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Russ Evans nous emmène sur sa rivière locale, l’Eden, où au fil des ans il a enregistré plus de trente victoires de match, et révèle ses tactiques pour explorer ces merveilles sauvages ! Comme le Soleil se lève en ce matin d'automne, la rivière Eden déroule ses méandres à travers la campagne pittoresque du Kent. Seule la ligne droite de la longue canne d'un pêcheur casse cette quiétude naturelle, Russ Evans effectuant une nouvelle coulée sur les flots continus. Beaucoup de petites rivières comme l'Eden frayent leur chemin dans la campagne du Royaume-Uni. Certes, certains de ces lieux sont peut être un peu envahis, mais il vous est toujours possible de marcher une courte distance pour vous rendre sur un poste pêchable. Pourtant, très peu de pêcheurs profitent de ce type de promenade dans un cadre magnifique pour découvrir une partie de pêche fantastique ! Nous avons rejoint Russ afin qu’il nous explique quelques secrets se passant sous la surface de cette fascinante petite rivièreV DES TACTIQUES VARIÉES J'ai pêché cette rivière pendant une longue période et le détail le plus important est que chaque poste est totalement différent. La profondeur, le débit, les caractéristiques et les espèces changent entre chaque poste, de sorte que chaque sortie de pêche est un saut dans l’inconnu. Le poste que j’ai choisi aujourd’hui est juste large de 1 0 mètres et la rivière passe de

70cm de fond sur ma gauche, à plus d’1 m50 devant moi. Cette profondeur ajoutée, couplée à un bel arbre en surplomb sur la rive opposée et un angle rentrant vers moi, me donnent beaucoup d’options. POURQUOI LA GRANDE CANNE ? J'ai grandi en pêchant des eaux vives comme cette rivière, et j’ai toujours eu une profonde affection pour la pêche à la grande canne. Cependant, le développement des grandes cannes permet au pêcheur d'être extrêmement précis et d'obtenir des résultats supérieurs. Selon moi, une combinaison de la grande canne et d’un stick-float est la recette parfaite pour aborder de petits cours d’eau comme l’Eden, afin d’explorer chaque centimètre de votre coulée. En utilisant le bon stick-float et un montage adapté, le pêcheur à la grande canne va pouvoir suivre les mouvements de la rivière, obtenir une présentation de l’esche adaptée au débit tantôt lent, tantôt rapide et le retenir parfaitement. Dans une même approche, il est alors possible d’attraper une grande variété d’espèces, grâce à une présentation et une conduite de ligne adaptée, chose que vous offre le stick float à la grande canne. LES BONS MONTAGES. J’utilise deux lignes différentes. La première est montée avec un flotteur MIDDY Pete Warren 4n°4 (env. 0.8gr) , que j’emploie pour pêcher le milieu de la rivière. En général, c’est ma ligne type à petits poissons, mais sur

ce type de rivière, il est tout à fait possible de piquer un goujon de 30gr, comme un chevesne de 3 kilos avec ce type de ligne ! Je l’adapte donc un peu en employant un nylon de 0.1 4mm MIDDY Lo-Viz couplé à un bas de ligne en 0.1 2mm de la même référence. Mon choix d’hameçon se porte sur un MIDDY 52-0 en taille 1 6, me permettant d’employer divers appâts de l’asticot simple au petit ver de terreau. Ce poste particulier possède plusieurs accrocs sur son ensemble

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destinée aux gros poissons. Je la renforce en employant du 0.1 6mm en corps de ligne et du 0.1 4mm en bas de ligne, toujours en Middy Lo-Viz. Le flotteur sera un peu plus lourd, portant cette fois-ci 5n°4, toujours un stickfloat Middy Pete Warren et la taille de l'hameçon est augmentée à une taille 1 4 Middy 52-0. Comme je compte employer cette ligne autour de l’arbre en face de moi, je ne vais prendre aucun risque avec mon élastique en utilisant un solide Middy 1 2-1 4 creux, qui me permettra de mater rapidement un beau poisson si j’en pique un.

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et je suis content d’employer un élastique MIDDY SHOCK creux taille 6-1 0, me permettant de brider le poisson si nécessaire mais offrant une bonne souplesse dès sa sortie. C'est un montage assez doux pour les petits chevesnes, gardons et goujons, mais qui me donne une chance si je pique un poisson bonus ! Ma deuxième ligne sera


ma droite, ou sous les branches surplombantes en face, autre aimant à gros poissons.

EPUISER UN POISSON BONUS En rivière, j’amorce toujours un coup séparé en vue d’y pêcher un poisson, que je pourrai pêcher à tout moment. J’ai positionné ce dernier sur ma droite sur un petit « ralenti » de courant, l’alimentant avec deux boules d’amorce Marukyu Luxus déposées à la coupelle. Je vais laisser reposer ce coup pendant une paire d’heures, dans l’espoir d’y prendre une brème ou même une des carpes qui peuplent le secteur. J'espère que je serai en mesure de passer ces deux premières heures sur ma ligne de « 5 mètres » et de construire une belle bourriche de petits poissons, avant de jeter un œil pour un poisson bonus ou deux plus tard dans la session sur ce coup « à gros poissons » sur

ACTION INSTANTANÉE Il ne faut pas longtemps pour obtenir une réponse sur le coup. A ma seconde coulée, le flotteur coule sous la touche d’un magnifique petit goujon qui a pris goût à mes deux asticots eschés. Avec un amorçage cadencé et léger à base de chènevis et de casters après chaque poisson, j’entre rapidement dans le rythme, et la capture de petits poissons se fait très rapidement. Il est important de varier la vitesse à laquelle vous faites passer votre ligne sur votre coulée, car chaque poisson a une attitude différente concernant cette vitesse et vous avez besoin de savoir exactement comment les poissons veulent l'appât. J’enregistre la plupart des touches lorsque le flotteur arrive à mi-coulée sur la rivière. Avec 45 minutes de pêche, je compte déjà 65 poissons dans ma bourriche et tout se passe très bien.

LE REPAIRE DU LION Les branches des arbres en surplomb sur la rive en face crient : « chevesne !!! ». Chaque fois que je les regarde je ne peux pas m'empêcher de penser à M. Crabtree (NDLR : un héros de BD comic anglaise de pêche, des années 40) ! Rassemblant toute ma volonté, j'ai réussi à lutter durant une heure avec une excitation enfantine pour ne pas employer ma ligne à gros poissons trop rapidementV mais il est à présent temps

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ralentir, et obtenir la meilleure présentation possible pour ce type de montage à gros poissons. Les touches sont en général instantanées sur ce type de présentation et je passe rarement plus de 1 0 minutes à la recherche d’un poisson de bonus. Si cela ne fonctionne pas, je retourne à mon autre coup et laisse reposer à nouveau.

d’aller jeter un œil sous ses branches qui m’appellent si fort ! J’ai réalisé un excellent début de sessions sur ma ligne « courte », avec 1 1 6 poissons dans la bourriche. J'esche avec enthousiasme une belle bouchée constituée d’un double ver de terreau et je pousse tranquillement les 1 1 m de canne devant moi, prenant garde de passer soigneusement mon stick-float à travers une trouée dans les branches. Je laisse la ligne se mettre en place sous les branches et la retiens délicatement pour la

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PRISE SURPRISE! J'attends avec impatience une indication sur le flotteur, mais après quelques minutes, l’excitation commence à décliner. Jusqu’à un léger enfoncement du flotteur qui attire mon attention. J’observe le dôme orange prêt à vaciller sous la surface. En une fraction de seconde, la tranquillité est brisée lorsque l’élastique se tend subitement, dans un gros remous sonore en surface ! Je ramène en arrière la canne aussi rapidement que possible, en appliquant autant de


pression que mon matériel me le permet afin de travailler ce poisson pleine eau. En un clin d'œil le poisson que j'ai piqué se retrouve au milieu de la rivière, et je peux relâcher un peu la pression pour le travailler plus calmement et tenter de l’amener à la surface. Même si c’est une sortie de « pêcheplaisir », mon cœur battait très fort et la montrée d’adrénaline prise pour travailler le poisson m’a empli de joie. Lorsque le poisson arrive à la surface, ce n’est pas un chevesne comme je le pensais, mais je découvre les flancs verts et dorés d’une magnifique tanche !

