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N° 284

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Février Mars 2016

lenord.fr

Région et Départements

TRAVAILLER

ENSEMBLE

P. 30

DOSSIER

TOUT UN MONDE

HISTOIRE D’UN JOUR

RSA : tout faire pour favoriser le retour à l’emploi durable

Quand l’art efface le handicap

1866 : le Nord au temps du choléra

P. 27

P. 38

P. 58


SOMMAIRE

N° 284 • Février - mars 2016

Retrouvez tous les liens Internet présents dans ce numéro : lenord.fr/284

ACTUALITÉS Coup d’œil Lille, 16 novembre 2015 : une minute pour dire « non » Actu Enfance : prévenir pour mieux protéger • Aidons à protéger l’atmosphère Zoom Seniors, personnes en situation de handicap : autonomes et citoyens 59 secondes 11 millions de fonds d’urgence pour le Nord La bonne idée Quand les voix des uns remplacent les yeux des autres

4 6 10 11 12

CHEZ VOUS Avesnois Sars-Poteries : le musée du verre, naissance d’une pépite au cœur de l’Avesnois Cambrésis Doignies : vocation sociale pour habitat agricole Douaisis Arleusis : au foyer de vie Le Rayon vert, d’autres vies que la leur Flandres Saint-Pol-sur-Mer : collégiens et architectes en herbe Métropole Lille-Moulins, un collège ouvert au baroque Valenciennois Artres : le foyer médicalisé, un lieu de vie avant tout

14 16 18 20 22 24

LE DÉPARTEMENT ET VOUS Libre expression Tribunes des groupes politiques Dossier RSA : réussir le retour à l’emploi Mode d’emploi Nord énergie solidarité

26 27 35

DÉCOUVERTES Rencontre Nicolas Gautier, chef de La Laiterie, défenseur de l’approvisionnement local Tout un monde Vivre l’art malgré son handicap Bons baisers de Quito (Équateur) : Amandine Rual Du côté de Les aérodromes, pistes d’envol

36 38 44 46

CULTURE / LOISIRS Événement La cartographie ou le miroir du monde au musée départemental de Flandre Sorties Une sélection de spectacles, expo, concerts pour se divertir et se cultiver Lu, écouté, vu Des livres et des CD à découvrir Histoire d’un jour 6 février 1866 : le choléra frappe les Flandres Comme un chef ! Ravioles de butternut

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Magazine d’information du Département du Nord

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lenord.fr

51, rue Gustave-Delory - 59047 Lille Cedex Courriel : magazine@lenord.fr

Le magazine Nord le Département est distribué gratuitement à tous les habitants du Nord. Service Rédaction : 03 59 73 83 98. Si vous ne recevez pas le magazine régulièrement ou pour le recevoir à partir d’un autre département, contactez le service Lecteurs-abonnement au 03 59 73 85 29 ou par courriel : diffusionnord@ lenord.fr. ISSN : 2268 - 1396. Tirage : 1 183 998 exemplaires. Tous droits de reproduction réservés. © 2013 - 2016. Imprimé sur papier certifié FSC-118171®. Dépôt légal : février 2016. Directeur de la publication  : Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental du Nord • Rédacteur en chef  : Franck Périgny • Rédactrice en chef adjointe  : Laurence Blondel • Rédaction  : Françoise Colonge, Gaëlle Leplat, Antoine Platteel, Arnaud Raes • Secrétariat de rédaction  : Laurence Blondel assistée d’Emmanuelle Lemaître • Conception graphique et réalisation : David Hennion, Coralie Lambriquet, Patricia Wissocq • Responsable de production : Patrick Lenoble • Photographes : Dominique Lampla, Christophe Bonamis, Philippe Houzé, Emmanuel Watteau - Photothèque du Département du Nord • Service iconographique  : Barbara Bonny • Conseil en communication : R Com’ Rigaux • Photogravure : Angelini • Impression : Lenglet Imprimeurs

/departement.du.nord

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Magazine Nord le Département

@lenord

Regardez les reportages : dailymotion.fr/Nord-le-Departement


Nouvelle Région, nouveaux atouts Jean-René LECERF Président du Conseil départemental du Nord president@lenord.fr

Je me réjouis de l’élection de Xavier Bertrand à la présidence de notre nouvelle Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. J’occupais d’ailleurs symboliquement la dernière place sur sa liste. Mais je ne saurais oublier un seul instant que nous devons ce résultat à tous les électeurs, de tendances bien différentes, qui ont refusé de laisser notre territoire devenir le champ d’expérimentation de l’extrême droite. Le temps du travail en commun est maintenant venu. Plus que jamais Région et Département devront désormais agir de concert.

Le temps du travail en commun est maintenant venu.

Dans le combat essentiel que nous menons pour le retour à l’emploi des allocataires du RSA, la Région nous apportera l’indispensable soutien de la formation professionnelle. La construction et l’entretien des collèges et des lycées, l’orientation professionnelle de nos jeunes, l’accès au numérique dans tous les établissements feront l’objet d’un étroit partenariat. Les grands projets, comme le canal Seine-Nord Europe, la mise à disposition pour tous du Très Haut Débit, le développement de moyens de transport efficaces et respectueux de l’environnement ou la troisième révolution industrielle mobiliseront les énergies et les capacités de chacune de nos collectivités. Parallèlement, les relations entre les cinq Départements de notre région permettront de fructueuses mutualisations et offriront à nos territoires de nouvelles opportunités de développement. Face aux situations très difficiles auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés, des espérances nouvelles apparaissent. Il n’appartient qu’à nous de les saisir dans l’intérêt de nos populations et bien au-delà de nos clivages et nos égoïsmes du passé. •

Les relations entre les cinq Départements de notre région permettront de fructueuses mutualisations et offriront à nos territoires de nouvelles opportunités de développement.

n°284 I Février-mars 2016

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COUP D’ŒIL

Photographe : Dominique Lampla

Lille, 16 novembre 2015 Ils sont près de dix mille en ce lundi gris, sur la place de la République, silencieux et solennels. Les mots sont inutiles. Leur seule présence, ce jour-là comme la veille, sur les places de nombreuses villes du Nord, suffit à signifier un grand « Non ». Non à la violence aveugle qui a fait basculer dans l’horreur un vendredi soir ordinaire. Non au fanatisme qui a causé la mort de 130 innocents. Non à la division et à la haine. Et malgré tout, malgré la sidération et les larmes, non à la peur. « Not afraid », dit la pancarte brandie par une jeune femme au regard encore bouleversé. « Même pas peur. »

Photo publiée le 19 novembre 2015 sur la page Facebook du Département du Nord.

Rejoignez la page :

www.facebook.com/departement.du.nord

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Magazine Nord le Département


COUP D’ŒIL

n°284 I Février-mars 2016

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Dominique Lampla

ACTUALITÉS HANDICAP

L’association Ensemble recherche des bénévoles

Depuis 2009, l’association Ensemble soutient les jeunes adultes porteurs de handicap en se rendant dans les foyers d’accueil via son réseau de bénévoles. Ceux-ci leur proposent des activités basées sur la lecture, l’écriture, les chiffres, les jeux, les disciplines artistiques… et un accompagnement individuel. Vous pouvez rejoindre l’équipe de bénévoles en contactant Maryline Fauquette, présidente de l’association au 06 72 19 42 56 Maison de la vie associative 42 rue Jules-Roch à Orchies

CONTACT

Une nouvelle adresse pour écrire à la rédaction

L’adresse électronique de la rédaction de votre magazine a changé. Vous pouvez désormais nous écrire à : magazine@lenord.fr DU 1ER AU 3 AVRIL

Salon des sports de nature à Lille

Rando, course à pied, voile… Ce salon présente de multiples activités, des idées de destinations, du matériel... 8 000 personnes s’y sont rendues en 2015. À Lille Grand Palais, bd des Cités-Unies, Euralille www.randoreva.fr

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Prévention. Parmi les nouvelles mesures prévues par le Département : des examens de santé dès 2 ans, afin de favoriser la détection précoce des difficultés telles que les retards de langage ou les problèmes psycho-moteurs.

Enfance 

Prévenir pour mieux protéger Responsable de la protection de l’enfance, le Département s’engage dans une politique plus ambitieuse pour le bien être de l’enfant : améliorer la prévention, faire baisser le nombre de placements, proposer des alternatives à l’hébergement en établissement. « Il faut réformer un système qui n’a pas su s’adapter », expliquait Doriane Bécue, viceprésidente du Département chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et de la Famille, le 17 décembre dernier, en présentant la délibération cadre « Prévention et protection de l’enfance ». Adoptées à la majorité par le Conseil départemental du Nord, les nouvelles orientations partent d’un constat : plus de 20 000 mineurs nordistes font l’objet d’une mesure au titre de la protection de l’enfance, 10 000 sont placés (la moitié dans des familles Pour en savoir plus et revoir les débats d’accueil, l’autre dans des structures collecau Conseil départemental : lenord.fr/ProtectionEnfance tives) et la durée moyenne du placement est de 7 ans. Des chiffres beaucoup trop importants pour Doriane Bécue qui veut « déjudiciariser » la protection de l’enfance. D’abord en développant la prévention : campagnes d’information sur les grossesses précoces et le syndrome du bébé secoué, examens de santé dès 2 ans, accompagnement privilégié des collégiens… Ensuite, en renforçant « l’accompagnement des familles dans leur rôle éducatif, avec leur adhésion et en les soutenant à des moments clés. Le but est de maintenir l’enfant dans son environnement social et/ou familial », précise l’élue. « Cela fonctionne ailleurs : le Québec a réduit de 35 000 à 8 000 le nombre de placements en mettant des moyens sur la prévention. » • Franck Périgny

Un chiffre

20 353

mineurs font l’objet d’au moins une mesure de protection dans le Nord, dont 94,3 % de mesures judiciaires.


ACTUALITÉS TROPHÉE

EXPÉRIMENTATION

CENTENAIRE 14-18

Matisse remporte le Môm’art 2015…

Covoitureurs, vous êtes captés !

Écoles : des projets sans frontières

Dans le cadre de sa politique de développement du covoiturage, le Département a expérimenté, de novembre à février, en partenariat avec la start-up lilloise Anaxa Vida, un capteur pouvant détecter le nombre de passagers par véhicule. Ce dispositif a été positionné à Sainghin-enMélantois et sur l’A23. Toutes les données personnelles ont ensuite été détruites par respect pour la vie privée. Les résultats de ce comptage seront analysés par le ministère de l’Écologie. Philippe Houzé

Sélectionné avec dix autres musées français membres du réseau des « Musées Joyeux », par des familles de « muséotesteurs » anonymes, le musée départemental Matisse, au Cateau-Cambrésis, a remporté le trophée Môm’Art le 9 décembre dernier. Ce trophée d’envergure nationale salue la qualité des ateliers pédagogiques et des animations mises en place à destination du jeune public et des familles visitant le musée. museematisse.lenord.fr mom-art.org

… et on peut s’y rendre en « covoiture-art » Le musée départemental Matisse est partenaire de covoitureart.com, un site Internet de covoiturage qui se spécialise dans le transport partagé à destination des musées de France. Il est ainsi possible de se rendre en voiture au musée Matisse depuis n’importe quel point du département, à moindre frais. Une solution particulièrement pratique pour les étudiants et les personnes en difficulté. De plus, cela permet de voyager avec des covoitureurs partageant les mêmes goûts pour l’art... et la protection de l’environnement ! www.covoiture-art.com

« Schoolmatch Easier » est un outil en ligne destiné aux écoles qui souhaitent lancer un projet international autour de la commémoration de la première guerre mondiale et qui sont à la recherche d’une école partenaire. Il permet de trouver des écoles en Europe, voire au-delà. Il suffit de s’inscrire, de créer un profil puis de lancer une recherche dans la base de données pour facilement entrer en contact avec des écoles intéressées. www.schoolmatch. easier1418.eu/fr/intro

Comptage. Le dispositif a été installé temporairement dans la Métropole afin d’analyser la part du covoiturage dans nos déplacements.

Suivez les géants à la trace ! Depuis 1997, l’association La ronde des géants réalise un calendrier qui recense tous les événements liés aux géants en France et en Belgique. Sous sa forme numérique, il permet une consultation des événements par date ou par carte interactive. En version papier, il se présente sous forme d’un poster recto-verso disponible dans les offices de tourisme ou sur simple demande auprès de l’association. www.calendrier-des-geants.eu

LES RENDEZ-VOUS NATURE 2016

Les 1 001 astuces des plantes Disponible dans les offices de tourisme et syndicats d’initiative, le guide des Rendez-vous nature propose 256 animations gratuites autour des plantes dans les espaces naturels départementaux et les dunes du littoral. Toutes sont adaptées à un public familial et la majorité est accessible sans réservation. Le guide contient aussi un dossier sur les plantes sauvages composé de dix fiches pédagogiques. Guide téléchargeable gratuitement début mars sur lenord.fr/rvn Liste des animations sur www.tourisme-nord.fr, rubrique agenda.

AUTONOMIE

Les aidants aidés, ici et en Belgique Le Département s’engage dans une démarche partenariale avec l’Agence régionale de santé et la Région wallone pour soutenir les aidants de personnes atteintes d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Dans un premier temps, il s’agit de créer un réseau francobelge spécialisé dans l’aide aux aidants afin notamment d’échanger sur les pratiques et de former des professionnels. Ensuite, un programme de soutien psycho-affectif personnalisé sera proposé aux aidants. Ce projet devrait être en partie financé par le programme européen Interreg V. n°284 I Février-mars 2016

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Agir. Un geste éco-citoyen : laisser la voiture au garage. La moitié des trajets urbains font moins de 3 km.

Pollution 

Aidons à protéger l’atmosphère

Pour prévenir les expulsions Un locataire qui n’arrive pas à payer son loyer peut être expulsé de son logement à la fin de la trève hivernale (1er novembre - 31 mars). Pour éviter au maximum cette situation, un numéro gratuit depuis un poste fixe a été mis en place par le Département dès 2007, en lien avec l’Agence départementale pour l’information sur le logement (ADIL). Au bout du fil, des juristes aident les locataires et propriétaires privés à trouver des solutions à temps. 0 800 359 359 (appel gratuit) www.adilnord.fr

Pour mieux protéger les Nordistes en cas de pic de pollution, le Plan de protection de l’atmosphère (PPA) du Département entre en action en ce début d’année.

CONCOURS

En 2014, le Nord a connu 61 jours d’épisodes de pollution. En cas de forte dégradation de la qualité de l’air, deux niveaux sont institués par arrêté préfectoral. Le niveau 1 (seuil d’information) préconise les bonnes pratiques d’éco-citoyenneté pour contribuer à réduire les émissions de polDiffusion des recommandations luants : maîtriser la consommation énergétique en cas d’épisode de pollution : liée au chauffage, diminuer les déplacements lenord.fr motorisés, privilégier les transports en commun, Nord le Département réduire la vitesse, etc. En outre, les personnes @lenord fragiles sont invitées à limiter les activités de plein air et à éviter d’emprunter les axes routiers en période de pointe, par exemple. Le niveau 2 (seuil d’alerte) est activé en cas de pic de pollution intense. Les Nordistes doivent alors respecter certaines mesures comme la stricte limitation de la vitesse, tandis que les administrations sont tenues d’immobiliser 20 % de leur parc automobile. •

Le Département du Nord, via la villa départementale Marguerite-Yourcenar, organise comme chaque année un concours d’écriture gratuit réservé aux collégiens. Ouvert jusqu’au 21 mars 2016, il a pour thème « Moi Hadrien, empereur romain ». Les lauréats seront récompensés par des chèques multimédia et leurs productions seront publiées sur le site lenord.fr. Remise des prix samedi 28 mai au Forum antique de Bavay.

Plus d’infos sur : www.atmo-npdc.fr

DÉCOUVERTE PROFESSIONNELLE « 1 000 chercheurs dans les écoles » Cette opération annuelle est organisée par l’AFM Téléthon et l’association des professeurs de biologie et géologie à destination des classes de troisième et de lycée. Entre autres exemples, le 3 décembre dernier, deux chercheuses et une ingénieur d’études travaillant dans une unité de l’Institut Pasteur de Lille sont venues présenter la biologie moléculaire et leur métier au collège Guy-Mollet à Lomme. lenord.fr/1000chercheurs 8

LOGEMENT

Magazine Nord le Département

www.education.telethon.fr

Arnaud Raes

Collégiens, à vos plumes

Renseignements : 03 59 73 48 90 lenord.fr/villayourcenar Philippe Houzé

Philippe Houzé

ACTUALITÉS


ACTUALITÉS

En novembre dernier, des conseillers départementaux ont été désignés dans chaque arrondissement pour être référents à la politique de la Ruralité. Ils seront les interlocuteurs privilégiés des acteurs de la ruralité et plus particulièrement des instances représentatives du monde agricole. Leur mission sera aussi de faire remonter au président de Conseil départemental et à Patrick Valois, vice-président chargé de la Ruralité, les différents problèmes rencontrés par le monde agricole afin d’y apporter des réponses rapides. • Métropole : Luc Monnet. • Flandres : Jean-Marc Gosset. • Douaisis : Jean-Luc Detavernier. • Valenciennois : Jean-Noël Verfaillie. • Cambrésis : Didier Drieux. • Avesnois : Marie-Annick Dezitter.

Frédérik Astier

Des conseillers pour la ruralité

Dominique Lampla

TERRITOIRES

RURALITÉ

Philippe Houzé

Salon de l’agriculture

Salon international de l’agriculture Paris, Porte de Versailles Du 27 février au 6 mars, 9h - 19 h. www.salon-agriculture.com

Deux collèges inaugurés

En novembre dernier, le Département a inauguré deux collèges récemment reconstruits : AlbertRoussel à Tourcoing (photo) et AlexandreDesrousseaux à Armentières. Ces deux établissements, reconstruits sur d’anciennes friches industrielles, répondent aujourd’hui aux normes de Haute qualité environnementale. UNESCO

La Grande Guerre au patrimoine mondial

Fromelles, Louverval, Cambrai (photo), Assevent, Le Quesnoy : cinq sites du Nord sont concernés par la candidature pour l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco de 94 sites funéraires et mémoriels de la Grande Guerre. Le dossier est coordonné par une association (Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre) réunissant 14 Départements français, la Wallonie et la Flandre. Inscription espérée en 2018.

