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des chercheurs et enseignants chercheurs 2015-2016


La Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (MAE), sous la triple tutelle du CNRS et des Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Paris Nanterre, est un lieu de recherche et de formation à la recherche qui réunit plusieurs disciplines des sciences de l’homme et de la société : archéologie, préhistoire et protohistoire, ethnologie et sociologie comparative, ethnomusicologie, histoire ancienne et médiévale, lettres classiques. Elle est dirigée par Frédéric Hurlet, professeur d’histoire romaine à l’université Paris Nanterre et en qualité de directrice scientifique adjointe, Isabelle Rivoal, chargée de recherche au CNRS, ethnologue au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative. La MAE regroupe 300 chercheurs et enseignants-chercheurs, 90 ingénieurs et techniciens et 500 doctorants travaillant sur tous les terrains du monde, de la préhistoire aux sociétés contemporaines. Tous sont réunis dans cinq laboratoires de recherche et une unité de service et de recherche. Les laboratoires de recherche : Archéologies et Sciences de l’Antiquité, ArScAn (UMR 7041) Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Lesc (UMR 7186) Archéologie des Amériques, Archam (UMR 8096) Préhistoire & technologie (UMR 7055) Trajectoires (UMR 8215) L’unité de service et de recherche (USR 3225) : L’USR a la charge des services communs de la MAE et du Pôle éditorial qui comprend le service des éditions de la MAE et les secrétariats de rédaction de 12 revues. Les revues scientifiques : Les 12 revues scientifiques présentes au sein de la MAE sont : AdlFI, Bulletin de la Société Préhistorique Française, Espaces & Sociétés, Ethnologie française, European Journal of Sociology, Gallia, Journal de la Société des américanistes, Paléorient, Revue archéologique, Syria, Terrain et Tracès. Ce livret rassemble les publications des chercheurs et enseignants chercheurs de la MAE d’octobre 2015 à octobre 2016 (liste non-exhaustive).


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ARCHEOLOGIE

Des céramiques et des hommes Valentine Roux (UMR 7055, PréTech) en collaboration avec Marie-Agnès Courty (UPR 8521 PROMES) L’objectif de cet ouvrage est de fournir un cadre théorique et méthodologique pour étudier les assemblages céramiques et leur variabilité diachronique et synchronique. Ce cadre est fondé sur l’approche technologique qui, à travers le concept de chaîne opératoire, ambitionne une lecture anthropologique des objets archéologiques, soit une lecture à la fois culturelle et sociologique. Pour mettre en oeuvre cette lecture, l’auteur propose une stratégie de recherche originale dont l’exposé est au cœur de ce manuel. Cette stratégie conditionne l’organisation des différents chapitres dont la succession répond au souci didactique d’expliciter non seulement comment étudier des séries archéologiques, mais aussi pourquoi les modalités d’étude proposées sont incontournables pour aborder, de manière fondée, des champs interprétatifs ambitieux. Presses Universitaires de Paris Ouest, juillet 2016 480 p., ISBN : 9782840162391

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ARCHEOLOGIE

Les civilisation précolombiennes Eric Taladoire (UMR 8096, ArchAm), Patrice Lecoq (UMR 8096, ArchAm) La révélation en 1492 de l’existence d’un Nouveau Monde a soulevé d’emblée de multiples questions, qui ne sont pas toujours résolues. L’existence d’un Autre, qui a évolué indépendamment de nos civilisations et développé un système de valeurs et de technologies distinctes, jette les bases de l’anthropologie. Mais jusqu’à nos jours, l’intégration de ces différences dans les esprits soulève des difficultés. Aucune des théories évolutionnistes du XIXe siècle n’intègre la dimension américaine, car alors il aurait fallu envisager des évolutions séparées. L’américanisme, malgré son succès public, reste le parent pauvre de l’archéologie. Ces civilisations ont pourtant atteint un degré de sophistication comparable à celui de la Grèce, de l’Égypte ou de la Chine, et établi des interactions complexes à l’échelle d’un double continent qui partage des bases similaires, qu’il s’agisse des hautes cultures des Andes ou de Mésoamérique ou de leurs voisins trop souvent méconnus. Éditions PUF, février 2016 128 p., ISBN : 9782130732143

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ARCHEOLOGIE

Flèches de pouvoir à l’aube de la métallurgie de la Bretagne au Danemark (2500-1700 av. n. è.) Nicolas Clément (UMR 8215, Trajectoires) Cette thèse porte sur les pointes de flèches découvertes dans les tombes de la fin du Néolithique et de l’âge du Bronze ancien (2500-1700 av. n. è.) dans le Massif armoricain, dans le sud des îles Britanniques et au Danemark. Ces armatures sont envisagées sous l’angle de la typologie, des matières premières, de la technologie, de l’expérimentation et de la tracéologie. L’objectif de ces différentes approches est de caractériser les modes de production et les fonctions des flèches en pierre durant une période, qui voit successivement l’introduction de la métallurgie du cuivre puis du bronze. Plusieurs interprétations sont proposées du guerrier renouvelant son carquois aux artisans fabriquant des biens de prestige destinés à l’élite. En Bretagne, les flèches sont replacées dans leur contexte culturel et social, marqué par une individualisation des pratiques funéraires puis l’émergence de chefs à la tête de communautés fortement hiérarchisées et de territoires géographiquement cohérents. Leur pouvoir paraît moins fondé sur le contrôle d’une métallurgie naissante qu’une réorganisation dans l’occupation du sol et l’exploitation des ressources agricoles. Enfin, les flèches sont mises en perspective avec les grands mouvements qui traversent l’Europe atlantique. L’origine des armatures à pédoncule et ailerons équarris de la culture campaniforme paraît ancrée dans le Néolithique final du Centre-Ouest de la France, tandis qu’à l’âge du Bronze ancien les flèches aux ailerons obliques semblent signer l’appartenance au complexe culturel atlantique.

Sidestone Press Dissertations, 2016 426 p., ISBN : 9789088903052

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Gallia 62e supplément. Le sanctuaire de Corent Depuis son haut plateau, l’oppidum de Corent domine le pays arverne, patrie de Vercingétorix et, avant lui, des richissimes et mythiques rois celtes Bituit et Luern. Ville gauloise quasi inconnue il y a vingt ans, capitale présumée de ce territoire qui correspond à l’Auvergne actuelle, Corent a livré les structures d’un imposant sanctuaire d’un genre tout à fait nouveau. Prolongement et aboutissement des campagnes de fouilles et d’études, cet ouvrage présente les vestiges et le mobilier retrouvés dans le sanctuaire, en fait l’analyse et en livre les premières interprétations raisonnées. Après un exposé du contexte géographique et historiographique des fouilles, trois chapitres abordent dans l’ordre chronologique les traces d’occupation antérieures à la fondation du sanctuaire, les structures archéologiques de ses différents états d’occupation et son évolution à l’époque romaine. L’ensemble des mobiliers associés (métalliques, céramiques, vitreux, fauniques ou lithiques) est présenté dans un chapitre regroupant une quinzaine de contributions de spécialistes, qui apportent les éléments d’analyse nécessaires à la compréhension du site sur un plan typo-chronologique et fonctionnel. Un dernier chapitre de synthèse aborde successivement les caractéristiques architecturales du sanctuaire et la fonction de ses aménagements, les pratiques sacrificielles et festives, mais aussi militaires, civiques et évergétiques mises en évidence par les dépositions de mobilier, ainsi que l’identité de la ou des divinité(s) honorée(s) et des protagonistes du culte. L’analyse des interactions entre le sanctuaire et son environnement immédiat permet enfin de repositionner le site dans son contexte urbain, des origines de l’oppidum de Corent à son abandon durant l’Antiquité tardive. CNRS Éditions, Décembre 2015 ISBN : 9782271082732