RÉAMORÇAGE, C’EST REPARTI ! Après cette agitation, les chances de prendre un autre gros poisson dans la prochaine heure sont très minces. J’en profite pour réamorcer mon coup dans l’espoir de piquer un autre poisson bonus, et que continuer à profiter de cette petite sortie sportive sur cette rivière. Une heure passe où je continue à espérer attraper un autre poisson bonus sur ce coup « dans les branches », mais en vain. J’ai alors le choix de me tourner vers mon coup à droite, où j’avais déposé mes deux

boules d’amorce, à la recherche d’une belle brème ou d’une carpe. En eschant deux asticots dorés sur mon hameçon, mon espoir de piquer un spécimen sur ce léger tapis d’amorce revient. FINITION À LA COULEUR BRONZE Je suis récompensé par une touche instantanée, dès la première coulée et la sortie de plusieurs mètres d’élastique hors de ma canne, qui plie un peu sous la traction d’un véritable bulldozer. Le poisson se

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déplace lentement, ce qui signifie que le poisson piqué est une brème ! Comme je travaille le poisson à contre-courant, j’espère que mon hameçon tiendra le choc, lorsque la brème se retourne à plusieurs reprises devant moi. Heureusement, l’hameçon joue son rôle et je peux relâcher la pression quand cette superbe brème de rivière qui s’est défendu comme une diablesse rejoint le filet de mon épuisette. Je ne peux résister à tenter d’autres coulées sur le même coup, mais

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après 20 minutes, je ne réussirai à piquer que deux perches. Néanmoins, cela a été une journée fantastique. J'ai fini avec une vraie bourriche variée d’environ 1 5 ou 20 livres, avec 247 poissons au compteur au cours de cette session. Chaque visite de ces petits cours d'eau offre une nouvelle expérience pour tout pêcheur. Rien ne peut battre l'excitation incomparable de ne pas savoir ce que sera votre prochain poisson. Avec une approche tactique à la grande canne, sur votre rivière locale, il y a juste une belle journée de pêche qui vous attend ! Russ Evans


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Ca fait maintenant trois ans que je repêche régulièrement les rivières françaises après une parenthèse de prêt de 15ans. A l’époque je traquais des carpes dans la région parisienne, mais désormais je cible plutôt les barbeaux. Par rapport à un étang je trouve que les rivières ont un tout autre intérêt. Le fait qu’elles changent d’une journée à une autre, et la très grande diversité qu’on a sur un tout petit secteur, m’inspire énormément. C’est nettement plus varié que n’importe quel étang. Et l’idée de pêcher les barbeaux ? Bien c’est pour être différent. Traquer un poisson que presque personne ne pêche, sans savoir ni sa taille maxi, ni sa réelle population, me motive énormément. J’ai ainsi pu retrouver la magie de la pêche telle que je l’ai connu au début des années 70 quand j’ai commencé à pêcher la carpe. Mais la diversité des rivières les rend d’autant plus compliqué et laisse beaucoup de pêcheurs perplexes. Ils ne savent pas où commencer et comment les aborder. Les rivières sont donc, un

univers complexe et fascinant, mais qui demande davantage d’effort pour espérer avoir des résultats réguliers. Je pense le fait qu’on voit si peu de pêcheurs sur les berges de nos rivières, sert de preuve. J’ai déjà couvert dans les précédents articles le matériel et les appâts pour sélectionner le barbeau, maintenant regardons un peu la meilleure façon d’aborder les rivières et les postes à privilégier.

Sens de l’eau : Depuis le début de ma passion pour la pêche, j’ai pu côtoyer certains pêcheurs qui semblaient avoir un sens inné de l’eau. Ils savaient instinctivement où se trouvait le poisson. Est­ce une intuition, ou simplement une maitrise parfaite et rapide des aspects que je vais évoquer dans cet article ? L’un de mes anciens partenaires de pêche avait un tel sens… disons un sixième sens… il savait qu’on allait faire du poisson, sans savoir véritablement pourquoi. C’était difficile à comprendre mais je l’ai vu lors de nos parties de pêche à plusieurs reprises. Le célèbre pêcheur et écrivain

anglais Chris Yates a souvent évoqué dans ses articles ce sentiment que quelque chose allait se produire. C’était une sorte de vision. Ca lui est arrivé lorsqu’en 1980 il a battu le record de Grande Bretagne pour la carpe à l’étang de ‘Redmire Pool’, avec une carpe de 23,4kg. Ces visions lui ont valu le surnom du ‘Voyant de Redmire’.

Lire l’eau : Sans être un voyant on peut quand même, avec un peu d’observation et d’expérience, trouver les indices visibles de notre secteur de rivière, et de deviner où le poisson pourrait se trouver. Toutes les espèces ne réagissent pas de la même façon, on peut par exemple espérer trouver des carpes et des chevesnes près des accrocs et des arbres immergés. Les silures peuvent préférer les zones de fosses profondes etc. Il faut observer ces obstacles, la forme et la trajectoire d’un cours d’eau afin de relever les indices qui pourrait conduire à localiser notre proie. Voici donc les éléments que je regarde de prêt afin de ‘lire l’eau’ et espérer localiser les barbeaux.

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La Veine : La veine est l’un des aspects de la pêche en rivière qui sollicite le plus de discussion. Il s’agit de la partie de la rivière où le courant le plus fort et le plus rapide du milieu, se mêle à la partie moins rapide le long des berges. Cette zone qui se trouve plus ou moins loin de la rive, selon le débit et la hauteur de l’eau, est l’endroit dans mon expérience où on a le plus de chance de trouver les barbeaux. Cette veine produit une très nette démarcation et peut souvent être visible grâce à des bulles ou d’une turbulence accrue.

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Les barbeaux se tiennent la plupart du temps juste à la limite de la veine. Ils vont s’y tenir afin de cueillir tous morceaux de nourriture portée par le courant. Ca va être le premier endroit que je vais poser un feeder quand j’aborde un poste en rivière. Les poissons sont assez astucieux, car ils ne perdent pas d’énergie inutilement, ils n’ont qu’attendre que la rivière leur apporte ce qu’il leur faut. Sur les rivières de ma région je trouve cette veine, la plupart du temps de 20m à 40m du bord. Ca

varie selon les saisons et le débit, mais on a rarement besoin de pêcher très loin. C’est souvent une zone où on trouve un banc de poissons, tandis que la ligne plus proche de la berge ne donne pas de résultats. C’est vrai même en période de crue. Si on arrive à faire tenir un feeder dans la veine, on a toutes les chances de faire du poisson. Je l’ai vu à la fin de l’année dernière en décembre, lors de la première crue sur l’Aisne, où j’ai pu faire 5 touches en quelques heures en pêchant avec des feeders de 200g.


Ponts : Les ponts font une partie intégrante de nos rivières canalisées et navigables aux plus sauvages. Ils sont forcément plus nombreux dans les zones urbaines, mais ils ont tous le même caractéristique de modifier le flux d’eau et d’offrir un abri aux poissons. C’est un peu comme l’épave sur le font de la mer, et ils sont colonisés rapidement en eau douce aussi. Les ponts donc, restent des endroits de premier choix pour chercher des poissons sur nos rivières. Il faut toutefois faire attention car beaucoup ont été bombardés pendant les deux guerres dans ma région, ce qui les a transformés en potentiel cimetières à feeder. Je pense que les ponts, du fait qu’ils font de l’ombre au dessus de l’eau, attirent les poissons de toutes espèces. Ce que je dis ici était toujours aussi vrai pour les carpes quand je pêchais la Seine. Beaucoup de structures construites par l’homme modifient la nature de l’écoulement de l’eau. On voit sur les ponts avec les piles et les parties en béton le long des berges, un effet très marqué sur le courant. On voit des zones calmes derrière

une pile, ainsi qu’une accélération de l’eau causé par un rétrécissement de la largueur. Ces structures artificielles servent surtout de refuge pour toutes sortes d’espèces, constituant un véritable garde­ manger pour les poissons. Des plantes aquatiques qui les colonisent, aux animaux et

insectes qui y trouvent un abri et une source de nourriture, un petit monde se forme autours d’un pont. Les barbeaux en font partie, et on peut être sur d’y en trouver.

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Ecluses et barrages : Les écluses et les barrages sont d’autres structures fabriquées par l’homme qui interrompent le courant et modifient la course de nos rivières. Souvent sur chaque bief créé par ces structures, on canalise la rivière afin de faciliter la navigation. Cette canalisation enlève beaucoup

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des ‘features’ qu’on cherche sur les secteurs sauvages pour trouver le poisson. Mais ces structures artificielles, tout en barrant la rivière, servent aussi d’entonnoir pour attraper de la nourriture pour les poissons. Elles ralentissent les rivières et régulent le niveau pendant les crues. De cette façon on trouve

régulièrement des barbeaux à proximité des barrages. Même en respectant les distances réglementaires, on peut pêcher à proximité d’un barrage ou d’une écluse et espérer trouver du poisson. D’ailleurs c’est souvent ici que j’ai attrapé mes plus beaux sujets.


nourriture pour les poissons, mais sachant la préférence des barbeaux des fonds propres de graviers et favorisant un courant plus soutenu, c’est ici où je prospecte en premier lieu. Je cherche la veine du courant entre les zones où le courant est rapide et où il ralentit naturellement. En observant la façon qu’elle s’écoule on peut constater une nette démarcation entre les deux zones. Ca va varier selon le niveau d’eau à un moment donné et le débit. Mais pour moi c’est un poste de premier choix.

