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NORD LE HORS-SÉRIE DES NORDISTES //


NOTRE SÉLECTION PHOTO U CONCOURS

D

RETROUVEZ-NOUS SUR nord_departement @lenord departement.du.nord dailymotion.fr/Nord-le-Departement

@edwige_coevoet - Le moulin de Cassel

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@bliss_aud_rey Centre historique minier de Lewarde

Hors-série - mars 2018 Magazine distribué gratuitement aux Nordistes. Pour être ajouté à la liste de diffusion, contactez-nous : 03 59 73 85 29 - diffusionnord@lenord.fr Tirage : 1 188 923 exemplaires. Tous droits de reproduction réservés • ISSN : 2557-3276 (imprimé) 2557-4280 (en ligne). Dépôt légal : mars 2018. Directrice de la publication : Valérie Menault • Rédacteur en chef : Pierre-François Decourcelle • Rédaction : Perrine Delporte-Lénart, Gaëlle Leplat, Isabelle Quilbé Da Silva, Arnaud Raes • Secrétariat de rédaction : Emmanuelle Lemaître • Conception graphique et réalisation : Barbara Brassart, Coralie Lambriquet, Pierre-Loïc Malhaprez, Joan Ryckeboer, Patricia Wissocq • Chef de projet édition-fabrication : Patrick Lenoble • Photographes : Dominique Lampla, Philippe Houzé, Cédric Arnould - Photothèque du Département du Nord • Service iconographique : Barbara Bonny • Photogravure : Angelini • Impression : Lenglet Imprimeurs Contact rédaction : magazine@lenord.fr - 03 59 73 83 50 51, rue Gustave-Delory 59047 Lille Cedex


Le Département est à vos côtés chaque jour et sur tous les territoires. Vous connaissez sans doute son réseau routier, et peut-être son investissement en faveur des collèges… Mais saviez-vous que le Département innove et investit pour renforcer l’autonomie des plus fragiles ? Qu’il mobilise les acteurs du territoire pour promouvoir un réflexe local dans notre alimentation  ? Ou encore qu’il a permis le retour à l’emploi de près de 7 000 allocataires du RSA ? Ce magazine hors-série s’arrête sur les parcours de ces habitants de la métropole et de nos campagnes, de ces producteurs, de ces chefs d’entreprises qui ont pu s’appuyer à un moment de leur vie sur le Nord. Pour eux comme pour vous, LE DÉPARTEMENT EST LÀ !

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GRAVELINES RSA : les entreprises se mobilisent

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7

VALENCIENNES

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Un contournement pour doper l’activité

BAILLEUL

L’approvisionnement local, tout le monde y gagne

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POIX DU NORD

Nos collèges se modernisent

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MÉTROPOLE LILLOISE Autonomie, des logement adaptés en fonction des besoins

12

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CAUDRY

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DOUAI

À la PMI, on protège les enfants et les mamans

Une plateforme pour favoriser la mobilité

15

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SARS-POTERIES

Au MusVerre : les Nordistes mettent la main à la pâte

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ENFANCE EN DANGER : la famille en première ligne

D. Lampla

Pour l’enfance et la jeunesse

Lorsqu’un jeune est en difficulté, les travailleurs sociaux du Département favorisent les solutions dans son environnement habituel afin de maintenir les liens familiaux. Mia peine à canaliser ses émotions, à tel point qu’à 10 ans, une mesure d’intervention éducative à domicile (IEAD) lui a été proposée, ainsi qu’à ses parents, par les services de l’Aide sociale à l’enfance. « J’ai pris une claque quand j’ai appris que les services sociaux allaient intervenir, mais ça a été un vrai soutien », explique Elisa. Cette maman, pourtant très impliquée dans l’éducation de ses enfants, reconnaît avoir besoin d’aide. « La mesure s’est traduite ici notamment par un accompagnement à la scolarité et un soutien pour les parents, l’IEAD pouvant prendre une multitude de formes  », explique Ruby Dumont, l’éducatrice spécialisée. Une fois les objectifs à atteindre définis ensemble, elle est intervenue régulièrement dans cette famille, auprès de Mia, du couple et de la fratrie. Cela a

fonctionné car toute la famille s’est investie dans la démarche. Sorties culturelles ou sportives, goûters… Tout était prétexte à maintenir les liens sociaux. « Mme Dumont nous a donné des outils très utiles », assure Elisa. L’IEAD favorise la responsabilisation des parents : « On ne fait pas les choses à leur place », relève Ruby Dumont. Elle a aussi permis d’éviter la mise en place de mesures plus difficiles à vivre comme le placement. Parfois incoutournable, cette mesure est envisagée dès que possible au sein d’une famille d’accueil. Aujourd’hui, Mia a 12 ans. La mesure a été levée mais le lien est maintenu par le biais d’une thérapie familiale accompagnée par l’assistante sociale. « Je me suis améliorée même si je dois encore travailler certains points », reconnaît l’adolescente.

Et APRÈS…

D. Lampla

Émilie a 23 ans. Elle veut être éducatrice spécialisée. Un choix évident pour celle qui a été placée en foyer à 12 ans, puis en famille d’accueil : « Je le vis comme une chance qui m’a permis de ne pas mal tourner. » La limite d’âge atteinte, sa référente ASE l’a orientée vers un foyer de jeunes travailleurs, ce qui ne l’empêche pas d’avoir gardé des liens très forts avec sa famille d’accueil. Elle exerce des petits boulots l’été,

4 I HORS-SÉRIE LE DÉPARTEMENT EST LÀ

bénéficie d’une bourse pour ses études, touche l’APL et reçoit une fois par mois un colis alimentaire de l’ADEPAPE*. Elle a bon espoir d’obtenir son diplôme en juin pour voler de ses propres ailes et pouvoir, en décrochant un poste dans une maison d’enfants, « rendre ce qui m’a été donné. » *Association Départementale d’Entraide des Personnes Accueillies en Protection de l’Enfance du Nord.


