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Publ i c at i o nsde sc he r c he ur s e te ns e i g nant sc he r c he ur s20142015


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La Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (MAE), sous la triple tutelle du CNRS et des Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Paris Ouest Nanterre La Défense, est un lieu de recherche et de formation à la recherche qui réunit plusieurs disciplines des sciences de l’homme et de la société : archéologie, préhistoire et protohistoire, ethnologie et sociologie comparative, ethnomusicologie, histoire ancienne et médiévale, lettres classiques. Elle est dirigée par Frédéric Hurlet, professeur d’histoire romaine à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense et Isabelle Rivoal, directrice scientifique adjointe, ethnologue au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative. La MAE regroupe 300 chercheurs et enseignants-chercheurs, 90 ingénieurs et techniciens et 500 doctorants travaillant sur tous les terrains du monde, de la préhistoire aux sociétés contemporaines. Tous sont réunis dans cinq laboratoires de recherche et une unité de service et de recherche. Les laboratoires de recherche Archéologies et Sciences de l’Antiquité, ArScAn (UMR 7041) Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Lesc (UMR 7186) Archéologie des Amériques, Archam (UMR 8096) Préhistoire & technologie (UMR 7055) Trajectoires (UMR 8215) L’unité de service et de recherche (USR 3225) L’USR a la charge des services communs de la MAE et du Pôle éditorial qui comprend le service des éditions de la MAE et la rédaction de 9 revues. Les revues scientifiques Les 9 revues scientifiques présentes au sein de la MAE sont : Gallia, Gallia-Préhistoire (avec AdlFI), Paléorient, European Journal of Sociology, Ethnologie française, Journal de la Société des Américanistes, Revue archéologique, Syria et le Bulletin de la Société Préhistorique Française. Ce livret rassemble les publications des chercheurs et enseignantschercheurs de la MAE d’octobre 2014 à octobre 2015 (liste nonexhaustive).


ARCHEOLOGIE

Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès

Archaeology of Salt

Approaching an invisible past

Robin Brigand & Olivier Weller (eds.) Salt is an invisible object for research in archaeology. However, ancient writings, ethnographic studies and the evidence of archaeological exploitation highlight it as an essential reference for humanity. Both an edible product and a crucial element for food preservation, it has been used by the first human settlements as soon as food storage appeared (Neolithic). As far as the history of food habits (both nutrition and preservation) is concerned, the identification and the use of that resource certainly proves a revolution as meaningful as the domestication of plants and wild animals. On a global scale, the development of new economic forms based on the management of food surplus went along an increased use of saline resources through a specific technical knowledge, aimed at the extraction of salt from its natural supports. Considering the variety of former practices observed until now, a pluralist approach based on human as well as environmental sciences is required. It allows a better knowledge of the historical interactions between our societies and this “white gold”, which are well-known from the Middle-Ages, but more hypothetical for earlier times. This publication intends to present the most recent progresses in the field of salt archaeology in Europe and beyond; it also exposes various approaches allowing a thorough understanding of this complex and many-faceted subject. The complementary themes dealt with in this book, the broad chronological and geographical focus, as well as the relevance of the results presented, make this contribution a key synthesis of the most recent research on this universal topic. Sidestone Press, 2015, ISBN: 9789088903038


Archaeology of Mound-Clusters in West Africa Augustin Holl Archaeology of Mounds clusters in West Africa aims to understand the dynamics that enhanced and sustained the settlement systems made of distinct but close mounds. Most of the mounds-clusters are found in low-lying and flat areas in West Africa sahel and savanna. It has been suggested that West-Africa mound-clustering resulted from patterns of residential segregation articulated on ethnicity, specialized occupation, and/or both. However, most of the archaeological research conducted so far on this kind of settlement has failed to test this hypothesis, and does not address the very issues of their processes of formation and patterns of development. The methodology adopted – single mound sampling approach – does not allow for such explorations. The comprehensive approach presented in this book is articulated on the implementation of complementary excavation strategies. This involves the test excavation of all the mounds of two of the largest mounds clusters found in the study area, and the sampling of a third one, located in a different environmental context. The fine-grained chronology obtained allows the probing of the patterns of growth and diversification of mounds clusters through time, showing the operations of a broad range of settlement location decisions. Bio-anthropological data points clearly to warfare during the scramble for land that took place during the first quarter of the second millenium AD. Depending on time-sequences, special purpose mounds – iron producers, weavers, karité-oil producers – are differentially integrated in each of the tested mounds-clusters. No single settlement strategy fits all. Cambridge Monographs in African Archaeology 87, BAR S2660 2014, ISBN 9781407313023

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Artisanats et productions à l’âge de Bronze

Actes de la journée de la Société Préhistorique Française, Nantes, 8 octobre 2011

Sous la direction de Sylvie Boulud-Gazo et Théophane Nicolas

La journée d’étude consacrée aux artisanats et aux productions à l’âge du Bronze a permis de présenter des approches variées et complémentaires, et de mobiliser les données les plus récentes afin de dresser un tableau synthétique des connaissances actuellement disponibles pour la France et les régions voisines. Différentes directions ont été envisagées pour établir les bases d’une discussion. Les mobiliers archéologiques liés aux multiples artisanats et productions de l’âge du Bronze ont été observés à la lumière de leur(s) contexte(s) de découverte et replacés en regard de ce que l’on sait des ateliers de production et/ou des structures artisanales actuellement reconnus sur le terrain. La métallurgie et les productions céramiques font bien évidemment partie des artisanats évoqués, mais une place privilégiée a été également réservée aux productions plus rarement considérées comme les outillages lithiques et l’ambre. Des approches plus techniques, en particulier pour la reconnaissance des chaînes opératoires suivies dans la réalisation de certains objets complexes, permettent d’aborder d’autres questions comme celle de l’identification de zones de production ou encore celle de la circulation et des échanges au sein d’un territoire déterminé. Une réflexion plus théorique a été ouverte sur la « valeur » et le statut des objets fabriqués et sur la pertinence des appellations traditionnellement utilisées : productions domestiques – productions de prestige – productions funéraires ? Enfin, cette rencontre a donné l’occasion de réfléchir et de discuter sur le rôle et la position des artisans au cœur les sociétés de l’âge du Bronze. Paris, Association pour la promotion des recherches sur l’âge du Bronze et Société préhistorique française (Séances, 4), 2015, 153 pages, ISBN 2-913745-63-6 (en ligne)


L’art égéen 2

Mycènes et le monde mycénien (Les manuels d’art et d’archéologie antiques).

Jean-Claude Poursat

Ce second volume de l’histoire de l’art égéen est consacré à l’art mycénien, depuis son apparition en Grèce continentale, vers 1600 av. J.-C., jusqu’à la fin du deuxième millénaire, vers 10501000. L’art mycénien naît, à Mycènes en particulier, avec les œuvres prestigieuses des tombes à fosse puis s’affirme et se transforme, d’abord lorsque les Mycéniens s’installent en Crète, au palais de Cnossos, après 1450, puis lorsqu’ils édifient eux-mêmes, à partir de 1350, leurs propres palais à Mycènes, Tirynthe, Pylos et Thèbes. L’étude intègre les dernières formes de l’art mycénien, de la destruction des palais vers 1200 jusqu’à la fin de l’âge du Bronze. Les principales œuvres (monuments, fresques, orfèvrerie, glyptique, figurines, vases) et les styles majeurs sont décrits, analysés et abondamment illustrés. Cet ouvrage offre une synthèse des connaissances et des interprétations actuelles, en utilisant la documentation la plus récente, alors que les découvertes ont été nombreuses ces trente dernières années et les interprétations souvent renouvelées. Jean-Claude Poursat montre ainsi comment l’art mycénien, héritier de la tradition minoenne et dernier art palatial, s’impose progressivement dans les différentes parties du monde égéen, assimile les traditions régionales et s’intègre aux courants artistiques qui traversent la Méditerranée orientale, de l’Égypte à Chypre et au Levant. Paris, Éditions Picard , 2014, 303 pages, ISBN : 9782708409453

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Boire en Gaule Fanette Laubenheimer En bref Les Gaulois, l’alcool et l’ivresse Le livre Que buvait-on en Gaule ? Du vin, bien sûr, et les Gaulois de l’âge du Fer ont souvent été qualifiés par les auteurs anciens de buveurs de vin invétérés, célèbres pour leur ivrognerie. Vin importé d’abord, localement produit ensuite, exporté enfin, les Gaulois devenant, sous l’Empire, d’excellents viticulteurs. Mais, de plus longue date, on y buvait d’abord de l’hydromel et plus encore de la bière, véritable boisson nationale de nos ancêtres. Comment ces boissons alcoolisées se sont-elles développées en Gaule ? Quelles étaient les habitudes de consommation et les pratiques quotidiennes, mais aussi les rituels dans lesquels elles étaient impliquées ? Qui buvait quoi, comment et pourquoi ? Fanette Laubenheimer répond à ces questions en s’appuyant sur les textes antiques et sur de nombreux vestiges archéologiques, en Gaule et au-delà, ainsi que sur les résultats des analyses les plus novatrices destinées à identifier les traces des boissons contenues dans les vases.

