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N° 290

Février Mars 2017

lenord.fr

La ruralité a de l’avenir !

P. 25

ACTUALITÉS

DU CÔTÉ DE

HISTOIRE D’UN JOUR

Le Département s’engage pour le canal Seine-Nord-Europe

Les belles mairies en Flandre

1957 : Elisabeth II en visite à Lille et à Roubaix

P. 5

P. 46

P. 58


SOMMAIRE

Retrouvez tous les liens Internet présents dans ce numéro : lenord.fr/290

N° 290 • Février-mars 2017

ACTUALITÉS Agir pour baisser les impôts Les grandes orientations du budget 2017 Canal Seine-Nord-Europe Le Département du Nord s’engage Collèges de Poix-du-Nord et Wallers Une cure de jouvence Insertion Laken Optaly traverse l’Atlantique pour devenir aide-soignante Réseaux sociaux Le Département lance son compte Instagram

4 5 6-7 8 9

CHEZ VOUS Avesnois Le futur contournement de Maubeuge Cambrésis Trois structures répondent à un appel d’offres de Partenord Douaisis Les aidants à la Fonderie Flandres Le CETIDE donne sa chance à chacun Métropole Au MIN de Lomme, de la fourche à la fourchette Valenciennois Du nouveau dans l’entretien des chemins de randonnée

12 14 16 18 20 22

LE DÉPARTEMENT ET VOUS Libre expression Tribunes des groupes politiques Dossier La Ruralité en mouvement Mode d’emploi Le programme « Nature et handicap »

26 27 35

DÉCOUVERTES Rencontre Dorothée et Stéphane, parents d’Abigaëlle, née aveugle, accueillent un chien-guide Tout un monde Les musées en coulisse Bons baisers de Thaïlande : Maxime Besnier Du côté de Les belles mairies en Flandre

36 38 44 46

CULTURE / LOISIRS Événement Patate ! La pomme de terre à l’honneur Sorties Une sélection de spectacles, expo, concerts pour se divertir et se cultiver Lu, écouté, vu Des livres et des CD à découvrir Histoire d’un jour 11 avril 1957 : Elisabeth II en visite à Lille et à Roubaix Comme un chef ! Aumônière de chèvre et pomme au miel

50 52 56 58 59

51, rue Gustave-Delory - 59047 Lille Cedex Tél : 03 59 73 67 32

Magazine d’information du Département du Nord

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Magazine distribué gratuitement à tous les habitants du Nord. Si vous ne recevez pas le magazine régulièrement ou pour le recevoir à partir d’un autre département, contactez-nous au 03 59 73 85 29 ou par courriel : diffusionnord@lenord.fr. Contact rédaction : magazine@lenord.fr ISSN : 2268 - 1396. Tirage : 1 178 703 exemplaires. Tous droits de reproduction réservés. © 2013 - 2016. Dépôt légal : février 2017 Directeur de la publication : Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental du Nord • Rédacteur en chef : Arnaud Raes • Rédaction : Françoise Colonge, Perrine Delporte-Lénart, Gaëlle Leplat, Isabelle Quilbé Da Silva • Secrétariat de rédaction : Emmanuelle Lemaître • Conception graphique et réalisation : David Hennion, Coralie Lambriquet, Patricia Wissocq • Responsable de production : Laurence Blondel • Chef de projet édition-fabrication : Patrick Lenoble • Photographes : Dominique Lampla, Philippe Houzé, Cédric Arnould - Photothèque du Département du Nord • Service iconographique : Barbara Bonny • Photogravure : Angelini • Impression : Lenglet Imprimeurs

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Magazine Nord le Département

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Regardez les reportages : dailymotion.fr/Nord-le-Departement

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NOTRE NORD UNIQUE ET MULTIPLE En aucune manière il ne s’agit d’opposer ville et campagne, citadins et ruraux, mais de veiller à une fructueuse complémentarité. Ainsi, nos nombreux équipements culturels en ruralité, musées du Cateau-Cambrésis, Cassel, Bavay, SarsPoteries, Villa Yourcenar de Saint-JansCappel et sans doute bientôt Abbaye de En outre, l’augmentation de population y est auVaucelles, ne font-ils pas la fierté et l’admiration jourd’hui plus marquée, ce qui traduit une aspirade nos habitants des villes et des champs tout tion à davantage de nature, d’espace, de sécurité en dynamisant le dévelopet sans doute de modération pement territorial ? Nos sur le prix du foncier et du logeEn aucune manière il ne forêts, nos espaces naturels ment. Même au cœur de notre s’agit d’opposer ville sensibles, nos dunes comme Métropole européenne de Lille et campagne, citadins et nos terrils n’offrent-ils pas ou de nos communautés d’agruraux, mais de veiller à une à tous de magnifiques esglomération, la campagne est loin d’avoir totalement disparu fructueuse complémentarité. paces de détente, d’oxygénation, de découverte  ? et agriculteurs et nouveaux ruraux apprennent à cohabiter. Plus grand Département de France, le Nord nous donne une exceptionnelle palette de Encore faut-il donner les mêmes chances à paysages et d’opportunités où le lieu de trachaque habitant du Nord quel que soit le choix vail des uns peut devenir celui de loisirs des de son lieu de vie. Le Département s’y emploie de autres et inversement. C’est une grande chance, multiples façons : politique d’approvisionnement une richesse à sauvegarder et à faire rayonner. local, très haut débit, aides à la mobilité, aménagement du territoire, subventions aux villages et bourgs, répartition équilibrée des collèges, exiJean-René LECERF gences de désenclavement routier, accueil familial à la ferme, développement du télé-travail… Président du Conseil départemental du Nord On suscite toujours la surprise lorsque l’on présente le Nord comme le Département rural le plus important de France. Et pourtant sur nos 2 600 000 habitants, ce sont près de 600 000 qui vivent dans un territoire rural ou de péri-ruralité.

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ACTUALITÉS

Tranferts de compétences : d'autres changements à venir En vertu de la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République), le Département a transféré le 1er janvier plusieurs compétences dont il avait la charge à la Métropole européenne de Lille. D'autres transferts vont se concrétiser dans le courant de l'année.

Vote du budget 2017 Le Conseil départemental se réunira en séance plénière le 6 février à partir de 11 h et le 7 février à partir de 9 h pour procéder au vote du budget 2017. Suivez les débats en direct sur : lenord.fr @lenord.fr

Même si le Département consacre plus de 60 % de son budget aux compétences sociales, il intervient également dans des domaines aussi différents que la voirie, les transports ou la culture. Or, la loi NOTRe impose aux métropoles, la MEL en l'occurrence, d'exercer la compétence Voirie et, au minimum trois autres compétences dont le Département avait la charge. Ainsi, le Département a transféré à la MEL le 1er janvier 2017 la gestion des routes départementales, soit 15 % des routes départementales du Nord, ainsi que les subventions aux offices de tourisme. Le 1er juillet, le Département transférera encore à la MEL le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) et le Fonds d'aide aux jeunes (FDAJ). En ce qui concerne les transferts de compétences à la Région Hauts-de-France, ceuxci ont uniquement trait aux transports. Ainsi, les transports interurbains (réseau Arc en Ciel) et le transport scolaire seront transférés à la Région le 1er septembre 2017. Cependant, les Départements ont été confirmés dans leur mission de prise en charge du transport des élèves en situation de handicap fréquentant des établissements d'enseignement général ou supérieur. En savoir plus :

lenord.fr/transferts-competences

Arnaud Raes

RAPPEL DES compétences concernées Gestion des routes départementales

25 M€

Fonds Solidarité pour le Logement

7,6 M€

Fonds Départemental d’Aide aux Jeunes

1,2 M€

Soutien aux offices de tourisme

Transports interurbains Transports scolaires

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Magazine Nord le Département

0,01 M€

77,2 M€


200 M€ pour le canal Seine-Nord-Europe Philippe Houzé

Le 12 décembre 2016, le Conseil départemental a adopté un protocole d'accord sur le canal SeineNord-Europe. Le Département participera à la réalisation de ce projet majeur à hauteur de 200 M€.

Le financement du canal Seine-Nord-Europe s'est débloqué le 28 novembre 2016 à l’issue d’une réunion de trois heures au ministère des Transports. Ce jourlà, un accord sur le financement a été trouvé entre les Régions Hauts-de-France et Île-de-France, et les Départements concernés, dont au premier chef, celui du Nord. Celui-ci sera ainsi le premier Département financeur d'un projet hautement stratégique estimé à 4,5 milliards d’euros. Pour entériner cet accord, et ne pas perdre la contribution attendue de l'Union européenne (1,8 milliard d'euros), le Conseil départemental devait néanmoins délibérer et se prononcer en faveur du protocole. Ce fut fait le 12 décembre en séance plénière. à l'issue de la délibération, Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental, a souhaité que « les choses se mettent en place rapidement, que la société de projet, qui pilotera le dossier, entre en action, et que les travaux démarrent ! » Au vu de l'importance des enjeux, Jean-René Lecerf représentera personnellement le Département du Nord au sein de la société de projet pour « défendre les intérêts des Nordistes. » En effet, le canal Seine-Nord permettra la création d'une dizaine de milliers d'emplois directs et indirects.  Arnaud Raes canal-seine-nord-europe.fr

LES CONTRIBUTIONS DES AUTRES COLLECTIVITéS

région hautS-de-france 352 M€ région ile de france 110 M€

Département du Pas-de-Calais 130 M€ Département de l’Oise 100 M€ Département de la Somme 70 M€

HAUTS DE FRANCE

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ACTUALITÉS

Cure de jouvence pour deux collèges Tourisme

Groupons-nous dans le Nord ! Publiée par Nord-Tourisme, la nouvelle brochure Séjours et excursions pour groupes dans le Nord est parue. Vous y trouverez des propositions clé en main  mais une offre à la carte  peut aussi être construite avec vous sur simple demande. www.lenordengroupe.fr

Le projet du collège de Poix-du-Nord a été conçu par le cabinet d'architecte Philippe Damiens et associés, le bureau d'études techniques étant AELIA.

Les collèges de Poix-du-Nord et Wallers vont faire l'objet d'une réhabilitation au cours des prochains mois. Le plus gros des travaux aura lieu essentiellement durant les vacances scolaires pour ne pas perturber le fonctionnement des établissements.

Les Rendez-vous Nature 2017 280 animations gratuites adaptées à un public familial sont organisées dans les Espaces naturels sensibles départementaux et les dunes du littoral autour du thème de l'eau. Retrouvez-les dans le guide gratuit disponible début mars en téléchargement ou dans les offices de tourisme et syndicats d'initiative du Nord. Coup d'envoi le 11 mars avec la Nuit de la chouette (lire page 54). lenord.fr/rvnature

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Magazine Nord le Département

Deux chantiers d’envergure vont démarrer dans les collèges Montaigne de Poix-du-Nord et Jean-Moulin de Wallers dès les vacances de printemps 2017, pour une durée de 18 mois. « Nous allons mener des opérations tiroirs pour perturber le moins possible la vie des établissements et assurer au maximum la sécurité des élèves et du personnel, avec deux périodes importantes au cours des étés 2017 et 2018 », explique Michel Dutoit, architecte du Département, chef du projet. Les cabinets d’architectes et les bureaux d’études techniques ont proposé un plan de restructuration de ces deux établissements qui a été élaboré en étroite concertation avec les collèges : « chaque étape est validée au fur et à mesure. » Isolation et accessibilité Les deux projets sont quasiment identiques. L’accès aux collèges a été repensé pour améliorer l’accueil et la gestion des flux d’entrées et de sorties avec la construction d’un parvis sécurisé, d’un parking pour les professeurs et de garages à vélos. De plus, une phase de concertation a été organisée avec les communes concernées pour installer un dépose-minute. Côté conception, les façades en béton des établissements seront isolées


pour améliorer la performance thermique. Une phase de réhabilitation intérieure est également programmée. à Wallers, un bâtiment administratif et un logement vétuste devront être désamiantés avant d’être démolis et une salle culturelle polyvalente sera créée.

solidarité

Pour y voir plus clair Fin 2016, le Département a organisé une collecte de lunettes auprès de ses agents. 2 764 paires ont été rassemblées en un mois au profit de l'association Marcq-Cameroun qui œuvre pour améliorer la santé des Camerounais. www.marcqcameroun.com

Le projet du collège de Wallers a été conçu par le cabinet d'architecte Morphoz 2.0, le bureau d'études techniques étant SECA.

à Poix-du-Nord, la vie scolaire sera réimplantée avec la création d'un espace polyvalent, d'une permanence et de deux salles de cours, ce qui permettra la suppression du préfabriqué actuel. La mise en accessibilité des collèges aux personnes en situation de handicap sera assurée et une meilleure liaison sera faite entre les bâtiments pour permettre aux élèves d’être à l’abri en cas d’intempéries. La fin des deux chantiers est prévue pour la rentrée scolaire 2018. Ces travaux s'inscrivent dans le cadre du nouveau programme départemental de réhabilitation des collèges 2016-2021 • Isabelle Quilbé Da Silva

Poix-du-nord Coût des travaux

3,7 M€ wallers Coût des travaux

5,1 M€

On n'a pas tous les jours 20 ans !

Chaque année, la Villa départementale MargueriteYourcenar organise un concours d'écriture à destination des collégiens. Ce concours est ouvert jusqu'au 31 mars 2017. Le thème de cette année : les 20 ans de la Villa Yourcenar. Les modalités d'inscription et le réglement sont disponibles sur le site Internet : lenord.fr/villayourcenar

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Philippe Houzé

ACTUALITÉS

Ex-allocataire du RSA, Laken Optaly a trouvé sa voie et un emploi d'aide à domicile.

bob-emploi.fr

Bob emploi est un nouvel outil de recherche d’emploi lancé par l’ONG Bayes impact en partenariat avec Pôle emploi. Cette plateforme numérique ouverte à tous utilise le « big data » (données massives). Concrètement, l’utilisateur renseigne d’abord son parcours. Le programme l’aide à construire une stratégie de recherche d’emploi, lui propose des actions à mener quotidiennement. L’objectif est aussi de rediriger les personnes vers les métiers pour lesquels il existe une forte demande de recrutement que les employeurs peinent à satisfaire.

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Magazine Nord le Département

Pour trouver du travail, la formation ça aide ! Allocataire du RSA, Laken Optaly a trouvé un emploi dans le domaine de l'aide à domicile grâce à la fédération Una-Nord, soutenue par le Département. Laken fait partie « des parcours réussis » de l’insertion. A 27 ans, cette jeune femme a décroché en l’espace de quelques mois, un contrat à durée indéterminée au sein de la Maison d’Aide à la personne de Lille en tant qu’aide à domicile. Ancienne allocataire du RSA, elle a su saisir les opportunités sur son chemin. Poursuivant son rêve de devenir aidesoignante, elle intègre l’école de Tournai en août 2015, quittant famille et amis. « Très bien accueillie à Lille, je me suis vite adaptée », dit-elle. En septembre 2016, inscrite en tant que demandeuse d’emploi, elle est invitée à suivre une préparation à l’emploi pour devenir aide à domicile, formation dispensée par la fédération d’employeurs Una-Nord. « C'était une chance d'intégrer rapidement le marché du travail. » Laken s’adapte et réoriente ainsi son parcours professionnel. Elle commence son nouveau travail en décembre 2016. Elle qui aime simplement « aider les gens » travaille avec la conviction qu’un « sourire peut redonner de la joie à une personne seule. » La polyvalence est son maître mot. Tâches ménagères, toilette, courses, papiers administratifs, repas… Elle accompagne quotidiennement les personnes à leur domicile. « Il faut aimer le contact, avoir de la patience et ne pas être trop sensible face aux maladies. » Laken qui a grandit avec ses grands-parents affectionne particulièrement de travailler avec un public de personnes âgées. www.una-nord.fr

Perrine Delporte-Lénart


Voici le type d'images à retrouver et partager sur le nouveau compte Instagram du Département.

facebook.com departement.du.nord @lenord.fr www.instagram.com/ nord_departement dailymotion.fr/ Nord-le-Departement

Le Département à l'heure des réseaux sociaux Le Département propose aux internautes d'interagir sur l'actualité du Nord via son compte Facebook. Mais il tisse aussi sa toile sur Twitter et, tout récemment, Instagram.