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Gallia 72.1 La naissance des capitales de cités en Gaule Chevelue Si les quelques lignes de Dion Cassius et Tite-Live sur les années 15-12 av. J.-C. laissaient deviner une intervention décisive d’Auguste dans l’organisation des cités de la Gaule Chevelue conquise par César, ponctuée par la fondation, déterminante d’un point de vue politique, de l’autel du confluent à Lyon, il manquait encore un bilan archéologique récent sur la mise en place des villes chefs-lieux, corollaire inévitable de la formation des cités. Selon quels rythmes, quelles modalités, quels projets urbanistiques, les villes capitales de cités furent-elles créées ? Quels en furent les acteurs, humains et divins ? Peut-on déterminer les implications de chacun des partis, romain et local, et l’importance de l’héritage protohistorique ? Le modèle urbanistique de la ville méditerranéenne adapté aux contextes historiques gaulois répond-il à une réalité archéologique ou à un « Idealtyp » ? Ce volume présente une enquête archéologique large, fondée sur l’étude de 18 capitales de cités, d’Auch/Elimberris en Aquitaine césarienne à la Nimègue des Bataves aux limites de l’Empire, et intégrant les résultats les plus récents des chantiers urbains. Sont ainsi dévoilées les premières traces de l’urbanisme des villes romaines de Gaule intérieure (ornières, fossés, alignements de trous de piquets, fosses d’extraction des matériaux), de même qu’est mis en évidence le rythme saccadé du développement des projets urbanistiques, avec des accélérations témoignant sans aucun doute de situations de négociations où les programmes développés à l’échelon local ont répondu à une volonté pressante du pouvoir romain. Ces dossiers archéologiques, inédits pour une grande part, permettent de proposer une synthèse en deux parties sur un processus historique fondamental qui marque l’avènement de la civilisation municipale en Gaule. CNRS Éditions, Décembre 2015 ISBN : 9782271088345

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ARCHEOLOGIE

La hache de silex dans le Val de Seine Sous la direction de François Giligny (UMR 8215, Trajectoires) & Françoise Bostyn (UMR 8215, Trajectoires) Cette monographie se propose de réaliser la synthèse des travaux menés entre 2000 et 2010 sur les productions de haches dans la vallée de la Seine à l’ouest de Paris. Le premier chapitre présente l’historiques des recherches, le cadre chrono-culturel et situe ces productions au sein de celles du Bassin parisien. Le second chapitre présente le cadre de l’étude et la documentation. La minière de Flins-sur-Seine, lieu d’extraction et de production de haches en silex bartonien, fournit l’essentiel de la documentation et est présentée dans le troisième chapitre. Elle est connue par de nombreuses prospections au sol menées depuis les années 1920 par des archéologues amateurs. Les données recueillies à Flins-sur-Seine laissent penser qu’il s’agit d’une minière assez similaire à celle de Jablines : contexte géologique et matériau, productions (haches), densité élevée de puits de mine. Aucune fouille n’a été pour l’instant réalisée sur la minière, par contre un travail de prospection pédestre et géophysique systématiques menées depuis 2002 a permis de cartographier les zones d’ateliers et les zones d’extraction. La reconstitution expérimentale des techniques de creusement des puits réalisée en 2003 est intégrée à cette publication dans le chapitre 4. Les autres minières ou ateliers de production de haches en silex secondaire sénonien ou tertiaire bartonien font également l’objet d’une synthèse dans le chapitre 5. Ceux-ci sont connus à la fois par des fouilles et des prospections. Les nombreuses collections de surface recueillies dans les musées et les collections locales comprennent des centaines de pièces et permettent une bonne appréciation des productions et de leur diffusion. Dans ce chapitre sont également abordées les questions de l’usage des haches et de leurs contextes de découverte, pour les pièces qui ont bien sûr fourni cette information. La synthèse du dernier chapitre replace ces productions dans le cadre de celles connues dans le Bassin parisien, aborde la question des territoires et du rôle des sites producteurs/distributeurs des haches. Elle permet aussi d’énoncer un certain nombre de considérations sur ce système technique, sa structuration en termes de spécialisation et d’apprentissage et sur sa signification dans le Néolithique régional. Sidestone Press, 2016 310 p., ISBN : 9789088903373 Page 9


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The Human Face of Radiocarbon Sous la direction de Zoï Tsirtsoni (UMR 7041, ArScAn-Archéologie du Monde grec – Protohistoire égéenne) Ce volume présente les résultats d’un programme de recherche pluridisciplinaire (« Balkans 4000 ») financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et coordonné par l’éditrice entre 2007 et 2011, lorsqu’elle était membre de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée (laboratoire Archéologie et Archéométrie). Les 192 nouvelles datations 14C, produites dans les laboratoires de Lyon, Saclay et Athènes (Demokritos) à partir d’échantillons venant de 34 sites en Grèce et en Bulgarie, couvrent la période s’étendant de la fin du VIe au début du IIIe millénaire av. J.-C. Ces datations éclairent l’évolution du peuplement durant les dernières phases du Néolithique, et plus particulièrement la transition vers l’âge du Bronze durant « l’obscur » IVe millénaire. Trente et un chercheurs, archéologues et spécialistes des datations 14C, signent les contributions rassemblées dans ce volume. Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, Collection Travaux de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée n° 69, 2016, 520 p., ISBN : 9782356680549

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Méthodes d’analyse des techniques lapidaires Les vases de pierre en Crète à l’âge du Bronze (IIIe-IIe millénaire av. J.-C.) Elise Morero (UMR 7041 - ArScAn)

Cet ouvrage porte sur les techniques lapidaires de l’âge du Bronze en Crète (IIIe-IIe millénaires), phase d’émergence et de développement du système palatial et des productions artisanales de luxe. Il s’agit de la première synthèse sur la technologie des vases en pierre, le plus souvent étudiés selon des approches morpho-stylistiques. Afin de reconstituer ces techniques, l’auteur a mis en place une méthode d’analyse interdisciplinaire des traces de fabrication. Des expérimentations, des observations macro- et microscopiques, des analyses tribologiques ont permis d’identifier les différentes chaînes opératoires de mise en forme, de forage et de polissage. Différentes techniques de forage ont été conçues pour réaliser les formes intérieures de vases bien spécifiques : ces savoir-faire se développent et se transmettent au sein d’ateliers spécialisés. Si une koiné technique caractérise la production, des particularismes locaux sont également liés à des ateliers spécifiques, voire à des territoires techniques. Une série d’innovations, comme l’emploi du forage tubulaire, apparaissent en Crète grâce à des contacts directs avec des artisans égyptiens. À l’encontre de l’idée reçue, selon laquelle les transferts techniques en Méditerranée orientale se font depuis un centre dominant vers la périphérie, la Crète pourrait avoir diffusé vers l’Égypte, à son tour, ses propres éléments techniques, comme un certain type de foret en bois. Publications de la Sorbonne, 2016, 372 p., ISBN : 9782859449469