CNRS Éditions - Collection : Le passé recomposé, 192 pages ISBN : 978-2-271-08795-9


Les céramiques communes. Techniques et cultures en contact Sous la direction de Arianna Esposito et Julien Zurbach La consommation alimentaire a un statut particulier, car elle mêle dimensions fonctionnelle, symbolique, sociale et culturelle. De ce fait, les productions céramiques habituellement rassemblées sous le termes de communes constituent un marqueur fiable de transferts de divers types : en étudiant l’évolution technique et typologique de ces objets, on peut s’interroger sur les transferts technologiques et culturels et éclairer le comportement des producteurs et consommateurs lorsque, mis en présence d’individus de cultures différentes, ils choisissent de conserver leurs habitudes culinaires ou, au contraire, de les adapter en intégrant de nouveaux objets et outils à leurs traditions. Au regard du nombre croissant de travaux d’archéologues et d’historiens de la Méditerranée ancienne portant sur ces documents, la céramique commune est de plus en plus souvent étudiée et de mieux en mieux connue. Cependant, la fragmentation des approches, l’augmentation de la masse des données et l’importance des problèmes de typochronologie et d’interprétation – à l’échelle régionale ou microrégionale – n’ont pas toujours favorisé les échanges entre spécialistes de différentes aires culturelles. C’est dans cette perspective que le présent volume se propose d’identifier, au prisme de quelques études de cas issues de l’ensemble de la Méditerranée, de l’âge du Fer à la fin de l’Antiquité, quelques-uns des mécanismes d’acculturation dans les comportements alimentaires des sociétés anciennes. Éditions de Boccard, 2015, 171 pages ISBN 978‑2‑7018‑0440‑8

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Actes de la table ronde : la recherche archéologique en Afrique. Hommage au Professeur Jean Devisse 6-­7-­8 décembre 2011, Paris Sous la direction de Manuel Gutierrez, Élodie de Faucamberge, Élisée Coulibaly La table ronde sur « La recherche archéologique en Afrique : hommage au Professeur Jean Devisse » s’est déroulée à Paris, du 6 au 8 décembre 2011, dans trois lieux différents : le Centre Panthéon Sorbonne de l’université de Paris I, la mairie de Paris et le centre Malher (université de Paris I), un lieu emblématique où Jean Devisse a donné ses premiers cours sur l’archéologie africaine. Ce colloque avait un double objectif : organiser une rencontre entre chercheurs européens et africains et rendre hommage au Professeur Jean Devisse, décédé quinze ans auparavant, et qui fut l’un des pionniers de la recherche archéologique en Afrique. Vingt-ix communications ont été présentées au cours de ce colloque avec des sujets très variés portant sur la métallurgie, la céramique, la méthodologie, l’art rupestre, la tradition orale, l’urbanisme, les monuments funéraires … Ce ne sont pas moins de quinze pays qui ont été représentés par les participants (Togo, Madagascar, Côte d’Ivoire, Congo-Brazzaville, République Centrafricaine, Cameroun, Angola, Tunisie) ou par leurs recherches (Burkina Faso, Mauritanie, Libye, Niger, Maroc, Éthiopie, Tchad). Paris, Editions Sépia, 155 pages ISBN 978-­2-84280-270-7


Le dolmen de l’Ubac à Goult (Vaucluse). Archéologie, environnement et évolution des gestes funéraires dans un contexte stratifié Mémoires de la Société préhistorique française 61 Bruno Bizot et Gérard Sauzade (dir.) Le dolmen de l’Ubac a été découvert en 1994 à l’occasion d’une crue. Situé dans une plaine alluviale et au pied des premiers reliefs du Luberon, il a été protégé de toute altération par d’importants apports sédimentaires. La remarquable séquence stratigraphique en relation avec ce monument a offert l’opportunité de préciser l’évolution des apports sédimentaires et du couvert végétal depuis le Néolithique ancien jusqu’à l’âge du fer. La fouille intégrale du monument a pour sa part révélé une possible occupation funéraire de la fin du Néolithique moyen précédent la construction du dolmen entre 3300 et 2900 av. J-C. L’architecture de la chambre funéraire et du tertre ont pu être restitués. Tout au long de l’utilisation de la sépulture, ces structures emboîtées ont évolué sous le coup d’une altération progressive des éléments structurants et de remaniements anthropiques. Dans la chambre funéraire, des apports sédimentaires réguliers ont fossilisé les vestiges et quatre phases d’occupation ont pu être distinguées. Le fonctionnement de cette sépulture ayant accueilli une cinquantaine d’individus de tous âges et sexe et le traitement des cadavres ont pu être restitués pour chaque phase par l’étude in situ et l’analyse des vestiges osseux. Quelques caractères anthropologiques et paléopathologiques apportent des précisions sur les défunts. L’utilisation funéraire du site prend fin avant 2600 av J-C. Une fréquentation sporadique des lieux est encore perceptible à l’âge du Bronze ancien, avant que le monument soit totalement recouvert par les limons. Paris, Société préhistorique française, 2015, 248 pages ISBN : 2-913745-61-X

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Fouilles et découvertes en Nord-Pasde-Calais Emmanuelle Martial et Alain Henton Le Nord-Pas-de-Calais occupe un espace triangulaire situé tout en haut de l’Hexagone. Depuis le Paléolithique, chacun des côtés de ce territoire a été la porte d’entrée de groupes humains, de biens matériels et d’influences culturelles qui, au cours du temps, ont forgé l’identité de la région et la nature particulière des vestiges archéologiques qui ne cessent d’y être découverts. Ainsi à Houplin-Ancoisne les longues lames en silex du Grand-Pressigny (Touraine) illustrent les échanges sur de longues distances dès le Néolithique. Les haches de bronze découvertes sur la côte d’Opale présentent d’étonnantes similitudes avec leurs équivalents des régions littorales de l’Angleterre ou des Flandres belges. Les poteries de la rive droite de l’Escaut (Onnaing, Hordain), d’abord inspirées des modèles suisses ou rhénans, affirment progressivement un style régional. Enfin les vestiges de la période gallo-romaine, de l’antique Bavay aux vases à visages de Famars, témoignent tout autant de l’empreinte de Rome que d’un subtil mélange de civilisations. D’enceinte néolithique (Escalles) en résidence fortifiée (Condé-sur-l’Escaut), de petit sanctuaire (Ruitz) en abbaye (Hamage), d’atelier de potiers (Douai) en fonderie de cloches et de boulets de canon (Valenciennes), Fouilles et découvertes en Nord-Pas-de-Calais présente le patrimoine archéologique de cette région, à la fois unique et universel. Coédition éditions Ouest-France/Inrap Collection « Histoire » , 2015, 128 pages


Fouilles exécutées à Malia. Les abords Nord-Est du Palais I. Sous la direction de Pascal Darcque Par Pascal Darcque, Martin Schmid et Aleydis van de Moortel Ce premier volume d’une série consacrée aux fouilles des abords Nord-Est du palais de Malia présente l’histoire des recherches dans le secteur, puis décrit, suivant l’ordre stratigraphique, chaque bâtiment, pièce ou espace, en fournissant un inventaire complet du mobilier, ainsi qu’une série de datations C14. Les principaux acquis de ces recherches touchent non seulement l’histoire du palais de Malia, mais aussi l’évolution d’ensemble du site. D’une part, l’identification de maisons-ateliers de même date que celles du Quartier Mu (Minoen Moyen II) confirme l’homogénéité de l’habitat protopalatial. D’autre part, l’étude des vestiges architecturaux du Minoen Récent I révèle la monumentalité surprenante d’une entrée du palais considérée précédemment comme secondaire ; les aménagements ultérieurs du secteur témoignent de l’emprise croissante du palais sur ses abords. Enfin, l’étude de la stratigraphie aux abords Nord-Est du palais permet de fonder une nouvelle chronologie de la céramique néopalatiale. École française d’Athènes, Études Crétoises 35, 2015, 202 pages, ISBN : 978 2 86958 259 0

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Gallia 71.1 La fin des dieux

Les lieux de culte du polythéisme dans la pratique religieuse du IIIe au Ve s. apr. J.C. (Gaules et provinces occidentales)

Sous la direction de William Van Andriga et édité avec la collaboration de Marie-Thérèse Raepsaet-Charlier

Il est un fragment d’histoire encore mal cerné et mal expliqué, celui de l’évolution des lieux de culte païen de l’Occident romain du iiie au ve siècle apr. J.-C. Tout a été dit ou presque, à partir des sources disponibles, sur la restauration de l’État impérial et des cités de l’Antiquité tardive après la crise du iiie siècle, sur la lente intégration des communautés chrétiennes dans le paysage des cités et la continuité du paganisme jusqu’à sa quasi-destruction sous Théodose à la fin du ive siècle. Cependant, dans le tableau des mutations en œuvre à partir du iiie siècle, l’évolution des systèmes religieux mis en place par les cités d’Occident à partir de l’époque augustéenne reste, pour une grande part, mystérieuse. La faute en incombe en premier lieu à la disparition des documents épigraphiques après 250, mal relayés par des textes provenant d’auteurs chrétiens ou païens, souvent rhétoriques et surtout polémiques. Que sont alors devenus les grands sanctuaires civiques construits et restaurés à grand frais aux ier et iie siècles par les élites locales ? Qu’est-il advenu des grandes fêtes civiques et des sacrifices donnés en l’honneur des divinités municipales à partir de l’effondrement de l’État romain au iiie siècle et de sa restauration à partir de Dioclétien ? Le silence quasi total des sources écrites sur la vie dans les sanctuaires des Gaules et des régions voisines aux iiie et ive siècles imposait de prendre en compte les données archéologiques. C’est ce que propose ce dossier nourri de résultats tirés des fouilles récentes avec deux constats majeurs qui amènent à revoir l’histoire du polythéisme tardif : l’abandon de nombreux grands sanctuaires civiques dès la seconde moitié du iiie siècle et l’avènement d’un autre paganisme au ive siècle. CNRS Éditions ISBN : 978-2-271-08268-8


L’habitat du Néolithique ancien de Colombelles « Le Lazzaro » (Calvados) Mémoire 58 Sous la direction de Cyrille Billard, Françoise Bostyn, Caroline Hamon et Katia Meunier Depuis les années 1970, la composante orientale, en particulier celle de la céramique Linéaire, dans l’origine du premier Néolithique normand n’a cessé d’être confortée. L’intrigante découverte de la fameuse céramique de la Hoguette à Fontenay-le-Marmion (Calvados) constituait un premier signal. Plus récemment, les découvertes successives ont confirmé l’existence de nombreux sites d’habitat de la culture de Blicquy/ Villeneuve-Saint-Germain. La fouille du site de Colombelles montre aujourd’hui que l’Ouest du Bassin parisien s’inscrit bien dans la sphère de la colonisation rubanée à la fin du VIe millénaire av. J.-C. Avec une dizaine d’unités d’habitation alignées sur une même rangée orientée nord-sud, ce village offre tous les signes d’une transmission rigoureuse des normes culturelles rubanées, tant dans ses dimensions matérielles qu’économiques ou sociales. Seul l’attrait pour de nouvelles ressources minérales, telles que l’hématite oolithique ordovicienne, les silex jurassiques ou les schistes, distingue Colombelles des sites plus continentaux. La situation isolée de ce site vers l’ouest n’est pas sans soulever des questions quant au rythme de l’expansion rubanée à partir des zones colonisées antérieurement, cette progression étant difficilement compatible avec une colonisation agricole lente. La fin de la céramique Linéaire semble donc s’accompagner d’une avancée rapide des groupes villageois ; elle apparaît également comme une phase d’ouverture vers la sphère méridionale, comme en témoigne, à Colombelles, la présence de parures fabriquées dans des matériaux provenant des régions méditerranéennes. L’analyse spatiale tente ici de pallier le manque de données sur l’architecture de la maison rubanée. Avec ses structures délicates à percevoir en milieu limoneux, la fouille pose également, plus globalement, la question de la détection de ce type d’habitat, en particulier dans les zones de plateau. Paris, Société préhistorique française, 2014 408 pages ISBN : 2-913745-57-1

