TRAVERSEE - Regards sur une résidence d'architecture à Sauveterre-de-Guyenne

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Regards sur une résidence d’architecture à Sauveterre-de-Guyenne



ONT ARTICIPÉ À LA RÉSIDENCE Noé, Alice, Sawsane, Lou-Anne, Jane, Héloïse, Elouan, Clément, Olivia, Clarisse, Thomas, Imanol, Mathieu, Samuel, Nathan, Sarah, Emile, Roman, Ylan, Marine, Arthur, Mathis, Manon, Amanda, Arthur, Manuel, Sabine, Jérôme, Christophe, Maxime, Thierry, Claude, Benoît, Josiane, Lucie, Claudy, Christiane, Catherine, Josette, Jacqueline, Patrick, Jean-Claude, Michel, Bernard, Claudine, Suzanne, Héliane, Claude, Annie, Jean-Michel, Julien, Joël, Laurence, Daniel, Dominique, Damien, Vincent, Lilou, Daniel, Martine, Jean-Claude, Françoise, Monique, Danielle, Léhena, Françoise, Philippe, Josie, Claude, Claudine, François, Christian, Christophe, Cristina, Murielle, Jenny, AnneGeorge, Patrick, Mireille, Véronique, Benoît, Jacques, Emmanuelle, Yannick, Carole, Katia, Francis, Jérôme, Jean-Etienne, Damien, Daniel, Ludivine, Christiane, Marie-Florence, Nadège, Cathy, Florence, Sophie, Emile, Emmanuel, Christian, Joël, Jean-Claude, Patrick, Eric, Frédéric, Cédric, Benoît, Anthony, Florian, Christian, Ingrid, Patricia, Philippe, Olivier, Christophe, Christian, et tous ceux qui se reconnaîtront...

MERCI À EUX !



ÉDITO

Ville neuve de la période médiévale, notre Bastide, née en 1281, fête cette année ses 740 ans, et c’est bien initialement dans ses pierres et la forme orthogonale de ses rues qu’elle a bâti sa singularité, et offert à ses citoyens d’écrire une histoire, faisant dès le départ de la Place centrale le cœur même de toute vie commune. Cette résidence d’architecture a pu être source d’étonnement pour les Sauveterriens. Mais Marie et Manon ont dès leur arrivée saisi l’occasion du marché hebdomadaire le mardi matin pour investir la Place de la République, adopter le rythme de vie de la Bastide et expliquer leur projet. Si le réaménagement du centre bourg est la priorité du mandat municipal, le pas-de-côté réalisé à l’occasion de cette résidence constitue un apport majeur. L’intégration du regard neuf et averti des résidentes, la valorisation de la parole des habitants, la sublimation du patrimoine ancien par la projection de désirs urbanistiques futurs, sont autant d’acquis de cette expérience collective et du laboratoire vivant qu’elle a constitué. La restitution par la production d’affiches urbaines en témoigne : la déambulation retraçait la diversité des parcours recueillis durant ces 6 semaines réparties en 6 mois. S’il n’y avait qu’un élément à retenir de ce moment, ce serait la convergence méthodologique. Un Conseil Consultatif Citoyen vient d’être installé dans la commune. Parallèlement, le cœur de la résidence a été le recueil de la parole libre des citoyens, la mise en place d’ateliers d’écriture participatifs et l’édification d’un « mur des prérogatives ». Dans cette expression horizontale des attentes des habitants se retrouve la méthodologie démocratique qui anime l’équipe municipale. Le choix de l’implication de la population est commun. Cette résidence a ainsi correspondu, tant sur le fond que sur la forme, à Sauveterre-de-Guyenne en 2020, et nous aidera à repenser une vie urbaine partagée.

Christophe Miqueu, Maire de Sauveterre-de-Guyenne


RÉFACE

La résidence recherche-action Le 308 - Maison de l’Architecture en Nouvelle-Aquitaine, pilote une résidence recherche-action à Sauveterre-de-Guyenne sur le thème « Pour ré-habiter le centre-bourg d’une Bastide », avec le soutien de la DRAC Nouvelle-Aquitaine, l’ADEME et la commune de Sauveterre-de-Guyenne. Cette résidence s’inscrit dans la 3e édition du dispositif national «10 résidences d’architectes » porté par le Réseau des Maisons de l’Architecture1 et ses partenaires : le mécénat de la Caisse des Dépôts, le Conseil national de l'Ordre des architectes et le Ministère de la Culture. L’enjeu de la résidence est de s’appuyer sur le déjà-là, savoir le reconnaître pour le valoriser comme socle des réflexions à venir. Le cadre vécu doit être générateur de lien social pour revendiquer sa dimension politique, citoyenne. La résidence par l’activation du territoire, endosse un rôle d’intermédiaire, générant des moments de vie publique. Construire en lien avec les acteurs du lieu une culture commune et partagée. Si la récolte est l’acte premier, la traduction et la mise en forme d’un récit collectif en seront le second. Une approche de recherche action dans un cadre permissif : élaborer une pensée par le faire, éprouver un site au quotidien, pour œuvrer à sa transformation. Nous proposons d’interroger les territoires ruraux, dans l’ensemble de leurs composantes et dans leur complexité. Que signifie habiter la ruralité aujourd’hui ? Le Territoire La Bastide de Sauveterre-de-Guyenne est une ville rurale au centre d’un bassin de vie bien défini, plutôt hors des flux majeurs du département. La population est majoritairement éligible aux minima sociaux malgré un taux d’emploi élevé au regard des moyennes départementales. Ce décalage s’explique notamment par un grand nombre d’emplois agricoles peu qualifiés et peu rémunérés. Sauveterre nourrit une volonté de développement qui prend en compte ses spécificités

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Le Réseau met en liens et fédère les 32 Maisons de l’architecture situées en métropole et dans les DOM. Son rôle est d’aider à déployer et pérenniser des actions sur tout le territoire pour faire rayonner la culture architecturale.


et veille à maintenir le centre-ville à flot et animé. Les enjeux de cette ville relativement isolée - mais consciente de ses qualités - sont nombreux : visibilité, attractivité, résolution d’une pyramide des âges pas encore totalement rassurée de l’avenir de sa population. Les qualités spatiales de la Bastide, notamment sa dimension centripète, offrent un substrat fertile aux échanges, toutes les activités emblématiques étant centrales. Le 308 - Maison de l'architecture en Nouvelle-Aquitaine

Résidence repenser et renommer le centre-bourg Calendrier • Jury de sélection, le 3 juillet 2020 • Rencontres, 1ère semaine de résidence, du 7 au 13 septembre 2020 • Itinéraires, 2ème et 3ème semaines de résidence, du 28 septembre au 11 octobre 2020 • Table-ronde avec les habitants, le 9 octobre 2020 • Restitution intermédiaire, conférence au 308-MA, le 13 octobre 2020 • Créations, 4ème semaine de résidence, du 26 au 31 octobre 2020 • Créations, 5ème semaine de résidence, du 2 au 8 novembre 2020, reportée du fait de la situation sanitaire du 11 au 15 janvier 2021 • Traversées, 6ème semaine de résidence, du 23 au 29 novembre 2020, reportée du fait de la situation sanitaire du 1er au 7 mars 2021 • Restitution finale 1/2, émission de radio avec Vincent Arné, Chloé Bodart, Adrien Maillard, Sara Meunier, Christophe Miqueu, Manon Ravel, Marie Willaime, « Résidence Traversée à Sauveterre-de-Guyenne », Rumeurs Radio sur www.mezzanine.archi, le 4 mars 2021 • Restitution finale 2/2, déambulation à Sauveterre-de-Guyenne, le 6 mars 2021


ANIFESTE

FAIRE AVEC La résidence architecturale a un lien intrinsèque avec le territoire dans lequel elle s’implante : ses histoires, ses traces, ses qualités, ses besoins. Chaque lieu, aussi ordinaire puisse-t-on penser qu’il soit, compte des ressources, qu’elles soient bâties, géographiques, paysagères ou humaines. L’enjeu ici est de s’appuyer sur le déjà-là, savoir le reconnaître pour le valoriser comme socle de toutes réflexions à venir. Le cadre vécu doit être générateur de lien, social et intergénérationnel, pour revendiquer sa dimension politique, au sens citoyen du terme. La résidence, par l’activation du territoire, par la création d’espaces de rencontre et d’échanges, endosse un rôle d’intermédiaire, générant des moments de vie publique. Prendre le temps d’écouter, de collecter est l’acte premier d’une telle démarche. FAIRE POUR Par sa présence, l’architecte exprime son savoir-faire en puisant sur les fondations sociales et humaines du lieu qu’il accompagne. A qui s’adresse-t-on ? Avec qui fabrique-t-on ? Il s’agit de construire une culture commune et partagée, pour que la résidence s’inscrive dans un temps plus long que celle de la présence des architectes. Si la récolte sera l’acte premier, la traduction et la mise en forme d’un récit collectif en seront le second. La réflexion doit s’inscrire dans les différentes constituantes du lieu : institutions, habitants, associations... L’enjeu est autant d’établir une pédagogie autour du cadre environnemental et bâti - que d’outiller les acteurs du territoire - pour une prise de conscience citoyenne et collective. Des partenariats peuvent être tissés, entre groupes scolaires locaux, universités, ressources complices pour accompagner les questionnements et réflexions.


