Page 18

18 | 2.11.2020 | MÉDECINE

Gynécologie, entre archaïsme et modernité Beaucoup d’instruments médicaux n’ont pas évolué au cours du siècle dernier. À l’image de la pince de Pozzi qu’utilisent les gynécologues alors qu’elle peut faire souffrir les patientes. Une alternative imaginée par une start-up romande se dessine. Texte: Alain Portner

L

a pince de Pozzi ou tenaculum ressemble à une longue paire de ciseaux munie à ses extrémités de deux griffes acérées. Après insertion dans le vagin, elle sert à saisir et tirer le col de l’utérus afin de pouvoir accéder à la cavité utérine. Les gynécologues en usent pratiquement au quotidien, principalement lors de la pose de stérilets. À l’origine, comme son nom allemand «Kugelzange» l’indique, cet instrument médical servait à extraire les balles sur les champs de bataille. Il a ensuite été recyclé au XIXe siècle par le Dr Pozzi, un pionnier de la gynécologie moderne qui a fait ses premières armes en tant que chirurgien ­durant la guerre de 1870. Sa pince n’a guère évolué depuis… Au grand dam de certains praticiens qui éprouvent un ­malaise à l’employer. Sur son site, le médecin et écrivain français Martin Winkler n’hésite ainsi pas à comparer le tenaculum à «une horreur terminée par deux

crochets pointus». Une horreur parce que cet instrument peut occasionner douleurs et saignements chez les patientes. «Cet outil, je l’ai utilisé des milliers de fois. Il paraît assez agressif, mais il s’avère tout à fait sûr et efficace lorsqu’il est correctement manié», relève le professeur Patrice Mathevet, chef du service de gynécologie au CHUV. Avant d’ajouter cependant: «J’avoue que je n’aimerais pas qu’on me pince le doigt avec! Heureusement, le col de l’utérus est moins innervé et donc moins sensible que d’autres parties du corps.» Le Dr David Finci, qui pratique en cabinet privé à Genève, est plutôt, lui, de l’avis du Dr Winkler. «Le tenaculum est un instrument barbare. Il provoque des effets ­secondaires invalidants pour nos patientes et ne participe donc pas à améliorer l’image des gynécologues.» D’où sa volonté de mettre sur le marché une méthode plus douce, qui pourrait également inciter les femmes

Profile for Migros-Genossenschafts-Bund

Migros-Magazin-45-2020-f-VS  

Migros-Magazin-45-2020-f-VS  

Profile for m-magazin

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded