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EDITO Bonjour à tous, Avant toute chose, je tiens à vous présenter à tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui commence. Qu’elle vous apporte tout ce dont vous avez besoin, envie, rêvé….Une superbe santé de fer, qui vous permettra d’aller au bord de l’eau et passer avec les vôtres de superbes moments de bonheur. Pour ma part, ce début d’année a été marqué par diverses choses qui m’ont tantôt fait sourire, tantôt laissé un goût amer, qui devient un peu trop habituel dans notre passion…. Je ne garderai que le meilleur de ces instants, à savoir entre autres le plaisir que vous m’avez fait en me permettant de m’acheter un superbe appareil photo REFLEX grâce à des dons qui m’ont tous fait chaud au cœur. Je tiens à préciser que cette initiative que je trouvais un peu délicate au départ provient de la volonté de certains lecteurs et passionnés de m’aider dans mon travail qui est et restera pour ce magazine et sur mon site 100% gratuit. Avec ces dons scellant un partage et une amitié à toute épreuve, j’ai donc pu m’acheter un nouvel outil de partage, qui me permettra de partager encore plus avec vous. Merci du fond du cœur ! Pour ce numéro 4 de Madfred Angling le Mag’, j’ai souhaité un retour aux sources. Un retour en arrière loin de tout le bling‐bling englobant parfois la pêche de nos jours, vers l’essence même de la passion. J’ai intégré pour ce numéro un peu de jeunesse en vous présentant Alex Smith, célèbre blogger anglais qui avec son frère Carl contribue au média anglais Angler’s Mail et possèdent une chaine Youtube pleine de fraicheur et de passion. C’est un tout jeune pêcheur que je remercie à nouveau pour son sens du partage. Egalement dans nos colonnes ce mois‐ci, Ben Ward, jeune pêcheur qui fait également du guidage de pêche en Angleterre où il est très respecté malgré son jeune âge. Il nous dévoile une de ses tactiques pour prendre de grosses brèmes en lac. Mark qui est de retour, pour nous présenter une façon un peu différente de prendre des carpes en rivière, The Sweetcorn Kid, qui quant à lui va vous rajeunir en vous présentant ses chers goujons et autres petits poissons de rivière, dans un reportage qui plairait un plus puriste des anglais. Gareth va nous présenter sa vision des choses sur les appâts pour le barbeau et Russ une pêche massive de brèmes avec très peu d’esches… Un numéro assez riche, varié, loin des pêches de carpodromes que l’on retrouvera un peu plus tard en saison, et qui je l’espère vous ravira ! Voilà donc ce numéro 4, qui sera suivi d’autres numéros, dans la même optique de gratuité et de partage . Sachez que je ne fais pas que cela dans la vie, que j’ai aussi une famille et que tout ce que je fais pour la pêche est sur mon temps libre, le soir, la nuit, quand je peux…. Cela explique un peu le temps de production d’un tel Mag, que je fais seul avec les moyens du bord sur un simple PC….mais quel plaisir quand un numéro sort et que vous le lisez…. A bientôt mes amis ! Madfred

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Il y a quelque chose plutôt rafraîchissant et vivifiant de ne pas prendre le chemin connu, au lieu de marcher sur celui qui est envahi et familier, nouveaux chemins que j’ai à présent emprunté pour mes dernières sorties de pêches, afin d’ajouter deux nouvelles zones sur deux rivières que j’avais peu pêchées dernièrement. J’ai emprunté cette nouvelle voie muni d’une seule canne, un tapis de réception, un petit sac à dos et un petit carnet pour noter mes remarques, matériel minimaliste et d’autant plus agréable pour ce petit voyage à rôder, profitant de comprendre et analyser les différentes zones sur ces cours d’eau et méandres hivernaux. Les deux voies ont une pléthore de caractéristiques alléchantes , chacune vous appelle pour essayer d’attraper quelque poisson, mais à cette occasion, la rivière était basse et claire, le gravier du fond bien visible sur de nombreux postes d’une profondeur de 30 centimètres maximum sur bien des secteurs, mais également complétés par des endroits plus profonds et des berges sauvages .

branches immergées, où la rivière était jonchée d’arbres surplombant les eaux, déversant leurs feuilles et leurs branches à intervalles réguliers sur les berges ombragées, laissant apparaitre un kaléidoscope de motifs et de couleurs tout au long de la rivière. Ce secteur semblait parfait. Un superbe ver de terre allait être immergé en quête d’un magnifique poisson, j’étais assis à côté d’un arbre creux, sirotant une tasse de café salvatrice après ces efforts. Une journée superbe, très active et intéressante,

durant laquelle j’avais furtivement croisé un renard assis dans le tronc creusé par l’âge, d’un arbre éternel, rencontre que l’on ne fait pas tous les jours et qui m’a laissé sans voix, oubliant même de prendre cet instant magique en photo ! J’étais ici pour prendre un chevesne, et je n’ ai pas été déçu, la rivière m’apportant sur un plateau de verdure un superbe poisson, en parfaite condition et qui a chèrement vendu sa peau .

Beaucoup de postes ont été analysés, où le chevesne a été particulièrement timide et pas très mordeur. J'ai finalement continué mon chemin vers une belle zone à la recherche de

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beaucoup plus large, dotée de caractéristiques similaires, un peu plus loin. Le plan de bataille étant de cibler la perche et le chevesne, j’ai apporté avec moins une quantité de pain de mie pulvérisé, mélangé à du son et auquel j’incorpore un extrait d’amande en additif . C'était un jour gris mais doux compte tenu de la période de l'année, j'avais décidé de m'installer à un endroit assez similaire à ma précédente sortie, et un montage comprenant un plomb léger et terminé par un bas de ligne esché d’un gros ver juteux était sur le fond, boosté par un amorçage léger mais suffisant, constitué d’un saupoudrage léger de mon mélange.

Ces poissons ne se laissent pas prendre facilement, ce qui rend chaque prise encore plus appréciée, aussi grâce à leur forme parfaite. Vers 15H, alors que le jour baisse vite à cette période de l’année, j’ai décidé de tenter ma chance un peu plus en aval sur une autre zone intéressante, présentant de superbes conditions naturelles sur les deux rives, mon sentiment en apercevant ce poste était

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que celui­ci avait le potentiel pour m’amener un plus beau poisson encore.

Hélas , il ne devait pas en être ainsi et la pénombre arrivant à grands pas, il était temps de prendre le chemin de la maison. Une superbe journée qui m’incitait à revenir au plus vite. Ma prochaine sortie allait se faire sur la petite sœur de cette rivière, pas


C'était un bel endroit, juste à côté du courant principal, comportant quelques racines d’arbres creux, semblant pouvoir abriter quelques perches et chevesnes, et il ne me fallu pas longtemps pour piquer ma première « zébrée », petite certes, mais la perfection en miniature, suivie d’une seconde un peu plus grande, mais toujours pas de monstre. Plus tard dans la journée j'ai commencé à remarquer des signes qui révèlent quelque chose nageant entre les racines. De petites bulles éclataient à la surface, lentement mais sûrement, de temps en temps, qui me firent penser à une brème ou une carpe. Il ne fallut pas longtemps pour que je découvre l’auteur de ces bulles, avec de petits tremblements sur le scion « Ploc ploc ploc »… suivis d’une touche subite mais brutale, le poisson gagnant immédiatement le courant, faisant chanter le moulinet équipant la canne que j’avais à présent en main, sans ferrer, tant la violence du départ m’avait glacé le sang. Vous savez, ces moments où l’on ne fait pas le fier, tentant de brider le poisson pour éviter qu’il ne se tanke dans les racines, mais où l’adrénaline vous réchauffe le bout des doigts et la nuque, lors d’un combat épique qui vous donne un sourire crispé. Après beaucoup un combat

formidable, qui m’a asséché la bouche, j’ai finalement glissé dans le filet de mon épuisette une superbe carpe commune, en parfaite conditions. Un corps musclé, superbe, sans aucune marque ou cicatrice, à la boucher dure intacte et vierge de toute piqure hormis celle de mon hameçon, ma première carpe sur cette rivière, qui m’a remplit

de joie, je vous le laisse deviner ! Après avoir récupéré de ce combat lourd sur une canne légère, et ayant deux cygnes très fougueux qui se sont installés sur le coup, j'ai pensé qu'il valait mieux le laisser se reposer et essayer un autre endroit en amont, une zone où il y avait quelques buissons situés le long de la rivière ,