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L’homme et l’outil L’invention technique durant la Préhistoire Sophie A. De Beaune Quel est le processus qui conduit de l’invention d’une technique par un individu à des applications techniques ou sociales au sein d’un groupe ? Que se passe-t-il dans le cerveau de celui qui, portant soudain un regard neuf sur des procédés techniques routiniers, conçoit qu’une modification, une amélioration ? À partir de quelle époque de son évolution biologique l’espèce humaine a-t-elle été capable de ce genre d’opération mentale ? Et quand l’idée nouvelle a germé, quelles conditions doit remplir le groupe pour qu’elle reçoive un accueil favorable et entre dans les habitudes ? Poser ces questions, et y répondre, c’est tracer la frontière entre les grands singes et l’homme actuel. C’est mieux comprendre notre évolution. CNRS Editions, collection Biblis, 2015 (réédition), 200 pages, EAN 978-2271088956


Implantation Territoriale des Terramares Analyses géomorphologiques et spatiales Julie Boudry This study uses geomorphological and spatial evidence to examine site locational strategies in the Terramare culture. The emergence of this culture is partly due to movement of population into the Emilian plain south of the river Po, followed by intensive exploitation of this new environment. Around 1150 BC., five centuries after its formation, the Terramare culture experienced a generalized collapse. The aim of studying forms of settlement in this area is to provide a better understanding of the particularities. This research shows, through reconstruction of the Bronze Age drainage network, close links between terramares and watercourses, notably including diversion of streams into the ditches surrounding the sites. This activity is probably linked to the development of irrigation and drainage. The active status of alluvial ridges during this period is discussed. The latter involving the three areas identified. Some hypotheses are then put forward about social organization, shedding light on certain ritual and votive practices, in a context where this kind of data is quite rare. Lastly, the sudden appearance and decline of this culture are put into perspective. Published by Archaeopress Publishers of British Archaeological Reports, 2015, ISBN : 978 1 4073 1364 1

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Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès Internéo 10 – 2014 Actes de la journée d’information du 22 novembre 2014, Anthony DENAIRE, Fanny CHENAL, Loïc JAMMET-REYNAL, Schwindratzeim « Les Terrasses de la Zorn » (Bas-Rhin) : céramique de Limbourg, habitat rubané, sépultures et enceinte Bischheim Sophie GALLAND, Bruno DUCHÊNE, Séverine BRAGUIER, Millena FROUIN, Lino MOCCI, Henri-Georges NATON, Julian WIETHOLD, Vouziers, « ZA de l’Argonne Tranches 1 et 2 » (Ardennes) : une occupation continue du Néolithique moyen I au Néolithique final II Christophe CROUTSCH, Anthony DENAIRE, Antoine FERRIER, Amélie PÉLISSIER, Oriane ROUSSELET, Rose-Marie ARBOGAST, Obernai Schulbach/Nouvel Hôpital (Bas-Rhin, Alsace) : puits et structures domestiques du Néolithique moyen . Bertrand PERRIN, Fanny CHENAL, Un habitat rubané et des inhumations en fosse circulaire du Néolithique récent à Bergheim « Saulager » (Haut-Rhin) Luc VERGNAUD, Caroline M. RENARD, Le site Horgen de Morschwillerle-Bas « Ungeheuer Hoelzle » (Haut-Rhin) Aurélien LEFEUVRE, Benjamin BAPST, Caroline HAMON, Anne HAUZEUR, Une occupation du Néolithique ancien à Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise) : présentation liminaire Paul BRUNET, Marie-France ANDRÉ, Véronique BRUNET, Camille COLONNA, Lamys HACHEM, Roland IRRIBARRIA, Héloïse MATHAT, Cécile MONCHABLON, Aurélie SALAVERT, Anaïck SAMZUN, Le site des Lignères à Mareuil-lès-Meaux (Seine-et-Marne) Serge CASSEN, Valentin GRIMAUD, Laurent LESCOP, De l’École à l’Essonne, enregistrements et représentations de gravures néolithiques dans le Gâtinais Jacques LEGRIEL, Laurent MICHEL, Olivier RONCIN, Occupations néolithiques en basse terrasse de l’Oise à Champagne-sur-Oise (Vald’Oise) Gilles LEROY, De la reconnaissance par la photo-interprétation des sites d’enceinte du Néolithique moyen à leur caractérisation sur le terrain : l’exemple de la vallée de l’Escaut dans le nord de la France Sophie LARDÉ, Marie-France CREUSILLET, Roland IRRIBARRIA, Yvan PAILLER, Joël ROLET avec la collaboration de Hervé PAITIER, Armelle PRÉVOST, Véronique VAILLÉ, Une implantation très méridionale du Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain au sud du Cher, à Sublaines (Indre-et-Loire) Cécile GERMAIN-VALLÉE, Denis JAN, François CHARRAUD, Nicolas FROMONT, Caroline HAMON, Cécile RIQUIER, Irène BÉGUIER, Nancy MARCOUX, Le site Villeneuve-Saint-Germain de Verson « Les Mesnils » (Calvados, Basse-Normandie) : présentation liminaire Laurent JUHEL, Un hameau du Néolithique ancien à Lannion « Kervouric » (Côtes-d’Armor) : brève information David GÂCHE, Nicolas FROMONT, Philippe FORRÉ, Le funéraire néolithique de Lann Granvillarec V à Carnac données préliminaires Laurent JUHEL et Klet DONNART avec la collaboration FORRÉ, David GÂCHE, Julian WIETHOLD, Un habitat du moyen à Pléchâtel « Le Bois » (Ille-et-Vilaine)

monument (Morbihan), de Philippe Néolithique

Emmanuel GHESQUIÈRE, Philippe CHAMBON, David GIAZZON, Lamys HACHEM, Corinne THÉVENET, Aline THOMAS, Présentation liminaire de la fouille de la nécropole des Hauts de l’Orne à Fleury-sur-Orne (Calvados) Paris – 2014, coédition Internéo (Saint-Germain en Laye) et Société Préhistorique française (Paris


La nécropole de « la Croix-SaintJacques » à Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne)

et l’étape initiale du Bronze final à l’interfluve Seine-Yonne,

Mémoire 60

Valérie Delattre et Rebecca Peake avec la collaboration de Bénédicte Pradat La nécropole de « la Croix-Saint-Jacques » à Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne), fouillée en 2004 par l’INRAP, compte parmi les espaces funéraires de l’âge du Bronze les mieux conservés de la Bassée, comprenant 7 monuments funéraires pour 61 sépultures (10 inhumations et 51 incinérations). L’occupation, relativement courte, se concentre sur une période d’environ trois siècles (vers 1400 à 1100 av. J.-C.) qui la distingue nettement des nécropoles voisines de Marolles-sur-Seine « la Croix de la Mission » (40 sépultures sur 1  500 ans) et « les Gours aux Lions » (une quarantaine de sépultures datées du Bronze final I au Bronze final IIIb). La quantité et la qualité des données issues de l’étude pluridisciplinaire de cet espace permettent une observation multiple et complémentaire des comportements humains et des gestuelles funéraires : incinéré ou inhumé, le défunt et son mobilier d’accompagnement (panoplie personnelle, armement, parure, accessoires vestimentaires, offrandes alimentaires) participent de la mise en scène individuelle et collective de la mort, de façon aussi bien souterraine (coffrage imposant, agencement codifié des dépôts) qu’aérienne (érection de monuments tumulaires qui s’inscrivent de façon pérenne dans le paysage). La grille de lecture ainsi définie permet d’appréhender la gestion de la mort et des morts à la fin de l’âge du Bronze dans la vallée de la haute Seine. Paris, Société préhistorique française, 182 pages ISBN : 2-913745-60-1

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Paléorient 40.2 The Kura-Araxes culture from the Caucasus to Iran, Anatolia and the Levant: Between unity and diversity Coordonné par C. Chataigner et G. Palumbi The Kura-Araxes culture, named after the two main rivers of the Southern Caucasus, spread from the second half of the 4th millennium over a vast area covering the Southern Caucasus, Eastern Anatolia and North-Western Iran. In the light of recent works carried out in these regions, this volume introduces new approaches and data to questions concerning the origin and expansion of this culture, by exploring elements of unity and diversity among the Kura-Araxes regional components as well as their interaction with other contemporary cultural phenomena. CNRS Éditions, 2014, ISBN : 978-2-271-082718


PHYSIS : L’environnement naturel et la relation homme-milieu dans le monde égéen protohistorique

Actes de la 14e Rencontre égéenne internationale, Paris, institut National d’Histoire de l’Art (INHA), 11-14 décembre 2012, Aegaeum 37

Gilles Touchais, Robert Laffineur et Françoise Rougemont (eds.) Le volume rassemble les actes de la 14e Rencontre égéenne internationale, tenue à Paris les 11-14 décembre 2012, sur le thème PHYSIS. L’environnement naturel et la relation homme-milieu dans le monde égéen protohistorique (568 pages, 176 planches). 50 contributions sont réparties en 7 sections : « Cadre naturel », « Ressources naturelles », « Paysage et climat », « Iconographie », « Agriculture », « Ressources animales », « Peuplement et population ». 23 présentations courtes/posters sont également publiés. EETERS LEUVEN – LIEGE, 568 pages ISBN : 978-90-429-3195-4

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Les plaines du Nord-Ouest

Carrefour de l’Europe au Paléolithique moyen ?

