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N° 289

Décembre 2016 Janvier 2017

lenord.fr

Retour à l’emploi : le pari gagnant P. 25

ACTUALITÉS

DU CÔTÉ DE

HISTOIRE D’UN JOUR

Les préconisations de la Chambre régionale des comptes

Les bureaux du temps jadis

Les 20 ans du Forum départemental des sciences

P. 4

P. 46

P. 58


SOMMAIRE

Retrouvez tous les liens Internet présents dans ce numéro : lenord.fr/289

N° 289 • Décembre 2016-janvier 2017

ACTUALITÉS Chambre régionale des comptes Préconisations du rapport Laboratoire départemental Sécurité sanitaire Piscine Prise en charge du transport des collégiens Collège numérique Extension du dispositif Loi NOTRe Transfert de compétences Routes Maîtrise des risques d’inondations

4 5 6 7 8 9

CHEZ VOUS Avesnois À Le Quesnoy, un cocon pour des aînés Cambrésis Au Cateau-Cambrésis, le viaduc s’élance Douaisis À Sin-le-Noble, plongez dans le grand bain Flandres Au collège Deconinck, on peut enfin passer à table Métropole À Roubaix, la première pierre du collège Samain a été posée Valenciennois À Bruay-sur-l’Escaut, un premier giratoire pour le contournement

14 16 18 20 22 24

LE DÉPARTEMENT ET VOUS Libre expression Tribunes des groupes politiques Dossier Le retour à l’emploi : on y va ! Mode d’emploi La procédure d’agrément en vue d’adoption

26 27 35

DÉCOUVERTES Rencontre Ann Veronica Janssens, artiste plasticienne Tout un monde Fous de trains Bons baisers de Moorea : Marc Perillat Du côté de Les bureaux du temps jadis

36 38 44 46

CULTURE / LOISIRS Événement L’Odyssée des animaux, les peintres animaliers flamands du XVIIe Sorties Une sélection de spectacles, expo, concerts pour se divertir et se cultiver Lu, écouté, vu Des livres et des CD à découvrir Histoire d’un jour 14 décembre 1996 : le Forum des sciences infuse Comme un chef ! Crème brûlée au maroilles et magret fumé

50 52 56 58 59

51, rue Gustave-Delory - 59047 Lille Cedex Tél : 03 59 73 59 59

Magazine d’information du Département du Nord

Magazine distribué gratuitement à tous les habitants du Nord. Si vous ne recevez pas le magazine régulièrement ou pour le recevoir à partir d’un autre département, contactez-nous au 03 59 73 85 29 ou par courriel : diffusionnord@lenord.fr. Contact rédaction : magazine@lenord.fr ISSN : 2268 - 1396. Tirage : 1 174 203 exemplaires. Tous droits de reproduction réservés. © 2013 - 2016. Dépôt légal : décembre 2016 Directeur de la publication : Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental du Nord • Rédacteur en chef : Arnaud Raes • Rédaction : Françoise Colonge, Gaëlle Leplat, Isabelle Quilbé Da Silva • Secrétariat de rédaction : Emmanuelle Lemaître • Conception graphique et réalisation : David Hennion, Coralie Lambriquet, Patricia Wissocq • Responsable de production : Laurence Blondel • Chef de projet édition-fabrication : Patrick Lenoble • Photographes : Dominique Lampla, Christophe Bonamis, Philippe Houzé, Emmanuel Watteau, Cédric Arnould - Photothèque du Département du Nord ; S.Allaman, Enedis • Service iconographique : Barbara Bonny • Photogravure : Angelini • Impression : Lenglet Imprimeurs

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Magazine Nord le Département

@lenord

Regardez les reportages : dailymotion.fr/Nord-le-Departement

lenord.fr


Revenu Solidarité Active la nouvelle donne J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi la nouvelle politique de notre Département en matière de RSA suscite tant de commentaires, certes le plus souvent favorables mais parfois résolument hostiles et nous accusant de faire la chasse à la pauvreté et à l’exclusion. La réalité s’avère pourtant tellement plus simple. Dans la tourmente des difficultés financières étranglant le Nord lors de l’alternance d’avril 2015, le RSA joue un rôle considérable avec près de 300 millions d’euros à la charge du Département sans compensation de l’état.

partement, d’engager des sanctions financières à l’égard de ceux qui s’exonèrent de tout devoir et d’infliger des amendes à l’égard des fraudeurs ?

Comment tenir rigueur au Département du volontarisme qu’il déploie dans la recherche d’emplois nouveaux avec l’aide des hommes et femmes d’entreprise, des travailleurs sociaux, responsables associatifs, Le RSA joue un rôle chambres consulaire... ? Comment lui reprocher considérable avec près de nouer un partenariat de 300 millions d’euros à la charge du Département de tous les instants avec la Région pour la formation de sans compensation nos candidats à l’emploi  ?

de l’état.

Comment penser un seul instant, alors que nos prédécesseurs étaient depuis 2014 incapables de financer intégralement les dépenses de RSA, que nous pourrions continuer à regarder cette facture s’envoler sans condamner à mort notre Département à très courte échéance ? Comment accepter que parmi les allocataires du RSA aptes à reprendre un emploi, 45 000 aient disparu de tous les radars, ne bénéficient d’aucun accompagnement mais reçoivent sans aucun contrôle ce qu’ils considèrent dès lors comme une allocation pure et simple ? N’était-ce pas le moment de rappeler enfin les obligations réciproques des allocataires et du Dé-

à un océan d’opacité où l’inadmissible fraude de quelques-uns jetait la suspicion sur tous, nous nous efforçons de substituer une gouvernance efficace, respectueuse de chacun, allocataire comme contribuable, et donnant l’assurance du bon usage des moyens financiers au service de l’insertion sociale des plus fragiles et de l’insertion économique du plus grand nombre.

Jean-René LECERF Président du Conseil départemental du Nord

n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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Dominique Lampla

ACTUALITÉS

La Chambre régionale des comptes a rendu ses observations sur la gestion du Département. Depuis 2015, la situation s’assainit progressivement.

La prochaine Séance Le Conseil départemental se réunira en séance plénière le 12 décembre 2016 à partir de 14 h pour le débat d'orientation budgétaire. Vous pouvez la suivre en direct sur le site Internet : lenord.fr

« Quand la majorité actuelle s'est installée, le Département était à bout de souffle. Aujourd'hui, les mesures d'économies portent leurs fruits. » Christian Poiret, 1er vice-président en charge des Finances.

Chambre régionale des comptes Les raisons d'espérer Le Conseil départemental a pris connaissance, le 17 octobre dernier, des observations du rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion du Département pour la période 2010 - 2015. ça va un peu mieux... Ce rapport constitue une photographie autant qu’une analyse de la gestion du Département pour la période concernée. Il s'avère que la Chambre régionale des comptes (CRC) pointe de nombreuses insuffisances ayant entraîné en 2015 une « trésorerie exsangue », selon ses propres termes. Et de citer une prise en compte tardive de la dégradation des équilibres financiers, l’augmentation continue de la masse salariale ou encore l’augmentation de la dette de 17 % entre 2010 et 2015. Autres griefs, la durée annuelle du temps de travail, jugée non conforme à la législation, et l’augmentation des charges de fonctionnement (+ 14 %) entre 2010 et 2015. Afin d'assainir les finances départementales, la CRC préconise notamment une diminution importante des investissements, ce qui laisse circonspect Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental : « Diminuer nos investissements équivaudrait à ne plus remplir nos obligations d'entretien des routes et des collèges, à ne plus sécuriser nos bâtiments et à ne plus assurer nos politiques de solidarité territoriale et de soutien aux grands projets d'avenir, comme Canal Seine-Nord Europe ou le Très haut-débit. Nous étions au bord du gouffre. Il fallait baisser la voilure. C'est chose faite avec l’application stricte des 1 607 heures légales de travail par an pour les agents du Département, la baisse de la masse salariale, la remise à l’emploi des allocataires du RSA ou le développement de la culture de la recette qui nous a permis de dégager en 2016 quelque 5,8 millions d’euros. Nous sommes sur la bonne voie » a conclu Jean-René Lecerf. • Arnaud Raes

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Magazine Nord le Département


Le laboratoire départemental public, outil de pointe pour la sécurité sanitaire Depuis 1989, le Département est doté d'un laboratoire vétérinaire. Sa fonction est de surveiller les maladies d'origine animale transmissibles à l'homme et d'assurer la sécurité sanitaire. chaque année et 12 500 rapports d’analyse sont effectués. Afin de continuer à maintenir des prestations de qualité et de proximité et de réaliser des économies, un système mutualisé régi par une convention va être mis en place dans un premier temps avec les laboratoires vétérinaires du Pas-deCalais et la Somme. Il s’agira de partager les savoirs et les outils et d’optimiser les matériels et les ressources humaines.

Philippe Houzé

Le laboratoire départemental public est un outil de soutien à l’élevage par le diagnostic et le contrôle des maladies animales et par l'analyse laitière et de protection sanitaire dans la restauration collective des collèges. Il assure notamment la surveillance des épidémies transmissibles à l’homme, la recherche dans les denrées d’origine animale de germes (listeria, salmonelles) et de résidus médicamenteux, métaux lourds ou anabolisants susceptibles d’être toxiques pour l’homme. Dans le laboratoire du Nord, environ 150 000 échantillons sont analysés

laboratoiredepartemental.lenord.fr

Isabelle Quilbé Da Silva

Les laboratoires départementaux du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme en chiffres.

n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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Cédric Arnould

ACTUALITÉS

En bref

18,48 M€ pour la sécurité des collèges En 2016, le Département a consacré 18,48 millions d'euros pour assurer la sécurité intérieure et extérieure des collèges : mise aux normes d'équipements, clôtures, caméras de surveillance, etc.

S. Allaman

lenord.fr/newsletter-colleges

En route pour la piscine ! Un nouveau dispositif permettant aux collégiens des secteurs ruraux de se rendre à la piscine a été adopté par le Département le 27 septembre dernier. Explications.

Hand-ball : le grand jeu à Pierre-Mauroy Rendez-vous du 21 au 24 janvier 2017 au stade Pierre-Mauroy, avec Nicola Karabatic (photo) et les Experts, pour le championnat du monde de hand-ball. 3 matches auront lieu à Lille : un 1/8 de finale avec l'équipe de France le 21, un 1/8 le 22 et un 1/ 4 de finale le 24, avec les Bleus, on l'espère ! francehandball2017.com

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Magazine Nord le Département

On estime à plus de 20 000 le nombre d'élèves de sixième du Nord ne sachant pas nager. De plus, notre département est relativement peu équipé en piscines (en moyenne 1 pour 20 000 habitants contre 1 pour 10 000 au niveau national). Jusqu'alors, le transport des élèves vers une piscine pouvait être pris en charge par le Département si le collège en faisait la demande. Seule une trentaine le faisait chaque année. Ce dispositif méconnu ne répondait bien souvent pas aux besoins des collèges confrontés à des problèmes de mobilité. Pour Patrick Valois, vice-président du Conseil départemental en charge de la Ruralité, « le Département cible désormais les collèges les plus éloignés d'un équipement nautique. Il s'engage à prendre en charge une partie du transport des collégiens vers la piscine quand celle-ci est située à plus de 5 km de leur établissement, dans la limite de 15 séances de natation. » Pour l'heure, 73 collèges, dont la plupart sont situés en milieu rural ou semirural, sont concernés. Le Département consacrera 190 000 € par an à cette nouvelle politique. • Arnaud Raes


Collégiens, notez sur vos tablettes !

21 septembre 2016, collège Lucie-Aubrac. Les élèves de sixième ont découvert leur nouvel établissement ainsi que les enseignants. Il apprivoisent maintenant les tableaux numériques, et… les tablettes. « Le collège a été l'un des trois précurseurs, en 2015, du grand plan numérique du Département », expose éric Lahaye, principal. « Nous disposons de 450 tablettes numériques. Chaque classe est équipée d’un ordinateur et du Wifi. Pour les élèves comme pour leurs parents, le fait que le collège soit doté de ces outils constitue un atout supplémentaire en terme d’attractivité. » Révolution numérique élève de cinquième, Philippine construit avec patience, doigt sur l'écran de sa tablette, une rosace, exercice de géométrie du jour. Son travail s'affiche en simultané sur l'ordinateur de Sophie Bourreau, sa professeure de mathématiques. « Avec les tablettes, les élèves ont accès à de nombreuses applications et à Internet pour

1,3 M€ Investissement du Département, dont 500 000 € de l'état, pour la dotation en tablettes numériques de 10 collèges supplémentaires, dont le collège privé Saint-Michel à Roubaix.

Cédric Arnould

Le Conseil départemental a adopté le 26 septembre, l’extension du dispositif « Collège numérique ». Dix nouveaux collèges vont recevoir en cette fin d'année, 1 644 tablettes numériques pour les élèves de sixième. Mais à quoi servent-elles en classe ? Enquête à Tourcoing...

Le Département développe son dispositif " Collège numérique " à destination des élèves des classes de 6e.

les recherches. On n’utilise pas l’informatique tout le temps, il y a souvent des allers-retours entre le papier et le numérique », explique l'enseignante. « Je peux envoyer des exercices, puis récupérer leur travail, leurs réponses. De chez moi, je peux ensuite corriger, noter et renvoyer la correction. Pour les élèves, la plus value est leur motivation. On est vraiment dans la révolution numérique et il ne faut surtout pas que l’école passe

« Nous allons étendre le plan numérique départemental aux collèges privés afin d'accompagner tous les collégiens. » Joëlle Cottenye, vice-présidente du Conseil départemental chargée de l'éducation et des Collèges.

à côté ! » Fin du cours. « Boum ! J'ai réussi ! », lance un élève. La satisfaction du devoir (numérique) accompli... • Arnaud Raes

Retrouvez la liste des nouveaux collèges numériques sur lenord.fr/collegenumerique

98 collèges qui, à la rentrée scolaire 2016 - 2017, disposaient d'un accès à un Espace numérique de travail (ENT). 144 sont raccordés au haut-débit. n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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Philippe Houzé

ACTUALITÉS

Les 80 agents qui travaillent à l'entretien des routes départementales de la métropole lilloise rejoindront les services de la MEL à compter du 1er janvier 2017.

Des compétences départementales transférées en 2017

Loi NOTRe, kézako ? Troisième volet de la réforme des territoires, la loi portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) a été promulguée le 7 août 2015. Elle redéfinit les compétences attribuées à chaque collectivité territoriale et en particulier, confie aux Régions et aux Métropoles des compétences jusqu'ici assumées par les Départements.

En conformité avec la loi NOTRe, le Département va prochainement transférer certaines de ses compétences à la Métropole européenne de Lille (MEL) et à la Région Hauts-de-France. Le transfert de certaines compétences comme les routes ou les transports est imposé par la loi, alors que d'autres, comme les compétences sociales, sont laissées à la libre appréciation des collectivités territoriales. Par ailleurs, certaines d'entre elles peuvent être totalement transférées, d'autres, bien que du ressort d'une autre collectivité, peuvent être laissées en délégation au Département. Des commissions locales pour l’évaluation des charges et des ressources transférées comprenant à parité des élus des collectivités concernées et présidées par la Chambre régionale des comptes, ont déterminé les moyens humains, financiers et en bâtiments correspondant à chaque compétence transférée. Ainsi, à compter du 1er janvier 2017, les routes départementales situées dans la métropole lilloise seront gérées par la MEL et le personnel chargé de leur entretien y sera transféré. La MEL prendra également en charge le Fonds solidarité logement et le Fonds départemental d'aide aux jeunes, mais seulement à partir du 1er juillet. Les usagers de la métropole lilloise devront donc directement adresser leurs demandes à la MEL. Quant à la Région, à compter du 1er septembre 2017, elle se chargera des transports scolaires et des transports interurbains, le transport des élèves handicapés restant géré par le Département. •

Françoise Colonge

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Magazine Nord le Département


Emmanuel Watteau

Rue de la Motte Julien à Douai, une piste cyclable a été construite sur un fossé grâce à des chambres d'infiltration.

Emmanuel Watteau

De nouvelles techniques pour repenser les routes

Jean-Paul Hérin, président de l'ADOPTA a présenté à Paul Christophe et Arnaud Decagny les différentes techniques alternatives.