75 000  À LA PMI, on protège les enfants et les mamans

P. Houzé

CONSULTATIONS PMI / AN

Accompagné par sa maman, Rafaël vient régulièrement en consultation infantile de PMI à Douai où il peut rencontrer puéricultrice, infirmière, psychologue et médecin. Ici, une équipe pluridisciplinaire mène un travail de prévention en veillant au bon développement des enfants de moins de 6 ans au sein de leur famille. Outre les consultations infantiles, les bilans de santé des enfants de 3 – 4 ans et un suivi à domicile pour les enfants qui le nécessitent, la PMI propose aux femmes un suivi de la grossesse par une sagefemme, un accompagnement du retour à domicile après l’accouchement et des actions de planification familiale. En lien avec les différents services de l’UTPAS*, elle mène aussi diverses actions pour favoriser l’intégration sociale des mères et de leurs enfants et soutenir la parentalité. La PMI assure également le suivi de la qualité de l’accueil chez les assistants maternels et dans les structures d’accueil collectif du jeune enfant (crèches…). Ce service ouvert à tous est accessible dans près de 400 lieux dans le département, sans compter les deux cars PMI mobilisés pour les territoires ne disposant pas d’équipement.

Sous l’œil attentif de sa maman, Rafaël, 10 mois, se prête volontiers à l’examen mené par la puéricultrice.

LUTTER CONTRE LE DÉCROCHAGE SCOLAIRE chez nos ados

D. Lampla

*Unité Territoriale de Prévention et d’Action Sociale.

Pour lutter contre l’absentéisme, le décrochage scolaire et les phénomènes de radicalisation, des éducateurs* interviennent au sein des collèges en réseau prioritaire. Leur connaissance du terrain leur permet une intervention ciblée en lien avec les jeunes, leurs familles et l’équipe éducative avec laquelle ils identifient les besoins au cas par cas. Ils effectuent ainsi un travail de médiation auprès des familles et du collège. « Nous pouvons animer des groupes de parole, intervenir dans les classes et en dehors de l’établissement, assurer une permanence, déjeuner avec les élèves… », explique Marie-Élodie Lenne, éducatrice de prévention spécialisée au CAPEP**. Un dispositif propre au Département du Nord qui souhaite développer 50 postes à l’horizon 2020. *Appelés ALSES, Acteur de liaison sociale dans l’environnement scolaire, ces postes sont financés par le Département. **Comité d’action pour l’éducation permanente.

À Lourches près de Denain, Marie-Élodie Lenne assure la phase de diagnostic auprès des élèves et en lien avec l’équipe éducative.

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D. Lampla

Pour les collègiens

Paul, élève de 4e, suit avec intérêt l’évolution des travaux.

DES COLLÈGES RÉNOVÉS, où il fait bon étudier L’établissement de Poix-du-Nord, dans l’Avesnois, est l’un des collèges en cours de réhabilitation dans le Nord. Nous avons rendez-vous avec Paul Bécart, élève en 4e, pour la visite. L’entrée du collège se fait par un chemin bordé de palissades de chantier. Sécurité oblige. De l’autre côté, les ouvriers s’affairent pour élever le bâtiment qui accueillera la vie scolaire, la salle de permanence et le foyer. Depuis un an, des travaux de reconstruction partielle sont assurés au collège Montaigne. Paul nous guide dans un autre bâtiment qui a bénéficié d’une extension. On y trouve le CDI, les salles de musique et d’arts plastiques. « Certains cours étaient assurés dans des préfabriqués qui ont depuis été démolis. Toutes les salles de classes ont été refaites, c’est beaucoup plus agréable ! Et puis ça permet de réaliser des économies d’énergie. » En mettant l’accent sur la réhabilitation ou la reconstruction des collèges existants, le Département souhaite favoriser la qualité des conditions d’études dans les bâtiments dont il assure la gestion. En septembre, les 260 élèves et l’équipe encadrante devraient rentrer dans un établissement entièrement réhabilité pour lequel 1  807 heures d’insertion auront été assurées par des personnes éloignées de l’emploi.

46 % 202

DES COLLÈGES PUBLICS DU NORD RÉNOVÉS DEPUIS 2015

collèges publics du Nord sont raccordés au haut-débit et disposent d’un espace numérique de travail.

6 I N° SPÉCIAL AU COEUR DE VOS VIES

5 701

DEMI-PENSIONNAIRES DU PRIVÉS AIDÉS PAR LE DÉPARTEMENT

(sur un total de 35 725 demi-pensionnaires)

Le saviez-vous ? Le transport scolaire des élèves est assuré par la Région Hauts-de-France depuis le 1er septembre 2017.

Tous MOBILES

!

Pour favoriser l’apprentissage de la natation des élèves de 6e, le Département apporte une aide financière aux collèges les plus éloignés des piscines. 73 établissements publics et privés sont concernés. En 2018 cette aide est élargie à l’accès aux équipements culturels départementaux pour les collégiens dont les établissements se trouvent en zone rurale, soit 46 établissements au total. Enfin, depuis la rentrée 2017, les 3 700 jeunes porteurs de handicap peuvent choisir le transport le plus adapté à leur situation : véhicule personnel, abonnement train, bus ou véhicule adapté, seul ou accompagné… Le Département contribue ainsi à les aider à gagner en autonomie et en indépendance dans leurs déplacements.


Pour l’alimentation et l’agriculture

C. Arnould

APPROVISIONNEMENT LOCAL : élèves et producteurs s’y retrouvent

Au collège Maxime-Deyts, 3/4 des viandes sont issus du circuit court.