Pour contacter les élus : lenord.fr/vos-elus

L’approvisionnement local sera en vedette sur le stand du Département du Nord au Salon international de l’Agriculture de Paris. Ce thème qui sera mis en valeur par le biais d’animations à destination des enfants comme des adultes est aussi en adéquation avec la thématique générale du salon : « Agriculture et alimentation citoyennes ». Consommer local permet de préserver l’environnement en réduisant notre trace carbone et de soutenir les producteurs de notre région.

COLLÈGE

RESTAURATION SCOLAIRE

Mangeons local !

Pour soutenir l’agriculture nordiste, le Département va développer l’approvisionnement local, en commençant par les demi-pensions de collèges. Se fournir localement contribue à la qualité des repas servis aux collégiens, mais entraîne un surcoût de 15 % environ. Pour favoriser le développement de cette démarche, le Conseil départemental a donc autorisé les collèges qui achètent localement au moins 25 % des produits à augmenter de 5 % maximum le prix des repas proposés dans leurs restaurants scolaires. lenord.fr/approlocal

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Emmanuel Watteau

ZOOM

Maintien à domicile . La télé-assistance permet aux personnes âgées de rester chez elles en toute sécurité.

Être et rester autonome Le Nord compte aujourd’hui 500 000 personnes de plus de 60 ans (600 000 d’ici cinq ans) et près de 230 000 personnes en situation de handicap. Pour permettre à toutes d’être et de rester des citoyens à part entière, acteurs de leur vie, le Département s’engage dans une politique volontariste dont le maître mot est l’autonomie. Geneviève Mannarino Vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’Autonomie

« Les besoins des personnes ont changé et la majorité souhaite rester à domicile. C’est pour nous une priorité forte. Cela ne veut pas dire que les établissements vont disparaître, mais il me semble fondamental de donner ce choix. Il faut innover, définir des moyens nouveaux pour accueillir les personnes autrement. Nous voulons aussi mettre en place un guichet unique pour simplifier l’accès aux informations et améliorer les services de proximité, notamment dans les zones rurales. » 10 Magazine Nord le Département

En 2015, le Département a consacré 676 M€ aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap. Afin de maîtriser ses dépenses de fonctionnement et de les faire correspondre au plus près aux souhaits et aux besoins des personnes concernées, le Conseil départemental a adopté le 17 décembre dernier une délibération-cadre sur l’autonomie. La nouvelle politique départementale s’articule en cinq orientations : • améliorer les services de proximité aux personnes ; • développer un environnement bienveillant pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées ; • engager collectivement le chantier de la prévention de la perte d’autonomie ; • diversifier et transformer l’offre de services spécialisés ; • installer une nouvelle gouvernance pour un pilotage inscrit dans la proximité. Le Département compte sur ses partenaires institutionnels, privés et associatifs pour travailler davantage en réseau mais aussi pour proposer des solutions innovantes, en s’inspirant de ce qui peut déjà exister dans d’autres pays. • Françoise Colonge

Plus d’informations sur lenord.fr/dc-autonomie


59 SECONDES

Le chiffre

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• ÉDUCATION

millions d’euros de fonds d’urgence pour le Nord : l’équivalent de 5 jours de RSA

Le 8 décembre, les députés ont adopté un fonds d’urgence de 50 millions d’euros (M€) afin d’aider les départements qui ne parviennent plus à faire face au financement du RSA. Le Nord, qui a consacré à cette allocation plus de 660 M€ en 2015 (dont plus de 285 M€ non compensés par l’État), percevrait

pour sa part 11 M€. Ce qui correspond à peine, souligne Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental du Nord, à 5 jours de RSA dans le Nord. « Cessons d’attendre une intervention extérieure, conclut M. Lecerf. La solution ne viendra que de nous-mêmes. Nous devons la trouver dans nos propres politiques. »

L’image

Trois collèges du Nord vont faire partie des « préfigurateurs » du Grand plan numérique à l’école conduit par le ministère de l’Éducation nationale. À la rentrée 2017, les élèves de 5e des collèges Gayant à Douai, PaulVerlaine à Lille et Lucie-Aubrac à Tourcoing seront dotés de tablettes numériques qu’ils pourront emporter après la classe pour travailler chez eux. Le Département du Nord et l’État cofinancent ces équipements.

Christophe Bonamis

• FLEURISSEMENT

Verdure II, œuvre de l’artiste bretonne Pauline Betin, a été offerte le 18/12 au musée du Verre de Sars-Poteries par l’Association des amis du musée. La « petite maison pleine de rêve et de poésie » vient enrichir les collections du musée qui ouvrira à l’automne prochain (lire p. 15).

230 communes du Nord ont participé au 57e concours des villes et villages fleuris, organisé par Nord Tourisme avec le soutien du Département. Le jury départemental a décerné la mention « excellence » à Bourghelles et CoudekerqueBranche, proposées pour l’obtention de la 1re fleur en 2016. Leers obtient le prix départemental des jardins collectifs. Le prix du Centenaire 14-18, organisé par le Comité régional de tourisme, Pas-de-Calais Tourisme et Nord Tourisme, a été attribué à Hazebrouck et Bersée. Palmarès complet : lenord.fr/fleurissement2015

Patrick Valois, vice-président du Conseil départemental du Nord chargé de la Ruralité, sur Twitter, le 26 novembre 2015. Retrouvez @Patrick_Valois et @lenord sur Twitter

Du 27 février au 6 mars, le Nord revient au Salon de l’agriculture, à Paris. La priorité donnée par le Département à l’approvisionnement local (lire p. 9) répond bien au thème de cette année : « Agriculture et alimentation citoyennes ».

Philippe Houzé

La phrase « Soutenir l’agriculture, c’est aussi lui trouver des marchés, avec l’approvisionnement local dans la restauration départementale. » SUIVEZ L’ACTU DE VOTRE DÉPARTEMENT SUR

lenord.fr « Actualités »

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LA BONNE IDÉE

Quand les voix des uns remplacent les yeux des autres La Bibliothèque sonore de Valenciennes vient d’avoir 40 ans. Elle fut la troisième de France à voir le jour, après celles de Lille (créée en 1972 par un membre du Lions Club) et de Dunkerque. Passée des cassettes aux CD, elle continue à faire vivre les livres pour ceux qui ne peuvent pas ou plus lire. Claudine Verrier, aujourd’hui retraitée, est « J’ai toujours beaucoup lu, commence René donneuse de voix depuis 14 ans. « Je lisais Doyen. Quand j’ai attrapé la DMLA*, ça a été pour mon père qui voyait de moins en moins dur. Mais il y a trois ans on m’a parlé de la biet c’est lui qui m’a suggéré de le bliothèque sonore. Grâce à elle, je faire pour les autres. » À l’aide de peux relire des livres ou découvrir son ordinateur muni du logiciel des auteurs que je ne connaissais Audacity et d’un micro-casque, pas. » « Je ne pourrais plus m’en pasClaudine enregistre des livres ser, s’exclame pour sa part Monique récents. « J’essaie de lire lenteJoire, 88 ans et mal voyante depuis ment, en marquant bien la poncune dizaine d’années. Je viens à peu tuation, avec le ton. Cela prend près tous les quinze jours. J’aime du temps. Une piste de 10 mn me bien écouter des livres tout en tricoprend une demi-heure, je ne fais tant. » guère plus de trois livres par an. » La Bibliothèque sonore de ValenOutre les donneurs de voix, l’asciennes compte aujourd’hui une petite quarantaine de «  lecteurs  », Notre vocation est de sociation comprend des bénévoles qui tiennent une permaet les personnes qui bénéficient de rompre l’isolement. nence tous les vendredis de 10 à ses services, mal ou non-voyantes, Roger Lenne 11 h 30 : « Les personnes avec un sont en majorité des seniors. Roger handicap visuel ont tendance à Lenne, le président de l’association se replier sur elles, cela leur permet de rompre des donneurs de voix de Valenciennes, souhail’isolement. » • terait toucher un public plus large. « Nous commençons à enregistrer des documents destinés Françoise Colonge à des jeunes dyslexiques ou à des personnes empêchées par un handicap physique avéré. » * Dégénérescence maculaire liée à l’âge. Philippe Houzé

Philippe Houzé

Infos pratiques Le principe

L’association met gratuitement à la disposition des personnes en situation de handicap des livres enregistrés sur CD au format MP3, à choisir dans un catalogue de 1 200 titres. Il est possible de se procurer les livres par courrier exonéré d’affranchissement.

Les coordonnées

Lecture. Claudine Verrier est passée du magnétophone à cassettes à l’ordinateur. 12 Magazine Nord le Département

Bibliothèque sonore de Valenciennes 4, rue du Faubourg de Paris 59300 Valenciennes 03 23 08 75 04 59V@advbs www.advbs.fr (site national où vous trouverez aussi les coordonnées des bibliothèques sonores de Lille et Dunkerque).


20.Flandres

Collégiens et architectes en herbe

18. Douaisis 14. Avesnois

Au foyer de vie Le Rayon vert dans l’Arleusis, d’autres vies que la leur

Naissance d’une pépite au cœur de l’Avesnois

22 Métropole Lille-Moulins, un collège ouvert au baroque

16. Cambrésis

24. Valenciennois

Vocation sociale pour habitat agricole

À Artres, le foyer médicalisé, lieu de vie avant tout n°284 I Février-mars 2016

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CHEZ VOUS

AVESNOIS

Journaliste responsable de l’arrondissement Françoise Colonge 03 59 73 84 04 - francoise.colonge@lenord.fr

NAISSANCE D’UNE PÉPITE AU CŒUR DE L’AVESNOIS

Christophe Bonamis

Le chantier du nouveau musée du verre à Sars-Poteries s’achève. La muséographie va être mise en place dans les prochains mois afin d’accueillir à la fin du printemps les œuvres qui feront le bonheur de ses visiteurs dès l’ouverture dans le courant de l’automne. SARS-POTERIES

Travaux Pâturage. Auxdécembre beaux jours, En sur le chantier, les Rouges flamandes l’aménagement extérieur se assurent la gestion terminait avant la période l’Espace précédant naturel sensible de séchage de peintures Bierne. intérieures. les

VIEUX-MESNIL

Christophe Bonamis

« C’est un bâtiment d’une qualité exceptionnelle, un lieu formidable, un musée qui colle bien à son territoire, grand et discret avec des espaces volumineux mais qui ne déchirent pas le paysage. » Aude Cordonnier, directrice du musée du verre, ne tarit pas d’éloges sur le bâtiment conçu par l’agence W-Architectures. Sur près de 3 000 m2, l’édifice de pierre bleue revêt un peu la forme d’une main, dont la paume comprendra les espaces accessibles sans billet (accueil, boutique, vestiaire, documentation, espace détente…) tandis que les cinq doigts abriteront une salle de conférence, une salle d’exposition temporaire, les espaces d’exposition permanente, les salles de médiation et l’administration. Le tout avec de

grandes baies vitrées ouvertes sur le bocage et le jardin de sculptures. Près de l’entrée, un espace appelé le kiosque permettra de présenter des projets artistiques (musique, danse, peinture…) en lien direct avec le territoire. Car cet enracinement du musée dans le territoire est un souhait très fort du Département : « Toutes les forces vives (collectivités, associations, hôpitaux, collèges et lycées, entreprises) seront impliquées dans la vie du musée, affirme Aude Cordonnier. Pour moi, c’est le plus gros défi. Avec l’atelier du verre, le musée est non seulement un lieu d’exposition mais aussi de création internationale. Mais il sera également un lieu de vie pour les habitants de l’Avesnois. » •

• Un circuit pour apprendre en se promenant L’association Mémoire de Maisnil et d’Harigny a mis en place un circuit pédestre de 5 km dans la commune de Vieux-Mesnil. Les historiens locaux qui composent l’association ont collecté des photos anciennes (jusqu’aux années 50) et, sur 18 panneaux qui jalonnent l’itinéraire, ont accompagné ces images de textes explicatifs qui retracent l’histoire de la commune de la période gallo-romaine à la fin de la seconde guerre mondiale. Un autre circuit du même type doit être installé à Hargnies. association-histoire-vieuxmesnil-hargnies.franceserv.com

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BOUSIES

Christophe Bonamis

Christophe Bonamis

APRÈS LE DÉCÈS DE SON CRÉATEUR LE MUSÉE DES ÉVOLUTIONS POURSUIT SA ROUTE

Daniel Leclercq Tailleur de pierre en fils Passionné. Jean Vaillant (ici quelques semaines avant son décès en novembre dernier) a jusqu’au bout fait profiter ses visiteurs de ses connaissances et de sa passion.

Créé en 1980 par Jean Vaillant, ancien instituteur passionné de paléontologie et d’apiculture, le musée des Évolutions a pour objectif de donner une image globale des stades de l’évolution de notre planète. Deux sections de ce petit musée sont particulièrement vastes : celle consacrée à la Préhistoire, riche d’une belle collection de fossiles et de

silex et la partie présentant les évolutions technologiques des XIXe et XXe siècles à partir de nombreux objets anciens. Le musée, qui héberge aussi le syndicat d’initiatives de Bousies, va développer sa communication pour proposer aux scolaires comme aux groupes d’adultes davantage de visites thématiques. • 03 27 77 46 41

FERRIÈRE-LA-GRANDE

En partenariat avec le relais éco-vélo situé dans l’ancienne gare de Ferrière-laGrande, des élèves du collège Lavoisier participent à l’entretien des sentiers de randonnée. Membres de la section sports-études VTT, ces collégiens de 4e et 3e ne sont pas simplement motivés par la compétition. Les trois professeurs d’éducation physique et sportive qui les encadrent ont aussi pour buts de développer chez leurs élèves le civisme et de leur faire découvrir les espaces proches de chez eux en respectant la nature. Les jeunes sont également sensibilisés à la sécurité et aux règles d’hygiène et de santé. Par ailleurs, ils travaillent sur la cartographie des parcours, ce qui leur permettra de tracer le circuit de

Christophe Bonamis

DÉJÀ CITOYENS, DES COLLÉGIENS ENTRETIENNENT LES CHEMINS DE RANDONNÉE

Balisage. La mission des jeunes consiste à remplacer les panneaux abîmés.

la « Rando verte VTT HKM » qu’ils organiseront début juin à destination des collèges et lycées du Nord qui souhaitent y participer. • Lire aussi :

lenord/VTT-Ferriere

Aujourd’hui âgé de 47 ans, Daniel Leclercq a commencé à tailler la pierre bleue quand il avait 15 ans. Il était alors en classe de pré-apprentissage mais c’est à Marbaix auprès de son père qu’il a appris son métier. « Mon père a commencé en 1979-80. Intrigué par le savoir-faire des anciens, il est allé voir comment travaillaient les tailleurs de pierre en Belgique, mais a beaucoup découvert par lui-même. Aujourd’hui encore, on apprend. Il faut beaucoup de pratique. » Il n’existe pas en France d’école où l’on apprend à tailler la pierre bleue, beaucoup plus dure que la blanche. Et les Leclercq comptent parmi les seuls spécialistes de cette belle pierre, dont le banc affleure dans l’Avesnois (« avant 1914, il y avait 23 carrières à Marbaix »), en Belgique où on l’exploite encore et jusqu’en Irlande. Daniel Leclercq travaille beaucoup pour des particuliers, pour qui il réalise carrelages, escaliers, cheminées… D’ailleurs, il ne se cantonne pas à la pierre bleue mais taille également le marbre. Il a aussi pour clients des collectivités et des associations qui lui commandent la restauration de petites chapelles ou oratoires. Il fabrique aussi des blasons et pour cela fait des recherches en héraldique. « Le bâtiment rapporte mais ce que je préfère, c’est la sculpture. J’aime la création. » Lampes, mosaïques, cadrans solaires, l’art de Daniel n’a d’autres limites que celles de son imagination. 03 27 59 42 16. n°284 I Février-mars 2016

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CAMBRÉSIS

CHEZ VOUS

Journaliste responsable de l’arrondissement Arnaud Raes 03 59 73 84 01 - arnaud.raes@lenord.fr

VOCATION SOCIALE POUR HABITAT AGRICOLE

Emmanuel Watteau

Le Département a lancé en 2015 un appel à candidatures auprès des propriétaires de bâtiments agricoles susceptibles d’être reconvertis en logements dans les secteurs ruraux du Cambrésis, de l’Avesnois et du Douaisis. Cinq projets ont été retenus dont celui de Laurent Bauduin à Doignies. DOIGNIES

Projet. Laurent Bauduin a créé deux logements sans dénaturer le bâtiment existant.

« J’ai pris connaissance de l’appel à projets du Département par la Chambre d’agriculture », expose Laurent Bauduin, agriculteur implanté à Doignies, commune de 300 habitants. « Cela tombait bien car j’envisageais de réhabiliter mon ancienne grange en logements à vocation sociale. » Cette démarche n’est pas encore très courante dans le monde agricole, mais M. Bauduin possède cette fibre : « Nous sommes aussi une ferme pédagogique et avons l’habitude de recevoir des jeunes, des personnes âgées ou en difficulté. » M. Bauduin a mûrement réfléchi son projet, celui de créer deux logements d’environ 50 m2 destinés à accueillir une personne seule, un jeune ménage, voire une personne handicapée, et ce « sans

dénaturer le bâtiment existant. » Il le reconnaît, « le dossier n’a pas été facile à monter car il faut respecter de nombreuses exigences en termes de normes, de qualité d’urbanisme, d’innovation, mais j’ai été bien épaulé par les services du Département. » Au delà de l’aspect technique, Laurent Bauduin souhaite s’inscrire dans une démarche d’ouverture vers les autres : « Ce qui m’intéresse, c’est de contribuer à aider les personnes qui en ont besoin, de lutter contre l’isolement en milieu rural et de promouvoir la qualité de vie à la campagne. » En cela, il rejoint parfaitement l’objectif de l’appel à projets : répondre au manque de logements locatifs dans les communes de moins de 3 500 habitants. •

Dominique Lampla

REDYNAMISER AUSSI LES CENTRES-BOURGS Pour Max-André Pick, vice-président du Conseil départemental en charge de l’Habitat et du Logement, « le dispositif apporte un soutien à l’investissement pour des projets de transformation d’usage de bâtiments agricoles en logements locatifs aidés. Conçu en partenariat avec la Chambre d’agriculture, son objectif est de promouvoir l’habitat durable pour des familles aux ressources modestes dans les secteurs ruraux et de redynamiser les centres-bourgs tout en limitant la consommation du foncier agricole. »

16 Magazine Nord le Département


LE CATEAU-CAMBRÉSIS

Emmanuel Watteau

Emmanuel Watteau

UN VÉHICULE POUR LUTTER CONTRE L’ISOLEMENT DES PERSONNES ÂGÉES

Chris Deremaux L’harmonica, c’est la classe ! Mobilité. Remise des clés à Brigitte Brissez, responsable du CLIC et Amélie Lemaître, animatrice chargée d’aller au devant des personnes isolées.