Mémoire 59 Sous la direction de Pascal Depaepe, Émilie Goval, Héloise Koehler et JeanLuc Locht Grâce aux découvertes et aux analyses menées ces vingt dernières années sur les sites de l’Europe du Nord-Ouest, il est désormais possible d’aborder le fonctionnement de cet espace géographique et son rôle dans la diffusion des cultures du Paléolithique moyen. En mars 2008, les journées thématiques de la Société préhistorique française se sont tenues à Amiens. La question posée aux participants de cette rencontre scientifique était la suivante : les plaines du Nord-Ouest étaient-elles le carrefour de l’Europe au Paléolithique moyen ? Par cette manifestation, il s’agissait de dresser le bilan des connaissances sur les différents systèmes techniques qui apparaissent dans cet espace géographique, d’engager une approche des territoires paléolithiques et des contacts entre le Nord, l’Ouest et le Sud de l’Europe. Il s’agissait non seulement de présenter de nouvelles données archéologiques mais également d’aborder de manière synthétique différents faciès du Paléolithique moyen selon des aires chronoculturelles spécifiques. Seize communications ont été rassemblées au sein de cet ouvrage abordant des thématiques diverses mais complémentaires. Ainsi est présenté le cadre général dans lesquelles s’inscrivent les plaines du Nord-Ouest au Paléolithique moyen, puis trois grandes sphères géographiques sont abordées : les données du Nord de la France et du Bassin parisien, celles de l’Ouest et du Sud-Ouest de la France et enfin leur confrontation à l’Europe du Nord-Ouest (Grande-Bretagne, Belgique et Allemagne essentiellement). Le lecteur aura également plaisir à nourrir sa réflexion à la fin de cet ouvrage où l’ensemble des discussions ayant eu lieu durant ces journées ont été retranscrites. Société préhistorique française, 2015 308 pages, ISBN : 2-913745-58-X


Prehistoric, Ancient Near Eastern & Aegean Textiles and Dress: An Interdisciplinary Anthology Mary Harlow, Cécile Michel, MarieLouise Nosch (eds.) Textile and dress production, from raw materials to finished items, has had a significant impact on society from its earliest history. The essays in this volume offer a fresh insight into the emerging interdisciplinary research field of textile and dress studies by discussing archaeological, iconographical and textual evidence within a broad geographical and chronological spectrum. The thirteen chapters explore issues, such as the analysis of textile tools, especially spindle whorls, and textile imprints for reconstructing textile production in contexts as different as Neolithic Transylvania, the Early Bronze Age North Aegean and the Early Iron Age Eastern Mediterranean; the importance of cuneiform clay tablets as a documentary source for both drawing a detailed picture of the administration of a textile industry and for addressing gender issues, such as the construction of masculinity in the Sumerian kingdoms of the 3rd millennium BC; and discussions of royal and priestly costumes and clothing ornaments in the Mesopotamian kingdom of Mari and in Mycenaean culture. Textile terms testify to intensive exchanges between Semitic and Indo-European languages, especially within the terminology of trade goods. The production and consumption of textiles and garments are demonstrated in 2nd millennium Hittite Anatolia; from 1st millennium BC Assyria, a cross-disciplinary approach combines texts, realia and iconography to produce a systematic study of golden dress decorations; and finally, the important discussion of fibers, flax and wool, in written and archaeological sources is evidence for delineating the economy of linen and the strong symbolic value of fiber types in 1st millennium Babylonia and the Southern Levant. Oxbow Books, Ancient Textiles Series, Volume: 18, 2014 224 pages, ISBN: 9781782977223

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Proceedings of the 1st Kültepe International Meeting. Kültepe, September 19-23, 2013 Studies Dedicated to Kutlu Emre (Kültepe International Meetings 1) F. Kulakoğlu, C. Michel (eds.) This first volume of the Kültepe International Meetings gathers interdisciplinary studies dedicated to Kültepe, ancient Kaneš (central Anatolia), and its environment, mainly during the Bronze Age. This book is the first of a new series dedicated to the site of Kültepe, ancient Kaneš, in central Anatolia. It is the report of a conference which took place at Kültepe on September 2013. Contributions written by the best specialists of the field focus on Kültepe and its environment, mainly during the Bronze Age, and on its Assyrian settlement located in the lower town. The volume brings about a reflection on archaeological and textual materials, and provides an interdisciplinary summary of the state of research. It is divided into six sections dedicated to the following topics: archaeology, chronology and population of Kültepe; archives unearthed in the houses belonging to Assyrians; Old Assyrian writing and literacy; Anatolian settlements and daily life; metals and minerals; Kültepe after the Middle Bronze Age.

Brepols Publishers, 2015, XIV+249 pages ISBN: 978-2-503-55545-4


Renaître avec Osiris et Perséphone Anne-Marie Guimier-Sorbets, André Pelle, Mervat Seif el-Din 1993 : Jean-Yves Empereur, directeur du Centre d’Études Alexandrines, équipe du CNRS basée à Alexandrie, découvre de pâles traces de peintures dans une tombe souterraine mise au jour un siècle auparavant. 1996 : le photographe André Pelle, utilisant la lumière utraviolette, révèle deux scènes superposées, qu’étudient et publient les archéologues Anne-Marie Guimier-Sorbets et Mervat Seif el-Din : la momification d’Osiris surplombant le mythe de l’enlèvement de Perséphone. 2012 : muni d’un appareil photo numérique, André Pelle redescend dans les catacombes et le traitement sur Photoshop de ses nouveaux clichés produit des images quasi magiques : les traits des personnages apparaissent avec netteté et même certaines couleurs. Dans ce premier volume de la nouvelle collection Antiquités Alexandrines, il présente les résultats subtils de son travail inédit sur ces scènes peintes, commentées avec science par Anne-Marie Guimier-Sorbets et Mervat Seif el-Din. Elles dégagent la signification de cette double série de documents tout à fait exceptionnelle : l’expression figurée selon les deux religions égyptienne et grecque, dans le milieu multiculturel de l’Alexandrie du début du IIe siècle de notre ère, d’une forte croyance dans un au-delà heureux. Coll. Antiquités Alexandrines 1, CEAlex, Alexandrie, 2015, 177 pages ISBN 978-2-11-129858-2

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Le Sel dans l’Antiquité ou les cristaux d’Aphrodite Bernard Moinier, Olivier Weller Quel point commun peut-il y avoir entre la déesse Aphrodite et la conservation des jambons, un parfum à la rose et l’alimentation du bétail, la momification d’un corps et une pâte gingivale ? Le sel, dont Pline l’Ancien assurait déjà qu’« il est indispensable à la vie ». Sa grande utilité a toujours donné à penser qu’il est un don des dieux. Chez les Anciens, le sel apparaît surtout comme un puissant médiateur. Cette appréciation tient à son caractère divin. Les meilleures illustrations en ont été données par Homère quand il campe Achille et Patrocle saupoudrant leurs brochettes, ou par Hésiode, selon qui Aphrodite est née du sel résultant de la cristallisation du sperme d’Ouranos. Substance minérale qui a le pouvoir de se dissoudre dans l’eau et de reparaître sous la forme de cristaux (évaporation), le sel entre dans divers rituels ou pratiques qu’il sacralise. Le sel de l’Alliance et l’accompagnement des oblations chez les Hébreux, le sel de la table pour les serments et les libations chez les Grecs, la confection de la mola salsa et le sacrifice aux lares chez les Romains illustrent ce rôle de médiateur. En outre, il contribue à sceller l’amitié ainsi qu’en témoigne un proverbe que citent Aristote et Cicéron et qui fera dire plus tard à un écrivain français : « Pour se dire amis, il faut avoir mangé un minot de sel. » Il humanise la société. Par son approche transversale, le présent volume offre une vision d’ensemble du sel dans l’Antiquité qui s’impose comme un symbole de vie dans chacune des cultures ayant contribué à former l’Empire romain, et la diversité de son usage donne à ces pages une particulière saveur. Les Belles Lettres, 2015, ISBN-13 978-2-25133842-2


Le site néolithique d’Abou Tamsa (Cyrénaïque, Libye) Apport à la préhistoire du nord-est de l’Afrique Elodie de Faucamberge En Cyrénaïque, dans une région où la recherche préhistorique n’en est qu’à ses débuts, les travaux effectués sur le site inédit d’Abou Tamsa permettent de mieux comprendre comment s’est mise en place l’économie pastorale en Afrique du Nord. Jusqu’alors, seul le site d’Haua Fteah, une grotte fouillée par Charles McBurney dans les années 1950 puis réexaminée par l’université de Cambridge depuis 2007, avait livré des niveaux néolithiques in situ datés ; la séquence néolithique de la Cyrénaïque ne reposait ainsi que sur un unique gisement. Grâce au concours de la Mission archéologique française pour la Libye antique et du département des Antiquités de Libye, un projet a pu débuter en 2006 dans le nord de la Cyrénaïque. Le sondage effectué à Abou Tamsa en 2006 et en 2007 a mis au jour des restes fauniques, de l’outillage en silex, en calcaire, en os et de la céramique. Ces nouvelles données ont pu être comparées avec celles recueillies à Haua Fteah. Grâce aux datations 14C, elles confirment l’ancienneté de la domestication des ovicaprinés en Cyrénaïque dans la première moitié du 6e millénaire av. J.-C. mais elles reculent le début de la production de céramique à la seconde moitié du 7e millénaire. Le matériel d’Abou Tamsa permet, en outre, de réfuter l’hypothèse de C. McBurney sur la présence en Cyrénaïque du Capsien, un courant culturel maghrébin, et montre au contraire, sur la base du mobilier archéologique et particulièrement de l’industrie lithique, l’existence d’un courant culturel indigène. Éditions Riveneuve Collection Études Libyennes n°2 ISBN : 978-2-36013-281-2

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Traditions Techniques & Production Ceramique Au Neolithique Ancien : Etude De Huit Sites Rubanes Du Nord Est De La France Et De Belgique Louise Gomart La présente étude propose une approche technologique de la céramique rubanée, au travers de létude de huit sites localisés dans le quart nord-est de la France et en Belgique (5300-4900 av. J.C.). Les études typologiques de la céramique rubanée avaient abouti à une perception plutôt homogène des assemblages et lanalyse des décors avait permis la mise au point de séquences chronologiques particulièrement précises. Pourtant, plusieurs questions restaient en suspens, en particulier sur le contexte de production des vases, ainsi que sur lorigine des producteurs de la céramique dite du Limbourg, présente en petite quantité sur certains sites de la zone détude, qui se distingue de la céramique rubanée par une forme et un dégraissant spécifiques. Dans chacun des villages étudiés, il semble que la production céramique ait eu lieu à léchelle de la maisonnée, bien quil ne soit pas possible dexclure des formes de coopération entre maisons voire entre villages. La mise en perspective chronologique et spatiale des résultats technologiques à léchelle intrasite permet de supposer que les dynamiques dimplantation des producteurs à léchelle locale différaient dun site à lautre. À léchelle macro-régionale, une distribution préférentielle des différentes traditions techniques dans certaines régions de peuplement a pu être observée, parfois tout au long de la séquence. Cette répartition pourrait suggérer des contacts privilégiés entre certaines zones de peuplement rubané, quil sagisse de la circulation de savoir-faire, de récipients ou dindividus. Létude technologique des vases Limbourg révèle des manières de faire variées. Il est possible dopposer un Limbourg « standard », dont les caractères formels et techniques sont homogènes et dont la distribution est transrégionale à un Limbourg « imité ». Les vases Limbourg « imités » présentent des caractères formels typiques du Limbourg « standards », mais ils ont été façonnés selon des traditions majoritairement employées pour la réalisation des vases rubanés. Ce résultat original permet denvisager que les vases Limbourg avaient un statut tout à fait particulier pour les communautés rubanées et conduit à formuler plusieurs hypothèses sur lidentité de leurs fabricants. Sidestone Press, 2014, 420 pages ISBN-13: 978-9088902468