FAIRE AUTREMENT Nous défendons une approche de « recherche action » pour mener une pareille résidence : l’élaboration d’une pensée par le faire, celui d’éprouver un site au quotidien, pour œuvrer à sa transformation. Habiter est le point de départ. Cette démarche nécessite un cadre permissif, sans objectif précis ou projet défini à l’avance. Le terme « résidence », emprunté au champ artistique, rappelle la vocation de recherche et de création, sans obligation de résultats. C’est une réflexion par incrémentation : essayer, ne pas présager d’une réussite, expérimenter. C’est mener l’expérience d’une ville plus libre et accueillante, où chaque individualité fabrique le groupe. FAIRE ICI Dans le cadre de cette résidence, nous proposons d’interroger les territoires ruraux, dans l’ensemble de leurs composantes et dans leur complexité. Que signifie habiter la ruralité aujourd’hui ? Le rapport au paysage en tant que socle géographique, la considération du tissu urbain comme patrimoine ou encore le questionnement autour de la dynamique des centres, de leur potentielle vacance, seront des pistes de réflexion possibles. La manière d’envisager la fabrique des territoires évoque en premier lieu la manière de l’habiter et d’en faire usage : nous avons à apprendre des savoir-faire liés à la production de la terre et du travail à la main. Il est de nouveau question de lien social et de transmission. FAIRE ENSEMBLE Pour ponctuer le temps de la résidence, un cycle de conférences peut être activé, au moment du lancement de l’appel à candidature et pendant la résidence. Chloé Bodart, administratice du 308-MA


RÉSIDENTES

Manon Ravel et Marie Willaime aiguisent leur regard d’architecte et d’écrivaine lors de collaborations artistiques qui questionnent leur pratique. Manon crée l’atelier de scénographie « soplo », un collectif réunissant deux architectes et une plasticienne en vue d’imaginer des créations hybrides, légèrement hors-champs. Marie collabore avec d’autres artistes pour penser le texte littéraire hors du livre dans sa matérialité sonore ou dans l’espace physique. De cette volonté d’une architecture et d’une littérature vivantes, nourries des spécificités des rencontres, découle chez elles l’envie de partager leurs pratiques à des non-initiés par des démarches participatives. Lors de la mise en place d’ateliers de création ou de l’organisation d’échanges collectifs, Manon et Marie imaginent une pédagogie incitative et permissive, donnant des outils à même de rendre les participants véritablement acteurs du projet.

Notre duo mixte, articulant architecture et écriture, nous a permis d’imaginer une approche commune qui mêle arpentage du territoire, enregistrement des paroles d’habitants et temps collaboratifs de réflexions et d’écriture in-situ.


un arpentage sensible du territoire

TRAVERSÉE,

Nous avons eu six semaines de résidence pour parcourir, interroger et comprendre comment le verbe « habiter » s’incarne à Sauveterre-de-Guyenne et porte en lui un avenir. Se saisissant du cadre de recherche-action proposé, nous avons imaginé le projet « Traversée ». Anagramme presque parfaite de « Sauveterre », le vocable « Traversée » appelle un arpentage sensible du territoire à travers les vécus et les paroles de ses habitants. Notre exploration, par notre duo, est à la fois littéraire et architecturale : guidées par les habitants sur leurs itinéraires, nous avons appréhendé le territoire à travers les mots de chaque arpenteur. Ces traversées ont permis de mettre à jour les pratiques du territoire, les souvenirs ou les rêves incarnés à Sauveterre. La démarche de recherche-action, invitant à penser les processus mis en œuvre avec les usagers du territoire, a engendré une deuxième dynamique de résidence. Devenues l’oreille d’une commune à laquelle on confie plaintes et idées, nous avons saisi cette occasion pour penser un autre dispositif : le « mur des prérogatives sauveterriennes ». Composé de notes repositionnables, il fourmille d’idées de changements possibles voire utopiques pour Sauveterre. Cette récolte, accumulée lors de rencontres individuelles, est transformée collectivement par les habitants lors d’ateliers ou de temps forts. Elle a suscité réflexions, débats et questionnements entre habitants. Pour quel objectif ? Révéler par des affichages in-situ une lecture collective du territoire et initier des pistes pour des projets architecturaux ou urbanistiques.


ITINÉRAIRES

ITINÉRAIRES

Le dispositif des itinéraires est au cœur de notre résidence. Inspiré d’une méthode sociologique développée par Jean-Yves Petiteau1, il permet de saisir un territoire à travers le regard de ses habitants. L’usager de la ville se fait notre guide : il institue un itinéraire que nous parcourons en dialoguant. Cette expérience unique développe une exploration de l’espace par le récit de ses habitants. Dix Sauveterriennes et Sauveterriens nous ont emmenées sur des chemins, des places, des ruets ou nous ont invitées dans leur maison. À vélo, à pied ou en voiture, chacun nous a raconté son territoire d’une manière singulière. Un trajet d’enfance, une tournée des artisans locaux, un parcours entre les fils d’une palombière ou une balade des hameaux sauveterriens à vélo, chaque habitant a, au long du parcours, tissé des mots sur des paysages. Pour saisir le déroulé de cette pensée du territoire en train de se faire, le dialogue est entièrement enregistré. En outre, la cartographie et la photographie font mémoire de chacun des parcours. Nous avons instauré des rituels pour ponctuer ce cheminement : • Le portrait. Nous commençons par réaliser le portrait photographique et sonore de notre guide. • Les trois mots. Notre interlocuteur nous raconte son itinéraire avant et après le parcours. Trois mots lui sont demandés au départ et à l'arrivée : ils déclenchent ou appuient le récit. • Les points d’arrêts. À chaque arrêt le long de l’itinéraire, notre guide est invité à nommer l’endroit où nous nous trouvons et à expliquer cette halte. • La poche. Une poche remplie de thèmes permet si besoin de relancer la conversation. Cette approche sensible du territoire a permis d’identifier de multiples manières de l’habiter et de révéler des désirs communs plausibles ou d’autres plus utopiques. Partons maintenant à la découverte des dix itinéraires que nous avons suivis !

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Jean-Yves Petiteau, « La méthode des itinéraires ou la mémoire involontaire », L’habiter dans sa poétique première, actes du colloque de Cerisy-la-Salle sous la direction de Augustin Berque, Alessia de Biase et Philippe Bonnin, éditions Donner Lieu, Paris, 2008, p.103-115.


