Page 91

VIE PRATIQUE GRANDIR Et les pères là-dedans?

«Pourquoi le père ne s’en occuperait pas, lui aussi?» demande Saira-Christine Renteria, doctoresse à l’unité gynécologie pédiatrique et de l’adolescence. Hommes et femmes ne sont plus séparés dans les lieux publics tels que piscine ou salle de sport. «Il devrait simplement éviter d’en parler de manière moqueuse ou négative. Par contre, s’il ne se sent pas d’évoquer ce thème, ce n’est pas grave, du moment qu’il reste respectueux.» Quant au grand frère, il devrait s’abstenir de faire des commentaires et ne pas déranger durant ce moment délicat.

| 91

règles, c’est entrer dans la vie d’adulte, et cela permet de choisir plus tard si on voudra un enfant ou non, plutôt que de leur dire que ça sert à avoir des bébés, ce qui les effraierait.» Saira-Christine Renteria insiste également sur le rituel de passage de ce cap important, qui peut être célébré d’une manière ou d’une autre (lire encadré). Après avoir étalé à son enfant les réjouissances qui l’attendent, vient la nécessaire question pratique: quel matériel lui conviendra le mieux? «Il ne faut surtout pas lui imposer son choix entre tampons et serviettes hygiéniques, ce qui nous convient ne lui conviendra pas forcément», prévient la doctoresse. «Aucune fille de 12 ans ne va aller elle-même toute seule acheter des protections. Donc déjà rien qu’au niveau de l’intendance, il faut en parler auparavant», ajoute l’éducatrice.

Insister sur le fait qu’avoir ses règles est normal

On peut mettre à disposition aux toilettes un choix de matériel qu’elle pourra tester par elle-même avant de choisir ce qui lui convient le mieux. Et puis, il faut aussi la rassurer, insister sur le fait qu’avoir ses règles est normal. «Par contre, je leur dis qu’il n’y a pas besoin de souffrir. Je leur explique ce qu’elles peuvent faire pour ne pas avoir mal: boire des tisanes calmantes, mettre des habits moins serrés, être actives... Mais qu’il ne faut surtout pas prendre une aspirine, qui liquéfie le sang», précise Katy Cochand. En revanche, si les cycles persistent à être douloureux, les jeunes filles peuvent s’adresser à un gynécologue. Mais cette première visite chez le spécialiste ne fait pas partie des priorités. «Si tout se passe bien, il n’y a pas besoin de consulter avant le début de la vie sexuelle», estime Saira-Christine Renteria.

Mélanie Haab Illustration Louiza

A lire: «Questions d’amour 11-14 ans», Virginie Dumont, Serge Montagnat, Ed. Nathan, 1997. «Mon Body Book», Elinor Greenwood, Alexander Cox, Ed. Nathan, 2009 Pour les parents: «Le sang des femmes: tabous, symboles et féminité», Hélène Jacquemin le Vern, Ed. in Press, 2003.

Migros Magazin 27 2010 f NE  
Migros Magazin 27 2010 f NE  

AUX FOURNEAUX 66 ENTRETIEN 26 PRIX DYNAMITÉS Changements d’adresse: à la poste ou au registre des coopérateurs, tél. 058 565 84 01 E-Mail: s...