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probablement de bons spots pour la perche et le chevesne. Après quelques frondes d’asticots en amont et un lancer de mon montage, l’attente reprenait, le sourire aux lèvres, fier et heureux d’avoir « fait le job ». Après un peu d'intérêt marqué par d’indésirables vairons, j'ai finalement obtenu une touche plus positive, qui allait se solder par la capture d’un superbe chevesne. On pourrait dire que ce chevesne avait l’âme d’un guerrier, il en avait d’ailleurs

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l’apparence, à cause d’un flanc amoché par un quelconque combat avec la nature ou un prédateur, présentant une blessure consécutive vraisemblablement de l’attaque d’un brochet assez récente, des signes de morsures entachaient la robe délicate de ce superbe poisson et Maitre Esox devait être d’une taille assez conséquente pour s’attaquer un tel chevesne. Malgré cela, ce dernier a combattu vaillamment, et je dois avouer que de voir cette blessure m’a donné l’idée qu’il ne serait pas idiot de

sortir mes cannes à brochet sur ce secteur de rivière, lors d’une prochaine sortie. La soirée arrivant, la température descendait et j’ai décidé de revenir sur mon premier poste que j’avais laisser reposer. Ce déplacement de nuit avait été mouvementé, et j’étais enfin assis à contemple la douce lueur de l’Isotope Drennan, avec un sentiment de contentement.


C'est peut­être l'âge ou tout simplement les isotopes en général , mais les regarder fixement pendant de longues minutes vous laisse une lumière transversale dans le fond de l’œil et apparaissent alors une multitude de touches fantomes, l’isotope commençant à me jouer des tours car il m’a semblé qu’il ait bougé très légèrement vers la gauche , puis arrêté , je me suis frotté les yeux de nouveau et bien sûr , une lumière persistante apparaissait, ce ballet a duré dix minutes avant que le scion de plie franchement vers la rivière, me faisant basculer en arrière sur mon assise, surpris par une telle touche. Un ferrage efficace fut ma réponse, et le poisson dévalait de plus belle en aval, la bobine du moulin ronronnant sous ses assauts, et j’étais quasi certain d’avoir piqué une autre carpe de rivière, comme « boostée aux stéroïdes » ! Je ne pense pas que je suis passée à la moulinette autant de fois que ce poisson voulait le faire, et j’ai finalement réussi à lui glisser l’épuisette sous les flancs, usé par le combat, les bras ballants !

C'était un gros poisson, très agressif dans sa défense, doté d’une superbe nageoire caudale. Quelques photos plus tard et après avoir bien oxygéné le poisson, cette carpe reprenait son petit bonhomme de chemin en me laissant un sentiment plutôt ravi.

De retour à la maison, je repensais à ces sessions, qui m’avaient donné une joie immense, me prouvant qu’il faut parfois se remettre en question et sortir des sentiers battus, repartir à la quête originelle de notre passion et prendre le temps d’analyser l’approche sans rester sur ses lauriers. Pensez­y, vous serez surpris du résultat !

Un petit regard dans le filet a révélé une autre commune , plus courte et plus large avec un plus gros ventre que la première.

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Salut Alex , peux­tu te présenter à un peu aux pêcheurs français qui ne te connaissent pas encore?

Internet est un formidable outil de communication qui nous réunit tous ici notamment pour ce magazine. C’est un moyen gratuit de partage et depuis quelques années, je dois dire que j’ai été surpris par le nombre de chaine Youtube, de site, de blogs, et autres forums traitant de notre passion. Certains se détachent du lot, surtout lorsque le travail fourni est très professionnel, partageant notre passion sans détour et sans chichi simplement. J’ai vu il y a quelques temps maintenant arriver Carl et Alex, deux jeunes pêcheurs anglais qui tournent des vidéos super intéressantes et passionnées. Je tenais à vous présenter aujourd’hui le plus jeune des frères, Alex, qui m’a fait le plaisir de répondre à mes questions, afin d’en savoir un peu plus sur lui et son frère. Merci Alex pour cette collaboration avec Madfred Angling le Mag’.

Salut, mon nom est Alex Smith, j’ai 14 ans. Mon frère Carl a 18 ans. Ensemble, nous faisons des vidéos de pêche que nous publions sur Youtube, non pas seulement parce que nous aimons la pêche, mais aussi parce que nous voulons inspirer plus de gens à pratiquer ce sport incroyable. Je vais à l’école Steiner dans l'East Sussex et j'étudie actuellement pour mon GCSE (NDLR : General Certificate of Secondary Education, en gros notre BEPC). Parfois, je pense que ça devient un peu juste dans la manière d’étudier, mais je suis très chanceux d'avoir la possibilité d'aller à l'école et d'apprendre beaucoup de compétences importantes dans la vie ! Carl a quitté le collège en Juillet de cette année et a maintenant un emploi à temps plein à Londres, donc nous n'avons pas autant de temps pour aller à la pêche ou faire des vidéos . Cependant, nous essayons toujours de trouver un peu de temps pour aller pêcher le week­end et filmer nos parties de pêche. Nos parents sont très compréhensifs et nous soutiennent dans cette passion, ils pensent que c'est une bonne chose que nous aimons passer notre temps libre à l'extérieur. En outre, ils nous conduisent gentiment vers les lacs ou les rivières , mais plus pour longtemps car Carl apprend à conduire !

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Quand as­tu commencé à pêcher et avec qui ? J'ai commencé à pêcher il y a environ 6 ans après avoir vu Carl attraper son premier poisson dans un petit étang sauvage , près de notre maison . A partir de là nous sommes allés à la pêche ensemble presque chaque week­end ! Aucun membre de notre famille ne pêche, et nos parents ne savent pas d’où notre amour pour la pêche vient.

Nous vous voyons depuis un certain temps sur internet, peux tu nous décrire un peu ton activité sur le web ? Comme je l'ai déjà dit , Carl et moi exploitons une chaîne sur YouTube , où nous publions les vidéos de nos aventures de pêche . En plus de cela, nous avons aussi une page Facebook sous le nom de Carl and Alex Fishing, où nous affichons régulièrement des photos , des vidéos et des mises à jour pour parler de pêche en général . La plupart des idées de vidéo nous viennent quand nous sommes à la pêche, notamment quand nous traquons les carpes et que nous avons plus de temps pour nous asseoir et réfléchir. Nous avons quelques amis que nous avons appris à connaître à travers les vidéos et nous avons fait des vidéos avec eux pour varier un peu les plaisirs. Nous essayons de tourner toute l’année, mais ce n'est tout simplement pas possible en raison de lacs gelés.

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Je crois savoir que vous collaborez avec un média anglais célèbre, Angler’s Mail. Que peux­tu nous dire de cette collaboration ? Nous écrivons de façon hebdomadaire ce que l’on appelle le « weekly tip » ou l’astuce de la semaine pour la version papier et également un blog chaque semaine pour leur site Web. Le billet de blog est normalement une sortie de pêche récente mais il nous est possible également d’y exprimer nos opinions sur la pêche, y aborder des questions diverses ou toute discussion de la pêche en général que nous voulons partager.

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As­tu des sponsors ou des partenaires qui t’aident pour ton matériel ? Malgré tout cela, nous ne sommes pas sponsorisés mais c’est volontaire. C'est parce que nous voulons rester indépendants, ce qui nous permet d'être totalement honnêtes dans nos critiques de produits, et nous permet de tous les aborder, au lieu d’être poussés à utiliser les produits d’une ou de marques précises. Nous sommes amis avec certains des gars de Nash et nous utilisons certains de leurs produits. Cependant, nous pensons que nous devons rester comme tous les autres jeunes pêcheurs et utiliser ce que nous pouvons nous permettre d’acheter. ( Je dépense mon argent de poche pour les produits de pêche ! ) Comment voyez­vous votre avenir proche à la pêche ? A plus long terme ? Tout ce que je veux faire dans la pêche, c’est de continuer à améliorer mes compétences et de connaissances et à profiter de ce merveilleux sport autant que je le fais maintenant. Je n'ai pas d'amis à l'école qui vont pêcher, ce qui est un peu inquiétant, mais ils comprennent ma passion et je pense que c'est un bon passe­temps à pratiquer ! Je pense que la pêche dite commerciale (NDLR : en fishery que nous appelons « carpodrome ») est super, surtout pour les pêcheurs moins expérimentés car il a plus de chance d'attraper pas mal de poisson. Je pense que la pêche de concours est un excellent type de pêche pour les jeunes pêcheurs à la ligne, qui permet de se sociabiliser, en ayant des pêcheurs à gauche et à droite de vous. Mais comme je l'ai dit je suis le seul pêcheur de mon école qui comporte 500 élèves, j'espère juste que les pêcheurs peuvent travailler ensemble pour inspirer la jeune génération car ils sont l'avenir du sport.