115

COLLÈGES DU NORD

ont intégré la démarche d’approvisionnement local, soit 37 000 collégiens

125 000 REPAS SERVIS / JOUR

dans les collèges, EHPAD, maisons de l’aide sociale à l’enfance…

+ 50%

Depuis 2015, le Nord encourage le réflexe local dans les restaurants scolaires des collèges. Un partenariat gagnant-gagnant pour les producteurs et pour les élèves demi-pensionnaires. Immersion au sein du restaurant du collège de Bailleul en Flandre. Aujourd’hui, le menu du jour affiche du sauté de porc préparé par Freddy Vendeville, chef de cuisine du collège Maxime-Deyts. « Environ ¾ des viandes, poissons et légumes sont fournis en approvisionnement local », indique-til d’emblée. Un tour de force, quand on sait que la demi-pension du collège Deyts est l’une des plus importantes du Département, avec près de 700 repas servis par jour. «  Cela permet de supprimer pratiquement toutes les boîtes de conserve. » Côté viandes, c’est l’association des Éleveurs des plaines et des beffrois, basée à Hazebrouck, qui approvisionne le collège. « Nous avons été accompagnés par la Chambre d’Agriculture Nord Pas-de-Calais pour développer trois filières sur le porc, la volaille et le lapin », explique Damien Carton, président de l’association et éleveur de porcs à Herzeele. « Toutes nos bêtes sont garanties 100 % locales. Nous appliquons des règles strictes en matière de respect du bien-

être de l’animal et d’alimentation 100 % végétale. » Ce cahier des charges, gage de qualité, permet aux producteurs de l’association de travailler avec de nombreux collèges, lycées, écoles, maisons de retraite, entreprises de Flandre.

Un marché en pleine expansion La qualité des mets confectionnés participe également à la réduction du gaspillage, autre combat dans lequel le Département s’investit. L’approvisionnement local présente également un intérêt économique pour le monde agricole, à travers un partenariat gagnant-gagnant avec les établissements. « La démarche du groupement d’achat assure des revenus pérennes aux éleveurs qui ont parfois l’opportunité, comme je vais le faire, d’embaucher du personnel », explique Damien Carton. « C’est aussi une façon de soutenir nos abattoirs. » lenord.fr/approlocal-emploi

DU CHIFFRE D’AFFAIRES

de la plateforme approlocal.fr généré par les chefs de collèges

CULTIVER

le réflexe local Dans le cadre du soutien aux Projets Territoriaux Structurants, le Département finance deux projets de cuisines centrales à Pérenchies et à Solesmes. Ces équipements permettront le développement de l’approvisionnement de proximité pour la restauration collective de plusieurs écoles. Ils verront le jour à partir de 2018. Pour cultiver le réflexe local, un logo a également été créé récemment pour récompenser les établissements engagés dans une démarche locale.

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Pour favoriser l’emploi P. Houzé

OUI AU CANAL SEINE-NORD-EUROPE ! Immense projet structurant, le canal Seine-Nord-Europe répond à un enjeu vital pour le Nord et toute la région Hautsde-France. Tous les acteurs politiques et économiques sont unanimes pour dire que le canal doit se faire, avec à la clé un potentiel de 10  000 emplois. Il faut pour cela un accord sur le financement impliquant un engagement de l’État. Le Département du Nord s’est lui déjà engagé, en décembre 2016, à hauteur de 200 M€ et s’adapte pour préparer ce chantier.

PRÈS DE

« Notre plateforme emploi locale rapproche l’offre et la demande, repère les compétences et accompagne la formation les allocataires du RSA. L’ouverture d’une plateforme mobilité à Caudry nous y aidera (lire p.12)  », explique Annie Chatellain, Directrice territoriale de prévention et d’action sociale du Cambrésis. Le sort du canal Seine-Nord devrait être scellé dans les prochaines semaines. D’ici là, on croise les doigts !

7 000

ALLOCATAIRES ont retrouvé un emploi en un an.

RSA : les entreprises se mobilisent

P. Houzé

Le retour à l’emploi des allocataires du RSA est le fruit des partenariats négociés avec les entreprises du territoire. C’est le cas à la centrale nucléaire EDF de Gravelines. À 27 ans, Julien Revel n’aurait jamais imaginé retourner à l’école. Pourtant, depuis plusieurs mois, il enchaîne les aller-retour entre le centre de formation et la centrale nucléaire EDF de Gravelines. À la recherche d’alternants en bac Pro environnement nucléaire et soucieuse de favoriser la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), EDF contacte la Plateforme territoriale de l’emploi et de l’insertion professionnelle de Dunkerque pour l’aider à identifier des allocataires du RSA. Julien est présenté par le Département et passe les entretiens avec succès. Son diplôme

en poche, il devrait trouver un poste facilement, chez EDF ou l’un de ses sous-traitants. « Une réussite collective permise grâce à un service sur mesure, chacun ayant fait preuve de réactivité  », souligne Hervé le Breton, le DRH du site qui va étendre le dispositif et entend bien en faire la promotion auprès d’autres entreprises. Grâce à ce maillage du territoire, les plateformes ont collectées 3 052 offres d’emploi sur l’ensemble du département.

Retrouvez l’engagement d’une autre entreprise, le groupe PSA à Hordain sur lenord.fr/psa

8 I HORS-SÉRIE LE DÉPARTEMENT EST LÀ


Pour soutenir l’activité

UN CONTOURNEMENT

Chantier phare du Département lancé en 2016, le contournement nord de Valenciennes, long de 5,2 km, reliera Raismes à Saint-Saulve en desservant les communes de Beuvrages et Bruay-sur-l’Escaut. Objectif : renforcer l’attractivité du Valenciennois en fluidifiant le réseau routier actuel. Ce contournement, comme celui du CateauCambrésis mis en service en novembre 2017, vise aussi à améliorer le cadre de vie des habitants des communes concernées en matière de sécurité, de pollution et de nuisances sonores. La première phase de travaux, entamée à l’été 2017, a permis d’amorcer la réalisation d’un échangeur dénivelé à Saint-Saulve. D’autres ouvrages d’art suivront : giratoires, franchissement de cours d’eau et de voies ferrées. La mise en service se fera par tronçons, avec une ouverture complète prévue pour 2024.

4 500 KM DE ROUTES DÉPARTEMENTALES

411

KM RÉNOVÉS EN 2018

D. Lampla

pour doper l’activité du Valenciennois

388

CHANTIERS D’ENTRETIEN EN 2018

hors MEL

Les travaux de l’échangeur de Saint-Saulve ont démarré à l’été 2017.