Pour mener à bien sa politique de lutte contre l’isolement des personnes âgées, le CLIC du canton du Cateau-Cambrésis, l’association géronto-assistance, a fait l’acquisition, le 7 décembre dernier, d’un véhicule, dans le cadre d’une action intitulée « Seul, moi jamais, je sors ». Durant un an, un travail de repérage des personnes de plus de 60 ans les plus

isolées a été réalisé. Le véhicule va donc servir à transporter, de façon temporaire, ces personnes pour des sorties ludiques, des visites dans la famille, etc. de façon à les aider à sortir progressivement de leur isolement. • Géronto-assistance, 52 rue Jean-Jaurès, 59360 Le Cateau-Cambrésis. 03 27 77 72 72

IWUY

Fermée au public depuis 2012 suite à la découverte de désordres au niveau de la toiture et de la charpente, l’église SaintVaast est actuellement en réfection. Les travaux ont débuté en novembre dernier avec le désamiantage de l’édifice. C’est d’ailleurs en raison de la présence d’amiante que le chantier de rénovation avait dû être repoussé d’un an. Doivent suivre, d’ici à la fin du chantier prévue pour le mois de septembre, les opérations visant à retirer la toiture puis la charpente avant la pose du nouveau toit. La rénovation de l’église Saint-Vaast constitue une opération lourde pour la commune, environ un million d’euros. C’est pourquoi le Département y a participé à hauteur de 73 000 euros. •

Emmanuel Watteau

L’ÉGLISE SAINT-VAAST SERA SAUVÉE !

Rénovation. Toiture et charpente seront refaites.

À seulement 35 ans, Chris Deremaux a déjà bien roulé sa bosse dans le milieu musical de la région, notamment dans le blues. Il faut dire que Chris possède une qualité fort recherchée : il maîtrise parfaitement l’harmonica. « Mon père était guitariste de blues et de country, j’ai donc été bercé par ces musiques dès le plus jeune âge », précise-t-il. De fait, Chris découvre l’harmonica chez un ami à 12 ans. Trois ans plus tard, il donne ses premiers cours ! « L’harmonica est un instrument aveugle qui se travaille à l’oreille. Le son est immédiatement reconnaissable et apporte un plus dans les compositions, que ce soit de blues, de country ou de variété. Ce qui est magique, c’est que l’on peut de suite imprimer une ambiance. » Tout en accompagnant différentes formations, comme Back to the Roots ou la troupe Johnny Légende, Chris crée en 2013 son association, Harmonica, musique & compagnie, et lance en octobre 2015, au sein des Ateliers culturels de Caudry, une classe d’harmonica unique au nord de Paris. Et ça marche ! Une quinzaine d’élèves de tous âges s’y retrouvent tous les 15 jours et aspirent à maîtriser l’instrument. « Cela prend du temps ; moimême, j’apprends toujours des grands harmonicistes », souffle Chris avec humilité. Alors, l’harmonica, bientôt sur toutes les lèvres ? association.harmonica59@gmail.com 06 45 31 88 75 / 06 42 22 27 44

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CHEZ VOUS

DOUAISIS

Journaliste responsable de l’arrondissement Antoine Platteel 03 59 73 84 00 - antoine.platteel@lenord.fr

D’AUTRES VIES QUE LA LEUR !

Emmanuel Watteau

À l’occasion d’un projet mené sur une année, une dizaine de jeunes de l’Arleusis ont lié connaissance avec les résidants du foyer de vie Le Rayon vert à Cantin. Une expérience unique et enrichissante pour partager des activités artistiques et sportives. ARLEUSIS

Restitution. Pâturage. Auxjeunes beaux ont jours, Les fait les Rouges flamandes partager leur belle assurent la gestion aux aventure collective de l’Espace résidants dunaturel Rayon sen vert, à Cantin.

FÉCHAIN

Emmanuel Watteau

« On a rencontré des gens différents de nous. Et on a découvert la danse africaine, la capoeira et la danse Bollywood », s’enthousiasme Lise. Lise est une des protagonistes de cette aventure qui a réuni une dizaine de jeunes de l’Arleusis, en majorité scolarisés au collège d’Arleux. L’aventure a duré une année, au cours de laquelle des liens étroits se sont tissés avec les résidants du foyer de vie Le Rayon vert, à Cantin. En mai dernier, c’est là qu’ont eu lieu les ateliers de danse. Là aussi que les jeunes ont préparé, avec les résidants, une Flash song, avec l’aide de la compagnie On-Off. Là, enfin, qu’a eu lieu, fin octobre, la restitution de cette action, « Regards croisés : les autres et moi », portée par le centre socio-culturel du Syndicat

intercommunal de la région d’Arleux, avec le soutien du Département. L’action a débuté par la projection d’un film de Julie Bertucelli, La Cour de Babel, qui dresse le portrait d’ados arrivés en France dans une classe d’accueil à Paris. Cette projection a été suivie d’ateliers d’écriture. En juillet, les jeunes ont enfourché leur VTT pour une randonnée qui a été l’occasion de faire des autoportraits en lévitation avec le photographe Antoine Repessé, des photos exposées, en grand format, dans neuf communes du SIRA. Menée sur un territoire rural, cette action avait un double objectif : ouvrir les jeunes à différentes disciplines artistiques et à d’autres vies que la leur. C’est chose faite ! •

•Le Colombier, gîte de groupe pour randonneurs voyageurs C’est un des plus grands gîtes de groupe de la région : il peut accueillir 50 personnes. Dans d’anciens bâtiments de ferme rénovés, Fabienne et Julien Delabre ont aménagé 13 chambres, 13 salles de bain, une immense salle à manger et un coin salon de 100 m2. Le Colombier est labellisé Gîtes de France, partenaire de longue date du Département, qui apporte son soutien aux structures d’hébergement touristique en milieu rural respectant les critères de développement durable. Le Colombier, 26 rue Jean-Baptiste-Hosselet, 59247 Féchain

18 Magazine Nord le Département

03 27 89 25 22 ou 06 87 74 07 80.


DOUAI

Christophe Bonamis

Emmanuel Watteau

LA FRICHE DE LA CENTRALE FERMIÈRE RESSUSCITE EN ACCUEILLANT DES FOYERS DE VIE

Caroline et Denis Un duo pour un guide Réhabilitation. Rue des Wetz, les bâtiments construits au XVIIe par la congrégation des Carmes ont retrouvé une nouvelle vie, après un sauvetage exemplaire.

Après 18 mois de travaux, l’ancienne centrale fermière accueille désormais, en plein centre-ville, trois foyers de vie de l’association Bethsaïde, baptisés l’Olivier, le Cèdre et l’Acacia. S’y sont installées 24 personnes en situation de handicap mental logées auparavant rue Foucques et rue Brebières dans des locaux devenus inadaptés. Chaque foyer occupe une

aile de ces bâtiments dont les parties les plus anciennes datent du XVIIe siècle. La quatrième aile a elle aussi été réhabilitée et a été investie récemment par le club d’escrime de Douai. Ce projet ambitieux de 5,5  M€ a été soutenu par le Département à hauteur de 454 000 €. •

NOMAIN

C’est un bâtiment neuf, idéalement placé au cœur de la commune, rue Jean-Lebas. Ardoise, verre, bois : la nouvelle médiathèque a fière allure et respecte la démarche Haute qualité environnementale. Elle dispose d’un fonds de 5 000 livres et travaille en réseau avec les médiathèques du secteur ainsi qu’avec la Médiathèque départementale. L’entrée est libre et le prêt gratuit. La médiathèque, d’une surface de 150 m2, propose aussi des CD et aura bientôt un secteur DVD. Elle ,met aussi à la disposition de ses usagers des écrans d’accès à internet, une console Wii U et un accès Wifi sécurisé. L’équipement, qui a reçu le soutien du Département, a été inauguré en octobre

Emmanuel Watteau

LA MÉDIATHÈQUE ENTAME UN NOUVEAU CHAPITRE DANS UN BÂTIMENT HQE

Le fonds et la forme. Livres, CD et bientôt DVD sont proposés aux habitants.

par le maire, Yannick Lassalle, et JeanLuc Detavernier, vice-président du Conseil départemental et conseiller départemental du canton d’Orchies. •

Journalistes de la Marine nationale pendant 20 ans, Caroline et Denis Dujardin sont arrivés à Douai en 2014, où ils ont installé leur agence de communication. Par ailleurs, ils se sont attelés à un travail de titan : le recensement des cimetières militaires de 14-18 dans le Pasde-Calais. « Nous avons tous deux un devoir de mémoire exacerbé », expliquent-ils. La grand-mère paternelle de Caroline fut parmi les premières à rejoindre De Gaulle à Londres en 1942. Les deux grands-pères et le père de Denis ont été gardes d’honneur à Notre-Damede-Lorette, « la plus grande nécropole française de 14-18 », souligne-t-il. Caroline Dujardin ne connaissait pas la région : « J’ai été étonnée de découvrir ces cimetières militaires en plein champ. Et de voir qu’il n’y avait pas de guide les recensant. » Ce travail, pour le Pas-de-Calais, leur a pris trois ans. « Ça n’a pas été facile d’avoir les autorisations pour les photos : on compte 400 cimetières militaires de 14-18 dans le Pas-de-Calais, dont 300 du Commonwealth, représentant une trentaine de nationalités. » Chaque cimetière a sa fiche descriptive, son historique, ses coordonnées GPS. Et bien sûr, ses photos : il y en a 800, dans ce guide de 600 pages, ponctué de 19 illustrations signées Christelle Massouty. Maintenant, Denis et Caroline Dujardin ont entrepris de réaliser le guide des cimetières de 14-18 dans le Nord.

« 14-18, le Pas-de-Calais se souvient », 25 € - Commande auprès de SARL Duo Dujardin : 74, rue des Blancs Mouchons, 59500 Douai.

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CHEZ VOUS

FLANDRES

Journaliste responsable de l’arrondissement Arnaud Raes 03 59 73 84 01 - arnaud.raes@lenord.fr

COLLÉGIENS ET ARCHITECTES EN HERBE

Dominique Lampla

Au collège Robespierre de Saint-Pol-sur-Mer, deux classes de sixième travaillent depuis la rentrée sur les aménagements de leur quartier. Ce projet mené dans le cadre des cours d’histoire-géographie est piloté par l’Agence d’urbanisme et de développement de la région Flandre-Dunkerque (AGUR). SAINT-POL-SUR-MER

Réflexions urbaines. Pâturage. Aux beauxdu jours, L’objectif premier les Rougesétait flamandes semestre de faire un assurent la du gestion diagnostic quartier et de l’Espace naturel sensible des propositions concrètes de Bierne. pour sa rénovation.

GRAVELINES

Philippe Houzé

En ce lundi matin, Quentin, Antoine et Nadia sont particulièrement contents d’avoir cours d’histoire-géographie. Et ils ne sont pas les seuls. Depuis la rentrée, quarante élèves s’impliquent avec enthousiasme dans une réflexion sur la rénovation de leur quartier. Leurs deux classes de sixième passent régulièrement une heure de cours privilégiée avec des professionnels de l’AGUR. « Nous avons été sollicités par la municipalité dans le cadre de la politique de la ville. L’étude de l’espace proche est au programme de géographie en sixième », explique Régis Verhaeghe, principal du collège. Au premier semestre, les élèves ont établi un diagnostic urbain de leur quartier et l’ont cartographié sous le regard attentif d’un groupe de camarades chargé de photographier et filmer

chaque étape de la démarche. « Ce sont les élèves qui construisent leur projet, nous ne faisons que les accompagner », témoigne Pierre-Mathieu Degruel, architecte-urbaniste à l’AGUR. S’exprimer en tant que citoyens Pour Gérard Tassin, professeur d’histoiregéographie, « ce projet permet aux élèves de devenir concepteurs de leur quartier mais aussi de comprendre qu’ils ont le droit de s’exprimer en tant que citoyens ». Au deuxième semestre, ses collègues d’arts plastiques prennent le relais pour encadrer, avec l’AGUR, la construction de maquettes du quartier. « On espère que tout cela débouchera sur du concret pour le secteur » conclut Régis Verhaeghe avec un sourire. •

• Des portes neuves pour les écluses 63 (dite écluse Vauban) et 63 bis Il n’est pas encore bien loin le temps où les portes des écluses du port de Gravelines Grand-FortPhilippe étaient en bois et se manœuvraient à la main. Après 139 années de bons et loyaux services, elles ont laissé place fin 2015 à des portes levantes semi-automatisées. Les travaux d’un montant de 4,6 millions d’euros intégralement financés par le Département auront duré quatorze mois. Un dernier grand chantier maritime pour le Département qui gérait le port depuis 1981 et qui vient de passer la main à la Communauté urbaine de Dunkerque, conformément aux dispositions de la loi NOTRe.

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STEENVOORDE

Philippe Houzé

Philippe Houzé

LE COLLÈGE SAINT-EXUPÉRY GAGNE DU GALON

Bloz Un sacré coup de crayon

Rénovation. Le nouvel établissement peut accueillir 550 élèves. Il est grand, lumineux et fonctionnel.

Après deux ans de travaux sur site, le collège Antoine-de-Saint-Exupéry est aujourd’hui comme neuf. En effet, l’établissement a subi une cure de jouvence avec restructuration et extension sur le site de l’ancienne gendarmerie voisine. Dernièrement, le rez-de-chaussée et l’externat ont été achevés. Plus grand, plus lumineux et fonctionnel,

le nouveau collège peut accueillir 550 élèves et dispose d’un restaurant d’une capacité de 510 repas/jour. Un plateau sportif de 1 000 m2 a en outre été créé. La restructuration a permis de mettre le bâtiment aux normes de Haute qualité environnementale. Cette opération a été menée par le Département pour un montant de 12 millions d’euros. •

CAPPELLE-BROUCK

L’HUMOUR, C’EST SÉRIEUX

Philippe Houzé

RÉNOVATION EN PROFONDEUR DE LA RD 46 Dans quelques semaines, les travaux de rénovation de la RD 46, au sud de la commune de Cappelle-Brouck en direction de Saint-Omer, seront terminés. Entrepris en novembre dernier, ces travaux ont consisté en la mise horsgel de la chaussée, la pose d’un éclairage public et la réorganisation des trottoirs ainsi que des emplacements de stationnement. Le chantier a été interrompu pendant les fêtes de fin d’année pour reprendre en janvier. Si tout va bien, la route devrait être rouverte en ce mois de février. Cette opération avait été rendue nécessaire du fait de la dégradation importante de la chaussée, empruntée notamment par de nombreux poids-

Cela fait plus de 40 ans que Bloz a attrapé le virus du dessin. Enfant, le papier et les crayons l’attiraient plus que les jouets et très vite il a passé son temps libre a recopier les dessins de Spirou et des Tuniques bleues. « Dès qu’une nouvelle histoire sortait, je la lisais trois fois : une fois pour décortiquer l’évolution des dessins, une fois pour connaître l’histoire et une fois pour observer tous les détails », raconte le Dunkerquois qui vit et travaille aujourd’hui à Crochte. Bloz a fait un passage dans une école de dessin locale mais s’est surtout formé par lui-même, à force de travail. C’est ainsi qu’il est devenu l’un des rares dessinateurs en France à pouvoir vivre de sa passion.

Fin des travaux. A priori, la route devrait être rouverte en février.

lourds et des engins agricoles. D’un montant d’1,86 million d’euros, la réfection de la RD 46 a été financée par le Département à hauteur de 1,17 million d’euros. •

Depuis le début de sa carrière qui a démarré avec des planches pour un magazine moto, Bloz illustre des scénarii humoristiques. « On pense souvent que les dessins humoristiques sont faits à la va-vite. C’est tout le contraire. Je me documente énormément avant de dessiner. » Pour illustrer Les Carnavaleux (dont le tome 2 est sorti en novembre dernier), Bloz a commencé par réaliser quantité de reportages photo du carnaval de Dunkerque. La série Les dinosaures en bande dessinée se fait en étroite collaboration avec un paléontologue du Muséum d’histoire naturelle de Paris, et pour Les Fondus de moto, Bloz se base sur des miniatures très réalistes. Du vrai travail de pro ! Bamboo édition :

01 41 58 19 06

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CHEZ VOUS

MÉTROPOLE

Journaliste responsable de l’arrondissement Laurence Blondel 03 59 73 84 02 - laurence.blondel@lenord.fr

LILLE-MOULINS : UN COLLÈGE OUVERT AU BAROQUE

Philippe Houzé

Depuis l’ouverture du nouveau collège en septembre 2015, les musiciens du Concert d’Astrée, la prestigieuse formation baroque animée par Emmanuelle Haïm, investissent régulièrement la belle salle de concert dont l’établissement est doté. Pour le plus grand plaisir des élèves... LILLE

Générale. Pâturage. Auxmusiciens beaux jours, Les du Concert les Rouges flamandes d’Astrée ont répété assurentun lapublic gestion devant tout ouïe deconcert l’Espacede naturel sensible le musique de Bierne. baroque Caro Augellino.