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Que penses­tu de la France comme destination de pêche ? Nous avons eu la chance de prendre des poissons en France ces deux dernières années au cours de nos vacances d’été. Dans les deux cas, de furent des vacances en famille avec nos parents, qui étaient plutôt basées sur un séjour familial en maison de vacances, plutôt que sur la traque des grosses carpes. Lors de notre première visite, nous nous sommes étions près d'une rivière magnifique où nous avons pris des barbeaux, des gardons, des rotengles et même quelques petits poissons­chat! Lors de notre deuxième visite, nous avons eu un gite près d'un petit lac, ne sachant pas vraiment ce qu'il y avait dedans. À la fin de la semaine, nous avions pris des tas de petites carpes parfaites jusqu'à environ 5 livres, qui étaient des poissons extraordinaires.

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Quelle est ta technique de pêche préférée ? Ma technique de pêche préférée est la pêche de surface. Depuis que j'ai pris ainsi ma première carpe en surface avec un biscuit pour chien, j'ai été accroché. Tout voir de l’action, le poisson monter en surface, inspecter votre esche avant de la gober, et voir sa réaction une fois piqué, j’adore ! J'aime aussi le « trotting » en rivière pour les chevesnes et vandoises (NDLR : la pêche au stick) , et la traque des carpes avec du maïs doit être près du haut de la liste !

Ton poisson favori ? Mon espèce favorite de poisson change tout le temps ! Après une séance de traque de la perche, j’aime les perches. Après une session de nuit à attendre que les carpes ne mordent, je vais préférer la carpe ! Je pense que la vérité est que j’aime absolument toutes les espèces qu’il m’est donné d’attraper en eau douce dans nos lacs, canaux et rivières ! Mon record carpe de 30 livres et 4 oz (environ 13,7 kilos) capturé l'année dernière est un poisson que je n'oublierai pas. Ayant pas tout l’été à capturer une « +20 », ce poisson massif dépassant les 30 livres est arrivé et m’a rendu très heureux ! Il y a également ce record « perche » de 3 livres, que j’ai attrapés à Tanyard Fishery sur le plan d’eau sans carpe, au spinner, qui était pour moi une prise mémorable, car je n’en ai pas reprise de plus grosse depuis !

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Texte Madfred Angling Photos A&C Smith

Merci Alex pour cet interview, pas mal de pêcheurs français suivent tes vidéos sans réellement savoir qui tu étais, donc un immense merci de t’être prêté au jeu des questions et réponses, je tiens à te remercier toi et ton frère Carl, et je te souhaite une superbe carrière halieutique, qui me parait fort bien engagée et qui restera une grande source de plaisir je l’espère, mais aussi une bonne scolarité pour étudier le métier qui te rendra heureux. Je te dis à très bientôt sur ta chaine Youtube et ailleurs sur le web. Merci mon ami !

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Carl et Alex sur http://www.anglersmail.co.uk/category/blogs/carl足alex足 am足juniors足friday/

Carl et Alex sur Facebook: https://www.facebook.com/carlandalex

Carl and Alex Fishing: http://www.carlandalexfishing.co.uk/

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Leur chaine Youtube: http://www.youtube.com/user/Carl andAlexFishing


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éparses, mais en bon britannique, ce détail ne m’effrayait guère…

Avec des pensées du résultat de ma précédente pêche à l’esprit et un sourire toujours visible illuminant mon visage, je ne pouvais penser qu’à une seule chose : revenir sur les berges de cette rivière Wallington. Lorsque je me réveille, la pénombre est encore présente, et après un bref petit­déjeuner à base de thé et de pain grillé, je quitte la maison à travers un ciel qui commence à montrer de la couleur. C’est un matin couvert dans l’ensemble, le ciel est encore un peu bleu, mais très vite envahi de masses grisâtres peu encourageantes. De la pluie était au programme, sous forme d’averses

Le chemin en voiture vers la rivière a été court , à cette heure les routes sont vides . Quand j’arrive sur les lieux, les berges semblent vides, ce qui est bon signe. Dans les premières lueurs du jour, j’assemble ma canne maladroitement, le manque de lumière me rappelle que mes yeux ne sont plus aussi précis avec le temps. L’épuisette et la canne montées, la musette de pêche par­dessus le genou, je prends le sentier sachant précisément quel sera le premier poste que je vais pêcher en premier.

étant loin d’être étanches, j’arrive les pieds trempés sur mon premier poste, un peu mal à l’aise. Une fois sur place, après avoir passé le matériel au dessus de la clôture de fil barbelé que j’enjambe avec

L'herbe était humide avec la rosée du matin et mes chaussures

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prudence pour éviter les accrocs, je commence à amorcer quelques asticots à la main, de temps à autres. Après avoir sondé le poste, je commence à laisser dériver dans le courant deux asticots blancs bien dodus, eschés sur l’hameçon terminant ma ligne de « trotting ». Je constate rapidement que le ciel gris et l’absence de soleil rendent la pêche un peu plus difficile. Alors que mon flotteur atteint la limite du courant, en fin de coulée, soudain il s’enfonce sous la surface . Ferrage…Poisson piqué ! Je sens au bout de la ligne mon premier poisson de la matinée tenter de se libérer. Alors qu’il fait surface, je crois rêver…. Il s’agit d’un superbe goujon d’une taille assez peu commune, dont j’avais sans doute piqué un de ses frères lors d’une sortie précédente, avec un sujet d’une taille quasi similaire. Plongeant mon épuisette dans l’eau, j’étais ravi de voir que je ne m’étais pas trompé ! Un superbe goujon brillant, magnifique, avec de jolies taches noires, bleues et argent ! Je tenais perfection dans ma main pendant quelques secondes et admirais ses qualités. Je l'ai mesuré

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à 6,5 pouces (un peu plus de 12cm) et pesait il à un peu moins d'une once et trois quarts (environ 55gr). Après quelques photos, j’ai relâché cette beauté un peu plus loin en aval. J’étais aux anges, un superbe poisson, dès ma première coulée ! La prochaine coulée apporte une touche rapide d’un superbe vairon qui me tombait littéralement dans la main, suivi d’un véritable banc de ses amis. Ce sont de superbes


d’émerveillement. Je ne vais certainement jamais froncer les sourcils si j’en pique à nouveau !

poissons dont j’ai pris le temps d’admirer les splendides et fascinantes couleurs de leurs flancs. C'est un poisson magnifique pour lequel les pêcheurs ne montrent pas ou peu de respect mais qui a cependant un rôle important dans le biotope et notre passion, car il a permis à des générations de pêcheurs de se faire la main sur leurs premiers coups de ligne, engendrant auprès de nos têtes blondes beaucoup de joie et

Finalement, les touches de vairon commencent à diminuer puis disparaitre, au fur et à mesure que les vaches s’approchent de la rivière. Durant la matinée, j’ai pu entendre le bruit de leur mastication, à quelques mètres de la rivière. Il est à présent temps de reprendre ma route vers mon prochain poste à vairons géants !

Ce « pool » particulier sur le poste suivant était celui où la veille, j’avais piqué une superbe vandoise, et comme à mon habitude, la première coulée m’apportait un de ces « rêves argentés » qu’est la vandoise ! Ces poissons sont justes

si beaux, si intacts, un vrai poisson de rivière vierge de toute piqure. Après une photo rapide, il retournait dans son élément un peu en aval de mon poste.