Marie-Annick Dezitter, vice-présidente du Conseil départemental en charge de la Communication

« Nous modernisons et diversifions nos outils de communication, pour mieux répondre aux besoins d'informations des Nordistes. «

Bien sûr, il y a le numéro 290 du magazine Nord le Département, que vous lisez à cet instant. Il vous informe, tant de la vie de l'institution départementale que de celle des Nordistes et des 648 communes qui font du Nord un département reconnu et célébré maintes fois à travers ses traditions, ses personnages, son patrimoine et sa réputation de terre d'accueil. Dans cette logique, le Département est présent sur Facebook pour échanger des informations, mais aussi des images et des vidéos et susciter un dialogue avec les Nordistes. Le Département est aussi présent sur Twitter. Ce compte permet de suivre en direct toute l'actualité départementale. N'hésitez donc pas à réagir, comme lors de la tenue des séances plénières. Enfin, en novembre 2016, un compte Instagram a été créé. Voici une nouvelle possibilité pour les Nordistes de retrouver des photos « coup de cœur ». Des couleurs, des images étonnantes, des paysages à couper le souffle, c’est aussi ça le Nord ! Suivez les publications du Département avec les hashtags #Nord et #ViveLeNord. Utilisez-les pour partager vos lieux préférés. Nous vous y proposerons également des concours photos et des rencontres conviviales.• Arnaud Raes

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la bonne idée

Mieux vivre ses années au collège Le collège Maurice-Schumann à Pecquencourt s’est lancé dans le Projet éducatif départemental du collégien dès la rentrée scolaire 2016 avec pour objectif de favoriser le vivre ensemble. Plusieurs actions sont déjà lancées...

Dominique Lampla

l’association African’artz, qui a conçu une mé« Nous avons réuni les professeurs, les pathode pédagogique autour d’un jeu de stratérents, le foyer socio-éducatif, les centres-sogie d’origine africaine appelé Awalé. ciaux et l’APPE (Association de Prévention « Au collège, explique-t-il, l’Awade Pecquencourt et Environs) et lé est utilisé pour mettre en situapensé le projet dans une logique tion des notions de respect, de d’ouverture, de citoyenneté et partage et de solidarité, c’est de partage », explique Christine un outil d’éducation à l’altérité. Lecœuche, principale adjointe du Il permet de créer des liens aucollège, qui voit dans le PEDC « la delà des classes d’âge, avec les possibilité de mener sur trois ans anciens et les élèves de primaire, des actions ouvertes à tous avec mais aussi de valoriser tous les une enveloppe budgétaire gérée élèves, quel que soit leur niveau directement par l’établissement.» scolaire. » L’idée est de permettre à tous les élèves sortant du collège d’avoir le LE PEDC permet le Cette année, éric Dohoun intervient deux fois par semaine, à même «package» de sorties et de vivre ensemble, l’heure du déjeuner, pour propovaloriser une discipline par niveau. le partage ser une animation autour de ce Un conseil de vie collégienne a et la solidarité. jeu. également été relancé. Les élèves éric Dohoun C’est d’ailleurs un des élèves qui en sont membres assurent par participant qui a enseigné ce jeu à... Christine exemple l’accueil des familles lors des jourLecœuche ! nées portes ouvertes. Une action a aussi été menée en partenariat avec éric Dohoun, conseiller artistique de Isabelle Quilbé Da Silva Dominique Lampla

En chiffres • 12 avril 2016 : adoption du Projet éducatif départemental du collégien (PEDC)

• 296 établissements (sur 341) ont répondu à un appel à projets dont

• 196 collèges publics .

• 73 collèges privés • 27 lycées professionnels (ex L.E.P) • 15 €/élève sont alloués par le Département+ 20€/par élève interne (hors cité mixte) Souplesse. Des élèves jouant à l’Awalé ? C’est possible avec le PEDC, dispositif géré directement par le collège pour davantage de souplesse dans les actions mises en place. 10 Magazine Nord le Département


18. Flandres

Au CETIDE, on donne sa chance à chacun

16. Douaisis 12. Avesnois

Les aidants à la Fonderie.

Le futur contournement de Maubeuge.

20. Métropole De la fourche à la fourchette.

14. Cambrésis Trois associations d’insertion vont embaucher.

22. Valenciennois Du nouveau dans l’entretien des chemins de randonnée. n°290 ı Février-mars 2017

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avesnois

chez vous

Journaliste responsable de l’arrondissement : Françoise Colonge 03 59 73 84 04 - francoise.colonge@lenord.fr

le contournement à la carte

DR

La concertation préalable relative au projet de contournement de Maubeuge a permis de valider sa nécessité et d’en ajuster la typologie, avant l’enquête d’utilité publique. maubeuge

Grandes lignes. En noir, le projet, tel qu’il a été soumis à la concertation publique.

Aujourd’hui, la RN 2 qui relie Paris à la Belgique traverse l’agglomération du sud au nord et la RD 649 entre Valenciennes à la Belgique, d’ouest en est, ce qui génère un trafic important. Le Département réfléchit donc à la construction d’un prolongement à ce contournement, permettant de rejoindre l’est de l’agglomération (Jeumont) sans emprunter l’avenue Jean-Jaurès, une artère qui supporte aujourd’hui un trafic de plus de 20 000 véhicules/jour. Les trois réunions publiques organisées l’automne dernier à Assevent, Maubeuge et Feignies, ont réuni un total de près de 600 personnes intéressées par le projet. Lors de ces réunions, puis sur les registres déposés dans les mairies concernées, le Département a recueilli 113 observations écrites.

« Le principe du projet ne soulève pas d’opposition, seulement des inquiétudes concernant l’impact sur l’habitation et sur l’agriculture », résume Benoît Brunet, responsable du service Programmation des projets routiers au Département. D’ici la fin 2017, un tracé précis et définitif va être fixé, tandis que sera menée, par un cabinet indépendant, l’étude d’impact. Celle-ci mesurera les effets sur le bruit, la qualité de l’air, le milieu naturel, le paysage, l’activité agricole, la gestion des eaux ainsi que les impacts socio-économiques. Elle sera suivie de l’enquête d’utilité publique qui permettra aux élus départementaux de prendre leur décision en 2018. contournementdemaubeuge.lenord.fr

Dominique Lampla

le prochain contournement

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Tel que présenté aux habitants lors de ces réunions publiques, le nouvel axe devrait contourner la ville par le nord, sur une longueur totale de douze kilomètres. Son coût estimé est d’environ 116 M€. « Le projet de contournement qui sera réalisé juste après celui de Valenciennes, ce sera Maubeuge », a assuré Arnaud Decagny, maire de la ville et vice-président du Département en charge des Infrastructures et des Transports.


un garage solidaire pour faciliter le retour à l’emploi Cédric Arnould

villereau-herbignies

LEVAL

Un deuxième garage. Un autre garage solidaire va voir le jour en ce début d’année au Pôle Mobilité de Fourmies.

L’association Synergie, qui accompagne les allocataires du RSA, a créé en 2016 à Leval le G2SA ou garage solidaire Sambre Avesnois. « On louait déjà des voitures et des scooters aux personnes en démarche d’insertion professionnelle. Maintenant, l’idée est de permettre à des personnes aux revenus modestes de réparer leur véhicule à moindre coût », explique Nabyl Manaa, directeur

Mélanie Burbidge

Cédric Arnould

du garage. En effet, la mobilité est souvent le premier frein au retour à l’emploi. Le garage est également un atelier d’insertion qui emploie cinq personnes en insertion et un encadrant technique. La main d’œuvre est moins chère et les pièces sont vendues à prix coûtant ou peuvent être apportées par la personne.

• Crèche écologique La crèche Kiwaoo a ouvert ses portes en novembre dernier. Destinée à accueillir 24 bébés, elle est dotée d’une architecture qui s’appuie sur la pédagogie Montessori qui privilégie une éducation sensorielle des jeunes enfants. La structure du bâtiment a été conçue dans une logique bioclimatique qui permet de bien ventiler, d’éviter la surchauffe l’été et de conserver la chaleur durant l’hiver. La crèche est destinée aux familles des communes de Villereau, Orsinval, Englefontaine, Potelle, Jilmetz, Wargnies-le-Grand et Raucourt-au-Bois, toutes partenaires du projet. Allée des Tilleuls 59530 Villereau 03.27.20.02.35

03 27 62 83 41

« le dernier palier avant l’emploi » Autrefois, Mélanie Burbidge était commerçante à Maubeuge. Puis elle a décidé de changer de métier : « J’ai voulu être dans la relation humaine, servir à quelque chose. » Après s’être formée, elle est devenue conseillère en insertion professionnelle. Aujourd’hui Mélanie travaille pour l’association Sambre Avesnois Intérim (SAI), une entreprise de travail temporaire d’insertion. SAI a décidé de participer au projet du Département visant à développer la médiation directe à l’emploi. Mélanie soutient les bénéficiaires : « Ma mission est de les recevoir, de faire un diagnostic pour déterminer leurs besoins puis de mettre

en place l’accompagnement sous forme individuelle et collective. » Tous les dix jours elle les aide à améliorer leur CV, à relancer les entreprises et anime des ateliers pour les aider à retrouver la confiance et les bonnes habitudes pour travailler (se lever le matin, être ponctuel…). Elle a ainsi accompagné 35 personnes « qui ont eu une expérience professionnelle, mais qui ont connu une rupture et un creux dans le CV. On essaie de faire tomber les représentations que les entreprises ont des allocataires et pour eux, nous sommes le dernier palier avant l’emploi. » 03.27.53.24.97 n°290 ı Février-mars 2017

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chez vous

cambrésis

Journaliste responsable de l’arrondissement : Arnaud Raes 03 59 73 84 01 - arnaud.raes@lenord.fr

Un, deux, trois, emplois !

Cédric Arnould

Trois structures se sont réunies pour répondre à un appel d’offres de Partenord. à la clé, une quinzaine de chantiers de rénovation sont prévus par an. Cambrai

Rénovation !

La Régie de Quartier assure déjà des chantiers de rénovation pour la maison du CIL, comme ici à la résidence Du Barry à Cambrai.

Dominique Lampla

L’union fait la force. La Régie de Quartier (Cambrai), l’Association de gestion et d’innovation dans l’insertion par l’activité économique (AGIIE, Maubeuge) et l’Association intercommunale pour l’insertion sociale, professionnelle, culturelle et de loisirs (ACTION, Avesnes-les-Aubert) l’ont bien compris : la création d’un groupement solidaire leur a permis de décrocher le marché lancé par le bailleur social Partenord. A trois, elles couvrent l’ensemble du Cambrésis. Et toutes ont l’expérience des chantiers d’insertion dédiés à la rénovation de logements. « Début 2016, nous avons appris que Partenord lançait un appel à projet sur le département, comprenant quatre lots. Nous avons répondu en mai 2016 pour le lot n°4 qui correspondait à notre

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secteur géographique », explique Denise Vergé, présidente de la Régie de Quartier. L’AGIIE sera le mandataire, ACTION et la Régie de Quartier seront cotraitants. Le contrat prévoit que les locataires de Partenord soient les bénéficiaires de ces contrats en CDDI. « Cela permet d’une part de donner une expérience à des personnes qui sont majoritairement allocataires du RSA et seront ainsi plus rapidement opérationnelles pour entrer sur le marché du travail, tout en bénéficiant d’un accompagnement pour aider à lever les freins par exemple, et d’autre part de les valoriser dans leur quartier. » Les premiers chantiers devraient démarrer durant ce 1er semestre 2017. Une quinzaine sont prévus par an, pendant quatre ans.•

Paillencourt • Bon pont Situé à la frontière du Cambrésis et du Douaisis, le pont Rade, qui jouxte l’Espace naturel sensible (voir p 15) a été entièrement rénové par le Département, fin 2016. L’ouvrage métallique, qui date de 1966 et enjambe la Sensée, a subit un lifting salvateur : réfection de la chaussée, sécurisation et embellissement de l’ouvrage d’art, ont été réalisés afin de rendre la RD49 plus agréable à suivre.


Les apprentis envoient du bois ! Cédric Arnould

Le Cateau-Cambrésis

Paillencourt

Sécurité

La tempête et la maladie ont eu raison des saules, devenus dangereux pour les promeneurs. L’occasion pour les jeunes de se frotter à l’élagage.

Une vingtaine de lycéens et apprentis du Lycée forestier de Bavay et du Centre de formation régional des apprentis de Genech ont participé à un chantier nature, en décembre dernier. Objectif : sécuriser l’entrée de l’Espace naturel sensible départemental du Grand-Clair. Une vingtaine de saules blancs, malades, devaient être abattus avant qu’ils ne

Jacques Parmentier

Dominique Lampla

s’abattent eux-mêmes sur les promeneurs fréquentant les lieux et sur les fils électriques qui désservent les maisons riveraines. « Cela a permis aux jeunes de s’entraîner dans des conditions réelles, en réalisant une opération très utile pour le Département », s’est réjouit Corine Sauvage, garde départementale. •

• Le viaduc est posé ! La fin des travaux de construction du viaduc du contournement du CateauCambrésis s’est déroulée entre décembre 2016 et janvier 2017. L’ossature métallique de l’ouvrage a été achevée, ce qui a donné lieu à une opération spectaculaire de lançage. Au printemps, une dalle de béton de roulement sera posée. L’ensemble du contournement sera en service à l’automne.

lenord.fr/elagage-ens

tank à faire, autant conserver la mémoire du passé Grand gaillard de 83 ans, Jacques Parmentier est garant de la mémoire de l’histoire du Cambrésis et de Villers-Plouich, son village. Parlez-lui des tanks de 1917, et son visage d’un coup s’illumine. Issu d’une famille de maréchaux-ferrants, agriculteur et touche-à-tout de la ferronnerie, Jacques s’est mis martel en tête : rendre hommage aux combattants de la bataille de Cambrai dont on célèbre le centenaire. Il a réalisé un mémorial itinérant sur le thème des tanks anglais Mark, qui firent leur apparition pour la première fois sur le champ de bataille en 1917 dans le Cambrésis. « En 2015, j’ai eu l’idée de reconstruire un tank complet, mais

c’était trop compliqué. » Alors, pourquoi pas un mémorial ? Il dessine le profil d’un tank Mark IV, comme celui retrouvé à Flesquières il a une quinzaine d’années. Jacques tient son mémorial. Pour l’édifier, il récupère plus de 150 obus de la première guerre mondiale. « J’ai assemblé ces obus en les soudant avec des tiges de fer pour créer la forme et un message. L’ensemble pèse une tonne ! » Le résultat est assez impressionnant. Reste à pavoiser durant les diverses commémorations dans les villes et villages alentours. « Mon rêve est de l’installer sur un rond-point. » L’aboutissement d’un rêve de gosse... n°290 ı Février-mars 2017

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chez vous

douaisis

Journaliste responsable de l’arrondissement : Isabelle Quilbé Da Silva 03 59 73 69 07 - isabelle.quilbedasilva@lenord.fr

Les aidants à la fonderie

Dominique Lampla

Depuis plus d’un an, une équipe de trois personnes, psychologue, infirmière et assistante de soin en gérontologie, anime la Plateforme de répit des aidants du Douaisis hébergée au foyer logement la Fonderie. DOUAI et somain

Parole.

Cathy et sa maman Jacqueline ainsi que Nadine et son mari Gérard trouvent une oreille attentive.

Dominique Lampla

L’équipe de la Fonderie assure une permanence téléphonique et accueille les aidants dont un proche est atteint de la maladie d’Alzheimer ou en perte d’autonomie et âgé de plus de 60 ans. Elles sont trois : Christelle Leporcq, l’infirmière coordinatrice de la plateforme, la psychologue, Christelle Cruypenninck et l’assistante de soin en gérontologie, Isabelle Fauchoix. Aux aidants, elles proposent un soutien, une orientation vers d’autres structures (France Alzheimer, l’accueil de jour…) et un accompagnement dans leurs démarches. Mais aussi des activités de loisirs (sophrologie, gymnastique, groupes d’échanges…) et des sorties favorisant le lien social avec l’extérieur. L’objectif étant de prévenir l’épuisement, de sor-

16 Magazine Nord le Département

tir les aidants de l’isolement et de créer des liens. « Lorsque les personnes ne peuvent pas se déplacer, nous assurons les visites à domicile », relève Christelle Leporcq. Pour faciliter l’accès au plus grand nombre, une antenne a récemment été ouverte à l’internat de la maison des usagers du Centre hospitalier de Somain, les 2e et 4e jeudis du mois de 14 h 30 à 16 h 30. La plateforme, qui dépend de la Fondation Partage et Vie, est portée par l’Hôpital de Douai et financée par le Département du Nord et l’ARS (Agence régionale de santé). 67 A rue de la Fonderie - 59500 Douai 03 27 93 77 85

DOUAI • Une plateforme pour le retour à l’emploi Depuis septembre 2016, Mélanie Laisné est chargée par le Département d’animer la plateforme de l’emploi et de l’insertion professionnelle du Douaisis. « Nous favorisons toutes les opportunités d’emploi en créant des liens avec le monde économique local pour développer les circuits courts. Et nous mettons en avant les compétences des allocataires du RSA qui ont une expérience professionnelle.» Il s’agit aussi d’identifier les besoins non pourvus par les entreprises pour préparer et former les allocataires à ces emplois.


maison de l’enfance : ça déménage ! DOUAIsis

Accueil.