COLLECTIF

Le dispositif des itinéraires privilégie la relation inter-personnelle : le territoire est appréhendé de manière singulière à travers le regard d’un habitant. Des moments collectifs ont permis d’augmenter et de questionner le recueil des itinéraires constitué ou de faire un pas de côté, en composant un « mur des prérogatives sauveterriennes ». Ces pages colorées vous les font découvrir. Au sommaire : • Marché • Journal • Atelier avec les agents municipaux • Atelier avec la médiathèque, avec la RPA (Résidence pour Personnes Âgées) • Table-ronde

Organiser plus de temps de consultation avec les habitants. prérogative sauveterrienne

COLLECTIF


Nous étalons notre Sauveterre de papier. A notre stand, on s’interroge à partir des cartes : quels sont vos itinéraires réguliers ? Par quel endroit passez-vous si vous êtes à pied et que le soleil est au rendez-vous ? Quel devenir imaginez-vous pour ce lieu ? Nous renseignons les cartes et distribuons notre journal de résidence. Plongées au cœur de la vie sauveterrienne, nous devenons les oreilles des rêves des habitants pour leur ville. Les mardis matins passant, nous nous détachons de la carte pour donner toute leur place à ces prescriptions spontanées : un « mur des prérogatives sauveterriennes » grandit à chaque fin de marché dans notre local.

tracer son itinéraire sur la carte du marché - ©soplo

MARCHÉ

Dans les livres d’histoire que nous avons feuilletés, l’inchangé de la Bastide était son jour de marché : immuable mardi matin. Mardi, les voitures s’écartent de la place de la République et les stands fleurissent. Impossible donc de passer à côté de ce temps de vie collective.


COLLECTIF stand du marché en construction - ©soplo

prérogative sauveterrienne

outils pour tracer son itinéraire sur la carte - ©soplo

résultat cartographié après le marché - ©soplo

“ Développer le ramassage du mardi sur toute la commune pour venir au marché.


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Je vous amène à l’abattoir, c’est-à-dire au terrain de foot de mon enfance

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« Mes points d’arrêts sont des points de rencontre, de rendez-vous »

La maison d’enfance de Jean-Michel lui appartient toujours un peu puisque sa sœur y vit encore. Sur le petit rebord de cette maison, il jouait aux petites voitures avec son copain qui habitait à la station.

Jean-Michel - ©soplo

Juste avant cette maison, il y avait une boulangerie qui avait appartenu à la famille Ferry, mais elle n’existait déjà plus lorsqu’il était enfant. Seule l’enseigne que l’on voit toujours actuellement subsistait. En face, se trouvaient deux forges. L’une, spécialisée dans les charpentes métalliques, a fabriqué l’ancien préau de l’école. par Danielle et Héliane

Arrivé à Sauveterre en 1967, à l’âge de trois ans, il y est toujours. Il habite actuellement à quatre maisons plus loin du 31 de la rue Saubotte où il a passé toute son enfance. Bien que grisonnant, il n’est pas encore trop âgé. Il porte des lunettes en écaille et peut-être de star. par Annie et Léhéna

la maison d'enfance de Jean-Michel (D) - ©soplo

Jean-Michel est Sauveterrien « presque » de naissance.


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Sauveterre ne se meurt pas : je vois de nouvelles habitations ou l’agrandissement de la cave coopérative. Sauveterre a la chance de vivre de la terre et peut ainsi tenir.

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salle des fêtes Saint-Romain (2) - ©soplo

Julien - ©soplo

« On achetait des grilles de loto à l’entrée, on jouait avec du maïs, les pros jouaient avec des aimants, mais nous, on jouait avec du maïs. C’était rigolo, on jetait des maïs à travers la salle, si on en recevait sur la grille, c’était perdu. […] On jouait pendant deux heures. Des lots à la ligne, il y en avait plein. Des lots au carton, il y en avait plein. A l’époque, c’était les gens qui ramenaient les lots : un coq, un jambon ou un jeu. Beaucoup de nourriture était à gagner, c’était les paysans qui ramenaient ça. Voilà comment ça se passait. On faisait des dizaines de parties. Je crois que cela existe encore. La salle était remplie de monde. »

La mémoire tâtonne et se déplie au fur et à mesure que Julien parcourt son territoire d’enfant. La maison d’un copain d’autrefois, une « petite rue qui descend » ou simplement un repère mémoriel commun comme l’ancien cinéma de la rue Saint-Romain. Les noms officiels s’effacent, laissant toute place à la précision des souvenirs. Julien est parti, est revenu, revient, repart. Il est un enfant du pays attaché à cette maison familiale située à 1km du centre de Sauveterre au cœur des vignes cultivées par son père. Le nom de Saint-Léger ne se pose pas entre ses mots, mais nous le comprenons : nous y sommes en récit.


Cette feuille A3 se déplie quand on souhaite lire. Quatre rubriques rythment le journal : • L’entretien : un dialogue avec un habitant sur son vécu au sein de Sauveterre, ses pratiques et ses désirs. • L’article : quelques lignes pour suivre les avancées de la résidence. • L’agenda : une invitation à nos différents rendez-vous (marché, ateliers, permanence dans notre local, temps forts collectifs). • Le courrier des lecteurs : une incitation aux intéressés à se saisir de ce journal pour communiquer avec les autres habitants. • Une carte : au verso, révèle les tracés effectués par les habitants lors du marché. tournée à vélo pour la distribution du journal - ©soplo

JOURNAL

Nous avons souhaité un outil simple, humain et palpable pour aller à la rencontre des Sauveterriennes et des Sauveterriens. L’idée d’un journal, éloignée du numérique peu approprié pour ce territoire, affirmait l’importance du recours aux mots propre à la démarche de notre résidence.


COLLECTIF

courrier des lecteurs, journal n°4

les cartes du marché au verso du journal - ©soplo

pliage du journal - ©soplo

les 5 numéros du journal - ©soplo

Végétalisation de la place. [...] Dans les jardinières ou fosses, proposer une végétalisation avec différentes variétés de plantes pour éveiller la curiosité des habitants, mais aussi des visiteurs (plantes médiévales). [...]


ITINÉRAIRES

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Par un chemin un peu sinueux, nous allons nous rendre, depuis cette antenne, à la zone d’activité économique qui est au pied de cette colline, là où se trouvent une trentaine d’entreprises.


antenne-radio (D) - ©soplo

Claude et Héliane - ©soplo

« Nous voyons des forêts, des oiseaux sur les fils et là, un très bon vignoble situé sur des terrains argileux qui produisent des vins très capiteux, un excellent cru de Sauveterre. C’est un point élevé, typique et renommé. L’antenne localisée sur ce point géologique caractéristique à côté d’une jolie propriété habitée par l’épouse d’un général 4 étoiles qui a pris sa retraite à Sauveterre. Il était un éminent habitant ! Vous pouvez constater que les vignes sont jeunes, ce vignoble est entretenu, il a été planté deux ans auparavant. Et regardez, à perte de vue, ce paysage s’étend tout autour. Sauveterre n’est pas loin. Cet endroit s’appelle les Gays. »

Claude et Héliane sont voisins du local de résidence ; la rue, située entre les deux trottoirs est notre lieu privilégié de discussion. Sauveterre occupe leurs pensées : des pigeons agaçants à l’histoire des lavoirs, rien n’échappe à leur curiosité. Impliqués dans la vie locale, Claude et Héliane n’ont pu passer à côté de la frénésie des vins qui y règne. Ils sont venus, elle de Bordeaux, lui de Blasimon, implanter leur laboratoire d’œnologie dans « ce petit centre qui permettait de rayonner aux alentours » en 1966. Leur entreprise s’étend jusque dans leur maison où verres, carafes et souvenirs sont omniprésents.


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Nous allons partir du bar des Arcades, passer devant la gendarmerie, puis tourner à droite pour descendre en direction de la Vignague. Nous remonterons au lieu-dit Bouey, nous tournerons au Grand-Ferrand pour revenir en bas par Candale, puis nous remonterons par le Petit-Ferrand, ensuite...


« Vous voulez marcher là, madame, il y a un trou. Vous appelez ça, des trottoirs, vous ?