Cassures & Fosses :

Virages : A part les structures créées par l’homme, la nature aussi, crée ses propres freins au courant d’un cours d’eau dans la forme de virages et de méandres. Il suffit d’observer la ligne que prend le flux d’eau pour comprendre qu’il y a des parties ou l’eau coule plus vite que d’autres. Ce phénomène est d’autant plus marqué pendant les crues, ou souvent l’érosion des berges

modifie également la trajectoire de la rivière. On peut observer que l’intérieur d’un virage est l’endroit où le courant ralentit. Souvent ici on trouve des branches ou des arbres, tombés à l’eau, déposés prêt du bord. La partie extérieures du virage voit un courant plus soutenu, et souvent un fond plus propres avec des graviers et moins d’obstacles. Les deux zones peuvent arborer de la

A cause des crues qu’on voit tous les ans sur nos cours d’eau, l’érosion des berges est un processus continuel. Ca a pour effet de modifier la nature et la profondeur des fonds. Ceci est naturellement plus prononcé sur des parties sauvages d’une rivière où la main de l’homme n’a pas modifié le travail de Mère Nature. On voit ainsi des zones avec plus ou moins de fond. Durant l’été, surtout sur les plus petites et moyennes rivières, on peut voir le fond sur des dizaines voir centaines de mètres. Quand l’eau est limpide dans les conditions

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estivales, je cherche à priorité les zones plus profondes, les cassures et les fosses, ou non seulement le poisson va trouver plus de fraicheur, mais aussi plus de nourriture. Je pense que c’était le célèbre pêcheur de barbeau ‘Trefor West’ qui a dit que sur ce genre de rivière, le poste où on ne voit pas le fond, et le poste où on trouvera des barbeaux. J’ai fait l’expérience l’année dernière sur un poste sur l’Oise. A la sortie d’un virage on a trouvé une fosse, créée certainement le long des années par des crues. En lançant un feeder sur la zone nos montages se callaient sur le fond de cette fosse plus profonde que le reste su lit autour. J’ai pu faire 9 poissons en 6 heures de pêche. Tous les départs ont été enregistrés sur la canne placée dans la fosse.

Herbiers : Comme en étang les herbiers sont de véritables aimants à poisson. Ce sont des sources de nourriture naturelle et de couverture pour les poissons, où ils se sentent en sécurité. Ce n’est pas toujours simple de pêcher à proximité d’une végétation aquatique. Ce que je cherche ce sont les trous, les taches

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claires au milieu des herbiers. Nous avons vu sur la Semoy, l’année dernière, que les poissons étaient souvent présents dans ces zones. Un petit amorçage entre les herbiers pouvait être très efficace pour les faire sortir. Ca peut être une pêche très excitante, car on pêche à vu. Une bonne paire de lunettes polarisantes et on a la possibilité de présenter un appât à un poisson et de le voir mordre.

La technique consiste à amorcer avec des pellets, des bouillettes ou du chènevis, soit à la fronde ou au bait dropper et d’attendre de voir le poisson sortir. On peut ainsi créer un ‘spot ‘ d’alimentation. Si on arrive à rassembler plusieurs sujets, on a plus de chance d’avoir une touche, car la concurrence entre les individus va leur baisser la garde. Le barbeau est un poisson gourmand, donc si on peut lui


présenter une bouchée dans un endroit où il ne se sent pas menacé, il y a une forte chance qu’il le prenne. Pour s’y faire, une technique efficace est de laisser la ligne dériver dans le courant pour atteindre la zone où les poissons se trouvent. La ligne peut être lestée d’une olivette de 40g ou d’un morceau de pâte à modeler et eschée d’un morceau de pâté de jambon, par exemple.

étang, sonder en rivière peut être d’une grande utilité pour savoir sur quel type de poste on se trouve. Les barbeaux ont tendance à préférer les zones de fond dur, de graviers et de pierres. Un simple plomb sur une canne nous permet de sonder le poste et de sentir s’il s’agit d’un fond dur ou mou, si c’est vaseux ou sableux.

En tirant le plomb lentement le long du fond on sent nettement les sensations transmises par le fil de pêche, qui donnent de précieuses indices quant à sa composition. La tresse est meilleure pour ce type de sondage que le nylon parce qu’elle transmet mieux l’information. On sent nettement au lancer quand le plomb tape le fond. On garde la

A proximité de rapides : Lorsque la profondeur de la rivière est plus faible, et que l’eau traverse un fond de roches dures, on voit souvent des zones de rapides. La pression de l’eau peut créer des tourbillons qui creusent le lit de la rivière. Ces zones sont également des endroits où l’eau va être plus oxygénée. Ce que je cherche en priorité ici sont les parties où l’eau a creusé de trous plus profonds. C’est un peu le même principe que de pêcher dans les cassures, à mon idée le poisson va s’alimenter dans les profondeurs, et non pas dans l’eau turbulente des rapides elles­ mêmes.

Des zones de graviers durs : Comme pour la pêche de la carpe en

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Des arbres immergés :

canne haute en laissant le plomb couler sur un fil tendu. Pour avoir une idée plus précise de la nature du fond on n’a que tirer le plomb sur le fond. Si on est sur un fond en pierre ou en graviers, on va sentir le plomb sursauter quand mouline. Le sable va être plus lisse, mais assez dur, tandis que la vase ne va pas donner beaucoup de sensations du tout.

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Les herbiers vont accrocher le plomb, ainsi que d’éventuels accrocs. De cette façon on peut repérer d’éventuels obstacles et éviter de perdre trop de montages. Personnellement j’ai eu de meilleurs résultats sur un fond dur ou de graviers. Ca me rempli de confiance quand je sens le feeder taper le fond après le lancer.

Un arbre immergé va modifier nettement l’écoulement de la rivière sur le poste où il se trouve. Tout comme les herbiers ca va offrir un sanctuaire pour le poisson. Il va piéger de la nourriture qui descend le courant, et fournir de l’ombre pendant les journées les plus chaudes. Cette modification du courant peut causer des trous à être former et le dépôt de sédiments, modifiant ainsi la nature du fond de la rivière. Si le courant est assez soutenu sous ces obstacles il n’est pas rare de voir les barbeaux se nourrir même pendant les journées les plus ensoleillées. Ce n’est pas le seul moment où ce genre de poste pourrait être intéressant, pendant les crues aussi ca peut offrir un abri pour les poissons et une zone où la nourriture naturelle risque de s’accumuler. En fin d’été certains arbres sont aussi de véritables garde­mangers pour les poissons, avec les baies et les fruits qui tombent à l’eau, offrant un repas facile. C’est un autre exemple d’un poste où un montage dérivant peut s’avérer efficace, et le gros morceau de pâté de jambon serait mon appât préféré.


Les crues : Souvent j’entends les pêcheurs dire que quand la rivière est haute et sale que ca ne vaut pas la peine de s’y aventurer. Mais au contraire, lors de crues, à condition de pouvoir s’approcher à l’eau de tenir avec un feeder, les poissons sont souvent facile à faire. Dans ces cas de figures j’opte pour un gros appât bien odorant, comme une bouillette enrobée d’une pâte d’enrobage du même parfum. Quelque chose comme du Monster Crabe par exemple. Allié à un gros feeder garni d’amorce également avec son gout rehaussé de d’attractants comme l’extrait de foie et on a toutes les chances de faire du poisson. Curieusement c’est souvent dans ces conditions qu’on arrive à faire les plus beaux sujets. C’est évident que quand les inondations sont trop importantes on ne peut plus pêcher, mais une rivière qui a quelques centimètres de plus avec une bonne couleur me rempli de confiance. Sauf pendant les étés les plus humides, les cures ont lieu pendant l’hiver et le printemps. Mais elles sont aussi liées à des périodes de dépressions atmosphériques et de douceur. Ce sont des conditions où

les barbeaux vont se nourrir même au cœur de l’hiver.

Conclusion : Voilà comment j’aborde les rivières. Ce n’est pas exhaustif, et une bonne connaissance d’un secteur de rivière peut être plus productive. Mais quand j’aborde une rivière pour la première fois ce sont les indices que je cherche pour trouver le poisson. Après c’est l’expérience et le sens de l’eau dont je parlais ci­dessus, qui jouent des rôles plus importants. L’aide d’internet peut être également d’une aide précieuse, notamment « Google Earth ». Beaucoup des types de postes que j’ai évoqués dans cet article sont visibles sur les photos satellite. L’accès à des zones de pêche, les virages, les ponts, la présence

d’herbiers et d’arbres couchés .. tout est visibles avec plus ou moins de détails selon la qualité des images disponibles. Ca fait gagner beaucoup de temps de prospection, car avec un GPS on peut se rendre sur des zones qui paraissent être les plus intéressantes et perdre un minimum de temps. De cette façon j’ai pu repérer des dizaines de postes qui se sont avérés payants. Tight Lines Gareth

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Il est des poissons qui suscitent l'intérêt plus que d'autres. Soit par leur puissance, leur rareté, leur ruse, Ou tout simplement parce qu'ils sont beaux. La tanche a cela pour elle : une robe superbe, du punch au combat et cette part de mystère qui motive à la pêcher. J'ai la chance de pouvoir pêcher un petit plan d'eau très bien pourvu en tanche, brème , carassin, poisson fourrage sans oublier quelques carpes fantômes !! Le fond y est presque constant au delà des 3m à la saison des pluies et très peu vaseux. Les berges sont à l’état sauvage, blindées

d’arbres et de branches immergés, mais par contre le fond est démuni d’herbiers. A la belle saison, les très grosses bourriches sont régulières et toutes les techniques sont rentables. Mais dès les frimas d'octobre, ce rendement dégringole. C'est le moment de sortir le plan B. Je vais tenter dans ces quelques lignes de vous exposer ma façon de procéder pendant cette période froide. A prendre comme il se doit, surtout pas pour argent comptant, mais plutôt comme aide pour vos pèches hivernales. Tout ce qui va suivre est mis en application sur CE plan d’eau, techniquement exigeant, ne vous étonnez pas d’une approche un peu forte, certains me qualifieront de « bourrin », mais c’est juste en adéquation avec le milieu. Ce poisson, je le recherche en plombée, avec mes cannes feeder « lourdes » voire mes cannes à barbeaux. Inutile de finasser, les poissons sont

combatifs et l'environnement ne pardonne rien. Coté « moulin », je ne descends pas en dessous des séries 4000, avec ou sans frein de combat, ce sont les mêmes qui me servent en rivière à la belle saison. Une tresse 20/100ème, en corps de ligne, coulant rapidement, couplée à une tête de ligne en 30/100ème pour éviter l’abrasion, offrira le duo gagnant. Pourquoi la tresse ? Tout simplement, parce qu’elle favorise la détection des touches. A cette période de l'année la