« Il y a du travail ici, on embauche ! » Dominique Paccou est directeur du GEIQ rural des Flandres, groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification agricoles lancé en 2016 avec le soutien du Département. « Nous recrutons des personnes motivées et les formons selon les besoins spécifiques des adhérents », explique-t-il. L’an dernier, le GEIQ a recruté et formé 23 Nordistes dont la moitié étaient allocataires du RSA. Pour Olivier Adriansen, producteur-vendeur de pommes de terre à Brouckerque, «  le GEIQ est une passerelle entre les adhérents et les candidats. On n’a pas le temps d’éplucher les CV et le recrutement, c’est un métier. » Grâce au GEIQ, il a trouvé une conductrice de ligne de conditionnement et Virginie Dupré a trouvé un emploi durable dans lequel elle s’épanouit. « J’ai toujours travaillé en usine. Sans le GEIQ, je n’aurais pas eu l’idée de me tourner vers le secteur agricole. Il faut changer de regard sur ce secteur », estime-t-elle. Un avis partagé par Dominique Paccou pour qui le GEIQ doit aussi travailler sur l’attractivité des métiers agricoles. Tout en étendant, en 2018, son champ d’activité à l’ensemble du département.

P. Houzé

Nos fermes embauchent, LE NORD LES ACCOMPAGNE

lenord.fr/geiqrural-flandres Avant d’être embauchée par Olivier Adriansen, Virginie Dupré a bénéficié de dix semaines de formation par le GEIQ et une année en contrat de professionnalisation.

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« Le Département est à la base du vivre-ensemble de notre République » Jean-René LECERF Président du Département du Nord

À mi-chemin de cette immersion au cœur de nos territoires, arrêtons-nous sur les enjeux actuels pour le Département du Nord avec Jean-René Lecerf, son Président. Un éclairage qui permet de mieux comprendre les choix faits par le Département pour préparer l’avenir. Les difficultés financières du Département du Nord ont été largement commentées. Trois ans après votre arrivée, l’optimisme est-il de retour ? Oui ! Nous sommes désormais capables de faire face à nos compétences obligatoires, ce qui n’était pas le cas en 2015, sur le versement du RSA par exemple ou

sur l’aide aux communes qui avait fait l’objet d’un moratoire. Ce temps est révolu ! Sur beaucoup de ces sujets, nous assumons nos obligations et avons même repris une partie du retard qui avait été accumulé. Quels sont les leviers qui ont permis ce redressement ? Nous avons multiplié les politiques nouvelles pour en quelque sorte

dépenser mieux. Le travail mené avec les chefs d’entreprises dans le cadre du retour à l’emploi nous a par exemple permis de réduire le nombre d’allocataires du RSA. En 2017, pour la première fois les montants versés ont diminué ! Lorsqu’on crée des béguinages adaptés pour proposer une offre entre le domicile et les EHPAD (Etablissements pour personnes âgées dépendantes), lorsqu’on crée des habitats intermédiaires pour l’autonomie des personnes handicapées, nous proposons aussi une autre politique, plus humaine et, de surcroît, moins onéreuse pour la collectivité.

Le Nord est aux côtés du monde économique « Les chefs d’entreprises nous écoutent aujourd’hui et reconnaissent le travail que nous menons », souligne Jean-René Lecerf. Un partenariat qui se manifeste notamment par l’accès à l’emploi des allocataires du RSA (lire p.8). Mais plus largement le Nord s’engage dans des projets structurants, comme le contournement routier de Valenciennes, et maintient un

soutien conséquent aux projets de vos communes. En rendant nos territoires plus attractifs, votre Département crée des conditions favorables au développement économique. La baisse du taux de taxe foncière en 2018, applicable aussi aux entreprises, est une autre illustration de ce partenariat dynamique.

Le Nord a notamment financé la Serre numérique, incubateur d’entreprises à Valenciennes.

10 I HORS-SÉRIE LE DÉPARTEMENT EST LÀ


Ces priorités se traduisent aussi à l’échelle des territoires ? Très clairement. On parle beaucoup aujourd’hui des métropoles, au point qu’on risque de reproduire Paris et le désert français avec les grandes métropoles ! Oui, en tant que Département nous faisons la différence pour aider les territoires qui en ont le plus besoin, à travers les petites et les moyennes communes. C’est cela être réellement équitable, différencier le traitement de ceux qui ont de l’argent et de ceux qui en ont moins.

De nouveaux partenariats pour amplifier les résultats

D’autres acteurs doivent-ils s’engager pour ce rééquilibrage ? C’est déjà le cas avec la Région et avec nos voisins du Pas-de-Calais sur le développement du très haut-débit par exemple. Nous nous mobilisons aussi ensemble pour le Canal Seine Nord, même si sur ce sujet, comme sur d’autres, l’intervention de l’État n’est pas à la hauteur. Concernant le financement des allocations individuelles de solidarités (RSA, APA, PCH*) : il n’y a pas une semaine sans que je me batte à Paris pour une répartition plus équitable. Chacun comprend qu’on ne peut pas traiter de la même manière un Département comme Paris ou les Hauts-de-Seine et le Nord ou le Pas-de-Calais. Il en va de même pour l’accueil des Mineurs non accompagnés**. Cette question, liée à des flux migratoires qui nous échappent, doit relever de la solidarité nationale.

de nos 45 UTPAS (Unité territoriale de prévention et d’action sociale) sont les seules à rester ouvertes à tous aujourd’hui. Nous avons même ouvert une nouvelle UTPAS récemment à Roubaix. C’est là que les personnes plus fragiles trouvent une réponse à leurs problèmes de vie, voire parfois de survie quotidienne. Alors oui, le Département est l’assurance-vie de la République. Les personnes les

d’incendie et de secours du Sud du Département sont notamment mutualisés avec ceux du Nord de l’Aisne. Les élus se sont d’ailleurs rencontrés récemment. Des liens existent également entre nos deux laboratoires départementaux dans les missions de soutien à l’élevage.

plus fragiles comptent sur nous. Les territoires les plus fragiles ont besoin de nous. Si le Département disparaît, c’est tout le vivre-ensemble de la République qui est menacé. * Revenu de solidarité active, Allocation personnalisée d’autonomie, Prestation compensatoire du handicap **anciennement MIE, Mineurs isolés étrangers

D. Lampla

On entend ici et là des interrogations sur le rôle des Départements. À quoi ressemblerait selon vous une France sans Département ? Dans nos territoires, surtout les plus sensibles, les portes se sont fermées les unes après les autres. Les nôtres, celles

Une convention a été récemment signée avec la Région Hauts-deFrance pour favoriser la formation (compétence régionale) des allocataires du RSA. Ce nouvel outil est au service d’un objectif commun : le retour à l’emploi ! Des collaborations existent également avec nos voisins. Des moyens

Une 4e UTPAS a récemment complété l’offre sociale du Département à Roubaix.