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ARCHEOLOGIE

Notre préhistoire. La grande aventure de la famille humaine Sophie A. de Beaune (UMR 7041, ArsCan - Ethnologie préhistorique) avec Antoine Balzeau (UMR 7194, HNHP) « Le seul état de lieux sur nos origines qui soit complet, à jour, illustré et accessible à tous » Il y a environ 7 millions d’années, une nouvelle lignée de grands singes fait ses premiers pas dans la savane africaine. Bipède, contrairement à ses cousins chimpanzés, elle va peu à peu se diversifier, donner naissance à de nouveaux genres et de nouvelles espèces, dont l’une va finir pas conquérir toute la planète. Cette espèce, c’est la nôtre, Homo sapiens. C’est le fil de cette longue et passionnante aventure à rebondissements que cet ouvrage nous invite à remonter, jusqu’à nos origines. À quoi ressemblait la Terre, quand d’autres hommes que nous la peuplaient ? Comment y vivaient-ils ? Comment les hommes modernes sont-ils apparus et quel fut leur périple à la sortie de leur berceau africain ? Quels furent leurs rapports avec leurs cousins, et notamment les Néandertaliens ? Quand – et par qui ? – ont été inventés le feu, les outils, les premières sépultures, l’art ? Qui étaient Toumaï, Lucy, le petit Homme de Florès ou le nouveau venu, Homo naledi ? Autant de questions, et bien d’autres, auxquelles répondent deux grands spécialistes de la paléoanthropologie – l’histoire naturelle de l’homme – et de la préhistoire – son histoire culturelle – en s’appuyant sur l’ensemble des découvertes scientifiques les plus récentes. L’évolution foisonnante de l’humanité et la vie quotidienne des hommes qui nous ont précédés sont ainsi retracées de façon claire et accessible à tous, et abondamment illustrées par plus de 200 photos, cartes et dessins, permettant de mieux voir et comprendre toute la richesse de notre préhistoire. Belin, juin 2016 208 p., ISBN : 9782701197890

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Revue Les Nouvelles de l’archéologie n° 144 Dossier: Jean-Claude Gardin Coordonné par François Djinjian (UMR 7041, ArsCan - Ethnologie préhistorique) et Paola Moscati (Istituto di Studi sul Mediterraneo Antico) Le dossier de ce numéro présente les actes de la session du congrès CAA 2014 en hommage à Jean-Claude Gardin et à son œuvre scientifique, un an après son décès le 8 avril 2013. Sa forte influence sur l’archéologie française et, au-delà, sur les sciences humaines grâce aux problématiques théoriques qu’il a abordées, est toujours d’actualité. Cet homme libre était très connu dans le monde anglo-saxon bien que le logicisme ne rentre pas particulièrement dans le moule de la modélisation chère aux sciences humaines anglo-saxonnes. Dès la fin des années 1950, la formalisation documentaire l’amène aux bien connus « codes descriptifs » et au Syntol, prototypes des systèmes documentaires tels l’inventaire général, la carte archéologique et les banques de données archéologiques. Un aspect moins connu de sa carrière, mais bien caractéristique est son passage à la DAFA : quittant les traces de ses prédécesseurs qui fouillèrent longtemps le même site d’archéologie classique, il étudie un territoire en Asie centrale au début des années 1970. Cela l’amène à définir une technique de prospection, à s’intéresser à l’échantillonnage et à être un précurseur de l’étude du landscape. Un peu plus tard, au tout début des années 1980, Jean-Claude Gardin aborde le « système expert », qu’il considère comme l’outil informatique idéal au service de son logicisme. Les actualités présentent un volet sur les destructions du patrimoine archéologique et le rôle des missions françaises en temps de guerre et plus particulièrement en Syrie, et un autre sur le marché de l’art d’objets archéologiques. Enfin la rubrique Varia promène sur la Chaussée Jules César à travers le Vexin et la Normandie. Éditions de la Maison des sciences de l’homme, septembre 2016 64 p., ISBN : 9782735123346

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Ressources lithiques, productions et transferts entre Alpes et Méditerranée

Actes de la journée de la Société préhistorique française, Nice, 28-29 mars 2013 La caractérisation des géoressources exploitées pour la constitution des assemblages lithiques joue un rôle fondamental pour une approche technoéconomique intégrée. Dans une perspective à la fois cognitive et socio-économique, cette démarche est aujourd’hui privilégiée pour aborder les pratiques sociales préhistoriques : systèmes de mobilité et territorialité, transferts et réseaux, traditions techniques ou interculturalités. La confrontation et la mutualisation des référentiels et des bases de données, l’interopérabilité des méthodes mises en œuvre à différentes échelles, restent cruciales pour un développement des connaissances qui satisfasse à la fois aux exigences des spécialistes de la culture matérielle et des géomatériaux. Dans cette perspective, les rencontres « Ressources lithiques, productions et transferts entre Alpes et Méditerranée » avaient pour objectifs principaux de dresser un état des connaissances sur les ressources siliceuses entre Rhône et Apennins, aussi bien pour ce qui concerne les référentiels et bases de données que pour ce qui concerne les développements archéologiques, mais aussi de prendre acte des évolutions méthodologiques les plus récentes et mettre en perspective leur dissémination au sein de la communauté scientifique. Il s’agissait plus précisément de diffuser une présentation générale des connaissances actuelles sur les matières premières lithiques au Sud des Alpes en France et en Italie, de présenter et échanger autour des résultats importants obtenus ces dernières années dans le cadre des études prenant appui sur ces référentiels et d’identifier les verrous et perspectives de la recherche dans ces domaines au cours des prochaines années. La séance qui s’est tenue du 28 au 30 mars 2013 à la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est (Nice) sous les auspices de la Société Préhistorique Française, a réuni près de quatre-vingts participants – intervenants et auditeurs – provenant de différentes régions de France, d’Italie et de Suisse. Le présent volume restitue la plupart des communications orales présentées, avec une première journée consacrée à la présentation de référentiels constitués ou en cours de constitution et une seconde journée dédiée aux résultats archéologiques liés à leur exploitation. Ces contributions embrassent un large espace géographique, du Rhône à la Corse, de la Provence aux Marches et du Tyrol à la Toscane ; elles concernent une grande partie des périodes de la Préhistoire, du Paléolithique à l’âge du Cuivre. Ces rencontres ont bénéficié du label scientifique de l’université Franco-Italienne qui a participé à son financement. Société Préhistorique française (Séances 5) 2016, ISBN : 2913745644 (en ligne) Page 14


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The Role of Women in Work and Society in the Ancient Near East Brigitte Lion (UMR 8164, HALMA) & Cécile Michel (UMR 7041 ArsCan) Studies in Ancient Near Estern Records 13

French historians are concerned by women’s history since thirty years, but studies are manly dealing with the Occident. For the ancient Near East, there is now a great deal of limited studies on women and gender history, but few syntheses. Furthermore, economic history is well represented in Assyriology, thanks to the good preservation of dozen of thousands of clay tablets recording administrative operations, contracts and acts dealing with family law. Despite these voluminous sources, the topic of work has not been much addressed. The thirty participants of this conference will examine the various economic occupations involving women, in a gender perspective, over the three millennia of Near Eastern history. Walter de Gruyter, 2016 400 p., ISBN : 9781614519133

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Qu’est-ce que la Préhistoire ? Sophie A. de Beaune (UMR 7041, ArsCan - Ethnologie préhistorique) Découvertes de grottes, reconstitutions de sites d’art pariétal, voire superproductions cinématographiques ou inscriptions au Patrimoine mondial : la Préhistoire fascine un public de plus en plus large. Mais, au-delà du spectaculaire, réducteur souvent, saiton précisément ce qu’est la Préhistoire? C’est à la fois une discipline et un champ de savoir. Champ de savoir, où commence-t-il? Avec l’histoire de l’homme? Mais s’agitil de l’homme anatomiquement moderne, auquel cas elle débute il y a 100 000 ou 150 000 ans. Ou bien doit-on y inclure les premiers représentants du genre Homo et remonter alors à plus de 2 millions d’années? Doit-on la faire débuter avec les premiers outils, il y a quelque 2,3 millions d’années, et y inclure alors les Australopithèques, car ces outils pourraient être leur œuvre? Et où clore la Préhistoire : selon l’opinion commune, elle s’arrête avec l’invention de l’écriture, mais celle-ci est apparue à des époques différentes selon les lieux, et elle était encore absente dans bien des sociétés il n’y a pas si longtemps. Faut-il prendre en compte des critères économiques, et extraire le Néolithique de la Préhistoire? Si les limites du champ sont encore discutées, que dire de la nature de la discipline? Le lecteur va ici découvrir combien sont indissociables les objets de la discipline et ses modes de pensée : méthodes, outils, concepts, modélisations. S’il va de soi que la plus grande rigueur est de mise au stade de la fouille, de la compilation des données et de leur analyse, leur exploitation fait une large place à l’interprétation. Plus encore qu’en Histoire, les conclusions sont toujours susceptibles d’être reprises, reformulées, remises en cause. Qui a dit que la Préhistoire n’était pas fascinante? Gallimard, Folio Histoire n°251, février 2016 384p , ISBN : 9782070467839

