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RÉCIT SOCIÉTÉ

Migros Magazine 27, 5 juillet 2010

d’être ouvertes. Au fond, des cartons renferment «la collection hiver», des vestes, des chaussures de ski et une montagne de gants et de bonnets, remballés durant l’été. Et lorsque la quantité de vêtements devient trop importante, des sacs entiers sont donnés à une organisation caritative qui collecte des habits. L’entreprise est désormais tout juste bénéficiaire, avec ses treize employés. «Nous reversons une partie du chiffre d’affaires aux CFF», explique le directeur. Côté CFF, Jean-Philippe Schmidt confirme que «la vente des objets contribue à la couverture des frais engendrés, sans d’ailleurs y parvenir entièrement». Le problème, c’est que légalement le propriétaire a encore une année pour réclamer son objet. S’il se rend au magasin zurichois et y trouve son bien, il pourrait le récupérer, à condition de prouver son lien. «C’est déjà arrivé, confirme Roland Widmer. Dans ce cas, nous sommes responsables et devons lui restituer son objet.» De même, théoriquement, si dans la rue il reconnaît un vélo qui lui appartient, mais déjà revendu par Fundsachenverkauf, il pourrait se retourner contre l’entreprise qui doit alors lui rendre l’argent de la vente.

Palmarès des objets les plus insolites 1. Une épée du Moyen Age (dans le train). 2. Un fauteuil roulant (à la poste). 3. Un appareil dentaire (dans la rue). 4. Une robe de mariée (dans le train). 5. Un four à pizza (dans le train). 6. Un pneu (à Lausanne). 7. Un tambour (à la Foire du Valais). 8. 15 000 dollars en liquide, entourés d’un élastique (dans une station de ski valaisanne). 9. Une génératrice (dans le train). 10. Un escabeau (dans le train). 11. Un panneau «Auto-Ecole» (dans les transports publics). 12. Un crucifix (dans le train).

Les objets les plus fréquemment perdus Clés, téléphones portables, porte-monnaie, valise, vêtements d’hiver (veste, bonnet, gants), lunettes, papiers (documents importants), chapeaux, bijoux.

dépend. En principe, une année et un jour après la perte, si l’objet n’a pas été réclamé, soit il devient propriété de l’inventeur, soit il est vendu ou détruit. Sauf chez les CFF. «En dessous d’une valeur de 50 francs, nous gardons l’objet un mois. Au-dessus de cette valeur, trois mois», explique Jean-Philippe Schmidt, porte-parole. Une question de place, vu les cinq cents lots rapportés chaque jour. Après ce laps de temps, ils sont transmis par palettes à une entreprise basée à Zurich, Fundsachenverkauf (littéralement: vente d’objets trouvés). Elle se charge ensuite de les restaurer au besoin, puis de les revendre à moindre prix, dans un magasin qui a pignon sur rue ou sur le site de vente aux enchères ricardo.ch. «Chaque jour, une à deux palettes arrivent, il nous faut près de quatre heures pour tout déballer, étiqueter, trier, explique Roland Widmer, directeur et fonda-

Eric Barmaz, créateur du site www.objet-trouve.ch

teur. Nos techniciens s’occupent de l’électronique. Pour les bijoux, nous demandons à des bijoutiers de les estimer et de nous fournir un certificat d’authenticité.» Depuis sa création, il y a cinq ans, l’entreprise s’est agrandie et s’occupe désormais aussi des objets retrouvés des aéroports de Genève et Zurich et de plusieurs compagnies de transports publics suisses. Dans cette véritable caverne d’Ali Baba, une bague est proposée en vi-

Parmi les objets insolites trouvés: une empreinte dentaire.

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trine pour 18 000 francs, «la moitié de sa valeur réelle». Mais on trouve de tout en farfouillant un peu. Outre les vêtements, lunettes et autres téléphones portables, on découvre, pêle-mêle, un crucifix, un œil de verre ou encore une clarinette. Roland Widmer ne se lasse pas d’énumérer les objets les plus insolites: «Un four à pizza qui pesait près de 50 kilos, quatre robes de mariée, un matériel de prières de rabbin...» Au sous-sol, des palettes attendent

Avant d’être revendus, les bijoux sont expertisés.

Autorités valaisannes intéressées

Quant à Eric Barmaz, pour développer son site, il s’est adressé aux autorités du Valais. «Jean-René Fournier, alors conseiller d’Etat, a déclaré que le logiciel était intéressant et l’idée géniale. On pourrait envisager que je reçoive un mandat officiel pour le développer.» Monsieur objets trouvés planche désormais sur une version vaudoise et genevoise. En attendant, plus de 3000 articles ont déjà transité par le site. Enfin, un peu partout, des ventes aux enchères sont organisées. A Genève en novembre, à Lausanne en 2012 et à Zurich le 10 juillet prochain (par Fundsachenverkauf). Le point culminant sera la vente de valises non déballées, où les gens miseront sans savoir ce qu’elles contiennent. Un peu comme à la loterie. Grand succès en prévision. Mélanie Haab Photos Nelly Rodriguez et Daniel Stucki

Migros Magazin 27 2010 f NE  
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