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RAPPORT D'ACTIVITES

2016

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P. 4

Rapport moral : maintenir la cap dans la tempete

P. 9

Incitation

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Incitation à la prise d'initiatives et actions de proximité

P. 11

Radio Expression Jeune

P. 13

Lycées

P. 16

Accompagnement

P. 16

Accompagnement de projets

P. 23

Paprica

P. 24

Dynamiques collectives

P. 27

Valorisation et mediatisation

P. 29

Formation

P. 30

Implication dans les reseaux

P. 30

RAJA

P. 33

SAVARA

P. 33

Galiléo

P. 33

GAIA

P. 34

PIMENTS

P. 34

L'histoire sans fin du relogement

P. 37

Les paris reussis

P. 37

Paroles Citoyennes contres les Dérives Sectaires

P. 40

La création d'Y-Nove

P. 43

Rapport financier

P. 43

Compte de résultat 2016

P. 44

Prévisionnel 2017

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Evolution des charges et recettes sur 7 ans

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cap en bref : notre activite en quelques chiffres

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rapport moral Accompagnement

maintenir le cap dans la tempete Capitaines, au rapport ! Comme chacun.e ici le sait, la situation de Cap Berriat est un peu compliquée ces dernières années. Nous vivons une période d’évolution importante, très dense et très chargée, complexe, une période de lutte pour rester ce que nous sommes, tout en continuant de nous laisser transformer par les besoins des jeunes autour de nous, comme nous le faisons depuis maintenant 52 ans. Si cette période est particulièrement énergivore (c’est un peu comme jouer une partie d’échec sur le pont d’un bateau en pleine tempête), effrayante aussi pour les petits acteurs que nous sommes dans ce vaste système, elle est aussi une opportunité pour nous : elle nous pousse à réaffirmer ce que nous sommes. La mise en danger de notre projet nous rappelle à quel point il peut être fragile, mais aussi à quel point il est fort politiquement, et peutêtre même de plus en plus, parce qu’il offre à chacun.e, d’où qu’il vienne, la possibilité de s’inventer, et d’être ce qu’il souhaite, d’agir selon ses valeurs et de prendre part à la vie de la cité. L’année dernière déjà, on vous présentait dans notre rapport moral le portrait d’un monde associatif en difficulté. On vous parlait d’appauvrissement, de précarisation, de managérialisation… Tout ça existe bel et bien, et nous le vivons en interne autant que vous tou.te.s.

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Seulement face à cette situation, baisser les bras n’est pas la solution, subir n’est pas notre façon d’agir, et nous avons choisi, dans cette période de brouillard, de réaffirmer et de vous montrer aujourd’hui dans ce rapport moral toute l’énergie d’une équipe qui tient la barre et d’un réseau qui porte chaque jour les couleurs qui sont les nôtres : la liberté d’être, de penser et d’agir, l’émancipation sociale, la solidarité.

Capitaine ? Terres en vue !!! Bon, on commence par ça, vous vous doutez bien, on va quand même vous parler du relogement. Mais pas que ! 2016 a été une année charnière et compliquée, mais décisive. Suite aux différents départs, l’équipe a dû se réorganiser, il a fallu trouver un moyen de continuer à faire un travail de qualité avec une équipe réduite. On est également sorti de la co-direction, Olivier la reprenant seul (en plus il a voulu faire le malin et tenir la boutique avec un seul bras suite à une cascade…), mais on peut dire que la nouvelle réorganisation fonctionne bien. Dans cette nouvelle organisation, il nous faut aussi remercier Dalila qui dans son rôle de responsable administrative et financière épaule Olivier au quotidien. Malgré des actualités intenses, des enjeux forts et un volume d’activité très important, l’ambiance est aujourd’hui plus fluide, et l’équipe tient bon la barre !


Le contexte actuel (les départs, le relogement…) nous a amené.e.s à vivre des évolutions rapides, certaines contraintes, d’autres voulues… L’année 2016 et l’année 2017 marquent une temporalité particulière de l’histoire de Cap, comme il y en a déjà eu d’autres (certain.e.s étaient déjà là pour les voir !), qui nous ont poussé.e.s à réinterroger ce que nous sommes : la question du relogement cristallise les questions de l’identité de Cap, son projet, ses activités, son organisation, son inscription dans le territoire et le quartier…

rendent possible l’impossible. On souhaite valoriser la richesse du patrimoine associatif, maintenir Cap comme un outil pour faciliter la vie associative et on vous remercie d’être là pour nous soutenir… pour qu’on puisse vous soutenir.

(On vous rassure tout de suite, on en conclut qu’on est toujours à la bonne place !)

On espère vivement pouvoir vous faire un bilan dans le rapport moral de l’année prochaine !

S’il est si compliqué de déménager au Brise Glace, c’est que la mairie nous demande de faire le tri entre nos activités « jeunesse » et « vie asso ». Il n’y aurait pas assez de place pour emmener la pépinière avec nous dans ce qu’elle est aujourd’hui. Or, on y a beaucoup réfléchi, et on vous réaffirme que cette distinction entre l’action jeunesse et l’émergence de projets par la petite vie associative n’existe pas dans le projet de Cap. C’est d’ailleurs pour cela qu’on parle d’ « initiative jeunesse » ! Nous pensons (plus que jamais) que l’engagement des jeunes doit pouvoir se construire dans un cadre associatif…. et que le service civique ne peut être la seule réponse ! Au–delà d’une affirmation sur la notion d’engagement, c’est un combat qui a pour finalité de garder des espaces dans la ville pour cette vie associative portée par des jeunes. En 2016 et encore cette année, on s’est posé beaucoup de questions : est-ce qu’on se bat pour Cap ? Pour les assos de la pép’ ? Est-ce qu’on parle pour nous ou pour les autres ? Quelle est notre légitimité à porter la voix des assos ? On s’interroge beaucoup, on est beaucoup venu chercher votre soutien, aujourd’hui particulière-ment… C’est avant tout parce qu’on souhaite pouvoir continuer d’inciter et d’aider à faire fleurir ces petits projets, ces grandes idées, ces initiatives qui

C’est difficile de faire le bilan sur ces questions-là, parce que d’une part tout est allé très vite, on a vécu une période de vents forts et souvent contraires (les négociations avec la mairie), et d’autre part, cette période s’est étirée jusqu’à aujourd’hui et pour encore quelques mois.

Quelle est la météo ? On dit que « si le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté ». Au portrait d’une société que les médias montrent violente, clivante, individualiste, radicale, « en crise » - cette crise qu’on nous propose comme seule perspective depuis dix ans maintenant - nous préférons vous parler aujourd’hui de ce que nous percevons comme les frémissements d’une société qui s’éveille et qui s’invente, une société en pleine transformation… vers quoi ? Aucune idée. Mais c’est à nous et à chacun.e d’en décider. On a vu en 2016 des individus par centaines, partout en France, se manifester lors de "Nuit Debout" (manifester aussi, contre la Loi Travail), décider de prendre la parole et d’agir. On voit chaque jour de nouvelles personnes qui font le choix de faire différemment, de travailler différemment, de se nourrir et de consommer différemment,… de faire comme elles pensent être le meilleur pour elles, pour les autres, pour l’environnement, pour demain. On nous bassine ces temps-ci avec le « renouveau démocratique », mais celui que nous constatons nous, c’est que le vote n’est plus un moyen d’expression mobilisé par les citoyens, particulièrement pour les 5


jeunes (40% d’abstention au second tour des présidentielles et 64% n’ont pas voté au premier tour des législatives !). La légitimité des dirigeant.e.s de notre pays est très faible, puisqu’ils sont élu.e.s par une part toujours décroissante des citoyens. Pour autant, 2016 a montré que les jeunes ne se désintéressent pas de la politique, bien au contraire ! Les jeunes (et pas que !) ne reconnaissent plus le système actuel, mais ils tentent de réinventer une autre forme de démocratie, qui prendrait d’autres formes d’expression, leur permettrait de se réapproprier l’espace de débat public...

Et à Cap ? A Cap, on n’a pu que constater ce phénomène : en 2015, notre pépinière hébergeait 140 associations. En 2016 nous en comptions 190. Soit, pour donner des chiffres (ça fait toujours bien dans un rapport moral !), une hausse de 35% en une année ! Nous croisons chaque jour des jeunes qui créent, qui expérimentent, qui agissent pour faire bouger des lignes, qui inventent des solutions à des problèmes auxquels les institutions publiques ne répondent pas ou ne parviennent pas à répondre. Des jeunes qui inventent aussi de nouvelles manières de faire, de nouvelles façons de s’organiser, de travailler,… qui souvent ne rentrent pas dans les cadres proposés par les dispositifs existants, et qui trouvent à Cap un espace où il est possible d’inventer son propre cadre. On s’est souvent posé la question des impacts indirects de Cap, parce que notre public direct, ce sont les jeunes, les porteuses et porteurs de projets, mais chacun de ces projets a des impacts sur le quartier, sur la ville. Alors parce qu’on nous demande ces temps-ci de rendre des

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comptes et de prouver ce qu’on fait… on a récemment missionné Maxie pour enquêter sur les publics de nos publics. Grosse mission ! L’enquête est encore en cours, mais on n’allait quand même pas attendre le rapport moral de l’année prochaine pour vous dévoiler les premiers résultats ! Les premiers résultats sont donnés au 1er juillet 2017, sur la base d’un échantillon constitué de 64 associations. Budget total ? 5 047 648,33€ dont 34% de subventions publiques (soit 1 708 008,66€). Les associations présentes dans l’échantillon ont organisé 565 événements publics et participé à 1 497 manifestations. En tout, leur action a bénéficié à 172 914 personnes. Et cela n'aurait pu se faire sans les 2 217 bénévoles volontaires et les 112 salarié.e.s comptabilisé.e.s par l’enquête.

Et l’équipage, capitaine ? Dans cette période complexe, la société est pleine de crispations, de contradictions. Les individus y naviguent entre espoirs et renoncements, entre l’envie suscitée par l’immensité des possibles, et les difficiles contraintes qui s’imposent à eux, qu’elles soient matérielles (parce que manque de moyens, personnes à charge…) ou symboliques (parce qu’on leur a mis dans la tête qu’ils n’étaient pas capables). Nous sommes face à des constats, tels que la forte précarité des jeunes (rappelons qu’en France, 15% des habitant.e.s vivent sous le seuil de pauvreté, et que plus de la moitié d’entre eux ont moins de 30 ans), et la colère diffuse ou manifeste qui en résulte : des jeunes désillusionné.e.s, fâché.e.s avec la société, qui n’en attendent plus rien et qui parfois transforment leur colère en haine.


Dans ce paysage, Cap Berriat a choisi de réaffirmer en 2016 dans ses activités l’enjeu du collectif, de la rencontre, de l’échange et du faire ensemble, face au risque du repli sur soi et de la haine de l’autre. Bien sûr, en premier lieu, dans l’accompagnement. Accompagner les jeunes porteurs de projets dans leurs initiatives, c’est notre cœur de métier. Mais nous revendiquons aujourd’hui la spécificité de nos méthodes et de notre approche, devant l’utilisation massive et croissante du terme « accompagnement » par tout un tas de structures, qui ne revêtent pas les mêmes postures. Nous ne remettons pas en cause leurs pratiques, bien au contraire, c’est tant mieux si de plus en plus d’acteurs jeunesse permettent aux jeunes d’être davantage acteur.trice.s de leurs vies et de leurs environnements. Mais nous revendiquons la spécificité de Cap d’être un lieu ouvert à tou.te.s, une alternative qui permet d’accompagner les publics qui ne trouvent pas de réponse ailleurs, parce qu’ils inventent autre chose, parce qu’ils font parfois polémique, ou qu'ils ne passent pas la porte des structures plus institutionnelles, parce qu’ils ne s’y reconnaissent pas, qu’ils ne s’en sentent pas la légitimité ou sont dans un rapport de défiance avec elles. Cap Berriat défend dans son accompagnement l’exercice d’une citoyenneté libre, accompagne tou.te.s les jeunes qui viennent faire appel à nous, quelles que soient les valeurs et les positions qu’ils défendent, même si elles sont différentes des nôtres, même si elles s’inscrivent dans des rapports d’opposition politique, tant qu’elles s’inscrivent dans le respect des valeurs de laïcité, de démocratie, de solidarité et de nonviolence.

Ensuite, en second lieu, en s’appuyant sur le constat d’une colère grandissante chezles jeunes, Cap s’est employé à retourner davantage « hors les murs », en renforçant l’incitation, l’aller-vers, notamment les interventions dans les lycées.

2016, la concrétisation de quelques paris En 2016, Cap s’est attaqué à un nouveau défi. La mise en œuvre du projet “Paroles Citoyennes contre les Dérives Sectaires” en partenariat avec L’Ecole de la paix, AMAL et Act For. Ce défi consistait à réussir à traiter des sujets difficiles avec des jeunes au sein des lycées : liberté d’expression, religion, questionnements identitaires (...). Après 18 mois de préparation (recherche d’établissements scolaires partenaires, élaboration des contenus pédagogiques, définition commune d’une méthodologie d’intervention), nous avons lancé cette année un cycle long d’interventions dans deux établissements. Notre approche s’est affinée sur le terrain et les échanges ont été de très grande qualité. Sur le travail dans les lycées, il nous faut remercier le travail de l’équipe ! Après quelques années d’expérimentation, notre travail a été reconnu, puisque Cap a obtenu l’agrément de l’Education Nationale ! Alors qu’au démarrage, nous avions du mal à ouvrir la porte des établissements scolaires, de plus en plus d’établissements font appel à nous et nous trouvons une meilleure complémentarité entre Education Nationale et éducation populaire. L’engagement, mais aussi l’orientation ou l’expression sur des sujets de société, sont par exemple des thématiques que nous abordons avec les jeunes.

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Parmi nos autres paris réussis en 2016, on pourra également citer le montage d’YNove, en réponse aux appels à projet de l’Etat sur les Programmes d’Investissements d’Avenir Jeunesse, qui s’installe dans le paysage de l’agglo pour construire une approche concertée des politiques publiques, avec les jeunes au cœur de la décision. Ce projet impulsé par Cap était un pari ambitieux. Y-nove a été le seul regroupement d’associations retenu. Tous les autres lauréats étaient en effet des grosses collectivités (département, communauté urbaine…)

Quels sont les ordres Capitaine ? Nos défis pour la suite :

Bref, on maintient le Cap !