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Éditions PETRA , collection Anthropologiques, juin 2016, 186 p., ISBN : 9782847431360

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Aristote, Heidegger, Pessoa : trois lectures qui ont accompagné Albert Piette ces dernières années. Il y est question de singularité, d’existence et de réalité, pour chercher une anthropologie qui aurait son « objet », et qui ne serait pas celui d’autres disciplines. Celui-ci ne serait pas une partie de l’être humain, ni un ensemble d’êtres humains. Ce serait l’existence des hommes, des unités individuelles ou des volumes d’être. Aristote est posé alors en fondateur de l’anthropologie, plutôt qu’Hérodote habituellement placé en tête des histoires de l’anthropologie (sociale et culturelle). Théories, thématiques et méthodes se précisent au fur et à mesure de la lecture de ces trois auteurs qu’Albert Piette interprète à partir de sa quête d’une anthropologie empirique et théorique.

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Aristote, Heidegger, Pessoa Albert Piette (UMR 7186, LESC)


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12 figures d’exception

Revue Ethnologie française

Éditeurs invités : Christian Bromberger et Émir Mahieddin 12 personnages croisés par des chercheurs au cours de leurs travaux, en archives ou sur le terrain. Ils ne se distinguent pas par leur postérité, mais se démarquent des gens ordinaires comme des héros. La notion de « figure d’exception » est donc entendue ici dans sa dimension objective d’une part – un personnage surprenant, inattendu, échappant aux classements habituels – et dans sa dimension subjective d’autre part – une personnalité remarquable par les qualités morales qu’elle s’attribue ou qu’on lui reconnaît. Ainsi, cette livraison présente-t-elle des figures d’indignés, de silencieux, de gardiens d’un secret, de grands hommes éphémères, de sportifs, de militants, de supporters, et même d’un ethnologue Soit ils et elles ont transgressé les frontières (politiques et ethniques) et normes de genre, codes coutumiers, distinction du public et du privé. La transgression se présente aussi sous la figure ambiguë, condensant des qualités contraires, des caractéristiques ordinairement disjointes : le masculin et le féminin, l’humain et le divin, l’ordre et le désordre. De telles figures d’exception en viennent ainsi à incarner les peurs ou, au contraire, les aspirations des membres de leur société. Soit ils et elles, explorateurs de l’extrême, sont allés jusqu’au bout de leurs convictions, appliquant à la lettre, voire à l’excès, les normes auxquelles ils ont adhéré. En somme, la figure d’exception cristallise la norme par défaut dans le premier cas, la norme par excès dans le second. P.U.F, Juillet-Septembre 2016, Tome XLVI – n° 3 192 p., ISBN : 9782130733874

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Éditeurs invités : Marie Buscatto et Anne Monjaret

Censées permettre aux individus de s’exprimer de manière toute personnelle, les pratiques artistiques peuvent apparaître à première vue détachées de l’emprise du genre : des garçons qui dansent, des filles qui font du rap, des femmes artistes de rue, des hommes qui chantent, etc. Pourtant, le genre se révèle premier pour rendre compte de ces mêmes pratiques artistiques. A travers les articles de ce numéro, qui s’appuient tous sur un terrain ethnographique, sont justement données à voir et à comprendre les manières dont les frontières du genre se dessinent et se redessinent in situ, comment elles se font et se défont au fil du temps. Reproduction, transgression ou brouillage du genre appartiennent à ces jeux qui façonnent le faire, le dire et l’être en arts, permettant en retour de réinterroger la question de la domination et des inégalités de genre. Les normes genrées influencent ainsi largement les manières dont se mettent en place et se maintiennent les pratiques artistiques, amateurs ou professionnelles, selon une distinction hiérarchisée entre pratiques féminines et masculines respectant le primat hétéronormatif. Mais ces mêmes normes font l’objet de jeux contraires et quelques artistes, certes minoritaires, démontrent leur désir de s’en affranchir, ouvrant la voie à de possibles changements dans les temps futurs. P.U.F, Janvier-Mars 2016, Tome XLVI – n°1, 192 p., ISBN : 9782130733850

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Revue Ethnologie française

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Arts et jeux de genre


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Capitales en minuscules Revue Ethnologie française

Éditeurs invités : Sylvie Sagnes et Arnauld Chandivert

Les capitales ne sont plus ce qu’elles étaient, à savoir des « villes de tête ». La mutation des territoires et la globalisation favorisent l’inflation des occurrences capitulaires. Ce numéro d’Ethnologie française se concentre sur les plus « petites » d’entre elles. Commet use-t-elles du rehaussement capitulaire pour promouvoir la localité ? Prenant des allures d’inventaire à la Prévert, le répertoire des prééminences – vins d’exception, champignons magiques, hauts lieux revendiqués, centres géographiques d’un pays – ne laisse de surprendre. Mais les capitales ici étudiées ont toutes en commun une propriété, celle de concentrer de la grandeur, de renvoyer à des totalités d’ordre supérieur, d’être porteurs d’un pouvoir secret. Un basculement s’opère lorsque de petites villes se posent comme capitale des menteurs ou du rire, tandis que la grande capitale se minusculise face aux prétentions de Montmartre ou à travers des spécificités inattendues, comme l’apiculture. Objets a priori dérisoires, sinon risibles, les prétentions de grandeur dont font montre certaines capitales minuscules offrent un point de vue original sur les expressions localistes contemporaines. P.U.F, octobre-décembre 2016, Tome XLVI – n° 4 192 p., ISBN : 9782130733881

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Plus d’un demi-siècle après la fin de la « guerre d’Algérie », les descendants d’immigrés et de harkis sont rendus légataires de la fracture intervenue au moment de l’indépendance, en 1962. Ils sont présentés comme appartenant à deux mondes tenus pour distincts, porteurs de mémoires conflictuelles. Or, en dépit d’une rivalité trop souvent exploitée sur la scène publique, ils partagent des références et des imaginaires culturels, des espaces, des moments, des interstices du quotidien. Ils se fréquentent, se lient d’amitié, nouent des relations amoureuses, fondent des familles. L’auteure souhaite rompre avec une représentation stéréotypée des Français d’origine algérienne et en historiciser le devenir identitaire. En posant, comme hypothèse initiale, que l’altérité algérienne connut au moment de la décolonisation une mutation profonde, elle mène une ethnographie située de l’« effet 1962 ». Ainsi est-il question de dénouer les fils d’une appartenance éclatée afin d’en comprendre les sources et les lieux d’inscription, d’en appréhender les narrations et d’en évaluer les retentissements au quotidien. Cet ouvrage apporte un éclaircissement empirique important sur les zones d’ombre qui hantent l’universalisme républicain et, plus généralement, les sociétés postmodernes : la saillance de l’ethnicité, la nature et la place des frontières entre groupes, les dynamiques et les imaginaires postcoloniaux. Presses Universitaires de Paris Ouest, septembre 2016 266 p., ISBN :13 9782840162445