Les équipes de la MEF reçoivent aussi les familles dans leurs locaux.

La Maison de l’Enfance et de la Famille (MEF) du Douaisis déménage. L’occasion pour cette structure de réunir en plein cœur de Douai et en un même lieu trois services : l’accueil et l’accompagnement avec maintien à domicile (Diapason), la prévention qui assure une aide aux parents rencontrant des difficultés avec leurs enfants et leur famille (la Boussole) et l’administration.

Aurélie TOUBEAU

La MEF dépend de l’EPDSAE (établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer). Elle recentre actuellement ses activités sur la prévention et la protection des enfants en favorisant leur maintien au sein des familles, qui bénéficient de ce fait d’un accompagnement à domicile.•

• La traversée sécurisée Avec un trafic de près de 15 500 véhicules/jour, les travaux de sécurisation de la RD 643 étaient nécessaires. Le Département assure la réfection de la couche de roulement et la réduction des largeurs de la voie pour 380 000 euros. Les 600 000 euros restant sont à la charge de la commune, notamment pour l’assainissement et la création de stationnement et de trottoirs aux normes PMR (Personnes à mobilité réduite). Tout devrait être terminé fin mars 2017. Dominique Lampla

Dominique Lampla

bugnicourt

117 rue de Paris 59500 Douai 03 27 91 87 88

au restaurant, elle déploie ses « elles » ! Aurélie Toubeau était décoratrice d’intérieur jusqu’au jour où sa passion pour la restauration la rattrape. Si après deux cancers, les portes se ferment, elle les ouvre à force de volonté et de travail. Autodidacte, elle tente sa chance dans des concours (MasterChef, Hell’s Kitchen). Sa notoriété grandit, elle est nommée meilleur chef cuisinier VIP 2016 : « J’ai dû me faire reconnaître pour que mes projets soient pris au sérieux. » Elle met à profit son carnet d’adresses pour ouvrir un restaurant grâce à Eric Fosseux, le propriétaire des lieux. Son idée : démystifier ce métier « dont on ne met en avant

que les inconvénients », et recruter du personnel exclusivement féminin par le biais de son association Les trois princesses. « Ces femmes ont été malades, elles sont victimes de discrimination à l’embauche parce qu’elles sont trop âgées, ou ont des enfants, parfois eux-mêmes malades. Je veux leur donner leur chance de s’épanouir ». Cela passe par des horaires adaptés, et l’assurance d’avoir un week-end de repos par mois. Parfois sans expérience, elles occuperont tous les postes, de la cuisine à la salle durant 6 mois, avant de choisir un métier pour lequel elles seront formées. •

Dominique Lampla n°290 ı Février-mars 2017

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FLANDRES

chez vous

Journaliste responsable de l’arrondissement : Gaëlle Leplat 03 59 73 83 94 - gaelle.leplat@lenord.fr

« DONNER sa chance à chacun »

Cédric Arnould

Depuis 25 ans, le Centre technique d’insertion de Dunkerque et environs (CETIDE) propose des parcours individualisés à des personnes très éloignées de l’emploi. DUNKERQUE

Chance.

Le CETIDE donne une nouvelle chance de reprendre pied dans le monde du travail.

Matériel professionnel, couloirs sécurisés, ateliers chauffés, ouvriers en tenue de travail : à première vue, rien ne distingue le CETIDE d’une entreprise de second œuvre du bâtiment. Pour autant, « nous ne sommes pas là pour faire concurrence à qui que ce soit, ceux qui font appel à nous veulent d’abord favoriser l’insertion par l’activité économique », précise le président du CETIDE, Roland Fourmentel. Soutenue par le Département, l’association intervient en dehors de tout circuit commercial dans le cadre de son agrément Atelier et chantier d’insertion. à travers la menuiserie, la peinture, la métallerie et le jardin partagé, les personnes en parcours au CETIDE (ré)apprennent le travail et (re)trouvent des repères tout en bénéficiant d’un accompagnement social individualisé.

« On ne recrute pas des compétences mais des personnes qui ont envie d’avancer, on veut donner sa chance à tout le monde », explique Freddy Ryckebusch, directeur du CETIDE. Il poursuit : « Même si le retour à l’emploi des personnes accompagnées n’est pas immédiat, en sortant d’ici, elles ont avancé car des freins à l’emploi ont pu être levés, par exemple en matière de logement ou de mobilité. » Un avis partagé par Thierry de Braeckelaer, coordinateur de travaux au CETIDE : « C’est comme une école, on voit les personnes progresser. Quelle fierté pour elles et quel bonheur pour moi quand elles sont félicitées à la réception d’un chantier ! Nos projets valorisent ceux que la vie a cassé. » www.cetide-association.com

Cédric Arnould

« TROUVER UN EMPLOI STABLE »

18 Magazine Nord le Département

En parcours au CETIDE, Loan Ritaine est magasinier. « Mon objectif est de trouver un emploi stable ou au moins un long contrat à partir d’ici. à mon arrivée, j’étais ouvrier polyvalent mais depuis, j’ai obtenu mon diplôme de cariste d’entrepôt. Je suis parti deux mois et demi en interim et maintenant, j’économise pour passer le permis. »


çA ROULE POUR LA rd 300 ! Philippe Houzé

BOURBOURG et CRAYWICK

Marquage.

Dernière étape des travaux, le marquage des lignes réalisé par les agents de la Voirie départementale.

9 600 vehicules par jour dont 18 % de poids lourds : autant dire que la RD 300 qui fait la jonction avec l’A16 vers Dunkerque et avec la RD 943 puis l’A26 vers Saint-Omer, est un axe particulièrement fréquenté. La route avait donc besoin d’être remise en état, une responsabilité qui incombe aux équipes de la Voirie du

Lou Sirbu Arthur Decrombecque

Dominique Lampla

HAZEBROUCK

Département. Suivant le degré d’usure de la chaussée, la couche d’enrobé a été rabotée en surface seulement (couche de roulement) ou plus en profondeur (couches de liaison et de fondation). Puis 15 000 tonnes d’enrobé ont été redéposées sur les 4 km de route concernés. Montant de la réfection : 912 000 €

• Une nouvelle MAM a ouvert ses portes Pour la garde de votre petit enfant, vous hésitez entre la crèche et la nounou ? Alors la maison d’assistantes maternelles (MAM) est faite pour vous ! Ce mode de garde innovant consiste à regrouper plusieurs assistantes maternelles agréées dans un même lieu pour accueillir les enfants ensemble dans un cadre convivial. Située dans une grande maison avec jardin, la nouvelle MAM « Les petits explorateurs » peut accueillir jusqu’à 12 enfants. Les agréments et autorisation d’ouverture sont délivrés par le Conseil départemental. 171 rue du Violon d’Or 59190 Hazebrouck 09.50.10.62.59 mamlespetitsexplor.wixsite.com/ lesite

Le canton de Coudekerque-Branche au CDJ Arthur et Lou sont élèves de 4e au collège Saint-Winoc de Bergues. Le premier habite Cappelle-la-Grande et vient en bus au collège. Il aimerait devenir journaliste et fait partie d’un club de foot. La seconde est Berguoise, pratique l’équitation et le badminton et se voit bien dans un métier médical, pourquoi pas neurologue ? « C’est notre prof d’histoire-géo qui nous a présenté le Conseil départemental des jeunes en cours d’éducation morale et civique », explique Lou. « Elle nous a dit que c’était enrichissant, elle nous a montré des vidéos de présentation, ça nous a donné envie », ajoute son camarade. Sur l’ensemble des classes de 4e de l’établissement,

il y avait six candidats. Le binôme a été élu en octobre 2016 pour représenter tous les collégiens du canton de Coudekerque-Branche jusqu’en juin 2018. De ces presque deux ans de mandat, ils espèrent « faire aboutir (leurs) projets, se faire de nouveaux amis , vivre une belle expérience , mieux connaître la région, et s’enrichir socialement. Quel projet voudraient-ils voir aboutir ? « Si tout était possible, arrêter complètement la pollution », rêve Lou, tandis qu’Arthur évoque l’aide aux petits villages « un peu éloignés de tout ». Ils se disent obstinés tous les deux et prêts à se battre pour leurs projets. CDJ Nord n°290 ı Février-mars 2017

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chez vous

métropole

Journaliste responsable de l’arrondissement : Perrine Delporte-Lénart 03 59 73 65 95 - perrine.delporte@lenord.fr

De la fourche à la fourchette

Philippe Houzé

Une dizaine de jeunes en recherche d’emploi ont fait le 14 décembre dernier, un tour du monde gustatif au Marché d’intérêt national de Lomme (MIN). Objectif ? S’orienter dans les allées de l’agro-alimentaire. Lomme

Insertion.

Les stagiaires échangent avec des grossistes aguerris aux métiers agroalimentaires.

Philippe Houzé

On dit de lui que c’est le plus grand « marché de gros » du Nord de la France. Sur 6 hectares, il réceptionne chaque année près de 185 000 tonnes de fruits et légumes. Le 14 décembre dernier, une dizaine de jeunes circulaient dans les allées du MIN à la recherche de leur voie. Ils ont trouvé des réponses à leurs questions… dans le palais ! Melons du Sénégal, litchis de la Réunion, ananas du Bénin, les pépites gustatives du marché n’ont désormais plus de secrets pour eux. Mickaël, jeune allocataire du RSA, est séduit par la «  relation client  » du métier de grossiste. élodie, elle, est attirée « par la qualité des produits et les possibilités d’évolution dans les métiers de l’agro-

alimentaire.» Cette formation « De la fourche à la fourchette » est un vrai tremplin pour ces jeunes. Mise en place par plusieurs partenaires du Département*, elle vise à faire découvrir le panel des métiers allant de la production agricole (fourche) à ceux de la distribution et de la restauration (fourchette). « Il y a de vrais besoins », insiste Isabelle Cambier, directrice adjointe du MIN, « notamment dans les métiers du froid et de la logistique. » Guidés par Henri, grossiste d’Auchan à la retraite, les jeunes se laissent dire que dans ce métier, « il faut goûter, goûter et encore goûter aux produit, pour les connaître sur le bout des doigts ! » • *Le CFPPA et le MIN de Lomme, Pôle Emploi, la Région Hauts-de-France

UNE PREMIERE pour ce type de formation « L’objectif n’est pas de qualifier mais d’éveiller la curiosité des jeunes sur la cinquantaine de métiers de l’agroalimentaire pour qu’ils se disent « pourquoi pas moi » ? Cela permet de valider un engouement et le taux d’insertion sera certainement beaucoup plus élevé après la formation. » explique Marion Cornete, formatrice au Centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de Lomme.

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Les 1 000 & un loisirs au service du handicap Les 1 000 & UN Loisirs

La chapelle d’armentières

En vacances. Des activités qui sortent de l’ordinaire.

L’association a été créée en 2016 afin d’organiser des loisirs et des vacances pour les enfants et les adultes souffrant de handicap mental. « Nous favorisons les activités qui sortent de l’ordinaire et qui permettent de découvrir le patrimoine régional », explique Nicolas Barbier, chef de projet de l’association. D’ici 2018, des séjours seront proposés à

LUCAS ROXO

Philippe Houzé

santé

chaque période de vacances. Certains seront ouverts aux familles, d’autres favoriseront la mixité avec des enfants handicapés ou non pour favoriser le « vivre ensemble ». En projet également : la création d’une base de loisirs adaptée sur le site du siège de l’association. • 46, rue de la gare 59930 Wez-Macquart www.les1000etunloisirs.fr

• Journée mondiale des troubles bipolaires Les troubles bipolaires sont caractérisés par une alternance de phases dépressives et d’exaltation qui entraîne des troubles de la pensée, des actes, des émotions, du comportement et de l’état physique. C’est une maladie grave et handicapante qui touche en France 1,3 million de personnes. Dans la métropole lilloise, une conférence sera organisée le 30 mars, journée mondiale des troubles bipolaires, afin de mieux connaître cette maladie, la dépister chez les jeunes pour la prendre en charge rapidement, prévenir les rechutes et le suicide. argos2001nord.blogspot.com

Un journaliste subjectif à Roubaix « Journaliste subjectif » se définit Lucas. à 26 ans, ce petit-fils d’immigrants portugais trace sa route en suivant ses racines et surtout ses convictions. « Je me suis très vite posé la question de ma place dans le milieu des médias et mon rôle dans cette overdose d’informations ». En partant du constat que « l’objectivité n’existe pas », Lucas, jeune diplômé de l’école supérieure de journalisme de Lille, s’est très vite engagé sur des thématiques particulières : l’immigration et les quartiers populaires, la parole de la jeunesse confisquée ou stéréotypée... Cet hiver, il a décidé de le passer dans le Nord, plus précisément à

Roubaix, « en résidence ». Invité par la mairie pour une mission d’éducation aux médias, il va d’écoles en collèges, de lycées en centres sociaux, remuer les méninges de jeunes roubaisiens pour qui, média rime parfois avec manipulation. « Je ne veux pas leur donner un savoir qui sera périmé dans dix ans. Je veux juste leur donner des clés de compréhension et les convaincre qu’ils peuvent être acteurs de leur propre image médiatique. » Lui qui a réalisé plusieurs documentaires sur les immigrés est à même de convaincre les jeunes de se réapproprier leur image médiatique. • n°290 ı Février-mars 2017

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valenciennois

chez vous

Journaliste responsable de l’arrondissement : Françoise Colonge 03 59 73 84 04 - francoise.colonge@lenord.fr

du nouveau dans l’entretien des chemins

Cédric Arnould

Cet hiver, une équipe des Papillons blancs du Valenciennois, équipée de matériel électrique, a remis en état pour les promeneurs quatre chemins de randonnée. PNR Scarpe-Escaut

Fait d’hiver.

Occupée l’été par les travaux de tonte, l’équipe poursuit son activité en période hivernale.

En quelques minutes, les cinq membres de l’équipe se déploient sur une section du circuit des Chemins pavés à Vicq. Zidedine manie le taille-haie, Adrien la débroussailleuse, William le sécateur et l’élagueuse… autant d’outils électriques qui, s’ils sont plus chers à l’achat, conjuguent bien des qualités : beaucoup moins bruyants, non polluants, plus légers, plus sûrs, ils permettent même de travailler sous la pluie. Voilà six ans que les Ateliers réunis, un service de l’APEI du Valenciennois qui emploie 180 personnes en situation de handicap intellectuel sur différents métiers, a décidé, pour son activité espaces verts, de passer progressivement de l’outillage thermique au matériel électrique. Un choix qui a incité le Parc naturel Scarpe-

Escaut a faire appel à ses services. Le PNR et le Département sont liés depuis des années par une convention pour l’entretien des douze circuits de randonnée inscrits au PDIPR (Plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée) sur le territoire du Parc. Le rôle des Ateliers réunis est de débroussailler certaines parties de sentiers, devenues impraticables, afin de rouvrir les chemins pour les randonneurs. Pour cette première expérience, quatre circuits ont été traités par une équipe de huit personnes, en l’espace d’un mois. Outre celui de Vicq, il s’agit des Bateaux flamands à Fresnes-sur-Escaut, des Fontaines d’Haveluy à Bellaing et Haveluy, et des Poteries à Flines-lez-Mortagne.

Cédric Arnould

la faune plus tranquille

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« Ce qui est intéressant pour nous, sur un tel chantier, c’est qu’on peut faire débuter des personnes. Et ce qui a surtout retenu l’attention du PNR, c’est l’utilisation des machines électriques qui permet de réduire les nuisances sonores pour la faune », souligne Willy Picault, chef d’atelier aux Ateliers réunis.


Cédric Arnould

renouer les liens entre parents et enfants... autour d’un poney ! rombies-et-marchipont

Transformés.

De l’avis des référents sociaux, certains enfants, dès la première séance, sont métamorphosés.