Joël - ©soplo

Là, nous arrivons chez moi. Nous prenons un chemin de drainage, perpendiculaire à la rue des anciens AFFN. Alors, là, j’ai le poulailler, les poules et le coq sont à l’intérieur. Regardez, ça c’est des tamaris, des petits arbres. C’est la Résidence de la petite Bastide avec 25 logements.Nous sommes rue Edouard 1er, vous montez, en haut vous rattrapez la route de la Réole. J’habite ici depuis 8 ans. Je suis un peu le concierge. C’est la maison du bon Dieu [...]

résidence de la petite Bastide (2) - ©soplo

Là, c’est des enfants de la résidence qui m’ont dessiné. La petite était assise là et m’a dessiné. Le portrait de Jojo ! »

Chaque jour, Joël quitte la Résidence de la petite Bastide pour avaler les kilomètres à grandes enjambées. Il évite les vagues des trottoirs et, comme la Vignague, file au plus bas : les voies carrossables sont ses chemins pédestres. Chez lui, il remplace sa casquette noire par un chapeau de cow-boy et rit des différents rôles qu’il peut endosser : blagueur, concierge à ses heures ou historien local, Joël aime rendre service et raconter Sauveterre. Chaque jour, Joël, la voix qui porte, l’accent saillant et l’humour aux lèvres, s’attable au bar des Arcades. Un œil posé sur la place, il rêve d’une halle au toit recouvert de panneaux solaires.


Au programme, tri des prescriptions définies par les habitants et collecte des idées des agents pour l’avenir de la ville. 4 grands thèmes regroupant l’ensemble de la récolte ont été identifiés : • Embellissement • Services • Voirie • Propreté L’axe « Culture » a été ajouté à la suite de la table-ronde que nous avons organisée. Les agents ont identifié, par la suite, sur les cartes de Sauveterre, les endroits en lien avec les thématiques. cartographier les prérogatives des habitants - ©soplo

ATELIER

avec les agents municipaux

Dans le cadre de notre démarche de recherche-action, un temps de travail avec les agents municipaux, au cœur de la gestion de la ville, était primordial. Les agents administratifs, ainsi que ceux des services techniques, se sont rendus à notre local pour participer à des ateliers élaborés en fonction de leurs compétences.


COLLECTIF trier les prérogatives des habitants - ©soplo

prérogative sauveterrienne

découverte des prérogatives des habitants - ©soplo

création des thèmes de classement des prérogatives - ©soplo

“ Poser de l’éclairage au niveau de la salle Simone Veil, rue de la Vignague.


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Nous commençons à apercevoir des panneaux « Sifflez palombière ». S’il y a un vol de palombes, les chasseurs ne répondent pas et donc il ne faut pas bouger. Nous arrivons bientôt à la cabane, vous allez voir leur installation très complexe avec différentes ficelles que les chasseurs tirent pour faire battre les ailes des appelants et attirer les palombes.


Lilou et Laurence - ©soplo

« Ici, nous pouvons croiser des chasseurs de faisans, de perdreaux, des battues aux sangliers et aux chevreuils. Ou des cueilleurs de champignons. Le bolet noir, le cèpe de Bordeaux, est mon préféré : il a la tête bien noire, bien ronde et la jambe bien ronde aussi, c’est très parfumé. Les oronges, c’est délicieux également, mais il ne faut pas se tromper : certains sont, hélas, fatals.

La pluie n’arrête pas son plaisir. Vêtue d’une cape, elle se rend à la palombière familiale, passant par le « chemin de Napoléon » à quelques pas de Saint-Léger. À l’affût des chasseurs environnants, Laurence ramasse quelques châtaignes, des champignons ou identifie les arbres.

chemin de Napoléon (D) - ©soplo

Sauveterrienne, oui, depuis sa naissance. Laurence quitte le bourg, lui préfère la campagne, mais apprécie de changer d’univers en quelques coups de pédales, belles enjambées ou tours de volant.

Les châtaigniers se meurent par le chancre et la sécheresse : malheureusement, je n’ai presque plus de châtaignes à ramasser. Nous rencontrons rarement du monde en dehors des périodes de chasse. »


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Saint-Romain, Saint-Léger, Le Puch : en démarrant par la piste cyclable « Roger Lapébie », nous allons passer dans ces trois anciennes communes annexées à Sauveterre pour y voir les églises, le lavoir de Saint-Romain et le moulin à Saint-Léger.

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Daniel, Martine et Lilou - ©soplo

« L’église est ouverte. Je n’y suis pas entrée depuis la restauration, il y a environ deux ans : ils ont refait le plafond qui menaçait de s’effondrer, repeint les murs et enlevé l’autel.

église du Puch (1) - ©soplo

Je vais en tenue de jardin à l’ESAT à deux pas de là : je me balade dans les serres et j’achète ce qui me manque. Les 3/4 de nos plants, nos fleurs viennent de cet endroit. Un artisan-menuisier s’est installé à côté. Dans le petit bourg, il y a seulement une dizaine d’habitants, mais beaucoup de services. »

Lilou, très impliquée dans l’association de vélos « entre-deux-voies », est toujours partante pour faire un petit tour sur un deux-roues. Elle organise des virées sur les pistes cyclables de la région, qui, contrairement à ce que nous pourrions imaginer, ne sont pas plates ! À Piquereau, hameau de Saint-Léger rattaché à Sauveterre, se trouve sa maison, entourée de pousses, accueillante et pleine de vie comme Lilou. Son mari, Dan, est invisible : d’octobre à novembre, il est atteint de la « maladie bleue »1 !

1

La « maladie bleue », répandue dans la région, se définit par le désir irrépressible de chasser la palombe et donc de vivre deux mois dans une petite cabane perchée dans les arbres.


Notre envie était de mettre en avant, en vue d’une table-ronde, quelques éléments clés de chaque itinéraire que nous avions arpenté, guidées par les Sauveterriennes et les Sauveterriens. Pour ce faire, nous devions, en atelier, sélectionner et agencer les données recueillies : choisir les photographies à présenter, dessiner le trajet ponctué de points d’arrêt sur la carte de Sauveterre, écrire de courts textes dressant le portrait de l’arpenteur ou présentant un lieu de son itinéraire à partir des enregistrements... Lors de ces ateliers, nous sommes allés plus loin qu’une simple compilation : chaque participant a ajouté ses propres références au recueil des itinéraires. Vous trouverez deux des textes produits à la page 13 de cette publication.

associer les points d'arrêt aux photographies - ©soplo

ATELIER

avec la médiathèque, avec la RPA

En lien avec la Médiathèque ou la RPA1, nous avons intégré les habitants qui le souhaitaient au processus de fabrication du recueil des itinéraires.

1

Résidence pour Personnes Âgées


COLLECTIF lecture du texte écrit en atelier pour un des points d'arrêt - ©soplo

prérogative sauveterrienne

écrire à partir des photographies - ©soplo

tracer l'itinéraire sur la carte - ©soplo

“ Végétaliser et rendre plus piétonnier les portes à l’entrée de Sauveterre.


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Françoise pratique la marche à pied et participe aux animations proposées par la ville : aux jeux de cartes ou au tricot, elle préfère le loto. Chaque jour, Françoise fait son petit tour : elle ne s’aventure pas jusqu’à la piste cyclable, mais parcourt, entre un cours d’informatique à la Médiathèque et une séance à la CDC , le chemin de ronde. Françoise rêve du développement des moyens de locomotion collectif. Une piétonne, on l’a dit, à l’affût des occasions de laisser ses pantoufles à la maison.

chemin de ronde (3) - ©soplo

Françoise D. - ©soplo

« Je fais le tour des jardins par le chemin de ronde : c’est une balade plus longue qu’en passant par les petites rues. Vous voyez ce grand jardin avec ces jolis rosiers : ils sont magnifiques. En bordure de route, je ramasse des "belles de nuit" ou des "belles de jour". Elles se ferment la nuit et s’ouvrent le jour ou inversement. Il y en a partout : une jaune, une rose ou d’autres couleurs proches. Vous ramassez les graines, vous les semez et cela pousse comme du chiendent... Maintenant, nous arrivons à l’arrêt de bus où je vais souvent pour me rendre à Bordeaux. »


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Nous allons découvrir la Bastide, des manières de déambuler à travers ses petites rues, ses petits chemins. Je vous propose un trajet découverte comme je l’ai fait quand je suis arrivée ici.

