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Publications des chercheurs et enseignants-chercheurs de la MAE 2014 Liste non-exhaustive


La Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (MAE), sous la triple tutelle du CNRS et des Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Paris Ouest Nanterre La Défense, est un lieu de recherche et de formation à la recherche qui réunit plusieurs disciplines des sciences de l’homme et de la société : archéologie, préhistoire et protohistoire, ethnologie et sociologie comparative, ethnomusicologie, histoire ancienne et médiévale, lettres classiques. Elle est dirigée par Frédéric Hurlet, professeur d’histoire romaine à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense et Isabelle Rivoal, directrice scientifique adjointe, ethnologue au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative. La MAE regroupe 300 chercheurs et enseignants-chercheurs, 90 ingénieurs et techniciens et 500 doctorants travaillant sur tous les terrains du monde, de la préhistoire aux sociétés contemporaines. Tous sont réunis dans cinq laboratoires de recherche et une unité de service et de recherche. Les laboratoires de recherche Archéologies et Sciences de l’Antiquité, ArScAn (UMR 7041) Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Lesc (UMR 7186) Archéologie des Amériques, Archam (UMR 8096) Préhistoire & technologie (UMR 7055) Trajectoires (UMR 8215) L’unité de service et de recherche (USR 3225) L’USR a la charge des services communs de la MAE et du Pôle éditorial qui comprend le service des éditions de la MAE et la rédaction de 9 revues. Les revues scientifiques Les 9 revues scientifiques présentes au sein de la MAE sont : Gallia, Gallia-Préhistoire (avec AdlFI), Paléorient, European Journal of Sociology, Ethnologie française, Journal de la Société des Américanistes, Revue archéologique, Syria et le Bulletin de la Société Préhistorique Française.


ARCHEOLOGIE


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Techno-logique & Technologie. Une Paléo-histoire des objets lithiques tranchants Eric Boëda Techno-logique & technologie, en deux mots tout est dit. Deux mots cependant qu’il convient d’éclaircir à partir de la matière même à laquelle ils sont appliqués ici et qui, en retour, en constitue le fondement épistémologique, à savoir : les industries lithiques de la préhistoire. Si la forme fut le premier signe extérieur qui permit de distinguer l’objet naturel de celui réalisé par la main de l’Homme, les limites de la classification typologique qui en résulta conduisirent à un questionnement technique et une pratique expérimentale desquels naquit la technologie au milieu du xxe s. La réflexion proposée dans le présent ouvrage, prolonge autant qu’elle s’en détache cette histoire de la pensée technique appliquée aux plus anciennes industries humaines connues. Non plus seulement technologie, la pensée présentée est celle d’une techno-logique, soit une tentative d’approche de la logique interne à la production d’outils que l’étude des industries lithiques de la préhistoire permet de mettre en évidence. Sa force, outre l’élaboration d’un nouvel outil à penser les industries de la préhistoire, est d’asseoir la validité scientifique de l’étude techno-logique. Spécialiste des industries anciennes de la préhistoire, expérimentateur éminent, en charge de nombreuses missions par le monde, Eric Boëda, Professeur de préhistoire à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, est reconnu depuis le début de sa recherche comme un technologue influent. Cet ouvrage reflète l’élaboration de son approche des productions techniques de la préhistoire, nourrie de philosophie et éprouvée pendant plus de vingt ans à la diversité des industries rencontrées en Europe autant qu’en Afrique, en Asie et en Amérique. Exposer une pensée nouvelle n’est jamais sans surprendre. La nouveauté de celle présentée ici est de mettre en perspective la technique comme une composante inhérente à l’humain, faisant le pari d’une unique histoire des techniques, vieille de trois millions d’années ! Archeo-editions.com, 2014, 266 pages – ISBN : 978-2-36461-003-3 - 55 €

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Publications parues en 2014

French Bronze Scuplture: 16th 18th Century Materials and Techniques David Bourgarit, Jane Bassett, Francesca Bewer, Geneviyève Bresc-Bautier, Philippe Malgouyres, Guilhem Scherf (éd.) The papers in this volume shed light on the production of important French bronze sculptures, as well as decorative and utilitarian objects, dating between the 16th and 18th century. Those who study such works must take into account that the making of a bronze is an inherently reproductive process as well as a complex, collaborative endeavour. The studies presented in this book mostly relate to the production of specific sculptors and founders, or of specific works of art. They draw on a range of evidence – written sources, archaeological investigations of foundry sites, close scrutiny of the objects themselves and elemental analysis of metals reveal much about the business of bronze working and technological know-how, and provide a further wealth of evidence about process, as well as increasingly useful information for attribution and dating. As the papers illustrate, integrating these technical approaches with connoisseurship is the key to understanding and characterizing the fabrication processes of particular works, and to correctly identifying the relationship between different casts based on the same model. Archetype Publications, Londres, 2014, 268 pages – ISBN: 978-1-90949204-2 – 65 €

Pincevent (1964-2014). 50 années de recherche sur la vie des Magadéniens Collectif Il y a 50 ans, en 1964, l’exploitation de gravières sur la commune de la Grande-Paroisse en Seine-et-Marne entraînait la mise au jour de vestiges attribués à la période du Magdalénien final, soit il y a environ 14 000 ans. Ainsi, dans des limons d’inondation de la Seine étaient apparus accidentellement les restes de ce qui allait devenir le plus vaste gisement magdalénien d’Europe et un des mieux conservés. Le site de Pincevent était né ! Les ayant côtoyés pendant près de 50 ans, nous vous livrons maintenant les Magdaléniens de Pincevent tels que nous les comprenons. Il y aura bien sûr d’autres fouilles après celles dont nous exposons ici les résultats… et nous laisserons à d’autres le soin de commémorer le centenaire des fouilles de Pincevent…En attendant, nous vous invitons à plonger dans les millénaires, à rejoindre les Magdaléniens le temps de la lecture de ce livret et du film qui l’accompagne ! Paris, Centre archéologique de Pincevent (CAP) et Société préhistorique française (SPF), 2014, 96 pages + DVD – ISBN : 2-913745-59-8 – 15 €

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Report on the Third Excavation Season (2010) of the Madâ’in Sâlih Archaeological Project Daifallah Al Talhi, Laila Nehme, François Villeneuve, Christian Augé, Christophe Benech, et al. Ce volume constitue le rapport sur les résultats de la troisième campagne de fouilles de la Mission archéologique franco-saoudienne de Madâ’in Sâlih, l’ancienne Hégra des Nabatéens, dans le nord-ouest de l’Arabie Saoudite (MAEE, SCTA, CNRS, Univ. Paris 1, IFPO). Outre les résultats obtenus dans les différents chantiers (dans la zone résidentielle et dans un triclinium au sud du Jabal Ithlib), le lecteur trouvera des synthèses préliminaires sur les macro-restes végétaux (Ch. Bouchaud), la céramique (C. Durand et Y. Gerber), la détection géophysique (Chr. Benech), les monnaies (Chr. Augé) et la faune (J. Studer). L. Nehmé, D. al-Talhi, F. Villeneuve, Riyadh, Saudi Commission for Tourism and Antiquities, 2014, Series of Archaeological Refereed Studies, 23, 326 p., ISBN: 978-603-8136-02-7 [halshs-00542793].

Costumes et insignes d’un gouvernement maya : K’inich Janaab’ Pakal de Palenque Laura Filloy Nadal The city of Palenque achieved its greatest splendour in the Late Classic when it became one of the foremost centres in the Maya world. During the reign of K’inich Janaab’ Pakal (A.D. 615–683) the Temple of the Inscriptions, which later served as his sepulchre and commemorative monument, was built. In 1952, Alberto Ruz Lhuillier discovered the funerary chamber in the Temple of the Inscriptions. Based on the reports from the 1950s, photographs taken at the time of the discovery, work published over the past half century, and the analysis of objects that composed the funerary furnishings, this research proposes a holistic revision of the funerary complex. The funerary furnishings, the manufacturing technique and technical sequence employed to create such pieces were studied; the geographic location of the sources of the raw materials was proposed. Finally, the function of each object and its probable significance were discussed. British Archeological Reports, International Series 2590, Archaeopress, 2014, 355 pages – ISBN : 978-1407312187 - £ 49.

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Publications parues en 2014

Transitions, ruptures et continuité en Préhistoire, vol. 1 Evolutions des techniques - Comportements funéraires Néolithique ancien Nathalie Depaepe, Nathalie Fourment, Jacques Jaubert (dir.) Les Hommes interagissent avec l’environnement par le biais de leurs cultures. La notion de transition, qu’elle soit environnementale, biologique ou culturelle, constitue une thématique récurrente de nos disciplines permettant d’aborder des périodes clefs de l’Histoire, des origines à l’âge du Bronze inclus. Plus que les époques de stabilité, ces périodes sont des temps forts de l’évolution des sociétés et de la constitution de leur identité. Actes du 27e Congrès Préhistorique de France (Bordeaux-Les Eyzies 2010), Paris, Société préhistorique française, 2013, 522 pages – 40 €.