Depuis mai 2015, des familles suivies par le service de l’Aide sociale à l’enfance de l’Unité territoriale de prévention et d’action sociale de Condé-surl’Escaut, participent à une action pour le moins originale. Isabelle Delobel, psychologue à la Protection maternelle et infantile, formée à l’équithérapie, emmène au centre équestre de Rombies-etMarchipont quatre enfants vivant

Antoine Defoort

Simon Gosselin

en famille d’accueil. Ils y retrouvent leur père ou leur mère pour une séance de soins, de jeux, de promenade avec les poneys. « Ce sont des moments riches car les enfants osent faire des choses sous les yeux de leurs parents et avec leur référent social. Cela permet de dépasser les difficultés et de créer une relation plus chaleureuse que lors des visites habituelles à l’UTPAS. »

Valenciennes • Un EHPAD plus grand et plus confortable Inaugurée récemment, la résidence Notre-Dame de la Treille a désormais une capacité d’accueil de 78 résidents, contre 38 auparavant, quand elle était logée dans un hôtel particulier du centre-ville. Le bâtiment neuf, situé sur les berges de l’Escaut, offre uniquement des chambres individuelles de 24 m2. Il est aussi doté d’une unité Alzheimer de 14 places, avec un PASA (Pôle d’activités et de soins adaptés) qui propose des thérapies innovantes. Le Département a participé au financement de ce projet à hauteur de près de 1,4 M€. 36 bis rue de l’Abreuvoir 59300 Valenciennes

humour, poésie et réflexion Né à Valenciennes, Antoine Defoort a grandi à Jenlain. Un peu plus tard, il est, dit-il, « arrivé fortuitement à l’art ». La rencontre d’amis étudiants en arts plastiques l’incite à abandonner ses études de maths et à changer de voie : « ça m’a semblé plus exaltant. Mais pendant longtemps, je ne me sentais pas légitime. » La découverte des avant-gardistes du XXe comme Marcel Duchamp ou les dadaïstes, lui ouvre de nouvelles perspectives. Antoine se tourne vers la scène : « La forme performative m’apparaissait idéale pour réunir le résultat de mes investigations. On peut y placer des sons, de la vidéo, des textes, des mouvements corpo-

rels. » Chaque expérience en amenant d’autres, il se lance dans une aventure collective qui prend forme dans l’Amicale de production, une « coopérative de projets ». « Nous avons un double objectif : que ce soit à la fois amusant et intéressant, il faut trouver le point d’équilibre entre les deux. » Le nouveau spectacle, créé en janvier 2017 au Vivat d’Armentières puis début mars au Phénix de Valenciennes, est un « objet ludico-pétique » sur la question très actuelle de la connexion. Le Phénix, où il a eu ses premières émotions de spectateur, et dont il en est maintenant artiste associé. « Cela fait terriblement plaisir à ma maman ! » www.amicaledeproduction.com n°290 ı Février-mars 2017

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libre expression

Luc Monnet

Bruno Ficheux

Co-présidents du groupe Union pour le Nord

La ruralité au cœur des champs d’action du Département

Groupe Union pour le Nord La ruralité a été placée pour la première fois au cœur de la politique du Département. De l’action sociale à l’aménagement du territoire, de la restauration collective au logement, tous les domaines de compétences sont étudiés et analysés sous le prisme de la ruralité, de ses besoins, mais aussi de ses atouts et de ses richesses. En faisant de la ruralité une délégation transversale, la majorité a initié de nouvelles politiques. Elle a, par exemple, choisi de favoriser l’approvisionnement local au cœur des dispositifs de restauration collective dans le Département du Nord. La région Hauts-de-France et certaines collectivités lui ont d’ailleurs emboîté le pas. Le Département a aussi accompagné

Didier Manier Président du Groupe socialiste, radical et citoyen

la création d’un Groupement d’employeurs pour l’Insertion et la Qualification et ainsi facilité la rencontre entre des employeurs en manque de main d’œuvre et des allocataires du RSA sans emploi. Le maintien des écoles et des services de proximité en zone rurale, l’accueil familial, l’accompagnement des agriculteurs, la couverture numérique, la mobilité sont autant de chantiers sur lesquels les élus du groupe Union pour le Nord et la délégation Ruralité travaillent quotidiennement. Comme elle s’y est engagée, la nouvelle majorité a pour ambition de s’appuyer sur toutes les forces qui animent notre Département et de rendre le même niveau de service à tous les Nordistes qu’ils vivent en ville ou à la campagne.

Ruralité : passer des paroles aux actes !

Groupe socialiste, radical et citoyen Les Nordistes qui résident dans des territoires ruraux et périurbains se posent de nombreuses questions. Quels services publics de proximité ? Quelle mobilité ? Quel accès au numérique ? Quel avenir pour notre agriculture locale ? Entre 2011 et 2015, la majorité de gauche a mis en œuvre l’assiette durable pour soutenir les circuits courts. Nous avons agi pour le désenclavement des territoires en lançant des projets d’infrastructures à l’image du contournement du Cateau. Nous avons débloqué des moyens financiers pour doter en équipements sportifs, culturels ou sociaux les petites communes. Nous avons également contribué au lancement du réseau Très Haut Débit afin de lutter contre la fracture numérique.

Priorité affichée de l’actuelle majorité de droite, les territoires ruraux n’ont bénéficié d’aucun moyen budgétaire supplémentaire depuis 2015. Il s’agit d’un simple recyclage d’actions déjà mises en œuvre durant le précédent mandat… Pire, plusieurs désengagements ont touché le monde rural avec la diminution des financements aux animations et aux fêtes locales, la baisse des aides aux organisations syndicales agricoles ou encore la suppression de 550 courses sur le réseau de transport interurbain Arc-en-Ciel. Les inégalités territoriales ne sont pas une fatalité. Mais pour lutter contre elles, les discours de la majorité départementale ne suffisent pas.

Charles Beauchamp Président du Groupe communiste républicain, citoyen et apparentés

Déménagement du territoire

Groupe communiste, républicain, citoyen et apparentés Désertification médicale, casse des Services publics, désespoir de nombreux agriculteurs, désindustrialisation, faiblesse des formations et des salaires, retard sur la couverture numérique… Un malaise profond secoue les territoires ruraux. Les gouvernements successifs débordent de promesses en direction de la ruralité, sans que la vie ne s’améliore dans les villages. Au contraire, les réformes territoriales organisent la disparition de la proximité, celle de la commune et du département, au profit des pôles urbains et des maxi-régions, à la mode fédéraliste européenne. La concurrence entre les territoires se développe à grande vitesse. Ces choix politiques abandonnent des pans entiers de la population. Défendre nos communes, nos départements, nos territoires 24

Magazine Nord le Département

ruraux, ce n’est pas juste défendre des institutions politiques, c’est défendre une culture, un type d’économie, un avenir territorial. En refusant d’aller chercher l’argent de l’évasion fiscale, des bénéfices des actionnaires des grandes entreprises, la puissance publique décide de son propre appauvrissement, ce qui conduit au final aux fermetures d’écoles, de commerces, de bureaux de poste, de trésoreries. Nous nous opposons à ce « déménagement des territoires  ». Comme nous contestons, au Département, les mesures d’austérité de la majorité de droite et du centre qui affaiblissent le monde rural : suppression d’arrêts de bus, diminution des subventions aux associations et aux communes depuis 2015, etc. C’est d’une autre ambition dont a besoin le monde rural.


dossier

La ruralité en mouvement

Innovante, dynamique et connectée au monde urbain, la ruralité d’aujourd’hui est plurielle. Pour accompagner et amplifier le mouvement, le Département continue de soutenir l’élevage et l’approvisionnement local tout en investissant d’autres champs de la ruralité, comme l’habitat, l’accueil à la ferme et surtout, l’insertion. Textes : Gaëlle Leplat | Photographies : Philippe Houzé


dossier ❘ La ruralité en mouvement

Dominique Lampla

Ils font pousser des emplois

« L’économie rurale est une chance pour le Nord » Jean-René Lecerf, président

Professionnalisation. Sébastien Clipet, l’un des premiers signataires d’un contrat de professionnalisation avec le GEIQ rural des Flandres, se forme au teillage du lin.

« Il y a du travail ici et plein de métiers dont on ne parle pas assez. On voit les tracteurs dans les champs, on connaît les pommes de terre et les légumes, mais il y a aussi le lin. » Après une période difficile sur le plan professionnel, Sébastien Clipet a découvert le métier de teilleur de lin grâce au Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) des Flandres. L’emploi en circuit court

En Une (photo : P. Houzé) Gilles Druet, éleveur à Saint-Aubin, et son fils Victor (lire p. 31).

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Magazine Nord le Département

Cette toute jeune structure met en relation les employeurs ayant des besoins de main d’œuvre et les personnes en recherche d’emploi. Comme pour Sébastien Clipet, elle propose des parcours de formation sous forme de contrats de professionnalisation d’une durée de six mois à deux ans débouchant sur la validation d’un titre professionnel. Pour reprendre l’expression de Dominique Paccou, directeur du

du Conseil départemental

GEIQ rural des Flandres, « on fait de l’emploi en circuit court.» Un monde agricole dynamique Le Département a accompagné le dispositif dès ses balbutiements, notamment par un soutien financier à hauteur de 17 725 € en 2016. Les premiers contrats ont été signés en fin d’année avec les entreprises Decock, Adriansen et Terenvi, entre autres. « Le lancement du GEIQ illustre les efforts du Département en matière d’insertion et le dynamisme du monde rural. J’ai moi-même été surpris par le potentiel du secteur agricole en termes d’embauche. Le GEIQ est une des solutions pour un retour à l’emploi durable », témoigne Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental. Une nouvelle session de recrutement pour faire face aux besoins de main d’œuvre dans le domaine des espaces verts est sur le point de démarrer.


Les chiffres clés La ruralité dans

VIVRE AU vert... AUTREMENT

le Département du Nord

25 %

des Nordistes vivent en zone rurale ou péri-urbaine, soit environ 600 000 personnes.

6 750

exploitations agricoles sont recensées dans le Nord. La moitié pratique au moins une activité d’élevage.

540 51

L’ accueil familial à la ferme

communes de moins de 5 000 habitants sont concernées par la politique départementale d’aide aux villages et bourgs. collèges publics du Nord sont considérés comme ruraux au regard de la définition départementale.

à Avelin, la ferme des Anneaux propose des produits laitiers et artisanaux en vente directe.

PRENDRE SOIN DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’EMPLOI à des personnes éloignées de l’emploi de remettre le pied à l’étrier et à des petites communes rurales de bénéficier de prestations de qualité à un coût moindre. Sans le soutien financier que le Département apporte à Iris Environnement, tout cela ne serait pas possible », témoigne-t-elle. Un dispositif gagnant-gagnant, d’autant plus que la conseillère municipale fait bénéficier les personnes en insertion de ses compétences professionnelles. « Quand Iris Environnement intervient à Hordain, je pose un jour de congé pour travailler avec l’équipe, car je trouve important de montrer l’exemple.

Les personnes sont très consciencieuses et volontaires, elles sont justes perdues et ont besoin de retrouver des repères », conclut Corine Sauvage. JM Boniface

Hordain, petite commune rurale de 1 484 habitants entre Cambrai et Valenciennes. Corine Sauvage, garde départementale, en est la conseillère municipale chargée de l’environnement. « Depuis 2015, notre village est adhérent d’Iris Environnement. Cette association d’insertion intervient sur le corridor biologique du vieil Escaut dont plusieurs parcelles sont situées sur la commune. En faisant appel à cette structure, notre objectif était environnemental bien sûr, mais aussi social et économique. Au travers des chantiers d’insertion qu’elle mène, l’association permet

La loi de 2015 sur l’adaptation de la société au vieillissement a rendu les Départements responsables de l’organisation de l’accueil familial (dispositif permettant à une personne âgée ou handicapée d’être accueillie au domicile d’un accueillant familial moyennant rémunération). Dans ce contexte et afin de soutenir le monde agricole, le Conseil départemental du Nord œuvre pour le développement de l’accueil familial à la ferme. Cette activité pourrait constituer un revenu supplémentaire pour les agriculteurs, tout en permettant aux personnes attachées au monde rural d’y trouver une solution d’hébergement.

Habitat rural et social Le Département apporte un soutien technique et financier à cinq Nordistes dans leur projet de reconversion de bâtiments agricoles en logements sociaux. Cette action expérimentale menée avec la Chambre d’agriculture, fait suite à un appel à candidatures lancé en 2015. Les projets concernent les arrondissements de Cambrai, Dunkerque, Douai et Lille, pour un total de 21 logements. n°290 ı Février-mars 2017

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dossier ❘ La ruralité en mouvement

En route !

Dominique Lampla

Départementale. En toute saison, de jour ou de nuit, les agents de la Voirie départementale entretiennent des milliers de kilomètres de routes situées en secteur rural.

Chef de file de l’aide sociale auprès des publics fragilisés (personnes âgées ou handicapées, allocataires du RSA, personnes en insertion), le Département s’est emparé de la question de la « mobilité inclusive ». Les plateformes Wimoov Il s’agit de proposer aux personnes fragilisées des solutions individualisées pour résoudre leurs problèmes de mobilité, notamment en milieu rural. Depuis 2010, le Département apporte ainsi son soutien à la plateforme de mobilité

lancée à Valenciennes. Portée par l’association Wimoov, ce lieu d’accueil accompagne les publics vers des solutions de mobilité durable et autonome. Tout commence par un « bilan des compétences mobilité » de la personne qui se voit ensuite proposer des services solidaires (covoiturage nocturne, transport micro-collectif, etc.), des formations et/ou des solutions matérielles comme le recours aux garages solidaires. Loin de se substituer aux acteurs locaux de la mobilité, la plateforme

fait l’interface avec eux et vient compléter les dispositifs existants. Un projet dans le Cambrésis Conscient des difficultés de mobilité en zones rurales, le Département réfléchit à la mise en place d’une plateforme dans le Cambrésis. Des réunions de travail sont d’ores et déjà organisées avec les différents acteurs locaux car le territoire bénéficiera de créations d’emplois liées à la mise en chantier du canal Seine-Nord. www.wimoov.org

La Protection maternelle et infantile (PMI) à quatre roues Dans le Nord, il y a environ 400 points de consultation de PMI mais certaines zones rurales en sont éloignées. Afin de garantir aux Nordistes une équité d’accès aux consultations d’enfants de moins de 6 ans, le Département a équipé deux cars itinérants qui proposent le même service que dans une PMI « classique ». à leur bord se trouvent un médecin, une infirmière puéricultrice et bien sûr le chauffeur qui assure l’accueil, l’entretien et l’approvisionnement en matériel médical. Chaque car sillonne respectivement le nord et le sud du département, créant ainsi une trentaine de points de consultation, selon les cas, avec ou sans rendez-vous pris auprès de l’Unité territoriale du secteur. Adresses des UTPAS : lenord.fr - rubrique géolocalisation 28

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L’école en campagne

Regroupements pédagogiques. L’école d’Oost-Cappel accueille aussi les élèves de Bambecque et Houtkerque.

Dès la rentrée scolaire 2017-2018 s’appliquera dans le Nord la charte de l’école rurale signée par Michel Lalande, préfet de Région, Luc Johann, recteur de l’académie de Lille, Patrick Masclet, président de l’association des maires du Nord, et Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental. « Fruit d’une année de travail entre l’Éducation nationale, le Département et les maires, la charte comporte des engagements qui constituent indéniablement un premier geste fort envers

la ruralité », souligne Patrick Masclet. Les territoires ruraux ciblés dans la charte bénéficieront d’un taux d’encadrement plus favorable que les territoires urbains connaissant des situations sociales comparables. Les écoles rurales sont régulièrement confrontées au problème des faibles effectifs scolaires qui peuvent engendrer des regroupements pédagogiques, pour lesquels les postes seront désormais maintenus sur trois ans. Une dizaine de postes de maîtres formateurs du secteur urbain devrait enfin être

transférée en zone rurale. « Cette avancée pourrait donner envie à des jeunes de venir enseigner dans nos villages », estime Luc Waymel, président de l’association des maires ruraux du Nord. Les membres de ce groupe de travail tripartite poursuivront leurs échanges afin de faire évoluer la charte en fonction des premiers retours d’expérience. « Le travail continue pour que les territoires ruraux puissent tous accéder à un enseignement de qualité », conclut Patrick Masclet.