C’est bien sûr d’aboutir à quelque chose de positif avec la Mairie pour permettre au projet de Cap de se pérenniser et se développer.

On terminera ce rapport moral en remerciant infiniment chacun.e des membres de l’équipe, qui se démène et s’investit énormément dans la mise en œuvre du projet, tous les jours, qui répond présente quand il faut se mobiliser, on pourrait même dire qui impulse la mobilisation, et qui garde sa bonne humeur et son énergie même dans les moments de lutte difficile et complexe.

C’est de poursuivre le travail avec les lycées, notamment sur les questions identitaires. C’est de diversifier l’accompagnement au regard des nouveaux besoins. C’est de travailler autrement la question de l’insertion en l'envisageant notamment par la création d’activité et d’emploi en proposant des parcours d’accompagnement renforcé. C’est de trouver des nouvelles formes de valorisation des initiatives, de montrer ce que les jeunes font et apportent à la société. On a aussi envie de créer une AMAP culturelle, jeunesse, ESS… pour créer de nouveaux débouchés aux associations que nous accompagnons et envisager une nouvelle forme de coopération assos / entreprises. On aimerait aussi - sans être sûr.e.s d’en avoir les moyens - poursuivre un travail autour de la mutualisation d’emplois. Les besoins sont identifiés. L’imagination fait son chemin. Les réponses s'inventent. Les moyens se cherchent.

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Un grand merci à l’équipe, direction incluse, qui reste présente et motivée malgré la tempête !


INCITATION et proximite Incitation a la prise d'initiatives et actions de proximite sur le secteur 1 Contexte d’intervention Pour rappel, le secteur 1 et particulièrement la place Saint Bruno - est un lieu de croisement des jeunes de toute l’agglomération. Ce quartier ouvert est une vraie richesse mais cette ouverture peut aussi constituer une vraie difficulté pour conduire un travail en direction des jeunes. Le lien de confiance est à renouveler à chaque poignée de main. Malgré cette difficulté, le travail mené les années précédentes a permis d’installer notre légitimité d’intervention auprès des jeunes qui fréquentent le secteur, qu’ils soient habitant.e.s ou de passage.

pousseraient pas les portes de notre structure. Il s’agit aussi de reconnaître – quelles que soient leurs situations – la capacité des jeunes à apporter des réponses aux situations qu’ils rencontrent, et plus globalement à apporter quelque chose aux autres, à leur quartier et à la société. A titre d’exemple, de nombreux jeunes accompagné.e.s par notre animateur sont devenu.e.s des partenaires de son action (quelques temps plus tard) sur la vie de quartier ou des projets de la structure. De façon globale, cette démarche d’accompagnement est progressive. Notre action sur le terrain se décline en 2 temps :

Notre méthodologie d’intervention

Approche, prise de contact et repérage des pistes de travail.

L’association Cap Berriat mène depuis plusieurs années un travail « d’aller vers » et de mise en dynamique des jeunes sur le secteur 1. Ce travail est hybride. Notre animateur est à la croisée des métiers, entre travail de rue, prévention, accompagnement généraliste, aide à la prise d’initiative ou animation de la vie de quartier. La ligne conductrice est – comme le reste de notre projet d’ailleurs - de partir des jeunes, de s’adapter à leurs situations et de prendre en compte leurs colères comme leurs envies. Il s’agit pour nous de lutter contre la résignation et le « ce n’est pas possible » pour remettre en mouvement des jeunes qui ne

Ce travail « d’allers vers » passe par une intervention hors les murs. C’est un travail de rue et un travail de partenariat qui se conduit à partir des lieux de vie des jeunes. Commerces et salles de sport sont par exemple des lieux avec lesquels nous travaillons. Une centaine de jeunes est concernée par ce travail d’approche. A partir des discussions et du partage de points de vue, la relation de confiance se crée. En fonction des besoins repérés, des envies ou de la situation des jeunes, nous engageons soit un travail d’accompagnement soit une orientation vers d’autres structures… et parfois un mix des deux. 9


Accompagnement. L’accompagnement est souvent tourné au démarrage vers une aide à la définition des envies et à une réflexion sur le projet de vie et le projet professionnel. Au-delà du travail direct de notre animateur, nous travaillons aussi à la rencontre avec d’autres jeunes qui sont dans les mêmes parcours de vie pour créer du lien, partager des difficultés et favoriser de la mise en dynamique par effet d’identification : « si ça a marché pour lui.elle, pourquoi ça ne marcherait pas pour moi ? ». En plus de cette mise en lien avec d’autres jeunes, nous nous appuyons aussi sur le potentiel de pratiques et d’activités des associations de notre pépinière qui sont des ouvertures à créer en fonction des centres d’intérêt repérés. Concrètement, l’accompagnement a de multiples facettes. Il peut s’agir d’un accompagnement vers des démarches citoyennes, le développement de pratiques, l’accès aux loisirs ou à un travail de prévention face à des situations de ruptures. Pour autant le point de départ de la démarche d’accompagnement concerne bien souvent des questions liées à l’emploi et au besoin d’accéder à une autonomie financière. La question identitaire est aussi fortement présente. De façon générale, c’est un accompagnement global sur le parcours des jeunes qui est opéré. C’est la capacité à trouver / créer leur place dans la société qui est recherchée. Plusieurs associations de jeunes sont accompagnées depuis l’année dernière : SMS Berriat, Boomcoeur, « le quartier s’exprime ». Cette année une nouvelle association s’est créée les « Com d’hab » qui a pour objectif de faire de l’animation de quartier – en particulier à partir d’activités sportives.

L’accompagnement concerne 94 jeunes : • 34 jeunes sur de l’accompagnement individuel • 37 jeunes sur des questions d’emploi • 23 jeunes sur des projets collectifs

Évolutions de la mission en 2016 En 2016, nous avons fait évoluer la mission vers plusieurs axes de travail : Face au besoin d’autonomie financière et à l’envie des jeunes d’accéder à un emploi, nous avons recherché de nouvelles réponses :

Partenariat avec une agence d’intérim (Temporis) : Parce que des discriminations existent et que globalement l’accès au premier emploi est difficile, nous avons tissé des partenariats avec une agence d’intérim. L’idée était de servir d’interface, de permettre aux agences de tester des jeunes sur « des missions à faible enjeu de clientèles » et aux jeunes de se faire des premières expériences. L’idée est d’impulser la relation… pour qu’elle se poursuive dans le temps. Le travail collaboratif durant l’année a permis de repérer plusieurs besoins de jeunes : des jeunes scolarisé.e.s qui ont besoin d’un emploi pendant leurs vacances ou les week-ends, des jeunes décrocheur.euse.s qui ont besoin d’un travail stable et durable. Ce partenariat avec les agences d’intérim a été intéressant car 29 jeunes ont trouvé un emploi (26 jeunes en emploi temporaire et 3 en emploi durable). Sur les 37 jeunes accompagné.e.s sur des questions d’emploi, une grande majorité a donc trouvé des solutions concrètes grâce à ce partenariat. Le CJC « Collectif Jeunes Citoyens » Le CJC est une évolution de la CJS expérimentée l’année dernière (Coopérative jeunesse de service / concept canadien). Le collectif réunit des jeunes - filles et garçons - qui proposent des services aux habitant.e.s du secteur ou

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de la ville (faire les courses, changer une lampe, aider à préparer à manger pour les personnes âgées et leur tenir compagnie, vider un garage…) Pour leur permettre de se lancer, nous avons fait appel à eux pour nous aider à organiser notre fête de fin d’année. Un partenariat a aussi été créé avec l’Union des commerçants Lesdiguières pour créer des décorations et des aménagements de rue pour les fêtes de Noël. La structuration du CJC se fait en lien avec le pôle accompagnement. Face au besoin des jeunes d’avoir un espace de rencontre accessible et correspondant à leurs modes de vie, nous avons requalifié une salle qui nous servait de salle de formation pour leur mettre à disposition :

Le labo : cet espace dédié aux jeunes au sein de la structure appelé « Le Labo » est un espace où les jeunes se croisent, échangent leurs regards et partagent leurs expériences. Ce projet est né d’une dynamique portée par différents collectifs de jeunes. Cet espace permet aux jeunes de réfléchir sur leurs projets de vie mais aussi… sur comment se faire plaisir ! Un regard plus en profondeur nous fonde à penser que ces attentes peuvent être comprises comme une volonté des jeunes de pouvoir se retrouver, discuter, confronter leurs envies, hors d’une inscription préalable au sein d’une activité particulière ou de la mise en œuvre d’un projet.

Radio expression jeune • Un travail d’aller vers sur le territoire de l’agglomération • Un partenariat Cap Berriat / New's FM • Un projet inscrit dans la démarche d’Y-Nove

Présentation du projet : Une partie de la jeunesse a le sentiment de ne pas trouver sa place dans notre société. Le sentiment de n'être pas entendu.e et cette difficulté à se penser un avenir peuvent conduire à des replis et des malêtres. Le lien avec les institutions, le politique et les associations est parfois distendu. Né l'année dernière pour affiner le lien entre Cap Berriat et News' FM, entre l'expression et l'action, le développement de ce projet a aussi pour enjeu de permettre un meilleur repérage des jeunes - hors structures - et de contribuer au diagnostic et à la démarche d'Y-Nove

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Nos objectifs • Aller au-devant des jeunes qu'on n'entend pas et capter cette parole grâce à l’outil radio - Faire entendre ces paroles sur New's FM • Partir de ces paroles, pour impulser une mise en action (accompagnement Cap Berriat ou mise en lien avec d'autres structures jeunesse) • Contribuer au diagnostic territorial d’Y-Nove Ce projet allie les savoir-faire de la radio New's FM et de l'association Cap Berriat. Il traduit aussi la volonté de notre structure de rendre l’initiative jeunesse accessible au plus grand nombre, de permettre le croisement entre des jeunes venant d'horizons et de territoires divers. Grâce à l'outil radio, nous souhaitons partir à la rencontre des jeunes sur le territoire de l’agglomération pour capter des tranches de vie et réaliser des chroniques du quotidien des jeunes.


A partir de ces paroles recueillies et de ces contacts créés, nous engageons un travail autour de 4 possibilités : • 1/ Diffuser ces paroles sur la radio - bien souvent les jeunes peuvent avoir le sentiment que l'on ne fait rien de leur parole. Cette diffusion est donc rendue possible dans des chroniques ou organisée, dans des émissions de radio lorsqu'une thématique fédératrice émerge. • 2/ Créer une mise en lien avec les acteur.trice.s du territoire ou des structures ressources en fonction des besoins repérés (emploi, logement, loisirs : annuaire métro des professionnel.le.s jeunesse). • 3/ Impulser une démarche de mise en action en travaillant au sein de notre structure à la mise en place d'une démarche d’accompagnement. • 4/ Eventuellement proposer de diffuser ces expressions de jeunes dans des lieux de prise de décisions (conseils citoyens, commissions d'élu.e.s, agoras d’YNove...)

Bilan 2016 Nous avons revu en début d’année les grilles d’entretien pour contribuer au diagnostic territorial d’Y-Nove à partir des 5 apprentissages (voir pages 41 et 42).

Les lieux : Nous avons réalisé des micro-trottoirs dans la rue mais aussi dans des lieux fréquentés par les jeunes (salles de sport, centres commerciaux, lieux de loisirs...). Au total 52 jeunes ont été interviewé.e.s.

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Les thématiques : L'emploi, la question du rapport à la France, la formation et le rapport à l'avenir sont les thématiques les plus abordées par les jeunes.

Mise en lien et mise en action : Nous avons pu mettre les jeunes en relation avec d'autres acteur.trice.s jeunesse. Un accompagnement en direct a aussi été impulsé. • 100 % des jeunes ont été informé.e.s / orienté.e.s vers des partenaires ou dispositifs en fonction des problématiques repérées. • 18 jeunes ont rencontré effectivement des partenaires (Mission locale, structures de loisirs, commerçants, Agence d'intérim...) • 16 jeunes sont accompagné.e.s par Cap Berriat

Diffusion : Nous avons rencontré des difficultés sur la diffusion suite à une perte de données informatiques. Sur 2016, la possibilité de diffusion dans des lieux de décisions n’a pas été explorée. Nous travaillerons cette piste plutôt en 2017 et avec davantage de matière.


Lycees Intervenir dans les lycées : aller à la rencontre des jeunes qui ne passent pas la porte et toucher plus largement Le travail d’incitation dans les établissements scolaires est né du constat que le travail de proximité sur le quartier ne permettait pas de toucher tou.te.s les jeunes, et notamment les jeunes filles. On remarquait aussi qu’il y avait parfois une mauvaise connaissance des possibilités d’engagement. Il s’agissait alors de proposer des interventions qui permettent de susciter l’intérêt pour les initiatives collectives, créer l’effet "boule de neige" en faisant se rencontrer les jeunes, provoquer le débat sur la citoyenneté en donnant la parole largement aux jeunes, les lycées étant des lieux privilégiés et appropriés pour ce faire.

L’ancrage de l’expérimentation

Faire évoluer les thématiques en fonction des réalités de terrain Nous avons également pu constater que si le projet de départ visait à questionner les questions d’engagement des jeunes, à « susciter l’envie », les actions se sont peu à peu démarquées de cet objectif premier pour davantage répondre aux besoins de prise de recul, de débats et discussions des jeunes sur des réalités qui les concernent ou des sujets de société (identités, sujets polémiques, place dans la société et dans l’école, orientations…). Nous réalisons que provoquer l’initiative collective n’est pas une fin en soi, et ne peut être qu’un objectif de plus long terme. Si la question identitaire n’est pas nouvelle, il semble malgré tout que le rapport à la nationalité, l’appropriation et/ ou le rejet de certaines valeurs deviennent des sujets sensibles, sur lesquels nous croyons qu’il faut pouvoir libérer la parole.