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Collection « Sociétés humaines dans l’histoire » des Éditions de la MAE

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Hériter 1962 Harkis et immigrés algériens à l’épreuve des appartenances nationales Giulia Fabbiano (UMR 7307 - Idemec)


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Italie. Trouble dans la famille Revue Ethnologie française

Éditeurs invités : Cristina Papa et Adriano Favole

En 1994, Ethnologie française publiait avec « Italia » son premier numéro consacré à l’anthropologie européenne. Une comparaison avec la présente livraison est révélatrice des changements de perspective de la discipline dans ce pays qui a bénéficié de la confrontation des méthodologies entre les anthropologues qui œuvrent en Italie et ceux qui traitent des terrains non européens. A la différence du choix généraliste d’il y a vingt ans, ce numéro se consacre aux transformations de la famille. Même si dans tous les pays d’Europe, l’institution est traversée de nombreuses turbulences, il existe bien une « voie italienne » qui interroge et dont le facteur-clé est la force des liens familiaux. Cependant, il y a du « trouble dans la famille » induit par les conflictualités animant ces liens et qui concernent les inégalités en son sein, le rapport entre les genres et entre les générations, que les difficultés récentes ont accentuées. D’autres facteurs y contribuent tels les nouveaux développements de la génétique, la présence des familles issues de la migration – phénomène récent en Italie –, la question de l’homoparentalité. Et qu’en est-il du « familialisme » italien, ce stéréotype aux multiples sens ? Du phénomène de la domesticité ? Du rôle croissant des femmes dans un pays caractérisé par la faiblesse de l’État-providence ? Autant de thèmes traités ici qui cernent la spécificité familiale de notre voisin. P.U.F, Avril–Juin 2016, Tome XLVI – n° 2 192 p., ISBN : 9782130733867

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Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Novembre 2015 ISSN format électronique : 2117-3869

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Dans le monde méditerranéen, rien ne permet de définir précisément l’empan de la jeunesse sinon que l’on cesse d’être considéré comme « jeune » lorsque l’on devient un « homme » (et pour les jeunes filles que l’on devient «  épouse de » ou religieuse). « Être jeune » est une catégorie statutaire spécifiant un écart entre des individus accomplis et d’autres qui ne le sont pas. C’est à l’étude de cette catégorie que la présente livraison d’Ateliers d’anthropologie est consacrée. Articulé autour d’une comparaison entre les sociétés du Maghreb (Maroc) et du Proche-Orient (Liban, Syrie, Jordanie), ce numéro discute la figure complexe et ambiguë du jeune shâbb (pl. shabâb), caractérisée par la tension pressante de devenir… des maris, de bons musulmans, des chefs de famille, des personnes respectées, écoutées, qui réussissent ; en somme, des hommes. Chaque article présente un cas ethnographique, analysé en prenant en considération la dimension centrale de l’accomplissement, supposant des actes, une manière d’être et la reconnaissance de compétences sociales toujours remises en question. La pression que les jeunes, de plus en plus nombreux à rester « sur le seuil », font peser sur la société est forte. L’ambition théorique du volume est ainsi de développer une perspective critique sur la question du statut et des relations de pouvoir, de domination et d’honneur dans les sociétés du sud de la Méditerranée.

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Les « jeunes » dans le sud de la Méditerranée, n° 42 de la revue Ateliers d’anthropologie Sous la direction d’Isabelle Rivoal (UMR 7186 LESC)


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Love Doll Agnès Giard Il existe au Japon une industrie de « love doll », des poupées grandeur nature conçues pour servir de « partenaires de substitution ». Curieusement, ces produits sexuels haut de gamme se présentent sous la forme fantomatique de jeunes filles aux regards vides et aux corps incomplets… Est-il seulement possible de les « utiliser » ? Confrontant les humains à la question de la solitude, ces ersatz moulés dans les postures d’une attente sans fin fournissent un modèle représentatif de ce qui est considéré comme excitant et attirant dans la société actuelle. Les firmes qui s’en disputent le marché les présentent non pas comme des « produits à vendre » mais comme des « filles à marier ». Lorsque le client ne peut ou ne veut plus garder sa poupée, celle-ci bénéficie de funérailles bouddhiques. A priori, ces love doll sont si ressemblantes qu’elles pourraient bien faire illusion. Ont-elles un coeur ? Une âme ? Les Japonais investissent actuellement des millions dans la recherche en robotique et s’intéressent tout particulièrement aux moyens de simuler la conscience. Or ces poupées constituent un véritable laboratoire pour la recherche en vie artificielle. Elles servent de modèles à des prototypes d’androïdes et influencent les recherches de pointe en matière d’anthropomorphisme. Le sujet de ce livre dépasse donc l’anecdotique. Il s’agit d’une enquête au cœur d’un système en train d’accoucher de formes de vies psychiques nouvelles. Les simulacres japonais devraient envahir le monde et cela d’autant plus rapidement que ces objets proposent quelque chose de plus qu’un aspect réaliste. Quoi ? Les Belles Lettres, août 2016 376 p., ISBN : 9782251722290

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Cette pièce de théâtre en trois actes, accompagnée d’une analyse des discours et d’un état des lieux critique, retrace l’histoire récente de la construction d’un barrage au Portugal et du déplacement d’un village et de ses habitants vers d’autres logiques d’occupation des espaces et d’exploitation de l’environnement. La recherche anthropologique, menée in situ sur une quinzaine d’année, offre ici un regard multifacette sur les différentes façons de concevoir une situation somme toute assez banale dans le monde, mais chaque fois débordante de doutes, d’espérances et d’émotions. Cette forme d’écriture polyphonique suggère une familiarité qui, bien qu’éloignée éveille en nous des sentiments communs, de la colère à l’empathie. Plus grand plan d’eau d’Europe, à la fois héritier des vieilles traditions civilisatrices de développement étatique par l’eau, précurseur en matière d’application des mesures de concertation et de participation publique, et édifice des plus modernes de réserve d’eau contrôlée, le grand barrage d’Alqueva au Portugal, est et restera probablement la dernière entreprise de cette envergure en Europe. Éditions de la Maison des sciences de l’homme, mai 2016 184 p., ISBN : 9782735121021

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Comment restituer des situations vécues et partagées à la fois par des chercheurs, des journalistes, des politiques et bien sûr des habitants ? Comment laisser la parole à l’ensemble de ces voix et de ces points de vue sur une même réalité, qui se mêlent et s’influencent mutuellement ?

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On ne badine pas avec le progrès Fabienne Wateau (UMR 7186, LESC)


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La Passion selon Séville Antoinette Molinié (UMR 7186, LESC) À Séville de grands rituels mobilisant l’ensemble du corps social se succèdent tout au long de l’année : semaine sainte, ouverture de la saison des corridas, feria, pèlerinage de Rocío et Corpus Christi. Flamboyantes et exotiques, ces célébrations d’un catholicisme populaire exercent sur quiconque y porte un regard une forme de fascination. Du meurtre de Notre Père Jésus lors de la semaine sainte à la pulsion du désir retrouvé et maîtrisé lors de la corrida de resurrección, à la feria qui célèbre l’émergence de la parenté, au rapt de la Vierge en Mère à laquelle le pèlerin doit finalement renoncer, et enfin, à la consommation festive du corps de Notre Père Jésus : le peuple andalou construit, au moyen de ses rituels, une scénographie originale du triangle oedipien. La Passion selon Séville procède ainsi par clivage entre la mise en scène du mythe et la mise en acte du rite qui suggère un autre récit, non explicité, celui de l’inconscient. Par une description fine et vécue des processions et des célébrations sévillanes, ainsi que par une très riche iconographie, Antoinette Molinié nous donne à voir un christianisme vivant et incarné. Combinant de manière novatrice une approche structuraliste et des outils freudiens, elle propose une analyse des grands rites de notre culture dans leur spécificité andalouse. CNRS Editions, mars 2016 376 p., ISBN : 9782271089311