ARMENTIÈRES

Emmanuel Watteau

C’est une générale : dans la salle de concert du collège de Lille-Moulins, la violoncelliste Claire Gratton, la harpiste Bérengère Sardin, les sopranos Cécile Dalmon et Catherine Padaut répètent le concert qu’elles donneront la semaine suivante, à Laventie. Dans les gradins, une classe de CM1-CM2 de l’école Launay, toute proche et la 6e 2 de Lille-Moulins, venue avec la prof de français, Laetitia Aresu. Au programme : de la musique baroque des XVIIe et XVIIIe siècles, des œuvres de Purcell, Rameau, Charpentier, etc. sur le thème de la nature (Caro Augellino). Les enfants sont attentifs, posent mille questions. Les musiciens répondent, usant parfois de leurs instruments ou montrant les partitions. Un véritable échange, des graines semées qui

peut-être un jour germeront... Depuis la rentrée de septembre, le Concert d’Astrée multiplie les interventions. Avec les internes du collège, incités à exprimer leurs émotions par la violiste Isabelle Saint-Yves. Avec les élèves de la CHAM (classe à horaires aménagés musique) immergés dans le baroque deux heures par semaine, sous la houlette de la prof de musique Camille Tristram. Avec tous les élèves, pour des répétitions ou des projets spécifiques lancés par les enseignants (technologie, EPS...). « C’est une année de mise en route : on ne plaque pas un projet, on le laisse se développer », dit Céline Foucaut, chargée du développement des projets en région au Concert d’Astrée. Une expérience pédagogique unique en France ! •

• Un guide des services d’aide à domicile Le CLIC (Centre local d’information et de coordination gérontologique) d’Armentières a réalisé en partenariat avec des services d’aide à domicile un guide d’aide au choix d’un service agréé d’aide et de maintien à domicile.

22 Magazine Nord le Département

Ce guide est disponible au CLIC :

33, rue du Président Kennedy à Armentières

03 20 07 10 12


VILLENEUVE D’ASCQ

Philippe Houzé

Dominique Lampla

FCP : 20 ANS D’INSERTION PROFESSIONNELLE POUR LES MOINS DE 25 ANS

Roger Thévenin Centenaire et écrivain Il y a près de 102 ans, le 6 août 1914, Roger Thévenin voyait le jour à Lille. Son épouse Denise est née la même année et Roger Thévenin espère bien célébrer leurs noces de chêne (80 ans de mariage) en 2017. « J’ai toujours fait autrement que les autres. D’ailleurs, j’ai rédigé et enregistré l’homélie de mon propre enterrement ! » raconte-t-il, l’œil rieur, avant de reprendre son sérieux. « Je me demande quand même souvent pourquoi je suis toujours là. J’ai l’impression d’avoir une mission à remplir, sûrement celle de faire perdurer la mémoire de mes camarades disparus au combat » expliquet-il en frottant une petite bosse sur le côté de sa main. Roger Thévenin poursuit : « J’ai voulu conserver cet éclat d’obus reçu pendant la seconde guerre mondiale. C’est une manière pour moi de ne jamais oublier. »

Chantier. L’association FCP organise des chantiers d’insertion. Ici au musée de Plein Air à Villeneuve d’Ascq.

Depuis 20 ans, l’association FCP (Formation, Culture, Prévention) organise un chantier d’insertion permanent pour les jeunes éloignés de l’emploi. Basée à Marcq-en-Barœul, elle a déjà donné la chance à 400 jeunes de moins de 25 ans en situation de grande précarité de se former aux métiers du BTP. L’association gère des chantiers d’insertion sur trois sites de la métropole lilloise :

le musée de Plein Air à Villeneuve d’Ascq, Mosaïc au parc de la Deûle et la base des Près du Hem à Armentières. Maçonnerie, gros œuvre, charpente, au musée de Plein Air, les jeunes ont achevé fin 2015 plusieurs travaux de construction à l’ancienne. À l’issue de leur chantier d’insertion, 40 % des jeunes trouvent une formation qualifiante supérieure, un contrat aidé ou un emploi direct. •

LILLE

Ouverte en juin 2015, rue de Cannes, la nouvelle Unité territoriale de prévention et d’action sociale de Lille Sud a été inaugurée le 17 novembre. 57 agents du Département y sont au service des habitants des quartiers du Faubourg de Béthune et de Lille Sud, pour ce qui a trait à l’action sociale : protection maternelle infantile, aide sociale à l’enfance. Ainsi, les 670 m2 de ce bâtiment construit dans le respect de la démarche Haute qualité environnementale sont totalement consacrés à l’accueil du public. On y trouve des salles de consultation et de permanence accessibles aux personnes à mobilité réduite, un espace PMI ainsi que des salles de rencontre parents-

Dominique Lampla

SERVICES SOCIAUX : DE NOUVEAUX BÂTIMENTS POUR LES USAGERS

Inauguration. Le président Jean-René Lecerf a visité les nouveaux locaux.

enfants ouvrant sur un jardin. Le nouvel équipement participe au renouvellement urbain de Lille Sud et l’équipe mène un travail partenarial avec les structures et les associations des deux quartiers. 3 rue de Cannes, Lille

03 59 73 02 00

UNE VIE BIEN REMPLIE Avant la guerre qui lui a valu cinq ans de captivité à Luckenwalde en Allemagne, Roger Thévenin sillonnait les rues de Lille avec Comtesse, son cheval, comme livreur de lait. Il avait quitté l’école à quinze ans, sans son certificat d’études passé en captivité. Après la guerre, il a vendu des articles de papeterie sur les marchés, puis a ouvert sa librairie rue de Valmy. « Désormais j’écris beaucoup. J’ai fini le tome 2 de mes mémoires et en tant que dernier survivant du 43e régiment d’infanterie, j’écris aussi des discours. » Un exercice sérieux pour ce centenaire plein d’humour et de vitalité. n°284 I Février-mars 2016

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VALENCIENNOIS

CHEZ VOUS

Journaliste responsable de l’arrondissement Françoise Colonge 03 59 73 84 04 - francoise.colonge@lenord.fr

LE FOYER MÉDICALISÉ, UN LIEU DE VIE AVANT TOUT

Christophe Bonamis

Le foyer de vie des Boëtes accueille depuis 2003 des adultes en situation de handicap intellectuel et pour la plupart aussi de handicap visuel. Il est complété depuis trois ans par un foyer d’accueil médicalisé (FAM) destiné à des personnes dont les maladies rares nécessitent des soins particuliers. ARTRES

Label Le FAM est un des trois centres de ressources handicap rare labellisé dans le Nord.

Les boëtes, ce sont ces petites fenêtres rondes, en œil de bœuf, qui ornent la façade du château. Un château qui appartient depuis le début des années 50 à l’UADVN (Union des aveugles et déficients visuels du Nord) et que les habitants d’Artres ont pris l’habitude d’appeler « la maison des aveugles ». Cinquante ans plus tard, un bâtiment moderne a été construit pour y accueillir 33 adultes en situation de handicap à la fois visuel et intellectuel. En fait, le foyer de vie accueille aussi une demi-douzaine de personnes qui ne présentent pas de handicap visuel. « Cette parité est une richesse, souligne Annia Ozimek, la directrice, car les personnes s’entraident beaucoup. » Une autre extension a été ouverte en 2012. Le foyer d’accueil médicalisé accueille le

même type de public mais pour des personnes qui ont une maladie associée, nécessitant des soins médicaux (infirmière, aide-soignante, médecin coordonnateur, ergothérapeute, psychomotricienne). Treize résidents y sont accueillis en permanence. Le FAM possède également deux studios d’accueil temporaire permettant d’offrir un répit aux aidants de personnes vivant à domicile ou de préparer un projet de vie et quand c’est possible un accès à l’autonomie. « Cela peut éviter un placement prématuré. » Les deux foyers, où travaillent 49 équivalents temps plein, sont cofinancés par le Département et l’Agence régionale de santé. • 3, rue de la Gare 59269 Artres

03 27 46 21 81.

Christophe Bonamis

DES JEUNES PLEINS DE VIE « Je veille à ce que le FAM soit un lieu de vie où l’on soigne et non un lieu de soins où l’on vit. Quand on l’a ouvert en 2012, on a obtenu une dérogation nous permettant d’accueillir un petit groupe de jeunes de 18 ans, venant de l’IME de Loos (en principe, l’âge minimum est de 20 ans). Malgré leur handicap, ce sont des jeunes pleins de vie et c’est très positif pour l’ambiance du foyer. La parole des résidants n’est pas bridée, ils peuvent notamment s’exprimer chaque lundi soir lors de forums citoyens », souligne Annia Ozimek, directrice du foyer de vie et du FAM.

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ABSCON

Christophe Bonamis

Christophe Bonamis

UN PONT D’AZINCOURT FLAMBANT NEUF POUR CIRCULER EN TOUTE SÉCURITÉ

Claudine Lobry

Du temps et des idées pour les malvoyants

Préfabriqué. Les morceaux du nouveau pont ont été apportés fin novembre pour être montés en décembre.

La route départementale 957 qui relie Somain à Bouchain est empruntée quotidiennement par plus de 4 000 véhicules, dont 400 poids-lourds. Situé sur cette route, sur la commune d’Abscon, le pont d’Azincourt commençait à se faire vieux. Construite en 1921, sa charpente métallique était fortement dégradée par la corrosion, à tel point que les services de voirie du Département avaient interdit en 2014 la circulation aux véhicules de plus

de 12 tonnes, en attendant les travaux de mise en sécurité. Cet hiver, l’ancien pont a été démoli puis remplacé par un nouvel ouvrage en béton. Les travaux, en cours d’achèvement, comprennent également la reconstruction de la chaussée, la réalisation d’une piste cyclable sécurisée sur le trottoir, la mise en place d’un gardecorps, de glissières de sécurité et d’un escalier. Le montant de ces travaux s’élève à 600 000 €. •

VALENCIENNES

AUBRY-DU-HAINAUT / PETITE-FORÊT

Maison de quartier réhabilitée

Pour éviter les inondations

Les activités ont pleinement repris à la maison

Afin de lutter contre les inondations,

de quartier Saint-Waast qui, pendant 18 mois de

le SIARB (Syndicat intercommunal

travaux, a fonctionné dans des préfabriqués.

d’aménagement de la région d’Anzin,

Le rez-de-chaussée a été totalement réhabilité,

Raismes, Beuvrages, Aubry-du-Hainaut

avec des locaux plus fonctionnels, une

et Petite-Forêt) a réalisé à

meilleure isolation et un chauffage plus

Aubry-du-Hainaut et Petite-Forêt

performant. Les majorettes, la fanfare et l’école

deux bassins de stockage.

de danse y ont aussi une place.

L’un de 4 450 m3 sert à recueillir les eaux pluviales, l’autre, grand de 2 450 m3 et Christophe Bonamis

03 27 29 98 40.

équipé de pompes, est destiné aux eaux usées. Les eaux de ces bassins sont ensuite acheminées vers la station d’épuration de Beuvrages pour y être traitées. Sur un montant total de 7,33 M€, le Département a participé au financement de cet aménagement à hauteur de 237 742 €.

Aujourd’hui déléguée régionale de l’ANPEA (Association nationale des parents d’enfants aveugles ou en grave déficit visuel), Claudine Lobry s’est engagée dans cette association il y a une trentaine d’années quand sa fille Véronique était toute petite. Malgré sa lourde malvoyance doublée d’un handicap moteur, Véronique a réussi, grâce au soutien de ses parents et à sa volonté, à mener de brillantes études de droit. Elle travaille aujourd’hui dans la fonction publique. « Il faut vouloir s’en sortir, avoir un projet », dit la jeune femme qui, suite à une aggravation de sa cécité, a appris le braille grâce à des bénévoles à la maison de quartier Beaujardin, à Valenciennes. Car si des organismes gérés par des professionnels (comme l’association Valentin-Haüy) font du bon travail pour les malvoyants, les bénévoles ont aussi un rôle essentiel. La mère et la fille ont récemment eu l’idée de créer un jeu de sudoku adapté aux aveugles. Tout naturellement, Claudine s’est tournée vers le lycée Jean-Paul II (ex-lycée Dampierre) où elle a longtemps enseigné la physiquechimie. À partir d’un plateau de jeu vendu dans le commerce, des élèves de 1re STI ont conçu une grille en plastique qu’ils ont fabriquée grâce à une imprimante 3D. Ajoutée à des étiquettes transparentes en braille collées sur les pions, cette réalisation permet une utilisation du jeu même par les non-voyants. Une bonne manière de sensibiliser les jeunes au handicap… ANPEA : 03 20 99 50 80 www.anpea.asso.fr n°284 I Février-mars 2016

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LIBRE EXPRESSION

Luc Monnet

Un Département actif face au RSA

Bruno Ficheux

Co-présidents du groupe Union pour le Nord

Groupe Union pour le Nord La crise économique frappe de plein fouet notre département, ayant pour conséquence l’augmentation croissante du nombre d’allocataires du RSA. Cette mesure sociale se voulait au départ un dispositif de solidarité permettant à une minorité de ne pas basculer dans la précarité absolue et de permettre un retour à la vie active. Dès notre arrivée nous avons dénoncé le fait que l’État poursuivait son désengagement dans le financement de cette allocation et laissait peser le coût de cette mesure sociale sur les Départements. Notre nouvelle majorité départementale a donc décidé d’agir et de mettre en place une politique active de retour vers l’emploi envers les allocataires du RSA.

Didier Manier Président du Groupe socialiste, radical et citoyen

Le Département ne doit plus se cantonner au simple versement du Revenu de solidarité active mais doit être un acteur de la connexion entre les demandeurs d’emploi et les entreprises. Le Département du Nord mettra donc en place huit plateformes de l’emploi et de l’insertion professionnelle dans les territoires. Ces entités veilleront à orienter et accompagner de façon fine les allocataires dès leur entrée dans le dispositif. Un autre axe de cette politique volontariste consistera à améliorer la lutte contre la fraude aux allocations. Dès 2016, une équipe du Département sera dédiée à ces questions. Département et nouvelle grande Région devront alors être partenaires pour agir de manière efficace et juste face à cette situation délicate.

Accès à l’emploi des allocataires du RSA : personne ne doit être laissé au bord du chemin

Groupe socialiste, radical et citoyen L’emploi n’est pas une priorité nouvelle pour le Département du Nord… Dans le précédent mandat, nous avions lancé le plan d’actions « Objectif Emploi » pour tous. Il prévoyait notamment : - la généralisation de la clause d’insertion à l’ensemble des marchés publics afin de proposer des heures de travail aux allocataires du RSA ; - le recrutement de 1 630 contrats aidés ; - le développement de partenariats avec les employeurs, Pôle Emploi et les acteurs de l’insertion. En réalité, 90 % des « nouvelles » propositions de la majorité départementale ont déjà été adoptées par nos soins ! Mais nous avions également choisi de maintenir l’investisse-

Jean-Claude Dulieu Pour le Groupe communiste, républicain, citoyen et apparentés

ment au niveau le plus élevé possible afin de soutenir l’économie et l’emploi. Dès son arrivée, la nouvelle majorité a baissé les dépenses d’investissement, à hauteur de 100 millions d’euros en 2015. En outre, nous étions engagés dans la lutte contre la fraude au RSA grâce au partenariat avec la CAF. En 2014, un nouveau système a permis d’augmenter de 50 % les fraudes détectées, permettant une économie de 10 millions d’euros en 2015 ! Aujourd’hui, nous craignons un accompagnement à plusieurs vitesses des allocataires du RSA. Les baisses de subventions accordées au milieu associatif – notamment aux Restos du Cœur ou à l’ABEJ (sans-abris) – pénalisent les plus fragiles. Pourtant, eux aussi ont le droit d’être accompagnés !

Dépenses publiques : urgence, invertir !

Groupe communiste, républicain, citoyen et apparentés Aujourd’hui, l’expression « dépenses publiques » est devenue en France un « gros mot » et les défendre est considéré comme politiquement incorrect. Et pourtant ! Nous persistons et signons : « Nous nous déclarons adeptes de ces dépenses qui favorisent des services de qualité, très souvent indispensables pour la grande majorité de nos concitoyens. » Réaliser des économies, réduire certains coûts est possible par la mutualisation des moyens et des compétences de différents services et partenaires. Mais par contre, nous refusons celles qui suppriment ou réduisent la qualité des services rendus à la population ainsi que celles qui diminuent les investissements. Investir, c’est non seulement répondre aux besoins des habitants 26

Magazine Nord le Département

mais c’est aussi créer des emplois. En effet, les entreprises attendent avec impatience les commandes publiques. Rappelons que 73 % des investissements publics viennent des collectivités territoriales et seulement 27 % de l’État. Asphyxier les collectivités, c’est assassiner l’emploi. Il est urgent de sortir de cette spirale de l’austérité d’autant que ces restrictions financières ne pourront régler, à elles seules, le déséquilibre financier de notre institution. Le devenir financier du Conseil départemental dépend en réalité de décisions politiques locales mais surtout nationales comme la recentralisation des dépenses du RSA. Nos interventions sont consultables à l’adresse http://groupe-pcf-fdg-cg59.elunet.fr


DOSSIER

Du RSA à l’emploi

Redonner son sens au « A » de « RSA » : c’est l’objectif du Département, qui lance un ambitieux programme en faveur du retour à l’emploi des allocataires du Revenu de solidarité active.

Textes : Antoine Platteel - Laurence Blondel - Franck Périgny | Photographies : Philippe Houzé


DOSSIER ❘ Du RSA à l’emploi

Objectif emploi pour les allocataires du RSA Le 17 décembre 2015, le Conseil départemental du Nord a adopté un dispositif destiné à favoriser le retour à l’emploi des allocataires du RSA. Un défi qu’il faudra relever collectivement ! Parcours de vie Le but du RSA doit être d’en sortir pour retrouver un emploi durable. Lucas, Sylvie et Dimitri ont réussi à concrétiser leur projet. Retrouvez leurs portraits sur notre site internet : lenord.fr/retouralemploi

Le coût du RSA, cofinancé par le Département et l’État, s’alourdit de plus en plus. En effet, la compensation versée au Département par l’État ne tient pas compte de l’augmentation du nombre d’allocataires (21 % en 5 ans, pour atteindre plus de 150 000 foyers en 2015), qui suit mécaniquement la hausse du chômage. Résultat : sur le coût total du RSA (environ 60 millions d’euros par mois), le Département doit assumer un « reste à charge» (non compensé par l’État) qui augmente de 60 millions d’euros par an.