Les prochaines coulées m’apportent quelques vairons, puis après trois lancers sans touche, le flotteur

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s’enfonce finalement au 4ème lancer. De sérieux coups de têtes sur mon montage ultra fin me laissent espérer à un beau chevesne. Lorsqu’il monte en surface, le poisson provoque beaucoup trop d’éclaboussures pour que cela soit un chevesne, mais c’était plutôt une très belle truite, merveilleusement tachetée et d’une taille très respectable pour le cours d’eau. Un rapide cliché et je la remets à l’eau avec l’épuisette. L’agitation de cette prise a causé beaucoup de perturbations sur ce tronçon très tranquille de la rivière, et peu de temps après cette magnifique truite, je déménageais vers mon dernier poste, sur lequel j’avais pris un « gobio gobio » la veille. Avec un goujon déjà piqué aujourd’hui, je n’ai aucune pression

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pour en attraper un autre, tout heureux d’y être parvenu, et la beauté de cette rivière, comme pour beaucoup d’autres d’ailleurs, c’est que vous ne savez jamais ce que vous allez piquer, et quand…. La première coulée est infructueuse, mais le prochain poisson est une superbe perche d’automne, et les trois coulées suivantes m’apportent deux goujons de 40 gr environ et un bébé truite. Plus de vairons piqués, mais une autre perche et une belle branche sont capturées dans la prochaine

demi­heure, et je me demande si je dois me rendre sur un autre poste, pour les deux dernières heures de pêche, en quête de mes gros goujons. Content de mon score du


matin, avec de superbes prises, je décide de consacrer le reste de la matinée à découvrir d’autres postes en me rendant sur Southwick pool, un trou profond qui détient chevesnes , perches et carpes, ainsi que des espèces plus petites mais aussi sur le Rickety Bridge (pont délabré, littéralement) ,mais là c'était trop envahi pour

réellement pêcher . En arrivant sur le pool, il a commencé à pleuvoir. Je suis assis sur un ponton, dépassant des roseaux de la berge, sur un coup d’1m50 de fond environ. Deux asticots blancs sur l’hameçon, et un amorçage constant d’une douzaine d’asticots toutes les deux minutes,

je reste assis sans touche pendant 30 minutes, dans l’humidité, contemplant l’aval de la rivière. Les berges très encombrées de cette dernière m’obligeront à marcher sur le lit de cailloux sur les endroits les moins profonds pour me déplacer sur un autre secteur et découvrir d’autres spots.

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aux alentours, rien de plus profond n’était exploitable. J’y prenais néanmoins un gardon honorable.

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Le premier spot sur lequel j’arrive mesure 2.50m de long par 1.5m de large au maximum, l’eau court sur les bas­fonds, formant une écume en atteignant l’eau plus lente du pool, et bien que semblant inerte, le courant poussait assez pour déplacer le flotteur rapidement. Ce micro bassin était profond de 35cm maximum, et malgré une recherche

Je n’ai pris qu’un seul gardon sur ce spot, mais un autre bassin un peu plus profond m’attendait une vingtaine de mètres en aval, où j’allais piquer une demi­douzaine de beaux gardons aux nageoires parfaites, très bagarreurs, et me donnant beaucoup de plaisir. Viennent également s’ajouter deux petits goujons, me donnant également le sourire. Juste en aval de ce poste, je trouvais quelque chose que je n’ai pas vu depuis longtemps : un pneu attaché à une corde, vestige d’une balançoire improvisée par quelque enfant en quête de sensations et d’amusement. Je me souviens me balançant au dessus d’une rivière sur un jeu similaire, dans le New Forest quand j'étais enfant, et voyant cela, des souvenirs merveilleux refont surface dans mon esprit. Le dernier pool de la matinée était rempli de vairons, mais j’ai également pu y prendre une paire de perches. C’est drôle, mais j’ai toujours pris les perches sur les pools où se trouvaient ses vairons.

Coïncidence ? Pas tant que cela quand on réfléchit bien. Sur la fin de journée, le bilan est vraiment sympathique, et les résultats vraiment corrects. Au cours de cette seconde journée sur la rivière, à la recherche de mes minis­ records, je n’ai pas piqué de gros chevesnes ou autres records plus familiers pour les autres pêcheurs. Mais ce que je n'ai pas trouvé était un monde d'émerveillement et beaucoup de plaisir. C’est la partie de pêche la plus sauvage et paisible que j’ai pu rencontrer, située au milieu d’une belle campagne intacte et préservée, abritant les poissons les plus beaux que j’ai pu prendre sur nos îles. Des poissons sauvages, magnifiques ! Que pourrait­on demander de plus?

(Textes et photos The Sweetcorn Kid)


Stuart Harris est "The Sweetcorn Kid", autrement dit le gamin au maïs doux. Stuart erst un pêcheur traditionnaliste anglais qui se qualifie d'indécis, car il ne sait jamais où il va pêcher la semaine suivante, laissant libre court à ses envies et ses instints. Il est animé d'une fraicheur et d'un exprit vagabondeur que l'on retrouve dans son blog qu'il écrit avec passion et talent. Un blog empreint d'un esprit de jeunesse et de passion, de partage et de simplicité, tant dans ses techniques que dans son approche de la pêche, qui a su garder une fraicheur d'une jeunesse qui nous fuit chacun chaque jour un peu plus mais que l'on se veut garder, pour toujours regarder la rivière avec les mêmes yeux de gamins, attendant chaque touche comme la première. The Sweetcorn kid, c'est http://thesweetcornkid.blogspot.fr/

ici

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Merci Mille fois Stuart pour ton partage et ta gentillesse !

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La pêche des brèmes-spécimens est une approche un peu inconnue de nos jours. De nombreux pêcheurs à la ligne n’ont même jamais envisagé de tenter des les attraper. Avec un intérêt croissant dans la pêche des carpes, qui semblent surgir de partout, il est peu étonnant que la brème soit souvent négligée. La brème est considéré comme un poisson nuisible et gluant, n’ayant aucune capacité à combattre et je peux comprendre cette idée fausse, surtout pour les carpistes utilisant des cannes de 3 livres, tout poisson autre que la carpe ne donnera pas un combat très marquant. Les brèmes, quand on utilise un matériel adéquat, peuvent donner une très belle bagarre et la vue d’un spécimen gros comme un couvercle de poubelle dans votre

épuisette est impressionnante, c’est le moins que l’on puisse dire. Il ya un certain nombre de pêcheurs qui ont tiré pleinement parti de cela, moi y compris. J'avais parlé à un autre pêcheur sur Facebook sur divers sujets de pêche et il m'a interrogé sur mon coaching et mes activités de pêche actuelles. Après une conversation en profondeur, ce pêcheur de brochets m'a demandé si je pouvais l'aider à développer ses connaissances sur la pêche de la carpe et de la brème, car cela l’intéressait. Ce fut une excellente occasion de montrer à un autre pêcheur comment la brème peut être impressionnante, et rendezvous était inscrite au stylo dans notre agenda pour une session visant les plus grosses brèmes. Deux semaines avant cet événement, je marchais autour du lac chaque soir. Je crois que c'est vraiment important de prendre le temps d'étudier l'eau avant votre pêche si vous le pouvez car il vous aide à avoir une meilleure compréhension des mouvements de poissons que vous visez. Le premier soir,

j'ai repéré quelques poissons sur un secteur où je pensais qu'elles pourraient se trouver. Brèmes et tanches étaient sur le coup. Après deux autres soirées, les poissons étaient encore là et j'ai pensé qu'il serait approprié d'introduire une petite quantité d'appâts en amorçage, lors de la quatrième soirée, pour tenter de garder le poisson présent. Les promenades ont ensuite continué et l'amorçage était effectué toutes les trois soirées. Ce type de planification et de préparation peut faire toute la différence, surtout si vous avez peu de temps pour votre séance de pêche réelle. Le soir avant la séance prévue je me suis assis face au coup et j’ai assisté au marsouinage de nombreuses tanches et brèmes qui paradaient dans toute leur gloire. Cela m’a fait me sentir à l'aise par rapport au choix de poste et m’a confirmé que nous pouvions passer les 3 nuits prévues de cette session sur cette berge. Le matin de la session arrive bientôt et il ne fallut pas longtemps avant que mon coéquipier ne s’arrête devant ma maison avec un large sourire illuminant son visage, plein d'enthousiasme. Après une poignée de main et un thé rapide, nous sommes partis en direction du poste. Une fois arrivés sur le parking, nous déchargeons rapidement la voiture, chargeons les chariots et marchons rapidement vers notre poste, impatients ! Après avoir dit à mon client que j'avais été voir le poisson, j'ai senti en lui un signe de soulagement et de l'enthousiasme car il

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savait que nous étions au bon endroit. Sans hésiter, nous avons mis en place la des bivies et rendu le poste le plus confortable possible pour cette superbe session qui s’annonce. La bouilloire est bientôt en ébullition et un breuvage était plus que bienvenu. Nous avons alors commencé à réfléchir à ce quelle esche nous allions employer sur l’hameçon, et aussi là où les trois marqueurs doivent être placés. Le résultat de cette réflexion était que nous allions placer nos marqueurs à trois distances différentes pour tenter de localiser la distance où le poisson patrouillait. Nous avons décidé de placer un marqueur à 55 mètres, un à 70 et un à 1 00m. J'allais pêcher à 55 et 1 00 mètres et mon client était heureux de pêcher à 70 mètres. Cela couvrait toutes