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tremble ﴾ou pas﴿ c’est le top pour la migraine ! L’autre méthode vient de nos amis carpistes et un bon vieux détecteur « à pas cher », sensible et costaud, fera très bien l’affaire. Alors oui, cet équipement pourrait faire rire au bord de l’eau pour les autres pêcheurs, mais qu’importe : pourquoi se priver de tout ce qui permet de détecter la présence du poisson ou ses touches ? Maintenant ... Quel piège utiliser ? Pour ma part, il y a bien longtemps que j'ai remisé de côté les bas de lignes inférieurs à 25/100ème et les « crochets » inférieurs au 14. Je réalise un bas de ligne court ﴾15cm maxi﴿ en fluoro ou en tresse mais étant un spécialiste du montage « en touillons », je suis devenu adepte du fluoro par la force des choses. Après être descendu jusqu’au 22.5/100ème en serrant les fesses, je lui ai

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tanche se la joue discrète, ne montrant aucun pétillement en surface, ni de marsouinage. L’absence d’élasticité de la tresse affine donc la détection, permettant de déceler de toutes petites tirées ou des tremblements dans le scion, signe qu'un poisson est sur le coup et fouille ...chose parfois impossible avec un nylon. Il est facile de passer à côté de la seule touche

de la journée en remontant trop rapidement un montage pour recharger alors qu’un poisson est sur zone. C’est ballot ! Pour la détection des touches, je vous propose deux systèmes: la première, classique, un scion, une paire de lunettes, du liquide pour les yeux et de l’aspirine! Car, fixer pendant des heures un bout qui


préféré un bon 25 voire 27/100ème plus confortable sur un poisson virulent. Pour le montage, je me suis tout simplement inspiré de mes « collègues » carpistes en batterie, avec un bas de ligne monté en « D-rig » ou avec un cheveu classique. Certains jours, le poisson va se faire leurrer par un « cheveu-long » tandis que l’aprèsmidi même, il va devenir chipoteur à mort et il va falloir ruser ! Pensez juste à rester dans des tailles raisonnables de crochets, un numéro 10 ou

12 convient parfaitement. Mais le plus important c’est qu’il soit costaud. Rangez au fond de votre caisse de pêche les « spécial carpomachin », « feeder carpbidule » et autre appellation fumeuse. Un Drennan Specimen Plus fera parfaitement le job, par exemple. Reste à définir le « point d’ancrage », entendez par là, le point de fixation sur le fond, où faire venir et rester le poisson. Pour mes sessions d'hivers j’utilise deux techniques : les méthod feeders et le stick d’amorce, en partant du principe que le premier mettra plus de temps à entrer en action que le second. C'est l'activité poisson qui me fera choisir l'une ou l’autre. Les stickmix peuvent être utilisé à peine mouillés, et mettront moins de deux minutes à entrer en action une fois le PVA fondu. Le méthod Mix quant à lui nécessite d'être plus "collant" pour résister au lancer et surtout à la descente sur le fond ... Il va lui falloir au moins 10 min pour être opérationnel une fois en place, même avec le même mélange, qui est très collant au départ je précise. Faites l'essai en bordure c'est très instructif. Pour moi un montage qui fonctionne, c'est une ligne en place avec un appât visible

Le fameux D-Rig d'Alumet

posé sur un amas de particules en plein travail, et non pas un bloc de béton que le poisson doit effriter en se roulant dessus ﴾bon ok je caricature un peu﴿. Vous comprendrez que je préfère donc "sticker" quand c'est vraiment hard. Un jour de frénésie alimentaire ﴾si si même en hiver﴿ je préfère balancer des méthods sur zone que de me farcir des sticks à chaque lancer, ce qui est logique, même si avec l'habitude un stick se réalise très vite. Vous aller me dire ... Tu n'as qu'à faire tes sticks la veille et les garder au frigo ... ! Ce n’est pas faux, mais sur ce point, je reviendrai un peu plus tard. Revenons-en en détails à nos moutons….non, nos montages ! Un montage stick a quoi ça ressemble ? Ni plus ni moins qu’à un montage classique à

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de carpiste, à plomb décentré. Un clipplomb supportant une cage de 40 à 70gr selon la distance à atteindre, une attache Guismo pour un changement rapide du bas de ligne, et le tour est joué. Et bien sûr, un stick d’amorce à enfiler sur le bas de ligne. Une chose ... n'allez pas chercher du matos "spécial feeder », ça ne vaut pas un pet de lapin, c’est parfait pour la pêche au feeder classique, mais ce n'est pas adapté pour ce

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genre de pêche au plomb. Non. Le matos carpiste est suffisamment fourni pour vous permettre de trouver votre bonheur à moindre coût. Pour résumer, nous avons vu la « baguette » et « le moulin » - même en hiver ça reste une « pêche d’hommes » et il faut du solide, la « ficelle » - la tresse offre une meilleure détection et une tête de ligne gomme les soucis, le montage permettant

un auto-ferrage aisé et l’utilisation du stick. Il nous reste à aborder un point important : ce que l’on va mettre dans l’eau pour attirer et prendre du poisson. Je suis un adepte des produits carnés: pellets, farine de poisson, huile de poisson, thon à l’huile et de farine de viande. Et pour le reste, le chènevis, le maïs doux et le produit phare……. Le frolic. Un mélange 50/50 de pellets green bétaïne


et Halibut passés au mixeur, dans lequel je rajoute une boite de miettes de thon à l’huile est une de mes bases classiques. Cela recoupe en grande partie la composition de Gareth pour lui aller chercher ses barbeaux, sauf que je n’utilise pas de farines classiques. Je teste aussi en ce moment des mélanges a stick du marché, Bait Tech, Dynamite Baits et

Sensas. Tout cela fonctionne bien. Cela a le mérite d’être rapidement en action, on craque un paquet et zou… ca pèche ! Vous l’avez compris, j’aime les produits gras en hiver. Je sais, cela va à l’encontre de tout ce que vous avez pu lire, mais je n’y peux rien si les poissons que je cherche dans ce plan d’eau aiment ca. Il y a tout de même un petit inconvénient :

en pêchant au stick lorsqu’il fait chaud, le PVA va mettre très peu de temps à se dissoudre car la température de l’eau est assez élevée. En hiver, les températures basses vont renforcer le côté hydrophobe des corps gras, si bien que le PVA ne se dissoudra pas avant un laps de temps beaucoup trop long. Je n’ai à ce jour aucun remède, si ce n’est de réaliser les sticks au dernier moment pour éviter que le maillage ne s’imprègne de trop des graisses, et surtout en les tassant le moins possible. Il m’est donc impossible de réaliser la veille mes fameux bâtons magiques, qui auraient tôt fait ressembler a des beignets tout droit sortis de la friteuse. Il nous reste à choisir ce qui va être mis au bout du piège. On pourra essayer les esches artificielles, le maïs, les asticots. L’idéal est de toujours se débrouiller pour rendre la présentation équilibrée ﴾quitte à présenter un jouet autant le faire bouger au moindre mouvement d’eau﴿. Les petites pop-ups marchent aussi très bien. Ou bien, on va tenter de déclencher l’appétit du poisson et la star incontournable reste toujours le Frolic, que l’on prendra de préférence le plus frais possible ﴾les croquettes trop sèches sont réservées au Krusha, ou pour être frondées si besoin est﴿ mais le plus important est de choisir la variante au « bœuf ». Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien et je ne cherche pas à savoir, c’est le poisson qui a décidé ca, je

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ne vais pas le contrarier a ce sujet. Une dernière chose. Cette pèche se pratique en hiver, donc, il vous faut un minimum de confort. On ne part pas a l’arrache quand il gèle a 7h du mat ou que la pluie froide s’invite pour une partie de la journée. Des fringues chaudes, de quoi se protéger- les extrémités, les mains et les pieds sont les premiers touchés- de quoi se restaurer et le plus important, un moral au top. Car même si cette approche fonctionne, il n’est pas rare de se prendre une bulle pointée. Ca fait partie du jeu, mais il faut savoir l’assumer. Là dessus, je vous laisse, j’ai rendez vous avec quelques poissons, j’espère, en vous souhaitant autant de plaisir que je peux en avoir a chaque touche de ce magnifique poisson. A+ Alumet


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S’il est un élément de nos lignes ou montages qui est primordial, c’est l’hameçon. Sans hameçon, pas de poisson, ma maxime semble simple. Mais aussi, avec un hameçon inadéquat, pas de poisson non plus ! Ce petit crochet affuté est en effet le premier lien entre le pêcheur et le poisson et le choix du modèle doit se faire de façon très précise. Pour le néophyte, un hameçon est un hameçon…Pour un pinailleur comme moi, il en est tout autrement. Dans cet humble article, je vais tenter de vous apporter quelques éclaircissements sur les hameçons que j’utilise au method feeder sur les gros poissons. C’est un sujet déjà assez vaste pour être traité aujourd’hui et je n’ai nullement envie de m’éparpiller sur toutes les techniques de pêche au coup. Voyons donc un peu ce que je tiens à partager avec vous. Avant de poursuivre, voyons déjà le vocabulaire autour de l’hameçon pour bien cibler de quoi nous parlons.