Retrouvez l’interview de Jean-René Lecerf sur lenord.fr/jeanrenelecerf-mars18

MARS 2018 MAGAZINE LE NORD I 11


C. Arnould

Pour le développement des territoires,

LE TRÈS HAUT-DÉBIT passe à la vitesse supérieure ! Il arrive ! Cris de joie, ouf de soulagement, les habitants de Camphin-en-Pévèle sont unanimes : le très haut-débit va faire du bien. Comme chez Pierre : « Ils sont en train de l’installer chez moi. Pour le moment, je suis en ADSL 2 Mo. Avec la fibre numérique, ça va être plus rapide, la télé va mieux fonctionner.  » Le très haut-débit est en cours de déploiement dans les zones rurales du Nord depuis fin 2017. Et c’est gratuit. Délégation de service public, c’est le Syndicat mixte de la fibre numérique 59/62 qui s’en charge en secteur rural, les opérateurs «  historiques  » étant responsables du déploiement dans les grandes agglomérations (MEL, Valenciennes et Dunkerque). Au total, 668 000 prises doivent ainsi être posées dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais d’ici fin 2021, dont 80 000 dès 2018. « Il y a une vraie attente de la population, une attente très intergénérationnelle  », explique Luc Monnet, maire de Templeuve, conseiller départemental et vice-président de la Fibre numérique 59/62. « Nous commençons avec les territoires qui ont la plus mauvaise qualité ADSL, prioritaires pour le déploiement. » Côté financement, en plus des investissements privés, la Région contribue pour 40 %, les Départements du Nord et du Pas-de-Calais pour 40 % et les intercommunalités pour 20 %.

Un aménagement Vital

POUR L’EMPLOI

« Avant, pour s’installer dans une commune, les gens se préoccupaient d’abord de l’assainissement. Maintenant, la préoccupation première est de connaître le débit internet ! », résume Luc Monnet. Un critère vital confirme Thierry, infirmier libéral à Camphin-enPévèle. « Avec le débit actuel, je dois envoyer mes factures une par une ! Avec la fibre, je serai beaucoup plus efficace. » L’emploi constitue aussi un enjeu pour l’économie dans les territoires. Une vingtaine d’entreprises sont mobilisées dans le Nord pour réaliser les travaux dans les communes.

lenord.fr/treshautdebit

LEVER LES FREINS

P. Houzé

au développement

12 I HORS-SÉRIE LE DÉPARTEMENT EST LÀ

Elle est arrivée à pied. Elle repartira en voiture. Angélique Legry, allocataire du RSA, venait de signer un contrat chez Toyota lorsque sa voiture est tombée en panne. N’ayant pas les moyens de financer les réparations, sa conseillère Pôle Emploi l’a orientée vers la plateforme mobilité de Caudry, également soutenue par la Région. Ici, deux conseillères reçoivent uniquement sur prescription faite par les acteurs de l’emploi et de l’insertion.

Elles aident les personnes en situation d’insertion professionnelle de l’Est du Cambrésis, secteur rural où la mobilité est un frein à l’emploi. Après une évaluation de ses besoins, une location de voiture sera proposée à Angélique, moyennant 3 euros par jour. Elle pourra ainsi continuer à effectuer les 35 kms qui la séparent de son lieu de travail. lenord.fr/plateforme-caudry


LE NORD, PARTENAIRE des projets

D. Lampla

de vos communes

146 communes rurales ont bénéficié d’une subvention départementale en 2017.

648 COMMUNES

Dans le village de Landas, au cœur de la campagne pévéloise, se dresse la magnifique église Saint-Vaast qui abrite la plus vieille cloche de France encore en fonctionnement. La restauration complète, urgente et indispensable, de l’édifice du XVIIIe siècle est en cours. « La subvention départementale de 300 000 € constitue une aide plus qu’appréciable pour notre commune de 2 450  habitants. Cela nous permet de réaliser tous les travaux en même temps », témoigne Patrick Mangez, directeur général des services en mairie de Landas. Ce montant est le plus important qu’une petite commune puisse percevoir dans le cadre de la politique d’Aide au

34,9 M€ EN SOUTIEN AUX PROJETS LOCAUX

46 %

AU PROFIT DES 474 COMMUNES RURALES

Retrouvez un autre projet soutenu par le Département à Arnèke sur lenord.fr/arneke

développement des villages et bourgs votée par le Département en 2016. Chef de file des solidarités territoriales, l’institution accompagne les communes de moins de 5 000 habitants dans leurs projets relatifs au patrimoine public communal : aménagement, entretien, rénovation, mises en sécurité et/ou en accessibilité. L’enveloppe dédiée à cette politique s’élève à 15,8 M€.

L’INSERTION au cœur de nos chantiers

Pour tous ces chantiers structurants, comme dans les marchés publics passés par le Département, des heures d’insertions sont prévues pour les personnes éloignées de l’emploi : plus de 50 000 heures ont ainsi été réalisées par ce biais en 2016.

P. Houzé

La métamorphose annoncée DU BASSIN MINIER Avec 1,2 million d’habitants en Région Hautsde-France, le Bassin minier est incontournable. Vieillissant, celui-ci fait l’objet d’une requalification qui va courir sur 10 ans, dans le cadre du plan « cité pilote UNESCO ». 23 000 logements doivent être rénovés. Le Département du Nord prendra sa part. Il s’agit de faire des ex-cités minières un territoire d’excellence de la transition énergétique, de favoriser le développement économique, de métamorphoser le cadre de vie et de renforcer les solidarités humaines. Le Département agira dans le domaine du logement, de l’aménagement, de l’accès aux services publics, d’éducation et de développement culturel. Retrouvez l’exemple de la réhabilitation de la cité Thiers à Bruay-sur-l’Escaut sur lenord.fr/bassinminier

MARS 2018 MAGAZINE LE NORD I 13


Pour le développement des territoires,

MÉDIATHÈQUES : la force

D. Lampla

du réseau en milieu rural

Deux fois par semaine, Elisabeth Motte fait la navette entre les médiathèques de l’Esperluette.