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les distances où j’avais vu marsouiner le poisson. Mes amorçages nocturnes avaient été réalisés à 70 mètres et les autres marqueurs allaient être placés en fonction des zones de remontée des poissons lors de ces amorçages. Le choix de l’eschage a été difficile ! Nous savons tous que la brème se nourrit d’un peu de tout, et nous avons décidé d’aborder la première nuit avec 2 miches de pain, des pellets, du chènevis et des asticots. Nous avons commencé à préparer les esches que nous allions déposer en bateau et

disposer les marqueurs. Pour commencer, nous mettons les deux miches de pain dans un seau et ajoutons de l'eau du lac, jusqu'à obtenir une pâtée humide. C'est là que les pellets entrent en jeu : nous vidons un sac d’un kilo de pellets de 4mm et un kilo de 8mm dans ce seau. Ceux-ci absorbent l’excès d'eau du pain et donnent de la cohérence pour faire une pâte. Le chènevis et les asticots seraient ensuite mélangés et laissés à reposer pendant 5 heures. Pendant ce laps de temps, nous finissions notre installation et il était temps d’aborder ce que nous allions accrocher à l’hameçon pour prendre ces brèmes. Après avoir pris en compte les nombreux herbiers sur les coups, la présence en masse des écrevisses, nous pensions que les appâts artificiels étaient la meilleure option étant donné que les cannes allaient rester un bon moment en place et qu’il fallait absolument garder une esche à l’hameçon de façon sûre. Nous voulions employer une esche en adéquation avec notre amorçage, et l'appât principal allait être un grain de maïs doux et des casters tous deux artificiels de la firme Bait Logic. Comme la brème possède un odorat assez développé pour trouver les produits qui lui plaisent, et que nous allions pêcher de longues heures dans l’obscurité, nous avons opté pour un additif artificiel pour booster nos esches artificielles. Les montages étaient quelque chose où nous sommes beaucoup allés dans les détails, et sur lesquels nous avons discuté en profondeur. Comme mon partenaire


n’avait pas encore pêché les brèmes ou les carpes de cette manière, j’ai pris le temps de lui décrire l’utilisation et l’emploi de chaque composant du montage que nous allions employer, en lui présentant 4 montages pour maïs artificiel équilibré, caster artificiel équilibré, montage coulant standard et chodrig. Après discussion, je lui ai montré comment les faire et il semblait confiant pour les utiliser dans sa propre pêche. Après être tombés d’accord, nous allons utiliser le

montage maïs artificiel équilibré qui semblait le plus approprié. Beaucoup de pêcheurs ne prennent pas le concept d’esche équilibrée en considération, alors qu'en réalité, il a fait une augmentation de mon taux de prises. Sa mise en place sur le fond se fait plus lentement, se comportant un peu comme l’amorçage lors de la descente dans la couche d’eau mais aussi lorsque le poisson l’engame. Une esche équilibrée est une esche flottante, maintenue à une hauteur du fond choisie, en pinçant un

lest sur le bas de ligne, bien souvent un plomb fendu classique, esche offrant un minimum de résistance quand le poisson s’en saisit. Ce mode d’eschage est parfait pour les fonds dur, mais pas seulement, et l’esche réagit à chaque mouvement d’eau. Je trouve qu'il donne un énorme avantage sur les autres pêcheurs qui n'emploient pas cette tactique. La dissimulation du montage est un point crucial pour moi, ce qui explique mon utilisation du fluorocarbone dans le montage de « leaders » ou parties renforcées sur le bas des corps de ligne, un peu comme le leadcore cher aux carpistes, mais radicalement opposé en matière de dissimulation. J’emploie le fluoro Fox Illusion 1 2lbs que je redresse à la vapeur pour le rendre bien linéaire et empêcher qu’il garde l’effet ressort du au bobinage. Du « Putty » est également utilisé ! (pâte plomb molle qui se moule pour plaquer au fond). J'utilise le noeud d'Albright pour raccorder le corps de ligne de 8 lbs à ce leader. Le Putty couvre non seulement le nœud mais il aide à éviter de ramener dans ce dernier une multitude de débris et de mauvaises herbes, mais aussi à bien plaquer le leader et le maintenir sur le fond. Nous avons décidé d'employer des cannes de 1 .5 et 2 livres, pour atteindre les distances de pêche. Ce type de cannes permet de lancer aisément les montages jusqu’aux marqueurs des postes, mais aussi de travailler aisément les brèmes que nous

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recherchons, sans excès de puissance. Après avoir placé les montages sur chaque zone amorcée, il est à présent temps de s'asseoir et d’attendre, scrutant en permanence la surface de l'eau pour d’éventuels signes de poissons. Je ne m'attendais pas à beaucoup d'action la première nuit, l’amorçage assez fort incitant les poissons à rester sur le fond et à s’y nourrir. Souvent avec la brème, l’action commence vraiment la deuxième nuit. Nous avons eu quelques secousses dans la nuit et le jour suivant, nous avons discuté de la

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façon dont nous pourrions aborder notre deuxième nuit. J'étais convaincu que nous avions gagné l'intérêt de la brème et je ne doute pas qu'elles seraient de retour comme l'obscurité approchait. Nous avons convenu que nous allions compléter les zones amorcées et utiliser la même approche que la veille. Comme le soleil a glissé derrière les arbres et la lune s'est élevée dans le ciel de la nuit, j'ai commencé à ressentir des picotements, type de sentiment que vous ne pouvez pas expliquer, mais que vous ressentez lorsque

quelque chose est sur le point de se produire. Il ne fallut pas longtemps avant que nous avons commencé à avoir une certaine action. J'ai eu la chance d'avoir la première vraie touche, marquée sur une canne courbée sous la traction du poisson, que j’ai prise en main sur un ferrage souple, entrant en contact avec notre premier poisson. Le matériel léger travaillait à merveille et avec 1 1 livres et 1 4 oz ( ), c’était un bon début qui s’est conforté quelques instants plus tard lorsque mon client a pris son record personnel, un poisson de 1 0 livres et 1 oz ( ), sur un montage équilibré placé à 60 mètres. J'ai ensuite pris i un autre poisson de 1 5 libres 04oz à environ 02h30, donc c'était une bonne séance pour nous deux. Après mon deuxième poisson, je savais que j'avais besoin d'introduire un peu plus d’esches sur le coup pour garder les poissons présents, alors j'ai attendu une demi-heure pour voir si une autre touche arrivait. En l’absence d’action, j’ai lancé 8 spods d’asticots et de pellets sur le coup, et il n’a pas fallu longtemps pour enregistrer une nouvelle touche. Ce fut un poisson un peu plus petit, mais il passait quand même les 1 0 livres et j’étais ravi ! Après cette série de poisson impressionnante, j’ai à nouveau lancé 8 autres spods pour recharger le coup, il était alors 03h50 lorsque nous avons décidé que nous ferions mieux de dormir pendant quelques heures, car nous n’avions pas encore fermé l’œil et la fatigue se faisait


ressentir après cette grosse activité pour garder les poissons sur le coup et les capturer. Nos prises cette nuit là ont toutes été enregistrées sur des montages terminés par un grain de maïs équilibré, sur un hameçon 8 FOX SSBP. Avec l’aide de l’aligneur Ligna de chez Fox, tous les poissons ont été piqués de façon optimale dans la lèvre inférieure, les hameçons ainsi piqués ne bougent pas et offrent une sécurité maximale. La nuit suivante n’a malheureusement pas été aussi réussie, car nous n’avons pas pris plus de poissons, bien que des signes d’activité trahissent leur présence, signes qui nous gardaient confiants. Nous arrivions à présent sur la fin de notre session, et lorsque

nous nous sommes réveillés le vendredi, nous avions tous deux pris deux poissons, dont le record personnel de mon ami. Nos résultats étaient satisfaisant, il est rare de prendre énormément de poissons sur ce type de pêche, mais nous avions pris ceux que nous voulions vraiment attraper et nous avons décidé d'organiser une autre session à la fin Août . Avec une approche adaptée et équilibrée, un peu de réflexion et de préparation, la pêche des brèmes-spécimens peut d’avérer être un grand plaisir, et la prise d’un poisson trophée est gratifiante. Les grands sourires sur nos visages racontent eux-mêmes l’histoire et en regardant le cadre impressionnant de la prise

des ces grosses brèmes, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi. La prochaine fois que vous allez à la pêche, pourquoi ne pas tenter vous-même la prise d’une brème record ?