Cette année semble avoir marqué le tournant qui semblait se dessiner depuis deux ou trois ans. Si le travail dans les lycées en 2016 s’est fait dans la continuité de celui de 2015, cette année marque aussi le passage d’une phase d’expérimentation à une phase davantage de développement. Le projet doit continuer à trouver sa cohérence et sa spécificité, qui s’est aujourd’hui affinée et précisée.

Rendre visibles et valoriser nos actions

Obtention de l’agrément académique, reconnaissance de l’institution

• Prendre du recul sur l’information reçue, les savoirs accumulés, l’environnement social fréquenté (idée : mettre un doute, installer des questions sur des éléments clés de leur parcours, de leur idées) • Favoriser l’expression à partir du vécu des jeunes pour agir sur les comportements • Susciter l’intérêt pour des pratiques, des loisirs, des engagements.

La demande et l’obtention de l’agrément académique ont confirmé la confiance que nous avons acquis auprès de l’institution et ancre le projet afin qu’il se développe davantage sur l’ensemble de l’académie.

Nous avons développé de nouveaux outils de communication (livret, formalisation, …) qui donnent à voir ce que nous pouvons proposer mais qui doivent être davantage publiés et palpables en donnant un aperçu « grandeur nature » de ce qu’on fait (outil vidéo, par exemple).

Nos objectifs auprès du public

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Ce qui fait notre spécificité • Aborder les sujets de société en utilisant des outils de l’éducation populaire (approche ludique, apprentissage mutuel…) • Adaptabilité • Posture nouvelle (entre le.la pair.e et l’enseignant.e) moins formalisée, moins stricte • Thématiques diverses • Capacité des intervenant.e.s à adopter les codes de leur génération (attitudes, codes de langage, leurs centres d’intérêt), … • Une pépinière ressource et créatrice de dynamiques : faire écho à d’autres thématiques et utiliser plusieurs angles d’entrée et outils en travaillant en partenariat avec les associations, créer des complémentarités, faire le lien entre jeunes et associations, …

Les évolutions de l’année Faire les ponts entre l’accompagnement et l’incitation Le relai que nous souhaitions faire avec le pôle accompagnement a pu se faire en intégrant davantage cette approche dans les interventions, ce qui marque une première étape d’accompagnement « hors les murs ». Nous avons, lors de 3 temps d’interventions, créé des modules d’accompagnement auprès des élèves motivé.e.s pour mettre en place des projets au sein des établissements (méthodologie, organisation collective, communication). Ces temps qui ont été appréciés par les élèves et l’institution doivent être approfondis et pourraient permettre de faire davantage le lien entre notre activité d’accompagnement et le travail d’incitation. Nous remarquons que nous avons encore peu de recul sur les effets créés par ces interventions. Si aujourd’hui, peu d’élèves touché.e.s par les interventions passent le pas de la porte de l’association (lieu d’habitation éloigné, nonvisualisation du projet, appréhension, pas de lien de confiance…), il s’agit de réfléchir 14

et aux espaces d’appropriation dans notre lieu actuel pour les plus jeunes et aux manières de faire notre activité en dehors de nos locaux pour toucher un public non captif. En effet, il semble que cela se mesure sur plusieurs années et qu’il ne s’agit pas de « faire venir » les jeunes mais bien de « bousculer », semer des graines qui peuvent conduire à des mises en action positives par la suite.

Le lien à l’éducation nationale Cette année, nous avons également cherché à faciliter notre mise en lien avec l’Education Nationale. En effet, si le lien nous paraît parfois difficile, nous avons activé plusieurs niveaux (inspection académique, rectorat,…). Il nous semble important de poursuivre la recherche de complémentarités : si nous parvenons à coconstruire réellement chaque intervention, nous pourrions aller plus loin dans le croisement de nos compétences, dans le travail réflexif commun sur des problématiques vécues par les jeunes pour proposer des actions plus en globalité. C’est dans ce sens-là que nous continuons à agir avec un groupe d’associations qui interviennent également en milieu scolaire.

Ce que ça crée • Approche appréciée sur des sujets variés (mobilisation des élèves, réseaux sociaux, discrimination et racisme, engagement…) • Prise de recul des élèves sur ces sujets • Mise en mouvement des jeunes sur des projets ou idées • Expression facilitée pour certain.e.s

En chiffres • 468 élèves ont bénéficié des interventions sur l’année civile 2016 (soit une augmentation de près du double de jeunes touché.e.s) • 8 actions/projets menés sur l’année (dont 3 ponctuelles sur une intervention) et 5 de moyen et long termes • 5 établissements concernés dont 2 lycées professionnels, 1 lycée polyvalent et 2 lycées généraux


Les pistes et actions à venir • Le Pass’ découverte qui permettrait à des jeunes d’avoir accès à la découverte d’un nombre donné d’associations dont nous parlons depuis quelques temps doit pouvoir également être mis en place l’année prochaine. De plus, nous avons établi en 2016 des liens avec le Cconseil Départemental (qui a la compétence / gestion des collèges), ce qui nous amène à imaginer développer auprès des élèves de 3ème ce Pass’ découverte. En effet, le stage de fin de collège est un espace de découverte privilégié qui permettrait à des jeunes, n’ayant pas forcément les réseaux familiaux et amicaux, d’appréhender différents métiers. • Nous souhaitons continuer le travail que nous avons commencé qui vise à approfondir la relation de complémentarité avec l’Education Nationale. Nous avons déjà, par l’agrément, obtenu un gage de confiance qui va nous permettre de nous développer et d’intervenir davantage dans les établissements de l’académie. Cependant, nous savons aussi qu’il est difficile de sortir d’une relation parfois trop «ponctuelle » et qu’il faut activer plusieurs niveaux différents pour faciliter la mise en lien. Il nous semblerait également intéressant de pouvoir changer les modalités de la rencontre, en travaillant par exemple en amont sur des thématiques communes afin de pouvoir proposer des choses cohérentes et pertinentes par rapport aux programmes scolaires, mais aussi par rapport aux constats que nous pouvons faire sur le terrain et intégrer à l’intérieur des établissements des nouvelles formes de débats, d’autres pratiques et outils… •

Il ne s’agirait plus de proposer des « ateliers » sur des problématiques ou thématiques sur lesquelles nous proposons un moyen d’agir mais d’analyser, repérer et proposer en coconstruction dans l’idée de rendre nos professions davantage complémentaires. • Ce travail doit également s’intégrer dans les dynamiques collectives, en ce que cette relation doit favoriser le lien aux associations qui interviennent également en milieu scolaire. Cap Berriat peut également jouer ce facilitateur avec d’autres associations sur des thématiques diverses. Il nous reste encore à définir de quelle manière cela peut se faire en préservant l’autonomie et la marge de manœuvre des associations et les questions de responsabilité. • La formation des enseignant.e.s et accompagnant.e.s en milieu scolaire nous semble aussi être une piste intéressante à explorer, que nous avions déjà évoquée. Plusieurs enseignant.e.s nous avaient interpellé.e.s sur les outils que nous utilisons et semblaient être intéressé.e.s pour pouvoir les utiliser durant les cours, les élèves étant également demandeurs.euse.s. Cela permettrait aussi d’instaurer un partage de pratiques et une continuité.

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accompagnement L'accompagnement de projet La posture singulière de l’accompagnement à Cap Berriat

325 personnes accompagnées en 2016

Nous défendons dans les valeurs de l'éducation populaire un accès pour tou.te.s les jeunes à l'accompagnement : pas de conditions d'accès et un rythme qui s’adapte aux besoins de chacun.e. Les rendez-vous proposés n’ont pas de durée délimitée, mais leur temps moyen est d’1h24. Cet espace permet de poser les choses, de tirer les ficelles que l’on ne voit pas lors des premiers échanges.

Une grande diversité de publics passe la porte de Cap Berriat, tant du point de vue de leurs parcours, de leurs âges, de leurs centres d’intérêts.

La posture des accompagnatrices est de partir de la personne en considérant chacun.e comme des personnes libres ayant un parcours rempli de savoirs, d'expériences, d'acquis faisant d'eux des acteur.trice.s de la société. Nous considérons ainsi les dispositifs existants comme autant d'outils supports, mais pensons surtout que c'est dans l'expérimentation que les jeunes se forment, s'épanouissent, s'enrichissent, tissent des réseaux porteurs. Avec les mutations de la société, même si le temps avant l’autonomie et l’indépendance s’allonge, les temps d’expérimentation se raccourcissent et les porteurs de projet doivent s’outiller techniquement plus fortement. Dans cette école du faire, chacun.e doit pouvoir trouver sa place sans jugement, et le cheminement prime sur l’injonction à la réussite. 16

Au-delà des chiffres, voici quelques exemples de projets accompagnés en 2016 : des groupes de musique, un couple d’étudiants qui part faire le tour du monde, un autre qui voyage de la France à la Mongolie à vélo, un collectif qui ouvre un théâtre de quartier, des jeunes acteurs/ réalisateurs qui tournent des webséries sur la vie des jeunes ou le sport extrême, un collectif de mécaniciennes qui monte un atelier garage où apprendre à réparer sa voiture, des jeunes qui s’installent sur des projets de permaculture, des artistes et administrateurs de compagnies (de théâtre, théâtre-forum, danse, …), des jeunes du quartier qui montent une coopérative de services de proximité, …

Les moins de 30 ans, notre public prioritaire Un rajeunissement des publics 74% des personnes accompagnées ont moins de 30 ans et les 18-25 ans représentent 40% de notre public en 2016, alors qu’ils n’étaient que 30% en 2015. Le tissage de réseau avec les associations ressources pour l’engagement étudiant


(SEVE, Animafac, Etudiant & Développement, Pépite Ozer…) a joué un rôle certain dans ce rajeunissement puisque nous observons une hausse de 3% du public étudiant (14% des accompagné.e.s en 2016). La disponibilité que nous essayons d’avoir au quotidien répond également aux besoins formulés par ce public : horaires flexibles, possibilité d’échanger au moment du café, importance des échanges par mail avec un public connecté… Une autre raison semble être l’arrivée d’une nouvelle équipe d’accompagnement qui a permis le renouvellement partiel des publics, renforcé par le bouche à oreille fait par les plus jeunes. Tranches d'âges

Une première action a été faite en ce sens au dernier trimestre 2016 : 2 accompagnatrices sont intervenues au lycée Mounier pour former 25 jeunes à la méthodologie de projet et la prise de décision collective d’une part, et aux bases du design, aux outils et à la stratégie de communication lors d’un autre temps. Nous avons ainsi touché 3% en plus de lycéen.ne.s. Enfin, de nombreuses structures partenaires du territoire travaillent également avec ce public, ce qui nous semble positif puisque cela permet de multiplier les portes d’entrée et les formes de réponses apportées. Nous (re)commençons d'ailleurs à être repéré.e.s par certain.e.s collègues des missions locales et de la Garantie jeune qui nous redirigent quelques personnes.

Notre mission de point d'appui à la vie associative Notre mission de point d'appui à la vie associative s'adresse à tous les publics, même si les moins de 30 ans restent prioritaires sur l'accompagnement individuel.

◊ en 2016 ◊ en 2015 Alors que nous avions fait le constat en 2015 que les plus jeunes poussaient moins la porte de l’accompagnement, nous avons opéré un rapprochement avec nos collègues de l’incitation, pour permettre un meilleur lien entre la mise en dynamique et l’accompagnement au projet. Ce projet nous a permis de toucher 2% de plus de jeunes décrocheur.euse.s. Nous avons aussi réfléchi à la possibilité pour l’accompagnement de faire du horsles-murs pour s’appuyer sur les liens de confiance créés par nos collègues avec les jeunes et les professionnel.le.s.

Concernant les plus de 30 ans, nous travaillons de façon ponctuelle avec ce public dans le cadre de notre mission de point d’appui à la vie associative du réseau régional SAVARA. Nous proposons ainsi aux bénévoles qui ont suivi une formation de bénéficier d’un rendez-vous, et ce quel que soit leur âge, car la complexité administrative qu’implique la gestion d’une association soulève des difficultés pour les bénévoles. Nous observons cependant depuis quelques années que les demandes de ce public ont augmenté considérablement sur les questions de vie statutaire (manque de relais techniques sur la vie associative en Isère) et de création et pérennisation d’emploi. Les femmes, qui représentent 65% de nos publics de plus de 35 ans, sont particulièrement touchées par la précarité et ont besoin d’accompagnement sur les questions d’emploi et de création d’activité. 17


Des publics précaires toujours aussi actif.ve.s , des jeunes (scolarisé.e.s) qui s’engagent et des stabilisé.e.s … qui le sont de moins en moins ! Nous observons encore cette année une augmentation du nombre de personnes en situation de précarité. Nous accompagnons notamment plus de demandeur.euse.s d’emploi puisque ceux-ci représentent 24% des porteurs de projets en 2016, alors qu’ils n’étaient que 21% en 2015. Nous notons une relative stabilité du nombre de CDD et contrats aidés, mais, alors que nous avions 14% de CDI l’année dernière, ils ne sont plus que 9% cette année. Ce constat vient en corrélation avec la demande croissante sur les questions d’emploi et de modèle économique. Situation socioprofessionelle

quotidien sur leurs territoires. Beaucoup de personnes accompagnées, qu’elles soient ou non en accord avec la pression du « statut social », expriment un besoin de reconnaissance. Sans prendre parti sur les réponses proposées par notre société, nous réaffirmons l’importance de valoriser les engagements de toutes sortes, et ce en dehors du critère d’employabilité. Par ailleurs, au-delà des questions de l’utilité sociale et de la reconnaissance des personnes, il nous faut noter que certaines personnes en précarité que nous accompagnons poussent la porte de Cap car la création d’emploi et d’activité est la dernière porte de sortie qu’elles envisagent. Cette partie de nos publics doit faire face à un marché de l’emploi qui leur est fermé. L’idée de créer leur propre emploi - en lien avec des personnes qui partagent un même centre d’intérêt - leur semble par conséquent être une opportunité de maîtriser leur propre destin… malgré toutes les difficultés que cela comporte. Les jeunes scolarisé.e.s que nous accompagnons s’engagent, souvent de façon bénévole, pour faire vivre leurs convictions, pour répondre à des besoins et / ou développer des pratiques… mais aussi parfois pour vivre des expériences complémentaires de leurs formations et pour mettre en actions des savoirs.