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place de la République (D) (A) - ©soplo

Monique - ©soplo

« Cette vue que nous avons de l’ensemble de la Bastide avec un parking plein... regardez Libourne, regardez de nombreuses Bastides où le stationnement ne se fait pas au cœur de ville, nous perdons les possibilités de découvrir celle de Sauveterre. Beaucoup de lieux sont repérables, mais ne sont pas indiqués : l’église, si nous nous trouvons ici, nous ne la voyons pas. Ce n’est pas fléché : on ne va pas nous emmener sur des points précis. Au niveau de l’architecture, il ne faut pas regarder en l’air ! Il y a un réel besoin de rénover des façades avec leurs balcons en fer forgé qui sont fabuleuses. »

Déambuler, découvrir et apprécier. Ce sont les trois mots que nous dit Monique au début de son itinéraire. Férue d’architecture, elle vient souvent dans les rues de Sauveterre déambuler au gré de ses envies. Par exemple, en faisant un petit détour pour admirer le colombage d’une maison qui lui rappelle la Normandie dont elle est originaire. Elle habite à quelques kilomètres en plein cœur des vignes. Elle vient le mardi pour le marché, au besoin chez le libraire ou le pharmacien, mais aussi pour faire le tour de la Bastide avec ses amis normands. Arrivée au mois de septembre deux ans auparavant, elle fait des découvertes à chaque promenade !


ANNIE

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L’itinéraire que je fais très régulièrement, plusieurs fois par semaine, du centre-bourg vers chez moi, Saint-Léger, ma famille. Beaucoup de souvenirs, mon enfance, ma jeunesse, ma vie et des projets pour le coin, pourquoi pas ?


église de Saint-Léger (4) - ©soplo

Annie - ©soplo

« Au bout du chemin, cette famille est la seule qui soit restée : toutes les autres sont parties. De l’autre côté, ces maisons sont devenues des gîtes. Il manque son âme à Saint-Léger. Nous sommes sur Sauveterre maintenant. Ici, c’est fini... Je ne peux pas ouvrir l’église parce que je n’ai pas réussi à obtenir la clé. Quelqu’un venait l’ouvrir matin et soir, mais des carreaux de Gironde ont été volés. Elle est toute petite, cette église, il n’y a plus que le chœur. À l’époque, il y avait une messe tous les dimanches. Nous, enfants, il y avait une dame qui allait tous les jours sonner midi. On montait et on allait s’amuser en se pendant à la corde. »

Annie différencie encore, comme beaucoup, Sauveterre de Saint-Léger, même si les deux communes ont fusionné en 1965. Aujourd’hui, elle s’est installée dans une maison facile à vivre en haut de Sauveterre, à proximité de toutes les commodités, sur le chemin de ronde intramuros. Annie est partie de Saint-Léger, village de ses parents, grands-parents, arrière-grandsparents, s’installer ici pour la retraite. Mais, quand elle dit « chez moi », Annie parle de Saint-Léger : tant de souvenirs y vivent encore. Les fêtes de village, les enfants transportés en brouette pour aller à l’école quand la Vignague débordait... Annie a la mémoire précise et son témoignage est précieux.


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Je vais vous montrer par où je passe pour aller faire mes courses. Je vais vous montrer des chemins vicinaux, on retrouvera ensuite la route de Libourne, nous arrivons sur Sauveterre et nous irons sur la place. Je vous emmènerai chez mes commerçants.

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Françoise habite un des points les plus hauts de Sauveterre. Elle y a acheté par hasard une maison en pierre avec son mari en 1983 : ni l’un ni l’autre n’étaient de la région. Françoise est bien d’ici désormais : son mari était premier adjoint, elle s’est investie dans l’association « Les Amis de la Bastide ». Mais, maintenant, sa préoccupation première est de s’occuper de sa belle « maison girondine », en campagne. Deux fois par semaine, elle descend au bourg acheter un polar à la librairie ou de la brandade chez le boucher. Pour elle, à Sauveterre, les commerçants sont sympathiques et on y trouve tout ce dont nous avons besoin. Pourquoi aller ailleurs ?

rue Saint-Léger (3) - ©soplo

Françoise G. - ©soplo

« Nos trottoirs sont d’époque, on marche sur la route. Nous allons chez ma coiffeuse Stéphanie, rue Saint-Léger. [...] Ici, il faut parler. Quand nous sommes arrivés, je faisais le marché rapidement. Mon mari m’a dit : "ici, il faut prendre le temps de parler avec les gens" . Stéphanie est femme de viticulteur : nous parlons notamment des vendanges. Elle est présidente de l’association des commerçants et se démène beaucoup. La rue Saint-Léger est la plus froide de Sauveterre, je ne saurais dire pourquoi, un courant d’air passe dans cette rue. »


Lors de cette table-ronde, nous avons lié ces deux volets de notre résidence en associant revendications et lieux découverts lors des arpentages. Des tablées se sont formées pour réfléchir à des thématiques ou des lieux spécifiques : la place de la République, la revitalisation des anciennes communes, la vie commerciale et artisanale de Sauveterre... Cette table-ronde a affirmé le désir de débattre collectivement de Sauveterre à Sauveterre. les tablées de réflexion - ©Chloé Bodart

TABLE-RONDE

Nous avons organisé un moment convivial de débats collectifs réunissant une quarantaine d’habitants. Sur de grands panneaux, les affichages se donnaient à lire des deux côtés. Une face présentait le « recueil des itinéraires » évoquant par des textes, des photos, des cartes et des enregistrements sonores, les trajets que nous avions suivis, guidées par les habitants. L’autre côté exposait le « mur des prérogatives sauveteriennes », révélant les idées de changements envisagés par les habitants.


COLLECTIF présentation du « recueil des itinéraires » - ©Chloé Bodart

prérogative sauveterrienne

de nouvelles prérogatives pour Sauveterre - ©Chloé Bodart

débat entre habitants - ©Chloé Bodart

“ Créer un évènement en plein air une fois par an dans un des anciens bourgs (Saint-Léger, Saint-Romain, Le Puch).


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TRAVERSÉES

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Les itinéraires parcourus ont formé sur la carte des points de croisement, révélant des lieux où nous nous sommes rendues, à plusieurs reprises, guidées par des habitants différents. 8 lieux, sur les 13 points de croisements identifiés, se sont démarqués : ils proposent des accroches complémentaires du territoire, faisant surgir une mémoire commune ou appelant à de nouvelles donnes. Nous avons implanté matériellement le récit de ces lieux au sein de Sauveterre sous forme d’affichages. Peinture au sol symbolisant sur le macadam l’ancienne voie ferrée, panneaux de bois enveloppant une tête de pont au-dessus d'une rivière... Les affichages, intégrés à leur environnement, ont pris des aspects différents adaptés à chaque configuration géographique. Au centre-bourg, l’inévitable place centrale, la salle communale de SaintRomain, un ruet fleuri, une porte de la Bastide et la petite gare ont pris récit. Ces cinq affichages sont autant de propositions d'un vivre-ensemble : une halle en fer forgé ou un espace en plein air dynamisé par une fontaine en coeur de place, des projections cinématographiques à Saint-Romain, un développement de l’aménagement pour l’accueil des cyclistes... Les trois lieux d’affichages restants sont situés à l'extérieur du centre-bourg : à Saint-Léger, Le Puch et Saint-Romain. Les commerces, les écoles, les habitants se sont recentrés vers la Bastide. Les récits qui s'y rapportent questionnent les disparitions et appellent à réactiver occasionnellement des temps collectifs adaptés. Sur chacune des huit créations, une boussole « À voir aussi » indique l’affichage situé à proximité. Tous les chemins mènent à la place de la République. Sur chaque affichage, nous avons indiqué combien de kilomètres, de pas ou de mètres à vol de palombes nous sépare de ce lieu de vie incontournable. Aucune « traversée » des affichages n’est imposée : journal-carte à la main, chacun trace son itinéraire ou bien le récit affiché se découvre, sans protocole, au détour d’une rue.

Ces endroits symboliques nous avons voulu les faire parler.