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Voici donc les différents éléments constitutifs d’un hameçon. Nous allons prendre en compte ces différents paramètres pour choisir nos hameçons lors de nos parties de pêche au méthod feeder. Mais également le fait que l’hameçon soit « droit » ou « renversé ». Qu’est ce donc ? Voici un croquis qui résumera un peu les deux types de formes.

Voyons comment choisir les hameçons au method feeder. Quelques points primordiaux à prendre en compte : Dans l’ordre selon moi : La taille de l’hameçon La taille des poissons Le montage et l’effet engendré par ce dernier à la touche Le poste

Taille de l’hameçon : dépendra avant tout de l’esche et de rien d’autre. Trop souvent les pêcheurs font l’erreur de pêcher avec des hameçons trop grands

ou trop petits selon les esches employées. Il est pourtant primordial que cet ensemble hameçon/esche soir proportionné pour obtenir un engamage optimal.

type de poste très encombré avec le frein serré et bien souvent, tout en puissant dès le ferrage, l’hameçon se voudra solide et résistant au maximum.

La taille des poissons :

Pour expliquer mes choix, je vais aborder quelques détails techniques des hameçons par eux‐mêmes, pour lesquels j’apporte un soin draconien en matière de choix. Je ne parlerai pas des diamètres de nylon qui l’on se doit de prendre en compte dans les choix des « fers » d’hameçons (fort ou fin de fer) car ils sont aussi dictés par la taille des poissons et/ou l’encombrement. Donc je n’aborderai mes choix que pour les aspects techniques intrinsèques desdits hameçons.

elle ne sera pas proportionnelle à la taille de l’hameçon – il est tout à fait possible de cibler les carpes par exemple en hiver avec un seul asticot sur un hameçon de 20. Mais là, on devra adapter la grosseur du fer de l’hameçon par lui‐même. Le montage : selon l’effet voulu sur le piquage dans la bouche du poisson, on emploiera des formes différentes d’hameçons. La longueur du bas de ligne est sensiblement la même à chaque fois, environ 10‐15cm. Mais l’esche, qu’elle soit dense ou flottante, lourde ou légère, engendrera des choix en hameçons assez différents car certaines formes marchent mieux que d’autres selon les esches. Le poste : là encore, il s’agira d’utiliser en gros une règle simple : plus le poste est encombré d’accrocs en tous genres, plus on prendra un hameçon fort de fer et solide, qui ne cèdera pas. Comme il faudra pêcher ce

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défense « atomique »…mais aussi quand on pêche des postes très encombrés comme des arbres immergés, des bordures éloignées d’îles parfois aux racines invisibles, ou encore des fonds encombrés de cailloux ou autres éléments « abrasifs » où l’on devra grossir le diamètre du bas de ligne pour éviter justement l’érosion des fishs qui foncent la tête en bas dans les graviers dans le but de se décrocher du piège. Il faudra alors aussi forcir le « fer », pour éviter que l’hameçon ne s’ouvre, et pour l’équilibrer alors avec le reste du montage et du matériel choisi. Par contre, plus c’est gros de fer, moins ca pique de façon efficace, et il est indispensable de prendre la grosseur de fer la plus fine possible, une fois tous les paramètres du poste de pêche (encombrement, taille des poissons, saison etc etc) pris en compte. En hiver, on pourra souvent pêcher moins « gros de fer » qu’en été car les poissons sont souvent beaucoup moins vaillants. Tout d’abord, l’une des premières choses que je regarde, c’est l’angle formé par l’œillet et la hampe. De cet angle va en résulter l’alignement avec le nylon. Il en existe de trois sortes : droits, rentrants et sortants qui donneront 3 types d’alignements différents. Quand on pêche au cheveu, la plus efficace est la forme sortante, qui permet un alignement parfait lors du montage de l’hameçon sur le nylon, ce qui favorise un piquage parfait. Cela ne veut pas dire que je n’utiliserai pas d’hameçons avec un œillet rentrant ou droit, mais alors, le plus souvent sur des montages sans cheveu. J’emploie les oeillets « droits » lorsqu’il me faut piquer les esches directement à l’hameçon mais aussi quand je pense qu’il me faut une autre

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façon de piquer les poissons, notamment sur des décrochages répétés et que rien ne va. Un œillet droit va me rapprocher la pointe vers le nylon, offrant un angle intéressant à l’hameçon quand on le monte au moyen du nœud sans nœud. Deuxième aspect technique de l’hameçon que je prends en compte dans mes choix : le « fer » de l’hameçon, autrement dit le diamètre du métal employé pour fabriquer ces derniers. C’est on ne peut plus important dans le choix de l’hameçon que l’on va mettre sur son bas de ligne. La règle est assez simple : plus un hameçon est « fort de fer », plus il sera solide. C’est indispensable quand on pêche des poissons d’un poids important ou à la


Voilà donc les deux aspects les plus importants pour moi, dans le choix d’un hameçon pour le method feeder. Il y a d’autres aspects vraiment intéressants à prendre en compte comme l’angle que forme la pointe de l’hameçon par rapport à l’hameçon lui‐ même, la courbure, qui donnera un « ancrage » différent dans la bouche du poisson selon sa forme, l’ouverture, plus ou moins grande, la forme générale d’e l’hameçon et aussi la longueur de sa hampe.

La pointe pourra être rentrante, vers la hampe de l’hameçon ou droite. Droite, elle assure un piquage classique au départ, puis la forme de la courbure prend le relai et ancre l’hameçon contre cette dernière, en sa position finale où l’on travaillera le poisson. Rentrante, elle est sensée faire pénétrer l’hameçon dans la bouche en le faisant tourner immédiatement, amorçant une rotation, qui sera suivie par un mouvement donné par la forme de la courbure, et dès lors un ancrage profond où il y aura un maximum de surface de contact entre le fer de l’hameçon et la bouche de ce dernier. On a alors un ancrage parfait qui est donné pour offrir le moins de décrochages possibles, une fois le poisson piqué. Mais l’inconvénient majeur est de pouvoir justement bien piquer dès le départ et il faudra des touches assez franches, suivies d’une prise de contact autoritaire pour bien piquer le poisson. Selon les esches et leur poids, les résultats seront plus ou moins bons. C’est un détail que je prends en compte dans mes choix, mais les hameçons à pointes rentrantes ou « circles » sont très rares sur le marché, et il n’en existe que peu de modèles que je vous présenterai plus bas dans cet article (modèles que j’ai tous adoptés !) . Je n’aborderai pas de façon précise la forme générale, la courbure et la longueur de la hampe de l’hameçon dans cet article, car le choix finalement en hameçons pour le method est assez limité, et ce n’est pas simple d’avoir exactement ce que l’on veut, et souvent on prendra « les moins pires » par rapport à l’usage précis que l’on veut, plutôt que les meilleurs « nec plus ultras » des hameçons. C’est souvent une question de compromis sur un choix selon tous les critères que l’on veut, ce qui est

valable pour toutes les pêches me direz‐vous. Nous avons tous eu le sentiment un jour à la pêche d’utiliser un produit sans que cela ne soit le plus adapté, mais celui s’en rapprochant le plus, alors vous savez de quoi je veux parler. Cependant, vous devez savoir que plus une hampe est courte, plus le montage est discret, ce qui est logique car l’hameçon sera moins visible. Tandis qu’une longue hampe génère un engamage délicat sur des poissons méfiants, aussi, la plupart de mes références est à tige moyenne, pour un meilleur compromis général. En règle générale, les hameçons pour le method on des hampes courtes à moyennes et cela fonctionne très bien comme cela. Par forme générale de l’hameçon, je parle des hameçons dits droits (on devrait dire plats quand on voit un hameçon posé sur la table) ou renversé. Les renversés favorisent un ancrage profond dans les lèvres et surtout, qui bougera beaucoup moins qu’un « droit » une fois piqué. La courbure est selon moi un élément un peu moins important, même si cette dernière assurera

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l’ancrage de l’hameçon lorsque l’hameçon pique, comme je l’ai expliqué un peu plus haut. Il est rare que les fabricants fassent de nos jours des fausses notes sur cet aspect et créent des hameçons assez « équilibré » dans la conception. Chaque détail technique de l’hameçon sera étudié pour obtenir un résultat optimal, ce qui est logique pour un fabricant. Sur ces trois aspects, j’utiliserai donc les « moins mauvais » ou les plus polyvalents si vous préférez et m’en remettrai aux autres détails techniques que je privilégie pour les modèles que j’emploie. Mais il est vrai que plus on accentue une courbure très marquée, une forme très renversée, et une pointe rentrante, plus on aura un ancrage efficace au piquage et on limitera énormément les décrochages. Donc, c’est quelque chose qui sera indispensable à prendre en compte si on veut un hameçon très efficace. Voici donc les détails techniques à prendre en compte dans le choix d’un hameçon pour le method. La technique étant par elle‐même assez contraignante sur l’hameçon, au vu d’un bas de ligne TRES court, l’hameçon sera énormément sollicité. Egalement avec le method qui agira comme un poids mort sous le poisson et pourra engendrer à lui seul des décrochages inopinés, détail à ne surtout pas occulter dans ses choix, car c’est une énorme contrainte, par rapport à l’angle de traction exercé au travail du poisson, en pleines eaux, puis à l’approche de l’épuisette où le method se balancera autour de la tête du poisson, augmentant encore les risques de décrochages. En règle général, on choisira quand même des