Transitions, ruptures et continuité en Préhistoire, vol. 2 Paléolithique et Mésolithique Nathalie Depaepe, Nathalie Fourment, Jacques Jaubert (dir.) Les Hommes interagissent avec l’environnement par le biais de leurs cultures. La notion de transition, qu’elle soit environnementale, biologique ou culturelle, constitue une thématique récurrente de nos disciplines permettant d’aborder des périodes clefs de l’Histoire, des origines à l’âge du Bronze inclus. Plus que les époques de stabilité, ces périodes sont des temps forts de l’évolution des sociétés et de la constitution de leur identité. Actes du 27e Congrès Préhistorique de France (Bordeaux-Les Eyzies 2010), Paris, Société préhistorique française, 2014, 640 pages – 40 €.

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MEMOIRE 57

Un automne à Pincevent, le campement magdalénien du niveau IV20 Michèle Julien, Claudine Karlin, (dir.) L’ouvrage Un automne à Pincevent. Le campement du niveau IV20 présente trente années de fouilles conduites d’abord sous l’autorité d’A. Leroi-Gourhan et M. Brézillon, puis sous une direction collective. Pour la première fois en France, un campement paléolithique s’étendant sur près de 5000 m2 permet de reconstituer la vie de chasseurs de rennes d’il y a 13000 ans. L’étude, résolument palethnologique, se fonde à la fois sur une description des faits archéologiques et sur une interprétation enrichie par des données ethnoarchéologiques. Le contexte naturel du site est d’abord présenté, puis le campement lui-même, établi à proximité d’un lieu de passage des rennes à l’automne. Un inventaire de l’équipement est complété par une analyse des techniques du travail du silex et du bois de renne. L’étude de l’organisation et de la fonction de la vingtaine d’unités d’occupation concerne d’abord les quatre résidences centrales, puis les ateliers techniques périphériques, et l’on s’interroge sur la nature des rapports sociaux entre les familles de chasseurs. Celles-ci paraissent avoir obéi à un individu particulier dont l’expérience permettait d’orienter les stratégies de la chasse. Plusieurs aspects du mode de vie de ces Magdaléniens – chasse collective, partage du gibier, fabrication de l’équipement – sont enfin évoqués. Paris, Société préhistorique Française, 2014 (Mémoire, 57), 639 pages – ISBN : 2-913745-53-9 - 60 €.

Pit and groove work among the Olmec-style monuments of the Gulf Coast Lowlands Arnaud F. Lambert One of the most interesting issues in the study of Olmec-style art, especially in the southern Gulf Coast lowlands, has been the debate surrounding the significance of the pits and grooves which appear on many of the Olmec-style monuments in this region. This study catalogs 58 Olmec-style monuments with documented instances of pit and groove work and evaluates previous interpretations of these enigmatic features based on the morphology of the pit and groove marks, the positioning of the markings on the monuments, and the contextual associations of the monuments vis-à-vis the local landscape. In light of this evidence, a model is proposed which places pit and groove work on Olmec-style monuments within a framework of cultural practices linked to rituals of rulership, termination rituals, and charging rituals. Oxford, Archaeopress (British Archeological Reports, International Series 2637), 2014, 121 pages – ISBN : 9781407312743 - £ 26,00.

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Les groupes culturels de la transition pléistocèneholocène entre Atlantique et Adriatique Mathieu Langlais, Nicolas Naudinot, Marco Peresani Les derniers millénaires du Pléistocène et les débuts de l’Holocène, entre 14000 et 10500 cal. BP environ, sont marqués par d’importants changements environnementaux et sociétaux. Du littoral atlantique français aux rivages italiens de l’Adriatique, différents groupes culturels accompagnent et participent à ces changements au cours de la fin du Tardiglaciaire et du début du Préboréal. C’est essentiellement sur la base des études technotypologiques des vestiges en silex que la plupart des modèles évolutifs sont encore bâtis aujourd’hui. Ces travaux mettent en avant des perdurations, des variations voire des évolutions dans les manières de faire, d’utiliser et de gérer les équipements domestiques et cynégétiques. L’évolution des types de pointes, leur association ou exclusion au sein des différents carquois, tant dans l’espace que dans le temps, permet encore d’affiner notre connaissance de la chronologie des groupes culturels. En croisant les différents registres disponibles, peut-on envisager de distinguer d’éventuels territoires pour ces groupes culturels ? Des foyers de diffusion des innovations techniques et notamment de certains morphotypes de pointes de chasse ? Nous ne pouvons qu’engager le lecteur à se plonger dans les contributions qui se sont présentées ici et qui participent à la reconstruction d’une Europe plurielle de la transition Pléistocène-Holocène, solidement unifiée par certaines valeurs communes qui n’écrasent pas pour autant les identités régionales. Actes de la Société préhistorique française (Bordeaux, 24-25 mai 2012), Paris, Société préhistorique française (Séance, 3), 2014, 246 pages – ISBN : 2-913745-56-3 [PDF en accès libre sur le site de la SPF : http://www. prehistoire.org].

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Archéologie des jardins. Analyse des espaces et méthodes d’approche Anne-Marie Guimier-Sorbets, Paul Van Ossel Paul Van Ossel, Anne-Marie Guimier-Sorbets Archéologie des jardins. Analyse des espaces et méthodes d’approche, p. 7 Thème I Archéologie du jardin : diversité, organisation, équipement et productions - Amina-Aïcha Malek - De l’espace pictural à l’espace du jardin : mosaïques et jardins dans les domus de l’Afrique romaine, p.13 - Hélène Dessales - Du jardin aux jardinières : l’évolution des péristyles dans l’habitat romain, p. 23 - Émilie Chassillan - Place du bassin et spectation dans le jardin de Gaule Narbonnaise au Haut-Empire : Problèmes de typo-chronologie, p.35 - Agnès Tricoche - Jardins funéraires d’Alexandrie aux époques hellénistique et romaine, p. 47 - Christian Cribellier - Jardins et habitats de l’agglomération gallo-romaine de Beaune-la-Rolande (Loiret, France), p. 57 P- aul Van Ossel - Des jardins à tout faire. Les espaces de jardin dans les parcelles du quartier Saint-Honoré de Paris aux xve et xvie siècles, p.71 - Annick Heitzmann - Un exemple de méthodologie versaillaise : le jardin du Pavillon frais à Trianon, p. 81 Thème II Archéologie environnementale du jardin : méthodes d’approches - Fabien Pilon, Kahina Maames, Florian Jedrusiak - Approche archéologique et paléoenvironnementale des parcelles de l’agglomération galloromaine de Châteaubleau, p. 95 - Marnix Pieters - Jardins et transformations des sols : caractéristiques et nterprétations, p.113 - Cécilia Cammas, Carole Vissac, Quentin Borderie, Christian David Diversité des espaces végétalisés : contribution de la géoarchéologie à la connaissance des jardins historiques et des espaces non bâtis, p.119 - Anne Dietrich - Méthode et interprétations xylologiques à propos des puits et des jardins antiques, p.131 Thème III Regards croisés et approches comparatives : les modèles en question - Francis Joannès - L’économie des jardins en Mésopotamie, p.139 - Anne-Marie Guimier-Sorbets - Le jardin pour l’au-delà des bienheureux : représentations funéraires à Alexandrie, p. 151 - Éric Morvillez - Les transformations du jardin de tradition romaine dans l’Antiquité tardive, p.161 - Michel Terrasse - Héritière de la villa, la muniya médiévale ibéro-maghrébine et ses jardins : tradition littéraire et réalité archéologique, p.77 - Florent Quellier - L’historien face au jardin potager-fruitier de l’époque moderne : sources et grilles de lecture, p.185 - Catherine Saliou - Aux limites du jardin. Le droit et les limites du jardin dans le monde romain, p.195 - Hélène Guiot - Jardin et forêt, de l’un à l’autre en Polynésie, p.203 Montagnac, Editions Monique Mergoil (Archéologie et histoire romaine 26), 2014, 222 pages – ISBN : 9782355180385 - 42 €

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Les produits de luxe au Proche-Orient ancien, aux âges du Bronze et du Fer Michel Casanova, Marian Feldman (dir) Les objets de prestige occupent une place de premier plan dans l’histoire des civilisations. Michèle Casanova (Université de Lyon 2) et Marian Feldman (John Hopkins University) ont rassemblé dix-huit articles sur le thème des produits de luxe au Proche-Orient ancien, aux âges du Bronze et du Fer. Les articles abordent la production, la circulation, l’iconographie, les valeurs commerciales et symboliques des objets de luxe au Proche-Orient, en Égypte et en Méditerranée orientale, avec pour but de formuler des interprétations nouvelles concernant les échanges à moyenne et longue distance entre les sociétés du Proche-Orient ancien. Plusieurs de ces contributions traitent de cas spécifiques (lapis-lazuli, cornaline, jade, albâtre, calcite, chlorite, basalte, cuivre, bronze, or, argent, parfums) pour reconsidérer les mécanismes d’échange et certaines d’entre elles présentent les résultats d’analyses de matériaux. Le champ couvert s’étend de la civilisation de l’Indus au royaume de Kerma au Soudan. Plusieurs auteurs s’intéressent à l’iconographie en tant que moyen de construction et de différenciation des groupes identitaires en Mésopotamie, en Syrie, au Levant et en Nubie. Dans ces régions, où les objets de luxe étaient souvent dotés de fortes fonctions théologiques et surnaturelles, on assista aussi à l’émergence de la valeur marchande et des prix à l’âge du Bronze. Editions De Boccard, 2014, 234 pages - ISBN : 978-2-7018-0353-1 - 24 €