« A » comme « activité » Afin de retrouver une marge de manœuvre financière et d’augmenter sa capacité d’investissement pour les années à venir, le Département a engagé une profonde rénovation de son dispositif RSA. Objectif : privilégier le retour à l’emploi durable des allocataires du RSA. Ceux-ci se répartissent schématiquement en trois catégories :

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Magazine Nord le Département

les personnes très éloignées de l’emploi, les personnes éloignées de l’emploi qui ont besoin d’une remise à niveau et les personnes employables immédiatement. C’est sur ces dernières (environ 40 000) que le Département souhaite prioritairement concentrer ses efforts. La délibération cadre votée le 17 décembre par les élus met en place un dispositif qui permettra d’accompagner les allocataires plus efficacement vers l’emploi.

Agir avec les employeurs Rapprocher les entreprises et les allocataires du RSA : pour cela, la délibération-cadre prévoit la mise en place au printemps 2016 de huit plateformes départementales de l’emploi et de l’insertion profesionnelle dans les territoires. Animées par les directions terroriales du Département, elles auront pour mission de développer un réseau d’acteurs économiques et d’employeurs


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DU NORD

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Les chiffres clés LE RSA DANS LE DÉPARTEMENT

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foyers allocataires du RSA dans le Nord en 2015, soit une augmentation de 18 % en 5 ans.

À LA RENCONTRE DES EMPLOYEURS

allocataires du RSA sont considérés comme en mesure de reprendre immédiatement le travail.

Pour favoriser le retour à l’emploi des allocataires du RSA, le Département a engagé le dialogue avec le monde économique. Une réunion a eu lieu le 16 novembre, à Lille, à l’initiative de JeanRené Lecerf, président du Conseil départemental, et Olivier Henno, viceprésident en charge de l’Insertion. Les organisations patronales et les chambres consulaires du Nord-Pasde-Calais ont confirmé leur volonté d’accompagner le Département dans son projet en faveur du retour à l’emploi des allocataires du RSA. Le principe a été arrêté de la création de plateformes départementales de l’emploi et de l’insertion professionnelle, permettant de proposer des offres d’emploi adaptées au profil des allocataires du RSA. Le 17 novembre, c’est avec les responsables d’entreprises de services à la personne que le dialogue s’est noué. « Vous représentez un vivier d’emplois non délocalisables et nobles, car il s’agit de s’occuper des Nordistes », leur a dit Jean-René Lecerf. Ses interlocuteurs ont insisté sur la nécessité de former des salariés compétents « car ce sont de vrais métiers, qui demandent un savoir-être ». •

665

M€ : c’est le coût du RSA payé par le Département du Nord en 2015.

277

M€ : c’est la partie du coût du RSA non compensée par l’État en 2015 et qui reste à la charge du Département.

524

€, c’est le montant du RSA pour une personne seule et sans enfant.

locaux, dans un objectif partagé de retour à l’emploi des allocataires du RSA. Ce sera une sorte de « circuit court » de l’emploi. Autre piste : généraliser la clause d’insertion utilisée dans les marchés publics et l’étendre aux projets financés par le Département. Cette clause incite les entreprises à réserver des heures de travail aux personnes en insertion.

Des contrôles plus rigoureux Lutter contre la fraude sociale en rapprochant les données de la CAF, de Pôle Emploi et les informations bancaires, et contrôler davantage les droits mais aussi les devoirs des allocataires est un axe fort du dispositif : « Je n’imagine pas que cette fraude concerne plus de 2 ou 3 % des allocataires, dit le président Jean-René Lecerf, mais même 2 %, cela représente une dépense de 13 millions d’euros pour le Département. »

Une offre plus lisible Aujourd’hui près de 400 structures interviennent en matière d’insertion dans le Nord. Difficile d’y voir clair et de mesurer l’efficacité des actions menées. Là aussi, le Département a décidé d’agir en diminuant le nombre d’interlocuteurs et en réorientant ses moyens financiers vers des actions qui permettent des sorties pérennes vers l’emploi. Parallèlement, il souhaite améliorer son partenariat avec Pôle Emploi. Aujourd’hui, 70 % des allocataires relèvent de Pôle Emploi, mais près de 30 % d’entre eux ne s’inscrivent pas et ne bénéficient donc d’aucun accompagnement. La nouvelle politique départementale se veut innovante, plus efficace et moins coûteuse pour la collectivité et la société. À terme, la capacité d’investissement du Département sera meilleure et le développement économique y gagnera.

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DOSSIER ❘

Du RSA à l’emploi

« Gagner ensemble la bataille de l’emploi » Les uns l’appellent « club des 6 », les autres « G6 »… Le 13 janvier dernier à Lille, une première réunion de travail a rassemblé les présidents de la Région NordPas-de-Calais-Picardie et des cinq Départements qui la composent : Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne et Oise. Les six présidents ont annoncé qu’ils se rencontreraient toutes les six semaines afin d’unir leurs forces pour faire avancer les projets. Au tout premier rang des préoccupations : le retour à l’emploi des allocataires du RSA, mission des Départements dans laquelle la Région a un rôle important à jouer, notamment à travers la formation professionnelle. Auparavant, les crédits consacrés à celle-ci ne s’adressaient que très peu aux demandeurs d’emploi. Cela va changer.

« Pas de stages parking » « Si nous réalisons un travail sur mesure, au plus près du terrain, en faisant travailler ensemble des agents de chaque Département et de la Région, nous pouvons voir de quoi ont besoin les allocataires pour revenir à l’activité, en fonction des besoins des entreprises. Il ne sera pas question de “stages parking” ou de formations bidon », explique Xavier Bertrand, président du Conseil régional, qui annonce la signature prochaine d’une convention entre la Région et les cinq Départements, suivie de « propositions pour les allocataires du RSA » dans les semaines à venir. « Il y a une attente très forte de la population pour que les élus s’entendent afin de trouver des solutions, notamment sur la question de l’emploi, commente Nicolas Fricoteaux, président du Conseil départemental de l’Aisne. Il faut que ce qui fonctionne chez l’un puisse être reproduit chez l’autre pour espérer gagner ensemble la bataille de l’emploi. » Pour en savoir plus : lenord.fr/clubdes6

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Magazine Nord le Département

Nicolas Fricoteaux Département de l’Aisne


En couverture

Michel Dagbert Département du Pas-de-Calais

Édouard Courtial Département de l’Oise

Dominique Lampla

Xavier Bertrand Région NordPas-de-Calais-Picardie

Jean-René Lecerf Département du Nord

Laurent Somon Département de la Somme

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DOSSIER ❘

Du RSA à l’emploi

La main à la pâte pour sortir du RSA Formation. Janique Grévin suit une formation de CAP pâtisserie avec les apprentis de l’URMA-Caudry.

CMA Nord-Pas-de-Calais

Décorer une tarte au citron, en traçant le mot citron avec un cornet de chocolat tiède : Stéphane Pecrix, le professeur, fait une démonstration. Puis les apprentis en CAP pâtisserie de l’URMA-Caudry s’essaient à l’exercice. Leur aînée, c’est Janique Grévin, une mère de trois enfants, qui était encore voilà peu allocataire du RSA. Début 2015, des référents RSA du Département et l’URMA de Caudry ont proposé à 26 allocataires du Cambrésis une semaine de découverte des métiers de l’artisanat, financée par le Département. « Ils ont préparé un goûter pour les aînés de la commune : cuisine, pâtisserie, boulangerie, etc ; ils ont vraiment été impliqués » dit Sophie Devlieger, la directrice de l’URMACaudry. Après des bilans individuels et

Action innovante : 11 allocataires du RSA sont formés à l’antenne de Caudry de l’Université régionale des métiers de l’artisanat. Leur objectif : décrocher un CAP de pâtissier ou de coiffeur… et un emploi !

des tests d’aptitude, 11 allocataires (7 en pâtisserie, 4 en coiffure) ont entamé une formation à l’URMA. « J’adore la pâtisserie. J’en faisais déjà pour moi, à la maison », explique Janique Grévin. Elle passe son CAP en un an (au lieu de deux), soit 460 heures de formation à l’URMA et 560 en stage chez un pâtissier de Caudry. « Là, je commence à 1 heure du matin et je termine à 8 ou 9 h », dit-elle. Un projet la motive : devenir auto-entrepreneur et proposer des ateliers de pâtisserie à des particuliers ou des collectivités. Les formations ont été payées par le Plan local pour l’insertion et l’emploi (coiffure) et pôle-emploi (pâtisserie). En 2016, une semaine de découverte des métiers de l’artisanat sera proposée à 45 allocataires. •

Témoignage

« IL Y A DES BESOINS D’EMPLOI NON SATISFAITS » Alain Griset, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Nord-Pas-de-Calais a participé le 16 novembre à la réunion initiée par le Département sur le retour des allocataires du RSA à l’emploi. «  Je fais un double constat : malgré la situation économique, il y a des entreprises qui ont des besoins d’emploi non satisfaits, dans un certain nombre de métiers de l’artisanat ; et il y a des allocataires du RSA en situation de pouvoir accéder à l’emploi. Nous sommes prêts à nous engager, car nous sommes convaincus de l’utilité humaine et sociétale du dispositif. »

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Magazine Nord le Département


Dominique Lampla

L’entretien

« Nous devons être plus réactifs ! »

Olivier Henno Vice-président du Conseil départemental du Nord chargé de l’Insertion

« Si nous réussissons à faire baisser le nombre d’allocataires, le Département retrouvera de la capacité à investir, ce serait aussi une bonne nouvelle pour l’emploi dans le Nord ! »

Nord le Département : Le RSA joue-t-il encore son rôle ? Oui, du point de vue de la solidarité à l’égard des plus démunis. L’idée de départ, c’était de lutter contre la grande précarité. Le RSA reste une allocation indispensable. Mais par rapport à l’autre objectif, l’insertion, par rapport à l’idée d’une seconde chance de retour à l’emploi, là les objectifs sont loin d’être atteints ! Quelles sont les conséquences ? Dans le Nord, on compte aujourd’hui 150 000 foyers allocataires du RSA. Dans certains arrondissements, on dépasse les 15 % d’allocataires ! Ce n’est pas supportable d’un point de vue humain, sociétal. Et ce n’est pas non plus financièrement soutenable sur la durée pour le Département. Quels sont les chiffres ? Le versement du RSA, c’est 665 M€ en 2015, avec un reste à charge pour le Département de 277 M€. Si le nombre d’allocataires continue de progresser, ça remet en cause le financement du dispositif et l’équilibre même des finances du Département. Comment allez-vous améliorer le retour à l’emploi des allocataires ? D’abord en réorientant les crédits d’insertion (40 M€) prioritairement vers l’insertion professionnelle. Ensuite, en décloisonnant un système qui fonctionne mal : chacun travaille dans son coin, la CAF instruit les dossiers,

Pôle emploi s’occupe du retour à l’emploi, la Région de la formation professionnelle et le Département des allocataires les plus éloignés de l’emploi et du versement du RSA. Nous allons créer huit plateformes départementales de l’emploi et de l’insertion professionnelle, qui rassembleront les partenaires, avec l’idée de faire correspondre les allocataires les plus employables aux offres d’emploi. Le travail du Département sera d’identifier ces allocataires, de les aider à construire leur parcours pour postuler aux emplois non pourvus et il y en a. Nous devons être plus réactifs, en lien avec Pôle emploi et les employeurs. Ceux-ci sont aussi mobilisés ? Les employeurs seront présents dans les plateformes. Si on réussit à faire baisser le nombre d’allocataires, le Département retrouvera de la capacité à investir, ce serait aussi une bonne nouvelle pour l’emploi dans le Nord ! Et les allocataires ? Les allocataires devront signer une charte des droits et des devoirs : si elle n’est pas respectée, il pourra y avoir suspension du versement du RSA. La délibération-cadre votée le 17 décembre 2015 a rendu le dispositif opérationnel : nous espérons les premiers résultats dès la fin 2016. •

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DOSSIER ❘

Du RSA à l’emploi

Un mariage et quatre associations En mutualisant leurs fonctions « support », quatre associations ont réduit leurs frais de fonctionnement et dégagé des moyens supplémentaires pour leurs actions sociales. Au pied du mur. Un chantier d’insertion d’Ageval dans une résidence de Prim’toit à Valenciennes.

En 2008, Ageval (insertion sociale et professionnelle) et Prim’toit (insertion par le logement) se sont « fiancées ». Ces deux associations importantes du Valenciennois ont mutualisé leurs dépenses de fonctionnement (photocopieurs, assurances…), soit une économie de 50 000 euros, qui ont été affectés à des actions sur le terrain. La période de fiançailles a débouché sur un mariage, conclu en

2011, avec la création de l’association Adeli, dans laquelle a été transféré le personnel « support » des deux partenaires : ressources humaines, comptabilité, communication… Deux autres structures, Entr’aide (Avesnois) et Adaci (Le Quesnoy) ont ensuite rejoint Adeli. « Il y a une condition au mariage, c’est le partage des valeurs autour du travail social », souligne le président d’Adeli, Patrick Roussiès.

POUR ALLER PLUS LOIN Retrouvez notre dossier en ligne lenord.fr/retouralemploi Rencontres avec quatre anciens allocataires du RSA • Derrière ses platines, Dimitri devient DJ Lamix • Christophe assure la sécurité incendie au Palais des Beaux-Arts de Lille • Lucas a décroché un CDI dans les services à la personne • Sylvie peaufine son projet dans le domaine de l’aide à domicile

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Magazine Nord le Département

Accompagnement administratif et financier, communication : le gain pour les structures est évalué à quatre ou cinq postes de permanents. « Les associations ont ainsi accès à des compétences auxquelles, seules, elles n’auraient pas pu prétendre : depuis 30 ans, les procédures administratives se sont complexifiées, il faut des salariés pointus ! », ajoute Patrick Roussiès.

Suivez le fil de nos actualités • « Un “club des six” pour la région » • « Engie, un partenaire pour l’emploi » • « RSA : le Département à la rencontre des entreprises »… Découvrez nos vidéos • Reportage sur le nouveau dispositif de retour à l’emploi : zoom sur l’action innovante en partenariat avec la Chambre de métiers à Caudry - Entretien avec Olivier Henno • Suivez les débats du Conseil départemental lors de l’adoption de la délibération-cadre, le 17 décembre 2015


MODE D’EMPLOI

C’est quoi ? Nord énergie solidarité (NES) est un dispositif innovant créé par le Département pour lutter contre la précarité énergétique des ménages les plus fragiles. NES permet de les aider à réaliser des travaux pour réduire leur budget énergie et améliorer ainsi leurs conditions d’habitat. Il favorise de ce fait le maintien à domicile.

Dominique Lampla

Nord énergie solidarité

Pour qui ? À titre expérimental, NES est destiné à soutenir, dans un premier temps, 1 000 ménages du Département du Nord sur trois ans. Ceux-ci doivent remplir deux conditions principales : • être propriétaire ou locataire du parc privé ou louer son logement à un ménage à faibles ressources. • l’occupant doit avoir des ressources inférieures ou égales à 1,6 RSA.

Pour quels travaux ? Il existe trois types d’aides, pour les : • bouquets de travaux permettant un gain énergétique d’au moins 25 % (chaudière, isolation de toiture...), • travaux de rénovation énergétique pour un gain de 10 à 24 % (isolation de combles ou changement de chaudière), • petits travaux d’urgence (pose de thermostat, remplacement d’une vitre). L’aide du Département varie de 1 000 à 3 000 euros et peut être complétée par celles d’autres collectivités.

Où s’adresser ? • Un numéro unique d’information a été mis en service par l’ADIL :

Dominique Lampla

Qui fera les travaux chez moi ?

Retrouvez ces informations sur

Le Département conventionne avec des entreprises et des associations pour garantir une intervention sécurisée et de qualité. Il a ainsi conclu un partenariat en novembre 2015 avec le réseau d’entreprises SynerCiel, partenaire d’EDF. Cette convention garantit l’intervention au domicile de professionnels qualifiés de la rénovation de l’habitat.

precariteenergetique

lenord.fr/

Comment percevoir l’aide financière ? • Les projets de travaux peuvent être financés en cumulant les aides à hauteur de 80 % et plus. Après étude de la demande par l’ADIL (Agence départementale d’information sur le logement), un opérateur habitat vient à domicile et vous accompagne dans la définition de votre projet, l’établissement des demandes de financement et le suivi des travaux. L’aide du Département peut être versée à l’entreprise, via un chèque Nord énergie solidarité.

03 59 611 200

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RENCONTRE

Chef du restaurant lambersartois La Laiterie depuis 2013, Nicolas Gautier est devenu un expert en approvisionnement local. Il a fédéré des centaines d’autres chefs pour alimenter son application Baladovore, qui recense les petits producteurs de qualité.

Nicolas Gautier Textes : Françoise Colonge | Photographies : Philippe Houzé

Nord Le Département : Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? Nicolas Gautier  : Comme Obélix, je suis tombé dans la marmite étant petit. Mes parents étaient restaurateurs dans l’Aisne, à Chauny. J’ai été élevé entre soles meunières et profiteroles au chocolat. En 3e, je devais faire un stage de découverte et j’en ai fait trois : dans une cantine, dans une pizzeria et dans un restaurant étoilé. Et j’ai choisi la gastronomie. Votre parcours, en quelques mots ? Après un apprentissage au château de Fère-en-Tardenois (02), un premier emploi au Bristol à Paris, un BEP de serveur dans l’Aisne, deux ans de travail en Suisse, j’ai travaillé avec mes parents puis repris leur restaurant avant de le vendre. J’ai été deux ans chef exécutif au chateau d’Esclimont (Eure-et-Loir) puis je suis arrivé ici. Vous avez eu beaucoup de propositions ailleurs. Pourquoi choisir la Laiterie ? C’est une maison emblématique dont j’avais beaucoup entendu parler mais aussi un restaurant à taille humaine. Et surtout il se trouve dans le Nord et j’aime les gens du Nord. Vous n’avez pas été déçu ? Bien au contraire. C’est le seul établissement où j’ai été

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chaleureusement accueilli par les autres chefs de la région. Mon père disait : en cuisine, il n’y a pas de concurrents, que des gens qui essaient de faire bien. C’est d’autant plus vrai à Lille où nous ne sommes pas assez nombreux par rapport à la population.