Témoignage « Défendre notre vision de la ruralité » « Dans ma commune, les effectifs scolaires sont suffisants mais nous sommes loin des centres de décision lillois ». Bernard Chauderlot, maire de Glageon (Avesnois) a participé au groupe de travail sur l’école en milieu rural pour « défendre notre vision de la ruralité, c’est-à-dire maintenir nos écoles et ne pas voir s’éloigner nos enfants. Le projet est porté par l’éducation nationale et le Département qui nous a associés. Ce qui ne manque pas, c’est la volonté des élus locaux de maintenir les bâtiments aux normes, agréables, équipés, avec le personnel associé. Reste cette épée de Damoclès qui plane toujours au dessus des écoles de nos villages…». n°290 ı Février-mars 2017

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La ruralité en mouvement

Le Département au service des éleveurs du Nord Passion. Chez les Druet, la passion pour l’élevage est une histoire de famille.

Le Nord en bleu blanc rouge La Bleue du Nord, la Blanc bleu et la Rouge flamande sont les trois races bovines du Nord. Avec trois autres races locales, la Prim’Holstein, la Limousine et la Parthenaise, elles sont représentées au sein de la Maison de l’élevage du Nord qui fédère des associations d’éleveurs sélectionneurs.

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Un patrimoine à préserver Financé principalement par le Département, l’établissement travaille à l’amélioration génétique, à la valorisation et à la promotion des six races précitées auxquelles s’ajoute l’impressionnant cheval Trait du Nord. Pour Albert Masurel, son directeur, « le soutien du Conseil départemental est essentiel à la sauvegarde des races locales. Sans lui, ce patrimoine disparaîtrait car les éleveurs sont trop peu nombreux. »

Approvisionnement local et circuits courts Il poursuit : « Pour pérenniser les races locales, il faut trouver des débouchés aux produits fermiers. Cela passe notamment par l’approvisionnement local et le développement des circuits courts (lire p 32). Nous avons aussi créé la marque Rouge flamande pour la viande et relançons le label rouge Belle bleue. » Avis aux amateurs de bonne viande locale !


Allez les bleues ! Dans la famille Druet, il y a le père, Gilles, son épouse et leurs trois enfants, deux chiens et 100 vaches. Mais pas n’importe lesquelles : Gilles Druet est président de l’association Bleue du Nord depuis 2003 et est amoureux de cette race mixte « rustique et facile à conduire. » Il s’attache à la faire connaître des éleveurs mais aussi du grand public via le Salon international de l’agriculture à Paris. « C’est une fierté d’y aller ! Mes enfants ne le rateraient pour rien au monde. C’est grâce à la Bleue et à l’aide logistique de la Maison de l’élevage qu’on peut s’y rendre. » En six ans, Gilles Druet a triplé la taille de l’exploitation familiale située à Saint-Aubin (Avesnois) et entame une conversion vers le bio. « C’est la suite logique de mon système d’exploitation 100% pâturage, où les bêtes vivent dehors de mai à octobre. Je suis convaincu qu’on peut trouver un bon compromis entre modernisme et respect de l’environnement. Et puis, on est motivés pour évoluer car nos deux aînés sont prêts à prendre la relève ! »

Veille sanitaire : un outil de pointe Situé à Villeneuve d’Ascq, le Laboratoire départemental public est garant de notre sécurité alimentaire. Pourtant, rares sont les Nordistes à connaître son existence. L’établissement emploie 28 personnes spécialisées dans le contrôle et la valorisation de la qualité sanitaire des élevages du Nord. Elles sont tenues au respect de normes très strictes au sein du bâtiment afin d’éviter tout risque de contamination du personnel, de l’environnement et des prélèvements. La santé des animaux et des hommes « Le Laboratoire départemental est un outil d’aide au diagnostic pour les éleveurs. La règlementation les contraint à effectuer des prélèvements réguliers dans les élevages pour déceler la présence éventuelle de maladies transmissibles à l’homme ou très contagieuses entre animaux, comme la vache folle ou la grippe aviaire, explique Jean Guillotin, directeur du laboratoire départemental.

Les échantillons nous parviennent pour analyse et dès qu’il y a une suspicion de pathologie règlementaire, nous alertons les services de l’état et le Groupement de défense sanitaire qui fait le lien avec l’éleveur afin que les mesures adéquates soient prises. » Hygène alimentaire Autre mission du laboratoire : déceler toute présence de germes (listeria, salmonelle...), mais aussi de métaux lourds, résidus médicamenteux et anabolisants, dans les productions animales (lait, œufs, etc.). « Cette activité de microbiologie alimentaire nécessite une technologie de pointe. En cas d’anomalie, c’est l’image de toute une filière et la confiance du consommateur qui sont en jeu » souligne Jean Guillotin. www.laboratoiredepartemental.lenord.fr

Le Nord au Salon international de l’agriculture Pour la 12e année consécutive, le Département du Nord sera présent au Salon international de l’agriculture (SIA) à Paris, du 25 février au 5 mars 2017. La situation de son stand, au cœur du hall dédié à l’élevage, témoigne de la volonté du Département d’être au plus près des éleveurs du Nord. Pour ces derniers, la participation au SIA est un moyen de promouvoir les races locales (lire p 30) au niveau national. Plus près de chez nous, la Fête du lait organisée en septembre à Le Quesnoy ou Terres en fête qui a lieu en juin à Arras sont autant d’occasion de mettre en avant le patrimoine agricole local. Ces deux manifestations bénéficient du soutien du Département du Nord. Par ailleurs, conscient des difficultés rencontrées par le monde de l’élevage et le monde agricole en général, le Département soutient des politiques innovantes telles que l’approvisionnement local (lire p 32), l’habitat rural (lire p 27) ou encore le soutien aux races locales et la sécurité sanitaire (lire ci-dessus). n°290 ı Février-mars 2017

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dossier ❘ La ruralité en mouvement

Du goût et des valeurs

Partenariat. Grégory Deschodt travaille en partenariat avec de nombreux producteurs locaux dont Fanny Podevin, productrice de la pommeraie d’Oxelaëre (vergers en agriculture raisonnée).

« Nous sommes de vrais cuisiniers, nous ne sommes pas là pour ouvrir des sacs ! » D’emblée, Samuel Blondel, second de cuisine, et Grégory Deschodt, chef de cuisine au collège Robert Le Frison à Cassel, plantent le décor : ils ne sont pas décidés à céder à la facilité. « Bien faire manger des collégiens, c’est un défi quotidien ! Leur goût est encore en formation et nous avons

une responsabilité éducative dans ce domaine ». Pour Grégory Deschodt et son équipe, l’approvisionnement local est donc une évidence. « On a commencé par le plus simple, à savoir le pain et les pommes de terre, puis on est passé à la viande et maintenant les fruits et légumes. ça prend bien du côté des élèves, on est même parfois étonnés de leurs réactions, positives, face à la

nouveauté. On a aussi constaté que plus on propose des produits frais, locaux et de saison, moins il en reste dans les assiettes. » Une façon aussi de soutenir les producteurs locaux, objectif premier de la politique d’approvisionnement local menée depuis 2015 par le Département dans toute la restauration collective dont il a la responsabilité. lenord.fr/approlocal

Témoignage

« soutenir ceux qui militent pour la qualité » « Achetez chez votre voisin, c’est plus malin » : telle est la devise du CourtCircuit.fr, entreprise innovante qui allie modernité, ruralité et urbanité. Le principe est simple : des producteurs régionaux se rassemblent pour proposer une offre de produits locaux de qualité, au juste prix. La commande se fait en ligne et le client la récupère dans l’un des 13 points de retrait situés chez des producteurs (la pommeraie d’Oxelaëre, par exemple), dans des points de vente collectifs ou ...en plein centre de Lille ! « Notre service permet de soutenir l’existant ou de créer des collectifs en faisant entrer le producteur dans un réseau. On se voit comme un outil d’utilité publique », témoigne Maxence Messiant, l’un des fondateurs du site. www.lecourtcircuit.fr 32

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L’entretien

« La ruralité, ce sont des valeurs qui constituent un patrimoine à préserver. »

Patrick Valois Vice-président du Conseil départemental chargé de la Ruralité

« Faire toujours mieux et plus avec nos moyens. »

Nord le Département : en 2015, le Département se dotait pour la première fois d’une délégation Ruralité. Quel bilan dressez-vous de la politique mise en place ? Sur toutes les orientations que j’ai exprimées il y a 16 mois (lire Nord le Département n° 282), des réponses ont été apportées. Une fois les espaces ruraux définis et cartographiés, une douzaine de délibérations ont été rendues exécutoires parmi lesquelles figurent le développement de l’approvisionnement local dans la restauration collective, la mutualisation des laboratoires départementaux du Nord, du Pasde-Calais et de la Somme ou encore la mise en place d’une nouvelle politique départementale en faveur des travaux connexes agricoles.

Parmi celles-ci, faire toujours mieux et plus avec nos moyens. Je veux donc poursuivre ce qui a été mis en place pour répondre aux nécessités et urgences. Mais il faut également investir de nouveaux champs. La mobilité est le grand défi des territoires ruraux : nous devons être mobilisés et innovants pour répondre aux besoins des personnes fragiles sans augmenter les coûts. Autre défi que je veux relever : favoriser la transformation et la rénovation de bâtiments agricoles en logements pour dynamiser les bourgs et leurs centres tout en préservant le foncier agricole. Par ailleurs, les rencontres de l’approvisionnement local entre producteurs et gestionnaires de cantines lancées en 2016 vont perdurer et couvrir tous les territoires.

Ces mesures concernent des aspects très différents de la ruralité... La ruralité est entrée dans une forme de transversalité. L’agriculture en est l’un des volets mais ce n’est pas le seul. Il y a une multitude de ruralités ! Mener à bien une politique départementale dans ce domaine, c’est aussi favoriser l’insertion professionnalisante des jeunes en milieu rural, soutenir l’accueil des personnes âgées et handicapées à la ferme, entretenir les routes, etc.

Quel message souhaitez-vous transmettre au monde agricole ? Je souhaite faire passer un message d’ouverture : ouverture à l’innovation et aux nouvelles technologies, ouverture à de nouveaux métiers et de nouvelles formes d’emploi, ouverture transfrontalière et ouverture au monde urbain. Il se passe des choses formidables dans le monde rural mais ce dernier a besoin du monde urbain, et réciproquement. Toutes ces formes d’ouverture sont fondamentales pour l’avenir et constituent ce que j’appelle « la ruralité en mouvement ».

Quelles sont vos priorités pour l’année 2017 ? La ruralité, ce sont des valeurs qui constituent un patrimoine à préserver.

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dossier ❘ La ruralité en mouvement

Cédric Arnould

Dans le champ de la culture Un tiers des communes du Nord est potentiellement concerné par l’action du Réseau de développement culturel en milieu rural.

« Les choses en face » : mené dans chaque territoire avec des adolescents, ce projet du collectif La Cavale a donné lieu à des représentations locales et à un spectacle final en commun.

Pas toujours facile quand on habite loin d’une grande ville d’aller écouter un concert, voir une pièce de théâtre ou un spectacle de danse... C’est la raison d’être du Réseau de développement culturel en milieu rural, dispositif mis en place et animé par le Département pour garantir une meilleure équité d’accès à la culture entre les territoires urbains et les zones rurales ou péri-urbaines. Cette communauté de travail est constituée de neuf têtes de réseau (Communautés de communes ou associations) qui développent chacune un projet culturel triennal sur leur territoire, et un projet commun sur deux ans. Pour Sophie

Desreumaux, du pôle culturel de la Communauté de communes du pays Solesmois, « le réseau de développement culturel est un très bel outil d’échanges et de partage d’expériences, surtout quand on est sur un territoire un peu isolé.» « Paroles d’ados » Elle poursuit : « chaque territoire a ses spécificités, mais nous partageons aussi des problématiques comme la mobilité des habitants ou la difficulté à rendre certains publics, par exemple les ados, acteurs des projets culturels .» Ce dernier constat a poussé les têtes de réseau à lancer

ensemble en 2015 l’appel à projet « Paroles d’ados » qui a abouti en 2016 à la création du spectacle « Les choses en face ». Durant une année, entre six et neuf jeunes par territoire ont co-construit le projet avec les artistes et les têtes de réseau. Au final, un spectacle « fort et émouvant, empreint de douceur et de gravité, réalisé dans la bienveillance » témoignent des spectateurs. « Pendant cette année de travail, nous avons vu les jeunes grandir positivement. Notre regard sur eux a changé aussi » affirme Sophie Desreumaux. Et visiblement, les jeunes en redemandent.

POUR ALLER PLUS LOIN Maison de l’élevage du Nord 140 boulevard de la Liberté 59000 Lille 03 20 88 67 44 maison.elevage.nord@wanadoo.fr

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GEIQ rural des Flandres ZA La Creule 59190 Hazebrouck geiq.flandres@nordnet.fr

IRIS Environnement

Parc d’Activités des 6 Marianne 7 Rue des Entrepreneurs 59124 Escaudain 03 27 43 76 81 fat.bellahcene@gmail.com


Mode d’emploi

Le programme « Nature et handicap » C’est quoi ? Lancé en 2007, ce programme permet aux personnes en situation de handicap de découvrir la nature via des animations adaptées dans les Espaces naturels sensibles départementaux (ENS).

• Le projet doit être défini autour d’une thématique liée à la découverte de l’environnement (par exemple : la nature au fil des saisons). Il regroupe l’ensemble des animations pédagogiques et des activités prévues. • Le projet envisagé est rédigé avant le début des activités par le partenaire d’éducation à l’environnement (le plus souvent, une association locale), le Département et la structure d’accueil. • La manière d’aborder le thème, la méthode, les outils pédagogiques, les dates et lieux, sont définis en concertation avec les différents intervenants. • Le programme est réalisé par les associations partenaires du Département spécialisées dans l’éducation à l’environnement.

Qui peut en bénéficier ? Toute structure dédiée aux personnes en situation de handicap, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants.

Odile Picque

Comment ça marche ?

Quelles animations ?

Quelles modalités pratiques ?

• Elles consistent en une découverte de la nature par une stimulation des fonctions sensorielles et un développement du sentiment de bien-être.

• Un projet par structure et par an, non renouvelable.

• Adaptées au type de handicap, elles s’étalent sur environ un an, à raison de plusieurs demijournées (6 à 10).

• Les déplacements sur les ENS sont à la charge des structures d’accueil.

• Chaque sortie sur le terrain donne lieu à une action concrète au sein de la structure. Elle est à l’initiative des éducateurs auxquels les partenaires d’éducation à l’environnement pourront fournir des pistes et/ou des outils pédagogiques.

• Les partenaires d’éducation à l’environnement sont indemnisés par le Département.

• Les encadrants doivent remplir une fiche d’évaluation au terme de chaque animation.

Où s’adresser ? Conseil départemental du Nord Direction des Solidarités territoriales et du Développement local Direction adjointe Ruralité et Environnement Service Agriculture, Eau et Environnement 51, rue Gustave-Delory - 59047 Lille Cedex 03 59 73 58 31 thierry.tancrez@lenord.fr

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RENCONTRE

Parents de la petite Abigaëlle, née aveugle en juin 2015, Dorothée Caratini et Stéphane Médous habitent Croix. Ils ont accepté de participer à une expérience nationale sur l’apport d’un chien d’assistance auprès d’enfants déficients visuels.