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Dans la collection Le passé recomposé, dirigée par Sophie A. de Beaune : L’alphabet touareg Dominique Casajus Cet ouvrage évoque l’usage des alphabets touaregs et retrace leur histoire. Utilisés aujourd’hui pour graver des inscriptions sur la roche ou sur certains objets et écrire de petits messages à des proches, ces alphabets – presque exclusivement consonantiques – dérivent d’alphabets beaucoup plus anciens appelés « libyques » ou « libyco-berbères ». Parfois associées a des inscriptions puniques ou latines, on trouve des épigraphes libyques dans tout le Maghreb actuel, de la Libye au Maroc et me me jusqu’aux îles Canaries. L’histoire de ces alphabets est en grande partie obscure, mais il est permis de faire à leur sujet quelques hypothèses… Notamment que, créés quelques siecles avant notre ère sous l’influence des Puniques, ils ont ensuite disparu de l’Afrique du Nord au moment des invasions arabes, pour ne subsister qu’au Sahara. Depuis quelques décennies, des intellectuels berbères – Touaregs, Kabyles ou Marocains – ont entrepris de les moderniser en y adjoignant des voyelles, ce qui aboutit à des formes d’écriture très différentes de celles du passé. CNRS Éditions , 2015, 256 pages, ISBN : 978-2-271-08339-5


Direction de la revue Sophie A. Beaune, Liliane Hilaire-Pérez

de

ARTEFACT Hors-série N° 1 – 2015 Histoire des mobilités électriques (xixe-xxie siècles)

Dossier coordonné par Mathieu Flonneau et Arnaud Passalacqua • Introduction, Mathieu Flonneau et Arnaud Passalacqua • L’automobile de demain : une histoire de générations déçues, Gijs Mom • L’ingénieur Krebs (1850-1935) ou comment traduire le fl uide électrique, Philippe Krebs • « Attention, demoiselles, l’électricité passe ! » Représentations et expériences des rapports électricité-mobilité dans les Asturies (1880-vers 1920), Daniel Pérez Zapico • Les électrobus de Savoie (années 1920années 1960) : mobilité, territoire et énergie autour d’un choix technique intermédiaire, Yves Bouvier • La Poste au courant. Aux origines d’une institution électrisée, Sébastien Richez • Le véhicule hybride rechargeable : un nouveau système sociotechnique, Magali Pierre et Jérôme Huguet Documents François Sigaut, la technologie et la politique du patrimoine ethnologique, Noël Barbe • Rapport au Conseil du Patrimoine ethnologique sur le thème « Culture technique » (1987), François Sigaut Varia Défendre les intérêts moraux et économiques des inventeurs : des formes d’action collective sous la Révolution (1790-1798), Christiane Demeulenaere-Douyère • Le geste et la couleur. Leroi-Gourhan, l’anthropologie des techniques et les pratiques de colorisation, Arnaud Dubois • Cristalliser l’histoire. La seconde vie des perles préhistoriques en Thaïlande péninsulaire, Annabel Vallard, Bérénice Bellina et Olivier Evrard Comptes rendus de lecture CNRS Éditions, 2015, ISBN : 978-2-271-08155-1

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Altérités, inégalités et mobilités dans l’océan Indien occidental Sous la direction de Laurent Berger et Sophie Blanchy Sophie Blanchy Intégrations et exclusions. La production différenciée des hiérarchies sociales aux Comores Michael Lambek Weddings or Funerals? Ritual as Social Action and Lens of Comparison (Grand Comoro, Mayotte, Madagascar) Dominique Somda De la pierre à la croix. Interprétation d’un paysage commémoratif agonistique (Anôsy, sud de Madagascar) Denis Regnier Histoire, mémoire et essentialisme. L’évitement du mariage avec les descendants d’esclaves dans le Sud betsileo Laurent Berger « Je t’aime jusqu’à l’aéroport ». Politique du sexe et économie morale des sentiments au nord de Madagascar Camille Al Dabaghy Hiérarchies urbaines, voisinages hydriques et communalité. Le prix de l’eau à Diego-Suarez Faranirina Rajoanah et Odile Vacher Frontières sociales dans le sud-ouest de l’océan Indien. Réunionnais fonctionnaires à Tananarive en contexte colonial Nicolas Roinsard Pauvreté et inégalités de classe à La Réunion. Le poids de l’héritage historique Suzanne Chazan Dualisme de la société mauricienne : une intégration nationale inachevée Julie Peghini Nouvelles dynamiques de l’altérité à l’île Maurice : une échappatoire au communalisme ? À propos Philippe Norel L’océan Indien au cœur des systèmes-monde. À propos des Mondes de l’océan Indien de Philippe Beaujard Comptes rendus Éditions de l’EHESS, Etudes rurales 2014/2 (n° 194) 272 pages, ISBN : 9782713224355


COSMOS Sous la direction de Sophie Houdart et Christine Jungen Comment appréhender le cosmos, cette énormité comprenant l’univers terrestre et les objets célestes ? Comment le visualiser ? Le tenir dans ses mains ? Figurant des systèmes de relations organisant un tout, les cosmologies constituent, de long temps, des sujets d’étude privilégiés par l’anthropologie. On les trouve communément sous la forme de représentations totalisantes (comme un mandala, ou un globe), ou bien sous la forme d’objets contenant le cosmos (comme un chaudron). Pour user d’autres terminologies, elles peuvent se décliner en « cosmogrammes », qui traitent le cosmos comme une entité indépendante et autonome, ou en « objets cosmiques », qui contiennent le cosmos. Ou, pour le formuler encore autrement, ces cosmologies dévoilent des vues « panoptiques », qui permettent d’ « embrasser facilement d’un seul coup d’œil », ou bien des vues « oligoptiques », offrant de la totalité qu’elles cherchent à exprimer des vues partielles, mobiles, connectées à d’autres. L’anthropologie, mais aussi l’histoire des savoirs modernes et l’anthropologie des sciences et des techniques, sont ainsi rompues aux objets et dispositifs rendant possible de tenir le cosmos dans ses mains ou de l’avoir devant ses yeux, rendant possible de le contempler, de le maîtriser et de l’expérimenter. Quels sont, néanmoins, les petits opérateurs nécessaires à de telles manœuvres ? En proposant d’approcher les cosmologies autrement que comme des représentations du cosmos, les auteurs de ce nouveau numéro de Gradhivainvitent à suivre les lentes, patientes, souvent laborieuses, parfois confuses, élaborations du cosmos, en s’intéressant aux ingrédients ou composants, ainsi qu’à leurs modes de liaison. Comment le cosmos est-il capté – plutôt que capturé ? Quels en sont les révélateurs ? Qu’est-ce-qui, localement, est capable de servir d’indicateur de changements qui nous dépassent (comme les changements atmosphériques) ? Musée du Quai Branly, GRADHIVA, numéro 22, 2015 248 pages , ISBN 978-2-35744-092-0

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Ethnographier l’universel L’Exposition Shanghai 2010 : « Better city, better life » Brigitte Baptandier & Sophie Houdart (éd.) À l’Exposition de 2010, la Chine accueillait l’ensemble du monde. Elle l’invitait à franchir son « seuil » à Shanghai, ville aux multiples visages, ouverte de force et colonisée, puis cosmopolite, « rouge », et finalement, prenant sa revanche, ville « universelle ». Au premier coup d’œil, la disparité manifeste de la carte du « monde en miniature » offerte par la disposition des pavillons faisait apparaître plutôt la discontinuité radicale que l’unité dans la diversité. Les textes réunis dans ce volume tentent de saisir, au-delà de ces discontinuités, comment se projette un universel ; comment il se prépare et se gère ; comment, à chaque moment de l’histoire de sa constitution, des alternatives sont toujours possibles, des choix toujours à faire. Publications de la Société d’ethnologie, Nanterre 376 pages, ISBN 9782365190114


Entre cosmopolitisme, trajectoires et subjectivités, Moments partagés avec Gilberto Velho Numéro 41, Ateliers d’anthropologie Sous la direction de Fabienne Wateau et Joaquim Pais de Brito Peu de temps avant son décès, l’anthropologue brésilien Gilberto Velho, connu pour ses études sur la ville, continuait de questionner la portée de la notion de cosmopolitisme en anthropologie. Préconisant d’insister davantage sur l’idée de médiation comme phénomène socio-anthropologique, il invitait à s’intéresser à la figure de médiateur, soit à porter notre attention sur le personnage dit cosmopolite de par son activité, son histoire de vie, ses trajectoires et ses itinéraires. Ce collectif d’articles tente de répondre à son souhait. Il porte néanmoins sur des objets de nature assez différente, à des échelles variées. Certains textes ont de fait considéré des personnalités, « individus singuliers interprètes et réinventeurs de culture » ; d’autres ont modifié leur angle de lecture pour s’intéresser au rôle intercesseur d’un artefact, voire à celui d’une industrie. À l’aune d’une même proposition, le volume relève donc le défi d’une identification des figures de la médiation, en offrant une palette assez complexe et variée de ses possibles. Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, 2015

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L’esprit des hommes de la terre de feu Textes de: Christine Barthe, Dominique Legoupil, Marisol Palma Behnke, Anne Chapman Martin Gusinde est l’un des rares occidentaux à avoir vécu parmi les peuples Selk’nam, Yamana et Kawésqar. Le photographe et missionnaire allemand effectue quatre voyages en Terre de Feu entre 1918 et 1924. Il s’immerge en profondeur au sein de ces sociétés jusqu’à parler la langue et être introduit aux rites initiatiques. Les 1200 clichés qu’il rapporte, réalisés à la chambre photographique portable, constituent un témoignage unique sur ces peuples aujourd’hui disparus. Les Éditions Xavier Barral ont entrepris la numérisation et la restauration de ce fonds conservé à l’Anthropos Institut à Sankt Augustin en Allemagne. Christine Barthe, responsable scientifique de la photographie au musée du quai Branly, et Xavier Barral ont sélectionné près de 250 photographies publiées dans cet ouvrage, le premier consacré aux photographies de Martin Gusinde. Les photographies de Martin Gusinde laissent peu de place aux paysages, encore moins à des séquences de vie quotidienne. En revanche, le corps y apparaît de façon majoritaire, et dans ses manifestations les plus extraordinaires qui sont celles des esprits et des acteurs du rituel du Hain (Selk’nam). Afin d’accompagner ce voyage visuel en Terre de Feu, plusieurs textes croisent les études antérieures et plus récentes sur le sujet pour rendre compte d’un état actuel de la recherche : « Ouvrir grands les yeux » par Christine Barthe « Sauver ce qu’il en reste » par Marisol Palma Behnke « Mythes et rites initiatiques » par Anne Chapman « Peuplement et dépeuplement de la Terre de Feu » par Dominique Legoupil Editions Xavier Barral, 300 pages, 230 photographies N&B Versions : française, espagnole