COLLECTIF

Exposer les données recueillies sur Sauveterre n'était pas le seul objectif de notre résidence. Dans le cadre de la dynamique collaborative centrale dans notre projet, nous avons également associé les habitants à la conception des affichages. Vous découvrirez dans les pages colorées ces temps d'élaboration collective, ainsi que les moments d'échanges institués une fois le travail abouti. Au sommaire : • Atelier à la RPA • À distance • Atelier à l’ESAT du Puch • Atelier avec le collège R. Barrière • Radio au 308 • Déambulation

Plus d'animations culturelles comme, par exemple, des concerts et des résidences à la salle Simone Veil. prérogative sauveterrienne

COLLECTIF


Ces manières de faire récit de soi, nous nous en sommes servies en ateliers : Marie racontait un itinéraire parcouru, présentait le guide et proposait des jeux d'association d'idées à l'écrit amenant le récit oral. Avec Manon, chaque participant a inventé des typographies de lettres à partir de patrons. Vous retrouvez ces lettrages créés dans les titres de cette publication : le « u » de « Sauveterre » ou le « m » de « Déambulation » en sont des exemples.

nuages de mots en cours - ©soplo

à la RPA

ATELIER

Les midis de notre résidence, nous mangions à la RPA. Les résidents, la plupart des résidentes, parlaient de menus détails de la vie quotidienne avec, souvent, beaucoup d'humour.


créations typographiques - ©soplo

prérogative sauveterrienne

COLLECTIF dessiner avec une grille et une règle du jeu - ©soplo

augmenter le nuage de mot commencé par un autre - ©soplo

“ Des trottoirs refaits et des endroits de promenade.


TRAVERSÉES

RÊVE D'EA

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L’eau jaillit en cœur de place, réveillant la nymphe communautaire des lavoirs et des fontaines, veilleuses historiques des intersections vivantes de Sauveterre. Cette souterraine habitante des caves renaît à la vue de tous sans l’emportement de l’inondation. Graine d’avenir, cette fontaine de fraîcheur sème table de pique-niques, bancs, jardins partagés et terrasses de café éployées, accoste les chalands à l’ombre des feuilles et les invite à prendre rendez-vous avec la place en sus du mardi. À cette source s’épanchent également les impétueux : une balle passe de mains en mains et des essoufflés, en danseuse, appuyés sur leurs guidons, font la ronde.

RÊVE DE FER FORGÉ

Sauveterre joue les atouts de l’entre-deux, de l’urbain métissé par une vie de village.

Qui ne songe à un nid de plumes pour être douillet ensemble ? Une halle en fer forgé, abreuvée en électricité grâce à la magie du photovoltaïque, ébroue sa parure végétale place de la République. À l’intérieur, débats citoyens, vocalises d’une chanteuse connue ou événements commerciaux se relaient. Une serre, placée à un angle de ce grand repaire, s’associe à cette ardeur collective. Empli d’allées et venues, ce nid de plumes couve les envolées : ici, avant de se concrétiser dans la ville, se forgent les rêves communs.


photographies ©Arthur Pequin pour le 308-MA


TRAVERSÉES

DOUBLE FACE

CARTON PLEIN

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Les grilles de loto s’achètent comme des tickets de cinéma avec le rêve au cœur d’une fin intrigante ou joyeuse. Une famille, à la main gourmande, en commande vingt, espérant gagner le coq. Les victuailles apportées s’entassent à la vue de tous. Adultes et enfants s’assoient à deux doigts d’épaules et un silence de foule aux aguets lisse les derniers rires. Tirage, envolées de maïs et lots gagnés passent de mains en mains : le loto bat son plein et cartonne de sympathie. Les grilles s’emplissent de grains de maïs et la densité des heures s’écoule dans le sérieux du jeu. Des exclamations annoncent un carton plein, mais le cou du coq repose toujours sur une cuisse de jambon apportée par le paysan voisin. L’attente prolongée tient éveillées les tablées intergénérationnelles. Qui aura le coq ?

Vous quittez la Bastide, encore tout égayé de vos rencontres du marché et filez rue Saint-Romain. Une ceinture en cuir, un pot de miel et des romans policiers empruntés à la Graineterie alourdissent votre bras, mais vous lambinez sur le trottoir : vos yeux s’attardent sur la façade pierreuse, un balcon en fer forgé et une hauteur sous toiture accordés à l’architecture de la Bastide. Cette harmonie restaure en vous un désir de flâner, mais votre pied, pris dans une ornière, vous oblige à faire volte-face. Vous êtes surpris : le trottoir gauche de la rue Saint-Romain n’a plus cette joie de l’habité. Semi-abandonnée ou fraîche d’une rénovation, la rue Saint-Romain fait double jeu. Pourra-t-elle, un jour, assumer ses deux profils et se regarder de face ?


photographie ©Arthur Pequin pour le 308-MA


Pendant ce temps d’absence, nous avons continué notre résidence à distance. À l'intérieur du journal local « Les échos des cités », nous avons glissé une carte postale représentant un endroit de Sauveterre riche d'idées de changement : chaque Sauveterrienne ou Sauveterrien était invité(e) à y noter ses préconisations pour le lieu représenté. Une émission, diffusée sur Radio Entre deux Mers, a présenté les témoignages recueillis et donné la parole à distance aux habitants qui nous avaient amenées à cet endroit. Nous avons réitéré l'expérience autour de deux lieux différents. Ainsi deux émissions de radio ont vu le jour : l'une prenant pour thème la place de la République, l'autre ouvrant des réflexions autour de l’entrée de la ville près de la porte Lafont et de « la petite gare ». recto de la carte postale de la « petite gare » - ©soplo

À DISTANCE

Suite au confinement de novembre, nous avons dû interrompre notre séjour à Sauveterre où nous ne pouvions plus proposer de temps d'échange avec les habitants. Nous sommes revenues au début de la nouvelle année.


COLLECTIF les cartes reçues pour la place de la République - ©soplo

prérogative sauveterrienne

une proposition pour la place de la République - ©soplo

une proposition pour la « petite gare » - ©soplo

“ Une signalétique à la piste cyclable pour indiquer camping, hôtel, commerces et les ruets à emprunter.


TRAVERSÉES

TRAVERSES DE VIE FERRÉE VOIE FERRÉE TRAVERSÉE

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Wagons, voyageurs, fumées, sifflements, billets, banquettes, locomotives ont disparu. Par l’entremise des voies, les uns et les autres avaient l’occasion de se retrouver, cabas vides à la main, en-dehors du célèbre mardi matin, jour de marché. Aujourd’hui, la cave coopérative implantée sciemment à quelques pas de la gare a avalé les bâtiments ferroviaires : les rails aériens remplis de raisins juteux ont le roulement des trains filant jadis vers Eymet, Monségur ou Bordeaux. Aujourd’hui, les poids lourds se désarticulent pour entrer dans Sauveterre et sur sa cartographie, les cycles filent en une myriade de petits points. Les vélos, montés sur la voie laissée libre, ont remis sur les rails cette traversée de paysage. Cette halte cycliste, aux allures de lampisterie, témoigne d’une vie disparue, mais aussi de l’éclosion de circulations nouvelles. Pour les accompagner, manque-t-il à cet emplacement un parcours de santé ou un chemin de randonnée donnant place aux piétons ? Des signalétiques, une carte et un espace plus accueillant pour recevoir les pelotons de cyclistes ? Ou, dans une inspiration futuriste, un train à lévitation magnétique propulsé par un moteur d’avion ?


photographies ©Arthur Pequin pour le 308-MA


TRAVERSÉES

LA Q INCAILLIÈRE...