Esthétique du geste technique Sophie de Beaune (dir.) Les chants dont les prisonniers texans rythment leurs gestes de travail ont-ils quelque chose à voir avec le geste fluide du luthier taillant un violon, celui de la scarificatrice bwaba ciselant les chairs ou celui de l’Homo erectus taillant un biface ? Resserrant la vieille question des rapports entre le beau, l’utile et le nécessaire, ce dossier choisit de privilégier celle de l’esthétique du geste technique. En quoi un tel geste peut-il être jugé beau, et cette beauté tient-elle à des caractéristiques tangibles – régularité, rythmicité, économie… – ou à des traits plus impalpables ? La question est envisagée ici à partir de la distinction opérée par Hannah Arendt entre travail et œuvre. Le travail – l’ensemble des tâches répétitives nécessitées par la survie quotidienne – est parfois sublimé par des chants ou des chorégraphies qui embellissent le labeur et allègent sa pénibilité. Tandis que l’élaboration d’une œuvre – c’est-à-dire la création d’un objet qui viendra s’ajouter durablement au monde – peut être esthétisée par un geste technique hautement maîtrisé. De Boas à Leroi-Gourhan, des auteurs ont lié la valeur esthétique d’un objet à la perfection de sa réalisation technique mais les contributeurs de ce dossier, qui s’étend de la Préhistoire au xxie siècle, et de l’Europe à l’Afrique, montrent que le geste technique est une composante à part entière du jeu social dans lequel il s’insère et que sa beauté ne se réduit pas à la maîtrise de règles formelles. Revue Gradhiva n° 17, 2013, 232 pages – ISBN : 978-23574404974 - 20 €

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Les traditions mégalithiques de Sénégambie Hamadi Bocoum, Augustin Holl Les monuments mégalithiques de la Sénégambie répartis entre le Sénégal et la Gambie se retrouvent dans l’extrémité occidentale de l’Afrique de l’Ouest. Les fleuves Gambie et Saloum marquent les limites méridionale et septentrionale de cette aire mégalithique qui s’étend sur 120-150 km nord-sud et 250 km est-ouest, de Tambacounda à Kaolack. Les sites mégalithiques s’étalent sur environ 33 000 kilomètres carrés, répartis en grappes le long des cours d’eau. Les traditions mégalithiques de Sénégambie apparaissent comme suspendues dans un espace socioculturel mystérieux. Aucune des communautés actuelles - Manding, Diola, Wolof, Sérèr, etc - réparties sur l’ensemble de l’aire mégalithique ne revendique l’héritage culturel représenté par ces monuments. C’est comme si les collectivités des bâtisseurs de mégalithes s’étaient éclipsées de l’histoire sans descendance. Les similitudes morpho-métriques entre un petit échantillon de squelettes extraits des fouilles de Tiékène-Boussoura, Sine Ngayène, Saré Diouldé, Kodiam, Mbolop Tobé et les populations wolof et sérèr suggèrent néanmoins une certaine continuité génétique. Quelles sont les raisons de cette coupure historique radicale ? Ces monuments ont surpris puis fasciné des générations d’archéologues et de chercheurs amateurs pendant la période coloniale. Le capitaine Duchemin et le docteur Jouenne ont été de ces pionniers sur les traces des bâtisseurs de mégalithes. Cet ouvrage propose une excursion à travers l’œuvre multiforme de tous ceux qui ont contribué à la réappropriation de cette merveilleuse culture qui, pour ne nous avoir pas dit ce qu’elle était devenue, nous invite encore et toujours au rêve, à l’exégèse et à la créativité. Errance, 2014, 152 pages – ISBN : 978-2877725354 - 29 €

La explotación tecnoeconómica de las materias óseas en el Auriñaciense : Caracterización de las producciones del Paleolítico superior inicial en la Península Ibérica José-Miguel Tejero Caceres The Aurignacian is one of the Upper Palaeolithic techno-complexes that has generated much literature in recent years. One of the least known aspects of this period is the question of the exploitation of bones materials. The research presented in this volume shows a techno-economic approach to the bone, antler, ivory, tooth, and shell evidence from the Iberian Peninsula. The author presents a characterization of the principles guiding bone raw material exploitation in the specified chronological and geographical area. From the results, the management strategies of these different raw materials are assessed in terms of how they were integrated into the different systems (technical, economic, social, cultural) on which hunter-gatherers societies were structured during the Early Upper Palaeolithic. Archaeopress, 2013, 295 pages – ISBN : 978-1407310800 - 47 €

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Corps parés, corps parfumés Catherine Lanoe, Laurence Moulinier ARTEFACT est une revue semestrielle et francophone destinée à promouvoir les recherches sur la technique et la matérialité des pratiques dans les sociétés humaines sur la longue durée. Son ambition est de fédérer l’ensemble des approches historiennes, archéologiques et anthropologiques qui font des techniques, entendues dans une acception large, un passage obligé de leurs analyses ou un élément central de leurs questionnements. La revue est aussi attentive aux réflexions menées sur l’outillage matériel et conceptuel des historiens et archéologues. La multiplicité des sources que recouvrent les activités techniques justifie l’intérêt particulier porté aux recherches menées sur le patrimoine technique (écrits, images, objets, sites). Notre approche des techniques est donc largement ouverte, qu’il s’agisse des thématiques, des méthodes et des questions épistémologiques. Revue Artefact, CNRS éditions, 2014, 290 pages – ISBN : 978-2-27108011-0 - 28,50 €

La mémoire des immigrations entre militantisme et évitement du politique : trois exemples tirés du monde associatif algérien, égyptien et espagnol Michèle Baussant, Evelyne Ribert, Nancy Venel En dépit du flou qui l’entoure, utiliser le terme de mémoire s’agissant de l’immigration semble aujourd’hui aller de soi. Qu’en est-il du patrimoine de l’immigration ? Le patrimoine apparaît-il quand la mémoire sort de l’espace privé pour entrer dans le domaine public ? Est-il une forme cristallisée et institutionnalisée de la mémoire ? Est-il soluble dans la mémoire ? Au-delà d’une indispensable clarification des termes, s’interroger sur l’articulation mémoire, patrimoine et immigration nécessite d’en comprendre les enjeux dans le débat public. La patrimonialisation ne peut être regardée indépendamment ni des attentes et des luttes pour la reconnaissance des immigrés, ni de son usage par les pouvoirs publics comme instrument de pacification. Des enquêtes menées dans le sud-ouest de la France, dans le Centre, en Lorraine, en Franche-Comté ou encore à Paris et à Nanterre analysent le regard des acteurs de la mémoire de l’immigration (associations, artistes, chercheurs…), questionnant les rôles et les stratégies développées par chacun et bousculant nos cadres d’interprétation. In L’immigration aux frontières du patrimoine, Paris, Editions de la maison des sciences de l’homme, 2014, 144 pages. Chapitre d’ouvrage : p. 43-60. [https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01059946].