DES SERVICES PUBLICS plus près de chez vous

À Hondschoote et au Cateau-Cambrésis, deux Maisons de services au public gérées par le Département accueillent les Nordistes. Les usagers y sont accompagnés pour effectuer leurs démarches de la vie quotidienne (aides et prestations sociales, emploi, insertion, retraite, prévention santé, etc.) via les outils numériques mis à leur disposition sur place.

En quelques mois, les huit bibliothèques de la Communauté de communes Flandre-Lys (CCFL) ont vu leur fonds passer d’une dizaine de milliers de documents - pour les mieux loties - à près de 140 000. Le responsable de cette petite révolution culturelle  ? L’Esperluette, le réseau des médiathèques de la CCFL accompagné, pour sa création, par la médiathèque départementale du Nord. La mutualisation des huit fonds documentaires permet à l’usager d’accéder à tout document, quelle que soit la médiathèque où il se rend. Le réseau est un véritable nouveau service rendu aux lecteurs, notamment ceux qui ont du mal à se déplacer. Selon les demandes, une navette bihebdomadaire fait circuler les réservations d’un lieu à l’autre. « Le lecteur est au cœur du système et on répond très vite à ses besoins », explique Anne-Christine Duretz, bibliothécaire à La Gorgue. Aurélie habite Lestrem et confirme que « c’est super pratique, on n‘a plus à courir à droite à gauche ! » Depuis fin décembre, l’Esperluette propose en plus une offre numérique. Montée avec le soutien du Département, elle donne accès à un catalogue riche de plus de 500  000 documents. «  Cette offre expérimentale est complémentaire de celle qu’on trouve en bibliothèque, là où se crée le lien social. Elle vise à rendre la culture toujours plus accessible », expliquent Catherine Willems et Laurent Lemaître, les enthousiastes coordinateurs du réseau. Avec l’Esperluette, la culture en milieu rural n’a pas fini de se diffuser. lenord.fr/lesperluette

© Cabinet Chandelier Architectes © DIENTRE !

LE NORD S’ENGAGE

À Mecquignies, un équipement communal regroupant l’école, le restaurant scolaire et une salle polyvalente comprenant une bibliothèque va être construit.

14 I HORS-SÉRIE LE DÉPARTEMENT EST LÀ

pour ses écoliers !

Dans le Nord, un élève sur quatre habite en milieu rural. Afin de garantir une école de proximité et de qualité, le Département, l’Éducation nationale et l’Association des Maires du Nord ont signé une charte de l’école en milieu rural. Elle est entrée en vigueur à la rentrée et concerne les arrondissements de Cambrai, d’Avesnessur-Helpe et de Dunkerque. À travers cette charte, les parties s’engagent à améliorer le fonctionnement de l’école rurale, à la rendre attractive et à y implanter les équipements nécessaires à un enseignement de qualité. Une mesure concrète parmi d’autres : le Département apporte une aide à l’investissement pour la construction ou la rénovation des écoles rurales. « Pour une commune de 697 habitants, c’est indispensable. Notre projet va notamment permettre aux élèves d’avoir un restaurant scolaire sur le site même de l’école. Sans l’aide départementale, il ne serait financièrement pas tenable  », témoigne Joseph Choque, maire de Mecquignies.


Pour vos coups de cœur

SPORT ET CULTURE font rayonner le Nord

21

CLUBS DE HAUT NIVEAU ACCOMPAGNÉS

12 000

Tour de France à Roubaix Play in Challenger à Lille

Dunkerque

Paris-Roubaix 4 Jours de Dunkerque

Musée de Flandre Cassel

JEUNES bénéficient chaque année d’initiations sportives dans le cadre de l’opération « Village en sport »

Maison natale Charles-de-Gaulle Villa Marguerite-Yourcenar Saint-Jans-Cappel Roubaix

Grand prix de Fourmies

Lille

Forum des Sciences Villeneuve-d’Ascq

5 163

CLUBS SPORTIFS SOUTENUS à travers 24 comités

320 000

Grand prix de Denain

Denain

Forum antique de Bavay

Abbaye de Vaucelles LesRues-des-Vignes Musée Matisse Le Cateau-Cambrésis

VISITEURS /AN (2016) DANS NOS ÉQUIPEMENTS CULTURELS

MusVerre Sars-Poteries Fourmies

10

ÉQUIPEMENTS CULTURELS (dont Médiathèque et Archives départementales)

AU MUSVERRE, les Nordistes

« Ici, j’ai appris à faire beaucoup de choses », confie Guislaine tout sourire. Avec un groupe de l’association Mots et Merveilles qui lutte contre l’illettrisme, elle a bénéficié d’une action de médiation culturelle et artistique menée par le MusVerre. Une action rendue possible grâce au soutien de la fondation Caisse d’Epargne « Agir et Réussir Ensemble ». Mise en place pour différents publics du territoire éloignés de la culture (personnes âgées dépendantes résidantes en Ehpad, enfants en situation de handicap, personnes en insertion sociale et professionnelle, ou en situation d’illettrisme) « cette opération de mécénat leur a permis d’être acteur de la vie culturelle et artistique du musée », témoigne Adrian, médiateur au MusVerre. Pari réussi !

C. Arnould

mettent la main à la pâte

lenord.fr/mediation-musverre Charlotte Betting du collectif verrier Kaleidosco a animé ces ateliers.