(Textes et photos Ben Ward)

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LE M O N TAG E D U B AS D E LI G N E E QU I LI B RE

Étape 1 - Coupez un morceau de 30cm de tresse gainée de la bobine et enlevez le gainage sur 1 5 cm environ. Nouez une simple boucle en 8 sur la fin, pour le cheveu. Fixez sur ce cheveu les 3 grands de maïs artificiels Enterprise bloquée par un arrêt d'esches.

Etape 2 - Remonter ensuite une gaine de plastique que Etape 3 - Fixez l'hameçon sur le bas de ligne au moyen d'un noeud sans noeud vous placez sur la tresse, au niveau du haut de la hampe de l'hameçon, pour placer correctement l'esche et régler la distance cheveu-appâts.

Etape 4 - Remontez au niveau de l'hameçon l'aligneur Etape 5 - Nouez une boucle en 8 sur le haut du bas de Ligna, permettant de bien aligner le montage et favoriser ligne, où l'on fixera le corps de ligne au moyen d'un l'engamage. émerillon à agrafe ou un quick link.

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Etape 6 - Placez du Putty ou pâte plombée sur le noeud en 8, pour bien plaquer le montage au fond. Le plomb servant à régler la hauteur de flottaison de l'esche sera ajoutée selon la hauteur de pêche, ici pour le reportage, l'esche étant décollée de toute la longueur du bas de ligne, à cause des herbiers omniprésents.


1 5 lbs 4 oz, un peu plus de 7 kilos....

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Suite à mon précédent article sur mon approche globale de la pêche du barbeau, je vais ici approfondir l’aspect des appâts que j’utilise pour sélectionner ce poisson fabuleux. Il est clair que le barbeau est un poisson omnivore et opportuniste, il va manger presque tout ce qu’il trouve sur son chemin et même a des tendances carnassières. On voit de nombreux témoignages de poissons pris sur des leurres souples. Mais en générale, quand on regarde la façon que la plupart des pêcheurs abordent les rivières en France, on voit que la grande majorité emploie soit la technique du feeder/quiver, soit celle de la carpe en batterie. Je constate également que les deux groupes touchent régulièrement du barbeau. Malheureusement les pêcheurs au quiver se font régulièrement cassés, et en ce qui concerne les carpistes, il s’agit d’un poisson nuisible. Revenons donc, à une pêche au feeder et l’approche classique. Souvent le fait de prendre un barbeau est un simple bonus, car le barbeau qui va monter sur un coup et un montage aux asticots, aux gozzers, ou aux casters a toutes les chances d’être pris. Mais souvent les plus beaux sujets vont arriver à s’échapper. Mais est-ce c’est une fatalité de perdre plus de poissons qu’on touche? Peut-t-on faire plus de poissons avec d’autres méthodes ? Peut-on sélectionner le barbeau comme on

sélectionne la carpe ? Je pense que la clé tourne autours des appâts qu’on emploie ainsi que la solidité du matériel de pêche. J’ai déjà parlé du matériel la dernière fois, regardons de plus près cette fois les appâts que j’emploie pour la traque du barbeau. Le fil conducteur de tous ces appâts, en dehors de leur attractivité intense, est le fait qu’ils doivent être assez sélectifs pour les gros poissons et dissuasifs pour les plus petits poissons comme le gardon et la brème. On veut cibler une espèce en particulier il est important donc, d’essayer d’éviter les autres.

Pellets :

Je pense que , sans aucun doute, le pellet reste l’appât le plus polyvalent qu’il soit. Avec cette esche dans son arsenal on a une multitude de possibilités. C’est un appât assez bon marché qu’on trouve dans toutes les boutiques de pêche. Il est vendu en toute sorte de tailles de 2mm à plus de 20mm et de variétés des plus riches en huiles « type

halibut », au moins gras « type carpe ». Je pense que si j’étais limité à un seul appât, ce serait sans aucun conteste des pellets. Sa première grande qualité est son attraction sur les poissons. Ce n’est pas surprenant car on parle ici d‘un aliment spécialement conçu pour nourrir les poissons d’élevage. Mais son attraction est tout aussi puissante sur des poissons sauvages. Tous les poissons l’adorent du petit gardon au plus grand silure. Pour nous, pêcheurs de barbeau, c’est un élément essentiel ; autant dans notre amorce qu’en tant qu’esche de premier choix. Je vois beaucoup de pêcheurs incorporer des pellets dans leurs amorçages, mais assez peu l’utiliser sur l’hameçon. Peut être parce que les pellets sont durs, bien qu’il existe des produits mous pour la pêche au coup. Pour les escher à mon sens il faut absolument le monter sur un cheveu. Pour se faire, j’utilise l’une de deux méthodes : l’élastique ou « bait band » , ou le pellet

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percé monté sur le cheveu. On en trouve des pré-percés, mais on peut les faire soit même avec un petit foret. Même si je suis plutôt favorable aux grosses esches, je prends avec moi sur le lieu de pêche des pellets de 1 2mm à 20mm dans mon sac à esche. Si la population de blancs n’est pas trop dense je peux tenter un plus petit appât, car cela peut parfois faire la différence. Dans tous les cas de figures, je démarre presque toujours ma pêche avec au moins une canne eschée au(x) pellet(s). Ma préférence se porte quand même sur les pellets pré-percés ‘Red Halibut’ en 1 6mm qu’on trouve dans des boutiques de pêche comme « Terres et Eaux ». Je pense que leur efficacité redoutable tient d’une diffusion et d’une dissolution rapide dans l’eau. Le fait d’employer plusieurs tailles différentes donne des temps de dissolution différents plus ou moins longs. Bouillettes :

La bouillette a provoqué une révolution dans le monde de la carpe lors de sa conception dans les années 70 en Angleterre. Je me souviens d’en avoir fabriquée en 1 980 à partir de pâté pour chat ‘Kit- e- Kat’, mais les toutes premières billes commerciales ont été lancées par Richworth en 1 983. Depuis on a vu apparaitre une véritable pléthore de bouillettes de toutes sortes et de toutes tailles et avec des milliers de parfums. Depuis quelques années, associées aux pellets, les bouillettes ont eu le même effet

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sur le monde du barbeau. Tout simplement, les barbeaux les adorent ! L’avantage immédiat des bouillettes est leur coté sélectif. Les petits poissons ne peuvent pas les prendre, mais plus important encore ils ont beaucoup de mal à les grignoter, donc le montage reste pêchant beaucoup plus longtemps, jusqu'à ce que notre proie trouve

notre bouillette. Le fait qu’elles soient déclinées en plusieurs diamètres augmente leur polyvalence. Pour le barbeau je me sers la plupart du temps de 1 5 mm mais je n’hésite pas à escher du 20mm ou plus si les autres espèces comme les brèmes deviennent trop envahissantes. J’ai une nette préférence pour les bouillettes


à base de farine de poisson ou aux épices. Mon choix en ce moment se porte sur les Quest Baits Special Crab, Absolute Seafood, et Rahja Spice. Elles diffusent leur attraction lentement dans l’eau, créant ainsi un signal olfactif puissant. Je connais bien leur concepteur, Shaun Harrison et je lui fais entière confiance. J’ajoute que je ne suis pas sponsorisé par la marque, je les achète, comme tout le monde. Ces bouillettes Quest Baits me donnent entières satisfaction, et sont d’excellente qualité, mais plus important elles font du poisson. Sur les quatre rivières où j’ai pêché cette année elles ont pris du poisson partout. Mieux encore elles m’ont permis de capturer mes plus beaux sujets avec plusieurs sujets de plus de 4kg (voire jusqu’à presque 5kg). D’autres marques de qualités sont également efficaces citons : Starbaits Hot Demon et SK30 et Dynamite Baits Sardine et Anchovy. Tout comme les pellets, les bouillettes font une partie intégrante de mon amorçage aussi. Je dose mon bac d’amorce avec des bouillettes écrasées dans le Krusha Korda. Ca marque bien l’amorce et libère des morceaux de tailles différents dans l’eau. Ainsi avec juste deux ou trois poignées de billes je peux garder les poissons sur le coup plus longtemps. Finalement j’amorce également à la fronde afin de laisser une empreinte sur le coup. Le poisson va trouver des appâts semblables à mon esche et ca pourrait le mettre en confiance pour prendre mon montage.