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Parikwene agigniman. Une présentation de la musique Parikwene Jean-Michel Beaudet Cet ouvrage se veut support de transmission ; nous souhaitons y montrer la richesse des musiques vocales et instrumentales parikwene (palikur), et contribuer plus généralement à une meilleure connaissance de cette culture. Lors de la préparation de ce livre, les séances de travail, collectives, ont permis d’identifier les répertoires et de les décrire, de commenter les modalités de leur transmission, d’engager un travail d’écriture à plusieurs mains. Chants des femmes, orchestres de clarinettes aramtem, solo de flûte ou berceuse, le cd qui accompagne l’ouvrage est le premier consacré exclusivement à l’art poético-musical parikwene. Pival, musicien, grand connaisseur de sa culture, et en particulier des danses pour clarinettes aramtem. Berchel Labonté, responsable culturel, président de l’association culturelle Takaa. Ady Norino, responsable culturel, chargé des archives parikwene. Publié avec l’aide de la Région Guyane. Matoury (Guyane française), Editions Ibis rouge, 2013, 108 pages – ISBN : 978-2844504234 - 35,01 €

Millenary Maya Societies: past crisis and resilience Marie-Charlotte Arnauld, Alain Breton (éds.) L’archéologie mayaniste et plus généralement l’archéologie du Guatemala, qui ont souvent partie liée avec le tourisme, traitent chaque site comme une entité sociopolitique en soi, dont l’histoire se termine le plus souvent par l’abandon de ses monuments, que la forêt finit par recouvrir. Cette image romantique est utile à la mise en scène des ruines. Pourtant les sociétés mayas et les autres sociétés anciennes n’ont pas disparu avec leurs cités ruinées et ne peuvent se réduire à leur site archéologique. La question de leur résilience est fondamentale, mobilisant les résultats des recherches archéologiques, épigraphiques et iconographiques les plus récents et formant l’arrière-fond de nombreuses hypothèses. D’autres graves crises ultérieures furent celles de la conquête espagnole et des épisodes de guerres postérieures. Tenter de les comprendre à distance dans l’éclairage d’un passé millénaire doit contribuer à donner du sens au présent. Ce colloque, qui a réunit une vingtaine de chercheurs internationaux, visait avant tout, dans la problématique des crises et de la résilience, à rassembler et à présenter les synthèses de recherche les plus récentes et les plus nouvelles concernant l’évolution de l’ancienne civilisation maya et des sociétés voisines, ainsi que les sociétés mayas actuelles. Publication en ligne des actes du colloque « Sociétés mayas millénaires : crises du passé et résilience », musée du quai Branly, juillet 2011, [http:// www.mesoweb.com/publications/MMS/MMS.pdf]

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I luoghi sacri comuni ai monoteismi. Tra cristianesimo, ebraismo e islam, Dionigi Albera, Maria Couroucli (eds.) Se la rassegna di atti e spazi diversi di devozione accentua le frontiere fra religioni, questo libro sposta il punto di osservazione sui luoghi sacri condivisi nel Mediterraneo, crocevia dei grandi monoteismi: cristianesimo, ebraismo e islam. Luoghi nei quali la concentrazione di differenti etnie, credenze, pratiche, non sempre si traduce in scontro ma in occasione di scambio e convivenza. Le dinamiche dei rituali e delle pratiche culturali descritte da specialisti delle varie aree geografiche, nelle quali sono coinvolti soprattutto gruppi di musulmani e cristiani dell ‘Europa orientale, consentono un’analisi delle relazioni fra diverse com11nità e religioni. La prospettiva è quella di un’antropologia comparativa che ha in queste pagine il suo primo tassello importante per un dialogo inteirreligioso che trova fondamento nelle origini e nelle ragioni della comunanza di questi spazi, nella domanda sui sacro e sull’alterità, e nel concetto, da più versanti indagato, di sincretismo. Morcelliana, 2013, 368 pages – ISBN : 978-8837226572 - 23,27 €

L’européanisme mis en question : Récits ethno-orientalistes de la crise grecque Maria Couroucli (eds.) Aujourd’hui, le débat sur la crise grecque oppose Mnimoniakoi, ceux qui soutiennent le Mnimonio, le texte de l’accord d’aide signé en 2010 entre le gouvernement et la Troïka (les représentants du FMI, de la Banque Européenne et de la Commission Européenne) et anti-Mninoniakoi, ceux qui le combattent. Cette opposition divise aussi l’opinion et les partis politiques entre européanistes, partisans du projet européen, et anti-européanistes, qui souhaitent désengager la Grèce de la voie européenne. Dans ce contexte, la question qui sous-tend le débat sur la crise est aussi celle de la place de la Grèce dans l’Europe unie : est-ce la fin de l’européanisme dans le pays ? Cet essai propose de lire les couples d’oppositions utilisés dans le débat actuel comme des renvois à des schémas bien identifiés concernant les représentations collectives identitaires. Dans l’analyse des interactions entre observateurs « occidentaux » et observés « orientaux », on fera appel au couple ethno-orientalisme/ethno-occidentalisme proposé par James Carrier (1992). Société d’ethnologie, 2013, 39 pages – ISBN : 978-2365190060 - 12 €

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Mascarades en Himalaya : Les vertus du rire Pascale Dollfus, Gisèle Krauskopff Squelettes joyeux et cadavres levés, vieux grivois et vieilles femmes enceintes, bouffons à la virilité exacerbée et ascètes ridicules, rites d’exorcisme et comiques de théâtre, cet ouvrage écrit à quatre mains accorde à ces performances masquées ou grimées l’attention qu’elles méritent. Peuton en effet comprendre les fêtes et les rituels de l’Himalaya en occultant les mascarades, les charivaris et les scènes grotesques qui, si souvent, les accompagnent et leur donnent sens ? Le rire n’a jamais fait l’objet d’aucune étude approfondie dans cette région du monde. En l’écartant, c’est tout un pan important des traditions de la vie en Himalaya qui a été négligé. Des hautes vallées du Ladakh situées aux confins du Tibet jusqu’aux plaines reculées de l’Assam, des villages méconnus de l’Arunachal Pradesh aux bazars du Népal, les mascarades et leurs masques, trop souvent associés à de simples divertissements, sont des objets-frontières qui révèlent les vertus insoupçonnées de la dérision et de l’obscénité. Editions Findakly, 2014, 232 pages – ISBN : 978-2-86805-149-3 - 39 €

La nuit pour apprendre. Le chamanisme nocturne des Yucuna d’Amazonie colombienne Laurent Fontaine Les Yucuna d’Amazonie colombienne disent de la nuit qu’elle est le temps et l’espace qui libèrent les spectres, les démons et les entités nuisibles en quête de proies. C’est pour cela que la nuit n’est pas faite pour dormir, mais pour veiller et écouter l’observation, l’expérience et le savoir enseignés par le chamane. Grâce à tous les sens dont la nuit permet pleinement l’utilisation, la mémoire des paroles rituelles, des mythes, des incantations, peut s’amplifier. C’est à un parcours des pratiques quotidiennes et des profondeurs de la langue que nous invite ce livre. On y apprend l’origine des heures de repas aussi bien que les prières contre les maladies ; pourquoi le verbe « trancher à la hache » est celui qui décrit le miracle de la lumière dans l’obscurité de la canopée épaisse ; comment on use de la morphologie arawak pour décrire les objets — en forme de cône, de sphère, de mollets, de cheveux… C’est au creux de la langue que Fontaine nous parle de la « poudre d’obscurité », celle qui se répand et qui enferme le monde : la nuit. Société d’ethnologie, 2014, 144 pages – ISBN : 978-2365190053 - 12 €

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Costumes du Yunnan. Identité et symbolique de la parure. Bernard Formoso Exposés dans les principaux musées d’ethnologie, les costumes des minorités ethniques du Yunnan sont renommés pour leur beauté aussi bien que pour la complexité technique de leur fabrication. Mais ils sont également porteurs de multiples messages. Dans cet ouvrage destiné à un large public, Bernard Formoso déchiffre les motifs qui décorent ces costumes comme autant d’éléments d’un système symbolique. C’est ainsi que la nature de chaque vêtement tout comme l’agencement des formes et des couleurs expriment en condensé le rapport au monde du sujet. Par référence à la pensée chinoise où l’idéogramme condense les propriétés de l’objet représenté, les vêtements régulent ce rapport cosmologique de manière efficace et positive. À travers huit études de cas couvrant le large éventail des familles ethnolinguistiques du Yunnan, l’auteur montre que le port du costume et son éventuel remodelage stylistique cristallisent localement des enjeux politiques et identitaires exacerbés dans le contexte postcommuniste de la globalisation touristique. Objets signifiants par excellence, les vêtements sont pour l’ethnologue d’utiles révélateurs des rapports de force entre groupes ethniques soumis à des processus d’acculturation. Société d’ethnologie, 2013, 112 pages – ISBN : 978-2365190046 - 16 €

La prière dans les langues indo-européennes : linguistique et religion Charles Guittard, Michel Mazoyer L’ouvrage réunit des études de linguistes et d’historiens des religions, qui tous travaillent sur les textes ou des documents épigraphiques. Les énoncés de prières attestés dans les langues indo-européennes sont ainsi étudiés d’un point de vue pluridisciplinaire. L’ouvrage aborde la littérature de l’Inde classique, les inscriptions achéménides, les langues celtiques, la prière hittite, la prière latine, les langues italiques, la littérature hellénique.. Edition L’Harmattan, collection Kubaba, 2014, 249 pages – ISBN : 9782343021898 - 24,70 €