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hameçons plus solides qu’à la pêche au waggler par exemple, à conditions de pêche à peu près identiques (même poste etc etc) mais sans doute moins solide qu’à la grande canne, quand on tend fort ses élastiques. Tout est question de compromis, d’équilibre et il faudra bien réfléchir à ses choix. Voici les miens : Sans multiplier les références, j’en utilise plusieurs, pour lesquelles j’ai des raisons précises de les employer. : Les hameçons à œillet droit‐ Un hameçon à œillet droit s‘utilise avant tout quand on veut un contact Le Kamasan B911 X, pour mes pêches classiques et légères au méthod feeder, au pellet semi‐dur type SONUBAITS en boites rectangulaires, au maïs, en hiver quand les poissons sont pas trop en activité. Le Gardner Specimen , au fer un peu plus solide,

pour pêcher dans ses plus petites tailles aux esches piquées à l’hameçon, comme l’asticot ou même la pâte (comme la Fiber One que l’on prendra soin de me pas mettre dans le moule lors du moulage de l’amorce). Les hameçons à œillet sortants et forme « circle » : la forme que j’appelle « Circle » est une forme générale assez ronde de l’hameçon, en ballon de foot. Ce type de forme a été créée me semble t‐il par les pêcheurs de TRES gros poissons en bateaux et à la traine, pour un engamage sûr et stable. Cette forme limite les décrochages, sans les empêcher totalement, chose qui est à mon avis de très bonne facture, pour cette technique, avec un method en poids mort sous le poisson. Les Guru QM1, une valeur sûre dans le monde des hameçons au method, un pur « circle » avec une forme renversée prononcée et un œillet bien sortant. Les extrêmes dans tous ces aspects, pour une pure efficacité ! Le Preston PRC1, qui vient d’arriver sur le marché. Je ne l’ai pas encore testé de façon approfondie, mais le fait qu’il coûte plus de 2 fois moins cher que les Guru QM1 sera pour moi un argument massif dans mes choix. Il est quasiment similaire au QM1, et il en existe même encore une autre référence chez MAVER UK, le CM24, fabriqué également avec le même type de cahier des charges très spécifiques pour le method feeder. Les hameçons à œillet sortant, mais forme droite : Les Carp Riggers de Matrix et les PR 38 de Preston, deux hameçons très similaires, comme c’est souvent le cas chez des conccurents car les


fabricants ne réinvente pas la roue tous les ans, et les choix s’expliquent par rapport ç une fabrication étroitement liée à la demande : on fabrique ce que les pêcheurs demandent, quoi de plus logique ? Ces deux hameçons à forme assez polyvalente qui peut permettre l’emploi de quasi toutes les esches

mais pourront se montrer faiblards sur les pêches de TRES grosses carpes, leur seul défaut. Je les emploie sur les pêches classiques au method, à courte et moyenne distance, sur des poissons jusque 10‐12 kilos maxi. Deux très bonnes références qui ont fait leurs preuves, et que je continuerai à utiliser avec confiance. A noter qu’elles sont disponibles dans des tailles vraiment petites, permettant de pêcher avec un seul asticot artificiel sur le cheveu. Un « must‐have » !

dans mes choix : si cela me plait, je garde. Si je trouve mieux qu’une référence que j’ai déjà et qui remplit mieux ce que je demande : je remplace ! J’espère que cet article vous a donné l’occasion de voir l’hameçon pour method feeder un peu moins comme un simple crochet pour piquer les poissons, et que vos choix se conforteront au fil du temps dans vos pêches, avec ces quelques détails soulignés. Le matériel est une source inépuisable d’articles, mais certaines choses ne changeront pas, tandis que d’autres évolueront. Et n’oubliez pas que c’est la demande qui fait le matériel, plus un article est demandé auprès des fabricants car nous sommes plus exigeants chaque jour qui passe, plus les fabricants nous feront du matériel adapté à nos besoins !

Peu de références, ce sont celles que j’utilise à ce jour, mais je découvrirai peut‐être au fil du temps d’autres hameçons qui pourront faire le job et me satisfaire autant ou plus que ces références. Je suis assez simple

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MES HAMECONS POUR LE METHOD par David DAUCHY l'église au centre du village.Auj ourd'hui on parle de method, cela fait plus british, plus classe bref plus carpiste! Il s'agit ni Une pépite normande prise au method par David plus ni moins que la bonne Tout d'abord je tenais a remercier de vieille technique du ressort amorçoir nouveau l'affreux Madfred pour cette remis au goût du jour. Moins nouvelle collaboration sur son glamour non? magazine. A force de discuter via FB ou par téléphone, il nous est venu l'idée de collaborer sur un article en commun: la méthode! Mais avant de donner mon point de vue carpesque! Je tenais à remettre

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Mais car il y a toujours un mais en ce qui me concerne, pourquoi ne pas profiter de l'évolution des matériaux pour ressortir cette méthode. Car de la méthode, il en faut pour pêcher correctement au method ! ! ! Humour somme tout bien décalé ? ?

Avec méthode, tu agiras! Déjà remettons cette technique dans le contexte "carpiste". En effet nous pêchons de manière beaucoup plus statique, c'est pourquoi nous utilisons des method­feeders beaucoup plus lourds et donc plus chargés en amorce!!!! En général un method charge avoisine les 120 gr pour les plus gros. Mais quelle incidence cela a­t­il? Simplement, au niveau du piquage et de l'ancrage de l'hameçon, celui­ci


de ligne en sortie d'œillet sera ultra agressif et positionnera ainsi l'hameçon dans la zone de piquage la plus recherchée: la lèvre inférieure.Il s'agit de la zone charnue de la bouche de la carpe.

doit être fort de fer et surtout ultra piquant.Nous avons rarement de fausses touches avec cette technique, même et surtout lorsque le poisson tape directement dans la boule d'amorce. C'est pourquoi j'utilise personnellement des hameçons « curve ». Ici il s'agit des Continental Covert Mugga Hook de chez Gardner Tackle. Ce sont des hameçons ultra piquants avec un œillet rentrant pour une meilleure pénétration. Cet effet de piquage est accentué lorsqu’il est monté avec un simple nœud sans nœud. L'angle ainsi décrit par le bas

Autre aspect important :l'emploi de bas

de ligne ultra court. En y réfléchissant un peu, c'est d'une logique implacable puisque votre esche doit se trouver à proximité du method. Vous avez donc ma version standard de la méthode que j'utilise. Pour résumé, un gros méthode feeder+ un bas de ligne extra court( 15cm maximum) et un hameçon curve.

C'est ce que j'utilise régulièrement quand je pratique ainsi. Par contre j'utilise également une variante afin de déjouer la méfiance de certains poissons soumis à une forte pression

de pêche ou simplement relancer l'activité de mon spot.

pour

Je m'explique : Il m'arrive afin de varier la technique d'utiliser une esche complément flottante avec le method. Cette dernière se présente toujours dans le method mais une fois le tas d'amorce légèrement dissout, j'aime que mon piège repose juste en suspension au dessus de celle­ci. Pour ce faire, l'emploi de matériaux doit être adapté et différent.Ici j'utilise toujours le même method feeder, il y a juste le bas de ligne qui change mais surtout l'hameçon, élément charnière de notre montage.

hameçon CHOD

hameçon MUGGA

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C'est pourquoi j'ai recours à des hameçons de type Chod. Ce sont des hameçons ayant un œillet sortant (donc vers l'extérieur) . Ils se montent avec un fluoro carbone et forme un D au niveau de la hampe, offrant un angle de pénétration parfait lors du piquage.On appele cela un D­Rig. Si vous y ajoutez une pop­up bien flashy, vous commencez à apercevoir les prémices d'un départ imminent. Et si on parlait de taille? Je vous imagine en lisant cette phrase, bandes de pervers!!!! Non, je ne vous parlerai pas de tailles d'hameçons car j'utilise et change en fonction de l'appât.Nous n'utilisons pas les mêmes appâts et ce qui peut vous paraître énorme, me paraîtra minuscule. D'ailleurs ce sujet mériterait à lui seul un papier. En début d'article, je vous ai parlé de pêche statique. Certes nous pêchons moins rythmé et relançons moins souvent. Personnellement, lors de mes pêches au method, j'essaie de relancer toutes les 1 heure/1heure30. Je pense que cela me permet de créer des petits tas d'amorce et ainsi

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de forcer le poisson à chercher et fouiller pour se nourrir.Cela ne perturbe en rien mon spot et je suis même persuadé que cela l'améliore. Le bruit n'effraie pas les poissons, bien au contraire. Il sonne plutôt la table pour nos chers cyprinidés. Il m'est déjà arrivé de faire un départ juste après avoir lancé. Le poisson tapant directement dans le method. Cela m'est arrivé à plusieur

reprises et m'arrive encore. Donc pourquoi s'en priver ? Donc si vous hésitez à essayer le method feeder pour la carpe, allez­y, essayez. Vous verrez il suffit juste d'agir avec méthode!!!!