◊ en 2016 ◊ en 2015 Scolarisé.e.s : collégien.ne.s et lycéen.ne.s Précaires : bénéficiaires des minima sociaux, sorti.e du système soccolaire, garantie jeune, demandeurs d'emploi, stagiaire, volontaire, contrats aidés, intermittent.e.s, CDD Stabilisé.e.s : CDI, indépendant.e.s, autre (retraité.e.s, CAPE)

L’engagement des précaires dans des projets de tous types fait écho aux débats politiques qui ont pu se tenir au niveau sociétal : loin d’être inactif.ve.s, de nombreux.ses bénéficiaires du RSA et demandeur.euse.s d’emploi sont des acteurs du changement social et agissent au 18

Les stabilisé.e.s sont quant à eux de moins en moins nombreux.ses. Ce constat est à mettre en lien avec les incertitudes du moment concernant la vie associative. Les modèles économiques sont en cours de redéfinition, les perspectives de long terme restent souvent floues et la démarche projet devient souvent la règle. Le recours au CDI est par conséquent plus rare….et n’est pas toujours une garantie de stabilité dans les petites structures que nous accompagnons.


Que viennent chercher les accompagné.e.s ? 41% des personnes accompagnées avaient des demandes concernant l’emploi et la création d’activité.

Cap Berriat : une ressource pour les salarié.e.s et les employeurs du secteur associatif Les structures que nous accompagnons sont employeurs de 111 salarié.e.s. Accompagner l’emploi, c’est aussi soutenir les bénévoles dans la structuration du modèle de gouvernance, de la fonction RH, la redéfinition du modèle économique… Ces demandes arrivent au moment de la consolidation et du développement des projets : après l’expérimentation des idées, les porteurs se tournent vers l’accompagnement pour chercher les moyens de continuer de manière professionnelle leurs engagements. Nous constatons ainsi que les questionnements autour de l’emploi augmentent avec l’âge des porteurs, si elles représentent 1/4 des demandes des accompagné.e.s de moins de 20 ans, ce sont 1/3 des demandes des 20-25 ans et plus de la moitié des demandes des + de 25 ans.

Pour cela, nous avons développé de nouveaux outils pour la formation « fonction employeur » que nous proposons dans le cadre des formations bénévoles du réseau SAVARA. Ces outils sont venus compléter la construction d’un module d’accompagnement « première embauche ». Le parcours, organisé autour de 6 rendez-vous, sera proposé à partir de 2017. Les baisses de subvention et les mutations accélérées du modèle économique subies par les associations ont soulevé de nouvelles problématiques. En 2016, ces problématiques furent le thème principal des rencontres de PMAE (Petites et moyennes associations employeuses) organisées par la CRESS et le mouvement associatif : licenciement économique, cessation de paiement et problèmes de trésorerie sont des demandes que nous rencontrons au même titre que les autres structures point d’appui à la vie associative. En plus d’une montée en charge nécessaire de l’accompagnement technique et juridique sur ces questions, cette tendance a renforcé le rôle de médiation de l’accompagnement.

Demandes sur l'emploi et la création d'activité par tranche d'âge

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Des réponses adaptées pour soutenir la création d’activité Quand nous parlons de création d’activité, nous entendons toute personne souhaitant développer son emploi, ou un revenu en partant de ses envies comme point de départ. Nous accompagnons ainsi les “entrepreneurs associatifs” et coopératifs dans la création et la pérennisation de leur emploi, les futur.e.s membres de coopératives d’emploi et d’activité ou de la couveuse Paprica, mais aussi les personnes dans la structuration de statuts hybrides entre indépendance et salariat. Au-delà de la question du statut juridique, l’accompagnement consiste alors à rechercher avec la personne qui demeure experte de son projet de nouvelles solutions qui lui seront adaptées, quitte à requestionner les modèles existants.

Un accompagnement toujours aussi polyvalent Les rendez-vous d’accompagnement demeurent un espace-temps pour imaginer la réalisation de ses rêves, faire le point sur l’ensemble des informations collectées, s’enrichir d’un regard extérieur, structurer son action… Cette analyse se retranscrit dans la prépondérance des demandes sur les questions de définition et de méthodologie de projets.

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Nous retrouvons souvent les accompagné.e.s dans les étapes charnières de développement de leurs projets. Les deux piliers de la structuration associative ressortent ainsi dans les demandes accompagnées : l’humain et le collectif (emploi, formation, gouvernance et médiation) et le modèle économique (financements, partenariats, gestion comptable et financière). Nous proposons aussi accompagnements techniques communication et en comptabilité.

des en

En 2016, l'accompagnement en comptabilité s’adapte aux associations par la transmission de la logique comptable, que ce soit avec la prise en main d’un logiciel professionnel de comptabilité (saisie des pièces, élaboration des bilans et comptes de résultats, lecture et compréhension de ces documents comme outils de gestion), ou par l’appropriation d’outils construits sur des tableurs (comptabilité excel, de suivi de trésorerie…). Les besoins


En 2016, 19 associations ont été accompagnées à la comptabilité pour 72 rendez-vous, 76% des rendez-vous portent sur l’appropriation du logiciel professionnel de comptabilité. L’accompagnement à la communication porte sur différents besoins repérés : la mise en place d’une stratégie de communication, l’élaboration d’outils (infographie, technique) la stratégie générale de communication, les relations presse, la communication multimédia et web (site web, réseaux, mailings et outils collaboratifs). 23 associations ont bénéficié de rendez-vous d’accompagnement sur ces questionnements en 2016.

Des jeunes qui s’engagent sur tout et partout Un impact fort sur le territoire avec 213 projets soutenus 149 projets implantés à Grenoble, 30 sur l'agglomération, 23 en Isère et 11 au-delà : les porteurs de projets se déplacent de loin pour venir à Cap Berriat, de la Bièvre à la Matheysine, en passant par le Trièves.

Echelle d'intervention des projets

Une autre tendance cette année est la montée en charge des projets intervenant en territoires ruraux. Nous notons cependant que la moitié des projets interviennent sur différentes zones territoriales. Ce constat peut être expliqué par une diversification des publics et des activités proposées par les associations (qui cherchent de nouveaux débouchés pour asseoir leur modèle économique), mais aussi par l’envie de s’installer dans d’autres territoires (afin de travailler dans d’autres dynamiques). Zone d'intervention des projets

Zone d'implantation des projets

La culture comme priorité : faire bouger les choses en créant Du quartier à l’international, les projets accompagnés interviennent sur l’ensemble des échelons. On note néanmoins un fort ancrage local, la commune étant le premier territoire d’intervention.

Avec 33 % des projets accompagnés relevant d’une dynamique culturelle et/ou artistique, nous observons que la culture reste l’un des premiers engagements des jeunes. Nous notons une légère augmentation des demandes des groupes de musique, celleci étant certainement liée à la disparition de PMI, structure ressource sur l’accompagnement des artistes musiciens. 21


Des projets transversaux et multifacettes qui s’inscrivent dans le champ de l’ESS :

Secteurs d'activité des projets

2/3 des projets portés par les jeunes sont multi thématiques et transdisciplinaires. Ce constat vient appuyer l’importance des croisements entre publics. Les jeunes interviennent sur de multiples sujets et avec de multiples portes d’entrées. Une grande partie des projets a une visée de transformation sociale.

Un ancrage fort sur la vie et le développement local en développant des solidarités et en luttant pour la défense des droits et des causes : • l’envie d’agir sur son environnement et de développer des réponses concrètes à des besoins vécus sont au cœur des engagements de jeunes. • l’enjeu est bien souvent de créer du développement territorial de proximité. • favoriser l’émergence de solidarités et / ou défendre des droits et des causes sont des préoccupations de nombreux projets. Ces quelques constats nous conduisent à penser que les formes d’engagements ont muté. Les jeunes privilégient désormais des possibilités de changements qu’ils peuvent maîtriser. Dans la proximité et dans l’action !

Une augmentation des projets « éducation / formation » Les projets intervenant dans les domaines de l’éducation et de la formation augmentent de 5 % par rapport à 2015. Cette hausse peut s'expliquer par la piste de développement des ressources que peut représenter la formation professionnelle, mais aussi par l’envie des porteurs de transmettre les savoir-faire qu’ils ont pu acquérir et développer dans leur parcours.

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L’accompagnement, un cœur de métier en transformation Le lieu de Cap Berriat vit au travers des multiples ressources qu’apportent les personnes qui le fréquentent et l’équipe (qui travaille à l’animer ce lieu et à croiser l’ensemble des métiers de la structure). Ces croisements entre publics, réseaux, partenaires et métiers de Cap Berriat permettent de créer des ponts, d’enrichir les parcours des un.e.s et des autres, et se concrétisent souvent par l’émergence d’actions et de projets co-construits. Parmi ceux co-portés par Cap Berriat, nous pouvons citer PCDS (Paroles citoyennes contre les dérives sectaires) ou les Apérovisuels (2 rencontres du réseau audiovisuel en 2016). Avec l’idée de développer le hors-lesmurs, c’est cette énergie que nous souhaitons transporter ailleurs et essaimer. En tant qu’accompagnatrices, nous rencontrons au quotidien des jeunes qui s’engagent, rêvent, agissent, transforment le territoire et la société. Une étude des publics de nos publics est actuellement en cours pour justement nous permettre d’objectiver ce que nous ressentons de l’impact qu’a sur le territoire toute cette énergie déployée. Mais ce qui nous anime encore plus, c’est de dire haut et fort ce que le collectif et la jeunesse peuvent créer de créativité, de rencontres, d’entraide, de richesse, d’ouverture…


paprica L'association Paprica dans le projet de Cap Berriat Pour répondre toujours au mieux aux besoins d’émancipation des jeunes, Cap Berriat et Vecteur Activités (coopérative d’activité et d’emploi) ont créé ensemble la couveuse Paprica en 2010 sous forme associative. Paprica permet aux jeunes qui ne sont pas en collectif de tester et de développer leurs projets d’utilité sociale de manière coopérative et solidaire. En effet, en plus d’être un lieu d’accompagnement et d’hébergement juridique des activités, l’association offre un espace d’échange et d'entraide entre porteur.euse.s de projet. Surtout, elle favorise un autre rapport au travail et à l’emploi et elle permet aux jeunes de défendre les valeurs de l’économie sociale et solidaire par leur volonté d’entreprendre autrement. En 2016, Paprica comptait 5 porteur.euse.s, partie prenante du projet politique de l’association. Alors que l’embauche d’une chargée de mission devait permettre le développement de l’association (partenariats, nombre de jeunes et suivi…), son départ en septembre 2015 a conduit la structure à mettre le travail partenarial amorcé en stand-by. Cela n’a pas empêché Paprica de se donner le temps de revisiter son projet en 2016 en assumant un fonctionnement sur fonds propres. Ce travail de redéfinition a permis de dégager plusieurs priorités, à la fois en termes de gouvernance et d’actions. Un des principaux objectifs consiste ainsi à associer le plus possible les porteur.euse.s de projet à la fois sur les objectifs et le fonctionnement de l'association. Paprica envisage également de mener des actions cohérentes de sensibilisation des publics à priori « éloignés » de la création d’activité sous la forme coopérative.

Il est important pour Cap Berriat de soutenir cette couveuse, seul espace non fiscalisé pour héberger les activités d’utilité sociale des porteurs de projets individuels. Paprica permet par conséquent d'éviter la création de fausses associations par des « entrepreneur.euse.s associatifs » en permettant de tester son activité dans un cadre coopératif. C'est aussi une réponse alternative au régime de l’auto-entrepreneuriat même s’il faut noter qu'il reste économiquement difficile de sortir de la précarité.

Paprica en chiffres On retient que la couveuse enregistre un renouvellement des créateur.trice.s d'activité. Depuis 2 ans, entre 1 et 2 personnes quittent la couveuse chaque année pour développer leurs activités dans un autre cadre. On note que la création de réseau durant leur passage dans Paprica leur permet aussi de créer des associations nouvelles et de créer d'autres emplois. En même temps, de nouvelles personnes arrivent pour tester leur projet. • CDI : 1 • CAPE : 3, dont 1 renouvellement et deux nouvelles entrées • CUI CAE : 1 • Chargée d’administration et comptabilité : 0,4 ETP • Chargée d’accompagnement : 10% ETP, mise à disposition par Cap Berriat • Nombre de RDV individuels : 47 (à la demande des porteurs, durée moyenne de 2h) • Nombre de RDV collectifs : 10 (soit 1 par mois hors été)

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Dynamiques collectives Une année de changements et de re-centrage L’année 2016 marque une année particulière pour les dynamiques collectives. En effet, les départs de plusieurs salarié-e-s de l’association ont contraint à réduire les temps de travail affectés à cette activité. Les changements structurels n’ont pas forcément permis d’avoir une continuité sur l’année ou d’enclencher un travail de fond sur une thématique précise (comme ce fut le cas les années précédentes). Cependant, nous avons pu continuer à mettre en place des temps de vie collective, à favoriser les croisements, à sonder les besoins des associations. Les dynamiques collectives sont en effet partie intégrante de toutes les activités de l’association. Les associations de la pépinière et du réseau peuvent par exemple devenir des partenaires pour faciliter notre travail d’incitation et de mobilisation des plus jeunes (accueil de lycéens, propositions d’animation de quartier…) ou pour avoir une approche complémentaire de notre travail d’accompagnement (expertise dans un domaine technique….).

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Par ailleurs, les questions liées au relogement qui ont concentré beaucoup de temps de travail nous ont aussi conduit à re-poser des questions internes et de sens : • intérêt de ce type de lieux, quels croisements souhaitons-nous ? • quelles sont les problématiques actuelles ? • comment renouveler nos modèles économiques ? • comment faire davantage de lien entre les tous jeunes qui démarrent et des structures un peu plus avancées dans leur parcours ? • comment faire davantage le lien avec l’extérieur ?… En plus d’avoir créé une dynamique de cohésion collective autour de ce lieu et des assos qui l’utilisent (à différents niveaux), cela a permis de donner des pistes de travail à poursuivre pour l’année qui arrive.