Un lieu

« La Laiterie, un restaurant à taille humaine : une quinzaine d’employés. »

Et vous vous êtes mis à travailler avec les producteurs locaux ? 80 % de nos produits viennent de la région. On est livrés chaque matin en produits frais et la carte évolue donc chaque jour en fonction de ce qu’on nous apporte. Le dimanche, au lieu d’emmener mes enfants au supermarché ou à la fête foraine, je vais sur les routes avec eux, par exemple dans les Flandres que j’aime beaucoup, et quand je vois un panneau de vente directe, je m’arrête. J’ai même créé une application pour smartphone (voir ci-dessous) qui géocalise dans toute la France les petits producteurs près de chez vous, référencés par des chefs. Acheter local ne revient pas plus cher qu’aller au supermarché puisqu’on évite les intermédiaires et qu’on a de la qualité. Il faut juste être un peu motivé.

Un objet

« Mon téléphone. Pour pouvoir être joint en permanence par les producteurs mais aussi, je l’avoue, parce que je suis un vrai geek sur les réseaux sociaux ! En vacances, c’est très dur, mais j’ai promis à ma femme : pas plus de 20 minutes d’Internet par jour ! »

Que pensez-vous des chefs stars ? Les chefs connus qui parlent bien permettent de faire avancer les choses mais hélas, certains prennent la grosse tête et croient qu’ils n’ont plus rien à prouver. Or comme disait mon père : la cuisine, c’est le plus beau métier du monde car on apprend jusqu’à la fin de sa vie.

L’appli pour smartphone

www.baladovore.com


RENCONTRE

« Acheter local ne revient pas plus cher qu’aller au supermarché, il faut juste être motivé. »

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TOUT UN MONDE

Musique

Du plaisir à partager ès le début, le ton est donné : « On va chanter une nouvelle chanson qui s’appelle “Rouler, rouler“. C’est l’histoire d’un mec qui roule trop vite, qui a un accident et qui devient tétraplégique. » Depuis 20 ans, au foyer des Salines géré par l’Association des paralysés de France à Saint-Pol-sur-Mer, le groupe Open-Hand donne de la voix et des instruments sur des mélodies qui mêlent pop, rock et folk et des textes écrits collégialement. Il a déjà à son actif près de 140 chansons sur des thèmes très variés : le handicap, la mémoire, l’amour, la liberté, les ados… « On aborde tous les sujets sans tabou. Quelquefois on part dans du délire, on fait deux trois notes et ça va très vite. D’autres chansons prennent beaucoup plus de temps. On n’est pas musiciens à la base, mais on essaie de se faire plaisir », explique Pascal Laurent, guitariste et leader de ce groupe formé pour moitié de résidents, pour moitié de membres du personnel.

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« Quand on chante, c’est comme si on n’était pas en fauteuil », sourit Alexandra, après avoir terminé « sa » chanson, celle qu’elle entonne toute seule : « J’m’en fais pas, tout va bien (…) C’est la faute au destin, mais qui est-il ? » Régulièrement, OpenHand emmène son vaste répertoire sur les routes de France pour des concerts dans des foyers, des salles des fêtes, des centres sociaux, etc. « On a même fait le Kursaal à Dunkerque. Maintenant plus rien ne nous fait peur !  »

En couple, pour distraire les anciens Martine et Dominique, eux, ne se produisent pas dans des grandes salles, mais seulement dans des maisons de retraite. Ce couple de non-voyants s’est fait, depuis une quinzaine d’années, une spécialité d’animer les EHPAD et autres foyers-


Vivre l’art malgré son handicap TOUT UN MONDE

On pense à Stevie Wonder, à Pascal Duquenne ou aux collections d’art brut du LAM. Et on se dit que, quelle que soit la gêne qu’il occasionne dans la vie quotidienne, un handicap n’est pas incompatible avec le talent. Quelques exemples dans le Nord… Textes : Françoise Colonge| Photographies : Emmanuel Watteau

logements par des chansons des années 30 aux années 70. Martine, aveugle de naissance, a commencé l’accordéon à 24 ans à l’école de musique de Saint-Amand. « Sur l’accordéon, on ne doit pas regarder ses doigts, donc on apprend comme les autres. La difficulté, c’est la mémorisation de la partition. Les profs que j’ai eus ont dû s’adapter à mon handicap. J’ai dû leur expliquer comment je faisais. » Dominique, qui a perdu la vue suite à une maladie, apprend les paroles des chansons afin d’accompagner son épouse par le chant. « Les gens croient que c’est facile, qu’on a un don, mais ça demande beaucoup de travail, insiste Martine. Je répète au moins cinq heures par jour. » Mais cela en vaut la peine car ces interventions en maison de retraite sont presque les seules sorties du couple qui ne pourrait plus s’en passer. « Tout ce qu’on veut, c’est que les personnes âgées soient contentes et reconnaissent les morceaux. Les animateurs nous disent qu’elles ont des grands sourires. Parfois même, elles se mettent à danser ! »

Pas d’improvisation.

Du Petit vin blanc qu’on boit sous la tonnelle à Ma Bohême ou aux tubes des Charlots, Martine maîtrise un répertoire assez varié, mais pas question de se laisser imposer des morceaux : « Quand je veux jouer un morceau, il faut s’organiser. Je demande à un ami musicien d’arranger la partition, généralement écrite pour piano et chant, pour l’accordéon, puis on l’envoie à Bordeaux où elle est traduite en braille. »

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TOUT UN MONDE ❘ Vivre l’art malgré son handicap

Arts plastiques

Quitter le foyer et devenir artiste ‘aime bien dessiner. On fait des dessins ensemble, c’est bien… » Joëlle est une des six participantes au stage de dessin et peinture qui s’achève à l’école d’art de Douai. Elle est venue depuis le début de la semaine avec ses compagnes et une éducatrice du foyer de vie Notre-Dame à Aubry-du-Hainaut. Ce stage est l’un des six qu’organise chaque année l’association Tous dans la ronde, créée il y a 35 ans par Anne-Marie Tichkiewitch-Podvin. « À l’époque, je donnais des cours d’arts plastiques à l’école d’éducateurs et je me suis aperçue que le monde du handicap intellectuel était fortement fermé sur lui-même. J’ai commencé à monter des ateliers avec des sessions spécifiques pour les adultes handicapés. » Devenue directrice de l’école d’art dans les années 90, elle y a poursuivi cette activité avec des intervenants de l’école. « L’art permet de s’exprimer et de s’intégrer », souligne Anne-Marie dont l’objectif est également de montrer au public les œuvres des personnes

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Remise de diplôme. A l’issue de chaque stage, Anne-Marie Tichkiewitch-Podvin vient admirer les œuvres des participants et leur remet un diplôme attestant du travail qu’ils ont fourni.

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en situation de handicap. Afin de financer le coût des stages (pris en charge en totalité ou à moitié par l’association), Tous dans la ronde sollicite des artistes professionnels. Leurs œuvres sont présentées aux côtés de celles des stagiaires lors du salon organisé chaque automne salle d’Anchin à Douai et qui attire près de 6 000 visiteurs. Tous les exposants versent 20 % du montant de leurs ventes à l’association. « Même si les prix diffèrent, sur le catalogue on ne fait pas de différence entre les œuvres des uns et des autres. » Le stage de peinture se termine. La semaine prochaine, d’autres stagiaires viendront travailler la terre. Mais avant que les résidentes ne rentrent à leur foyer, Anne-Marie vient leur remettre un diplôme, souvent le premier qu’elles aient jamais reçu. Les intervenantes commentent leur travail et les félicitent. Ce ne sont pas des art-thérapeutes, juste des professeurs d’arts plastiques mais quels magnifiques sourires elles savent faire naître sur le visage des participantes !


TOUT UN MONDE

Des thématiques à explorer « Balade en campagne », tel est le thème proposé cette année aux stagiaires de Tous dans la ronde. De leur imagination et de leurs mains sont nés fleurs, arbres, lapins et paysages. Les années précédentes, ils ont travaillé sur le cirque, le voyage, l’eau ou les insectes.

35 ans de terre et de couleurs Depuis 1980, plus de 65 000 heures de formation ont été assurées auprès de personnes en situation de handicap qui ont découvert les techniques du dessin, de la peinture et du travail de la terre. Lors des salons, le public peut admirer – et acheter s’il le souhaite – les œuvres de plus de cent artistes confirmés et de personnes déficientes qui mêlent peintures, sculptures, céramiques et œuvres en verre.

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TOUT UN MONDE ❘ Vivre l’art malgré son handicap

Une « choré « à préparer. Chaque groupe de l’IME répète tous les vendredis avec Cécile sa chorégraphie pour la rencontre régionale.

Danse

Sur scène, le handicap disparaît naïs est autiste. C’est avec une joie manifeste qu’elle participe à la répétition de danse. Elle suit les mouvements et s’écrie tout à coup : « J’aime bien danser comme ça !  » Autour d’elle, ses camarades de l’institut médico-éducatif La Vicoignette à Émerchicourt, pour la plupart déficients intellectuels entre 6 et 11 ans, s’amusent aussi de ce ballet qui ressemble à du hip-hop. Ils se tapent dans la main, font l’équilibre, tournent sur eux-mêmes et rient aux éclats. « Tous les groupes préparent une chorégraphie qui sera présentée aux rencontres régionales ou nationales », explique Cécile Avio, présidente d’honneur de la fédération nationale Handidanse qu’elle a créée. C’est en 1994 que cette danseuse professionnelle a commencé à travailler avec des personnes en situation de handicap. « J’ai d’abord donné des cours aux sourds et malentendants pour lesquels rien n’existait et pour cela j’ai appris la langue des signes. J’ai aussi

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Les rencontres Handidanse La rencontre régionale aura lieu cette année à Bourbourg les 1er et 2 mars. Quant à la rencontre nationale qui fêtera les 20 ans de l’association, elle sera organisée du 9 au 11 mai à Cambrai. Un millier de danseurs y sont attendus. Les rencontres nationales sont aussi l’occasion de faire concourir chaque année les meilleurs danseurs.

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commencé à faire danser les aveugles. » De fil en aiguille, la Cambrésienne s’intéresse à tous les types de handicaps et met au point une méthode, désormais brevetée et enseignée dans toute la France, y compris les Dom-Tom. « Les valides – enfin, je n’aime pas ce mot-là, je préfère dire les autonomes car pour moi on est tous handicapés –, je leur montre et leur explique les pas et pourtant ça ne marche pas toujours. Comment faire avec quelqu’un qui ne voit pas ou qui n’entend pas ? Quand on travaille avec les personnes en situation de handicap, on arrive à décupler tous ses sens. On réfléchit sans arrêt pour trouver le mot juste et on se découvre des grandes capacités qu’on n’utilisait pas jusque-là. » Cécile a même formé une personne malvoyante à l’expression corporelle pour les aveugles et malvoyants. «  Mon plus beau cadeau, conclut-elle, c’est de voir leur bonheur sur scène et d’entendre les spectateurs dire qu’on ne distingue plus les handicaps. »


TOUT UN MONDE

Théâtre

Un comédien hors du commun etit, j’ai compris que le regard des autres n’étaient pas forcément bienveillant et je me suis forcé à lire pour découvrir le monde. » C’est en lisant, à 8 ans, Cyrano de Bergerac que Nicolas Brimeux, tétraplégique de naissance, comprend qu’il veut faire du théâtre : « Je me suis dit : ça parle de moi, je ne veux pas vieillir sans l’avoir joué. C’est un des plus beaux textes qui parlent de la différence et de la façon de lutter avec elle et contre elle. Il date de 1897 mais il est encore honteusement moderne ! » Le jeune garçon est formé par le théâtre Octobre de Lomme, où il rencontre « des gens de qualité, de grands esprits qui savent que le théâtre n’est pas une machine à ego ». Pendant des années, il concilie ses études dans des établissements spécialisés puis à l’université, en licence et master d’arts du spectacle, avec une pratique théâtrale amateur. C’est le metteur en scène Henri Lavie qui l’incite à devenir comédien à plein temps. Ensuite il travaille avec d’autres metteurs en scène comme Violaine Debarge ou Anne-Marie Storme. Des personnes qui l’ont choisi pour ce qu’il est, avec sa différence mais surtout son talent.

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sonnes handicapées, puis sur un tout autre thème avec un pèlerinage filmé vers Saint-Jacques-de-Compostelle. « Le cinéma, commente le jeune homme qui ne manque pas d’humour, c’est du sprint. Alors qu’au théâtre, je suis un coureur de fond. » Quand il ne joue pas, Nicolas écrit beaucoup, notamment des scenarii. Il espère aussi remonter sur scène en 2016 avec deux projets, dirigés l’un par Antoine Lemaire, l’autre par Laurent Gaudé.

Sur les chemins de Compostelle Pendant 19 jours, du Puy-en-Velay à Conques, Nicolas a parcouru le chemin de Saint-Jacques, en randoline tractée par un âne. Son aventure, émaillée de belles rencontres, a été filmée par le réalisateur Pascal Roy.

PRATIQUE Open-Hand

Des débuts au cinéma

Foyer des Salines, 2 rue Jean-Macé, 59430 Saint-Pol-sur-Mer 06 80 51 84 60.

Tous dans la ronde

Car tous les spectateurs qui ont déjà vu Nicolas Brimeux sur scène ressortent de la salle à la fois bluffés et profondément émus. C’est surtout le cas quand il joue, au côté de l’acteur Dominique Hache, la pièce autobiographique Des graines dans ma tête qu’il a lui-même écrite avec AnneMarie Storme. Deux fois déjà, le comédien nordiste, qui vit aujourd’hui à Tourcoing, s’est produit au festival off d’Avignon. « C’est le vrai métier, un retour aux sources. On donne du plaisir, du rêve aux gens ! » Il a aussi goûté au grand écran avec le réalisateur Pascal Roy, d’abord avec Corps solidaires, un court-métrage sur l’accompagnement sexuel des per-

École d’art de Douai, 75 rue de Wetz, 59500 Douai 03 27 88 41 92 am-podvin@orange.fr

Fédération française Handidanse 14 rue Lafayette, quartier Amérique, 59400 Cambrai 03 27 76 59 18 handidanse.avio@wanadoo.fr www.ffhd.mda-caudry.fr

Nicolas Brimeux www.facebook.com/nicomedien

Voir aussi Le théâtre de l’Oiseau-Mouche à Roubaix oiseau-mouche.org

L’association Quanta à Villeneuve d’Ascq www.quanta.asso.fr

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BONS BAISERS

« En Équateur, le champ des possibles est plus large » Née à La Madeleine, Amandine Rual a grandi dans le Nord avant de prendre de l’altitude. Elle vit désormais à Quito, capitale de l’Équateur située à 2 850 mètres au dessus du niveau de la mer. La population, peu expansive mais chaleureuse et accueillante, lui rappelle les gens du Nord. Prénom :  Amandine Nom :  Rual Âge :  31 ans Originaire de : La Madeleine Vit à :  Quito Profession : Professeur de français

Propos recueillis par Gaëlle Leplat | Photos : Amandine Rual

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ÉQUATEUR

VOUS AVEZ CHOISI DE VIVRE EN ÉQUATEUR : POURQUOI ? Il y a six ans, mon compagnon et moi-même sommes partis découvrir l’Amérique latine en tant que touristes. Nous avons commencé notre périple à Ushuaïa pour remonter progressivement vers le nord via l’Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou et l’Équateur. Après cette année de voyage, nous avons eu envie de nous poser. Je venais d’obtenir mon diplôme de professeur de français langue étrangère et j’ai trouvé un poste en République dominicaine. Nous y sommes restés un an mais le continent nous manquait, alors quand j’ai vu une annonce pour un poste à Quito, j’ai sauté sur l’occasion. « L’Équateur a reconnu 120 langues ethniques et fait un véritable effort d’intégration des indigenas (minorités indiennes). »

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BONS BAISERS

EN QUOI CONSISTE VOTRE TRAVAIL ? J’enseigne le français à l’Alliance française, une fondation qui assure le rayonnement de la culture française à l’étranger. En Équateur, l’école commence à 7 h et finit en début d’aprèsmidi : beaucoup de jeunes profitent de ce temps libre pour prendre des cours de langue. J’enseigne aussi à des personnes qui doivent apprendre le français pour leur travail.

s le parc du Cotopaxi (du « Se balader à cheval danuve) procure une sensation tro nom du volcan qui s’y rté totale. » de libe

QU’APPRÉCIEZ-VOUS À QUITO ? La ville s’étend sur une cinquantaine de kilomètres de long pour seulement quelques kilomètres de large. Du coup, la nature est partout très proche, on a sans cesse des vues sur des paysages surgis de nulle part. En une heure, on peut être sur un volcan ou dans la forêt humide. De plus, Quito est très dynamique, avec une vie artistique et culturelle riche. De manière générale, le champ des possibles me semble beaucoup plus large en Équateur qu’en Europe, où on a un peu l’impression que tout a déjà été fait.

QU’EST-CE QUI DIFFÈRE LE PLUS DE LA FRANCE ?

L’Amazonie, également appelée « Oriente » par les Équatoriens, occupe la moitié du territoire mais ne compte que 10% de la population totale du pays.

Pour obtenir quelque chose en Équateur, il ne faut surtout pas râler ! Il faut plutôt jouer sur la corde sensible, amadouer un peu son interlocuteur. Et puis ici, tout se négocie: le taxi, le prix à l’épicerie, etc. Le climat est aussi très différent : la douceur printanière est présente toute l’année et seule l’humidité varie vraiment. Les saisons étant moins marquées, le temps ne passe pas de la même manière. On suit les saisons via Skype et nos familles restées en France.

REVENEZ-VOUS RÉGULIÈREMENT DANS LE NORD ? Nous revenons une fois par an, voir nos familles et les amis d’enfance. Titouan, notre fils de 18 mois, est né en Équateur et c’est important qu’il fasse connaissance avec sa famille et son pays.

QUELS SONT VOS PROJETS POUR L’AVENIR ? « Le marché de Guamote est l’un des plus dépaysants. C’est une explosion de senteurs, de saveurs et de bruits. »

Antoine, mon compagnon, a créé une brasserie artisanale avec deux amis équatoriens. Au départ il m’a suivi dans mes projets, à moi désormais de faire preuve de patience pour lui laisser le temps de développer son affaire. D’ici deux à cinq ans, j’aimerais que nous revenions passer quelques années en France... pour repartir après !