L’ Étrange Encyclopédie du Docteur K. Portraits et horoscopes d’un astrologue indien Emmanuel Grimaud Dans la lignée des grands projets encyclopédiques de l’art brut ou du Bestiaire d’Aloys Zötl, l’encyclopédie formidable et démesurée du docteur Kulkarni consiste en une collection unique de plusieurs centaines de portraits astrologiques. Décrivant les visages, les crânes, les paysages, les minéraux et leurs principes de formation dérivés de l’influence des astres, cet astrologue indien aurait sans doute fasciné l’auteur de l’art magique, Breton et les surréalistes. Dessinateur pendant de longues années sur des chantiers archéologiques, le docteur Kulkarni a ouvert un cabinet de consultation astrologique et entrepris de faire les portraits de ses clients. Réputé pour avoir conçu une méthode de dessin inédite permettant, sans l’avoir jamais vue et à partir de son horoscope, de recomposer le visage d’une personne, le Pandit mûrit le projet monumental d’une encyclopédie astrologique illustrée de la destinée humaine, mettant ses connaissances dérivées de l’archéologie au service d’une pratique thérapeutique. Une chose est sûre, le docteur Kulkarni n’est ni un astrologue banal, ni un artiste comme les autres. Pour saisir les rouages de son entreprise sans équivalent, l’auteur n’a pas eu d’autre choix que de devenir à la fois client et disciple, invitant le lecteur à suivre une consultation pleine de péripéties au terme de laquelle il verra vaciller bien des idées préconçues sur la nature de l’astrologie. Publications de la Société d’ethnologie, Nanterre 2015, ISBN-13 9782365190107

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Existence in the Details Theory and Methodology in Existential Anthropology. Albert Piette Translated by Matthew Cunningham This book is an anthropology book, not a social and cultural anthropology book, but an existential anthropology book. It presents a critique of the theories and methods of the social sciences, which Albert Piette reproaches for side-stepping human beings, their modes of being and more generally the fact of existing. The book also offers an original combination of methods for exploring the details of existence: the particularities of each person in a group, the succession of situations in a day, and the subtlety of moments of presence. It gives rise to new theoretical propositions on what constitutes the specificity of human existence and social life. Duncker & Humblot Gmbh Anthropology, Existence and Individuals (AEI), Band 1 2015, ISBN 978-3-428-14677-2


LA FONDATION DANS LES LANGUES INDO-EUROPÉENNES : RELIGION, DROIT ET LINGUISTIQUE Charles Guittard, Michel Mazoyer La fondation est ici illustrée par la notion d’acte fondateur caractérisé par un rituel et des formules dans le monde méditerranéen. L’ouvrage présente l’état de la question sur la fondation au croisement des disciplines. Il ouvre un débat encore actuel dans le monde contemporain, puisque ce qui justifie une fondation est sa continuité, sa perpétuité et son inscription dans l’histoire. L’Harmattan, 2014, 256 pages ISBN : 978-2-343-04360-9

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Geerewol Musique, danse et lien social chez les Peuls nomades wodaabe du Niger Sandrine Loncke Au cœur du Sahel nigérien, loin de toute voie d’accès, des milliers de Peuls nomades wodaabe se réunissent chaque année pour un vaste rassemblement cérémoniel, dont le rituel central est appelé geerewol. Sept jours et sept nuits durant, suivant le cycle du soleil et sous l’étroit contrôle des anciens, deux fractions de lignages différents se livrent une guerre dont les seules armes sont le chant et la danse. L’enjeu de cette guerre, son but officiel : le vol des femmes. Son ultime finalité : se séparer dans la paix. Privilégiant une écriture qui restitue à la fois les dialogues et le cheminement de l’enquête à la manière d’une intrigue policière, ce livre est le récit vivant de la façon dont s’élabore une recherche de terrain en ethnomusicologie. Centrée sur le chant et la danse, l’enquête nous conduit peu à peu au cœur des représentations culturelles et des conceptions esthétiques de cette société ouest-africaine d’éleveurs nomades. Chemin faisant, on y découvre un système d’initiation et de représentation du monde qui fut sans doute caractéristique de l’ensemble du monde peul avant son islamisation. Au-delà d’une simple monographie sur les cérémonies inter-lignagères des Peuls wodaabe, cette étude soulève également des interrogations anthropologiques fondamentales : quelles dynamiques gouvernent au sein des sociétés humaines l’émergence d’identités et de différences stylistiques ? Comment la musique et la danse sont-elles l’expression esthétique de différentes manières d’être ensemble ? Pourquoi le rituel et la performance artistique collective sont-ils des espaces privilégiés pour faire société ? Le livre est accompagné d’un dvd-rom comprenant un important corpus de documents sonores et audiovisuels, ainsi que le film documentaire plusieurs fois primé La danse des wodaabe. Publications de la Société d’ethnologie, Nanterre 416 pages ISBN-13 9782365190091


LES INCOMMENSURABLES Sophie Houdart Le Large Hadron Collider (LHC), ou grand collisionneur de hadrons, est l’accélérateur de particules le plus grand et le plus puissant du monde. Prenant la forme d’un anneau de 26,659 kilomètres de circonférence, lové 100 mètres sous terre et officiellement domicilié à Meyrin, à la frontière de la France et de la Suisse, il est constitué d’aimants supraconducteurs et de structures accélératrices qui augmentent l’énergie des particules qui y circulent. Chaque jour, à l’intérieur de l’accélérateur, deux faisceaux de particules qui circulent en sens contraire à des énergies très élevées avant de rentrer en collision l’un avec l’autre. Les particules, lancées à 99,9999991 % de la vitesse de la lumière, effectuent 11 245 fois le tour de l’accélérateur par seconde et entrent en collision quelque 600 millions de fois par seconde. Les Incommensurables est une minutieuse enquête de terrain sur cette « cathédrale » enfouie qui offre la possibilité de se connecter à l’immensité et aux mystères de l’univers, d’accéder à quelque chose qui dépasse largement l’humanité et qui, pourtant, la contient, expression moderne de la transcendance. Zones sensibles, 2015, 192 pages ISBN 978 293 0601 17 8

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« ISRAËL au quotidien », Vol. 45, 2015/2 Revue Ethnologie française Editeurs invités : Fran Markowitz et Nir Avieli Depuis la formation de l’état d’Israël, les migrants juifs n’ont cessé d’affluer par vagues successives en provenance de presque toutes les parties du monde, apportant avec eux une variété de cultures et d’identités forgées par un millénaire de diaspora. Parallèlement, les Arabes originaires de cette terre – musulmans, chrétiens, druzes, circassiens, ou bédouins – sont devenus citoyens de ce nouveau pays reconnu par l’onu en 1947 comme le foyer du peuple juif. Ainsi s’est constituée une société unique en son genre, incarnée dans ses deux grandes villes qui ne peuvent être plus opposées : à soixante kilomètres de Jérusalem, capitale du pays, ville religieuse, conservatrice et intolérante, Tel Aviv, « la première ville hébreu » est devenue la destination des jeunes désireux de faire la fête. Centré sur l’étude du quotidien, ce numéro d’Ethnologie française s’inscrit dans le renouvellement des perspectives anthropologiques qui explorent la société israélienne à travers trois sujets-clés : les questions existentielles d’(in) sécurité et de contestation des frontières, les significations et les motivations liées à l’alimentation et à la santé, et les ramifications actuelles de l’immigration et de l’ethnicité. Chacun de ces essais traite empiriquement et analytiquement du « paradoxe israélien », mot-parapluie recouvrant les différentes énigmes et contradictions de la vie normale en Israël, qui n’a décidément rien de normal. Editeur : P.U.F, ISBN : 978-2-13-063495-9


« La mesure du danger » Revue Ethnologie française Editeurs invités : Sophie Houdart, Vanessa Manceron et Sandrine Revet La mesure du danger permet d’explorer des dangers de nature aussi diverse que la délinquance, la pollution, l’écueil maritime, la maladie ou l’attaque sorcellaire, l’extinction d’espèces animales ou végétales, voire de la Planète tout entière. Au croisement de la sociologie, de l’anthropologie et de l’histoire, les différents articles analysent les pratiques concrètes de mesure pour tenter de comprendre ce qui se produit au cours de l’opération d’évaluation du danger sans préjuger de la nature de celui-ci. L’anthropologie a contribué à la réflexion sur l’infortune en s’intéressant aux temporalités de l’après : maladies, catastrophes, pandémies, etc. et en cherchant à rendre compte de l’expérience des victimes, de leur vie ordinaire bouleversée, de la recomposition du quotidien. Elle s’intéresse aussi aux autres types de mesures, les savoirs incorporés, qui reposent sur l’odorat, la vue ou le toucher et ceux qui ressortent d’une épistémologie « non scientifique ». Dans tous les contextes étudiés, les deux registres sont mêlés et entrent en tension, selon qu’ils sont portés par des experts, des scientifiques, des amateurs, des croyants ou des groupes d’intérêt. Les cas réunis dans ce numéro le montrent, il persiste toujours un doute sur ce qu’on mesure exactement quand on mesure. S’intéresser à la mesure du danger, c’est ainsi s’intéresser à des états de la réalité, nombreux, hétérogènes qui ne permettent plus d’inférer un cours d’action et qui rendent hésitante ou incertaine la direction à prendre. André Burguière, Hommage à Maurice Agulhon. Quand l’histoire politique rencontre l’ethnologie Editeur : P.U.F, 2015, ISBN : 978-2-13-063494-2

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Of Doubt and Proof

Daniela Berti, Anthony Good and Gilles Tarabout (eds.) All institutions concerned with the process of judging - whether it be deciding between alternative courses of action, determining a judge’s professional integrity, assigning culpability for an alleged crime, or ruling on the credibility of an asylum claimant - are necessarily directly concerned with the question of doubt. By putting ritual and judicial settings into comparative perspective, in contexts as diverse as Indian and Taiwanese divination and international cricket, as well as legal processes in France, the UK, India, Denmark, and Ghana, this book offers a comprehensive and novel perspective on techniques for casting and dispelling doubt, and the roles they play in achieving verdicts or decisions that appear both valid and just. Broadening the theoretical understandings of the social role of doubt, both in social science and in law, the authors present these understandings in ways that not only contribute to academic knowledge but are also useful to professionals and other participants engaged in the process of judging. This collection will consequently be of great interest to academics researching in the fields of legal anthropology, ritual studies, legal sociology, criminology, and socio-legal studies. Ashgate, 220 pages, 2015 ISBN 978-1-4724-3451-7