Se croiser, se rencontrer, vie de colocs… Loin d’être un aspect anodin des dynamiques collectives, la vie sur le lieu est un facteur et outil privilégié de mise en réseau, d’outillage et d’initiatives par les croisements qu’il permet, les échanges et débats …


Les « trim », les Perm’ et l’organisation collective En 2016, deux “trim” (11/02/2016 et 15/12/2016) ont permis de réfléchir à la vie pratique et collective sur le lieu, au fonctionnement, à la communication interne, aux problématiques rencontrées par les associations ainsi qu’aux perspectives liées au déménagement. Le temps de réunion de février a notamment impulsé des changements en termes de communication interne afin de valoriser davantage les événements internes et ceux des associations. En effet, la valorisation des associations reste une de nos priorités, à savoir la possibilité pour elles de se faire connaître, la mise en lumière des possibles mais aussi des activités et services dans une perspective d’auto-financement, de valorisation collective des activités. Nous avons également instauré en complément des Trim’ ce qu’on appelle les « perm » dans l’idée de créer des temps plus réguliers seulement liés à la vie quotidienne pour faciliter la prise de décision et préserver des temps collectifs plus grands sur des questions de fond.

Les « Matins Malins » Ces temps collectifs d’information sur des thématiques spécifiques ont perduré et attiré du monde. Ces temps sont jugés intéressants et nécessaires par les participant.e.s. Ils permettent d'aborder les rouages techniques des dispositifs, subventions, projets avec des intervenant.e.s expert.e.s et permettent un échange sur la réalité des acteur.trice.s présent.e.s. Cette année, les thématiques ont été : les statuts de SCIC /SCOP, les statuts individuels, le projet Y-Nove, les changements de compétences de la Métro sur la culture, le service civique et la sécurisation des parcours professionnels.

La mise en lien Si le travail sur la mutualisation qui avait été fait en 2015 n’a pas pu être poursuivi en 2016, faute de ressources humaines, nous continuons à réfléchir aux croisements, aux rencontres, autant pour envisager de l’échange de pratiques que pour penser des solutions collectives à des problématiques rencontrées par les associations : rapport aux subventions, gouvernance, lien à l’éducation nationale… Cap a renouvelé son partenariat avec Uniscité sur l’accueil de l’équipe Rêve et Réalise (commencé en 2014). En 2016, deux promotions différentes ont été hébergées. Nous avons constaté une évolution entre ces deux années, la deuxième promo ayant davantage fait de croisements avec la pépinière, ce qui a été favorisé par des temps spécifiques de mise en lien : petits déjeuner, temps d’accueil et de présentation, … Le suivi a été plus important sur la 1ère promo avec davantage de projets poursuivis à la fin du service civique. La 2ème promo étant moins demandeuse, nous avons mis en place deux séances d’accompagnement dans leur bureau, en plus des RDV individuels. Nous expliquons cette évolution par la composition du groupe et les parcours des volontaires : la majorité des volontaires sont re-partis en étude suite à ce service civique. Par ailleurs, nous avons pré-lancé un espace co-working sur le lieu. En effet, nous avions repéré que plusieurs personnes arrivaient avec le besoin d’un bureau, d’un espace de travail ponctuel qui leur permette de ne pas travailler de manière isolée. Nous avons expérimenté cela de manière informelle et pensons l'officialiser en 2017, en imaginant que cela puisse s’accompagner de temps d’accompagnement et favoriser la mise en réseau sur cet espace.

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Sur la vie du lieu et le déménagement, les associations amenaient déjà plusieurs réflexions : comment créer de la rencontre entre les étages ? Comment conserver des espaces collectifs et ouverts sur l’extérieur ? Quelle gestion du bâtiment et quelle place de la pep’ là-dedans ?

Construire une mobilisation autour de l’intérêt d’une pépinière associative Les interrogations de la ville de Grenoble sur notre pépinière associative et les risques d’une forte diminution de cette dernière lors du déménagement au 24 BIS nous ont conduits à réaffirmer le rôle essentiel de la pépinière dans notre projet. Au-delà des mises en lien et de l’impact de toutes ces associations sur la vie du territoire, c’est la nécessité de garder des espaces pour que des jeunes puissent se lancer et faire vivre leurs initiatives dans un cadre associatif qu’il nous a semblé nécessaire de défendre. Lorsqu’on démarre il est en effet essentiel d’avoir accès à des espaces de rencontres, de travail et de pratiques. La pépinière, constituée de près de 200 associations comprend l’ensemble des associations hébergées mais également toutes les associations qui ont leur siège social à cette adresse et/ou qui utilisent les services de l’association. Nous défendons que cette pépinière est un espace riche de découvertes, de pratiques, d’initiatives, d’une citoyenneté qui peut aller jusqu’à l’émergence de contrepouvoirs, de métiers variés qui doivent continuer à exister. Nous défendons que ces associations sont autonomes et que la souplesse et la flexibilité sont des conditions nécessaires à l’installation de ces associations émergentes.

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Nous avons donc fait un travail d’entretiens qui nous a permis de sonder les points importants à la présence des associations sur le lieu et donc les éléments sur lesquels nous pouvons nous adapter. Aujourd’hui, pour les associations hébergées, l’accessibilité et la disponibilité des espaces collectifs sont notés comme les éléments les plus importants. De la même manière, pour la majorité des associations, ce sont les croisements et la présence d’autres associations variées qui donnent du sens à leur présence sur le lieu. S’il y a peu de marge d’augmentation possible, le “coût” du loyer est déterminant dans l’installation dans cette pépinière même si les associations se disent prêtes à assumer une faible hausse pour gagner en confort. Par ailleurs, nous remarquons que seules 3 associations (sur 20) sont présentes depuis plus de 5 ans et qu’il y a un fort taux de renouvellement des associations hébergées. Nous avons également constaté que cette année, beaucoup d’associations ont accueilli de nombreux stagiaires ou services civiques et tentent d’ouvrir leurs associations pour en faire des espaces d’expérimentation et de découvertes. Une dizaine de stagiaires/ services civiques a été présente sur l’année 2016. Nous avons également entamé une réflexion interne sur l’implication des associations dans la pépinière pour les associations qui seraient plus « âgées » ou présentes depuis un moment. D’autre part, il s’agit aussi de penser conjointement avec la Mairie et la Métro la question des lieux : comment créer un suivi et un relai pour les structures qui souhaitent quitter les lieux, se recréer d’autres espaces collectifs propres ? Nous assumons l’idée que la pépinière est un lieu de passage mais souhaitons que le départ se fasse pour les bonnes raisons, dans un élan de structuration et un cadre sécurisé.


valorisation et mediatisation La mission de valorisation de Cap Berriat vient compléter l’idée de parcours devenu le fil rouge du projet de Cap Berriat. De l’incitation, à la mise en réseau, à l’accompagnement voire à la formation, jusqu’à la médiatisation des projets des jeunes, il s’agit de penser les différentes étapes de construction de projets. Toujours dans cette optique de mettre en lumière les initiatives portées par les jeunes, Cap Berriat a poursuivi en 2016 son travail de valorisation avec le soutien précieux de ses partenaires.

Se faire entendre, vous faire entendre Le dernier mercredi de chaque mois, en direct de 13h à 14h, la radio New’s FM et Cap Berriat animent l’émission Cocktail Militoff, sous la houlette du duo Greg de News et Maëva de Cap. Une émission volontairement accessible, pas intello mais intelligente, plutôt enjouée, qui a pour objectif de mettre en lumière soit des projets portés de jeunes, soit des dispositifs les concernant, ou encore des structures, personnes, projets (qui nous ont tapé dans l’œil) et que nous souhaitons partager avec les nombreux.ses auditeurs.trices de New's FM. Combats, émotions, coups de gueule, santé, relations, politique, culture, information administrative ou de loisir, tous les sujets y passent ! Des fois on a les larmes aux yeux, des fois on rit, d’autres fois on apprend beaucoup, souvent on est tellement dans le studio qu’on doit se faire passer le micro…

Toujours est-il qu’à Cap Berriat, on tient énormément à ce partenariat et à cette émission. Ont été abordés en 2016 : Janvier : les médias par et pour les jeunes Avec Radio Malherbe Grenoble, Particité, le crieur de villeneuve, des jeunes montant une webradio dans le quartier du VO. Février : les relations amoureuses Avec une conseillère du planning familial, l’association Images solidaires et des jeunes Mars : les espaces d’engagement des jeunes Avec le collectif Help SDF Grenoble, le Joga Futsall du Village Olympique, le Mouvement Jeunesse Communiste et l’UNEF Avril : le dispositif « garantie jeunes » Avec des chargé.e.s de missions des Missions locales de l’agglo, des entreprises partenaires du dispositif et des jeunes actuellement en ou passé.e.s par la garantie jeunes Mai : départ autonome en vacances / voyages de solidarité internationale Avec les BIJ et PIJ de Fontaine et SaintMartin d’Hères, l’association Zellidja et le RJSI (Réseau Jeunesse Solidarité Internationale) et des jeunes parti.e.s à l’étranger dans des séjours en autonomie et solidaires Juin : les instances participatives Avec des jeunes engagé.e.s, volontaires ou tiré.e.s au sort dans les instances participatives de Grenoble, SMH, Echirolles, et des technicien.ne.s des 27


collectivités instances.

ayant

mis

en

place

ces

Septembre : consommer autrement à Grenoble et dans l’agglo Avec l’éléfàn, l’accorderie de Grenoble, la ressourcerie Ulisse 38, l’association pour la monnaie locale du Cairn et OpenCar. Octobre : l’égalité femme-homme Avec des jeunes ayant participé à l’appel à projet de la Métro sur l’égalité femmehomme, des jeunes « jogettes » du Joga Futsal du VO et leur encadrante, une enseignante chercheuse fondatrice de la chaire Efemere (Entreprenariat au féminin et renouveau économique) et la maison de l’égalité femme-homme. Novembre : zoom sur les Sentinelles, un programme de lutte contre les violences à l’école Avec des élèves et des membres de l’équipe pédagogique des collèges Jules Vallès et Gérard Philippe de Fontaine engagé.e.s dans le dispositif des Sentinelles. Décembre : de quoi vous rêvez, de quoi vous avez peur ? Avec des jeunes volontaires en service civique et des représentant.e.s du mouvement citoyen et solidaire, ainsi que du mouvement des jeunesses socialistes

Se faire voir, vous faire voir Le Pathé Echirolles et Cap Berriat ont maintenu en 2016 leur partenariat. En amont des films sélectionnés par la direction du Pathé Echirolles en raison du public jeune qu’ils attireront, Cap Berriat produit des écrans statiques autour des actualités de la pépinière (annonce d'évènements, zoom sur un projet, appel à bénévoles ou à financement participatif…) et diffuse les teasers des « focales jeune », ces désormais célèbres vidéos réalisées par Expression qui montrent des jeunes engagé.e.s dans leurs actions. Ce partenariat s’articule généralement sur une semaine de bande annonce et une semaine d’écran fixe en alternance par mois en général. 28

Se faire connaître, vous faire connaître… En 2016, le site web de Cap Berriat a vu se mettre en place un annuaire des associations de la pépinière (toujours en évolution étant donné que la pépinière ne cesse de grandir). Il répond à cet objectif de valorisation voulu par Cap Berriat. Pour les assos, c’est un gain de visibilité et pour les internautes, c’est la possibilité de trouver facilement des assos qui les intéressent ! Le site a aussi évolué pour permettre aux assos et aux porteurs de projet de se créer des comptes qui leur permettent par la suite de diffuser elles-mêmes leurs informations sur le site. Un travail de longue haleine, constructif, mais qui demande encore du travail, pour que les assos s’en emparent et pour maintenir tout ceci à jour. Work in progress ! Et sur les réseaux, une page Facebook, un profil et un groupe pépinière de Cap Berriat nous permettent de nous partager respectivement nos infos et annonces.


formation Cap Berriat développe une offre de formation en direction de différents publics : • la formation des bénévoles et des services civiques dans le cadre de SAVARA • depuis 2016, nous développons une offre de formation à destination des professionnel.le.s.

Cap comme point d’appui du réseau SAVARA : 198 bénévoles associatif.ve.s et 30 services civiques formé.e.s En tant que point d’appui à la vie associative membre du réseau régional SAVARA, nous proposons : • des formations gratuites accessibles aux bénévoles associatif.ve.s sur tout le département (tous projets et tranches d’âges confondus). En 2016, 19 formations ont pu avoir lieu sur 5 territoires différents (Grenoble, NordIsère, Sud Grésivaudan, Est-Isère et agglomération). Elles ont touché 198 participant.e.s, qui ont pu ainsi monter en compétences dans plusieurs domaines (devenir employeur dans une association / élaborer sa stratégie de communication, supports et relations presse / monter un budget et gérer la trésorerie / organiser un événement - la réglementation à connaître / gestion administrative d’une association ...). • des formations gratuites réservées exclusivement aux volontaires en service civique. Nous organisons deux sessions de 35h par an rassemblant 15 jeunes chacune. La première session est axée autour une formation aux logiciels

d'infographie libre. La deuxième session donne la possibilité d’aborder sur une semaine l’ensemble des aspects liés à la gestion d’une association et permet l’acquisition du CFGA (Certificat de Formation à la Gestion Associative).

