Daudet’ (Meilland) ‘Michel-Ange’ (Meilland) ‘François Rabelais’ (Meilland) ‘William Franklin Graham, Jr’, alias ‘Billy Graham’ (Zary) ‘Rosie O’Donnell’ (Winchell) ‘Pyotr Ilyich Tchaikovsky’ (Meilland) ‘André Le Nôtre’ (Meilland) ‘Rose de Tavel’ (Reuter, France) ‘Dee Dee Bridgewater’ (Meilland) ‘Jeanne Moreau’ (Meilland) ‘Nancy Reagan’ (Zary) ‘Jeanne Moreau’ (Meilland) ‘Ronald Reagan’ (Zary) ‘Liv Tyler’ (Meilland) ‘John Cabot II’ (Série Explorateurs du CRDH, Centre de recherche et de développement en horticulture, Saint-Jean-sur-Richelieu, Canada) ‘Champlain’ (Série Explorateurs du CRDH, Centre de recherche et de développement en horticulture, Saint-Jean-sur-Richelieu, Canada) ‘Frontenac’ (Série Explorateurs du CRDH, Centre de recherche et de développement en horticulture, Saint-Jean-sur-Richelieu, Canada) ‘Claude Brasseur’ (Meilland) ‘Michel Serrault’ (Meilland) ‘Pierre de Ronsard’ (Meilland) ‘Félix Leclerc’ (Série Artistes canadiens, Agriculture et Agroalimentaire Canada) ‘Édith Piaf ’ (Meilland) ‘Prince Jardinier’ (d’après Louis-Albert de Broglie) (Meilland)

2009 : ‘Arthur Rimbaud’ (Meilland)

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Autres cultivars nommés d’après des célébrités et dont nous n’avons pas pu identifier l’horticulteur et l’année d’introduction (merci de nous renseigner!) ‘Aimée Plantier’, ‘Albéric Barbier’, ‘Alexander Hill Gray’, ‘Alexander McKenzie’, ‘Amanda Patenotte’, ‘Annie Laurie’, ‘Audrey Hepburn’, ‘Barbara Worl’, ‘Baronne Prévost’, ‘Capitaine Dyel de Graville’, ‘Cary Grant’, ‘Chevy Chase’, ‘Clare Grammmerstorf ’, ‘Dick Balfour’, ‘Dolly Parton’, ‘Duchesse d’Auerstadt’, ‘Duchesse de Grammont’, ‘Duchesse de Rohan’, ‘Elizabeth Taylor’, ‘Ellen Willmott’, ‘England’s Rose’ (Diana, Princesse De Galles – rose baptisée d’après son nom après son décès et dont le produit des ventes va à des œuvres de charité), ‘Eugène de Beauharnais’ dite ‘Prince Eugène’, ‘Excellenze Von Schubert’, ‘Fantin-Latour’, ‘Garibaldi’, ‘Gartendirector Otto Linne’,‘Général Cavaignac’, ‘George Cuvier’, ‘Ghislaine de Féligonde’, ‘Grace Kelly, Princesse de Monaco’, ‘Heinrich Conrad Soth’, ‘Helen L’Haÿes’, ‘Honorine de Brabant’, ‘Honorine de Brabant’, ‘Ingrid Bergman’, ‘Irene Watts’, ‘Jacqueline Humery’, ‘James Bourgault’, ‘Jeanne Lajoie’, ‘Johasine Hanet’, ‘John F. Kennedy’, ‘John Keynes’, ‘Juan Desprez’, ‘K. A. Victoria’ pour Kaiserin Victoria Adelaide Mary Louisa von SachsenCoburg und Gotha, ‘Kaiserin Auguste’, ‘Lady Ann Kidwell’, ‘Lady Carolina’, ‘Lady Emily Peel’, ‘Larry Daniels’, ‘Loeta Liggett’, ‘Louis Gimard’, ‘Louis Philippe d’Angers’, ‘Margo Coster’ et ‘Margo Coster grimpant’, ‘Marie Pavie’, ‘Marie Van Houtte’, ‘Marquis de Balbiano’, ‘Martha Rice’, ‘Maurice Bernardin’, ‘Mev. Nathalie Nypels’, ‘Mlle Blanche Laffitte’, Rose philippe noiret ‘Mlle Cécile Brunner’ et ‘Mlle Cécile Brunner’ grimpant, ‘Mme Abel Châtenay’ et ‘Mme Abel Châtenay’ grimpant, ‘Mme Alfred Carrière’, ‘Mme Berkley’, ‘Mme Caroline Testout’ et ‘Mme Caroline Testout’ grimpant, ‘Mme de La Roche-Lambert’, ‘Mme de Sévigné’, ‘Mme Élisa de Vilmorin’, ‘Mme Grégoire Staechelin’, ‘Mme Isaac Perreire’, ‘Mme Louis Lévèque’, ‘Mme Moser’, ‘Mme Platz’, ‘Mme Souveton’, ‘Mme Victor Verdier’, ‘Mons. Cordeau’, ‘Mons. De Montigny’, ‘Mons. Tillier’, ‘Mr Bluebird’,