Le Département examine les techniques de gestion alternative des eaux de pluie pour la réalisation de ses routes, afin de mieux maîtriser les risques d’inondations. Soucieux des dégâts subis par les Nordistes durant les intempéries au printemps dernier, le président du Conseil départemental Jean-René Lecerf a missionné sur ce sujet deux vice-présidents : Paul Christophe au titre de sa compétence sur l’eau et l’assainissement et Arnaud Decagny au titre de la voirie. Le Département s’intéresse à la gestion intégrée qui consiste à favoriser l’infiltration des eaux de pluie dans le sol ou à procéder au préalable à leur stockage temporaire. Cette technique est développée par l’ADOPTA (Association pour le développement opérationnel et la promotion des techniques alternatives en matière d’eaux pluviales) à Douai. « Il est possible de réaliser des projets routiers de qualité sans surcoût tout en améliorant la maîtrise des risques d’inondations », explique Arnaud Decagny. Le principe qui prévaut sur une chaussée classique consiste à collecter les eaux de ruissellement et à les envoyer rapidement dans le réseau d’assainissement, au risque de le saturer en cas de très fortes précipitations. Des dispositifs permettent aujourd’hui de maîtriser les flux envoyés dans les réseaux, tels que chaussée à structure réservoir ou parking en dalles-gazon... Pour le Département, l’enjeu est crucial : « Protéger nos concitoyens et leurs biens des aléas climatiques, c’est aussi ça le développement durable », conclut Paul Christophe. •

Isabelle Quilbé Da Silva

n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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la bonne idée

Projets de travaux à la maison ? Suivez le guide numérique ! Le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Nord (CAUE) a créé un manuel en ligne intitulé « Du projet au permis de construire ». Il constitue une aide précieuse pour les particuliers et les collectivités dans leurs démarches de projets de travaux relatifs au logement.

Cédric Arnould

en cinq parties entre lesquelles l’internaute L’idée de ce guide en ligne réalisé en collapeut naviguer à sa guise : boration avec le CAUE du Pas-de-Calais et . réfléchir à la faisabilité de son projet ; la Direction régionale des affaires culturelles . observer le paysage, le contexte (DRAC) est née d’un constat tout bâti et les contraintes du terrain ; simple : avant de déposer un per. imaginer un logement adapté mis de construire, les particuliers au contexte et à ses souhaits ; et collectivités ont besoin d’être . réaliser son projet ; guidés dans l’élaboration de leur . habiter. projet car la démarche est plus Très clair, détaillé, agrémenté complexe qu’il n’y paraît. de photos principalement prises Pour Fanny Frigout, directrice addans la région et de schémas jointe du CAUE du Nord, « l’outil explicatifs, le guide de 76 pages en ligne n’ambitionne pas de est particulièrement agréable à remplacer les conseils des professionnels mais détaille de manière Le grand public doit consulter sur écran. Il peut aussi ludique les étapes clés d’une dé- pouvoir s’approprier être téléchargé dans une version condensée de 24 pages pour marche de projet en matière de la démarche des être imprimé. « Afin d’assurer sa construction, d’agrandissement ou professionnels. pérennité, le manuel en ligne est de rénovation de logement. L’obFanny Frigout mis à jour en permanence », préjectif est que le grand public puisse cise Fanny Frigout. Un avantage appréciable facilement s’approprier la démarche des proconféré par le numérique dans un domaine où fessionnels vers lesquels il reste conseillé de les textes de lois évoluent constamment. • s’orienter pour réussir son projet.» Lancé le 1er avril 2016, « Du projet au permis de construire » se présente sous forme d’un récit Gaëlle Leplat Lille © J.M. Claustre

Infos pratiques Retrouvez l’ensemble des conseils pour mener à bien votre projet de construction, d’agrandissement ou de rénovation sur wwwduprojetaupermisdeconstruire.fr Le CAUE du Nord est une association soutenue par le Département du Nord. Elle vous aide à mettre en place les conditions nécessaires à la réussite de vos projets. Des référents sont à votre disposition dans chacun des sept territoires du Département. Michel Plouy, Président CAUE Nord 98, rue des Stations 59000 Lille 03 20 57 67 67 www.caue-nord.com

Chantier. Suivre un chantier est un vrai métier qui demande de s’entourer de professionnels. 10 Magazine Nord le Département


14.

Cambrésis

Contournement du Cateau-Cambrésis : le viaduc s’élance 16. Douaisis

12. Avesnois Un cocon pour des aînés désorientés.

Plongez dans le grand bain le 17 décembre.

18. Flandres Au collège Deconinck, on peut enfin passer à table.

20. Métropole La première pierre du collège Samain a été posée.

22. Valenciennois Un premier giratoire pour le contournement. n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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chez vous

avesnois

Journaliste responsable de l’arrondissement : Françoise Colonge 03 59 73 84 04 - francoise.colonge@lenord.fr

Un cocon pour des aînés désorientés

Christophe Bonamis

La résidence Harmonie a mis en place un PASA ou pôle d’activités et de soins adaptés. Quatorze résidents de l’Ehpad y sont accueillis chaque jour. Le quesnoy

Maison de campagne Les activités ont lieu dans un environnement rassurant, comme à la maison.

Christophe Bonamis

Les PASA ont été créés dans le cadre du plan Alzheimer 2008-2012. Ils s’adressent à des personnes présentant des troubles du comportement modéré. La résidence Harmonie, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes géré par le groupe associatif ACPPA, a décidé en 2015 de fermer son accueil de jour et de proposer plutôt un PASA pour 14 de ses 87 résidents. Ce pôle, agréé par le Département et inauguré en septembre, est constitué de différents lieux : les anciennes salles de l’accueil de jour réunies pour en faire un vaste espace chaleureux avec des tables, des fauteuils, des plantes vertes…, un jardin thérapeutique, un espace bien-être et l’accès à la salle polyvalente de la résidence pour pra-

FOURMIES • Un nouveau lieu culturel à découvrir écrivain et illustrateur pour la jeunesse, Antoon Krings est né à Fourmies et sa ville natale a souhaité l’honorer en donnant son nom à la nouvelle médiathèque, inaugurée cet automne. Le Département a participé à hauteur de 750 000 € au financement des travaux d’aménagement de ce bel équipement, dans l’ancien hôtel des Postes. 9 rue Faidherbe à Fourmies.

12 Magazine Nord le Département

tiquer des activités comme la gym douce. « Dans l’espace principal, qu’on a appelé « la maison de campagne », l’idée est de reconstituer l’intérieur d’une maison pour y retrouver les gestes de la vie quotidienne : plier les serviettes, préparer les carottes râpées… explique Jean-Pierre Brygo, directeur de l’établissement. Cet environnement rassurant permet de travailler sur la réminiscence. » Le lieu est animé par une aide-soignante et une aide médico-psychologique qui ont bénéficié d’une formation de 120 heures pour devenir assistantes de soin en gérontologie. Elles sont accompagnées par une ergothérapeute et une psychologue à temps partiel. « L’objectif est d’aller vers l’apaisement en ayant une approche non médicamenteuse de la maladie. »

03 27 69 72 90


OUVERTURE d’un centre de planification famililiale Christophe Bonamis

Feignies

Fourmies

Conseil conjugal La contraception ne concerne pas que les femmes. Le centre de planification accueille volontiers les conjoints.

Le Département a mis en place une consultation médicale hebdomadaire de planification familiale. Destinée à toutes les femmes et jeunes filles, elle a pour mission de les écouter et les informer sur la maîtrise de leur fécondité. Une gynécologue et une sage-femme pratiquent des examens médicaux et peuvent prescrire ou délivrer des moyens de contraception, y

Anne Versailles et Samuel Guillot

Christophe Bonamis

compris le Norlévo (« pilule du lendemain »). On y pratique aussi du conseil conjugal, le dépistage des infections sexuellement transmissibles avec le service de prévention santé, des tests de grossesse et un suivi de la grossesse jusqu’au 7e mois.Tous ces services sont gratuits, confidentiels et ouverts à tou(te)s. Tous les mardis de 12 h à 15 h.

65 rue Jean-Jaurès à Fourmies.

• Un circuit pour piétons et cyclistes La ville de Feignies a récemment réalisé une boucle de randonnée de 3,4 km, accessible en partie aux personnes à mobilité réduite, reliant entre eux plusieurs bâtiments publics (médiathèque, école de musique, église, école Elsa-Triolet, collège, complexe sportif). Ce n’est qu’un début car ce premier circuit s’inscrit dans un projet plus vaste d’Anneau vert qui comprendra un ensemble de 24 km de sentiers, connectés au circuit du Bois de la Taillette. La première boucle permet déjà de découvrir des zones naturelles méconnues des habitants de Feignies et des communes voisines.

03 59 73 12 00.

deux artistes en résidence au pays de mormal L’un sera là de janvier à mai 2017, l’autre de mars à juillet, en résidence pour quatre mois dans le cadre d’un Contrat local d’éducation artistique mis en place par la Communauté de communes du Pays de Mormal. Le but d’un Cléa est de permettre à tous d’être confrontés à l’art et de participer à un processus de création. Samuel Guillot, né dans la Creuse et aujourd’hui lillois, est d’abord un peintre, mais il travaille aussi avec la photo, le photomontage, autour de la notion de paysage : « Je souhaite délocaliser l’art contemporain dans l’espace public, les magasins, etc. afin de toucher le maximum de personnes. Je détourne des formes

simples que les gens connaissent (catalogue, papier peint…) pour en faire une œuvre d’art. » La Bruxelloise Anne Versailles n’a pas toujours été artiste. Biologiste de formation, elle a travaillé dans des associations environnementales. Après une longue marche de trois mois en famille à travers les Alpes, elle décide en 2010 de changer de vie. Et son écriture, jusqu’ici très formelle, devient poétique. Toujours adepte de la marche, elle glane des mots, des sons, des images et entend proposer aux habitants des déambulations sonores : « Mon projet est d’inciter les gens à sortir et s’interroger sur le dehors.» n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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chez vous

cambrésis

Journaliste responsable de l’arrondissement Arnaud Raes 03 59 73 84 01 - arnaud.raes@lenord.fr

Le viaduc avance, le contournement accélère

Philippe Houzé

La première étape de la réalisation du viaduc du contournement du Cateau-Cambrésis a été franchie le 5 octobre. Une opération délicate menée plus rapidement que prévu. Le cateau-Cambrésis

Tremplin Après glissement de la charpente, le viaduc ressemble un peu à une piste de saut à ski.

Le 5 octobre dernier, le chantier du contournement du Cateau-Cambrésis a vécu un moment spectaculaire et attendu de tous les Catésiens : le lançage de la première partie du viaduc de franchissement de la vallée de la Selle. Il s’agissait de lancer dans le vide une charpente métallique longue de 150 mètres et pesant 330 tonnes. Chose qui pourrait paraître curieuse au profane, mais prévue comme une éventualité par les ingénieurs de l’entreprise Eiffage, il n’a pas été nécessaire de pousser la charpente, comme l’explique Pierre-Henri Louvrier, chef de projet au service de la Programmation des projets routiers du Département : « L’ouvrage est descendu de lui-même, par son inertie propre. Il a fallu, au contraire, le freiner. Nous avions prévu une progression de l’ordre de

10 mètres par heure et finalement, le lançage a été réalisé à raison de 25 mètres par heure. » Pour aider la charpente à mieux glisser sur les piles qui ont été réalisées cette année, il a suffit de déposer ponctuellement… du savon de Marseille ! Les prochaines étapes sont d’ores et déjà connues : en ce début décembre, la partie centrale du viaduc doit être fixée, puis, au printemps, la dernière partie du viaduc sera à son tour lancée. Rappelons que le contournement du Cateau-Cambrésis est une réalisation entièrement financée par le Département pour un montant de 27,7 millions d’euros. Initialement prévu pour une mise en service au printemps 2018, la route s’ouvrira aux usagers dès l’automne 2017. www.contournementducateau/lenord.fr

Philippe Houzé

une grande étape de franchiE

14 Magazine Nord le Département

« Le lancement de la première partie du viaduc s’est déroulé à merveille », se réjouit Sylvie Clerc-Cuvelier, conseillère départementale du canton du Cateau-Cambrésis. « Nous avons encore franchi une grande étape. Les riverains avaient quelques craintes par rapport aux nuisances du chantier et à la présence dans le paysage de ce viaduc, mais aujourd’hui, tout le monde s’est habitué et attend avec impatience l’ouverture du contournement. »


Le collège François-Villon donne « DU FIL à retordre » Walincourt-selvigny

Danse Les élèves ont abordé le patrimoine textile sous l’angle de la danse contemporaine.

Depuis 2013, le collège François-Villon et le collectif XXY, soutenu par le Département, développent une collaboration autour de la culture et du patrimoine. « Nous sommes en secteur rural, alors, puisqu’on ne peut pas aller à la culture, on la fait venir ! », expose Amar Gacem, principal du collège. En octobre, le collectif XXY est venu au collège présenter « Du fil à retordre », une action cen-

David Lamouret

Christophe Emmanuel Bonamis Watteau

trée sur le patrimoine textile du sud Cambrésis. Deux caravanes ont investi la cour de récré : l’une en forme de mini-musée a raconté aux élèves de sixième l’histoire de la broderie et de la dentelle. L’autre, mini-scène de théâtre a permis d’exposer sous forme de danse contemporaine, les témoignages des ouvrières des broderies alentours. Un travail très apprécié des enfants.

• La rue de Verdun n’est plus dans les tranchées ! Durant l’année 2016, la RD 45 (rue de Verdun) a fait l’objet d’une profonde réfection. Enfouissement des réseaux, nouvel enrobé et reprofilage de la route, mise hors gel, nouveaux trottoirs, espaces de stationnement, tout a été revu, avec l’aide du Département. En effet, celui-ci a subventionné les travaux à hauteur de 200 000 euros, à la fois pour le cadre de vie, la reconstruction des trottoirs ou la gestion des eaux de pluie. Emmanuel Watteau

Emmanuel Watteau

villers-en-Cauchies

Neuve. La rue de Verdun a été refaite à neuf en 2016.

Les yeux du stade « J’ai voulu communiquer ma passion du sport au plus grand nombre. Ce que je vis, j’aime le transmettre », indique d’emblée David Lamouret, ancien journaliste indépendant, aujourd’hui professeur de Français à Cambrai et créateur, passionnant et passionné, de Cambrésis sports en direct (CSeD), une web-radio unique en son genre. « L’objectif est de couvrir, en direct, les compétitions sportives du territoire en privilégiant notamment les sports moins médiatisés, comme le handisport, le volley-ball, etc. » David a commencé seul : 30 reportages du vendredi au dimanche, c’était beaucoup pour un seul homme, aussi passionné soit-il. « J’ai recruté et formé 15 bénévoles,

dont quatre photographes amateurs qui se rendent dans les salles ou les stades pour faire les reportages, informer en temps réel de l’évolution des scores », explique David, conscient de répondre à une forte attente. Il revendique aujourd’hui 4 000 auditeurs le week-end et 40 000 par mois. Installée depuis le 30 avril 2016 dans un studio aménagé à l’étage de la mairie de Noyelles-sur-Escaut, la webradio propose deux directs par weekend et trois émissions par semaine « pour mettre en valeur un club local, des dirigeants, des joueurs et pour commenter l’actualité sportive. » Un vrai travail de pro. Chapeau. www.cambresis-sports-en-direct.fr n°289 ı Décembre 2016-Janvier 2017

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douaisis

chez vous

Journaliste responsable de l’arrondissement : Isabelle Quilbé Da Silva 03 59 73 69 07 - isabelle.quilbedasilva@lenord.fr

Plongez dans le grand bain le 17 décembre

Emmanuel Watteau

Sourcéane est le centre aquatique de la Communauté d’agglomération du Douaisis. Situé dans l’écoquartier du Raquet à Sin-le-Noble, il ouvre ses portes après deux ans de travaux. sin-le-noble

2 000 m2 de bassins. Les bassins intérieurs et extérieurs sont répartis entre espaces sportifs et ludiques.

Sourcéane est le nouvel endroit où il sera possible à la fois de s’adonner à une activité sportive aquatique et de se détendre. On pourra y nager, pratiquer l’aquagym, l’aquabiking… On pourra aussi s’amuser dans les toboggans, s’essayer au bassin de nage à contre-courant et des espaces seront réservés aux enfants. L’étage est entièrement réservé au bien-être avec sauna, hammam, balnéothérapie, tisanerie... Enfin, des cabines permettront de prodiguer différents soins du corps et du visage. Avec 1 820 m2 de bassins intérieurs et extérieurs accessibles toute l’année, Sourcéane répond ainsi à une demande forte des habitants du territoire. Cet équipement communautaire innovant s’intègre parfaitement au cœur de l’écoquartier du Raquet.