Mise à part les pellets et les bouillettes, qui constituent mes appâts de choix 90% du temps, il y est néanmoins intéressant de garder sous le coude les appâts plus traditionnels qu’on utilise outre-manche. Si les deux premiers ont fait une véritable révolution parmi les pêcheurs de barbeaux anglais, un grand nombre emploie des appâts plus

exemple au porc fumé ou à l’ail. Une fois la boite ouverte, on peut simplement le couper en cube pour amorcer et escher. Haché et ajouté à une amorce pendant la période d’été il fait un bon alternatif aux pellets. Une autre astuce est de le parfumer les dés au curry ou au paprika et puis de le congeler. Le parfum des épices sera ainsi absorber par la viande. L’une des techniques efficaces est de pêcher canne à la main avec une ligne peu lestée, 20g ou 30g. On laisse ainsi le morceau de pâté rouler le long du fond dans le courant. On peut de cette façon prospecter assez

classiques. Le Pâté de Jambon (Luncheon Meat) :

Vendu en boite de conserve ce pâté de porc, gras et odorant est arrivé en Europe pendant la deuxième guerre mondiale, apporté par les troupes américaines, la marque emblématique est le SPAM. C’est un excellent appât pour le barbeau, mais également pour le chevesne et la carpe. La marque la plus répandue en France est Tulip. En Angleterre on trouve de nombreuses variantes au pâté nature, par

rapidement un poste pour voir s’il y a un poisson ou deux en résidence. Chènevis :

Voici une graine qui est vraiment exceptionnelle. Je m’en sers librement dans mes amorces, et en amorçage avec un ‘baitdropper’. C’est un appât qui, par sa petite

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taille, peut fixer le poisson sur le coup pendant longtemps. Une fois cuit, je me sers du jus de cuisson pour mouiller mon amorce et mes pellets. A mon avis ça donne un super coup de fouet à un bac, le rendant plus attractif qu’une amorce mouillée simplement avec de l’eau de rivière. Une autre astuce et de tremper ses bouillettes dans ce jus également afin de rehausser leur attraction et leur diffusion dans l’eau. A mon idée l’usage du chènevis est indispensable à une pêche du barbeau durant l’été.

Casters:

Plus attractifs encore que les asticots les ‘casters’ sont de véritables aimants à poisson. Le gros souci est d’en trouver de qualité et en quantité suffisante, quitte à les faire soi-même. Associés au chènevis et amorcés au

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baitdropper, ils peuvent s’avérer être une arme redoutable d’efficacité. Pour un maximum d’effet, il faut quand même amorcer préalablement avec une bonne quantité d’appâts et puis d’attendre que le poisson rentre. Pour les escher, une bonne astuce est de se servir de casters en caoutchouc. Les Drennan sont très réalistes. Un alternatif est d’escher un caster en caoutchouc sur un cheveu et ensuite d’y coller de véritables appâts avec de la Superglue.

Asticots :

Ce qui est clair, c’est que le barbeau mange de tout. On va le faire avec des asticots, mais pour moi c’est un appât qui ne sélectionne pas. On peut pêcher tout ; du goujon aux silures avec des asticots. Ceci dit, il y a des moments quand ces appâts peuvent vraiment faire la différence. Pour être honnête, je me sers très peu de ces larves, simplement à cause de ce manque de sélectivité. Déjà l’omniprésence des brèmes dans nos rivières peut rendre la


pêche même aux pellets, problématique, aux asticots on réduit nettement ses chances de faire un barbeau. Pâte d’Enrobage :

Quand la température de l’eau commence à chuter, une technique qui a bien porter ses fruits pour moi est l’usage de pâte d’enrobage. Je commence par gratter la surface d’une bouillette avec mon ongle afin de lui donner une surface moins lisse. Ensuite je prends

une bonne noix de pâte et je la forme autour de la bille. Ca donne une grosse bouchée de la taille d’une olive. La pâte se dissout dans l’eau lentement, libérant ainsi son attraction. Depuis le début de l’automne j’ai eu des touches très rapidement avec cette technique, des fois en moins de 1 0 minutes. Les pâtes de Quest Baits, comme leurs bouillettes, sortent du lot. Elles sont très efficaces et collent bien à la bouillette, même après 30 ou 40 minutes d’immersion. J’ai essayé d’autres marques, mais aucune ne m’a donné d’entière satisfaction avant d’essayer les Quest.

qu’essentielle pour la réussite, serait nettement moins efficace si elle n’était pas associée à une amorce hautement attractive pour le poisson. Depuis deux ans j’ai quelque peu affiné mes amorces, essayant pas mal de formules afin de trouver un mélange qui diffuse bien et qui

Amorces :

Finalement, je voudrais parler de l’amorce elle-même. Une bonne esche, bien

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Pour faire 1 0kg d’amorce je mélange : • 5kg d’Amorce Feeder Wielco • 2kg de Farine de poisson (Thon, Sardine, Saumon ou Krill) • 3kg de mini pellets Halibut (1 mm ou 2mm) Une fois le bac mouillé j’ajoute quelques poignées de pellets de tailles différentes (de 3mm à 8mm), du chènevis et des bouilliettes passées au Krusha. Comme j’ai dit plus haut le jus de chènevis est excellent pour humecter l’amorce, mais j’ajoute parfois du foie liquide ou en été de l’huile de poisson.

reste dans la cage suffisamment longtemps pour attirer les poissons sur le coup. Au début, je me contentais de simplement mouiller des pellets, de tailles différentes. Coté attraction, ca marchait bien, mais je me rendais compte que souvent, même après une heure d’immersion, je remontais la cage encore pleine. Les pellets semblaient absorber plus d’eau pour former comme du ciment dans la cage. Ce que je recherchais en fait, était un mélange qui ne se vidait pas

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instantanément de la cage mais qui restait intacte 30 minutes à une heure, en se dissolvant lentement. Je voulais une amorce qui libérait un bon flux d’attraction dans l’eau, au fur et à mesure qu’elle se désagrégeait. Pour arriver à un mélange qui me convenait, j’ai associé une amorce feeder standard avec de la farine de poisson (thon, sardine, saumon etc), et des mini halibuts.

Voici donc, les appâts que j’utilise avec succès pour le barbeau depuis deux ans. Pour certains c’est une approche de carpiste. Je l’assume, j’ai quand même pêché la carpe pendant plus de 35 ans. Ces techniques sont en quelque sorte la fusion d’une pêche au feeder classique et une pêche de carpe en batterie. Comme beaucoup de techniques il faut y croire. On ne le fait pas à qu’à moitié. Il y a pas mal d’intérêt autour de cette espèce très combative. Alors essayez les appâts dont je vous parle. Je pense que vous serez surpris du nombre de barbeaux qu’on a dans nos rivières, surtout dans le carré nord-est de l’Hexagone. Tight Lines Gareth


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danger, jusqu’à ce que la nuit complète tombe, pour revenir ensuite sur les postes déserts (car non pêchables la nuit au coup), et d’y jouer les aspirateurs de service. Pour la pêche d’aujourd’hui, j’ai prévu une Pint de micro-pellets, un sachet d’amorce et quelques expansés de 6mm pour l’eschage. Beaucoup de pêcheurs pensent à tort qu’il est impossible de garder un énorme banc de brèmes sur le coup avec de telles quantités d’esches, pendant une longue période – la durée de la pêche- mais j’espère que j’arriverai à vous démontrer combien une tactique d’amorçage light peut être efficace.

Russ Evans prend mon défi très au sérieuxZ.Prendre 1 00 livres de poisson, autres que des carpes en hiver (« Anything but Carp ») et prouve qu’il est possible de prendre plus de 1 00 livres de « baveuses » sur une petite quantité d’esches ! Burry Hill Fishery est l’un des lieux les plus célèbres au Royaume-Uni quand il s’agit de carpes. Ce vieux lac de 200 ans d’âge est célèbre parce qu’il abrite de vieilles carpes sages, et c’est sans doute le dernier lieu que vous choisiriez pour le challenge que m’a posé Madfred pour son magazine en ligne Madfred Angling le Mag 4’ ! J’ai géré le magasin de pêche ci à Bury Hill pendant 5 ans, et je sais qu’il y a bien plus dans ce lac de 72 postes que des carpes. C’est même selon moins l’un des meilleurs plans d’eau à brèmes du pays, et bon nombre de compétition se sont régulièrement gagnées avec plus de 1 00 livres de brèmes, dont certains spécimens dépassent les 1 0 livres pièce ! En dépit d'être présentes en grand nombre, elles ne se laissent pas leurrer aussi facilement que l’on peut le croire, et une approche très juste et précise est indispensable, vous pourriez être berné en pensant que ce défi est si simple à surmonter.