MARS 2018 MAGAZINE LE NORD I 15


AUX PETITS SOINS pour nos aînés Les services d’accompagnement et d’aide à domicile (SAAD) favorisent le maintien dans leur environnement des personnes en perte d’autonomie. Le Nord encourage également les alternatives au placement en EHPAD, souvent mal vécu. Le visage d’Anne-Marie Degrand s’éclaire lorsque Jean-Paul, son mari, fait entrer Catherine Degueur. L’auxiliaire de vie l’aide chaque matin à faire sa toilette et l’habille, puis le soir la prépare au coucher. Elle dispose d’un verticalisateur, matériel indispensable pour déplacer Anne-Marie dont les jambes ne fonctionnent plus. Outre cette aide, un sourire, un regard et quelques mots bienveillants lui apportent aussi beaucoup de réconfort. AnneMarie bénéficie des services de l’Assad (Association de Soins et de Services aux Domiciles) de Dunkerque depuis 15 ans. Une évaluation est faite régulièrement chez elle par un professionnel médicosocial du Département pour définir ses besoins, la situation se dégradant au fil des ans. « Nous pouvons intervenir pour les actes de la vie quotidienne (repas, courses, accompagnement à un rendez-vous

D. Lampla

À tous les âges,

extérieur…) et pour des soins infirmiers si nécessaire », explique Natacha Kasprzyk, cadre de secteur à l’ASSAD qui compte 600 professionnels formés à ces différents métiers. Pour financer ce service, Anne-Marie perçoit l’APA (Allocation personnalisée à l’autonomie), versée par le Département. Sans la présence de l’auxiliaire de vie et le matériel adapté, le maintien à domicile ne serait plus possible. « C’est un grand soutien physique et moral pour nous deux », témoigne Jean-Paul. Aujourd’hui, le Département s’assure de l’accessibilité physique et financière aux SAAD et veillera à l’absence de zones blanches, notamment lors de l’autorisation de nouveaux services. Il finance actuellement 270 SAAD.

L’auxiliaire de vie apporte bien plus qu’une aide physique.

EN EHPAD,

P. Houzé

une offre renouvelée Pour favoriser le maintien à domicile et offrir un moment de répit aux aidants, des EHPAD proposent un accueil de jour. « C’est aussi un lieu de socialisation pour ceux que la maladie isole. Et c’est, avant l’entrée en EHPAD, un sas qui atténue le sentiment de culpabilité éprouvé parfois par les proches lors du placement en institution », explique le directeur lenord.fr/ehpad

16 I HORS-SÉRIE LE DÉPARTEMENT EST LÀ

du Chemin Vert à Trélon (Avesnois), Fouad Bellouni, tandis qu’un groupe prépare le repas avec l’aide d’une animatrice. Guislain est désormais en unité Alzheimer. Il a passé plusieurs mois en accueil de jour. « Cela nous a aidé à mieux vivre la séparation », explique Francine, sa femme. Dans le Nord, 600 places ont été créées, dont 6 à Trélon.


DES LOGEMENTS ADAPTÉS en fonction des besoins À Lambersart, Louise, 90 ans, occupe l’un des 8 logements rénovés en rez-de-chaussée pour accueillir des personnes âgées : « J’ai déménagé parce que j’ai des difficultés pour me déplacer, mais je fais encore des courses en voiture. » Elle bénéficie du projet d’habitat inclusif multi-sites Octave. Porté par la MEL, ce projet est le fruit d’un partenariat avec des bailleurs et le service d’accompagnement à la vie en logement adapté (SAVELA) du centre Féron-Vrau, soutenu financièrement par le Département. Carole Douzou, la coordinatrice, aide Louise à gérer les problèmes du quotidien : « Je passe toutes les trois semaines, plus si nécessaire. » Elle assure ainsi un véritable relais professionnel pour les familles. Des personnes en situation de handicap

D. Lampla

Des personnes âgées

D. Lampla

Ils sont 6 à vivre en colocation dans cette maison de Tourcoing et sont en situation de handicap psychique. Chacun participe à hauteur de ses capacités (courses, cuisine, lessive…) avec l’aide d’intervenants à domicile, et d’animatrices pour des activités individuelles et collectives. « L’effet de groupe est très stimulant, il évite de souffrir de l’isolement », explique Caroline Gonthier responsable du service des habitats partagés de l’association Ensemble Autrement. Ce lieu permet aussi à certains de prendre leur indépendance : Hicham qui a quitté le nid familial devrait pouvoir s’installer seul d’ici quelques temps.

L’ACCUEIL FAMILIAL

vous y avez-pensé ? L’accueil familial est une alternative à l’hébergement en structure pour les personnes âgées et handicapées. Il leur permet de rester dans un environnement sécurisant et familier, proche du domicile qu’elles ont quitté. Dans ce cadre rassurant, les personnes retrouvent de l’autonomie, et participent à la vie de la famille dont elles partagent le quotidien. Depuis peu, le Département propose cette activité aux exploitants agricoles* avec des solutions de quelques heures ou journées par semaine, adaptées à leur charge de travail. Cette nouvelle source de diversification pour la profession agricole est aussi une alternative innovante pour les personnes désirant vieillir à la campagne, sans quitter leur environnement. Département engagé, le Nord organise les 1ères Assises de l’accueil familial à Lille le 6 avril. Près de 500 professionnels y sont attendus.

Retrouvez la liste des Relais Autonomie sur lenord.fr/relaisautonomie

* en lien avec la MSA et la Chambre régionale d’agriculture

MARS 2018 MAGAZINE LE NORD I 17


Luc Monnet / Bruno Ficheux

Didier Manier

Maryline LUCAS

Co-présidents du Groupe Union pour le Nord

Président du Groupe socialiste, radical et citoyen

Conseillère départementale du canton d’ANICHE

GROUPE UNION POUR LE NORD

GROUPE SOCIALISTE, RADICAL ET CITOYEN

GROUPE COMMUNISTE, RÉPUBLICAIN, CITOYEN ET APPARENTÉS

Chaque jour plus proche de vous

Depuis 2015, la majorité départementale a multiplié les efforts pour une gestion plus rigoureuse et mis un terme aux dépenses à tort et à travers. Nous avons redressé les finances du Nord alors au bord de la faillite. Nous avons surtout replacé l’humain au cœur de nos préoccupations en centrant notre action sur ceux qui en ont le plus besoin, en permettant par exemple aux personnes âgées, handicapées ou dépendantes de vivre mieux à domicile, à la ferme ou en établissement. Nous agissons également pour que chaque nordiste trouve sa place via notamment les plateformes pour l’emploi, au bénéfice des allocataires du RSA ou encore l’accompagnement des collégiens dans leur recherche de leur stage. Bien au-delà de nos compétences départementales traditionnelles, nous aménageons le Nord pour améliorer le cadre de vie de ses habitants. Nous investissons ainsi dans la modernisation des collèges, la rénovation des routes, l’installation du très haut débit, le rayonnement de ses musées, l’approvisionnement local, la mobilité durable, etc. De l’éveil à la perte d’autonomie, le Département et ses élus vous accompagnent dans tous les aspects de votre vie et sont chaque jour plus proche de vous.