Dorothée et Stéphane Textes : Françoise Colonge | Photographie : Cédric Arnould

Nord le Département : Quand avez-vous appris que votre enfant serait non-voyant ? Stéphane Médous : On l’a découvert à sa naissance. Elle avait l’œil gauche et les joues très gonflées. On a harcelé les pédiatres pour savoir ce qui se passait. Et c’est le 6e jour que le service des maladies rares de l’œil a diagnostiqué une anophtalmie de l’œil gauche et une microphtalmie de l’œil droit. On nous a appris que notre fille était aveugle profonde, qu’elle ne percevait même pas la lumière. Dorothée Caratini : C’est dû à une anomalie génétique. Un ou deux enfants par an naissent ainsi en France. Comment avez-vous réagi ? Dorothée : Au début, bien sûr, on a été assez abattus. Mais on a vite appris que l’anomalie n’avait pas de répercussion au niveau cérébral. Stéphane : On s’est rendu au CAMSP* de l’épi-de-Soil où l’on est bien accompagnés. Souvent, les parents agissent comme s’ils étaient eux-mêmes handicapés. Nous partons du principe qu’on n’a pas de souci et que tout ce qu’on veut, c’est donner à Abigaëlle le maximum de chance de grandir, de devenir autonome. On s’aperçoit déjà qu’elle adore apprendre, elle est assez bluffante ! Cette expérience, comment y avez-vous été associés ? Stéphane : Par les réseaux sociaux. On fait partie d’un groupe de parents d’enfants déficients visuels sur Facebook et c’est là que l’on

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a appris que le Centre technique régional pour la déficience visuelle du Rhône cherchait des familles pour participer à une expérience nationale sur l’apport du chien sur les petits enfants aveugles. On a été les premiers à répondre ! Quand avez-vous reçu le chien ? Stéphane : Nous sommes allés chercher Jolly en septembre 2016 à la fondation Frédéric-Gaillanne, à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), où nous avons passé une semaine très intense avec les trois autres familles impliquées dans l’expérience. Dorothée : On nous a appris à nous occuper de la chienne, à la nourrir, à la faire travailler. Et très vite, elle nous a considérés comme ses nouveaux maîtres. On l’a ramenée et elle s’est rapidement adaptée. Ce n’est pas un chien guide ? Dorothée : Non, c’est un chien d’assistance qui a été formé pendant deux ans. Le but de l’expérience est d’observer ce qu’il peut apporter à l’enfant sur trois aspects : psychomoteur, psychoaffectif et psychosocial. On a d’ailleurs des questionnaires à remplir et des vidéos à faire tous les mois. Avez-vous déjà constaté des effets ? Dorothée : Ce n’est que le début mais déjà, quand elle est dans sa poussette dans un endroit bruyant, Abigaëlle cherche son chien pour se rassurer. Et la première fois qu’on l’a vue marcher à quatre pattes, c’était pour faire une caresse à Jolly ! * Centre d’action médico-sociale précoce

Un objet Réalisés grâce à une imprimante 3D, ces trois bustes constituent pour Abigaëlle une sorte de « photo souvenir » en relief de son premier anniversaire. Plus grande, elle pourra retrouver ainsi son visage et celui de ses parents quand elle était encore toute petite.

Pour en savoir plus sur l’expérience :

www.ctrdv.fr

et sur la fondation Frédéric-Gaillanne :

fondationfg.org


« En poussette, Abigaëlle cherche son chien pour se rasssurer » n°290 ı Février-mars 2017

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TOUT UN MONDE

Les musées en coulisse Nous vous invitons à découvrir ce que vous ne voyez habituellement pas dans un musée : les réserves contenant les objets qui ne sont pas exposés, les experts qui veillent à leur bonne conservation, ceux qui s’activent à préparer la prochaine exposition… Textes : Françoise Colonge | Photographies : Philippe Houzé, Dominique Lampla, Emmanuel Watteau

Les trésors argentiques du musée Matisse

D’

une main délicate, elle ouvre le carton et soulève soigneusement le papier de soie, laissant apparaître la silhouette d’Henri Matisse, dans le jardin de l’éditeur Tériade au Cap-Ferrat. Sur la suivante, on retrouve le même en contemplation devant un vase de Picasso. Un autre carton dévoile un rare portrait de Bonnard et plusieurs de Chagall. Toutes ces photos (750 au total) font partie des archives Tériade qui ont été léguées au musée. « Un fonds extraordinaire, à tomber par terre », s’extasie Sandrine Baivier, responsable de la photothèque du musée départemental Matisse au Cateau-Cambrésis. La photothèque comprend aussi des photos qui appartenaient à Matisse ainsi que des reproductions des œuvres que possède le musée. Les plus anciennes ont été numérisées, ce qui leur permet d’être intégrées dans une base de données et pour certaines, comme les œuvres d’Auguste Herbin, d’être consultables en ligne sur le site

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du musée, les autres collections du musée devant suivre. Et il reste des campagnes photographiques à mener concernant les récentes acquisitions ou encore les grands livres illustrés de la collection Tériade, ce qui représente des centaines de prises de vue. « Lorsque ces livres sont arrivés, certains avaient été emballés juste après avoir été imprimés, entre les années 40 et 70, je les ai déballés, ils étaient d’une fraîcheur exceptionnelle et j’étais la première à les voir », se souvient Sandrine, avec émotion. Gérer le fonds photo, c’est aussi mener un travail documentaire en retrouvant le contexte de la prise de vue, son utilisation ou le nom du photographe, lorsque le cliché n’est pas signé. C’est également servir d’intermédiaire entre les éditeurs ou les journaux et les héritiers des artistes dont ils souhaitent reproduire des œuvres moyennant le versement de droits d’auteur.


Encadrement.

De grands noms.

Outre son rôle de responsable du fonds photo, Sandrine Baivier a une autre mission : elle monte et encadre les œuvres sur papier du musée, dessins, gouaches, gravures et bien sûr photos. Un travail beaucoup plus technique, destiné à la préparation d’expositions ou à la bonne conservation des œuvres.

Environ 70 photographes sont représentés dans les collections du Musée départemental Matisse, et notamment des artistes très connus comme Henri CartierBresson, Man Ray, Brassaï ou André Kertész. Certains de leurs clichés ont été publiés dans la revue Verve, éditée par Tériade.

PRATIQUE Musée Matisse Place du Cdt Richez 59360 Le Cateau-Cambrésis 03 59 73 38 00 museematisse.lenord.fr

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TOUT UN MONDE ❘ Les musées en coulisse

Sars-Poteries

Dans les réserves du MusVerre

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e lundi, le musée est fermé. Pourtant il est bien loin d’être endormi. Pour Séverine Aubert, régisseuse du MusVerre, c’est jour d’inspection et de dépoussiérage des œuvres, avec l’aide d’émilie Bolzan, l’agent d’entretien de l’atelier qui nettoie les vitrines. « On se rend compte si des œuvres ont été déplacées ou si des cartels sont en mauvais état », ajoute-t-elle, notant cependant que, tout le long de la semaine, les gardiens et les agents d’entretien signalent les anomalies qu’ils remarquent. Mais quittons les salles d’exposition et rentrons dans le musée en nous prenant cette fois pour une œuvre d’art. Disons que je suis une magnifique scultpture en verre. Grâce au quai de déchargement, de plain pied, je vais subir le moins de vibrations et de ma-

Micro-aspiration. Séverine dépoussière les objets religieux en bois qui font partie des collections du musée, en attendant de les restituer à leur propriétaire d’origine ou de les confier à un autre musée.

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nipulations possibles en sortant du camion. Passé un premier sas, j’entre dans le deuxième sur lequel ouvrent divers ateliers. Dans l’un d’eux, Séverine va me déballer et dresser un premier constat d’état, pour vérifier que je n’ai pas été meurtrie par mon voyage. Si une restauration, un montage ou un nettoyage s’impose, je serai menée dans un autre atelier qui, bien qu’en sous-sol, bénéficie d’un éclairage naturel. Si le régisseur du musée qui me prête m’a accompagnée, il devra ici me faire ses adieux. Car l’autre partie des réserves, le « saint des saints », seule Séverine est autorisée à y pénétrer en permanence. Ici, sur des rayons, sont rangées toutes les œuvres, en fonction de leur époque (verre ancien ou contemporain), de leur format et leur fragilité. Il y a même une réserve destinée aux poteries. « Notre rôle premier est de conserver les œuvres pour les générations futures, rappelle Rachel Amalric, chef du service Conservation. Les deux autres missions étant d’exposer et de faire de la recherche. La conservation, c’est la colonne vertébrale d’un musée. » Parfait, se dit l’œuvre d’art qui sommeille en moi, ici je serai bien traitée !


Les experts. « L’expert en régie, c’est Séverine, dit Rachel Amalric, chef du service Conservation. Elle a une manière de penser les choses que les autres n’ont pas. Dans un musée, chaque fonction constitue un maillon de la chaîne et chaque personne est experte dans sa matière. »

PRATIQUE MusVerre 76, rue du Général-de-Gaulle 59216 Sars-Poteries 03 59 73 16 16 musverre.lenord.fr

Plan de sauvegarde. « Exposer, ce n’est pas juste poser des œuvres et attendre que ça se passe, souligne Rachel. On mène un vrai travail de veille sanitaire. On a notament travaillé avec la gendarmerie et les pompiers pour élaborer un plan de sauvegarde en cas de sinistre. En cas d’incendie, qu’estce qu’on sort en priorité et qu’est-ce qu’on renonce à sortir ? Et en cas d’inondation ? Il y a des choix à faire, à la fois en fonction de la valeur et de la facilité de transport des œuvres. »

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TOUT UN MONDE ❘ Les musées en coulisse

Des objets délicats. Conservées dans des conditions de température et d’hygrométrie très surveillées, les œuvres d’art doivent aussi être transportées avec un soin extrême.

Musée de Flandre à Cassel

Une expo, entre montage et démontage

Le travail de régie Le régisseur intervient dans le montage des expositions, comme nous l’explique la régisseuse du musée de Flandre, Yuna Le Rudelier : « Il faut s’occuper des contrats de prêt et d’assurance, organiser les transports ou parfois les faire nous-mêmes, planifier les dates de transport, de déballage et d’accrochage, dresser le constat d’état à l’arrivée d’une œuvre et à son départ, préparer tout le matéirel pour l’accrochage…» 42 Magazine Nord le Département

dire vrai, une exposition commence bien avant d’être montée. Ainsi L’Odyssée des animaux, qui, avec ses 90 tableaux et dessins, était la plus grande exposition montée par le musée de Flandre, a nécessité deux ans de préparation. « C’était compliqué, surtout parce presque rien n’avait été fait sur cette thématique », explique Cécile Lafon, directrice adjointe du musée. Il y a aussi eu un gros travail de négociation des prêts d’œuvres par les autres musées. à poils et à plumes, qui va aborder à son tour le monde animal mais dans l’art contemporain belge, à compter du 4 mars 2017, est plus petite et plus simple à monter car les artistes sont pour la plupart vivants. Donc pas de problème d’attribution comme ce peut être le cas avec une peinture du XVIIe siècle ! « Une exposition comme celle-ci nécessite un travail important de médiation. On doit rendre accessible la thématique

par les visites, mais aussi par les textes des cartels. » Quand un catalogue est prévu, il nécessite un long travail, avec la participation d’auteurs variés (universitaires, conservateurs d’autres musées…) et la recherche des visuels nécessaires. Quant à l’enregistrement des audioguides, réalisé par une société privée avec le concours d’acteurs professionnels, il se base sur un texte écrit par le service des publics à partir du catalogue. Restent les aspects les plus matériels de l’exposition. La muséographie est conçue en interne ou en externe. Les cimaises sont fabriquées par les menuisiers du Forum départemental des sciences et décorées par des peintres du Département. Un éclairagiste met en lumière l’exposition. Enfin, il est temps de démonter les œuvres de la collection permanente puis d’accrocher celles qui vous raviront quelques mois durant…


Forum antique de Bavay

Entretenir les vieilles pierres

L

e Forum antique existe depuis près de deux millénaires. Pour qu’il puisse continuer à instruire des générations sur la vie de leurs lointains ancêtres gallo-romains, il est indispensable de veiller à son entretien. «  Nous considérons le site archéologique comme le premier objet de la collection du musée. Notre principal objectif est donc de le préserver et de le mettre en valeur », résume Véronique Beirnaert-Mary, directrice du Forum antique. Pour ce faire, et comme le site est classé Monument historique, il est nécessaire de respecter certaines règles : le musée utilise les mêmes matériaux que dans l’Antiquité, les restaurations doivent être réversibles et un œil averti doit pouvoir identifier ce qui est d’origine de ce qui a été rénové. «  Quand le site a été départementalisé en 2008, on s’est aperçu qu’il n’y avait pas eu de travaux pendant plus de dix ans, poursuit Véronique. Après les travaux d’urgence nécessaires, une action préventive et constante a été mise en place. On détermine régulièrement les zones qui ont besoin d’être dévégétalisées, celles qui doivent être remaçonnées ou seulement stabilisées à l’aide d’un étai. » Deux agents du musée ont pour mission de mener à bien ces interventions. « On essaie que la végétation ne devienne pas trop envahissante, surtout dans les parties visibles du public  », explique Pascal Lesnes. Dans un souci environnemental, le désherbage des allées se fait à la vapeur ou au brûleur, et l’arrachage des arbustes à la main. Pour ce qui est de la maçonnerie, Pascal a suivi deux formations sur les méthodes de l’époque auprès des Compagnons du Tour de France à Jeumont et apprend aussi de son collègue, maçon de métier, les « petites ficelles ». « Pour le rejointoiement, on n’utilise pas de ciment mais de la chaux, du sable et de la brique pilée qui donne

cette couleur orangée qui existait au IIe siècle. Une fois par an, l’été, pendant une quinzaine de jours, on loue une nacelle pour travailler sur les hauteurs de la muraille. » Cependant, ces travaux quotidiens (sauf en hiver) ne permettent pas d’enrayer la dégradation du site qui, à l’origine, était ouvert. « C’est pourquoi on envisage depuis longtemps un projet de couverture du cryptoportique, la partie la mieux conservée et la plus emblématique du forum, afin de la stabiliser dans son état », explique Véronique Beirnaert-Mary. Un projet qui devra d’abord être validé par la Commission nationale des Monuments historiques.

Le bilan sanitaire. Environ tous les quinze jours, MarieLaure Michel, responsable des bases de données informatiques du Forum antique, se rend sur le site avec les maçons pour pointer les lieux où il y a des anomalies. Elle les reporte sur le plan du forum afin de pointer les lieux où il est le plus urgent d’intervenir.

PRATIQUE Musée de Flandre 26, Grand’place 59670 Cassel 03 59 73 45 59 museedeflandre.lenord.fr

Forum antique de Bavay 03 59 73 15 50 www.forumantique.lenord.fr

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bons baisers

« La Thaïlande a une culture extraordinaire » Maxime Besnier s’ennuyait dans son travail. Un jour, il a décidé de partir. Loin, très loin, sans savoir ce qu’il ferait. Sept ans plus tard, il est à la tête d’une start-up permettant aux touristes de sortir des sentiers battus. Propos recueillis par Françoise Colonge | Photos : Stéphanie Breton, Nicly Almasi, Stéphane Portier.

Prénom :  Maxime Nom :  Besnier Âge :  38 ans Originaire de :  Lille Vit à : Bangkok Profession :  Créateur du site Very local trip

9.3 43,

8

1

Lille

km

Bangkok Thaïlande

Quand et pourquoi êtes-vous parti à bangkok ?

pleine de contrastes, à la « Bangkok est une ville s typique. C’est une ville fois très moderne et trè qui s’apprivoise… ».

44 Magazine Nord le Département

Je suis parti en Thaïlande le 8 janvier 2010. C’est un pays où j’étais déjà venu deux fois en vacances et que j’avais trouvé plutôt agréable en termes de qualité de vie. à l’époque, je travaillais comme commercial dans l’industrie pharmaceutique. C’était une position confortable mais je m’ennuyais profondément. Tous les matins je me levais avec les pieds de plomb. Jusque là, j’avais beaucoup voyagé mais jamais vécu à l’étranger. J’ai fait un bilan de compétences qui a conforté mon envie de partir. Je regardais les offres d’emploi, mais c’est difficile de trouver quand on est loin. Alors je suis arrivé ici avec ma valise de 25 kg et j’ai enchaîné des petits boulots, avant de trouver un poste chez un fabricant de moustiquaires. J’y suis resté pendant deux ans et me suis créé un réseau dans la communauté des experts du paludisme !


bons baisers

Puis vous avez créé votre start-up… La société pour laquelle je travaillais a fermé en 2012 et j’ai fait du consulting free lance, ce que je continue encore un peu. Mais le gros de mon activité, c’est Very local trip, un site dont le but est de mettre en relation des voyageurs avec des locaux ou des expatriés qui leur font découvrir le pays autrement durant quelques heures, une journée ou une soirée. C’est de l’économie collaborative, comme un Airbnb du tourisme. Le concept plaît beaucoup et ça marche bien, surtout en Thaïlande, où le choc culturel est assez fort. J’ai commencé à le développer dans d’autres pays d’Asie, Cambodge, Laos, Japon, Vietnam et bientôt Birmanie, Corée et Indonésie.

kok nt Bang découvrencept. » s r u e g a y o c o térêt du ous, les v « Avec ntrement. C’est l’in au

Est-il facile de s’intégrer en thaïlande ?

« La valeur de ce que nous proposons tient dans la qualité des échanges avec les populations locales. »

Contrairement à ce que les gens pensent, ce n’est pas un pays facile. Il est à des années lumière de ce qu’on vit en Europe. Quelqu’un qui voudrait s’intégrer totalement dans la culture thaï serait frustré. Un Européen qui vit ici même depuis 30 ans restera toujours le « farang », un mot qui désigne ici le Blanc. Dans les relations humaines, il faut s’adapter. En France on est très direct et assez râleur. Ici, il ne faut pas du tout agir comme ça. Les gens gardent toujours le sourire mais cela peut cacher une antipathie. C’est quand même un pays très agréable à vivre au quotidien, les gens sont très polis, il n’y a pas de sentiment d’insécurité, la culture est extraordinaire, on trouve de la nourriture partout et le climat est parfait…

Pensez-vous revenir vivre dans le nord ?