Emmanuel Watteau

• Un monde sans barrières

Peu énergivore avec une architecture novatrice, il s’inscrit dans une démarche de qualité environnementale qui vise à limiter les arrosages extérieurs, favoriser l’entretien des espaces verts sans produits phytosanitaires, récupérer et réutiliser l’eau de pluie. Le gestionnaire choisi par les élus du Conseil communautaire est Récréa «  spécialisé dans l’exploitation de centres aquatiques, comme celui d’Arras ou de Courchevel », explique Christian Poiret, président de la Communauté d’agglomération du Douaisis et vice-président du Département du Nord. Le coût de cet équipement est de 24,4 M€, dont 7,9 M€ de subventions, le Département ayant participé à hauteur de 1 M€. www.douaisis-agglo.com/loisirs/sourceane

ARLEUX

Les jeunes pris en charge par le centre socioculturel du Syndicat intercommunal de la région d’Arleux (SIRA) ont poursuivi le travail engagé depuis deux ans visant à développer leur ouverture sur le monde, la citoyenneté et à lutter contre le racisme. Cette année, des sorties culturelles, une rencontre avec des jeunes mineurs isolés, la réalisation d’une fresque en graff, de planches de BD et d’une animation autour d’un tapis de lecture qu’ils ont créé leur ont été proposés. Le SIRA, qui gère des ateliers divers et mène des actions d’insertion, cherche des bénévoles. 03 27 89 51 74.

16 Magazine Nord le Département


DANS LES COLLèGES du douaisis Emmanuel Watteau

AUBY

DOUAI

Tablettes Au collège Gayant, l’arrivée du numérique favorise une pédagogie plus interactive.

En 2016, le Département a réalisé des investissements dans 18 collèges du Douaisis pour un montant total de 3,16 M€. Des travaux ont permis de résoudre des problèmes de sécurité, d’étanchéité et de mise aux normes. Par exemple  : remplacement de revêtement de sol, nouvelle ligne de self, isolation des toitures. Du matériel informatique a également été renouvelé pour favoriser le développement du numérique. Le collège Gayant de Douai

Marc Callot

Emmanuel Watteau

est l’un des trois établissements expérimentant le plan «  Collèges connectés » élaboré par l’éducation nationale qui vise à équiper les collégiens en tablettes numériques. Après les 5e l’année dernière, les 6e ont été équipés en décembre. à cette occasion, le Président JeanRené Lecerf a signé avec le Recteur d’Académie, Luc Johann, la convention « Grand plan numérique 2016 » qui poursuit le développement du numérique dans ce collège.

• Inauguré le 9 octobre, l’Escale (Espace socio-culturel d’Animations, de Loisirs et d’échanges) accueille la médiathèque (financée à hauteur de 275 789 € par le Département), le cyber-centre, le Point information jeunesse, l’espace jeunesse et une salle polyvalente. Ce pôle de 1 209 m2 est doté des dernières avancées numériques (technologie tactile et interactive, système d’identification par radio fréquence...). Le bâtiment est entouré par une ceinture de verre.

IL court pour les maladies rares Marc Callot est chef d’entreprise à Douai. C’est aussi un passionné. De trek, d’abord, qu’il a découvert à l’occasion d’un voyage au Kilimandjaro pour l’anniversaire de Cécile, son épouse. « Je me suis remis au sport à cette occasion », explique-t-il. Il collecte alors des chaussures de sport « en bon état », pour les donner aux porteurs qui les accompagnent lors de ses périples. Puis il fait une rencontre déterminante. Celle de Ludovic Dupont. Ce traileur est le directeur adjoint de la fondation des maladies rares, modèle unique de coopération scientifique qui facilite et accélère la recherche. Marc trouve ainsi un sens à sa passion pour la course. En 2015, il porte les couleurs

de la fondation et gravit le MontBlanc en une seule étape. Cet été, il a participé à l’Ultra trail du Mont-Blanc accompagné de 34 équipiers, dont Cécile. Tous portaient un dossard solidaire, sésame donné par les organisateurs aux personnes qui ont rapporté chacune au moins 2 000 euros à la dizaine d’associations qu’ils ont choisies. à lui seul, le couple récolte plus de 10 000 euros. Le 2 octobre, Marc et Cécile ont pris le départ des championnats de France du semimarathon de Marcq-en-Barœul. Avec un objectif : faire connaître la fondation et inciter d’autres personnes à s’y investir par un don ou du mécénat. fondation-maladiesrares.org n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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chez vous

FLANDRES

Journaliste responsable de l’arrondissement : Gaëlle Leplat 03 59 73 83 94 - gaelle.leplat@lenord.fr

au collège deconinck, On peut passer à table

Cédric Arnould

Le Département a investi dans la construction d’une demi-pension au collège Jean-Deconinck, améliorant ainsi le confort des élèves lors de la pause méridienne. SAint-Pol-sur-mer

Optimisation. La demi-pension est située dans des espaces qui étaient vacants au rez-de-chaussée de l’établissement.

USDK, Pierre Soudry © F. Decuyper

Depuis le 3 novembre dernier, les demi-pensionnaires des collèges publics de Saint-Pol-sur-Mer peuvent déjeuner... à Saint-Pol-sur-Mer. Une petite révolution dans la vie des établissements Jean-Deconinck et Robespierre qui étaient jusqu’alors dépourvus de restaurant scolaire. Les élèves perdaient une quarantaine de minutes pour aller déjeuner au collège Lucie-Aubrac à Dunkerque. La demi-pension dite « de maintien en température », construite au collège Deconinck, a une capacité d’accueil suffisante pour recevoir aussi les élèves de Robespierre. Les repas restent produits au collège Lucie-Aubrac mais sont désormais acheminés jusqu’à Saint-Polsur-Mer où ils sont maintenus à température. « Cette demi-pension répond à une véritable attente  », témoigne Vincent Flahaut, principal du collège

Jean-Deconinck. « Les élèves bénéficient d’un vrai temps de pause et peuvent profiter pleinement des activités proposées sur le temps du midi. ». Il poursuit : « Le restaurant est aussi un atout pour les enseignants qui, pour la plupart, mangeaient un sandwich au collège. Et puis c’est un lieu de vie qui permet de se sentir un peu chez soi  au sein de l’établissement. » Démarré le 18 juillet 2016, le chantier a été mené tambour battant par le Département qui a investi 1,3 M € dans l’opération. Un challenge pour l’Unité territoriale de Dunkerque qui était en maîtrise totale de l’ouvrage, et pour le collège Jean-Deconinck qui a notamment formé le personnel de restauration et créé un service comptable dans des délais restreints. Il ne reste plus qu’à passer à table !

Le département soutient l’excellence sportive

18 Magazine Nord le Département

Le Conseil départemental a voté la reconduction de sa politique volontariste en faveur des clubs sportifs de haut niveau pour la période 2016-2019. Dans ce cadre, 21 clubs nordistes seront soutenus financièrement parmi lesquels l’Union sportive Dunkerque Handball (USDK), le Basket Club Maritime de Gravelines (BCM) et le Hockey sur Glace de Dunkerque (HGD). lenord.fr/excellencesportive


L’église rouvre ses portes Philippe Houzé

Littoral

Identité. L’église est un symbole du village qui lui doit son nom (en flamand haver signifie « port » et kerk signifie « église »).

Mémoire du passé de la commune et témoin de mille ans d’histoire, l’église-halle construite autour d’une tour romane centrale, a bénéficé d’une restauration extérieure et intérieure qui aura duré six ans. Les maçonneries, la couverture, les charpentes et parements intérieurs, les vitraux ou encore le beffroi de cloches, ont été remis en état. L’église Saint-Vincent retrouve  ainsi l’aspect

Bernard WERQUIN

Christophe Bonamis Philippe Houzé

qu’elle avait après que Charles Maillard, architecte tourquennois, l’eût transformée en une hallekerque à trois nefs égales de style gothique, entre 1861 et 1871. L’ensemble des travaux a bénéficié du soutien du Département du Nord au titre de l’aide à la restauration et à la mise en valeur du patrimoine remarquable pour un montant total de 308 700 €.

• Les dunes en travaux Dans le cadre du projet transfrontalier « Life+Nature » auquel est associé le Département du Nord, des travaux de débroussaillage sont sur le point de démarrer sur la dune Dewulf, entre Leffrinckoucke et Zuydcoote. L’objectif est de redonner à la dune son aspect originel alors que la prolifération d’arbustes, en particulier des argousiers, perturbe fortement son ecosystème. www.lenord.fr/lifenature Philippe Houzé

haverskerque

Des papillons PLEIN les yeux Bernard Werquin a beau être retraité, son agenda est particulièrement bien rempli. « Pour mon travail, il m’arrivait d’aller dans des établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap mental mais je ne me sentais pas concerné. Jusqu’à ce que Charles-Henri, notre fils autiste aujourd’hui âgé de 22 ans, nous fasse entrer, ma femme et moi, dans cette grande famille », témoigne le Président de l’association parentale des Papillons blancs de Dunkerque. Il poursuit : « Je suis d’abord entré au comité de parents de l’Institut médico-éducatif de Rosendaël puis j’ai occupé différents postes au bureau de l’association avec toujours le même

souci, celui du bien-être des personnes accueillies. C’est pour cela que je suis aussi vice-président de la Ligue régionale de sport adapté ; l’activité physique est si importante pour la progression des personnes ! Dans tous les domaines, c’est le bonheur de les voir participer et évoluer qui me porte. Leur sourire est un véritable remerciement pour le travail effectué et le temps passé ». Les Papillons blancs de Dunkerque emploient 750 salariés qui accompagnent chaque jour 1 300 personnes déficientes intellectuelles dans 27 établissements et services. Une association de parents engagés soutenue par le Département du Nord. www.papillonsblancs-dunkerque.fr n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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chez vous

métropole

Journaliste responsable de l’arrondissement Arnaud Raes 03 59 73 84 01 - arnaud.raes@lenord.fr

la première pierre du collège Samain a été posée

Dominique Lampla

Geste hautement symbolique, la première pierre du nouveau collège Albert-Samain, à Roubaix, a été posée le 23 septembre dernier. Une première qui en appelle d’autres... Roubaix

Parchemin Dans le cylindre tenu par M. Lecerf, le parchemin, témoin de l’ouverture du chantier du collège Samain.

William Peth - EPDSAE

Le Département s’est engagé à reconstruire cinq collèges d’ici 2020. Le collège Albert-Samain sera le premier. édifié au cœur d’un quartier classé REP +, c’est-àdire cumulant de nombreuses difficultés socio-économiques, ce collège pourra accueillir 630 élèves dont une SEGPA de 80 collégiens. Il sera doté d’une demi-pension capable de servir 330 repas, d’une salle multifonctions et d’un plateau sportif. L’originalité du projet confié au cabinet d’architecture Goulard-Brabant-Loiez et de tenir compte de la présence sur site d’une ancienne brasserie avec cour carrée pavée, qui sera en partie restaurée, et d’un hêtre pourpre remarquable datant de 1840, lequel trônera au centre du nouvel établissement. Pour Jean-René Lecerf, président du Conseil dépar-

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temental, qui a procédé à la pose de la première pierre, «  cette étape concrétise l’envie du Département d’investir dans les collèges dès que ses finances le lui permettent, ce qui est aujourd’hui le cas.  Le projet de reconstruction d’Albert-Samain va également participer à la rénovation urbaine du quartier d’Oran-Cartigny. C’est pourquoi, il bénéficie d’une subvention de l’état de 3,6 millions d’euros sur un investissement global de 20,3 millions. » Construit selon la démarche de Haute qualité environnementale, le collège devrait ouvrir ses portes pour la rentrée 2018 - 2019. à noter que le chantier permettra d’employer des demandeurs d’emploi en parcours d’insertion professionnelle pour un total de 9 420 heures.

LAMBERSART

• Un tremplin vers une vie meilleure De vrais appartements de 35 m2 avec, pour bébé, une chambre séparée de la pièce principale par un mur vitré permettant à maman de le voir. Ce sont les quinze logements récemment réhabilités par Partenord Habitat aux Amandiers. Il s’agit d’un des 8 services de l’accueil Mères et Enfants de l’EPDSAE (établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer) destiné à des femmes au parcours de vie un temps chaotique pour qu’elles se stabilisent avant de retrouver une vie « normale ».


le retour vers l’emploi, une priorité Tourcoing

équipe Doriane Bécue, présidente du CCAS, et Christelle François, chef du service Actifs Emploi qui compte 27 agents.

En lien avec le programme départemental d’insertion, le CCAS de Tourcoing oriente les efforts de son service Insertion vers le retour à l’emploi des allocataires du RSA. Ainsi, le service Actifs Emploi du CCAS a créé différents outils destinés à mettre les allocataires en condition de trouver ou retrouver du travail : un atelier savoir-faire (découverte des métiers de la restauration

Kathleen Deblaere et Nicolas Foulon

Philippe Houzé

et de l’entretien), un atelier savoirêtre (préparation aux métiers de l’aide à la personne), un atelier numérique et une cellule emploi (CV, inscription à Pôle emploi, méthodes de recrutement, etc.). « Les allocataires ont des difficultés mais aussi des compétences et on les aide à se remobiliser », résume Doriane Bécue, également vice-présidente du Conseil départemental.

• Carrefour sécurisé D’importants travaux d’aménagements ont été réalisés durant le second semestre 2016, au carrefour des RD 64 et 65 à Bondues. Il s’agissait de mettre en sécurité ce secteur avec la création de voies de tourne-àgauche et l’aménagement d’une aire de circulation pour piétons et cyclistes autour du carrefour. Les travaux ont été financés par le Département (415 000 €) et la MEL (310 000 €). Cédric Arnould

Cédric Arnould

Bondues

Sécurité. Les travaux ont permis d’accroître la sécurité du carrefour.

même adultes, les adoptés ont leur(s) voix En 2014, lors de l’annuelle conférence organisée par la Maison départementale de l’Adoption, Kathleen et Nicolas découvrent l’existence de la Voix des adoptés. Cette association, créée à Paris, fait partie depuis 2010 du collectif d’associations partenaires du Département pour gérer la Maison de l’Adoption. Elle y tenait des permanences trimestrielles. L’implication de Nicolas, de Kathleen et de quelques autres personnes a permis de créer une antenne qui propose, un samedi par mois, temps d’écoute, groupes de paroles, activités pour ados… et anime une page Facebook. L’association s’adresse avant tout aux personnes qui ont été adoptées. C’est

le cas de Kathleen, née au Vietnam et arrivée en France à l’âge de 6 ans, et de Nicolas, né à l’île Maurice et adopté à 4 mois. Tous les deux ont d’excellentes relations avec leurs parents adoptifs, mais les questions sur leurs origines et les retrouvailles avec la famille biologique sont des sujets que seuls peuvent réellement comprendre d’autres adoptés. « J’ai appris des choses sur ma famille biologique, par exemple que mon père était musicien, comme moi, mais le puzzle n’est pas terminé », dit Nicolas. « Adolescente, j’aurais aimé être aidée. Ici, je viens me réparer et apporter quelque chose que je n’ai pas eu », confie Kathleen. nord@lavoixdesadoptes.com n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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chez vous

valenciennois

Journaliste responsable de l’arrondissement Françoise Colonge 03 59 73 84 04 - francoise.colonge@lenord.fr

un premier giratoire pour le contournement

Cédric Arnould

Après le déplacement des réseaux (gaz, électricité, etc.) commencé au printemps, les véritables travaux d’aménagement du contournement ont démarré en octobre. bruay-sur-l’escaut

Geste symbolique M. Lecerf remet à un conducteur d’engin sa clé pour lancer le début officiel des travaux.

Le 10 octobre, ont officiellement démarré les travaux de ce qui s’annonce comme le plus gros chantier routier de la fin des années 2010 pour le Département du Nord. D’un budget total de 109 M€, ce projet doit permettre de désenclaver plusieurs zones d’activités ainsi que le port à conteneurs de Saint-Saulve. Il doit aussi améliorer la qualité de vie des riverains et de tous ceux qui traversent le Valenciennois d’ouest en est. Enfin, la création d’une zone naturelle protégée et d’un corridor écologique permettra de compenser l’impact écologique du projet. La première partie des travaux concerne la réalisation d’un giratoire à Bruay-sur-l’Escaut, à proximité de la zone d’activités Poléco, et son raccordement à la voirie existante. Elle devrait s’achever en début d’année 2017. Elle sera suivie par la construction de

l’échangeur de Saint-Saulve, un giratoire dénivelé à cinq mètres de hauteur qui devrait nécessiter deux ans de travaux. D’autres ouvrages délicats sont prévus : deux ponts sur l’Escaut et le Vieil-Escaut et surtout une trémie sous l’avenue Jean-Jaurès à Bruay. Puis tous ces points seront reliés entre eux par la nouvelle route, afin d’achever la partie Est du contournement en 2020. «  Avec ce contournement, le Département entend surtout apporter son soutien à la dynamique de développement du Valenciennois. La vision que nous mettons en œuvre est celle d’un aménagement du territoire au service de l’emploi et du développement économique », a déclaré le président du Conseil départemental Jean-René Lecerf lors du lancement des travaux.