18 I LIBRE EXPRESSION

Solidarité avec les personnels et les résidents des maisons de retraite ! L’ampleur de la mobilisation est inédite dans les Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Les personnels soignants dénoncent la détérioration de leurs conditions de travail mais aussi la dégradation de la prise en charge des personnes âgées liée au manque d’effectifs. En France, le ratio dans les Ehpad est de 0,57 soignant pour un résident contre un soignant pour un résident dans les pays d’Europe du Nord ! Dans le secteur des services à la personne, les taux d’accidents au travail sont de 9,4 %. C’est un chiffre supérieur à celui du BTP ! Dans le Département du Nord qui est le chef de file de la politique en faveur des personnes âgées, la majorité départementale a ajouté des contraintes supplémentaires aux établissement en décidant de réduire de 3% en 2016 leur budget hébergement. Face à cette situation d’urgence, nous appelons à un sursaut de solidarité de la part de l’Etat et du Département du Nord. C’est une question de dignité pour les personnes âgées et les personnels soignants qui leur sont dévoués. Les marges de manœuvre financières existent bien. Il s’agit avant tout de choix politiques qui engagent notre vision de la société et de la solidarité.

Le Département à vos côtés, c’est pour la vie ?

Le Département intervient à tous les moments de votre vie. Il est aux côtés des familles qui traversent des difficultés (APA, handicap, RSA…). Il est aux côtés des communes, des associations et des collèges pour l’accompagnement financier de leurs projets. Cette institution, qui est dans notre patrimoine républicain depuis 1790, mérite-t-elle d’être sacrifiée sur l’autel d’un « nouveau monde de la finance », cher au Président de la République ? Des menaces pèsent sur l’existence des départements. D’abord, parce que les gouvernements successifs les privent de moyens financiers. Or, sans ressources, aucune action n’est possible ! Ensuite, parce que des décisions politiques, en France et dans l’Union européenne, s’attaquent aux collectivités de proximité, les communes et les départements, afin d’ouvrir des parts de marché au secteur privé. Pour nous, l’humain doit primer sur les profits. Nous pensons qu’investir dans les services publics locaux et les collectivités de proximité est un moyen de relancer l’économie, de développer l’emploi local et de renforcer le lien social qui est à la base de notre société. Pour vous, nous continuerons donc à revendiquer des moyens auprès de l’Etat et à lutter contre la résignation et les restrictions budgétaires de la majorité départementale de droite et du centre.


HECTARES aménagés et/ou gérés par le Département

Département du Nord

3 188

Pour préserver nos espaces naturels sensibles

44

SITES ouverts au public

344 €/ha consacrés chaque année à la gestion des ENS

Le projet Life+ Nature Flandre comprend une trentaine d’actions concrètes.

DES TRÉSORS NATURELS

soignés et ouverts aux Nordistes Les dunes littorales flamandes accueillent chaque année près de 500 000 visiteurs d’après les estimations. Les autorités françaises et belges, dont le Département du Nord, sont engagées dans un projet transfrontalier de préservation de ces milieux uniques en Europe. Les dunes Dewulf, Marchand, du Perroquet et la Dune fossile de Ghyvelde sont des Espaces Naturels Sensibles prisés des promeneurs. Ici, comme dans de nombreux ENS, le Département investit pour rendre les lieux accessibles à tous les Nordistes. Cet hiver, peutêtre y avez-vous croisé une pelleteuse ou des débroussailleuses en action. Partiellement remises à nu, les dunes retrouvent alors leur aspect originel de sable nu et les espèces naturelles liées à ces milieux pionniers. «  Les travaux se font quand la nature est à l’arrêt. Les arbustes envahissants sont arrachés, broyés puis exportés et valorisés. On creuse aussi des mares pour favoriser le retour d’espèces protégées, et on pose des clôtures pour l’entretien des zones restaurées en écopâturage », explique Bénédicte Lemaire, chargée d’études au Département. Sur ces chantiers, le Département travaille

notamment avec des associations partenaires qui ont permis de réaliser 325 heures d’insertion au profit de Nordistes éloignés de l’emploi. Grâce à une convention avec le Département, des élèves de 2nde GMNF (Gestion des Milieux Naturels et de la Faune) du lycée agricole de Dunkerque réalisent aussi des chantiers école sur site. Sur les dunes, le Département propose aussi des sorties adaptées pour les Nordistes en situation de handicap, et des sorties familiales gratuites dans le cadre des « Rendez-vous nature » qui reprennent fin mars. Une belle occasion de croiser en chemin le crapaud calamite, le triton crêté ou la violette de Curtis, des espèces déjà de retour dans nos dunes grâce aux travaux qui ont été menés. lenord.fr/lifenature-flandre

7 000

KM DE CHEMINS DE RANDONNÉE PÉDESTRE, ÉQUESTRE, CYCLO ET VTT entretenus par le Département sur tout le territoire du Nord

21

boucles cyclo-touristiques proposées par Nord Tourisme

90 km

de voies vertes (anciennes voies ferrées) aménagées par le Département et mises à disposition des promeneurs

42

établissements labellisés « cafés rando » en Flandre pour accueillir les randonneurs individuels ou en groupe, réseau étendu prochainement aux parcs naturels régionaux de l’Avesnois et de Scarpe-Escaut.

19 I HORS-SÉRIE LE DÉPARTEMENT EST LÀ


Retrouvez l’actualité du Département du Nord en continu

NORD le hors-série des Nordistes - mars 2018  

Ce magazine hors-série s'arrête sur les parcours de ces habitants de la métropole et de nos campagnes, de ces producteurs, de ces chefs d'en...

NORD le hors-série des Nordistes - mars 2018  

Ce magazine hors-série s'arrête sur les parcours de ces habitants de la métropole et de nos campagnes, de ces producteurs, de ces chefs d'en...

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