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La « saison close » s’est terminée il y a tout juste une semaine et mon esprit a été absorbé dans ma course aux pensées ces derniers jours. J’ai vraiment envie d’aller au bord de l’eau pour tenter de prendre une grosse perche, mais mon esprit était également tiraillé pour cette réouverture : les gros chevesnes, magnifiques en cette saison, et qui ne demandent qu’à se nourrir pour reprendre des forces à la sortie de l’hiver. Un choix Cornélien, quand on sait l’amour que je porte à ces deux espèces, qui sont parmi mes favorites, aussi j’ai tout bonnement décidé d’aborder une tactique me permettant d’espérer piquer les deux ! Très tôt le matin suivant, les gros vers canadiens et les asticots

étaient emballés, ainsi qu’une réserve de pain « liquéfié » au mixer, le fameux liquidized bread cher à mes compatriotes. Ce pain allait être la base de mon amorçage, couplé à des asticots, graines, et une petite quantité de farine de crevette et de krill – je trouve que le krill offre une bonne trace olfactive quand il est employé en rivière et je sais que les perches et les chevesnes en sont friands et y répondent très positivement. En arrivant à la rivière, le lever du soleil était tout simplement magnifique, mais comme tant de fois à cette saison, cette météo flatteuse est trompeuse et la lueur chaude du soleil est vite balayée par les nuages et une pluie intermittente.

Après un rapide coup d'œil sur la rivière, j'ai décidé de mettre tous mes œufs dans le même panier en ce qui concerne le choix de mon poste, et j’opte pour une place qui a souvent été bonne par le passé. J’amorce une petite quantité d’asticots et de vers coupés en amont pour créer une première trace, puis un feeder rempli de mon mélange de pain liquéfié que je dépose sur le fond rapidement avec mon montage. Dans les cinq minutes qui suivent, une claque dans le scion, suivie d’un départ en force solide et d’un ferrage, le poisson se dirige immédiatement dans les accrocs sur ma gauche, par plusieurs àcoups rapides, que j’accompagne en laissant la canne monter et

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descendre sous la tension, bridant juste ce qu’il faut le poisson pour ne pas le perdre. Mon premier sentiment immédiats sont que j’ai affaire à un chevesne, au vu des rushs rapide que ce poisson donne en vendant chèrement sa peau dans un combat vigoureux, mais habituel à l’issue duquel je glisse l’épuisette sous les flancs de ce guerrier qui finit dans le filet. En regardant de plus près ce poisson au fond de la filoche, j’aperçois le gros « lobworm » (ver canadien) pendant hors de la bouche de ce magnifique et solide chevesne, qui fera descendre l’aiguille du peson jusqu’à l’indication 6 livres. Et bien, quel beau début ! Je suis assez heureux pour dire que j’ai bien fait de ne pas précipiter mon installation, en laissant le coup reposer une bonne trentaine de minutes pendant mon amorçage avant de pêcher. Cela m’a permit d’y introduire un peu plus d’esches en amont, le pain liquéfié ayant cette faculté de créer une « trace » persistance dans la veine d’eau, allant chercher le poisson bien en aval, aiguisant son appétit sans le nourrir, l’incitant à remonter au plus près de la source de nourriture, c’est à dire mon montage.

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Une gorgée de thé et un bon moment de réflexion sur cette magnifique prise que représentait ce chevesne, la canne est à nouveau en action de pêche. Maintenant, la pluie crépite sur le parapluie en redoublant d’intensité, ce qui donne à l’eau un

aspect que j’aime, une belle couleur verte et un courant n’accélérant pas trop, restant correct et pêchant malgré cette pluie supplémentaire. Environ une heure plus tard, la confiance de la jeunesse illuminait encore mon visage suite à ce beau


chevesne capturé, lorsque je reçois une touche énorme sur la canne. Une bonne tape dans le scion, puis une autre, et enfin le scion qui se tend et plie sous le rush du poisson qui prend le large. Je travaille le poisson avec un peu plus de facilité, ce sujet étant plus petit, c’est à nouveau un chevesne avec de parfaites nageoires, qui cette fois-ci pèse 2 livres 2 oz,

Mon compagnon le Rouge-gorge m’a une fois de plus tenu compagnie une bonne partie de la journée, se pose à plusieurs reprises sur ma canne, quémandant un asticot ou plusieurs, soulevant comme à chaque fois ma sensibilité, qui me laisse présager qu’une bonne journée de pêche se déroule.

Cette sortie de pêche a renforcé ce sentiment de plusieurs manières, quand une paire d’heures plus tard, je perçois une secousse légère dans le scion, suivie de quelques tremblements plus importants, ce début de touche n’étant ni faible ni fort, mes mains étaient prêtes sur le talon de la canne, comme une sorte de pistolero du Grand Ouest Sauvage, mes yeux sans doute plus bombés que ces regards aux yeux plissés que vous voyez dans les « westerns spaghetti ». Mes mains me disaient de ferrer, mais j’ai attendu que la pointe du scion décrive une courbe plus marquée, et j’ai ferré en levant légèrement la canne. La réaction de mon adversaire encore invisible fut de plonger immédiatement vers un refuge, je ne voulais pas céder le moindre centimètre de ligne, et c’est un poste où ce genre de réaction pouvait engendrer une conséquence désastreuse. En forçant le moins possible dans la canne, j’ai essayé de lui donner un peu de souplesse d’action au poisson, qui a finalement rejoint la surface sur ma gauche, sortant sa dorsale et me laissant entrevoir ses flancs zébrés, ma bouche s’asséchant immédiatement, et il me semblait que le temps défilait devant moi en

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bel et bien submergé par l'émotion. 4 livres et 2 onces de pure beauté, elle était pleine d’œufs, prête à frayer, affichant de superbes couleurs, et des zébrures frappantes.

Super Slow Motion….. Je n'ai jamais senti les secondes passer si lentement, en essayant de glisser mon épuisette sous le poisson, et quand j'ai finalement réussi à le glisser à l’intérieur, mes nerfs ont littéralement fondus, et j’étais usé nerveusement. En regardant dans

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la tête d’épuisette, les premiers mots qui sont sortis de ma bouche ont été « non, ce n’est pas possible ! ». Alors que je m’asseyais à même le sol pour me remettre de mes émotions, l'adrénaline a débordé et j’étais là assis, la tête entre les mains, les larmes montant, j'étais

Il ne fait pas l’ombre d’un doute que c’est à ce jour la plus grosse perche qu’il m’ait été amenée de capturer, au moment où j'écris cela, je suis en train de revivre le moment où elle a battu la surface de l’eau, dorsale en avant, livrant une âpre bataille, c’est sans doute une sortie de pêche que je n'oublierai jamais et une perche qui, pour moi, était encore un rêve avant de descendre à la rivière ce matin.


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© photo Russ Evans Avec les années qui passent, de multiples nouveaux plans d’eaux dits « carpodromes » ont ouvert un peu partout en France. Au gré de mes voyages de pêche, j’ai pu pratiquer de superbes carpodromes, et il m’en reste un grand nombre à découvrir. Chaque plan d’eau porte la « griffe » de son gérant, qui l’aménage selon des critères personnels, dans le but de rendre la pêche la plus confortable possible. Mais aussi avec les moyens du bord, les fonds disponibles, l’empoissonnement étant un des gros postes « budget ». Venue du Royaume­Uni, cette « mode » des plans d’eau commerciaux qui connait un essor assez conséquent sur notre territoire n’a cependant pas le succès d’Outre­Manche. Les raisons sont multiples, nous ne rencontrons pas le même engouement en France, d’une part du nombre de pêcheurs par rapport à la population totale, d’autre part de budget « loisir » consacré à la pêche.

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Chez les britanniques, la pêche est une « religion » qui ne se vit pas comme chez nous. Les moyens financiers impliqués ne sont donc pas les mêmes. La fréquentation des « fisheries » est telle que sans se voiler la face, on peut dire que cela génère de l’argent et des bénéfices, que les « fishery owners » (propriétaires de carpodromes) réinvestissent dans leur propriété. Sur ces fisheries, il est quasi systématique de trouver un café où pouvoir déguster un bon petit­dèj traditionnel anglais avant de s’installer sur un poste, un petit magasin pour acheter les dernières trucs manquants, notamment des esches fraiches et aussi toutes les commodités si un des plan d’eau du complexe est ouvert aux carpistes et à la pêche de nuit. Loin de moi l’idée de vous faire l’apologie des carpodromes anglais, et leur mode de fonctionnement dans cet article et de les comparer à nos carpodromes. Ce serait un constat


complètement déplacé, car comme je l’ai dit plus haut, nous n’avons pas la même approche des choses. Mais il me tient à cœur d’aborder un détail pour moi important des infrastructures des carpodromes : les pontons ou emplacements aménagés. Non pas le ponton accroché à votre station de pêche, mais les équipements implantés ou aménagés sur les plans d’eau pour rendre – en théorie­ la pêche plus efficace. En France, au mieux bien souvent, nous avons des emplacements marqués par des numéros au sol, ou sur des piquets sur la berge, précisant le poste que l’on fréquentera pour la sortie du jour. Ce « piquetage » est indispensable pour pouvoir réserver une place et l’occuper après s’être acquitté du droit de pêche journalier que ces plans d’eau nécessitent, mais aussi pour les concours. On est souvent à même la pelouse, s’il en reste encore sur les postes, la fréquentation des pêcheurs érodant petit à petit cette dernière, qui ne repoussera que la saison ‘fraiche’ revenue. Certains carpodromes possèdent des postes aménagés de gravier, de terre battue, de bois, de béton même, pour éviter ce phénomène. Mais encore trop peu à mon goût. Vous allez me dire que je suis un pêcheur de salon, que je n’aime pas la nature….ben si justement, j’aime