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Temps biographiques et discontinuités politiques Monica Heintz, Isabelle Rivoal (dir.) Aux ruptures historiques majeures, les individus répondent de différentes façons : trauma ou déni, oubli ou engagement social ; leurs attitudes varient en fonction des générations, peuples, religions. Cherchant à collecter traces et récits d’un passé jamais directement observé, l’anthropologie doit emprunter aux méthodes d’autres sciences sociales pour intégrer la dimension diachronique dans son analyse du présent. Mais comment transmettre l’expérience après une période de changement rapide à un tiers qui ne l’a pas partagée ? Sur des terrains particulièrement bouleversés par « l’histoire en train de se faire », où s’effondrent les normes ordinaires, où s’impose un registre d’incertitude quant aux issues de la situation, l’anthropologue est amené à repenser la prise en compte du « temps ». De tels cas-limites guerres civiles, changements de régime, catastrophes naturelles, migrations, démolitions - sont donc « bons à penser » en ce qu’ils permettent de questionner la méthode ethnographique. Les exemples présentés dans cet ambitieux numéro d’Ethnologie française sont tirés de cas étudiés en Europe (Autriche, Roumanie, Moldavie, Roumanie, Biélorussie), mais aussi hors d’Europe (Syrie, Chine, Haïti, Liban). Identifier les cadres temporels qu’un ethnographe qui ne partage pas le vécu de ses interlocuteurs rencontre dans la collecte des données ; contourner les difficultés posées par le caractère indéfinissable du présent ; considérer les questions soulevées par le rapport de la biographie à l’histoire (ou la « conscience historique ») dans l’analyse des faits collectés ; questionner le récit qui est fait de discontinuités politiques entraînant des ruptures d’intelligibilité de la réalité sociale, tels sont quelques-uns des objectifs de cette livraison. Revue Ethnologie française, tome 3, 2014, 192 pages – ISBN : 9782130628934 - 24 €

Notes d’humour Christine Guillebaud, Victor Stoichiţã Existe-t-il un humour sonore ? Qu’il s’agisse de chansons comiques ou de formes théâtrales, la musique est souvent mêlée à des constructions humoristiques. Mais qu’apporte-t-elle au juste ? Ce volume propose des descriptions ethnographiques de différents cas d’humour sonore. Il aborde des répertoires, des pratiques musicales et des techniques d’une grande diversité géographique et culturelle. L’analyse porte sur les modalités propres au sonore et sur ses interactions avec d’autres registres expressifs comme le geste ou la danse. Quels sont les procédés utilisés dans le comique musical (parodie, caricatures, ironie, absurde, etc.) ? Comment les auditeurs les identifient-ils ? Comment l’humour apparaît-il (ou non) lorsque différentes cultures musicales se rencontrent ? Autant de pistes que ce volume explore afin de comprendre les différents processus impliqués dans le comique musical. L’ensemble des documents audiovisuels analysés dans les articles est disponible sur la plateforme multimédia (voir sur le site : www.ethnomusicologie.fr). cahiers d’ethnomusicologie n° 26, Société française d’ethnomusicologie, 2014, 357 pages – ISBN : 978-2884742955

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Mayas. Révélations d’un temps sans fin Dominique Michelet La civilisation maya est une ancienne civilisation de Mésoamérique, avec celles des Aztèques et des Incas, appelées civilisations précolombiennes. Elle occupait à l’époque précolombienne les territoires correspondant à une partie du sud du Mexique, au Belize, au Guatemala, au Honduras et au Salvador. C’est une des plus anciennes civilisations d’Amérique : ses origines remontent à la préhistoire. La sédentarisation de populations est attestée, dans l’aire maya, à l’époque archaïque, entre le viie et le iiie millénaire av. J.-C. Les cités-États mayas, telles que Copán, Tikal ou Palenque, connurent leur niveau de développement le plus élevé à la période classique, entre le vie et le ixe siècle de notre ère, avant d’être rapidement abandonnées entre la fin du viiie et du ixe siècle. Les spécificités culturelles mayas ont été profondément modifiées par la colonisation espagnole, aboutissant à la culture maya moderne caractérisée par un fort syncrétisme (religieux, notamment). Le monde ne savait presque rien des Mayas il y a deux cents ans. La forêt avait repris ses droits sur la plupart de leurs cités, et, peu après la conquête espagnole, au xvie et xviie siècles, les prêtres européens avaient brûlé la quasi-totalité des livres en écorce de figuier laissés par les Mayas. Seuls quatre d’entre eux ont été retrouvés. Les premiers explorateurs à approcher les vestiges de la civilisation maya au xixe siècle ont contribué à lui forger une image romantique mais bien différente de la réalité. L’évolution des connaissances a permis de renverser cette vision L’exposition présente 400 objets de la civilisation maya dont une cinquantaine de chefs d’œuvres (masques de Jade, têtes sculptées...) Le parcours sera structuré en huit sections : L’homme et la nature ; La communauté humaine et la vie quotidienne ; Le cœur des villes ; L’homme face au temps et aux astres ; Les élites gouvernantes et leur historiographie ; Les forces sacrées ; Les rites funéraires ; Les héritiers Coédité par musée du quai Branly, Réunion des musées nationaux, Grand Palais Paris, 2014, 384 pages – ISBN : 978-2711862092. - 49 €

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Avec Heidegger, contre Heidegger. Introduction à une anthropologie de l’existence Albert Piette Que faire de l’œuvre de Heidegger en anthropologie ? S’arrêter au mépris de Heidegger des sciences en général et de l’anthropologie en particulier ? Ce livre tente plutôt de jeter des passerelles entre la réflexion de Heidegger à différents moments de son élaboration et l’anthropologie. À partir du discours heideggérien, l’auteur perçoit même une possibilité de fondation de l’anthropologie comme discipline dont le thème principal serait l’existence humaine, sur fond de sa particularité: l’homme est un «être vers la mort». Avec et contre Heidegger, une anthropologie existentiale qui décrit des hommes concrets s’associe à une préhistoire existentiale qui cherche la généalogie du Dasein. Un livre qui veut relancer le débat sur la place de l’homme et de l’existence en sciences humaines. L’Âge d’homme, 2014, 130 pages – ISBN : 978-2-8251-4446-9. - 14 €

Contre le relationnisme. Lettre aux anthropologues Albert Piette Une lettre adressée aux anthropologues ! Albert Piette y fait le constat de leurs références omniprésentes, très rarement discutées, à la relation. Thème de recherche, concept explicateur, méthode de travail, tout semble passer par la relation. Mais n’est-ce pas trop ? Et l’existence de chaque singularité humaine, de chaque individu : où est-elle ? Ne risque-t-elle pas d’être absorbée par le « tout-relation » ? Dans cette lettre, c’est à une prise de conscience critique du relationnisme et à l’observation de l’existence humaine qu’Albert Piette invite les anthropologues. A son tour, l’existence y est présentée comme thème, concept, méthode et aussi, associée au savoir anthropologique, comme fondement d’une éthique. Editions Le Bord de l’eau, 2014, 96 pages – ISBN : 978-2356873019 - 10 €

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Méditation pessoanienne. Science de l’existence et destin de l’anthropologue. Albert Piette Avec Le livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa, la littérature élève à un niveau très rare ce qui est possible d’une sensibilité et d’une lucidité humaine. Albert Piette mélange l’écriture de Pessoa, des phrases majeures qu’il retient du Livre et ses propres réflexions sur l’anthropologie et la tâche de l’anthropologue. Celui-ci est présenté comme un être à part, qui ne ressemble pas à ce que nous savons des sociologues ou des ethnologues. Qu’est-ce que l’Anthropologue regarde ? Comment regarde-t-il ? Qu’est-ce qu’il sait ? Qu’est-ce qu’il sent ou ressent ? Comment vit-il lui-même ? Quel pourrait être son rôle pédagogique ? À l’horizon, en dialogue constant avec Fernando Pessoa, se profile un nouveau « métier », ou plus encore un « destin » : dire la réalité. Albert Piette est professeur d’anthropologie à l’Université Paris-Nanterre et membre du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (CNRS).. Editions Matériologiques, 2014, 60 pages – ISBN : 978-2-919694-64-8 - 8 €

Des monastères en partage – Sainteté et pouvoir chez les chrétiens de Syrie Anna Poujeau Fondé sur une enquête de terrain menée entre 2002 et 2010, cet ouvrage explore les formes d’inscription sociale et politique des chrétiens en Syrie. L’ethnologue nous invite à suivre les routes menant de Bâb Tûmâ, l’un des quartiers chrétiens de Damas, aux monastères du pays. À pénétrer dans ces lieux de miracles et d’apparitions que visitent des Syriens de toutes confessions et où s’ancre l’histoire contemporaine de la communauté chrétienne. À découvrir en particulier le quotidien extraordinaire du couvent de Sainte-Thècle à Maclûlâ. L’ethnographie révèle ici les rapports entre monachisme, pouvoir et sainteté, dont la complexité atteint son paroxysme lors des fêtes célébrées au monastère et au village, quand les jeunes hommes de la communauté́ s’emparent du pouvoir des saints pour affronter celui de l’Église et de ses prélats. Société d’ethnologie, collection « Maghreb et Mashreq », 2014, 280 pages – ISBN : 9782365190077 - 24 €