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Isabelle Rivoal (UMR 7186, LESC)

Le livre Sadat al-asrar qui est aujourd’hui mis à la disposition du lecteur arabe a paru il y a quinze ans aux éditions de l’EHESS sous le titre Les Maîtres du secret. Son objet était à la fois modeste et vaste : il s’agissait de peindre un petit morceau de la société arabe contemporaine par l’étude systématique de ses structures sociales profondes. En ceci, ce livre n’a rien perdu de son actualité, car la force de la mise en perspective à laquelle il invite saura toujours interpeller le lecteur curieux. À celui-ci je lance donc une invitation : celle de suspendre ce qu’il croit savoir, ce qu’il sait penser, de des voisins si proches ou si lointains et de m’accompagner dans ce village du mont Carmel à la rencontre de ces Druzes chaleureux qui m’ont ouvert leurs maisons, m’ont accueillie et ont su partager avec moi leur vie quotidienne et leur vision du monde, avec réserve parfois, mais toujours avec la générosité légendaire qui fait la grandeur des populations du ProcheOrient. L’objet de ce livre consiste à comprendre l’inscription particulière de la communauté druze dans l’État d’Israël. Aussi, avant toute autre chose, j’ai abordé dans une préface à l’édition arabe l’objection centrale qui m’a souvent été opposée après sa parution. J’ai en effet choisi de ne pas considérer la question de l’identité druze selon les termes dans lesquels elle était régulièrement étudiée par la littérature sociologique et politologique disponible. Cette littérature considère généralement l’identité particulière des druzes de Galilée et du Carmel comme résultant directement et exclusivement de la politique israélienne à destination de la population arabe demeurée sous son autorité. Mon objectif dans ce livre est différent. Il n’est pas de comprendre un identité sociale « du dehors », d’un point de vue extérieur et politique qui ferait la part belle à une mise en perspective de stratégies politiques et d’intentions manipulatrices d’autres instances, mais bien de comprendre « du dedans », en partageant le quotidien des gens que j’étais venue étudier et en m’attachant à rendre compte de ce qui était important pour eux. Originellement écrit pour un public occidental, ce texte avait pour objet premier de donner à comprendre une minorité musulmane (madhhab) singulière que les redécoupages politiques arbitraires au début du XXe siècle ont éclatés entre différents États antagonistes. Et tout en ayant ce projet général en vue, le défi était d’entreprendre d’y apporter réponse par l’étude d’une seule composante de cette minorité. Le travail sociologique qui est réalisé dans cet ouvrage suppose de ne pas considérer la religion simplement comme une croyance ou un dogme, voire un alibi à certaines pratiques politiques comme on l’a trop souvent proposé avec le taqiyya, mais de l’appréhender dans ses dimensions et ses manifestations sociales. Une telle construction suppose d’identifier les caractéristiques spécifiques de l’islam tel qu’il est pensé et vécu par les Druzes et qui influence profondément l’organisation de la vie sociale. L’ouvrage montre que ce qui caractérise une communauté (comme madhhab) ne réside pas dans un certain nombre de traits particuliers et distincts, mais est à rechercher dans l’inflexion sociale particulière produite par l’interprétation que ses membres se donnent des principes éthiques qu’ils ont en partage avec leurs voisins. Pour les Druzes, ces principes conduisent à accorder une importance toute particulière à la distinction entre l’ordre de la dunya et celui du dîn. Cette opposition référentielle, largement partagée encore une fois par les populations de la région, est ici plus structurante qu’ailleurs, car les individus ne passent pas progressivement d’un ordre à un autre, mais font des choix qui supposent d’assumer pleinement les rôles sociaux attachés à ces références.

Dar alfarabi, mars 2016 ISBN : 9786144325070

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dīniy lil-ṭaʼīfa al-durziyya fī Isrāʼīl

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Sadat al-asrar Niẓām al-diniyya wa al-niẓām al-


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Separate Humans. Anthropology, Ontology, Existence Albert Piette (UMR 7186, LESC) This book is a theoretical essay that lays foundations on which to build an anthropology directly focusing on human units. In the first chapter, the author attempts to show that the evolutionary specificity of humans constitutes an argument in favour of this perspective. The consciousness of existing in time and nuanced modalities of presence call for a detailed observation of humans. The second chapter is a critique of the abundant use of the notion of relations in social anthropology. This critique is necessary because of the extent to which the various theoretical and methodological uses of relations absorb and lose existences and their details. The third chapter concerns nonhumans, another major theme of contemporary anthropology. Albert Piette sees a certain debasement of the notion of existence and proposes a realist ontology, considering what does and does not exist, from the examples of divinities, animals and collective institutions. It is not a matter of being satisfied with an analysis of ontologies or local metaphysics, but also showing what really is in a situation, and not just from the point of view of people and their discourse. This analysis leads to a classification of beings and to a consideration of the importance of minimality in human existence. Mimesis International, 2016 90 p., ISBN : 9788869770395

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The idea of ‘sharing’ and that of ‘sharing food’ frequently overlap. Family, friends, acquaintances reuniting after a long time, people who have grown apart, or people living far from each other often voice their longing for the joy of being together through food. But the status of the eater, and the place in sharing meals groups, is not only defined by biological features —age and sex— or his alterity (indigenous or foreign), but also by the mundane activities they perform under the scrutiny of others. However, it is hard to think of a society where sharing is not a way of separating groups as much as to unite them, being defined by sex, age, social class, cultural identities or any other feature. This is one of the paradoxes of sharing. The chapters of this volume all deal with this topic of sharing food, but according to different scientific point of views and about various societies (humans or not), in different places and periods of history. Of course modern life has been transforming foods and meals, the symbols attached to them or the community of eaters, but even in a world of tension and dangers, humans remain reluctant to eat alone. Would they do it if they could? Centro Universitario de Ciencias Sociales y Humanidades, Universidad der Guadalajara, 2016 299 p., ISBN : 9786077425625

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Does sharing make us human? Is sharing food very specific of the humankind, or did the evolutionary history of other species produce similar traits? Is sharing food sometimes more a matter of rhetoric rather than an effective transfer of food? How could it be possible for anthropologists to study sharing without being themselves, somehow, invited to join the group eating together? These are, among others, some of the questions raised in this book.Humans can share food with a finite number of peers because other humans, with whom they will not share any food have contributed somehow to the effort necessary to produce the food that is shared. Cooperation is necessary in the first place to create the food that will be shared, but cooperation with whom? This food will be shared one day, but shared with whom?

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Sharing Food, Guadalajara (Jalisco) Eric Garine (UMR 7186, LESC), María Luz Rodrigo-Estevan (University of Zaragoza), Christine Raimond (UMR 8586, PRODIG), F. Xavier Medina (Universitat Oberta de Catalunya) [eds.]