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Pas à court terme, car ce que j’ai créé est ici. Cependant, je reviens toujours avec plaisir une ou deux fois par an dans le Nord voir ma famille et mes amis. J’adore le Vieux-Lille et les bons petits plats familiaux. Ici, le maroilles, la bonne bière et l’humour me manquent un peu. Mais quand je rentre en France je me sens un peu en décalage. La Thaïlande me semble plus dans l’énergie, le dynamisme entrepreunarial. C’est à nous de nous assumer. Par exemple, la santé et l’éducation coûtent cher. En France, on a une chance extraordinaire et les gens ne s’en aperçoivent pas. En partant, j’avais une tendance au « french bashing », maintenant, je me réconcilie avec mon pays mais j’aimerais qu’il se bouge davantage ! www.verylocaltrip.com

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du côté de…

Les belles mairies en Flandre Texte : Isabelle Quilbé Da Silva I Photos : Cédric Arnould

Les hôtels de ville de la Flandre font partie du patrimoine architectural du Nord. Ils sont les témoins des différentes époques marquantes de l’histoire de France.

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Salle du conseil.

à Hondschoote, la salle qui accueille le conseil municipal et les mariages est chargée d’histoire. Notons son plancher non cloué dont chaque planche est constituée d’une seule pièce sur toute la longueur de la salle.

un lieu d’accueil obligatoire depuis 1884

à Renescure, le Lion de Flandre flotte fièrement C’est dans les ruines du château Philippe de Comynes (incendié durant la Seconde Guerre mondiale), rachetées par la municipalité dans les années 70, que la mairie a été installée. La tour est tout ce qui reste du château construit en 1290 par les Comtes de Flandre. Elle se dresse fièrement au centre du village, labellisé village patrimoine depuis 2009. (photo de gauche)

L’hôtel de ville apparaît au MoyenÂge et marque le déclin du pouvoir seigneurial. Il est l’endroit où la bourgeoisie établit le siège du gouvernement de la cité dont le beffroi symbolise le pouvoir. À partir de la Révolution de 1789, la mairie est le lieu où siègent les élus et l’administration communale. L’hôtel de ville désigne alors le bâtiment qui abrite la mairie principale pour les communes les plus importantes. Il est à la ville ce que le château est au seigneur. Depuis 1884, les communes ont l’obligation de posséder un bâtiment pour accueillir leur administration. Dans le Nord, nous sommes davantage attachés aux beffrois qu’aux hôtels de ville. Pourtant, ces derniers méritent tout autant notre attention. En Flandre, leur architecture est très caractéristique. Certains dénotent, comme celui d’Hazebrouck (page 49) de style napoléonien ou celui de Renescure (p 46), hébergé dans les ruines

d’un château datant du 13e siècle. Celui de Hondschoote (p 48) est un véritable musée à lui seul. à Bailleul (p 49), Mélusine assure la protection des habitants du haut de son beffroi. Et de la mairie de Bollezeele (p 48), on admirera la façade de style néo-gothique flamand qui mérite de faire le détour par cette petite commune proche du Pas-de-Calais. Quelques règles valent pour quasiment tous les bâtiments. Ainsi, la salle du conseil municipal se trouve généralement au 1er étage et s’ouvre sur la rue par une avancée que l’on appelle « bretèche ». Elle fait aussi office de salle des mariages. Le rezde-chaussée, souvent vouté, abrite un large vestibule. Sur chaque façade flotte le drapeau tricolore - la mairie symbolisant la République - au côté duquel on trouve aussi le drapeau du lion noir aux griffes rouges, sur fond jaune, qui représente la Flandre.

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du côté de…

à hONDSCHOOTE, plongeon dans le xvie siècle De style Renaissance flamande, l’hôtel de ville date de 1558. Il est érigé sur quatre niveaux et témoigne de l’importance de la commune à cette époque. Son imposante façade avant en grès et pierres blanches attire le regard, tout comme les pignons garnis de « pas de moineaux ». Les armoiries des familles qui ont marqué l’histoire de la ville y figurent, notamment celle du baron de Coppens. À l’étage, la salle du musée accueille de nombreux objets provenant de l’église, notamment ce tryptique du XVIIe siècle (photo ci-contre). Les caves aussi méritent qu’on s’y attarde. Elles servaient autrefois de corps de garde pour les archers et abritent aujourd’hui un ancien métier à tisser, une salle de réception et la confrérie des Compagnons du vin de Flandre.

à bollezeele

Néo-gothique flamand.

L’hôtel de ville de Bollezeele a beaucoup de cachet. Il est relativement récent puisqu’il date de 1932. Il a été construit par l’architecte Maurice Cockenpot dans un style néo-gothique flamand.

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Pignon sur cour.

Il faut prendre la peine de contourner le bâtiment pour admirer la façade arrière en briques de l’hôtel de ville de Hondschoote avec ses motifs en forme de bouteille qui encadrent les fenêtres du pignon gauche et la face latérale de la tour.


à BAILLEUl, une totale reconstruction Après la Seconde Guerre mondiale, une seule cloche du beffroi est retrouvée intacte. Elle se trouve aujourd’hui dans l’escalier d’honneur de la mairie (photo ci-contre), entourée par les géants Carême et Mardi-Gras. La reconstruction de l’hôtel de ville est confiée à l’architecte LouisMarie Cordonnier qui maintient la salle gothique. De la brique jaune, plus sablonneuse, donne cette couleur particulière à l’ensemble. Le bâtiment sera inauguré le 26 juin 1932, jour du carnaval d’été. Il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005, tout comme le beffroi.

La Flandre sur le bout des doigts

Vitraux.

Ces vitraux représentent les quatre activités qui ont fait vivre la commune : la dentelle, la poterie, le fil et le tissage.

à hazebrouck, l’étonnant style napoléonien Le 11 février 1801, un incendie détruit entièrement la maison communale de style Renaissance flamande, située au centre de la Grand-place. Les services de l’hôtel de ville, de la sous-préfecture, de la police et des archives s’installent alors dans le couvent des Augustins. On doit la reconstruction d’un nouveau bâtiment de style napoléonien à partir de 1807 à l’architecte Drapier. Il surprend par l’absence de beffroi et son style Empire avec ses imposantes colonnes doriques de neuf mètres de haut, sa façade en pierres de Marquise de Andrethin et ses voutains en brique. En 1836, une horloge est rajoutée au fronton.

Passionné par sa région, Philippe Masingarbe est intarissable sur l’histoire de l’hôtel de ville d’Hazebrouck. Il préside le comité flamand de France : « Cette association a été créée en 1853 par Edmond de Coussemaker (conseiller général du canton de Bourbourg) sur le modèle des sociétés savantes. Elle s’attache à la connaissance et à la promotion de l’histoire et du patrimoine.  » Le comité possède ainsi une bibliothèque de consultation et organise des visites et conférences.

PRATIQUE Pour vos visites, pensez à contacter les offices de tourisme locaux : Pays de Flandre Tourisme 03 28 48 61 54 www.paysdeflandre.fr Office de tourisme Coeur de Flandre, Bureau d’information touristique de Bailleul 03 28 43 81 00 Office de tourisme Coeur de Flandre, bureau d’information touristique d’Hazebrouck 03 28 43 44 37

Colonnes.

La façade est particulièrement imposante avec ses colonnes de neuf mètres de haut.

Service culturel de Hondschoote, 1 bis Place du Général-de-Gaulle 03 28 68 31 55 Comité flamand de France, 5 rue des Augustins à Hazebrouck 03 28 41 45 54

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ÉVÉNEMENT

expo

Récolte. Dans le Nord-Pas-de-Calais, plus de 50 000 ha sont consacrés à la culture de la pomme de terre (chiffre 2013).

patate ! la pomme de terre à l’honneur Villeneuve d’Ascq

Du 4 février au 4 septembre 2017 Forum départemental des sciences

On croyait tout savoir de cette tubercule si banale qui garnit si souvent nos assiettes sous forme de frites, de purée, en salade ou sautée. Et voilà que le Forum départemental des sciences et ses partenaires nous proposent d’en apprendre beaucoup plus sur notre bonne vieille patate ! Sous l’égide d’un comité scientifique, une exposition en trois volets a été conçue. Le premier, « Naître », s’intéresse au plant de pomme de terre, du point de vue de la biologie et également de ceux qui la cultivent. Sous le titre « Devenir », la deuxième partie évoque à la fois la récolte et la transformation par l’industrie agroalimentaire, bien sûr, mais aussi dans d’autres domaines comme l’impression 3D Après sept mois au Forum des sciences, où la fécule entre dans la composition des résines. l’exposition devrait circuler dix ans. Elle sera La troisième séquence, intitulée « Régaler », évoque la d’abord présentée dans les structures coculture culinaire autour de la pomme de terre et l’histoire productrices : la Cité des de la difficile adoption de cette racine comme aliment Sciences à Paris, la Cité P en Europe. L’exposition nous entraîne jusqu’à sa région Nature à Arras, le d’origine, la Cordillère des Andes, où un ethnoPalais de l’Univers musicologue a été sollicité pour présenter les rites et des Sciences à autour de cette tubercule, considérée comme dotée Capelle-la-Grande. d’une âme. D’autres partenaires Comme toujours au Forum, de nombreux médias participent au (jeux, manipulations, vidéos, maquette, film projet : la Chambre d’animation…) sont utilisés pour rendre vivant le d’agriculture, la propos, accessible dès 8 ans. Région Hauts-deFrance, les sociétés Françoise Colonge Mc Cain, Mousline, Sockeel, Doublet, le Crédit agricole et le Centre national 03 59 73 96 00 1, place de l’Hôtel-de-Ville interprofessionnel de la pomme de terre.

Expo itinérante

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50 Magazine Nord le Département

www.forumdepartementaldessciences.fr

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59650 Villeneuve d’Ascq


Philippe Houzé

Produit emblématique de notre région, la pomme de terre permet de s’intéresser au monde agricole et aux systèmes d’approvisionnement alimentaire.

Philippe Houzé

Margot Delobelle Chargée de projet d’exposition

Alors que j’étais en master Expographie-Muséographie à l’université d’Artois, j’ai commencé avec trois camarades à monter un projet sur l’agroalimentaire, un sujet auquel on ne connaissait rien. On s’est vite aperçu que c’était très vaste et qu’en resserrant le sujet sur un aliment, cela nous permettrait de traiter toutes les questions. On a choisi la pomme de La pomme terre, car c’est un aliment à la fois très de terre, un familier et en même temps très comaliment familier plexe, avec une filière très développée et attachant, sur qui compte énormément d’acteurs. lequel on a plein On a rencontré le Forum départemental des sciences qui nous a proposé de de choses monter le projet ici, mais on a cherché à apprendre. aussi de nombreux partenariats (voir p. 50), avec un ancrage très régional.

Rencontre

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sorties exposition Musée d’Art et d’Archéologie de Senlis

Musée archéologique de Dijon

CONCOURS

Donnant, donnant.

Street art

Bavay

Vœux et dons aux dieux en Gaule romaine Cette exposition conçue par le musée romain de Nyon (Suisse) et réalisée en coproduction avec le Musée archéologique de Dijon présente des rituels et objets d’offrande communément utilisés dans les religions antiques. Entrer en contact avec les dieux Les dons d’animaux sacrifiés, aliments, monnaies, objets de la vie quotidienne, mobilier pour orner ou équiper les sanctuaires, permettaient aux hommes et aux dieux d’entrer en contact. En bronze, en bois, en terre cuite ou en pierre, les objets miniaturisés et les figurines ou plaquettes représentant des parties du corps humain étaient créés spécialement pour être offerts aux dieux. Les ex-voto

anatomiques (de votum qui signifie vœu en latin) étaient monnaie courante. Un contrat entre les hommes et les dieux Face aux accidents de la vie (maladie, stérilité, etc.) les dons étaient considérés comme faisant partie d’une sorte de contrat passé entre les hommes et les dieux : en implorant la divinité, on lui faisait la promesse d’une offrande si le vœu était exaucé. • GL

Bavay Forum antique, musée archéologique du Département du Nord

La municipalité de Bondues organise un concours pour la réalisation d’une œuvre d’art sur un mur de la ville. Situé à proximité de la nouvelle bibliothèque-ludothèque, ce mur sera le support d’expression du jeune talent professionnel ou amateur lauréat du concours. Quatre thèmes sont proposés : Arts et culture, L’écriture et le livre, Nature et Faire société. Les dossiers de candidature sont à remettre avant le 15 mai pour une réalisation de l’œuvre entre le 20 juin et le 10 septembre (matériel fourni + 500€ en bons d’achat). • GL

Jusqu’au 29 août T. 03 59 73 15 50

Bondues

www.forumantique.lenord.fr

Service culture de la Mairie T. 03 20 25 94 78 ville-bondues.fr/concours-street-art

INSTALLATION C. Bonamis

SALON

Ann Veronica Janssens

Situé au cœur de l’Avesnois, le nouveau musée départemental MusVerre a pour vocation le soutien et la diffusion de l’art verrier contemporain. L’artiste plasticienne belge Ann Veronica 52 Magazine Nord le Département

Janssens, qui s’intéresse avant tout à la lumière, y présente Six Magic Mirrors et Gaufrette. Ces deux installations minimalistes font parfaitement écho au caractère épuré de l’architecture des lieux. Elles sont à découvrir en même temps que l’exposition permanente du musée. • GL Pour les enfants : le MusVerre propose des ateliers vacances les 14, 16, 21 et 23 février de 14 h 30 à 16 h 30. Tarif : 6€. Sars-Poteries MusVerre Installation visible jusqu’au 20 février T. 03 59 73 16 16 www.musverre.lenord.fr

Printemps du livre

Profitez de l’occasion pour faire le plein de lecture et de musique à des prix sympathiques ! Présence de la Société historique de Carvin et d’un espace « lecture et découverte » proposé aux enfants par la médiathèque d’Allennes. Petite restauration et buvette toute la journée. Entrée gratuite. Allennes-les-Marais Salle Léo-Lagrange Le 19 mars de 9  h à 17  h


sorties SPORT

FESTIVAL

Harpe en Avesnois Pour sa 23e édition, le festival propose une fois encore une programmation de très haute qualité. Musique de chambre avec le Quatuor Stainer et Fabrice Pierre à la harpe, ainsi que le duo Harpe et cor formé par Céline Mata et Annouck Eudeline-Turck. Musiques du monde avec le Trio Elisa Vellia, récital de Sylvain Blassel (en photo) et musique celtique avec le Nolwenn Arzel Quartet. Les plus jeunes ne seront pas en reste avec un cirque-concert mêlant harpe et acrobaties. Le festival bénéficie du soutien du Département du Nord. Les 11 et 12 mars, Master-class animée par Sylvain Blassel à l’Espace Gérard-Philipe de Feignies. Accès libre pour le public toute la journée. Profitez-en aussi pour visiter l’exposition de harpes ! Maubeuge (salle Médiane et théâtre Le Manège), Ferrière-la Grande (église), Feignies (Espace Gérard-Philipe) et Jeumont (gare numérique) Du 3 février au 12 mars T. 03 27 64 13 72

www.harpeenavesnois.com

THéâTRE

Antoine Lemaire, artiste associé de la Rose des Vents, met en scène un texte féroce et très actuel du Québécois Guillaume Corbeil. Dans une forme dramatique très originale, ce spectacle met en relation trois femmes et deux hommes qui échangent sur les réseaux sociaux à travers des photos,

des vidéos, des listes de « J’aime ». Mais ces relations sont-elles réelles ou ne sont-elles qu’un leurre ? Ce spectacle rythmé et plein d’humour porte aussi un regard profond sur notre société superficielle. • FC

33e édition avec environ 20 clubs et une petite dizaine de pays représentés. 9 parties, droits d’inscription de 20 € ou 40 € selon l’âge, 12 000 € de prix distribués en fin de tournoi. Cappelle-la-Grande Palais des Arts et des Loisirs Du 18 au 25 février T. 06 63 66 38 96 www.cappelle-chess.fr

SPORT

exposition

Koen Vanmechelen (né à Saint-Tron en 1965) Mechelse Bresse (He, KV) 2002 Os et plumes - Cassel, musée départemental de Flandre © Jacques Quecq d’Henripret