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L’héroïque et le champêtre – Tome 1, Les catégories stylistiques dans le discours critique sur les arts Marianne Cojannot-Leblanc, Claude Pouzadoux, Evelyne Prioux L’une des formes que prend la théorisation des rapports entre la création artistique et le patrimoine culturel n’est autre que la réflexion sur le style. Aborder conjointement, dans l’espace d’un même ouvrage, la question de l’héritage de Horace et de Virgile aux siècles classiques, la théorie des genres (l’héroïque et le champêtre), celle des styles (dans la filiation directe d’une tradition rhétorique séculaire), le dialogue des arts enfin (littérature, architecture, arts figurés, musique), tient de la gageure. C’est pourtant à l’intersection de domaines déjà correctement balisés que l’on peut espérer trouver des résultats nouveaux. Le présent ouvrage s’attache dans un premier temps, à la manière dont Virgile et Horace ont exploré les interactions possibles entre l’emploi des trois principaux styles définis par les théories rhétoriques (le simple, le moyen et l’ample) et le choix d’un genre littéraire (l’épopée ou la bucolique, par exemple). Ces deux poètes ont profondément marqué la postérité et leurs œuvres constituent une source majeure pour les réflexions stylistiques de l’époque moderne. La deuxième partie de ce volume adopte une perspective comparatiste : confrontant les points de vue de spécialistes de la période antique et de la période moderne, elle met en évidence la complexité et la variété des échanges qui ont nourri la critique littéraire comme le discours sur les arts à l’époque hellénistique, dans la Rome d’Auguste, puis aux xvie et xviie siècles. Presses Universitaires de Paris Ouest, 2014, 263 pages – ISBN : 978-284016-184-4 - 20 €

Indonésie. Chants d’apaisement Dana Rappaport, Serge Serafini, Joséphine Simonnot Ces enregistrements provenant de cinq îles de l’archipel indonésien (Bornéo, Sulawesi, Selayar, Sumbawa et Flores) présentent une sélection de musiques réunies autour de l’idée d’apaisement : chants pour les malades, chants nostalgiques accompagnés au luth, chants pour divertir les enfants et berceuses. Intimité et sérénité émanent de ces voix, souvent a capella, qui apaisent à la fois le destinataire et le musicien. Enregistrements (1191-2010). CD + livret de 24 pages, 2014 - 15,90 €

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Villajoyosa antique (Alicante, Espagne) – Territoire et topographie – Le sanctuaire de La Malladeta Antonio Espinosa, Jesus Moratalla, Pierre Rouillard L’objet de ce livre est de présenter le développement d’une cité antique, située à 30 km au nord d’Alicante, occupée de l’époque orientalisante à l’empire romain. Une équipe franco-espagnole a mobilisé pour cela les cartes anciennes, les cadastres, les photographies aériennes, les résultats de dizaines d’opérations d’archéologie préventive et a conduit la fouille sur le cap de la Malladeta, à la frontière méridionale du territoire de la cité, qui a fonctionné du ive siècle av. J.-C. jusqu’à la municipalisation de la cité vers 70 ap. J.-C. Sont étudiés ici les rituels, en particulier les nombreuses offrandes de brûle-parfums en terre cuite, les pebeteros, conservés dans un ensemble bâti dont l’organisation ne peut être identifiée à celle d’un habitat et s’apparente davantage à celle d’un sanctuaire. L’analyse du mobilier permet en outre de relever combien cette cité maritime consommait des produits variés ; de la vaisselle grecque ou italique et une grande variété de vaisselles de types puniques. Casa de Velazquez, 2014, 334 pages – ISBN : 978-8415636625 - 55 €

La chaîne opératoire funéraire – Ethnologie et archéologie de la mort Isabelle Rivoal, Pascal Sellier, Corinne Thevenet, Frédérique Valentin (dir.) Complexe, la chaîne opératoire funéraire assure à la fois une transformation matérielle, celle du corps du défunt, et une transformation idéelle qui concerne son âme ou principe vital et sa place, laissée vide, dans la société. Sa restitution, son bornage et son découpage dépendent à la fois de la nature des funérailles, du projet des acteurs et, dans une certaine mesure, du choix de l’observateur, ethnologue ou archéologue. Cet ouvrage présente un découpage de la chaîne en plusieurs étapes centrées sur le corps mort, marquant ses changements progressifs, toutes indispensables au bon déroulement de la transformation du défunt. Ainsi, au fil des 16 contributions, sont illustrés : la préparation du corps ; la transformation du cadavre ; le devenir des restes ; le souvenir du mort ; grâce à des exemples ethnologiques et archéologiques variés, fruits des travaux des chercheurs de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès. Editions De Boccard, 2014, 48 pages – ISBN : 978-2-7018-0352-4 - 10 €

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HISTOIRE


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Archives oubliées du Haut Moyen Âge. Les gesta municipalia en Gaule Franque (VIe – IXe siècle) Josiane Barbier Comment concilier le scénario qui fait de la disparition des institutions municipales un des caractères essentiels du passage de la cité antique à la cité alto-médiévale, avec les attestations de curies et de gesta municipalia (archives municipales) que l’on rencontre dans les sources de la Gaule franque entre le vie et le ixe siècle ? Cette question a donné lieu à une historiographie disparate et contradictoire, fondée sur des interprétations divergentes et quelquefois très négatives des documents relatifs aux gesta municipalia, qui sont presque les seuls témoins de cette hypothétique survie de l’organisation municipale antique pendant le haut Moyen Âge franc. De manière à procurer de nouvelles bases à la discussion, ce livre rassemble, présente et critique la quarantaine de documents diplomatiques concernant les gesta municipalia de Gaule franque, saisissables dans une quinzaine de cités. Il propose une relecture inédite de cette documentation, concluant à la vitalité et à l’adaptabilité du système des gesta municipalia jusqu’au ixe siècle. Il réévalue de ce fait la place des élites laïques dans les cités franques, véritables partenaires du dialogue noué entre roi, comte et évêque, tout en soulignant les limites de notre information sur le contenu institutionnel auquel renvoient alors les termes de curie, curator, defensor et curiale. Il n’en reste pas moins que les gesta municipalia, quelques transformations qu’ils aient subi, et leurs responsables, defensores et curiales, ceux-ci choisis, pour autant qu’on le sache, parmi les élites aristocratiques, eurent une réelle importance politique et sociale au sein de leurs cités jusqu’à l’époque carolingienne. Archiviste-paléographe, docteur en histoire habilitée à diriger des recherches, ancien conservateur du patrimoine, Josiane Barbier est maître de conférences en histoire médiévale à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Editions Honoré Champion, 2014, 544 pages – ISBN : 978-2745326744 - 100 €

Réseaux sociaux et contraintes dans l’Antiquité Tardive Ariane Bodin, Tiphaine Moreau (eds) Les contributions rassemblées dans ce numéro spécial de la Revue des Études Tardo-antiques sont issues de la journée d’études qui s’est tenue le 27 juin 2013 à la Maison d’Archéologie & d’Ethnologie, René-Ginouvès (MAE), sur le campus de l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense. Qu’il nous soit permis de remercier ici les personnes et les insititutiions qui nous ont soutenues et accompagnées dans la réalisation de ce projet et tout particulièrement l’Association Textes pour l’histoire de l’Antiquité tardive (T.H.A.T.) et son président Eugenio Amato, qui nous a accordé sa confiance en nous permettant de publier les actes dans un numéro spécial de la Revue des Études Tardo-antiques. Actes de la journée d’études (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, 27 juin 2013), 2014, 331 pages - A télécharger sur le site de la Revue des Études Tardo-antiques. [http://www.revue-etudes-tardo-antiques. fr/ret-supplement-1-2013-2014]

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Les débuts de l’Histoire Civilisations et cultures du Proche-Orient ancien Pierre Bordreuil, Françoise Briquel-Chatonnet, Cécile Michel Les plus anciens signes d’écriture datent d’il y a plus de cinq mille ans et ont été découverts à Uruk, dans le sud de l’Irak. Cette étape marque l’entrée dans l’Histoire. Grâce à ce nouveau moyen de communication, apparu à la même époque que les grandes cités-États de Mésopotamie, les hommes ont pu se projeter dans le temps comme dans l’espace, enregistrer leurs biens, faire des contrats, ou encore graver des codes de lois. Au fil des siècles, des scribes ont pu aussi consigner les hauts faits de leurs souverains, transmettre les savoirs et les mythes qu’ils tenaient des générations précédentes. En trois millénaires ont ainsi été élaborés, du Levant à l’Iran, des techniques, des institutions, des modes de pensée dont nous avons largement hérité. Des premiers alphabets aux premières bibliothèques, de la comptabilité aux mathématiques en passant par la médecine, des premières cosmogonies au monothéisme, cette histoire du Proche-Orient ancien montre comment des populations d’origine différente ont pensé le monde et réalisé d’innombrables objets, monuments et œuvres d’art qui ont traversé les siècles. Une quarantaine de spécialistes ont participé à cet ouvrage, sous la direction de Pierre Bordreuil, Françoise Briquel-Chatonnet (auteurs, entre autres, du Temps de la Bible, Paris, 2000) et Cécile Michel (co-éditrice du Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, 2001 et des Histoires de déchiffrements. Les écritures du Proche-Orient à l’Égée, Paris, 2009). Editions Khéops, 2014, 520 pages – ISBN : 2-916142-05-3 - 25,50 €