Christophe Bonamis

les riverains informés

22 Magazine Nord le Département

Après la réunion publique organisée à Bruay-sur-l’Escaut en septembre avec le vice-président chargé des Infrastructures et des Transports, Arnaud Decagny, les riverains, habitants et entreprises, pourront continuer à s’informer régulièrement sur l’avancée du projet grâce à la mise en place de comités de suivis (à Bruay puis à Saint-Saulve), de permanences de chantier hebomadaires, de la diffusion d’une plaquette et d’un mini-site internet. lenord.fr/contournement-valenciennes


dans la cantine de joséphine, les clients sont comme à la maison Christophe Bonamis

valenciennes

Accompagnement émilie et Joséphine connaissent bien leur travail, mais Marie est toujours là pour les aider si besoin.

Créée en avril 2015 par l’association Handélice, la Cantine de Joséphine est un petit restaurant très singulier. Outre d’y servir à ses clients de la bonne cuisine dans une ambiance chaleureuse, il a pour objectif de faire travailler des jeunes porteurs de handicap, qu’ils soient reconnus comme tels ou très éloignés de l’emploi. Actuellement quatre jeunes (3 équivalents temps plein)

Jean-François Durez

Christophe Bonamis

Valenciennes

officient au fourneau ou en salle. En plus de leur travail, ils ont aussi des ateliers et des cours de maths et de français. « On est dans l’idée d’inclusion globale », explique Jean-Yves Sybille, bénévole et père de Joséphine. « Ils se donnent à fond et recherchent la perfection », s’extasie Marie qui les encadre. 8 place des îlots 59300 Valenciennes 03 27 34 89 65 lacantinedejosephine

• Auprès des personnes amputées D’origine lyonnaise, l’Adepa (Association de défense et d’études des personnes amputées) est implantée depuis 2014 à Valenciennes. Elle mène auprès des adhérents des Hauts-deFrance des actions d’entraide (rencontres, tables-rondes, interventions dans les centres de rééducation…), les aide à défendre leurs droits, organise des journées de loisirs et des week-ends sportifs. Elle tient des permanences le premier jeudi de chaque mois de 9 h à 12 h à la Maison des usagers du Centre hospitalier de Valenciennes. Son site internet apporte de nombreuses informations. www.adepa.fr 06 45 11 94 54

Ses percussions vont vous surprendre ! « J’ai choisi les percussions très jeune. Petit, je frappais sur tout ce qui traînait à la maison. » Vers 6 ans, ses parents inscrivent Jean-François à l’école de musique de Saint-Amand. Depuis, il n’a jamais arrêté. Du conservatoire de Valenciennes, à celui de Paris, en passant par les nombreux orchestres avec lesquels il collabore, dont l’Univers Jazz Big Band qui a fêté récemment ses vingt ans, son CV est long comme un bras augmenté d’une baguette. Tout en enseignant à Paris et Valenciennes et en dirigeant toujours la chorale de sa ville natale où il vit, il travaille régulièrement avec de nombreux artistes classiques, de jazz ou de variétés. « J’accepte tous les projets

qu’on me propose, dès lors qu’ils sont intéressants et que je pense y trouver mon compte. » Il mène aussi en parallèle une carrière de soliste et a enregistré en 2015, avec le label Indesens, un premier album où, accompagné de quelques amis musiciens, il réinterprète Ravel, Debussy, Gershwin… au marimba, au xylophone ou au vibraphone. Un deuxième album, avec le compositeur accordéoniste Richard Galliano, sortira au printemps prochain. Comment réussit-il à tout faire ? « Cela demande une très grosse organisation, mais la passion est comme un moteur dans une vie d’artiste. » www.indesens.fr n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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libre expression

Luc Monnet

Bruno Ficheux

Co-présidents du groupe Union pour le Nord

Notre politique RSA : des droits et des devoirs !

Groupe Union pour le Nord Dès notre arrivée à la tête du Département du Nord, nous avons reconnu que les allocataires du RSA étaient une source de compétences, de savoir-faire et de savoir-être à valoriser. Nous avons pris à bras le corps cette thématique, avec la volonté d’affirmer notre présence sur l’emploi et l’insertion professionnelle. Dans un premier temps, nous avons développé dans chaque territoire des plateformes de l’emploi et de l’insertion professionnelle, créant un lieu d’échanges entre travailleurs sociaux, réseaux économiques et allocataires bénéficiant du Revenu de Solidarité Active. Un but précis : permettre le retour à l’emploi des allocataires du RSA en favorisant le contact direct avec les entreprises.

Didier Manier Président du Groupe socialiste, radical et citoyen

Groupe socialiste, radical et citoyen Dans le cadre de la politique de « lutte contre la fraude », la majorité de droite a instauré des peines administratives contre les allocataires du RSA allant jusqu’à la radiation. Attention, il ne s’agit pas de sanctionner ceux qui fraudent, qui trichent ou qui escroquent le système de solidarité comme le faisait l’ancienne majorité. Non, il s’agit de sanctionner les allocataires du RSA qui ne sont ni suivis par les services sociaux départementaux ni inscrits à Pôle emploi. Au nombre de 45 000 dans le Nord, ces allocataires non inscrits à Pôle emploi ne sont pas tous déméritants. Certains cherchent du travail par eux-mêmes. Beaucoup, en réalité, sont décou-

Maryline Lucas Pour le Groupe communiste, républicain, citoyen et apparentés

Par volonté de transparence, d’équité et d’accompagnement auprès des allocataires, nous avons opéré un rapprochement des fichiers départementaux, de la CAF, de Pôle emploi et quelle ne fut pas notre surprise de constater que 45 000 personnes ne faisaient l’objet d’aucun suivi tout en percevant le revenu de solidarité. Afin de renouer le lien avec les bénéficiaires mais aussi de lutter contre la fraude, nous leur avons adressé depuis mai 2016, des courriers leur rappelant leurs droits et devoirs, dont le principal : s’inscrire auprès de Pôle emploi, sous peine de suspension partielle du versement de l’allocation, avant arrêt total de ce dernier.

Allocataires du RSA : la droite départementale stigmatise et punit la pauvreté ! ragés à l’instar des chômeurs de longue durée qui ont déjà fait de nombreux stages et formations sans débouchés vers un emploi durable. Ils devraient être remobilisés et bénéficier d’un accompagnement adapté afin de résoudre prioritairement leurs difficultés de santé, de mobilité ou de formation. Or, la droite a choisi de baisser drastiquement les crédits dédiés à l’insertion sociale. La droite n’est pas dans le suivi et l’accompagnement des allocataires du RSA. Elle est dans la défiance et la sanction. Ce n’est pas cette politique qui permettra aux plus démunis de sortir de l’exclusion et de retrouver, à terme, un emploi.

Sécurité d’emploi et formation

Groupe communiste, républicain, citoyen et apparentés La grave situation de l’emploi appelle des mesures d’une grande hardiesse pour y faire face. Avec les nouvelles aspirations à un autre travail, à une autre vie, un nouveau monde se cherche. Les progrès technologiques, la transition énergétique et les filières d’emplois futures rendent possibles ces espoirs. Aujourd’hui, la société capitaliste les empêche d’émerger avec une mobilité et une flexibilité synonymes de mal-vie et de précarité, une formation s’apparentant davantage à du formatage. Nous voulons contribuer à l’émergence de ce monde nouveau avec un projet politique dont l’objectif est de garantir à chacun un droit nouveau : la sécurité d’emploi et de formation afin de

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Magazine Nord le Département

favoriser tout au long de la vie un parcours alternant un emploi correctement rémunéré et une formation qualifiante débouchant sur un nouvel emploi. Ce dispositif garantirait, sans passer par la case chômage, une continuité de revenus assurant tous les besoins de la vie. Cette réforme, au moins aussi importante que celle qui a bâti notre Sécurité Sociale, entend répondre au défi de ce siècle. L’argent existe dans notre pays pour construire cette sécurité sociale d’activités et de revenus dans la mobilité. Il faut maintenant en imposer la volonté politique. C’est urgent pour les générations d’aujourd’hui et de demain !


dossier

Le retour à l’emploi : on y va ! Le Département a mis en place il y a un an une politique dynamique de retour à l’emploi des allocataires du Revenu de solidarité active (RSA). Des plateformes départementales de l’emploi ont été créées et des actions d’insertion professionnelle se mettent en place. Textes : Isabelle Quibé Da Silva | Photographies : Christophe Bonamis


dossier ❘ Le retour à l’emploi : on y va !

Des premiers résultats encourageants De juin 2015 à juin 2016, le nombre d’allocataires du RSA a baissé sensiblement.

Insertion. Camélia apprend la vente au sein de Coud’Pouce, une association de l’économie sociale et solidaire qui agit en faveur de l’accompagnement et du retour vers l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignées.

Couverture (photo : P. Houzé) Julien Dusart, responsable d’activité de Sofratel à Cambrai, et Catherine Gérard, opératrice, ancienne allocataire du RSA.

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Magazine Nord le Département

Il s’agit d’un léger frémissement, mais il est bien réel. « De juin 2015 à juin 2016, le nombre d’allocataires du Revenu de solidarité active a baissé sensiblement, de l’ordre de 2 %. Cette diminution représente quand même 14 millions d’euros d’économie pour le Département ! », relève Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental. Le Département étant chargé du versement de cette allocation, il met tout en œuvre pour que le nombre de personnes qui en bénéficient baisse.

Avec le monde économique Ce résultat est le fruit d’une politique active de retour à l’emploi des allocataires du RSA avec plusieurs priorités : la création de plateformes départementales de l’emploi et de

l’insertion professionnelle avec le monde économique, les Chambres consulaires et les acteurs de la formation, la généralisation de la clause d’insertion à tous les marchés départementaux, la remobilisation des allocataires du RSA via le contrôle des droits et devoirs ainsi qu’un renforcement de la lutte contre la fraude. Un partenariat avec Pôle emploi et les travailleurs sociaux permet d’assurer un accompagnement global aux allocataires (inscrits à Pôle emploi) rencontrant des freins à l’emploi. Le but est de remettre les personnes éloignées de l’emploi dans un parcours d’insertion en lien avec les structures spécialisées. Cette nouvelle dynamique permettra aux allocataires de devenir les principaux acteurs de leur parcours d’insertion et d’accès à l’emploi.


Les chiffres Le RETOUR à l’emploi clés dans le Département du Nord

3 461

personnes sont sorties du RSA pour un retour immédiat vers l’emploi

2 %

d’allocataires en moins de juin 2015 à juin 2016

14 M€ 56 %

d’économies réalisées par le Département grâce à cette baisse

des crédits consacrés à l’insertion des allocataires du RSA sont désormais réservés à l’insertion professionnelle (contre 34 % en 2015), les 44 % restants étant réservés à l’insertion sociale (contre 66 % en 2015).

GARANTIR LE RESPECT DES DROITS ET DEVOIRS Suite à la signature d’une convention d’échanges de données avec Pôle emploi, le Département peut désormais identifier les allocataires ne respectant pas leur obligation d’inscription à Pôle emploi. Ainsi, 45 000 personnes ne bénéficient d’aucun accompagnement social et professionnel. Une première vague de 5 000 courriers envoyés aux intéressés a porté ses fruits : 48 % se sont inscrits à Pôle emploi, 11 % ont justifié de problèmes médicaux ou sociaux. Les 41 % qui ne se sont pas manifestés ont été sanctionnés par une baisse de leur allocation sur un mois, dont le montant varie en fonction de la composition du foyer (baisse plafonnée à 100 €). S’ils ne régularisent pas leur situation,

ils encourent une suspension de 4 mois de RSA avant radiation. L’ensemble des 45 000 personnes concernées recevra le même courrier d’ici mars 2017. Ce rapprochement de données permet une meilleure connaissance du profil des allocataires, de les orienter de manière plus fine et pertinente, non seulement en fonction de leur inscription à Pôle emploi, mais aussi en tenant compte de leur degré d’autonomie dans la recherche d’un emploi. Second volet de ces contrôles : la fraude, qui représente 9,3 M€. À l’automne 2016, 312 projets d’amende ont déjà été notifiés. lenord.fr/droitsetdevoirs

l’état SE désengage, les départements sont pénalisés Depuis 2003, date du transfert de l’ex-RMI puis de la décentralisation du RSA en 2009, les Départements subissent une envolée du nombre d’allocataires et donc, de leurs dépenses de prestations sociales. Dans le Nord, 606 M€ sont consacrés au versement de cette allocation. L’État devrait en compenser l’intégralité, mais il ne le fait pas. Le reste à charge pour le Nord est ainsi de 235 M€. À cela s’ajoute une baisse des dotations de l’État (37,5 M€) avec un nombre d’allocataires qui reste important, malgré une légère diminution enregistrée ces derniers mois.

Menace sur les services de proximité Le désengagement de l’État représente une réelle menace pour les services de proximité assurés par le Département. Cela concerne aussi bien l’investissement consacré à l’entretien des routes que la qualité des collèges, l’aide à domicile des seniors, ou encore l’assistance maternelle. Voir p. 33 l’entretien avec Olivier Henno, vice-président du Conseil départemental du Nord chargé de l’Insertion. n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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dossier ❘ Le retour à l’emploi : on y va !

Enedis

Des partenariats pour le retour à l’emploi

La pose des compteurs Linky est la traduction pour Enedis de son engagement en faveur d’une vraie politique de retour à l’emploi et de la formation.

L’accompagnement des demandeurs d’emploi en grande difficulté nécessite une prise en charge globale, à la fois professionnelle et sociale. Forts de ce constat, le Département du Nord et Pôle emploi ont signé une convention qui permet d’accroître la complémentarité et la coordination des actions des conseillers Pôle emploi et des travailleurs sociaux du Nord pour proposer un suivi personnalisé (voir ci-dessous). Actuellement, 67 conseillers Pôle emploi sont dédiés à ce dispositif.

Une vague de recrutements anticipée Ce travail de partenariat mené par les plateformes avec Pôle emploi se traduit aussi par une collaboration avec des entreprises telles qu’Enedis (ex-ERDF). « Nous avons informé Pôle emploi très en amont des perspectives de recrutement des entreprises mandatées pour la pose des nouveaux compteurs Linky, explique Pierre Bouvier qui gère ce dossier chez Enedis. Nous les avons mis en relation et avons proposé une formation

suffisamment complète pour que les non-électriciens accèdent à ces emplois. Cela permet aux personnes identifiées, dès lors qu’elles sont volontaires et motivées, d’être accompagnées afin de retrouver confiance en soi pour se remettre dans une vraie dynamique de retour à l’emploi .» Ainsi, plus de 10 % des personnes recrutées dans le cadre de ce marché sont des allocataires du RSA. pole-emploi.fr/accueilhautsdefrance/ institutionnel/suivirenforce/ laccompagnementglobal

Témoignage

« des solutions plus efficaces et rapides » L’accompagnement global facilite la prise en charge « non seulement des personnes éloignées de l’emploi, mais aussi des personnes diplômées qui ont eu un accident de parcours et ont la volonté de s’en sortir », explique Edwige Labarre, responsable-adjointe de l’Unité territoriale de prévention et d’action sociale (UTPAS) du Département à Haubourdin. Depuis un an, son équipe travaille étroitement avec Marc Penin, conseiller Pôle emploi dédié à ce dispositif. Et les résultats sont là. « Nous proposons des solutions plus efficaces et rapides. Nous connaissons bien les difficultés du public que nous recevons, ce qui permet de lever les freins chacun à notre niveau », témoigne Marc Penin. 28

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Les Contrats initiative emploi, mesure incitative Comment

ça marche ? Le Département cofinance les contrats avec l’état. L’ aide est versée à l’employeur pendant 6 mois pour un CDD et 12 mois pour un CDI. Pour conclure un CIE, il faut en faire la demande à Pôle emploi. L’objectif du Département est d’atteindre 1 000 CIE sur une année.

Taxillico. Cathy Coursier est chauffeur chez Taxillico. Deux CIE y ont déjà signé un CDI.

CIE cofinancés par l’État et le Département

à la tête de Taxillico à Emerchicourt, Christophe Marchienne vient d’embaucher Cathy Coursier en CIE (Contrat initiative emploi) pour transporter des enfants. « Mon intérêt est financier, mais ce dispositif me permet aussi de trouver quelqu’un de sûr, ponctuel et motivé rapidement. » Le conseiller de Pôle emploi de Somain dédié aux entreprises connaît ses attentes

et répond à sa demande plus efficacement. « Nous allons au devant des besoins de l’entreprise et l’incitons à poser son regard sur des profils de personnes vers qui elle ne serait pas allée spontanément », explique Nathalie Declercq, directrice de l’agence. Cela fonctionne : Taxillico a embauché deux CIE en Contrat à durée indéterminée.