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Sociétés civiles d’Asie du Sud-Est continentale Entre pilotage d’État et initiatives citoyennes Sous la direction de Bernard Formoso (UMR 7186, LESC) Comment repenser le concept de société civile hors du prisme des valeurs libérales et séculières caractéristiques de l’Occident ? En conjuguant étroitement les savoirs et méthodes de l’anthropologie et de la science politique, le présent recueil traite de cette question centrale à l’étude de contextes nationaux sud-est asiatiques (Thaïlande, Birmanie, Cambodge, Malaisie, secondairement Singapour et Indonésie) dont les modes d’actions politiques restent profondément empreints de hiérarchie et d’idéologie religieuse. Les diverses formes de dirigisme étatique prenant appui sur ces cadres culturels hérités entrent aujourd’hui en confrontation directe avec des modèles d’action citoyenne importés d’Occident, dans le cadre de la mondialisation économique et informationnelle. En examinant, sur la base d’enquêtes de terrain et d’une abondante documentation, les modalités et les enjeux de cette confrontation suivant les pays et leur histoire, l’ouvrage offre une interprétation approfondie des événements qui font leur actualité tout en questionnant leur devenir. Il s’adresse tout autant aux chercheurs en sciences sociales qui s’intéressent à la nature des sociétés civiles non occidentales, qu’à un public plus large, soucieux de mieux comprendre l’Asie du Sud-Est, ses cultures et les défis sociopolitiques qu’elle doit relever. ENS Éditions, août 2016 288 p., ISBN : 139782847888072

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En se plongeant dans les centaines de témoignages collectés en France depuis les années 1970 par un petit département du Centre national d’études spatiales qui leur est strictement dévolu (le GEIPAN) et dans les procès-verbaux des enquêtes de gendarmerie, Arnaud Esquerre propose une nouvelle piste : tous ces témoignages ont une structure commune qui place l’incertitude au cœur de ce qui a été vécu. Comprendre ainsi que des récits aussi étonnants que ceux d’événements extraterrestres sont, en fait, des récits fantastiques, même s’ils ne sont pas littéraires, c’est aussi une manière d’explorer notre rapport à la réalité. Éditions Fayard, février 2016, 260 p., ISBN : 9782213686356

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Depuis le milieu du xxe siècle, les mystérieux témoignages d’ovnis, de soucoupes volantes et de phénomènes aériens non identifiés ont fleuri. Les témoins ne se connaissent pas, ne vivent ni au même endroit, ni parfois à la même époque, mais tous leurs récits se ressemblent : quelqu’un raconte avoir aperçu dans le ciel, de manière soudaine et inattendue, puis avoir perdu de vue, tout aussi subitement, une chose qu’il ne reconnaît pas. Comment ces récits énigmatiques peuvent-ils être résolus ?

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Théorie des événements extraterrestres Essai sur le récit fantastique Arnaud Esquerre (UMR 7186, LESC)


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Trophées

Études ethnologiques, indigénistes et amazonistes offertes à Patrick Menget

Philippe Erikson (UMR 7186, LESC)

Guerre, couvade, chamanisme, sorcellerie, chasse aux têtes, rituels funéraires et mythologie… Rédigés par certains des meilleurs spécialistes contemporains de l’ethnologie de l’Amazonie, les trente-trois textes réunis dans cet ouvrage nous éclairent, entre autres, sur ces thématiques classiques de l’américanisme tropical. Si l’ayahuasca, le venin de rainette (kampo), les sarbacanes, les ornements corporels, le cannibalisme rituel, les arts oratoires et les dilemmes inhérents aux premiers contacts avec les Blancs occupent le devant de la scène, les problématiques plus contemporaines transparaissent également dans les deux volumes de ce recueil, qu’il s’agisse de l’introduction du football dans les villages amérindiens ou de l’implication croissante des jeunes femmes dans la vie politique de communautés kayapo mobilisées contre l’implantation de barrages hydro-électriques sur leurs terres. Les questions d’éthique sont également très présentes dans ces «trophées» dédiés à Patrick Menget — figure pionnière de l’ethnologie et de l’indigénisme —, avec des contributions qui traitent de l’attitude à adopter face à la cruauté infligée aux animaux ou face aux difficultés rencontrées par les ethnologues qui s’immergent dans des univers conceptuels amazoniens aussi systématiquement fascinants que parfois déconcertants. Publications de la Société d’ethnologie, juillet 2016 560 p., ISBN : 9782365190183

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Revue Antiquité tardive Edité par Jean-Pierre Caillet et F. Baratte (UMR 7041 ArScAn - THEMAM) Revue internationale, publiée dans les langues usuelles, sur la littérature, l’histoire et l’archéologie de la période IVe-VIIIe siècles. Chaque numéro est centré sur un thème principal, mais comporte trois autres sections : des Varia d’histoire, d’archéologie et de philologie ; une chronique sur des sujets ponctuels d’actualité ; un bulletin critique réservé à des comptes rendus généralement détaillés d’ouvrages importants et des notes de lectures plus brèves. Une analyse en anglais ou en français (pour les articles en anglais) précède chaque article. Le principe de la revue est de publier en principe chaque année un dossier, en alternant comme dominantes les sources textuelles et l’archéologie. Ce dossier de 100 à 200 pages est choisi en comité scientifique trois ou quatre ans à l’avance ; plusieurs numéros ont été préparés dans des colloques organisés par l’Association en coopération avec différents organismes. numéro millésimé 2015 Brepols Online Print ISSN: 1250-7334

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Les Barbares Sous la direction de Bruno Dumézil (UMR 7041 ArScAn - THEMAM) Depuis trois décennies, le terme de « barbares » a fait l’objet d’un intérêt accru. Alors que la plupart des travaux universitaires portaient jusque-là sur les civilisations bien documentées par les sources écrites, une attention nouvelle a été accordée aux espaces jugés extérieurs, aux zones de contact, aux pratiques d’échanges et aux formes de la représentation mutuelle. Le barbare apparaît aujourd’hui moins comme l’ennemi irréductible du « civilisé » que comme un autre, que l’on doit construire par des dispositifs multiples et qui s’avère nécessaire pour se définir soi-même. Sous une forme proche d’un dictionnaire, ce livre étudie ainsi la création et l’exploitation de cette altérité à travers des exemples précis pris dans l’histoire mondiale. Les domaines explorés sont multiples : linguistique, philosophie, sources textuelles, archéologie, histoire de l’art, lieux de mémoire, personnages historiques, droit, culture matérielle, ethnographie, sociologie, historiographie, muséographie, représentations médiatiques... PUF, septembre 2016 1520 p., ISBN : 9782130749851

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Des dieux civiques aux saints patrons, IVe-VIIe siècle Jean-Pierre Caillet, Sylvain Destephen, Bruno Dumézil, Hervé Inglebert (UMR 7041 ArScAn - THEMAM) Les origines tardo-antiques des saints patrons des villes médiévales renvoient à l’évolution des communautés chrétiennes qui devinrent du IVe au VIe siècle progressivement majoritaires au sein des cités antiques. Auparavant, le modèle religieux païen civique distinguait ce qui relevait du public et du privé dans les relations avec le divin, ce qui n’était pas le cas des communautés chrétiennes Lorsque celles-ci sont peu à peu devenues presque équivalentes aux collectivités civiques, le christianisme a alors assumé des dimensions collectives. La question du lien éventuel entre le culte, public ou privé, des dieux et des héros, et celui des saints locaux, est débattue depuis Antiquité tardive. Les paradigmes religieux païen et chrétien étaient si différents que même des éléments apparemment similaires pouvaient ne pas avoir la même signification, Il faut donc être extrêmement prudent en étudiant leurs permanences, transformations, restructurations, disparitions ou créations. Les auteurs de cet ouvrage ont abordé les aspects religieux collectifs dont les cités étaient le cadre, en insistant sur les évolutions des fonctions religieuses locales communes aux deux systèmes religieux païen et chrétien : la définition du corps social par le culte (les cultes civiques des païens ; la relation des cités à leurs saints locaux par les rites, les monuments, l’iconographie et l’hagiographie chez les chrétiens) et la protection de la vie et de la prospérité des personnes (principalement les fonctions de guérison et de protection individuelle). Ils ont complété ces approches en prenant en compte les variations régionales et chronologiques au sein du monde romain (Asie Mineure. Grèce. Afrique du Nord, Proche-Orient, Italie, Gaule) ainsi que la réflexion sur les saints des nations (Gaule, Arménie). Ils dressent un riche tableau de l’origine du culte des saints dans le monde tardo-antique. Picard, février 2016 384 p., ISBN : 9782708410046