Wool economy in the ancient Near East and the Aegean: from the sheep husbandry to institutional textile industry Catherine Breniquet, Cécile Michel (eds) The history of the Ancient Near East covers a huge chronological frame, from the first pictographic texts of the late 4th millennium to the conquest of Alexander the Great in 333 BC. During these millennia, different societies developed in a changing landscape where sheep (and their wool) always played an important economic role. The 22 papers presented here explore the place of wool in the ancient economy of the region, where large-scale textile production began during the second half of the 3rd millennium. By placing emphasis on the development of multi-disciplinary methodologies, experimentation and use of archaeological evidence combined with ancient textual sources, the wide-ranging contributions explore a number of key themes. These include: the first uses of wool in textile manufacture and organization of weaving; trade and exchange; the role of wool in institutionalized economies; and the reconstruction of the processes that led to this first form of industry in Antiquity. The numerous archaeological and written sources provide an enormous amount of data on wool, textile crafts, and clothing and these inter-disciplinary studies are beginning to present a comprehensive picture of the economic and cultural impact of woolen textiles and textile manufacturing on formative ancient societies. Oxbow books, 2014, 400 pages – ISBN : 978-1782976318 - 50,81 €

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Proasteion Recherches sur le périurbain dans le monde grec Pascal Darcque, Roland Etienne, Anne-Marie Guimier-Sorbets Ce volume est issu d’une série de rencontres organisées par l’équipe « Archéologie du monde grec » du laboratoire ArScAn (Archéologies et Sciences de l’Antiquité, UMR 7041, Nanterre). Il rassemble une douzaine de contributions centrées sur le monde grec, au sens le plus large du terme, du iie millénaire au ive siècle av. J.-C., de la Grande-Grèce au Pont-Euxin et à la Lycie, en passant par l’Attique, l’Arcadie et la Macédoine. À partir d’une analyse renouvelée des textes, des inscriptions et de certains sites (Athènes, Amphipolis ou Samos, par exemple), les auteurs étudient le polymorphisme des implantations périurbaines, ainsi que le rapport entre les secteurs périurbains et les sanctuaires, les installations artisanales ou les nécropoles. Le terme de « périurbain » a ici une valeur heuristique pour penser un processus d’urbanisation. Ce dernier ne se réduit certainement pas à un découpage simple entre zone rurale et urbaine, entre polis et chôra, comme c’est trop souvent le cas dans les études sur la ville antique. C’est le « dynamisme » urbain qui est en cause, car ce qui se passe hors les murs n’est pas un simple « résidu » de l’organisation urbaine, une zone réservée par défaut aux seules activités polluantes ou aux cimetières. Les formes du passage entre l’intérieur et l’extérieur, les activités diverses, profanes comme sacrées, dans cette zone que les Grecs appelaient proasteion, sont susceptibles de caractériser une culture tout autant que ce qui se passait intra muros. Editions De Boccard, 2014, 266 pages - ISBN : 978-2-7018-0351-7 - 36 €

Mais où sont passés les Indo-Européens ? Le mythe d’origine de l’Occident Jean-Paul Demoule Mais où sont passés les Indo-Européens ? On les a vus passer par ici, depuis les steppes de Russie, ou par là, depuis celles de Turquie. Certains les ont même vus venir du Grand Nord. Mais qui sont les Indo-Européens ? Nos ancêtres, en principe, à nous les Européens, un petit peuple conquérant qui, il y a des millénaires, aurait pris le contrôle de l’Europe et d’une partie de l’Asie jusqu’à l’Iran et l’Inde, partout où, aujourd’hui, on parle des langues indo-européennes (langues romanes comme le français, slaves comme le russe, germaniques comme l’allemand, et aussi indiennes, iraniennes, celtiques, baltes, sans compter l’arménien, l’albanais ou le grec). Et depuis que les Européens ont pris possession d’une grande partie du globe, c’est presque partout que l’on parle des langues indo-européennes ? Sauf là où règne l’arabe ou le chinois. Mais les Indo-Européens ont-ils vraiment existé ? Est-ce une vérité scientifique, ou au contraire un mythe d’origine, celui des Européens, qui les dispenserait de devoir emprunter le leur aux Juifs, à la Bible ? Jean-Paul Demoule propose dans ce livre iconoclaste de s’attaquer à la racine du mythe, à sa construction obligée, à ses détournements aussi, comme la sinistre idéologie aryenne du nazisme, qui vit encore. Il montre que l’archéologie la plus moderne ne valide aucune des hypothèses proposées sur les routes de ces invasions présumées, pas plus que les données les plus récentes de la linguistique, de la biologie ou de la mythologie. Pour expliquer les ressemblances entre ces langues, d’autres modèles restent à construire, bien plus complexes, mais infiniment plus intéressants. Editions du Seuil, collection « la librairie du XXIe siècle », 2014, 752 pages : ISBN – 978-2-02-029691-5 - 27 €

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Epistolaire politique Tome 1, Gouverner par les lettres Bruno Dumezil, Laurent Vissiere (dir.) Tout au long du Moyen-Age, la lettre demeure l’un des vecteurs essentiels de l’action politique. C’est par elle que l’on s’informe, que l’on négocie, que l’on ordonne. C’est par elle que l’on prépare l’avenir et que l’on célèbre le passé. En un mot, c’est par elle que l’on gouverne. Mais la lettre, autographe ou dictée à un secrétaire, véhicule aussi une pensée, des émotions, des espoirs et des craintes. Toute correspondance se présente en effet comme un dialogue inter absentes, tantôt solennel et tantôt familier, qui illustre la composante éminemment personnelle du pouvoir. L’épistolaire politique, essentiel pour comprendre la pensée et l’action des gouvernants médiévaux, est cependant resté un champ relativement peu étudié. Sans doute parce que l’extrême émiettement des correspondances rend difficile leur appréhension ; c’est un champ dont il convient donc de prendre la mesure. Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2014, 280 pages – ISBN : 9782840509318 - 27 €

Los reinos barbaros en Occidente Magali Coumert, Bruno Dumezil Los bárbaros tienen una extraña reputación. Los pensadores del Renacimiento les imputaron el naufragio de la única civilización verdadera : Roma. Los historiadores del siglo XX les atribuyeron de buen grado el origen de las naciones europeas: ¿acaso los anglos no dieron su nombre a Inglaterra y los francos a Francia? Aunque los investigadores actuales han abandonado estos presupuestos, su trabajo histórico sigue siendo delicado: las poblaciones que vivían al norte del Rin y y del Danubio no dominaron la escritura durante toda la Antigüedad y la considerable aportación de la arqueología solo compensa en parte esa casi ausencia de textos. Una cosa es segura hoy: el modelo explicativo de las «grandes migraciones» no es el correcto. No permite sobre todo conocer el proceso que desembocó en la creación de nuevas identidades étnicas mestizas en torno a las cuales se forjaron, de manera lenta, nuevos pueblos. Editorial Universidad de Granada, 2013, 156 pages – ISBN : 97888433855923 - 12 €

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Le prestige. Autour des formes de la différenciation sociale Frédéric Hurlet, Isabelle Rivoal, Isabelle Sidera (dir.) Le prestige s’entend d’ordinaire comme le caractère de ce qui suscite de l’attrait, est admirable ou impose le respect. Il peut être attaché à des personnes comme à des groupes sociaux, à des métiers, à des lieux ou encore à des objets. D’une manière générale, on pourrait entendre le prestige comme une valeur que l’on attribue à quelqu’un ou quelque chose et qui le distingue à ce titre. C’est à l’étude des formes de la différenciation sociale qu’est consacré ce volume, rassemblant les travaux de la 10e édition du colloque de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès. L’exploration transversale du prestige et de ses différents usages pour penser les hiérarchies, la stratification, la compétition, l’objet, les modalités d’évaluation et les échelles de valeur, le rapport à la richesse et à sa transformation, la confiance et le lien social s’appuie sur le dialogue entre la philologie, l’histoire, l’archéologie et l’anthropologie. Caractéristique de l’activité humaine et des stratégies sociales, le prestige est observé d’abord comme savoirfaire ou savoir-être, dont les déclinaisons sont infinies mais qui toutes fonctionnent comme motifs de la distinction sociale. Le contrôle des ressources et plus généralement de la richesse matérielle ou immatérielle reste néanmoins la modalité centrale de la différenciation entre les membres d’une même société. Ceci se manifeste dans l’acquisition d’objets de luxe dans le cadre de consommations de prestige. Le prestige implique aussi reconnaissance et visibilité et passe par des formes d’affichage public qui organisent bien souvent le contrôle de l’espace politique par les élites. Editions De Boccard (collection : Colloques de la MAE), 2014, 300 pages – ISBN : 978-2701803609 - 39 €