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DU CÔTÉ DE…

Icare. Pour partager le rêve d’Icare, les pilotes amateurs disposent, dans le Nord, d’équipements de haut vol, comme ici, à Niergnies.

Les pistes d’envol À quoi servent les sept aérodromes du Nord, situés à Dunkerque, Merville, Bondues, Lesquin, Niergnies, Maubeuge et Prouvy ? À s’envoler et atterrir, direz-vous. Mais quelles différences y a t-il avec les aéroports ? Pour le découvrir, foulons les tarmacs du Nord. Textes : Arnaud Raes | Photographies : Christophe Bonamis

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DU CÔTÉ DE…

Rencontre du troisième type Cette sculpture plus vraie que nature fait face à une carcasse de cockpit sur la base de loisirs Éolys, créée en 2009 près de l’aérodrome de Merville-Calonne.

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Les premiers aérodromes Dès le tout début du XXe siècle, des « champs d’aviation » fleurissent dans le Nord. Il s’agit essentiellement de pistes tracées dans des champs plats. Ce fut le cas en 1907 à Douai-La Brayelle sous l’impulsion de Louis Bréguet. Cette même année, Fernand Scrive a conçu son premier planeur à Ronchin, près de Lille. En 1908, Louis Blériot développa de son côté l’aviation à Cambrai.

a France est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre d’aérodromes et notre région a joué un rôle historique dans ce développement », aime rappeler Philippe Macé, président de l’aéroclub Louis-Blériot de Niergnies, près de Cambrai. Le Nord compte sept aérodromes, créés pour la plupart dans les années 30. Spécialiste des anciens champs d’aviation (voir p. 49), Laurent Bailleul précise : « Il y en a eu en tout 163 dans le Nord, toutes périodes confondues, même si certains n’étaient matérialisés que par une simple bande enherbée. » Loin des illustres pionniers de l’aviation, les « Faucheurs de marguerites », les aérodromes actuels doivent répondre à des normes de gestion et de sécurité draconiennes. Animés in situ par des associations, des aéroclubs et leurs escadrons de bénévoles passionnés, les aérodromes sont aujourd’hui gérés par des structures publiques. C’est par exemple un syndicat mixte créé sous l’égide de la Chambre de commerce et d’industrie qui gère l’aérodrome de Merville-Calonne et l’aéroport de Lesquin. Aux Moëres, à côté de Dunkerque, c’est le Syndicat intercommunal des Dunes de Flandre. À Niergnies, c’est la Communauté d’agglomération de Cambrai. « Mais en termes de sécurité et d’entretien de nos avions, nous sommes inspectés régulièrement par la Direction générale de l’aviation civile », précise Philippe Macé.

À la différence d’un aéroport, dont la vocation première est le transport commercial de voyageurs et de fret, les installations d’aérodrome sont destinées à la fois au pilotage de loisir et à la formation, que ce soit pour les avions de tourisme, les ULM, les planeurs ou l’aéromodélisme, voire le parachutisme comme à Bondues et à Maubeuge. « Quoi qu’il en soit, résume Laurent Bailleul, les aérodromes et aéroclubs regroupent des centaines de personnes de tous horizons qui partagent une même passion. En cela, l’aviation s’est beaucoup démocratisée, même si l’activité reste assez onéreuse. »

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DU CÔTÉ DE… ❘

Les pistes d’envol

DES MOËRES À MERVILLE « C’est l’aérodrome le plus haut et le plus bas de France », ont coutume de plaisanter les 110 membres de l’aéroclub de Dunkerque, qu’accueille Les Moëres, commune située à 2 m sous le niveau de la mer. Avec son unique piste en herbe, cet aérodrome est très proche de la base aérienne de Coxyde, ce qui implique quelques contraintes de vol. D’ailleurs, les contrôleurs aériens du secteur ne parlent que flamand et anglais. Ajoutez la présence de la mer et des installations industrielles du port de Dunkerque à deux pas, et l’on comprend que le site inquiète parfois les pilotes souhaitant s’y poser pour la première fois ! Pour autant, il est très actif, notamment pour la formation des jeunes pilotes, et accueille aussi un club d’ULM, un autre de parachutisme et un dernier consacré à l’aéromodélisme. Plus au sud, à Merville, il existe un aérodrome datant de 1936, développé par l’occupant allemand puis par les Anglais. Sa grande particularité est d’être notamment équipé pour recevoir les activités de l’Institut aéronautique Amaury de la Grange (IAAG), qui a formé depuis 1962 des générations de pilotes de ligne d’Air France. « La compagnie s’est aujourd’hui désengagée mais nous formons toujours des pilotes civils et militaires », précise Michael Bourgeois, directeur général de l’IAAG.

Mécanos. École de réputation mondiale, l’IAAG forme des jeunes mécaniciens et techniciens de maintenance, dont 10 % de jeunes femmes, en BTS et bac pro aéronautique. L’Institut dispose de plusieurs « carcasses » d’avions, dont une magnifique Caravelle.

« Bénévolants ». Que seraient nos aérodromes (ici Les Moëres) sans les bénévoles qui font vivre les clubs, qui entretiennent les pistes, les matériels volants, qui organisent des animations comme des baptêmes de l’air, voire de grands meetings aériens ? 48 Magazine Nord le Département


DU CÔTÉ DE… DE LESQUIN À BONDUES Infrastructure incontournable de la région en matière de transport, l’aéroport de Lille-Lesquin est passé d’un million de voyageurs en 2002 à 1,6 million aujourd’hui. « Peu de gens le savent, mais il est équipé à l’identique de celui de Roissy - Charles-de-Gaulle », rappelle Jean-Paul Monfort, directeur de l’aérodrome de Merville. Le site de l’aéroport abrite aussi un aéroclub de loisirs, le CALM (Club aérien Lille Métropole), qui, avec 200 membres, est l’un des plus importants au nord de Paris. Au nord-est de la Métropole, l’aérodrome de Bondues possède une riche histoire. Il a remplacé en 1936 celui de Ronchin. De très nombreuses activités peuvent être pratiquées sur ses quatre pistes en herbe : aviation, voltige, ULM, vol-àvoile, parachutisme, aéromodélisme…

« Au cas où… »

Parachutisme. Ce sport peut se pratiquer ou s’essayer un peu partout dans le Nord, notamment à Bondues et à Maubeuge, siège de l’École régionale de parachutisme.

DE MAUBEUGE À NIERGNIES, EN PASSANT PAR PROUVY L’aérodrome de La Salmagne, à côté de Maubeuge, est étroitement lié au parachutisme. Mais si tenter le grand saut vous effraie, il est possible de s’amuser sur le plancher des vaches en compagnie des passionnés d’aéromodélisme ou des férus de construction d’avions. Non loin, à Prouvy, près de Valenciennes, l’aérodrome Charles-Nungesser a gagné en 2013 le statut d’aéroport. En effet, les infrastructures, aérogare, tour de contrôle, piste éclairée, autorisent les activités commerciales (aviation d’affaires, fret). Chaque année au mois de juillet, un grand meeting aérien gratuit y est organisé. « Les meetings aériens constituent une belle vitrine pour un aérodrome », explique Philippe Macé, à Niergnies. « Mais je suis très attaché à notre mission essentielle : préparer les jeunes au brevet d’initiation aéronautique. »

«  Les grandes périodes des aérodromes dans le Nord correspondent aux deux guerres mondiales, bien sûr, mais pas seulement », expose Laurent Bailleul, présidentfondateur de l’association Anciens aérodromes. « Entre 1930 et 1940, l’aviation a pris son essor commercial. Or, le Nord est situé sur la ligne Paris - Bruxelles Londres, ce qui explique la présence de nombreux aérodromes du côté de Valenciennes ou des Flandres notamment. C’était des aérodromes d’étape : ils servaient parfois à embarquer des passagers, mais ils offraient surtout des possibilités d’atterrissage, au cas où. »

PRATIQUE Aérodrome Les Moëres 03 28 26 88 40 www.aeroclub-dunkerque.com

Aérodrome de Merville-Calonne 03 28 42 04 21 www.aeroport-merville.fr

Aérodrome de Lille-Marcq (Bondues) 03 20 72 40 98 www.ualrt.org

Aérodrome de Maubeuge www.aeroclubmaubeuge.com

Aéroport de Valenciennes-Denain 03 27 21 03 66

Show En 2015, l’aéroclub de Niergnies a organisé un grand meeting, pour les 80 ans de l’aérodrome. La Patrouille de France y a réalisé son show devant 30 000 personnes.

Aérodrome de Niergnies 03 27 81 26 56 www.aeroclubcambrai.com

IAAG - Merville 03 28 42 94 49 www.iaag-aero.com

Association Anciens aérodromes 06 72 33 32 38 www.anciens-aerodromes.com

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ÉVÉNEMENT

expo

Carte d’Abraham Ortelius. Presbiteri Johannis, sive Abissinorum Imperii Descriptio, 1573. Carte imprimée en couleur. Paris, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et Plans, cote GE D-8199.

LA CARTOGRAPHIE ou le miroir du monde MERCATOR ET ORTELIUS, DEUX GÉOGRAPHES FLAMANDS Cassel

Du 12 mars au 12 juin Musée départemental de Flandre Le mathématicien flamand Gerard de Kremer (1512  -  1594) est connu en France sous le nom de Gérard Mercator. Avec le cartographe anversois Abraham Ortelius (1527  -  1598), il est considéré comme le fondateur de la géographie moderne. Tous deux se rencontrent en 1554 et révolutionnent la cartographie. Mercator réalise en 1569 une célèbre carte du monde, inventant une projection encore utilisée aujourd’hui. Mais c’est Ortelius qui, un an plus tard, publie le premier atlas imprimé (au sens moderne du mot), le Theatrum orbis terrarum. Les tableaux, portulans (cartes marines du XVIe siècle), instruments de mesure et ouvrages présentés dans l’exposition illustrent à la fois les découvertes des deux À noter sur vos agendas: visites guidées tous amis et d’autres facettes de leur génie. Mercator était aussi les samedi et dimanche, visites décalées et fabricant d’instruments scientifiques renommés, notamment costumées les 13 mars, 3 avril, 8 mai et 5 juin. des globes. Quant à Ortelius, il fut d’abord antiquaire : la Durant les vacances de Pâques, Ca sse l, M reconstitution du cabinet d’un amateur anversois évoque des visites guidées et us sa collection et le goût de l’époque pour l’érudition. visites « jeu de piste en Ainsi, l’exposition permet d’appréhender les spécificités famille » auront lieu des cartes de l’un et l’autre : alors que la précision et la tous les jours, ainsi justesse prévalent dans le travail de Mercator, l’influence que des stages pour de l’Antiquité est flagrante chez Ortelius dont les cartes les 7-11 ans (création fourmillent de détails et d’ornements. d’un carnet de voyage) et les 12-15 ans Gaëlle Leplat (atelier photomontage). Une conférence et un Ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 12  h  30 et de 14  h à 18  h, colloque autour de la le samedi et le dimanche de 10 h à 18 h. Fermé le 1er mai. cartographie au XVIe siècle Musée accessible aux personnes en situation de handicap. sont aussi programmés.

La programmation

p dé ée e Fl al d e nt

e a n dr

museedeflandre.lenord.fr

em

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03 59 73 45 59

art

26, Grand’Place 59670 Cassel


ÉVÉNEMENT

Philippe Houzé

Cécile Laffon

Responsable adjointe du Musée départemental de Flandre En tant que co-commissaire de l’exposition avec Sandrine Vézilier, directrice du musée de Flandre, j’ai effectué les recherches préliminaires servant à définir la trame du projet. De ce synopsis a découlé une liste d’œuvres disséminées un peu partout. Par exemple, les fac-similés des globes et l’atlas de Mercator proviennent Mercator était vraiment un génie : sa du Cercle archéologique du pays de Waes (Belgique) qui nous a aussi aidé à prépaprojection a permis rer l’exposition. Pour élaborer la muséode supprimer les graphie, nous avons dû prendre en compte déformations liées à la spécificité et la fragilité de certaines la forme ronde de la œuvres. Ainsi, les livres exposés reposent Terre sur les cartes. sur des lutrins qui présentent un angle On ne sait toujours d’ouverture précis respectant les normes pas comment il a fait de conservation strictes relatives aux oupour calculer cela. vrages très anciens.

Rencontre

Joseph Bellemans (1816-1888) Mercator et Ortelius Huile sur toile Anvers, Musée royal des Beaux-Arts, inv. 3342 © Lukas-Art in Flanders vzw, photo Hugo Maertens

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SORTIES MUSIQUE Corteggiani

EXPOSITION

Nuit du blues au féminin

Antinoüs Mondragone, musée du Louvre, inv Ma 1205.

Marguerite Yourcenar à Antinoé le 22 janvier 1982.

Marguerite Yourcenar et l’empereur Hadrien Bavay

Une réécriture de l’Antiquité L’empereur romain Hadrien est le personnage principal des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar. Porte d’entrée vers l’époque romaine, ce roman permet à la fois de comprendre l’Antiquité et de découvrir la vie d’Hadrien. Une première en France L’exposition présentée à Bavay est la première organisée en France autour des Mémoires d’Hadrien. Elle est née de l’étroite collaboration entre le Forum antique de Bavay et la Villa départementale Marguerite Yourcenar, tous deux équipements culturels du Conseil départemental du Nord. Un jeu de miroirs entre littérature et archéologie, Antiquité et imaginaire, dévoile au visiteur l’histoire personnelle de l’empereur romain et le

travail de recherche de l’écrivaine. La trame littéraire des Mémoires d’Hadrien sous-tend l’articulation de l’exposition en cinq sections thématiques. Les livres, tapuscrits et éditions originales de Marguerite Yourcenar côtoient la statuaire et les objets de l’époque d’Hadrien. Pour le visiteur, c’est une plongée inédite dans l’univers romain et yourcenarien de l’empereur.• GL Bavay Forum antique, musée archéologique du Département du Nord Jusqu’au 31 août www.forumantique.lenord.fr

En lien avec l’exposition, la Villa départementale Marguerite Yourcenar organise un concours d’écriture destiné aux collégiens (voir page 11).

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Bondues Espace culturel Le 19 mars à 20 h 30 T. 03 20 25 94 78 www.jazzennord.com

LITTÉRATURE

Les grands dialogues de la Villa L’édition 2016 accueillera les romancières Sylvie Germain et Diane Meur autour de la question: « À quoi sert la littérature ? ». Dialogue animé par Josyane Savigneau (Le Monde).

Lille Auditorium du Palais des Beaux-Arts Le 25 février à 19 h T. 03 59 73 48 90 lenord.fr/villayourcenar

FESTIVAL Pierre Zenzius - 1er prix de « Ma Tour en concours » en 2005

SALON

À l’affiche de cette 9e édition, Alessandra Cecala, contrebassiste et chanteuse à la voix rauque, ainsi que Sharon Lewis, reine des clubs de Chicago et des grands festivals américains.

Rendez-vous des bulles

Pour son dixième anniversaire, le festival invite petits et grands à venir célébrer la bande dessinée, aussi appelée « le 9e art », sous toutes ses formes. Les relations entre BD et histoire au sens large y seront explorées avec notamment un concours amateur, des rencontres d’auteurs et des ateliers gratuits. Le festival marquera aussi l’ouverture de l’exposition

La BD... toute une histoire ! visible durant tout le printemps. En donnant à voir des figurines de personnages emblématiques et des planches originales d’artistes connus, elle met en valeur le travail et la créativité des auteurs, illustrateurs et coloristes. • GL Saint-Amand-les Eaux Médiathèque des Encres, Espace Jean-Ferrat et musée de la Tour abbatiale. Salon les 5 et 6 mars. Exposition du 4 mars au 29 mai www.saint-amand-les-eaux.fr

Bièr’enfête Pour sa première édition, ce festival vous propose de venir (re)découvrir la richesse et la diversité de nos bières régionales dans une ambiance conviviale. Entrée libre. Un verre collector et trois jetons de dégustation: 6€. Allennes-les-Marais Salle Léo-Lagrange rue de Verdun le 20 mars de 10 h à 18 h lieven.mj@ville-allennes-lesmarais.fr


SORTIES SPORT

Harpe en Avesnois

L’échiquier capellois

Florence Sitruk

FESTIVAL

Wild Atlantic Harps

22e festival international Soutenue par le Conseil départemental du Nord, l’association Harpe en Avesnois vise à promouvoir la harpe sous toutes ses formes, à faire connaître de jeunes harpistes ainsi que des artistes confirmés, à favoriser la création et à valoriser la région Sambre-Avesnois-Hainaut. Le festival qu’elle organise dépasse largement les frontières du territoire où il se déroule. L’édition 2016 sera l’occasion d’écouter un récital de harpe donné par Florence Sitruk, de la musique celtique avec les Harpadours et les irlandais de Wild Atlantic Harps, ou encore du jazz, de la pop et du folk. • GL Feignies, Ferrière-la-Grande et Maubeuge du 26 février au 5 mars www.harpeenavesnois.com

EXPOSITION

Open international d’échecs

Cette compétition fête ses 32 ans cette année. Organisée avec le soutien du Département du Nord, elle rassemble plus de 500 joueurs venus du monde entier, dont une centaine de grandmaîtres. Cappelle-la-Grande Palais des arts Place Bernard-Gouvart Du 13 au 20 février www.cappelle-chess.fr

SPORT

EXPOSITION

Open de tennis du Nord

Travail et Fête

L’inventaire, arthothèque du Nord-Pas-de-Calais, fête ses cinq ans. Pour l’occasion, dix regards d’emprunteurs aux profils variés (particuliers, entreprises, écoles, partenaires) sont mis à

l’honneur dans une exposition dont ils ont eux-mêmes sélectionné le contenu. Ce sont ainsi plus de 70 œuvres d’une quarantaine d’artistes qui sont présentées. Aux côtés de cette exposition, des œuvres d’art contemporain de Caroline Magny et Frédéric Royer, artistes lillois, sont installées dans la chapelle des Chartreux. • GL Douai Musée de la Chartreuse Jusqu’au 28 février T. 03 27 71 38 80 www.museedelachartreuse.fr