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...tenait boutique avec le forgeron. Les habits se vendaient au sein de cette grande bâtisse au double escalier. Au numéro 23, la première mobylette se dégotait entre les articles de chasse à la palombe. Le copain de la station, les enfants du boulanger, de l’épicière, du forgeron escaladaient les pierres en contre-bas de la porte Saubotte ou faisaient rouler leurs petites voitures sur les bordures du trottoir. Les mille bruits de l’affairement d’une vie de commerces ont pris le large, ont glissé sous l’arche de la porte pour résonner un peu plus loin, dans la zone artisanale ou commerciale. Le froissement d’un oreiller sur lequel se pose une tête, le tintement d’une fourchette sur une table, le silence d’un salon lumineux habitent désormais les anciennes boutiques. Dans un futur proche, à défaut de sonorités métalliques d’un acier martelé, des rosiers grimperaient sur les bâtis adjacents de la porte Saubotte et murmureraient un bienvenue à chaque badaud. La réfection de la chaussée obligerait au ralentissement et formerait un îlot piétonnier précieux rappelant le cloisonnement des remparts. Le chemin de ronde élargi, renouerait, par le végétal, le lien historique entre les quatre portes et appellerait à la promenade. Tout en haut de la porte, nous prendrions le vent et le large en observant, réjouis de cette métamorphose réussie, les quatre coins de Sauveterre.


photographies ©Arthur Pequin pour le 308-MA


Notre approche, personnalisée, mettait l’accent sur le toucher, l’oral et la collaboration entre pairs.En atelier d'arts plastiques, les participants ont réfléchi, à partir de photographies des lieux travaillés, aux couleurs, aux formes et à la typographie de chacun des affichages.En atelier d’écriture, chaque salarié a composé un poème oral à partir d’une arborescence de mots, des rêves de changements recueillis et d’extraits sonores enregistrés lors des itinéraires parcourus avec les habitants. Ces ateliers ont permis à chacun de s’interroger sur son territoire d’emploi et sur son lieu de vie. repérage des formes sur la carte - ©soplo

ATELIER

à l'ESAT du Puch

Au Puch, une ancienne commune rattachée aujourd’hui à Sauveterre, un ESAT1 a élu domicile. Avec quatre salariés ayant des déficiences visuelles ou psychiques, nous avons imaginé, sur trois demi-journées, des affichages pour la rue des jardiniers, l’antenne-radio, l’ancienne voie-ferrée et l’église Saint-Léger.

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Établissement et Service d'Aide par le Travail


Installer pour les personnes malvoyantes des panneaux lumineux en braille ou des signaux sonores.

COLLECTIF

composition des formes - ©soplo

trouver la bonne couleur - ©soplo

écriture orale - ©soplo

prérogative sauveterrienne


TRAVERSÉES

LA « PETITE RUE QUI DESCEND »

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Rigole mousseuse, Palmier derrière un muret de pierre, Jardinière sur une boîte aux lettres, Plumeaux roses de feuilles de graminées, Poteau électrique au port de saule pleureur, Tronc blanc de bouleau élégant, Bambous et herbes folles, Façades couvertes de lierre, Fenêtres sur rue,

Et si cette « petite rue qui descend » exhalait à l’avenir toutes ses senteurs ? Quelques mauvaises herbes admises de tous, affleureraient des bacs partagés fleuris par les résidents. La rue repavée, embellie de pousses, envelopperait de ses lampadaires flambant neufs brindilles et amoureux nocturnes. Les enfants d’autrefois, chocolatine à la bouche, empruntaient ce ruet pour contourner les voies plus fréquentées. Comme eux, les vélos auraient le goût du calme végétal et éviteraient la grande rue La Font pour s’acheminer vers les arcades de la place de la République. Détour incontournable, les cyclistes poseraient le pied, les passants ouvriraient leurs mirettes, attentifs à la vie même de cette Bastide incarnée par cette petite rue, la rue des jardiniers.


photographies ©Arthur Pequin pour le 308-MA


TRAVERSÉES

L’ÂME VENTEUSE DE SAINT-LÉGER...

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...tourne autour des peupliers du bord de l’eau, ondoie en plis sur la Vignague et réactive, par quelques pierres oubliées, l’image d’un moulin à eau : un souffle, aux senteurs de céréales moulues ou de bois coupé par l’ancienne scierie, émerge de la rivière. La brise traverse la pelouse de l’ancienne auberge en contre-bas de l’église et, prenant l’aplomb d’un vent, cueille les souvenirs à travers champs : ici, une course à la valise où, au sortir d’une barrique, apparaissent des déguisés ; là, un chapiteau abrite les tablées et les danses d’une fête locale. Dans le bourg, la sonneuse quitte sa maison, avance sur la route au milieu des joueurs de piastre et chemine vers l’église pour faire carillonner midi. Les enfants la suivent et de leurs menues mains poussent la porte rouge, agrippent la corde et s’y pendent pour faire vibrer le battant sur le métal de la cloche. Dans le tintement de l’heure du repas, le vent s’engouffre dans les branches des arbres fruitiers emportant l’âme de Saint-Léger vers le bourg de Sauveterre. La Vignague déborde, baigne la vallée et coupe la route juste après le pont. Le vent s’endort sur les tuiles des maisons traversantes devenus gîtes, puis s’ébroue jusqu’au clocher. De l’église, il ne reste que le chœur, figé dans un temps révolu. Juste à côté, un verger de pruniers... Aujourd’hui, où est-il cet abri des possibles où les langues se délient ? Imaginons-le. Trois fois l’an, protégés d’une ondée ou d’un rayon ardent, quelques Sauveterriennes accompagnées de Sauveterriens se réunissent, s’assoient sur des transats ou des chaises de jardin et regardent un film projeté en plein air. Grange moderne, ce refuge ouvert sur l’extérieur a trouvé place à côté des tilleuls, à l’endroit des kermesses d’antan.


photographies ©Arthur Pequin pour le 308-MA


Cette journée d’ateliers a débuté par la prise de photographies instantanées des lieux d’affichage. Ateliers littéraires et plastiques ont permis de définir un inventaire commun de mots, de formes, de couleurs à partir des photographies réalisées. L'inversion des groupes a créé des passerelles entre les ateliers : les uns ont écrit à partir de la conception plastique des affichages, et, inversement, les autres se sont saisis des écrits réalisés pour choisir les formes et les couleurs. Par ces ateliers, les collégiens ont participé à la chaîne de création en dialoguant avec les autres habitants par le biais de la matière recueillie (arpentage, enregistrement sonore, photographie, texte écrit, carte...). présentation des affichages créés en atelier - ©Manuel Magnani

ATELIER

avec le collège R. Barrière

Avec une classe de 4ème, nous avons créé des prototypes d’affichage singuliers pour quatre lieux du centre-bourg de Sauveterre : la rue Saint-Romain, la porte Saubotte, la petite gare et la place de la République.


départ pour la visite des lieux - ©soplo

prérogative sauveterrienne

COLLECTIF texte en cours - ©soplo

association de couleurs avec le nuancier - ©soplo

“ Réactiver le cinéma dans la salle des fêtes de Saint-Romain.


TRAVERSÉES

CARTE DE PAROLES

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Place de la République

Rue Saint-Romain

Petite gare

Porte Saubotte

Rue des Jardiniers

Église de Saint-Léger

Ancienne voie ferrée

« Une halle en fer forgé, abreuvée en électricité grâce à la magie du photovoltaïque ébroue sa parure végétale. » « Les grilles de loto s’achètent comme des tickets de cinéma avec le rêve au cœur d’une fin intrigante ou joyeuse. » « Les vélos sont montés sur la voie laissée libre, ont remis sur les rails cette traversée. » « Les mille bruits de l’affairement d’une vie de commerces ont pris le large, ont glissé sous l’arche de la porte pour s’implanter un peu plus loin, dans la zone artisanale ou commerciale. » « La rue repavée, embellie de pousses envelopperait de ses lampadaires flambants neufs brindilles et amoureux nocturnes. » « L’âme venteuse de Saint-Léger tourne autour des peupliers du bord de l’eau, ondoie en plis sur la Vignague et réactive, par quelques pierres oubliées, l’image d’un moulin à eau : un souffle, aux senteurs de céréales moulus ou de bois coupé par l’ancienne scierie, émerge de la rivière. » « travées féériques… ancienne voie ferrée traversée »


photographies ©Arthur Pequin pour le 308-MA


TRAVERSÉES

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traverses de vie ferrée traversée de rêverie chemins de traverse à travers voies travées féériques trêves à deux voix voie ferrée traversée


photographies ©Arthur Pequin pour le 308-MA


Le 308 - Maison de l'Architecture en Nouvelle-Aquitaine, porteur du projet de résidence, nous a conviées dans une salle grand public transformée pour l'occasion en studio radio.Christophe Miqueu, Maire de Sauveterre, Chloé Bodart et Vincent Arné, architectes référents du projet, ont pris la parole pour définir l'expérience collective, humaine et architecturale de ce dispositif de résidence. En tant que résidentes, nous avons retracé notre cheminement, guidées par les questions de l'intervieweuse ou par nos extraits sonores. De l'enregistrement des itinéraires à celui élaboré ici par Rumeurs Radio, que de traces sonores laissées de cette expérience unique ! le 308-MA transformé en studio radio - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

RADIO AU 308

Pour clore notre résidence, nous devions revenir là où tout a commencé : au 308 avenue Thiers à Bordeaux. Nous avons échangé nos bleus de chantier contre des habits de ville, oublié l'accrochage des affichages, les marteaux, pinceaux et équerres, pour nous y rendre.