Le monde, l’Histoire Essai sur histoires universelles Hervé Inglebert On peut concevoir le monde, et la place de l’humain en son sein, sans avoir recours à l’histoire. Néanmoins, depuis l’Antiquité, certaines cultures, dont la nôtre, ont posé que la signification du monde s’exprimait dans une « histoire universelle », un récit sur la totalité du passé dont les faits étaient posés comme véridiques et datables. Pour comprendre que « l’histoire universelle » n’est pas une évidence, mais une représentation particulière du passé, sont tout d’abord analysés les termes employés (universalité, totalité, histoire). Puis est étudiée l’historiographie de ce qui a été écrit, de l’Antiquité à nos jours, sur la totalité signifiante du devenir. Cependant, pour décrire la série des « histoires universelles », il faut distinguer une archéologie des conceptions anciennes et médiévales, une généalogie de la notion à l’époque moderne, et une histoire contemporaine de « l’histoire universelle » (World History, Global History). Enfin est reprise la question de la signification de « l’histoire universelle » pour notre temps. L’ouvrage propose enfin un nouveau projet d’écriture de la totalité du passé, celui d’une chronique des Mondes, mieux adaptée aux savoirs de notre époque. PUF, 2014, 1248 pages – ISBN : 978-21360631286 - 29 €

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Art et industrie : les enjeux de la formation Stéphane Lembre, Audrey Millet ARTEFACT est une revue semestrielle et francophone destinée à promouvoir les recherches sur la technique et la matérialité des pratiques dans les sociétés humaines sur la longue durée. Son ambition est de fédérer l’ensemble des approches historiennes, archéologiques et anthropologiques qui font des techniques, entendues dans une acception large, un passage obligé de leurs analyses ou un élément central de leurs questionnements. La revue est aussi attentive aux réflexions menées sur l’outillage matériel et conceptuel des historiens et archéologues. La multiplicité des sources que recouvrent les activités techniques justifie l’intérêt particulier porté aux recherches menées sur le patrimoine technique (écrits, images, objets, sites). Notre approche des techniques est donc largement ouverte, qu’il s’agisse des thématiques, des méthodes et des questions épistémologiques. Revue Artefact, CNRS éditions, 2014, 255 pages – ISBN : 978-2-27108150-6 - 28,50 €

In the Desert Margins the Settlement Process in an Ancient South and East Arabia Michel Mouton, Jérémie Schiettecatte Ancient Arabia has promptly been pictured as a vast empty desert. Yet, for the last 40 years, by digging out of the sand buried cities, archaeological researches deeply renewed this image. From the second half of the 1st millennium BC to the eve of Islam in East Arabia, and as early as the 8th century BC in South Arabia, the settlement process evolved into urban societies. This study aims at reviewing this process in South and East Arabia, highlighting the environmental constraints, the geographical disparities and the responses of the human communities to ensure their subsistence and to provide for their needs. Evolution was endogenous, far from the main corridors of migrations and invasions. Influences from the periphery did not cause any prominent change in the remarkably stable communities of inner Arabia in antiquity. The settlement process and the way of life was primarily dictated by access to water sources and to the elaboration of ever-spreading irrigation systems. Beyond common traits, two models characterise the ancient settlement pattern on the arid margins of eastern and southern Arabia. In South Arabia, the settlement model for the lowland valleys and highland plateaus results from a long-term evolution of communities whose territorial roots go back to the Bronze Age. It grew out of major communal works to harness water. Into a territory of irrigated farmland, the south-Arabian town appeared as a central place. Settlements constituted networks spread across the valleys and the plateaus. Each network was dominated by a main town, the centre of a sedentary tribe, the capital of a kingdom. In East Arabia, the settlement pattern followed a different model which emerged in the last centuries BC along the routes crossing the empty spaces of the steppe, in a nomadic environment. Each community spread over no more than one, two or three settlements. These settlements never grew very large and the region was not urbanised to the same degree as in the southwest of the Arabian Peninsula. Permanent settlements were places for exchanges and meetings, for craft productions, for worship, where the political elites resided, where the wealth from long-distance trading was gathered, and where surplus from the regional economy was held. Each town was isolated, like an island in an empty space. L’Erma di Bretschneider, 2014, 336 pages – ISBN : 978-88-913-0680-7 200 €

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The jewels and the dolls Evelyne Prioux The epigrams of the lesser-known epigrammatists of the Hellenistic period or of the major epigrammatists of the late Hellenistic period provide us with a good amount of material that leads us to suspect ecphrastic epigrams often had a metapoetic role, and some of them were possibly used as sphragides or set at key places in the poetry books. The influence of contemporary art and of the contemporary artistic context can be seen, if not through direct references to new masterpieces, at least in the choice of the opera nobilia that will be both copied by artists and celebrated by the poets. In Hellenistic Studies at a Crossroads. Exploring Texts, Metatexts and Contexts, de Gruyter, 2014, pp.185-212, [https://halshs.archives-ouvertes.fr/ halshs-00991330].

D’Amérique en Europe – Quand les Indiens découvraient l’Ancien Monde (1483-1892) Eric Taladoire 1492. En débarquant à San Salvador, Christophe Colomb inaugure la conquête du Nouveau Monde par l’Ancien. Un choc culturel que nous considérons trop souvent du seul point de vue des Conquistadors. Ce choc, pourtant, eut aussi lieu en Europe. Jusqu’à l’orée du xxe siècle, plusieurs milliers d’Amérindiens furent en effet conduits vers le Vieux Continent où ils durent apprendre à vivre. Esclaves, otages, espions, interprètes, spécimens, curiosités, trophées, apprentis, évangélisateurs... Arrachés à leur terre, confrontés à l’inconcevable, ils furent précipités dans une culture inconnue et condamnés à trouver leur place dans un monde qui n’était pas le leur. Une histoire oubliée qu’Eric Taladoire fait revivre dans ce livre qui, en inversant les perspectives, interroge l’impact culturel et anthropologique de ces migrations, forcées ou volontaires, d’indigènes américains vers l’Ancien Monde. CNRS Editions, 2014, 286 pages – ISBN : 978-2-271-08114-8 - 20,90 €

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Virgile, Bucoliques Hélène Casanova-Brun, Anne Videau Pour moi, ton chant, divin poète est pareil au somme dans l’herbe quand on est las, pareil, par les chaleurs, à la douceur de l’eau au ruisseau jaillissant pour étancher ta soif. (Buc. V, 45-47) Les Bucoliques de Virgile, si fameuses qu’elles soient, n’en demeurent pas moins bien souvent obscures à la lecture. A quoi tendent les chants amébées, les plaintes de Corydon ou celles de Gallus, l’annonce du retour de l’âge d’or, ou l’origine du monde célébrée par Silène ? Source d’inspiration et modèle d’écriture, ce recueil, inlassablement exploré à travers les siècles n’en finit pas de susciter d’innombrables interprétations. L’étude proposée ici, accompagnée d’une traduction nouvelle, invite le lecteur à déchiffrer, au-delà des échanges pastoraux, les enjeux poétiques et éthiques d’une œuvre à la fois fascinante et mystérieuse, pleinement investie des préoccupations intellectuelles, poétiques et culturelles de son temps. Les Belles Lettres, 2014, 416 pages – ISBN : 978-2251240022 - 21 €

Fulgence, Mythologies Philippe Dain, Etienne Wolff Fulgence le Mythographe, un chrétien très averti des fables païennes, vivait dans l’Afrique vandale aux 5e-6e siècles. C’est le principal écrivain latin qui ait pratiqué l’exégèse des mythes antiques. Il a exercé à ce titre une influence largement méconnue sur la culture du Moyen Âge et des débuts de la Renaissance. Après son commentaire à l’Énéide, traduit et présenté sous le titre Virgile dévoilé, nous publions ici son œuvre maîtresse, les Mythologies, où il interprète cinquante fables choisies de la mythologie. Le livre doit se lire à deux niveaux. D’abord, chaque fable reçoit une exégèse, majoritairement allégorique et qui s’appuie sur une étymologie phonique. En même temps l’ordre du recueil est essentiel. Les Mythologies commencent par les idoles, et s’achèvent avec la lumière de la vérité, tout en enseignant à fuir les dangers de l’amour. Elles offrent ainsi un parcours organisé et sélectif à travers les fables, par lequel l’homme est appelé à évoluer de la fausseté et du mensonge vers la vérité, en évitant la séduction des plaisirs. Traduite pour la première fois en français, cette œuvre est le troisième volume de la collection « Mythographes » qui offre, en édition bilingue, les principaux textes mythographiques grecs et latins de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance. Étienne Wolff, Professeur de langue et littérature latines à l’Université de Paris Ouest Nanterre, a publié des ouvrages sur la littérature latine et le latin, ainsi que de nombreuses éditions et traductions de textes de l’Antiquité tardive, du Moyen Âge et de la Renaissance. Presses universitaires du Septentrion, 2014, 201 pages – ISBN : 9782757404171 - 25 €

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