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Épigrammes latines de l’Afrique vandale (Anthologie latine) Ingrid Bergasa avec la collaboration d’Étienne Wolff (UMR 7041 ArScAn - THEMAM) Les épigrammes présentées ici ont été composées à la fin du règne des rois vandales en Afrique du Nord et rassemblées vers les années 530 dans un recueil auquel on donne le nom d’Anthologie latine. Elles sont données pour la première fois en traduction française. Certaines de ces épigrammes constituent des recueils, d’autres sont isolées ; plusieurs pièces sont anonymes, mais on peut citer parmi les poètes les noms de Symphosius, Luxorius, Felix, Coronatus ou Caton. Ces poèmes illustrent, tant par leurs thèmes que par leurs formes, toute la variété du genre épigrammatique, genre mineur dans la classification antique, mais manifestement prisé par les lecteurs de l’époque, sans doute pour son mélange de légèreté, d’humour parfois leste, d’érudition et de préciosité. L’ensemble forme, à côté du poète Dracontius, une part importante de la production poétique africaine tardive. Ces épigrammes donnent également une idée de la vie quotidienne à Carthage sous la domination vandale, ainsi que du milieu des grammairiens ou des lettrés romains auquel les auteurs appartenaient. Les Belles Lettres, 2016 378 p., ISBN : 9782251742175

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Hygin, Fables Traduit et présenté par Véronique Merlier-Espenel (UMR 7041 ArScAn - THEMAM) Il rentra dans sa patrie après vingt ans d’absence, seul, après avoir perdu tousses compagnons. Il ne fut reconnu de personne. Quand il s’approcha de sa demeure, il vit les prétendants qui demandaient la main de Pénélope en train de faire le siège du palais. Il se fit passer pour un étranger. (Fable 125) Ulysse, dans les Fables d’Hygin, côtoie Achille et Hector, mais aussi Orphée, Actéon ou le Minotaure. Rares sont les grands récits mythologiques grecs qui n’apparaissent pas sous le stylet d’Hygin. Cet esclave affranchi, qu’on suppose être l’auteur des Fables, écrit en latin, au début de l’ère chrétienne, plusieurs centaines de notices sur des épisodes mythologiques grecs. Ces histoires, rédigées dans une langue simple et accessible, sont autant de pitches invitant à l’écriture de scénarios plus élaborés. A travers ce florilège de Fables d’Hygin, le lecteur cheminera au milieu des figures mythologiques les plus connues, tout en découvrant le regard singulier de l’illustrateur Fredde Rotbart sur ces histoires de familles, d’amour, de pouvoir et d’animaux. Presses Universitaires de Paris Ouest, juin 2016 84p., ISBN : 9782840162483

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Littérature, politique et religion en Afrique vandale Textes réunis et édités par Etienne Wolff (UMR 7041 ArScAn - THEMAM) Ce volume Littérature, politique et religion en Afrique vandale contient les communications prononcées au colloque international qui s’est tenu, sous le même intitulé, à l’Université de Paris Ouest Nanterre les 6 et 7 octobre 2014. Elles sont présentées selon un ordre thématique. Le sujet très ciblé du colloque fait que le livre possède une forte unité. Il constitue une synthèse sur l’Afrique vandale (439-533) qui faisait défaut. Y est étudiée successivement la situation politique, religieuse et culturelle de l’Afrique vandale. Dans le domaine littéraire, une place particulière est faite à Dracontius, certainement le plus grand auteur latin de l’Afrique sous domination vandale, qui, depuis la publication de ses Œuvres complètes dans la Collection des Universités de France, est mieux évalué à sa juste valeur. Si l’ouvrage propose un solide bilan des connaissances sur l’Afrique vandale, il ouvre en même temps à des interprétations, des pistes, des idées nouvelles. À ce double titre, il nourrira la réflexion des spécialistes de l’Antiquité tardive, quel que soit leur domaine. Institut d’études augustiniennes, 2016 378 p., ISBN : 9782851212764

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Nous avons rêvé la Grêce Sous la direction de Olga Polychronopoulou (UMR 7041 ArScAn) et René Treuil (UMR 7041 ArScAn)

Collection Travaux de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, n° 22 L’Europe et la Grèce ? Quand le torchon brûle entre elles, quand l’incompréhension paraît totale, il est temps de se demander comment on en est arrivés là. On avait depuis toujours l’habitude de dire que la Grèce était le berceau de l’Europe et les preuves semblaient tellement évidentes que l’on n’avait même pas besoin de les rappeler. Pourtant, si la pensée européenne a adulé l’image de la Grèce, elle n’a jamais cessé de la déformer et de la caricaturer. Ces idées en retour ont influé sur celles que les Grecs se faisaient d’eux-mêmes et leur ont fourni, après 1830, une identité « clefs en mains ». À leur tour ils ont recyclé les modèles et les ont retournés aux envoyeurs : la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2004 en a été une illustration inespérée. L’inceste mythologique est donc permanent, la fécondation se fait dans tous les sens et les jeunes bandes dessinées défrisent les vieux héros. Mais lorsque la Grèce est vouée aux gémonies, caricaturée selon les pires schémas du racisme ordinaire, on s’aperçoit alors que les racines de l’incompréhension sont anciennes et que l’interaction n’a pas fait disparaître les oppositions. Il faut donc aujourd’hui explorer les distorsions, les illusions et les mirages qui ont trop facilement tenu lieu de connaissances. Ce livre a pour ambition de les analyser et de les illustrer, d’en montrer les effets et d’aider le lecteur, tout en l’amusant parfois, à prendre ses distances. Éditions de Boccard, 2016 264 p., ISBN : 9782701804811

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Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès

PLURIDISCIPLINES

Transitions Historiques Sous la direction de Christel Müller (UMR 7041 ArScAn) et Monica Heintz (UMR 7186 - LESC)

Collection Colloques de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, n°12 La dissection des « régimes d’historicité » par François Hartog en 2003 a amené celui-ci à considérer que le régime actuel relevait du « présentisme », au sein duquel « le présent tend à devenir à lui-même son propre et son seul horizon ». Ce constat semble condamner la notion même de transition historique, si attachée à une réflexion sur l’ordonnancement linéaire du temps social et psychologique. Pourtant, l’omniprésence du présent n’a pas éliminé la « transition », terme très usité aujourd’hui pour qualifier le rapport au temps. Celle-ci se définit d’abord comme un entre-deux qui permet de penser continuités et discontinuités d’une période à l’autre. Tant qu’elle n’a pas acquis une identité propre, elle apparaît aussi comme une tranche de temps sur laquelle pèse une suspicion d’inintelligibilité, voire comme un moment de crise. Mais le temps analysé dans ce volume est aussi subjectif. La question se pose alors de savoir si les acteurs d’une transition « objectivée » la perçoivent comme telle et comment ils manipulent à son propos les notions connexes d’héritage et de génération. Il y a en germe, dans l’usage quotidien de la transition, l’idée d’un dépassement possible du présent perpétuel. Ne revient-il pas aux historiens, anthropologues et archéologues de redonner du sens à l’articulation du passé, du présent et du futur, en suggérant par la réinterprétation de cette notion l’éventualité d’un possible du présent, comme il y a des « possibles du passé » selon l’expression de Reinhart Koselleck ? Éditions de Boccard, 2016 270 p., ISBN : 9782701804958

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