Musée de la Poupée et du jouet ancien

Dédicaces, une collection en partage

Organisé par le Tennis club lillois Lille métropole en partenariat avec le Département, l’Open du Nord fait partie des tournois « Futures ». Avec ceux de l’ATP (World tour et Challenger tour), ces tournois constituent le principal circuit d’évolution des joueurs professionnels. Jo-Wilfried Tsonga a remporté l’édition 2006 ; en 2015, le vainqueur était Karen Khachanov, un Russe prometteur de dix-huit ans. • GL Lille Tennis club lillois Lille métropole Rue du Mal-Assis Du 29 février au 6 mars T. 03 20 38 47 00 www.tcllm.fr

Au cours du XIXe siècle, une nouvelle forme de fêtes populaires apparaît progressivement, avec notamment des manèges de voitures et de chevaux de bois. Exposition réalisée par le musée de la Poupée et du Jouet ancien de Wambrechies. Gratuit. Lambersart Colysée - Maison Folie Jusqu’au 29 mai www.ville-lambersart. fr/colysee n°284 I Février-mars 2016

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SORTIES JEUNE PUBLIC

FESTIVAL

Le P’tit Monde, 13 festival pour l’enfance et la jeunesse

Arnaud Giacomini - Minuit

e

Pour sa 23e édition, ce festival de la chanson française donnera l’occasion au public d’écouter des têtes d’affiche (Axelle Red), des artistes locaux (Furieux Ferdinand, Merta) et de jeunes talents prometteurs (Nicolas Jules, Mazarin, etc.). Les enfants ne seront pas en reste : trois soirées leur seront dédiées autour d’artistes régionaux. Dans une ambiance conviviale et familiale, venez vivre ensemble une belle expérience musicale ! Le festival est porté par les bénévoles de la Maison des jeunes et de la culture de Saint-Saulve, avec le soutien du Département du Nord. • GL

Douze spectacles différents attendent cette année les enfants, des plus petits (dès 18 mois) jusqu’aux adolescents. Des adaptations de grands classiques, comme Huck Finn et La machine à explorer le temps, des textes contemporains et même des spectacles musicaux. Et toujours La Tournée mondiale des villages avec cette année J’ai un arbre dans mon cœur par la cie Sens Ascentionnels. Tout le programme est à découvrir dans une plaquette réalisée… par des enfants. • FC Hazebrouck, Merville et villages environnants Du 21 mars au 1er avril Charly Desoubry

À travers chants

Saint-Saulve, Petite-Forêt et Odomez Du 4 au 26 mars

www.centreandremalraux.com

www.atraverschants.org

CHANSON

Fête des maths et des jeux Si vous pensez que mathématiques rime mal avec ludique, alors cet événement est fait pour vous ! Pour la 11e édition de ce rendez-vous annuel, petits et grands sont invités à venir faire des maths en s’amusant. De nombreux ateliers adaptés à chaque âge permettent de (re)découvrir cette discipline autrement. L’événement est gratuit et s’inscrit dans le cadre de la semaine nationale des mathématiques. • GL Villeneuve d’Ascq Forum départemental des Sciences « Fête des maths et des jeux » du 17 au 20 mars. « Printemps des planétariums » les 19 et 20 mars. T. 03 59 73 96 00 forumdepartementaldessciences.fr

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Printemps des planétariums À l’occasion de cette manifestation organisée par l’Association des planétariums de langue française (APLF), le Forum départemental des Sciences met en place une programmation spéciale de séances de planétarium. Les visiteurs pourront notamment profiter en avant-première de la nouvelle séance intitulée « Les cailloux d’Élise ». D’autre part, le Club astronomique de la région lilloise (CARL) proposera des observations publiques du soleil... sous réserve des conditions météorologiques !

JF Berube

Philippe Houzé

SCIENCES

Nuit

Linda Lemay : décibels et des silences

Profitez des dernières semaines de cette exposition conçue par le Muséum national d’Histoire naturelle. Le parcours de visite en quatre temps (le ciel nocturne, la vie nocturne dans la nature, une nuit de sommeil, les mythes et les monstres) permet d’explorer le monde de la nuit sous tous ses aspects.

Pour la première fois, l’artiste québécoise propose un tour d’horizon de ses plus grands succès et de nouveaux titres. Accompagnée de sa guitare et de Louis Bernier au piano, elle est tantôt bouleversante, tantôt drôle, mais toujours très proche de son public. L’émotion est au bout de chaque note.

Villeneuve d’Ascq Forum départemental des Sciences Jusqu’au 6 mars T. 03 59 73 96 00 forumdepartementaldessciences.fr

• GL Caudry Théâtre de Caudry Le 17 mars à 20 h 30 T. 03 27 70 09 60 www.scenes-mitoyennes.fr


SORTIES DANSE Kylli Sparre Trevillion

SALON

L’AGENDA COMPLET SUR LE SITE

lenord.fr rubrique « Agenda »

Retrouvez sur notre site nos suggestions de sorties : concerts, spectacles, salons, sorties nature et sportives, expositions…

Vous organisez un événement ?

Annoncez également vos manifestations en quelques clics sur lenord.fr.

Le grand bain

Organisé avec le soutien du Département du Nord, le salon du livre de Bondues permet aux visiteurs de rencontrer de nombreux auteurs, des éditeurs et des professionnels des métiers du livre dans une ambiance conviviale. Des animations pour tout public ponctueront le week-end dont l’invité d’honneur sera Patrick de Carolis. Entrée libre. Navette gratuite depuis Lille et Marcq-enBarœul. • GL

Pour sa 3e édition, le festival se déploie sur deux semaines. Il invite les spectateurs à plonger les yeux grands ouverts dans une programmation riche et variée, témoin de la belle vitalité de la scène chorégraphique d’aujourd’hui. Parmi d’autres, le danseur algérien Heddy Maalem, le chorégraphe belge Jan Martens et le jeune artiste Alexander Vantournhout, acrobate autant que danseur, sont à l’affiche du festival. • GL

Bondues Espace Poher 6, chemin Saint-Georges Les 12 et 13 mars

Roubaix, Villeneuve d’Ascq, Lille et Armentières Du 21 mars au 3 avril T. 03 20 20 70 30

www.salondulivrebondues.fr

www.gymnase-cdc.com

EXPOSITION

Marlène Dietrich : une légende en images La Maison natale Charles de Gaulle présente une sélection de photographies de Marlène Dietrich en partenariat avec le Goethe-Institut Lille. Les liens entre la France et la célèbre actrice d’origine allemande sont nombreux : chevalier de la Légion d’honneur française, idylle avec l’acteur français Jean Gabin, fin de vie passée à Paris, etc. Le film Martin Roumagnac réalisé par Georges Lacombe en 1946 est le seul film qui réunit à l’écran Marlène Dietrich et Jean Gabin. Il sera projeté le 25 février à 18 h 30. • GL

Lille Maison natale Charles de Gaulle Jusqu’au 28 février T. 03 59 73 00 30 lenord.fr/maisondegaulle

CIRQUE

EXPOSITION Petter Hellman

Post scriptum

Super Sunday Les six athlètes finlandais de La Race Horse Company vont vous épater. Se défiant des lois de l’attraction et bousculant les codes du cirque, ils présentent un spectacle acrobatique tourbillonnant, avec des cascades époustouflantes agrémentées d’un humour noir typiquement scandinave. Sur une musique électro s’enchaînent sans répit les scènes les plus insensées. On aurait presque envie de boucler sa ceinture de sécurité en les regardant ! • FC Valenciennes Phénix Les 4, 5 et 6 mars T. 03 27 32 32 32 www.lephenix.fr

Matisse et la gravure La production d’Henri Matisse en tant que graveur est méconnue, alors qu’elle est ample et originale. L’exposition donne à voir quelque 200 gravures, dont de nombreuses n’ont jamais été montrées. Son caractère inédit tient aussi à la mise en relation des œuvres avec les matrices correspondantes. En lien avec l’exposition, un stage permettant d’aborder le monotype et la lithographie est proposé aux 12-18 ans pendant les vacances de février. • GL Le Cateau-Cambrésis Musée départemental Matisse Jusqu’au 6 mars T. 03 59 73 38 00 museematisse.lenord.fr

n°284 I Février-mars 2016

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LU, ÉCOUTÉ, VU

ROMAN

Josette WOUTERS

Le Passage à canote

Le « canote » permet de traverser le chenal, entre Grand-Fort-Philippe et Petit-Fort-Philippe. C’est précisément sur les bords de l’Aa que vivent Julien, Fanny et leurs trois enfants. Lui est pêcheur en mer du Nord, elle, mère-courage, l’attend en subvenant aux besoins des enfants. C’est la vie rude mais digne de cette modeste famille du Nord, confrontée à la guerre de 39-45 et contrainte de « s’exiler » dans l’Avesnois, que nous raconte avec simplicité ce roman plein d’humanité de Josette Wouters. • AP De Borée, 336 pages, 20 €.

HISTOIRE

Christian BUISSON

Les tramways de Lille, 1960 – 1966 Christian Buisson nous fait revisiter un Lille un peu oublié, celui des tramways qui, amarrés aux lignes électriques, sillonnaient les artères pavées de l’agglomération. Il ressuscite avec force photos, les Mongy de l’ELRT et les motrices de la CGIT sans jamais se perdre dans les détails trop techniques. Ses photos prises souvent sur le vif ont aussi le mérite de nous rappeler que les rues de Lille, Loos, Lomme ou Hellemmes ont décidément bien changé. • AR

MUSIQUE

Éditions Alan Sutton, collection Mémoire en images. 128 pages, 21 €.

Tim FROMONT PLACENTI Endemic Laughters

Difficile de ne pas tomber sous le charme envoûtant de cet album. Tim Fromont Placenti {TFP}, touche-à-tout multi-instrumentaliste lillois, signe un nouvel opus tout en dentelles. Guitares ciselées, chœurs jamais grandiloquents, chapelet d’instruments, violoncelle, piano, clarinette, synthé, jusqu’à la trompette assurée par le grand Simon Fache, Endemic Laughters sonne à la fois minimaliste, symphonique et tire même vers la new-wave façon Tears for Fears. Magistral. • AR Vailloline Productions

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LU, ÉCOUTÉ, VU POLAR

Blandine LEJEUNE Scandaleuse

Cela commence par une banale et sordide histoire d’adultère. Mais derrière la mort par overdose de cette jeune prostituée dans un hôtel de Villeneuve d’Ascq, n’y aurait-il pas d’autres pistes à suivre pour le commandant Boulard ? Le héros récurrent de Blandine Lejeune est de retour pour une enquête haletante dans ce milieu judiciaire que connaît très bien l’auteure puisqu’elle est avocate au barreau de Lille. • FC

CUISINE

Annabelle DELAVAL et Arnold WEISLO

Que faire de simple aujourd’hui avec nos jeunes pousses...?

Ravet-Anceau, collection « Polars en Nord », 226 pages,11 €.

« Même si tu n’aimes pas les courgettes de la cantine, tu vas adorer le soufflé à la courgette que tu as fait toi-même ! » Voilà qui donne le ton de cet ouvrage très largement illustré qui explique aux enfants comment cuisiner des entrées, des plats salés et des desserts qui sont bons pour la santé et les papilles. À découvrir avec vos p’tits loups. • LB Éditions Chronoprint,100 pages, 12,90 €.

Jean-Pascal VANHOVE (texte), Jacques FUSILIER, Patrice ROSSEZ,

Nord cartophilie et collections privées (iconographie)

Le Nord - Pas-de-Calais 100% vintage à travers la carte postale ancienne Organisé en huit sections thématiques (agriculture, transports, vie quotidienne, etc.), cet épais livre au format carte postale regroupe des centaines de photos prises au début du XXe siècle dans notre région. Anecdotes et textes historiques s’y côtoient pour raconter les dentellières et les cafus, le houblon et la chicorée, les trains à vapeur et les paquebots… toute une page de notre histoire collective. • GL HC éditions, 256 pages, 12 €. n°284 I Février-mars 2016

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HISTOIRE D’UN JOUR

6 février 1866 Le choléra, allégorie L’épidémie de choléra qui a frappé le Nord durant l’année 1866 n’était pas un phénomène isolé en France. Pour preuve, cette lithographie allégorique de François-Nicolas Chifflart, représentant le choléra à Paris en 1865. Pas le même lieu, mais des conséquences identiques : des milliers de victimes.

Peste soit du choléra ! Durant la quasi totalité de l’année 1866, le département du Nord est en proie à une épidémie de choléra. Elle aurait pris son essor à Watten le 6 février. u cours du XIXe siècle, le Nord doit faire face à plusieurs reprises et de façon bien dérisoire à des épidémies de choléra, notamment entre 1832 et 1892. En effet, il n’existe à l’époque aucun traitement, la bactérie responsable n’étant mise en évidence qu’en 1883. La grande épidémie de 1866 pointe son nez à Dunkerque fin 1865, en provenance du sud de la France, vraisemblablement importée par un marin. D’autres cas isolés sont détectés début 1866. Le 6 février, quatre cas apparaissent d’un coup à Watten, au sud-est de Cassel. L’épidémie est lancée. Elle ne s’arrêtera que le 22 novembre à Cambrai, après avoir frappé toutes les villes industrielles du Nord, à l’étrange exception de l’Avesnois ! Au total, le choléra touchera quelque 150 communes et 3  % de la population du Nord : Douai à partir du 10 février 1866, Hazebrouck le 4 mars, Lille le 1er mai, Valenciennes le 7 mai et Cambrai le 1er août. Évidemment, la mortalité est importante. L’arrondissement de Lille, avec 13 850 cas déclarés pour 6 820 morts, est le plus affecté, loin devant le Valenciennois (2 860 cas) et le Dunkerquois (1 350 cas). La cause de l’épidémie est résumée le 8 décembre 1866 par Le Progrès du Nord : le choléra est «  la maladie épidémique du

A

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pauvre ». Manque complet d’assainissement, insalubrité des logements, conditions sanitaires déplorables, les villes ouvrières paient un lourd tribut à la maladie en cette période d’essor industriel. Cependant, toutes les classes sociales sont touchées, comme le rappellent les instructions de la commission sanitaire de Valenciennes : « Il n’y a aucune profession qui soit de nature à faire naître le choléra, comme il n’y a aucune position sociale qui mette à l’abri de ses atteintes. » La commission sanitaire relève néanmoins que « l’ivrognerie, l’intempérance, les excès en tout genre paraissent prédisposer à la maladie ». Pour enrayer la panique au sein des populations, le préfet du Nord obtient de la presse qu’elle s’abstienne « de toute publicité relative à la marche du choléra ». Finalement, c’est dans le Cambrésis qu’un dernier cas sera signalé. L’épidémie prend fin après plus de neuf mois de contagion.• Arnaud Raes

Article réalisé avec le concours des Archives départementales du Nord.

Remède miracle ? En 1866, aucun remède ne guérit le choléra. Mais la presse en relate quelques-uns, parfois très savoureux : « Boire du vin rouge, de préférence du vieux bordeaux, toutes les demi-heures et si nécessaire tous les quarts d’heure, à l’exclusion de tout autre aliment, sous peine d’échec. » Ou celui-ci, plus prudent : « Absorber 15 graines d’alun ordinaire dissous dans un verre d’eau. Cela ne peut faire aucun mal s’il ne fait de bien et il est à la portée de tout le monde. »


COMME UN CHEF !

ENTRÉE

Préparation : 1 h

Cuisson : 20 mn

RAVIOLES DE BUTTERNUT Ingrédients

(pour 6 personnes)

Pour les ravioles : - 1 courge butternut - 3 œufs - 500 g de farine - huile d’olive - sel et poivre

Pour le jus : - une carcasse de poulet ou un os d’agneau - 1 carotte - 1 oignon - 1 branche de thym et 1 de laurier - sel et poivre

Préparation

2- Bien les égoutter dans un torchon ou une passoire, puis les mixer avec du sel, du poivre et une cuillère à café d’huile d’olive pour obtenir une consistance bien lisse. 3- Préparer la pâte à raviole : mélanger la farine, un œuf entier, 2 jaunes d’œuf et 2 cuillères à soupe d’huile d’olive. Pétrir la pâte. Bien la filmer et la laisser reposer 12 h au réfrigérateur. 4- Étaler la pâte finement et couper avec un emportepièce des morceaux de 5

à 8 cm de diamètre. Poser une cuillère de butternut, mouiller les contours des ravioles et les refermer. Laisser sécher au moins une heure au frais. 5- Faire cuire les ravioles 2 à 3 mn dans une eau frémissante bien salée. Les égoutter. Les poêler avec un peu de beurre ou d’huile. 6- Préparer le jus : mettre les os dans une poêle bien chaude avec une cuillère d’huile d’olive, donner une belle coloration, ajouter la garniture coupée grossièrement, cuire 10 à 15 mn, mouiller avec de l’eau, laisser réduire, filtrer. Dresser les assiettes.

Chips. Pour servir, on peut ajouter des chips de butternut crues coupées en tranches très fines, juste salées et poivrées.

Photos : C. Bonamis

1- Éplucher la butternut, la couper en gros morceaux, les mettre au four 1 h 30 à 80°C pour les faire confire.

Nicolas Gautier

« J’ai choisi de vous présenter une recette de saison, faite avec des produits que m’avait livrés ce matin-là la Ferme des Récollets, à Sainte-Marie Cappel, près de Cassel. Cette recette est déclinable à d’autres saisons avec d’autres légumes : céleri ou chou-fleur par exemple. La pâte est un produit que j’ai appris à travailler avec un chef qui a longtemps travaillé en Italie et qui est maintenant en Corse. C’est un beau mélange entre la cuisine du sud et les produits de notre région. » Voir aussi la « Rencontre » avec Nicolas Gautier p. 36-37.

Restaurant La Laiterie 138, avenue de l’Hippodrome 59130 Lambersart -

03 28 92 79 13

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Mangeons malin, achetons dans le coin ! Le Nord développe l’approvisionnement local...

UN DÉPARTEMENT PROCHE DE SES AGRICULTEURS

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Magazine "Nord le Département" n°284 - février-mars 2016  

Région et Départements : travailler ensemble - RSA : tout faire pour favoriser le retour à l'emploi durable - Quand l'art efface le handicap...

Magazine "Nord le Département" n°284 - février-mars 2016  

Région et Départements : travailler ensemble - RSA : tout faire pour favoriser le retour à l'emploi durable - Quand l'art efface le handicap...

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