‘Mrs. Charles Bell’, ‘Mrs. Herbert Stevens’ et ‘Mrs. Herbert Stevens’ grimpant, ‘Mrs. J. F. Redly’, ‘Mrs. Lovell Swisher’, ‘Mrs. Oakley Fisher’, ‘Mrs. R. G. Sharman-Crawford’, ‘Mrs. William G. Koning’, ‘Oderic Vital’, ‘Omer Pacha’, ‘Opal Brunner’, ‘Pablo Picasso’, ‘Papa Hemeray’, ‘Paul Noël’, ‘Paul Ricault à f leurs pourpres’, ‘Paul Verdier’, ‘Pauline Bonaparte’, ‘Pierre de St. Cyr’, ‘Président Herbert Hoover’ grimpant, ‘Princesse de Galles’ (Diana, Princesse de Galles – seule rose autorisée d’après son nom de son vivant), ‘Queen of Bourbons’, ‘Rachel Bowes Lyon’, ‘Red Dorothy Perkins’, ‘Red Maman Cochet’ ou ‘Nils Cochet’, ‘Rose de Mons. Pomeroy’, ‘Souvenir de Claudius Denoyel’, ‘Souvenir de MacKinley’, ‘Souvenir de Mme L’Advocat’, ‘Souvenir de Mme. Breuel’, ‘Souvenir de Mme.. Leonie Viennot’, ‘Souvenir de Nemours’, ‘Souvenir de Thérèse Levet’, ‘Susan Louise’, ‘Thérèse Bugnet’, ‘Tom Breneman’, ‘White Maman Cochet’ grimpant, ‘William III’ (d’après le Roi d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande – 1650-1702), ‘William R. Smith’, ‘Yellow Maman Cochet’, ‘Yvonne Rabier’, etc.

Vous trouverez encore davantage de noms de roses donnés d’après des personnalités sur le site du San Jose Heritage Rose Garden, San Jose, Californie (conservateur : Ed Wilkinson) : www.heritageroses.us/AlphaWithinClass_a-ch.htm. Nous avons dû interrompre l’énumération faute d’espace et parce qu’il est pratiquement impossible de dresser une liste absolument exhaustive de ces cultivars sans que cela ne soit, vu leur nombre, finalement trop rébarbatif pour le lecteur. La plupart de ces cultivars sont offerts dans le gigantesque catalogue de la compagnie RogersRoses en Caroline du Sud, qui compte près de 450 variétés de roses au total. Voir www.rogersroses.com ou téléphoner au 1 864 468-4900. Sources : Wikipédia, Christian Hays (Société d’Horticulture du Pays d’Auray), RogersRoses, San Jose Heritage Rose Garden, Die Namen der Rosen, Meilland, Plantes & Jardins, forum de discussion de www.heritagerosefoundation.org, www.rose-story.com, www.morii-paint.co.jp et www.canadianrosesociety.org.

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Questions et réponses | LE JARDINIER D’INTÉRIEUR

Pour obtenir le meilleur service possible, continuez à soumettre vos questions à submit@tigmag.com. Merci! Bonjour, Je suis à la recherche d’une plante que j’ai vue dans un magasin, qui y servait de décoration, et que je ne pouvais donc pas acheter. Elle porte entre autres les noms de « patte d’éléphant », « Red ponytail » ou encore « Guatemala ponytail ». C’est comme un gros oignon à la surface de la terre. C’est une plante de maison, et il pousse de longues tiges vertes à partir de cet oignon. J’aimerais savoir si vous pourriez me dire à quel endroit je pourrais trouver cette plante. Merci pour votre magazine, j’adore lire tous les trucs et les réponses qu’on y trouve. – Gaétane Carrière