La formation professionnelle : nouvel enjeu pour Cap Berriat Constatant une demande grandissante de pros sur les thématiques de nos formations bénévoles, Cap Berriat a souhaité développer une offre de formations professionnelles à partir de ses compétences internes. Il s'agissait à la fois de diversifier nos ressources propres pour consolider notre modèle économique, mais aussi d’essaimer nos savoir-faire sur les questions de jeunesse et de vie associative. En 2016, nous avons mis en place une formation sur l’infographie à partir de logiciels libres, sur 3 journées de 7h (1 jour par logiciel). Celle-ci sera reconduite en 2017. Par ailleurs, nous avons consacré l'année à l'élaboration d'un plan de développement de notre offre : • diagnostic des ressources et compétences internes • diagnostic des besoins sur les questions de jeunesse et de vie associative • définition des thématiques et contenus pédagogiques • démarrage de la prospection 2017 sera l'année de la sortie du catalogue et du déploiement de cette action. Les premières thématiques seront « l'accompagnement de projets collectifs » et « la mise en place de pépinières associatives », entre autres. 29


implication dans des reseaux raja, un reseau jeunesse coordonne par cap Le RAJA (Réseau des Acteurs Jeunesse de l’Agglomération) est un réseau de professionnel.le.s qui permet de créer de la rencontre entre professionnel.le.s jeunesse et ainsi développer l’esprit coopératif sur le territoire de la Métro, créer des solidarités professionnelles mais aussi promouvoir et mutualiser des expérimentations locales.

proposées, débattues et décidées par comité de pilotage composé professionnel.le.s jeunesse provenant structures et de communes différentes la Métro.

Au travers de ces objectifs, le RAJA répond aux enjeux majeurs de formation continue et de qualification des professionnel.le.s jeunesse et tente, indirectement, d’apporter des réponses aux besoins des jeunes dans une société de plus en plus complexe et en mutation rapide. Face aux difficultés rencontrées par les jeunes, il s’agit en effet de repérer des expérimentations, de les partager et d’imaginer des pistes de travail.

Deux formes de travail sont jusque-là proposées : • les séminaires : une journée entière sur une thématique, en deux temps : une matinée théorique avec un.e « spécialiste » de la question pour prendre du recul, et une après-midi d’ateliers (débats, exemples de pratiques d’ici ou d’ailleurs….). Le séminaire RAJA, c’est souvent le moment ou l’on aborde des questions sociétales/polituques qui nous touchent. • les p’tits dej : un café, un croissant, des discussions informelles et une matinée d’échanges de pratiques sur une thématique précise. C’est LE moment pour réseauter et rencontrer les autres collègues.

Avec le temps et la volonté de décloisonnement, le RAJA est aujourd’hui composé de professionnel.le.s jeunesse d’horizons divers (éducation populaire, prévention spécialisée, éducation nationale, participation habitante, insertion professionnelle…) et touche autant les animateur.trice.s de terrains que les chef.fe.s de service.

Un réseau, pour, par et avec les professionnel.le.s jeunesse Parce que ce sont les premier.e.s concerné.e.s qui sont les plus à même de savoir quelles problématiques les questionnent au quotidien, celles-ci sont 30

un de de de

Les temps de travail sont accueillis à tour de rôle dans les structures participantes, tandis que la coordination et l’animation du réseau sont réalisées par Cap Berriat.

Un p’tit dej a eu lieu en juillet 2016 sur la thématique de « l’évolution de la jeunesse » autour du documentaire « vie d’ados » réalisé avec des jeunes de la MJC des eaux claires. Un échange avec le réalisateur a été organisé ainsi qu’une formation « animer un ciné débat » par l’association Agora Peuple et Culture.


Un travail de diagnostic L’année 2016 était un temps de transition pour le RAJA : La sensation qu’un cycle de plusieurs années venait de se clôturer pour le RAJA a été partagée largement entre les personnes du réseau. De plus, Olivier, qui s’occupait de la coordination du réseau a passé la main au mois de juin à Rémi. Ce fut une bonne occasion pour lancer de nouvelles pistes : Ainsi, durant le second semestre 2016, un temps de rencontre individuel avec les membres a été mis en place afin de relever les nouvelles attentes, faire un bilan quantitatif et qualitatif et rencontrer de nouveaux.elles professionnel.le.s dans de nouveaux territoires suite à l’élargissement de la Métro. En ressortent quelques grandes lignes d’orientation : • une envie de nouveaux formats de rencontres, • un besoin pour les chef.fe.s de service de se rencontrer • une nécessité de relancer la participation qui a tendance à diminuer, • un besoin de temps d’échanges pratiques sur de l’outillage et de la méthodologie, • des temps plus longs pour des thématiques plus complexes…..

Des propositions de nouvelles formes Pour répondre à ces nouvelles attentes et tout en gardant les anciennes formes de travail qui fonctionnent bien, le RAJA a donc proposé d’expérimenter de nouveaux temps de rencontres : • un groupe avec les “chef.fe.s de service”, pour aborder des questionnements propres à ces postes d’encadrement : organisation, politiques jeunesse (…) dont les premières rencontres et échanges ont débuté fin 2016 • les “entre’pots de l’outillage” : des apéros de fin d’après midi pour se transmettre les un.e.s aux autres des

outils ou des techniques que l’on maîtrise. Exemple : techniques d’animation de réunion, de mobilisation, de participation…, outils informatiques ou collaboratifs permettant d’optimiser les organisations • les (dé)formations (en partenariat avec YNove) : les (dé)formations proposent des cycles de plusieurs journées sur une thématique précise et mêlent plusieurs formes (échanges de pratique, débats, apports théoriques, interventions de professionnel.le.s, ateliers, arpentage de documents écrits…) Une première (dé)formation a été créée en 2016 et proposée en janvier 2017 : professionnel.le.s jeunesse et faits religieux. Le programme se déroulait sur 5 jours avec des interventions de professionnel.le.s divers (sociologue, chercheurs, éducateurs de terrains..) Elle s’adressait à celles et ceux qui souhaitaient réfléchir et mieux connaître les pratiques religieuses et leurs influences sur la société, les institutions et nos pratiques professionnelles, aborder sereinement et avec une éthique professionnelle les questions religieuses et de croyances avec les jeunes, avoir un recul critique sur la laïcité et sur le traitement médiaticopolitique de l’islam et enfin mieux comprendre et prévenir les phénomènes de radicalisation religieuse. Les retours sur cette proposition ont été très bons et les structures associatives se sont rapidement inscrites . En revanche, les professionnel.le.s de la fonction publique n'avaient pas pu s’inscrire dans les temps, la période d’inscription étant assez limitée. Nous avons donc reporté cette formation afin que ces derniers puissent mieux anticiper les démarches administratives nécessaires pour partir en formation. Nous avons pallié cette annulation par la mise en place d’un séminaire d’une journée à Echirolles sur « comment les élites françaises fabriquent le problème musulman » avec

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une matinée de débat et d’échange de vécus dont les objectifs étaient de faire le lien entre le thème de la journée et sa propre expérience ainsi que d’approfondir l’approche du sujet. • Un premier atelier d’échange de vécu (« racontez un acte que vous considérez comme islamophobe, que vous avez vécu ou dont vous avez été témoin ») a permis de mettre en avant des caractéristiques communes aux situations d’islamophobie et d’échanger sur ces dernières. • Un deuxième exercice consistait à expliciter « pourquoi je suis venu-e et qu’est-ce que j’aimerais apprendre ? », au travers d’une animation spécifique. Ce travail a été rapporté par 2 personnes à Marwan Mohammed avant sa conférence de l’après-midi et a ainsi permis de faire le lien entre les participant.e.s et les propos du sociologue.

Poursuivre l’évolution de la coordination

l’après-midi était consacrée à une conférence débat avec le sociologue Marwan Mohammed dont nous avions déjà apprécié la venue pour un colloque sur « les bandes de jeunes ». Ce dernier a réussi, non sans humour, à faire le point sur les débats autour du concept d’islamophobie, de partager une analyse des discours et des actes islamophobes à la lumière de l’histoire coloniale française et de mettre en avant le rôle des médias et des politiques dans la montée en puissance de l’islamophobie en France.

Pour s’adapter à ces nouvelles contraintes, il s’agira sans doute pour le travail de coordination d’enclencher un travail « d’aller vers » plus régulier : puisque les professionnel.le.s ont de moins en moins en moins de temps et de plus en plus de travail, nous partirons à leur rencontre sur le terrain afin de mener le travail d’enquête nécessaire à l’émergence des pistes de travail que nous effectuions jusque-là en réunion collective. Globalement, il s’agira de prendre en charge une plus grosse partie du travail qui était partagé avec les membres du réseau.

De nouveaux outils pour créer une démarche de capitalisation Enfin, pour finir sur les évolutions entamées cette année, nous avons souhaité travailler sur la forme des comptes-rendus des journées de travail et leur capitalisation. Nous avons ainsi développé un nouveau site web sur lequel, pour chaque temps de travail, nous pouvons retrouver un compte-rendu sonore et écrit ; des références bibliographiques ainsi que des vidéos et autres supports multimédias en lien avec la thématique. 32

Globalement, cette année a été marquée par un contexte professionnel peu propice aux temps de réseau et de formation pour les membres (sur-sollicitation partenariale, baisse des moyens financiers et humains…). Ainsi, alors que la métropolisation a pour objectif de mutualiser des réflexions et des moyens entre communes, la tendance que nous observons est donc inverse, due en partie aux problèmes structurels cités ci-dessus. De fait, la participation au RAJA et en particulier aux temps de préparation s’inscrit aujourd’hui à contre-courant et une réflexion sur le fonctionnement et l’organisation du réseau mérite d’être enclenchée en 2017 pour faire face à cette nouvelle configuration professionnelle et politique.


SAVARA Réseau horizontal regroupant une vingtaine de structures points d’appui à la vie associative en Auvergne-Rhône-Alpes, cette association a pour objectif d’assurer l’égalité territoriale de soutien aux « petites » associations. Concrètement, il s'agit de permettre à ces structures de trouver des réponses à leurs questionnements sur la vie associative, et ce à proximité de leurs zones d’implantation. Cela passe par l'accompagnement des porteur.euse.s et le développement d'une offre de formation. Le réseau est financé par la Région qui soutient essentiellement 2 types de formations : • la formation pour les bénévoles (tous âges et secteurs confondus) • la formation spécifique pour les services civiques. Ayant été fortement impliqué dans la création de ce réseau, Cap Berriat est encore à ce jour membre de son conseil d’administration. Nous participons activement à certains chantiers : par exemple, la création d'un outil d’évaluation des actions d’accompagnement des points d’appui à la vie associative. En effet, SAVARA est soucieuse de mettre en œuvre un projet politique fort, mobilisé sur les enjeux de la vie associative. Il est donc important d’évaluer notre intervention afin de valoriser la richesse et les plus-values du tissu associatif local et régional. En 2016, les principaux axes de travail portés par le réseau et auxquels Cap Berriat a contribué sont : • la renégociation du projet avec le nouvel exécutif de la Région • l’organisation d'un séminaire pour définir les axes de travail 2017-2020 • l'intégration des structures Points d'appui en Auvergne • l'évaluation de nos actions

l'arret du projet partenarial Galileo Galiléo est né de la volonté de créer un outil de gestion prévisionnelle simple et adapté aux besoins des petites et grandes associations, qu'elles soient du domaine culturel, de l'animation, du sport… Galiléo devait permettre une projection chiffrée de ses projets, avec la possibilité de : • planifier la trésorerie, • faire des prévisions par analytique ou par action, • calculer les coûts du salariat quel que soit le type de contrat (CDDU, CDI, contrats aidés...) Réunissant Cap, JMM Ressources et DemoTIC, ce projet a dû être arrêté par manque de ressources. Il devenait en effet difficile de corriger un bug informatique et de lancer la commercialisation alors que les structures porteuses du projet rencontraient des difficultés en termes de ressources financières et humaines. La décision d'arrêter à été difficile à prendre car nous étions convaincu.e.s des besoins et de la pertinence de l’outil.

GAIa, ex MCAE Depuis plusieurs années, Cap Berriat participe au Comité d’Appui de GAIA (Grenoble Alpes Initiative Active) ex MCAE (Métro Création d’Activité Economique) qui appuie les petites structures de l’Économie Sociale et Solidaire. Les liens sont forts avec cette structure qui soutient bon nombre d’associations que nous accompagnons également. Un diagnostic partagé se fait tous les ans pour analyser les besoins des associations et imaginer des réponses à partir des actions de GAIA. Par ailleurs, Cap a pu suivre en 2016 un accompagnement spécifique proposé par GAIA sur le partenariat “associations / entreprises “

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Piments PIMENTS, Plateforme pour l’Initiative et la Mobilisation (des jeunes) pour ENTreprendre Solidairement, a démarré fin 2013 avec pour objectif de soutenir la création d’activité et d’emploi par et pour les jeunes. Au niveau national, l'aventure a commencé avec 5 territoires en 2013 et en compte 11 aujourd'hui. Projet porté pendant les trois premières années par Cap Berriat, PIMENTS s’est autonomisé en 2015 en créant sa propre structure juridique. L’effritement des subventions au niveau national après la fin de l’expérimentation conduit les acteurs à réfléchir à des niveaux régionaux pour le

En Auvergne Rhône-Alpes, un regroupement s’est créé fin 2016, dans une dynamique certes embryonnaire mais forte en nombre (puisque 7 territoires sont concernés). Ensemble, ces acteurs régionaux poursuivent la construction du projet commun, en lien avec le national, mais avec un positionnement politique et des actions communes à faire valoir auprès de la nouvelle région. L’objectif étant de prétendre à des subventions alimentant la poursuite au régional de ce travail.

développement du projet.

l'histoire sans fin du relogement de cap berriat C'est quoi l’histoire ? Cap Berriat occupe des locaux temporaires depuis une vingtaine d’années. Depuis 2009, elle travaille à son relogement au 24 bis rue Ampère (le Brise Glace, un ancien squat d’artistes). Le projet a ainsi été construit autour du relogement de Cap Berriat et de celui d’autres acteurs du quartier, selon la configuration suivante : un espace café-restauration sur le bas pour un accueil convivial, une ouverture sur le quartier, un étage pour 34

l’équipe de Cap Berriat, un autre pour la pépinière d’associations de Cap, et un dernier avec les bureaux administratifs du collectif Mann’art(e) et la Ville.