Poètes Nzakara Margaret Buckner En 1963, Éric de Dampierre publiait Poètes nzakara (tome I), le premier ouvrage de la collection Classiques africains. Ce volume comprenait la première moitié d’une soixantaine de poèmes – c’est-à-dire, des chants accompagnés à la harpe – recueillis entre 1958 et 1965 dans divers villages nzakara de l’est de la RCA. Les poètes chantent comme chantaient leurs aïeuls à la cour royale, offrant commentaires piquants, souvent voilés, sur les princes et leurs conseillers. Ils chantent aussi leur impuissance devant le Destin, leur désespoir devant la colonisation – aussi bien européenne que bandia –, la perfidie des femmes, et la certitude de la mort. Voici, cinquante ans après, l’autre moitié de ce recueil de poèmes. Les voix des poètes sont sûrement éteintes, mais les paroles vivent dans ces pages. Aux vingt-huit poèmes faisant suite à ceux publiés dans le tome I, ont été ajoutés trois longs poèmes de l’un de ces poètes, qui furent enregistrés quelques années plus tard. Ces enregistrements peuvent être écoutés sur le site du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie, Nanterre, Paris X). Ainsi, le lecteur pourra apprécier l’art de ces hommes qui sont en fait aussi bien musiciens et compositeurs que poètes. Karthala, Poètes nzakara Tome II, 2015 296 pages ISBN 9782912839305

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« Propreté, saleté, urbanité », Vol. 45, 2015/7 Revue Ethnologie française Editeurs invités : Emilie Guitard et Virginie Milliot Emilie Guitard et Virginie Milliot Introduction générale Catherine Denys La police du nettoiement au XVIIIe siècle Sabine Barles La boue, la voiture et l’amuseur public. Les transformations de la voirie parisienne, fin XVIIIe-début XIXe siècle Virginie Milliot Remettre de l’ordre dans la rue. Politiques de l’espace public à la Goutte-d’Or (Paris) Odile Goerg Des moustiques et des hommes. Savoirs médicaux et relations de races à Freetown (Sierra Leone) Emilie Guitard « Est-ce que c’est ta voirie ?! » Manipulations des déchets et contrôle des espaces collectifs à Garoua (Cameroun) Claudia Cirelli Du déni à la mobilisation. Vivre à côté d’une décharge (le cas de Vienne en Isère) Agnès Jeanjean Le management du résidu. Les déchets 20 ans après Bénédicte Florin Les chiffonniers du Caire : soutiers de la ville ou businessmen des ordures ? Martin Olivera Insupportables pollueurs ou recycleurs de génie ? Quelques réflexions sur les « Roms migrants » et les paradoxes de l’urbanité libérale Delphine Corteel Des déchets faire surgir une capacité d’agir. Enquête dans une association berlinoise de récupération Jean-Michel Guilcher : 100 ans, un parcours, une œuvre (Coordonné par François Gasnault et Marie-Barbara Le Gonidec) Varia Léonore Le Caisne L’histoire du pays. Inceste et commérage Editeur : P.U.F, 2015, ISBN : 978-2-13-063496-6


« Querem Fazer um Mar… » Ensaio sobre a barragem de Alqueva e a aldeia submersa da Luz Fabienne Wateau Comment restituer des situations vécues et partagées à la fois par des chercheurs, des journalistes, des politiques et bien sûr des habitants ? Comment laisser la parole à l’ensemble de ces voix et de ces points de vue sur une même réalité, qui se mêlent et s’influencent mutuellement ? Cette pièce de théâtre en trois actes, accompagnée d’une analyse des discours et d’un état des lieux critique, retrace l’histoire récente de la construction d’un barrage au Portugal et du déplacement d’un village et de ses habitants vers d’autres logiques d’occupation des espaces et d’exploitation de l’environnement. L’approche anthropologique, menée in situ sur une quinzaine d’année, offre ici un regard multifacette sur les différentes façons de concevoir une situation somme toute assez banale dans le monde, mais chaque fois débordante de doutes, d’espérances et d’émotions. Cette forme d’écriture polyphonique suggère une familiarité qui, bien qu’éloignée éveille en nous des sentiments communs, de la colère à l’empathie. Plus grand plan d’eau d’Europe, à la fois héritier des vieilles traditions civilisatrices de développement étatique par l’eau, précurseur en matière d’application des mesures de concertation et de participation publique, et édifice des plus modernes de réserve d’eau contrôlée, le grand barrage d’Alqueva au Portugal, selon l’auteure, est et restera, probablement, la dernière entreprise de cette envergure en Europe. Éditions Imprensa de Ciências Sociais – Lisboa ISBN: 978-972-671-341-8

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WHAT IS EXISTENTIAL ANTHROPOLOGY? Michael Jackson and Albert Piette (eds.) What is existential anthropology, and how would you define it? What has been gained by using existential perspectives in your fieldwork and writing? Editors Michael Jackson and Albert Piette each invited anthropologists on both sides of the Atlantic to address these questions and explore how various approaches to the human condition might be brought together on the levels of method and of theory. Both editors also bring their own perspective: while Jackson has drawn on phenomenology, deploying the concepts of intersubjectivity, lifeworld, experience, existential mobility, and event, Piette has drawn on Heidegger’s Dasein-analysis, and developed a phenomenographical method for the observation and description of human beings in their singularity and ever-changing situations. Hb Published, 254 pages, ISBN 978-1-78238636-0


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Auguste Les ambiguïtés du pouvoir Frédéric Hurlet Tel un sphinx, le premier empereur romain Auguste reste une figure historique énigmatique qui a toujours excellé dans l’art du camouflage et de la dissimulation. Il a légué à la postérité une image protéiforme qui met face à face la détermination froide d’un homme prêt à tout pour s’emparer du pouvoir et son statut de fondateur d’empire divinisé. Il fut tout d’abord le fils adoptif de César, qui sut tirer parti de sa filiation pour créer un nouveau régime sur les ruines de la République. Chaotique, la réalité historique contraste avec la figure du prince sage et vertueux patiemment construite par Auguste. Cette biographie entend concilier l’histoire, la mémoire et le mythe auquel un homme donna naissance et qui ne cessa d’évoluer depuis son décès jusqu’à son exploitation par l’Italie fasciste de Mussolini au XXe siècle en passant par Charlemagne et les Lumières. La clé de l’interprétation du personnage réside dans l’ambiguïté foncière qui s’attache à toute forme de pouvoir et qu’Auguste porta à son paroxysme. C’est ce qui explique qu’en fonction des époques et des contextes, il ait été perçu comme un monarque absolu à l’image de Louis XIV ou comme un prince républicain, voire comme le restaurateur de la République. Armand Colin, 2015, ISBN : 9782200275310


Le baptistère Saint-Jean de Poitiers De l’édifice à l’histoire urbaine Brigitte Boissavit-Camus En 1995, une équipe pluridisciplinaire a entrepris de revoir, grâce à un examen minutieux des maçonneries et des vestiges archéologiques, l’architecture, le décor et la chronologie du baptistère de Poitiers. L’ouvrage rend compte à travers diverses contributions des résultats de ce programme. Ces derniers modifiant les interprétations admises à la suite des fouilles du père de La Croix (1903) puis de François Eygun (1964), leur diffusion nécessite d’évoquer l’histoire des recherches sur l’édifice et sur la place qui fut la sienne dans l’histoire de l’art chrétien du haut Moyen Age occidental, et de les confronter, in fine, à l’état actuel de la recherche sur les baptistères. Les conditions topographiques et urbaines de l’implantation et de l’évolution de l’édifice au sein du groupe épiscopal sont aussi abordées, en particulier grâce à la découverte, dans les années 1980, de vestiges appartenant à l’ecclesia et à la domus ecclesiae. Le baptistère conservé a été construit au Ve s., à l’emplacement d’une salle baptismale aménagée dans une domus située à l’est de la cathédrale primitive. Au VIe s., son plan est progressivement modifié, individualisant mieux les différents espaces intérieurs. Au VIIe s., une campagne d’embellissement architectural transforme son aspect, avec, entre autre, la pose des parements en petit appareil allongé et la mise en scène du décor sculpté. Les travaux de la période carolingienne semblent liés à l’adaptation de l’édifice aux évolutions liturgiques et ecclésiales. La reconstruction du XIe s. fixe sa physionomie définitive avec la reconstruction de la salle occidentale et la pose de peintures de qualité. Ces travaux, alors que le sacrement du baptême était transféré aux paroisses urbaines et que l’édifice était désormais éloigné de la cathédrale, montrent la volonté de l’Eglise de Poitiers de maintenir le souvenir de sa fonction initiale, exprimé symboliquement jusqu’au XVIIe s, et de garder un lien fort avec le dernier édifice en élévation du vieil episcopium. Après la Révolution, l’édifice fut sauvé de la destruction grâce à l’action des érudits locaux, de la Société des Antiquaires de l’Ouest et de personnalités parisiennes comme Lenoir ou Mérimée. Racheté par l’Etat, il devient alors un objet scientifique, un bien patrimonial et une structure muséale; une histoire récente dont témoignent restaurations et fouilles.