Bonjour Gaétane, La plante dont vous parlez a pour nom scientifique Beaucarnea guatemalensis, et est également nommée Nolina guatemalensis. C’est une variété de palmier originaire des forêts du Guatemala et du Honduras, où elle pousse très rapidement lors de la saison sèche. Elle s’adapte en effet très bien à la culture intérieure. Son origine tropicale fait qu’elle aime les hautes températures en serre. Si vous demeurez au Canada, vous pouvez vous procurer des semences sur le site Rare Exotic Seeds (www.rarexoticseeds.com). Voici le lien qui vous amènera directement sur la page de Beaucarnea guatemalensis : www.rarexoticseeds.com/Trees_Palms_Shrubs/ Graines_Beaucarnea_Recurvata_Seeds_Nolina_Recurvata_ Ponytail_Palm_Elephant_Foot.html. Et voici le lien vers la boutique (c’est la troisième plante dans la liste) : www.rarexoticseeds.com/Tree_Seeds_Palm_Seeds_ Shrubs_Graines_Arbres_Palmiers_Arbustes.html. Si vous vivez aux États-Unis, vous pouvez commander les semences de Beaucarnea guatemalensis sur Rare Seed Source (www.rareseedsource.com) : http://rareseedsource.com/ proddetail.php?prod=guatemalensis. Si vous habitez en France, vous pouvez en acheter les semences sur Twenga.fr : http://www.twenga.fr offre/2062/5648540153425838768.html, et : http://www.twenga.fr/search.php?q=PLANTES+D%27IN T%C3%89RIEUR Voilà, j’espère que ces renseignements vous seront utiles. Bonne culture! Bien à vous, – La Rédaction

Crédits photos

Bonjour, J’élève des chèvres pygmées; elles vivent dans la maison, car elles sont très petites et amicales. Je me demandais si je peux les laisser aller dans mon jardin intérieur sans danger et sans supervision. Je suis sûr qu’elles aimeraient la lumière additionnelle. Je les ai laissé y entrer une fois et elles ont beaucoup aimé. Je me demandais simplement si vous croyez que je peux les laisser dans le jardin lorsque je n’y suis pas pour qu’elles profitent de la lumière additionnelle et soient de plus heureuses chèvres pygmées. Je ne crois pas qu’elles mangeraient quoi que ce soit, mais je ne suis pas certain, car quand je leur ai demandé, elles m’ont dit non… Mais je crois que l’une a fait un clin d’œil à l’autre, et je sais qu’elles m’ont déjà menti. Qu’en pensez-vous? Je ne suis vraiment pas certain que je peux leur faire confiance. Merci de me répondre rapidement. (Quelques minutes plus tard : Bonjour; mon dernier courriel n’était pas une blague. La vie de Daisy et d’Homer pourrait dépendre de votre réponse, car si elles mangeaient mon jardin, je laisserais le Rottweiler du voisin, qui se lèche toujours les babines lorsqu’il les voit, faire ce qu’il en désire. Je suis sérieux. Je ne connais personne d’autre à qui écrire pour obtenir une réponse à cette question. Si vous me dites de le faire, je le ferai. La dernière fois que j’ai laissé mes chèvres pénétrer au jardin, elles ont tenté de boire l’eau du réservoir, mais j’ai donné à chacune une bouteille de bière et elles se sont détournées de l’eau du réservoir.) Aidez-moi! – L’homme aux chèvres de l’Ohio, É.-U. (Signé : Homme aux chèvres, Ohio) Bonjour Daisy, Bonjour Homer, Veuillez dire à votre propriétaire, l’homme aux chèvres de l’Ohio, qu’il a les idées embrouillées. D’abord, nous savons que vous tenterez de manger toutes les plantes du jardin, et ces plantes peuvent être toxiques pour vous! Ensuite, vous y apporterez (dans votre poil, sous vos pattes, dans votre museau, etc.) de nombreux êtres vivants qui pourraient tuer les plantes de votre propriétaire. Absolument aucun animal domestique ne doit avoir accès au jardin intérieur, tant pour leur propre sûreté que pour la santé des plantes! Un cours hypothétique « jardinier d’intérieur 101 » en parlerait! Donnez une leçon à l’homme aux chèvres : un bon coup au derrière à l’aide de vos cornes pygmées! Bien à vous, – La Rédaction

En couverture : Megasii Ltd; Adobe Photoshop Tutorials : 8; AeroGrow : 20; Broto : 22; Canna : 40, 42; D.R. : 4, 10, 16, 18, 20, 24, 46, 47, 48, 49, 50, 54, 56, 57, 59, 60, 61, 62; Formation Qualitemps : 10; Fortin, Daniel : 32, 33; General Hydroponics : 29; Hydro Greenhouse : 22; Hydrotek : 24, 25, 26; Jd’I : 29, 30, 58, 62; Johns, Brian : 4, 17, 18; Laberge, Patrick : 36, 37, 38; Lorthios, Marielys : 12; Megasii Ltd : 10; MegaWatt : 12; Neilland : 63; Morell, Josh : 4, 28; Portable Farms : 21, 22; Sekada, Risa : 5; Sentier Urbain : 14; Station Verte : 10.

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Le grand magazine hydroponique francophone est enfin lĂ ! Contactez notre directeur des Ventes et du Marketing, William Fitzmaurice, au 1 450 628-5325 ou par courriel :

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Le Jardinier d'interieur mai juin 2009