Premier tournant En janvier 2015, nous apprenons que le collectif Mann’art(e) ne va plus intégrer le bâtiment, alors que nous avions coconstruit ensemble le projet et travaillé sur la dynamique de quartier. Suite à cela, Cap Berriat défend une gestion associative du lieu comme l’une des conditions pour


déménager au 24 bis. Trois nouvelles associations se voient proposer d’intégrer les locaux - l’ADIIJ, Unis-Cité et l’AFEV - en plus de Cap Berriat, sa pépinière et la ville de Grenoble. Les 5 futurs habitants travaillent durant un an et demi sur des rencontres régulières pilotées par la Ville (modèle de gouvernance, modèle économique…). L’une des thématiques en tension est celle de l’espace de chacun pour mener à bien son projet associatif. Comme les autres, nous sommes contraints de faire des compromis sur la base des plans à notre disposition : de notre côté, cela se traduit par l’idée de mettre plus de postes de travail que prévu par bureau. Un séminaire proposé par les associations est également organisé pour avancer sur le projet collectif de vie sur le bâtiment.

Deuxième tournant En début d’année 2017, deux éléments nous forcent à suspendre notre participation aux réunions de préparation. D’une part, nous effectuons une visite sur le bâtiment “fini” en début d’année, et constatons que les bureaux ne peuvent pas accueillir le nombre de postes demandés. D’autre part, la Ville prend en janvier la décision unilatérale d’intégrer un nouvel acteur au projet, ceci confortant nos interrogations sur le respect d’une gouvernance partagée du lieu.

Concrètement, c’est quoi le problème ? Des renoncements... Alors que le déménagement devait renforcer notre projet et nos capacités de soutien des associations portées par des jeunes, l’actuelle municipalité nous a demandé plusieurs renoncements : • abandon de l’espace accueil restauration sur le bas du bâtiment - qui devait permettre d’ouvrir davantage le lieu sur le quartier et la ville tout en favorisant le développement de ressources propres.

• démantèlement de la pépinière associative éclatée sur plusieurs niveaux et surtout réduction des deux tiers de son volume ! 16 postes de travail proposés contre 45 sur notre lieu actuel ! Soit entre 5 et 7 associations potentiellement accueillies au lieu d’une vingtaine actuellement.

Des inquiétudes fortes Au-delà de ces renoncements qui sont des faits, la situation génère pour notre association plusieurs inquiétudes : • Quel contrôle de la ville sur la liste des associations hébergées (alors que la Ville nous pousse à « sélectionner » les associations pertinentes pour le lieu en fonction de ses propres critères) ? • Pourrons-nous garder, sur le long terme, notre capacité actuelle d’accueil 24/24 et 7j/7 (qui va gérer la sécurité ? quid de la souplesse ?…) • Pourrons-nous continuer à soutenir des pratiques alternatives et une citoyenneté qui va jusqu’à l’émergence de contre-pouvoirs citoyens dans un bâtiment ville ? • Quel lieu pour soutenir l’engagement associatif des jeunes ? Quelles possibilités d’engagement en dehors du service civique ? Et notamment pour celles et ceux pour qui les dispositifs et cadres institutionnels ne conviennent pas toujours ? • Quels croisements possibles entre publics et secteurs d’activités différents, quelles complémentarités créer quand la réponse qui nous est proposée est une proposition de relogement des associations par pôle thématique ?

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C’est quoi notre demande ?

C’est quoi la fin de l’histoire ?

Nous demandons, par conséquent, et face aux besoins que nous pouvons constater tous les jours, de pouvoir garder un lieu qui nous permettrait :

Une fin d’histoire “romantique” faite de désir commun ?

A minima : • de conserver le volume actuel d’associations hébergées. • de préserver l’accessibilité et de garantir la souplesse de fonctionnement.

Pour développer encore davantage notre soutien aux jeunes et à leurs associations. Pour créer des liens plus forts avec les structures ressources du 24 bis (AFEV, ADIIJ, Unis-Cité,Institut de l’engagement) et avec la ville.

Si possible : • d’aménager de nouveaux espaces de créations et de pratiques.

Une fin d’histoire “de films d’actions” ?

Pourquoi nous faisons cette demande ? Qu’est ce que nous défendons?

Des coups de pression et des mobilisations.

Nous défendons les idées suivantes : • l’engagement, et en particulier l’engagement des jeunes, ne s’effectue pas que dans des dispositifs institutionnels. Les associations sont des espaces pour se construire, apprendre, militer, revendiquer et faire entendre ses convictions et propositions. • la vie associative ne doit pas s’organiser en fonction de l’organisation administrative : les structures internationales avec les structures internationales, les culturelles avec les culturelles (etc..), nous défendons l’intérêt des croisements entre des mondes, des projets, des thématiques. • la vie de notre ville ne doit pas s’organiser simplement en fonction des priorités fixées par les élu.e.s. La vie associative possède aussi sa propre expertise.

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Faite de colères et de renoncements. Avec du suspens et des incertitudes.

Une fin d’histoire inattendue et iconoclaste ? Dans laquelle les événements précédents trouveraient leur dénouement … Dans laquelle l’action et les confrontations laisseront aussi la place à de la création, au cinéma d’auteur, à de l’imagination de scénarios jamais envisagés ! La fin de l’histoire, nous ne pouvons pas l’écrire maintenant. Elle est en cours. Et surtout elle s’écrit avec vous. Elle s’écrit avec la Ville. Espérons simplement que cela soit un Happy End !


les paris reussis Paroles citoyennes contre les derives sectaires Ce projet est porté par un collectif composé de Cap Berriat, Amal, l'École de la Paix et Act ‘for.

jeunesse pour qui l’on a trop souvent parlé sans écouter ses besoins et ses envies, semble parfois désemparée.

Ce prohet est né avant les attentats et l’actualité récente a conforté notre envie de ne pas être que dans les réactions émotionnelles et d’envisager plutôt avec les jeunes un travail au long cours qui prend en compte toutes les expressions et trajectoires de vie.

En tant qu’acteur.trice.s de terrain, Cap Berriat et ses partenaires se devaient de donner la parole. Nous avons ainsi proposé aux lycées grenoblois Emmanuel Mounier et les Eaux Claires un projet innovant et à priori inédit sur le territoire national. Ce projet vise autant à écouter qu’à sensibiliser la jeunesse aux problématiques qui forgent son quotidien mais également à discuter plus en profondeur avec elle sur l’ensemble des questionnements qui peuvent de manière directe ou indirecte conduire aux phénomènes de dérive, rupture ou radicalisation – recherche d’identité, malêtre social, isolement, harcèlement, emprise de la société du paraître et de la consommation, réseaux sociaux, sentiment d’injustice, citoyenneté, rapport à la politique et aux médias, religion, laïcité, discrimination…

Introduction : La jeunesse est le moment de vie où les opinions se forment et les expériences se font. Dans un contexte de mutation personnelle et d’une société individualiste imposant la désirabilité sociale comme mode de vie, certains jeunes en quête identitaire ou de reconnaissance se laissent tenter et s'engagent dans des mouvements politiques extrémistes, radicaux, violents qui leur semblent répondre à leurs envies. Ainsi, les phénomènes de dérive sociale (délinquance, criminalité, conduites à risque, violence...etc), de rupture sociale (isolement, précarisation, opposition) et de radicalisation (idéologique, religieux, violence) sont le fruit – au-delà des conditions économique et sociale – d’une grave crise identitaire et d’une quête de sens chez les jeunes qui se questionnent sur leur place dans la société. Devant le trop peu de réponses faisant corps, cette

Dans cette optique, le projet s’est décliné sous forme de rencontres mensuelles durant l’année scolaire 2016 – 2017. A chacune de ces rencontres, une thématique a été traitée sous forme d’ateliers, de mises en scène, de jeux pédagogiques et de débats participatifs. Par l’intermédiaire d’outils d’éducation populaire, nos intervenant.e.s ont partagé et écouté sans censure, se sont confron37


té.e.s et opposé avec ces jeunes, mais toujours dans le respect pour ouvrir des voies de débat. Afin de garder toute la plus value de ce projet, un bilan d’évaluation a été rédigé et des outils concrets de travail ont été construits (accueil de la parole des jeunes, stimulation de l’esprit critique, organisation d’ateliers….).

Mise en place du projet : Nous avons œuvré à la mise en place de ce projet durant une année. Celui-ci a pu nous amener à nous questionner sur la faisabilité de certains aspects du projet. Tout d’abord, ce type de projets par son orientation est un champ en partie innovant pour Cap Berriat. C’est pourquoi il pouvait nous sembler épineux de s’y aventurer. Nous nous sommes questionné.e.s sur notre rôle et notre méthodologie. Avions-nous les capacités et la légitimité d’intervenir dans les lycées dans le cadre de ce projet si sensible ? De plus, ce fut un travail de longue haleine puisque le projet est en collaboration avec les structures Amal, l'École de la Paix et le Consultant Saïdane Farid (Act’For). De nature, philosophie, méthodes de travail, organisations différentes, il a fallu réunir les quatre structures pour faire un travail d’entente. Nous avons su outrepasser les spécificités de chacun.e afin de tendre vers un seul projet guidé par un objectif commun, celui de la prévention. De même, Cap Berriat, spécialiste des outils d’éducation populaire, a dû faire entendre toute l’utilité d’un tel projet auprès de l’Education Nationale.

De manière générale, au vu de la sensibilité des thèmes traités, il a fallu faire preuve de patience et de pédagogie afin de convaincre les administrations et collectivités de la pertinence du projet. Nous avons aussi dû montrer et prouver l’efficacité du projet pour trouver des financements afin de permettre sa viabilité.

Déroulé du projet : Le projet s’est décliné sur un cycle long, c’est-à-dire sous la forme de rencontres mensuelles durant l’année scolaire 20162017. Un projet sur longue durée est selon nous la meilleure manière de faire passer un message clair et complet afin de discuter et de comprendre au mieux ces jeunes. Nous sommes intervenu.e.s au sein d’une classe de première ES et de première STMG des Eaux Claires ainsi qu’une classe de première L et de première STMG du lycée Emmanuel Mounier. Huit séances de deux heures ont été déployées, soit une par mois dans chaque classe. Le but est d’engager un débat citoyen sur ces problématiques par l’intermédiaire de modules en lien avec l’actualité et qui peuvent conduire à des phénomènes de dérives sectaires (terrorisme, laïcité, réseaux sociaux...). La dernière séance est consacrée au « Ring des sujets qui fâchent », qui est l’aboutissement d’une année de préparation sur différents thèmes en lien avec les ateliers traités durant l’année. Cet exercice vise entre autres à restituer les connaissances et l’esprit critique acquis. Les différentes classes se sont rencontrées et ont été mélangées à plusieurs reprises, lors d’un atelier mensuel et pendant la séance du Ring.

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Objectifs atteints et difficultés : Les objectifs principaux du projet sont au nombre de trois : • Tout d’abord, transmettre des connaissances et travailler l’esprit critique. En effet, diffuser de la connaissance pour mieux comprendre le monde qui entoure ces jeunes est la clef de voûte du projet. Notre ambition a été de les aider au mieux à affronter leurs défis scolaires, sociaux et personnels en aiguisant leur « appétit intellectuel ». • D’autre part, un travail de valorisation a été amorcé. Nous vivons dans une société ultra consumériste et individualiste où l’apparence et la désirabilité sociale comptent plus que tout. Ces jeunes toujours en construction identitaire se voient imposer trop souvent ce dictat de la performance et de la reconnaissance. Nos équipes ont à leur manière essayé de reprendre ces codes de valorisation en les adaptant avec leurs propres moyens afin que chacun.e des élèves soit considéré.e dans son individualité mais dans un cadre collectif. • Enfin, nous avons effectué un travail de responsabilisation. La parole des jeunes est souvent décrédibilisée s’agissant des problématiques sociétales car considérée comme non pertinente, manquant d’expérience ou encore utopique. C’est pourquoi notre objectif est de les responsabiliser, engager un échange de vérité avec eux sans censure, avec comme seule contrainte le respect des autres, parler de nos valeurs partagées, nos cicatrices communes… Les difficultés pour les atteindre : • La complexité des sujets traités, qui nécessitaient des connaissances et une certaine assurance pour oser le débat, s’est fait sentir chez des élèves. Ils ne possédaient pas tou.te.s les mêmes capacités de compréhension des thématiques et des carences d’argumentation et de démonstration existaient pour certain.e.s.

De surcroît, pour les intervenant.e.s, il s’est avéré difficile par moment de trouver le bon équilibre entre l’apport éducationnel et ludique. Ce fut notamment le cas durant le ring final où certain.e.s ont pris trop à cœur l’aspect ludique de l’activité en omettant les connaissances acquises au fil de l’année. • Le projet devait à l’origine également s’étendre aux parents d’élèves. En fin de journée, sur une durée de deux heures, des interventions ponctuées d’ateliers devaient ainsi s’adresser à eux.elles. L’objectif a vite été abandonné, étant donné le faible engagement de ces dernier.e.s qui ne répondaient pas assez présent.e.s. • Enfin, basé sur un lien de proximité, il a fallu du temps afin de déconstruire les postures de certain.e.s élèves pour gagner leur confiance. Notamment au sein des 1ère STMG où l’approche et la familiarisation fut complexe à la vue des postures qu’ils imposaient aux intervenant.e.s. Les enjeux de représentation sociale ont été cruciaux auprès de ces élèves très impacté.e.s par une société du paraître. Soucieux.ses de se rendre désirables socialement auprès des autres, beaucoup ont plus joué de postures que de comportements francs. Lors des entretiens individuels, la majorité d’entre eux a fini par « briser l’armure » et s’est davantage impliquée lors des dernières séances.