Brepols publishers, 2014, 520 pages ISBN : 978-2-503-54831-9

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Compétition et sacré au haut Moyen Âge : entre médiation et exclusion Sous la direction P. Depreux, F. Bougard, R. Le Jan (eds.) Les actes du colloque « Compétition et sacré au haut Moyen Âge : entre médiation et exclusion » constituent le deuxième volume de la série de publications du groupe international de recherches sur la compétition dans les sociétés médiévales (400-1100). Ce programme de recherche considère les objets de la compétition, les moyens et les formes de la compétition qui dépendent des capacités de régulation de cette même compétition : règles du jeu édictées par les autorités, mécanismes de médiation plus ou moins forts, équilibre de la terreur, la performativité des moyens : résultats en termes d’objets et d’enjeux, les possibilités de mobilité sociale, de changement de statut ou de position qui sont plus ou moins grandes selon les périodes et les espaces. La rencontre de Limoges place le sacré au centre de la réflexion sur la compétition, mais il est nécessaire de ne pas restreindre le sacré à ce qui est consacré par l’autorité ecclésiastique. Si le sacré est bien ce qui est doté d’une force surnaturelle et qui isole, la distinction sacré-profane ne passe pas complètement par l’opposition clercs-laïcs. Avec le sacré on touche au pouvoir, puisqu’il ne peut y avoir de pouvoir légitime au Moyen Âge sans lien avec le sacré, quelle que soit la forme prise par la relation. Même si les clercs tendent à monopoliser de plus en plus le sacré par le biais du « consacré », la spécificité de la période prégrégorienne tient précisément à ce que le sacré n’est pas encore entièrement contrôlé par les clercs et qu’il est donc objet de compétition. En même temps, le sacré est un instrument de la compétition et il est facteur d’exclusion. Brepols, 2015, 396 pages, ISBN : 978-2-50355331-3


Liudprand de Crémone Œuvres François BOUGARD Liudprand (vers 920-972 ?), originaire de Pavie où il entra dans la carrière ecclésiastique, est un témoin privilégié des vicissitudes politiques du xe siècle. Retour d’une ambassade à Constantinople menée pour le compte du roi d’Italie Bérenger II en 949, il s’exila en Germanie : un choix gagnant, qui lui valut de devenir évêque de Crémone en 962, au moment où Otton Ier vint ceindre la couronne impériale à Rome. C’est à la cour ottonienne qu’il fit ses armes d’écrivain d’église, en composant un sermon pour les fêtes de Pâques. Mais Liudprand est surtout connu pour son oeuvre historiographique engagée. Avec la Rétribution (Antapodosis), il répond à une sollicitation de son confrère mozarabe d’Elvire (Grenade), en dressant une « histoire des empereurs et des rois de toute l’Europe » depuis l’éclatement de l’empire carolingien en 888 jusqu’à son temps, et dans laquelle le point de vue alterne entre l’Italie, la Germanie et Byzance. Il s’agit en réalité de justifier les prétentions ottoniennes sur l’Italie. L’Histoire d’Otton est un court pamphlet qui veut donner le point de vue du nouvel empereur saxon sur les conditions discutées de l’éviction du pape Jean XII, en 964. Enfin, l’Ambassade à Constantinople, récit d’un autre séjour dans l’Orient grec, en 968, dresse un tableau aussi noir que précis des usages diplomatiques byzantins. Au fil de ses écrits, Liudprand, l’évêque courtisan spécialiste des relations diplomatiques, délivre un message moral sans cesse répété sur la responsabilité qu’implique le libre arbitre. Il le fait dans un style alerte farci de références classiques, maniant sans retenue l’invective, la harangue et les scènes hautes en couleur teintées d’un humour scabreux, qui ont beaucoup fait pour la légende noire du « siècle de fer ». La présente traduction donne pour la première fois accès à l’intégralité du texte en français, en regard du latin. Elle est précédée d’une présentation historique et littéraire et s’accompagne d’un commentaire nourri, avec un accent particulier sur l’identification des sources. CNRS Editions, 2015, 666 pages ISBN : 978-2-271-08340-1

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Mais où sont passés les Indo-Européens ? Le mythe d’origine de l’Occident Jean-Paul Demoule Mais où sont passés les Indo-Européens ? On les a vus passer par ici, depuis les steppes de Russie, ou par là, depuis celles de Turquie. Certains les ont même vus venir du Grand Nord. Mais qui sont les Indo-Européens ? Nos ancêtres, en principe, à nous les Européens, un petit peuple conquérant qui, il y a des millénaires, aurait pris le contrôle de l’Europe et d’une partie de l’Asie jusqu’à l’Iran et l’Inde, partout où, aujourd’hui, on parle des langues indo-européennes (langues romanes comme le français, slaves comme le russe, germaniques comme l’allemand, et aussi indiennes, iraniennes, celtiques, baltes, sans compter l’arménien, l’albanais ou le grec). Et depuis que les Européens ont pris possession d’une grande partie du globe, c’est presque partout que l’on parle des langues indo-européennes ? sauf là où règne l’arabe ou le chinois. Mais les Indo-Européens ont-ils vraiment existé ? Est-ce une vérité scientifique, ou au contraire un mythe d’origine, celui des Européens, qui les dispenserait de devoir emprunter le leur aux Juifs, à la Bible ? Jean-Paul Demoule propose dans ce livre iconoclaste de s’attaquer à la racine du mythe, à sa construction obligée, à ses détournements aussi, comme la sinistre idéologie aryenne du nazisme, qui vit encore. Il montre que l’archéologie la plus moderne ne valide aucune des hypothèses proposées sur les routes de ces invasions présumées, pas plus que les données les plus récentes de la linguistique, de la biologie ou de la mythologie. Pour expliquer les ressemblances entre ces langues, d’autres modèles restent à construire, bien plus complexes, mais infiniment plus intéressants. Editions du Seuil, collection « la librairie du XXIe siècle », 2014, 752 pages : ISBN – 978-2-02029691-5


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André Leroi-Gourhan, « l’homme tout simplement »

Travaux de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès n°20

Sous la direction de Philippe Soulier

« L’homme tout simplement » : cette expression ne s’applique évidemment pas à André Leroi-Gourhan lui-même, dont toute l’œuvre et le parcours montrent au contraire le foisonnement des cheminements. On pourrait également dire qu’elle ne s’accorde pas plus avec la grande diversité des comportements humains, dans le temps comme dans l’espace, et des manières d’aborder l’étude de l’homme, en soi ou en société. C’est cependant ainsi qu’André Leroi-Gourhan résumait son champ d’études et de fécondes curiosités lorsqu’en 1981 il répondait à Claude‑Henri Rocquet sur le fil directeur de ses travaux : « c’est l’homme, tout simplement, qui en fait l’unité ». André Leroi-Gourhan (1911-1986) est une des figures centrales des sciences de l’homme et des sociétés au xxe siècle. Ses travaux, notamment en ethnologie, en archéologie, en religion et en art paléolithiques, furent des moments forts pour ces disciplines et ses apports font aujourd’hui encore référence. Depuis quarante ans, plus d’une centaine d’articles, plusieurs ouvrages et quatre colloques lui ont été consacrés. Ce recueil est donc un nouveau jalon dans la compréhension des idées et des réflexions d’un des grands anthropologues humanistes du siècle dernier. Éditions de Boccard , 2015, 188 pages ISBN 978-2-7018-0359-3


La causativité en Latin Bernard Bortolussi, Peggy Lecaudé (eds.) Parmi les notions linguistiques transversales, la causativité occupe une place de choix : les langues mobilisent des moyens très variés relevant des différentes dimensions de la langue, du lexique, de la morphologie ou de la syntaxe. Le latin offre une palette particulièrement riche : il a hérité de formes verbales marquées morphologiquement comme causatives, comme le montre la comparaison avec les autres langues indo-européennes ; il a également développé plusieurs constructions causatives typiques avec des verbes signifiant «faire». L’Harmattan, 2014, 222 pages, ISBN : 978-2-343-04724-9

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Le Funéraire. Mémoire protocoles, monuments

Colloques de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès n° 11

Sous la direction de Grégory Delaplace et Frédérique Valentin Tout n’a-t-il pas déjà été dit sur le funéraire ? En réunissant archéologues, anthropologues et historiens autour de cette question, les actes du 11e colloque annuel de la MAE entendent montrer que, bien au contraire, ce lieu commun de la recherche en sciences humaines mérite d’être revisité. Du traitement ambigu du cadavre des souverains incas, que ses sujets continuent de traiter comme s’il était vivant, aux pratiques incertaines qui entourent les nourrissons morts dans les hôpitaux français, des sépultures monumentales de l’âge du Fer crétois aux tombes soignées mais anonymes des chrétiens de l’Éthiopie médiévale et moderne, du déménagement forcé des sanctuaires ancestraux chinois dans la mégalopole de Shenzhen aux sépultures mayas découvertes au cœur des maisons, les études de cas rassemblées dans ce livre invitent à une nouvelle réflexion sur ce qui peut constituer la place des morts dans les sociétés humaines du passé et du présent. Il semble que cette place n’est pas aussi fixe, certaine et univoque que les travaux classiques sur le funéraire avaient pu le laisser croire. Au fil des contributions, le lecteur constatera qu’elle est plutôt l’objet d’incertitudes récurrentes et de négociations, qu’elle n’est pas nécessairement associée à une sépulture visible ou à une volonté univoque de souvenir et, surtout, que les morts circulent bien davantage, et souvent bien plus vite, qu’on ne le pense. Collection Colloques de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès Éditions de Boccard, 2015, 291 pages, ISBN 978-2-7018-0434-7


Dans la collection « Sociétés humaines dans l’histoire » n°1, éditions de la MAE : Migrations humaines et mises en récit mémorielles Sous la direction de Michèle Baussant, Irène Dos Santos, Evelyne Ribert et Isabelle Rivoal Les migrations sont perçues habituellement comme cause ou comme effet de la mondialisation tandis que la mémoire semble avoir pris depuis quelques décennies des allures de course à la patrimonialisation des dimensions les plus diverses de la culture. Paradoxalement, si de nombreux travaux ont envisagé les migrations et la mémoire comme processus humains et sociaux ainsi que comme objets de recherche, peu ont placé leur articulation au centre de leurs questionnements. La problématique qui structure cet ouvrage pense ensemble les logiques de la mémoire et les logiques de la migration – soit une mobilité qui se donne à voir dans l’espace, mais se dessine surtout dans la dimension du passage, des ruptures et des transferts qu’entraînent les phénomènes de mobilité. L’originalité de l’approche proposée ici tient au dialogue qui est établi entre l’observation des migrations en préhistoire qui réfléchissent à partir des « traces » matérielles, et les approches plus diversifiées des migrations et des mises en récits mémorielles qui informent la réflexion des anthropologues. Le dialogue entre préhistoire et anthropologie est déployé autour de trois axes transversaux : les récits institutionnels sur la migration, le sens donné par les acteurs à leurs expériences migratoires et le travail d’homogénéisation qu’opère la mise en récit et, enfin, le vécu immédiat de la migration comme séquence biographique. Presses universitaires de Paris Ouest, 2015, 400 pages, ISBN : 978-2-84016-210-0

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Le tour du monde des écritures Texte Cécile Michel Dessins Thomas Tessier Sais-tu où sont apparues les premières écritures ? Comment se sont formés les premiers alphabets ou encore sur quoi les Hommes écrivaient-ils avant le papier ? Traverse le temps et les continents pour en savoir plus sur ce mode fondamental de communication qu’est l’écriture. Tu découvriras les runes, écritures mystérieuses des populations du nord de l’Europe, les magnifiques signes des peuples Mayas… et bien plus encore. Pars en voyage à travers l’Histoire et les continents et découvre les secrets des écritures du monde entier ! Une véritable ouverture au Monde et à la diversité culturelle. Avec le Tour du monde des écritures, l’enfant traverse le temps et les continents pour découvrir comment les Hommes ont commencé à communiquer, comment les alphabets se sont formés, quels étaient les supports et les outils d’écriture utilisés… Paris, Rue des Enfants, 2015, 32 pages EAN : 9782351812419


Livret publications mae 2015  
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