Méthode IOD pour les moins qualifiés Delphine Williame travaille chez Eurocaves à Fourmies. Lorsque Vincent Crapet, chargé de mission du réseau conseil CAPEP (Comité d’action pour l’éducation permanente) lui propose d’intégrer cette société, elle IOD financées accepte en dépit de son manque d’expérience. « Nous avons favorisé son par le intégration chez l’employeur en utilisant la méthode IOD , l’Intervention sur l’offre et la demande », explique M. Crapet. Delphine passe le permis Département cariste, se forme à l’informatique et persévère. « Aujourd’hui, je pilote des chariots et j’assure le réapprovisionnement des postes de manière autonome », raconte Delphine qui occupe désormais un poste qualifié en CDI. « Elle va être amenée à former d’autres approvisionneurs de ligne », présage Stéphane Duval, le directeur du site. n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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dossier ❘ Le retour à l’emploi : on y va !

plateformes départementales À quoi ça sert ? Favoriser le retour à l’emploi des allocataires du RSA. Les plateformes de l’emploi et de l’insertion professionnelle mises en place par le Département ont pour vocation de faciliter l’accès à l’emploi des personnes qui en sont le plus proches. Leur rôle est de mobiliser, dans tous les territoires, un maximum d’acteurs du monde économique et de la formation professionnelle (Département, Région, Pôle emploi, organisations patronales, chambres consulaires…) pour établir un lien direct entre les allocataires du RSA et les entreprises qui recrutent, car beaucoup d’emplois ne sont pas pourvus. Grâce à l’échange de données avec Pôle emploi (autorisé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés), le profil de chaque allocataire est désormais connu, avec ses compétences, son parcours. Après avoir été identifié comme répondant aux besoins d’une entreprise, et avoir bénéficié, si nécessaire, d’une formation et d’une préparation, l’allocataire peut être proposé directement aux partenaires. Ce dispositif permet ainsi de contribuer à mieux ajuster l’offre avec la demande de maind’œuvre. À ce jour, 3 461 personnes sont sorties du RSA pour un retour immédiat vers l’emploi.

151 000

des allocataires recensés dans le Nord sont concernés.

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Les partenaires de l’emploi

• Les opérateurs de l’insertion professionnelle • Les acteurs de la formation professionnelle • Pôle emploi • Les branches professionnelles, syndicats patronaux • Les chambres consulaires • Les grandes entreprises


Le Département met le GOME pour mieux travailler ensemble

Les allocataires du RSA • Avoir envie de réussir • Valoriser ses compétences et son savoir-être • être accompagné de façon individualisée vers l’emploi

Les plateformes mettent en relation l’ensemble des acteurs concernés (insertion, formation professionnelle, monde économique...) au sein d’une instance appelée Groupe opérationnel de mise à l’emploi (GOME). Il s’agit par exemple d’orienter plus efficacement les allocataires du RSA (identifiés comme « proches de l’emploi ») vers les dispositifs les mieux adaptés à leur situation (besoin de formation, de lever les freins) et d’aider les entreprises à trouver parmi ce vivier, les personnes susceptibles d’occuper rapidement les postes à pourvoir.

Une orientation plus efficace

Les entreprises • Appuyer le recrutement • S’impliquer dans les grands projets à fort potentiel d’emplois • Anticiper les besoins en ressources humaines à moyen terme • Proposer des profils de personnes prêtes à l’emploi • Sensibiliser, préparer et former aux métiers porteurs

À Valenciennes fin septembre 2016, la première réunion du GOME a fait salle comble, preuve de l’intérêt de tous les partenaires pour ce sujet. Favoriser les circuits courts, assurer une meilleure coordination, éviter les chevauchements de dispositifs, tels sont les points sur lesquels les membres des GOME vont œuvrer. Le croisement de fichiers assuré par les plateformes en lien avec Pôle emploi en sera la première étape.

Retrouvez l’intégralité des reportages sur

lenord.fr > Engagement solidarité > L’insertion et l’emploi

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dossier ❘ Le retour à l’emploi : on y va !

Redevenir acteur de son parcours d’insertion

Le chantier école permet de réapprendre l’emploi, d’élaborer un projet professionnel.

Chantier école à Villeneuve d’Ascq, valorisation du textile à Coudekerque-Branche, deux exemples des nombreux dispositifs destinés à réintégrer les personnes éloignées de l’emploi dans un parcours d’insertion.

lsmäl participe à la rénovation d’un centre commercial pour Résidence Plus à Villeneuve d’Ascq. Delphine trie des vêtements que Camélia vendra ensuite pour Coud’Pouce à CoudekerqueBranche. En lien avec le Département et Pôle emploi, ces associations proposent des ateliers chantier d’insertion encadrés par des professionnels : animateurs, encadrants techniques, référents socio-professionnels… « Nous effectuons un diagnostic professionnel et social, proposons une immersion d’un mois pour

valider leur projet », explique Pascal Rohart, directeur de Coud’Pouce. « Le chantier est un support d’activité. Nous adaptons les horaires pour que ces personnes effectuent leurs démarches et s’investissent dans leur vie de famille. Nous leur proposons un CDDI (CDD d’insertion) de 4 mois renouvelable, puis ils sont orientés vers le secteur marchand ou une entreprise d’insertion pour suivre une formation qualifiante », conclut Myriam Senhadji, la directrice de Résidence Plus.

Témoignage

« j’ai repris confiance en moi »  Fin 2016, neuf allocataires du RSA ont suivi une formation assurée par l’association ACTION, à Avesnes-les-Aubert, et financée par Pôle emploi au sein de l’Unité territoriale de prévention et d’action sociale (UTPAS) de Le Cateau, dans le cadre de l’accompagnement global (voir p.28). Ils ont acquis des compétences sur des savoirs de base (orthographe, calcul, etc.) afin de faciliter leur accès à une formation qualifiante. « J’ai repris confiance en moi », témoigne Cécilia qui vise un BTS comptabilité. Pour Jimmy, c’est un bac pro logistique et maintenance. Au total, ils ont bénéficié de 300 h de formation. Leur conseillère Pôle emploi doit maintenant trouver les formations adaptées à leur projet professionnel en lien avec la référente du Département. Celle-ci assure leur accompagnement social permettant de lever les freins à l’emploi.  32

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L’entretien

« Le Département ne subit plus le RSA, il a repris le contrôle de ses politiques »

Olivier Henno Vice-président du Conseil départemental du Nord chargé de l’Insertion

« Nous avons réorganisé nos pratiques, nos partenariats et réorienté nos crédits. »

Nord le Département : Quel bilan peut-on dresser de la politique mise en place depuis un an ? L’approche vis-à-vis de l’insertion des allocataires du RSA a profondément changé. Nous avons fortement accentué nos politiques sur l’accès à l’emploi des allocataires du RSA en réorganisant nos pratiques, nos partenariats, nos crédits… Le Département ne subit plus le RSA, il a repris le contrôle de ses politiques d’insertion et cela est essentiel. Les premiers résultats sont encourageants et le rythme des sorties vers l’emploi a été multiplié par deux en un an.

avancé une proposition de bon sens qui consiste à calculer une moyenne nationale de la charge des allocations individuelles de solidarité (dont le RSA) et à cibler le soutien de l’état aux Départements qui dépasseraient cette moyenne. Cette proposition a été reprise dans une motion qui a été adoptée à l’unanimité lors du congrès de l’Assemblée des Départements de France en octobre 2016. Mais le gouvernement fait la sourde oreille et reste dans une position de « pompier-pyromane » en étant à l’origine des inégalités et en distribuant des aides d’urgence…

Quels moyens ont été mis en œuvre pour y parvenir ? Nous avons réorganisé nos services avec la mise en place des plateformes départementales de l’emploi et de l’insertion professionnelle. Nous avons réorienté les crédits de l’insertion vers l’insertion professionnelle et l’accès à l’emploi pour les 3 années à venir, dans le cadre de l’appel à projets 2016/2018 (plus de 75 M€). Enfin, nous avons rediscuté le partenariat avec Pôle emploi notamment.

Une convention est en cours d’élaboration entre les Départements des Hauts-deFrance et la Région... La question de l’accès des allocataires du RSA à l’offre de formation professionnelle est un enjeu majeur. Avec les 4 autres Départements de la Région, nous constatons nos convergences de vue dans le respect de l’exercice et des choix politiques de chacun. La convention portera sur les conditions d’accès à la formation pour les allocataires du RSA qui représentent plus de 20 % des demandeurs d’emplois de longue durée mais ne pèsent que 10 % des demandeurs d’emploi entrant en formation. Cette situation n’est pas acceptable et nous sommes heureux d’avancer sur cette question avec le Conseil régional qui partage ce constat.

Où en sont les Départements dans leurs négociations avec l’état pour le financement du RSA? L’état joue avec les nerfs des Départements. Le président JeanRené Lecerf et le président du Conseil départemental du Pasde-Calais, Michel Dagbert, ont

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dossier ❘ Le retour à l’emploi : on y va !

Les clauses d’insertion, taille XXL

personnes ont pu travailler grâce aux clauses sociales des différents marchés du Département en 2015, dont un tiers d’allocataires du RSA.

Interm’aide : ce pôle d’insertion par l’activité économique emploie des allocataires du RSA pour assurer l’entretien des Espaces naturels sensibles du Département à Ostricourt.

Le Département soutient l’emploi des publics en difficulté à travers les marchés publics qu’il confie aux entreprises. La généralisation des clauses sociales à l’ensemble de ses marchés lui a permis de toucher de nouveaux secteurs (informatique, nettoyage des locaux, traiteur, surveillance des musées…) en dehors du bâtiment et de la voirie, et d’atteindre ainsi des personnes avec un niveau de qualification plus varié. Par exemple, Interm’aide assure l’entretien des Espaces naturels sensibles à Ostricourt.

Le Département veille aussi à ce que ses partenaires ajoutent à leur tour des clauses d’insertion dans leurs marchés. C’est le cas pour le canal Seine-Nord-Europe et le syndicat mixte Très haut débit dont le Département est membre. Dans le cadre de sa nouvelle politique de soutien aux projets territoriaux structurants, le Nord a également inclus l’obligation d’intégrer les clauses sociales pour les communes et intercommunalités qui voudraient bénéficier d’un accompagnement financier et d’ingénierie départementale.

POUR ALLER PLUS LOIN Coud’Pouce 03 28 26 15 98 contact@coudpouce.org

Interm’aide 03 20 59 84 71 pole-intermaide.fr

coudpouce.org Résidence plus 03 20 91 32 64

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09 65 31 30 62 contact@capep.com capep.com

ACTION 03 27 82 29 82

resplus@free.fr

action.ala@wanadoo.fr

residenceplus.fr

association-action.org

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CAPEP Sambre Avesnois

Retrouvez notre dossier sur lenord.fr/retouralemploi

Le Département a décidé de généraliser progressivement les clauses d’insertion dans ses marchés publics. Où en est-on aujourd’hui ?

L’EUROPE INTERVIENT DANS LE QUOTIDIEN

42.2 M€

Pour la mise en œuvre de sa politique de retour à l’emploi le Département bénéficiera d’une aide de l’’EUROPE d’ici 2020

Le Fonds Social Européen (FSE) viendra en appui financier sur : • les plateformes de l’emploi et de l’insertion professionnelle, • les clauses d’insertion • l’intervention sur l’offre et la demande pour les moins qualifiés • les ateliers chantiers d’insertion et les actions d’utilité sociale


Mode d’emploi

La procédure d’agrément en vue d’adoption C’est quoi ? Conformément au décret du 1er septembre 1998 modifié par le décret du 1er août 2006, toute personne souhaitant adopter doit solliciter un agrément auprès du président du Conseil départemental.

La procédure est un cheminement qui comprend sept étapes : • la demande écrite de renseignement sur la procédure auprès du président du Conseil départemental (modèles disponibles sur demande) ; • l’information à destination des personnes souhaitant adopter ; • la confirmation de la demande par écrit auprès du président du Conseil départemental ; • la constitution du dossier de demande d’agrément ; • les évaluations sociales et psychologiques qui ont pour but d’apprécier les conditions d’accueil qui seront offertes à l’enfant adopté ; • l’examen de la demande d’agrément par la commission d’agrément ; • la décision d’agrément par le président du Conseil départemental.

Qui est concerné ? La procédure concerne toute personne, célibataire ou mariée avec une personne de sexe opposé ou de même sexe, désirant adopter en France ou à l’étranger.

D.R

Comment ça marche ? Quel contexte ?

Quelles caractéristiques ?

• Le profil des enfants adoptables en France et à l’étranger évolue, avec une proportion croissante d’enfants plus âgés et d’enfants à besoins spécifiques.

• L’agrément est valable pour l’accueil d’un enfant ou de plusieurs enfants simultanément.

• Compte tenu de cette évolution, le Département du Nord a mis en place un accompagnement renforcé des personnes souhaitant adopter. L’accent est mis sur : - l’information apportée ; - la préparation des personnes avant l’arrivée de l’enfant ; - le suivi post-adoption.

• Il est assorti d’une notice affinant le projet d’adoption (âge et profil de l’enfant adopté, etc.). • Il est valable au niveau national pendant cinq ans, sous réserve de la confirmation annuelle du projet d’adoption. • Il ne peut être utilisé qu’une seule fois.

Où s’adresser ? Conseil départemental du Nord Direction Enfance Famille Jeunesse Service Adoption et Droits de l’enfant 51, rue Gustave-Delory - 59047 Lille Cedex 03 59 73 81 43

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RENCONTRE

Pour sa première exposition temporaire, le MusVerre a choisi de présenter le travail d’une artiste belge qui n’est pas verrière mais qui utilise le verre entre autres matériaux pour des œuvres qui jouent avec la lumière.

Ann Veronica Janssens Textes : Françoise Colonge | Photographies : Christophe Bonamis

Nord le Département : être la première artiste présentée dans l’espace d’exposition temporaire du MusVerre, cela vous fait quoi ? Ann Veronica Janssens : J’en suis très fière. C’est assez formidable de participer à l’inauguration d’un tel projet qui s’inscrit culturellement et socialement dans son territoire. Connaissiez-vous déjà Sars-Poteries et l’ancien musée du verre ? Pas du tout, car je ne travaille pas moi-même le verre, je fais réaliser mes œuvres. J’ai donc découvert à la fois l’Avesnois et ce très beau musée en venant installer fin septembre les œuvres qui y sont présentées, les Magic Mirrors et Gaufrette. Pouvez-vous nous parler de ces œuvres ? Il s’agit d’une série de grands panneaux de verre, de deux types : d’une part, des verres lenticulaires, d’autre part des sandwiches de verre lisse dans lequel est inséré un verre Securit® qui est ensuite brisé par un coup de marteau, ce qui crée une myriade de couleurs. Certains panneaux ont déjà été présentés isolément. Ici, il s’agit d’un nouvel agencement. Si vous n’êtes pas artiste du verre, qui êtes-vous ? Une plasticienne ? Je préfère employer le terme « sculpteur », même si je ne travaille pas la matière de mes mains. Je suis née en Angleterre, mais je suis belge. J’ai étudié dans un atelier expérimental, avec une artiste polonaise. Je vis et travaille à Bruxelles. Je donne également des cours à l’école des Beaux-Arts, à Paris.

36 Magazine Nord le Département

Mais votre atelier est à Bruxelles ? Je n’ai pas vraiment une pratique d’atelier. Mon atelier est plutôt un bureau avec un ordinateur où j’essaie de mettre au point des dispositifs. Il m’arrive parfois de faire des petits essais, des maquettes, mais beaucoup de projets ne peuvent pas être expérimentés avant d’être réalisés. Outre le verre, quels autres matériaux utilisez-vous pour vos créations ? C’est très varié. En fonction du contexte, je peux utiliser des matériaux solides, liquides ou gazeux, mais aussi des phénomènes électriques, ainsi que du son et de la vidéo. Mais l’un de mes matériaux principaux est la lumière. Comment cela ? Je propose une sorte d’expérience picturale de l’objet traversé par la lumière. Cela a fort à voir avec la couleur et implique le déplacement du visiteur. On est tout le temps dans le mouvement, c’est une invitation à expérimenter l’œuvre dans son instabilité. Pourtant, vos panneaux de verre sont immobiles… En fait, ce sont des œuvres immersives, où c’est presque le cerveau de l’observateur qui produit l’œuvre. Selon la manière dont il se déplace et dont il voit les réalisations, il crée des formes qui ne sont pas forcément pérennes. J’aime cette forme de liberté, de perte de contrôle. Mes œuvres m’échappent et échappent à l’observateur. C’est la fragilité des signes qui m’intéresse, pas leur force. C’est ce que j’ai envie d’expérimenter et de donner à partager.