Villeneuve d’Ascq La Rose des Vents Du 28 février au 4 mars T. 03 20 61 96 96

à poils et à plumes

www.larose.fr DR

Nous voir nous

Open international d’échecs

Cette exposition fait suite à L’Odyssée des Animaux dont elle est le second volet. Désormais, le visiteur est invité à s’interroger sur la place de l’animal dans l’art contemporain. Le parcours d’exposition privilégie les connexions entre l’art ancien et les œuvres de Jan Fabre, Wim Delvoye, Berlinde de Bruyckere ou encore Koen Vanmechelen. De quoi nourrir la réflexion mais aussi se laisser emporter dans un monde empli d’imaginaire et de poésie. • GL Cassel Musée départemental de Flandre Du 4 mars au 9 juillet T. 03 59 73 45 59 museedeflandre.lenord.fr

Open du Nord

Un tournoi de tennis populaire et médiatique remporté en 2016 par le belge Yannick Mertens, joueur du Tennis club lillois Lille Métropole, pour la deuxième fois de sa carrière. Avec le soutien du Département du Nord. Lille Tennis club lillois Lille métropole Rue du Mal-Assis Du 27 février au 5 mars T. 03 20 38 47 00 www.tcllm.fr n°290 ı Février-mars 2017

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sorties concert

FESTIVAL

Le grand bain

Pouët-Poète ! L’acteur, chroniqueur et désormais chanteur François Morel nous convie à une soirée musicale, non pas pour nous faire écouter les chansons de son album mais pour une soirée lecture autour d’auteurs qu’il aime, de René Fallet à Francis Blanche, d’Aristide Bruant à Fernand Raynaud, de Jean Tardieu à Thomas Fersen… Ce sera, dit-il, « une occasion de partager le plaisir de ces pépites qui, depuis toujours, m’accompagnent à plein temps. » Et, pour l’accompagner, le musicien Antoine Sahler sera aussi sur scène avec son panier, ses claviers, sa trompette… • FC Lille Théâtre du Nord Le 14 février T. 03 20 14 24 24

Franck Lopez

www.theatredunord.fr

Parmi d’autres, Steven Michel, Emmanuel Eggermont, Bara Sigfusdottir, Rodrogo Sobarzo, Mylène Benoit ou encore Thomas Lebrun sont à l’affiche de la 4e édition de ce festival de danse contemporaine. Le temps d’un week-end, carte blanche sera laissée au belge Jan Martens, chorégraphe associé. Le Gymnase, centre de développement chorégraphique, bénéficie du soutien du Département du Nord. Roubaix (Le Gymnase, Théâtre de l’Oiseau Mouche, La Condition publique), Haubourdin, Villeneuve d’Ascq (La rose des Vents), Armentières (Le Vivat) Du 27 mars au 7 avril www.gymnase-cdc.com

EXPOSITION

SCIENCES

Fête des maths et des jeux Pour la 12e édition de ce rendez-vous annuel, petits et grands sont invités à venir faire des maths en s’amusant. Nombreux ateliers gratuits adaptés à chaque âge. Un événement organisé dans le cadre de la semaine nationale des mathématiques.

Sacrée science ! Croire ou savoir

Découvir, observer, mesurer, vérifier, soupçonner, distinguer et même... désobéir ! Voilà ce que vous propose le Forum départemental des Sciences à l’occasion de son 20e anniversaire. L’exposition conçue par le Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel (Suisse) aborde toutes les facettes de la science : sciences naturelles, mathématiques, géométrie, physique, astronomie, chimie, biologie et médecine. Une scénographie originale comportant de nombreuses trouvailles technologiques et artistiques, plusieurs films et de nombreux éléments interactifs rendent l’exposition accessible et attrayante pour tous les publics dès 9 ans. Jusqu’au 3 mars 2018

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Ph. Mermet

Du 13 au 19 mars

Villeneuve d’Ascq Forum départemental des Sciences T. 03 59 73 96 00 forumdepartementaldessciences.fr

Petit carré deviendra cube Une forme peut en cacher une autre... Que dissimule l’ombre chinoise ? D’une même forme, devinez plusieurs histoires ! Et si derrière le carré ne se cachait pas toujours un cube ? Entre surprise et étonnement, d’expériences en manipulations, les 3-6 ans vont découvrir que la perception d’une forme est sujette à interprétation. Réservation conseillée. Jusqu’au 12 novembre

Alechinsky, Marginalia

Pierre Alechinsky, peintre et graveur belge influencé par Henri Matisse, présente des livres illustrés qui constituent le fil conducteur de l’exposition. Il donne ainsi à voir un pan méconnu de son œuvre.• GL Le Cateau-Cambrésis Musée départemental Matisse Jusqu’au 12 mars T. 03 59 73 38 00 www.museematisse. lenord.fr


sorties FESTIVAL

EXPOSITION DR

L’agenda complet sur le site

lenord.fr rubrique « Agenda »

Retrouvez sur notre site nos suggestions de sorties : concerts, spectacles, salons, sorties nature et sportives, expositions…

Vous organisez un événement ?

Annoncez également vos manifestations en quelques clics sur lenord.fr

à travers chants Fort de ses 24 années d’existence, le festival propose 11 spectacles différents. Plusieurs têtes d’affiche (Tété, Bazbaz) et des artistes régionaux prometteurs (La Goutte, Concha Mama) feront le bonheur de vos oreilles. Les plus jeunes seront aussi gâtés avec 3 spectacles rien que pour eux. Porté par l’équipe de la MJC de SaintSaulve et ses bénévoles, le festival bénéficie du soutien du Département du Nord. • GL Saint-Saulve, Petite-Forêt et Préseau Du 7 mars au 1er avril T. 03 27 28 15 30 www.atraverschants.org

NATURE

Les Finésiens dans la Grande Guerre

SALON

THéâtre

Blessé de la face et du dedans

En lisant les noms gravés sur les monuments aux morts qui jalonnent nos communes, qui se souvient encore du visage, de la profession ou de la situation familiale des soldats ? Pour tenter de raviver le souvenir, l’exposition retrace le parcours individuel des Finésiens dont la vie a été brisée par le conflit. à noter que l’association poursuit sa quête pour affiner les informations en sa possession. • GL Feignies Fort de Leveau Jusqu’au 1er septembre T. 03 27 62 37 07 contact@fortdeleveau.fr

Nuit de la chouette Cet événement existe depuis 12 ans à l’initiative de la Fédération des parcs naturels régionaux de France et de la Ligue de protection des oiseaux. Pour l’occasion, le Département et ses partenaires organisent 14 sorties gratuites de découverte des rapaces nocturnes dans le Nord. Faumont, Ostricourt, Marchiennes, Wormhout, Preux-au-bois, Gravelines, Sains-du-Nord, Arneke, Berlaimont, Raismes, Hergnies, Saint-Jans-Cappel Le 11 mars www.lenord.fr/rvn

Un spectacle de et par Dominique Thomas inspiré de l’histoire vraie de Descamps, poilu de la guerre 14-18. Entrée libre. Saint-Jans-Cappel Villa départementale Marguerite-Yourcenar Le 22 février à 20  h T. 03 59 73 48 90 lenord.fr/villayourcenar

Quartier Livre Pour sa 19e édition, le salon du livre de Bondues innove. Il s’agrandit d’un espace exclusivement dédié à l’enfance et la jeunesse et propose un « café littéraire » au sein même du salon (rafraîchissements et petite restauration). Pour le reste, les visiteurs retrouveront l’espace spécial BD/mangas. Ils pourront rencontrer éditeurs et auteurs, participer aux forums et séances de dédicaces ainsi qu’à un repas gastronomique et une soirée conviviale. • GL Bondues Espace Poher, 6 chemin Saint-Georges Les 18 et 19 mars www.salondulivrebondues.fr

RENCONTRE

Lídia Jorge

Venez rencontrer la romancière portugaise qui, en littérature, est l’une des voix les plus significatives de la révolution ayant permis au Portugal d’accéder à la modernité. Gratuit. Saint-Jans-Cappel Villa départementale Marguerite-Yourcenar Le 22 mars à 20  h T. 03 59 73 48 90 lenord.fr/villayourcenar n°290 ı Février-mars 2017

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LU, ÉCOUTÉ, VU PATRIMOINE

VÉRA DUPUIS

Le Nord au temps des Trente Glorieuses

Cet ouvrage est magnifique, car il nous plonge dans un Nord que beaucoup ont connu, le Nord de l’excellence industrielle, de la reconstruction post 1945 à l’insouciance du début des années 70. Des photos d’époque à profusion, de Matisse à Dunkerque, de l’industrie textile aux terrils, font revivre des pans entiers du passé. Ouvrage nostalgique à ne pas rater ! • AR Éditions Loubatières - 114 pages - 25 €

POLAR JUNIOR

ÉRIC CALLENS

L’étonnant Stanislas Petrovic

MUSIQUE TRADITIONNELLE

CLAIRE GENET

La clarinette

Oublions la clarinette de Christian Morin pour se concentrer sur celle de Claire Genet. Une musicienne clairement tournée vers la musique et des airs traditionnels assumés. Une curiosité à découvrir en 12 titres, chez soi, tranquille... • AR Bemol Productions. www.bemolproductions.com

56 Magazine Nord le Département

Arthur est un petit garçon de 10 ans. Alors qu’il se promène au marché de Cambrai, son regard est attiré par l’étal d’un marchand. Il lui achète un jeu vidéo qu’il s’empresse d’essayer en rentrant chez lui. La ville de Cambrai s’étale alors devant ses yeux. Stupéfait par le réalisme des images, il clique sur un tableau du musée des Beaux-Arts, mais celui-ci disparaît ! Arthur sort se chercher un sandwich. C’est alors qu’il entend parler d’un vol qui a eu lieu au musée. Il décide d’enquêter sur ces faits étranges accompagné de son chien, Oscar. Une belle aventure en perspective. • IQDS Éditions Ravet-Anceau - 96 pages - 7,50 €


Patrimoine

Christian Delcambre

La région Hauts-de-France Ce bel ouvrage rédigé par Christian Delcambre met en scène le patrimoine culturel de la nouvelle grande Région des Hauts-de-France. Du train à vapeur de la baie de Somme au village des métiers d’Antan de Saint-Quentin en passant par les géants de Cassel ou le Forum antique de Bavay, de nombreux lieux ou symboles sont ainsi mis en valeur grâce aux magnifiques photos de Philippe Debeerst. Le petit plus : la traduction en anglais ! • IQDS Pourparler édition – 176 pages – 31,90 €

ROMAN

Anne Bruneau Commun Village

S’il adopte la forme d’un roman choral, sous la plume agréable de la Lilloise Anne Bruneau, l’intérêt de Commun village réside moins dans ses qualités littéraires que dans le fond du récit. En effet, il retrace l’histoire d’une dizaine de personnes qui, depuis la fin des années 70 jusqu’à aujourd’hui, décident de partager un habitat groupé. Très documentée puisque basée notamment sur les questionnaires de 80 habitants de ce type de logements un peu partout en France, cette fiction permet de mieux comprendre ce qu’est l’habitat participatif et de s’immerger dans le quotidien de ceux qui font ce choix de vie. • FC éditions Repas – 140 pages – 17 €

n°290 ı Février-mars 2017

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HISTOIRE D’UN JOUR

11 avril 1957

Défilé Elisabeth II et Jean Prouvost, patron de la Lainière, défilent devant une haie d’apprenties de la Lainière de Roubaix. C’est l’heure du départ pour la reine, juste après le tea-time que les photographes n’ont pu voir. Le protocole interdit de prendre des images de la reine lorsqu’elle boit... Photo in « La visite de sa Majesté Elisabeth II, album souvenir. »

Elisabeth, reine de la laine Ce 11 avril 1957, Elisabeth II est en visite à Lille puis à Roubaix, à la Lainière et au peignage Amédée-Prouvost, fleurons européens de l’industrie textile de l’époque. a robe est bleue. Sa coiffe aussi : une sorte de turban à mèches lissées sur la droite du front. Elisabeth II a 31 ans et, au bras de son mari le prince Philip, elle découvre un tout autre univers que celui des ors de la capitale dans laquelle elle vient de passer quelques jours très protocolaires entre ChampsÉlysées, Seine et Louvre. Le 11 avril 1957, la reine d’Angleterre atterrit à Lesquin. Sous la pluie, hélas. Il est 11 h 15 et quelques instants plus tard, la pluie cesse, comme par magie. Commémoration au monument aux morts de Lille, passage en mairie puis en Préfecture pour un repas ponctué d’un Vivat flamand. Après s’être fait offert des cadeaux, dont des mouchoirs de Valenciennes qu’elle n’utilisera pas, le soleil étant revenu, Elisabeth met le cap sur la Grand’place et son marché aux fleurs, avancé de 15 jours pour l’occasion. « It is too lovely » (c’est trop beau), dit-elle. À 16 h, la voilà en mairie de Roubaix, accueillie par le député-maire Victor Provo, pour signer le livre d’or avec un stylo du même métal qui sera offert à son jeune fils, le prince Charles. Direction le peignage Amédée-Prouvost, à Wattrelos, puis à la Lainière de Roubaix. Des milliers de travailleurs sont sur le pont pour lui faire un accueil triomphal.

S

58 Magazine Nord le Département

Philip et Elisabeth en profitent pour échanger avec des ouvrières. La grande horloge du couloir central indique 16 h 50. Une quinzaine de photographes et cameramen n’en ratent pas un instant, comme ce moment où Jean Prouvost, le patron de la Lainière, s’entretient avec Elisabeth de chasse et d’Écosse. Tout au long de la visite, révérences et cadeaux s’enchaînent. Le prince Philip trouve chaussures à son pied. Ou plutôt chaussettes : « J’en ai pour la vie ! », s’exclame-t-il. Visite terminée. Avec un quart d’heure de retard sur l’horaire prévu, Elisabeth quitte la Lainière devant 4 800 personnes qui auront cessé de travailler une heure. La Rolls royale met les gaz en passant par le quartier de la Mousserie, à Wattrelos, puis s’arrête : quatre enfants offrent des bouquets de fleurs et des dessins à la reine. La jeune Mireille Vankrinkelen se voit même le droit de grimper dans la limousine un instant. Mais, vite, il ne faut pas rater l’avion. Arnaud Raes

Terrain de connaissance À la Lainière de Roubaix, la reine Elisabeth II est en terrain de connaissance. En effet, 95 % de la laine traitée et transformée à Roubaix proviennent des pays du Commonwealth : Australie, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud en tête, comme on le constate sur ce cliché montrant des sacs de laine vierge. Photo in « La visite de sa Majesté Elisabeth II, album souvenir. »


COMME UN CHEF !

ENTRÉE

Préparation : 30 mn

Cuisson : 4 mn

AUMÔNIÈRE DE CHÈVRE ET POMME AU MIEL Ingrédients

(pour 1 personne)

- 1 rondin de chèvre - 50 g de mesclun - 1 feuille de brick - 1 pomme pink lady - 10 g de miel de fleur - 3 c. à soupe d’huile d’olive

- 1 c. à soupe de vinaigre balsamique - 1 tomate cerise - sel, poivre - 1 pique en bois

Préparation • Disposer le chèvre coupé en deux et les dés d’un quart de pomme dans la feuille de brick. • Couvrir des 10 g de miel de fleur. • Former l’aumônière et fermer avec un pique en bois. • Passer au four à 180° pendant 4 minutes. • Préparer la vinaigrette avec l’huile d’olive et le vinaigre balsamique, saler et poivrer. • Disposer le mesclun dans une assiette et arroser de vinaigrette en quantité suffisante. • Poser l’aumônière au centre. • Décorer avec de fines lamelles de pomme et la tomate cerise.

Laurent Meresse Ce chef cuisinier a débuté sa carrière dans la restauration gastronomique. De retour à Valenciennes, il travaille dans plusieurs établissements, puis crée son entreprise. Il connaît quelques déboires et rebondit il y a un an et demi, lorsqu’il intègre l’équipe de la Cantine de Joséphine dès son ouverture. «Ici, nous travaillons avec les produits locaux. J’ai choisi une recette avec du fromage qui vient de la chèvrerie de Vendegies-sur-Écaillon. C’est un petit clin d’oeil fait aux producteurs du coin qui nous fournissent. »

Restaurant d’insertion « La Cantine de Joséphine » 8 place des îlots - 59300 Valenciennes

03 27 34 89 65

n°290 I Février-mars 2017

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Magazine "Nord le Département" N°290 - février-mars 2017  

La ruralité a de l'avenir ! - Le Département s'engage pour le canal Seine-Nord-Europe - Les belles mairies en Flandre

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