N’EMPILEZ PAS LES ESCHES : Contrairement à la majorité des lieux où on les pêche, les brèmes de Bury Hill Fishery semblent détester les « empilages » d’esches, donc, si vous aviez prévu d’amorcer en quantité, autant jeter l’amorce au pied des arbres derrière vous, car vous ne prendrez pas plus de poissons ainsi, c’est même le contraire ! Les brèmes semblent associer les amorçages massifs comme signe de

GARDEZ LES CHOSES SIMPLES : Prendre des brèmes est au final assez simples, et l’erreur faite par la plupart des pêcheurs est de compliquer à outrance la tactique. Les brèmes aiment se nourrir sur les hauts-fonds, aussi je décide de ne pêcher qu’un seul coup. Si j’en avais pêché deux, il aurait fallu diviser le banc en deux, et bien souvent, en résulte la présence de deux bancs de taille différente, et le plus petit des deux va s’effrayer beaucoup plus facilement, ce qui est très néfaste. Après un sondage très précis de mon poste de pêche, je remarque que la partie la plus profonde se trouve environ à 1 3 mètres sur ma droite, où j’ai 7 pieds d’eau environ, et c’est cet endroit que je vais cibler. 45


UN AMORCAGE LIGHT EST LE MEILLEUR : Pour commencer la partie, j’ai posé sur mon coup une seule boule d’amorce de la taille d’une balle de golf avec quelques micros pellets, juste pour créer un peu d’intérêt pour le poisson sans le perturber. Une telle approche positive n’est possible bien entendu que sur les coins de pêche où la densité de poisson est forte et

localisée. Les coins amorcés fréquemment seront privilégiés, et bien sur, les plans d’eau où les carpes sont souvent amorcées avec des pellets. Après cet amorçage initial, j’espère garder le poisson avec un rappel très régulier composé de micro-pellets mais aussi de quelques petites boulettes d’amorce surmouillée déposées à la coupelle de scion après chaque poisson. « LES BREMES SE NOURRISSENT BIEN PLUS EN CONFIANCE AVEC DES PELLETS GONFLES A L’EAU » Etant donné qu’en général les brèmes laissent les coups sur-amorcés en paix toute la journée, pour y revenir la nuit, les pellets d’amorçages seront plus efficaces pour ma part, en les détrempant. Pour se faire, mes pellets sont simplement une pinte de micros de 2 mm mis à tremper la veille et qui donneront deux Pintes de pellets mouillés. La brème va donc se nourrir beaucoup plus en confiance avec des granulés gonflés vraiment doux , comment ceux qu’elle laisse volontairement sur le fond quand elle associe l’amorçage au danger, ce qui rend les granulés encore plus digeste pour elle. Après une période de 1 5 minutes sans touche, je remarque que mon coup commence à pétiller, un signe évident de la brème sont arrivées. Comme prévu, quelques minutes plus tard, mon flotteur

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glisse sous la surface et annonce le début d’un combat lent mais sûr de la part de ma première brème de la journée. Contrairement à la plupart des pêcheurs qui tirent relativement fort sur leur kit, je prends au contraire mon temps pour mettre au sec ce premier poisson. En replaçant ma ligne sur le coup, je profite pour effectuer un rappel léger au moyen de ma coupelle de scion, avant de descendre sur mon coup un pellet expansé de 6mm esché sur l’hameçon, trainant à présent de 1 0cm environ sur le fond. Le flotteur ne tarde pas à couler et une deuxième brème vient rejoindre sa consoeur dans la bourriche. MAINTENIR LE POISSON SUR LE COUP Trois autres brème suivent rapidement avant que le coup ne devienne plus calme. La pire chose à faire dans ces cas-


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avant de réapparaitre un laps de temps plus tard, dans un tourbillon d’activité. . Je construis petit à petit une bourriche lourde et conséquente, quand tout à coup je pique quelque chose de plus lourd, filant droit vers le large, tendant mon élastique à fond. Je garde cependant une pointe de contrôle sur un poisson puissant que je pense être une des carpes familières de Bury Hill. Je n’en suis pas sûr, c’est sans doute un petit spécimen, ou alors une brème harponnée, qui file de plus belle à grande vitesse dans l’autre sens, sur mon coup. Après quelques instants d’un âpre combat, j’entrevois une

là, c’est de céder à la panique et de commencer à trop nourrir. La meilleure tactique est d'avoir un peu de patience et les poissons seront bientôt de retour. Toutes les 30 secondes, je soulève mon flotteur de 1 5cm et le dépose à nouveau l’esche sur le fond. Avec les 1 0cm de traine, cela permet de décoller l’esche un tantinet du fond, et d’attirer l’attention des poissons se situant à proximité. Après quelques minutes, le flotteur plonge à nouveau et je suis dans une autre série de six poissons . Une tendance se dégage bientôt où je vais attraper quelques brèmes, puis elles vont reculer un peu plus loin, laissant le coup très calme,

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entretenu à la coupelle de scion tout au long de ma pêche, sans jamais changer de tactique, entretenant une compétition alimentaire naturelle. J’insiste sur le fait que je n’ai absolument pas « chargé » le coup quand les touches ont diminué, ou quand elles étaient à leur paroxysme, fort de mon expérience, il est vrai, des lieux. Un résultat incroyable, et j’ai encore 1 /3 de ma boite de pellets d’amorçage.

superbe tanche, piquée au bout de ma ligne. Heureusement, cette interruption n'a pas eu d'effet négatif sur mon coup, et je repique une nouvelle brème avant que les touches cessent à nouveau pour un moment. Les poissons semblent aujourd’hui être venus en deux groupes distincts, avec un groupe de poisson de 1

à 2 livres environ, qui alternera ces visites avec un banc de poissons plus conséquents, de 3 à 6 livres environ. Je décide d’arrêter ma pêche après 5 heures et la prise de 72 brèmes et plaquettes, plus une belle tanche. Une belle session durant laquelle j’ai mis au sec un peu plus de 1 70 livres de poissons, en maitrisant mon amorçage que j’ai

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Une partie des poissons de Russ 50


MON MATERIEL Ma ligne est assez légère compte tenu de la profondeur, mais j’ai trouvé que les brèmes prenaient plus facilement « à la descente » ou lors des aguichages . Mon flotteur est un Middy 4x1 6 Carp gris que j’équilibre avec une olivette située à 60cm de mon hameçon, et deux plombs intermédiaires n°9, me servant à assurer une descente relativement naturelle de l’esche. Le corps de ligne est constitué de 1 4/1 00ème Middy Lo-Viz, et un bas de ligne en 1 2/1 00ème. Cela peut paraitre assez léger, mais parfait pour des brèmes timides et compte tenu de la densité en grosses carpes pesant jusqu’à 1 0 kilos, je ne tiens pas à y rester pendu trop longtemps si j’en pique une, pour ne pas effrayer le banc de brèmes présent sur le coup. Comme j’utilise des pellets expansés de 6mm à l’hameçon, je me dois d’employer un hameçon assez gros et choisis un MIDDY 93-1 3 n°1 6, qui se dissimulera aisément à l’intérieur d’un de ces pellets. Pour travailler proprement les brèmes, j’utilise un élastique creux Middy 6-1 0 jaune super doux, dans ma canne MIDDY 1 6KX55 de 1 6 mètres, parfaite pour toutes mes pêches. Avec une tactique adaptée, et une bonne connaissance des mœurs des brèmes, mais aussi une confiance absolue dans mon rappel, j’ai pu réussir ce challenge qui m’a donné beaucoup de plaisir en cette toute fin de saison !

Russ Evans Sponsorisé Middy Tackle et Marukyu Royaume-Uni Pour les anglophones, retrouvez Russ Evans sur sa radio locale, sur le site de RIDGE RADIO (http://ridgeradio.co.uk/ ) où il anime entre autres une émission de Rock, mais aussi et surtout "The Obsessed Angler" (la pêche, mon obsession), une émission où il mêle news de pêche et musique le mercredi de 21h00 à 23h00. C'est une radio locale assez atypique, vraiment sympa avec de la bonne musique, où Russ dédicace aux pêcheurs ses titres préférés de musiques et y parle beaucoup de peche au coup. Egalement sur son blog : http://russevans.webs.com/

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Madfred Angling le Mag ' 4  

4 ème opus du magazine en ligne de pêche au coup 100% gratuit, écrit par des pêcheurs pour des pêcheurs. www.madfred-angling.com