Un matériau

« Le verre est un médium que j’utilise, mais le matériau qui m’intéresse, c’est la lumière. Elle permet de travailler avec des notions de contrepouvoir sur des formes qui ne sont pas autoritaires, qui s’inflitrent plus qu’elles ne s’imposent. »

L’installation d’Ann Veronica Janssens est présentée jusqu’au 20 février 2017 au MusVerre, 76 rue du Général-de-Gaulle à Sars-Poteries. Pour en savoir plus sur les animations du musée :

musverre.lenord.fr


rencontre

« Mes œuvres m’échappent et échappent à l’observateur. » n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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TOUT UN MONDE

Fous de trains Grandeur nature ou miniatures, locomotives et chemins de fer sont l’objet de nombreuses passions. Incollables sur le sujet et un brin nostalgiques, les amoureux des trains ont souvent à cœur de partager leur savoir et leur enthousiasme. Textes : Françoise Colonge | Photographies : Philippe Houzé

Des locos vapeur le long de la Scarpe

idée leur est venue il y a un peu plus de trente ans. Ils étaient une demi-douzaine de jeunes hommes, passionnés de modélisme et de chemins de fer à voie étroite (60 cm contre 143,5 cm pour l’écartement standard), des chemins de fer utilisés par l’armée et l’industrie (carrières, sablières, briqueteries…). Ils ont récupéré du matériel et fait une première démonstration, un 14 juillet, sur la grand’place de Saint-Amand-les-Eaux. Et puis ils ont trouvé un bâtiment inoccupé au bord de la Scarpe et ont commencé à poser de la voie ferrée : « Démonter, transporter, travailler dessus en remettant des traverses… Et réparer les locomotives qu’on arrive à récupérer. C’est un travail de longue haleine, il faut être passionné pour faire ça », constate Frédéric Vanruymbeke, un des membres fondateurs de l’association qui a créé le chemin de fer à vapeur de la vallée de la Scarpe. Celui-ci a transporté ses premiers voyageurs en 38 Magazine Nord le Département

1998 et aujourd’hui il parcourt une vingtaine de jours dans l’année les 2,5 km de voies le long de la rivière. «  Mon grand-père était cheminot, explique Frédéric. Et quand j’étais petit, on prenait toujours des trains de campagne pour aller au village. » Devenu conducteur de train à la SNCF, il s’est également formé pour l’association à la conduite des trains à vapeur, avec des conducteurs plus anciens. Et aujourd’hui, il forme les plus jeunes : « Cela peut même aider les jeunes dans leur emploi. Par exemple, la technique de la vapeur est utilisée aussi dans les centrales nucléaires et dans les pressings. » « Notre but est de contribuer à la préservation d’un patrimoine qui a fait travailler beaucoup de monde et a facilité la vie de beaucoup d’autres. Transporter des voyageurs, c’est notre plaisir et on espère aussi susciter des vocations  ! », conclut Frédéric.


2 000 voyageurs par an.

Un parcours réglementé.

Entre les groupes, en semaine, et les particuliers, le dimanche, de début mai à fin septembre, le chemin de fer touristique transporte en moyenne 2 000 passagers chaque année. Des gens en général curieux et très intéressés par les machines.

Une dizaine de membres de l’association savent faire rouler les trains. Mais avant de conduire une des deux locomotives à vapeur de l’association, on doit d’abord avoir occupé les autres fonctions : chef de train, chauffeur puis mécanicien. « Ce système assez rigide est comme un jeu de rôle » sourit Frédéric.

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TOUT UN MONDE ❘ Les fous du train

Buysscheure

Le très beau jouet d’un grand enfant

U

«

n jour, mon papa m’a dit : tu seras adulte quand tu auras réalisé tous tes rêves d’enfant. Et à 63 ans, je suis presque adulte ! » Depuis qu’il a reçu en cadeau son premier train électrique à l’âge de 4 ans, Francis Lalau nourrit une passion pour le modélisme. C’est à 18 ans qu’il a découvert l’échelle G (pour garden), c’està-dire la reproduction de train au 1/20e, la plus grande échelle de trains miniatures — « au-delà, ce sont des trains sur lesquels on peut monter. » Quand, en 2006, des soucis de santé l’obligent à arrêter son activité professionnelle — il réalisait des films publicitaires — Francis et son épouse décident de quitter la métropole lilloise pour s’installer au vert. Ils achètent à Buysscheure une maison sur un grand terrain qui va permettre à chacun de s’adonner à sa passion. Madame crée son jardin japonais, monsieur son jardin ferroviaire ! Il commence à construire, sur une superficie de 1  500 m2, la reconstitution d’un petit monde, quelques villages avec leurs gares, un port, un cirque, une fête foraine… pour y faire rouler des trains, copies de ceux qui circulaient entre 1920 et 1950 sur les réseaux régionaux à voie étroite, comme entre Cassel et Dunkerque. Les trains, de marque LGB, sont conçus pour le jardin et prévus pour rouler par tous les temps. « Le

« On est là pour apprendre quelque chose aux gens. » Le Jardin ferroviaire accueille surtout des randonneurs, des seniors et des scolaires. «Quand je reçois une classe, c’est très didactique, j’ai toujours aimé faire partager !»

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plus grand ennemi, c’est le vent, car il provoque des déraillements. Il faut aussi se méfier des lapins, des oiseaux et même des escargots ! » Les rails, en laiton massif, constituent à l’heure actuelle, le plus grand réseau de France pour cette échelle : 1,1 km de long. Et Francis espère l’agrandir à 1,5 km. Dixhuit locomotives peuvent déjà y circuler en même temps. Le décor, il le fabrique au fur et à mesure, avec de la récup’, du système D et l’aide de la douzaine de membres de l’association des Amis du jardin ferroviaire de Buysscheure. « Un jouet comme ça, ça se partage ! »


D’après cartes postales. Afin de reconstituer le décor d’époque, Francis s’inspire de cartes postales anciennes. La copie d’une église de la Somme, d’une chapelle de l’Ardèche, d’un viaduc du circuit du Vivaret, quelques personnages insolites et des arbres taillés en bonzaï, de quoi faire vivre ce décor.

Un spectacle pour les visiteurs. Ouvert en 2013, le Jardin ferroviaire n’accueille des visiteurs que sur rendez-vous, de juin à septembre. « On ne veut pas un public de masse, on préfère des gens intéressés par les modèles réduits ou l’aspect historique. » La visite constitue un véritable spectacle, avec non seulement le déplacement des trains, mais aussi les manèges qui tournent ou le son de l’orgue de l’église. Et, une fois par an, une nocturne est organisée pour partager en plus la magie des lumières du soir ! n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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TOUT UN MONDE ❘ Les fous du train

Remise sur les rails. Des allocataires encadrés par le CAPEP, association d’insertion située à Anzin, interviennent sur le site de Denain pour rénover les véhicules feroviaires et les bâtiments.

Le chemin de fer d’Anzin

L’histoire d’un réseau très spécial

Un ouvrage complet. Plans, photos, témoignages… nourrissent le livre que Gabriel Grépier a consacré au chemin de fer d’Anzin, édité pour la première fois en 2013. Il y évoque les concessions, le matériel roulant, l’exploitation, les cheminots et les différents événements qui ont émaillé l’histoire de la compagnie.

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lors professeur d’histoire-géographie au lycée Wallon de Valenciennes, Gabriel Grépier s’est plongé dès le début des années 80 dans l’histoire du chemin de fer d’Anzin. Ce petit-fils de cheminot — « mais pas d’ici » précise-t-il — a écumé les documents des Archives départementales du Nord et du Centre historique minier de Lewarde. « On a même fait les poubelles des bureaux de la compagnie à Bruaysur-l’Escaut quand ils ont fermé. J’y ai récupéré des quantités d’archives, des plans de gare par exemple… » Il a pris énormément de photos des locomotives, des wagons, des trains et des bâtiments de ce réseau très particulier, reconnaissable à ses trains jaunes, qui desservaient non seulement les sites miniers mais aussi des entreprises comme Vallourec. La compagnie a même eu un service voyageur de 1838 à 1963.

Cependant, Gabriel n’a pas vécu sa passion seul. Dès 1981, il a créé une association, le Cercle d’études ferroviaires Nord, avec des personnes intéressées comme lui par le chemin de fer, son histoire, son évolution jusqu’à aujourd’hui. Outre les recherches historiques et la photographie, l’association s’est dotée d’une autre mission : récupérer du matériel afin de constituer un musée régional. Celui-ci n’existe pas encore réellement mais, à Denain, une ancienne remise à locomotives abrite une belle collection de matériel ferroviaire récupéré et rénové par l’association. « Entre 1990 et 1994, nous avons fait rouler un train touristique entre la fosse de Wallers-Arenberg et notre dépôt. Il y a même deux films qui y ont été tournés », souligne Henri Hourdequin, actuel président de l’association qui espère un jour relancer les visites sur le site de Denain.


Coudekerque-Branche

Du modélisme à la maison du chemin de fer ancienne gare de Coudekerque-Branche et sa remise abritent un joyeux bric-à-brac. C’est ici que l’association « Le Rail modélisme coudekerquois » entrepose depuis 1998 tout le matériel qu’elle a accumulé. Patrick Smagghe et Christian Toursel, les fondateurs de l’association, qui compte aujourd’hui une quarantaine d’adhérents, nous y accueillent avec le sourire et des dizaines d’histoires. En effet, chaque objet, donné à l’association ou trouvé sur une braderie, a une histoire. Et le lieu, lui-même, nécessite

un point historique. « à part la gare, explique Patrick, toute l’activité ferroviaire de Dunkerque était à l’extérieur de la ville. Et c’est donc à Coudekerque que se trouvaient le dépôt des locomotives, les ateliers d’entretien et le stockage du charbon.» Même si l’association n’a pas les moyens humains, financiers et spatiaux, de créer un musée, la Maison du chemin de fer ouvre trois à quatre week-ends par an. Elle présente alors des expositions sur des thèmes précis comme le transport de voyageurs, le fret, le diesel, la sécurité, la construction de la voie… C’est l’occasion de découvrir une petite partie des milliers d’objets de l’association : maquettes, affiches, tableaux, ouvrages, photos, lanternes, standards téléphoniques, casquettes et uniformes, outils, pendules, bielles et pistons… « Tout le matériel a été récupéré légalement, souligne Christian. On a la chance d’avoir en France une industrie ferroviaire

qui a été en pointe. Mais pour jouer là-dessus, la SNCF s’est volontairement débarrassée du matériel ancien. Ce qui n’a pas été ferraillé a été sauvé par des particuliers ou des associations. » Avant de s’intéresser au matériel grandeur nature, les deux hommes sont d’abord des férus de modélisme. Patrick est même président du Cercle du Zéro, une association nationale qui tient son nom d’une des échelles de modèles réduit (au 1/43e). « Dans la région, on est une trentaine, on se retrouve une fois par trimestre pour montrer toutes les facettes du modélisme à nos adhérents et partager nos savoir-faire. » Quant à expliquer cette passion vouée au train, ils la font remonter tous les deux à l’enfance. « Ma grand-mère était veuve de cheminot. Après la guerre, elle a été aidée par la SNCF. Gamin, avant l’école primaire, je faisais pratiquement tous les dépôts pour aller la voir. Quand j’avais 20  ans, j’ai voulu devenir conducteur de train, mais je n’ai pas pu passer l’examen car je portais des lunettes… », regrette Patrick. Christian, lui, n’est pas d’une famille de cheminots mais : « j’habitais à côté des voies ferrées à Lens. J’ai toujours vu les trains et j’allais jouer au bord des voies. Et puis, je suis d’une génération où presque tous les garçons avaient un train électrique… »

PRATIQUE Train touristique de la vallée de la Scarpe Circule tous les dimanches de début mai à fin septembre. Tarifs : adultes 4 € / enfants (6-12 ans) 2 € 03 27 48 39 65 ffmf.nord.free.fr/

Jardin ferroviaire de Buysscheure Visites sur rendez-vous de début juin à fin septembre. Tarifs : de 2,5 € (scolaires) à 5 € (adultes individuels) 06 89 70 82 19

Cercle d’études ferroviaires du Nord 03 27 29 36 02 / 06 13 74 08 03 cefnord.free.fr

Maison du chemin de fer et Cercle du Zéro Rue du Tonkin à Coudekerque-Branche 03 28 60 78 69 patrick.smagghe@gmail.com

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bons baisers

« Moorea est un petit paradis sur Terre » Marc Perrillat enseignait à Villeneuve d’Ascq jusqu’à ce que l’occasion lui soit donnée d’aller travailler à l’autre bout du monde. Avec femme et enfants, il a posé ses valises en Polynésie. Propos recueillis par Gaëlle Leplat | Photos : Marc Perrillat et Céline Marchandise

9

km

Lille

15

moorea

61

Maharepa

Prénom :  Marc Nom :  Perrillat Âge : 34 ans Originaire de : Lille Vit à :  Moorea Profession : Professeur des écoles spécialisé

comment êtes-vous parti à Moorea ?

on a une vue sur le « Au col des trois pinus,les deux baies de Moorea : mont Rotui qui sépare ohu et à l’est la baie de à l’ouest la baie d’Opun Cook ». 44 Magazine Nord le Département

J’ai travaillé pendant six ans comme professeur des écoles spécialisé en Section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) au collège Simone-de-Beauvoir à Villeneuve-d’Ascq. Depuis la rentrée, j’enseigne au collège de Taunoa à Tahiti grâce à une mise à disposition de deux ans (renouvelable une fois) que j’ai obtenue. Je me lève à 5 h pour me rendre au travail en bateau car Céline, ma femme, Alice (7 ans) et Hugo (5 ans), nos enfants, et moi habitons sur l’île de Moorea, à 17 km de Tahiti. à notre arrivée le 2 août, c’était la première fois que nous y mettions les pieds. On a eu très chaud au début bien que ce soit l’hiver là-bas. Quand on a réalisé qu’il allait faire encore plus chaud, on s’est demandé si on tiendrait le coup !


bons baisers

vous êtes-vous intégré facilement ?

n. ’un lago tourée d i. » n e t s e a it e Moore çoit Tah « L’île d u loin, on aper A

Il m’a fallu un peu de temps pour prendre mes marques avec mes élèves mais on commence à mieux se connaître. Dans leur petite école de village, les enfants ont été très bien accueillis. Ici la vie est tranquille, les gens sont souriants, vous saluent dans la rue et entament facilement la conversation. Le tutoiement est de rigueur partout. On prend vite l’habitude mais à la rentrée, quand la maîtresse des enfants m’a fait la bise, m’a tutoyé et m’a laissé son numéro de téléphone, j’avoue avoir été surpris ! La gentillesse et l’accueil des Polynésiens ne sont pas qu’une légende.

Qu’est-ce qui vous plaît à moorea ?

« à Moorea, la mer et la montagne se cotoient. Ici c’est la baie de Pao Pao, aussi appelée baie de Cook.  »

C’est un petit paradis sur terre. Les paysages sont magnifiques. En débarquant ici, on se croirait dans un décor de film. Tous les sens sont en éveil  : on respire des odeurs de cocos qui brûlent au bord des routes et des parfums de fleurs, on voit toute une palette de vert dans la végétation luxuriante qui côtoie les différents tons de bleu du lagon... Il y a aussi les pics montagneux du centre de l’île, alors on fait le plein de nature ! La circulation des voitures reste limitée car Moorea ne comporte que deux routes, l’une qui fait le tour et l’autre qui permet d’entrer dans la vallée. Dès que possible, on part marcher, se baigner ou découvrir les fonds marins avec masques et tubas. On se sent privilégiés et chanceux de vivre ici cette parenthèse.

le nord doit vous sembler bien loin... !

s baleines. l’observation deble. à e ic op pr t es ia « L’île ir inoubl . » C’est un souven tit face à elles pe ut to nt se On se

Nous ne prévoyons pas de revenir dans les deux prochaines années. Nos familles et nos amis nous manquent, bien qu’on échange beaucoup via Skype. Le coût du voyage est un sacré frein pour qu’ils viennent nous voir, et nous approvisionner en bière ! Nous en sommes de grands amateurs mais ici, au mieux, on trouve de la Goudale à près de 10 € ! Quand cette parenthèse polynésienne prendra fin dans deux ou quatre ans, nous envisageons de rejoindre le Nord car Céline et moi sommes tous deux rattachés à l’Académie de Lille. Mais on aura peut-être été « piqués au fenua », expression locale qui signifie que le cœur et l’esprit des gens sont restés en Polynésie et qu’ils font tout pour y revenir. C’est ce qui effraye le plus nos proches : ils se demandent si on saura un jour reposer nos valises dans le Nord.