la nature, j’aime l’aspect sauvage de la pêche, mais quand je vais pêcher dans un carpodrome ce n’est pas pour la beauté de la berge en herbe, mais pour y prendre du poisson, si possible dans de bonnes conditions. Voyons donc ce que je trouve de bon et de pratique dans ces aménagements et pourquoi ils sont selon moi efficaces ! Pour commencer, allons faire une virée chez nos amis anglais pour voir un peu ce dont je parle. Chez eux, la fréquentation est beaucoup plus

importante sur la plupart des plans d’eau, ouverts à presque toutes les techniques de pêche : feeder, waggler, grande canne. Aussi il a fallu impérativement s’adapter aux besoins techniques des pêcheurs, car il va de soi que l’on ne peut laisser les berges se dégrader à vitesse grand V sans rien faire, surtout si on demande un droit d’entrée et qu’on se dit offrir des prestations haut de gamme. De plus, la concurrence est rude et force est de constater que le marché est important,

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d’environnement locales, et qui perdurent dans le temps. Il existe plusieurs sortes d’aménagements de postes, que je différencierai ainsi : ­ Les « emplacements » matérialisés SUR la berge, en gravier ou en béton.

© photo Kelvin Tallett aussi les fishery owners tentent de faire venir du monde chez eux par tous les moyens, avec de belles bourriches possibles, des concours presque tous les jours sur certains plans d’eau et des équipements ultra adaptés à la pratique de la pêche au coup. Parmi ces équipements, nous trouvons le ponton.

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Un sacré budget en tout cas, au vu du nombre de postes que comprennent parfois les fisheries, qui comptent parfois plusieurs centaines de postes… Souvent, les gérants de ces fisheries réalisent des équipements qui sont efficaces, adaptés à la configuration des lieux, mais aussi aux normes

Le carpodrome de la Cressonnière à Urcel (02) Aménagement en béton de certains postes


bordures latérales, si elles intéressantes d’un point de végétation et d’un fond suffisant.

sont vue

Ponton surplombant la berge mais pas l'eau Photo Russ Evans Bel exemple de ponton surplombant l'eau, à Meadowlands, photo Adam Rooney

© photo Véro carpodrome de Bussiares (02) Autre aménagement effectué sur la berge, très sympa ! ­ Les pontons au DESSUS de l’eau, bien souvent en bois ou en métal, permettant au pêcheur d’avancer au dessus de l’eau et de se placer idéalement notamment pour pêcher les

­ Les pontons surplombant la berge, mais au dessus de cette dernière, surélevant le pêcheur pour lui donner du confort par rapport à son poste, notamment quand il pleut (il pourra ainsi pêcher les pieds au sec) ou quand les eaux sont hautes ou l’herbe entourant le poste meuble et grasse. Pour moi, 3 sortes de postes différents, mais qui ont chacun leur atouts et inconvénients (qui pourront varier selon les pêcheurs et leurs goûts). Les avantages par temps secs sont évidents je ne vais pas m’attarder, à savoir que la pêche se fera dans des conditions souvent idéales, engendrant

un plaisir important. L’avantage principal sera donc le confort et la facilité d’installation, ainsi que la stabilité favorisant de bons gestes en action pure de pêche. Mais les inconvénients sont nombreux. Avant tout, pour moi, le détail le plus important : que ces équipements soient SECURISES et le reste en toutes circonstances, chose impossible pour moi. Cela signifie par exemple que l’on installe sur les pontons en bois un revêtement antidérapant. Pour des soucis de coût, l’idéal pour les fisheries owners demeure le « grillage à lapin » à fine maille, agrafé ou cloué directement sur le bois. Cela limité un peu les glissades quand il pleut mais cela ne fera aucun miracle. Les pontons en bois nu ou en métal sont à mon avis de

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pas fonctionnel si cela résonne un maximum. Dernier inconvénient, l’espace assez limité de certaines structures les rendent périlleuses d’accès et franchement pas confortable pour pêcher. En dessous d’1m50 de large, et 1.50 de long, c’est vraiment serré, surtout quand on voit l’équipement que l’on emporte au bord de l’eau et la place qu’occupe notre station à elle seule !

© photo David Taylor vraies savonnettes. Les pontons métalliques fabriqués avec des grilles auront aussi la fâcheuse tendance à laisser passer au travers les sondes ou tout autre accessoire qui tomberait de votre desserte, ou de vos mains. De quoi pester un maximum ! Le bois quant à lui, conduira souvent le bruit des pas et la résonnance, et même si les poissons peuvent être habitués, pour moi ce n’est vraiment

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Nous n’aurons jamais les aménagements idéaux sur ce type de structures « ajoutées ». Le bon vieux gravier sera l’idéal pour un poste sécurisé et pratique, bien délimité et spacieux, mais aussi ayant une bonne longévité dans le temps. Les pontons aménagés seront certes confortables mais surtout par beau temps sec, en été par exemple. Là effectivement, poser sa station sur un ponton en bois surplombant l’eau, pour aller chercher sur sa droite dans une touffe de roseaux des poissons « dynamites », c’est vraiment le pied ! Pour finir : Etant comme vous le savez, pas mal présent sur Facebook, je me suis permis de demander à quelques amis leur avis sur ces équipements et leur vision des choses. Voilà leur réponse :

Barry Mason, DAIWA

consultant

GURU-

"Les pontons de pêche sont de bons équipements autour desquels les poissons aiment trouver refuge, surtout quand ils ne sont pas occupés. Ils permettent une installation plus confortable et plus facile à mettre en


place, notamment pour la station et le matériel. Ils permettent de vous placer plus près des poissons et de les pêcher plus confortablement en termes de longueur. Mais aussi de bien déceler les touches grâce à une position idéale par rapport au flotteur. les meilleurs pontons que j’ai vu sont fait à partir de tubes d’échafaudage et des planches en bois de ces mêmes échafaudages. Certains sont malheureusement trop petits pour être efficaces, ce qui rend l’installation difficile, voire dangereuse. Dernière chose, prenez garde à ne pas perdre de poissons autour des pieds de ces pontons, véritables aimants à poisson en cavale ! Le grillage à « poule » est pour moi intéressant en terme d’antidérapant, mais il peut endommager un coûteux pantalon de combinaison s’il n’est pas en parfait état."

Lee covell

Ma première idée est que vous pouvez garder la plupart de votre matériel de pêche autour de vous sur le ponton, s’il est assez grand. Vous avez tôt fait de le remplir, ce qui peut devenir un inconvénient. Il serait judicieux de prévoir ce détail lors de l’implantation de tel équipement, afin de pouvoir circuler en sécurité sur le ponton. Si je devais faire mes propres plateformes, elles seraient en métal car le bois pourrit très vite. Un métal avec une bonne longévité bine sûr, comme le tube d’échafaudage. Par contre, je n’aime pas les grilles sur le dessus, car elles sont solides mais quand elles cèdent, cela prévient rarement ! Je n’aime pas le grillage à lapin dessus, qui glisse trop selon moi. Ca aide avec un

peu de bout, mais par grosse météo, c’est un savon ! Je lui préfère les revêtements en caoutchouc, mais ils sont très chers. Dernière chose : lorsque je fixe mes bourriche, notamment quand je pêche en bordurd d’un ponton, je m’arrange toujours que le poisson ne puisse pas s’y enchevêtrer en faisant le tour des filets, que je sécurise en les piquant par le bas à la berge, sans laisser d’espace pour un poisson. Dernier inconvénient, je n’aime pas les pontons en début de saison quand l’eau est trop claire, car nous sommes alors très visibles.

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a pas d'autres solutions pour obtenir des postes de qualité, ne serait-ce que pour la végétation et son entretien. Cela permet à ce que des pêcheurs ne viennent pas s'installer entre les postes et donnent un peu de clarté au système de tickets, tout en donnant un espacement approprié, pour garder des scores attrayants aux utilisateurs, notamment pendant les matchs. J'aime beaucoup les pontons, quand ils sont sûrs. il est indispensable pour moi d'avoir une surface antidérapante, de quelque nature que ce soit, pour ne pas finir à l'eau. Le grillage est une solution efficace, si le choix du grillage est bon, ainsi que son installation. Il faut que les pontons soient suffisament larges pour y évoluer avec sécurité, mais aussi y installer une grande station Rive par exemple, ainsi que ses dessertes et garder de l'espcae pour pêcher et son matériel.

Tony Curd Personnellement, je pense que la seule façon de réaliser un piquetage efficace des postes de pêche sur un plan d'eau de pêche commerciale type fishery ou plan d'eau à ticket journalier est d'implanter des postes fixes, qui ne bougeront plus une fois en place. ll n'y

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Madfred Angling le Mag' 5  

5 ème opus du magazine en ligne de pêche au coup 100% gratuit, écrit par des pêcheurs pour des pêcheurs. www.madfred-angling.com

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