Conclusion : Après une année scolaire d’intervention, les associations estiment avoir rempli leurs objectifs majeurs (connaissance, valorisation, responsabilisation). Sans avoir affronté de vraies difficultés dans son déroulement, le projet a néanmoins été parfois amendé afin de s’adapter au mieux aux intérêts des lycées (emplois du temps, impératifs prioritaires) et des élèves (centres d’intérêts divergents, sensibilité de certain.e.s). En effet, selon la sociologie de la classe (L, ES ou STMG), le projet n’a pas été conduit de la même manière. Les L 39


et ES adhéraient de manière significative aux valeurs républicaines, toute remise en cause se faisait avec une certaine retenue et une réelle solidarité semblait régner entre les élèves. Quant aux STMG, les groupes d’appartenance semblaient plus prégnants, des « meneurs d’idées » ont été repérés et ils se positionnaient plus radicalement dans leurs opinions. Ainsi, ce projet initialement prévu pour prévenir des phénomènes de radicalisation, s’est révélé au fil des interventions être un projet plus profond que cela. En effet, il n’aura fallu que deux séances pour démontrer que la radicalisation n’est qu’un sujet parmi d’autres tout aussi complexe et qui questionnent plus souvent leur quotidien. Ainsi, nos axes de travail se sont concentrés sur les questions profondes qui finalement se posent à tout un chacun durant sa trajectoire de vie (identité, citoyenneté, rapport aux autres, postures…). En clair, toutes les problématiques qui gravitent autour de ces jeunes. Chaque séance était une occasion unique de mieux les cerner au-delà de leurs opinions sur les thèmes des ateliers (leurs joies, envies, peines, révoltes…). Nous avons ainsi découvert des citoyen.ne.s : parfois en colère, parfois heureux.ses, parfois maladroit.e.s, mais surtout toujours intéressé.e.s de s’enrichir d’une manière nouvelle. Ainsi, alors qu’ils sont parfois mis artificiellement en opposition, l’Education Nationale et l’éducation populaire ont su pour ce projet cohabiter et même coopérer pour œuvrer dans un sens commun. A ce titre, nous remercions les lycées de nous avoir accueilli.e.s avec confiance.

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la creation d'y-nove Origine du projet Ayant repéré, en 2015, un appel à projet intitulé “projet innovant en faveur de la jeunesse”, Cap s’est mobilisé pour créer une dynamique locale dans l’objectif de répondre à cet appel à projet de forte envergure ! Initialement nous avions repéré cette piste de financement pour le 24 bis. La difficulté d’obtenir un partenariat avec la ville de Grenoble pour faire une réponse commune nous a conduit à orienter la réponse à cet appel à projet plutôt sur une dynamique d’agglomération. Nous faisions en effet le constat qu’il fallait nous réunir pour trouver de nouvelles possibilités financières et pour penser autrement l’action auprès des jeunes. Cap a ainsi consacré un ½ temps de travail et un 3/4 de temps de stage en alternance au montage de ce projet (sur le premier semestre 2016). Au final - et malgré les difficultés - le pari a été réussi ! Y-Nove a été lauréat du PIA projet innovant en faveur de la jeunesse. Seule association parmi les 16 autres elle essaie de mettre en place un programme ambitieux de gouvernance partagée sur les questions jeunesse entre associations, collectivités locales, entreprises, et réinterroge la place des jeunes au sein même de la gouvernance d’un tel programme. Une des conséquences - et pas des moindres - de ce pari réussi a été le départ de Jeff et de Paul qui ont créé leurs postes sur l’association Y-Nove. Un grand merci à eux pour le travail accompli.


Plus en détail Le regroupement Y-Nove, sous statut associatif, est composé à ce jour d’une trentaine d’acteur.trice.s associatif.ve.s de toutes tailles, de quelques entreprises, et de collectivités territoriales et institutions que sont la Région Auvergne Rhône-Alpes, Grenoble-Alpes Métropole, le Département de l’Isère, la DDCS Isère, l’Education Nationale et des communes (8 à ce jour). En qualité de lauréat de l’appel à projet des PIA, l’association Y-Nove bénéficie d'un cofinancement important pour les cinq prochaines années. De ce fait, des financements sont disponibles mais nécessitent obligatoirement des cofinancements variés. Un système de prise en compte des contributions en nature (locaux, matériel, ressources humaines, ou autres objets de partenariat et donc gratuit) est mis en place et permet d’inclure ces contributions comme cofinancement. C’est le cas, par exemple, pour l’accueil de l’équipe salariée d’Y-nove dans les locaux du Département depuis novembre 2016.

Objectifs • Permettre à tous les jeunes de la Métropole grenobloise de développer leur pouvoir d’agir • Créer des politiques jeunesses concertées • Favoriser de nouvelles interactions et solidarités entre acteurs jeunesse de la Métropole L’association Y-Nove replace les jeunes au centre du processus de décision, et la volonté première de l’association est de sortir de la construction habituelle des politiques jeunesses en redonnant une place active aux jeunes dans l’élaboration de ces politiques.

Le mode de gouvernance de l’association et le processus de prise de décision concernant les projets sont différents. En effet, l’objectif est de créer un conseil d’administration avec des collèges partagés à parts égales entre jeunes, associations, institutions et entreprises. Une approche progressive de mobilisation et d’implication des jeunes et des moins jeunes, des collectivités locales, entreprises, associations permet la rencontre, les échanges, le débat, et la production. Elle vise à élargir les connaissances mutuelles entre publics et une vision beaucoup moins restrictive que par la seule entrée «catalogue de projets». Elle doit permettre d’appréhender, de repérer et d’analyser au mieux le caractère multiple des préoccupations et envies des jeunes de l’agglo, des projets en faveur des jeunes expérimentés et jugés pertinents à être essaimés et développés. Elle doit également permettre l’émergence des projets en capacité de mobiliser les jeunes sur le territoire. Cet enjeu fort n’est pas le plus simple à réaliser et donc il est imaginé une montée en charge dans l’engagement et dans la participation à la gouvernance, en escalier, en trois étapes : • Agoras - rencontres entre jeunes et moins jeunes dans des secteurs de la métropole avec des échanges par thématique et présentation des idées, projets, des jeunes et des structures intervenant auprès des jeunes • Ateliers – temps de formalisation et/ou d’essaimage donc de co-construction du nouveau projet avec des ressources multiples émanant de toute l’agglomération et avec des jeunes • Comité de pilotage - instance partagée avec des participant.e.s au réseau, jeunes et membres du CA qui gèrent l’association et les actions qu’elle soutient.

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Au-delà du rapport entre ces différent.e.s acteur.trice.s, la démarche vise aussi à sortir des segmentations habituelles par activités (sport, culture, insertion…) et propose une réflexion par un « fil rouge » transversal, qui a été défini au travers de clefs d’apprentissage et d’émancipation des jeunes : • Savoir d’où je viens • Rencontrer, bouger, croiser, connaître • Se faire plaisir • Assurer sa vie, sa survie, son avenir • Trouver et comprendre sa place, l’exercer, la revendiquer

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Les actions proposées 30 actions différentes ont été inscrites au programme initial. Elles évoluent et se multiplient au gré des Agoras. Certaines ont démarré, d’autres viennent d’être proposées en Agoras, d’autres encore n’ont pas démarré et d’autres sont à venir.

Les acteurs impliqués à ce jour ADIIJ, AFEV, Big Bang Ballers, Cap Berriat, CDOS Isère, Collectif Courant d’Art, Centre de santé universitaire, Cie les Noodles, CMRA, CODASE, DDCS, Département de l’Isère, Et Pourquoi Pas ?, Les FRANCAS, GAIA, Grenoble Alpes Métropole, Institut de l’engagement, Laboratoire PACTE, La ruée vers l’Art, Ligue de l’enseignement, Mission Locale de Grenoble, de Saint Martin d’Hères, sud Isère, Isère Drac Vercors, Sud Isère, MJC Prémol, MJC Desnos, Mov’easy, New’s FM, Orange Solidarité, Région Auvergne Rhône-Alpes, Retour de Scène, Réussir Ensemble, Rom Action, Shaolin Shadow, Supcréa, Tchookar, UMIJ, Unis-cité Villes d’Echirolles, de Fontaine, d’Eybens, de La Tronche, de Meylan, de Saint-Martind’Hères, de Vif, de Gières, de Jarrie et des collèges sur l’agglomération.


Rapport financier compte de resultat 2016 2016, on gère la crise Le contexte Turbulences, turbulences !!! Nous avions annoncé que l'année 2016 serait encore plus compliquée que la précédente. Et en effet notre budget a baissé de 25%. Cette année 2016 a fait l'objet d'énormément d'efforts budgétaires. Certaines mesures annoncées (départs de salarié.e.s, changement du mode d'organisation, renégociation fournisseurs...) ont été mises en application et cela dans le but d'effectuer un changement structurel de l'association. L'année 2016 a aussi marqué la fin des aides au projet PIMENTS développé par Cap Berriat depuis sa création en 2013 Depuis quelques années, la stratégie était de changer d'échelle et de partager notre expertise au niveau national. Nous avions ainsi pu obtenir des financements de l'Etat et de l'Europe. Le contexte d'austérité impacte fortement notre budget, l'ensemble des financeurs a appliqué des baisses qui, mises bout à bout, mettent en difficulté la mise en œuvre de notre projet et nos actions. Nous avons même perdu notre principal financement de la région. La baisse de l'ensemble de nos subventions s'élève à peu près à 150 000€ sur cette année 2016.

Ce que nous avons mis en œuvre : Consciente depuis 2015 des difficultés à venir, l'équipe de direction a favorisé les départs volontaires - en privilégiant d'abord le départ de deux membres de la co-direction. Ce choix a été motivé par l'intérêt de renouvellement de l'équipe et par l'impact financier du départ des salaires les plus importants de la structure. La contrepartie de cette stratégie a été de perdre une partie de notre capital expérience et compétences. Cela a aussi fragilisé l'équilibre de notre équipe puisque certaines missions affecté.e.s aux salarié.e.s parti.e.s restent à faire. Par ailleurs cela a affecté notre politique RH, car il nous a fallu, dans cette période de mutations, avoir de plus en plus recours aux contrats aidés. L'impact des baisses de subvention a aussi été amoindri par des absences longue durée de certain.e.s salarié.e.s (presque 1 ETP en durée cumulée). Les départs volontaires ont concerné plusieurs salarié.e.s : Anne-Sophie Millet et Gaëlle Mannara en janvier, puis Thomas Halle et Jean-François Miralles durant l'été. Il nous faut aussi noter la non reconduction de certains CDD au printemps 2016 pour Julia et Pauline. Le redéploiement des missions a nécessité de revoir l'organisation interne de la structure et les temps de travail de certain.e.s salarié.e.s. Nous avions annoncé un déficit lors de la précédente Assemblée Générale. Nous avons réussi à limiter ce déficit qui est en définitive moins important que ce que nous avions chiffré. Le résultat est déficitaire de 9 119€.

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previsionnel 2017 2017, on se réorganise et on se réinvente Contexte Les années passent… et les baisses de subventions continuent. La Ville de Grenoble reste notre principal financeur avec 45% de notre budget. Sur 2017, la baisse est néanmoins de 14 671€ de la part de la Ville de Grenoble soit sur ces 2 dernières années -33 086€ (13%). Nous renégocions avec les autres collectivités pour imaginer de nouveaux projets après des arrêts de subventions l'année dernière.

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La réduction de nos ressources humaines crée une tension entre la nécessité de gérer le quotidien et la nécessité de se réinventer. Nous sommes passés de 16 salarié.e.s pour 14 équivalent temps plein (11 CDI et 5 CDD) en 2016 à 11 salarié.e.s pour 9 équivalents temps plein (7 CDI et 4 CDD). Soit le départ de 5 salarié.e.s : 4 en CDI et 1 CDD non renouvelé. La nécessité d'assurer certaines missions portées par ces salarié.e.s parti.e.s nous a contraints à avoir recours aux contrats aidés pour continuer d'assumer certains fondamentaux de Cap Berriat.


Ce que nous mettons en œuvre : L'année 2017 est par conséquent une année de renouveau mais le budget 2017 reste fragile ! La stratégie adoptée est de recentrer notre projet sur le local et de diversifier nos actions à partir d'un diagnostic de terrain qui prend en compte de nouveaux besoins (sur des thématiques liées à l'orientation, l'insertion, la création d'activité ESS, …). Nous nous efforçons par ailleurs de réduire nos charges au maximum, mais certaines ont atteint leurs limites de compression. Conscient.e.s de la raréfaction de l'argent public, nous développons nos ressources propres. En 2 ans, nous les avons plus que doublé (nous sommes passés à 23% de notre budget contre 8% en 2016) grâce à la formation en direction des professionnel.le.s et la transmission de nos savoir-faire sur des sujets plus spécifiques en lien avec les préoccupations de la société (comme le projet Paroles citoyennes contre les dérives sectaires).

Le budget présenté par Cap Berriat pour 2017 est équilibré mais nous estimons qu'il sera sur cette fin d'année déficitaire. En effet, bien que des pistes de développement aient suscité l'intérêt de nos partenaires financiers potentiels, nous n'avons pas pu passer à une phase de mise en œuvre sur l'ensemble de ces pistes lors du 1er semestre. Le travail autour de notre relogement au 24 bis Ampère a en effet mobilisé des énergies en termes de ressources humaines. Certaines actions ne pourront se concrétiser qu'à partir du second semestre. Cela va donc avoir des répercussions sur notre résultat.

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evolution des charges et recettes sur 7 ans

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Quelques chiffres pour finir ? C'est au verso !

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Cap en bref notre actualite en quelques chiffres Nos publics

1113 personnes sont concernées par nos actions jeunesse (travail de mise en dynamique, lycée, accompagnement et formation des services civiques)

Impact territorial de Cap Berriat

213 projets accompagnés (dans des multiple domaines : culture, solidarité internationale, environnement…)

111 emplois accompagnés à la création et/ou à la consolidation 198 bénévoles vie associative formé.e.s (formations à destination des bénévoles tous publics dans le cadre du réseau SAVARA)

190 structures hébergées (siège social, boîte aux lettres, accès aux salles de pratiques ou réunions, services...)

19 associations disposant d'un bureau dans la pépinière 56 personnes de la pépinière au quotidien sur le lieu (salarié.e.s, bénévoles, volontaires en services civiques et stagiaires)

Impact des associations de la pepiniere Données déclaratives d'après une étude en cours sur une base de 64 associations interrogées sur les 190 hébergées

5 053 648€ de budget cumulé 172 914 personnes en public direct 2 217 bénévoles engagé.e.s 565 événements organisés par ces associations (festivals, spectacles, conférences, ateliers, démonstrations, forums...)

1 497 événements en partenariat 48

Rapport d'activités 2016 - Cap Berriat  

Retour sur 2016 et orientations 2017 de l'association Cap Berriat à Grenoble.