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Archives de la verrerie d’En-Haut à Aniche

du côté de…

Les bureaux

du temps jadis Texte : Arnaud Raes I Photos : Emmanuel Watteau

à l’usine comme à la mine, à l’atelier comme au bureau, au moulin comme à la maison, les lieux de travail du passé parfois demeurent. L’association Proscitec, qui valorise le patrimoine industriel, en a fait un thème d’animations durant l’année 2016. Retour sur quelques métiers disparus.

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Le centre de Mémoire offre à voir sur 1 400 m2 le patrimoine verrier d’Aniche.

LE verre vu d’En-haut

Les miroirs de la photographie à partir de 1927, la Verrerie d’En-Haut s’équipe de petits fours alimentés par les résidus des grands fours servant à la fabrication industrielle du verre à vitre. Ces petits fours sont destinés à la fabrication des verres et miroirs spéciaux montés sur les appareils photos.

La ville d’Aniche a longtemps été une place forte de la verrerie française. à la fin du XIXe siècle, on en comptait une dizaine, lesquelles assuraient 50 % de la production nationale de verre à vitre. Parmi elles figurait la verrerie d’En-Haut, fondée en 1823. « En fait, il y en avait deux situées sur un même boulevard en pente : la verrerie d’En-Haut, et la verrerie d’En-Bas », raconte René Diverchy, président de l’association des Amis du centre de Mémoire de la verrerie d’En-Haut, centre qui a vu le jour en 2009 pour protéger et faire revivre le patrimoine verrier anichois. Il est installé dans une ancienne centrale électrique, au cœur du site Saint-Gobain qui a acquis la verrerie d’En-Haut en 1960. Animé par 14 bénévoles, le centre de Mémoire présente sur 1 400 m2 l’histoire et les métiers de l’industrie verrière avec des scènes reconstituées, d’anciennes vidéos et photos d’époque et surtout, énormément d’objets et matériels liés à cette industrie. On y découvre par exemple le

travail des souffleurs de verre ou des porteuses de canons, ces cylindres de verre qui une fois coupés aux extrémités, étaient aplatis pour façonner des vitres de toutes tailles. « Au travers des archives de la verrerie, j’ai découvert qu’en 1924, 1 824 bulletins de paie avaient été enregistrés, ce qui donne un aperçu de l’activité intense qui y régnait », ajoute René Diverchy. Au sous-sol du bâtiment, l’association a recréé les scènes de la vie quotidienne des ouvriers, de l’incontournable estaminet aux divers ateliers de maintenance, en passant par l’immanquable camion de pompier qui assurait la sécurité de l’usine. Aujourd’hui, le centre de Mémoire reçoit la visite d’environ un millier de personnes par an. « C’est vrai que ce n’est pas évident de recevoir des groupes, car nous sommes situés sur un site industriel sécurisé, mais pour la première fois, nous allons nous ouvrir aux scolaires, ce qui est une très bonne chose », se félicite M. Diverchy. n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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du côté de…

Au four et au moulin Jeff Markey est un type formidable. Non seulement, il n’a jamais été meunier, mais, depuis sa retraite de l’industrie, en 2000, il s’avoue Don Quichotte des moulins de Flandre. Non pour les combattre, mais pour les sauver. Il s’est lancé dans la conservation et la valorisation du Steenmeulen (moulin de pierre ou, ici, en brique) de Terdeghem, typique des moulins hollandais. Construit en 1864, il a cessé de produire huile et farine dans les années 1960. « Le travail du meunier était très physique, tant pour moudre les grains que pour entretenir le moulin, surveiller la météo. Il fallait toujours avoir un œil dedans et un autre dehors ! Car l’ennemi du meunier, ce sont les vents changeants. » Bref, contrairement à ce que dit la chansonnette, le meunier ne dort jamais ! Spectacle

Le Steenmeulen est le seul du secteur à actionner encore ses ailes. Spectacle assuré !

Savoir-faire

Jeff Markey n’a jamais été meunier. Mais c’est tout comme !

Moulin blanc.

à l’entrée de Saint-Amand-les-Eaux trône le fier Moulin Blanc. édifié en 1802, il a fourni de l’huile et de la farine jusque dans les années 1950. Cerné d’une galerie extérieure, son diamètre est de 15 mètres. Il est le plus imposant moulin du Nord.

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A la rencontre des potiers et faïenciers Ferrière-La-Petite, près de Maubeuge, conserve une tradition séculaire de l’art de la poterie et de la faïence. Ainsi, entre le milieu de XIXe siècle et le milieu du XXe, la commune a compté jusque 200 potiers et une dizaine d’ateliers. Installé dans l’ancienne poterie Lambert, le Musée de la faïence et de la poterie fait remarquablement revivre cette glorieuse histoire. Les collections tournent autour de la grande vedette du lieu : un four- bouteille, édifié à la fin du XIXe, de 10 m de diamètre intérieur pour 20 m de haut. Il est classé Monument historique !

« Mettre en valeur notre patrimoine industriel »

Monumental

Le four-bouteille du Musée de la faïence et de la poterie est classé monument historique.

Tisserand, un travail de Fourmies Installé dans l’ancienne usine Prouvost-Masurel, le Musée du textile et de la vie sociale de Fourmies fait partie de l’écomusée de l’Avesnois. « Il s’agit d’une ancienne filature de laine peignée fondée en 1863. Cette activité a engendré l’essor de la ville qui, vers 1820, comptait 2 000 habitants, pour 16 000 en 1890 », explique Laurent Nachbauer, directeur-adjoint. La visite de ce musée labellisé « Musée de France » débute par la découverte d’une énorme machine à vapeur, élément indispensable pour actionner l’ensemble des machines à peigner, filer, tisser, la laine. La plupart sont encore en parfait état de fonctionnement, et quand on les actionne, il devient plus facile d’imaginer le bruit et les conditions de travail des ouvrières et ouvriers de la filature. C’est d’ailleurs l’autre intérêt majeur du musée, qui permet de comprendre parfaitement leur vie quotidienne au travers de scènes d’époque reconstituées.

« L’association Proscitec est composée de 70 structures réparties dans les Hautsde-France. Son objet est de mettre en valeur le patrimoine industriel au sens le plus large, aider les associations à mieux communiquer, réaliser des inventaires et des audits », explique Michel Taeckens, membre de Proscitec. « Chaque année, nous organisons des animations sur un thème spécifique. Ce fut les lieux de travail en 2016. Pour 2017, ce sera la nature et les ressources naturelles », explique M. Taeckens.

PRATIQUE Steenmeulen, 550 route d’Eecke, 59114 Terdeghem. 03 28 48 16 10 www.steenmeulen.com Le Moulin Blanc, rue de la Wemberghe, 59230 Saint-Amand-les-Eaux. 06 31 91 99 09 Centre de mémoire de la Verrerie d’En-Haut, 249 Boulevard Drion, 59580 Aniche. 06 64 06 57 01 www.la-retro-d-aniche.com

Boucan d’enfer

Les machines de l’écomusée de Fourmies fonctionnent toujours. On imagine alors mieux les conditions de travail des ouvriers du textile.

Musée de la faïence et de la poterie, cours des Potiers, 59680 Ferrière-la-Petite. 03 27 62 79 60 www.musee-poterie-ferrierelapetite.fr Musée du textile et de la vie sociale, place Maria-Blondeau, 59610 Fourmies. 03 27 60 66 11 www.ecomusee-avesnois.fr

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culture

ÉVÉNEMENT

Prêts. Comme ce beau Concert des oiseaux de Frans Snyders (1579-1657) venu de Cape Town, beaucoup d’œuvres ont été prêtées par des musées étrangers..

L’Odyssée

des

animaux

Les peintres animaliers flamands du XVIIe Cassel

Jusqu’au 22 janvier 2017 Musée de Flandre

Reconnaître un dodo dans le coin d’un tableau, repérer un phoque au milieu des oiseaux, comparer deux scènes de chasse aux renards, s’amuser devant les détails d’une «  singerie  », grimacer de dégoût devant un trophée de chasse ou admirer le soin déployé par le peintre à reproduire le plumage d’une poule… Le visiteur a mille occasion dans cette exposition de retrouver son âme d’enfant. Et, magie de l’art, cela lui arrive grâce à des œuvres peintes il y a trois siècles ! Cette exposition est la première jamais consacrée aux animaux dans la peinture flamande. Un genre cependant Sur une thématique facilement abordable abondamment traité au XVIIe siècle et sous de nombreux avec les plus jeunes, le musée a prévu une série d’animations pour les petits. Les 0-3 ans aspects : scènes idylliques d’un paradis perdu, natures découvriront les tableaux mortes, fiers destriers, arrogantes volailles, lion à E par le biais d’un tapis l’agonie ou concert d’oiseaux… Au total 97 œuvres de d’éveil, « La ronde neuf artistes — dont les plus célèbres sont Brueghel des animaux » (21 l’ancien, Rubens et Frans Snyders — permettent, et 28/12, 7/1). Les au-delà de la variété des sujets, de comparer les 4-6 ans suivront différences stylistiques. Brueghel « Sur les Il s’agit de la plus grande exposition organisée par ailes de Pieter » le musée de Flandre qui y consacre presque toutes (20, 22, 27 et 29/12) ses salles. Au printemps prochain, le second volet ou participeront à de cette « Odyssée des animaux » sera dédié à la des ateliers d’arts création contemporaine en Belgique. plastiques (23 et 28/12) tandis qu’à partir de 6 Françoise Colonge ans avec un accompagnant, ils pourront visiter le musée 03 59 73 45 59 26, Grand’Place déguisés (10, 17 et 21/12).

Des enfants choyés

mm

u ttea Wa uel an

59670 Cassel

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museedeflandre.lenord.fr


Emmanuel Watteau

Petit ou grand, sauvage ou domestiqué, proie ou prédateur, l’animal est au cœur des œuvres présentées dans cette magnifique exposition qui fascinera adultes et enfants.

“ Emmanuel Watteau

Sandrine Vézilier-Dussart Directrice du musée de Flandre

Les peintres animaliers flamands sont très peu connus du grand public et pourtant leur rôle n’est pas à minorer. On peut même dire qu’ils ont été avant-gardistes, ils ont influencé la peinture française (Oudry, Chardin, Desportes) et les Les peintres scènes de chasse de la peinture anglaise. animaliers Comme avec l’exposition « La Flandre et flamands sont la mer » (en 2015), nous avons eu envie de montrer autre chose que ce que l’on extraordinaires. connaît de la peinture flamande. Les Ils ont traité toutes les théma- peintres flamands sont des érudits. Il ne faut pas se laisser berner par leurs capatiques possibles cités techniques et stylistiques à repréqu’offre l’animal. senter la réalité. Il n’y a pas que ça dans leurs tableaux, il y a toujours un message sous-jacent à deviner.

Rencontre

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sorties THéâTRE © Ligue d’improvisation

Christophe Bonamis

Philippe Houzé

exposition

Piano Battle

Deux pianistes virtuoses et imaginatifs improvisent, se défiant et s’affrontant en musique. à mettre entre toutes les oreilles !

Mes envies en Pays de Flandre Lille Vous avez aimé Mes envies en Avesnois ? Le Département du Nord vous invite à poursuivre le cycle de ses expositions consacrées à la mise en valeur des territoires du Nord en partant cette fois-ci à la découverte des Pays de Flandre. Ils s’étendent de Bergues à Steenwerck d’une part, et de Watten à Steenvoorde d’autre part, en passant par Cassel, Bailleul ou encore Hazebrouck.

L’espace estaminet permet au visiteur de faire une pause dans une ambiance conviviale (jeux traditionnels à disposition) ; des temps de dégustation de produits locaux et des ateliers y sont également prévus. Un autre espace permet de se documenter sur l’histoire riche et tumultueuse du territoire et d’en apprendre un peu plus sur ses figures emblématiques (Marguerite Yourcenar, l’abbé Lemire, etc.).

Histoire, culture et convivialité

De quoi vous donner à coup sûr des envies de visites et de séjours au nord du Nord ! • GL Entrée libre. à noter que l’exposition suivante sera consacrée au territoire du Hainaut.

Organisée en lien avec la ronde des géants de Steenvoorde, le Musée départemental de Flandre, la Villa et le parc départemental Marguerite Yourcenar, les villes fortifiées de Bergues et Watten ainsi que les Monts de Flandre et les Marais de Flandre, l’exposition met en valeur la beauté des patrimoines bâtis et naturels du territoire, ainsi que sa richesse culturelle, la convivialité de ses fêtes locales et les saveurs de son terroir.

Lille Maison du Tourisme 3 rue du Palais Rihour

Du 10 décembre au 4 février www.paysdeflandre.fr

Exposition animée Philippe Houzé

forumdepartementaldessciences.fr

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contact@impromarcq.com

COLLECTION

Bourse des collectionneurs Organisée par l’association Roncq toutes collections, cette manifestation regroupe près de 60 exposants, professionnels et particuliers. Entrée gratuite. Roncq Salle Jules-Stelandre Rue Jules-Watteeuw Le 8 janvier de 8 h à 17 h T. 03 20 94 72 95

SALON

Petit carré deviendra cube

Une forme peut en cacher une autre... Que dissimule l’ombre chinoise ? D’une même forme, devinez plusieurs histoires ! Et si derrière le carré ne se cachait pas toujours un cube ? Entre surprise et étonnement, d’expériences en manipulations, les 3-6 ans vont découvrir que la perception d’une forme est sujette à interprétation. Réservation conseillée. Villeneuve d’Ascq Forum départemental des Sciences Du 7 décembre 2016 au 12 novembre 2017 (fermé les 25 décembre et 1er janvier) T. 03 59 73 96 00

Gravelines Scène Vauban, site de l’Arsenal Le 28 janvier à 20 h 30 T. 03 28 24 85 65 La Madeleine Espace Malraux Le 31 janvier à 19  h 30 T. 03 20 12 79 98

à noter : pour fêter l’ouverture de cette nouvelle exposition, les enfants et leur famille sont invités à venir faire la fête et participer à de nombreuses activités le mercredi 7 décembre. Au programme : découverte de la nouvelle exposition, séances spéciales de planétarium, ateliers créatifs, etc. Gratuit.

L’artisanale Ce salon met en scène les métiers d’art locaux. Guy Harbonnier, tailleur de pierre, Jérôme Dussenne, facteur de guitares, Céline Rauwel, créatrice de bijoux et de luminaires, ou encore Benjamin Crapez, recycleur, effectueront des gestes de travail en public. Valenciennes Grand hall de l’hôtel de ville Les 9, 10, 11 et 16, 17, 18 décembre artisanale.valenciennes@gmail.com


sorties THéâTRE

TERROIR ©S. Wauquier, CIVAM

Les choses en face Les neuf territoires du réseau départemental de développement culturel en milieu rural ont participé cette année à un projet intitulé Les choses en face. Conçu par le collectif La Cavale, ce projet a rassemblé sur chaque territoire des adolescents de 11 à 15 ans lors d’ateliers qui ont abouti cet automne à des spectacles mêlant interviews filmées et jeu théâtral. Au total neuf pièces d’un puzzle formant un portrait de la jeunesse du Nord. Un spectacle final avec l’ensemble des participants sur le plateau permettra aux jeunes de se rencontrer et au public de découvrir ce projet original.

Marché fermier

Venez rencontrer des producteurs passionnés et choisir vos produits frais, locaux et de saison. Marché organisé par le Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (CIVAM) avec le soutien du Département du Nord.

Pont-à-Marcq Espace Jean-Claude Casedesus Le 10 décembre à 19 h Entrée libre sur réservation. T. 03 20 05 97 63 rencontres.culturelles@wanadoo.fr

Wambrechies Serres Grave-Lambin Le 18 décembre de 10 h à 18 h

www.civam-nordpasdecalais.fr

Le thème de cette 8e édition du week-end Poil à gratter fait référence au théâtre La Licorne. C’est en effet à Claire Dancoisne, sa metteuse en scène, que la programmation de « formes théâtrales picotantes et chatouillantes pour tous » a été confiée. Du théâtre, du théâtre d’objets, du théâtre

OPéRA

forain mais aussi de la chanson joyeuse, des marionnettes et une installation sur le thème des animaux de la ferme : trois jours de découvertes et de surprises pour petits et grands de 8 à 88 ans (ou plus) ! • GL Hazebrouck Centre André-Malraux Du 20 au 22 janvier T. 03 28 44 28 58

Concert du Nouvel an

www.centreandre malraux.com © Théâtre La Licorne

Opération Licorne !

musique ©Danielle Pierre

spectacle vivant

Ce concert à partager en famille est dédié aux partitions de musique classique utilisées au cinéma : la 5e des Danses hongroises de Brahms reprise dans Le Dictateur, la 5e symphonie de Mahler jouée dans Mort à Venise, ou encore La Wally de Catalani qui figure au générique de Diva. En préambule à ces musiques de films, la première partie du concert reprendra des airs et duos célèbres d’opéra. L’Atelier lyique bénéficie du soutien du Département du Nord. • GL

Il trionfo del tempo e del disinganno

Premier oratorio de Haendel, ce  Triomphe du temps et de la désillusion est interprété par Le Concert d’Astrée dirigé par Emmanuelle Haïm. La mise en scène expose les tyrannies des sociétés actuelles.