COLLECTIF Christophe Miqueu et Chloé Bodart au micro - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

prérogative sauveterrienne

émission en public - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

Adrien Maillard à la régie - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

“ Une fontaine et un coin ombragé place de la République.


Le rendez-vous est pris à 15h, un samedi, place de la République. Des habitants impliqués dans la démarche ou curieux, des élus et quelques bordelais ont fait le déplacement. Nous formons quatre groupes hétérogènes, nous en prenons en charge deux. Un élu et un habitant engagés dans le projet sont référents des deux autres groupes. Nous partons à la découverte des cinq affichages du centrebourg. À chaque arrêt, chacun lit, commente, discute et de nouvelles idées sont écrites sur des cartes postales représentant le lieu en question. 16h30, place de la République : une quarantaine de personnes se retrouve autour d’un verre, un mur de cartes postales donne à lire les idées de chacun et nourrit les dernières discussions. Les graines sont semées en attendant un printemps collectif qui les verra fleurir. découverte de la carte des traversées au départ de la déambulation - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

DÉAMBULATION

Une fois les affichages installés dans la ville, une déambulation a permis aux habitants de les découvrir ensemble.


COLLECTIF lecture d'un texte d'affichage par Marie - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

prérogative sauveterrienne

le mur de cartes postales - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

écrire ses nouvelles prérogatives - ©Arthur Pequin pour le 308-MA

“ Élargir les terrasses des cafés et des restaurants sur la place.


ON EN PARLE

Dans la presse écrite • Patrick Marichal, "Vers un réaménagement du centre-bourg", Le courrier de Gironde, 11 septembre 2020. • Patrick Marichal, "Marie et Manon repensent le centre du village", Le Républicain, 17 septembre 2020. • Patrick Marichal, "Un binôme à la rencontre des habitants", Le Républicain, 8 octobre 2020. • Patrick Marichal, "Marie et Manon reviennent dans la Bastide", Le Républicain, 7 janvier 2021. • Patrick Marichal, "Les deux enquêtrices sont de retour", Le courrier de Gironde, 8 janvier 2021. • Patrick Marichal, "Le retour des deux enquêtrices", Le Républicain, 21 janvier 2021. • Patrick Marichal, "Les conclusions reculées d'une semaine", Le Républicain, 25 février 2021. • Patrick Marichal, "Le centre-bourg de Sauveterre-de-Guyenne, au cœur des préoccupations des habitants", Le Républicain, 11 mars 2021. A la radio • Damien Pallaruelo, Manon Ravel, Marie Willaime, "Interview avec Manon et Marie pour leur projet Traversée", La Matinale. Radio Entre 2 Mers, 30 septembre 2020. • Joël Palem, Damien Pallaruelo, Manon Ravel, Marie Willaime, "Interview avec Manon, Marie et Joël pour leur projet Traversée", La Matinale. Radio Entre 2 Mers, 22 décembre 2020. • Damien Pallaruelo, Manon Ravel, Jean-Michel Simi, Lilou Testet, Marie Willaime, "Interview avec Manon, Marie et Lilou et Jean Michel pour leur projet Traversée", La Matinale. Radio Entre 2 Mers, 25 février 2021. • Ina Boureille, Adrien Maillard, Manon Ravel, Marie Willaime, "Résidence d'architecte à Sauveterre de Guyenne - Ré-inventer sa ville.", Cap éducation. RCF Bordeaux, 23 mars 2021.


RÉSIDENCE Résidence recherche-action « Pour re-habiter le centre-bourg d'une Bastide », du 6 septembre 2020 au 6 mars 2021, à Sauveterre-de-Guyenne (Gironde, FR), inscrite dans le dispositif « 10 résidences d’architectes » porté par le Réseau des Maisons de l’Architecture et ses partenaires : le mécénat de la Caisse des Dépôts, le Conseil national de l'Ordre des architectes et le Ministère de la Culture. pilotage : le 308-Maison de l'Architecture en Nouvelle-Aquitaine (308-MA) 308 avenue Thiers - 33100 Bordeaux ma@le308.com / 05 56 48 83 25 www.le308.com / www. palmares.archi / www.mezzanine.archi

• Paul Rolland, président • Chloé Bodart et Vincent Arné, administrateurs • Adrien Maillard, directeur • Marlène Prost, chargée de l’administration et des publics • Emma Delas et Paul Neau, chargés de projet partenaires et soutien locaux : • Direction Régionale des Affaires Culturelles de Nouvelle-Aquitaine • Commune de Sauveterre-de-Guyenne • ADEME, Agence de la Transition écologique de Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre du Cycle Transition (?) résidentes : • Manon Ravel, architecte et scénographe associée chez soplo • Marie Willaime, écrivaine, poète et animatrice d'ateliers d'écriture lieu d'accueil de la résidence : Commune de Sauveterre-de-Guyenne

jury de sélection : • Chloé Bodart, architecte, présidente du jury • Vincent Arné, architecte, administrateur au 308 • Laurence Auréjac, architecte paysagiste • Lucas Bacle, réalisateur, diplômé de l’école d’architecture de Bordeaux • Xavier Clarke de Dromantin, conseiller pour l’Architecture, Direction Régionale des Affaires Culturelles Nouvelle-Aquitaine • Adrien Maillard, directeur du 308-MA • Alexandra Martin, directrice du pôle culture et santé Nouvelle-Aquitaine • Christophe Miqueu, Maire de Sauveterre-deGuyenne • Lydie Palaric, directrice de La Forêt d'Art Contemporain, Landes de Gascogne • Sylvie Violan, directrice de la scène nationale CarréColonnes


REMERCIEMENTS Éric Suzanne, Sous-Préfet de Langon, invité au jury de sélection Christophe Miqueu, Maire, Patricia SchneebergerReignier, adjointe au Maire et l’ensemble du Conseil Municipal de Sauveterre-de-Guyenne Florian Poubeau, secrétaire général, Emmanuel Pinaud, responsable du Pôle Services Techniques, Christian Achille et l’ensemble des agents municipaux de Sauveterre-de-Guyenne Yves d’Amecourt et les membres de l’équipe municipale de la mandature précédente Sylvie Minvielle et Emmanuelle Maillet, DRAC Nouvelle-Aquitaine, invitées au jury de sélection Paul Rolland, Delphine Pirrovani et Marlène Prost, Le 308-MA, invités au jury de sélection Élisabeth Fajon et Robert Willaime, relecteurs attentifs Marine Brunet, scénographe associée chez soplo, regard extérieur

PUBLICATION direction de la publication : Le 308-MA, Marie Willaime et soplo édito : Christophe Miqueu préface : Le 308-MA manifeste : Chloé Bodart rédaction : Marie Willaime conception graphique : soplo photographies : Arthur Pequin, soplo, Chloé Bodart et Manuel Magnani

Achevé d’imprimer en mai 2021 Tirage 200 exemplaires Imprimé à Langon par Sodal, sur papier Olin Régular Le 308 - Maison de l’Architecture en NouvelleAquitaine, tous droits de reproduction interdits.

Le 308 – Maison de l’Architecture en Nouvelle-Aquitaine bénéficie du soutien de la DRAC Nouvelle-Aquitaine, de Bordeaux Métropole, de la Ville de Bordeaux, de l’Ordre des Architectes de Nouvelle-Aquitaine, et de son Club Partenaires .



Traversée, une anagramme, celle presque parfaite de Sa (u) veterre. Traversée, une résidence qui réunit Manon (architecte), Marie (écrivaine), et les Sauveterriens, Sauveterriennes pendant 6 semaines. Traversée, une exploration des itinéraires réguliers, passés et rêvés possibles à Sauveterre. Traversée, une volonté de renommer pour penser un nouveau récit collectif ensemble.