Tourcoing Théâtre municipal Raymond-Devos Le dimanche 15 janvier à 15 h 30 T. 03 20 70 66 66

Lille Opéra Les 12, 14, 17, 19 et 21 janvier T. 03 62 21 21 21

atelierlyriquedetourcoing.fr

www.opera-lille.fr n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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sorties FESTIVAL

EXPOSITION

Vivat la danse ! Cette année, le festival fête ses 20 ans ! Pour l’occasion, le public aura le plaisir de retrouver des fidèles de ce rendez-vous de la danse comme Christian Rizzo, Thomas Lebrun, Boris Charmatz ou encore Julie Nioche. Mais cette 20e édition sera aussi l’occasion de découvrir de nouveaux talents (Nadia Beugré, Yves-Noël Genod, Mithkal Alzghair) et d’assister à des formes de spectacle inédites. La scène du Vivat a d’ailleurs choisi « l’étrange est bienvenu » comme fil conducteur de sa saison 2016-2017. Destabilisant mais joyeux ! Avec le soutien du Département du Nord. • GL Armentières Le Vivat Du 21 au 28 janvier T. 03 20 77 18 77 www.levivat.net

La pierre bleue Un marbre noir de l’Antiquité Longtemps considérée comme l’or de l’Avesnois, la pierre bleue reste le matériau emblématique de ce territoire. Mais qu’en était-il dans l’Antiquité ? Un inventaire des collections du Forum antique de Bavay a confirmé l’usage abondant de ce marbre noir dans l’architecture de la ville antique. Ressource naturelle, la pierre bleue se retrouvait dans l’architecture monumentale, dans le domaine funéraire et dans le quotidien des Romains. Autant d’exemples à découvrir dans cette solide exposition !

Bavay Forum antique, Musée archéologique du Département du Nord Jusqu’au 17 janvier T. 03 59 73 15 50 forumantique.lenord.fr

théâtre

éVéNEMENTS Sportifs événements SPORTIFS

Philippe Torreton ©DR

Eurométropole Masters Cette compétition internationale individuelle de judo s’adresse aux Masters, les judokas vétérans âgés de 30 à 80 ans ou plus. En 2016, elle a réuni 580 participants issus de 17 nations différentes, un record qui fait de l’Eurométropole Masters la première compétition de sa catégorie en termes de participation en France. Entrée gratuite. L’Eurométropole Masters, le Handival Judo Nord et l’Open international Kata sont organisés avec le soutien du Département du Nord.

Handival Judo Nord La 2e édition du Handival Judo Nord promet d’être un grand moment de partage sportif. Petits et grands judokas, handicapés et valides, sont invités à venir participer. Entrée et pratiques gratuites pour les enfants nés avant 2007 et pour les adultes. • GL Mouvaux Espace Jean-Richmond Handival le 27 janvier Eurométropole Masters le 28 janvier T. 03 20 59 92 39 www.comitenordjudo.fr/events

La résistible ascension d’Arturo Ui

Open international Kata du Nord Cette compétition consiste en une démonstration de techniques parfaitement exécutées, nécessitant une grande maîtrise gestuelle et une parfaite harmonie entre deux partenaires. Gratuit. Lambersart Complexe sportif Georges-Delfosse Le 10 décembre T. 03 20 59 92 39 www.comitenordjudo.fr/ events

54 Magazine Nord le Département

Comme en 2013 pour Cyrano de Bergerac, Dominique Pitoiset et Philippe Torreton seront ensemble sur scène pour jouer cette pièce de Bertolt Brecht. L’action se déroule dans le milieu de la pègre à Chicago mais s’intéresse en fait aux mécanismes ayant permis à Hitler d’accéder au pouvoir. • GL Valenciennes Le Phénix Les 10 et 11 janvier T. 03 27 32 32 32 www.lephenix.fr


sorties FESTIVALS

L’agenda complet sur le site

lenord.fr rubrique « Agenda »

Retrouvez sur notre site nos suggestions de sorties : concerts, spectacles, salons, sorties nature et sportives, expositions…

Vous organisez un événement ?

Annoncez également vos manifestations en quelques clics sur lenord.fr.

Crossing the line

Rêves de lecture

Venez découvrir trois créations phares française, anglaise et suédoise (créations adaptées pour le public francophone). Au programme, des performances artistiques, des ateliers de sensibilisation et des rencontres entre le public et les artistes  : des découvertes et du partage autour du mélange des cultures, des formes et des langages. • GL

Ce festival vise à promouvoir la littérature contemporaine auprès du plus grand nombre. La 6e édition, qui a pour thème la transmission, propose notamment une lecture musicale sur le thème de la grande dépression de 1936 au Canada, un concert-lecture intitulé « écrire une histoire » et une lecture de «  L’Homme au fond », beau roman nordiste sur l’enfance. Le final du festival sera participatif  : l’occasion pour le public de passer du statut d’auditeur à celui de lecteur. • GL

Roubaix Théâtre de l’Oiseau-Mouche et lieux partenaires (Condition Publique, Théâtre Pierre-de-Roubaix, le Non-lieu) Du 24 au 26 janvier T. 03 20 65 96 50 www.oiseau-mouche.org

EXPOSITION

Dunkerque, Du 3 au 28 janvier T. 03 28 51 40 40 www.lebateaufeu.com

DR

Alechinsky, Marginalia Pierre Alechinsky, peintre et graveur belge influencé par Henri Matisse, présente des livres illustrés qui constituent le fil conducteur de l’exposition. Il donne ainsi à voir un pan méconnu de son œuvre. La présentation des estampes aux côtés de peintures et céramiques de l’artiste met en lumière les liens entre les différentes disciplines artistiques comme dans l’œuvre de Matisse. • GL Le Cateau-Cambrésis Musée départemental Matisse Jusqu’au 12 mars T. 03 59 73 38 00 www.museematisse.lenord.fr

THéâtre

La jeune fille, le diable et le moulin Inspiré d’un conte des frères Grimm, La jeune fille aux mains coupées, ce spectacle d’Olivier Py, chanté et dansé par quatre comédiens musiciens, s’adresse à toute la famille à partir de 7 ans. Une histoire terrible et réjouissante qui se termine bien. Selon le metteur en scène, également directeur du festival d’Avignon, « c’est un conte incroyable sur la résilience, un prodige de récit qui passe du plus noir au plus lumineux.» • FC

  Lille Théâtre du Nord Du 14 au 22 décembre T. 03 20 14 24 24

www.theatredunord.fr

EXPOSITION

Enfants du Nord et du Brandebourg 1870-1970 Pour Charles de Gaulle, sa maison natale située dans le Vieux-Lille, était synonyme de souvenirs d’enfance, notamment de joyeuses retrouvailles entre jeunes cousins. Réalisée en lien avec le Goëthe Institut de Lille et le Bureau littéraire du Land du Brandebourg (Allemagne), l’exposition présente des photos d’enfants prises entre 1870 et 1970. Elles sont issues d’archives familiales confiées par des habitants du Nord et du Brandebourg. • GL Lille Maison natale Charles-de-Gaulle Jusqu’au 29 janvier 9, rue Princesse T. 03 59 73 00 30 lenord.fr/maisondegaulle

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Lu, écouté, vu DOCUMENT

nicolas delecourt

Le petit dictionnaire des mots non assez usités

roman ado

carine bausière

Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles Camille, 13 ans, vit à Roubaix avec son papa et son petit frère. Elle a un ami confident « qui aime les garçons », un prof de SVT qui est « grand, beau, non, il est super beau », des copines, des voisins extraordinaires et des rêves. Mais elle a surtout une immense douleur à surmonter, celle du récent décès brutal de sa maman. Ce roman à la fois très émouvant et drôle fait partager au lecteur le cheminement de Camille et de sa famille pour réapprendre à vivre et à avancer, à trois seulement mais tous ensemble. • GL

Impedimentum, coquecigrue, généthliaque, kézako ? Vous allez le savoir en parcourant ce petit guide réalisé par le Nordiste Nicolas Delecourt, qui propose plus de 1 600 mots pour beaucoup, oubliés, de notre belle langue. Un ouvrage aussi instructif que jubilatoire, qui se feuillette le sourire aux lèvres. Ou encore, un ouvrage munificent qui n’a rien de laïusseur. Passer à côté serait même irrémissible ! • AR Editions du Puits Fleuri, 8,90 €.

Éditions Ravet-Anceau – 198 pages – 13€

Musique traditionnelle

DUO MACKE-BORNAUW

Qui It’s baroque to my ears ! Quand un Flamand français et une Flamande belge se rencontrent, on peut s’attendre à tout ! Ce CD est baroque dans tous les sens du terme. En effet, il reprend des airs baroques composés à la fin du XVIIe ou au XVIIIe siècle — qui côtoient des airs plus récents, mais tout aussi inspirés par ce genre musical, comme la célèbre Petite fugue de Maxime Le Forestier. Mais baroque, il l’est aussi par l’interprétation à l’accordéon de Benjamin Macke et la cornemuse de Birgit Bornauw. Ils nous font en tout cas passer un fort agréable moment. • FC Bemol Productions. 12 €. www.bemolproductions.com

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Lu, écouté, vu

HISTOIRE

Régis Jonckheere et André Lesage

Coudekerque-Branche, 1803-1805, le Camp de Rosendaël Joliment illustré de dessins, gravures et photos, cet ouvrage se veut résolument pédagogique, sans pour autant se prendre trop au sérieux. Il retrace l’implantation momentanée, mais spectaculaire, des armées du Premier Consul, Napoléon Bonaparte, sur la côte de la mer du Nord. Le reste de cet épisode de l’histoire se laisse découvrir en 206 pages avec facilité… • AR En commande à l’adresse : n.delecourt@yahoo.fr

coMPtines

COMPAGNIE DE L’INTERLOCK Tiens toi maladroit(e)

polar junior

mission dinosaure Nancy Guilbert

Ce disque est le fruit d’une belle aventure artistique participative menée par la compagnie de l’Interlock avec les habitantes du Faubourg de Béthune et leurs enfants. Au total, 15 titres ont été produits à partir des petites phrases qui ont émaillé notre enfance. « Fais pas ci, fais pas ça ! Finis ton assiette ! »… De l’écriture des textes au choix des instruments pour les accompagner en passant par la réalisation graphique du disque, tous ont mis la main à la pâte. • IQDS

Ylan est un petit curieux de 10 ans. Il aime flâner au milieu des créatures étranges du musée d’histoire naturelle de Lille grâce à son papa qui en est le gardien. Lorsque le squelette de son dinosaure préféré est volé, Ylan décide d’enquêter, flanqué de ses amis mousquetaires, Nell, Théo et de son chien Mozart. Pour trouver le voleur, Ylan et ses amis vont chercher des indices et affronter tous les dangers. Le suspens reste entier jusqu’au dernier chapitre ! • IQDS Editions Ravet-Anceau – 94 pages – 6,90€.

www.interlock.fr n°289 ı Décembre 2016-janvier 2017

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Histoire d’un jour

14 décembre 1996 Un chantier spectaculaire Il a fallu deux ans de travaux, au cœur de la « Ville nouvelle » pour voir naître le Forum des sciences. Très vite, s’est posée la question du financement de son fonctionnement, fixé à ses débuts à 25 millions de francs par an, soit 3,7 millions d’euros. Finalement, le Département a repris la structure le 1er janvier 2006, assurant ainsi sa pérennité. Photo : Christophe Bonamis, Archives de la Ville de Villeneuve d’Ascq.

Le Forum des sciences infuse Il y a 20 ans ce 14 décembre, le Forum des sciences à Villeneuve d’Ascq était inauguré. L’aboutissement de près de 15 ans de labeur. est une énorme réussite que l’ouverture au public du Forum des sciences posé en face de l’hôtel-de-ville de Villeneuve d’Ascq. à l’occasion de son inauguration, le 14 décembre 1996, 600 personnes découvrent ce nouveau lieu dédié aux sciences et à l’astronomie. L’idée a été mûrement réfléchie par Bernard Maitte, alors physicien et professeur à l’université de Lille 1 et Michel Parreau, le président du Forum des sciences. En 1982, ils fondent l’Alias, Association lilloise d’information et d’animation scientifique et culturelle, bien décidés à vulgariser la culture scientifique, à l’instar de ce qui se faisait en région parisienne avec la Géode de La Villette. En 1988 est créé le Centre régional de la culture scientifique, technique et industrielle, qui ouvre un an plus tard dans un local de 500 m2 en centre ville de Villeneuve d’Ascq. L’Alias participe alors à plusieurs manifestations de vulgarisation de la culture scientifique, comme « Science en fête ». Mais il faudra 14 ans pour réunir les fonds afin que le Forum des sciences voie effectivement le jour. Les premiers coups de pioche du chantier ont été donnés le 28 novembre 1994. Aux manettes, l’architecte tourquennois JeanClaude Burdèse. Il a conçu un édifice de

C’

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4 000 m2 accessible par un escalier menant à l’entrée principale perchée à 6 m de haut. L’ensemble a coûté 62,7 millions de francs, soit près de 9,4 millions d’euros, financés par l’état, la Région et le Département. Seul bémol, le planétarium, le plus moderne d’Europe à l’époque, fonctionne mal. Conçu à Saint-Etienne, il a pris la foudre durant sa mise au point et ne sera vraiment opérationnel que quelques mois plus tard. Pour autant, le week-end suivant l’inauguration fait carton plein. 8  000 personnes se pressent pour découvrir, gratuitement, les lieux. à tel point que le Forum décide d’ouvrir ses portes jusque minuit le samedi 15 décembre et 22 h le dimanche 16. Il faut dire que trois expositions temporaires sont proposées, lesquelles ont peine à absorber le nombre de visiteurs. Car dès les premières semaines, la structure en enregistre plus de 2 000 par jour, ce qui dépasse largement toutes les prévisions. • Arnaud Raes

Le planétarium, c’est gonflé Constituée d’un bloc de béton pesant 162 tonnes, la sphère intérieure du planétarium du Forum des sciences est une structure gonflable ! Elle a été installée à l’été 1995 par une société spécialisée américaine. à l’époque, le planétarium, qui pouvait accueillir 140 personnes par séance, était considéré comme l’un des plus modernes d’Europe. Photo : Christophe Bonamis, Archives de la Ville de Villeneuve d’Ascq.


Comme un chef !

PLAT

Préparation : 20 mn

Cuisson : 5 mn

crème brûlée au maroilles et magret fumé

Ingrédients

(pour 8 personnes)

- 1 gros poireau - 1 oignon - 12 tranches de magret fumé - 1/4 de maroilles - 3 dl de lait

- 3 dl de crème liquide - 1 c. à café d’agar-agar - sel, poivre - 50 g de beurre

Préparation 1- Dans une casserole, faire fondre doucement le beurre, le poireau et l’oignon émincés finement pour réaliser une petite fondue.

3- Faire bouillir la crème, le lait et ajouter l’agar-agar. Verser le tout dans les moules. Mettre à refroidir et laisser prendre au froid.

2- Déposer dans le fond des moules ou ramequins à crème brûlée la fondue de poireau, le magret de canard fumé et les morceaux de maroilles.

4- Au moment de servir, mettre les crèmes brûlées dans votre four en position grill pendant 5 minutes pour colorer les crèmes.

Christophe Bzerovska

Ce maître restaurateur est installé à la tête du Pavé de Sars depuis 2001. Avec son épouse Fanny, il favorise le réseau locavore et diversifie les activités pour répondre aux attentes de ses clients : traiteur, cours de cuisine thématiques, club d’œnologie, création d’une salle de séminaire « et pourquoi pas ouvrir un salon de thé… » Les idées ne manquent pas ! Le couple croit en la capacité de son établissement à dynamiser le territoire de l’Avesnois en lien avec le MusVerre dont il est d’ailleurs membre du réseau des ambassadeurs.

Le Pavé de Sars 126, rue Jean-Jaurès - 59216 Sars-Poteries -

03 27 61 63 20

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Magazine "Nord le Département" n°289 - décembre 2016 - janvier 2017  

Retour à l'emploi : un pari gagnant

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